House Proceedings — 21 March 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
2019-03-21
Quebec — Debates (Hansard)
Gaudreault : Merci, M. le Président. Cette année marque le
20e anniversaire d'un organisme exceptionnel de mon comté et de l'Outaouais, la Maison
Mathieu-Froment-Savoie. Année après année, notre maison de soins palliatifs
accueille et accompagne gratuitement des
personnes en fin de vie en leur permettant de vivre leurs derniers moments dans
une atmosphère familiale, intimiste et chaleureuse.
La Maison Mathieu-Froment-Savoie a vu le jour
grâce à l'initiative de dévoués professionnels de la santé de notre région et a vite choisi le nom de Mathieu
Froment-Savoie en hommage à un jeune virtuose du violoncelle de chez
nous qui est décédé beaucoup trop jeune, à l'âge de 13 ans.
Au nom de la
population de l'Outaouais, je souhaite profiter de cet anniversaire pour
remercier les administrateurs, les équipes
de professionnels et les centaines de bénévoles qui s'y sont succédé depuis
20 ans. Au fil des années, tous ces anges ont fait preuve de
bienveillance et d'une intarissable générosité de coeur. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Pour la troisième déclaration, je cède la parole à Mme
la députée de Huntingdon.
IsaBelle : M. le Président, le palmarès canadien des centres
d'expertise laitière établit un indice de performance des troupeaux selon six critères. Sur
7 000 troupeaux canadiens, deux fermes laitières de Huntingdon se
sont mérité une première place.
D'abord, la
ferme laitière Estermann, de Dundee, s'est classée en première position au
Canada dans la catégorie de troupeaux
en stabulation libre, ce qui veut dire que leurs vaches sont libres dans
l'étable. La réussite de l'entreprise revient à Regula, son frère
Martin, leurs parents, ainsi qu'aux employés.
Également, la
Ferme Leriger, située à Hemmingford, propriété de Lucien Bouchard et de son
fils Daniel, s'est aussi classée première au Canada dans la catégorie
des troupeaux biologiques.
Mentionnons que ces deux entreprises laitières
ont gagné de nombreux prix pour la qualité de leur lait.
Félicitations à ces entreprises qui, par leur
expertise, leur passion et leur travail, contribuent à la fierté et au
rayonnement de notre circonscription et du Québec!
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci. Merci, Mme la députée. Je cède la parole à Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Weil : Merci, M. le Président. Je désire aujourd'hui souligner
en cette Chambre qu'une nouvelle fondation dédiée aux personnes de tous âges vivant avec une déficience physique
voit le jour dans mon comté de Notre-Dame-de-Grâce.
This foundation, which carries the name
Habilitas, is the result of the merger of three foundations, MAB-Mackay, Constance-Lethbridge, and Camp Massawippi, organizations with years of
expertise and experience.
La mission première d'Habilitas est de recueillir des fonds afin
d'appuyer ces institutions bien ancrées dans la communauté et qui
apportent soins, bienveillance, compassion et authenticité grâce à des équipes
de professionnels dévoués et déterminés à
aider le plus de gens à vivre mieux. Dans leurs mots, Habilitas crée un monde
où les déficiences physiques ne posent plus de défi.
years, these institutions, the
oldest of which, Mackay Centre,
was founded in 1869, have been providing services
with care, compassion, kindness, and true authenticity to adults and children
living with physical disabilities. Congratulations to Habilitas!
Félicitations,
Habilitas! Longue vie!
Vice-Président (M. Picard) :
Merci. Merci, Mme la députée. Je cède la parole à Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : Merci, M. le Président. J'aimerais souhaiter le meilleur des succès à
Mme Andréanne Patry-Landry, une nageuse de ma circonscription.
En ce moment même, elle participe pour la
première fois aux Jeux olympiques
spéciaux mondiaux qui se déroulent à
Abu Dhabi, capitale des Émirats arabes. C'est la plus importante manifestation
sportive et d'inclusion sociale dans le monde.
Avec
plus de 7 500 athlètes provenant de 170 pays, la Maskoutaine a
été sélectionnée au sein d'Équipe Canada grâce à ses efforts et sa grande détermination. C'est une athlète qui
s'est distinguée à de multiples reprises en remportant des médailles aux
jeux spéciaux nationaux.
Je tiens à souligner
l'excellence de Mme Patry-Landry, qui représente le Québec avec brio à l'étranger.
Nous sommes très fiers de vous. Félicitations!
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. M. le député de Gouin pour la
prochaine.
Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, c'est jour de
budget. C'est un jour important pour plusieurs organismes, pour plusieurs
citoyens et citoyennes, mais c'est aussi un jour important pour les étudiantes
et les étudiants du Québec, spécialement
pour les stagiaires. On va découvrir aujourd'hui si les ministres de
l'Éducation et des Finances sont à l'écoute ou non de la jeunesse.
Dans
ce budget, il doit absolument y avoir de l'argent pour la rémunération des
stages, les étudiants attendent ça depuis trop longtemps. La cause est
juste, la mobilisation est forte. Il faut en finir avec le cheap labor
étudiant.
n'est pas le temps pour le ministre de gagner du temps, c'est le temps de
l'action. Les étudiants et les étudiantes ont assez attendu. Que le ministre attende la fin de sa consultation
pour préciser les détails, c'est une chose, mais il peut mettre de
l'argent aujourd'hui, il le sait très bien. Le statu quo est intenable.
tiens donc à réaffirmer ici mon soutien et celui de ma formation politique aux
revendications des étudiants et des étudiantes du Québec qui luttent
pour la rémunération des stages.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Merci. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Saint-François.
Hébert :
Merci, M. le Président. La Maison Jeunes-Est de Sherbrooke, située à quelques
pas de mon bureau de circonscription, amorçait, le 17 février
dernier, sa 37e année d'activité.
Maison Jeunes-Est ne cesse d'innover et d'adapter son offre de services pour
son service de maison des jeunes, celle-ci offre une maison d'hébergement pour
mineurs. C'est un lieu sain et sécuritaire où s'effectuent 24 heures sur 24, 365 jours par année des
interventions, des accueils de crise, du soutien téléphonique, du suivi
psychosocial et de l'accompagnement.
La Maison Jeunes-Est offre aussi depuis sept ans déjà son
programme Accès 5, soit une merveilleuse initiative visant à lutter contre le décrochage scolaire et créant une synergie des forces
vives de la communauté. Le programme offre des services complémentaires à ceux offerts
par les écoles, une alternative de
soutien novatrice et personnalisée qui permet de stimuler l'engagement
de l'élève et d'agir sur l'ensemble des dimensions de la vie du jeune.
Bravo à toute l'équipe de la Maison Jeunes-Est
pour votre excellent travail! Merci également aux nombreux bénévoles pour votre précieuse contribution. Nos
jeunes sont chanceux d'avoir à leur portée une si belle ressource. Merci.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci. Merci. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Joliette.
Hivon :
C'est avec grande fierté que je prends la parole aujourd'hui pour souligner le
125e anniversaire de la Chambre
de commerce du Grand Joliette. Je veux profiter de cette occasion pour
souligner le travail remarquable de l'équipe,
ses membres actuels comme ceux et celles qui les ont précédés, qui ont
contribué à cette longévité en plus de faire
de l'organisation une véritable institution, bien enracinée dans la communauté.
Si Joliette est aujourd'hui reconnue comme
une terre d'entrepreneuriat aussi dynamique et innovante, c'est en bonne
partie
dû aux efforts de la chambre de commerce, qui travaille sans relâche
pour favoriser le développement économique et social de notre coin de pays.
Pour son 125e anniversaire, la chambre fait
peau neuve avec une nouvelle devise, Unis. Forts. Prospères. , trois mots qui résument bien l'esprit de
concertation qui anime les gens de chez nous, leur détermination et leur
volonté de dépassement.
À tous les artisans de cette histoire qui
s'écrit depuis 125 ans, je vous exprime toute ma gratitude et je vous
remercie très sincèrement de votre engagement. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Je cède la parole à M. le député de Charlesbourg.
M. Julien : Oui, M. le Président,
c'est avec beaucoup d'émotion et de compassion que je m'adresse à vous
aujourd'hui.
24 mars 2018, un terrible accident venait frapper une famille de
Charlesbourg. Thomas Ratté, un jeune homme de 17 ans, fut happé
mortellement par un automobiliste conduisant avec les facultés affaiblies.
Ma déclaration
rend hommage à Thomas, qui nous a quittés beaucoup trop vite. Thomas était un
jeune homme jovial, aimable et très présent pour sa famille et pour ses
amis. Il avait toute la vie devant lui.
M. Éric Dion,
parrain de Thomas, nous rappelle qu'il faut porter le message que l'alcool et
la drogue au volant font trop de
victimes comme Thomas. Ce genre d'accident tragique ne devrait pas se produire.
J'aimerais d'ailleurs inviter tous
mes collègues à rendre hommage à une victime de l'alcool au volant dans leur
circonscription, le cas échéant, dans le cadre de la semaine de la
prévention de la conduite avec les facultés affaiblies.
Thomas, Thomas, nous ne t'oublions pas.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Merci. Je cède la parole à M. le député de Maskinongé.
Allaire : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je tiens à mettre en lumière une entreprise
de Louiseville qui existe depuis
2002, Divel. Divel est spécialisée, entre
autres, dans la conception, la
fabrication et l'installation de solutions d'entreposage automatisées et
de véhicules autoguidés.
En décembre dernier, l'entreprise a fusionné
avec deux autres entreprises de la Mauricie afin de devenir ensemble Noovelia. Cette nouvelle entreprise
compte devenir la plus importante société techno entre Montréal et Québec et devenir ainsi un grand joueur,
incontournable, de l'industrie. D'ici cinq ans, Noovelia pense devenir...
générer 200 nouveaux emplois, une croissance de 30 % à 50 % par
année.
Divel a également développé un partenariat avec
une nouvelle chaire de recherche de l'Université du Québec à Trois-Rivières.
Parce
que derrière des réussites comme celle-là il y a des individus, je tiens à
féliciter Stéphane Elliott, Jean-Sébastien Descoteaux, David Arsenault
et, maintenant, Alain Lemieux pour leur audace et leur savoir-faire. Messieurs, bravo! Nous sommes très fiers
de vous. Longue vie à Divel! Longue vie à Noovelia!
Vice-Président (M. Picard) : Merci. Y a-t-il consentement pour
permettre au député d'Arthabaska de faire une 11e déclaration?
Consentement. M. le député d'Arthabaska.
Lefebvre : Merci, M. le Président. Chaque année, au mois de mars, la
semaine internationale de la Francophonie est célébrée sur chaque
continent par plus de 220 millions de personnes.
Au Québec, la
francophonie est une priorité de longue date. Pour notre Assemblée nationale,
cet engagement se traduit notamment
par une participation active à l'Assemblée parlementaire de la Francophonie,
dont elle est membre depuis 1975.
Nous y défendons les valeurs chères aux Québécoises et aux Québécois, dont la
démocratie, la paix et l'égalité des sexes. Nous faisons également
connaître les domaines d'expertise du Québec, en plus de rapporter le
savoir-faire d'autres pays afin d'améliorer
nos réponses aux défis auxquels notre société est confrontée. La particularité
des relations interparlementaires est
qu'elles ne sont pas partisanes et impliquent tous les groupes représentés à
l'Assemblée nationale.
En cette
semaine toute spéciale, je vous invite à faire rayonner chacun à votre façon
notre belle langue. Merci. Et célébrons ensemble notre francophonie.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, M. le député. Cela met fin à la rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 54)
Le Président : Mmes et MM.
les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Mmes, MM. les
députés, j'ai le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, de
plusieurs anciens députés : d'abord,
Mme Yolande James, ancienne députée de Nelligan, la présence également de M.
Mathieu Traversy, ancien député de Terrebonne, Mme Marie Grégoire,
ancienne députée de Berthier, et de M. Daniel Paillé, ancien député de Prévost.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le président
du Conseil du trésor.
Dubé : Alors, M. le Président, permettez-moi de vous transmettre un message de Son Honneur le lieutenant-gouverneur
du Québec, signé de sa main.
Le Président : Mmes, MM. les
députés, je vous demande de vous lever, s'il vous plaît.
Et le message se lit comme suit :
«Conformément
aux dispositions de l'article 54 de la Loi constitutionnelle de 1867, je
transmets et recommande à la considération de l'Assemblée nationale les
crédits pour l'année financière se terminant le 31 mars...»
Signé de l'honorable J. Michel Doyon. Merci.
M. le président du Conseil du trésor.
Dubé : Alors, M. le Président, pour faire suite au message du
lieutenant-gouverneur, c'est avec beaucoup de fierté, qu'il me soit permis de
déposer les crédits budgétaires pour l'année financière se terminant le
31 mars 2020 et les documents qui les accompagnent, à
savoir : la stratégie de gestion des dépenses, les plans annuels de
gestion des dépenses et des crédits des
ministères et organismes, le budget des fonds spéciaux, le budget des
organismes autres que budgétaires,
les crédits et les plans annuels de gestion des dépenses de l'Assemblée nationale
et des personnes désignées, les renseignements supplémentaires, ainsi que le
fameux plan québécois des infrastructures 2019-2029, et les plans annuels
de gestion des investissements publics en infrastructures. Merci, M. le
Président.
Le Président :
...ces documents sont déposés. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, j'ai deux motions à présenter. La première est
la suivante : Conformément aux
dispositions de l'article 280 du règlement, je fais motion pour
déférer les crédits budgétaires 2019-2020 en commission
plénière afin que l'Assemblée étudie et adopte le quart des crédits.
Ensuite, la deuxième
motion...
Le Président :
Vous permettrez, M. le leader du gouvernement, je le fais dans l'ordre.
Cette motion est-elle
adoptée?
Le Président :
Adopté.
demande s'il y a consentement pour déroger à l'article 53
du règlement afin de permettre la présentation d'une motion sans
préavis. Y a-t-il consentement? Consentement. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, la deuxième motion. Suite à une entente avec les
groupes parlementaires et les députés indépendants, de consentement, je
souhaite présenter à ce moment-ci la motion concernant les modalités convenues
pour l'étude des crédits provisoires en commission plénière, qui se tiendra le
mardi 26 mars 2019.
Alors, la motion se
lit comme ceci :
«Que
l'Assemblée [nationale] procède à l'étude et à l'adoption des crédits
provisoires 2019-2020, conformément aux dispositions de l'article 87, alinéa 1, paragraphe 4.1°
ainsi que des articles 280 et 281 de notre règlement et ce, selon
les modalités subséquentes;
«Que,
dès l'appel des affaires du jour de la séance du mardi 26 mars 2019,
l'Assemblée se constitue en commission plénière et procède à l'étude des
crédits provisoires de la manière suivante :
«Que, pour une durée
maximum de 1 heure, le ministre responsable de l'Administration
gouvernementale et président du Conseil du trésor puisse échanger avec les
députés de l'opposition;
«Que
dès après, et pour une durée maximum de 1 heure, le ministre de
l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion puisse échanger avec
les députés de l'opposition;
«Que
dès après, et pour une durée maximum de 1 heure, la ministre de la Santé
et des Services sociaux puisse échanger avec les députés de
l'opposition;
«Qu'à 18 heures,
la commission plénière suspende ses travaux et que les travaux de l'Assemblée
soient ainsi suspendus jusqu'à 19 h 30;
«Que
dès 19 h 30, la commission plénière poursuive ses travaux et puisse
compléter, si nécessaire, les échanges entre les députés de l'opposition
et la ministre de la Santé et des Services sociaux;
«Qu'immédiatement
après, pour une durée de 1 heure, le ministre de l'Environnement et de la
Lutte contre les changements climatiques puisse échanger avec les
députés de l'opposition;
«Qu'immédiatement
après [et] pour une durée maximum de 1 heure, le ministre de l'Éducation
et de l'Enseignement supérieur puisse échanger avec les députés de
l'opposition;
«Qu'immédiatement
au terme de cet échange, le président de la commission plénière mette aux voix
le quart des crédits pour l'année financière 2019-2020;
«Qu'ensuite,
le président de la commission plénière fasse rapport à l'Assemblée et que
celle-ci se prononce sans débat sur ledit rapport puis sur le projet de
loi de crédits qui y fait suite, le tout conformément au premier alinéa de
l'article 281 du règlement;
«Qu'enfin,
et ce suivant le deuxième alinéa de l'article 281 du règlement, il soit
permis au leader du gouvernement de présenter une motion sans préavis et non
débattue afin que l'étude de l'ensemble des crédits budgétaires, sauf
ceux de l'Assemblée, soit renvoyée en commissions permanentes;
«Que les remarques
préliminaires pour chacun des échanges avec les ministres susmentionnés soient
fixées à un maximum de
5 minutes 34 secondes pour le groupe parlementaire formant le
gouvernement, 3 minutes 43 secondes pour le groupe
parlementaire formant l'opposition officielle, 56 secondes pour le
deuxième groupe d'opposition, 56 secondes pour le troisième groupe
d'opposition et 51 secondes pour l'ensemble des députés indépendants;
«Que pour
chacun des échanges avec les ministres susmentionnés, l'équivalent d'un bloc de
1 minute 30 secondes par heure d'échange soit réservé à
l'ensemble des députés indépendants;
«Que le temps
non utilisé, le cas échéant, par les députés indépendants soit redistribué
proportionnellement entre le groupe
parlementaire formant l'opposition officielle, le deuxième groupe d'opposition
ainsi que le troisième groupe d'opposition;
«Qu'à tout moment, le président de l'Assemblée
ou de la commission plénière puisse suspendre les travaux;
«Que, malgré
l'article 20 du règlement, la commission plénière et l'Assemblée puissent
poursuivre leurs travaux jusqu'à ce
que cette dernière se soit prononcée sur le projet de loi de crédits et sur la
motion de renvoi de l'ensemble des crédits budgétaires sauf ceux de
l'Assemblée en commissions permanentes;
«Que cette
motion devienne un ordre de l'Assemblée et qu'elle ait préséance sur toutes
dispositions incompatibles du règlement.»
Le Président : Cette motion
est-elle adoptée?
Le Président : Adopté.
Pour ma part, je dépose le diagramme de
l'Assemblée nationale en date d'aujourd'hui.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission de la santé
et des services sociaux et député de Beauce-Nord.
Provençal : M. le Président,
je dépose le rapport de la Commission de la santé et des services sociaux qui,
le 20 mars 2019, a tenu des auditions publiques dans le cadre de
consultations particulières sur le projet de loi n° 7, Loi
concernant certaines conditions de travail applicables aux cadres du réseau de
la santé et des services sociaux.
Le Président : Ce rapport est
maintenant déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député
de Bonaventure.
M. Roy :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 688 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que le cancer est un fléau qui
menace de plus en plus les citoyens du Québec;
«Considérant que notre mode de vie amplifie [les
risques] de développer ce type de maladie;
«Considérant
qu'au cours des 10 dernières années, au Québec, le nombre de nouveaux cas
de cancer a augmenté de 2 % par année, en moyenne;
«Considérant
que l'on prévoit que le nombre de nouveaux cas de cancer bondira d'au moins
35 % au Québec au cours des 15 prochaines années;
«Considérant que, depuis 2000, le cancer est la
première cause de mortalité au Québec, devant les maladies cardiovasculaires;
«Considérant
qu'environ un Québécois sur deux devra combattre un cancer au cours de sa vie,
et qu'un sur quatre en mourra;
«Considérant que la
prévention est une fonction essentielle de [la] santé publique, puisqu'elle
permet d'agir favorablement sur les déterminants de la santé;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons à l'Assemblée nationale de mandater la Commission de la
santé et des services sociaux pour
faire le bilan des actions gouvernementales passées et actuelles face à la
prévention du cancer afin d'élaborer un plan d'action audacieux face à
cette pandémie;
«Que la
commission définisse une stratégie nationale interministérielle cohérente de
lutte contre le cancer afin de faire du Québec la nation la plus
avant-gardiste en Amérique du Nord en matière de prévention du cancer;
«Qu'à cette
fin elle convoque les ministères de la Santé et des Services sociaux, de
l'Éducation, de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, de
l'Environnement et, au besoin, tout autre ministère.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Cet extrait de
pétition est déposé. M. le député de Saint-Jérôme.
Chassin : Merci, M. le
Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par
119 875 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec. Et je souligne l'âme derrière cette pétition, qui est présente ici,
Nathalie Prud'homme.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
qu'une première pétition de 51 844 signataires, déposée en
mai 2018, n'a pu obtenir de réponse en raison de la dissolution de
l'Assemblée nationale en août 2018;
«Considérant
que la vitamine C est déjà approuvée par Santé Canada pour traiter
d'autres maladies ou pallier des carences;
«Considérant
que le produit est déjà inscrit sur la liste des médicaments de la majorité des
établissements de santé du Québec;
«Considérant
que la vitamine C peut atténuer de façon significative les effets
secondaires induits par les traitements de chimiothérapie et ainsi
augmenter la qualité de vie des patients;
«Considérant
qu'en Ontario le produit est déjà accessible pour le traitement des effets
secondaires de la chimiothérapie et
des effets indésirables postchimiothérapie et que plusieurs Québécois
traversent la rivière des Outaouais pour recevoir ce traitement;
«Considérant que le coût des hautes doses de
vitamine C est relativement faible en rapport à l'effet bénéfique [pour]
le patient;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec de mettre sur pied un registre québécois de la vitamine C par perfusion. Ce registre permettrait de documenter les
données sur l'innocuité et l'efficacité de la vitamine C à haute dose dans les cas de traitements médicaux
complémentaires de cancer ainsi que les effets ressentis par les patients.
Le registre autoriserait les médecins à prescrire la vitamine C en
complément de traitement, et les patients pourraient recevoir [le traitement], au Québec, par des professionnels de la santé
autorisés. Les coûts du traitement seraient assumés par la Régie de
l'assurance maladie du Québec.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Président : Cet extrait de pétition est déposé. J'ai reçu une
demande de M. le député de Bonaventure pour la présentation d'une pétition non conforme. Y a-t-il consentement pour
la présentation de cette pétition? Consentement. M. le député.
M. Roy : M. le Président, je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 128 pétitionnaires. Désignation: citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que le cancer est un fléau qui
menace de plus en plus les citoyens du Québec;
«Considérant que notre mode de vie amplifie [les
risques] de développer ce type de maladie;
«Considérant
qu'au cours des 10 dernières années, au Québec, le nombre de nouveaux cas
de cancer a augmenté de 2 % par année, en moyenne;
«Considérant
que l'on prévoit que le nombre de nouveaux cas de cancer bondira d'au moins
35 % au Québec au cours des 15 prochaines années;
«Considérant que, depuis 2000, le cancer est la
première cause de mortalité au Québec, devant les maladies cardiovasculaires;
«Considérant qu'environ un Québécois sur deux
devra combattre un cancer au cours de sa vie, et [...]un sur quatre en mourra;
«Considérant
que la prévention est une fonction essentielle de santé publique, puisqu'elle
permet d'agir favorablement sur les déterminants de la santé;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons à l'Assemblée nationale de mandater la Commission de la
santé et des services sociaux pour
faire le bilan des actions gouvernementales passées et actuelles face à la
prévention du cancer afin d'élaborer un plan d'action audacieux face à
cette pandémie;
«Que la
commission définisse une stratégie nationale interministérielle cohérente de
lutte contre le cancer afin de faire du Québec la nation la plus
avant-gardiste en Amérique du Nord en matière de prévention du cancer;
«Qu'à cette
fin elle convoque les ministères de la Santé et des Services sociaux, de
l'Éducation, de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, de
l'Environnement et, au besoin, tout autre ministère.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition, M. le Président.
Le Président : Cet extrait de
pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Je vous avise
qu'après la période de questions et réponses orales sera tenu le vote reporté
sur la motion du député de La Pinière débattue hier aux affaires
inscrites par les députés de l'opposition.
Nous en sommes maintenant à la période de
questions et de réponses orales, et je cède la parole au leader de l'opposition
officielle.
M. Proulx :
Merci, M. le Président. La Coalition avenir Québec forme le gouvernement depuis
déjà quelques mois, et on peut,
d'ores et déjà, dégager, je dirais, certains constats. D'abord, il y a un
empressement, une énergie à vouloir aller
de l'avant et réaliser certains engagements électoraux qui ont été pris dans le
passé, mais pas tous, M. le Président, certains.
Il y a un autre constat qui s'impose de plus en plus, c'est une impression
d'une hésitation, que le premier ministre, certains ministres ont de la difficulté à trancher, à assumer les
pouvoirs, les moyens, les outils qui sont à leur disposition pour régler
des questions qui ne doivent pas attendre, où je vois là un manque de volonté.
J'en viens à un dossier où le temps presse, où
attendre ou retarder inutilement peut nuire au projet, c'est le dossier
du transport structurant ici, à Québec. C'est un projet, M. le Président, qui
est emballant, qui est appuyé par la communauté,
qui nous amènerait à être en rupture sur nos façons de se déplacer. C'est le
projet d'infrastructure le plus important de l'histoire de notre
capitale nationale.
Ma première question
pour le premier ministre : Va-t-il concrètement, par des gestes, appuyer ce
projet dans les prochaines semaines?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, le projet de transport structurant à Québec, c'est un beau projet,
c'est un projet emballant, un projet
de 3 milliards de dollars. Le gouvernement du Québec et, avant ça, la CAQ, on s'était engagés à
investir 60 %, donc 1,8 milliard, dans ce projet. Et, depuis
le début, on demande au gouvernement fédéral de fournir 40 %, donc 1,2 milliard. Le gouvernement fédéral a un
fonds pour le transport en commun, mais veut seulement donner
400 millions, donc il manque 800 millions.
Dans le
budget il y a deux jours, le gouvernement fédéral a créé un nouveau fonds pour
l'ensemble des municipalités en
ajoutant 500 millions de dollars. Bien, il y a deux problèmes. Premier
problème, même si on utilisait le 500 millions, il manque toujours
300 millions. Deuxièmement, est-ce qu'on va dire à l'ensemble des
municipalités du Québec que le 500 millions
va aller à une seule municipalité? Je pense qu'on doit continuer à avoir des
discussions avec le gouvernement fédéral,
et je compte sur le leader du Parti libéral pour nous appuyer pour aller
chercher notre argent, notre part pour le transport en commun, du
gouvernement fédéral.
Le Président : Première
complémentaire, M. le leader de l'opposition officielle.
Proulx : Oui, M. le Président. D'abord, j'apprécie que le premier
ministre prenne la question parce que c'est de la capitale nationale dont il est question. Il est vrai qu'il y a des
fonds du fédéral, c'est peut-être un modèle de financement qui est
imparfait, j'en conviens, et je suis d'accord avec lui qu'il faut faire les
démarches pour obtenir davantage et le maximum.
Mais une chose est certaine, M. le Président, c'est que nous sommes
actuellement à un moment où, si on ne fait rien, si le Québec n'agit pas
à l'intérieur des programmes qui sont devant lui, on peut mettre en péril ce
projet.
La question pour le premier ministre : Veut-il
jouer à la roulette russe avec le projet...
Président : M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, le gouvernement du Québec s'engage déjà à financer 60 %
du projet, donc 1,8 milliard sur
3 milliards. Je veux bien comprendre la suggestion du Parti libéral.
Est-ce que le Parti libéral est en train de nous dire qu'on devrait accepter la mauvaise réponse du gouvernement
fédéral et ajouter de l'argent du gouvernement du Québec au
1,8 milliard? Je veux juste bien comprendre ce qu'il nous propose.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Proulx : M. le Président, la situation, c'est la suivante, c'est que le gouvernement du Québec, et je n'en doute pas, va faire sa part. Le gouvernement
fédéral a choisi, par un moyen qui
n'est pas celui qu'il souhaitait, de rendre l'argent disponible, et,
s'il le priorise, le projet pourra aller de l'avant rapidement.
question qui se pose, M. le Président, et elle est
dans la population : Est-ce
que le gouvernement ne souhaite
pas plutôt,
et ce serait malheureux, de rendre ce projet-là tellement difficile qu'il ne
pourra qu'en réaliser un seul, celui du troisième lien routier?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, le gouvernement fédéral nous dit dans son
budget, il y a deux jours : On crée un nouveau fonds de 500 millions pour l'ensemble des municipalités du
Québec. Est-ce que le leader de l'opposition officielle est en train de nous dire qu'on devrait dire à
l'ensemble des municipalités du Québec : Vous n'aurez pas un sou de ce
500 millions, on va tout le mettre à
Québec? Première question. Deuxième question : Où prend-on le
300 millions qui manque? Je veux juste bien comprendre, là. Est-ce
que le Parti libéral veut encore une fois qu'on s'écrase devant le gouvernement
fédéral...
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
...et qu'on paie une plus grande
partie du projet? Je veux bien comprendre la proposition.
Le Président :
Question principale, M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Merci,
M. le Président. Plus tôt cette
semaine, on a parlé du bris de services en chirurgie à l'hôpital
de La Sarre. Bien, c'est aujourd'hui que ça commence, M. le Président. Si vous avez
un accident à La Sarre et que vous avez besoin de chirurgie urgente, bien, espérons qu'il fasse beau en
Abitibi parce que vous allez devoir prendre la route d'urgence pour
Rouyn. Et malheureusement les gens de La Sarre ne sont pas les seuls.
À partir de demain, et pour une semaine, il n'y aura
pas de chirurgien à La Pocatière. Toutes les situations urgentes, tous les
accouchements, tout le monde à Rivière-du-Loup. Et, à La Pocatière, M. le Président, c'est la deuxième fois que ça arrive juste au mois de mars. La semaine dernière, c'était une semaine complète à Maniwaki, et, pour eux, c'est la
cinquième fois depuis l'arrivée de la CAQ.
La semaine d'avant, c'était chez nous, à Shawville. Assez, c'est assez, M. le Président. Il est temps que la ministre
agisse. Mais je vous gage un petit deux, M. le Président, que, plutôt que nous parler de
solutions, la ministre va nous dire qu'elle
est préoccupée, puis ensuite elle va blâmer la centralisation, elle va
s'attaquer aux réformes du passé. Mais pourtant elle a tous les leviers à sa
disposition, tous les outils en place pour qu'il n'y ait plus de bris de
services en région.
Qu'est-ce qu'elle
attend pour les utiliser?
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
McCann : Oui. M. le Président, nous sommes actuellement à pied d'oeuvre pour régler ces problématiques dans les régions. Et d'ailleurs j'ai une rencontre cet après-midi
avec des élus d'Abitibi-Ouest pour échanger avec eux et pour leur traduire les
solutions concrètes que nous sommes à même d'apporter à la problématique en
obstétrique-gynécologie à La Sarre.
Nous sommes un gouvernement qui agit et nous avons agi promptement dans cette
situation. Il y a
des infirmières qui sont actuellement en formation et qui pourront prêter main-forte très rapidement,
dans les prochaines semaines, pour
ouvrir le service de gynéco-obstétrique le plus rapidement possible à La Sarre
et pour que les personnes, évidemment les femmes enceintes,
puissent y accoucher.
Entre-temps,
il y a des mesures de sécurité, les intervenants, vraiment, les assurent, on a ajouté une ambulance
pour nous assurer que les services sont au rendez-vous et que ces femmes...
Le Président : En terminant.
Mme McCann : ...accouchent en toute
sécurité. Nous agissons.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Pontiac.
Fortin : M. le Président, on ne parle pas d'obstétrique, on parle de chirurgie. Si la ministre
de la Santé voulait régler la situation,
si elle voulait assurer un service de chirurgie en région, M. le Président, elle a une panoplie d'options. Elle peut utiliser la loi n° 130, elle peut
utiliser l'entente avec les médecins
spécialistes, M. le Président. La ministre a tous les pouvoirs, les pouvoirs politiques, les
pouvoirs juridiques, les pouvoirs réglementaires pour que les bris de service
en région, ce soit fini. Mais, pour ça, elle doit assumer ses
responsabilités.
Pourquoi, pour qui, pour quel lobby elle ne le
fait pas?
Le Président : Mme la
ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann : Bien, M. le Président,
nous allons régler un dossier sous peu qui n'a pas été réglé sous la gouverne — oui, je vais le dire encore — de l'ancien gouvernement. La Fédération des
médecins spécialistes du Québec, responsable
de la couverture de la chirurgie, entre autres, en région et à travers tout le
Québec, est sur le point de signer une
entente avec l'association des chirurgiens, ce qui est une excellente nouvelle,
qui n'a pas été fait dans la dernière année et qui va se faire maintenant, donc dans les prochains jours. Nous
aurons, à ce moment-là, la possibilité d'avoir des couvertures plus...
Le Président : En terminant.
Mme McCann : ...évidemment, assurées
au niveau des chirurgies à travers le Québec.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Pontiac.
Fortin : M. le Président,
«nous aurons la possibilité»... M. le Président, la loi n° 130,
là, c'est un gros bouton rouge «that
was easy». Elle pèse dessus, puis c'est fini, les bris de services. D'ailleurs,
même le député de Lévis le disait, à propos
de la loi n° 130, et je le cite : Ça permet «de faire en
sorte qu'on évite des ruptures ou des bris de services [quand] on a
besoin de spécialistes, notamment [en] régions.»
M. le Président, comprenez-vous pourquoi la
ministre ignore l'avis très pertinent du député de Lévis?
Le Président : Mme la
ministre de la Santé et des Services sociaux.
McCann : Eh bien, gardez-vous... C'est la culture du bâton, hein,
c'est la culture du bâton qui a eu lieu dans les quatre dernières années. On sait qu'est-ce que ça a donné : la
démobilisation des médecins, la non-collaboration. Nous, on croit en la
collaboration.
Le Président : S'il vous
plaît!
McCann : Les médecins spécialistes comme les médecins de famille ont
une responsabilité sociale et morale de
voir aux services à la population du Québec, et, avec la signature de l'entente en chirurgie, nous sommes confiants
que ces bris disparaîtront au Québec.
Alors, nous agissons en collaboration avec la Fédération des médecins
spécialistes...
Le Président : En terminant.
Mme McCann : ...qui a une
responsabilité importante dans ce dossier.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Merci, M. le Président. Alors, pour faire fonctionner le Parlement, il est essentiel d'avoir
des informations qui sont
pertinentes, factuelles pour prendre de bonnes décisions. Et je dois
reconnaître, M. le Président, que j'ai de la difficulté à suivre le ministre de l'Immigration. Dans l'exemple, hier, le ministre
a clairement refusé de fournir des informations qui ont toujours été
disponibles auparavant.
En 2018, comme pour toutes les années
antérieures, on connaissait la provenance des gens qui souhaitaient s'installer
ici, sur notre territoire. On savait que 37 % venaient de l'Afrique,
9 % de l'Amérique, 25 % de l'Europe, 29 % de l'Asie. Cette information, elle est pertinente pour bien
comprendre d'où viennent les personnes et comprendre les tendances. Mais
le ministre, de manière unilatérale, a décidé de ne pas fournir ces
informations.
Dans le
dossier soumis à Arrima, c'est devant la cour que nous avons appris que
seulement 400 dossiers seraient traités
en 2019. En procédant de cette manière, le ministre entretient la
méfiance. Il semble vouloir faire les choses en comité restreint et,
clairement, il ne joue pas à visière levée.
Pourquoi, M. le Président?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président,
j'ai de la misère à suivre la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne sur ce sujet-là. Vous savez pourquoi? Parce qu'avec le nouveau système qu'on souhaite
utiliser, le système Arrima, qui a été mis
en place par ma prédécesseure avec le projet de loi n° 77
en 2016 et qui est entré en vigueur en 2018, ce qui est important, ce n'est pas d'où vous venez, ce n'est pas quelle
langue vous parlez. Peu importe la région du monde d'où vous venez, on ne vous sélectionnera pas en fonction de votre
pays de provenance, en fonction du bassin géographique d'où vous venez, on va vous sélectionner en fonction de votre
talent, de vos compétences, de votre expérience en matière du marché du travail.
On ne vous sélectionnera pas en fonction du continent duquel vous venez.
Nous, ce qu'on va s'assurer de faire, là, c'est
de vous donner les outils à partir de l'étranger. Que vous veniez d'Europe, d'Afrique, d'Amérique du Sud, que vous
veniez de l'Océanie, que vous veniez d'Asie, pour nous, ce n'est pas important. Ce qu'on veut, c'est le talent des gens
qui viennent au Québec enrichir la société québécoise. On ne veut pas
faire de discrimination des gens fondée sur la provenance du monde entier.
Est-ce que c'est ce que la députée de
Saint-Henri—Sainte-Anne
nous invite à faire...
Le Président : En terminant.
Jolin-Barrette : ...sélectionner
les gens en fonction de leur provenance du globe? Nous, on est ouverts. Ce
n'est pas ça qu'on veut faire du côté du gouvernement, ici.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : M. le Président,
ceci n'est qu'un exemple. Il y a des données qu'il refuse de partager. La
question que je viens de poser en
matière de transparence s'applique également à d'autres choses, notamment le
traitement des 18 000 dossiers.
Depuis le
4 mars, le ministre est tenu de traiter ces dossiers. Combien en a-t-il
traité à ce jour? 50, 500, 5 000? Est-ce que le ministre s'engage à
fournir l'état d'avancement du traitement de ces dossiers?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
Jolin-Barrette : M. le
Président, je veux revenir sur la question de la députée, à laquelle elle n'a
pas répondu. Est-ce que, pour elle, avec le nouveau...
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît!
Jolin-Barrette : ...système
de déclaration Arrima, elle souhaite que les gens soient sélectionnés en
fonction des différentes régions du
monde? Est-ce que, pour elle, c'est important de dire : On va sélectionner
des gens uniquement d'Amérique du
Sud, ou uniquement d'Afrique, ou uniquement de l'Europe? Moi, ce n'est pas ça
que je veux au niveau du type
d'immigration. Je veux m'assurer qu'on sélectionne la personne qui est la plus
motivée à venir au Québec, qui répond aux différents besoins en matière de
main-d'oeuvre du Québec, en fonction des différentes régions du Québec,
en fonction des emplois disponibles. D'où vous venez dans le monde...
Le Président : En terminant.
Jolin-Barrette : ...nous, ça
nous importe peu, contrairement à vous, et on est accueillants de ce côté-ci.
Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée de
Saint-Henri—Sainte-Anne, à
laquelle appartient la parole.
Anglade : Idéalement, on pose des questions pour obtenir des réponses,
M. le Président. Ça va faire maintenant
deux mois qu'on pose des questions. On n'a jamais de réponse. Et, après, c'est
le ministre qui nous pose des questions.
Au sujet de la provenance des nouveaux arrivants, on n'a pas eu de réponse. Au
sujet des dossiers traités dans Arrima, on n'a pas de réponse. Au sujet
de l'avancement des 18 000 dossiers, on n'a pas de réponse.
comprends, M. le Président, que nous soyons dans une période de questions, mais
à quand une période de réponses?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président,
je pense que je réponds à la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne. La provenance des individus qui immigrent au Québec,
ce n'est pas nécessaire parce qu'on est accueillants envers toutes les régions du monde. La députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, ce qu'elle nous invite à faire, c'est
une approche qui est sectaire, M. le
Président. Elle nous invite à dire : On veut savoir d'où les gens, ils
viennent précisément. Pourquoi est-ce qu'elle
tient tant à avoir cette information-là, M. le Président? Pour nous, ce qui est
prioritaire, ce n'est pas d'où vous venez, mais c'est ce que vous allez apporter au Québec. Il faut arrimer le
profil de compétence des gens avec les besoins du marché du travail, ce
que vous n'avez pas fait au cours des dernières années, au cours des 15
dernières années.
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : C'est pour tout
ça que le taux de chômage est plus du double puis c'est pour ça que les
immigrants sont surqualifiés pour les emplois qu'on a de disponibles.
Avouez-le.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Merci, M. le Président. Ce matin, les gens de l'industrie du
taxi se sont réveillés en lendemain de
veille, assommés par le projet de loi déposé hier par le ministre des
Transports. Pourtant, il les avait rencontrés récemment. Il leur avait
promis un projet de loi équitable, un projet de loi soucieux de leur réalité.
Eh bien, c'est raté. Ces pères et mères de
famille ont tout sacrifié. Ils se sont saignés à blanc, ils se sont endettés.
Ils ont respecté toutes les lois qu'on leur avait imposées pour
aujourd'hui se retrouver sur le carreau, sans avenir et sans retraite. Et la
CAQ fait exactement aujourd'hui la même chose que ce que les libéraux avaient
fait à l'époque, c'est-à-dire tenter d'acheter le silence des chauffeurs de
taxi par un dérisoire 250 millions de dollars. C'est rire d'eux, M. le
Président.
Lancer des
miettes aux chauffeurs, exactement
comme l'ont fait les libéraux, c'est ça, le changement promis par la CAQ?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Bonnardel :
M. le Président, cette loi a été créée avec un seul but, plus de concurrence,
plus de transparence. Pour qui? Pour
l'usager, pour le client. Dans les 40 dernières années, l'industrie du taxi n'a
pas été modernisée. Dans les quatre
dernières années, il y a eu quatre ministres des Transports de ce côté, aucun
n'a eu le courage de déposer une loi aujourd'hui. Pour faire quoi? Pour
trouver un équilibre entre le taxi traditionnel et les nouvelles technologies.
Abaisser le
fardeau fiscal réglementaire financier de l'industrie du taxi, c'était la
première chose que je voulais faire.
C'est la première chose que je disais à eux dans les quatre dernières années.
Ça veut dire quoi? Fin du permis 4C; fin de la plaque T comme on la connaît sur les taxis; c'est
1 000 $ de plus dans les poches; fin du monopole d'Uber pour la tarification
dynamique. On va permettre à toute société qui possède une application de, oui,
si elle le souhaite, mettre une tarification dynamique, que ce soit
Uber, Eva, Lift ou même Taxis Coop Québec, comme elle le fait présentement.
Dans
ces conditions, on remet plus d'argent dans les poches des chauffeurs de taxi,
ces chauffeurs qui n'auront plus à payer pour une location qu'ils paient entre
300 $ et 600 $ par semaine, pas par mois. C'est 15 000 $ à
30 000 $ qu'on leur met
dans leurs poches immédiatement. Je pense qu'on va être capables de trouver un
équilibre pour tous les joueurs de l'industrie...
Le Président : En terminant.
Bonnardel : ...au
bénéfice de l'usager.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Mercier.
Ghazal : ...du taxi que le ministre est en train de nous annoncer
parce qu'on voit qu'il a choisi son camp. C'est Uber, une compagnie voyou, une compagnie sans foi ni loi, une
multinationale championne toutes catégories de l'évasion fiscale et qui
impose ses propres lois partout où elle passe.
Ça, c'est ça, le nationalisme de la CAQ, se
mettre à plat ventre devant Uber, laisser cette multinationale nous imposer ses
propres lois et laisser tomber les travailleurs et les travailleuses du Québec?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Bonnardel : M. le
Président, compensation d'un
demi-milliard de dollars sur même pas deux ans, sur un an à peine, 250 millions sous le Parti
libéral, 250 millions de notre côté. Si la députée veut continuer de défendre l'industrie privée, ça va. Moi, je défends le travailleur, je défends celui aussi, là... pour les 12 500, là, chauffeurs qui dépensent entre
300 $ et 600 $ par semaine. Ce
chauffeur, demain matin, là, c'est de l'argent directement dans ses poches.
C'est un chauffeur, dans les journaux
ce matin, qui n'ose pas donner son nom par peur de représailles. C'est ça, la
situation. Alors, je pense qu'on va
trouver un équilibre pour que tout le monde ait sa place au Québec, encore une
fois, au bénéfice de l'usager et du client.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Je ne sais pas de
quel équilibre vous parlez. Parce que tout le monde connaît les stratégies d'Uber sauf
le ministre. Je vais lui expliquer parce qu'on connaît tous la chanson. Uber,
c'est faire du dumping, casser les prix, bref, tuer le marché. Qui
d'autre qu'Uber aujourd'hui a les reins aussi solides? C'est naïf de croire que
des petites entreprises québécoises, aussi innovantes et ingénieuses soient-elles,
pourraient survivre au rouleau compresseur d'Uber.
Est-ce que le ministre vit dans un monde de
Calinours?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Bonnardel : Mme la
députée, vous dites quoi à Eva? Vous
dites quoi à Eva, cette coopérative 100 % québécoise?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition.
Nadeau-Dubois : Je
m'attendrais, de la part du ministre, à ce qu'il connaisse la règle selon laquelle on
s'adresse à la présidence dans la période de questions.
Le Président : Veuillez
poursuivre, M. le ministre des Transports.
Le Président : S'il vous
plaît! La parole appartient maintenant au ministre des Transports. M. le
ministre.
Bonnardel : M. le
Président, la députée
dit quoi à Eva, cette jeune pousse québécoise? Soit dit en passant, j'avais dit à
l'ancien ministre des Transports que vous devriez travailler avec Eva, cette
jeune pousse qui veut, oui, compétitionner
Uber. Vous leur dites quoi? On ne le fait pas, on ne fait rien? À quelque part,
ces nouvelles technologies vont
s'épanouir au Québec, puis on va trouver une place pour le taxi traditionnel
comme on le connaît aujourd'hui, par une appellation protégée. Donc,
oui, ils auront leur place, tout comme les nouvelles technologies. Au bénéfice
de qui? L'usager et le client.
Le Président :
Question principale, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
Bérubé :
M. le Président, les usagers de la traverse Matane—Côte-Nord vivent trop souvent des moments
difficiles depuis l'arrivée du traversier F.-A.-Gauthier. Depuis décembre,
c'est devenu une crise importante au plan économique
et au plan humain. Je veux que le premier ministre en soit pleinement
conscient. Dans l'Est du Québec, c'est notre
unique lien. Sur la mauvaise gestion de la STQ, qui est reconnue, on a demandé
à deux reprises à son gouvernement de
se joindre à nous pour demander unanimement à la Vérificatrice générale du
Québec d'enquêter. Ils ont dit oui dans l'opposition, mais ils ont changé d'idée au gouvernement. Vous avez
acheté un navire de remplacement à Terre-Neuve au total de 3 millions. Il a servi
17 jours, vous n'avez même pas fait d'inspection dessus. Le programme
d'indemnisation annoncé est
franchement insultant pour notre région, ne tient pas compte de tous les
impacts. L'État a une responsabilité, soit qu'il garantit la traverse
soit qu'il indemnise. Il ne fait ni un ni l'autre.
Je demande au
premier ministre, un, de se joindre à nous pour demander à la Vérificatrice
générale qu'elle aille faire enquête
là, qu'il indemnise correctement les gens de l'Est du Québec, qu'il en fasse
une priorité au ministère des Transports, puis, avant de s'attaquer aux
chauffeurs de taxi, qu'il règle la question du bateau dans l'Est du Québec.
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : Je comprends de la
question du chef de la troisième opposition...
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît!
Legault : Du PQ, du PQ, comme vous voulez. M. le Président, je
comprends de la question du chef — disons qu'on va arrêter là — qu'il est contre les nouvelles applications
comme Uber, Eva, Lyft, peut-être une relance de Téo.
Maintenant, je veux revenir à sa question
initiale, la STQ. Le chef va sûrement se rappeler le député de Nicolet-Bécancour, qui, à plusieurs reprises, a
dénoncé la gestion de la STQ. On a — le ministre des Transports — changé le président de la STQ. Il y a des lacunes graves à la STQ. On est en train
de faire le ménage à la STQ. C'est certain, là, j'écoute le chef, il voudrait, à tous les jours, qu'on donne des mandats
au Vérificateur général ou à la Vérificatrice générale. On va gérer. On va gérer. On va faire des
changements. Puis, si c'est nécessaire, par la suite, bien, on fera intervenir
un tiers. Mais effectivement les
lacunes qui sont claires, là, sur lesquelles l'ancien gouvernement n'a pas agi,
les lacunes de la STQ, on va les
corriger. On va gérer de façon efficace la STQ parce que, là-dessus, le chef a
raison, c'est inacceptable, ce qui s'est passé dans les dernières années
à la STQ.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Alors, j'aimerais rappeler au gouvernement que votre
collègue de Nicolet-Bécancour avait
déjà fait cette demande au Vérificateur général. Alors, pour continuer, pour le
tourisme dans notre région, les déboires de la traverse entre la Côte-Nord et la Gaspésie ont des impacts
concrets : des séjours annulés, des hôteliers, des restaurateurs et autres acteurs touristiques perdent des
milliers de dollars en revenus. C'est inacceptable. Dans notre région qui
compte sur l'industrie du tourisme
pour dynamiser son économie, ce lien fluvial est crucial. Le gouvernement
caquiste doit agir.
Va-t-il enfin mandater le...
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Bonnardel :
M. le Président, je comprends très, très bien la situation sur la Côte-Nord et
la Gaspésie. Je suis extrêmement sensible à cette situation. J'ai rencontré les
députés de la région, je suis allé les voir. J'ai dit au député de Matane que je ne disais pas non à la
Vérificatrice générale. Je lui ai dit qu'on allait avoir un verdict
organisationnel avec le nouveau
P.D.G., M. Lafaut. On a embauché Raymond Chabot, tout comme on l'a fait
pour le MTQ voilà trois ans. Donnez-nous
le temps de vérifier et de statuer si, oui, il y a eu des problématiques sur
l'appel d'offres qui a été octroyé à la
firme italienne. Donnez-nous le temps. Les indemnisations aussi, il y en a eu
une première de 500 000 $. J'en conviens que, pour vous, ce n'est
peut-être pas assez. On y travaille pour la suite.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Duplessis.
Mme Richard : Merci, M. le
Président. Les citoyens, les entreprises de l'Est du Québec sont formelles. Les
compensations proposées par le ministre pour les usagers de la traverse Matane
et la Côte-Nord sont insuffisantes. Savez-vous quoi, M. le Président? C'est un
ticket gratuit sur une traverse qui n'est pas en service.
Donc, moi, ce
que je demande au ministre des Transports, c'est : Quand va-t-il offrir
aux citoyens, aux entreprises affectées par le bris d'Apollo et de tous
les navires qui ont traversé le fleuve d'est à l'ouest...
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Bonnardel :
M. le Président, on a mis sur la table une campagne de publicité de
115 000 $ pour la Côte-Nord et la Gaspésie. Ce n'est peut-être pas
assez, j'en conviens, mais c'est un montant considérable pour amener les gens
de Montréal, Sherbrooke, Québec à aller vous visiter l'été prochain. Pour moi,
c'est extrêmement important.
Deuxièmement,
la STQ l'a mentionné, M. le Président, première compensation d'un demi-million
de dollars, ce n'est peut-être pas
encore assez pour vous. J'en conviens, que c'est extrêmement difficile puis
c'est un lien économique important entre la Côte-Nord et la Gaspésie. La
STQ y travaille pour une deuxième compensation.
Je peux vous
assurer qu'on est extrêmement sensibles à cette situation puis on va trouver
tous les moyens possibles pour assurer une desserte convenable pour le
transport lourd, les citoyens. Merci, M. le Président.
Le Président : Question
principale, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Oui, M. le Président. Le projet de loi n° 1 vise à faire nommer les
directeurs de l'UPAC, de la SQ et du DPCP aux deux tiers des députés de notre
Assemblée nationale. Lors du dépôt du projet de loi n° 1,
la ministre de la Sécurité publique
disait vouloir renforcer la confiance du public envers nos institutions et
rendre le mode de nomination plus
neutre. Elle dénonçait alors les nominations faites à ces postes par le Conseil
des ministres parce qu'elles relevaient de la décision d'un seul groupe.
Hier, lors de l'étude
article par article, nous
avons déposé un amendement visant à assurer qu'au minimum deux partis reconnus à l'Assemblée nationale
appuient une éventuelle nomination aux deux tiers. La ministre a rejeté du
revers de la main notre proposition. L'esprit, M. le Président, du deux tiers,
c'est faire en sorte qu'on va au-delà de la règle
de la majorité puis qu'en plus du parti qui représente le gouvernement il y ait
au moins, minimalement, un autre parti qui y adhère.
En ce sens-là, comment, aujourd'hui, peut-elle
justifier son rejet des autres partis présents à l'Assemblée?
Le Président : Mme la
ministre de la Sécurité publique.
Guilbault : Merci, M. le
Président. Je vais vous dire, ça fait deux fois que le Parti libéral se lève
ici sur les nominations aux deux
tiers et notre projet de loi n° 1, et c'est toujours aussi ironique et
désopilant de les voir se lever sur cette
question-là parce que, M. le Président, vous vous en souviendrez, le Parti
libéral est foncièrement contre les nominations aux deux tiers.
Nous avons
déposé, nous, ce premier projet de loi de notre gouvernement le
29 novembre dernier, à peine un mois et demi après notre arrivée au
gouvernement, pour démontrer toute la bonne foi et tout le sérieux que nous
mettons dans cette réforme du mode de
nomination de trois postes très importants dans l'administration publique pour
nos institutions policières et
judiciaires, et, jusqu'à maintenant, je dois vous dire que la collaboration de
l'opposition officielle suscite des
questionnements, que ce soit dans l'étape de l'adoption de principe ou même à
l'étape, comme on a commencé hier, de l'étude détaillée du projet de
loi, où je ne sens pas, de la part de l'opposition, de volonté particulière...
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle.
Proulx : Oui, M. le Président, je veux bien, là, mais ça fait trois
fois, là. Vous connaissez notre règlement, on ne peut pas susciter de débat. La ministre n'est pas contente de
siéger à l'Assemblée nationale, il faut prendre son mal en patience, pas contente qu'on participe, M. le
Président, aux différentes consultations, il faut prendre son mal en patience.
Si on a... ça va finir par l'aider.
Vous le
connaissez, le règlement? Ça fait trois fois. Elle suscite un débat. Je vous
demande de la rappeler à l'ordre, s'il vous plaît.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Écoutez, M. le Président, la ministre de la
Sécurité publique répond à la question.
Elle veut faire cheminer un projet de loi qui est fondamental pour la société québécoise, avec un mode de nomination, que le Parti libéral a toujours refusé, pour
assurer une indépendance pleine et entière au DPCP, au directeur de la SQ ainsi
qu'au directeur de l'UPAC, chose à laquelle
le Parti libéral s'est toujours opposé. La question qui se pose, M. le
Président, c'est pourquoi ce parti-là
s'est toujours opposé à avoir plus d'indépendance au niveau des institutions
policières, au niveau de la justice.
Président : S'il vous plaît! Je demande maintenant à la
ministre de la Sécurité publique de compléter sa question.
Mme Guilbault : Oui, merci, M. le Président. Donc, toujours est-il que nous tenons à ce
projet de loi. Nous tenons à modifier
les modes de nomination et de destitution des trois postes importants :
l'UPAQ, le D.G. de la Sûreté et le DPCP.
Le Président :
En terminant.
Mme Guilbault : Je vais réinviter très agréablement l'opposition officielle à
collaborer pour que nous puissions procéder à ces...
Le Président :
M. le député de LaFontaine, pour votre complémentaire.
M. Tanguay :
M. le Président, la ministre a dit qu'elle trouve ça désopilant. Je ne sais pas
si elle trouvait ça désopilant hier, dans
l'article par article, quand les trois partis d'opposition, avec le député
indépendant, lui ont dit que ça
prend... Il faut qu'elle fasse preuve d'ouverture puis de collaboration. La
ministre a utilisé l'exemple, imaginez-vous donc, d'un gouvernement caquiste, Dieu nous en préserve, qui aurait 100
députés, M. le Président. Dans ce contexte, selon elle, son parti tout
seul serait tout à fait légitimé pour imposer une nomination aux deux tiers.
C'est ça, sa
compréhension, M. le Président...
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Le Président :
S'il vous plaît! La parole appartient à la ministre de la Sécurité publique
pour la réponse.
Mme Guilbault : M. le Président, ce qui est désopilant, c'est l'ironie de voir le Parti
libéral s'insurger contre un projet
de loi qui, à leur sens, ne va pas assez loin, alors qu'ils sont, à la base,
contre ce projet de loi dans sa nature même. Et je vais rappeler un extrait des remarques préliminaires de la
collègue députée de Notre-Dame-de-Grâce hier, qui a dit bien candidement : Nous, on a toujours été
contre de réformer ces nominations-là parce qu'à notre sens il n'y en a pas,
de problème. Il n'y en a pas, de problème de
perception. Il n'y en a pas, de problème de confiance du public. Ça fait qu'on
ne devrait rien changer. Elle a dit ça en
toute candeur, M. le Président. Et, ensuite de ça, son collègue de LaFontaine,
il est allé de propos beaucoup plus
ardents et beaucoup plus vigoureux à l'effet qu'on ne va pas assez loin puis
que ça n'a pas de bon sens...
Le Président :
En terminant.
Guilbault : ...ce que fait la CAQ, alors que la CAQ franchit un
pas important dans l'avancée de notre démocratie, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de LaFontaine.
Le Président :
Encore une fois, s'il vous plaît!
Tanguay : M. le Président, la démocratie parlementaire, c'est
chercher le consensus, c'est tenir compte des opinions des autres. La ministre, par son refus, tient un double discours.
Lors du dépôt du projet de loi, elle a dit vouloir sortir le processus d'entre les mains d'un seul
groupe, le Conseil des ministres, mais, hier, elle a défendu le droit d'un
seul parti d'imposer ses nominations aux deux tiers. Elle a défendu le droit
d'un seul parti de dominer les autres.
Est-ce que c'est ça, la démocratie parlementaire
caquiste?
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Le Président : Votre
attention!
Mme Guilbault :
M. le Président. La démocratie parlementaire, c'est d'être cohérent et d'être
franc dans ses intentions. Le Parti libéral est contre les nominations aux deux
tiers et cherche à utiliser tous les outils parlementaires à leur disposition
pour essayer de détourner le sujet du fondement même de ce projet de loi là, de
réformer les...
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle.
Proulx : M. le Président, vous connaissez le règlement à
l'article 35, la ministre nous porte des intentions. C'est les
gens, monsieur...
Président : Non, non, je m'excuse, non. Deux secondes. Je vous
demande, encore une fois, d'être attentifs aux échanges et aux propos. Pour l'instant, le leader de l'opposition
officielle tient un propos, suivra un autre. On complète celui-ci
d'abord.
M. Proulx : M. le Président, le
projet de loi est dans ses débuts, l'étude
article par
article débute. Il y a
des amendements qui sont proposés.
L'ouverture a déjà été donnée de la part de l'opposition officielle. Venant du
parti qui ne votait jamais lorsqu'il y avait des votes aux deux tiers à
l'Assemblée nationale, c'est un peu gênant.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Jolin-Barrette : Bien, M. le
Président, simplement dire que la ministre de la Sécurité publique constate des
faits en commission parlementaire et elle
les porte à l'attention de la Chambre, ici. Alors, que le leader de
l'opposition officielle dise qu'on
souhaite une amélioration du mode de nomination de certains dirigeants
extrêmement importants dans notre
société pour assurer justement notre démocratie et que le Parti libéral soit
contre ça, honnêtement, il y a une problématique...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Jolin-Barrette : ...de
cohérence...
Président : Non, écoutez... Non. S'il vous plaît, là!
Complétez, M. le leader du gouvernement, mais on ira... et on est en train de... je comprends que
l'échange... il y a une question à finir, une réponse à finir et une poursuite
de la période de questions. Complétez votre argument.
Jolin-Barrette : M. le
Président, la ministre de la Sécurité publique répond à la question, constate
des faits. Je pense que, pour la bonne marche, on peut continuer.
Le Président : M. le leader
du gouvernement... de l'opposition officielle.
M. Proulx : C'est de votre...
Président : Je vous demande d'être attentifs et d'être prudents
dans vos propos, et je demande à la ministre, à ce moment-ci, de
compléter sa réponse.
Guilbault : M. le Président,
le Parti libéral se prétend ouvert, alors que le seul geste qui a été posé de
leur part à date, c'est de voter
contre le principe du projet de loi. Et je vais rappeler des gens d'une chaire
de recherche qui sont venus dire que
c'est rarissime de la part d'un gouvernement de se dépourvoir d'une
partie de
son pouvoir au profit du législatif,
et c'est exactement ce que nous, on fait. M. le Président, la population du
Québec est avide de ce genre de geste de nature à leur redonner confiance...
Le Président : En terminant.
Mme Guilbault : ...en nos institutions et c'est exactement ce que nous avons fait un
mois et demi après notre arrivée au gouvernement.
Le Président : Question
principale, M. le député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : Merci, M. le Président. Disons les choses comme elles
sont. Les taxis, au Québec, c'est principalement
une job d'immigrants. Pourquoi? On ne reconnaît pas leurs diplômes, on ne fait
rien contre la discrimination en
emploi. C'est souvent la seule job qu'il reste pour mettre du pain sur la
table. Le premier ministre martèle, depuis la campagne électorale, que
les immigrants, il faut en prendre moins pour en prendre soin.
Plonger ces familles dans la précarité, c'est
vraiment ça, M. le Président, prendre soin des gens?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Bonnardel : M. le
Président, encore une fois, je le
répète, cette loi est importante. Elle a été créée avec une seule pensée, plus de transparence, plus de
concurrence pour le client, pour l'usager. Les deux gouvernements, en l'espace de
12 mois, vont compenser l'industrie à hauteur d'un demi-milliard de
dollars. Un demi-milliard de dollars pour préparer une modernisation,
une transition, pour peut-être de nouvelles applications, qui existent déjà à
Québec, qui pourraient exister encore plus à Montréal, dans une façon où
on pourrait consolider certaines sociétés.
Encore une
fois, on allège le fardeau pas juste administratif, réglementaire, financier de
l'industrie, et surtout aussi du chauffeur de taxi. Je le mentionnais, à
ma question, tantôt, là, ceux qui louent un permis à 300 $, 500 $,
600 $ par semaine, le lendemain de
l'adoption de cette loi, c'est 15 000 $ à 30 000 $ dans
leurs poches immédiatement. La Commission des transports, qui charge 109 $ pour un permis annuel, c'est
terminé, ça aussi. La plaque T, qui coûte 1 000 $ par année, M. le
Président, c'est terminé. La classe C, c'est terminé. Le monopole de la
tarification dynamique d'Uber, on nous le demandait...
Le Président : En terminant.
Bonnardel : ...du
côté de l'industrie du taxi traditionnel, c'est terminé.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : M. le Président, M. le ministre oublie l'objet principal,
le prix du permis du taxi. Depuis qu'Uber est arrivé au Québec, en 2014, c'est 1,3 milliard qu'il manque dans les
poches des chauffeurs. 250 millions, c'est trop peu, trop tard. Ces
gens-là ont mis leur tête sur le billot, ils ont pris une hypothèque qu'ils ne
pourront plus rembourser.
Est-ce que le gouvernement s'engage à rembourser
l'ensemble du coût des permis?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Bonnardel :
M. le Président, un demi-milliard, c'est une somme importante. Je le
mentionnais aussi en termes d'allégement
réglementaire. Imaginez, là, il y avait des territoires d'agglomération pour le
taxi traditionnel, M. le Président. Je
prenais le taxi au parlement, on m'amenait à l'aéroport, M. le
député était là, il ne pouvait pas revenir avec le taxi parce qu'on avait des territoires protégés en 2019. On
veut réduire l'auto solo, on veut permettre à plus de taxis de faire plus
de courses, donc plus d'argent dans leurs
poches. On est persuadés qu'avec les engagements, les allégements qu'on met
de l'avant avec cette loi, on va remettre
plus d'argent dans les poches des chauffeurs de taxi et de toute l'industrie,
encore une fois au bénéfice de qui? De l'usager et du client, M. le
député.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Ce ne sont pas les
chauffeurs qui ont écrit les règles de l'industrie, c'est le gouvernement. Aujourd'hui, le gouvernement change les règles du
jeu et leur envoie la facture. Moi, ça me rappelle un certain projet en
immigration avec 18 000 dossiers jetés à la poubelle.
Quand la CAQ écrit un projet de loi, est-ce qu'elle
s'arrête deux minutes pour penser aux conséquences sur les gens?
Président : M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, le
député de Laurier-Dorion a dit tout à l'heure qu'on condamnait souvent des nouveaux
arrivants à être chauffeurs de taxi.
La première chose que je souhaite dire, c'est que, dans la vie, il n'y a pas
de sous-métier au Québec.
La difficulté que nous avons, c'est le fait que, les personnes
immigrantes, leurs compétences ne
soient pas reconnues puis qu'elles n'ont pas été sélectionnées en fonction de
leur profil de compétence pour exercer un métier à la hauteur de leurs
compétences au Québec, et, avec le projet de loi n° 9,
c'est ce que nous changeons.
Pour
ce qui est des compensations qui sont mises par mon collègue
des Transports, ce sont des compensations qui visent à s'assurer que les personnes
qui ont oeuvré dans l'industrie du taxi soient compensées. Mais il y a
une chose qui est sûre, M. le Président...
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...avec le projet de loi n° 9, et le
député de Dorion le sait très bien,
on veut améliorer la situation
des personnes immigrantes, et c'est ce qu'on va faire.
Le Président :
Question principale, M. le député de Chomedey.
M. Ouellette : Merci, M. le Président. La
Loi sur l'administration fiscale prévoit
que le ministre peut renoncer ou annuler, en tout ou en partie, un intérêt, une pénalité ou des
frais prévus par une loi fiscale. Le ministre doit aussi déposer à l'Assemblée un
sommaire statistique des renonciations et des annulations qui ont été faites au
cours d'un exercice financier. Le rapport
annuel de gestion de Revenu Québec est plus spécifique que la loi. Il explique qu'il y a
deux types de situations : les cas exceptionnels et
indépendants de la volonté d'une personne ou dans des situations où les actions
sont attribuables à Revenu Québec. Pour 2017‑2018,
c'est 5 069 renonciations et annulations qui ont été validées, pour
une valeur de plus de 20 millions de dollars.
Est-ce
que le ministre pourrait nous dire si les montants divulgués par Revenu Québec
incluent les ententes de confidentialité que les dirigeants de l'agence ont faites au nom du ministre avec des
individus ou des sociétés ayant été accusés d'acte criminel?
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, je remercie le député de Chomedey pour sa question.
Vous comprendrez que le ministre
des Finances est présentement en huis clos, alors ce que je propose de faire
pour le député de Chomedey, c'est de prendre avis de la question,
et le ministre des Finances pourra lui répondre, à sa question, éventuellement.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Chomedey.
Ouellette :
Juste. Pour tous. , c'est le slogan de Revenu Québec.
Vous comprendrez, M. le Président, que plusieurs citoyens ne considèrent pas la situation
juste. Ceux qui ne respectent pas les lois trouvent le moyen de négocier
à la baisse leur dette, mais ceux qui sont irréprochables doivent payer rubis
sur l'ongle.
Est-ce
que le ministre pourrait nous dire combien d'argent le gouvernement perdra dans l'exercice financier actuel au profit de citoyens
malhonnêtes?
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
Jolin-Barrette : M. le Président, on prend avis de la question, on va
revenir au député de Chomedey.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Chomedey.
Ouellette : Les pratiques de
Revenu Québec inquiètent même ses employés. Plusieurs
s'objectent et dénoncent, à Revenu Québec, depuis des années, que le crime organisé profite des pratiques de négociation de l'agence, mais leur opinion n'est pas prise en considération.
Est-ce que le ministre
pourrait nous dire quand il compte cesser d'utiliser inadéquatement
l'article 94.1 de la
Loi sur l'administration fiscale pour négocier
avec des criminels?
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
Jolin-Barrette : Nous prenons avis de la question. Nous reviendrons au
député de Chomedey.
Le Président :
Question principale, M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
M. le Président, j'ai fait un premier survol intéressant des crédits qui ont
été déposés ce matin, et il y a beaucoup
de surprises. Alors, M. le Président, hier, j'ai posé une question
bien simple. Puis moi, je crois que la population peut très bien comprendre un budget si on lui
donne les vraies informations, qui commencent par les coûts de système. C'est ça, la réalité, M. le Président. Aujourd'hui, dans les crédits en Santé, on annonce une augmentation de 5,8 %. C'est spectaculaire. Mais on devra en
soustraire l'addition d'un nouveau ministère. Il y a un transfert de ministère.
Il y a un nouveau programme. Donc là, il n'y a pas d'augmentation.
Mais
on va aller un petit peu dans le détail, M. le Président. Quand on regarde le
programme de santé physique, sur les
hôpitaux, le monde qui se fait soigner, l'augmentation est de 1,8 %, ce
n'est même pas les salaires. En santé mentale,
M. le Président, c'est 2,8 %, c'est juste les salaires. En dépendance, M.
le Président, l'augmentation est de 0,9 %. Le service de la dette,
M. le Président...
Le Président :
Mme la... M. le président du Conseil du trésor.
Dubé : Je vais la prendre, celle-là. M. le Président, je ne sais pas
si je devrais répondre, mais je vais regarder le leader de l'opposition. Il y avait une entente que les livres de
crédits étaient déposés pendant le huis clos par respect pour l'Assemblée nationale, par respect par
l'Assemblée nationale, parce qu'ils étaient déposés un jeudi au lieu d'un
mardi. Ce qu'il est en train de faire
en ce moment, je ne sais pas comment je vais le décrire parce que je veux juste
bien peser mes mots, à mon sens, c'est inacceptable. C'est de la petite
politique. Et, pour ça, j'ai...
Le Président :
M. le leader?
M. Dubé :
M. le Président...
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle.
Proulx : Rapidement, M. le Président, je vais invoquer le règlement.
D'abord, vous pouvez dire à la ministre de la Culture que je... parce
qu'il n'y a pas eu cette entente. Alors, si elle veut vous parler...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Proulx :
...qu'elle s'adresse à vous d'abord.
Deuxièmement,
à ce que je sache, le collègue n'était pas dans un huis clos aujourd'hui, il
était... Aujourd'hui, j'ai les
cahiers à côté de moi, M. le Président, on me les a fournis, moi aussi.
J'aurais pu les lire. Et je tiens à vous rappeler, M. le Président, vous ferez un petit historique
dans le passé, comment ça se passe. Plusieurs fois, des ministres ouvrent le
cahier et s'intéressent à des ministres... pardon, des critiques ouvrent les
cahiers, s'intéressent à ce qui se trouve dedans et posent des questions au jour du budget. Sincèrement, s'il ne
veut pas répondre, qu'il ne réponde pas. Ça, c'est sa prérogative. Mais
il a le droit de poser sa question.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, le leader de l'opposition officielle a assez
d'expérience ici pour savoir que la pratique parlementaire veut qu'on
dépose les crédits budgétaires la même journée que le budget au bénéfice de l'ensemble de la députation de l'Assemblée nationale, mais que les collègues ne posent pas de question
suite au huis clos parce que
c'est la journée où la lecture du budget... et il y a un huis clos sur la
lecture du budget...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Jolin-Barrette : ...en lien
avec les crédits budgétaires. Donc, la pratique...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, je vais terminer...
Président : S'il vous plaît! Je demande votre attention pour
compléter cet échange. Par la suite, on complétera et on continuera avec la première complémentaire
du député de La Pinière. La présidence, je vous le dis, n'entrera pas
dans ce débat.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, j'ai entendu le député de
D'Arcy-McGee crier après moi, me dire qu'on a déjà les crédits. M. le député de D'Arcy-McGee, je vais
compléter ma réponse, si vous permettez. La pratique parlementaire veut qu'on
vous les dépose à l'avance. Cela étant dit, j'entends bien l'opposition
officielle. L'année prochaine, on ne vous les déposera pas à l'avance puis on ne vous accommodera pas. C'est de
même que vous voulez fonctionner dans notre Parlement?
Président : Bien, écoutez, on a encore une réponse à être
complétée par le ministre. Wo! Je vous dis, s'il vous plaît, de garder
votre calme!
Président : Non, non,
non. Je vous entends, c'est tout le
monde. Alors, on poursuit pour une
dernière réplique. Ensuite, le ministre sera appelé à compléter ses
réponses, mais on est tous attentifs à ce moment-ci.
M. Proulx : M. le
Président, les crédits qui ont été
déposés cette année, ce que j'entends, du temps de ce gouvernement pour la dernière fois, ça me...
un, très particulier, sont disponibles actuellement sur le site de
l'Assemblée nationale du Québec.
Alors, il pourrait recevoir, dans son courriel, une question d'un citoyen puis
il me dit qu'un critique responsable du Conseil du trésor ne peut pas
poser de question.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, le gouvernement n'est pas obligé
de déposer la même journée les crédits, on le fait dans un souci de bonne collaboration. J'entends bien le leader
de l'opposition officielle nous dire : Bien, écoutez, on va vouloir
le faire et on ne respectera pas la tradition parlementaire, on ne respectera
pas le huis clos du budget et associé aux crédits budgétaires aussi.
Alors, si tel est le désir de l'opposition
officielle, qu'on dépose nos crédits, dans le futur, après, nous nous gouvernerons en compétence... en conséquence. Moi,
je suis dans un souci de collaboration pour faire en sorte de m'assurer que les
députés d'opposition, au moment de la lecture du budget, il y ait une vision
paramétrique, qu'ils puissent voir le budget...
Le Président : Cela met
fin...
Le Président : ...cela met
fin à la période de questions et de réponses orales.
Le Président : Aïe! Non, non,
non! Je m'excuse. On se calme!
Le Vice-Président (M. Picard) :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Le Vice-Président (M. Picard) :
S'il vous plaît! S'il vous plaît, Mme la députée!
Comme
annoncé précédemment, nous allons maintenant procéder au vote reporté sur la
motion de M. le député de La Pinière, débattue hier aux affaires
inscrites par les députés de l'opposition, qui se lit comme suit :
«Que l'Assemblée
nationale demande au gouvernement caquiste de respecter son engagement de
rembourser 1,4 milliard de dollars aux clients d'Hydro-Québec.»
Que les députés en
faveur de cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe :
M. Proulx (Jean-Talon), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault
(Anjou—Louis-Riel),
M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Tanguay (LaFontaine),
Mme David (Marguerite-Bourgeoys), Mme Montpetit
(Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard (Laporte),
Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Fortin (Pontiac),
Mme Charbonneau (Mille-Îles), Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier),
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis), M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan),
Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy
(Saint-Laurent), M. Ciccone (Marquette).
M. Nadeau-Dubois (Gouin),
Mme Ghazal (Mercier), Mme Labrie (Sherbrooke), M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Dorion (Taschereau),
M. Zanetti (Jean-Lesage).
M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. LeBel (Rimouski), Mme Richard (Duplessis),
M. Roy (Bonaventure), Mme Hivon (Joliette), M. Gaudreault
(Jonquière), Mme Perry Mélançon (Gaspé).
M. Ouellette
(Chomedey), Mme Fournier (Marie-Victorin).
Le Vice-Président (M. Picard) : Que les
députés contre...
Le Vice-Président (M. Picard) : S'il vous
plaît! S'il vous plaît! Que les députés contre cette motion veulent bien se
lever.
La Secrétaire adjointe :
M. Legault (L'Assomption), M. Jolin-Barrette (Borduas),
Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise
(Blainville), Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé (Châteauguay),
Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon
(Terrebonne), Mme Roy (Montarville), M. Lemay (Masson),
M. Simard (Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), Mme LeBel
(Champlain), M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau),
Mme Lachance (Bellechasse), M. Charette (Deux-Montagnes),
M. Lamontagne (Johnson),
M. Carmant (Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Caire
(La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska), Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Hébert
(Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est), M. Lacombe
(Papineau), Mme Proulx (Berthier), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs),
Mme Girault (Bertrand), M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet
(Trois-Rivières), Mme Proulx (Côte-du-Sud), M. Lafrenière (Vachon),
M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu), M. Bachand
(Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme),
Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger (Orford), Mme Picard
(Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle), M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid
(Beauharnois), Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau),
M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais
(Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf), Mme Grondin
(Argenteuil), M. Girard (Lac-Saint-Jean), Mme Lecours (Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean),
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Allaire (Maskinongé),
Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord),
M. Jacques (Mégantic).
Le Vice-Président (M. Picard) : Y a-t-il
des abstentions? M. le secrétaire général.
Le Secrétaire : Pour : 39
Vice-Président (M. Picard) : La motion est rejetée.
À la rubrique Motions sans préavis, en
fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis,
je reconnais maintenant un membre du deuxième groupe d'opposition. Mme la
députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci, M. le Président. Je
demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec le député des
Îles-de-la-Madeleine, le député de Chomedey et la députée de
Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée nationale demande au ministre
des Transports de s'engager à ce que les chauffeurs et chauffeuses de taxi qui
ont respecté toutes les lois et tous les règlements au fil des [années] ne
vivent aucun impact financier négatif suite à l'adoption du projet de loi
n° 17, Loi concernant le transport rémunéré de personnes par automobile.»
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre
de cette motion?
M. Schneeberger :
Pas de consentement.
Vice-Président (M. Picard) : Pas de consentement. Un membre du troisième groupe d'opposition.
M. le député de Bonaventure.
M. Roy : Merci,
M. le Président. M. le Président, je sollicite le consentement
des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la députée
de Maurice-Richard, la
députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, le député de Chomedey et la
députée de Marie-Victorin, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale dénonce l'accaparement des
terres agricoles par des spéculateurs qui contribue à la hausse
importante de la valeur des terres agricoles;
«Qu'elle
demande au gouvernement de prendre rapidement des mesures pour contrer
l'accaparement des terres agricoles afin de garantir l'accès aux terres
pour la relève agricole.»
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre
de cette motion?
M. Schneeberger :
Pas de consentement.
Vice-Président (M. Picard) : Pas de consentement. Maintenant, un
membre du groupe formant le gouvernement. M. le ministre de l'Économie
et de l'Innovation.
M. Fitzgibbon :
M. le Président, je demande le consentement pour déposer la motion suivante
conjointement avec la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, la députée de Mercier,
le député de Rimouski, le député de Chomedey et la députée de
Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la Semaine québécoise du commerce de détail qui
a lieu du 17 au 23 mars 2019 et qu'elle rende hommage aux détaillants
pour leur apport à l'économie du Québec.
«Qu'elle souligne l'importance d'assurer une
équité fiscale entre le commerce en ligne et le commerce de détail pour
assurer la prospérité du Québec.»
Le Vice-Président
(M. Picard) : Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de
cette motion?
M. Schneeberger :
Consentement, sans débat.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Consentement, sans débat. Est-ce que cette motion
est adoptée?
Le Vice-Président
(M. Picard) : Adopté. Maintenant, un membre du groupe formant
l'opposition officielle. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement
avec le député de Gouin, le député de Bonaventure, le député de Chomedey et la
députée de Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'ajouter dès maintenant le
nombre de bourses d'internat en psychologie nécessaire pour combler les
besoins des doctorants en psychologie dans les universités du Québec.»
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre
de cette motion?
M. Schneeberger :
Pas de consentement.
Vice-Président (M. Picard) : Pas de consentement. Toujours à la
rubrique Motion sans préavis, je reconnais M. le député de Rimouski.
M. LeBel : M. le Président,
conformément à l'article 129 de notre règlement, je fais motion afin :
«Que le député des Îles-de-la-Madeleine soit nommé
membre [...] de la Commission des transports et de l'environnement;
«Que le
député de Rimouski soit nommé membre permanent de la Commission des
institutions en remplacement du député de Matane-Matapédia; et
«Que ces changements prennent effet
immédiatement.»
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci. Est-ce que cette motion est adoptée?
Le Vice-Président (M. Picard) :
Adopté.
À la rubrique Avis touchant les travaux des
commissions, M. le leader du gouvernement.
M. Schneeberger :
Oui. Alors, M. le Président, alors, j'avise cette Assemblée que la Commission
de la culture et de l'éducation
poursuivra les consultations particulières sur le projet de loi n° 12, Loi visant à préciser la portée du droit à la gratuité scolaire et à permettre
l'encadrement de certaines contributions financières pouvant être exigées,
aujourd'hui, après les affaires courantes, pour une durée de
1 h 30 min, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission
des finances publiques poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi visant l'instauration d'un taux unique de taxation
scolaire, le lundi 25 mars 2019, de 14 heures à 18 heures, ainsi que
le mardi 26 mars, de 10 heures à midi, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des institutions poursuivra
l'étude détaillée du projet de loi n° 1, Loi
modifiant les règles encadrant la nomination et la destitution du commissaire à
la lutte contre la corruption, du directeur général de la Sûreté du Québec et du directeur des poursuites criminelles
et pénales, le lundi 25 mars 2019, de 16 heures à 18 heures,
ainsi que le mardi 26 mars, de 10 heures à midi, à la salle du Conseil
législatif;
Finalement,
la Commission de l'économie et du travail entreprendra l'étude détaillée du
projet de loi n° 10, Loi modifiant la
Loi sur l'équité salariale
afin principalement d'améliorer l'évaluation du maintien de l'équité salariale,
le mardi 26 mars 2019, de 10 heures à midi, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine. C'est tout.
Vice-Président (M. Picard) : Merci. Pour ma part, je vous avise
que la Commission de la culture et de l'éducation
se réunira en séance de travail aujourd'hui, à la salle des Premiers-Ministres
de l'édifice Pamphile-Le May, à 13 heures, pour une durée
d'environ 60 minutes, afin de statuer sur la possibilité que la commission
se saisisse d'un mandat d'initiative portant sur l'avenir de l'information au
Québec, et à 14 heures ou dès la fin de la première séance de travail,
pour une durée de 30 minutes, afin de statuer sur la possibilité que la
commission se saisisse d'un mandat d'initiative
concernant la production ou l'achat de droits d'un minimum de films québécois
par les services en ligne de vidéo à la demande en diffusion continue.
Maintenant, à
la rubrique Renseignements sur les
travaux, je vous rappelle... Oui, M.
le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci, M.
le Président. Je veux profiter de la
rubrique pour revenir sur une discussion
qu'on a déjà eue ici, discussion dans
laquelle j'ai toujours essayé d'avoir une attitude posée, modérée et
constructive. Sauf que, là, il y a des événements qui se bousculent puis
qui me font remettre en question cette attitude-là.
On est en
2019, on a un Parlement plus diversifié que jamais, à la fois en termes
politiques, en termes hommes-femmes,
mais aussi d'un point de vue générationnel. Ça pose notamment des enjeux de
conciliation entre le travail parlementaire
et les enjeux familiaux, et, quand on parle de bonne marche des travaux
parlementaires, je pense qu'il y a une
responsabilité de tous les leaders parlementaires de travailler à ce qu'on
travaille de manière compréhensive pour l'ensemble des députés.
Hier
après-midi, on a reçu de la part du gouvernement une information selon laquelle
le projet de loi n° 1 serait étudié
en étude détaillée ce lundi, de 16 heures à 18 heures. Ce sont des très courts
délais, des délais beaucoup plus courts qu'à l'habitude, le leader du gouvernement le sait. Du côté de la
deuxième, de la troisième opposition, on a signalé qu'on n'était pas
disponibles, du côté du député de Chomedey également. Ça n'a pas été du tout
pris en considération. Le gouvernement continue d'avancer quand même dans ses
intentions. Ce matin, à 8 h 32, on reçoit un avis touchant les travaux des commissions, on apprend qu'il y a
également l'étude détaillée du projet de loi n° 3 qui va se tenir ce
lundi, de 16 heures à 18 heures, et
que l'étude du projet de loi n° 1, donc l'étude détaillée, est maintenue
malgré les indisponibilités indiquées la veille au leader du
gouvernement.
Il y a des députés dans mon groupe
parlementaire qui ont des obligations familiales. Je sais que le ministre a un
agenda législatif à mener à bien, et il me semble qu'il y a moyen de
concilier tout ça. J'aimerais que le leader du gouvernement prenne en considération quand les oppositions indiquent
leurs indisponibilités parce que lui, il ne se gêne pas pour faire des annulations à la dernière
minute lorsque des membres de son groupe parlementaire sont indisponibles.
C'est arrivé cette semaine à plusieurs
reprises. Il y avait deux séances prévues le 20 mars qui ont été annulées la
veille par le gouvernement, je présume, parce qu'il y avait des
problèmes de disponibilité.
Donc,
ce serait bien que, dans un esprit de collaboration... ce serait bien que les
indisponibilités de tout le monde soient
prises en compte, pas celles des députés issus du parti du leader du
gouvernement. La collaboration, c'est comme le tango, hein? Ça prend deux partenaires pour que ça marche, pour
danser. Et j'aimerais bien que le leader du gouvernement fasse preuve de cette
ouverture-là. On a mis sur pied un comité de réflexion entre leaders
parlementaires qui doit notamment se
pencher sur la conciliation travail-famille. Il me semble que, pendant qu'on
fait ces travaux-là, on pourrait commencer ici par prêcher l'exemple et démontrer un peu d'ouverture, de flexibilité et
de souplesse. Et cette semaine, cette semaine, ce n'est pas ça qu'on a
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Écoutez, je suis
extrêmement sensible au discours du député de Gouin, leader parlementaire du deuxième groupe
d'opposition. Cela étant dit, M. le Président, on siège environ 26, 28 semaines
par année à l'Assemblée nationale. Les députés viennent de toutes les régions
du Québec. Cela étant dit, le règlement prévoit qu'on peut siéger le lundi en commission parlementaire de 14
heures à 18 heures. On a avisé le plus rapidement possible les
oppositions relativement au fait qu'on souhaitait convoquer la commission ce
lundi.
Vous
savez, M. le Président, il y a une réalité aussi parlementaire qu'il faut faire
en sorte que les projets de loi puissent cheminer. Et, du côté du
gouvernement, on est plus qu'accommodants. D'ailleurs, cette semaine, à cet
effet, il y a des commissions
parlementaires, effectivement, qui n'ont pas siégé, notamment pour répondre à
des préoccupations d'ordre personnel de certains députés au niveau de
l'opposition officielle. Et...
M. Jolin-Barrette :
Pardon?
Le Vice-Président
(M. Picard) : ...il y a une personne qui a la parole. On évite
les dialogues, s'il vous plaît. M. le leader, continuez, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : La députée d'Anjou—Louis-Riel a été au gouvernement et elle sait
qu'au-delà des considérations familiales
il y a d'autres considérations aussi, gouvernementales, qui ne touchent pas les
considérations familiales pour lesquelles,
parfois, on doit déplacer certaines séances de travail, et ça, elle le sait
très bien. Et, moi, dans le cadre de mon expérience parlementaire aussi, à l'époque où le Parti libéral était au
gouvernement aussi, ça arrivait aussi des fois que, parfois, la séance était convoquée et qu'on
siégeait, même si on avait certaines difficultés, dans l'opposition, à se
rendre disponibles. Mais on prenait
les moyens pour se rendre disponibles parce que notre premier travail de
député, notamment, c'est un travail
de représentant de la population et de législateur ici. Alors, ce qu'il faut
faire, M. le Président, c'est s'assurer qu'on puisse avancer avec les
travaux parlementaires.
projet de loi n° 1, M. le Président, il a été déposé au mois de
novembre 2018. Novembre, décembre, janvier, février, mars. On est rendus cinq mois plus tard. C'est possible
également, dans certaines situations, de faire des remplacements. Le député de Gouin a également deux députés qui
sont issus de la région de Québec, à quelques minutes du parlement aussi. Il y
a toujours des modalités qui peuvent s'accommoder. Mais, chose certaine, lundi,
nous souhaitons siéger, et c'est
l'avis qui a été envoyé également. Et ce qu'il faut comprendre aussi, c'est
que, durant ces 26 semaines là, l'Assemblée peut siéger, et elle siégera
ce lundi.
Le Vice-Président
(M. Picard) : M. le leader de... Oui, M. le député de Rimouski.
LeBel : Oui, en remplacement. Le ministre dit : Le rôle du
député, c'est d'être législateur. Le rôle d'un député, c'est contrôleur,
législateur, intermédiaire. Le bout d'intermédiaire, c'est quoi? C'est de
travailler dans nos comtés, c'est accueillir
les gens dans nos bureaux de comté, c'est rencontrer notre monde dans nos
bureaux de comté. Nous convoquer pour
deux heures, à la dernière minute, un lundi, c'est des déplacements. Pour la
députée de Duplessis, là, c'est la journée qu'elle doit prendre pour
deux heures. Joliette, Rimouski, trois heures de route. C'est ça que ça veut
dire.
la logique, c'est de dire : On se fait remplacer par des gens de Québec.
Ça voudrait dire que tu es chanceux d'être
élu dans la région de Québec. Toi, tu vas pouvoir travailler en commission. Les
autres, vous êtes trop loin, restez chez vous. Tu sais, ça ne marche pas
comme ça.
on veut faire notre travail de contrôleur, de législateur puis d'intermédiaire,
on doit être capable de le faire et on
doit être capable de donner nos lundis à nos citoyens, les rencontrer «back à
back» de 9 heures à 5 heures, à 8 heures, faire des soirées, rencontrer
des citoyens le soir. C'est ça qu'on fait comme travail dans nos comtés les
lundis.
fait que nous amener ici à la dernière minute, amener la députée de Duplessis à
venir faire deux heures un lundi, de
la convoquer à la dernière minute, ce n'est pas ça, faire fonctionner un
Parlement. Ce n'est pas ça, être respectueux des élus ici.
Le Vice-Président
(M. Picard) : M. le leader du gouvernement... Ah! M. le leader de
l'opposition officielle.
M. Proulx :
Oui, rapidement, M. le Président, juste pour m'inscrire aussi dans ce débat-là
pour les préoccupations. D'abord, il
devait y avoir interpellation. Il y a interpellation, elle aura lieu lundi, M.
le Président. Et on l'a fait, si ma mémoire est bonne, pour accommoder, effectivement, le ministre ou la ministre
qui sera interpellée à ce moment-là. C'est la raison pour laquelle la Commission des institutions va
siéger lundi. S'il n'y a pas d'interpellation déplacée pour accommoder la
ministre des Relations internationales, il n'y a pas de CI lundi. Alors, moi,
je ne veux pas jouer à «on a accommodé qui?»,
là, puis surtout pas avec des raisons personnelles, s'il vous plaît. Dans ce
contexte-là, il faut juste se rappeler pour quelle raison on siège.
Deuxièmement,
M. le Président, le collègue dit : On l'a déjà fait avant puis on a été
convoqués. Moi, je veux bien, là, me
faire servir ça quotidiennement, M. le Président, puis je suis capable d'en
prendre, puis je vais en prendre longtemps. Il y a une chose qui est
claire, par exemple, les faits, eux, ne mentent pas. Le projet de
loi sur le
cannabis qu'a fait le collègue ministre des
Services sociaux, là, ce projet de loi là, il trouve que c'est long. Je ne lui
en veux pas, j'ai été ministre. C'est
vrai que, des fois, c'est long. Mais le précédent projet, là, attachez votre
tuque avec de la broche, là, ça a duré deux ans. Ça a duré plus de 144 heures, fait par l'excellent travail d'opposition
du leader du gouvernement actuellement. 144 heures de travail, notamment. Alors, c'est des heures, et
des heures, et des heures de plaisir, vous me le direz après. Mais il y a
une chose qui est certaine, c'est que ce travail-là, il doit se faire.
Alors, si, la
première journée qu'on commence un projet de loi, au premier article, on
propose un amendement, on bloque, on
se le fait dire, ça ne marche pas. Si, le jour où on propose une motion, parce
qu'elle existe dans nos travaux parlementaires,
pour scinder un projet de loi parce qu'on pense que ce n'est pas la même assise
juridique, ça ne marche pas. Alors, dans ce dossier-là, on a choisi, là.
Et, je le
dis, dans le dossier de ce lundi, nous avions dit «disponibles» parce que nous
avions vérifié avec notre porte-parole.
Mais la solidarité, c'est avec tout le monde et avec le leader du gouvernement.
Quand ce n'est pas possible, ce n'est pas possible. Et moi, je suis
également sensible à cet enjeu de circonscriptions, des comtés éloignés de
cette Assemblée. Moi, je suis représentant à Québec, là, de ma gang, vous le
savez. Alors, je peux bien toutes les faire, ces commissions-là, mais je ne
serai pas souvent à la maison, là. De toute façon, je ne l'étais pas non plus.
Mais une
chose est certaine, M. le Président, là, c'est qu'actuellement, là, l'intention
du gouvernement d'aller rapidement avec son bagage législatif, j'en suis, mais
la façon avec laquelle on le fait, à mon avis, ça ne fonctionne pas. Et on est en début de législature, on est en
début, presque, de cette session parlementaire qui va s'étirer jusqu'au mois
de juin, et, sincèrement, là, nous accuser
de bloquer parce que, lundi, des collègues de l'extérieur ne sont pas
disponibles parce qu'ils sont en circonscription, ont des enjeux parlementaires
pour venir à Québec deux heures, alors que, mercredi passé, on l'a déplacée, la CI, on a déplacé la CI
mercredi passé pour accommoder quelqu'un qui n'est pas dans mon groupe
parlementaire...
Alors,
sincèrement, M. le Président, soyons conciliants et soyons prudents dans nos
propos. Bien, si vous souhaitez parler
ici de la situation d'une collègue de l'opposition officielle, je vais vous
laisser faire. Je vais m'asseoir et décrier
la façon dont vous allez le faire.
Le Vice-Président (M. Picard) :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, j'entends le leader de l'opposition officielle nous dire : Lundi, la CI, elle siège. Elle
siège en interpellation de 2 heures à 4 heures. Après ça, les
membres de la CI sont ici, au Parlement. La Commission des institutions
siège, elle est ici, à l'Assemblée
nationale. Il y a
un autre deux heures de disponibles, il
y a certains membres de la CI qui
sont là, utilisons l'efficience et l'efficacité du Parlement pour faire en
sorte de s'assurer, pendant que la CI est là, qu'on puisse la faire
siéger jusqu'à 18 heures.
Cela étant
dit, j'invite le leader de l'opposition
officielle à retourner il y a quelques mois, alors que son parti formait
le gouvernement, et à regarder les précédents qu'il y avait. Je suis
extrêmement sensible à la situation familiale des individus. Cela étant dit, le règlement prévoit qu'on peut siéger du
lundi au vendredi en commission parlementaire. Le député de Rimouski, tantôt,
nous disait : Notre rôle, c'est
d'être contrôleur, législateur et représentant de nos citoyens. Deux des trois rôles se
font ici, au Parlement, durant 26 semaines par année.
J'ai bien entendu les commentaires du député de Gouin,
du député de Rimouski. On va se parler, mais, cela étant dit, pour lundi, nous souhaitons que les travaux parlementaires
avancent, et notamment, M. le
Président, notamment, le fait que les travaux parlementaires, depuis le mois de décembre au niveau
du projet de loi n° 1, qui est un projet de loi fondamental
et qui est réclamé pour les citoyens du Québec, qu'il y ait davantage d'indépendance
au niveau des gens qui portent des
accusations puis qui arrêtent les gens, au niveau du directeur de la
SQ, et tout ça, bien, vous voyez, ça ne chemine pas très bien, M. le
Président, et on a la nécessité de
trouver toutes les plages horaires pour faire progresser un projet de
loi qui est demandé par la population du Québec.
Alors, les
partis d'opposition peuvent se gouverner comme ils le souhaitent
lorsqu'ils font les travaux parlementaires,
mais ils ne peuvent pas me reprocher de vouloir donner des plages de disponibilité pour qu'on puisse faire avancer le projet de loi, parce
qu'actuellement il n'avance pas très vite.
Le Vice-Président (M. Picard) :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Moi, j'ai parlé de conciliation travail-famille puis, en réponse, je me fais
parler du règlement. Bien, j'ai des
nouvelles pour le leader du gouvernement, il y a des outils pour les oppositions
aussi dans le règlement. Moi, je n'ai pas envie
d'entrer dans ces games-là, mais, si, quand moi, je fais part des
préoccupations de conciliation travail-famille,
je me fais répondre en me faisant brandir un livre, bien, je vais l'ouvrir, le
livre, puis je vais regarder c'est quoi,
les outils qu'il y a dedans parce que, sérieusement, je ne suis pas sûr que
c'est une bonne manière, justement, de faire fonctionner le Parlement.
Le Vice-Président (M. Picard) :
M. le leader de l'opposition officielle.
M. Proulx : Oui, rapidement, M. le
Président. La Commission des institutions a siégé un lundi, en 2016, une fois, a
siégé, en 2017, une fois, siégé, en 2018 sous le gouvernement libéral, jamais.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, merci.
Vice-Président (M. Picard) : S'il vous plaît! Pas de dialogue, s'il vous plaît! On s'adresse
au président, puis surtout c'est une personne à la fois. Si quelqu'un
veut intervenir, il se lève, s'il vous plaît.
Compte tenu du pouvoir du leader de convoquer les commissions, je vous invite à
poursuivre vos discussions entre
différents groupes. M. le leader du deuxième groupe d'opposition, vous avez
parlé d'un comité. Je vous invite aussi à
amener le sujet au comité pour... S'il faut modifier le règlement, vous êtes...
le comité existe pour ça. Mais il faut bien comprendre aussi que le leader du gouvernement a ce pouvoir
actuellement, et je vous invite sincèrement à poursuivre vos
discussions, mais je vous entends bien aussi.
Donc, nous
poursuivons nos travaux. Je vous rappelle que l'interpellation prévue pour le
lundi 25 mars 2019... Mme la députée
de Bourassa-Sauvé s'adressera à Mme la ministre des Relations internationales
et de la Francophonie sur le sujet
suivant : L'absence de leadership du gouvernement caquiste en matière de
relations internationales et de francophonie.
Je vous avise
que l'interpellation prévue pour le vendredi 29 mars 2019 portera sur le sujet
suivant : La capacité réelle du
Québec à lutter contre les changements climatiques à l'intérieur de l'État
canadien. Mme la députée de Mercier s'adressera alors à M. le ministre
de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.
La période
des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux
affaires du jour. M. le leader du gouvernement.
M. Schneeberger :
Oui, M. le Président, je vous demanderais d'appeler l'article 5 du feuilleton.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le leader. L'Assemblée
reprend le débat ajourné le 20 mars 2019 sur la motion de M. le ministre de
l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, proposant l'adoption du
principe du projet de loi n° 9, Loi visant à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à
répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une
intégration réussie des personnes immigrantes.
Y a-t-il des interventions? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Anglade : Parce que je n'ai
pas terminé.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Oh! vous n'avez pas terminé. Excusez.
Vice-Président (M. Picard) : Je comprends. Allez-y, Mme la
députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, pour terminer votre allocution que vous avez débutée hier.
Allez-y.
Mme Anglade : C'est bon. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, hier, j'ai l'opportunité de commencer à parler, en fait, de poursuivre les échanges sur le projet de loi n° 9, qui est le projet de loi qu'on va
simplifier avec un mot en disant «le projet de
loi sur l'immigration», en disant qu'évidemment les gens de la formation politique que je représente, nous
sommes en faveur du fait que nous voulions
avoir davantage de régionalisation, davantage d'intégration des immigrants
dans les différentes régions du Québec et,
bien sûr, faire un meilleur arrimage. Alors, tout le monde est en faveur de ça,
vous ne trouverez pas un député à l'Assemblée nationale qui s'oppose à ça.
L'enjeu que
nous avons fondamentalement avec le projet de loi qui est présenté, il est
beaucoup plus dans des mesures qui font en sorte qu'on déraille par
rapport à l'objectif ultime, des mesures qui font en sorte qu'on prône une approche qui est divisive
au Québec et surtout qui nuit au niveau économique, qui nuit au niveau du
développement humain et social de
certains individus, notamment, mais qui nuit également à l'image internationale
du Québec, et ce, on l'a bien démontré,
puisqu'hier, justement, je faisais référence à un
article qui avait été publié
en ce sens dans le journal Le Monde .
Donc, on va
poursuivre. J'aimerais rappeler encore une fois que, lorsque l'on parle des
seuils d'immigration, jusqu'à présent, M. le
Président, malgré la multiplication des questions que j'ai amenées ici, en
Chambre, on n'est pas dans une
situation dans laquelle on est capable de vraiment dire pourquoi il y a eu une
réduction vers 40 000 immigrants. On n'est pas en mesure de dire
ça. Alors, il n'y a pas de base scientifique, il n'y a pas d'expert qui a été
consulté, et conséquemment on utilise des chiffres sans base réelle.
l'enjeu des 18 000 dossiers, j'ai également dit à quel point je pense
que le gouvernement n'était pas conscient de la situation et de ce qu'il faisait lorsqu'ils ont posé le geste de
tout simplement éliminer les 18 000 dossiers, ce qui n'a aucun sens d'un point de vue économique, étant
donné les coûts qui y sont associés, qui n'a aucun sens d'un point de vue
économique, étant donné l'impact au niveau
des pénuries de main-d'oeuvre, qui n'a également aucun sens d'un
point de vue humain, étant donné les
histoires personnelles qui nous ont été relatées à maintes reprises dans les
dernières semaines, et qui n'a pas de
sens non plus étant donné l'image que l'on souhaite projeter de ce que c'est
qu'un Québec ouvert sur le monde,
ambitieux et audacieux. Ce n'est définitivement pas l'image que l'on a.
Malgré
tout, le ministre semble vouloir persister et signer dans cette voie.
dernier élément que j'ai mentionné et sur lequel j'aimerais insister, c'est la
question de la résidence permanente, parce
que la résidence permanente fait en sorte qu'on essaie d'accoler des conditions
à cette résidence permanente qui feraient en sorte que ça viendrait
nuire aux intérêts des Québécois et rendre le Québec moins attractif.
Donc,
ces éléments-là à l'intérieur du projet de loi sont critiqués puis, je vous
dirais, assez unanimement. À
part le gouvernement, à
part le ministre
précisément, tous les groupes qui sont venus nous rencontrer l'ont mentionné.
J'aimerais
quand même revenir sur un certain nombre de groupes qui sont venus nous
rencontrer et les commentaires qu'ils
ont faits et je pense que c'est important que les gens en soient pleinement
saisis. Je pense, notamment, à Me Handfield.
Je vais juste résumer en une phrase la teneur de ses propos : Le
gouvernement s'en va dans le mur avec ce
projet de loi sous sa forme actuelle. Ai-je besoin d'en dire davantage? Me Handfield
a dit que des groupes se préparaient même à poursuivre le gouvernement
s'il s'entêtait à aller dans cette direction.
Autre
élément qui a été mentionné et sur lequel on n'a pas suffisamment insisté, si
vous voulez mon avis, c'est l'aspect des travailleurs temporaires. On a
l'impression que, pour le gouvernement, les travailleurs temporaires, c'est une espèce de panacée qui vient régler l'ensemble
des problèmes. On veut réduire le nombre d'immigrants, mais on va augmenter les travailleurs temporaires beaucoup,
beaucoup, beaucoup, ça va régler des problèmes en matière de pénurie de main-d'oeuvre. Mais rien n'est plus faux. Et
pourquoi je le dis? Parce que cette décision-là ne répond pas aux attentes
des organisations qui représentent les travailleurs, ne répond pas aux besoins
concrets, économiques sur le terrain.
exemple de ça. Québec
International est venue nous présenter en commission parlementaire son projet de loi, mais il dit :
L'utilisation des permis temporaires de travail est un outil pour tout
simplement permettre une entrée plus rapide
sur le territoire, mais il ne faut pas se leurrer, les besoins sont permanents,
et l'ensemble des employeurs vont vous le
confirmer. Alors, c'est ce que vient dire Québec International. Un autre
exemple de ça : la Fédération des chambres de commerce du Québec, qui dit : La FCCQ considère que la réponse
aux besoins de main-d'oeuvre des entreprises à moyen et long terme relève de l'immigration permanente
et qu'un nouveau programme de travailleurs étrangers temporaires est un complément et non un substitut. C'est très
clair que les besoins sont de nature permanente et que la manière d'approcher
l'immigration temporaire nuirait, à terme, à notre économie en plus de nuire à
notre image.
D'autre
part, il y a des éléments qui ont été mentionnés par les
personnes qui témoignent de la non-transparence, si vous voulez, la non-transparence... j'aurais envie de dire «perçue»,
mais je pense qu'elle est réelle, de la part du ministre, qui refuse de
répondre aux questions mais qui refuse également de donner des chiffres pour accompagner sa
logique. La Commission des droits de
la personne est venue nous dire que le problème principal avec ce projet de
loi, c'est qu'il offre beaucoup de
latitude au projet de règlement qui sera soumis ensuite. Donc, on ne peut pas
analyser ceux-ci avant et on doit
spéculer. C'est un des enjeux, c'est : Est-ce qu'il y aura des tests de
valeurs? Où vont-ils se faire? Quand vont-ils se faire? Quelle en sera la teneur? Tous ces éléments-là ne sont pas
décrits dans le projet de loi, et ça amène un certain degré d'incertitude. Également, lorsque l'on parle de
transparence, c'est d'être capable d'avoir les bons chiffres à utiliser lorsque
l'on prend des décisions. Alors, de
dire : Nous avons tant de pour cent de chômage, alors que les chiffres ne
sont pas exacts, de faire croire aux
gens que les gens ne restent pas au Québec et qu'ils partent à plus de
26 %, c'est faux. On est à un taux de rétention qui s'avoisine à la
moyenne canadienne, autour de 84 %. Il n'y a aucune province, dans le
reste du Canada, qui est à 100 %. Je vous rassure, M. le Président.
C'est une moyenne canadienne. On se situe un peu moins bien que l'Ontario, mieux que certaines autres provinces
des Prairies. Alors, on se situe dans la moyenne. Est-ce qu'on peut faire
mieux? Bien sûr. Mais il ne faut pas penser
qu'on est très loin par rapport aux objectifs de performance sur lesquels on
pourrait miser.
Ensuite,
je pense qu'il y a un élément qui est très important, c'est la capacité d'être
ouvert. Dans les critiques qui ont été formulées — M. le
Président, je vais juste terminer avec celle-là — la Protectrice du
citoyen vient nous dire : Voici où sont
mes craintes, voici où sont mes enjeux, je reconnais la nécessité de vouloir
améliorer le processus d'immigration, mais
j'aimerais quand même souligner un certain nombre d'enjeux. Et, à cette manière
de procéder, à la Protectrice du citoyen, qui vient nous voir, le ministre a plutôt
décidé de critiquer la Protectrice du citoyen. Je ne pense pas que c'est
une approche qui témoigne d'une grande
ouverture. Alors, ce que je souhaite, c'est que, dans les prochains débats que
nous allons avoir au niveau des articles par articles, l'on soit en mesure de
faire preuve d'une ouverture qui va nous permettre de bien avancer sur
ce projet de loi.
J'aimerais
conclure, M. le Président, en disant que cette année est personnellement
importante pour moi. On est en 2019.
Ça va faire 50 ans cette année que mes parents ont décidé d'immigrer au Québec.
Ils ne sont plus avec nous, mais, ce
50e anniversaire, je le célèbre quelque part dans mon coeur. Et il faut
toujours se rappeler qu'un processus d'immigration
n'est pas simple, il est complexe. Les gens ne quittent pas leur pays parce
qu'ils veulent le faire, ils le quittent parce qu'ils ont, comme dans le cas de mes parents, un exil politique.
Et là tu dois t'habituer à d'autres situations : c'est l'intégration, c'est élever des enfants, c'est la
culture, c'est la neige que tu découvres. C'est complexe, M. le Président,
une immigration. Ce n'est pas quelque chose
qui se fait en six mois, ce n'est pas quelque chose qui se fait en quelques
semaines. C'est un processus qui est long,
qui souvent se fait sur une, deux, trois générations. Ça prend du temps. Et moi
qui suis une personne qui adore l'agilité
puis la rapidité dans l'exécution de tout, je pense que c'est le temps pour le
ministre de l'Immigration de prendre
un peu de recul et de reconnaître que ce processus-là est peut-être plus
complexe que ce qu'il avait anticipé
et qu'il y a des enjeux qui, à long terme, doivent être pris en considération
dans sa manière d'amener les choses,
dans sa manière de présenter ça. À l'intérieur de sa formation politique, il a
des gens qui ont vécu le processus d'immigration. Il devrait l'intégrer pour
qu'on puisse cheminer de manière constructive. Alors, c'est ce que je nous
souhaite. C'est ce que je nous souhaite dans les débats qui vont s'en venir.
évidemment on ne peut pas voter en faveur du principe, étant donné les enjeux
réels qui sont créés par ce projet de
loi, mais, s'il y avait une ouverture, on serait capables d'en discuter de
manière beaucoup plus sereine. Alors, je vous remercie, M. le Président,
et c'est avec plaisir que je continuerai à débattre de cet enjeu. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Je reconnais maintenant M. le député de
Laurier-Dorion.
Fontecilla : Merci, M. le Président. Le 7 février dernier, le
ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion a déposé le
projet de loi n° 9, et je cite, «visant à accroître la prospérité
socio-économique du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du marché du
travail par une intégration réussie des personnes immigrantes».
D'emblée, le
titre de
ce projet de loi est évocateur de la vision de l'immigration portée par la
Coalition avenir Québec, une vision
«mercantiliste», et, derrière ce vocable, il cache aussi une vision autoritaire
de l'immigration au Québec. Répondre
aux besoins du marché du travail, voilà le rôle des immigrants au Québec,
uniquement leur rôle. En soi, cet objectif est louable, l'immigration
doit servir les intérêts économiques du Québec, mais peut-on juger les mérites
des politiques migratoires uniquement sous l'angle des impératifs économiques?
projet de loi n° 9, présenté par le ministre, confine les immigrants à un
rôle strictement économique. Dans ce schéma, le ministère de l'Immigration, de
la Diversité et de l'Inclusion n'est qu'une grosse agence d'emploi
internationale qui a le mandat de dénicher la personne ayant un bon
profil d'employabilité un peu partout à travers le monde et une personne qui a accessoirement un nom, une
histoire, une culture, pour ensuite jumeler cette personne-là à un emploi à
Sept-Îles, Shawinigan, Victoriaville, etc.
C'est tellement simple, M. le Président, que l'idée devient simpliste. Cette
vision utilitariste de l'immigration
semble oublier qu'on parle d'humains, d'humains qui ont une histoire
personnelle et collective, qui ont
des ambitions et des projets, qui ont une vision de ce que pourrait être leur
vie au Québec pour eux et surtout pour leurs familles aussi.
Or, pour la Coalition
avenir Québec, les immigrants sont des biens de consommation dont il faut
assurer la traçabilité. Le ministre par