Health and Social Services — 13 February 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CSSS 2013-02-13
Quebec — Committees
(Onze
heures trente-quatre minutes)
Le Président (M.
Bergman) : À l'ordre, s'il vous
plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la
santé et des services sociaux ouverte.
demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
commission est réunie afin de poursuivre l'étude des crédits budgétaires du
volet Santé relevant du portefeuille Santé et
Services sociaux pour l'exercice financier 2013‑2014.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Il n'y a aucun remplacement,
M. le Président.
Président (M. Bergman) : Puisque nous avons débuté nos travaux à 11 h 34 et qu'une
période de deux heures doit être consacrée à l'étude de ce volet ce matin, y a-t-il
consentement pour poursuivre nos travaux au-delà de l'heure prévue, soit
jusqu'à 13 h 34? Consentement? Consentement.
Avant
de poursuivre nos travaux, je vous informe du temps imparti qu'il reste à
chaque groupe parlementaire pour l'étude de ce
programme : gouvernement, environ 2 h 13 min; opposition officielle,
environ 2 h 18 min; deuxième opposition, environ 29 minutes.
Lors
de la suspension de nos travaux, hier soir, Mme la députée de Sainte-Rose avait
la parole. Je vous invite donc de poursuivre
votre intervention sur Héma-Québec. Alors, Mme la députée de Sainte-Rose.
Proulx :
Bonjour, M. le Président. Alors, en fait, pour ce matin, je vais inviter ma
collègue de Masson à prendre la parole.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de Masson,
pour une...
Gadoury-Hamelin :
Bonjour, M. le Président, merci. Bonjour à nouveau à tout le monde, les collègues de l'Assemblée
nationale. Il y a des nouvelles personnes qui sont là aujourd'hui, qui n'étaient
pas là hier, alors je vous salue, membres de l'équipe ministérielle,
également M. le ministre et tout le personnel qui est encore là, présent, pour
nous supporter. Alors, on revoit des visages, alors merci d'être là.
Alors,
moi, aujourd'hui, j'aimerais vous entretenir concernant les urgences, la
situation dans les urgences. Pendant les 10
dernières années de la gouverne libérale, particulièrement les trois années où
le ministre de la Santé a été... le ministère,
pardon, de la Santé a été dirigé par l'ancien ministre Yves Bolduc, celui-ci a
fait une de ses grandes priorités la meilleure
gestion des urgences. Remédier à… à l'engorgement, pardon, des salles d'urgence
était sa grande priorité.
Malgré cela,
les salles d'urgence de la plupart des grands centres hospitaliers de partout
au Québec continuent d'être régulièrement débordées, et les médias se
font aussi un devoir de nous le rappeler de façon régulière. On constate que la
recette n'a donc pas fonctionné. Même les candidats à la chefferie libérale l'admettent
désormais.
j'aimerais citer... je cite un
article de M. Vincent Marissal, dans le journal La Presse
du 28 janvier dernier, dans lequel on peut lire... c'est des propos qui ont
été relatés suite... lors du quatrième débat des aspirants chefs du Parti
libéral. Donc, on notait, dans cet article-là,
que « MM. Bachand, Couillard et Moreau ont,
en effet, passé une
partie de l'après-midi d'hier à répéter à quel point leur gouvernement a
échoué dans ce qui était pourtant la priorité absolue de leur ancien
chef, la santé. Il faut saluer la franchise des trois anciens ministres, qui
ont admis que le système de santé ne fonctionne pas — que les urgences débordent, que les Québécois n'ont pas de médecin
de famille, etc. — et souligner leur prudence à ne pas promettre, cette fois, de remède
universel aux maux de la santé. Mais ils dressent un constat d'échec
lamentable sur les politiques de l'ère Charest. »
Alors,
M. le ministre, quel est aujourd'hui votre plan pour désengorger les salles d'urgence
au Québec, qui sont un problème pour plusieurs
Québécois?
Le Président (M.
Bergman) : M. le ministre.
M. Hébert : Merci beaucoup, Mme la députée.
Effectivement, je pense que la priorité du ministre précédent était ciblée sur les urgences, avec même une surveillance
quasi quotidienne de ce qui se passait dans les urgences et des interventions, également, précises auprès des
salles d'urgence. Alors, lorsqu'on regarde l'efficacité des mesures qui
ont été mises en place, force est de constater qu'il y a
eu peu de progrès au niveau de la durée moyenne de séjour dans les urgences.
Je vais juste vous montrer un graphique qui
montre qu'en cinq ans, en fait, la durée moyenne de séjour est passée de 17,1 heures à
17,3. En fait, il y a eu une augmentation et non pas une diminution. Et, quand
on regarde santé mentale, bien là, c'est
pire, la durée de séjour a augmenté suite aux interventions du ministre
précédent. Et, quand on regarde les personnes
de plus… de 75 ans et plus, vous voyez que la durée moyenne de séjour,
vraiment, n'a pas diminué dans les urgences du Québec.
Et le ministre précédent s'était gardé même
certaines régions qu'il suivait particulièrement, de façon personnelle : la
région de Québec et la région de Montréal. Alors, vous pouvez regarder que l'influence
du ministre précédent, dans la région
de Québec, est à tout le moins chaotique, et même chose dans la région de
Montréal, où les durées de séjour se sont détériorées au cours des cinq dernières années. Il faut dire également
que les séjours de plus de 48 heures dans une salle d'urgence, là, ont passé de 6,4 % en 2008‑2009
à 6,5 % en 2011‑2012. Ça n'a pas diminué, ça a légèrement augmenté.
Alors,
il faut constater, M. le Président, qu'il y a un échec de la stratégie
précédente qui était ciblée sur les urgences.
C'est vrai qu'il y a un problème dans les urgences, mais on a concentré nos
énergies à l'urgence. Si le problème est
à l'urgence, les solutions sont bien souvent à l'extérieur de l'urgence. Et c'est
là-dessus que nous allons axer notre stratégie,
en faisant en sorte que l'urgence ne soit pas le palliatif au manque de suivi
en première ligne, que l'urgence ne soit pas un palliatif à l'absence de
soins à domicile pour les personnes âgées.
Alors, notre stratégie, elle vise à dévier
les patients qui pourraient recevoir des services ailleurs qu'à l'urgence dans des
milieux où ils peuvent recevoir les soins qui sont appropriés, notamment les
groupes de médecins de famille et les cliniques-réseaux,
M. le Président, de façon à ce qu'on puisse assurer une augmentation dans la
prise en charge des patients d'avoir
un accès à la première ligne et aussi une augmentation des heures d'ouverture
des GMF et des cliniques-réseaux.
s'aperçoit, M. le Président, que, quand on regarde la performance des GMF, il y
a 43 % des GMF qui n'ouvrent pas la fin
de semaine, alors que c'est marqué dans leur contrat, alors qu'on paie pour ça,
M. le Président. Il y a 43 % des
GMF qui n'ouvrent pas la fin de semaine. Qu'est-ce qu'il reste à ces
patients-là pour être capables d'avoir des soins? Bien, il reste de se
rendre à l'urgence.
Et donc on a concentré vers l'urgence l'ensemble
de la réponse de la première ligne. C'est ce que j'appelle l'effet centripète. Et on a tellement bien réussi, M. le
Président, que plus de la moitié des patients... en fait, 62,4 % des patients qui se présentent à l'urgence sont des
patients classés P4 ou P5, donc des gens qui n'ont pas un problème nécessitant vraiment une consultation à l'urgence
et qui pourraient recevoir leurs soins dans des cliniques-réseaux, dans
des GMF. Alors, ce qui est important, M. le
Président, c'est qu'on puisse arrêter cet effet centripète, arrêter cette
augmentation continue des patients P4, P5, donc des patients qui ont des
problèmes non urgents, pour que l'urgence joue vraiment son rôle de traiter des
gens pour qui on doit avoir des services spécialisés et des services, des
interventions urgentes.
Alors, il faut donc avoir une intervention en
amont dans les groupes de médecins de famille, mais il faut aussi en santé mentale, parce que je vous le montrais tout
à l'heure, la durée moyenne de séjour est tout à fait préoccupante en santé mentale. Il faut être capable d'avoir des
équipes de suivi intensif dans le milieu, en santé mentale, pour
justement faire en sorte que les patients de
santé mentale ne se ramassent pas à l'urgence faute d'avoir un suivi intensif.
Et je disais hier, lors de la
discussion sur la santé mentale, que le plan d'action en santé mentale n'avait
pas vraiment réussi ses objectifs, n'avait pas vraiment atteint ses
cibles au niveau du suivi intensif en santé mentale.
faut aussi travailler sur après. Et après, bien, comme je le disais hier, c'est
les soins à domicile, les soins à domicile pour les personnes âgées, de façon à
ce que les personnes âgées n'aient pas... d'autre option que d'attendre un lit de CHSLD en utilisant un lit d'hôpital. Et,
si on libère ces lits d'hôpitaux, bien, ça fera autant de patients qui
pourront être hospitalisés suite à leur consultation à l'urgence.
Mais il y a également, M. le Président, des
interventions qu'on doit faire sur l'hôpital lui-même, parce que ce n'est pas vrai que c'est
seulement l'urgence qui doit absorber l'ensemble du surplus de patients d'un
hôpital. Il faut aussi faire des interventions pour qu'à l'hôpital il y
ait des actions concrètes. Il y a un guide de gestion, M. le Président, qui
prévoit qu'avec 120 % d'occupation,
avec 150 % d'occupation, il y a des mesures qui doivent se mettre en
place, mais il n'y a pas de mesure précise, contraignante.
l'une de ces mesures — et
j'en discutais justement il y a quelques semaines avec les deux associations de
médecins d'urgence — c'est de demander aux
hôpitaux d'être en surcapacité, que la surcapacité ne soit pas juste à l'urgence, mais sur l'ensemble de l'hôpital, de
façon à répartir le risque à l'ensemble de l'hôpital et ne pas concentrer
les risques sur l'urgence, sur le personnel
de l'urgence, sur les médecins qui doivent travailler à l'urgence. On pourrait
être en mesure d'avoir une approche beaucoup
plus sécuritaire pour les patients si on avait des standards de surcapacité qui
se mettent en place lorsque l'urgence déborde, M. le Président.
Ces surcapacités-là doivent être également
utilisées en aval, dans les centres d'hébergement, dans les centres de réadaptation, pour s'assurer
que, lorsqu'une urgence ou lorsqu'un établissement est aux prises avec un
débordement de sa salle d'urgence, on puisse mettre à contribution les
autres établissements du réseau pour régler l'aval de l'hôpital, c'est-à-dire l'admission
en réadaptation et l'admission en centre d'hébergement.
Il y a aussi, là, du travail à faire pour que
ces établissements contribuent à faire en sorte que l'urgence ne soit plus, M. le Président,
le palliatif à l'incapacité de l'ensemble du réseau d'être capable d'avoir une
première ligne efficace et d'être capable
de faire en sorte que les malades qui ont terminé leur traitement actif à l'hôpital
puissent trouver, soit dans les soins à domicile, soit en hébergement,
soit dans les centres de réadaptation, des services appropriés et des services
en temps approprié, M. le Président.
Le Président (M. Bergman) : Merci, M. le ministre. Maintenant, l'opposition
officielle pour un bloc de 20 minutes . M. le
député de Vaudreuil.
Marcoux : Oui,
merci, M. le Président. M. le ministre, M. le sous-ministre, collègues
parlementaires. Alors, M. le Président, la région de Vaudreuil-Soulanges, que ma collègue de
Soulanges et moi représentons, comptait, en 2012, 143 000 de
population, selon la direction de la santé publique de l'agence de Montérégie,
et cette population était, en 2001, de
104 000 personnes, donc a connu une croissance démographique
exceptionnelle. Selon toutes les prévisions, la population atteindra au
moins 175 000 de population d'ici cinq ou six ans maximum. Et je pense que
nous sommes à peu près le seul territoire au Canada de plus de 125 000
habitants qui n'a pas d'hôpital.
Devant