House Proceedings — 17 February 2015 (41st Legislature, 1st Session)
2015-02-17
Quebec — Debates (Hansard)
Avec
mon collègue le député de Matane-Matapédia, je rends hommage à un grand humaniste.
Mgr Pierre-André Fournier nous
laisse en héritage ses valeurs, celles qui ont guidé sa vie et son travail, des
valeurs de respect, d'entraide et de solidarité. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, M. le
député. Et, pour la prochaine déclaration, je cède la parole à M. le député de Sainte-Rose.
Habel : Merci, Mme la Présidente. Du 2 février au 15 février dernier, L'Association sportive de Laval-Nord, division hockey, a tenu son 35e Tournoi
provincial bantam-midget à l'aréna Richard-Trottier à Fabreville. Ce tournoi a
été l'occasion pour les jeunes
hockeyeurs de plusieurs équipes de différentes régions du Québec de
s'affronter. Évidemment, j'avais une
préférence pour les équipes de Laval-Nord, soit les Huskies, les Prédateurs, le
National, le Wild, les Cobra, les Vipers, les Remparts, le Rocket et les
Sabres, toutes issus de ma circonscription. Mais je tiens à féliciter toutes
les équipes participantes et les vainqueurs du tournoi.
Enfin,
la réussite de ce genre d'événement réside également dans le nombre d'heures
travaillées et d'efforts donnés par
les bénévoles et les organisateurs, dont Gaétan Després, qui a été le président
de cette 35e édition. Je les remercie tous. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. Alors,
toujours à la rubrique des déclarations de députés, je cède maintenant
la parole à Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, j'aimerais souligner aujourd'hui le 40e anniversaire
du Club d'aviron de Boucherville, un club composé de membres très dynamiques,
tous de fervents adeptes de ce sport ô
combien magnifique. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de visiter ce club, et c'est
vraiment de toute beauté, Mme la
Présidente, de voir ces athlètes, à bord de leurs embarcations, fendre l'eau du
fleuve Saint-Laurent à la hauteur des îles de Boucherville, tout un
spectacle! C'est une organisation qui est menée de main de maître par le
président, M. Guillaume Chrétien, et le directeur technique,
M. Vincent Côté.
Et j'aimerais
en profiter pour inviter les gens à se procurer ce livre, un magnifique livre
sur les 150 ans de l'aviron au
Québec — c'est
quelque chose, 150 ans! — un livre réalisé avec brio par une des
membres du club, Mme Marie Gareau, que je salue, actuellement, avec
toute son équipe.
Alors, au nom
de tous les Montarvillois, bravo au Club d'aviron de Boucherville pour ses
40 ans! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, Mme la députée. Et,
pour la prochaine déclaration, je reconnais M. le député de
Saint-Maurice.
Giguère : Merci, Mme la Présidente. Dernièrement avait lieu la remise
nationale des prix de reconnaissance Essor
2013‑2014. Lors de cet événement, M. Pierre Duplessis, enseignant au
séminaire Sainte-Marie de Shawinigan, a reçu le prix Éducation artistique pour son projet, le Défi Face Off. Ce
prix a été décerné pour la présentation du projet, qui s'est distingué par la qualité de l'éducation
artistique offerte aux élèves en regard de la création, de l'interprétation
et de l'appréciation de l'oeuvre. De plus,
je ne peux passer sous silence le travail passionné de M. Duplessis, un
pédagogue chevronné, qui, par son
implication, encourage les étudiants à se dépasser, tout en transmettant sa
passion pour le domaine culturel et artistique.
Félicitations pour votre grande implication!
Vous méritez amplement ce prix, M. Duplessis! Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci de votre déclaration. Et
maintenant je me tourne vers M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé : Mme la
Présidente, aujourd'hui je désire souligner tout le travail et l'implication du
mouvement citoyen Touche pas à ma région!
Bas-Saint-Laurent, qui, depuis le début de l'année 2015, ne ménage aucun effort
afin de sensibiliser la population
aux conséquences dramatiques des mesures d'austérité. Sa présence active sur
les médias sociaux, l'organisation
des soirées Cabaret Décompression, les rencontres de consultation citoyenne et
l'élaboration de stratégies alternatives
aux politiques libérales ne sont que quelques exemples des initiatives de ce
mouvement de solidarité et de mobilisation régionale d'envergure.
À l'instar du
mouvement national, le regroupement bas-laurentien s'oppose aux politiques de
centralisation qui privent nos
régions de toute autonomie. Je salue les initiatives du regroupement Touche pas
à ma région! Bas-Saint-Laurent, ainsi
que mon collègue député de Rimouski, ainsi que le travail des citoyens engagés
au développement de notre région qui
espèrent tout comme moi un véritable dialogue avec le gouvernement et
l'instauration d'une stratégie de développement régional qui permettra à l'ensemble des régions du Québec de se
développer de manière durable, et ce, au bénéfice de l'ensemble des
Québécoises et Québécois.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député, de votre
déclaration. Et, M. le député de Jean-Lesage, à votre tour de nous... de
faire votre intervention, pardon.
Drolet : Merci, Mme la Présidente. Je suis heureux de prendre
la parole aujourd'hui afin de souligner le lauréat Coup de coeur lors de la soirée des grands
lauréats du 26 janvier dernier, M. Luc Richer. Cette soirée met à
l'honneur ces femmes et ces hommes qui font une différence importante
dans leurs milieux.
Luc Richer est un fondateur et directeur général
de Motivaction Jeunesse, qui a déjà 15 ans d'existence et qui oeuvre
auprès des jeunes de milieux défavorisés. Cet organisme a pour but non
lucratif... lutte notamment contre le décrochage scolaire, la sédentarité, la délinquance, l'intégration des
jeunes immigrants en mettant en valeur l'importance de l'activité physique. Luc Richer est également le fondateur de deux
événements sportifs qui rassemblent les jeunes autour du sport, de la
persévérance et de l'effort, le Défi
du Cap-Blanc et le Challenge de l'espoir, qui sont de très beaux exemples de
réussite pour ces jeunes.
Richer est un exemple de dépassement de soi, de courage et de générosité. Il
est un modèle à suivre pour les jeunes
mais également pour nous tous. Je tiens à souligner son travail exceptionnel,
qui fait une différence dans la vie de tous ces jeunes. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci à vous, M. le député de
Jean-Lesage. Et maintenant je cède la parole à M. le député de
Mont-Royal pour sa déclaration.
Arcand : Merci,
Mme la Présidente. À
titre de ministre responsable de la région de Lanaudière,
je tiens à souligner la contribution exceptionnelle de M. Normand Tellier
dans l'industrie horticole du Québec. Cet homme d'affaires réputé a reçu le prestigieux
prix Croissance de la Fédération interdisciplinaire de l'horticulture
ornementale du Québec lors du gala
Reconnaissance. Producteur émérite de végétaux, ce grand passionné se démarque
par son parcours singulier; il a d'ailleurs été l'un des premiers diplômés de l'institut de technologie
agricole de Saint-Hyacinthe. Le prix qu'il a reçu est la plus haute distinction attribuée
à une personnalité s'étant engagée dans le développement de l'industrie de
l'horticulture ornementale au Québec.
Apprécié et respecté
par ses pairs, il est avant tout reconnu pour sa grande générosité. C'est donc
avec un immense plaisir que je me joins à
eux aujourd'hui pour lancer des fleurs à ce grand Lanaudois, un modèle
d'altruisme et d'entrepreneuriat à suivre pour les futures générations.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup de votre
intervention. Et je cède maintenant la parole à Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Thériault : Mme la Présidente, c'est avec un immense plaisir
que je prends la parole afin de souligner la semaine du scoutisme, qui se déroule présentement jusqu'au
22 février. Étant moi-même impliquée dans les scouts comme jeune et par la suite comme bénévole, j'ai pu, à
travers cette expérience, constater l'impact positif de ces mouvements
chez les jeunes mais aussi dans les communautés.
l'heure actuelle, le scoutisme québécois regroupe plus de 20 000 jeunes et
adultes bénévoles. C'est le plus grand mouvement
jeunes au monde, avec plus de 40 millions de membres, et qui est la seule
organisation jeunesse reconnue officiellement par les Nations unies.
C'est avec fierté que
je réitère mon appartenance à
titre de commissaire scoute honoraire et mon
soutien à ce grand mouvement véhiculant des
valeurs de paix, de solidarité, de partage, d'entraide et de dépassement de
soi. Ces valeurs, transmises par les
adultes auprès des jeunes, les amènent à être des individus responsables qui
s'impliquent à leur tour dans leurs milieux pour le bien-être de tous.
Merci, et bonne semaine du scoutisme.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, Mme la députée. Et je cède maintenant
la parole à M. le député d'Abitibi-Ouest pour sa déclaration du jour.
Gendron : Bien oui.
Merci, Mme la Présidente. Alors, Mme la Présidente, Abitibi-Ouest est l'une des
circonscriptions qui comptent le plus grand
nombre de municipalités au Québec. Bien que petites, parfois, elles n'en sont
pas moins très actives
et très dynamiques. Toute cette vitalité, on la doit entre autres aux personnes
qui s'impliquent avec passion,
détermination dans leurs municipalités. C'est le cas, entre autres, de
M. Émile Bourassa, qui, depuis sa première élection dans la toute nouvelle municipalité de Champneuf, le
3 février 1964, n'a jamais quitté son siège de conseiller depuis.
Depuis, il a fait face à une douzaine d'élections, sans jamais perdre son
poste. Ça, ça commence à compter. 51 années
font de lui le doyen des élus municipaux au Québec. Seule la passion qui
l'anime encore, et toujours son désir d'améliorer les services à ses
citoyens sont à la source de cette longue implication dans la municipalité.
titre de député d'Abitibi-Ouest, je tiens à lui rendre hommage et à remercier
très chaleureusement M. Bourassa pour
cette généreuse contribution citoyenne qui se poursuivra, d'ailleurs, jusqu'aux
prochaines élections en 2017. Bravo, M. Bourassa!
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le député.
Et je dois vous
demander votre consentement pour permettre à M. le député de Louis-Hébert
d'intervenir aujourd'hui.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : C'est oui? Alors, M. le député, à vous la parole.
Hamad :
Merci, Mme la Présidente, merci collègues, de me donner le consentement. Alors,
le 15 février dernier clôturait la 61e présentation du célèbre Carnaval de
Québec. Ces jours de festivités ont été l'occasion, pour la population et les
visiteurs, de braver le froid afin de profiter des plaisirs de l'hiver.
Cet après-midi, Mme
la Présidente, je tiens à souligner la présence de Mme Isabelle Hurtevent,
présidente du 61e carnaval, et de
M. Daniel Denis, président du conseil d'administration de l'organisation.
Ils sont présents avec nous aujourd'hui,
Mme la Présidente. Je tiens donc à saluer le travail extraordinaire de ces
gens, des organisateurs, des partenaires et de nombreux bénévoles qui
ont fait de la 61e présentation un événement réjouissant.
notre capitale nationale est animée et festive durant notre saison hivernale,
c'est grâce à vos contributions qui constituent
un apport indispensable à la création de l'ambiance carnavalesque qui rayonne
non seulement au Québec, mais aussi à
l'extérieur de notre magnifique région. Reconnu mondialement, il dynamise notre
région et contribue à affirmer le statut de Québec comme une véritable
capitale touristique.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le
député. Et ceci met fin à la rubrique des déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 59)
Le Président :
Mmes, MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Veuillez vous
asseoir.
Nous poursuivons les affaires
courantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique Présentation
de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Oui, M. le Président. Je vous demanderais d'appeler l'article a, s'il vous
plaît.
Président : À l'article
a du feuilleton, Mme la ministre de la Justice présente le projet de loi n° 33, Loi
modifiant la
Loi sur les tribunaux judiciaires. Mme la ministre.
Vallée : Merci, M. le Président. Alors, ce projet de loi modifie la Loi
sur les tribunaux judiciaires pour hausser de 7 % à 8 % de leur
traitement annuel la cotisation des juges de la Cour du Québec et de certaines
cours municipales versée à leur régime de retraite.
Le projet de loi apporte aussi une modification
de concordance.
Président : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce
projet de loi? Mme la ministre... Mme la leader du gouvernement... de
l'opposition.
Maltais : Oui, l'opposition
officielle, à mon grand dam, parfois.
Nous allons prendre connaissance du projet
de loi et verrons s'il y a lieu de demander des consultations particulières,
bien sûr.
Le Président : M. le leader.
M. Fournier :
...précision pour l'ensemble de nos collègues. Le projet de loi fait suite à la
motion qui a été adoptée il y a un
an, suite au rapport du Comité de la rémunération des juges. Donc, la motion a
été adoptée, donnant suite aux recommandations,
et, dans la foulée de cette motion, plusieurs actions ont été posées. C'est la
dernière des actions. Je crois que c'était le 18 février 2014
que la motion avait été adoptée. Donc, ça remet le contexte, M. le Président.
Président : Je pense que ça éclaire cette Chambre. M. le député
de Mercier, dans la rubrique Présentation de projets de loi.
M. Khadir : M. le Président,
je vous prie d'appeler l'article b du feuilleton.
Le Président : Alors, je
comprends que l'Assemblée a été saisie du projet de loi précédent.
Alors, à
l'article b du feuilleton, M. le député de Mercier présente le projet de loi
n° 197, Loi visant à réduire les coûts d'approvisionnement en
médicaments au Québec. M. le député de Mercier.
M. Khadir : Merci, M. le Président. Ce projet
de loi institue une entreprise du gouvernement mandataire de l'État dont
la mission est de réduire les coûts d'approvisionnement en médicaments pour la
population et l'ensemble des établissements
de santé du Québec. L'entreprise s'assure de la qualité et de la sécurité des
produits selon les recommandations du
programme d'évaluation clinique et pharmacoéconomique des médicaments mis en
place par l'Institut national d'excellence en santé et en services
sociaux, l'INESSS.
Ce projet de
loi détermine les fonctions de l'entreprise, notamment de fournir un service
d'approvisionnement en commun pour
les médicaments et les vaccins, de déterminer un barème de remboursement des
produits brevetés et d'établir la
liste des médicaments dont le coût est garanti par le régime général institué
par la
Loi sur l'assurance médicaments.
Ce projet de
loi établit la capacité pour l'entreprise d'implanter et d'exploiter les
installations de production de médicaments génériques et de vaccins, au
besoin. Il permet aussi à l'entreprise de développer de nouveaux produits
pharmacoceutiques... je m'excuse, de nouveaux produits pharmaceutiques dans
l'intérêt du réseau public de santé en investissant
jusqu'à 5 % de son budget pour la recherche et le développement afin
d'assurer la vitalité et l'indépendance de la recherche pharmaceutique.
En outre, le
projet de loi contient des dispositions modificatives et transitoires,
notamment en ce qui concerne le transfert
à l'entreprise de certains employés du ministère de la Santé et des Services
sociaux et de la Régie de l'assurance maladie du Québec. Merci, M. le
Président.
Le Président : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président : Adopté.
À la rubrique Dépôt de documents, Mme la
ministre des Relations internationales.
St-Pierre : Merci,
M. le Président. En vertu de l'article 22.2 de la
Loi sur le ministère des
Relations internationales, je dépose, à
titre de document, l'engagement international important suivant ainsi qu'une note
explicative sur
son contenu et ses effets, à savoir l'Entente en matière d'échange de permis de
conduire entre le gouvernement du Québec
et le gouvernement de la république de Turquie, signée à Québec le
24 juillet 2014 et à Ottawa le 15 août 2014.
Le Président :
Ce document est déposé. Mme la ministre.
St-Pierre : M. le Président, en vertu de l'article 22.3 de la
Loi sur le ministère des Relations internationales, je
fais motion pour que l'Assemblée nationale étudie, dans les délais prescrits
par la loi et en vue de son approbation, l'engagement
international important que je viens de déposer, à savoir l'Entente en matière d'échange de permis de conduire entre le gouvernement du Québec et le gouvernement
de la république de Turquie, signée à Québec le 24 juillet 2014
et à Ottawa le 15 août 2014.
Président : Alors, je vous avise qu'en vertu de
l'article 22.3 de la
Loi sur le ministère des Relations internationales
la motion est présentée mais ne pourra pas être débattue avant 10 jours.
Dépôt de documents.
M. le ministre des Forêts.
Le Président :
Perdu dans la nature.
Lessard : M. le Président, je dépose le rapport annuel de l'Administration régionale
Kativik concernant la réalisation du programme d'aide aux Inuits pour la
réalisation des activités de chasse, de pêche et de piégeage pour
l'année 2013.
Le Président :
Alors, ce document est déposé. M. le leader du gouvernement.
Fournier : M. le Président, il me fait plaisir de déposer les réponses du gouvernement aux pétitions déposées par le
député de D'Arcy-McGee, la députée de Gouin et par la députée de Richmond le 12 novembre 2014, ainsi que par
le député de Matane-Matapédia le 13 novembre 2014.
dépose également la réponse du gouvernement à la question inscrite au
feuilleton par la députée de Taschereau et adressée au ministre de
l'Éducation, du Loisir et du Sport.
Le Président :
Ces documents seront déposés.
Pour
ma part, je dépose la lettre de Me Jacques Saint-Laurent, Commissaire à
l'éthique et à la déontologie, en réponse
à la lettre que lui a adressée la directrice générale des affaires juridiques
et parlementaires, Me Ariane Mignolet, à la suite de la décision rendue la semaine dernière au sujet du dépôt du
rapport sur la mise en oeuvre du Code d'éthique et de déontologie des
membres de l'Assemblée nationale.
dépose également la lettre que m'a adressée la ministre fédérale des
Transports, Mme Lisa Raitt, en réponse à
la motion adoptée unanimement par l'Assemblée, le 30 octobre dernier,
concernant le respect des droits linguistiques des francophones par Air
Canada.
Enfin, j'ai
reçu préavis d'une motion qui sera inscrite dans le feuilleton de demain aux
affaires inscrites par les députés de l'opposition conformément à
l'article 97.1 de notre règlement, et je dépose copie du texte de ce
préavis.
la rubrique Dépôt des rapports de commissions, M. le président de la Commission
des finances publiques et député de Montmorency.
M. Bernier :
Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission des finances
publiques qui, le 12 février 2015, a procédé à l'étude détaillée du
projet de loi n° 30, Loi portant principalement sur la suspension de versements de bonis dans le contexte de mesures
visant le retour à l'équilibre budgétaire. La commission a adopté le texte
du projet de loi avec un amendement. Merci.
Président : Ce rapport est déposé. M. le président à la
Commission des relations avec les citoyens et député de
Chutes-de-la-Chaudière.
Picard : Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la
Commission des relations avec les citoyens qui, les 28, 29 et 30 janvier ainsi que les 2, 3, 5 et
10 février 2015, a tenu des auditions publiques dans le cadre des
consultations particulières sur les
documents intitulés Vers une nouvelle politique québécoise en matière
d'immigration, de diversité et d'inclusion . La commission s'est également réunie en séance
de travail le 12 février 2015 relativement à ce mandat. Merci,
M. le Président.
Président : Ce rapport est déposé. M. le président de la
Commission des transports et de l'environnement et député d'Orford.
Reid : M. le Président, je dépose le rapport de la
Commission des transports et de l'environnement qui a siégé les 23, 28, 29 et 30 janvier ainsi que les 2,
10 et 11 février 2015 afin de procéder à des auditions publiques dans
le cadre des consultations particulières
sur le projet de Stratégie gouvernementale de développement durable révisée
2015-2020. La commission s'est également réunie en séance de travail le
12 février 2015.
Le Président :
Vous avez un adepte.
la rubrique Dépôt des pétitions, j'ai reçu une demande de M. le député de
Terrebonne pour la présentation d'une pétition
non conforme. C'est celle de la semaine dernière, ça? Alors, il y avait déjà
consentement la semaine dernière. Est-ce qu'il y a consentement, encore cette semaine? Je présume que oui, hein?
Alors, M. le député de Terrebonne, nous vous écoutons.
Traversy : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
308 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que la
politique familiale favorise la conciliation famille-travail et la natalité au
Québec;
«Considérant
que les services de garde éducatifs à contribution réduite et [que] le Régime
québécois d'assurance parentale favorisent l'égalité [entre les hommes
et les femmes];
«Considérant que les
services de garde à contribution réduite atténuent les inégalités socioéconomiques;
«Considérant
que le réseau des centres de la
petite enfance et de [milieu de
garde] familial priorise le développement
optimal des enfants [de] zéro [à] cinq ans, notamment
par des programmes d'interventions précoces favorisant l'égalité des
chances et la persévérance scolaire — dont nous sommes dans la
semaine de sensibilisation aujourd'hui;
«Considérant
que les corporations privées à but
non lucratif des CPE et bureaux coordonnateurs
sont administrées par les parents bénévoles;
«Considérant
que la rentabilité des services de garde à contribution réduite a
été prouvée [et que] chaque dollar investi rapporte 1,50 $ à
l'État, augmentant le PIB [de celui-ci] de 5,1 milliards de dollars [par
année];
«Considérant que la population
québécoise, dont la classe moyenne, contribue deux fois aux services de garde
à contribution réduite, par le biais des impôts progressifs et le versement du
7 $ par jour;
«Considérant
que la population aurait accepté une hausse des tarifs de 7 $ à 8 $,
suivie d'une indexation, et que le gouvernement [en] a décidé
[autrement];
«Considérant que le
Régime québécois d'assurance parentale s'autofinance par les employeurs et les
salariés;
«Considérant que les
Québécois choisissent d'investir dans [leurs] enfants et leur famille;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons que le gouvernement préserve la politique familiale
actuelle ainsi que les budgets permettant la pérennité de ses
programmes.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a
pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
vous avise qu'après la période des
questions et de réponses orales sera
tenu le vote reporté sur la motion de Mme
la ministre de la Justice proposant que le principe du projet de loi
n° 26, Loi visant principalement la récupération de sommes obtenues
à la suite de fraudes ou de manoeuvres dolosives dans le cadre de contrats
publics, soit adopté.
Nous
en sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales. Je cède
la parole à Mme la leader de l'opposition officielle.
Maltais :
Merci, M. le Président. Alors, devant des cas très différents, comme
l'ouverture d'un local communautaire dans l'est de Montréal, une mosquée à
Shawinigan ou dans le cas d'une conférence qui s'est tenue à Outremont, on remarque à chaque fois un point en
commun : la ville concernée a été laissée à elle-même, abandonnée par le gouvernement et le premier
ministre. À la suite des événements
de Saint-Jean-sur-Richelieu, d'Ottawa, de Paris, de Copenhague, nous voyons émerger des craintes qui font en sorte que des Québécois
de toutes les confessions se sentent lésés et se sentent laissés à
eux-mêmes. À la peur il faut opposer l'éducation et la compréhension.
Comment
voulez-vous que les municipalités puissent prendre des décisions sereines, alors
que le gouvernement ne donne pas de ligne à suivre? De combien de cas
supplémentaires aura besoin le premier
ministre pour enfin se décider
à assumer ses responsabilités? Quand va-t-il déposer une proposition pour aider
les administrations publiques et les municipalités à faire des choix éclairés?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, on a dit
qu'on déposerait des actions, incluant des actions législatives, et ce sera
fait, et ce sera fait probablement dans cette session que nous traversons actuellement.
Maintenant,
ce que je vois devant moi et ce que j'entends, c'est très inquiétant pour notre
société. Bien sûr, les citoyens
et les citoyennes du Québec sont, à
juste titre, inquiets par les
changements radicaux qui se produisent partout dans le monde, les incidents terribles de Paris et de Copenhague, et on
tend à mettre tout ça dans un même sac et à tout mélanger.
Alors,
je dirais que, sur cette question du radicalisme, l'enjeu fondamental, c'est un
enjeu de sécurité. Il faut faire très
attention de ne pas ajouter de limites à nos droits et libertés. Ce n'est pas
un instrument anodin, la Charte des droits et libertés. La limite, c'est simple, la limite, c'est l'appel à la haine
et aux actes de violence. Alors, il
faut être cohérents et surtout ne pas en faire, comme le font certains et
parfois certaines, un enjeu identitaire. Ce n'est pas un enjeu identitaire,
c'est un enjeu de défense des libertés
universelles comme la démocratie et l'égalité des hommes et des femmes, des
libertés, et des valeurs, et des
principes que toutes les démocraties du monde, confrontées aux mêmes
enjeux, affrontent actuellement
comme nous le faisons. Alors, il n'y a
rien de spécifiquement québécois là-dedans. Il y a une menace globale, une guerre
véritablement entreprise par le radicalisme islamique contre les démocraties
que nous allons gagner, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la leader de l'opposition officielle.
Maltais : Je remarque que le premier ministre demeure vague,
comme d'habitude, et qu'il ne désire pas dire à la population, à l'Assemblée nationale quand il posera des
gestes, quand il déposera des propositions. Le refus d'agir du premier ministre ne sert personne. D'autres
événements vont inévitablement arriver. L'équipe de J.E. nous a appris
que d'autres imams religieux viendraient
faire des productions à Québec et que ce sont des imams controversés. Ça va réagir
encore.
Est-ce qu'il peut nous dire quand son
plan d'action va être déposé? Quand est-ce qu'il va enfin aider les Québécois
à faire des choix éclairés?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, on déposera et un plan d'action et des actions
législatives au moment où celles-ci seront
prêtes et de qualité. Et on ne fera pas comme le gouvernement qui nous a
précédés, on n'agira pas dans l'illégalité et le mépris des droits
constitutionnels des Québécois et des Québécoises.
Couillard : Absolument, absolument.
Le Président :
Mme la...
Maltais : Il vient
de dire qu'un gouvernement a agi dans l'illégalité. Je voudrais... Aucun gouvernement n'a agi dans l'illégalité.
Le Président :
M. le leader de l'opposition... du gouvernement.
Fournier : Juste... Toujours sur la question de règlement — on se souvient que le premier ministre avait
la parole, M. le Président — rappelons ici que la Commission des droits
avait été hyperclaire sur le caractère inconstitutionnel de la démarche.
Donc, oui, illégal, inconstitutionnel.
Le Président :
Alors...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît! Cherchez à éviter de vous
imputer des motifs. M. le premier ministre, veuillez continuer.
M. Couillard : Alors, ce que j'aimerais amener l'Assemblée et la population à faire
avec nous, c'est de ne pas confondre
les enjeux. Et l'enjeu qui est devant nous actuellement, c'est un enjeu de
sécurité, c'est un enjeu de discours haineux,
de discours qui appelle à la violence, qui parfois même fait l'apologie du
terrorisme. Ça, c'est l'enjeu auquel toutes les sociétés démocratiques
font face.
Maintenant, je veux
redire — et
je suis malheureux de le dire — que l'expérience tentée, heureusement
sans succès, par l'opposition officielle a été désastreuse pour la réputation
du Québec.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la leader de l'opposition officielle.
Maltais : Devant le refus du premier ministre d'agir,
l'opposition officielle a déposé un projet de loi pour mieux analyser,
mieux comprendre, mieux définir, alors un observatoire de l'intégrisme
religieux.
Est-ce
que le premier ministre, est-ce que le gouvernement va appeler notre loi et
nous permettre de discuter enfin de
solutions? Ce n'est pas le vide que nous avons actuellement au gouvernement qui
nous permettra d'agir. Les Québécois ont
des craintes, ils les expriment, et des Québécois de toutes confessions se
sentent lésés. Est-ce que nous allons enfin débattre de...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, oui, nous allons agir, bien sûr, nous allons agir. Et,
dans la session parlementaire que
nous vivons actuellement, il y a des gestes qui peuvent être posés assez
rapidement. Certains sont législatifs, d'autres sont de d'autres natures. Et avant tout c'est la question de la
sécurité, la protection de la population avec nos forces policières, avec
nos services de renseignement. C'est de cela dont il s'agit, M. le Président,
d'abord et avant tout.
Maintenant,
je ne peux pas faire autrement que de relever encore une fois cette habitude de
l'opposition officielle : s'il y
a un problème, on crée une structure puis on a réglé le problème. Cette
question du radicalisme, de la violence et du terrorisme, la solution proposée, bien sûr, peut être utile pour fins
d'information mais ne fait absolument rien concrètement pour s'y
adresser.
Le Président : Principale, M.
le député de Marie-Victorin.
M. Drainville :
M. le Président, en 2012, le gouvernement libéral a proposé une hausse de
20 % des tarifs d'Hydro, appuyé
par la CAQ. C'est le Parti québécois, bien entendu, qui a annulé cette hausse
complètement déconnectée des réalités des
familles. Le premier ministre a eu beau s'engager à la dernière élection à ne
pas dépasser l'indexation pour les tarifs d'Hydro, il a eu beau promettre en décembre dernier qu'il n'y aurait pas
d'autres hausses de tarifs, on sent bien que ça démange les libéraux, M. le Président. S'ils pouvaient trouver une façon
d'augmenter la facture des abonnés d'Hydro, on sent, là, qu'ils
vivraient une petite délectation.
Dernière
manifestation de cette démangeaison, le ministre de l'Énergie qui, la semaine
passée, a déclaré à RDI économie , et je le cite : «...pour ceux qui utilisent
l'électricité d'une façon très importante, il y a peut-être un signal de
prix [qui pourrait être envoyé].»
Traduction : Le ministre de l'Énergie veut augmenter la facture
d'électricité des Québécois.
Question :
Est-ce que le ministre de l'Énergie peut prendre l'engagement ferme qu'il ne va
pas augmenter les tarifs d'hydroélectricité des Québécois?
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie.
Arcand :
M. le Président, moi, je sais une chose, c'est que ceux qui ont augmenté le
plus les tarifs électriques au mois
d'avril dernier, juste avant l'élection, c'est le Parti québécois, avec une
hausse de 4,3 %, M. le Président. C'est eux qui ont fait ça au mois d'avril dernier. Ils ne sont même pas
intervenus, d'ailleurs, auprès de la Régie de l'énergie, alors que nous, sur la hausse — qui n'a pas été décidée — nous avons émis un décret de préoccupation,
M. le Président.
Maintenant, pour revenir à la question que pose le
député de Marie-Victorin, qui pourtant était présent vendredi, lorsque nous avons fait nos consultations sur la politique
énergétique du Québec, il y a eu des propositions qui ont été faites, des propositions
par des experts. Pour dire essentiellement quoi? Pour dire : Bien, ceux
qui ont de grandes maisons, ceux qui consomment beaucoup, peut-être
pourraient-ils avoir un tarif particulier parce que ces gens-là, en général,
ont les moyens de le faire.
Le gouvernement, bien
sûr, n'a pas pris de décision sur ces questions-là. Pour l'instant, on
travaille à avoir la meilleure politique
énergétique. C'est ce qu'on va faire au cours des prochains mois et on aura
d'autres audiences. Alors, je demande au député...
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.
M. Drainville : Alors, M. le Président, le ministre de l'Énergie confirme
qu'il envisage d'augmenter les tarifs d'Hydro.
Il nous parle de grandes maisons. Ça commence où, une grande maison? Est-ce
qu'on peut savoir ça ressemble à quoi, une grande maison? Est-ce que le
ministre est en train de proposer la création d'un troisième palier...
Le Président :
S'il vous plaît! J'aimerais entendre la question. M. le député.
M. Drainville :
...est en train de proposer la création du nouveau palier GM, le palier
Grande Maison, M. le Président? Est-ce qu'il
va créer... Est-ce qu'il va proposer le dégel du bloc patrimonial? On aimerait
en savoir davantage sur cette intention maintenant claire d'augmenter
les tarifs d'Hydro, M. le Président.
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie.
Arcand :
M. le Président, le geste fondamental que le gouvernement a posé jusqu'ici, ça
a été justement de dire à la Régie de
l'énergie que nous avions une préoccupation pour les familles à faibles revenus
sur les hausses possibles de tarifs,
encore une fois. Et je dis au député de Marie-Victorin : On verra au mois
d'avril quelle sera la décision de la Régie de l'énergie sur ces
questions-là. En attendant, il n'a pas à faire de supposition.
je peux simplement dire, encore une fois, que les tarifs payés par les
Québécois sont les plus compétitifs en Amérique du Nord, M. le
Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.
Drainville : M. le
Président, il a même attrapé la lubie de la
CAQ : On verra. M. le Président, il y a
une vieille lubie qui traîne dans le
paysage québécois depuis des années, c'est celle de la privatisation
d'Hydro-Québec. Puis ceux qui proposent ça, en général, ils proposent d'abord de dégeler les
tarifs pour faire monter la valeur d'Hydro
pour pouvoir obtenir un meilleur prix quand arrivera le temps de la
privatiser, bien entendu.
Est-ce
que M. le ministre de l'Énergie peut se lever puis nous dire que ce n'est pas
ça qu'il a derrière la tête? Est-ce qu'il peut écarter très clairement que la
privatisation d'Hydro-Québec, ce n'est pas sur la table?
Le Président : M. le ministre de l'Énergie.
Arcand : Vous savez, vous savez, il y a des
gens qui ont droit à leurs opinions, qui pensent qu'il faut augmenter de façon importante... Je sais que le député de Rosemont a déjà parlé de
ça dans un de ses papiers. Je pense que le chef de la deuxième
opposition, à une certaine époque, en parlait. Beaucoup de gens en ont parlé.
Mais ce qui est important, M. le Président, c'est de regarder la réalité que
nous avons actuellement devant nous. Je rappelle que nous payons autour de 0,06 $ le kilowattheure,
comparativement à Toronto, où c'est à 0,12 $, puis New York, c'est à 0,20 $.
Et nous avons des tarifs compétitifs. Et, M. le Président, ce qui est très
important : on veut que ça reste
compétitif...
Le Président : En terminant
Arcand : ...M. le Président.
Le Président : Principale, M. le chef du deuxième
groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, à
chaque semaine, on voit l'urgence de doter les élus municipaux de balises dans
les cas potentiels d'intégrisme. Et,
M. le Président, ce que le premier ministre ne semble pas comprendre,
c'est que son inaction vient semer
l'inquiétude, même, on pourrait dire, encourager un certain rejet envers
certaines communautés. Et, M. le
Président, je pense entre autres aux Québécois de foi musulmane, qui sont les
principaux perdants de la situation actuelle...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Legault : ...parce que des fanatiques utilisent
cette religion pour nous monter les uns contre les
autres.
le Président, samedi dernier, 250 personnes devaient se rassembler pour une
remise de diplômes de l'Académie de
la charia nord-américaine. La mairesse d'Outremont a annulé la location, mais
la réunion a eu lieu à Saint-Léonard, et cette soirée était animée par deux intégristes
islamistes qui nient l'égalité entre les hommes et les femmes et invitent
leurs disciples à refuser d'obéir aux lois
occidentales.
Donc,
M. le Président, est-ce que le premier ministre croit que le Québec aurait dû
permettre à ces deux personnes, à Saint-Léonard, d'exprimer de telles idées?
Le Président : M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, ce que le Québec ne doit jamais
permettre, c'est que le chef de la deuxième opposition se retrouve un jour à la
tête du gouvernement du Québec, parce que son comportement au cours des
derniers jours, à travers ses
porte-parole, disons-le, est déplorable. Il parle... Lui, il parle de la
tolérance envers des communautés, M. le Président?
Le Président : M. le leader du deuxième groupe de
l'opposition.
Bonnardel : Le premier
ministre a déjà 23 secondes de faites pour répondre à la question.
L'article 79, là...
Bonnardel : Oui, oui. Écoutez.
Président : S'il
vous plaît! On va écouter le premier ministre. Il a 1 min 45 s pour répondre, je vous le rappelle.
M. le premier ministre.
M. Couillard : On voit que la vérité peut faire mal, M.
le Président.
Alors,
M. le Président, je vais répéter encore une fois, pour le bénéfice de notre collègue, qui n'a probablement pas écouté les réponses précédentes, que l'enjeu, ici, c'est un enjeu de
sécurité, d'appel à la haine, à la violence, et ça, bien, il n'y aura
de notre part aucun compromis, aucun compromis
dans la lutte contre ces ennemis, qui sont les ennemis de toutes les
démocraties.
Maintenant,
je vais lui conseiller une lecture : Alain Dubuc, le 7 février
dernier. Alors, je vais vous... juste un petit paragraphe pour ne pas
abuser du temps :
«...malgré
son ton posé — on
remarque le ton posé pour dire parfois des âneries, M. le Président — le projet de [M.] Legault ne tient
pas la route...»
Président : M. le premier ministre, je vous rappelle que notre
décorum ne nous permet pas d'utiliser ce genre de propos là. Je vous
demande de les retirer.
Couillard : Disons : Dire n'importe quoi. Alors, on va continuer
la citation :
est même — M. le
Président — beaucoup
plus radical que la charte des valeurs du gouvernement Marois. Il s'attaque à la liberté d'expression et [...] la
liberté religieuse d'une façon qu'on ne retrouve, à ma connaissance, nulle part
ailleurs dans les sociétés avancées.»
voici ce qu'on propose au Québec. Ce que nous voulons faire, c'est punir ces
bandits, ces criminels, les châtier, les amener devant les tribunaux et ne leur laisser aucun répit partout où
ils seront, incluant chez nous, au Québec, et c'est un combat mondial dans lequel nous participons.
Mais on ne leur donnera pas la victoire que notre collègue veut leur donner,
celle de brimer nos libertés, celles de la majorité des Québécois, qu'on va
vouloir également protéger.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, en refusant de mettre des balises
pour les élus municipaux, en maintenant son flou, le premier ministre vient créer de l'incertitude,
de l'inquiétude. Je veux lui permettre d'être moins flou, donc je lui pose
une question précise.
cas de Saint-Léonard samedi soir dernier, les deux intégristes qui ont dit
qu'ils étaient contre l'égalité entre les femmes puis les hommes, est-ce
que le premier ministre est d'accord avec ça, oui ou non?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, malheureusement, il faut écouter aussi, il faut
écouter les réponses, il faut écouter. Il faut lire également ce qui se
dit là-dessus. Encore une fois, c'est un enjeu de sécurité, sécurité, sécurité.
L'enjeu de Charlie Hebdo puis de Copenhague, c'est la sécurité, c'est des
criminels assassins qui se promènent parmi nous et qu'on va châtier,
qu'on va amener devant les tribunaux. C'est ça, le véritable enjeu.
Maintenant,
j'avais donné un petit devoir de fin de semaine à notre collègue, souvenez-vous.
De toute évidence, il ne l'a pas
fait. Je lui demande : Expliquez-nous par écrit — par écrit, ce sera plus facile,
peut-être — comment
on va limiter la liberté d'expression
au Québec, M. le Président, sous quelles règles, par quels critères. Nous, ce
qu'on dit aux élus municipaux :
Vous devez faire... M. le Président, vous devez faire usage de votre jugement.
On est là pour vous aider, les forces policières sont là pour répondre à
toute question des élus municipaux, et on fait confiance à leur jugement, M. le
Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : Quel manque de leadership! M. le Président, le
premier ministre n'est même pas capable de nous dire s'il est d'accord ou non à ce que Saint-Léonard, samedi soir
dernier, ait reçu deux islamistes radicaux qui sont venus parler devant
250 personnes contre l'égalité entre les hommes et les femmes.
Quand va-t-il se
tenir debout puis donner des balises aux Québécois?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, les balises, elles sont simples : d'abord,
la sécurité, l'interdiction de tout discours
qui appelle à la haine, à la violence et même à l'apologie du terrorisme. Voilà
les balises qui sont celles de toutes les démocraties.
Maintenant,
lui-même est totalement incapable... Il parle de leadership, qu'il en montre un
peu! Qu'il nous montre comment est-ce
qu'on change une charte des droits et libertés, comment est-ce qu'on charcute
la liberté d'expression. Qu'il nous fasse une belle démonstration de sa
compétence législative, M. le Président, et on en reparlera après.
Le Président : Principale, M.
le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, en décembre dernier, nous avons démontré
que, depuis le retour au pouvoir du
Parti libéral, les extras au ministère des Transports ont explosé. 2014 est
d'ailleurs l'année où le MTQ aura accordé le plus d'extras aux firmes de construction et de génie. Eh bien, Le Journal
de Québec nous apprenait hier qu'en plus de payer des extras aux entreprises le ministère leur paie aussi des bonis
pour le travail qu'ils devaient réaliser. Mais oui! Entre 2011 et 2014, le MTQ leur a tout bonnement
donné 350 000 $, M. le Président, pour avoir fait les travaux
demandés dans les délais prévus. À
cela, le plus inquiétant, c'est quand le ministère nous répond : Il n'y a
pas de clause générale, chaque cas
est un cas d'espèce. Ainsi donc, il n'y a aucune règle pour encadrer ce genre
de bonis qui sont donnés au cas par cas.
Comment le
ministre peut-il tolérer que le ministère donne à tout hasard des bonis aux
entreprises pour simplement faire leur travail?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
M. Poëti :
M. le Président, la question
du député de Groulx est tout
à fait pertinente et, dans un
contexte actuel... et le contexte qu'on a actuellement...
M. Poëti : ...on dit les
vraies choses. Elle s'en vient, la réponse, M. le Président.
Alors, ce que je peux lui dire, c'est que, dorénavant,
tous les contrats qui ont été mis en place et dans lesquels il n'y a pas de clause, d'aucune façon, de boni
n'existent plus. C'est terminé. Il
n'y en a plus et il n'y en aura plus. C'est tout, M. le
Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, nous avons appris que, sur les
350 000 $ donnés en bonis, la moitié concerne des contrats octroyés de gré à gré. De plus, ces
clauses de bonis sont souvent incluses dans le contrat, avant même que les
travaux ne soient réalisés.
Est-ce que le
ministre trouve normal que, pour des contrats de gré à gré, son ministre
négocie de tels bonis avec les entreprises? Est-ce qu'il trouve que
c'est une bonne pratique de gestion?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
M. Poëti : M. le Président,
je vais corriger le député de Groulx sur ce qu'il a dit : Ce n'est pas le
ministre qui négocie les contrats, d'aucune
façon. Et je réitère ma réponse : Il n'y a pas de boni à l'intérieur des
contrats actuellement au ministère des Transports. S'il y en a déjà eu,
c'est terminé.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Groulx.
Surprenant : M. le
Président, le ministre sait très bien qu'en réalisant les travaux plus vite les
entreprises ont par ailleurs toutes
les chances d'économiser, tant sur la main-d'oeuvre que sur l'équipement. Et,
comme c'était passé, le ministère
leur donnait en plus des bonis. Il y a clairement un risque, d'ailleurs, que le
travail soit fait plus vite, mais moins bien fait.
M. le
Président, c'était : un contrat, des retards, des extras. C'est
maintenant : un contrat, de l'avance puis des bonis. On s'en va où?
J'en perds mon latin, M. le Président.
Président : M. le ministre des Transports.
M. Poëti :
M. le Président, je vais retenir la fin de la phrase. Moi aussi, à essayer de
comprendre la troisième sous-question, c'est
assez difficile. Disons-nous clairement les choses, M. le Président : Ce n'est
pas un contrat, un retard, un boni.
Quand ça se passe, c'est : un contrat, une pénalité, M. le Président.
C'est ça qu'on fait, et on a réclamé 600 000 $ juste l'année passée. Alors, comprenons très bien,
et je vais le dire doucement pour finir parce qu'il n'a plus de question :
S'il y a eu des bonis, il n'y en a plus, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, une jeune fille de 15 ans a subi une
fouille à nu devant la direction de son école. Elle s'est sentie intimidée, détruite, honteuse. On ne veut pas qu'il y
ait de drogue en vente dans nos écoles, évidemment. On comprend que les directions d'école prennent des
mesures pour ça, mais on s'attend à ce que ces directions-là fassent appel aux
policiers quand ils ont des doutes. Malheureusement, celui qui aurait dû
rappeler à l'ordre les directions d'école, le ministre de l'Éducation, a
fait tout le contraire.
Encore
une fois, le ministre a fait preuve de son flagrant manque de jugement. Je vais
le citer : «"Il est permis de
faire des fouilles à nu, [...]à une seule condition" — a-t-il dit — il faut "que [ce] soit très
respectueux."» Vraiment! Est-ce
que le ministre peut nous expliquer comment une direction d'école peut
respectueusement effectuer une fouille à nu?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, quand on lit
juste les titres des journaux ou des médias, c'est le genre d'intervention qui se fait. Ce que j'ai dit :
D'abord, nous sommes sensibles à la situation qui s'est passée. Premièrement,
dans nos écoles, il existe des protocoles
d'intervention dans certaines conditions particulières, entre autres — le député en a fait mention — lorsqu'on soupçonne du trafic de drogue. On veut protéger nos
jeunes, une question de sécurité. Ces interventions
doivent se faire de façon très encadrée et également respecter certaines
conditions particulières. Et j'ai rajouté, pour rajouter le côté humain : De plus, même si ce n'est pas dans
le protocole, ça doit se faire de façon très respectueuse. M. le Président, on prend la situation au sérieux.
On veut protéger nos jeunes et, en même temps, on veut qu'il y ait une
surveillance qui soit adéquate dans nos écoles.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, c'est incroyable, il l'a répété. Je n'en
attendais pas tant. Il y a beaucoup de parents qui ont été révoltés par le geste posé par la direction d'école, mais
les parents sont encore plus nombreux à se désoler de voir que le
ministre banalise la situation. C'est extrêmement grave.
Est-ce que le premier
ministre va se dissocier des propos honteux tenus par son ministre de
l'Éducation?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, c'est gênant de
penser qu'on va banaliser une situation aussi sérieuse. Au contraire, le
député devrait nous appuyer puis dire que, oui, il faut...
Bolduc
(Jean-Talon) : Oui, M. le Président, il faut
qu'il nous appuie en disant qu'il faut protéger nos écoles. Il y a des
protocoles à respecter. Là, la question : Est-ce qu'on devrait, à chaque
fois qu'on suspecte une situation particulière,
ne pas utiliser le protocole et appeler la police? Je pense qu'il y a des interventions qui doivent se faire
dans le respect, en respectant certaines conditions et dans certaines situations
qui le demandent, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, je vais répéter la déclaration malheureuse du ministre, avec laquelle il
semble très à l'aise. Il a dit :
Il est permis de faire des fouilles à nu. Je ne parle pas de fouiller un
casier, là, je parle de fouiller un enfant. À une seule condition : il faut que ce soit très respectueux. Moi,
j'ai une petite fille, qui est une préadolescente. Je me demande, quand je l'envoie à l'école, si elle va
se faire fouiller à nu mais de façon respectueuse. C'est ça que je comprends, là.
On voit que
le premier ministre ne veut pas se dissocier des propos honteux et
dégradants tenus par son ministre
de l'Éducation. Pourquoi?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, si l'école est intervenue de
façon non adéquate, nous allons intervenir et nous allons faire les vérifications nécessaires. On prend la
situation très au sérieux. Il faut comprendre que c'est une question de sécurité et de protection de nos
élèves. Il existe des protocoles d'intervention qui sont très encadrés, dans
lesquels on agit lorsque c'est des situations très particulières.
Et de plus,
plutôt que de commencer par cette phrase-là, de plus, j'ai rajouté : C'est
extrêmement important de protéger
tous les jeunes, également la personne qui pourrait être soupçonnée, en étant
très respectueux. C'est ça, la réponse, M. le Président.
Le Président : En principale,
M. le député de Rosemont.
M. Lisée :
M. le Président, partout au Québec, des organisations communautaires risquent
de fermer leurs portes au cours des
prochains mois à cause de l'austérité toxique libérale. À Montréal seulement,
40 % des organismes communautaires
ont dû réduire leurs services déjà, 40 %, et presque un sur 10 ont dû
temporairement fermer leurs portes. Des
postes de travailleurs de rue sont maintenant compromis, puisque les
municipalités, qui doivent subir des coupures de 300 millions de dollars avec le pacte fiscal, n'ont plus les
moyens de les payer. Des organismes comme PACT de rue et Club Ami à Montréal, L'Élan des jeunes à
Châteauguay et même le père du travail de rue au Québec, Gilles Lamoureux,
lancent un cri d'alarme. Les représentants de ces organismes sont avec nous
dans les tribunes aujourd'hui.
Est-ce que la
ministre responsable des organisations communautaires va accepter de les
rencontrer et d'admettre avec eux qu'elle doit rehausser leur
financement pour compenser les coupures de ses collègues?
Le Président : ...à la
Réadaptation.
Charlebois :
Merci, M. le Président. Tout d'abord, permettez-moi de saluer les gens qui sont
avec nous dans les tribunes. Et, pour
ce qui est de la rencontre, je n'ai jamais refusé une rencontre avec aucun
organisme communautaire, notamment la
table avec laquelle vous avez fait un point de presse. Je les ai rencontrés à
de multiples reprises, et il me fera plaisir de les revoir après la
période de questions.
Ceci étant,
vous le savez, je l'ai toujours dit et je vais le redire, les organismes
communautaires, avant d'être la ministre
responsable des Services sociaux et de m'occuper des organismes communautaires
plus précisément, je suis une députée,
et je travaille avec eux, et je connais leur importance, comme les 125 députés
ici. Ceci étant, quand on me parle des
budgets qui ont été coupés dans les municipalités, ce n'est pas des budgets
coupés dans les municipalités, c'est dans les structures que ça a été coupé et ce n'est pas dans les organismes
communautaires puisque les montants... mon collègue des Affaires
municipales a transféré les sommes dans les MRC.
Deuxième
élément. Quand vous me parlez qu'il y a 40 % des organismes qui ont dû
fermer leurs portes, désolée d'apprendre ce fait-là de votre bouche,
puisque c'est votre collègue assis un petit peu en avant de vous qui a pris un engagement non budgété, qui a été décrié par le
Vérificateur général. Ce n'est pas n'importe qui. Alors, le Vérificateur
général a très bien dit que c'était terrible de prendre des engagements non
budgétés.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Rosemont.
M. Lisée : M. le Président,
je comprends que la ministre est mal à l'aise avec ce qui se passe dans le
reste du gouvernement : couper les
municipalités, les municipalités coupent les groupes communautaires; couper les
carrefours jeunesse-emploi, les
carrefours ont moins d'argent pour le communautaire; couper les CLD et les CRE,
ces organismes qui n'existeront plus ont moins d'argent pour le
communautaire.
Ce gouvernement est en train de paver
la voie pour une augmentation de la pauvreté en coupant, de toutes sortes
de façons, les sommes qui allaient dans les
organisations communautaires. Les membres de cette Assemblée, du côté libéral,
ont voté pour le rehaussement; qu'ils le fassent.
Le Président :
Mme la ministre de la Réadaptation.
Charlebois : M. le Président, j'invite à un peu de prudence
et un peu de calme et ne pas semer la crainte et l'incertitude à travers
le Québec.
Premièrement, je vous
avise, M. le Président, que le financement des organismes communautaires n'a
pas été coupé, non seulement ça, mais il y a
eu une indexation avec l'IPC. Je comprends que ce n'est pas à la hauteur de
leurs attentes, mais, compte tenu de
la situation financière dans laquelle
nous a laissés le Parti québécois, nous faisons en sorte de ne pas
couper les organismes communautaires.
Ceci étant, les
organismes communautaires sont au courant que je suis leur meilleure alliée,
ils n'ont qu'à me rencontrer, et sachez, M. le Président, que tout en mon
pouvoir est fait pour préserver leur budget.
Le Président : Complémentaire,
M. le député de Rimouski.
Le Président : M. le député de Rimouski, nous vous
écoutons.
M. LeBel : Les gens qui sont ici, dans nos
tribunes, travaillent quotidiennement auprès de citoyens durement touchés par les mesures d'austérité du
gouvernement; ils font avec des moyens limités puis
avec des conditions de travail qu'il
n'y a pas grand monde ici qui accepterait de faire.
Ils soutiennent des citoyens qui se retrouvent de plus en plus pauvres,
démunis, vulnérables, puis là on parle de jeunes, d'aînés puis de familles
qui sont de plus en plus nombreux à avoir besoin de leurs services puis
à courir les banques alimentaires.
gens ici attendent un cri du coeur, ils n'attendent pas des réponses
politiciennes. Ils travaillent avec le monde ordinaire partout sur le terrain,
toujours, à chaque jour. Ils attendent une réponse de la ministre, une vraie
réponse qui va leur permettre de soutenir le
monde sur le terrain.
Le Président : Mme la ministre
déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : M. le
Président, les vrais politiciens, c'est ceux qui ont annoncé de l'argent non
budgété. Pour vous, M. le député de Rimouski.
Ceci
étant, ceux qui sèment de l'inquiétude autour des organismes communautaires,
j'ai lu le communiqué de mes
collègues du Parti québécois, et c'est eux. Moi, ce que je veux leur dire,
c'est que, dans ces temps de budget
difficiles, où on a dit qu'on allait retourner à l'équilibre budgétaire,
j'ai fait tout en mon pouvoir pour protéger leur
budget.
Concernant
les sommes qui ont été... des CRE, des CLD, dont on m'a parlé tantôt, qui ont
été abolis, je m'excuse, c'est dans
les structures que ça a été aboli et non dans les fonds transférés aux
organismes, puisque ces fonds sont transférés
dans les MRC. Il serait temps que vous vous
informiez.
Le Président : En terminant.
Charlebois : Ceci étant, ils sont importants pour
nous, puis on va travailler avec eux, M. le Président.
Le Président : Principale,
M. le député de Saint-Jérôme.
Péladeau : Merci, M. le Président.
Les Québécois sont inquiets de la situation chez Bombardier. La compagnie
fait travailler 17 000 travailleurs et en fait
vivre 41 000. De grands quotidiens, dont le Financial Times ,
le Wall Street Journal , disaient vendredi les défis auxquels
fait face l'entreprise : la compagnie doit trouver 2,1 milliards de
dollars en nouveaux capitaux. Jeudi
dernier, en réponse à ma question, le ministre indiquait que la compagnie était
«investment grade»; en français, d'ailleurs, on dit «catégorie qualité supérieure».
Alors, il est
curieux pour un banquier de dire une chose semblable parce que Bombardier a
perdu son statut de qualité en 2004.
Selon la cote de crédit Standard & Poor's,
elle est de B plus, c'est-à-dire quatre crans de moins que la
qualité supérieure. Alors, il faut constater que le ministre ne suit manifestement pas ses dossiers.
Est-ce
qu'il est véritablement conscient de la gravité de la situation ou, comme le
reste du gouvernement, il feint la réalité?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
Daoust : M. le Président, je suis
très conscient que la situation de Bombardier est une situation difficile. Ils
sont à une époque, actuellement, où ils doivent terminer cet appareil-là qui a été
complexe dans le CSeries. Et, quand j'ai dit qu'il était «investment grade»,
c'est qu'ils sont capables de trouver des fonds sur
les marchés publics. Lorsque vous parlez d'«investment grade», c'est ce qui est
dans les fonds de pension ou dans des fonds très sécurisés.
Maintenant,
on comprend aussi, puis c'est intéressant de le constater... C'est que la cote
de crédit de Bombardier a baissé d'un cran vendredi,
si ma mémoire est bonne. Mais c'est ce qui est un petit peu intéressant,
vous le constatez, monsieur — puis je vous ferai
remarquer ça, M. le député de Saint-Jérôme — c'est qu'avant d'être décotée elle était la
même cote de crédit que votre entreprise à vous,
monsieur.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Saint-Jérôme.
Péladeau : M. le
Président, M. le Président, M. le Président, je le répète, la compagnie doit trouver
2,1 milliards sous forme d'emprunt et de capital. Nous
connaissons l'importance de l'aéronautique pour l'économie
du Québec, c'est notre
première exportatrice. Nous connaissons aussi l'envergure de l'activité
de fabrication de transport ferroviaire, ce sont des milliers d'emplois,
notamment dans nos régions, à La Pocatière et à Mirabel.
Qu'est-ce que le gouvernement entend faire pour
protéger les emplois de Bombardier au Québec?
Le Président : M. le ministre de l'Économie.
M. Daoust :
Alors, comme je l'avais expliqué la semaine dernière — puis
je vais continuer mon explication — le
gouvernement du Québec a toujours appuyé Bombardier dans les crédits-acheteurs pour
permettre à Bombardier d'avoir les
clients, de faire le financement de clients. On a même une entente avec, actuellement, EDC pour être capable de financer les avions qui pourraient
être achetés, on a dégagé 1 milliard de ce côté-là.
Et n'oublions
pas que Bombardier — c'est
un fait public — nous
doit encore déjà 1,5 milliard parce
qu'on l'a aidée dans le passé. On l'a
aidée aussi à hauteur de plus de 117 millions pour le lancement du
CSeries, on a aidé aussi dans le montage de 575 millions quand il a
été le temps de développer le moteur chez Pratt & Whitney.
Et j'ai une
grande confiance au nouveau président, M. Alain Bellemare, que je connais bien,
il va aider à repartir l'entreprise, et on sera là quand on aura des
demandes, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Saint-Jérôme.
Péladeau : Alors, ça prend des gestes concrets pour rassurer les
actionnaires, les employés et les Québécois. Le gouvernement ne rassure
personne en banalisant la situation.
Est-ce que
les libéraux attendent qu'il soit trop tard comme ils l'ont fait avec Résolu,
que ce soit à Shawinigan ou à
Clermont, ou encore pour le démantèlement de Dessau? Nous faisons face à une
situation très sérieuse pour l'économie du Québec.
Quel geste concret le gouvernement entend-il poser
pour les emplois de Bombardier?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
Daoust : Vous savez, M. le Président, on a toujours été là quand
Bombardier nous a demandé de les appuyer. Et, à date, ils ne nous ont pas demandé de les appuyer, alors c'est
difficile de leur donner une réponse à une question qui n'a pas été
posée.
Et, tout
simplement, ce qu'on va faire, c'est qu'on va ajuster nos programmes. Parce
qu'on a cette flexibilité-là, on va
ajuster nos programmes. Et, s'il y a lieu d'appuyer Bombardier parce que
Bombardier en a besoin, parce que Bombardier nous le demande, on saura
faire preuve de flexibilité dans ces cas-là, M. le Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée d'Arthabaska.
Mme Roy
(Arthabaska) : M. le Président, les scandales se multiplient à
l'Université du Québec à Trois-Rivières depuis l'entrée en poste de la rectrice Nadia Ghazzali. Ce matin, on
apprend dans Le Nouvelliste que les fonds dédiés à la
recherche ont été utilisés pour boucler le budget de l'université. Une dizaine
de cadres ont démissionné depuis, dont quatre membres de la haute direction.
Un rapport récent écrit par la firme Raymond
Chabot, commandé par le conseil d'administration de cette université, conclut à
plusieurs lacunes dans la gouvernance et la gestion. Le rapport recommande
notamment qu'un accompagnateur soit mandaté pour aider la rectrice dans sa
gestion.
Est-ce que le ministre de l'Éducation a pris
connaissance de ce rapport? Et qu'est-ce qu'il entend faire pour ramener
l'ordre à l'Université du Québec à Trois-Rivières?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, nous avons été informés
qu'il y avait des problématiques à l'Université du Québec à Trois-Rivières, nous avons demandé au Vérificateur général
de faire une vérification et nous attendons le rapport. Je n'ai pas pris
encore connaissance du rapport. Avant de commenter, j'ai l'intention vraiment
d'en prendre connaissance, et, à ce moment-là, j'aurai l'occasion de laisser
savoir à la députée ce que nous ferons.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée d'Arthabaska.
Mme Roy
(Arthabaska) : Dans ce rapport, M. le Président, on prévoyait
un accompagnateur pour la rectrice. En
avril 2014, Patrick Lahaie, ancien conseiller de Pauline Marois, est mandaté
pour diriger le bureau de la rectrice. En décembre dernier, Danielle
St-Amand, ancienne députée libérale, a aussi été mandatée à un poste de
direction.
Est-ce que ce sont ces deux personnes qui vont
accompagner et remettre de l'ordre dans la gouvernance de l'université?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) :
M. le Président, entre ce qu'elle vient de dire et la réalité, il n'y a aucune
relation. Pour nous, ce qui est important à ce moment-ci, c'est qu'on prend au
sérieux la situation de l'Université du Québec à Trois-Rivières. Nous savons
qu'il y a eu des problématiques de dénoncées. Nous avons, je pense, été
prudents, nous avons également demandé au
Vérificateur général de faire rapport. Nous allons attendre le rapport du
Vérificateur général, et, en temps et lieu, les décisions seront prises.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée d'Arthabaska.
Mme Roy
(Arthabaska) : M. le Président, je veux bien que le ministre
attende un rapport, c'est toujours une façon facile de ne rien faire, mais le comité d'éthique et de déontologie de
l'UQTR recommande, lui, dans son rapport la destitution de la rectrice
pour plusieurs raisons. La rectrice a rapatrié sa chaire de recherche à l'UQTR
sans que cette demande soit soumise au
conseil d'administration. Pourtant, sa nomination à la tête de cette chaire
aurait dû être approuvée.
Comment le ministre de l'Éducation peut-il
laisser aller une telle situation? L'accepterait-il dans toutes les universités
du Québec?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, contrairement à la députée,
nous sommes des gens responsables. En personnes responsables, on va
aller chercher les faits, on va aller chercher les informations et, en temps et
lieu, on va prendre des décisions.
M. le
Président, lorsque la CAQ agit de cette façon, ils voudraient qu'on agisse en
éliminant complètement les principes
de justice. Il y a des principes de justice à faire, dont, entre autres, aller
chercher les faits et la bonne information. Et, je
tiens à le dire, nous sommes très informés des difficultés. Attendons le rapport
du Vérificateur général, et, à ce moment-là, nous agirons.
Le Président : Principale, M.
le député de Rousseau.
M. Marceau : M. le
Président, la semaine dernière, nous
avons proposé au gouvernement que la Commission
des finances publiques réalise un
mandat d'initiative sur l'évasion fiscale internationale. À la suite d'autres
révélations de l'émission Enquête ,
il a été confirmé que des centaines de Québécois utilisent des paradis fiscaux pour ne pas payer
les impôts. Le phénomène est bien implanté
au Québec, et, en conséquence, le trésor public et nos
services publics se voient privés de sommes considérables.
Nous, M. le Président, au Parti québécois, on veut en savoir plus sur l'évasion fiscale, on
veut connaître l'impact de ce fléau
sur nos finances publiques et on veut
savoir si les méthodes de Revenu Québec sont adéquates et efficaces pour
combattre ce fléau.
Alors, M. le
Président, ma question est très simple : Est-ce que les députés libéraux
et est-ce que le gouvernement sont
d'accord pour que la Commission des finances publiques réalise un mandat
d'initiative sur l'évasion fiscale internationale pratiquée par des
citoyens et des entreprises d'ici avec la complicité des banques, M. le
Président?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Oui. Ce n'est pas parce que je veux prendre la
question au nom du ministre des Finances, mais, comme elle s'adresse
particulièrement à une de nos instances, une de nos commissions, aux membres,
aux députés qui y seront... dans le fond, la
question s'adresse à la députation membre de la commission, sur la
proposition d'un mandat d'initiative,
je laisse le soin, comme je l'ai fait la semaine dernière, à notre collègue et
à tous les collègues de la commission d'aborder cette question, d'en
discuter et de choisir les avenues qui leur semblent les meilleures.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Rousseau.
M. Marceau : M. le Président,
le gouvernement peut donner un signal. Et je vous signale que vous formez la majorité des membres de la commission, il va donc
de soi que le signal que vous donnerez correspondra au verdict de la
commission.
Et, M. le
Président, c'est une question trop importante pour que nous la laissions de
côté. Les Québécois, je le disais la
semaine dernière, sont en train de perdre confiance. Le phénomène semble
largement répandu, et il y a beaucoup d'entreprises
et de riches particuliers qui se prêtent à ce jeu qui est très mauvais pour nos
finances publiques. Vous demandez aux Québécois de faire des efforts, il
faut que tous fassent des efforts, M. le Président.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Encore une fois, encore une fois, je pense que le
meilleur signal qu'on peut envoyer — et je pense que vous allez le saluer même comme membre de l'instance
législative — d'avoir l'exécutif
qui dit au législatif : Abordez cette
question. C'est là où ça doit être fait. Qu'il y ait d'abord une convocation,
que la discussion ait lieu. Juste le fait que je réponde ce que je réponds en ce moment ne me semble pas être une porte
fermée, je dis : Parlez-en dans la bonne instance, dans le respect.
C'est comme ça qu'on veut que le Parlement fonctionne.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Alors, respectueusement, M. le Président, j'ai posé la question de façon
respectueuse et, je pense, non partisane.
Cela étant, j'aimerais aussi avoir l'opinion du
ministre des Finances sur cette question. J'aimerais savoir s'il encourage ses collègues du Parti libéral à appuyer
la réalisation de ce mandat d'initiative. De notre côté, nous avons, en caucus, convenu qu'il s'agissait d'une excellente
idée. J'aimerais savoir l'opinion du ministre des Finances, M. le Président.
Le Président : M. le ministre
des Finances.
Leitão : Merci, M. le Président. En effet, c'est une question importante. Donc, je comprends que le collègue a déjà déposé sa requête à la Commission
des finances publiques, qui sera analysée.
Maintenant,
j'aimerais juste souligner ici, parce
qu'on laisse planer aussi la possibilité que les Québécois perdent confiance dans l'Agence du revenu... au contraire,
l'Agence du revenu du Québec est très bien équipée pour faire face... atteindre son but, son objectif, son mandat. Il y
a une équipe spéciale qui est en charge de combattre l'évasion fiscale, et qui est très efficace, et qui va continuer
d'opérer. Donc, l'Agence du revenu est très efficace, très utile, et j'ai
totalement confiance dans les capacités de l'agence de collecter ce
qu'il faut collecter, M. le Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Alors, l'austérité libérale s'apprête à sévir à
nouveau envers les femmes. Nous avons de sérieuses raisons de croire que le programme Chapeau, les
filles!, qui souligne la volonté des femmes qui choisissent d'étudier dans
des programmes de formation professionnelle ou technique traditionnellement
masculins, serait coupé. Il s'agit d'un programme
important pour l'atteinte d'une égalité réelle entre les hommes et les femmes,
précisément dans des domaines où
cette égalité est loin d'être acquise. Le coût de ce programme?
64 000 $, une économie de bouts de chandelles dans le
gouvernement.
Est-ce
que le ministre de l'Éducation peut s'engager à reconduire les sommes allouées
au programme Chapeau, les filles!?
Le Président : M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) :
M. le Président, j'ai eu l'occasion de remettre les prix à cette activité qu'est Chapeau, les filles!, c'était excellent. Ce qu'on veut, c'est que nos
femmes prennent des emplois non traditionnels. Ce qu'on veut, c'est que nos gens puissent travailler de façon
adéquate. Mais, cette année, compte tenu à... tous les changements qui se
sont produits, nous ne pouvons pas reconduire les concours régionaux, mais on
s'engage à ce qu'il y ait un concours national et on va continuer à faire des
activités comme Chapeau, les filles!
Le Président : Première complémentaire, Mme la
députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Alors, les coupes,
les abolitions de programmes envisagées par le gouvernement touchent au premier
plan les femmes en menaçant les secteurs de
services et d'activité qui sont
institutionnalisés grâce à des
décennies de combat des femmes. Quand
ce n'est pas les coupes au Conseil du
statut de la femme, dans le programme
À égalité pour décider, les hausses
de tarifs en CPE et les coupes drastiques en
santé, c'est maintenant dans les métiers non traditionnels qu'on coupe.
Chapeau, M. le ministre!
Le Président : M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) :
M. le Président, on croit dans le programme Chapeau, les filles!, on veut
encourager... Si on peut en faire
plus, on va en faire plus. Sauf que, cette année, ce n'était pas possible
d'avoir les concours régionaux, on va
faire des concours nationaux. On va essayer de voir qu'est-ce qui peut être
fait de plus. Mais, je peux vous assurer, les emplois non traditionnels chez les femmes, c'est quelque chose qu'on
encourage, ce sont des activités qu'on veut promouvoir, et, M. le Président, l'argent va être au rendez-vous, et
nous avons l'intention de continuer ce type d'activités.
Le Président : Alors, cela met fin à la période des
questions et réponses orales.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, tel qu'annoncé précédemment, nous allons maintenant
procéder au vote reporté sur la
motion de Mme la ministre de la
Justice proposant que le principe du projet de loi n° 26, Loi
visant principalement
la récupération de sommes obtenues à la suite de fraudes ou de manoeuvres
dolosives dans le cadre des contrats publics, soit adopté. Et que les
députés en faveur de cette motion veuillent bien se lever.
Secrétaire adjointe : M.
Couillard (Roberval), M. Fournier (Saint-Laurent), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel),
M. Paradis (Brome-Missisquoi), M. Hamad (Louis-Hébert), M. Dutil (Beauce-Sud),
M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Coiteux
(Nelligan), M. Moreau (Châteauguay), Mme David (Outremont), M. Poëti
(Marguerite-Bourgeoys), M. D'Amour
(Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Huot (Vanier-Les Rivières), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vien
(Bellechasse), M. Lessard
(Lotbinière-Frontenac), M. Barrette (La Pinière), M. Blanchette
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Heurtel (Viau), M. Arcand (Mont-Royal),
Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Daoust (Verdun), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), Mme Vallée (Gatineau), M.
Billette (Huntingdon), M. Bolduc (Jean-Talon), M. Blais (Charlesbourg), Mme St-Pierre (Acadie), M. Reid
(Orford), Mme Boulet (Laviolette), M. Morin (Côte-du-Sud), M. Ouellette
(Chomedey), Mme Charlebois (Soulanges), Mme Ménard (Laporte), M. Sklavounos
(Laurier-Dorion), M. Girard
(Trois-Rivières), M. Bernier (Montmorency), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), M. Carrière (Chapleau), M. Drolet (Jean-Lesage), M. Matte (Portneuf), M.
Simard (Dubuc), M. Tanguay (LaFontaine), M. Bolduc (Mégantic), Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), M. Iracà
(Papineau), M. Bourgeois (Abitibi-Est), M. Boucher (Ungava), M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee), M. Auger (Champlain), M.
Rousselle (Vimont), M. Ouimet (Fabre), M. Fortin (Sherbrooke), M. Giguère
(Saint-Maurice), M. Habel (Sainte-Rose), M.
Merlini (La Prairie), Mme Montpetit (Crémazie), Mme Nichols (Vaudreuil),
M. Plante (Maskinongé), M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. St-Denis (Argenteuil).
Maltais (Taschereau), M. Marceau (Rousseau), Mme Hivon (Joliette), M. Bérubé
(Matane-Matapédia), Mme Poirier
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Léger (Pointe-aux-Trembles), Mme Lamarre
(Taillon), M. LeBel (Rimouski), M.
Kotto (Bourget), M. Gaudreault (Jonquière), M. Drainville (Marie-Victorin), M.
Cloutier (Lac-Saint-Jean), M. Lisée (Rosemont),
M. Traversy (Terrebonne), M. Cousineau (Bertrand), M. Leclair (Beauharnois), M.
Villeneuve (Berthier), Mme Ouellet
(Vachon), M. Péladeau (Saint-Jérôme), M. Turcotte (Saint-Jean), M. Pagé
(Labelle), Mme Richard (Duplessis), M. Roy (Bonaventure).
M. Legault (L'Assomption), M.
Bonnardel (Granby), M. Deltell (Chauveau), M. Caire (La Peltrie), M.
Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Roy
(Montarville), Mme Samson (Iberville), M. Charette (Deux-Montagnes), M.
Schneeberger (Drummond—Bois-Francs),
Mme D'Amours (Mirabel), M. Laframboise (Blainville), Mme Lavallée (Repentigny),
M. Lamontagne (Johnson), M. Jolin-Barrette
(Borduas), M. Surprenant (Groulx), Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), M. Spénard
(Beauce-Nord), M. Paradis (Lévis), M. Picard
(Chutes-de-la-Chaudière), Mme Roy (Arthabaska), M. Lemay (Masson).
David (Gouin), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques).
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Y a-t-il des députés contre cette
motion? Des abstentions? Alors, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 108
Contre :
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, la motion est adoptée. M. le leader du
gouvernement.
Fournier : Merci, Mme la Présidente. Conformément à l'article
243 du règlement, je fais motion afin que le projet de loi soit déféré à
la Commission des institutions pour étude détaillée.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté.
Alors,
maintenant, à la rubrique des motions sans préavis, en fonction de nos règles
et de l'ordre de présentation des motions, je cède maintenant la parole
à M. le premier ministre.
Couillard : Merci, Mme la
Présidente. Je sollicite le consentement de l'Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec le
chef du deuxième groupe d'opposition, la leader de l'opposition officielle
ainsi que la députée de Gouin :
«Que l'Assemblée nationale exprime sa profonde
sympathie à l'égard du peuple danois à la suite de la tragédie qui a
coûté la vie à deux personnes et fait plusieurs blessés;
«Que
les Québécoises et les Québécois témoignent de leur solidarité envers les
Danoises et les Danois et affirment la
primauté des valeurs démocratiques et des libertés et qu'elle réitère
l'importance de défendre ces valeurs avec détermination et de lutter
contre l'antisémitisme;
«Enfin,
que les membres de l'Assemblée nationale observent une minute de silence en
hommage aux deux personnes décédées.»
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Sklavounos : Oui, Mme la Présidente, il y a consentement
pour le débat. Nous proposons des interventions d'environ deux minutes par intervenant, à commencer par le premier
ministre, suivi de la leader de l'opposition officielle, le chef du
deuxième groupe d'opposition et, finalement, Mme la députée de Gouin.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci. M. le premier ministre.
M. Couillard : Merci, Mme la Présidente. Le Danemark, Copenhague, un État, une ville
semblable, là, au Québec sur
plusieurs plans. Une société démocratique, ouverte, dans laquelle on retrouve
une diversité, mais également des libertés démocratiques qui ont été chèrement gagnées et qui continuent à former
l'assise de cette société, comme elles forment l'assise de la nôtre.
Deux
personnes ont péri sous les balles d'un terroriste dans un centre culturel où
il y avait une discussion sur le thème
Art, blasphème et liberté . On voit tout l'équilibre que ce débat
essayait d'illustrer. En même temps — et il semble que ce monstre, également, se joint toujours à celui du terrorisme, au
cours, du moins, des derniers événements — dans une synagogue, cinq personnes ont également été blessées uniquement pour
la raison qu'elles sont de religion juive et qu'elles se trouvaient dans
un lieu de culte de cette religion.
Alors,
bien sûr, une telle tragédie, qui survient dans un pays avec lequel on partage
de profondes valeurs démocratiques et,
je le répète, des valeurs universelles, est tout à fait condamnable, et nous
allons, je le répète, tous les pays démocratiques, pourchasser ces
criminels avec toute la vigueur qu'il faut, Mme la Présidente. On est, bien
sûr, interpellés au Québec par ce climat de
tension et d'intolérance qui menace nos démocraties parce qu'on profite au
Québec de ces libertés, que ce soit
la démocratie, la liberté d'expression, la liberté d'association, et c'est
justement ces libertés que ces
terroristes criminels détestent. Ce sont ces libertés qu'ils veulent détruire
par leurs actes terroristes. C'est cette image d'une société pluraliste où chacun et chacune peut s'exprimer
qu'ils ne peuvent tolérer et c'est cette victoire que jamais, jamais
nous ne devons leur donner.
faut répéter, Mme la Présidente, que le véritable ennemi, c'est le radicalisme,
le terrorisme, l'appel à la violence. La
guerre, il y en a une, guerre. Nous sommes en état de guerre. Ce n'est pas les
guerres qu'on a connues au cours du dernier siècle ou des dernières décennies, qui faisaient s'affronter des pays ou
des armées bien définies. Cette guerre, elle est entre les sociétés démocratiques, et l'islamisme
radical, et le terrorisme, pas entre l'Occident et l'islam. Il faut faire très
attention à ces amalgames. Et je
crois qu'on en est conscients dans cette Assemblée, et il faut surtout vérifier
qu'on maintient cet appel à la
diversité comme étant un atout fondamental à notre société, et non pas une
menace tout en protégeant, encore une fois, avec le plus de vigueur
possible nos libertés fondamentales, dont la liberté d'expression.
c'est le grand paradoxe parce que la liberté d'expression comprend
également — il faut
le reconnaître et le savoir — la liberté de dire des niaiseries, des
bêtises, des horreurs. Ce n'est pas Voltaire qui a dit ça — puis on lui attribue à tort cette citation — c'est quelqu'un qui résumait ses propos qui
a dit : Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous
ayez le droit de le dire. Voilà ce qui caractérise une société démocratique où
la règle de droit domine. Voilà ce que ces criminels veulent détruire. Voilà ce
que nous n'accepterons jamais de perdre, car perdre cela par notre propre initiative, ce qui serait le comble de
l'absurdité, ce serait donner raison à ces criminels sanguinaires.
Jamais nous ne le ferons, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le premier
ministre. Je cède maintenant
la parole à Mme la leader de l'opposition officielle.
Maltais : Merci, Mme la Présidente. Alors, il y a quelques
jours, le Danemark a été heurté en plein coeur, de plein fouet, par un épisode d'une violence inacceptable, intolérable,
et je pense que les... d'autant plus intolérable qu'elle se situe dans la foulée des récents événements,
entre autres des événements qui sont arrivés à Paris, à ce qu'on a appelé
les événements de Charlie Hebdo .
Non seulement
l'horreur a-t-elle frappé encore une fois de nombreuses familles, elle a fait
des victimes, mais en outre elle nous
choque particulièrement parce qu'on s'attaque encore une fois à la liberté
d'expression. Et c'est ce qui choque
l'ensemble des sociétés démocratiques parce que cela est une valeur chère à nos
yeux. Je pense que tous les députés, ici,
se joindront à cela, la liberté d'expression est un des fondements d'une
démocratie. Cet attentat porte la marque de la haine : la haine de l'autre, la haine de la différence, la haine de
communautés, la haine de personnes, en particulier cette haine qu'est
l'antisémitisme. Encore une fois, des gens, parce qu'ils portaient une
religion, ont été frappés.
élus du Parti québécois s'unissent à toutes les formations politiques de
l'Assemblée nationale pour adresser leurs
plus sincères condoléances au peuple danois ainsi que l'expression de leur
profonde compassion parce que cela ne marque
pas seulement les familles, cela marque toute une société, toute une nation,
tout un pays, tout un peuple, que ces actes
de violence. Les Québécois sont donc aux côtés du peuple danois pour défendre
et protéger nos idéaux communs de
droits, de démocratie. Ensemble, nous continuerons de promouvoir et de chérir
la liberté, et je pense particulièrement à la liberté d'expression au premier
chef.
Permettez-moi
d'avoir un mot en ce moment pour, encore une fois, un membre d'une famille
québécoise qui vit l'emprisonnement
et peut-être la flagellation pour s'être permis la liberté d'expression, M.
Raif Badawi. Je pense qu'en ce moment
il faut encore le dire et le rattacher à ces événements. Nous savons que, parmi
toutes les sociétés qui tiennent la liberté d'expression en haute
estime, nul n'est à l'abri de tels gestes insensés. Ils s'en sont passés ici.
Alors,
j'aurais un petit mot pour tous les porteurs
de la liberté d'expression que sont, entre autres, les auteurs, les journalistes, les éditeurs, puisque c'était une
question d'art aussi à cet endroit, les caricaturistes du monde entier, aux
Danois et aux Danoises particulièrement, aux familles des victimes. Aux
familles des victimes, nos sympathies, toute notre compassion et
particulièrement toute notre amitié. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, Mme la
leader. Je cède maintenant la parole à M. le chef du deuxième groupe
d'opposition.
M. Legault :
Merci, Mme la Présidente. Samedi dernier, un mois après les attentats de Paris,
un islamiste a semé la terreur à
Copenhague, au Danemark. Le parallèle est troublant, il s'est d'abord attaqué à
une conférence publique, et, plus tard dans la journée, ce fut au tour
d'une synagogue d'être attaquée.
Ces attentats
nous bouleversent, sèment l'inquiétude et nous rappellent que les attentats en
France n'étaient pas un événement
isolé. Au contraire, les attentats de Paris et de Copenhague font
partie d'une
même réalité qui interpelle tous les
gouvernements en Occident. Québec et le Canada ne sont pas en reste. Nous
aussi, nous avons été victimes de l'intégrisme
religieux. Une fois de plus, les Juifs ont été désignés comme des ennemis. Une
fois de plus, la violence s'est invitée au coeur de nos démocraties pour
s'attaquer à nos valeurs les plus fondamentales.
Nous partageons l'émotion du peuple danois,
comme nous avons partagé l'émotion du peuple français. Nous sommes surtout solidaires. Et qui dit solidaire
dit lucidité et détermination à agir, à agir pour protéger nos acquis les plus
précieux. Notre détermination à lutter
contre l'intégrisme n'a jamais été aussi forte, et on ne doit pas hésiter à
l'exprimer.
Je me joins à
mes collègues de l'Assemblée nationale pour rendre hommage aux victimes, mais
également aux survivants de cette tragédie. Nos pensées vont au peuple
danois dans cette épreuve. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Et je cède maintenant la parole à Mme la députée de Gouin.
Mme David (Gouin) : Merci, Mme la
Présidente. Bien sûr, je veux ajouter ma voix, celle de ma formation politique,
à celle de mes collègues. Bien sûr, je veux assurer le peuple danois, assurer
les familles des victimes de notre plus
profonde sympathie, mais j'aimerais qu'on ait une pensée aussi, par exemple, pour les 21 Coptes égyptiens décapités ces derniers jours, au fond, par la même mouvance extrémiste,
extrêmement... enfin, terroriste et, bref, des gens qui n'ont aucune
pitié.
Mais je voudrais qu'on élargisse encore un peu
aussi, encore beaucoup, penser aux milliers — pas deux ou trois personnes — aux
milliers de villageoises et de villageois musulmans du Niger, du Nigéria, du
Tchad terrorisés par Boko Haram. Je
voudrais qu'on pense aux millions de Syriennes, de Syriens qui vivent et qui survivent
dans des camps de réfugiés, dans des
camps de fortune depuis le début d'une guerre atroce. Autrement dit, en plus
d'être solidaires des peuples
français et danois, ce que nous partageons, bien sûr, je suggère que nous
élargissions notre angle de vision. Tous les peuples, tous les êtres humains sur cette terre, ou presque,
aspirent à la paix, à la liberté et à la sécurité. La plus grande solidarité avec des peuples meurtris, qu'ils
soient du Nord ou du Sud, c'est de travailler avec eux en toute justice et en
toute égalité. Donc, oui à la sécurité, bien sûr, mais oui, surtout, à la
solidarité. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, Mme la
députée. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous invite maintenant à
observer une minute de silence en hommage aux personnes décédées.
• (15 h 28
15 h 29)
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Vous pouvez vous asseoir. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Oui, M. le leader...
M. Fournier : ...à envoyer
ladite motion à l'ambassadeur du Danemark?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, oui, ce sera fait, cette motion sera transmise à l'ambassadeur
du Danemark. Toujours à la rubrique des motions sans préavis, je reconnais maintenant
Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement
des membres de cette Assemblée afin de
présenter, conjointement avec le député de Lévis et la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale exige du gouvernement qu'il dépose, avant la tenue des
consultations publiques sur le projet
de loi n° 20, Loi édictant la Loi favorisant l'accès aux services de
médecine de famille et de médecine spécialisée et modifiant diverses dispositions législatives en
matière de procréation assistée, tous les projets de règlement découlant
de ce projet de loi.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, Mme la
députée. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de
consentement. Nous allons passer à la prochaine motion, et je cède
maintenant la parole à M. le député de La Peltrie.
Caire : Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement
pour déposer la motion suivante conjointement... Non? Bien,
conjointement avec personne, semble-t-il :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte de la demande d'enquête publique formulée par
16 [organismes civils] concernant l'octroi des contrats dans le
domaine des technologies de l'information au gouvernement du Québec;
«Qu'elle reconnaisse que de plus en plus de voix
s'ajoutent pour demander une telle enquête, dont celle de l'opposition
officielle;
«Qu'elle demande
au gouvernement de donner suite à cette demande formulée à cinq reprises par le
deuxième groupe d'opposition depuis
le 6 novembre 2014 et de déclencher dans les plus brefs délais une
commission d'enquête sur l'octroi [de] la gestion des contrats publics dans
l'industrie des technologies de l'information et des communications.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Alors, il n'y a pas de consentement. Et je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Gouin pour sa motion sans préavis.
Mme David
(Gouin) : Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement de la
Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec le député
de Rosemont et le député de Lévis :
«Que, dans le cadre de l'application de la
loi sur la
gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux adoptée par l'Assemblée nationale le
6 février [dernier], le gouvernement s'assure de maintenir une gestion
régionalisée des problématiques de santé et de services sociaux et, dans ce
contexte, conserve les expertises développées par le réseau public et le
réseau communautaire;
«Qu'en ce
sens, l'Assemblée nationale demande aux centres intégrés de santé et de
services sociaux [...] de respecter les
mécanismes de concertation et les ententes existantes entre les anciennes
agences régionales et les organismes d'action communautaire autonomes;
«Que l'Assemblée nationale recommande au
ministre de la Santé et des Services sociaux de considérer les personnes provenant d'une liste de noms fournis
par les regroupements régionaux d'organismes communautaires pour la nomination des membres des conseils
d'administration des CISSS pour le profil "Expertise communautaire",
au même
titre que les représentants des comités d'usagers ou de la
communauté anglophone.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la députée. Y a-t-il consentement pour débattre
de cette motion?
Sklavounos : Mme la
Présidente, nous proposons l'adoption sans débat.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Je cède maintenant la
parole à M. le whip du deuxième groupe d'opposition pour une motion
sans préavis.
Martel :
Merci, Mme la Présidente. Conformément aux dispositions de l'article 129
du règlement, je fais motion afin :
«Que
la députée d'Iberville soit nommée membre permanente de la Commission de la
culture et de l'éducation en remplacement du député de Borduas;
«Que ce changement
prenne effet immédiatement.» Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup. Est-ce que cette motion est
adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté.
Alors,
nous sommes maintenant à la rubrique des avis touchant les travaux des
commissions. Et je cède maintenant la parole à M. le leader adjoint du
gouvernement.
Sklavounos : Merci, Mme la Présidente. Alors, j'avise cette
Assemblée que la Commission des institutions entreprendra l'étude détaillée à l'égard du projet de
loi n° 26, Loi visant principalement la récupération de sommes
obtenues à la suite de fraudes ou de
manoeuvres dolosives dans le cadre de contrats publics, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 17 h 45 et de 19 h 30 à
21 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des
transports et de l'environnement quant à elle complétera les consultations
particulières à l'égard du projet de
loi n° 25, Loi transférant au président de l'Office de la protection
du consommateur la responsabilité de
la délivrance des licences de commerçant et de recycleur de véhicules routiers,
aujourd'hui, après les affaires courantes pour une durée de trois
heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le leader
adjoint. Et, de mon côté, je vous avise
que la Commission des relations avec les citoyens se réunira en séance de
travail aujourd'hui, à 18 heures, pour une durée de 30 minutes, à la salle RC.161 de l'hôtel du Parlement. Et
l'objet de cette séance est de statuer sur la possibilité que la
commission se saisisse de pétitions concernant la sauvegarde de la politique
familiale du Québec.
Maintenant,
à la rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée, je vous
informe que demain, lors des affaires
inscrites par les députés de l'opposition, sera débattue la motion inscrite par
Mme la députée de Montarville. Et cette motion se lit comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que les libertés et droits fondamentaux
reconnus par la charte québécoise des
droits et libertés de la personne doivent s'exercer dans le respect des valeurs
démocratiques, de l'ordre public et du bien-être général des citoyens du
Québec;
«Qu'elle
reconnaisse la nécessité de défendre les valeurs que la nation québécoise a
choisi de consacrer dans la Charte des droits et libertés de la personne
face à l'intégrisme religieux et au radicalisme;
«Qu'elle presse le
gouvernement de déposer un projet de loi interdisant les expressions qui font
le déni des valeurs inscrites dans la Charte
des droits et libertés de la personne en faisant la promotion de la haine ou en
incitant au mépris et à la
marginalisation d'une personne ou d'un groupe de personne sur la base d'un
motif de discrimination interdit;
«Qu'elle
presse [aussi] le gouvernement de déposer un projet de loi permettant à un
tribunal de priver les organisations qui
font le déni des valeurs inscrites dans la Charte des droits et libertés de la
personne des avantages fiscaux dont elles bénéficient en vertu de la Loi
sur la fiscalité municipale et de la
Loi sur la taxe de vente du Québec.»
Maintenant,
la... la période, pardon, des affaires courantes étant terminée, nous allons
maintenant passer aux affaires du jour, et je cède maintenant la parole
à M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Merci, Mme la Présidente. Auriez-vous
l'amabilité d'appeler l'article 6 de notre feuilleton, s'il vous plaît?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, très bien. Et, à l'article 6
du feuilleton, M. le ministre des Finances propose l'adoption du
principe du projet de loi n° 28, Loi concernant principalement la mise en
oeuvre de certaines dispositions du discours
sur le budget du 4 juin 2014 et visant le retour à l'équilibre budgétaire en
2015‑2016. Et, sans plus tarder, je cède la parole à M. le ministre des
Finances.
M. Leitão : Merci, Mme la
Présidente. Alors, la Commission des finances publiques a terminé, le 11
février dernier, les consultations
particulières concernant le projet de loi n° 28. Neuf jours ont été
consacrés à cet exercice important, au cours duquel nous avons pu
échanger avec plus de 45 groupes provenant de différents horizons. Nous avons
reçu quelque 75 mémoires. J'en profite
d'ailleurs pour remercier tous les organismes et toutes les personnes qui ont
pris part à la consultation ou qui
ont fait parvenir un mémoire à la commission. Je tiens à les saluer pour leur
intérêt et leur contribution au débat public sur ces sujets importants.
Nous avons entendu des points de vue intéressants et constructifs.
Nous en
sommes donc aujourd'hui à l'étape de l'adoption du principe de ce projet de
loi, qui nous mènera à son étude
détaillée en commission parlementaire. L'honorable lieutenant-gouverneur a pris
connaissance de ce projet de loi et en recommande l'étude à l'Assemblée.
Je vous
rappelle que le projet de loi n° 28 contient principalement des
modifications législatives nécessaires à la mise en oeuvre des mesures du discours du budget de juin 2014 ainsi qu'à
la mise en place des mesures visant le retour à l'équilibre budgétaire en 2015‑2016. Plus concrètement, le projet de loi
n° 28 vient modifier plusieurs lois et règlements touchant, entre
autres, les finances publiques, l'énergie, les ressources naturelles, la santé,
les services de garde et la gouvernance
municipale. Je ne vous ferai pas la liste de tous ces changements, car nous
avons eu l'occasion de les aborder lors
des consultations et nous aurons également l'occasion d'y revenir lors de
l'étude détaillée, mais je tiens tout de même à rappeler quelques
éléments structurants de ce projet de loi.
Sur la base
des discussions que nous avons eues, nous pouvons affirmer que le retour à
l'équilibre budgétaire est souhaité
par la grande majorité des groupes rencontrés et des parlementaires présents.
Nous sommes heureux de pouvoir dire qu'avec ce projet de loi nous mettons
en place les mesures nécessaires pour atteindre cet objectif en 2015‑2016, comme nous nous étions engagés à le faire. Un des
objectifs que nous poursuivons depuis notre arrivée au pouvoir est celui de la transparence. Lors des consultations
particulières, cette notion a été largement défendue. Ainsi, une des mesures
du projet de loi n° 28 ferait en sorte
qu'un rapport préélectoral sur l'état des finances publiques sera produit et
diffusé au plus tard trois mois avant
la date prévue des élections. Il sera examiné par le Vérificateur général.
Ainsi, les Québécois auront une idée
juste de la situation budgétaire et économique du Québec au moment de chaque
élection. Une autre mesure bien
acceptée lors des consultations particulières est celle qui prévoit des versements
additionnels annuels, dès 2016‑2017, de 400 millions de dollars au
Fonds des générations, provenant de la taxe spécifique sur les boissons
alcooliques, qui viennent s'ajouter au montant de 100 millions de dollars
déjà versé annuellement.
Nous ajoutons
également des outils pour lutter plus efficacement contre le travail au noir et
l'évasion fiscale. Le projet de loi
n° 28 contient en effet des dispositions qui obligeront les fournisseurs à
obtenir une attestation de Revenu Québec
et à la fournir aux donneurs d'ouvrage ainsi que l'implantation des modules
d'enregistrement des ventes dans les bars
et les restobars. Ces mesures ont d'ailleurs
fait l'objet d'analyses d'impact réglementaire qui démontrent qu'elles auront un impact limité pour les entreprises. Le
coût des démarches administratives associées aux mesures proposées reste
très faible. Pour les entreprises, il n'y
aura donc pas d'impact sur l'emploi et la compétitivité des entreprises
québécoises par la mise en place de
ces mesures. Plus précisément, depuis 2010, les entreprises qui désirent
conclure des contrats avec un organisme public doivent obtenir une
attestation de Revenu Québec. Cette mesure sera élargie au secteur de la construction et aux agences de placement.
L'adoption du projet de loi permettra d'officialiser l'implantation des modules
d'enregistrement des ventes dans les bars et les restobars à compter du
1er juin prochain. Comme discuté lors des consultations particulières, ces modules ont déjà fait leurs preuves
dans les restaurants et contribuent grandement à contrer l'évasion
fiscale sans nuire aux entreprises du secteur. Puisque ces modules engendreront
des coûts additionnels aux propriétaires,
nous mettons en place un programme de subvention pour financer leur
acquisition, leur installation et leur mise à jour.
ce qui concerne les ressources naturelles, le projet de loi n° 28 confie...
contient, pardon, des dispositions qui confirment
la création du fonds Capital Mines Hydrocarbures, annoncé d'ailleurs par mon
prédécesseur, M. le député de Rousseau,
lors d'un précédent budget et consacré aux investissements du gouvernement dans
les ressources naturelles non
renouvelables. Ce fonds, doté d'une enveloppe de 1 milliard de dollars,
permettra d'effectuer des investissements dans les entreprises qui exploitent les substances minérales du domaine
de l'État. Selon les discussions que nous avons eues, cette mesure est
attendue et bien accueillie.
Dans un souci d'efficience
et de simplification des relations avec les sociétés minières, les
responsabilités relatives à l'application de
la
Loi sur l'impôt minier seraient transférées à Revenu Québec. Par ailleurs,
et afin de dissiper toute confusion, je tiens à confirmer ici que ce
projet de loi ne vient pas réduire la transparence à l'égard des sociétés minières. Il vient préciser le fait que les
informations transmises à des fins statistiques seront bien utilisées
uniquement à des fins statistiques.
Et, conformément à notre engagement, mon collègue le ministre délégué aux Mines
déposera très bientôt un projet de loi spécifique concernant la
divulgation des informations des sociétés minières.
projet de loi n° 28 vise aussi, dans certains de ses articles,
l'amélioration de la performance d'Hydro-Québec. Ainsi, il est prévu de
suspendre la mise en place du mécanisme de partage et des écarts de rendement
par la Régie de l'énergie jusqu'à ce que
l'équilibre budgétaire soit atteint. Par ailleurs, en adoptant le projet de loi
n° 28, nous confirmerions le gel
des bonis au rendement pour le personnel de direction et d'encadrement des
ministères et organismes gouvernementaux pour l'exercice financier 2015‑2016. Dans le cas des sociétés d'État de
nature commerciale, comme Hydro-Québec, SAQ, Loto-Québec et Investissement Québec, des efforts équivalents leur sont
demandés, notamment par le versement des bonis rendus conditionnels à la
réalisation des efforts qui leur sont demandés.
Alors,
voilà les principaux éléments des mesures contenues dans le projet de loi
n° 28 dont plusieurs ont fait l'objet de discussions fort intéressantes. Comme mentionné précédemment, les
mesures contenues dans ce projet de loi visent un objectif largement partagé : le retour à l'équilibre budgétaire
en 2015‑2016. L'adoption de ce projet de loi est donc essentielle afin de mettre en oeuvre le plus
rapidement possible les mesures du budget ainsi que celles qui feront en sorte
que l'équilibre budgétaire sera atteint en
2015‑2016. D'autres mesures du budget adoptées en juin dernier et présentées
dans ce projet de loi contribuent à la
relance économique. Il est donc important d'adopter ce projet de loi également
pour disposer rapidement des outils
qui vont permettre de relancer l'économie du Québec et qui nous permettront
d'offrir des services à la population mieux adaptés et à un coût
optimal.
souhaite que mes collègues de l'opposition puissent participer, de manière
constructive et efficace, à la suite des
travaux sur le projet de loi n° 28 et que nous puissions faire de
l'atteinte de l'équilibre budgétaire en 2015‑2016 un objectif non partisan. Nous maintenons le cap vers
cet objectif essentiel au redressement du Québec. Nous avons fait les choix responsables qui s'imposaient pour
l'atteindre. La mise à jour économique que j'ai présentée en décembre dernier
a permis de constater que nous sommes sur la
bonne voie pour ramener le Québec en bonne santé financière et le rendre
plus prospère. Ce retour à l'équilibre
nécessitait un effort considérable et qui a été identifié au budget de 2014 et
confirmé à la mise à jour économique de décembre.
Nous
avons donc parcouru déjà 85 % du chemin, et la dernière portion, qui
représente 1,2 milliard de dollars, sera confirmée lors du budget
2015‑2016.
En terminant,
je tiens à remercier de nouveau les groupes et les personnes qui nous ont fait
part de leurs réflexions et de leurs
attentes dans le cadre des consultations particulières. Je souhaite maintenant
que nous adoptions le principe du
projet de loi n° 28 afin que nous puissions procéder à son étude détaillée
et ultimement permettre son adoption, car les mesures qu'il contient constituent un
progrès et contribuent directement à faire avancer le Québec sur la voie de la
prospérité. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
ministre des Finances. Et je cède maintenant la parole à M. le député de
Rousseau. Il est aussi porte-parole de l'opposition officielle en matière de
finances.
Marceau : Merci, Mme la Présidente. Alors, j'interviens,
aujourd'hui, sur le projet de loi n° 28, la Loi concernant principalement la mise en oeuvre de certaines
dispositions du discours sur le budget du 4 juin 2014 et visant le retour à
l'équilibre budgétaire en 2015‑2016. Et, Mme
la Présidente, j'ai pris le soin de lire le
titre — j'y reviendrai dans quelques instants — puisque le principe du projet de loi est
contenu essentiellement dans son titre, et j'aimerais vous parler de la
facture du projet de loi n° 28.
Mais, avant
de faire cela, avant d'aborder la substance, j'aimerais, moi aussi, commencer
cette intervention en remerciant les
tout près de 50 groupes qui sont venus se présenter en commission parlementaire
et qui nous ont fait part de leurs
réflexions, qui ont répondu à nos questions et qui ont fait oeuvre très utile
pour le Québec, pour nous tous, beaucoup de réflexions qui ont enrichi le débat et qui vont continuer à
l'enrichir. Il y a même eu des mémoires qui ont été déposés, qui n'ont pas fait l'objet de présentation
formelle en commission parlementaire, mais ça a été très utile. Et la
commission parlementaire a été fort intéressante ultimement, Mme la
Présidente, et donc, encore une fois, je tiens à les remercier.
Ayant dit cela,
Mme la Présidente, je vais aborder maintenant plus le fond des choses, mais je
vais commencer par le format du
projet de loi. Le projet de loi n° 28, c'est un projet de loi qui est très
long, qui aborde un très grand nombre de
sujets. Et je vais me permettre de lire, dans les notes explicatives, le
premier paragraphe. Le premier paragraphe nous dit : «Ce projet de loi modifie ou édicte plusieurs dispositions
législatives afin principalement de mettre en oeuvre certaines dispositions du discours sur le budget [...] et
d'assurer la mise en place de mesures visant le redressement des finances
de l'État.» Ce principe ou, si vous voulez,
l'objet du projet de loi est, malheureusement, trop large, ce qui fait que le gouvernement s'est permis, au moment du dépôt du
projet de loi, d'introduire, dans ce projet de loi n° 28, qui est un
projet de loi omnibus, des
dispositions qui n'avaient pas été présentées, à l'occasion du discours sur le
budget de juin dernier, par notre
collègue le ministre des Finances. Cela fait en sorte que le projet de loi est
devenu une espèce de fourre-tout, une
espèce de lieu dans lequel on a ajouté des choses qui ne vont pas les unes avec
les autres. Et ça a pour conséquence que
nous, on a appelé ça, vous le savez, le projet de loi petit mammouth, en
référence au mammouth des gouvernements conservateurs à Ottawa qui, eux, disons-le, ont poussé à l'extrême cette
pratique d'inclure des dispositions n'ayant pas à voir les unes avec les
autres, là, dans un même projet de loi.
Ici, il y a
quelques sujets qui ont été incorporés dans le projet de loi de façon, quant à
moi, inappropriée. Je pense ici aux
dispositions concernant les tarifs de garde. Je pense aux dispositions
concernant le développement régional, entre autres, là, nos CLD et nos
CRE. Je pense aussi aux dispositions concernant la santé, les pharmaciens, les
ententes d'inscription pour les médicaments.
Puis je pense aussi aux dispositions concernant la transparence minière. Alors,
Mme la Présidente, ces éléments que je viens
de vous dire n'ont rien à voir avec ce qui a été présenté dans le budget. Ça
n'a jamais été mentionné à l'époque. Ça n'a
pas fait l'objet d'un débat sur le budget ici, à l'Assemblée nationale, et donc
nous croyons qu'il est inapproprié, inapproprié de les inclure dans le projet
de loi n° 28.
La difficulté
qu'il y a avec le fait d'avoir introduit ces dispositions, c'est qu'évidemment
on évite le débat, on évite les débats qui devraient se faire sur ces
mesures, par exemple, sur les tarifs de services de garde; par exemple, sur le développement régional; par exemple, sur les
ententes d'inscription des médicaments; par exemple, sur les pharmaciens; par exemple, sur la
transparence minière. Et ce ne sont pas des petits sujets.
Vous en conviendrez, j'en suis certain, Mme la
Présidente, il s'agit de sujets qui ont fait l'objet de débats importants au Québec depuis plusieurs
décennies. Ce sont des sujets sur lesquels un grand nombre de groupes aimeraient
s'exprimer, puis le débat devrait être
structuré autour d'un seul et même projet
de loi. Or, Mme la Présidente, nous sommes en désaccord
avec cette façon de faire et nous ne sommes pas les seuls. J'aimerais dire que
plusieurs groupes qui sont venus nous présenter leurs vues en commission parlementaire ont dit la même chose que
moi, ont dit que ça n'était pas raisonnable,
que ce n'était pas une bonne idée d'introduire des dispositions qui n'avaient
pas été annoncées, lors du budget, dans
le projet de loi. Parce que, si on accepte que le principe du projet de loi,
c'est d'introduire, dans un même document, des mesures visant à retourner à l'équilibre budgétaire, bien, dans ce
cas-là, Mme la Présidente, on pourrait introduire n'importe quoi, n'importe quoi. Pourquoi
on pourrait introduire n'importe quoi? Parce que chacun... Disons que je vais
me garder une petite réserve. 99,9 %
des gestes posés par un gouvernement ont une incidence financière. 99,9 %
des gestes posés par un gouvernement
ont une incidence financière, ont des répercussions, que ce soit du côté des
dépenses ou du côté des revenus. Et,
s'il fallait accepter comme principe que quelque sujet qui a une incidence
financière peut être introduit dans
un projet de loi, tout le monde, tous ensemble, le débat ne serait pas
particulièrement intéressant, Mme la Présidente, on aurait un projet de loi annuel dans lequel on mettrait tout puis on
aurait un débat dans l'année. Alors, je pense que vous conviendrez avec moi que ça, ça n'a pas d'allure,
ce n'est pas raisonnable. Et, encore ce matin, Jean-Jacques Samson, dans
Le Journal de Montréal , Le Journal de Québec, disait
son désaccord avec ce procédé qui a été utilisé par le gouvernement.
Alors, Mme la Présidente, il n'est pas trop
tard, par contre. Il n'est pas trop tard, nous en sommes à l'étude de principe. Je sais que certains des collègues de
l'autre côté sont des gens raisonnables et j'ai espoir que le ministre et son
leader verront la lumière et retireront du
projet de loi les dispositions qui n'avaient pas été énoncées au moment du
discours sur le budget. Or, ça, c'est
la première chose que je voulais vous dire : La facture du projet de loi
pose problème. Et, ne serait-ce que
pour cette raison et, de toute évidence, on va voter contre le principe de ce
projet de loi, c'est une évidence pour moi. Maintenant, Mme la Présidente, c'est
important aussi, avant de discuter des dispositions plus précises qu'il y a
dans le projet de loi, que je les place dans le contexte de la période
difficile que le Québec traverse présentement.
Nous
traversons, vous le savez, Mme la Présidente, une période d'austérité, une
austérité toxique, une austérité qui
nous appauvrit, austérité qui se traduit par des hausses de taxes, des hausses
d'impôt, d'une part, des coupes dans les services, d'autre part. Et le résultat de ça, c'est une croissance
économique qui n'est pas au rendez-vous, et ce sont des emplois qui ne sont pas au rendez-vous. Mais,
avant d'en arriver à l'austérité, le gouvernement avait entrepris, tout d'abord...
il avait entrepris de cheminer sur un
mauvais chemin, sur un chemin où il n'y a pas de politique économique. Le
gouvernement a choisi de ne... tout
d'abord, à son arrivée de... essentiellement, de mettre au rancard la politique
économique qui avait été préparée par l'ancien gouvernement.
À la limite,
Mme la Présidente, on pourrait accepter qu'un gouvernement dise : Moi, je
n'aime pas la politique de l'ancien
gouvernement. Je la mets ailleurs puis je vais vous en déposer une nouvelle. À
la limite, Mme la Présidente, on pourrait
accepter ça. On pourrait dire : C'est normal, il y a un changement de
gouvernement. Mais là on n'en est pas là, là. On a mis au rancard la politique économique, qui commençait à porter
fruit, et on l'a remplacée par quoi, Mme la Présidente? Je vous le donne dans le mille, on ne l'a
remplacée par rien. Absolument rien : pas de vision, pas de façon de faire
les choses, de manière de faire qui
permettrait de développer notre économie. On a remplacé une politique qui était
en place par du vide. Et évidemment,
les conséquences, on les voit. Et, quand vous ajoutez à cela une politique
budgétaire et fiscale qui va dans le sens de nuire à la croissance
économique, bien, évidemment, vous avez le résultat qu'on observe.
Mme la
Présidente, ce que je vous dis présentement, ce n'est pas une vue de l'esprit,
ce n'est pas une hallucination du
député de Rousseau. Pas plus tard que la semaine passée, l'économiste Pierre
Fortin, dans L'Actualité , publiait un texte dans lequel il disait : Le Québec est un
champion mondial de l'austérité. Et il n'a pas fait ça n'importe comment, il n'a pas fait ça... ce n'est pas sur la base d'une opinion. Il a simplement
été voir les chiffres dans une publication du Fonds monétaire international, le Fiscal Monitor ,
la dernière édition, celle d'octobre 2014. Et, avec le Fiscal Monitor ,
il utilisait la même méthodologie que
le FMI, il a mesuré le degré d'austérité qui est en vigueur présentement au
Québec, que l'on vit au Québec. Il
est arrivé à la conclusion que les gestes posés par le gouvernement
présentement soustraient à la croissance économique 1 % de PIB.
1 % de
PIB, ce n'est pas rien, Mme la Présidente. 1 % de PIB, tout près de
4 milliards de dollars qui sont retirés de l'économie du Québec par la politique budgétaire et fiscale du
gouvernement, ça fait de nous des champions. En fait, pour être clair, on est sur le podium. On n'est
pas les champions, on n'a pas la médaille d'or, on est troisième, derrière
le Japon et l'Australie, mais c'est quand
même une position peu enviable. Et ça montre que des choix qui peuvent sembler...
Parce que l'objectif qui est visé par le
ministre des Finances, tout le monde en convient, là, équilibrer les budgets,
c'est tout à fait raisonnable, mais
encore faut-il le faire de la bonne façon et certainement pas en retranchant
1 % de notre PIB. On va s'entendre, on ne peut pas faire ça, ça n'a
pas de bon sens.
Évidemment,
l'austérité que nous vivons, cette austérité idéologique, toxique, ça frappe
essentiellement — je parle
du volet coupures, là — les plus vulnérables, les plus démunis. Et
le gouvernement n'a pas l'air de s'en soucier beaucoup. Je souhaiterais
que, plutôt que d'utiliser cette approche, le gouvernement se tourne vers la
stimulation de l'activité économique, vers
la stimulation des revenus, mais je ne crois pas que j'ai été entendu. J'ai dit
ça à plusieurs reprises depuis quelques semaines, quelques mois, mais ça
ne semble pas convaincre de l'autre côté.
Si je reviens
de façon plus précise sur la politique budgétaire et fiscale, je vous disais
qu'il y a eu des hausses de taxes
importantes, des hausses d'impôt, il y en a pour plusieurs centaines de
millions, puis je vais me permettre de vous en rappeler, Mme la
Présidente. Lors de la mise à jour de décembre dernier, on avait augmenté les
impôts, les taxes, de 455 millions pour
les particuliers, et ça se décline de la façon suivante : 193 pour les
garderies, 193 millions; 112 millions en cotisations syndicales et professionnelles; 116 millions en
assurances auto; 29 millions en primes au travail; et 5 millions
pour les fortes cylindrées. Et, du côté des
entreprises, il y en avait pour 338 millions : 60 en crédits
R et D coupés, 128 en taxes
sur le capital pour les compagnies d'assurance, 125 en surtaxe pour les
institutions financières, 19 pour l'assurance automobile et
3 millions pour les fortes cylindrées. Ça, c'était strictement décembre,
la mise à jour.
Il y en avait aussi... Il faut se le rappeler,
il y a eu le pacte fiscal qui a coupé 300 millions aux municipalités, municipalités qui, on le sait, ou bien ils vont
couper dans les services ou bien vont devoir augmenter les taxes. Puis ça
s'ajoute, évidemment, aux 370 millions qui avaient été annoncés, en juin,
de coupes dans les crédits d'impôt. On se rappellera
qu'il y a eu une coupe unilatérale et paramétrique des crédits d'impôt, il y en
avait pour 370 millions. Et cette coupe
a fait en sorte que — on l'a
vu, là — des
projets d'investissements ont été reportés, des entreprises embauchent
moins et sont encore inquiètes, là, du climat dans lequel elles vont évoluer
dans les prochaines années.
Évidemment,
donc, ces gestes qui ont été posés, ces hausses de taxes, ces hausses de
tarifs, ces coupes dans les programmes,
ces coupes d