Culture and Education — 18 January 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CCE 2022-01-18
Quebec — Committees
(Neuf heures trente-cinq minutes)
Présidente (Mme Guillemette) : Donc, bienvenue, tout le monde. C'est la première
séance de l'année 2022. Donc, mes souhaits de bonne année à tous
les collègues, la santé avec ça. Je pense qu'on va faire un grand bout.
J'espère qu'on va passer une belle année 2022 ensemble.
Et, ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de la culture...
Présidente (Mme Guillemette) : Oui? Donc, ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte.
La commission
est réunie aujourd'hui afin de procéder aux auditions publiques dans le cadre
des consultations particulières sur le projet de loi n° 9,
la
Loi sur le protecteur national de l'élève.
Donc, Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme
la Présidente. M. Skeete (Sainte-Rose) sera remplacé par M. Lefebvre (Arthabaska); Mme David
(Marguerite-Bourgeoys), par Mme Charbonneau (Mille-Îles); Mme St-Pierre
(Acadie), par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis);
Mme Dorion (Taschereau), par Mme Labrie (Sherbrooke).
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. Donc, ce matin, nous allons débuter par les
remarques préliminaires puis nous entendrons les témoins suivants,
donc : la Fédération autonome de l'enseignement, l'Association des comités
de parents anglophones et la Fédération des syndicats de l'enseignement
conjointement avec la Centrale des syndicats du Québec.
Donc, je cède maintenant la parole à M. le
ministre de l'Éducation pour ses remarques préliminaires. M. le ministre, vous
disposez de six minutes. La parole est à vous.
M. Roberge : Merci bien, Mme la
Présidente. D'abord, je veux saluer mes collègues. Je suis content de vous
revoir, donc de l'opposition officielle, de la seconde opposition, de la deuxième
opposition. Très content de vous revoir après la pause des fêtes. Content de
vous voir en personne. On est en mode hybride, mais je suis content qu'on ait
quand même cette occasion-là de se voir de cette manière-là.
Évidemment, je salue les partenaires de la FAE
qui sont présents ce matin, mais aussi tous les autres partenaires qui vont
venir nous prêter main-forte dans l'étude de ce projet de loi là. Je suis
accompagné, ce matin, de ma collègue députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré,
j'ai failli oublier le nom complet, évidemment, de mon conseiller du cabinet,
Hubert Laprise, merci pour ton aide tout au long de la préparation de ce projet
de loi là, de la sous-ministre adjointe, Mme Stéphanie Vachon, merci
beaucoup. Je souligne au travail... au passage le travail aussi de
Mme Lucie Lapointe, du soutien au réseau financement du ministère, qui,
tout le long de l'élaboration de ce projet de loi là, a été d'une grande aide.
Je sais qu'il y a des collègues aussi de la Commission culture et éducation qui
suivent nos travaux à distance. Il y a aussi des citoyens, citoyennes, des
parents, des gens de tous les groupes et des groupes. Donc, content de vous
savoir présentes et présents en ligne aujourd'hui.
On arrive avec un quatrième projet de loi
pendant cette législature. Je pense que c'est un bilan qui sera intéressant,
mais concentrons-nous sur ce projet de loi là, projet de loi n° 9
sur le protecteur de l'élève.
Il existe, au
moment où on se parle, des protecteurs de l'élève. Il y en a dans chaque centre
de services scolaire, chaque commission scolaire. Il n'y en a pas pour
les écoles privées. Et, bien que ces mécanismes-là aient été instaurés en toute
bonne foi par les législateurs, au moment où ils l'ont fait, je pense que
c'était une avancée, mais force est de
constater que le bilan n'est pas à hauteur des attentes. Le diagnostic sur le
processus actuel est assez sévère.
D'ailleurs, la Protectrice du citoyen, la
commission des droits de la personne et de la jeunesse ont émis des rapports,
des recommandations préalables à ce projet de loi là qui demandaient des
correctifs importants. On disait que le système actuel était trop complexe,
qu'il était méconnu, qu'il était trop lent, qu'il y avait des iniquités d'une
région à l'autre et qu'il manquait d'indépendance. Essentiellement, c'étaient
les critiques par rapport au système actuel, donc c'est sûr qu'on a pris acte
de ça.
Déjà, en 2018, on s'engageait à changer ce
mécanisme, à le moderniser, à le rendre plus efficace. Et on arrive aujourd'hui
avec un projet de loi qu'on soumet humblement aux partenaires puis aux
collègues en vue d'être amélioré. D'accord? C'est important, là, le processus,
c'est le processus d'amélioration. Mais, je croirais même, c'est un projet de loi, quand même, qui nous amène davantage d'équité,
qui vient offrir pour la première fois les services d'un protecteur de l'élève
au réseau privé, qui était totalement exclu du régime précédent, qui amène une
meilleure concertation d'un protecteur de l'élève à l'autre. On n'avait pas ça
du tout. Ce n'était pas présent au départ. Donc, une meilleure cohérence dans
les recommandations qui seront formulées, un processus qui respecte la
subsidiarité, c'est-à-dire qu'on permet d'abord aux gens des équipes-écoles,
parce qu'on a confiance dans le personnel de nos écoles, de répondre aux
doléances, aux plaintes, aux demandes des gens qui sont dans le réseau, un
processus qui vient amener des délais qui sont prescrits et qui amène une
flexibilité aussi.
Donc, oui, il y a des balises, mais il y a aussi,
dans le projet de loi, des éléments où on permet de déroger quand il y a des
situations exceptionnelles. Ça, je pense que c'est important de le mentionner
aussi.
En lisant déjà les mémoires, il me vient des
réflexions, des questions à poser aux partenaires. J'ai hâte qu'on commence le
processus. Mais, d'ores et déjà, on va voir qu'il y aura des arbitrages à
tracer parce que je vois qu'il y a certaines recommandations des groupes qui
vont venir nous voir qui sont aux antipodes.
Par exemple, il y a des groupes qui trouvent que
le projet de loi a des délais qui sont trop courts, qu'il faudrait étirer le
processus, que ça soit plus long de passer à travers le processus, et d'autres
groupes qui trouvent que le projet de loi, en ce moment, dit que les délais
sont trop longs, il faudrait resserrer et que ce soit plus court.
Donc, il faudra questionner pour savoir ce qu'il
y a derrière ces recommandations-là. Mais c'est sûr qu'à la fin, dans les
arbitrages puis dans les recherches de consensus, bien, il faudra tracer des
lignes quelque part. Puis je me fie sur la collaboration de mes collègues et
députés, autant du gouvernement que des oppositions, pour nous aider, dans le
fond, à améliorer le projet de loi, puis à avoir quelque chose qui fera
consensus pour améliorer notre réseau scolaire. Merci beaucoup, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, M. le ministre. Donc, j'inviterais maintenant, pour l'opposition
officielle, la députée de Mille-Îles à faire ses remarques préliminaires...
Présidente (Mme Guillemette) : ...Westmount—Saint-Louis, excusez, à faire ses remarques préliminaires pour une durée
maximum de quatre minutes.
Mme Maccarone : Merci, M la
Présidente. Bonne année à tous les collègues puis tous les gens qui se joignent
à nous aujourd'hui. Petite mention spéciale pour ma collègue la députée de
Saint-Laurent qui n'a pas pu se joindre à nous aujourd'hui. Et je suis très
contente d'être accompagnée aujourd'hui par la collègue de Mille-Îles ainsi que
notre recherchiste extraordinaire, Florence Thivierge.
Je veux
d'emblée faire un petit rappel qu'on souhaite bon courage aux 1,3 million
d'élèves et 226 000 équipes-écoles qui sont à la rentrée
aujourd'hui. Le retour en classe, on aurait aimé vraiment à avoir un débat
d'urgence pour discuter tout ce qui s'est
passé pendant la période des Fêtes, après la fermeture de la dernière session.
Mais le gouvernement a refusé, car
ils ont dit que c'était contre-intuitif. Après tout, apparemment, l'air est
sécuritaire dans nos écoles, ça fait que c'est assez bon pour les
élèves, c'est assez bon pour nos équipes-écoles. On a testé l'air et mesuré
ici, à l'Assemblée nationale, apparemment, elle est bonne, elle est donc... est
assez sécuritaire pour qu'on se rejoint ici en personne pour faire un débat en
ce qui concerne le projet de loi n° 9 et entendre les
consultations particulières. Ça fait que j'ai un peu de la misère à comprendre
pourquoi on n'a pas pu tenir un débat d'urgence en ce qui concerne la pandémie.
Je veux aussi soulever les points qui sont
intéressants. Je ne veux pas qu'on oublie que les masques N95, Mme la
Présidente, sont toujours refusés en option pour nos équipes-écoles, pour nos
professionnels dans le réseau de l'éducation, dont un million ont été aux
enchères par le gouvernement de la CAQ. Ce n'est quand même pas n'importe quoi,
Mme la Présidente. Et que les parents n'ont pas tous encore reçu les tests
rapides pour s'assurer la sécurité au sein de nos écoles et de nos familles.
Je veux mentionner que ce n'est pas tous les
lecteurs de CO 2 qui sont toujours installés, puis c'est repoussé
pour une troisième fois. Et aussi de mentionner qu'en octobre 2020, le ministre
avait vanté d'avoir parlé avec un expert de l'OMS et qu'il disait à quel point
que c'est important de tester, isoler et de tracer. Alors, aujourd'hui, ils ont perdu complètement le contrôle, à ce
gouvernement, en ce qui concerne le système de santé. On est
excessivement inquiet pour ce qui est vraiment rendu la génération COVID. Puis
le message qu'on reçoit sur le terrain, c'est : Débrouillez-vous, les
camarades.
Alors, on a des choses à jaser en ce qui
concerne le projet de loi, Mme la présidence... Mme la Présidente. Je l'ai lu,
j'ai lu les mémoires qui ont été déposés et je partage quand même les
inquiétudes des gens en ce qui concerne le manque de cohérence dans le projet
de loi n° 9, le manque de clarté, le manque de
définition, le manque de savoir où est-ce qu'on y va. Dans l'état actuel où ce
qu'on cherche, c'est la protection de nos élèves, ce n'est pas le projet de loi
dont nous allons accomplir ceci. Si le but, c'est vraiment de les protéger, il
va falloir qu'on travaille en concertation. Et, oui, le ministre peut compter
sur notre collaboration pour s'assurer que nous allons bonifier ce projet de
loi pour rejoindre le but et, comme j'ai dit, je vais répéter encore une fois,
la protection de nos élèves parce que ce n'est pas le cas avec le projet de
loi 9 dans son état actuel. Alors, je vous remercie, Mme la Présidente, et
au plaisir d'avoir des échanges avec tous les gens qui viennent témoigner
aujourd'hui et demain.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci, Mme la députée de Mille-Îles. Donc, j'invite
maintenant la porte-parole...
La Présidente (Mme Guillemette) : Westmount—Saint-Louis.
On est au retour des Fêtes, désolée. Donc j'invite maintenant la porte-parole
du deuxième groupe d'opposition et députée de Sherbrooke à faire ses remarques
préliminaires pour une minute.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Donc, d'abord, je suis très contente qu'on soit ici pour étudier le
projet de
loi sur le protecteur de l'élève. À un certain moment, je doutais
qu'on ait l'occasion de le faire avant la fin de la législature. Donc, pour
moi, c'est une belle opportunité qu'on a. J'ai entendu très souvent des
témoignages inquiétants de la part de familles, de la part d'élèves sur
l'incapacité du système de traitement des plaintes actuel de répondre à leurs
besoins, le manque de confiance envers l'indépendance du processus, la
difficulté d'accès à ce processus-là aussi. Donc, je suis contente que le
ministre ait de l'ouverture à ce qu'on puisse bonifier le projet de loi, je vois déjà quelques pistes de réflexion pour
l'améliorer. Je suis certaine que les groupes qu'on va entendre vont
nous en dire davantage. Puis je vais nommer
que je suis particulièrement contente qu'on ait fait la place à