House Proceedings — 3 May 2018 (41st Legislature, 1st Session)
2018-05-03
Quebec — Debates (Hansard)
M. Morin : M. le
Président, la Côte-du-Sud a fait bonne figure, lors de la 33e édition des Grands Prix du
tourisme de la Chaudière-Appalaches, puisque trois entreprises se sont
distinguées.
L'Auberge La
Marguerite, de L'Islet, s'est illustrée avec deux prix, soit Hébergement de
moins de 40 unités et Restauration,
tables des produits du terroir. Les juges ont ainsi reconnu leur engagement
afin de procurer à leurs clients une expérience d'hébergement hors de
l'ordinaire.
Également
de L'Islet, les studios vacances Marchant de bonne heure ont été honorés dans
la catégorie Résidences de tourisme
pour la deuxième année consécutive avec leur établissement qui permet de
découvrir les attraits d'ici au travers d'activités captivantes.
Finalement, les Croisières Lachance de Berthier-sur-Mer ont remporté le
prix de l'activité plein air de l'année. L'entreprise berthelaise a affiché une belle croissance l'année
dernière, et les administrateurs sont
confiants de voir 2018 battre des records.
Félicitations! Vous
faites briller de mille feux le tourisme en Côte-du-Sud.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Côte-du-Sud. Mme la députée de Repentigny,
je vous cède la parole pour votre déclaration.
Lavallée : Merci, M. le Président. J'aimerais aujourd'hui souligner le
30e anniversaire d'existence du Centre
à nous, un centre multiservices hébergeant exclusivement des organismes communautaires voués au service des citoyennes et citoyens
de la région de Lanaudière.
par sa nature même, le Centre à nous offre des services de location
et d'entretien aux locataires de l'établissement, mais en plus, à
titre de carrefour de services,
le Centre à nous reçoit tout au long de l'année plusieurs appels de personnes
en détresse ou autres cherchant aide et soutien pour des besoins ou
problématiques qu'ils vivent. Le rôle
du Centre à nous est alors d'aiguiller ces requérants vers les organismes
appropriés du centre. Le Centre à nous est donc un intervenant incontournable, jouant un rôle essentiel pour le bien-être
des citoyennes et citoyens de notre communauté.
Félicitations
pour ce 30e anniversaire de fondation et bravo à son président,
M. Mario Morais, ainsi qu'à toute son équipe pour leur implication
et leur professionnalisme! Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de Repentigny. M. le
député de Mégantic,
je vous cède la parole.
Bolduc : Merci, M. le Président. Il me fait grand plaisir de souligner le 40e
anniversaire de l'observatoire du mont Mégantic.
Formé
d'un télescope de 1,6 mètre et d'un laboratoire d'astrophysique expérimentale
d'envergure internationale, l'observatoire
a su se tailler une place de renom parmi les plus grands de la communauté scientifique. En effet, il travaille en collaboration avec les plus grandes
agences spatiales mondiales sur des projets à rayonnement international.
Au cours de ses
40 années d'histoire, les chercheurs de l'observatoire ont ainsi mené à
des découvertes plus qu'extraordinaires.
Grâce à cette passion et à cet engouement pour les étoiles, les astrophysiciens
formés à l'observatoire continuent leur quête qu'est la recherche de la
vie à l'extérieur du système solaire.
L'observatoire
du mont Mégantic se révèle d'être une immense richesse pour notre communauté,
mais également pour la communauté
scientifique. Je vous invite donc à venir découvrir ce joyau de notre région.
Joyeux 40e anniversaire!
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci, M. le député de Mégantic. M. le
député de Lac-Saint-Jean, à vous la parole.
Cloutier : Merci, M. le Président. Alors, aujourd'hui, j'ai le privilège de souligner les 25 ans
de carrière de Mme Francine Fortin à
titre de directrice générale
de la chorale Aquilon.
Mme Fortin
est l'architecte de plusieurs faits d'armes notoires de cette fantastique
chorale, dont notamment de nombreuses prestations lors
d'événements se déroulant partout sur le territoire québécois.
Vous comprenez que Mme Fortin est
particulièrement dévouée au milieu musical jeannois depuis plusieurs années.
Cette musicienne hors pair a été enseignante
au collège d'Alma et a également cofondé l'école musicale, en 1982, ainsi
que Choeurs sans frontières en 2006.
Mme Fortin
s'est impliquée de façon importante lors des fêtes du 150e de la ville d'Alma,
au cours l'année 2017. Comme
membre du conseil d'administration, elle a su donner une touche musicale aux
festivités lors de l'ouverture des fêtes ainsi que lors des cérémonies
de clôture des 57es Jeux du Québec.
la félicite pour son engagement sincère et sa passion débordante pour la
musique, qu'elle partage avec tous ceux qui ont la chance de la côtoyer.
Félicitations, Mme Fortin!
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Merci à vous, M. le député de
Lac-Saint-Jean. M. le député de Laval-des-Rapides, à vous la parole.
M. Polo :
Merci beaucoup, M. le Président. Le 29 avril dernier, j'ai eu la chance de
participer au troisième gala annuel
du groupe Sawa, réunissant des centaines de membres de la communauté libanaise
au Château royal de Laval pour célébrer
et récompenser les différents lauréats qui se sont démarqués par leurs
multiples accomplissements individuels dans
les domaines culturel, social, économique et académique. Je tiens tout d'abord
à féliciter le comité organisateur du gala. Ce dernier a connu pour une
troisième année consécutive un énorme succès grâce à son caractère festif et
innovant.
Québécois d'origine libanaise sont un exemple de volonté, d'engagement et
d'implication dans notre société, que ce soit dans le monde des affaires, dans
le mode de la santé, du droit ou des technologies de l'information. Le nombre
d'entreprises et de réalisations sociales faites par ces derniers est
impressionnant et concrétise également l'apport considérable de cette
communauté au rayonnement du Québec tant au niveau national qu'international.
Grâce
au groupe Sawa, les participants et moi-même avons pu célébrer dans un
environnement des plus chaleureux une
communauté vibrante, qui contribue à faire de notre belle province un terreau
fertile en innovation, en entrepreneuriat et en implication sociale.
Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Laval-des-Rapides. Mme la députée des Mille-Îles, à vous la parole.
Mme Charbonneau :
M. le Président, c'est avec beaucoup de fierté que je tiens à souligner le
50e anniversaire du conseil des Chevaliers de Colomb de Fabre,
conseil 6035.
valorisation des familles est au coeur de la préoccupation de tous ses membres.
C'est aussi grâce à leur travail et à
leur dévouement que les Chevaliers de Colomb sont devenus un pilier important
de notre communauté. Ils participent avec
coeur à toutes les activités afin de mettre en valeur les quatre principes
fondamentaux de l'ordre : la charité, l'unité, la fraternité et le
patriotisme.
souhaite rendre hommage tout particulièrement aux grands chevaliers qui se sont
succédé année après année pour leur don de soi. Vous pouvez être très fiers du
chemin parcouru, et je vous souhaite que le succès continue d'être au
rendez-vous pour l'avenir.
Félicitations pour
votre 50e anniversaire et bonne continuité!
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée
des Mille-Îles. Mme la députée de Verdun, je vous cède la parole.
Mme Melançon :
Merci, M. le Président. Le
5 avril dernier, j'ai eu le plaisir de participer à la soirée de
l'organisme Chantier d'Afrique du Canada à l'occasion du lancement du programme Jeunes Ambassadeurs itinérants du Québec.
Cette initiative vise à promouvoir la compréhension
interculturelle en favorisant l'égalité des chances pour les jeunes de toutes
les origines mais aussi l'engagement civique au sein de la société.
En tant que députée de Verdun et marraine de ce programme, je désire rendre
hommage à Mme Henriette Kandula, directrice
générale, et Samuel Ervé Mandeng, coordonnateur de CHAFRIC, et, bien sûr,
saluer les jeunes ambassadeurs de la première cohorte : Ewald,
Carl, Steve, Frank, Safietou, Christina, Rolande, Passy, Mirana et Fatima. À
titre de marraine, vous pouvez compter sur
moi pour vous accompagner et vous aider dans votre mission. Bravo! Et merci
pour votre implication.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Verdun.
Enfin, Mme la députée de Taillon, je vous cède la parole.
Lamarre : Merci, M. le Président. Je tiens à rendre hommage à l'Atelier théâtral
de Longueuil, qui, depuis 35 ans,
offre aux Longueuillois des spectacles de grande qualité. Je salue la présence
de plusieurs de ses membres dans nos tribunes.
L'Atelier
théâtral regroupe des aînés de la collectivité. La troupe favorise le développement des talents artistiques des 55 ans et mieux. L'Atelier
théâtral vient aussi en aide à la communauté en offrant une
partie de ses
profits à des organismes du milieu.
Avec les
années, la population a bénéficié de spectacles hauts en couleur. Des
comédies, des soirées de variétés, des
tournées dans les centres d'accueil, des festivals amateurs, rien n'arrête ces
acteurs. Aujourd'hui, sous la direction artistique de
Gilphilippe Pelletier, tout est possible, et nous en sommes les premiers
choyés.
Je remercie
M. Jean Latulipe, président actuel, et tous les présidents et présidentes
antérieurs, dont les fondateurs, Denise
et Louis Langlois, les sept metteurs en scène, qui nous ont émerveillés à
chaque année, et les 140 comédiens qui nous font vibrer avec eux
dans cette belle et grande aventure. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Taillon.
Voilà qui met un terme à la rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends les travaux de l'Assemblée quelques
instants.
(Suspension de la séance à 9 h 53)
Le Président : Mesdames
messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
J'ai le
plaisir de souligner la présence, dans nos tribunes, des médaillés, et
d'athlètes, et d'entraîneurs québécois
des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver 2018 à PyeongChang.
Le Président :
On peut s'asseoir.
Alors, nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
Il n'y a pas non plus de dépôt de documents.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, je dépose les rapports des commissions
parlementaires qui ont étudié les crédits budgétaires pour l'année
financière 2018-2019. Ces crédits ont été adoptés.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député
de Rimouski.
LeBel : Merci, M. le Président. Pour mon collègue de Matane, je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
223 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le CISSS du Bas-Saint-Laurent a coupé dans
les services du CLSC Les Méchins en offrant à la population deux
journées d'ouverture au lieu de trois jours;
«Considérant que le
CLSC Les Méchins est un service primordial pour les citoyens [et]
Les Méchins et des municipalités avoisinantes;
«Considérant que pour certaines personnes ceci constitue une
coupure de services totale, puisqu'elles sont sans moyen de transport;
«Considérant que
cela contribue à l'isolement de la population des régions éloignées;
«Considérant que
cela nuit à l'état de santé des citoyens;
«Considérant que
nous voulons que les gens des régions éloignées soient pris en considération;
«Considérant que
nous ne voulons pas léser le droit et la facilité d'accès aux soins de santé;
«Considérant que la
population de Les Méchins est vieillissante et demande des soins et des
suivis réguliers;
«Considérant que
tout un chacun mérite des soins adéquats;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au ministère de la Santé et des Services sociaux de
reconsidérer les coupures dans les services du CLSC Les Méchins et
de ne pas diminuer les journées d'ouverture.»
certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
J'invite M. le député de Masson.
M. Lemay :
M. le Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 334 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que, selon l'article 1.3
de la
Loi sur la conservation et la mise
en valeur de la faune, toute personne a le droit de chasser, de pêcher
[ou] de piéger, le tout conformément à la loi;
«Considérant
que, selon l'article 1.4 de la même loi, nul ne peut sciemment faire
obstacle à une personne effectuant légalement une activité de chasse, de
pêche ou de piégeage;
«Considérant
que, selon le Code civil du Québec, la propriété est le droit d'user, de jouir
et de disposer librement et complètement d'un bien —
article 947;
«Considérant que,
selon l'article 36 de la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de
la faune, nul ne peut chasser, piéger ou
pêcher sur un terrain privé dont le propriétaire est
partie à un protocole
d'entente convenu avec le ministre,
aux fins de la gestion de la faune [ou] de
son accessibilité, s'il n'a obtenu au préalable l'autorisation du propriétaire ou de son représentant;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
sanctionner les contrevenants qui s'adonnent à des activités de chasse sur des
terrains privés sans autorisation;
«D'ajouter les
ressources terrain nécessaires afin d'appliquer ces sanctions;
rendre obligatoire l'obtention d'une autorisation écrite de la part du
propriétaire ou de l'occupant des lieux pour le chasseur afin de pouvoir
pratiquer ses activités sur le terrain privé.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. Je pense que vous avez une
deuxième pétition.
Lemay : Oui, M. le Président. C'est une deuxième pétition conforme qui est la même
pétition, Je vais la relire et, cette fois-ci, je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 328 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que, selon l'article 1.3 de la
Loi sur la
conservation et la mise en valeur de la faune, toute personne a le droit
de chasser, de pêcher et de piéger, le tout conformément à la loi;
«Considérant
que, selon l'article 1.4 de la même loi, nul ne peut sciemment faire
obstacle à une personne effectuant légalement une activité de chasse, de
pêche ou de piégeage;
«Considérant
que, selon le Code civil du Québec,
la propriété est le droit d'user, de jouir [ou] de disposer librement et
complètement d'un bien;
«Considérant que,
selon l'article 36 de la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de
la faune, nul ne peut chasser, piéger ou
pêcher sur un terrain privé dont le propriétaire est
partie à un protocole
d'entente convenu avec le ministre, aux
fins de la gestion de la faune et de son accessibilité, s'il n'a obtenu au
préalable l'autorisation du propriétaire ou de son représentant;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
sanctionner les contrevenants qui s'adonnent à des activités de chasse sur des
terrains privés sans autorisation;
«D'ajouter les
ressources terrain nécessaires afin d'appliquer ces sanctions;
rendre obligatoire l'obtention d'une autorisation écrite de la part du
propriétaire ou de l'occupant des lieux afin que le chasseur puisse
pratiquer ses activités sur le terrain privé.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a
pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions
portant sur une question de droit ou de privilège.
Nous
en sommes donc rendus à la période de questions et de réponses orales, et
j'invite, pour la question principale, la première, M. le chef de
l'opposition officielle.
M. Lisée :
M. le Président, hier, les Québécois se sont rendu compte qu'après 15 ans de
gouvernement libéral les Québécois
ont le bonnet d'âne en éducation et en diplomation. Ils se sont rendu compte de
ça puis ils se sont rendu compte
aussi que l'écart augmente avec l'Ontario. On n'est pas en train de combler
l'écart. Il y avait un écart de trois points il y a 10 ans,
maintenant il est de 20 points.
Mardi, j'ai essayé de dire au premier
ministre : Vous souvenez-vous quand vous avez coupé les fonds de l'éducation? Il dit : Non, je n'ai jamais
fait ça. Mercredi, je lui ai montré le graphique. Ah! il a dit : Non, je
n'ai jamais fait ça. Bien, aujourd'hui,
je persiste. Il y a un document qui s'appelle Budget de dépenses qui a été
publié par son gouvernement, et, à cette page-là, 74... puis là je l'ai
agrandie pour le premier ministre pour lui montrer, qu'il voie, là, de l'autre côté, qu'il y a moins d'argent
en 2014-2015, 16 millions
de moins. Il ne s'en souvient pas, qu'il a coupé 16 millions, en
plus du fait de ne pas maintenir la croissance normale.
Est-ce
qu'il se souvient qu'il a mis à la porte 375 professionnels? Des
orthophonistes, dehors, des psychopédagogues, dehors, des employés de
soutien, dehors, 375. Il ne se souvient pas qu'il a fait ça, lui, premier
ministre du Québec, au moment où les élèves avaient besoin de lui et de son
soutien?
Le Président : Vous n'oubliez
pas de vous adresser à la présidence, M. le chef de l'opposition.
Le Président : «Il», c'est
moi, ça? Ah! Bon. M. le premier ministre.
Couillard : Merci, M. le
Président. Comme vous voyez, la voix récupère progressivement. Hier soir,
c'était un peu inquiétant, mais ce matin c'est mieux.
Effectivement,
je pense que mon collègue devrait améliorer ses efforts de recherche, parce
que, s'il lit complètement le
document, s'il lit complètement le document, il va constater quoi? Il va
constater qu'il y a eu des journées de grève, dans le réseau de l'enseignement, qui ont fait que, pour
137 millions de dollars, il n'y a pas eu de salaires versés comme il aurait été prévu. C'est ça, la raison. L'effet
net de 16 millions, ce n'est pas des coupures, c'est l'effet de la
réduction des dépenses attribuable en
grande
partie à un conflit de travail. Bien sûr, lors des journées de grève, on
ne verse pas les salaires. Alors, je me serais attendu d'un peu plus de
rigueur de sa part.
Il n'y a pas
eu de réduction des budgets de l'éducation au cours de notre mandat. Il faut se
souvenir qu'eux, quand ils ont eu à
réduire l'écart budgétaire dans les années 90, au milieu des années 90,
ça ne fait pas si longtemps que ça, ils ont sabré littéralement dans les
budgets d'éducation et de santé, ce qu'on n'a pas fait. On a réussi à rétablir
l'équilibre budgétaire en un peu moins de
deux ans en ralentissant la croissance des dépenses. La croissance économique
nous a aidés. Maintenant, on a des
marges de manoeuvre qui permettent d'offrir au réseau de l'éducation plusieurs
années de financement stable et prévisible. C'est une très bonne
nouvelle pour les élèves du Québec.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Il vient de dire : «Une très bonne nouvelle pour les élèves du Québec».
Elle est bonne. Mais ce que je trouve,
c'est qu'il y a quand même un progrès, parce qu'hier il n'y en avait pas eu, de
réduction, ça n'existait pas. Aujourd'hui, il admet que ça existe, mais
c'est la faute des enseignants.
Est-ce que c'est la faute des enseignants?
Est-ce que c'est la faute des enseignants si l'extraordinaire Conseil régional de prévention de l'abandon scolaire, au
Saguenay, a été coupé de 70 % lorsqu'il était premier ministre? Est-ce que
c'est la faute des enseignants?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Je suis très
content, M. le Président, qu'il mentionne cet exemple-là. Effectivement, le
CREPAS, comme on l'appelle chez nous, c'est une excellente organisation
qui fait école, d'ailleurs, ailleurs au Québec, dont le financement a non seulement été rétabli, mais rehaussé dans les ententes
qu'on a faites. Alors, M. le Président, il ne faut quand même pas
exagérer.
Maintenant, sur la question qu'il vient de demander, je
comprends... je pense qu'il ne comprend pas la chose, là. Je vais essayer de lui expliquer clairement.
Quand du monde est en grève, on ne leur verse pas leurs salaires pendant la
journée de grève. Ça, ce n'est pas une
coupure, c'est un salaire qu'on n'a pas à verser. Alors, un peu plus de recherche, un peu plus de rigueur.
Président : Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Alors, écoutez, là, il y a un problème d'oubli. Alors, j'aide le premier
ministre dans sa mémoire. Il a coupé
70 % des gens qui travaillaient au CREPAS au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Réussir Montréal, qui travaille sur l'abandon scolaire, ont congédié la moitié de leur personnel. Fermetures
des organismes régionaux de persévérance scolaire en Abitibi-Témiscamingue,
à Laval et à Québec.
ne se souvient pas qu'il a mis à la porte des gens qui travaillent pour le
raccrochage scolaire? Il ne s'en souvient pas?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, d'abord, M. le
Président, petit graphique : augmentation continue, augmentation continue de la diplomation par cohortes,
de 2002 à 2009, il n'y a pas eu de recul de la performance du Québec.
Maintenant,
s'il retourne dans le document budgétaire auquel il fait allusion, page A.17, il va
voir que l'écart entre les dépenses prévues et réalisées, entre autres, est dû
à, je cite... «...d'un montant de 147 millions de dollars non dépensé au ministère de
l'Éducation[...], en raison des journées de grève principalement [des] commissions
scolaires.»
Alors,
M. le Président, il dit qu'il
y a 16 millions de réduction,
mais il y avait 147 millions
de dollars qui n'étaient pas à
verser. Ce n'est pas des coupures, ça.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Lisée : Bon, bien, tout le monde comprend : hier, c'était la faute des parents, aujourd'hui c'est la faute des enseignants
si 375 orthophonistes, techniciens en éducation ont été mis à la
porte. C'est la faute des enseignants et des parents si les organismes
de lutte au décrochage scolaire se sont fait couper et ont dû fermer.
là ça va être la faute à qui, si, par malheur, lui ou le chef de la CAQ sont
élus, qu'ils réduisent de 700 millions par année les
revenus en éducation puis, pour le chef de la CAQ, de 1,4 milliard, qu'il va y avoir de nouvelles compressions...
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Le record de tous les temps de compressions dans les
services publics est détenu par le Parti québécois, M. le Président. Je pense
qu'il faut quand même être bien clairs là-dessus.
C'est
quand même à souligner qu'on ait réussi à transformer radicalement le paysage
économique et financier du Québec sans sabrer dans les dépenses des ministères,
malgré ce qu'il veut laisser entendre, ce qui n'est pas arrivé. On a ralenti la croissance pendant un peu moins de
deux ans. La croissance économique est arrivée au même moment. On a rétabli l'équilibre, on a dégagé les marges
de manoeuvre, comme on avait promis. Pour affecter à quoi? À la santé, à
l'éducation et à l'économie.
éducation, maintenant, on a un horizon de croissance prévisible, on a une
politique de réussite éducative, on a des résultats qui, malgré ce qu'il dit,
ont continué à s'améliorer sur la diplomation. Oui, il y en a encore, du
travail à faire, mais on est nettement sur la bonne voie, M. le
Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Il y a deux ans, le Québec a été secoué par la
crise des fugues au Centre jeunesse de Laval. Après plusieurs articles,
des reportages troublants, la ministre a procédé à une série d'annonces, a
commandé un rapport, a fait adopter un projet de loi, toujours en promettant de régler
cette crise. Aujourd'hui, nous avons obtenu le bilan de la ministre, 474 fugues de plus dans nos centres
jeunesse pour nos jeunes qui sont déjà vulnérables, des jeunes que le
gouvernement a la responsabilité de protéger.
Pendant deux ans, le
gouvernement était au courant de la crise. Pendant deux ans, la crise a empiré.
Pendant deux ans, la ministre aurait pu agir
concrètement, mettre des mesures d'urgence pour régler cette crise qui est
inacceptable pour nos jeunes les plus vulnérables au Québec.
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : Alors, M. le Président, juste pour vous dire
que, oui, c'est une situation qui est préoccupante, la situation de nos jeunes. Peut-être rappeler au
député de Saint-Jean qu'à travers les années... j'ai effectivement vérifié
les statistiques, et c'est autour toujours
du même nombre de fugues, même alors qu'ils ont été au pouvoir pendant
18 mois. Ceci étant dit, comme
j'ai expliqué à des journalistes ce matin, on ne va pas se disputer pour les
chiffres, on va travailler pour les jeunes.
Et je veux rappeler à
la population, dans ce contexte-là, que, dans l'ensemble des jeunes qui sont en
centre de réadaptation, bref, dans nos
centres jeunesse, il y a 75 % des jeunes qui ne fuguent pas, M. le
Président. Pour ce qui est du
25 % qui reste, il faut s'en occuper effectivement, et c'est dans cet
esprit-là que j'avais commandé une enquête à M. Lebon, sur laquelle on a eu un rapport, qu'on a nommé le
rapport Lebon, et il y a eu des recommandations que nous avons toutes prises en considération, toutes les recommandations,
et mises en action. Et, vous savez, M. le Président, le 12 mars, j'ai
déposé ce fabuleux plan d'action pour contrer les fugues, et tout cela, là,
ici, là, a été annoncé le 12 mars avec quoi? 11 millions de dollars. Pour faire quoi, M. le Président? Pour
avoir 63 postes supplémentaires pour accompagner nos jeunes...
Le Président :
En terminant.
Charlebois :
...qui sortent de l'université et qui s'occupent de ces jeunes en centre de
réadaptation.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : La crise des fugues a débuté à l'hiver 2016.
La ministre nous parle d'un plan d'action déposé en mars 2018, donc deux ans plus tard. Pendant
ce temps, en Abitibi, 52 % d'augmentation, Côte-Nord, 47 %,
Lanaudière, 38 %, des
augmentations en Montérégie, en Outaouais, à Montréal, à Laval, dans les
Laurentides, en Gaspésie. Les budgets sont en chute, les fugues sont en
hausse. Ça devrait être l'inverse.
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : Bien, M. le Président, je ne peux pas adhérer à
l'affirmation que vient de faire le député de Saint-Jean. C'est faux de prétendre que les budgets sont en chute; au
contraire, on a... Je vais rappeler les investissements. Je lui ai déjà mis ça sur la table, mais on va
recommencer. Il y a eu
12 millions d'investis pour les services de première
ligne et de deuxième ligne, les services de proximité et les services en
centres de réadaptation. Pour faire quoi, M. le Président? Pour ajouter des ressources
pour venir en aide. Il y a eu 15 millions que j'ai annoncés avec mon collègue le ministre de la Santé en décembre dernier. Pourquoi? Pour ajouter des services de psychologie, M. le Président. Et une bonne
partie de ces services-là sont en centres jeunesse. Et, quand j'ai lancé le plan
d'action... Puis un plan d'action, là, ça ne se rédige pas sur un coin
de table en cinq minutes. Il a fallu d'abord...
Le Président :
En terminant.
Mme Charlebois :
...faire l'examen de la situation, deuxièmement, rédiger ce plan d'action avec
des...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Et le résultat est qu'il y a 474 fugues de plus. Il y a actuellement
6 163 fugues au Québec... l'an passé, c'est une augmentation, dans neuf régions du Québec. Pendant deux
ans, la ministre était au courant. Pendant deux ans, elle aurait pu
agir. Pendant deux ans, elle n'a rien fait.
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Mme Charlebois :
Merci, M. le Président. J'ai agi. J'ai agi. Je vous ai annoncé trois montants
qu'on a injectés. Mais non seulement
ça, on a modifié le projet de
loi sur la protection de la jeunesse. Ça
s'appelait le projet de loi n° 99, qui a été adopté à l'unanimité.
Pourquoi, M. le Président? Bien, on est venu faire... donc, prendre des mesures
là-dedans, dans le projet de loi pour
la protection de la jeunesse, qui nous ont permis de modifier l'encadrement. On
a trouvé une façon de faire entre le
milieu ouvert et le milieu de vie encadrement intensif, on a trouvé une mesure
intermédiaire qui permet aux centres de dire : Bien, si le jeune
est en danger, gardons-le avec nous.
Mais, pour ce
qui est du nombre de fugues, M. le Président, j'ai un tableau ici qui m'indique
très clairement que le même nombre de fugues est semblable...
Président : En terminant.
Mme Charlebois :
...ça varie d'une année à l'autre. Mais, savez-vous quoi? C'est minime, les...
Le Président :
Principale, M. le député de Sanguinet.
M. Therrien :
Aujourd'hui, c'est un grand jour pour Bombardier, M. le Président. C'est
l'assemblée annuelle des
actionnaires. Les nouveaux grands patrons d'Europe débarquent dans la colonie
pour prendre contrôle de la compagnie qu'on
leur a donnée — donnée — M. le Président. À peine arrivés, les vrais
boss se sont empressés de spécifier qu'il n'est pas question de s'engager à construire au Québec tous les avions
destinés à d'autres marchés que les États-Unis, exactement le contraire de ce que nous avait dit la ministre
de l'Économie. C'est qu'Airbus aime bien sa future usine non syndiquée
de l'Alabama construite avec l'argent des Québécois.
M. le Président,
comment la ministre peut-elle expliquer que, quand les vrais boss débarquent
d'Europe, ils refusent de s'engager à ce que tous les avions livrés à
l'extérieur des États-Unis soient construits au Québec?
Le Président :
Mme la ministre de l'Économie.
Mme Anglade : Merci,
M. le Président. Alors, vous savez
qu'on a à coeur le secteur de l'aérospatiale et qu'on est déterminés à faire en sorte qu'il continue de croître au Québec. À la
question du député de Sanguinet, comment qu'on s'assure que la ligne que nous avons ici, d'assemblage dans la CSeries,
va être maintenue pour desservir l'ensemble des marchés à l'extérieur des États-Unis, comment on s'assure ce ça? En faisant une entente directement avec Airbus, avec Bombardier,
et c'est ce que nous avons dit que nous allons faire, et c'est que l'on va
faire, M. le Président, il n'y
a aucun doute là-dedans.
Merci.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Therrien : La
vérité, c'est que c'est maintenant Airbus qui runne le show. Le Québec,
l'Alabama, l'Inde, la Chine, Airbus va aller là où ça va coûter le moins cher.
Ils n'ont rien à cirer des travailleurs québécois, et vous qui leur
avez donné la compagnie, vous ne pouvez plus rien faire pour eux.
Est-ce
que la ministre peut contredire le nouveau patron de la
série C et s'engager à ce que tous les avions livrés à l'extérieur
des États-Unis soient construits au Québec?
Le Président :
Mme la ministre de l'Économie.
Anglade : Comme je dis, le
meilleur moyen de s'assurer de ça, c'est de signer une entente qui dit que nous
voulons absolument que les CSeries
soient bâtis ici, au Québec, pour l'ensemble du marché international, à
l'extérieur des États-Unis.
Écoutez,
quand il dit que les employés de Bombardier ne sont pas contents, je pense
qu'il n'a pas lu les derniers résumés
des rencontres des employés. Les employés sont satisfaits, le marché réagit
bien, l'écosystème est très satisfait également. Je pense qu'au Québec il y a
deux personnes qui se réjouissent... qui sont malheureuses de la situation, c'est le député de Sanguinet et probablement le président de Boeing. Ce sont les
deux personnes qui sont malheureuses présentement.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Cette semaine, j'ai demandé au ministère de l'Économie, à la Caisse de dépôt et
placement du Québec, Investissement Québec
d'essayer de trouver un seul autre exemple, à
part la série C, où une
compagnie n'avait aucune dette et
elle a laissé le contrôle de la compagnie à une autre entreprise concurrente.
Et savez-vous quoi? Personne n'a trouvé un autre seul cas dans l'univers connu,
M. le Président. Savez-vous pourquoi? Parce que c'est cave. Pas de
question.
Le Président : Bon.
Moi, je vous invite à demeurer dans l'univers connu et de faire attention à ces
conclusions. Mme la ministre de l'Économie.
Anglade : M. le Président, je réponds, normalement, à toutes les
questions pertinentes et non pertinentes du député de Sanguinet, mais
aujourd'hui je vais m'abstenir.
Le Président :
Bon. Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, il y a 15 ans, il y a
15 ans, le taux de diplomation était à peu près le même au Québec qu'en Ontario, autour de 70 %. 15 ans
plus tard, le taux de diplomation en Ontario est maintenant de 86 %, alors
que le taux de diplomation au Québec est de seulement 76 %.
Donc, oui, notre taux
a augmenté, mais, pendant que le Québec marche, les voisins courent. C'est ça
qu'il ne comprend pas, le premier ministre.
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Legault : Et que fait le premier ministre face à ces constats
accablants? Il refuse d'assumer, il refuse d'assumer l'échec des
15 dernières années.
Le problème, ce n'est pas un décrochage parental, c'est un
décrochage libéral. Depuis 15 ans, les libéraux n'ont pas fait de l'éducation une priorité nationale.
Encore aujourd'hui, le premier
ministre refuse des propositions qui ont fait leurs preuves en Ontario, comme la maternelle
quatre ans pour tous les enfants.
M. le Président, est-ce que le premier
ministre peut au moins reconnaître
que, depuis 15 ans, le Québec a pris du retard par rapport à l'Ontario sur notre taux de diplomation? Est-ce qu'il peut au moins reconnaître qu'il
y a un problème?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Bien, il faudrait commencer, M. le Président...
Le Président :
M. le chef du deuxième groupe d'opposition, je vous remercie de me l'avoir dit.
Je vais le reprendre. M. le premier ministre.
M. Couillard : On se penserait dans une cour de récréation, on parle
d'éducation : Il n'a pas été fin avec moi, M. le professeur!
Alors,
en fait, si on regarde la performance du Québec au cours des dernières années,
on voit qu'il y a une croissance continuelle
de la qualification et de la diplomation des jeunes, et on doit continuer.
Est-ce que c'est parfait? Non. Est-ce qu'il faut continuer les efforts?
Bien sûr que oui.
Mais
quand même, au minimum, le collègue devrait comparer des pommes avec les
pommes. En Ontario, la note de
passage, c'est 50 %. Chez nous, c'est 60 %. Je lui gage que, si on
appliquait le 50 %, on aurait le même... presque le même taux de diplomation. Deuxièmement, on compte
des élèves à partir du secondaire I, ils les rentrent plus tard dans leur comptabilité. Troisièmement, les élèves du
secteur privé du Québec n'ont pas été comptés. Alors, il y a là des défauts
méthodologiques.
Maintenant,
est-ce qu'il y a un retard dans la persévérance scolaire au Québec? Bien sûr.
Il faut continuer à le faire. Comment
on le fait? D'abord, on dégage des marges de manoeuvre financières, et là,
sur le plan des finances publiques et
de l'économie, le Québec surpasse l'Ontario, en passant. Et là, donc, on va
combler notre retard, ce qui nous permet d'investir de façon prévisible en éducation et ne pas faire des
promesses sur lesquelles on revient, comme celle du salaire des
professeurs. On y reviendra.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
Comment vous voulez qu'un premier ministre règle un problème, alors qu'il ne
reconnaît même pas qu'il y a un problème?
Je repose ma question : Est-ce
que le premier ministre reconnaît que, depuis 15 ans, on a pris un retard sur
l'Ontario? Puis comment il explique ça?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien, je viens de répondre à ça. Il ne répond
pas. Vous remarquez qu'il pourra répondre, à l'extérieur de la Chambre,
sur la note de passage, etc.
Maintenant,
M. le Président, on parle d'éducation. C'est très difficile depuis quelques
semaines de suivre le chef de la
deuxième opposition parce que ce sont des reculs et des contre-reculs constants
sur un ensemble de sujets. Prenons,
par exemple, le salaire des professeurs.
En 2011, promesse de les hausser de 20 %. 2014, il dit : Non,
finalement, il n'y a pas de marge de
manoeuvre, on laisse faire. En 2015, il dit : Oui, finalement, je vais le
faire. Et là il vient de la renier à nouveau, en 2018.
Alors,
si on parle de pensée linéaire, ce n'est pas du côté de la CAQ qu'on va le
trouver, c'est une suite de reculs sur un ensemble de sujets, il y en a
d'autres, hein, la démocratie syndicale, une vraie farce...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...hier, il a eu trois positions différentes dans la même
journée, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, Québec fait face à un problème grave de diplomation par
rapport à l'Ontario, puis le premier ministre
pendant ce temps-là, il n'est même pas capable de reconnaître le problème. Il
n'est pas capable de nous donner une explication. On lui fait des
propositions, comme la maternelle quatre ans pour tous, il les refuse.
Pourquoi le premier
ministre manque d'ambition pour nos jeunes?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : On a tellement d'ambition pour nos jeunes que nous, on maintient la
note de passage plus haute que fait
l'Ontario, c'est la première chose. Deuxièmement, on a tellement d'ambition
pour nos jeunes qu'on a assaini les finances
publiques, contrôlé notre dette, qui nous permet d'investir des milliards de
dollars en éducation, d'engager des milliers de professeurs et de
professionnels dans nos écoles. On a tellement d'ambition pour nos jeunes qu'on
dégage encore plus de nouveaux programmes
d'adéquation pour les besoins du marché du travail et qu'il y a de plus en plus
de jeunes qui vont plus loin, au bout de
leur rêve, comme l'éducation est là pour faire. Voilà notre ambition pour le
Québec, un Québec qui est prospère, instruit, équitable, vert et mobile,
M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Chambly.
M. Roberge :
M. le Président, j'ai un chiffre pour vous : 69 %. Ça, c'est le taux
de diplomation au Québec dans les temps
requis, le pire taux au Canada, pas juste moins bon que l'Ontario, c'est le
pire au Canada, on est dernier de classe. Le ministre de l'Éducation, hier, a
eu la pire des réactions, il a blâmé tout le monde, sauf son gouvernement, qui
est là depuis 15 ans. Il faut le faire, pareil! À l'entendre, c'est les parents
qui ont décroché, c'est l'Institut du
Québec qui travaille mal, c'est la faute de l'Ontario qui donne des diplômes à
rabais. Bien oui! Sauf qu'on les reconnaît. Il y a quelque chose qui
ne marche pas. Mais le pire, c'est quand le ministre dit aux parents, et je le
cite, «de se regarder dans les yeux». C'est lui et son gouvernement qui devraient
faire un examen de conscience.
Je cite un extrait du
rapport de l'Institut du Québec : «L'accès aux données [...] sur l'éducation
au Québec est déficient et empêche de bien cerner les enjeux, de poser les bons
diagnostics et de cibler les meilleures solutions.» Le ministre n'est même pas
capable de cerner les enjeux, puis il dit aux parents de se regarder dans le
miroir.
Qui devrait se
regarder dans le miroir?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Oui, M. le Président, ce que j'ai dit hier, puis ce que je vais
répéter, puis ce que je dis depuis mon arrivée
à ce poste si important, M. le
Président, c'est la chose
suivante : C'est que, comme société, là, on a à s'engager envers l'éducation,
on a à se mobiliser et on a à valoriser l'éducation.
valorisant l'éducation dans son ensemble, M. le Président, on va réussir
à valoriser les profs, on va valoriser les
parents qui travaillent fort. On va aussi inciter tous ceux et celles qui peuvent
en faire plus. Et je parle de la communauté, je
parle de nous aussi collectivement, je
parle des parents eux-mêmes avec
leurs enfants. Je parle de ceux qui peuvent en donner davantage, de le
faire, mais aussi on va reconnaître ce qui est fait.
a un retard important, M. le
Président, il n'y a
personne qui a nié le retard. Ce qu'on a dit, c'est qu'on a fait des bonds importants, et on n'a pas fait tous les bonds pour nous
amener en avant. L'an passé, M. le
Président, on a déposé la politique sur la réussite éducative. Les éléments qui sont à l'intérieur de cette politique sont les éléments qui, notamment, ont été mis en place en Ontario en partie, dans d'autres grands systèmes
d'éducation, et vous savez quoi? Quand on va avoir
terminé de l'implanter, cette politique, nous aurons des taux similaires, nous
serons parmi les premiers, et je le souhaite,
les premiers. Ce qu'il faut rappeler également, M. le Président, c'est qu'avant l'âge de 20 ans on est des champions...
Le Président :
En terminant.
M. Proulx :
...parce qu'on raccroche beaucoup. Maintenant,
il faut cesser de décrocher. C'est à ça qu'on continue de travailler.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, je cite un autre extrait du rapport de l'Institut du Québec :
«Un autre exemple de délai inacceptable concerne la
publication [...] des indicateurs de gestion des commissions scolaires.
[...]les délais de publication et de transmission [...] sont tellement longs qu'ils
perdent une grande
partie de leur utilité.»
15 ans, là, il n'y a aucun ministre de l'Éducation libéral qui a
dit : Aïe! Ce serait le fun d'avoir des données à jour. Non, non, ce n'est pas arrivé. Encore hier,
le ministre blâmait le décrochage parental. Il faut le faire, quand même!
Puis, en 15 ans, on n'a pas réussi à rattraper notre retard.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Oui. M. le Président, sur les données, ce n'est pas vrai, ce que dit le
collègue. Je veux dire, on travaille tous
les jours pour l'améliorer, et je suis moi-même très impatient. Je vais le
répéter pour que tout le monde l'entende, y compris à l'intérieur de la fonction publique, M. le Président, il
faut être plus performant. Je l'ai toujours dit, on a dit ici, il y a déjà
quelque temps, qu'il fallait s'assurer d'exprimer correctement nos données.
Quand on diplôme, c'est un diplôme.
Quand c'est une qualification, c'est une qualification. C'est fait, M. le
Président. Je suis capable de vous dire aujourd'hui qu'on a fait des
bonds considérables. Je suis capable de vous dire que le taux de diplomation
dans les sept premières années, il est de
76 %, et de 4,1 % en qualification. Je suis capable de vous dire que
l'objectif collectif qu'on s'était
donné, d'atteindre 80 % pour 2020, il est atteint. Maintenant, je veux
l'amener à 90 %, le taux de diplomation, et de qualification,
85 %, le taux de diplomation d'un premier diplôme.
Le Président :
En terminant.
M. Proulx :
Vous savez quoi? Ça va nous amener en avant des autres, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, les jeunes qui ont aujourd'hui 18 ans
avaient trois ans quand les libéraux ont pris le pouvoir. C'est évident que le faible taux de diplomation aujourd'hui,
c'est le reflet des politiques libérales en éducation. Et le ministre gouverne sans données
valables — c'est un
autre constat du rapport qu'on a lu hier — puis il se permet quand même de
blâmer les parents, mais sur des données pas trop fiables que lui-même ne
connaît pas.
quand une conférence de presse à 100 000 $ pour annoncer que vous
avez enfin les données qui montrent votre échec?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Oui. M. le Président, peut-être que j'aurai la chance d'en reparler, mais on a
retrouvé dans les cartons la conférence
de presse du chef de la CAQ, qui, en 2000, faisait un gros spectacle au salon
rouge pour 2 millions de dollars, M.
le Président. Ah non! mais c'était extraordinaire, un spectacle son et lumière,
fait dans la sobriété du salon, mais pour 2 millions de dollars en
2000, M. le Président.
Maintenant, chose qui
est très claire, les éléments qu'on met de l'avant, M. le Président, cette
politique qui a suscité de l'adhésion, y
compris de ceux qui commentent aujourd'hui, vient faire quoi? Nous donner l'occasion
d'aller en avant, travailler sur les déterminants les premières années de la
vie, la relation parent-élève-enseignant, le milieu de vie et, surtout,
la littératie, M. le Président, qui est très importante...
Le Président :
Principale, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Merci, M. le Président. Nous l'avons démontré et dénoncé
lors de l'étude des crédits du ministère de la Santé, les heures
supplémentaires du personnel infirmier ont augmenté de presque 10 % l'an
dernier, 10 %. Au CISSS de la Montérégie-Est, le temps supplémentaire
obligatoire n'est plus exceptionnel — temps supplémentaire obligatoire — c'est devenu une mesure de gestion normale
imposée plusieurs fois par semaine aux infirmières, une mesure de
routine. Or, travailler 16 heures de suite, ce n'est jamais banal, et, en
santé, ça peut même être dangereux.
Dans
le secteur Richelieu-Yamaska, qui inclut Saint-Bruno-de-Montarville, Beloeil,
Saint-Hyacinthe et Acton Vale,
29 cas de temps supplémentaire obligatoire en un seul mois, le mois de
mars dernier. Les infirmières sont rendues à devoir partir avec deux
lunchs le matin et une gardienne en réserve, au cas où.
Comment
le ministre de la Santé explique que le temps supplémentaire obligatoire, qui
devait être l'exception de
l'exception, est rendu à ce point répandu en Montérégie? Est-ce qu'il reconnaît
que c'est risqué et que c'est le résultat de son échec depuis quatre
ans?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Hier soir, M. le Président, j'étais au gala des prix
Florence, avec l'ordre des infirmiers et infirmières du Québec, avec qui
j'ai pu avoir de longues discussions, notamment sur le temps supplémentaire.
Je tiens à souligner l'excellence du travail qui
est fait, évidemment, par tous les infirmiers, toutes les infirmières de toutes catégories au Québec. Et je suis
d'accord avec ma collègue et avec les gens du milieu, à savoir que le temps
supplémentaire obligatoire est une chose
qu'il faut éradiquer. Mais, pour l'éradiquer, M. le Président, il faut prendre
un chemin, que nous avons pris. Nous
l'avons pris en 2015 en signant une convention collective historique par
laquelle nous avons convenu de revoir les ratios personnel-patients, personnel
toutes catégories, mais principalement, évidemment, les infirmières.
Et, hier soir, on en
parlait encore, à quel point cette mesure-là génère de l'espoir chez le
personnel parce qu'enfin il y a un gouvernement qui s'en occupe. Et ça, ça va
donner des résultats. Je ne peux pas changer du jour au lendemain la situation, mais je peux poser des gestes — et je les ai posés — qui vont amener un changement dans leur
situation, et c'est l'espoir que ces gens-là attendent. Hier, on en a parlé
beaucoup. Je peux vous dire...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...M. le Président, que le personnel, aujourd'hui, est très heureux de ça.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Oui. Merci, M. le Président. À Sorel-Tracy, ce ne sont pas 29, ce sont
33 fois, en mars, qu'une infirmière a été forcée de faire du temps
supplémentaire.
ministre va-t-il se rendre compte que gérer l'Hôtel-Dieu de Sorel du lointain
CISSS, ça ne marche pas, que c'est dangereux pour la sécurité et la
santé des patients et du personnel, l'absence d'une direction permanente locale
sur place, à l'hôpital? Ça ne génère pas du tout d'espoir, ça génère beaucoup
de désespoir, cette décision du ministre.
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
M. le Président, je pense que, là, on déborde du sujet. Le sujet, M. le
Président, ce n'est pas une
simple question de gestion, mais bien de poser les gestes que nous avons posés.
L'espoir, il est là.
Maintenant,
M. le Président, si on veut absolument aborder la gestion,
bien, je vais rappeler à mon collègue — en
fait, mes deux collègues, qui sont tous les
deux en Montérégie — que,
pour la première fois de l'histoire du Québec, il y a un gouvernement qui a enfin, une fois pour toutes, corrigé
ce que l'on appelle classiquement l'inéquité interrégionale, à savoir
que le financement avait des asymétries. Nous l'avons fait. On l'a essayé, là,
à chaque année dans notre mandat, et on y est arrivés cette année. Et ça, c'est
permanent, M. le Président, nous avons rehaussé...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...les bases
budgétaires, qui, elles, vont améliorer les conditions de travail...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Verchères.
M. Bergeron :
Seulement dans le secteur Pierre-Boucher, qui s'étend de Longueuil à
Contrecoeur, le temps supplémentaire obligatoire a été imposé à
55 reprises aux infirmières. M. le Président, ce n'est plus une mesure exceptionnelle, on impose maintenant ça aux
infirmières comme s'il s'agissait de la normalité des choses. C'est pourtant
la santé des patients et des infirmières elles-mêmes qui est en cause.
Comment le ministre de la Santé peut-il
justifier qu'il y ait eu 117 cas, 117 cas, M. le Président, de temps
supplémentaire obligatoire en à peine un mois en Montérégie-Est?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette :
M. le Président, je vais reprendre les réponses et les synthétiser. Les
conditions de travail du personnel vont
s'améliorer de diverses manières. J'ai parlé des projets ratios. C'est
fondamental, c'est exigé, même, par le personnel, et on est en train de le
faire.
Les conditions de travail sont aussi
conditionnelles à des infrastructures. Je rappellerai aux collègues de la Montérégie
que nous avons investi plus de 100 millions
de dollars à Charles-Le Moyne, à
Pierre-Boucher, on a investi à Saint-Jean, on a investi dans un nouvel hôpital
à Vaudreuil-Soulanges. Nous sommes en train de rénover presque complètement l'hôpital de Sorel, M. le
Président. À Saint-Hyacinthe, nous
sommes en train de terminer la rénovation de l'urgence. Les infrastructures...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...attirent, et améliorent les conditions de travail, et, à terme, vont baisser le temps
supplémentaire.
Le Président : Principale, M.
le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : M. le
Président, aujourd'hui, c'est la journée internationale de la liberté de presse, mais au Québec
on n'a aucune raison de se réjouir, le Québec est actuellement au 57e rang
mondial en termes de transparence. Ce n'est pas compliqué, M. le
Président, en matière d'accès à l'information, le Québec est nul.
Pourtant, le
premier ministre s'est fait élire en promettant — et je cite — «le gouvernement le plus transparent
que les Québécois auront eu». C'est tout le contraire qui s'est produit :
abolition du poste de Commissaire à la santé, réforme
des nominations au BAPE, adoption de la loi n° 164. Les exemples sont
innombrables, et il y en a un autre ce matin,
on apprend que les contrats du CHUM et du CUSM, des contrats qui totalisent
4 milliards de dollars de fonds publics, ont été cachés pendant deux ans. Ce sont des faits, et ils pointent tous
dans la même direction, le premier ministre a brisé sa promesse. Tout le
monde le voit, tout le monde le dit. J'aimerais maintenant qu'il le
reconnaisse.
Juge-t-il être aujourd'hui à la tête d'un
gouvernement le plus transparent que les Québécois ont eu?
Le Président : Mme la
ministre responsable de l'Accès à l'information.
Mme Weil :
Oui, M. le Président. Écoutez, on a eu beaucoup d'échange lors des crédits,
deux séances de crédits. On a pu bien
expliquer toutes les mesures de transparence. Notamment, la seule province au Canada
qui a une mesure de transparence par
rapport aux agendas publics, c'est le Québec, et on a cherché partout dans le
monde... Et ce n'est pas rien, c'est important, on voit les rencontres
qu'ont les ministres avec des personnes qui ne sont pas des personnes qui
représentent le gouvernement. Donc, c'est parmi les mesures de transparence
qu'on a évoquées.
Dans
le dernier budget, on a rajouté 1,5 million au budget de la Commission
d'accès à l'information pour qu'elle puisse
traiter les dossiers avec célérité, et le commissaire en est très heureux. On a
eu l'occasion d'en parler, c'est des mesures importantes. Par ailleurs,
la réforme s'en vient. On a beaucoup parlé de ça, c'est un travail sérieux, on
va le déposer très, très, très bientôt.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois :
M. le Président, le gouvernement vit sur une autre planète en matière de
transparence. Hier, les principaux
médias ont publié une lettre ouverte. Leur verdict est clair, le Québec est un
cancre en matière de transparence, et
ce gouvernement en est responsable. Hier, la ministre responsable de l'Accès à
l'information disait que c'étaient les journalistes qui ne comprenaient
pas.
Bon, alors,
si tout ça est un vaste malentendu, pourquoi est-ce que les libéraux sont les
seuls à être fiers de leur bilan en matière de transparence?
Le Président : Mme la
ministre de l'Accès à l'information.
Mme Weil :
Merci, M. le Président. Écoutez, j'ai eu l'occasion d'expliquer mes propos, je
parlais d'appréciation du travail sérieux que fait le gouvernement
depuis notre élection. D'ailleurs, j'ai deux ministres qui m'ont précédée dans ce dossier et je prends la balle au bond pour
aller de l'avant avec les orientations que le gouvernement même a mises de l'avant sur les meilleures pratiques en matière de transparence et d'accès à l'information. Donc, c'est un
travail sérieux, et on aura
l'occasion très bientôt d'avoir un débat ouvert sur cette question. Et je tiens
à le souligner parce que peut-être que
le député n'a pas connaissance des pratiques ailleurs au Canada, on est tout à
fait dans la norme, on est tous très proches...
Le Président : En terminant.
Mme Weil : ...au Canada.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : M. le Président, il n'y a aucune comparaison qui peut
être favorable pour le Québec, on est
57e au monde. La transparence, ce n'est pas optionnel, ce n'est pas secondaire.
La transparence, c'est le fondement d'une
société démocratique, c'est l'une des conditions de la confiance de la
population dans nos institutions politiques.
Donc, en rendant le gouvernement plus opaque,
les libéraux ont fait quelque chose de grave, ils ont affaibli la démocratie
québécoise. Ça, c'est grave.
Le Président : Mme la
ministre responsable de l'Accès à l'information.
Mme Weil :
Tout ce que je peux vous dire, c'est absolument ahurissant, ce commentaire sans
fondement, gratuit. On est un gouvernement comme les autres
gouvernements du Québec. Je pense, comme Québécois, on doit être très fiers de la façon qu'on respecte notre démocratie,
sans ingérence. Et le travail qui est fait par les responsables d'accès
à l'information, c'est un travail sérieux.
Et je le dis avec beaucoup de conviction parce que j'ai eu l'occasion de voir
de très près quelles sont les règles, quelles sont les règles qui sont
suivies, mais aussi, oui, quels sont les ajustements et quelles sont les
réformes à apporter. On est rendus là, on va le déposer, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le
Président. Il est important, ce matin, de faire le point dans le dossier du troisième lien, l'enjeu numéro un, rappelons-le,
pour les citoyens de la grande région de Québec, de Lévis et de Chaudière-Appalaches. Après trois ans, trois ans
de tergiversations, le gouvernement a finalement trouvé une adresse pour son
bureau de projet. Il a ensuite pris neuf mois pour donner un premier contrat.
Cette semaine, cette semaine, on a
finalement obtenu une copie du devis technique. Une vraie farce, M. le
Président, mais les gens de Québec et de Lévis ne la trouvent pas drôle.
Non seulement, le mandat du troisième lien va pratiquement de Neuville jusqu'au
milieu de l'île
d'Orléans, mais on inclut l'optimisation des liens existants et des solutions
non immobilières. M. le Président, le maire de Lévis considère que le
premier ministre est en train de berner la population, c'est peu dire.
Comment
la ministre responsable du troisième lien peut regarder les gens de Québec, de
Lévis et de Chaudière-Appalaches en face et leur dire que le troisième
lien est une priorité pour le Parti libéral?
Le Président :
M. le député de Lévis, je voudrais vous rappeler qu'il y a des épithètes que
l'on ne doit pas prononcer ici. Mme la ministre déléguée au ministère des
Transports.
Mme Tremblay : M. le Président, on va rétablir les faits. D'abord, il y a une chose
sur laquelle et la CAQ et notre gouvernement,
nous nous entendons, c'est l'importance d'un troisième lien routier entre la
Rive-Nord et la Rive-Sud. Mais là
s'arrêtent les comparaisons, M. le Président, parce que, du côté de la CAQ, on
est prêt, coûte que coûte, à construire un troisième lien à l'est sans étude,
non, et amorcer la construction dès le début du prochain mandat, et sans même
respecter les étapes de saine gestion
des affaires publiques, des finances publiques. C'est ce que la CAQ veut faire,
sans étude, sans rien, on va de
l'avant, on veut agir en cow-boys. Bien, ce n'est pas ce que nous allons faire,
j'ai le profond désir de faire les choses correctement, M. le Président.
Et nos intentions ont été annoncées très clairement le 4 décembre dernier, et il n'y a rien qui a changé. D'ailleurs, le devis,
il est connu depuis ce temps-là, il n'y a pas eu de changements, et nous sommes
très fiers de là où nous sommes. Nous, on ne
paie pas une étude indépendante pour se faire dire ce qu'on veut entendre.
Le Président :
En terminant.
Mme Tremblay : Non, ce que nous faisons, c'est un travail honnête, réalisé pour les
bonnes raisons, avec des...
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Louis-Hébert.
Guilbault : M. le Président, après que le ministre de la
Capitale-Nationale nous ait confirmé que le bureau de projet étudie la possibilité d'étudier le
prolongement de la Capitale, on apprend que le télétravail, les traversiers,
les voitures autonomes vont tous être
étudiés par le bureau du troisième lien. Et là je rappelle le nom du bureau de
projet, M. le Président : bureau du troisième lien.
Est-ce
que la ministre peut se lever et nous dire très simplement : Nous, les
libéraux, on n'en veut pas, de troisième lien?
Le Président :
Mme la ministre déléguée au ministère des Transports.
Mme Tremblay : M. le Président, je peux me lever avec fierté et vous regarder dans les
yeux en disant : Oui, on en veut
un, un troisième lien routier, mais nous allons faire les choses correctement
et dans l'ordre. Nous avons annoncé nos
intentions très clairement le 4 décembre dernier. D'ailleurs, nous avons
rencontré et le maire de Lévis et le maire de Québec avant cette annonce pour s'assurer que ce que nous allions
présenter faisait l'affaire des deux maires également des deux rives. Ils étaient à mes côtés,
d'ailleurs, lors de l'annonce. Et la preuve que c'était déjà dévoilé à ce
moment-là, un
article de Jean-Luc
Lavallée dans Le Journal de Québec le 6 décembre : «Les
professionnels qui étudieront [...] la possibilité...
Le Président :
En terminant.
Mme Tremblay : ...d'implanter un troisième lien Québec-Lévis devront aussi évaluer le
potentiel de plusieurs...»
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : Oui. Merci, M. le Président. C'est pour ça que le
maire de Lévis a qualifié ça de fourre-tout. Et, pour vous donner une idée à quel point c'est un
fourre-tout, écoutez bien ce qu'il va étudier :
systèmes de transport intelligent, systèmes de covoiturage, système
d'information en temps réel, mesures de tarification et télétravail. Troisième
lien, télétravail, même combat. Je veux dire, quand on ne veut rien faire,
c'est exactement ce qu'on fait.
Pourquoi vous ne vous
levez pas, dites aux gens de Québec et de Lévis : Un troisième lien, on
n'en veut pas?
Le Président :
Mme la ministre déléguée au ministère des Transports.
Mme Tremblay : M. le
Président, je vais rappeler l'extrait
du communiqué du 4 décembre dernier : «La seconde étape permettra [...] d'analyser les solutions les
plus prometteuses à court, à moyen et à long terme en explorant diverses
pistes, dont l'implantation d'un nouveau lien entre les
deux rives [et] l'optimisation des liens actuels — y compris le transport collectif — et les solutions technologiques. La solution
globale pourrait inclure une combinaison de celles-ci afin d'améliorer
les déplacements à court, à moyen et à long terme.»
n'est pas tout, également François Bourque, du Soleil , le
7 décembre dernier, il écrit : «J'avoue [...] avoir été agréablement surpris par la qualité du
"devis" de recherche qui va bien au-delà de la seule promotion...
Le Président :
En terminant.
Mme Tremblay :
...d'un troisième lien autoroutier.
«Le mandat du
consultant sera d'examiner des scénarios...»
Le Président :
Principale, Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Jean : Merci,
M. le Président. Le lancement de la
Stratégie numérique, en décembre dernier, a coûté une fortune aux
contribuables. Au début, c'était 50 000 $ qu'on nous disait. C'était
déjà scandaleux, 50 000 $, pour une conférence
de presse. En creusant un peu, on s'est aperçu que ce n'était pas
50 000 $, ce n'est pas 75 000 $, ce n'est pas 100 000 $, ce n'est pas
150 000 $, M. le Président, c'est 167 000 $ que ça a coûté,
le lancement de la Stratégie numérique. Un
sommaire dynamique en ligne, 60 000 $; capsules vidéo,
53 000 $; Facebook Live, M. le Président, un Facebook Live, 5 000 $.
le Président, est-ce que la ministre va s'excuser pour avoir ainsi dilapidé
sans compter l'argent des contribuables?
Le Président :
Mme la ministre de l'Économie.
Mme Anglade :
M. le Président, lorsque nous avons lancé la Stratégie numérique, il faut se
rappeler d'une chose, c'est de
l'importance de ce sujet pour l'ensemble des Québécois, et nous avons décidé de
le faire de manière moderne, avec des moyens qui étaient novateurs.
Mais,
attention, on parle des différents chiffres, et j'aimerais le dire à ma
collègue de Chicoutimi, que, lorsqu'on regarde
les chiffres, ce que l'on constate, c'est que ce qui a été présenté, le
sommaire dynamique, le site, il est actuellement en fonction, les gens peuvent aller le consulter aujourd'hui. Il y a des
gens, aujourd'hui, qui peuvent aller voir ce qui se passe au niveau de la Stratégie numérique. Ce
n'était pas pour un jour, c'était pour l'ensemble de l'oeuvre. Même chose
pour les capsules vidéo qui ont été
présentées, ce n'était pas pour un jour, c'était pour l'ensemble de l'oeuvre
qui continue aujourd'hui à se faire. Alors,
lorsqu'on regarde les chiffres, on constate quoi dans les montants qui ont été
présentés par la députée de Chicoutimi? C'est que deux tiers du montant, en fait, c'était
dans le long terme, ça s'inscrivait dans le long terme.
Mais ce que j'aimerais discuter avec la députée de Chicoutimi, c'est la réception de la Stratégie
numérique. Ça a été salué de toutes
parts. Et vous savez ce qui a été salué de toutes parts? C'est la manière de
faire les choses différemment, d'impliquer
les gens dans la cocréation, de faire les choses de manière moderne. Voilà ce
que nous voulons faire. C'est l'avenir du Québec, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Chicoutimi.
Jean : Merci. Ce n'est pas
tout, M. le Président, ce montant-là. Location d'une table interactive,
location de six iPad, savez-vous combien ça a coûté? 6 000 $.
Audiovisuel, 33 000 $. Il y en a d'autres.
M. le Président, c'est comme si la ministre s'était dit : On va faire un gros show, un
gros show de boucane. Au diable les dépenses, ce n'est pas notre argent,
c'est l'argent des contribuables.
Est-ce qu'elle
pourrait s'excuser d'avoir fait un gros show avec l'argent des contribuables?
Le Président :
Mme la ministre de l'Économie.
Anglade : Le numérique, c'est dans toutes les régions du Québec, on
veut rejoindre toute la population du Québec.
Et, s'il y a une chose que j'ai retenue, M. le Président, du lancement de la
stratégie, c'est de voir tous les joueurs partout, de toutes les régions
du Québec, réunis dans un même endroit pour montrer à quel point c'était fondamental.
Aujourd'hui,
on a lancé, encore une fois, des discussions, on a lancé le conseil du
numérique, et j'aimerais, j'aimerais vraiment
que la députée de Chicoutimi nous dise, mais qui, qui n'est pas à l'aise avec
cette stratégie, qui est contre cette stratégie
parce que ça a été salué, encore une fois, de toutes parts, et les éléments qui
ont été annoncés sont pour le long terme, M. le Président.
Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée de
Chicoutimi.
Jean : La Stratégie numérique, elle était attendue. On n'avait pas
besoin de faire un grand show de boucane pour qu'elle soit acceptée. Mais c'est curieux, M. le Président, il n'y
a pas d'argent pour rénover les écoles en ruine, mais il y en a pour
faire un show à 170 000 $. Là, c'est par magie que le gouvernement
trouve l'argent.
le Président, la ministre doit s'excuser pour avoir dilapidé sans compter
l'argent du monde pour se faire du capital politique.
Le Président :
Mme la ministre de l'Économie.
Anglade : Mme la députée de Chicoutimi sait fort bien à quel point le
numérique, c'est important. On vient de
passer deux heures en crédits ensemble pour savoir de quelle manière on allait communiquer.
Dans les discussions que nous avons
eues, on a dit de quelle manière il fallait renseigner davantage la population,
de manière moderne et de manière
structurée. Alors, on a essayé de prendre des moyens qui étaient novateurs, on
a utilisé une conférence de presse pour
bâtir, des éléments de cette conférence de presse qui sont utilisés encore
aujourd'hui. J'invite la députée de Chicoutimi à aller consulter ce qui
se fait encore aujourd'hui et qui découle de cet événement.
Président : Alors, cela mettrait fin à la période de questions
et de réponses orales si je ne voulais pas vous... Je voudrais saluer les élèves et les professeurs
de la polyvalente De Mortagne qui... Il y a quelque chose d'assez particulier
ici, quatre de nos collègues ici ont étudié
à la polyvalente De Mortagne et qui siègent avec nous présentement. Ça, c'est
assez rare, une polyvalente, quatre députés ici. Alors, bienvenue à l'Assemblée
nationale!
Alors, maintenant, je
peux dire : Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Ouimet) : Et nous en sommes à la rubrique des motions sans préavis. Et, selon
l'ordre de présentation et nos règles, alors je cède la parole à M. le
député de Nicolet-Bécancour.
Martel : M. le Président, je demande le consentement pour
déposer la motion suivante conjointement avec le député de Gouin et le
député de Groulx :
«Que
l'Assemblée nationale dénonce la précipitation de décréter un lock-out imposé
aux professeurs par l'administration de l'Université du Québec à
Trois-Rivières, qui a de lourdes conséquences pour les étudiants;
«Qu'elle exige de
mettre fin au lock-out à l'UQTR.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Nicolet-Bécancour. Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
M. Tanguay :
Pas de consentement, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Il n'y a pas de consentement. Pour
une prochaine motion sans préavis, M. le premier ministre, à vous la
parole.
M. Couillard : Merci, M. le Président. Je veux solliciter le consentement de
l'Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le chef de l'opposition officielle, le chef
du deuxième groupe d'opposition, le député de Gouin, le député de Gaspé
et le député de Groulx :
«Que
l'Assemblée souligne la Journée nationale du sport et de l'activité physique
qui se déroule le 3 mai 2018;
«Qu'elle
profite de cette journée pour également saluer les exploits remarquables des
athlètes qui ont participé aux Jeux olympiques et paralympiques d'hiver
de PyeongChang;
«Qu'elle reconnaisse
l'investissement des familles, le travail remarquable des entraîneurs, le grand
coeur des bénévoles [...] la rigueur des
officiels et qu'elle remercie les organisations sportives d'appuyer les
athlètes et les équipes dans leurs cheminements vers les plus hauts
niveaux;
«Qu'elle
affirme que leur détermination, leur passion et leur talent sont dignes de
mention et représentent une source d'inspiration pour tous les
[Québécois] et [toutes les] Québécoises.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
premier ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion, M. le leader adjoint du
gouvernement?
M. Tanguay : Oui, tout
à fait, M. le Président. Nous proposons des interventions d'une durée d'environ deux minutes
par intervenant et selon l'ordre suivant : d'abord, le premier ministre, suivi du chef de l'opposition
officielle, du chef du
deuxième groupe d'opposition et du député de Gouin.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, je
comprends qu'il y a
consentement pour quatre interventions d'une durée
d'environ deux minutes en commençant par vous, M. le premier ministre.
M. Couillard : Merci, M. le Président. On a donc
aujourd'hui le bonheur d'accueillir les athlètes et les entraîneurs qui nous ont représentés aux derniers Jeux
olympiques et paralympiques de PyeongChang. Après plusieurs années de travail
acharné, de sacrifices, vous avez participé
à ce qui est certainement la plus prestigieuse des compétitions sportives.
Chacun d'entre vous s'était fixé un objectif. Certains l'ont atteint,
d'autres, dépassé. Pour d'autres, les choses ne se sont pas nécessairement
passées comme prévu. Mais vous avez tous gagné. Vous avez tous gagné parce que
vous vous êtes rendus aux Olympiques.
Combien de personnes au Québec peuvent, aujourd'hui, dire : J'étais aux
Olympiques ou aux Jeux paralympiques? Vous allez être fiers de ça toute votre
vie. On est fiers de vous aujourd'hui et pour bien longtemps également. Vous
nous avez fait vivre, souvent en famille, des moments mémorables. Vous nous
avez fait rêver et vibrer au rythme des compétitions.
chose qui est remarquable, c'est l'âge de ces athlètes qui participent aux Jeux
olympiques et paralympiques. La majorité se situe dans la vingtaine,
même que certains n'ont pas encore 20 ans et atteignent déjà les plus hauts sommets. Pour ce faire, ça prend une maturité, une
discipline et une résilience que plusieurs mettent quelques décennies à acquérir et certains n'acquièrent jamais, M. le
Président. Pour ce faire, ça prend également une équipe d'entraîneurs qui sont souvent plus âgés, eux, qui transmettent
leur savoir et leurs expériences aux plus jeunes. Ces personnes sont à la
fois conseillers, conseillères, confidents,
motivateurs. Il y a une belle leçon, d'ailleurs, à tirer ici : quand les
générations s'allient, les limites s'envolent.
y a aussi vos familles, vos proches, qui ont fait d'énormes sacrifices pour
vous permettre d'atteindre vos objectifs. Ce sont eux qui vous ont vu faire vos premières chutes, eux qui vous ont
soutenus dans vos échecs, qui vous ont encouragés après une blessure et qui, bien sûr, ont aussi
célébré votre victoire. On oublie trop souvent le chemin parcouru pour vous
rendre au rendez-vous ultime que sont les
Olympiques. Les membres de votre famille, vos proches savent combien ce parcours a pu être sinueux, rempli d'embûches,
puisqu'ils ont été et elles ont été à vos côtés. Vous me permettrez donc
aujourd'hui de les saluer et de les remercier. Vous avez, sans contredit,
contribué aux réussites que nous soulignons aujourd'hui.
Chers athlètes, vous
êtes des modèles de ténacité, de persévérance et de dépassement, de véritables
sources d'inspiration, et ce, autant pour les plus jeunes que ceux qui le sont
moins.
concluant, je m'adresserais aux plus jeunes qui ont suivi les compétitions
depuis leur salon. Les athlètes que vous
avez vus à la télé, ils ont d'abord été à la même place que vous. Ils étaient
aussi chez eux pour regarder les jeux de Lillehammer, Nagano, Salt Lake City ou Turin. Pour atteindre PyeongChang,
ils ont travaillé fort, ils ont continué de croire en eux-mêmes et en elles-mêmes. Si eux ont réussi
à le faire, pourquoi pas vous? Croyez en vous. Soyez fiers de vous. Travaillez fort et ne laissez jamais quelqu'un
vous dire que vous ne pourrez pas atteindre vos rêves. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci, M. le premier
ministre. M. le chef de l'opposition officielle, à vous la parole.
M. Lisée : M. le Président, si on
veut chercher dans l'ensemble de l'activité humaine le symbole du dépassement, on le trouve chez les athlètes des
Jeux olympiques, des Jeux paralympiques en particulier. C'est ça, finalement,
l'esprit des jeux, appeler chaque
personne à persévérer, à ne jamais abandonner, à donner le meilleur
d'eux-mêmes, qui qu'ils soient, qui
qu'ils soient, et peu importe ce que la vie leur a donné ou retranché, donner
le meilleur de ce qu'on est, de ce qu'on est devenu pour devenir encore
plus grand, plus fort et partager cette fierté avec d'autres.
M. le Président, en cette Journée nationale du sport et de
l'activité physique, je souhaite féliciter les athlètes du
Québec pour leurs performances en Corée du
Sud mais aussi saluer tous les Québécois et toutes les Québécoises qui font
du sport et qui développent des saines
habitudes de vie dans leur quotidien. Sportifs professionnels ou amateurs, vous
inspirez l'ensemble de nos
concitoyens. Vous êtes des modèles et à la source de notre volonté de faire du
Québec une des nations les plus en forme au monde. On ne pouvait trouver
de meilleurs ambassadeurs pour ce grand projet que vous.
M. le Président, vous le savez, je suis le chef d'un parti
politique qui croit que le Québec peut être complètement présent au monde avec ses équipes, ses athlètes,
son drapeau, son hymne national. Ce n'est pas encore arrivé, mais vous ne serez pas surpris par mon enthousiasme lorsque
nos sportifs portent en français les espoirs et les ambitions des Québécois
de par le monde. Le Québec se classe
aujourd'hui au 12e rang des nations ayant récolté le plus de médailles,
devant l'Italie, devant la
Grande-Bretagne, devant la Chine. Mmes, MM. les olympiens, par vos exploits,
vos réussites, vous faites la fierté du Québec.
Bien sûr, je dis également bravo aux autres olympiens du
globe et aux athlètes canadiens en particulier, mais il est heureux que la société reconnaisse
la valeur des exploits de tous les sportifs. Les Jeux paralympiques, c'est la
définition même du dépassement. Et, à
ceux qui n'ont pas obtenu une médaille malgré des efforts titanesques,
rappelez-vous cette phrase de Nelson Mandela : «Je ne perds
jamais. Soit je gagne soit j'apprends.» Merci.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci, M. le chef de l'opposition
officielle. Je cède maintenant la parole à M. le chef de
la deuxième opposition.
M. Legault : Merci, M. le Président.
Donc, on a de la belle visite aujourd'hui à l'Assemblée nationale, des athlètes, des entraîneurs qui ont participé
aux derniers Jeux olympiques et paralympiques. Je veux leur dire à quel point
on est fiers d'eux autres, fiers de
leur réussite, fiers de leur parcours, parce qu'on oublie trop souvent que les
Jeux olympiques sont l'aboutissement
d'un très long processus. Pour deux semaines passées au sommet, il faut passer
des années à travailler dans l'ombre avec le soutien de nos proches, des
organisations, des entraîneurs.
Donc, la Journée nationale du sport et de l'activité
physique, c'est l'occasion de rappeler l'importance des modèles, l'importance aussi d'avoir des gens
qui nous soutiennent dans ce qu'on fait, qui croient en nous. C'est vrai pour
le sport puis c'est vrai pour la vie
en général. Donc, nos athlètes représentent la recherche de l'excellence, la
détermination, ils sont une source
d'inspiration pour tous les Québécois. La beauté des Jeux olympiques, c'est que
le succès de nos athlètes rejaillit sur l'ensemble d'entre nous. On peut
tous en tirer un motif de fierté.
Donc, en mon nom, en celui de ma formation politique, je veux
vous dire merci. Merci pour tous ces beaux moments d'émotion,
merci d'être aussi inspirants. Bonne chance et bon succès pour la suite! Bravo!
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le chef de la deuxième opposition. Maintenant, je cède la parole à M. le député
de Gouin.
Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. Ça me fait un grand plaisir
aujourd'hui de joindre ma voix à celle de
ma formation politique, à celle de mes collègues pour souligner, bien sûr, la
Journée nationale du sport et de l'activité physique mais surtout pour saluer la présence, ici, des athlètes et des
entraîneurs québécois qui ont fait briller le Québec sur la scène
internationale lors des derniers Jeux olympiques.
gens que nous avons l'honneur de recevoir dans notre Assemblée aujourd'hui,
c'est l'élite, la crème de la crème des
sportifs du Québec, ce sont ceux et celles qui nous ont représentés aux Jeux
olympiques, aux Jeux paralympiques d'hiver de PyeongChang. Encore une fois, ils ont brillé parmi les meilleurs, je
veux leur transmettre toutes mes félicitations, mais je veux également
rappeler que ces athlètes sont le sommet, la
partie visible et grandiose d'une
vaste pyramide. Ils méritent un soutien pour
maintenir leurs performances de haut niveau, ils méritent encore plus de
soutien, oui, mais pourtant cette élite sportive ne peut performer si
haut sans le soutien de toute la base de la pyramide, je pense aux professeurs d'éducation physique, je pense aux entraîneurs, je
pense aux gens, souvent bénévoles, qui s'impliquent dans les fédérations
sportives, je pense aux ligues scolaires,
aux activités de loisirs dans les municipalités, tous ces gens-là qui sont la
condition de possibilité du succès de
nos athlètes de haut calibre. Pour chaque athlète olympique ou paralympique qui
se rend sur la scène internationale,
il y a des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes qui
travaillent dans l'ombre à rendre tout
cela possible. Ces gens-là, souvent, ne sont pas commandités. Ces gens-là,
souvent, on ne connaît pas leurs noms ou leurs visages, mais ils font
aussi la fierté du Québec.
Alors,
je veux, M. le Président, en terminant, féliciter bien sûr les athlètes, leurs
entraîneurs, féliciter leurs familles, qui
les appuient, et féliciter toutes les communautés et les collectivités au
Québec qui rendent tout ça possible. Merci.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de Gouin.
Alors, cette motion
est-elle adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. Maintenant, pour une autre motion sans préavis, Mme la députée de Marie-Victorin.
Fournier : Merci, M. le Président. Je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député
de Gouin et le député de Gaspé, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement fédéral de
suspendre l'entente Canada—États-Unis
sur les pays tiers sûrs, tel que le permet son
article 10.3.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci, Mme la députée de Marie-Victorin. Y
a-t-il consentement pour
débattre de cette motion?
M. Tanguay :
Pas de consentement.
Vice-Président (M. Ouimet) : Il n'y a pas de consentement. M. le
député de Gouin,
pour une autre motion sans
préavis.
M. Nadeau-Dubois : Merci,
M. le Président. Je sollicite le consentement de l'Assemblée pour
déposer la motion suivante
conjointement avec le député de Terrebonne, la députée d'Iberville, le député
de Groulx et le député de Gaspé :
«Que l'Assemblée
nationale souligne la journée internationale de la liberté de [la] presse;
«Qu'elle reconnaisse
le rôle important que joue une presse libre pour favoriser une saine démocratie
et que, conséquemment, la transparence des pouvoirs publics est essentielle;
«Qu'elle
souligne que le premier ministre s'était engagé en début de mandat à diriger le
gouvernement le plus transparent de l'histoire;
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte que les directions des principaux médias du Québec, le
Conseil de [la] presse et la Fédération
professionnelle des journalistes du Québec jugent que les faits contredisent
cet engagement.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous, M.
le député de Gouin. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Tanguay :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Il n'y a pas de consentement. D'autres motions
sans préavis?
Sinon, nous allons
passer à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions. Et je cède
la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. J'avise cette
Assemblée que la Commission de l'économie et du travail entreprendra
l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 173, Loi visant
principalement à instaurer un revenu de base
pour des personnes qui présentent des contraintes sévères à l'emploi,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, et poursuivra ladite étude le mardi 8 mai
2018, de 10 heures à midi, à la
salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet
de loi n° 157, Loi constituant la Société québécoise du cannabis,
édictant la Loi encadrant le cannabis et modifiant diverses dispositions
en matière de sécurité routière, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, ainsi que le 8 mai 2018, de 10 heures
à midi, à la salle des Premiers-Ministres de l'édifice Pamphile-Le May;
Commission des finances publiques poursuivra l'étude détaillée à l'égard
du projet de loi n° 141, Loi
visant principalement à améliorer l'encadrement du secteur financier, la
protection des dépôts d'argent et le régime de fonctionnement des institutions
financières, aujourd'hui, de 15 heures à 18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Et finalement, M. le
Président, la Commission des relations avec les citoyens entreprendra les consultations
particulières à l'égard du projet
de loi n° 178, Loi modifiant diverses dispositions
législatives concernant la protection du consommateur,
le mardi 8 mai 2018, de 10 heures à 11 h 45, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Merci.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, M. le leader adjoint, pour ces
avis.
la rubrique, maintenant, Renseignements sur les travaux de l'Assemblée, je vous
rappelle que, lors de l'interpellation prévue
pour demain, vendredi 4 mai 2018, M. le député de La Peltrie
s'adressera à M. le président du Conseil du trésor sur le sujet
suivant : 15 ans de laxisme libéral quant à la lutte au gaspillage de
fonds publics.
vous avise de plus que l'interpellation prévue pour le vendredi 11 mai
portera sur le sujet suivant : Le Réseau express métropolitain : un projet du gouvernement libéral au
bénéfice de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, et non de la population. M. le député de Sanguinet
s'adressera alors à M. le ministre des Transports, de la Mobilité durable
et de l'Électrification des transports.
La période des
affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires
du jour. Et, aux affaires du jour,
conformément à l'article 286 du règlement, l'Assemblée doit maintenant se
constituer en commission plénière
afin d'étudier les crédits budgétaires de l'Assemblée nationale pour l'exercice
financier 2018‑2019. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay :
Oui, M. le Président. Donc, dans cette logique, je fais motion pour que
l'Assemblée se constitue en commission plénière, conformément à
l'article 108 du règlement.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, cette motion est-elle
adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. Nous allons donc
suspendre les travaux quelques instants afin que l'Assemblée puisse se
constituer en commission plénière. J'invite également les personnes qui
accompagnent M. le président à prendre place.
(Suspension de la séance à 11 h 13)
M. Ouimet (président de la commission plénière) : Alors, nous sommes réunis en commission plénière
afin d'étudier les crédits
budgétaires de l'Assemblée nationale pour l'exercice financier 2018‑2019. La
durée maximale de cette étude a été
fixée à 2 h 12 min. Et, conformément à ce qui a été convenu
entre les leaders et les députés indépendants, la répartition du temps de
parole sera la suivante : 20 minutes sont allouées à M. le président pour
ses remarques préliminaires, 56 minutes seront allouées au groupe parlementaire
formant le gouvernement, 30 minutes seront allouées au groupe formant l'opposition officielle, 20
minutes seront allouées au deuxième groupe d'opposition, et six minutes
seront allouées aux députés de Québec solidaire, qui nous ont avisés vouloir
intervenir dans le cadre de cette étude.
En raison de l'heure à laquelle nous débutons cette étude,
je comprends par ailleurs qu'il y a consentement pour poursuivre l'étude des crédits de l'Assemblée
au-delà de l'heure prévue pour la suspension des travaux de la Chambre.
Alors, j'ai un consentement? Consentement.
Alors, nous allons donc entreprendre immédiatement les
remarques préliminaires avec vous, M. le président de l'Assemblée. Je
vous cède la parole.
Chagnon : Alors, M. le
Président, chers collègues, pour le bénéfice de ceux qui nous écoutent et qui
cherchent à comprendre en quoi
consiste l'exercice des crédits de l'Assemblée nationale, bien, il faut
mentionner que l'Assemblée est certes
une assemblée parlementaire délibérative, et son but, c'est de permettre aux
députés de débattre des grands enjeux de
notre société, de légiférer et de représenter leurs circonscriptions
électorales et, en même temps, l'Assemblée nationale met à leur
disposition toutes les ressources possibles et nécessaires, et c'est pourquoi
la structure administrative de l'Assemblée nationale est unique.
De fait, en plus de
compter sur des services administratifs de la même nature que ceux que l'on
retrouve dans d'autres organisations, c'est-à-dire les ressources humaines,
financières et informatiques, communications, gestion immobilière, etc., l'administration de l'Assemblée, vu sa mission,
comporte également une bibliothèque, un important service de sécurité, une équipe de télédiffusion,
des restaurants, des jardins, une équipe pour la transcription des débats,
un service de traduction et d'édition des
lois et des équipes de soutien et de bonne marche des travaux de l'Assemblée et
aussi des commissions. Les députés peuvent ainsi compter sur l'appui de
610 employés administratifs et de 521 employés politiques qui soutiennent également ces derniers dans leurs fonctions à
l'Assemblée et dans leurs bureaux de circonscription électorale.
Les services administratifs de l'Assemblée offrent
d'ailleurs leur soutien aux employés politiques, et ça, tant sur la colline qu'en circonscription. C'est ce qui
fait que l'administration de l'Assemblée nationale est, à bien des égards,
unique et complexe.
Vous
comprendrez que, pour donner corps à cette administration, j'ai la chance
d'avoir avec moi des collègues, une
équipe et un personnel dévoués. Permettez-moi de vous présenter, en premier
lieu, mes collègues à la présidence : les députés de Marquette et de Hull — Marquette, bien, c'est vous, alors, vous
êtes le président de nos travaux — le député d'Abitibi-Ouest — qui est peut-être avec nous, je ne sais pas — et la députée de Hull, qui vient aussi comme
vice-présidente de l'Assemblée, et
ces trois députés et vice-présidents président évidemment les travaux de
l'Assemblée, mais aussi les divers dossiers de nature administrative ou
institutionnelle.
Je compte
nationale, qui est notre conseil d'administration. Cette collaboration
active des membres du Bureau facilite d'ailleurs grandement la gestion de notre
Parlement, et je vous les présente tout de
suite, les whips de chacun des groupes parlementaires : Mme Nicole Ménard,
whip en chef du gouvernement; M. Sylvain
Gaudreault, whip en chef de l'opposition officielle; M. Donald Martel, whip en
chef de la deuxième opposition. Les autres
membres du Bureau sont des membres de chacune des formations qui accompagnent
les whips.
Je souligne
également l'appui que je reçois au quotidien du secrétaire général de l'Assemblée,
qui est l'équivalent d'un sous-ministre pour un ministre, M. Michel
Bonsaint, et toute son équipe de direction, dont plusieurs sont avec nous aujourd'hui. Je les salue et remercie en même
temps au nom de tous les députés de l'Assemblée, qui jouissent et qui reçoivent des services
tout à fait appropriés et de grande qualité professionnelle de la part de ces
personnes. J'aimerais
également saluer spécialement ma directrice de cabinet, dont c'est
l'anniversaire, elle a maintenant 37 ans, aujourd'hui, Mme Lise Moreau, ainsi
que les directeurs de cabinet des whips, Mme Isabelle Lord, M. Carl
Pilotte et Mme Nicole Savard. Leur
contribution à la bonne marche de la présidence
et de l'administration de l'Assemblée se mesure au quotidien. Mes remerciements vont aussi à l'ensemble des membres de
mon cabinet et du personnel de l'Assemblée ainsi qu'aux membres du personnel politique. Leur dévouement est sans
compter, et leurs compétences permettent aux parlementaires de remplir
avec brio leurs rôles et fonctions tant au Parlement qu'en circonscription.
Avant de
traiter les sujets qui me tiennent particulièrement à coeur, je vais traiter de
façon
sommaire les crédits budgétaires qui sont alloués à l'Assemblée
nationale pour l'année financière 2018‑2019. Si vous le souhaitez, lors de notre période d'échange, à la suite de mon exposé,
je pourrai vous faire part des détails de ces crédits budgétaires. Mais il est important de se rappeler que, l'an dernier,
nous avons eu 137,4 millions de crédits, nous en aurons 139,6 millions
cette année, une augmentation de
2,2 millions qui s'explique en grande
partie par l'indexation de la masse
salariale. Les crédits
d'investissement se chiffrent, quant à eux, à 10 millions, pour des
crédits totaux approuvés de 142,5 millions en 2018‑2019
comparativement à 139,2 en 2017‑2018.
Contrairement aux crédits des ministères et
organismes, les crédits accordés à l'Assemblée nationale sont permanents, ils n'ont pas à être adoptés. Ils sont
permanents dans le sens qu'ils n'ont pas à être adoptés à la Chambre. L'autonomie de l'Assemblée est prescrite par la
Loi sur l'Assemblée nationale, qui édicte que les prévisions budgétaires
sont établies par la présidence, en
interne de l'institution. En plus
d'étudier rigoureusement les crédits de l'Assemblée, le Bureau exerce d'abord
et avant tout une fonction de contrôle et de réglementation. Cette
instance permet ainsi aux parlementaires d'être associés à la prise de décision, ce qui lui confère un rôle déterminant
et une assurance que les choix qui en émanent le sont dans l'intérêt supérieur
de l'institution.
fonctionnement du Bureau a toujours su démontrer et de la rigueur dans la
gestion et une excellente utilisation des crédits alloués par
l'Assemblée. Les décisions qui y sont prises sont appuyées par des analyses
approfondies et documentées et avec la
préoccupation affichée de répondre aux besoins des députés, du personnel et des
citoyens. Notre principal objectif demeure néanmoins celui d'améliorer
les services aux députés pour leur permettre d'exercer leurs fonctions le plus
efficacement possible. Les députés doivent, en fait, pouvoir se consacrer
entièrement à leur rôle, qui consiste à
légiférer, et à contrôler l'action du gouvernement, et à représenter les
citoyens. Ces rôles s'exercent, bien entendu, dans le cadre des travaux
qui se tiennent à l'Assemblée et en commission. J'en dresse un court bilan à
l'instant.
Les travaux
parlementaires constituent la pierre angulaire du Parlement. C'est une
lapalissade, mais, cette année, 320
heures ont été vouées au travail de l'Assemblée, et 1 328 heures, aux
commissions parlementaires. Au cours de ces travaux, 42 projets de loi
ont été adoptés, 158 pétitions ont été présentées, 12 rapports contenant des
observations, conclusions ou recommandations des commissions ont été déposés.
Il importe de
souligner que le travail parlementaire ne se fait pas en vase clos. De fait, la
population et différents groupes
donnent régulièrement leurs points de vue sur différentes mesures dont l'Assemblée est saisie. Par exemple, lors de la dernière année, 476 témoins ont été entendus
dans le cadre de consultations
publiques, la consultation en ligne sur la place des femmes en politique, tenue par la Commission des relations
avec les citoyens, a permis de recueillir l'opinion de 507 personnes, 2 883 commentaires en ligne
ont également été reçus de la part de citoyens concernant les projets de loi
et mandats des commissions.
Toujours dans
le cadre des travaux parlementaires, depuis 2011, j'ai rendu plusieurs
décisions à l'Assemblée dans le but
de protéger les droits et privilèges de
notre institution et de ses membres. Parmi celles-ci, il y en a
une qui a reçu certainement, de loin, plus d'attention, et pour cause, il s'agit
de la directive que j'ai rendue suite à des questions soulevées par le leader de l'opposition officielle dans la foulée de l'arrestation, l'automne dernier, du député de
Chomedey par l'Unité
permanente anticorruption, l'UPAC.
Ainsi, dans le contexte particulier de cette arrestation, jumelé à l'absence
d'accusation portée contre le député, cela
m'a amené à réfléchir longuement sur ces événements. Mon souci
principal a toujours été de m'assurer que l'Assemblée nationale ne soit pas fragilisée dans sa capacité de
pouvoir débattre des différents enjeux
de société et que l'indépendance des députés, qui doivent être mis à l'abri de
toute menace et pression, soit protégée. Cette directive a donc été le
reflet de cette préoccupation.
C'est ainsi
qu'en tant que protecteur de notre institution et de ses membres et le gardien des privilèges parlementaires j'ai fait part des grands principes qui doivent réguler les
corps policiers lorsqu'il est question de l'arrestation
d'un député ou de la saisie de ses outils de travail. Il est toutefois,
certes, extrêmement important de se rappeler, et je l'ai dit à plusieurs reprises, que les
députés ne sont pas au-dessus des lois et que la présidence doit avoir, et elle
l'a, le souci de collaborer à la
bonne administration de la justice. Cependant, je me devais aussi
d'affirmer clairement qu'il est fondamental pour les députés de pouvoir compter sur certaines garanties
qui leur sont nécessaires pour exercer efficacement leur rôle de parlementaire. Ces événements
démontrent que les notions de privilège parlementaire et de séparation
des pouvoirs de l'État,
pourtant fondamentales dans notre démocratie, sont des concepts encore peu
connus à l'extérieur des murs
du parlement. J'espère que ma directive aura eu pour effet de sensibiliser les
forces policières, qui doivent adapter leurs
procédures lorsqu'il est question de l'arrestation d'un député, d'une
perquisition ou de la saisie de matériel qu'un député utilise dans le
cadre de ses fonctions parlementaires.
Quand j'ai
prêté serment à
titre de président de cette Assemblée en début de législature,
je me suis notamment engagé à veiller au respect et à la défense des
droits et privilèges de l'Assemblée et de chacun de ses membres de manière à ce que leurs fonctions
puissent s'exercer en toute liberté et sans aucune entrave extérieure. C'est
dans cet esprit que j'ai rendu ma directive et que je profite de cette
tribune pour réitérer encore une fois que tous les députés de ce Parlement
peuvent toujours compter sur moi pour veiller à la défense de leurs droits et
privilèges.
J'aborderai
maintenant un autre aspect important du travail parlementaire, soit les relations interparlementaires.
On entend souvent, avec raison, que le Québec est ouvert sur le monde. Cette
affirmation n'est pas que théorique, elle s'incarne dans des relations
établies au fil du temps avec différents interlocuteurs répartis sur tous les
continents. Chaque fois que nous rencontrons
nos partenaires et que nous nous engageons envers d'autres Parlements ou que
nous engageons ou que nous échangeons avec eux sur différents enjeux et
que nous partageons nos savoir-faire, c'est le Québec qui y gagne. Cette coopération entre les élus de l'Assemblée
nationale, son personnel, les parlementaires et les délégations issues d'autres assemblées contribue,
en effet, à enrichir nos pratiques, à améliorer la performance de notre institution et, bien sûr, à faire rayonner la
culture et les institutions politiques québécoises. Nous savons pertinemment
que des décisions prises ailleurs dans le
monde influent sur nous directement ou indirectement. Nous devons donc être présents sur la scène internationale et affirmer nos valeurs démocratiques mais aussi nos principes
économiques et sociaux.
Les relations
interparlementaires ont beaucoup
évolué depuis quelques années. Depuis
fort longtemps, nous ne vivons
plus en vase clos. Nous sommes de
plus en plus appelés à collaborer et
à échanger avec d'autres nations. La diplomatie parlementaire est un espace
privilégié et non partisan où nous, législateurs, pouvons échanger sur des
enjeux qui nous interpellent, et qui
nous concernent, et qui concernent nos commettants. Penser globalement et agir
localement, voilà aussi une des responsabilités du parlementaire d'aujourd'hui.
Au cours de
la dernière année, nous avons ainsi solidifié et approfondi nos relations avec
la francophonie mais aussi avec nos
partenaires des États-Unis, les relations avec la France et la Belgique se
sont poursuivies, et nous avons développé des liens plus étroits avec la
Chambre des représentants du Royaume du Maroc, l'Assemblée nationale du Sénégal et le Parlement haïtien.
Du côté américain, nous avons établi des
collaborations alternées avec le Massachusetts et la Louisiane. L'Assemblée nationale a, de plus, pris l'initiative d'organiser, à Québec,
du 15 au 18 mars, une conférence interparlementaire sur le libre-échange en Amérique
du Nord. L'organisation de cet événement était sous la responsabilité du vice-président et député de Marquette, M.
François Ouimet. Cet événement,
réalisé en partenariat avec le National Conference of State Legislatures, a réuni plus de
150 participants, dont des législateurs des États fédérés du Mexique, des États
fédérés des États-Unis et des États fédérés du Canada,
ainsi que plusieurs experts et observateurs.
Ce fut une occasion unique de faire valoir
les intérêts du Québec et d'échanger sur les enjeux, tels les impacts locaux de
l'ALENA, l'avenir du libre-échange et le rôle des législateurs dans le
commerce international.
Parmi la
variété des autres sujets abordés cette année, dans le cadre de nos relations
internationales, je souligne l'Accord
de Paris sur le climat, l'accord économique et commercial global entre le
Canada et l'Union européenne, de même que l'ALENA.
Depuis juillet
2017 et jusqu'en 2019, l'Assemblée assure aussi la présidence mondiale de
l'Assemblée parlementaire de la
Francophonie, placée sous le thème du numérique. Nous accueillerons ici, du 2
au 10 juillet 2018, la 44e session de
l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, où plus de 300 parlementaires et
délégués sont attendus. Le thème de
bonnes pratiques des Parlements à l'ère du numérique sera notamment au coeur
des discussions et, soit dit en passant,
pour la population de Québec et surtout les gens qui sont dans le domaine de
l'hôtellerie et du tourisme, on parle
de retombées économiques qui tournent autour de 1 million, un minimum, et
qui vont faire en sorte, évidemment, de
permettre probablement à pas mal de gens, pas mal de parlementaires de rester
passer leurs vacances au Québec cet été.
Profitant de
ce rendez-vous de la Francophonie, nous organiserons également la deuxième
édition de l'Atelier de leadership pour femmes parlementaires, du 2 au 6
juillet, sous le leadership de Maryse Gaudreault, qui est vice-présidente ici. En partenariat avec l'ENAP, le
Groupe Femmes, Politique et Démocratie et avec le soutien financier du gouvernement canadien, cet atelier vise au
renforcement des capacités des femmes parlementaires et au développement
de leur plein potentiel. On pourrait aussi
ajouter, puisque notre... je ne sais pas si notre collègue est ici, mais
François Gendron a présidé les fêtes
du 225e anniversaire, et nous aurons donc, cet été... pendant cette période-là,
nous pourrons dévoiler le monument,
ou l'agrandissement du monument qui a été sculpté par Laliberté, Le député
arrivant à Québec , qui sera inauguré pendant les travaux de l'APF.
L'Assemblée nationale est aussi soucieuse de
contribuer à l'éducation d'une communauté mondiale fondée sur la démocratie et la paix. Pour ce faire, elle
soutient le renforcement des capacités institutionnelles des Parlements.
En 2015, nous avons mis sur pied, en collaboration avec l'Université Laval, le
programme international de formation parlementaire
afin de renforcer les capacités du personnel parlementaire francophone. La
prochaine édition se tiendra en juin
2018 à Dakar, en partenariat avec l'Assemblée nationale du Sénégal et
l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar et du soutien financier de
l'Assemblée parlementaire de la Francophonie.
En 2017,
l'Assemblée a signé une entente de coopération avec le Centre parlementaire
canadien, dans le cadre du projet
d'appui à la démocratie au Burkina Faso, pays qui se relève d'une crise
institutionnelle. Une première formation a été offerte du 12 au 16
février dernier. Plus de 20 fonctionnaires parlementaires ont pu bénéficier de
l'expertise de l'Assemblée nationale en la matière.
L'Assemblée a
également été sollicitée pour participer au programme de formation
Geoffrey-Dieudonné, organisé par l'APF, l' Université Senghor, l'Association des
secrétaires généraux des parlements francophones et l'Institut parlementaire du Cambodge — et vous étiez
là, Michel — au
bénéfice des fonctionnaires cambodgiens, laotiens, vietnamiens et thaïlandais. En ce qui a trait à la performance de nos
relations interparlementaires et aux retombées positives qu'elles peuvent avoir dans nos travaux
parlementaires, la Direction générale des Affaires parlementaires intègre
désormais la Direction des relations
interparlementaires et internationales et du protocole. Ce regroupement a pour
but de faciliter le partage d'information et de faire en sorte que les
thématiques abordées dans les missions à l'extérieur du Québec puissent être davantage mises à profit par
l'Assemblée nationale dans ses travaux. Or, bon nombre de soucis sont également
sous la loupe d'autres
parlementaires dans le monde. Je pense, entre autres, aux projets qui sont débattus
et étudiés ici. Nous devons tirer
profit de ces expériences et accroître la composante internationale des travaux
parlementaires. Ainsi, nous assurerons une plus grande cohésion entre
l'agenda parlementaire et les activités internationales.
ce qui a trait à l'accès aux informations relatives aux activités parlementaires, je rappelle que les fiches de toutes les
missions sont déposées à l'Assemblée à la fin de chaque année parlementaire et
que ces informations sont ensuite versées
sur le site Internet de l'Assemblée. Pourrait-on rendre les choses encore plus
transparentes? Je pense que oui. À la demande
de l'Assemblée, les formations politiques, évidemment, ouvriront un débat sur
cette question au Bureau, qui s'en...
côté des affaires administratives, plusieurs projets se sont concrétisés ces
dernières années en vue d'amener notre
institution plus loin et de répondre aux besoins actuels des parlementaires, du
personnel administratif et politique et bien sûr de la population. Ces
projets se sont manifestés de différentes façons, et je vous les présente à
l'instant.
Projet
d'amélioration des infrastructures, eh bien, nous avons deux projets. Le projet
qui est ici avec nous, qui est un projet de 60,5 millions, que je vous
invite à visiter, c'est le chantier du pavillon d'accueil, qui s'est poursuivi
tout au cours de l'année, et, au
moment où on se parle, plus de 60 % des travaux sont complétés. Nous
sommes toujours dans le budget, nous sommes toujours dans les temps,
même un peu en avance sur le temps prescrit pour la continuité et la terminaison de ce projet. L'expérience visiteurs,
l'itinéraire des différents parcours qu'emprunteront les visiteurs et les
nouvelles installations sont déjà assez
avancés. J'ai eu l'occasion de le visiter encore une fois, de visiter le
chantier hier soir avec les consuls
de la région ici, de la région de Québec, et ce projet avance bien. Nous aurons
aussi, avec l'ITHQ, des modifications, probablement, à notre
organisation de services alimentaires.
ce projet, le premier projet, le projet de notre pavillon d'accueil, avait été
planifié pour des raisons de sécurité, mais
on a aussi réfléchi à toutes les questions qui concernent l'éducation et la
démocratie. Et donc ce projet-là servira aussi... parce qu'il y aura de nouvelles salles de commissions
parlementaires, les députés pourront avoir des moyens encore plus grands
pour fonctionner.
ne me reste que 1 min 33 s, alors je vais profiter tout de suite
de... tirer une conclusion. Alors, les restaurants du Parlementaire ... eh bien, vous savez qu'on a une entente avec l'ITHQ depuis un an et
demi... depuis un an, en fait, un petit peu plus qu'un an, et donc les restaurants du Parlementaire
seront la vitrine de l'ITHQ dans la région de Québec. Et ces restaurants-là, vous voyez qu'il y a déjà des
changements qui nous permettent de profiter de l'expertise de l'institut
d'hôtellerie tout en permettant de disposer, pour l'institut, d'une visibilité
dans la capitale. Alors, en collaboration avec les écoles hôtelières de
la ville de Québec, nous aurons la possibilité d'accueillir des stagiaires.
y a trois ans maintenant, nous avons adopté une politique contre le harcèlement
et les incivilités. Est-ce à dire que
le travail est terminé? La réponse est clairement non. La politique constitue
plutôt le premier jalon d'une série d'actions à venir, lesquelles continueront d'évoluer dans le temps. Le comité de
députés formé pour réfléchir à ces questions poursuit actuellement son travail pour déterminer les
prochaines étapes. Il est présidé par la vice-présidente, Mme Maryse
Gaudreault. De même, la Direction des
ressources humaines et un groupe d'employés réfléchissent à la question. De
plus, à l'initiative de la Direction des ressources humaines et des
représentants syndicaux de l'Assemblée, un sondage sera bientôt effectué
auprès du personnel administratif au sujet
du climat de travail à l'Assemblée nationale. Ce sondage abordera les
meilleures pratiques en la matière. De nombreuses organisations
publiques et privées...
Le Président (M. Ouimet) : Je me vois dans l'obligation, M. le président, de
vous interrompre pour que nous puissions... Aviez-vous presque terminé?
Quelques secondes?
Chagnon :
Il me reste une page. J'ai, en fait, une conclusion d'une page.
Le Président (M.
Ouimet) : Consentement? Une page.
Chagnon : Alors, j'ai demandé, évidemment, qu'à la prochaine
rentrée, concernant le dernier sujet, qu'on puisse faire du thème Vivre ensemble le thème qui nous permettra
de recevoir les nouveaux députés lors de la prochaine législature.
Alors,
comme vous pouvez le constater, l'ouverture prochaine du centre de visiteurs
n'est pas une fin en soi, mais elle
s'inscrit parfaitement dans le virage pris au cours des dernières années et
dans cette volonté de faire de notre Parlement une institution vivante,
accueillante, inspirante et sécuritaire. Elle s'inscrit également dans une
volonté d'en faire un lieu de fierté pour les Québécoises et Québécois, mais
aussi pour tous les visiteurs qui franchiront leurs murs.
Maintenant,
j'espère... et je partage aussi, bien entendu, des sentiments qui sont
similaires avec ceux d'autres organisations
afin d'assurer, pour notre Parlement, la meilleure gouvernance et d'entretenir,
effectivement, un niveau de vie
professionnel et enrichissant dans ce milieu-ci. Le statut de première
institution de l'État qu'est notre Parlement la différencie de toutes les autres en ce sens qu'il lui impose d'être
exemplaire à tout point de vue et de maintenir vivante et accessible notre
démocratie. C'est cette intention d'exemplarité et de dynamisme démocratique
qui m'anime et qui me guide depuis 2011.
Je vous remercie de
votre attention et je suis maintenant prêt à répondre à vos questions.
Le Président (M.
Ouimet) : Très bien. Alors, merci, M. le président, pour ces remarques
préliminaires.
Nous
allons maintenant passer aux échanges avec les différents whips des
formations politiques, et nous allons débuter avec Mme la whip
en chef du gouvernement.
Ménard : Alors, merci beaucoup, M. le Président. Bien, tout
d'abord, vous dire que c'est un
plaisir pour moi de participer aux
nationale. C'est une première pour
moi en tant que whip en chef du gouvernement.
Tout d'abord, M. le Président, je vous salue ainsi que les gens qui vous
accompagnent. Je salue M. le
président de l'Assemblée nationale et
tous les membres de son équipe, et bien
sûr le secrétaire général, M. Michel
Bonsaint. J'aimerais aussi saluer mes
collègues les whips, alors les députés de Jonquière
et de Nicolas... — Nicolas! — Nicolet-Bécancour. Alors,
je vous salue. J'aimerais aussi, bien
sûr, remercier mes collègues,
la députée de Jeanne-Mance—Viger et
présidente du caucus du gouvernement, ainsi que le député de LaFontaine et leader
adjoint du gouvernement, ainsi que ma chef de cabinet, Mme Isabelle
Lord.
J'aimerais... parce que ça ne m'est pas permis
de le faire souvent, mais j'aimerais profiter de l'occasion pour remercier les employés permanents de l'Assemblée
nationale pour leur travail formidable qu'ils font à tous les jours, au quotidien, en supportant tous les parlementaires.
Alors, pour nous, c'est précieux d'avoir ces gens-là qui nous entourent.
Alors, je tiens à le faire hautement, pour une première fois, en tout cas.
Merci, merci à tous ces employés.
M. le
Président, comme vous le savez, il y a un sujet qui fait couler beaucoup
d'encre depuis les dernières semaines, c'est celui de la transparence
des missions du président effectuées par les élus parlementaires, tous partis
confondus. Le 24 avril dernier, il y a
eu une motion qui a d'ailleurs été adoptée sans débat, c'était une motion du
député de Mercier, qui était conjointe avec les trois whips ainsi que
les députés de Borduas, Gaspé et Groulx. Et j'aimerais vous relire la motion,
elle disait ceci :
«Que
l'Assemblée nationale constate que la population du Québec demande à ses
député.es de faire preuve de transparence;
«Qu'elle
constate que la population du Québec désire savoir comment son argent est
dépensé dans le cadre [de ces] missions parlementaires;
«Que
l'Assemblée nationale demande qu'un compte-rendu et qu'un rapport détaillé des
dépenses soit publié après chacune des missions parlementaires.»
Alors, M. le
Président, ce que je souhaiterais, c'est... en fait, tous nous autres, ici, on
souhaite que ça soit une gestion des
plus transparentes. Alors, si je reviens sur la motion, j'aimerais entendre le
président de l'Assemblée nationale sur le sujet de la motion qui a été
déposée et adoptée à l'unanimité.
Président (M. Ouimet) : Très
bien. Alors, merci, Mme la whip en chef du gouvernement. M. le président,
à vous la parole.
Chagnon :
Alors, je voudrais remercier Mme la whip en chef du gouvernement de soulever
cette question-là, avec raison,
c'est... Il faut toujours se rappeler que le président est le serviteur de
l'Assemblée, et, lorsque l'Assemblée lui
demande de faire telle ou telle chose, demande d'apporter des informations ou
de faire quoi que ce soit, la présidence doit absolument et
impérativement, je dirais, faire en sorte de s'ajuster et de s'organiser pour
que les demandes en question se fassent.
Je rappelle
toutefois plusieurs choses. La première, c'est qu'il n'y a pas de secret, grand
secret dans ces histoires-là. Toutes
les missions qui ont été faites ont toutes été rendues publiques dans le passé,
avec le montant de la mission, le nombre et les gens qui y
participaient, l'objectif de la mission, les raisons et les conclusions de la
mission.
Et je me
rappelle que, plusieurs fois, notre collègue le whip de la deuxième opposition
m'a demandé d'accélérer le processus de
reddition de comptes sur les missions à l'étranger, et j'avais un petit
problème — puis je
l'ai encore — c'est
le temps entre la mission puis le moment où on dépose la... on
pourrait déposer, en tout cas, la conclusion de la mission. Le problème, c'est qu'on part avec des budgets qui sont
estimés puis les coûts réels. Bien, j'imagine que ce qu'on veut avoir,
c'est les coûts réels. Puis le budget estimé, c'est intéressant, mais le coût
réel, c'est vraiment ce qui est le plus intéressant. Alors, il
y a un laps de temps qui s'écoule
entre le moment où la mission se fait et où les conclusions des coûts réels
arrivent. Ce n'est pas pour rien qu'on a décidé qu'on faisait tout ça ensemble.
Maintenant,
je comprends qu'il y
a quand même quelque chose qui va plus loin. On dit : On voudrait avoir un détail, le détail des dépenses sur les missions.
Et c'est pour ça que moi personnellement, je vais faire une suggestion au Bureau de l'Assemblée nationale pour voir comment on va opérer la divulgation des
missions. Je n'ai pas de problème.
C'est d'autant plus facile qu'on est à la fin d'une législature, donc on va
préparer... on est à un mois de la fin d'une législature, ça fait qu'on va préparer inévitablement l'exercice pour la législature qui vient, là. C'est assez facile de voir, à
l'expectative, là, ce qu'on va faire. Mais, dans ce sens-là, moi, je n'ai aucun
problème.
Maintenant,
c'est sûr que ça... il y a toujours ce petit problème, là, technique, là, qu'il va falloir trouver le moyen de régler, entre le moment où tu travailles avec
des budgets estimés puis le moment où tu arrives avec les budgets réels.
Ça demande un espace-temps, là, qui va être obligatoirement... On va devoir le prévoir, en tout cas. C'est la seule
réserve que j'ai sur cette proposition-là. Mais peu importe qui est le président de l'Assemblée, le président de l'Assemblée
se doit d'être le serviteur de cette
Assemblée. Et c'est ce que j'avais dit que je ferais, il y a huit ans, puis
c'est ce que j'ai toujours fait, puis c'est ce que je vais faire.
Le Président (M. Ouimet) : Très
bien. Alors, merci. Mme la whip en chef du gouvernement.
Mme Ménard : Oui. Alors, je comprends que le Bureau de l'Assemblée nationale va être saisi de... Alors, c'est ce que j'ai compris. Maintenant,
pour le bénéfice des gens qui nous écoutent, j'aimerais que vous expliquiez, d'abord,
un, la nécessité d'une mission parlementaire. Il faut que les gens comprennent, là, pourquoi on fait ça,
une mission parlementaire.
Le Président
(M. Ouimet) : M. le président.
M. Chagnon : Bien, il
y a plusieurs raisons, il y a plusieurs motifs. Globalement, sur le plan des
principes, on ne vit pas dans un vase
clos, et les travaux que nous faisons ici, à l'Assemblée nationale, découlent
du rôle constitutionnel que l'État du
Québec a, possède. Et on a, depuis 50 ans, défini que, sur les
juridictions que nous possédons, nous avons aussi, comme parlementaires,
le contrôle international des juridictions que nous possédons.
Exemple,
l'éducation. C'est facile, on a une juridiction exclusive, exclusive dans
chacune des provinces, donc au Québec.
Donc, c'est au Parlement de Québec et au ministère de l'Éducation, qui est en
dehors de notre périmètre, là, parce que
nous, on parle du Parlement, mais c'est au Parlement de Québec de regarder
les... Et nous avons même, dans notre législation, prévu que les... Par
exemple, les ententes internationales, les accords internationaux se doivent
d'être débattus ici, à l'Assemblée nationale, et se doivent d'être
éventuellement acceptés par l'Exécutif. Mais l'Assemblée nationale est impliquée dans l'organisation de... la
poursuite internationale de nos propres juridictions. Et ça ne se peut pas que
nous, comme parlementaires, on décide que notre juridiction, elle
s'arrête uniquement aux frontières du Québec, parce qu'on a des obligations internationales sur nos propres juridictions.
Donc, ce n'est pas une métaphore de dire qu'on se doit de s'occuper de ce qui est nos affaires à
l'extérieur de chez nous. Et ça, c'est, je dirais, fondamentalement la raison
pour laquelle on doit avoir un intérêt pour ces questions-là.
Deuxièmement,
je rappelle succinctement que le Québec est un État qui a évolué énormément et
dont l'économie est basée presque à
31 % dans ses échanges commerciaux à l'extérieur du Québec. Nous avons
31 % de notre produit intérieur brut
qui est exporté. Les exportateurs savent toujours que les importateurs et les
exportateurs doivent avoir des liens étroits. Et, dans plusieurs
cas, et dans certains cas, un pays européen ou un pays asiatique, il y a des liens énormes qui doivent se faire entre les deux groupes de législateurs.
Actuellement, l'Europe est en train de réfléchir sur l'adoption de l'entente
sur le libre-échange entre le Canada et
l'Europe, mais chaque pays européen a le droit de décider quelle sera sa
situation, et nous, nous rencontrons
plusieurs parlementaires européens dans toutes sortes de circonstances et nous
pouvons défendre notre point de vue sur ces questions-là, de même que le
Québec a eu à se défendre sur cette question-là. On a eu une discussion à l'Assemblée nationale sur l'intérêt
que nous avions sur cette question-là. Et je fais juste donner, strictement
sur le plan commercial, ces questions-là.
Québec, sur
le plan culturel, est un des acteurs majeurs sur la planète. Moi, je le dis et
je répète, p