Transportation and the Environment — 1 October 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
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27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
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26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 1 octobre 2024
Vol. 47 N° 59
Étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi édictant la
Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au transport collectif
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-neuf minutes)
Le Président (M. St-Louis) : À
l'ordre, s'il vous plaît, Mmes, MM. députés!
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : M.
le député, je... On a pris un peu de retard. Donc, ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des transports et de l'environnement
ouverte.
La commission est réunie afin d'entreprendre
l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi édictant la
Loi sur Mobilité
Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au transport
collectif.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Lemay (Masson) est remplacé par M. Thouin (Rousseau); Mme Dufour
(Mille-Îles), par M. Morin...
Le Secrétaire : ...et M.
St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin) par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Avant de débuter, je dépose le mémoire qui a été reçu depuis la fin des
consultations particulières, soit celui de la Société de transport de
l'Outaouais.
Nous en sommes maintenant aux remarques
préliminaires, pour lesquelles chaque membre dispose de 20 minutes, et j'invite
maintenant la ministre à faire ses remarques préliminaires. Mme la ministre, la
parole est à vous.
• (9 h 50) •
Mme Guilbault : Oui. Bien, bonjour, M.... M. le Président, salutations à
vous, à votre équipe, toujours, les gens qui vous entourent, grâce à qui on est
en mesure de mener nos travaux, de faire avancer le Québec et de permettre à
nos citoyens de pouvoir suivre lesdits travaux, que ce soit à la télévision ou
sur Internet. Alors, salutations à toute votre équipe, à nos équipes à nous, à
nous tous autour de la table, nos équipes qui nous accompagnent, les gens de
nos leaders, les gens de nos whips, on le sait, toujours très importants, eux
aussi sont nécessaires pour la conduite de nos travaux.
Salutations bien sûr à mes collègues, mes
collègues ici de la banquette gouvernementale, qui sont impatients d'entamer
cette étude détaillée tout comme moi. Un sujet aussi passionnant que Mobilité
Infra Québec, n'importe qui serait impatient, vous me direz, M. le Président.
Je suis bien d'accord avec vous.
Salutations à mes collègues des
oppositions, le député de Nelligan, le député de Taschereau, toujours un
plaisir, des collègues avec qui on a déjà passé plusieurs heures sur différents
travaux parlementaires, aujourd'hui sur le... Mobilité Infra Québec et le
transport collectif, mais on a fait aussi un projet de loi en sécurité
routière, on en a fait un sur l'expropriation. Donc, on a été très, très
productifs, je trouve, pour cette première... presque deux ans aux Transports
pour ma part, troisième projet de loi. Donc, c'est toujours excitant, M. le
Président.
Remerciements aussi encore une fois à ceux
qui sont venus en consultations particulières. Important de le dire, 27 groupes
qui ont pris le temps de venir nous rencontrer ici ou des fois en Teams, mais
qui ont pris du temps dans leur journée, qui sont des journées chargées pour
tout le monde, pour venir nous présenter les mémoires. Vous le disiez, on a eu
aussi depuis le mémoire de la Société de transport de l'Outaouais, qui fait
partie des 27 groupes qui étaient venus prendre le temps de nous rencontrer.
Donc, je l'ai dit et redit, je pense que
c'est important de bien placer le fait que 23 de ces 27 groupes-là étaient très
favorables à la création de Mobilité Infra Québec. Parmi les quatre que
j'exclus, il y en a deux qui étaient, on peut le dire, relativement contre,
mais pour les deux autres c'était plus nuancé. Mais toujours est-il qu'il y en
a 23 qui étaient... qui étaient très, très, très favorables à la création de
Mobilité Infra Québec, c'est ça, et, quand on prend connaissance de l'ensemble
de la documentation et, je dirais, aussi du discours ambiant...
Et il y avait hier ou avant-hier un
dîner-conférence de la Chambre de commerce de Montréal où il y avait Mme
Léonard, de la STM, qui était l'invitée, il y avait aussi M. Gendron, de
l'ARTM, il y avait M. Elle... Yelle aussi, pardon, d'exo, et je lisais un
article de journal qui nous relatait que Mme Léonard a rappelé que les sociétés
de transport étaient pour la création de Mobilité Infra Québec, parce que ça va
dans le sens de leur volonté d'avoir plus de... plus de développement ou plus
de capacité pour le transport collectif en général au Québec. Donc, ça, c'est
pour les... je dirais des acteurs importants du transport collectif dans la
CMM, dans une conférence à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, et
ça fait écho, je l'ai dit, à un discours ambiant qui de toute façon est
largement partagé par l'ensemble des gens qui sont concernés ou intéressés de
près ou de loin par le transport collectif.
Ça fait des années que, je dirais, c'est
en latence, cette question-là : Que fait-on pour prendre le contrôle du
développement du transport collectif au Québec? Et, comme je l'ai dit, puis je
pense que c'est important de toujours bien le placer, étant donné qu'on entame
une étape importante d'étude détaillée du projet de loi
article par article,
c'est quelque chose qui aurait pu être pris en charge avant l'arrivée... Nous,
on est arrivés en 2018, et avant 2018 on parlait déjà de transport collectif,
c'est quelque chose qui aurait pu être pris en charge par les précédents
gouvernements. Le Parti québécois a eu des velléités de le faire, n'a rien
fait, finalement, ou en fait a déposé un projet de loi, mais n'a pas donné
suite, et le Parti libéral a créé une filiale à la Caisse de dépôt qui a permis
de faire le REM dans l'Ouest-de-l'Île de Montréal, et, je l'ai dit souvent, la
CDPQ Infra, c'est une bonne chose, une belle capacité de réalisation, le REM,
c'est un très beau projet. Mais il faut pouvoir offrir des projets en dehors du
West Island, comme je me plais à le dire, ou de l'Ouest-de-l'Île, bien sûr, en
bon français, M. le Président.
Donc, aujourd'hui, la CAQ prend les choses
en main. On prend le leadership qui est nécessaire en 2024 pour prendre le
contrôle du destin du transport collectif sur notre vaste territoire du Québec,
et je suis heureuse de l'engouement, de l'engouement que suscite le dépôt de ce
projet de loi là.
Je le dis souvent, c'est toujours plus
facile de ne rien faire que de faire quelque chose. Ça prend du temps, de
l'énergie, des efforts pour mener à bien des projets de loi, pour faire ce
travail-là avec nos équipes, puis j'en profite d'ailleurs, vous voyez, je suis
toujours aussi bien accompagnée par mes équipes du ministère des Transports et
de la Mobilité durable qui travaillent là-dessus avec moi, évidemment. Donc, ça
prend du temps et de l'énergie pour changer les choses au Québec, M. le
Président, mais...
Mme Guilbault : ...ça me fait toujours plaisir de le faire. C'est... C'est
ça, notre rôle, d'ailleurs. C'est pour ça qu'on est tous ici ce matin,
ensemble, pour faire avancer ce projet de loi, je l'espère, à une cadence qui
nous permettra d'en arriver à une adoption et éventuellement à la mise en place
de Mobilité Infra Québec pour pouvoir faire plus de projets.
Donc, je m'arrête là-dessus, étant
tellement impatiente de commencer et d'entendre mon collègue de Nelligan, sans
doute, qui va prendre la parole après moi. Donc simplement réitérer de très
bons travaux à tous mes collègues. Merci à vous tous d'être présents pour cette
belle étape qui s'amorce aujourd'hui. Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. J'inviterais maintenant le porte-parole de
l'opposition officielle à faire ses remarques préliminaires. M. le député, la
parole est à vous.
M. Derraji : Combien j'ai, M.
le Président? Combien de minutes?
Le Président (M. St-Louis) : 20 minutes,
20 minutes.
M. Derraji : O.K. Bon. Bien,
premièrement, merci, M. le Président. Mes salutations. Mes salutations aux
membres de... qui vous accompagnent. Salutations à Mme la ministre, à M. le
sous-ministre. Merci à vous, surtout pour le briefing d'hier, je tiens à vous
remercier, le fait d'être très généreuse et de nous expliquer le... où on s'en
va avec ce projet de loi. Salutations à l'ensemble des collègues de Mme la
ministre. Salutations à mon collègue de Québec solidaire.
Oui, très heureux de prendre la parole
dans ce projet de loi important. Oui, important, parce que, malheureusement,
contrairement à Mme la ministre, le Parti libéral, dans un seul mandat, il a pu
réaliser le REM de l'Ouest. Et je tiens à rappeler que les gens qui habitent
l'ouest de l'île, j'habite l'ouest de l'île, ce sont des Québécois aussi, ils
méritent le transport en commun. Et, dans un mandat de quatre ans, nous étions
capables d'avoir une solution concrète, initiée, réalisée, budgétée et même
lancée. Ça fonctionne. Ça fonctionne, M. le Président. Ça fonctionne. Le REM
roule. On le voit. C'est du concret. Ce n'est pas une maquette. Ce n'est pas un
bitube.
Donc, vous savez, M. le Président, on peut
toujours faire des farces avec la ligne rouge, le REM de l'ouest de l'île, mais
au bout de la ligne, les Québécoises et les Québécois s'attendent de nous du
concret en matière de transport collectif.
Et, oui, c'est un important projet de loi,
parce que, malheureusement, après six ans de ce gouvernement, six ans de la CAQ
au pouvoir... Et ça risque d'être le cas même pour les deux prochaines années.
Parce que, vous le savez, même si on s'entend aujourd'hui, regardez, nous avons
eu un échange ce vendredi, mais on ne sait pas à quel moment on va avoir le
début du commencement du tramway à Québec.
Donc, l'arrivée de ce projet de loi, dans
un moment où on constate l'échec de ce gouvernement en matière de transport
collectif... Je tiens à le mentionner, si le projet de loi a été déposé la
première année de l'arrivée de ce gouvernement, je peux dire que ce
gouvernement a une vision. Mais permettez-moi de réutiliser des informations
que... qui sont publiques. C'est un ex-chef de cabinet de la CAQ qui s'inquiète
du statu quo au gouvernement. Et, vous savez, il était très éloquent de
critiquer le manque de vision, hein? Mais ça rejoint un peu ce que je viens de
dire. Je veux vous dire qu'est-ce qu'il a dit dans le cadre du balado Question
d'intérêt, Philippe Gougeon, que, j'en suis sûr et certain, les collègues
caquistes connaissent de qui je parle... de qui je parle. C'est l'ancien chef
de cab au ministre des Finances. Donc il a... il a... ce M. s'est également
permis de commenter les difficultés du gouvernement en matière de transport
collectif : «Alors que le gouvernement a du mal à articuler une vision
claire sur ce sujet et à mettre en branle les projets portants nécessaires.»
Donc, Mme la ministre a raison de dire
qu'après six ans, finalement, ils pensent que ça prend une agence pour réaliser
les projets. Mais il faut dire que nous avons perdu six ans parce que le
gouvernement n'avait tout simplement pas de vision en matière de transport
collectif.
Je continue sur les propos de M.
Gougeon : «Oui, ils ont de la misère. De qui il parle? De ses collègues
caquistes. Le tramway, ça a été tellement difficile à Québec, trop de monde
avait sa voix, trop de monde était écouté. Je parle ici des élus et du
personnel. Trop de gens disaient : "Voici ce qu'on devrait
faire."» Ça, M. le Président, c'est un ancien collègue à Mme la ministre.
C'est un chef de cab caquiste. «"Et tout le monde s'est braqué, dit-il,
sait bien que nous sommes encore aujourd'hui à la case départ."» Nous
sommes toujours à la case départ en matière de transport collectif.
Et je vais... je vais vous épargner un peu
un rappel des promesses, lors de la dernière campagne électorale, où la CAQ
promettait des REM un peu partout...
M. Derraji : ...Chambly,
Saint-Jean, Plan structurant de l'Est. Donc énormément, énormément de projets,
mais malheureusement peu de réalisations. Donc, M. le Président, avant de
commencer à critiquer le dernier gouvernement, pas le dernier, mais le dernier
gouvernement libéral, il faut avoir l'audace et le courage de dire on se
compare avec qui? Six ans, zéro projet initié en matière de transport collectif
quatre ans du Parti libéral, le projet était déjà sur les rails et ça a été
inauguré il y a quelques, il y a quelques mois. Et les autres lignes vont bien,
M. le Président. Et on oublie parce que Mme la ministre tient toujours à le
rappeler, c'est la Rive-Sud, notamment dont son collègue ministre de la Santé,
les gens de son comté utilisent le REM de la Rive-Sud. On l'oublie, on parle
toujours du REM de l'Ouest, mais nous, on oublie qu'il y a aussi le REM,
l'antenne sur la Rive-Sud.
• (10 heures) •
Bon, une fois j'ai dit cela, M. le
Président, je tiens à rappeler un point très important : le projet de loi
ramène une nouveauté, une nouveauté, à ce que le ministère des Transports veut
déléguer un pouvoir à une agence. Et cette agence devrait dorénavant s'occuper
des projets complexes de transport. Et je l'ai mentionné au début, c'est que,
nous, tout au long de cet échange, nous aimerions beaucoup de clarification
surtout en lien avec la mission de l'agence. Pour nous, la mission de l'agence
n'est pas encore claire. L'Agence a comme mission la réalisation de projets
complexes de transport. Mais ce... on n'a pas encore défini, c'est quoi, un
projet complexe de transport? Comment on va le définir? Et est-ce que l'agence,
la future agence, vise seulement les projets de transport collectif ou bien
l'agence va avoir comme mission de faire d'autres projets? Il y a aussi la notion
de mobilité durable à définir dans le cadre du projet de loi qui est
extrêmement important. Il y a beaucoup d'acteurs qui nous ont parlé de
l'indépendance de l'agence. L'Agence ne peut agir que si le gouvernement lui
confie le mandat. Donc on parle beaucoup depuis le début de l'ingérence
politique et on l'a vu, hein, la cause du retard, de l'absence de projets
structurants au niveau de la Capitale-Nationale, c'est qu'au début, le
gouvernement caquiste a vendu un rêve aux citoyens de la Rive-Sud en matière de
troisième lien. Et tout au long de l'analyse de ce projet de loi, on doit
toujours se rappeler de ce qui a été dit par ce gouvernement en termes de
lignes de communication par rapport au troisième lien. La même chose, on peut
l'appliquer, les mêmes arguments, on peut appliquer les mêmes arguments par
rapport au tramway. Et le résultat, c'est que cette ingérence politique dans le
processus du transport collectif ou d'un projet complexe retarde les projets.
Mais au-delà du retard des projets, ça a des conséquences sur le coût et c'est
pour cela que nous sommes rendus à plusieurs versions du troisième lien, et
souvenez-vous, M. le Président, la fameuse sortie sur pont par millions. Le
PPM, ça me rappelle, moi, dans une ancienne vie, c'est un prix qu'on applique à
des médicaments, mais on a trouvé une innovation géniale au ministère pour
expliquer que écoutez, pour qu'on se compare, on doit même innover le pont par
millions. Après, il y avait le bitume. Là, maintenant il y a des raisons de
sécurité économique. Donc, c'est quoi la garantie que demain on va avoir ce
genre de discussion, même si on a une agence? Parce que si on ne définit pas
les projets complexes, est-ce que les projets complexes de transport collectif
ou autres projets complexes? Mais j'ai entendu Mme la ministre, sur les ondes
de la radio, une radio à Québec parlait que ouvre la porte aussi à des projets
autres que transport collectif. Puis ça, ça a besoin d'être très, très clarifié
au niveau de la mission. Un autre point, M. le Président, que je dois
mentionner : le financement, c'est l'éléphant dans la pièce. C'est le cœur
du problème. Si on vit avec un zéro résultat, c'est parce que sur la table,
au-delà du laxisme, au-delà que c'était brouillon, la façon avec laquelle le
gouvernement gérait les projets complexes en matière de transport, tantôt on
voulait le troisième lien. Tantôt on arrivait avec une pile de documents pour
justifier pourquoi on doit enterrer le troisième lien. Et quelques mois plus
tard, après que la Caisse a fait son travail, on revient à la case de départ...
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) M. Derraji : ...pour justifier
que l'étude, que nous avons étudiée au départ, ne tenait plus la route et que,
oui, on a besoin d'un tramway, mais on a besoin d'un troisième lien. Vous
savez, M. le Président, là, les gens ne se retrouvent plus dans les paroles de
ce gouvernement caquiste en matière de mobilité et de transport. Donc, est-ce
qu'on veut vraiment une agence indépendante, où on va continuer à avoir les
mêmes scénarios, hein? Et d'ailleurs Mme la ministre nous a très bien dit qu'il
n'y a plus d'argent, donc il n'y a plus d'argent. D'ailleurs, les coupures sont
là. On les voit un peu partout dans les programmes.
Donc, il n'y a rien dans le projet de loi
pour régler le problème. Comme je l'ai mentionné, je ne l'ai pas avec moi, mais
il y a un bon projet de
loi sur la table. J'invite Mme la ministre à le copier
à 100 % et à le mettre. Ça pourrait être un... un bon point de départ pour
régler la question du financement. Mais il n'y a rien dans ce projet de loi
pour régler le problème du financement. Tout le monde veut du transport
collectif, mais il faut que l'argent soit au rendez-vous et qu'on puisse
aussi... qu'on pense aussi à l'entretien en maintien d'actifs. Et on a passé
beaucoup de temps, M. le Président, a parlé du financement. Moi, je suis en
contact avec beaucoup d'intervenants en matière de transport collectif, et tous
me confirment qu'on retarde des projets majeurs qui risquent de coûter cher aux
Québécois en matière de mobilité. Parce qu'au moment où on a un problème de
financement des opérations des sociétés de transport, au moment où il y a un
désengagement aussi de la part du gouvernement fédéral, on a un problème au
niveau du maintien d'actifs. Et ça, c'est... très, très, très important, l'entretien
en maintien d'actifs. Donc, c'est bien beau avoir une agence demain, mais
est-ce que cette agence va résoudre l'ensemble des problèmes que nous avons
devant nous en termes de financement du transport au Québec?
Dans le cadre de ce projet de loi, il y a
aussi l'enjeu de l'autonomie des municipalités, que ça soit la FQM ou l'UMQ,
ils l'ont mentionné. C'est important de collaborer et de ne pas imposer. D'ailleurs,
vous étiez là et vous avez vu la Société de transport de l'Outaouais qui, elle,
ne voyait aucun intérêt avec ce projet de loi. Ils ont leur bureau de projet.
Ils étaient capables d'avoir les compétences nécessaires. Ils étaient capables
de mener très bien l'étude de leur tramway. Et même eux, ils se demandent :
Bien, écoutez, là, nous, ce qu'on veut, c'est le financement pour faire avancer
notre projet. Et donc, eux, ils ne voient pas l'utilité de cette agence. Une
société de transport dans une région extrêmement importante qui ne voit pas l'utilité
d'une agence.
Vous avez vu, M. le Président, que j'ai
mentionné il y a quelques jours l'absence de l'analyse d'impact réglementaire
qui n'a pas été réalisée. Le gouvernement n'a pas cru bon de demander une
analyse d'impact réglementaire, comme il a l'habitude de le faire. On l'a
mentionné. On va en revenir un peu plus tard. Nous avons eu des échanges avec
beaucoup de représentants d'entreprises, notamment la Fédération des chambres
de commerce du Québec, le Conseil du patronat. Il y avait Pomerleau aussi, mais
on n'a pas eu le temps de voir une analyse d'impact réglementaire dans le cadre
de ce projet de loi.
Je ne peux pas aujourd'hui ne pas parler
du mode collaboratif. Mme la ministre, depuis le début... D'ailleurs, ça a été — excusez
moi d'utiliser le terme — le spin médiatique que, dans le cadre de ce
projet de loi n° 61, la ministre a besoin du 62 pour pouvoir fonctionner
le 61. Or, que le 62 est presque terminé, il n'y a pas d'ouverture pour le mode
collaboratif dans le 62, qui parle d'aller dans les contrats collaboratifs.
Dans le 61 non plus, on n'en parle pas. Donc, c'est quelque chose qu'on doit
clarifier : Bien, comment — c'est la question qui reste — au
niveau du manque collaboratif? Depuis le début, M. le Président, on parlait
beaucoup d'expertise, manque d'expertise. C'est pour cela qu'on doit avoir une
agence. C'est parce qu'on n'a pas d'expertise. On crée une agence pour avoir l'expertise,
pour pouvoir gérer les projets. Mais on peut... la Société de l'Outaouais, ils
ont démontré le contraire. Ils avaient un projet, un bureau de projets. Ils ont
un bureau de projets. Ils l'ont dit. Aucune plus-value par rapport à eux,
aucun... aucun ajout. Québec, le bureau de projets de tramway... D'ailleurs,
ils sont en attente de l'entente intérimaire et... qu'ils avancent. Maintenant,
c'est le gouvernement qui n'arrive pas à s'entendre avec la Caisse de dépôt. C'est
ce qu'il a sur la table. La Caisse dépôts, ils sont venus en commission
parlementaire. Ils nous ont dit : Oui, on est en discussion...
M. Derraji : ...le temps
presse. 1er octobre, pas de signature. Donc, est-ce qu'on a besoin d'une
structure supplémentaire, et c'est ça que je questionne, pour pouvoir faire
avancer les projets, sachant que, pendant deux heures, Mme la ministre avait le
luxe de nous dire : Ça me prenait mon agence? Deux heures vendredi. Mais
elle avait... elle avait un point intéressant, d'ailleurs, où j'étais d'accord
en
partie avec elle : l'argent du fédéral. Donc, ça tourne autour de
l'argent, pas autour de l'agence.
Québec a démontré que... comme ville,
comme structure, est capable de mener des projets. C'est les... les... J'arrive
toujours à mal prononcer ce mot. C'est les reculs du gouvernement en lien avec
ce projet qui ont fait retarder le tramway à Québec. Et on est devant le fait
que maintenant il y a une offre de la Caisse de dépôt. Mais le retard, il est
dû à l'absence d'entente avec le gouvernement encore, mais pas à l'absence
d'une agence. Donc, on arrive quand même à avoir des projets, M. le Président.
Et de ce que j'entends, la signature de l'entente est imminente. Mais il n'y
avait pas besoin d'une agence pour signer l'entente.
• (10 h 10) •
Donc, dire qu'on manque d'expertise, je
pense que la ministre peut chercher d'autres arguments beaucoup plus forts pour
nous convaincre que, vraiment, ce qu'elle veut, c'est vraiment de l'expertise
centralisée qui va aider dans la réalisation des projets complexes. Mais, si je
fais le lien, les projets complexes, on va les faire où? Donc, on crée une
agence pour créer quelques projets complexes. Ce n'est pas ça, une vision, M.
le Président. Une vision... Ça a été mentionné par le dernier groupe qui sont
venus en commission parlementaire nous parler de l'aménagement de territoire.
Une vision, c'est une vision sur 50 ans, une vision sur 30 ans, une vision sur
20 ans, une vision sur 10 ans. C'est ça, avoir une réelle planification.
L'aménagement du territoire est extrêmement important. J'aimerais bien le voir
dans le projet de loi. C'est ce que le dernier groupe nous a mentionné.
Alors, M. le Président, il y a pas mal de
questions qui restent encore. Nous avons bien hâte à commencer l'étude
détaillée
article par article, je tiens à le mentionner et à le préciser. Je
sais qu'on va avoir des amendements. Nous avons reçu l'assurance qu'on va les
recevoir en temps et lieu, qu'il va y avoir une série d'amendements. Mais
j'espère, M. le Président, qu'avant qu'on commence l'analyse détaillée... qu'au
moins la question de la mission de l'agence, la ministre l'a réglée, parce que,
sur la mission de l'agence, on n'est pas... il n'y a pas de place à négocier.
Si c'est pour autre chose que le transport collectif, on tombe dans la
cannibalisation. Le ministère du Transport, il y a des ingénieurs, il y a des
gens qui font un excellent travail en matière des routes.
Donc, la notion du projet complexe, j'espère
qu'on va avoir une bonne définition. C'est quoi, un projet complexe de
transport? Et aussi est-ce que la ministre veut que l'expertise qu'on doit
avoir soit uniquement par rapport au transport collectif? Bien entendu, il y a
des sujets que je considère importants, notamment l'indépendance de l'agence,
la gouvernance de la société de transport, le lien avec les municipalités, le
mode de financement. Et je vais saisir l'occasion, du moment qu'on ouvre la loi
sur les sociétés de transport, je l'annonce à tous mes collègues, ça va être
mon cheval de bataille, c'est : offrir aux sociétés de transport des
revenus autonomes, avec l'exemple que j'ai utilisé, avec le dépôt de mon projet
de loi qui permettra à des sociétés de transport, pas uniquement de vendre les
terrains, comme mentionné dans le projet de loi actuel, mais faire du
développement qui va nous aider à avoir une densification, tel que demandé par
pas mal d'intervenants, mais aussi assurer des revenus autonomes à l'ensemble
des sociétés de transport.
Donc, en gros, M. le Président, ce sont
les grandes lignes qui vont nous guider tout au long de l'analyse de ce projet
de loi. Je demeure ouvert à toute suggestion de la part de mes collègues, que
ça soit mon collègue de Québec solidaire ou Parti québécois ou même Mme la
ministre, mais, s'il vous plaît, si on veut vraiment bien travailler, j'espère
qu'il va y avoir de l'ouverture et de l'écoute aussi, M. le Président, parce
qu'en s'écoutant, on va se comprendre et on va aller plus vite en faisant les
choses d'une manière...
M. Derraji : ...intéressante.
Alors, M. le Président, j'ai terminé ma...
mes remarques préliminaires, bien hâte à commencer avec l'ensemble des
collègues, et toute l'équipe du ministère, qui va nous épauler tout au long de
cet échange sur cet important projet de loi, je tiens à rappeler, une nouvelle
agence du gouvernement, après celle en santé. Voilà, nous sommes, encore une
fois, avec une autre agence, en matière de transport. Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous remercie, M. le député. J'inviterais maintenant le porte-parole du
deuxième groupe d'opposition à faire ses remarques préliminaires. M. le député
de Taschereau, la parole est à vous pour... vous disposez de 20 minutes.
M. Grandmont : Merci
beaucoup, M. le Président. D'abord, salutations à vous, qui allez officier...
qui allez présider nos travaux, c'est une tâche importante. Salutations à Mme
la ministre, aux collègues de la banquette gouvernementale, à mon collègue de
Nelligan... puis, évidemment, aussi, je tiens à saluer et à remercier à
l'avance toutes les personnes qui... qui accompagnent Mme la ministre, les
experts des différents secteurs, en fait, du ministère des Transports,
notamment, qui seront amenés à nous amener des réponses, à fournir des
explications, à nous aider à comprendre. Salutations, également, aux gens qui
sont à la technique, c'est important. Sans leur présence, on n'a pas de
possibilité de bien fonctionner, non plus, et d'être entendus par les gens à l'extérieur
de cette salle.
Je suis bien content d'être ici,
aujourd'hui, pour commencer l'étude détaillée. On a rencontré, quand même,
beaucoup de groupes pendant les audiences préliminaires, ils nous ont éclairés.
Je les remercie également, là, de leur... du temps qu'ils ont consacré et du
sérieux qu'ils ont consacré à cet exercice-là. Les mémoires sont... ont tous
une grande, grande valeur. C'était important, pour nous, d'avoir leur
éclairage, leur avis, leur expertise sur ce projet de loi là, parce qu'on... on
nous présente le projet de loi n° 61, qui va venir créer Mobilité Infra
Québec, comme la révolution, une reprise en main de la destinée des transports
collectifs. Heureusement, il y a plusieurs groupes qui ont été... ont été à
même de souligner, comme on le suspectait, d'ailleurs, aussi, qu'il y a
beaucoup de nuances dans ce projet de loi là et beaucoup d'éléments qui, à
certains égards, pourraient ne pas aider à réaliser davantage de transport
collectif au Québec, des éléments, aussi, sur lesquels ils se sont largement
entendus.
Je me permettrai de souligner, là, que la
quasi-totalité des groupes présents disaient donner un accord à la création de
Mobilité Infra Québec, sous condition de modifications, parfois profondes, du
projet de loi n° 61, et donc je m'en ferai... je m'en ferai le porteur,
évidemment, parce que, comme eux, je redoute cette... cette agence là, si elle
est adoptée, si elle entre en fonction telle qu'elle a été planifiée, pour
l'instant, par la ministre des Transports.
D'abord, on pourrait se poser la
question : Pourquoi une agence? C'est une question, je pense, qui est tout
à fait légitime. D'une part, ce qu'on remarque de ce gouvernement, c'est que,
quand on n'arrive pas à livrer, après six ans de gouvernement, bien, de donner...
de créer une agence donne l'impression qu'on peut... qu'on avance, qu'on est en
train de faire bouger les choses. On a vu ça dans d'autres... à d'autres
ministères. Donc, après six ans à ne pas avoir livré de projets, initiés par le
gouvernement lui-même, bien, on a la création... on propose, du côté
ministériel, la création d'une agence Mobilité Infra Québec.
Donc, je disais, on peut se poser la
question : Pourquoi une agence? La question est bonne, puisqu'on aurait
pu, en six ans, décider de... de la créer, cette expertise-là, à l'interne du
ministère des Transports et de la Mobilité durable. C'est un ministère dont
le... dont la ministre a, délibérément, choisi d'ajouter la particule «et de la
Mobilité durable», là, la fonction mobilité durable au nom de son... de son
ministère, alors c'est tout à fait étonnant de voir que, finalement, ce n'est
pas ce ministère-là lui-même qui va faire de la mobilité durable, c'est plutôt
une agence, qu'elle crée en parallèle de ce ministère-là. Donc, c'est tout à
fait étonnant de remarquer cela, d'une part. Ça a été, d'ailleurs, aussi
souligné par un groupe qui représentait un syndicat, donc, un syndicat qui
est... qui est venu, qui a dit : Bien, on aurait pu la créer, cette
expertise-là, à l'interne du ministère. Pourquoi créer une agence en parallèle?
Pourquoi créer cette agence-là? D'autant plus que cette agence-là pourra, non
pas comme l'a mentionné, à plusieurs reprises, Mme la ministre, créer
uniquement du transport collectif, elle pourra faire des projets routiers aussi.
Alors, quand on regarde comment se... se
dessinent les intentions...
M. Grandmont : ...gouvernementales
sur la création d'infrastructures routières au Québec pour les 10 prochaines
années, donc dans le programme... dans le plan québécois des infrastructures,
mais on voit bien qu'il y a une disproportion en faveur du transport routier à
la hauteur de 70 %. Donc, 70 % des argents prévus donc dans les
intentions du gouvernement pour les projets d'infrastructures en transport
vont... sont dédiés au transport routier alors que 30 % seulement vont au
transport collectif. Donc, on est en droit, je pense que c'est tout à fait
légitime, de se poser des questions. Est-ce que cette agence-là servira
vraiment à atteindre ce que la ministre a nommé elle- même, c'est-à-dire les
intentions de créer et de reprendre en main les destinées du transport
collectif? On peut en douter, si cette agence-là peut elle aussi, tout comme le
ministère des Transports, faire à la fois des projets de transport routier, des
projets transport collectif. Donc, c'est une question assez fondamentale et
peut-être un peu philosophique, mais concrètement, sur le terrain, ce qui va se
développer, il n'y a rien qui nous garantit que ça va être du transport
collectif prioritairement, absolument rien pour l'instant.
• (10 h 20) •
J'ai hâte d'entendre le ministre là-dessus
parce que je vais la questionner et je vais aussi proposer les amendements qui
vont aller dans le sens de ce que plusieurs groupes nous ont mentionné. Le
mandat, la mission même de cette agence-là est problématique. Si on veut
développer le transport collectif, c'est une chose, soit, mais prenons le temps
de spécifier que c'est son unique objet à l'intérieur des premiers articles qui
viennent définir son mandat. Le mandat aussi porte... apporte certains... un
certain lot de problèmes, puis je pense que ça tourne autour à la fois du
mandat lui-même et de la notion de projet complexe. Ça aussi, il y a eu une
belle unanimité là-dessus chez les groupes qu'on a entendus. D'abord, définir
la notion de projet complexe est un élément sur lequel il va falloir évidemment
travailler. On va être là pour évidemment questionner la ministre là-dessus,
proposer des amendements si nécessaire.
Mais il nous apparaît évident que pour...
à la fois pour les entrepreneurs, les gens qui construisent du transport
collectif et des routes, ils puissent savoir qu'est-ce qui s'en vient,
c'est-à-dire que, si tout peut devenir du projet complexe, puis on s'entend
bien, on a entendu des groupes qui ont apporté aussi des notions de projets
complexes. Je me souviens entre autres la FQM qui disait : Bien, pour
nous, un projet complexe, ce n'est pas un métro, c'est peut-être une ligne
d'autobus interrégionale, c'est complexe pour nous. Est-ce que... Dans le fond,
est-ce que l'agence va travailler là-dessus ou pas? Ça fait qu'il y a
clairement quelque chose à définir parce que, si tout peut l'être, bien, déjà
pour les entrepreneurs de savoir en termes de prévisibilité, ça va être
nécessaire de venir le clarifier d'une part, mais aussi en termes d'attentes
pour les municipalités qui vont vouloir des projets de transport collectif.
Donc, je pense que c'est quelque chose d'important.
Mais aussi sur le mandat., donc je reviens
encore aux premiers articles, il va falloir bien s'assurer que le mandat de
Mobilité Infra Québec ne vient pas en concurrence avec le mandat d'autres
organisations déjà existantes. Si, par exemple, l'ARTM ou des sociétés de
transport ont des mandats sur lesquels il peut y avoir un chevauchement avec le
mandat de Mobilité Infra Québec, bien, on risque d'avoir du tiraillement
politique, ce qui peut être perçu comme de l'ingérence politique, et je nous
rappellerai, je pense, que c'est Jacques Roy de HEC Montréal qui nous
disait : L'ingérence politique est un des facteurs qui freine beaucoup le
développement de tout type de projets, là, mais dans le cas qui nous occupe, le
transport collectif. Donc, il y a clairement quelque chose, là, de fondamental,
et à peu près tout le monde nous en a parlé, donc je tiens à le souligner.
Un autre élément sur lequel, évidemment,
on va évidemment travailler et qui faisait... et qui revenait, mais tellement
souvent pendant les audiences, c'est la notion d'imposition d'une facture,
d'une participation financière au budget de réalisation d'un projet. Je pense
que tout le monde était d'accord pour dire que négocier avec une épée de
Damoclès au-dessus de la table, ce n'est certainement pas la bonne façon
d'aborder une négociation d'une part. Si on ne s'entend pas, je t'impose. Donc,
il y a quelque chose là-dedans qui ne fonctionne pas. Je vois ma collègue qui
opine du bonnet de l'autre côté. Ça semble... ça semble être une façon un peu
non fonctionnelle d'arriver à des résultats, puis de travailler en collaboration
avec les municipalités. Donc, à voir d'abord, d'une part, les municipalités ont
à contribuer à la réalisation et aux budgets... pas d'opération, mais aux
budgets d'infrastructures d'un projet. Mais ici, en plus, Mobilité Infra Québec
peut l'imposer à une municipalité. Parce qu'il y a deux choses, l'imposer, bon,
c'est une chose qu'il va falloir... il va falloir questionner la ministre
là-dessus parce que ça a été unanime, tous les groupes nous ont mentionné que
ça n'avait juste aucun sens, mais l'autre côté, les municipalités participent
déjà beaucoup, on va prendre un exemple de projet de transport collectif,
contribuent ne serait-ce que par tout l'aménagement urbanistique qui va être
fait autour du prochain projet de transport collectif à réaliser, par exemple,
l'aqueduc... le réseau d'aqueduc, le réseau d'égouts, la réorganisation des
services de transport collectif et actif autour...
M. Grandmont : ...lors du
projet de transport collectif. Parce que Mobilité Infra Québec, ce qu'on
comprend, c'est qu'ils ne vont pas s'occuper des trottoirs, ils ne vont pas
s'occuper de l'aqueduc, des égouts, ils ne vont pas s'occuper de la
réorganisation du transport collectif. C'est déjà une charge importante pour
les municipalités. Donc d'abord, il faut avoir ça en tête d'une part, et
d'autre part, il faut aussi, puis ça a été demandé par plusieurs acteurs aussi,
comprendre, ajouter ou incorporer l'ensemble du cycle de vie d'une
infrastructure de transport collectif dans le budget dans lequel on va réaliser
ce projet-là. Par exemple, une tendance qui pourrait exister et qui pourrait
être dangereuse pour les finances d'une municipalité. Bon, sachant que Mobilité
Infra Québec normalement ne devrait pas toucher à l'opération, elle ne devrait
pas toucher non plus à l'entretien donc au maintien des actifs. Bien, une
tendance, ça pourrait être de dire : bien, on va réaliser rapidement des
projets et pour lesquels la qualité va être de moins, va être moins grande.
Donc, on a à livrer des projets de moins avec des budgets plus bas, dans des
échéanciers peut-être resserrés, mais si la qualité est moins bonne, il y a
risque que l'opération puis les travaux d'entretien augmentent sont décuplés.
Évidemment, ce qu'on veut, c'est avoir des projets qui vont passer l'épreuve du
temps. Donc, il faut avoir cette réflexion-là, je pense, pour Mobilité Infra
Québec, c'est-à-dire penser l'ensemble du cycle de vie dans la dans
l'élaboration du budget. Je pense qu'on ne peut pas se permettre de bâtir ou de
construire en faisant de la mauvaise qualité. Je pense que c'est pelleter en
avant des coûts prohibitifs et aussi pelleter dans la cour des municipalités
ces dépenses-là. La question fondamentale aussi, là, je l'ai dit tantôt, là,
mais Mobilité Infra Québec devrait évidemment se consacrer uniquement aux
transports collectifs, je l'ai mentionné tantôt, je n'y reviendrai pas. Le lien
entre les transports collectifs et les transports routiers et l'aménagement du
territoire. Je pense que c'est important de prendre quelques secondes pour discuter
de cela et aussi des compétences municipales en termes d'aménagement du
territoire. D'un côté, les municipalités ont un grand, une grande
responsabilité, celui d'aménager leur territoire. Les municipalités ont à
produire un schéma d'aménagement qui va être en concordance avec les
orientations gouvernementales, mais c'est clairement une responsabilité des
municipalités. Le gouvernement peut donner des orientations, peut soumettre des
critères à atteindre, des indicateurs à atteindre, des densités à respecter, de
protéger certaines parties de leur territoire, évidemment, à protéger les
milieux humides, protéger le milieu agricole, protéger le milieu forestier,
c'est évident. Le gouvernement a un rôle important à jouer, mais en bout de
ligne, ce qui se passe sur le territoire d'une municipalité relève de la
municipalité. Or, M. le Président, vous n'êtes pas sans savoir que si on décide
de construire des routes dans un axe X ou Y, ou si on décide de construire un
transport collectif, ça va orienter la façon dont on va occuper le territoire.
On a juste à penser un exemple très simple au croisement de deux autoroutes,
bien, il n'est pas rare de voir apparaître des power centers, des municipalités
qui vont se développer à proximité de cette autoroute-là. Donc, évidemment,
s'il n'y avait pas eu ces autoroutes-là à cet endroit-là, bien, la municipalité
ou les power centers ne se seraient pas installés à cet endroit-là. De la même
façon, si on décide de déployer du transport collectif, un tramway par exemple,
dans la ville de Québec, bien, c'est clair que les endroits qui sont moins
développés actuellement, puis même des endroits où il y a une densité assez
basse, vont voir une tendance à augmenter les densités, puis à construire le
long du tracé, particulièrement autour des stations, parce que les gens sont
prêts à payer pour habiter autour d'un service qui leur est utile. Donc les
liens entre transports et aménagement du territoire sont vraiment très
importants. Or, il n'y a rien actuellement dans le projet de loi qui oblige
Mobilité Infra Québec à collaborer avec les municipalités. D'abord sur le
financement, sur le budget, je l'ai dit tantôt, on peut imposer un budget.
D'autre part, bien, il n'y a rien qui oblige à une collaboration claire. Mme la
ministre, dit : Ah, oui, mais on n'ira pas faire des projets de transport
là où les municipalités n'en veut pas... n'en veulent pas. Bien, si c'est ça,
l'intention, qu'on l'écrive clairement, qu'on demande à obliger une
collaboration entre Mobilité Infra Québec et les municipalités. La FQM pour
reprendre encore une de leurs propositions, avait parlé de créer un comité dans
lequel, dans le fond, le projet n'a pas un comité au sein ou en marge du bureau
de projet qui livre un projet de transport collectif ou routier. Moi, je trouve
ça intéressant de s'assurer qu'on a cette collaboration-là entre le municipal
et Mobilité Infra Québec. Moi, je pense que ce serait vraiment une bonne idée.
Autrement, si on le fait pas, bien, on risque d'avoir effectivement sur le long
terme. Je ne dis pas que c'est l'intention de ministre, mais si ce n'est pas
son intention, mais qu'on vienne le clarifier là, ça serait important. Même
chose pour les sociétés de transport, évidemment, hein? Les sociétés de
transport vont devoir le plus souvent opérer, pourraient opérer...
M. Grandmont : ...en fait, un
projet de transport collectif, il faut absolument... et évidemment, ont déjà
des services offerts sur un territoire donné, il va y avoir des connexions à
faire. Il faut absolument obliger Mobilité Infra Québec à collaborer aussi avec
les sociétés de transport. Mais c'est corollaire, là, de l'obligation de
collaborer avec les municipalités.
• (10 h 30) •
Mon collègue en a parlé tantôt, mais c'est
revenu assez souvent aussi beaucoup de la part des municipalités et des
sociétés de transport, on est en train... en fait, on a terminé l'étude
détaillée, là, du projet de loi n° 62, qui vient modifier le mode
d'approvisionnement gouvernemental. On souhaite aller, du côté du gouvernement,
vers un mode collaboratif. Il semblerait qu'il y aurait des avantages en termes
d'économie de temps et d'argent. Il va falloir s'assurer que le projet de loi
n° 62 puisse bénéficier aussi aux sociétés de transport et aux
municipalités, sans quoi on va se retrouver avec deux régimes
d'approvisionnement au Québec, ce qui est potentiellement un risque pour les
municipalités. On est... Je veux dire, on les a entendus, là, puis Mme la
ministre aussi. On a entendu deux groupes, là, qui étaient... qui
représentaient des promoteurs, là, des constructeurs, Pomerleau et
l'Association des constructeurs de grands projets et de routes. Ils nous
disaient : Nous, ça nous intéresse, ce qu'il y ait dans le projet de loi
n° 62. On sentait qu'il y avait vraiment une volonté de... il y avait un
désir que ce projet de loi là voie le jour et il y avait un désir aussi d'aller
vers ce type-là de mode de réalisation. Le risque est moins grand pour eux, les
temps sont réduits, ils vont pouvoir livrer plus facilement, plus rapidement,
en collaboration avec le porteur du projet. Si on n'offre pas ces
possibilités-là aux sociétés de transport puis aux municipalités, il y a des
projets pour lesquels il n'y aura peut-être aucun soumissionnaire. Puis il y a
des projets pour lesquels on ne peut pas se passer d'avoir des
soumissionnaires. Je pense entre autres au métro de Montréal, il y en a pour
10 milliards de maintiens d'actifs, ce n'est pas un petit projet. Il va
falloir vraiment y voir. Il semblerait que Mobilité Infra Québec ne fera pas ce
type de projet là, de maintien d'actifs, donc il faut absolument qu'on aille
donner ces possibilités-là aux sociétés de transport et aux municipalités.
Peut-être un mot sur la composition du
conseil d'administration. On n'en a pas beaucoup parlé, mais moi, je vais y revenir
quand même parce que c'est intéressant. J'ai fait quelques recherches pour
savoir comment ça se passe dans d'autres sociétés d'État ou dans d'autres
agences du même type, dans d'autres juridictions, à Toronto, à Vancouver. Il
semble que le conseil d'administration de Mobilité Infra Québec, d'une part,
est très petit, seulement neuf membres, et, d'autre part, bien, il y a des...
il y a des postes qu'on réserve dans d'autres législatures qui sont
intéressants. Par exemple, on va réserver des postes pour les personnes de
moins de 35 ans, on va réserver un poste pour les usagers au sein de ce
conseil d'administration là, on va réserver un poste pour les personnes en
situation de handicap par exemple. Je donne des exemples, là, mais ça peut
être... ça peut être plus large que ça.
Et, ce qui est intéressant, c'est que,
dans la réalisation des projets, on se donne l'opportunité d'avoir un oeil un
peu externe d'usager, un savoir expérientiel. Moi, je trouve ça vraiment
intéressant et j'y crois et je pense que c'est important. Et aussi surtout,
c'est que, puis Mme la ministre va peut-être être d'accord avec moi, quand on
s'entoure de gens qui pensent juste comme nous, si on a un groupe qui pense
tout pareil, il y a un danger. Ça prend tout le temps des gens qui jouent
l'avocat du diable ou qui pensent différemment, tout simplement, pour être
capables de se remettre en question, pour prendre les bonnes décisions. Puis
c'est un peu le rôle des oppositions aussi, là, de penser différemment pour
challenger, pour confronter, pour questionner. Je pense que c'est une bonne
pratique. Et chez Mobilité Infra Québec, je pense qu'on devrait se donner les
mêmes... les mêmes... les mêmes pouvoirs... en fait, les mêmes... on devrait
avoir les mêmes réflexes, avoir des gens qui pensent différemment. Puis
valoriser le savoir expérientiel au sein du conseil d'administration peut être
une chose intéressante.
Dernière chose sur laquelle j'aimerais
intervenir, c'est la question du financement. Je sais que ce n'est pas le sujet
du projet de loi n° 61, mais tous les groupes nous en ont parlé. C'est un
enjeu important auquel ne répondra pas le projet de loi n° 61. Il va
falloir trouver des façons de régler la question du financement des opérations
de façon importante. C'est un enjeu trop majeur. On ne peut pas créer des
nouveaux projets de transport collectif, si c'est effectivement ce que va faire
Mobilité Infra Québec, sans avoir tout l'argent nécessaire pour être capables
de se payer des chauffeurs, des chauffeuses qui... et des mécaniciens, des
mécaniciennes qui vont faire en sorte qu'on est capables de les faire rouler.
Il y a des exemples dans le monde où, malheureusement, c'est arrivé : on a
livré des tramways, il n'y a personne pour les faire rouler, ils restent dans
le garage. Je ne pense pas que ça nous fait avancer, M. le Président. Ça ne
fait avancer personne, en tout cas pas en transport collectif. Les gens
continuent d'aller en automobile.
Donc je je vais conclure en disant que,
pour l'instant, tel que le projet de loi a été... est dessiné, est écrit, je...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) M. Grandmont : ...note encore
que c'est un projet de centralisation très important. Il y a une très, très
grande centralisation. On donne beaucoup de pouvoir à Mobilité Infra Québec. On
n'est pas en mode collaboratif avec les municipalités. On est en mode
collaboratif sur l'approvisionnement, mais pas avec les municipalités. Et ça,
je pense qu'il va falloir corriger ça, notamment. Autrement, je suspecte et je
crains que ça pourrait même potentiellement ralentir la création de projets de
transport collectif. Donc, beaucoup d'amendements probablement à déposer, à
moins que Mme la ministre en ait elle-même de son côté. Bien, on va assister et
participer avec beaucoup d'aplomb, mais aussi d'intérêt sur ce projet de loi n° 61.
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous remercie, M. le député. Y a-t-il d'autres membres qui souhaiteraient faire
des remarques préliminaires? Donc, comme personne ne souhaite faire de
remarques, avant de débuter l'étude
article par article, est-ce qu'il y a des
motions préliminaires? M. le député.
M. Derraji : Oui. Je peux la
lire ou vous voulez attendre?
Le Président (M. St-Louis) : Si
vous... Si vous souhaitez la présenter... Donc, je vous laisse la présenter,
puis, entretemps, on va l'afficher sur l'écran pour les autres membres de la
commission.
M. Derraji : Merci, M. le
Président. Alors, conformément à l'article 244 du règlement de l'Assemblée
nationale, je fais motion afin que la Commission des transports et de l'environnement,
dans le cadre de l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi édictant la
Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au
transport collectif, demande au ministère des Transports et de la Mobilité
durable de transmettre, au plus tard avant la séance prévue ce jeudi 3 octobre,
après les affaires courantes, des documents permettant d'apporter un éclairage
supplémentaire à la commission dans l'exécution de son mandat. Qu'enfin... Qu'à
cette fin, le ministère des Transports et de la Mobilité durable dépose toutes
les analyses, notes ministérielles ou documents explicatifs portant sur les
impacts du projet de loi envers les entreprises ainsi que les sociétés de
transport. Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Est-ce que vous souhaitez poursuivre?
M. Derraji : Oui, oui, je
peux... je peux poursuivre, aucun problème. Donc...
Le Président (M. St-Louis) : Allez-y.
Vous disposez de 30 minutes, M. le député.
M. Derraji : Oui. Donc, juste
pour rafraîchir la mémoire des collègues autour de la table, j'ai devant moi
notre demande d'accès, où on demandait l'étude d'impact réglementaire. En fait,
M. le Président, c'est tout à fait normal d'avoir une étude d'impact
réglementaire sur une bonne
partie des projets de loi. À notre grande
surprise... Et je vais vous lire... Donnez-moi juste une seconde. Oui, je l'ai
ici. Merci beaucoup, collègue. Bon, nous avons envoyé une demande d'accès au
ministère, et la réponse que nous avons reçue : Nous donnons suite à votre
demande d'accès... Et ce qu'on nous a envoyé, c'est un document recensé
répondant au libellé de notre demande. C'est le mémoire concernant la Loi
édictant la
Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions
relatives au transport collectif. Et ce qu'on nous a dit : Ils ne peuvent
vous être divulgués, et ce, pour motifs suivants : Par ailleurs, nous vous
informons qu'aucune analyse d'impact réglementaire n'a été produite dans le
cadre de ce dossier. Quand on regarde, M. le Président, les projets de loi
déposés par le même gouvernement : Code de sécurité pour les travaux de
construction, santé-sécurité du travail, on trouve l'analyse d'impact réglementaire.
Contenu obligatoire de l'avis de modification du bail d'un logement, analyse d'impacts
réglementaires. Règle en matière de copropriété divise, analyse d'impacts
réglementaires. Possession et vente d'un animal, enfouissement et incinération
de matières résiduelles et activités de chasse, analyse d'impacts réglementaires
présente. Ça, c'est juste au mois de septembre 2024. Vente, location et octroi
des droits immobiliers, analyse d'impacts réglementaires. Août 2024, contrôle
du plomb dans l'eau chez les prestataires de services de garde éducatifs,
analyse d'impacts réglementaires a été réalisée. Remboursement des taxes
foncières des producteurs forestiers reconnus, analyse d'impacts réglementaires
a été réalisée...
M. Derraji : ...code de
sécurité, le même projet de loi que Mme la... projet de loi de Mme la ministre,
et il y avait une analyse d'impact réglementaire. Bon, on remonte un peu plus
loin. Juillet 2024, parc national Nibiischii, autres modifications, impacts...
étude d'impact réglementaire a été réalisée. Code de gestion des matières
résiduelles, analyse d'impact réglementaire réalisée. Transport des élèves,
analyse d'impact réglementaire réalisée.
Je peux continuer, M. le Président, la
liste, elle est très longue, mais je peux juste revenir un peu en arrière et
parler de l'agence de santé. Projet de loi visant la réduction de la charge
administrative des médecins, il y avait une analyse d'impact réglementaire.
L'agence... Pour la création de l'agence santé. Et, M. le Président, projet de
loi n° 62, où j'ai siégé, analyse d'impact réglementaire.
Donc, je ne sais pas, M. le Président,
comment aujourd'hui on peut bien faire notre travail et analyser tous les
éléments de ce projet de loi si on n'a pas une analyse d'impact réglementaire.
Je me rappelle de pas mal de projets de loi que l'analyse d'impact...
• (10 h 40) •
Une voix : ...
M. Derraji : Oui, merci.
Donc, on me confirme. Système de santé et services sociaux plus efficace,
d'ailleurs, ça vous rappelle quelque chose, on a eu aussi... C'est le projet...
loi... Ça, c'est le projet de loi n° 15? Oui. Projet de loi 15, il y a aussi
une analyse d'impact réglementaire. Et, dans l'analyse d'impact
réglementaire...
Des voix : ...
M. Derraji : C'est un
document de 32 pages. Juste par rapport à... Par rapport... C'est bon. Par
rapport à... Juste pour que les gens clarifient ça mange quoi l'hiver, une
analyse d'impact. Justification de la nécessité de l'intervention de l'État.
C'est dans l'analyse d'impact. Ça, c'est la table de matière de l'agence, la
dernière agence créée par le gouvernement caquiste, l'agence de santé.
Définition du problème, nature de la problématique, contexte, constats, causes
des problèmes rencontrés. Si j'enlève la santé, je peux appliquer la même table
de matière, la même table de matière, mais gardez en tête qu'on parle du
transport et de mobilité durable, gardez en tête qu'on parle de projets
complexes, hein, projets complexes. Causes des problèmes rencontrés,
justification de la nécessité de l'intervention de l'État. Justification de
l'intervention de l'État. Propositions, analyse options non réglementaires.
Analyse des options non réglementaires.
Moi, je ne sais pas. Est-ce que... Est-ce
que, pour le contribuable québécois, c'est mieux d'aller avec la Caisse de
dépôt, créer une agence? J'aimerais bien avoir une analyse parce que ce sont
les arguments de Mme la ministre tout à l'heure. Le Parti libéral a lancé la
ligne rouge dans le West Island. Je tiens à rectifier, ce n'est pas uniquement
le West Island. J'espère qu'on va commencer à parler des gens de la Rive-Sud.
C'est très important. Je pense qu'on doit commencer à parler aussi de
l'aéroport de Montréal, qui est un aéroport international très important pour
le Québec. Donc, c'est juste mettre dans le contexte ce que le Parti libéral a
réalisé de bon avec ce projet.
Et là on le voit. Est-ce qu'il y avait
d'autres options sur la table à
part l'agence? On ne peut pas le savoir
aujourd'hui. Je n'ai aucune idée aujourd'hui, pour commencer mon travail de
législateur, de bien le faire parce que je n'ai pas cette analyse d'impact
réglementaire. Et validation des impacts.
Et je vous le dis, M. le Président, je
peux continuer toute la table des matières, mais gardez en tête qu'on parle du
transport, mais cette table de matière concerne l'agence de santé. Coûts pour
les entreprises. C'est quoi... C'est quoi, l'impact pour l'ensemble des
sociétés de transport? Synthèse des coûts et des économies. Hypothèses
utilisées pour l'estimation des coûts et des économies. Ça, c'est ce que... ce
qu'on fait dans n'importe quel ministère si on veut déposer un projet de loi.
Consultation des parties prenantes sur les hypothèses de calcul des coûts et
d'économies. Souvenez-vous, M. le Président, c'est un...
M. Derraji : ...un moment où
je disais à la blague aux collègues de Mme la ministre sur son projet de loi,
mais c'est une blague, je disais que son projet de loi était éclipsé. Vous
savez, le ministre, elle a le grand cœur par rapport à son projet de loi. Je
lui dis : Ton projet de loi est important, mais ce qu'on a retenu et la
tournée médiatique, on parlait que de l'agence. Parce que les deux projets de
loi étaient déposés. Mais le malheur, c'est que le ministre avait en face de
lui Mme la ministre du Transport avec le projet de l'agence, 61.
Mais qu'est-ce qu'on disait au début? On
disait à tout le monde : Écoutez, on parle d'une réforme majeure, ça
prenait le projet de loi n° 62 pour pouvoir réaliser les projets dans un
temps... diminution du temps, mais aussi un impact sur le coût, hein, parce que
les Québécois sont tannés de payer plus cher leurs infrastructures. Mais... ils
sont tannés, c'est parce que le gouvernement n'a rien réalisé en matière de
transport. Et, rendus à trois, quatre versions de tramway, c'est normal que les
coûts explosent.
Mais qu'est-ce qu'on disait sur la place
publique? On disait qu'avec le projet de loi n° 62, que la ministre a
besoin de ce projet de loi. Elle n'a pas arrêté de le dire sur toutes les
tribunes : Si vous voulez que je réalise ma mission de relancer l'agence,
j'ai besoin du 62, que mon collègue doit le faire, hein? Mais on parlait de
quoi? De coûts. Qu'on va réaliser une économie sur les coûts, et les délais
vont être des délais plus courts. Cet argument, je l'ai démoli au début, vous
étiez là, parce qu'au niveau international, il n'y a pas une... la littérature,
ce qu'elle nous enseigne, c'est que oui, il y a un gain en termes de délais,
mais il n'y a pas un gain... un gain en termes de coûts. Mais l'analyse
d'impact, justement, permet... nous permettait ça.
Et là, je vous le dis, dans la table des
matières de l'analyse d'impact réglementaire sur l'agence, si on voulait bien
faire notre travail, consultations, hypothèses utilisées pour l'estimation des
coûts et des économies... D'ailleurs, on doit vendre aux Québécois que ça
prenait une agence. Cette agence, on a vu les coûts, dans un contexte de... on
serre la ceinture parce qu'il n'y a plus d'argent. Mme la ministre elle-même le
mentionne.
Donc, au même moment, j'ai la ministre du
Transport qui me dit : J'ai peu d'argent, je n'ai pas d'analyse d'impact
réglementaire qui doit, elle, nous informer sur les options et les choix pour
qu'on puisse avoir un choix éclairé. Donc, c'est comme si je commence l'étude
détaillée handicapé, handicapé d'un élément hyperimportant, sachant que cet
élément existait un peu partout dans les anciens projets de loi.
Mais je peux continuer, parce que c'est
très important pour le bénéfice des gens qui m'ont vu sortir d'une manière
assez forte, que je ne peux pas avoir de l'information sur l'étude d'impact
réglementaire pour qu'il puisse... Pourquoi, aujourd'hui, le Parti libéral
demande... Et je comprends, on ne peut pas faire une étude d'impact
réglementaire, malheureusement, c'est trop tard, je comprends. Mais il y a un
argumentaire, il y a des documents explicatifs portant sur les impacts du
projet de loi, bien, que la ministre nous les dévoile. Qu'il nous informe du
cheminement qui l'a convaincu que c'est la meilleure option. Mais je ne peux
pas aujourd'hui, M. le Président, sans avoir ces éléments, commencer mon
travail de législateur. C'est ça notre rôle. Que la
partie gouvernementale
l'aime ou le déteste, c'est... On ne peut pas. On doit faire notre travail
correctement.
Je continue, M. le Président. Donc,
synthèse des coûts et des économies, aucune idée. Hypothèses utilisées pour
l'estimation des coûts et des économies, aucune idée. Consultations des parties
prenantes sur les hypothèses de calcul des coûts et d'économie, aucune idée.
Autres avantages, bénéfices et inconvénients de la solution projetée. Regardez
cette phrase... Je salue les gens qui ont travaillé. Écoute, on peut critiquer
l'agence, mais au moins, le travail a été bien fait. Les gens qui ont travaillé
sur cette étude d'impact réglementaire ont bien préparé le terrain. Qu'on soit
d'accord ou contre l'Agence de santé, ils ont préparé le terrain pour une bonne
analyse du législateur. Et les gens qui nous... qui nous suivent doivent savoir
ça. C'est qu'on est en train d'étudier la création d'une nouvelle agence. Et
cette agence vient après six ans d'un gouvernement qui a livré zéro projet en
matière de transport...
M. Derraji : ...mais on a le
droit de se poser des questions. Est-ce que ça prend obligatoirement une
agence, aujourd'hui, après avoir échoué à livrer zéro projet en matière de
transport collectif? Mais pour qu'on puisse le faire, la question qu'on doit
tous se poser aujourd'hui : Est-ce que c'est la seule option qu'on a
devant nous? La seule option, c'est créer une nouvelle agence. Ce n'est pas une
agence de revenus, c'est une agence de dépenses, et une agence où on va
essayer, selon les dires, regrouper les compétences et l'expertise pour gérer
les projets complexes, mais ils ne posaient pas la question sur les... la
définition des projets complexes. Même moi, je ne le sais pas. Je vais poser
les questions et je veux savoir comment le gouvernement va le définir.
• (10 h 50) •
Autres avantages, bénéfices et
inconvénients de la solution projetée. Aujourd'hui, on vient vendre aux
Québécois : Écoutez, tous vos problèmes de transport collectif, si ça ne
marchait pas avant, si ça ne roulait pas bien, si ça coûtait cher, oubliez tout
cela aujourd'hui, ça va bien aller, parce qu'on a le projet de loi n° 62,
on va accélérer les projets, on va avoir les contrats collaboratifs, on va
instaurer une agence de mobilité, et ça va bien aller. Il n'y a personne qui va
croire ça, M. le Président. Je n'ai pas... je n'ai pas une analyse des
avantages et des inconvénients de la solution projetée.
Je peux continuer, hein? Appréciation de
l'impact anticipé sur l'emploi. Il y a un volet petites et moyennes
entreprises, et là ça va vous dire quelque chose, là. Un des premiers groupes
qui est venu en commission parlementaire s'appelle Pomerleau. C'est parce
qu'ils voyaient qu'il va y avoir un impact. On ne peut pas dire
aujourd'hui : Il n'a pas d'impact sur les entreprises. Et d'ailleurs les
réponses de Mme la ministre, vendredi, m'ont convaincu. En fait, c'est grâce à
elle que je dépose cette motion aujourd'hui, parce qu'elle nous a dit pour le
tramway : Il n'y avait pas de personnes qui ont soumissionné. Ça veut dire
qu'il y a un enjeu avec les entreprises. Pourquoi les entreprises ne
soumissionnaient pas?
Donc, on commence l'étude détaillée d'un
projet de loi qui crée une agence sans faire une étude, une analyse d'impact
réglementaire. On écoute donc les partenaires qui sont venus, une entreprise,
deux représentants d'entreprises, mais on n'a pas d'étude d'impact
réglementaire. Voyons donc, M. le Président, sérieux? Est-ce que c'est comme ça
qu'on va convaincre les Québécois, que, pendant que le gouvernement a perdu le
contrôle des finances publiques, qu'il y a 11 milliards de déficit, que
Mme la ministre ferme des projets maintenant, qu'il y a des routes qu'on ferme parce
qu'on dit aux entrepreneurs : On n'a plus d'argent, attendez l'année
prochaine, ou bien, ce que j'ai entendu, ça, c'est la meilleure : Attendez
la mise à jour économique au mois de novembre, et, après, probablement, on va
réouvrir des programmes, réouvrir les programmes... Mais on veut bien paraître
au niveau de l'opinion publique, on se serre la ceinture. C'est ça, le
contexte, M. le Président.
Donc, moi, aujourd'hui, je ne peux pas
accepter qu'on commence l'étude détaillée de ce projet de loi sans avoir le
portrait réel. Si Mme la ministre a cheminé à l'intérieur et a pu vendre que...
à ses collègues, au Conseil des ministres, que ça prenait obligatoirement une
agence, bien, qu'ils nous dévoilent les notes explicatives sur les impacts du
projet de
loi sur les entreprises ainsi que sur les sociétés de transport. Je
pense que mon collègue député de Taschereau l'a entendu vendredi, il n'y avait
pas de soumissionnaire. C'est pour cela qu'on a retardé le lancement du
tramway.
Donc, on sait qu'il y avait un problème au
niveau des soumissionnaires ou des consortiums, on met un projet de loi n° 62
qui règle les contrats mais, au bout de la ligne, on parle toujours qu'il y a
une
partie tierce qui doit gérer les projets complexes, mais on ne veut pas
faire d'analyse d'impact réglementaire. J'essaie juste de voir les variables.
On crée une agence. Le problème, on n'a pas de soumissionnaires pour le
tramway, c'est pour cela que ça a été retardé, on a un problème de projets
complexes parce qu'on n'a pas beaucoup d'entreprises intéressées, on règle le
problème au niveau des contrats, mais les contrats, c'est pour tout, sauf le
transport. Ça, ce n'est pas moi. Ça, c'est la ministre... le collègue de la
ministre qui dit : Demandez à la ministre du Transport. On vient... Si on
regarde le projet de loi, ce n'est pas dans le projet de loi. Ah! attendez un
omnibus. Ça commence à faire beaucoup de choses très brouillonnes, M. le
Président. J'essaie de me convaincre moi-même que j'ai tous les éléments pour
commencer l'étude détaillée, mais, malheureusement, je n'en trouve pas.
Je continue. Et pourquoi je parle de la
table des matières? C'est public. Les gens...
M. Derraji : ...qui veulent
aller fouiller ça, là, c'est très public, la table des matières. C'est une perle
que ma collègue vient de me montrer. Ce n'était pas prévu dans le plan, mais je
l'aime. Je l'aime parce que ça démontre hors de tout doute qu'il fallait faire
ça. Si j'enlève juste le nom de Santé et je parle du Transport, j'en suis sûr
et certain que les collègues autour de la table et mon estimé collègue de
l'Acadie vont aimer avoir une liste d'impacts réglementaires pour bien faire le
travail. Je continue les éléments. Autres avantages, bénéfices et inconvénients
de la solution projetée, page 23. Ça, c'est pour l'Agence de santé.
Appréciation de l'impact anticipé sur l'emploi petites et moyennes entreprises,
compétitivité des entreprises, coopération et harmonisation réglementaire,
fondements et principes de bonne réglementation, les mesures d'accompagnement.
Il y a tellement d'éléments, M. le Président, j'aurais aimé, aimé les avoir.
Là, on parle... on parle de l'Agence de
santé, mais j'ai le goût... j'ai juste le goût de vous lire un beau... On parle
cause des problématiques rencontrées. C'est vrai que je vais parler de la
santé, mais ça s'applique aussi au transport parce que les arguments de la
ministre qui me dit et qui nous dit qu'il y a un problème de compétence qui a
été démoli par la Société de transport de l'Outaouais, je tiens à le rappeler,
une excellente présentation où ils disaient : Nous, notre équipe roulait
bien, on n'a pas besoin du MIQ. Bureau de projet de Québec, ça roule, ils
avaient beaucoup de projets. D'ailleurs, on revient à la version initiale de
2018 ou presque du tramway. Donc, les équipes fonctionnent.
Et comme je viens de vous le mentionner,
M. le Président, le bout que j'aime, justification de la nécessité de
l'intervention de l'État. Ça, c'est une analyse qu'on trouve dans l'analyse
d'impact réglementaire de l'Agence de santé. Est-ce que c'est justifié? Est-ce
que c'est justifié une intervention de l'État par une agence? On ne le sait
pas. On ne le sait pas parce que, malheureusement, l'étude d'impact
réglementaire n'a pas été réalisée. Et je vais continuer dans la même logique,
M. le Président. La réponse que nous avons eue : Les mesures législatives
proposées ne concernent pas les entreprises, aucune analyse d'impact
réglementaire n'est requise. Ça a été la réponse... la réponse que nous avons
eue de la part du cabinet de Mme la ministre.
Donc, M. le Président, quand j'analyse...
quand j'analyse ces éléments et je regarde l'ampleur de l'échec caquiste en
matière de transport collectif, et compte tenu qu'on essaye maintenant de dire
à l'ensemble des Québécois que c'est fini les problèmes en matière de mobilité
durable et transports et projets complexes. En fait, le gouvernement a fait
lui-même son constat d'échec, qu'ils sont incapables de livrer des projets
structurants en matière de transport collectif. Moi, ce que je demande
aujourd'hui et je sais que c'est impossible de faire une analyse d'impact
réglementaire très rapidement avant jeudi, mais concrètement, ce que je
demande, c'est que clairement il y a des notes, au sein du ministère, sur
l'impact de la création de l'agence. Et je connais très bien la rigueur de nos
fonctionnaires et surtout du sous-ministre qui nous écoute. C'est sûr qu'il a
élaboré des notes sur la création de l'agence. C'est sûr qu'il a fait une bonne
analyse sur la création de l'agence. Moi, ce que je veux savoir, c'est
qu'est-ce qu'on peut nous partager ces notes. Qu'on nous partage, comme ça, on
va savoir de quoi on parle.
Je vous ai partagé la table des matières
de l'agence de santé. Vous pouvez me dire, M. le député : Ce n'est pas à
100 % cette table de.
M. Derraji : ...qu'on aurait
dû voir. Pas de problème, j'accepte. Mais on doit faire preuve de plus de
rigueur et de transparence, qu'il y a un cheminement à l'intérieur du
ministère, il y a des notes rédigées par les conseillers ou par le
sous-ministre ou par ses équipes pour créer une nouvelle structure. C'est
impossible, connaissant un peu la machine, qu'on demande aux Québécois
aujourd'hui de payer pour une agence... de payer une agence et ne pas avoir
pris le temps de bien faire une analyse d'impact réglementaire. Les Québécois
vont payer cette structure, et on leur doit des explications.
Donc, je comprends que ça n'a pas été
fait, l'analyse d'impact réglementaire. Ça, c'est un fait. Je le déplore. Parce
que, dans d'autres projets de loi, il y avait une étude d'impact
réglementaire... il y avait une analyse d'impact réglementaire. Mais ce que je
ne vais jamais acheter, c'est qu'on arrive dans un coin de table et on va
arriver et dire : Mme la ministre, vous devez déposer un projet de loi
pour créer une agence. C'est impossible. Ça ne marche pas de même. C'est
impossible. Et, ayant moi-même siégé dans d'autres projets de loi, je reconnais
la rigueur, et que c'est impossible qu'il n'y a pas de notes.
• (11 heures) •
Donc, ce que je leur demande, d'ici
jeudi... je sais que demain on ne siège pas, demain, j'espère qu'il va y avoir
des amendements qui vont passer au Conseil des ministres, et qu'on va les
recevoir rapidement pour qu'on puisse faire notre travail pour jeudi. Je pense
que l'équipe du ministère a bien travaillé. Ils ont produit des notes pour
faire avancer la structure de l'agence à l'intérieur du ministère et convaincre
Mme la ministre. Maintenant, moi, j'aimerais bien être convaincu du bien... du
bien de la création de l'agence, et est-ce qu'à l'intérieur du ministère, ils
ont analysé tous les aspects. C'est ça, le rôle du législateur. Notre rôle de
l'opposition officielle, c'est contrôler l'action gouvernementale. Mais, si on
veut la contrôler, bien, il faut avoir accès à ces documents, M. le Président.
Donc, je peux accepter l'oubli, je peux
accepter l'oubli et quand le ministère a omis ou a oublié de faire une analyse
d'impact, mais je ne peux pas laisser passer qu'on ne peut pas partager avec
nous les notes portant sur les impacts du projet de loi envers les entreprises
ainsi que les sociétés de transport. Et ce n'est pas inhabituel de faire des
analyses d'impact réglementaire. C'est très, très, très fréquent. M. le
Président, je ne voulais pas passer... Écoutez, là, tout ça, là, ce sont les
projets du gouvernement. Et, quand un ministre arrive au Conseil des ministres
pour présenter son projet autour de la table, il dépose un mémoire et une
analyse d'impact réglementaire. C'est comme ça que ça marche. Donc, est-ce qu'on
est en train de me dire que Mme la ministre est allée au Conseil des ministres
sans analyse d'impact réglementaire? Je pense, le mémoire, je l'ai vu. On l'a
vu quelque part. Il y avait un mémoire qui a été déposé.
(Interruption) Merci, mon cher collègue.
Ce que je vous aime, M. le député de l'Acadie. Vous êtes très organisé. Ah!
Voilà. Il arrive... Il arrive avec le mémoire qui a été déposé au Conseil des
ministres.
Mais ce que je ne peux pas tolérer, le
collègue de Mme la ministre, qui était responsable, lui, du projet de
loi sur
les contrats, il est arrivé au Conseil des ministres avec le mémoire et avec
l'analyse d'impact réglementaire. Et il a déposé son projet de loi en même
temps que Mme la ministre. Lui, il a déposé l'analyse d'impact, mais pas Mme la
ministre.
Alors, M. le Président, moi, je vous dis,
je suis ouvert à écouter Mme la ministre pour me convaincre que, dans un temps
où son gouvernement a perdu le contrôle des finances publiques, au même moment
qu'elle-même dit : Je n'ai plus d'argent, elle accepte même que des
entreprises comme... en aéronautique puissent ramener des employés et payer
pour le transport, et qu'il dit à toutes les sociétés de transport :
Faites un audit, gérez vos finances, et chacun gère sa fougère... Alors, M. le
Président, que chaque personne gère sa fougère, mais nous aimerions voir la
fougère qu'elle gère en matière d'impact réglementaire, comment elle est gérée.
Je veux m'impliquer dans cette fougère, M. le Président, mais ça me prenait...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) M. Derraji : ...absolument une
analyse d'impact réglementaire. Je sais que ça fait rire, mais je l'ai
mentionné mercredi. J'adore les propos de Mme la ministre. Elle manipule très
bien le verbe et la phrase. Elle a toute mon admiration, mais faisons les
choses correctement. Je sais qu'on ne peut pas avoir une analyse d'impact
réglementaire, mais j'en suis sûr et certain qu'elle est bien épaulée d'un
excellent sous-ministre, qui a cheminé depuis très longtemps avec cette idée.
Qu'on nous partage les notes en commission. Qu'on nous partage les notes. Qu'on
nous partage ce qui a été rédigé. On va s'entendre. Parce que j'en suis sûr et
certain que la qualité qu'on a au niveau du ministère du Transport doit être
reflétée dans les notes. Et j'en suis sûr et certain, ils vont nous faciliter
la tâche de bien faire notre travail avec une bonne analyse d'impact
réglementaire.
Alors, M. le Président, c'est ma première
motion préliminaire. J'ai bien fait d'exposer devant tous les collègues la
table des matières de... de la création d'une nouvelle agence. Je fais
confiance aux gens qui ont travaillé pour cheminer ce projet de loi, mais nous
aimerions l'avoir pour bien débuter notre projet... notre analyse de l'étude
détaillée de ce projet de loi. Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup, M. le député. Mme la ministre, est-ce que vous souhaitez intervenir à
ce stade-ci sur la motion déposée par le député de Nelligan?
Mme Guilbault : Non. Non, merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : M.
le député de Taschereau, vous souhaitez intervenir, donc je vous cède la
parole.
M. Grandmont : Merci
beaucoup, M. le Président. Je suis très content de voir mon collègue de
Nelligan déposer cette motion préliminaire, pour la bonne raison qu'effectivement,
moi aussi, ça m'avait étonné que cette analyse d'impact réglementaire ne fasse
pas
partie du travail préparatoire qui nous mène à l'étude, là, du projet de
loi n° 61, qui vise la création de Mobilité Infra Québec. J'ai l'impression
de revivre un épisode qu'on a déjà vécu au projet de loi n° 48 en sécurité
routière. Quand on parlait... Vous vous souviendrez, quand on parlait d'alcool
au volant, on a demandé sur quelle base la ministre décidait de ne pas réduire
la limite d'alcool permise au Québec à 0.05, sachant que la Santé publique,
sachant que beaucoup d'acteurs, les sondages même, montraient que la population
était prête à réduire cette limite-là à 0.05. Donc, il y avait une
acceptabilité sociale, puis on demandait : Bien, pourquoi, sur quelle base
scientifique ou sur quelles études... On se rendait compte finalement que... du
côté gouvernemental, qu'on ne descendrait pas cette limite-là à 0.05, puis on n'a
jamais obtenu aucun dépôt de documents, aucun document, aucune étude, aucune
assise sur laquelle on pouvait justifier ce refus-là du côté gouvernemental.
Bon, après, on a appris, là, que, finalement, la SAAQ avait procédé à des
analyses, là, mais il y a quelque chose là-dedans qui me... qui me dérange profondément,
parce qu'on crée un nouveau projet de loi, une nouvelle agence qui va avoir un
impact certain au Québec, évidemment, qui va avoir... j'ose croire qui va avoir
un impact sur les entreprises. On en a reçues ici. On en a entendues deux, une
entreprise, Pomerleau, d'une part, puis l'Association des constructeurs de
grands projets, qui étaient ici pour nous parler des bénéfices qu'eux voyaient.
Donc, je ne peux pas croire qu'on évalue qu'il n'y a pas d'impact, ou, en tout
cas, que ça ne vaut pas la peine de le mesurer. Il y a quelque chose là-dedans
qui ne fonctionne pas. Des gens sont venus nous dire : Oui, oui, allons de
l'avant avec cette agence-là, soutenue par le projet de loi n° 62, ça va
être bon pour nous. Puis de l'autre côté, bien, on justifie... puis c'est ça,
hein, la réponse de la ministre, là. La ministre n'a pas commandé une étude...
une analyse d'impact réglementaire parce qu'elle disait : Ça ne concerne
pas les entreprises. Mon projet de loi, le projet de loi n° 61, ne
concerne pas les entreprises. Puis ce que je comprends, c'est que la ministre a
fait venir elle-même deux entreprises à ma connaissance. C'est la
partie
gouvernementale qui a invité Pomerleau et... donc, ce regroupement d'entreprises
aussi.
S'il n'y a pas de... S'il n'y a pas d'impact,
bien, pourquoi les avoir fait venir pour dire... pour appuyer le projet de loi?
Il y a quelque chose qui, fondamentalement, ne fonctionne pas là-dedans. Et je
trouve ça d'autant plus particulier que le projet de loi n° 62, sur lequel
la ministre insiste beaucoup, a produit une analyse d'impact réglementaire, une
analyse qui a été publiée, là, facilement accessible, là, qui vise, là, à
mesurer l'impact réglementaire sur le projet de loi visant principalement à
diversifier les stratégies d'acquisitions des organismes publics et à leur
offrir davantage d'agilité dans la réalisation de leurs projets d'infrastructure...
M. Grandmont : ...ça a été
rendu, ça a été déposé en avril par le secrétariat du Conseil du trésor en
avril 2024. Donc, on ne peut pas dire que ça ne concerne pas les entreprises.
Si, de l'autre côté, le projet de loi n° 62, qui est tellement important pour
le projet de loi n° 61, en fait, ils sont intimement liés, là, a produit
lui-même. On a produit de ce côté-là une analyse. Évidemment, on ne pourrait
pas dire non plus que l'analyse produite dans le 62 est suffisante pour
expliquer l'impact que ça aura sur les entreprises dans le projet de loi n° 61,
parce que ça déborde. Évidemment, il y a sûrement des éléments du projet de
loi... de l'analyse d'impact sur le projet de loi n° 62, qu'on peut reprendre
et inclure dans une éventuelle analyse du projet de loi n° 61.
• (11 h 10) •
Mais de dire, là, c'étaient les mots de la
ministre, là, que ça ne concerne pas les entreprises, difficiles à acheter, M.
le Président. Les entreprises vont être au cœur de ce processus-là qui est
supposé nous aider à accélérer la réalisation de projets. Vous savez comment
ça fonctionne, on ne fait pas ça en régie, là, les projets de transport
collectif puis les grands projets routiers, là. On a des consortiums, on a des
entreprises qui vont soumissionner, qui vont agir avec le gouvernement qui
demeure le porteur du projet et qui vont réaliser ces projets-là. Bon, dans un
mode collaboratif, ils vont même y participer, ils vont participer à la
conception afin de réduire les risques. C'est la prétention du gouvernement,
mais ils sont directement impliqués dans le projet de loi n° 61 et dans le
projet de loi n° 62. Alors, dire que ça ne concerne pas les entreprises, là, je
ne comprends pas. Je ne comprends juste vraiment pas. D'autant plus que la
politique gouvernementale sur l'allègement réglementaire et administratif pour
une réglementation intelligente, c'est un document qui a été déposé en février
2022. Donc, par le gouvernement actuel. Donc, je comprends qu'y a rien
d'obligatoire. C'est une politique, là, ce n'est pas une loi. Mais en même
temps, si on veut être un peu raccord avec les principes qu'on émet nous-mêmes
comme gouvernement, il me semble qu'on devrait être cohérent puis faire des
analyses d'impact réglementaire. Parce qu'on a, en février 2022, donc créé
cette politique gouvernementale dans laquelle, je le rappelle parce que c'est
quand même intéressant, là, le préambule, il résume un peu, là, le fondement,
en fait, l'essence de cette politique. Ça dit la réglementation est un outil
essentiel qui permet à l'État de réaliser sa mission. Toutefois, le respect des
lois et des règlements, de même que le temps alloué aux formalités
administratives engendrent des coûts pour les entreprises et accaparent des
ressources humaines qui pourraient être utilisées à des fins plus productives.
Donc déjà, ça, c'est intéressant quand même, là, parce que d'une part, on dit
les lois ou les règlements qu'on va mettre en œuvre au gouvernement peuvent
avoir un impact. Et, évidemment, je pense que ça a toujours été une volonté
assez importante du côté gouvernemental, puis je pense que c'est un souhait
qu'on partage tous aussi, là, dans les oppositions, s'assurer que les argents
qui sont déboursés par le gouvernement sont utilisés à des fins les plus
productives possibles. Qu'il n'y ait pas de gaspillage, qu'il n'y ait pas
d'argent jeté par les fenêtres. Puis on cherche une certaine efficacité, en
fait, dans la mise en œuvre des lois, des règlements du gouvernement du Québec,
mais aussi chez les entreprises, hein, c'est un peu ça l'analyse d'impact,
c'est d'évaluer quel sera l'impact pour les entreprises qui vont travailler de
manière conjointe avec le gouvernement. Donc, le fardeau cumulatif de la
réglementation peut ainsi entraîner des effets défavorables sur la croissance
économique, la création d'emplois, l'investissement, l'innovation et la compétitivité
des entreprises, ce qui est contraire au principe de développement durable.
C'est un peu ce que je disais, là, chaque fois qu'on crée une loi, qu'on crée
un règlement du côté gouvernemental, évidemment, il faut, il faut avoir une
idée juste de l'impact que ça aura sur les entreprises. Est-ce qu'on est en
train de favoriser la saine compétition entre les entreprises? Est-ce qu'on est
en train d'alourdir le fardeau administratif ou on est en train de l'alléger
tout en se protégeant par ailleurs? Ça, c'est des questions quand même assez
fondamentales à se poser, là. On pourrait référer à la commission Charbonneau.
On ne pourrait pas avoir un enlèvement, finalement, des charges de suivi, par
exemple, sur les différents projets. Mais en même temps, on ne veut pas non
plus alourdir indûment. Donc c'est quand même assez important. Puis c'est un...
C'est une analyse qui est drôlement importante pour être capable d'avoir un
impact positif, mais aussi transversal, parce que c'est pas juste le projet de
loi en lui-même, mais c'est l'effet que ça aura entre les entreprises
elles-mêmes. Donc, je poursuis avec cette politique, le gouvernement se dote de
moyens et d'outils qui permettent de mieux réglementer et de contrer le fardeau
réglementaire et administratif imposé aux entreprises, contribuant ainsi à
maintenir un environnement d'affaires favorable à leur développement. À cet
égard, la présente politique est basée sur les meilleures pratiques de
réglementation et s'inspire notamment du concept de réglementation intelligente
élaborée à la fin des années...
M. Grandmont : ...années 90 et
au cours des années 2000, le concept de réglementation intelligente consiste à
élaborer de la réglementation de façon à faciliter l'activité économique tout
en protégeant l'intérêt du public.»
Donc, essentiellement, c'est ce que je
disais, c'est-à-dire alléger tout en maintenant des garde-fous pour être
capable de se protéger, M. le Président. C'est extrêmement important dans le
contexte. Là, on va, à travers le 62 et le 61, faire un petit... faire des
changements quand même substantiels, importants dans la façon dont on va non
seulement s'approvisionner au Québec sur différents types de projets, mais,
d'autre part, plus spécifiquement, à travers le 61, sur les enjeux de transport
collectif et de transport routier.
Puis ce n'est pas des petits contrats, là.
J'aimerais le rappeler quand même, là. Tu sais, la commission Charbonneau
portait beaucoup sur la question des contrats octroyés par le ministère des
Transports. C'est un grand donneur d'ouvrage, le ministère des Transports et de
la Mobilité durable au Québec. Et moi de voir que cette analyse d'impact
réglementaire est escamotée dans le cadre de l'étude de ce projet de loi n° 61,
ça me pose beaucoup de questions, surtout qu'on a eu des groupes qui sont venus
ici, l'entreprise privée est venue nous dire que, pour eux, c'étaient des
changements importants.
Donc, je me pose beaucoup de questions,
d'autant plus que le ministère des Transports et de la Mobilité durable nous
avait quand même habitués à des analyses d'impact réglementaire dans ses
précédents projets de loi. On en a eu un sur... On a eu une analyse d'impact
réglementaire concernant le projet de loi modifiant principalement le code de
la sécurité routière afin d'introduire des dispositions relatives aux systèmes
de détection et d'autres dispositions en matière de sécurité routière. Ça,
c'était en novembre 2023. C'était le projet de loi n° 48, sur lequel j'ai eu la
chance de travailler avec la ministre, avec les collègues, notamment de
Nelligan. On en a eu une autre aussi, une analyse d'impact réglementaire,
concernant le projet de loi modifiant la
loi sur l'assurance automobile, le
code de la sécurité routière et d'autres dispositions en mai 2022. On a eu une
analyse d'impact réglementaire concernant le projet de règlement modifiant le
règlement sur le transport rémunéré des personnes par automobile en juin 2022.
On a eu une analyse d'impact réglementaire concernant l'obligation d'utiliser
un dispositif de consignation électronique par les conducteurs et exploitants
de véhicules lourds en mai 2022. On a eu une analyse d'impact réglementaire
concernant le projet de règlement modifiant le règlement d'application de la
loi concernant les propriétaires, les exploitants et les conducteurs de
véhicules lourds en janvier 2022. Je n'ai pas fait de demande d'accès à
l'information pour avoir ces informations-là, M. le Président, là, c'est
directement sur le site du ministère des Transports et de la Mobilité durable.
Donc, il y avait une pratique de réaliser
ces analyses d'impact réglementaire, puis là on n'en a pas pour le projet de
loi n° 61. Donc, je me demande qu'est-ce qui se passe au ministère des
Transports et de la Mobilité durable. Est-ce qu'on a décidé de ne plus faire ce
genre d'analyse d'impact là? Est-ce qu'on a décidé de ne pas la faire parce
qu'on se dit : Bah! Dans le projet de loi n° 62, ça a été fait, donc pas
besoin d'en faire un sur le 61. Est-ce que c'est un oubli? Ça se peut aussi, je
l'ignore. Mais moi, je... ça me pose beaucoup de questions.
Vous savez, il y a un livre, là, que Mme
la ministre aimait beaucoup trimballer avec elle, plusieurs de ses collègues
aussi le trimballaient, là, Comment les grands projets finissent par se
faire réussir , là, dans lequel on disait, puis ça a été repris aussi, par
ailleurs, là, dans une analyse qu'on a eue, là, de Jacques Roy, là, de HEC
Montréal, c'était très intéressant, l'importance de réfléchir longuement et
d'agir rapidement. Réfléchir longuement, ça, ça veut dire soulever toutes les
pierres pour s'assurer que le projet, là, il est bien ficelé, que le projet,
puis, dans ce cas-ci, c'est le projet de loi, là, que le projet de loi est bien
attaché, que le projet de loi aura des impacts positifs, que le projet de loi
n'aura pas trop d'impacts négatifs et que, s'il en a, bien, on les aura, là, le
plus possible, amenuisés, s'assurer que le public va être protégé à travers ce
projet de loi là, s'assurer que les entreprises n'auront pas une charge
administrative indue, s'assurer que, tu sais, le projet de loi, là, qu'on
dépose, le projet de loi n° 61, il est... il répond non seulement à un besoin,
mais il ne créera pas plus de problèmes qu'il veut en régler. C'est un peu ça,
l'enjeu, aussi. On ne veut pas avoir des projets de loi qui créent des
problèmes qu'on va devoir corriger par la suite. C'est quelque chose qui
m'apparaît être d'une bonne pratique. Ça m'apparaît... puis ce n'est pas juste
moi qui le dis, là, c'est... je veux dire, je me base directement sur la politique
du gouvernement actuel, la politique gouvernementale sur l'allègement
réglementaire et administratif pour une réglementation intelligente. Bien, je
ne sais pas c'est quoi, le contraire d'«intelligent»...
M. Grandmont : ...mais là, on
n'a pas fait cette politique-là. On a décidé de ne pas la réaliser dans le
cadre d'un projet de loi qui va avoir un impact certain sur l'entreprise
privée, notamment. Ils sont au cœur de ces projets-là. Ils sont à la racine
même, là. C'est ce qu'on veut faire avec le projet de loi n° 62. Parlant
du projet de loi n° 62, moi aussi, je me référerai, là, à la table des
matières. Ça aussi, c'est facile à trouver, là, on va sur le site du Conseil...
du secrétariat du Conseil du trésor, ça a été déposé en avril 2024, analyse
d'impact réglementaire sur le projet de loi visant principalement à diversifier
les stratégies d'acquisition des organismes publics et à leur offrir davantage
d'agilité dans la réalisation de leurs projets d'infrastructure. Bon.
(Interruption) Excusez-moi.
• (11 h 20) •
Donc, la première des choses, on va
définir le problème. On ne cherche pas à créer des nouveaux projets de loi si
ce n'est pas pour corriger des problèmes, évidemment. Donc, dans le cadre du
projet de loi n° 62, on a pris le temps de définir le problème. On peut
être d'accord ou pas d'accord, là, mais force est de constater que, dans
l'analyse du projet de loi n° 62, avant même de commencer à entendre des
groupes, avant même de commencer à faire l'étude détaillée, on s'est donné la
peine, au secrétariat du Conseil du trésor, de se poser la question : À
quels problèmes on veut référer, quels problèmes on veut régler avec notre
projet de loi. C'est la base. Ensuite, on y est allé d'une proposition de
projet, donc les grandes lignes. Le projet de loi n° 62 va répondre à ce
problème-là en proposant des modifications à notre mode d'approvisionnement au
Québec. On juge qu'il y a des enjeux au niveau du mode traditionnel, avec des
appels d'offres basés sur une conception de réponse à un problème, là, de
transport ou dans le milieu de l'éducation ou de la santé, et on bâtit en régie
ce projet-là. Et on demande aux marchés de répondre à cet appel d'offres là.
Là, on s'était, du point de vue gouvernemental, il y a peut-être d'autres
façons d'envisager l'approvisionnement au gouvernement du Québec et de revoir,
finalement, la façon dont on y répond, notamment en impliquant l'entreprise
privée dans la conception, ce qui pourrait, selon les prétentions du
gouvernement, réduire les risques. Ensuite, dans la table des matières
toujours, l'analyse des options non législatives, on fait une évaluation des
impacts, on fait une appréciation de l'impact anticipé sur l'emploi. Donc, ce
n'est quand même pas inintéressant aussi, là, de voir quel impact ça aura sur non
seulement les entreprises mais sur l'emploi au Québec, est-ce que ça va nous
permettre d'aller chercher ou de stimuler un secteur d'emploi, est-ce que ça va
nous permettre... est-ce qu'il y aura des risques d'une part aussi... est-ce
que... on sait qu'on vit une pénurie de main-d'oeuvre, est-ce qu'il y aura un
risque à combler éventuellement des postes qui pourraient être créés dans le
contexte où on vient modifier le processus d'approvisionnement au Québec. On
fait une évaluation aussi de l'impact sur les petites et moyennes entreprises.
On fait une évaluation de l'impact sur la compétitivité des entreprises. On
regarde aussi la coopération et l'harmonisation réglementaire. On travaille
sur... On fait une analyse des fondements et principes de bonne réglementation,
etc. On conclut. Donc, je m'explique mal pourquoi d'un côté, au secrétariat du
Conseil du trésor, on a... on s'est donné la peine de faire une analyse
d'impact réglementaire, alors que dans le projet de loi n° 61, on ne l'a
pas fait. Mais j'irais dans le même sens que mon collègue de Nelligan. S'il y a
des documents existants qui ont été, d'une manière ou d'une autre... qui ont
aidé à évaluer le risque réglementaire sur les entreprises québécoises, bien,
qu'on nous les partage. On se contentera de ça pour cette fois-ci. Peut-être
que c'est un oubli et qu'on a mal évalué la situation. Mais au moins qu'on ait
accès à cette information-là, je pense que ça peut. Ça ne peut pas nuire dans
notre appréciation du projet de loi. Autrement, on va passer notre temps à
poser les questions là-dessus tout au long du projet de loi. Tu sais, si on
veut faire le travail comme il faut, il faut avoir accès à l'ensemble des
documents. Donc oui, le mémoire de la ministre, mais aussi cette analyse-là qui
est extrêmement importante. Moi, je m'adresse aussi aux députés de la banquette
gouvernementale. Je vous suggère bien humblement de faire cette même demande-là
à Mme la ministre, si on veut être capable de bien évaluer l'impact positif.
C'est ce qu'on souhaite tous savoir, finalement, là, il faut avoir l'ensemble
de l'information, il faut avoir l'ensemble des documents qui ont servi à
analyser ce projet de loi là. Là, on a des groupes qui sont venus en audiences
nous dire qu'il y avait beaucoup de choses à changer. Donc, on aura beaucoup de
travail, certainement plusieurs amendements, des trucs, des éléments qui sont
assez...
M. Grandmont : ...fondamentaux
dans le... dans le projet de loi. Je ne peux pas croire qu'on n'a pas pensé à,
du côté gouvernemental, à réfléchir à l'impact que ça aurait. Donc, je
m'arrêterai là, M. le Président, parce que je veux laisser le, mon collègue
aussi, là, amener peut-être d'autres arguments supplémentaires, mais ça me
semblerait tout à fait opportun qu'on puisse nous partager d'ici les délais les
plus courts, l'ensemble des analyses qui ont été produites pour être capables
d'avoir le meilleur éclairage possible et être capable de mesurer quelle
analyse fait la ministre de son projet de
loi sur les entreprises québécoises.
Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, je vous remercie, M. le député. M. le député des Îles-de-la-Madeleine,
est-ce que vous souhaitez intervenir?
M. Arseneau : Oui, avec
plaisir, M. le Président. Alors, j'accueille de façon extrêmement positive et
enthousiaste la proposition, la motion préliminaire de mon collègue député de
Nelligan. Donc, ce qui est... ce qu'il demande, c'est que l'on puisse avoir
accès à toutes les analyses, les notes ministérielles, les documents
explicatifs portant sur les impacts du projet de loi que l'on étudie à l'heure
actuellement, à l'heure actuelle, le projet de loi n° 61, qui aura pour
objectif de créer une agence, une ou une agence qu'on appellera Mobilité Infra
Québec et qui va quand même changer passablement le paysage et les façons de
faire, de l'aveu même du gouvernement et de la ministre. Donc, c'est un
changement de paradigme important. C'est un changement d'approche qui est assez
fondamental, qui peut être extrêmement lourd de conséquences. On souhaite que les
conséquences soient positives, que les retombées soient extrêmement
enthousiasmantes et que l'on puisse effectivement atteindre les objectifs de
construire davantage, de construire plus rapidement et de respecter donc les
délais, mais aussi les budgets qui sont impartis à des grands projets
d'infrastructure, ce qu'on appelle les projets complexes. Or, force est de
constater qu'au-delà des vœux pieux, au-delà des affirmations que l'on peut
échanger sur la portée du projet de loi, mais l'analyse scientifique, les avis
d'experts nous manquent pour véritablement déterminer si les objectifs qui sont
associés au projet de loi sont véritablement réalistes, si et comment ils
peuvent se transposer en résultats. Et évidemment, ce qu'on ce qu'on n'a pas à
l'heure actuelle, les moyens de mesurer, c'est quelles peuvent être aussi les
conséquences négatives ou encore les effets collatéraux d'un changement
d'approche aussi fondamental. On a souvent fait référence au projet de loi
n° 62 en parlant du projet 61. Et évidemment, c'est beaucoup trop
court. On ne peut pas s'arrêter là puis dire : Bien, en fonction du... On
adopte un projet de loi qui, sans le projet de loi n° 62, n'aurait pas
d'effet significatif, et faire appuyer les prétentions d'une amélioration sensible
des résultats sur le plan de la construction d'infrastructures et de projets
complexes sur le dos du projet de loi n° 62. Ces deux projets de loi, qui
se complètent certes, mais qui sont autoportants. Alors, moi, je n'ai pas
assisté aux audiences, ni même au début de la discussion sur le projet de loi
n° 62, mais je pense que notre responsabilité, en tant que parlementaires,
c'est de s'assurer que le projet de loi qui est devant nous se tienne et qu'on
puisse en mesurer toute la portée. Et il y a un outil pour ça. Mon collègue
député de Taschereau en a fait mention abondamment, c'est l'analyse d'impact
réglementaire. C'est en fait une façon de faire, c'est une pratique, une bonne
pratique que le gouvernement a incluse dans un document qui est disponible
évidemment pour tous les parlementaires et pour le grand public sur le site web
du gouvernement et qui a été déposé en février 2022. On ne parle pas d'une
ancienne pratique qui est révolue et qu'on peut mettre de côté parce qu'on a
tellement amélioré les façons de faire qu'on peut se passer de faire des
analyses en profondeur sur les impacts réglementaires d'un projet de loi. Ça
date d'à peine deux ans et déjà on semble en faire fi. On le met de côté et ça,
moi, je trouve ça passablement troublant, voire inquiétant qu'un projet de loi
qui semble actuellement essentiel pour sortir de notre torpeur après six ans
d'inaction en ce qui concerne les grands dossiers d'infrastructure en matière
de transport collectif, bien, que ce dossier-là, depuis le temps qu'on en...
M. Arseneau : ...parle. Ça
fait d'ailleurs depuis le début du mandat, du présent mandat, donc près de deux
ans maintenant, qu'on annonce le dépôt d'un projet de loi, mais il faut faire
ses devoirs. Il faut s'assurer qu'on puisse avoir mesuré l'ensemble des aspects
qui vont découler de ce... de l'adoption du projet de loi. Et force est de
constater une fois de plus que, lorsqu'on a rencontré des groupes, bien, il y
avait de multiples questions. Il y avait beaucoup de failles dans l'élaboration
du projet de loi en ce qui concerne, par exemple, ce n'est qu'un exemple, la
définition même du mandat de l'Agence, alors
article 4, là. Déjà on ne
sait pas à quoi va servir l'agence plus... plus, plus précisément lorsqu'il est
question de définir des projets complexes. Alors, je veux bien qu'on se donne
toute la marge de manœuvre au sein du ministère pour voir l'évolution des
projets et puis de l'évolution de la vision du ministère dans un contexte qui
pourrait être différent dans 10 ans ou dans 25 ans, sauf que, pour
cela, il y a des amendements réglementaires ou législatifs qui peuvent être
faits. Mais on ne peut pas avoir un projet de loi aussi vaste et aussi peu
précis, qu'il laisse place à toutes les interprétations, y compris des
interprétations contradictoires qui pourraient mener à des débats juridiques ou
judiciaires qui n'en finissent plus.
• (11 h 30) •
On parle quand même de gros sous, on parle
de projets majeurs d'infrastructures, de projets d'infrastructures qui mettent
en action non seulement le ministère des Transports et de la Mobilité durable,
mais également des entreprises du secteur privé, de multiples entreprises qui
vont vouloir contribuer à l'avancement du développement des infrastructures en
matière de transport collectif au Québec, qui ont une expertise qui
actuellement, malheureusement, n'est pas mise à contribution à la hauteur de
tout son potentiel, ici même sur le territoire du Québec. Mais on voit ces
entreprises-là qui sont appelées à répondre à des appels d'offres ou à des
appels à projets un peu partout à travers la planète. Donc, ce n'est pas... ce
n'est pas qu'on n'a pas cette expertise-là, c'est que malheureusement, à
l'heure actuelle, on n'a pas eu la volonté politique d'investir massivement
dans le développement d'infrastructures de transport collectif, de développer
ces projets majeurs ou ces projets complexes. Mais aujourd'hui, on voit que
cette volonté-là pourrait se traduire notamment par la modification des façons
de faire à travers un projet de loi qui crée une agence, mais on n'a pas mesuré
à quel point cette modification législative peut avoir des impacts sur,
justement, les entreprises qu'on voudra mettre à contribution. Je parle
d'entreprises de construction, évidemment, mais tout ce qui est firmes
d'ingénierie également, et puis on pourrait même parler, au-delà de la
construction, d'un aspect du projet de loi qui a fait l'objet d'ailleurs de
plusieurs commentaires de la part des intervenants qui sont venus nous
rencontrer, la question de la captation immobilière, là, tout ce qui est la
valorisation immobilière autour des projets de transport collectif, et on le
prévoit déjà pour Mobilité Infra Québec et les sociétés de transport. Les
municipalités ont dit : Il ne faut pas que ça se limite, là, il faut pouvoir
développer cette source de financement là pour le transport collectif. Que ce
soit pour la construction des infrastructures comme pour ces opérations, il
faut aller chercher cette capacité-là de générer des revenus, et ça, bien, ça
se fait évidemment sur le marché immobilier. Donc, il y aura nécessairement des
interactions avec des entreprises qui sont déjà actives dans le marché
immobilier dans les centres où on va devoir, et on est vraiment en retard sur
le développement de projets de transport collectif. Alors, évidemment qu'une
analyse d'impact doit toucher notamment le domaine immobilier, en plus du
domaine de la construction.
C'est un exemple, je pense, frappant du
fait qu'on a voulu peut-être aller trop vite. Je dirais même que, en voyant le
nombre très grand de points d'interrogation ou de questionnements qui ont été
formulés par l'ensemble des groupes que nous, on a rencontrés, on a un peu
l'impression qu'on a voulu faire vite, puis on a peut-être tourné les coins
ronds un peu. Et là, si on ne peut pas avoir les...
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous rappelle que vous disposez d'une minute, M. le député.
M. Arseneau : Une minute pour
compléter?
Le Président (M. St-Louis) : Oui.
M. Arseneau : D'accord.
Alors, je voudrais compléter, M. le Président, en formulant à nouveau cet appui
vraiment formel et...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) M. Arseneau : ...je ne sais
pas avec quel qualificatif suffisamment fort je pourrais dire que cet élément-là
est fondamental, de la même façon que l'on dit qu'on ne peut pas développer des
projets de mobilité, des projets d'infrastructures sans avoir une vision, sans
avoir fait une planification, une analyse approfondie du contexte actuel, du
portrait de la situation, mais également une espèce d'analyse prospective sur
ce qu'on veut faire, et dans quel contexte on devra évoluer au cours des 10, 15
ou 25 prochaines années. Bien, de la même façon, je pense que le projet de loi,
qui se situe en amont, et qu'on a devant les yeux, doit faire l'objet du même
genre d'analyse approfondie de ses impacts, à tous égards, et c'est la raison
pour laquelle, M. le Président, j'appuie la motion qui est devant nous.
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous remercie, M. le député. Prochaine intervention, du député de l'Acadie.
M. Morin : Alors, bonjour, M.
le Président, merci. Permettez-moi d'intervenir, avec humilité, au nom du chef
de l'opposition officielle, ce qui devrait me donner un maximum de 30 minutes
dans le cadre de mon intervention. Je vous en... je vous en remercie. Mme la
ministre, chers collègues de la banquette gouvernementale, cher député de
Nelligan, députés des oppositions, je suis très heureux de pouvoir intervenir
ce matin afin d'appuyer la motion préliminaire que mon collègue le député de
Nelligan a déposée, une motion excessivement importante, puis je vais vous
expliquer pourquoi dans les minutes... les minutes qui suivent.
Le Parlement étudie présentement un projet
de loi, le projet de loi n° 61, qui s'intitule Loi édictant la
Loi sur la...
Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au
transport collectif. Donc, ma compréhension du projet de loi, c'est que le
gouvernement du Québec, le gouvernement de la CAQ veut créer une autre agence,
qui aura pour mandat — puis j'en parlerai tantôt — de s'occuper
particulièrement de grands chantiers de construction. Donc, c'est un... c'est
un changement de cap important, enfin, moi, c'est comme ça que je le perçois.
Je n'ai pas eu le privilège, M. le Président, d'assister à toutes les
consultations particulières, mais il y a quand même des résumés qui nous ont...
qui nous ont été faits. Mais c'est un changement de cap important.
Et je comprends mon collègue le député de
Nelligan, avec sa motion préliminaire, qui dit : Écoutez, nous, là, on
aimerait avoir, du ministère des Transports et de la Mobilité durable, toutes les
analyses, notes ministérielles, documents explicatifs portant sur les impacts
du projet de loi envers les entreprises ainsi que les sociétés de transport. Et
c'est une demande qui était excessivement pertinente, et elle est importante
pourquoi? Bien, parce que, quand on veut opérer un changement de cap aussi
important, bien, il me semble que nous, qui sommes députés, qui faisons
partie
du législatif, il faut avoir... il faut avoir tous les documents, pour être en
mesure, d'abord, de poser des questions, évidemment, qui ont un impact auprès
de Mme la ministre, et, après ça, bien, être capables d'obtenir des réponses à
ces questions, des réponses qui vont permettre, évidemment, à la population de
voir exactement où veut aller le gouvernement avec... avec son projet de loi,
avec la création de cette agence.
Changement de cap important. Puis,
permettez-moi, permettez-moi, M. le Président, de... de citer une analyse
sommaire qui a été faite par le cabinet d'avocats Gowling en lien avec le
projet de loi n° 61. Or, peu de temps après le dépôt du projet de loi par
la ministre des Transports, en fait, pour informer le public en général,
Gowling disait, et je les cite, que ces projets de loi... parce qu'il y avait
également une référence au projet de loi n° 62, dont on a fait mention
précédemment, mais le projet de loi n° 61... et 62, mais... mais revenons
au 61... va venir substantiellement changer le droit, au Québec...
M. Morin : ...concernant le
mode d'octroi des contrats pour la réalisation de projets majeurs
d'infrastructures publiques. Ce n'est pas banal comme énoncé, je le
répète : «...viendrait substantiellement changer le droit au Québec».
Donc, si le gouvernement de la CAQ veut opérer un changement aussi important,
bien, il me semble que la première chose à faire dans une législature comme
celle que nous avons au Québec, c'est de faire preuve de transparence et d'être
capable justement de partager avec l'ensemble des collègues députés, mais
particulièrement les collègues des oppositions, toute la documentation pour
qu'on soit à même de bien saisir l'impact que ce projet de loi aura
éventuellement sur la société. C'est d'autant plus important, M. le Président,
parce qu'avec la majorité du gouvernement, je vous dirais que les chances que
ce projet de loi devienne loi sont quand même pas mal bonnes. Alors, raison de
plus pour permettre aux oppositions, et en particulier à mon collègue le député
de Nelligan, d'avoir toute l'information pour qu'on soit capables, comme
parlementaires, de faire notre travail efficacement.
• (11 h 40) •
Donc, je reprends... je reprends les
informations que partageait Gowling. Donc, le p.l. n° 61 et le p.l.
n° 62... Puis le p.l. n° 62, permettez-moi simplement de rappeler que
c'est un projet de loi qui vise principalement à diversifier des stratégies
d'acquisition des organismes publics et