Public Finance — 20 October 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CFP 2020-10-20
Quebec — Committees
Donc, on rappelle qu'en juin dernier le gouvernement
a déposé un premier projet de loi pour accélérer la relance économique. Et on a
entendu les commentaires constructifs qui se sont faits lors de la première consultation
sur le projet de loi n° 61, pour ne pas le nommer, et
on a procédé, naturellement, à l'intérieur du projet de loi n° 66,
à certains ajustements. Maintenant, tout projet de loi n'étant pas parfait, il
peut quand même être perfectible. Je pense que les travaux qu'on entame aujourd'hui
et les différents groupes qu'on va entendre seront extrêmement pertinents sur
la base de cette consultation et des objectifs.
Donc, je pense, c'est important de mettre quand
même le projet de loi dans son contexte. Tout le monde, même si ça fait déjà une éternité, on le pense, on le vit… Le Québec,
au printemps dernier, a dû faire un arrêt complet de ses activités
pendant plusieurs semaines, pendant plusieurs mois. On a eu un petit répit cet
été, mais la deuxième vague nous a frappés de plein fouet. Et, bien qu'on ne
soit pas en confinement, comme ce fut le cas durant la première vague, on a quand
même été contraints de limiter hautement nos contacts sociaux.
cette pause… Les effets de cette pause vont se faire ressentir pendant de
nombreuses années. Mon collègue de l'Économie, je pense, a eu l'occasion
d'en faire part hier dans une certaine interpellation qui a eu lieu avec lui.
Donc, le gouvernement doit agir présentement sur deux fronts, combattre le
virus et également relancer l'économie, la renforcer, la maintenir, certains diront, pendant
les étapes qu'on vit présentement. Et je pense que c'est les deux
priorités sur lesquelles il faut tourner notre attention à très court terme,
même à moyen terme, je vous dirais.
La relance
économique, donc, c'est un ensemble d'actions. Parmi celles-là, le projet de
loi n° 66, je pense que c'est bon de le situer, il se
cadre dans un ensemble d'actions. Il ne porte pas à lui seul la prétention de
relancer l'économie du Québec au grand
complet. Il a la prétention d'accélérer des projets d'infrastructure et des
investissements dans des projets d'infrastructure pour remettre les Québécois
et les chantiers au travail le plus rapidement possible.
Et, dans ce cadre-là,
il est une des pièces maîtresses de la relance économique du Québec que nous
allons devoir... à laquelle nous allons devoir nous attarder. Il faut être
réactif. Il faut agir dès maintenant. Ça a été dit par de nombreux experts,
l'investissement, et ce n'est pas juste le Québec qui le dit, le Canada
également et le monde entier, dans les
infrastructures est une des bonnes façons de maintenir, de relancer et de
donner cet élan-là, à l'économie, dont elle a besoin.
Donc, l'objectif est
clair, accélérer des projets prioritaires. Je précise, donc, ici que la liste
des projets en
annexe du projet de loi n° 66 ne
constitue pas la liste exhaustive des priorités du gouvernement, mais ce sont…
mais c'est important de le souligner, mais il s'agit de certains projets qui
peuvent bénéficier de mesures d'accélération qui étaient également dans cette
liste de priorités du gouvernement.
projet n° 66 est beaucoup plus ciblé que ne l'était son
prédécesseur, son grand frère. Les
mesures qui y sont incluses sont de nature temporaire. Elles concernent spécifiquement
les projets de la liste en annexe. Et je pense qu'on est parvenus à trouver un juste équilibre entre accélération et
contrôle rigoureux tant en matière d'intégrité qu'en matière de normes
environnementales.
On souhaite également, donc, par ce fait-là, doter
le Québec, par contre, où il y a également de belles infrastructures,
d'infrastructures plus modernes. Le projet de loi a une liste fermée de 181
projets. Ce sont des écoles pour nos enfants, des maisons des aînés, je le
rappelle, pour nos parents, nos grands-parents, des routes rénovées ou
agrandies pour assurer une meilleure sécurité des usagers, mais également pour
être capables de nous permettre d'implanter des projets de transport
structurant, des projets de transport, également, en commun. Les besoins sont
grands dans toutes nos régions.
Le projet de loi
prévoit des mesures pour accélérer certains processus et ainsi permettre une
mise en chantier plus rapide. Ces mesures
visent, entre autres, quatre grands volets : l'expropriation, le domaine
de l'État, les autorités... les autorisations gouvernementales, je
m'excuse, l'urbanisme et l'aménagement du territoire. Le projet de loi prévoit
aussi des mesures de facilitation de paiement pour les contrats et
sous-contrats pour les projets de l'annexe, qui était une des recommandations
de la commission Charbonneau.
D'ailleurs, je tiens
à certifier que je ne ferai, moi, aucun compromis sur l'intégrité. Avec notre
loi, on donne davantage de mordant à
l'Autorité des marchés publics. Je suis très intéressée à les entendre. Ce sera
le premier groupe ce matin,
d'ailleurs. Rappelons que l'AMP a été créée en 2018 suite à la recommandation n° 1 du rapport de la commission Charbonneau, et je pense que c'est
important. Le rôle qu'elle a à jouer et qu'elle aura à jouer dans le futur est
extrêmement important.
Donc, elle se verra,
l'AMP, confier un pouvoir de surveillance accrue. Elle aura la responsabilité
d'examiner les processus d'attribution et d'exécution des contrats publics pour
tous les projets de la liste. Elle pourra, au besoin, ordonner à un organisme
public d'apporter des correctifs pour assurer la bonne exécution des contrats.
L'autorité pourra même suspendre l'exécution ou résilier les contrats si elle
constate des manquements graves. Elle pourra utiliser ses pouvoirs comme elle
l'entend en toute liberté.
Du point de vue de
l'environnement, à l'heure actuelle, les règles prévues par la
Loi sur la qualité
de l'environnement exigent des analyses avant l'impact du début des projets.
Ces situations engendrent des délais. Il me reste
peu de temps. Je pense que je vais affirmer et je pense qu'il est possible, au
Québec, de revoir nos façons de faire, de revoir les processus environnementaux, d'accélérer lesdits processus
sans mettre à mal les normes environnementales, sans mettre à mal la qualité de l'environnement. Et je pense que c'est
sur ça que cette commission-là devrait se pencher, sur ces objectifs.
Comment peut-on accélérer, revoir les processus, tout en assurant notre
intégrité environnementale? Et le Québec doit être un véritable leader dans ces
dossiers.
Donc, en résumé,
c'est ce qu'on va faire, M. le Président. Merci à tous mes collègues. Et j'ai bien
hâte qu'on commence à entendre les différents groupes pour ensuite poursuivre
notre réflexion pour l'article par
article qui viendra par la suite.
Le Président (M.
Simard) : Alors, merci à vous, Mme la ministre. Je cède maintenant la
parole au député de La Pinière.
M. Barrette :
Pour une période de quatre minutes?
Le Président (M.
Simard) : Quatre minutes, cher collègue, en effet.
M. Barrette :
Merci, M. le Président. Alors, c'est toujours intéressant, les remarques
préliminaires, parce que, parfois, ça donne une teinte aux débats que l'on va
avoir, et je pense que c'est le cas actuellement.
Alors, juste comme ça, d'entrée de jeu, je tiens
encore une fois à féliciter la présidente du Conseil du trésor, M. le Président,
pour la rédaction du projet de loi n° 66, qui, je le
répète et je le maintiens, est un désaveu du projet de loi
précédent, puisque tous les éléments considérés par tout le monde comme étant abusifs dans le projet
de loi n° 61 ont été retirés. Alors, c'est à
l'honneur de la présidente actuelle du Conseil du trésor de l'avoir fait.
Ceci étant dit, pour en venir au corps du projet
de loi, on parle ici d'infrastructures et on parle de construction. La démonstration n'est pas faite
qu'au moment où on se parle la construction est ralentie. Je vais vous donner
un exemple personnel, M. le Président. La semaine dernière, j'ai voulu engager
un électricien pour faire des travaux mineurs dans mon panneau électrique, et
il n'a pas de disponibilité avant janvier parce qu'il est submergé de contrats.
J'en ai passé sept, et aucun ne pouvait venir avant janvier. Bien, ça, là, ça
s'appelle de la construction qui marche à plein régime, M. le Président. Alors,
je ne sais pas qu'est-ce qu'on veut accélérer et comment on va l'accélérer,
mais c'est clair que l'enjeu, à mon avis, n'est pas là.
Le projet de loi est un projet de loi qui est
amélioré par rapport à 66. Je le redis. Étant amélioré, il reste quand même des
éléments sur lesquels il devra y avoir, pour nous, des améliorations. J'avais
demandé à ce qu'il y ait des pouvoirs, à l'époque, à l'AMP. La ministre a
acquiescé. Je l'en remercie. Je pense qu'il y a lieu là d'aller un peu plus
loin, parce que, du discours lui-même de la bouche même de la présidente du
Conseil du trésor, ce sont des mesures qui sont temporaires, limitées à
l'application de ce projet de loi là, et, en ce qui me concerne, l'AMP devrait
avoir des pouvoirs de façon plus permanente.
Il y a la question, évidemment, des paiements
accélérés, qui est une question qui relève des recommandations de la commission
Charbonneau. Je le dis à l'avance, je vais aborder le sujet sur la base de la
limitation, dans le projet de loi n° 66, aux contrats
de moins de 20 millions. Je vais vouloir comprendre pourquoi c'est limité
à ça et je pense qu'il y a d'autres gens qui vont venir le dire également aujourd'hui.
Sur le plan des expropriations, c'est clair qu'il
y a des enjeux qui sont là. On y verra... On en débattra lorsqu'on arrivera à l'étude
détaillée, mais certainement que les experts viendront nous dire un certain
nombre de choses. Mais il y a, pour moi, un élément qui est fondamental. Je ne comprends pas pourquoi
on ne permet pas certains dialogues de se continuer avant le début des
travaux, ce qui se fait dans d'autres dossiers et se sont faits dans d'autres
dossiers, comme par exemple dans le REM. Dans le REM, il n'y a pas de travaux
qui ont commencé avant qu'il y ait complètement du dialogue lorsqu'il y a eu
litige. Et je parle évidemment ici spécifiquement de l'enjeu de Cadillac
Fairview, qu'on essaie... pour lequel, actuellement, tout serait arrêté avec ce
projet de loi là.
Sur le plan de l'environnement, alors, M. le
Président, là, j'ai dit une chose, je le dis, d'entrée de jeu, encore aujourd'hui,
là, je souhaite qu'on identifie les projets pour lesquels il y a un enjeu
environnemental. Ça n'a pas été fait dans le dépôt des 181 projets, et je
souhaite avoir une réponse là-dessus, mais je suis très inquiet des remarques
préliminaires de la ministre à cet égard-là, parce que ses commentaires ont été
à saveur permanente.
Alors, la ministre nous a dit à plusieurs
reprises, sur la question de l'environnement, il y a quelques secondes, qu'au
Québec on pouvait faire les choses différemment, qu'on voulait être les
leaders. Alors, si on nous annonce aujourd'hui que ce qui est dans le projet de
loi n° 66 était ou serait vu comme étant des éléments
permanents, bien là il va falloir qu'on entende la ministre là-dessus, parce
que, si c'est ça, M. le Président, je pense qu'on a des problèmes. On y
reviendra.
Il me reste 10 secondes. Je termine en
disant que nous sommes ici de façon constructive. On l'a été la dernière fois. On va l'être encore aujourd'hui. Le
projet de loi peut être amélioré, et je pense que c'est ce qu'on va
faire.
Président (M. Simard) : Merci, cher collègue. M. le député de
Rosemont, vous disposez d'une période d'une minute.
M. Marissal : Merci, M. le
Président. Je serai bref dans les salutations parce que je me fais bref aussi
dans mes remarques préliminaires. Un peu une impression de déjà-vu, mais pas de
jour de la marmotte, j'espère, parce que Le jour de la marmotte ,
finalement, c'est un film assez plate qui fait juste répéter une affaire plate
puis ça ne finit pas. Donc, je suis heureux d'entendre la présidente du Conseil
du trésor dire, d'entrée de jeu, qu'elle nous a entendus, qu'elle a entendu
aussi les critiques qui ont été faites par des témoins qui sont venus ici dans
le projet de loi n° 61, le défunt projet de loi n° 61.
Pour nous, il va de soi que la relance
économique, oui, évidemment, nous en sommes, comme, je pense, tout le monde au Québec, mais ça ne saurait se faire au
détriment de la démocratie, de l'intégrité des fonds publics. Là-dessus,
on est rassurés, tout de même, par rapport à 61. Ça ne saurait se faire en
pilant sur les analyses environnementales, et, moi aussi, à ce sujet, j'ai
quelques craintes. Ça devrait se faire aussi pour les exclus, notamment, en
logement social. Il n'y a rien là-dedans non plus pour l'économie circulaire,
pour l'économie sociale, qui sont des pans importants. C'est malheureux. Et ça
ne saurait se faire aussi en tournant le dos aux autochtones, qui ont, je
crois, fait entendre leur voix une fois de plus, et j'espère que, cette
fois-ci, ça ne sera pas dans le désert.
Président (M. Simard) : Merci à vous, cher collègue. Je cède
maintenant la parole au député de Jonquière, que je salue bien
respectueusement.
M. Gaudreault : Merci, M. le
Président. Visiblement, on fait face à un gouvernement qui n'a pas compris que
la relance économique doit passer par des infrastructures vertes, doit se
passer sur un nouveau modèle que celui d'une opposition
un peu archaïque, du XXe siècle, entre économie puis environnement. On est
rendus ailleurs, M. le Président. Il faut cesser de voir l'environnement comme
un empêcheur de faire du développement économique. Aujourd'hui, tenir un discours environnemental, tenir un discours
écologique, c'est foncièrement tenir
un discours économique. Et là on a le projet de loi n° 61 qui
oppose encore, de façon, comme je le disais, archaïque, l'économie et l'environnement. Alors, on aura beaucoup de questions à poser là-dessus.
On sera très attentifs sur l'enjeu de la protection de l'environnement et d'une relance économique qui est juste, qui
est durable, qui est fondée sur des infrastructures vertes.
Président (M. Simard) : Merci
à vous, cher collègue. Alors, y aurait-il consentement afin que le député de Chomedey puisse s'adresser à nous dans le
cadre de ses remarques préliminaires? Consentement. Cher collègue, à vous la
parole.
M. Ouellette : Vous allez me donner
10 minutes, M. le Président?
Le Président (M. Simard) : Une, cher
collègue.
M. Ouellette : Ah! O.K. Bon, bien,
dans une, je ne répéterai pas tout ce qui a été dit. Je pense que le projet de
loi n° 66, contrairement au projet de loi n° 61, c'est un projet de
loi concernant certains projets d'infrastructure. La ministre a parlé d'une liste
exhaustive. On dirait plus une liste électorale de projets de construction. Et,
déjà que la machine, à tous les niveaux, environnemental, transport, dans tous
les départements, ne peut pas suffire, on sera très conscients… On ne veut pas
que l'AMP ait un rôle politique du gouvernement, c'est-à-dire, quand on en a besoin, on va les chercher de façon temporaire. On
leur donne des pouvoirs ou on ne leur en donne pas. Et ce n'est pas vrai
que, juste pour des projets électoraux, on va faire jouer un rôle politique à l'AMP.
On sera là pour permanentiser ces pouvoirs-là, M. le Président. Merci.
Le Président (M. Simard) : Merci à
vous, M. le député de Chomedey. Ceci met donc fin à nos remarques préliminaires.
Nous allons, d'entrée de jeu, amorcer notre période d'auditions. Nous avons avec nous, en ligne, des
représentants de l'Autorité des marchés publics, qui sont, en quelque sorte, un
peu des habitués, hein, des invités assez réguliers à cette commission. Alors,
madame, monsieur, bienvenue parmi nous. Vous savez que vous disposez d'une
période de 10 minutes pour votre intervention. Auriez-vous, d'entrée de jeu,
l'amabilité de vous présenter?
M. Trudel (Yves) : Oui, bonjour.
Alors, mon nom est Yves Trudel. Je suis président-directeur général de
l'Autorité des marchés publics.
Marcoux (Nathaly) : Bonjour,
Nathaly Marcoux, vice-présidente à la surveillance des marchés publics
de l'Autorité des marchés publics également.
Le Président (M. Simard) : Nous vous
écoutons.
M. Trudel (Yves) : Merci. Alors, M.
le Président, Mme la ministre, Mmes et MM. les députés, il me fait plaisir de m'adresser à vous au nom de l'Autorité
des marchés publics dans le cadre du projet de loi n° 66, Loi concernant
l'accélération de certains projets d'infrastructure.
Considérant
que nous avons eu l'opportunité de s'adresser à vous lors des débats entourant le
projet de loi n° 61, je ne répéterai pas
l'ensemble des mandats et responsabilités dévolus à l'AMP. Je ne ferai que
rappeler que notre travail en est un de surveillance des marchés publics et
qu'il porte essentiellement sur le respect des lois encadrant les marchés publics
et, bien entendu, le cadre normatif applicable, selon les organismes visés.
Il est important de préciser que, lorsque des
indices de corruption, de collusion ou toute autre infraction criminelle sont
identifiés dans le cours de nos vérifications ou enquêtes, nous transmettons l'information
à nos partenaires ayant juridiction. Nous avons aussi à nous assurer que les entreprises
qui obtiennent des contrats publics au-dessus des seuils autorisés ont
l'intégrité nécessaire pour en assurer la réalisation.
C'est donc dans cet environnement que nous
évoluons… et qui nous permet d'agir pour des marchés publics accessibles,
intègres, équitables, et ce, en toute transparence. Bien que nos pouvoirs sont
entrés en vigueur le 25 mai 2019, soit depuis à peine plus d'un an, le volume
de travail est en hausse constante. Déjà, nous sommes en mesure d'affirmer que le nombre d'interventions que nous réaliserons cette année dans tous nos secteurs d'activités
augmentera substantiellement.
Prenons,
par exemple, le nombre de décisions rendues. En 10 mois, en 2019‑2020,
nous avons rendu 10 décisions, dont
neuf ordonnances et une recommandation. Depuis le 1er avril 2020, nous en avons déjà rendu
huit, soit trois ordonnances et cinq recommandations, en plus de deux
ordonnances de révocation, puisque les entreprises n'avaient pas l'intégrité
attendue pour contracter dans les marchés publics.
Ce travail de surveillance s'effectue donc en
continu. Et nous poursuivons également notre travail de vigie des marchés
publics. Cette vigie nous a permis jusqu'à présent d'avoir des échanges avec de
nombreux ministères et organismes qui se traduisent par des changements ou des modifications
à leurs processus contractuels, et cela leur permet de corriger certaines problématiques
sans que nous ayons à rendre des décisions, permettant ainsi d'éviter les
plaintes et les démarches d'enquêtes qui en découlent.
L'AMP est donc sur un bel élan. Il est plus que
pertinent de pouvoir... de poursuivre la consolidation de notre organisation, particulièrement
dans le contexte où plus nous sommes connus, plus nous serons sollicités, et le
travail que nous effectuerons prendra de l'ampleur.
D'entrée de jeu, nous soulignons que, lors de la
commission parlementaire concernant le projet de loi n° 61,
la principale inquiétude exprimée par l'AMP
concernait l'article 50, lequel prévoyait des amendements à la loi, et
donc au cadre normatif par voie réglementaire. Nous constatons que cet
article
ne fait pas
partie du projet de loi n° 66, ni aucun autre moyen qui permettrait de modifier la
LCOP, autrement que par le processus législatif établi. Nous sommes donc très heureux de constater que les lois,
telles la
Loi sur les contrats des organismes publics et la
Loi sur
l'Autorité des marchés publics, continuent de s'appliquer.
Par ailleurs, nous ne pouvons faire abstraction
des échanges et des discussions avec le Secrétariat du Conseil du trésor qui ont eu cours à l'égard de nos
pouvoirs prévus au projet de loi n° 66, et nos
préoccupations ont été entendues et clairement prises en compte.
D'emblée, l'Autorité des marchés publics est en accord avec les pouvoirs
attribués dans le cadre de ce projet de loi et avec lesquels elle exercera son
rôle de surveillance.
Lors de notre passage devant cette même
commission, le 9 juin dernier, il avait grandement été question des
pouvoirs détenus par le Bureau de l'inspecteur général de Montréal en
comparaison avec ceux de l'AMP. Nous pouvons maintenant affirmer que ces
pouvoirs sont avantageusement comparables à ceux du BIG puisque, entre autres,
nous pourrons contraindre des personnes à répondre à nos questions.
Au final, ce n'est pas tant de savoir qui a le
plus de pouvoirs, mais plutôt de s'assurer que nous disposons chacun, selon nos champs d'action respectifs, des
leviers qui nous permettent de faire notre travail pour assurer
l'intégrité des marchés publics et que nous puissions collaborer ensemble pour
assurer le respect des règles en vigueur.
Maintenant,
quelle est la grande différence entre les pouvoirs qui nous sont dévolus dans
le projet de loi n° 66 en comparaison avec
ceux que nous détenons actuellement? Ma réponse portera essentiellement sur
trois volets.
Premier volet, le pouvoir et l'immunité des
commissaires enquêteurs. À cet effet, en regard du projet de loi, des 181 projets
visés par le projet de loi n° 66, nous pourrons, par
exemple, contraindre un responsable d'entreprise ou des sous-contractants à nous fournir des documents ou nous donner
accès aux informations nécessaires à notre enquête.
À ces pouvoirs s'ajoute la fonction de veille,
qui s'appliquera autant aux sous-contrats publics qu'aux contrats publics. Ainsi, nous considérons que ces
nouveaux pouvoirs nous permettraient d'obtenir tous les renseignements
nécessaires afin d'apprécier la situation de manière adéquate, d'effectuer
notre travail de manière plus efficiente, de réaliser des interventions plus
ciblées, plus rapidement et, ultimement, de rendre les décisions qui
s'imposent.
Deuxième
volet, l'examen d'un processus d'octroi d'un contrat public ou son exécution.
Nous pourrons enquêter un processus
d'octroi ou l'exécution d'un contrat public découlant d'un des 181 projets
lorsque l'organisme concerné n'apparaît pas agir en conformité avec le
cadre normatif applicable. Actuellement, nous ne pouvons qu'en faire une
vérification.
Troisième
volet, pouvoir de résilier un contrat public. Avec le projet de loi n° 66, l'AMP obtiendrait le pouvoir de résilier un contrat suivant les résultats de notre enquête pour un
processus d'adjudication ou d'attribution d'un contrat. Actuellement, ce pouvoir ne peut être exercé que pendant
l'examen de la gestion contractuelle d'un organisme public.
Il y a toutefois un aspect qui est à prendre en
considération. En ce qui nous concerne, ces projets dévolus dans le cadre de ce
projet de loi devraient être intégrés dans notre loi constitutive de manière
permanente. Il est pertinent de se demander pourquoi, pour certains projets,
nous pouvons contraindre une personne ou des entreprises à nous transmettre de
l'information ou résilier un contrat, mais que, pour la grande majorité des
autres contrats octroyés au Québec, nos pouvoirs actuels, bien qu'importants,
sont plus restreints.
Par souci de cohérence, et en toute légitimité,
il ne devrait pas y avoir deux types d'examens effectués en matière de contrats publics. Pour l'AMP, que l'on
soit dans les 181 projets ou dans tous les autres dossiers contractuels
sur lesquels nous avons à travailler, la même rigueur, la même procédure
d'analyse et les mêmes modalités de travail devraient s'appliquer. Je tiens à
préciser que des discussions sont déjà en cours avec le Secrétariat du Conseil
du trésor à ce sujet.
Concernant la reddition de comptes, l'AMP estime
que la transparence est de mise si l'on veut pouvoir assurer à la population
que la réalisation de ces projets respecte les règles et les lois établies.
Ainsi, l'AMP souscrit à l'obligation de faire état de ses activités en matière
de surveillance, pour les projets ciblés dans le projet de loi n° 66,
dans son rapport annuel d'activité. Le fait
de rendre publiques également nos décisions sur notre site Internet est
aussi une bonne mesure permettant d'assurer
la transparence de nos actions auprès de la population. Nos décisions sont
motivées et bien expliquées, assurant ainsi autant aux divers ministères et
organismes qu'aux entreprises de bien comprendre la nature des manquements au
cadre normatif existant.
L'accélération de réalisation de certains
projets d'infrastructures doit obéir aux mêmes règles d'intégrité et de
conformité en matière de processus contractuels. Nous souhaitons que la
diffusion de nos décisions, que ce soit dans le cadre de
nos pouvoirs déjà existants ou par les nouveaux pouvoirs dévolus, permette à
tous celles et ceux qui s'intéressent de près ou de loin aux contrats publics
d'en tirer le meilleur enseignement. Vous pouvez compter sur nos équipes
d'experts pour exercer nos responsabilités de surveillance des marchés publics
avec toute la rigueur et le professionnalisme
que cela implique. Équité, transparence, saine concurrence demeureront nos
principes fondamentaux.
Nous sommes maintenant disposés à répondre à vos
questions. Merci de votre attention.
Président (M. Simard) : Merci à vous, M. Trudel. Nous allons donc
commencer notre période d'échange. Je cède immédiatement la parole à Mme
la ministre pour une période de 15 minutes.
Mme LeBel : Merci, M. le Président.
Donc, peut-être, d'entrée de jeu, je vais prendre quelques secondes pour
recadrer quelque chose. Effectivement, je ne veux pas avoir donné à mon
collègue l'impression qu'en matière environnementale j'étais en train de faire
des réformes permanentes par le biais du projet de loi n° 66.
Tout ce qui est dans le projet de loi n° 66 se veut des
mesures qui sont ciblées sur 181 projets, donc temporaires, en ce qu'elles
ne s'appliquent qu'à 181 projets. Elles ont une durée, dans le temps, de
vie, une durée d'utilisation également dans le temps, que ce soient les mesures
de renforcement pour l'AMP, que ce soient les mesures en matière
d'expropriation ou en matière d'environnement.
Tout ce que je disais, c'est qu'il
faut quand même aborder les mesures du projet de loi n° 66 avec une
certaine ouverture d'esprit, l'enjeu n'étant pas d'opposer économie et
environnement, mais de voir comment on peut faire cohabiter les deux et d'être
capables de relancer notre économie en matière d'infrastructures peut-être plus
traditionnelles, mais tout en s'assurant que l'intégrité et la qualité de
l'environnement sont respectées. Donc, c'est le but de l'exercice, et des
consultations, et des discussions qu'on aura dans ce dossier-là dans les
prochains jours, les prochaines semaines, M. le Président. Donc, je pense que
ça recadre un peu.
Ceci étant dit, effectivement,
bonjour, M. Trudel. Effectivement, le Conseil du trésor, le secrétariat,
continue les discussions avec l'AMP dans le but d'améliorer, si on veut,
l'efficacité de votre organisation. Je suis contente que vous l'ayez souligné.
Également, d'entrée de jeu, je pense que je peux souligner que le Conseil du
trésor, le secrétariat, continue ses discussions avec vous pour s'assurer que
vous avez non seulement les pouvoirs, mais les moyens de les appliquer dans le
cadre des 181 projets. Donc, je tiens à rassurer mes collègues que l'enjeu
des effectifs et l'enjeu des moyens pour appliquer est pris en compte. Ce n'est
pas le projet de loi qui va les régler, naturellement, mais on est... on
continue à faire ces discussions-là.
Donc, vous avez mentionné…
Effectivement, une des préoccupations qui avait été soulevée par les collègues
de l'opposition, par différents groupes et par les citoyens était le fait qu'on
accélérait des projets d'infrastructure. Donc, on pouvait peut-être mettre en
péril l'intégrité du marché. On avait aussi le, maintenant, fameux
article 50
qui nous permettait, en théorie, d'aller modifier la
loi sur les contrats
publics, bien que ce n'était pas l'intention préalable du gouvernement, je le
mentionne, mais il y avait un enjeu d'interprétation et de possibilités.
Donc, vous êtes à même de
reconfirmer, M. Trudel, que, présentement, dans le projet de loi
n° 66, il n'y a pas... On ne joue pas dans le cadre normatif de la
loi sur
les contrats publics.
Malgré les processus d'accélération qui sont mis en place
sur des phases… certaines phases des projets, qui concernent, je le répète,
l'expropriation, le domaine de l'État, les autorisations municipales,
gouvernementales et ainsi que les autorisations environnementales, on ne vient
pas du tout jouer dans le processus des appels d'offres et tout le cadre
normatif, comme la
loi sur les contrats publics le prévaut. Donc, elle
s'applique entièrement. Il n'y a aucune possibilité… On ne crée pas de
brèche, en bon français, par le projet de loi n° 66.
C'est exact?
M. Trudel (Yves) : …bon, vous avez
l'intention d'accélération de certains projets. Par contre, ça ne se fera jamais au détriment de la
loi sur les contrats
publics et de l'intégrité des entreprises qui doivent contracter avec
l'État.
LeBel : Ni dans les faits ni en apparence, compte tenu qu'on ne joue
pas dans la
loi sur les contrats publics.
M. Trudel (Yves) : Tout à fait.
Mme LeBel : Parfait, merci. Vous
avez mentionné… Je pense que c'était pendant l'étude des crédits ou peut-être
pendant la première consultation du p.l. n° 61, là,
des fois, les choses s'entremêlent, mais vous aviez mentionné qu'actuellement
l'Autorité des marchés publics disposait de beaucoup de pouvoirs pour exercer
son rôle, c'est exact, dans la loi actuelle? Je ne parlerai pas du projet de
loi n° 66, là, mais dans la loi actuelle.
M. Trudel
(Yves) : Dans la loi actuelle, nos pouvoirs sont importants puisqu'ils
nous permettent d'ordonner… de suspendre des appels d'offres, de
suspendre un contrat en gré à gré s'il y a un avis d'intérêt de publié et qu'on
a des... communication de renseignements, de
mener les vérifications utiles. Par contre, ce que vient amener ce projet
de loi là, c'est définitivement la
possibilité d'enquêter un processus, alors que, dans la loi actuelle, tout ce
qu'on peut enquêter, c'est en matière d'examen de gestion contractuelle.
Donc, par exemple, votre prédécesseur nous a...
le gouvernement nous a désignés pour faire l'examen de la gestion contractuelle du ministère des Transports.
On peut enquêter à ce moment-là. Mais, autrement, en ce moment, avec la
loi qu'on a, bien que nos pouvoirs sont importants, dans le sens où je peux
suspendre un appel d'offres… Je peux faire corriger par le ministère des règles
normatives dans son appel d'offres, donc, pour qu'il se conforme aux règles et pouvoir ainsi répondre au plaignant, ou aux
communications, ou aux gens qui nous communiquent des renseignements, tout à fait. Donc, nos
pouvoirs sont importants, mais, avec l'ajout que nous avons présentement dans
le projet de loi n° 66, ils sont encore plus
importants et nous permettront d'agir de façon beaucoup plus rapide également
dans des...
Mme LeBel :
O.K., et donc on se limite aux 181 projets. On l'a dit, le projet de loi
est ciblé et cadré sur ces projets-là. Mais, avec ça, on va pouvoir… Vous allez
pouvoir, donc, exercer ces nouveaux pouvoirs là puis voir, effectivement, si
vous avez une plus grande portée d'action ou non, là, dans le quotidien. C'est
exact?
M. Trudel
(Yves) : Exactement.
Mme LeBel :
O.K. Pouvez-vous donner peut-être un exemple? Parce qu'on est peut-être des
gens plus initiés en matière de contrats publics et de, bon, processus de
vérification, processus d'examen. Il y a une différence entre une vérification
et une enquête. Peut-être, de façon pratico-pratique, M. Trudel, êtes-vous
capable de nous donner, pour un projet donné, sans nommer un projet particulier
des 181, là, puis on ne parlera pas du ministère du Transport, parce que vous
aviez déjà un mandat accru, dans la situation actuelle, pour ces projets
routiers là… peut-être nous donner qu'est-ce que ça va vous donner, peut-être,
de plus comme moyens d'action à l'AMP pour que le citoyen comprenne, de façon pratico-pratique, qu'est-ce que ça veut
dire, la différence entre pouvoir faire une enquête versus une
vérification, etc., là, et à quel moment dans le processus vous pouvez
intervenir, alors que vous ne pouvez pas maintenant, peut-être juste nous
illustrer l'avant et après avec un exemple plus concret si c'est possible.
M. Trudel
(Yves) : Donc, pour les 181 projets, nous aurions la possibilité, par
exemple, de nous déplacer sur un chantier, de questionner les entrepreneurs eu
égard à l'exécution des travaux, par exemple. Et, si on constatait que les
travaux ne sont pas exécutés en fonction de ce que représentait l'appel
d'offres, donc, des besoins du ministère ou de l'organisme, nous pourrions, un,
ordonner au ministère d'apporter des corrections, donc, des mesures
correctrices eu égard à l'exécution des travaux, et, au pire, on pourrait
suspendre carrément l'exécution du contrat, ce qu'on ne peut pas faire actuellement,
sauf en examen de gestion contractuelle.
Donc,
on pourrait… Par exemple, la loi nous permettrait… Le projet de loi n° 66 nous permettrait d'embaucher un expert, par
exemple, qui serait capable, en fonction de notre besoin d'expertise, de venir
identifier des lacunes dans l'exécution et peut-être des lacunes dans la
surveillance des travaux qui sont exécutés par le contractant. Donc, on pourrait intervenir immédiatement en
suspendant, en annulant, voire même en résiliant, si on considérait qu'il y avait des manquements graves dans
l'exécution des travaux.
Je vous donne un exemple.
Un camion... Un entrepreneur qui aurait à livrer du gravier, par exemple, si,
dans ses camions, il n'y a que la moitié ou le quart des bennes qui sont
remplies, et qu'on avait l'information que c'était le cas, bien, on pourrait
agir, un, en questionnant le ministère pour voir comment il surveille ses
travaux. Deux, par nos questions et les observations que nous aurions, nous
pourrions nous déplacer et observer nous-mêmes que c'est le cas et, à ce
moment-là, on pourrait considérer que le manquement est tellement grave qu'on
pourrait suspendre jusqu'à ce que les mesures correctrices soient apportées
et/ou que l'organisme nous assure une surveillance de chantier adéquate pour ne
pas que ça se reproduise.
Mme LeBel :
Pourriez-vous leur donner un accompagnement de l'entrepreneur? Pourriez-vous
imposer un tel accompagnement?
Trudel (Yves) : Oui, oui,
avec la loi, le projet de loi n° 66, on pourrait effectivement l'imposer, et,
par écrit, le ministère devra nous donner sa réponse et nous dire comment
il va entendre faire la surveillance ou l'accompagnement.
Mme LeBel :
O.K. Dans l'état actuel des choses, je comprends que vous n'avez pas de pouvoir
de contrainte sur les sous-contractants. Juste, peut-être, pour illustrer un
peu ce que ça veut dire pour les gens qui nous écoutent, c'est-à-dire que, maintenant,
vous avez un pouvoir sur le signataire principal du premier contrat, j'imagine,
avec le gouvernement, mais pas tous les contrats qui se signent par la suite.
Pouvez-vous peut-être expliquer un peu la nuance, là, par rapport à ce nouveau
pouvoir-là dans le p.l. n° 66?
M. Trudel
(Yves) : Effectivement. Donc, premièrement, dans le premier projet, on
n'a pas de pouvoir sur l'entrepreneur, pas plus que sur le sous-contractant, maintenant,
oui. Donc, c'est un gros changement également, parce qu'il y a beaucoup de
sous-entrepreneurs, également, qui communiquent avec nous pour nous donner de
l'information, et on n'est pas à même d'aller vérifier toutes les informations
qu'ils nous communiquent, sauf s'ils veulent bien nous parler.
Je peux vous donner
un exemple. Dans un dossier, par exemple, où des élus nous ont appelés pour
nous faire part d'inquiétudes qu'ils avaient dans un contrat de déneigement, entre autres, on a entendu ce que les élus avaient à nous dire. On est allés voir l'entrepreneur pour voir
un peu et essayer de comprendre. Il ne veut pas nous parler,
l'entrepreneur. Alors, on n'est pas à même
de comprendre pourquoi il y a une situation qui prévaut dans une municipalité, par exemple.
Par contre,
dans un autre dossier, où l'entrepreneur a accepté de nous parler, on a compris
rapidement qu'est-ce qu'il en était des craintes des
élus. On est retournés voir les élus pour leur expliquer. On a partagé l'information
au ministère, au MAMH. Donc, on va être capables d'être plus proactifs lorsque
la situation va se présenter, par exemple, dans le cas d'un dossier de déneigement l'automne
prochain, cet automne.
Mme LeBel :
O.K., puis peut-être que vous l'avez mentionné, là, mais je ne suis pas sûre
que c'est très bien compris par tout le monde, quand vous dites… À la page 5 de votre présentation, concernant
l'examen d'un processus d'octroi d'un
contrat public ou son exécution, vous dites : «Nous pourrons enquêter
un processus d'octroi ou l'exécution d'un contrat[...].
[Alors que] nous ne pouvons [maintenant] qu'en faire une vérification.» Peut-être
juste expliquer la nuance entre une enquête et une vérification, parce que,
pour le commun des mortels, bon, vous pouvez le vérifier, donc, vous pouvez l'enquêter,
mais la nuance est extrêmement importante. Vous l'avez dit, elle se décline peut-être
dans les visites de chantiers, dans les pouvoirs de contrainte puis de par les
conséquences, mais peut-être en refaire une petite illustration.
M. Trudel (Yves) : En termes de vérification,
actuellement, ce qu'on peut faire, c'est, bon, recevoir une plainte, la
traiter, une communication de renseignements ou, par notre propre vigie,
identifier un contrat dans lequel il y aurait apparence de manquement. On communique à ce moment-là avec le ministère concerné, l'organisme concerné, qui nous
fait part de ses observations et va nous partager la documentation qu'on va
analyser.
Donc, on va faire une vérification. Pour une vérification,
on peut la faire entièrement au bureau, par exemple, si on a satisfaction aux réponses… aux questions que nous posons à
l'organisme. En termes d'enquête, ça
va nous permettre de nous
déplacer, d'aller rencontrer des témoins qui sont autres que le ministère ou
l'organisme et avoir réponse à nos questions possiblement plus rapidement,
donc, d'être capables d'agir plus efficacement.
Vous savez, on a juste un an d'existence. Donc,
nous sommes une jeune organisation. Par contre, ça a été facile, maintenant,
pour nous, de cibler des espèces de façons de faire dans les ministères et les
organismes. Elles se ressemblent à peu près toutes. Donc, quand on rentre quelque
part maintenant, on est capables rapidement de voir qu'il y a soit un manque
d'expertise soit que l'évaluation des besoins a été mal faite.
Donc, ça a un impact sur l'estimé des coûts,
éventuellement, sur celui qui remportera l'appel d'offres, qui sera le plus bas
soumissionnaire. Ça aura eu, donc, tout ça, un impact là-dessus également. Il y
aura des avenants qui seront demandés par l'entrepreneur, et ça aura
probablement un impact sur l'exécution des contrats, parce qu'on voit aussi un
manque, un manquement, actuellement, dans la surveillance des chantiers.
Aussi, avec le projet de loi n° 66,
ce qui va être une plus-value pour nous, c'est qu'on a des partenaires également.
Le secteur de la construction, entre autres, est aussi encadré par d'autres ministères
et organismes. Je pense à la RBQ. Je pense à la CCQ. Je pense à l'UPAC. Je
pense à Revenu Québec. Dans les grands chantiers, bien, ce sont des collègues
de travail avec qui nous pourrons prendre des ententes et qui pourront être nos
yeux également dans les différents chantiers. On ne fera pas ça seuls. Et la
surveillance des contrats, ça passe aussi par la population, les entrepreneurs
qui se sentent lésés dans un appel d'offres, qui considèrent qu'ils n'ont pas
la possibilité de soumissionner, par des
gens qui nous communiquent des renseignements, par une vigie au SEAO et par,
évidemment, l'information qui nous est transmise par nos partenaires.
LeBel : Donc, pour résumer,
avec une enquête, on peut aller au-delà
et un peu plus loin que les réponses qui
nous sont fournies dans le cadre d'une vérification puis faire des
vérifications qui sont plus, je dirais, indépendantes que la seule
conversation que vous avez avec votre interlocuteur principal à ce moment-là,
si je comprends bien.
M. Trudel (Yves) : Tout à fait. Et,
dans le nouveau projet de loi, c'est surtout le pouvoir du commissaire enquêteur qui est... parce que, dans la loi
actuelle, on a la possibilité d'enquêter en examen de gestion contractuelle,
pas un processus, donc, pas un contrat. Quand c'est un contrat, donc, un appel
d'offres, nous ne pouvons qu'en faire une vérification.
Quand c'est l'examen de gestion contractuelle, donc, l'ensemble de la gestion
contractuelle d'un ministère ou d'un organisme, à ce moment-là, on peut
enquêter. Évidemment, le ministère ou l'organisme a l'obligation de nous
répondre, mais pas les tiers.
LeBel : Mais là vous êtes sur le processus beaucoup plus large,
l'ensemble de son processus contractuel, plutôt que sur un contrat donné
puis une situation particulière, alors que le projet de loi n° 66
vous donne l'occasion de le faire sur 181 situations particulières, si on
comprend.
M. Trudel (Yves) : Exactement, en
nous permettant d'obliger un tiers à répondre à nos questions.
Le Président (M. Simard) : Merci à
vous. Je cède maintenant la parole au député de La Pinière pour une
période de 10 minutes.
M. Barrette : 10 minutes?
Merci, M. le Président. Alors, Mme Marcoux, M. Trudel, bienvenue
encore une fois à cette séance-ci.
Regardez, je
vais aller évidemment dans le vif du sujet, là. Vous l'avez entendu dans mes
remarques préliminaires, essentiellement, là où je veux aller. Je
comprends de vos propos, surtout les derniers propos que vous venez de tenir,
que vous considérez que votre situation précédente était pour le moins
imparfaite, là. Il y avait un manque, là, en ce qui est de vos pouvoirs. Je
peux dire ça, là?
Le Président (M. Simard) :
M. Trudel.
Trudel (Yves) : Tout à fait. On considère que les pouvoirs qu'on a
actuellement devraient être, tel que je l'ai mentionné dans mon allocution,
inscrits de façon pérenne dans notre loi habilitante.
M. Barrette :
Très bien. C'est la demande que l'on faisait. On aura à en discuter évidemment
à l'étude détaillée. Je ne comprends pas pourquoi ça n'a pas été fait. Je
comprends, de certains échanges que j'ai eus avec Mme la ministre, que
peut-être que quelque chose s'en vient, mais je ne vois pas pourquoi ce
texte-là, même si des changements s'en
viennent, ne serait pas pérennisé, législativement parlant, même s'il était à
être ajusté ultérieurement.
Maintenant, on va
faire le tour, si vous me le permettez, là, de la différence entre vous et le
BIG. Vous avez, d'une façon assez claire et pas mal précise, je dirais, mis
l'emphase sur ce qui était similaire. Le BIG, pour ceux qui nous écoutent, là,
c'est le bureau d'inspection à Montréal. On l'appelle toujours, communément, le
BIG. Il y en a un à Laval. Techniquement, vous pourriez l'être pour le reste du
Québec parce que, dans l'espace public, il y a d'autres projets qui méritent
sans aucun doute que quelqu'un soit le chien de garde de ça. Alors là, je vous
demanderais une question assez simple, qui est peut-être complexe à répondre.
Je vous laisse le loisir d'aller jusqu'où vous voudriez. Qu'est-ce qui existe
en termes de pouvoirs au BIG que vous n'avez pas aujourd'hui?
Le Président (M.
Simard) : M. Trudel.
M. Trudel
(Yves) : Avec le projet de loi n° 66, ce qui serait prévu?
M. Barrette :
Oui, avec 66. Vous prenez 66 avec ce que vous avez décrit comme pouvoirs, là,
et qu'est-ce qui est manquant, entre guillemets, je ne dis pas ça méchamment,
par rapport aux pouvoirs que le BIG a à Montréal?
M. Trudel
(Yves) : Pour nous, pour l'AMP, actuellement, avec ce qui est présenté
dans le cadre du projet de loi n° 66, il n'y a pas de différence. On peut
exercer… On a les mêmes pouvoirs. On considère que ce que le BIG, à Montréal,
a… et nous sommes en mesure d'exercer notre travail, comme le BIG est capable
de très bien le faire, par ailleurs, sur l'île de Montréal.
M. Barrette :
Alors, je vais préciser ma question, là. Est-ce que vous considérez… Là, la
question que je vous pose, elle est vraiment factuelle puis elle est importante
pour les travaux qui vont suivre. Je comprends de votre réponse que vous êtes
satisfait de ce que vous avez, mais la question que je pose, est-ce que c'est — permettez-moi
le pléonasme — complètement
complet? Est-ce qu'il y a des pouvoirs que le BIG a aujourd'hui que vous n'avez
pas dans votre lecture? Alors, ce n'est pas la même chose que de dire que vous
êtes satisfait de ce que vous avez. Moi, je vous
demande simplement une analyse comparative que vous avez sûrement déjà faite,
j'en suis convaincu. Qu'est-ce
que le BIG a que vous n'avez pas? Puis je ne dis pas que ça serait absolument
nécessaire, mais j'essaie de déterminer ce que le BIG a que vous n'avez pas.
Le Président (M.
Simard) : M. Trudel.
M. Trudel
(Yves) : Oui, merci. Donc, vous avez raison, on a travaillé sur le projet
de loi actuel pour avoir les pouvoirs, là, comme il en avait été discuté lors
des débats du projet de loi n° 61. Actuellement, avec ce que nous sommes
en mesure de voir, nos pouvoirs sont comparables en tous points à ce que le BIG
a actuellement. S'il y avait une différence, c'est qu'au niveau municipal… Et
là on est dans les 181 projets, et, de ce que je comprends, dans les
181 projets, il n'y a pas de municipalité dans ce que moi, j'ai vu, à tout
le moins. Donc, au niveau municipal, nous n'avons qu'un pouvoir de recommandation.
Dans toutes les recommandations qu'on a émises, les ordonnances de recommandation
qu'on a émises au niveau des municipalités, elles ont toutes suivi nos recommandations.
Barrette : Je comprends,
mais, en pouvoir d'enquête, de débarquer sur le terrain, comme vous l'avez
bien dit vous-même, comme, d'ailleurs,
l'avait bien dit le BIG lorsqu'ils sont venus nous voir, ce pouvoir-là, il est
extraordinaire et c'est le pouvoir dont l'effet dissuasif est le plus grand.
Alors, ce pouvoir-là, vous ne l'avez pas au municipal.
M. Trudel
(Yves) : Ce pouvoir-là, avec ma loi actuelle, je ne l'ai pas. Donc,
vous avez raison puisque, dans les 181 projets, pour l'instant, à ma
connaissance, il n'y a pas de projet municipal.
M. Barrette :
Alors, sur le plan légal, qu'est-ce que vous considérez comme étant un projet
municipal?
Trudel (Yves) : Un contrat
qu'une municipalité va donner dans un... Par contre... Par exemple, un
contrat de déneigement avec un entrepreneur dans sa municipalité, pour sa
municipalité.
M. Barrette :
O.K. Et est-ce que ça vaut également pour les sous-contractants, dans votre
esprit?
M. Trudel
(Yves) : Actuellement?
M. Barrette :
Oui, oui, actuellement, là.
Trudel (Yves) : Actuellement, nous aurions... nous pourrions contraindre un sous-contractant et nous
pouvons faire une vigie sur les sous-contrats, ce que nous ne pouvons pas faire
actuellement, oui.
M. Barrette : Très bien. Alors, on
va prendre un cas de figure très simple. Dans les projets, par exemple, qui
sont dans les 181, là, il y a l'hôpital de Vaudreuil. Bon, l'hôpital de
Vaudreuil, c'est un… Je prends cet exemple-là. Puis laissons l'hôpital de Vaudreuil, pendant un instant. On va prendre
un cas hypothétique, mais vous
comprenez, avec l'exemple que je viens de donner, où je veux aller.
Dans un projet qui est gouvernemental d'une
infrastructure x, ça pourrait être un palais de justice, ça peut être n'importe
quoi, le projet, par exemple, pourrait inclure obligatoirement des travaux
connexes d'ordre municipal, par exemple des approches, des bretelles, des
égouts, un paquet de choses qui sont d'ordre municipal. L'hôpital de Vaudreuil,
j'ai pris cet exemple-là comme ça parce que c'est un bel exemple, parce qu'il
va y avoir des approches, puis il va y avoir des égouts, puis il va y avoir de
la voirie, puis il va y avoir de l'asphalte, puis il va y avoir bien des
affaires municipales. Dans un tel cas, actuellement, vous ne pouvez pas aller
là, n'est-ce pas?
M. Trudel (Yves) : Si vous me
permettez, je demanderais à Mme Marcoux de répondre à cette question précise.
L'activité de vérification est évidemment sous sa direction. M. le Président,
est-ce que vous me permettez?
Le Président (M. Simard) : Très
volontiers.
M. Barrette : Et peut-être, à ce
moment-là, que je vais préciser ma question. Alors, vous comprenez qu'ici je ne
cherche pas des bibittes, là. J'essaie de savoir où sont vos limites par
rapport au BIG. Vous m'en avez exprimé une. J'y vois une application que vous
n'avez peut-être pas vue initialement, mais, à quelque part, il y a un lien
entre les deux, là. Il n'y aura pas, dans le cas hypothétique que je viens de
donner, moyen de passer à côté de la
partie municipale du projet. Et là je
comprends que vous ne pouvez pas y aller. Alors donc, il y a une différence.
Moi, c'est ça que je veux… C'est ce sur quoi
je veux pointer la discussion, là. Il y a une différence actuellement entre le
BIG et vous.
Le Président (M. Simard) : Alors, Me
Marcoux, heureux de vous entendre.
Marcoux (Nathaly) : Alors,
dans notre lecture, le projet de loi
n° 66 vise 181 projets.
Évidemment que, pour chacun des ces projets-là, plusieurs contrats
pourraient en découler. Et, s'il arrivait que des municipalités soient maîtres
d'oeuvre ou parties à un contrat public, donc, dans la réalisation de ces
projets, dans notre lecture actuelle, je vous répondrais ce matin que nous
aurions juridiction, et donc que nous pourrions appliquer les pouvoirs du projet
de loi n° 66 s'ils nous sont octroyés.
M. Barrette : Je suis obligé,
pardonnez-moi, Mme Marcoux… Je ne sais pas si c'est Me Marcoux, là, je ne veux
pas…
Le Président (M. Simard) : Oui.
Barrette : Me Marcoux,
pardonnez-moi, je ne veux pas remettre en cause votre divergence de
perception. Mais là il y a quand même un
point d'interrogation qu'il va falloir clarifier avec le temps, qu'on fera dans
la continuation des travaux. Maintenant, je reviens à vous, M. Trudel.
Vous souhaitez, là, que ce soit bien clairement redit, dit et redit, vous
souhaitez que ces pouvoirs-là soient permanents.
M. Trudel (Yves) : Oui, je souhaite
que ces pouvoirs-là soient permanents, tout à fait.
Barrette : Et là, peut-être, je reviens à vous, Me Marcoux. Est-ce que vous
voyez un obstacle qui fait en sorte que
ça ne l'a pas été écrit comme tel? J'essaie de trouver la raison pour laquelle
on ne l'a pas mis pérenne en partant. On sait, les lois, c'est fait pour certaines choses, selon certains juges,
je ne reviendrai pas là-dessus, mais ça peut être modifié.
Le Président (M. Simard) :
10 secondes, malheureusement. Me Marcoux, très rapidement, s'il vous plaît.
Mme Marcoux (Nathaly) : Oui. C'est
un choix parlementaire. Alors, c'est donc le processus démocratique qui a mené
à l'adoption du projet de loi qui en a fait ce qu'il est.
Président (M. Simard) :
Merci beaucoup. Je cède maintenant la parole au député de Rosemont.
Vous disposez de 2 min 30 s, cher collègue.
Marissal : Merci, M. le Président. Alors, rebonjour. À quelques mois d'intervalle,
on se revoit sur un projet de loi un peu différent, quoique… Je vais
aller vite, là, parce que je n'ai pas beaucoup de temps.
On comprend que le principal problème que vous
soulevez, c'est, effectivement, que ça s'appliquera, donc, ces pouvoirs
additionnels du projet de loi n° 66, pour les 181 projets, mais que
ça ne sera pas permanent. Est-ce que je comprends, donc, par exemple, que les
181 projets du p.l. n° 66
seront soumis aux pouvoirs additionnels, mais que,
concurremment, on pourrait lancer d'autres projets, par exemple le REM vers
l'est ou, un jour, peut-être, l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, mais que ces
projets ne seraient pas soumis aux mêmes pouvoirs dont vous disposez dans 66,
concurremment, là, en même temps, là, deux projets, parfois à un kilomètre de
distance, pas les mêmes pouvoirs?
M. Trudel (Yves) : Les pouvoirs qui
nous sont dévolus dans le cadre du projet de loi n° 66 sont strictement
pour les 181 projets identifiés au projet de loi n° 66.
M. Marissal : Bon, j'ai quasiment
envie de vous demander si vous trouvez que ça a du bon sens, parce que moi, je
trouve que ça n'en a pas. Alors, je vais me faire plaisir. Je vais vous poser
la question. Trouvez-vous que ça a du bon sens?
M. Trudel (Yves) : Bien, comme je
l'ai mentionné dans mon allocution, on considère, donc, que ces pouvoirs-là
devraient être, de façon pérenne, inclus dans notre loi habilitante. Donc, on
considère qu'on devrait avoir les mêmes pouvoirs prévus au projet de loi
n° 66 que dans notre loi habilitante pour être en mesure d'exercer les
mêmes fonctions, peu importe le contrat qu'on aurait à regarder.
M. Marissal : O.K. Vous dites
«devrait», mais, pour le moment, là, ce avec quoi on travaille, c'est le projet
de loi qu'on a devant nous. Ce n'est pas inclus. À la fin, là, je crois
comprendre que vous, vous préféreriez que ça soit le cas.
M. Trudel (Yves) : Que ça soit
inclus…
M. Marissal : Ça pourrait nous
inspirer pour des amendements, M. Trudel. C'est pour ça que je vous dis
M. Trudel
(Yves) : …dans la
Loi sur l'Autorité des marchés
publics. Et, comme je l'ai dit dans mon allocution, c'est important
aussi, nous avons actuellement des échanges avec le Secrétariat du Conseil du
trésor à cet effet-là.
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
M. Marissal : Très bien, c'est bon,
merci.
Président (M. Simard) : Très
bien. Merci à vous, M. le député de Rosemont. Je cède maintenant la parole au député de
Jonquière pour une période de 2 min 30 s.
M. Gaudreault : Oui, merci. Merci de
votre présence virtuelle. Je voudrais savoir en quoi ces nouveaux pouvoirs qui
vous sont alloués de façon temporaire dans le projet de loi n° 66
contribuent à accélérer certains projets d'infrastructure.
M. Trudel (Yves) : Ces nouveaux
pouvoirs là ne contribuent pas à accélérer les projets d'infrastructure, mais
bien à en assurer l'intégrité. C'est donc ceux qui vont contracter avec les
différents ministères, organismes qui auront,
donc, des contrats avec eux. Bien, notre travail est de s'assurer, un, du
respect du code normatif, deux, de l'intégrité des entreprises qui vont
contracter avec…
M. Gaudreault : Ça veut dire qu'en
soi, pour améliorer l'intégrité, le respect des contrats, des sous-contrats
publics, la transparence, la reddition de comptes, sans même vouloir accélérer
certains projets d'infrastructure, ça serait pertinent quand même de vous les
accorder.
M. Trudel (Yves) : Vous voulez dire
dans notre loi actuelle ou dans le projet… Dans notre loi actuelle?
M. Gaudreault : Oui, oui.
M. Trudel (Yves) : Tout à fait.
M. Gaudreault : O.K. Sur la question
de la reddition de comptes, à la page 6 de votre mémoire, vous êtes
heureux de voir que vous allez pouvoir rendre publiques vos décisions sur le site
Internet, que c'est une bonne mesure. Et là je sais que vous faites référence à
l'article 6, alinéa cinq du projet de loi. Donc, ça veut dire que
vous pourriez prendre des mesures… rendre
des décisions, c'est-à-dire, pour des projets de loi qui sont
couverts dans l'annexe. Ça serait… Votre décision serait sur Internet,
mais une même décision par rapport à un autre projet qui n'est pas dans
l'annexe ne serait pas sur Internet.
Trudel (Yves) : Non. Donc,
je vais me permettre de corriger un petit peu ce que vous amenez. C'est-à-dire que, présentement, avec la loi
actuelle, nous avons l'obligation de rendre publiques toutes nos décisions.
Donc, toutes les décisions, actuellement,
sans le projet de loi n° 66, dans le cours de notre travail, depuis 2019,
on a l'obligation et on se fait un devoir, par
ailleurs… Donc, c'est une obligation qui est prévue à la loi, mais on est
contents que ça soit prévu à la loi parce qu'on considère que nos décisions
doivent être lues et vues par le plus grand nombre de personnes possible.
Le Président (M.
Simard) : En conclusion.
Gaudreault : O.K. Donc, qu'est-ce qu'il y a de nouveau par rapport à
ça, là?
M. Trudel
(Yves) : C'est-à-dire que, dans le projet de loi n° 66, il est prévu
une reddition de comptes, et nous y souscrivons. Dans notre rapport...
Président (M. Simard) : Très bien. Merci, M. Trudel. Je cède
maintenant la parole au député de Chomedey pour une période de deux
minutes.
M. Ouellette : Merci, M. le Président. Bonjour, Mme Marcoux. Bonjour,
M. Trudel. J'aurai deux questions pour
vous. La première : Présentement, dans l'échange d'information que vous
avez avec le BIG de Montréal, il n'y a aucune
restriction, c'est-à-dire que... Est-ce que vos dossiers et les dossiers du
BIG... Vous avez un échange qui n'a pas besoin d'être avalisé par un
amendement à un projet de loi quelconque dans votre loi constitutive?
M. Trudel
(Yves) : Présentement, nous avons des… différents comités, dont des
comités... des gens qui se rencontrent pour échanger l'information utile au
BIG… pas à Saint-Jérôme, le cas échéant, à Laval, le cas échéant, à Longueuil,
le cas échéant, avec nos partenaires. Donc, on travaille en collégialité avec
nos partenaires et on partage l'information utile à chacun d'eux. C'est un…
Oui, allez-y, pardon.
Ouellette : Puis il n'y a pas de restriction. Je veux dire…
M. Trudel
(Yves) : Il n'y a pas de…
M. Ouellette :
O.K. Je reviens à vos discussions qui sont en cours avec le Secrétariat du
Conseil du trésor sur la pérennité des pouvoirs de 66. Avez-vous juste des
discussions, M. Trudel, pour qu'ils rendent ça permanent ou vous avez
aussi des discussions sur d'autres articles de votre loi constitutive qui
devraient être à l'attention des parlementaires ici présents lors de l'étude du
projet de loi n° 66 pour, justement, amener certains amendements qui vous
donneraient des pouvoirs pas juste comparables, mais égaux pour tous les
contrats publics au Québec?
Le Président (M.
Simard) : En conclusion.
M. Trudel
(Yves) : Comme je l'ai mentionné dans mon allocution, nous avons des
discussions, mais des discussions qui... ce n'est pas juste des discussions en
l'air, là, c'est pris au sérieux. Il y a un comité législatif. On est en train
de proposer des amendements législatifs à la fois à la LCOP, à la fois à notre
loi.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Alors, sur ce, Me Marcoux, M. Trudel, merci
beaucoup pour votre contribution à nos travaux.
Nous allons suspendre
momentanément.
(Suspension de la séance à
11 h 03)
Président (M. Simard) :
Alors, chers collègues, à
l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons reprendre nos auditions. Nous sommes maintenant en
présence des représentants de la Fédération des chambres de commerce du Québec.
Messieurs, bienvenue parmi nous. Vous savez que vous disposez d'une période de
10 minutes pour faire votre présentation. Auriez-vous d'abord l'amabilité
de vous présenter?
M. Milliard
(Charles) : Avant de débuter, M. le Président, j'entends encore de la
musique d'ambiance dans mon système, je ne sais pas si c'est le cas chez vous
aussi.
Le Président
(M. Simard) : Oui. Il y a beaucoup d'ambiance à l'Assemblée
nationale. Là, on va tenter de faire un appel discret à la régie pour corriger
le tout.
M. Milliard
(Charles) : Voilà, voilà, voilà. Alors, l'appel a été entendu. Alors,
bonjour à tous, je me… Oh! je vous entends parler.
Le Président (M. Simard) : Ce
n'est pas moi qui parle, M. Milliard.
Alors, on va suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à 11 h 15)
Le Président (M. Simard) : À
l'ordre, s'il vous plaît, chers collègues. Donc, nos problèmes techniques sont
apparemment résolus. Puisque nous avons pris un petit retard, j'aurais besoin
de votre consentement afin que nous puissions
poursuivre au-delà de l'heure prévue. Consentement. Alors, messieurs, c'est une
reprise. Nous sommes à votre écoute. Merci de votre patience.
M. Milliard (Charles) : Alors,
merci à tous. Donc, bonjour. Je me présente, Charles Milliard, président-directeur
général de la Fédération des chambres de commerce du Québec. Je suis
accompagné, à saine distance, de mon collègue Philippe Noël, directeur
principal, Affaires publiques et économiques. Nous remercions la commission de
nous permettre de comparaître à nouveau devant vous aujourd'hui afin de parler
de l'important projet de loi n° 66, comme
nous l'avions fait, d'ailleurs, lors
du projet de loi n° 61 en juin dernier, un projet de loi qui, faut-il le
rappeler, a fait couler beaucoup d'encre et suscité de nombreux débats.
Un bref rappel. La Fédération des chambres de
commerce du Québec, grâce à son vaste réseau de plus de 130 chambres de commerce et de 1 100 membres corporatifs, représente plus de 50 000 entreprises, petites, moyennes et grandes, exerçant leurs
activités dans tous les secteurs de l'économie et sur l'ensemble du territoire
québécois.
Le texte législatif devant nous aujourd'hui
s'inscrit dans un contexte, comme vous le savez, fort particulier, celui d'une
pandémie mondiale qui a causé déjà le décès de plus de 1 million de
personnes, dont plus de 6 000
au Québec, selon les dernières statistiques.
À la crise sanitaire s'est rapidement rattachée une crise économique
majeure, principalement causée par la fermeture de pans complets de notre
économie pendant une période importante. Même si
l'intensité a varié d'un secteur à un autre, tous ont été touchés, et les
dégâts, vous le savez, sont majeurs et inquiétants. Sur tous les fronts,
le Québec n'a pas été épargné, mais nos gouvernements, fédéral, provincial, ont
été présents pour aider nos entrepreneurs et la population.
Après les mesures de crise, et malgré la
recrudescence des cas positifs et les restrictions qui en découlent, toute la
place doit être laissée désormais aux mesures de relance. C'est un devoir pour
les parlementaires, les milieux économiques et les groupes environnementaux,
entre autres. Malheureusement, la recette miracle n'existe pas. Sinon, comme on le dit, ça se saurait. Il faut
alors que le gouvernement utilise plusieurs des leviers qu'il a à sa
disposition pour envoyer un message clair
sur ses intentions, soit de soutenir les secteurs d'activité en difficulté, de
remettre les Québécois au travail, de
continuer à stimuler et à valoriser l'entrepreneuriat, et, évidemment, tout en
protégeant note environnement.
À la FCCQ, nous croyons que le projet de loi
n° 66 contient plusieurs idées qui permettront au gouvernement de se
rapprocher de son objectif et de stimuler résolument l'économie québécoise.
Bien sûr, bien sûr, rien n'est parfait, et
les consultations des prochains jours serviront à bonifier cette pièce
législative, mais il nous apparaît important de souligner dès maintenant
tout le travail accompli. Mettre en oeuvre des mesures pour accélérer la
réalisation de 181 projets
d'infrastructure au PQI est une volonté qui est largement partagée par la
communauté d'affaires québécoise. Ceux-ci
seront des projets importants, vous le savez, pour le développement économique
du Québec et de ses régions.
On peut penser notamment à la construction des
maisons des aînés, la rénovation des CHSLD ou à des infrastructures
électriques, routières et de mobilité durable, en somme, donc, des projets pour
tous, mais surtout des projets partout, bref, un coup de pouce tangible à
l'industrie de la construction afin de lui permettre de bien négocier les
prochains mois. Réduire le fardeau administratif imposé aux entreprises dans
l'obtention des autorisations et réduire le nombre d'intermédiaires au maximum
entre les entreprises et l'État québécois constituent, selon nous, des facteurs
de succès.
Nous demandons, d'ailleurs, dans la mesure du
possible, et pour certains des éléments dont on discutera ce matin, que les mesures visant les projets
identifiés dans le projet de loi puissent devenir des mesures permanentes
pour l'ensemble des projets d'infrastructure publique, incluant ceux sous
juridiction municipale, et que des actions soient prises en ce sens dès que
possible, dans les prochains mois.
De plus, lorsqu'applicable, encore une fois,
nous recommandons que le gouvernement se penche sur des mesures législatives et réglementaires similaires pour les projets du
secteur privé pour accélérer la cadence des différentes autorisations nécessaires,
et ce, encore une fois, sans atténuer l'importance des processus d'autorisation
en place. Cette demande de nos membres transcende les secteurs d'activité et
provient de toutes les régions du Québec.
Sur le plan environnemental, nul doute que ces
projets de relance économique doivent s'accompagner de mesures qui visent à
préserver la qualité de notre environnement et de nos milieux de vie sociaux.
Selon notre compréhension du présent texte, le ministre de l'Environnement
conserve tous ses pouvoirs de sanction prévus à la
Loi sur la qualité de
l'environnement, et la quantité de documents exigés par le ministère demeure
intacte. Ceux-ci devront, d'ailleurs… pourront, d'ailleurs, être exigés au fur
et à mesure que les projets avancent.
De plus, il serait souhaitable
d'intégrer ultimement des critères environnementaux précis, objectifs,
mesurables et pertinents dans le processus
d'attribution des marchés publics de manière à favoriser le déploiement
accéléré d'une économie sobre en carbone, résiliente, locale et
circulaire. Et plusieurs Québécois le demandent, par ailleurs. Nous le savons
tous.
Dans
l'esprit de ces consultations, nous profitons de l'occasion offerte aujourd'hui
pour vous présenter évidemment des
demandes de bonification en lien avec le projet de loi n° 66.
Comme il s'agit d'un projet de
loi sur les infrastructures, nous ne
pouvons passer sous silence une demande importante, presque éternelle,
incontournable pour de nombreuses entreprises en construction, mais aussi pour
des fournisseurs de services de l'État, par exemple dans le secteur de la santé
ou des technologies de l'information. Je parle ici, vous me voyez venir
probablement, des critères d'octroi dans les contrats publics.
À ce sujet, le fruit
est plus que mûr et tous les ingrédients sont en place pour que le
gouvernement, selon nous, agisse à ce titre.
Nous demandons au gouvernement de présenter le plus rapidement possible les
projets de règlement ou toute
modification nécessaire au Secrétariat du Conseil du trésor afin que l'octroi
des contrats publics mise désormais principalement
sur des critères de valeur, comme la qualité, l'innovation, l'expertise, la
durabilité, le résultat et des bonnes pratiques
en matière de développement durable, plutôt, donc, que sur le fameux choix du
plus bas soumissionnaire conforme.
Également, nous
demandons que ces mesures deviennent permanentes et deviennent la façon pour
l'État de valoriser convenablement le savoir-faire et aussi la prise de risque.
Pour nous, le prix doit être un critère, mais ne devrait pas être celui qui prédomine le choix du soumissionnaire. La
méthode du plus bas soumissionnaire peut engendrer, on le sait, on en a
parlé dans plusieurs commissions parlementaires, certaines dérives et amener
des impacts néfastes quant aux résultats des projets puisqu'elle revient
souvent à choisir les solutions les plus bas de gamme. Résultat, les
entreprises se voient dans l'obligation de choisir des composantes de moindre
coût afin de correspondre au critère misant sur le prix dans l'octroi des
contrats publics.
Ainsi, nous demandons
à la présidente du Conseil du trésor d'appliquer les principes retrouvés dans
la recommandation n° 2 du rapport de la commission
Charbonneau, un rapport qu'elle connaît évidemment très bien, tout comme
l'ensemble des parlementaires. Nous demandons également de considérer davantage
les marchés publics comme des vitrines technologiques, un terme qu'on
entendra plusieurs fois cette semaine probablement, et pour faire valoir les
produits québécois, et donc, conséquemment, l'achat local.
En somme, sur ce
point, il faut agir dans le dossier du plus bas soumissionnaire conforme. Et,
pour ceux et celles qui seraient peut-être blasés de nous entendre parler de ce
point depuis plusieurs années, je vous rassure que nous aussi, on a hâte
d'arrêter d'en parler le plus rapidement possible.
À l'occasion du
projet de loi n° 61, nous avions demandé en commission parlementaire de
s'assurer que l'Autorité des marchés publics, qui vient de comparaître devant
vous, d'ailleurs, puisse disposer des ressources nécessaires pour surveiller
adéquatement les processus d'octroi et la gestion contractuelle des projets
retrouvés en annexe. La FCCQ tient donc à mentionner qu'elle se réjouit des
nouvelles mesures amenées par le projet de loi, sans retarder pour autant les
processus d'autorisation.
Dans un autre ordre
d'idées, la FCCQ demande au gouvernement de profiter du projet de loi
n° 66 pour déposer à nouveau les
amendements proposés dans le cadre du projet de loi n° 61, entre autres,
dans la modernisation de la réglementation entourant les produits
alcoolisés vendus par les restaurateurs, d'autant plus que, depuis le dépôt du projet de loi, le 23 septembre dernier, la
situation a évolué rapidement, à preuve d'exemple la conférence de presse
du premier ministre du 28 septembre dernier, créant la fermeture, donc, de
plusieurs restaurants. Donc, l'augmentation du nombre de zones rouges, qui
amène la fermeture temporaire, notamment, des salles à manger et des
restaurants pour favoriser les services de livraison, devrait inciter le gouvernement,
selon nous, à bouger très rapidement.
En juin dernier, nous
nous réjouissions de constater que les choses avanceraient rapidement en
mettant en place un cadre réglementaire qui permettrait aux tiers, donc, de
livrer de l'alcool, un maximum de produits pour les clients, en étant
considérés, donc, comme des mandataires du permis d'alcool, idem pour la
diminution du prix du permis d'alcool saisonnier et des allègements
réglementaires en matière de publicité.
Au niveau des
allègements réglementaires, le gouvernement a l'occasion de faire d'autres
améliorations, notamment grâce à l'article 36 du projet de loi n° 66.
On pourrait ainsi revoir la réglementation actuelle qui ne permet pas à un
producteur de vendre son produit sur place si celui-ci est supérieur à un taux
de 20 % d'alcool. Bref, il faut trouver une voie pour rassurer nos
restaurateurs rapidement et répondre positivement à leurs demandes qui nous
apparaissent très légitimes.
Finalement, la
crainte des évictions commerciales et de la saisie de leurs biens demeure
réelle plus que jamais, même, chez bon nombre de locataires commerciaux, des
locataires qui étaient, par ailleurs, en règle avant le premier confinement de
mars dernier et qui font face à un manque important de liquidités pour des raisons
évidentes. Plusieurs restaurateurs et tenanciers de bars, donc, en zone rouge
sont évidemment du nombre. Nous comprenons la volonté de la présidente du
Conseil du trésor de circonscrire son texte législatif autour des
infrastructures, mais le projet de loi n° 66 est une occasion trop belle
pour bouger rapidement et apporter des modifications législatives nécessaires
sans attendre le dépôt d'un autre projet de loi omnibus qui mettrait du temps à
être adopté et continuerait d'augmenter l'anxiété que vivent les locataires
commerciaux.
En terminant,
permettez-nous de souhaiter que les travaux de la commission, au cours des
prochains jours, réussissent à générer des consensus pour permettre au projet
de loi n° 66 d'apporter une contribution concrète à notre grand chantier
collectif, donc celui de permettre à l'économie québécoise de réussir sa
relance. Merci.
Le Président (M. Simard) : Merci,
M. Milliard. Je cède maintenant la parole à Mme la ministre, qui dispose
de 15 minutes.
Mme LeBel : Merci,
M. le Président. Merci, M. Milliard, M. Noël, de votre présence et de
votre témoignage. Je dois vous dire, d'entrée de jeu, que je vous remercie de
la confiance que vous mettez en le projet de loi n° 66, à l'effet qu'il
pourrait être adopté de façon rapide, mais je souhaite également qu'on ait des
consensus. Puis je dois vous dire que, jusqu'à présent...
D'ailleurs, je souhaite la bienvenue à mon
nouveau collègue qui est maintenant le porte-parole, au niveau du Parti
québécois, la — troisième,
deuxième? Troisième, excusez-moi — troisième opposition, au Conseil du
trésor. Alors, bienvenue, bienvenue autour de la table. On l'aurait fait ce
matin, mais bienvenue autour de la table, donc. Et je pense qu'on a… Dans les conversations qu'on a eues jusqu'à
présent, là, on va être capables de dégager des consensus et des voies
de passage pour respecter à la fois les objectifs d'accélération des projets
que vous mentionniez être si importants, et surtout le respect des normes
d'intégrité et environnementales, je me permets de le préciser.
Je peux peut-être vous demander... Effectivement,
le projet de loi n° 66, vous avez raison, est ciblé
sur l'accélération, qui était le «core business», si je peux le dire de cette
façon-là, du projet de loi n° 61, qui comportait d'autres mesures. Je l'ai
dit, ce matin, dans mes remarques préliminaires, je le réitère. Le projet de
loi n° 66 ne se veut pas le projet de la relance économique. Je pense que
c'est important de le préciser pour tous vos membres.
Vous avez mentionné certains aspects qui étaient
dans le projet de loi n° 61, que vous aviez approuvés ou, en tout cas,
pour lesquels vous aviez eu des bons commentaires, qui ne sont pas repris dans
le 66. Je vous juste vous rassurer. Ils ne
sont pas mis de côté présentement par le gouvernement, mais on a fait
le choix, dans le 66, pour toutes sortes de raisons, de resserrer et de
cibler sur les mesures d'accélération et la contrepartie, c'est-à-dire
d'augmenter les pouvoirs de surveillance de l'AMP.
Donc, je
n'entrerai pas plus… parce que ce sont les dossiers de mes collègues,
mais je veux simplement répondre à votre questionnement par un signal
positif sans en dire plus, à l'effet qu'on a bien entendu votre message et que
ces mesures-là font encore
partie des intentions.
Ceci étant
dit, on va peut-être se centrer sur les mesures du projet de loi n° 66, si vous le permettez, et peut-être répondre à une inquiétude ou un commentaire
qui transparaissait dans une question de mon collègue de La Pinière tantôt. Vous dites que... Comment vous percevez,
donc, l'investissement… le devancement, premièrement, parce qu'on
devance 181 projets. En réduisant les délais, nécessairement, les mises en
chantier vont arriver plus rapidement. On a devancé des sommes également, des
investissements massifs au PQI, pour en faire plus, de projets. Comment vous percevez ces investissements-là dans les
infrastructures publiques comme étant un outil de relance économique? Est-ce que vous pensez que c'est une bonne
façon de faire, de devancer ou d'investir dans des infrastructures pour aider
une économie… pas le seul outil, mais un des outils de la relance économique?
M. Milliard (Charles) : Écoutez,
oui, vous vous doutez probablement de ma réponse, effectivement, on pense que
nous… Les projets d'infrastructure, c'est une bonne façon d'envoyer un signal
positif. J'ai toujours eu l'impression que le projet de loi n° 66 ne
représentait pas l'ensemble du plan de relance du gouvernement. D'ailleurs, on
a plusieurs attentes qui n'auraient pas été répondues si ça avait été
l'ensemble du plan de relance du gouvernement, entre autres sur toute la
question du plan d'électrification et de l'économie verte, entre autres, qu'on
attend avec intérêt.
Pour ce qui est des 181 projets, ce qu'on
aime bien, nous, à la fédération, c'est la diversité de ces projets-là. Alors,
je comprends qu'il y a plusieurs projets qui sont de nature routière, qui
peuvent déplaire à certains groupes. Je pense qu'on peut le reconnaître
d'emblée. Mais il y a aussi plusieurs projets de transport collectif, des
projets qui sont assez structurants pour le futur de la société québécoise,
comme les maisons des aînés, les CHSLD.
Alors, pour nous, ça nous apparaît être un bon
mix, si on veut, pour stimuler la relance, mais pour l'ensemble des régions
aussi, parce que je vous rappelle que nous, on a un souci qui est très, très
élevé sur les régions éloignées, entre autres, et il y a plusieurs projets qui
se retrouvent là-dedans. Alors, globalement, ça nous apparaît être un des
leviers. Je vous mentionnais tout à l'heure que la recette miracle n'existe
pas. On ne fera pas des miracles avec ce projet de loi là, mais je pense qu'on
passerait à côté d'une belle occasion de ne pas lui donner suite.
Mme LeBel : O.K. Vous parlez des
processus environnementaux qui sont accélérés. Est-ce que vous pensez que la
façon dont le projet de loi propose d'accélérer certains processus
environnementaux… Donc, on agit sur certains... à certains endroits du
processus d'autorisation. Vous avez parlé de la documentation qui demeure la
même. Est-ce que vous pensez ou vous êtes confiants qu'on est capables quand
même de respecter les normes environnementales qui sont extrêmement
importantes? Là, je le dis d'entrée de jeu… Et l'objectif n'est pas de bafouer
ces normes environnementales là, mais de trouver de nouvelles façons de faire
qui permettent à la fois d'être plus
efficaces, efficients ou d'agir avec plus de célérité dans nos projets tout en
respectant les enjeux environnementaux. Qu'est-ce que vous en pensez, de
votre point... de votre coup d'oeil à vous?
M. Milliard (Charles) : Je
laisserais peut-être mon collègue Philippe répondre. Mais je tiens à
mentionner, par contre, que, pour nous,
c'est évident que le ministre de l'Environnement conserve tous ses pouvoirs. Alors, la façon d'imposer
des sanctions, des amendes peut changer dans le temps et permettre justement
une économie de temps entre deux et 36 mois, mais peut-être,
en moyenne, six mois, comme on l'a déjà mentionné. Mais, Philippe, je te
laisserais répondre.
M. Noël (Philippe) :
Oui, d'abord, bonjour. En fait, on a consulté aussi des entreprises entourant
le dépôt du projet de loi. On a eu le temps
de le faire. Tu sais, à notre compréhension, on parle vraiment d'accélérer les
processus, pas d'atténuer leur importance. On parle de réduire les délais
administratifs. Donc, comme notre P.D.G. le mentionnait, à l'article 64,
il est prévu que le ministre de l'Environnement fasse une reddition de comptes.
Il est quand même prévu aussi dans le projet de loi qu'il y ait des dépôts de documents, et qu'il y ait des sanctions, et
qu'il y ait des vérifications… des amendes, des sanctions et qu'il y ait
des vérifications qui se fassent en parallèle, sans retarder indûment, si on
veut, le départ de certains projets. Donc, pour nous, c'est sûr qu'on accueille
ça favorablement. Et on ne voit pas ça comme étant court-circuiter des
processus, mais plutôt de réduire des délais administratifs.
LeBel : Est-ce que
les gens que vous avez consultés, effectivement, les entrepreneurs, en tout
cas, là, vos membres constatent que,
dans la loi actuelle, une des difficultés, si on veut, d'obtenir des
autorisations environnementales, c'est que tous les projets sont traités
de la même façon au niveau des autorisations environnementales, peu importe
l'impact environnemental anticipé, que ce soit un impact faible, modéré ou un
enjeu plus grand? Ce que j'en comprends… Et
je veux voir, de votre expérience et les discussions avec les gens que vous
représentez… C'est une des difficultés du processus actuel de la
Loi sur la
qualité de l'environnement. C'est-à-dire que… Je vais caricaturer,
naturellement, mais, que ce soit de changer un ponceau ou de construire un
pont, on en est au même processus environnemental avec des délais qui sont
presque équivalents sans égard aux impacts environnementaux réels.
M. Noël (Philippe) :
Oui. Non, effectivement, puis les délais, ça a toujours fait partie, en fait,
si on veut, historiquement, même, des préoccupations qu'on entend beaucoup de
la part de nos membres sur bon nombre d'autorisations. Quand on entend que le
projet de loi, pour ces 181 projets d'infrastructure là, va permettre de
gagner entre deux et 36 mois, peut-être six mois en moyenne, ce que
j'avais entendu, d'ailleurs, c'est sûr que c'est accueilli favorablement. Ça
fait
partie de nos demandes traditionnelles depuis longtemps, d'avoir un régime
d'autorisation environnemental qui est clair, prévisible, optimisé, moderne.
Et puis d'ailleurs le règlement sur
l'encadrement d'activités en fonction de leurs impacts environnementaux, le REAFIE, nous, on l'avait… les dernières
modifications, on avait accueilli ça quand même assez favorablement.
Puis on sent que le projet de loi, dans le fond, s'inscrit un peu dans cette
optique-là. Et puis on avait, encore là, consulté nos membres aussi à cette
occasion-là. Et puis donc c'est pour ça qu'on accueille, quand même,
globalement, favorablement le projet de loi, mais on amène certaines
bonifications, comme notre P.D.G. vous l'a présenté.
Mme LeBel : Dans le fond, je suis
contente que vous y faites référence. Je pense, le REAFIE, là, l'acronyme auquel vous faites référence, qui a été déposé par
mon collègue en environnement, je pense, en février ou début mars, et
qui devrait, en principe, entrer pleinement
en vigueur d'ici décembre, si je comprends bien, bien, effectivement, les
processus qui sont dans le projet de loi n° 66 s'inscrivent dans la même
philosophie de qualifier les risques environnementaux et d'établir des
processus d'autorisation en fonction du risque environnemental plutôt que de
faire, pour reprendre l'expression que… de la Molson pour tout le monde,
finalement. Donc, vous voyez, là, la similitude entre le REAFIE et la
philosophie derrière les processus qui sont accélérés dans le projet de loi
n° 66.
M. Noël (Philippe) :
Oui, effectivement. Puis il y a quand même des demandes d'autorisation aussi à
fournir en cours de route, là, lorsqu'il est
question de différentes catégories, là. Je n'ai plus ça en mémoire, mais, il me
semble, il y avait des milieux humides et hydriques à travers ça. Il y avait
des… lorsqu'on était dans un ancien lieu de matières résiduelles aussi.
Mme LeBel : Contaminé, oui.
M. Noël (Philippe) :
Contaminé, exactement. Donc, nous, évidemment, ça correspond à des demandes
aussi qu'on avait auparavant, là d'alléger, en fait, le fardeau administratif
entourant les autorisations environnementales.
Mme LeBel : Parfait, merci.
Peut-être, en terminant… Mon collègue, tantôt, a fait référence au fait qu'il
avait de la misère à se trouver un électricien ou un plombier, je ne sais plus
trop lequel, mais… un électricien. Donc, l'appel est lancé. Je vais mettre ça
sur mon Facebook également pour l'aider, mais l'appel est lancé, son numéro de
téléphone est le…
Non, mais, sans blague, moi, ce que j'en
comprends, il y a une différence entre le milieu de la construction dans le secteur résidentiel, et purement privé,
résidentiel, tel qu'un électricien chez mon collègue, et ce que moi, je
vais appeler le milieu industriel, que ce soit privé ou public. Et je comprends
que les contrats dans le milieu industriel, je vais parler, bon, de construction d'usines, de routes, de bâtiments,
d'édifices à bureaux, que ce soit privé, avec de l'argent privé ou des
contrats publics… je comprends que, dans le secteur privé, les investissements
privés s'essoufflent présentement et que les contrats qu'on est en train
d'exécuter au moment où on se parle, ce sont des contrats qui étaient, je vais le dire de… prépandémiques, si je
peux le dire comme ça, et que c'est bienvenu, là, l'accélération, et le
devancement, et les investissements du public dans ces secteurs-là, parce qu'au
contraire de mon pauvre collègue, qui ne
peut pas se trouver un électricien, dans le secteur plus large que je vais
appeler, moi, industriel, ce n'est peut-être pas le bon terme, vous me
corrigerez, là, on anticipe une pénurie. Donc, les investissements publics vont
ne faire qu'occuper une place que les investissements privés vont délaisser un
peu avec les problèmes économiques qu'on connaît. Est-ce que c'est exact?
M. Milliard (Charles) : Bien,
globalement, sans entrer dans les détails des problèmes électriques, je vous
dirais qu'il y a effectivement certains métiers qu'il y a des problèmes de
main-d'oeuvre un peu partout au Québec, mais il ne faut pas, je pense, faire le procès de
l'ensemble de l'industrie de la construction ce matin en disant que
l'industrie est à pleine capacité. Ce n'est pas le cas. En région, il y a
encore beaucoup de travailleurs qui attendent avec grand plaisir plusieurs des
181 projets qui sont mentionnés dans le projet de loi. Donc, l'industrie
de la construction, pour être bien honnête,
n'est pas celui qui va le plus mal, hein? Donc, on aimerait bien qu'il y ait
des projets d'accélération du secteur touristique, du secteur culturel
aussi. Ce n'est pas le propos de ce matin, mais il y a certainement de la
capacité pour répondre à tous ces besoins-là.
Noël (Philippe) : Oui, puis
peut-être rajouter rapidement… Dans notre mémoire, à la fin, dans les deux
dernières pages, on parle justement
de la mobilité géographique des travailleurs pour répondre aux besoins en
région. On veut qu'il y ait des changements à ce niveau-là, puis ça fait
longtemps qu'on le demande. Donc, c'est des propositions qu'on vous fait justement
pour aider à pallier à ces enjeux-là de main-d'oeuvre.
M. Milliard (Charles) : Puis je
compléterais en disant qu'il y a un grand chantier de requalification de la main-d'oeuvre
en ce moment au ministère du Travail, avec toute la société civile, un dialogue
social qui va permettre justement certaines passerelles pour pouvoir combler des
manques comme ceux qu'on peut peut-être… venir de mentionner.
Mme LeBel : Donc, en parallèle au projet
n° 66, qui vient accélérer certains projets
d'infrastructure… Puis, vous l'avez dit, ce
n'est pas parce que c'est l'industrie de la construction qui est nécessairement
en péril, mais c'est parce que c'est
un des secteurs qui est reconnu pour générer beaucoup de retombées économiques
aussi qui sont périphériques à
l'industrie, toute la chaîne de fourniture d'équipements, de magasins, de, bon,
tout ce qui va autour, manufacturière. Donc, un dollar investi dans la
construction a beaucoup de retombées périphériques, si on veut. C'est un peu ce
qui motive le choix dans le projet de loi n° 66.
Mais, encore une fois, je le mentionne, ce n'est
pas la seule relance. On travaille également dans le secteur du tourisme. On
travaille également dans le secteur de l'hôtellerie, de la restauration. Je
veux rassurer tout le monde, mais ce n'est pas le projet de loi n° 66 qui
est l'outil pour le faire. Donc, effectivement, on travaille sur les enjeux de
requalification de la main-d'oeuvre pour s'assurer qu'il n'y ait pas de
pénurie, là. Donc, je suis contente que vous le mentionniez. Je pense, ce n'est
pas vendredi passé, d'ailleurs, qu'il y a eu une espèce de journée, là, sur cette...
une journée de consultations sur ce sujet?
M. Milliard (Charles) : Voilà.
Mme LeBel : Parfait, merci. Je ne
sais pas si vous aviez quelque chose que vous vouliez ajouter. Moi, ça fait un
peu le tour des questions que je voulais voir avec vous.
M. Noël (Philippe) :
Oui, bien, tout à l'heure... En fait, tout à l'heure, vous avez dit, d'entrée
de jeu : Pourquoi on amenait les amendements, en fait, de nouveau dans ce
projet de loi là? Parce que c'est un projet de loi qui se veut, puis on
comprend très bien, axé sur les infrastructures, mais le projet de loi a été
déposé le 23 septembre, et, le
28 septembre, le premier ministre est arrivé avec des mesures… pour les
zones rouges, ce qui a entraîné, en fait, des fermetures de salles à
manger, par exemple, pour les restaurateurs.
Donc, notre proposition allait un petit peu dans
le même sens que le projet de loi n° 61, où on avait profité du projet de
loi n° 61 pour déposer des amendements. Et donc on croit que le projet de
loi n° 66 peut être un véhicule qui pourrait faire en sorte qu'on ait ces
mesures-là… qui est souhaité puis ces amendements-là qui sont souhaités par
l'industrie le plus rapidement possible. Donc, c'est pour ça qu'on faisait
cette proposition-là. Mais on est tout à fait conscients que c'était limité aux
infrastructures dans votre intention pour le projet de loi n° 66.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Mme LeBel : Merci. Peut-être qu'il
me reste quelques secondes simplement pour vous dire que je partage, et ce
n'est pas un secret, votre opinion sur le fait qu'il faut revoir les règles
d'adjudication de contrats. Maintenant, comment le faire? Il faut bien le
faire, parce qu'une fois qu'on touche à la
loi sur les contrats publics, on le
sait, c'est quelque chose de très délicat. Donc, il faut le faire tout en
s'assurant de l'intégrité des processus.
Donc, je veux simplement vous rassurer sur le
fait que, la réflexion, elle est non seulement entamée, mais elle est très
présente et active au sein du Secrétariat du Conseil du trésor. Et ce sera une
réflexion aussi qui entraînera probablement en parallèle des modifications à la
Loi sur l'Autorité des marchés publics, là, pour être sûrs de bien coordonner
non seulement les mesures d'intégrité et d'attribution de contrats, mais le
chien de garde, qui devra le faire. Donc, c'est une des raisons pour lesquelles
on veut le faire, dans un deuxième temps. Donc, merci. Merci beaucoup de votre
présence et de votre témoignage.
Le Président (M. Simard) : Merci, Mme
la ministre. M. le député de Saint-Jérôme.
Chassin : Merci, M. le Président. Bonjour, M. Milliard.
Bonjour, M. Noël. Dans le fond, je trouve drôlement intéressant et
j'apprécie que, dans votre présentation, vous ayez pris quelques minutes pour
parler de tout ce qui concernait l'aide par rapport aux restaurants et
l'allègement réglementaire. Bien qu'évidemment ça ne soit pas dans le projet de
loi n° 66, là, je tiens à vous assurer que tout ce qui concerne ces amendements-là
ne sont pas perdus, mais
sont pilotés par, évidemment, la Régie
des alcools et le ministère de la Sécurité publique. Alors, merci d'en
avoir fait mention.
Président (M. Simard) : Merci à vous, très cher collègue. Nous sommes
tapant dans le temps. M. le député de La Pinière, à vous la parole. Vous
disposez de 10 minutes.
M. Barrette :
Bien, je vais commencer par suggérer à la présidente du Conseil du trésor de
bien regarder les camions d'électriciens, parce qu'en général c'est marqué
«résidentiel, commercial, industriel». Alors, il est très probable que la
dizaine d'électriciens que j'ai contactés font aussi du commercial et de
l'industriel. Alors, ceci étant dit... Non, mais peut-être que vous, messieurs,
ne l'avez pas vu non plus.
Alors,
bienvenue, MM. Milliard et Noël. Alors, à mon tour de... Je vais aller
directement au point, évidemment, parce qu'on a un petit peu moins de
temps, nous autres. Nommez-moi, s'il vous plaît… Vous êtes la fédération de la
chambre de commerce. Nommez-moi un seul projet qui, actuellement, est ralenti.
Noël (Philippe) : Bien, si je peux répondre… En fait, on ne
voit pas de projet ralenti. On veut juste qu'ils soient accélérés, parce qu'il
y a des délais qui peuvent aller jusqu'à 36 mois. C'est beaucoup trop
comparativement à ce qu'on retrouve ailleurs, dans les autres États autour de
nous.
M. Barrette :
Je comprends, mais, par rapport à l'annonce d'un projet… C'est-à-dire, on était
202 projets, on était 181… Au moment où on se parle, tous les projets sont
à l'endroit où ils sont, on peut s'entendre là-dessus, où ils devraient être,
oui?
Noël (Philippe) : Bien oui. Bien, en fait, oui, mais on veut
qu'ils soient accélérés, donc…
M. Barrette :
Bon, je comprends. Je comprends. Maintenant, je vous... Maintenant, maintenant,
maintenant, pouvez-vous me nommer, sur les 181 projets, là, en quoi la
majorité des projets que vous mettez vous-mêmes dans le mémoire, là… La majorité des projets n'ont besoin ni d'expropriation, ni
de BAPE, ni de l'AMP, on l'espère. Ils n'ont pas besoin de ça, là. Alors, à combien estimez-vous de projets, dans les
181, qui ont besoin soit d'un BAPE soit d'une problématique
d'expropriation? Combien qu'il y en a, sur les 181, à votre avis, là?
M. Milliard (Charles) : Je comprends votre question, mais ce que je veux
mentionner, c'est qu'il y a très peu de projets qui vont bénéficier de
l'ensemble des mesures qui sont dans le projet de loi n° 66. Il y a un peu
une espèce de menu, si on veut, là-dedans où chacun des projets va pouvoir
avoir certaines mesures d'accélération. Alors, répondre à votre question, c'est
plutôt difficile même si elle est bonne. Puis, pour le BAPE...
M. Barrette :
Elle est bonne et elle n'est pas difficile, parce que la majorité n'en ont pas
besoin. Alors, vous le savez, là, que la majorité des projets n'ont aucun enjeu
d'expropriation. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? Rénover un bloc
opératoire, ça ne demande pas une expropriation ni un BAPE, et la majorité des
projets qui sont là sont en santé et en éducation. Et j'irais même jusqu'à dire
que la majorité des projets de voirie sont… c'est de la réfection de
l'existant. Il y en a, des projets qui ont des enjeux d'expropriation, on
s'entend, ainsi que de BAPE, mais c'est une très petite minorité.
Alors, si on a à
accélérer des projets pour relancer l'économie, la majorité des projets, ils
sont lancés. Ils ont un budget. Ils ont des contingences et ils vont de l'avant
tel que prévu, là. Au moment où on se parle, moi, je peux… Puis dites-moi le
contraire si je me trompe, là, les maisons des aînés, les terrains sont tous
soit acquis soit en voie d'acquisition. J'ai fait le tour, moi, là, là, ils
sont quasiment tous acquis. Les écoles, les problématiques des écoles, elles
ont des lois d'expropriation. Là, il y a des litiges sociaux parce que, c'est
bien plate, mais, quand la commission scolaire, qui a le pouvoir d'exproprier
un parc... ça se peut que la population dise : Les nerfs, Lionel! Mais ça,
ça n'a rien à voir avec la loi n° 66, et le pouvoir
est là, et ainsi de suite. Bon, je... oui, allez-y.
Noël (Philippe) : Pour le BAPE, rapidement, c'est uniquement
les projets en transport, les projets énergétiques puis les projets privés qui
sont touchés par ça. Donc, c'est un certain nombre de projets sur les 181. Vous
avez raison là-dessus. Mais, nous, ce qu'on voit, c'est qu'il n'y a pas juste
de l'expropriation qui se voit bénéficier
des mesures d'accélération, il y a le
domaine de l'État, il y a les évaluations environnementales, il y a
toute mesure d'urbanisme et aménagement du territoire. Donc, c'est plus loin que
les expropriations, donc, pour préciser.
M. Barrette :
On s'entend, là, mais mon point...
Noël (Philippe) : Mais on n'a pas fait l'analyse exhaustive
projet par projet, pour répondre précisément à votre question.
Barrette : Bien oui, mais…
voilà, mais la réalité, là, c'est que c'est un projet de loi limité qui est
présenté comme de la relance économique, puis c'est correct, mais les éléments
qui sont les enjeux ne concernent qu'une minorité presque infime de projets.
C'est juste ça, mon point.
Maintenant,
j'aimerais ça aborder un autre sujet, là, qui est bien simple... en fait, qui
n'est pas simple du tout. Vous avez évoqué à
la fin de votre mémoire la question de la mobilité de la main-d'oeuvre. Là, vous allez m'expliquer ce que vous voulez dire par là, parce que j'entends au loin un certain Rambo
Gauthier qui n'est probablement pas d'accord avec votre affirmation.
Pouvez-vous me dire ce que vous voulez faire avec ça, là?
M. Milliard
(Charles) : Veux-tu commencer, Philippe?
Noël (Philippe) : Bien, en fait, ça revient à une demande
traditionnelle qu'on avait, là, c'est depuis longtemps… Puis je sais qu'il y a plusieurs
débats ou discussions, puis on a, d'ailleurs, un collègue ici, à l'interne, qui s'occupe
spécifiquement des enjeux de main-d'oeuvre là-dessus, mais on s'inquiétait, en
fait, de la disponibilité en région de la main-d'oeuvre. Et une des solutions qu'on a beaucoup poussée puis qu'on entend beaucoup
des employeurs en région, c'est : Amenez-nous de la main-d'oeuvre,
amenez-nous des travailleurs. Et, évidemment, en ce moment, bien, la mobilité
géographique et professionnelle de ces travailleurs-là, bien, c'est limité pour
circuler de région en région. Donc, dans les deux dernières pages de notre
mémoire, on a vraiment, vraiment élaboré là-dessus, puis on pourra vous revenir
avec des éléments supplémentaires, si vous le souhaitez, mais ça fait
partie
longtemps d'un débat qu'on souhaite amener, c'est d'amener des travailleurs en
région.
M. Barrette :
On s'entendra que le débat va dans les deux sens, n'est-ce pas?
Noël (Philippe) : Oui, absolument.
M. Milliard
(Charles) : Tout à fait.
M. Barrette :
M. le Président, mon collègue a absolument une question à poser. Je vais lui
passer la parole puis, s'il me reste du temps, je reviendrai.
Le Président (M.
Simard) : Très volontiers. M. le député de Mont-Royal—Outremont, vous disposez de quatre minutes.
Arcand :
Oui? Bon, bien, je vais faire ça rapidement. J'aimerais, d'abord, aborder la
question qui sera probablement la question centrale durant cette discussion que
nous aurons au cours des prochaines semaines sur le projet de loi n° 66, c'est, bien sûr, la question de l'environnement. Sur
la question de l'accélération, je me rappelle très bien qu'en 2016‑2017, avec
l'appui, d'ailleurs, de la Fédération des chambres de commerce, et même des
groupes environnementaux, on avait adopté un projet de loi qui s'appelait le
projet de loi n° 102, sur l'accélération et la
modernisation du régime environnemental. Le but avoué était à ce moment-là,
évidemment, de pouvoir faire les choses un
peu plus rapidement de ce côté-là. La fédération l'avait approuvé. Qu'est-ce
qui, à votre avis, actuellement, fait en sorte que ce n'est encore pas
assez efficace à votre goût? Quels sont les problèmes que vous rencontrez le
plus régulièrement par rapport à ça?
M. Milliard
(Charles) : Tu commences, Philippe, ou j'y vais?
Noël (Philippe) : Bien, je peux répondre. En fait, c'est
vraiment une observation générale qu'on entend beaucoup, même, dans les deux,
trois dernières années. Le projet de loi n° 102, vous
l'avez dit, je pense, ça fait trois, quatre
ans, là, de ça, mais, dans les dernières années, on l'entend encore, c'est que
ça prend du temps à mettre en oeuvre des projets au Québec parce qu'il y
a une série d'autorisations. Et là je ne parle pas juste des projets
d'infrastructures publiques, parce que je sais que c'est un projet de loi qui
touche les infrastructures publiques, mais, aussi, dans le domaine privé, c'est
que ça prend du temps à obtenir les autorisations, notamment,
environnementales, mais toutes les autorisations de nature administrative.
Et là on a un projet
de loi qui nous dit : Regardez, on fait un projet pilote — nous,
c'est comme ça qu'on l'interprète — avec 181 projets. On va
voir ce qui fonctionne, ce qui peut être applicable, puis, tu sais, ça va nous
permettre d'analyser, au final, par rapport aux autorisations
environnementales, qu'est-ce qu'on peut mettre en oeuvre pour s'assurer que les délais soient réduits autant que possible.
Si on se compare avec les États autour de nous, puis là je parle des
États au nord-est des États-Unis, dans d'autres provinces également, bien, les
délais sont courts, là, sont courts comparativement à nous. Donc, pour attirer
des investissements, notamment, privés, puis là je vais parler plus pour le
secteur privé, là, pour des projets privés, ça peut représenter un obstacle.
Donc,
nous, ce qu'on demande, c'est... On comprend que les projets touchent des
infrastructures publiques dans ce
projet de loi là. Est-ce qu'il peut être applicable, ultimement,
éventuellement, aux autres projets publics, mais aussi à des projets privés, à des projets municipaux…
bien, que ça puisse inspirer peut-être des modifications éventuellement,
et voyons voir si ça réduit vraiment les délais. On entend de deux à
36 mois de délais qui pourraient être réduits avec ce projet de loi là.
Donc, nous, c'est sûr que ça nous emballe. Les entreprises qui soumissionnent
autant dans la construction, les fournisseurs, l'ingénierie, les entreprises qui
vont soumissionner pour ces contrats-là, bien, c'est un incitatif
supplémentaire à pouvoir soumissionner.
M. Milliard
(Charles) : Puis évidemment la question environnementale va dans les
deux sens. Donc, il y a une accélération de
certains délais administratifs, mais il y a aussi la question d'intégrer les
critères environnementaux aussi dans la sélection des entreprises qui
ont des contrats publics. Donc, ça aussi, on va en parler cette semaine, entre
autres, là, dans le cadre de la comparution du G15+.
Barrette : Il me reste 30 secondes. Ma question est d'une très
grande simplicité. Elle se répond par oui ou par non. Dans votre expérience, la lenteur induite par les procédures
environnementales sont-elles causées par la procédure elle-même ou la
lenteur des officiers gouvernementaux à faire leur travail?
M. Noël (Philippe) :
Bien, en fait, c'est dans les deux cas. Moi, j'ai entendu : Les deux
côtés.
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
M. Noël (Philippe) :
Donc, les deux côtés.
M. Barrette : Alors, moi, je postule
bien aimablement que le gouvernement est lent, mais la procédure est correcte,
et, si le gouvernement se dotait...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Barrette : ...d'une force de
travail suffisante, on n'en serait pas à parler de ça aujourd'hui.
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le député de Rosemont.
M. Marissal : Oui, bonjour. Merci
d'être là, messieurs. J'ai fait quelques petites recherches, là. Je vois qu'il
y avait des articles, dès la fin mai, qui se titraient notamment Construction :
la pénurie de la main-d'oeuvre reprend de
plus belle . Ça, c'était dans Le
Journal de Montréal . Il y avait des exemples assez patents, là,
d'entrepreneurs, là, qui cherchaient, là, jusqu'à 15 personnes pour
leurs chantiers, pour leurs contrats. Et il y avait là des délais qui étaient causés non pas par qui le BAPE, qui les expropriations,
là, c'était clairement la pénurie de main-d'oeuvre. Le 31 mai, là, on venait juste de rouvrir. Qu'est-ce qu'il y a
dans le... À supposer qu'on s'entende, là, que la pénurie de la main-d'oeuvre,
c'est le problème principal en ce moment, là, surtout si on lance de très
grands chantiers qui vont attirer beaucoup de main-d'oeuvre, qu'est-ce qu'il y
a dans le projet de loi n° 66 qui va régler ce
problème-là?
M. Milliard (Charles) : Bien,
écoutez, au niveau de la pénurie de la main-d'oeuvre, c'est certain que ce n'est pas le projet de loi n° 66 qui va
régler tous les enjeux de qualification, de passerelle pour combler certains
enjeux dans certains corps de métier de la construction. Mais je
m'étonne un peu du discours ce matin, où on veut... On dirait qu'on veut décider que l'industrie de la construction est à saturation, là, mais je pense que le milieu de
la construction va répondre présent aux projets qui vont être proposés.
Et ce n'est pas nécessairement à nous, ce matin, de poser un jugement sur l'ensemble
de l'industrie de la construction, mais je laisserais Philippe peut-être
compléter.
M. Noël (Philippe) : Rapidement, notre lecture du projet de loi, en fait, c'est simplement
de réduire les délais administratifs. Donc, c'est… On ne parle pas... Je ne
pense pas qu'il y ait de mesures qui soient prévues pour la main-d'oeuvre dans ce projet
de loi là, là. Si vous voulez en
proposer, on fait des propositions dans notre mémoire à cet effet-là, notamment la mobilité géographique, les
crédits aussi pour les frais de déménagement, entre autres, là. Donc, voilà.
M. Marissal : Oui, ça, ça va,
mais ce n'est pas du tout dans le 66. Vous le dites vous-mêmes, là. Mais ce
qu'il y a dans le 66… Dans votre proposition, en tout cas, ce n'est pas dans le
66, je me rétracte, là, c'est dans votre proposition, c'est d'étendre ça au
privé, notamment. Alors là, est-ce que le proverbial chat ne sort pas du sac?
En fait, ce que vous cherchez, c'est une accélération généralisée, y compris
des contrats privés?
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
M. Noël (Philippe) :
Non, en fait, c'est que ça puisse inspirer, dans un deuxième temps, des mesures
qui fonctionnent puis qui sont applicables… pas l'ensemble des mesures, mais
qui sont applicables au secteur privé, que ça puisse inspirer d'autres mesures éventuellement.
On ne demande pas ça dans ce projet de loi là spécifiquement, juste pour être
clair là-dessus.
Président (M. Simard) :
Très bien. Merci
beaucoup. Je cède maintenant la parole au député
de Jonquière.
M. Gaudreault : Alors, merci
beaucoup de votre présence. Vous avez fait mention à plusieurs reprises, et la ministre
également, du REAFIE, là, le fameux règlement
sur l'application de la Loi
sur la qualité de l'environnement, qui n'a été adopté officiellement que
le 2 septembre. Alors, avant de procéder à des modifications législatives
qui concernent les processus d'autorisation environnementale, est-ce qu'on ne
pourrait pas laisser un peu le temps au fameux
REAFIE, au règlement, de s'appliquer pour voir là où, réellement, il y a des soi-disant retards dus au processus
d'autorisation environnementale?
M. Noël (Philippe) :
Bien, en fait, l'idée, c'est… Comme c'est un… De notre perspective, c'est un projet
de règlement, en fait, qui est en cohérence, en fait, avec ce qui est annoncé
dans le projet de loi n° 66 pour les régimes d'autorisation
environnementale. Donc, de notre perspective, c'est pour ça qu'on l'appuie puis
qu'on utilise, en fait, les mêmes arguments que dans le cas du REAFIE.
M. Gaudreault : Oui, bien, en fait, ce n'est plus un projet de règlement, là. Il a été adopté. Alors, moi, je veux juste savoir :
Vu qu'on a ce règlement qui est réellement en vigueur, qui est maintenant en
vigueur, est-ce qu'on a réellement besoin de toutes ces procédures-là, de ces
changements législatifs en matière d'environnement, ou est-ce qu'on peut juste
laisser appliquer enfin le règlement qu'on attendait depuis longtemps, quand
même, depuis l'adoption, effectivement, de la loi n° 102?
M. Noël (Philippe) :
En fait, c'est que... Puis je sais que le règlement est maintenant en vigueur,
là, mais en fait c'est que c'est de permettre aussi qu'il y ait des analyses
qui soient déposées en cours de réalisation, en cours d'analyse. Quand vient le
temps, notamment, de faire les plans et devis, quand vient le temps juste
d'analyser un peu les terrains, de faire les relevés de terrain, en fait, c'est
de ne pas attendre l'analyse… soit réalisée pour pouvoir le faire. Donc, on
peut aller de l'avant sans qu'il y ait d'impact nécessairement sur
l'environnement, et puis je pense qu'on fait un pas un peu plus loin pour
certains projets, et puis ça correspond vraiment à un souhait des entreprises
qu'on a entendues, nous, de notre côté, à la Fédération des chambres de
commerce du Québec.
M. Gaudreault : Parfait. Je veux
juste savoir… Vos propos à la page 4, là, sur la fuite des capitaux dans
le contexte des crédits carbone, également vos recommandations à la
page 11..
Le Président (M. Simard) :
Rapidement, s'il vous plaît.
M. Gaudreault : …les huit
recommandations, est-ce que vous en faites des propositions formelles
d'amendements que vous voulez voir intégrer dans le projet de loi n° 66?
M. Noël (Philippe) :
En fait, nos recommandations...
Le Président (M. Simard) : Très
rapidement.
M. Noël (Philippe) :
Bien, idéalement, oui, en fait, on veut que le gouvernement profite de ce
projet de loi là pour mettre en place les mesures.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci beaucoup. M. le député de Chomedey.
M. Ouellette : M. Milliard, M. Noël,
merci d'être avec nous. On prend connaissance de vos demandes traditionnelles.
Effectivement, on sent un petit peu de déception dans le fait que ça touche
181 projets puis c'est des mesures d'accélération. Mon collègue de
La Pinière vous l'a dit, ce n'est pas parce que les processus ne sont pas
corrects, c'est la machine qui ne suit pas, c'est la main-d'oeuvre qu'on n'a
pas. Et vous vous êtes un peu résignés à ce que la ministre vous a dit, que ça
va être juste pour ces 181 projets-là. Si les parlementaires qui auront à
étudier le projet de loi... Si vous aviez une de vos suggestions à nous
recommander, qu'on devrait pousser pour... si jamais la ministre avait une
ouverture d'amendement quelconque, ça serait laquelle dans tout ce que vous
nous avez dit?
M. Noël (Philippe) :
Bien, est-ce que vous parlez des projets, notamment?
M. Ouellette : Non, je ne parle pas
des projets. Je parle de vos suggestions, là. Vous avez parlé de toutes les
dispositions de la loi de la régie. Vous avez parlé d'éviction commerciale.
Vous avez parlé de ça. S'il y en avait une, là-dedans,
là, si on réussissait à convaincre la ministre, vous nous suggéreriez laquelle
dans ceux que vous avez faits?
M. Milliard (Charles) : La question
sur l'octroi des contrats publics et les critères, c'est majeur pour nous. On comprend que ça viendra dans un autre. J'ai cru
comprendre ça. Je vous dirais que la question sur les restaurateurs et la vente de produits alcoolisés, c'est
primordial pour plusieurs personnes, et chaque jour qu'on attend, c'est des
pertes de revenus et des façons qu'on pourrait les aider… que c'est très tangible.
M. Noël (Philippe) :
Et puis, cet été, dans nos discussions avec le gouvernement, lorsqu'il était question
des évictions commerciales, on nous a dit clairement, puis on a essayé de
trouver des solutions avec le gouvernement, que c'étaient des modifications
législatives que ça prenait, et non pas réglementaires. Donc, c'est pour ça
aussi qu'on l'a mis dans nos priorités également, parce que c'est une crainte
de certains locataires commerciaux, je vous dirais, qui sont membres chez nous.
Merci.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, M. Noël, M. Milliard, merci beaucoup pour votre
précieuse contribution à nos travaux.
Sur ce, nous
allons suspendre et nous revenons cet après-midi, après les affaires courantes,
vers 15 h 30. À plus tard.
(Suspension de la séance à 12 h 01)
Le Président (M. Simard) :
Alors, chers amis, à l'ordre, s'il vous plaît! Je constate que nous avons
quorum. Nous allons donc reprendre nos travaux.
Comme vous le savez, la commission est réunie
afin de poursuivre les consultations particulières et les auditions publiques
sur le projet de loi n° 66. Alors, cet après-midi, nous entendrons trois organisations
et trois fois par visioconférence. Nous allons entendre l'Association
de la construction du Québec, la Coalition contre les retards de
paiement dans la construction et l'Union des municipalités du Québec.
Y aurait-il
consentement afin de poursuivre au-delà de l'heure prévue nos travaux puisque
nous avons légèrement commencé en retard? Il y a consentement, très
bien. Alors, nous sommes... Oui?
M. Barrette : Ayant un débat de
fin de séance, nous finirions à quelle heure?
Le Président (M. Simard) : Je
ne sais pas. Je vais valider l'information.
M. Barrette : On pourrait ne
pas pauser.
Le Président (M. Simard) : Oui,
je vous écoute.
M. Barrette : Ne pausons donc
pas, comme ça on pourra arriver à temps…
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Barrette : C'est bon, ça?
Tout le monde est d'accord? Tout le monde est d'accord. Nous ne pausons pas.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, voilà. Donc, nous recevons maintenant l'Association de la construction. Nous sommes en compagnie de
messieurs… de Me Hamel et de monsieur... Ça va bien, quand on n'a
pas ses lunettes, c'est toujours ça qui arrive.
Président (M. Simard) : Bien oui. On s'était parlé au préalable.
Alors, messieurs, bienvenue. Vous disposez de 10 minutes. Nous vous
écoutons.
M. Arbour (Jean-François) : M.
le Président, Mme la ministre, messieurs et madame les membres de la
commission, comme vous l'avez mentionné, je suis Jean-François Arbour,
ingénieur et entrepreneur depuis plus de 25 ans, et président du conseil
d'administration de l'Association de la construction du Québec. Je suis
accompagné aujourd'hui de Me Pierre Hamel, directeur des affaires
juridiques et gouvernementales de notre association.
Je voudrais d'abord remercier la commission de
nous donner l'opportunité de présenter nos commentaires et recommandations
visant le projet de loi n° 66, à l'égard duquel l'ACQ
est, à quelques exceptions près, favorable. Le projet de loi vise la réalisation
de plusieurs projets importants d'infrastructures qui sont au coeur des préoccupations
quotidiennes des Québécois et Québécoises, à savoir la santé et l'éducation. L'industrie
souhaite y participer pour en faire un véritable succès. Nos recommandations
portent sur les moyens pour y arriver car, au-delà des enjeux reliés aux processus
d'expropriation et aux impératifs environnementaux, il faudra bien les
réaliser, ces projets.
En cette période des plus instables, au-delà des
liquidités, nos entreprises, tout comme les donneurs d'ouvrage, ont besoin,
fondamentalement, de prévisibilité. Pour obtenir cette prévisibilité, les
donneurs d'ouvrage s'assurent que tous les risques sont supportés ou seront
supportés contractuellement par les entrepreneurs. Nous, les entrepreneurs,
devons soumissionner de tels risques, alors que nous peinons à faire
reconnaître les coûts reliés à l'arrêt des travaux en mars dernier. Nous
peinons à faire reconnaître les coûts supplémentaires reliés à la protection
des chantiers, à la reprise des travaux et aux mesures mises en place pour
protéger les travailleurs et tous les intervenants. Nous peinons à faire
reconnaître les frais supplémentaires requis pour faire appliquer les consignes
de la santé publique sur les chantiers. Nous
devons éponger des pertes importantes sur les contrats en cours suite à la
flambée fulgurante des prix de certains
matériaux. Nous devons assumer les frais supplémentaires reliés aux délais de
livraison, alors que la chaîne d'approvisionnement ne se remet pas encore de
l'impact de la première vague. Les douanes canadiennes imposent une quarantaine
à toutes les importations et le COVID fait encore des dommages chez nos voisins
du Sud. Nous travaillons également pour les municipalités, qui sont aussi
affectées par cette pandémie.
Bref, seule l'aide gouvernementale fédérale et
provinciale obtenue jusqu'à ce jour aura permis aux entreprises de se maintenir à flot et aura limité l'impact de la
pandémie sur les projets qui étaient en cours lors du premier
confinement. Pour continuer, nos entreprises ont un urgent besoin de
prévisibilité, prévisibilité dans les projets annoncés,
prévisibilité dans les technologies adoptées par les donneurs d'ouvrage,
prévisibilité à l'égard de l'ampleur des risques pour lesquels nous devons nous engager et
prévisibilité dans la réception des paiements. Seul le gouvernement peut
véritablement offrir ou mettre en place des mécanismes favorisant cette
prévisibilité, et c'est ce que nous vous demandons aujourd'hui, pourvoir aux
besoins de liquidités des entreprises en adoptant un calendrier, un processus
et un cadre de règlement de différends rapide afin de limiter les délais de
paiement pour tous les projets, permettre l'accès aux marchés publics au plus
grand nombre d'entreprises en limitant le regroupement des projets, surtout en
région, harmoniser les pratiques contractuelles de l'ensemble des donneurs
d'ouvrage publics en donnant plus de pouvoirs
à l'Autorité des marchés publics à cet
égard et d'accompagner les entrepreneurs en matière de développement
technologique en diffusant les choix des
donneurs d'ouvrage publics et permettre aux entreprises du Québec
d'acquérir et de maîtriser ces technologies.
C'est dans ce
contexte que l'ACQ suggère aux membres de la Commission des finances publiques
d'amender le projet de loi n° 66 afin de tenir compte
de ces recommandations. Merci de votre attention. Et je cède maintenant la
parole à Me Hamel.
Hamel (Pierre) : Merci, M.
Arbour. Alors, M. le Président, Mme la
ministre, membres de la
commission, la semaine dernière, un court sondage a été effectué auprès de nos
entrepreneurs membres de différents comités, tous actifs dans le secteur institutionnel, afin de connaître leurs préoccupations pour la prochaine année. Partout au Québec, les réponses sont
les mêmes : délais de paiement, pénurie de main-d'oeuvre, coût des
matériaux et remboursement des impacts de la COVID. Et ils ont raison d'être
inquiets.
Les appels d'offres en cours actuellement
illustrent comment seront traitées les demandes de paiement. Selon les termes employés dans les documents mêmes de
ces appels d'offres, ils seront payés, par exemple, dans les 30
jours suivant son acceptation de la facture, alors qu'aucun délai n'est prévu
pour l'acceptation de la facture, ou encore le gestionnaire de projet règle
normalement toute demande de paiement de l'entrepreneur dans les 60 jours qui
suivent la date de la fin de la période, ou
même, après vérification, le propriétaire règle normalement les demandes de paiement de l'entrepreneur dans les 30 jours… dans les 35 jours, dis-je, qui suivent la date de la
fin de la période, alors qu'aucun délai
n'est prévu pour cette vérification et certaines exigences font en sorte que les
retards de paiement sont inévitables.
Pour ce qui est du coût des matériaux et des
impacts éventuels de la COVID, ils ont également raison d'être inquiets. Les
rédacteurs de devis semblent s'entendre sur des formulations telles que les
conditions climatiques, la pénurie de main-d'oeuvre ou de matériaux ne seront
pas considérées comme des causes de prolongation du délai d'exécution, ou
encore, un autre exemple, le prestataire de services renonce à invoquer la
COVID-19 auprès de l'organisme public comme constituant un cas de force
majeure. Il accepte d'assumer les coûts directs et indirects en découlant. Pour
ce qui est de la pénurie de la main-d'oeuvre, bien que la situation
particulière que l'on vit semble, à première
vue, changer la donne, trouver de la main-d'oeuvre qualifiée demeure toujours un enjeu pour nos entrepreneurs.
Mais aujourd'hui le gouvernement a l'occasion de
lancer un signal clair. Le temps des projets pilotes est terminé. Passons à l'adoption
d'une loi-cadre en matière de paiements pour tous les projets de construction
au Québec. L'industrie ne souhaite certainement pas un autre cinq ans de projets
pilotes. Et la mise en place devrait se faire de façon relativement simple
puisque plusieurs donneurs d'ouvrage apparaissant aux projets écrits à l'annexe
I réalisent déjà plusieurs projets pilotes actuellement en cours. Voilà notre
principale recommandation, et, selon nous, c'est de loin la plus impor