CAT — 1 September 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CAT 2021-09-01
Quebec — Committees
La Présidente (Mme Boutin) : Alors,
c'est reparti. Nous sommes en ondes, chers députés. Alors, Mme la ministre,
nous en étions à l'article 71. Avant de présenter le premier amendement,
je vous inviterais à nous faire la lecture de l'article 71.
Mme Laforest : O.K.
L'article 71 du projet de loi apporte diverses modifications à
l'article 6 de la
Loi sur l'éthique et la déontologie en matière
municipale.
Le paragraphe 1° introduit deux nouvelles
règles obligatoires au code d'éthique et de déontologie des élus municipaux,
l'une portant sur le respect et l'autre sur l'honneur et la dignité.
Le paragraphe 2° introduit également une
nouvelle règle obligatoire devant figurer au code d'éthique...
La Présidente (Mme Boutin) :
Excusez-moi, Mme la ministre, on m'informe que vous êtes déjà dans les notes
explicatives.
La Présidente (Mme Boutin) : Il faut
lire seulement... commencer par... pour les spectateurs qui... les fins de la commission,
là, lire l'article 71 en premier.
Mme Laforest : Bien, on ne l'avait
pas lu?
La Présidente (Mme Boutin) : Non, on
m'a informée plusieurs fois de vous le demander. Alors, je m'excuse, je vous
invite à faire la lecture de 71.
Mme Laforest :
L'article 71, il
me semble qu'on l'avait lu. En tout cas, je vais le relire ou je vais le lire.
L'article 71 :
L'article 6 de
cette loi est modifié, dans le premier alinéa :
1° par l'ajout, avant le paragraphe 1°, des
suivants :
«0.1° de se comporter de façon irrespectueuse
envers les autres membres du conseil municipal, les employés municipaux ou les citoyens par l'emploi, notamment,
de paroles, d'écrits ou de gestes vexatoires, dénigrants ou intimidants;
«0.2° d'avoir une conduite
portant atteinte à l'honneur et à la dignité de la fonction d'élu;»;
2° par l'insertion, après le paragraphe 2°,
du suivant :
«2.1° de contrevenir aux articles 304 et
361 de la
Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités
(chapitre E-2.2);»;
3° par l'insertion, dans le paragraphe 4°
et après «valeur,», de «qui est offert par un fournisseur de biens ou de
services [...]».
L'article 71
du projet de loi apporte diverses modifications de l'article 6 de la Loi
sur l'éthique et la déontologie en matière municipale.
Le paragraphe 1° introduit deux nouvelles
règles obligatoires au code d'éthique et de déontologie des élus municipaux,
l'une portant sur le respect et l'autre sur l'honneur et la dignité.
Le paragraphe 2° introduit également une
nouvelle règle obligatoire devant figurer au code d'éthique et de déontologie,
soit l'interdiction de contrevenir aux 304 et 361 de la
Loi sur les élections
et les référendums dans les municipalités.
L'article 304 interdit à un élu
de détenir un intérêt, direct ou indirect, dans un contrat attribué par la municipalité ou un organisme municipal.
L'article 361 oblige l'élu qui a un intérêt pécuniaire dans une question
discutée au conseil de mentionner cet intérêt et de ne pas participer aux
délibérations.
Et le paragraphe 3° modifie la règle prévue
au paragraphe 4° de l'article 6, portant sur les cadeaux offerts aux
élus municipaux. La modification proposée vise à interdire aux élus municipaux
d'accepter tout cadeau, quelle qu'en soit la nature ou la valeur, offert par un
fournisseur de biens ou de services. La règle actuelle ne fait pas de distinction fondée sur la provenance des cadeaux,
et seuls les cadeaux pouvant compromettre l'intégrité et l'impartialité des élus sont prohibés. La proposition d'être plus
restrictif à l'égard des cadeaux offerts par les fournisseurs de biens
ou de services a été recommandée dans le
rapport de la commission sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans
l'industrie de la construction.
L'article 6 actuel, tel qu'il serait
modifié... Je l'ai... je n'ai pas...
Mme Laforest : O.K. Alors, je vais
le lire, mais avec l'amendement qu'on va porter... Je vais le relire avec les
changements dans l'amendement. C'est bon?
La Présidente (Mme Boutin) :
Parfait. Oui, on va lire le premier amendement après.
Mme Laforest : O.K.
L'article 6
actuel :
«6. Les règles prévues au code d'éthique et de
déontologie doivent notamment interdire à tout membre d'un conseil de la
municipalité :
«0.1° de se comporter de façon irrespectueuse
envers les autres membres du conseil municipal, les employés municipaux ou les citoyens par l'emploi,
notamment, de paroles, d'écrits ou de gestes vexatoires, dénigrants ou
intimidants;
«0.2° d'avoir une conduite portant atteinte à
l'honneur et à la dignité de la fonction d'élu;
«1° d'agir, de tenter d'agir ou d'omettre d'agir
de façon à favoriser, dans l'exercice de ses fonctions, ses intérêts personnels
ou, d'une manière abusive, ceux de toute autre personne;
«2° de se prévaloir de sa fonction pour
influencer ou tenter d'influencer la décision d'une autre personne de façon à
favoriser ses intérêts personnels ou, d'une manière abusive, ceux de toute
autre personne;
«2.1° de
contrevenir aux articles 304 et 361 de la
Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (chapitre E-2.2);
«3° de solliciter, de susciter, d'accepter ou de
recevoir, pour lui-même ou pour une autre personne, quelque avantage que ce
soit en échange d'une prise de position sur une question dont un conseil, un
comité ou une commission dont il est membre peut être saisi;
«4° d'accepter tout don, toute marque
d'hospitalité ou tout autre avantage, quelle que soit sa valeur, qui est offert
par un fournisseur de biens ou de services ou qui peut influencer son
indépendance de jugement dans l'exercice de ses fonctions ou qui risque de
compromettre son intégrité.»
Alors, ici, on élargit l'éventail de
comportements sur lesquels la Commission municipale peut enquêter, notamment en
respect sur l'honneur et de la fonction de l'élu, interdire aux élus municipaux
d'accepter des avantages des fournisseurs et des biens de services de la
municipalité, de contrevenir aux articles sur la loi et les élections et les
référendums dans les municipalités. Alors, ici, on vient contrer les
comportements vexatoires, dénigrants,
intimidants ainsi que ceux qui porteraient atteinte à l'honneur et à la dignité
de la fonction de l'élu. Merci.
La Présidente (Mme Boutin) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Maintenant, je comprends que vous avez un premier
amendement à présenter pour l'article 71.
Laforest :
L'article 71 : Remplacer, dans le texte anglais
du paragraphe 0.1 proposé par le paragraphe 1 de
l'article 61 du projet de loi, «hurtful» par «vexatious».
Cette correction au texte anglais est faite à la
demande des traducteurs de l'Assemblée nationale.
Le texte anglais au paragraphe 0.1 proposé
par le paragraphe 1 de l'article 71, tel qu'il serait modifié :
Section 6 of the Act
is amended, in the first paragraph,
(1) by adding the following
subparagraphs before subparagraph 1 :
«(0.1) behaving in a disrespectful manner toward other
members of the municipal council, municipal employees
or citizens, in particular by using vexatious,
denigrating or intimidating language, writings or gestures.»
La Présidente (Mme Boutin) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a des
interventions sur ce premier amendement? M. le député de Chomedey.
M. Ouellette : Mme la Présidente, je
pense qu'il est prématuré qu'on adopte ce premier amendement sur la version
anglaise, parce que les travaux que nous avons faits sur le deuxième amendement
de 71 vont réintroduire le mot «vexatoire» à d'autres endroits. Ça fait que je
me demande, si on adopte la deuxième mouture de 71, si ça ne changera pas la
version anglaise.
La Présidente (Mme Boutin) : Vous
pouvez y aller, madame.
M. Ouellette : Est-ce qu'on pourrait
suspendre ce premier amendement là?
Mme Laforest : Non, non.
Mme Laforest : On ne pourrait pas le
suspendre, parce qu'en fait on ajoute le mot «vexatoire», puis, dans l'amendement
qui s'en vient, c'est justement au niveau de l'incivilité ou civilité
vexatoire, gestes vexatoires. C'est juste la version du mot anglophone, donc ça
ne change pas au niveau de l'amendement qu'on va déposer. Il n'y a pas de lien,
il n'y a pas de...
M. Ouellette : O.K. Si je comprends
bien, c'est que ce que vous venez de nous lire de l'article 71, dans le
texte anglais, qu'on retrouve dans l'encadré, à chaque fois qu'on va voir le
mot «hurtful», bien, ça va être écrit «vexatious», là, «vexatoire». Ça veut
dire que, peu importe où il va être dans la phrase, c'est tout simplement de
remplacer le terme «hurtful», là, par «vexatious».
Mme Laforest : Le terme «hurtful»
par «vexatious», «yes». Oui, «yes».
M. Ouellette : O.K. C'est beau.
La Présidente (Mme Boutin) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions par rapport à cet amendement? S'il n'y a pas
d'autre intervention par rapport au premier amendement de l'article 71, on
va procéder à la mise aux voix de l'article... l'amendement de l'article 71.
Le Secrétaire : Pour, contre
ou abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
Le Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Le Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
Le Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
Le Secrétaire : Mme Nichols
(Vaudreuil)?
Le Secrétaire : Mme Boutin
(Jean-Talon)?
La Présidente (Mme
Boutin) : Abstention. Alors, l'amendement de l'article 71 est
adopté. Et, à des fins procédurales et pour respecter le règlement, je me dois
de vous demander le consentement pour faire l'appel nominal pour la journée.
La Présidente (Mme Boutin) :
Consentement. Parfait. Alors, il est adopté. Mme la ministre, je comprends que vous avez un deuxième amendement
pour l'article 71 à nous présenter. Je vous inviterais à
nous en faire la lecture.
Mme Laforest :
L'article 71 : Remplacer l'article 71 du projet de loi par le
suivant :
L'article 6 de cette loi est
modifié :
1° par l'ajout, avant le paragraphe 1°
du premier alinéa, des suivants :
«0.1° de se comporter de façon irrespectueuse
envers les autres membres du conseil municipal, les employés municipaux ou les
citoyens par l'emploi, notamment, de paroles, d'écrits ou de gestes vexatoires,
dénigrants ou intimidants ou de toute forme d'incivilité de nature vexatoire;
«0.2° d'avoir une conduite portant atteinte à
l'honneur et à la dignité de la fonction d'élu;»;
2° par l'insertion, après le paragraphe 2°
du premier alinéa, du suivant :
«2.1° de
contrevenir aux articles 304 et 361 de la
Loi sur les élections et les
référendums dans les municipalités (chapitre E-2.2);»;
3° par
l'insertion, dans le paragraphe 4° du premier alinéa et après «valeur,»,
de «qui est offert par un fournisseur de biens ou de services ou»;
4° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Le code
d'éthique et de déontologie doit prévoir l'obligation, pour chaque membre du
conseil de qui relève du personnel de cabinet, de veiller à ce que le
personnel dont il est responsable suive la formation prévue à
l'article 15.»
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Boutin) : Merci
beaucoup. Y a-t-il des interventions? Mme la députée de Vaudreuil, à vous la
parole.
Mme Nichols : Oui, certainement.
Bien, d'emblée, Mme la Présidente, là, je voudrais remercier l'ouverture
de la ministre et la collaboration des légistes, qui est toujours, évidemment,
là, très appréciée.
Je reviens sur la notion de civilité et
d'incivilité. Je l'ai déjà mentionné hier, là, c'était à l'article 69,
puis on s'était pris un petit peu d'avance, là, pour introduire ladite notion,
mais je le réitère, toute l'importance de la civilité en 2021 et les années qui
s'en viennent. On a été témoin, puis on en lit encore dans les journaux presque
quotidiennement, là, d'actes déplorables entre élus, de propos qui ne peuvent
pas se tenir.
Bien sûr, moi, j'aurais aimé aller un petit peu
plus loin. Je ne le cacherai pas, je ne le cacherai pas, moi, j'aurais voulu qu'on puisse avoir un code de
déontologie mais qu'on puisse aussi avoir un code d'éthique. Je
comprends que c'est... un code d'éthique? Un code de civilité. Bon, là, je
comprends qu'on s'embarquait peut-être dans une procédure, là, beaucoup plus
longue, mais je pense qu'on arrive quand même à un beau compromis en trouvant,
là, une façon d'intégrer cette notion-là dans le présent projet de loi mais
aussi dans le code de déontologie.
Ça fait que je veux juste m'assurer... je veux
juste poser des questions à micro ouvert, là, pour être certaine, là, qu'on
s'en va à la bonne place. Bien sûr, je me doute un peu des réponses, parce que
je les ai déjà posées, mais je veux... Puis je l'ai dit, là, c'est important,
la civilité, mais, pour moi, c'est important que quelqu'un qui s'engage en
politique sache que c'est encadré, sache que la volonté des élus, ici, à l'Assemblée
nationale, la volonté du législateur, parce qu'on est des législateurs, hein,
on a cette responsabilité-là, donc que la volonté des législateurs, c'est de
dire à ceux qui se présentent en politique municipale : Bien, on n'endosse
pas ce type d'incivilité là. Ça fait qu'on vient l'intégrer pour vous, c'est un
type... ce n'est pas une assurance, parce qu'évidemment il y en aura toujours,
mais c'est pour vous dire que nous, ici, à l'Assemblée nationale, on en fait
une priorité, ça a été porté à notre attention, puis on l'intègre dans le code
de déontologie.
Donc, ma question,
c'est... Étant donné qu'on le met dans le code de déontologie, je veux
m'assurer qu'il y aura une possibilité pour la CMQ d'intervenir parce
que cette notion-là fait
partie des énumérations qu'on vient ajouter à l'article 71.
Ça, c'est ma première question.
La Présidente (Mme Boutin) : Mme la
ministre.
Laforest : Oui, en fait,
bien, c'était vraiment... le code de civilité, on en a parlé beaucoup
hier. Évidemment, on savait que c'était complexe. Maintenant, on a
ajouté, au départ, la valeur du respect de la civilité et la valeur du respect, qui est très englobant. On
ajoute l'amendement, ici, de tout geste d'incivilité ou d'incivilité
vexatoire. Donc, à ce moment-ci, on a eu des discussions également avec la Commission
municipale, et, même la Commission municipale, ça leur permet d'agir plus
rapidement, plus directement en ajoutant le terme «civilité» et «vexatoire».
Donc, c'est sûr que, là, évidemment, c'est plus concret.
Il y a une chose aussi que je voudrais ajouter,
parce qu'étant donné qu'on l'a modifié ici, par amendement, il faut voir que,
dans le projet de loi, comme on a discuté, quand on va parler de civilité, il
faut toujours se référer à l'article qu'on adopte là, l'amendement qu'on adopte
là, parce que, veux veux pas, étant donné qu'on donne plus de sévérité et plus d'importance aux termes «civilité»,
«incivilité», bien, c'est certain que, dans le projet de loi, il va falloir
penser que c'est une valeur, et plus qu'une valeur, c'est une règle, dans le
projet de loi n° 49, qu'on vient d'ajouter. Donc, à toutes les
municipalités, dans leur code d'éthique, la notion et la valeur de... pas juste
la valeur de civilité mais les règles pour avoir l'interdiction des gestes
d'incivilité, bien, sera demandée, sera même exigée.
La Présidente (Mme Boutin) : Merci.
Mme la députée.
Mme Nichols : Parfait, c'est clair.
Ça fait que je comprends que la CMQ... Parce que, dans les différents échanges,
on a communiqué avec la CMQ, puis Me Marois, entre autres, là, a donné,
là, sa position, puis ce que je comprends, c'est que la CMQ pourra trancher ou
pourra rendre une décision quand cette notion de civilité, on dit «incivilité
vexatoire», là, sera soulevée. C'est ce que je comprends.
Mme Laforest : Exactement, oui.
Mme Nichols : Parfait. Mon autre
question... Le fait qu'il soit dans le code de déontologie... Je veux
simplement comprendre la portée. Je comprends l'énumération, mais je veux me
faire confirmer, là, la portée par le fait qu'il soit inclus dans le code de
déontologie.
Mme Laforest : Bien, le code de
déontologie, le code d'éthique également, c'est maintenant, avec le projet de
loi n° 49, une obligation. Parce que, par le passé,
il y a plusieurs, plusieurs municipalités qui ont un bon code d'éthique, un bon
code éthique et déontologie, mais il y a des municipalités qui n'ont pas de
code ou encore qui n'exigent pas la formation du personnel en respect du code
d'éthique et de déontologie. Donc, évidemment, c'est une mesure plus concrète,
plus sévère, mais, en même temps, c'est ça qu'on veut, on veut que les
municipalités respectent leur code d'éthique, aient un bon code d'éthique et de
déontologie.
Donc, avec la notion qu'on amène ici, les
municipalités devront également l'adopter par règlement. Donc, on va vraiment
plus loin, c'est ça que... Ce n'est pas juste par résolution, c'est vraiment
par règlement. Donc, évidemment, les municipalités, ça fait bien. On commence
en novembre avec de nouveaux conseils municipaux ou des conseils municipaux qui
étaient les mêmes, on ne le sait pas, on va voir, mais, en même temps, avec cette
notion-là, cette exigence-là, en ajoutant en plus l'obligation de formation
dans un délai prescrit pour la formation en éthique, en plus de la notion de
civilité, je crois qu'on va redorer la fonction d'élu, ce qui est très, très
important. Malheureusement, on vit des gestes, depuis quelques années, des fois
des gestes inappropriés, dans les conseils municipaux. Donc, on vient aider la
fonction de l'élu, ce qui est très positif aujourd'hui.
Mme Nichols : J'ai l'impression de
poser des questions suggestives, ce qui n'est souvent pas permis à la cour,
mais j'y vais avec une autre question. On disait que le code de déontologie,
bien, c'est un rappel, là, le code d'éthique et de déontologie dans les
municipalités est adopté par règlement. Nous, ce qu'on vient faire ici, là,
juste pour que ça soit clair, c'est qu'on vient faire l'énumération de règles,
règles de base, des règles minimales qui doivent être incluses dans le code
d'éthique et de déontologie de la municipalité. Alors, chaque municipalité doit
adopter son code d'éthique.
Puis ce qui arrive souvent, puis on en a entendu
aussi, dans les commissions parlementaires, on a entendu des élus à la FQM, à
l'UMQ... Moi, j'ai déjà entendu, entre deux municipalités... bon, ce n'est pas
les municipalités qui se parlent, là, mais mettons, entre deux D.G. ou entre
des greffiers, genre : Ah! toi, ton code d'éthique, là, on a à peu près la
même municipalité, même nombre d'habitants, ça se ressemble, envoie-moi ton
code d'éthique, je vais faire un petit copier-coller, je vais l'ajuster. Ça fait
que, souvent, c'est comme ça que ça fonctionne, parce que les petites municipalités
n'ont pas nécessairement les sous, n'ont pas... pour élaborer un gros code
d'éthique et de déontologie. Ça fait que
c'est souvent du copier-coller, ça circule, puis il y a bien des municipalités qui ont le même code d'éthique.
Moi, ce que je comprends, là, puis je veux... c'est
ça que je veux m'assurer, c'est que la notion de civilité qu'on met ici est une
règle de base qui doit absolument être incluse dans tous les codes d'éthique et
déontologie, là, qui seront adoptés par règlement, là, au Québec, là — on va
y aller : au Québec. Ce que je comprends, c'est qu'il peut y avoir... une plus grande municipalité pourrait décider de rajouter des règles à son code d'éthique et de
déontologie, d'être plus sévère, comme, par exemple, pourrait décider... il y
en a, des municipalités, au Québec, là, qui ont décidé d'avoir leur propre code de civilité, ça existe déjà. Ce
n'est pas obligatoire, mais on fait déjà un pas en incluant aussi cette notion de
civilité là. Mais, moi, ce que je veux me faire confirmer, c'est que cette
règle de base, c'est une règle de base qui
doit être dans tous les codes d'éthique et déontologie des municipalités qui doivent être adoptés par règlement.
Mme Laforest : C'est un excellent
point, parce que, oui, les municipalités, avec leur... le fameux guide de
l'éthique... le guide de l'élu, en fait, avec le code d'éthique... c'est un
excellent point, parce qu'avec ce qu'on ajoute là il faut aviser que toutes les
municipalités vont devoir avoir la notion d'incivilité de nature vexatoire dans
le code d'éthique. Parce que, vous avez raison, la commission municipale, c'est
une exigence avec toutes les modalités qu'on a ajoutées ici, dans
l'article 71. Donc, ça, c'est obligatoire pour toutes les municipalités,
par respect, dans leur code d'éthique.
Donc, évidemment, pour toutes les municipalités,
il faut aviser que la notion qu'on vient d'ajouter, d'incivilité de nature
vexatoire, doit être étudiée, obligée en plus, là, pour tous les nouveaux
conseils municipaux. Ça fait qu'on va sûrement envoyer une petite note à toutes
les municipalités, parce que c'est une notion importante, la notion
de civilité, vous l'aviez vraiment demandée. Mais même toutes les municipalités
du Québec ne l'ont pas présentement, parce que ce n'était pas dans les obligations,
ça fait qu'on va aviser les municipalités d'ajouter cette valeur dans... cette
règle dans leur code d'éthique.
Mme Nichols : Juste en terminant,
avant de passer la parole à mon collègue, je reviens sur les mots choisis. Je
pense que c'est important puis je pense qu'il y a un travail aussi qui a été
fait ici, il y a eu des échanges avec les juristes, là. Ici, on vient choisir
les mots «une forme d'incivilité de nature vexatoire». Donc, je pense que c'est
important que ceux qui nous écoutent comprennent que ces mots-là ont été
choisis parce qu'on ne veut pas non plus se ramasser avec des cas où
l'incivilité pourrait porter sur... bien, tu m'as tutoyée, c'est de
l'incivilité.
Alors, tu sais, l'incivilité de nature
vexatoire, là, évidemment, ça sera sûrement déterminé, parce qu'il y aura des cas qui seront soulevés puis il y aura
sûrement une petite jurisprudence ou il y aura... la CMQ pourra, évidemment, là, le traiter, mais je veux juste rappeler, là, l'importance des mots qui
sont insérés ici, dans cet amendement-là. On parle de formes
d'incivilité de nature vexatoire, puis, pour moi, ça veut dire quelque chose,
là, ce n'est pas un concept abstrait ou non défini, là, mais c'est un concept,
là, qui évidemment, là, pourra évoluer, là, dans les prochaines années. Donc,
je rappelle toute l'importance des mots que nous avons choisis.
Mme Laforest : J'aimerais ajouter,
Mme la Présidente, parce que les élections arrivent, on le sait, le
7 novembre 2021, on a fait plusieurs publications, on a la tournée Je
me présente dans toutes les municipalités, puis moi, j'invite les gens à
considérer le projet de loi n° 49, parce que, je veux en profiter pour le
dire, si on amène des notions, un meilleur encadrement pour les conseils
municipaux et pour le personnel, également, de cabinet, bien, c'est qu'on veut
accompagner les municipalités, on veut accompagner les élus et le personnel,
également, dans les municipalités et le personnel de cabinet.
Donc, je sais puis je le redis, la notion de
civilité était vraiment importante pour ma collègue. Maintenant, tout ce qu'on fait dans le projet de loi
n° 49, je veux vraiment que les gens qui veulent se présenter ou qui se
présentent aux élections de 2021 voient que le gouvernement, avec le projet de
loi, on va les accompagner, il y a un bon encadrement.
La Commission municipale, maintenant, va pouvoir agir plus rapidement s'il y a
des gestes inacceptables.
Et la
profession, si je peux dire, ou être élus municipaux, c'est tellement
important. Puis les gestes inappropriés, les paroles inappropriées, des
gestes, et on le dit, là, qu'on vient de nommer ici, dans le projet de loi,
bien, c'est certain qu'on veut des conseils municipaux qui se passent très,
très bien, puis des gestes inappropriés puis des paroles ou de l'incivilité,
comme on le dit, là, c'était inacceptable. On veut que ça se déroule bien puis
on veut de bons élus. Alors, moi, je dis aux élus qui se présentent aux
élections : On vient corriger certaines lacunes qu'il y avait dans les
conseils municipaux ou encore dans les cabinets municipaux, puis c'est juste
pour le meilleur des élus et des citoyens, évidemment. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Boutin) : M. le
député de Chomedey, vous aviez une intervention.
M. Ouellette : Oui, Mme la
Présidente. J'entends les propos de la ministre, qui sont rassurants mais qui
vont aussi demander un exercice de mise à niveau importante au niveau de toutes
les municipalités, parce que ce qu'on apporte
comme changements au projet de loi n° 49 vont obliger les municipalités à
réadopter, ou ajuster, ou actualiser leurs codes d'éthique et de
déontologie, en faire une
partie pour ceux qui auront des cabinets. Et la
réflexion que j'ai, Mme la ministre, pourquoi on ne profiterait pas de
l'opportunité qui nous est donnée et l'opportunité qui est donnée aux
municipalités de...
La plus grande problématique que nous avons,
c'est la disparité dans les codes d'éthique et de déontologie, dépendant des
municipalités. Puis, hier, on en a parlé, on étudie, là, puis, à part du
président de la Commission municipale du Québec, qui doit religieusement nous
écouter, il y a énormément de firmes de consultants qui nous écoutent aussi et
qui vont avoir, dès l'adoption du projet de loi, qui vont avoir à offrir des
services clés en main de codes d'éthique et de déontologie en fonction des
nouvelles règles et qui vont faire ça aux municipalités mieux nanties, moins
bien nanties, etc. Parce que je suis sûr que, si on faisait une rétrospective
provinciale de provenance des codes
d'éthique et de déontologie dans les municipalités, bien, l'attention serait
polarisée sur tel groupe de consultants ou tel autre groupe de
consultants. On l'a vu, et j'aurai l'opportunité d'en parler quand on arrivera
au rôle de la Commission municipale, et... on l'a vu avec la loi n° 1 sur
l'intégrité des marchés publics, où certains groupes de consultants étaient
référés par des institutions pour aider les entreprises à se régulariser afin
d'obtenir une licence, ça nous avait
d'ailleurs été confirmé par le président de ces institutions-là quand il est
venu en commission parlementaire.
Je me dis, profitons donc de cette opportunité
qui est donnée à toutes les municipalités, ils vont être obligés de le revoir,
ils vont être obligés de le réactualiser. Et je pousse plus loin ma réflexion
puis je vais vous en parler, Mme la Présidente, quand on va parler du rôle de
la Commission municipale, je me demande jusqu'à quel point la Commission municipale, parce que c'est elle qui va
avoir à trancher, c'est elle qui va avoir à intervenir, c'est elle qui
va avoir à jauger ce qu'on vient de... ce qu'on veut avoir dans notre article,
les comportements vexatoires... S'il y avait une uniformité dans les codes
d'éthique et de déontologie qui pourrait peut-être être chapeautée par la
Commission municipale ou qui pourrait peut-être être... dont l'uniformité des
codes... Il devrait y avoir un code de base qui serait suggéré par... je le dis
comme je le réfléchis, il devrait y avoir un code de base suggéré par la
Commission municipale, sur lequel il pourrait travailler ou il aurait à rendre
des décisions. Parce que, là, ils ont autant de codes qu'il y a de municipalités, sauf ceux qui sont allés avec les mêmes firmes
de consultants et qui ont offert ces services-là dans les municipalités.
Ça fait que je nous
suggère... Et je vous en parle, Mme la Présidente, je pense que nous avons une
opportunité en or puisque tous les codes de déontologie devront être réadoptés
par les municipalités pour inclure ce que nous faisons aujourd'hui dans le but
d'assurer un meilleur décorum, un meilleur respect de la personne. Parce que je pense qu'avec les interventions de ma
collègue de Vaudreuil sur la civilité puis sur les incivilités, qu'on a
inscrites à l'amendement de l'article 71, on vise le respect de chacun des
élus municipaux, on vise... Combien de déclarations ou combien d'élus
municipaux... Puis je pense à des villes en Montérégie que je ne nommerai pas aujourd'hui,
là, mais je pense à plusieurs villes où les
maires, les conseillers, ne se sont pas représentés à l'élection de 2021 parce
que, bon, leur santé mentale est atteinte
par l'incivilité existant dans leur conseil ou dans leurs délibérations. Et
plusieurs se disent : Bon, bien,
je vais passer à autre chose. Ça nous démontre encore l'importance que nous
accordons... Et je joins ma voix à celle de ma collègue de Vaudreuil
pour dire à la ministre merci de son ouverture. C'est très important.
Puis, pour répéter, et je le disais dans les
derniers jours, le législateur ne parle pas pour rien. Deux fois, en deux
lignes, dans le même paragraphe où est-ce qu'on met le mot «vexatoire», on met
le mot «vexatoire» pour des gestes, mais on met le mot «vexatoire» pour des
comportements, et je pense qu'il faut que les gens prennent ça au sérieux et il
faut que les gens qui s'investiront en politique et qui siégeront dans des
conseils de ville se diront... ils seront convaincus qu'ils sont protégés et
que, s'il y a des écarts de langage, de conduite, de geste, d'écrit, il y a une
instance qui s'appelle la Commission municipale qui interviendra.
Et le but de l'intervention que je vous faisais,
Mme la Présidente, je pense, c'est en plein le temps qu'on essaie de regarder
l'homogénéité des différents codes... je comprends qu'on va avoir une base,
mais l'homogénéité des différents codes existants dans les municipalités du Québec,
justement, pour qu'on parle tous le même langage.
La Présidente (Mme Boutin) : Merci,
M. le député. Mme la ministre, souhaitiez-vous intervenir?
Mme Laforest : Oui, bien, c'est
certain que, l'essentiel, un, les municipalités peuvent avoir leurs codes d'éthique. C'est important aussi de laisser les
municipalités elles-mêmes faire leurs codes d'éthique. Les
municipalités, et les élus, et les employés
des municipalités doivent se l'approprier. Donc, si on commence à donner un exemple
à suivre partout semblable au Québec,
on ne permet pas aux municipalités de s'approprier leur code d'éthique et de
déontologie dans leur municipalité. Donc, c'est important de leur laisser.
Par contre, on a l'UMQ et la FQM qui donnent
quand même des exemples pour certains codes d'éthique pour les plus petites
municipalités. Quand vous dites qu'il y en a qui ont de la difficulté, parfois
on demande à la municipalité, comme on le disait tantôt, d'à côté de nous
partager leur code d'éthique, mais l'UMQ et la FQM sont là également pour
soutenir certaines municipalités. Il y a aussi l'article 33 de la
Loi sur
l'éthique et la déontologie qui donne des bases solides pour comment ériger un
code d'éthique.
Puis, tantôt, on va arriver à l'article 73,
l'article 73 du projet de loi n° 49. On va adopter, nous tous
ensemble, les... comment je pourrais dire, les éléments principaux qui doivent
être dans un code d'éthique. Donc, on a quand même une base solide avec la
Commission municipale, avec l'article 33 qu'on va... avec
l'article 33 de la
Loi sur l'éthique et la déontologie. On va, tantôt,
adopter l'article 73, qui donne une base solide, exige certaines
formalités dans toutes les municipalités, mais le reste est tellement
important, le reste... Honnêtement, les municipalités, moi, je le dis, là,
fonctionnent très, très bien, surtout après un an et demi qu'on a vu en
pandémie. Moi, je les ai félicitées, parce que ça s'est bien passé dans les
municipalités.
Donc, de leur envoyer un modèle à suivre, je ne
serais vraiment pas d'accord, parce que, quand on a un modèle parfait, comment
s'approprier notre modèle à nous? C'est impossible. Donc, il faut laisser les
municipalités le faire elles-mêmes. Mais on va arriver à l'article 73
tantôt, vous allez voir, on a un amendement pour démontrer l'importance d'avoir
une bonne base solide dans le code d'éthique, dans toutes les municipalités.
M. Ouellette : Je veux saisir ce
point-là, Mme la Présidente. J'entends ce que la ministre me dit, de donner la responsabilité
aux municipalités, mais, dans la vraie vie, là, en 2021, là, c'est les firmes
de consultants qui proposent des services. Puis, comme je disais, il n'y a pas
juste le président de la Commission municipale qui nous écoute assidûment, les
consultants, les firmes de consultants, là... puis je ne les nommerai pas pour
ne pas les mettre dans l'eau chaude à matin,
mais eux autres travaillent déjà sur le prochain code avec les exigences de base
et proposent des services aux municipalités. C'est de même que ça se
passe, là. Dans la vraie vie, c'est de même que ça se passe.
La municipalité, le code d'éthique puis de
déontologie, là, c'est une plaie, puis je le mets entre guillemets, c'est une obligation
que la loi leur fait. C'est la même chose pour la formation. Ça fait qu'on
propose des services clés en main par des consultants. J'en ai parlé
abondamment hier, je suis encore là ce matin. Dans un monde idéal, il faudrait
que ça soit ce que Mme la ministre vient de nous dire, que les municipalités...
chacune des municipalités, en fonction des besoins... mais, dans la vraie vie,
c'est du copier-coller d'un contrat de service ou d'un code qui a été fait par
un bureau de consultants. Et c'est bien plus facile comme ça, tout l'ouvrage
est fait. Puis ça se passe, en 2021, à beaucoup plus grande échelle.
Ce que je disais et là où je voulais attirer
l'attention, Mme la Présidente, c'est que, sans créer d'obligation et sans
obliger la Commission municipale, le fait qu'on en parle aux citoyens qui nous
écoutent, le fait qu'on en parle en commission parlementaire, probablement que
dans certaines municipalités ou probablement qu'à la Commission municipale ils
seront peut-être un peu plus sensibles sur les coïncidences extraordinaires, le
mot-à-mot des différents codes d'éthique et de déontologie qu'on retrouve dans
des dizaines et des dizaines de municipalités au Québec. Si on a juste fait ça,
si on a juste sensibilisé les élus municipaux ou on a juste sensibilisé la Commission
municipale à ce copier-coller, bien, je vous dirai que notre travail, il est
fait.
On veut avoir les
meilleurs codes, on veut avoir... On travaille, et je le dirai avec ouverture,
depuis qu'on a repris nos travaux, le mois passé, et je pense qu'on s'est tous
donné comme mission de leur donner les meilleurs outils, on s'est tous donné
comme mission de faire en sorte que, dans l'émission dominicale que je
mentionnais hier, il n'y ait pas de
chronique qui nous fait voir les plus mauvaises choses qu'il peut se passer
dans un conseil municipal.
Et ce qu'on fait, aujourd'hui, puis ce qu'on
fait par rapport au projet de loi n° 49, et c'est
pour ça que, pour nous, c'est très important, là, je pense qu'on a tous... on
le disait peut-être en boutade, mais, si on avait l'opportunité de finir nos discussions
puis qu'il soit en fonction pour après l'élection du 7 novembre, bien, ce
serait extraordinaire. Puis je pense qu'on travaille tous dans ce sens-là, pour
que les gens qui se sont présentés en politique municipale aient confiance et
se sentent en confiance de siéger, d'apprendre leurs nouvelles fonctions, qu'il
va y avoir une formation qui va être uniforme, qui ne viendra... qui ne sera
pas différente selon que tu es à l'UMQ ou la FQM, et qui ne sera pas différente
parce qu'il y aura des firmes de consultants qui voudront proposer d'autres
choses, qui permettront à la CMQ d'intervenir et d'être encore plus efficiente
dans son délai de six mois qu'elle doit rencontrer dans ses enquêtes. Si ça lui
en prend cinq ou si ça lui en prend quatre parce que c'est plus clair, bien, je
pense que tout le monde est gagnant.
Ça fait que c'était le but de mon intervention.
Loin de moi, Mme la Présidente, de suggérer que la Commission municipale impose des choses, mais je voulais tout simplement
nous sensibiliser sur la standardisation des codes d'éthique et de déontologie. Je vais en parler dans la formation
tantôt. Et je pense que ça fait le tour de la question.
Présidente (Mme Boutin) :
Merci beaucoup, M. le député. Je suis désolée, là, d'avoir l'air de vous
interrompre. On va prendre une petite pause momentanée, là, de 10,
15 minutes.
(Suspension de la séance à 10 h 50)
La Présidente (Mme Boutin) :
Alors, c'est reparti dans la commission. Lorsque nous nous étions quittés, nous
étions sur une conversation fort intéressante au sujet de l'amendement de
l'article 71. Est-ce que, M. le député de Chomedey, vous voudriez
reprendre sur votre envolée lyrique?
M. Ouellette : Oui. Je pensais,
Mme la Présidente, que mon temps était écoulé, là, mais je n'avais pas vu qu'il
y avait une petite urgence.
La Présidente (Mme Boutin) :
Oui, votre collègue aussi a des commentaires aussi.
M. Ouellette : Bon, bien, je
reviendrai après ma collègue de Vaudreuil, parce qu'effectivement j'étais sur
les consultants.
La Présidente (Mme Boutin) :
Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Alors, juste avant de suspendre, là, mon collègue, là, était
justement, là, sur le code de déontologie. Puis souvent, là, les... tu sais,
comme quoi ils sont souvent similaires. Je trouve qu'il a 100 % d'accord,
puis je suis 100 % d'accord avec qu'est-ce qu'il disait, puis, moi, je
l'ai vu, là, dans le monde municipal, mais je voulais revenir peut-être sur un
point. C'est... On a eu un professeur qui est venu, là, dans les...
Luc Bégin. On a eu le Pr Luc Bégin, qui est venu, puis il a témoigné,
là, entre autres, là, à cet effet-là, puis c'est dans son mémoire aussi, là, à
l'effet que... c'est ça, qu'il y a des municipalités qui copient ou qui se
prêtent... Puis tu sais, je ne dis pas que c'est mauvais, copier, là, puis
c'est correct, là, ils les ajustent, là, mais que ça circule, là, que ça
circule souvent comme ça.
Puis, comme le disait aussi mon collègue de
Chomedey, là, on ne peut pas dire que ça n'existe pas, là, les consultants, là.
Ils écoutent, ils voient les annotations qu'on fait, les changements qu'on
fait, puis ils ajustent déjà le code en conséquence. Je ne vous dis pas qu'il
faut nécessairement intervenir, mais je vous dis qu'il ne faut pas jouer à
l'autruche, là. Ça existe sur le terrain, on le voit. Puis je pense, là, puis
je le dis vraiment sans préjudice, puis ce n'est pas méchant, là, mais, tu
sais, je pense aux Raymond Chabot, je pense à des grosses boîtes comme ça, avec
qui les municipalités, on travaille, là. Puis les municipalités sont contentes
de travailler... Les petites municipalités, là, ce n'est pas évident pour eux.
Ça fait que souvent des boîtes comme ça, bien, ça offre... Puis quand je
dis : Il ne faut pas faire l'autruche», il faut dire les vrais mots, là.
Souvent, ils nous offrent un clé en main, aux petites municipalités. Ils nous
offrent la formation. Ils nous offrent de faire le code. Ils nous offrent le tout,
tu sais, le tout, avec un prix au bout de la ligne, évidemment, là, mais c'est
apprécié pour les petites municipalités. Ça fait que je veux juste dire qu'il
ne faut pas dire que ça n'existe pas, ça existe, les élus ici le savent. On ne
peut définitivement pas le... on ne peut pas le nier.
Je veux juste peut-être, là, boucler la boucle,
là. Je veux juste terminer sur la notion de civilité, là, qu'on vient
d'intégrer au Code d'éthique et déontologie des élus municipaux, puis après ça
je n'irai pas plus loin, mais je veux, évidemment, prendre juste deux, trois
minutes, là, pour remercier celles — parce que c'étaient des
dames, alors je dis «celles» — qui sont venues en
commission parlementaire témoigner relativement à la civilité, relativement aux
problématiques qu'elles ont vécues puis à leurs demandes aussi. Puis je pense
entre autres, là... je me permets de les nommer, là, il y avait
Mme Messier, conseillère du canton de Bedford, il y avait
Mme Lasalle, conseillère de Saint-Jérôme, puis il y avait une
Mme Sauriol aussi, puis là je ne me souviens pas c'était d'où, mais il y
avait une Mme Sauriol aussi qui est venue... Elles sont venues nous
parler, puis elles sont venues témoigner, puis c'était très... ce n'était pas
facile à écouter, mais je pense que c'est grâce à elles, à leurs témoignages
qu'aujourd'hui on en est rendus à mettre à jour une notion aussi importante.
Dans leur conclusion... puis je me permets de la
lire, là, mais, dans leur conclusion, c'était quand même assez touchant, parce
qu'elles disaient, entre autres, que «le comportement d'intimidateur n'est plus
accepté dans notre société québécoise d'aujourd'hui. Il est donc important
d'avoir en place des moyens et outils pour dénoncer ces comportements "bullies". Pour ce, l'adoption de règlements en
conséquence spécifiques pour prévenir et éventuellement enrayer
l'intimidation s'impose.» Alors, j'ai l'impression qu'on fait un grand pas dans
ce sens-là aujourd'hui. Et elles disaient que «la civilité est un point de
départ qui pourrait améliorer les échanges sains et des débats nécessaires
entre élus. L'adoption d'un code de civilité — mais ici on va un petit peu
moins loin, mais je suis certaine qu'elles vont
tout de même apprécier — c'est un des moyens pour mieux encadrer la politique municipale
pour préserver — entre autres — la démocratie».
Et, dans la même voie, bien, je vous dirais que
ça va, entre autres, là, contribuer au climat de travail des conseils puis je pense sincèrement que ça va
favoriser l'esprit d'équipe, de collaboration. C'est des éléments
essentiels pour la productivité des municipalités, mais pour la productivité
des conseils municipaux, puis je pense vraiment que c'est la base. C'est la
base dans un conseil municipal, c'est la base entre élus, le respect,
l'ouverture, la communication.
Puis, en terminant, bien, je suis contente qu'on
puisse, tu sais, concrétiser ces notions de respect là en les intégrant
aujourd'hui dans le code de civilité. Et tout est à l'honneur des élues, des
conseillères municipales qui sont venues nous en parler, qui ont insisté pour
qu'on l'intègre, puis c'est grâce à elles qu'on en est là aujourd'hui. Alors,
je leur dis simplement un merci. Puis j'espère qu'elles seront fières du
travail que les élus de l'Assemblée nationale... et, évidemment, là, avec l'aide
des juristes et avec l'aide de tous les partis, mais en fait j'espère qu'elles
seront vraiment fières et j'espère que ça contribuera surtout à de meilleurs
échanges dans leurs milieux respectifs. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Boutin) : M. le
député de Chomedey, vous vouliez ajouter?
M. Ouellette : Mme la Présidente,
puisqu'on est dans des très bonnes dispositions, et avant, justement, que je
vous donne mon consentement pour faire l'appel nominal, il y a deux éléments
que j'aimerais que Mme la ministre nous précise. Parce que, dans la journée
d'hier, on a parlé des sanctions de l'article 142 et on a parlé des déclarations
d'intérêt, puis le mot qui revenait, c'est : On va voir ça à l'article 71,
on va voir ça à l'article 71. Je pense qu'il y a peut-être une précision
que... par votre intermédiaire, Mme la Présidente, que je demanderais à la ministre
qu'elle nous situe. Les sanctions, on va peut-être les voir dans un autre
article
et, la déclaration d'intérêt, on aura peut-être une discussion à un autre article,
mais c'est parce qu'on avait... tous les parlementaires, mettons qu'on avait
dit à nos citoyens qui nous regardent : On va tout régler ça à l'article 71.
On vient de régler la civilité puis les incivilités, et je ne veux pas que
personne pense qu'on les a oubliés. Je pense qu'on aura la réponse de Mme la
ministre à quel
article qu'on va s'occuper des sanctions pour les gens de
cabinet qui ne suivront pas la formation, et qu'est-ce qui va devoir être
déclaré, à qui, comment, et qui va en être imputable. Parce qu'on peut bien
faire les règles que l'on veut, si on n'a pas d'encadrement et si...
Malheureusement, on fonctionne comme ça, on est une société qui fonctionne
comme ça. On peut bien faire des règles de société, mais, s'il n'y a pas de
sanction au bout ou il n'y a pas de conséquence, bien, je ne veux pas que les
législateurs, on travaille pour rien.
Ça fait que j'attends avec impatience les deux
petites informations relativement aux sanctions, suite à l'adoption de 142
d'hier, et à quel
article de ce bloc, quand on parlera des déclarations
d'intérêt, on aura la discussion pour faire en
sorte que les situations que ma collègue de Vaudreuil a mentionnées hier, entre
autres, qui s'étaient passées à la Culture, avec le directeur de cabinet du ministère,
qui avait des intérêts dans une compagnie de disques,
là, et pour lequel il y avait des contrats
qui ont été donnés, bien, que ça soit des choses qui ne se reproduisent
pas.
Vous savez, Mme la Présidente, on travaille fort
pour donner aux élus les meilleures dispositions du code, les meilleures
dispositions d'un code d'éthique et de déontologie, puis je pense qu'on va
réussir à faire quelque chose de très, très bien. Et là il va tout y avoir
un... une mise à niveau qui va devoir être faite. Ça fait que, par votre
intermédiaire, j'attends la réponse de Mme la ministre.
La Présidente (Mme Boutin) : Mme la
ministre.
Mme Laforest : Oui. Alors, au niveau
de la déclaration des intérêts, on va en parler à l'article 74. Alors,
quand on sera rendus à l'article 74...
Mme Laforest : Non, on a... Au
niveau de la déclaration des... Parce qu'il y a un amendement qui arrive...
La Présidente (Mme
Boutin) : Je veux simplement préciser, là, parce que j'ai entendu
entre les branches, là, quand on va avoir réglé 71, éventuellement, là on
décidera où est-ce qu'on fait ça, on va réouvrir le 74 pour présenter un autre
amendement, mais, pour cela, on va avoir besoin du consentement de tous. Donc,
nous pourrons en reparler. Maintenant, on est à l'amendement de 71.
M. Ouellette : Vous étiez détentrice
d'un secret, Mme la Présidente, qui ne nous avait pas été partagé.
La Présidente (Mme Boutin) : Mais
c'est ça, on n'était pas supposés en parler tout de suite. J'ai entendu
brièvement entre les branches.
M. Ouellette : Ah! O.K. Et pour les
sanctions, Mme la Présidente?
Mme Laforest : Les sanctions, ici,
dans le cas de... Ça, c'était l'article...
Mme Laforest : Bien, je ne l'ai pas,
Me Paradis. Dans l'article 71, à la fin, on avait ajouté : «Le
code d'éthique et de déontologie doit prévoir l'obligation, pour chaque membre
du conseil de qui relève du personnel de cabinet, de veiller à ce que le
personnel dont il est responsable suive la formation prévue à
l'article 15.»
Comme on l'a mentionné, on ne peut pas obliger
le personnel du cabinet, donc on peut donner la responsabilité à l'élu pour
qu'il veille à ce que son personnel soit formé et qu'il ait son code d'éthique.
Alors ici, on l'avait ajouté au dernier paragraphe.
M. Ouellette : Bon, si on l'a ajouté
au dernier paragraphe, par rapport à la sanction, il arrive quoi s'il ne s'en
occupe pas? C'était ça qui était ma question en relation, Mme la Présidente,
avec 142 hier. C'est qu'on oblige, dans les six mois de l'adoption du code
d'éthique et de déontologie, le membre du personnel de cabinet de suivre une
formation, mais il ne la suit pas. Je comprends que la personne qui l'a engagé
est imputable et je comprends qu'à l'amendement de 71
on dit que «pour chaque membre du conseil de qui relève le personnel du
cabinet, de veiller à ce que le personnel suive la formation». Il ne la suit
pas. C'est...
Mme Laforest : Oui, Mme la
Présidente, c'est parce que, pour répondre à votre question, l'amendement est en préparation.
Alors, on pourrait suspendre. L'amendement est presque terminé. On va attendre la fin de l'amendement. Puis, vous allez voir, tout est à l'intérieur.
Puis, comme je vous le disais, les autres changements sont déjà appropriés, sont déjà faits. Mais on
pourrait préparer l'amendement. Je ne sais pas si...
La Présidente (Mme Boutin) : C'est
un amendement à l'article 74?
Mme Laforest : On pourrait en parler
hors d'ondes. Voulez-vous?
M. Ouellette : C'est beau.
La Présidente (Mme Boutin) : On
pourrait faire ça par après. On pourrait le faire plus tard, ça.
M. Ouellette : Oui, oui. Non, non,
je suis...
Présidente (Mme Boutin) :
Mais moi, je suggère qu'on continue
sur le 71, qu'on règle ça, puis après ça...
Mme Laforest : Parce que là on se
promène d'un
article à l'autre. Ce que je peux faire... Me Paradis
pourrait l'expliquer au niveau des articles avec lesquels on se promène d'article
en article, sauf que, si on avait l'amendement avant, ce serait plus facile,
plus concret.
M. Ouellette : Mme la Présidente, je
me... Le but de mon intervention n'était pas de mêler la ministre, là, absolument
pas.
Mme Laforest : Non, je ne suis pas
mêlée du tout, sauf que...
M. Ouellette : Le but de mon intervention,
c'était tout simplement de... en cohérence avec ce qu'on a dit hier... Puis on
s'était engagés qu'à l'article 71 on verrait ce qui arrive au niveau des
sanctions. Et là ce que je comprends de la ministre, c'est qu'il va y avoir un amendement,
qui est en préparation, pour lequel on va devoir réouvrir un autre article. Ça
me satisfait comme réponse.
J'avais besoin d'avoir la réponse de la ministre
sur les déclarations d'intérêt et sur les sanctions de la formation non suivie.
Vous me donnez, à l'article 71, l'imputabilité de la formation. La
sanction va arriver dans un amendement que vous allez déposer plus tard. C'est
satisfaisant, et ça complète ce qu'on s'était engagés, hier... On avait dit aux
gens qu'on réglerait tout ça à 71, ça sera à 74.
Ça fait que je n'ai pas
d'autre commentaire, et vous avez mon consentement pour l'appel nominal, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Boutin) : Merci
beaucoup, M. le député, mais on a déjà donné le consentement, tout à l'heure,
pour l'appel nominal pour la journée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions
sur l'amendement de l'article 71? S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder au vote pour l'amendement de l'article 71. Par appel
nominal, M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre
ou abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
Le Secrétaire : M. Jacques
(Mégantic)?
Le Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Le Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
Le Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
Le Secrétaire : Mme Nichols
(Vaudreuil)?
Le Secrétaire : Mme Boutin
(Jean-Talon)?
La Présidente (Mme Boutin) :
Abstention. Alors, l'amendement de l'article 71 est adopté. J'imagine
qu'il faut... Le 71, il faut l'adopter aussi?
La Présidente (Mme Boutin) : O.K. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'article 71 en tant que tel? Non?
S'il n'y a pas d'autre intervention sur l'article 71, nous allons procéder
à la mise aux voix de l'article 71 tel qu'amendé. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre
ou abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
Le Secrétaire : M. Jacques
(Mégantic)?
Le Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Le Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
Le Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
Le Secrétaire :
Mme Nichols (Vaudreuil)?
Le Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
La Présidente (Mme
Boutin) : Abstention. Alors, l'article 71, tel qu'amendé, est
adopté.
Maintenant, normalement,
dans la suite des choses, dans le bloc 4, nous en serions à
l'article 70, mais est-ce que vous voulez traiter de l'article 70 ou
qu'on aille réouvrir le 71... le 74?
Laforest : On fait le 70.
La Présidente (Mme
Boutin) : D'accord. Alors, Mme la ministre, je vous inviterais à nous
faire la lecture de l'article 70.
Laforest :
L'article 70 :
L'article 5 de cette loi est
modifié par la suppression du paragraphe 2° du deuxième alinéa.
L'article 70 du projet
de loi est une disposition de concordance. Cet
article supprime
l'article 5 de la
Loi sur l'éthique et la déontologie en matière
municipale, l'obligation d'avoir, dans le Code d'éthique et de déontologie des
élus municipaux, des règles ayant pour objectif de prévenir toute situation qui
irait à l'encontre des articles 304 et 361 de la
Loi sur les élections et
les référendums dans les municipalités.
L'article 304 interdit à un élu de
détenir un intérêt direct ou indirect dans un contrat attribué par la
municipalité ou un organisme municipal.
L'article 361 encadre les
situations où un élu est présent à une séance du conseil municipal lorsqu'il
est question d'un sujet pour lequel il a directement ou indirectement un
intérêt pécuniaire.
Le fait de prévenir
les violations aux articles 304 et 361 dans le code d'éthique et
déontologie n'est plus nécessaire, car l'article 71 du projet de loi vient
ajouter à l'article 6 de la
Loi sur l'éthique et la déontologie en matière
municipale une règle interdisant aux élus de contrevenir aux articles 304
et 361. Le respect de ces articles deviendra obligatoire en vertu du Code
d'éthique et de déontologie des élus municipaux.
Alors,
l'article 5 actuel, tel qu'il serait modifié :
«Le code d'éthique et
de déontologie énonce également :
des règles qui doivent guider la conduite d'une personne à
titre de membre d'un
conseil, d'un comité ou d'une commission de la municipalité ou, en sa
qualité de membre d'un conseil de la municipalité, d'un autre organisme;
«2° des règles qui
doivent guider la conduite de cette personne après la fin de son mandat de
membre d'un conseil de la municipalité.
«Ces règles doivent
notamment avoir pour objectif de prévenir :
«1° toute situation
où l'intérêt personnel du membre du conseil peut influencer son indépendance de
jugement dans l'exercice de ses fonctions; et
«3° le favoritisme,
la malversation, les abus de confiance ou autres inconduites.»
Alors ici, on oblige
les municipalités à inclure les interdictions prévues aux articles 304 et
361 de la
Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités. On
prévoit que les municipalités ajoutent les interdictions au code d'éthique,
comme on l'a fait, pour les élus municipaux et on prévoit que la Commission
municipale enquête sur les élus qui contreviennent à ces règles. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
Boutin) : Merci. Y a-t-il des interventions sur l'article 70?
Ouellette : ...déclaration d'intérêt.
La Présidente (Mme
Boutin) : Oui, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Oui, merci, Mme la Présidente. Je voulais... Évidemment, ce que je comprends,
là, c'est que c'est un
article avec les dispositions de concordance.
Laforest : Oui. Exactement, oui.
Laforest : Pour la déclaration d'intérêt, j'ai entendu la question,
bien, c'est...
Mme Nichols : Oui, pour la...
C'est ça, pour la déclaration d'intérêt.
Mme Laforest :
On le prépare ici, là, par amendement. Ça fait que c'est sûr que ça s'en vient.
Mme Nichols : Mais ça ne sera pas
dans...
Mme Laforest : ...dans le 74.
Non, ça ne sera pas ici.
Mme Nichols : Ça, c'est de la concordance.
Ça fait que c'est dans le 74 qu'on va le...
Mme Laforest : Oui, exactement.
Ça répond à votre question?
Mme Nichols : À ma
sous-question.
La Présidente (Mme Boutin) : ...
M. Ouellette : Effectivement.
Puis c'est un
article de concordance. On vient d'adopter l'amendement de 71. On
l'enlève à 70, on l'a mis à 71. On s'est capitonné partout. Ça fait que je vous
donne ma bénédiction.
Présidente (Mme Boutin) :
Y a-t-il d'autres interventions sur l'article 70?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix de l'article 70. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
Le Secrétaire : M. Jacques
(Mégantic)?
Le Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Le Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
Le Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
Le Secrétaire : Mme Nichols
(Vaudreuil)?
Le Secrétaire : Mme Boutin
(Jean-Talon)?
La Présidente (Mme Boutin) :
Abstention. Alors, l'article 70 est adopté.
Nous en serions à l'article 73. Mme la
ministre, je vous inviterais à nous en faire la lecture.
Mme Laforest : Oui.
L'article 73 :
Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 7.1, du
suivant :
«7.2. Les règles prévues aux articles 6 et
7.1 sont réputées faire
partie du code d'éthique et de déontologie de la
municipalité et prévalent sur toute règle incompatible énoncée à ce code.»
L'article 73 introduit le nouvel
article 7.2 dans la
Loi sur l'éthique et la déontologie en matière
municipale.
L'article 7.2 vise à ce que les règles de déontologie
obligatoires énoncées aux articles 6 et 7.1 de cette loi soient réputées
faire
partie du Code d'éthique et de déontologie des élus municipaux ou
qu'elles prévalent sur les règles incompatibles pouvant y être énoncées.
nouvel
article 7.2 permettra à la Commission municipale de sanctionner les
manquements, qu'on a adoptés précédemment... aux manquements aux règles
de déontologie obligatoires même si elles ne figurent pas, ou figurent de façon insuffisante, dans le Code d'éthique et de
déontologie des élus municipaux. En effet, la Commission municipale ne peut
actuellement sanctionner des manquements qu'à l'égard de règles énoncées au
code d'éthique et de déontologie. En l'absence d'une règle au code, la
Commission municipale ne peut la sanctionner même si elle est, dans les faits,
obligatoire en vertu de cette loi.
Ici, on vient
permettre à la CMQ d'enquêter sur le comportement d'un élu malgré le fait que
la règle de déontologie obligatoire visée est absente du code d'éthique et
déontologie de la municipalité. On fait en sorte que l'absence d'une règle de
déontologie obligatoire au code d'éthique d'une municipalité n'empêche pas la
CMQ d'enquêter sur un élu. Et, à
titre d'information, on se réfère une fois de
plus à la notion de civilité, qu'on a adoptée, qu'on a ajoutée. Alors, maintenant,
la CMQ va pouvoir aussi intervenir. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Boutin) : Merci, Mme la ministre. Oui, M. le député de Chomedey.
Ouellette : Bien, j'apprécie qu'on précise, et qu'on ajoute, et qu'on
informe tout le monde au niveau municipal que ce n'est pas parce qu'on va
l'avoir oublié dans nos discussions que ça va passer entre deux chaises. On
essaie d'être... de tout prévoir, on essaie de regarder de tous bords tous
côtés, puis c'est pour ça, peut-être, que ça amène certaines impatiences chez
les gens qui nous écoutent, des fois, quand on suspend, mais il y a des
discussions quand on suspend. Puis
effectivement on échange pour voir si on a tout prévu, puis de quelle façon on
peut le prévoir, et de quelle façon la Commission municipale peut
intervenir.
Cet article-là qu'on
introduit, 7.2... Hier, on parlait beaucoup de... et ça nous interpelait, là,
les recommandations de la Commission
municipale. Des recommandations de la Commission municipale, ça, c'est un manque de pouvoir, là, alors qu'en introduisant 7.2,
et je me référerais au commentaire de la ministre, la Commission municipale... là, on parle de
sanctions, donc d'intervention, pas de recommandation, on parle de sanctions de
ce qu'on n'aura pas prévu. Et là on le dit à tout le monde, là : Vous ne
pourrez pas repasser, puis ça ne tombera pas entre deux chaises. Et, quand j'ai
mentionné que le législateur ne parlait pas pour rien, bien, qu'on mette deux
fois le mot «vexatoire» dans une phrase, il faut que ça veuille dire de quoi.
Mais, encore là, ça
peut peut-être arriver qu'il y ait quelqu'un qui contourne ça. Parce que ma
collègue en a parlé, il y a des gens qui
nous suivent assidûment pour préparer un «template» du prochain code d'éthique
et de déontologie des municipalités du Québec. Ça fait que cette
disposition-là, elle est très importante, et je vous suggère grandement,
Mme la Présidente... il va falloir qu'elle soit publicisée. Je sais que le
site... puis je sais... puis le président de la Commission municipale nous écoute,
c'est très important qu'il nous dise...
sais, quand on signe un contrat, puis on a tous fait ça dans notre vie, il y
a... le dernier paragraphe, là, il y a une petite ligne en bas, là, d'une description de tâches ou autre chose — «et
toute autre tâche demandée par le responsable» — qui couvre ce qu'on n'aura pas... ce qu'on
aura oublié ou une situation nouvelle puis... puisque tout change très vite,
puis là on est en période de pandémie en plus, ça fait qu'on prévoit toutes les
situations, et je pense que c'est un
article qui donne encore plus les coudées
franches à la Commission municipale, puis j'ai vraiment hâte qu'on tombe dans
le bloc 5 pour regarder leurs rôles puis leurs pouvoirs. Moi, il me
satisfait, Mme la Présidente.
Laforest : Mme la Présidente, je m'engage aussi à ce que ce soit
publié dans le Muni-Express du ministère aussi.
La Présidente (Mme
Boutin) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Oui, bien... Là, on est à 73, là. Quand on dit que la loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 7.1, puis on revoit, là, les règles prévues
aux articles 6 et 7.1, je sais que ça fait référence, entre autres, là, à
l'article 74, mais 74, c'est bel et bien l'article qu'on va réouvrir.
Donc, ce n'est pas problématique, là, qu'on vienne insérer d'autre chose dans
le 74, ça va être... ça n'empêche... je veux dire, ça va se mettre à jour,
automatique, même si on rouvre le 74? Parfait. Il n'y aura pas d'incidence ou
il n'y aura pas de... Parfait. Je veux m'en assurer parce que, le 74, il y
avait... c'est ça, il y avait des petits éléments...
Ouellette : On peut tout faire avant le 7 novembre.
Mme Nichols :
Oui, le 7 novembre, c'est la date, c'est l'objectif. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
Boutin) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions sur
l'article 73? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à
la mise aux voix de l'article 73. M. le secrétaire.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
Le Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
Le Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
Le Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
Le Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
Le Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
Le Secrétaire :
Mme Nichols (Vaudreuil)?
Le Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
La Présidente (Mme
Boutin) : Abstention. Alors, l'article 73 est adopté. Maintenant,
nous en serions à présenter un amendement qui introduirait l'article 73.1.
C'est toujours dans le plan de match, Mme la ministre?
La Présidente (Mme
Boutin) : Parfait.
Laforest : Alors, voici l'amendement.
L'article 73.1 :
Insérer, après l'article 73.1... Non, pas du tout.
Article 73.1 — je me
reprends : Insérer, après l'article 73 du projet de loi, l'article
suivant :
73.1.
L'article 15 de cette loi est remplacé par le suivant :
«15. Tout membre d'un
conseil d'une municipalité doit, dans les six mois du début de son premier
mandat et de tout mandat subséquent, participer à une formation sur l'éthique
et la déontologie en matière municipale.
«Cette formation doit
notamment, en outre de tout contenu minimal obligatoire que [peut] fixer la
Commission municipale, viser à susciter une réflexion sur l'éthique en matière
municipale, favoriser l'adhésion aux valeurs énoncées par le code d'éthique et
de déontologie et permettre l'acquisition de compétences pour assurer la
compréhension et le respect des règles prévues par celui-ci. Elle doit aussi
porter sur le rôle et les responsabilités des élus municipaux.
«Seules les personnes
ou organismes autorisés par la commission...» Vous avez votre réponse à votre
question, député de Chomedey, c'est ici. «Seules les personnes ou organismes
autorisés par la commission peuvent dispenser la formation prévue au présent
article. La commission accorde cette autorisation en fonction des critères de
compétence et d'expérience qu'elle détermine. Une liste des personnes — encore
une fois — ou
organismes ainsi autorisés est diffusée sur le site Internet de la commission.
«Le membre d'un
conseil doit, dans les 30 jours de sa participation à une telle formation,
déclarer celui-ci au greffier ou au greffier-trésorier de la municipalité, qui
en fait rapport au conseil.
«La municipalité tient à jour sur son site
Internet la liste des membres du conseil qui ont participé à la formation.
greffier ou le greffier-trésorier de la municipalité doit, 30 jours après
l'expiration du délai prescrit au premier alinéa, aviser [...] la
commission lorsqu'un membre du conseil omet de participer à la formation dans
ce délai. La commission peut imposer une suspension à ce membre conformément au
deuxième alinéa de l'article 31.1.»
Alors, cet amendement
apporte des modifications aux règles encadrant la formation obligatoire en
éthique et en déontologie devant être suivie par les élus municipaux. Ces
modifications concernent les éléments suivants : les élus devront
obligatoirement suivre la formation au début de chaque nouveau mandat du
membre... des membres du conseil, au lieu d'une seule fois, au début de leur
premier mandat, comme c'est le cas actuellement, le contenu obligatoire de
cette formation est revu afin d'inclure des éléments portant sur le rôle et les
responsabilités des élus municipaux. De plus, on donne à la Commission
municipale la possibilité de déterminer des éléments du contenu additionnels à
la formation. Les formateurs devront être préalablement autorisés par la
Commission municipale pour pouvoir offrir la formation. Cette autorisation sera
accordée par la Commission municipale en fonction des divers critères de compétence et d'expérience qu'elle
aura préalablement déterminés. Une liste des personnes ou organismes
ainsi autorisés sera diffusée sur le site Internet de la commission. Les
municipalités devront publier sur leurs sites Internet le nom des élus qui se
sont conformés à cette exigence de suivre la formation.
En cas de défaut de
suivre la formation par le conseil... le membre du conseil d'une municipalité,
cette dernière devra aviser la Commission municipale, qui pourra éventuellement
imposer une suspension à ce membre, tant que dure le défaut.
Alors,
l'article 15 actuel.
Article 15 : «Tout membre d'un conseil
d'une municipalité qui n'a pas déjà participé à une formation sur l'éthique et
la déontologie en matière municipale doit, dans les six mois du début de son
mandat, participer à une telle formation.
«Cette formation doit notamment
viser à susciter une réflexion sur l'éthique en matière municipale, favoriser
l'adhésion aux valeurs énoncées par le code d'éthique et de déontologie et
permettre l'acquisition de compétences pour assurer la compréhension et le
respect des règles prévues par celui-ci.
«Le défaut de participer à cette formation constitue
aux fins de l'article 26 un facteur aggravant.
«Le membre d'un conseil doit, dans les 30 jours
de sa participation à une telle formation, déclarer celle-ci au greffier ou au secrétaire-trésorier
de la municipalité, qui en fait rapport au conseil.»
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Boutin) : Merci,
Mme la ministre. Oui, M. le député de Chomedey.
M. Ouellette : Mme la Présidente,
c'est un
article qui est très important. Dans nos consultations, ce qui est
revenu souvent, c'est que l'UMQ avait ses formateurs, la FQM avait ses
formateurs. Il y a un mot qui nous revenait, qu'on vient de prononcer à maintes
reprises depuis le début de nos travaux ce matin, la «standardisation». Hier,
on a eu une grosse discussion, c'est-à-dire on a eu une discussion... je ne
dirais pas grosse, on a eu une discussion très intéressante sur les personnes
qui donnaient des avis, et Mme la ministre nous a rassurés en nous disant qu'il
y aurait des critères, à la Commission municipale, tu devais être inscrit sur
une liste.
La première
question qui me vient en tête quand je vois l'amendement à l'article 15...
c'est-à-dire à l'article... introduisant 73.1 : C'est-tu la même
liste? Ceux qui vont faire la formation, est-ce que, de base, c'est des avocats
ou des notaires? Est-ce que ça peut être les mêmes personnes qui font la
formation que ceux qui seront accrédités et qui seront sur la liste qu'on
parlait hier pour donner des avis en éthique et en déontologie? Ça, c'est ma
première question, Mme la Présidente. Est-ce qu'on parle de la même liste et
est-ce qu'on parle du même bassin?
Donc, la formation, ça ne pourra pas être donné
autrement que par un avocat ou un notaire autorisé par la CMQ qui sera sur la
liste, en fonction de la liste des... en fonction d'un ensemble de critères
déterminés par la CMQ, là, il y en a 10 ou 11, qui sont très, très, très bien
déterminés. Est-ce qu'on parle de la même liste puis des mêmes conditions ou
c'est totalement quelque chose d'autre au niveau de la formation?
Mme Laforest : En fait, il y a deux
choses. 50 %, c'est la même situation que la liste qu'on parlait hier,
sauf que la liste doit être autorisée par la Commission municipale du Québec,
les personnes devront être autorisées par la Commission municipale du Québec.
Donc, ça peut être une liste différente, mais cette même liste doit être, avant
tout, scrutée à la loupe par la Commission municipale du Québec.
M. Ouellette : Si je comprends ce
que Mme la ministre vient de nous dire, Mme la Présidente, la Commission
municipale a, sur son site Internet, disons ça comme ça, une liste de
50 avocats et de 50 notaires, exemple.
O.K., on prend un exemple fictif, pour que tout le monde comprenne. Sur ces
100 personnes là, il y aura 38 ou 40 de ces personnes-là qui seront
habilitées à faire de la formation et à donner des avis. Il y en a qui peuvent
être habilitées juste à donner des avis, il y en a qui seront habilitées juste
à faire de la formation, mais la liste qui va être constituée par la Commission
municipale, de gens accrédités en fonction de critères très, très précis, là,
ces noms-là, bien, ils auront à côté de leur titre, quelle est leur expertise,
dans quel secteur ils pourront fonctionner. C'est-à-dire, il n'y a pas personne
d'autre, à partir du moment où on adoptera l'article 73.1, il n'y a pas
personne en dehors de la liste autorisée par
la CMQ, qui est soit des avocats ou des notaires nommés, là, qui pourra donner
de la formation, peu importe. Et la FQM et l'UMQ devront... Parce que
Mme la ministre l'a mentionné hier, ils sont en accompagnement constant avec
les municipalités, bien, dans leurs suggestions, ils pourront suggérer les
personnes accréditées. On n'aura pas quelque chose qui va nous passer entre les
pattes. Un consultant qui va arriver, s'il n'est pas accrédité, s'il n'est pas
sur la liste, la formation ne sera pas valide ou l'avis ne sera pas valide.
M. Ouellette : Bon, la réponse
de la ministre, j'ai l'ai comprise, c'est : Exactement. Parce qu'il faut
qu'elle soit dans le micro, je pense que c'est très important.
Mme Laforest : La liste doit
être approuvée. Les formateurs, si je peux dire, doivent être sur la liste de
la Commission municipale du Québec. Puis, en fait, ça peut être des avocats, ça
peut être des notaires, comme on le mentionnait hier, ça peut être aussi des
professeurs d'université. Sauf que ces gens-là vont être accrédités, puis vont être... Ils vont avoir la possibilité de donner la
formation, donc seront sur la liste de la Commission municipale du
Québec. Mais c'est la Commission municipale qui va déterminer... Tantôt, vous
dites : Cette personne-là, quelle qualité, quel critère? Bien, c'est la
CMQ, quand même, qui va déterminer les obligations, les qualités pour offrir la
formation. Tout relève de la CMQ.
M. Ouellette : Là, vous
m'insécurisez un peu, Mme la Présidente, parce que vous m'avez rajouté une
catégorie. Dans les conditions de la CMQ, là, il y en a 11, on parle d'être
membre du Barreau du Québec ou de la Chambre des notaires. Donc, j'ai compris
que c'est soit des avocats ou des notaires. Vous venez de me rajouter des
professeurs d'université. Où c'est écrit dans les conditions de la CMQ qu'ils
pourraient être autorisés à donner de la formation ou à donner des avis? Parce
que je les... À moins que vous me disiez qu'ils sont ailleurs, je ne les retrouve
pas dans les conditions de la CMQ.
Mme Laforest :
Bien, là, est-ce que peut-être... Là, on parle de deux choses, là, on parle au
niveau... Là, on est rendus sur la formation. Parce qu'hier, on parlait des
conseillers en éthique. Les conseillers en éthique devaient être avocats ou
notaires. Là, on parle des formateurs.
M. Ouellette : Oui, je suis
d'accord.
Mme Laforest : Donc, les
formateurs, avec la CMQ, ça peut être des professeurs à l'université qui ont
une expérience au niveau municipal aussi. Donc, là, les conseillers en éthique,
qu'on parlait hier, doivent être avocats ou notaires. Maintenant, pour cette
formation-là, on parle... oui, ça pourrait être des professeurs à l'université.
Mais, encore là, l'important, c'est que ce soit autorisé et accepté par la CMQ.
Parce que peut-être que pour vous, vous pensiez aux conseillers en éthique.
C'est ça? Comme hier?
M. Ouellette : Non. Là, je ne
me suis peut-être pas bien fait comprendre, Mme la Présidente. Hier, on parlait
de ceux qui donnaient des avis, O.K.? Il fallait qu'ils soient membres d'une
liste. La CMQ a une liste de 11 conditions. La première condition, qu'ils
soient membres du Barreau du Québec ou notaires. Donc, tu fais
partie de la
liste. J'ai compris de la première intervention de la ministre que, pour donner
de la formation, il fallait que ça soit des personnes autorisées par la CMQ en
fonction des 11 conditions.
M. Ouellette : O.K.? Bon. Nulle
part dans les 11 conditions de la CMQ il y a un paragraphe qui dit que des
professeurs d'université peuvent être inscrits sur la liste. C'est là que je
m'en vais, parce que vous avez... Mme la Présidente, Mme la ministre a rajouté
une donnée, que pour de la formation, ça peut être des professeurs
d'université. Mais on ne les retrouve pas.
Mme Laforest :
Mais, en fait, la liste que vous avez... Je ne sais pas, là, qu'est-ce que vous
avez devant vous. On parle des critères, on parle des qualités, on parle
des compétences obligatoires. D'après moi, c'est ça, là, mais je ne l'ai pas
avec moi.
M. Ouellette : On parle...
Inscrire sur la liste. Pour inscrire en tant que conseiller, compléter le
formulaire d'inscription puis les conditions. Ça, c'est la CMQ. Les conditions,
c'est être membre du Barreau du Québec ou de la Chambre des notaires du Québec,
consacrer une
partie importante... C'est les questions qu'on discutait hier,
O.K.? À la formation — c'est
pour ça que la première question que j'ai demandée à Mme la ministre — à la
formation, je comprends qu'il faut qu'ils soient écrits sur la liste, mais
il va falloir rajouter dans les conditions de la CMQ que les professeurs
d'université, s'ils sont accrédités par la Commission municipale... bien, ils
sont accrédités, ils pourraient faire de la
formation, ils pourraient donner des avis aussi. Si la CMQ a choisi sciemment
de mettre dans ses conditions que les
personnes qui donnent des avis, c'est soit des notaires ou des avocats, ils
n'ont pas écrit dans leurs conditions que les professeurs d'université, eux autres, ils pourraient faire un ou
l'autre, ou juste un ou juste l'autre. Est-ce qu'on devrait en tenir
compte ou est-ce qu'on devrait dire à la Commission municipale : Il faut
l'écrire dans vos conditions?
Mme Laforest : Bien, ce que
vous dites, en fait, là, c'est sûr que j'aimerais ça faire peut-être une petite
précision parce que qu'est-ce qu'on amène ici présentement, c'est vraiment que
la Commission municipale du Québec va exiger des critères de base pour donner une
formation. Donc, c'est très, très bien, c'est très positif parce que la
formation devra répondre à certaines obligations. Ça fait que ce qu'on fait,
c'est vraiment avoir une liste de personnels compétents et formés pour donner
la formation dans les municipalités. Hier, ce qu'on avait, c'était pour éthique
et déontologie. Donc, éthique et déontologie, c'est évident, on n'a pas le
choix, c'est notaires et avocats, avec toutes les compétences qu'ils ont.
Maintenant, la formation, la Commission municipale, par exemple, va dire :
Pour être formateur, ça prend telle, telle, telle compétence. Et la CMQ a une
obligation minimale pour choisir ses formateurs. Donc, c'est excellent.
Ça fait que ce qu'on amène ici, encore là, c'est
un
article essentiel parce qu'on vient dire : Commission municipale, quand
vous allez avoir des formateurs, quand vous allez les choisir, on vous oblige
que ces formateurs-là aient des obligations minimales et une compétence
minimale pour donner la formation, ce qu'on n'avait pas avant. Ça fait que,
voyez-vous, quand même, comment qu'on améliore, encore là, la qualité pour les
élus?
M. Ouellette : Je vous suis,
Mme la ministre.
M. Ouellette : Je vous suis.
Mme la Présidente, je suis la ministre. Ça va très bien là, là. Mais ce n'est
pas écrit, là. On retrouve sur le site de la CMQ, puis, si Me Paradis peut
nous trouver les conditions de formation... Puis, si ce
n'est pas... elles ne sont pas faites, bien, il va falloir que la CMQ se penche
sur quel est le bassin potentiel d'individus provenant de quel... Un député
pourrait-tu être formateur pour cette formation-là donnée à des élus
municipaux? Parce que, si un professeur d'université peut, bien, un député
pourrait-tu? Amir Khadir, l'exemple parfait, il était député de Mercier puis il
enseignait à l'Université de Montréal, est-ce qu'il pourrait être sur une liste
en fonction de critères définis que je n'ai pas vus puis qu'il va falloir que
vous me rassureriez qu'il va y avoir des critères, puis je les ai, là, pour
donner des avis? Mon professeur d'université, s'il est accrédité par la
Commission municipale, il pourrait donner des avis aussi, même s'il n'est pas
avocat ou notaire.
Mme Laforest : C'est ça que je
dis. Je dis la même chose.
M. Ouellette : Oui, mais c'est
parce que ce n'est pas écrit dans les conditions.
Mme Laforest : Non, mais là on
donne la possibilité à la CMQ d'établir des critères, des critères essentiels à
la fonction. Par exemple, si c'est au niveau juridique, pour donner la
formation avec des compétences, des avis juridiques, par exemple, bien, la CMQ
va aller chercher sûrement un avocat ou un notaire, sûrement un avocat. Mais si
c'est pour donner un autre cours ou une formation sur, par exemple, peu
importe, vous comprenez que ça prend vraiment des critères de base pour bien
outiller nos élus, mais pas nécessairement... On ne peut pas dire : Bien,
on va aller chercher un enseignant à l'université. J'ai donné ça comme exemple.
M. Ouellette : Non, non, O.K.
Mme Laforest : Mais ce qu'on a
besoin, c'est qu'on va aller chercher des personnes compétentes qui vont avoir
une expérience pour redonner la formation, mais qu'eux sont outillés pour la
donner. Comme je vous dis, là, il va y avoir une formation pour des avis
juridiques, ce qu'on voit souvent, là, dans les municipalités, avec les
conseils municipaux. Bien, c'est certain que ça va prendre un avocat pour
donner cette formation-là. Ça fait que, maintenant, ce qu'on fait, c'est qu'on
outille... on outille, oui, la CMQ, on lui donne le pouvoir d'avoir des
formateurs compétents, avec des critères stricts de base. Parce que la
Commission municipale sait très, très bien qu'est-ce qu'elle a besoin, là. On
le sait, là, au niveau juste de l'octroi des contrats, tu sais, c'est important
que les élus soient formés pour l'octroi de contrats, comment ça se passe.
Donc, la Commission municipale, elle, va avoir un formateur compétent pour
offrir cette formation-là. Ça fait que c'est certain que ce qu'on fait
aujourd'hui, c'est qu'on vient encadrer la pratique, si je peux appeler ça
ainsi. Je pense qu'on vient encadrer la pratique de formation à la Commission
municipale pour les formateurs, plus tard.
M. Ouellette : O.K. Je vous
suis là aussi. Il me manque un élément. Pour les avis en éthique et
déontologie, je les lis, je l'ai sur le site de la CMQ, 11 conditions, et
c'est clair que c'est des avocats ou des notaires. Si on adopte
l'article 73.1, on dit que là, il va y avoir de la formation. J'ai compris
de votre explication, puis rassurez-moi si je n'ai pas compris comme il le
faut, j'ai compris de votre explication que la CMQ va devoir, à compter de
l'adoption du projet de loi n° 49, faire une liste de critères et
autoriser des formateurs. On a entendu les gens de l'UMQ et les gens de la FQM
venir nous dire... On vient de parler que, dans les codes d'éthique puis de
déontologie, il y a des consultants. Ma collègue parlait de Raymond Chabot. Ça
peut être Deloitte. Ça peut être Ernst & Young. Ça peut être ci, ci, ça. Ce que je veux éviter, c'est qu'à
la CMQ, on mandate Ernst & Young pour faire les formations du
code, qu'on dise... Bien, parce que je vous l'ai dit, en plus du président de
la Commission municipale, il y a beaucoup de boîtes de consultants, là, qui
nous écoutent, qui regardent ça puis qui voient des opportunités financières
de... Non, non, je vous le dis, ça se passe présentement.
Mme Laforest : Je le sais.
M. Ouellette : Ça fait que
puisque présentement, pour la formation, qu'on veut standardiser, parce que
présentement ça ne l'est pas, la formation, que ça soit à la FQM ou à l'UMQ,
puis je ne donne pas de valeur à personne, mais si on veut que nos élus soient
sur le même... au même diapason, ils doivent recevoir sensiblement la même
formation. Je ne voudrais pas que dans six mois, après qu'on a adopté la loi,
on réalise qu'autant c'est clair pour des... la liste de la CMQ, du Barreau du
Québec, puis de notaires puis, etc., je ne voudrais pas me ramasser avec une firme de consultants qui, elle, fait la
formation qui est autorisée par la CMQ et que là on se ramasse avec un
monopole en quelque part. J'en parle. C'est
peut-être quelque chose qui n'arrivera pas, mais on va s'être sensibilisés,
puis on va en avoir parlé, puis on va... on amène des éléments qui se
produisent trop souvent à notre goût dans trop de domaines.
Et autant j'étais rassuré, Mme la Présidente,
hier, quand Mme la ministre est arrivée avec les 11 conditions que la CMQ avait notées, le Barreau du Québec, les
notaires, il n'y avait pas d'autres personnes qui pouvaient donner des avis, autant, là, ça m'insécurise un petit peu. Et
j'aimerais ça qu'on soit aussi clairs, ça sera la responsabilité de la
CMQ, que ça soit aussi clair que pour les formateurs. Puis il n'y a rien qui
nous dit qu'il n'y a pas certains formateurs qui seraient très bons pour donner
des avis. Et Mme la députée, ma collègue de Vaudreuil, mentionnait le
Pr Luc Bégin, qui est venu. Je regarde l'éthicien... On a un éthicien qui
se présente en politique fédérale, là, puis je ne le nommerai pas pour ne pas
lui faire de la publicité, mais il y a des éthiciens qui pourraient être très,
très bons, qui ne sont pas nécessairement des avocats ou des notaires, qui ne
peuvent pas être sur la liste pour donner des avis, qui pourraient faire de la
formation.
Mais ça amènera peut-être
la CMQ à regarder leurs conditions. Parce que peut-être que si, dans les
conditions pour donner de la formation, on vient à l'éthicien ou au professeur
d'université, cette personne-là pourrait être qualifiée. Surtout que plusieurs
d'eux autres sont reconnus comme experts à la cour, ils pourraient être
qualifiés pour donner des avis. Là, la CMQ s'est restreinte, dans la reconnaissance
de ceux qui donnent des avis, à des avocats puis à des notaires. On lui donne une opportunité pour la formation, d'ouvrir plus large,
professeur d'université, éthicien, etc. C'est peut-être une très
bonne occasion pour la CMQ de réviser ses conditions et peut-être avoir des
éthiciens ou des professeurs d'université qui pourraient aussi dispenser des
avis. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Boutin) : Merci, M. le député.
Mme Laforest : Bien, qu'est-ce
que je peux répondre... C'est certain
que... Puis vous dites : Est-ce
que la CMQ va prendre une
firme de consultants? Si la CMQ, admettons, elle a besoin d'un avocat qui fait
partie de cette firme de consultants-là, ça fait que c'est sûr que ça peut
arriver. Par contre, qu'est-ce que... Parce que ce que vous dites, c'est :
Il ne faut pas commencer à ce que la CMQ, oui, commence à prendre des firmes de
consultants. Mais si l'avocat qui travaille pour une firme de consultants, ils
ont besoin de la formation d'avocat, oui, ça se peut que cet avocat-là donne la
formation, vous comprenez?
Puis la formation, en
plus, ce qui est important, c'est que c'est quand même assez, avec ce qu'on
adopte ici, là, c'est quand même très positif, très nouveau, mais, en même
temps, c'est la CMQ qui va déterminer les besoins au niveau des compétences des
formateurs. Puis, en plus, qu'est-ce qu'on va exiger, on va l'exiger,
j'imagine, ou ce sera fait d'emblée, c'est
que cette fameuse liste là des formateurs sera publique sur le site de la CMQ,
hein, j'imagine, la CMQ va mettre ça public. Donc, tous les gens, vous
allez pouvoir voir qui et quel formateur en même temps.
M. Ouellette :
Je veux m'assurer, Mme la Présidente, encore là, je prends note des propos de
la ministre, mais je veux rassurer tout le monde qui nous écoute aujourd'hui,
là, je ne sais pas combien on a de personnes autorisées, puis ça, on peut sûrement
le vérifier, là, à donner des avis. Je veux m'assurer qu'il peut y avoir un
spécialiste, puis sans faire de cas d'espèce, il peut y avoir un spécialiste
chez Deloitte pour faire de la formation, il peut
y avoir un spécialiste chez Ernst & Young pour faire de la
formation, il peut y avoir un professeur de l'Université Laval. Je ne
veux pas me restreindre, puis je ne veux pas que la CMQ se restreigne, je veux
que les gens qui auront à choisir pour de la formation aient un éventail de
possibilités.
Vous le savez, on a
tellement parlé, depuis l'urgence sanitaire, des innombrables, des milliers de
contrats de gré à gré, qui... En tout cas, il y a une pratique de pandémie, là,
qui se passe un peu partout, et je veux vraiment que... Si la liste qu'on a
pour les avis, qui contient 25, 30, 40, 50 personnes différentes, et,
comme on l'a dit hier, qui est au choix de la personne qui a besoin d'un avis,
bien, en formation, ça devrait être sensiblement la même chose, il ne faudrait
pas qu'il y ait juste une personne de telle boîte de consultants qui ait tout
le monopole de la formation parce que c'est le seul qui est en mesure de... ou
qui serait en mesure, selon des critères objectifs que la CMQ décidera, qui
serait en mesure de dispenser cette formation-là, il faudrait avoir un éventail
de possibilités.
Je donnais
l'exemple... Vous avez donné l'exemple des professeurs d'université. Je donnais
l'exemple des éthiciens. Il y a sûrement du monde. On a des très bons éthiciens
au Québec. Ça fait que je veux juste m'en assurer. Je pense que c'est important aussi de rassurer les gens. Ce qui nous
préoccupe, comme législateurs, c'est la standardisation, c'est la qualité de la formation reçue par nos
élus. On peut bien faire des pieds puis des mains pour leur donner un
code pour les incivilités, les ci, les ci,
les ça, mais si la formation qu'on leur donne n'est pas dans les plus hauts
standards...
Mme Laforest :
Mais j'aimerais juste vous rassurer, en tout cas, si ça peut se faire, là. Si
on regarde la liste des conseillers en éthique, déjà, à la Commission
municipale, on parlait hier, là, des notaires et avocats, la liste des
conseillers en éthique, elle est déjà sur le site de la CMQ. On peut regarder.
Il y a tout de suite, je viens d'aller voir, une centaine de conseillers en
éthique et déontologie. Ce sera quand même la même formule. Ça fait que quand
vous dites : Est-ce qu'on va prendre
une firme et on va privilégier seulement une firme? Bien, c'est impossible.
Puis, en plus, d'exiger que ce soit public, vous voyez, il y a une
centaine de conseillers en éthique, c'est la même chose qu'on va faire avec les
formateurs. Donc, ce sera public, et les compétences, les exigences seront
établies... sont établies par la Commission municipale du Québec.
Je comprends tout à
fait que vous ayez des craintes, sauf que regardez la manière que la CMQ
divulgue ses informations. Il ne faut pas
oublier, là, que la Commission municipale du Québec, c'est elle qui va voir dans les municipalités, au niveau de l'intégrité, au niveau du respect, de
l'honnêteté... Vous le savez, là, c'est... La commission, c'est son rôle. Ça fait que, si c'est son rôle, que les municipalités
travaillent avec une intégrité sans tache, une honnêteté, pensez-vous
que là... Les listes seront publiques, les listes sont sur le site de la CMQ.
Alors, moi, je vous
rassure. Mais honnêtement je dois vous dire que ce ne sera pas juste des avocats,
des notaires, parce qu'on va aller... il va y avoir de... ils vont devoir avoir
des gens très, très compétents pour donner la formation dans chacun des champs
de compétence.
M. Ouellette :
Bien, c'est pour ça qu'on a cette discussion-là, Mme la Présidente. C'est pour
ça que les gens qui nous écoutent, hier, ont réalisé que, sur la centaine de
noms, là, parce qu'ils n'avaient accès à cette liste-là, bien... ou il aurait
fallu qu'ils aillent voir sur le site, mais les gens, hier, qui nous écoutaient
réalisaient que, pour les avis, c'est notaire ou avocat.
Pour la formation, il
y en a qui ont développé un créneau d'expertise là-dedans. En partant du moment
où tu vas remplir les conditions de la CMQ,
et on va s'être sensibilisés, comme législateurs, on va s'être... on va avoir
sensibilisé notre monde à dire : Regarde, on a une
responsabilité additionnelle de faire en sorte d'avoir le meilleur monde pour
faire la meilleure job tout en n'étant pas un monopole. Je pense que c'est de
notre responsabilité, comme législateur, d'en parler et de nous inviter à avoir
une transparence et une prudence.
Et, si on ne l'avait
pas fait, puis si je n'avais pas fait cette intervention-là, je ne me serais
pas senti confortable d'adopter 73.1. Vos propos sont très rassurants, Mme la
ministre. Et je le mentionne pour la cinquième fois, le président de la CMQ qui
m'écoute à matin, là, lui aussi, lui, je suis sûr qu'il l'avait réalisé, mais
il a cette obligation-là d'avoir cette rigueur, cette transparence-là et
d'avoir le meilleur éventail. Parce que, s'il a à intervenir, s'il y a une
formation donnée pour des municipalités et la FMQ est plus... en tout cas, elle
a moins... elle a moins de contenu, de contenant, ou de sujets, ou autres
choses, mais que ce n'est pas standardisé, vous comprenez que les interventions de la CMQ, plus c'est standardisé,
meilleures vont être les interventions qu'ils vont avoir, moins ça va
leur prendre de temps et plus ça va être
facile. Les élus municipaux, peu importe d'où ils sont, vont savoir à quoi
s'attendre.
Ça fait que tout ça
est dans une optique de... Vous le savez, Mme la ministre, et puis je pense que
c'est ma perception, c'est mon obligation depuis le début, tout ça est dans une
optique de prévention et dans une optique de protection du public. Et je suis
rassuré, moi, de mon côté, avec les explications que vous m'avez données. Ça
crée des obligations. Ça sera aussi transparent que la liste des centaines... parce
que je suis content de savoir qu'il y a une centaine d'avocats et de notaires
qui peuvent donner des avis. Et peut-être que ça emmènera le président de la
CMQ à réfléchir à y ajouter, dans ces conditions, des éthiciens ou des
professeurs d'université qui pourront faire de la formation puis des avis. J'ai
terminé.
Mme Laforest :
Excellent. Merci.
La Présidente
(Mme Boutin) : Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Merci, Mme la Présidente. J'adhère aux propos, là, du collègue de Chomedey. Je
pense que c'est quand même des avertissements assez...
Mme Nichols :
Oui, c'est... Mais c'est des choses... Puis je suis certaine que vous le voyez,
Mme la ministre, sur le terrain, mais que, tu sais, souvent c'est délicat d'en
parler, là, surtout en commission à micro ouvert. Mais je pense qu'il faut le
faire, il ne faut pas jouer à l'autruche, il faut le dire.
Moi, ce que j'en
comprends, ce que j'en comprends à la lecture de 73.1, c'est que, dans le fond,
là, on vient ici donner la compétence exclusive à la CMQ relativement aux
formateurs, là. Ça fait que c'est la CMQ qui va avoir l'exclusivité de déterminer la liste des formateurs qui vont,
évidemment, là, offrir de la formation aux élus municipaux.
Puis ce que j'en
comprends aussi, c'est que la CMQ peut déterminer une personne ou un organisme.
Je pense qu'il y a eu des préavis qui ont été donnés, là, relativement aux
organismes qui pourraient dispenser... qui pourraient donner, entre autres,
cette formation-là.
Dans ce même
paragraphe-là, là, où on dit que «seuls les personnes ou organismes autorisés
par la commission peuvent dispenser la formation prévue au présent article. La
Commission accorde cette autorisation en fonction des critères de compétence et
d'expérience qu'elle détermine...» Donc je comprends que c'est la CMQ aussi qui
va déterminer les critères de compétence et d'expérience des formateurs?
Mme Laforest :
Exactement, oui.
Mme Nichols :
Parfait. Est-ce qu'il y aura une liste? Un peu comme hier, on parlait, entre
autres, là, des conseillers en éthique à qui on peut demander un avis. Est-ce qu'il
y aura... Est-ce que ça sera rendu...
Mme Laforest :
Ce sera public, oui.
Mme Nichols :
Oui, les critères pour être nommé formateur?
Mme Laforest :
Les critères pourraient être publics, et la liste des formateurs également.
Mme Nichols :
O.K. Parfait. Puis évidemment, là, j'ai compris qu'elle va être diffusée sur le
site...
Mme Laforest :
Internet.
Mme Nichols :
...le site Internet de la commission, de la CMQ. Puis je repose la
question : C'est une compétence exclusive de la CMQ?
Mme Laforest :
Compétence exclusive de la CMQ, il y a des... Oui, sauf qu'il y a des formations
qui se donnent parfois avec l'UMQ. Sauf que, pour la CMQ, c'est vrai, c'est...
Oui, ils devront être autorisés par la CMQ. C'est, oui, exclusif à la CMQ.
Mme Nichols :
Donc, c'est ça. Ça fait que si l'UMQ, l'Union des municipalités du Québec,
aussi, la FQM souhaitent... Parce qu'ils pourraient être des organismes
reconnus aussi.
Mme Laforest :
Ils devront être... pas accrédités, mais ils devront être autorisés par la CMQ.
Mme Nichols :
O.K. Mais ça, c'est une...
Mme Laforest :
UMQ, FQM, oui.
Mme Nichols :
Mais c'est une des possibilités que la FQM ou que l'UMQ puisse dispenser ces formations-là,
après autorisation de la CMQ?
Mme Laforest :
Si la Commission municipale le permet. La Commission municipale pourrait dire à
l'UMQ ou à la FQM : Vous pouvez dispenser cette formation-là, oui.
M. Paradis
(Nicolas) : À partir de la liste.
Mme Laforest :
À partir de... Oui.
Mme Nichols :
Bien, ils seront sur la liste, dans le fond, là.
Mme Laforest : À partir des personnes compétentes, et qui ont
les critères et les qualités pour donner la formation.
M. Paradis
(Nicolas) : C'est ça.
Mme Laforest :
Exactement, oui.
M. Paradis
(Nicolas) : C'est les clients.
Mme Nichols :
Parfait. Ça, ça me va au niveau des formateurs. J'ai plusieurs petites
questions, là, au niveau de la formation. On
peut... Je peux peut-être commencer puis, au pire, on continuera après le
dîner. Mais, au niveau de la formation,
on dit que, bon, «tout membre d'un conseil de municipalité doit, dans les six
mois du début de son premier mandat et de tout mandat subséquent,
participer à une formation sur l'éthique et la déontologie». Donc, on comprend que quelqu'un qui est réélu par acclamation à un
second mandat doit tout de même se soumettre à la nouvelle formation
Mme Laforest :
Est-ce qu'elle doit... Là, je ne veux pas m'avancer. Est-ce qu'elle doit se
soumettre à la nouvelle formation?
Mme Laforest :
Oui. Je ne voulais pas me tromper, là. Oui. Me Paradis l'a précisé. Oui.
Mme Nichols :
Parfait. Donc, dans le fond, c'est une formation à chaque mandat?
Mme Laforest :
Oui. Mais si la formation est la même, c'est un rappel. On refait la même formation,
même si la formation n'a pas changé? O.K., oui.
M. Paradis
(Nicolas) : Mais le code a changé.
Mme Laforest :
Non, bien là...
Mme Nichols :
Toujours bon, un petit «refresh».
Mme Laforest :
Non, mais c'est bien, là. Oui, c'est vrai, c'est un...
Mme Nichols :
Oui. Bien, moi, je...
Mme Laforest :
C'est comme les premiers soins. On recommence.
Mme Nichols :
Bien, on en avait discuté aussi, là. Il y avait eu des échanges, là, puis moi,
je... On rappelait, entre autres, là, l'importance, là, que... Parce qu'il y a
des petites municipalités, les maires sont là depuis 26 ans, là, puis on
se disait : Bien là, ils peuvent...
Mme Laforest : Oui. Bien, je me
demandais, si c'est le même cours qui se donne à toutes les fois, si on est
obligé de le reprendre à toutes les fois. Me Paradis l'a confirmé, O.K.
Mme Nichols :
Oui. Bien ça, ça faisait
partie aussi de mes questions, là, relativement à la
formation qui est donnée, là. Il y aura évidemment des mises à jour, là, dans
cette formation-là?
Mme Laforest : Oui, ça, c'est
sûr.
Mme Nichols : Qui voit...
Mme Nichols : C'est l'heure?
O.K. On va... Je vais revenir après le...
La Présidente (Mme Boutin) : Je
suis vraiment désolée de devoir vous interrompre, là. Je déteste ce moment,
mais je vous remercie pour la cordialité des échanges.
Alors, sur ce, la commission va suspendre ses
travaux jusqu'à 14 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
Présidente (Mme Boutin) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de l'aménagement du territoire reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 49, Loi modifiant la
Loi sur les élections et les référendums dans
les municipalités, la
Loi sur l'éthique et la déontologie en matière municipale
et diverses dispositions législatives.
Alors, lors
de la suspension de ce matin, nous en étions avec Mme la députée de Vaudreuil, qui avait une série de questions entourant
l'amendement qui introduit l'article 73.1. Alors, je vous inviterais à
poursuivre, Mme la députée.
Mme Nichols : Merci, Mme la
Présidente. Alors, oui, en effet, là, on était au 73.1, puis vous m'aviez coupé
la parole. Non, mais... J'avais... on était
dans la
partie formation, puis mon collègue avait beaucoup parlé, entre
autres, là, de la formation, là, des pouvoirs, là, qui étaient donnés à l'UMQ
relativement aux formateurs, l'autorisation, là, qui...
Mme Nichols : De la CMQ, c'est ça
que j'ai dit? Oui, relativement à la CMQ. Moi, j'ai des petites questions en rafale sur cet article-là, parce qu'il y a
plusieurs éléments nouveaux, puis c'est des éléments, là, entre autres, là, qu'on a parlé... qu'on avait déjà eu des échanges ou qu'il
y a des groupes qui sont venus porter certains faits à notre attention.
En commençant par le premier, là, je disais que
«tout membre d'un conseil d'une municipalité doit, dans les six mois du début
de son premier mandat et de tout autre mandat subséquent, participer à une
formation sur l'éthique et la déontologie», ça, ça me va. J'avais compris et la
ministre nous avait confirmé qu'à chaque nouveau mandat, même si c'est un élu
qui est réélu par acclamation, il doit tout de même suivre la formation.
Et on a compris aussi, là... Me Paradis
nous disait que la formation, là, sera, évidemment, là, mise à jour. Je ne sais
pas si elle sera mise à jour en cours de mandat, là, parce que, des fois, il
peut y avoir une partielle, ou si elle sera mise à jour à la fin de chaque
mandat, aux quatre ans, là, ça, je ne le sais pas, mais j'imagine que la... je
présume que la CMQ fera des mises à jour. Ou, en fait, là, la CMQ écoute, là,
ça fait que j'invite la CMQ à faire des mises à jour, là, de façon assez
régulière, parce qu'évidemment il y a des changements ou il y a des
jurisprudences, là, qui prendront le dessous, qui sortiront et qu'on ne pourra
pas, évidemment, ignorer.
Formation continue. Parce que, là, ça, je comprends
que ça va être la formation pour le nouvel élu, mais on avait parlé aussi de formation continue. Ça fait que je me demandais
est-ce qu'il y a un endroit où on a prévu, peut-être, faire de la formation continue ou on prévoit juste
cette formation-là, ici, en début de mandat ou, en fait, dans les six
mois, là, qui suivent l'élection?
Mme Laforest : Quand on avait parlé
de la formation continue, corrigez-moi, Me Paradis, c'était quand on parlait de la formation avec les unions. Est-ce
que c'est bien ça? Oui, O.K. La formation continue, c'est celle avec
les unions, puis la formation avec la
Commission municipale, ce qu'on oblige, c'est celle-là qu'on va adopter aujourd'hui.
Mme Nichols : Mais il n'y aura pas
de... on ne demandera pas aux élus de faire, mettons... Tu sais, je donne un
exemple, là. Nous, au Barreau, on doit... vous le savez, là, on doit faire...
on a des heures de formation à faire chaque année, là. Puis je ne parle pas
juste de cette formation-là, ici, là, éthique et déontologie, là, mais je parle
de formation pendant le mandat de quatre ans, là, sur lequel ils seront élus.
Ça, est-ce qu'on l'a prévu en quelque part ou est-ce qu'on l'intègre ici, ou
est-ce qu'on se dit : Non, on n'est pas rendus là?
Mme Laforest : Bien, ça va rester un
peu comme aujourd'hui, parce que, si, exemple, un conseil municipal demande de
suivre une formation, il va pouvoir suivre une formation. Il y a des
formations, comme on le dit, là, avec l'UMQ, depuis
toujours, puis avec la FQM aussi. Ça fait que ça, ce sera possible, mais, au
niveau de la formation continue, dans le projet de loi, on ne touche pas à ça.
Mme Nichols : O.K. Donc, je le lance
comme ça, là, si la CMQ décidait... La CMQ ne pourrait pas décider d'emblée de
se dire : Bien, je donne, là, la première formation d'éthique et
déontologie, puis après ça je fais une mise à jour en cours de mandat, ou, s'il
y a des changements, là, en arriver avec...
Mme Laforest : Bien, avec la CMQ,
c'est ça, on a la formation de base. Ça, c'est vraiment... Je vais le retrouver
ici. Cette formation doit notamment... Dans le deuxième paragraphe, en fait,
là : «La formation doit notamment, en outre de tout contenu minimal
obligatoire que peut fixer la Commission municipale du Québec...» Donc, il y a
une formation de base avec la CMQ qui n'est pas une formation, non plus,
continue, ça fait que, tu sais, c'est différent aussi. Mais, oui, la CMQ a...
va donner une formation de base pour ceux, évidemment, qui sont élus.
C'est sûr, c'est peut-être nouveau, qu'est-ce
qu'on amène, mais ce qu'on amène de plus, c'est une formation de base en dehors
des formations qu'il y a déjà parfois, qu'on peut assister avec... qu'on peut
avoir avec l'UMQ et la FQM. Je ne sais pas si je m'explique bien, peut-être moins
bien.
Mme Nichols : Bien, moi, je pense
qu'il y en a déjà une, formation, là, qui est obligatoire, là, puis on a déjà
publié la liste de ceux qui ne la suivent pas, cette formation-là, là. Ça fait
que, là, ici, on va arriver, là, avec des sanctions, là, mais, si je ne me trompe
pas, il y a déjà une formation. Là, je comprends que...
Mme Laforest : Bien, moi, c'est
sûr... Peut-être que c'est moi qui vois ça comme une formation continue qu'on
suit, par exemple une attestation ou un... tu sais, un cours dans un collège, ou
quelque chose comme ça. Moi, je vois ça comme ça, c'est différent. C'est pour
ça que je dis, peut-être, je vois... Peut-être que je comprends mal votre question,
mais c'est complètement différent. Peut-être, Me Paradis...
Mme Nichols : Bien, je l'exprime peut-être
mal, là, je vais l'exprimer, là, un peu mieux, là. C'est parce qu'il y a...
Puis je faisais référence à la formation continue de certains ordres
professionnels. Donc, il y a des ordres professionnels qui demandent de la
formation continue pendant l'année ou... le Barreau, je pense, c'est
30 heures en deux ans, si je ne me... oui, c'est ça, 30 heures en
deux ans, mais il y a des ordres professionnels, là, comme ça, là, qui
demandent de faire de la formation.
Là, je le sais, ici, qu'on est à l'article... on
parle de la formation sur l'éthique et la déontologie en matière municipale,
mais précisément, là, sur l'éthique et la déontologie en matière municipale,
là, ça, ça peut changer, là, pendant le
mandat de quatre ans d'un élu municipal. Ça fait que c'est pour ça que je me
demandais est-ce qu'on prévoit juste
la première formation puis pas de mise à jour, pas de... ou peut-être que, tu
sais, peut-être que c'est trop fort quand j'utilise «formation continue», je devrais peut-être
utiliser... est-ce qu'on prévoit, à mi-mandat, une mise à jour ou on
prévoit...
Mme Laforest : Il n'y a pas de
formation aux deux ans, par exemple. Il n'y a pas de formation, c'est vraiment
à l'entrée du mandat de l'élu, la formation de base qui est ici, qu'on vient
ajouter aujourd'hui dans le projet de loi. Ce n'est pas une formation continue,
c'est une formation de base qui vise à... sur... comme c'est bien indiqué ici,
là : l'éthique en matière municipale, comprendre les valeurs au niveau du
code d'éthique, de la déontologie, au niveau des compétences pour le respect au
niveau des échanges municipaux. C'est des formations aussi qui touchent le rôle
et les responsabilités des élus municipaux. Puis, avant, c'était une fois
l'élu... lorsque l'élu était, bref, arrivé en poste. Avec le projet de loi, une
fois que le mandat était minimum... c'était minimum... Attendez, là, je vais...
Bref, c'est parce qu'on mélange des formations. Celle-ci est nouvelle, c'est
une formation de base avec quelques cours de formation obligatoire, si je peux
le dire ainsi. On devrait...
Mme Laforest : Sur l'éthique et
la déontologie. Je pense qu'on va se concentrer juste sur ça. Je pense que je
vais partout, mais je vais me recentrer.
Mme Laforest : Non, c'est moi. Ça
fait que... Parce qu'il y a toujours eu des formations, tu sais, il y en a
toujours eu. Puis ça... puis c'est peut-être pour ça aussi... Je vais dire ma
réflexion que j'ai eue, parce que moi, je disais qu'on devrait avoir un cours,
par exemple... ça, Me Paradis, je vais le dire publiquement, je
disais : On devrait... il devrait y avoir un D.E.C. en, je ne sais pas,
gestion municipale, ou un bac, ou quelque chose comme ça, dans nos échanges. Ça
fait que c'est pour ça que, quand vous me parlez de ça, moi, je vois ça
comme... ça ressemble un petit peu à ça, puis même une formation continue.
Mais là au
moins ce qu'on vient établir, c'est donner une bonne base aux élus. Donc, non,
il n'y aura pas de mise à jour, pour répondre à votre question, pas de
mise à jour aux deux ans. Une formation de base, en commençant, sur l'éthique
et la déontologie obligatoire, puis ensuite, la formation... le membre du
conseil devra déclarer au greffier sa participation à la formation dans les
30 jours. Et le greffier de la municipalité, dans les 30 jours, devra
aviser la Commission municipale également que le membre du conseil a participé
à la formation dans les délais requis.
Mme Nichols :
Oui, je ne veux juste pas aller... Ça, oui, là, ça, ça me va, là, c'est... Je
reviens encore à la formation. Puis c'est de ma faute, là, j'en prends une
partie du blâme, là, je me suis peut-être un peu éparpillée puis j'ai peut-être
un peu, là, mélangé les concepts, là. Là, je comprends, ici, qu'on... puis
c'est correct, là, c'est clair, là, puis ça existait déjà, que les élus
municipaux ont un délai pour suivre une formation en éthique et déontologie en
matière municipale, évidemment, que la CMQ, là, fournira... aura une liste de
formateurs, puis tout. Ça, ça va, c'est correct. Puis la CMQ mettra sa
formation à jour. Donc, s'il y a une partielle deux ans plus tard, bien, la CMQ
aura sûrement mis sa formation à jour pour que le nouvel élu qui rentre sur une
partielle, deux ans plus tard, n'ait pas une formation désuète de deux années
auparavant. Ça, je suis certaine que la CMQ fera ce qu'il y a à faire sur ce
point-là.
Est-ce qu'il y avait une ouverture à ce qu'on...
Parce que ça a été demandé, là, puis je pourrais ressortir les groupes, là,
mais ça a été discuté, ça a été demandé à ce qu'en cours de mandat il y ait
d'autres formations obligatoires, peut-être pas sur l'éthique et la déontologie
en matière municipale mais peut-être sur d'autres sujets en matière municipale. Ça fait que est-ce qu'on peut
prévoir de la formation... je vais dire complémentaire au lieu, peut-être,
de dire formation continue, parce que je ne suis pas sur ce sujet-là, mais
peut-être est-ce qu'on peut prévoir de la formation complémentaire qui pourra
être autorisée aussi par la CMQ.
Mme Laforest : Bien, c'est certain,
ça dépend de chaque municipalité. Chaque municipalité peut choisir d'assurer
une formation complémentaire. Ça, c'est sûr que oui, mais, ici, on ne le fait
pas, là, présentement, ce n'est pas ajouté dans l'article.
Mme Nichols : Parfait. Donc, on rend
éthique et déontologie obligatoire, puis, le reste, un élu qui voudrait suivre
une formation pourrait demander à sa municipalité pour...
Mme Laforest : Exactement.
Mme Nichols : ...si la FQM offre une
formation, puis, des fois, ils l'offrent, là, dans les... quand ils font les
assises ou...
Mme Laforest : Oui, c'est déjà ça,
oui. Exactement, oui.
Mme Nichols : Ça fait qu'on en reste
là. O.K. Parfait. Le contenu de la formation, le contenu de la formation sur
l'éthique et déontologie en matière municipale, on dit : «Cette formation
doit notamment, en outre de tout contenu
minimal obligatoire que peut fixer la CMQ...» Qu'est-ce que ça veut dire, ça,
«cette formation doit notamment»? C'est un beau langage
juridique, là : «Cette formation doit notamment, en outre de tout contenu minimal obligatoire
que peut fixer la Commission municipale du Québec, viser à susciter une
réflexion sur l'éthique et la déontologie en matière municipale.» Qu'est-ce que
ça va veut dire? Où est-ce qu'on s'en va avec ça?
Laforest : En fait, ce ne
serait pas là puis ce serait correct quand même, Me Paradis. On pourrait
biffer ça, là.
Mme Nichols : C'est juridique.
Mme Laforest : ...expliquer les
termes, là, mais...
La Présidente (Mme Boutin) :
...Me Paradis. Bien, j'aurais besoin du consentement pour toute la journée
pour entendre Me Paradis.
Mme Nichols : Bien oui, vous n'avez
pas parlé de la journée encore, Me Paradis.
La Présidente (Mme Boutin) : Nous
sommes rendus à faire un consentement.
Mme Nichols : Consentement pour le
restant de la journée.
La Présidente (Mme Boutin) :
Parfait. Alors, je vous inviterais à vous présenter une nouvelle fois.
M. Paradis (Nicolas) : Merci, Mme la
Présidente. Nicolas Paradis, sous-ministre adjoint aux politiques au ministère
des Affaires municipales et de l'Habitation.
La disposition ici s'inspire d'éléments qui
étaient présents dans la loi actuelle. Il y a deux volets très importants dans
le cadre de ces formations-là. Ce qu'on veut, c'est qu'on veut qu'il y ait un
contenu minimal qui soit compris dans la
formation, donc déterminé par la commission pour assurer un certain niveau
d'uniformité, bien entendu, à l'égard de l'ensemble des formations qui
sont données. On peut imaginer, dans les éléments du contenu minimal que
fixerait la commission... s'assurer que les règles obligatoires qui doivent
être dans les codes d'éthique et qui seront
dans les codes d'éthique seront expliquées, bien comprises pour être bien
appliquées. Donc, on peut imaginer ça facilement comme un contenu
minimal obligatoire.
Et par ailleurs on veut que la formation... Il y
a comme deux volets, hein : éthique, déonto. Donc, déonto, des règles bien comprises, et éthique, réflexion de
savoir comment se guider dans un contexte éthique, qu'est-ce qui guide
un élu, en outre des
règles de déonto. Et c'est pour ça qu'on veut susciter une réflexion sur
l'éthique en matière municipale. Donc, on n'est plus uniquement dans de
l'application de la règle mais dans de la réflexion inhérente à l'éthique.
C'est une approche qui est déjà en vigueur, ça,
cette réflexion-là. C'était déjà dans la... au deuxième alinéa de
l'article 15 de l'actuelle... donc, ce qui est actuellement en vigueur
dans la
Loi sur l'éthique et la déontologie en matière municipale. Donc,
vraiment, ces deux volets-là sont... permettent de couvrir deux situations très
importantes dans le cadre de l'assimilation que les élus doivent faire de leurs
obligations éthiques et déontologiques.
Mme Nichols : Merci pour les
explications. Moi, j'ai comparé les articles puis j'avais noté que c'était
nouveau, cette partie-là. Quand on disait que ça devait «notamment, en outre de
tout contenu minimal», là, moi, je ne l'avais pas vu, j'avais compris que
c'était nouveau, cette partie-là. Puis là, selon vos explications, je comprends
que le «contenu minimal», ça serait, entre autres, là, les règles obligatoires,
là, qu'on a fait l'énumération dans l'article précédent. Est-ce qu'on ne
devrait pas plutôt référer à cet article-là, l'énumération, entre autres, où...
quand on a mis, là, l'incivilité de nature
vexatoire, là? Ça fait qu'on ne pourrait pas plutôt faire référence à l'article
où on vient les énumérer?
M. Paradis (Nicolas) : À vrai dire,
deux choses. Cet
article ajoute le pouvoir à la commission municipale de fixer
le contenu minimal obligatoire. Ça, c'est effectivement de la nouveauté.
L'aspect de réflexion, c'était déjà présent dans l'article 15 en vigueur.
Donc, on ajoute cet élément-là pour assurer, justement, cette uniformité. On
veut garder, bien entendu, la souplesse à la commission municipale pour
déterminer tout le contenu minimal.
Je vous dirais que ça va de soi que la commission
va aller prescrire ce qui est minimalement obligatoire en vertu de la loi,
parce qu'elle aura à coeur que les formations qui seront données s'assureront
de transmettre l'information requise aux élus pour qu'ils puissent s'acquitter
correctement de leurs obligations, là. Donc, on le fait sous cet angle-là,
parce que c'est une... on laisse la latitude à la commission de pouvoir
déterminer le minimum, mais ça ne pourra pas aller en deçà de ce que la loi
exige déjà comme contenu qui doit être respecté par les élus.
Mme Nichols : Où on peut le
trouver... Où on peut trouver, là, le contenu qu'il y aura dans la formation obligatoire à part... Parce que, là, encore là,
là, c'est la... on donne la compétence à la CMQ de déterminer ce qu'il y
aura dans la formation obligatoire qui sera donnée aux nouveaux élus ou aux
anciens élus, là... bien, en tout cas, ladite formation
obligatoire, là. Où on peut trouve le contenu qui va être obligatoire? Ça va
être... C'est cette formulation-là, ici, qui vient spécifier ce que la
CMQ pourra y inclure ou pas, ou bien pas «ou pas», mais peut-être...
Mme Laforest : Bien, auparavant, ce
matin, on a déterminé les obligations, les qualités obligatoires pour les
formateurs. Là, la CMQ va établir... va monter sa formation à elle, puis la
formation sera disponible, j'imagine, avec la CMQ. La CMQ peut rendre
disponible la formation. Si on demande à la CMQ de nous présenter la formation
qui sera obligatoire, j'imagine, ce sera possible. On va pouvoir le présenter
publiquement, Me Paradis?
M. Paradis (Nicolas) : À vrai dire,
la commission aura le fort intérêt, et elle le fera, de déterminer, justement,
quel sera ce contenu, on le dit comme ça, minimal obligatoire pour permettre à
l'ensemble des formateurs d'établir leur formation. La commission ne dit
pas : Voici la formation, le premier bloc, le deuxième bloc et tout ce qui
doit être dit. Ce n'est pas une formation paramétrée par la commission. La
formation, elle... La commission va déterminer le contenu minimal obligatoire.
Pourquoi? Je vais prendre un exemple simple, là,
je vais juste l'illustrer peut-être plus simplement que ce que j'explique. Si
on veut une formation qui soit donnée aux élus de la ville de Montréal versus à
ceux qui sont... présentée aux élus de la ville de Québec, la ville de Montréal,
les élus vont avoir un intérêt, fort probablement, d'avoir une formation qui va
coller à leur code d'éthique et de déontologie. Alors, ce que la commission
pourrait prescrire, dire : Bien, écoutez... Elle prescrira... Vous devez
avoir les contenus minimums suivants, toutes les règles que la loi prévoit,
bien entendu, assurez-vous de le présenter. La ville de Montréal, elle pourrait
dire : Bien, écoutez, moi, j'ai des règles en outre de ce que prévoit le
minimum prévu par la loi, je veux m'assurer que ce soit présenté. Donc, le
formateur, lui, il va aller au-delà de ça pour avoir la meilleure formation qui
colle à la réalité de l'élu concerné, donc pour qu'il puisse s'approprier de la
meilleure manière possible son propre code d'éthique.
Ça nous permet cette souplesse-là pour assurer
la meilleure formation possible, compte tenu des différentes réalités, avec le
minimum requis en vertu de la loi et en permettant d'assurer cette meilleure
adhésion, compréhension, assimilation des règles qui sont applicables à chacun.
Mme Nichols : Mais la CMQ va tout de
même autoriser le contenu du... Le formateur va devoir faire approuver sa
formation, ce qu'il va présenter soit à la ville de Montréal... Je sais qu'il y
a les éléments de base, là, mais ça fait que j'imagine que le formateur va
regarder si les éléments de base sont là puis il pourra les présenter de façon
ajustée à la ville de Montréal, ou à la ville de Québec, ou aux élus, parce que
ça sera...
Mme Laforest : À la base, la CMQ va
rendre publics ses critères d'évaluation. Ça fait que ça, c'est important de le mentionner. Ça fait que tous les critères pour la première... La formation qu'on établit, ici,
l'évaluation sera publique. Suite à ça, si les municipalités veulent ajouter ou
veulent... sauf qu'on ne touchera pas à la formation de base. Les critères d'évaluation
de la CMQ seront connus publiquement, mais une municipalité qui voudrait
ajouter, comme Me Paradis l'a dit, aucun problème, là, tu sais, c'est sûr
que chaque municipalité peut ajouter des...
Mme Nichols : Il
n'y a pas...
Mme Nichols : Oui, je vais céder la
parole à mon collègue après, Mme la Présidente, je veux juste vérifier... Puis il
n'y a pas... Oui, là, pour les éléments, là, à y inclure, là, les règles de
base, là, si on veut, là, qui seront, évidemment, là, publiées, là, mais il n'y
a pas de durée prévue, là, on ne dit pas... Puis je donne un exemple, là, tu
sais, le Barreau, on a un 30 heures à faire, ça fait qu'on sait qu'il y a
une formation de trois heures. Mais ici on ne vient pas dire que la formation
sur l'éthique et déontologie en matière municipale doit être une formation de
trois heures, on ne vient pas délimiter ça dans le temps, on se dit : Si
les principes sont là, c'est correct.
Mme Laforest : Bien, votre question
est excellente, parce qu'en fait, après des discussions qu'on a eues, d'ailleurs, avec la Commission municipale, c'est
certain que le projet de loi... Comme... Je vous d