Public Finance — 21 January 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CFP 2020-01-21
Quebec — Committees
M. Marissal :
Merci, M. le Président. Alors, bien, oui, je suis heureux d'être ici aussi ce
matin, chers collègues. Il y a beaucoup de nouveaux visages, de l'autre côté,
qu'on n'a pas vus dans le n° 37 depuis quelque temps.
Alors, on apprendra effectivement à se connaître. Ça a été un bon temps des
fêtes reposant en famille. Je pense que quiconque, ici, siège ici
régulièrement, à Québec, sait ce que je veux dire, quand on retrouve notre
famille, enfin. Enfin, mes enfants et ma femme ont apprécié, je présume, que je
sois un peu plus présent, ne serait-ce que pour faire les courses et autres
objets domestiques de ce genre.
Parmi
mes résolutions... je vous le dis tout de suite, parce que vous aurez le droit
de me reprendre, parmi mes résolutions, j'essaie de bannir «20, 20» de mon
vocabulaire parce que mes enfants m'ont dit que je parlais comme un comptable,
que «20, 20», ce n'est pas bien, bien beau. Alors, je vais essayer de dire
«2020», puis vous avez le droit de me reprendre si jamais je dis «20, 20».
Le Président (M.
Simard) : Merci, M. le député. M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Donc, à mon tour de vous souhaiter à tous et à toutes une très bonne année, une
année de santé. Évidemment, le projet de loi n° 37,
il est hyperimportant. Malheureusement, il n'a pas toute l'attention médiatique
qu'il devrait avoir. J'ai eu ces discussions-là, pendant le temps des fêtes,
les gens nous posaient des questions sur, bon, qu'est-ce qu'il y a à l'ordre du
jour au menu législatif. On a parlé beaucoup du Fonds vert qui allait être
redessiné, on a parlé du mode de scrutin. Et, lorsque je parle du projet de loi
n° 37, j'ai l'impression de prêcher dans le néant.
Cela étant dit, ça demeure un projet de loi important, c'est de l'organisation
gouvernementale, c'est de la saine gestion. Et c'est sûr que peut-être que ce
n'est pas très sexy dans les médias, mais, lorsqu'on parle de gestion
gouvernementale, d'acquisition de biens et de donner des services aux
différents ministères et organismes qui y sont liés, je pense qu'il est tout à
fait légitime de faire un travail rigoureux et essentiel. Donc, ce n'est pas
parce qu'on n'a pas de captation média ou d'intérêt média aussi soulevé que
dans d'autres commissions parlementaires que notre travail n'est pas important.
Alors, ma résolution, c'est d'y mettre autant de temps et de travail, même si
on n'a pas autant d'intérêt par la population à ce sujet.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Merci pour vos bons voeux, M. le député de
René-Lévesque.
Alors, lors de
l'ajournement de nos travaux, le 6 décembre dernier, nous étions à étudier
les 60 articles de la
Loi sur le Centre d'acquisitions gouvernementales
édictée par l'article 1 du projet de loi.
Afin de nous remettre
à jour, je vous indique que les articles 1 à 17, 19 à 21 et 26 à 34 ont
été adoptés, dont certains avec des amendements. Aussi, l'étude de deux
articles a été suspendue, soit l'étude de l'article 18, et celle d'un
amendement le concernant, ainsi que l'étude de l'article 35.
Le 6 décembre
dernier, nous avions terminé sur une bonne note avec l'adoption de
l'article 21 et donc, conséquemment, nous serions aujourd'hui, ce matin,
rendus à l'article 22, à moins qu'il n'y ait consentement, bien sûr, pour
revenir à l'article 18. Mais je crois comprendre de discussions
préalables, donc, qu'il y avait une volonté commune pour poursuivre à partir de
22. Donc, M. le ministre, à vous la parole.
M. Dubé :
Est-ce que ça va pour tout le monde? Oui, c'est bon? Alors, merci beaucoup, M.
le Président, et allons-y directement. Alors, l'article 22 est assez
simple, se lit comme suit : «Le centre peut, par règlement, pourvoir à sa
régie interne.»
Alors, le
commentaire. Il est évident qu'il est proposé... l'article 22 propose et
prévoit la prise d'un règlement concernant le fonctionnement du centre. Alors,
je n'ai pas d'autre commentaire.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
Je n'ai pas de commentaire.
Le Président (M.
Simard) : M. le député de Rosemont.
Le Président (M.
Simard) : M. le député de René-Lévesque.
Le Président (M.
Simard) : S'il n'y a pas d'autre commentaire, nous sommes maintenant
prêts à passer à la mise aux voix concernant l'adoption de l'article
L'article 22
est-il adopté?
Le Président (M.
Simard) : Adopté. Nous passons maintenant à l'article 23. M. le
ministre.
M. Dubé :
Très bien. Alors, M. le Président, l'article 23 se lit comme suit :
«Tout document du centre certifié conforme par le président-directeur général,
un vice-président, le secrétaire ou toute autre personne autorisée à cette fin
par le centre, est authentique. Il en est de même des copies émanant du centre
ou faisant
partie de ses archives lorsqu'elles sont ainsi certifiées.»
Donc,
le commentaire ici, c'est que l'article 23 proposé prévoit une règle
d'authentification des documents du centre afin de faciliter la preuve de
ceux-ci devant les tribunaux.
Président (M. Simard) : Merci, M. le ministre. Y aurait-il des commentaires? M. le député de La Pinière.
Le Président (M.
Simard) : Je vous en prie.
M. Barrette :
...ça ne doit pas être une étampe.
M. Dubé :
Est-ce que je pourrais vous demander de demander à Me Bacon de nous le
préciser? Parce que je n'en ai...
M. Barrette :
Avec plaisir, comme toujours.
M. Dubé :
Comme toujours.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Alors, y aurait-il consentement afin que Me Bacon
puisse s'adresser à nous? Consentement. Me Bacon, pour les fins de nos travaux,
auriez-vous l'amabilité de vous présenter?
Mme Bacon (Nathalie) : Bonjour, M.
le Président. Nathalie Bacon, légiste
au Secrétariat du Conseil du trésor.
La certification se
fait d'abord par le moyen de preuve qui est le meilleur, qui est la signature
originale, d'une part. Et vous avez à l'article 25 une disposition
habilitante, on va le voir plus loin, qui permet la signature... la prise d'un règlement
pour permettre la signature par un procédé faisant appel aux technologies de l'information.
Et là il y a toute la panoplie des signatures : lithographiées,
cartographiées, etc.
Le Président
(M. Simard) : Merci.
M. Barrette :
Je m'attendais un peu à ça, là, comme réponse, là. Donc, à 25, ça va être la
signature électronique, ce genre de choses là. Maintenant, pour apposer une
signature électronique, il faut que quelqu'un soit autorisé. Et, quand je
regarde le 23... Puis c'est technique, là, ce n'est vraiment un débat, que je
veux faire, là, c'est une question de précision et, je dirais, de sécurité, là,
dans cette procédure-là. Évidemment, là, «tout document du centre», on parle de
n'importe quel document, là. Il n'y a pas de limitation aux documents, ce qui
explique probablement...
Là, je fais l'erreur
de donner la réponse qui va avec la question, là. Mais là ça fait pas mal de
monde, là, qui peuvent donner des documents certifiés conformes, parce qu'en
plus du P.D.G., ce qui est normal, du vice-président, ce qui est normal, du
secrétaire, ce qui est normal, et de toute autre personne... «Toute autre
personne», ça va être dans 22, ça, cette identification-là de «toute autre personne»,
là? Moi, ça me fatigue toujours un peu, là, puis ça ne me fatigue pas tant que
ça, mais, à partir du moment où on est dans... pas «à partir du moment», on est
dans un monde moderne, alors, quand on va arriver à 25, on a la possibilité, de
façon électronique, de faire ceci, cela, et là, bien là, c'est comme tout le
monde, là.
Alors, moi, les deux
questions que je pose... J'ai eu une réponse, que je comprends, pour 25, là.
J'entends que vous allez dire : 24. Mais où est-ce qu'on retrouve le fait,
là, que, de façon certaine, il y a des quantités... pas des quantités, mais des
personnes dont le rang est identifié pour certifier un document? Parce que le
point sur lequel j'achoppe, c'est «tout document». Alors là, ça veut dire qu'à
peu près n'importe qui peut... Puis là on s'entend que, je veux dire,
électroniquement, il y a un paquet d'affaires, là, qui peuvent être faites, là.
C'est une question de sécurité, là. Ce n'est pas un débat, là, que je veux
faire.
M. Dubé :
...c'est une très bonne question. Si vous me permettez, M. le député, je
demanderais à Me Bacon de compléter la réponse parce que je pense qu'elle veut
aussi référer à l'article 24. Est-ce que je vous laisse aller?
Mme Bacon
(Nathalie) : Oui. Alors, pour compléter, M. le Président,
l'article 23 doit se lire en conjonction avec 24. 24, c'est là où que vous
retrouvez le pouvoir réglementaire pour identifier les «toute autre personne».
Alors, les «toute autre personne» mentionnés à 23 vont être identifiées dans un
règlement qui est pris en vertu de 24. Le pouvoir réglementaire est au premier
alinéa.
Et il va y avoir
également... Et, lorsqu'on dit : «Uniquement dans la mesure déterminée par
le règlement du centre», cela veut dire qu'il faut identifier le type de
document, également, dans ce fameux règlement interne là. Et ça, c'est usuel,
là, les règlements internes. Les règlements de signature sont très, très
détaillés normalement, ça prend normalement plusieurs mois, identifier les
signataires et les documents.
M. Barrette :
Je suis d'accord avec cette réponse-là, M. le Président, mais je voulais juste
voir si ce que moi, j'avais vécu dans le passé était quelque chose qui était
mur à mur dans le gouvernement ou si ça allait être... chaque ministère ou
organisme paragouvernemental allait avoir ses règles propres. Là, ici, ce que je comprends, c'est qu'il y a un
usage habituel, dans l'État, qui va être potentiellement adapté par 23, 24, 25
au Centre d'acquisitions.
Mme Bacon
(Nathalie) : Exactement.
M. Barrette : O.K. Mais les
choses vont être écrites.
Mme Bacon (Nathalie) :
Exactement.
M. Barrette : O.K. Parfait.
M. Dubé : Très bonne question.
O.K. C'est beau.
Le Président (M. Simard) : Y
aurait-il d'autres commentaires sur l'article 23? M. le député de
Rosemont.
M. Marissal : Bien, c'est un
commentaire en forme de suggestion, puisqu'on reprend aujourd'hui l'étude de
37, du projet de loi n° 37. J'ai remarqué, dans plusieurs projets de loi,
que souvent on nous présente des amendements... pas des amendements, mais des
articles qui sont des articles usités qui reviennent presque systématiquement.
C'est-à-dire que les juristes de l'État n'ont pas à refaire à chaque fois le
travail et repartir de zéro, ils prennent les articles qui sont appliqués dans
d'autres lois, ils le mettent dans le projet de loi qui est à l'étude en ce
moment, parce que c'est comme ça que ça fonctionne, et ça donne des résultats.
Bon, ça peut être débattu, effectivement, là,
les questions sont saines. Mais je suggère, à ce moment-là, qu'à chaque fois,
dans vos notes, commentaires explicatifs, on note que c'est un règlement usité
qui revient à peu près dans toutes les lois constitutives de ce genre. Ça
évite, d'abord, à chaque fois, à reposer la question. Puis on peut même faire
référence à, ce qui fait que... Souvent, on comprend mieux par des exemples,
là, dans le «day-to-day»... excusez-moi, là, dans l'opération quotidienne, on
est capables de dire : Oui, mais ça a été appliqué dans telle loi de telle
façon parce qu'il y a eu telle cause devant tel tribunal.
C'est une suggestion que je fais, en même temps,
parce que, par l'illustration de ce qui se fait déjà dans le grand appareil de
l'État, je pense que ça peut nous aider à comprendre un peu plus rapidement.
Le Président (M. Simard) : Merci
beaucoup, M. le député de Rosemont. Y aurait-il d'autres commentaires? M. le
député de René-Lévesque? Merci. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention...
Oui, M. le ministre.
M. Dubé : ...je suis d'accord avec
la suggestion du député, puis, à l'écoute du commentaire de Me Bacon, je
pense qu'on va essayer de le faire, même dans le cadre de ce projet-là, de vous
le noter ou de le mentionner lorsque ça sera le cas. Je pense, ça va aider dans
les discussions puis je pense que ça permettra de répondre plus efficacement.
Ça fait qu'on va le faire. C'est bon?
Le Président (M. Simard) : Très bien.
Alors, nous allons maintenant passer à la mise aux voix de l'article 24...
l'article 23, pardon. Je suis un peu trop pressé.
L'article 23 est-il
adopté?
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Alors, voilà, nous y sommes, l'article 24.
M. Dubé : ...alors, 24 se lit comme
suit : «Aucun document n'engage le centre ni ne peut lui être attribué
s'il n'est signé par le président-directeur général, un vice-président, le
secrétaire ou un membre du personnel du centre, mais, dans ce dernier cas,
uniquement dans la mesure déterminée par le règlement du centre.
«Les règles de délégation de signature peuvent
prévoir la subdélégation et ses modalités d'exercice.»
Alors, comme commentaire.
L'article 24
proposé permet d'établir le régime juridique de la signature des documents du
centre. Et, pour répondre à la question du député de Rosemont, c'est un
article
usuel, si c'est la bonne façon peut-être de le présenter, M. le député.
Le Président (M. Simard) : Merci, M.
le ministre. Y aurait-il des commentaires?
M. Barrette : Ils sont déjà faits.
Le Président (M. Simard) : S'il n'y
a pas de commentaire, nous allons passer à la mise aux voix.
L'article 24
est-il adopté?
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Alors, techniquement, nous serions rendus à l'article 36, 35 ayant été, bien
sûr, comme vous le savez, suspendu.
M. Dubé : ...est-ce que je pourrais
vous demander de vérifier si 25 avait été passé? Parce que, moi, dans mes
notes, je ne le vois pas, là, mais peut-être que j'ai...
Le Président (M.
Simard) : Très bien.
Nous allons suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à 9 h 53)
Président (M. Simard) : Très bien.
M. le ministre, vous feriez un excellent président de
commission, vous.
M. Dubé : Je suis d'accord avec vous,
je suis d'accord avec vous.
Le Président (M. Simard) : On vous
cède la parole pour l'article 25.
M. Dubé : Alors, j'y vais pour l'article 25,
M. le Président. Alors, l'article 25 se lit comme suit : «Le centre
peut permettre, aux conditions et sur les documents qu'il détermine par
règlement, qu'une signature requise soit [approuvée] au moyen de tout procédé
faisant appel aux technologies de l'information.»
Alors, l'article 25 proposé — c'est
le commentaire — précise
la façon que pourra être opposée... apposée, pardon, sur un document une
signature officielle du centre. Et, encore une fois, on m'indique que c'est un
article usuel, pour répondre à votre point.
Le Président (M. Simard) : Merci. Y
aurait-il des commentaires sur l'article 25? Pas de commentaire. Nous
sommes donc prêts à passer à la mise aux voix.
L'article 25 est-il adopté?
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Bien, alors, voilà, nous en sommes maintenant à l'article 36. Je vous
laisse le temps, peut-être, d'avancer dans vos documents.
Le Président (M. Simard) : Bon,
alors, écoutez, on va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 55)
Le Président (M. Simard) : Bien. Bon
retour. M. le ministre, pour l'article 36.
M. Dubé : Avec plaisir. Alors,
l'article 36 se lit comme suit : «Les livres et comptes du centre
sont vérifiés par le Vérificateur général chaque année et chaque fois que le
décrète le gouvernement.
«Le rapport du vérificateur doit accompagner les
états financiers et le rapport d'activités du centre.»
Donc, à
titre de commentaire :
l'article 36 proposé prévoit la vérification par le Vérificateur général
des livres et comptes du centre.
Est-ce que je peux penser que c'est usuel aussi,
cette clause-là, cet article-là? Oui?
Le Président (M. Simard) : Très
bien, merci. Y aurait-il des commentaires? M. le député de Rosemont, peut-être?
Non? M. le député de La Pinière?
Le Président (M. Simard) : M. le
député de René-Lévesque non plus? Alors, s'il n'y a pas de commentaire, nous
allons procéder à la mise aux voix de l'article 36. Cet
article est-il
adopté?
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Nous passons maintenant à l'article 37. M. le ministre.
M. Dubé : D'accord, merci. Alors,
l'article 37 : «Le centre transmet au président du Conseil du trésor
tout renseignement et tout autre rapport que [celui] requiert sur ses
activités.»
Le commentaire lié est que l'article 37
proposé prévoit l'obligation pour le centre de transmettre au président du
Conseil du trésor tout renseignement ou tout rapport concernant les activités
du nouvel organisme. Et on me dit aussi à l'oreille que c'est un
article usuel
dans ce genre d'organisme... de création d'organismes là.
Le Président (M.
Simard) : Merci. Y aurait-il des commentaires? S'il n'y a pas de
commentaire sur l'article 37, nous allons procéder à la mise aux voix. Cet
article est-il adopté?
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Nous passons maintenant à l'article 38.
M. Dubé :
L'article 38 :
«Le
chapitre II de la
Loi sur l'administration publique (chapitre A-6.01)
s'applique au centre comme s'il était un organisme désigné en vertu du deuxième
alinéa de l'article 5 de cette loi.»
Alors, le commentaire.
L'article 38 proposé
rend applicables au centre les dispositions du
chapitre II de la
Loi sur
l'administration publique — je
le répète, là, le
chapitre A-6.01 — notamment celles créant
l'obligation pour le centre d'établir un plan stratégique et de le transmettre
au président du Conseil du trésor, duquel relève la responsabilité de ce nouvel
organisme.
Le Président (M. Simard) : Merci, M.
le ministre. Y aurait-il des commentaires sur l'article 38? S'il n'y a pas
de... Oui, M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui, peut-être juste
une précision.
Le Président (M. Simard) : Je vous
en prie.
M. Ouellet : Est-ce que ce plan
stratégique sera déposé à l'Assemblée nationale, M. le président du Conseil du
trésor?
M. Dubé : Je crois que oui — ma
réponse initiale. Il faudrait juste peut-être, Mme Bacon, que vous
vérifiez parce que...
Le Président (M. Simard) :
Me Bacon.
Mme Bacon (Nathalie) : M. le
Président, oui, en vertu de l'article 11 de la Loi de l'administration
publique, qui est déclaré applicable en vertu de cet article-là, 38, qui
dit que la
section du
chapitre II de cette loi-là s'applique au centre.
Alors, le plan stratégique fait l'objet d'un dépôt à l'Assemblée nationale.
Président (M. Simard) : Merci beaucoup. Y aurait-il d'autres
commentaires? M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. Merci, M. le
Président. Est-ce que le centre aura des indicateurs de performance qui seront,
eux autres aussi, déposés à l'Assemblée nationale?
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Dubé : Je peux répondre directement,
parce que, dans le plan stratégique, il y aura des indicateurs de performance,
donc les deux seront... Comme les plans stratégiques ont été déposés l'automne
dernier, avant la fin de la session, ça va être la même chose pour le centre.
Le Président (M. Simard) : D'autres
commentaires? Très bien. Nous allons procéder à la mise aux voix de
l'article 38. Est-ce que cet
article est adopté?
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Passons maintenant à l'article 39. M. le ministre.
M. Dubé : Donc, on change de
chapitre, on passe au...
Le Président (M. Simard) :
Chapitre VI.
M. Barrette : M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Oui, M.
le député de La Pinière.
M. Barrette :
Avant d'aller... qu'on change de chapitre, alors ici on était dans un
chapitre
où il y avait des transmissions de données entre le centre et le président du
Conseil du trésor, et ainsi de suite. Ce matin, il y a un communiqué qui a été
rendu public, là, par une firme de consultants qui a posé une question qui
était quand même relativement pas mal légitime, là, sur
la possibilité de faire en sorte que le Centre d'acquisitions gouvernementales
soit sujet à la même réglementation que les autres organisations gouvernementales
quant à l'accès... la Commission d'accès à l'information.
J'aimerais que le
président du Conseil du trésor nous éclaire sur cette situation-là, parce
qu'évidemment ils ne le sont pas. L'argumentaire qui est développé est à
l'effet que, normalement, ce qui est financé par des fonds publics, c'est sujet
à un examen selon les règles de la CAI. Là, ça ne l'est pas. Et là j'aimerais entendre le ministre sur sa
vision de la chose, ou ses collègues, là, peut-être qu'il y a des raisons
légales qui font que ça ne l'est pas, mais...
Le Président (M.
Simard) : ...j'entends très bien ce que vous me dites, puis c'est
très...
M. Barrette :
C'est clair?
Le Président (M.
Simard) : C'est très clair, sauf que j'ai un problème de comptabilité
au niveau du temps, puisque ce n'est pas une discussion, à proprement parler,
qui découle de l'étude d'un
article détaillé. En fait, je vous sais assez habile pour aborder les choses de bien
des manières. Mais, en fait, ma préoccupation à ce stade-ci, c'est : Où
est-ce que je mets ça? Donc, je voudrais bien engager les discussions, mais...
Alors, je vais
suspendre quelques instants pour éclaircir la chose.
(Suspension de la séance à
10 h 02)
Le Président (M.
Simard) : Très bien, nous allons reprendre nos travaux. Je cède maintenant
la parole au député de La Pinière. Cher collègue.
M. Barrette :
Oui, M. le Président. Écoutez, comme je le disais précédemment, a été émis par
un organisme, par une firme de consultation publique, un communiqué aujourd'hui
à l'effet que, selon eux et sur la base d'un événement qu'ils ont vécu, il y
aurait un enjeu d'accès à l'information. Alors, ces gens-là relatent le fait qu'il
y a eu, et je cite au texte... qu'une «demande d'accès à l'information a été
refusée pour le motif que les groupes d'approvisionnement en commun du réseau
de la santé et des services sociaux — ce qui existe
actuellement — ne
sont pas des organismes publics assujettis à la
Loi sur l'accès. Après contestation
auprès de la
section juridictionnelle de la CAI — la Commission d'accès
à l'information — la
décision a été maintenue.»
Alors, la question que je posais, qui était une
question de principe, je dirais, là, ou de concept : Alors, est-ce que le
Centre d'acquisitions gouvernementales va être un organisme entièrement
assujetti à la CAI ou non?
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
Dubé : Alors, je pense que je passerais la parole à Me Bacon pour
répondre à votre question, M. le député, puis qu'on avait déjà traité ça
précédemment, mais pour répondre spécifiquement au cas où vous référez,
dans les circonstances actuelles de la structure actuelle. Allez-y donc, Me
Bacon.
Le Président (M.
Simard) : Me Bacon.
Mme Bacon
(Nathalie) : M. le Président, pour être assujetti à la
Loi sur
l'accès, il faut être un organisme public visé par la
Loi sur l'accès.
«Organisme public» est défini à l'article 3 de la
Loi sur l'accès, ce qui
comprend les organismes gouvernementaux qui sont définis eux-mêmes à
l'article 4 de cette même loi. Par «organismes gouvernementaux» sont
inclus les organismes dont le personnel est nommé suivant la
Loi sur la
fonction publique, ce qui est le cas du
Centre d'acquisitions gouvernementales avec son
article 28 de sa loi
constitutive. Donc, oui, le CAG, le centre, va être visé entièrement par la Loi
sur l'accès...
Le Président (M.
Simard) : Merci.
Mme Bacon (Nathalie) : ...contrairement
aux groupes d'approvisionnement en santé qui étaient des OBNL privés.
M. Barrette :
Il n'y a pas de restriction à l'assujettissement à la CAG?
Mme Bacon
(Nathalie) : Aucune.
M. Barrette :
Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Merci à vous, M. le député. Y aurait-il d'autres commentaires?
Très bien. Nous reprenons donc l'étude détaillée de l'article 39. M. le
ministre.
Dubé : Avec plaisir. Alors, M. le Président, l'article 39 se lit
comme suit : «Le président du Conseil du trésor peut, lorsqu'il le juge
opportun, vérifier si le centre respecte les dispositions prévues par la
présente loi. Cette [vérification-là] peut notamment viser la conformité des
actions d'un organisme public à la présente loi ainsi qu'aux directives prises
en vertu de celle-ci et auxquelles un tel organisme est assujetti.
«Le président du
Conseil du trésor peut désigner par écrit une personne chargée de cette
vérification.»
Alors, à
titre de commentaire :
l'article 39 proposé confère au président du Conseil du trésor un pouvoir
de vérification à l'égard des activités d'acquisitions gouvernementales
incluant à la fois le centre lui-même et les organismes publics qui en
constituent la clientèle.
Pour faire le parallèle
avec la question du député de Rosemont, ce n'est pas un
article qui est usuel,
il est fréquent. Et on me cite que c'est le genre de demande qui est faite, par
exemple, au niveau de l'AMP, alors ce n'est pas dans tous les organismes qu'il
y a cette capacité-là. Mais c'est quand même assez fréquent d'avoir ce genre de
capacité là du président du Conseil du trésor, s'il le juge opportun, de faire
ce genre de demande de vérification là.
Le Président (M.
Simard) : Merci, M. le ministre.
M. Dubé :
...vérification du VG, par la suite, mais là c'est une demande de vérification
par le président du Conseil du trésor.
Le Président (M.
Simard) : M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
Alors, deux questions. La première : Au deuxième alinéa, quand le président
du Conseil du trésor désigne «par écrit», ça veut dire quoi, ça? C'est un
décret? C'est une lettre? C'est quoi?
M. Dubé :
Bien, je ne pense pas que c'est un décret, là. Ça serait une lettre.
M. Barrette :
C'est une lettre, O.K., parfait. Et la deuxième question. Bon, évidemment, le
comité de vérification vérifie en permanence, ici on vérifie ad hoc. Et est-ce
que les résultats d'une telle vérification vont être rendus publics? D'abord.
Une sous-question : Lorsque le président du Conseil du trésor décide de
faire ça, est-ce que la décision de le faire va être rendue publique et est-ce
que les résultats vont être rendus publics? Parce qu'on peut présumer que, si
le président du Conseil du trésor se sent obligé de vérifier la vérification — ça
revient à ça — c'est
qu'il y a peut-être anguille sous roche. Alors là, est-ce qu'on peut au moins
avoir une notification quelconque, là, qui va dire : Bon, O.K., là, je
fais une vérification sur la base de a, b, c, d, et voici les résultats? Sinon,
ça devient... Je ne conteste pas, M. le Président, par ma question, je ne
conteste pas l'utilité et la pertinence de le faire.
M. Dubé :
...l'obligation de divulgation par la suite, c'est ça?
M. Barrette :
Bien, les deux, les deux. C'est parce que 39, normalement, ça traite d'une
situation qui a une apparence, au moins, d'exception. Il y a un doute, là. Si
cet article-là est là... C'est un bon article, ça veut dire que le législateur
s'est dit : Ce n'est peut-être pas les ceintures et les bretelles, mais on
va se donner une assurance additionnelle. On peut, si on le juge nécessaire,
peu importe le motif, faire une vérification additionnelle. Parce que ça revient à ça, là, à moins que je me trompe dans
l'interprétation du texte ou de l'intention du législateur. Alors, si on le
fait, est-ce qu'on peut le savoir, que ça va se faire, puis est-ce qu'on peut voir les résultats?
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Dubé :
Là, je suis en train de relire l'article, mais je vais prendre quelques
minutes. Il y a deux choses. Votre question est bonne, alors je vais y
réfléchir un peu. La première, c'est que vous allez aimer le fait qu'on
dise : «Cette vérification peut notamment», hein? Ce n'est pas exclusif,
là, lorsqu'on dit : «Peut notamment viser la conformité des actions d'un
organisme».
Où je me questionne
sur l'à-propos, là, de l'obligation de toujours divulguer les résultats :
il pourrait, par exemple, y avoir une demande qui a été faite puis qu'il n'y a
aucun constat qui est fait, puis il ne devrait pas y avoir d'obligation
lorsqu'on a... Par contre, s'il y avait un
défaut ou quoi que ce soit qui était réalisé par cette vérification-là, est-ce que
ça peut... Est-ce qu'il y a obligation de divulgation dans tous les cas?
Je ne le sais pas. J'aimerais mieux... Est-ce que je peux prendre quelques
minutes? Je voudrais juste voir qu'est-ce qu'on fait dans d'autres organismes,
parce que c'est un...
M. Barrette :
...avant de suspendre, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Oui, oui, je vous en prie, je vous en prie.
M. Barrette :
Je veux juste que ça soit clair pour le ministre et son équipe que ma question
a deux volets : le premier volet, savoir que quelque chose se fait, et
savoir le résultat. C'est deux volets qui ont une importance et des
conséquences parfois différentes.
Dubé : ...je vais préciser votre question si vous permettez. Pour le
premier savoir, savoir s'il y a quelque chose...
M. Barrette :
Non, non, non, savoir qu'il y a... 39 dit : «Le président du Conseil du
trésor peut».
M. Dubé :
C'est son droit. Oui.
M. Barrette :
C'est son droit. Mais on choisit, dans une nouvelle organisation qui n'a pas un
conseil d'administration standard — je ne repars pas le débat — pour
lequel on a accepté qu'au moins il allait y avoir un comité de vérification,
lui, pas mal standard... on a accepté, là, qu'il y avait cette force-là. Mais
le législateur a choisi de se donner une assurance additionnelle en écrivant
39. 39 dit : Même si je le sais, que, dans ma patente, là, il y a une
structure qui va vérifier, puis je lui fais confiance, même s'il y a ça, je me
donne le pouvoir de faire, si je le juge opportun, une vérification sur un
sujet a, b, c, d. C'est correct. Moi, je ne questionne pas le sujet a, b, c, d,
je dis : Si le législateur s'est donné cette possibilité-là, c'est parce
qu'il s'est dit : S'il y a quelque chose, une question est soulevée qui
nous amène à penser que peut-être quelque chose n'est pas parfaitement
conforme, bien, on va se donner un levier additionnel qui est «le président du
Conseil du trésor peut».
Alors, moi, je
dis : Bien, s'il en arrive à utiliser son pouvoir, le ministre, c'est
parce qu'il y a une anguille en quelque part sous la roche, qui va peut-être
être inexistante après vérification. Mais ça serait le fun de savoir pourquoi, qu'est-ce
qui a amené le ministre, à ce moment-là, le président du Conseil du trésor, à
faire cette vérification-là et quels sont les résultats. Si tout est correct,
c'est parfait, tout est correct.
M. Dubé :
Oui. Mais alors c'est quoi... Oui.
M. Barrette :
Dit en d'autres... dit de façon vulgarisée, là : Écoutez, moi, j'ai
entendu a, b, c, d puis je pense que, là, il faudrait peut-être aller vérifier,
au moins par sécurité, là. Bien, on sait qu'il y a une vérification qui est
faite, puis à la fin tout est correct.
M. Dubé :
Mais, quand vous dites «on», c'est... à qui vous le demandez?
M. Barrette :
Mais ça, c'est là, la divulgation, là.
M. Dubé :
Oui, mais c'est quoi, votre question? Je fais l'hypothèse, là : le
président décide...
M. Barrette :
Bien, la question, c'est facile, là. Il y a deux volets.
Le Président (M.
Simard) : ...pensez aux gens qui retranscrivent nos travaux. M. le
ministre.
M. Dubé :
Oui, oui. Alors, c'est pour ça, précisez votre question, c'est ça que je
demande, là.
M. Barrette :
Alors, si jamais ça, ça arrivait, normalement, là, il y aurait une lettre en
quelque part, là, un exercice, qui commencerait : En vertu de
l'article 39 de la
loi sur blablabla, je vous avise que je vais faire
telle vérification, veuillez me présenter telles, telles, telles affaires.
Puis, à la fin, il y a une conclusion, après l'exercice : Alors, on peut-u
être informés de ça, les deux affaires?
M. Dubé :
Et, quand vous dites : On peut-u être informés, est-ce que vous...
M. Barrette :
Bien, c'est rendu public, là, vous le mettez sur votre site Internet.
M. Dubé :
Ah! bien, O.K., là, c'est ça, là, vous parlez que cette information-là soit
publique. Parce que je...
M. Barrette :
Bien, la divulgation, en général, ce n'est pas dans un confessionnal, là. Dans
une autre génération, oui, mais pas aujourd'hui.
M. Dubé :
Non, non, mais ça pourrait... Non, non, mais... Très bien, mais c'est pour ça
que je voulais...
Le Président (M.
Simard) : On va y aller étape par étape. M. le ministre.
M. Dubé :
Bon, alors, c'est pour ça que je voulais préciser c'est qui, le «on», parce que
le «on» est assez large. Par exemple, si le président... Puis c'est pour ça que
je vais prendre un petit peu de recul pour voir ce qui est fait dans d'autres organismes,
là, je ne veux pas réinventer la roue. Mais habituellement, puis ça se fait
dans d'autres organismes, si le président décide de faire cette analyse-là, il
va faire rapport à quelqu'un. Est-ce que ça peut être au comité de vérification,
est-ce que ça peut être au comité, comment on l'a appelé... notre comité de
gouvernance? Je voudrais juste voir est-ce qu'il y a une obligation d'aller
nécessairement public, par opposition à la structure interne.
Laissez-moi
prendre quelques minutes. Parce que je comprends votre divulgation, votre
besoin de divulgation, mais je voudrais savoir aussi à qui elle pourrait être
faite, pour répondre à certaines de vos préoccupations. M. le Président, je
prendrais quelques minutes pour en discuter avec ma collègue légiste et mes
collègues pour voir qu'est-ce qu'ils ont fait ailleurs? C'est bon, on prend
quelques minutes?
Le Président (M.
Simard) : Très bien, très bien.
Alors, nous allons
suspendre temporairement.
(Suspension de la séance à
10 h 17)
Le Président (M.
Simard) : Très bien. À l'ordre, s'il vous plaît! Au moment de
suspendre nous travaux, nous en étions rendus à des discussions concernant
l'article 39. Alors, M. le ministre, à vous la parole.
M. Dubé :
M. le Président, encore une fois, j'apprécie la question. Je vais essayer de
résumer ma pensée face au point que vous avez soulevé, M. le député. Je veux
juste remettre en contexte les personnes ou les différents organismes qu'on a à
l'intérieur du centre. O.K., il y a le président du Conseil du trésor, il y a
ce qu'on appelle le comité de gouvernance,
on a le comité de vérification puis on a la direction générale, on a le D.G. avec son équipe de direction. Bon,
j'essaie de voir le... Et en plus, moi... le président du Conseil du trésor se
rapporte au Conseil du trésor.
Bon, alors, à votre
demande, j'essaie de faire un exemple... de prendre un exemple, pardon, d'un
cas où le président du Conseil du trésor pourrait décider d'aller vérifier un
processus, de dire : Est-ce que, par exemple, les achats qui se font entre
le centre et n'importe quel autre organisme qui travaille avec le centre... je
voudrais aller voir si c'est bien fait ou si les processus sont bien suivis. Ce
n'est pas nécessairement au VG de faire ce travail-là, ça serait un mandat que
je pourrais décider de donner à un vérificateur externe qui a l'expertise de
faire ce travail-là.
À votre question,
puis là je vais vous dire ma réponse simple, c'est que je veux être certain
qu'il n'y a pas d'obligation... je ne pense pas que c'était votre question,
mais pour bien la clarifier, je n'ai pas d'obligation à divulguer que je lance
une analyse, parce qu'il n'y a rien de pire que d'inquiéter les gens si le
doute n'était pas fondé. Alors, si, par exemple, il y a un processus qui n'est
pas correct, je vais aller le vérifier, puis, s'il n'est pas correct, le
processus, bien, là on prendra une décision. Alors,
je veux juste dire qu'il n'y aurait pas d'obligation; dans un cas où on décide
de demander une analyse, bien, au moins, d'attendre d'avoir la réponse. Ça,
c'est le premier point.
Le deuxième point, de
savoir si, par exemple, on a fait cette vérification-là et que le rapport me
dit : Bien là, il y a peut-être une amélioration à faire dans la façon
dont tel organisme travaille avec le centre puis il y aurait une amélioration à
faire, bien, ça, je pense que, les procédures qu'on m'explique, puis je suis
assez confortable avec ça, c'est dans le même sens que le président du Conseil
du trésor va devoir faire un rapport au Conseil du trésor puis dire : J'ai demandé telle analyse, et cette analyse-là a
fait qu'il y a peut-être des améliorations à faire dans tel ou tel processus.
Et moi, je vais me rapporter au Conseil du trésor pour leur dire : On a
fait cette analyse-là et cette divulgation...
Alors, à la question
que vous me demandiez, le «on», bien, le «on», moi, je vais le rendre... je
vais divulguer les rapports de cette vérification-là au Conseil du trésor.
Alors donc, oui, il va y avoir une divulgation, s'il y avait quelque chose à
corriger, et ça, ça se fera au Conseil du trésor, qui, lui, décidera si, par
exemple, il peut demander des corrections. Mais je pense que c'est la façon de
se servir... ce qui est complémentaire aux deux comités que l'on a, le comité
de gouvernance, le comité de vérification. Mais là on parle d'un cas spécifique
où c'est une demande qui devient... du président du Conseil du trésor. Alors,
j'espère que ça répond à votre question, qu'il y aurait effectivement une
divulgation qui devrait être faite au Conseil du trésor.
Barrette : Bien, M. le Président, je cherche un mot, je ne pense pas que ça existe en français, «la
subjugation», là, mais je suis quasiment subjugué. Parce que,
là, c'est un peu tourner en rond, là, tourner en rond pas dans le sens négatif
du terme mais dans le sens «inbreeding» du terme, si on me permet l'anglicisme,
parce que, là, c'est le président du Conseil du trésor
qui va, dans une circonstance exceptionnelle... Exceptionnelle, ça veut
juste dire qu'il n'est pas habitué. Ça ne veut pas dire que c'est négatif, mais
ça peut être négatif. Alors, cet article-là, ça traite d'une situation
d'exception.
Alors, le président
du Conseil du trésor, en vertu de l'article 39 de la loi, peut, lui, pour
les raisons qui lui appartiennent, déclencher un processus additionnel de
vérification. Il a le droit de faire ça. Et là, M. le Président, on me
répond : On va le divulguer au Conseil du trésor. Bien, j'espère, c'est le
Conseil du trésor qui le fait. Alors, là, le président du Conseil du trésor va
nommer quelqu'un pour le faire ou ça sera le président du Conseil du trésor qui
va le faire, le rapport va lui être donné, et ça, ça serait de la divulgation?
Ce n'est pas ça, une divulgation. C'est tourner en rond, là, cette affaire-là,
M. Dubé :
Mais non, non... Bien, juste pour...
Le Président (M.
Simard) : Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Dubé : O.K. Très bien. Mais, juste pour préciser, ce
n'est pas le Conseil du trésor qui demande, là. Ici, dans l'article 39, on
dit que c'est le président du Conseil
du trésor, l'individu, la personne,
qui demande cette analyse-là. Le rapport va être soumis si... rapport,
s'il y avait quelque chose qui était vu comme pas correct dans le processus, va
être soumis au Conseil du trésor. Donc, ce n'est pas le conseil qui le demande
puis qui reçoit le rapport, c'est le président qui dit : Moi, j'ai peut-être
un enjeu sur un processus, je veux aller voir comment ça fonctionne. Et, si je reviens, puis j'ai un doute
que tel organisme ne travaille pas correctement, puis je dis... — je
donne un exemple, là — ne
travaille pas correct avec le centre puis on devait faire des corrections, bien
moi, je vais faire rapport au Conseil du trésor. Donc, ce n'est pas A
qui demande à A, là. C'est A qui donne une commande, et A, s'il reçoit une commande,
qui est le président du Conseil du trésor, va aller au conseil lui-même puis
dire : J'ai un enjeu, puis on veut le régler.
M. Barrette : Là, je ne suis
vraiment pas d'accord. M. le Président, là, dans notre structure, là, légale,
Me Bacon, vous me corrigerez — parce que j'ai déjà posé
cette question-là, pas ici, mais dans une autre circonstance — le
président du Conseil du trésor est le Conseil du trésor. Je ne dis pas qu'il
est le Conseil du trésor, toutes les personnes qui sont au bunker, là, ce n'est
pas ça que je dis. Mais légalement, là, c'est une structure pyramidale, le
président est responsable de tout.
M. Barrette : Je vais juste finir
mon argument, là. Alors, l'argument, là, qui dit, là : C'est le Conseil du
trésor... ce n'est pas le Conseil du trésor, c'est le président, bien, non, le
président du Conseil du trésor, c'est l'autorité suprême.
M. Dubé : ...je veux juste vous
mentionner, si vous me permettez, M. le Président...
Le Président (M. Simard) : Allez-y,
M. le ministre.
M. Dubé : Je pense qu'on devrait
aller... C'est parce qu'on va voir l'article 41. On va prendre juste
deux minutes, là, pour aller voir, parce qu'on me dit toujours qu'il y a
une séquence dans les articles.
L'article 41, qui, à mon sens, suit
exactement ça, ça dit, puis on le lira tout à l'heure, mais pour votre
réflexion... Votre question est très bonne,
mais la procédure est déjà prévue. La procédure dit que «le président du
Conseil du trésor présente, le cas échéant, les recommandations qu'il juge
appropriées au Conseil du trésor. Il peut [requérir ensuite] du centre
ou de l'organisme public concerné qu'il apporte des mesures correctrices...» Alors, la question que vous posez, à mon avis,
elle est bonne, mais la procédure, elle est déjà prévue.
M. Barrette : Bien non, parce que
41... 41 ou 42, peu importe, là...
M. Barrette : ...41, on est dans le
cercle fermé du Conseil du trésor. Moi, là, que le président du Conseil du
trésor ait le pouvoir, selon 39, de déclencher une vérification approfondie,
pas approfondie, sur un sujet banal, pas banal, ce n'est pas ça qui est
important pour moi. Ce qui est important pour moi, c'est de constater qu'il y a
ce pouvoir-là qui est un pouvoir, entre guillemets, d'exception, qui peut être
une exception positive. Mais là ça demeure dans le cercle fermé du Trésor.
Moi, à ma connaissance, là... Puis je vais poser
la question : Cette vérification-là est-elle sujette à la loi de l'accès à
l'information? Je ne pense pas que tout ce qui se passe au Trésor est sujet à
la Commission d'accès à l'information. Je suis allé, moi, dans ma vie, au
Trésor, puis c'est un méchant huis clos, là, il n'y a pas plus huis clos que ça
dans... j'ai l'impression, que le bureau du PM, là.
M. Barrette : Puis encore,
effectivement, c'est...
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre, à vous la parole.
M. Dubé : Oui, mais là c'est parce
que... Je vous...
M. Barrette : ...bunker pour rien, M.
le ministre.
Dubé : Oui, mais là
j'apprécie beaucoup, mais ce que vous questionnez, c'est presque, je
dirais, la juridiction ou la... je vais faire attention à mes mots, là, mais je
ne dirais pas la compétence du Conseil
du trésor, mais...
M. Dubé : Non,
non, mais ce qu'il faut comprendre, c'est que le Conseil du trésor, puis je le
dis bien, là, c'est un conseil, avec des représentants. Il y a cinq membres du Conseil
du trésor. Ce n'est pas la personne. Moi, ce que
je vous dis, c'est qu'on a prévu... il
y a une logique, là, en ce moment, dans le projet de loi, qui est comme ça. 39 dit : Il y a un
pouvoir spécial qu'on donne au président — au président — qui dit que, s'il veut faire une vérification spéciale, il peut le faire.
Vous, votre question, vous êtes d'accord avec 39, si je comprends bien, vous êtes
d'accord avec 39?
M. Dubé : Bon. Mais vous dites... je
pense que votre question porte sur l'obligation de divulgation. Moi, je vous
dis, il y en a une, obligation de divulgation. C'est que, si le président du
Conseil du trésor, après avoir demandé l'étude en question, justifie ou se
justifie lui-même de dire : Il y a quelque chose à faire, il n'a pas le
choix, il va devoir aller au Conseil du trésor, qui...
M. Dubé : Non, mais c'est comme ça
qu'on fonctionne avec tous les ministères. Alors, je vois difficilement, M. le
député, pourquoi, lorsqu'il y a quelque chose qui ne va pas qui nous est amené,
au Conseil du trésor, qu'on doit faire des corrections, que, dans ce cas-là, ça
ne fonctionnerait pas comme ça. C'est là que je ne vois pas...
M. Barrette : Le problème, M. le
Président, c'est qu'on ne parle pas de la même affaire. Je ne parle pas de
divulgation... je parle de divulgation dans l'univers. On va prendre une image.
Le président des États-Unis demande à la CIA d'obtenir une information sur un
pays rebelle. La CIA fait son enquête, et trouve qu'il y a effectivement un
problème, et le divulgue au président des États-Unis. Je pense que c'est le New
York Times , là, qui va avoir l'information, là. C'est ça, la divulgation,
là. C'est sûr que, si vous demandez à quelqu'un à l'interne de faire une
vérification, qu'il vous donne un rapport à l'interne, ce n'est pas une
divulgation, ça.
Là, je vais prendre une exception négative. J'ai
pris une exception positive, tantôt, là; là, je vais faire quelque chose de
négatif. Le président du Conseil du trésor, vient à ses oreilles des
commentaires qui pourraient suggérer une quelconque malversation. Il regarde
ça, puis il regarde l'état des documents du vérificateur du Centre
d'acquisitions gouvernementales, puis il ne l'a pas vu, et là il demande une
enquête. Il le voit. Ça s'en va où, ça? Dans le scénario qui nous est déposé,
là, qui nous est relaté, raconté par le ministre, là, ça reste au Conseil du
trésor : on ne le sait pas, personne ne le sait, personne ne va jamais le
savoir parce que ce n'est pas divulgué, puis je ne pense pas que ça soit sous
la loi d'accès à l'information.
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Dubé : Je pense qu'il faut faire
la différence, M. le député. En tout cas, là, je suis surpris de votre
question, mais je vais jouer au jeu puis je vais essayer de répondre, là.
Il y a deux choses dans ce que vous demandez,
là. Il y a plusieurs organismes, il y a plusieurs ministères qui n'ont pas ce
pouvoir-là, il y a plusieurs ministères qui ne l'ont pas, ce pouvoir-là, on est
d'accord avec ça, là, de... dans certains organismes. Nous, on vient de
rajouter une couche, on dit : Le président peut avoir un pouvoir de
demander une analyse. Alors, j'espère que votre point, c'est de dire que vous
êtes d'accord avec 39. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose que vous
dites, puis là c'est là que j'ai un problème, c'est que, dans tous les cas, lorsque
le Trésor trouve quelque chose de pas correct, bien, il a le choix de... Si,
admettons, on allait jusqu'à justifier une enquête, bien, là il pourrait dire
au VG : Bien, le VG, tu rentres là, puis là, ça justifiera d'avoir le
public informé. Parce que tous les rapports du VG, on le sait, ils sont
publics. Est-ce que je me trompe? Bon.
Alors, c'est là que j'essaie de voir si c'est...
Il y a deux choix, c'est : les résultats de l'enquête, si positifs ils
sont, ils vont soit être traités au Conseil du trésor ou, au besoin, qu'il y
aurait matière d'intérêt public, d'être traités par le VG. Mais c'est déjà un
ajout que l'on fait, à 39, que plusieurs organismes n'ont pas. Et là vous me
dites : Oui, mais, à ce moment-là, on oblige d'aller public immédiatement.
Moi, je ne vois pas ça du tout comme étant nécessaire par rapport au besoin...
ou l'avantage qu'on vient de conférer au président, de lui donner un pouvoir de
demander un renseignement...
Alors, écoutez, je pense que la... votre
demande, je la comprends. Mais je vous disais : S'il y avait un besoin
d'information publique, je pense que ça serait au Conseil du trésor de dire,
bien, exemple : Écoutez, c'est tellement important, ce que vous avez
trouvé, que je pense qu'on devrait en saisir le VG. Bien là, à ce moment-là, ça
serait de nature publique. Mais je ne vois pas pourquoi de donner ce pouvoir-là
supplémentaire au président du Conseil du trésor, selon ce que vous dites,
l'obligerait à rendre ça public automatiquement. Moi, pour moi, je ne suis pas là du tout, là, je ne pense pas que c'est
efficace, je ne pense pas que c'est la façon de travailler. Je pense que c'est
ça, ma réponse.
M. Barrette : ...ça, là. Là, M. le
Président, mon niveau de... il faut que je retrouve ça, là, en français,
«subjugation», ça ne se dit pas, là. M. le Président, aidez-moi, là.
Le Président (M. Simard) :
Stupéfaction?
M. Barrette :
Stupéfaction, là, mais...
Une voix : Étonnement.
Le Président (M. Simard) :
Étonnement.
Barrette : Oui, étonnant, je
suis de plus en plus étonné, mais là je tombe dans l'étonnement
qualifié. Là, avant, c'était un étonnement neutre, mais là je trouve ça
fatigant parce qu'on tombe dans une approche qui est une approche où on va décider de ne pas rendre quelque chose de public. Alors, on va mettre quelque
chose... Ma question, là : Est-ce que
tout ce qui est déposé au Conseil du
trésor est accessible selon la Commission d'accès à l'information?
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Dubé : Je dirais, la plupart des informations
qui sont au Conseil du trésor ne sont pas publiques.
M. Barrette : ...c'est mon point. En
partant, on s'entend, là...
M. Dubé : Bien oui, mais là...
M. Barrette : Non, non, mais, M. le
Président, j'ai la parole?
Le Président (M. Simard) : Oui, mais
il faudrait y aller de manière conséquente et ordonnée. M. le député.
M. Barrette : Alors, encore une fois,
mon degré d'étonnement vient d'augmenter. Parce que j'étais étonné par la
réponse, puis là c'est encore plus «zétonnant», avec un z majuscule, parce que,
là, on me confirme que ce que le président du Conseil du trésor a dit, je le
fais, puis... Bien oui, ça va être divulgué,
ça va être divulgué au Conseil du
trésor. C'est moi avec ma gang. Et là
on me confirme que, moi avec ma gang, ce n'est pas à l'accès à l'information.
Alors, si, dans un cas de figure x, le pire, le ministre,
comme je l'ai dit tantôt, le président du Conseil du trésor a des informations
relatives à de possibles malversations et choisit, en vertu de 39, qui est un
bon article, d'utiliser son pouvoir, puis il trouve quelque chose de croche, à
la fin ça va être ramené au conseil d'administration, ça va rester privé, ça ne
sera pas accessible. Moi, je souhaite que ça le soit.
Pourquoi j'insiste là-dessus? Parce que c'est
l'organisme, dans le gouvernement, qui aura la nature la plus commerciale. Ça
va être l'organisme, là, à la porte duquel tous les lobbys de la terre vont
venir frapper, là. C'est comme ça que ça marche, là. Il y a toutes sortes de
lobbys, là. Il y a ceux qui, actuellement, frappent à nos portes pour
dire : Protégez-nous, protégez-nous, protégez-nous dans l'achat, achetez
de nous. Puis il y a tous ceux qui disent : Bien, regardez, la valeur,
nous, on vaut plus, puis je vais vous donner une ristourne, puis gnagnagna. C'est ça, cet univers-là, là. Alors, s'il y avait
potentiellement, potentiellement — heureusement, on n'a pas vécu ça, à
date — malversation,
et qu'en vertu de 39 le président du Conseil du trésor se sent justifié
d'utiliser son pouvoir, puis qu'il trouve quelque chose, dans le scénario
décrit par le ministre, ça reste secret.
Je vais aller plus loin. Si la malversation
pouvait entraîner des recours judiciaires, comme ça reste à l'interne pour
toutes sortes de raisons, ça ne pourrait... même ça, ça pourrait être arrêté.
Je ne prête pas d'intentions, là, je fais de la paranoïa active. Mais ne
sommes-nous pas là pour ça? Alors là, je ne comprends pas la justification, par
le fait que c'est divulgué à l'intérieur de l'organisation, de dire :
Bien, ce n'est pas utile.
Et, pour ce qui est de l'efficacité, M. le
Président, le ministre a parlé d'efficacité, bien, non, l'efficacité, c'est un
terme qui s'applique à la vérification, l'enquête, l'inspection, peu importe.
Le fait de le rendre public, ça n'a aucun impact sur l'efficacité, certainement
pas. Je veux dire, efficacité, là, ça a rapport à un travail. Quand les
conclusions sont tirées, le travail est terminé. C'est simple.
Président (M. Simard) : M. le ministre, et par la suite, peut-être, on pourra voir du côté du député de
Rosemont.
M. Dubé : Non, non, mais je vais
répondre, parce que je pense qu'on parle de deux choses différentes ici. On
parle... on ajoute un pouvoir au président du Conseil du trésor, O.K.? On n'est
pas en train d'enlever un pouvoir, on en ajoute un par l'article. La question
est de savoir... Et ce pouvoir-là, quel est-il? Il est pour des choses de
nature administrative, c'est important de le dire, là, ce sont des enquêtes de
nature administrative. Non, mais... Alors, l'administration n'est pas
nécessairement un acte répréhensible, on n'est pas en train de...
M. Dubé : Non, non, mais laissez-moi
terminer. Alors, si vous êtes d'accord avec ça... Non, non, mais... Les gens ne
vous voient pas, mais moi, je vous vois.
Alors, ce que je dis, c'est que le pouvoir additionnel qu'on donne, à 39...
Puis vous le dites, que vous êtes d'accord à donner un pouvoir additionnel au
président, donc on est en train de s'obstiner pour un
article qu'on dit
qu'on est d'accord. Mais la...
Dubé : Attendez. Si la nature... Puis là c'est parce que vous allez à
l'extrême, puis dire : S'il y avait un acte répréhensible puis s'il
fallait... Puis là on est rendus loin, là : S'il y avait une malversation.
C'est des mots que vous avez utilisés. Bien là, à ce moment-là, ça sera la
décision, comme à l'habitude, du Conseil du trésor et pas du président, mais du Conseil du trésor, de
dire : Est-ce qu'on le soumet au VG? Est-ce qu'on va faire une enquête?
Est-ce qu'on le soumet à la Loi de... la LCOP? Est-ce qu'on a besoin de...
Parce que, là, il y avait... ou qu'on irait en vertu de loi des actes
répréhensibles.
Alors, ce que vous me
dites, moi, je suis d'accord avec vous que, si on allait jusqu'à des actes
répréhensibles, qu'il devrait y avoir... d'aller plus loin. Mais là on n'est
pas là, là. On donne au président du Conseil du trésor le droit de pouvoir
poser des questions de nature administrative. Et, s'il s'avérait que c'est...
il y a des malversations, à ce moment-là, bien, le Conseil du trésor aura ses procédures
habituelles de déléguer le pouvoir à quelqu'un. Et c'est là que... Je comprends
votre interrogation, mais je vous dis : Combiné à ce que j'ai lu tantôt
dans l'article 41, les procédures sont là.
Le Président (M.
Simard) : Bien. M. le député de Rosemont, s'il vous plaît...
M. Barrette :
Avant d'aller à mon collègue, je veux dire juste un commentaire.
Le Président (M.
Simard) : Oui, oui.
M. Barrette :
Court, très court.
Le Président (M.
Simard) : Je vous en prie.
M. Barrette :
Puisque les gens ne me voient pas, je faisais ceci. Alors, quand je faisais
ceci, c'était en réponse au fait que le ministre dit qu'on s'obstine sur... On
ne s'obstine pas sur 39, on ne s'obstine pas sur 39. Puisque le ministre veut
qu'on soit précis, soyons-le. Je parle de la suite de l'application de 39, pas
de 39. Ce n'est pas la même affaire, ce n'est pas la même chose, n'est-ce pas?
M. Barrette :
Bon, voilà.
Le Président (M.
Simard) : Merci, merci à vous deux. M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Bien là, je constate qu'après une petite période de réchauffement on est
repartis. Non, mais j'aime bien, moi, les considérations étymologiques,
politiques et, évidemment, législatives, là, puis je pense que le député de
La Pinière vient d'en lever quelques-unes. D'ailleurs, «subjugation»,
c'est bel et bien français.
M. Marissal :
Mais c'en appelle plutôt à l'envoûtement et à l'asservissement. Je ne suis pas
sûr que c'est ça que le député de La Pinière voulait dire.
M. Barrette :
...au Conseil du trésor.
M. Barrette :
On est envoûtés et asservis par le Conseil du trésor.
M. Marissal :
Ah! c'est vous qui le dites. Moi, je ne pensais pas que vous étiez envoûté par
le président du Conseil du trésor. Mais, en fait, ça réfère plus à ça. Mais,
moi, ce que je vois dans 39, comme ancien journaliste, là, pour moi, ça, c'est
un fantasme parce que... J'appellerais ça, même, l'article DC, pour «damage
control», parce qu'à chaque fois qu'il va y avoir quelque chose qui va sortir
dans les journaux vous allez avoir toute la tribune de presse après vous pour
dire :
L'article 39 vous oblige à faire une vérification à l'interne.
Moi, il me semble que ça va de soi que le président du Conseil du trésor, à la
fin, quelque part, c'est lui qui va devoir faire les vérifications puis
trancher.
Mais ma question,
c'est : À quoi sert votre comité de gouvernance puis votre comité de
vérification si, à tout moment, vous, de votre autorité suprême, ex cathedra,
vous pouvez décider : Bon, bien, ça, je n'aime pas ça parce que j'ai lu ça
dans le journal ou, parce qu'on me rappelle... on me rapporte telle ou telle
situation, je veux une enquête là-dessus.
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
Dubé : Bien, en tout cas... Vous faites référence à des enquêtes
internes, là, je pense qu'on est... Je n'aime pas le mot «enquête», là. Je
pense que la question que... Bien, vous avez fait deux points. L'objectif
du président du Conseil du trésor, ce n'est pas de contourner les organismes en
place, qu'on a, qui sont le comité de gouvernance ou le comité de vérification,
pas ça du tout. Mais ils ont un rôle très précis. Je pense qu'on a passé
beaucoup de temps, l'automne passé, à expliquer c'était quoi, le rôle du comité
de vérification, les événements ou les processus récurrents qu'ils ont à faire.
Là, on est ici dans un cas d'exception qui
pourrait être donné au président du Conseil du trésor, s'il le juge à propos,
là — je vais
utiliser une expression connue — de décider
de faire une enquête administrative.
Puis le mot «enquête», là, je le dis, puis je ne
l'aime pas, là, c'est vraiment de faire une analyse de processus, une
vérification de processus. Et, dans ce sens-là, je ne pense pas que c'est à
contre... ce n'est pas en porte-à-faux avec ce qui se fait par les deux autres
comités. Juste pour préciser votre point... je suis content que vous l'ayez
soulevé, mais ce n'est pas mon objectif, mon objectif, c'est de dire : Il
se pourrait que le président juge à propos de faire cette analyse-là ou cette
vérification-là.
Alors donc, moi, c'est pour ça que je dis :
Ce qu'on vient ajouter ici, je pense que c'est... Je veux dire, je suis
content, vous me dites : Moi, je pense que la plupart des organismes
devraient l'avoir. Quand... que c'est un pouvoir usuel ou pas, c'est
exceptionnel, mais, étant donné... Puis je pense que là-dessus, je suis
d'accord avec le député de La Prairie, c'est... de La Prairie — j'espère
que je suis d'accord avec le député de La Prairie — avec
mon...
M. Dubé : On se réchauffe
tranquillement, hein, on se réchauffe tranquillement. Il est rendu qu'il est
mon député. C'est bon. Mais ce que je voulais, avec mon voisin le député, je
pense qu'il serait important de mettre ça... on ne veut pas essayer de changer
le système au complet. Je le dis, on donne un pouvoir additionnel, et, s'il y
avait des résultats, à cette analyse-là ou à cette vérification, qui
justifiaient d'aller plus loin, bien, on retombera à la procédure habituelle du
Conseil du trésor qui pourrait demander, comme on le fait... ou demander à
l'AMP, ou demander à qui que ce soit de faire les vérifications plus grandes
s'il y avait eu des malversations ou des choses comme ça. Et c'est dans ce
sens-là que je dis : Le député a raison de poser la question. Mais je
pense qu'il faut, encore une fois, prendre quelques minutes. Tout à l'heure,
quand on arrivera à 41, on verra qu'il y a une procédure qui est choisie pour
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le député de Rosemont.
M. Marissal : ...je faisais
référence aux éventuels articles de presse. Puis, toutes choses étant égales,
il risque d'y en avoir. Ça arrive, des fois, ça arrive, des fois, qu'on
n'achète pas le bon logiciel ou que ce n'est pas le bon bouquin qui se rend
dans les bonnes classes. Ça arrive, ça, malheureusement. La perfection n'étant
pas de ce monde et puis le volume d'achats, surtout, regroupés en un organisme,
il risque malheureusement qu'à l'occasion il y ait des coches mal taillées.
Alors, la question de mon collègue de
La Pinière était : Est-ce que vous faites une divulgation? Autrement
dit, est-ce que c'est public que vous demandez une vérification? Je n'ai pas dit «enquête», hein, j'ai dit
«vérification». Il va y avoir deux cas de figure. Il va y avoir le cas de
figure où ça «splashe» à la une du Journal de Montréal , puis là vous
n'aurez pas le choix de dire : Bien, c'est sûr que c'est gênant, il
va falloir qu'on demande qu'est-ce qui s'est passé là, je vais demander qu'on
me rende des comptes. Puis il y aura d'autres cas où ça passe en dessous du
radar médiatique ou même du nôtre, ça arrive, ça aussi, que, là, vous
demanderez. Alors, il y aura deux façons de fonctionner : soit que ce soit
très, très, très public parce qu'il y a une révélation dans un média ou
ailleurs, puis il y a un cas où vous décidez seul de dire : Ça, il me
semble que je n'aime pas ça, je veux une vérification. Je ne me trompe pas, là,
c'est un fait, là.
Le Président (M. Simard) : Merci, M.
le député. M. le ministre.
M. Dubé : Bien, je pense que je vous
ai répondu, mais je vais me reprendre parce que je n'ai peut-être pas été
clair. Je pense qu'il est de la responsabilité du Conseil du trésor — puis
là je dis «du conseil» — de
prendre acte de l'information qui lui aura été donnée suite à l'analyse qui a
été faite. Puis, encore une fois, je donne l'exemple d'actes de malversation,
parce que, vous le savez, on va en discuter, là, il y a un projet de loi qui
s'en vient là-dessus. Parce qu'on a dit : Avec la protection du
consommateur, il y a des choses qui n'ont peut-être pas été faites
correctement, qu'on doit... Alors, il y a déjà des procédures, lorsque les
actes sont importants ou les malversations sont importantes, elles sont...
prévu qu'il doit y avoir de la divulgation publique. Donc, pour moi
aujourd'hui, de décider que, parce qu'il y a maintenant un centre
d'acquisitions auquel on a donné une structure, je pense, qui est mise en place
correctement, un comité de gouvernance, un comité de vérification, des pouvoirs
additionnels au président du Conseil du trésor... Là, vous me dites :
Est-ce qu'à chaque fois on est obligé d'aller public? Moi, je pense que non. Je
pense qu'il y aura une décision, puis il faut se fier, je dirais, au gros bon
sens. Puis ça fait longtemps que le Conseil du trésor a ses décisions privées,
hein, je veux dire, on n'invente pas ça, là. Le député de La Pinière, il
en est conscient aussi, que c'est comme ça.
Mais le Conseil du trésor a aussi une
prérogative de dire : Bien, un moment donné, si cet acte-là — puis
là je fais attention — si
cette vérification-là mérite d'avoir une analyse plus grande puis d'être
divulguée, bien, là je prendrai la procédure qu'il faut, passer par le VG,
passer par les organismes, par la LCOP, etc.
Et c'est pour ça que je
dis : Ce n'est pas uniquement au président du Conseil du trésor lui-même à
faire ce choix-là — je
pense, je réponds à votre question — c'est la procédure habituelle
qui sera suivie, après que le président du Conseil du trésor aura pris acte du
rapport de vérification, de dire : Bien, j'ai l'obligation — puis
c'est ça que 41 va nous dire — de le déposer au conseil. Puis ça sera au
conseil de décider qu'est-ce qu'il fait avec ça. Mais, moi, dans mon sens, sans
ça, on remet en question la façon... puis ce ne serait pas juste pour le
centre, on remettrait en question la façon de le faire avec tous les organismes,
et là je pense qu'on rouvre une canne de vers qui est très grande.
Le Président (M. Simard) : Superbe.
Merci. M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Donc, en amont, si je
peux m'exprimer ainsi, je comprends que vous n'êtes pas pour la divulgation, si
d'aventure vous décidez de demander une vérification. Mais, en aval, une fois
que la vérification est faite, à plus forte raison s'il y a des changements qui
sont apportés, est-ce que, là, on parle d'une divulgation publique? Est-ce que,
là, on parle d'une reddition de comptes publique?
M. Dubé : Bien, écoutez, ce que je
dis, c'est que, s'il y a une... Là, j'essaie de voir, là, c'est parce qu'on a
fait une procédure, on a fait une procédure, ici, qui dit : Voici comment on doit travailler dans nos
processus, hein? Il y a des processus qui vont être faits par la loi, on les a
expliqués, il y en a d'autres qui vont être faits par règlement.
Parce que, vous vous souvenez, lorsque l'organisme va être en place, il va y
avoir une façon de procéder. Moi, je crois que, si on se rend compte qu'il y a
des processus qui doivent être améliorés, puis c'est ça qu'on a discuté
souvent, là, il y a un processus d'amélioration continue, bien, moi, je pense
que, suite à ces analyses-là ou à ces vérifications, bien, il faudra divulguer
qu'il y a des changements à faire au règlement parce que la procédure ne
fonctionne pas tel que prévu. Ça, je suis d'accord avec ça. Mais je pense qu'on
n'est pas là, là. Mais je crois qu'on doit se fier aux procédures actuelles du Conseil
du trésor. C'est ça, en résumé, ma réponse là-dessus.
Le Président (M. Simard) : Merci beaucoup.
M. le député de Rosemont, après quoi nous céderons la parole au député de René-Lévesque.
Cher collègue.
M. Marissal : Merci. Vous parlez
d'amélioration continue s'il y a un peu de sable dans l'engrenage ou si ça ne
tourne pas aussi bien que l'on voudrait. Ça, c'est la version sympathique. La
version pas sympathique, là, c'est qu'il y aurait eu fraude, ou collusion, ou quelqu'un
qui a falsifié ses documents pour avoir les contrats, peu importe, là, on a vu toutes sortes de cas de figure, là.
Dans ce cas-là, à plus forte raison, ne serait-il pas nécessaire de divulguer?
M. Dubé : ...bien, là-dessus, M. le
député de Rosemont, je suis d'accord avec vous. C'est pour ça, tout à l'heure,
ce que j'ai dit, c'est que, si c'est des actes... Puis je pense qu'une
malversation... je dis, dans les comptes de dépenses du directeur général, bien
là, on est rendu dans les actes répréhensibles. Vous me suivez? Alors là, on
n'est plus dans une enquête administrative de nature à revérifier un processus,
alors là... Et c'est là que, s'il y arrivait quelque chose comme ça dans une
procédure, bien, est-ce que c'est le mandat... on donne un mandat additionnel
au VG d'aller faire le travail? Est-ce qu'on le donne... Et c'est dans ce
sens-là que je dis : Je suis d'accord avec vous. Mais ça, ce sont déjà des
procédures qui sont prévues dans le cas de ces actes-là où il y a une
progression, il y a un crescendo de la gravité des événements. Vous me suivez?
M. Dubé : C'est là que... Alors
donc, je reviens, le député de La Pinière, sa question est bonne, mais je
pense qu'il faut prévoir une... c'est quoi, un crescendo, je n'ai pas de
meilleur mot, là...
Une voix : Une gradation.
M. Dubé : ...une gradation — c'est
français, «gradation», oui — bon,
une gradation des enjeux et de suivre la procédure normale. Je ne sais pas si
je réponds à votre question.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci beaucoup. M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. Merci beaucoup, M.
le Président. Donc, à mon tour de s'inscrire dans la discussion. Je suis
extrêmement content, je vais être honnête avec vous, de voir ce genre de
disposition. M. le président du Conseil du trésor, je vais passer le mot à mes
collègues, dans d'autres commissions parlementaires, pour voir ce genre de
disposition apparaître dans d'autres ministères. Parce que, souvent, à
l'Assemblée nationale, des situations ont été, je vous dirais, mises de l'avant
dans les médias, pas juste de la malversation, mais de la mauvaise gestion ou,
du moins, de l'incompétence, et, lorsqu'on posait la question au ministère ou
ministre en question, bien : Oui, écoutez, on va prendre ça... on va
regarder, mais on n'avait pas de position claire, à savoir : Je vais faire
une enquête.
Et je me souviens, à l'époque, lorsqu'on a parlé
du bordel informatique, on a demandé... Souvent, on demande la Vérificatrice
générale parce que c'est l'outil suprême, mais, si le ministère ou le ministre
en question ne veut pas, il ne nous reste plus de levier, nous, dans
l'opposition, pour aller de l'avant. Donc, cette disposition-là nous permet de mettre un peu plus de chaleur, sur le côté du
président du Conseil du trésor ou d'autres ministres en question, concernant un
pouvoir qu'il a d'aller faire les vérifications avant de faire débarquer
l'artillerie lourde, si, dans le cas présent, il y a effectivement malversation
ou acte criminel et répréhensible qui pourrait être divulgué dans les médias.
Donc, moi, je suis à l'aise avec cette disposition-là
et je pense qu'on va essayer de la copier. Honnêtement, je me donne ça comme
défi dans d'autres commissions parlementaires parce que je pense que ce genre
de disposition là est nécessaire dans le cas où est-ce que le titulaire veut
aller un peu plus loin sur certaines dispositions avant de déclencher la
cavalerie parce qu'il peut avoir des suspicions. Ça, je suis d'accord. Il peut
y avoir une question aussi qui peut être posée à l'intérieur du Conseil du
trésor quant à l'efficacité d'une mesure qui est mise de l'avant.
Donc, si on se fie exclusivement à la
vérification externe, c'est un audit, donc on ne vérifiera pas tout, donc c'est
aléatoire. Il y a des processus qui vont être regardés, on va les regarder dans
un certain détail, mais ce n'est pas vrai que, dans un audit, on voit tout de
fond en comble. On a la Vérificatrice générale qui fait un certain travail
aussi, mais ce n'est pas vrai qu'elle fait tout, il reste encore des zones
grises. Donc, on a une troisième possibilité, c'est de permettre au Conseil du
trésor d'aller voir certaines choses qui, à son oreille ou à ses yeux, ne
respectent pas, je ne veux pas dire l'esprit de la loi, mais ne respectent pas
les méthodes, ou les procédures, ou du moins la façon de fonctionner. Donc, je
suis à l'aise avec ça, je vais être honnête avec vous.
Et je comprends aussi un peu la différence entre
est-ce que je dois le divulguer publiquement ou non. Parce que, je suis un peu
d'accord avec vous, dans certains cas... Puis il n'y a rien de mal à ça, là. On
va mettre le CAG en place. Il y a quelque chose que vous voulez vérifier.
Est-ce que ça fonctionne bien? Vous faites une demande de vérification : ça
va bien. Je veux dire, publiquement, ça va bien. Tant mieux si vous voulez le
rendre public en disant : Voici ce qu'on a convenu, on a regardé comment
ça fonctionne, ça fonctionne super bien. Politiquement, c'est bon pour vous; si
vous voulez le divulguer, tant mieux.
Mais, d'un autre côté, je présume que, comme le
collègue de Rosemont a fait mention, si ça fait la une dans les journaux et
qu'effectivement il y a des situations qui sont problématiques, et je rappelle
les histoires du bordel informatique, bien, évidemment, M. le président du
Conseil du trésor, que vous aurez les oppositions qui vont vous questionner, à
savoir, bien : Au-delà de la Vérificatrice générale, vous, comme président
du Conseil du trésor, là, allez-vous faire enquête? Si oui, allez-vous rendre
disponible l'enquête? Donc, pour moi, je suis assez à l'aise avec cette
divulgation ou cette non-divulgation en fonction de la priorité que vous
donnerez au travail d'enquête que vous voudrez obtenir.
Cela étant dit, j'ai une préoccupation et
j'aimerais avoir des précisions, lorsque vous identifiez une personne chargée
de cette vérification. Parce que tout à l'heure, lors des discussions, vous
avez fait mention que ça allait être peut-être un vérificateur externe ou une
personne externe, mais j'aimerais avoir plus de précisions. Quand vous allez
dire : «Une personne chargée de cette vérification», est-ce que c'est
quelqu'un à l'interne? Est-ce que c'est une firme de l'externe? Est-ce que ça
peut être les deux? Bref, ce n'est pas précis, c'est large. Je comprends que ça
peut vous donner l'opportunité de choisir une personne ou l'autre, mais
quelqu'un à l'interne qui enquête sur une procédure interne, ça peut être
correct, là, mais tout dépendamment de l'enquête, aussi.
M. Dubé : Bien, je vous dirais,
c'est un ou l'autre, ce n'est pas nécessairement les deux. Parce que, je vous
dirais, ça dépend du type d'analyse ou de vérification qu'on veut faire.
Souvent, si c'est un processus qui... Puis là je reviens à l'exemple, là, parce
que le député de La Pinière disait : Est-ce qu'on a bien procédé dans
un processus d'acquisition, puis etc. Bien, peut-être que c'est de... On peut
rester à l'interne puis de demander à quelqu'un qui n'est pas impliqué dans ce
processus-là de venir faire une analyse puis de venir expliquer pourquoi telle
ou telle procédure a été suivie ou non suivie. Dans ce sens-là, est-ce qu'on a
besoin d'aller chercher quelqu'un de l'extérieur de l'organisme? Souvent, ce
qu'on pourrait faire, c'est de convoquer... Puis ce que j'appelle interne,
c'est quelqu'un de l'interne au gouvernement mais pas nécessairement dans
l'organisme. Ça pourrait être quelqu'un du Trésor qui va faire l'analyse. Vous
me suivez?
Donc, je pense... Puis à l'extrême, si c'est
complexe puis qu'on veut vraiment avoir une indépendance, c'est pour ça,
tantôt, j'ai donné... Peut-être que ça prend un expert d'audit externe qui
vient faire le travail avant de le confier au VG. Alors, moi, je me
garderais... je pense que c'était ça qui était l'objectif, dans la terminologie
de cet article-là, de se garder cette flexibilité-là.
Alors, je ne sais pas, je pense que ça répond à
votre question. Si c'est à l'interne, ce n'est pas nécessairement du CAG, ça
pourrait être quelqu'un hors CAG mais à l'intérieur du gouvernement. Mais aussi
on pourrait aller jusqu'à l'externe en fonction du besoin de vérification qu'on
justifie. C'est pour se garder cette flexibilité-là.
M. Ouellet : Je comprends, mais
expliquez-moi, dans cette disposition-là, de quelle façon on couvre une firme
externe. Quand je lis le texte, là, «le président du Conseil du trésor peut
désigner par écrit une personne», donc, le président du Conseil du trésor
désigne la firme x. Est-ce que ça se peut, ça? Parce que, si c'est à l'interne,
je pense que vous pouvez choisir quelqu'un, comme vous disiez tout à l'heure,
en dehors du CAG pour...
M. Dubé :
...morale, etc., là, c'est dans ce sens-là, je crois, que... Mais là, écoutez, je suis très loin d'être l'avocat, là, vous le
savez. Alors, peut-être juste vérifier, mais je pense que c'est comme ça
qu'on l'a fait, Mme Bacon, si vous me
permettez?
Mme Bacon (Nathalie) : Oui,
exactement, M. le ministre, M. le Président.
Ouellet : Donc, c'est ça, une personne physique. O.K.
M. Dubé :
On a donc cette flexibilité-là, que ce soit une personne physique ou une
personne morale qui inclurait un vérificateur externe, au besoin.
M. Ouellet :
Donc, si je comprends bien, Me Bacon, on n'est pas obligé d'indiquer que ça
peut être une personne physique ou morale; le fait d'indiquer «une personne»
peut être interprété comme étant une personne physique ou morale?
M. Dubé :
...Bacon, la question, c'est : On n'a pas besoin de le spécifier, que
c'est physique ou morale, en indiquant comme on le fait... C'est usuel de
procéder de comme ça?
Le Président (M.
Simard) : Me Bacon.
Mme Bacon
(Nathalie) : M. le Président, oui, «personne», lorsqu'on dit
«personne», ça inclut personne physique, personne morale, sans être obligé de
le préciser.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. M. le député.
M. Ouellet :
Donc, on n'a pas besoin de préciser, mandat interne ou externe, vous vous
donnez la latitude, en fonction des besoins que vous aurez identifiés, à savoir
est-ce que c'est quelqu'un de l'interne au CAG, ou c'est quelqu'un de
l'interne, du gouvernement mais externe au CAG, ou c'est quelqu'un de
l'externe, totalement à l'appareil gouvernemental, pour un mandat bien précis?
M. Ouellet :
Et je présume, M. le Président, que cette vérification-là pourrait mener après
ça à d'autres vérifications, à savoir un mandat particulier de la Vérificatrice
générale, si... dans ce cas-là où, vous en faisiez mention, dans le cas de
l'AMP, pour les marchés publics, on pourrait aller plus loin, là, ça pourrait
mener...
M. Dubé :
...souhaite pas. Mais je pense que la gradation dont on a parlé tout à l'heure,
si vous me permettez, c'est exactement ça. Commençons par dire : Il y a
peut-être un besoin d'aller avoir plus d'informations. Parce que, souvent... et
j'ai beaucoup apprécié votre intervention, souvent, c'est sur des ouï-dire ou
c'est des choses qu'on entend puis là on ne veut pas faire un grand plat avec
ça tant qu'on n'a pas des faits. Donc, une première analyse ou une première
vérification... Mais là, si on se rendait compte qu'il y a un enjeu... Puis là,
tantôt, on reviendra avec le député de La Pinière, mais je suis conscient
que, s'il y avait soupçon de mesures particulières ou d'actes répréhensibles,
je veux dire, on est les premiers à dire : Regardez, là, on va prendre la
procédure qu'il faut. Puis c'était ça qui était la question du député de
Rosemont. Moi, je suis...
Tu sais, on vient de
se donner un outil additionnel, si vous me permettez, là, je pense que c'est
ça. Puis, si vous voulez le demander aux autres, là, je ne ferai pas... je ne
me sentirai pas coupable de ça, pas du tout, au contraire. Puis je pense que
c'est une très bonne discussion qu'on a ici, mais il faut bien comprendre aussi
la procédure qu'on actuellement pour le faire.
M. Ouellet :
Je vais vous citer à profusion. Nous sommes en plein virage de stratégie
numérique, il y aura des acquisitions. Vous nous avez entendus par le passé, et
votre formation politique a été très criarde aussi par le passé sur ce qui a
été qualifié dans les médias de bordel informatique. Donc, assurément, M. le
président du Conseil du trésor, député de La Prairie, je vais faire usage
en parcimonie de votre projet de loi, mais je pense que c'est un outil
supplémentaire qui permet, du moins, une reddition de comptes auprès des élus
quant à la volonté d'un titulaire de charge de vouloir faire la lumière avant
de faire débarquer la cavalerie. Parce que, quand on fait débarquer la
cavalerie, c'est long, et on a des fois les enquêtes et les réponses plus tard,
et souvent c'est oublié. Alors, quand ça bout, et qu'il y a de l'appétit, et
que les gens veulent des réponses, bien, ça nous donne l'opportunité de garder
la température très chaude et de s'assurer que tout le monde est au courant de
la suite pour obtenir des réponses. Merci.
Le Président (M.
Simard) : Merci à vous, M. le député. M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
La Pinière s'adresse à La Prairie. Alors, M. le Président, question
simple : S'il y a un article, dans le projet de loi, qui dit clairement
que le boss, là, dans ce dossier-là, c'est le président du Conseil du trésor,
n'est-ce pas 39?
M. Dubé :
Bien, je vous laisse faire votre commentaire, là. Moi, je ne pense pas que je
suis le boss, là. Mais c'est à vous... Je vous laisse faire votre commentaire.
M. Barrette :
On s'entend que le CAG n'est pas un organisme indépendant?
Dubé : Bien, si c'est votre perception, c'est un peu surprenant, mais
allez-y.
M. Barrette :
Ah! est-ce que, M. le Président, le CAG est un organisme indépendant au sens de
la loi?
M. Dubé :
Bien, je vous laisse continuer.
M. Barrette :
Bien non, c'est une question, je ne veux pas... je veux avoir une réponse à ça
avant.
M. Barrette :
Peut-être que Me Bacon peut nous éclairer, là.
M. Dubé :
Non, mais on a eu cette... Je ne veux pas refaire toute la discussion qu'on a
eue l'automne passé, il y a eu des heures et des heures sur l'indépendance de
cet organisme-là. Qu'est-ce que c'est... Je veux juste bien comprendre où vous
allez avec ça, là. Je vous connais un peu, cher député de La Pinière et
voisin préféré que j'ai dans La Prairie, alors je veux juste... Je vous
laisse continuer.
Barrette : Bien non, mais j'ai besoin de cette réponse-là :
Est-ce que le CAG est un organisme indépendant?
M. Dubé :
Bien, écoutez, on a eu... rappelez-vous, M. le député, toute la discussion que
l'on a eue, à avoir un comité de gouvernance où il y aurait ce qu'on a appelé
des représentants qui étaient indépendants, pour être certains qu'on se donnait
une certaine indépendance. Alors, je pense qu'on peut refaire toute cette
discussion-là, là, mais je pense qu'on a trouvé des mécanismes qui permettent
au président du Conseil du trésor de déléguer un travail qu'il va faire avec son D.G., qui va être responsable, avec
un comité de gouvernance. Je pense qu'on est en train de dire qu'il y a une
autonomie dans sa loi constitutive. Ça, je pense qu'on s'entend
là-dessus. Mais de dire : Est-ce qu'il est parfaitement indépendant, là,
je... Alors, je pense qu'on a eu assez de discussions là-dessus pour dire qu'on
a trouvé la façon où que cette structure-là permet de donner une certaine
indépendance pour faire le travail qu'elle a à faire.
Barrette : M. le Président, nous n'avons eu aucune discussion sur
l'indépendance du CAG. On a eu des discussions sur l'indépendance des comités,
des nominations, aucune sur l'indépendance de l'institution qui va s'appeler le CAG. Le CAG, au sens de la loi,
est-elle une organisation indépendante? La réponse, c'est oui ou c'est non.
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Dubé :
Bien, écoutez, moi, je vous répète... écoutez, je vous répète que c'est un
organisme gouvernemental, hein, on s'entend, là. On crée un organisme
gouvernemental puis on crée... par cette loi-là qui est la Loi du Centre
d'acquisitions gouvernementales, on lui donne une autonomie administrative,
hein? Je le répète, là, pour prendre votre question, on lui donne un D.G. qui
doit... qui a des responsabilités, on donne... on a mis en place un comité de
gouvernance, on a mis en place un comité de vérification. Là, on est en train
de définir le travail que c'est... Alors, pour moi, c'est sûr que le président
du Conseil du trésor a un lien important parce que toute cette structure-là se
rapporte au président du Conseil du trésor. Mais, pour moi, c'est une personne...
là, je vais faire attention, parce que je ne suis pas un avocat, mais c'est une
personne de droit morale qui a tous ses pouvoirs.
Alors, moi, je pense
que, si vous voulez discuter de l'indépendance, je n'ai pas de problème, mais
il me semble qu'on avait une bonne
partie de cette discussion-là, lorsqu'on a
parlé des membres indépendants, parce qu'on voulait s'assurer, puis c'était
votre demande, puis votre demande est... On a eu, rappelez-vous, je pense,
plusieurs heures de discussion là-dessus où on a dit : Bien, si on va
jusqu'à un comité de gouvernance, sans être pris avec le comité... conseil
d'administration conventionnel, quel serait le compromis correct? Puis on a
trouvé la bonne façon d'aller, avec deux membres. Rappelez-vous toutes ces
discussions-là.
Ça fait que moi, je
pense qu'on a un organisme qui est indépendant, qui est autonome et qui a une
façon de travailler qui va permettre d'avoir une efficacité et qui donne
certains pouvoirs additionnels, ce qu'on est en train de décider ici, 39, au
président du Conseil du trésor. Ce qui n'est pas le cas, comme le disait tantôt
le député de Rimouski... de René-Lévesque, pardon, d'être capable d'avoir un
peu plus d'accès à l'information quand il y en a besoin. Alors, je ne sais pas
si je réponds à votre question, mais...
M. Barrette :
Non, évidemment. J'invite le président du Conseil du trésor à avoir une pensée
d'une poupée russe administrative : il y a des comités qui sont dans une
organisation qui est dans une structure qui est dans le gouvernement. Le
ministre vient de nous dire : Je pense que c'est indépendant. C'est-u
indépendant ou non? Je ne parle pas des comités, on a passé des heures sur les
comités, les comités sont dans une organisation. Cette organisation est dans un
périmètre que je pense gouvernemental. L'organisation est-elle indépendante?
Moi, je pense que non. J'aimerais avoir une réponse. Là, le ministre me
dit : Je pense qu'elle est indépendante. Bien, ça l'est ou ça ne l'est
pas?
M. Dubé :
...écoutez, M. le député, je trouve ça intéressant de revenir en arrière, mais
toute...
Dubé : Non, mais, M. le député de La Pinière, on a eu cette
discussion-là, là. Moi, je vais vous relire l'article 1 — 1 — on a passé beaucoup de temps sur l'article 1 :
«Est institué le "Centre d'acquisitions gouvernementales".
«Le centre est une
personne morale de droit public, mandataire de l'État.
«Le Centre peut
choisir, pour se désigner, d'utiliser un autre nom...» Etc.
Ce qu'on dit, dans
l'article 1, c'est que c'est un organisme qui est créé pour être capable
de faire le travail qu'il a à faire. Alors, moi, quand je vous dis que je pense
que c'est indépendant, c'est... mais ça reste quand même un organisme
gouvernemental qui est lié avec les règles du Conseil du trésor, puis qui est
lié par les lois de la LCOP, puis qui est lié avec les actes répréhensibles.
Alors, quand vous me
demandez... C'est pour ça, peut-être, que ma réponse n'est pas parfaite. Mais,
quand je dis : Je pense qu'il est indépendant, il est indépendant dans la
mesure où il doit répondre aussi, en même temps, à tous ces autres organismes
là gouvernementaux. Ça fait que, dans ce sens-là, on a créé un organisme que
l'on veut autonome puis fonctionnel, avec des contraintes internes que nous
avons dessinées ensemble, parce qu'on en a parlé beaucoup. Mais, quand vous me
demandez s'il est indépendant, moi, je dis que oui, je pense qu'il est
indépendant, mais il doit répondre à des règles externes.
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le député.
M. Barrette :
Je ne sais pas ce que le premier ministre dirait lorsqu'on dit : Si le
Québec est indépendant, bien, il serait assujetti à des règles externes,
canadiennes. Est-ce qu'il serait indépendant, le Québec?
M. Dubé :
Moi, je ne vous répondrai pas à ça, c'est sûr.
M. Barrette :
Non, hein? C'est une très bonne idée.
M. Dubé :
C'est certain que je ne vous répondrai pas à ça.
M. Barrette :
Alors, il n'est pas indépendant.
M. Dubé :
C'est votre choix, vous avez le droit d'avoir cette opinion-là.
M. Barrette :
Bien, ce n'est pas un choix. Moi, j'aimerais... si vous le permettez, peut-être
qu'on pourrait avoir une réponse légale. S'il est indépendant, le CAG n'est
subordonné à personne. Or, le CAG est subordonné au Trésor et au président du
Conseil du trésor.
M. Dubé :
Bien, si vous voulez avoir une réponse de Me Bacon, ça va me faire plaisir
de lui donner le droit de parole, parce que je n'ai jamais refusé un droit
de... Vous le voulez? Posez-lui la question.
Le Président (M.
Simard) : Alors, Me Bacon.
Mme Bacon
(Nathalie) : M. le Président, j'ai un souvenir des travaux de cette
commission où qu'on a déjà expliqué que les personnes morales de droit public
connaissaient les limitations de leurs lois constitutives, et on faisait
référence, avec la députée de Vaudreuil, au Code civil du Québec. Alors ça,
c'est une chose.
Donc, lorsqu'on crée
un organisme, on bâtit une maison et on lui donne des pouvoirs, des devoirs,
des responsabilités et en même temps on va lui mettre des contrôles. Et
dépendamment de la série de contrôles qu'on va mettre, on va voir si c'est un
organisme très centralisé ou très décentralisé. Et là il y a deux... tu sais,
ça peut être très, très, très centralisé jusqu'à très décentralisé.
Dans le cas du CAG,
le centre, c'est un organisme autre que budgétaire, et, dans ses contrôles, il
n'en a pas plus que les autres organismes autres que budgétaires. Ce n'est pas
un organisme budgétaire. Par contre, il a une petite touche de plus qui est le
pouvoir de vérification du président du Conseil du trésor, qu'il est apparu
opportun d'ajouter, notamment, en raison des économies d'échelle qui étaient
importantes pour le gouvernement et d'assurer l'efficience et l'efficacité du
centre.
Le Président (M.
Simard) : Merci, Me Bacon. M. le député.
Barrette : Me Bacon, il est donc vrai de dire que le patron
ultime du CAG est le président du Conseil du trésor?
Le Président (M.
Simard) : Me Bacon.
Mme Bacon
(Nathalie) : M. le Président, je pense que le député de La Pinière utilise
certains mots qu'en droit nous n'utiliserions pas. Le centre a son autorité
décisionnelle qui est le P.D.G., alors... et en droit administratif on appelle
ça... Alors, le centre, c'est une personne morale avec ses caractéristiques, et
le fait qu'il y ait certains contrôles, plus ou moins grands ou à certains
niveaux d'échelle, on appelle ça une autonomie relative, tout simplement. Ce
n'est pas... on n'est pas du tout dans le concept d'indépendance ou de
dépendance.
Président (M. Simard) : Merci. M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
M. le Président, pour ceux qui nous écoutent, je pense qu'ils comprennent
qu'une... Premièrement, ils savent depuis toujours que je pratique illégalement
le droit, donc je m'autorise le droit de me tromper dans les termes mais aussi
à étirer le sens des mots... pas le sens des mots, mais l'utilisation des mots.
Me Bacon, M. le Président, elle nous l'a dit, c'est une autonomie
relative. «Relative», en français et en droit, ça veut dire que c'est en lien à
un point de référence. Dans ce cas-là, le point de référence, c'est le
président du Conseil du trésor. Le CAG ne pourra jamais, par exemple, faire
obstruction à 39, n'est-ce pas? La loi est écrite de même.
Le Président (M.
Simard) : Merci...
M. Barrette :
...M. le Président, là j'ai une question à poser.
Le Président (M.
Simard) : Oui, je vous en prie.
M. Barrette :
Ayant établi que l'autonomie était relative et qu'ultimement c'est le boss qui
est le président du Conseil du trésor, je m'en vais poser une question bien
simple, M. le Président, puis Me Bacon, peut-être qu'elle le sait, mais M.
le président du Conseil du trésor devrait me répondre à ça. On s'entend, là, qu'on l'a dit tantôt, le CAG est
assujetti à la Commission d'accès à
l'information, donc les travaux du
comité de vérification et ses
conclusions sont divulgables, selon la CAI. Oui? Non?
M. Dubé :
Bien, si elle est applicable, si elle applicable à la loi d'accès à
l'information, est-ce qu'il y a des rapports qui pourraient être informés? La
réponse est oui, je pense.
Mme Bacon
(Nathalie) : Des rapports de divulgation?
M. Dubé :
Des rapports de divulgation.
Mme Bacon
(Nathalie) : En vertu de la
loi sur la divulgation?
Mme Bacon
(Nathalie) : Oui.
M. Barrette :
Bien là, vous vous êtes échangé, là. C'est quoi, la réponse, là?
M. Dubé :
La réponse, allez-y, Mme Bacon, je pense que...
Le Président (M.
Simard) : Alors, Me Bacon.
Mme Bacon
(Nathalie) : M. le Président, il peut y avoir plusieurs différents
rapports. Alors, ça peut être un rapport du Vérificateur général. Je ne sais
pas quel rapport vous faites référence, mais, si c'est au sujet d'un acte
répréhensible, vous avez l'application de la
loi sur les actes répréhensibles.
Alors, il y a d'autres lois au Québec qui peuvent s'appliquer, là, pour
assujettir le centre à ce que ses rapports soient publics. C'était ça, votre
question?
M. Barrette :
...ma question. Juste par acquit de conscience, dans le Larousse , à la
définition de «relatif», on dit que : «Qui n'existe qu'en relation avec
quelque chose d'autre, qui n'est pas indépendant.»
M. Barrette :
C'était pas pire, hein? Dans le Larousse , l'autonomie relative, ça
définit ce qui n'est pas indépendant. J'aime ça. Mais, M. le Président, là, là,
je suis un petit peu...
M. Barrette :
Oui, oui, on est encore sur le 39.
M. Dubé :
O.K. parce que, là, on est rendus dans l'indépendance du Québec, là.
Le Président (M.
Simard) : C'est-à-dire que, écoutez...
M. Dubé :
Juste vous rappeler qu'on travaillait sur l'article 39, là.
Le Président (M.
Simard) : Écoutez, nous sommes toujours dans l'article 39. M. le
député de La Pinière, veuillez poursuivre.
Barrette : Bon. Alors, on a dit tout à l'heure que le CAG allait être
assujetti aux dispositions de la
loi sur l'accès à l'information. Là, c'est oui
ou c'est non, là, au sens général du terme?
Mme Bacon
(Nathalie) : Oui, la réponse est oui, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Merci, Me Bacon. M. le député.
Barrette : Donc, par la loi
à l'accès à l'information, on a accès au rapport du comité de vérification du
CAG?
Le Président (M.
Simard) : Me Bacon.
M. Dubé :
Bien, écoutez, l'application... Prenons 30 secondes, là.
Le Président (M.
Simard) : Oui, M. le ministre.
M. Dubé :
L'application de la loi, Mme Bacon, je voudrais juste être certain, là, on peut
être... la Loi de l'accès à l'information peut être applicable. Mais est-ce que
ça s'applique au rapport de vérification, là, je...
Le Président (M.
Simard) : Me Bacon.
Mme Bacon
(Nathalie) : M. le Président, vous aviez déjà émis cette idée-là, là,
de confidentialité ou de publicité des rapports de séance des comités?
Le Président (M.
Simard) : M. le député de La Pinière.
Mme Bacon
(Nathalie) : La réponse que je pourrais faire, c'est la réponse...
M. Barrette :
Je ne veux pas refaire le débat, mais : aujourd'hui.
Mme Bacon
(Nathalie) : Oui. Mais la réponse très simple que je pourrais faire,
c'est qu'a priori il serait confidentiel, selon une interprétation qu'on fait
des articles de la
Loi sur l'accès. Par contre, les tribunaux pourraient toujours
en décider autrement. Alors, sujet à une décision du tribunal.
Barrette : Alors là, M. le Président, il va falloir qu'on élabore, là, parce que, là, je suis un petit peu
surpris.
Le Président (M.
Simard) : Subjugué?
M. Barrette :
Non, là, parce que, là, c'est... non, là, c'est surpris, là.
Mme Bacon
(Nathalie) : ...des comités de gouvernance et de...
M. Barrette :
Bien, c'est-à-dire que, là, là, si les rapports du comité de vérification ne
sont pas... qu'est-ce qui va être accessible, là? Je veux dire, la loi d'accès
à l'information, là, c'est fait pour avoir accès à des documents pertinents
pour une situation x.
Le Président (M.
Simard) : ...s'il vous plaît! S'il vous plaît! On va y aller de
manière ordonnée. Pensez à ceux qui doivent retranscrire nos travaux. Donc,
pour l'instant, la parole est au député de La Pinière. Cher collègue, veuillez
poursuivre.
M. Barrette :
Bien, je veux dire, c'est vrai qu'on a été désordonnés, vous avez raison, M. le
Président, alors soyons ordonnés. Selon la loi d'accès à l'information, à quels
documents a-t-on accès? Là, je crois comprendre que le rapport du comité de
vérification ne sera pas disponible. Bien là, ça m'étonne.
Mme Bacon
(Nathalie) : M. le Président, je suis désolée, je me suis mélangée, je
crois, avec le comité de gouvernance et le comité de vérification, alors que
vous, vous êtes toujours à 39 qui est la vérification administrative. C'est
bien ça, vous...
M. Barrette :
Faite par l'interne du CAG.
Bacon (Nathalie) : Alors, la vérification administrative, c'est les
analyses, et la
Loi sur l'accès prévoit que le contenu est confidentiel pendant
25 ans. Je peux vous citer les articles. En vertu de la
Loi sur l'accès,
alors, vous avez l'article 33 de la
Loi sur l'accès, paragraphe 5°, et
vous avez aussi l'article 33 de la
Loi sur l'accès, qui dit que c'est
confidentiel pendant 25 ans.
M. Barrette :
Dans toutes les organisations?
Mme Bacon
(Nathalie) : Tout ce qui est analyse, vérification interne. Écoutez,
je ne suis pas spécialiste en accès, là, je dois le préciser, mais de façon
générale il faut faire une demande d'accès, puis chaque ministère répond de sa
demande d'accès. Alors, je ne peux pas, à moi seule, aujourd'hui, tout vous
faire la liste des documents qui sont accessibles ou non accessibles. Mais là
vous me parlez de l'analyse en vérification administrative, des
articles 39 et suivants. Nous avons répondu tantôt que c'était une analyse
qui était soumise au Conseil du trésor, que les décisions pour analyse au
Conseil du trésor sont confidentielles pour une période de 25 ans.
M. Barrette :
C'est ça. Donc là, j'apprends quelque chose, là. Le CAG va être soumis aux
règles d'application de la CAI, mais, parce que ça dépend du Trésor — ce
qui confirme qu'il n'est pas indépendant, en passant, parce qu'on vient
attacher au CAG une organisation qui clairement n'est pas indépendante,
manifestement, là, c'est de plus en plus clair — c'est une espèce de
pseudopode réglementaire, on vient étendre le silence du Trésor au CAG. C'est
quelque chose, là. Alors, qu'est-ce qui reste de disponible, là? C'est sous le
Trésor. La loi d'accès à l'information, je demande n'importe quoi au Trésor, je
ne l'aurai pas.
Le Président
(M. Simard) : Très bien...
M. Barrette :
Ça fait que, là, là, la patente qui va avoir un immense budget, qui va être
dans une activité se rapprochant grandement d'une activité commerciale, va être
occulte. C'est quelque chose.
Le Président
(M. Simard) : Oui. M. le président du Conseil du trésor.
M. Dubé :
M. le Président, je m'excuse, là, mais on a tous eu... On va faire sortir le
verbatim, là, mais on a tous eu ces discussions-là quand on a parlé des comités
de vérification. Je m'excuse, là, on est en train de revenir en arrière puis de discuter quel va être le rôle du
comité de vérification, tout ça, ce n'est pas de ça qu'on discute, là. On discute
de l'article 39 qui donne un pouvoir additionnel au président du conseil.
On n'est pas en train de dire la divulgation, là. Je m'excuse, là, mais là on
retourne en arrière sur des longues discussions qu'on a eues.
M. le Président, il
faut prendre
article par article. Puis on a dit tout à l'heure que cet
article-là avait besoin d'être lu en parallèle avec l'article 41. Là, on
peut bien vouloir discuter ça longtemps, là, mais on n'est pas dans le bon
sujet, là, je m'excuse, mais on n'est pas dans le bon sujet.
Le Président
(M. Simard) : Alors, s'il vous plaît, à l'ordre! Donc, le député
de Rosemont m'avait demandé la parole depuis un bon bout de temps déjà...
M. Barrette :
Mais, juste avant, là. Ça va me faire
plaisir qu'il prenne beaucoup de temps, mais, M. le Président, on est dans le
sujet. Quand le ministre, là...
Le Président
(M. Simard) : Mais je ne remets pas ça en question, M. le
député...
M. Barrette :
Non, non, je sais que vous ne mettez pas... mais ceux qui nous écoutent peuvent
s'interroger. Alors, on ne parle pas de l'article, on ne parle pas des anciens
comités, de leur composition, on parle de transparence des données. On nous a
dit que c'était sous la loi d'accès à l'information. Tous ceux et celles qui
nous écoutent comprennent que, si c'est sous l'accès à l'information, on y a
accès. Et là on apprend que le Trésor, par extension, s'applique au CAG, donc ils n'ont pas accès. Ça, on n'a pas parlé de ça.
Sortez-le, le verbatim, je le demande moi-même.
Le Président
(M. Simard) : Bon, très bien. Merci beaucoup. M. le député de
Rosemont, merci pour votre patience.
M. Marissal :
Bien, je vous en prie. Bien, en tout respect, on ne peut pas avoir débattu 39
parce qu'on vient d'arriver à 39. Et 39 amène autre chose, là, 39 amène une
autre porte dans la pièce. Il y avait trois portes, là, qui étaient toutes
accessibles par la loi d'accès à l'information ou par la Vérificatrice
générale : la porte du CAG en soi, la porte principale, ensuite la porte
du comité des vérifications, le comité de gouvernance. Toutes ces portes-là
peuvent être éventuellement débarrées, ouvertes par une clé de Commission
d'accès à l'information.
Là, on vient de nous
dire qu'il y a une quatrième porte dans la pièce. Donc, vous avez, M. le
président du Conseil du trésor, possession unique de la clé pour 25 ans.
Ça mérite quelques débats, je pense. À tout le moins, là, ça mérite quelques
débats parce que vous avez aussi, ex cathedra, la possibilité de demander des
vérifications internes, si tant est que vous considérez qu'il y a besoin, que
vous le jugez à propos.
question n'est pas à savoir si vous avez prérogative sur ce qui se passe dans
votre ministère. Ça, c'est comme de dire qu'il fait clair dehors puis qu'il va
faire noir à soir. Ça, on s'entend là-dessus. La question, c'est de
savoir : si vous, vous demandez une vérification, vous venez de cadenasser
pour 25 ans, éventuellement, quelque chose que le public pourrait être en
droit de savoir. Bien, moi, je trouve que ce n'est pas banal. Je trouve qu'il y
a quelque chose là qui mérite assurément des réponses.
Le Président
(M. Simard) : Très bien. Merci. M. le ministre.
M. Dubé :
La réponse que j'ai donnée, M. le député de Rosemont, c'est qu'on confère ici,
là... je pense qu'il faut bien comprendre, on confère, à 39, un pouvoir
additionnel au président du Conseil du trésor. C'est ça qui est le débat ici.
Et, si vous me demandez... Puis je vais le répéter parce que, les gens qui nous
regardent, il faut qu'ils comprennent pourquoi qu'on est en train d'avoir un
débat, je dirais, important, sur un
article où on donne un pouvoir additionnel
au président du Conseil du trésor. Je pense que c'est un bénéfice qu'on donne
ici, là, alors ce n'est pas un avantage indu qu'on donne au président du Conseil
du trésor. On est en train de dire : Si vous pensez qu'il y a matière à
faire une vérification de quelque chose, vous avez le droit. Ce que je pense que le député de René-Lévesque a bien dit tout à l'heure : J'aimerais ça qu'on ait cet article-là
dans bien des organismes. Alors donc, c'est... je pense qu'on est en train
d'ajouter quelque chose.
Bon, deuxièmement,
deuxièmement, la question de la confidentialité avec la loi d'accès à
l'information, je m'excuse, ici, si on pense qu'on va rouvrir le débat de la
loi de l'accès à l'information aujourd'hui, dans le cadre de cet ajout-là, je
pense que c'est un petit peu utopique. Écoutez, là, ça fait combien de fois que
des gouvernements ont essayé d'ouvrir la loi d'accès à l'information pour
qu'elle soit plus efficace, etc.? Là, on est en train de dire qu'on va débattre
ça à l'intérieur de l'article 39. Je m'excuse, là, mais ce n'est pas réaliste,
ce n'est pas réaliste.
Ce qu'on dit,
cependant, c'est que, si jamais il y avait des éléments qui étaient soulevés
qui justifiaient, dans les autres procédures, que le Conseil du trésor — le
conseil, pas le président, le Conseil du trésor — est obligé d'aller
plus loin, de faire de la divulgation
publique parce qu'il y a des actes répréhensibles, on a eu cette discussion-là
tout à l'heure, je pense que tout est en place déjà, dans les mécanismes
habituels, pour le faire.
Alors, c'est pour ça
que je dis : Revenons sur 39. Je m'excuse, là, d'être aussi direct. 39 dit
bien : Voici le... pas le privilège, mais
la mesure additionnelle qu'on donne au président du Conseil du trésor. Je ne pense pas qu'il n'y ait personne qui est contre ça. Bon, maintenant,
bien, respectons que les règles, en ce moment, sont comme ça avec la loi
d'accès à l'information. Puis, s'il était jugé, par le Conseil du trésor, qu'il
doit y avoir un exercice ultérieur ou plus approfondi avec l'AMP, avec... peu
importe, avec le VG, bien, il sera fait sous les limites actuelles de l'accès à
l'information. On n'ira pas changer la loi de l'accès à l'information parce
qu'on crée un organisme additionnel avec des pouvoirs additionnels au
président.
Moi, c'est ça, mon
approche. Parce qu'à un moment donné, sans ça, on ne finira pas, on va rouvrir...
Si on veut rouvrir la loi de l'accès à l'information, je pense que les gens qui
nous regardent savent qu'il y a plusieurs gouvernements qui se sont cassé les
dents là-dessus. Est-ce qu'on veut le faire? La réponse, c'est oui, mais pas à
l'intérieur de l'article 39.
Le Président (M.
Simard) : M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Bien, pour le bénéfice des centaines de milliers de personnes qui nous
regardent, justement, il faut savoir que la collègue, à la Justice, du
président du Conseil du trésor s'est engagée formellement à revoir la loi
d'accès à l'information. J'espère que ce n'est pas prémonitoire, ce que vient
de dire le président du Conseil du trésor, que tous les gouvernements
précédents se sont cassé les dents là-dessus. Enfin, moi, je présume de la
bonne foi de la ministre, qui m'a l'air décidée à vouloir dépoussiérer cette
loi qui date de 1979, et nous en avons grand besoin.
Cela dit, je ne pense
pas qu'on ait besoin, dans un projet de loi, et là je suis directement sur 39,
en donnant des pouvoirs supplémentaires au ministre... que d'ajouter une couche
de confidentialité. Parce que, pour avoir fait des centaines de demandes
d'accès à l'information dans ma vie, là, dans ma précédente carrière, je peux
vous dire que des exceptions dans la loi, il y en a plus que des raisons de
donner les documents et que généralement, malheureusement, les responsables, et
je le dis, là, en toute franchise, les responsables de l'accès à l'information
dans les ministères et dans les départements deviennent des empêcheurs de
tourner en rond et des spécialistes des manoeuvres dilatoires. C'est ça, la
réalité que la loi n° 79 nous a donnée, et ça, ce n'est pas un plus pour
la démocratie, ce n'est pas un gain pour la démocratie.
Que vous vous donniez
des pouvoirs supplémentaires qui pourraient vouloir dire, éventuellement, que
non seulement vous by-passiez votre propre comité de vérification, mais que
vous verrouillez pour 25 ans des données que nous pourriez vouloir
connaître, pour moi, ce n'est pas non plus un plus pour la démocratie. Parce
que, sans prêter de l'intention à personne, là, c'est un sacré bel outil pour
cacher quelque chose, ça, hein? Mettons, là, qu'il y a quelque chose qu'on
préférerait faire passer par cette filière-là plutôt que par la filière
publique, bien, c'est parfait parce qu'on vient de mettre un problème dans une boîte
avec un triple cadenas pour les 25 prochaines années. Je ne dis pas que
c'est ça, le but de, mais ça pourrait donner ça, ça pourrait donner ça à la
fin.
Le Président (M.
Simard) : Merci beaucoup...
Marissal : Puis, à la fin, je vous le redis, je le redis, là, le jour
où vous allez vous retrouver, là, le matin, là, avec une grosse manchette, là,
éclaboussante, là, et salissante, vous allez devoir, de toute façon, caller des
shots. Mais moi, ce que je n'aime pas, contrairement à mon collègue de René-Lévesque,
en tout respect, c'est que, par ailleurs, ça vous donne un autre pouvoir de
dire : On va checker ça, mais je n'ai pas de compte à rendre.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. M. le député de René-Lévesque, souhaitez-vous
intervenir?
M. Ouellet :
Non, non. Ça va.
Le Président (M.
Simard) : Ça va? M. le ministre, un complément?
M. Dubé :
Je n'ai pas d'autre commentaire.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Y aurait-il d'autres interventions?
Sans quoi, nous
allons prendre momentanément une petite pause.
(Suspension de la séance à
11 h 36)
Le Président (M.
Simard) : Alors, on reprend avec...
Le Président (M.
Simard) : Très bien.
Alors, nous allons
suspendre encore quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 48)
Le Président (M.
Simard) : Bien. Alors, chers collègues, nous reprenons nos débats au
sujet de l'article 39. Je cède maintenant la parole à M. le ministre.
M. Dubé :
Très bien. Très bien. Alors, juste peut-être pour prendre un petit peu de recul
sur toute cette question-là, je redis ce que j'ai dit tout à l'heure, que je
pense qui est bien important, c'est qu'on ajoute ici... l'article qu'on est en
train de discuter, c'est qu'on ajoute un pouvoir supplémentaire au président du
Conseil du trésor, O.K.? Donc, personne ne peut être contre la vertu. La
discussion semble plus porter sur l'accès à l'information de détails qui
proviendraient de cette analyse-là, O.K.? Je pense, selon moi, je pense, selon
moi, que la discussion qui porte sur qu'est-ce que la commission d'information...
la Commission d'accès à l'information, pardon, peut permettre aux gens d'avoir rapport
sur les analyses parce que cet organisme-là relève du président du Conseil du
trésor, qui a le rôle ministériel, ne devrait pas avoir d'impact. Et c'est là
que j'essaie de situer la discussion que nous avons sur 39, en disant :
Est-ce que les parlementaires sont d'accord à donner ce pouvoir supplémentaire
là? Je pense qu'on peut en discuter très longtemps, mais ce n'est pas le débat
de savoir qu'est-ce que la Commission d'accès à l'information permet, que ce
soit une analyse de vérification ou que ce soient toutes sortes d'autres
analyses. Et c'est là que je trouve que c'est un peu... Je comprends que le débat est intéressant, mais ce n'est pas ça qu'on
discute ici, ce n'est pas de ça qu'on discute, on ne discute pas si la
Commission d'accès à l'information...
Bon, maintenant, ce
que vous avez soulevé, puis moi, je suis prêt à en parler, mais je ne suis pas
sûr que c'est à l'intérieur de
l'article 39, pour être, M. le Président, très clair, c'est est-ce que...
Puis je me pose la question à moi-même, là, parce qu'après avoir écouté tout le
monde je me dis : Le fait que cet organisme-là, ce nouvel organisme
là, le Centre d'acquisitions, relève du Conseil du trésor, est-ce que ça le
rend moins transparent qu'un autre organisme qui relèverait du ministère de
l'Agriculture? Moi, je ne crois pas. Mais, si on peut faire cette
vérification-là... Parce qu'on est en train de dire que les rapports qui
seraient préparés par le président du Conseil du trésor et qui iraient au
Conseil du trésor sont, par le fait même... Puis ça, c'est là que je dis :
On ne réinventera pas la loi de l'accès à l'information, tous les rapports du
Conseil du trésor, et d'ailleurs comme les rapports du Conseil des ministres,
sont prévus... ne peuvent pas donner accès à la Commission d'accès à
l'information, ils sont confidentiels pour 25 ans.
Est-ce que la
question que vous posez, puis, M. le député de La Pinière, je nous pose la
question en même temps, est-ce qu'on... Et c'est pour ça que je dis... je mets
en contrepoids qu'on donne un pouvoir supplémentaire au président. Puis, en
même temps, on dit : Bien, ce n'est pas une bonne idée de donner le
pouvoir supplémentaire, parce qu'on est lié à une Commission d'accès à
l'information qui est prise avec les décisions du Conseil du trésor. Mais la
loi, elle est faite comme ça.
Alors,
je ne sais pas comment dénouer cette impasse-là, en ce moment. Je vais vous
avouer que, si... Et c'est pour ça, tout à l'heure, que j'ai fait l'engagement,
que le député de Rosemont a bien pris aussi... on s'est engagés, comme
gouvernement, à revoir la Commission d'accès à l'information, on s'est engagés
à faire ça. Mais je le répète que ça ne sera pas à l'intérieur de
l'article 39 qu'on va faire ça parce que... Puis, M. le député de
La Pinière, vous avez trop d'expérience parlementaire pour savoir toutes
les subtilités de la Commission d'accès à l'information.
Alors, moi, ce que je
vous dis aujourd'hui, je pense que, si on veut trouver un compromis correct,
c'est de dire : Bien, quand il y aura une discussion, un jour, sur la
Commission d'accès à l'information pour voir qu'est-ce qui est possible...
Mais, en ce moment, à moins qu'on décide, puis là je pense qu'on avoir un long
débat, que cet organisme-là ne devrait pas relever du Trésor, bien, là ça ne
marche pas, là, parce qu'on a décidé que c'était un organisme qui était... on
l'a bien dit, qui avait son autonomie relative, mais c'est un organisme qui
relève du Conseil du trésor. Et les rapports
dont parle... puis, quand on se rendra jusqu'à 41, on va voir qu'il y a une
procédure pour le faire.
Puis j'ai quand même
le droit, puis on l'a bien dit avec le député de Rosemont, de pouvoir rendre
des rapports publics. C'est un choix que tous les ministres ont, hein, vous
avez bien vérifié ça. Mais je pense qu'aller plus loin que ça, pour moi, je ne
vois pas... Sans ça, on rouvre une canne de vers, avec la Commission d'accès à
l'information, qui est... Voilà.
Le Président (M.
Simard) : Je vous remercie, M. le ministre. M. le député de
René-Lévesque, souhaitiez-vous intervenir? Très bien. M. le député de
La Pinière.
M. Barrette :
Écoutez, M. le Président, ceux qui nous écoutent ce matin, là, ils ont
probablement de la difficulté à suivre le président du Conseil du trésor. Il
n'y a personne, là... Le président du Conseil du trésor vient de dire, là,
qu'on se questionne si c'est une bonne idée ou non d'avoir 39. On l'a dit
80 fois, là, sinon une, que c'est une bonne idée. Ce n'est pas de ça qu'on
parle, ce n'est pas de ça. On parle de la divulgation de l'intention et du
résultat d'une démarche qui est prévue à 39. On ne questionne pas 39.
Ceux qui nous suivent
depuis ce matin, M. le Président, ont entendu, à un moment donné, le président
du Conseil du trésor nous dire que c'était un organisme indépendant. Il vient
de nous dire trois fois — je
les ai notées les trois, là — trois fois, dans son intervention qu'il
vient de faire, que ça relevait du président du Conseil du trésor. Alors là, on
le sait, là, que ce n'est pas indépendant, là. Bon. Puis il nous dit que les
parlementaires doivent décider si c'est une bonne idée, cette affaire-là qu'on
crée — j'insiste :
qu'on crée. Bien, justement, c'est la job
des parlementaires. La job des parlementaires, c'est de débattre de la
pertinence d'une nouvelle loi et de ses composantes.
C'est une création
législative, et, quand on crée législativement quelque chose, on a le pouvoir
de définir quels sont les paramètres de la création. Donc, on aurait,
techniquement, le pouvoir d'exiger que, pour l'application de 39, il y ait une
transparence totale, nonobstant le reste. On a ce pouvoir-là. M. le Président,
est-ce que je me trompe que nous avons ce pouvoir-là?
Le Président (M.
Simard) : Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Dubé :
Bien, écoutez, moi, étant donné toutes les implications que ça peut avoir...
Puis je le répète, là, parce que, le député de La Pinière, je ne lui prête pas
des mauvaises intentions, là, mais, quand il me fait dire que j'ai dit que
c'était indépendant, vous vous rappelez avec quelle précision j'ai répondu à sa
question en... alors, je ne voudrais pas qu'il me fasse dire des choses que je
n'ai pas dites. Je vous fais juste cette précision-là, M. le Président, je le
connais assez pour faire cette précision-là, premièrement.
Deuxièmement, j'ai
réexpliqué, puis je peux faire des vérifications additionnelles, puis j'ai
montré beaucoup, beaucoup d'ouverture à m'assurer, au cours des derniers mois,
depuis le début de ce long projet, d'analyse de projet, qu'on avait de
l'ouverture pour trouver des mécanismes qui feraient l'affaire de tout le monde.
En ce moment, ce qu'on me demande, puis c'est là que je veux bien... Puis je
suis prêt à faire une vérification additionnelle, puis, s'il faut, on va
suspendre 39, parce qu'on est rendus des spécialistes de la suspension, alors
on peut suspendre 39 aussi. Mais moi, ce que je trouve hilarant, puis je
choisis mon mot, hein : qu'on est obligés en ce moment d'avoir toute cette
discussion-là sur la confidentialité des rapports du Conseil du trésor ou du
Conseil des ministres parce que cet organise-là relève du Trésor. C'est ça
qu'on est en train d'avoir comme discussion.
M. Dubé :
Bien, moi, je pense que oui. Bien, je continue de dire que oui, puis c'est ça
que je vais vérifier avec mes collègues. Non, mais c'est...
M. Dubé :
Non, non, mais je vais terminer mon point. On prévoit à l'article 39 que,
quand le président du Conseil du trésor a un pouvoir supplémentaire de
commander une analyse, une vérification, et que, dépendamment des résultats, il
peut décider d'aller à des organismes qui sont beaucoup plus... qui ont la
capacité, par exemple, comme, de voir, je
dis encore «des actes répréhensibles» ou peu importent les résultats qu'on
aurait... on a ces choix-là puis on les prévoit à l'article 41, qu'on doit
faire rapport au Conseil du trésor.
Alors, moi, je pense qu'en
fonction du... comment je dirais, du contenu des rapports, la loi d'accès à
l'information, qui est excessivement complexe, on le reconnaît, a toutes sortes
d'applications. Si aujourd'hui on veut, à l'intérieur de l'article 39,
essayer de tout voir ça et de tout prévoir ça, moi, je pense qu'on est pour...
bien, en tout cas, on va s'amuser longtemps puis on n'aura pas gagné le
bénéfice de l'article 39. Et je le répète, l'article 39 prévoit un
pouvoir supplémentaire au président du Conseil du trésor, ce que le député de
René-Lévesque a reconnu. Alors, moi, je vous dis, là, on peut bien faire toutes
sortes d'analyses de ce qui se passe avec la Commission d'accès à
l'information, mais on donne un pouvoir supplémentaire, à 39. Je ne vois pas
pourquoi qu'on rentre dans ce débat-là et je pense que ce n'est pas la bonne
chose à faire.
Le Président (M. Simard) : Merci
beaucoup, M. le ministre. La députée de Vaudreuil souhaitait intervenir.
Mme Nichols : Bien, en fait, je
partage l'inquiétude de l'article 39, et en tout respect avec les
commentaires du ministre, et je réitère que la question n'est pas de rouvrir la
loi d'accès à l'information, ce n'est pas ça, ce n'est pas ça qu'on veut faire
ici. Ce qu'on dit, c'est que le ministre nous dit... vient nous dire ici :
Bien, c'est un nouveau pouvoir spécial. Je ne sais pas à combien de reprises il
l'a dit, il s'octroie un... c'est nouveau, c'est un pouvoir spécial, qui est au
président, et ça a été dit à de nombreuses reprises. La question est :
Parfait, maintenant, c'est un nouveau pouvoir, il est assujetti à quoi,
comme... ce nouveau pouvoir-là, là, il est assujetti à quoi?
On ne veut pas refaire la loi d'accès à l'information.
Un peu comme quand on a fait le comité de vérification, quand on a fait le
comité de gouvernance, bien, chacun de ces comités-là, on a regardé autour,
c'étaient quoi, les... ils étaient assujettis à quoi. Bien, c'est ce qu'on
essaie de vérifier.
Puis ce qu'on soulève, nous, c'est que... puis
je le sais, que vous êtes d'accord avec ça, tu sais, ce qu'on dit, c'est :
On est dans l'ère de la transparence, c'est déjà hypercomplexe pour quelqu'un,
via la loi d'accès à l'information, d'avoir accès... d'obtenir un document.
C'est excessivement complexe. Combien de fois des gens, des citoyens appellent
dans nos bureaux de comté, disent : Bien, je veux avoir ci, je veux avoir
ça, mais ça ne marche pas : gouvernement, loi d'accès à l'information, 30
jours, un délai, j'abandonne, je suis prescrit, je suis... parce que je n'ai
pas eu le document?
Ça fait que nous, ce qu'on vient dire : On
ne veut pas la refaire, la loi d'accès à l'information, on comprend qu'elle est
complexe. Mais ce qu'on se dit, c'est que le
pouvoir de l'article 39, lequel vous nous parlez, bien, est-ce qu'on pourrait l'assujettir? Parce
qu'on peut choisir une forme, on peut
choisir à... On le crée, là, c'est un nouveau pouvoir. En tout cas,
c'est ce que vous nous dites depuis ce matin, là, que c'est un nouveau pouvoir.
Donc, si c'est un nouveau pouvoir, est-ce qu'on peut regarder ensemble un mécanisme,
lequel on peut assujettir ce pouvoir-là, pour que, justement, bien, que ça ne
soit pas une loi de l'omerta, ça n