Transportation and the Environment — 13 March 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CTE 2013-03-13
Quebec — Committees
(Onze heures trente-cinq minutes)
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci. Alors, bienvenue. Alors, ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des transports et de l'environnement
ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs téléphones, leurs cellulaires, s'il vous plaît.
Alors, la commission est réunie afin de
procéder aux auditions publiques dans le cadre du mandat visant à faire la lumière sur
les événements survenus le 24 octobre dernier concernant les interventions
du ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et
des Parcs auprès de l'organisme public et indépendant qu'est le Bureau d'audiences
publiques sur l'environnement, le BAPE.
Alors, je vous rappelle très brièvement le
contexte parce que cette commission-là, elle travaille depuis déjà un certain temps. Elle
a tenu des séances de travail depuis le 22 novembre 2012. Nous avons
convenu d'entendre le ministre du Développement durable, de l'Environnement,
de la Faune et des Parcs, ce qui a eu lieu le 21 février. On a bien
compris que le fait qu'il y ait eu un changement de ministre ne rendait pas le
mandat caduc. Et aujourd'hui nous commençons par l'audition des témoins, donc,
que je vais vous présenter.
le secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Bolduc
(Mégantic) est remplacé par M. Paradis (Brome-Missisquoi)
et Mme L'Écuyer (Pontiac) est remplacée par M. Tanguay (LaFontaine).
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Très bien. Alors, étant donné que les
affaires courantes se sont terminées plus tard
que prévu, j'ai besoin du consentement pour prolonger les auditions à
13 h 35. Est-ce que j'ai le
consentement?
Paradis : On est en caucus, Mme la
Présidente, à 13 heures. Donc, il n'y a pas de consentement.
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Pas de consentement, vous avez caucus
à 13 heures. Alors donc, on va devoir
réviser le temps de parole alloué à chacun des groupes pour que vous puissiez
évidemment intervenir en conséquence. Alors,
si vous permettez… Donc, je n'ai pas le consentement, donc on va calculer le
temps, et je vais vous le donner tantôt, si vous voulez, M. le
secrétaire.
Alors, je vous fais lecture de notre ordre du
jour d'aujourd'hui. Nous allons débuter par l'audition de M. Pierre Fortin, ex-vice-président du BAPE. Par la suite,
nous entendrons M. Denis Bergeron, qui est membre du BAPE. Cet après-midi, nous
procéderons aux auditions de M. Michel Germain, M. François Lafond et Mme
Anne-Marie Parent, qui sont également membres du BAPE.
Alors, je souhaite la bienvenue à M. Pierre
Fortin, ex-vice-président du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, le BAPE. Je vous
rappelle que vous disposez de 10 minutes, M. Fortin, pour faire votre présentation, et que nous procéderons
ensuite à une période d'échange — en principe,
elle était de 50 minutes, mais elle va être
réduite à cause du retard de la Chambre — et ces échanges vont
être avec les membres de la commission. Et, avant de vous céder la parole, je comprends, M.
Fortin, que vous avez demandé d'être assermenté. Est-ce que vous confirmez?
Fortin (Pierre) : Oui.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Très
bien. Alors...
Paradis : Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Permettez-moi, M. le député de
Brome-Missisquoi, d'abord de procéder à l'assermentation
de M. Fortin, qui va être faite par la secrétaire de la commission.
M. Fortin
(Pierre) : Je, Pierre Fortin, déclare
sous serment que je dirai toute la vérité et rien que la vérité.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci beaucoup, M. Fortin. Vous avez demandé la parole,
M. le député de Brome-Missisquoi.
M. Paradis : Mme la Présidente, simplement pour souligner, c'est un
petit peu délicat de le faire, mais l'absence
de notre collègue de Nelligan, qui a participé à tous les travaux de la
commission et qui n'est pas parmi nous à cause de sa situation de future
maman. Ça fait qu'on lui souhaite la meilleure des chances, et je pense que c'est
un voeu unanime de la commission.
Deuxième point, Mme la
Présidente, la dernière fois que nous avons siégé, nous avons siégé dans une
petite salle, le 1.38, là, sans caméra,
etc., simplement le son. Le ministre de l'Environnement a témoigné et, en vertu
du règlement, moi, je suis, comme les autres membres de cette
commission, obligé de prendre sa parole, le règlement m'y oblige.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Vous n'avez pas le
choix, M. le député de Brome-Missisquoi.
Paradis : Je le
sais, que je n'ai pas le choix, mais il y a des gens qui nous ont communiqué…
et qui ont trouvé son témoignage non crédible.
Dans les circonstances, je vais vous demander de convoquer...
Présidente (Mme Houda-Pepin) : …un instant. Un instant! O.K. Parfait. Alors, un
instant. M. le député de Brome-Missisquoi, je
pensais que vous étiez sur une question de règlement.
M. Paradis : …tout simplement vous demander de convoquer une séance de
travail…
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Non… Oui. Monsieur...
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : D'accord. Alors, c'est
parfait. M. le leader... pardon, M. le député de Brome-Missisquoi, en vous
rappelant que la commission organise ses travaux avec le comité directeur et
tous les membres, il y aura un suivi,
sachant que la liste qui nous a été présentée n'était pas finale et que c'est
convenu qu'on aura des séances de travail. Donc, je n'ai pas besoin de
demande à cet effet.
Maintenant,
conformément à l'article 52 de la
Loi sur l'Assemblée nationale, je
demande au secrétaire — donc, ça a été… procédé — je demande au
secrétaire de procéder à l'assermentation du témoin, ce qui a été fait.
vous donne le temps de parole, qui va changer, je vous le dis à
titre
indicatif, mais au secrétariat on me le donne
déjà. Du côté du gouvernement, vous aurez 13 min 20 s; du côté
de l'opposition officielle, 16 min 40 s...
Présidente (Mme Houda-Pepin) : De toutes les oppositions. Excusez-moi. Donc, l'opposition
officielle, ça serait 13 min 20 s, et le deuxième groupe d'opposition — je
vous souhaite la bienvenue, M. le député de La Peltrie — vous avez 3 min 20 s. Ça va?
Alors, nous commençons
par l'audition de M. Pierre Fortin. Vous avez la parole pour un temps de parole
maximum de 10 minutes.
Fortin (Pierre) :
Merci, Mme la Présidente. Mmes et MM. les députés, bonjour. C'est avec beaucoup d'intérêt que je me présente devant la Commission des
transports et de l'environnement pour vous éclairer sur les propos tenus et les
gestes posés par l'ex-ministre Breton lors de sa visite du 24 octobre 2012
au BAPE.
En premier lieu, je vais
faire un bref rappel, au meilleur de mes souvenirs, sur les événements qui se
sont passés lors de cette rencontre, puis je
vous entretiendrai sur les conséquences de ceux-ci sur le BAPE, et enfin je
formulerai quelques recommandations à la commission parlementaire pour assurer
l'indépendance de cet organisme.
Mais, avant,
permettez-moi de revenir sur des points importants du bilan de l'administration
de Me Pierre Renaud et de moi-même au cours de notre mandat.
2007 à 2012, nous avons exercé notre rôle avec la discrétion et le plus haut
niveau d'éthique qui caractérisent la nature de nos fonctions, sans qu'aucun élément ne
vienne ternir notre mandat. Vous savez, il y a exactement trois ans, c'est
avec fierté que nous vous avons rencontrés pour vous présenter les activités du
BAPE. À la suite du bilan de notre
administration, la qualité de notre travail a été saluée de façon unanime par
les membres de la présente commission parlementaire. D'ailleurs, le
député de Repentigny, M. Scott McKay, peut en témoigner, puisqu'il participait
à cette audience, qui s'est tenue le 15 février 2010.
Les différents rapports annuels du BAPE de 2007
à 2012 font état également d'une grande appréciation des citoyens à l'endroit
de notre organisme. En 2011-2012, le taux de satisfaction se chiffrait à
93 %. Je vous invite également à
consulter le bilan du plan stratégique 2008-2013, disponible sur le site Web du
BAPE, qui atteste de l'excellent travail accompli au cours de notre
mandat.
Revenons
maintenant sur la fameuse visite de l'ex-ministre Breton. Curieusement, j'ai
été informé de la visite éventuelle du
ministre par notre conseillère juridique. Elle m'a précisé qu'elle avait
rencontré le ministre au MDDEFP et qu'il
était de son intention de rencontrer tout le personnel dans les jours à venir.
J'ai trouvé fort étrange que la personne responsable de l'appréciation de l'éthique au BAPE m'annonce cette
visite. Il s'agissait de la première visite du ministre. De plus, il y
avait deux commissions d'enquête en cours. Soyez assurés que le président
Renaud n'aurait jamais accepté une telle intrusion.
la suite, j'ai reçu un appel de l'attachée de presse du ministre, qui m'a
informé d'une visite prévue pour le 24 octobre à 15 heures. Elle m'a
précisé que le ministre souhaitait rencontrer tout le personnel, effectuer la
visite des locaux et s'entretenir en privé avec les commissaires. Je tiens à
préciser que, la veille de cette visite, j'ai dû rencontrer l'ensemble des
analystes pour m'assurer de leur présence, car certains ne voulaient pas
assister à cette rencontre et encore moins serrer la main du ministre Breton.
Dans ce contexte teinté du congédiement du
président… C'est dans ce contexte que le ministre a pris la parole devant tous les employés. De mémoire, il a souligné
notamment le fait que, lorsqu'on nomme un économiste pour occuper un poste de ministre des Finances, les
gens applaudissent; toutefois, lorsqu'on nomme un environnementaliste au
poste de ministre de l'Environnement, ce n'est pas bon.
a abordé divers sujets, notamment la modernisation du BAPE. Puis il a reconnu
que le travail du BAPE est important et que,
s'il n'était pas content du travail du BAPE, il s'organiserait pour nous le
faire savoir. Ensuite, il a échangé avec
le commissaire Germain sur le dossier de l'échangeur Turcot et il s'est tourné
vers moi pour me féliciter et me dire que j'avais fait du bon travail
dans le dossier du gaz de schiste.
la suite de la rencontre avec les employés, un huis clos s'est tenu avec les
commissaires. De mémoire, la conversation a
porté sur les mandats génériques à venir ainsi que sur le coût que ce type de
mandat avait entraîné dans le passé. Il a également été question que peu d'avis
du BAPE étaient pris en considération dans les analyses environnementales
de son ministère. L'échange était courtois, mais tous étaient relativement
nerveux et mal à l'aise.
la fin de l'entretien, je lui ai demandé s'il était de son intention de me
déplacer. Il a répondu non.
Après le départ du ministre, le directeur
général m'a informé que la garde du corps du ministre avait demandé de lui remettre une liste téléphonique et qu'elle était
partie avec les numéros de cellulaire des commissaires. J'ai trouvé ça étrange,
d'autant plus qu'aucune demande en ce sens n'avait jamais eu cours auparavant.
par sa nature intrinsèque, le BAPE se doit d'être indépendant, neutre et
impartial. À cet égard, nous nous sommes
donné un code de déontologie et une déclaration de valeurs éthiques afin de
nous guider dans notre travail et pour nous assurer de remplir
adéquatement notre rôle dans l'intérêt public. Le membre évite toute situation
qui ferait en sorte que son indépendance puisse être mise en doute.
Par exemple, en audience publique, le membre
évite de circuler dans la salle sans être accompagné d'un analyste, et une salle
privée est à la disposition des commissaires lors des pauses afin d'éviter tout
contact avec les participants. Il évite toute rencontre privée ou
échange avec qui que ce soit, et, à mon point de vue, ce comportement s'applique
à tout intervenant, y compris le ministre.
La visite de ce dernier n'aurait jamais dû
avoir lieu et elle représente tout ce qu'il faut éviter de faire pour s'assurer de l'indépendance de l'organisme aux yeux de la
population. Cette visite donne une impression de promiscuité. Une telle
apparence est néfaste, puisqu'elle suggère que le ministre donne directement
des directives au BAPE ou aux commissions d'enquête. Elle va à l'encontre des
valeurs éthiques que prône le BAPE.
J'aimerais
vous relater les trois faits suivants. Premièrement, le président du BAPE est
congédié sans motif apparent et sans explication. Vous comprendrez la nervosité
du personnel face au ministre qui a procédé à un tel congédiement. Ensuite, le ministre rencontre le personnel et pousse l'audace
de rencontrer les commissaires en privé, alors que deux commissions d'enquête
sont en cours, dont l'une présidée par moi. Enfin, quelques jours après cette
visite, j'ai été congédié sans explication.
Par son comportement, le ministre a interféré
directement dans le déroulement d'une commission d'enquête. Avouez que ces faits envoient tout un message et donnent l'apparence
que cette visite n'avait rien d'une visite de courtoisie.
Certes, le BAPE est un organisme relevant du
ministre. Toutefois, sa mission est d'éclairer la prise de décision gouvernementale
en toute objectivité. À cette fin, le BAPE analyse et examine les répercussions
d'un projet dans le but d'exposer des constats et de formuler des avis.
Il s'appuie sur les faits et non pas sur «je pense que c'est bon» ou «je pense que ce n'est pas bon». Il pose un jugement
sur les faits et les preuves qui lui sont soumis et non sur des opinions
ou des ouï-dire. Il s'appuie sur des études scientifiques et sur des évaluations
terrain, en respectant les lois et les orientations politiques données par le
gouvernement. Mais… plus est, les commissaires s'abstiennent de donner leurs
opinions personnelles.
Cette façon de faire ne plaît pas à certains
environnementalistes. Ils souhaiteraient que le BAPE épouse leurs causes. Certains groupes écologistes, à défaut d'être en
mesure de prendre à revers les analyses rigoureuses du BAPE, pensent que
celui-ci devrait les représenter et dénoncer une politique gouvernementale ou,
à tout le moins, un projet qui ne correspond
pas à leurs attentes. Le BAPE n'est aucunement un outil de revendication des
groupes. D'ailleurs, lors du congrès
de l'AQEI en 2008, le président a été approché par un écologiste afin que le
BAPE travaille de concert avec les
groupes environnementaux. Me Renaud avait répondu : Vous êtes les
premiers à exiger l'impartialité du BAPE, donc l'impartialité
doit s'appliquer à tous, incluant les groupes environnementaux. En épousant la
cause des groupes environnementaux, alors le BAPE se politiserait.
La mission du BAPE n'est pas non plus de
dénoncer le gouvernement ou de juger de sa performance, à l'image du Vérificateur général, qui, lui, a un mandat
clair en ce sens. S'il agissait ainsi, encore là le BAPE outrepasserait sa mission et se politiserait. Le BAPE laisse le soin
au gouvernement d'établir des politiques et par la suite de prendre des décisions. Ainsi, le BAPE étudie les projets en
fonction de ces politiques, de leur impact sur l'environnement et de
leur insertion harmonieuse dans le milieu.
Ce qui prime, ce n'est donc pas de savoir ce
que l'ex-ministre a dit ou pas dit. Ce n'est pas non plus de savoir s'il avait l'intention de se servir des numéros de
cellulaire ou pas. Tout ce qui importe aux yeux de la population, c'est l'apparence d'influence que sa visite a suscité,
surtout sur le déroulement de deux commissions d'enquête. Il n'avait pas
d'affaire là. Alors que les commissaires évitent toute circonstance, geste ou
attitude pouvant conduire à une mauvaise perception de leur indépendance, le
ministre s'est ingéré maladroitement, reniant ainsi les règles élémentaires d'éthique
que le BAPE s'est données.
De façon à éviter toute suspicion de la part
de la population et ainsi risquer d'affecter la crédibilité, l'intégrité, la probité et la rigueur professionnelle du personnel du
BAPE et des commissaires, le ministre doit toujours s'abstenir de les
rencontrer.
En terminant, je peux vous affirmer fièrement
que jamais le gouvernement précédent n'a tenté d'interférer dans un dossier du
BAPE, et soyez assurés que jamais nous n'aurions accepté qu'il le fasse. J'ai
servi, tout au long de mon mandat, dans
le meilleur intérêt des Québécois, sans aucune pression politique et en faisant
fi de ce que les groupes environnementaux ou les promoteurs auraient
souhaité que je recommande au gouvernement.
vous remercie, Mme la Présidente. Et le texte intégral de cette présentation
est sur mon site Web, intitulé Environnement PF.com .
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci
beaucoup. Merci beaucoup, M. Fortin. Alors, vous êtes dans les temps.
Maintenant, je vais céder la parole à M. le député de Repentigny, en vous
rappelant que vous avez 13 min 20 s. Merci. Allez.
McKay : Merci, Mme la Présidente.
Bonjour. Vous mentionnez que, d'après vous, le ministre, l'ancien ministre, s'est
ingéré dans des mandats. Quel était le mandat que vous aviez en cours au moment
de la visite.
Fortin (Pierre) : C'était le projet
de réaménagement de...
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
le... Allez-y, allez-y.
Fortin (Pierre) : Excusez. C'était le
projet de réaménagement du boulevard Jacques-Cartier, à Gatineau.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M. le
député de Repentigny.
McKay : Est-ce que le ministre vous a
parlé du dossier?
Fortin (Pierre) : Non.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Fortin, attendez qu'on vous donne la parole, s'il vous plaît. Merci beaucoup.
Fortin (Pierre) : Oui. Excusez,
madame.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Oui,
M. Fortin, vous avez la...
M. Fortin (Pierre) : Non. D'ailleurs, quand on a eu la
rencontre entre les commissaires à huis clos, on s'était dit, entre les
commissaires… Parce qu'on était intimidés de voir débarquer le ministre comme
ça, on ne savait pas qu'est-ce qu'il allait faire, et j'avais demandé à
mes collègues : Écoutez, s'il rentre dans les détails, s'il rentre dans le
dossier proprement dit, vous... Je vais m'en occuper, dans le sens où je vais
lui expliquer les règles d'éthique du BAPE.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Très
bien. M. le député de Repentigny.
M. McKay : Alors donc, vous dites que le
ministre n'a pas abordé aucun dossier dans les mandats qui étaient en cours, c'est bien ça?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Fortin.
Fortin (Pierre) : C'est bien ça.
McKay : Est-ce
que le ministre vous a dicté une règle de conduite? Est-ce qu'il vous a donné
une directive?
M. Fortin (Pierre) : Non.
Présidente (Mme Houda-Pepin) :
Allez-y.
M. McKay : Est-ce que le ministre vous a demandé
de modifier votre approche dans un dossier qui était en cours ou un dossier à venir?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Fortin.
Fortin (Pierre) : Non.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : …M. le…
McKay : Est-ce que le ministre vous
a... a critiqué votre façon d'agir?
Fortin (Pierre) : Non.
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : M. le député de Repentigny, vous vous
adressez à la présidence. Vous êtes un député
expérimenté. Donc, allez-y.
McKay : Oui. Bon, enfin… Alors,
est-ce que le ministre, donc, s'est ingéré dans les dossiers du BAPE?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Fortin.
M. Fortin (Pierre) : Il a contrevenu aux règles d'éthique
que le BAPE s'est données. Parce que le BAPE, il
ne peut pas donner l'apparence…
Fortin (Pierre) : Ce qu'il est
important de dire, c'est : C'est bien important qu'on n'ait pas... Tout ce
qu'on doit dire, nous, doit être dit en
public. On ne peut pas être confinés dans une réunion privée puis échanger. Ça
donne l'apparence…
Présidente (Mme Houda-Pepin) : D'accord.
Très bien.
Fortin (Pierre) : Puis c'est cette
apparence-là qui donne cette promiscuité-là.
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : On va laisser le témoin répondre, M.
le député de Repentigny. Posez-les, vos
questions, ça se déroule bien. Allez-y.
M. McKay : Est-ce que vous pouvez citer le
point, dans le code d'éthique, qui mentionne que le ministre ne peut pas parler avec un
commissaire? Parce je pense qu'on a établi très clairement, lors de la session
précédente, que le BAPE n'est pas un organisme judiciaire ou quasi
judiciaire. En quoi est-ce que l'échange auquel vous faites référence, là... En
quoi est-ce que ça pourrait consister en une ingérence, puisqu'il n'a fait
aucun commentaire sur les dossiers, il ne vous a pas donné de directive, il ne
vous a pas demandé de modifier votre conduite, il ne vous a pas tordu le bras?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Très
bien, M. le député de Repentigny. M. Fortin.
M. Fortin (Pierre) : Pour revenir sur la question, il y a
deux volets dans cette question-là. Les pouvoirs
judiciaires, c'est souvent revenu, ça. Vous savez, les commissaires sont
assermentés devant un juge de la Cour supérieure et ils bénéficient des pouvoirs et de l'immunité en vertu de la
Loi sur les
commissions d'enquête. Ça, ça veut dire, si j'essaie de simplifier, là,
un commissaire pourrait donner une amende, aller jusqu'à 5 000 $ d'amende,
il pourrait convoquer par subpoena un témoin, pourrait exiger un document
confidentiel, pourrait dire à un participant qu'il... voyons, qu'il... en tout
cas, insulte à la commission, là, je ne me souviens... il me manque le...
Fortin (Pierre) : Pardon?
Présidente (Mme Houda-Pepin) :
Outrage.
M. Fortin
(Pierre) : Outrage. Donc, la seule
chose qui différencie un commissaire enquêteur d'un juge, en théorie, c'est que
le commissaire ne peut pas donner de peine d'emprisonnement.
Pour
revenir sur le code de déontologie, l'article 10 du code, que je vais
déposer à la commission, dit : «Le membre
évite de se placer dans une situation qui pourrait évoluer vers une situation
de conflit d'intérêts ou le placer dans une situation de vulnérabilité.
En cas de doute, il [...] avise le président du bureau.» Et ça, on le pratique
à toutes les audiences, on l'applique dans notre code de vie en général. Donc,
je le dépose à la commission.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : D'accord. Alors...
Fortin (Pierre) :
Puis je dépose à la commission la Déclaration de valeurs éthiques que nous nous sommes donnée, qui régit notre comportement.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : D'accord. Alors, je pense que, ce code-là, les membres
de la commission l'ont déjà, mais on va le regarder pour voir si c'est le même document.
Si c'est le même, les membres de la commission l'ont déjà. Sinon, on va
le distribuer.
M. le député de
Repentigny, vous avez la parole.
M. McKay : Oui. Alors, M. Fortin, si je vous dis que, sur les six
membres permanents du BAPE en poste le 4 septembre
2012, six d'entre eux étaient associés au Parti libéral du Québec par le passé,
soit à
titre de candidats dans des investitures,
d'attachés politiques — je crois que vous-même, vous
avez été dans un cabinet d'un ministre libéral — de contributeurs
à la caisse électorale du Parti libéral du Québec, est-ce que vous croyez que c'est
une coïncidence, pour vous? Est-ce que c'est un gage d'indépendance du BAPE,
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci, M. le député de
Repentigny. Je cède la parole à M. Fortin.
Fortin (Pierre) :
Je ne pense pas que le fait d'avoir passé dans un cabinet, ça soit une tache à
vie pour une personne;
je ne penserais pas. Au contraire, moi, je pense que les personnes qui ont été
nommées étaient très compétentes. Et,
comme je l'ai dit tout à l'heure dans mon témoignage, les commissaires se sont
donné une façon de faire pour éviter d'être
influencés. Et le commissaire est assermenté devant un juge de la Cour
supérieure. Il adhère au code de déontologie, il adhère aux valeurs éthiques, il signe une déclaration d'absence de
conflit d'intérêts avant chaque mandat et finalement, en début d'année,
il fait une déclaration financière. Qu'est-ce qu'on peut faire de plus?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Alors, voilà. Vous
avez la parole, M. le député de Repentigny.
M. McKay : Bien, c'est quand même fort, six sur six, là, vous en
conviendrez.
Je pense qu'il y a ma
collègue qui voudrait poser des questions plus d'ordre juridique.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Très bien. Alors, on va céder la parole à Mme la députée
de Mirabel. S'il vous plaît, adressez-vous à
la présidence.
Mme Beaudoin : Oui, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci.
Beaudoin :
Bonjour, monsieur. J'ai vu dans votre C.V. que... Est-ce que vous êtes membre
du Barreau ou... C'est marqué : Barreau
du Québec en 1999, attestation de... en médiation en matière civile.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Alors, M. Fortin.
M. Fortin
(Pierre) : Je suis un agronome
économiste qui a suivi un cours de 40 heures pour une... une attestation d'un
cours de 40 heures au Barreau du Québec.
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Voilà.
Mme Beaudoin : Je vais quand même vous poser la question concernant le
statut juridique, là — parce que vous en
avez parlé — du BAPE. Vous savez
que la députée de Nelligan ainsi que le chef de l'opposition officielle ont répété à maintes reprises que le BAPE était un
organisme quasi judiciaire, et par contre vous avez d'éminents juristes,
dont le juge Baudoin, qui ont dit exactement l'inverse. J'aimerais ça avoir
votre opinion sur ça.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Fortin.
M. Fortin
(Pierre) : Écoutez, le BAPE, c'est un
organisme pour donner un conseil, un avis au ministre. Donc, le BAPE, qu'est-ce qu'on attend du BAPE, c'est qu'il nous éclaire
sur un projet de la façon la plus objective possible. Si le BAPE n'avait pas une façon de faire pour être capable de
faire la part des choses, d'analyser les documents à partir des faits
qui sont et non sur des ouï-dire, le BAPE ne pourrait pas formuler un avis
objectif. Donc, c'est pour ça qu'il ne faut pas le contaminer.
Beaudoin : Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Oui, allez-y, Mme la
députée de Mirabel.
Mme Beaudoin : M. Fortin, vous savez qu'à plusieurs reprises des
ministres de l'Environnement libéraux se sont ouvertement prononcés sur des
mandats sous enquête au BAPE. Notamment — j'ai plusieurs cas — en 2005, Thomas Mulcair
s'était prononcé en faveur du projet de la construction du pont de l'autoroute 25.
Vous êtes au courant de cet événement-là? Est-ce que vous avez décrié
ces événements-là? Est-ce que vous avez dit qu'il y avait ingérence?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Mme la députée de Mirabel, merci de votre question. On s'adresse
à la présidence. On n'interpelle pas le
témoin. J'apprécierais. M. Fortin.
Fortin (Pierre) :
Comme je l'ai dit dans mon témoignage, le BAPE, il n'empêche personne de venir témoigner. Le BAPE... Soyons clairs, il n'y a rien qui
empêche un politicien de donner son opinion, il est payé pour ça. Si je fais un
peu l'historique, en 2001, Mme Harel, Mme Léger sont venues prendre position
sur le boulevard... l'autoroute Notre-Dame. Mme Lemieux, elle, est venue pour
le dossier de l'autoroute 73. Mme Leblanc...
Fortin (Pierre) :
Mme Lemieux, c'était pour le gazoduc. Mme Leblanc, c'était pour... Donc,
le BAPE, il s'est donné des façons pour éviter
d'être influencé d'une manière quelconque. D'ailleurs, M. Scott...
Mme Beaudoin : M. Fortin… M. Fortin...
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Un instant! Un
instant, s'il vous plaît! Laissez-le répondre. Laissez-le répondre.
M. Fortin
(Pierre) : Oui, j'aimerais ça
répondre, parce que votre question était...
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Oui, allez-y. Allez-y. S'il vous plaît, M. Fortin,
tenez-vous à la question puis répondez
directement.
Fortin (Pierre) :
O.K. Alors, plus récemment, M. Scott McKay et Mme Martine Ouellet sont
venus témoigner devant la commission des gaz
de schiste. Est-ce que ça nous a influencés? Nous, je vous ai dit qu'on jugeait
les causes à partir des données scientifiques et non sur des ouï-dire. On est
aussi...
Mme Beaudoin : Mme la Présidente...
M. McKay : …était ministre de l'Environnement.
Mme Beaudoin : Bien, c'est ça.
M. Fortin
(Pierre) : S'il vous plaît, est-ce
que je peux continuer?
Mme Beaudoin : …je veux poser ma question.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Un instant, s'il vous plaît! Un instant, s'il vous
plaît! On va se parler, là… On ne peut pas se
garrocher des choses comme ça par-dessus la tête.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît! Mme
la députée de Mirabel, posez vos questions, s'il
vous plaît.
Mme Beaudoin : Merci, Mme la Présidente. M. Fortin, est-ce que ces
personnes-là étaient ministres de l'Environnement?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci de votre
question. M. Fortin.
Fortin (Pierre) :
Mme Harel n'était pas ministre de l'Environnement. Donc, tout ce que j'essaie
de dire dans mon
point, c'est que, les commissaires, c'est sûr qu'ils sont... Plusieurs groupes
essaient d'influencer les commissaires, pas juste les hommes ou les
femmes politiques. Il y a des groupes environnementalistes qui essaient d'influencer
les commissaires. Il y a les promoteurs qui essaient. Il y a des journalistes
qui écrivent toutes sortes de choses. Donc, le commissaire, là, lui, il faut qu'il
se donne une façon d'analyser les choses puis essayer de faire la part des
choses. Et c'est pour ça que les commissions d'enquête,
sur le BAPE, ils y vont à partir de la science, de la théorie et ils portent un
jugement sur qu'est-ce qu'on fait avec ce dossier-là. Donc, c'est pour ça qu'on
ne va pas sur des ouï-dire.
Mme Beaudoin : Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Très bien. Mme la
députée de Mirabel, s'il vous plaît.
Mme Beaudoin : M. Fortin, vous avez mentionné tantôt, là, que cette
visite-là, c'était dans un contexte de courtoisie. Vous avez employé le
terme... C'était courtois, n'est-ce pas, la visite, là, comme telle?
M. Fortin
(Pierre) : J'ai dit : Il n'y
avait rien de...
Mme Beaudoin : C'était dans des termes courtois.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Un instant, M. Fortin, vous n'avez pas la parole. S'il
vous plaît, Mme la députée de Mirabel,
poursuivez.
Beaudoin : Mme
la Présidente, je voudrais la réponse : Est-ce que vous êtes d'accord que
c'était une visite de courtoisie, puisque,
vous avez employé le terme, l'échange était «courtois»?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Alors, M. Fortin.
M. Fortin
(Pierre) : Moi, j'ai... Comme je l'ai
dit dans mon témoignage, ce n'était rien d'une visite de courtoisie, et le
ministre n'avait pas d'affaire là.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Mme la députée de
Mirabel.
Mme Beaudoin : Et vous avez mentionné tantôt qu'on n'a pas discuté d'un
dossier en particulier. C'était d'ordre
général, c'est exact, dans un contexte de courtoisie, et je n'entends pas qu'il
y avait de l'intimidation, là. Si vous dites que c'était courtois, il n'y
avait aucune intimidation.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Fortin.
Fortin (Pierre) :
Il venait de congédier le président. Il était en train d'interférer dans nos
règles éthiques, alors que deux commissions d'enquête étaient en cours, imaginez-vous, là, les
membres, là. Les membres, eux autres, ils étaient mal à l'aise de
recevoir le ministre parce qu'ils se demandaient : S'il vient de congédier
le président, est-ce que je vais être congédié, moi aussi? Et en même temps, s'il
rentre dans le contenu des commissions d'enquête, comment est-ce qu'on va se
comporter?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Terminé. Merci beaucoup. Le temps alloué à l'échange est
terminé. Je passe du côté de l'opposition
officielle. Je reconnais M. le député de Brome-Missisquoi. Vous avez
13 min 20 s.
S'il
vous plaît, j'aimerais que l'échange se passe dans le respect du témoin. Vous
vous adressez à la présidence. Et, M. Fortin,
vous attendez qu'on vous donne la parole, s'il vous plaît. Allez-y, M. le
député de Brome-Missisquoi.
M. Paradis : Oui. M. Fortin, est-ce que le ministre était connu du BAPE
avant cette visite?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Fortin.
M. Fortin
(Pierre) : Il était connu… Moi, je l'ai
eu dans une de mes commissions d'enquête. Il est venu intervenir dans le
dossier des gaz de schiste. Là, pour les autres, probablement que les autres le
connaissaient aussi.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. le député de
Brome-Missisquoi.
M. Paradis : Et quelle était l'expérience du BAPE avec le ministre
avant cette rencontre?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Fortin.
M. Fortin
(Pierre) : Avant quelle rencontre?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : La rencontre...
M. Paradis : La rencontre du 24, avant la visite dite de courtoisie à
vos bureaux.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Fortin.
Fortin (Pierre) : Pouvez-vous
répéter, s'il vous plaît, votre…
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Répétez la question.
M. Paradis : Oui. Quels étaient les échanges, ou les rencontres, ou les
attitudes du ministre de l'Environnement? Quelle était la connaissance qu'avait
le BAPE de la personne du ministre de l'Environnement avant qu'il mette les
pieds au BAPE le 24 octobre?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Fortin.
Fortin (Pierre) :
Merci, madame. Bien, moi, la seule connaissance que j'ai eue de M. Breton, c'est
quand il s'est...
Moi, je l'ai connu au gaz de schiste. C'était la première
partie de l'audience
publique à Saint-Hyacinthe, et il y avait une assistance de 300 à
400 personnes. Puis, vous savez, le gaz de schiste, il fallait tenir la
rencontre, un peu comme Mme la Présidente,
hein, parce qu'il y avait de l'étincelle, hein, dans… Le milieu était explosif.
Et, avant de commencer l'audience, j'ai
demandé le silence pour pouvoir faire mon discours d'ouverture. Il y avait un
monsieur qui était à l'autre bout de la salle, qui continuait à parler,
puis il faisait du bruit. Alors là, je lui ai demandé de sortir pour aller s'exprimer
à l'extérieur. Puis, si c'était à
recommencer, je le referais. Mais, quand on a pris notre pause, une personne m'a
informé qu'il s'agissait de
M. Daniel Breton. Moi, je ne le connaissais pas avant. Puis, quand il est
revenu, en première partie, il ne suivait pas les indications de la commission d'enquête. Il ne suivait pas non
plus les règles qu'on s'est données au BAPE, dans le sens où, quand on
vient poser une question en première partie, bien on pose la question, on ne
fait pas de préambule, les préambules sont très courts, et on ne donne pas d'opinion.
Mais M. Breton avait bien de la misère avec ça, et je l'ai ramené à l'ordre
plusieurs fois.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci. M. le député de
Brome-Missisquoi.
Paradis : Oui.
Vous avez déclaré, dans vos remarques d'ouverture, que le président Renaud n'aurait jamais accepté une
telle intrusion. Vous savez à quoi... Il n'aurait jamais accepté la visite.
Pourquoi vous, vous l'avez acceptée?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Fortin.
Fortin (Pierre) :
Bien, parce que je n'avais pas le choix de l'accepter. Écoutez, comme je l'ai
dit dans mon témoignage,
un, le ministre n'avait pas d'affaire là. On se demandait tous qu'est-ce qu'il
voulait bien venir faire au BAPE. Il créait
un précédent par rapport à nos règles d'éthique. Il y avait deux commissions d'enquête.
Le président du BAPE venait d'être
congédié. Moi, j'avais une lettre de la conseillère juridique qui disait que je
n'avais pas les pouvoirs du président. Je ne pouvais rien faire, je ne
pouvais pas rien imposer, donc le ministre est venu.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Très bien. M. le
député de Brome-Missisquoi.
Paradis : Oui.
Vous avez également mentionné qu'aucun autre ministre n'avait mis les pieds au
BAPE avant. Si ma mémoire me sert
correctement, je pense que le ministre Boisclair — puis je le dis sous toutes réserves, là, si ce n'est
pas vrai, je vais le retirer — a déjà mis les pieds au BAPE. Est-ce que c'est exact?
M. Fortin
(Pierre) : Oui, on me l'a rapporté.
Moi, dans ma présentation, c'était... je parlais sous notre administration, de
2007 à 2012. Mais c'est vrai que M. Boisclair est déjà venu. Il a serré la main
à tout le monde, il est reparti, il a fait
ça vite. Il a été chanceux parce qu'il n'avait pas d'affaire là, lui non plus.
Et, comme par hasard, c'est deux ministres du côté péquiste qui viennent
solliciter le BAPE.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. le député de
Brome-Missisquoi.
Paradis : Est-ce
que vous avez pris connaissance des articles qui ont été publiés dans Le Journal
de Québec sous la plume du journaliste Régys Caron?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : S'il vous plaît! M.
Fortin…
Paradis : Est-ce
que ces articles sont conformes à la vérité ou ces articles sont-ils non
conformes à ce que vous avez vécu cette
journée du 24 octobre?
M. Fortin
(Pierre) : J'ai lu les articles,
comme tout le monde l'a lu dans les journaux.
Paradis : Je
comprends, mais moi, je l'ai lu, mais je n'étais pas là, le 24, ça fait que je
ne peux pas dire si le journaliste a écrit la vérité ou pas, je n'étais... Vous, vous étiez là.
Le journaliste a écrit des papiers sur le sujet. Vous avez lu ces
papiers-là. Est-ce que ce que le journaliste a écrit est conforme à ce qui s'est
passé au BAPE?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Fortin.
Fortin (Pierre) :
Ce qui est conforme à ce qui s'est passé au BAPE, c'est le témoignage que je
viens de livrer.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. le député de
Brome-Missisquoi.
Paradis : J'ai
une question délicate à vous poser. Je ne vous oblige pas à y répondre parce
que ça touche les sources d'information
journalistiques. Dans ses articles, le journaliste fait référence à deux
sources crédibles au sein du Bureau d'audiences publiques en environnement.
Êtes-vous une de ces deux sources?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Fortin.
Fortin (Pierre) :
Écoutez, moi, j'ai parlé à un journaliste à 6 h 2 le jour de mon
congédiement. Moi, j'ai appris mon
congédiement vers les 3 heures et puis je ne voulais pas annoncer ça à mon
épouse. Alors, je me suis déplacé pour aller
la chercher à son milieu de travail, et c'est pour ça que je me souviens de l'heure.
Le téléphone sonne, et c'était un journaliste, qui me demande…Il
dit : Est-ce que c'est vrai que vous venez d'être congédié? Alors, moi, j'ai
dit : Écoutez, je ne veux pas
commenter, je ne fais pas de commentaire. Puis j'ai fermé. Et le lendemain,
quand je suis revenu au bureau, au BAPE, bien, j'ai fait part de ça à
mes collègues et je leur ai recommandé de fermer leurs cellulaires.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci. M. le député de
Brome-Missisquoi.
Paradis : La
question des cellulaires. On dit que la garde du corps du ministre aurait
demandé au BAPE le numéro de téléphone
cellulaire des commissaires. On a également prétendu que les gouvernements
précédents ou les ministres précédents disposaient de cette même information.
Comment ça s'est passé? Puis est-ce exact que les ministres précédents
disposaient des numéros de cellulaire des commissaires?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Fortin.
Fortin (Pierre) :
À ma connaissance, jamais aucun ministre n'a possédé les numéros de
commissaire... les numéros de téléphone des
commissaires. Moi, quand j'ai été mis au courant, j'ai demandé au directeur
général de produire un tableau avec les numéros de téléphone à rejoindre des
gestionnaires en cas de besoin. D'ailleurs, je pense avoir amené le courriel de
ma secrétaire, qui demandait au chef de cabinet de changer la liste. Je peux la
déposer ici, à la commission.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Pardon, de quoi s'agit-il?
De ce document? Je veux comprendre.
Fortin (Pierre) :
Il s'agit de la... Je vais vous la lire : «Bonjour. Le 24 octobre
dernier, à l'occasion [d'une] visite du ministre, M. Breton[...], une liste des
principales personnes à joindre au BAPE a été demandée par l'agente de sécurité du ministre. Veuillez considérer cette
liste ci-annexée plutôt que celle [...] remise. La présente ne contient
pas les numéros de téléphone des membres du bureau.»
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Alors, déposez donc le document, s'il vous plaît. Merci.
M. le député de Brome-Missisquoi.
M. Paradis : Mme la députée.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Alors, Mme la députée
de Richmond.
Vallières :
Merci, Mme la Présidente. M. Fortin, j'aimerais savoir : Quand vous dites
que l'ex-ministre a mentionné que, s'il n'était
pas content du travail du BAPE, il s'organiserait pour vous le faire savoir...
J'aimerais ça que vous puissiez nous étayer un petit peu plus qu'est-ce qui
entourait tout ça, nous donner davantage d'explications sur les propos qu'il a
tenus.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Fortin.
Fortin (Pierre) :
Bien, c'est comme je vous le disais dans mon discours, dans mon témoignage. Ce
n'est pas ce
qu'il a dit, ou ce qu'il n'a pas dit, ou devant qui, ou devant quoi et quand.
Ce qui est important, la seule chose qui est importante, il n'avait pas
d'affaire là pour donner cette apparence d'intrusion dans notre bureau.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci. Mme la députée
de Richmond.
Vallières :
Merci, Mme la Présidente. M. Fortin, j'aimerais savoir... Vous dites que tout
le monde se sentait intimidé, pour reprendre
vos paroles, avant la rencontre de l'ex-ministre. Ensuite, vous nous mentionnez
toute la nervosité. Les gens étaient mal à l'aise de cette venue-là. Et,
pendant la rencontre également, il y avait beaucoup de nervosité.
J'aimerais savoir : À la suite du départ, là, concrètement, quand il a
traversé la porte et qu'il a quitté les bureaux
du BAPE, quelle a été la réaction des gens? Quelle était l'ambiance générale
dans les bureaux? Et, si vous pouvez nous rapporter même qu'est-ce que
certaines personnes peuvent avoir dit concrètement, là…
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Fortin.
Fortin (Pierre) :
Écoutez, les gens étaient mal à l'aise. Je vais vous donner un exemple. C'est
un peu plus d'être mal à l'aise, comme… Moi, ma dernière journée que j'ai passée au bureau,
j'ai été dîner tout seul parce qu'il y avait une certaine
partie de mes collègues qui ne voulaient pas venir, il y en a d'autres
parties qui voulaient venir, mais ils avaient peur d'être vus en ma
présence sur la Grande Allée. Ça démontre un peu l'atmosphère qui régnait.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : O.K. Alors, Mme la
députée de Richmond.
Vallières :
Merci. Est-ce que vous pensez que ces dommages collatéraux là vont agir dans le
temps, donc c'est présent, et que ça va
teinter de façon négative ce qui se passe au BAPE encore aujourd'hui?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Fortin.
M. Fortin
(Pierre) : Moi, je trouve que c'est
compromettant pour l'avenir du BAPE. Il faut que les gens se donnent des règles
de conduite. Je prends l'exemple de M. Francoeur, qui s'est présenté
dernièrement aux audiences d'Hydro-Canyon à Saint-Joachim. Bien, il a manqué un
peu de réserve, semble-t-il, puis il y aurait eu une plainte qui aurait été
faite directement au président du BAPE par le promoteur.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Très bien. M. le
député de Brome-Missisquoi? Non?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Toujours Mme la
députée de Richmond.
Vallières : Merci. Une petite
question rapidement. Est-ce que vous pouvez nous mentionner le nom de l'attachée
de presse qui a confirmé la rencontre de l'ex-ministre le 24?
Fortin (Pierre) :
Bien, je ne m'en souviens plus, de son nom. C'est une madame, là. Je pense
que... Je ne sais pas si je la reconnaîtrais,
même.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Très bien. Monsieur...
M. Tanguay : Mme la Présidente, avec votre permission...
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Oui, M. le député de
LaFontaine.
Tanguay : Oui. J'aimerais
savoir, M. Fortin. Vous avez témoigné de façon très éloquente et factuelle du fait que l'attachée de presse
vous a appelé, vous précisant qu'à 15 heures, effectivement, il allait y
avoir une visite, sur les lieux du
BAPE, du ministre Breton, ministre de l'Environnement, et qu'elle vous a
précisé qu'il voulait s'entretenir en privé avec les commissaires. Et par la suite vous témoignez — et je le cite, vous-même le citant : «…s'il n'était
pas content du travail du BAPE, il s'organiserait pour le faire savoir.» Fin de la citation.
Également, vous témoignez de façon très claire qu'il a ramassé les
numéros de téléphone cellulaire, qui ont été en sa possession. Trouvez-vous qu'à
la lumière du contexte historique et à la
lumière de tous les faits dont vous témoignez de façon très éloquente aujourd'hui
le ministre a mis le pied à l'intérieur de la sphère la plus sacrée du
BAPE?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci, M. le député de
LaFontaine. M. Fortin.
M. Fortin
(Pierre) : Absolument. Je suis
entièrement de votre avis.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Pour une minute. Il
reste une petite minute.
Tanguay : Mme la
Présidente, j'aimerais savoir. M. Fortin, pouvez-vous nous donner le nom de la conseillère juridique qui vous avait informé de la visite
éventuelle du ministre?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Fortin.
M. Fortin
(Pierre) : Mme Suzanne Godbout.
M. Tanguay : Et est-ce que… Mme Suzanne...
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Godbout.
M. Fortin (Pierre) : Godbout.
M. Tanguay : Godbout. Est-ce que Mme
Godbout travaille toujours au BAPE?
Fortin (Pierre) : Je pense que oui.
Tanguay : O.K. Ça va, Mme la
Présidente. Pas d'autre question.
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : D'accord. Alors donc, moi, je viens
juste vous indiquer qu'il y a un document qui
a été déposé par M. Fortin. Donc, il est déposé. Il est en train de distribuer…
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Et ça concerne la liste des
principales personnes à joindre au BAPE. Oui,
M. le député de LaFontaine.
Tanguay : Sur le document dont on
vient tout juste d'avoir reçu… pouvez-vous nous dire qui est Daniella Vuerich?
Fortin (Pierre) : C'est ma
secrétaire.
M. Tanguay : Votre secrétaire. Et votre secrétaire
a reçu ce courriel. Est-ce qu'elle vous en a parlé, à l'époque, quand elle l'a reçu?
Fortin (Pierre) : Absolument. Bien, c'est-à-dire,
c'est elle qui l'a envoyé au chef de cabinet.
Tanguay : Oui. O.K. Et est-ce qu'il y
a eu une réponse à cela?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Fortin.
Tanguay : Est-ce qu'il y a eu un
suivi du...
Présidente (Mme Houda-Pepin) :
Terminé.
Fortin (Pierre) : Du cabinet? Je...
Présidente (Mme Houda-Pepin) :
Terminé. Je suis désolée. Il reste 3 min 20 s pour le deuxième
groupe d'opposition. Donc, ça, c'est du temps qui va revenir à l'opposition.
Vous avez trois... Il vous reste encore du temps, sachant que le député du
deuxième groupe d'opposition ne se prévaut pas de son temps de parole. Vous
continuez, M. le député de LaFontaine?
Tanguay : Oui, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Très
bien, allez-y.
Tanguay : J'aimerais savoir du
témoin, Mme la Présidente : Cette correspondance qui est datée du
30 octobre 2012… Est-ce que vous avez en votre possession d'autres
correspondances de cette nature-là?
Fortin (Pierre) : Non. Moi, ce que j'ai
amené, c'est un
article du Devoir , de Louis-Gilles Francoeur. J'ai amené
plein de documents que je pourrais déposer à la commission. Il n'y a pas de
problème avec ça. Ici, dans l'article que je
vous parle ici, par exemple, tu sais, quand on parle d'influence du BAPE, bien,
dans un
article du Devoir du 5 mai, Louis-Gilles Francoeur
veut influencer, en quelque sorte, le rapport du BAPE sur Val-Jalbert. Parce
que le rapport est sorti au mois de juin. Dans un autre
article ici, M.
Francoeur veut influencer le gouvernement. Il lui propose de fusionner la Faune
à l'Environnement. Donc, M. Francoeur, il est reconnu pour être près des
groupes environnementaux. M. Francoeur, il a critiqué la plupart des
rapports du BAPE. Et il a même assisté à une rencontre en 2009 à l'Université Laval avec des groupes environnementaux. Il
aurait dit, à ce moment-là, que de façonsystématique 50 % de tous les projets qui passent au BAPE devraient
être... le BAPE devrait dire non.
Tanguay : Mme la Présidente, avec
votre permission.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Oui,
très… Oui, rapidement, là.
Tanguay : Je
demanderais au témoin, s'il le veut bien, si vous l'accordez, Mme la
Présidente, qu'il dépose, donc, en liasse les
documents auxquels il fait référence, si possible, à la commission.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Fontaine?
M. Fortin
(Pierre) : Absolument… Fortin.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Fortin, pardon.
Excusez-moi. Je vous ai débaptisé.
Fortin (Pierre) :
Regardez, ici, je dépose le procès-verbal de la réunion de l'Université Laval
avec les groupes écologistes à laquelle
M. Francoeur participait.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : D'accord, merci.
Fortin (Pierre) :
Évidemment, le 50 % n'est pas là-dedans parce qu'il n'a pas été relaté.
Moi, il m'a été donné, ce chiffre-là, à partir des deux observateurs que le
BAPE avait délégués lors de la rencontre. Donc, en revenant, ils m'ont
informé de ça. Ici, c'est les commentaires de M. Francoeur sur la centrale
hydroélectrique de Val-Jalbert. Ici, c'est l'article,
encore de M. Francoeur, sur une intervention du gouvernement. Et j'en
profite pour déposer à la commission un
article collectif d'un groupe écologiste qui avait dénoncé le mandat des
gaz de schiste. Puis nous, comme on est cloîtrés, quand on est
commission, puis on ne fait aucune déclaration, on n'a pas réagi. Sauf qu'il
dénonçait le mandat, et là le collectif a produit, quand ils ont lu le rapport
du BAPE...
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : En terminant.
Fortin (Pierre) :
...que le BAPE avait passé avec succès le test de l'indépendance. Je le dépose
à la commission.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci beaucoup, M.
Fortin. Alors, c'est tout le temps...
M. Paradis : Mme la Présidente…
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : C'est tout le temps…
M. Paradis : …simplement, avec le consentement, moi, je veux juste...
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Non, non, attendez.
Est-ce que j'ai le consentement?
Paradis : Et je
vais le retirer, si je n'ai pas le consentement. Je vais vous le dire, puis, si
vous ne consentez pas, vous me le direz, là.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Est-ce que j'ai le
consentement de lui permettre de poser rapidement une question, c'est ça?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : O.K. Rapidement.
M. Paradis : Tout simplement, à l'occasion de la visite, est-ce qu'il y
a quelqu'un qui a pris des notes, un procès-verbal...
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Rapidement.
M. Paradis : Des fois, quand un ministre visite, etc...
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Terminé. Terminé.
Rapidement, M. Fortin.
Fortin (Pierre) :
Je n'ai pas vu de procès... Non, je n'ai pas demandé à personne de faire un
procès-verbal.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Parfait. Donc,
parfait. Merci beaucoup. La commission vous remercie pour votre témoignage.
Je suspends nos
travaux quelques instants pour entendre le prochain témoin. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
12 h 23)
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : ...reprend ses
travaux. S'il vous plaît! On reprend les travaux.
Et nous
allons entendre notre prochain témoin. Donc, je souhaite la bienvenue à M.
Denis Bergeron. Je vous rappelle que vous
disposez d'un temps maximum de 10 minutes pour faire votre présentation et
que nous procéderons ensuite à une
période d'échange qui va varier, compte tenu des changements du temps. Et je
vous indique tout de suite, pour le
temps de parole : du côté du gouvernement, vous avez
10 min 40 s, du côté des oppositions,
13 min 20 s. Et donc, M. Bergeron, je voudrais vous
demander, conformément à l'article 52 de la
Loi sur l'Assemblée nationale,
si vous souhaitez vous assermenter. Si oui, je vais demander à la secrétaire de
la commission d'y procéder immédiatement.
M. Bergeron
(Denis) : S'il vous plaît, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Très bien. Alors, ça
va être fait. Merci de votre collaboration.
Bergeron (Denis) :
Je, Denis Bergeron, déclare sous serment que je dirai toute la vérité et rien
que la vérité.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Je vous remercie. Alors donc, d'entrée de jeu, je vous
cède la parole pour un temps de parole maximum
de 10 minutes.
Bergeron (Denis) :
Alors, Mme la Présidente, Mmes, MM. les parlementaires, membres de la commission, je serai bref. Alors, mon nom est Denis
Bergeron. Je suis membre du Bureau d'audiences publiques depuis juin 2011. Et
je suis à la disposition des parlementaires pour cette présente commission.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : D'accord. Donc, vous ne souhaitez pas vous prévaloir des
10 minutes qui vous sont allouées pour
faire des remarques. C'est bien ça?
M. Bergeron
(Denis) : Non, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Alors, on va recalculer le temps de parole en fonction
de cette... Non, par contre, le temps n'est
pas repris, hein?
Une voix : Oui, on va calculer…
Présidente (Mme Houda-Pepin) : On va le recalculer pour avoir le temps de parole.
Alors, je vous cède la parole, du côté du
gouvernement. Qui est-ce qui prend la parole? M. le député de Repentigny.
Mme Beaudoin : On a combien de temps, Mme
la Présidente?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Je vais vous le dire. Parce qu'il faut recalculer le
temps de parole. On me dit
14 min 40 s. Et du côté de l'opposition?
18 min 20 s du côté de l'opposition. Alors, procédez, s'il vous
plaît, M. le député de Repentigny.
McKay : Merci,
Mme la Présidente. Bonjour, M. Bergeron. Merci de vous être déplacé. Cette
journée-là, est-ce que vous avez assisté à la
fois à la rencontre plénière et la rencontre privée avec les commissaires?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Bergeron.
M. Bergeron
(Denis) : Oui.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Oui? Vous étiez là?
M. Bergeron
(Denis) : Oui, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Très bien. Attendez qu'on vous donne la parole. Comme
ça, tout le monde prend son temps. M. le
député de Repentigny.
M. McKay : Oui. Alors, au sujet de la rencontre plénière, je voudrais
savoir combien de temps cette rencontre-là a duré. Ça a commencé à quelle
heure? Ça s'est terminé à quelle heure?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Bergeron.
M. Bergeron (Denis) : Oui. Alors, on parle de la rencontre où l'ensemble du
personnel du Bureau d'audiences publiques a
assisté à la présentation du ministre. Écoutez, ça a commencé vers
15 heures en après-midi. Ça a duré à peu près une vingtaine de
minutes.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Très
bien. Merci. M. le député de Repentigny.
McKay : Oui. Et quelle était l'ambiance
pendant cette rencontre-là? Est-ce que c'était décontracté? Est-ce que c'était
sévère?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
M. Bergeron (Denis) : Écoutez, on sentait une certaine
nervosité de la part du personnel du Bureau d'audiences
publiques. Ce n'est pas usuel que le ministre vienne rencontrer le personnel du
Bureau d'audiences publiques. Donc, il y avait une certaine fébrilité,
effectivement.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M. le
député de Repentigny.
M. McKay : Puis est-ce que les employés sont
intervenus lors des échanges avec le ministre? Est-ce qu'il y a des gens qui ont pris la parole?
Bergeron (Denis) : Oui, il y a eu...
Mme la Présidente.
Présidente (Mme Houda-Pepin) :
Allez-y.
M. Bergeron (Denis) : Alors, il y a eu quelques questions
ponctuelles, suite à la présentation générale du
ministre, qui ont été posées par certains membres, là, du personnel du Bureau d'audiences
publiques.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci.
M. le député de Repentigny.
M. McKay : O.K. Puis quels étaient les sujets ou
les enjeux que les employés ont soulevés par leurs questions, là, ou leurs commentaires?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
M. Bergeron (Denis) : Je dois vous dire, Mme la Présidente,
que je n'en ai pas un souvenir précis, mais je
peux vous confirmer qu'effectivement il y a eu certaines questions ponctuelles,
très ponctuelles, là, qui ont été adressées au
ministre, et le ministre a répondu spontanément aussi à certains éléments, là.
Mais je ne peux pas vous rappeler, là, précisément les sujets, là, qui
avaient été abordés, en termes d'échange, là, avec le personnel.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci.
M. le député de Repentigny.
M. McKay : Et est-ce que le ministre lui-même a
abordé des sujets, par exemple des mandats qui étaient en cours à ce moment-là ou des mandats à venir?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
M. Bergeron (Denis) : Des mandats en cours, non. Dans sa
présentation générale, le ministre a fait part de son intérêt à vouloir mandater le Bureau d'audiences publiques sur
certaines enquêtes génériques et il en avait fait part, là, ouvertement aux
membres du personnel du Bureau d'audiences publiques, et ça a d'ailleurs été
discuté lors de la rencontre à huis clos, là, avec les membres.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Très
bien. M. le député de Repentigny.
McKay : D'accord. En ce qui concerne
justement cette rencontre privée avec les commissaires, donc la rencontre qui a
suivi la rencontre qui s'est tenue avec l'ensemble des employés, qui était
présent à cette rencontre-là?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
Bergeron (Denis) : Alors, c'est les
membres du Bureau d'audiences publiques, donc ceux qui vont agir comme commissaires au sein des commissions. Il y
avait le ministre Breton qui était présent, son attachée de presse ainsi
qu'un conseiller politique.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci.
M. le député de Repentigny.
M. McKay : D'accord. Le secrétaire exécutif du
BAPE, est-ce qu'il a participé à une ou l'autre de ces deux rencontres-là?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
M. Bergeron (Denis) : Oui, madame. Alors, on parle du
directeur général du Bureau d'audiences publiques, qui a participé à la rencontre de l'ensemble du personnel,
qui s'est déroulée, là, précédemment à la rencontre à huis clos.
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Pour ma compréhension et, j'imagine,
la compréhension de tous, est-ce qu'il y a eu
deux rencontres ou une seule rencontre? Il y a eu, je pense, une rencontre avec
l'ensemble du personnel et une rencontre privée avec les commissaires. Quand
vous parlez, vous parlez de quelle rencontre?
Bergeron (Denis) : Effectivement, il
y a eu deux rencontres. Là, pour répondre à la question du député concernant la
présence du directeur général du Bureau d'audiences publiques, le directeur
général a participé à la rencontre de
groupe, la première rencontre avec l'ensemble du personnel du Bureau d'audiences
publiques. Il n'était pas présent lors de la rencontre à huis clos avec
les membres.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : D'accord.
M. le député de Repentigny.
McKay : Oui. Est-ce que vous aviez un
mandat d'enquête actif à ce moment-là? Et est-ce que le ministre s'est ingéré
dans celui-ci?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
Bergeron (Denis) : Non.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Alors,
procédez.
M. McKay : Je pense que le témoin précédent a
mentionné qu'il y avait deux mandats d'enquête actifs au moment de la visite. Est-ce que c'est bien exact?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
Bergeron (Denis) : Oui. À mon
souvenir, M. Fortin a mentionné le boulevard Jacques-Cartier en Outaouais, à Gatineau, mais je n'ai pas souvenir,
là, du deuxième dossier dont on faisait mention, là, dans la
présentation précédente.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci.
M. le député de Repentigny.
McKay : Mais de toute façon vous nous
confirmez que le ministre n'a pas abordé aucun des sujets, là, dans les mandats
qui étaient en cours.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
Bergeron (Denis) : À mon souvenir,
non.
M. McKay : Est-ce que le ministre a critiqué un
élément quelconque de votre travail? Est-ce qu'il vous a intimé une marche à suivre, une directive à suivre? Est-ce
qu'il vous a intimé un ordre quelconque?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
Bergeron (Denis) : Non, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Très
bien. M. le député de Repentigny.
M. McKay : En fait, je pense qu'il n'y a pas
nécessairement beaucoup, beaucoup d'autres choses à dire de mon côté. Je pense que...
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Alors,
je reconnais maintenant Mme la députée de Mirabel.
Mme Beaudoin : Merci, Mme la Présidente. Bonjour, M.
Bergeron. Je regarde votre C.V., et on constate
que... Bon, c'est marqué que vous êtes
diplômé d'études collégiales, programme Art et technologie des médias, en 1986.
De quelle façon vous êtes arrivé comme employé au BAPE? Est-ce que vous
connaissiez M. Renaud et M. Fortin?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Bergeron.
Bergeron (Denis) : Je ne connaissais
pas M. Renaud et M. Fortin. Qu'est-ce qui m'a amené au Bureau d'audiences publiques? Écoutez, vous avez vu mon
curriculum vitae. Je pourrais qualifier que je suis un environnementaliste
sorti du rang. J'ai appris sur le tas, en quelque sorte. J'ai milité autant
dans les groupes environnementaux, j'ai assumé certaines responsabilités dans
certains groupes, tout comme j'ai participé, à
titre de consultant, à des
vérifications auprès de l'industrie
chimique. Alors, pour l'ensemble, en quelque sorte, là, des expériences de
travail, mon expérience professionnelle,
je veux dire, à mon avis, m'ont mené, là, à assumer les responsabilités qui
sont les miennes actuellement au Bureau d'audiences publiques.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci. Mme la députée
de Mirabel.
Mme Beaudoin : Merci, Mme la Présidente. Vous avez également été
ex-attaché politique du député de Brome-Missisquoi de 1990 à 1994. Est-ce que c'est
exact?
M. Paradis : Alors, Mme la Présidente…
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Oui, M. le député de
Brome-Missisquoi.
M. Paradis : Non, c'est juste... Non, juste une…
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Un instant! C'est une
question de règlement? Un instant!
M. Paradis : ...pas à
titre de député, à
titre de ministre de l'Environnement.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Ah! D'accord. Très
bien. Alors, monsieur...
M. Paradis : …non, mais je voulais juste que votre question soit
précise.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Mais je pense que M. le député de Brome-Missisquoi avait
déclaré cela à l'ouverture, le 21 février
dernier. Poursuivez, Mme la députée de Mirabel.
Mme Beaudoin : Alors, c'était ma question. Je voulais plus de précisions,
mais j'ai eu la réponse.
Vous
avez mentionné tantôt qu'il s'agissait d'une présentation générale, de la part
du ministre, lors de cette visite de
courtoisie. C'est exact?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Bergeron.
M. Bergeron
(Denis) : C'est exact, Mme la Présidente.
Beaudoin :
Est-ce que vous êtes d'accord avec les propos de M. Fortin, qui a
mentionné tantôt, dans son témoignage, qu'il s'agissait
d'échanges vraiment courtois lors de cette visite?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Bergeron.
M. Bergeron
(Denis) : Je confirme, Mme la
Présidente.
Beaudoin : Et
est-ce que c'est exact de dire qu'il n'y a jamais eu d'intimidation comme
telle, puisqu'on parle d'échange courtois?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Bergeron.
M. Bergeron
(Denis) : On ne peut pas qualifier qu'il
y a eu des échanges qui portaient à intimidation, madame.
Beaudoin : ...on
peut dire qu'il s'agissait d'une visite où l'on parlait de façon générale. Vous
avez mentionné que c'était une présentation
générale, qu'il s'agissait de parler des enquêtes génériques, et tout ça.
Alors, rien de spécifique comme tel dans un dossier spécifique?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Bergeron.
M. Bergeron
(Denis) : Non, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Très bien.
Mme Beaudoin : Et vous avez sûrement entendu parler que la députée de
Nelligan et également le chef de l'opposition ont toujours répété que le BAPE
avait... était un organisme quasi judiciaire et que ceci contredisait de grands, d'éminents juristes qui disaient tout à
fait le contraire, dont le juge Baudouin. Et on a parlé aussi, dans une
cause de Guy Bellefleur contre le Procureur
général du Québec, où c'était vraiment spécifié, là, le statut juridique du
BAPE, à l'effet qu'il s'agissait simplement d'un organisme qui n'était pas ni
judiciaire ni quasi judiciaire.
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci, Mme la députée de Mirabel. Je
voudrais juste vous indiquer qu'il reste à peu
près quatre minutes à votre groupe. Et je cède la parole à M. Bergeron.
M. Bergeron (Denis) : Le Bureau d'audiences publiques est
un organisme consultatif, et, tel qu'il a été
précisé dans le témoignage précédent, les
commissaires détiennent les pouvoirs de commissaire enquêteur. C'est un peu,
comment dire, le volet juridique, là, de la responsabilité d'être membre
ou commissaire lorsqu'on siège à une commission du Bureau d'audiences
publiques.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci,
M. Bergeron. Toujours Mme la députée de Mirabel? Allez-y.
Beaudoin : Merci, Mme la Présidente.
À votre connaissance, est-ce que M. Renaud, qui est arrivé à la présidence en
2007, et M. Fortin, qui était vice-président en 2007, se connaissaient depuis
longtemps?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
Bergeron (Denis) : Je l'ignore, Mme
la Présidente.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Très
bien. Mme la députée de Mirabel.
Mme Beaudoin : Merci, Mme la Présidente. M. Renaud
et M. Fortin ont été congédiés presque en même
temps, là... c'est-à-dire qu'on n'a pas
renouvelé leurs mandats presque en même temps. Est-ce qu'on peut dire que,
lorsqu'il y a eu la visite du ministre, la plupart des employés
savaient, disons, que M. Renaud n'avait plus de contrat comme tel, que son
contrat n'était plus renouvelé? Est-ce que la plupart des employés étaient au
courant de ça?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
Bergeron (Denis) : À ma connaissance,
le mandat de M. Renaud n'a pas été renouvelé, et ça s'est déroulé quelques
jours ou quelques semaines avant la visite du ministre. Donc, le personnel du
Bureau d'audiences publiques était informé, là, de la décision du gouvernement
de ne pas renouveler le mandat du président.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Très
bien. M. le député de Repentigny.
M. McKay : Oui. Écoutez, il y a une source qui
nous indique qu'au moment où Pierre Renaud est arrivé au BAPE, en 2007, avec M. Fortin, qu'il a fait modifier le
règlement interne du BAPE pour se donner le droit de contrôler la cohérence des
rapports du BAPE. Est-ce que vous trouvez normal, disons, qu'un proche du
gouvernement libéral de Jean Charest comme M. Renaud, fraîchement nommé
président du BAPE, fasse un changement comme celui-là?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci.
M. Bergeron.
Bergeron (Denis) : Alors, Mme la
Présidente, écoutez, je n'étais malheureusement pas là, lors... en 2007, quand… pour les événements que vous relatez. Je ne
me sens pas compétent de juger, là, de la pertinence des gestes qui ont
été posés à ce moment-là.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci.
M. le député de Repentigny.
M. McKay : Oui. Mais, depuis que vous êtes
membre, donc, vous fonctionnez avec ce règlement interne qui donne au président le droit de contrôler la cohérence de
vos rapports. C'est bien dans le règlement?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci.
Alors, M. Bergeron.
M. Bergeron (Denis) : Écoutez, il faudrait voir, là. Je
veux dire, je n'ai malheureusement pas l'interprétation, là, ou le fin mot, là, du règlement dont vous faites
allusion, mais...
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Très
bien. Très bien. Il reste une petite minute. Je vous l'accorde, Mme la députée
de Mirabel.
Beaudoin : Merci, Mme la Présidente.
Lors de cette visite, comment ont réagi les employés?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Bergeron.
M. Bergeron (Denis) : L'ensemble? Bien, comme je l'ai mentionné tout à l'heure,
il y avait une certaine fébrilité de la part du personnel du Bureau d'audiences
publiques, considérant le non-renouvellement du mandat du président, là, qui s'était déroulé quelques jours
avant. Alors, il y avait quand même une certaine nervosité, une certaine
fébrilité, effectivement, de la part du personnel quant à la visite du
ministre.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Mme la
députée de Mirabel.
Beaudoin : Merci, Mme la Présidente.
Est-ce que les employés étaient rassurés suite à cette rencontre?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
Bergeron (Denis) : Écoutez, je ne
peux malheureusement pas me prononcer sur cet aspect-là, n'ayant pas échangé
directement avec le personnel quant aux sentiments qu'il partageait, là, suite
à la rencontre du ministre...
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Mme la
députée de Mirabel, on achève. Il n'y a plus d'autre question? Très bien.
Alors, je vais passer du côté de l'opposition. Il y a, de ce côté-là, un temps
de parole de 18 min 20 s. Et je reconnais M. le député de
LaFontaine.
Tanguay : Oui. Merci, Mme la
Présidente. D'abord, M. Bergeron, merci pour votre disponibilité pour éclairer les travaux de cette commission très
importante. M. Bergeron, de toutes les questions qui ont été posées et
qui ont abordé… corrigez-moi si j'ai tort,
mais vos réponses concernent donc la première rencontre, celle avec les
employés. Les questions qui vous ont été posées tournaient autour de
cette rencontre avec les employés, n'est-ce pas?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
Bergeron (Denis) : C'est exact, Mme
la Présidente.
M. Tanguay : Alors, juste pour être absolument
clair, toutes les réponses que vous avez données étaient relatives à la première rencontre, celle qui touchait les
employés ou qui incluait les employés, n'est-ce pas?
Bergeron (Denis) : Oui, Mme la
Présidente, sauf quand on m'a posé la question à savoir qui assistait à la
rencontre à huis clos, effectivement.
M. Tanguay : Maintenant, mise à part, Mme la Présidente,
cette exception seule là, n'est-il pas vrai de dire, donc, qu'effectivement toutes vos réponses concernent la
première rencontre avec les employés?
Bergeron (Denis) : C'est exact, Mme
la Présidente.
M. Tanguay : Merci, M. Bergeron. J'aimerais
maintenant parler de la deuxième rencontre, la rencontre — et vous avez entendu le
témoignage de M. Fortin — à huis clos. Quant
au témoignage de M. Fortin, que vous avez entendu...
McKay : Question de règlement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Oui, M. le député de Repentigny,
quelle est votre question de règlement?
McKay : Oui, bien, c'est par rapport
à la question précédente qui a été posée. Elle a été posée de façon
directive... Pardon?
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : …pas de règlement. Mais ça, c'est
quoi… une question de règlement, là.
M. McKay : Oui, mais… Écoutez, c'est parce que c'est
moi qui ai posé les questions, et je sais que j'ai posé des questions sur la rencontre avec les commissaires,
outre de savoir qui...
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Ce n'est pas une question de
règlement, M. le député de Repentigny. Vous aviez tout votre temps de parole. Maintenant, le
temps de parole est du côté de l'opposition officielle. Vous me
permettrez de céder la parole à M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Merci, Mme la Présidente. Alors, M.
Bergeron, sur la deuxième rencontre, le volet de la rencontre en privé, la rencontre, donc, du ministre avec
les commissaires, étiez-vous présent?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
Bergeron (Denis) : C'est exact, Mme
la Présidente.
M. Tanguay : Est-il utile de repasser à travers le
témoignage de M. Fortin? Est-ce que vous corroborez les faits qui ont été relatés par M. Fortin quant à cette
rencontre-là, les faits?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
Bergeron (Denis) : Alors, pour l'essentiel
des faits qui ont été rapportés par le témoignage de M. Fortin, c'est exact et
ça correspond, dans les grandes lignes, là, à ce qui a été... ce qui a eu lieu
comme échange avec le ministre à ce moment-là.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : D'accord.
M. le député de LaFontaine.
Tanguay : Mme la Présidente, je vais
céder ma parole…
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Alors,
je cède la parole à Mme la députée de Richmond.
Vallières : Merci, Mme la présidente.
Donc, j'aimerais savoir : Quand l'ex-ministre a déclaré que, s'il n'était pas content du travail du BAPE, il s'arrangerait
pour le faire savoir… J'aimerais que vous me décriviez comment vous vous
êtes senti lorsqu'il a fait cette déclaration-là.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
M. Bergeron (Denis) : Alors, écoutez, en ce qui me
concerne, ayant, comment dire, pris des engagements pour ce qui est du respect du code d'éthique de la haute
fonction publique, du code de déontologie des membres du Bureau d'audiences publiques, tout en ayant aussi à
signer une déclaration d'absence de conflit d'intérêts lorsque j'ai à siéger
sur une commission, je ne me suis pas senti
directement concerné par les propos du ministre, sachant qu'il y a une
garantie raisonnable que mon travail pourra être fait en toute indépendance et
correctement.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci.
Mme la députée de Richmond. Non? Vous avez terminé? Alors, c'est M. le...
Tanguay : …libérer le témoin, nous
avons terminé.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Vous
avez terminé? Très bien. Alors, merci beaucoup...
Présidente (Mme Houda-Pepin) :
Pardon?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Alors
donc...
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Non, non, mais attendez. Juste un
instant, juste un instant. Je comprends que,
du côté de l'opposition, vous avez terminé votre questionnement et vous avez
pris pratiquement quatre minutes. Il reste environ 15 minutes. Donc, si,
du côté du gouvernement... Oui?
Présidente (Mme Houda-Pepin) :
Attends un instant.
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Non, non, non, mais ce n'est pas une
question, là… Moi, je demande... Le temps de parole est à l'opposition. S'ils veulent
le prendre, ils veulent le prendre. S'ils ne veulent pas le prendre, le
temps de parole va aller du côté du gouvernement.
Paradis : Mme la Présidente.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Oui.
Paradis : Je pense que le témoin a confirmé
l'ensemble du témoignage de M. Fortin, qui est venu...
Une voix : Non. Non, non. Mme la Présidente...
M. Paradis : …et à cet effet j'aimerais, vu qu'il
l'a confirmé de façon générale, que l'on précise des éléments du témoignage. Il a dit : Je... Et à ce moment-là les
questions vont aller, là, dans le sens de préciser ce qu'ils ont entendu du
témoin précédent. Ça va?
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : C'est ça. Oui. Alors, je veux
comprendre, moi, au niveau de la
présidence : Est-ce que vous avez des questions au témoin ou pas?
Paradis : Mme la Présidente…
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Parce que, si vous n'avez pas de
question au témoin, je cède la parole du côté
du gouvernement.
M. Paradis : Je vais être très clair sur la
question de règlement, Mme la Présidente, là. À partir du moment où le témoin confirme le témoignage globalement de celui
qui a...
Paradis : Mais je suis à la question
de règlement, là, je peux-tu...
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Bien, non, non, M. le député de
Repentigny, s'il vous plaît! On n'est pas à
court de temps.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Bien,
d'abord, je vais entendre sa question de règlement. Je vais vous céder la parole. Et on n'est pas à court de temps.
Vous aurez le temps s'il en reste du côté de l'opposition. Alors, je
vous écoute, M. le député de Brome-Missisquoi. Soyez clair.
M. Paradis : Oui. À partir du moment où le témoin
a confirmé le témoignage de celui qui l'a précédé, on a une corroboration.
Maintenant, si la corroboration générale ne satisfait pas le gouvernement, nous
avons des questions plus précises pour des corroborations plus précises
mais qui sont à l'intérieur de la corroboration du témoin précédent.
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : D'accord. Mais est-ce que cela veut
dire, pour la présidence, que vous avez des
questions ou pas? Parce que votre temps...
M. Paradis : Ça veut dire, pour la présidence, qu'on
a des questions, parce que le gouvernement, comme tel, ne se contente pas de la corroboration de l'ensemble du
témoignage.
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : O.K. D'accord. Alors, votre temps de
parole, là… Vous êtes à six minutes sur un
temps de parole. Il vous reste 13 minutes. Qui prend la parole de votre
côté?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Très
bien. Alors, je vous céderai la parole après avoir...
Présidente (Mme Houda-Pepin) : … — un instant — entendu M. le député de Repentigny sur une question de règlement.
Allez-y.
M. McKay : Par rapport, à la question de
règlement que le député de Brome-Missisquoi a posée, je voudrais dire que, de notre côté, nous constatons que le témoin n'a
pas corroboré l'ensemble du témoignage, parce que ce qu'il a corroboré… ce que
j'ai entendu, là, on lui a posé la question : Est-ce qu'il confirmait les
faits? Et là c'est...
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Mais
vous savez...
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M. le
député de Repentigny. M. le député de Repentigny…
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Bien, c'est-à-dire que
ce n'était pas une question de règlement.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. le député de
Brome-Missisquoi, vous n'avez pas la parole, O.K.? M. le député de Repentigny,
je vous ai entendu. Ce n'est pas une question de règlement.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : S'il vous plaît! Ce n'est pas une question de règlement.
Alors, maintenant, je peux être flexible, écouter tous les points de vue, mais je veux
savoir, du côté de l'opposition, pour le temps de parole qu'il vous
reste, qui prend la parole? Moi, j'ai...
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Alors, allez-y. Il
reste 11 minutes.
M. Tanguay : 11 minutes. Oui.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci.
Tanguay : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, M. Bergeron, vous avez témoigné un peu
plus tôt à l'effet
que la rencontre… la visite telle que demandée par le ministre et la rencontre
qui a eu lieu… Et à ce moment-là c'étaient des… c'était dans le cadre de
vos réponses que vous accordiez aux questions qui étaient posées par la banquette ministérielle. Vous disiez, vous avez
dit textuellement que ce n'était pas une rencontre usuelle. Pouvez-vous
m'expliciter, s'il vous plaît, m'étayer en quoi, selon vous, une telle
rencontre n'était pas usuelle?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci beaucoup. M.
Bergeron, s'il vous plaît.
M. Bergeron
(Denis) : Alors, on parle, bien
évidemment, de la rencontre avec le ministre, c'est bien ça?
Bergeron (Denis) :
Alors, écoutez, je pense que le témoignage antérieur a confirmé que ce n'était
pas usuel que le ministre vienne faire une
visite au Bureau d'audiences publiques. Donc, c'est dans ce contexte-là que j'ai
utilisé le terme «qui n'est pas usuelle». Je
veux dire, je pense qu'il y a eu une exception quant à une visite d'un ministre
auprès de l'organisme qui s'appelle
le Bureau d'audiences publiques. Alors, c'est dans ce contexte-là que j'ai
utilisé le qualificatif que ce n'est pas une rencontre qui était
usuelle, d'autant plus qu'il y a eu une rencontre à huis clos.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Très bien. M. le
député de LaFontaine.
Tanguay : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Donc, je comprends bien que votre réponse… Parce que
je veux être sûr de bien vous comprendre. Vous
en êtes sur l'utilisation du terme «usuelle», mais j'aimerais maintenant vous
entendre… Et c'est pour ça que je vous demandais peut-être d'étayer, selon
votre expérience — et vous êtes
toujours commissaire au BAPE — en quoi un ministre, de façon générique, de l'Environnement…
il serait usuel ou il avait été déclaré usuel
par vous qu'une telle visite ait eu lieu. Et j'en suis donc sur les principes,
les sphères d'indépendance, si je puis dire, de chacun des organismes. Alors, j'aimerais
que vous étayiez là-dessus.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci, M. le député de
LaFontaine. M. Bergeron.
Bergeron (Denis) :
Bien, je pense qu'il faut aussi replacer dans le contexte du
non-renouvellement, qui était quand même
relativement récent, de la part du président du Bureau d'audiences publiques…
alors dans le contexte où il y avait déjà eu
des décisions gouvernementales qui avaient été prises. Alors, c'est un peu dans
ce contexte-là qu'on trouvait inusuel, en quelque sorte, là, une
rencontre avec le ministre à ce moment-là.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci. M. le député de
LaFontaine.
Tanguay : Oui, Mme
la Présidente. Quand vous dites «dans le cadre, dans le contexte du non-renouvellement», pouvez-vous me donner des détails, juste
pour que je comprenne? À quoi faites-vous référence et en quoi, dans ce
contexte-là particulier — puis
après, si vous voulez, on pourra aller dans le général — cette visite-là était usuelle?
M. Bergeron
(Denis) : Non usuelle.
M. Tanguay : Non usuelle.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Inusuelle, oui. M.
Bergeron.
M. Bergeron (Denis) : Oui. Bien, je pense qu'il faut
comprendre, puis selon l'information disponible, que le mandat du président
avait été renouvelé et qu'il y a eu une décision qui fait qu'on a entériné une
décision du gouvernement de ne pas,
comment dire, rencontrer les exigences du renouvellement qui avait été décidé
par le gouvernement antérieur. Alors, c'est
dans ce contexte-là, là, que c'était un peu délicat et que j'ai mentionné qu'il
y avait un certain inconfort, effectivement, de la part des membres, là,
de rencontrer le ministre dans ce contexte.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci. M. le député de
LaFontaine.
Tanguay : Oui.
Mme la Présidente, j'aimerais entendre M. Bergeron, qui est commissaire au
BAPE, étayer, pour le bénéfice également… Parce que cette commission parlementaire là
a un caractère public. J'aimerais l'entendre étayer quelles sont, au jour le jour, les fonctions, les responsabilités
des commissaires du BAPE, la manière dont vous fonctionnez. Et j'aimerais que vous abordiez, un peu plus tard, là, l'aspect
des enquêtes, comment vous conduisez, si vous me permettez l'anglicisme,
comment vous menez, pardon, les enquêtes.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci, M. le député de
LaFontaine. M. Bergeron.
Bergeron (Denis) :
Alors, il faut comprendre que les mandats du Bureau d'audiences publiques sont confiés par le ministre au Bureau d'audiences publiques en
fonction des projets qui sont dans la procédure d'autorisation environnementale. Alors, à partir du moment où un
projet fait l'objet d'une analyse environnementale du ministre et qu'il
est soumis au règlement sur les évaluations environnementales, ce projet-là est
soumis à une consultation publique, tout d'abord
par une période d'information de 45 jours, qui est sous l'égide du Bureau
d'audiences publiques, où on dépose l'ensemble des documents qui ont été
déposés. Il y a une séance d'information en présence du promoteur, sous l'égide
du Bureau d'audiences publiques, pour ce qui est de la présentation générale du
projet. Et c'est dans cette période de 45 jours où les citoyens peuvent
faire, adresser une demande d'audience publique au ministre. Donc, le processus
de consultation, qui est sous la responsabilité du Bureau d'audiences
publiques, est en deux étapes : d'abord, une période d'information où on soumet la documentation au
public, et, dans un deuxième temps, en fonction des demandes des
citoyens auprès du ministre, il y a mandat
de procéder à une audience publique, de la part du ministre, auprès du Bureau
d'audiences publiques, et c'est à l'interne qu'on détermine la présidence, la
composition de la commission ainsi, là, que l'équipe d'analystes qui va appuyer
le commissaire dans son travail.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci. M. le député de
LaFontaine.
M. Tanguay : Oui. Mme la Présidente, juste à
titre indicatif, parce qu'on
a plusieurs questions pertinentes...
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Il reste six minutes.
Tanguay : Six
minutes? Merci beaucoup. J'aimerais savoir, M. Bergeron, au niveau de l'aspect
des pouvoirs d'enquête que vous avez, comme
commissaires et comme BAPE, en vertu de la
Loi sur les commissions d'enquête… Pouvez-vous étayer de façon pratico-pratique quels
sont les pouvoirs dont vous disposez lorsque vous menez vos enquêtes?
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci. M. Bergeron.
Bergeron (Denis) :
Oui. Ça a déjà été souligné antérieurement, mais on a le pouvoir d'assigner un témoin, on a un pouvoir
d'éventuellement imposer une amende, on a un pouvoir d'obliger un témoignage.
Alors, ce sont, disons, des pouvoirs,
que je mettrais entre guillemets, coercitifs, qui sont à la portée, là, du
commissaire qui préside. Alors... Mais ce n'est pas... C'est des pouvoirs que je pourrais qualifier d'extrêmes,
qui ne sont pas utilisés de façon habituelle, là, dans le cadre des
commissions.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci. M. le député de
LaFontaine, cinq minutes.
Tanguay : Oui.
Mme la Présidente, j'aimerais, à ce stade-ci, céder la parole à mon confrère.
Et par la suite je reviendrai avec d'autres
questions.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Ça dépend s'il vous reste du temps. M. le député de
Brome-Missisquoi.
M. Paradis : Mme la Présidente. La même question que j'ai adressée au
témoin, là, qui vous a précédé et qui touche... Et vous n'êtes pas obligé d'y
répondre. Moi, je n'insisterai pas si vous choisissez de ne pas y répondre. Le journaliste qui a écrit sur le sujet de la visite
a affirmé avoir deux sources à l'interne. Êtes-vous une de ces deux
sources?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Bergeron.
M. Bergeron
(Denis) : Non, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Très bien. Alors, je
retourne à M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Vous avez témoigné, M.
Bergeron, un peu plus tôt, et corrigez-moi si j'ai tort, mais que le ministre,
donc, lors de ses visites, était accompagné d'une attachée de presse et, corrigez-moi si j'ai tort, d'un conseiller
politique. Est-ce vrai ce que vous avez... Autrement dit, est-ce que je relate
bien votre témoignage?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
Bergeron (Denis) : C'est exact, Mme
la Présidente.
Tanguay : Si je vous suggère, et
corrigez-moi si j'ai tort… L'attachée de presse, est-ce qu'elle se nommait
Danielle Rioux?
Bergeron (Denis) : Je ne peux
malheureusement pas vous confirmer le nom, mais effectivement il était
accompagné de son attachée de presse.
Tanguay : J'aimerais, Mme la
Présidente, maintenant vous poser la même question, toujours dans notre devoir
de recherche de la vérité : Le conseiller politique, il s'agissait d'un
homme? C'était un conseiller?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
Bergeron (Denis) : Oui, Mme la
Présidente.
Tanguay : Cet homme-là, vous ne savez
pas son nom?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Oui,
M. Bergeron.
Bergeron (Denis) : À mon souvenir, c'était
un M. Blanchet.
Tanguay : O.K. Ce n'était pas un élu.
Bergeron (Denis) : Non, Mme la
Présidente.
Tanguay : Non. O.K. C'est bon.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Il ne
faut surtout pas faire erreur sur la personne, hein?
Tanguay : Non, surtout pas, parce qu'on
ne veut pas tirer sur un fil puis que tout vienne. Alors, merci beaucoup, M.
Bergeron. Et est-ce que le ministre était accompagné d'autres personnes?
Bergeron (Denis) : Effectivement, son
chauffeur... je veux dire son garde du corps...
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Garde
du corps.
Bergeron (Denis) : Mais c'étaient les
trois seules personnes qui accompagnaient le ministre.
Tanguay : Le garde du corps était une
femme?
Bergeron (Denis) : Exact.
Tanguay : O.K. Parfait. Mme la
Présidente, j'aimerais, à ce stade-ci, céder la parole, parce que je veux m'assurer
que ma collègue ait suffisamment de temps pour poser ses questions, et par la
suite je reviendrai. Merci.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Mme la
députée de Richmond.
Mme Vallières : Merci. J'aimerais savoir... Vous
mentionnez que les commissaires et les employés du BAPE étaient nerveux
lors des rencontres, que les gens étaient mal à l'aise. Et, après ces
rencontres-là, quel était le climat général?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Bergeron.
Bergeron (Denis) : Oui, Mme la
Présidente. Un peu comme je l'ai témoigné tout à l'heure, je n'ai pas eu à échanger directement avec les membres du personnel
quant aux sentiments ou partager les sentiments suite à la rencontre, là. Je ne peux malheureusement pas témoigner, là,
de… comment dire, de l'impression générale qui se dégageait de la part
des membres du personnel du Bureau d'audiences publiques suite à la rencontre.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : D'accord. Mme la
députée de Richmond.
Mme Vallières : Alors, ce que vous me dites, c'est qu'avec
tout ce qu'on a entendu dans les médias, etc., il n'a jamais été question, entre vous, du personnel ou même entre vous et
des commissaires de ce que vous pensiez de ce qui s'était passé. Vous n'avez
pas fait de commentaire aucun par rapport à la situation et à la visite de l'ex-ministre?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Alors, M. Bergeron, est-ce qu'il y a eu un débriefing,
comme on dit en bon français?
Bergeron (Denis) :
Non, il n'y a pas eu d'échange à
titre formel suite à la rencontre. On a eu
certains échanges informels, très
parcellaires, là, suite à la rencontre qu'on a eue avec le ministre, mais il n'y
a pas eu de débriefing formel ou vraiment, là, de point particulier où on a
discuté, en quelque sorte, là, de la rencontre avec le ministre.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Est-ce que vous me permettrez une précision? Vous avez
parlé qu'il y avait deux rencontres, une avec
le personnel et l'autre, à huis clos, avec les commissaires. Dans la première
rencontre, vous avez dit que ça a duré 20 minutes, c'est ça? Combien a
duré la deuxième rencontre?
M. Bergeron
(Denis) : À peu près dans les mêmes
périodes de temps, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : D'accord. Très bien. Alors, est-ce que... Nous avons une
minute. Est-ce que vous terminez, M. le député
de LaFontaine?
Tanguay : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Dans la deuxième rencontre, qui a duré
20 minutes, pouvez-nous nous donner la
liste, nous dresser la liste de ceux qui étaient présents?
M. Bergeron
(Denis) : Oui. Alors...
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Bergeron.
M. Tanguay : Et je vous demanderais, s'il vous plaît, nommément, de
nous les nommer un par un.
M. Bergeron
(Denis) : O.K. Alors, nonobstant les
membres du personnel qui entourait le ministre lors de la rencontre...
M. Tanguay : …ça, c'est important, là. Donc, eux étaient présents.
M. Bergeron
(Denis) : L'attachée de presse ainsi
que le conseiller politique du ministre étaient présents lors de la rencontre.
M. Tanguay : Et le ministre.
M. Bergeron
(Denis) : Et le ministre.
M. Tanguay : D'accord. Alors, ces trois-là plus... Je vous laisse
nommer les autres qui étaient présents.
Bergeron (Denis) :
Plus les membres du Bureau d'audiences publiques : M. Fortin, M. Lafond,
M. Germain et Mme Parent.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Très bien.
M. Tanguay : Et vous-même, évidemment.
M. Bergeron
(Denis) : Et moi-même, effectivement.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Alors, si vous permettez, il ne vous reste plus de
temps. Moi, il me reste à remercier M.
Bergeron pour votre présence, votre témoignage. Et donc je vous remercie. Et je
remercie les collègues également.
Et je suspends les
travaux de la commission jusqu'à cet après-midi, 15 heures. Merci de votre
collaboration.
(Suspension de la séance à
13 h 1)
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Alors, nous reprenons
nos travaux. À l'ordre, s'il vous plaît! Merci. Fermez la porte. Nous reprenons
nos travaux.
Je vous rappelle que la commission est réunie afin de
procéder aux auditions publiques dans le cadre du mandat visant à faire la lumière sur
les événements survenus le 24 octobre dernier concernant les interventions
du ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et
des Parcs auprès de l'organisme public et indépendant qu'est le Bureau d'audiences
publiques sur l'environnement, le BAPE.
Alors,
nous entendrons cet après-midi, dans l'ordre, M. Michel Germain, M. François
Lafond et Mme Anne-Marie Parent, qui sont
membres du BAPE.
Donc,
je souhaite la bienvenue à M. Michel Germain. Je vous rappelle que vous
disposez de 10 minutes pour faire votre
présentation, un maximum de 10 minutes pour faire votre présentation et
que nous procéderons ensuite à une période d'échange d'un maximum de
50 minutes avec les membres de la commission.
Je vous cède la parole
en vous demandant si, en vertu de l'article 52 de la
Loi sur l'Assemblée
nationale, vous souhaitez être assermenté.
M. Germain
(Michel) : Oui.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Oui? Alors, dans ce cas-là, je demande à la secrétaire
de la commission de procéder à l'assermentation.
Germain (Michel) :
Je, Michel Germain, déclare sous serment que je dirai toute la vérité et rien
que la vérité.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci, M. Germain.
Donc, je rappelle que nous avons un temps de parole
de 22 min 13 s au groupe parlementaire formant le gouvernement,
22 min 13 s au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle et 5 min 33 s au deuxième groupe d'opposition.
M. Germain, je vous
cède la parole pour vos remarques préliminaires.
Germain (Michel) :
Merci, Mme la Présidente. Je ne ferai pas véritablement de présentation. Je
vais faire tout d'abord un court rappel
concernant mon curriculum vitae et je souhaiterais apporter deux précisions sur
des éléments qui ont été discutés précédemment, lors des séances précédentes,
autrement dit, de la commission parlementaire. Alors...
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : ...allez-y.
M. Germain
(Michel) : Très bien. Merci. Alors, c'est
pour dire que ma formation est dans le domaine de l'environnement en termes de... plus précisément des sciences de la
terre. Je pourrais également dire que j'ai essentiellement travaillé, au courant de ma carrière, dans le
domaine de l'environnement. Les principaux éléments de mon C.V. que je
veux faire ressortir, bien entendu, c'est mon passage comme attaché politique,
de 1987 à 1990, au ministère de l'Environnement.
À ce moment-là, j'ai été attaché politique pour Clifford Lincoln, brièvement
pour Mme Bacon, quelques mois pour
Gaston Blackburn et environ un an pour M. Pierre Paradis. Par la suite, j'ai
décidé d'aller dans le domaine de la consultation en environnement. Et,
environ un an et demi après que j'ai été parti, j'ai été approché par le
président du BAPE de l'époque, M. Bertrand
Tétrault. C'était par l'entremise de son secrétaire général, qui était Alain
Pépin, et ils m'ont demandé si j'étais intéressé à être commissaire au
BAPE. Alors, c'est de cette façon-là qu'en 1992 je me suis retrouvé au Bureau d'audiences
publiques. Par la suite... Donc, j'ai quitté en 1995, pour encore aller dans le
domaine de la consultation en environnement, et en 2002 je suis revenu au BAPE,
encore une fois à la demande du président du temps, qui était M. André Harvey,
comme commissaire additionnel au BAPE. Et j'ai été nommé par après, en 2004,
commissaire permanent, en fait à temps plein, au BAPE.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci, M. Germain,
pour ces précisions.
Germain (Michel) :
Alors, pour les deux éléments, justement j'ai mentionné... J''ai fait un
lapsus, j'ai mentionné «commissaire
permanent», c'est une des précisions que je souhaite apporter. Le concept de
commissaire permanent n'est pas exact. Au
BAPE, il y a des commissaires à temps plein et il y a des commissaires à temps
partiel, le concept de permanent n'étant pas assimilable à celui de la
fonction publique.
L'autre
élément, c'est une précision par rapport à ce qui s'est dit ce matin dans le
cadre de l'échange que vous avez eu avec M.
Pierre Fortin. Ça concernait une référence de M. Fortin au sujet d'une
discussion qu'il y a eu lors de la première...
de la rencontre du ministre Breton avec l'ensemble du personnel. C'était en
référence avec une discussion qui a... un échange qui a eu lieu entre
moi et le ministre. Ce n'était pas sur l'échangeur Turcot que ça a porté mais
sur une éventuelle audience générique sur l'uranium. Alors, c'était la
précision que je voulais faire.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : D'accord. Très bien.
M. Germain
(Michel) : Alors, maintenant, je suis
disponible pour les questions.
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : À notre disposition. Très gentil à vous. Alors donc, je
cède la parole, du côté de la députation ministérielle, à M. le député de
Repentigny. Vous avez la parole, en vous adressant à la présidence. Merci.
M. McKay : Merci, Mme la Présidente. Je vais
quand même regarder M. Germain pour le saluer et le remercier de sa présence et...
Présidente (Mme Houda-Pepin) :
Allez-y.
M. McKay : Oui. Alors donc, M. Germain, vous
avez parlé de la rencontre. Il y a eu une première rencontre, donc, avec l'ensemble
du personnel du BAPE lorsque le ministre est allé visiter le BAPE. Est-ce
que... Comment était... s'est déroulée
cette rencontre-là? On a dit tout à l'heure que les gens avaient plusieurs
questions à poser. C'était combien de questions? Quel type... Quels
sujets ont été abordés par les employés?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci,
M. le député de Repentigny. M. Germain.
M. Germain (Michel) : Merci, Mme la Présidente.
Effectivement, la rencontre s'est déroulée, dans
l'ensemble, dans un climat cordial, là. Les
gens en ont fait référence d'ailleurs ce matin. Différents sujets ont été
abordés lors de la première rencontre avec l'ensemble des employés. Bien
entendu, le ministre s'est présenté et a présenté ses attentes face au BAPE, face à la procédure
environnementale. Par la suite, il y a eu quelques questions des employés
concernant entre autres, exemple, quand est-ce que le prochain président du
BAPE serait nommé, des choses comme ça.
Plus spécifiquement, c'est sûr que nous
retenons des éléments différents d'une personne à l'autre. Dans mon cas, c'est surtout l'échange
que j'ai eu avec le ministre concernant une éventuelle générique sur l'uranium,
qui est encore un sujet d'actualité.
Alors, on a eu un échange à ce moment-là. Le ministre parlait de l'audience
générique, mais il me regardait en même temps, et là j'ai comme
acquiescé à quelque chose qu'il disait, et c'est là qu'il m'a interpellé en
disant... si j'avais quelque chose à
ajouter. Alors, c'est là que j'ai dit effectivement… J'ai dit au ministre, à ce
moment-là, que, comme pour tout
dossier, il est important pour le BAPE, si le BAPE veut bien travailler, qu'il
ait les bons outils pour partir son travail.
J'ai fait référence, à ce moment-là, au dossier des gaz de schiste, dans lequel
ça avait été difficile pour le BAPE de partir, parce qu'on partait ni
plus ni moins devant une page blanche, avec un assez court délai, et je
suggérais au ministre, à ce moment-là, s'il y avait un mandat sur l'uranium, qu'il
y ait des documents de départ substantiels pour permettre, à ce moment-là, à la
commission et au public d'être bien informés dès le départ. Alors, c'était le
gros point, moi, personnellement, que j'ai retenu de l'échange de la première
rencontre.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci,
M. Germain. M. le député de Repentigny.
McKay : Alors, est-ce que vous vous
êtes sentis intimidés par le ministre à ce moment-là?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Germain.
Germain (Michel) : Merci. Le mot
«intimidation» est fort. C'est certain qu'avant la visite on était comme fébriles; on se posait des questions. Il faut
remettre la situation un peu en contexte qu'à ce moment-là nous n'avions
plus de président du BAPE. Le vice-président
aussi était dans une situation où son mandat venait à terme. Alors, c'est
certain que les gens avaient certaines appréhensions devant qu'est-ce qui était
pour se tenir, comment la rencontre était pour avoir lieu. C'est certain qu'à l'issue
de la rencontre, par après, on a eu... Il n'y a pas eu de débriefing général
avec les employés, mais, pour avoir parlé à
trois, quatre personnes après le départ du ministre, alors les gens convenaient
que, dans l'ensemble, dans le contexte, ça s'était bien passé.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Très
bien, merci beaucoup. M. le député de Repentigny.
M. McKay : Oui. Merci. Alors, juste pour être
très spécifique, ce que vous venez de dire, est-ce que ça s'applique aux deux
rencontres, à la rencontre avec l'ensemble des employés et aussi à la rencontre
privée avec les commissaires?
Germain (Michel) : Oui,
effectivement. Les deux rencontres se sont tenues sous le même climat,
effectivement.
M. McKay : Donc, un climat cordial. Il a été
mentionné plus tôt que l'échange était courtois. Est-ce que vous êtes d'accord aussi avec... Vous confirmez ça?
Germain (Michel) : Oui, oui,
effectivement.
M. McKay : Donc, vous confirmez qu'il y a eu...
Bon. Puis est-ce que... Il y avait aussi deux mandats qui étaient en cours à ce
moment-là. Est-ce que le ministre a abordé ces sujets-là? Et est-ce qu'il vous
a donné une directive, demandé de changer votre façon de faire ou
critiqué votre façon de faire?
M. Germain
(Michel) : Concernant les deux
mandats...
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : M. Germain.
M. Germain (Michel) : Oui. Excusez-moi. Concernant les deux
mandats, non, ces deux mandats-là n'ont pas
été abordés de façon spécifique.
M. McKay : Est-ce que par ailleurs, sur un autre
sujet, est-ce que le ministre vous aurait intimé
un ordre, ou une directive, ou une façon de procéder?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Germain.
M. Germain (Michel) : Merci. De façon spécifique, non. C'est
certain qu'il a parlé de ses attentes face au
BAPE, l'importance que le BAPE avait pour lui et le rôle que le BAPE... comment
il voyait le BAPE, le rôle du BAPE. Donc, il
a parlé de ses attentes, mais en termes généraux. Donc, il n'a donné aucune
spécificité, même quand il a abordé le dossier de l'uranium. Il n'a pas
dit : Je voudrais que le dossier soit tenu de telle façon.
Présidente (Mme Houda-Pepin) :
Allez-y, M. le député de Repentigny.
McKay : Donc, vous ne considérez pas
avoir été victimes d'ingérence de la part du ministre?
Germain (Michel) : Non, «ingérence»
ne serait pas un terme approprié, effectivement.
Présidente (Mme Houda-Pepin) :
Poursuivez, M. le député de Repentigny. Vous avez encore du temps.
McKay : D'accord. Bien, je pense que,
pour l'instant, ça répond à mes questions.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Ça va?
D'accord.
McKay : Il y a sûrement de mes
collègues qui en ont aussi.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Très
bien. Mme la députée de Mirabel.
Mme Beaudoin : Merci, Mme la Présidente. Alors, on
parle de deux rencontres. On va commencer par la
première rencontre. Ça a duré combien de temps, la première rencontre?
M. Germain (Michel) : Alors, pour les rencontres, elles
sont à peu près de la même durée. M. Bergeron a
fait allusion ce matin à une vingtaine de minutes. De mémoire, effectivement,
chacune des deux rencontres est de l'ordre de 20, 25 minutes.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : D'accord.
Beaudoin : On va parler de la
première rencontre. Qui était présent?
Germain (Michel) : À la première
rencontre? L'ensemble des employés du BAPE.
Beaudoin : L'ensemble, est-ce que
vous parlez de l'ensemble au complet, là? Tous les employés étaient présents?
M. Germain (Michel) : En fait, tous les employés qui
étaient à ce moment-là... Parce qu'il peut toujours y avoir quelqu'un qui peut être en congé de maladie, des
choses comme ça, mais, disons, tous les employés qui étaient actifs étaient
dans la salle lors de la première rencontre.
Beaudoin : Et on parle de combien d'employés
environ?
Germain (Michel) : Actuellement, une
quarantaine d'employés.
Beaudoin : Puis, à part de ça, qui
était présent?
M. Germain (Michel) : Bon, bien entendu, le ministre. Il y
avait dans la salle deux personnes qui
accompagnaient le ministre : son attachée de presse et un attaché
politique.
Beaudoin : Et qui a commencé à parler
en premier?
Germain (Michel) : De mémoire, si je
ne me trompe pas, c'est Pierre Fortin… donc a souhaité la bienvenue au
ministre, d'entrée de jeu, et là c'était la bienvenue au nom de tous les
employés du BAPE, et a donné la parole au ministre par la suite.
Mme Beaudoin : Alors, quand il a souhaité la
bienvenue au ministre, est-ce qu'il semblait intimidé ou est-ce qu'il a noté que… son insatisfaction de le voir?
M. Germain
(Michel) : Non. C'est certain, comme
j'ai fait la...
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Germain.
Germain (Michel) :
Excusez-moi. Ce que j'ai fait la référence ce matin, c'était que les gens
étaient un peu nerveux, fébriles à l'arrivée
du ministre, mais ce n'était pas plus que ça.
Beaudoin : Puis,
à votre connaissance, pourquoi les employés étaient nerveux? Est-ce qu'on
pourrait dire que le fait que le contrat de M. Renaud n'était pas renouvelé avait
une incidence sur la nervosité de certains employés?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Germain.
Germain (Michel) :
Ce qu'on peut peut-être dire, c'est… C'est certain que ça crée une période d'incertitude, donc je
pense qu'il faut mettre ça dans ce contexte-là, au sujet de l'avenir du BAPE.
Est-ce que le ministre était pour parler des projets? Parce qu'il était question, entre autres, dans les médias,
dans la campagne électorale, de modernisation du BAPE ou modernisation de la procédure d'évaluation environnementale.
Donc, quel était l'avenir du BAPE, qu'est-ce qu'on était pour faire avec le BAPE, ça pouvait aussi
jouer dans le contexte de fébrilité. Donc, outre le départ de M. Renaud,
donc l'incertitude liée à l'absence de président, là, c'est des éléments qui
jouaient à ce moment-là.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Mme la députée de
Mirabel.
Mme Beaudoin : Merci, Mme la Présidente. Vous avez mentionné tantôt que
vous avez posé une question concernant les
outils. Alors, c'est important d'échanger avec le ministre, pas concernant un
mandat en particulier, mais de pouvoir
échanger avec lui sur la possibilité d'avoir les bons outils. Donc, finalement,
cet échange-là était quand même intéressant pour les employés et pour
les commissaires.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Germain.
Germain (Michel) :
Merci. Effectivement, c'est important. Ce qu'il est important de mentionner, c'est que le BAPE a un rôle
public. Les commissaires, en audience publique, on joue, autrement dit, en
direct, hein? Ça peut aussi... Même les députés à l'Assemblée nationale
jouent en direct. Les membres du BAPE sont en direct. Lorsqu'on doit réaliser un mandat dans lequel on n'a pas les
outils de départ idéaux, ça rend la situation plus difficile. Alors, c'est
pour ça que j'ai voulu sensibiliser le
ministre à cette question-là d'avoir des bons outils de départ. Si l'outil n'est
pas disponible, par exemple, ça voudrait dire, pour moi... Là, je ne
veux pas rentrer spécifiquement dans un dossier comme l'uranium, mais
indirectement ça peut être ça.
Il y a
deux grandes hypothèses de travail : ou bien un ministère responsable
produit un document de nature scientifique — il peut y avoir des éléments sociaux dedans — étoffé, ça prend plusieurs mois à faire, ou ça peut être : le Bureau d'audiences publiques, dans certains
cas, produit un document de départ. Je fais allusion, par exemple, à l'ancienne commission sur les déchets dangereux,
donc, qu'on appelait commission Charbonneau à l'époque, présidée par
Yvon Charbonneau… avait produit un document d'orientation de départ, mais la
commission avait pris huit mois pour pouvoir
le fabriquer avant de commencer ses séances d'audience. Et le mandat total de
la commission Charbonneau, de mémoire, ça avait été 13, 14,
15 mois. Alors, c'est important d'avoir le temps, les délais. Alors, c'est
pour ça que je voulais sensibiliser le ministre à cette situation.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci. Mme la députée
de Mirabel, toujours. Allez-y.
Beaudoin :
Merci, Mme la Présidente. À votre connaissance, Pierre Renaud et Pierre Fortin
se connaissaient depuis longtemps?
Germain (Michel) :
Au meilleur de ma connaissance, ils ne se connaissaient pas. Ce dont je me souviens, c'est une
allusion. Parce que nous n'avions pas de poste de vice-président. C'est que la
nomination… ça commençait à circuler qu'il pouvait y avoir un
vice-président qui s'en venait, et une allusion de Pierre Renaud, à ce
moment-là, qu'il avait rencontré un candidat
intéressant… Mais, au meilleur de ma connaissance, ils ne se connaissaient pas
avant cette rencontre-là, donc, qui a eu lieu quelques semaines, au
maximum, avant la nomination de Pierre Fortin.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci, M. Germain. Mme
la députée de Mirabel.
Beaudoin :
Merci. À votre connaissance, quand M. Fortin a appris qu'on ne renouvelait pas
son mandat, est-ce que vous avez constaté une
certaine déception de sa part?
M. Germain
(Michel) : De la part de M. Fortin?
M. Germain (Michel) : Bien, effectivement, il avait des
appréhensions, parce que Pierre Fortin était inquiet de savoir, compte tenu
de ce qui est arrivé à Pierre Renaud... Étant donné que le mandat de Pierre
Fortin se terminait au début du mois de novembre, donc à quelques jours,
à ce moment-là, avant la visite du ministre, Pierre était nerveux. Et c'est d'ailleurs pour ça que, lors de la rencontre
privée que nous avons eue avec le ministre, Pierre Fortin a demandé au
ministre… Ce que je me souviens de la façon qu'il l'avait présenté, c'était
genre : Est-ce que vous avez l'intention de me faire sauter, moi aussi? Et c'est là que le ministre avait répondu
non. Alors, c'est certain que, dans ce contexte-là, ça a rassuré Pierre
Fortin.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : Merci,
M. Germain. Allez-y, Mme la députée de Mirabel.
Beaudoin : Merci. Mais par la suite
quelle a été la réaction de M. Fortin, lorsqu'il était devant un fait
accompli à l'effet qu'on ne renouvelait pas son contrat? Est-ce que vous avez
vu ses réactions?
Germain (Michel) : C'est évident...
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Germain.
M. Germain (Michel) : Oui. Excusez-moi. Effectivement, il
avait les larmes aux yeux. Je ne l'ai pas vu
quand c'est arrivé. J'ai noté qu'il avait disparu tout d'un coup dans l'après-midi,
et c'est la secrétaire, autrement dit, de… sa secrétaire
à ce moment-là, Mme Vuerich, qui est venue me dire : Pierre est parti. Ce
n'est pas pour rien, apparemment. Ils ont
annoncé que son contrat était abrogé. Donc, il y avait déjà eu une signature de
renouvellement, mais on abrogeait son contrat le lendemain de son
renouvellement. Alors, je n'ai vu Pierre Fortin que le lendemain matin, et c'est
sûr qu'il était émotif, il avait les larmes aux yeux, en fonction de la
situation.
La Présidente (Mme Houda-Pepin) : Pardon, pour la compréhension des
membres de la commission, là, vous êtes en train de nous dire qu'il avait un contrat
renouvelé hier, et aujourd'hui il a été abrogé, c'est ça? Comment ça s'est
passé? Je suis désolée, je veux comprendre.
M. Germain (Michel) : Oui. Ce que moi, j'en comprends, c'est
que… Bon, dans nos décrets — il faudrait que je relise même
notre décret — c'est que, lorsque le gouvernement a l'intention
de renouveler un membre, donc M. Fortin étant
un membre, vice-président, c'est qu'il en informe la personne concernée. Je ne
me souviens plus s'il y a un délai qui est prévu
de quelques mois d'avance, donc, dans ces formalités-là. Dans le cas de M.
Fortin précisément, bon, lui était renouvelé
à ce moment-là. De mémoire, c'est six mois avant qu'on en informe… Dans ce
cas-ci, je pense que ça avait été
quatre mois avant qu'il ait été renouvelé. Là, je n'ai pas vu son... je n'ai
pas réexaminé son décret de nomination, mais c'était une question de
jours. De mémoire, il me semblait que c'était le lendemain de la prise d'effet
du nouveau décret de cinq ans qu'il a été, à ce moment-là, avisé que le
gouvernement abrogeait son contrat.
Mais il faut bien préciser que Pierre Fortin
est un employé permanent de la fonction publique, et donc, dans son décret de
nomination — il est construit différemment des
membres externes, donc qui viennent de l'extérieur — ...à ce
moment-là qui peuvent être rappelés en tout temps dans la fonction publique. C'est
ce que je comprends, là, de la mécanique
différente, comme pour moi, qui n'est pas de la fonction publique, à ce
moment-là, qui a des délais différents de cessation de contrat.
Présidente (Mme Houda-Pepin) : D'accord.
Mme la députée de Mirabel, poursuivez.
Mme Beaudoin : Merci. Toujours dans le même sens,
est-ce que M. Renaud et M. Fortin, à votre
connaissance, se sont rencontrés par la suite pour discuter de leur nouvelle
situation au niveau de l'emploi?
Présidente (Mme Houda-Pepin) : M.
Germain.
M. Germain (Michel) : Je ne peux pas... Je n'ai pas été
témoin personnellement de rencontres. C'est certain que je pense qu'ils se
sont croisés par après. C'était une situation un peu délicate. D'ailleurs, même
pour le départ de Pierre Fortin, M.
Fortin a fait une allusion ce matin à ça, c'est bien certain que, une fois que
le départ a été annoncé, là, on se posait tous des questions :
Est-ce qu'on va dîner avec Pierre ou pas, etc., Pierre Fortin et aussi Pierre
Renaud? C'est des questions comme ça. Mais
personnellement je n'ai pas assisté à des rencontres avec Pierre Fortin et
Pierre Renaud. Mais je ne peux pas affirmer que ça ne s'est pas tenu,
Présidente (Mme Houda-Pepin) : D'accord. Mme la députée
de Mirabel.
Mme Beaudoin : Mais, à votre connaissance… Vous
savez que M. Renaud par la suite a eu un emploi dans un cabinet connu, le
même cabinet où est l'ancien premier ministre, McCarthy Tétrault. Est-ce que
vous avez des commentaires à formuler sur ça? Est-ce que vous êtes au
courant des liens qu'ils ont pu avoir avec ce cabinet-là?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Germain.
Germain (Michel) : Dans quel sens?
Mme Beaudoin : Concernant le non-renouvellement de leurs contrats.
Germain (Michel) :
Bien, en fait, ce que j'avais su, c'est que... Je ne savais pas où Pierre
Renaud s'en allait. Ce qu'on avait su... D'ailleurs, M. Renaud m'avait appelé juste
avant Noël pour me souhaiter joyeux Noël, donc… Mais je ne savais pas où il s'en allait. Donc, j'essayais...
C'est sûr que j'avais essayé... Je lui avais souhaité joyeux Noël. J'avais
essayé de lui tirer les vers du nez :
Bon, Pierre, où tu vas travailler? Bien, il dit, je ne peux pas le dire, mais
il va y avoir une annonce qui va être
faite à ce moment-là. Donc, c'est ça que je peux vous dire. Mais je ne suis pas
témoin du tout de d'autres types de discussion qu'il a pu y avoir, là,
entre Pierre Renaud et Pierre Fortin. Moi, je vous dis ce que j'ai eu comme
discussion avec Pierre Renaud juste avant Noël.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : O.K. Mme la députée de
Mirabel… M. le député d'Ungava. Ah! Quel plaisir! Vous avez la parole. Allez-y.
Ferland : Merci.
Merci, Mme la Présidente. Oui, c'était... O on
est toujours là en support, vous le savez très
bien, hein? Merci beaucoup. Merci, M. Germain. Là, j'aimerais peut-être
que vous nous rappeliez… parce que... De mémoire,
est-ce que vous vous souvenez de la personne à l'interne qui vous a avisé… ou
qui avait reçu l'appel qui vous a avisé que le ministre souhaitait vous
rencontrer ultimement?
Germain (Michel) :
Que le ministre voulait rencontrer les employés, le personnel du BAPE? J'essaie
de me souvenir.
La première personne qui m'en a parlé, si je me souviens bien, c'est Pierre
Fortin. Je pense que c'est lui qui est la première personne qui m'a
informé.
M. Ferland : ...quelqu'un qui avait eu le message à l'interne que le
ministre souhaitait vous rencontrer?
Germain (Michel) :
En fait, c'est avant... On l'a su... Effectivement, M. Fortin en a fait
allusion, nous l'avons su avant la demande
formelle. Donc, Mme Godbout avait croisé le ministre. Je crois que c'était...
Bien, c'était dans l'édifice Marie-Guyart, mais je crois que c'était à la
cafétéria du G, si je me souviens bien, dans lequel elle s'était simplement présentée, et là, à ce moment-là, c'est
là que le ministre avait dit : Ah! bien, justement, je compte aller
faire une visite au BAPE. Alors, c'est comme
ça qu'on a su à l'avance l'intention du ministre de venir. Je crois que c'est
environ une semaine après que ça a été confirmé. Mais je n'étais pas dans les
discussions, là. Je me fie à ce que Pierre Fortin a dit ce matin à savoir qui l'avait
contacté, là.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci. M. le député d'Ungava.
M. Ferland : Mme la Présidente, merci. Alors, vous l'avez appris de
façon informelle. Il y a eu... Et, si je comprends,
si j'ai bien compris dans votre réponse, le délai qui s'est écoulé entre le
moment où vous l'avez su, même si c'était
de façon informelle, et le moment où vous avez... le ministre est allé vous
rencontrer, il y a eu cette rencontre-là… Quel a été le délai entre les
deux?
M. Germain (Michel) : Alors, je vous le dis de mémoire, le délai était, entre le
moment où on l'a su de façon informelle et
ensuite de ça lorsqu'on l'a su de façon formelle, environ, je dirais, l'ordre d'une
semaine. Et là c'était un certain nombre de jours à l'avance, une
dizaine de jours, je dirais, à l'avance qu'on savait, là. J'essaie de me
souvenir comme il faut des dates, là. C'était probablement, genre, au début
octobre, là, oui.
M. Ferland : Environ une semaine. O.K. Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. le député d'Ungava,
oui.
Ferland : Est-ce
qu'il y a eu quelqu'un du bureau du BAPE, soit le président, ou un membre, ou quelqu'un du bureau qui
a eu... qui a contacté le bureau du ministre pour avoir des détails sur l'objet
de la rencontre, les sujets qu'il voulait discuter, ces choses-là?
Est-ce qu'il y a eu quelqu'un du BAPE qui est entré en contact avec le cabinet
du ministre pour avoir plus de détails,
étant donné que vous aviez su, même si c'était de façon informelle, que le ministre
souhaitait vous rencontrer?
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : M. Germain.
M. Germain
(Michel) : Merci. De mémoire, ce que
je pourrais dire, c'est que je pense... Je ne crois pas, en tout cas pas à ma
connaissance, que, tant que la visite n'a pas été officialisée, la demande n'a
pas été officialisée… D'après moi, il n'y a personne qui est rentré en contact
avec le cabinet du ministre. D'après moi. En tout cas, je n'en ai pas eu
connaissance.
La Présidente (Mme
Houda-Pepin) : Merci. M. le député d'Ungava.
M. Ferland : Mme la Présidente, étant donné que c'est
quand même depuis... On a rencontré plusieurs…
avant M. Germain, qui ont précédé, et on a
parlé de malaise, mais on convient qu'il y a un dénominateur commun, où la
rencontre s'est faite de façon cordiale, il n'y a pas eu de... personne n'a
senti de pression. Mais, étant donné que ce n'est pas habituel, vous l'avez mentionné, plusieurs l'ont mentionné, que le
ministre vienne rencontrer… alors, à ce moment-là, est-ce que... de quelle façon vous expliquez le fait que
personne n'a eu le réflexe de contacter ou d'entrer en contact avec le
bureau du ministre pour à tout le moins avoir des détails sur les sujets, l'objet
de la rencontre, ces choses-là?
Germain (M