Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 13 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2016-04-13
Quebec — Committees
(Dix-neuf heures trente minutes)
Président (M. Iracà) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle
d'éteindre la sonnerie de leurs cellulaires.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Mines des crédits budgétaires du portefeuille Énergie et
Ressources naturelles pour l'exercice financier 2016-2017.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements
pour cette séance?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme D'Amours (Mirabel) est remplacée par M. Surprenant (Groulx).
Le Président (M. Iracà) : C'est
tout?
Président (M. Iracà) : Merci. Nous allons procéder à une discussion
d'ordre général par blocs d'échange en alternance
entre le gouvernement et l'opposition. Il n'y aura, malheureusement, pas de
remarques préliminaires ce soir parce
que nous manquons de temps, nous avons seulement une heure. Je tiens à vous
aviser qu'il va être très important de
respecter le temps, le bloc de temps, parce qu'on ne pourra pas reporter sur
d'autres blocs. Alors, je vais être le méchant, ce soir, qui va être
obligé de vous arrêter, mais je vous demande à l'avance votre indulgence.
Alors, je
suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle. M. le député de Sanguinet, la parole est à vous.
Therrien : Merci, M.
le Président. Donc, je profite de
l'occasion pour vous saluer, M. le
Président, saluer les députés de la
partie gouvernementale, ma collègue à la recherche et mon collègue
de Groulx, de la deuxième opposition, ainsi qu'évidemment le ministre et son équipe qui se prêtent au jeu de l'étude
des crédits. On l'apprécie toujours. Alors, je vous salue, M. le ministre.
D'abord,
je vais y aller avec quelques questions puis, dans un délai raisonnable, je
vais vous laisser répondre, là. Mais
c'est sûr que, des fois, je vais peut-être faire signe que je veux passer à autre chose parce que
j'ai juste 17 minutes. Si on
regarde l'étude des crédits, renseignements particuliers, opposition officielle,
celui-là, ce document-là, à la page 7, question particulière, ventilation par mois du
budget octroyé pour l'élaboration et la publication de la stratégie
minérale, ventilation par mois du budget, alors vous arrivez avec un
tableau — est-ce
que je vais trop vite, M. le ministre, ça va? — et puis il y a le montant, là, déploiement
pour 2016-2017, vous avez 112 millions. Est-ce qu'il serait possible
d'avoir une ventilation de ce
montant-là, savoir qu'est-ce que vous faites avec le 112 millions, si
possible avoir un dépôt par écrit de
cette ventilation-là? Est-ce que c'est possible d'avoir ça? Tu sais, vous
pouvez peut-être en faire une nomenclature si vous avez déjà
l'information puis, ensuite, peut-être l'avoir par écrit.
Le Président (M. Iracà) : M. le
ministre.
M. Blanchette : On avait-u la
ventilation?
Une voix : Je n'ai pas la
ventilation.
M. Blanchette : O.K. Il faut dire
que le
titre de ministre délégué... Je laisse, dans le fond, le ministre en
titre, Pierre Arcand, le soin de faire la
gestion budgétaire, mais oui, ça sera possible d'obtenir les
informations ventilées, comme vous le souhaitez.
Therrien : O.K.
Donc, est-ce que vous allez vous engager à le déposer à la commission?
Blanchette : Bien sûr,
je m'engage oralement, publiquement, en présence de mes collègues,
et de vous-même, et du député de Groulx.
Therrien : On l'apprécie, M. le ministre. Ça commence
bien, déjà on va avoir un dépôt... Oui, mademoiselle, oui.
Mme Drouin
(Line) : Mon nom est Line Drouin, je suis sous-ministre associée aux
Mines.
Therrien :
Bonjour.
Mme Drouin
(Line) : Ce que je pourrais vous dire, c'est que l'essentiel du budget...
Président (M. Iracà) : Juste
avant de commencer, s'il vous plaît,
ça prend le consentement autre que le ministre.
Mme Drouin
(Line) : D'accord. D'accord.
Président (M. Iracà) :
Alors, est-ce qu'on a le consentement des partis pour que la sous-ministre puisse parler?
Le Président (M.
Iracà) : Merci beaucoup. Allez-y, madame.
Drouin (Line) : Ça me fait
plaisir. Donc, essentiellement, ce sont les budgets consacrés à la restauration
des sites miniers abandonnés, 110 millions sur la somme globale qui sont
consacrés à la restauration des sites miniers abandonnés.
Le Président (M.
Iracà) : Merci. M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Ça veut dire que c'est juste pour la restauration des sites miniers?
Mme Drouin
(Line) : Oui.
Therrien :
Alors, il n'y a pas d'autre argent pour quoi que ce soit d'autre? C'est ça que
vous me dites?
Drouin (Line) : On a de l'argent
pour mettre en place la vision stratégique du développement minier. Nous
bénéficions d'un fonds pourvu à même l'impôt
minier versé par les sociétés d'État, mais, principalement, c'est 110 millions,
effectivement, qui sont consacrés à la restauration des sites miniers.
Therrien :
Vous dites 110 millions sur les 112 millions, c'est ça?
Mme Drouin
(Line) : Oui.
Therrien :
Donc, il resterait 2 millions.
Mme Drouin
(Line) : 2 millions en crédits, oui.
Therrien :
O.K. Ce n'est pas gros, hein?
Blanchette : Une courte, courte intervention, M. le Président?
Le Président (M.
Iracà) : Oui, M. le ministre.
Blanchette : Et, avec le dernier budget, si jamais ça vous intéresse,
vous pourrez poser les questions plus en avant, mais il y aura un
620 millions, d'ici 2022, qui sera consacré à la restauration des sites
miniers.
Therrien :
Combien, vous dites?
Blanchette : 620 millions, tel qu'annoncé au dernier budget de
mars 2016.
Therrien : Est-ce que ce montant-là était déjà prévu ou était déjà dans un fonds quelconque
au préalable? Ce n'est pas une
dépense supplémentaire? Ce n'est pas du nouvel argent? C'est ça que je
veux savoir : Est-ce que c'est du nouvel argent ou...
Drouin (Line) : Oui. C'est une
accélération des investissements en restauration minière, en restauration des sites miniers abandonnés. Donc, on sait qu'il y a
une enveloppe de 1,2 milliard qui était nécessaire au départ pour
restaurer lesdits sites. Ce que le gouvernement a décidé de faire, c'est
d'accélérer la restauration des sites miniers abandonnés afin de couvrir
jusqu'à 80 % d'ici 2022.
Le Président (M. Iracà) : M. le
ministre.
Blanchette : Juste ajouter, ce qui était prévu, dans le fond, c'est
50 % de la décontamination d'ici 2022. On a augmenté ça à 80 % de la décontamination d'ici 2022. Donc, il y a
un effort soutenu qui va se faire, histoire d'améliorer le bilan, parce
qu'on traînait ça comme dette. Et on veut aussi, pour des raisons
environnementales, pouvoir faire du nettoyage
assez large. Puis, pour votre information, ce n'est pas tous des sites
lourdement contaminés. Il y en a, on va les prioriser. Mais il y en a
beaucoup, c'est des sites d'exploration minière pour lesquels il y a moins de
dommages, donc il n'y a pas de parc à
résidus miniers, nécessairement. Ça, ça fait un grand nombre, un grand volume,
mais les sites les plus critiques sont mis en priorité pour fins de
décontamination.
Therrien :
O.K. Ça va. Votre stratégie, vision stratégique, à la page 4, vous savez, au
Parti québécois, on a dénoncé... Ça, ce n'est pas vous qui l'avez fait,
là, mais, vous savez, vous êtes économiste, hein, M. le ministre.
Therrien :
Oui. Donc, vous pouvez comprendre... vous ne le direz pas, là, mais que, quand
le Parti libéral est arrivé au
pouvoir puis qu'ils ont sabré 20 % des crédits d'impôt, mais de façon
paramétrique, là, sans trop de réflexion, en tout cas, on a posé beaucoup de questions, puis la réflexion n'avait
pas été posée parce que je peux imaginer... parce qu'on n'a jamais eu de réponse, et le fait qu'ils
le fassent de façon paramétrique prouve bien que c'est un peu n'importe
quoi. Mais je le sais que vous êtes économiste et je le sais que c'est ce que
vous pensez, mais vous ne le direz pas.
Alors, dans
votre domaine, ça vous a touché, puis, à la page 4, vous en parlez. Et vous en
parlez d'une certaine façon, en
disant : Bien, écoutez, oui, ça a nui. Bon, tu sais, vous avouez un peu,
là, que... à la page 4, là, malgré la réduction de 20 % de l'aide fiscale à l'exploration... Ça, c'est la... c'est
ça, c'est les crédits d'impôt, là, vous avouez... À quelque part, quand on lit ça, vous avouez que le
gouvernement a fait une erreur. Moi, quand je lis ça, c'est un aveu,
dire : Je pense qu'on a manqué
le coche. Puis, si on y allait dans chaque département ou à peu près,
probablement que chaque ministère dirait
la même chose. Ça fait que moi, je vous dis : Bien, bravo pour votre
honnêteté parce que vous l'avouez, vous dites : Regarde, ça a créé des
problèmes, et vous... Sauf que, dans la stratégie, vous y allez avec «évaluer
l'efficacité des mesures fiscales», mais je pense qu'il n'y a rien
d'annoncé. Dites-moi si je me trompe, parce que vous êtes au conditionnel.
Blanchette : Premièrement, peut-être, en tout respect au député de
Sanguinet, M. le Président, moi, je n'avoue rien, là. Ce qui a été avancé, c'est une interprétation. Toutefois, à
comparer le Québec avec les autres juridictions canadiennes, les autres provinces canadiennes, nous étions, jusqu'avant
le dernier budget de mars 2016, à égalité avec l'autre meilleure province en matière de crédits
d'impôt à des fins minières, égaux avec Colombie-Britannique. Là, au dernier budget, on a ajouté un nouveau crédit
d'impôt pour ce qu'on appelle le Moyen Nord et le Grand Nord dans lequel
on a donné un 25 % de crédits
supplémentaires parce qu'on sait que, dans les régions du Grand Nord, c'est
aéroporté, ça coûte plus cher.
Présentement, nous sommes la province ayant les meilleures conditions en
matière de crédits d'impôt miniers.
Therrien :
Là, dans la page 4, là, en une minute, là, qu'est-ce que vous annoncez, dans le
fond? Vous annoncez que vous allez réfléchir à ça?
M. Blanchette : Non, ce qu'on dit
dans...
Therrien :
Tu sais, parce que vous dites, là : «...et le ministère des Finances
étudieront les mesures fiscales d'aide
afin d'évaluer...» Tu sais, c'est comme dans le conditionnel, là, j'ai-tu
manqué... Parce que, des fois, tu sais, je lis puis je peux, tu sais, je
peux peut-être ne pas comprendre, mais là vous y allez au conditionnel.
Le Président (M. Iracà) : M. le
ministre.
M. Blanchette : Le ministère des
Finances va étudier une mesure qui serait contracyclique. Le principe est simple, c'est que, dans la période de
ralentissement de l'activité minière, on pourrait mettre plus d'ajouts, on
pourrait ajouter plus de crédits d'impôt à des fins d'exploration parce
que, quand on est dans un creux de cycle, les sommes d'argent à lever pour les fins d'exploration sont plus
difficiles. Donc, le ministère des Finances va étudier les creux de cycle,
quelle serait la mesure la meilleure,
contracyclique — vous
connaissez la définition de «contracyclique» — et s'assurer que, lorsqu'il y a une
reprise de l'activité minière, donc les dépenses d'exploration sont plus
facilement finançables, accessibles, etc.,
en haut de cycle, que ce crédit d'impôt là puisse disparaître. Puis ce que le
ministère des Finances va faire,
c'est étudier quelle serait la mesure la plus appropriée dans les temps qui étaient impartis. Puis ça, on parle d'une
vision, on veut développer ce type de mécanisme là, qui était demandé notamment
par l'industrie.
Therrien : Moi, écoutez, les mesures contracycliques, j'en suis, là,
parce que j'ai jasé beaucoup avec le monde minier, là, puis je vous avouerai, là, honnêtement, ils m'ont parlé
de certaines mesures contracycliques. Honnêtement, je ne
me rappelle pas de ces mesures-là, mais moi, ce qui m'étonne, c'est que vous
donnez la responsabilité... en
tout cas, que le ministère
des Finances prend la responsabilité de ça d'une certaine façon, là, mais que le monde
minier... Bien, parce