Transportation and the Environment — 24 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2016-05-24
Quebec — Committees
Nous
vivons dans un environnement où les besoins de la population
en matière de transport ne cessent d'évoluer et où les nouvelles technologies bouleversent sans
cesse nos modèles établis, nous ne pouvons pas nous permettre d'ignorer ces changements. Ces réalités ne sont pas
exclusives au Québec, de nombreuses administrations doivent faire
face à des défis similaires. Elles y
répondent de diverses façons en
fonction des réalités et des valeurs
qui leur sont propres. Dans cet esprit,
le projet de loi n° 100 propose un modèle québécois.
Celui-ci correspond à ce que nous souhaitons collectivement pour encadrer les services de transport rémunéré
de personnes par automobile offerts sur notre territoire. Il ne s'agit
pas de choisir entre le taxi et les
nouvelles plateformes de transport rémunéré de personnes, mais plutôt de nous
assurer d'être justes et équitables en mettant en place des règles qui
sont les mêmes pour tous.
Pour
faire image, on s'attend tout naturellement à ce que deux équipes de hockey qui s'affrontent
jouent sur la base des mêmes règlements. Imaginez quelle serait la
réaction des amateurs, qui se déchaînent généralement à la moindre apparence de
transgression, si seulement une des deux équipes était soumise à l'ensemble des
règles. Nous avons donc décidé que ceux et celles qui veulent jouer dans le
domaine du transport des personnes par automobile allaient désormais devoir se
conformer à un encadrement uniforme. Je suis convaincu que les mesures
proposées permettront également aux différentes clientèles de bénéficier de
services de qualité.
Comme je l'ai dit
précédemment, l'industrie du taxi est en rémission et elle doit intensifier ses
efforts pour se moderniser. Les mesures
proposées dans le projet de loi offrent justement un encadrement et un environnement
d'affaires plus flexible qui permettra une modernisation continue des façons de
faire.
Mais, pour l'heure,
je suis impatient d'entendre les intervenants relativement à ce projet de loi n° 100.
Je suis d'emblée convaincu que nos discussions seront constructives. Je vous
remercie, M. le Président.
Le Président (M.
Reid) : Merci, M. le ministre. J'invite maintenant la porte-parole
de l'opposition officielle, Mme la députée de Vachon, à faire ses remarques
préliminaires pour une durée maximale de 3 min 30 s.
Ouellet : Oui,
merci, M. le Président. Dans un
premier temps, je veux saluer le ministre,
saluer l'équipe de députés du côté du gouvernement, saluer l'équipe de
députés du côté de la deuxième opposition.
Peut-être d'entrée de
jeu, M. le Président, vous dire que nous sommes tout à fait d'accord avec les
nouvelles technologies, avec les nouvelles applications. Nous pensons qu'effectivement, dans le milieu du taxi, ce sont les
nouvelles façons de faire la distribution
des demandes, ce n'est plus de la distribution des appels mais des demandes,
aujourd'hui, et que ça permet vraiment toutes sortes d'améliorations dans l'industrie
du taxi.
Mais,
une fois qu'on a dit qu'on est d'accord avec les nouvelles applications mobiles, les
nouvelles technologies, vous savez, M. le Président, il y en a qui se sont développées ici, au Québec.
Ici, à Québec, il y a même la compagnie Taxi Coop qui déjà depuis plusieurs années a une application mobile avec GPS,
avec carte de crédit. Donc, je pense
qu'effectivement on va avoir une préoccupation de pouvoir
généraliser l'utilisation de ces applications mobiles là, puis idéalement développées
par des travailleurs ici, des programmeurs ici, au Québec, et pourquoi pas à Québec.
je veux saluer le dépôt du projet de
loi, parce que ça fait deux ans que
nous avons du taxi illégal au Québec, ce qui est totalement inacceptable. Ça fait deux consultations que nous avons eues sur l'industrie du taxi, deux ministres, tant le député
de Marguerite-Bourgeoys que le ministre
actuel, qui ont déclaré qu'il y avait du taxi illégal, qu'UberX, c'est du taxi illégal au Québec. Donc, je pense
que c'est important qu'on se donne les moyens, M. le Président, de pouvoir faire en sorte de
clarifier le régime du taxi, donc un seul régime pour l'ensemble — et
je rejoins les propos du ministre en
ce sens-là — des
joueurs, c'est les mêmes règles qui doivent s'appliquer pour tous.
est tout à fait d'accord avec des mesures aussi de bonification du service
client, c'est extrêmement important.
Il faut aussi que l'industrie du taxi aille de l'avant.
On aura beaucoup de questions
sur la question des taxes et des impôts. Pour nous autres, c'est essentiel,
c'est primordial que tous contribuent par
les taxes et les impôts. Ça ne peut pas être des règles différentes, et les
gens ne peuvent pas passer à côté des
règles. Il y a une règle très précise pour l'industrie du taxi, qui sont
exemptés de l'application du travailleur autonome. Donc, il faut
que ces règles-là s'appliquent et, je vous dirais, même s'appliquent
rétroactivement, sinon ce n'est pas normal.
Et il faudra des moyens supplémentaires pour contrer le taxi illégal, mais il faudra les mettre en place, ces
moyens-là, et il faudra les faire appliquer, parce qu'on a déjà des mesures
dans des lois existantes que nous n'avons pas appliquées.
Nous
saluons les mesures concernant les cyclistes, le vélo. Nous aurons l'occasion
d'y revenir, parce qu'encore là ça fait deux ans que nous attendions ces
mesures-là.
nous saluons aussi l'ensemble des... qui, à très court délai... des groupes qui
ont accepté de venir nous présenter en commission parlementaire leurs
commentaires, leurs remarques. Et nous offrons toute notre collaboration pour
l'adoption de ce projet de loi là avant la fin de la présente session
parlementaire.
Président (M. Reid) : Merci, Mme la députée de Vachon. J'invite
maintenant le porte-parole du deuxième groupe d'opposition, M. le député
de Groulx, à prendre la parole.
Surprenant : M. le Président,
merci. Alors, je salue le ministre et son équipe, la représentante de l'opposition
officielle, la députée de Vachon, mon collègue
le député de Masson.
Je salue également tous les intervenants qui vont se présenter, qui sont ici aujourd'hui, et ceux qui vont se présenter ultérieurement en commission.
Alors, en particulier, je les félicite
pour le peu de temps qu'ils ont eu à préparer des mémoires; on ne les a pas
tous reçus encore, on va les recevoir. Alors,
on a l'habitude, avec le gouvernement actuel, de donner peu de temps aux gens pour
pouvoir être constructifs au débat, mais on comprend que vous l'êtes le
plus possible dans la contrainte qui vous est soumise.
Alors, en ce
qui concerne le p.l. n° 100, M.
le Président, on a l'impression
que c'est un projet de loi qui est fait par et pour le taxi. Alors,
le transport rémunéré de personnes par automobile existe depuis bien longtemps.
En 1970, il n'y avait que le taxi; maintenant,
bien, il y a plusieurs autres modèles qui existent ailleurs
dans le monde, même au Canada. Alors, il y a Lyft — je
vais en nommer quelques-uns — Sidecar, Carma, Hailo, Curb, Didi Kuaidi,
Waze Carpool, RideWith, BlaBlaCar, TappCar et combien d'autres. Alors donc,
avec le p.l. n° 100, on a l'impression que tous ces modèles-là doivent rentrer, finalement, dans le moule du taxi pour pouvoir opérer au Québec.
Alors, à notre avis, le débat est mal
engagé. C'est une approche qui est manichéenne, donc c'est le taxi contre Uber,
alors de telle sorte que le projet
de loi a été rédigé, selon nous, explicitement pour mettre Uber en dehors de...
à la porte du Québec, finalement.
Alors, on ne
vient pas ici en tant que parti d'opposition constructive pour défendre Uber. Alors, ce qu'on
vient, en fait... D'abord, ils sont capables
de se défendre eux-mêmes, on l'a bien vu, ils ont les moyens et la parole
facile, mais je vais donc tenter
surtout, tout au long de ces consultations publiques, de chercher avec les
différents intervenants des voies de compromis
pour permettre à l'innovation de cohabiter sainement et équitablement entre
l'industrie du taxi traditionnelle et les
nouveaux modèles de mobilité urbaine, alors notamment, donc, le covoiturage
commercial. Alors, je souhaite évidemment une industrie du taxi plus forte et qui rivalise
équitablement avec les modèles alternatifs qui sont apparus récemment sur le marché et que des milliers de
consommateurs apprécient parce que, disons-nous-le clairement,
ce qu'on souhaite, c'est que le consommateur
soit le mieux servi possible puis que nos lois soient adaptées en conséquence.
Alors donc, dans un esprit constructif, nous sommes ici pour faire avancer le
débat.
Président (M. Reid) :
Merci beaucoup, M. le
député de Groulx.
Alors, je souhaite maintenant la bienvenue aux représentants du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi. Je vous demanderais, pour les fins d'enregistrement, de vous présenter, surtout...
même si on vous connaît très bien, M. Chevrette, et de présenter
les personnes qui vous accompagnent. Vous avez 10 minutes pour faire votre
présentation, par la suite nous aurons une période d'échange avec les membres
de la commission. À vous la parole.
Chevrette (Guy) : Merci, M. le Président. Tout d'abord, M. le ministre, Mmes, MM. les
parlementaires, je vous présente, à
ma droite, notre président, M. Georges Tannous; M. Jean-François
Tremblay et M. François Cyr, membres du conseil; d'autres membres
du conseil qui nous accompagnent également.
Tout d'abord,
vous me permettrez de vous dire qu'il était grandement temps qu'il y ait un projet de loi. Ça fait presque deux ans
qu'on nage dans l'illégalité la plus complète, que le Québec
est privé de ses taxes, qu'on nage également dans l'incertitude. Deux ministres
des Transports, au moins le deuxième nous a livré un projet de loi. On est
d'accord en principe sur le projet de loi, et je vous donnerai les nuances que
nous avons par rapport au projet de loi tantôt.
Également,
nous avons tenu... c'est la troisième commission parlementaire, croyez-le ou
non, sur le même sujet, en plus d'un minisommet en août dernier
exactement sur les mêmes affaires. Il est grandement temps, parce qu'il y a 22 000 travailleurs,
22 000 travailleurs, pas six travailleurs dans un local qui vendent
une application mobile, 22 000 travailleurs qui sont privés de
revenus assez substantiels.
Au cours des
deux dernières années, là, nous avons élaboré le principe de fond qu'on
retrouve dans le projet de loi. Tout
d'abord, un seul régime pour tous les transporteurs, on salue positivement ce
principe fondamental de la loi. La valeur
des permis qui est maintenue, la valeur marchande, c'est dans le projet de loi,
et on est d'accord, on s'y retrouve également.
Nous conservons également nos emplois, ce qui est beaucoup, pour
22 000 travailleurs qui ont acheté leur droit de travailler. Ils ont acheté ça, là, et je dis ça
pour tous les parlementaires, ils ont acheté leur droit de travailler. Ce
n'est pas un amuse-gueule, ça, là, 200 quelques mille pour pouvoir travailler.
En plus de ça, dans les sanctions qu'on a demandées,
allant jusqu'à la suspension des permis, on l'a exigé, on l'a demandé, et nous
le retrouvons dans le projet de loi. Et dans l'ensemble nous sommes
d'accord pour dire que le ministre a tenu parole par rapport à ses engagements
pré-commission parlementaire.
Nous sommes aussi en faveur des règles qui vont
nous permettre le taxi-partage. On parle d'économie de partage, il faut savoir de quoi on parle. Et, dans le projet de loi, il y a véritablement une possible économie de partage
avec les règles édictées. On va vous demander d'être plus clairs éventuellement,
mais c'est une façon très habile, avec une mécanique pour pouvoir dire à deux
personnes, par exemple, d'utiliser la même voiture et abaisser leurs coûts,
parce que ça commence à être pesant sur le
portefeuille, les courses en taxi. Nous croyons que ce service, donc, sera
populaire, rentable et bon po