CAT — 6 June 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CAT 2013-06-06
Quebec — Committees
(Onze
heures cinquante-deux minutes)
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît!
Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission de l'aménagement du territoire
ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Alors,
je vous rappelle que la commission est réunie afin de procéder à l'étude
détaillée du projet de loi n° 42, Loi instituant le Gouvernement
régional d'Eeyou Istchee Baie-James et apportant certaines modifications
législatives concernant le Gouvernement de la nation crie.
Alors, M. le
secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Gadoury-Hamelin (Masson) est remplacée par
M. Ferland (Ungava);M. Carrière
(Chapleau) est remplacé par M. Kelley (Jacques-Cartier); M. Rousselle (Vimont)
est remplacé par M. Bolduc (Mégantic); et M. Spénard (Beauce-Nord) est
remplacé par Mme St-Laurent (Montmorency).
La Présidente (Mme Champagne) : Parfait. Merci beaucoup. Alors, lors de l'ajournement
des travaux, hier soirà
22 h 30, nous en étions à l'étude de l'article 6.2 introduit par l'article
47 du projet de loi. Je vous rappelle également que nous avons trois
articles qui ont été suspendus, le 9, le 10 et le 15, pour votre information.
Alors, M. le ministre, voulez-vous faire la lecture du 6.2 introduit par l'article
M. Lelièvre :
Oui, merci, Mme la Présidente. Donc, l'article 6.2 se lit comme suit :
«La résolution par
laquelle le Gouvernement de la nation crie déclare sa compétence précise le
domaine de compétence visé; elle décrit la
partie de territoire visée par la
déclaration de compétence.
«Copie
vidimée en est transmise au ministre des Affaires municipales, des Régions et
de l'Occupation du territoireet, le
cas échéant, à tout autre [ministère] responsable de l'application — à
tout autre ministre, je m'excuse — de
la loi attributive de la compétence visée.
déclaration de compétence prend effet à la date de la publication, par le
ministre des Affaires municipales,des
Régions et de l'Occupation du territoire, d'un avis à cet effet à la Gazette
officielle du Québec , ou toute autre date ultérieure convenue avec
le Gouvernement de la nation crie et mentionnée dans l'avis.»
Comme
note complémentaire, on retrouve qu'à l'article 6.2 on prévoit certaines
exigences quant à la manière dontpourra
s'effectuer une déclaration de compétence. Si la déclaration de compétence ne
vise qu'une
partie du territoire, la résolution devra décrire la
partie
du territoire visée.
Le deuxième alinéa de
l'article oblige à en informer le ministre responsable et tout autre ministre
responsable de la loi attributive de la compétence visée.
troisième alinéa prévoit que la déclaration de compétence prendra effet à la
date où le ministre publiera un avis à
cet effet dans la Gazette officielle du Québec ou à toute date convenue
avec le Gouvernement de la nation crie et mentionnée dans cet avis. Il s'agit
d'une formalité qui permet de déterminer le moment précis de prise d'effet de
la déclaration de compétence.
D'autre
part, cette exigence donnera le temps au gouvernement du Québec et au
gouvernement régional des'entendre,
si nécessaire, sur les adaptations à prévoir, en vertu de l'article 6.3, en vue
de l'exercice de la compétence par ce dernier, et ce, avant que ne
prenne effet la déclaration de compétence.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, le 6.2 pour discussion, M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Juste pour rafraîchir la mémoire, en ayant maintenant les pouvoirs, le
Gouvernement de la nation crie…alors
ça a un certain effet miroir sur qu'est-ce que nous avons déjà vu dans le
projet de loi concernant les pouvoirs accordésau gouvernement régional cri-jamésien. Alors, ici, c'est le même
mécanisme, c'est une astuce pour mettre le mot «vidimée» de nouveau dans
le projet de loi. Alors, je comprends ça.
Mais,
juste pour le deuxième alinéa, les gens de… d'autres ministres responsables,
ça, c'est, par exemple, s'il y a une entente dans la sécurité civile, c'est
d'aviser votre collègue le ministre de la Sécurité publique ou les Ressources
naturelles. Est-ce que ça, c'est le genre de compétences qui sont visées par le
deuxième alinéa?
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
Lelièvre : Oui, Mme la
Présidente. Effectivement, c'est du copier-coller de ce qu'on a discuté hier
pour les pouvoirs facultatifs que
pourrait déclarer… acquérir la compétence, les terres de niveau III. Donc, là,
on se retrouve dans les terres de niveau II. Effectivement, ça pourrait être acquérir la
compétence pour les terres de niveau II au niveau aménagement, urbanisme,
sécurité publique, environnement, tous les domaines qui peuvent être transférés
à une municipalité ou une MRC, qui seraient appliqués par la nation crie sur
les terres de niveau II.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le député de Jacques-Cartier, c'est beau pour
vous?
M. Kelley :
C'est beau pour le 6.2.
La Présidente (Mme Champagne) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur le
6.2? Parfait. Donc, commeon va
adopter tout ça en bloc, on va donc indiquer qu'il a été convenu qu'il était
accepté, mais il n'est pas encore adopté au complet.
va passer maintenant au 6.3, article, sur lequel il y a un amendement. Alors,
M. le ministre, je vous prierais de lire l'article 6.3 et son
amendement, de même que l'explication.
M. Lelièvre : Oui, Mme la Présidente. Effectivement, il y aura une proposition de
modification. 6.3 se lit tel que suit :
«6.3.
L'exercice par le Gouvernement de la nation crie d'une compétence visée à l'article
6.1 peut faire l'objetd'une entente
avec le gouvernement du Québec dans le but de prévoir les adaptations requises,
le cas échéant, afin de tenir compte de la spécificité du Gouvernement
de la nation crie et de son territoire. Une telle entente peut déroger à toute
disposition législative.»
Comme élément d'information
complémentaire, on dit :
L'article 6.3 permet au gouvernement du Québec de
s'entendre avec le gouvernement régional
dans le but de prévoir les adaptations requises afin de tenir compte de la
spécificitédu Gouvernement de la
nation crie. Une telle entente pourrait, par exemple, adapter certaines
exigences pour tenir comptedes
capacités administratives propres au Gouvernement de la nation crie. Elle
pourrait également, dans l'éventualité ou leGouvernement de la nation crie déclare ses compétences à l'égard d'un
schéma d'aménagement et de développement du territoire, prévoir les
adaptations requises afin de tenir compte du fait que le Gouvernement de la
nation crie a ou non également déclaré sa
compétence à l'égard de la réglementation locale d'urbanisme. C'est la raison
pour laquelle il faut prévoir qu'une telle entente peut déroger à toute
disposition législative.
Encore
là, peut-être à
titre d'information, pour permettre de mieux comprendre, on a
dit, depuis le début de nosséances,
que c'est une loi qui est très novatrice, qui est une première. Donc, on
prévoit, avec cet article-là, la possibilitépour le gouvernement du Québec et le Gouvernement de la nation crie de
convenir de dispositions très particulières quipourraient faciliter la mise en application de pouvoirs qui seraient
acquis par la nation crie sur les terres de niveau II. Donc,l'idée, c'est de permettre de la modulation, ce
qui serait très louable pour l'ensemble du Québec. On va s'inspirer de cet
article-là.
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, M. le ministre, il y avait un amendement,
je pense, qui s'ajoutait à l'article 6.3?
M. Lelièvre :
Effectivement.
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, on pourrait peut-être en prendre
connaissance et discuter de tout ça en vrac, quitte à les adopter un
derrière l'autre, là. Alors, l'amendement se lit comme...
M. Lelièvre :
L'amendement se lirait comme suit :
Supprimer,
dans le premier alinéa de l'article 6.3 de la
Loi sur l'administration
régionale crie, inséré par l'article 47 du projet de loi, «et de son
territoire».
Ajouter à l'article
6.3 de la
Loi sur l'Administration régionale crie, inséré par l'article 47 du
projet de loi, les deux alinéas suivants :
«L'entente prévoit la
date de son entrée en vigueur.
ministre publie l'entente à la Gazette officielle du Québec , accompagnée
d'un avis précisant la date de son entrée en vigueur.»
La disposition telle
que modifiée par l'amendement, se lirait tel que suit, à l'article 6.3 :
«L'exercice par le Gouvernement de la nation
crie d'une compétence visée à l'article 6.1 peut faire l'objet d'une entente
avec le gouvernementdu Québec dans le
but de prévoir les adaptations requises, le cas échéant, afin de tenir compte
de la spécificité du Gouvernement de la nation crie. Une telle entente
peut déroger à toute disposition législative.»
Cet amendement
corrige une erreur en supprimant la mention du territoire du Gouvernement de la
nation crie puisque cet organisme n'a pas de
territoire bien délimité par la loi. Il apporte également une précision quant
aux modalitésd'entrée en vigueur et
de publication de l'entente prévue par l'article 6.3 que l'article 47 du projet
de loi insère dans laLoi sur l'Administration
régionale crie. Il prend modèle sur l'article 23 du projet de loi applicable au
gouvernement régional.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, discussion, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Oui. Juste, si le ministre peut expliquer davantage la notion pour l'enlever et
de son territoire... Parceque moi, j'ai
compris que la gouvernance du Gouvernement de la nation crie touche les terres
de catégories II et I. Alors,c'est
assez précis. Alors, pourquoi est-ce que son explication nous dit qu'il n'y a
pas de territoire défini? Je n'ai pas trop capté ça.
Présidente (Mme Champagne) : Alors, M. le ministre, oui.
M. Lelièvre : Oui. C'est une question intéressante. Il faut vraiment aller dans le
fin fond, là, des modalités duprojet
de loi pour trouver la réponse, qui n'est pas évidente. Ça peut paraître même
contradictoire, mais tout repose surle
fait que le territoire de niveau II est un territoire qui appartient au Québec,
qui est propriété du Québec, géré jusqu'àaujourd'hui par le ministère des Ressources naturelles notamment, et là
on va déléguer la gestion de ce territoire-là à la nation crie, mais non
pas la propriété.
Donc,
tel que c'était libellé, on disait sur le... on faisait référence à... Ça
aurait pu être interprété à l'effet que leterritoire appartenait, hein, à la nation crie, alors que, là, on parle
d'un territoire qui appartient au Québec, mais qui va être cédé
éventuellement, sous forme de gestion, par notre loi, et éventuellement il
pourrait y avoir des délégations de compétences.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Je veux juste... Laissez-moi penser à tout ça pour un moment. Mais quand
même il y a un territoire sur lequel le pouvoir délégué va s'appliquer.
J'essaie de voir les deux parce que, quand même, c'est assez spécifique. Il y a
un territoire, et c'est clairement dit, dans l'entente et ailleurs, qu'il
demeure les terres publiques. Alors, quand même, il y a un territoire d'application
du pouvoir délégué. Je ne sais pas comment le libellé est, mais je pense...
tout cas, j'essaie juste de voir. Parce que je comprends la réponse, mais, je
pense, c'est assez clair dans d'autreséléments
que, sans les terres publiques… Nous avons discuté hier soir de la délégation
de pouvoir, et tout le reste. Alors, je n'ai pas... Juste au niveau de
faire le changement… Parce que, chaque fois que le législateur change ou
propose un amendement, il faut comprendre le
sens de l'amendement. Dans ce cas, je veux juste le préciser. Je ne ferai pas
une grande bataille sur cette question, mais juste curieux de voir
pourquoi on a jugé bon de l'enlever.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre : Oui, Mme la Présidente. L'objectif d'amener cette modification est
vraiment tout simplement — puisje tiens à le dire — tout
simplement et uniquement pour corriger une erreur qui a été
inscrite dans le texte avec le mot«son
territoire» pour éviter toute ambiguïté. Donc, comme je vous l'ai mentionné, le
territoire est le territoire du gouvernement
du Québec. Il va y avoir une convention de gestion éventuellement sur
différents pouvoirs qui peuventêtre
délégués par le gouvernement. Ce territoire-là appartient au gouvernement du
Québec mais va être cédé sous formede
gestion via l'entente qu'on a présentement via la loi n° 42. Donc, le fait
d'attribuer le caractère... avec l'expression«son territoire» aurait pu, à notre avis, induire en erreur, puis c'est
uniquement pour préciser le véritable état des choses.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Mais par contre… Parce qu'on a parlé de l'effet miroir dans l'article 23. On
dit «son territoire» enréférence du
gouvernement régional. Alors, s'il y a un effet miroir… J'essaie juste, au
niveau… Parce qu'on a dit «sonterritoire»
pour le gouvernement régional, mais ce n'est pas... qui demeurent quand même
les terres publiques de catégorie
III... En tout cas, c'est juste la précision. Mais, si on est dans
un certain, comme je dis, effet miroir avec qu'est-ceque nous avons déjà regardé hier soir au niveau
des pouvoirs du gouvernement régional, là le libellé était «et son territoire»,et on l'enlève ici. J'essaie juste de voir
la distinction entre les deux parce que c'est clairement indiqué partout… Ça
demeureles terres publiques dans l'ensemble.
Les terres de catégories II et III sont les terres publiques. Je pense que c'est
clair. Juste… parce qu'on veut une certaine précision. On a adopté 23
tel quel. Alors, je me pose la question, c'est tout.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre :
Excusez-moi, s'il vous plaît. Je prendrais quelques secondes pour regarder l'article
M. Lelièvre :
Eh bien, si on veut faire un parallèle entre les deux articles puis garder la
même cohésion, on pourrait, à la limite,
peut-être prendre... utiliser l'expression «du territoire visé» ou «du
territoire faisant l'objet…» Bon. Puis
là, autant au niveau de l'article 23 que de l'article 6.3 de 47, pour être
équitable puis vraiment avoir un effet, là, de...
M. Kelley :
Parce que l'entité, le Gouvernement de la nation crie aura un champ de
juridiction, un territoire surlequel
il aura les pouvoirs délégués à appliquer. Alors, il existe un sens du
territoire, c'est défini dans le projet de loi. Alors,de laisser ça ambigu… Je ne sais pas. Comme je
dis, je propose ça juste pour un certain équilibre avec qu'est-ce que nous
avons déjà fait, être cohérents avec nous-mêmes parfois.
La Présidente (Mme Champagne) : Si vous permettez, M. le ministre, c'est que,
quand je lis le 23, j'ai l'impression
qu'on parle du gouvernement régional, alors que, quand on lit le 6.3 on parle
du Gouvernement de la nation crie. C'est comme pas la même chose sur le
fond.
Kelley : Mme la Présidente, on a dit tout le long, dans cette deuxième
partie, il y a un certain effet miroir. Parcequ'hier on a parlé beaucoup des pouvoirs, le gouvernement régional.
Aujourd'hui, on tombe dans la
section qui va définir, mais souvent c'est les mêmes éléments, c'est la
déclaration de compétence, c'est les mêmes thématiques. Alors, je me
pose la question : Si on est dans un certain effet miroir, si on a jugé
bon de dire ça dans 23, pourquoi pas dans 47?
Présidente (Mme Champagne) :
Alors, c'était une interrogation, moi-même de ma part. Alors, M. le ministre,
oui.
M. Lelièvre : Écoutez, moi, je suis
très sensible à l'observation du député de Jacques-Cartier. En termes de cohésion, d'équité, je me rallie à ses propos.
Puis je crois qu'on pourrait, à ce moment-là, apporter deux modifications,une à l'article 23 pour enlever l'appellation
«son territoire» pour être équitable avec l'article 47. Puis il s'agira de
trouverun terme qui pourrait… Par
exemple, est-ce que... Je proposerais «le territoire visé», donc visé par la
loi, visé par les futures ententes de délégation. Je crois que ça
viendrait enlever toute ambiguïté puis ça serait vraiment équitable pour les deux territoires, II et III. Est-ce que vous seriez
à l'aise… Est-ce que la commission serait à l'aise de recevoir un amendement
dans cet ordre-là?
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le député de Jacques-Cartier.
Kelley : Oui. Peut-être
préparer… On peut suspendre... continuer, parce qu'on n'est pas à l'adoption.
Alors,préparer quelque chose, on va
le regarder. Et juste… parce que j'aime beaucoup la notion d'une certaine
cohérence dans...
Lelièvre : …autant que possible
qu'on vise, là, mais l'effet miroir ne sera peut-être pas absolu, mais on vise.
Kelley : Non, non, il y aura
toujours les nuances. Je ne dis pas que c'est 100 %, mais, dans la mesure
du possible, je pense, c'est plus clair.
La Présidente (Mme Champagne) : Je
proposerais de suspendre le 6.3.
M. Kelley : …on continue la
discussion, parce qu'on va les adopter à la fin, de toute façon.
Présidente (Mme Champagne) :
Oui, mais, c'est ça, on fait juste suspendre la discussion sur le 6.3. L'amendement
également va avoir une modification, si je comprends bien.
M. Kelley : Mais peut-être, en
attendant, je vais poser ma question générique. Le ministre, je suis certain,
va l'attendre.
La Présidente (Mme Champagne) : Oui.
Je connais... Je sais laquelle.
M. Kelley : «Une telle entente peut
déroger à toute disposition législative.»
M. Kelley : Pardon. Et je sais que
le ministre était préoccupé pour l'amendement. Mais juste ma question générique : Une clause comme «une telle
entente peut déroger à toute disposition législative» est assez large. Je
comprendsle contexte, la
flexibilité, et tout le reste, mais peut-être juste baliser un petit peu ou
donner quelques exemples, parce que,comme
je dis, c'est le genre de phrase que ça dépend de quel côté de la table on se
loge. Quand on est de votre côté dela
table, c'est toujours une très bonne idée, Mme la Présidente. De notre côté de
la table, dans l'opposition, il faut toujours poser certaines questions
pour baliser ce pouvoir de dérogation à toute disposition législative.
Présidente (Mme Champagne) :
O.K. Alors, M. le ministre, à la suggestion ou à la question du député de
Jacques-Cartier.
Lelièvre : Oui.
Effectivement, tel qu'il est libellé, c'est vraiment pour donner un caractère
ou donner un pouvoirassez large au
ministre visé par cet article-là. Encore là, on peut le dire aujourd'hui — notre consoeur de Montmorencyn'est pas ici, ça fait que ça va peut-être un peu moins
la faire rire, la faire sourire — mais c'est vraiment un article, encore là,qui est du copier-coller de l'entente. Et
peut-être que, si nous avions négocié l'entente, peut-être qu'un
article comme
çaaurait été un peu plus restrictif.
Mais nous devons composer avec le contenu de l'entente, qui m'apparaît
difficilement modifiable.
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le député de Jacques-Cartier, oui.
Kelley : Et moi, je ne vais
jamais plaider contre la flexibilité et je ne plaiderai jamais contre la notion
qu'onest dans un contexte... Je
pense que notre collègue député d'Ungava a bien expliqué le contexte unique de
son comté, et lagouvernance dans son
comté, et tout le reste. Mais juste… Il y a toujours le principe de l'intention
du législateur. Alors, si le ministre peut donner une couple d'exemples théoriques, qu'est-ce
que ça pourrait être, je pense, sans baliser dans letexte, parce que ce n'est pas ça, mon objectif,
mais juste donner un ordre de grandeur ou une idée, au niveau théorique,
qu'est-ce que ça pourrait donner comme conséquences ou c'est quoi, les genres
de compétences ou les dispositions législatives
qu'on vise, peut-être… c'est très hypothétique, ma question, mais c'est quoi,
les choses qui pourraient être envisagées selon le pouvoir qui est
accordé ici.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, je vais suspendre, si vous permettez, l'amendement, puis on va continuer
la discussion avec le 6.4. Alors, M. le ministre, je vous inviterais à lire le
6.4.
M. Lelièvre : On est toujours dans
6.3, là.
La Présidente (Mme Champagne) : Ah!
Vous êtes déjà déjà prêt à l'amendement?
Présidente (Mme Champagne) :
Alors, est-ce qu'il y a consentement maintenant pour suspendre l'amendement
qu'on avait, le premier amendement, pour le suspendre puis discuter du deuxième
amendement? Il y a consentement? Parfait. Alors, on est en train de vous...
Kelley : Ou peut-être qu'on
peut terminer. Parce que ma question était sur 6.3 sans amendement. Alors, on
laisse de côté la question de l'amendement...
La Présidente (Mme Champagne) : Sans
amendement. O.K. Parfait.
M. Kelley : ...pour le moment, et on
va revenir sur ça.
La Présidente (Mme Champagne) : Sur
le 6.3?
M. Kelley : Mais ma question générique demeure sur 6.3. Ce n'est
pas dépendant aux questions de l'amendement.
Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le député, ce que vous vouliez savoir, c'est des exemples concrets,
là, qui expliquent bien le 6.3. C'est ça? Alors, M. le ministre, quelques
exemples sur le 6.3.
M. Lelièvre : Écoutez... Pardon?
Présidente (Mme Champagne) :
Je pense que la question du député de Jacques-Cartier, c'était toujours sur la
question...
M. Lelièvre : Oui, de développer sur
des éventuelles questions…
La Présidente (Mme Champagne) : Oui,
voilà.
M. Kelley : ...qui pourraient être
envisagés par le pouvoir dans 6.3.
Lelièvre : Écoutez, c'est
vraiment aussi large que tout pouvoir qu'une municipalité, une MRC, aurait.
Tousces pouvoirs-là sont encadrés
dans différentes lois, différentes réglementations. Et, avec le libellé de 6.3,
le gouvernement du Québec pourrait déroger à toute disposition
législative qui est en vigueur normalement dans l'ensemble des autres MRC et
municipalités du Québec. Les exemples sont infinis : aqueduc, égout,
voirie, sécurité publique, inondation, écoutez... aménagement du territoire.
Donc, il faut être conscient que c'est… L'esprit du législateur, comme vous le
mentionniez tantôt, est sûrement à l'effet de permettre des adaptations, de la
modulation compte tenu du caractère particulier de cet immense territoire-là et
aussi de la nouveauté, hein, de la nouveauté de…
Lelièvre : … — oui, c'est beau — de la nouveauté de cette loi-là. Puis il
faut prendre en compte que c'estune
nouvelle organisation, une nouvelle gouvernance qu'on met en place. Donc, la
capacité institutionnelle de cette nouvelle gouvernance là va être
limitée. Et le gouvernement pourrait, par des accommodements législatifs,
permettre certaines dérogations. Mais c'est
vraiment… Vous pouvez imaginer à peu près toute intervention qui se fait au
niveau du municipal. Tant local que territorial, MRC pourraient être
visés par un assouplissement. Donc, c'est infini comme possibilités.
Il y a un
certain risque. Cet article-là va devoir être géré avec beaucoup de prudence,
beaucoup de finesse, mais,en même
temps, c'est peut-être le prix à payer pour permettre de mettre en branle une
gouvernance régionale, avec tout le défi que ça implique, hein? C'est
quand même une première, on dit, probablement en Amérique du Nord. Donc, je présume que ceux qui nous ont précédés et qui ont
libellé cet article-là avaient de sages intentions. Et en espérant que ce
soit géré avec beaucoup de doigté. Parce qu'effectivement c'est un
article qui
est très spécial.
Présidente (Mme Champagne) : Alors, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Donc, l'obligation de publier dans la Gazette officielle , et tout le
reste, alors je pense qu'il y a un devoird'informer l'Assemblée nationale et le public qui... On va revenir
tantôt à l'amendement, mais, si j'ai bien compris, ça,c'est l'essence de l'amendement, de la
transparence et de s'assurer que tous ces changements sont dans la Gazette
officielle , si j'ai bien compris. Ou est-ce que c'était déjà... Non,
non, c'était déjà... Non, pardon, c'était déjà prévu.
M. Lelièvre :
Oui, toutes les règles applicables, là, en termes de publication, sont
maintenues.
M. Kelley :
Mais on ajoute, dans l'amendement, l'obligation de mettre ça dans la Gazette
officielle , n'est-ce pas?
M. Kelley :
Oui. O.K., parfait.
La Présidente (Mme Champagne) : M. le député de Jacques-Cartier, on n'avait pas
parlé du deuxième point, là,du 6.3,
tantôt dans la discussion, là, concernant l'entrée en vigueur et la Gazette
officielle . On n'en avait pas parlé comme tel.
M. Kelley :
On va revenir au moment qu'on…
La Présidente (Mme
Champagne) : O.K., on va revenir tantôt avec le 23.
M. Kelley :
Peut-être qu'on peut passer, madame, à 6.4.
La Présidente (Mme Champagne) : 6.4, tout à fait. Alors, M. le ministre, lecture
sur le 6.4 avec des explications. Est-ce qu'il y a des amendements sur
le 6.4? Non?
M. Lelièvre :
Non, il n'y a pas d'amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Champagne) : O.K., parfait. Allez-y.
M. Lelièvre : 6.4, on dit : «Si le Gouvernement de la nation crie déclare qu'il
a compétence à l'égard de l'énoncéde
vision stratégique ou du schéma d'aménagement et de développement prévus par la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme (chapitre
A-19.1), le processus prévu aux articles 79.2 à 79.14 s'applique à l'élaboration,
à la modification et à la révision de ces documents, en remplacement des
processus prévus aux dispositions de cette loi, compte tenu des adaptations
nécessaires.
«Toutefois,
l'exigence de consultation, prévue à l'article 79.3, de la commission régionale
des ressources naturelleset du
territoire établie par le Gouvernement régional d'Eeyou Istchee Baie-James ne s'applique
pas et toute mention, dansces
dispositions, du ministre des Ressources naturelles vise le ministre des
Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire.
«L'énoncé
de vision stratégique et le schéma d'aménagement et de développement du
Gouvernement de la nation crie doivent être conformes aux orientations,
principes et objectifs qu'il détermine lui-même, en consultation avec les
communautés cries et avec l'accord du gouvernement du Québec.»
notes complémentaires, on dit :
L'article 6.4 prévoit un processus
particulier pour l'adoption, la modificationet la révision à l'égard des documents de planification prévus à la Loi
sur l'aménagement et l'urbanisme dans l'éventualitéoù le Gouvernement de la nation crie déclarerait
sa compétence à l'égard de ces documents. Ces documents sont l'énoncé de
vision stratégique et le schéma d'aménagement de développement.
processus particulier qui est rendu applicable est celui qui est prévu pour le
plan régional de l'utilisation desterres
et des ressources. Ce plan ainsi que le processus applicable sont prévus aux
articles 79.2 et suivants de la
loi sur le Gouvernement de la nation
crie, introduit par l'article 48 du projet de loi.
deuxième alinéa de l'article 6.4 prévoit toutefois deux adaptations à l'application
de ce processus : l'obligationde
consulter la CRRNT du gouvernement régional ne s'appliquera pas dans le
contexte de la préparation d'un énoncé devision stratégique, et les mentions du ministre des Ressources
naturelles sont remplacées par une mention du ministre des Affaires
municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire
troisième alinéa de l'article 6.4 prévoit, quant à lui, que ces documents, pour
entrer en vigueur, devront êtreconformes
aux orientations, principes et objectifs qui seront déterminés par le Gouvernement
de la nation crie, en consultation avec les communautés cries et avec l'accord
du gouvernement du Québec, plutôt qu'aux orientationsgouvernementales en matière d'aménagement du
territoire élaborées par le ministre des Affaires municipales, des Régions
et de l'Occupation du territoire en vertu de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, oui, M. le député de Jacques-Cartier, sur
l'article 6.4. Pas l'article mais...
L'article, oui.
M. Kelley : En gros, c'est juste que
ça permet encore les nuances quant au développement des... une vision
stratégique, le schéma d'aménagement. Et on va voir dans l'article 48 tout le
processus à suivre pour arriver avec un consensus et…
En cas de différend, et tout le
reste, il y aura des mesures qui sont prévues dans l'article 48, si j'ai bien
compris.
M. Lelièvre : Oui, c'est une
partie de la nuance. L'autre nuance réside dans le fait
que, contrairement à l'approchetraditionnelle,
au niveau des autres MRC — quand on parle de schéma d'aménagement, on parle surtout de
MRC — auniveau de la commission régionale pour les
ressources naturelles exactement, il y a une approche qui fait en sorte que leprocessus de consultation conventionnel est
un peu, disons, écourté, et c'est davantage le ministre des Affaires
municipales qui a des pouvoirs. Au niveau du gouvernement du Québec, ça se
limite plus précisément au niveau du ministre des Affairesmunicipales, alors que, dans d'autres cas, par
exemple, le ministère des Ressources naturelles va être davantage concernédans le processus. Puis l'autre élément,
également, c'est quant à l'émission des avis… des orientations ministérielles.
Lesorientations ministérielles vont
être élaborées conjointement par le ministère des Affaires municipales et le
Gouvernementrégional cri, alors que,
dans les autres cas au Québec, c'est le gouvernement strictement, via ses
ministères, qui élabore ses orientations, qui sont soumises ensuite pour
respect par les municipalités régionales de comté concernées.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le député de Jacques-Cartier, c'est beau?
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors donc, la discussion sur 6.4 est terminée? Nous
allons donc passer au 6.5. M. le ministre,
lecture... Ah! Mme la députée de Montmorency, je... Bien, bienvenue. Je ne vous
avais pas vraiment vu arriver. Alors...
Mme St-Laurent : Non, je n'avais pas levé la main. Parce que j'étais après regarder la
loi, j'étais après regarder
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, ce que
ça disait, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme
Champagne) : Oui.
Mme St-Laurent : ...compte tenu que je viens d'arriver. Et j'ai toutes mes lois avec
moi. Je voulais prendre le temps, comme légiste...
La Présidente (Mme
Champagne) : O.K.
St-Laurent : Dans le fond, ce qu'on dit...
La Présidente (Mme
Champagne) : Vous êtes bien au 6.4?
St-Laurent : À 6.4, oui.
La Présidente (Mme
Champagne) : Parfait.
Mme St-Laurent : Ce qu'on dit, c'est que «si le Gouvernement de la nation crie déclare
qu'il a compétence à l'égard de l'énoncé
de vision stratégique ou du schéma d'aménagement et de développement prévus par
la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, le processus prévu aux articles 79.2 à
79.14 s'applique à l'élaboration, à la modification et à la révision de cesdocuments». Et, lorsque je lis, disons qu'à
ce moment-là ce que je comprends, c'est qu'au lieu d'être soumis à... Ce que je
lis, «plutôt qu'aux orientations gouvernementales en matière d'aménagement du
territoire élaborées par le ministre des Affaires municipales», ça change... Ce
que j'ai compris… ça ne relève plus du ministre des Affaires municipales, à ce
moment-là?
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
M. Lelièvre : Oui. L'essence, en tout cas, principal de cet article-là, c'est de
faire en sorte qu'on va concentrer davantage les négociations ou les
discussions entre la nation crie et le gouvernement du Québec via le ministre
des Affaires municipales et non plus vers le
ministre des Ressources naturelles. Donc, dans le fond, c'est qu'on reconnaît…ou on diminue… on peut dire qu'on diminue à
quelque part… Le processus consultatif de négociation entre le Gouvernement de la nation crie et le gouvernement
du Québec est un peu modifié de sorte que les discussions vont sefaire davantage, concentrées vers le ministre des
Affaires municipales et non pas vers l'ensemble des différents ministères
concernés, notamment le ministère des Ressources naturelles.
St-Laurent : O.K. Je vous remercie, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Champagne) : Parfait, merci, Mme la députée. Alors, 6.4, la
discussion est terminée. Nous allons donc passer à l'article 6.5 et son
explication. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Lelièvre :
Oui, merci, Mme la Présidente. 6.5, donc, on dit :
«6.5. Le Gouvernement de la nation crie a les
pouvoirs requis pour satisfaire aux obligations prévues dans toute entente à
laquelle il est
partie avec le gouvernement du Québec, l'un de ses ministres ou
organismes, avec un mandataire de l'État ou, s'il s'agit
d'une entente exclue de l'application de la
Loi sur le ministère du Conseil
exécutif (chapitre M-30) ou pour la conclusion de laquelle a été obtenue l'autorisation
préalable en vertu de cette loi, avec le gouvernement du Canada ou l'un de ses
ministres, organismes ou mandataires.»
note explicative relativement à 6.5, on dit que l'article 6.5 établit que le
Gouvernement de la nation crie a les pouvoirs requis pour donner suite à
une entente à laquelle il est
partie avec le gouvernement du Québec, ou avec le
gouvernement du Canada, ou avec les ministères, organismes ou mandataires de
ces deux gouvernements.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, discussion sur le 6.5. M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Je suis distrait un petit peu, alors, attendez-moi 30 secondes.
La Présidente (Mme
Champagne) : Parfait.
M. Kelley :
...M-30 et tout le reste qui fait l'affaire. Pas de question.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, c'est O.K. pour M. le député de Jacques-Cartier.
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur le 6.5?
M. Lelièvre :
J'ai un élément d'information complémentaire. Une telle disposition existe déjà
au niveau de l'Administration régionale Kativik, l'article 351.3 de la
Loi sur
les villages nordiques et l'Administration régionale Kativik, et c'est un assouplissement pour permettre au Gouvernement de la
nation crie de négocier directement avec le gouvernement du Canada sans
être lié par l'obligation de ce qu'on appelle communément M-30.
La Présidente (Mme Champagne) : Excellent. Donc, s'il n'y a pas de commentaire,
nous pourrions, si vous êtesd'accord,
revenir au 6.3, parce que, pour adopter l'article 47 dans son entièreté, il
faut terminer les sous-articles, commeje
les appelle. Alors, au 6.3, M. le ministre. Avez-vous des commentaires sur le
6.3? Parce qu'on avait suspendu l'amendement.
M. Lelièvre :
Un instant, s'il vous plaît. J'aurais une question.
La Présidente (Mme
Champagne) : O.K., parfait.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre : …une précision que j'aimerais amener, qui est importante, concernant
mon dernier commentairepour M-30,
afin d'éviter toute ambiguïté. Le Gouvernement de la nation crie n'est pas visé
par le respect de M-30, ce qu'onappelle
normalement, là, la disposition qui exige d'avoir l'autorisation du gouvernement
du Québec avant de négocieravec le
gouvernement fédéral. Par contre, quand le Gouvernement de la nation crie
exercera des compétences qui sontdévolues
en vertu d'une loi provinciale du Québec, notamment au niveau municipalité ou
MRC, à ce moment-là, M-30 seraapplicable.
Donc, ça prendra l'autorisation du gouvernement du Québec. C'est la nuance. Il
y a deux niveaux d'intervention.
La Présidente (Mme Champagne) : Parfait. Merci pour ces explications. Alors, il n'y
a pas de commentairessur l'explication?
Alors, sur le 6.3, l'amendement qu'on avait suspendu, M. le ministre, est-ce
que vous voulez revenir là-dessus?
M. Lelièvre :
Est-ce que la modification a circulé? Oui? Tout le monde l'a reçue?
La Présidente (Mme Champagne) : La modification pour le 23 a circulé, mais, pour
le 6.3, non… le 47, je veux dire.
M. Kelley :
Parce qu'il y a deux propositions, hein? Le ministre, dans l'échange, a proposé
quelque chose comme «le territoire visé» et amendé les deux dans ce
sens. On a maintenant une autre proposition. Moi, j'aime l'idée d'une référence à un certain territoire. Alors, moi, j'ai
une préférence pour «territoire visé» s'il n'y a pas d'objection du ministre.Mais, je ne sais pas, juste... Parce qu'il y
a des territoires à la fois pour le gouvernement régional et pour le
Gouvernementde la nation crie.
Alors, pour faire une certaine référence, est-ce que «territoire visé» est trop
imprécis au niveau juridique? Je ne sais pas, mais je préfère un libellé
comme ça que juste biffer toute référence au territoire, si possible.
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, j'aurais peut-être le commentaire suivant.
C'est qu'il y avait un premieramendement
qui avait été déposé hier sur l'article 27, mais... le sous-article 6.3, O.K.?
Nous l'avons suspendu parce qu'il avait été décidé d'enlever «et de son
territoire». Là, il y a eu discussion, puis on a dit : On va aller voir
également l'article 23. Donc, il y a comme
un deuxième amendement qui a été déposé sur l'article 23. Par contre, si on
veut en arriver à adopter entièrement le 47, il
faut disposer du 6.3. Le 6.3, j'ai toujours un amendement suspendu, sur lequel
il y avait deux points : le point de supprimer «et de son territoire», et
le deux, c'était :
«L'entente prévoit la date de son entrée en
vigueur.
«Le ministre publie l'entente à la Gazette
officielle… »
Alors, il
faudrait disposer de celui-là, quitte peut-être à l'annuler complètement, en
faire un autre pour le 6.3, si vous préférez. Il y a ça également qu'on
peut faire.
Lelièvre : Oui, moi, je...
en tout cas, à première vue, quitte à peut-être nous donner quelques minutes
pourune brève consultation, là, mais
je suis ouvert à la proposition du député de Jacques-Cartier qui fait référence
à «ce territoire», mentionner le territoire, mais en enlevant le...
Présidente (Mme Champagne) :
Donc, concrètement parlant, là, au 6.3, on garderait «et de son territoire»,
on ne l'enlèverait plus, tout simplement. C'est ça?
M. Lelièvre : Non, non, non.
M. Kelley : Non, pas tout à fait.
La Présidente (Mme Champagne) : Pas
tout à fait.
Kelley : Je pense qu'il y a
une nuance importante entre les deux. On cherche, à la fois pour 23 et pour 47,
une référence à un territoire visé. Mais est-ce que c'est assez précis
pour les juristes? Je me tourne vers les experts. Mais moi, je pense que...
référence, mais balisé au territoire.
La Présidente (Mme Champagne) :
Parfait. On pourrait suspendre.
M. Lelièvre : Je pense qu'il y a
beaucoup de discussions en cours, là.
La Présidente (Mme Champagne) : Oui,
oui. Parfait.
Lelièvre : Je pense qu'on
devrait peut-être suspendre, là, le temps de regarder ça. Mais moi, j'annonce d'emblée
que je suis...
La Présidente (Mme Champagne) : Vous
êtes d'accord avec le principe. O.K.
M. Lelièvre : L'amendement proposé
par le député de Jacques-Cartier, à première vue, semble raisonnable.
Présidente (Mme Champagne) :
Donc, on laisse le 47, 6.3 suspendu. Il y avait le 23 qui avait un amendement
également, puis on va passer au 48.
Une voix : Ça va être à
parité.
Présidente (Mme Champagne) :
Ça va être à parité? Bon, bien, on jouera les deux à la fois. O.K. Alors là, onpourrait passer, à ce moment-là... suspendre
tout ça et passer à l'article 48. C'est ce qu'on pourrait faire. Alors, le
temps que nous faisons les amendements...
Kelley : Je pense que ça va
bien aller, Mme la Présidente, mais je propose la même façon de procéder parceque 48 est un autre long article. Alors,
peut-être, on peut faire une discussion de 79.1, suivi de 79.2, 79.3, etc.,
plutôt que d'obliger le ministre de passer les prochaines 15 minutes à
lire tout ça en vrac. Si...
La Présidente (Mme Champagne) : O.K.
Alors…
Kelley : Pour le
fonctionnement de la commission, je trouve, faire ça, éliminer ça... ou passer
paragraphe parparagraphe, c'est plus
facile à la fois pour le devoir de lecture du ministre et la compréhension des
membres de la commission.
La Présidente (Mme Champagne) :
Donc, votre suggestion, M. le député de Jacques-Cartier, on regarde l'article 48
en vrac?
M. Kelley : ...contraire.
La Présidente (Mme Champagne) : Au
contraire. Morceau... Comme hier.
M. Kelley :
Oui... le même procédé.
Présidente (Mme Champagne) :
Comme hier. Bien d'accord. Ça commençait à me faire peur. O.K. C'est
beau.
M. Kelley : Non, non, c'est que je
veux éviter, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Champagne) :
Excellent. Excellent.
M. Kelley : …obliger une longue
lecture du ministre de 15 minutes.
Présidente (Mme Champagne) :
Parfait. Donc, 47 est suspendu; 23, on y revient, parce que c'est un tout;
et on passe à 48. Alors, M. le ministre, le 79.1.
M. Lelièvre : Oui, merci, Mme la
Présidente. À l'article 79.1, on retrouve le texte suivant :
«79.1. Le Gouvernement de la nation crie, réputé
agir en tant que conférence régionale des élus en vertu du paragraphe 3° du troisième alinéa de l'article
21.5 de la
Loi sur le ministère des Affaires municipales, des Régions et del'Occupation du territoire (chapitre
M-22.1), établit la commission Eeyou de planification et en désigne les membres
parmi ceux des communautés cries.
«Cette
commission constitue, pour le Gouvernement de la nation crie, la commission
régionale des ressourcesnaturelles
et du territoire visée à l'article 21.17.1 de la
Loi sur le ministère des
Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire.»
Présidente (Mme Champagne) :
Alors, est-ce qu'il y avait une explication supplémentaire à donner à cela?
Pas vraiment?
Lelièvre : On dit que le
gouvernement de la nation crie, agissant à
titre de conférence régionale des
élus envertu de l'article 21.5 de la
Loi sur le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation
du territoire modifié par l'article 61 du projet de loi, établira la
commission Eeyou de planification. Cette commission Eeyou de planification
tiendra lieu de commission régionale des ressources naturelles et du territoire
prévue à cette loi.
La commission Eeyou de planification devra
élaborer un projet de plan régional d'utilisation des terres et des ressources pour les terres de la catégorie II. Ce
plan tiendra lieu du plan régional et du développement intégré des ressources
et du territoire prévu à la
Loi sur le ministère des Affaires municipales, des
Régions et de l'Occupation du territoire.
On dit :
Les articles 79.3 et suivants décrivent en détail le processus d'élaboration du
plan. Donc, je pense que, comme information complémentaire, ça pourrait
se limiter à ça, là.
La Présidente (Mme Champagne) : Tout
à fait. Alors, M. le député de Jacques-Cartier.
Kelley : Alors, je sais, ça,
c'est une clause très importante parce que la participation des Cris dans ledéveloppement des... Les plans de
développement des ressources naturelles étaient au coeur même des négociations,
et tout le reste, alors.
M. Kelley : Est-ce qu'il y a
une précision ou...
La Présidente (Mme Champagne) :
Quatre oreilles...
M. Kelley : Quatre oreilles, et tout
le reste, alors...
Présidente (Mme Champagne) :
Bien, le constat que je fais, M. le ministre, c'est parce que les explicationstouchent plus qu'un des points, touchent
plusieurs points. Alors là, on est sur le 79.1, mais je pense qu'on touche
automatiquement à 79.2, là. Alors, je vous laisse continuer vos commentaires,
M. le député de Jacques-Cartier.
Kelley : ...rafraîchir la
mémoire, «réputé d'agir», alors ce n'est pas vraiment un conseil régional d'élus,
maisc'est toutes les mêmes
compétences et pouvoirs? Juste pour rafraîchir la mémoire, comment c'est
libellé... pourquoi c'est libellé comme ça.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre.
Lelièvre : Oui, Mme la
Présidente. On a adapté, hein, le processus conventionnel d'une conférence
régionaledes élus, on l'a adapté pour
permettre à la nation crie, bon, de réaliser l'ensemble des responsabilités qui
sont normalement
dévolues à une conférence régionale des élus et on a adapté certaines
dispositions pour faciliter peut-être, là,
le fonctionnement face à cette nouvelle responsabilité. Entre autres, au niveau
de ce qu'on appelle la commission desressources
naturelles, qu'on retrouve dans les CRE, bien, au lieu d'avoir une conférence
des ressources naturelles, on va avoir un organisme similaire qui va
avoir les mêmes... qui va être réputé faire les mêmes... poser les mêmes
actions, avoir les mêmes pouvoirs. Donc, c'est
vraiment une adaptation qui a été négociée, plus facilitante. Mais, en bout de
ligne,ce qu'il est important de
retenir, c'est que les pouvoirs des conférences régionales des élus vont être
appliqués de la même façon, mais sous une appellation et avec des
adaptations, là, de façon plus générale.
La Présidente (Mme Champagne) : C'est bien, comme explication. Est-ce qu'il y a d'autres
commentaires sur le 79.1?
La Présidente (Mme
Champagne) : Oui, Mme la députée de Montmorency.
St-Laurent : À ce moment-là, en étant soumis à cette loi-là, ce que je
vois, c'est qu'aux mêmes fins la conférence
régionale des élus peut mettre en place des tables locales de gestion intégrée
des ressources et du territoireet
coordonne les travaux. Et, dans le fond, ce qu'on dit, c'est que c'est la loi…
21.17.1 qui s'applique. Il faut qu'ils suiventce qui est écrit dans cette loi. Il n'y a pas de dérogation à ce
moment-là, c'est ce que j'ai compris. C'est ça? Ça, c'est parfait.
La Présidente (Mme
Champagne) : C'est bien ça?
M. Lelièvre :
Oui, j'approuve votre conclusion.
Mme St-Laurent :
Oui. O.K.
La Présidente (Mme
Champagne) : Merci, Mme la députée de Montmorency. Donc, 79.2, M. le
ministre.
M. Lelièvre : «79.2. La commission Eeyou de planification élabore, conformément aux
dispositions de la présente section, un projet de plan régional de l'utilisation
des terres et des ressources pour les terres de la catégorie II.
plan régional de l'utilisation des terres et des ressources constitue, pour le
Gouvernement de la nation crie,le
plan régional de développement intégré des ressources et du territoire visé à l'article
21.17.2 de la
Loi sur le ministère des Affaires municipales, des Régions
et de l'Occupation du territoire (chapitre M-22.1).»
La Présidente (Mme Champagne) : Est-ce qu'il y avait des explications particulières
sur le 79.2 ou ça a été fait en même temps tantôt, là?
M. Lelièvre :
Il n'y en a pas, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Champagne) : Bon. Alors, commentaires sur le 79.2?
M. Kelley :
Bon, on est juste dans les pouvoirs habilitants ou de donner le pouvoir à la
nouvelle entité qui est la commission Eeyou de planification. Alors, on
est en train de définir ses compétences.
La Présidente (Mme
Champagne) : On est en train effectivement de déterminer les
compétences. Alors, Mme la députée de Montmorency.
St-Laurent : Oui, pour une fois, je vais dire que je suis tout à fait
d'accord parce que, quand je regarde l'article
de loi — mais, en
étant une juriste, je n'ai pas le choix, là — or, on dit que ce plan en plus est approuvé
par laconférence régionale des élus
concernée. Ça fait qu'on ne laisse pas ça dans le vide, la loi prévoit à peu
près tout relativementà ce plan-là.
Ça détermine, d'ailleurs, des orientations, des objectifs et des cibles
régionaux liés à la conservation et à la miseen valeur de la faune, de la forêt et du territoire régional. Ça fait
que, donc, Mme la Présidente, en le soumettant, ici, à cette loi, je
trouve ça excellent. C'est une bonne protection.
La Présidente (Mme
Champagne) : Merci beaucoup. Merci. Alors, nous allons donc, s'il n'y
a pas d'autre commentaire, passer au 79.3, sur lequel je crois, M. le ministre,
il y a une explication. Alors, lecture de l'article.
M. Lelièvre :
Effectivement, il y aura une explication. 79.3, on dit :
«79.3.
Dans le cadre du processus d'élaboration du projet de plan ou de modification
de celui-ci, la commissionconsulte
le Gouvernement de la nation crie et les communautés cries, ainsi que toute
autre personne qu'elle juge utile.
«Elle consulte
également la commission régionale des ressources naturelles et du territoire
établie par le Gouvernement régional d'Eeyou
Istchee Baie-James afin d'harmoniser, dans la mesure du possible, le projet de
plan avec le plan régional de développement intégré des ressources et du
territoire réalisé par cette dernière.»
information… En notes explicatives, on retrouve les informations suivantes, on
dit : Les articles 79.3 et suivantsdécrivent en détail le processus d'élaboration du plan.
L'article 79.3
prévoit l'obligation de consulter le gouvernement de la nation crie, les communautés cries et la
Commission régionale des ressources et du territoire du Gouvernement régionald'Eeyou Istchee Baie-James. Le projet de
plan fait l'objet d'une consultation publique, articles 79.4 et 79.5. Je pense
que, la balance… On déborde un peu, oui?
La Présidente (Mme Champagne) : Oui.
M. le député de Jacques-Cartier.
Kelley : J'ai une couple de
questions. Premièrement, on va laisser au Gouvernement de la nation crie de
définirla composition. Est-ce que la
commission de planification a trois membres, ou cinq membres, ou sept membres,
ou unmembre par communauté? Ça, c'est
le genre de détails qu'on laisse à la
partie crie de déterminer ces genres
de... J'imagine que oui. Mais juste pour être clair.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre.
Lelièvre : Donc, votre
question, si je comprends, c'est par rapport à la représentation de l'instance?
Est-ce qu'il y a un nombre de places assigné, etc.?
M. Lelièvre : Un nombre de
représentants ou de... C'est à effet là?
Kelley : Oui. Est-ce que ça
va être au Gouvernement de la nation crie de faire la définition de cette
nouvellecommission de planification?
Est-ce qu'il y a des normes qui découlent de la
loi sur les affaires
municipales qu'il faut respecter ou est-ce qu'ils ont un champ libre
pour établir comment ils peuvent constituer la commission?
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre : Effectivement, compte
tenu qu'il n'y a rien d'écrit dans la loi, c'est laissé à la discrétion du
gouvernement cri. Merci.
Kelley : Et, deuxièmement,
on aime toujours la précision, alors, quand je vois une phrase comme «dans lamesure du possible» dans un projet de loi...
Ça veut dire quoi exactement, «dans la mesure du possible»? Non, et juste unpetit peu... Parce que, j'imagine, après,
dans les autres articles, on va trouver les mécanismes pour régler les
différends,et tout le reste.
Peut-être, c'est les juristes qui peuvent répondre à ma question. Mais est-ce
qu'on met «dans la mesure du possible» souvent dans les lois
québécoises?
La Présidente (Mme Champagne) : Très
bonne question. M. le ministre.
Lelièvre : C'est vraiment un
dossier particulier puis une loi particulière, hein, et une entente très
particulière.Donc, dans cette
optique-là, c'est un objectif, hein, c'est un objectif qui est avancé, et le
ministre, je crois, veut favoriser la concertation,
le dialogue, l'échange entre les deux niveaux de gouvernement. On sait que le
gouvernement régional qui va être responsable de la gestion des terres
de niveau III va être composé de la nation crie et des Jamésiens. Donc, il va y avoir élaboration d'un plan de développement
de la villégiature pour les terres de niveau III qui va se faire
conjointement par les représentants cris et les représentants jamésiens.
À côté de ce territoire-là, on retrouve les
terres de niveau II, donc c'est quand même sur un même immense territoire. Mais, afin de favoriser, on peut dire,
la concertation, mais aussi la cohérence, hein, au niveau de la vision, de laplanification et de l'aménagement du
territoire, ce que l'article 79.3 recommande, c'est que, dans la mesure du
possible, il faudrait que les
orientations d'aménagement et de développement qui vont être mises en place par
le gouvernement cri viales terres II
tiennent compte des préoccupations du gouvernement régional Eeyou Istchee
Baie-James pour les terres de niveau III et vice versa. Donc, dans le
fond, ce qu'on demande, c'est qu'il y ait autant que possible une cohésion, une
cohérence, hein, une complémentarité entre
les deux planifications qui touchent deux territoires qui sont contigus, donc,
qui se touchent.
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le député de Jacques-Cartier.
Kelley : Et ça peut
répondre, entre autres, à certaines des interrogations de M. Lacour, de
Radisson, contrel'accès aux terres
de catégorie II, parce que, derrière tout ça, c'est une question d'utilisation
de ces terres aussi, que, oui,c'est
le fun d'avoir les sentiers pour les motoneiges, mais, si ça va dans un endroit
sensible, et tout le reste, peut-être que,le sentier, on peut le mettre dans un autre endroit. Alors, d'avoir une
consultation entre le gouvernement régional et leGouvernement de la nation crie quant aux questions
comme ça, de l'utilisation, accès aux territoires, 79.3 va nous emmener
vers ça, si j'ai bien compris.
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
M. Lelièvre : Effectivement, c'est un exemple, là, de la
nécessité ou du fort souhait du gouvernement à l'effetque les deux gouvernements puissent se parler pour
qu'il y ait une meilleure cohabitation, hein? Et, comme vous l'avez ditsouvent, tout ce...tout finit… Quand on planifie,
on aménage un territoire, c'est dans le but d'en faire un développement,
une utilisation. Donc, c'est pour favoriser la cohésion, un meilleur voisinage
entre les deux communautés.
La Présidente (Mme
Champagne) : Merci. Alors, en parlant de voisinage, M. le député d'Ungava
aimerait prendre la parole.
La Présidente (Mme
Champagne) : Je vous l'accorde avec joie.
M. Ferland : Bien, comme bons voisins, hein, c'est... Non, je voulais juste avoir
peut-être une précision par rapportaux
consultations spécifiques aux terres de catégorie II. Il y avait également des
interrogations de soulevées par le représentant de Radisson, mais il y
avait aussi des interrogations par rapport à l'aménagement forestier au niveau
des entreprises forestières. Compte tenu que, sur les terres de catégorie II,
on ne prévoit pas, dans la loi, d'obligation où ça sera le gouvernement cri qui décidera lui-même des... Est-ce qu'il y
a... Parce qu'on avait parlé «dans le respect des loisdu Québec». Est-ce qu'à ce moment-là sur les
terres de catégorie II, quand on parlera d'aménagement forestier, est-ce qu'ils
auront l'obligation de consulter l'entreprise forestière?
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, la question est importante. M. le ministre.
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, nous allons prendre quelques secondes pour
trouver une réponse.
La Présidente (Mme
Champagne) : Je vais suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
12 h 44)
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, nous allons reprendre les travaux là où
nous en étions. Alors, M. le ministre, vous aviez eu une question sur la
forêt du député de l'Ungava. La réponse.
M. Lelièvre : Oui. J'ai surtout eu des bons éléments de réponse de l'équipe autour.
Écoutez, bon, l'informationque je
peux vous livrer à ce moment-ci, c'est qu'il n'y a pas de consultation
particulière. Par exemple, vous avez mentionnéles industriels forestiers. Il n'y a pas de consultation particulière
vis-à-vis notamment l'industrie forestière, mais il y aune consultation publique qui, elle, est
obligatoire, à laquelle tous les occupants, les représentants, toutes les
personnesconcernées ou intéressées
par le dossier pourraient venir s'exprimer lors d'une consultation publique qui
est ouverte àl'ensemble de la
population, incluant tous les intervenants, populations, intervenants de
différents secteurs. Mais une forêt...
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le député de l'Ungava, ça répond à votre question?
M. Ferland :
Le voisin...
La Présidente (Mme
Champagne) : Parfait. Merci, M. le ministre. Mme la députée de
Montmorency.
Mme St-Laurent : Est-ce que c'est ça, les tables locales, qu'ils font? Ils font des
tables locales, ils consultentdes
tables locales. On parle de tables locales de gestion intégrée, là. Est-ce que
c'est ces intervenants-là qui vont, selon la loi... selon la
Loi sur le
ministère des Affaires municipales, la M-22…
La Présidente (Mme
Champagne) : Toujours, Mme la députée, à 79.3, oui?
La Présidente (Mme
Champagne) : Oui? Mme la députée de Montmorency, êtes-vous toujours à
79.3?
Mme St-Laurent : Oui, oui. Non, c'est parce que c'est suite à la question de mon
collègue et de la réponse du ministre, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Champagne) :
Excellent. Excellent, merci.
Présidente (Mme Champagne) :
Oui.
L'article 48 comprend de 79.1 à 79.26, hein, pour votre connaissance.
Je pense qu'on va suspendre quelques minutes, M. le...
(Suspension de la séance à 12 h 48)
Présidente (Mme Champagne) :
Alors, nous reprenons les travaux. Alors, M. le ministre, la question était...
Lelièvre : À l'effet de
savoir si les tables GIR étaient applicables dans ce cas-là, hein? Parce que,
bon... C'estça, les tables GIR ne
sont pas mentionnées, en tout cas, selon l'information que j'ai puis de mémoire
aussi, dans le projet de loi n° 42. Ce sont des structures qui
existent dans le cadre des pouvoirs ou des obligations qui sont rattachés aux conférences régionales des élus autres que dans le
cas de la structure qui nous concerne pour les terres de niveau II. Donc,les tables GIR, selon l'information que j'ai,
ne sont pas présentes dans le processus actuel au niveau de la CRE qui serait
mise en place sur les terres de niveau II. Mais ça existe ailleurs.
La Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce que ça répond à la question, Mme la députée de Montmorency?
Mme St-Laurent : Ça répond à la
question…
Présidente (Mme Champagne) :
Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur le 79.3? Oui,
M. le député de Papineau.
Iracà : Oui, Mme la
Présidente. Je reviens sur ce que mon collègue a mentionné dans le terme «dans
la mesuredu possible», là, c'est
peut-être mon passé de juriste qui me rattrape, là, mais c'est sûr que ça
chicote un peu l'oreille oùon crée
une brèche dans un article. Je comprends que le fardeau de la preuve du «dans
la mesure du possible» va être à lacommission,
et à quel niveau est-ce que... «Dans la mesure du possible», est-ce qu'on a
pensé au niveau du fardeau de la preuve?
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre.
Lelièvre : Écoutez, bien, je
serais porté à... Puis je n'ai comme pas le choix de vous répondre à peu près
lamême chose que j'ai répondue au
député de Jacques-Cartier tantôt. C'est un article… Puis là ne faites pas le
saut, notreconsoeur de Montmorency.
C'est écrit dans l'entente initiale, donc c'est un élément important qu'on doit
tenir compte. Puis, écoutez, c'est
sûr que, comme je l'ai mentionné en toute transparence tantôt, c'est un
article
qui est vraiment spécial, qu'on ne retrouve pas souvent ailleurs.
La justesse
de cette expression-là, «dans la mesure du possible», peut sûrement s'expliquer
par la particularité duterritoire
dans... au niveau géographique, au niveau physique, la particularité de la mise
en place d'une gouvernance quiva
être crie et jamésienne. Et on connaît la lourdeur de notre charmante machine
gouvernementale, on connaît les limites et les contraintes de nos
précieuses structures locales et régionales. Donc, si on veut permettre à ce
beau monde là de travailler efficacement, de
faire des belles choses puis d'arriver à mettre en réalisation les objectifs de
la loi n° 42, j'ail'impression
que le législateur a voulu tout simplement donner une marge de manoeuvre au
ministre et, comme je l'ai dittantôt,
en souhaitant que tous les ministres des Affaires municipales, incluant celui
qui est en place et les futurs, soient assez... soient très prudents
dans l'application de ça et très sages surtout.
La Présidente (Mme Champagne) : Oui,
M. le député de Papineau.
Iracà : Je ne veux pas
tarder là-dessus, Mme la Présidente, j'ai juste un petit bémol, là-dessus.
Quand ça va bien, il n'y a pas de problème quand on laisse une grande marge
de manoeuvre dans un
article de loi. C'est quand ça commence à aller un petit
peu plus mal, quand ce n'est pas balisé un peu plus concrètement, c'est là que
ça peut... on crée des brèches, et ça peut
devenir plus compliqué quand on a voulu le simplifier. Mais je comprends les
arguments duministre à cet effet-là,
où c'est une particularité, là, ce qu'on ne retrouve peut-être pas ailleurs.
Mais ça peut créer une certaine brèche quand ça va mal.
Présidente (Mme Champagne) :
Je comprends. Alors, M. le ministre, je sais qu'il y a une demande de parolede Mme la députée, également, de
Montmorency, mais je vais vous permettre de répondre, si vous le voulez, tout
de suite.
Lelièvre : Non. Je n'ai pas
compris que c'était... C'est plutôt une appréciation de la part de notre
confrère plus qu'une question, hein?
M. Iracà : Oui, oui... terminer
là-dessus.
La Présidente (Mme
Champagne) : Excellent. Mme la députée de Montmorency.
St-Laurent : Répondre à mon
collègue. Comme juriste, d'ailleurs, moi, ce que je pense... Parce que, là,on parle du fardeau de preuve. Je suis loin
de ça. S'il n'y a pas entente, il y a toujours quand même le ministre dans ça.
Etje pense qu'on jouera plutôt un
rôle d'arbitre qu'un rôle contradictoire, comme à la cour, avec le fardeau de
preuve. Ça fait que ça sera plutôt un rôle d'arbitre et de conciliation.
Présidente (Mme Champagne) :
Alors, merci, Mme la députée de Montmorency. Je pense que ça se voulaitégalement un commentaire d'approbation ou de
consentement sur le fait que «dans la mesure du possible» est appliqué
de façon exceptionnelle, là. M. le député de Jacques-Cartier.
Kelley : Avant de faire
79.4, nous autres, on est prêts de disposer avec les amendements proposés qui
sont acceptables. Alors, soit maintenant ou à 15 heures, mais, si
on veut terminer la discussion sur l'article 47, rouvrir et refermer 23, l'opposition
est prête à procéder.
Présidente (Mme Champagne) :
Donc, 79.3, je comprends que la discussion est terminée sur 79.3. J'ai une
demande pour qu'on revienne à l'article 47?
M. Kelley : Maintenant ou plus tard,
à la discrétion du ministre.
Présidente (Mme Champagne) :
Il nous reste environ cinq minutes, même pas? Cinq minutes. On peut
le faire. Moi, je... s'il y a consentement. Vous êtes d'accord? Donc, on arrête
à 79.3. Après, à 15 heures, on reviendra à 79.4. Et, entretemps, nous allons disposer de 47. Alors, pour ce
faire, je vais procéder dans l'ordre, là. Alors, l'amendement qui avaitété déposé hier avait été suspendu, alors je vais
vous demander le consentement pour retirer cet amendement-là — il y aconsentement — puis
déposer le nouvel amendement. Ça vous va? Donc, on dispose du premier
amendement et on va surl'amendement
déposé aujourd'hui. Je vais demander au ministre de lire l'amendement à l'article
6.3, le dernier, la dernière mouture.
M. Lelièvre : Merci, Mme la
Présidente.
L'article 6.3. Donc, nous proposons le libellé suivant :
1° Remplacer, dans l'article 6.3, l'expression
«de son territoire» par «du territoire visé»;
2° Ajouter, à la fin de l'article 6.3, les
alinéas suivants :
«L'entente prévoit la date de son entrée en
vigueur.
«Le ministre
publie l'entente à la Gazette officielle du Québec , accompagnée d'un
avis précisant la date de son entrée en vigueur.»
La Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce qu'il y a commentaires?
M. Kelley : Je pense que…
La Présidente (Mme Champagne) : Ça
convient?
M. Kelley : Ça convient.
La Présidente (Mme Champagne) :
Parfait. Alors donc, je considère que le 6.3 est accepté tel quel? O.K.?
M. Kelley : L'amendement est adopté.
Présidente (Mme Champagne) :
Parfait. Donc, maintenant, nous allons revenir à l'article 47. Alors, l'ensemble
de l'article 47 est-il adopté?
M. Kelley : Tel qu'amendé.
Présidente (Mme Champagne) :
Tel qu'amendé. Adopté, tel qu'amendé. C'est parfait. Et je vous rappelle
que, le 47, on avait de 6.1 à 6.5. Voilà. Maintenant...
M. Kelley : En conséquence...
La Présidente (Mme Champagne) : En
conséquence...
M. Kelley : ...consentement pour
rouvrir 23…
La Présidente (Mme Champagne) :
Parfait.
Kelley : …pour le deuxième amendement que le ministre veut
proposer.
La Présidente (Mme Champagne) : Parfait. Donc, le consentement pour rouvrir 23
est accepté de tout le monde? Je demande au ministre de lire l'amendement
à l'article 23.
M. Lelièvre : Oui, Mme la Présidente. L'amendement à l'article 23 est tel que suit.
On propose de remplacer, dans le premier alinéa, l'expression «de son
territoire» par l'expression «du territoire visé».
La Présidente (Mme Champagne) : Donc, ça convient à tout le monde? Alors, je
comprends que l'amendement est adopté et que l'article 23 amendé est
adopté également.
La Présidente (Mme
Champagne) : Nous sommes véritablement des champions.
Alors,
compte tenu de l'heure, je vais suspendre les travaux jusqu'à 15 heures, à la
salle 1.38. Nous retournons...
La Présidente (Mme Champagne) : Non, c'est que nous sommes une commission
sérieuse, nous devons discuter un peu plus... moins visiblement.
Entendus mais non visibles.
(Suspension de la séance à
12 h 56)
La Présidente (Mme Champagne) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons commencer
les travaux. Si vous voulez finir à l'heure, il faut commencer à l'heure.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, nous sommes indisciplinés.
La Présidente (Mme
Champagne) : Bien, pire que ça. Alors, nous allons reprendre les
travaux.
Je vous rappelle que
la commission est réunie afin de procéder à l'étude détaillée du projet de loi
n° 42, Loi instituant le Gouvernement
régional d'Eeyou Istchee Baie-James et apportant certaines modifications
législatives concernant le Gouvernement de la nation crie.
Alors, lors de la
suspension, ce midi, nous en étions à l'étude de l'article 79.4 introduit par l'article
48. Alors, M. le ministre, la parole est à
vous pour l'article 79.4 de l'article 48, d'ailleurs. Et, si vous le désirez,
M. le ministre, et quevous
considérez que quelques articles pourraient être lus en même temps, face aux
explications, soyez bien à l'aise, c'est vous qui avez le pouvoir sur
cela.
M. Lelièvre :
O.K., merci.
La Présidente (Mme Champagne) : Parce que je crois que l'explication souvent
vient expliquer plus qu'un seul article, là. Parfait. Donc, 79.4.
M. Lelièvre :
…un petit peu.
La Présidente (Mme
Champagne) : Il est pris. Il attache le micro pour éviter le
vol.
M. Lelièvre : Vous me déphasez. Bon.
L'article 79.4. Je suis un petit peu plus
loin du micro, mais je pense que vous m'entendez.
«79.4. La commission
tient au moins une assemblée de consultation publique sur le projet de plan.
«La commission doit
prendre les mesures nécessaires afin de rendre publics l'ensemble des
renseignements concernant l'objet de la
consultation et les renseignements nécessaires afin que toute personne
intéressée qui désire participer à la consultation publique puisse le
faire.»
note explicative se lit comme suit : Le projet de plan fait l'objet d'une
consultation publique. Une fois acceptépar le Gouvernement de la nation crie, le projet de plan est transmis au
ministère des Ressources naturelles pour approbation.
Donc,
c'est à peu près les notes, là, qui peuvent s'appliquer. Donc, est-ce qu'il y a
des questions à ce niveau-là? C'est relativement explicite, je pense.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre.
M. Kelley : Oui. En fait, est-ce qu'une obligation de
tenir des assemblées tient aussi pour une MRC ou une CRE dans le reste
du Québec? Est-ce que c'est...
M. Lelièvre :
Absolument. Absolument.
M. Kelley :
Oui? Parfait.
La Présidente (Mme
Champagne) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur le 79.4?
Présidente (Mme Champagne) : Donc, l'article... pas l'article... Oui, l'article n'est pas adopté
mais accepté. Voilà pour le mot. Il faut avoir le bon mot au bon moment.
79.5. M. le ministre.
M. Lelièvre :
Oui, Mme la Présidente. 79.5 se lit comme suit :
«79.5.
Au terme de la consultation publique, la commission, le cas échéant, modifie le
projet de plan afin de tenir compte [des] consultation publique et prend
les mesures nécessaires afin de [les] rendre publique.»
Donc,
ce qu'on entend, c'est un processus de consultation traditionnelle. La
commission est tenue de tenir uneconsultation,
mais n'est jamais liée par les recommandations ou les commentaires reçus de la
consultation. C'est pour çaqu'on
retrouve le mot «le cas échéant». Si jugé opportun, elle peut modifier le document,
sinon poursuivre le processus.
La Présidente (Mme
Champagne) : Excellent. M. le député de Jacques-Cartier?
M. Kelley :
Non, non, je pense, c'est logique, c'est...
La Présidente (Mme
Champagne) : Ça va de soi? M. le député de Mégantic.
M. Bolduc (Mégantic) : Juste pour fins de compréhension. Est-ce que ces
commissions ou ces plans-là, c'est les plans pour les schémas d'aménagement
ou si c'est pour le schéma général, pour le plan général?
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
M. Lelièvre : C'est ni l'un ni l'autre. On parle d'un plan d'affectation des terres
publiques au niveau de la forêt.
M. Bolduc
(Mégantic) : Merci.
La Présidente (Mme Champagne) : Voilà. S'il n'y a pas d'autres commentaires, on peut
dire que le 79.5 est accepté?
La Présidente (Mme
Champagne) : Parfait. Nous allons passer au 79.6, M. le ministre.
M. Lelièvre :
«79.6. La commission dépose le projet de plan au conseil du Gouvernement de la
nation crie.
«Ce dernier, après
examen, l'accepte ou fait à la commission une [étude] écrite et motivée de le
modifier.
«La commission, le
cas échéant, modifie le projet de plan à la suite de la demande du Gouvernement
de la nation crie et le dépose de nouveau au conseil de ce dernier pour
acceptation.» Donc, c'est un processus assez…
La Présidente (Mme
Champagne) : Assez simple, c'est ça.
M. Lelièvre :
…technique, là. C'est...
M. Kelley :
…plusieurs étapes, là, sous-article par sous-article. Alors, on va suivre la
logique. Alors, une fois que la consultation publique est tenue, la
commission fait rapport au…
M. Lelièvre :
Au conseil.
M. Kelley :
…le conseil du Gouvernement de la nation crie.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, merci, M. le député de Jacques-Cartier. Est-ce qu'il
y a d'autres commentaires du ministre
là-dessus? C'est beau? Donc, le 79.6 est accepté. Nous allons donc passer au
79.7, M. le ministre.
M. Lelièvre : «79.7. Une fois accepté par le conseil du Gouvernement de la nation
crie, ce dernier le rend public et le transmet au ministre des
Ressources naturelles, accompagné des documents pertinents relatifs au
processus et au résultat des consultations. Le ministre peut alors approuver le
projet de plan.»
Donc,
c'est la procédure qui se continue. Une fois adopté par le conseil cri... le
Gouvernement de la nation crie,c'est-à-dire,
le document est transmis au ministère
des… à la ministre ou au ministre des
Ressources naturelles, qui doit l'approuver. Donc, il y a une
approbation gouvernementale qui suit tout ça.
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le député de Jacques-Cartier.
Kelley : S'il n'y a pas de…
Chaque étape, il n'y a pas de... On a 30 jours pour le faire ou
60 jours. C'est juste...Ça suit son chemin. On n'est pas obligés d'identifier
un certain échéancier pour le faire ou… Dans la loi générale, là, ça n'existe
pas? Je pose la question en toute...
La Présidente (Mme Champagne) :
…bonne question. M. le ministre.
Lelièvre : On va vérifier.
Il y a sûrement des délais, je présume. Ils ne sont pas inscrits là-dedans.
Est-ce qu'ils apparaissent ailleurs, ou il y a...
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre : ...dit qu'il n'y a pas
de délai de rigueur.
La Présidente (Mme Champagne) : O.K.
Aucun délai.
Kelley : …alors, si tout va
bien, le ministre va recevoir et… donner son approbation. Sinon, on va voir, un
petit peu plus loin, les mécanismes pour régler les différends. Mais il
n'y a pas de pression temporale sur le processus.
Lelièvre : C'est ça. On
voit, dans les autres articles, là, si le ministre n'approuve pas, à 79.7, à
79.8 il y a un autre processus qui débute.
Présidente (Mme Champagne) :
Merci, M. le député. Donc, s'il n'y a pas de commentaire... M. le député
de Mégantic.
M. Bolduc
(Mégantic) : Oui, moi, j'ai
un commentaire. Écoutez, on arrive… souvent on met des prescriptionstemporelles puis, la plupart du temps, on les
excède, de toute façon, là. Je regarde les MRC, à
titre d'expérience… Et, si
on ne met pas de temps puis qu'on prévoit une mécanique par en arrière, c'est
un peu d'induire : Bien, ça va arriver «anyway».
Comprenez-vous? Tandis que, si on mettait une prescription temporelle qui
dit : Vous avez 90 jours ou 120 jours, la période n'est pas importante, là, mais est-ce
que ça ne stabiliserait pas le processus pour assurer qu'il va fonctionner
de façon linéaire dans les délais acceptables pour tout le monde?
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
Lelièvre : C'est une autre
façon qui pourrait être aussi pertinente, effectivement. À ce niveau-là, est-ce
que c'est un élément qui est inclus dans l'entente initiale?
Lelièvre : Non. Donc, il y a
une souplesse. Si vous souhaitez en faire une recommandation, on peut l'évaluer.
Mais le commentaire est très pertinent, effectivement.
La Présidente (Mme Champagne) : On
pourra prendre ça en compte?
Kelley : Et je pense que sa
question était : Est-ce qu'il y a, dans les autres exigences des lois, des
échéanciers, où est-ce que c'est… un petit peu comme... partout
semblable, ou...
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre : Bon, ce qu'on me dit,
c'est que c'est un processus qui est spécifique. Ailleurs, dans les autres territoires, le plan n'est pas approuvé par la
ministre ou le ministre, alors qu'ici il l'est. Donc, c'est vraiment une
nouvellefaçon de faire qu'on a mise
en place, qui est particulière. Puis, je suis d'accord avec vous, généralement,
on retrouve desdélais, hein, au
niveau de l'aménagement et de l'urbanisme, entre autres. Sinon, bien, ça peut peut-être
laisser place à unecertaine lenteur,
hein? Mais c'est la méthode qui nous est proposée et qu'on pourrait évaluer
globalement s'il y a lieu, après ça, de la modifier ou non.
Présidente (Mme Champagne) : M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Merci, Mme la Présidente. Moi, je représente un comté qui n'a pas de MRC, alors
il y a beaucoupde ces termes sur
lesquels je suis moins familier. Je compte sur la sagesse de mes collègues qui
viennent des régions pour m'aider dans ces instances et le
fonctionnement des MRC et les autres instances.
La Présidente (Mme Champagne) : Merci, M. le député de Jacques-Cartier. Alors, s'il
n'y a pas d'autre question, le 79.7 est accepté. Nous allons passer au
79.8.
M. Lelièvre : «79.8. À défaut pour le ministre d'approuver le projet de plan qui lui
a été transmis, un représentantdu
Gouvernement de la nation crie et un représentant du ministre des Ressources
naturelles, désigné par le sous-ministreparmi les membres du personnel de direction du ministère, se rencontrent
et procèdent de concert à une révision du projet de plan afin d'en
arriver à un résultat mutuellement satisfaisant.»
Donc, là, on voit que c'est un processus de
négociation, de concertation qui se met en place, s'il n'y a pas entente
suite à l'application de 79.7.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, commentaires?
M. Lelièvre :
Oui, j'ai oublié une phrase, excusez-moi.
La Présidente (Mme
Champagne) : Oui…
M. Lelièvre : Un deuxième paragraphe. «Si un tel résultat est atteint, le ministre
peut approuver le projet de plan révisé.»
Donc, après
médiation, discussion, la ministre peut toujours approuver.
La Présidente (Mme
Champagne) : Commentaires, M. le député de Jacques-Cartier?
M. Kelley :
Je comprends la logique et alors, c'est un effort de médiation, qui est la
prochaine étape en cas de différend.
La Présidente (Mme Champagne) : Merci, M. le député de Jacques-Cartier. S'il n'y
a pas d'autre commentaire, on va considérer le 79.8 accepté et on va
passer au 79.9.
M. Lelièvre : Oui. 79.9, qui vient compléter puis englober un peu, là, tout ce qui s'est
dit dans les derniers articles. Entre autres, la question du délai, on
va y trouver une certaine réponse, là.
«79.9. À défaut pour
ces représentants de s'entendre sur le contenu du projet de plan au plus tard
le 90e jour suivant le jour de la
transmission visée à l'article 79.7 — bon,
on a notre réponse, là — le
projet de plan est, afin d'enarriver
à un résultat mutuellement satisfaisant, transmis au comité de liaison
permanent établi en vertu du
chapitre 11 del'Entente concernant une nouvelle relation entre le gouvernement du
Québec et les Cris du Québec, conclue le 7 février 2002, approuvée par
le décret no 289-2002 du 20 mars 2002 et publiée à la Gazette officielle du
Québec le 22 mai 2002.»
Donc,
je pense, ça vient répondre à votre interrogation, là. Il y a un délai de
90 jours, globalement, qui englobe l'ensemble des dernières procédures.
Vous êtes visionnaire, M. le député.
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, questions là-dessus? Non? Parfait. Donc,
nous sommes dans la logique, M. le ministre. Alors, 79.9, accepté?
M. Lelièvre :
C'est bon de voir qu'en politique il y a de la logique…
La Présidente (Mme
Champagne) : Ça nous épate à chaque fois.
M. Lelièvre :
Ça me rassure. Ça me rassure.
La Présidente (Mme
Champagne) : Voilà! Alors, du moins, ça nous rassure un peu quand
même, là. 79.10. M. le ministre.
M. Lelièvre : Oui. «79.10. Le comité de liaison permanent fait ses recommandations,
unanimes ou divergentes,au
Gouvernement de la nation crie et au ministre des Ressources naturelles au plus
tard le 90e jour suivant le jour de la transmission qui lui a été faite
conformément à l'article 79.9.»
Donc,
là, encore là, c'est un aspect mécanique. Le fameux comité de liaison, qu'on a
parlé à l'article précédent, a un délai pour faire son rapport.
La Présidente (Mme Champagne) : Commentaires? C'est beau? Alors, nous allons
aller au 79.11, considérant 79.10 accepté.
M. Lelièvre :
«79.11. Le Gouvernement de la nation crie peut, pour donner suite aux
recommandations du comité de liaison
permanent et après en avoir informé le ministre des Ressources naturelles,
faire modifier le projet de plan.» Encore là, ça...
La Présidente (Mme Champagne) : Les
deux autres petites lignes.
Lelièvre : Oui. «Le
Gouvernement de la nation crie — merci, Mme la Présidente — transmet le projet de plan ainsi
modifié au ministre des Ressources naturelles pour approbation.»
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : …qu'est-ce qu'on cherche
ici, c'est une autre avenue de trouver...
M. Lelièvre : Une conciliation.
M. Kelley : ...une conciliation. Et,
une fois que les mécanismes plus formels qu'on a vus dans les articles précédents sont enclenchés, il y a toujours la
possibilité de réviser le plan pour essayer d'obtenir l'approbation du ministre
des Ressources naturelles. C'est bien ça?
Lelièvre : On voit qu'on
fait référence à une autre instance, qui est le comité de liaison, qui a été
constitué…
M. Kelley : ...par la «Paix des
Braves».
M. Lelièvre : ...déjà, bon, en 2002.
Et donc c'est une autre instance qui va être consultée également dans le cadre
du processus.
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le député d'Ungava.
M. Ferland : Non, j'ai... bien, c'est
une question qui n'est pas sur 79.11, mais j'ai oublié. Je ne sais pas si je
peux revenir. C'est juste sur le délai du 90e jour. Est-ce que c'est la
norme, ça, 90 jours? Ça me semble un peu long. C'est à 79.9, 79.10. Est-ce
que c'est un délai normal pour... ou c'est...
Une voix : Tout à fait
normal.
La Présidente (Mme Champagne) : Je
sens l'ancien préfet de Berthier réagir fortement.
M. Ferland : O.K. Parfait.
La Présidente (Mme Champagne) : En
fait, il opine du bonnet.
M. Ferland : C'est beau. O.K.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, si le député de Berthier est d'accord...
M. Ferland : Je m'excuse de m'être
éveillé quelques secondes.
M. Ferland : Ça ne va pas bien. Je
vais me rendormir.
Présidente (Mme Champagne) :
M. le député d'Ungava, à 15 h 20, tout est permis. Alors,
commentaires? M. le député de Mégantic.
M. Bolduc
(Mégantic) : Oui. Juste une
petite vérification. On parle ici du Gouvernement de la nation crie quipeut faire des modifications. Je crois que l'article...
il y a le corollaire dans le 79.12. J'imagine, là, juste par principe deprécaution, que c'est dans les deux
directions? Donc, le principe que la nation crie fasse des modifications et le
représenteest possible. Donc, le
gouvernement devrait avoir le même privilège de faire des modifications et de
le représenter aussi. Et là j'anticipe un peu, là, mais je veux juste
être certain qu'on va...
Présidente (Mme Champagne) :
On préfère que vous anticipiez au lieu d'appréhender, bien évidemment.
Alors, M. le ministre.
Lelièvre : O.K. C'est le
plan de la nation crie, donc, qui est élaboré par la nation crie sur les terres
de niveau II. Donc, étant élaboré par la nation crie, ils le soumettent
au gouvernement qui, lui, vient... bon, l'approuve ou demande des modifications. Mais le gouvernement n'amène
pas de... n'élabore pas le plan, donc n'a pas à consulter la communauté
ou le gouvernement régional... le gouvernement cri, c'est-à-dire.
Mais, par
contre, dans le cadre des négociations où on demande des modifications, là je
présume... ça sous-entendque le
gouvernement, via ses mandataires et les Cris, se parlent, échangent et
négocient. Mais il n'y a pas de consultationofficielle dans le sens que le gouvernement… Le gouvernement cri ne
demande pas un avis au gouvernement. Il déposeun plan, le gouvernement se prononce, mais c'est plutôt le gouvernement
du Québec qui donne une réponse, un avis sur le plan du gouvernement
cri.
M. Kelley : Parce que l'objectif
est...
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Pardon, Mme la
Présidente. L'objectif recherché, c'est l'approbation du ministre.
M. Lelièvre : Oui, l'approbation du
ministre.
M. Kelley : Alors, le ministre peut
dire que ce n'est pas conforme ou... Et on a des mécanismes, qu'on a déjà
regardés, de médiation, conciliation pour obtenir l'approbation…
M. Lelièvre : Je pense que votre
objectif...
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
Lelièvre : Oui. Je pense que
votre objectif est atteint via les articles 79.8 et 79.11, qui fait en sorte
que, s'iln'y a pas entente, bien là,
il y a des mécanismes, là, de contre-partie qui s'installent, de
contre-propositions, de négociations.
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le député de Mégantic. Après, M. le député de Berthier.
M. Bolduc (Mégantic) : Ma question
se transpose un peu plus dans le temps, dans le sens où il va y avoir du développement dans ces régions-là. Il va y avoir
des conditions qui vont changer, naturellement, par le développement,par la population, etc. Mon point est que est-ce
que le ministère pourrait ou désirerait éventuellement… voire demanderà la nation de faire des changements ou de changer
la réglementation ou le plan? D'une façon naturelle, dans la logiquedes choses — ma
question, elle est pertinente dans ce sens-là — est-ce que le ministère, ou le gouvernement, a un
droitde faire des altérations au
plan ou de faire des demandes de changement? Dans le temps, là; pas
pour aujourd'hui, mais dans 10 ans, on ne sait pas.
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
Lelièvre : On me dit que, le
plan une fois adopté, il n'y a pas vraiment d'échéance sur la durée du plan,
maisil y a une entente de mise en
oeuvre qui va être sous-jacente au plan. Et, dans l'entente de mise en oeuvre,
là on aura des éléments plus pratiques, plus pointus, hein, dans la mise
en oeuvre, et des échéances. Donc, à ce niveau-là, ça peut peut-être se
préciser. Mais votre question est très, très pertinente, là, dans le sens que,
s'il arrive un élément nouveau sur le
territoire puis on doit modifier la planification, ce qui peut être un élément
positif ou négatif, dépendamment, unefermeture, une, bon, qu'importe, là, plusieurs situations peuvent se
poser, moi, je crois que le ministre peut en tout temps, à titre...
Il faut se
rappeler que c'est quand même des terres qui sont de juridiction, oui, du
gouvernement cri en termes dedélégation
de gestion, mais, la propriété demeurant au gouvernement du Québec, le ministre
étant l'entité ultime, à monavis, le
gouvernement, via son ministre des Ressources naturelles, peut en tout temps
proposer des modifications et même,advenant
le cas où il y aurait matière à prendre une décision suite à un événement
impromptu, le pouvoir du ministre des Ressources
naturelles, son pouvoir général de gestion de l'ensemble des terres publiques
du domaine québécois fait en sorte qu'il pourrait intervenir. Mais je
présume qu'en diplomatie, par souci de respect de l'entente, on devra d'abord commencer par une proposition de modification qui
viendra du ministre vers le gouvernement cri. Mais, advenant le casde non-entente, les pouvoirs du gouvernement du
Québec, via son ministre en titre, sont toujours l'entité ultime qui pourra
trancher en cas de différend.
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le député de Mégantic.
M. Bolduc
(Mégantic) : J'élabore ici
plutôt un principe de précaution. Vous savez, puisque le projet de loi estune entente un peu innovante, est-ce qu'il n'y
aurait pas lieu d'avoir un principe de précaution et de mentionner ce typed'activité là qui fait que, dans le temps...
ou s'il y a une mécanique qui est approuvée dans le système, qui va faire quela mécanique peut se produire de façon, je
dirais, plus régulière ou plus simplement dans un processus déjà accepté par
les parties prenantes.
Présidente (Mme Champagne) : M. le ministre.
M. Lelièvre : Je pense qu'il va y avoir plusieurs des réponses... En tout cas, une
des réponses à votre question va venir dans les articles qui vont
suivre.
M. Bolduc (Mégantic) : O.K.
M. Lelièvre : C'est
peut-être l'avantage de le lire
article par article. C'est peut-être plus
efficace, ça demandemoins de
maîtriser l'ensemble du document. Mais, si on l'avait lu peut-être l'article au
complet, il y a probablement desréponses
qui seraient venues, là. Ça fait que, si, à la fin de l'article, vous n'avez
pas réponse à ces questions-là, je pense qu'on pourrait en discuter.
Mais, selon moi, il y a des éléments de réponse qui s'en viennent.
M. Bolduc (Mégantic) :
J'accepte, madame…
La Présidente (Mme
Champagne) : Nous en avons jusqu'au 79.26. Alors, on en a
encore pour deux pages.
M. Lelièvre :
C'est un
article qui est long, hein? C'est vrai qu'il est rigoureux.
La Présidente (Mme Champagne) : C'est ça, effectivement. Donc, on va le regarder
dans l'ensemble, quitte,comme dit M.
le ministre, à ajouter, s'il le faut, au moment jugé opportun. Il y a M. le
député de Berthier également qui avait demandé la parole.
M. Villeneuve : Oui, très court. Juste dire, Mme la Présidente, que, si, dans la
mécanique, c'est différent de cequ'on
peut observer dans les MRC, le résultat, en bout de piste, va être le même. C'est
qu'à force de dialogue on finitpar s'entendre
pour mettre quelque chose de l'avant. Alors, au niveau des schémas d'aménagement,
c'est pareil, où il y a des 90 jours, 90 jours de réponse, on
attend les réponses, on retourne, et là il y a des négociations qui se font
entre les urbanistes, souvent, des MRC et
les gens du ministère pour finalement arriver... Des fois, ça prend des années
et des années,là, et, bon, on finit
par y arriver. Alors, je pense que la mécanique ici, elle est très précise, par
ailleurs, mais le résultatvers
lequel on tend, je pense, est le même, c'est d'arriver à une solution qui fait
en sorte que les parties sont satisfaites à la fin. Voilà. C'est un
commentaire.
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, merci, M. le député de Berthier. C'était
un commentaire. Alors, le79.11 est
accepté? Puis on comprend qu'on a plusieurs autres articles qui vont venir
compléter peut-être les nombreuses questions que suscite le 48. Alors,
le 79.12, M. le ministre.
M. Lelièvre :
Oui, Mme la Présidente.
«79.12.
Dès que possible après réception des recommandations du comité de liaison
permanent conformément àl'article
79.10, ou, le cas échéant, après réception du projet de plan modifié
conformément à l'article 79.11, le ministreapprouve le projet de plan ou le retourne au Gouvernement de la nation
crie afin qu'il soit révisé par la commission Eeyou de planification.
«Si le ministre
retourne le projet de plan pour révision, sa demande doit être accompagnée de
motifs écrits relatifs à la santé ou à la
sécurité publique, à la conservation ou à la protection de l'environnement ou à
ce qu'il considère comme des restrictions déraisonnables à l'accès du
public ou à la mise en valeur des terres et des ressources.»
La Présidente (Mme
Champagne) : Commentaires? M. le député de Jacques-Cartier, pas de
commentaire?
M. Kelley :
Non, non. Je pense qu'on est dans une langue...
La Présidente (Mme
Champagne) : Un processus.
M. Kelley :
C'est les éléments d'un processus qui a été négocié avec les partenaires pour
régler les différends. Alors, je pense, c'est étape après étape, alors.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le député de Mégantic.
M. Bolduc (Mégantic) : Ma question est bien plus un élément d'information
ici. C'est qu'il y a différentes classesdu territoire qui est sous la juridiction de cette entente-là. Est-ce
que ça s'applique aux trois classes de terrain? Parce que les terrains
sont encore la propriété du gouvernement, si j'ai bien compris, en tout cas,
dans le cas de classe II, là.
question, pour moi, est : Est-ce qu'on considère que les restrictions… ou
l'accès du public — parce
que c'estla
partie qui nous
concerne, là — est-ce
que ça va être clairement défini dans l'entente pour s'assurer que, s'il y a
des gens qui peuvent accéder à ces territoires-là, soit pour la chasse,
la pêche, etc., là, que ça va être fait... ça va être clair?
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
Présidente (Mme Champagne) : Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre : Oui. On est dans les terres de niveau II, donc, comme vous l'avez
mentionné, c'est les terres qui sont, bon, propriété du gouvernement du
Québec, cédées en
partie en raison de la loi qui nous occupe et également
peut-être en vertu d'ententes de délégation qui sont à venir. Donc, le
gouvernement du Québec a la préoccupation qu'il
y ait un droit de circulation qui soit respecté. D'ailleurs, à l'article 79.12,
deuxième paragraphe, on mentionne que, pour des cas de sécurité
publique, de santé, de conservation ou de protection de l'environnement ou de
restrictions déraisonnables à l'accès du public sur les terres, le ministre
pourra intervenir.
Donc,
les terres sont sous gestion du gouvernement cri. Il y a des baux de... On sait
que ces terres-là étaient déjà,dans
le passé, concédées avec des droits exclusifs de chasse, pêche, piégeage. Là,
on étend ces droits-là, mais il y a uneprérogative qui fait en sorte que l'accès du public, en termes de
circulation, doit quand même être maintenu, et le ministrese réserve un droit de regard à ce niveau-là,
advenant le cas qu'il y aurait des problématiques, là, on parle de restrictions
déraisonnables pour l'accès public. Il peut y avoir un contrôle, il peut y
avoir des critères, des normes, certaines conditions
d'émises par le gouvernement cri, mais ça ne doit pas être déraisonnable et ça
doit garantir l'accès au public.
La Présidente (Mme Champagne) : Autres commentaires sur le 79.12? C'est beau?
Alors, nous allons accepter cela et passer au 79.13.
M. Lelièvre : «79.13. Le cas échéant, la commission révise le projet de plan à la
lumière des motifs expriméspar le
ministre conformément à l'article 79.12 et dépose au conseil du Gouvernement de
la nation crie un nouveau projet de plan. Ce dernier le transmet au ministre
pour approbation.»
La Présidente (Mme Champagne) : Commentaires? C'est beau? Accepté. C'est la suite
logique, hein? O.K. Alors, on y va avec le 79.14, M. le ministre.
M. Lelièvre :
Oui. «79.14. Le ministre des Ressources naturelles approuve le projet de plan
ou, s'il refuse de l'approuver, doit, avant
de prendre une décision finale, rencontrer le Gouvernement de la nation crie
pour lui expliquer sa position et pour en discuter avec lui.»
Donc,
encore là, une autre étape du processus, on oblige le ministre des Ressources
naturelles, s'il refuse l'approbation
du plan, avant de prendre une décision finale, comme ministre, on écrit qu'il
sera nécessaire que le gouvernement...
que le ministre rencontre le Gouvernement de la nation crie afin d'expliquer sa
position et d'avoir une discussion pour expliquer la décision.
La Présidente (Mme Champagne) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des
commentaires? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Et, si on refuse l'approbation du plan, il n'y a pas de plan ou on recommence?
C'est quoi? Dans le «worst case scenario», qu'est-ce qui arrive si on
termine dans un échec? C'est le statu quo au niveau du plan ou...
M. Lelièvre : Ce n'est pas une obligation d'avoir un plan, c'est une possibilité qui
est prévue dans la loi. Donc, leministre
n'a pas nécessairement l'obligation d'imposer un plan. Il pourrait, via ses
pouvoirs généraux, à mon avis, le faires'il le juge opportun, mais, dans la façon que la loi est libellée, le
plan n'est pas obligatoire et le ministre n'a pas l'obligation d'en
imposer un. Donc, on se retrouverait dans une situation où on serait en absence
de plan.
La Présidente (Mme
Champagne) : Autres commentaires? M. le député de Papineau.
M. Iracà :
Oui. Je vois aussi que, dans l'article, il n'y a pas mention de délai quant à
la rencontre du Gouvernementde la
nation crie advenant que le ministre prenne la décision de ne pas l'approuver.
Est-ce que c'est intentionnel ou ça demeure la prérogative du ministre à
tout point de vue?
M. Lelièvre : Bien, là-dessus, ce qu'on lit puis ce qu'on me dit, c'est qu'effectivement
il n'y a pas de délai quiest prévu.
Là, on est rendus dans un mécanisme... On se rend compte que, vers la fin de l'article
79, on est moins dansune mécanique,
là, dans une... la
partie mécanique d'une loi, hein? Là, on tombe dans… Les
négociations de première ligne ont
été faites, on est rendus dans les négociations du gouvernement cri avec le
ministre. Ça fait qu'on sait que des fois ilfaut laisser un peu de temps passer, des fois c'est long. Donc, on n'a
pas jugé bon, à ce moment-là... Là, ce n'est plus undébat de fonctionnaires, c'est un débat, là, de
nation à nation pratiquement. Donc, effectivement, on laisse place, là, à fixer
des délais jugés raisonnables.
La Présidente (Mme Champagne) : On juge de la bonne foi de tous. Alors, le 79.14,
c'est correct? Donc, accepté. Et on passe au 79.15, M. le ministre.
M. Lelièvre : Oui. «79.15. Le Gouvernement de la nation crie et le ministre des
Ressources naturelles peuvent conclure une entente de la nature de celle
visée au troisième alinéa de l'article 21.17.2 de la
Loi sur le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation
du territoire (chapitre M-22.1) afin d'assurer la mise en oeuvre du plan et d'adapter
les actions du gouvernement du Québec aux caractéristiques des terres telles
que définies par le plan.
«Le Gouvernement de la nation crie
rend public le plan régional de l'utilisation des terres et des ressources
approuvé par le ministre ainsi que toute entente visée au premier
alinéa.»
La Présidente (Mme
Champagne) : Commentaires à 79.15?
M. Lelièvre : Je vais lire la note, si vous permettez. D'ailleurs, je me rends compte
qu'il y en a peut-êtrequelques-unes,
là, qui ont été oubliées. 79.15, c'est-u celle-là? O.K. C'est
beau. On dit : Si le ministre approuve le projet de plan, il peut
conclure une entente avec le Gouvernement de la nation crie afin d'en assurer
la mise en oeuvre.
Donc,
tantôt, quand on parlait de plan de mise en oeuvre, là, on voit que le plan, c'est
une chose en soi, mais, leplan étant
plus général, pour trouver vie, hein… aussi bien que l'entente, là, qui a été
ratifiée l'année dernière entre legouvernement
cri et le gouvernement du Québec, doit être reprise dans une loi, bien le plan
devra être repris dans une entente de mise en oeuvre. Donc, c'est un peu
la même logique qui s'applique, là.
La Présidente (Mme Champagne) : Est-ce qu'il y a des commentaires sur le 79.15?
Alors, c'est accepté également. Alors
là, nous allons dans le dernier bloc, qui est Affectation des terres de la
catégorie II. Et, de 79.16 à 79.26,il n'y a qu'un commentaire, M. le ministre. Alors, est-ce que vous avez
le goût de lire tout ça puis de faire le commentaire, ou on procède
encore un par un?
La Présidente (Mme Champagne) : On y va puis, s'il y a des inquiétudes, on
avisera. Alors, M. le ministre, allez-y. 79.16.
M. Lelièvre : Est-ce que je pourrais demander un ajournement d'une minute au plus? J'ai
une question d'éclaircissement.
La Présidente (Mme
Champagne) : Tout à fait.
M. Lelièvre :
Une suspension.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, suspendons-nous.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, suspension pour quelques minutes.
(Suspension de la séance à
15 h 38)
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, nous allons reprendre les travaux. À l'ordre,
s'il vous plaît! Ça va être beau à 10 h 30 ce soir, ça, hein?
Alors, nous allons
reprendre les travaux à la
section VIII.2, «Affectation des terres de la
catégorie II». Alors, M. le ministre, on y va avec le 79.16 qui semble être
dans un même lien jusqu'au 79.26. Et, si on travaille bien, on va pouvoir adopter le 48 avant 16 heures. C'est bon,
hein? Alors, on y va, M. le ministre. Je ne mets pas de pression, mais j'en
mets un peu.
M. Lelièvre :
Bien. C'est un travail d'équipe, vous savez, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Champagne) : C'est ça. Il faut finir à un moment donné, il
faut aboutir. C'est comme un accouchement.
M. Lelièvre :
Moi, je peux les lire, mais il faut les adopter.
La Présidente (Mme
Champagne) : C'est ça, exactement. Allons-y, allons-y.
M. Lelièvre : Oui. 79.16, donc : «Malgré toute disposition contraire prévue à la
section III du
chapitre II de laLoi
sur les terres du domaine de l'État (chapitre T-8.1), les dispositions
suivantes s'appliquent à l'égard des terres de la catégorie II visées à
un plan d'affectation des terres.»
On est dans la
section VIII.2, «Affectation des terres de la catégorie II», bien sûr.
La Présidente (Mme
Champagne) : Commentaires? Oui, Mme la députée de Montmorency.
St-Laurent : Oui. Mme la
Présidente, je pense que je vais donner une information, elle est très utile.
Parceque j'ai toutes les lois avec
moi. C'est que, dans le fond, pour bien comprendre ce qui va suivre, c'est qu'évidemment
laLoi sur les terres du domaine de l'État
prévoit que «le ministre prépare, avec la collaboration des ministères
concernés, un plan d'affectation des terres pour toute
partie du domaine
de l'État qu'il détermine».
Donc, c'est
pour ça qu'on dit «malgré toute disposition contraire» dans cette loi, parce qu'évidemment,
dans la loi,c'est prévu que c'est le
ministre qui prépare ça avec les ministères concernés, tandis que, dans ce qui
s'en vient — parceque je lisais la suite — dans ce qui s'en vient, évidemment, on déroge
à la loi pour dire que maintenant c'est le Gouvernement de la nation crie qui est invité à participer aux travaux d'élaboration
de toute proposition de plan, ce quin'est
pas la même chose dans la loi. Je pense, c'est dans ce but-là qu'on a mis le
premier alinéa, c'est-à-dire 79.16, pour dire «malgré toute disposition
contraire».
La Présidente (Mme Champagne) : C'est
ça. Merci de l'information, madame...
Mme St-Laurent : Je voulais
expliquer un peu à tout le monde pour le reste, là, ce qui est dans...
La Présidente (Mme Champagne) :
Merci, vous êtes très studieuse, Mme la députée de Montmorency.
Mme St-Laurent : Bien oui, c'est...
La Présidente (Mme Champagne) : Ce
qui est une qualité, hein?
Mme St-Laurent : On n'est pas
toujours de...
Présidente (Mme Champagne) :
Alors, est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur le 79.16? Pas de commentaires
sur le 79.16?
Lelièvre : ...l'information,
hein, qui est à la page 110. Ça va peut-être répondre en
partie à la question
de...
La Présidente (Mme Champagne) : Page
M. Lelièvre : ...oui, de notre
députée. Les articles 79.16 à 79.26, relatifs au processus d'élaboration du
plan d'affectation des terres de l'État, s'appliquent
à l'égard des terres de la catégorie II malgré toute disposition contraire de
la
Loi sur les terres du domaine de l'État,
article 79.16.
Donc, ce qui
est prévu au niveau du présent article, c'est que c'est le gouvernement qui va
élaborer, hein, ce qu'onappelle le
plan d'aménagement des terres publiques, le PATP, c'est le gouvernement qui l'élabore.
Bien sûr, il va y avoirdes
consultations avec le Gouvernement de la nation crie, mais, contrairement à l'article
précédent, où là c'était leGouvernement
cri qui élaborait une planification et qui la soumettait pour approbation du
ministre afin qu'elle rentre envigueur,
là c'est le gouvernement du Québec, mais via essentiellement le ministère des
Ressources naturelles, qui doitélaborer
le plan d'aménagement des terres publiques. Donc, c'est aussi un certain
caractère exceptionnel à cette démarche-là.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre, est-ce que vous complétez la lecture au complet?
M. Lelièvre : Les autres articles, c'est
79.17, à ce que je...
La Présidente (Mme Champagne) : O.K.
O.K., c'est beau. Parfait.
M. Lelièvre : Vous parlez des notes
complémentaires, là?
La Présidente (Mme Champagne) : Oui,
c'est ça.
M. Lelièvre : Bien là, c'est 79.17.
Ça sera à l'autre
article qu'on pourra le lire.
Présidente (Mme Champagne) :
O.K. Excellent. Excellent. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur 79.16?
Donc, cela étant accepté...
La Présidente
(Mme Champagne) : Mettre la
table, voilà, c'est ça. 79.17. Oui, Mme la députée de Montmorency.
St-Laurent : Juste préciser
que c'est l'article 21 de la
Loi sur les terres et domaines de l'État qui
prévoyait que c'était le ministre et les ministères concernés.
Lelièvre : Exactement. Puis
là, à l'article 79.16, on vient mentionner que, malgré toute disposition
contraire... Donc, vous avez raison, la règle générale vient d'être
modifiée par 79.16.
Présidente (Mme Champagne) : Et voilà. 79.17, M. le...
M. Lelièvre :
Oui, exactement.
La Présidente (Mme
Champagne) : O.K. Donc, on va aller à 79.17. M. le ministre.
M. Lelièvre : Donc, l'article 21 s'applique mais avec des adaptations, O.K. C'est ce
qu'on va voir aux prochains articles, là.
La Présidente (Mme
Champagne) : O.K. Alors, allez-y, M. le ministre, 79.17.
M. Lelièvre :
Je pense qu'on va tout le lire globalement, ça va être mieux. Les réponses
arrivent toujours un paragraphe après. Vous êtes...
M. Lelièvre :
On va continuer comme ça. Je pense que c'est le dernier
article qui est aussi
rigoureux.
La Présidente (Mme
Champagne) : ...mêlant sur le même cerveau. Alors, 79.17.
M. Lelièvre :
Là, c'est un commentaire qui pourrait porter...
La Présidente (Mme
Champagne) : Porter à confusion.
M. Lelièvre :
À discussion, en tout cas.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, demain, demain. 79.17, M. le ministre.
M. Lelièvre : Oui. «79.17 Le Gouvernement de la nation crie est invité à participer
aux travaux d'élaboration de toute proposition de plan d'affectation des
terres portant sur des terres de la catégorie II.»
Donc,
ça vient un peu préciser 79.16. C'est que, oui, c'est le gouvernement qui est
responsable de l'élaboration du PATP, mais le Gouvernement de la nation
crie est invité à participer, donc, aux travaux. Donc, il y a quand même un
échange, une consultation qui se fait via le libellé de 79.17.
Comme notes d'information,
79.17, on dit : Le Gouvernement de la nation crie est invité à participer
aux travaux d'élaboration de toute
proposition — donc
toute proposition de plan, donc ça pourrait même déborder — portant
sur des terres de la catégorie II, qui est le niveau de terres qui est confié
dans le cadre de la présente loi et éventuellement dans les futures
ententes de délégation.
La Présidente (Mme
Champagne) : Excellent. Est-ce qu'il y a des commentaires sur 79.17? C'est
parfait. On va passer au 79.18.
M. Lelièvre :
«79.18. Dès qu'une proposition de plan d'affectation des terres est élaborée,
le ministre des Ressources naturelles transmet cette proposition pour avis au
Gouvernement de la nation crie.»
Donc,
c'est un peu la mécanique de transmission, en complément de 79.17. À 79.18, je
présume que la note va être...
La Présidente (Mme
Champagne) : ...commentaires, M. le ministre, jusqu'à 79.26.
M. Lelièvre : O.K. Donc, le Gouvernement de la nation crie est appelé à présenter son
avis sur la proposition deplan selon
le processus décrit aux articles 79.18 à 79.26. Le ministre des Ressources
naturelles et le Gouvernement de lanation
crie échangent, selon le processus décrit à ces articles, en vue d'en arriver à
un résultat mutuellement satisfaisant à l'égard de la proposition de
plan.
ministre peut refuser de retenir les commentaires du Gouvernement de la nation
crie, auquel cas il doit motiversa
décision par écrit et rencontrer le Gouvernement de la nation crie pour lui
expliquer sa position et en discuter avec lui,article 79.26. Au terme de ce processus, le ministre peut soumettre le
PATP au gouvernement du Québec pour approbation. Donc, ça, c'est le
processus général qui va encadrer les prochains articles qu'on va lire.
La Présidente (Mme
Champagne) : Donc, 79.18, vous venez de le lire, si je ne me trompe.
M. Lelièvre :
Il a été adopté, 79.18, je crois, oui. On est rendus à 79.19.
Présidente (Mme Champagne) :
Il a été accepté? Bon, bien, parfait. Alors, je vous laisse le lire. J'en avais
comme manqué une, là. 79.19, M. le ministre.
Lelièvre : «79.19. La
proposition de plan peut être soumise à l'approbation du gouvernement du Québec
après l'expiration d'un délai de 90 jours de la date de la transmission
de la proposition au Gouvernement de la nation crie. Cependant, si ce dernier présente au ministre des Ressources naturelles
des observations ou des propositions de modifications àl'intérieur de ce délai, la proposition de plan ne
peut être soumise à l'approbation du gouvernement du Québec qu'aprèsl'expiration du processus prévu aux articles 79.20
à 79.26 ou qu'après que le Gouvernement de la nation crie ait signifié,
par écrit, son accord avec le plan proposé.»
Donc, ce qu'on
retrouve ici, c'est une question de... Là, on vient fixer une échéance et on
dit que, si jamais il y ades
discussions ou des propositions qui sont déposées à l'intérieur du 90 jours, on
doit quand même attendre l'extinction du 90 jours pour permettre d'entrer
en vigueur le document.
La Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce qu'il y a des commentaires sur le 79.19? Donc, s'il n'y a pas de
commentaire, on va accepter le 79.19. On va aller au 79.20.
Lelièvre : «79.20. Les
observations ou propositions de modifications soumises au ministre des
Ressources naturelles par le Gouvernement de la nation crie à l'égard de
la proposition de plan peuvent prendre notamment en considération :
«1° les orientations, principes et objectifs
déterminés par le Gouvernement de la nation crie en consultation avec les
communautés cries et avec l'accord du gouvernement du Québec;
«2° la vocation particulière pour les Cris des
terres de la catégorie II en vertu de la convention;
«3° le statut
des terres de la catégorie II en tant que terres du domaine de l'État,
conformément aux dispositions dela
convention en ce qui concerne, en particulier, l'accès public aux terres du
domaine de l'État et la libre circulation, avec égard aux droits d'exploitation
des Cris, à l'utilisation et à l'occupation des terres de la catégorie II.»
La Présidente (Mme Champagne) :
Commentaires sur 79.20? M. le député de Jacques-Cartier.
Kelley : Alors, ici, j'imagine,
surtout dans le troisième, on soulève la question de l'accès aux terres
publiques, qui a été soulevée, je
pense, notamment par la localité de Radisson. Alors, il y a des protections ici
quant à l'accès auxterres publiques,
mais balisées par, entre autres, les prévisions de la Convention de la Baie
James et d'autres modalités.
La Présidente (Mme Champagne) : C'est
bien ça, M. le ministre?
Lelièvre : Effectivement, on
vient encadrer... Dans le fond, si jamais le Gouvernement de la nation crie souhaitait déposer des propositions au
gouvernement, on vient préciser un peu en vertu de quel objet les propositions
duGouvernement de la nation crie
pourraient être amenées au gouvernement. Donc, on vient statuer un peu sur
lesquellesconditions ou lesquels
éléments pourraient être pris en charge. Puis, entre autres, la question de l'accessibilité,
circulation est un des éléments qui est prédominant dans cet article-là.
Là, on vient encore encadrer puis confirmer la volonté du gouvernement de
garantir l'accès des terres publiques du domaine de l'État, hein, à l'ensemble
de la population.
La Présidente (Mme Champagne) :
Autres commentaires? M. le député de Mégantic.
M. Bolduc (Mégantic) : J'aimerais
juste comprendre la terminologie. Ici, quand on parle de «avec égard aux droits
d'exploitation des Cris», de quel type d'exploitation on parle ici?
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre.
Bolduc (Mégantic) : ...on ne
parle pas de puits de pétrole, on ne parle pas… d'exploitation… Où c'est
défini, ça?
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
Lelièvre : C'est ça, ça fait
référence aux droits déjà reconnus, hein, notamment au niveau de chasse, pêche,piégeage, là, qui sont déjà en vigueur et
qui continuent à s'appliquer. Donc, on a voulu les camper et les réinscrire
dans le cadre de la nouvelle loi.
M. Bolduc (Mégantic) : Mais ça n'inclut
pas les ressources minérales, entre autres, ou forêts.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le député d'Ungava.
Ferland : Étant moi-même
président, je n'aime pas ça qu'on ait un dialogue. Alors, je vais respecter mes
propres règles, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Champagne) : Oui, excellent. Vous êtes d'une rigueur et d'une
discipline…
Ferland : Et voilà. J'étais
en train de déroger à mes règles moi-même. Alors, ramenez-moi à l'ordre. C'est
rare qu'on demande ça, hein?
Non, c'était
juste simplement pour mentionner à mon collègue de Mégantic que tout ce que ça
vient dire, c'estqu'on respecte déjà
ce qui est prévu à la Convention de la Baie James, c'est-à-dire les droits
exclusifs de chasse, de pêche,de
trappe et de piégeage, mais que ça ne vient pas toucher la question de l'exploitation
des ressources naturelles, c'est-à-dire mines, forêts ou, bon, énergie
ou peu importe.
La Présidente (Mme Champagne) : Oui,
M. le député de Mégantic.
M. Bolduc (Mégantic) : Mme la
Présidente, je remercie mon collègue de l'Ungava. Il m'a éduqué.
Présidente (Mme Champagne) :
Donc, bravo pour tous ces remerciements. M. le ministre, avez-vous quelque
chose à ajouter?
Lelièvre : Oui. L'expression
qui est utilisée au... l'expression qui est utilisée, on me fait remarquer que
c'est l'expression qui est carrément reconnue dans l'entente et dans les
documents antérieurs.
Présidente (Mme Champagne) :
Et, au grand bonheur de Mme la députée de Montmorency, tout le projetde loi est porté par l'entente, hein? Il ne faut
jamais l'oublier. Cela étant, M. le député, nous allons donc accepter le 79.20
et nous allons passer au 79.21.
Lelièvre : Oui. «79.21. Le
représentant du Gouvernement de la nation crie et le représentant du ministre
desRessources naturelles, désigné
par le sous-ministre parmi les membres du personnel de direction du ministère,
se réunissentafin d'examiner les
observations ou les propositions de modifications soumises par le Gouvernement
de la nation crie et de tenter d'en arriver à un résultat mutuellement
satisfaisant.»
Donc, encore là, on vient préciser le processus
de négociation, de discussion qui se met en place dès que le gouvernement, éventuellement, de la nation crie
soumettra des demandes de modifications en regard avec le plan d'aménagement des terres publiques. On voit, là,
qu'il va y avoir du personnel d'affecté, déterminé par le sous-ministre
au Ressources naturelles, pour entreprendre les discussions avec la nation
crie.
Présidente (Mme Champagne) :
Commentaires sur le 79.21? C'est beau? Donc, accepté. Nous allons passer
au 79.22. M. le ministre.
Lelièvre : «79.22. Si, après
90 jours de la date de la soumission par le Gouvernement de la nation crie de
sesobservations ou propositions de
modifications, ces représentants ne sont pas en mesure d'en arriver à un résultat
mutuellement satisfaisant, la question est soumise, afin d'en arriver à
un tel résultat, au comité de liaison permanent établi en vertu du
chapitre 11 de l'Entente concernant une nouvelle
relation entre le gouvernement du Québec et les Cris du Québec, conclue le 7 février 2002, approuvée par
le décret n° 289-2002 du 20 mars 2002 et publiée à la Gazette
officielle du Québec le 22 mai 2002.»
Donc, ce que
ça vient préciser, c'est qu'à défaut d'entente, hein, entre le représentant du
ministère et lereprésentant du
gouvernement cri, s'il n'y a pas d'entente mutuelle, il y aura un nouveau
niveau de discussion qui sera interpellé, c'est le comité de liaison
permanent, qui est déjà en place et déjà en vigueur.
La Présidente (Mme Champagne) : Commentaires?
C'est parfait. Alors, on fait : adopté... non pas adopté, accepté. Ça va
être mieux comme ça. On va adopter tantôt. Alors, nous passons à 79.23, M. le
ministre.
Lelièvre : «79.23. Le comité
de liaison permanent fait ses recommandations, unanimes ou divergentes, au
Gouvernement de la nation crie et au ministre des Ressources naturelles au plus
tard le 90e jour suivant le jour de la transmission qui lui a été faite
conformément à l'article 79.22.»
Donc, le
comité de liaison aura une échéance pour intervenir, 90 jours pour déposer aux
deux niveaux de gouvernement sa recommandation.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, voilà que les dates arrivent.
M. Lelièvre : On a un beau délai, c'est
clair. Ça, on aime ça de même.
Présidente (Mme Champagne) :
Alors, il y a des gens satisfaits. Y a-tu des commentaires? Donc, c'est la
satisfaction totale. Accepté. Nous allons aller au 79.24.
M. Lelièvre : «79.24. Sur réception
des recommandations du comité de liaison permanent, le ministre des Ressources
naturelles doit, dès que possible :
«1° appliquer
toutes ces recommandations et soumettre le plan pour approbation par le
gouvernement du Québec;
«2° à défaut, transmettre au
Gouvernement de la nation crie et au comité de liaison permanent ses
conclusionssur les recommandations,
accompagnées de motifs écrits, qui peuvent notamment prendre en compte la santé
ou la sécuritépublique, la
conservation ou la protection de l'environnement ou ce qu'il considère comme
des restrictions déraisonnables à l'accès du public ou à la mise en
valeur des terres et des ressources.»
Donc,
c'est le processus qui se poursuit.
Dès réception de la recommandation, unanime
ou partagée, de la partdu comité de
liaison, on vient expliquer qu'est-ce que le ministre des Ressources naturelles
doit prendre comme décision, comment il doit gérer la situation pour les
étapes qui s'en viennent. Donc, c'est un peu le mandat qui est reconnu au
ministre dans la loi pour gérer le différend.
La Présidente (Mme
Champagne) : Commentaires sur 79.24? M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : Oui, juste pour bien comprendre, Mme la Présidente. On dit : «Sur
réception des recommandationsdu
comité de liaison permanent, le ministre des Ressources naturelles doit, dès
que possible», soit 1° ou 2°, soit 1° appliquer toutes ces recommandations ou, 2°
à défaut, transmettre au Gouvernement de la nation crie…
La Présidente (Mme
Champagne) : ...
Villeneuve : Oui. Non, je veux juste savoir pourquoi on… «À défaut»,
donc il n'y a pas d'obligation de transmettre. À défaut, on peut... Est-ce que
c'est que c'est ça que je dois comprendre?
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre : Dans le fond, la façon qu'il faut comprendre cet article-là… C'est vrai
que ça peut porter à confusion, là. Je comprends votre question. On dit, 1°, c'est,
s'il y a entente, hein, on applique les recommandations puis on soumet leplan pour approbation au gouvernement du
Québec. Donc, s'il y a entente suite aux travaux du comité de liaison, on
soumet ça au gouvernement pour approbation, comme c'est prévu depuis le
début de 79. S'il n'y a pas entente, bien là, à ce niveau, le gouvernement, le gouvernement du Québec, le ministère des
Ressources naturelles doit transmettre au Gouvernement de la nation crie, dans le fond, les conclusions des
recommandations accompagnées des motifs. Puis, dans le fond, c'est de rendre... d'officialiser la
décision au Gouvernement de la nation crie, de transmettre l'information
officiellement s'il n'y a pas entente ou consensus. Est-ce que c'est
vraiment...
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le député de Berthier, ça vous convient?
M. Lelièvre :
Est-ce que c'est assez clair ou…
Villeneuve : Oui, ça va.
La Présidente (Mme
Champagne) : Parfait. Est-ce que le 79.24 est accepté?
La Présidente (Mme
Champagne) : Parfait, accepté. Adopté, tantôt. 79.25, M. le ministre.
M. Lelièvre :
«79.25. Dans les 30 jours suivant la transmission des conclusions du
ministre des Ressources naturelles effectuée
conformément au paragraphe 2° de l'article 79.24, le Gouvernement de
la nation crie réexamine sesobservations
ou ses propositions de modifications à l'égard du plan à la lumière des motifs
formulés par écrit par le ministre des Ressources naturelles et peut
envoyer à ce dernier ses observations finales.»
Donc
là, le processus se poursuit, un long processus de négociation, de discussion.
Et on donne, à ce moment-ci,un délai
de 30 jours au gouvernement cri pour une dernière fois. Parce qu'on
dit : Pour une dernière fois, transmettre à nouveau peut-être d'autres éléments au ministre des Ressources
naturelles, qui pourraient peut-être faire évoluer la situation pour en
arriver à un consensus.
La Présidente (Mme Champagne) : Commentaires? Oui, M. le député de Mégantic,
suivi de Mme la députée de Montmorency.
M. Bolduc
(Mégantic) : Je veux juste valider. Parce qu'ici, s'il n'y a pas
entente sur la discussion, on a une opportunité...
en fait, la nation crie a une opportunité de faire des modifications. Ce n'est
pas un processus qui pourrait sepoursuivre
plus qu'une fois, de là la complexité ou... On parl