Public Finance — 20 February 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CFP 2019-02-20
Quebec — Committees
(Quinze
heures neuf minutes)
Président (M. Simard) :
Très chers amis, à l'ordre, s'il vous
plaît! Bienvenue. La salle étant maintenant prête pour nos travaux, je
déclare cette séance ouverte.
Comme
vous le savez, la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi
visant l'instauration d'un taux unique de taxation scolaire.
Alors, Mme la
présidente... Mme la secrétaire, peut-être un jour serez-vous présidente, mais
disons que, pour l'instant... Alors, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Alors, M. Chassin (Saint-Jérôme)
est remplacé par M. Jacques (Mégantic); M. Émond (Richelieu)
est remplacé par M. Poulin (Beauce-Sud); M. Fortin (Pontiac) est
remplacé par Mme Rizqy (Saint-Laurent); et M. Ouellet (René-Lévesque)
est remplacé par Mme Hivon (Joliette).
Président (M. Simard) : Merci. Alors, lorsque nous avons terminé
nos travaux, hier soir, à 9 h 30,
le député de Rosemont était en train de débattre d'une motion
préliminaire se lisant comme suit, et je vous la répète. M. le député de Rosemont, s'il y a une
erreur, vous me corrigerez chemin faisant :
«Qu'en vertu de l'article 244
de nos règles de procédure, la Commission des finances publiques tienne, avant d'entreprendre l'étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi visant l'instauration
d'un taux unique de taxation scolaire, des consultations particulières
et qu'à cette fin, elle entende les sociétés CAPREIT, Boardwalk et Cogir.»
Est-ce que ça
ressemble à ça, M. le député de Rosemont?
M. Marissal :
C'est exactement ça, monsieur.
Le Président
(M. Simard) : Superbe! Et vous aviez donc commencé votre
intervention. Il vous reste, sur les 30 minutes qui vous sont allouées,
M. Marissal :
O.K. Alors, merci, M. le Président. Bonjour aux collègues. Rebienvenue à cette
commission. Comme il y a des remplaçants du
côté ministériel, je vais recommencer à zéro. Non, ce n'est pas vrai. Ce n'est
pas vrai, ce n'est pas vrai. Je blague. Je ne prendrai pas non plus les
24, 25 minutes pour juste le plaisir de m'entendre parler.
Je pense que tout le
monde a bien compris la démarche qu'il y a en arrière de notre motion préliminaire,
qui souhaiterait pouvoir entendre des
groupes, des entreprises qui se trouvent à être, je dirais, les plus grands
gagnants de ce projet de loi, une
fois qu'il sera devenu loi, en ce sens que ces entreprises font dans le
locatif, en particulier à Montréal, mais ailleurs aussi, en ce sens
qu'étant donné l'ampleur de leurs opérations elles auront droit à des baisses
significatives d'impôts... de taxe scolaire,
pardonnez-moi. Elles auront donc droit à des baisses significatives de taxe. Et
en plus elles doivent être mortes de rire, parce qu'elles ne l'ont
jamais demandé.
on nous a dit ici, certains fiscalistes, dont M. Godbout, nous a dit qu'au
Québec, et le député de Robert-Baldwin l'a
aussi mentionné à plusieurs reprises, s'il est vrai que nous payons beaucoup de
taxes et d'impôts au Québec, il serait faux de dire que nous payons plus de taxe scolaire que les autres. Alors, ces
entreprises qui, pour quelques-unes d'entre elles, sont basées ailleurs, notamment en Ontario, bien, voici
un cadeau inespéré. J'aurais été curieux, et peut-être aurions-nous
gagné à entendre ce qu'elles ont à dire sur
leur contribution au bien-être collectif, puisque ce sont des sociétés qui font
affaire ici, qui font de l'argent
ici. Non pas que ce soit mal et péché de faire de l'argent, mais moi, je
considère que c'est souhaitable, dans notre
deal fiscal et social, que de redonner à sa collectivité quand on fait beaucoup
d'argent, en particulier en éducation, en particulier en éducation, qui,
on le sait, est comme pas mal la base de notre société et la priorité de ce
gouvernement. Là-dessus, nous nous
entendons, c'est aussi une priorité, je pense, pour tous les partis représentés
ici, à l'Assemblée nationale.
Alors,
il ne s'agit pas de culpabiliser ces entreprises, il s'agit simplement de faire
ressortir ce qui m'apparaît être comme
un non-sens et un cadeau inespéré pour ces entreprises. On peut se douter, de
toute façon, que ces entreprises ne referont
pas un chèque au gouvernement pour rembourser ce qu'elles ont gagné en baisse
scolaire. Alors, elles vont tout simplement se le mettre dans les
poches. Et on n'a même pas, en plus, le début d'une indication qu'elles
pourraient éventuellement en remettre une
partie à leurs très, très nombreux locataires. Pourquoi le feraient-elles, de
toute façon? Elles n'en ont aucune espèce d'obligation.
Alors, on a, nous, de
notre côté, à Québec solidaire, une opposition assez viscérale au fait que de
très grandes entreprises et que de très,
très riches propriétaires se retrouvent les principaux bénéficiaires d'une
nouvelle mesure foncière. Et ça aussi, je vous soumets, M. le ministre, ça crée une iniquité. Vous
vouliez, avec votre projet de loi, et vous voulez, avec votre projet de loi, abolir une iniquité régionale
que vous perceviez dans le précédent modèle de la taxe scolaire, mais
vous créez de facto une nouvelle iniquité, notamment entre propriétaires et
locataires et notamment entre très, très riches propriétaires et entreprises et
leurs locataires, qu'ils soient commerçants ou résidents.
Évidemment, cette
motion a une valeur symbolique, du fait de ce que je viens d'expliquer, du fait
que je sais compter aussi, là, au moins
jusqu'à sept. Alors, je sais bien que cette motion a probablement une valeur
plus symbolique, mais j'aimerais à tout
le moins, à défaut de vous convaincre, chers membres de la
partie ministérielle, vous sensibiliser au fait qu'il y a là une iniquité que l'on
perçoit, qui a été nommée, qui a été nommée à plusieurs reprises. Nous
aurions pu choisir aussi de demander à entendre
des comités logement ou des groupes de locataires qui se retrouvent de l'autre
côté de l'iniquité. Alors, je termine là-dessus, M. le Président. Merci
beaucoup.
Le Président
(M. Simard) : Merci beaucoup, M. le député de Rosemont. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Est-ce qu'il faut peser là-dessus?
Le Président
(M. Simard) : Non.
M. Girard
(Groulx) : O.K.
Bien, je trouvais qu'on n'entendait pas beaucoup l'allocution du député de Rosemont. Bon, merci.
Bienvenue...
M. Marissal :
...vous ne m'entendiez pas bien?
M. Girard
(Groulx) : Bien, on vous
entendait, mais on aurait pu vous entendre mieux. Alors là, je
m'assurais juste que mon micro... Et peut-être c'était une question de tourner
le micro.
Une voix :
Alors, il peut recommencer.
Des voix :
Ha, ha, ha!
M. Girard
(Groulx) : Ce n'était pas ce que je suggérais, mais je vous remercie
d'émettre cette hypothèse. Je voulais saluer
les gens qui se sont joints à nous. Merci. Je vais adresser simplement...
parce qu'hier, quand même, on
a eu plusieurs discours-fleuves sur la taxe
scolaire, et je vais me permettre d'utiliser mon temps de réplique ici pour
adresser quelques points qui sont fondamentaux.
Premièrement,
l'histoire qu'on taxe moins... les taxes scolaires inférieures au Québec que
dans les autres provinces, c'est
vraiment une vision, que je pourrais dire, une vision réductrice, parce que,
pour le contribuable, les taxes foncières, scolaires ou municipales, il n'y a pas vraiment de différence. Et les
taxes foncières, c'est indéniable, on est numéro un au Canada. Nous sommes la province avec les taxes
foncières les plus élevées lorsqu'on combine taxe foncière et taxe
scolaire.
J'aimerais
aussi revenir... Moi, je suis nouveau en politique puis je comprends que vous
ne me permettrez pas de dire que je
suis nouveau pendant quatre ans, là, j'en suis conscient, mais, lorsque j'ai
déposé ce projet de loi, j'ai dit en toute franchise que le coût serait entre 700 et 900 millions et je
comprends que l'opposition, dans son rôle, répète partout que ça va
coûter 900 millions. Bon, alors, j'ai des nouveaux chiffres, j'ai des
nouveaux estimés, et l'estimé est centré autour de 800 millions. Alors, libre à vous de véhiculer le chiffre de...
j'avais dit : 700 à 900. Vous pouvez véhiculer les chiffres que vous voulez. Mais, c'est vrai, évidemment, il
y a beaucoup d'hypothèses là-dedans sur l'évolution de l'assiette
fiscale, sur la vitesse à laquelle on
atteint le taux le plus bas et sur la vitesse à laquelle les besoins qu'on
dit... quel est le terme exact?
Une voix :
Les besoins locaux.
M. Girard
(Groulx) : L'évolution de la croissance des besoins locaux. Alors, il
y a trois variables qui bougent en même temps, mais mon estimé serait
maintenant centré autour de 800 millions.
Mais
ça, ce n'est même pas aussi fondamental qu'un point que j'ai entendu à
plusieurs reprises hier, et je veux être clair, le projet de loi est complètement clair et limpide qu'il prévoit
explicitement que la subvention d'équilibre compensera les commissions scolaires pour la baisse de taux
de manière à leur permettre de financer pleinement l'ensemble des
besoins locaux. Je réitère que les
articles 24 et 34, et, si vous voulez commencer par ces articles-là, ça me
ferait plaisir, couvrent ce point de
façon très claire.
L'article 24 stipule que «le ministre doit prévoir,
dans les règles budgétaires[...], le versement [de la] subvention d'équilibre».
Le reste est technique, et nous aurons l'occasion d'aller dans les détails,
mais le financement est garanti. Quand les
taxes baissent, la subvention d'équilibre monte. Donc, il est donc faux de dire
que nous allons réduire le
financement des commissions scolaires avec ce projet de loi là. Nous allons
réduire le fardeau fiscal des contribuables.
L'article 34,
plus technique, prévoit en détail — et j'ai hâte de me rendre à
l'article 34 avec vous — les modalités du calcul servant à verser la compensation d'uniformisation. Tout y est
prévu. Les oppositions ne peuvent donc pas accuser le gouvernement de couper dans le financement de
l'éducation avec ce projet de loi, c'est dans la loi. Affirmer que le
projet de loi va couper le financement en
éducation est une erreur d'interprétation, et nous aurons l'occasion d'étudier
le projet de loi en détail. Je les renomme, articles 24 et 34.
la motion préliminaire, je tiens à rappeler quelques faits. Lors de l'étude du
projet de loi n° 166, qui nous a été décrit hier comme un projet
extrêmement vertueux au sens de la consultation, trois organismes avaient été
vus. Et il y avait eu des consultations des
commissions scolaires, oui, deux jours avant le dépôt du projet de loi. Et,
pour notre part, collectivement, nous
nous sommes entendus sur 10 organismes que nous avons rencontrés, écoutés,
avec qui nous avons eu d'excellents
échanges. Et en aucun cas les oppositions ne nous ont demandé de rencontrer les
groupes qu'ils demandent aujourd'hui. Tout ceci ne vise qu'à retarder
l'étude du projet de loi.
Nous avons
consulté, nous avons entendu les points de vue, c'est le temps d'étudier le
projet de loi. J'espère qu'on va
pouvoir le faire rapidement. Dans ce contexte, il n'est pas utile d'entendre
d'autres intervenants, et nous allons voter contre cette motion.
Le Président (M. Simard) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Robert-Baldwin, vous avez une période de
30 minutes qui vous est allouée.
M. Leitão :
30 minutes. Très bien, M. le Président. Alors, pour ce qui est de la motion de
notre collègue le député de Rosemont,
bon, nous aussi, on pense que ça serait pertinent, ça serait pertinent
d'entendre ces groupes-là, surtout, comme notre collègue a mentionné, en ce qui concerne leur expérience dans les
autres provinces, particulièrement en Ontario, puisque nos gouvernements
aiment bien se comparer à l'Ontario. Donc, ça serait bien qu'on puisse avoir un
peu leur expérience en termes de taxe
scolaire, de contribution à la société, de relation entre ce niveau de taxe et
les loyers. Donc, ça serait utile.
Et, dans ce cas-là, nous allons soutenir... nous sommes avec le d