Institutions — 9 May 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CI 2023-05-09
Quebec — Committees
(Neuf heures quarante-quatre
minutes)
Le Président (M.
Bachand) : Bon matin, tout le monde. Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des institutions
ouverte.
La commission est réunie afin d'entreprendre
l'étude détaillée du projet de loi n° 14, Loi
modifiant diverses dispositions relatives à la sécurité publique et édictant la
Loi visant à aider à retrouver des personnes disparues.
Avant de débuter, Mme la secrétaire, y a-t-il
des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel) est remplacée par M. Lamothe (Ungava);
Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), par Mme Abou-Khalil
(Fabre); M. Lemieux (Saint-Jean), par M. Gagnon
(Jonquière); M. Zanetti (Jean-Lesage), par M. Fontecilla
(Laurier-Dorion).
Président (M. Bachand) :
Merci. Cela dit, je dépose deux
mémoires reçus depuis la fin des auditions, soit celui de l'Association
des avocats carcéralistes et progressistes et celui de Mme Béchard.
Alors, nous
allons maintenant aller aux remarques préliminaires. M. le ministre, pour une
période de 20 minutes maximum. Merci.
M. Bonnardel : Merci, M. le
Président. Salutations à mes collègues ministériels qui sont avec moi ce matin.
Salutations à mes collègues de l'opposition. Ça a été un très gros travail, bon
travail, dans les dernières semaines, avec les consultations particulières que
nous avons eues, on a reçu pas mal de groupes, l'adoption de principe, qui a
été adopté voilà quelques semaines déjà. J'aurai quelques commentaires juste
pour revenir sur les points les plus... les plus importants.
Je le disais d'entrée de jeu, ça a été un
travail colossal mais surtout l'implication de plusieurs, plusieurs personnes du Comité consultatif sur la réalité
policière, le Groupe d'action contre le racisme, mon collègue le
ministre responsable de la Lutte contre le racisme aussi, avec lequel j'ai eu
la chance de rencontrer plusieurs groupes, là, en janvier dernier, qui nous ont
fait part de leur... de leur inquiétude... de leur inquiétude, oui, je vais le
dire ainsi, sur, surtout, la déontologie, puis on a voulu, dans le projet de
loi, répondre à ces inquiétudes.
Et, juste avant, juste avant d'aller... de
revenir sur la déontologie, le point principal de cette loi... il y en a d'autres, points, là, qui sont importants, mais le
point principal, c'est, nécessairement, la loi qui vise à édicter une
nouvelle
loi sur les personnes disparues. C'est indéniable qu'il y a eu des cas
médiatisés dans les derniers mois, sinon les deux, trois dernières années, pour
ne pas nommer le président de Savoura, là, qui a disparu avec son fils dans un accident d'hélicoptère. On aurait de multiples
situations, d'exemples qu'on pourrait nommer. Et l'outil qu'on veut
édicter, adopter avec cette loi, bien, c'est, nécessairement, donner tous les
outils possibles, puis on va les énumérer tantôt à l'article, là, quand on
débutera, là, si on a l'aval des oppositions pour étudier ce projet de loi par
thèmes, par blocs.
L'article 117 est important. C'est un
article qui est très gros, qui est très gros puis qui va définir comment on va travailler, comment les policiers vont pouvoir
travailler sur ordonnance d'un juge de paix magistrat aussi ou d'un
juge, les différents aspects de cette loi
qui concernent la disparition de personnes, qui concernent aussi ceux qui
accompagnent une personne disparue. Donc, il faut faire les nuances entre ces
deux points.
Alors, pour moi, ça, c'est un outil non
négligeable puis qui va se pérenniser dans le temps, là, peu importe qui sera
ministre dans le futur. Je pense qu'on a... je suis persuadé, là, qu'on a pas
mal un
article là-dedans, là, qui va... qui
répond aux besoins. Puis, de toute façon, on l'a vu aussi lors des
consultations, je pense que, majoritairement, sinon à 100 % ou
presque, les gens étaient d'accord... peut-être avec quelques modifs, là, mais
les gens étaient d'accord, grosso modo, sur la façon que cet
article était
écrit.
Il y a un point non négligeable aussi sur la
réalité policière, la modernité, l'efficience et la confiance, j'en ai parlé, les interpellations et les interceptions,
qui ne doivent pas se faire avec motifs... avec motifs discriminatoires.
Donc, prévention, lutte contre le racisme, profilage racial, social, on va, dans
le projet de loi, diffuser des lignes directrices concernant ce profilage
racial et social, avec des pouvoirs réglementaires aussi.
Je le disais tantôt, là, autre parenthèse, sur
le système de déontologie, c'est un peu ce point qui m'a le plus frappé lors de
mes consultations avec différents groupes, un à un. Donc, là-dessus, pour moi,
c'était important qu'on rétablisse la confiance vis-à-vis
de la déontologie policière avec, surtout, les plaignants, surtout les
plaignants, les gens en particulier mais surtout les plaignants. Ça voulait
dire quoi, ça? Bien, premièrement, ajouter une nouvelle fonction de prévention
et d'éducation pour le commissaire, mieux le faire connaître, favoriser
l'accompagnement des plaignants qui se
disent victimes de discrimination. Malheureusement, plus souvent qu'autrement,
ces gens n'étaient pas accompagnés, donc se sentaient bien seuls avec
cette plainte qu'ils avaient vis-à-vis un corps... pas un corps, mais un
policier ou une policière.
Donner le choix, ça, c'est un autre point qui
avait été soulevé, donner le choix à ces mêmes plaignants de participer ou non à un processus de conciliation,
autoriser les enquêtes à l'initiative du commissaire si besoin est,
exiger une reddition de comptes annuelle
pour toutes demandes x, mais particulièrement les interpellations et les
interceptions. Je sais qu'il y a des corps de police qui le font déjà très,
très bien, qui remplissent déjà un formulaire, je vais le dire ainsi, là, qui
doit être rempli, pour moi, assez rapidement. On ne veut pas non plus que ce
soit compliqué pour les policiers d'avoir à remplir ces formulaires. Mais, pour
nous aussi, au ministère, c'est une première, où on sera capables de recevoir
une documentation qui va nous permettre de mieux travailler, autant avec les
corps de police qu'autant aussi préparer une future modernisation d'une loi,
là, dans les prochaines années. Il ne faut pas oublier que, cette loi-ci, bien, M. le Président, ça fait près
de 20 ans qu'elle n'a pas été modifiée. Donc, on est à un point
important, là, aujourd'hui, de débuter cette étude détaillée.
Côté policiers spécialisés, formation, je l'ai
déjà mentionné, on prévoit un processus d'entrée parallèle pour les enquêteurs
spécialisés, spécialisés, qui sont issus du milieu civil. C'est un point
qui, pour moi aussi, a été bien reçu dans l'ensemble.
Quand je parlais de renforcement du système de
déontologie policière, bien, prévoir que les plaintes soient réservées aux
personnes directement impliquées, et la création d'un processus de signalement,
utiliser des moyens technologiques qui
permettent aussi la conciliation à distance. On va modifier le nom aussi du
Comité de déontologie policière pour «Tribunal administratif de
déontologie policière». Donc, les gens vont faire la part des choses entre le
Commissaire à la déontologie et le futur tribunal.
Donc, c'est des points, c'est pas mal les points
principaux de ce projet de loi qu'on pourrait appeler omnibus. Et, comme je l'ai mentionné d'entrée de jeu, j'ai
fourni la documentation aux oppositions. Je pense que tout le monde a reçu ces documents, où on a essayé de rendre ça le
plus simple possible pour les oppositions. Et, si on a leur aval, bien,
on a les différents thèmes, là, sur, bon,
les personnes disparues, la
Loi sur la police et une main-d'oeuvre policière
spécialisée, avec les articles qui correspondent à ces thèmes. Plus simple de
travailler de cette façon, je pense. Alors, si j'ai l'aval des oppositions, on
pourra commencer de cette façon. Puis, comme je l'ai mentionné déjà, on a
des... quelques amendements, dont un, déjà,
à 117, qui tient compte d'une loi du côté de la santé. Donc, j'en aurai
quelques-uns aussi.
Mes échanges seront toujours très, très, très
pragmatiques avec les oppositions. Je le répète encore une fois, je n'ai pas la
prétention de dire que ce projet de loi est 100 % parfait, mais, si on a
des petites choses à améliorer, on le fera de façon collégiale. Puis je vais,
nécessairement, partager mes amendements avec vous, là, plus souvent qu'autrement, avant de les déposer, là, pour vous
montrer un peu pourquoi on s'en va là. Donc, voilà, de mon côté, à quoi
ça pourrait ressembler pour les prochaines
heures, sinon les prochains jours, sinon quelques prochaines semaines.
Merci.
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup, M. le ministre.
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, s'il vous plaît.
Mme Maccarone : Bien, M. le
Président, je veux juste dire que c'est de la musique à mes oreilles. Je suis
contente de l'entendre. On a un ministre qui est pragmatique. Je suis un membre
de l'opposition officielle aussi pragmatique. Le ministre verra dans nos
échanges que j'adore l'étude détaillée. C'est vraiment le nerf de la guerre
quand on parle d'un projet de loi. Puis, oui, c'est un projet de loi qui est
perfectible. On souhaite le bonifier.
Je dis, chaque fois qu'on débute ce processus,
que le projet de loi est maintenant dans les mains de la population. C'est le gouvernement qui l'a déposé,
mais, lors du début de nos échanges, ça reste que c'est un projet de loi
qui appartient à des citoyens et des citoyennes qui nous ont fourni de
l'information lors des auditions, en particulier, des mémoires que nous avons
lus, des rencontres que nous avons eues, des messages que nous avons aussi lus.
Alors, j'ai hâte à débuter ce processus, parce que, oui, je suis contente aussi
de l'entendre de M. le ministre, que les amendements seront déposés d'avance
pour nous, pour nous donner une occasion, comme membres de l'opposition, de les
prendre en considération.
Alors, M. le Président, je dirais aussi, dans
mes remarques préliminaires, évidemment, conformément à l'article 245 de nos règlements, je souhaite qu'on étudie ce projet
de loi
article par article, alinéa par alinéa, paragraphe par paragraphe,
pour faire ça en ordre, comme il faut.
Ça fait que merci, M. le ministre, pour vos
remarques préliminaires. Bienvenue, évidemment, à toute votre équipe, au
plaisir d'avoir des échanges avec vous et tous les députés du gouvernement, à
mes collègues aussi des autres oppositions et évidemment à ma recherchiste
extraordinaire, Florence Thivierge, qui m'accompagne, avec qui je ne pourrais
pas faire tous ces travaux, parce qu'il n'y a aucun député qui travaille ici en
silo et tout seul. Alors, merci beaucoup à toutes les équipes qui nous
accompagnent aussi.
Je veux aussi remercier les gens qui sont
présents avec nous lors de cette étape de la commission. C'est très important
que les gens nous écoutent, qu'ils prennent en considération tous les débats
que nous aurons, puis aussi les gens qui nous écoutent en ondes. C'est un projet de loi qui est fort
important, très important, comme c'était mentionné par le ministre. Oui,
on jase beaucoup en ce qui concerne retrouver des personnes disparues. C'est
des enjeux. On a besoin de faire des modifications, de bonifier le projet de
loi, d'adopter une loi qui sera à l'image de nos besoins que nous avons
maintenant, de 2023.
Mais aussi je veux remercier beaucoup les gens
qui ont déposé les mémoires puis les gens qui ont participé dans nos auditions, parce que, comme membres de
l'opposition, évidemment, c'est très important, pour nous, d'entendre
votre voix. Ça nous aide beaucoup dans nos travaux. Je ne suis pas policière,
je ne suis pas pompière, je ne suis pas coroner.
Alors, c'est très important de mieux comprendre votre réalité pour être en
mesure d'apporter des amendements puis adopter des articles qui sont à
l'image de vos besoins puis à l'image de notr