Labour and the Economy — 8 May 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2018-05-08
Quebec — Committees
(Dix
heures trois minutes)
Président (M. Reid) : À l'ordre, s'il vous plaît! À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'économie
et du travail ouverte. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie
de leurs appareils électroniques.
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 173, Loi
visant principalement à instaurer un revenu de base pour des personnes
qui présentent des contraintes sévères à l'emploi.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Carrière (Chapleau) remplace Mme Simard
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré)
et M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs) remplace M. Lamontagne (Johnson).
Président (M. Reid) : Merci. Alors, je vous rappelle que, lors de notre dernière ou notre
première séance, nous avions convenu d'étudier le projet de loi par
sujets. Nous avions commencé l'étude du premier sujet et nous avions suspendu
l'étude de l'article 4 et de l'amendement proposé par le député de Rimouski à
cet article.
Lors
de la suspension de nos travaux, nous en étions rendus à l'étude
de l'article 83.17 introduit par l'article 14 du projet de loi. M. le
député de Rimouski,
au moment où nous avons terminé la séance, vous aviez la
parole, donc je vous donne la parole.
M. LeBel : Merci. Bien, rebonjour, tout le monde. On va repartir l'étude. Je comprends que l'article
4 causait un petit problème,
on va revenir plus tard. Le problème
de l'article 4, c'était sur le Programme de solidarité sociale. Là, je comprends que, dans 83.17, on revient à la...
c'est une des conditions, d'être prestataire du Programme de solidarité sociale,
puis c'est un peu la problématique qu'on
avait vue à l'article 4. On disait : Si... Tu sais, on avait un cas, là,
on se souvient, je veux juste
rappeler, là, la personne, son conjoint gagne 21 000 $,
22 000 $ par année, elle n'est pas éligible à la... ça fait que la conjointe ou la personne conjointe qui
pourrait être admissible au revenu de base ne l'est pas parce qu'il n'est pas
admissible à la première étape, ce qui
est... c'est le Programme de solidarité sociale, parce que son conjoint gagne
trop cher, ça fait qu'on a essayé de trouver une solution.
veux juste m'assurer que, si on vote 83.17... Parce qu'on revient à la
condition d'être prestataire du Programme de solidarité sociale. Je veux
juste être sûr qu'on ne s'enfarge pas, là, qu'on peut voter ça puis revenir au
point 4 sans problème.
Le Président (M. Reid) :
M. le ministre.
M. Blais :
Alors, oui, bonjour M. le Président. Donc, je salue aussi les collègues. Effectivement, on était là-dessus. Je veux peut-être
proposer un amendement, ça va nous donner plus de souplesse dans la gestion
de cas particuliers, hein? Je ne
nommerai pas ces cas particuliers là, je pense que l'avenir va les nommer, puis
on pourra en parler aussi si vous
voulez, là. Mais, en ce moment, l'accès, disons, au revenu de base, il est lié à
un passage à la solidarité sociale. Alors, c'était de ça dont on
discutait la semaine dernière.
Donc,
on pourrait apporter un amendement, donc, dans la loi pour faire en sorte que, par règlement,
on puisse introduire des catégories dans
l'avenir, on peut en faire un débat, là, mais
donc ce qui va nous donner plus de souplesse. Donc, le passage à la
solidarité sociale serait probablement le passage pour plusieurs personnes pour
des raisons très évidentes. Mais, pour
rendre compte de cas spécifiques, des enfants, par exemple, lourdement
handicapés, bon, tout ça, bon, ils
arrivent à 18 ans, ils le sont encore puis ils vont l'être pour le reste de
leur vie, est-ce que le passage à la
solidarité sociale est obligatoire ou
pas? Et là, bien sûr, on revient aux travaux que... Nous, on était d'accord
pour élargir, donc que, le six ans,
on puisse l'examiner, mais qu'on l'examine à travers des catégories
particulières. On a toujours été d'accord avec ça. Donc, je pourrais déposer un amendement qui ouvre cette
possibilité-là, donc qui ne rend pas obligatoire dans tous les cas le
passage à la solidarité sociale.
Le Président
(M. Reid) : Est-ce qu'il s'agit, M. le ministre, d'un
amendement à 83.17?
M. Blais :
C'est un amendement à 83.17, oui, M. le Président.
Le Président
(M. Reid) : O.K., que nous sommes en train d'étudier.
Le Président
(M. Reid) : Est-ce que vous avez un amendement écrit?
M. Blais : Je pense qu'on a des
éléments écrits, oui, déjà, puis je...
Président (M. Reid) : Est-ce que vous voulez le présenter, puis ensuite on fera
une copie? S'il y a des copies, on les passera à tout le monde.
M. Blais : Oui, j'ai déjà une copie, puis moi, j'ai une note
ici. Donc, je vais lire le texte, puis ensuite vous aurez une version
papier, là :
«Malgré le
premier alinéa — donc être à la solidarité sociale, ce qu'on
a déjà examiné la semaine dernière — une personne
est aussi admissible au Programme de revenu de base lorsque, dans les cas et
aux conditions prévus par règlement, elle
[représente] des contraintes sévères à l'emploi qui devraient vraisemblablement
l'empêcher d'acquérir son autonomie économique de façon permanente ou
indéfinie.»
Donc, on reste toujours dans le même esprit.
C'est réservé à des personnes, hein, qui ont des conséquences importantes, des
handicaps importants, et par règlement on pourrait identifier des catégories,
des groupes.
Le Président
(M. Reid) : Alors, on peut suspendre quelques instants
pour que tout le monde ait la chance de le lire puis on pourra ouvrir la
discussion.
(Suspension de la séance à 10 h 8)
Président (M. Reid) : Alors, nous reprenons les travaux.
M. le ministre, vous voulez ajouter quelque chose à votre commentaire?
M. Blais :
Oui, bien là, je pourrais peut-être faire un commentaire un peu plus explicite,
là. Donc, on sait que le premier alinéa de 83.17 prévoit, comme
condition d'admissibilité au programme, l'obligation de présenter des contraintes sévères à l'emploi pendant une
certaine durée qui sera déterminée par règlement. On connaît bien la durée,
là, que nous allons... de nos intentions réglementaires.
L'amendement fait en sorte que, dans les cas et
aux conditions qui seront prévus par règlement, d'autres personnes pourront aussi être admissibles au
programme, et là, bien sûr, c'est nonobstant la durée, hein? Et alors donc
l'interprétation qu'il faut donner à cette
modification-là, c'est que ça touche à la fois le délai de carence — on pourrait décider que le délai est de zéro, deux ans, trois ans, etc. — et ça touche aussi le fait d'avoir été à la
solidarité sociale ou de n'y avoir pas été. Donc, ça lève deux
contraintes, là, qu'on a discutées la semaine dernière, je crois, M. le
Président.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Est-ce que j'ai des interventions? M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
Oui, merci. Bien, je remercie le ministre puis son équipe, là, de l'effort
d'avoir trouvé une façon de se sortir
de tout ça puis d'être capables d'aller chercher des cas un peu particuliers,
se donner cette ouverture-là. C'est sûr que c'est encore par règlement,
il faudra voir le règlement éventuellement.
Mais je pose
juste la question. Dans le cas qu'on parlait la semaine passée — je reviens, là, au couple, là, le conjoint
gagne 22 000 $ par année, la conjointe est lourdement handicapée, il y
a des contraintes sévères à l'emploi — comme le conjoint gagne 22 000 $, elle, cette personne-là, n'a pas
le droit à la solidarité sociale, ce qui fait en sorte de la sortir
d'une chance d'arriver au revenu de base. Avec un amendement comme ça, ça
pourrait répondre à un cas du genre?
M. Blais :
Oui. Techniquement, oui, puis on pourrait décider que, si quelqu'un a un revenu
de ménage de 30 000 $ et
moins et que la personne n'a jamais été à la solidarité, mais par ailleurs a un
handicap sévère, sérieux qui est démontré de quelque façon que ce soit,
techniquement, ça pourrait être... Parce que, là, on ouvre vraiment à
différents groupes potentiels. C'est
sûr que, bon, il y a tout un débat, là, sur la pauvreté, qu'est-ce que c'est
qu'être pauvre. Nous, notre première
démarche, c'était quand même d'ouvrir à 84 000 personnes, hein, puis
je pense qu'on sort progressivement de la pauvreté, donc c'est vraiment
les plus pauvres des pauvres puis qui sont souvent des personnes seules aussi,
là. Mais, techniquement, un gouvernement,
par règlement, pourrait décider qu'il ouvre à telle, telle, telle catégorie.
Évidemment, il faut qu'il y ait une cohérence puis une logique dans tout
M. LeBel :
Oui, parce que, dans ce cas-là, la réaction de la personne en question, ce
serait de se séparer, puis d'être sur la solidarité sociale, puis
d'attendre le délai, puis revenir à un revenu de base, ce qui est un peu
incohérent.
Je me posais
des questions. Mme Ruth Rose, qui était venue nous déposer des mémoires, puis
le curateur aussi, parlait, dans les
conditions d'admissibilité, d'intégrer quelqu'un qui a reçu une rente
d'invalidité du Régime de rentes du Québec,
d'avoir une indemnité de remplacement de revenu en vertu de la
Loi sur les
accidents du travail et les maladies professionnelles,
la Loi de l'assurance automobile. Le curateur parlait du fait d'avoir été
évalué inapte. Est-ce que ces éléments-là
pourraient éventuellement, dans votre amendement, être évalués puis, par un
règlement, pourraient être intégrés?
M. LeBel : Excellent. Merci.
Le Président (M. Reid) :
Merci. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Oui, bien, premièrement, avant d'embarquer dans le but de l'article, je
voudrais questionner... Quand vous
dites... Bien, premièrement, bonjour à tous, là. Je suis en feu à matin,
excusez-moi. Bonjour à tous, premièrement.
Quand vous
dites «devraient vraisemblablement l'empêcher», en termes juridiques, là, il me
semble que ça ne vaut pas cher la
livre, ça, «vraisemblablement l'empêcher», puis ça veut... Moi, pouvez-vous
m'expliquer ça veut dire quoi, ça,
«vraisemblablement l'empêcher»? Tu sais, c'est comme être à moitié enceinte,
là, ça ne marche pas, là. J'aimerais ça qu'on m'explique un petit peu
plus, là.
M. Blais : Bien, écoutez, on
peut demander à un juriste de venir vous parler de ça, oui?
M. Schneeberger :
Oui, volontiers.
Le Président (M. Reid) :
Alors, s'il vous plaît, vous nommer et nommer votre fonction.
M. Ferland
(Pierre) : Oui, merci, M. le Président. Pierre Ferland, je suis à la Direction des
affaires juridiques du ministère.
On comprend
qu'on ne peut pas être précis et prévoir tous les cas dans la loi, il faut qu'il y ait
une certaine souplesse. Et le critère
du «vraisemblablement empêcher», c'est un critère qu'on a déjà à l'article 70
pour la notion de «contraintes
sévères à l'emploi». Les contraintes sévères à l'emploi, c'est quand notre
«état physique ou mental est, de façon significative,
déficient ou altéré pour une durée vraisemblablement permanente». Il y a
donc une certaine imprécision, et
c'est du cas par cas. Et, en cas de mésentente, bien, ce sera éventuellement la révision ou le Tribunal administratif qui décidera si, dans ce cas-là, il y a vraiment,
vraisemblablement... si la personne est empêchée d'acquérir son autonomie
économique.
M. Schneeberger :
O.K. Ça fait que ça ouvre une porte pour des cas particuliers.
M. Ferland (Pierre) : Oui, qui
seront prévus par règlement.
M. Schneeberger : O.K. Bon, en
tout cas, vous me rassurez. C'est parce que,
moi... Des fois, on sait bien qu'en termes
juridiques, des fois, une virgule fait toute la différence, là, puis «vraisemblablement», bien, tu sais, c'est comme : Ça se peut à
peu près, tu sais, ça fait que...
Non, non, c'est juste que moi, je voulais me rassurer, M. le Président, c'est important.
Maintenant, le sens de l'amendement, M. le
Président, ici, si je ne me trompe pas, on vient parler... on vient donner... l'article 83.17 s