Public Finance — 26 March 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CFP 2024-03-26
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission des finances publiques - Assemblée nationale du Québec
sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube
Députés
La présidente
Les députés depuis 1764
Coordonnées des députés
La fonction de député
Fonctions parlementaires des députés
Composition des commissions
Indemnités et allocations
Cercle des femmes parlementaires
Cercle des jeunes parlementaires
Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec
Fondation Jean-Charles-Bonenfant
Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager
Travaux parlementaires
Calendrier hebdomadaire des travaux
Journal des débats
Index du Journal des débats
Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale
Propos non parlementaires
Assister aux travaux
Travaux de l'Assemblée
Toutes les séances
Documents déposés
Projets de loi
Cheminement des projets de loi
Registre des votes
Travaux des commissions
Liste des commissions
Mandats en cours
Documents déposés
Rapports et documents de réflexion
Exprimez votre opinion!
Pétitions
Signer une pétition électronique
Consulter une pétition présentée à l'Assemblée
Lancer une pétition
Suivre le cheminement d'une pétition
Consultations publiques
Comment participer à une consultation
Liste des consultations publiques
Commenter un sujet à l'étude
Présenter un projet de loi d'intérêt privé
Vidéo
En direct et webdiffusions à venir
Archives des travaux et activités parlementaires
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Activités de presse
Activités spéciales et institutionnelles
Députés
Le Canal de l'Assemblée
Émissions et capsules promotionnelles
Espace jeunesse
Commander un extrait
Calendrier
Ouvrir
En direct
Calendrier détaillé
_date_du_jour
Aujourd'hui
_heure_en_cours
En cours
Activités du jour
Exposition(
s) Drapeau(
x) sur l'hôtel du Parlement
L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements
L'ABC de l'Assemblée
Visiteurs
Restaurants
Actualités et salle de presse
Bibliothèque
Publications
Éducation
Diplomatie
Histoire
Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission des finances publiques
Travaux parlementaires
Journal des débats
Index du Journal des débats
Travaux de l'Assemblée
Registre des votes
Travaux des commissions
Administration publique
Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles
Aménagement du territoire
Assemblée nationale
Culture et éducation
Économie et travail
Finances publiques
Institutions
Relations avec les citoyens
Santé et services sociaux
Transports et environnement
Mandats en cours
Rapports et documents de réflexion
Cheminement des projets de loi
Projets de loi
Documents déposés
Dépôts du jour
Calendrier hebdomadaire des travaux
Mots clés
Type de documents
Tous les documents
Documents déposés
Feuilletons et préavis
Journaux des débats
Mémoires
Procès-verbaux de l'Assemblée
Projets de loi
Rapports et documents de consultation des commissions
Type de travaux
Travaux de l'Assemblée et des commissions
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Commission de la culture et de l’éducation
Commission de la santé et des services sociaux
Commission de l'administration publique
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Commission de l'aménagement du territoire
Commission de l'Assemblée nationale
Commission de l'économie et du travail
Commission des finances publiques
Commission des institutions
Commission des relations avec les citoyens
Commission des transports et de l'environnement
Sous-commission de la réforme parlementaire
Période
De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>
Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>
Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.
" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />
La date de début doit précéder la date de fin.
Session
Toutes les sessions
Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )
43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)
43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)
42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)
42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)
41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)
39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)
33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
Partager
Diagramme de l'Assemblée
En direct sur le Web
Journal des débats de la Commission des finances publiques
Version préliminaire
Retour à la liste des séances du Journal des débats
43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 26 mars 2024
Vol. 47 N° 35
Poursuite du débat sur le discours du budget
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-cinq minutes)
Le Président (M. Simard) : Toutes
et à tous, très heureux de vous retrouver en ce mardi matin.
Comme vous le savez, la commission est
réunie afin de poursuivre le débat sur le discours du budget, conformément à l'article 275
de nos règlements.
Mme la secrétaire, bonjour. Y a-t-il des
remplacements ce matin?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Abou-Khalil, Fabre, est remplacée par M. Lemieux, Saint-Jean; Mme
Mallette, Huntingdon, par M. Chassin, Saint-Jérôme; Mme Cadet, Bourassa-Sauvé,
par Mme Maccarone, Westmount-St-Louis; et Mme Rizqy, Saint-Laurent, par Mme
Dufour, Mille-Îles.
Le Président (M. Simard) : Alors,
bienvenue aux nouveaux collègues qui se joignent à nous. Sur ce, nous allons
poursuivre nos blocs d'échange et nous en étions rendus au bloc de la
partie
gouvernementale, qui dispose de 21 minutes. M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : Merci beaucoup,
M. le Président. Salutations aux collègues. Content de me joindre à vous ce
matin.
Je ne vous dirais pas que j'ai insisté
pour venir ici, mais j'étais très content que ça tombe comme ça, dans les
travaux parlementaires. Parce que, pas plus tard que la semaine dernière, j'ai
participé au débat sur le budget, et j'étais très content de le faire, et, en
préparant mon intervention pour le débat sur le budget, il m'est venu plusieurs
idées, mais plusieurs questions aussi. Mais on va commencer par... ce n'est pas
une remarque. Dans le fond, je voudrais entendre la genèse de la décision du
ministre, dans son budget, qui était, ma foi, pour moi, une des plus belles
surprises, je parle des invalides. Parce que c'était dans la conclusion du
discours du budget et ça faisait... ça faisait suite à une grosse année, on
pourrait dire deux. Parce que, si je me souviens bien, il y a déjà deux ans que
le ministre avait, dans son budget, incorporé des mesures pour essayer de
réduire l'espèce de trou qui s'était créé, avec le temps, pour les invalides
lorsqu'ils atteignaient l'âge de 65 ans.
Et moi, pour un, mais je sais que c'est
vrai pour plusieurs députés, on avait à nos bureaux de comté plusieurs appels
sur le sujet. Les invalides se sont organisés, sont devenus les Invalides au
front, et ça a créé une certaine... ce n'est pas une controverse, mais une
certaine conscience, prise de conscience, par le grand public, de ce que le
gouvernement savait déjà. Et finalement, le ministre a accepté, dans son
budget, d'aller... de...
M. Lemieux : ...d'aller
jusqu'au bout de ce qu'on pouvait espérer, ce qui non seulement m'a réjoui,
mais m'a indiqué qu'on était capables, comme disait un ancien maire de
Montréal, marcher puis mâcher de la gomme en même temps, parce qu'à quelque
part, même si ce n'était pas un budget facile à préparer, il y avait quand même
des choses fondamentales, pour ne pas dire philosophiques, à mon sens, en tout
cas, qui s'imposaient.
J'aimerais juste connaître, vu du siège du
ministre des Finances, l'état de la situation, parce qu'on dit que ça remonte à
20 quelques années, on dit qu'on a essayé de combler une
partie du problème.
Mais c'est un énorme morceau qui m'a fait tellement plaisir. J'ai terminé mon
allocution au discours du budget, au débat sur le discours du budget, comme ça,
en disant que j'en étais particulièrement fier. Alors, merci, M. le ministre,
mais j'aimerais maintenant qu'on puisse comprendre d'où on partait, où on est
rendus et ce que ça a fait comme différence.
M. Girard (Groulx) : Oui,
alors merci beaucoup pour la question. Puis j'en profite pour saluer tout le
monde qui est avec nous aujourd'hui, et les... Le débat que nous avons, il est
important. C'est un sujet qui a été réalisé dans des conditions difficiles et
l'économie du Québec tourne au ralenti sous le poids des hausses de taux des
banques centrales qui affectent tout le secteur sensible aux taux d'intérêt. Et
puis, c'est certain que, nous, s'est ajouté à ça l'impact des feux de forêt et
les négociations dans le secteur public qui amène une situation budgétaire
difficile. Néanmoins, nous avons des responsabilités extrêmement importantes et
la question des aînés en situation d'invalidité, c'est une question qui remonte
à 1996.
• (9 h 50) •
Et à cette époque, le gouvernement en
place faisait face à un régime des rentes qui était sous-capitalisé. Et je
rappelle que le régime des rentes est capitalisé par les travailleurs et les
employeurs. Et face à un régime qui était sous-capitalisé, c'est-à-dire que la
valeur présente de ses passifs excédait la valeur présente des actifs. Et le
gouvernement a pris des décisions que je qualifierais de courageuses et
extrêmement difficiles, c'est-à-dire qu'ils ont coupé les prestations, ils ont
augmenté les cotisations, certainement pas des gestes populaires, et réduit la
rente pour les aînés en situation d'invalidité. C'est-à-dire qu'à l'expiration
de leur rente d'invalidité à l'âge de 65 ans, ils étaient pénalisés
d'approximativement 36 %, comme s'ils avaient pris leur retraite anticipée
à 60 ans. Or, de 60 à 65 ans, ils reçoivent une rente invalidité,
puis là la rente invalidité se termine. Puis à 65 ans, c'est le régime des
rentes qui embarque. Puis, évidemment, notre régime des rentes, plus tu prends
ta retraite tard, plus tes... ta pension est élevée et plus tu la prends tôt,
plus elle est réduite. D'où tous les incitatifs qu'on essaie de, tant par la
littéracie financière que d'autres gestes, d'inciter les gens à retarder leur
prise de retraite. Néanmoins, pour les personnes en situation d'invalidité, ce
choix-là est souvent impossible.
Alors, cette situation-là a perduré de
1996 à... à 2021, et c'est important de le dire, là, je... Les gouvernements
qui nous ont précédés ont fait des choix au niveau du régime des rentes. Puis,
à chaque année, le régime des rentes, on a... À chaque six ans, on a une
consultation publique, puis on doit prendre des gestes... On doit prendre des
décisions pour les six prochaines années, mais aussi pour la pérennité. Puis il
y a eu notamment eu la... Dans les dernières années, il y a eu la création du
régime supplémentaire des rentes avec des cotisations supplémentaires, puis
nous, on a aussi eu une consultation publique où on a beaucoup discuté des
incitatifs au travail, peu de la rente invalidité, mais il y a néanmoins eu des
mémoires qui concernaient la rente invalidité, mais...
M. Girard (Groulx) : ...les
partis d'opposition n'ont pas demandé une bonification de la rente invalidité
dans le cadre des consultations publiques du régime des rentes. Et nous, en
2021, on avait fait le tiers du chemin. Alors, la pénalité... Puis là je
généralise parce que c'est certain que lorsqu'on parle des invalides, chaque
cas est particulier et la situation de chacun mérite d'être connue, mais en
gros, nous avions réduit une pénalité de 36 % à 24 %. D'où mon
affirmation que nous avions fait le tiers du chemin.
Le régime, lorsqu'on a fait la
consultation publique, bien, on a fait des choix au niveau de permettre de ne
plus cotiser au régime des rentes lorsque vous travaillez, et que vous avez
déjà encaissé votre régime des rentes, et que vous revenez au travail, par
exemple. Bon. Puis il y a eu d'autres bonifications mineures, la permission de
retarder jusqu'à 72 ans, mais aussi une qui est importante, la protection
de la rente. C'est-à-dire que lorsque vous... Puisque votre rente est fonction
de vos revenus moyens durant votre carrière, bien, si vous travaillez moins à
la fin de votre carrière, par exemple deux jours semaines, vous vous trouvez à
baisser votre revenu moyen et donc à affecter votre rente. Or, beaucoup de gens
veulent continuer à travailler à l'aube, ou au début de leur retraite, ou
lorsqu'ils sont plus âgés, mais ils ne veulent pas nécessairement travailler au
même rythme qu'ils ont travaillé toute leur vie. Alors on a protégé la rente à
65 ans.
Tout ça pour dire qu'on s'est laissé un
peu de marge de manœuvre dans le régime, mais pas suffisamment pour corriger la
rente invalidité. Et puis d'ailleurs ça n'a pas été discuté spécifiquement
durant la consultation publique. Mais vous avez raison de souligner que pour
les 77 000 personnes qui sont dans cette situation et les 23 000
qui sont entre 60 et 64 ans et qui le deviendront à 65 ans, bien,
cette réduction-là de rente dans un contexte de hausse du coût de la vie, elle
faisait particulièrement mal. Alors, moi, je surveillais cette situation, j'ai
rencontré les différents groupes et je souligne que deux partis d'opposition
avaient amené des projets de loi visant à éliminer cette pénalité. Néanmoins,
le régime ne nous appartient pas. Il appartient aux travailleurs et aux
employeurs. Puis il fallait être certain d'avoir la marge de manœuvre pour
faire ça. Puis ça, c'est... Puis ça peut paraître bancal de ramener ça une
question financière, mais c'est un régime qui est autofinancé. Et s'il souffre
de sous-financement, bien, les travailleurs puis les employeurs vont cotiser.
Alors, à la page C-9, on indique que
le taux de cotisation en vigueur... Et en fait, ce que je veux vous dire, c'est
que j'attendais l'évaluation actuarielle au 31 décembre 2023. Et les
actuaires de Retraite Québec, puis ça, c'est le passif, puis les gestionnaires
de la Caisse de dépôt, ça, c'est l'actif, bien, ils ne sont pas habitués à mettre
le régime des rentes, le deux... Ils ne sont pas habitués que le ministre
appelle le 2 janvier pour savoir la valeur marchande du régime des rentes.
2 janvier, 7 heures : Bonjour. Pourquoi vous êtes en congé? Ça
me prend la valeur présente du passif, la valeur présente de l'actif. Puis moi,
je veux savoir combien j'ai de marge de manœuvre dans mon régime des rentes. Et
puis je me suis offert pour faire les calculs aussi sur mon enquête personnelle
puis... Et là j'ai su que le taux de cotisation était de 10,80, puis que le
taux d'équilibre en 2031... décembre 2021. Mais comprenez bien, moi que je
cherche le 31 décembre 2023, était de 10,54, qu'on avait annoncé des
bonifications de sept points de base dans le cas de... J'ai mangé sept points
de base de la marge de manœuvre dans le cadre des consultations publiques. Mais
là, ça me prenait une mise à jour de l'année 2022 puis 2023. Et il est
apparu que j'avais approximativement... Parce qu'on est dans des hypothèses
actuarielles, hein? Puis si vous changez les hypothèses, vous... c'est certain
que vous allez changer les résultats. Et...
M. Girard (Groulx) : ...et
donc tous ces calculs-là doivent être faits de façon indépendante. Il est
apparu que j'avais 10 points de base de marge de manœuvre et que de faire
le reste du chemin en coûterait huit. Ça nous laisse donc une infime marge de
manœuvre de deux points de base, puisque nous avons décidé au budget
d'annoncer... Puis je vais le lire, là, parce que c'est... C'est vraiment un
moment important pour le Québec. Je pense que tous les partis de l'Assemblée
nationale... Vous savez, un budget, ce n'est pas toujours... Ça ne fait pas
toujours l'unanimité, pas plus celui-ci que d'autres. Mais cette mesure-là,
elle a été extrêmement bien reçue. Alors, dans le cadre du présent budget, le
Gouvernement annonce l'élimination de la réduction de la rente de retraite pour
les aînés de 65 ans ou plus en situation d'invalidité dès janvier 2025.
Donc, ce qui était approximativement une pénalité de 24 % n'est plus. La
marge de manœuvre de deux points de base, c'est infime par rapport aux
fluctuations du marché, hypothèses de longévité, hypothèses sur qui va cotiser,
etc. Et donc je dois affirmer qu'il n'y aura aucun autre changement au régime
des rentes d'ici la prochaine consultation publique. Et, oui, on a un petit
coussin supplémentaire parce qu'on peut dépasser le taux de cotisation sans
enclencher des cotisations supplémentaires, mais on ne veut pas se rendre là.
Mais le deux, d'un point de vue purement mathématique, peut être vu comme 12.
Mais quand vous dépassez le deux, vous êtes vraiment dans le négatif, et ce
n'est pas une bonne pratique. Mais ce que je veux vous dire, là, c'est le deux
points de base n'enclenchera pas des changements dans les taux de cotisation,
là, si le S&P perd 8 % la semaine prochaine, là. Mais donc on fait ce
geste-là. On est fiers de le faire. C'est un geste qu'on fait. Vous savez, le
service public, on est au service des citoyens. Puis dans ce cas-là, les
77 000 citoyens concernés, c'était extrêmement important pour eux. Et
donc c'était important pour nous.
M. Lemieux : Merci
beaucoup. M. le Président, j'ai oublié de vous demander... Au début, j'ai
oublié de partir mon chronomètre. Combien de temps il me reste?
Le Président (M. Simard) : Il
vous reste 6 min 44 s.
• (10 heures) •
M. Lemieux : C'est très
bien. Pour vous remercier, je vais vous faire une confidence, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Pas
trop quand même.
M. Lemieux : Depuis six
ans...
Une voix : ...
M. Lemieux : Non, pas...
Depuis six ans, ce qui m'impressionne le plus de notre ministre des Finances,
je ne sais pas s'il a déjà été professeur, donc, je ne sais pas s'il est
pédagogue, mais comme député, moi, je le trouve particulièrement efficace avec
nous comme vulgarisateur. Je vais donc lui demander un effort parce que j'ai
besoin qu'il m'explique, comme j'essaie de l'expliquer aux citoyens qui
m'appellent depuis que la SAAQ a modifié ses façons de calculer les rentes
après 65 ans pour les... à partir de 61, je pense, oui, en tout cas au
moment de la retraite, pour les invalides, parce que, moi, j'explique à mes
citoyens, vous savez, la SAAQ, la CNESST, la RRQ, c'est trois programmes
différents, mais prenons CNESST et SAAQ en particulier. Les gens disent :
Oui, oui, mais c'est le gouvernement. Je dis : Oui, mais ça ne procède pas
de la même façon, ce n'est pas le même régime, et ils ne sont pas des vases
communicants, et ils ne sont pas ajustés. C'est dans l'actualité ce matin. Là,
je vous parle des retraités invalides de la CNESST. Et on a dans les journaux,
en tout cas à Radio-Canada, je m'excuse, mais j'ai la forte... la forte
propension à regarder Radio-Canada, on nous raconte que ce qu'on a annoncé pour
les invalides au fond ne se réalise pas pour la CNE... pour les invalides de la
CNESST de la même façon que ça ne se calcule pas de la même façon, non plus que
ça ne se calcule pas de la même façon pour la SAAQ parce que c'était des
surplus que la SAAQ avait décidé d'attribuer à cette mesure-là en particulier
pour venir en aide aux invalides des accidents... par cause d'accident, devenus
aînés.
Là où je veux en venir, c'est que je sais
très bien que la ministre de l'Emploi nous a dit depuis deux jours, dans ses
réactions sur ce sujet-là, que c'est le ministre du Travail qui est en train de
regarder comment ça se passe avec la CNESST pour ces gens-là. Ce que je vous
demande, M. le ministre, à travers vous, M. le Président, c'est de nous
vulgariser pourquoi ce sont des régimes différents et comment ça procède au
final. Parce que c'est comme s'ils étaient...
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) M. Lemieux : ...tomber du
mauvais côté. Pour reprendre un exemple qui m'a fait... qui m'a crevé le cœur,
j'ai un citoyen qui me disait : Vous savez, moi, si j'étais... si j'avais
perdu ma jambe dans un accident d'auto plutôt que dans un accident de travail,
j'aurais aujourd'hui un revenu parce qu'il n'est pas réduit autant que ce que
la CNESST réduit ma pension, devenu aîné, à cause d'un accident de travail.
Donc, ce que j'aimerais, c'est de comprendre mieux et davantage pour être
capable à mon tour d'expliquer à mes citoyens qui m'interpellent ce que sont
que ces régimes différents et comment ils procèdent. Et que, dans le fond, c'est
du côté du travail qu'il va falloir que la CNESST s'ajuste, éventuellement,
dans la même mesure, j'imagine. Mais on a réformé la CNESST il y a déjà trois
ans, mais je ne pense pas qu'on retourne dans ce film-là au cours des prochains
mois. Alors, c'est pour ça que j'aimerais comprendre davantage, grâce à vous, M.
le ministre, en remerciant le président.
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui,
merci. Bien, d'abord, il faut... il faut être bien conscient, c'est trois
régimes différents. Vous l'avez dit, et, si on essaie de tout faire, bien là,
on ne fait rien. Alors, moi, je suis responsable de Retraite Québec, du régime
des rentes, un régime qui est... un régime qui est basé sur les cotisations des
employeurs et des travailleurs. Et la situation des invalides était une
situation qui remontait à 1996. Et puis elle doit être traitée à l'intérieur du
régime des rentes.
La société d'assurance automobile du Québec, c'est un régime
d'assurance et ce n'est pas un régime de rente associé... ce n'est pas un
régime de retraite. Ça ne fait pas
partie des piliers du régime de retraite au
Canada, là, où on a la pension de sécurité de vieillesse du fédéral, le régime
des rentes, lorsque vous avez travaillé au Québec, puis le régime de pension du
Canada, lorsque vous avez travaillé au fédéral, puis le troisième pilier étant
l'épargne privée, les REER, vos régimes de retraite d'employeur, puis le
quatrième pilier, celui que j'ai inventé, qui est de poursuivre le travail à la
retraite pour complémenter vos revenus.
Alors, ces régimes-là sont différents,
même chose pour la CNESST. Et c'est certain que, lorsqu'on fait une
bonification dans un régime, bien, ça amène d'autres régimes à se poser des
questions puis à regarder. Et on... nous, au niveau du régime des rentes, on n'a
pas l'objectif d'avoir une harmonisation complète avec la SAAQ ou la CNESST. Ce
sont des régimes qui sont différents. Évidemment, la CNESST est reliée aussi au
travail, d'où le lien avec le régime des rentes. Et bref, le... ce sont des
régimes distincts, financés de façon distincte et ce n'est pas une décision du fonds
consolidé, là, ce n'est pas... ce n'est pas en tant que ministre des Finances,
responsable du fonds consolidé, qui dit : Je vais allouer tant au régime
des rentes, tant à la SAAQ, tant à la CNESST. Non, ce sont des régimes
autofinancés qui font l'équilibre entre les bénéfices, les cotisations, les
prestations, les hypothèses actuarielles. Dans le cas du régime des rentes,
nous avions la marge de manœuvre pour agir et nous avons agi. Je ne peux me
prononcer sur toute question sur les régimes dont je ne suis pas responsable.
M. Lemieux : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Simard) : Merci,
M. le ministre. Merci, M. le député de Saint-Jean. Pendant que j'ai la parole,
je vous demanderais, s'il vous plaît, d'être vigilant par rapport à vos
sonneries. J'en entends quelques-unes, de sonneries, de...
(Interruption)
Le Président (M. Simard) : Ah!
vous voyez. Ce serait le temps qu'on arrête ça, s'il vous plaît. La parole
appartient au député de Saint-Maurice, qui dispose de 21 minutes...
Maurice-Richard, pardon, on était dans l'île Maurice, quand même.
M. Bouazzi : Justement, ça
tombe bien... ça tombe bien, M. le Président, je vais parler de paradis
fiscaux. J'ai...
M. Bouazzi : ...on a... on a,
la dernière fois, vous et moi, M. le ministre, échangé concernant les
milliardaires du Québec. Nous, on pense qu'il y a... il y a des... de l'argent
au Québec et puis il y a une injustice fiscale. Donc, comment est-ce que les...
la richesse commune, si on veut, est constituée à travers notre système fiscal?
J'ai insisté sur le fait qu'à votre arrivée au pouvoir il y avait
11 milliardaires au Québec et maintenant il y en a 17, qu'ils accumulent,
ces 17 personnes, une richesse de 50 milliards de dollars. Je
rappelle... À chaque fois que je le dis, je vous avoue que ça me choque
moi-même, là. Je n'arrive pas à m'habituer au fait que pour accumuler l'argent
de ces 17 personnes, il faut mettre 100 000 $ de côté tous les
ans pendant 500 000 ans, que ces 17 personnes ont des propriétés,
des avoirs qui équivalent aux 40 % de moins nantis. Donc, ils ont autant
de choses, 17 personnes, que le 3,5 millions de Québécois en bas de
l'échelle.
Et il s'avère que ces personnes ont aussi
fait leur richesse parce qu'ils sont actionnaires, évidemment, principaux
actionnaires souvent, de grandes compagnies qui sont devenues des
multinationales, dont le siège social est à Québec. Ça fait qu'au-delà de
l'expansion de la richesse de ces personnes-là, il y a eu un rapport de l'IRIS
qui expliquait qu'entre 2011 et 2021 ils ont analysé donc les états financiers
de 59 entreprises, dont 33 ont leur siège social au Québec, et que les
transferts vers le Luxembourg ont accumulé 119 milliards de dollars,
119 milliards de dollars, et qu'il y a une augmentation, depuis 2011
à 2021, de 20 % tous les ans, hein? Vous et moi, je suis sûr, avons une
bonne idée de ce que c'est qu'une équation exponentielle. Et 20 % tous les
ans, pendant 10 ans, c'est-à-dire que la 10ᵉ année, c'est 100 % de
plus que la première. On a fait des propositions pour aller chercher une
partie
de cet argent-là, M. le ministre. Est-ce que vous seriez ouvert à ce que les
aides gouvernementales, les subventions soient conditionnelles au fait qu'il
n'y ait pas ces transferts vers des paradis fiscaux?
• (10 h 10) •
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
ne comprends pas le début de votre question puis la fin de votre question. Vous
me parlez de milliardaires au Québec, donc leurs avoirs sont au Québec. Et vous
soulignez à juste
titre que la plupart de ces gens-là ont créé des
multinationales présentes partout dans le monde et ont choisi de garder leur
siège social au Québec, une décision en soi que nous saluons. Et vous soulignez
le fait qu'à notre arrivée au pouvoir, ils étaient neuf, puis là ils sont 17,
puis moi, je pensais que nous tous, on aimerait qu'à la fin de ce mandat, il y
en ait 25, puis à la fin du prochain mandat, il y en ait 30, puis que, peu
importe qui gouverne en 2032, bien, qu'il y en ait 36, comme ça, parce qu'on
veut créer de la richesse, puis des grandes entreprises, puis des
multinationales, puis que le siège social soit ici. Et qui dit grande
entreprise multinationale, dit activités dans plusieurs pays, et moi, je salue
le choix que ces entreprises-là choisissent de rester au Québec.
Alors, pour ce qui est de localisations de
grandes entreprises, bien, on est en Amérique du Nord et puis on a aussi... ces
entreprises-là ont des activités en Europe. Alors, on est dans un monde compétitif,
et puis, si, par exemple, on faisait des politiques publiques comme l'IRIS le
suggère ou vous, bien, on risque simplement de pousser la localisation de ces
sièges sociaux là dans d'autres juridictions, et on ne sera pas plus avancés.
Alors, ce qui est important, c'est que ces
entreprises-là, les employés paient des salaires, les... de l'impôt sur le
revenu, les dirigeants, que l'entreprise paie des taxes...
M. Girard (Groulx) : ...la
masse salariale, il y a l'impôt corporatif, et que lorsqu'il y a des gains de
capitaux qui sont impliqués pour les actionnaires... puis les actionnaires,
c'est ceux qui ont créé ces entreprises-là, mais c'est aussi votre fonds de
pension, le mien, le sien, le nôtre, puis c'est... Lorsqu'il y a des gains de
capitaux qui sont imposables, qu'ils soient imposés. C'est le régime qu'on
s'est donné au Canada.
M. Bouazzi : Donc, juste pour
être sûr, je comprends que, sur ce qui reste ici, ils paient des impôts. Sur
les transferts vers le Luxembourg, je vous ai dit qu'il y a eu en 10 ans plus
de 100 milliards de dollars qui ont été... qui sont passés dans les
compagnies. On parle des compagnies canadiennes, dont une bonne
partie sont au
Québec, et vous, vous dites... Parce que vous savez comme moi, M. le ministre,
quand même, que, tout ça, c'est des stratagèmes pour gonfler des gains à
l'extérieur, là où on paie moins d'impôts et avoir le minimum de gains ici, au
Québec, pour payer le minimum d'impôts. Vous, vous dites : S'ils paient
sur le minimum d'impôt, on est à l'aise, on en fait assez. C'est quand même des
quantités d'argent énormes, et les conséquences de ça, c'est que l'extrême
majorité de ce qui doit être payé, et vous le savez aussi bien que moi, est
payé par la classe moyenne. La question, ce n'est pas est-ce que c'est juste?
Et vous, vous dites : C'est correct, je préférerais même avoir, plutôt que
17 milliardaires, 25 milliardaires, et puis tout va bien, là.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Merci pour la gestion de mon micro. Là, je comprends que je ne dois pas y
toucher, hein?
Le Président (M. Simard) : Idéalement,
non.
M. Girard
(Groulx) :
D'accord,
merci. Parce qu'on est dans une nouvelle salle, là, puis on va régler ça
pour les six prochaines heures : ne pesez pas sur votre bouton, on
s'occupe de vous.
Le Président (M. Simard) : ...de
très bons techniciens.
M. Girard (Groulx) : Voilà.
Mais, je veux dire, on n'est pas naïfs non plus, là. On bloque les contrats
publics aux entreprises qui ont été trouvées coupables d'évasion fiscale, là,
on n'est pas... On a une équipe, chez Revenu Québec, qui s'occupe des
planifications fiscales agressives des individus puis on travaille avec le
gouvernement canadien pour la collaboration. Puis c'est certain qu'il faut que
tout le monde paie sa juste part, mais là où je suis fondamentalement en
désaccord avec vous et l'IRIS, c'est que, moi, j'en veux plus, de compagnies
comme ça au Québec. Et vous, dès qu'une compagnie a du succès vous faites
l'hypothèse qu'ils font de l'évitement fiscal, de l'évasion fiscale, puis que
ce n'est pas des bons citoyens.
M. Bouazzi : Non. M. le
ministre, c'est dans leurs états financiers que... ces transferts-là. Ce n'est
pas une enquête extraordinaire, là, c'est des états financiers où des
transferts vers le Luxembourg ne font qu'augmenter. Il y a d'autres compagnies,
dans la filière batterie, dans... le siège social, il n'est pas ici, il est au
Luxembourg, carrément, et ils ont reçu de l'argent de la part de votre gouvernement.
La question c'est : Est-ce que c'est correct que ces personnes-là fassent
des stratagèmes, qui sont publics, là, dont l'objectif est de payer le minimum
d'impôt, évidemment? Mais c'est parce qu'on les laisse faire, et la question,
c'est : Est-ce qu'on prend action pour faire en sorte qu'ils peuvent bien
continuer à faire ce qu'ils font, mais pas avec des subventions de l'État? Et
vous, vous dites : Moi, j'en veux encore plus et puis je n'ai pas de
problème avec les subventions que je donne à ces compagnies-là.
Et l'autre solution, c'est de dire :
Bien, on va être inventif sur la manière avec laquelle on évalue les revenus,
et puis il y a une évaluation qui dépend aussi de la fiscalité, qui est payée
dans les paradis fiscaux. Il faudrait prendre action, et j'ai l'impression que
c'est juste normal pour vous qu'il y ait autant de milliards qui échappent aux
impôts. Parce que, comme un ancien premier ministre, je pense, avait dit :
Les gens qui paient de l'impôt, c'est ceux qui n'ont pas un bon comptable. Ici,
évidemment, on est devant des armadas de comptables qui savent utiliser les
lois, et les lois leur permettent de faire ça. Quand est-ce qu'on prend action
contre les paradis fiscaux?
M. Girard (Groulx) : Bien, on
prend action de façon multilatérale, avec l'OCDE, et le sujet que vous que vous
référez implicitement, qui est l'utilisation des prix de transfert pour
transférer des profits dans des juridictions à taux d'imposition réduit, bien,
c'est un sujet qui est extrêmement important, qui est traité par l'OCDE, qu'on
appelle le BEPS, là, le... l'acronyme français, c'est... de toute façon, c'est
l'érosion... l'érosion de la base fiscale par l'évitement...
M. Girard (Groulx) : ...je
cherche le terme français, là, mais c'est le par le... Bon, l'érosion de la
base d'imposition par le transfert de bénéfices, là, «base erosion pricing
system». Alors, c'est pour ça qu'on amène un impôt minimum de 15 % qui
fait que, par exemple, une juridiction comme le Luxembourg ne pourra plus
charger un impôt corporatif inférieur à 15 %.
M. Bouazzi : Je
comprends. Évidemment, il y a toutes sortes d'exceptions, malheureusement, qui
sont en train de rentrer sur cette juridiction-là et que, de toute façon, le
Québec ne fait pas tant
partie des conversations. Mais la question, c'est
est-ce qu'on continue à subventionner des compagnies qui envoient des milliards
dans... au Luxembourg, par exemple, ou carrément dans le siège social et au
Luxembourg? La réponse, c'est oui. La règle du jeu, elle est comme ça.
M. Girard (Groulx) : Non.
Je pense... Ce que vous faites, c'est pratiquement insultant. C'est comme si
vous faisiez l'hypothèse que nos professionnels au gouvernement du Québec
étaient des amateurs naïfs, là. On ne fait pas une subvention au ministère de
l'Économie ou chez Investissement Québec sans regarder avec qui on transige et
quelles sont les retombées. Par exemple, si vous... Par exemple, si on parle
d'une entreprise européenne, ou australienne, ou américaine, là, généralement,
ces entreprises-là, elles vont créer une filiale canadienne qui, elle, est
imposable ici. Et puis là on n'est pas des amateurs, là, où on fait une
subvention, puis l'argent est siphonné au Luxembourg puis après ça on ne revoit
plus jamais une cent de retombée, là. Il y a... On fait des calculs sur les
revenus de... de taxe de vente, d'impôt des corporations, de taxe sur la masse
salariale, d'impôt des salariés. Et puis c'est certain qu'on regarde les
entités légales avec qui on fait affaire, là. Parce que si...
M. Bouazzi : ...mais la
question, c'est au-delà... C'est légal, là. Est-ce que vous avez fait des
calculs, si tous ces milliards-là ne partaient pas au Luxembourg, combien on a
de manque à gagner dans les impôts?
M. Girard (Groulx) : Est-ce
que, moi, j'ai fait des calculs?
M. Bouazzi : Bien, vous
me dites qu'on n'est pas naïfs. En tout respect, M. le ministre, on n'est pas
naïfs. C'est public, ils transfèrent des milliards au Luxembourg. On s'entend
que ce n'est pas pour faire des «chips» ou des avions, c'est pour payer moins
d'avions... moins d'impôts. Personne n'est naïf ici. La question ici, c'est que
c'est légal. Et par ailleurs, le gouvernement prend la décision que ces
compagnies-là qui font des choses légales, qui donc paient moins d'impôt que
s'ils avaient gardé l'argent qu'ils font ici, ici, de recevoir des subventions,
des prêts à taux préférentiels, des prêts... des prêts ou toutes sortes de
mécanismes de financement. Donc, la question, c'est est-ce que vous avez
calculé c'est quoi le manque à gagner de tout l'argent qui s'en va au
Luxembourg? Encore une fois, c'est des données publiques qui sont dans des
états financiers.
• (10 h 20) •
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Mais
quand vous dites, c'est des données publiques, il faut faire très attention,
là, parce que la situation fiscale des entreprises, elle n'est pas publique.
O.K.? Et moi, je ne commenterai pas sur la situation d'une entreprise, pas plus
que je commenterai sur la mienne, celle de ma sous-ministre, la vôtre. Ce n'est
pas... Ça, c'est du domaine privé. O.K.? Ce que je vous dis, c'est qu'on n'est
pas des amateurs. Il y a l'OCDE qui se penche sur cette question. Puis il y
a... il y a... Évidemment, vous, vous dites le Luxembourg, mais vous auriez pu
dire le Delaware. Hein, pas besoin d'aller... Pas besoin de traverser
l'Atlantique pour trouver une juridiction à taux d'imposition plus faible, là.
Et alors, nous, lorsqu'on fait affaire avec des entreprises, bien, on fait des
simulations, des calculs, puis on regarde quelle est l'entité légale avec qui
on fait affaire. Par exemple, dans ce budget, on a toutes sortes de... Puis
j'apprécie que vous faites la distinction entre légal puis illégal... illégal
parce que c'est la différence entre évasion puis évitement fiscal. Mais par
exemple, dans le dernier budget, on a converti des crédits d'impôt
remboursables, on en a converti une portion en non remboursable. Et donc, pour
profiter pleinement du crédit d'impôt, vous devrez avoir une base d'impôt des
corporations à payer pour aller chercher le crédit d'impôt. Alors ça, c'est un
exemple de mécanisme que nous utilisons pour s'assurer...
M. Girard (Groulx) : ...que
les retombées sont ici.
M. Bouazzi : M. le ministre,
quand vous dites que ces informations-là ne sont pas publiques, est-ce que...
est-ce que ça veut dire que les... Je veux dire, quand elles sont cotées en
bourse, les informations pour vous ne sont pas publiques? Comment... Comment...
comment est-ce qu'un centre de recherche d'une quinzaine de personnes est
capable de feuilleter ces données-là et de sortir des données très, très
précises, de l'argent qui va à un seul de tous les... de tous les paradis
fiscaux possibles? Je ne comprends pas en quoi est-ce que pour celles-là, au
minimum, les informations ne sont pas publiques? Évidemment qu'elles sont
publiques. Et puis il y a eu plus de 100 milliards de dollars de
transférer en 10 ans, 100 milliards de dollars, une augmentation
de 20 % tous les ans. C'est une pratique, c'est des gens qui... une
pratique, évidemment, qui est de l'évitement fiscal, dont l'objectif est de
payer moins d'impôts. Et je pense, honnêtement, qu'on peut évidemment
s'attaquer à ça plutôt que se réjouir qu'il y a effectivement des gens qui ont
fait des milliards et des milliards basés, entre autres, sur le fait qu'ils
sont habiles à éviter de payer leur juste part, quand ici, tous ceux qui sont
des salaires... évidemment, paient leur juste part, et puis souvent beaucoup.
Peut-être, il...
M. Girard (Groulx) : ...
M. Bouazzi : Il me reste
juste quelques minutes.
M. Girard (Groulx) : Allez-y,
allez-y.
M. Bouazzi : Oui, on a
compris notre divergence. Sur la question de la dette, quel pourcentage de la
dette actuelle du Québec est détenu par... par du local, en fait?
M. Girard (Groulx) : C'est...
on n'a pas... on n'a pas les chiffres sur les détenteurs ultimes, on a les
chiffres sur la devise dans laquelle les émissions sont faites. Et, dans notre
cas, 77 % de nos émissions sont en dollars canadiens. Maintenant, une
banque centrale... une banque centrale de Chine, par exemple, pourrait avoir un
portefeuille en dollars canadiens et acheter des obligations du Québec en
dollars canadiens. Puis là, à ce moment-là, bien, évidemment, ce n'est pas un
local. Mais bref, on ne donne pas de statistique sur les détenteurs ultimes,
mais bien sur la devise dans laquelle elles sont émises, et la réponse, c'est
77 % local.
M. Bouazzi : Et donc à
ce stade, on ne sait pas. Par exemple, pour reprendre l'exemple que vous avez
pris, c'est quel pourcentage de notre dette est détenu par des intérêts
chinois, ou européens, ou russes, ou américains?
M. Girard (Groulx) : Bien,
on... On sait que 23 % de nos émissions sont en devises étrangères puisque
ces émissions sont majoritairement détenues par des étrangers. Encore une fois,
la Caisse de dépôt, ils ont un portefeuille de dollars U.S. Puis ils pourraient
acheter des obligations du gouvernement du Québec en dollars U.S., mais je
présume qu'ils le font majoritairement dollars canadiens, bien que je n'aie
pas... D'aucune façon je ne connais l'inventaire de détention. Mais nous, on
veut une base d'investisseurs la plus diversifiée possible, là, tant
géographiquement que par type d'investisseur. Et, bien, on a des banques
centrales, on a des caisses de retraite, on a des gestionnaires de
portefeuilles étrangers et domestiques.
M. Bouazzi : Donc, pour
vous, avoir le maximum de détenteurs de cette dette-là qui soit locale au
Québec n'est pas du tout un objectif. Quand vous dites de diversifier le
maximum possible...
M. Girard (Groulx) : Bien,
attendez, là. Nous, on convertit toute notre dette étrangère en dollars
canadiens. O.K.? Mais le Canada, c'est... c'est 2 % de l'économie
mondiale. Alors, ce serait mal avisé de se restreindre à 2 % de l'économie
mondiale pour financer le Québec.
M. Bouazzi : Je vous
avouerais que je suis un peu étonné par la teneur de vos propos. Quand on sait
qu'au Japon on est à plus de 200 % du PIB de la dette parce qu'entre
autres ils sont forts, parce que la dette appartient principalement aux
Japonais et que de l'autre côté, en Argentine, ils ont 250 % d'inflation
parce que, quand ça tourne mal, toute la dette qui était détenue par les gens à
l'étranger, bien, les gens retirent leurs billes. C'est un gage de stabilité de
s'assurer que le plus gros pourcentage de notre dette est détenu localement. Je
suis un peu étonné que ça ne soit pas un objectif.
M. Girard (Groulx) : Mais
non, ce n'est pas un objectif. Puis ce n'est pas possible. Le Japon, c'est
la... Ça a longtemps été la deuxième économie mondiale, la troisième. Et puis
c'est une économie immense. Puis le Canada, c'est une goutte d'eau dans l'océan
de l'économie mondiale. Puis le Québec, c'est 20 % de la goutte d'eau.
M. Bouazzi : En tout, en
tout respect...
M. Girard (Groulx) : 22 %.
M. Bouazzi : En tout
respect...
M. Girard (Groulx) : 20 %.
M. Bouazzi : M. le
ministre, aujourd'hui, plus de 70 % de notre dette appartient à des
intérêts locaux. Et donc c'est bien sûr possible, même si c'est juste 2 %.
M. Girard (Groulx) : C'est
possible, mais ce n'est pas souhaitable parce que ce ne serait pas optimal
d'émettre seulement au Canada et de se priver, par exemple...
M. Girard (Groulx) : ...si
la Réserve fédérale américaine pense que c'est une bonne idée de détenir des
titres, ou BlackRock, le plus grand fonds privé au monde de gestion de
portefeuille, si ces gens-là pensent que c'est une bonne idée de détenir des
titres du Québec, ce serait mal avisé de leur dire : Non merci, nous, on
veut juste émettre au Québec.
M. Bouazzi : Je suis...
honnêtement, là, pour une fois, là, je vais être vraiment inquiet par rapport
aux risques associés à toute la dette qu'on va avoir parce que penser aussi
simplement que le fait que, tout d'un coup, on se retrouve, par exemple, avec
10, 15, 20 % de notre dette seulement... et puis avec tout ce
qu'Hydro-Québec va émettre comme dette, en plus...
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
M. Bouazzi : ...que ça
n'ouvre pas à des risques par rapport à nos stabilités économiques est, pour
moi, très inquiétant.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci. Merci pour ces échanges. Nous poursuivons. Je cède maintenant la
parole au député de René-Lévesque, qui dispose d'environ 21 minutes.
M. Montigny : Bonjour,
M. le Président. Merci beaucoup. Ça me fait plaisir d'intervenir sur le budget
une fois de plus, mais je voudrais aller sur la section... en fait, la
section
B, dans le budget, la
partie sur l'éducation. Vous savez, moi, j'ai enseigné
pendant 11 ans au secondaire, j'ai été aussi 12 ans comme conseiller
pédagogique, particulièrement en intervention auprès des groupes plus
difficiles, les élèves avec des difficultés d'apprentissage, difficultés de
comportement. Mais je constatais, évidemment, dans le budget, à la
partie deux,
là, de la
section B, le
titre est quand même très évocateur, M. le Président :
Favoriser la réussite éducative des jeunes. Puis je regardais les montants, les
différents montants, là, qui sont dans le budget, puis je regardais aussi ce
qu'on avait mis en place depuis 2018.
C'est quand même assez important, là, ce
qu'on a fait au niveau... comme efforts pour réussir au niveau éducatif, mais
je vous amène aussi dans le
titre du budget : Priorité santé, éducation.
Alors, pour quelqu'un qui a fait presque 20... 20 quelques années de sa
carrière en éducation, ça m'interpellait, ça fait que j'avais envie de prendre
le temps d'interpeller le ministre là-dessus.
Évidemment, on a mis plusieurs sommes
importantes, dans les années passées, hein, ça totalise près de
11,4 milliards de dollars, qui ont été mises en place par le gouvernement pour
accroître la réussite scolaire. On le voit, là, des sommes d'environ
2,3 milliards ont été investies pour soutenir les élèves en situation de
vulnérabilité, spécifiquement les élèves vulnérables. Alors, ce n'est pas rien,
puis on les voit, les impacts que ça peut avoir dans le réseau scolaire,
concrètement.
• (10 h 30) •
Puis là j'ai envie d'amener le ministre
sur comment on se compare, depuis 2018, comme gouvernement, à ce qui était fait
avant. Je ne sais pas, je vais aller dans les souvenirs du ministre pour voir
comment, depuis qu'on a priorisé l'éducation, notre premier ministre le répète
souvent, que la priorité, c'est la santé, l'éducation... puis comment on peut
se comparer, nécessairement, avec la période d'avant, qui n'était pas facile.
Moi, je l'ai connue, dans le milieu de l'éducation, cette période-là où on
voyait... on avait... on anticipait l'annonce du budget puis on voyait les
ministres de l'Éducation, à cette époque-là, vivre avec des coupures, des
contraintes. Ce n'était pas le contexte d'investissement dans le domaine
éducatif qu'on a aujourd'hui. Alors, c'est une bonne nouvelle pour le budget
actuel, mais c'étaient aussi des bonnes nouvelles depuis l'arrivée de la CAQ,
clairement, M. le Président, au gouvernement, en priorisant l'éducation, puis
j'avais bien envie de ramener M. le ministre des Finances dans cette période
moins avantageuse pour l'éducation, qui était avant l'arrivée, en 2018, du
présent gouvernement.
M. Girard (Groulx) : Bien,
moi, je ne peux pas m'empêcher de vous répondre par une question qui intéresse
tous nos auditeurs, les députés de l'opposition et le personnel du ministère
des Finances. C'est : Quelle est la matière que vous enseignez?
M. Montigny : J'ai
enseigné plusieurs matières, mais j'ai été responsable aussi de l'implantation
de tout ce qui était renouveau pédagogique. Puis j'ai travaillé avec les
groupes difficiles, j'ai enseigné l'histoire, j'ai enseigné aussi des cours qui
n'existent plus, l'économie familiale. J'ai enseigné l'enseignement moral, mais
visiblement, ma matière de base, c'est maintenant l'éthique et culture
religieuse. J'ai retourné là. Et c'est une matière aussi que notre gouvernement
va remplacer. Alors je me retrouverais dans un nouveau cours si jamais je
retournais dans les écoles.
M. Girard (Groulx) : Bien,
merci pour cette information. Et je comprends, M. le Président, que ce n'est
pas particulièrement relié à la question, mais puisqu'on passe plusieurs heures
ensemble, je suis convaincu que le député de l'opposition ne m'en voudra pas de
demander cette précision. Et je reviens à la question. Alors...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) M. Girard (Groulx) : ...c'est
certain que les taux de croissance de dépenses, il faut regarder ça sur des
longues périodes, parce que nous, il est arrivé un événement qui s'appelle la
pandémie qui a propulsé la croissance des dépenses en 2021 et qui a amené le
niveau des dépenses de façon très élevée, puis ça s'est poursuivi, là, parce
que le cœur de la pandémie dans 2021. Mais, évidemment, tout le monde se
souvient qu'il y avait encore... le virus était toujours présent 2021 et 2022,
puis, jusqu'à un certain point, le virus était toujours présent en janvier 2024
dans le réseau hospitalier.
Alors, le gouvernement qui nous a précédés
a eu un taux de croissance de dépenses moyenne de l'ordre de 3 %. Mais
évidemment, ce 3 %-là, il est inégal, là, c'est-à-dire qu'il y a eu ce qu'on
appelle, dans un mauvais français, du «stop and go» budgétaire, c'est-à-dire
que, les deux premières années, c'était de l'ordre de 1 %, puis les deux
dernières années, c'était de l'ordre de 5 %, puis, en moyenne, ça fait 3 %.
O.K.? Puis ce qui a fait mal au réseau, c'est évidemment les deux premières
années de 1 %. Alors, c'est ça qui est le... le... le... Et dans notre
cas, en moyenne depuis cinq ans, puis cette information-là est au début de la
section B, on y apprend que'au niveau du portefeuille Éducation, les dépenses
ont crû de 14,9 milliards de dollars à 20,5 milliards de
dollars et que ça représente 37,4 % d'augmentation pour la période de cinq
ans puis que c'est une croissance moyenne de 6,6 %. Mais le 6,6 % n'est
évidemment pas directement comparable au 3 % pour la simple et bonne
raison qu'il y a eu une pandémie.
Mais l'Éducation, c'est notre priorité
dans ce budget-ci. Encore une fois, je veux faire des mises en garde sur les
taux de croissance. On voit un taux de croissance de 9 % en éducation puis
cette année, puis c'est... c'est priorité santé, éducation. On veut avoir un
taux de croissance élevé en éducation cette année. On veut donner un coup de
barre avec du personnel, la... des... des réformes au niveau de la gouvernance,
au niveau des infrastructures. Mais il reste que je fais une légère mise en
garde par rapport aux taux de croissance, c'est-à-dire que, comme il y a eu des
grèves, puis les grèves, c'est très important, là. On voit que les grèves, par
exemple, ont affecté le PIB du quatrième trimestre au Québec de façon
importante, et donc on baisse le niveau de dépenses au... en 2023 parce qu'il y
a des grèves, puis là on met des plans de rattrapage en 2024 parce qu'il y a eu
des grèves. Alors, vous baissez 2023 puis vous augmentez 2024, ça gonfle le
taux de croissance à 9 %. Et là, dans le budget, on dit humblement que, l'éducation,
c'est la première responsabilité du gouvernement du Québec puis c'est une
priorité, mais qu'il serait plus juste de parler d'un taux de croissance de l'ordre
de 7 % une fois... un petit peu moins, là, mais je fais des chiffres
ronds, une fois qu'on a juste pour l'effet des grèves et des plans de
rattrapage.
M. Montigny : Merci beaucoup.
J'aurais une deuxième question, toujours en lien avec l'éducation. Vous savez,
j'ai envie de vous entendre sur les diverses mesures qui sont destinées à la
partie réussite éducative des élèves puis je voyais, dans le budget, là, qu'on
a bien ciblé aussi l'apprentissage du français, parce que, quand j'étais dans
le réseau, là, les... une douzaine d'années, je travaillais avec des élèves en
difficultés de comportement, difficultés d'apprentissage, puis les données de
recherche, les données probantes nous donnaient vraiment des éléments spécifiques
sur la réussite du français, la capacité à s'exprimer, la compétence
particulièrement sur l'expression orale, la capacité à communiquer et l'aspect
comportement des jeunes. Donc, je sais que je m'en vas un peu en profondeur
dans ça, mais je veux vous amener quelque chose à
titre d'exemple...
M. Montigny : ...puis vous
pourrez me donner des réponses sur d'autres types d'interventions qui sont
faites pour améliorer la réussite des jeunes, mais on le voyait très bien, sur
la qualité du français, que, quand on intervient sur l'écriture, sur la
communication, la capacité de s'exprimer, on voit directement une augmentation
au niveau des comportements des élèves. Puis, quand on voit une augmentation
des comportements des élèves dans des classes, dans des groupes puis quand on
voit une diminution d'élèves en difficulté de comportement, on voit une
amélioration de la qualité globale de la classe, du travail de l'enseignant, de
la qualité de l'enseignement, et clairement on voit aussi une augmentation des
taux de réussite. Donc, quand on intervient sur le français, sur la langue, sur
la capacité de s'exprimer, sur la capacité de l'élève à lire davantage puis à
être plus, je dirais, efficace dans sa lecture puis quand on enseigne de façon
explicite la lecture, bien, on s'aperçoit que ça augmente, par effet domino, la
réussite éducative des jeunes.
Alors, je le voyais, dans le budget, qu'on
avait mis vraiment cette partie-là de l'apprentissage du français. Il faut
continuer la lecture. Il faut continuer très jeune l'apprentissage de la
littératie, très jeune, dès le début de la formation. Alors, est-ce qu'il y a
des mesures, M. le ministre, à
titre d'exemples, des éléments additionnels, que
vous pourriez nous expliquer, qui favorisent la réussite éducative des jeunes,
que vous avez pris soin d'appuyer dans le budget pour que notre ministre de
l'Éducation puisse continuer son beau travail?
M. Girard (Groulx) : Bien, la
réponse, c'est oui, puis je pourrais vous amener à la page B.30, où il y a la
question spécifique des élèves en difficulté affectés par la situation que nous
avons connue au mois de novembre, au mois de décembre. Alors, il y a du
tutorat, de l'aide spécialisée pour les élèves avec des besoins particuliers,
les cours d'été qui seront gratuits pour les élèves de quatrième, cinquième
secondaire, soutien aux organismes et aux partenaires qui travaillent en
éducation, des offres de rattrapage pendant la semaine de relâche. Puis on me
dit que ça s'est bien passé, là, il y a eu de la demande durant la semaine de
relâche.
• (10 h 40) •
Mais vous avez raison que les compétences
de base, savoir lire, écrire, compter, sont essentielles, et la langue
française est complexe, et ça nécessite des efforts, de l'aide, et c'est un
travail qui est continu, puis on ne peut pas faire ce travail sans avoir le
personnel. À la base de la réussite de nos élèves, il y a le dévouement de tout
le personnel scolaire, enseignant, mais aussi les spécialistes, les directions,
les aides, et, disons, ça prend... pour la réussite scolaire, ça prend un
engagement de tous les partenaires, puis c'est pour ça que nous avons, de bonne
foi, bonifié les conditions de travail des employés du secteur public, pour
avoir des conditions de travail qui favorisent non seulement la rétention, mais
l'attraction du personnel. Et puis ça, ça va permettre de se doter de
flexibilité au niveau de la gestion.
Puis, si vous allez à la page B.5...
évidemment, nous ne sommes pas des experts de la gestion des écoles, au
ministère des Finances, mais on montre le genre d'avancées qui ont été...
qu'on... dont nous nous sommes dotés dans le cadre des négociations, puis là on
voit, par exemple, qu'il va y avoir des mesures pour favoriser la prestation de
travail à temps complet, révision des statuts du personnel de soutien pour
créer davantage de stabilité dans les équipes d'école. Alors, le personnel de
soutien, souvent, avait seulement du temps partiel. On va les... Puisqu'ils
sont dans nos écoles, on va bonifier leurs horaires. Et il y a la fameuse
mesure, là, sur... Ah! celle-là, je pense qu'elle a fait beaucoup de bruit lors
de la rentrée scolaire de l'automne 2023. Et puis une façon dont nous pourrions
juger du succès des efforts que nous faisons en éducation, c'est s'il n'y avait
pas de...
M. Girard (Groulx) : ...lors
de la rentrée scolaire de 2024. Alors, on parle ici, là, de fermeture du
processus d'affectation des classes au plus tard le 8 août, ce qui permettra
une meilleure planification scolaire et une stabilité dans l'organisation des
classes, là, c'est... C'est élémentaire, mais en même temps c'est fondamental,
là. Et ça, si on commence sa cinquième année, puis on arrive à l'école, puis
notre professeur est là, puis... Bien, ça facilite l'apprentissage. Et puis on
a une classe avec des hauts degrés de difficultés ou de toutes sortes de défis,
puis encore là je suis loin de mon champ d'expertise, mais il y aura des aides
à la classe, un deuxième adulte pour permettre de favoriser l'apprentissage
et... Et je pense qu'il faut voir les efforts qu'on fait en éducation comme
multidimensionnels. Personnel, ressources humaines, il y a... II n'y a pas de
succès en éducation sans l'engagement du personnel dans un nombre suffisant.
Infrastructures, gouvernance, soutien à la réussite... Puis il y a toute la
question de la motivation, de l'autonomie, les programmes particuliers, l'heure
supplémentaire au secondaire. Le transport scolaire fait
partie de la réussite
scolaire, là. Ça... Ça prend... Il faut que l'autobus passe le matin et il faut
que la... Il faut qu'elle passe à chaque matin pour... Puis tout... Bref, la
réussite scolaire, c'est la somme de nombreux efforts. Mais s'il y a un élément
qui est clé, pas de personnel, pas de succès.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Nous pouvons poursuivre. Il reste 4 min 40 s, cher collègue.
M. Montigny : Parfait.
Merci beaucoup, M. le Président. J'aimerais revenir sur un élément qui est
important. On parle par exemple du personnel professionnel. Alors, dans l'année
qu'on vient d'avoir la
partie négociation, toutes les discussions qu'on a eues,
on a bien vu, là, la volonté du gouvernement de soutenir différents...
différents types de personnels scolaires. Oui, les enseignants qui sont, je
dirais, directement en service à l'élève, mais il y a des services
professionnels aussi, qui le sont, en service direct à l'élève, je pense,
notamment, les psychologues. Alors, intervention importante qui a été faite par
notre gouvernement pour soutenir le travail des personnes qui donnent des
services directs aux élèves, notamment, ceux qui sont psychologues scolaires.
On le voit très bien dans nos écoles, les psychologues scolaires,
particulièrement en région, doivent se... circuler d'une école à l'autre avec
des territoires, des fois, qu'il y a plusieurs centaines de kilomètres. Alors,
ça demande à ce personnel-là d'avoir cette capacité de se déplacer sur le
territoire pour être capable d'intervenir auprès de clientèles très différentes
d'un milieu à l'autre. Parce qu'il y a plusieurs communautés qui sont
desservies par un centre de services scolaire.
Maintenant, il y a toute la
partie aussi, je
dirais, de l'aide à l'enseignant parce que l'enseignant dans sa classe, il a,
oui, l'enseignement à faire. Il y a des notions essentielles, des savoirs
essentiels qui sont évidemment enseignés aux élèves, M. le Président, mais il y
a aussi toute la
partie gestion de la classe, des groupes plus difficiles, la
gestion des comportements. Et là, un élément extrêmement important qu'on a vu,
c'est l'addition d'une personne avec des compétences particulières qu'on
appelle les techniciens, techniciennes en éducation spécialisée qui ont de la
formation spécifique pour ces élèves-là qui ont des difficultés, des fois des
difficultés d'apprentissage, qui peuvent se transformer aussi en difficultés de
comportement, ou, évidemment, on le voit, M. le Président, quand un élève a des
difficultés de comportement ou d'attention, évidemment ça peut lui amener à
avoir des difficultés au niveau de ses apprentissages.
Alors, clairement, l'intention de notre
gouvernement a été très, très claire, le premier ministre était très clair
là-dessus, soutenir... En éducation, c'est soutenir les élèves pour améliorer
la réussite, soutenir les élèves en difficulté. Puis là-dessus je voudrais
simplement dire... Peut-être, M. le ministre, conclure sur comment vous voyez que
les changements qu'on a faits, entre autres sur la gouvernance, peuvent avoir
un impact sur la réussite des jeunes, entre autres en lien, je vous donne juste
une piste, en lien avec cet institut...
M. Montigny : ...qu'on a...
qu'on met en place sur... qui va regarder toutes les données probantes pour
s'assurer qu'on applique, dans les écoles, des choses qui reflètent des données
probantes pour assurer des meilleurs résultats. Je vous donne juste cette
piste-là, M. le ministre.
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le ministre, tout ça en 1 min 30 s.
M. Girard (Groulx) : Merci.
Bien, je pense que, l'Institut national d'excellence en éducation, ça servira à
la... à la diffusion des meilleures pratiques pédagogiques, puis ça l'a
évidemment d'autres objectifs, mais les données probantes vont permettre des
analyses sur quelles politiques publiques fonctionnent et lesquelles ne
fonctionnent pas, et la diffusion de celles qui fonctionnent va améliorer les
conditions pédagogiques... pas les conditions, mais les méthodes pédagogiques
dans nos... dans notre école publique. Et bref, c'est vraiment la diffusion des
meilleures pratiques qui va nous aider à accomplir ce qu'on veut accomplir. Ça,
c'est au niveau des données probantes. Mais c'est certain qu'encore une fois ça
prend du personnel. Et par exemple, au secondaire, bien, le fait que les
techniciens en éducation spécialisée vont pouvoir agir comme aide à la classe,
bien, c'est certain que ces techniciens-là sont particulièrement aptes à aider
les élèves en difficulté, là, puis ils connaissent les élèves aussi, là. Donc,
je pense que tout ça : diffusion les meilleures pratiques, personnel en
place pour...
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Voilà.
M. Girard (Groulx) : Merci.
Le Président (M. Simard) : Alors,
nous allons poursuivre avec notre collègue de Westmount—Saint-Louis. Mais
avant, je vous avise qu'après ce bloc, nous allons faire une courte pause à
même le temps gouvernemental. Chère collègue, à vous la parole. Vous disposez
de 21 minutes.
Mme Maccarone : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bonjour.
• (10 h 50) •
Mme Maccarone : C'est un
plaisir d'échanger aujourd'hui.
J'ai écouté les remarques de mon collègue,
que j'ai trouvées intéressantes, parce qu'il a dit que c'était un
titre très
intéressant, quand on parle de l'éducation. Alors, je vous amène à la page C.20
pour parler des titres. Quand on parle, en matière de famille, Appuyer les
jeunes et les familles, c'est un
titre intéressant, étant donné qu'on parle
uniquement de convertir 1 000 places en service de garde. Alors, ce n'est pas
appuyer toutes les familles et tous les jeunes, c'est une infime minorité de la
population qui va bénéficier, de cette mesure.
Puis, juste pour faire un peu la mise en
scène, pour les gens qui suivent un peu nos travaux, pour comprendre d'où
est-ce qu'on est venu, l'ancien ministre de la Famille, dans la dernière
législature, puis votre gouvernement avait quand même fait une promesse,
c'était lui ainsi que la vice-première ministre, que nous allons convertir 56
500 places pendant la campagne électorale, puis ça, c'est il y a moins de deux
ans. L'an dernier, votre gouvernement avait fait la promesse de convertir 5
000, puis là, maintenant, on est rendus à 1 000. Si on continue à cet élan, ça
va prendre 50 ans pour convertir le réseau. Alors, je veux juste comprendre
comment ça marche puis c'est quoi, les demandes budgétaires de la ministre de
la Famille quand elle est allée vous voir pour parler de ses besoins pour la
conversion du réseau.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui,
merci. Bien, c'est certain que la ministre de la Famille aurait aimé qu'on
accélère le rythme des conversions. Il y a eu, au budget 2020-2021, 3 500
conversions, au budget 2023-2024, 5 000, puis là, au budget 2024-2025, 1 000.
Alors, tout ça, ça fait 9 500, puis, si vous permettez, je vais arrondir puis
dire 10 000, mais c'est 9 500 depuis qu'on a parlé de conversion. Et puis c'est
certain que l'ordre de grandeur de ce qu'on a à faire, c'est plus de l'ordre de
50 000, et c'est ce que la ministre de la Famille aimerait, c'est ce qu'elle
demande. Elle est dévouée... Parce qu'il y a deux volets, là. Il y a le fameux
6 milliards qu'on est allé chercher, sans condition, du fédéral, qui, lui, vise
le développement de 37 000 places subventionnées. Puis là on voit que 37 000,
c'était l'estimé de ce qu'on avait besoin à ce moment-là. Depuis, on une croissance
de population qui est plus rapide, probablement que le 37 000 va...
M. Girard (Groulx) : ...ne
sera pas suffisant, il faudra plus de place encore que 37 000. Mais là, puisque
votre question porte sur les conversions et le rôle de la ministre de la
Famille, c'est certain qu'elle en demandait plus que 1 000. Mais, face à un
déficit de 11 milliards de dollars, après contribution au Fonds de génération,
au 8,8 milliards, 1,5 % du PIB avant, bien, on devait faire des choix. Puis,
comme le budget s'est passé dans le cadre des négociations dans le secteur
public, le choix que nous avons fait, c'est santé et éducation.
Mme Maccarone : Ça veut dire
que les familles, d'abord, du Québec font... c'est eux qui sont responsables du
déficit, c'est eux qui font les frais du déficit, parce que ce que je
comprends, c'est que c'est les familles qui sont pénalisées. Le coût de la vie
est très, très, très élevé, puis, si on a fait le choix de convertir uniquement
1 000 places, bien, on se comprend, la conversion, ce n'est pas la
construction, ce n'est pas la création de places, alors les frais sont... ce
n'est pas du tout les mêmes frais qui sont associés. Je comprends mal pourquoi
le choix a été fait.
Ça fait que, moi, ma question, c'est : La ministre,
elle avait demandé de faire la conversion de combien de places?
M. Girard (Groulx) : Bien,
l'engagement électoral...
Mme Maccarone : L'engagement
électoral, c'était 56 500.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, écoutez, d'abord, il faut se rappeler d'où on part, là. On a le meilleur
régime de service de garde au Canada, là, qui est la... le modèle pour ce que
le gouvernement fédéral souhaite déployer dans les autres provinces, et je
pense qu'il ne faut pas diminuer ce qu'on a et ce qu'on va faire avec les 37
000 places qui vont être créées. Puis je rappelle, là, qu'il y a un crédit
d'impôt...
Mme Maccarone : Je ne parle
pas de 37 000 places, par contre. Je suis désolée de vous interrompre. C'est
parce que je ne parle pas de 37 000 places...
M. Girard (Groulx) : Non,
non, mais...
Mme Maccarone : ...je parle
de la conversion.
M. Girard (Groulx) : O.K.,
bien, je vais vous parler...
Le Président (M. Simard) : ...interventions,
chers collègues.
Mme Maccarone : Je suis
désolée, M. le Président. Allez-y, M. le ministre.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
rappelle qu'il y a un crédit d'impôt, là. On ne peut pas comparer le taux brut
dans le privé au taux subventionné, il faut convertir avec le crédit d'impôt.
Puis, pour répondre précisément à votre
question, bien, la ministre de la Famille aurait souhaité 10 000 conversions.
Mme Maccarone : Elle aurait
souhaité 10 000 puis elle a eu seulement 1 000.
M. Girard (Groulx) : Oui,
parce que nous avons un déficit de 11 milliards de dollars et puis qu'il
fallait faire des choix, là. Puis vous-même, en Chambre, vous le dites, là, le
11 milliards, il est important, et puis il faut prendre des décisions. Et, dans
notre cas, la décision, c'est d'améliorer les services en santé et en éducation
immédiatement, et puis ça nécessite des sommes importantes, et puis c'est le
choix qu'on a fait.
Mme Maccarone : C'est quand
même un... Si vous permettez, je suis désolée, mais c'est quand même un échec,
parce qu'une promesse de 56 500, c'était un engagement. Ça fait que vous êtes
d'accord que c'est une promesse que vous avez rompue. On ne parle pas de...
M. Girard (Groulx) : Non.
Non, je ne suis pas d'accord.
Mme Maccarone : Mais on ne
parle pas de la conversion, là, on parle de... Comme j'ai dit, on avait
commencé avec une promesse de 56 500. Là, c'est baissé à 5 000. Là, on est
rendu à 1 000. Puis juste si je fais référence à les priorités, quand on
regarde le budget, aussi, le 3,9 millions de dollars qui sont attribués pour
faire cette conversion, ça, c'est même pour 2024-2025. Avec ce montant, on
comprend que ce ne serait pas avant l'année prochaine. Ça fait qu'on va avoir
encore une attente. Ça fait que ce n'est pas pour 2024, ça, ça va se réaliser
en 2025, parce que ça prend un minimum de 15 millions pour faire la conversion
de 1 000 places. Alors, c'est clair, ce n'est même pas pour maintenant. Ça fait
qu'on a des familles qui vont attendre. Puis, juste pour faire la mise en
scène, pour faire le portrait, quand on parle de 3,9 millions, c'est quand même
deux fois moins d'argent qui a été attribué pour les L.A. Kings à venir pour
faire deux matchs hors saison.
Alors, si je parle au nom des familles qui
sont en attente, c'est quand même un portrait... dévastatrice. Eux, ils se
sentent vraiment abandonnés. Pour eux, c'est des promesses qui sont rompues, en
ce qui concerne la conversion. C'est quand même très difficile pour les
familles qui sont toujours en attente.
Alors, j'essaie de comprendre pourquoi ces
choix ont été faits. Je ne nie pas qu'on a des besoins en éducation puis qu'on
a des besoins en santé, mais ça reste que c'est les familles québécoises,
surtout les femmes, qui sont en attente, qui ne peuvent pas retourner sur le
marché du travail, qui doivent subir beaucoup de frais très élevés de coût de
la vie. Comment ça se fait qu'eux, ils n'ont pas fait
partie des choix
gouvernementaux...
Mme Maccarone : ...comme
priorité?
M. Girard (Groulx) : Bien, je
vous remercie pour votre question. Et d'abord je tiens à dire que la promesse
n'est pas rompue, on parle quand même de 9 500 conversions en cours, et que,
bien sûr, on aimerait qu'il y en ait plus, et puis c'est simplement que le
rythme de déploiement de la promesse va être plus lent. Alors, si, au prochain
budget, on a les marges de manœuvre puis que les progrès qu'on souhaite dans le
réseau de la santé et de l'éducation sont en marche, bien, on pourra accélérer
le rythme des conversions. Mais là on fait un choix qui... Vous savez, vous
nous reprochez d'avoir un déficit élevé, vous nous dites qu'on ne fait pas
assez de conversions, mais je vous dirais que ces deux énoncés-là sont contradictoires,
et qu'une des raisons que le déficit est élevé, c'est qu'on fait un
investissement important dans le personnel, et que, pour livrer des services en
santé puis en éducation, ça prend du personnel, et qu'on fait d'autres
investissements en infrastructures, au niveau de la gouvernance.
Bref, on a le... il faut faire attention
aux messages qu'on envoie à la population. On a les meilleurs services de garde
au Canada. On a le programme de création de places le plus ambitieux au Canada.
Est-ce que la promesse de conversion est
brisée? Non. Son déploiement est ralenti en raison des conditions budgétaires.
Mme Maccarone : Pour ne pas
rompre la promesse, M. le ministre, ça veut dire qu'il faut que vous
convertissiez 25 000 l'année prochaine puis 25 000 l'année d'après, pour
réaliser la promesse, juste pour faire la mise en scène, là, ça fait que...
parce qu'il reste quand même 55 000 places à convertir...
M. Girard (Groulx) : Vous
avez raison. Il reste deux budgets.
Mme Maccarone : ...puis la
promesse, c'était quand même... c'est ça que la CAQ avait fait comme promesse.
Mais là, vraiment au compte-goutte, la façon que nous sommes en train de
convertir le réseau, ça va prendre 50 ans.
Ça fait que je comprends le ralentissement
que vous êtes en train de partager, mais c'est une promesse brisée, parce que
c'est quand même 56 000 qui était promis. Pour réaliser, ça va être 25 000
l'année prochaine puis un autre 25 000 l'année d'après.
Le ministre dit que, tu sais, on ne peut
pas dire que le déficit est très élevé, puis évidemment on est inquiets de ça,
puis aussi de demander des investissements en matière de famille pour la
conversion, mais le ministre lui-même, aujourd'hui, ainsi que la semaine
passée, en période de questions, il a répondu qu'on a eu quand même 6 milliards
du gouvernement fédéral. Qu'est-ce qui est arrivé avec cet argent-là? Combien
de cet argent a été utilisé pour la conversion?
• (11 heures) •
M. Girard (Groulx) : Zéro. Ce
6 milliards-là va à la création de places. Le 6 milliards est pour la création
de 37 000 places. Les conversions nécessitent des sommes additionnelles.
Mme Maccarone : Combien de
cet argent été utilisé pour la création de places?
M. Girard (Groulx) : Le 6
milliards est budgété depuis le budget 2021-2022 ou... l'automne, c'est la mise
à jour... 2021 ou 2022? Je vais vous le trouver. Mais l'argent est dans le
cadre financier, est prévu pour le déploiement de 37 000 places, nouvelles
places de service de garde subventionné. Aucune de ces sommes n'est prévue pour
les conversions.
Mme Maccarone : C'est
intéressant, parce que, quand on a eu des échanges avec la ministre de la
Famille, juste l'année passée, elle a dit qu'aucun de cet argent n'était alloué
pour la création de places, puis, dans le fond...
M. Girard (Groulx) : Non,
elle n'a pas dit ça, j'en suis convaincu. Je la connais, je travaille avec
elle, là. C'est certain qu'elle n'a pas dit que le 6 milliards n'était pas pour
la création, là. C'est ça l'entente avec le gouvernement fédéral.
Mme Maccarone : La réponse
qu'elle a dite, c'est...
M. Girard (Groulx) : Je pense
que vous interprétez mal sa réponse.
Mme Maccarone : C'est ça
qu'ils nous ont dit en crédits l'année passée. Puis, quand j'avais le dossier
de la famille, dans la dernière législature, que nous avons... quand l'argent a
été octroyé, en 2019, par le gouvernement fédéral...
M. Girard (Groulx) : Non, ce
n'est pas en 2019.
Le Président (M. Simard) : ...un
à la suite de l'autre, s'il vous plaît.
M. Girard (Groulx) : C'est à
l'automne 2021.
Le Président (M. Simard) : Bon,
M. le ministre, on va laisser notre collègue de Westmount poursuivre son
intervention, après quoi vous pourrez intervenir, cher collègue.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Mme Maccarone : Merci. Merci
pour la correction, pour la date. Ça reste que l'ancien ministre de la Famille
n'était pas capable de répondre combien de cet argent là était utilisé pour la
création de places. Puis ce qu'on a compris, c'est que l'argent était envoyé au
fonds consolidé. Alors, j'essaie de comprendre. Maintenant, on va passer aux
crédits prochainement, fin avril. Ça, ça veut dire...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) Mme Maccarone : ...quand
je vais poser des questions en ce qui concerne la création de places, la
ministre de la Famille, elle va répondre que cet argent a été quand même,
maintenant, utilisé, le montant qui était attribué, parce qu'on a quand même un
montant attribué annuellement, là, qui était envoyé... Mais j'ai même la
réponse, sa réponse l'année passée, elle a dit : «Il n'est donc pas
possible de distinguer l'utilisation des sommes reçues du gouvernement fédéral
par rapport aux sommes prises à même le fonds consolidé.» Ça fait que vous,
vous dites une précision. Ça fait que je ne comprends pas.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bon.
Alors, nous sommes dans un champ de juridiction du Québec, O.K., et nous avons
signé avec le gouvernement fédéral... Puis là je peux vous donner la genèse de
ça, mais je ne le ferai pas, parce que c'est moi qui ai négocié directement
avec la ministre Freeland cette entente. Elle est sans condition. Et donc le 6
milliards, il va... C'est 6 milliards sur cinq ans, là, ce n'est pas 6
milliards l'an 1, là. En fait, 6 milliards sur six ans, je pens. Il va au fonds
consolidé. Et nous, on s'est engagés, à l'automne 2021, à déployer ces 6
milliards pour créer 37 000 places. Puis, dans l'entente avec le fédéral, on
parlait, je pense, de plus de 25 000 places ou quelque chose comme ça. Alors,
le déploiement se fait, puis les sommes sont réservées, elles ne sont pas
détournées ou... Les sommes sont obtenues du fédéral, elles vont au fonds
consolidé. Le déploiement des places se fait, puis elles sont financées, puis
l'argent sort. Puis tout ça, c'est fait en toute transparence.
Le Président (M. Simard) : Mme
la députée
Mme Maccarone : Merci
pour la réponse. Ça reste que c'est très compliqué de décortiquer, parce qu'on
sait toujours combien de places ont été créées sur la base de l'argent que nous
avons reçu. Mais je vais attendre les crédits pour poser des questions à votre
collègue, parce que je souhaite poursuivre dans le dossier de la Sûreté du
Québec.
Bien, d'emblée, je veux mentionner que ce
sera le premier anniversaire, là, du décès de la sergente Breau, cette semaine.
Alors, je souhaite nous rappeler que le travail, risqué, est essentiel, des
policiers. Alors, je suis de tout cœur avec eux, je comprends que c'est un
anniversaire vraiment crève-cœur, puis je leur offre mon soutien. Puis juste,
ça fait deux semaines, votre gouvernement a quand même voté contre un mandat
d'initiative pour étudier la croissance des violences, l'état mental perturbé,
donc ce que Maureen Breau a vécu, une mort, un décès violent face à quelqu'un
qui souffre de problèmes de santé mentale.
Je parle régulièrement avec les policiers
sous le couvert de l'anonymat. Je les rencontre, je prends des cafés avec eux.
La Sûreté du Québec, c'est quand même 5 700 membres, puis ils attendent
toujours de résilier une entente de principe. Puis je sais qu'habituellement ce
n'est pas vous qui gère ces négociations, mais cette fois-ci c'est vous qui
travaillez là-dessus. Alors, encore une fois, pour la mise en scène, ils ont
confirmé, ils ont... ils ont rejeté la première entente de principe, le 15
septembre. Puis là ils ont confirmé, le 6 décembre, qu'il n'y avait plus
d'argent dans l'enveloppe, ça fait qu'ils attendent toujours une réponse. Le 31
mars, ça va faire deux ans depuis qu'eux, ils n'ont toujours pas d'entente. Ça
fait que je voulais savoir on est rendus où en ce qui concerne les
négociations?
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est une question pour le syndicat, parce que nous, on avait une entente
avec... de principe avec le syndicat. Puis je tiens à rappeler, là, que c'est
un régime de négociation qui est complètement distinct des négociations dans le
secteur public, parce qu'en vertu de ce régime de négociation, là, il faut...
il y a un ensemble de comparables, là, qui inclut la GRC, la police provinciale
de l'Ontario, la ville de Montréal, puis, dans le fond, on commence la
négociation avec un ensemble de comparables. Et nous avons, sur la base de
cette entente... de ces comparables, nous en sommes venus à une entente avec le
syndicat, une entente de principe ou préliminaire, puis je ne suis pas...
peut-être je n'utilise pas les termes justes, mais eux sont allés devant leurs
membres, et leurs membres n'étaient pas satisfaits de l'entente et ils ont
rejetée, qui est leur droit démocratique. Mais nous, à la lumière...
M. Girard (Groulx) : ...de
l'ensemble des comparables, notre offre était juste, en fonction des
comparables, de la capacité de payer les Québécois, de ce qui a été observé au
niveau de l'inflation, tout ça. Alors, nous étions de bonne foi. La preuve,
c'est que nous avions une entente.
Mme Maccarone : Ça fait que
le budget prévoit des dispositions pour le financement des négociations des
contrats avec la police même à la suite des négociations qui ont été conclues
ou ils sont prêts à conclure avec les autres services publics.
M. Girard (Groulx) : Peut-être
que vous pourriez préciser votre question, parce que je ne suis pas sûr...
C'est quoi, votre question?
Mme Maccarone : Je veux juste
m'assurer que, dans le budget qui a été déposé dernièrement... qu'il y a
toujours des dispositions financières pour s'assurer que, quand vous allez
continuer les négociations avec les policiers, que, dans le fond, en termes...
juste plat de même, qu'il reste de l'argent pour eux.
M. Girard (Groulx) : O.K.
Bien, ce qui est dans le cadre financier pour les négos, là, évidemment, pour
des raisons de pouvoir de négociation, on ne dit pas exactement combien il y a
pour chaque groupe chaque année, dans le cadre de la négociation, parce
qu'évidemment ce ne serait pas particulièrement habile, mais on donne quand
même de l'information extrêmement importante à la page G.10, où on dit que
l'impact des négociations qui sont en cours, celles qui sont conclues et celles
qui sont toujours en cours — donc, dans le cas de la Sûreté du Québec, ils sont
dans le deuxième groupe — bien, le cadre financier intègre plus de 3 milliards
par année. Puis ça, c'est la page G.10. Puis, si vous allez à la page G.19,
bien, vous voyez qu'en 2024-2025 les dépenses de portefeuille ont augmenté de
3,2 milliards, puis en 2025-2026 c'est 3,260. Alors, là-dedans, il y a
l'ensemble des groupes qui sont concernés par les négociations.
Mme Maccarone : ...les
répartiteurs d'urgence, parce qu'eux sont toujours en attente d'avoir la
conclusion de leurs négociations aussi, puis ça, ça tombe sur la Surêté Québec.
Il y a une pénurie de personnel. Ils font quand même un travail qui est très
difficile. Il y a un roulement. Le processus de reclassification, ce n'est
toujours pas terminé.
M. Girard (Groulx) : Bien,
vous avez raison de souligner que ces gens-là sont extrêmement importants, mais
moi, je dois... j'ai un devoir, là, de divulguer la même chose à tout le monde.
Et, malgré la précision de votre question, je vais être obligé de vous référer
à la page G.10 et à son complémentaire, la page G.19.
• (11 h 10) •
Mme Maccarone : C'est la
reclassification, c'est ça qu'ils cherchent. Ce n'est pas les négos, c'est la
reclassification.
M. Girard (Groulx) : Je suis
incapable de répondre à cette question, à savoir si la reclassification est
dans le 3,2 milliards de ce groupe particulier là. Je vous suggère de parler à
la négociatrice...
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
M. Girard (Groulx) : ...à la
présidente du Conseil du trésor.
Le Président (M. Simard) : Voilà.
Donc, merci à tous pour ce bloc d'échange.
Et, comme convenu, avec consentement, nous
allons procéder à une courte pause.
(Suspension de la séance à 11 h 11)
(Reprise à 11 h 17)
Le Président (M. Simard) : Bien,
chers collègues, merci à nouveau pour votre précieuse collaboration. Nous
sommes en mesure de reprendre nos travaux. Et je cède la parole au député de
Maskinongé, qui dispose d'environ 13 minutes.
M. Allaire : Merci, M.
le Président. Bon matin, chers collègues. M. le ministre, on a plusieurs points
en commun. Vous aimez le hockey. J'aime le hockey. On a d'ailleurs eu
l'occasion de taquiner le palet ensemble à quelques reprises dans les années
passées, moins cette année, pour cette classique hivernale qui était...
M. Allaire : ...une priorité
qu'on se donnait à chaque année, mais les changements climatiques obligent,
cette année, on n'a pas été capables de le faire, ou je pense que vous êtes
allés cette année, mais moi, j'étais en commission, donc je ne pouvais pas
aller me joindre à vous. Mais c'est un des points qu'on a en commun. Le tennis,
c'est un autre point en commun que vous avez, mais on n'a pas eu l'occasion de
jouer ensemble. J'aimerais ça dire qu'on a aussi un autre point commun qui est
le pickleball, parce que j'ai fait la transition du tennis au pickleball, mais
ce n'est pas le cas, malheureusement. Je pense que je n'ai pas réussi à vous
convaincre encore. Je pourrais vous lancer un défi, par contre, moi, j'ai été
contaminé par mon collègue de Richelieu qui joue allégrement au pickleball, et
honnêtement, j'ai pris la piqûre.
Un autre point qu'on a en commun, M. le
ministre, et vous êtes un ancien banquier, je suis... je suis aussi un ancien
banquier. Vous étiez chez... à la Banque Nationale, j'étais chez Desjardins. Et
je n'ai pas la prétention que j'étais à votre niveau, là, je pense que vous
avez beaucoup, beaucoup plus d'expérience que moi. Mais, quand même, ce que je
veux amener, c'est le fait qu'à notre niveau, mettons, comme gestionnaires,
notre portefeuille est diversifié. Dans le cas de... dans mon cas à moi, quand
j'étais chez Desjardins, j'avais un demi-milliard d'actifs sous gestion, et
pratiquement le deux tiers de mon portefeuille sous gestion était lié au
secteur agricole. Et, dans Maskinongé, parce que, naturellement, j'étais chez
Desjardins dans Maskinongé, le secteur agricole prend toute son importance.
Puis ça se traduisait aussi via le travail que j'avais naturellement chez
Desjardins, mais c'était comme ça pour Desjardins, mais l'ensemble des
institutions financières, naturellement, là, il n'y a pas que Desjardins.
Mais ça démontre quand même à quel point,
dans Maskinongé, c'est... c'est plus qu'important, c'est plus qu'une priorité.
Je ne peux qu'être très, très sensible à ce que nos agriculteurs vivent
actuellement. Dans Maskinongé, c'est 450 fermes. Et, chaque fois qu'il y a
des turbulences dans le milieu agricole, c'est sûr que ça se reflète sur mon
quotidien, parce que je suis très proche du milieu agricole. Je les connais
tous ou presque. Je suis tout allé visiter à cause de mon passé, soit en
développement économique ou en financement d'entreprise chez Desjardins, puis
encore plus maintenant comme élu. Je pense qu'à chaque fois qu'ils... qu'ils
vivent des situations particulières, ils prennent le temps de venir me voir au
bureau pour me parler de leurs différents enjeux, de ce qu'ils vivent
actuellement.
Puis c'est sûr que l'impact des taux
d'intérêt actuellement a de l'impact sur... sur leurs coûts qu'ils ont à
assumer au cours de l'année. Ça fait en sorte que, veux veux pas, la marge de
profit s'est atténuée avec le temps. Ça fait qu'ils doivent revoir les choses
autrement. Ils doivent être créatifs. Puis c'est correct, ça, ça fait
partie
aussi... C'est des entrepreneurs, ça fait
partie de leur quotidien de trouver
des nouvelles façons, là, de bonifier leurs revenus.
• (11 h 20) •
Puis ce que j'aime, c'est qu'on n'est pas
restés les bras croisés, M. le ministre, avec le ministre de l'Agriculture, on
a mis en place différentes mesures quand même pour soutenir le milieu, entre
autres le Fonds d'urgence. Initialement, on était à 10 millions, on l'a
bonifié à 25. On a modulé certains paramètres pour être capable de s'ajuster.
Et je pense que c'est important de le dire, là, ça caractérise aussi, je pense,
qui on est comme gouvernement, entre autres par rapport au secteur agricole,
c'est... on reste à l'écoute. Les gens qui sont venus me voir, on a fait des
interventions, on a parlé au ministre, qui était déjà, naturellement, très au
fait de la situation, mais ça l'a sensibilisé encore plus. Il était très, très,
très disponible pour nous rencontrer, mais il l'a fait aussi naturellement avec
l'UPA nationale, entre autres avec Martin Caron, que je salue d'ailleurs, Martin
Caron qui est le président de l'UPA National, mais qui est un producteur de
Maskinongé. Donc, j'ai la chance d'avoir... d'avoir Martin sur mon territoire,
donc ça favorise aussi les échanges que je peux avoir avec lui pour encore
mieux comprendre ce que peut vivre l'ensemble du secteur agricole.
Alors, je salue... je salue le travail
qu'on a fait au fil des derniers mois pour s'ajuster à la... à
l'année 2023, qui a été très difficile pour eux. Ça fait que je parle du
fonds d'urgence, mais je parle aussi de l'annonce qu'on a faite pour réviser
toute l'assurance récolte qui est sous gestion de la... de la La Financière.
Puis je pense que c'est un élément qui va être... qui va être... qui va être à
suivre, à suivre de proche, parce que ça, je l'ai beaucoup, beaucoup entendu,
lorsque j'ai rencontré les agriculteurs, soit dans les dernières semaines aux
différentes A.G.A. auxquelles j'ai participé, autant pour la relève agricole,
pour l'UPA de Maskinongé, c'est un élément qui revient beaucoup, ça va être notre
capacité à s'adapter, là, vraiment, à ce que les agriculteurs peuvent vivre
actuellement avec les changements climatiques. Mais mon point, M. le ministre,
ça va être davantage...
M. Allaire : ...davantage
pour la relève, la relève agricole qui ont besoin d'aide pour faire
l'acquisition de l'entreprise familiale notamment ou pour prendre de
l'expansion éventuellement. Et je sais qu'on est au rendez-vous quand même et
on est très, très à l'écoute. J'ai participé au Congrès de la relève agricole
qui était dans... qui était en Mauricie, qui n'était pas à Maskinongé, là, qui
était dans la région de Shawinigan. Bien, l'ensemble de la relève du Québec
était... était réuni à Shawinigan la semaine dernière, et c'est un élément qui
est ressorti, de quelle façon que nous, comme gouvernement, on peut les aider
davantage à ce niveau-là. Et ça m'amène au dernier budget, M. le ministre,
c'est quand même 50 millions qu'on a annoncés dans le dernier budget pour
favoriser la relève agricole, ce n'est pas rien. C'est un pas important qui a
été salué d'ailleurs par les gens qui étaient présents au Congrès de la relève
agricole, qui a été salué aussi par l'UPA à différents niveaux, là, je vais
dire, localement, régionalement, mais au niveau national. Et j'aimerais en
savoir un peu plus, M. le ministre, sur ce fonds-là, qui sera mis en place. Et
puis qu'est-ce qui vous a peut-être motivé, justement, à l'inclure, là, dans
le... dans le dernier budget.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
vous remercie pour votre introduction, puis je pense que nous reconnaissons
tous que l'année 2023 a été extrêmement difficile dans le milieu agricole.
Les taux d'intérêt élevés, c'est très difficile pour tout le monde, mais
notamment dans le secteur agricole. L'inflation, c'est difficile pour tout le
monde, mais notamment dans le secteur agricole. Et l'impact des changements
climatiques amène une volatilité qui a été particulièrement défavorable au
milieu agricole. Alors, on a eu de la sécheresse et on a aussi eu, à d'autres
endroits, lorsqu'il y a eu de la pluie, de fortes pluies, bref, on a eu des
saisons hors normes. Et lorsqu'on ajoute des conditions climatiques hors normes
à des conditions économiques très difficiles, bien, ça crée une situation qui
est extrêmement difficile. Et c'est pour ça que la Financière agricole du
Québec a dû essentiellement passer d'un volume d'interventions, en moyenne,
dans les 10 dernières années, qui était de l'ordre de 400 millions,
puis là, en 2003, ça va atteindre près d'un milliard. Alors... puis là on... le
ministre de l'Agriculture travaille avec le fédéral pour... conjointement parce
qu'il y a un fonds qui permet la relance post-difficultés climatiques qui, lui,
est financé 60 % fédéral, et on travaille avec eux pour en venir à une
entente et c'est... bon. Puis on appelle ça le programme Agri-relance, c'est
ce que je cherchais, bon.
Et pour ce qui est du pickleball, je vais
rester en dehors de ce champ d'activités. Puis, si je me permettais une pointe,
M. le député : Je me sens encore jeune, là, alors je ne sens pas le besoin
de...
M. Allaire : De jouer au
pickleball.
M. Girard (Groulx) : ...de
faire du shuffleboard ou du pickleball.
Le Président (M. Simard) : ...à
nos...
M. Girard (Groulx) : À nos
moutons.
Le Président (M. Simard) : ...à
notre sport favori...
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Le Président (M. Simard) : ...qui
est celui des finances publiques.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Maskinongé.
M. Girard (Groulx) : Alors, je
vous amène à la page D.31, M. le Président... Puis je m'en excuse.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : Je m'en
excuse. ...puis c'est là que je vais répondre sincèrement que nous avons créé
un fonds d'investissement pour l'acquisition de terres pour la relève agricole.
Et depuis 2011, là, il y avait peut-être 43 millions qui avaient été
investis dans 140 projets, puis ce fonds-là, là, le Fonds d'investissement
pour la relève agricole, alors 2011 à janvier 2025, c'était 43 millions.
Puis là nous, au budget, on a décidé de le bonifier de 50 millions. Puis
ce nouveau fonds là, puisque l'ancien se termine le 31 janvier 2025, bien,
ça va permettre de faire des interventions, notamment faciliter l'accès...
M. Girard (Groulx) : ...les
jeunes entrepreneurs la propriété des terres en offrant des solutions adaptées
aux défis rencontrés lors du démarrage ou du repreneuriat d'une entreprise
agricole. Et puis, évidemment, c'est... ce n'est pas tout ce qu'on fait pour le
secteur agricole, mais spécifiquement, là, pour faire face à l'enjeu de
l'acquisition des terres puis l'augmentation de la valeur des terres, c'est ce
fonds-là qui est créé dans le budget 2024-2025. Alors, c'est décrit à la
page D.31 du budget.
M. Allaire : Merci, M. le
ministre. Puis on aurait pu élaborer aussi sur les mesures fiscales. Lorsque...
lorsque j'étais justement à l'assemblée générale annuelle, la Relève agricole,
ils ont salué les mesures fiscales, là, du Québec, là, par rapport à la façon
que ça intervient dans leurs dossiers. Puis je pense qu'ils saluaient vraiment
nos interventions à ce niveau-là par rapport au gouvernement fédéral. Donc, on
avait une nette... un net avantage, là, qui était... qui était salué par les
gens qui étaient présents.
Je tiens aussi à souligner que, puis c'est
de le dire, là, les gens qui travaillent à La Financière sont là pour
accompagner les agriculteurs. Puis vous l'avez dit un peu, là, juste par la
hauteur de l'aide qui a été apportée, qui est... qui est, de façon évidente,
beaucoup plus significative, là, par rapport aux années passées. Mais le... les
interventions, le terrain, là, les gens qui se déplacent pour aller un peu
constater ce qui... ce qui se passe puis qui se traduit sur les fermes, je
pense, ça se traduit aussi par davantage de ressources qui ont été embauchées
au sein de La Financière. Et ça a de l'impact aussi. Parce que je pense que ça
faisait partie... Je me souviens, quand j'ai été... quand j'ai été élu en 2018,
là, des quelques critiques, là, que... qu'on recevait par rapport à
l'efficacité de La Financière. Mais ça, je pense qu'on a vraiment remédié à
cette situation-là. Puis il y a davantage de soutien terrain qui permet de bien
accompagner les agriculteurs.
Et je vais terminer en disant que c'est un
peu ce que le ministre a mentionné haut et fort. C'est-à-dire que, dans le
contexte actuel, où c'est très, très difficile pour les agriculteurs, bien, il
s'est permis de mentionner que les agriculteurs qui lèveraient la main, qui ont
la difficulté, vont être appelés un par un pour être capable de leur offrir ce
soutien-là, de La Financière. Et, combiné à l'aide financière de l'institution
financière, bien, on va arriver à passer à travers cette crise-là. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Simard) : Il
vous reste à peu près 10 secondes, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
remercie le député d'amener cette importante question. Le secteur agricole vit
des défis extrêmement importants. Puis on est là pour les aider.
• (11 h 30) •
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci. Je cède maintenant la parole à la députée de Mille-Îles, qui
dispose d'environ 21 minutes.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Je vais juste démarrer. Voilà. Je vais enlever mon téléphone. Merci,
M. le Président. Alors, vous comprendrez qu'avec la situation qu'on vit sur
la... avec la crise du logement au Québec, bien, je suis ici pour en parler,
évidemment. Et je vais noter d'ailleurs qu'en fait, la crise du logement, c'est
ce qui n'était pas dans le budget. C'est ce qu'on n'a pas adressé dans le
budget. Celui-ci... Puis d'ailleurs, c'est ce que titrait La Presse, là, la
crise du logement aux abonnés absents. C'est aussi ce que plusieurs groupes,
hein... Puis le... puis ce budget a fait l'unanimité entre les groupes de
protection des locataires puis les groupes qui représentent les propriétaires
et les constructeurs, qui nous ont rappelé que de ne rien faire maintenant,
bien, c'était accentuer la crise de l'habitation. Alors, j'aimerais entendre
davantage le ministre sur, dans le fond, la raison. Je comprends qu'il a fait
des choix, mais le logement fait
partie des besoins essentiels d'une
population. Alors, j'aimerais comprendre pourquoi il a fait le choix de ne
pas... de ne pas sous stimuler la construction résidentielle avec le budget
qu'il a présenté.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est... Merci pour la question. Et c'est certain qu'un budget, c'est une photo
qui ne représente pas l'ensemble des efforts qu'on fait au niveau du logement.
Alors, puisqu'à la mise à jour, il y avait 1.8 milliard pour le logement,
dont la moitié financée par le gouvernement fédéral, eh bien, il faut que ces
sommes-là soient déployées, tout comme... En fait, depuis 2018, on a mis
6.3 milliards. Puis ce qu'on voit à la page C.13 du budget, c'est que
dans ce budget-ci, il y avait 500 millions, ça, c'est la page C.12,
puis que, dans ce... dans ce budget-ci, on est allés avec la rénovation des
HLM, encore une fois en collaboration avec le fédéral...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) M. Girard (Groulx) : ...il y
aura 300 millions pour la rénovation de HLM. Puis ça, c'était une chose qui est
demandée par les parties prenantes de la société, qu'on rénove les HLM. Je
pense que vous êtes d'accord avec cette... l'importance de cette activité.
Alors, il y a plus de 300 millions pour la rénovation de HLM, en collaboration
avec le fédéral. Pour ce qui est de développer des logements, bien, il y avait
le 1,8 milliard à la mise à jour, 4 milliards depuis qu'on est là, puis ce qu'on
voit, c'est qu'il y a 23000 unités qui doivent être livrées puis qui sont
financées. Alors, c'est un continuum.
Mme Dufour : Merci. Je
comprends, là, vous me parlez surtout des investissements en logements sociaux,
et le 1,8 milliard que vous parlez, là, c'est, si je ne me trompe, 8000 unités,
qui vont sortir dans les cinq prochaines années, au cours des cinq prochaines
années, donc pas 8000 par année. Mais le problème, c'est qu'on a un déficit de
logements de tout acabit et on devrait construire, selon la Société canadienne
d'hypothèque et de logement, 150 000 logements, alors qu'on n'en a construit
que 38 000 l'an dernier. Et, malheureusement, on pensait qu'il y avait
peut-être une amélioration en janvier, mais les chiffres qui sont sortis la
semaine dernière... le recul de février des mises en chantier annuelles annule
la hausse de janvier. Alors, on continue à s'en aller en décroissance pour la
construction résidentielle. Alors, ce n'est pas des logements sociaux que je
veux parler, c'est des logements tout court. Comment on va, à travers ce
budget-là, stimuler la construction résidentielle de tous logements? Comment on
va atteindre cet objectif-là qu'on devrait viser de construire 150 000
logements par année?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : D'abord,
je pense que le chiffre de 150 000... puis il y a un autre chiffre qui circule,
là, 900 000, ces chiffres-là doivent être expliqués par la SCHL, là, parce qu'on
est 9 millions d'habitants. Quand j'entends la SCHL dire qu'il manque près de 1
million de logements, intuitivement, je ne comprends pas leur chiffre. Alors,
ça, la SCHL fera ses explications, mais nous, au Québec, on crée, en moyenne,
là... avant la pandémie, il se créait en moyenne 44 000 unités de logement par
année. Et, durant la pandémie, il y a eu une explosion de création de logements
parce que, notamment, les taux d'intérêt étaient comprimés, là, on est allé à
54 000 unités, en 2020, 68 000, en 2021, puis 57 000 en 2022. C'est pour ça qu'il
faut faire attention au taux de croissance puis, etc., là. Parce qu'effectivement
en 2023, on a l'air d'avoir une chute plus importante que dans le reste du
Canada, mais c'est surtout parce que, 2022, on avait une explosion plus forte
que dans le reste du Canada. Bref, on attend approximativement la moyenne des 10
dernières années en 2024, 45 000... 43 000 unités, et je n'ai aucune raison de
croire, là, après deux mois, que ce n'est pas ça qui va se réaliser.
Mme Dufour : Donc, la SCHL,
vous ne comprenez pas d'où viennent ses chiffres. On a évidemment une
croissance de la population, on a des taux d'inoccupation qui sont presque à
zéro dans plusieurs villes du Québec, en bas de 1 dans la très grande majorité
des villes du Québec. Ça, ça veut dire qu'il n'y en a plus, de logements, M. le
ministre. Alors, moi, j'aimerais savoir c'est quoi, les besoins, selon vous? Si
le chiffre de la SCHL ne fait pas de sens, quel est votre chiffre, sur quoi
vous vous basez, c'est quoi, vos objectifs?
M. Girard (Groulx) : Bien, en
fait, on se base sur les analyses du ministère des Finances du Québec. On fait
des estimations de l'offre et de la demande, un peu comme vous faites
référence, puis taux de vacance et, etc., et on obtient des chiffres qui sont
importants mais qui ne sont pas de l'ordre de ceux de la SCHL. C'est pour ça
que je suggère que la SCHL explique leurs chiffres.
Et ce qui est important, c'est qu'on mette
les conditions en place pour construire des logements. Puis je pense que vous
avez participé à la commission parlementaire sur l'omnibus municipal et l'omnibus
en habitation, puis que, là-dedans, il y a des mesures pour faciliter la
construction au niveau des municipalités, puis c'était une demande du fédéral,
d'ailleurs, pour signer l'entente, et puis qu'ensuite on...
M. Girard (Groulx) : ...on a
besoin de taux d'intérêt normalisés, parce que, présentement, ce qu'on voit,
c'est que le principal facteur qui restreint les mises en chantier, c'est la
difficulté de se financer. Et ça, c'est causé par la politique monétaire qui
vise à restreindre les secteurs qui sont sensibles aux taux d'intérêt, dont le
plus sensible de tous, c'est la construction résidentielle.
Mme Dufour : Merci, M. le
ministre, mais vous ne m'avez pas dit le chiffre. C'est quoi, le chiffre des
besoins qui ont été estimés par le ministère?
M. Girard (Groulx) : Je
pourrais vous revenir avec ça. Je n'ai pas... ce n'est pas... on n'a pas...
donné cette information dans le budget, là, il va falloir que je fasse des
recherches, mais on a une projection effectivement sur 10 ans, là, qui... qui
fait une hypothèse sur la construction, qui viendra du privé, la demande, puis
ce qui doit être fait. Là... puis il faut comprendre, là où le gouvernement
doit intervenir, on a logements sociaux, logements abordables, logements
privés, et le champ d'intervention du gouvernement, c'est les logements sociaux
et abordables, là, on n'est pas dans la construction de logements privés.
Mme Dufour : Et la crise
affecte tout le monde. Et... et on l'a vu partout, à travers le Canada,
d'autres provinces ont agi différemment. Ils ont aussi investi en logements
sociaux, mais ils ont fait le choix d'aussi investir pour réduire les coûts de
la construction résidentielle, pour stimuler la construction de logements
locatifs. Vous avez fait le choix de ne pas aller là. J'aimerais vous entendre
sur... sur pourquoi vous n'avez pas retiré la taxe de vente du Québec, à
l'instar des autres provinces canadiennes et du fédéral.
M. Girard (Groulx) : Bien,
dans certains cas, ils n'ont pas fait le choix, là, parce qu'ils n'administrent
pas leur taxe de vente. C'est le fédéral qui administre la taxe de vente. Puis,
dans les faits, le fédéral a choisi pour eux. Dans notre cas, comme vous le
savez, on a... nous administrons la taxe de vente fédérale pour le gouvernement
fédéral, et notre taxe de vente, en raison de choix qui ont été faits, je
pense, par le gouvernement de Jean Charest, qui a augmenté la TVQ à 10 %,
bien, la TVQ est grosso modo deux fois la TPS, et donc en termes de
collaboration fédérale-provinciale, que le fédéral pose un geste sans nous
consulter, dont les implications sont deux fois plus importantes pour nous,
c'est particulièrement malhabile de la part du fédéral.
• (11 h 40) •
Mme Dufour : Je m'excuse,
mais je ne parle pas du gouvernement fédéral. Je veux savoir pourquoi vous avez
fait le choix de ne pas retirer la taxe de vente du Québec.
M. Girard (Groulx) : Parce
que c'est dispendieux et que l'effet est indirect. Alors, pour ce qui est de
l'estimation, j'ai eu l'occasion de le dire à quelques reprises en Chambre,
lors de vos questions ou de celles de vos collègues, c'était de l'ordre de 1,5
milliard sur cinq ans. Puis, comme vous le savez, nous avons une situation
budgétaire qui est difficile. On a décidé de mettre près de 1 milliard de
dollars à la mise à jour, puis c'est certain qu'on aurait pu ne pas le mettre,
puis baisser la TVQ. On aurait pu faire ça. On a fait un choix. Et c'est un...
ça a... une intervention qui est plus directe, c'est-à-dire que chaque dollar
qui est mis va aller en construction de logements, tandis que, si on baisse la
TVQ, bien, c'est... l'intervention est plus diffuse entre le constructeur, le
contracteur puis le locataire.
Mme Dufour : Mais quelle...
L'analyse financière, d'impact financière que vous avez faite à ce moment-là,
quel scénario vous avez pris pour faire ça? Je suis curieuse de savoir si vous
avez regardé, par exemple, un retrait temporaire, le temps que les taux
baissent, puisque vous avez dit à maintes reprises que c'était... que les taux
allaient rebaisser, tout allait repartir, mais, actuellement, il y a... ça ne
se construit pas, actuellement. Donc, les logements qui ne se construisent pas,
il n'y a pas... tu sais, on ne sauve pas de TVQ, là, là-dessus, là, on n'en
gagne pas non plus, ils n'existent pas, ils ne se construisent pas. Alors, je
serais curieuse de vous entendre sur votre analyse d'impact financière.
M. Girard (Groulx) : Bien, ce
qu'il faut regarder, c'est que c'est certain que le but d'une mesure comme ça,
c'est de générer de la construction supplémentaire. Le désavantage d'une mesure
comme ça, c'est...
M. Girard (Groulx) : ...que
vous devez payer pour les constructions qui se seraient faites de toute façon.
Alors, par exemple, si vous anticipez, je vais dire 30 000 unités d'édifices à
logements, puis que, là, vous baissez la TVQ, puis mettons que ça monterait de
10 %, que ce serait 33 000, bien, vous devez payer sur les 33 000, bien
que votre effet est sur 3000, O.K.? Ça fait donc une mesure qui est très
dispendieuse. Et, quant à la période qu'on a regardée, bien, puisqu'il s'agit
d'une harmonisation avec le fédéral, c'était pour la construction entre le 14
septembre 2023 et le 31 décembre...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : O.K.. La
construction doit débuter entre le 14 septembre 2023 et le 31 décembre 2030 et
elle... débuter, puis se terminer avant le 31 décembre 2035. Merci, Mme la
sous-ministre. Ça, c'est l'annonce du fédéral, donc, sept ans, à peu près,
qu'ils ont annoncé.
Mme Dufour : Mais on aurait
pu faire un choix différent, de ne pas faire la même annonce que le fédéral.
Est-ce que vous avez regardé l'option de la retirer uniquement pour les projets
de logements sociaux et abordables, par exemple?
M. Girard (Groulx) : Non.
Non, je n'ai pas regardé ça. Bien, regardé ça, c'est-à-dire qu'on a commencé
par regarder combien ça coûte, s'harmoniser avec l'annonce du fédéral, ce qui
est essentiellement ce que les autres provinces ont fait. Et, encore une fois,
je tiens à dire que, si le fédéral nous avait consultés, bien, on leur aurait
sûrement suggéré de faire ça pour la période où les taux d'intérêt sont trop
élevés. Parce que, là, on s'attend... Dans le fond, cette baisse de TVQ là, là,
elle, elle correspond à peu près à 35 points de base de taux d'intérêt sur le
financement d'un projet, puis là on anticipe des baisses de taux, cette année,
de l'ordre de 75 à 100 points de base. Puis les logements sociaux et
abordables, on les subventionne déjà, directement, contrairement aux projets
privés. Mais bref, c'est... quand vous dites : Est-ce qu'on aurait pu le
faire pour une période plus courte? Oui, mais ce que le fédéral a décidé, c'est
ce qu'ils ont annoncé. Nous, on doit prendre la décision si on s'harmonise ou
non. À la mise à jour, on a répondu au fédéral : Non, nous, on préfère
signer une entente où vous participez conjointement, parce que le 1,8 milliard,
c'est 900-9000, et là on a accéléré les négociations pour en venir à une
entente et avoir un effet direct, nous, de 900 millions... En fait, ce que je
veux dire, c'est que l'intervention qu'on fait est beaucoup plus efficace parce
qu'avec 900 millions on fait 1,8 milliard de différence, tandis qu'avec 1,5
milliard de différence, je fais probablement moins que 300 millions d'impact
marginal.
Mme Dufour : Bien, j'ai de la
misère à voir elle est où, l'efficacité, là. On parle de 8000 unités sur cinq
ans, avec ce 1,8 milliard là. Moi, je vous parle de dizaines de milliers
d'unités, là, on ne parle pas des mêmes eaux, là. Et, si c'est si inefficace,
comme mesure, comment ça se fait qu'en Ontario c'est... il y a un boom, ça a
augmenté? Qu'est-ce qui explique notre si... en fait, on est les pires au
Canada, en termes de mises en chantier, actuellement. Qu'est-ce qui explique
une si piètre performance au... du Québec?
M. Girard (Groulx) : Bien, en
fait, je suis en complet désaccord avec votre affirmation. Si vous regardez les
données depuis le début de l'année, pour les deux premiers mois, on fait mieux
que l'Ontario.
Mme Dufour : O.K. Ce n'est
pas les chiffres que j'ai vus, là, mais, écoutez, on va continuer à parler. On
peut-tu parler juste de 2023? Québec a tiré le Canada vers le bas. Qu'est-ce
qui explique cette piètre performance du Québec?
M. Girard (Groulx) : Oui, on
peut parler de 2023, mais je vous confirme que, pour les deux premiers mois de
2024, toutes proportions gardées, on fait mieux que l'Ontario.
Mme Dufour : O.K.
M. Girard (Groulx) : O.K.?
Mme Dufour : On va revenir...
Moi, je ne suis pas tout à fait d'accord, là, on le voit, le recul de
février... annule la hausse de janvier. Ça, c'est ce qui a sorti, le dernier
bulletin de l'APCHQ.
Moi, je veux vous amener sur autre chose,
M. le ministre. J'aimerais vous entendre sur la prétention que vous faites
concernant les taux d'intérêt qui serait... la baisse des taux, que ce serait
encore plus bénéfique que de retirer la taxe de vente du Québec. J'aimerais
vous entendre là-dessus.
M. Girard (Groulx) : Bien, on
estime que la mesure du fédéral correspond, sur le coût de financement d'un
projet, à approximativement 35 points de base de financement...
M. Girard (Groulx) : ...Et
donc, après deux baisses de taux, on aura un effet du même ordre de grandeur.
Mme Dufour : O.K. Merci.
Écoutez, moi, je vais vous lire le gouverneur du Canada, Tiff Macklem, ce qu'il
a dit. Il a dit : «Une baisse rapide des taux d'intérêt pourrait pour le
moment avoir un effet néfaste sur la demande de logements. Le problème est
vraiment du côté de l'offre. Il faut mettre de l'emphase sur des politiques qui
vont augmenter l'offre.» Pour lui, la baisse des taux d'intérêt, ce ne serait
pas une bonne nouvelle puisque ça augmenterait la demande, mais pas
nécessairement l'offre. Alors, est-ce que M. Macklem a une si mauvaise
compréhension économique du marché, puisque vous semblez avoir une position
complètement contraire de lui?
M. Girard (Groulx) : Non. En
fait, on dit exactement la même chose. Lui, il dit... Lorsqu'il mentionne
qu'une baisse des taux d'intérêt va stimuler la demande, il a raison, ça va
stimuler une baisse des taux d'intérêt hypothécaires, va augmenter le volume de
transactions, par exemple, sur le... les maisons. Mais, pour ce qui est de la
construction résidentielle, là, de l'offre, une baisse de taux d'intérêt, c'est
positif. Et puis, si vous regardez les mises en chantier... Attendez un
instant. Je cherche. Si on regarde l'investissement résidentiel en pourcentage,
en 2023, là, on a eu une baisse de 18 %, là. Ça, là, c'est directement
relié à la hausse des taux d'intérêt, là. Le secteur des mises en chantier,
c'est le secteur qui est le plus sensible aux taux d'intérêt. En fait, lorsque
la Banque du Canada augmente les taux d'intérêt, ils veulent restreindre la
demande de... ou la... ils veulent restreindre la croissance des secteurs qui
sont sensibles aux taux d'intérêt, puis ça, c'est la consommation
discrétionnaire, puis la construction résidentielle, puis les investissements
des entreprises. Ce sont les secteurs qui ralentissent. Alors, il se passe
exactement ce qu'ils voulaient, mais ils ralentissent l'offre de logements,
alors qu'on manque de logements.
Mme Dufour : Bien, écoutez,
moi, je vais... je vais vous lire une autre portion de ce qu'il a dit :
«Les changements du taux directeur ont un effet rapide sur la demande de
logements, mais les effets de la politique monétaire sur l'offre sont beaucoup
plus limités.» Donc, ça, c'est ce qu'il a affirmé. Alors, moi, ce qui
m'inquiète, c'est que, oui, les taux d'intérêt vont baisser, mais l'offre, ça
va prendre un certain temps avant de suivre. Et là, dès que les taux d'intérêt
vont baisser, c'est la demande qui va... qui va augmenter en flèche. Alors,
comme on n'est pas encore en train de stimuler l'offre, bien, quand la demande
va augmenter, on n'en aura pas, d'offre. Est-ce que vous pensez différemment
que le gouverneur de la Banque du Canada?
• (11 h 50) •
M. Girard (Groulx) : Non, je
ne pense pas différemment que le gouverneur de la Banque du Canada. Le
gouverneur de la Banque du Canada veut restreindre la demande au Canada pour
tempérer l'inflation. Puis il a beaucoup de succès, les mises en chantier sont
en baisse de 17 % en 2023 parce qu'il a augmenté les taux d'intérêt
jusqu'à... jusqu'à 5 %. Malheureusement, ça fonctionne. Et là, lorsqu'il
va commencer l'assouplissement monétaire, bien, les mises en chantier vont
recommencer.
Mme Dufour : ...va s'écouler
un an et demi