Public Finance — 15 April 2015 (41st Legislature, 1st Session)

CFP 2015-04-15

Quebec — Committees

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Public Finance — 15 April 2015 (41st Legislature, 1st Session)

CFP 2015-04-15

Quebec — Committees

Écoutez,

l'année passée, vous êtes arrivés dans le cadre financier avec une croissance

prévue de 2,1 %. Vous

vous êtes révisés, par la suite, dans le

budget que vous avez déposé plus tard

dans l'année, à 1,8 %. Quand

vous avez sorti le 2 % de

croissance économique... J'arrive à ma question, M. le ministre. Je sais que

j'ai fait un grand exposé, là, mais j'arrive à la question, là. Quand vous êtes arrivés avec une

croissance de 2 % prévue pour 2015‑2016, à cette époque-là, la

croissance qu'on avait escomptée pour 2014,

c'était 1,5 %, et on a su pas longtemps après, quelques jours après, que

c'était finalement 1,3 %. Ça veut dire que ce qu'on annonce dans

le... Puis je ne vous dis pas que c'est de votre faute, là. Je vous dis juste

qu'à partir des informations que vous aviez... puis je pense que l'ensemble des

intervenants, des conjoncturistes étaient d'accord avec ça, à partir des

informations que vous aviez, vous avez dit : Bien, la croissance en 2014

était de 1,5 %. Bien là, on arrive,

quelques jours plus tard, avec du 1,3 %. Ça veut dire qu'on a sous-estimé

de 0,2 % la croissance économique de 2014 comme l'ensemble des gens

qui s'attardent à prévoir l'économie.

Moi, je me pose des

questions. Première question que j'aimerais vous poser, c'est : Votre

2 % de croissance, étant donné que

c'était basé à partir de 1,5 % pour 2014... est-ce que le 2 % en 2015

tient toujours la rampe, d'après vous?

Le Président (M.

Bernier) : M. le ministre.

M. Leitão :

Absolument, M. le Président. Non seulement ça tient la route, mais l'ajustement

ou la correction qui a été apportée par

l'ISQ au PIB québécois pour 2014, donc de 1,5 % à 1,3 %, reflète

essentiellement une révision de l'investissement

privé à la baisse au premier trimestre 2014. Et je rappelle encore au collègue

que 2014 demeure évidemment une... Ce

n'est pas le dernier mot, ça demeure encore un estimé. La confirmation de ce

taux de croissance là viendra un peu plus tard dans l'année.

Mais, non, que ce soit 1,3 % ou 1,5 %,

ça ne change absolument rien à notre prévision pour 2015, que je... D'ailleurs, je dois vous dire aussi, je la trouve

assez conservatrice. 2 % en 2015, dans la conjoncture actuelle; à mon

avis, elle est assez conservatrice. Donc,

non, notre cadre financier n'est pas du tout en péril du côté de la croissance

économique.

Le Président (M. Bernier) :

Merci. M. le député de Sanguinet.

M. Leitão : ...conservateur.

Therrien :

Alors, vous trouvez ça conservateur, 2 %, malgré le fait qu'on l'a baissé

de 0,2 %. Est-ce que vous trouviez l'année passée que votre

prévision de 1,8 % était conservatrice?

Leitão : Aussi. Il l'était aussi, conservateur, le 1,8 %, en

2014. Je vous rappelle encore une fois que la surprise, l'élément qui a forcé, encore une fois, la

révision à la baisse de 1,8 % à 1,5 %, c'étaient essentiellement

l'investissement privé et l'investissement

privé essentiellement en première moitié de l'année. Comme vous savez très

bien, les données, l'information sur l'investissement privé, ça prend

toujours un peu de temps, et, le portrait qu'on a aujourd'hui de la réalité de l'investissement privé en 2014, surtout

en première moitié de l'année 2014, cette réalité était encore plus

sombre que ce que nous avions pensé soit en juin soit en décembre de 2014.

Le Président (M. Bernier) :

Merci.

Therrien : Bien,

écoutez, d'abord, je suis content qu'il nous dise que c'était conservateur,

1,8 %, pour se retrouver avec 1,3 %. Ça veut dire que, même s'il

trouve conservateur 2 %, il est fort possible qu'on se retrouve avec moins

que ça.

Vous parlez

d'investissements privés qui ont été plus faibles que ce que vous aviez prévu.

Joseph Stiglitz, qui est prix Nobel

d'économie — vous

connaissez, évidemment — parle de l'austérité comme étant un problème important dans

une économie et que ça vient freiner la

croissance économique et, par le fait même, ça vient freiner l'atteinte des

budgets équilibrés. Et c'est drôle que vous

parliez d'investissements privés, parce

que Joseph Stiglitz mentionne que

l'austérité vient faire mal davantage

à l'investissement parce

que les investisseurs vont essayer

d'évaluer... quand vient le temps d'investir, ils vont essayer d'évaluer la demande effective dans l'économie,

et cette demande-là est affectée par des mesures d'austérité. Ça vient dégonfler la demande et ça fait en sorte qu'il y a

une chute des investissements privés. Autrement dit, ce que vous me dites, c'est que Stiglitz avait

prévu ce que vous me mentionnez, et semble-t-il que vous ne l'aviez pas prévu.

Moi, je vous

demande la question suivante : Si vous avez eu une chute que

vous n'aviez pas prévue, en 2014, de l'investissement privé, là, avec

une austérité encore plus sévère en 2015‑2016 — on parle de 1,5 % de

croissance au lieu de 2,9 % de

croissance — est-ce

que moi, je peux supposer que cette austérité-là, là, va amener encore une

surprenante chute de l'investissement privé pour cette année?

Le Président (M. Bernier) :

M. le ministre.

Leitão : Alors, tout à fait le contraire, M. le Président. Une couple

de choses ici. On parle d'austérité. Bon. Au moins, je suis content d'apprendre que ce n'est plus une austérité

toxique. Au moins ça. Mais, en 2014, donc, comme on a dit tantôt, ce qui était un peu la surprise,

l'élément qui était vraiment faible, c'était l'investissement privé dans la

première moitié de 2014. À ce que je sache,

on n'avait pas encore déposé de budget dans la première moitié de 2014. Au

premier trimestre, vous étiez là, vous. Le

deuxième trimestre, c'était un trimestre de transition où nous, nous sommes

arrivés. Donc, la faiblesse de l'investissement privé en 2013 et qui s'est

poursuivie en début 2014, ce n'est certainement pas lié aux politiques

budgétaires de notre gouvernement.

Deuxième chose, vous avez parlé d'investissement

et donc des facteurs qui ont une influence sur la prise de décision pour une entreprise, si elle investit ou

pas. Or, le facteur principal, c'est justement la confiance, la confiance

que l'entreprise a sur la capacité du

gouvernement en place de maintenir une politique fiscale qui soit crédible, qui

soit stable et qui soit prévisible.

Alors, pour rétablir cette confiance-là, l'élément principal, c'est l'atteinte

de l'équilibre budgétaire. Et ça me

fait un peu de peine de voir que, par exemple, votre collègue de

Marie-Victorin, que vous, d'ailleurs, supportez dans sa course au leadership, lui, il était d'accord pour

remettre l'équilibre budgétaire à plus tard. Alors là, je vous dis que

c'est justement, justement le fait de remettre à plus tard... comme ça a été

fait en 2013, de remettre à plus tard l'atteinte de l'équilibre budgétaire qui

envoie de très mauvais signaux et des signaux très contradictoires aux

investisseurs et qui a comme résultat final une faiblesse de l'investissement

privé.

Le Président (M. Bernier) :

Merci. M. le député de Sanguinet.

Therrien : Ça, on

n'est pas d'accord là-dessus. Vous dites que c'est le premier trimestre qui a

été difficile, là, l'année passée, mais, je veux dire, on avait une

prévision de 1,8 % qui est tombée à 1,6 %, qui est tombée à 1,5 %,

1,3 %.

Ce n'est pas le premier trimestre qui vous a fait chuter comme ça. Puis le

dernier trimestre 2014, c'était un trimestre extrêmement faible. En tout

cas, regardez, je n'ai pas utilisé le terme «austérité toxique» parce que je

parlais justement de l'effet négatif de l'austérité sur les investissements privés. Je ne fais pas de pléonasme quand je parle, c'est

évident que c'est toxique, là. C'est ça que j'explique, là.

Écoutez,

je vais laisser la parole à ma collègue, mais avant j'aurais une dernière question

à vous poser. Étant donné que votre

piste d'atterrissage, là, c'est le déficit zéro, vous dirigez l'avion québécois, là, vous décidez de crasher

l'avion québécois sur le déficit zéro. Nous,

notre position, c'était de faire un atterrissage en douceur, y aller par la

prospérité. Moi, ce que je vous demanderais

comme question : Étant donné que vous voulez arriver au déficit zéro et

que fondamentalement je considère que

2 %, c'est extrêmement optimiste, contrairement à ce que vous dites...

Moi, je voudrais savoir — première question : Quand tu retranches de 0,1 %

la croissance économique, ça a quelles conséquences sur le budget, vos

entrées d'argent? Et, à partir de ce

montant-là, je veux savoir, si vous n'avez pas le 2 %, est-ce que vous

allez compenser par des coupures

encore plus sévères et qui vont amener encore une croissance économique plus

faible, et ainsi de suite. Là, tu sais, c'est la saucisse Hygrade, cette

histoire-là, là. On appelle ça en économie une relation d'interdépendance.

Alors,

moi, je voudrais savoir : Premièrement, 0,1 % de diminution de ce que

vous prévoyiez, ça donne combien? Puis

ensuite, si vous voulez absolument avoir le déficit zéro, est-ce que vous allez

faire en sorte d'augmenter les coupures pour compenser la perte de

revenus?

Le Président (M.

Bernier) : Merci. M. le ministre.

Leitão : M. le Président, bon, encore une fois, oui, nous allons

d'ailleurs auparavant, ce qui compte, c'est le PIB nominal. Donc, nous,

dans notre cadre financier, c'est 3,8 % de croissance du PIB nominal, qui,

encore une fois, à notre avis, est extrêmement conservatrice. Donc, nous ne croyons pas que notre cadre financier soit

à risque de ce côté-là, mais nous nous sommes engagés à atteindre

l'équilibre budgétaire, et donc cela va être accompli, et on va faire tout ce

qui est nécessaire pour atteindre l'équilibre budgétaire, chose que, par

exemple, de votre côté, il semble y avoir une certaine ambivalence sur la

nécessité de le faire ou pas.

Peut-être

un dernier petit commentaire. Ce que nous faisons en termes de dépenses, c'est

de contrôler le rythme de croissance

des dépenses. On ne coupe pas les dépenses en termes absolus. Donc, il y a une

croissance de l'augmentation des

dépenses de 1,5 %, et ça se poursuit, ça s'accélère même graduellement au

cours des prochaines années. Ce que nous allons faire, c'est nous

assurer que la croissance des revenus demeure toujours plus élevée, plus forte

que la croissance des dépenses. Donc, si on

veut faire ça, au contraire : que la croissance des dépenses est

inférieure à la croissance des revenus, et c'est comme ça que nous

allons arriver à l'équilibre budgétaire.

Le Président (M.

Bernier) : Merci. Madame... Oui, M. le député de Sanguinet.

Therrien :

Rapidement. Je m'excuse auprès de ma collègue. Dernière question, une minute,

pas plus.

Vous parlez de PIB

nominal. On sait très bien que la croissance économique réelle est dans ta

croissance économique nominale, là. Bon. Moi, ce que je veux savoir, là... Si

vous n'atteignez pas ces objectifs de 2 %, il y a deux possibilités que vous avez : soit augmenter les taxes, les

tarifs soit baisser vos dépenses davantage. Je ne peux pas croire que vous n'avez pas fait de prévision à ce

niveau-là, dire : Si ça ne marche pas, c'est quoi, notre porte de

sortie, pour atteindre l'équilibre

budgétaire? C'est-u que vous allez augmenter les taxes, vous allez couper

davantage dans les dépenses? C'est juste la question que je me pose. Je

veux avoir une réponse là-dessus.

Le Président (M.

Bernier) : M. le ministre.

Leitão : Nous allons

demeure inférieure à une croissance des revenus. Donc, je pense,

c'est assez clair : croissance des dépenses inférieure à la croissance des

revenus.

Le Président (M.

Bernier) : Merci. M. le député.

Therrien :

...compris que, si le PIB n'augmente pas de 2 % en termes réels, ça veut dire qu'ils vont couper

davantage dans les dépenses pour que ça reste inférieur aux revenus. C'est ce

que j'ai compris.

Therrien :

C'est ce que j'ai compris. Bien non, mais là...

Le Président (M.

Bernier) : Attendez une minute. Pas d'interpellation. Je vais

vous laisser terminer votre présentation, puis après ça je vais aller au

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CollectionQuebec — Committees
CitationCFP 2015-04-15
Typecommittee
Volume / chapteren travaux parlementaires commissions cfp 41 1 journal debats CFP 150415.html
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifierbd9fc86609667284f4bcba1d919ff84a3ac3b6e8

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