House Proceedings — 11 March 2020 (42nd Legislature, 1st Session)

2020-03-11

Quebec — Debates (Hansard)

House Proceedings — 11 March 2020 (42nd Legislature, 1st Session)

2020-03-11

Quebec — Debates (Hansard)

In the name of all of those citizens

who keep their politicians accountable, we say thank you, Bernie. May your family and friends be comforted

by warm memories. May your spirit of justice and curiosity be a continued

lesson for all of us.

ta curiosité et ton dévouement à la justice sociale continuent à nous inspirer.

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Merci, M. le député. M. le député de Chauveau, la parole

est à vous.

M. Lévesque

(Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. C'est toujours avec plaisir et fierté que je souligne les succès de nos entreprises du comté de Chauveau.

Nous savons tous que la compétition est très forte aujourd'hui dans tous les domaines. Il est

donc d'autant plus méritoire qu'une petite entreprise familiale se démarque

et réussisse à concurrencer de bien plus grosses entreprises.

C'est

le cas de R. Boissonneault, nutrition animale de Saint-Émile, qui, grâce à la

qualité de son service et à la proximité de sa clientèle, célèbre, cette

année, son 40e anniversaire. En fait, il faut remonter 70 ans en arrière

pour connaître les origines de cette entreprise,

qui fut d'abord une boucherie fondée par M. Roland

Boissonneault. Et c'est son fils Jean, champion coureur de traîneau, qui

développa la spécialité nutritionnelle pour animaux en 1980.

Félicitations à Jean Boissonneault et son épouse Francine, ici présente, ainsi qu'à

leur relève familiale, Maxime et Geneviève! Merci beaucoup, Mme la

Présidente.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. M. le

député de Laval-des-Rapides, nous vous écoutons.

M. Polo : Merci

beaucoup, Mme la Présidente. Pour donner suite à la motion adoptée hier sur le travail invisible des femmes, motion sur laquelle vous avez pris la

parole, Mme la Présidente, je souhaite prendre la parole aujourd'hui pour souligner l'apport constant et engagé du Centre des femmes de Laval

dans le développement d'une communauté

locale forte.

Le centre des femmes

constitue un filet de sécurité pour plusieurs femmes à Laval. En tant que

poumons qui permettent de respirer, les organismes communautaires doivent continuer de recevoir le soutien

financier dont ils ont besoin pour

ainsi effectuer le travail en première ligne mais également

pour continuer d'être des porte-voix pour les revendications

féministes.

Suite

à une rencontre que j'ai eue avec Le Centre des femmes de Laval le mois

dernier, ces dernières souhaiteraient également exprimer leurs préoccupations concernant les

féminicides, les violences faites aux femmes au Québec, groupe démographique qui est encore touché de manière

disproportionnée par la violence, qu'elle soit sexuelle, conjugale, physique ou

mentale. Les statistiques s'aggravent, Mme la Présidente, autant chez les

femmes autochtones, les communautés culturelles mais également les membres des communautés

LGBTQ+.

Longue vie au Centre

des femmes de Laval! Merci beaucoup, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Mme la députée de Mirabel.

Mme D'Amours : Merci,

Mme la Présidente. C'est avec

tristesse que j'ai appris, le 1er mars dernier, le décès du fondateur de Grimard Optique, M. Robert

Grimard. M. Grimard est décédé le 17 février des suites d'une longue maladie.

Robert Grimard était

un entrepreneur modèle qui inspirait la fierté. Reconnu pour sa générosité, son

esprit entrepreneurial et son engagement

envers sa profession, Robert Grimard était un homme de passion et de

dévouement qui avait, comme

philosophie d'affaires, la satisfaction de sa clientèle. Cette philosophie

qu'il a véritablement incarnée a été

le moteur de l'entreprise Grimard Optique, qu'il a fondée en 1980, une

entreprise prospère qui compte aujourd'hui

22 succursales partout au pays. Homme de

coeur, Robert Grimard aimait sa vie et sa famille, sur laquelle il veillait

avec bonté.

En mon nom et au nom

de Mme Caroline D'Amours, nous tenons à exprimer toute notre sympathie à sa conjointe, à son fils et sa fille dans la

douloureuse épreuve qu'ils traversent et à leur présenter nos plus sincères

condoléances. Merci, Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme Soucy) :

Merci, Mme la députée. M. le

député de Laurier-Dorion, la parole est à vous.

Fontecilla : Merci, Mme la Présidente. Depuis plus d'un an, on parle de crise de

logement. Rien de nouveau, pas de

surprise, mais c'est une crise majeure, profonde et durable. Dans toutes les

régions du Québec, mais aussi partout dans le monde, il est

de plus en plus difficile de se loger sans s'appauvrir. La propriété est

devenue un actif qui a pris énormément de valeur ces dernières années et qui a entraîné

une explosion du prix des loyers. Face à cette crise, les États ont une responsabilité, et le principal moyen que possède l'État pour

assurer des logements convenables à ses citoyens et citoyennes,

c'est la construction de logements sociaux.

a eu droit à une avalanche des chiffres hier, mais, tout compte fait, le

chiffre que je retiens, c'est zéro. Zéro, c'est le nombre de dollars investis

dans le budget du gouvernement pour des nouveaux logements sociaux. Le logement

n'est pas une simple marchandise; avoir un

toit, c'est un besoin, un droit fondamental. Ne rien investir dans la construction de

logements sociaux pour un gouvernement qui disait vouloir remettre de l'argent

dans les poches des Québécois et Québécoises, c'est un bien mauvais calcul. Merci,

Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme Soucy) :

Merci, M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec M. le député de Masson.

M. Lemay : Mme la Présidente, je

tiens aujourd'hui à souligner les performances remarquables des jeunes joueurs

de hockey de ma circonscription.

Pour

commencer, je tiens à féliciter Steven Fournier, un jeune Mascouchois, qui joue

avec les Forestiers d'Amos dans la

Ligue de hockey midget AAA et qui a récolté 43 points en 37 parties. Pour ses

exploits sur la glace, M. Fournier a reçu

une bourse des Canadiens de Montréal, en partenariat avec la Fondation de

l'athlète d'excellence du Québec, le 10 février

dernier au Centre Bell. Il ne fait aucun doute que le monde du hockey réserve

d'autres belles surprises pour M. Fournier.

Quelques jours plus tard, Mme la Présidente, ce

sont les Chevaliers de Lachenaie, qui, eux, dans la division pee-wee B,

ont remporté le tournoi de hockey organisé par les Éclaireurs de Saint-Romuald.

Ces jeunes joueurs ont défait coup sur coup

les équipes de Rimouski, de Saint-Hubert et de Chaudière-Etchemin avant

d'affronter qui? Leurs voisins de Mascouche

lors de la grande finale. Un scénario rêvé. Ils l'ont finalement remporté 1-0

après un match très serré. Rien de mieux, Mme la Présidente, pour

augmenter la rivalité entre nos deux villes voisines. Donc, je vous remercie,

Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Nous

poursuivons avec M. le député de Sainte-Rose.

M. Skeete :

Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je prends le temps de ma déclaration

aujourd'hui pour célébrer le 10e anniversaire du Centre d'archives

de Laval.

C'est grâce à

tous ceux qui y travaillent que nous pouvons conserver la mémoire de notre

histoire, et c'est très important à

mes yeux. D'ailleurs, j'encourage mes collègues ici présents à ouvrir leur

bureau à l'histoire et de permettre justement que, peut-être, un jeune

étudiant, un jour, va vouloir apprendre sur vous.

J'aimerais

aussi rendre hommage à M. Bertrand Dudemaine, président du Centre

d'archives de Laval. Il prendra sa

retraite cette année. Il est important pour moi de le remercier, cet homme,

pour sa grande implication au service de la culture et du patrimoine lavallois. Les personnes qui vous ont côtoyé

tout le long de votre longue carrière d'enseignant et de bénévole ont

certainement pu largement bénéficier de vos connaissances et de votre passion.

Bonne retraite, M. Dudemaine! Sachez que c'est pleinement mérité. Merci

beaucoup, Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, je

cède la parole à M. le député de Chapleau.

M. Lévesque

(Chapleau) : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais souligner le

50e anniversaire de Paquette Textiles.

Fondé en 1970

et situé au coeur de Chapleau, Paquette Textiles est le spécialiste du tissu et

la référence en Outaouais pour les

machines à coudre. Il s'agit bien plus que du simple tissu. En effet, les

experts sur place offrent les meilleurs conseils à leur clientèle afin

de réaliser leurs projets et leurs idées. On y retrouve des milliers de tissus

de qualité ainsi qu'une grande sélection de laine pour tous les goûts.

En plus de leur excellent service, Paquette

Textiles offre aussi des cours de couture et de tricot, tant pour les débutants que les plus avancés. Les différents

cours sont regroupés selon les domaines suivants : la broderie, la

confection à la machine à coudre ou à

la surjeteuse de vêtements mode et accessoires, la courtepointe, la décoration

maison, le feutrage et le tricot.

En terminant, je tenais à remercier et à

féliciter toute l'équipe de Paquette Textiles pour son implication dans Chapleau, dans Gatineau et dans l'Outaouais,

notamment grâce à son programme 5 % pour votre organisme, où chacun des

clients identifie un organisme de la région qui recevra, en dons, l'équivalent

de 5 % de ses achats.

Merci pour vos bons et loyaux services depuis 50 ans

et bon anniversaire!

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant,

nous terminons avec Mme la députée de Vaudreuil.

Mme Nichols :

C'est avec tristesse que la grande région de Vaudreuil-Soulanges a appris le

décès de Dre Monique Rozon-Rivest le 25 février dernier.

Médecin de

famille, Dre Rozon-Rivest était grandement impliquée au sein de sa communauté

et surtout dévouée à la cause des

enfants défavorisés de la région, notamment par le biais de la Fondation des

enfants de Vaudreuil-Soulanges, qu'elle a mise sur pied en 1994.

Elle a

d'ailleurs reçu plusieurs mentions d'honneur pour son engagement social, le

plus récent en mars 2018, du Collège des médecins du Québec, qui lui a

décerné son Prix d'humanisme.

Vous comprendrez que

Monique était une femme d'exception, généreuse, empathique, inspirante,

dévouée, impliquée et respectée de tous. Monique était très discrète sur sa

santé, et c'est avec ses proches, sa famille, dont ses quatre enfants et sept

petits-enfants, soeurs et frères, qu'elle affrontait ce dur combat sans jamais

se plaindre.

En mon nom et

en tant que représentante du comté de Vaudreuil, je transmets mes sincères

condoléances à tous les proches de Monique. Elle nous manque déjà.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Ceci met fin à la

rubrique de déclarations de députés.

Je suspends les travaux quelques instants.

(Suspension de la séance à 9 h 52)

Le Président : Mmes, MM. les

députés, bon mercredi. Nous allons nous recueillir quelques instants.

Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.

Mmes et MM. les députés, nous allons poursuivre

les affaires courantes.

Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations

ministérielles ni non plus de présentation de projets de loi.

Il n'y a pas de dépôt de documents.

À la rubrique

Dépôt de rapports de commissions, j'entends Mme la présidente de la Commission

des relations avec les citoyens et députée de Châteauguay. Mme la

députée.

Mme Chassé : M. le Président, je

dépose le rapport de la Commission des relations avec les citoyens qui, les 29 octobre, 21 et 27 novembre 2019,

les 6, 11, 12, 18 et 20 février, ainsi que le 10 mars 2020, a

procédé à l'étude détaillée du projet

de loi n° 18, la Loi modifiant le Code civil, le Code de procédure

civile, la

Loi sur le curateur public et diverses dispositions en

matière de protection des personnes. La commission a adopté le texte du projet

de loi avec des amendements, et ça a été un magnifique travail de cocréation

avec tous les membres de la commission. Merci,

M. le Président.

Le Président : Merci. Ce

rapport est donc déposé.

À la rubrique Dépôt de pétitions, Mme la députée

de Mercier.

Ghazal : ...une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par

2 277 pétitionnaires. Désignation : citoyens et

citoyennes du Québec.

«Les faits invoqués sont les suivants :

«Considérant que l'Assemblée nationale a adopté

à l'unanimité, le 25 septembre 2019, une motion déclarant l'urgence

climatique;

«Considérant

que, pour limiter l'ampleur des changements climatiques, il est urgent de

diminuer l'utilisation de la voiture solo et de développer les réseaux

de transport collectif;

«Considérant que la ligne orange du métro de

Montréal est désormais saturée durant les heures de pointe;

«Considérant

qu'à l'heure actuelle une panne sur la ligne orange du métro de Montréal

paralyse une grande

partie de la

ville puisqu'il n'existe aucune alternative efficace à la ligne orange pour se

déplacer des quartiers nord de Montréal jusqu'au centre-ville;

«Considérant

que le prolongement de la ligne bleue du métro vers l'est et la mise en service

du REM amèneront de nouveaux passagers sur les portions centrales du

métro de Montréal;

«Considérant que le tracé de la ligne rose

proposé par la ville de Montréal permettrait de désengorger la ligne orange et d'offrir une nouvelle option rapide pour

se rendre au centre-ville à partir de plusieurs quartiers mal desservis

par le transport collectif;

«Considérant

que le transport collectif est un outil essentiel pour limiter les émissions

des gaz à effet de serre, pour décongestionner les routes et pour

favoriser la productivité et le développement économique de Montréal;

«Et l'intervention réclamée se résume

ainsi :

«Nous,

soussignés, demandons au gouvernement du Québec de financer la construction de

la ligne rose du métro de Montréal

pour l'entièreté du tracé demandé par la ville de Montréal, soit

29 stations allant de Montréal-Nord à Lachine.»

Je certifie que cet extrait est conforme à

l'original de la pétition.

Président : Cet extrait de pétition est déposé.

n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une

violation de droit ou de privilège.

Nous en sommes

maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la

parole au chef de l'opposition officielle.

Arcand :

Merci, M. le Président. Nous sommes en pleine crise du coronavirus, et le

premier ministre nous a affirmé hier

que son gouvernement avait mis en place des directives claires et réfléchies,

et je le cite, M. le Président : «C'est

important de se laver les mains à tous les jours, à toutes les heures, à toutes

les minutes, si c'est possible, [parce que] ça ne se transmet pas

seulement par les mains.»

Voilà, M. le

Président, il est primordial, en effet, de bien se laver les mains. Mais je questionnais

plutôt le premier ministre, hier, sur des directives concernant les

événements d'envergure, les directives concernant nos CHSLD, les entreprises, nos écoles et nos villes. On ne

peut pas se fier aux initiatives individuelles et au bon vouloir de tous et de

chacun. Nos experts doivent mettre en place des directives claires.

Et c'est la même

chose également sur le plan économique. L'économie mondiale est durement

atteinte, les voyants rouges s'allument, malheureusement, partout sur le globe.

Et, il y a quelques jours, nous avons proposé au gouvernement de réserver 1 milliard de dollars en vue d'un ralentissement économique lié au virus. Cette

proposition n'a pas été retenue hier, et, pire encore, le budget jovialiste

déposé ne prévoit rien pour y faire face. Contrairement à Ottawa, qui a agi ce matin, le premier

ministre s'en lave les mains.

Pourquoi

ne pas avoir profité de cette occasion pour prévoir les fonds nécessaires

afin de faire face à la crise et mettre en place des mesures concrètes?

Le Président :

M. le premier ministre.

Legault : Oui. M. le Président, c'est important effectivement

que des directives soient émises aux Québécois puis aux différentes organisations au Québec. Donc, oui, le plus important,

quoi qu'en dise le chef de l'opposition, c'est se laver les mains

régulièrement. Mais, M. le Président, on a aussi mis en place des cliniques

pour des tests. Et puis je le répète aux Québécois, si vous avez des

symptômes qui ressemblent aux symptômes de la grippe, appelez le 8-1-1.

Maintenant,

M. le Président, aujourd'hui, on va ajouter deux directives. D'abord, une

directive concernant les employés du réseau de la santé. On va

recommander à tous les employés du réseau de la santé de ne pas voyager à l'étranger. On va aussi préciser dans nos écoles,

pour les élèves qui sont allés faire des voyages dans les pays qui sont à

risque, d'être en isolement pour 14 jours.

Concernant

les événements, M. le Président, on reste avec du cas par cas. D'abord, c'est

important de dire : Pour l'instant, il n'est pas question d'annuler les

événements locaux. Par contre, concernant les événements internationaux,

comme le championnat de patinage artistique,

on examine les participants qui viennent de certains pays qui sont à risque,

et, oui, c'est possible que ces événements soient annulés. C'est le directeur

de la santé publique qui va nous faire une recommandation à cet effet.

Le Président :

Première complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.

Arcand :

M. le Président, le Québec n'est pas, évidemment, une planète à part. Tous nos

partenaires économiques sont actuellement

affectés par le coronavirus. Même la Banque centrale européenne dit

aujourd'hui : On pourrait connaître un scénario qui rappellerait

celui de la grande crise financière de 2008. On est déjà, au Québec, en pénurie

de main-d'oeuvre.

Peut-on mettre en place dès maintenant

des mesures concrètes pour nos entreprises,

pour protéger nos travailleurs et notre économie également?

Le Président :

M. le premier ministre.

Legault : M. le Président, on a déposé hier un excellent budget, un

budget expansionniste, un budget où on augmente les dépenses. Puis le

ministre des Finances semble dire que c'est trop, mais on augmente les dépenses

de...

Legault : ...l'ancien ministre des Finances, oui, heureusement.

L'ancien ministre des Finances pense qu'on a augmenté trop les dépenses en les augmentant de 5,1 %. M. le

Président, je pense, ça va aider la situation économique, où il y a beaucoup d'incertitude, et, si c'est

nécessaire de faire plus, on a déjà un comité économique qui regarde des

mesures additionnelles.

Le Président : Deuxième

complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.

Arcand : En tout cas, M. le

Président, le budget n'avait pas prévu cette crise du coronavirus. L'Italie,

elle, elle a perdu le contrôle en

seulement quelques semaines. La ville de Montréal, elle, elle s'est mise en

mode alerte. On ne peut pas prendre cette situation à la légère. La

Santé publique connaît la marche à suivre.

Est-ce que le

premier ministre va demander de coordonner, avec les entreprises, une directive

claire afin de protéger les Québécois?

Le Président : M. le premier

ministre.

Legault : M. le Président, je le répète, on a un budget où il y a des

mesures pour les entreprises, où il y a des mesures aussi concernant les infrastructures. On a augmenté, de façon

importante, les infrastructures. Il faudrait que le chef de l'opposition officielle s'entende avec

l'ancien ministre des Finances. Est-ce qu'on doit augmenter plus les dépenses

ou moins les dépenses? Ça semble être très en contradiction au Parti libéral.

Nous, de

notre côté, on pense que, pour l'instant, c'est suffisant, mais on prépare un

plan B. On a une équipe qui prépare

un plan B et, si c'est nécessaire, on a une réserve de stabilisation de

14 milliards pour faire face à la situation.

Le Président : M. le chef de

l'opposition officielle, troisième complémentaire.

Arcand : M. le Président,

nous, on a demandé déjà, parce qu'on l'avait prévu, on a demandé

1 milliard de dollars. L'ancien

ministre des Finances a eu l'occasion de le dire dès lundi, le gouvernement n'a

pas retenu ça. Il est clair qu'il

faut aider nos entreprises, il faut promouvoir le travail à distance, alors,

encore une fois, il faut appuyer nos villes. C'est votre responsabilité,

M. le premier ministre. Il faut agir.

Le Président : M. le premier

ministre.

Legault : M. le Président, j'avoue que j'ai de la difficulté à

comprendre la proposition du Parti libéral. On nous dit : Vous devriez mettre 1 milliard dans un compte de

banque. M. le Président, il y a une réserve de stabilisation de

14 milliards qui est disponible.

Maintenant, le gouvernement fédéral a annoncé

des mesures. J'ai une rencontre avec M. Trudeau vendredi. J'espère que ces mesures vont servir, entre

autres, à donner une compensation aux travailleurs qui ne peuvent pas

travailler parce qu'ils sont en

isolement. Donc, oui, le fédéral doit contribuer. Mais nous, on a fait un

budget où il y a beaucoup de mesures. Et, si c'est nécessaire, on en

fera plus.

Le Président : Question

principale, M. le député de Robert-Baldwin.

Leitão : Si nécessaire? C'est nécessaire. M. le Président, hier, le

ministre des Finances nous a présenté son budget, mais malheureusement, je dois

vous dire, un budget qui est déjà périmé. Un des éléments qui nous a été

présenté hier et qui est maintenant irréaliste est la croissance

économique pour cette année. Le ministre est toujours confiant qu'il y aura une croissance de 2 %. Mais

comment en est-il arrivé là? Évidemment, une croissance plus élevée a un impact

sur la capacité de dépenser. Mais pourquoi,

pourquoi le ministre prévoit-il une croissance économique bien plus élevée

que ce que prévoient maintenant les économistes du secteur privé? Et, en plus

de ça, il y a tous les impacts possibles de la COVID-19 qui augmentent

quotidiennement.

Alors,

pourquoi le ministre des Finances maintient sa prévision de croissance

économique de 2 % quand il n'y a personne d'autre qui le fait?

Le Président : M. le ministre

des Finances, s'il vous plaît.

Girard (Groulx) : Bien, merci pour la question. Alors, je vais

rappeler le processus budgétaire qui a commencé au mois de janvier. Les

économistes du secteur privé nous donnent leur distribution de probabilité pour

la croissance en 2020. La moyenne était...

Girard (Groulx) : Je peux répondre? Merci. La moyenne était de

1,8 %, mais les prévisionnistes du privé n'ont pas une donnée que

nous avons, qui est la dépense gouvernementale. Et, comme nous avons choisi de

dépenser maintenant, c'est-à-dire nous

augmentons les dépenses de 1 milliard en 2019-2020, immédiatement, au

mois de mars, et 5 % l'an

prochain, mais nous avons rajouté 0,2 % à la prévision du secteur privé.

1,8 % plus 0,2 % : 2 %, M. le Président.

c'est vrai qu'il y a des risques sur l'économie mondiale. Ils sont réels. Ils

sont présents. On en est conscients. Il

y a une analyse de sensibilité. Chaque pour cent de croissance pourrait nous

coûter potentiellement 1 milliard. Et on sera prêts si les Québécois ou les entreprises ont besoin de nous. On a

les moyens, on a la capacité de les aider, et on va le faire.

Président : Première complémentaire. Évidemment, attentifs aux

questions et aux réponses. M. le député, à vous la parole.

Leitão : Merci, M. le Président. Alors, le processus budgétaire. M. le

Président, c'est le processus budgétaire qui va s'adapter à la réalité et pas

la réalité au processus budgétaire. Donc là, on a manqué une bonne occasion

de s'adapter à ce processus, à cette réalité

qui change parce que la prévision de revenus, à mon avis, M. le Président, est

bien trop élevée. Et donc, en plus de ça, il n'y a aucune marge

explicite pour des dépenses additionnelles.

Comment allez-vous

régler les dépenses additionnelles qui vont se manifester?

Le Président :

M. le ministre des Finances.

M. Girard

(Groulx) : Bon. Je veux

juste revenir sur cette histoire de marge explicite, là, parce qu'on

répète ça à gauche et à droite, là. C'est-à-dire que, si j'avais pris une réserve de 1 milliard, j'aurais fait 1 milliard de dépenses de moins, alors j'aurais 4 %

de croissance et une réserve de 1 milliard.

Moi,

ce que je vous dis, c'est qu'on a choisi de faire des dépenses

maintenant : 1 milliard de plus au mois de mars, maintenant, et 5 % de croissance prévue, des

mesures structurelles pour améliorer le potentiel de l'économie à long terme.

Parce que le long terme, c'est toujours important, O.K.? On travaille

là-dessus.

Si on a besoin de

dépenses supplémentaires, la ministre de la Santé a besoin d'argent?, on va

réaménager des dépenses, on va accélérer des dépenses. On a le bilan pour

supporter, on va être là.

Le Président :

Deuxième complémentaire, M. le député.

M. Leitão :

Encore une fois, M. le Président, «si on a besoin». On a besoin. Comme on dit

en chinois, M. le Président, «stuff happens», et c'est en train d'arriver.

Alors, il faut s'adapter, M. le Président.

Quand

on regarde maintenant toutes les banques privées, Desjardins, Banque Nationale,

etc., toutes les prévisions...

Le Président :

S'il vous plaît!

M. Leitão :

...sont révisées à la baisse. Toutes les prévisions. On va finir l'année, au

mieux, avec un taux de croissance de

1 %, beaucoup moins de revenus. M. le Président, vous savez quoi? Si

c'était moi, moi, j'aurais reporté le budget, M. le Président.

Le Président :

M. le ministre des Finances...

Le Président :

Je vous demanderais de...

Président : S'il vous plaît! Est-ce qu'on s'entend bien? Les

questions, les réponses, sans commentaire. À vous la parole, M. le ministre des

Finances.

M. Girard

(Groulx) : Je pense, M. le Président, c'est la différence entre faire

un budget pour le court terme puis un

budget qui veut amener le Québec vers des nouveaux sommets, c'est-à-dire

prendre ce que vous aviez, le potentiel économique du Québec à 1,3 %, nous voulons l'amener à 2 %.

Avec quoi? Des investissements en éducation — pourquoi on reporterait les investissements en éducation? — des mesures pour inciter les entreprises à

investir, des mesures pour avoir plus

de travailleurs, des mesures pour réduire la dette. On est dans le structurel.

S'il y a du cyclique à faire, on va le faire. Et, bien sûr, j'ai pris acte des prévisions, qui sont révisées, de tous

les économistes. C'est normal, ça fait

partie du métier.

Le Président :

Question principale, M. le député de Pontiac, vous avez la parole.

M. Fortin : M. le Président, il y a deux ans, le porte-parole en santé de la

Coalition avenir Québec voulait faire rêver. En année électorale, il

présentait en grande pompe, conférence de presse, podium aux couleurs de la

CAQ, un document très détaillé. Je le

cite : «Ce document [...] s'inspire de la tournée du député [de Lévis] et

présente les principales orientations

en santé [...] d'un futur gouvernement de la CAQ...» Et la toute première

orientation, M. le Président... Il y en avait 33, des mesures présentées par le député de Lévis, bien, la toute

première, c'était : offrir un médecin de famille à tous les

Québécois.

Bien, M.

le Président, cet engagement-là,

on le sait, il n'a pas duré longtemps. Déjà, en campagne électorale, le premier ministre était rendu à 90 %

des Québécois. Et hier le ministre des Finances a mis noir sur blanc dans les crédits budgétaires son chiffre à lui d'ici

2020-2021. Ce n'est pas le 100 % du député de Lévis, ce n'est pas le

90 % du premier ministre, c'est 83 %.

100 %,

90 %, 83 %, demain, ça va être quoi? 75 %? C'est ça, les

nouveaux sommets de la CAQ?

Le Président :

Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.

Le Président :

S'il vous plaît! La parole n'appartient qu'à la ministre.

McCann : Bien, M. le Président, on a un héritage du Parti

libéral. On a un accord avec les

médecins qui dure jusqu'en 2023, M. le Président. Il faut faire avec ça,

là, c'est avec ça qu'on travaille, l'héritage du Parti libéral, M. le Président.

Mais nous, on fait des avancées, on fait des avancées...

Le Président :

S'il vous plaît!

McCann : ...malgré, malgré

l'énorme embûche que nous a laissée en héritage le Parti libéral, l'accord de 2023.

Président : S'il vous plaît! Je trouve que c'est un peu bruyant. Je pense que vous êtes

intéressés à avoir des réponses aux

questions qui sont posées, alors je vous demande, à tous, votre collaboration.

La parole n'appartient qu'à la ministre, de tous les côtés.

McCann : D'abord, la collaboration, M. le Président, qui va nous

amener loin. Comme le disait mon collègue le ministre des Finances, nous

autres, on travaille aussi pour le long terme. Alors, on travaille avec les

médecins de famille, on avance dans les

dossiers d'accès aux services de médecin de famille. On travaille également le

dossier des infirmières praticiennes spécialisées, qui va ajouter à

l'offre de services en première ligne, et on travaille également avec les

pharmaciens.

Alors,

tout ça, là, va changer le réseau de la santé et des services sociaux, M. le

Président. Ça, ce sont des mesures structurantes, et nous, on fait tout

ça...

Le Président :

En terminant.

Mme McCann : ...en collaboration, M.

le Président.

Le Président :

Première complémentaire, M. le député de Pontiac. Vous êtes le seul à avoir la

parole.

Fortin : Oui, l'héritage du

Parti libéral en matière de temps d'attente sur civière, le temps qu'elle a

hérité à son arrivée au pouvoir, c'était 13 heures, M. le Président. Je

veux bien qu'aujourd'hui on soit rendu à 15 heures, qu'elle a augmenté ça de deux heures au cours de la dernière

année et demie, M. le Président, mais l'objectif qu'ils se donnent dans

le budget, en date d'hier, c'est 13 heures, c'est de revenir à la case

départ initiale.

Le premier

ministre, quand il était assis à la place de la cheffe de Québec solidaire,

parlait éternellement d'ambition, de courage. Revenir à la case départ,

ce n'est pas ça, de l'ambition, M. le Président.

Le Président : Mme la

ministre de la Santé et des Services sociaux. Votre attention à tous et à

toutes.

McCann : M. le Président, 380 millions en deux ans,

investissement en maintien à domicile, ça, c'est du monde justement qui n'ira plus à l'urgence parce

qu'ils vont avoir des services à domicile, M. le Président. Ça, c'est des

mesures structurantes qu'on fait

actuellement, M. le Président, puis on en a d'autres également qui vont venir.

Mais une chose est certaine, ce qui

va être important, c'est de faire des mesures en première ligne. Et le budget

qu'on a maintenant, au Québec, va nous permettre de faire ces

mesures-là, notamment, aussi, en santé mentale, M. le Président. Le taux

d'occupation des civières, M. le Président, c'est aussi la santé mentale.

Le Président : En terminant.

Mme McCann : Les personnes qui ont des problèmes de santé

mentale, nous, on met du budget cette année encore pour y répondre.

Le Président : Deuxième

complémentaire, M. le député de Pontiac.

Fortin : M. le Président, quand la ministre de la

Santé nous parle des sommes qu'elle

reçoit, c'est comme si elle était en train de faire son propre bilan. Le

jour du budget, elle reçoit des sommes du ministre des Finances, mais, les 364 autres jours, elle ne réussit pas à faire la

moindre différence pour les patients. En fait, la situation,

elle empire. Les temps d'attente

s'allongent. Les urgences sont plus bondées que jamais. Elle abandonne les

projets ratios. Elle a toutes les

sommes nécessaires à sa disposition, et les Québécois ne sont pas mieux

servis. C'est la définition même d'un échec.

Le Président : Mme la

ministre de la Santé et des Services sociaux.

Le Président : S'il vous

plaît!

Mme McCann : Bien, on continue de

travailler, M. le Président, sur des mesures structurantes : le maintien à

domicile, les IPS, les pharmaciens, changer le mode de pratique des médecins de

famille. Et les technologies, M. le Président, les téléconsultations, la télémédecine, M. le Président, ça se prépare actuellement. Ça va avoir un impact important sur

le réseau. Et effectivement on va diminuer l'attente. Et, toutes ces mesures,

on est en train de les travailler. Et nous, on les travaille en collaboration, M. le Président, parce que, dans le cycle précédent,

c'était la guerre entre les fédérations médicales et le gouvernement.

Nous, on travaille...

Le Président : En terminant.

Mme McCann : ...avec les

fédérations, en collaboration.

Le Président : Question

principale, Mme la députée de Joliette.

Hivon :

Avec le budget d'hier, on constate une fois de plus qu'il n'y a rien de trop

beau pour les maternelles quatre ans.

Après une campagne de publicité dans tous les médias pour trouver des enfants

pour les fréquenter, voilà qu'on voit apparaître des dépenses supplémentaires de

137 millions, sans compter, bien sûr, les coûts en infrastructures, alors

que, pendant ce temps, pour les places en

CPE, avec plus de 40 000 parents toujours en attente d'une place, on

constate un ajout d'à peine

2 500 nouvelles places et, pire, une baisse des budgets, pour une

deuxième année consécutive, pour les infrastructures pour les services

de garde.

Alors,

j'aimerais savoir si le ministre de la Famille peut nous expliquer comment il

peut se contenter de si peu quand les

besoins des parents sont si grands. Et est-ce qu'il va enfin avoir la décence

de dire que la fameuse liberté de choix dont il se réclame et qu'il dit

que les parents possèdent au Québec, c'est une fumisterie?

Le Président :

Attention dans les termes à être utilisés. Oui, je comprends. Je pense que

c'est très clair. Vous le savez très bien, Mme la députée, également. Je vous

demande prudence dans les termes à être utilisés, celui-ci en particulier, que je ne répéterai pas. Je vous

demande donc votre collaboration. M. le ministre de la Famille, à vous la

réponse.

Lacombe : Merci, M. le Président. Je dirais qu'une fumisterie, ce

serait plutôt de se prétendre le ou la grande...

Président : Non, mais on comprend. Je viens de vous le dire, M.

le ministre de la Famille. Là, on vient de dire de faire... d'être prudent. Je vous parle d'un terme très précis. Bien,

je vous demanderais aussi de collaborer et de comprendre le message qui

est passé.

Le Président :

S'il vous plaît, tout le monde! M. le député... M. le ministre, à vous la

parole.

M. Lacombe :

Merci, M. le Président. Donc, je vais suivre votre conseil, je vais être

prudent, je vais dire : L'incohérence,

donc, ce serait peut-être plutôt de se lever ici, au salon bleu, et de se

poser en grand défendeur des CPE.

Mais il faut noter que, lorsque le Parti

québécois a fait son dernier passage

au gouvernement, il y a déjà quelques années,

ce n'est pas des investissements dont on a bénéficié au ministère de la Famille, c'est des compressions. Je ne parle pas

d'un ralentissement de dépenses, je parle de compressions budgétaires. Donc, je

pense que, quand on défend...

Le Président :

M. le député!

M. Lacombe : Quand on prétend défendre un réseau, il faut que

les bottines suivent les babines. Et, M.

le Président, ça tombe bien parce que,

dans notre cas, les bottines suivent les babines. On offre un choix aux

parents. On développe les maternelles quatre ans, oui, mais on accélère

plus que jamais le développement des centres de la petite enfance et des

garderies. 15 000 places, plus de 15 000 places en mode

accéléré, on a bonifié le financement pour les infrastructures.

La députée de

Joliette peut bien interpréter les chiffres de la façon dont elle le veut, la

vérité, c'est qu'en ce moment il y a 15 000 places en développement

accéléré, un allègement au niveau du financement des infrastructures, 2 500 nouvelles places qui seront

annoncées au cours des prochains mois, 3 500 places en garderies

privées non subventionnées qui seront converties.

Le Président :

En terminant.

M. Lacombe :

C'est bon pour les parents, pour les enfants, pour les éducatrices, pour les

entrepreneurs. On est en mode action, M. le Président.

Le Président :

Première complémentaire, Mme la députée de Joliette.

Le Président :

S'il vous plaît, sans commentaire. Votre attention à la question.

Mme Hivon :

...je veux juste rappeler au ministre que le chiffre de

40 000 parents en attente, c'est le chiffre de son propre ministère. Alors, avec les 15 000

qu'ils sont en train de développer, qui ont déjà été annoncées, et les

2 500, ça laisse plus de 22 500 parents, au minimum, toujours en

attente d'une place. Alors, voici à quoi on assiste : Une mère

en congé forcé faute de garderie , Sa carrière en échange d'une place en

garderie , Manque de places dans les CPE : Rivière-du-Loup

interpelle son député .

Qu'est-ce que la

ministre de la Famille a à répondre à tous ces parents?

Le Président : M. le ministre

de la Famille.

M. Lacombe :

Oui. J'ai à leur répondre, M. le Président, que je les comprends. Je les

comprends, et c'est pour ça qu'on met

le pied sur l'accélérateur. Évidemment, construire un CPE, je voudrais bien que

ça se fasse en quelques jours, mais vous vous doutez bien, M. le

Président, que c'est impossible. Ça prend un minimum de temps.

La bonne

nouvelle, c'est qu'on a rétréci les délais qui, auparavant, étaient, bon, carte

blanche, carte blanche pour les projets. Il n'y avait aucune limite de

temps qui leur était imposée. Maintenant, ce qu'on leur dit, c'est 24 mois

au maximum pour développer. C'est

raisonnable. Je dis aux parents que je les comprends parce que, si le

développement du réseau avait été

fait en continu, on ne serait pas là où on se trouve aujourd'hui. Le

ralentissement dans le développement du

réseau, il a été marqué ici même, au salon bleu. Les libéraux se sont levés

pour dire que ça coûtait trop cher. Bien, nous, on est en train de

réparer ça.

Le Président : Deuxième

complémentaire, Mme la députée de Joliette.

Mme Hivon :

Bien, M. le Président, pendant que le gouvernement obsède sur les maternelles

quatre ans, les parents, eux,

stressent et obsèdent pour l'obtention d'une place en CPE. C'est ça, la

réalité. Récemment, mes collègues de Gaspé et de Rimouski ont fait des sorties avec des dizaines de parents qui ont

lancé un véritable cri du coeur au ministre parce que, faute de place,

ils ne peuvent pas retourner travailler.

Alors, pendant

que les centaines de millions pleuvent littéralement sur les maternelles quatre

ans, est-ce que le ministre a une réponse à offrir à ces

parents-là qui doivent rester à la maison?

Le Président : M. le ministre

de la Famille.

Lacombe : M. le Président, si le Parti québécois, lorsqu'il a été de passage au pouvoir, avait

fait ce que nous, on a fait en

18 mois, on n'en serait pas là. Le Parti québécois a effectué des

compressions la dernière fois qu'il a été au gouvernement, si bien qu'il a

fallu que je rencontre, effectivement, les collègues dont elle vient de parler pour

voir comment on pouvait débloquer ces projets-là.

Dans la circonscription du député de Matane, c'est nous qui avons débloqué les places, c'est

nous qui les avons financées. On a travaillé en collaboration, on va

continuer de le faire. Ce sont des places qui avaient été annoncées mais pas financées. La députée de Joliette

peut bien dire qu'elle a annoncé des places, que son gouvernement avait annoncé des places, mais ces places-là n'avaient jamais

été financées. Soyons sérieux. On est sérieux...

Le Président : En terminant.

Lacombe : ...on développe,

on rencontre les collègues, on fait des chèques pour que nos tout-petits aient

des places au Québec.

Le Président : Question

principale...

Président : S'il vous plaît! Vous connaissez les règles. Sans commentaire au terme des réponses. Mme la cheffe du deuxième groupe

d'opposition, à votre tour.

Massé : Merci, M. le Président. En campagne électorale, la CAQ ne

parlait jamais, jamais d'environnement. Puis le peuple s'est mobilisé. Les jeunes nous ont donné la plus grande

manif que le Québec a connue de son histoire. Tout le monde espérait que

la CAQ avait compris le message. Ce qu'on a vu hier, ce n'est pas le budget de

l'urgence climatique, c'est le budget d'«on

continue à faire comme d'habitude». Finalement, le premier ministre a fait ce

que tant d'autres ont fait avant lui,

c'est-à-dire qu'il a dit au peuple québécois : Oui, oui, oui, je le sais,

je le sais, que c'est important. Je

vais faire quelque chose. Je vous le dis, je vais faire quelque chose à un

moment donné. Il trace des lignes sur des cartes, il nous fait miroiter tous les beaux projets en

disant que ça va venir un jour, mais le seul projet qui, lui, est sur la voie

rapide, c'est le projet du troisième lien.

Dans les

prochaines décennies, le gouvernement va investir 2 $ dans les routes pour

chaque dollar investi dans le

transport collectif. Pour tous ceux qui avaient cru au marketing vert de la

CAQ, c'est une immense déception aujourd'hui, M. le Président. Face à

une urgence, le service minimum, ce n'est pas assez.

Est-ce

que le premier ministre peut regarder les Québécois et Québécoises dans les

yeux et leur dire, la main sur le

coeur, que, dans le budget qui a été déposé hier par son collègue, il a tout

fait ce qu'il pouvait pour répondre à l'urgence climatique?

Le Président : M. le premier

ministre.

Legault : M. le Président, je ne sais pas pourquoi, mais je me doutais

un peu de la réaction de Québec solidaire sur notre projet en environnement. D'ailleurs, on a eu le summum hier,

puis, je pense, ça décrit bien Québec solidaire, avec la déclaration du porte-parole

en finances puis député de Rosemont, qui a dit, là, puis je le cite :

Seulement 6 milliards sur six ans, c'est seulement 1 milliard par

année. M. le Président, ça, c'est les dépenses, ça. Il y a aussi 16 milliards

dans les infrastructures pour l'environnement. M. le Président, je pense que

Québec solidaire, là, est complètement déconnecté de la situation au Québec.

On a des investissements à faire en santé, on a

des investissements à faire en éducation. Il faut être capables, M. le Président, aussi de rattraper notre écart de

richesse. Investir en économie, je le sais, que ça n'intéresse pas Québec

solidaire. Mais, M. le Président, je pense

qu'on a déposé un budget qui est ambitieux en environnement, mais un budget

aussi qui est équilibré, puis je pense que ça rejoint pas mal plus ce que

souhaitent les Québécois que de se faire dire : 1 milliard par année,

c'est des pinottes. Ça, c'est Québec solidaire. C'est ça que les Québécois

n'aiment pas.

Le Président : Première

complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.

Mme Massé :

En fait, ce que fait Québec solidaire et que le premier ministre déteste, c'est

qu'on lève le coin de la couverture

puis on explique ce qu'il y a en dessous. Le 6 milliards, bien sûr, il est

là, mais il y a déjà un 4,4 milliards qui était dû, «anyway», pour la lutte aux changements climatiques. Ça aussi,

il faut le dire aux Québécois et Québécoises. Et en bout de ligne c'est peut-être 350 millions par année de plus

qui va être mis au budget pour lutter contre les changements

climatiques.

Est-ce que c'est ça, pour le premier ministre,

un budget d'urgence climatique?

Le Président : M. le premier

ministre.

M. Legault : M. le Président,

quand on regarde les dépenses qui sont annoncées en infrastructures, il faut distinguer le maintien d'actifs puis les nouveaux

actifs. Si on regarde seulement les nouveaux actifs, bien, il y en a 17 %

pour les routes... c'est-à-dire, excusez,

24 % pour les routes, 76 %, trois fois plus, pour le transport

collectif. Évidemment que le

transport collectif, éventuellement, va avoir besoin aussi d'entretien. Mais,

M. le Président, je pense qu'on a une approche

qui est équilibrée, une approche qui tient compte de la réalité des régions.

Les régions... Il est temps que la cheffe de Québec solidaire...

Le Président : En terminant.

M. Legault : ...se promène dans

les régions du Québec.

Le Président : Deuxième

complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.

Mme Massé :

Je savais bien qu'il me parlerait de ce fameux chiffre de 43 milliards en

bout de ligne. Ce chiffre-là, encore

là, de la pure magie comptable, 65 % de cet argent-là, c'est de l'argent

fictif qui va arriver éventuellement, après je ne sais pas trop le combientième mandat, puis en plus ça inclut de

l'argent du gouvernement fédéral, des autres partenaires. Il y a quelque

chose qui ne marche pas.

Est-ce qu'il

va reconnaître que, dans un cas d'urgence, ce qu'il aurait dû faire dans les

surplus qu'il y a là, c'est mettre de l'argent maintenant dans les

services de transport en commun pour aider les gens à le prendre?

Le Président : M. le premier

ministre.

M. Legault :

M. le Président, il y a de l'argent maintenant pour le transport collectif.

Mais, oui, la cheffe a raison, il y a

aussi de l'argent, pour le deuxième et le troisième mandat de la CAQ, pour le

transport collectif. M. le Président, évidemment

on ne pourra pas tout faire puis mettre des trains, des tramways dans toutes

les grandes villes du Québec en l'espace de quelques mois, mais, M. le Président,

on fait le double, dans les années courantes, de ce qui a été fait par les

gouvernements précédents, autant le Parti

libéral, le Parti québécois. Moi, je suis très fier de ce que le gouvernement

de la CAQ fait pour l'environnement, puis en particulier pour le

transport collectif.

Le Président : Question

principale...

Le Président : S'il vous

plaît! La parole n'appartient qu'au député de La Pinière.

M. Barrette :

M. le Président, ce matin, une des questions, c'est de savoir si le budget

présenté hier était réaliste en matière d'infrastructures. La réponse

est évidemment non, et c'est non depuis la campagne électorale. Le premier ministre s'était engagé à réaliser toutes ses

promesses avec 100 milliards de dollars, il ne l'aura pas fait. L'année

dernière il a rajouté

15 milliards de dollars, cette année il rajoute 15 milliards encore,

et il y a bien du monde qui a pensé que ça allait être 30 milliards de dollars de projets de plus. Bien non,

c'est pour corriger les erreurs. Ils se sont trompés, M. le Président,

de 30 %. 30 % d'erreur pour un comptable, c'est juste irresponsable,

M. le Président. Pire, les milliards additionnels,

ils sont pelletés par en avant, ils vont arriver en 2024 à la condition qu'il y

ait 3 % de croissance économique. C'est Alice au pays des

merveilles .

Est-ce que le

président du Conseil du trésor va refaire ses devoirs, revoir son Plan

québécois des infrastructures irresponsable et nous en présenter un

réaliste?

Le Président : M. le

président du Conseil du trésor.

M. Dubé : Écoutez, j'ai rarement l'occasion

de répondre mot à mot au député de La

Prairie, mais le côté irresponsable de sa question, il est de ce

côté-là. C'est ce gouvernement-là,

dans le temps, qui a été irresponsable par rapport au transport

collectif. Lorsque nous étions en campagne électorale, nous avons dit que nous

allions mettre les argents nécessaires pour

faire les projets que nous avons annoncés hier, ce n'est pas une surprise pour

personne. M. le député, le ministre,

maintenant, de l'Environnement avait fait un projet extraordinaire pour

expliquer à la population comment on

allait faire la décongestion du Grand Montréal, et particulièrement de la

Rive-Sud. Aujourd'hui, ce que nous avons annoncé à la population, c'est qu'on respectait cet engagement-là et

qu'on arrivait avec des projets qui sont salués par tous les maires de

la grande région de Montréal parce que c'est ça que la population a besoin.

Alors, quand

j'entends aujourd'hui que nous sommes irresponsables, bien, je pense que le

député de La Prairie devrait être un petit peu prudent, et je le dis avec...

M. Dubé : ...de La

Pinière. Moi, je suis prudent, le

député de La Prairie, il est très prudent, mais celui de La Pinière...

Le Président : En terminant.

M. Dubé : ...celui de La

Pinière, M. le Président, devrait faire attention à ses mots.

Le Président : Première

complémentaire, M. le député de...

Le Président : S'il vous

plaît! M. le député de La Pinière.

M. Barrette : Je le prends au mot. Responsable, c'est annoncer

5 000 places en maternelle

quatre ans et les réaliser, pas finir

avec 1 000 parce qu'on a mal calculé, c'est annoncer des maisons des aînés

à 1 milliard, pas être irresponsable en calculant mal et que ça coûte 1,5 milliard. Être responsable,

c'est de bien gérer les impôts et les taxes que les citoyens paient. Ce

n'est pas ça qu'on voit, M. le Président.

S'il a été responsable depuis deux ans, le président

du Conseil du trésor, pourquoi on le croirait aujourd'hui? Est-ce qu'il peut

nous le dire?

Le Président : M. le

président du Conseil du trésor, à vous la parole.

M. Dubé :

En tout cas, je vais aller de façon constructive, parce que je ne vois pas ce

que le député de La Pinière pourrait nous suggérer autrement de ce qu'on

fait aujourd'hui. C'est drôle parce que tout ce que je l'entends, c'est critiquer, dire que ce n'est pas bon, mais, s'il

avait la chance d'être ici pendant deux minutes, j'essaierais de voir qu'est-ce

qu'il suggérerait de différent.

M. le

Président, on fait exactement ce qu'on a dit qu'on ferait en campagne

électorale. On fait du rattrapage de tout

ce qui n'a pas été fait pendant ces années-là. On a les moyens de nos

ambitions, et j'espère que la population est très consciente que la

critique vient de la frustration, et nous, nous allons être constructifs.

Président : La parole au député de La Pinière. Encore une fois,

votre collaboration pour être attentifs tant aux questions qu'aux

réponses. Merci.

M. Barrette :

M. le Président, le président du Conseil du trésor a écrit, à la page A.35 du

cahier 7, que le PQI va se réaliser,

à la condition qu'il y ait une croissance annuelle de 3 %, M. le

Président. Ce n'est pas arrivé en 20 ans, M. le Président, alors qu'il n'y a pas un seul

économiste au monde qui va publiquement s'avancer et de dire que, pendant cinq

ans, il va y avoir une croissance de 3 % de 2024 à 2029, M. le

Président.

N'est-il pas irresponsable de dire qu'on va

remplir...

Le Président : M. le

président du Conseil du trésor...

M. Dubé :

Écoutez, je suis tellement surpris, je suis tellement... Bien, en fait, non, ce

n'est pas vrai, je ne suis pas

surpris des questions du député de La Pinière. Quand on est rendu qu'on

s'obstine sur un pourcentage de croissance pour questionner...

M. Dubé : Non, mais, M. le

Président, M. le Président...

Le Président : S'il vous

plaît! S'il vous plaît!

Président : M. le député, ce n'est pas ce que nous souhaitons

pour l'efficacité de la période de questions. Je vous demande votre collaboration à tous pour être attentifs, je vous le

répète, tant aux réponses qu'aux questions. Nous souhaitons

l'efficacité...

Président : S'il vous plaît, Mme la députée. M. le député de La Pinière, votre question a été posée, j'imagine que vous souhaitez

avoir la suite de la réponse. M. le ministre, la réponse.

M. Dubé : En tout

cas, au moins, ça divertit les gens

de l'autre côté. Je les comprends d'être tristes, mais nous,

on est heureux puis on va continuer.

Alors, M. le Président, à sa question, est-ce

qu'on est raisonnables dans les prévisions qu'on fait?, la réponse est oui. Puis le ministre des Finances a été

très clair hier, M. le Président, on va avoir de l'ambition. Prévoir le futur à

1,3 % de croissance, c'était un manque d'ambition, de

l'autre côté. Alors, nous, aujourd'hui, on a de l'ambition. On a présenté

des projets très concrets, et je vous garantis qu'on va les réaliser.

Le Président : Question

principale, M. le député de Jonquière.

M. Gaudreault :

Oui. M. le Président, le gouvernement a déposé hier un soi-disant budget de la

confiance en l'avenir. On n'a pas du tout confiance en l'avenir quand on

voit qu'en matière d'environnement et de lutte contre les changements climatiques le gouvernement ne fait

que de la relation publique. On ne peut pas qualifier de vert un budget qui investit deux fois

plus d'argent dans le réseau routier que dans le transport collectif. Sur les

6,2 milliards du plan pour une économie verte, 4,1 milliards

viennent du Fonds vert, qui était déjà budgété et qui est là pour ça. Le reste,

c'est 0,3 %, 0,3 % du budget de l'État pour l'année. On reconduit le

programme Roulez vert, on reconduit le programme Chauffez vert, on fonce tête baissée dans le troisième lien. Les

attentes étaient élevées, le gouvernement a déçu tout le monde. Le ministre de l'Environnement a échoué à

convaincre le gouvernement que la lutte aux changements climatiques

devait être la priorité.

Comment le ministre

peut encore prétendre que 2020 sera l'année de l'environnement pour la CAQ?

Le Président :

M. le ministre de l'Environnement.

M. Charette :

Merci, M. le Président. Je suis un petit peu surpris de la question du

collègue, qui reproche le degré de

nos investissements en transport collectif comparativement au réseau routier.

Il y a quelques minutes à peine, le leader de sa formation politique reprochait notre manque d'investissements dans

le routier, concernant l'autoroute 20 notamment. Donc, on ne peut pas

dire une chose et son contraire à l'intérieur de quelques minutes.

y a une question d'équilibre, et le budget qui a été présenté hier est

passablement à l'avantage de l'environnement. Il n'y a aucun ministre de l'Environnement qui, par le passé, a pu

compter sur une majoration de son budget de dépenses à cette hauteur-là; on parle de 33 %

d'augmentation du budget de dépenses du ministère de l'Environnement. Donc, si

ce n'est pas un budget vert, on peut se questionner sur ce qu'est un

budget vert.

Sinon,

concernant le budget dans son ensemble, on parle, oui, d'investissements

majeurs au niveau de la lutte aux changements

climatiques. 6,2 milliards, ce n'est pas peu d'argent, mais aussi il faut

ajouter à ça 475 millions pour les autres mesures

environnementales. Donc, oui, on parle définitivement d'un budget vert...

Le Président :

En terminant.

M. Charette :

...à la hauteur des attentes des Québécois et en respect avec la situation budgétaire

du Québec.

Le Président :

Première complémentaire, M. le député.

M. Gaudreault : Oui, 0,3 % du budget de l'État par année. La réalité, là, c'est que les

groupes environnementaux sont déçus

du manque d'ambition de ce gouvernement. Vous savez, le gouvernement fait des

beaux tableaux, là, sur les cibles de

réduction de gaz à effet de serre, mais il ne se donne aucun moyen pour les

atteindre. Je sais que le ministre des Finances

a un modèle, là, c'est Lucien Bouchard, qui avait adopté une loi déficit zéro

pour l'équilibre budgétaire dans les années 90.

À quand une loi

déficit zéro climatique aujourd'hui avec l'enjeu qu'on a devant nous, M. le

Président?

Le Président :

M. le ministre de l'Environnement.

M. Charette :

Ce que l'excellent budget de mon collègue a révélé hier, c'est les moyens à

notre disposition, mais le fin

détail, lui, est à venir. Dans les prochains jours, les prochaines semaines, on

va présenter la politique-cadre pour atteindre

nos objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre, qui, encore une

fois, sont excessivement ambitieux, 37,5 %

de réduction d'ici 2030 par rapport à l'année de référence de 1990, et ensuite

suivra le plan de mise en oeuvre.

Donc,

hier, on a confirmé les moments... les montants, c'est-à-dire, les moyens, eux,

le seront dans les prochaines semaines. Et, pour éviter les erreurs du

passé, le plan de mise à jour sera révisé annuellement pour être bien

certain...

Le Président :

En terminant.

M. Charette :

...de pouvoir s'adapter et faire en sorte qu'on atteigne nos cibles.

Le Président :

Deuxième complémentaire, M. le député de Jonquière. La parole vous appartient.

M. Gaudreault :

Oui, les nouvelles mesures se font toujours attendre parce que tout ce qu'on a devant

nous, là, c'est des programmes

recyclés ou qui étaient déjà financés. Ce budget est tout, M. le Président,

sauf vert, alors il n'y a rien pour savoir où on s'en va dans l'atteinte

des cibles de réduction de gaz à effet de serre.

Est-ce

qu'au moins, au moins, le ministre pourrait s'engager à déposer annuellement, à

chaque année, prévisible, les inventaires de gaz à effet de serre

atteints à chaque année, M. le Président?

Le Président : M. le ministre

de l'Environnement.

M. Charette :

Le collègue nous reprochait la part des investissements au niveau du secteur

routier, ce que mon collègue a admirablement bien illustré. L'essentiel

de ces dépenses-là, c'est pour un maintien d'actif. Je serais très intéressé à savoir quelles sont les routes de sa

région, de la circonscription que le ministre... le collègue, c'est-à-dire,

député ne souhaiterait pas voir investir pour de l'entretien.

lorsque l'on compare le routier et le collectif, cessez, en campagne

électorale, de multiplier les demandes de prolongement de routes. Du

côté du Parti québécois, j'ai des demandes de prolongement de routes pour la

138, pour la 20, on parle de centaines de kilomètres...

Le Président :

En terminant.

M. Charette :

...de prolongement de routes. Donc, soyez, s'il vous plaît, cohérents lorsque

vous dites qu'on n'investit pas suffisamment dans le transport collectif.

Le Président :

Question principale, Mme la députée...

Le Président :

S'il vous plaît! Mme la députée de Maurice-Richard.

Mme Montpetit :

Je vous remercie, M. le Président. Depuis deux ans, les experts nous rappellent

constamment que la crise climatique

est la plus grande menace du XXIe siècle. Le 25 septembre dernier,

nous avons, en cette Chambre, ici

même, déclaré l'urgence climatique. Pourtant,

depuis l'élection de la CAQ, c'est

rendez-vous manqué après rendez-vous manqué en environnement.

premier ministre répète depuis des mois sur toutes les tribunes que son budget

va être le budget de l'environnement,

le budget de la lutte aux changements climatiques. M. le Président, s'il y a

une certitude dont on peut convenir

ici, puis on l'a fait dans les dernières minutes, les journalistes l'ont fait,

c'est que le budget qui a été présenté hier par le gouvernement

caquiste, ce n'est pas un budget vert. 70 % des investissements qui sont

annoncés sont pour après 2022.

que le gouvernement a fait hier, c'est un exercice purement de comptabilité

créative et de relations publiques. Ce

n'est absolument pas un exercice pour répondre à la crise climatique, et ils

ont pelleté leurs responsabilités en avant.

Le Président :

M. le ministre de l'Environnement.

M. Charette :

Merci, M. le Président. La collègue parle de rendez-vous ratés. Moi, je peux

vous mentionner le nombre de dossiers

qui m'attendaient sur mon bureau à mon arrivée en fonction. Que ce soient les

halocarbures, que ce soit la gestion

de la matière résiduelle, que ce soit la consigne, que ce soit la modernisation

de la collecte sélective, ce sont

tous des gestes qui ont été posés par notre gouvernement au cours des dernières

semaines et des derniers mois, des problématiques

environnementales sérieuses qui auraient pu être solutionnées et réglées depuis

de nombreuses années. Donc, si on veut parler de rendez-vous manqués, on

peut parler des dernières 15 années du gouvernement libéral.

Ceci

dit, pour ce qui est du budget lui-même, je suis convaincu que ma

prédécesseure, sa voisine de droite, aurait souhaité avoir les marges de

manoeuvre dont je dispose maintenant grâce au collègue de mon collègue...

Le Président :

S'il vous plaît!

M. Charette :

...ce qui n'était pas le cas, et loin de là...

Président : M. le député, encore une fois, on est presque au

terme de la période de questions, il reste peu de temps, gardons cette

efficacité. M. le député, tout le monde, attentifs à la réponse.

M. Charette :

Le budget du ministère de l'Environnement, sous le gouvernement libéral, a

subi, dans son budget de dépenses, d'importantes compressions. Nous, on

parle d'une augmentation de 33 % uniquement dans son budget dépenses,

donc, oui, un superbe budget en matière environnementale.

Le Président :

Première complémentaire, Mme la députée.

Mme Montpetit : M. le

Président, ce que le ministre répond, là, c'est exactement ce qu'ils ont fait

dans le budget hier, l'autre bord de

l'élection, l'autre bord de 2022. La consigne? Après 2022. Les centres de tri?

Après 2022. Les investissements pour répondre à la crise climatique?

Après 2022, 2025‑2030.

Puis là il va

me répondre : Bien, nous, on planifie à long terme. Parfait, je suis

d'accord, on planifie à long terme, mais

planifier à long terme, ça ne veut pas dire remettre à plus tard, ça veut...

commencer maintenant pour avoir une vision sur du long terme, et ce

n'est absolument pas ce qu'ils font à l'heure actuelle.

Le Président : M. le ministre

de l'Environnement.

Le Président : Encore une

fois, sans commentaire. M. le ministre.

M. Charette :

Malheureusement, il y a des informations inexactes qui sont transmises par la

collègue. Au niveau des halocarbures,

c'est un règlement qui a été prépublié le printemps dernier. Au niveau des appareils électroménagers, c'est une responsabilité élargie, dossier, d'ailleurs, qui traînait sur

le bureau des administrations précédentes depuis des années, règlement

qui est en place, qui a déjà été publié, avec une entrée en vigueur dès

décembre de cette année.

Pour ce qui

est de la consigne, il y a un comité qui doit statuer sur la création d'un organisme

qui est déjà en place, avec une obligation de

constitution pour janvier 2021...

Le Président : En terminant.

M. Charette : ...donc dans notre propre budget... dans notre

propre mandat. Et pour ce qui est de la consigne...

Le Président : Deuxième

complémentaire, Mme la députée, à vous la parole.

Mme Montpetit : M. le Président,

il est tellement fier de son budget... Il n'y a tellement rien dedans qu'en 45 secondes il n'a fait aucunement allusion

aux pseudo-investissements, supposément pour répondre à la crise climatique,

qui ont été déposés hier. Donc, vous voyez à

quel point il est dans la même ligne de pensée que nous. Il n'y a rien dans

son budget immédiat pour répondre à l'urgence climatique, il n'y a aucun argent

neuf, il n'y a pas de ressources additionnelles,

il n'y a pas de geste immédiat. 70 % des investissements sont pour après

2030, puis il investit dans TEQ, qu'il abolit.

Le Président : M. le ministre

de l'Environnement, à vous la parole.

Le Président : Sans

commentaire.

M. Charette : Dans le dossier de l'environnement, on réalise

avec stupeur à quel point le Parti

libéral tente de copier les travers de Québec solidaire. Québec solidaire évoque des pinottes, là, on parle de sommes

négligeables et on diminue

l'importance de ces investissements. Et je serais curieux de voir quelle est la

position du Parti libéral, notamment

au niveau des cibles elles-mêmes de réduction de gaz à effet de serre. Québec solidaire fait de la surenchère, avec des pourcentages qui sont tout

simplement inatteignables. Je suis curieux de voir quelle serait la position,

et le Parti libéral aura à se positionner plutôt tôt que tard à ce

sujet-là. L'idée de faire de la surenchère avec Québec solidaire en matière d'environnement...

Le Président : En terminant.

M. Charette : ...ne sied pas

bien au Parti libéral. Je les invite à se ressaisir parce que le budget...

Le Président : Question

principale...

Président : Question

principale. La parole appartient maintenant au député de Nelligan. M. le député, nous sommes tous attentifs.

M. Derraji : M. le Président,

je vais ajouter à la liste longue des ratés de ce gouvernement caquiste le

secteur manufacturier : 2 750 PME manufacturières, et l'an passé le

secteur a contribué à 14 % au PIB, c'est 50 milliards de dollars.

Les exportations du secteur représentent 89 % des exportations globales du

Québec, c'est un secteur névralgique, et la CAQ semble tout faire pour

mettre des bâtons dans les roues de son développement.

Pour le blocus ferroviaire, la CAQ n'a rien

fait. Pour le coronavirus, la proposition de la CAQ est de faire du télétravail. Une petite nouvelle pour le ministre,

ce n'est pas une mesure qui peut s'appliquer pour les manufacturiers. Et finalement la pénurie de main-d'oeuvre, qui freine la

croissance du secteur depuis le début du mandat caquiste et pour laquelle aucune action structurante n'a été mise

en place... Sous la gouverne caquiste, la croissance des exportations était de

1,6 % en 2019; en 2018, 4,2 %. C'est ça, l'effet caquiste, M. le

Président.

Est-ce que nous allons assister à une tempête

parfaite pour notre industrie manufacturière?

Le Président : M. le ministre

de l'Économie.

M. Fitzgibbon :

M. le Président, fidèles aux habitudes des libéraux, on choisit les chiffres

qui nous aident. Il y a quatre

mesures importantes que le gouvernement regarde sur une base continue : la

croissance du PIB, qui, je le note, est à 3,2 % au dernier

trimestre, en hausse et la plus élevée au Canada; le deuxième qui est le plus

important, c'est l'investissement réel, non

résidentiel des entreprises, et je note que la croissance, cette année, pour la

période de neuf mois, est de 5 %, une croissance qu'on n'a jamais

vue dans le passé, et c'est ça qui va être l'impact sur les compagnies

manufacturières; troisièmement, les salaires moyens ont augmenté de

2,7 %... 3,4 %, qui est supérieur à la moyenne canadienne de 2,7 %; et le quatrième élément,

les exportations, effectivement, sont en hausse de seulement 1,2 %, il y a

un retard à ce niveau-là. Mais il y a trois

mesures qui sont surperformantes, qui vont permettre de corriger les erreurs du

passé et de monter les exportations.

Le Président : S'il vous

plaît! Cela met donc un terme à la période de questions et de réponses orales.

Merci.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, nous poursuivons nos travaux. À la rubrique des motions sans

préavis... Il n'y a pas de votes reportés.

Donc, nous poursuivons aux motions des rubriques

sans préavis. En fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je

reconnais maintenant un membre du deuxième groupe d'opposition. Mme la

députée de Mercier.

Mme Ghazal : Mme la Présidente, je

demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante

conjointement avec le député de Jonquière et la députée de

Marie-Victorin :

«Que l'Assemblée nationale prenne acte des

décisions récentes de plusieurs grands fonds d'investissement, notamment les

fonds BlackRock et Rockefeller, de désinvestir progressivement du secteur des

hydrocarbures;

«Qu'elle prenne acte du récent retrait d'un

investisseur important dans le projet [de] GNL Québec;

«Qu'elle

demande au gouvernement du Québec de s'inscrire dans cette tendance mondiale et

de s'engager à ne pas investir des

fonds publics dans le projet [de] GNL Québec pour compenser la perte de ces

investissements privés.» Merci.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) :

Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette

motion? M. le leader du gouvernement.

M. Schneeberger :

Il n'y a pas de consentement.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Comme il n'y a pas de consentement,

nous allons procéder à l'autre. Un membre du troisième groupe

d'opposition. Mme la députée de Gaspé.

Mme Perry

Mélançon : Mme la Présidente, je sollicite le consentement des membres

de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la députée de

Verdun, la députée de Taschereau et la députée de Marie-Victorin, la motion

suivante :

«Que l'Assemblée nationale

reconnaisse la pleine capacité du gouvernement du Québec à soutenir la culture

québécoise et à la promouvoir à l'échelle nationale et internationale;

«Que l'Assemblée nationale rappelle au

gouvernement ses engagements préélectoraux pour faire du Québec le seul maître

d'oeuvre du développement de sa culture et, ainsi, rapatrier les budgets

consacrés aux institutions culturelles engagées par le gouvernement fédéral,

tel qu'il l'exprime dans l'ouvrage Un nouveau projet pour les nationalistes

du Québec , du 8 novembre 2015;

«Qu'elle

demande au gouvernement du Québec de rapatrier, avant la sortie du prochain

budget fédéral, les pleins pouvoirs en culture ainsi que l'ensemble des

budgets qui y sont associés.»

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il

y a consentement pour débattre de cette motion? M. le leader du

gouvernement.

M. Schneeberger :

Il n'y a pas de consentement.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Comme il n'y a pas de consentement,

nous allons passer à l'autre motion sans

préavis. Alors, je suis prête à reconnaître un membre du groupe formant le

gouvernement. Mme la ministre déléguée au Développement économique et

régional, allez-y.

Mme Proulx

(Côte-du-Sud) : Mme la Présidente, je sollicite le consentement de

cette Assemblée afin de présenter la

motion suivante conjointement avec le député de Nelligan, le député de

Rosemont, le député de René-Lévesque et la députée de

Marie-Victorin :

«Que

l'Assemblée nationale souligne l'apport incontournable du microcrédit

entrepreneurial au développement économique du Québec, en décrétant le

11 mars Journée nationale du crédit communautaire;

«Qu'elle

manifeste son soutien indéfectible au réseau d'hommes et de femmes qui, depuis

19 ans, ont tiré profit de cette

initiative et fait preuve de l'ambition requise pour fonder et maintenir plus

de 6 000 entreprises qui ont assuré la création et la préservation

de plus de 11 000 emplois;

«Qu'elle

reconnaisse les acteurs de ce secteur pour leur volonté et leur capacité à

mobiliser le public, les décideurs politiques

de tout ordre et les intervenants socioéconomiques de partout au Québec pour

favoriser l'entrepreneurship et susciter le désir de contribuer à

l'essor et au succès de leur communauté respective.» Merci, Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la ministre. Est-ce

qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M. le leader du

gouvernement.

M. Schneeberger :

Consentement, sans débat.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) :

Alors, est-ce que... cette motion est-elle adoptée?

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Motion adoptée. Maintenant, je suis

prête à entendre un membre du groupe formant l'opposition officielle.

Mme la députée de Vaudreuil, la parole est à vous.

Mme Nichols :

Merci, Mme la Présidente. Alors, je sollicite le consentement de cette

Assemblée afin de présenter la motion

suivante conjointement avec le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement

supérieur, la députée de Taschereau, le député des Îles-de-la-Madeleine

et la députée de Marie-Victorin :

«Que

l'Assemblée nationale souligne le centenaire de naissance de feu M. Paul Gérin-Lajoie, fier député de Vaudreuil-Soulanges

de 1960 à 1969, et salue sa contribution à la vie démocratique du Québec à

titre de premier titulaire du ministère de l'Éducation et de maître d'oeuvre des fondements de la

doctrine créant le prolongement externe

des compétences internes du Québec en

matière de relations internationales;

ainsi que les retombées positives de la Fondation Paul-Gérin-Lajoie en

littératie et en coopération internationales.»

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Est-ce

qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.

M. Schneeberger : Oui, Mme

la Présidente, il y a consentement pour un débat de deux minutes par intervenant, en débutant par

la députée de Vaudreuil et le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement

supérieur, la députée de Taschereau et le député des Îles-de-la-Madeleine.

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Merci, M. le leader. Alors, je comprends qu'il y a consentement

pour qu'il y ait un débat d'une durée de maximum deux minutes, et nous allons

débuter par Mme la députée de Vaudreuil.

Mme Nichols : Merci, Mme la

Présidente. Alors, permettez-moi de saluer, dans les tribunes, la famille et

les proches de M. Paul Gérin-Lajoie,

ainsi que les membres de la fondation ou des proches qui les accompagnent.

C'est avec...

Mme Nichols : O.K., j'attendais, je m'excuse. C'est avec beaucoup

de fierté et de reconnaissance que je prends la parole aujourd'hui pour saluer l'héritage de M. Paul

Gérin-Lajoie. C'est plusieurs assises de notre société actuelle que nous devons à ce grand fondateur du Québec

moderne, qui aurait célébré dernièrement son 100e anniversaire de

naissance.

Chose

certaine, sa vision pour l'éducation est inestimable et a permis à tout un peuple de

s'émanciper et de basculer dans la

modernité. Il a défini les principes fondamentaux du système scolaire qui font encore de nous une

fierté, et ce, des décennies plus

tard. Un système d'éducation secondaire, une administration laïque et la

fréquentation scolaire obligatoire sont des acquis sur lesquels nous

continuons encore de bâtir une société plus juste.

En plus de

cet héritage majeur pour les générations futures, l'oeuvre de M. Gérin-Lajoie

s'étend, évidemment, aux relations internationales par la mise en oeuvre

de la célèbre doctrine que nous appliquons depuis maintenant plusieurs

années et qui indique avec force que notre compétence ici est notre compétence

partout. Son oeuvre en matière de développement international a été reconnue par tous. Les dernières années de sa

carrière furent dédiées au mariage de ses deux passions, l'éducation et

l'aide internationale, en passant par la création de la fameuse Dictée PGL.

Si je me lève

aujourd'hui, c'est non seulement pour rendre hommage à un

homme politique d'exception, mais surtout

pour saluer un prédécesseur de qualité. Élu député de Vaudreuil-Soulanges

en 1960, il a fait le saut en politique avec la détermination assumée de transformer le Québec

en profondeur. Sa présence se ressent encore dans le comté de Vaudreuil

même des décennies plus tard. C'est d'ailleurs un sentiment de fierté que je

ressens chaque fois que j'aperçois la première polyvalente du Québec,

celle de la Cité-des-Jeunes, située à Vaudreuil-Dorion.

En terminant,

permettez-moi de souligner ou de vous rapporter des propos que j'entends

souvent quand on parle de Paul

Gérin-Lajoie dans le comté. On dit qu'il était reconnu de tous comme un homme à

l'écoute, ouvert et toujours prêt à discuter. Il était, pour la classe

politique, un exemple important de collaboration et de

détermination. Lorsqu'il voyait que l'un

ou l'autre de ses projets était freiné ou rejeté, il se retournait vers ses

collaborateurs, reprenait le projet, le remaniait et le représentait.

C'est un peu ce que je souhaite à plusieurs dans cette Chambre.

Gérin-Lajoie, nous ne vous le dirons jamais assez, merci. Merci pour les

enfants. Merci pour les plus grands. Merci

pour le Québec. Merci à la famille et à la fondation de

perpétuer les ambitions de ce grand homme, Paul Gérin-Lajoie.

Vice-Présidente (Mme Soucy) :

Merci, Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec M. le ministre de l'Éducation et de

l'Enseignement supérieur.

Roberge : Merci bien, Mme la Présidente. Il y a maintenant

100 ans naissait quelqu'un qui allait devenir un géant, un géant pour le Québec, un géant de la

Révolution tranquille, quelqu'un qui allait laisser des traces profondes et une

marque profonde et durable pour le Québec.

Ça a été, bien sûr, un artisan de la Révolution tranquille, un visionnaire, un

idéaliste, mais pas un rêveur. M. Paul

Gérin-Lajoie, comme on l'appelle, PGL, c'était un faiseur. Bien sûr, c'était quelqu'un

qui réfléchissait longuement, qui

consultait. Mais c'était quelqu'un qui est passé à l'action, et c'est pour ça

qu'on s'en souvient avec tant de bonheur.

Il a été, bien sûr,

le premier ministre de

l'Éducation de l'histoire du Québec,

et, juste pour ça, on se serait souvenu de son nom. Mais il n'a pas juste été le premier ministre

de l'Éducation, il a été le ministre

de l'Éducation, celui qui a instauré

des changements, celui qui a créé des choses dont on bénéficie encore aujourd'hui : réforme de l'éducation avec le

rapport Parent, création des maternelles

cinq ans — qui prévoyait déjà, à l'époque aussi, la maternelle quatre ans, faut-il le rappeler — des

cégeps, des polyvalentes, un système de prêts et bourses, qu'on améliore

toujours un peu plus, mais encore

fallait-il le fonder, encore fallait-il statuer qu'on voulait une vraie égalité

des chances, qu'on voulait une vraie accessibilité,

pas seulement à la petite école mais à l'enseignement supérieur. C'est ça,

avoir de l'ambition pour le Québec, et pour les Québécois, et les

Québécoises, évidemment.

Mais, au-delà

de l'éducation, c'est aussi quelqu'un qui a instauré ce qu'on a appelé la

doctrine Paul Gérin-Lajoie, qui nous inspire encore aujourd'hui dans nos

relations internationales. C'est important de le rappeler, hein? Ce que ça dit, en gros, c'est que le Québec peut et doit

être signataire d'ententes internationales quand ça concerne les champs

de compétence du gouvernement. C'est une

doctrine, mais c'est souvent une bataille qu'on doit livrer et qu'on va

continuer de livrer comme gouvernement fidèle à la mémoire de

M. Paul Gérin-Lajoie.

Il a ensuite,

évidemment, continué son oeuvre avec la fameuse Fondation PGL. Des milliers,

sinon des millions d'élèves ont fait

sa fameuse Dictée PGL. Je l'ai fait faire à mes élèves. Je l'ai fait faire

aussi à mes filles alors qu'elles étaient

à l'école primaire. Mais, au-delà de la dictée, il y a l'amour des mots, il y a

l'amour de la francophonie, il y a la passion d'une éducation partout, partout dans la

francophonie. Parce qu'il savait bien, M. Paul Gérin-Lajoie, que, pour

avoir une francophonie qui était forte, il fallait avoir une francophonie qui

était instruite. Et il avait cette vision de développement international

d'une francophonie forte par une éducation forte.

Donc, merci

pour ce qu'il a fait pour le Québec. Merci pour ce qu'il a fait pour

l'éducation en général. On va se souvenir de M. PGL.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le ministre. Mme la

députée de Taschereau, je vous cède la parole.

Mme Dorion :

Merci. J'aime beaucoup

qu'on prenne le temps de célébrer les grands hommes, les grandes femmes qui ont fait l'histoire du Québec,

et, comme l'a dit M. le ministre, Paul Gérin-Lajoie, c'est un géant. Et, pour

avoir accompli tout ce qu'il a

accompli, pour avoir amené tout ce qu'il a amené au Québec, je pense qu'il devait aussi absolument être

un rêveur. Ça fait

partie de tous les

projets, de tous les projets qui se concrétisent, d'y avoir rêvé, et je pense même

que Paul Gérin-Lajoie avait un rêve, pour le Québec, qui s'étend jusqu'à

aujourd'hui encore.

Et c'est bien

de rendre hommage, de rendre honneur à des gens, mais la meilleure manière de

le faire, ce n'est pas juste de

nommer leurs noms et de faire des compliments sur ce qu'ils ont fait, même si

c'est important de se rappeler aussi

qui ils sont et d'où ils viennent. C'est d'honorer leurs idées, d'honorer leurs

rêves, d'honorer leurs désirs, qui n'étaient pas des désirs personnels,

qui étaient des désirs pour tout un peuple, qui étaient une forme d'amour pour

un peuple.

Et c'étaient

quoi, les désirs de Paul Gérin-Lajoie? Je n'ai pas beaucoup de temps, mais

disons que... deux choses, dans ce

qu'on a pu voir, dans ce qu'on peut retenir de lui : la gratuité de

l'éducation, le fait que l'éducation, pour tous les Québécois, devait

être accessible de façon équitable et égale pour tous les Québécois. Et ça,

qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui de cette

idée-là dans les dernières décennies? Qu'est-ce qu'on en a fait? Moi, depuis

que j'ai le souvenir de m'être

intéressée à la politique, je n'ai jamais vu cette chose-là mise à l'honneur

comme Paul Gérin-Lajoie l'a fait. Alors, si on veut lui rendre hommage,

il faudrait aussi rendre hommage à ses rêves et à ses idées.

La deuxième chose, c'est occuper les champs de

compétence du Québec dans les relations internationales. Est-ce qu'on le fait aujourd'hui avec les gros

enjeux de l'heure d'aujourd'hui? Je le sais, qu'on le fait dans plein d'enjeux,

il y a plein de superbelles ententes

internationales et qu'on a fait de belles choses grâce... et on continue d'en

faire grâce à la doctrine Paul

Gérin-Lajoie. Mais par rapport aux enjeux de l'heure? La réduction des gaz à

effet de serre? On a un ministère de

l'Environnement; est-ce qu'on occupe ce champ-là à l'international? Par rapport

à réglementer les GAFAM, les grandes

entreprises numériques? C'est ça, les enjeux de l'heure aujourd'hui. Alors, si

Paul Gérin-Lajoie était parmi nous, de quelle façon il s'intéresserait à

ces enjeux-là?

J'aimerais

qu'on lui rende hommage pas juste en paroles, mais aussi en actes

éventuellement. Et ça, ce n'est pas juste pour les personnes d'en face,

c'est pour tous nous autres et pour tous ceux qui prenons acte dans la

politique québécoise. Merci.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je

cède la parole à M. le député des Îles-de-la-Madeleine.

Arseneau : Merci, Mme la Présidente. Au nom du Parti québécois, je

salue un homme dont le nom à lui seul inspire

le plus profond respect, M. Paul Gérin-Lajoie. Ce grand Québécois aurait fêté

son centième anniversaire de naissance le 23 février dernier. Un

peu plus et il était ici avec nous pour souligner l'événement.

Paul

Gérin-Lajoie a assisté à

l'épanouissement du Québec moderne, à son affirmation, mais, plus encore, il

y a grandement contribué. Il se

décrivait lui-même comme étant un

révolutionnaire tranquille. On sait qu'il a été le premier titulaire du ministère de l'Éducation. Sous son

règne, on a entrepris la plus grande et ambitieuse réforme de l'éducation

au Québec, dès les années 60, avec notamment

la mise en place de la commission Parent et ses suites. Il voyait grand pour

son peuple et ne craignait aucun défi.

En 1965,

alors vice-premier ministre, il le disait lui-même : «Dans tous les

domaines qui sont complètement ou partiellement

de sa compétence, le Québec entend désormais jouer un rôle direct, conforme à

sa personnalité et à la mesure de ses droits.» Ses paroles historiques sont

devenues le fondement de la doctrine Gérin-Lajoie, voulant que le Québec

exerce ses compétences à l'échelle de la

planète puisqu'il en a le droit, voire le devoir. Il n'a jamais douté de cette

capacité ni de notre talent et il en

a fait la démonstration de façon éloquente à de multiples reprises. Avec lui,

le Québec jouait un rôle de premier

plan, un rôle moteur pour promouvoir l'éducation, bien sûr, sa cause de

prédilection, mais aussi un rôle incitatif,

un rôle de conseiller, notamment pour la francophonie, une alliance

internationale qui, on peut le dire, s'est formée et a rayonné sous son

influence.

Paul

Gérin-Lajoie, c'est un pionnier, un bâtisseur, un de ceux qui croyaient à la

capacité du monde de changer pour le

mieux et qui s'investissaient en ce sens. Il a fait

partie de ces personnages

plus grands que nature qui seront retenus par l'histoire, comme certains

membres de sa famille, comme la pionnière féministe Marie Lacoste-Gérin-Lajoie,

sa grand-mère. Toute sa vie durant, il aura

fait honneur au Québec. On l'a beaucoup décoré, ici comme à l'étranger. De son

vivant, il a reçu pas moins de 13 doctorats

honoris causa. Le Québec, évidemment, mais aussi le Canada, la France, le

Sénégal, l'UNESCO, entre autres, ont

souligné son parcours exceptionnel de philanthrope. Des écoles, des bourses,

une dictée, une

fondation portent son nom. Souvenons-nous qu'on lui doit aussi la

revitalisation du Vieux-Port de Montréal, grâce à laquelle on peut

désormais profiter d'espaces d'exception au bord du fleuve, de lieux à vocation

non plus industrielle, mais plutôt sociale et communautaire.

Bref, on ne saurait trop lui rendre hommage.

Merci pour tout, M. Gérin-Lajoie. Merci, Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Cette motion

est-elle adoptée? M. le leader de l'opposition officielle.

M. Tanguay : Je vous demanderais

un vote par appel nominal, s'il vous plaît.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) :

Parfait. Alors, on nous demande un vote par appel nominal.

Que les députés qui sont en faveur de cette

motion veuillent bien se lever.

Secrétaire adjoint : M. Arcand (Mont-Royal—Outremont), M. Tanguay (LaFontaine), M. Leitão

(Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), Mme St-Pierre (Acadie), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),

M. Rousselle (Vimont), Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard

(Laporte), Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles),

Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier),

Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),

M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), M. Polo

(Laval-des-Rapides), Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy

(Saint-Laurent), M. Ciccone (Marquette).

M. Legault

(L'Assomption), Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise

(Blainville), Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé (Châteauguay), M. Girard (Groulx),

Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Roy (Montarville),

M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency), M. Martel

(Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly),

Mme LeBel (Champlain), M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque

(Chauveau), M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant (Taillon), Mme Blais

(Prévost), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska),

M. Dubé (La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi),

Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Samson (Iberville), Mme Hébert

(Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est), M. Lacombe (Papineau),

Mme Proulx (Berthier),

Mme Charest (Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs),

Mme Girault (Bertrand), M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières),

Mme Proulx (Côte-du-Sud), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond

(Richelieu), M. Bachand (Richmond),

Mme IsaBelle (Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster

(Charlevoix—Côte-de-Beaupré),

M. Bélanger (Orford), Mme Picard (Soulanges), M. Tardif

(Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid

(Beauharnois), Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau),

M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais

(Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf),

Mme Grondin (Argenteuil), Mme Boutin (Jean-Talon), M. Girard (Lac-Saint-Jean), M. Lemieux

(Saint-Jean), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Bussière

(Gatineau), M. Allaire (Maskinongé), Mme Guillemette

(Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord), M. Jacques (Mégantic).

Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin), Mme

Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Zanetti

(Jean-Lesage), Mme Labrie (Sherbrooke), Mme Ghazal (Mercier), M. Marissal (Rosemont), Mme Dorion

(Taschereau), M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), M. Fontecilla

(Laurier-Dorion).

M. Bérubé (Matane-Matapédia), M. Ouellet

(René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski), Mme Richard (Duplessis),

Mme Hivon (Joliette),

M. Gaudreault (Jonquière), M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine),

Mme Perry Mélançon (Gaspé).

Mme Fournier

(Marie-Victorin).

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Les députés qui

sont contre cette motion veuillent bien se lever. Y a-t-il des

abstentions? M. le secrétaire général, pour le résultat du vote.

Secrétaire : Pour : 107

Contre :

La Vice-Présidente (Mme Soucy) :

Alors cette motion est adoptée à l'unanimité.

Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée

de Marie-Victorin.

Fournier : Oui, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la ministre des Affaires municipales et de

l'Habitation, la députée d'Anjou—Louis-Riel et le député de Rimouski, la

motion suivante :

«Que l'Assemblée

nationale prenne acte des besoins en matière de logements abordables, sociaux et

communautaires au Québec;

«Qu'elle

demande au gouvernement du Canada de transférer dans les plus brefs délais les

sommes de la Stratégie nationale sur le logement qui reviennent au

Québec, et ce, en respect des compétences provinciales en la matière;

«Qu'enfin, le gouvernement du Québec

utilise ces sommes notamment pour augmenter le nombre de logements

abordables, sociaux et communautaires au Québec.»

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a

consentement pour débattre de cette motion? M. le leader du

gouvernement.

Schneeberger :

Il y a consentement, sans débat.

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Alors, est-ce que cette motion... est-elle adoptée?

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Motion adoptée. Excusez pour ma voix. M. le leader du

gouvernement.

Schneeberger : Oui. Alors, Mme la Présidente, je demande le

consentement pour déroger à l'article 84.1 de notre règlement afin de déposer une motion rétroactive de consultations

particulières donnant suite à une entente entre les leaders et les

députés indépendants.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci. Alors, est-ce qu'il y a

consentement pour permettre la lecture d'une autre motion sans préavis?

M. le leader de l'opposition officielle.

Tanguay : J'aimerais, comme toujours, Mme la Présidente, qu'on puisse

nous indiquer, dans ce contexte-là, le projet de loi qui est visé juste

pour s'assurer qu'on parle de la même chose, s'il vous plaît.

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : M. le leader du gouvernement.

Schneeberger :

Le projet de loi n° 51.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Consentement? Alors, il y a

consentement. M. le leader, vous voulez poursuivre?

Schneeberger :

Oui. Alors, je fais motion, conformément à l'article 146 du règlement de

l'Assemblée nationale, afin :

«Que

l'Assemblée entérine le mandat donné à la Commission de l'économie et du

travail, dans le cadre de l'étude détaillée du projet de loi n° 51, Loi

visant principalement à améliorer la flexibilité du régime d'assurance

parentale afin de favoriser la

conciliation famille-travail, de procéder à des consultations particulières et

[de] tenir des auditions publiques le

mardi 17 mars 2020 de 10 heures

à 11 h 45, après les affaires courantes jusqu'à 17 h 45 et

de 19 h 30 à 21 h 45, le mercredi 18 mars 2020 après les affaires courantes

jusqu'à 13 heures [...] de 15 heures à 18 heures, le [mardi]

19 mars 2020 après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et

de 15 heures à 18 heures et le mardi 24 mars 2020 de 10 heures

à 11 h 30;

«Qu'à

cette fin, la commission entende les personnes et organismes suivants :

Conseil du statut de la femme, Conseil du

patronat du Québec, Fédération canadienne de l'entreprise indépendante,

Fédération des chambres de commerce du Québec, Manufacturiers et

exportateurs du Québec, Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec,

Centrale des syndicats du Québec, Mme Carmen

Lavallée, professeure à la Faculté de droit de l'Université de Sherbrooke,

Confédération des syndicats nationaux, Fédération des travailleuses et

travailleurs du Québec, Centrale des syndicats démocratiques, Conseil

d'intervention pour l'accès des femmes au travail, Alliance du personnel

professionnel et technique de la santé et

des services sociaux, Fédération des associations de familles monoparentales et

recomposées du Québec, la Coalition

pour la conciliation famille-travail-études, Fédération des parents adoptants

du Québec, Association de parents pour l'adoption québécoise,

Regroupement pour la valorisation de la paternité, Jean-François Chicoine, pédiatre au CHU Sainte-Justine et professeur

agrégé, Département de pédiatrie, Université de Montréal conjointement avec Johanne Lemieux, travailleuse sociale [et]

conférencière, psychothérapeute et auteure, spécialiste en adoption, Réseau

pour un Québec Famille, Fédération

Interprofessionnelle de la santé du Québec, [et] Fédération des policiers et

policières municipaux du Québec;

«Qu'une période de 12 minutes soit prévue

pour les remarques préliminaires, répartie de la manière suivante :

6 minutes au groupe parlementaire formant le gouvernement, 4 minutes au groupe

parlementaire formant l'opposition officielle et 1 minute au

deuxième [...] et [...] troisième groupe d'opposition;

«[Qu'une]

durée maximale de l'exposé de chaque organisme soit de 10 minutes et

l'échange avec les membres de la

commission soit d'une durée [...] de 35 minutes [réparties] ainsi :

17 minutes 30 [au] groupe parlementaire formant le gouvernement, 11 minutes 40 [au

groupe parlementaire de] l'opposition officielle,

2 minutes 55 [...] pour le deuxième [...] et [...]

troisième groupe d'opposition;

«Que le

ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale soit membre de ladite

commission pour la durée [de son] mandat.»

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le leader. Est-ce qu'il y a

consentement pour débattre de cette motion?

La Présidente (Mme

Soucy) : Parfait. Cette motion est adoptée.

Maintenant,

nous poursuivons à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions. M. le

leader du gouvernement.

Schneeberger :

Oui, Mme la Présidente. Alors, la Commission de la santé et des services

sociaux poursuivra l'étude détaillée

du projet de loi n° 43, Loi modifiant la

Loi sur les infirmières et les

infirmiers et d'autres dispositions afin de favoriser l'accès aux

services de santé, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à

13 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;

La Commission de l'agriculture, des pêcheries,

de l'énergie et des ressources naturelles poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 48, Loi visant

principalement à contrôler le coût de la taxe foncière agricole et à simplifier

l'accès au crédit de taxes foncières agricoles, aujourd'hui, de 15 à

18 heures, à salle Marie-Claire-Kirkland. Voilà, Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le leader. Pour ma part, je

vous avise que la Commission de la culture et de l'éducation se réunira

en séance de travail, aujourd'hui, de 11 h 30 à 13 heures, à la

salle RC.161 afin d'organiser les

travaux de la commission dans le cadre du mandat conféré par la

Loi sur les

établissements d'enseignement de niveau universitaire.

À la rubrique

des renseignements sur les travaux de

l'Assemblée toujours... La période des affaires courantes étant

terminée, nous allons passer aux affaires du jour.

Conformément

à l'ordre adopté hier, le 10 mars 2020... oui, c'est ça, l'Assemblée se

constitue en commission plénière afin d'entreprendre l'étude de crédits

provisoires pour l'année financière 2020‑2021.

Alors, je vais suspendre les travaux quelques

instants pour que nous puissions s'organiser. Alors, suspension.

(Suspension de la séance à 11 h 22)

Mme Soucy

(présidente de la commission plénière) : Alors, conformément

à l'ordre adopté par l'Assemblée hier,

le 10 mars 2020, la commission plénière se réunit afin d'étudier les

crédits provisoires pour l'année financière 2020-2021.

Au cours de

la prochaine heure, nous allons procéder à un échange entre M. le ministre de

l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et les

députés de l'opposition.

Nous

commencerons par les remarques préliminaires, et je vous rappelle qu'un maximum

de 5 min 34 s est alloué au groupe parlementaire formant le gouvernement,

3 min 43 s à l'opposition officielle, 56 secondes au

deuxième groupe d'opposition et

56 secondes au troisième groupe d'opposition, 51 secondes pour

l'ensemble des députés indépendants. Débuteront

ensuite les échanges entre le ministre et les députés de l'opposition. Dans ce

cadre... Déduction du temps pris pour

leurs remarques préliminaires, les députés indépendants ont le droit à

1 min 30 s. Le temps qui est non utilisé par les députés indépendants sera redistribué entre

les groupes parlementaires formant l'opposition officielle, le deuxième

groupe et le troisième groupe d'opposition, selon les proportions préalablement

établies.

Enfin, je

rappelle aux députés indépendants qui souhaitent intervenir au cours de

l'ensemble de l'étude des crédits provisoires qu'ils ont 10 minutes

à partir de maintenant pour en aviser la présidence.

J'accorde immédiatement la parole à M. le

ministre pour ses remarques préliminaires.

Charette : Merci, Mme la Présidente. Un plaisir de me retrouver parmi

vous ce matin. Déjà, prendre quelques instants pour saluer les collègues

des oppositions, les collègues députés de la

partie gouvernementale, et aussi

vous mentionner que je me sens très bien accompagné en la personne notamment du

sous-ministre, M. Marc Croteau, mon directeur

de cabinet, Hugo Delaney, mais également d'autres sous-ministres adjoints.

Bref, toute une expertise, là, qui nous permet d'agir avec confiance au

niveau de l'environnement.

c'est d'autant plus un plaisir qu'on se retrouve au lendemain d'un budget qui,

ma foi, a fait la part belle au dossier des changements climatiques, au

dossier environnemental de façon générale. Le gouvernement en a fait une

priorité, littéralement. C'était mentionné

depuis quelques semaines, et l'année 2020 sera définitivement l'année de

l'environnement. Ce que j'ai eu

l'occasion de mentionner un petit peu plus tôt, pendant la période de questions

notamment : hier, on confirmait les moyens à notre disposition, mais

comment maintenant ces moyens-là vont être utilisés, comment ils vont

s'incarner à travers des mesures

concrètes, c'est dans les prochaines semaines qu'on va en savoir davantage,

avec la présentation de la

politique-cadre d'ici la fin du mois notamment, mais aussi à travers le plan de

mise en oeuvre qui sera présenté par la suite.

le mentionne depuis plusieurs mois, la cible du gouvernement du Québec, elle

est passablement ambitieuse. On veut

et on va réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 37,5 % d'ici

2030 par rapport à l'année de référence 1990. Et pourquoi je dis ambitieuse? C'est qu'à ce

moment-ci nous n'en sommes qu'à moins 9 %. Donc, c'est donc dire que, dans la prochaine décennie, il faudra faire

passablement mieux qu'au cours des 30 dernières années. La population nous

le demande. On a bien entendu, et c'est la

raison pour laquelle on y répond de façon concrète avec un budget qui, en

matière d'environnement, n'a pas d'équivalent.

le mentionnais et je l'ai mentionné à quelques reprises depuis hier, au niveau

des budgets de dépenses, on parle d'une

augmentation de 33 %. C'est significatif. Donc, oui, on aura les moyens de

nos ambitions. Mais, sinon, aussi, pour ce qui est du volet climatique lui-même, on parle de milliards. Je sais

que certaines oppositions minimisent l'importance de ces montants, et c'est tout à fait dans leur

droit, mais on parle essentiellement de deux fois plus de moyens annuellement, pour la prochaine stratégie, qu'on pouvait en

avoir pour la stratégie qui prendra fin à la fin de la présente année. Donc, deux fois plus de moyens annuellement que pour le

plan d'action des changements climatiques du gouvernement précédent.

Donc, c'est significatif.

Comment le ventiler,

et ce n'est pas mauvais de le rappeler, 6,2 milliards, oui, pour la lutte

aux changements climatiques? Il est vrai

qu'il y a les argents qui nous viennent du Fonds vert dans cette somme-là, mais

il faut surtout noter l'ajout de 2,1 milliards supplémentaires. Et, au

final, c'est dire que le Fonds vert ne génère plus suffisamment de moyens

pour mettre de l'avant des mesures à la

hauteur de nos ambitions. Donc, ce sont 2 milliards supplémentaires, mais

à ça il faut aussi ajouter... Tout à

l'heure, je parlais du budget de dépenses, mais, au niveau des crédits, au

niveau de nos moyens pour les autres missions environnementales, on

parle aussi de 475 millions supplémentaires, ce qui nous permettra de réaliser d'autres engagements qui avaient été pris

par le passé. Notamment,

au niveau des aires protégées, on a un 50 millions de dollars, qui a été

largement souligné et salué hier par les différents groupes environnementaux

qui sont touchés.

ça s'ajoutent des moyens supplémentaires au niveau de la gestion de nos

matières résiduelles. On l'a mentionné au

cours des dernières semaines, des derniers mois, on a un retard important

à combler à ce niveau-là. C'est la raison pour laquelle, depuis le début

de l'année, on a parlé de façon très intensive non seulement de consigne, mais

on a parlé aussi de la modernisation de la collecte sélective. On vous parlera,

dans les prochaines semaines, les prochains mois, de matières organiques, de

stratégie plastique. Donc, ce sont tous des éléments qui pourront être financés

de façon convenable.

Donc,

oui, il y a des budgets pour les opérations mêmes du ministère de l'Environnement. Mais, si on veut moderniser, par exemple, la collecte sélective, c'est aussi par le biais

d'une modernisation significative de nos centres de tri. Bref, les annonces qui ont été faites au cours des dernières

semaines ont pu être confirmées par un appui budgétaire hier, et c'est

digne de mention.

très rapidement, vous mentionner qu'autant les municipalités que les organismes

environnementaux, que les entreprises privées seront, pour nous, des

partenaires pour la mise en marche de cette politique-cadre et la réalisation

de nos objectifs, et tous ont reconnu

les avancées significatives qui ont été faites avec le budget présenté hier.

Merci, Mme la Présidente.

La Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le ministre. Maintenant, Mme la députée

de Maurice-Richard, pour vos remarques préliminaires.

Montpetit : Je vous remercie, Mme la Présidente. Je vais prendre quelques

secondes sur mes remarques préliminaires.

Je vais vous demander de transférer le temps sur les prochains échanges sur le

budget. Mais je veux juste en profiter pour saluer le ministre, ainsi

que son équipe qui est avec lui, ainsi que mes collègues de l'opposition. Je

sais qu'on aura de nombreuses heures à

passer ensemble dans les prochaines semaines justement sur l'étude des crédits

du gouvernement. Donc, on se réservera aussi beaucoup de temps et

beaucoup de questions pour cette période. Merci.

La Présidente (Mme Soucy) : Merci. Alors, comme le deuxième groupe

d'opposition, le troisième groupe d'opposition ne prendront pas leur

temps pour les remarques préliminaires.

Alors, nous allons débuter les échanges

immédiatement. Alors, nous commençons par Mme la députée de Maurice-Richard.

Mme Montpetit : Oui. Je vous

remercie, Mme la Présidente. Bien, déjà, on va cadrer la discussion. On a eu l'occasion d'avoir des questions en Chambre ce

matin, il y a quelques minutes à peine, puis déjà on voit qu'on se retrouve

dans une situation qui est similaire à

l'année dernière, où on ne partage, de toute évidence, pas la même lecture que le ministre sur la qualité et

l'efficacité du budget qui a été déposé hier en lutte aux changements

climatiques puis en environnement. Mais, de toute évidence, on n'est pas les

seuls, parce que je regardais certains titres ce matin, encore faut-il... pour ne pas que le ministre nous

réponde que c'est notre lecture dont il est question, mais je regarde

Olivier Bossé, dans Le Soleil , qui dit que c'est un budget vert pâle, Paul Journet, dans La Presse , qui nous dit que c'est vert, mais sur

papier. Il y a une lettre ouverte de chercheurs de l'Institut de recherche et

d'informations socioéconomiques, de l'IRIS,

qui dit : L'environnement peut attendre . B udget 2020 — Le gouvernement rate la cible en environnement . Budget 2020-2021 — Des investissements importants

mais insuffisants pour faire face à la crise climatique et aux besoins en santé, en services sociaux . Donc, je pense

que l'enthousiasme, l'enthousiasme auquel fait référence le ministre, ne semble

pas malheureusement être partagé par les différents groupes qui ont fait des

analyses.

Puis je vais

en venir à des questions précises, mais je veux quand même

profiter... Je le mentionnais ce matin, pendant la période de questions,

on est en période... je veux dire, on est en urgence climatique, et la situation,

elle a dramatiquement changé à l'automne 2018, puis je ne fais pas

référence à l'élection de la CAQ, je fais référence au rapport du GIEC. Oui, on

avait des indications qu'il y avait des efforts à faire, oui, il y a des

efforts qui ont été faits, ambitieux, importants

dans les dernières années, puis j'entends souvent le premier ministre puis le ministre qui se plaisent à dire qu'on est la société en Amérique

du Nord où on produit le moins de GES

per capita, c'est parce qu'il y a du travail qui a été fait dans les dernières décennies, je le dirai ainsi. Et on a

eu l'occasion d'en parler d'ailleurs dans les crédits de l'année

dernière, où même le sous-ministre venait nous rappeler qu'à l'international,

justement, on est reconnus pour nos mesures

de lutte en changements climatiques, notamment. Mais ce qui est arrivé avec le

rapport du GIEC à l'automne 2018, c'est

qu'ils sont vraiment venus sonner l'alarme pour dire : Il faut aller plus

vite, plus rapidement, il faut redoubler les efforts.

Donc, on peut

continuer de... Parce que le ministre a tendance à ramener ça toujours dans

notre cour, mais ça, je pense que

c'est une tendance du gouvernement. Je ne sais pas, je pense que la question a

été posée, je ne sais plus par quel

collègue, là : À quelle date vont-ils commencer à être imputables? Là,

moi, quant à moi, c'est la journée de ton élection que tu commences à être imputable et que tu as une

responsabilité et gouvernementale et ministérielle. Mais, les gens, ce qu'ils nous demandent, c'est d'aborder ce dossier-là de façon non

partisane et de l'aborder de façon sérieuse, de façon rigoureuse, d'y accorder l'importance qu'il faut. Et on a tous, collectivement, une responsabilité, envers nous, envers les générations

futures aussi, de travailler pour que ça aille plus vite.

Et, le budget

qui est déposé, force est de constater, je l'ai mentionné ce matin, 70 % des investissements sont pour après 2022. Et ça, ça devient une fâcheuse

tendance, inquiétante, de voir un ministre de l'Environnement qui fait fi de

ses responsabilités parce qu'il remet ça à

après l'élection. Il est ministre de l'Environnement dans cette législature. Il

a des responsabilités ministérielles dans cette législature. Alors,

quand il nous fait des annonces pour ça, je disais la consigne, que ce soient les centres de tri ou que ce soit le budget,

c'est des annonces qui vont à après la prochaine élection. Ça, pour moi, déjà, c'est quelque chose que je

souhaite souligner, c'est très inquiétant, particulièrement dans le contexte.

Et, quand je

l'entends dire que c'est un budget avec plein de mesures, je vous dirais... Mme

la Présidente, là, ça, c'est le

budget, hein? C'est ce qu'on nous a remis hier. Je vous amène à la

page B.15, qui s'appelle Des actions concrètes . Pour l'environnement, il y a une page, il y a

trois mesures. Ce n'est pas moi qui l'ai écrit, ce budget-là, c'est le

gouvernement de la CAQ. Il y a une page sur tout ça, qui s'appelle Des

actions concrètes , et il y a trois points.

Bien, si ça, on appelle ça un budget ambitieux

avec des mesures ambitieuses, je les invite à aller chercher la définition d'ambitieux dans le dictionnaire parce

que, de toute évidence, ce n'est pas ça, surtout que les trois mesures dont

il est question, c'est des mesures qui sont

déjà en place. Je comprends qu'on souhaite les accélérer, mais ce n'est

certainement pas avec ça qu'on va aller plus loin puis qu'on va

Donc,

j'aimerais, dans un premier temps, demander au ministre combien... Parce que,

là, il nous parle beaucoup de chiffres et, dans la plupart des documents,

hein... Puis les journalistes l'ont mentionné, là, c'est un budget qui est très

difficile à lire, il y a beaucoup de comptabilité créative. Tout est devenu de

l'environnement, tout est de la lutte aux

changements climatiques. Mais les chiffres auxquels il réfère, généralement,

sont des chiffres... Notamment, il y a une grosse proportion de l'argent

qui est déjà dans le Fonds vert. C'est de l'argent qui est déjà existant.

Donc,

j'aimerais ça qu'il nous mentionne exactement le montant d'argent neuf, dans le

budget, qui est consacré à l'environnement puis à la lutte aux

changements climatiques.

La Présidente

(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. M. le ministre, vous

voulez répondre à la question?

Charette : Merci, Mme la Présidente. La collègue a soulevé plusieurs points. Je vais

tenter, au meilleur de mes capacités, à ce moment-ci d'y répondre.

Elle a fait

référence aux articles, naturellement. Et je peux aisément comprendre que les groupes environnementaux souhaitent davantage

d'argent. Je vous dirais que c'est la même chose des groupes en santé. C'est la

même chose au niveau des groupes en environnement. Mais le gouvernement doit, lui, avoir une vision qui est globale de la situation

et d'aller au

mieux de ses capacités budgétaires. Et, à

ce niveau-là, il n'y a

pas personne de bonne volonté qui peut contredire les avancées majeures qui ont été faites au niveau du budget de dépenses du ministère de

l'Environnement, au niveau des actions

qui sont maintenant financées en bonne et due forme et confirmées à travers le

budget et les crédits qui ont été déposés.

Donc, je comprends les groupes environnementaux, certains, mais tout n'était

pas négatif. Moi, je regarde la revue

de presse, je peux vous lire les titres aussi, comme l'a fait ma collègue,

donc : Des sommes records pour l'environnement ; Un plan vert pour réduire les émissions de GES ; CAQ turns green with new focus on environment ;

L'équilibre ; CAQ unveils green budget .

Donc, je

comprends que la collègue... Et c'est de bonne guerre, là. Je ne lui reproche

pas d'avoir fait une sélection très,

très partisane des titres qu'elle a voulu évoquer. Ça, c'est les articles

eux-mêmes. Mais, depuis hier, et encore ce matin, il y a beaucoup de communiqués qui sont publiés

saluant le budget. Je peux vous parler des réactions de l'UMQ. Je peux vous parler des réactions de la FQM. Je peux vous

parler des réactions de bon nombre de groupes environnementaux, la Fondation David-Suzuki, qui a évoqué plusieurs

éléments très intéressants du budget, Équiterre, c'est la même chose. Et

même, je trouvais ça comique, ce matin j'ai

reçu, à travers les courriels, des communiqués de presse d'organisations dont

je ne connaissais même pas

l'existence, notamment au niveau de l'union des professeurs d'université du

Québec, qui salue le volet

environnemental du budget. Donc, on peut s'entendre comme quoi la réception,

elle est relativement positive.

La collègue a

parlé du GIEC. C'est vrai que la donne a changé à partir du rapport du GIEC.

Cependant, la donne a aussi changé en décembre dernier, lorsqu'on a appris

qu'en 2017 on était à moins 9 %, et non pas à moins 20 %,

comme on devait l'être, au niveau de la

diminution de nos émissions de gaz à effet de serre. Là, actuellement, à

travers les travaux parlementaires,

il y a l'étude du projet de loi n° 44. Et je serai très, très intéressé de voir quelle est la position de l'opposition officielle par rapport à la

cible qui est la nôtre, soit celle de 37,5 %. J'entends la collègue, sur toutes les tribunes, dire qu'on

n'en fait pas assez, mais je serais très

curieux de voir si, cette cible-là de 37,5 %, elle l'a reconnaît, et,

sinon, elle nous expliquera comment sa formation politique arriverait à

La collègue a

parlé de plusieurs mesures : consigne, la modernisation de la collecte

sélective. Ce n'est pas vrai que tout va être mis en place en 2022,

2023, 2024, 2025. Vous avez un échéancier qui a été très précis à chacune des annonces qui fut faite. Je le mentionnais tout à

l'heure, pendant la période de questions, au niveau des halocarbures, au

niveau de la REP, sur les électroménagers,

ce sera mis en place dès la fin de la présente année. Au niveau de la consigne,

comme l'évoquait la collègue, oui, la mise

en place du système lui-même, à partir de 2022, mais il ne faut pas oublier

qu'il y a des règlements à modifier

entre-temps, il ne faut pas oublier qu'il y a des lois à adopter entre-temps.

Mais, déjà, on est action.

D'ailleurs, le comité s'est réuni une première fois, il y a quelques jours de

ça, avec un calendrier très précis. On a parlé de projets pilotes qui

seront mis de l'avant le plus rapidement possible, et ce, dès les prochains

mois.

Donc, lorsque

la collègue mentionne que les annonces ou les réformes que l'on propose seront

mises en place uniquement après les élections, c'est une lecture, ma

foi, malheureusement erronée de ce qui a pu être confirmé.

La Présidente (Mme

Soucy) : Si vous voulez finir votre intervention. Puis on

m'informe qu'elle a une autre question, la députée de Maurice-Richard.

M. Charette : ...mais, si la

collègue a le goût de reprendre la parole, là, sans problème.

Montpetit : Bien, oui, j'ai une question. Ma question était :

Combien est-ce qu'il y a d'argent neuf qui est investi en environnement

puis en lutte aux changements climatiques?

M. Charette : Oui. Bien, en fait,

elle a soulevé plusieurs points pendant son intervention, donc je trouvais important d'y répondre. Mais, pour ce qui est du

budget, franchement, c'est la

partie la plus intéressante. Là, on n'a pas

de gêne, aucunement, à le mettre de l'avant.

On a parlé beaucoup du 6,2 milliards. Je le

mentionnais rapidement tout à l'heure, il y a le volet qui était déjà garanti par le Fonds vert. Il faut savoir que, de

ces sommes-là, il y a déjà des réallocations qui ont été faites, à partir du

budget 2019-2020, parce qu'il y avait

déjà des programmes qui, malheureusement, n'étaient pas efficients. Là, ce que

l'on dit, c'est que l'entièreté des sommes du Fonds vert et du nouveau fonds

vert, là, qui va prendre forme dans les prochaines

semaines, les prochains mois, seront dédiées aux changements climatiques et à

l'adaptation aux changements climatiques. Et vous avez aussi... En

termes de crédits budgétaires ou de budget de dépenses, vous avez

475 millions d'argent totalement neuf. Donc, ce n'est pas de la

comptabilité créative, comme la collègue le mentionnait.

Et vous avez naturellement... Et ça, c'est sans doute

l'élément qu'il ne faut pas perdre de vue, lorsqu'on parle de transport, lorsqu'on parle, par exemple, au niveau de la qualité de notre eau, souvent ce sont des

argents qui se retrouvent dans

d'autres ministères. Donc, il ne faut pas regarder uniquement

à travers les crédits du ministère de

l'Environnement. Les transports, on le sait, puis c'est notre

principal défi, 43 % de nos

émissions, c'est la raison pour laquelle les milliards qui ont été confirmés

hier et bientôt plusieurs dizaines de milliards sur le court et le moyen terme,

bien, ce ne sont pas des montants qui sont associés aux crédits du

ministère de l'Environnement.

Donc, la

collègue voulait des chiffres précis. Je pense en avoir dévoilé quelques-uns

certainement très significatifs, mais

je pourrai vous parler, si vous le souhaitez, davantage des aires protégées, je

pourrai vous parler des sommes qui ont été... 70 millions de plus

au niveau des milieux naturels des villes de Montréal et Québec,

50 millions, je le mentionnais, pour

les aires protégées. Je pourrais vous faire la ventilation complète, mais ce

sont tous des chiffres qui sont très

bien illustrés autant dans le discours de mon collègue des Finances que dans le

cahier du budget et des crédits.

La Présidente

(Mme Soucy) : Merci, M. le ministre. Mme la députée,

avez-vous une autre question?

Mme Montpetit : Oui.

Je vous remercie. J'aimerais que le ministre nous explique... Il faisait

référence au transport collectif, là.

Équiterre, parce qu'il nous parlait d'Équiterre tout à l'heure, soulignait

quand même qu'il trouvait extrêmement malheureux

que les transports collectifs ne comptent que pour un tiers des investissements

comparativement aux deux tiers pour

le transport routier. C'est pour ça que je parle de comptabilité créative,

parce qu'ils ont ajouté dans leur calcul l'argent des partenaires du fédéral puis du municipal pour

pouvoir dire que c'est équivalent. Donc, c'est ce qu'on appelle, aux HEC, de la comptabilité créative. Et là Équiterre

renonce ça. Mais j'aimerais que le ministre nous explique comment il justifie la diminution des dépenses qui sont

issues du Fonds vert dans le secteur des transports. On sait que c'est la

principale source de GES puis on voit une diminution de 37,28 %.

Présidente (Mme Soucy) : ...madame. M. le ministre.

M. Charette :

Je le mentionnais tout à l'heure, les transports, c'est de loin notre principal

défi. Beaucoup de ces sommes-là ne sont pas

confirmées à travers les crédits du ministère de l'Environnement à proprement

dits. Pour ce qui est du financement

des infrastructures nouvelles qui ont été annoncées hier, il faut comprendre la

séquence logique. Et ma collègue, qui

a été au gouvernement, ne peut pas ignorer ou faire semblant qu'elle ne le sait

pas. Lorsqu'on met sur la table un nouveau projet, il y a une étape

préalable, qui est celle de l'étude du projet. Ce serait bien, bien difficile

le jour 1 de dire : Nous allons

mettre en place telle infrastructure de transport structurant, elle va coûter

tant de milliards de dollars et elle

va s'arrêter à tel, tel, tel coin de rue. Donc, il faut prendre le temps de bien faire les choses. C'est comme

ça que ça se fait. C'est comme ça qu'on

arrive à bien évaluer un projet et c'est surtout comme ça qu'on arrive à le

réaliser le plus rapidement possible.

Donc,

je comprends que les sommes des projets qui ont été annoncés hier ne sont pas

entièrement comptabilisées. Ce qui

est comptabilisé à ce moment-ci, c'est réellement les budgets pour faire les

études en question. Mais, très rapidement, on parle d'une année à deux ans, selon les projets, on va pouvoir mettre

dans le PQI les véritables sommes qui s'y rattachent et, mon collègue l'a mentionné, on parle de

quelques dizaines de milliards de dollars pour le financement du transport

collectif. Et, à terme, je pourrai... Et je

vous dis déjà avec assurance qu'à la fin du présent budget le gouvernement de la CAQ aura été celui qui

a le plus investi en transport collectif des dernières décennies, donc une

avancée absolument majeure à ce niveau-là. Donc, on ne

diminue pas les investissements en transport, c'est bien le contraire.

Et, ce que je

mentionnais tout à l'heure, le Fonds vert n'est plus suffisant pour financer

notre plan tellement il est ambitieux. C'est

la raison pour laquelle, en plus du 4,1 milliards, il y a le

2,1 milliards supplémentaire. Donc, c'est des mesures qui seront aussi

disponibles pour le transport, notamment Roulez vert. C'est une portion

importante de ces sommes-là et c'est difficile de ne pas associer Roulez

vert à une mesure...

Présidente (Mme Soucy) : En terminant, M. le ministre.

M. Charette :

...de transport.

Présidente (Mme Soucy) : Merci. Mme la députée de...

Montpetit : ...des réponses courtes. Vous savez, on n'a vraiment pas

beaucoup de temps dans l'exercice qui nous est accordé. Je fais des

questions très, très courtes. Si on pouvait aller à l'essentiel, ce serait bien

apprécié.

Donc, moi, vous

savez, là, M. le ministre, là, les chiffres, ça ne ment pas. Ce que je vois

dans les dépenses sectorielles au niveau du

transport, c'est une diminution de moins 37,28 %. Vous nous parlez d'après

2022. Donc, on est encore dans une situation d'en avant.

Est-ce que, comme

ministre, vous avez demandé des ressources humai

Document details

CollectionQuebec — Debates (Hansard)
Citation2020-03-11
Typehansard
Volume / chapterfr travaux-parlementaires assemblee-nationale 42-1 journal-debats 20200311 266353
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifierc08aaa6177946846cd108482e753d6dc5473e75f

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