House Proceedings — 4 October 2016 (41st Legislature, 1st Session)
2016-10-04
Quebec — Debates (Hansard)
(Treize heures quarante-trois
minutes)
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, on vous souhaite un bon mardi. Veuillez vous asseoir.
Nous allons
procéder à la rubrique Déclarations
de députés, et je cède maintenant la parole à Mme la députée de Crémazie
pour sa déclaration d'aujourd'hui. Mme la députée, à vous la parole.
Montpetit : Je vous remercie, M. le Président. Je suis très fière de
me lever en cette Assemblée aujourd'hui afin de souligner le 20e anniversaire du Carrefour jeunesse-emploi
Ahuntsic-Bordeaux-Cartierville. Ce qui fait du CJE Ahuntsic-Bordeaux-Cartierville l'un des piliers du réseau
communautaire de notre quartier est sans contredit son équipe fantastique menée notamment par
Pierre Gingras, directeur de l'organisme depuis ses tout débuts.
L'équipe du
CJE a su tisser des liens remarquables avec les jeunes et l'ensemble de la
communauté. En faisant preuve d'un
dévouement exceptionnel, de créativité et d'une formidable capacité
d'adaptation, leur travail aura permis d'ouvrir
les portes du marché du travail à nombre de jeunes. Je me permets en terminant, M. le Président, de m'adresser directement à l'équipe du CJE. Merci et félicitations
pour tout votre travail passé et à venir! Vous êtes des semeurs d'espoir, et c'est l'ensemble de la société qui en
récolte les fruits. Chapeau et longue vie au Carrefour jeunesse-emploi Ahuntsic-Bordeaux-Cartierville! Merci,
M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, Mme la députée, de votre déclaration. Je cède maintenant
la parole à Mme la députée de Chicoutimi.
Jean : Merci, M. le Président. Il y a 50 ans à Rivière-du-Moulin, Jacques Biron fondait
la troupe de danse Les Farandoles.
Quelques années plus tard, en 1974, Ariane Blackburn prenait la relève avec la
création de l'École de danse Les Farandoles de Chicoutimi.
C'est en 1968 que les premiers spectacles sont
présentés, d'abord localement, ensuite à Terre des hommes, à Montréal.
Avec leurs spectacles, Les Farandoles ont parcouru une grande
partie du monde,
dont les régions du Québec, l'Ontario, la Nouvelle-Écosse, la France,
le Tennessee, l'ex-Yougoslavie, et j'en passe. Précurseurs par la conception de leurs spectacles à grand déploiement tels que Cancan ,
Paris Folie et Ecce Mundo , Les Farandoles ont créé un nouveau
genre d'attrait touristique non seulement à Chicoutimi, mais partout au Québec. Aujourd'hui,
l'École de danse Les Farandoles
accueille annuellement plus de 400 danseurs et, depuis quelques années, elle
s'est diversifiée en offrant une formation sport-études.
À
titre de
députée de Chicoutimi, je veux féliciter tous les artisans qui, depuis
40 ans, ont contribué au succès de la troupe et de l'École de danse Les
Farandoles de...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, on vous remercie, Mme la députée, de votre déclaration. Je cède maintenant
la parole à Mme la députée de Bourassa-Sauvé pour sa déclaration de ce matin.
Mme la députée, à vous.
Mme de
Santis : Merci, M. le Président. Je souligne aujourd'hui le 10e
anniversaire de fondation de l'organisme Évolu-Jeunes 19-30, qui aide
les jeunes adultes à réintégrer la société à la suite de démêlés avec la
justice.
Tout a
commencé lors d'une
partie de basketball. Deux jeunes Nord-Montréalais,
Franklin Brismar et Denis Désiré, cherchaient
un moyen plus efficace d'aider les jeunes adultes sans ressources à faire
amende honorable. M. Frantz Jean-Jacques, directeur d'Évolu-Jeunes, a
décidé, avec son équipe, d'accompagner par le sport ces jeunes dans leur
démarche de réinsertion sociale. Régler c'est évoluer , telle est leur
maxime.
Merci de faire évoluer les
jeunes de ma circonscription et de leur donner une deuxième chance! Merci, M.
le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M. le député de Borduas pour sa déclaration d'aujourd'hui. M.
le député, à vous la parole.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le
Président. J'aimerais profiter de cette tribune pour souligner les 35 ans de L'Arche de Beloeil, un organisme de ma circonscription qui s'est donné comme mission d'accompagner les gens ayant une déficience intellectuelle en leur permettant
de s'épanouir à travers des relations riches, formatrices et valorisantes.
Mis sur pied en 1981, l'organisme compte aujourd'hui
trois foyers où 17 personnes ayant une déficience intellectuelle vivent dans
une ambiance familiale à l'intérieur de laquelle il leur est possible de mettre
à profit leur capacité de révéler leur
potentiel. M. le Président, dimanche dernier, en participant à la deuxième
édition du marchethon organisé au profit de L'Arche de Beloeil, j'ai été
à même de constater le dévouement du personnel et des bénévoles. J'ai également pu voir de près l'impact positif de cet organisme non seulement sur les gens ayant une déficience intellectuelle, mais sur
l'ensemble de la communauté. Aujourd'hui, M. le Président, en plus de souligner
les 35 ans d'existence de L'Arche de
Beloeil, je tiens également à remercier tous ceux qui, au cours de ces 35
dernières années, ont permis à tant
de gens de trouver un sens à leur vie et de faire comprendre à la communauté la
valeur de chaque personne. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Je vous remercie. Je cède maintenant la parole à Mme la députée des Mille-Îles pour sa déclaration de ce matin.
À vous, Mme la députée.
Charbonneau : Merci,
M. le Président. À
titre de ministre
responsable de la Lutte contre l'intimidation, je
désire souligner la Journée internationale de la non-violence, qui s'est tenue
le 2 octobre dernier. Décrétée par l'Assemblée générale des Nations unies en 2007, cette journée est l'occasion
de diffuser des messages de non-violence par des actions d'éducation et
de sensibilisation.
Au Québec,
le gouvernement souligne la tenue de cette journée par la remise
du prix Ensemble contre l'intimidation. Le premier ministre, les représentants
des partis d'opposition et moi-même aurons l'honneur de procéder à la remise de ce prix aujourd'hui. À ces neuf finalistes,
merci de contribuer à rendre notre société plus juste et plus inclusive. Merci,
M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, Mme la députée. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Terrebonne pour sa déclaration
d'aujourd'hui. M. le député, à vous la parole.
M. Traversy : Merci beaucoup,
M. le Président. Pour la cinquième édition de la Journée Coup de coeur du
communautaire du député de Terrebonne, j'ai l'honneur de souligner le travail
incroyable de deux organismes de ma circonscription.
Tout d'abord, le Comité des loisirs Georges VI,
qui fait
partie intégrante de la vie communautaire des citoyens de Terrebonne
Ouest, M. le Président. Soulignons cette année leur 35e édition, qui était
célébrée, donc, dans le parc de l'école
Jeunes-du-Monde, un événement estival incontournable qui rassemble petits et
grands dans une ambiance des plus conviviales.
Et mon second
coup de coeur, M. le Président, va à l'association de locataires Action
Réaction, qui est un jeune organisme
du comté — si
certains ont de l'expérience, la relève de d'autres vient apporter aussi un contrebalant — qui a connu une année haute en couleur. Cette association offre des services
de soutien et des activités aux locataires de notre OMH, favorisant
ainsi leur socialisation dans le voisinage.
Et donc, à
Terrebonne, nous sommes choyés d'avoir un nombre de bénévoles et d'associations
communautaires de qualité. Je tiens
donc à les remercier encore une fois pour la contribution essentielle qu'ils
donnent au tissu terrebonnien. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Merci, M. le député. Je cède maintenant
la parole à M. le député de Jean-Talon pour sa déclaration. À vous.
M. Proulx : Merci, M. le Président.
Mon collègue le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire et ministre de la Sécurité publique se
joint à moi pour rendre hommage à Mme Micheline Pelletier, mairesse de
Sainte-Anne-des-Monts, et pour offrir mes plus sincères condoléances à sa
famille et à ses proches ainsi qu'à ses concitoyens.
Micheline
Pelletier fait
partie de ces êtres d'exception qui ont marqué l'histoire du
Québec et de ses régions. Que ce soit
en tant que mairesse ou en tant qu'enseignante, sa contribution à la création
d'écoles alternatives pour décrocheurs ou
analphabètes, sa persévérance dans la défense de plusieurs dossiers de la
formation professionnelle ont fait d'elle une source d'inspiration pour ses proches et pour nous tous. Elle est un
modèle pour tous les Gaspésiens ainsi que pour tous les Québécois.
L'ayant rencontrée à quelques reprises, j'ai eu l'honneur de découvrir la
détermination et le leadership mobilisateur
de Mme Pelletier, ce qui l'a conduite à devenir une actrice clé dans le
développement de sa communauté.
Micheline
Pelletier était une femme authentique, visionnaire et dynamique. Je salue donc
aujourd'hui sa contribution à l'avancement de notre société. Merci, M.
le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Merci, M. le député. Je cède maintenant
la parole à M. le député de Chutes-de-la-Chaudière pour sa déclaration.
À vous, M. le député.
M. Picard :
Merci, M. le Président. Le Rallye Cultur'Art de Lévis célèbre cette année son
10e anniversaire. Cette activité
culturelle, unique à Lévis et au Québec, a été créée en 2007 par un groupe
d'artistes lévisiens voulant à la fois favoriser la promotion des arts
et permettre la rencontre entre créateurs et amateurs d'art.
C'est au Centre des congrès de Lévis que 53
artistes et artisans exposeront leurs oeuvres du 30 septembre au 16 octobre. Pour ce qui est du rallye, c'est les
15 et 16 octobre prochains que les participants auront la chance d'échanger avec les artistes et de visiter
les ateliers ouverts au public pour l'occasion.
Je félicite
les membres du conseil
d'administration du groupe Cultur'Art
et son président, M. Gilles Veilleux, pour leur contribution au dynamisme de la vie culturelle de Lévis.
Aussi j'invite la population à profiter de cette opportunité de découvrir les artistes et les artisans de chez
nous et surtout d'apprécier la diversité de leurs talents. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
On vous remercie, M. le député, de votre déclaration. Je
cède maintenant la parole à M. le député de Mont-Royal pour sa déclaration
du jour. M. le député, à vous.
Arcand : M. le
Président, en tant que député de
Mont-Royal, j'ai le plaisir de souligner en cette Chambre,
et conjointement avec ma collègue la députée
d'Outremont, la présence de Mme Leticia Bulotano-Wheeler, illustre membre
de la communauté philippine de Montréal.
Aujourd'hui, nous avons l'honneur de lui remettre la Médaille de l'Assemblée
nationale qui souligne sa contribution exceptionnelle à la société québécoise.
Depuis plus de 40 ans, elle s'est dévouée
bénévolement pour faire connaître sa culture d'origine. Elle a fondé plusieurs troupes de danse, elle s'est impliquée
partout. On l'appelle Leti. Je dois vous dire qu'elle a inculqué aux jeunes Philippins le sens des responsabilités, de
la fierté et de la discipline. Et tous ceux qui la connaissent se plaisent à
témoigner de beaux moments passés avec Leticia. Elle a démontré également, par
ses efforts, par le fait qu'elle a exporté
dans le monde la culture philippine du Québec, que le Québec est une société
ouverte sur le monde. Leticia,
you're a great ambassador, the best import-export agent
we have, and we thank you. Merci.
Vice-Président (M. Gendron) : La présidence vous souhaite la
bienvenue, madame, à l'Assemblée nationale.
Alors, pour
poursuivre, je cède la parole maintenant à M. le député de Matane-Matapédia
pour sa déclaration. À vous, M. le député.
Bérubé :
M. le Président, l'été dernier, le Théâtre du Bedeau de la municipalité de
Saint-Adelme lançait sa cinquième
saison avec une pièce inspirée de l'effervescence des Années folles. La comédie
intitulée Une nuit de folies, écrite et mise en scène par Mme Marie-Brigitte
Lehouillier, a attiré des milliers de spectateurs. Pour cette pièce, l'équipe
était composée d'une vingtaine de comédiens
amateurs de la région et de plusieurs bénévoles pour la technique. Une fois
de plus, cette équipe dynamique a su divertir et faire rire une foule qui, au
fil des ans, ne cesse de grandir.
Depuis
sa création, le Théâtre du Bedeau est un organisme qui a su se démarquer, et
ce, tant par sa contribution accrue à
l'essor économique et social de la communauté de Saint-Adelme que par le rôle
qu'il occupe dans la vie culturelle de La Matanie. Il a pour objectif
d'offrir aux gens de notre région des pièces de qualité, et, croyez-moi, c'est
réussi.
J'offre
mes plus sincères félicitations à Mme Lehouillier et à tous les membres de son
équipe du Théâtre du Bedeau pour
cette cinquième année de succès et je vous souhaite mes meilleurs voeux de
réussite pour les saisons à venir. Longue vie au Théâtre du Bedeau!
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, merci, M. le député de Matane-Matapédia.
Cette dernière déclaration
met fin à la rubrique Déclarations de députés, et les travaux sont suspendus
pour quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 54)
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, bonjour à vous tous. Bon mardi. Nous allons nous recueillir
quelques instants.
Alors, je vous
remercie. Vous pouvez prendre place.
Alors,
avant de débuter, j'ai le plaisir de souligner la présence dans nos tribunes
d'une délégation de parlementaires mixte...
c'est-à-dire du Parlement wallon à
l'occasion de la neuvième session du Comité mixte Assemblée nationale du
Québec et du Parlement wallon.
Alors, nous
poursuivons les affaires courantes. Et aujourd'hui il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni de présentations de projet de loi.
Mais
il y a plusieurs dépôts de documents, alors je vais immédiatement céder la
parole à M. le ministre des Finances et président du Conseil du trésor.
M. Leitão :
Merci, Mme la Présidente. Alors, permettez-moi de déposer les cinq documents
suivants : le rapport annuel de gestion
2015‑2016 du ministère des Finances, le rapport d'activité 2015‑2016 de
Financement-Québec, le rapport annuel
de gestion 2015‑2016 du Centre de services partagés du Québec, le rapport
annuel de gestion 2015‑2016 du
Secrétariat du Conseil du trésor, et finalement le rapport d'activité 2016 de
la Société de financement des infrastructures locales du Québec.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Ces
documents sont déposés. Maintenant, je cède la parole à Mme la ministre
de l'Économie, de la Science et de l'Innovation.
Anglade : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, c'est avec plaisir
que je dépose les rapports annuels de
gestion 2015‑2016 suivants : le premier, celui du ministère de l'Économie,
de l'Innovation et des Exportations et, le second, celui du Centre de
recherche industrielle du Québec, le CRIQ. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, ces documents sont déposés. Maintenant, M.
le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.
Arcand : Mme la Présidente,
permettez-moi de déposer le rapport de l'Autorité des marchés financiers en
vertu de la
Loi sur les mesures de
transparence dans les industries minière, pétrolière et gazière pour l'année
2015‑2016 et également le rapport annuel de gestion 2015‑2016 du
ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles.
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Alors, ces documents sont déposés. Maintenant, M. le
ministre de la Santé et des Services sociaux.
Barrette : Alors, Mme la Présidente, ce n'est pas que je veux faire
compétition à mon collègue des Finances, mais j'en ai 17.
Alors, conformément
aux exigences de la loi qui les régit, je dépose les documents suivants :
le rapport annuel de gestion 2015‑2016 du
ministère de la Santé et des Services sociaux, le rapport annuel de gestion
2015‑2016 et le rapport annuel sur
l'application de la procédure d'examen des plaintes et de l'amélioration de la
qualité des services 2015‑2016 du
Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue, le
rapport annuel 2015‑2016 et le
rapport annuel sur l'application de la procédure d'examen des plaintes et de
l'amélioration de la qualité des services 2015‑2016 du Centre intégré de
santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent, le rapport annuel de gestion
2015‑2016 du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la
Capitale-Nationale, le rapport annuel 2015‑2016
du Centre hospitalier de l'Université de Montréal, le rapport annuel de gestion
2015‑2016 et le rapport annuel sur
l'application de la procédure d'examen des plaintes et de l'amélioration de la
qualité des services 2015‑2016 du Centre intégré de santé et de services sociaux du
Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, le rapport annuel de gestion 2015‑2016 du
Conseil cri de la santé et des services
sociaux de la Baie-James, le rapport annuel de gestion 2015‑2016 du Centre
intégré universitaire de santé et de
services sociaux de l'Estrie‑Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, le
rapport annuel sur l'application de
la procédure d'examen des plaintes et de l'amélioration de la qualité des
services 2015‑2016 du Centre intégré
de santé et de services sociaux des Îles, le rapport annuel 2015‑2016 et le
rapport annuel sur l'application de la procédure
d'examen des plaintes et de l'amélioration de la qualité des services 2015‑2016
de l'Institut de cardiologie de Montréal,
le rapport annuel sur l'application de la procédure d'examen des plaintes et de
l'amélioration de la qualité des services
2015‑2016 du Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière, le rapport annuel de gestion 2015‑2016 et le rapport annuel sur l'application
de la procédure d'examen des plaintes et de l'amélioration de la qualité des services 2015‑2016 du Centre intégré de santé et de services sociaux
de Laval, le rapport annuel de gestion 2015‑2016
et le rapport annuel sur l'application de la procédure d'examen des plaintes et de l'amélioration de la qualité des services 2015‑2016 du centre intégré
universitaire de santé et de services sociaux de Montérégie-Est, les mêmes
rapports du Centre intégré de santé et de
services sociaux de Montérégie-Ouest,
les mêmes rapports du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du
Nord-de-l'Île-de-Montréal — vous me pardonnez de ne pas tout dire le
texte — et les
mêmes rapports du centre intégré
universitaire de santé et de services sociaux de l'Ouest de Montréal et le
rapport annuel 2015‑2016 de gestion du Centre intégré universitaire de
santé et de services sociaux du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
regrette quasiment d'avoir choisi des dénominations aussi longues. Mais voilà,
Mme la Présidente, les documents sont déposés.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le ministre. Ces
documents sont déposés. Maintenant, je me tourne vers M. le ministre de
l'Éducation, du Loisir et du Sport.
M. Proulx :
...l'Avenant à l'Entente relative à la mise en oeuvre du Plan Nord à l'horizon
2035, plan d'action 2015‑2020 du
gouvernement du Québec entre le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement
supérieur et la Société du Plan Nord.
dépose également, conjointement avec ma collègue la ministre de l'Enseignement
supérieur, le rapport annuel de gestion 2015‑2016 du ministère de
l'Éducation et de l'Enseignement supérieur. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le ministre. Ces
documents sont déposés. Maintenant, Mme la ministre de l'Enseignement
supérieur.
Mme David
(Outremont) : Bien, je ne sais pas, parce que je n'ai rien à déposer
sur mon pupitre.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, j'avais votre nom sur ma
liste, mais... Alors, c'est bien. Alors, maintenant, M. le ministre de
la Culture et des Communications.
M. Fortin
(Pontiac) : Mme la Présidente, conformément à la
Loi sur
l'administration publique, je dépose les rapports
annuels de gestion 2015‑2016 suivants : ministère de la Culture et des
Communications, incluant le Secrétariat à la politique linguistique,
Régie du cinéma, Société de développement des entreprises culturelles, Conseil
supérieur de la langue française, Office québécois de la langue française et
Conseil des arts et des lettres du Québec.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci. Ces documents sont déposés.
Maintenant, au tour de M. le ministre des Affaires municipales et de
l'Occupation du territoire et ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : Oui, Mme la Présidente. C'est avec plaisir que je dépose
aujourd'hui, selon mes responsabilités que vous avez nommées, les
rapports annuels de gestion 2015‑2016 suivants : la Commission municipale
du Québec, le Commissaire à la déontologie
policière, la Commission québécoise des libérations conditionnelles, la Sûreté
du Québec, le ministère de la Sécurité publique et le Bureau du coroner.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, ces documents sont déposés.
Maintenant, Mme la ministre des Relations internationales et de la
Francophonie.
St-Pierre : Merci, Mme la Présidente. Il me fait plaisir de
déposer le rapport annuel de gestion 2015‑2016 du ministère des
Relations internationales et de la Francophonie ainsi que les rapports annuels
2015‑2016 de LOJIQ, Les Offices jeunesse
internationaux du Québec, regroupant l'Office franco-québécois, l'Office Québec
Wallonie Bruxelles, l'Office Québec-Amériques et également l'Office
Québec-Monde pour la jeunesse.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, ces documents sont déposés. M. le ministre
des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports.
Lessard :
Oui, merci, Mme la Présidente. Je dépose l'avenant à l'Entente relative à la
mise en oeuvre du Plan Nord à l'horizon
2035, plan d'action 2015‑2020 du gouvernement du Québec entre le ministère des
Transports, de la Mobilité durable et
de l'Électrification des transports et la Société du Plan Nord ainsi que le
rapport annuel de gestion 2015‑2016 du ministère des Transports du
Québec.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le ministre. Maintenant,
on me dit que Mme la ministre de l'Enseignement supérieur a retrouvé son
rapport. Alors, la parole est à vous.
Mme David
(Outremont) : Alors, écoutez, en toute solidarité avec la députée de
Gouin, je dois dire que le document était
sur le bureau de la députée de Gouin, erreur sur la personne. Ça reste dans la
famille, c'est formidable! Alors, merci beaucoup, Françoise.
Alors, Mme la
Présidente, permettez que je dépose, conjointement non pas avec la députée de
Gouin mais avec mon collègue le ministre de
l'Éducation, des Loisirs et du Sport, le rapport annuel de gestion 2015‑2016 du
Conseil supérieur de l'éducation.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, ce document est déposé.
Maintenant, je cède la parole à M. le ministre du Développement durable,
de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.
M. Heurtel :
Merci, Mme la Présidente. Je dépose le rapport annuel de gestion 2015‑2016 du
ministère du Développement durable, de
l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques de même que
le rapport annuel d'activité et états
financiers 2015‑2016 de la Société québécoise de récupération et de recyclage,
RECYC-QUÉBEC.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, ces documents sont déposés.
Nous poursuivons avec M. le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et
de l'Alimentation.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui. Mme la Présidente, conformément à notre
règlement, je dépose les rapports annuels
de gestion 2015‑2016 suivants : ministère de l'Agriculture, Régie des
marchés agricoles, Financière agricole du Québec.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, ces documents sont déposés.
Mme la ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion.
Mme Weil :
Merci, Mme la Présidente. Permettez-moi de déposer le rapport annuel de gestion
2015‑2016 du ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous poursuivons avec M. le
ministre responsable des Affaires autochtones.
M. Kelley :
Merci, Mme la Présidente. Permettez-moi de déposer l'entente relative à la mise
en oeuvre du Plan Nord à l'horizon 2035, plan d'action 2015-2020 du
gouvernement du Québec entre le Secrétariat des affaires autochtones et la
Société du Plan Nord.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, ces documents sont déposés. Maintenant, Mme
la ministre responsable des Aînés et de la Lutte contre l'intimidation.
Charbonneau : Merci, Mme la Présidente. J'ai le plaisir de
déposer le rapport annuel de gestion 2015‑2016 du ministère de la
Famille.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, ce document est déposé. M.
le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs.
Blanchette : Merci, Mme la Présidente. Il me fait plaisir de déposer
le rapport d'activités 2015‑2016 du Forestier en chef et le rapport
annuel de gestion 2015‑2016 du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, ces documents sont déposés.
Maintenant, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Oui, Mme la Présidente. Je dépose la réponse du gouvernement aux pétitions
présentées par la députée de Gouin le 25
mai, par les députés de Taillon, de Rosemont, de Drummond—Bois-Francs et de Bonaventure le 26 mai et
par le député de Jonquière le 10 juin 2016.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, ces documents sont déposés.
Pour
ma part, je dépose la lettre qu'a adressée au président de l'Assemblée
nationale le député d'Orford, M. Pierre Reid, dans laquelle il l'informe de sa démission à
titre de président de la
Commission des transports et de l'environnement. Et cette démission
prenait effet le 1er octobre dernier.
J'ai
reçu aussi préavis d'une motion qui sera inscrite dans le feuilleton de demain,
aux affaires inscrites par les députés de l'opposition, conformément à
l'article 97.1 du règlement. Et je dépose copie du texte de ce préavis.
Maintenant,
à la rubrique de dépôts de rapports des commissions, M. le Président de la
Commission des finances publiques et député de Montmorency.
M. Bernier :
Merci, Mme la Présidente. Je dépose le rapport de la Commission des finances
publiques qui, les 20, 27, 28 et 29
septembre 2016, a tenu des auditions publiques dans le cadre de consultations
particulières sur le projet de loi
n° 108, Loi favorisant la surveillance des contrats des organismes publics
et instituant l'Autorité des marchés publics. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député. Ce rapport est déposé.
la rubrique de dépôt de pétitions, je cède la parole à M. le député de Borduas.
M. le député de Borduas, la parole est à vous.
M. Jolin-Barrette : Oui. Mme la Présidente, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 902 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que plusieurs projets de loi ont été déposés à l'Assemblée nationale,
concernant l'adoption, au cours des dernières années;
«Considérant que,
depuis avril 2014, il n'y a eu aucune réforme des lois régissant l'adoption au
Québec;
«Considérant l'absence
de processus administratif confirmant à une personne son statut d'adoptée;
«Considérant
que les personnes confiées à l'adoption sont dans l'ignorance de leurs
antécédents médicaux et que des milliers de personnes et leurs
descendants ignorent leur bagage génétique;
«Considérant
que la majorité des adoptions du passé ont souvent été forcées par des
pressions sociales, religieuses et familiales;
«Considérant
que la majorité des commentaires entendus lors des différentes audiences
publiques concernant ces projets de
loi déposés antérieurement approuvaient
la divulgation des informations nominatives contenues dans les dossiers d'adoption;
«Considérant
l'urgence d'agir pour permettre aux adoptés du passé de connaître leur identité
et aux parents ayant dû confier un ou des enfants à l'adoption de
connaître leur identité d'aujourd'hui;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec d'agir rapidement
dans ce dossier et de faire en sorte que
les personnes directement concernées par l'adoption, d'hier, d'aujourd'hui et de demain, soient traitées équitablement. Nous demandons des modifications
des lois actuelles afin de permettre la divulgation des informations
nominatives contenues aux dossiers et de
mettre en place un processus administratif
confirmant à une personne son statut d'adopté si tel est le cas.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cet extrait de pétition est déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège.
Alors, nous
en sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je
cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Gaudreault : Oui. Mme la Présidente, le gouvernement fédéral a
informé hier les provinces de la tarification sur le carbone qui va s'appliquer à partir de 2018. Mais ne nous
trompons pas, l'enjeu numéro un demeure la répartition des milliards qui ont été annoncés par Ottawa dans
son budget pour réduire les GES dans les provinces délinquantes sur la lutte aux changements climatiques. C'est donc
le principe du pollueur subventionné qui est instauré. Aux dépens de qui?
Du Québec.
Historiquement,
nous avons fait les bons choix au Québec. On a développé notre électricité
propre pendant que l'Ouest
développait le pétrole. Le fédéral n'a jamais levé le petit doigt pour aider le
Québec à développer ses énergies renouvelables,
mais aujourd'hui il va dépenser des milliards pour aider les autres provinces à
se conformer. Résultat : les
Québécois vont donc payer deux fois et payer pour les autres, et ce, si le
premier ministre du Québec n'exige pas que des efforts du Québec soient reconnus par le gouvernement fédéral. Or,
ce qu'on voit, c'est plutôt que le gouvernement actuel souscrit, en
notre nom, à la politique climatique du Canada.
Est-ce
que le premier ministre peut nous dire s'il appuie la politique canadienne qui
se résume à subventionner, avec l'argent des Québécois, les provinces
qui polluent le plus?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président... Mme la Présidente, pardon. Comment
puis-je me tromper? Alors, Mme la Présidente,
je dirais plutôt que c'est le Canada qui s'inspire de ce que le Québec a fait
depuis quelques années et particulièrement récemment dans l'annonce de sa politique récente, puisqu'il reconnaît comme méthode éprouvée de fixer un prix
sur le carbone; oui, une taxe sur le
carbone, mais ce qui est, à notre avis, beaucoup plus flexible et
intéressant, un marché sur le carbone.
remercie au passage mon collègue de rappeler le choix stratégique et important fait par Robert Bourassa
il y a bien des années — on lui rendait hommage récemment à
l'occasion du 20e anniversaire de son décès. Plutôt que d'aller dans la direction nucléaire que le Parti québécois
proposait à l'époque, il a choisi l'hydroélectricité. Grand bien nous en
fasse, Mme la Présidente, on a vraiment bénéficié de ce choix historique et on
en bénéficie encore.
Maintenant,
je vais quand même préciser certains éléments. L'annonce qui a été faite hier par
le premier ministre du Canada vise à
indiquer aux provinces qui n'auraient pas de mécanisme de fixation de prix du
carbone qu'elles auraient à encourir
une taxe sur le carbone dont les produits leur seraient reversés. Donc, ce
n'est pas tout à fait ce qu'indique notre collègue. Il est clair cependant, et là il met le doigt sur un enjeu qui
est très important, les émissions au Québec sont très basses dans le contexte canadien. Pas encore assez
basses, il faut les réduire davantage, mais on est à un peu moins de 10 tonnes par habitant par année, ce qui nous
place à peu près au niveau de l'Europe occidentale, par rapport à d'autres
provinces dont les émissions sont beaucoup
plus élevées. Ça s'est fait avec beaucoup d'efforts, beaucoup
d'investissements, comme il l'a dit,
il a tout à fait raison. Alors, il est hors de question que ces efforts déjà
accomplis ne soient pas reconnus, Mme la Présidente.
Maintenant,
ceci dit, ce qu'on voit, c'est qu'il y a une tendance qui grossit, qui croît
pour l'adoption de marchés de carbone :
Québec, Ontario, le Mexique; la Chine s'est inspirée d'ailleurs en grande
partie du Québec pour son annonce d'un
marché national du carbone. C'est vraiment la voie à suivre. Nous la
poursuivons. En fait, ce que cette annonce montre, c'est que le Québec
avait fait le bon choix et que ce bon choix inspire...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
Couillard : ...le reste du pays.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Première complémentaire, M. le chef de
l'opposition officielle.
Gaudreault : Oui, Mme la Présidente. La bourse du carbone, bravo!
C'est d'ailleurs le gouvernement du Parti québécois qui l'a démarrée en 2013. On est d'accord avec ça. Mais le
premier ministre doit aussi s'intéresser aux milliards que va dépenser le fédéral partout sauf au Québec. Et
ça, c'est dans le dernier budget du gouvernement fédéral. La réalité, c'est que la réduction des GES dans les provinces les
plus récalcitrantes va se faire avec l'argent des Québécois, Mme la Présidente.
Pendant combien de
temps le premier ministre du Québec va accepter ça?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
Couillard : Alors, monsieur...
Mme la Présidente. J'ai récidivé, je m'en excuse, je n'aurais pas dû. Mme la
Présidente, bien sûr que non. Il n'est pas
question que les progrès accomplis par le Québec, avec ses propres ressources,
rappelons-le, ne soient pas pris en compte.
Et là-dessus on va être excessivement fermes dans nos conversations, autant
en public qu'en privé,
et je crois que le message s'est très bien rendu. Je vais quand même lui
rappeler ce que je viens de dire, c'est que l'intention, du moins telle
qu'elle a été présentée par le premier ministre Trudeau, c'est de dire aux provinces récalcitrantes — comme il l'a dit, c'est-à-dire les provinces
qui ne mettraient pas en place une tarification — qu'il y aurait une taxe fédérale dont le produit serait reversé aux provinces.
Donc, ce n'est pas tout à fait la façon dont il présente la chose. Mais, bien sûr, il y aura d'autres
détails, d'autres conversations. On annonce une réunion des premiers ministres...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
Couillard : ...vers le mois de décembre.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition
officielle.
Gaudreault : Oui, Mme la Présidente. En fin de semaine, le ministre du
Développement durable et de l'Environnement
l'a avoué sur les ondes de Radio-Canada, c'est tout
le monde qui doit payer pour les grands pollueurs du Canada. Donc, il admet que c'est le Québec qui
va payer pour la dépollution en Alberta, en Saskatchewan, dans les
Maritimes. Alors, le premier ministre semble le reconnaître maintenant.
Est-ce
que son ministre l'a dit à la rencontre des ministres de l'Environnement hier
et est-ce qu'il a eu une réponse du gouvernement fédéral à ce sujet-là?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Mme la Présidente, il va falloir nous éclairer davantage. Mon collègue
m'indique que ce qui vient d'être rapporté comme étant ses propos n'est
pas exact.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
M. Gaudreault :
Bien, écoutez, on pourra fournir au gouvernement et au premier ministre la
citation du ministre de
l'Environnement, mais il y a une chose qui demeure, c'est que le Québec devrait
être récompensé et non pas pénalisé pour les efforts qu'il a faits dans
le passé.
Alors,
je demande au premier ministre : De quelle façon la politique climatique
canadienne actuelle reconnaît les investissements faits par le Québec
dans le passé dans les énergies renouvelables?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien, encore une fois, le leadership du Québec et de ses
accomplissements sont reconnus, et pris en exemple, et ont servi d'inspiration à la politique
fédérale. Alors, plutôt que de faire jaillir un autre enjeu de chicane, comme on aime le faire parfois du côté de l'opposition officielle, on devrait se réjouir plutôt du fait que notre
leadership — qui,
en passant, a été débuté par Jean Charest il
y a bien des années avec la formation de la WCI, la première tarification du
carbone allant vers le marché du carbone — maintenant nous lie à la
Californie. Ça date de plusieurs années. C'est une tradition qui est très ancrée dans notre formation politique
et qu'on va continuer à exercer. Il n'y a aucun doute, Mme la Présidente, que le Québec fait office de leader dans la lutte aux
changements climatiques. Non pas que tout soit parfait. Il y a beaucoup de travail à faire, notamment dans le domaine des
transports, et on va continuer de s'y attarder. Mais certainement, Mme la Présidente...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Couillard :
...on peut se réjouir du fait que le Québec inspire le reste du pays.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En principale, Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais :
Merci, Mme la Présidente. Depuis que nous avons soulevé certains faits la
semaine dernière, le ministre des Transports n'a jamais voulu répondre à
nos questions sur les liens entre l'entreprise Innoltek et son ami et ex-employé Yvon
Nadeau. Hier, Innoltek a émis un communiqué de presse pour rétablir les faits.
Nous l'avons lu avec beaucoup
d'attention. La compagnie a confirmé une information cruciale : Yvon
Nadeau a été le directeur général d'Innoltek de novembre 2013 à novembre 2014, donc en même temps qu'il travaillait
au bureau du ministre. Pourtant, dans son C.V., Yvon Nadeau affirme
avoir quitté Innoltek en avril 2014, ça, juste avant de revenir à l'emploi du
ministre.
Était-il
tellement mal à l'aise avec sa situation qu'il a traficoté son C.V.? Est-ce que
le ministre trouve ça normal que son ex-employé, Yvon Nadeau, occupait
un autre emploi secret alors qu'il était employé du ministre?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre des Transports.
M. Lessard :
Merci, Mme la Présidente. Donc, je vais le répéter à plusieurs... fois en
Chambre. Je vais le répéter encore
aujourd'hui. Lorsque M. Nadeau n'était pas à mon emploi, il a appliqué
dans un programme normé du ministère des
Ressources naturelles quand la députée de Vachon y était. Lorsqu'en 2014 on a
donc été élus, il est revenu à mon bureau
de comté, mais, avant son embauche, j'ai demandé qu'il rencontre le Commissaire
à l'éthique, ce qu'il a fait. Il a donc
rencontré le Commissaire à l'éthique et le jurisconsulte. Il a émis une
directive, et je m'en suis remis à cette directive-là, Mme la Présidente.
J'ai
respecté la directive du Commissaire à l'éthique. C'est ce que... le Parti québécois a porté grief par rapport
à ça. Ils ont le pouvoir de porter grief,
mais c'est le Commissaire à l'éthique qui va rendre sa décision, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Première complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais : Si tout
est normal, pourquoi est-ce qu'Yvon Nadeau a mis de l'information fausse sur son C.V.? Si tout
respecte les règles, pourquoi c'est resté secret? Pourquoi est-ce que, quand on
a soulevé ces faits, le ministre n'en a jamais
parlé? Il continue à me parler de Pyrobiom, mais ça, là, tout à coup, Innoltek, il y a une disparition
totale dans ses propos.
Mais,
dans ce communiqué-là, il y a une question qui me tarabuste. Est-ce que le ministre
a demandé un avis au Commissaire à
l'éthique sur cet autre emploi secret, sur le fait qu'Yvon Nadeau était le directeur général d'Innoltek? Où est l'avis?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre des Transports.
Lessard :
Quand même qu'elle se choquera, Mme la Présidente, ça ne changera pas les
faits. Je tiens à le rappeler, lorsque M.
Nadeau n'était pas à mon emploi, il a appliqué dans un programme normé du
ministère des Ressources naturelles, auquel la députée de Vachon était ministre. Moi, j'étais le whip de l'opposition officielle, Mme la Présidente. Lorsqu'en
2014, donc, on a repris le gouvernement, j'ai demandé à M. Nadeau de venir à mon bureau
de comté s'occuper du dossier de l'amiante, parce que le Parti québécois
nous avait sacrés dehors.
Avant
son embauche, j'ai demandé au Commissaire à l'éthique s'il pouvait le
rencontrer pour qu'il explique sa situation et qu'il puisse nous émettre
des directives, ce qu'il a fait.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
Lessard :
C'est ce que j'ai appliqué, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Deuxième complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais :
Pourquoi le ministre refuse de répondre sur Innoltek? Il me ramène, là... Quand
il parle d'un programme, il parle de
Pyrobiom. Moi, je lui parle de l'autre dossier, le troisième, l'autre emploi
secret. Jamais un mot là-dessus, il se réfère toujours à Pyrobiom.
Mais
la question, là, c'est pourquoi tout ce secret autour du fait que le directeur général d'Innoltek était, en même temps,
employé du bureau du ministre? Est-ce qu'il a demandé un avis au Commissaire à
l'éthique spécifiquement sur Innoltek...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre des Transports.
Lessard : Alors, Mme
la Présidente, je vais le répéter une
autre fois : Lorsque M. Nadeau n'était pas à mon emploi, il a appliqué dans un programme des Ressources naturelles. En 2014, il est venu, donc,
pour m'aider au bureau de comté après que le PQ ait
sacré les travailleurs dehors et banni l'amiante. J'ai demandé, donc, avant son
embauche, de rencontrer le Commissaire à l'éthique pour
expliquer sa situation, ce qu'il a
fait. Mme la Présidente, j'ai
respecté les directives.
Maintenant,
on va s'entendre ici une fois pour toutes : si le Parti québécois a le pouvoir de porter grief en
vertu de l'institution qu'on s'est donnée, il appartiendra à tout le moins au Commissaire à l'éthique de rendre la décision. Je vais m'en
remettre à ça, Mme la Présidente, j'en ai confiance.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le leader de l'opposition officielle.
M. Marceau :
On a posé trois questions sur le dossier Innoltek, trois fois. J'ai attendu à
la fin de la troisième réponse. Je n'ai pas entendu un...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Vous pourrez reposer d'autres questions, si vous le souhaitez, sur le même sujet.
Alors, je vais céder la parole, en principale, à M. le chef du deuxième groupe
d'opposition.
Legault : Mme la Présidente, la semaine dernière, la Protectrice
du citoyen a publié un rapport
accablant contre le gouvernement libéral. Elle dit, et je la cite : «...les compressions budgétaires cumulées [...] ont malgré tout été moins
éprouvantes pour la bureaucratie que pour les personnes vulnérables.» Fin de la
citation.
Mme la Présidente, le gouvernement a choisi, donc, la voie facile, couper dans les
services aux plus vulnérables plutôt
que de couper dans la bureaucratie, et la moindre des choses aurait été que le premier ministre reconnaisse que les services aux citoyens ont été affectés. Or, au
lieu de ça, le premier ministre a dit, et je le cite : «Les discours sur
les personnes vulnérables, les discours sur la solidarité, avec des
finances publiques déséquilibrées et un endettement chronique, ce n'est que du vent, ça ne veut rien dire pour la
population.» Fin de la citation. Je le vois qui hoche de la tête, là. Jamais
Robert Bourassa n'aurait tenu de tels propos.
la Présidente, je donne une nouvelle chance au premier ministre. Est-ce que le
premier ministre reconnaît que les choix de son gouvernement ont affecté
les personnes les plus vulnérables, selon la Protectrice du citoyen?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, Mme la Présidente, Robert Bourassa, comme nous, équilibrait ses
budgets. C'est un point commun qu'il
est important de rappeler. Ce que j'ai dit de façon très claire, Mme la
Présidente, et que je vais répéter, c'est que, quand on parle de s'occuper des personnes vulnérables, quand on
parle de solidarité dans notre société et qu'en même temps on a des déficits en croissance, une dette
qui est hors de contrôle, ça n'a pas de valeur concrète parce qu'on amène
le Québec vers une autre ronde de réduction de services. Au contraire, ce que
nous avons fait, et il le sait très bien, même
s'il s'est objecté à chaque mesure que nous avons prise pour rétablir
l'équilibre budgétaire... il sait très bien que ce qui a été fait, c'est de ne réduire aucun, aucun,
aucun budget ministériel, mais limiter la vitesse d'augmentation de ces
budgets. Le pourcentage des dépenses publiques au Québec est revenu à ce qu'il
était avant la crise financière de 2008. Il n'y a pas eu de réduction, il n'y a pas eu d'austérité toxique comme
certains l'ont dit. La preuve, c'est que les revenus du gouvernement se
sont maintenus.
Maintenant, les
personnes vulnérables, en centre jeunesse et ailleurs, ont continué de recevoir
les services. Les budgets ont augmenté de
façon importante, de sorte que j'ai un certain désagrément avec les conclusions
qu'il indique, mais je comprends
qu'on puisse les exprimer, mais les faits montrent que ce n'est pas le cas, Mme
la Présidente. On a fait justement en
sorte... pour ne pas répéter l'erreur qui avait été faite à l'époque du
rétablissement de l'équilibre budgétaire, je crois qu'il était dans ce gouvernement ou pas loin de ce gouvernement
au moment où ça a été fait, où il y avait eu des coupes majeures en santé et en éducation. Aucun budget ministériel n'a
été coupé, on a, tout simplement, réduit l'augmentation, la rapidité
d'augmentation des budgets.
bonne nouvelle, c'est que maintenant on a retrouvé des marges de manoeuvre.
L'an dernier, c'était l'éducation qui
a reçu de nouvelles ressources. Cette année, c'est la santé, les personnes
âgées notamment, qui vont recevoir...
qui sont des personnes vulnérables, dont on va s'occuper.
Donc,
contrairement à ce qu'il dit, le rétablissement de l'équilibre budgétaire, dont il était lui-même un partisan, a
des effets bénéfiques à long terme sur les services publics au Québec.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : En première complémentaire, M. le
chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : Mme la
Présidente, le premier ministre réécrit l'histoire, il est en train de nous
dire que Robert Bourassa n'a jamais fait de déficits. Je pense que c'est juste
ça qu'il a fait, des déficits. Mme la Présidente, on ne critique pas cet
objectif-là. Ce qu'on critique, c'est l'insensibilité du premier ministre. Il
nie l'évidence.
Est-ce qu'il peut confirmer
aujourd'hui que, oui, les services aux plus vulnérables ont été touchés? Est-ce
qu'il peut, au moins, reconnaître ça?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Mme la Présidente, notre collègue fait preuve quotidiennement
d'insensibilité envers les régions du
Québec, notamment la Gaspésie. Alors, je ne pense pas qu'il ait de leçons à
donner à personne sur cette question. On est, ici, excessivement préoccupés par le sort des personnes vulnérables dans
notre société. Ce matin même, notre collègue le ministre de l'Éducation a annoncé un soutien de 20 millions de
dollars pour la pédiatrie sociale, pour les enfants à l'âge préscolaire. On s'en occupe, de ces questions-là.
On s'en occupe activement grâce aux ressources que l'équilibre budgétaire
retrouvé nous apporte.
Alors,
nous, on a également, on le sait, une politique économique, je crois, très
valable, qui est saluée par plusieurs, mais
on a également une politique de justice sociale et répartition de la richesse.
Parce que, comme le disait Robert Bourassa, rappelons-le, pour répartir la richesse, il faut d'abord qu'elle soit
créée. Ça prend donc une politique vigoureuse de gestion des finances
publiques et de développement économique, ce que nous avons.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : En deuxième complémentaire, M. le
chef du deuxième groupe de l'opposition.
Legault : Mme la Présidente, le premier ministre peut bien nous
faire la morale, mais les faits sont têtus, il doit reconnaître que les plus vulnérables ont été
touchés. Reconnaître ses erreurs, là, ce n'est pas un symbole de manque de
force. Au contraire, actuellement, ce qu'il
montre, là, c'est qu'il est
insensible, qu'il défend l'indéfendable puis qu'il est déconnecté.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Mme la Présidente, ce n'est pas moi qui véhicule un discours
négatif sur le Québec depuis quelques années
comme notre collègue, il n'a que des mots négatifs à dire sur le Québec.
D'ailleurs, c'est remarqué par plusieurs dans la population : Le Québec va mal, c'est le
déclin, c'est la catastrophe. Capitaine catastrophe, comme disait mon collègue
le ministre des Finances récemment.
Alors, si je me
souviens bien, il était parmi les chefs qui réclamaient le retour à l'équilibre
budgétaire pour 2015-2016, ce que nous avons fait. Il est clair, à la
lumière de ses interventions, que, s'il s'était produit le fait malheureux qu'il soit au gouvernement, cet équilibre n'aurait pas été atteint, Mme
la Présidente. Nous avons réussi à l'atteindre en prenant des décisions qui étaient difficiles, mais nécessaires, en ne réduisant aucun budget des ministères, qui peuvent
maintenant recommencer à croître, compte tenu des bénéfices de l'équilibre.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En principale, M. le chef du deuxième groupe
d'opposition.
M. Legault :
Mme la Présidente, le premier ministre continue de dire que l'économie du Québec
va bien. Desjardins prévoit une croissance
économique cette année de seulement 1,2 %.
En Ontario, c'est 2,5 %, c'est le double. Mme la Présidente, une des façons d'augmenter la croissance économique
selon beaucoup de spécialistes, c'est de s'assurer qu'on offre Internet
haute vitesse dans toutes les régions du Québec.
jeudi dernier, la CAQ a déposé un document, un plan détaillé, ça coûterait
1,5 milliard pour que tout le monde ait accès à Internet haute vitesse. C'est beaucoup d'argent, mais on
pense que c'est possible de le faire : un tiers payé par le gouvernement du Québec, donc 500 millions; un
tiers, par le fédéral, qui le fait déjà avec l'Ontario; puis un tiers, par les
MRC en échange de redevances. Tout ce que sa
ministre de l'Économie a dit en mai dernier, c'est qu'elle propose un plan
de 100 millions pour offrir Internet d'ici 2021, cinq ans.
Est-ce
que le premier ministre va respecter sa promesse électorale et s'assurer
d'offrir Internet haute vitesse à tous les Québécois avant la fin de son
mandat?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Il y a eu un long détour avant d'en arriver à la question, mais je ne
peux pas faire autrement que de relever l'introduction de la question
quand on parle du rapport, récemment, de Desjardins, qui, en passant, salue la reprise de la croissance
économique au Québec en des termes très clairs, salue la reprise des
investissements privés dans les
entreprises du Québec dans un contexte économique qui, pourtant, est difficile.
C'est une ambiance de croissance lente aux
États-Unis et au Canada. Le FMI, d'ailleurs, vient de revoir ses prédictions de
croissance pour le Canada à 1,2 %. Alors, l'économie du Québec va bien dans les circonstances. Elle pourrait
toujours aller mieux, mais elle va bien dans les circonstances. Nous
sommes la province qui crée le plus d'emplois dans le secteur privé au Canada.
Je n'ai jamais entendu mon collègue saluer
cette performance unique. C'est un changement historique dans le mode de
création d'emplois au Québec. Alors
qu'auparavant on créait de l'emploi dans le secteur public, on en crée dans le
secteur privé. On a des ressources pour de nombreux programmes en
région, pour l'autonomie des municipalités, dont il ne parle jamais, et
notamment pour la diffusion d'Internet à haute vitesse dans nos régions, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Première complémentaire, M. le chef
du deuxième groupe d'opposition.
Legault : Mme la Présidente, Desjardins dit : Croissance
de 1,2 %. Il trouve ça bon, quel manque d'ambition! Mais il ne répond pas à ma question. Sa ministre
de l'Économie dit que ça va prendre cinq ans avant d'offrir Internet haute
vitesse, on se penserait en Union soviétique.
la Présidente, je repose ma question : Est-ce que le premier ministre
s'engage à offrir Internet haute vitesse à tous les Québécois avant la
fin de son...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Un peu de silence! Un instant. Un
peu de silence! M. le premier ministre.
M. Couillard : Mme la Présidente, information pour mon collègue : l'Union
soviétique n'existe plus. Il a peut-être manqué les événements des dernières années. Et, compte tenu du fait
qu'il me semble avoir, à la tête de sa formation, un comportement quelque peu stalinien parfois, il me
semble que c'est une comparaison qui, pour lui, pourrait s'avérer risquée.
Maintenant,
je vais lui répéter le fait qu'on veut développer l'Internet à haute vitesse
dans ma propre région. On n'a encore
pas de signal cellulaire entre La Tuque et Chambord, ça n'a pas de sens, c'est
une question de sécurité pour les
citoyens. On a déjà annoncé une somme, dont il se moque. Mais il vient de nous
critiquer pour l'équilibre budgétaire, donc il faudrait qu'il soit un peu plus constant dans ses paroles. Il n'est
pas dit que cette somme-là est la dernière, le fédéral également a déjà annoncé un investissement, il y
en aura d'autres. On a à coeur les régions du Québec, les régions comme
celle où j'habite...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Couillard :
...où je vis, comme celles de mes collègues, et on va y développer et déployer
l'Internet.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Deuxième complémentaire, M. le
chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
Mme la Présidente, en effet, je parle du passé. Quand on propose, comme la
ministre de l'Économie, un plan pour offrir Internet haute vitesse dans
cinq ans, c'est digne de l'ancienne Union soviétique.
Moi,
je lui pose la question, là : Pourquoi il ne le fait pas d'ici la fin du
mandat? On a un plan, à la CAQ, je suis prêt à lui donner nos documents
de travail, même pas besoin d'engager quelqu'un.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, Mme la Présidente, je ne voudrais pas décevoir mon collègue,
mais je vais quand même lui donner
une bonne nouvelle : il n'a pas besoin d'engager de frais légaux puis
d'avocats, là, on n'est pas intéressés aux documents de la CAQ, il n'y a pas
grand-chose d'important là à savoir. La politique de la CAQ, c'est comme du fil
blanc devant nous, c'est la politique
populiste qu'on voit un peu partout dans le monde. C'est le rejet de l'autre,
c'est le rejet de l'immigration.
C'est la question économique seulement abordée de façon négative pour le
Québec, c'est l'absence totale de messages positifs envers le Québec,
c'est l'absence de confiance envers les entrepreneurs du Québec.
Alors, oui,
on va déployer l'Internet à haute vitesse dans les régions, de même que le
cellulaire. C'est très important, on va le faire. On va le faire avec
nos collègues du gouvernement fédéral...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Couillard :
...et il y aura d'autres investissements dans l'avenir, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En principale, Mme la députée de
Saint-Hyacinthe.
Mme Soucy :
Mme la Présidente, par le projet de loi n° 106, le gouvernement veut
donner un nouveau pouvoir à
Hydro-Québec, celui d'accorder des subventions pour réaliser des projets
d'infrastructures électriques. Le gouvernement libéral ouvre la porte aux augmentations des tarifs d'électricité. On
est tous d'accord pour encourager l'électrification du transport collectif, mais ce n'est pas en
augmentant la facture d'Hydro-Québec que le gouvernement devrait financer
des projets de transport.
Dois-je rappeler, Mme
la Présidente, que notre facture d'électricité a augmenté de 10 % en trois
ans? Si le gouvernement demande à
Hydro-Québec de financer ses projets, il ne sera pas capable de respecter sa
promesse, limiter la hausse des tarifs à l'inflation.
Est-ce que le ministre
peut confirmer à la population qu'il va utiliser Hydro-Québec pour financer ses
projets d'infrastructures de transport collectif?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles.
Arcand :
Bien, d'abord, Mme la Présidente, permettez-moi quand même de dire d'abord que,
pour la deuxième année consécutive, la demande de modification de tarifs
d'Hydro-Québec est en deçà de l'inflation. Et non seulement ça, la politique énergétique, le plan stratégique que nous
avons comme gouvernement viennent confirmer que les tarifs, durant les
prochaines années, vont évoluer à un niveau inférieur ou égal à l'inflation.
Alors, je pense que ce sont des actions que nous avons entreprises, Mme
la Présidente, et qui sont particulièrement importantes.
Maintenant,
j'aimerais profiter de l'occasion, Mme la Présidente, pour dire encore une fois
à la députée de Saint-Hyacinthe que ce
qu'Hydro-Québec fait actuellement, c'est de s'ouvrir au niveau de
l'international, c'est de s'ouvrir à
toutes sortes de possibilités. Et, Mme la Présidente, ces possibilités-là vont
amener des dépenses à Hydro-Québec, mais vont amener beaucoup de revenus également à Hydro-Québec. C'est ça,
l'objectif qui est devant nous. Et, si on a plus de revenus que de
dépenses, ça veut dire plus de profits pour Hydro-Québec et plus de profits
pour tous les Québécois, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Première complémentaire, Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : Mme la Présidente, le ministre n'a pas répondu à ma question
et le ministre doit s'expliquer. J'ai entre
les mains le mémoire qu'il a présenté à tous ses collègues au Conseil des
ministres, et c'est écrit noir sur blanc : «Le financement de
projets d'infrastructure par Hydro-Québec proviendra de l'intégration de l'aide
financière...»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Un instant! Il y a une personne qui
a la parole. M. le député de Matane-Matapédia,
s'il vous plaît! J'aimerais bien entendre la question de Mme la députée. Alors,
allez-y, Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : Alors, c'est écrit noir sur blanc : «Le financement des
projets d'infrastructure par Hydro-Québec proviendra de l'intégration à
l'aide financière à la base tarifaire d'électricité.» Ça ne peut pas être
plus...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles.
Arcand :
Mme la Présidente, encore une fois, je répète, ce que l'on essaie de faire, Mme
la Présidente, c'est justement,
dans notre politique tarifaire, de protéger le pouvoir d'achat des Québécois.
Puis je pense que les Québécois
doivent nous faire confiance parce que
c'est la deuxième année déjà depuis que nous sommes au pouvoir qu'on a réussi
à travailler de concert pour tenter de
trouver une solution et de pouvoir contrôler les tarifs d'électricité non seulement pour les Québécois,
mais également pour nos entreprises québécoises, ce qui va avoir un effet direct, évidemment,
sur la santé de l'économie. Ce n'est pas pour rien, Mme la Présidente...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : En terminant.
Arcand :
...que nous avons une économie qui s'améliore, c'est parce qu'on pose les...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : En deuxième complémentaire, Mme
la députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : 10 % en trois ans, Mme la Présidente. Je suis à
la veille de déposer un décret de préoccupation au nom du ministre de l'Énergie tellement que je suis
préoccupée par toutes ces contradictions. C'est écrit noir sur blanc dans
le plan de match qu'il a présenté devant
tous ses collègues au Conseil des ministres, oui, ce sont les citoyens qui vont
payer le coût de l'électrification des transports.
Est-ce que le
financement de ce projet se retrouvera encore une fois sur la facture d'Hydro-Québec?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles.
Arcand :
Mme la Présidente, j'aimerais que la députée de Saint-Hyacinthe nous juge sur
les actions, sur les actions qui ont
été entreprises et surtout sur les résultats. Et je suis très fier, Mme la
Présidente, des résultats que nous avons
obtenus parce qu'encore une fois, depuis quelques années maintenant, après des
moments extrêmement difficiles sous
l'ancien gouvernement du Parti québécois, évidemment, les Québécois,
maintenant, au niveau de la facture d'électricité, peuvent maintenant souffler. Le 1er avril 2014,
sous le gouvernement du Parti québécois, il y avait eu une augmentation de
4,3 %. On est maintenant...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
Arcand :
...en deçà de l'inflation, Mme la Présidente, et j'en suis très fier.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Maintenant, en principale, Mme la députée de
Vachon.
Mme Ouellet : Merci, Mme la Présidente. À Longueuil, il y a un projet très
intéressant et structurant tant pour le développement culturel que pour
le développement économique, c'est le projet du complexe culturel de la place Charles-Le Moyne. Une entente de principe a été
conclue par le gouvernement du Parti québécois et la ville de Longueuil au début de 2014. Pourtant, depuis deux ans et
demi, rien ne bouge, et, avec les coupures aveugles du PLQ, les citoyens
de Longueuil sont très inquiets. Il s'agit
pourtant d'un projet attendu de longue date, d'un projet qui fait consensus. Il
a été travaillé, peaufiné, il inclura
le Théâtre de la Ville, le Théâtre Motus, l'Orchestre symphonique de Longueuil
et la galerie d'art Plein sud.
ministre peut-il s'engager aujourd'hui à réaliser le projet du complexe
culturel pour les citoyens de
Longueuil?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de la Culture et des Communications.
M. Fortin (Sherbrooke) :
Oui. Merci beaucoup, Mme la
Présidente. D'abord, je peux vous assurer qu'on accorde une très grande
importance aux infrastructures culturelles. D'ailleurs, pas plus tard qu'hier,
j'étais à Montréal pour deux annonces
importantes en ce sens-là. Nous avons annoncé 820 000 $ pour la mise à niveau de l'Espace
libre dans la circonscription de
Sainte-Marie—Saint-Jacques
et 8,4 millions de dollars pour la mise à niveau et l'agrandissement
du Théâtre du Nouveau Monde à Montréal. Je
peux vous dire que ces annonces-là ont été extrêmement bien accueillies.
Maintenant, pour la
salle de Longueuil, c'est un dossier qui est toujours en analyse au ministère
de la Culture et des Communications. Je peux
confirmer à la Chambre que les sommes sont toujours réservées, et le dossier
suit son cours, et nous pourrons rendre une décision très prochainement,
Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, en complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : La communauté
régionale, politique, économique et culturelle de la Rive-Sud réclame
depuis longtemps la construction du complexe culturel de la place
Charles-Le Moyne, il est temps que ça arrive.
Quelles
sont encore les réflexions que le ministre doit faire? Et quand va-t-il tenir
compte du fait que les gens de Longueuil
attendent avec impatience, que c'est un projet qui est déjà en marche depuis
20 ans? Qu'est-ce que le ministre
a besoin d'avoir de plus comme information pour rendre sa décision?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de la Culture et des Communications.
Fortin (Sherbrooke) :
J'entends la question de la députée
de Taillon. J'ai entendu également
les commentaires des gens, je les ai
rencontrés, les gens de la ville de Longueuil. On a entendu les intervenants également
dans le cadre de notre consultation sur le renouvellement de la politique
culturelle, et je peux vous dire, les gens seront heureux éventuellement de l'annonce que nous allons faire. Et nous allons faire une vraie
annonce, Mme la Présidente, pas avec de l'argent de Monopoly, comme
ils ont fait de l'autre côté avec les infrastructures culturelles.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En deuxième complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Bien, ce qui est
certain, Mme la Présidente, c'est que les gens de Longueuil peuvent compter
sur leurs députés du Parti québécois pour défendre leurs intérêts dans cette Chambre puis pour talonner le gouvernement. Le complexe culturel de
Longueuil, c'est un projet majeur, et on va être aux côtés de la population,
sur le terrain comme à l'Assemblée nationale, pour qu'il voie enfin le
jour, on sera très présents.
Est-ce que le ministre
peut confirmer qu'il y donnera vie rapidement?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de la Culture et des Communications.
Fortin (Sherbrooke) : Bien,
je pense avoir été clair, Mme la
Présidente, j'ai dit que les gens de
Longueuil seront heureux de l'annonce que nous ferons éventuellement. Et
on fera une vraie annonce. Et, si les gens attendent depuis si longtemps que ça, c'est parce que, lorsqu'ils
ont été 18 mois au pouvoir, ils n'ont pas annoncé la salle de Longueuil,
Mme la Présidente. C'est ça, la vérité.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, en principale, monsieur...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Un instant! En principale, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : Merci, Mme la Présidente. 63 %
des jeunes diplômés de niveau secondaire sont considérés comme
analphabètes fonctionnels au Québec. Ça, Mme la Présidente, là, c'est deux
jeunes sur trois.
Alors, prenez le cas
de Jonathan Côté, un jeune de 22 ans, il est incapable de se trouver un
emploi parce qu'il n'arrive pas à comprendre
des courriels. Alors, Jonathan veut se prendre en main, il est allé passer un
test à l'éducation des adultes, et là il a appris qu'au lieu de posséder
le niveau de secondaire V il possède plutôt le niveau de cinquième année primaire. Alors, comment voulez-vous que ce
jeune réussisse sur le marché du travail, qu'il prenne sa place, qu'il
réussisse à gagner sa vie s'il n'est même pas capable de comprendre ses
courriels?
Est-ce que le
ministre est conscient, là, qu'en coupant en éducation comme ils l'ont fait ils
sont en train de plomber notre économie, ils sont en train de plomber notre
démocratie et qu'ils sont...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Éducation, du Loisir et du
Sport.
M. Proulx :
Oui, Mme la Présidente. D'abord, les faits qui ont été rapportés puis
l'ensemble de la situation qui touche
l'alphabétisation et la littératie, Mme la Présidente, c'est assez préoccupant.
Mais je suis heureux, par exemple, d'avoir
l'occasion de parler d'alphabétisation parce que, vous savez, j'en parle depuis
longtemps, puis c'est pour moi une réelle priorité, et j'ai l'occasion
de le répéter, puis je vais continuer de le faire.
D'abord,
un des premiers gestes que j'ai posés en arrivant, Mme la Présidente, c'est de
rehausser de 1 million de dollars le financement du programme
PACTE. Qu'est-ce que c'est, le programme PACTE? C'est un programme de
financement qui est destiné aux organismes d'alphabétisation qui font affaire
avec les gens, nos adultes qui sont à l'extérieur de notre système d'éducation.
J'ai fait également le constat que,
pour augmenter la réussite éducative, Mme la Présidente, il fallait faire quoi?
Il fallait travailler avec nos jeunes et nos adultes pour concevoir l'éducation
comme étant une démarche tout au long de la
vie, alors débuter plus tôt avec la petite enfance et terminer plus tard,
c'est-à-dire les accompagner tout au long de la vie. Et c'est la raison pour laquelle j'ai toujours insisté sur la
nécessité d'intervenir très tôt, c'est-à-dire de faire du dépistage, soutenir mieux nos enfants dans la petite enfance,
mais aussi leur donner accès à de la littératie plus tôt. Et il faut utiliser
toutes les ressources qui sont à notre
disposition, les mettre en commun, travailler en complémentarité, mais surtout
les utiliser pour améliorer la
littératie. Dans le fond, c'est la trame de fond, Mme la Présidente, de la
réussite éducative, la littératie, c'est de savoir lire et écrire.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Proulx :
Et ça, c'est au quotidien. Et c'est tout le monde ensemble qu'on va réussir...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En première complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : Oui. Mme la Présidente, la réalité, là, c'est que la
situation, elle s'aggrave. Elle s'aggrave pourquoi, Mme la Présidente? Parce que le gouvernement
libéral a coupé des centaines de millions en éducation. Depuis 2003, là,
depuis que vous êtes au gouvernement, le
taux d'analphabètes fonctionnels a augmenté de 47 % à 53 %, 47 %
à 53 % depuis que vous êtes au gouvernement. La réalité, c'est que
vos coupures font mal, vos coupures augmentent le taux d'analphabètes au
Québec...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Éducation, du Loisir et du
Sport.
M. Proulx :
Oui. Mme la Présidente, je vais répéter un peu ce que j'ai dit en ajoutant que
la consultation sur la réussite
éducative que nous tenons actuellement, dont les consultations régionales vont
commencer la semaine prochaine, s'adresse notamment à ces questions-là,
Mme la Présidente. J'ai indiqué que, comme pilier de la réussite éducative, il y avait un meilleur accès et surtout un
meilleur apprentissage de la littératie. Ce qu'on veut, c'est que, lorsqu'on
termine un parcours scolaire, quel
qu'il soit, on ait un niveau adéquat pour subvenir à ses besoins, ensuite pour
soutenir sa famille, pour soutenir
ses enfants dans la réussite, pour avoir accès à des promotions et, surtout,
travailler dans une économie qui est
très changeante. Or, ça ne date pas d'hier, les problèmes d'alphabétisation
dans notre société, Mme la Présidente, et on n'est pas la seule société
qui a des enjeux comme celui-là.
Ce que je sais, par
exemple, c'est qu'on a l'intention...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Proulx :
...de s'en occuper parce que c'est un enjeu de société, et j'espère qu'on va le
répéter...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : M. le député, pour votre deuxième
complémentaire, adressez-vous à la présidence, s'il vous plaît.
Cloutier : Mme la Présidente, c'est vrai que ça ne date pas d'hier,
mais, quand j'ai interpelé, là, le ministre pour qu'il règle le problème des mezzanines dans la région de Sherbrooke
qu'ils ont laissé démolir, alors que, pourtant, c'était un des exemples
qui était cité comme aidant nos jeunes à apprendre à lire, quand je lui ai
demandé de sauver le programme BiblioAccès
dans le Bas-du-Fleuve, le ministre a refusé d'intervenir. Puis, quand mon
collègue de Saint-Jean lui a demandé d'augmenter les budgets pour les
centres en...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport.
M. Proulx :
Mme la Présidente, je viens de le dire, on a rehaussé le budget des organismes
en alphabétisation. On a donné de la flexibilité aux différents
établissements scolaires pour pouvoir agir directement dans leur milieu. On va annoncer sous peu de nouvelles mesures, Mme la
Présidente, qui vont, justement, venir donner, encore une fois, aux écoles
et aux équipes-écoles de la flexibilité pour
travailler en lecture et en écriture. C'est Égide Royer qui le dit, aux
États-Unis, les pédiatres ont choisi
de travailler différemment, ils demandent aux mères et aux pères, déjà, dès la
première journée, de lire à haute voix des textes à leurs enfants.
Alors, ce n'est pas la responsabilité du
gouvernement seulement de travailler à la lecture et à l'écriture, c'est une
responsabilité collective. Mais on y participe, Mme la Présidente, et vous
pouvez compter sur moi pour parler d'alphabétisation à chaque fois...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Proulx :
...que ce sera possible ici.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, en principale, M. le député de Chambly.
M. Roberge :
Mme la Présidente, savez-vous que, depuis l'arrivée en poste des libéraux, en
2003, le taux d'analphabétisme a augmenté?
On régresse. Le Québec régresse tellement qu'aujourd'hui plus d'un Québécois
sur deux, 53 % des Québécois
sont incapables de lire et comprendre un
article de journal. Notre situation
empire. Mais, comme ils sont au gouvernement depuis 13 ans, les
responsables, ce sont les libéraux.
statistiques désastreuses dont on parle aujourd'hui, c'est leur bulletin puis
c'est E pour échec. Ont-ils, au moins, tenté d'améliorer les choses
depuis deux ans et demi, depuis l'arrivée de ce nouveau gouvernement là? Bien
non, ils ont coupé dans les services directs
aux élèves, ils ont coupé dans les services aux enfants vulnérables, ils ont
coupé dans l'accompagnement des enfants en difficulté, ils ont coupé
dans le dépistage des enfants autistes. Et les organismes d'alphabétisation, là, ceux qui travaillent tous
les jours pour essayer de réparer les pots cassés du gouvernement, bien,
leur budget est gelé ou alors une minime augmentation qui ne leur permet pas de
répondre à la demande.
Qu'est-ce que le
gouvernement va faire?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Éducation, du Loisir et du
Sport.
M. Proulx :
Oui, Mme la Présidente. Il y a des nouvelles ressources dans les écoles du
Québec, il y a des nouveaux budgets
dans les écoles du Québec, il y a des nouvelles stratégies d'apprentissage dans
les écoles du Québec. Il va y avoir, au
terme de la consultation, dans la politique de réussite éducative, Mme la
Présidente, des passerelles entre la petite enfance et l'école primaire. Il va y avoir une période de
préparation scolaire dans la petite enfance maintenant. Il y aura du travail
de fait avec la Santé et les Services
sociaux, les gens de l'Éducation et de la Famille pour qu'on travaille mieux
avec nos enfants, comme je l'ai fait
ce matin en annonçant 20 millions de dollars avec la Fondation du
Dr Julien, Mme la Présidente.
n'est pas vrai que rien ne se fait. Ce qui est vrai, par exemple, c'est qu'on a
une difficulté qui est récurrente à rejoindre un certain nombre de
personnes dans nos services à la petite enfance et à soutenir des élèves en
difficulté dans la période d'apprentissage
qui est l'école. Et il faut agir à l'école primaire, on va le faire. Ce qu'on
va faire avec la consultation, c'est
d'identifier ensemble les leviers qu'on pourra bouger pour améliorer la réussite
éducative. Et je tiens à rappeler au
collègue de Chambly, qui a enseigné quand même passablement longtemps, que le
taux de diplomation a augmenté au Québec, Mme la Présidente. Donc, il y
a des pas qui sont faits dans la bonne direction.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En première complémentaire, M. le député de
Chambly.
Roberge : Mme la Présidente, que les analphabètes du Québec se
rassurent, le ministre va faire des consultations. Aïe! ça, là, ça, ça va les alphabétiser rare. Moi,
j'ai parlé à ceux qui travaillent tous les jours dans les groupes
d'alphabétisation. Savez-vous ce qu'ils nous ont dit? Ils n'ont pas
assez d'argent. Il leur manque 9 millions dans le réseau des groupes communautaires d'alphabétisation. Je l'ai dit à
son prédécesseur en février. Je lui ai dit à l'étude détaillée, il n'a rien
fait. Il y a la mise à jour budgétaire, il va-tu ajouter
9 millions?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Éducation, du Loisir et du
Sport.
M. Proulx :
Mme la Présidente, on ne fera pas le concours de celui qui est le plus
populaire avec les groupes en alphabétisation, mais, s'il veut venir
avec moi les rencontrer, il va comprendre qu'il y a un ministre à l'Éducation
qui s'occupe d'eux. Un.
Deuxièmement,
il va comprendre que c'est une priorité parce que c'est la trame de fond, la
littératie, tant pour le développement de notre société que la réussite
éducative.
troisièmement, il va comprendre et peut-être se rappeler, Mme la Présidente,
que, lorsqu'on lit les documents de
tous les groupes de lutte à l'analphabétisme dans le monde, il faut agir plus
tôt, il faut agir plus rapidement puis il faut soutenir nos enfants très
tôt dans leurs difficultés, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En deuxième complémentaire, M. le député de
Chambly.
Roberge : Mme la Présidente, un enfant qui avait cinq ans en 2003,
lors de l'arrivée du gouvernement libéral, il a aujourd'hui 18 ans puis il a des bonnes chances d'être analphabète
à un niveau variable. Il faut se demander pourquoi. Les groupes qui essaient de réparer les pots
cassés du gouvernement, les groupes d'alphabétisation, les groupes
communautaires nous disent qu'il manque 9 millions. Le ministre le
sait depuis l'étude des crédits.
Est-ce qu'il s'engage
à utiliser la mise à jour budgétaire en ce moment qui s'en vient pour investir
et mettre 9 millions dans les groupes communautaires d'alphabétisation?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Éducation, du Loisir et du
Sport.
M. Proulx :
Mme la Présidente, j'ai dit que les groupes de défense des droits des personnes
analphabètes, des groupes qui font la
promotion et la lutte à l'analphabétisme ou la promotion de l'alphabétisation
seront soutenus, Mme la Présidente.
On le fait, ça fait
partie de la réussite éducative. C'est aussi important, la
petite enfance, d'agir au début que d'agir plus tard, tout au long de la vie, parce qu'il faut se rappeler que
c'est des parents qui vont soutenir leur enfant dans la réussite.
Mais
ce qui me fait sourire, Mme la Présidente, c'est que le député de Chambly,
aujourd'hui, ce qu'il essaie de faire,
là, c'est de dépenser les surplus de la rigueur budgétaire que nous avons mis
de l'avant. C'est ça qu'il essaie de faire. Aujourd'hui, alors qu'il n'y avait aucun geste de posé pour nous
soutenir, il aimerait ça être en mesure de prendre cet argent-là et
choisir l'endroit où il va le mettre.
On sera cohérents,
Mme la Présidente, il y a une politique sur la réussite éducative...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Proulx :
...qui sera mise de l'avant. Les consultations auront lieu. Il est le bienvenu
pour se faire entendre.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En principale, M. le député de Sanguinet.
M. Therrien :
Mme la Présidente, depuis 2014, la Protectrice du citoyen demande au
gouvernement d'obtenir le mandat de
traiter les plaintes des citoyens qui sont insatisfaits des réponses du service
à la clientèle d'Hydro-Québec. En 2013, le Parti québécois était passé à
l'action pour le Vérificateur général par rapport à Hydro-Québec. Et, selon Mme Saint-Germain — je la cite — «les mêmes raisons qui militaient pour l'assujettissement
du Vérificateur général à Hydro-Québec
militent pour le Protecteur du citoyen». Encore une fois, la semaine dernière, le
jour de la marmotte, la Protectrice
du citoyen revient à la charge dans son rapport annuel, plus de
400 personnes ont communiqué avec son bureau en 2015-2016 pour demander son aide en lien avec
Hydro-Québec, mais elle a dû informer ces citoyens que, malheureusement,
la société d'État demeure intouchable. Dans
ce même rapport, à la page 153, on apprenait qu'en quatre ans les demandes
avaient presque doublé.
La demande est là, le
besoin est là, qu'attend le gouvernement pour assujettir Hydro-Québec au mandat
de la Protectrice du citoyen?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles.
M. Arcand :
Mme la Présidente, je voudrais, encore une fois, dire que nous n'avons jamais
eu d'objection à ce qu'Hydro-Québec
soit assujettie de quelque façon que ce soit et que les consommateurs aient une
voix au niveau de leurs demandes. Je
dois dire cependant que la position que nous avons toujours eue sur ce dossier,
c'est qu'il faut faire un choix, ou bien c'est la Régie de l'énergie ou
bien c'est le Protecteur du citoyen. C'est ça qui est l'élément important.
on retrouve d'ailleurs, Mme la Présidente, dans le projet de loi n° 106
que j'ai déposé à l'Assemblée nationale différents éléments à l'intérieur de ce projet de loi qui vont faire en
sorte que la Régie de l'énergie va avoir des pouvoirs supplémentaires, va avoir certains éléments qui
vont certainement lui permettre de traiter de façon encore plus active les
différents dossiers de plaintes que nous avons, Mme
la Présidente. Et nous allons donc
travailler dans cette direction pour l'avenir. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En première complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Therrien : Mme la
Présidente, la ministre des Institutions démocratiques nous a dit
à l'étude des crédits qu'elle envisageait
éventuellement, peut-être, d'avoir la Protectrice du citoyen... travailler avec
les clients d'Hydro-Québec. Elle a dit qu'elle informerait ses collègues, qu'il y aurait une étude là-dessus.
Collègues informés : on ne le sait pas, on n'a aucune nouvelle
là-dessus. Qu'est-ce qui se passe? Le ministre des Ressources naturelles nous
dit... nous sort un lapin de son chapeau : C'est la Régie de l'énergie. La
Protectrice du citoyen, elle sert déjà à ça.
Et là qui a dit non à
ça? Est-ce que c'est le ministre ou c'est le premier ministre...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles.
Arcand :
Mme la Présidente, j'aimerais profiter de l'occasion pour rappeler les
conclusions, entre autres, de la Commission
de l'Assemblée nationale, qui avait, entre autres, parlé de cette question-là.
Et les membres de cette commission ont
déclaré déjà en 2014 qu'ils étaient sensibles à ces éléments-là qui étaient
soulevés quant au chevauchement des activités de la régie en matière de
traitement des plaintes.
Mais,
encore une fois, ils veulent éviter des dépenses publiques importantes, de la
part des citoyens, qui pourraient découler
de l'augmentation de la charge de travail attribuée, Mme la Présidente, au
Protecteur du citoyen. L'important, c'est qu'il y ait...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, ceci met fin à la période de questions et de
réponses orales.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, nous en sommes aux motions sans
préavis, et je cède la parole à un membre du groupe formant le
gouvernement, et c'est M. le ministre responsable de la Capitale-Nationale.
Blais : Alors, merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec
la députée de Taschereau, le député de La Peltrie et la députée de
Gouin :
«Que l'Assemblée
nationale souligne avec fierté la reconnaissance à Londres la semaine dernière
de Québec comme destination culturelle de l'année par l'organisation Leading
Culture Destinations Awards.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion? M. le leader.
Sklavounos :
Nous proposons l'adoption sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
Vice-Président (M. Gendron) : La motion est adoptée. Un membre,
maintenant, du groupe formant l'opposition
officielle, et je reconnais M. le député de Sanguinet pour la présentation de
sa motion sans préavis. M. le député, à vous.
Therrien : M. le Président, je sollicite le consentement des
membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le
député de Deux-Montagnes et la députée de Gouin, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale exige qu'Hydro-Québec soit assujettie à la
Loi sur le Protecteur du
citoyen.»
Vice-Président (M. Gendron) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint.
Sklavounos :
Pas de consentement, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, j'ai entendu qu'il n'y a pas de
consentement. Un membre du deuxième groupe de l'opposition, je cède la
parole maintenant...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : S'il vous plaît!
Vice-Président (M. Gendron) : Oui, je sais. Non. Un instant, madame.
Je cède la parole à Mme la députée de Saint-Hyacinthe pour la
présentation de sa motion sans préavis, mais dans le silence. À vous.
Mme Soucy : M. le
Président, je demande le consentement pour déposer la motion suivante
conjointement avec la députée de Gouin :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle au gouvernement libéral sa promesse électorale
de ne pas augmenter les tarifs d'électricité au-delà de l'inflation;
«Qu'elle
exige que le gouvernement n'augmente pas les tarifs d'électricité afin de
financer des infrastructures [...] des transports.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Y a-t-il consentement?
Sklavounos :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Il n'y a pas de consentement.
Vice-Président (M. Gendron) : S'il vous plaît! Je cède maintenant la
parole à Mme la députée de Gouin pour la présentation de sa motion.
David (Gouin) : M. le Président, je demande le consentement de la
Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec la
députée de Taschereau et le député de Deux-Montagnes :
«Que l'Assemblée
nationale remercie Mme Raymonde Saint-Germain pour la rigueur de son
travail à
titre de Protectrice du citoyen depuis une décennie, notamment pour
la qualité de son rapport annuel 2015-2016.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos :
Adoption sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Adopté. Ça met fin aux motions sans préavis.
je cède la parole à nouveau à M. le leader adjoint du gouvernement pour qu'il donne ses avis concernant les commissions.
M. le leader.
Sklavounos :
Merci, M. le Président. J'avise cette Assemblée que la Commission de la santé et des services sociaux
poursuivra les consultations
particulières à l'égard
du projet de loi n° 99, Loi
modifiant la
Loi sur la protection de
la jeunesse et d'autres dispositions, aujourd'hui,
à compter de 15 h 15, pour une durée de 2 h 15 min, à
la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission des finances publiques poursuivra, quant à elle, l'étude détaillée à l'égard du projet
de loi n° 87, Loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles dans les organismes publics, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
18 heures, à la salle des Premiers-Ministres, 1.38, de l'édifice Pamphile-Le May;
Commission de l'économie et du travail poursuivra l'étude détaillée à l'égard
du projet de loi n° 70, Loi visant à permettre une meilleure
adéquation entre la formation et l'emploi ainsi qu'à favoriser l'intégration en
emploi, aujourd'hui, de 16 h 30 à
18 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, et de
19 h 30 à 21 h 30, à la salle du Conseil législatif;
Finalement, la Commission
de l'aménagement du territoire poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet
de loi n° 110, Loi concernant le régime
de négociation des conventions collectives et de règlement des différends dans
le secteur municipal, aujourd'hui, de 19 h 30 à
21 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, je vous remercie, M. le leader. Pour ma part, je
vous avise que la Commission de l'économie et
du travail se réunira en séance de travail aujourd'hui, de 18 heures à
19 heures, à la salle RC.161,
afin d'organiser la suite du mandat d'initiative concernant le processus ayant
mené à la vente des actions de RONA par Investissement Québec.
Je vous avise
que la Commission des institutions se réunira en séance publique aujourd'hui,
de 19 h 30 à 21 heures, à
la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de poursuivre les consultations
particulières et les auditions publiques dans le cadre de l'étude du rapport sur la mise en oeuvre du code d'éthique
et de déontologie des membres de cette Assemblée.
Nous sommes maintenant à la rubrique
Renseignements sur les travaux. Alors, je n'en vois pas.
Je vous
informe que demain, lors des affaires inscrites par les députés de
l'opposition, sera débattue la motion inscrite par M. le député de
Granby. La motion se lit comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale exige du gouvernement qu'il réduise de 500 $ les
impôts des contribuables québécois dès sa prochaine mise à jour économique,
et ce, pour l'année fiscale 2016.»
La période
des affaires courantes étant terminée, on va maintenant procéder aux affaires
du jour, et je cède la parole à nouveau au leader adjoint du
gouvernement. M. le leader adjoint, à vous.
Sklavounos : Oui.
Auriez-vous l'amabilité d'appeler l'article 14 de notre feuilleton, M. le
Président?
Le Vice-Président (M. Gendron) : À
l'article 14 du feuilleton de ce jour, l'Assemblée va reprendre le débat ajourné le 29 septembre 2016 sur la
motion de scission présentée par M. le député de Sanguinet dans le cadre du
débat sur l'adoption du principe du
projet de loi n° 106, Loi concernant la mise en oeuvre de la Politique
énergétique 2030 et modifiant diverses dispositions législatives.
Avant de
laisser la parole à l'interlocuteur, je vous indique qu'il reste
1 h 45 min 30 s au débat, dont
42 min 30 s au groupe
parlementaire formant le gouvernement, 33 minutes au groupe parlementaire
formant l'opposition officielle, 24 minutes
au deuxième groupe de l'opposition et six minutes aux députés indépendants.
Cela met fin au débat restreint. Quand
on aura terminé ces temps impartis, ça mettra fin au débat. Je suis en mesure
maintenant d'entendre le prochain intervenant.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Pardon? Ah! excusez. Mme la députée de Gouin, à vous la parole, oui.
Mme David (Gouin) : Je peux y aller,
M. le Président?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Oui, vous pouvez y aller.
Mme David
(Gouin) : Merci. Alors, je voudrais indiquer, au nom de ma formation
politique, qu'on est heureux d'appuyer la motion de scission déposée par
notre collègue de l'opposition officielle...
Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît! Vous avez raison, moi, j'entends peu, il y a
trop de bruit à l'arrière de la
tribune du président, là. Parce que nous, on doit continuer nos travaux, et ce n'est
pas parce qu'il y a beaucoup de gens
qui ont quitté cette Assemblée qu'on doit le faire dans le désordre. Alors, Mme la députée de Gouin, je vous laisse la parole.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. Alors, écoutez, je vais expliquer les raisons
pour lesquelles il nous paraît important
qu'il y ait une scission du projet de
loi n° 106. En fait, ça fait plusieurs années que je suis parlementaire
ici, dans cette Chambre, et franchement j'ai
rarement vu ce que j'appellerais une sorte d'incohérence évidente dans le
même projet de loi, entre deux parties du projet de loi.
La portion
sur la politique énergétique du Québec vise à mettre en oeuvre des objectifs
assez ambitieux pour 2030. On pourrait en discuter. Quant à nous, on
voudrait peut-être mieux le faire, mais quand même il y a là des pistes extrêmement intéressantes et prometteuses, donc de
bonnes perspectives : énergie renouvelable, efficacité énergétique,
électrification. Donc, il y aurait quelque chose à faire avec ça.
Mais le
problème, c'est que, dans le même projet de loi, là, on met en oeuvre une
politique énergétique qui... en fait, on
met en oeuvre toute une portion de la loi qui porte sur le développement des
hydrocarbures et qui, en quelque sorte, vient contredire la
partie qui porte sur une politique énergétique qui,
elle, va vraiment, moi, je dirais, du côté du XXIe siècle, là, du côté des énergies renouvelables. Autrement
dit, on déroule le tapis rouge pour l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures en sol québécois, ce qui nous
apparaît difficilement compatible avec la
partie où on dit : Mais il va
quand même falloir réduire de façon importante les
gaz à effet de serre parce qu'il en va, en fait, on le sait, tout le monde,
maintenant, de la survie de la planète.
Après la
conférence de Paris, c'est devenu évident que la planète devait mettre un frein
aux hydrocarbures. Je rappelle que
même l'Inde vient d'accepter de signer l'accord de Paris, un pays où... un pays
qui est très pollueur. Et on a dit :
Il y a énormément de gisements déjà en exploitation, que ce soit du pétrole, de
gaz de schiste, on ne peut pas aller plus
loin. Alors, il y a un certain nombre de pays dans le monde qui commencent à se
dire, peut-être pas assez vite, pas assez
loin, mais qu'il faudrait quand même faire quelque chose, et là, ici, au
Québec, on a une
partie d'un projet de loi qui aurait pu être prometteur qui dit : Bien, dans le fond, nous,
on va en faire, des hydrocarbures, on va explorer, on va exploiter. Et là-dessus, dans la formation que je représente, Québec solidaire, on a toujours
été extrêmement clair, M.
le Président, on a toujours dit non : non aux gaz de schiste, non aux puits de pétrole au Québec, non au projet Old Harry, non à Anticosti. Mais ce non-là, il veut dire oui
à des projets de développement énergétique, mais sur la base d'énergies
renouvelables.
Alors, nous
voulons appuyer cette motion de scission pour envoyer un message clair et
limpide. Il faut retrouver la voie de
la cohérence. Il faut barrer la route au lobby pétrolier et gazier parce que ces gens-là mettent à risque les avancées du
Québec en matière énergétique. Ça me donne l'occasion de rappeler qu'on part,
au Québec — on
a de la chance — avec
une bonne longueur d'avance. On ne peut pas
remettre en cause un héritage extraordinaire, celui que la nationalisation de
l'hydroélectricité nous a donné, c'est-à-dire le développement, dès les
années 60, d'une énergie, l'énergie hydroélectrique, qui était considérée à l'époque, et que plusieurs
considèrent encore aujourd'hui, comme une énergie propre et relativement renouvelable. On peut aujourd'hui faire bien autres choses, mais, pour l'époque,
c'était quand même assez révolutionnaire. On était bien partis, M. le Président, et, à notre avis, il ne faut pas s'arrêter en si bon chemin. Tout est
là pour nous indiquer comment nous
pourrions faire pour avoir un Québec qui, oui, fait du développement énergétique, mais le fait différemment.
Alors, nous
pensons que les deux orientations contenues dans le même projet de loi sont
irréconciliables. Et c'est assez intéressant de rappeler une citation,
en quelque sorte, de Karel Mayrand, de la Fondation David-Suzuki, qui disait, l'été dernier : C'est comme si, dans
la même loi, il y avait un plan de match pour réduire le tabagisme et puis un
autre pour implanter des productions de
tabac. Alors, nous suggérons, M. le Président, que cela n'est pas cohérent, que
cela n'est pas compatible, qu'il faut appuyer
la demande de scission du projet de loi n° 106, et c'est pour ça que nous
allons l'appuyer. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie, Mme la députée de
Gouin, de votre intervention. Je suis prêt à entendre le prochain
intervenant, et je reconnais maintenant M. le député d'Abitibi-Est pour son
intervention. M. le député, à vous la parole.
Bourgeois : Merci, M. le Président. Vous me permettrez, M. le
Président, dans l'enjeu qui nous a été présenté dans cette motion de
scission, de rappeler certains faits concernant notre proposition au niveau du
gouvernement.
Premièrement,
il faut très clairement établir que l'objectif du Québec, il demeure le même,
c'est-à-dire de réduire de 40 %
notre utilisation des produits pétroliers d'ici 2030. Contrairement à
l'épouvantail que brandissent les opposants, le projet de loi n° 106 n'a pas pour objectif de faire la promotion
de l'utilisation des hydrocarbures mais bel et bien l'objectif
d'encadrer cette filière qui ne l'est pas depuis trop longtemps déjà.
Il est faux,
M. le Président, de prétendre que nous ne sommes pas à l'écoute des différents
milieux. Nous avons d'ailleurs déposé des amendements au projet de loi
n° 106 afin qu'il réponde notamment mieux aux préoccupations exprimées par
le monde municipal et le monde agricole. M. le Président, vous savez très bien
comment fonctionne le processus
parlementaire, il nous permet d'intervenir à plusieurs niveaux :
premièrement, au niveau des consultations, par la présentation, par les différents groupes d'intérêt, de leurs
positions en lien avec les enjeux soulevés avec le projet de loi qui
leur est présenté.
De ce
côté-là, la démarche s'est faite d'une façon très claire avec l'ensemble des
groupes parlementaires pour solliciter
un éventail de groupes qui sont venus nous présenter leurs positions, plus de
30 groupes. Plus de 50 mémoires ont été déposés. Et le tout
s'est fait en collaboration avec l'ensemble des leaders. Donc, nous avons fait
un processus respectueux d'une démarche qui
permettait à l'ensemble des acteurs, M. le Président, de venir pour présenter
leurs positions et de venir nous
permettre d'améliorer, de modeler les différentes propositions qu'il y a dans
le projet de loi pour qu'il corresponde
bien avec la volonté exprimée dans l'objectif de base que nous avons amené avec
la présentation de ce projet de loi.
Quand on
parle du retrait du p.l. n° 106 que certains groupes réclament, vous
comprendrez qu'acquiescer à cette demande équivaudrait à jouer le jeu
des pétrolières et de demeurer dans le far west qui actuellement les gouverne, parce que, dans les faits, nous n'avons pas les
règles claires avec ces organisations-là, M. le Président. Donc, c'est un des
objectifs qu'on recherche dans la mise en
place du projet de loi n° 106. Et donc, pour cette raison, il nous faut
l'adopter le plus rapidement possible
dans un cadre légal rigoureux et qui va nous permettre, dans le fond, de bien
définir quelles sont les règles en matière d'exploration et en matière
d'exploitation des hydrocarbures.
De plus, M.
le Président, le projet de
loi sur les hydrocarbures n'est qu'une
partie du
projet de loi qui est mis en oeuvre
par la politique énergétique qui vise à améliorer de 15 % l'efficacité
énergétique, à réduire de 40 % la quantité de produits pétroliers consommés, à éliminer l'utilisation du charbon
thermique, à augmenter de 25 % la part d'énergie renouvelable dans notre production totale
d'énergie et finalement à augmenter de 50 % la production de bioénergie,
cette production-là qui, dans nos
régions... Comme vous le savez, M. le Président, vous avez dans votre comté des
gens qui travaillent sur des dossiers importants,
entre autres au niveau de la biomasse. Ce projet de loi là permet aussi toute
la stratégie au niveau de la transition énergétique, donc un facteur important
qui doit être aussi considéré.
niveau des intervenants qui sont venus nous rencontrer, M. le Président, la
position du Front commun pour la transition énergétique nous a établi
clairement que l'ensemble des groupes entendus en commission parlementaire,
qui représentent de façon équivalente les
énergies propres et renouvelables de même que les énergies de transition, ont
dit qu'on devait procéder le plus
rapidement possible pour justement s'assurer que nous ayons les meilleures
pratiques et que nous puissions
rapidement agir sur la limitation, entre autres, de l'émission des gaz à effet
de serre. La participation des différents groupes nous a permis
d'entendre des acteurs de toute provenance, qui ont pu, donc, faire valoir les
impératifs d'action.
M. le Président, vous
êtes familier avec le processus et vous savez que nous avons voulu faire
ensemble que l'ensemble des acteurs de la
société civile et des différents groupes d'intérêt puissent se faire entendre,
et c'est pourquoi tous les organismes
ont été invités à déposer leurs mémoires en commission parlementaire. Il est
donc nécessaire de rappeler là-dessus
qu'il y a eu une entente, contrairement à ce que certains groupes d'opposition
ont prétendu, sur la dynamique, pour
permettre la consultation auprès des groupes d'intérêt. Cette démarche-là s'est
faite avec une entente entre l'ensemble des groupes de parlementaires.
Parlons
un peu plus directement maintenant du volet des hydrocarbures, M. le Président.
Nous nous étions engagés, au niveau
de la
partie du projet de loi des hydrocarbures, à faire en sorte que nous
ayons un projet de loi qui soit complété par quatre règlements spécifiques. Je me permets de vous les rappeler, M.
le Président. Le premier règlement,
c'est celui sur la gestion des
licences d'exploration, d'exploitation et de stockage des hydrocarbures. Le
deuxième, c'est le règlement sur les activités relatives au pétrole et au gaz naturel; le troisième règlement, celui sur les redevances pétrolières et
gazières; et finalement le règlement sur les consultations en matière de
pétrole et de gaz naturel.
Notre
gouvernement a toujours dit vouloir agir avec prudence, transparence et
de façon ordonnée. Encore là, nous en
faisons la preuve, et tout cela dans le meilleur intérêt de la population
québécoise. Ces recommandations découlent des travaux extrêmement rigoureux de tous les experts, des évaluations
gouvernementales stratégiques tenues
au cours des dernières années en lien avec cet enjeu.
le Président, les entreprises seront maintenant soumises à de nouvelles
conditions avant que puisse se réaliser un projet de production d'hydrocarbures au Québec. On en retient deux
éléments essentiels : tout
projet de production devra recevoir
une décision favorable de la Régie de
l'énergie après une audience
publique, et, deuxièmement, chaque entreprise devra mettre en place
un comité de suivi, comme c'est le cas en matière d'activités minières.
le Président, je pense qu'il faut aussi le souligner, lors du processus de
consultation, certaines positions
avaient clairement identifié des attentes, au niveau du monde
municipal. Nous avons déposé des amendements en ce
sens-là, et vous me permettrez, M. le Président, de vous
révéler de façon plus formelle les positions des groupes
municipaux suite au dépôt de ces amendements. Premièrement, et je le
cite, M. Richard Lehoux, le président de la FQM, qui nous dit : «Est-ce
que le projet de loi n° 106
devrait être scindé?» C'est l'objet de la discussion qu'on a aujourd'hui. «La réponse est non. Ça fait assez longtemps qu'on demande une
loi sur les hydrocarbures, on ne voudrait pas que ce soit reporté aux calendes
grecques. La FQM est prête à collaborer et à travailler avec le gouvernement
pour améliorer la loi.»
Toujours
dans le même ordre d'idées, M. le
Président, cette fois-ci je vais du
côté de l'UMQ, dans un communiqué émis
en date du 29 septembre, et je cite : «L'Union des municipalités du Québec accueille avec ouverture les amendements
déposés aujourd'hui par le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles
et ministre responsable du Plan Nord, M.
Pierre Arcand. L'UMQ souligne que la rencontre entre le ministre Arcand et le
conseil d'administration de l'union, le 16 septembre dernier, a porté
[...] fruits.»
vous me permettrez de le mentionner, M. le Président, cette réunion-là, elle a
eu lieu en Abitibi-Témiscamingue, plus
particulièrement à Val-d'Or. Donc, d'avoir pu collaborer à faire en sorte qu'on
arrive à pouvoir répondre aux attentes du monde municipal, dans le cadre
d'une rencontre qui s'est improvisée rapidement, mais qui a porté fruit, c'est
toujours plaisant d'avoir pu participer à ces initiatives.
Donc :
«[L'UMQ] réclame d'ailleurs depuis plusieurs années une modernisation du cadre
légal des activités liées à l'exploration et à l'exploitation des
hydrocarbures qui respecte, d'une part, les pouvoirs municipaux en matière d'aménagement et de développement du territoire,
et, d'autre part, qui protège adéquatement les sources d'eau potable des
citoyens».
Vous
me permettrez de citer, M. le Président, M. Bernard Sévigny, qui est le
président de l'UMQ : «Le ministre
Arcand a répondu en
partie aux demandes de l'UMQ. Le projet de loi 106 est
encore perfectible sur le plan de la protection
des sources d'eau potable. Nous allons continuer nos représentations, mais il
est néanmoins clair pour nous qu'il
faut une loi encadrant les hydrocarbures.» Donc, cette déclaration de M.
Sévigny va dans le même sens. On identifie clairement le besoin de
livrer le projet de loi n° 106 et sans délai.
«L'UMQ salue
[également et] notamment les amendements apportés, à sa demande, pour permettre
aux municipalités d'identifier, au cours de
la prochaine année, des territoires incompatibles [à] l'exploration et
l'exploitation des hydrocarbures.» Cet échange-là, donc, M. le
Président, va pouvoir se poursuivre pour le bénéfice de l'ensemble des acteurs concernés. «Les municipalités pourront
en conséquence protéger des secteurs où l'on retrouve d'autres activités
qui soutiennent le développement durable des
communautés, tels que les périmètres urbains et les sites récréotouristiques.
Toutefois, l'UMQ insiste afin que les
orientations gouvernementales qui viendront baliser ces nouveaux pouvoirs
soient rendues publiques [le plus]
rapidement [possible].» Et, pour ce faire, M. le Président, nous devons
procéder dans l'adoption du projet de loi n° 106 dans les plus
brefs délais.
L'union
demeure aussi préoccupée au niveau de toute la question de la protection des
sources d'eau potable et elle souhaite
que la loi soit renforcée en ce sens.
C'est ce que les travaux vont nous permettre de faire, M. le Président. C'est pourquoi nous devons procéder dans les délais les plus
rapides pour en faire l'adoption.
Toujours
dans le même ordre d'idées, au niveau
des positions de groupes qu'on avait déjà
entendus en lien avec le projet de loi n° 106, c'est au niveau du président de la Communauté métropolitaine de Montréal, donc
M. Denis Coderre. Vous me permettrez, encore là, M. le Président,
de vous mentionner les éléments principaux de la position de la Communauté
métropolitaine de Montréal.
Donc,
M. Coderre «se réjouit des amendements proposés ce matin par le ministre
de l'Énergie et des Ressources naturelles
et ministre responsable du Plan Nord, M. Pierre Arcand, relativement au projet
de loi n° 106 concernant la mise en oeuvre de la Politique
énergétique 2030 [en] modifiant diverses dispositions législatives».
Nous avons
été à l'écoute, M. le Président, et les principaux acteurs dans le monde
municipal, que ce soit la FQM, que ce
soit l'UMQ, que ce soit la ville de Montréal, ont rapidement réagi pour
démontrer l'importance d'adopter le projet de loi n° 106 dans les
meilleurs délais possible.
Je cite toujours, dans le cadre du communiqué
émis par la Communauté métropolitaine de Montréal :
«En vertu de
ces amendements, le plan métropolitain d'aménagement et de développement ainsi
que les outils d'aménagement des municipalités pourront dorénavant
déterminer les territoires incompatibles avec l'exploration, la production et
le stockage d'hydrocarbures.
«En effet, le
gouvernement du Québec adoptera des orientations gouvernementales en cette
matière et les outils d'aménagement s'y conformeront. La communauté
participera activement à ce processus.»
Je cite, encore là, M. le maire Denis
Coderre : «Il s'agit d'un pas important vers le respect des compétences municipales en matière de planification [et] en
aménagement et développement du territoire. Ces amendements permettent
aux municipalités de protéger la qualité de vie de leurs citoyens, la sécurité
publique et l'environnement.»
Donc, M. le Président, trois acteurs municipaux
majeurs qui viennent confirmer qu'à la suite des rencontres tenues le ministre
a déposé des amendements qui correspondent à leurs attentes. On a fait cheminer
ce projet de loi là d'une façon efficace, et
je ne vois pas en quoi aujourd'hui on peut demander la scission, puisque les
acteurs, les premiers acteurs
viennent nous dire : Vous avez fait exactement ce qu'on souhaitait, nous
allons continuer à travailler avec vous. Et c'est ce qu'on demande à l'ensemble des groupes parlementaires, de se joindre à nous pour procéder à l'adoption
de ce projet de loi dans les plus brefs délais.
Vous me
permettrez également, M. le
Président, de revenir, parce qu'il y a eu des gens qui ont réagi sur toute la question
de la notion d'expropriation. Je tiens à rappeler que, dans le cadre du projet de loi n° 106, qui institue la
première loi des hydrocarbures après
près de 10 ans d'engagement dans ce sens-là, l'expropriation est possible
en phase d'exploitation uniquement si
une entente négociée de gré à gré entre le promoteur et le propriétaire n'a pas
eu lieu. Il est donc à noter que
l'expropriation est une mesure ultime, et que, si elle a lieu, elle se fait
selon les règles en vigueur au Québec, et que le projet de loi n° 106 ne vient pas modifier ou change quoi que ce
soit à ce processus. Donc, M. le Président, seulement — et seulement — lorsque l'intérêt public le justifie, il
pourra y avoir expropriation. Une indemnité juste et préalable doit être
versée au propriétaire foncier également. À
noter qu'aucun cas d'expropriation n'a encore été observé au Québec concernant
les travaux d'exploration pétrolière et
gazière, et ce, depuis le premier forage qui a été effectué, M. le Président,
en 1860.
Donc,
là-dessus, M. le Président, je pense que, clairement, si je regarde au niveau
de l'opposition officielle, qui n'en est pas à sa première contradiction mais
qui, en ce qui concerne les hydrocarbures, remporte la palme après avoir
autorisé le projet Anticosti sans consultation environnementale, la moitié des
candidats à la chefferie s'opposent aujourd'hui
à l'exploitation des hydrocarbures. Du côté de la CAQ, M. le Président, on ne
nous propose aucune idée d'une prochaine
stratégie énergétique. Elle ne fait que critiquer et proposer des solutions à
courte vue qui sont néfastes pour les régions du Québec.
Donc, M. le
Président, clairement, je ne crois pas que la scission de ce projet de loi est
nécessaire. Au contraire, les groupes
concernés, entre autres les municipalités, nous demandent de le livrer le plus
rapidement possible en tenant compte
des amendements que nous avons déposés. Et nous sommes tout à fait à l'aise
avec ce projet de loi. C'est pourquoi, M. le Président, nous allons nous
opposer à cette motion de scission. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie, M. le député
d'Abitibi-Est, de votre intervention.
Et je fais une remarque fraternelle, parce qu'il y a des gens, quand je ne le fais pas, ils me demandent... Même dans
une citation, il n'y a pas de «ministre Arcand», c'est «le
ministre de». Ce n'est pas grave, là, mais c'est «le ministre des Ressources
naturelles», alors, pour l'avenir. Mais c'était très correct. Merci de votre
intervention.
Je cède la
parole maintenant à M. le député de Richelieu pour son intervention toujours
sur la motion de scission.
M. Rochon : Oui. Merci, M. le
Président. Des épouvantails sont brandis. Vous avez entendu mon collègue d'Abitibi-Est, hein, il a dit ça : Des épouvantails
sont brandis, M. le Président. Il accuse beaucoup de monde d'en brandir.
Je ne sais pas s'il s'en rend compte, il
n'affuble pas du brandissement de ces épouvantails que l'opposition officielle,
que la deuxième opposition, que les
collègues députés de Québec solidaire, il y a beaucoup de monde, M. le
Président, qui brandit des épouvantails. Je vais vous confier quelle est mon
impression, M. le Président. Mon collègue d'Abitibi-Est, que vous connaissez certainement bien, puisque
c'est le comté voisin du vôtre, a vu son parti mener tellement de campagnes
de peur contre notre projet d'indépendance
nationale qu'il conclut par projection que nous sommes à en mener une. C'est le terrain qu'il connaît.
Alors, il conclut, il affirme que les opposants au projet de loi agitent des
épouvantails pour faire peur aux Québécois.
En passant, puisque j'ai cité notre projet
d'indépendance nationale, pour lequel il agite, avec ses copains, des épouvantails, c'est une occasion de dire ici
aujourd'hui en ce salon bleu que le Québec souverain ne pourrait pas être en
meilleure posture qu'avec cette souveraineté
pour mettre en oeuvre une véritable politique nationale de l'énergie, une
véritable politique énergétique nationale.
Il serait en bien meilleure posture pour mettre en oeuvre cette politique qu'il
ne l'est actuellement comme province du Canada, en bien meilleure posture, M.
le Président, le pays du Québec pour protéger
son environnement. Et il est important que les Québécois le réalisent bien et
qu'ils ne se laissent pas distraire par les épouvantails agités par les
amis fédéralistes.
M. le
Président, puisque je suis dans mes confessions, c'est une bonne nouvelle que
se soient écoulés cinq jours depuis
l'intervention du ministre sur la motion de scission, parce que, je vais vous
le dire honnêtement, si je lui avais répliqué sur-le-champ, immédiatement, après avoir entendu le ministre, si le
temps me l'avait permis, et il ne me l'a pas permis, puisque nous ajournions 10 minutes avant que
le ministre prenne la parole et qu'il a su stratégiquement occuper chacune
de ses minutes pour ne pas, séance tenante,
nous donner la chance de répliquer... alors, si j'avais pu immédiatement le faire, j'ai l'impression que vous auriez pu avoir
à me rappeler à l'ordre plusieurs fois tellement les propos et le ton du
ministre m'ont déplu, tellement ses propos et son ton m'ont indisposé.
Jeudi
dernier, je ne reconnaissais plus le ministre, ce n'était plus le même homme.
Je ne le reconnaissais plus. On eût dit un mauvais imitateur qui campait
incorrectement son personnage. Ce ministre nous a habitués à beaucoup d'élévation — et là c'est un compliment que je lui
adresse — et je
préfère croire que ce discours de 17 h 50 jeudi dernier n'est
qu'un exemple confirmant la règle de cette élévation. Le ministre était
visiblement, jeudi, animé d'une grande déception
de voir la présidence juger notre motion
de scission recevable et il s'est livré bien davantage à une charge à fond
de train contre l'opposition, l'opposition
officielle, qu'il n'a d'ailleurs pas nommée ainsi, préférant dire «le Parti
québécois», plutôt qu'à un plaidoyer en faveur de son projet de loi.
Je vous parle
et là je repense à ce que je vous disais tout à l'heure, je pense que j'ai
dit : Exception confirmant la
règle, exemple qui confirme la règle. Je voulais dire que jeudi était
certainement une exception confirmant la règle de son attitude, toujours
très correcte et cordiale à l'égard de ses collègues d'en face.
Alors, jeudi
dernier, donc, je poursuis là-dessus, on eût dit que nous étions au
gouvernement et lui dans l'opposition, et
lui dans l'opposition. Ça va arriver, ça va arriver. Peut-être le ministre
estime-t-il, à la faveur de l'intérêt soulevé par notre course au
leadership, qu'il vaut mieux qu'il commence tôt à s'y préparer, à pratiquer
cette posture de député de l'opposition
officielle. Si c'est ça, je l'assure, il va être bon, pas autant que le député
de Sanguinet, mais il va être bon. Mais,
pour l'instant, M. le Président, pour l'instant, il y a encore deux ans à faire
au gouvernement, hein — nous avons des élections à date fixe, héritage du Parti
québécois — alors,
il doit se rappeler qu'il est au gouvernement, et être au gouvernement, M. le Président, exige de l'écoute,
ça exige de l'écoute. Et je ne partage pas l'analyse du collègue d'Abitibi-Est
à l'effet que c'est une qualité de ce
gouvernement, l'écoute. Je crois plutôt l'inverse. Et cette qualité ne manque
pas qu'au ministre, elle manque au gouvernement. Chaque commission à
laquelle je siège me le rappelle douloureusement. Et ultimement ce sont les Québécoises
et les Québécois, pour lesquels c'est le plus douloureux, qui
paient pour ce manque d'écoute, comme
en ce moment sur le projet
de loi pour lequel nous réclamons la
scission, une scission, pour lequel nous débattons de cette motion de scission. Alors, à la place d'analyser les
18 mois au cours desquels nous avons été au pouvoir, que le ministre se livre donc à une analyse de l'action de son gouvernement et il aura, si cette analyse est fine, un tant soit peu
objective, beaucoup de mea-culpa à faire.
M. le Président, je ne débute pas mon intervention de la façon dont je l'aurais souhaité. En fait,
je cherchais, pour débuter mon intervention sur le projet de loi n° 106, Loi
concernant la mise en oeuvre de la Politique énergétique 2030 et
modifiant diverses dispositions législatives, quelque chose de positif à dire à
son sujet.
Or, après
avoir studieusement parcouru, là, toute la revue de presse sur ce projet de loi, il y a une chose positive qui m'a particulièrement frappé, et c'est celle-ci : le gouvernement a réussi, après y avoir mis, à l'évidence, là, beaucoup
d'efforts, beaucoup de talent puis beaucoup d'énergie, à
générer un consensus, un consensus contre lui — bien, c'est toujours bien un consensus — un
consensus contre le projet de loi tel qu'il nous
est présenté. Ce que tout le monde dit, c'est
qu'il est contradictoire d'inclure, dans un projet de
loi sur la
transition du Québec vers les énergies propres, un
chapitre sur
les hydrocarbures, un projet de
loi sur les hydrocarbures. C'est un consensus.
J'entends tout le monde dire ça.
Une vaste coalition réunissant des représentants
des milieux citoyens, milieux municipaux, milieux agricoles, milieux syndicaux, milieux juridiques, milieux
scientifiques, milieux environnementaux... ça fait pas mal de milieux, ça,
une vaste coalition s'est formée pour réclamer que le projet de loi soit
scindé. On le croit aussi, on le croit aussi.
Hydrocarbures — Une coalition dénonce la contradiction du
projet de loi n° 106 . Le Devoir , 19 septembre — ça, mon
collègue d'Abitibi-Est n'a pas lu ça : «À l'approche de la rentrée
parlementaire, le Front
commun pour la transition énergétique a qualifié une
nouvelle fois de "suspecte" la volonté du gouvernement [...]
d'inclure l'exploitation des hydrocarbures
dans son projet de loi n° 106 sur la mise en oeuvre de la Politique
énergétique 2030. [...]le groupe a d'ailleurs sommé Québec de scinder en
deux ce cadre législatif en construction, afin que l'exploitation des matières
fossiles ne soit pas diluée dans la question de la transition énergétique, et
ce, au mépris du territoire Québécois et des habitants. "Il y a une contradiction entre l'exploitation des hy