Health and Social Services — 7 June 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2016-06-07
Quebec — Committees
Barrette : Alors, M. le Président, j'avais lu 30, j'avais déposé un amendement, nos collègues de l'opposition officielle avaient déposé un sous-amendement,
l'ensemble de la chose ayant été suspendu.
Alors, pour nous remettre dans le bain, comme
vous dites, M. le Président, je vais relire le 30 initial :
L'article 10
de la
Loi sur l'assurance-hospitalisation (chapitre A-28) est modifié par
l'ajout, à la fin, du paragraphe suivant :
«7. Un
établissement doit, sur demande du ministre, lui communiquer tout renseignement
ou document contenu au dossier de la
personne assurée qui est nécessaire à l'exercice d'un recours pris en
application du paragraphe 1, après avoir informé cette personne de
la nature des renseignements ou documents qui seront communiqués au ministre.»
J'avais indiqué, M. le Président, l'importance de bien prendre connaissance du paragraphe
1, parce que c'est en lien,
évidemment, c'est clair, là.
Le paragraphe 1 se lit comme suit : «L'État est subrogé au
recours de toute personne assurée contre
un tiers jusqu'à concurrence du coût de tous services assurés
fournis ou qui seront fournis à la suite d'un préjudice causé par la
faute de ce tiers — alors,
l'idée ici, M. le Président, étant pour permettre à la régie d'avoir accès aux informations nécessaires pour que la régie puisse, elle, avoir une compensation de
la part d'un assureur éventuellement.»
L'amendement que nous avions déposé se lisait comme suit — c'est
essentiellement l'article que je viens de lire, avec un élément supplémentaire qui est 8 :
«Aux fins du présent article, l'expression "assureur de la responsabilité d'un tiers" désigne également une personne ou un groupement
de personnes qui accorde à l'égard d'un risque une protection qui pourrait être autrement obtenue en souscrivant une
assurance de responsabilité — l'idée
ici, M. le Président, étant de faire en sorte que, dans un contexte de subrogation, la personne qui assure la
responsabilité du tiers ne puisse pas s'échapper de sa responsabilité parce qu'on n'aurait pas spécifiquement nommé un assureur qui
est un regroupement de gens qui s'autoassurent.»
le sous-amendement qui avait été suspendu était simplement de
modifier l'article 30 par le remplacement des mots «du ministre»
par les mots «de la régie» et de «au ministre » par les mots «à la régie» dans l'article
30. Voilà.
Président (M. Tanguay) :
Merci. Alors, vous l'avez bien dit, M.
le ministre. Alors, vous avez fait
une remarquable introduction.
Alors,
chers collègues, l'objet de notre débat est le sous-amendement de la collègue
de Taschereau à l'amendement
à l'article 30, qui visait, comme l'a bien dit le ministre,
le remplacement des mots «du ministre» par «de la régie» et «au ministre»,
«à la régie». Alors, c'est l'objet du débat que ce sous-amendement. Y a-t-il des interventions? Collègue de Taillon.
Lamarre : Oui, M. le Président. En fait, je suis informée, là, que ce qu'on a dit, le fait que ce soit
écrit «sur demande du ministre»
plutôt que «de la [RAMQ]», selon l'avis juridique, ça semblait être équivalent,
mais il doit y avoir quelque chose que le ministre peut demander qui est plus vaste et plus large
que ce que la RAMQ peut demander. La RAMQ, elle est dans un processus de contrôle de coûts ou de contrôle de
validité d'un acte posé. Le ministre peut aller plus large.
Est-ce qu'il y a des
actes que le ministre pourrait demander qui seraient différents de ceux que la
RAMQ pourrait... compte tenu de la spécificité du mandat de la RAMQ par rapport
au mandat très, très vaste, et très large, et presque illimité du ministre?
Le Président (M. Tanguay) :
M. le ministre.
Barrette : Alors, M. le Président, pour ce qui est du sous-amendement, on peut clore ce débat-là, nous sommes d'accord
à le recevoir.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, collègue de Taillon, oui, ça vous va?
Lamarre : Bien, ça
convient. Alors donc, vous accepteriez que ce soit modifié, «de la régie» et «à
la régie».
Le Président (M.
Tanguay) : Parfait.
M. Barrette :
Comme je viens de le dire.
Président (M. Tanguay) :
Alors, chers collègues, concernant le sous-amendement de la collègue de Taschereau, s'il n'y a
pas d'autre intervention, nous allons procéder au vote. Alors, le sous-amendement
est-il adopté?
Président (M. Tanguay) : Adopté.
Alors, nous avons comme objet de débat, chers collègues, l'amendement dûment sous-amendé du ministre
à l'article 30. Y a-t-il des interventions? Oui, collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
...M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : Pardon.
Lamarre : Alors, au
point 7, je constate, là, qu'il
y a «après avoir informé cette
personne», donc, qui est là et donc qu'il
y a un consentement qui est préalable
à la transmission d'informations. Maintenant, sur le paragraphe qui est ajouté,
le ministre nous a donné quelques informations. J'essaie juste de voir... Il
y a des assurances, effectivement, au sein d'un établissement, par exemple un hôpital, et il
y a des assurances responsabilité professionnelle individuelles que les professionnels
prennent, les médecins, les pharmaciens.
Est-ce que
ce paragraphe vise à élargir... J'aimerais juste que le ministre
nous précise l'objectif précis, là. Je sais que vous l'avez expliqué un peu, mais plus
précisément, là, dans les cas où il y
a deux assureurs potentiels, est-ce que
ça...
Barrette : Bien, comme l'article
ou la mesure est lié à l'article 1 et que l'article 1 est l'élément
qui est moteur dans cet article-là,
bien, à partir du moment où l'État est subrogé au recours de toute personne assurée
contre un tiers, bien là c'est parce que
c'est le recours. Le recours, c'est le recours. Il peut être contre un professionnel,
contre l'hôpital, les deux ensemble,
plusieurs types de professionnel, l'hôpital, séparés ou ensemble.
Alors, le moteur, c'est la subrogation
dans une cause. Alors, l'État se retrouve, à ce moment-là, un des joueurs
dans ce recours-là, et là, bien évidemment, tous les cas de figure en termes
d'assurance sont inclus implicitement.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. Collègue de Taillon.
Lamarre : Mais l'objectif, c'était d'élargir, parce que, quand c'était
seulement «assureur de la responsabilité d'un tiers», on avait peur
qu'il y ait des assureurs qui se désengagent.
Barrette : Non. La problématique, c'est que, quand on parle
d'assureur, c'est un assureur et dans le cas des médecins, contrairement
à tous les autres, l'hôpital, les autres professionnels, et ainsi de suite,
c'est des autoassurés.
Barrette : C'est ça,
la problématique. La problématique, c'est que tout le monde est assuré par
un assureur, sauf les médecins. C'est une association, c'est un montant
mis en commun. Ils ont leur fonds. Ils sont autoassurés.
Lamarre : Ce n'est pas comme
une assurance, ce n'est pas comme, bien, le... je pense aux pharmaciens,
qui ont le Fonds d'assurance responsabilité professionnelle. Est-ce que c'est
différent avec les médecins?
Barrette : Ça, je ne sais
pas si les pharmaciens... ça, je n'ai pas l'information. Les médecins,
je l'ai, là, mais les pharmaciens... Mais, dans tous les cas, si c'est
le cas, s'ils sont comme les médecins, eux aussi, ils pourraient échapper à la notion d'assureur. Alors là, ils
sont rattrapés par cette clause-là. Cette clause-là, là, elle est là
exclusivement pour ne pas tomber dans
une espèce de vide juridique où des gens pourraient invoquer le fait que :
Non, non, non, nous, on n'est pas une
compagnie d'assurance au sens de la loi, on est autoassurés, c'est notre fonds.
Il est très possible que, les pharmaciens, ce soit un fonds aussi comme
les...
Mme Lamarre :
...fonds qui est indépendant, mais c'est...
M. Barrette :
L'Association canadienne? Oui. L'ACPM, c'est un fonds indépendant.
Lamarre : C'est ça pour vous, mais, dans le cas des pharmaciens, aussi
c'est un fonds d'assurance responsabilité professionnelle.
Barrette : Bien, les pharmaciens, je ne sais pas, vous autres, mais
c'est pour justement ne pas... Bon, je ne veux pas nommer de compagnie d'assurance, là, mais mettons qu'on en nomme
une. On n'en nommera pas, là, mais il y a des compagnies que les gens
connaissent, là. On ne veut pas avoir le vide potentiel juridique qu'il y avait
avant.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Y a-t-il d'autres
interventions sur l'amendement du ministre? Je n'en vois pas, chers
collègues. Alors, nous allons procéder au vote. L'amendement est-il adopté?
Président (M. Tanguay) : Il est adopté. Alors, l'objet du débat, chers
collègues, est l'article 30 tel qu'amendé. Y a-t-il de plus amples
interventions? Collègue de Taillon.
Lamarre : Bien, en fait, c'est toujours le même enjeu, c'est celui du
secret professionnel et du partage de l'information. J'imagine qu'on va
y revenir.
Est-ce que le
ministre a l'intention de nous déposer quelque chose d'un peu plus spécifique...
M. Barrette :
À quel égard?
Mme Lamarre :
...pour qu'on réponde bien aux préoccupations des gens qu'on a entendus, en
commission parlementaire, sur le secret
professionnel? Est-ce que vous avez un endroit où vous avez prévu... À un
moment donné, vous nous aviez dit : On va trouver une formule, on
va trouver une façon de répondre à cette préoccupation-là.
Barrette : Pas aujourd'hui. On n'a rien à présenter aujourd'hui. Ça ne
veut pas dire qu'on n'en aura pas, là, mais peut-être qu'on aura une
conversation hors d'ondes, là.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui, collègue de Taillon.
Lamarre : Bien, il y a la dimension, là, «après avoir informé cette
personne de la nature des renseignements». Est-ce que le ministre
s'engage à nous revenir avec quelque chose qui va répondre à cette
préoccupation-là ou est-ce qu'on le...
M. Barrette : Bien, M. le
Président, je pense que, quand on suspendra nos travaux, à 18 heures, peut-être
qu'on prendra un moment, avant de quitter pour la pause, de jaser de ça,
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Taillon.
Lamarre : Tout à fait. Juste attirer l'attention, peut-être, dans le
processus de réflexion. Il y a un
arrêt de la Cour suprême du 3 juin, donc tout à fait récent, avec Revenu Canada, et un avocat est poursuivi par l'Agence de
revenu pour avoir dévoilé des informations relatives à son client.
Donc, je sais qu'on est un peu déchirés entre la volonté que l'information se rende, mais en même temps on ne
veut pas non plus coincer et isoler la RAMQ en lui permettant de faire
des choses sur lesquelles elle va être contestée.
Moi,
je vous dis, on a vécu cette expérience-là, qui a duré 10 ans, à l'Ordre des
pharmaciens, donc ce qu'on veut, c'est
être sûrs que notre libellé, il est le plus conforme aux derniers jugements qui
sont portés pour que la RAMQ puisse faire
ces demandes-là mais qu'elle ne se
fasse pas contester et paralyser, finalement,
pendant des années. On se rappelle, en
même temps, qu'on a, au niveau des 36 mois... nous, on voulait élargir la
période de délai d'injonction à plus qu'un an, mais le ministre l'a maintenu. Ça veut dire que, là, on fait traîner
quelque chose pendant plus que quatre ans. Ça devient très difficile
d'aller rechercher les sommes qui auraient été perçues illégalement, finalement.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
Barrette : Juste un commentaire, M. le Président, là, de deux ordres : le premier ordre, c'est
que, dans la loi, dans la jurisprudence, le secret professionnel de l'avocat, c'est plus sévère que le secret professionnel
du médecin; et, deuxièmement, ce que l'article dit, il ne s'adresse pas aux médecins, il
s'adresse à l'établissement. Alors, je
comprends que la députée de Taillon nous dirait que des renseignements
que l'établissement fournirait pourraient être ceux d'un médecin, là, mais là
on parle de frais ici qui sont imposés.
Je comprends son
point, peut-être qu'on en parlera à la pause tantôt, là, mais on ne pourra pas
le régler là, là.
Lamarre : O.K. Mais, peut-être pour