Labour and the Economy — 2 September 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2021-09-02
Quebec — Committees
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, M. le ministre, à vous la parole.
M. Boulet : Oui. On a bien analysé
le sous-amendement du collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Je veux rappeler deux
choses. À l'article 13, on parle que c'est un nombre minimal, donc, ultimement,
il peut y en avoir plus que ce qui est dans l'échelle qui est déjà intégrée
dans le règlement. Puis, deux, tu sais, ultimement, ça peut faire l'objet d'un
réajustement par le C.A. de la CNESST éventuellement, mais on pense que la
grille actuelle est tout à fait compatible avec les besoins et va permettre de
faire la prévention qui s'impose. Puis je rappelle que ce règlement-là,
il est spécifiquement au secteur de la construction. Ça fait qu'on estime que
ce n'est pas nécessaire, puis ça n'aura pas d'impact d'augmenter le nombre.
Je pense qu'il faut mettre notre énergie sur la
qualité, le profil de nos représentants en santé et sécurité et se redire que
c'est un nombre minimal. Et donc, pour cette raison-là, on n'est pas
confortable avec le sous-amendement de Québec solidaire.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions? Oui, député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
Bon matin, tout le monde. C'est sûr, de dire que c'est un nombre minimal, c'est commode, mais c'est comme
dire : Bien, tu sais, le salaire minimum, c'est le salaire minimum, les
gens peuvent en avoir un plus grand, dans la
réalité ça fait en sorte qu'il y a beaucoup de jobs où il n'y a pas nécessairement facilement un rapport de force, où le salaire minimum
devient le salaire réel de bien des gens. Alors, de se dire : Oui, mais il
peut y en avoir un plus gros, il peut s'en négocier un plus grand, c'est se
raconter des histoires, à mon avis. C'est très difficile pour un individu de se
négocier un meilleur salaire minimum et c'est aussi difficile pour une
organisation syndicale, quelle qu'elle soit, d'aller se négocier un représentant
en santé-sécurité supplémentaire quand il y
a une norme qui est édictée. Puis
vous savez à quel point c'est important, une norme. On en a négocié
abondamment et on en aura d'autres à négocier d'ici la fin de l'étude de ces
travaux-là. C'est ça qui établit la réalité dans bien des cas. Est-ce que... Il
y a quelques exceptions à gauche, à droite, où, en effet, on peut aller
chercher un représentant supplémentaire même si ce n'est pas prévu dans le
règlement, ce n'est pas prévu dans la norme. Bien sûr que ça existe, mais c'est
beaucoup plus l'exception que la règle, vous le savez très bien.
Moi, ce que je veux venir corriger ici, et c'est
à l'inspiration de ce qui nous a été déposé par des centrales syndicales qui
ont des antennes dans la construction dans le cadre de l'étude... des
audiences, pardon, dans les mémoires, c'est que cette structure-là, cette
grille-là, elle ne progresse pas assez vite par rapport aux besoins. Regardons-la un peu plus attentivement, là.
Première tranche de 100 à 300 travailleurs, on n'a qu'un seul
représentant. Un chantier à 300 travailleurs, là, ça commence à être pas
mal, pas mal gros, là. Aller avoir un seul représentant pour s'assurer d'une bonne
couverture, d'une bonne connaissance du chantier, un chantier de
300 personnes, ça me semble largement insuffisant. À partir de 300 et
jusqu'à 600... la tranche est énorme aussi, là, c'est à coup de 300, par la
suite, même un peu plus, là, on arrive à deux travailleurs. Ça fait qu'on
arrive... il faut attendre d'arriver 600 personnes, un chantier de
600 personnes, pour avoir un troisième représentant en santé-sécurité.
Je trouve ça très difficile de progresser et
d'avoir suffisamment de... comment je dirais ça, de force de bras, sans faire
de mauvais jeu de mots avec la construction, pour être efficace sur le terrain
en matière de prévention, de santé-sécurité.
M. Boulet : Quand on rédige une loi,
évidemment, on ne la rédige pas pour se donner une marge de manoeuvre, tu sais,
on se dit tout le temps... Si on s'était donné des marges de manoeuvre, on
aurait pu... Puis je pense qu'on peut faire des compromis, on en a fait depuis
le début du projet de loi n° 59, mais là, quand c'est
un nombre, c'est sûr que ça a un impact après ça. Évidemment, s'il y a plus de représentants,
il va y avoir plus de coordonnateurs, c'est plus de temps.
Moi, j'aime beaucoup mieux me fier sur la
qualité de l'engagement des personnes puis sur leur formation maintenant
obligatoire, parce qu'on va avoir des personnes qui sont formées, qui vont
avoir les habiletés puis plus de qualifications pour exécuter leur travail.
Puis, tu sais, quand tu te dis entre 600, tu sais... à partir de 600, il y a quand
même trois représentants en santé-sécurité, ça, c'est le nombre minimal, puis
il y a trois coordonnateurs.
Souvent, tu rajoutes du monde, ça complexifie
puis ça crée des zones grises, de confusion. Souvent, les comités restreints,
vous le savez... et là je vais faire appel à l'expérience notamment de mon collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve, vous le savez, dans le bout... dans les impasses qui
sont générées souvent dans les négociations, renouvellements de conventions
collectives, on fait des comités restreints, deux d'un côté, deux de l'autre,
puis ça facilite. Puis tous les experts en négociation raisonnée reconnaissent
qu'ultimement, là, quand tu limites ton nombre de personnes... Quand il y a six
personnes du côté syndical puis six personnes du côté patronal à une table de
négo, eh mon Dieu! ce n'est pas simple, puis je le dis d'expérience, puis les
auteurs puis les spécialistes le reconnaissent. Moi, j'aime mieux qu'on soit un
nombre... puis ce n'est pas un nombre... ce n'est pas un petit nombre, là. On
est mieux de miser sur une formation
obligatoire, sur la qualité de leur profil, sur leur engagement à bien faire
leur travail, puis rappeler constamment que c'est un nombre minimal.
Puis, enfin, dernier commentaire, ça n'existait
pas avant, tu sais, collègue. Tu sais, on le sait tous, hein, dans la
construction, il n'y avait rien, en matière de représentation comme ça.
Évidemment, on en a vu dans les chantiers de plus grande envergure, en haut de
500, mais là on parle des représentants, tu sais. Il y en a à temps partiel à
10, puis il y en a à temps plein à 100, tu sais. On est dans une nouvelle
dynamique. Puis, à la limite, je le dis, si c'était un nombre qui était
insuffisant en pratique, il pourra être ajusté, mais faisons un grand pas en
avant. Moi, ça m'apparaît suffisant, puis je pense que c'est... moi, c'est
comme ça que je l'analyse, ceci dit, encore une fois, avec tout le respect que
je dois au collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, qui fait bien sa revendication.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Oui, le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Moi, s'il y a bien une
chose que j'ai apprise depuis que je travaille ici, c'est que, dans un projet
de loi, tout se discute, tout se négocie, tout s'argumente. Il n'y a rien qui
est scellé dans le béton tant que ce n'est pas adopté, voté au salon bleu et
sanctionné par cette drôle d'institution qui s'appelle le lieutenant-gouverneur.
Donc, ce que vous mettez devant nous aujourd'hui, bien sûr qu'on peut en échanger, bien sûr qu'on peut en
discuter, puis il y a plein de choses sur lesquelles, en effet, on a
tous un peu bougé notre aiguille depuis le début de ce projet de loi. Alors,
moi, je me permets de le faire puis je suis certain que, quand vous prenez le
temps de le considérer, ce n'est pas juste pour avoir l'air d'avoir pris le
temps de le considérer, c'est parce que vous le considérez pour de vrai, ce qui
me conforte dans cette impression, en tout cas, qu'on peut en effet discuter de
tout dans un projet de loi.
Quand vous dites : C'est mieux de ne pas
trop avoir de monde pour ne pas que ce soit compliqué à négocier alentour d'une
table ou d'un chantier dans ce cas-ci, je comprends votre argument, mais, en
même temps, je ne vois pas son applicabilité en ce sens que, même si on a un
chantier, par exemple, dans votre modèle, de 1 200 travailleurs et plus,
donc avec cinq RSS, ça se fait très bien, dans ce cadre-là, que le maître de
chantier dise : Est-ce que je peux parler à un seul d'entre vous, quelqu'un
que vous allez vous choisir, là, comme étant une espèce de coordonnateur des RSS, puis on va venir négocier en face à face? Comme ça
se fait dans des négos. Puis, là-dessus, en effet, on a de l'expérience, vous
et moi, M. le ministre. J'en ai fait, de la négociation, vous en avez fait beaucoup
aussi. Ça arrive, en effet, que, des fois, plutôt qu'un gros comité de négociation,
là, à quatre, cinq personnes chaque côté, on en arrive, à un moment donné...
pour essayer de dénouer une impasse puis que ce soit un petit peu moins
protocolaire ou un petit peu moins dans les effets de toge, de vouloir faire
une rencontre face à face puis se parler plus franchement. Puis ça peut donner
des résultats. Ce n'est pas automatique que ça débloque, mais, des fois, en
effet, ça peut aller plus vite à ce moment-là. Mais il n'y a rien qui nous a
obligés, au préalable, d'être seulement un versus un à la table de négo tout le
long, on était quatre, ou cinq, ou trois, peu importe, puis, à un moment donné,
circonstanciellement... je ne sais pas si ça se dit, mais, en tout cas, de manière circonstancielle, on se rencontre en face à face. Mais
c'est la même chose ici. Il peut bien y avoir deux, trois, quatre, cinq
RSS puis que, si ça bloque sur un enjeu de santé-sécurité, de manière
circonstancielle aussi, à l'invitation de l'une ou l'autre des parties, mais qu'il
y ait une rencontre en face à face, moi, je ne vois aucun problème avec ça.
M. Boulet : Je comprends.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions au sous-amendement du député
d'Hochelaga-Maisonneuve?
M. Leduc : Je demanderais peut-être
une courte suspension, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 45)
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, je comprends que, suite aux discussions, le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous retirez... faire
quoi avec votre sous-amendement?
M. Leduc : Je vais le retirer, Mme
la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Avons-nous le consentement pour que le... nous retirions le sous-amendement?
Parfait. Ensuite, j'ai cru comprendre, M. le ministre, que vous voulez
également retirer votre amendement. Est-ce que c'est bien ça?
M. Boulet : Oui. Notre amendement à
239, nous demandons qu'il soit retiré et nous en...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Avons-nous le consentement? Consentement. Merci. Alors, également, je
comprends, M. le ministre, que vous voulez déposer, donc, un nouvel amendement
à 239.
M. Boulet : Oui, il est déjà
transmis au Greffier.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Il est déjà sur le Greffier, donc vous en avez tous. Avec votre consentement à tous, est-ce
que vous acceptez que le ministre
ne lise que la
partie qui est modifiée, et non pas les sept pages? Est-ce que nous avons le consentement pour
cette section, qu'il ne puisse lire que cette section? Parfait, consentement.
Alors, M. le ministre, à vous la parole.
M. Boulet : Merci aux collègues. Donc, l'amendement, donc, c'est le même, même 239
amendé, mais aux alinéas... ou aux paragraphes, plutôt, 13 et 16, à 1° et 2°,
au lieu de «100 à 299», ce sera «de 100 à 199». Donc, le «299» est
remplacé par «199». Et, au 2°, au lieu d'être «de 300 à 599», c'est «de 200»
donc, 200 au lieu de «300 à 599», 13 étant les représentants en santé et sécurité, puis 16 étant les pendants, les
coordonnateurs en santé et sécurité. Merci, c'est complet.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Avons-nous des
interventions? Oui, député d'Hochelaga-Maisonneuve, et ensuite ça sera
le député de Jonquière.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Bien, devant la discussion qu'on venait d'avoir avec M. le ministre
sur la nouvelle grille que je proposais, qu'il ne semblait être pas tout à fait
possible, là, d'intégrer, j'ai proposé qu'on se concentre peut-être sur le
premier palier, je pense que c'était ça, le... Tout est important, bien sûr,
mais le premier palier était particulièrement important pour qu'on atteigne
rapidement un deuxième coordonnateur. Je trouvais qu'à 300 la marche était un
peu trop haute, un deuxième coordonnateur, mais surtout un deuxième représentant,
pardon, mais, à 200, là, ça commençait à devenir un peu plus intéressant.
Alors, je constate que ce qu'il nous dépose,
c'est, dans le fond, essentiellement la même grille qu'il avait, mais avec le
premier palier qui, en effet, commence à 200 plutôt qu'à 300, où on atteint un
deuxième coordonnateur. Je pense que c'est important de
voir ça comme un duo, en tout cas, une équipe. Le RSS, là, c'est... idéalement,
il ne travaille pas seul, surtout sur un gros chantier. Idéalement, il a un
partenaire, ils se divisent des tâches, ils se divisent les endroits physiques
dans le chantier, les quarts de travail qui peuvent être étalés sur plusieurs
heures d'une journée. Alors, qu'on soit deux à partir de 200, ce n'est vraiment
pas de trop. Alors, moi, je salue le ministre, là, pour son ouverture à bouger
sur le premier palier puis je pense que c'est une bonne nouvelle pour
aujourd'hui.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Alors, nous avons le député de
Jonquière et ensuite le député de Nelligan.
M. Gaudreault : Oui. Alors,
moi, j'étais très préoccupé aussi par ces amendements. Tantôt, je n'étais pas
intervenu parce que je voyais que le ministre avait d'abord manifesté qu'il
n'était pas favorable à l'amendement du député
d'Hochelaga-Maisonneuve. Cependant, là, ça va nous prendre un appariement avec
le nombre de coordonnateurs.
M. Gaudreault : Parce que, là, ce
n'est pas mentionné, là. Moi, c'était ça ma... Ça a-tu été mentionné?
M. Boulet : Oui, je l'ai mentionné,
on l'a inclus. On en a... j'ai... l'amendement... le sous-amendement inclut
l'article 16.
M. Gaudreault : Ah! O.K., excusez.
M. Boulet : Pour que ce soit logique
et cohérent. Vous avez totalement raison.
M. Gaudreault : O.K. C'est bon. Ça
m'avait peut-être échappé quand vous l'avez nommé, mais...
M. Boulet : Non, ça a été fait.
M. Gaudreault : Mais, moi, c'était
quand j'écoutais l'échange préalable, quand on a repris, c'était mon gros point
d'interrogation. Parce qu'on s'entend que la santé et sécurité sur un chantier,
ça relève du maître d'oeuvre et pas juste du syndicat... ou pas plus le
syndicat. C'est le maître d'oeuvre qui est responsable de la santé et sécurité.
Puis le maître d'oeuvre, bon, on le sait,
nomme le coordonnateur. Alors, pour moi, c'était important. Donc, en
voyant 16, là, je constate effectivement
qu'il y a l'appariement, là, avec le nombre de coordonnateurs. Alors, si c'est
ça, ça va.
M. Boulet : C'est un excellent
commentaire.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Effectivement, il y a deux paragraphes qui ont été modifiés, le 13 et
le 16. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, député de Nelligan,
effectivement.
Derraji : Oui. Merci, Mme la
Présidente. En fait, j'avais la même intervention par rapport à
l'appariement. Donc, c'est extrêmement important, parce qu'au niveau de la
sécurité, comme l'a mentionné le collègue,
c'est aussi la responsabilité du maître d'oeuvre. Et donc, dans ce sens, oui,
on voit que le ministre a fait un pas par rapport aux représentants des
travailleurs. Je n'aurais pas besoin, je dirais, de continuer les discussions
sur leur importance, c'est extrêmement
important. Donc, il y a un petit pas par rapport à la catégorie un et deux,
donc il y a cinq catégories, mais il faut absolument avoir la même
logique au niveau des coordonnateurs nommés par le maître d'oeuvre.
Il reste juste une question que j'ai. Là, on
s'entend sur un règlement avec une date d'entrée en vigueur comme on va
discuter un peu plus tard?
M. Derraji : O.K., parce que c'est
extrêmement important. Ce qu'on dit, c'est du droit nouveau, il ne faut pas
basculer très rapidement les habitudes. Il y a des chantiers qui sont encore...
il y a des chantiers qu'ils sont déjà en ce monde, hein? Pensons à pas mal de
chantiers au Québec. Il y a pas mal de choses en place. Donc, si j'ai bien
compris, c'est lors de nos échanges sur le fameux tableau que j'ai demandé, sur
les dates d'entrée en vigueur de ces règlements, qu'on va en discuter, du début
de la mise en application de ce que nous sommes en train de voir.
Donc, au jour de la sanction... je veux juste
clarifier parce qu'il y a des gens qui nous suivent qui, à un certain moment,
entre guillemets, capotent par rapport à ce qu'on est en train d'ajouter. Ce
que nous sommes en train de voir, ce n'est pas à la date de la sanction du
projet de loi. Il va y avoir un plan de mise en oeuvre, et on va donner du
temps à ces gens pour s'adapter à la nouvelle réalité. Est-ce que c'est ce que
je dois comprendre et c'est ce que les intervenants doivent comprendre, qui
suivent les travaux de notre commission?
M. Boulet : La réponse, c'est oui.
Vous avez totalement raison. Quand j'ai dit : Excellent commentaire au
collègue de Jonquière, ça s'applique à vous. C'est un excellent commentaire,
parce que le coordonnateur est le pendant du représentant. Non, mais je pense
qu'il faut le souligner. Puis ça démontre une connaissance fine, là, des
mécanismes.
Deux, sur la date d'entrée
en vigueur, oui, on va sanctionner la loi, mais, après ça, il faut donner le
temps aux parties de déployer les mécanismes. Donc, il y aura un délai pour
mettre en application, et ce délai-là, il va être discuté au moment des
dispositions transitoires. Puis effectivement l'idée vient de vous, je pense,
originairement, qu'on ait comme une espèce de calendrier de dates d'entrée en
vigueur.
M. Derraji : Un «timeline», parce
que le projet de loi... Désolé de vous interrompre, M. le ministre, c'est que,
même pour les gens qui suivent... Nous, on nage dans ce projet de loi depuis
les consultations, depuis décembre. Il y a
beaucoup, beaucoup de choses. C'est un projet de loi qui est extrêmement
important. Moi, je pense, le «timeline», la chronologie, désolé pour...
la chronologie de mise en oeuvre de ce projet de loi, avec l'ensemble des
règlements, doit être très claire, efficace, et que... même pour nous, parce
que, là, et c'est la prochaine étape, j'aimerais bien, si c'est possible, avoir
l'ensemble des règlements où vous prévoyez des dates, de nous la soumettre pour
voir avec l'ensemble des intervenants est-ce que c'est faisable ou pas.
Je ne veux pas, aujourd'hui, dire : Pour
telle action, un an. Mais sur quoi je me base? On doit faire des vérifications,
on doit parler avec les groupes pour s'entendre sur le pourquoi du comment.
Sont-ils prêts? Si c'est non, comment on
peut les accompagner? Parce que le but, ce n'est pas leur rendre la tâche
difficile. On veut l'adhésion complète de l'ensemble des partenaires,
que ça soit du côté syndical, que ça soit du côté patronal ou entrepreneur.
Donc, si on a un plan de certains règlements
qu'on sait ça va arriver dans le temps, je préfère... et je vous soumets l'idée de nous préparer... même un «draft»
du tableau, pour que nous puissions faire nos vérifications et arriver
avec des dates logiques.
M. Boulet : Puis vous avez
totalement raison, il va y avoir deux mots-clés pour moi, «communication» et
«formation». Il va falloir avoir une stratégie de communication puis ensuite
s'assurer qu'il y ait de la formation partout dans les milieux pour qu'on
comprenne bien les nouveaux mécanismes, comment les mettre en application, avec
toujours le même objectif en tête, qu'il y ait de la prévention partout.
M. Derraji : C'est excellent. Je
vous remercie, M. le ministre, de ramener ce point. Et la CNESST a un rôle à
jouer extrêmement important dans l'accompagnement de la mise en oeuvre auprès
de ces milliers d'entrepreneurs qui doivent se conformer à la nouvelle réalité.
Notre but majeur, c'est améliorer la sécurité et non pas penser à des sanctions
où tu es hors-la-loi. Au contraire, ce que nous aimerions, c'est plutôt avoir
une collaboration pour diminuer les accidents sur nos chantiers, surtout par
rapport au volet de la construction.
Donc, oui, on doit s'entendre sur la mise en
oeuvre, mais, au-delà de la mise en oeuvre, avant de parler des sanctions,
avant de parler des problèmes, j'aimerais bien que la CNESST, avec l'ensemble
des intervenants au niveau de la construction... d'avoir un plan pour les
accompagner, pour être prêt le jour J, le jour du début de la mise en oeuvre.
Donc, oui, pour la date, on doit s'entendre sur la date, mais j'aimerais bien
que la CNESST, que vous envoyez le message, qu'on envoie tous le message qu'il
doit être en mode accompagnement de ces gens.
Parce que ce n'est pas tout le monde qui a la même
expertise. Oui, pour certains chantiers, c'est des gens qui sont très
familiers, c'est facile, mais, s'il y a des problèmes en amont par rapport à la
formation, par rapport à la disponibilité des coordonnateurs, par rapport à la disponibilité
de la formation au niveau des syndicats, bien, qu'on soit prêts. Si c'est le
délai de deux ans, donnons-nous le temps d'avoir les personnes qualifiées sur
nos chantiers.
M. Boulet : Très, très bien compris.
Ça va.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci pour l'intervention. Y en a-t-il d'autres? Oui, député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Très rapidement, sur la
question des délais, moi, je veux juste réitérer que c'est normal qu'il y en
ait un, là. Je ne m'attends pas à ce que ce soit au jour un de la sanction,
mais je serais assez inquiet puis franchement déçu si ce délai-là, quand on arrivera
aux études... à l'étude des articles transitoires, soit long, là. Quand on
parle de plus de six mois, là, je commence à trouver ça un peu intense. On
voulait une réforme, on la voulait active le plus vite possible. En tout cas,
je réitère ma position, à savoir... normal qu'il y ait un délai, mais il ne
faut vraiment pas qu'il soit trop long, parce que, sinon, on perd du temps, en
fait. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement? Vous comprenez que, si
on vote l'amendement, c'est aussi l'article. Après ça, je vais voter l'article,
mais là, parce que je pense que, député de Jonquière, vous aviez l'air à dire
tantôt... ou hier...
M. Gaudreault : Moi, je vais avoir
des questions sur l'article, là.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Bien,
ça devient l'amendement.
M. Gaudreault : Ah oui! C'est vrai,
parce que le ministre a déposé...
La Présidente (Mme IsaBelle) : Si
vous avez des questions, c'est l'amendement, c'est ça.
M. Gaudreault : Oui. O.K.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Oui, parce que l'amendement comprend tout l'article.
M. Gaudreault : Merci de me rappeler
à l'ordre. Ça ne fait pas assez longtemps que je suis député, Mme la Présidente,
pour bien démêler tout ça. Alors, bien, moi, j'avais des questions sur la formation.
Je veux que le ministre nous précise un certain nombre de choses, parce que,
dans le premier échange qu'il y a eu entre le ministre et le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
le ministre faisait souvent référence à la formation. Moi, ce que j'ai compris,
bien, ce que j'ai compris, oui, j'ai compris
parce que j'ai lu le projet de règlement, formation des membres du comité de chantier, c'est
une durée minimale d'une heure sur six gros picots. O.K. Ça, c'est l'article 11.
La formation minimale des RSS... Je dois vous dire, ça me fait toujours penser
à l'URSS quand je dis ça. D'ailleurs, on devrait créer une union des
représentants en santé et sécurité, ça ferait URSS. Mais, excusez, il fallait
que je le dise, là. Ma journée va être faite. Donc, les...
M. Gaudreault : La formation des
RSS, minimale, elle, elle est de trois heures. Ça, c'est
l'article 14. La formation minimale pour les chantiers, selon 212.1,
donc de 12 millions et plus, est de 40 heures, O.K.? Tout le monde me
suit? Puis la formation des coordos, des coordonnateurs, en vertu de
l'article 17, est d'une durée minimale de 240 heures théoriques,
formation théorique. Bien, quand on met des heures... quand on met des durées
minimales, je ne sais plus c'est qui, qui faisait mention de ça tantôt, on a
souvent tendance à rester au minimum. Puis là on a... tu sais, pour les membres
du comité de chantier, là, on a six picots, du... pour une heure, ça,
ça veut dire 10 minutes par sujet. 10 minutes, là, sur, par exemple,
le suivi des rapports d'inspection effectués sur le chantier de construction ou
10 minutes sur les mécanismes de prévention applicables sur un chantier de
construction, ça m'apparaît très peu. Et j'ai énormément confiance aux gens sur
les chantiers, aux entrepreneurs, et tout, aux maîtres d'oeuvre, moi, je
présume de la bonne foi, mais j'ai peur que la réalité des choses sur les
chantiers fasse en sorte qu'on se colle sur les demi-heures et... sur les
demi-heures, sur les heures minimums.
Même chose pour le représentant en santé et
sécurité, donc le RSS, qui, lui, il a une durée minimale de trois heures. Puis, moi, ce qu'on m'indique,
là, parce que j'ai parlé à des gens qui sont habitués de donner des
formations, là, juste sur le picot 6°, là, pour les RSS, l'enquête
d'accident et l'analyse des incidents rapportés, moi, on m'indique que juste
cette formation-là, là, ça peut prendre au moins quatre heures pour le
picot 6°. Puis là la durée minimale, c'est trois heures pour
l'ensemble des six picots.
Donc, je suis profondément préoccupé par les
durées minimales, qui, à mon point de vue, m'apparaissent insuffisantes. Puis
là, si on parle du coordonnateur, il a une formation théorique de 240 heures,
mais une formation théorique, là, une formation théorique, ça veut dire qu'on
peut se retrouver avec des coordonnateurs en santé et sécurité sur des
chantiers... on peut se retrouver dans des scénarios où il y en a qui n'auront
jamais mis les pieds sur un chantier de construction.
Moi, là, je pourrais aller me chercher une
formation de 240 heures, là. Je n'ai jamais mis les pieds sur un chantier
de construction, sauf quand j'ai fait rénover ma cuisine dans ma maison avec
les... mais, à part ça, je n'ai jamais été sur un chantier de construction. Ça
fait que «watch out» si je me retrouve sur un chantier chez Rio Tinto à Arvida,
là. Donc, moi, je pense que ça prend des stages en chantier qui soient
absolument un prérequis ou une expérience pertinente, donc.
Ah! puis je termine aussi avec un picot très
important. Dans l'article 17, toujours pour les coordonnateurs, je ne vois
rien qui concerne l'aspect relationnel, ce que moi, j'appelle le relationnel ou
l'aspect leadership. Parce qu'on peut avoir une formation théorique sur les
enjeux, les 11 picots qui sont là, à l'article 17, là, le cadre
législatif, les mécanismes de prévention, le rôle et les fonctions générales du
coordonnateur, les mesures de sécurité, l'audit de gestion, mais la personne
peut avoir des défis quant à sa capacité de communiquer ça. Puis on le sait,
là, on est tous dans des négociations, puis
l'aspect relationnel est important. Sur des chantiers de construction, on le
sait, les relations, des fois, c'est difficile. Ça va vite entre les
travailleurs, les travailleuses.
Donc, moi, je pense qu'il faudrait ajouter un
12e picot. Je comprends que, quand on dit «la formation doit
notamment porter sur les sujets suivants», donc le «notamment» fait que ça ne
l'exclut pas, mais j'insiste quand même pour l'ajouter, quelque chose comme
«leadership en milieu de travail et stratégie de com», ou j'accepterais
«relations interpersonnelles et habiletés de communication» ou quelque chose du
genre, là, pour être dans... au moins l'affirmer. Parce que ce n'est pas que de
la connaissance technique sur un certain nombre de choses, c'est aussi la
capacité de le livrer, c'est aussi la capacité de passer le message, d'avoir
quasiment des habiletés psychosociales pour passer des messages.
Donc, je termine en disant : J'aimerais que
le ministre m'explique comment il va faire pour que les heures minimales de
formation ne soient pas que des minimales, mais que la CNESST insiste pour que
ça soit du maximum, que ça soit beaucoup
plus. Puis j'aimerais aussi l'entendre
sur l'aspect stage ou expérience terrain des coordonnateurs avant qu'ils arrivent sur un chantier, deuxième
élément. Puis, troisième élément, j'aimerais ça qu'il me dise s'il est
prêt à rouvrir le picot 11°...
bien, l'article 17, pour ajouter un picot 12° sur quelque chose comme
relations interpersonnelles et habiletés de communication.
M. Boulet : Est-ce qu'on peut
suspendre deux minutes? Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) : Oui. C'est ce que j'allais vous demander.
Alors, nous allons
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
10 h 25)
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, M. le ministre, voulez-vous prendre la parole ou on donne
immédiatement la parole au député de Jonquière pour le sous-amendement?
M. Boulet :
Peut-être que j'aurai des remarques à faire. Un, l'offre de formation est à
développer en tenant compte du règlement dont nous discutons. La formation, et
je mets l'accent là-dessus, c'est d'une durée minimale. Ce qui est important,
c'est que la formation soit d'une durée qui respecte la capacité des personnes
à bien faire leur travail, c'est-à-dire de la prévention. Donc, je veux
m'assurer que ce soit bien compris, à la commission, que c'est d'une durée
minimum, bon, pour le représentant en santé et sécurité à temps partiel puis le
représentant en santé et sécurité à temps plein.
Autre point, pour le
coordonnateur, la formation se donne en ligne. Il faut s'assurer de travailler
à diversifier l'offre de formation qui est
dispensée par Ahuntsic, mais il y a un stage pratique qui se fait, après la formation
théorique, en milieu de travail, c'est-à-dire sur un chantier de construction,
d'une durée de 480 heures. J'ai dit 460 tout à l'heure, je pense, mais
c'est 480. Et donc ça, ce n'est pas réglementé, parce que c'est de la matière
de l'institution d'enseignement. Vous comprendrez, collègue, que, si ça change
à 520, on n'adaptera pas le règlement en fonction du cours qui est dispensé à
Ahuntsic, et donc... Et ça, ça va se poursuivre, ce stage pratique là. Donc, je
pense que c'est un point qui était important pour le collègue de Jonquière.
Quant à la... ce que
vous appelez le 12e picot, bon, je sais que vous avez... on a reçu un
sous-amendement. Je vais vous laisser le présenter puis je ferai un
commentaire.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Oui, M. le ministre. Effectivement, là, je vous invite,
député de Jonquière, de lire votre sous-amendement.
Gaudreault : Oui, mais peut-être, juste avant, si vous permettez, je
vais juste en ajouter sur les premières interventions du ministre. Donc, sur
les formations minimales pour les représentants en santé-sécurité à temps
partiel, que le ministre appelle à temps partiel, et pour les membres des
comités, on comprend que c'est indiqué d'une durée minimale d'une heure, une
durée minimale de trois heures pour les RSS, mais que les programmes de
formation qui sont en train d'être montés par la CNESST risquent, de toute
façon, d'être d'une durée plus longue que la durée minimale, si on veut bien
couvrir les sujets abordés.
M. Boulet :
Moi, je le souhaite. Il faut que la commission évalue bien les besoins. Le une
heure, c'est pour les membres du comité qui ne sont pas des RSS, là, c'est
d'autres membres. Pour les RSS, c'est un minimum de trois heures à temps
partiel, parce qu'il y a souvent de la mobilité, puis 40 heures pour les
RSS à temps plein, mais c'est véritablement un minimum. Puis j'invite, dans la
préparation du... on dit... bien, de l'offre de formation, qu'on tienne compte
que c'est véritablement un minimum, puis, si on veut respecter les objectifs de
notre règlement, il faut s'assurer que ça aille au-delà de ça.
Gaudreault : O.K. Donc, on va suivre ça attentivement. Et, maintenant,
avant d'aller à mon sous-amendement, Mme la Présidente, sur les stages, bien,
moi, je trouve que c'est une bonne nouvelle, là, 480 heures. Je ne suis
pas très bon en maths, là, mais, si on divise ça par 40 heures, admettons,
ça nous fait combien de semaines? C'est quand même plusieurs semaines.
M. Boulet :
12 semaines, oui.
Gaudreault : Oui, à peu près.
M. Boulet :
Si c'est 40 heures, oui.
Gaudreault : Sur un chantier.
Gaudreault : Puis la manière
dont je le comprends, c'est comme si, dans l'offre de formation
d'Ahuntsic, du collège d'Ahuntsic, c'est nécessaire, pour obtenir le papier
d'Ahuntsic, d'obtenir cette...
M. Gaudreault :
Ce n'est pas juste d'avoir son 240 heures théoriques, mais c'est d'obtenir
le stage de 480 heures sur le... Je veux dire, Ahuntsic ne délivrera pas...
ça ne se dit pas, Ahuntsic ne donnera pas son diplôme tant qu'il n'y aura pas
eu et le 240 heures théoriques et le 480 heures de stage.
M. Gaudreault : Ça veut dire que, si
jamais il y a d'autres collèges, ou cégeps, ou institutions qui offrent ce type
de formation, ils devraient... s'ils veulent être dans la game, il faut qu'ils
se collent à ça.
M. Boulet : J'ai la même
compréhension que vous.
M. Gaudreault : Parfait. Maintenant,
mon sous-amendement, Mme la Présidente, se lirait de la manière suivante, puis
il est disponible sur Greffier.
L'article 239, qui introduit
l'article 17 du Règlement sur les mécanismes de prévention propres à un
chantier de construction :
Ajouter, à la fin de l'amendement proposé à
l'article 17 du Règlement sur les mécanismes de prévention propres à un
chantier de construction, proposé par l'article 239 du projet de loi, le
paragraphe suivant :
«12° les relations interpersonnelles et les
habiletés de communication.»
Peut-être juste un petit mot, là. Ce que je
comprends, c'est que ce
titre reprend, au fond, le
titre de la
section de la
formation qui est donnée par le collège. Donc, à ce moment-là, on est pas mal
dans le vocabulaire conforme, mais, moi, ça m'apparaît important de l'ajouter
dans le règlement parce que, bien, ça le dit, ce n'est pas tout d'avoir une connaissance théorique des enjeux de sécurité,
il faut encore être capable de les faire passer, de les communiquer,
d'avoir des attitudes de leadership en milieu de travail, et je pense que cet
élément-là est extrêmement important. Alors, ça va aller là-dessus, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Y a-t-il des interventions sur le sous-amendement déposé par le député
de Jonquière? S'il n'y a pas d'intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Gaudreault (Jonquière)?
Le Secrétaire :
M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Dansereau : Pour.
Le Secrétaire :
Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Le Secrétaire :
M. Poulin (Beauce-Sud)?
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Derraji (Nelligan)?
Le Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
Présidente (Mme IsaBelle) : Abstention. Donc, le sous-amendement
déposé par le député de Jonquière à l'article 239 est adopté. Nous
poursuivons sur l'amendement déposé par le ministre. Y a-t-il d'autres
interventions? Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Je veux juste souligner, à moins que je me trompe, il y avait toute une
controverse, là, sur le nombre d'heures de libération, là, du coordonnateur,
qui avait été baissé. Puis je crois constater qu'on le ramène à 240 heures
dans l'amendement du ministre. Je ne me trompe pas?
M. Boulet :
Oui. Suite aux consultations particulières, oui, c'est un amendement qu'on
avait déposé. Donc, c'est revenu à 240 plutôt que le 120.
M. Leduc :
Puis ça, vous l'aviez déposé en mars, hein, si je ne me trompe pas, dans la liasse
de mars.
M. Boulet :
Oui, tout à fait. Oui.
M. Leduc :
Bien, c'est une bonne nouvelle. Je voulais juste la souligner. Merci.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Parfait. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement
déposé par le ministre? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Dansereau :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Le Secrétaire :
M. Poulin (Beauce-Sud)?
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Derraji (Nelligan)?
Le Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
Le Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Abstention. Donc, l'amendement déposé par le ministre à l'article 239
est adopté. Nous y allons maintenant pour l'article tel qu'amendé. Alors,
l'article 239, tel qu'amendé, est-il adopté? Nous allons procéder à la
mise aux voix.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Secrétaire : Mme Dansereau (Verchères)?
Dansereau :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Le Secrétaire :
M. Poulin (Beauce-Sud)?
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Derraji (Nelligan)?
Le Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
Le Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Abstention. Donc, l'article 239, tel qu'amendé, est adopté.
Nous poursuivons. Maintenant,
M. le ministre, si je comprends bien, nous rentrons dans un nouveau bloc, Règlement.
M. Boulet :
Et sur la Santé publique, si je ne m'abuse.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Sur les mécanismes de prévention, oui.
Boulet : Avec votre accord,
oui, on va suspendre, s'il vous plaît, pendant quelques minutes, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Parfait.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
10 h 44)
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Alors, je me corrige. Tantôt, j'ai dit qu'on arrivait dans
une section, Règlement, alors que nous
sommes toujours dans le bloc Prévention, 5.2, Soutien aux milieux de travail,
5.2.1, Réseau de la santé publique et
en santé au travail et Gestion de la prévention en santé. Nous arrivons donc à
a, avec l'article 172. M. le ministre.
M. Boulet :
Oui. Merci. Donc, un commentaire préliminaire, là. C'est une nouvelle section,
c'est le redéploiement de la Santé publique en tenant compte de ce que nous
avons fait, c'est-à-dire d'intégrer le volet santé dans le programme de
prévention. Et tous les articles, il y a des aspects administratifs parce qu'il
y aura des ententes, bien sûr, entre la commission
des normes et le ministère de la Santé, d'une part, puis il y a des aspects
plus techniques, là, parce que ça met en relief la nature des
interventions de la Santé publique.
Et, après chaque article,
il y a des amendements par paragraphe, et c'est pour tenir compte des préoccupations
de la Santé publique. En fait, on a intégré dans les amendements les
préoccupations exprimées par la Santé publique lors des consultations
particulières, et les amendements, ils ont tous été déposés au mois de mars,
là, puis la Santé publique... c'est toutes les assises de cette section-là. Et
je pense qu'on a bien répondu à tous égards aux préoccupations de la Santé
publique et de ceux, bien sûr, qui nous ont exprimé des préoccupations lors des
consultations particulières.
Donc, on va les faire
article par article, mais,
vous allez voir, c'est assez technique et administratif, là, mais on sera
ouvert. Puis je vais faire le premier article, puis le
premier article, il y a trois amendements, en fait, sur
trois paragraphes distincts, là. Des fois, je me demande pourquoi c'est
tout mis dans le même, là, mais...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Est-ce que vous allez quand même lire tout l'article 172 d'un coup?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Oui?
Merci.
M. Boulet : Merci. Les légistes,
parfois...
M. Boulet : Ceci dit avec respect,
là. Je n'ai rien dit de mal, hein, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Non,
non, non, c'était parfait.
M. Boulet : J'ai dit «parfois».
M. Boulet : Mais que ça soit fini,
oui, oui. Bon :
Les articles 107 à 109 de cette loi sont
remplacés par les suivants :
«107. En collaboration avec le ministre de la
Santé et des Services sociaux, la commission élabore des programmes de santé au
travail et détermine les priorités en matière de santé au travail ainsi que les
territoires ou les établissements ou catégories d'établissements sur lesquels
ils s'appliquent.
«108. La commission élabore, en collaboration
avec le ministre de la Santé et des Services sociaux, un cahier des charges
destiné aux centres intégrés de santé et de services sociaux qui précise les
attentes et les exigences en matière de santé au travail notamment quant à la
mise en application des programmes de santé au travail.
«Pour l'application du présent chapitre,
lorsqu'une région sociosanitaire compte plus d'un centre intégré de santé et de
services sociaux, une référence à un tel centre est une référence à celui issu
de la fusion d'une agence et d'autres établissements au sens de la Loi
modifiant l'organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des
services sociaux notamment par l'abolition des agences régionales.
«109. Aux fins de la mise en application des
programmes de santé au travail et en tenant compte du cahier des charges, la
commission et le ministre de la Santé et des Services sociaux concluent une
entente-cadre de gestion et d'imputabilité prévoyant le contenu minimal des
contrats devant intervenir entre la commission et les centres intégrés de santé
et de services sociaux.
«Cette entente doit notamment prévoir les règles
applicables à la gestion des contrats entre la commission et les centres
intégrés de santé et de services sociaux et à la reddition de comptes qui doit
être effectuée.
«109.1. Conformément au cahier des charges et
aux fins d'assurer les services nécessaires à la mise en application des
programmes de santé au travail, un centre intégré de santé et de services
sociaux doit élaborer une offre de services décrivant les moyens qu'il entend
utiliser et le coût des services qu'il s'engage à déployer.
«109.2. La commission conclut avec chaque centre
intégré de santé et de services sociaux un contrat aux termes duquel,
conformément au cahier des charges, le centre s'engage à assurer les services
nécessaires, notamment ceux pour la mise en application des programmes de santé
au travail élaborés par la commission, sur le territoire qu'il dessert ou aux
établissements ou catégories d'établissements qui y sont situés.
«En outre des éléments prévus dans
l'entente-cadre de gestion et d'imputabilité, le contrat contient l'offre de
services élaborée par le centre intégré de santé et de services sociaux.
«Le centre intégré de santé et de services
sociaux désigne, dans le contrat, toute personne ou société qui exploite un
centre hospitalier ou un centre local de services communautaires et qui
dispense, parmi les centres visés au premier alinéa, ceux qu'il ne peut fournir
lui-même; cette personne ou cette société est liée par le contrat.
«Ce contrat est déposé par le centre intégré de
santé et de services sociaux auprès du ministre de la Santé et des Services
sociaux.»
Donc, explication. Comme vous voyez, c'est
technique, administratif, là, mais c'est respectueux, là, de ce qui était... Je
vais donner des explications quand même assez
sommaires, après ça, présenter
les amendements.
Donc, programmes de
santé. Donc, la commission élabore les programmes de santé au travail,
détermine les priorités en collaboration avec le ministre. La commission
élabore, en collaboration avec le ministre de la Santé, le cahier
de charges. C'est dans le cahier de charges qu'il y a les attentes et les
exigences, incluant celles relatives à l'application des programmes de santé.
On prévoit la conclusion d'une entente-cadre de gestion et d'imputabilité entre la commission et le ministre de la Santé. On
prévoit qu'un centre intégré élabore une offre de services conforme au
cahier des charges. L'offre de services indique les moyens et les coûts des
services nécessaires. On prévoit aussi la conclusion d'un contrat entre la
commission et chaque centre intégré. Le contrat doit être conforme au cahier
des charges et au contenu minimal, puis on prévoit que le directeur de la santé
publique est responsable de la mise en application du contrat sur le territoire
desservi. Donc, en gros, c'est ça. C'est une mécanique, là. C'est comme une
espèce de casse-tête où tous les morceaux s'intègrent les uns dans les autres.
Le premier
amendement, c'est...
La Présidente
(Mme IsaBelle) : ...c'est bien ça, M. le ministre, oui?
M. Boulet :
Oui. Ajouter, à la fin de l'article 107 de la loi, proposé par
l'article 172 du projet de loi, l'alinéa suivant :
«Les programmes de
santé au travail sont évalués et mis à jour régulièrement par la commission en
collaboration avec le ministère de la Santé et des Services sociaux.»
Explication. Ça vise
à préciser que la commission, en collaboration avec le ministre, devra évaluer
et mettre à jour les programmes de santé au travail qu'elle aura élaborés. Ça,
c'était le premier amendement. Deuxième...
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Est-ce que vous voulez les... Est-ce qu'on les
fait tous en même temps ou on y va un...
M. Boulet :
Moi, je les ferais tous en même temps, parce que c'est tout un bloc, là, cet
article-là, là.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait. D'accord.
Boulet : Insérer, après l'article 107 de la
Loi sur la santé et
la sécurité, proposé par l'article 172, les suivants :
«107.1. Les
programmes de santé au travail ont notamment pour objectifs :
«1° d'identifier les
risques pouvant altérer la santé des travailleurs et les impacts possibles sur
ceux-ci;
«2° de proposer des
méthodes et techniques visant à identifier, contrôler ou éliminer ces risques;
«3° de préciser les
services offerts par les intervenants en santé au travail et le directeur de la
santé publique pour soutenir les employeurs dans l'élaboration des éléments de
santé de leur programme de prévention ou de leur plan d'action.
«107.2. La commission
publie les programmes de santé au travail sur son site Internet.»
Explication. Bon, ça
vise à préciser les principaux objectifs des programmes de santé au travail et,
d'autre part, à spécifier que ces programmes
seront publiés sur le site Internet de la commission afin d'en assurer leur
accessibilité.
Le troisième
amendement, Mme la Présidente : Supprimer le troisième alinéa de
l'article 109.2 de la loi proposé par l'article 72.
Explication. Ça supprime
le troisième alinéa de 109.2 proposé puisqu'il n'est plus applicable depuis la
constitution des centres intégrés de santé et de services sociaux. En effet, ces
derniers seront en mesure de fournir eux-mêmes tous les services prévus au
contrat conclu avec la commission.
Donc, c'est un...
c'est tous des blocs LEGO, là, puis ça forme le coeur du redéploiement, là, de
la Santé publique en matière de santé au travail.
Présidente (Mme IsaBelle) : M. le ministre, vous savez été plus rapide que moi. Oui, député d'Hochelaga-Maisonneuve. En fait,
c'est qu'on aurait eu besoin du consentement pour lire les trois amendements
d'un seul coup. Est-ce que c'était ça, député d'Hochelaga?
M. Leduc :
En fait... ou c'était pour savoir si ce qui avait été lu était exactement la
même chose qui nous avait été déposée en mars. J'ai écouté pendant que vous le
nommiez, ça me semblait être le cas, mais j'aurais voulu qu'on me le confirme.
M. Boulet :
Un instant, on va suspendre, puis je vais avoir...
La Présidente
(Mme IsaBelle) : D'accord. Alors, nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à
11 h 02)
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alors, M. le ministre a lu les trois amendements
d'un seul coup. Est-ce que j'avais votre consentement pour le faire? Je présume
que oui, mais, par contre, nous allons les étudier un après l'autre. Ça vous
va? Alors, concernant le premier amendement touchant l'article 107 de la
loi, est-ce qu'il y a des interventions? Oui, député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui, c'est sur l'amendement, là, mais on dirait que j'aimerais ça que le
ministre nous introduise un petit peu plus sa vision des choses quant à
la relation entre Santé publique et CNESST. Les deux morceaux sont
hyperimportants, Santé publique, CNESST. Et l'objectif, c'est toujours
d'atterrir dans les milieux de travail avec des mesures les plus efficaces pour la santé et sécurité, pour les travailleurs, les travailleuses. C'est
juste ça qui doit nous guider.
Mais, peut-être juste avant, le ministre a fait
souvent référence, depuis le début des travaux en commission parlementaire,
puis il l'a fait également à plusieurs reprises dans l'espace public, mais au
salon bleu également, encore hier ou avant-hier, sur des enjeux qu'on a
étudiés, il le mentionnait, il est mobilisé, le ministre est motivé par la
valeur d'efficacité, de réduire aussi la bureaucratie, d'être plus efficace.
Alors, moi, j'aimerais qu'il nous explique en
quoi cet amendement, puis ces articles, 107 et suivants, puis tout le reste,
là, va venir démêler un petit peu les enchevêtrements entre Santé publique,
Commission des normes, de l'équité, santé et sécurité au travail. Comment on va
faire en sorte que les ressources vont suivre aussi? Parce que, là, on parle du programme de santé au travail, on
parle du cahier des charges. Je sais que je ne suis pas... tu sais, je me
sers plus de l'amendement pour amener une réflexion générale, le rôle des
médecins, le rôle de la CNESST là-dedans, après ça, les intervenants qui
doivent agir au jour le jour dans les milieux de travail.
Autrement dit, je résume en disant : Mon
souci, moi, là, s'il y a une place où on peut travailler pour enlever des échelons
pour que ça aille mieux, puis plus vite, puis plus efficace, je pense que c'est
là, et je veux entendre le ministre là-dessus.
M. Boulet : Oui, je conserve le même
souci d'efficacité. Évidemment, c'est le redéploiement de la Santé publique. Là,
on parle d'un environnement où l'ensemble des milieux de travail vont devoir
avoir un programme de prévention avec un volet Santé. Donc, il fallait
repositionner la façon dont la Santé publique allait collaborer avec la
commission puis les milieux de travail. Je pense que les mots-clés... Oui, je
pense que ça va être beaucoup plus simple, beaucoup plus efficace, parce que la
Santé publique non seulement intervient, mais va faire des programmes de santé
cadres qui vont inspirer les volets Santé par établissements puis ils vont
collaborer avec la façon dont ça va être mis en place. Puis c'est pour ça que
je disais tout à l'heure : Ça va être superadministratif et technique,
cette section-là, mais ça répond à l'ensemble des préoccupations des directeurs
de la santé publique. Et la meilleure façon d'exprimer l'efficacité, là, c'est
que je pense qu'on utilise de manière optimale ce que la Santé publique peut
faire au bénéfice des milieux de travail pour améliorer leur volet Santé puis
leur prévention.
Et ce qu'ils font, là, je vais vous donner un
inventaire assez
sommaire, ils vont soutenir les milieux de travail en matière
de gestion de risques. Puis tout ça, collègue, évidemment, c'est ça qui est
administratif puis technique, là, on répète les ententes entre la commission
puis le... puis qu'il faut que ce soit évolutif, collaboration avec la Santé
publique. Donc, ils soutiennent les milieux de travail en matière de gestion
des risques, là, tous les risques biologiques, chimiques, physiques,
ergonomiques, ils interviennent pour aider, puis les psychosociaux aussi, là.
Ils vont évaluer la conformité des plans d'action puis des programmes de
prévention en collaboration avec la CNESST.
Je pense qu'on vient donner une arme... en fait,
un bras expert à la commission en matière de santé. Je pense que ça serait ma
façon simple de l'exprimer. La Santé publique peut évaluer la présence de
contaminants dans l'air des milieux de travail. Avec des techniciens en
hygiène, ils font de la surveillance médicale, s'il y a des indicateurs, par
exemple, biologiques. Ils vont soutenir les milieux de travail pour mettre des
trousses de premiers secours puis de premiers soins. Puis là on n'est plus dans
les secteurs 1 et 2, là, on est tout le monde au Québec, là. Tu sais, ce
n'est plus 25 %, c'est 100 %.
Des sessions d'information sur la nature des
risques en matière de prévention, ils font du soutien-conseil sur tout ce qu'on
appelle les équipements de protection individuelle, parce qu'on sait qu'en
vertu de la loi les employeurs doivent fournir gratuitement les équipements de
protection individuelle qui sont identifiés par le comité de santé et sécurité
ou qui sont requis pour l'exercice sécuritaire du travail. Ils vont soutenir
dans la gestion en santé et sécurité pour réduire les risques. Ils vont
soutenir aussi, parce qu'on va en parler après la Santé publique, le programme
de maternité sans danger. Ils font du soutien-conseil pour... en regard de la
réaffectation des travailleuses enceintes ou qui allaitent.
Il y en a beaucoup, là, mais la Santé publique,
elle est extrêmement tentaculaire, puis là on vient faire un arrimage entre la
Santé publique, qui relève, bien sûr, du ministère de la Santé et des Services
sociaux, et la commission des normes dans le contexte d'un nouveau déploiement
et d'une nouvelle façon de faire, comme on a adopté
déjà que le volet Santé ferait dorénavant
partie du programme de prévention.
Donc, plan d'action, intervention, collaboration, communication, c'est
des mots-clés, mais j'aime que le collègue parle d'efficacité.
Et c'est sûr qu'il y a beaucoup qui va se faire
entre la commission, et la Santé publique, et le ministre. Puis, dans tous les
aspects techniques fins, si jamais vous aviez des questions... Ce que
j'inviterais le collègue à faire... C'est que ce n'est pas le jour où on aura
fini et adopté le projet de loi que notre rôle, comme parlementaires, cesse,
puis vous êtes le porte-parole du Parti québécois en matière de travail. Moi,
je vais vous inviter à ce qu'on se rencontre,
puis Jean, puis... qu'on parle à la commission des normes, qu'on essaie de voir
comment ça va puis comment... Tu
sais, le rapport de mise en application, là, dans cinq ans, là, il va être
riche de nos interventions, puis des suivis, puis de la vigie que nous
ferons tous. Puis je le sais que vous allez être comme ça, les trois collègues.
Ça fait que, voilà, en gros, c'est ce que je voulais dire, là. «Efficacité»,
c'est certainement un mot qui va devoir nous guider constamment.
M. Gaudreault : O.K. Si on revient
précisément à l'amendement à l'article 107, on dit : «Les programmes
de santé au travail sont évalués et mis à jour régulièrement par la commission
en collaboration avec le ministre de la Santé et des Services sociaux.» Bon,
quand on dit «mis à jour régulièrement», ça veut dire quoi, ça? Parce que moi, j'ai parlé un peu à du monde, là, qui travaille en cette
matière, et on me dit : Parfois, là, on manque tellement de ressources
qu'on n'a même pas fini de mettre en application le PST de l'année d'avant ou
le cahier des charges de l'année d'avant. Là, le nouveau cahier arrive, puis on
n'a pas même pas fini de le mettre en application. Puis le PST, il est assez
lourd. Alors, est-ce que... ça, ça veut dire quoi, là, «mis à jour
régulièrement»? Est-ce qu'on devrait prévoir un temps plus précis annuellement
ou une fois que le premier PST est bien appliqué, là? Parce que ce que je
comprends, c'est qu'il y a le PST et, dessous le PST, il y a le cahier des
charges, le ministre me dira si je me trompe, là, dans la nomenclature,
PST, cahier des charges. Puis le cahier des charges, lui, il est annuel. Alors,
comment ça, ça s'arrime pour s'assurer qu'on va respecter, là, la mise à jour
régulière en fonction des ressources qui sont sur le terrain aussi, là?
M. Boulet : Oui, c'est sûr que la
Santé publique est prête, va s'assurer de répondre aux besoins. Puis je pense
que le mot-clé, c'est de faire un suivi. C'est la raison pour laquelle on parle
d'évaluation et de mise à jour. Ce sera véritablement au besoin et ce sera du
cas par cas en tenant compte des capacités d'intervention et des nécessités
d'intervention des ressources disponibles dans le réseau de la Santé publique.
M. Gaudreault : Ça va aller pour
l'instant.
M. Boulet : ...on est tous familiers
avec ça. L'approche contractuelle entre la commission puis la Santé publique,
le ministre de la Santé permet cette agilité opérationnelle là. Ce ne sera
peut-être pas parfait, mais, à tout le moins, il faut le prévoir, nous, comme
législateurs, qu'il y ait, le cas échéant et au besoin, une mise à jour. Des
fois, la mise à jour peut peut-être être un petit peu retardée, mais je pense
que, quand on parle d'évaluation, ça impose quand même un fardeau, dans l'entente
contractuelle, de s'en assurer.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Député de Nelligan.
M. Derraji : En fait, premièrement,
merci pour cet amendement, parce que je sais que nous avons eu beaucoup,
beaucoup, beaucoup de discussions au niveau de la Santé publique. Et je ne peux
pas, aujourd'hui, ne pas déclarer mon conflit d'intérêts, mon amour à la Santé
publique, ayant moi-même navigué dans les côtes de Santé publique et un peu
proche du réseau de la santé publique, et rien que voir ce que les gens de la
Santé publique font présentement au Québec depuis les deux dernières années.
Et je souscris dans la même logique que le
collègue député de Jonquière. C'est qu'au-delà des recommandations, la fréquence des recommandations, rendre publiques les
recommandations et gérer le flux d'information entre la commission et le
ministère... Parce que je ne veux pas revenir sur les avis de la Santé publique
parfois tablettés, je ne veux pas faire un débat sur la pandémie, je ne veux
pas faire un débat sur la non-utilisation, parfois, où les décisions politiques ne prennent pas en considération les avis de
la Santé publique, mais on est dans un autre volet.
Qu'est-ce qu'on va faire sur l'évaluation de ces
programmes? Je vais utiliser un mot, le... Une fois le programme est évalué,
est-ce qu'il y a des contraintes ou des limites par rapport à l'appel à
l'action de la part des gens de la Santé
publique via le ministère de la Santé et Services sociaux? Parce que le
ministère de la Santé et Services sociaux, il chapeaute la Santé
publique, mais la Santé publique est indépendante. Donc, une fois les
programmes sont évalués, je comprends qu'ici on énonce un fait, de l'évaluation
des programmes, mais qu'est-ce qu'on va faire avec l'évaluation de ces programmes?
C'est quoi, l'impact sur l'évaluation des programmes?
Donc, est-ce que le ministre a un plan par
rapport à ce travail? D'aller encore beaucoup plus loin, une étape ou deux
au-delà de l'évaluation, ou bien on s'entend que ce qu'on annonce maintenant
dans l'article 172, c'est uniquement saluer ou mentionner que les
programmes de santé au travail, donc tout ce qui touche la médecine au travail,
seront évalués? Mais l'évaluation ne veut pas dire des mesures de correction,
ou bien une implication à l'action, ou un passage à l'action. Oui,
l'évaluation, c'est extrêmement important, ça vient renforcer le rôle des gens
et des agents de la Santé publique, que ça soit médecins ou autres
intervenants, mais qu'est-ce qu'on va faire avec l'évaluation? C'est ce qui
m'intéresse. Parce que la commission, une fois l'évaluation, elle est faite, il
doit passer à l'action, il doit mettre des mesures, il doit mettre en
application certaines mesures.
M. Boulet : Premièrement, puis ce
n'est pas la première fois que vous soulignez l'engagement de la Santé publique
puis le service que toutes les personnes en matière de santé publique ont rendu
aux Québécois et aux Québécoises depuis le
début de la pandémie, puis c'est... On ne le souligne peut-être
pas suffisamment assez. Maintenant, oui, ça, c'est un amendement qui
fait suite à une préoccupation exprimée par la Santé publique, donc on y donne
suite, puis merci de le souligner.
Maintenant, ce qu'on... le souhait législatif,
ce qui est exprimé dans cet amendement-là, c'est qu'il y ait une évaluation et que ce soit suivi d'une mise à jour
régulière. Donc, sa face appelle à l'action. Si on évalue la conséquence
de l'évaluation, c'est qu'on corrige, c'est qu'on amende, et tout ça, c'est
inclus dans le mot «mis à jour». Donc, il va falloir
s'en assurer. Puis ce qui est intéressant, c'est que ça va devoir être fait en
collaboration par les principaux intervenants pour non seulement
l'élaboration du programme de santé au travail, mais s'assurer que ce soit bien
respecté. Mais je pense que le corollaire de l'évaluation, vous avez raison,
c'est d'agir, et puis ça va passer par une mise à jour.
M. Derraji : Mais, juste... c'est
parce que je n'ai pas vu, dans les... je n'ai pas vu la suite après
l'évaluation. C'est parce que, là, ce n'est pas statique, là, c'est une
évaluation. La fréquence de l'évaluation... Je veux juste revenir sur le débat que nous avons déjà eu sur le parkinson. C'est
l'exemple parfait où il y avait pas mal d'études, parfois tablettées, parfois
des contradictions. Nous avons déjà eu, dans cette commission, un débat sur le
consensus scientifique. Nous avons déjà eu un débat sur le rôle des comités.
Vous souvenez-vous de l'atteinte auditive? L'exemple
parfait, c'est l'atteinte auditive, et j'espère qu'on va revenir à l'atteinte
auditive. Je vous ai déjà dit qu'il y a un rôle du comité scientifique,
et le rôle du comité scientifique qui va être une nouveauté dans ce projet de
loi...
Là, maintenant, vous êtes en train
d'institutionnaliser une relation que je peux qualifier d'affaires, mais de
relation scientifique, d'évaluation de programmes entre une entité
indépendante, à savoir la Santé publique et la commission. Mais ce qui
m'intéresse au-delà de l'évaluation, M. le ministre, c'est les actions après
l'évaluation. Une fois le rapport est reçu par la commission, c'est quoi, la
suite? C'est quoi, l'étape suivante?
M. Boulet : Bien, ça
sera à déterminer sur la façon de faire en collaboration entre la commission
puis le ministère de la Santé et des Services sociaux, la Santé publique, et
c'est eux qui vont déterminer la façon dont ce sera mis à jour. Puis ce n'est
pas, je pense, de bon aloi que nous nous immiscions dans la façon dont ça va
être mis à jour, parce qu'évidemment il y a une multitude de cas de figure.
Ce qui est important de souligner, c'est que...
puis, encore une fois, on a souligné la qualité des interventions de la Santé
publique en période de pandémie, mais, pour la collaboration de la Santé
publique dans la rédaction des amendements suite à la mouture première du p.l. n° 59,
je pense... mais je comprends ce que vous dites, mais la façon dont ça va être
fait, bien, j'ai besoin de cas de figure. Puis c'est difficile, ils vont devoir
mettre à jour de manière adaptée à...
M. Derraji : Je peux vous donner des
cas de figure. Je ne veux pas faire un débat politique sur les avis de la Santé
publique et la non-utilisation au niveau du réseau de l'éducation. Je ne veux
vraiment pas ramener ce débat ici. C'est un débat qui est public. Parfois, il y
avait des avis de Santé publique qui n'ont pas été respectés. Maintenant, je ne
veux pas qu'on tombe dans le même cas de figure, des avis de la Santé publique
concernant des milieux de travail avec... très bien documentés, mais qu'est-ce
que la commission va faire avec ces avis? Je comprends qu'on ne peut pas
s'immiscer dans la relation de collaboration, de partenariat entre la CNESST et
la Santé publique, mais, sur plein de cas de figure, la Santé publique peut
donner un avis, mais l'avis n'est pas utilisé. Donc, est-ce qu'il y a une
contrainte de temps? Est-ce qu'il y a une contrainte d'impact? Est-ce qu'il y a
un délai?
M. Boulet : Est-ce qu'on peut
suspendre deux minutes? Je veux juste trouver un article.
M. Derraji : Aucun problème.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait.
Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 22)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, M. le ministre, vous voulez donner une réponse?
M. Boulet : Donc, c'est important,
pour moi, que ce que la Santé publique fait, dit, par la voix de ses intervenants,
ne soit pas purement bidon, que ce soit respecté, que ce soit suivi. Et je
pense que le propos du collègue de Nelligan le soulève bien, c'est important de
le redire.
Puis, dans le deuxième amendement, d'ailleurs, à
cet article-là, on réfère bien que c'est une entente-cadre de gestion et d'imputabilité.
Donc, il va devoir y avoir un suivi puis il va devoir y avoir un plan, tu sais,
un plan pour mettre en application. Puis, un peu plus loin dans la
section
concernant le réseau de la santé publique... Parce qu'encore une fois c'est
toutes les pièces d'un casse-tête qui permet d'avoir une intervention de la
Santé publique qui est cohérente. Je le lis,
là, mais c'est à l'article 207, qui introduit... On va le voir plus loin,
mais c'est prévu clairement que «la commission exerce — donc c'est
un impératif — notamment
les fonctions suivantes», puis, au paragraphe...
M. Derraji : ...désolé, M. le
ministre.
M. Boulet : C'est le texte de
167 tel que modifié. Je ne sais pas c'est à quelle page.
M. Boulet : 167 tel que
modifié. C'est dans les amendements du mois de mars.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Est-ce qu'on peut quand même poursuivre ou, député de Nelligan... Oui.
M. Boulet :
Bien, je vais le lire, là, sans le lire totalement, mais la commission doit
«soumettre des recommandations au ministre [pour] qu'il coordonne la
réalisation de l'offre de services — donc, il y a un suivi au concept
d'imputabilité qu'on a dans le deuxième amendement — contenue au contrat
conclu en vertu de [109 puis] s'assure, aux fins de l'application des
programmes de santé au travail et [...] la prestation des autres services
prévus au cahier [de] charges, de la qualité du personnel employé, de
l'équipement et des locaux utilisés aux fins des services de santé [au]
travail.»
Donc, on s'assure non seulement des ententes, de
l'élaboration des programmes de santé cadres, mais aussi qu'il y ait une
imputabilité puis qu'il y ait des obligations spécifiques à la commission pour
s'assurer que l'offre de services soit réalisée aux fins de la... bien, aux
fins de l'application des programmes de santé au travail.
Donc, je pense que je partage totalement la
sensibilité du collègue de Nelligan puis je veux m'assurer... C'est pour ça que
c'est un échafaudage, là, qui est quand même assez respectueux non seulement de
la nature des interventions, mais de la réalisation aussi des plans puis des
programmes. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Député de Nelligan.
M. Derraji : Merci pour les
clarifications. Ça donne un peu le ton que le ministre et le législateur
veulent avoir entre... au niveau de la relation, si je peux... la relation
d'affaires entre la Santé publique et le ministère de la Santé et des Services
sociaux. Mais je reste quand même sur mon idée au niveau de l'évaluation.
Est-ce que... quand il y a une évaluation
des programmes, est-ce que c'est public, l'évaluation des programmes, ou bien
c'est une relation interne suite à des remarques constatées par la
commission... par la Santé publique et c'est une communication à l'interne
entre la Santé publique, et le ministère de la Santé, et la CNESST, bien
entendu?
M. Boulet : Oui, entre la commission
et le ministère de la Santé.
M. Derraji : Oui. Donc, une fois les
programmes évalués, ce n'est pas une information publique?
M. Boulet : Évidemment, c'est dans
l'entente entre la commission puis le ministère de la Santé. Est-ce que ces
ententes-là vont être publiques? Je présume qu'elles le sont, publiques, ces
ententes-là. Est-ce que c'est le but de votre question?
M. Derraji : Désolé, je n'ai pas
entendu le début.
M. Boulet : Tu sais, la commission
va publier les programmes de santé sur son site Internet, puis les ententes
entre la commission puis le ministère de la Santé, c'est de l'information qui
est accessible.
M. Derraji : Oui. Bien, en fait, je
ne parle pas des ententes, je parle de l'évaluation des programmes. Pourquoi?
En fait, le but, aujourd'hui, ce que j'aimerais, c'est que... je ne veux pas
qu'on tombe dans l'épisode de la pandémie. Il y avait des avis de santé
publique qui, malheureusement... et, vous savez, c'est la crédibilité mais
aussi la confiance du public. Si, aujourd'hui, avec les travailleurs et avec le
rôle que la CNESST va commencer à jouer... il ne faut surtout, surtout pas
miner la relation de confiance que les gens ont dans la Santé publique. Et
donc, si la Santé publique va continuer à
jouer son rôle de suivi des programmes, d'évaluer les programmes, d'émettre des
recommandations, il ne faut pas que ce soit tabletté. Et...
M. Derraji : Non, non, mais je
comprends le fond, mais on le vit avec la pandémie. Il y a des avis de santé
publique qu'il faut faire des demandes d'accès à l'information. Ce n'est pas
tous les avis qui sont suivis ni respectés. Et on voit parfois que le politique,
soit il va aller plus que l'avis de la Santé publique, soit il va l'ignorer et
le tabletter. On ne peut pas faire ça dans une relation qui touche...
M. Boulet : Ce n'est vraiment pas
dans le contexte exceptionnel d'une pandémie. Le politique n'a rien à faire
là-dedans. Tout est prévu dans la loi. Tout est en fonction de ce qui est
négocié entre le ministère et la commission. Puis, même comme ministre, moi, je
ne peux pas intervenir là-dedans. Mais les programmes de santé sont publics,
les avis sont... les recommandations puis les mises à jour des programmes de
santé, c'est accessible, là, conformément à la
Loi sur l'accès aux documents
des organismes publics. Mais je comprends ce que vous dites puis je comprends la préoccupation que vous avez
véhiculée durant la pandémie, mais, ici, c'est d'autre chose, là, c'est
différent.
M. Derraji : Non, mais je ne pense
pas que c'est différent, M. le ministre. Nous avons eu un échange, la P.D.G. de
la CNESST, elle était là en étude du crédit, et nous avons eu un échange par
rapport à l'utilisation des masques. La seule chose que je me dis que la
pandémie nous a dévoilée : l'importance de la Santé publique et les avis
de la Santé publique.
Par rapport aux milieux de
travail, c'est la même importance. Je ne veux surtout pas, en tant que législateur...
on tombe dans le piège que la Santé publique va faire son travail, va évaluer
les programmes, et les programmes, il n'y aura pas d'action par la suite.
M. Boulet : Je vous le garantis...
M. Derraji : Pas de problème.
M. Boulet : ...garantis. On ne fait
pas ça pour permettre à la Santé publique... D'ailleurs, le texte que je vous
ai lu tout à l'heure, la commission va devoir recommander. Et, dans l'entente,
ce n'est pas qu'une entente de gestion, mais aussi une entente d'imputabilité.
Ça fait que je m'attends à ce que ça ne demeure pas lettre morte et que ça se
concrétise dans les milieux de travail.
M. Derraji : Je vous remercie.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement déposé par le
ministre à l'article 172? Oui, député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. J'ai écouté
avec attention l'échange entre le député de Nelligan et le ministre. J'ai aussi écouté, évidemment, ce que le ministre avait
répondu tout à l'heure dans ma première intervention. Présentement, les
PST sont évalués et mis à jour à quelle fréquence à l'heure actuelle? Parce
qu'il y en a déjà, des PST, là, qui sont en oeuvre, là.
M. Boulet : Il n'y en avait pas, de disposition
spécifique. Puis ils n'étaient pas déployés de la même manière. Là, maintenant,
on prévoit que c'est intégré au programme de prévention. Puis il y a des
impératifs maintenant, il y a des obligations, là, avec l'intervention de la
Santé publique. Ça fait que ce n'était pas même mécanique, là. Ça fait que
c'est difficile de répondre à la question.
M. Gaudreault : Bien, je comprends,
mais ça ne répond pas à ma question dans le sens que, même s'ils n'étaient pas
prévus comme tels dans la loi, il y en a déjà, là, des programmes de santé au
travail.
M. Boulet : Dans les secteurs 1
et 2.
M. Gaudreault : Oui, et qui sont
réévalués régulièrement, qui sont mis à jour.
M. Boulet : Vous voulez voir la
fréquence de réévaluation?
M. Boulet : Je peux peut-être
suspendre puis...
M. Boulet : ...de fréquence prévue
dans la loi. Comme je vous ai mentionné, c'est le médecin responsable de l'établissement
qui le faisait au fur et à mesure, mais ce n'était pas spécifique. Il n'y avait
rien de spécifique sur une fréquence de mise
à jour ou d'évaluation. Il n'y avait pas ce type d'obligation
là. C'est pour ça que c'est véritablement de droit nouveau, là. Puis ce
qu'on a établi, c'est en collaboration avec la Santé publique puis la commission.
M. Gaudreault : O.K. Mais c'est
parce qu'encore une fois, là, moi, je veux m'assurer que ça soit fluide. Puis
je reprends l'espèce de hiérarchie, là, plan... programme, c'est-à-dire, de
santé au travail, cahier des charges. Le cahier des charges, lui, il est annuel
ou il est...
M. Gaudreault : Bon, alors là, si le
cahier des charges est annuel puis le programme de santé au travail, il est
évalué régulièrement, mais c'est quoi, là, «régulièrement»? Est-ce qu'il peut
arriver de la confusion ou du chevauchement entre la mise à jour régulière du programme
de santé au travail versus le cahier des charges et qu'après ça, bien, on se
retrouve sur le terrain avec une application qui est difficile? Moi, c'est ça
que je soulève.
Puis en plus
on le sait qu'on a plusieurs directions régionales de santé publique. Il y a
des enjeux d'uniformité sur le territoire, tout en tenant compte de la
réalité propre à une entreprise. Je ne sais pas, moi, tu sais, Bombardier à La
Pocatière, ce n'est pas la même chose que Rio Tinto à Jonquière, là. Alors, il
faut que les programmes de santé au travail soient bien évalués en fonction des
réalités, mais surtout qu'ils s'arriment avec le cahier des charges.
Puis là, quand on dit «régulièrement» dans l'amendement,
bien, si on le fait aux 10 ans, c'est régulier, c'est régulier aux
10 ans. Mais, si on le fait régulièrement aux six mois, c'est régulier aux
six mois. Alors...
Puis, pendant ce temps-là,
bien, il y a le cahier des charges. Moi, dans ma compréhension, le cahier des
charges découle du programme de santé au travail, qui, lui, est annuel. Ça fait
que, là, quand... C'est pour ça que je dis au ministre... que je disais d'entrée
de jeu puis je l'interpellais sur ce que lui-même nous dit souvent, c'est-à-dire
la valeur d'efficacité pour s'assurer que ça marche sur le terrain. Moi, j'ai
peur qu'on tombe dans un labyrinthe de chevauchements PST, cahier des charges,
mise à jour annuelle, pas annuelle. Alors, moi, je veux avoir une idée de la mise
à jour actuelle du programme... des programmes de santé au travail, comment ça
se fait, pour qu'on ait au moins une idée. Puis est-ce qu'on peut préciser le
«régulièrement»?
M. Boulet : Oui. Bien, en fait,
«régulièrement», je vais commencer par le «régulièrement», ça dépend des
secteurs d'activité économique puis ça dépend de l'évolution des risques. Ça
fait que la régularité, ça peut varier d'un secteur à l'autre. C'est pour ça
qu'on ne peut pas dire «à toutes les années» ou «à tous les deux ans». Il y en
a que ça peut être statique. Mais, quand les risques évoluent dans ton secteur d'activité,
il faut que ce soit mis à jour.
Je veux revenir à l'objectif, tu sais, comme on
le dit à 107.1, dans un des amendements, un programme de santé au travail,
c'est d'abord d'identifier les risques. On revient vraiment à la base, à
l'objet de la loi santé, sécurité, donc les risques qui peuvent altérer la
santé des travailleurs et les impacts possibles sur les travailleurs, deux,
d'utiliser les méthodes et techniques pour identifier, contrôler ou éliminer
les risques puis, enfin, préciser les services offerts par les intervenants en
santé au travail et le directeur de la santé publique pour soutenir les
employeurs dans l'élaboration des éléments de santé de leurs programmes de
prévention ou de leurs plans de prévention. Puis enfin ces programmes-là sont
publiés aussi.
Ça fait que je pense qu'on s'assure
raisonnablement que les parties puissent se prendre en charge, que la Santé
publique puisse faire les interventions appropriées et que les évaluations et
les mises à jour puissent se faire avec une régularité qui soit respectueuse
des secteurs d'activité économique et de l'évolution des risques de leurs
environnements de travail. Puis, encore une fois, en contexte d'expansion, ça
peut être une chose, en contexte de réorganisation ou de diminution des
opérations, il peut y avoir une évolution qui incite à la mise à... au respect
de la régularité à laquelle on fait référence.
M. Gaudreault : Et qui décide du
moment où on va le mettre à jour? Quand on dit : «Les programmes de santé
[...] sont évalués et mis à jour par la commission en collaboration avec le ministre
de la Santé et des Services sociaux», c'est...
M. Boulet : Bien, je reviens à ça,
là, puis je ne veux pas non plus m'immiscer dans ce qui va être convenu entre
le ministère et la commission, mais c'est quand même une entente-cadre de
gestion et d'imputabilité, là. Puis je ne suis pas un spécialiste en santé puis
je ne suis pas un spécialiste non plus en reddition de comptes ou en mise à
jour, évaluation, et les programmes de santé, c'est vraiment une matière qui
est spécialisée, et ça va véritablement relever
de nos spécialistes au ministère de la Santé puis nos spécialistes en
commission qui vont négocier l'entente-cadre, qui vont s'assurer de l'imputabilité. Puis je dirais au collègue de
Jonquière : Quand ils vont mettre les articles d'imputabilité, ils
vont s'assurer de respecter ce qui est dans la loi, notamment en matière
d'évaluation et de mise à jour régulière des programmes de santé. Je pense que
c'est la meilleure façon que je peux m'exprimer, là.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions à l'amendement déposé par le ministre? Et on parle bien du premier amendement
déposé à l'article 107 de l'article 172. S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Dansereau : Pour.
Le Secrétaire :
Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Le Secrétaire :
M. Poulin (Beauce-Sud)?
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Derraji (Nelligan)?
Le Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
Gaudreault : Abstention.
Le Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
Présidente (Mme IsaBelle) : Abstention. Donc, l'amendement déposé à
l'article 107 de l'article 172 est adopté.
Nous poursuivons avec
le deuxième amendement du ministre. Si je ne me trompe pas, M. le ministre, ça
serait l'amendement qui touche les articles 107.1 et 107.2? C'est bien
cela?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, y a-t-il des interventions, étant donné
que le ministre l'a lu tantôt, y a-t-il des interventions à cet
amendement?
M. Derraji :
...sur l'écran?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Oui, c'est une bonne idée.
M. Derraji :
S'il vous plaît, parce que c'est...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Peut-être le mettre, oui.
M. Derraji :
On vieillit, Mme la Présidente. On ne voit plus...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Ah oui!
Une voix :
Et moi aussi.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Alors, on va le mettre immédiatement. Est-ce qu'il y en a
qui l'ont déjà et qui peuvent intervenir? Alors...
M. Derraji :
Mais on veut juste voir, s'il vous plaît...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Il s'en vient, il s'en vient.
M. Derraji :
Comme on a eu une longue discussion sur les programmes d'évaluation, la mémoire
est courte, et le café ne fait plus d'effet, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : On espère, on espère comme vous. On a fait la demande.
M. Derraji :
On attend la salade protéinée pour être en forme.
M. Boulet :
Ça s'en vient.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Alors, c'est déjà diffusé. Vous les voyez, les deux...
bien, enfin, c'est l'amendement qui concerne deux nouveaux articles, 107.1 et
107.2. Oui, député de Jonquière.
Gaudreault : Oui, l'alinéa... c'est-à-dire le paragraphe 3° :
«Les programmes de
santé au travail ont notamment pour objectifs de préciser les services offerts
par les intervenants en santé au travail et le directeur de santé publique pour
soutenir les employeurs...» Est-ce que le ministre peut nous dire c'est qui,
ça, les intervenants?
M. Boulet : Bien, on a adopté une
définition, hier, des intervenants. Je peux la relire. Oui, je vais la relire,
ce ne sera pas long.
M. Boulet :
Ce ne sera pas long.
M. Boulet :
Les médecins, les ergonomes, les hygiénistes, là. Il y en a plusieurs, là. On
en a listé cinq, six. Je vais vous les lire, collègue. Donc, il y a le médecin
chargé de la santé au travail, il y a une infirmière, un ergonome, un
hygiéniste du travail ou toute autre personne exerçant une fonction en santé au
travail dans le cadre de l'offre de services élaborée par un centre intégré de
santé et de services sociaux en vertu de 109.1.
Gaudreault : O.K. Donc, quand on dit «toute autre personne», ça
élargit quand même beaucoup la notion d'intervenant, là. Alors, est-ce que ça
peut ajouter de la confusion dans l'intervention dans les milieux de travail? Est-ce
qu'il y a des... comment je pourrais dire, des consignes ou des... oui, des
consignes, là, d'une région à l'autre, pour bien calibrer ou pour bien
définir, plutôt, qui ils sont à partir de la définition que vous venez de me
donner?
M. Boulet :
C'est tous les autres membres du personnel du CIUSSS à Saguenay, par exemple,
tu sais, parce que ce n'est pas juste... ce n'est pas limitatif. Il y a
d'autres personnes qui ont des titres professionnels qui peuvent ne pas être
nommés là-dedans. Ça peut être des ergothérapeutes, ça peut être des
physiothérapeutes, ça peut être des personnes qui peuvent intervenir. Donc,
c'est largement défini.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions à l'amendement du ministre? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Dansereau :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Le Secrétaire :
M. Poulin (Beauce-Sud)?
Le Secrétaire :
Mme Labelle (Jeannotte)? Mme Jeannotte (Labelle)? Pardon.
Jeannotte : C'est correct... Pour.
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Derraji (Nelligan)?
M. Derraji :
M. Nelligan (Derraji), pour.
Le Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
Gaudreault : Abstention.
Le Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Abstention. Donc, l'amendement déposé par le ministre pour
introduire les articles 107.1 et 107.2 de l'article 172 est... est
adopté, pardon.
Nous poursuivons avec le troisième amendement,
qui avait été lu par le ministre, qui touche l'article 109.2 de
l'article 172.
Boulet : ...simplement préciser
que ça, c'en est un de concordance pour le rendre compatible avec la
réforme du réseau de la santé et la création
des centres intégrés de services de santé et services sociaux. Donc, c'est
simplement...
M. Derraji : ...réforme.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait.
M. Boulet : Est-ce qu'il faut voter
là-dessus?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Non.
Non.
M. Derraji : Mais vous ne pouvez pas
être contre. Vous avez le choix de l'abolir, vous avez le choix de faire beaucoup
de choses, hein? Je pense que vous allez être pris avant de donner un jugement.
M. Boulet : Ce n'est certainement
pas mon intention, dans le forum, de critiquer quoi que ce soit puis...
M. Derraji : Vous êtes un gentleman,
M. le ministre. C'est votre trait de caractère.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous allons y aller avec l'amendement. S'il n'y a pas d'autre... Oui,
excusez-moi, député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : ...108, 109 et 109.1, on
fait juste les amendements du ministre, mais après on pourra revenir sur le
reste?
La Présidente (Mme IsaBelle) : On va
revenir sur le vôtre, oui.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Ça
vous va?
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous... Donc, nous poursuivons. Y
a-t-il des interventions? Oui,
député de... non, Jonquière, pardon.
M. Gaudreault : Oui. Bon, là, on est
dans les ententes conclues entre la commission et les CISSS ou les CIUSSS. On
parle d'un contrat, conformément au cahier des charges, pour assurer les
services nécessaires, etc. Jusqu'à quel niveau on doit... puis là je veux bien
expliquer ce que je veux dire, on doit garantir à la fois une harmonisation des
pratiques entre les différents CIUSSS, CISSS et la commission? Parce que des
CISSS et des CIUSSS, il y en a peut-être 17, à peu près. Non, plus que ça. Il y
en a plus que le nombre de régions administratives. En tout cas, mettons qu'il
y a une quinzaine de CISSS et de CIUSSS. Et, par ailleurs, on a la CNESST, avec
des bureaux régionaux. Moi, je veux voir quelle est l'entente-cadre, là, qui
est conclue entre la commission et les CISSS sur chacun des territoires. Est-ce
qu'il y a d'abord une base qui est uniforme, qui est harmonisée ou qui vise à
harmoniser les pratiques une fois rendues sur le terrain versus, quand même,
une certaine souplesse pour tenir compte de la réalité différente d'une région
à l'autre?
Parce qu'il peut y avoir des milieux de travail
qui sont semblables d'une région à l'autre, mais il y en a d'autres qui sont différents. Et là les
hygiénistes, par exemple, qui vont intervenir dans un milieu de travail et qui
échangent avec leurs collègues d'une autre région peuvent s'apercevoir que
c'est un milieu de travail semblable, mais pourtant il y a des pratiques qui
sont différentes sur le terrain. Donc là, à ce moment-là, ça crée de la
confusion dans la mise en oeuvre des pratiques. Moi, je veux m'assurer qu'il y
a quand même une certaine uniformité, une harmonisation dans les pratiques
entre les différents CISSS et CIUSSS et la commission pour améliorer les
interventions sur le terrain, là, de la part des différents intervenants dont
on parlait tout à l'heure. Alors, pour moi, ça, c'est important.
Donc, je veux savoir quelle est la garantie
qu'on a en termes d'uniformité ou d'harmonisation. Et le ministre sait que je
suis un tenant de la décentralisation. Donc, il faut tenir compte quand même
d'une certaine réalité locale, mais pas au détriment de la santé et sécurité.
Puis moi, j'ai eu des témoignages comme député, par exemple, de certaines
pratiques qui sont différentes d'une région à l'autre. Alors, est-ce que le ministre
a une opinion là-dessus?
M. Boulet : Oui, absolument. Puis je
pense qu'on partage la même philosophie. On a besoin d'unité dans la diversité
ou on a besoin d'harmonisation ou d'un contenu minimal. Et c'est d'ailleurs ce
qu'on prévoit à 109, dans ce que j'ai lu un peu plus
tôt, que l'entente-cadre va devoir prévoir un contenu minimal. Donc, c'est le
CIUSSS qui a l'autorité de négocier, et donc il va tenir compte des
particularités régionales, parce que chaque région a aussi des secteurs d'activité
économique clés ou qui sont prépondérants. Ça fait que, donc, il y aura un
contenu minimal, mais il y aura par la suite une adaptation à la réalité des
milieux de travail par région.
Et donc, à la
préoccupation de notre collègue de Jonquière... En fait, je partage la
préoccupation, et on y répond notamment en respectant ce qui sera fait
par les centres intégrés.
Puis l'offre de services aussi, collègue, peut
varier d'un CIUSSS à un autre, hein? Je sais qu'il y a des CIUSSS au Québec qui
n'ont pas nécessairement la diversité de tous les services ou qui ont des
spécialités qui sont plus ancrées dans la région, là. Je sais qu'à Saguenay il
y a des spécialités particulières. Mais, oui, on tient compte des régions, des
réalités de chacune.
M. Gaudreault : Le ministre nous dit
qu'il y a un contenu minimal. Est-ce que c'est... Est-ce qu'on a des exemples
de ce qui est minimal?
M. Boulet : Mon Dieu! Encore une
fois, là, il faudrait que j'entre dans le contenu, mais je peux... oui, je peux
vous donner...
M. Boulet : ...notamment les
priorités. Ça, ça fait référence aux programmes de santé et à la...
M. Boulet : ...programmes de
prévention, les attentes en termes de planification, ça, ça peut être un
contenu minimal, le bilan des activités, les cibles que la CNESST veut voir
réalisées en fonction, bien sûr, des ressources disponibles. Ça fait que c'est
des exemples de contenu minimal, là. Tu sais, les objectifs, les moyens, je pense
que je résumerais ça comme ça. Puis après ça, bien, il y a les
particularités...
M. Gaudreault : Oui. Je ne
demanderai pas au ministre de déposer le portable de son sous-ministre, mais
est-ce qu'on peut savoir un petit peu la source? C'est-tu une entente...
M. Boulet : C'est parce que c'est
purement administratif. Puis c'est difficile pour moi d'entrer dans la
mécanique de discussion puis ce qui sera convenu. Je pense que la loi leur
impose un corridor, puis après ça, en fonction des particularités de chaque
région, ça peut varier. Mais il faut certainement qu'il y ait une base minimale
puis après ça qu'on bâtisse en fonction de l'offre de services du CIUSSS. Puis
je ne serais pas capable de répondre précisément à ça, mais j'inviterais quand
même le collègue de Jonquière ultérieurement, quand ce sera appliqué puis
négocié par les CIUSSS et la commission... Moi, je serais prêt à partager avec
vous... tu sais, si vous avez un intérêt, en plus, vous donner accès à une
ressource à la commission, vous donner accès à une ressource au CIUSSS de
Saguenay, par exemple, pour voir comment ça évolue pour s'assurer... Ça, je
suis totalement ouvert à ça.
M. Gaudreault : Mais ça, ça, je
retiens ça, puis ça m'intéresse, sauf qu'avant d'y aller ultérieurement, moi,
je veux m'assurer quand même qu'on établit les bonnes bases avant, là,
antérieurement, en amont, là. Avant qu'on fasse des suivis en aval, moi, je
veux m'assurer qu'en amont on va avoir quand même des bonnes bases.
M. Gaudreault : Parce que le ministre
nous dit : Il va y avoir des contenus minimaux. Mais, tu sais, on peut
dire le contenu minimal, par exemple, de tenir compte des... je ne sais pas,
moi, des enjeux spécifiques d'une région, mais jusqu'à quel point il y a une
uniformité entre les différents CIUSSS et CISSS sur le territoire? Je n'ai toujours
pas de réponse là-dessus, là. Est-ce qu'il y a comme un... comment je pourrais
dire, une entente-cadre de base qui est envoyée dans les CIUSSS partout et les
CISSS partout à travers le Québec, puis après ça ils ont une marge de manoeuvre
pour aller préciser selon leurs réalités territoriales? Je n'ai pas cette
réponse-là, là.
M. Boulet : C'est parce qu'il y
a un contrat qui est conclu entre la commission et chaque CISSS, là, je vous
dirais. Je vais relire. Bon : «Aux fins de l'application des programmes
[...] et en tenant compte du cahier des charges, la commission et le ministre
de la Santé concluent une entente-cadre de gestion et d'imputabilité», et,
comme c'est nouveau, ça va être à établir, qui prévoit le contenu minimal puis
les contrats devant intervenir entre la commission et les CIUSSS.
Après ça, bon, on parle de conformité avec le
cahier des charges. Le centre intégré va devoir élaborer son offre de services
puis il s'engage à assurer les services nécessaires, notamment pour la mise en application
des programmes de santé au travail élaborés par la commission, mais c'est... Il
n'y en a pas, d'entente-cadre, dans la mesure où c'est une nouvelle façon de
déployer les volets santé des programmes de prévention. Ça fait que ça va être
à venir. Ça fait que c'est sûr que je n'ai pas un projet d'entente-cadre ou un
modèle d'entente-cadre. Je pense qu'il va... On va laisser le soin à la commission
et le CIUSSS de chacune des régions de procéder, là.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait.
M. Gaudreault : O.K. Mais est-ce
que le ministre peut nous dire, lui, qu'est-ce qu'il envisage comme contenu qu'on pourrait dire «uniforme»?
M. Boulet : Mon Dieu! Certainement.
Comment ça va être planifié, quelles sont les cibles, quels sont les moyens
retenus. Tu sais, on sait qu'ultimement on veut bien identifier les risques,
les techniques utilisées, les objectifs, les moyens puis les méthodes, là, comme on a vu
un petit peu plus tôt, là, mais je
pense que, là-dessus,
il y a l'expertise, tant dans
les CIUSSS qu'à la commission, pour établir le contenu minimal. Puis je n'ai malheureusement
pas la prétention d'avoir autant leurs connaissances, mais je vous dirais que
ma compréhension, c'est que le solage va devoir être en place pour atteindre
les objectifs du programme, qui est de bien identifier les risques et de bien
déterminer comment on va les contrôler et les éliminer.
M. Gaudreault : Mais ce solage doit
être le même d'une région à l'autre.
M. Boulet : Ah mon Dieu! Pour moi,
là, les cibles, les moyens, les techniques propres à l'identification des
risques, et autres, oui, ça fait
partie de ce qui va devoir être établi
partout, là.
M. Gaudreault : O.K. Ça va aller jusqu'à
maintenant, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement? Alors, s'il n'y a
pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire : Mme Dansereau
(Verchères)?
Dansereau : Pour.
Le Secrétaire : Mme Foster
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Le Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Le Secrétaire : Mme Picard...
Pardon. M. Derraji (Nelligan)?
Le Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire : M. Gaudreault
(Jonquière)?
M. Gaudreault : Abstention.
Le Secrétaire : Mme IsaBelle
(Huntingdon)?
Présidente (Mme IsaBelle) :
Abstention. Donc, l'amendement déposé à l'article 109.2 de l'article 172 est adopté.
Nous avons également reçu un amendement du collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, qui
porte sur l'article 109.1 de l'article 172. Alors, je crois
qu'on demande une suspension, c'est bien cela ou... Vous l'avez reçu, M. le
ministre?
M. Boulet : Moi, je ne l'ai pas.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Ah!
M. Leduc : Je
peux peut-être le lire, puis on suspendra après.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Oui,
allez-y, c'est une bonne idée.
M. Leduc : Il n'est pas très
compliqué, ça va comme suit :
L'article 109.1 proposé par l'article 172
du projet de loi est modifié par l'insertion, après les mots «doit élaborer»,
des mots «avec le directeur de santé publique».
Alors, si je relis un peu le paragraphe,
là : «Conformément au cahier des charges et aux fins d'assurer les
services nécessaires à la mise en application des programmes de santé au
travail, un centre intégré de santé et de services sociaux doit élaborer avec
le directeur de santé publique une offre de services décrivant les moyens qu'il
entend utiliser et le coût des services
qu'il s'engage à déployer», c'est une recommandation du mémoire des directeurs de santé
publique qui nous avait été acheminée au tout début des travaux.
M. Boulet : Parfait. Avec votre
permission, on va suspendre quelques minutes.
La Présidente (Mme IsaBelle) : D'accord.
Alors, nous allons suspendre.
(Suspension de la séance à 12 h 03)
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, l'amendement a été lu. M. le ministre, est-ce que
vous avez une réponse?
M. Boulet : Oui, tout à fait. En
fait, je comprends l'amendement, mais le directeur de la santé publique, il est
impliqué. D'ailleurs, à 127, on dit que c'est lui, le directeur de la santé
publique, qui est responsable de la mise en application sur le territoire, par
le CIUSSS, du contrat. Et le directeur de la santé publique, il relève du
CIUSSS, donc il est dans le CIUSSS. Donc, quand on dit, à 109.1 :
«Conformément au cahier des charges et aux fins d'assurer les services
nécessaires[...], un [CIUSSS] doit élaborer une offre de services...», et il...
le directeur de la santé publique... C'est comme si on disait, par exemple, à
la haute direction du CIUSSS, au P.D.G. du CIUSSS : Tu dois collaborer
avec quelqu'un qui relève de toi, alors que c'est naturel. Puis, si vous avez
fait l'amendement pour que je le précise, je le précise, mais le directeur de
la santé publique, non seulement il est là, dans le CIUSSS, mais, en plus, par
ailleurs, c'est lui qui est responsable de la mise en application sur le
territoire desservi. Ça fait que c'est un amendement que je ne considère pas...
en fait, qui n'a pas d'utilité, mais je comprends le but visé par le collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Oui.
M. Leduc : Puis il n'y a aucune
chance qu'il y ait une espèce de contournement de la Santé publique à
l'intérieur du CIUSSS par un autre département ou...
M. Boulet : Non. Non, puis, si
besoin en est, je le dis clairement, la Santé publique, là, elle nous a fait
des recommandations, puis, je vous dirais, entre 95 % et 98 % des
recommandations de la Santé publique, ils sont dans nos amendements. Puis ce
bloc-là de Santé publique, je le répète, là, c'est un casse-tête, là,
administratif, là, mais il répond en quasi-totalité à tous les soucis et
sensibilités de la Santé publique. Puis il n'y aura pas de contournement.
M. Leduc : Puis il ne serait pas
imaginable, là, qu'un jour il y ait une volonté de sortir la Santé publique des
CIUSSS, d'en faire une entité différente,
auquel cas ne pas l'avoir précisé... On pourrait le réécrire avec un
«notamment», là, si c'est nécessaire...
M. Boulet : Bon, si c'était le cas,
il y aurait une problématique parce qu'il faut appliquer la loi telle qu'elle
est. Et je ne suis pas dans les bottines de mon collègue à la Santé, je n'ai
jamais entendu parler que ça pouvait faire
partie d'une vision d'avenir. Au
contraire, je sens qu'il y a une imbrication de la Santé publique dans les
CIUSSS qui est parfaite, qui ne m'apparaît pas contestable. Mais, dans notre
loi, c'est comme ça que ça va fonctionner.
M. Leduc : Donc, si on écrivait un
«notamment», ça ne serait pas une solution?
M. Boulet : Bien non, parce qu'il a
son monde, puis la Santé publique est dans sa maison. Ça fait que pas besoin de
dire : N'oublie pas de, notamment, collaborer avec celui qui est à côté de
toi, là, ou celui qui relève de toi, là. La Direction de la santé publique, pour
moi, c'est un incontournable. Puis d'ailleurs on le dit bien, c'est même le
directeur de la santé publique qui est responsable de la mise en application,
par le CIUSSS, du contrat dont on parle. Puis après ça on dit même «il doit notamment»,
puis là il doit s'assurer de ci puis de ça. Ça fait que, non, il n'y a pas
d'appréhension.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions? Alors, s'il n'y a pas d'autre...
M. Leduc : Je
vais retirer l'amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Vous
préférez le retirer? D'accord. Est-ce qu'il y a consentement pour que le député
d'Hochelaga-Maisonneuve retire son amendement? Consentement.
Excellent. Y a-t-il d'autres
interventions à l'article 172 tel qu'amendé? Député de Jonquière.
M. Gaudreault : Bon, là, on parle du
cahier des charges. Je veux amener le ministre à 109.1. Je suis-tu correct si
je parle de 109.1? Oui, c'est l'ensemble de l'article 172, c'est ça? O.K.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Oui,
il est là.
M. Gaudreault : Donc, à 109.1, on
dit que, «conformément au cahier des charges [...] la mise en application des programmes
de santé au travail», un CISSS ou un CIUSSS élabore «une offre de services
décrivant les moyens qu'il entend utiliser et le coût des services qu'il
s'engage à déployer». Bon, parfait. Tout le monde est d'accord avec la vertu,
c'est un superbel article. Yé! Mais il faut tenir compte des moyens.
Et là moi, je ne suis pas capable de lire 109.1
autrement qu'en lisant également 179 du projet de loi, qui dit... qui vient
modifier la loi en intégrant l'article 117.1. Puis là est-ce qu'on va
avoir un amendement là-dessus? Je ne me souviens plus. En tout cas, on
dit que «le médecin chargé de la santé au travail [...] peut s'adjoindre
tout intervenant en santé au travail qu'il estime nécessaire». Bon, le médecin
en santé au travail s'adjoint les intervenants dont on a parlé tout à l'heure,
le ministre nous les a cités, l'hygiéniste, l'infirmière, l'ergothérapeute.
Mais là la question qui tue, c'est : Est-ce
qu'il y a les ressources nécessaires qui vont avec? Parce que, moi, ce que je
comprends, c'est que les budgets ne sont pas les mêmes d'une région à l'autre.
On le sait qu'il y a des répartitions budgétaires, dans les CISSS et les
CIUSSS, selon le poids démographique des régions, mais ça ne veut pas dire,
parce qu'on a un poids démographique plus petit, qu'on n'a pas des enjeux de
sécurité plus grands. Nous, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, on représente 3 %
à 4 % de la population du Québec, mais on a Rio Tinto Alcan, on a des
scieries, on a l'industrie forestière, des milieux où est-ce qu'il y a beaucoup
de risques, et ainsi de suite.
Donc, quand on dit que le médecin — puis
je veux rester quand même sur 172, là, mais je n'ai pas le choix de faire un
croche sur 179 — en
santé publique peut s'adjoindre tout intervenant en santé au travail, est-ce
qu'ils ont les ressources? Quelles garanties qu'on se met pour avoir une
ressource proportionnelle, les ressources financières proportionnelles à ses
besoins puis à son cahier des charges pour s'adjoindre tout intervenant en
santé?
Parce qu'on peut bien dire qu'un médecin chargé
de la santé au travail est présent, mais il ne peut pas aller partout, là. Les
médecins, là, ils ont une job de médecin à faire. Ils n'ont pas nécessairement
le temps d'aller voir le détail de la sécurité du pont roulant, ou de la
hauteur du contaminant de gaz, ou ainsi de suite. Ça, c'est l'hygiéniste, c'est
l'ergothérapeute, c'est le chimiste qui va aller sur le terrain pour prendre
des mesures de contamination et de risque. Mais, si on veut que le milieu soit
conforme, si on veut que ça soit conforme au cahier des charges, je suis à
109.1, bien, il faut qu'il y ait les moyens qui vont avec. Alors, quelle
garantie qu'on est capables de se donner que les ressources financières vont
atterrir pour avoir suffisamment de moyens?
Parce que, sinon, c'est là qu'on tombe dans ce
que je dénonçais au point de départ, c'est qu'on va arriver au bout d'un cahier
des charges à être mis en place, puis le cahier des charges ne sera même pas
fini d'être mis en place que le prochain arrive. Puis là il y a un «backlog» qui
s'accumule, puis on révise annuellement le PST, le programme en santé au
travail, donc on ne s'en sort pas. C'est là qu'on tombe dans une espèce de
cercle vicieux de bureaucratie, puis c'est ça que je veux éviter.
Puis je sais que le ministre est sensible à ça
parce qu'il n'arrête pas de nous dire : Je veux que ça soit efficace, je
veux qu'on débureaucratise, je veux que les personnes soient aux bonnes places.
Bien, pour ça, il faut qu'on ait des ressources adéquates. Puis moi, je ne sens
pas qu'on se met une obligation dans la loi pour avoir des ressources
financières, matérielles, humaines adéquates aux besoins, au niveau de besoin
ou au niveau d'exigence qu'on se fixe avec la Santé publique.
M. Boulet : Bon, je pense que je
vais répondre assez brièvement. Il y a un budget spécifique, au réseau de la
santé publique, en santé au travail qui est vraiment exceptionnel, puis les
CIUSSS font
partie de ce réseau-là. Puis ce réseau-là, il est responsable de
l'élaboration du programme, évidemment, et des établissements, puis il y a un
budget de 61,5 millions par année. Il y a 15 CIUSSS et CISSS qui en
font partie, il y a un RRSSS-Nunavik, puis il y a celui du CCSSS—Baie-James,
puis il y a des effectifs à temps complet, 528.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Y a-t-il des interventions à l'amendement? S'il n'y a pas
d'intervention à l'amendement, nous allons procéder à la mise aux voix.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire : Mme Dansereau
(Verchères)?
Dansereau :
Pour.
Le Secrétaire : Mme Foster
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Le Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Le Secrétaire : M. Derraji
(Nelligan)?
Le Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire : M. Gaudreault
(Jonquière)?
Le Secrétaire : Mme IsaBelle
(Huntingdon)?
Présidente (Mme IsaBelle) :
Abstention. Donc, l'amendement est adopté, et l'article 177 est donc
supprimé. C'est bien ça? Nous n'avons donc pas à voter l'article puisqu'il est
supprimé. Nous poursuivons, cette fois-ci, avec l'article 179. M. le
ministre
M. Boulet : Oui, merci, Mme la
Présidente, puis il y aura un amendement aussi : Cette loi est modifiée
par l'insertion, après l'article 117, du suivant :
«117.1. Le médecin chargé de la santé au travail
collabore à l'élaboration des programmes de santé au travail visés à
l'article 107.
«Il collabore aussi, sur demande d'un employeur,
à l'élaboration des éléments de santé du programme de prévention visé à
l'article 59, notamment ceux prévus aux paragraphes 6° à 8° du deuxième
alinéa de cet article.
«Il peut s'adjoindre tout intervenant en santé
au travail qu'il estime nécessaire.»
Explication. Donc, on prévoit ici les fonctions
du médecin chargé de la santé au travail, soit celle de collaborer à
l'élaboration : programmes de santé au travail, éléments de santé du programme
de prévention dont les examens de santé de préembauche, les examens de santé en
cours d'emploi, les programmes de santé au travail, la liste des matières
dangereuses et des contaminants, ainsi que le maintien d'un service de premiers
soins.
Par ailleurs, l'article précise que le médecin
chargé de la santé au travail peut s'adjoindre tout intervenant en santé au
travail qu'il estime nécessaire.
Amendement à l'article 117.1 de la
Loi sur
la santé et la sécurité du travail, proposé par l'article 179 du projet de
loi :
1° remplacer,
dans le premier alinéa, «collabore» par «[...]tout autre intervenant en santé
au travail collaborent, sur demande du ministre de la Santé et des
Services sociaux,»;
2° remplacer les deuxième et troisième alinéas
par le suivant :
«Ils collaborent — au pluriel — aussi,
sur demande d'un employeur ou lorsque la commission ou un directeur de santé
publique le juge opportun pour protéger la santé des travailleurs, à
l'élaboration et à la mise en application des éléments de santé du programme de
prévention visé à l'article 59 ou du plan d'action visé à
l'article 61.2. Ils peuvent s'adjoindre tout autre intervenant en santé au
travail qu'ils estiment nécessaire.»
Explication. Ici, on précise qu'en plus du
médecin chargé de la santé au travail tout autre intervenant pourra collaborer
à l'élaboration des programmes de santé au travail. Il est également précisé
que cette collaboration se fera sur demande du ministre de la Santé et des
Services sociaux.
L'amendement vise aussi à prévoir que la
collaboration des intervenants en santé au travail à l'élaboration et à la mise
en application des éléments de santé du programme de prévention pourra se faire
également lorsque la commission ou un directeur de santé publique le juge opportun
pour protéger la santé des travailleurs.
Enfin, bon, il y a la modification de
concordance pour tenir compte de l'amendement visant l'article 149.1 du projet de loi, qui introduit le plan d'action dans
la
Loi sur la santé et la sécurité, tel qu'adopté. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Merci,
M. le ministre. Y a-t-il des interventions sur l'amendement?
Gaudreault : On peut-tu suspendre quelques minutes, s'il vous plaît?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Oui, alors nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
12 h 22)
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alors, compte tenu de l'heure, nous allons
suspendre les travaux jusqu'à 14 heures. Je vous souhaite donc un bon
dîner, bon appétit, tout le monde. Merci, et à plus tard.
(Suspension de la séance à
12 h 30)
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Alors, rebonjour. La Commission de l'économie et du
travail reprend ses travaux. Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 59, Loi modernisant le régime de
santé et de sécurité du travail.
Lors de notre
suspension de nos travaux, cet avant-midi, nous en étions à un amendement
déposé par le ministre à l'article 179. C'est bien ça, M. le ministre?
M. Boulet :
Oui, tout à fait.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Parfait. Est-ce qu'il y avait des interventions, il y
avait des échanges qui avaient commencé? Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Bien, j'ai deux idées d'amendements que je pourrais présenter au ministre, là,
s'il le souhaite, en faisant une suspension.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Parfait. Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
14 h 02)
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Alors, y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement
déposé par le ministre à l'article 179? Oui. Alors, député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Merci, Mme la Présidente. Il y a deux sujets que je voudrais soulever avec le
ministre pour avoir un peu plus de clarté.
D'abord, dans son
libellé, là, au deuxième paragraphe, il commence comme ça, il dit : «Ils
collaborent aussi, sur demande d'un employeur ou lorsque la commission ou un
directeur de santé publique le juge opportun pour protéger la santé des
travailleurs, à l'élaboration et à la mise en application», etc.
Alors, il fait une
énumération, il dit : L'employeur, la commission ou un directeur de santé
publique. Donc, ces trois personnes-là
peuvent, en quelque sorte, activer cette clause-là, cet article-là,
mais on ne nomme pas le représentant en
santé-sécurité du travail, le RSS. Est-ce
qu'il y a une raison pour laquelle le
ministre a rédigé ainsi son amendement?
M. Boulet :
Oui, puis on réfère... Merci, bon retour cet après-midi. Encore une fois, j'en
comprends le sens, on en a discuté, et c'est prévu dans les fonctions,
spécifiquement, du comité de santé-sécurité, auquel est membre, bien sûr, le représentant
en santé-sécurité, à l'article 78, là, qui a été amendé par l'article 156
du projet de loi, que, dans le cadre des fonctions qu'il exerce en vertu du paragraphe
5°, c'est-à-dire faire des recommandations pour la collaboration d'un
intervenant en santé-sécurité dans l'élaboration des éléments de santé de son
programme de prévention... Donc, c'est prévu clairement que, dans le cadre des
fonctions qu'il exerce en vertu de 5°, le comité peut consulter, même aller jusqu'à
consulter l'intervenant en santé. Mais, à 5°, on dit clairement, en plus, que
le comité peut faire des recommandations quant à l'opportunité de demander la collaboration
d'un intervenant en santé dans l'élaboration des éléments de santé de son
programme de prévention.
Donc, la collaboration
va se faire avec le comité de santé-sécurité, qui est le forum, selon nous,
approprié, puis pour éviter d'additionner ou de multiplier, là, les
interventions qui peuvent potentiellement être contradictoires. C'est la raison
pour laquelle, là, ça se limite à l'employeur, ou la commission, ou un
directeur de santé publique, parce que c'est, par ailleurs, prévu dans le projet
de loi spécifiquement.
M. Leduc :
Moi, ce qui m'achale un petit peu, avec ça, c'est quand vous dites : C'est
déjà prévu par le comité. D'accord, mais le comité, justement, il est composé
d'une
partie syndicale, d'une
partie patronale. Mais l'objectif, je pense, de
rajouter le RSS dans cette énumération-là, c'est d'éviter... En fait, pourquoi
un RSS voudrait intervenir et activer cette clause-là? C'est parce qu'il
considère que l'employeur ne fait pas diligemment son travail, ses obligations, qu'il
y a un problème avec le plan de
prévention. Alors, s'il faut qu'il passe par le comité de santé-sécurité, dans
le fond, ce que vous nous dites,
c'est : Il faut qu'il ait l'approbation de l'employeur pour aller plus loin, pour aller
solliciter, par exemple, la Santé publique. Mais c'est précisément parce qu'il
trouve que l'employeur ne fait pas son travail qu'il voudrait faire ça, alors
c'est comme bizarre de dire : Cher employeur, soyez d'accord avec moi que
vous ne faites pas assez bien votre travail pour que vous me donniez la
permission qu'on en appelle à la Santé publique. C'est un peu étrange.
M. Boulet : Non. Quand il y a une
violation alléguée d'une obligation légale et si l'employeur doit élaborer,
mettre en application un programme de prévention, dont le volet santé, c'est
sûr qu'il y a des recours en vertu de la loi,
notamment de demander l'intervention d'un inspecteur qui va faire un rapport
d'intervention, un avis de correction.
Ici, c'est véritablement de demander la
collaboration. Il collabore sur demande de l'employeur, ou de la Santé publique, ou de la commission, à
l'élaboration puis la mise en application des éléments. Ça fait que le
représentant en santé-sécurité, ce n'est pas son rôle fondamental de collaborer
à l'élaboration et à la mise en application des éléments de santé, mais il fait
partie d'une structure de participation des travailleurs qu'on a mise en place
dans tous les établissements, qui s'appelle le comité de santé-sécurité, qui,
lui, peut consulter un intervenant puis qui... dans le contexte de 5.1, c'est-à-dire d'éventuellement faire des recommandations
à l'employeur. Et le comité de santé-sécurité est complètement paritaire
quant à l'opportunité de demander une collaboration d'un intervenant en
santé-sécurité dans l'élaboration des éléments de santé et son programme de
prévention.
Je pense qu'il y a une distinction à faire entre
la collaboration des acteurs et le non-respect par l'employeur de ses
obligations d'élaborer ou de mettre en application, qui, ça, ultimement, peut
mener à des constats d'infraction puis à des infractions qui mènent à des
amendes.
M. Leduc : Bien, je comprends,
mais, justement, ça ne serait pas mieux de prévoir ce chemin-là, plus simple,
il me semble, que de se magasiner, en quelque sorte, des contestations comme
celles que vous soulevez? Vous avez entièrement raison de souligner que c'est
possible de le faire, de faire appel à la CNESST pour avoir un avis de correction, mais, si l'objectif recherché
du syndicat, c'est de, je dirais, ramener l'employeur dans le droit
chemin, là, par rapport au plan de
prévention, bien, pourquoi il ne pourrait pas directement, lui, faire appel à
cette collaboration-là plutôt que de devoir passer par le comité de
santé-sécurité, se faire refuser par l'employeur, après ça faire appel au
comité de l'inspecteur de la CNESST? On pourrait carrément lui dire :
Bien, vas-y, là, appelle-le, l'inspecteur.
M. Boulet : C'est intéressant.
Je pense qu'on va dans l'entonnoir, puis je vous comprends bien. Mais là je
vais référer à une autre fonction du comité qui, là, démontrerait que ce que
vous souhaiteriez à 117.1 s'inscrirait en double, il y aurait un dédoublement
ou une duplication. Parce qu'on dit, au paragraphe 5° de 78... une des
fonctions, c'est de prendre connaissance, le comité doit prendre connaissance
des autres éléments du programme de prévention, donc le RSS, il est là... de collaborer à son élaboration, et à sa mise
à jour, et à son suivi, et de faire
des recommandations à l'employeur. Ça fait que c'est sûr que de rajouter
ça ici, c'est comme donner un pouvoir prépondérant, quasiment, au représentant
en santé et sécurité. En plus d'être membre du comité, de faire
partie de
l'organe central qui s'assure de la collaboration pour l'élaboration, la mise à
jour et les suivis, il pourrait, en plus, demander... Ça revient au même, c'est
exactement la même... Puis je suis d'accord avec vous sur le fond, c'est pour
ça que j'essaie de trouver le meilleur véhicule, mais, si ça fait appel au
défaut de l'employeur de faire ce qu'il est tenu, par la loi, de faire, là,
évidemment, c'est une autre avenue à emprunter, là.
M. Leduc : Est-ce que je me trompe
ou, actuellement, les secteurs prioritaires peuvent en appeler... les RSS
peuvent en appeler directement à la Santé publique?
M. Boulet : Dans l'ancien
article 5, le paragraphe 78.5, oui, ils pouvaient prendre... bien, en
tout cas, je ne sais pas si c'était aussi clair, là, mais ils pouvaient prendre
connaissance des éléments du programme de prévention puis faire des
recommandations à l'employeur. Est-ce qu'ils faisaient appel à des intervenants
en santé publique? Je ne le sais pas, honnêtement, là.
M. Leduc : Même si ce n'est pas
écrit «RSS», là, il va pouvoir le faire pareil. Rien ne l'empêche d'écrire à la
Santé publique pour lui demander d'intervenir.
M. Boulet : Non, non, non, mais là,
ici, ce que vous rajoutez, c'est dans une perspective de collaboration, et ils
collaborent déjà en étant membres du comité de santé et sécurité. Puis le
comité de santé-sécurité, il a même une fonction spécifique de prendre connaissance.
Ça va plus loin. Ici, c'est «ils collaborent sur [...] demande», c'est... ils
collaborent, oui, déjà, c'est prévu techniquement, légalement, à 78. On ne
peut pas rajouter qu'en plus de la collaboration qui est prévue clairement puis
de manière élargie entre le comité, et l'employeur, et les intervenants
à 78... le reprévoir de nouveau à... Moi, je pense qu'il y a du
copier-coller, là, un par rapport à l'autre, là, puis, je vous dis, le
représentant en santé-sécurité, comme il est membre d'office du comité de
santé-sécurité, il a un pouvoir, absolument. Puis ce
n'est pas, encore une fois, un comité dominé par les patrons, là. En tout cas,
ce n'est pas ce qui est prévu.
M. Leduc : Je comprends. Si la DSP
décide... la Direction de santé publique décide d'intervenir, est-ce qu'il faut
qu'elle ait nécessairement été invitée à le faire par l'employeur ou la commission
ou elle peut le faire de son prop