House Proceedings — 4 June 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
2025-06-04
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante minutes)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bon
mercredi. Vous pouvez vous asseoir.
Nous débutons nos travaux aux affaires
courantes, à la rubrique de déclarations de députés. Et nous allons débuter
avec M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : Mme la Présidente,
c'est la dernière fois que j'ai le privilège de pouvoir m'adresser à mes
concitoyens du comté de Saint-Jean en me levant en cette Chambre pour une
déclaration de député, avant la session d'automne.
Rendus là, on aura vécu une autre édition de L'International de montgolfières,
du 8 au 17 août, on aura profité de l'été, des vacances, de notre
belle région et de notre grand Québec.
Dans la vie de tous les jours, je dis toujours
qu'il faut profiter plutôt que de subir, et c'est vrai aussi quand il fait
moins beau ou qu'on travaille plus parce que c'est l'été. Après un long hiver à
l'intérieur et beaucoup au parlement, j'ai
hâte de vous croiser au détour d'un festival, d'une balade sur la grand-rue et
sa nouvelle place publique, au parc des Éclusiers ou dans une fête du
quartier, et surtout à la fête nationale.
En attendant, ça commence par notre rendez-vous
annuel du Gala Excellence de la Chambre de commerce et de l'industrie du
Haut-Richelieu, le 60e, ce vendredi soir.
Gens de Saint-Jean et de partout, bon été!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Donc, nous poursuivons avec Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Mme la
Présidente, en ce début juin, permettez-moi de souligner le Mois de la
sensibilisation à la sclérose latérale amyotrophique ou SLA.
Près de 3 000 Canadiens vivent avec
cette maladie neurodégénérative encore incurable. Bien qu'elle soit relativement rare, la SLA reste l'une des
principales causes de décès d'origine neurologique. Un diagnostic, et c'est
tout un cercle familial qui bascule.
Je tiens à
saluer le rôle essentiel de SLA Québec, situé dans mon comté, le seul organisme
de la province consacré à la défense de cette réalité humaine importante. Grâce
à son engagement, il offre un accompagnement indispensable aux personnes
touchées. Mais il faut aller plus loin. Faire avancer la recherche est
essentiel pour offrir de l'espoir et améliorer la qualité et l'espérance de vie
des quelque 600 Québécois vivant aujourd'hui avec la SLA.
Ce mois est l'occasion de poser un geste de
solidarité. Je vous invite donc à visiter le site sla-quebec.ca pour savoir
comment contribuer à faire une réelle différence.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée.
Maintenant, je suis prête à céder la parole à M. le député de Côte-du-Sud.
M. Rivest : Merci,
Mme la Présidente. Je souhaite souligner le courage et le sang-froid de
Vanessa Nadeau-Avoine, qui est intervenue comme première répondante lors
d'un grave accident de moto.
Le 22 juin 2024, M. Dany Ouellet
a été victime d'un accident sérieux. Sans hésitation, Mme Nadeau-Avoine
s'est portée à son secours, lui prodiguant les premiers soins. Grâce à son
intervention rapide et efficace, elle a non seulement stabilisé la situation,
mais elle a sauvé une vie.
Ce geste
héroïque nous rappelle une chose essentielle : savoir comment réagir à une
situation d'urgence peut faire toute la différence. Que ce soit sur la
route, au travail ou à la maison, il est essentiel que les premiers répondants puissent travailler à
sauver des vies. Formons-nous, outillons-nous et reconnaissons ceux qui, comme
Mme Nadeau-Avoine, choisissent d'agir. Je lui rends hommage, ainsi
qu'aux services de première ligne et à nos travailleurs en santé.
Au nom de notre
collectivité, merci, Vanessa.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le député de
Taschereau.
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. Aujourd'hui, je vous lis le témoignage d'une personne de la diversité
sexuelle et de la pluralité des genres. C'est un témoignage recueilli par
GRIS-Québec.
«Mon secondaire a été
très douloureux.
«Découvrir qui tu es
et ce dont tu as besoin est une grande route rocailleuse, tout comme
l'adolescence.
«J'aurais aimé avoir
un intervenant qui était lui-même trans, quelqu'un qui aurait compris mes
craintes et mes angoisses.
«Quelqu'un qui les
aurait vécues avant moi.
«C'est pour cette
raison que je vais étudier en travail social.
«Au-delà
de mon intérêt pour le milieu de la relation d'aide, je veux devenir
l'intervenant que j'aurais aimé avoir.
«Quelqu'un de
spécialisé, de formé pour cette communauté, mais pas que. Quelqu'un qui en fait
partie.
«Je suis heureux d'être
en vie, d'être épanoui et d'avoir survécu à toutes les montagnes que j'ai
rencontrées sur mon chemin.
«Je suis heureux
d'être moi et de ne jamais avoir abandonné.
«Je suis fier et je
suis rempli d'espoir.
«Pour mon futur
autant que pour celui des jeunes comme moi.».
Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Merci, M. le député.
Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de Bonaventure.
Mme Blouin :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, à l'occasion de ses
50 ans de carrière, je souhaite vous parler du parcours exceptionnel de
M. Georges Daviault, un passionné de radio.
Depuis ses débuts à
Mont-Laurier, en 1975, jusqu'à son arrivée à CHNC, en 2022, sa carrière est
marquée par l'engagement, la loyauté et l'amour des communautés qu'il a
servies. Des Laurentides à la Gaspésie, en passant par la Côte-Nord, M. Daviault a incarné la mission
première de la radio, informer, mais aussi rassembler et rendre visibles les
réalités locales.
Maintenant directeur
général de CHNC, la doyenne des stations privées francophones en Amérique du
Nord, il poursuit son engagement avec le
même feu sacré. On le qualifie d'ardent défenseur des médias régionaux et de
pilier de notre patrimoine vivant.
Alors,
pour vos 50 ans de service, M. Daviault, c'est maintenant à mon tour
de vous dire, avec toute mon admiration, bravo pour votre engagement et votre carrière remarquable. Je vous
souhaite encore plein de belles années de radio riches en projets, en
plaisir, et tout aussi ancrées dans nos communautés. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M. le député de
Jean-Lesage.
M. Zanetti : Merci, Mme la Présidente.
Alors, voici un autre témoignage recueilli par GRIS-Québec. Je vous le cite.
«J'ai vécu à la fois dans
des villes et des villages situés le long du fleuve Saint-Laurent.
«Exister a été une
expérience écrasante et d'isolement.
«Lors de mon
adolescence, il n'y avait aucun espace queer pour se retirer des attentes et
des rôles que je n'avais jamais demandé à avoir.
«Je n'avais d'autre
choix que d'accepter la réalité des autres et ignorer la mienne.
«Aucun enfant ne
devrait abandonner le droit de se découvrir en tant que personne à cause de la
fragilité de ses aîné-e-s.
«Personne n'écoute et personne ne peut me
comprendre.
«En tant qu'adulte, je sens que
j'ai sacrifié quelques-unes des meilleures années de ma vie à vivre en paix
avec les autres.
«Tout ce que je
voulais, c'est d'être écouté, entendu et compris.»
C'est
notre devoir de créer des espaces sécuritaires et bienveillants pour ces
jeunes. C'est aussi ça être allié. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Merci, M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de
Bellechasse.
Mme Lachance : Merci, Mme la Présidente.
Depuis maintenant 50 ans, l'entreprise Rotobec constitue un pilier incontournable de l'économie de la région de
Chaudière-Appalaches. Située dans la municipalité de Sainte-Justine, elle se
spécialise dans la conception et la fabrication d'équipement de manutention
haute performance. Je salue d'ailleurs la présence, dans nos tribunes, de
M. Marcel Cayouette, fondateur de Rotobec, ainsi que de M. Julien Veilleux,
l'actuel P.D.G. et la relève.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Je suis maintenant prête à céder la parole à M. le député
de Saint-Jérôme.
M. Chassin : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je souhaite saluer
le départ à la retraite du maire de Saint-Jérôme, Marc Bourcier, un homme
généreux à l'humour intrépide.
Enseignant
de métier, grand fan de Star Trek et ambassadeur inlassable de notre
coin de pays, il aime sincèrement Saint-Jérôme, qui le lui rend bien.
Profondément
humain, il a d'abord tissé des ponts, établi des liens à travers toutes les
Laurentides, mais en particulier dans la MRC de La Rivière-du-Nord. Ses
réalisations témoignent de sa vision : nouveau parc industriel ouest, protection
du parc du Lac-Jérôme, nouveau terrain de baseball, mais surtout la
14e patinoire réfrigérée Bleu Blanc Bouge de la Fondation des Canadiens de
Montréal pour l'enfance.
Marc, pour ton
dévouement et pour ta fierté que tu nous as donnée, je te remercie au nom de
toute la population de Saint-Jérôme. Et, en
mon nom personnel, j'ai connu un adversaire, puis on a été complices et
maintenant, je crois, amis, je vais me permettre de te
paraphraser : Tu as fait du très bon travail. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. M. le député de Gaspé, à vous
la parole.
M. Sainte-Croix : Merci, Mme la Présidente.
Aujourd'hui, j'unis ma voix à celles des Gaspésiennes et Gaspésiens pour
souligner avec fierté l'affirmation du drapeau de la Gaspésie comme emblème
identitaire de notre région.
Porté
par de fiers Gaspésiens, MM. Marc-Antoine DeRoy, Benoit Poulin et Jonathan
Massé, que je salue, ce drapeau incarne toute notre histoire, notre
diversité et notre attachement profond à la péninsule. Symbole fort du
sentiment d'appartenance, il exprime la
richesse de la Gaspésie, ses racines maritimes, ses cultures et ses traditions.
Son intégration dans nos communautés
traduit une volonté commune d'affirmer qui nous sommes et de renforcer les
liens qui nous unissent.
À la veille de la
Journée de la Gaspésie, cette déclaration est aussi une invitation à continuer
de faire vivre cet héritage collectif,
transmis d'une génération à l'autre et porté par des communautés engagées.
Qu'il nous rappelle chaque jour la force de notre identité et de notre
unité. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à
Mme la députée de Lotbinière-Frontenac.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui,
j'aimerais souligner les 20 ans
d'existence de L'Arrivage d'Adstock , un bulletin d'information mensuel destiné
à la population de la municipalité d'Adstock, dans la MRC des
Appalaches.
C'est grâce à une
quarantaine de bénévoles engagés et à la contribution d'une cinquantaine de
fidèles collaborateurs que L'Arrivage d'Adstock a célébré ses
20 ans hier. Les médias communautaires sont importants pour diffuser l'information dans les petites
municipalités, et nous sommes très chanceux, dans la région, de pouvoir compter
sur L'Arrivage depuis toutes ces années.
Malgré les défis, je veux souligner la
résilience de l'équipe et leur contribution à promouvoir un sentiment
d'appartenance et à dynamiser le territoire. Bravo et merci pour votre
excellent travail!
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Nous poursuivons avec M. le député de
Richelieu.
M. Émond : Oui. Merci beaucoup,
Mme la Présidente. C'est avec beaucoup de fierté que je tiens à souligner le savoir-faire de Xavier Malo, un jeune homme de
Saint-Roch-de-Richelieu inscrit en technique d'usinage au centre de formation professionnelle de Sorel-Tracy. Il est présent
avec nous aujourd'hui, dans les tribunes, après avoir représenté notre région aux Olympiades canadiennes des métiers et
des technologies, qui se tenait récemment à Regina, en Saskatchewan.
Après s'être vu décerner la médaille d'or aux
Olympiades québécoises, Xavier a représenté le Québec avec professionnalisme,
rigueur et passion. Il est un modèle pour notre relève et un bel ambassadeur de
l'excellence en formation professionnelle.
Mme la Présidente, je veux aussi saluer les
personnes qui l'accompagnent aujourd'hui, Mme Christine Nadeau et Mme Andréanne Lortie, respectivement
directrice et directrice adjointe du centre de formation professionnelle, ainsi
que son enseignant, M. Denis Bissonnette. En terminant, grâce à votre
engagement, nos jeunes peuvent viser toujours plus haut.
Bravo, Xavier! Toute la région est fière de toi.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Donc, nous
allons conclure cette rubrique avec la déclaration de M. le député de
Mégantic.
M. Jacques : Merci, Mme la
Présidente. L'approche des vacances m'a semblé le meilleur moment pour vous
parler de la Réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic, un attrait
exceptionnel dans la région.
C'est en 2007
qu'est certifié le ciel étoilé du Mont-Mégantic, et rapidement la MRC du
Granit, du Haut-Saint-François et la
ville de Sherbrooke ont encadré la luminosité sur leur territoire. Des images
récentes de la Station spatiale internationale montrent clairement la
réduction de la pollution lumineuse. On l'estime à 35 %.
Je veux donc souligner l'effort collectif des
municipalités, des résidents, des Amis du ciel étoilé ainsi que des 70 commerces
de service, écoles et usines de ma circonscription qui se sont dotés d'un
éclairage conforme.
Pour revenir sur le thème des vacances, cet été
je vous invite dans Mégantic pour profiter de notre belle nature, le jour, mais
de notre ciel étoilé la nuit. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Ceci met fin à la rubrique de déclaration de députés.
Je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 54)
Présidente : Bonjour, tout le monde. Mesdames messieurs,
bienvenue. Le parlement du Québec, c'est chez vous.
Mmes et MM. les députés, nous allons nous
recueillir quelques instants.
Merci beaucoup. Veuillez vous asseoir.
Alors, nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
des Finances.
M. Girard (Groulx) : Merci, Mme
la Présidente. Permettez-moi de déposer le rapport annuel 2024‑2025 de Loto-Québec
et le rapport annuel 2025 de la Société québécoise du cannabis. Merci.
La Présidente : Ces
documents sont déposés.
Pour ma part,
je dépose le rapport spécial du Protecteur
du citoyen intitulé Directeur de
l'état civil — Accélérer
la transmission du certificat de décès, par respect pour les citoyens .
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission de l'économie et du travail et député de Maskinongé.
M. Allaire : Merci, Mme la
Présidente. Je dépose le rapport de la Commission de l'économie et du travail
qui, les 29 et 30 mai ainsi que le 3 juin 2025, a tenu des auditions
publiques dans le cadre de consultations particulières sur le projet de loi n° 101,
Loi visant l'amélioration de certaines lois du travail. Merci.
La Présidente : Ce rapport est
déposé. M. le président de la Commission des finances publiques et député de Montmorency.
M. Simard : Oui. Mme la
Présidente, je dépose le rapport très attendu de la Commission des finances
publiques qui, les 29 et 30 mai et les 3 juin 2025, a résolument
procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 100,
Loi sur la
négociation et la détermination des conditions de travail requérant une
coordination nationale notamment dans les secteurs public et parapublic. La
commission a adopté le texte du projet de loi avec des amendements.
La Présidente : Ce rapport est
déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, Mme la députée
des Mille-Îles.
Mme Dufour : Je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
256 pétitionnaires et, je dois dire, appuyée également par la
ville. Donc, désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que l'église Saint-Vincent-de-Paul,
érigée entre 1854 et 1856, est l'une des premières oeuvres de Victor Bourgeau,
architecte québécois, dont l'église a contribué à façonner sa renommée;
«Considérant que l'église Saint-Vincent-de-Paul
constitue un legs reflétant l'histoire de l'essor de la paroisse et de la
région de Laval, puis contribue au caractère de la société québécoise;
«Considérant que son architecture remarquable
détient une valeur patrimoniale et un riche héritage culturel québécois;
«Considérant que la reconnaissance de l'église
Saint-Vincent-de-Paul comme bien patrimonial permettrait d'assurer sa
conservation à long terme et de prévenir toute détérioration ou altération
irréversible;
«Considérant
que la reconnaissance, la sauvegarde, la transmission et la mise en valeur de
l'église Saint-Vincent-de-Paul
présentent un intérêt public, puisque celle-ci contribue à l'identité
collective et au sentiment d'appartenance de la communauté de Laval;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement du
Québec de classer l'église Saint-Vincent-de-Paul de Laval en tant que bien
patrimonial, conformément à la
Loi sur le patrimoine culturel du Québec.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Et cet extrait de
pétition est déposé. Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
680 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que les petits commerces et les
artères commerciales de proximité font
partie intégrante du dynamisme et de
l'identité des quartiers et des communautés;
«Considérant
que les petits commerçants sont à la merci de leurs propriétaires qui leur
exigent des hausses de loyer abusives et préfèrent parfois laisser des
locaux commerciaux vacants;
«Considérant que l'augmentation des
loyers tend à favoriser les grandes bannières et à désavantager les commerces
de proximité;
«Considérant que de
nombreux groupes communautaires, ainsi que des services publics, comme des
centres de la petite enfance, doivent eux aussi composer avec des hausses de
loyer abusives;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«De créer un registre
des baux commerciaux dans lequel chaque contrat de bail commercial devra être
publié, ou encore de publier ces contrats dans le registre foncier du Québec,
où sont déjà consignés les actes de vente;
créer un bail commercial type, tel qu'il en existe déjà pour les baux
résidentiels, afin de rendre plus difficiles les clauses abusives;
«De créer un registre
des locaux vacants permettant la collecte de données fiables et publiques, qui
pourrait être utilisé pour la prise de décision et la planification.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Merci, Mme la Présidente. J'en profite pour saluer M. Martin Lachance,
président du syndicat SEMB-SAQ.
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
3 298 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que la
SAQ a annoncé la fermeture de 8 succursales à Chicoutimi, Brossard,
Rivière-Bleue, Stanstead, Promenade du Portage (Gatineau), Baie-D'Urfé,
Campanile (Québec) et Ville-Émard;
«Considérant
que le monopole de la SAQ fait de ses succursales des commerces de destination
au fort pouvoir d'attraction;
«Considérant que la
fermeture d'une succursale SAQ peut donc compromettre la vitalité des commerces
et des services de proximité;
«Considérant
l'importance de ces commerces pour le dynamisme des centres-villes et des
artères commerciales du Québec;
«Considérant
l'adoption récente de la Politique nationale de l'architecture et de
l'aménagement du territoire qui fait de la consolidation des centres-villes une
priorité;
«Considérant
l'importance des achats et des emplois locaux dans un contexte économique
incertain de guerre tarifaire avec les États-Unis;
«Considérant que le
monopole de la SAQ constitue un grand pouvoir avec lequel doivent également
venir de grandes responsabilités;
«Considérant que la
mobilisation politique, économique et de la société civile qui s'efforce depuis
plus de 10 ans de sauver plusieurs
succursales [SAQ] à travers le Québec n'a [...] jusqu'ici suffi à infléchir les
pratiques de la SAQ;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'intervenir pour
annuler immédiatement les huit fermetures de succursales annoncées;
«De valoriser les
succursales de la SAQ comme moteur de vitalité locale; et
«De mettre en place
un moratoire sur les fermetures de succursales de la SAQ jusqu'à l'adoption
d'une politique de responsabilité territoriale cohérente avec les objectifs de
l'État en matière d'aménagement durable du territoire, d'accessibilité, de
renforcement du tissu urbain existant et de mobilité durable.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé.
j'ai reçu une demande de Mme la députée de Verdun pour la présentation d'une
pétition non conforme. Est-ce qu'il y a consentement pour la
présentation de cette pétition? Consentement. Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 613 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que les petits commerces et les artères commerciales de proximité font
partie
intégrante du dynamisme et de l'identité des quartiers et des
communautés;
«Considérant que les
petits commerçants sont à la merci de leurs propriétaires qui leur exigent des
hausses de loyer abusives et préfèrent parfois laisser des locaux commerciaux
vacants;
«Considérant
que l'augmentation des loyers tend à favoriser les grandes bannières et à
désavantager les commerces de proximité;
«Considérant que de nombreux groupes
communautaires, ainsi que des services publics, comme des centres de la petite
enfance, doivent eux aussi composer avec des hausses de loyer abusives;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«De créer un registre
des baux commerciaux dans lequel chaque contrat de bail commercial devra être
publié, ou encore de publier ces contrats dans le registre foncier du Québec,
où sont déjà consignés les actes de vente;
«De créer un bail
commercial type, tel qu'il en existe déjà pour les baux résidentiels, afin de
rendre plus difficiles les clauses abusives; et
créer un registre des locaux vacants permettant la collecte de données fiables
et publiques, qui pourrait être utilisé pour la prise de décision et la
planification.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Présidente : Et cet extrait de pétition est déposé.
J'ai également reçu
une demande de M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne pour la présentation
d'une pétition non conforme. Est-ce qu'il y
a consentement pour la présentation de cette pétition? Consentement. M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par
4 045 pétitionnaires — donc un total de plus de 7 000.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que la
SAQ a annoncé la fermeture de 8 succursales à Chicoutimi, Brossard, Rivière-Bleue,
Stanstead, Promenade du Portage (Gatineau), Baie-D'Urfé, Campanile (Québec) et
Ville-Émard;
«Considérant que le
monopole de la SAQ fait de ses succursales des commerces de destination au fort
pouvoir d'attraction;
«Considérant que la
fermeture d'une succursale SAQ peut donc compromettre la vitalité des commerces
et services de proximité;
«Considérant
l'importance de ces commerces pour le dynamisme des centres-villes et artères
commerciales du Québec;
«Considérant
l'adoption récente de la Politique nationale de l'architecture et de
l'aménagement du territoire qui fait de la consolidation des centres-villes une
priorité;
«Considérant
l'importance des achats et des emplois locaux dans un contexte économique
incertain de guerre tarifaire avec les États-Unis;
«Considérant que le
monopole de la SAQ constitue un grand pouvoir avec lequel doivent également
venir de grandes responsabilités;
«Considérant que la
mobilisation politique, économique et de la société civile qui s'efforce depuis
plus de 10 ans de sauver plusieurs succursales à travers le Québec n'a pas
jusqu'ici suffi à infléchir les pratiques de la SAQ;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'intervenir pour
annuler immédiatement les huit fermetures de succursales annoncées;
«De valoriser les
succursales de la SAQ comme moteur de vitalité locale; et
«De mettre en place
un moratoire sur les fermetures de succursales de la SAQ jusqu'à l'adoption
d'une politique de responsabilité
territoriale cohérente avec les objectifs de l'État en matière d'aménagement
durable du territoire, d'accessibilité, de renforcement du tissu urbain
existant et de mobilité durable.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Présidente : Et cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Je vous avise
qu'après la période des questions et réponses orales sera tenu le vote reporté
sur l'adoption du projet de loi n° 95.
J'ai été avisée
qu'après la période des questions et réponses orales il pourrait y avoir un
vote requérant l'approbation des deux tiers des membres de cette Assemblée.
Nous en sommes
maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales, et, pour ce
faire, je cède la parole, en question principale, au chef de l'opposition
officielle.
M. Tanguay : Mme la Présidente,
la CAQ, dans leur septième année, maintenant, une seule année, on assiste à une
fin de régime, un triste spectacle. Les Québécoises et Québécois ont vu un
gouvernement en perte de contrôle des finances publiques et incapable d'offrir
les services de base à la population.
HMR,
ça avait été promis et repromis par la CAQ, on a perdu sept ans avec ce mauvais
gouvernement. Rémi Nadeau, dans Le Journal de Québec , je le cite, écrivait : «Symbole gênant de
la décrépitude de nos infrastructures.»
Pendant des semaines,
le premier ministre s'est époumoné à dire : Je ne peux pas faire HMR,
sinon ça va être une autre décote. Et là,
par miracle, pression populaire, ils ont trouvé 85 millions pour le
stationnement. Aucune garantie pour l'ensemble du projet. Les membres de
la Coalition HMR disent, et je les cite : «Personne n'est content. Ça ne
répond pas à l'urgence. On ne soignera pas les patients dans le stationnement.
On n'est pas ici pour un stationnement, mais pour un hôpital.»
Le ministre de la
Santé, quand il était au Trésor, en début de mandat, en 2018‑2019, Mme la
Présidente, avait arrêté HMR. Et là il l'a repromis deux fois, et il veut
passer de fossoyeur à sauveur de HMR. Personne ne le croit, Mme la Présidente,
surtout que lui, il l'a déjà dit, il ne se représente pas. Personne ne croit
donc que HMR va être fait par la Coalition avenir Québec.
Pour être sérieux, il
devrait répondre, le premier ministre, à deux questions. Je vais lui poser deux
questions précises. HMR, ça coûterait combien? Ce serait livré quand?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Oui. Bien, d'abord, Mme la Présidente, je dois corriger le chef de
l'opposition officielle, parce qu'à chacune de ses introductions il nous fait
un petit peu de théâtre et nous dit qu'on n'est pas le parti de l'économie.
Pourtant, Mme la Présidente, les faits sont têtus, les faits sont têtus. Depuis
six ans et demi, on a battu la croissance économique par habitant de l'Ontario
et du reste du Canada, ce que n'a jamais fait le Parti libéral lorsqu'il était
au pouvoir. Donc, ça, c'est la première chose.
Maintenant,
concernant HMR, est-ce que le chef de l'opposition officielle est en train de
nous dire que, quand Gaétan Barrette, quand Philippe Couillard étaient au
pouvoir... qu'il n'y avait aucun problème à HMR? Pourquoi le Parti libéral n'a
rien fait avec HMR pendant 15 ans, Mme la Présidente, 15 ans?
Maintenant, qu'est-ce
qu'on doit faire à HMR? C'est un grand chantier. Les experts sont d'accord pour
dire, première étape, il faut déplacer le
stationnement. Si on veut être capable de construire à la place du
stationnement actuel, première étape,
déplacer le stationnement. C'est exactement ce qu'on fait. C'est exactement ce
que n'a pas fait le gouvernement libéral.
Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay : Alors, pas de coût, pas
de calendrier, pas de crédibilité. Hôpital de La Malbaie, maintenant, trop
petit, vétuste, il y a des dégâts d'eau. 2019, promesse personnelle du premier
ministre, construire un nouvel hôpital, premier patient en 2025. La ville a déjà dépensé 11 millions pour préparer
le centre-ville. Là, au centre-ville, il n'y a rien qui se passe, c'est un terrain vague de sable.
Mme Anne Jean, du comité de citoyens, a dit : Personne n'a confiance,
maintenant.
Que répond-il à
Mme Jean, le premier ministre?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente,
je pense que le chef de l'opposition officielle a assez d'expérience pour
savoir comment fonctionne le PQI du gouvernement. Il y a d'abord une
planification, puis ensuite on entre dans une phase de réalisation.
Actuellement, l'Hôpital de La Malbaie, on est encore à la phase de
planification. Les fonds nécessaires pour
compléter la planification sont disponibles. Donc, quand la planification va
être terminée, on va passer à la phase de réalisation.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay : À quelle heure le premier
ministre a appris comment ça fonctionnait, le PQI? Parce qu'il vient de nous
instruire comment ça fonctionne. Ne le savait-il pas en 2019, quand il a fait
la promesse?
Hôpital Mont-Laurier,
projet reporté depuis 2018. 23 mai dernier, je cite Le Journal de
Montréal : «La gestion des bestioles est carrément devenue normale à
l'hôpital. Mouches, coccinelles au bloc opératoire, un pigeon dans une chambre
de patient, une chauve-souris au rez-de-chaussée.» C'est ça, son bilan.
Peut-il nous
instruire sur son piètre bilan, maintenant?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente,
il faut quand même avoir un certain culot pour poser une question sur...
La Présidente : M. le premier
ministre, faites attention à ce mot. Vous le retirez? Merci.
M. Legault : Je retire «culot»,
je retire «culot». Il faut être un petit peu effronté... Ce n'est pas mieux?
La Présidente : Monsieur... M. le
premier ministre...
La Présidente : Merci, M. le
leader de l'opposition. Je vous demande de le retirer également, ce sont des
synonymes. Ce sont des synonymes, faisons attention. Merci, M. le leader du
gouvernement.
La Présidente :
Article 32. Silence! Je veux entendre la réponse du premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente,
lorsque les libéraux étaient au pouvoir, le PQI, donc le plan pour les infrastructures, était de 9 milliards par
année. Actuellement, il est de 19 milliards par année. Il y a un rattrapage,
là, gênant qu'on est obligés de faire depuis qu'on est au pouvoir.
Pourquoi? À cause de la négligence libérale.
La Présidente : Troisième
complémentaire. On écoute.
M. Tanguay : Je vais vous citer
ce qui est gênant et pathétique. Les employés à l'Hôpital Mont-Laurier se sont équipés de tapettes à mouches, Mme la
Présidente. C'est-tu pas assez gênant? La chirurgienne, la Dre Kim Ouellet
dit, et je la cite : «"Pour nous, c'est normal. On ne veut pas
que la mouche tombe dans le patient ou sur les instruments. Quand la mouche
vole, on la tue vers l'extérieur. On a développé une stratégie", ironise
la spécialiste.»
Ne trouve-t-il pas ça gênant?
Présidente :
Article 32. On retrouve le silence, tout le
monde. Tout le monde, silence, je vous prie. J'aimerais entendre la
réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien,
Mme la Présidente, je ne sais pas si Pablo va continuer le théâtre du chef de
l'opposition officielle, le théâtre qu'on vit depuis déjà quelques
années.
Mme la
Présidente, on a plus que doublé, plus que doublé le plan pour les
infrastructures. Il y a un retard inacceptable dans les hôpitaux, dans les écoles, dans les routes, partout. Le Parti
libéral a retardé, a négligé les infrastructures pendant 15 ans.
Donc, ce qu'on fait, actuellement...
La Présidente : En terminant.
M. Legault : ...c'est de
nettoyer les dégâts.
Présidente : En question principale, une seule personne a le
droit de parole, maintenant, je reconnais le député de Pontiac.
M. Fortin : Mme la Présidente, à écouter le premier ministre, sa fierté
est mal placée, parce que son bilan, en santé,
il est lamentable. Non seulement les projets d'infrastructure sont reportés aux
calendes grecques, mais les services directs aux patients continuent de
s'empirer.
On se
souvient tous, c'était du bon marketing politique, là, on s'en souvient tous,
de sa promesse aux Québécois, 90 minutes à l'urgence, mais, après
sept ans de gouvernement de la CAQ, Mme la Présidente, le Québec a le pire
délai d'attente aux urgences du Canada. Le seul
90 minutes qu'il a atteint, c'est que les Québécois attendent 90 minutes
de plus que les Albertains. Selon l'Institut
économique, il y a 11 hôpitaux, 11, où on attend en moyenne plus que huit
heures à l'urgence, puis les gens de Châteauguay, eux, ils attendent
10 h 26 min.
Là, Mme la
Présidente, le gouvernement va se lever puis il va nous dire : Ah! bien,
oui, c'est la faute du vieillissement de la population, comme s'ils n'avaient
pas vu ça venir au moment de faire leur annonce. Mais, après sept ans, sept ans de gouvernement, est-ce que le
premier ministre peut être transparent avec les Québécois puis nous dire que,
sa promesse, il a échoué à la réaliser?
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé :
Bien, à chaque fois, Mme la Présidente, que j'ai l'occasion de répondre aux
questions du député de Pontiac, il oublie
quelques éléments qui sont très importants. Puis, je pense, ça fait son
affaire, les oublier, mais je vais les reprendre.
Dans
l'étude qui a été publiée cette semaine, il oublie de mentionner l'augmentation
du volume de la population, puis ça,
c'est un élément... Écoutez, nous, en ce moment, on a une offre, un panier de
services, qui dit : On doit prendre les patients qui arrivent à
l'hôpital. Il y a 100 000 visites, 100 000 visites de plus
à l'urgence cette année que l'an dernier. Ça,
c'est des patients qu'on n'avait pas l'an dernier. Alors, quand on demande à
nos opérateurs, quand on demande à nos gens
du réseau, quand on demande à nos infirmières de prendre ces gens-là en charge,
il faut comprendre la pression qu'ils ont sur eux d'essayer de continuer
de bien servir, mais aussi d'améliorer la situation.
Alors, quand je
regarde ce qui se passe au Canada, quand je regarde ce qui se passe dans les
autres urgences, c'est sûr qu'en ce moment on a un impact majeur de
l'augmentation de la population qui vient se combiner avec le vieillissement de
la population.
Présidente : En terminant.
M. Dubé :
Alors, moi, je suis très fier de
ce que notre réseau a pu faire avec des conditions difficiles, puis on va continuer
de...
Présidente : Première complémentaire.
M. Fortin : L'augmentation du nombre de gens qui sont obligés de se
tourner vers l'urgence, c'est aussi ça, son
bilan. Mais son bilan, Mme la Présidente, c'est des régions complètes qui
voient leurs services en train de s'effondrer. Cet été, là, il va y
avoir une salle d'opération sur sept, à l'Hôpital de Gatineau, en fonction.
Conséquence, les anesthésistes sont obligés de s'expatrier vers d'autres
régions du Québec. Les chirurgiens plastique ont tous quitté le réseau public
de la région. Le seul chirurgien vasculaire de la région, il s'apprête à
quitter. Pas de chirurgien vasculaire, c'est dangereux, pour une région. Ils
ont complètement abandonné les patients de ma région.
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé :
...continuer. Moi, je vais vous
dire comment le Parti libéral et les autres partis de l'opposition peuvent
nous aider à solutionner les urgences.
Écoutez, du côté du
projet de loi n° 106, là, qu'on est en train d'avancer, qu'est-ce qu'on
dit? Bien, peut-être que le Parti libéral,
Mme la Présidente, n'est pas d'accord à nous appuyer, mais il y aura des choix
à faire. En ce moment, on sait que les patients qui vont aux urgences,
c'est parce qu'ils ne sont pas capables de voir un médecin de famille dans une
clinique, dans une GMF. Alors, on peut bien continuer de reprocher aux gens
d'aller aux urgences, mais, s'ils ne sont pas pris en amont dans nos cliniques...
Et c'est exactement ce que veut faire le projet de loi n° 106.
Alors, le Parti
libéral, Mme la Présidente...
Présidente : En terminant.
M. Dubé :
...aura un choix à faire dans les prochains mois. Est-ce qu'il nous appuie
ou non dans le projet de loi n° 106?
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Fortin : Et ce qui se passe en amont des urgences et dans les
urgences, c'est que le gouvernement a continué à couper. 925 millions de plus cette année en coupures. Puis on
coupe, Mme la Présidente, aux endroits les plus défavorisés. Moi, j'aimerais ça savoir qui, au gouvernement, s'est levé
un matin en disant : Ah! oui, la prochaine ronde de coupures, ça devrait être à Pinel. Ou la prochaine ronde de
coupures, ça devrait être sur la Côte-Nord. Ça va tellement bien, là-bas.
Ils coupent partout, Mme la Présidente, sauf à
la maison mère de Santé Québec puis au ministère de la Santé. C'est tout un bilan de session. Pas capables
d'avancer les projets d'infrastructure, les pires urgences au Canada, des
régions abandonnées, puis on coupe dans les services.
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Dubé : ...la fin de session,
puis il se trouve des excuses, Mme la Présidente, mais, moi, ce que je vais
dire, c'est que je suis très fier du travail qui est fait par notre réseau dans
des conditions très difficiles, très difficiles. Puis, Mme la Présidente, ce
que je pense, c'est que le choix du Parti libéral, c'est de nous aider ou de
nous appuyer dans les projets de loi
importants qu'on a à faire. On en a fait beaucoup pour ramener du personnel qui
venait des agences privées. Le Parti
libéral n'avait rien fait là-dessus. On a réussi à ramener du personnel. Ça, ça
fait
partie des solutions qu'on a mises... des solutions concrètes qu'on
a mises sur la table puis qui commencent à faire une différence.
Mme la Présidente, on peut bien critiquer, comme
le parti libéral fait.
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : Nous, on est en
action, puis on va continuer d'avancer.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente. C'est tout le réseau qui souffre, et les services sociaux ne sont
pas épargnés. Cette semaine, nous soulignons
la Semaine québécoise des personnes handicapées, mais, dans une lettre ouverte,
plusieurs groupes qui représentent cette population ont choisi de ne pas faire
la promotion de cette semaine en raison d'une triste réalité, celle d'un
gouvernement qui ne cesse de couper dans les programmes destinés à les soutenir
et à leur donner une certaine dignité.
Les années 2024 et 2025 ont été
catastrophiques pour les personnes handicapées, qui représentent plus de
20 % de la population québécoise :
un, coupures dans les heures attribuées pour le chèque emploi-service; deux,
suspension du programme d'adaptation
à domicile; trois, coupure des contributions dans les contrats d'intégration au
travail; et, quatre, la potentielle tarification du soutien à domicile.
Mme la Présidente, ce gouvernement a une
responsabilité, et surtout en cette semaine. Qui va se lever debout pour
défendre les personnes qui vivent en situation de handicap au Québec?
La Présidente : La réponse de la
ministre responsable des Aînés.
Mme Bélanger : Oui, Mme la
Présidente. Bien, je vais prendre le volet de la question qui concerne le
chèque emploi-service et le soutien à domicile. Et, le chèque emploi-service,
j'ai eu l'occasion de le mentionner, Mme la Présidente,
c'est un programme qui est extrêmement important, qui permet aux proches aidants,
aux parents et aux personnes elles-mêmes d'avoir un montant d'argent
pour acheter eux autres mêmes leurs services.
Et, le chèque emploi-service, Mme la Présidente,
bien, je voudrais vous montrer ça, là, en 2014-2015, à l'ère libérale, voilà ce qu'il y avait, avec le chèque
emploi-service, puis regardez où on est rendus maintenant, depuis 2018-2019.
Est-ce que le Parti libéral appelle ça des coupures, des coupures dans le
chèque emploi-service? Moi, j'ai de la misère à comprendre, là, il y a quelque
chose qui n'est pas clair.
Alors, le chèque emploi-service, Mme la
Présidente, il est là pour rester, il est là pour être consolidé, comme
programme, être amélioré, et, plus que ça, Mme la Présidente, il va faire
partie intégrante de la politique nationale de soutien à domicile, sur laquelle
je travaille avec différents partenaires du réseau, Mme la Présidente.
La Présidente : Oui, M. le leader de
l'opposition officielle, oui?
M. Derraji : ...dépôt du
tableau, s'il vous plaît.
La Présidente : M. le leader du
gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme
la Présidente, ça va nous faire
plaisir de déposer le tableau pour démontrer à quel point les libéraux
étaient avares, Mme la Présidente.
Présidente : Alors, consentement... Et pas de commentaire à
cette étape-ci. Consentement pour le dépôt du tableau — s'il
vous plaît! — alors,
plus tard, dépôt du tableau.
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente. Savez-vous combien de familles nous contactent à chaque semaine pour se plaindre des services qui ne sont pas là
pour eux et pour leurs familles? Le ministre des Services sociaux a déclaré
cette semaine, et je le cite : «Notre gouvernement
veut en faire plus pour les personnes handicapées.» S'il tient vraiment à ses
propos, comme on dit en anglais, «put your money where your mouth is».
Même le...
Mme la Présidente, le ministre reconnaît que c'est Santé Québec,
maintenant, qui prend les choix, et non le ministre. Qui va se mettre
debout face à Santé Québec pour défendre les personnes vivant en situation
handicap?
La Présidente : Et je vous rappelle
qu'on s'adresse toujours à la présidente. La réponse...
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Services sociaux.
M. Carmant : Oui. Bien,
j'aimerais rappeler à tout le monde, incluant la députée de D'Arcy-McGee, qui,
je le sais, le sait, là, les investissements importants qui ont été faits pour
les personnes en situation de handicap par ce gouvernement.
Je pourrais vous dire qu'on a augmenté le budget de 40 %, là, ce ne serait
même pas commencer à décrire le changement qu'on a fait ici. 0-5 ans,
Agir tôt. Au niveau scolaire, on est en train d'établir, avec le ministère de
l'Éducation, des tables de transition de l'école à la vie adulte. Personne
n'avait fait ça avant, personne n'avait pensé qu'on avait besoin d'un plan de
vie quand on sortait de l'école et qu'on avait un handicap, qu'il soit léger ou
sévère, Mme la Présidente. Les parents nous
ont demandé du soutien, on a donné le chèque emploi-service, payé aux familles,
on a augmenté le répit.
La Présidente : En terminant.
M. Carmant : Je continuerai tout à l'heure, Mme la Présidente,
parce qu'il y en a un qui en a fait beaucoup, c'est nous autres.
La Présidente : Deuxième...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Prass : Merci,
Mme la Présidente. En éducation, c'est 4 500 bris de service cette
année. Agir tôt, on y réfère à agir tard, parce que les listes
d'attente sont interminables. Les parents et les proches des familles en
situation... des personnes en situation de handicap sont physiquement et
mentalement épuisés. Ils ne sentent pas qu'il y a un soutien. Il n'y a que des
reculs de la part de ce gouvernement pour ces personnes-là.
Peut-être que
le gouvernement a augmenté les investissements, mais les personnes ne le ressentent
pas. À chaque jour, ils vivent des reculs et des coupures. C'est
honteux.
Présidente : Attention à ce mot. La réponse... la réponse...
Ah! mais la réponse de l'adjointe parlementaire de la ministre
responsable des Aînés. Allez-y, nous vous écoutons.
Mme Picard : Merci, Mme la
Présidente. Je tenais à me lever, aujourd'hui, Mme la Présidente, parce que jamais un gouvernement n'en a autant fait pour les
personnes handicapées. Mes deux collègues l'ont mentionné tout juste avant moi.
Nulle part ailleurs dans le monde, Mme la Présidente, on paie les fauteuils
roulants, l'adaptation de domicile, le programme
de véhicule adapté aussi, les soins à domicile. Au Québec, on est vraiment,
vraiment les seuls au monde à offrir autant de panier de services pour
les personnes handicapées.
Donc, Mme la
Présidente, il n'y a pas de honte du tout à se lever aujourd'hui. Vous le
savez, je suis moi-même maman d'un enfant handicapé...
La Présidente : En
terminant.
Mme Picard : ...et puis je suis
très fière de ce que mon gouvernement fait.
Présidente : Vous le savez très bien, que vous n'avez pas à
applaudir après une réponse.
Article 32. On garde le silence, le
décorum, c'est bon pour tout le monde. Le décorum, c'est bon pour tout le
monde.
Maintenant, nous en sommes à la question
principale, et, pour ce faire...
La Présidente : On garde le
silence. Question principale. Je reconnais la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : La
semaine dernière, Mylène Masson-Bessette a été assassinée à Sherbrooke. C'est
son conjoint qui est accusé de
l'avoir tuée. Mylène avait 33 ans. Elle était la quatrième femme à se
faire assassiner en mai, la neuvième depuis le début de l'année.
Je sais qu'on a fait un chemin incroyable dans
les dernières années pour soutenir les victimes de violence. On a avancé à vue
d'oeil. Moi, je me souviens que, quand j'ai commencé à siéger ici, les médias
traitaient encore les féminicides comme des drames passionnels. Maintenant, on
utilise les vrais mots, les gens commencent à comprendre qu'avec le contrôle
coercitif ce n'est pas si simple que ça de partir. La sensibilisation
fonctionne, et de plus en plus de victimes demandent de l'aide.
Mais il y a une chose qui n'a pas changé, par
contre, c'est que les maisons d'hébergement sont encore incapables de répondre aux besoins. Aujourd'hui encore, elles n'ont pas
les moyens de mettre à l'abri toutes les femmes qui appellent à l'aide, elles manquent de financement
pour augmenter leur capacité, elles manquent de logements de transition.
Pourquoi ça, ça n'a pas changé?
La Présidente : La réponse de la
ministre responsable de la Condition féminine.
Mme Biron : Merci
pour cette question, Mme la députée de Sherbrooke. Oui, Mylène Masson-Bessette
a été tuée à Sherbrooke le
30 mai. S'ajoute aussi Lyne Fournel, 62 ans, qui a été tuée le
7 mai à Granby. Ajoutons Simone Mahan, 45 ans, assassinée
à Châteauguay le 14 mai, et Patricia Lynda Thériault, 47 ans, à
Lachute, le 16 mai. Quatre femmes assassinées par un homme en moins d'un
mois.
Permettez-moi, Mme la Présidente, d'offrir mes
sympathies aux familles. Vraiment, c'est très douloureux de perdre un être cher
de cette façon-là.
Quand ça arrive, ces situations-là, la première
chose que je fais, c'est que je contacte les groupes de femmes, les maisons
d'hébergement, la police pour savoir si on a entendu parler de ces femmes-là,
si elles ont eu recours à nos services. Et
je peux vous dire, à ce moment-ci, que les informations préliminaires que j'ai,
c'est que non. On attend les rapports du coroner, qui vont venir un peu
plus tard, pour être sûrs et avoir les faits, mais c'est une situation
difficile. Cela dit...
La Présidente : En terminant.
Mme Biron : ...jamais notre
gouvernement n'en a autant fait pour aider les femmes victimes...
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Labrie : Moi,
j'aimerais ça qu'on arrête d'attendre les rapports de coroner. Il y a
242 femmes à Sherbrooke, l'année
dernière, qui ont interpelé L'Escale, notre maison d'hébergement, et qui se
sont fait dire non parce qu'il manquait de places. Le taux d'occupation était à 100 %. Ça, ça veut dire
que, deux jours sur trois, il y a une intervenante à L'Escale qui doit dire non à une femme qui se sent en
danger puis qui a besoin d'hébergement. Plusieurs centaines de refus par année.
Ça, c'est pour une seule ressource. Imaginez à travers le Québec.
Pourquoi ça, ça n'a pas changé?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Biron : Bien, d'abord, Mme la
Présidente, je voudrais remercier nos partenaires, la fédération des maisons
d'hébergement, l'alliance des maisons
d'hébergement et le regroupement des maisons d'hébergement. Il y a un travail
colossal qui se fait sur le terrain.
Et notre gouvernement a décidé d'investir dans les maisons d'hébergement. Je
vous invite d'ailleurs à consulter la page C.57 du dernier budget
déposé par le ministre des Finances, qui démontre que nous investissons et que
nous continuons à investir dans le développement des maisons d'hébergement. Ce
tableau didactique, un des plus clairs que
j'ai vus dans cette enceinte, nous montre à quel point nous avons fait un
travail important depuis que nous sommes au pouvoir, en 2018...
Présidente : En terminant.
Mme Biron :
...et nous continuons d'investir. Nous avons également...
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
Mme Labrie :
Je le sais, qu'il y a des choses qui ont été faites. On est plusieurs ici à
y avoir participé, puis je suis très fière
de ça. Mais, à ce jour, il y a des milliers de femmes par année qui se font
dire non, au Québec, pour se faire mettre en sécurité. Les femmes, au Québec,
en ce moment, réalisent que le moment le plus dangereux de leur vie, c'est
probablement le moment où elles mettent fin à une relation. Elles veulent de
l'aide, et elles appellent, et elles se font dire :
Non, on n'a pas de place.
Malgré les investissements, il y a encore un problème
de capacité. Il manque de logements de transition. Il manque de
financement récurrent pour pouvoir augmenter le nombre de places. C'est ça,
l'enjeu.
Quand est-ce qu'on va
le régler?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Biron :
...plus de 1 milliard de dollars dans les maisons d'hébergement, en
aide financière d'urgence, en cellules de crise. Mme la Présidente, jamais une
femme en détresse ne sera laissée pour compte. Et, pour ce qui est des maisons
d'hébergement, notre gouvernement a choisi de construire 30 maisons
d'hébergement de deuxième étape d'ici la fin
du mandat. Nous en avons déjà livré une trentaine... 13 sur 30, et
plusieurs sont identifiées. Et nous avons également des maisons de
première étape. Quatre nouvelles maisons s'ajoutent pour pouvoir répondre aux
besoins de la population.
Je vous dirais que
nous avons, grâce à tous ces services-là, sauvé beaucoup de vies.
Présidente : En terminant.
Mme Biron :
Et là, là-dessus, on n'a pas de registre pour le démontrer.
La Présidente :
En question principale... Oui, je
reconnais M. le leader du deuxième groupe d'opposition. Vous avez une
question?
M. Cliche-Rivard :
Oui, Mme la Présidente. On va juste demander le dépôt des tableaux, s'il
vous plaît.
Présidente : M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
...on va démontrer, avec le dépôt de ce tableau, tout l'investissement...
Présidente : Alors, M. le leader du gouvernement, je vous remercie.
C'est le consentement que nous vous demandions. Il n'y a pas de débat à cette
étape-ci.
Présidente :
Article 32.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la cheffe
du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ghazal : Mme la Présidente,
j'écoute la ministre de la Condition féminine et je trouve ça désolant qu'elle nous dise que son gouvernement en fait assez. Je
me tourne maintenant vers le premier ministre, qui, j'espère, me donnera
une réponse à la hauteur de la gravité de la situation que vivent les femmes au
Québec. Malheureusement, j'ai déjà posé la même question en 2024. J'aurais aimé
ça ne pas me lever pour poser la même question aujourd'hui. Les neuf
féminicides, c'est la pointe de l'iceberg, ça ne compte pas, ça, les tentatives
de féminicide qui ont échoué ni les femmes qui vivent dans la peur jour après
jour. SOS Violence conjugale est obligé de refuser plus de 50 % des appels
qu'ils reçoivent, plus de 50 %, c'est un chiffre qui fait peur.
La crise du logement, les loyers qui explosent,
les maisons d'hébergement qui débordent incitent les femmes à rester avec un
conjoint violent. Le budget de la CAQ a été reçu comme une claque au visage par
les maisons d'hébergement, qui sont aux
premières loges pour prévenir les féminicides. Ce qu'ils veulent, les
regroupements, ce n'est pas des mercis, c'est des ressources. J'espère
que le premier ministre ne va pas, lui aussi, me dire : On en a fait
assez, on en a fait assez. Il a le pouvoir
de donner tous les moyens pour que plus jamais aucune femme ne se fasse dire
non quand elle appelle à l'aide.
Il y a
30 ans, les femmes, on a marché pour l'égalité entre les femmes et les
hommes, pour Du pain et des roses . Qu'est-ce qu'il faut,
aujourd'hui? Est-ce qu'il faudrait encore que les femmes marchent pour arrêter
de mourir?
La Présidente : En... La réponse...
La réponse du premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente,
faut-il rappeler que c'est notre gouvernement qui a mis en place les tribunaux
spécialisés? C'est notre gouvernement qui a mis des spécialistes dans les corps
de police. C'est notre gouvernement qui a
mis en place les bracelets antirapprochement, on est rendus à
1 018 bracelets qui sont installés. Et, Mme la Présidente, l'association des maisons d'hébergement pour les
femmes qui sont victimes de violence a dit : On a eu une collaboration
historique du gouvernement de la CAQ. Donc,
le nombre de maisons qui a été demandé a été accepté, on est en train de les
construire. On parle de 1 milliard de dollars, 1 milliard de
dollars.
Et Québec
solidaire essaie, aujourd'hui, de dire : On n'a rien fait, essaie de
dire : Il y a juste nous qui pensons à la violence contre les
femmes. Bien, je n'accepterai pas, Mme la Présidente, que Québec solidaire dise
au Québec entier qu'il y a juste eux autres
qui se préoccupent des femmes. On l'a fait depuis six ans et demi, puis on va
continuer de le faire.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Ghazal : Mme la Présidente,
j'aimerais ça que le premier ministre nous écoute, ma collègue et moi. On n'a
pas dit qu'il n'y a rien qui a été fait, il y a eu du rattrapage, mais, en ce
moment, 50 % des femmes qui appellent à SOS Violence conjugale se font
refuser parce qu'il n'y a pas de place, il n'y en a pas. Avec la crise du
logement, la crise du coût de la vie, les maisons d'hébergement qui débordent,
qu'est-ce qu'elles doivent faire, ces femmes-là?
Il a le
pouvoir. C'est lui le premier ministre. Il se préoccupe de la situation des
femmes? Bien, je lui demande ce qu'il va faire pour que le slogan Pas
une de plus devienne enfin une réalité.
La Présidente : La réponse du premier
ministre.
M. Legault : Mme
la Présidente, on s'occupe de chaque femme qui appelle. Maintenant, pour ce qui
est des maisons d'hébergement, on en a construit, puis il y en a qui
sont en train d'être construites. Donc, on fait le plus vite possible, Mme la Présidente, mais, encore là, on a un grand
rattrapage à faire, puis il y a beaucoup de demande, pour toutes sortes
de raisons.
Donc, on va
continuer de s'occuper de chaque femme qui est victime de violence conjugale. C'est
le devoir de notre gouvernement, c'est le devoir de toute la société
québécoise.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Ghazal : C'est vrai, on
s'entend là-dessus, c'est le devoir de toute la société québécoise. Mais la
réalité, c'est que les femmes appellent, elles se font refuser. Puis ça ne
prend pas juste des logements qui sortent de terre, parce qu'après ça il y a des gens qui donnent des
ressources à ces femmes-là, un accompagnement pour reconstruire leur vie. Chaque année, chaque
année, les féminicides s'accumulent les uns après les autres. On est à la
moitié de 2025 puis on est rendus déjà à neuf féminicides. Ça va prendre
combien de féminicides de plus?
Je veux juste
entendre le premier ministre me dire ce qu'il va faire de plus. C'est très
important...
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente, quand
une femme est victime de violence conjugale, on lui paie l'hôtel, on lui paie
le transport, on lui paie la nourriture, et, pour l'instant, on est en train de
construire les maisons qui sont nécessaires pour les loger, mais il faut prendre le temps de les construire. Je ne
comprends pas ce que dit la cheffe de Québec solidaire, là, mais je
pense qu'on fait tout ce qu'il est possible de faire pour les aider, puis on va
continuer de le faire.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
Merci, Mme la Présidente. Il y a 30 ans, le Mouvement des femmes du
Québec marchait pour exiger Du pain et des roses , du pain pour lutter
contre leur pauvreté, des roses pour une meilleure qualité de vie. Du pain, ça
veut dire avoir assez de revenus parce que, quand tu as travaillé
40 heures durant ta semaine, tu peux vivre. Ça veut dire pouvoir vivre et non pas survivre quand tu reçois de l'aide
sociale. C'est le cas ni pour l'un ni pour l'autre, pas plus qu'en 1995,
d'ailleurs.
Où en sommes-nous,
six gouvernements plus tard, où tous sont très consciencieux de l'égalité entre
les hommes et les femmes? Bien, regardez ce graphique, Mme la Présidente. Les
femmes sont surreprésentées du côté de la tranche des 30 000 $ et
moins et sous-représentées de la tranche de 45 000 $ et plus.
Ça fait sept ans que
ce gouvernement-là est là, peut-il expliquer aux femmes pourquoi il n'a pas
fait les choix politiques?
La Présidente :
La réponse du premier ministre...
pardon, de la... Excusez-moi. La réponse de la ministre responsable de
la Condition féminine.
Mme Biron :
Merci, Mme la Présidente. C'est un grand moment que de se rappeler cette
marche, Du pain et des roses, organisée par une des plus grandes féministes du
Québec, que vous connaissez tous très bien, Françoise David. Oui, 1995 a marqué un tournant, et notre
gouvernement, arrivé en 2018, a fait aussi ses efforts pour contribuer à
l'amélioration de la condition des
femmes. Je pense à la
Loi sur l'équité salariale, à l'élaboration de six plans
d'action gouvernementaux successifs.
Le taux de chômage des femmes a aussi diminué de 6 % en 30 ans, et on
voit que les femmes étudient davantage, elles détiennent... elles sont de plus
en plus nombreuses à détenir des diplômes universitaires dans des... même dans
des domaines à prédominance masculine, comme par exemple la médecine.
Depuis 2023-2024,
nous avons mis, notre gouvernement, en place 17 tables régionales du
Québec, qui sont soutenues financièrement sur une base récurrente, pour assurer
la concertation régionale et nationale.
En fait, Mme la
Présidente, nous sommes 50-50 dans la population...
La Présidente :
En terminant.
Mme Biron :
...nous devrions être 50-50 partout.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Massé : En 1995, les marcheuses
nous disaient : Le salaire minimum, il ne nous permet pas de sortir de la
pauvreté, augmentez-le adéquatement. À coups de 0,10 $, 0,20 $,
0,50 $, où est-ce qu'on est rendus, en 2025? À la même maudite place. Mme
la Présidente, ils ne sont pas capables de payer leur épicerie, de payer leur
loyer. On le sait, ça coûte cher.
Qu'est-ce que le
gouvernement attend, puisqu'il dit qu'il est pour l'égalité entre les femmes et
les hommes?
Présidente : La réponse de la ministre responsable de la Solidarité
sociale et de l'Action communautaire.
Mme Rouleau : Mme la
Présidente, la députée parle des femmes qui sont, par exemple, prestataires de
l'aide sociale. On a procédé dernièrement, par une nouvelle loi, qui a été
adoptée à l'unanimité dans cette enceinte, Mme la Présidente,
à la modernisation du régime d'aide sociale. Et, dans cette modernisation, par
exemple, on va procéder dorénavant à
remettre un chèque par personne dans le couple, parce que, jusqu'à maintenant,
c'était un chèque par couple, et c'était souvent monsieur qui recevait
le chèque, au détriment de madame.
La Présidente : En terminant.
Mme Rouleau : Alors, ça, c'est
un geste extrêmement fort de la part de notre gouvernement.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Massé : Depuis
la marche, 1995, les gouvernements successifs ont privé l'État de plus de
6 milliards de dollars annuels à cause de l'obsession de la baisse
d'impôt. À qui ça profite, ces baisses-là? À cette rangée-là des plus riches.
Sur le dos de qui? De cette rangée-là les
plus pauvres. Ah! Surprise! Où sont majoritairement les femmes? Ici, Mme la
Présidente.
Qu'est-ce que
ce gouvernement-là va faire pour faire en sorte que les femmes ne soient plus
obligées de marcher?
La Présidente : La réponse de la
présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Une autre... Une
autre démonstration, Mme la Présidente, que notre gouvernement se préoccupe
particulièrement des femmes, c'est que, dans la dernière ronde de
négociations... la première, pardon, qu'on a eue à faire, en tant que gouvernement, celle de 2019-2023, c'est la première
fois dans l'histoire du Québec que le gouvernement osait se tenir debout
devant les syndicats pour faire une ronde de négociations avec des offres
différenciées. Pour qui, ces offres-là? Éducatrices,
enseignantes, infirmières, tous des postes à prédominance féminine. On a eu de
la résistance, on a eu de la résistance de la part des syndicats, qui ont même
été appuyés par le groupe d'en face, mais nous avons résisté et nous
avons offert plus d'argent. À qui? À des femmes...
La Présidente : En terminant.
Mme LeBel : ...Mme la
Présidente.
La Présidente : Silence.
Article 32.
En question
principale, je reconnais maintenant le chef du deuxième groupe... du troisième
groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : Mme la
Présidente, on assiste présentement à l'une des plus grandes tentatives de centralisation de l'histoire moderne du Canada
sans que le premier ministre du Québec ne réalise ce qui se passe vraiment. Le gouvernement fédéral essaie de profiter de la
crise avec les États-Unis afin d'accroître ses pouvoirs et d'accroître son
influence.
Quand on connaît l'histoire du Canada, on sait
très bien que le Canada a toujours profité des crises. Notamment, à l'origine,
le Canada ne percevait pas d'impôt, il a profité de la Première Guerre mondiale.
Pensons également au pouvoir de dépenser dans les champs de compétence des
provinces.
Or, hier,
Mark Carney a dit, à la Chambre des
communes, quelque chose qui devrait
tous nous inquiéter, et je cite : «Hier,
j'étais avec le premier ministre du Québec, et nous sommes d'accord que la
meilleure façon d'augmenter la croissance de notre pays, c'est d'avoir une seule économie canadienne, pas 13.» Or,
le 1er avril dernier, on a adopté, ici, en Chambre, une motion
claire et unanime à l'effet que «les intérêts économiques du Québec ne
sauraient être sacrifiés au profit de l'intérêt d'autres provinces [au nom] du
concept qu'il y aurait une seule économie canadienne».
Ma question au premier ministre : Est-ce
qu'il considère que l'intérêt national, l'intérêt de la nation québécoise
réside dans le fait d'avoir une seule économie canadienne et non pas 13?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente,
c'est vraiment triste d'entendre le chef du troisième groupe d'opposition, qui
ne se réjouit pas de voir le premier ministre du Canada vouloir financer des
projets économiques au Québec comme jamais, comme jamais, Mme la Présidente.
Ce qui est important aussi
avec ce qui se passe avec Donald Trump, c'est de pousser sur le développement
de l'économie à l'intérieur du Canada. Donc, c'est important d'avoir un marché.
Puis on a déposé, vendredi dernier, je ne sais pas si le PQ est contre ça, mais
un projet de loi pour enlever les barrières entre les provinces.
Mme la Présidente, c'est certain que chaque
province va garder ses secteurs privilégiés. En Alberta, c'est le pétrole. En
Ontario, c'est l'auto. Au Québec, c'est l'aéronautique, c'est l'aluminium. On
est en train de développer la défense, les
minéraux critiques. Donc, Mme la Présidente, chacun va garder ses secteurs
économiques, mais, qu'il y ait un
marché, le PQ devrait se réjouir de ça. Ça va nous permettre de se diversifier,
d'être moins dépendants des Américains.
Je n'en reviens pas que, le PQ, au moment où on
se fait attaquer par Donald Trump, tout ce qui l'intéresse, c'est un référendum, c'est la souveraineté du
Québec. Ce n'est pas ça, la priorité des Québécois, actuellement, c'est de sauver
des emplois puis de le faire avec le gouvernement fédéral.
La Présidente : En terminant.
M. Legault : Puis ce qu'on a vu
lundi, c'est que le fédéral...
La Présidente : Première
complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : Là,
Mme la Présidente, je veux une réponse puis je n'en ai pas eu. C'est grave...
La Présidente : Attendez,
M. le chef.
Article 32. Un, je suis debout. Deux, l'article 32 dit
que vous gardez le silence, et ce
n'est vraiment pas silencieux. Et, M. le député de Matane-Matapédia, je vous
entends également. C'est bon pour tout le monde, tout le monde. Et, si vous ne
gardez pas le silence après les questions, il y aura éventuellement des petites
remises à l'ordre.
Je veux entendre la question du chef. Et gardez
le silence.
M. St-Pierre Plamondon : C'est
grave, Mme la Présidente. Le premier ministre du Canada, Mark Carney, prétend que le premier ministre du Québec lui dit
en privé le contraire, l'inverse de ce qu'il déclare publiquement puis de ce
qu'on a voté à l'unanimité. Donc, le 1er avril, nous, on dit : Il y a
13 économies, dont la nôtre, puis c'est ça qu'on sert, notre intérêt, mais
Mark Carney prétend que le premier ministre du Québec lui a dit exactement
l'inverse, qu'il n'y avait qu'une seule économie canadienne.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente,
vous avez entendu le chef du PQ dire : Je veux, je veux, moi, là, sinon je
vais me fâcher, si vous ne répondez pas, je veux. Ce n'est pas sérieux, là,
pour quelqu'un qui veut devenir premier ministre du Québec, Mme la Présidente.
Est-ce que le chef du PQ est en train de nous dire que, dans un Québec
souverain, il ne voudrait pas d'échange avec le reste du Canada? Est-ce qu'il est
en train de nous dire que, le fédéral nous aide à financer une ligne électrique...
qu'il est contre ça? Qu'est-ce qu'il veut exactement? Je pense que je m'en
doute. Il veut que ça ne marche pas avec le fédéral...
La Présidente : En terminant.
M. Legault : ...pour pousser
son option.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : Ce que
je veux, c'est que le premier ministre réponde à la question et cesse de nous
livrer des lignes de communication dignes de Jean Charest. C'est simple, le
premier ministre du Canada...
La Présidente : Bon, on garde le
silence. Il y a des gens qui vous écoutent, il y a des gens qui vous regardent.
Moi, je veux entendre la question du chef du troisième groupe de...
Présidente : Silence! Je veux entendre la question du chef. Il
vous reste 20 secondes. Et cessez de faire du bruit pour interrompre le
chef, qui a droit de poser ses questions. 20 secondes.
M. St-Pierre Plamondon : C'est
une question de confiance. Publiquement, le premier ministre du Québec nous dit
qu'il y a 13 économies et qu'il ne sert que l'économie du Québec. Le
premier ministre du Canada prétend l'inverse, à savoir que le premier ministre
du Québec lui aurait dit en privé qu'il était entièrement d'accord avec ce
concept d'une seule économie canadienne, qui va, évidemment, dans certains cas,
menacer nos intérêts au profit de l'intérêt d'autres provinces.
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente, on fait des efforts face à ce que fait
Trump pour développer l'économie de nos régions, entre autres avec Hydro-Québec. Qu'est-ce que fait le Parti québécois?
Il retarde l'adoption du projet n° 69. Il y a des...
Présidente : M. le député de Matane-Matapédia. Quel est votre rappel
au règlement?
M. Bérubé :
...processus démocratique. Il prête des intentions à notre groupe
parlementaire.
Présidente : M. le leader du gouvernement, je vais vous entendre par
souci d'équité. Quel est votre rappel au règlement?
M. Jolin-Barrette :
Bien, Mme la Présidente, c'est factuel. Après plus de 100 heures de
commission...
La Présidente :
Bon, c'est beau, je vais
trancher. C'est beau, je vais trancher. Je vais trancher, M. le député de Matane-Matapédia.
Nous pouvons poursuivre dans le respect. Et moi, je veux...
Présidente : Je parlais, je n'ai pas entendu ce que vous avez
dit. Demeurez respectueux. Poursuivez.
M. Legault :
Mme la Présidente, il y a des projets économiques en énergie qui sont prêts
dans les régions du Québec, puis le PQ retarde ces projets-là.
Présidente : M. le député de Matane-Matapédia. Quel est votre rappel
au règlement?
M. Bérubé : ...sur le temps
nécessaire pour faire ce qu'on a à faire au plan législatif, il ne peut pas
invoquer une telle chose.
Présidente : C'est une chose qui a été dite et redite ici des
centaines de fois par tout le monde, par tous les partis politiques. J'aimerais
qu'on poursuive. Il reste 45 secondes. Et, incidemment, il y a le député
de Saint-Jérôme qui a une question. Nous
avons un député indépendant, et je protégerai ses trois questions. M. le
premier ministre, 15 secondes.
M. Legault : Le chef du PQ préfère
avoir des communications privées avec la présidente de la FTQ. Le PQ, c'est
rendu le lobby des syndicats.
Présidente : En terminant.
M. Legault :
Franchement, même Bernard Landry n'aimerait pas ça.
Présidente :
Article 32. Alors, l'article 32 dit que vous
gardez le silence.
En question
principale, je reconnais maintenant le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin : Mme la Présidente, toute l'année j'ai voulu rappeler au gouvernement ses
racines, ses principes, sa boussole, lui
dire qu'il y a urgence. J'emprunte aujourd'hui les mots d'une lettre que j'ai
reçue. Écoutez bien ça, Mme la Présidente.
«M. le député, avec le temps de ma
très jeune vie, j'ai énormément perdu confiance en nos institutions
démocratiques. Vous êtes l'un des rares qui a su préserver la flamme qui
s'éteignait lorsque vous êtes devenu indépendant.
«Je rêvais d'être
politicien parce que j'ai un amour profond pour notre Québec. Malheureusement,
je me suis résigné à ne pas m'engager dans ce combat. Je cajole même l'idée de
partir vivre autre part. Le Québec, champion de la liberté du temps des d'Iberville et des Marquette, s'est muté en une
chimère frustrée et gavée d'immobilisme. Pour ma part, je compte m'en
aller en affaires. J'ai 18 ans et j'ai la vie devant moi, après tout.
«Sincèrement, Yévann,
simple citoyen.»
aurait pu s'appeler Aurélie, Adam, Laurence, Flavie, il aurait pu s'appeler Xavier
ou Victor. Il est ici, dans les tribunes.
Est-ce que le premier
ministre accepte de le rencontrer?
Présidente : La réponse du ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette :
Bien, Mme la Présidente, on le salue. Et je pense que c'est important, la
démarche que cette jeune personne fait, Mme
la Présidente. S'engager en politique, c'est important. S'engager pour notre
communauté, pour notre collectivité, c'est important. Puis, du côté
gouvernemental, tous les membres du gouvernement, c'est le choix qu'ils ont fait, pour prendre des décisions
difficiles, pour faire en sorte de mettre fin au statu quo entre... l'alternance
entre les deux mêmes vieux partis.
On l'a vu durant
toute la période de questions aujourd'hui, Mme la Présidente. Parce que les
libéraux ont mal géré, ils n'ont pas entretenu nos infrastructures, on est
obligés d'investir massivement dans le Plan québécois des infrastructures, Mme la Présidente, pour faire en sorte d'offrir des services, des
infrastructures de qualité à la population québécoise. Alors, on travaille sans relâche, et c'est ce qu'on va
continuer à faire, Mme la Présidente, pour, justement, donner des
services de qualité à la population québécoise.
Alors, je salue le
fait que le député de Saint-Jérôme soit le porte-voix de cette jeune personne
qui souhaite s'engager en politique, on
l'invite à le faire, mais aussi à respecter ses engagements, ses convictions et
ses engagements envers ses concitoyens, qui ont voté pour un député
d'une formation politique et qui souhaitent que leur député les représente
adéquatement.
Présidente : Première complémentaire.
M. Chassin : C'est formidable, Mme la Présidente, parce qu'effectivement,
je suis d'accord avec le leader, respecter
ses engagements, c'est important. Puis, pour ce qui est des engagements qu'on a
pris, bien, il y en a plein qu'on a laissés de côté. Et c'est une
conversation qui, pour moi, est importante, parce qu'on doit penser à l'avenir.
D'ailleurs, est-ce que ce n'est pas dans le nom de votre parti,
«avenir»?
Présidente : Et vous vous adressez à la présidente. Et la réponse de
la présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Oui. Mme la Présidente,
vous savez, quand on est arrivés au pouvoir, les missions de l'État, qui sont
la première responsabilité du gouvernement, particulièrement en santé et
éducation, souffraient d'un sous-financement chronique, Mme la Présidente, et c'était la même chose pour nos
infrastructures. Alors, qu'est-ce qu'on a fait, depuis 2018? On a augmenté le budget de fonctionnement, on a
augmenté le PQI, de 50 % à 60 % respectivement. Pourquoi? Parce qu'il fallait réinvestir massivement dans les
missions de l'État. Et on a fait des choix délibérés de mieux investir dans nos
employés, c'est-à-dire les infirmières, les enseignants, parce qu'ils
sont la substance de ces missions de l'État.
Maintenant,
aujourd'hui, il faut apprendre à mieux consolider ces missions, à optimiser, et
on est en action.
Présidente : Et deuxième complémentaire.
M. Chassin : Les budgets, c'est des moyens. Quand on dépense puis qu'on
fait des choix, c'est des moyens. Est-ce que
les résultats sont à l'avenant? Parce que, Mme la Présidente, on voit un PQI
qui a effectivement explosé. Est-ce qu'on sent cette différence-là?
Est-ce que les citoyens du Québec la sentent?
Moi,
si on me dit juste : Bien, on a plus dépensé que l'autre d'avant, bien, je
fais juste dire : Ça coûte plus cher, parce que le résultat, il est
pas mal similaire.
La Présidente :
Et la réponse du ministre de la
Justice. Et je vous avise que nous avons un problème de chronomètre.
Regardez ceux d'en haut.
M. Jolin-Barrette : Mme
la Présidente, on investit dans les hôpitaux, dans les écoles, dans les maisons
des aînés. Le député de Saint-Jérôme, là, lui, il a eu des investissements dans
sa circonscription. Il dit-tu merci au gouvernement? Il dit-tu merci aux
payeurs de taxes qui ont financé ça pour offrir des services à sa population?
Je ne l'ai pas entendu. Tout ce qu'il a fait, c'est qu'il a quitté.
Mais, un point important, Mme la Présidente,
samedi il y a le congrès des jeunes de la CAQ. D'ailleurs, on invite tous les jeunes du Québec à venir, Mme la
Présidente. Puis les jeunes, eux, vont se pencher sur la question, notamment,
des syndicats et de l'efficacité de l'État, Mme la Présidente. Ils ne feront
pas comme le Parti québécois puis Québec solidaire,
où eux sont du côté des syndicats, font des deals avec les syndicats pour se
faire élire, puis ils promettent des affaires aux présidents des
centrales syndicales pour se faire élire, derrière des portes closes. Les
partis des lobbys : PQ et QS.
La Présidente : Voilà. Cela met fin
à cette période de questions et de réponses orales.
Présidente : Chers collègues, je n'ai pas terminé, je continue
à parler. Messieurs dames, vous n'avez pas terminé vos travaux.
Je vous
invite à demeurer en place pour le vote reporté. Et, pour ce faire, je cède la
place à la première vice-présidente de l'Assemblée nationale. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Bon. Donc, comme annoncé
précédemment, nous allons maintenant procéder au vote reporté sur la motion de Mme la ministre de la Famille proposant
que le projet de loi n° 95, Loi
favorisant l'équité dans l'accès aux
services de garde éducatifs à l'enfance subventionnés dispensés par les
titulaires de permis, soit adopté.
Le vote est maintenant ouvert.
Le vote est terminé. M. le secrétaire général,
pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 80
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, la motion est adoptée.
Donc, en conséquence, le projet de loi n° 95, Loi favorisant
l'équité dans l'accès aux services de garde éducatifs à l'enfance subventionnés
dispensés par les titulaires de permis, est adopté.
Maintenant,
nous allons poursuivre à la rubrique des motions sans préavis. M. le premier
ministre, à vous la parole.
M. Legault : Oui. Merci,
Mme la Présidente. Donc, je propose, après
consultation auprès des partis d'opposition et des députés
indépendants :
«Que
conformément aux articles 5 et 5.2 de la Loi concernant la lutte contre la
corruption, monsieur Vincent Richer, directeur adjoint, [à la]
Direction des services organisationnels, [au] Service de police de la Ville de
Montréal, soit nommé commissaire à la lutte contre la corruption pour un mandat
de sept ans à compter du 25 juin 2025.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Je rappelle aux membres de l'Assemblée que, pour être adoptée, cette motion doit être approuvée par au moins les
deux tiers des membres de l'Assemblée. Elle doit donc être suivie d'un
vote électronique.
Je mets aux
voix la motion de M. le premier ministre telle que lue précédemment. Le vote
est maintenant ouvert.
Le vote est maintenant terminé. M. le secrétaire
général.
Secrétaire : Pour : 113
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, la motion est adoptée.
M. le ministre de la Sécurité publique, à vous
la parole.
M. Bonnardel : Oui,
Mme la Présidente, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le député de Jean-Talon :
«Que l'Assemblée nationale condamne fermement la
vague d'extorsion et d'intimidation criminelle visant les commerçants de la
grande région de Montréal;
«Qu'elle exprime sa solidarité envers les
victimes de ces crimes et envers l'ensemble des commerçants qui contribuent
chaque jour au dynamisme de la métropole;
«Qu'elle affirme son soutien inébranlable envers
les policiers qui poursuivent leurs efforts pour combattre le crime organisé et
assurer la sécurité de tous les citoyens du Québec;
«Qu'elle
encourage toute personne victime d'extorsion à immédiatement communiquer avec
les forces de l'ordre;
«Qu'elle prenne acte que des personnes
incarcérées dans des établissements de détention et des pénitenciers fédéraux
poursuivent leurs opérations à l'intérieur des murs de leur cellule;
«Qu'elle rappelle l'importance de mettre en
place de nouvelles mesures technologiques et physiques dans nos prisons afin
d'empêcher les criminels de continuer d'opérer leur réseau criminel même
lorsqu'ils sont incarcérés;
«Qu'elle souligne les récentes mesures mises en
place par le gouvernement du Québec pour lutter contre la contrebande et la
présence des téléphones cellulaires dans les établissements de détention;
«Qu'enfin elle réitère que la détention doit
servir à purger sa peine et non à continuer d'orchestrer des activités
criminelles.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le ministre. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint. Si
vous sortez, s'il vous plaît, faites-le en silence. M. le leader adjoint.
M. Lévesque
(Chapleau) : ...consentement, sans débat, Mme la Présidente, et je vous demanderais un vote
électronique, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,
le vote est maintenant ouvert.
Le vote est terminé. M. le secrétaire général,
pour le résultat de vote.
Secrétaire : Pour : 108
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,
cette motion est adoptée.
Donc, nous allons poursuivre, et je suis
maintenant prête à entendre un membre du groupe formant l'opposition
officielle.
Mme Setlakwe : Mme
la Présidente, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le député des Îles-de-la-Madeleine
et la députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée nationale rappelle que le
gouvernement caquiste s'est engagé à apporter des modifications législatives nécessaires afin de permettre aux
villes de Saint-Basile-le-Grand et de McMasterville de percevoir de façon adéquate
la taxation en lien avec le projet Northvolt;
«Qu'elle prenne acte qu'une entente formelle est
intervenue entre la ville de Saint-Basile-le-Grand, la ville de McMasterville
et Batteries Northvolt Nord-Amérique inc., au sujet d'un régime fiscal
municipal particulier applicable à cette dernière pour les exercices financiers
municipaux de 2024 à 2027;
«Qu'elle souligne que les sommes en jeu sont
importantes pour ces deux municipalités;
«Qu'elle
constate que ces modifications législatives n'ont toujours pas été présentées à
l'Assemblée nationale et qu'elle enjoigne le gouvernement à le faire
d'ici la fin de l'actuelle session parlementaire afin d'en permettre une
adoption rapide.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Est-ce
qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M. le leader
adjoint du gouvernement.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Comme il
n'y a pas de consentement, nous allons poursuivre. Je suis maintenant prête à entendre un membre du deuxième groupe
d'opposition — s'il
vous plaît! — Mme
la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ghazal : Merci, Mme la Présidente.
Je veux tout d'abord saluer la présence des marcheuses qui étaient là il y a 30 ans, des représentantes des
marcheuses, et qui sont parmi nous aujourd'hui. Mesdames, vous êtes belles,
vous êtes magnifiques. C'est extraordinaire de vous avoir là. Merci.
Alors,
je sollicite le consentement de cette Assemblée pour présenter la motion
suivante conjointement avec la députée de Robert-Baldwin, la députée de Terrebonne,
la députée de Vaudreuil et le député de Saint-Jérôme :
«Que l'Assemblée
nationale souligne le 30e anniversaire de la Marche Du pain et des roses,
un événement qui a marqué l'histoire récente [au] Québec, tant par la
mobilisation qu'elle a représentée, par l'adhésion populaire qu'elle a reçue,
que par les gains qu'elle a permis d'obtenir pour l'égalité et la dignité des
Québécoises;
«Qu'elle se rappelle
que, du 26 mai au 4 juin 1995, à l'initiative de la Fédération des
femmes du Québec, avec la collaboration d'un
grand nombre d'organisations, plus de 850 femmes ont marché 200 km
pendant 10 jours, en direction de l'Assemblée nationale, pour
présenter neuf revendications au gouvernement;
«Qu'elle
prenne acte des gains qui ont été réalisés par la Marche Du pain et des roses,
dont l'adoption de la
Loi sur l'équité salariale, la mise sur pied d'un système
de perception automatique des pensions alimentaires et l'application rétroactive, aux femmes immigrantes déjà
parrainées par leur mari, de la réduction de 10 ans à 3 ans du temps
de parrainage;
«Qu'elle
constate également que la Marche Du pain et des roses est célébrée
internationalement comme étant la bougie d'allumage de la Marche mondiale des
femmes, qui a débuté en 2000 et qui est toujours en action 25 ans plus
tard;
«Qu'elle se rappelle
que, parmi les revendications de la Marche Du pain et des roses en 1995,
certaines sont toujours d'actualité :
l'augmentation de l'offre [de] logement social, la hausse du salaire minimum et
le soutien à l'action communautaire autonome;
«Qu'elle
prenne acte que la motivation des femmes à améliorer leurs conditions de vie,
comme celles de toute la population
s'illustre, depuis le 26 mai, par des marches tenues dans 11 régions,
ainsi que par une marche devant l'Assemblée nationale prévue le
7 juin;
«Qu'enfin l'Assemblée
nationale réitère son appui aux femmes qui continuent à marcher, en 2025,
encore et plus que jamais, pour du pain et des roses.»
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la cheffe du deuxième groupe
d'opposition. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M.
le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
Mme la Présidente, il y a consentement pour un débat de deux minutes de rigueur
par intervenant dans l'ordre suivant : la cheffe du deuxième groupe
d'opposition, la ministre de la Condition féminine, la députée de Robert-Baldwin
et la députée de Terrebonne.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci. Donc, est-ce qu'il y a, maintenant,
consentement pour qu'il y ait... pour que la
durée des interventions soit limitée à un maximum de deux minutes chacune et
pour que la présidence applique strictement le temps de parole? Il y a
consentement?
Des voix :
Consentement.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, Mme la cheffe du deuxième groupe
d'opposition, à vous la parole.
Mme Ghazal : Merci, Mme la Présidente.
En 1995, j'avais 17 ans, j'étais au cégep, j'étais jeune. Même si je n'ai
pas participé à la marche, le souvenir de cette marche est encore vif à
ma mémoire aujourd'hui. Ça a été un moment marquant dans mon parcours
féministe. Le Québec était en pleine préparation du référendum pendant que les
femmes du Québec s'activent à organiser la marche Du pain et des roses .
Aux premières loges
de cette marche historique, il y a mon amie la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
qui a marché avec toutes ces femmes pour les femmes de ma génération et les
suivantes. Pendant 10 jours, les femmes ont
porté leurs espoirs à travers les villes et les villages du Québec, jusqu'à
être 18 000 devant l'Assemblée nationale du Québec. C'était grand, c'était beau, c'était puissant. Elles ont marché
200 kilomètres pour réclamer non seulement de quoi
vivre, mais aussi le droit de vivre dans la dignité, du pain et des roses.
Les demandes des
femmes résonnent encore aujourd'hui : une
loi sur l'équité salariale, du
logement social, une augmentation significative du salaire minimum. Ça,
d'ailleurs, c'était la revendication la plus populaire. Elle l'est toujours
aujourd'hui. 30 ans plus tard, les raisons de marcher sont toujours là, les
trop nombreux féminicides, la montée du masculinisme, et des discours
antiféministes qu'on pensait derrière nous sont encore là aujourd'hui, en 2025.
Mais il y a eu aussi des gains, et c'est important de le reconnaître, de se
rappeler des gains, parce que ça donne du courage pour continuer à avancer et à
marcher.
Alors, le
7 juin, on se rassemble encore une fois devant l'Assemblée nationale.
J'invite tous mes collègues ici présents et présentes à l'Assemblée nationale à
venir marcher samedi prochain pour marcher dans les pas de celles qui nous ont
ouvert la voie pour rêver plus grand, pour revendiquer plus fort, pour Du
pain et des roses . Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la ministre responsable de la
Condition féminine.
Mme Biron : Merci, Mme la
Présidente. Il y a 30 ans se tenait la marche Du pain et des roses ,
organisée par une de nos grandes féministes,
comme je le disais plus tôt, Françoise David. Des centaines de femmes
québécoises, 850, et je salue d'ailleurs celles qui sont dans nos
tribunes, de toutes les régions du Québec ont marché pour dénoncer la pauvreté
vécue par les femmes. Durant 10 jours, elles ont parcouru la distance
entre Montréal et Québec, portant leurs revendications devant l'Assemblée
nationale.
De l'adoption de la
Loi sur l'équité salariale à
l'élaboration de six plans d'action gouvernementaux successifs visant à
améliorer les conditions des Québécoises au sein de la société, la situation
des femmes a considérablement progressé,
depuis 1995. L'écart salarial entre les femmes et les hommes est passé de
15,8 %, en 1997, à 9,1 % actuellement. Elles sont plus nombreuses à détenir un diplôme universitaire et sont
dorénavant majoritaires dans des domaines autrefois à prédominance
masculine.
Bien que les hommes demeurent mieux rémunérés
que les femmes, notre gouvernement travaille activement à améliorer les
conditions économiques des femmes. Depuis deux ans, 17 tables régionales
du Québec sont soutenues financièrement pour assurer la concertation régionale
et nationale. Notre dernier plan d'action en matière d'égalité vise spécifiquement
à promouvoir l'égalité en emploi et l'égalité économique entre les femmes et
les hommes.
Pour terminer,
Mme la Présidente, je veux souligner que la marche Du pain et des roses
s'est aussi internationalisée. En
l'an 2000, 160 pays organisaient une première marche mondiale des
femmes contre la pauvreté et la violence. S'il y a un message que
Mme David a su nous transmettre, c'est que c'est ensemble qu'on réussit.
Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la ministre.
Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci, Mme la
Présidente. Merci, mesdames, d'être ici avec nous aujourd'hui.
En 1995, des
centaines de femmes du Québec ont marché pour revendiquer le droit à la
dignité, à l'égalité, à une vie libre
de pauvreté et de violence. Depuis, des avancées législatives ont été réalisées,
grâce à la marche Du pain et des roses : l'équité salariale, la perception automatique des
pensions alimentaires et la mise en place de programmes sociaux ciblés.
Pourtant,
malgré ces gains, trop de femmes vivent encore aujourd'hui sans logement
décent, sans revenus viables et exposées à la violence. Cela signifie
une chose très claire : la lutte est loin d'être terminée.
30 ans
plus tard, les revendications portées par les femmes ne sont pas devenues
obsolètes, elles sont plus urgentes que
jamais : une crise de logement qui frappe particulièrement des femmes
seules avec enfants, une inflation qui appauvrit les plus vulnérables, des services publics à bout de souffle, des
féminicides et des violences sexistes et racistes qui perdurent.
Cette marche est aussi le symbole d'une
évolution. Elle donne désormais la parole aux femmes trop souvent
invisibilisées, les femmes autochtones, racisées, migrantes et en situation de
handicap. C'est là sa force, une approche intersectionnelle, inclusive et
profondément ancrée dans notre époque.
La marche Du pain et des roses n'est pas
un vestige militant du passé, elle est un rappel puissant. Une société ne peut
se dire juste si elle laisse ses femmes dans la pauvreté, la peur ou la
marginalisation.
Reconnaissons
l'importance historique et actuelle de la marche Du pain et des roses et
l'engagement des militantes des organismes communautaires, syndicaux et
féministes qui oeuvrent pour une société plus inclusive et égalitaire,
et réaffirmons notre appui aux principes de
justice sociale, d'égalité des genres et de lutte contre la pauvreté, la
discrimination et les violences systémiques. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée.
Maintenant, Mme la députée de Terrebonne, la parole est à vous.
Mme Gentilcore : Merci, Mme la
Présidente. Il y a 30 ans, le 4 juin 1995, aux femmes qui se sont
mobilisées pour porter leurs revendications à l'Assemblée nationale, le premier
ministre du Québec, Jacques Parizeau, répondait : Merci de nous déranger à
ce point-là.
Les femmes
sont arrivées à Québec avec un programme ambitieux, et, j'en suis très fière,
c'est un gouvernement du Parti
québécois qui a répondu favorablement aux demandes de la marche des femmes. En
effet, cette grande mobilisation féministe
a permis aux femmes de faire plusieurs gains importants, comme la plus forte
augmentation du salaire minimum en
20 ans, l'adoption des lois sur l'équité salariale et sur la perception
automatique des pensions alimentaires et un meilleur accès aux
programmes de formation générale et professionnelle.
Évidemment, toutes ces avancées ne doivent pas
nous faire oublier que la lutte est loin d'être terminée. Je pense notamment à la
Loi sur l'équité salariale
qui doit être renforcée, aux nombreux féminicides qui ont lieu, au manque
de places dans les maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence
conjugale, à l'itinérance au féminin ou encore à la non-rémunération des stages
dans les domaines à prédominance féminine.
Mais,
si on commémore le 30e anniversaire de la marche Du pain et des roses ,
c'est parce qu'elle nous rappelle que les femmes, quand elles se mobilisent,
peuvent se faire entendre du gouvernement, comme elles l'ont été en 1995. Et c'est justement pourquoi Jacques Parizeau
invitait les femmes du Québec à ne jamais lâcher. C'est le sens profond de
mon engagement, et c'est ce qu'un
gouvernement du Parti québécois est appelé à faire encore une fois. Merci, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Donc, cette motion est-elle adoptée? Motion adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : M. le leader du deuxième groupe d'opposition, vous
aviez une demande à nous faire?
M. Cliche-Rivard :
Vous demander un vote électronique, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, le vote est maintenant ouvert.
Le vote est terminé.
M. le secrétaire général, pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 106
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, cette motion est adoptée. Donc... M. le
leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard :
Merci, Mme la Présidente. Est-ce qu'une copie de cette motion peut être
envoyée à la Fédération des femmes du Québec, s'il vous plaît? Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Ce sera fait. Merci.
Donc,
nous allons poursuivre aux motions sans préavis. Je suis prête à reconnaître un
membre du troisième groupe d'opposition. M. le chef du troisième groupe
d'opposition, la parole est à vous.
M. St-Pierre Plamondon : Merci,
Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le leader du deuxième groupe
d'opposition, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale mandate le premier ministre du Québec d'exiger du nouveau premier
ministre du Canada que les pouvoirs en immigration soient cédés au Québec.»
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci. Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Consentement, sans débat.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bon.
Il n'y a pas de consentement. Donc, nous allons poursuivre nos travaux. Avis...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : S'il vous plaît!
Donc, avis touchant
les travaux des commissions. M. le leader du gouvernement, je vous laisse la
parole.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
donc j'avise cette Assemblée que la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 69, la Loi assurant la gouvernance responsable des ressources
énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des
finances publiques va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 82,
la Loi concernant l'identité numérique nationale et modifiant d'autres
dispositions, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures
et de 15 heures à 18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de
l'aménagement du territoire va poursuivre les consultations particulières et
les auditions publiques sur le projet de loi n° 97, la Loi visant
principalement à moderniser le régime forestier, aujourd'hui, après les avis
touchant les travaux des commissions jusqu'à 12 h 50 et de
15 heures à 17 h 25, à la salle Pauline-Marois;
La Commission de la santé et des services
sociaux va poursuivre les consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 103, la Loi visant principalement à
réglementer les sites de consommation supervisée afin de favoriser une cohabitation harmonieuse avec la communauté, aujourd'hui, après les avis touchant les travaux
des commissions jusqu'à 12 h 50 et de 15 heures à
17 h 25, à la salle Marie-Claire-Kirkland.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Donc, nous allons poursuivre à la rubrique Renseignements des travaux de l'Assemblée. Donc, je vous informe
qu'il y aura des... il y aura sanction des projets de loi suivants à
13 h 15 au bureau de Son
Honneur la lieutenante-gouverneure : le projet de loi n° 92, Loi modifiant diverses dispositions principalement
dans le secteur financier; le projet de loi n° 95, Loi favorisant l'équité
dans l'accès aux services de garde éducatifs à l'enfance subventionnés dispensés par les titulaires de permis; le projet de loi n° 215, Loi concernant la Municipalité de Saint-Sylvère;
le projet de loi n° 216, Loi concernant la Ville de Longueuil; le projet
de loi n° 219, Loi concernant la dissolution de l'Agence de développement
de Ferme-Neuve; le projet de loi n° 395, Loi remplaçant le
nom de la circonscription électorale de Matane-Matapédia par Matane-Matapédia-Mitis;
le projet de loi n° 795, Loi remplaçant le
nom de la circonscription électorale de Laporte par celui de «Pierre-Laporte»; le projet de loi n° 797, Loi remplaçant le nom de la circonscription électorale de Rivière-du-Loup—Témiscouata par celui de «Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les Basques»;
le projet de loi n° 890, Loi remplaçant le nom de la circonscription
électorale de Vimont par celui de «Vimont-Auteuil».
Donc, la période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant poursuivre aux affaires du jour. M. le leader
du gouvernement, pouvez-vous nous indiquer la suite des travaux?
M. Lévesque (Chapleau) : Oui. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 79 du feuilleton, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Il
était un peu loin. Donc, à l'article 79 du feuilleton, M. le député de Drummond—Bois-Francs
propose l'adoption du projet de loi n° 996, Loi remplaçant le nom de la
circonscription électorale d'Arthabaska par celui d'«Arthabaska-L'Érable».
Y a-t-il des interventions? M. le député de
Drummond-Bois-Francs, à vous la parole.
M. Schneeberger : Merci, Mme la
Présidente. Alors, bien heureux de prendre la parole pour une dernière fois
pour ce projet de loi n° 996 qui vise, justement, à remplacer le nom de la
circonscription d'Arthabaska par celui d'Arthabaska-L'Érable.
C'est une
demande qui date, justement, depuis longtemps. C'est une... Vraiment, c'est
parti d'une initiative citoyenne et aussi beaucoup d'organismes de la
région de L'Érable qui demandaient à faire
partie du nom de cette
circonscription, étant donné que la circonscription... la MRC, pardon, la MRC
de L'Érable comprend 10 municipalités, et, dans toute la MRC d'Arthabaska, c'est six municipalités, dont
Victoriaville., naturellement, Victoriaville, c'est la masse de la population
du comté d'Arthabaska, mais elles
demandaient justement de faire changer de nom pour devenir
d'Arthabaska-L'Érable. Alors, il me fait plaisir de pouvoir, justement,
appuyer sur ce projet de loi là, et étant donné aussi que je représente une bonne
partie des Bois-Francs, du nom de ma
circonscription, Drummond—Bois-Francs, et, dans ma circonscription, c'est 14 municipalités qui
figurent dans la MRC d'Arthabaska. Alors, vous comprendrez que le nom
«Arthabaska», pour signifier la circonscription d'Arthabaska, laissait un peu à... laissait des doutes sur vraiment la
représentativité de ce nom. Alors,
pour, justement, représenter les citoyens de L'Érable, Arthabaska-Érable c'est
beaucoup plus... on unit beaucoup plus ces deux régions-là, qui... tu
sais, c'est une unité. Même si c'est deux MRC, ces gens-là travaillent à tous
les jours ensemble. Il y a énormément
d'organismes qui sont... qui s'appellent déjà Arthabaska-L'Érable, dans à peu
près tous les milieux. Alors, ça fait plaisir de pouvoir, justement,
enfin participer à ce projet de loi et à l'adoption finale.
Alors, Mme la Présidente, je demande à ce que
mes collègues votent pour cette loi. Merci beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il
y a d'autres interventions sur le projet de loi? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
à vous la parole.
M. Leduc : On
y est arrivés, Mme la Présidente. J'interviens, à ce moment-ci, comme je suis
intervenu pendant l'étude détaillée, pas sur le fond de la question mais
sur la forme, et ça vaut pour tous les autres projets de loi de remplacement de
nom.
Moi, je n'ai rien contre le remplacement
d'Arthabaska par Arthabaska-L'Érable, j'en ai contre le fait que ce soit nous
qui le fassions ici, en cette Chambre, Mme la Présidente. Pourquoi? Bien, parce
qu'il y a une procédure qui existe, en ce
moment, c'est celle de la commission de la révision électorale, qui est en
charge, selon la loi, de faire ce genre de choses là, pour éviter que ce soient
les députés qui subissent des pressions x ou y. Dans ce cas-ci, c'est des
citoyens qui font une démarche, puis c'est très bien, mais le réceptacle
naturel de ces démarches-là doit être la commission de la révision
électorale... de la représentation électorale, avec le DGEQ.
C'est ce qu'avait fait l'ancienne députée de
Crémazie, avant que Crémazie devienne Maurice-Richard,
donc, du Parti libéral. Elle avait eu aussi des citoyens qui lui demandaient de
changer le nom de la circonscription. Elle avait monté un dossier, je pense qu'il
y avait même une pétition qu'elle avait déposée au Directeur général des
élections, qui avait fait les représentations conséquentes et qui avait atterri
à une décision de changer le nom de la circonscription.
Donc, on s'entend, c'est somme toute bénin de
dire : C'est un nom de circonscription, mais, quand on commence à jouer
dans nos institutions démocratiques comme on le fait aujourd'hui avec le projet
de loi des différents collègues, ce n'est pas quelque chose qu'il faut laisser
passer comme une lettre à la poste. C'est quelque chose que, je pense, sans déchirer ma chemise, encore une fois,
ça reste juste un nom de circonscription, mais qu'il faut pointer du doigt
en disant : Ce n'est pas la procédure à suivre, ce n'est pas la bonne
façon de procéder. C'est pour ça, Mme la Présidente, que, malheureusement, on
doit voter contre ce projet de loi et les autres, parce que la procédure n'est
pas respectée.
Puis je donne un exemple. Dans la loi, c'est
précisé que le directeur des élections, à la Commission de la représentation
électorale, qui reçoit une telle demande, doit faire une consultation à la
Commission de toponymie. Bien, quand on était en étude détaillée, j'ai demandé
à mes collègues : Avez-vous fait, à défaut d'avoir, évidemment, passé par
la bonne procédure, une consultation à la Commission de la toponymie du Québec
pour vérifier si, en effet, il y a une
cohérence entre le nouveau nom que vous souhaitez et les noms de différentes
villes, MRC, institutions de votre région X? À ma connaissance, personne
n'avait fait cette démarche-là, du moins, on ne me l'a pas confirmé.
Donc,
c'est le genre de détail, peut-être qu'on me dira : C'est un détail, mais
ça nous démontre qu'il y a des gens qui sont responsables de ça, qu'on a donné
la responsabilité parce qu'on voulait sortir ça de la main des élus, que ça
devienne moins partisan, moins politique et que ce soit quelque chose qui soit
utilisé vraiment par les représentants du directeur des élections à la... représentation
citoyenne. Parce qu'après ça, évidemment, vous connaissez la chanson, Mme la Présidente, on peut imaginer que les gens
qui auront procédé, qui auront poussé pour ces projets de loi là, bien,
vont pouvoir aller faire campagne en disant : C'est moi qui ai fait
changer le nom. Ça va devenir une arme partisane, une arme électorale, un
argument électoral, et c'est quelque chose qui n'est pas... qui n'est pas à
encourager.
C'est pourquoi on met notre dissidence, encore
une fois, sur la forme, j'insiste. Puis, sur le fond, je trouve que c'est une
bonne idée de changer Arthabaska par Arthabaska-L'Érable. J'arrête souvent,
d'ailleurs, sur la 20, à L'Érable, à la station L'Érable pour mettre un peu
d'électricité dans la voiture et peut-être manger une petite croûte. C'est une
belle région, je l'aime beaucoup, bref...
Alors, encore
une fois, sur le fond, chacun de ces projets de loi avait une bonne raison
d'être, mais, sur la forme, ils ont tous erré à respecter la procédure
prévue, et c'est pour ça que nous allons voter contre. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le leader adjoint du
gouvernement, à vous la parole.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. On a eu
l'occasion justement d'échanger, le député, et moi, et certains collègues, lors
de la commission, puis, justement, peut-être lui rappeler, là, évidemment,
j'ai un grand respect, là, pour la commission de représentativité électorale,
que la procédure qu'on fait aujourd'hui n'est pas incompatible, là, avec...
avec ce qu'elle fait également. Vous savez, nous sommes légitimes ici, les
législateurs. Tous autant que nous sommes, nous avons été élus par la
population, et donc démocratiquement élus, et donc nous pouvons... nous avons
le pouvoir d'adopter des lois et de faire les changements, là, qui nous sont...
qui nous sont appropriés.
Puis ça m'étonne un peu de Québec solidaire, de
sa... de sa remarque, parce qu'ils avaient soumis, justement, une réforme parlementaire qui se voulait,
justement, plus proche des gens, plus proche des citoyens. Et, justement, ça,
ça s'inscrit, les changements qu'on fait, ça s'inscrit dans notre
volonté de se rapprocher des gens, des citoyens, d'être davantage
représentatifs aussi du territoire, des régions qui sont représentées. Les
collègues qui ont fait ça durant de longues,
de longues heures, là, chacun leurs circonscriptions qui ont changé de nom, eh
bien, ça leur a permis d'être davantage représentatifs et de se
rapprocher des gens. Il y en avait plusieurs qui ont fait du porte-à-porte, qui
ont parlé aux gens de ces régions-là, Mme la
Présidente, et c'est ce qui en est ressorti, ils voulaient pouvoir se reconnaître
dans le nom de leurs circonscriptions. Et donc ça, ça inclut évidemment
L'Érable, mais ça inclut également Auteuil, pour Vimont-Auteuil, évidemment, et
toutes les autres circonscriptions.
D'ailleurs, on a déjà suivi cette procédure-là
pour le changement de nom du collègue de Camille-Laurin, on a adopté un projet
de loi à cet effet-là. Et évidemment, là, on veut bien représenter les gens,
donc... Puis on a déjà adopté les projets de
loi, hier, donc plusieurs projets de loi hier soir, donc, évidemment, on invite
les collègues à suivre les travaux. Donc, voilà, on est pleinement légitimés de
pouvoir faire ces changements-là en tant que députés élus et législateurs qui peuvent
faire des lois. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Non?
Donc, le projet de
loi n° 996, Loi remplaçant le nom de la circonscription électorale
d'Arthabaska par celui d'«Arthabaska-L'Érable», est-il adopté?
Des voix :
Sur division.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Adopté sur division.
M. le leader adjoint
du gouvernement, je vous cède la parole pour nous indiquer la suite de nos
travaux.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Et, justement, la suite de vos travaux se
dirige vers l'article 3 du feuilleton, si vous pouviez l'appeler,
s'il vous plaît. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : À l'article 3 du feuilleton, l'Assemblée prend
en considération le rapport de la Commission spéciale sur les impacts des
écrans et des réseaux sociaux sur la santé et le développement des jeunes qui, les 12, 16, 17, 18, 19, 24 et
26 septembre 2024, les 30 et 31 janvier ainsi que le 3, 4,
5 février 2025, a procédé à des auditions publiques dans le cadre
de consultations particulières sur les impacts des écrans et des réseaux
sociaux sur la santé et le développement des
jeunes. Ce rapport a été déposé le 29 mai 2025, contient une observation,
des conclusions et 56 recommandations.
Je vous rappelle que,
conformément aux dispositions de l'article 95 du règlement, la prise en
considération du rapport donne lieu à un débat restreint d'au plus deux heures
et qu'aucun amendement n'est recevable. Je vous rappelle également qu'en vertu
du deuxième alinéa de l'article 95 ce débat n'entraîne aucune décision de
l'Assemblée.
Je vous informe que
la répartition du temps de parole pour ce débat restreint s'effectuera comme
suit : 58 min 30 s sont allouées au groupe parlementaire
formant le gouvernement, 30 min 10 s sont allouées au groupe
parlementaire formant l'opposition officielle, 20 minutes sont allouées au
deuxième groupe d'opposition, 8 min 20 s sont allouées au
troisième groupe d'opposition, 1 min 30 s sont allouées à chacun
des députés indépendants. Dans le cadre de
ce débat, le temps non utilisé par les députés indépendants ou par l'un des
groupes parlementaires sera redistribué entre les groupes parlementaires
selon la proportion établie précédemment. Mis à
part ces consignes, les
interventions ne seront soumises à aucune
limite de temps. Enfin, je rappelle aux députés indépendants que, s'ils
souhaitent intervenir au cours de ce débat, ils ont 10 minutes, à
partir de maintenant, pour en aviser la présidence.
Donc, je suis
maintenant prête à céder la parole à un premier ou une première intervenante.
Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata, à vous la parole.
Mme Dionne :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, ce matin, je lisais dans mon
journal local, Info Dimanche , un
article sur le dépôt du rapport, la
commission spéciale, et qui titrait Un legs à la jeunesse pour la dépu tée
de Rivière-du-Loup — Témiscouata — Les Basques .
Alors, je vous dirais, Mme la Présidente, aujourd'hui, que c'est avec un
sentiment du devoir accompli que je prends la parole en cette Chambre suite au
dépôt du rapport final de la commission, une
commission qui était transpartisane et composée de 12 élus, incluant moi,
bien entendu, et que j'ai eu... avec qui j'ai eu le privilège de
présider depuis près d'un an maintenant. Donc, il y a des travaux qui se sont
poursuivis tout près d'un an.
Alors, permettez-moi,
Mme la Présidente, d'entrée de jeu, de remercier ces élus, alors : le
député de Marquette, le député d'Hochelaga-Maisonneuve, député de
Matane-Matapédia, la députée d'Iberville, le député de Jonquière, la députée de
Châteauguay, le député de Gaspé, le député de Joliette, la députée de Hull, la
députée de Bourassa-Sauvé, la députée de D'Arcy-McGee. Merci infiniment. Ça a été, pour moi, une expérience vraiment
enrichissante depuis un an d'avoir pu siéger avec vous et établir ces
56 recommandations qui font consensus et qui, je l'espère, feront beaucoup
de chemin dans l'avenir.
Alors, oui, je pense
qu'on peut se dire que c'est un legs à la jeunesse que nous avons offert avec
le dépôt de ce rapport-là. Ce travail, je
vous dirais, assez volumineux, ça n'a pas toujours été facile, mais on est
arrivés avec, je pense, un rapport qui... Depuis la sortie, le dépôt, je
regarde les articles de presse, je regarde les commentaires qu'on reçoit. Je
pense que c'était très attendu.
Puis, en plus de ça, bien,
les gens saluent le travail puis les gens approuvent aussi...
La société en
général approuve les recommandations à l'intérieur de ce rapport-là. Et, pour
nous, bien, c'est ça, il était temps de s'occuper à cet enjeu de société.
Justement, à pareille date l'an passé, je regardais les articles, le premier
ministre qui mentionnait qu'on avait un gros problème de société sur les bras
puis qu'on devait se pencher puis faire une grande réflexion sur les écrans qui
occupent nos vies maintenant, le temps des écrans aussi consommé par nos
jeunes. Donc, on y est arrivés.
Laissez-moi aussi parler de la commission
spéciale un peu en chiffres. Vous savez, Mme la Présidente, ça a été 30 heures de séances de travail...
32 heures passées en séance de travail. Il y a eu 23 rencontres du
comité directeur. Donc, j'ai
mentionné tout à l'heure le député de Marquette, le député d'Hochelaga-Maisonneuve
et le député de Matane-Matapédia qui ont formé le comité directeur avec
moi. On a eu 12 séances publiques, 48 h 55 min passées en
consultations particulières et en auditions publiques. Alors, ça a été
66 personnes et organisations qui ont été entendues à l'occasion de ces auditions, et on a reçu en plus
74 mémoires, donc beaucoup d'heures d'analyse, de lecture, pour en arriver
à ce rapport dont je suis très fière aujourd'hui.
Alors, vous
savez, les commissions parlementaires, si on fait un petit historique, il y a
eu une réforme parlementaire en 1984,
et la commission spéciale sur les écrans est la huitième commission spéciale
créée depuis la réforme, en 1984. Vous savez,
Mme la Présidente, ce que je trouve intéressant là-dedans, c'est qu'au-delà des
familles politiques on est capables, entre élus, de se pencher sur une
question de société, sur un véritable enjeu de société, et ça fait aussi valoir
le travail des députés, alors, 12 députés
qui ont travaillé pendant toute une année pour en arriver avec le fruit de ce
rapport-là. Je pense que ça vient
aussi démontrer, là, le travail de nos députés. Donc, une commission spéciale,
je pense que ça fait aussi... je pense que ça permet aussi, puis à la
lumière de ce qu'on a déposé comme rapport puis des consultations qu'on a faites tout au long de l'année... je pense que ça
permet aussi d'avoir l'acceptabilité sociale puis le consensus, parce que je viens
de vous... je viens de vous énumérer quelques chiffres, les nombreuses heures
passées à, d'une part, entendre ce que les experts avaient à nous dire,
entendre aussi ce que les jeunes avaient à nous dire, car, vous savez, on a
fait une tournée des écoles, rencontré
500 jeunes, visité 17 écoles dans six régions différentes du Québec.
Donc, c'est un travail qui a fait
partie des réflexions aussi lorsqu'on a entendu les jeunes. Puis, vous savez,
Mme la Présidente, si vous prenez le temps de lire le rapport, on a des citations, des témoignages d'élèves des
écoles primaires et secondaires, là, qui sont frappantes, je vous dirai,
elles sont frappantes, puis c'est là qu'on s'est aperçus qu'il y avait vraiment
urgence d'agir. Témoignage d'un élève du troisième cycle du primaire : «Je
demande à maman pour télécharger des jeux qui coûtent de l'argent, mais je sais
vraiment quoi faire pour l'acheter.» Entre autres : «Moi, si j'avais droit
à mon cellulaire à l'école, bien, je ne pourrais pas profiter de la table de
ping-pong disponible à mon école.» Le contenu, des jeunes, aussi... Ah! les
réseaux sociaux et l'âge, parce qu'on en a parlé beaucoup, Mme la Présidente,
d'imposer un âge minimal, donc : «C'est trop long, d'attendre d'avoir le
bon âge.» C'est trop long, oui, mais, nous, ce qu'on s'est aperçus, c'est que
les contenus sur les réseaux sociaux, ce n'est pas toujours approprié pour nos
jeunes. Donc, des tonnes de témoignages comme ça, de jeunes, où on a découvert
aussi qu'ils sont lucides, nos jeunes, ils sont très conscients du temps qu'ils
consomment sur les écrans. Et je pense qu'il y avait lieu, justement, de mieux
encadrer. C'est ce qu'ils souhaitaient aussi, à la lumière de nos consultations, à être encadrés. Donc, ça a été... moi,
pour moi, personnellement, là, cette tournée des écoles, ça a été
révélateur sur la gravité de la situation. Honnêtement, j'ai... c'est ça, il y
a des soirs où je me mettais à réfléchir à tout ce qu'on avait entendu puis je
me disais : Oui, il est vraiment temps qu'on s'y attarde.
Donc, pour faire un petit historique de cette
commission-là, eh bien, c'est le 6 juin 2024, Mme la Présidente, qu'on a
créé une motion qui a été adoptée par l'ensemble des 125 députés. Ça fait
que c'est pour vous dire à quel point je pense que cet enjeu-là méritait une
grande réflexion. La commission spéciale a été créée justement pour recueillir,
étudier les points de vue des citoyens, des experts, des jeunes, évaluer les
impacts, hein, les impacts que les réseaux sociaux et les écrans ont sur nos
jeunes et, bien évidemment, formuler des recommandations.
Comme je l'ai dit dans un
article de La Presse ,
on ne souhaitait pas, de un, accoucher d'une souris et on ne souhaitait pas non
plus déposer un rapport tabletté. Ce qu'on souhaitait, c'était vraiment des recommandations
qui allaient être facilement applicables pour répondre à cet enjeu-là, qui nous
concerne tous, hein, parce que ce qu'on sait, oui,
c'était une commission qui était orientée vers les jeunes, mais, en même temps,
je pense que c'est une prise de conscience collective qu'on doit avoir à
la suite de ce rapport-là.
Donc, il y a eu un comité directeur, comme je
vous disais, qui était responsable d'organiser les travaux, donc de nombreuses
heures à organiser tout ça. Je me souviens, l'été dernier, les appels avec le
secrétariat de la commission, hein, parce
que, oui, il faut le mentionner aussi, on a été appuyés par une équipe
formidable, des collaborateurs hors pair, un secrétariat de commission, un service de la recherche, un service de
l'information, les communications, Thomas aux programmes éducatifs, on a même
eu des gens de la Direction de la sécurité qui nous ont accompagnés pendant la
tournée, donc, le graphisme, le
service de traduction, donc tous ces gens-là qui étaient, je vous dirais, Mme
la Présidente, honnêtement, pour avoir travaillé avec eux pendant un an,
qui étaient aussi passionnés et dévoués que nous, les élus. Alors, je tiens vraiment, là, Myriam, toute ton équipe, je tiens
vraiment à les remercier puis à l