Transportation and the Environment — 16 March 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CTE 2022-03-16
Quebec — Committees
(Onze heures trente-quatre minutes)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, à l'ordre, s'il
vous plaît! Bienvenue, chers collègues. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des
transports et de l'environnement ouverte. Je vous souhaite la bienvenue et je demande à toutes les personnes dans la salle
de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission
est réunie afin de procéder aux consultations particulières et aux auditions
publiques sur le projet de loi n° 22, Loi modifiant la
Loi sur
l'assurance automobile, le Code de la sécurité routière et d'autres
dispositions.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Charbonneau (Mille-Îles) est remplacée par M. Ciccone
(Marquette); Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue) est remplacée par Mme Dorion (Taschereau).
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, M. le
secrétaire. Donc, ce matin, nous entendrons les organismes suivants : la Fondation québécoise
d'éducation en sécurité routière ainsi que l'Association canadienne des
automobilistes.
Je souhaite donc la bienvenue au représentant de
la Fondation québécoise d'éducation en sécurité routière. M. Georges, je vous invite à vous présenter
et je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour faire votre
exposé. Par la suite, nous amorcerons les échanges avec les différents groupes
parlementaires. Donc, je vous cède la parole.
M. Georges (Yves) : Parfait.
Bon, bien, bonjour à tous les membres de la commission. En passant, merci
beaucoup pour cette invitation. C'est toujours très intéressant de s'adresser à
vous pour parler de sécurité routière.
Comme ça a
été présenté, mon nom, c'est Yves Georges. Je suis directeur général de la
Fondation québécoise d'éducation en sécurité routière. C'est qui? Bien,
on est un OSBL qui a été créé en 2016 par les principaux acteurs de l'industrie des écoles de conduite du Québec afin
de faire rayonner la sécurité routière auprès des jeunes et des
apprentis conducteurs. Donc, au fil des
années, nous avons été impliqués dans plusieurs programmes et promotions non
seulement en sécurité routière, mais aussi dans les alternatives vertes en
transport.
Actuellement, nous pilotons le projet e-roule
avec le gouvernement du Québec, qui supporte la transition de 100 écoles
de conduite vers l'électrification de leurs flottes de véhicules. Nous avons
également plusieurs mandats importants du gouvernement du Canada, comme par
exemple la création de capsules vidéo qui seront intégrées dans les cours de conduite
auto et moto, à travers le pays, sur les dangers de la distraction au volant et
sur les effets de l'alcool et des drogues, et ça, toujours comme clientèle
cible les jeunes et les apprentis conducteurs. Finalement, avec le gouvernement
du Québec, nous allons aussi organiser une grande tournée de motos cet été à
travers le Québec pour démontrer, via notre chaîne YouTube, les bonnes
pratiques pour voyager en toute sécurité à moto. Donc, on a plusieurs projets qui sont soit sur la sécurité routière ou
soit sur l'électrification des transports. Donc, notre expertise est
véritablement en communication et directement liée à la sensibilisation des
jeunes à la sécurité routière.
Donc, dans la proposition du projet de loi
n° 22, il y a plusieurs articles qui ont suscité notre intérêt. Cependant,
j'aimerais mettre un bémol : nous ne sommes pas des lobbyistes et encore
moins des experts dans la loi. Donc, ce sont plutôt des commentaires et des
suggestions personnelles qui proviennent de l'équipe face aux diverses propositions.
Nous n'allons certainement pas créer de controverse, et même on se demandait si
on devait participer à cette consultation, car on est pas mal en accord avec
tout ce qui a été présenté.
En fait, nous, des projets de loi qui resserrent
les contrôles auprès des jeunes ou des nouveaux conducteurs afin d'ajouter ou
de renforcer certaines amendes, on voit ça de façon positive. En fait, ceux-ci
doivent connaître les conséquences de leurs gestes. Et on le sait très bien,
que perdre son permis est une catastrophe pour un jeune et donc un incitatif à prendre les bonnes décisions
derrière le volant. En fait, notre prochaine campagne va justement parler de
prendre les bonnes décisions derrière le
volant, et on va créer un peu un prix pour ceux qui ont pris la plus mauvaise
décision derrière le volant afin de passer le message, justement, des bons
comportements au niveau de la sécurité routière.
Donc, évidemment, l'article qui propose au
titulaire d'un permis de conduire et d'un permis de conduire de classe apprenti
avec quelconque présence d'alcool dans son organisme... et d'avoir une
suspension automatique de 90 jours, on
voit ça comme étant très positif. Cependant, une chose qui manque, nous
croyons, et on l'a vu quand on a fait des «focus groups» avec les jeunes,
c'est qu'on ne parle pas beaucoup du cannabis ou du taux de THC dans le sang. Nous croyons que, quand qu'on fait un... quand on
inclut l'alcool, on devrait automatiquement inclure une tolérance zéro,
pour les apprentis conducteurs, au cannabis de la même façon que l'alcool.
J'aimerais aussi mettre de l'avant
certaines lacunes face à l'information auprès des jeunes sur cette
consommation de cannabis et la conduite. Non seulement le curriculum des cours
de conduite mentionne très peu cette nouvelle réalité, comparativement à
l'alcool, qui a... qu'on en parle beaucoup, et en fait il y a aussi très peu
d'actions ou de programmes de sensibilisation pris auprès des jeunes pour
expliquer les différents effets du cannabis fumé ou du cannabis ingéré sur les
effets sur la faculté de conduite. En fait, on sait très bien que, du cannabis
ingéré, l'effet est plus long à avoir, et
donc les jeunes ont tendance à dire : Bien, je me sens bien, je vais
prendre mon volant, et, une heure plus
tard, bien, ce n'est vraiment pas le cas. Donc, on recommande d'inclure dans
les textes cette mention du cannabis. On sait très bien que les
processus de contrôle sont un peu moins sophistiqués que pour l'alcool, mais je
crois que c'est important d'avoir cette mention-là et de ne jamais l'oublier,
qu'au Québec, bien, c'est maintenant légal, le cannabis, et donc ça a un effet
sur la conduite.
J'aimerais aussi
ajouter qu'il ne faut pas non seulement investir dans la... qu'il faut ne pas
continuer... il faut continuer d'investir dans la prévention et pas seulement
la répression, spécialement avec les jeunes et les nouveaux conducteurs qui
sont spécialement à risque. Donc, actuellement, il existe des programmes qui
utilisent les revenus provenant des cinémomètres, mais il y a aussi des fonds
disponibles à la Société d'assurance automobile du Québec qui pourraient être
envoyés ou qui pourraient être investis auprès des jeunes pour expliquer les
dangers sur la route. Évidemment, je prêche un peu pour ma paroisse, car c'est
notre spécialité de parler aux jeunes, mais on voit très bien les effets de
cette efficacité des campagnes, surtout des campagnes qui ne sont pas grand
public mais des campagnes qui parlent aux jeunes via les médias sociaux pour
changer ou modifier des comportements chez les conducteurs automobiles et de...
motocyclistes.
La deuxième section,
qui a aussi reçu une belle réponse de notre équipe, est la mise sur pied du
projet de loi qui rend obligatoire l'utilisation d'un dispositif de
consignation électronique pour les conducteurs de véhicule lourd. On trouve que
c'est une excellente idée. Il y a plusieurs entreprises de transport qui le
faisaient déjà, et même plusieurs provinces ou États américains ont déjà mis
sur pied des programmes semblables avec beaucoup de succès. Donc, on est sur la
bonne voie. Cependant, nous aimerions simplement nous assurer que l'industrie
des cours de conduite, l'industrie de formation de ces nouveaux conducteurs de
camion lourd, soit incluse dans l'implantation de ces nouvelles règles et que,
rapidement, on inclue le nouveau format dans le curriculum de formation afin
que la prochaine génération connaisse bien comment ça fonctionne.
Finalement, rien de
mieux que d'inclure également une
partie de cette nouvelle réglementation là
dans les examens de la Société d'assurance automobile pour les nouveaux
camionneurs. Ça pourrait être des questions, des simulations ou même avoir une
section pour l'utilisation de cet outil-là afin de s'assurer que tous les
nouveaux conducteurs voient cette importance-là, et prennent vraiment le temps
de comprendre comment que ça fonctionne, et les avantages pour eux.
Une troisième
section, qui nous a... qui est un peu différente, parce que, là, c'est plus une
question, là, qui nous intrigue après la lecture, c'est comment est-ce qu'on
définit une zone scolaire aux fins d'utilisation d'un cinémomètre
photographique ou d'un système photographique de contrôle de circulation aux
feux rouges qui dit qu'il serait abrogé. Dans mon terme à moi, abroger serait
comme canceller, donc on aime... tu sais, on n'est plus... on se demandait pourquoi qu'on avait inclus cette
section-là. En fait, nous, on a déjà travaillé avec plusieurs
municipalités, avec des programmes scolaires où est-ce qu'il y a des
problématiques autour des écoles et surtout autour des autobus scolaires, donc des dépassements, des choses qui
ne sont vraiment pas sécuritaires pour les jeunes, et on essaie toujours
de trouver des solutions. Et une des
solutions, c'était justement d'intégrer un système de caméras ou un système
automatisé qui pourrait prendre des photos
des contrevenants. Et on se demande : Est-ce que cette section-là,
c'est pour faciliter ça ou c'est pour
éviter qu'on puisse faire ça autour des régions... des zones scolaires? Donc,
c'est un petit peu une question.
C'est sûr que, là,
c'est juste en... C'est un projet, mais on se demandait juste que ce n'était
pas pour empêcher, parce qu'en effet, à chaque année, il y a plusieurs
commissions scolaires... ce n'est plus des commissions scolaires, mais il y a
plusieurs... qui nous appellent, qui nous disent : Est-ce qu'on peut faire
quelque chose au niveau des jeunes? Et on en fait. On a des programmes pour
sensibiliser les jeunes du primaire à la sécurité routière autour de l'école, mais il y a aussi les fautifs qui sont
les conducteurs, souvent, malheureusement, les parents, qu'il faut avoir
certains outils pour les aider.
Donc, pour le reste,
il n'y a pas de commentaire en particulier, simplement pour qu'une confirmation
que les propositions vont dans la bonne voie pour continuer d'assurer le bon
succès et surtout la belle courbe qu'on a avec les jeunes pour la sécurité routière. Et donc nous, on voit juste ça
d'une façon très positive, juste la question, là, au niveau des zones scolaires, là : Est-ce que ça rend
plus difficile ou ça aide à insérer certains programmes, là, pour la
sécurité?
Donc,
je vous remercie beaucoup de m'avoir écouté. Et, si vous avez des questions, je
suis ouvert aux questions.
La Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Merci beaucoup, M. Georges, pour votre exposé. Donc, nous
allons amorcer la période d'échange, et
donc, M. le ministre, je vous cède la parole, et vous avez une enveloppe de
16 minutes.
Bonnardel : Merci, Mme la Présidente. M. Georges, merci d'être là
ce matin. Je vais répondre à deux de vos
questions. Premièrement, l'aspect drogue, j'ai la même... j'avais la même
interrogation que vous quand on a préparé cette loi. C'est que, présentement, le DPCP est à analyser des
dispositifs pancanadiens, si vous le voulez ainsi, là, qui... pour étudier, donc, ces dispositifs qui prennent la
salive. Alors, dès que le DPCP aura autorisé ces dispositifs, ce sera
ajouté, parce que je suis à la même place, là, c'est aussi problématique, pour
moi, quelqu'un qui peut être sous l'effet d'une substance x, là, que de
prendre de l'alcool.
Les règlement