Culture and Education — 20 February 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CCE 2018-02-20
Quebec — Committees
Est-ce qu'il peut nous donner la mécanique qui
va lui permettre d'identifier ce taux maximal là?
La Présidente (Mme de Santis) : M.
le ministre.
M. Proulx : Oui. Je cherche, Mme la Présidente, parce
que le calcul du taux apparaît dans
les articles suivants. Mais là, je m'excuse, je cherche. J'ai perdu mon agilité de la semaine passée, mais je vais revenir. Je pense que c'est 309 qui explique la mécanique. Donc, le taux sera calculé
par le ministère sur la base des renseignements fournis par le
responsable de la perception. Alors, le taux
diffère pour chacune des régions. Et là il y a une formule mathématique qui était le PMT à l'époque, qui devient le RCA. Et là ça explique : insuffisance plus
le manque à gagner, qui est la subvention d'équilibre, qui s'établit sur
une région. La formule, Mme la Présidente, on va en parler tout à l'heure peut-être,
mais elle se trouve à l'article 309.
La Présidente (Mme
de Santis) : Merci, M. le ministre. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier : La deuxième modification de l'article
qui est demandée, c'est de reporter deux dates... bien, de devancer les deux dates de 15 jours.
J'aimerais savoir si c'est la demande du Comité de gestion de la taxe scolaire
qui demandait de modifier... dans les
15 jours qui suivent l'envoi des renseignements demandés au paragraphe précédent. Alors, est-ce que la façon dont on nous le
présente actuellement, c'est en réponse à la demande du Comité de gestion de la
taxe?
M. Proulx : Cette demande, Mme la
Présidente, elle nous a été faite à
deux occasions, je dirais : d'abord, par la fédération des commissions scolaires francophones
et ensuite par la fédération des commissions scolaires anglophones. Ça
avait d'ailleurs été évoqué aussi dans la rencontre, de mémoire, du
1er décembre. On avait rencontré différentes commissions scolaires sur la base d'orientations qui n'étaient pas sur
le projet de loi, mais déjà on nous avait demandé d'aller plus tôt dans cette période, si ma mémoire
est bonne. Mais ce dont je suis certain, c'est que ces demandes-là
viennent des deux fédérations de commissions scolaires. Ça a été évoqué lors
des consultations particulières.
La Présidente (Mme
de Santis) : Merci, M. le ministre. Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Mais donc est-ce que le ministre peut me confirmer que, les demandes qui
avaient été faites par les commissions
scolaires, c'est la même demande qui nous est faite dans les mémoires par le
Comité de gestion? Est-ce que c'est la même chose?
M. Proulx : Je peux vérifier si c'est la même chose. Je sais qu'à la
recommandation 6 du mémoire du Comité de gestion de la taxe il est question du 15 jours, mais est-ce que
c'est la même chose exactement? On me glisse à l'oreille que ça pourrait
ne pas être la même chose.
Mme Poirier :
D'accord. Alors, comment on répond à la demande du comité de gestion de la taxe
de la ville?
M. Proulx :
Voilà une excellente question. Peut-être qu'on n'y répond pas aussi. Ça arrive.
Je vais vérifier.
La Présidente (Mme
de Santis) : Est-ce que vous voulez un moment pour...
La Présidente (Mme
de Santis) : O.K.
On va suspendre nos
travaux pendant quelques instants, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
15 h 18)
La Présidente (Mme
de Santis) : Nous reprenons nos travaux. Alors, M. le ministre.
M. Proulx :
Merci, Mme la Présidente. D'abord, je vous remercie de m'avoir laissé quelques
instants.
D'abord, la demande
des fédérations de commissions scolaires diffère de celle du Comité de gestion.
Les fédérations de commissions scolaires
veulent avoir les informations plus tôt, voudraient que les dates soient
devancées. Pourquoi? Parce qu'ils besoin de
temps entre le moment où ils ont à nous fournir de l'information, le temps où
ils ont à prendre une décision et
ensuite de faire l'envoi et la facturation, si on veut, reliée à la taxation.
Le comité de gestion de la taxe de
Montréal voudrait, lui, plutôt avoir un report dans le temps, c'est-à-dire
qu'il voudrait pouvoir obtenir le transfert des informations plus tard pour, à ce que je comprends, être en mesure d'obtenir
des informations qui permettraient d'obtenir peut-être les valeurs les plus hautes, ce qui leur permettrait de
baisser le taux alors, en se disant : Plus les valeurs foncières
sont hautes, plus le taux de la taxe est bas.
Maintenant,
avec le projet de loi et l'article 310, qu'on étudiera plus tard, il est
toujours possible pour tous les groupes,
toutes les régions de taxation d'aller en deçà du produit maximal de la taxe.
Donc, dans ce contexte-là, même Montréal
pourrait, sans avoir du temps supplémentaire pour constater des valeurs plus
hautes et baisser le taux, profiter de cette
période pour eux-mêmes abaisser le taux. C'est mon explication la plus claire.
Je ne suis pas certain d'être capable d'en donner une autre.
La Présidente (Mme
de Santis) : Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Effectivement. Félicitations, madame!
Mme Poirier : Non, elle était
quand même... oui, franchement, le ministre a bien traduit la réponse.
Je veux juste
mieux comprendre. Je comprends qu'on répond aux demandes des fédérations. Ça,
je comprends ça. Mais, à partir du
moment où les informations sont transmises, dans le fond, au 1er mai, dans
le fond, elles sont transmises, au
1er mai, au ministre, c'est ce que j'en comprends, et fondées sur le rôle du
1er avril. C'est ce que j'en comprends aussi. Quel est le délai qui va être donné aux commissions scolaires pour,
elles, en fonction du taux maximal qui va être donné par le ministre... Parce que vous venez de nous dire
qu'il y aura ce deuxième délai pour décider d'un taux plus bas. Alors,
dans le calendrier — j'essaie juste de faire un calendrier,
là — donc, le
1er mai, les renseignements vont être transmis au ministre et sur la
base des évaluations foncières du 1er avril, mais à partir de quelle date le
ministre va donner sa réponse? J'ai placé mon calendrier dans ma tête, là.
Proulx : Non, effectivement.
Écoutez, si on lit l'article 310, qu'on va étudier tout à l'heure — et là je fais appel à l'équipe si je dis quelque chose qui n'est pas
vrai — vous
verrez que c'est «au plus tard le 15 juin». Par contre, notre intention sera de le ramener au 31 mai. Puisque
nous avons devancé de 15 jours, ça nous permet de devancer de 15 jours le moment. Alors, notre intention sera de déposer
un amendement pour «le 31 mai», mais, dans le projet de loi actuel,
c'est inscrit «15 juin».
Poirier : Donc, le 31 mai, le ministre va donner sa réponse aux
commissions scolaires, du taux maximal, et là, à partir du 31 mai, les
commissions scolaires pourront décider d'abaisser ce taux-là.
Est-ce qu'il y a un délai à partir du 31 mai
pour que les commissions scolaires avisent le ministre du taux qui sera
appliqué?
M. Proulx : Donnez-moi juste un
instant, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme de Santis) : On
va suspendre pour quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 24)
Présidente (Mme de Santis) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Avant que je laisse la parole à M. le ministre, tout le monde ensemble, on va
souhaiter un joyeux anniversaire à notre collègue le député de
Bertrand. Joyeux anniversaire! Bravo! Longue vie!
Cousineau : Oui,
mais j'aimerais que ça soit chanté.
Des voix : Ha, ha, ha!
La Présidente (Mme de Santis) : Merci
beaucoup. Alors, maintenant, on laisse la parole à M. le ministre.
M. Proulx : Merci, Mme la Présidente.
Alors, pour informer correctement les gens qui nous écoutent et les collègues, voici de quoi a l'air le calendrier qui
devrait être celui qui serait, dans
le fond, le réel, la situation telle qu'elle serait vécue.
Alors, je le
réitère, j'ai peut-être dit quelque chose qui n'était pas tout à fait correct,
donc je me reprends. Si je me trompe,
je vous le dis. Alors, au 1er mai, les commissions scolaires nous
transmettent des informations. Autour du 10 mai, le ministère de l'Éducation émet les taux maximaux de taxe. Avant le 31 mai, les commissions scolaires
indiquent le choix qu'elles feront,
conserver ce taux et/ou abaisser ce taux par région de taxation. Ensuite, sur
réception de ces informations, le ministère
de l'Éducation publierait dans la Gazette officielle les différents taux pour les rendre formels, et par la suite les commissions scolaires
débuteraient bien sûr leur budget et feraient tout le nécessaire pour
être capables de lancer dans chacune
des régions l'opération taxation, qui, elle, se fait habituellement après le 1er juillet pour ne pas taxer et/ou faire payer les contribuables dans une même année
scolaire, parce qu'il faut que ce soit dans l'année scolaire pour
laquelle on a à payer son compte,
donc après le 1er juillet, la plupart du temps, plus près du mois d'août
qu'autre chose, donc. Et peut-être vous
dire également que, dans ce plan-là, une fois l'émission des
taux à la Gazette officielle ... le ministère
transmettrait aux commissions scolaires le montant de la subvention d'équilibre dans le
mois de juin également. Alors, les commissions scolaires
pourraient connaître, à ce moment-là, le montant... connaîtraient le montant de la subvention
d'équilibre — je
suis au conditionnel, dans la mesure où on
ne l'a pas adopté — le montant de la subvention d'équilibre également
en juin. Vous rappeler également
que les commissions scolaires n'émettent pas actuellement les comptes de
taxe tous à la même date, il y en a
qui le reçoivent un peu plus tôt, il
y en a qui le reçoivent un peu plus tard, mais là c'est une décision qui serait prise localement en
fonction des orientations prises dans chacune des régions : soit une commission scolaire qui est en charge de la
perception soit le comité de gestion de la taxe de Montréal.
La Présidente (Mme de
Santis) : Merci. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier : Bien, merci. Je
pense que ça nous donne le bon portrait.
Je pose juste
la question. Dans cet exercice-là, avec ce calendrier-là, là, qui est très
précis, là, présentement, ce que j'en comprends, c'est qu'entre le 31 mai
et le 1er juillet, où le ministre va publier dans la Gazette les taux qui seront appliqués, je comprends qu'il peut... Est-ce
qu'il y a un espace de négociation? Parce qu'il faut que les commissions scolaires
transmettent avant le 31 mai le taux qu'elles souhaitent appliquer. Est-ce que le ministre pourrait ne pas
reconnaître ce taux inférieur au taux maximal qu'il a proposé? Est-ce que je
suis claire?
Proulx : À mon avis, la
réponse, c'est non, parce que c'est inscrit dans la loi que les commissions scolaires pourraient convenir ensemble d'un taux moindre.
Mais la loi prévoit déjà un mécanisme, que, s'ils ne s'entendent
pas, c'est le taux le plus haut parmi les
propositions qui se retrouve à être le taux effectif dans la région de
taxation. Alors, dans ce contexte-là, ça nous permettrait de le publier
très rapidement.
La Présidente (Mme de Santis) :
Merci.
Poirier : Donc, il n'y a
pas de «discrétion ministérielle» — je
vais employer ce terme — entre
le fait qu'une région ne s'entende pas, par exemple, et cette mécanique
du taux le plus haut entre les commissions.
Donc, je
prends un exemple. La commission scolaire des Laurentides, le taux qui est
proposé, c'est 0,10 $ par
le ministre... le taux maximal, et la région
a des variantes, par exemple, entre les commissions scolaires, entre
0,05 $ et 0,09 $. Ça serait vraiment bas. Et, par exemple, une
des commissions scolaires qui a proposé 0,09 $... à ce moment-là, ça deviendrait la décision, puisqu'elle est la
commission scolaire qui, malgré le différend, propose le taux le plus haut.
Ça serait celui-là qui serait applicable, et non pas celui que le ministre a
proposé, qui était 0,10 $.
Proulx : Non. S'il y avait
unanimité autour du 0,09 $, il y aurait 0,09 $. S'il n'y avait pas
unanimité, il faudrait prendre le taux le plus haut. Le taux le plus
haut serait le taux maximal, donc 0,10 $
Mme Poirier : Ah! O.K. Ce
n'est pas nécessairement le taux le plus haut entre les commissions scolaires.
M. Proulx : Bien, dans la mesure où
une commission scolaire préférerait conserver le 0,10 $, alors ce serait
le taux le plus élevé. Mais si, pour reprendre cet exemple-là — puis
là je comprends qu'on est dans un exemple très théorique — une dit
«0,05 $», l'autre dit «0,06 $», l'autre dit «0,07 $», l'autre
dit «0,08 $», à ce moment-là, on choisirait le 0,08 $.
Poirier : O.K. Alors, il n'y a pas d'obligation de choisir le
taux du ministre à ce moment-là. Le ministre ne pourrait pas lui-même décider que, malgré les taux proposés, c'est son
propre taux, puisque son taux est plus haut que tous les autres taux
proposés.
Proulx : À ma connaissance,
non, dans la mesure où... Je ne comprends pas votre exemple. C'est comme un
jeu, mais je ne sais pas à quoi on joue, ce qui est écrit dessus.
La Présidente (Mme de Santis) :
Est-ce que vous avez besoin d'un instant?
La Présidente (Mme de Santis) : On
va suspendre pour quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 33)
La Présidente (Mme de Santis) : Nous
reprenons nos travaux. M. le ministre.
Proulx : Oui. Bien, peut-être,
Mme la Présidente, juste rappeler que, cette compréhension-là de ce
choix-là, on va la retrouver à l'article
310, mais, peut-être pour finir cette explication sur cet article,
alors l'exemple, le taux maximal est à
0,10 $. Trois propositions par trois commissions scolaires :
0,08 $, 0,09 $, 0,095 $. Nous avons à publier 0,095 $,
parce que ce serait le taux le plus haut proposé.
Mme Poirier : Donc, c'est le
taux le plus haut proposé...
Mme Poirier :
...malgré le taux proposé du ministre.
Proulx : Tout à fait, parce
que nous respectons la volonté des milieux, comme il est inscrit au projet de
loi.
Mme Poirier : Excellent,
excellent.
La Présidente (Mme de Santis) :
Merci.
Mme Poirier :
...passer la parole à mon collègue. Je reviendrai, j'ai d'autres petites
questions. Je vais lui en laisser un petit bout.
La Présidente (Mme de Santis) :
Parfait. Alors, la parole est au député de Chambly.
Roberge : Merci bien, Mme la Présidente. On parle beaucoup de
mécanique de fixation de taux, puis les mots qui reviennent souvent,
c'est «taux maximal», alors ce n'est pas intéressant du point de vue du
contribuable. Il me semble qu'on aimerait
mieux entendre parler de taux minimal, il me semble, comme la proposition de la
Coalition avenir Québec, qui est
d'avoir un taux unique, donc plus d'iniquité interrégionale, le plus bas, celui
de la commission scolaire des
Laurentides, 0,1054 $.
Manifestement,
c'est une proposition qui a des
adeptes, parce que, vendredi dernier, la ministre de la région
de la Mauricie, la députée de Laviolette, a dit carrément : L'idée de la
CAQ peut être regardée. Puis elle disait dans son intervention que la meilleure
place pour le faire, c'est lors de l'étude
article par article. Donc, ça
devrait être ici et maintenant. Elle disait même : «Je comprends que, pour
les citoyens de la Mauricie, il y a une bataille à mener,
et soyez assurés qu'on va la mener»,
mais elle disait en même temps que ça doit se faire lors de l'étude
article par article. Donc, il me semble qu'il
faudrait lui donner l'occasion de venir participer aux travaux. Je ne sais pas
si on peut suspendre pour lui permettre de se joindre à nous.
Présidente (Mme de Santis) :
Je crois qu'on devrait continuer avec la séance. Allez-y, on continue avec
nos travaux. Est-ce que vous pouvez compléter votre demande, déclaration, proposition
ou...
Roberge : Bien, enfin, je
pense que ça aurait été une bonne idée. On est là jusqu'à 21 h 30.
Alors, je l'invite à se joindre à
nous parce que c'est ici que ça se passe. Et il y a, dans ce projet de loi, des iniquités régionales. Je comprends que, dans le projet
de loi n° 166, le projet de loi du ministre, on retrouve une espèce d'équité à l'intérieur
d'une région, mais mettant en lumière, dans le fond, les iniquités
interrégionales.
Est-ce que le
M. le ministre l'accepte par dépit, se disant qu'on n'a pas les
moyens d'avoir une équité nationale, ou s'il pense que finalement son projet
de loi, c'est le meilleur, et que c'est une bonne chose d'avoir des iniquités
entre les régions?
La Présidente (Mme de Santis) : M.
le ministre.
Proulx : Bien, Mme la Présidente, je pense avoir déjà eu l'occasion de m'exprimer sur le sujet. J'ai
dit que nous avons présenté le projet de loi n° 166 pour deux raisons : la première, parce
qu'il existait ces iniquités, dans les différentes régions, entre les milieux, sur une même rue — j'ai
eu l'occasion déjà de l'exprimer, puis on adresse, si vous me
prêtez l'expression, cette problématique de manière très claire; deuxièmement, on va un peu plus loin, on poursuit notre
objectif également d'alléger le fardeau fiscal des Québécois
en faisant, un, en sorte que, dans chacune des régions du Québec, les taxes scolaires baissent; deux, en instaurant également
une exemption pour chacun des immeubles sujets et susceptibles d'être
taxés par la taxe scolaire.
Le choix que
nous avons fait, c'est de travailler dans chacune des régions, parce que, je
l'ai dit, ce sont ces régions qui
constituent les lieux et les espaces de comparaison pour les contribuables.
J'ai dit également que nous n'allions pas aller là où le collègue de la CAQ aimerait que nous allions, c'est-à-dire de choisir le taux le plus bas parmi tous les taux pour établir une baisse littérale d'impôt, parce que ça
coûte plus de 1 milliard de
dollars et on n'a pas la capacité
financière de faire cela, parce qu'on veut
préserver à la fois les services et cette possibilité d'alléger le fardeau fiscal des Québécois. Alors, on est
d'avis que, dans chacune des régions, les gens sont heureux de se retrouver
avec la fin de ces iniquités. On pense que c'est le meilleur... je dirais, le meilleur lieu de comparaison, c'est à
l'intérieur d'une même région administrative,
et, dans ce contexte-là, c'est le
choix que nous faisons. Et je rappelle que le collègue, il a voté contre le
principe. Alors, s'il a voté contre
le principe, c'est parce qu'il n'est pas en accord avec le principe du projet
de loi, qui dit que nous sommes prêts à baisser les taxes pour tous les contribuables du Québec, pas à la hauteur qu'il
souhaite, mais baisser, de manière significative, les taxes scolaires au
Québec.
La Présidente (Mme de Santis) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Chambly.
Roberge : Mme la Présidente, en fait, il y a deux principes dans le
projet de loi. On dit : Le principe du projet de loi. Mais il y a
un principe de baisses taxe avec lesquelles évidemment on est d'accord, mais il
y a un principe d'iniquité interrégionale
avec lequel on est en désaccord. C'est la raison pour laquelle on a voté contre
le principe du projet de loi. J'ai
comme l'impression qu'il y a même des gens dans sa formation politique qui
auraient souhaité faire de même.
Mais
est-ce que le ministre ferme carrément la porte à ce qu'il y ait une révision
des taux — parce
que je comprends qu'il y a la
mécanique du projet de loi, mais il y a la cible, en réalité, et les taux sont
déjà inclus dans le projet de loi — sur les
taux et sur les régions perdantes, là, notamment le Saguenay—Lac-Saint-Jean, Mauricie, Nord-du-Québec,
Centre-du-Québec, Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine,
Lanaudière? Bon, c'est les plus durement touchées sur le final, sur le net-net,
comme on dit en comptabilité.
Est-ce que le
débat est clos, la bataille est perdue sur ce dossier-là ou, s'il y a un espace
de manoeuvre... que les
inégalités interrégionales vont survivre mais que le ministre est d'accord pour
les amoindrir, à tout le moins?
La Présidente (Mme de Santis) : M.
le ministre.
Proulx : Bien, Mme la
Présidente, je ne peux pas présumer de l'ensemble des travaux que nous ferons
dans le cadre de cette commission. Je sais
que, la question des taux, on va l'aborder à la fin du projet de loi. Alors, on
pourra à ce moment-là constater si on a fait des changements ou pas.
Maintenant,
j'ai parlé, je pense, assez clairement de la situation dans laquelle on se
retrouve. Le projet de loi établit une
mécanique à l'intérieur des différentes régions, fixe les taux pour la première
année, établit une formule pour créer et surtout soutenir et matérialiser la nécessité d'une subvention
d'équilibre. Mais, j'ajoute, Mme la Présidente, moi, je pense que nous
avons aussi une responsabilité. Il faut que ça marche la première année, il
faut que ça marche la deuxième année, il
faut que ça marche la troisième année. On ne peut pas se retrouver dans une
situation, à terme, où on va mettre en péril
le service public en éducation et dans d'autres. Et, dans ce contexte-là, nous,
on fait le choix que c'est à l'intérieur de l'enveloppe qu'on rend disponible pour travailler, c'est-à-dire, plus ou
moins, ce 700 millions dont on a déjà parlé, qu'on sera capables d'établir ce que nous faisons. Et, à
la différence d'autres... mon collègue des Finances va déposer un budget
à une date que lui seul connaît, mais, à
l'intérieur de cet exercice-là, il y aura ces sommes mises en disponibilité
pour la subvention d'équilibre.
Alors, ce sera la consécration que, ce qu'on dit, on le fait puis que le
respect et le sérieux qu'on met à faire balancer les affaires, c'est
pour ça.
La Présidente (Mme de Santis) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Chambly.
M. Roberge : Oui. Sur la taille de
l'enveloppe disponible, manifestement, on ne s'entend pas, là. Ce que je comprends, moi, c'est que, dans les six premiers
mois, le gouvernement a dégagé des surplus de 2,5 milliards en six
mois. Donc, je pense que, sur l'année, on
aurait les ressources nécessaires. Mais, bon, alors on va laisser aller pour
l'instant, toujours en enjoignant la
ministre responsable de la Mauricie, la députée de Laviolette, à venir se
joindre à nous, puisqu'elle a dit
elle-même : C'est à l'étude
article par
article que ça se décide. C'est
ici, c'est maintenant. Et puis, si elle veut faire la bataille et... plutôt,
les discussions, les débats, bien, je l'invite à se joindre à nous. Merci.
La Présidente (Mme de Santis) : M.
le ministre.
Proulx : Bien, peut-être
rapidement, juste pour compléter un peu la discussion que nous avions sur le
taux avec le collègue de Chambly, parce que
ça va peut-être faire
partie de la réflexion que nous aurons ou, en tout cas,
faire
partie des échanges que nous
aurons encore sur le projet de loi. Mais il ne faut pas que constater le taux,
il faut voir ce que ça veut dire réellement
en factures et en sommes à payer chez le contribuable. Il y a des exemples à
l'intérieur d'une même région où le taux est plus élevé mais la facture
est plus basse parce que c'est la valeur des résidences qui évolue.
Alors, la
taxe, c'est un taux. Mais c'est le produit maximal de la taxe et une valeur
foncière, c'est une formule mathématique
à partir de ces éléments-là. Alors, c'est là que ça diffère d'une région à
l'autre, c'est vrai, mais ce n'est pas seulement et uniquement en
fonction du taux. On ne peut pas dire : C'est 0,10 $ chez vous, c'est
0,15 $ chez vous ou c'est 0,20 $
chez vous, ta facture est du double. Il y a bien des contribuables qui vont
avoir un taux plus élevé que d'autres et
qui vont avoir une facture plus basse que d'autres. Alors, ça, ça mérite d'être
pris en considération dans le cadre des explications de part et d'autre, ce qui n'explique pas, là, les
disparités puis les différences, notamment, entre les formations politiques sur le fond. Mais ce n'est pas le taux
qui dit tout, c'est le compte de taxe que tu vas recevoir qui, lui, te dit
si tu es en équilibre et/ou en équité avec les gens dans ta région et/ou
peut-être en déséquilibre et, selon les prétentions du collègue, en iniquité
dans une autre région.
La Présidente (Mme de Santis) :
Merci. M. le député de Bertrand.
Cousineau : Merci,
Mme la Présidente. Je veux juste comprendre, M. le ministre. Les taux établis
par le ministre dans le projet de loi, par
exemple le 0,1054 $ pour les Laurentides... c'est-à-dire, basés sur,
présentement, le plus bas taux, qui
est à la commission scolaire des Laurentides... donc les autres commissions
scolaires vont se camper sur ce taux-là...
dans les Laurentides. Ça va comme ça? Puis tout ça, au bout de la ligne, si on
regarde l'ensemble des régions du Québec, ça coûte 670 millions. Non?
M. Proulx : Non. Peut-être
l'expliquer, Mme la Présidente, juste pour bien enligner nos conversations.
D'abord, le taux est fixé en
annexe
pour la première année. Ensuite, il y a un taux maximal qui sera
déterminé en fonction des paramètres dont on va discuter dans les prochains
articles.
Deuxièmement, le financement, si vous
voulez, de cette subvention d'équilibre s'explique ainsi : dans un
premier temps, par la baisse du taux, donc
des recettes fiscales disponibles, pour chacune des commissions scolaires dans
une même région
et, dans un deuxième temps, par la création d'une exemption de
25 000 $ sur chacun des immeubles dans chacune des communautés
et régions. Alors, ça, ça vient aussi changer la donne, dans la mesure où un
immeuble qui en valait 26 000 $, parce qu'il y a des terrains qui
valent 20 000 $...
M. Proulx : ...bien,
voilà, on se retrouve dans la situation où le compte de taxe n'est plus le
même. Bien, à la fin, ça fait bien des terrains dans certaines régions.
Cousineau :
Absolument. Mais tantôt on a ouvert sur la possibilité, pour une région donnée,
d'avoir un taux plus bas que le taux
qui est proposé, par exemple, là, à 0,08 $, 0,09 $ du 100 $
d'évaluation au lieu de 0,1054 $ dans les Laurentides. Mais, si quelques-unes des régions décidaient de faire ça,
bien là, les paramètres vont changer, là, on ne parlera plus globalement
de 670 millions.
M. Proulx : C'est-à-dire qu'on va, Mme la Présidente, la
première année, compenser par une subvention d'équilibre en fonction du
taux maximal dans chacune des régions.
On fixe le taux la première année.
C'est comme une année de transition, si on veut s'exprimer ainsi. Pour les
années subséquentes, on va déterminer pour
chacune des régions un taux maximal de taxe. Alors, la subvention d'équilibre,
elle va se calculer puis s'opérationnaliser
en fonction du taux qui sera déterminé, parce qu'on établit les besoins, on
établit les valeurs, on établit la
capacité de taxation d'une région et on compense par une subvention d'équilibre
s'il y a un manque à gagner chez les commissions scolaires. C'est ça.
Alors, il y a des régions où ce ne sera pas nécessaire de verser une subvention d'équilibre. Il y a peut-être des
commissions scolaires où ce ne sera pas nécessaire de verser une
subvention d'équilibre, parce que la
formule, elle dit qu'il faut que tu sois en insuffisance pour recevoir une
subvention d'équilibre. Mais tous les
montants vont être fixés en fonction du taux maximal. Ça va devenir la variable
avec laquelle va s'établir la compensation, si on veut, la subvention
d'équilibre.
Cousineau : Parfait. Merci.
Présidente (Mme de Santis) : Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier : C'est
très intéressant, ce que vient de dire le ministre, là, mais ça me fait
comprendre quelque chose. En tout cas, si ça me le fait comprendre,
j'espère que ce n'est pas ça que j'ai compris.
Ce que le ministre dit, c'est que, la première
année, il fixe des taux et, en contrepartie, il assure une subvention maximale qui serait autour de 670 millions,
selon ce qui a été annoncé par le gouvernement. Mais, la deuxième année,
puisque personne n'est capable de nous dire
si le gouvernement aura 670 millions à investir de façon aussi
importante, parce qu'à partir des surplus
qui existent actuellement on peut prévoir, mais on ne connaît pas les surplus
de l'an prochain... est-ce que ça
veut dire que le taux maximal qui sera fixé dans la deuxième année pourrait
être en fonction que la subvention de 670 millions ne soit pas à la
même hauteur? Alors, je m'explique. On va fixer tous les taux maximaux cette
année en fonction du taux le plus bas
régional. Mais, dans la deuxième année, admettons, admettons, Mme la
Présidente, qu'on n'a pas
670 millions, qu'on a juste 300 millions à investir, alors on
pourrait décider que le taux maximal n'est plus le plus bas taux régional de l'emprunt, mais un taux plus
élevé pour aller compenser le 370 millions qui va manquer. Et, puisque
c'est le ministre qui établit le taux maximal, bien, il peut s'amuser à aller
augmenter le taux maximal dans une deuxième année,
étant donné l'incapacité financière de combler les 670 millions. Et ça, ça
peut être joué l'an 2, l'an 3, etc., et, à ce moment-là, on
vient remonter les taxes foncières, scolaires, en tant que tel, parce qu'on n'a
plus la capacité, comme gouvernement, de compenser le 670 millions.
J'aimerais juste qu'on m'explique, là, la mécanique de l'an 2,
l'an 3.
Proulx : D'abord, juste pour qu'on comprenne bien, Mme la Présidente,
c'est la loi puis le règlement qui vont
fixer le taux maximal de la taxe; ce n'est pas le ministre,
en fonction ni des orientations ni de la capacité de payer du gouvernement.
Viennent les choix politiques après, dans la vie.
Alors, la loi
va établir ce taux, donc, ce qui nous permet de faire ces évaluations-là
et de voir ces variables-là bouger dans
le temps, oui et non, dans la mesure
où on constate avec les années qu'il y a
eu une augmentation du taux de la taxe puis... pardon, des recettes fiscales venant de la taxe, non pas parce que
les taux ont doublé, mais parce que la valeur foncière a augmenté dans les différentes régions. C'est ce qui a amené une augmentation. Ça, c'est une chose. Maintenant, c'est la subvention d'équilibre
qui va bouger dans le temps, parce
que c'est l'insuffisance qui va
bouger, dans le temps, dans les différentes
régions. Des commissions scolaires vont être en suffisance fiscale, d'autres vont
être en insuffisance fiscale et d'entrées fiscales, et, dans ce
contexte-là, c'est là que la subvention d'équilibre va bouger.
La question
de la collègue, je
pense, au fond, c'est la
suivante : Est-ce qu'on va toujours avoir la capacité financière, au gouvernement du Québec, dans le temps, de mettre 670 millions, par exemple, en subvention d'équilibre? Nous, c'est la raison pour laquelle on l'a établi là, parce qu'on est d'avis qu'on
est capables de travailler sur du moyen et long terme à l'intérieur de
ces paramètres-là. Le collègue de la Coalition avenir Québec, lui, il
dit : Non, on est capables d'aller au-delà
de ça. Alors, la question,
elle se pose à lui, elle se pose à moi, elle se pose à vous, qui dites :
On n'a pas la capacité financière du
tout de faire ça, puis, à ce
moment-là, continuons à subventionner
l'éducation comme on le fait, point, et laissons les
taxes scolaires au niveau où elles sont, avec, respectueusement dit, encore des
iniquités et des inégalités à l'intérieur
des différentes régions. Alors, l'objectif, c'est le suivant... Mais est-ce qu'il y a quelqu'un ici qui est capable de dire, Mme
la Présidente, devant tous les Québécois : Dans 27 ans d'ici, là, on va avoir mis tant de milliards de plus dans l'éducation, fermes, puis, je
vous le promets, ça n'aura jamais changé?
Moi, là, je
travaille au quotidien pour essayer de nous engager sur du moyen terme, là,
puis, je vais vous dire, ce n'est pas
simple. Alors, un budget, là, c'est à chaque année. Un gouvernement, ça travaille en fonction de son mandat. Puis, je veux dire, nous, on a fait la démonstration que tous les exercices
financiers qui se sont succédé depuis que nous y sommes, là, sont en équilibre. Alors, moi, j'ai ça à offrir, une certaine crédibilité gouvernementale pour faire cette gestion des fonds
publics puis une crédibilité à l'effet que notre évaluation est la bonne. Ça,
je peux offrir ça aux Québécois, Mme la
Présidente, sans être gêné. Et, le
point de rupture, nous, on l'établit où? On l'établit là. C'est : subvention d'équilibre pour la baisse des
taxes dans chacune des régions et subvention d'équilibre en raison d'une
exemption qui est un retour aux contribuables
et un allégement de leur fardeau
fiscal. Nous, on les évalue, ces
sommes-là, à environ 670 millions et nous, on va les protéger, ces sommes-là, dans le budget du Québec.
Alors, c'est l'engagement qu'on prend : on maintient les
services et les investissements et réinvestissements qu'on fait, on va créer cet espace dans le
budget du Québec pour pouvoir créer cette situation d'équilibre, qui n'entachera pas les services, et nous, on va
la doter de sommes pour être capables de faire face à cette réalité pour
chacune des régions.
La Présidente (Mme de Santis) :
Merci. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Mme la Présidente, je l'ai dit lors de l'adoption du principe, on voit bien la stratégie
derrière ce projet de loi. Le ministre vient de nous l'expliquer très clairement,
avec une transparence qu'on lui doit, là.
Alors, cette
année, on a l'argent, puis l'an prochain on ne le sait pas. Alors, on ne sait
pas si, l'an prochain, on va être
capable d'assurer la subvention d'équilibre nécessaire à maintenir ces taux de taxe et surtout ce cadeau
libéral, à la veille de l'élection,
au mois d'août, dans les chaumières du Québec. C'est exactement ça, là. Je veux dire, Mme la Présidente, il faut se
mettre devant ce constat-là, là : les gens vont recevoir un compte de taxe
au mois d'août, en pleine période électorale, avec une réduction de taxe pour tout
simplement... La seule année qu'ils
vont l'avoir, c'est cette année-là. À moins que c'est... mon collègue d'à côté, puis, lui, il va falloir qu'il nous l'explique,
où il va trouver le 700 millions
de plus que le 670 millions du
ministre, parce que, le 670 millions du ministre, on ne sait pas où on va
le prendre la deuxième année. Puis mon
collègue, il en ajoute, lui, 700 millions de plus. Alors, on est vraiment,
là, dans de la science-fiction totale. Personne ici n'est capable d'assurer qu'il y aura la capacité,
à l'an 2, d'assurer le 670 millions pour la subvention d'équilibre.
Personne n'est capable de dire ça.
Alors, le
ministre travaille avec un projet de loi qui a des bonnes intentions, dans un
premier temps, qui étaient de régler
les iniquités, exemple, dans l'Outaouais et dans d'autres régions, n'applique pas la bonne formule. Et je pense que le ministre doit revoir le texte
du Devoir d'en fin
de semaine qui dit que ce n'est pas la bonne solution et qui confirme
que la solution de la CAQ n'est pas la bonne
solution. Ce projet de loi n'est pas la bonne solution à la problématique que
nous avons, Mme la Présidente. Oui, il y a de l'iniquité actuellement
intrarégionale, intra la même rue, en tant que tel, et interrégionale aussi,
mais ce projet de loi là ne règle en rien, en rien la situation. Et il n'y a
aucune, aucune garantie à l'an 2. Nous
allons mettre des heures et des heures ici, Mme la Présidente, à faire ce
projet de loi là, qui ne garantit en rien le cadeau libéral donné à la veille de l'élection. C'est assez odieux, Mme
la Présidente. Pour moi, c'est odieux. On est en train de dire aux citoyens du Québec qu'on fait une loi
pour leur donner un cadeau de 670 millions de dollars, un cadeau
qu'on aurait pu mettre en investissement,
mais que, pour des raisons purement électoralistes, ce qu'on fait, c'est qu'on
vient utiliser le Parlement pour justement
faire un engagement électoral, un engagement électoral qu'on vient mettre dans
une loi, une loi qui n'aura pas de
pérennité, Mme la Présidente, parce que, la subvention d'équilibre que le
ministre nous parle, il n'y a aucune
garantie à l'an 2. Puis, de plus, le collègue de la CAQ, lui... Ah! non,
ce n'est pas assez. Il redouble le montant. Puis lui, il a encore moins de garantie, parce qu'il faut qu'il garantisse, à
l'an 2, le 670 millions du ministre libéral et il faut qu'il garantisse 700 millions de plus en surplus.
On est dans la politique-fiction, Mme la Présidente. C'est assez
incroyable. Je vais vous dire, Mme la Présidente, je trouve inadmissible
l'utilisation de notre Parlement à ces fins, inadmissible.
Le ministre
nous l'a dit, c'est la capacité financière du gouvernement qui va nous
permettre de faire en sorte qu'on aura
une subvention d'équilibre. À moins d'être devin, là, est-ce qu'il est capable
de me garantir que le 670 millions, il est là pour les cinq prochaines années? Bien, ça s'appelle des décisions
politiques. C'est la décision qu'ils font cette année. La décision politique qu'il fait, c'est de prendre
l'argent des surplus, et, au lieu de l'investir en éducation en plus des
sommes qui sont déjà là, il décide de
substituer ces sommes-là contre des baisses de taxe scolaire à la veille de
l'élection. C'est exactement ce qu'il fait. Puis le collègue de la CAQ,
lui, il en remet une autre batch par-dessus au lieu d'investir puis de faire en sorte de faire la démonstration qu'il
y a des besoins dans notre système scolaire. Puis on le sait tous ici,
qu'il y a des besoins, là. On n'a pas besoin
d'aller très, très loin, là. Rencontrez n'importe quelle commission scolaire,
rencontrez n'importe quelle association de profs, n'importe quelle association
de parents, tout le monde va vous faire une liste d'épicerie. C'est
inadmissible, Mme la Présidente, inadmissible. Je ne peux pas comprendre qu'on
tolère, dans notre Parlement, d'avoir une
discussion aussi électoraliste, en tant que tel, sur une mesure et utiliser
notre Parlement pour ça. Je trouve ça
inadmissible, Mme la Présidente. Et je suis fière d'avoir voté contre le
principe, parce que jamais on ne va se laisser berner de cette façon-là.
La Présidente (Mme de Santis) : Mme
la députée...
Mme Poirier : J'ai fini mon
temps.
La Présidente (Mme de Santis) :
...vous avez terminé votre temps.
Mme Poirier :
Je le savais.
La Présidente (Mme de Santis) :
Alors, maintenant, la parole est au ministre.
Proulx : Oui. Bien,
rapidement, parce que je pense qu'il y a d'autres collègues qui voudront
intervenir, Mme la Présidente. La collègue d'Hochelaga-Maisonneuve a
pris le temps nécessaire pour expliquer son... Au-delà de son étonnement, je
pense, il y avait presque une certaine rage dans son discours.
Deux choses,
Mme la Présidente. D'abord, si nous n'avions souhaité faire qu'une mesure
électoraliste, nous aurions tout
simplement pris les sommes disponibles, les retourner, d'une façon ou d'une
autre, directement vers le citoyen en lui disant : C'est pour cette année, puis, l'année prochaine, il n'y en
aura pas d'autre. Un. Deuxièmement, ce que nous faisons, Mme la
Présidente, c'est de changer la loi pour être capables d'établir un mécanisme
différent de taxation et de redistribution. Deux.
Troisièmement,
ce n'est pas le gouvernement qui va décider du montant de la subvention
d'équilibre. Et, s'il doit la payer, ce sera dans la loi : le gouvernement aura l'obligation de verser la subvention d'équilibre aux différentes commissions
scolaires. C'est la raison pour laquelle nous pensons qu'il ne faut pas aller au-delà des sommes que nous proposons, parce que c'est
notre façon à nous de garantir aux gens qui nous écoutent qu'on est capables de
respecter nos lois et d'être responsables.
Ça, c'est notre point de vue. On ne s'entendra pas là-dessus à la fin de la
journée, de la semaine, du mois. Il y
aura des positions bien différentes de part et d'autre, mais il faut dire la
vérité aux gens. Ce n'est pas vrai que, l'année prochaine, on ne le sait pas, si on va être capables de verser la
subvention d'équilibre. D'abord, on va avoir l'obligation de le faire dans les années à venir, puis, si
quelqu'un veut changer ça, là il va falloir qu'il change la loi. C'est la même
chose que quand, l'an dernier, Mme la
Présidente, le ministère des Finances, par l'entremise du ministre, dans son
budget, a annoncé un plan d'embauche
sur cinq ans en éducation : 8 000 nouvelles ressources
professionnelles, et enseignantes, et équipes-écoles
en services directs, pendant cinq ans. Il y a quelqu'un ici qui pourrait, Mme
la Présidente, se présenter devant
les Québécois puis dire : Moi, j'arrête ça. Le 1,8 milliard sur cinq
ans qu'on va investir de façon récurrente en éducation, là, j'y mets
fin. Ce serait une décision politique, décision, à mon avis, irresponsable,
mais une décision politique.
Alors, Mme la
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve dit : On fait de la politique
électoraliste, on utilise le Parlement, là. On l'utilise à bon dessein, le Parlement, le jour où on modifie des
lois pour les moderniser, pour mettre fin à des iniquités puis mettre en place des processus transparents.
Oui, ça va varier, la subvention d'équilibre, dans le temps. Oui, le
produit maximal de la taxe, il va varier...
pardon, le produit maximal de la taxe, effectivement, dans chacune des régions
va varier dans le temps, parce que, je l'ai expliqué dès le début, c'est
une taxe foncière basée sur des paramètres et une valeur foncière. Oui, on fait le choix du taux le plus
bas dans chacune des régions parce que c'est notre façon à nous de
mettre fin aux iniquités dans chacune des
régions et de ne pas voir des contribuables avec des comptes de taxe qui
augmentent, parce qu'on a le droit de dire franchement aux gens qu'on
n'a pas choisi, nous, d'augmenter les taxes, qu'on n'a pas choisi d'augmenter les taxes scolaires, puis moi, je
n'aurais pas présenté un projet de loi où les taxes scolaires augmentent.
Alors, ça s'arrête, là, c'est fin de la
discussion et des intonations qui ne sont pas nécessaires. Ce n'est pas ça qui
arrive. Alors, c'est dans ce contexte-là qu'on le fait.
Alors, le
cadre financier qu'on va déposer cette année et le budget qu'on va déposer
cette année vont le prévoir. Puis,
vous le savez, là, je veux dire, il y a toujours un cadre financier qui vient
pour les informations de l'année suivante. Vous aurez, Mme la Présidente, cette année, pour la première fois, avant
l'élection, le Vérificateur général qui va faire le travail pour s'assurer de l'équilibre des comptes
et de la justesse de chacune des dépenses et des inscriptions, alors,
écoutez, les gens, là, ils vont voter en
toute connaissance de cause. Ils vont savoir que la loi existe, ils vont savoir
que le mécanisme est là, est là pour
tout le temps. Ils vont connaître les valeurs et les paramètres. Ils vont
savoir que, de notre côté, on a fait le choix de ne pas se rendre au taux le plus bas dans les Laurentides, pour
des raisons évidentes que j'ai expliquées tout à l'heure. Puis ils vont
savoir que ça fait trois ans, et plus, bientôt qu'on a des exercices financiers
équilibrés.
Alors, moi,
je ne suis pas en train de préparer une élection, là, Mme la Présidente, je
suis en train de moderniser la loi,
je suis en train d'abaisser les taxes et les impôts des gens. Je suis en train
de mettre fin à des iniquités dans chacune des régions du Québec, point
à la ligne.
La Présidente (Mme de Santis) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Chambly.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. Donc, sur la dernière intervention de ma collègue, évidemment, j'ai
quelques mises au point à faire. Je trouve
ça spécial qu'elle s'insurge qu'on utilise le Parlement pour faire une
discussion plutôt qu'une autre. Je ne pense
pas qu'elle puisse ou doive contrôler l'ordre du jour et dire qu'on devrait
discuter d'une baisse de taxe ou
qu'on n'a pas le droit de discuter d'une baisse de taxe ou qu'on a plus le
droit de discuter d'une mesure x ou
y. Je pense que ça fait
partie du travail des parlementaires de se questionner
sur le taux de taxation, sur les équités ou les iniquités fiscales, de
dénoncer ce qui nous semble incorrect dans un projet de loi puis de dire ce qui
est correct aussi.
Il y a des
parties qui sont correctes dans ce projet de loi. Il y a des parties qui nous
semblent incorrectes. Une chose qui est correcte, c'est la dernière
phrase du premier paragraphe des notes explicatives. Ça dit : «Il — parlant
du gouvernement — introduit par conséquent une subvention
permettant de compléter les revenus de taxation destinés aux commissions scolaires.» En gros, les baisses de
taxe de ce projet de loi là, bien que, selon nous, mal ficelées et
préservant une iniquité interrégionale, ne
vont pas occasionner des coupures en éducation.
Je pourrais bien prendre un raccourci puis déchirer ma chemise sur les
coupures en éducation. Si je croyais qu'il y en avait, je le ferais. Il y en a
eu en début de mandat, en 2014, en 2015,
même en 2016. Il y en avait, des coupures en éducation. Il y en avait, des
coupures de services. Il y a eu des professionnels... pas qui avaient leur permanence, mais il y a
une grande majorité de professionnels... en
tout cas, un grand
nombre de professionnels qui n'ont pas leur permanence qui ont vu
leurs contrats non renouvelés. Ça a été des coupures de services directs aux élèves. Je les ai dénoncées au nom de
ma formation politique, mon chef l'a fait aussi, puis jamais on
ne cautionnera ça. Mais, à un moment donné, il faut dire les choses comme elles
sont : ce projet de loi là n'engendre
pas de coupure de services. Bien que j'aie voté contre le principe, il faut toujours
bien que je sois assez honnête pour le voir et le reconnaître.
Bon. On peut
se demander où est-ce qu'on va prendre l'argent pour empêcher qu'il y ait
des coupures de services, considérant
qu'il va y avoir une baisse de la taxe scolaire, mais, que ce soit une baisse
de la taxe scolaire, une baisse de la taxe
santé, une baisse de la TVQ, ça ne va pas nécessairement occasionner une
coupure en éducation. Le pourcentage de financement des commissions
scolaires n'a pas toujours été le même via la taxe scolaire. Je pense qu'on est
passé à quelque chose comme de
7 % du budget des commissions scolaires — puis je peux me tromper de quelques pour
cent, là — à autour
de 20 %. Et ce n'est pas parce qu'on a augmenté le pourcentage de
financement venant de la taxe scolaire que le financement a augmenté. Ce n'est pas vrai. La tarte, là, elle est restée
à peu près de la même grosseur... même qu'elle a été réduite, alors que
les taxes ont augmenté. Donc, si on augmente les taxes, si on double les taxes
scolaires puis qu'on n'augmente pas le
financement des commissions scolaires, on voit bien qu'il n'y a pas une
corrélation directe entre le taux de
taxe ou le revenu de la taxe et le financement en éducation. Ce n'est qu'une
part du financement en éducation en ce moment,
20 % — autrefois
5 %, 6 %, 7 %, 10 % — qui vient de la taxe. Il faut s'assurer
qu'il n'y en ait pas, de coupure.
Bon, là, on
va suivre l'article par article, parce que les notes explicatives, c'est une
chose, l'article par article, c'est une autre chose. On va s'assurer
que, dans le projet de loi, ça soit bien écrit que la subvention d'équilibre
garantisse qu'il n'y a pas de coupure. Moi,
je voudrais qu'au-delà du fait qu'il n'y ait pas de coupure il y ait des
ajouts, qu'il y ait du financement
supplémentaire directement dans les écoles, pas dans la bureaucratie, dans les
services directs, mais, bon, ceci étant dit, il ne faut pas non plus se
faire des peurs, Mme la Présidente. Voilà.
Présidente (Mme de Santis) : J'aimerais rappeler qu'on est sur
l'amendement. Alors, est-ce que M. le ministre a un commentaire?
M. Proulx : Sur l'amendement, non,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme de Santis) : M.
le député de Bertrand.
Cousineau : ...que
rajouter quelque chose sur ce que ma consoeur a dit puis la réponse du ministre.
C'est évident
que M., Mme Tout-le-monde qui paie des taxes scolaires puis qui va voir que sa
taxe scolaire va diminuer d'une façon
importante dans différentes régions va s'attendre à ce que
l'année prochaine ou l'année d'après ce sera à peu près la même chose.
C'est là qu'est le problème, c'est là que le bât blesse. Comment est-ce qu'on
dit à ces gens-là : Écoutez, là, cette année, vous allez avoir des baisses
de taxe scolaire substantielles, intéressantes à cause du nouveau mécanisme, des paramètres, tout ça, mais, l'année
prochaine, il n'est pas dit que ça va atterrir comme ça? Vous pourriez peut-être avoir une augmentation de la taxe
scolaire l'année prochaine, étant
donné que les paramètres ont
changé puis que les conditions ne sont pas
les mêmes au niveau des revenus du gouvernement. Est-ce que je me
trompe quand je dis ça, moi? Je parle
de M. et Mme Tout-le-monde, là. Tu sais, il y en a qui font l'analyse avec les
paramètres puis qui se couchent avec
ça dans la tête le soir, mais ceux qui ont des petites maisons, là, et qui sont
installés dans le fond des rangs puis
à la campagne, tout ça, eux autres, ils ne font pas ce calcul-là, ils
s'aperçoivent qu'ils ont une bonne baisse de taxe scolaire puis ils s'attendent à avoir la même
chose l'an prochain. C'est juste là, moi, que je me questionne. Est-ce
qu'on peut rassurer ces gens-là?
La Présidente (Mme de Santis) : M.
le ministre.
Proulx : Bien, d'abord, Mme la Présidente, lorsqu'on aura à établir le taux maximal dans chacune des
régions, on ne part pas de rien, hein, on
part du taux maximal et on part des paramètres que nous avons dans l'année
précédente, là. Ça, il faut le rappeler. Et,
dans ce contexte-là, des variations
importantes dans une région en une seule année, là, ça va prendre tout un événement et... avec des s, pour
pouvoir en arriver à ça. C'est une réalité, le taux et la taxe. Le
montant, il est fixé en fonction de
paramètres. Alors, tu sais, il faut dire la vérité aux gens, c'est une taxe,
Mme la Présidente, et c'est une taxe foncière, elle est basée sur des
paramètres. Un.
Deuxièmement,
Mme la Présidente, je ne l'ai pas dit tout à l'heure, mais, tu sais, en 2013,
si le Parti québécois ne coupe pas la
péréquation de 400 millions, on n'est peut-être même pas là aujourd'hui,
là. Tu sais, je veux bien, moi, là, là, remonter à Mathusalem pour essayer de trouver un coupable du côté
libéral, et/ou dans mon argumentation, et/ou dans mon projet de loi en disant : Ça fait des années qu'il y réfléchit, puis il a encore
pris trop de temps pour y penser, puis, en fin de compte, il n'arrive
pas suffisamment à l'endroit où on voulait qu'il arrive.
Dans
la réalité, Mme la Présidente, là, je
veux dire, le bobo, là, il est apparu pas mal plus gros le jour où on a
mis fin à la péréquation, le jour où le
gouvernement du Québec a arrêté de compenser avec une somme les iniquités non
pas entre les citoyens, mais l'insuffisance
fiscale de chacune des commissions scolaires, là, ce qui, à la fin, ne réglait
rien pour le contribuable mais
donnait la capacité à une commission scolaire de dire : Moi, je n'ai même
pas à baisser les taxes, je n'ai pas
à les augmenter, je n'ai pas à faire face à mon électorat avec ça. J'ai juste à
dire au gouvernement : Je respecte les paramètres, je suis au maximum, envoie-moi de l'argent. Je veux
dire, le jour où on a mis en place cette péréquation-là, c'est parce
qu'on n'arrivait pas à une solution comme celle-là, qui était pérenne, qui
était législative, qui était une modernisation
de la loi. Maintenant, il faut le dire aussi, ça. On part de là. Fin de la
péréquation sur trois ans. On arrive où? On arrive là où on est : d'abord, des
citoyens qui entre eux ne paient pas le même taux, ne paient pas le même prix,
paient trop cher pour la même valeur sur la
même rue, et des commissions scolaires qui étaient en insuffisance fiscale puis
là qui viennent nous voir l'une après l'autre, puis elles nous
disent : C'est épouvantable, le PQ a coupé la subvention, la péréquation. Alors, mettons que j'ai dit
ça une fois, là, puis j'arrête de le dire, parce que ce n'est pas ma façon de
le faire. Vous le savez, là, quand on
fait l'étude
article par article, moi, je travaille sur le projet de loi, là.
Mettons que je l'ai dit une fois, là.
Je vais le redire juste si c'est
nécessaire. Mais c'est ça, la réalité. Je veux dire, on est partis de là et là
on arrive où on en est.
Alors,
on a des choix. On dit aux gens : Nous, on ne souhaite pas baisser vos
taxes scolaires, on ne souhaite pas créer
d'exemption, on ne souhaite pas baisser votre fardeau fiscal, parce qu'on veut investir
dans des services. En passant, c'est
ça qu'on fait. Ce n'est pas les mêmes budgets, là. Ce n'est pas un budget
d'immobilisations, avec le Plan québécois des infrastructures, sur des années, qui est un endettement du
gouvernement pour des infrastructures. Ce n'est pas le budget des
services publics, où on prend les sommes que nous avons établies ensemble,
comme gouvernement, à investir en éducation
dans les services. Je veux dire, c'est dans les services administratifs, c'est
dans le maintien. Je l'ai expliqué, en éducation, il y a deux sources de financement
proprement dit : il y a le fonds consolidé vers les services, il y avait
la taxe scolaire. Il y aura une taxe scolaire plus basse, il y aura une
subvention d'équilibre. Et nous, on la considère juste et raisonnable, dans la mesure où elle fait ce
qu'elle doit faire, cette subvention d'équilibre là. Elle règle les problèmes
que nous avons identifiés comme des
problèmes à régler, mais elle ne va pas au-delà du point de rupture, qui
serait : on met à risque l'ensemble des services.
Mais, à la fin, Mme la Présidente, là, des choix
politiques, là, on en fait tous les jours, là. Puis chaque gouvernement,
chaque parti politique, élection, pas
élection, fait des représentations. Dans d'autres domaines, chaque parti
politique fait des représentations
également puis dit : Moi, je ferais l'inverse, ou le contraire, ou autre
chose, que fait le gouvernement. Ça, Mme
la Présidente, moi je vis très bien avec ça, dans la mesure où ça, c'est notre
choix, c'est notre réponse législative et ça engage le gouvernement dans une formule qui est connue, ce qui permet de
prévoir. Maintenant, après ça, ceux qui seront là dans l'avenir feront des choix différents, alors
ils auront le bonheur de se faire dire : Tu as bien fait, ou le malheur de
se faire dire : Tu n'aurais pas dû
toucher à ça. Ça, c'est le propre de prendre des décisions, ca veut dire
parfois décevoir, parfois recevoir des félicitations.
Présidente (Mme de Santis) : M. le député de Chambly, vous avez
d'autres interventions? Alors, nous allons procéder au vote. Est-ce que
l'amendement est adopté.
Une voix :
Sur division.
Présidente (Mme de Santis) : Adopté sur division. On revient
maintenant à l'étude de l'article 304 de la
Loi sur l'instruction
publique. Est-ce que, M. le ministre, vous avez des commentaires?
M. Proulx :
Sur l'article 304, non, puisque nous avions proposé l'amendement. Non.
La Présidente (Mme
de Santis) : Est-ce qu'il y a des interventions? Alors, nous avons
complété l'étude de l'article 304. Nous
allons maintenant à l'étude de l'article 305 qui est proposé à
l'article 6 du projet de loi. M. le ministre.
M. Proulx : Merci, Mme la Présidente. Alors, l'article 6 : La
section VII du
chapitre V de cette loi est modifiée par le
remplacement de ce qui précède l'article 315 par ce qui suit :
«2. Immeubles soumis
à la taxe scolaire régionale et valeur imposable de ceux-ci.
«305.
Une taxe scolaire régionale est imposée pour chaque année scolaire sur tout
immeuble imposable situé dans une région de taxation scolaire.»
Alors,
Mme la Présidente, dans les commentaires :
L'article modifié prévoit le
champ d'application de la taxe scolaire
régionale. Il établit qu'une taxe scolaire régionale est imposée, chaque année
scolaire, sur tout immeuble imposable situé
dans une région de taxation scolaire. En ce sens, il reprend l'essence de la
règle qui figure actuellement au deuxième alinéa de l'article 303 de la
LIP. Et voilà.
La Présidente (Mme
de Santis) : La députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Merci, Mme la Présidente. Je veux juste comprendre pourquoi
il faut répéter «entre l'article
303 et l'article 305».
La Présidente (Mme
de Santis) : M. le ministre.
M. Proulx :
Oui. Alors, je comprends que, puisqu'on a modifié l'article 303 précédemment,
on se devait de modifier 305...
M. Proulx : ... — oui, effectivement,
c'est ce que je n'ai pas dit — et lorsqu'on a changé l'ordre, également,
des articles.
Présidente (Mme de Santis) : Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Donc, l'article 303 devient 305. Est-ce que c'est ça ou...
M. Proulx :
Oui. Le texte actuel à 303 devient l'article 305.
La Présidente (Mme
de Santis) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme Poirier :
Je veux juste comprendre. C'est que, le texte à 303, qui était beaucoup plus...
on tombe à deux lignes pour six lignes, là,
on avait le fait qu'«une commission
scolaire — si
on prend l'ancien texte, là — autre que les commissions scolaires situées
en tout ou en
partie sur l'île», donc le reste du Québec... et là on
avait : «[Une taxe] est imposée sur
tout immeuble [...] sur son territoire — ce
qui est exactement la même chose — sauf sur un immeuble qui peut être imposé
exclusivement ou, s'il ne l'est pas entièrement...» Cette partie-là, là, il
arrive quoi avec ça?
La Présidente (Mme
de Santis) : M. le ministre.
M. Proulx :
...Mme la Présidente. D'abord, il faut se rappeler qu'avant on avait un régime
pour Montréal, un régime pour les commissions scolaires. Maintenant, nous
n'avons qu'un régime, donc on ne distingue plus les deux. Deuxièmement, le deuxième alinéa de 303 se retrouve dans les définitions dans la
portion Étalement maintenant,
donc il n'est plus nécessaire
de s'y retrouver à 303. Et 305 maintenant touche l'ensemble du régime des taxes scolaires, et donc une
taxe régionale, ce qui fait que les commissions scolaires de la région de Montréal, pour leurs règles,
ne sont plus traitées dans un
chapitre distinct, comme c'était avant. Elles se retrouvent, dans le cadre du projet de loi, dans la loi intégrées aux autres,
là. C'est la raison et du changement d'ordre et de la réécriture de l'article,
dans la mesure où la portion 2, qui touche l'étalement, notamment, je
pense bien — sans
me tromper — se
retrouve dans les définitions maintenant.
La Présidente (Mme
de Santis) : Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Ce que j'en
comprends, c'est que l'ancien
article 303, dans une même région, venait
permettre d'imposer entre les commissions scolaires... mais, puisque maintenant les commissions scolaires ont le même taux de façon régionale, on
n'a plus besoin de distinguer entre les commissions. Est-ce que c'est de ça
dont on parle?
M. Proulx :
Je ne suis pas certain de comprendre, Mme la Présidente, je m'excuse.
Poirier : C'est qu'on
avait sur le même territoire... On pouvait imposer différemment un immeuble
selon la commission scolaire à laquelle il était affecté, assujetti avant. Maintenant,
il ne peut plus être sous une gouverne différente, puisque, exemple... Un immeuble pouvait être imposé
en fonction d'une commission scolaire anglophone. Maintenant, qu'il soit assujetti à la commission scolaire anglophone ou francophone, puisque le taux régional, ça devient le taux
régional qui s'impose, est-ce que c'est de ça dont on parle?
M. Proulx :
Effectivement, que maintenant l'immeuble n'est plus en lien avec les commissions scolaires, mais en lien avec sa région de taxation.
La Présidente (Mme
de Santis) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Nous avons fini
avec l'étude de l'article
305 de la
Loi sur l'instruction publique. Nous allons maintenant
à l'étude de l'article 306 de la
Loi sur l'instruction publique
qui est introduit par l'article 6 du projet de loi.
M. Proulx :
Merci, Mme la Présidente. Alors, la
section VII du
chapitre V de
cette loi est modifiée par le remplacement de ce qui précède l'article 315 par
ce qui suit :
«306.
Tout propriétaire d'un immeuble imposable est imposé sur la valeur de
l'évaluation uniformisée ajustée de cet immeuble qui excède
25 000 $.»
Alors,
dans les commentaires :
L'article 306 modifié prévoit que tout propriétaire sera imposé sur la
valeur de l'évaluation uniformisée
ajustée — on en a
parlé dans les définitions — de son immeuble, à laquelle on soustrait
25 000 $. Dans le cas d'un
immeuble d'une valeur égale ou inférieure à 25 000 $, par exemple un
terrain — j'ai eu
l'occasion déjà de le dire — aucune taxe scolaire, donc,
ne sera perçue.
La Présidente (Mme de Santis) : Merci, M. le Président. Y a-t-il des interventions?
Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Bien, juste comprendre, Mme la Présidente, le choix du 25 000 $. Ça
aurait pu être 50 000 $, ça aurait
pu être 10 000 $, ça aurait pu être 15 000 $. Qu'est-ce qui
a fait le choix du 25 000 $ en tant que tel? Parce qu'il doit
y avoir une grille de calcul qui a été faite pour déterminer cela.
M. Proulx : Non, Mme la Présidente,
c'est une décision qui a été prise par le gouvernement du Québec.
Présidente (Mme de Santis) : Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Bien, je trouve la réponse un peu, je vais dire,
facile. Décider d'une exonération de 25 000 $, c'est des conséquences en tant que telles. Nous, on le
voit bien avec l'application sur Montréal, que, s'il n'y avait pas eu ce
25 000 $, il n'y aurait pas eu
d'économies sur Montréal, puisque le taux serait demeuré le même. Alors,
puisque le taux demeure le même, il
faut bien trouver un moyen de donner un petit cadeau aux Montréalais. Alors,
l'exonération, elle est très
directement sur Montréal. Alors, bien, à ce moment-là, pourquoi ne pas avoir
donné une exonération de 50 000 $ aux Montréalais, M. le
Président... Mme la Présidente. Excusez-moi.
La Présidente (Mme
de Santis) : M. le ministre.
M. Proulx :
Mme la Présidente, on a eu quand même l'occasion, à ce jour, de parler un peu
des différents taux dans les différentes
régions et, dans le cadre de ces différents taux, on a eu surtout l'occasion de
constater qu'il y avait des écarts,
et je pense que vous pourriez constater que, dans certaines régions du Québec,
25 000 $ sur un taux élevé d'un immeuble qui n'est pas un
immeuble évalué de manière très élevée, c'est une baisse significative par
rapport à un contribuable montréalais, par
exemple. Alors, dire que ça a été fait pour Montréal, c'est faux. Dire que ça a
été fait pour l'ensemble des contribuables du Québec est vrai.
La Présidente (Mme
de Santis) : Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Le comité de gestion de la ville de Montréal a déposé
dans son mémoire un tableau assez éloquent qui fait la démonstration que
ce 25 000 $ a permis justement de donner une baisse de taxe à
Montréal et a fait la démonstration aussi
que ce 25 000 $ là, il ne vaut pas la même chose dans toutes les
régions du Québec, là, c'est bien sûr.
Alors, moi, je me
pose vraiment la question, Mme la Présidente : Pourquoi
25 000 $, pourquoi pas 30 000 $, pourquoi pas 20 000 $? D'où vient ce chiffre magique de
25 000 $, trouvé par le gouvernement pour donner une exonération
que personne n'est capable d'expliquer ici? Pourquoi 25 000 $?
M. Proulx :
Bien, Mme la Présidente, deux choses. D'abord, ce n'est pas qu'à Montréal que
cette exemption-là sera la seule
baisse de taxe pour un contribuable. J'habite moi-même dans une région où le
taux le plus bas est le taux de la commission
scolaire des Découvreurs. Alors, demain matin, le projet de loi adopté, en août
ou juillet prochains, je recevrai mon
compte de taxe et, dans ce contexte-là, je ne verrai que l'exemption de
25 000 $ comme étant une baisse pour moi et ma conjointe.
Donc, je n'habite pas Montréal et j'aurai, moi aussi, ce mécanisme.
Deuxièmement,
Mme la Présidente, il n'y a pas d'autre explication à donner, c'est le choix
que nous avons fait. On a fait le
choix du projet de loi, on a fait le choix des modalités, on a fait le choix de
choisir les taux régionaux, on a fait le choix de faire une baisse, on a fait le choix de l'exemption de
25 000 $ puis on a fait le choix et constaté d'accepter que ça
coûtait 670 millions. C'est difficile d'être plus clair, je pense. C'est
beaucoup de choix.
Poirier : Mme la Présidente, le ministre vient de nous
confirmer, là, que l'exonération de 25 000 $ est là pour une seule et unique raison : pour s'assurer
que ceux dont le taux était déjà le plus bas aient droit au cadeau comme
les autres. Alors, le 25 000 $
d'exonération est égal à un cadeau pour les Québécois qui ont vu leurs taux
être maintenus dans la nouvelle grille.
ma question, Mme la Présidente, suivante... Dans l'alinéa, dans l'explication,
là, on nous dit que quelqu'un qui ne...
dont la valeur est 25 000 $ et moins, puisqu'il y a une exonération,
n'aura pas de taxe scolaire qui sera perçue. Est-ce que le ministre peut
nous dire c'est une perte de combien pour les commissions scolaires?
La Présidente (Mme
de Santis) : M. le ministre.
M. Proulx :
Oui. Je vais faire la vérification du montant exact, parce que vous aurez
compris que tous ces chiffres-là seront à confirmer dans le cadre du
budget, mais rappeler, Mme la Présidente, que, dans les faits, il n'y a pas de cadeau, il
y a une baisse des taxes scolaires pour l'ensemble des contribuables, et, certains contribuables,
c'est l'exemption; pour d'autres
contribuables, c'est l'exemption plus une baisse de taux. Mais il n'y aura
pour les commissions scolaires
aucune perte, parce qu'à la fin il y a une
subvention d'équilibre qui vient, c'est le cas de le dire, rééquilibrer les
choses.
Chaque dollar qui ne
sera pas perçu en recettes fiscales par la commission scolaire sera compensé
par une subvention d'équilibre. Alors, il
n'y a pas de perte. Est-ce que ça a un coût pour le trésor public? Oui, environ
670 millions, pour le projet de loi que nous avons à l'étude aujourd'hui.
La Présidente (Mme
de Santis) : Merci, M. le ministre. Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
J'attends la réponse à ma question, Mme la Présidente.
M. Proulx :
À quelle question?
Mme Poirier :
À combien on évalue la perte de la non-perception des terrains de moins de
25 000 $?
Proulx : Mme la Présidente,
j'ai répondu qu'il n'y avait pas de perte pour les commissions scolaires,
parce qu'il y a la mise en place d'une subvention d'équilibre.
Poirier : ...foncière, parce qu'il y a une assiette foncière
qui existe actuellement, là, sur laquelle on a des taux de taxe qui ne seront plus perçus. On évalue la
somme à combien de cette assiette foncière sur laquelle on ne percevra
plus de taxe?
Proulx : Alors, pour l'an
prochain, ça représente 171 millions de dollars qui seront compensés par
la subvention d'équilibre. Donc, sur le 670 millions, comptez
171 millions qui viennent de l'exemption et le reste qui vient de la subvention d'équilibre pour retrouver le taux le
plus bas et vous aurez, Mme la Présidente, peut-être l'envie de faire un
parallèle avec la perte de la péréquation en
2013, oui, et en année scolaire, bien entendu, là. Vous aurez compris que
c'est le moment où on fait la taxation.
La Présidente (Mme de Santis) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier : Je comprends
que le ministre nous dit que l'exonération va coûter 171 millions. Ma
question était plus pointue : Le fait
d'appliquer le 25 000 $ aux gens qui ne paieront plus de taxe
scolaire, ça représente combien?
Proulx : Ce que la collègue
voudrait savoir, c'est : Ai-je la liste de tous les contribuables qui ont
des terrains de 25 000 $ et moins à qui on va envoyer une
facture de zéro? La réponse, c'est : Non, je n'ai pas cette liste-là.
Poirier : Mais le ministère ne l'a pas évaluée, à savoir la
perte de cette assiette foncière là, qui n'apparaîtra plus, là, en tant
que tel?
M. Proulx : Moi, je n'ai pas d'information à ce sujet-là, et
les gens autour de moi non plus, de ce que je comprends de leurs faciès.
Mme Poirier : On va laisser
mon collègue...
La Présidente (Mme de Santis) : M.
le député de Chambly? Non. Il n'y a pas d'intervention. Alors, Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier : Je n'ai plus
d'autre intervention.
Présidente (Mme de Santis) : Alors, nous avons complété l'étude de
l'article 306 de la
Loi sur l'instruction publique. Nous allons maintenant à l'étude de l'article 307 de la
Loi sur l'instruction publique introduit à l'article 6 du projet de
loi. M. le ministre.
Proulx : Alors, la
section VII du
chapitre V de cette loi est modifiée par le
remplacement de ce qui précède l'article 315 par ce qui suit :
«3. Détermination du taux de la taxe scolaire
régionale.
«307. Le taux de la taxe scolaire régionale est
le même pour tous les immeubles imposables d'une région de taxation scolaire.
«Il est fixé
et calculé annuellement, pour chaque région de taxation scolaire, conformément
aux dispositions de la présente sous-section.»
Alors,
l'article 307, Mme la Présidente, reprend le principe du taux unique, qui
est prévu actuellement au premier alinéa de l'article 313 de la Loi
sur l'instruction publique, mais l'étend à la région de taxation scolaire
plutôt qu'au territoire de la commission
scolaire. Il énonce qu'un seul taux de taxe pourra être appliqué aux immeubles
imposables d'une région. Voilà. Donc, je
pense qu'on a eu déjà l'occasion d'en parler, Mme la Présidente, on a
maintenant créé... ou nous sommes en
voie de créer des régions de taxation scolaire. Au lieu d'avoir un taux par
commission, nous avons un taux par région. C'est ce taux-là qui sera
applicable à tous les immeubles assujettis à la loi.
La Présidente (Mme de Santis) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier : J'aimerais
juste comprendre. Parce qu'on vient de passer l'article 305, qui dit
exactement la même chose. C'est le même
premier paragraphe dans les deux articles. On fait juste ajouter à la
fin : «Il est fixé et calculé annuellement,
pour chaque région[...] — blablabla.» Pourquoi on a deux articles qui disent exactement la
même chose et qu'on ajoute un paragraphe à 307?
La Présidente (Mme de Santis) : M.
le ministre.
M. Proulx : Alors, Mme la
Présidente, pour des fins de compréhension, là : le 305 parle de la taxe,
alors on crée cette taxe régionale. À 307,
on débute la création de la détermination du taux. Alors, on parle non pas de
la taxe, mais on parle du taux de la taxe dans chacune des régions.
Présidente (Mme de Santis) : Merci, M. le ministre. Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Je n'ai pas d'autre question.
Présidente (Mme de Santis) :
M. le député de Chambly? Alors, on a complété l'étude de l'article
307 de la
Loi sur l'instruction
publique. Nous procédons maintenant à l'étude de l'article 308 de la
Loi sur
l'instruction publique introduit par l'article 6 du projet de loi. M. le
ministre.
M. Proulx :
Oui. Alors, nous sommes à l'article 308, Mme
la Présidente. La
section VII du
chapitre V de cette loi est modifiée par le remplacement de ce qui
précède l'article 315 par ce qui suit :
«308.
Le taux de la taxe scolaire régionale est soit le taux maximal calculé
conformément à l'article 309, soit un taux réduit déterminé conformément
à l'article 310.»
Alors,
l'article 308 modifié prévoit que le taux régional
correspond au taux calculé à l'article 309 ou à un taux plus bas fixé par les commissions
scolaires de la région de taxation conformément à l'article 310. Donc, ce qui
veut dire : 309 est le taux maximal calculé. Nous avons, tout à l'heure,
discuté d'un exemple où nous fixons ce taux à 0,10 $. 310 est le mécanisme par lequel les commissions
scolaires pourraient soumettre des taux moindres. Et, s'il n'y avait pas
unanimité sur ce taux, nous aurions à
publier le taux le plus élevé de leur suggestion : soit que c'est le taux
maximal, si c'est le cas, par une
commission scolaire ou des commissions scolaires soit que c'est un autre taux
si les commissions scolaires décidaient de faire 0,06 $,
0,07 $ et 0,08 $ au lieu de 0,10 $. Voilà ce que crée l'article
La Présidente (Mme
de Santis) : Merci, M. le ministre. Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier : Je n'ai pas de problème avec l'article. La seule chose,
c'est que cet article-là convient de deux articles qu'on
n'a pas encore étudiés. Alors, on va commencer par étudier le 309 puis le 310
pour savoir si le 308 peut s'appliquer.
Présidente (Mme de Santis) : O.K. Alors, on peut revenir à l'étude de
l'article 308 après qu'on a étudié les articles
309 et 310. Tout le monde est d'accord? Parfait. Alors, maintenant, nous allons
étudier l'article 309 de la
Loi sur l'instruction publique
introduit par l'article 6 du projet de loi. M. le ministre.
M. Proulx :
Merci, Mme la Présidente. Alors, la
section VII du
chapitre V de cette loi
est modifiée par le remplacement de ce qui précède l'article 315 par ce qui
suit :
«309. Le taux maximal
de la taxe scolaire régionale correspond au rapport entre, d'une part, le
revenu complémentaire anticipé d'une région
de taxation scolaire calculé conformément à l'article 312, auquel est soustrait
le montant pour les régions en insuffisance
fiscale calculé conformément à l'article 313.3 et le montant pour la
régionalisation de la taxe scolaire calculé
conformément à l'article 313.4 et, d'autre part, l'évaluation uniformisée
ajustée de l'ensemble des immeubles imposables de la région de taxation
scolaire.
rapport doit être multiplié par cent afin que le taux maximal soit exprimé en
dollar par 100 $ d'évaluation uniformisée ajustée.»
La Présidente (Mme
de Santis) : M. le ministre.
Présidente (Mme de Santis) :
Est-ce que je pourrais suggérer à tout
le monde qu'on va étudier les
articles 309 et 310 après qu'on étudie les
articles 312, 313.3 et 313.4, parce qu'on fait référence à ces articles dans le
309? Donc, pour moi, c'est beaucoup plus logique qu'on le fasse dans cet
ordre. Est-ce tout le monde est d'accord?
Proulx : Moi, je ne suis pas
d'accord, Mme la
Présidente. Je vous explique pourquoi
si vous m'en donnez l'occasion.
La Présidente (Mme
de Santis) : Je vous écoute.
M. Proulx :
Alors, j'aurai plus loin, à 313.3, peut-être
l'obligation de suspendre... le temps d'être en mesure de terminer
peut-être un amendement. Et, dans ce contexte-là, à moins que vous me disiez
que vous y tenez absolument, dans ce contexte-là, je ne pourrai pas continuer
cela maintenant.
La Présidente (Mme
de Santis) : Je trouve difficile qu'on discute 309 sans vraiment
comprendre les autres articles qui sont référés à 309.
Proulx : Peut-être juste
vous l'expliquer. 309, dans le fond, c'est la formule mathématique qui explique
le taux. 310 est le mécanisme par lequel des commissions scolaires peuvent
choisir un autre taux que le produit maximal. Et, dans le cas de 311 et
suivants, c'est le mécanisme par lequel on transmet le taux applicable aux
régions et publie le taux à la Gazette officielle .
est effectivement en lien avec 309, dans la mesure où il fait
partie de la formule mathématique, parce qu'il vient créer ce qu'est le revenu complémentaire anticipé d'une région. Dans le
cas de 313, il vient expliquer aussi une
partie de la formule... ou, en
tout cas, les termes de la formule. Mais il faudra commencer par l'un ou par
l'autre.
vous le soumets, Mme la Présidente. Ce n'est pas de prendre personne par surprise.
Quand j'ai les amendements dans les
sections, j'ai toujours pris l'habitude de les déposer pour que les
collègues puissent les avoir le plus
rapidement possible. Mais j'ai une discussion non terminée à l'égard des articles
313 tout à l'heure. Si vous les liez à notre étude maintenant, je me dois de vous
demander de passer par-dessus cette section-là au complet, dans la mesure où je ne suis pas en mesure de le faire maintenant.
Et ce ne serait pas utile pour nos
travaux que j'arrive à 313, si vous voulez commencer par là, puis que je vous dise : Celui-là, je ne
peux pas, commençons par l'autre avant. C'est soit que vous me laissez
commencer 309 ou soit que vous nous tournez les pages jusqu'à tant qu'il y en ait
un qui fait notre affaire.
Présidente (Mme de Santis) :
Alors, moi, je crois que c'est important qu'on comprenne les variables en 309
pour être dans une position de le discuter. Donc, on serait prêts à aller à
quel article?
Proulx : Je pense qu'on
pourrait aller à 313.5, Mme la
Présidente, mais je fais juste
vérifier si on passerait par-dessus le mécanisme.
La Présidente (Mme de Santis) : On
va suspendre pour quelques instants et on va revenir.
(Suspension de la séance à 16 h 37)
Présidente (Mme de Santis) :
Nous reprenons les travaux. Nous allons suspendre, avec le consentement des membres de la commission,
l'étude des articles 6 et 7 du projet de loi. Est-ce que j'ai le consentement
de tout le monde? Merci.
Alors, maintenant, nous allons procéder à
l'étude de l'article 8 du projet de loi. M. le ministre.
M. Proulx : Alors, l'article 316 de
cette loi est modifié :
1° par le remplacement du premier alinéa par le
suivant :
«La taxe scolaire
porte intérêt au taux déterminé par le comité de suivi institué en application
de l'article 313.10 ou, pour la
région de taxation scolaire de Montréal, par le Comité de gestion de la taxe
scolaire. Si aucun taux n'est ainsi déterminé,
le taux fixé en vertu du premier alinéa de l'article 28 de la
Loi sur
l'administration fiscale — chapitre... vous l'avez lu — s'applique.»;
2° par le remplacement, dans le troisième
alinéa, de «taxes» par «taxe».
Alors,
l'article 316 de la
Loi sur l'instruction publique est modifié en concordance
avec l'article 313.11, qui permet au
comité de suivi de fixer le taux d'intérêt applicable aux comptes de taxe
impayés. Il prévoit également que, si aucun taux n'est fixé par le
comité de suivi ou le Comité de gestion de la taxe scolaire, le taux prévu par
le premier alinéa de l'article 28 de la Loi
sur l'administration fiscale s'applique. La modification syntaxique proposée
par le paragraphe 2° vise à assurer l'uniformité de l'expression «compte
de taxe» dans la loi.
L'article 315 employait le mot «taxe» au singulier, et 316, au pluriel. Comme il n'y a qu'une seule
taxe scolaire, le complément déterminatif «taxe» est ici au singulier
dans l'expression «comptes — avec
un s — de
taxe».
La Présidente (Mme de Santis) : Mme
la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Là, je vais vraiment faire la pas fine, là, mais on
vient de dire qu'on vient de sauter une
section au complet puis là on
vient dire que le comité de suivi qui est créé à l'article 313.10, donc...
La Présidente (Mme de Santis) :
Alors, on va soit...
Mme Poirier : C'est pour ça
que moi, je vous proposais l'article suivant, qui, lui, ne fait pas référence à
rien.
M. Proulx : ...l'article suivant?
Mme Poirier : Lui, il est
correct.
La Présidente (Mme de Santis) : On
va suspendre pour l'instant.
(Suspension de la séance à 16 h 45)
La Présidente (Mme de Santis) : Nous
retournons à nos travaux.
Est-ce que
j'ai le consentement de suspendre l'étude de l'article 8, qu'on avait
commencée avant la suspension? Oui. O.K.
Nous allons procéder de la façon
suivante : nous allons retourner à l'article 6 du projet de loi et on va d'abord étudier l'article
313.10 de la
Loi sur l'instruction
publique. Ensuite, nous allons
étudier les articles 313.5 à l'article 313.9 de la
Loi sur l'instruction publique. Est-ce que
j'ai votre accord? Oui.
Alors,
M. le ministre, nous allons
maintenant étudier l'article 313.10 de la
Loi sur l'instruction publique
introduit par l'article 6 du projet de loi. La parole est à vous.
M. Proulx :
Merci. Alors, la
section VII du
chapitre V de cette loi est modifiée
par le remplacement de ce qui précède l'article 315 par ce qui
suit :
«313.10.
Les commissions scolaires d'une région de taxation scolaire, sauf celle de
Montréal, doivent instituer un comité
pour assurer le suivi de la perception, du recouvrement et de la redistribution
de la taxe scolaire régionale. Chaque commission
scolaire désigne à
titre de membre du comité de suivi un de ses commissaires
élus ou nommés en application de la
Loi sur les élections scolaires.
comité doit élire parmi ses membres un président. Le président ne peut être un
membre nommé par le responsable de la perception de la taxe scolaire.
«Les
décisions du comité sont prises à la majorité des voix exprimées des membres
présents.
En cas de partage, le président a voix prépondérante.
«Toutefois, pour l'élection du président, la
personne élue est celle qui obtient le plus grand nombre de voix exprimées
lors du vote à ce sujet. En cas d'égalité
des votes, un deuxième tour de scrutin est tenu où seuls les candidats ayant
obtenu le plus de votes au premier tour sont candidats.
En cas de nouvelle
égalité, un nouveau tour de scrutin est tenu où le membre désigné par le
responsable de la perception de la taxe scolaire a voix prépondérante.
«Le comité établit
ses règles de régie interne.»
Alors,
l'article 313.10, Mme
la Présidente, prévoit que chaque
région de taxation scolaire, à l'exception de celle de Montréal, doit se
doter d'un comité de suivi de la perception, du recouvrement et de la
redistribution de la taxe scolaire
régionale. Ce comité est formé d'un commissaire élu ou nommé, en vertu de la
Loi sur les élections scolaires, de chaque
commission scolaire de la région. Le président de ce comité ne peut
être issu de la commission scolaire qui est responsable
de la perception de la taxe scolaire, il est choisi par un vote majoritaire des
membres présents, et la loi précise ce qu'il
advient en cas d'égalité des voix pour cette désignation. Il préside le comité
et, en cas d'égalité des votes, a un vote prépondérant. Le comité doit
établir ses règles de régie interne.
La Présidente (Mme
de Santis) : Merci beaucoup. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Je veux
juste faire référence au mémoire du Comité de gestion de la taxe scolaire, qui
proposait de créer un organisme
décisionnel régional. Je veux juste comprendre la lecture que je fais ici. On
ne crée peut-être pas un organisme, on crée un comité, alors
on n'est pas loin de cette explication-là.
Selon vous, entre l'organisme
décisionnel et le comité, quel est le choix du gouvernement par rapport à la
proposition du Comité de gestion?
M. Proulx :
Oui, Mme la Présidente. Créer ces comités tel que le souhaite le comité de
gestion de la ville de Montréal nous aurait
obligés à créer 16 entités avec personnalité juridique, donc 16 entités
créées de manière législative.
Dans
le contexte, nous avons préféré mettre en place des comités de suivi, comités
que l'on peut créer par la
Loi sur l'instruction publique... pardon, par
le projet de loi actuel, et, dans ce contexte-là, ça ne nous oblige pas à créer
16 nouvelles entités comme il y a à
Montréal, ce qui, à mon sens, serait des structures beaucoup trop lourdes. On
n'a pas la nécessité de créer des
nouvelles entités décisionnelles alors qu'on peut, dans chacune des régions,
puisque le mécanisme est clair, avoir un comité de suivi.
Poirier : Je veux juste comprendre. Le comité de gestion de
l'île de Montréal a été créé par une loi à l'époque, est un organisme
décisionnel en tant que tel.
En quoi sa structure apparaît
plus lourde au ministre que les comités qui sont proposés par le ministre?
M. Proulx :
Bien, c'est-à-dire que c'est un organisme public, le comité de gestion de la
taxe de Montréal, un organisme qui a été
créé par une loi qui le fonde de manière
juridique, et moi, je ne souhaitais pas créer, dans chacune des régions, des comités comme la gestion de la taxe à
Montréal, pour deux raisons : la première, c'est qu'il y a
une lourdeur à créer de nouveaux organismes publics qui ne sont pas nécessaires; deuxièmement, vous avez vu dans le projet de loi que certaines régions
pourraient utiliser le Comité de gestion de la taxe, qui cessera de s'appeler
comité de gestion de la taxe de Montréal.
Alors, si des régions font ce choix-là, on n'a pas besoin de créer une nouvelle
entité; on en a déjà une. Et, si les régions choisissent d'utiliser le mode de
perception que nous avons de l'avant, à
ce moment-là, on n'a qu'à
avoir un comité de suivi, et là on a, bien,
je pense, plus d'agilité, pas de nécessité de créer des organismes
de droit public supplémentaires qui sont soumis à toutes les réglementations
et doivent vivre dans l'environnement et se conformer à l'environnement réglementaire
et juridique qu'on connaît.
Mme Poirier :
Actuellement, le comité de gestion de la ville de Montréal, étant un organisme
public, est soumis à la loi d'accès à l'information. Est-ce que ces comités de suivi là seront aussi soumis à la loi d'accès à l'information?
M. Proulx : Bien, en ce qui concerne le Comité de gestion de
la taxe, il est une personne morale de droit public, alors il est soumis aux lois et à la loi d'accès à l'information. Dans le cas de nos comités de suivi, de gestion,
à mon avis, ça passe par
l'entité juridique qu'est la commission scolaire. À mon avis. Je peux me
tromper.
La Présidente (Mme
de Santis) : M. le ministre.
M. Proulx :
Bien, ce que Sylvie, à côté de moi... c'est que, dans les faits, tous les
différents comités qui existent sont soumis à la Loi d'accès mais n'ont
pas la personnalité juridique, donc n'ont pas les mêmes engagements que les comités tels qu'on les connaît, une fois qu'ils y
sont soumis. Mais l'entité, à mon avis, qui est l'entité juridique
fondée de pouvoir, là, à des fins de
décision demeure la commission scolaire, auprès de laquelle, comme
contribuables, on a un intérêt, par exemple, à poser des questions.
La Présidente (Mme
de Santis) : Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Mais, puisque ce n'est plus la commission scolaire
qui va établir le taux de taxe — comme c'est le cas à Montréal présentement, je fais le
parallèle — et que
c'est le Comité de gestion qui établit le taux de taxe, alors c'est lui qui était imputable, d'une certaine façon, de ce
taux de taxe là et c'est pour ça qu'il avait été créé comme un organisme
public et pour lequel on pouvait faire des
demandes d'accès à l'information. Donc, si ces comités-là, qui seront ceux
qui vont être, parce que je comprends que,
dorénavant... Si je prends le parallèle de Montréal et le nouveau modèle, à
Montréal, c'est le comité qui se réunit au
Comité de gestion de la taxe qui établit le taux. Dans le nouveau modèle, c'est
le ministre qui établit le taux ou c'est une décision unanime des
commissions scolaires.
Donc,
le comité de suivi n'a plus cette responsabilité d'établir le taux comme
l'avait le comité de gestion de la ville de Montréal, donc de là la
décision de ne pas en faire un organisme public. Est-ce que je me trompe?
M. Proulx :
Bien, juste pour bien comprendre la question, qui partait, notamment, de
l'accès à l'information. Le comité de gestion de la taxe de la ville de
Montréal est un organisme public soumis à toutes les règles qu'on connaît. Chacune des commissions scolaires est soumise à
une région de taxation pour laquelle elle reçoit une subvention
d'équilibre lorsque ce sera le cas. Elle,
d'abord, participe à un processus de perception unique qui aura été établi,
mais elle demeure, je veux dire, une
entité qui a, elle, la personnalité et qui doit répondre, dans la mesure où
quelqu'un pose des questions au sens de
la loi à l'accès. Le comité de suivi, c'est un comité qui est formé de membres
des différentes commissions scolaires pour accompagner le processus de perception, alors dans le contexte actuel il
n'a pas moins de droits qu'avant. Il n'existait pas, ce comité-là. Un.
Deuxièmement,
je veux dire, je pense que le lien juridique entre un contribuable et sa
commission scolaire demeure, dans la
mesure où il est inscrit et doit y payer des taxes. Je veux dire, s'il avait
des questions à poser sur sa taxation, bien, je veux dire, les informations peut-être émaneraient du percepteur,
émaneraient de l'entité centralisée.
Mais, par exemple, si la perception était faite, par exemple, par le comité de gestion de la taxe de Montréal, moi, je pense
que l'entité qui aurait à répondre à
la question serait le percepteur. Le percepteur, c'est soit
une commission scolaire désignée soit le Comité de gestion de la taxe. À mon avis, c'est le lien
juridique qu'il faut créer, là, dans la réflexion que nous avons, entre une
demande d'accès et de l'information à donner, information qui doit être conforme, bien entendu, à la
loi sur l'accès puis la protection des renseignements nominatifs et personnels. Mais, je veux dire, le
responsable de la taxe, à mon avis, est cette entité avec qui moi, je suis en lien comme contribuable. À mon avis,
c'est là que se trouve ce droit à l'accès. Donc, il n'est pas perdu. Mais, si on avait créé 16 entités juridiques
différentes, bien là, on aurait le même contexte, puis il faudrait inscrire
dans la loi que, pour créer le comité de
gestion de la taxe, par exemple, de la Mauricie, pour prendre un exemple,
bien là, à ce moment-là, ce serait
une personnalité de droit public, là, tatati, ta, ta, ta. Mais ce n'est pas ça
qu'on a fait. Je pense qu'on
allège beaucoup à la fois nos travaux et la bureaucratie.
Poirier : Je comprends que la décision d'en faire des comités non pas sur le modèle de Montréal,
mais des comités différents, c'est
que, un, il n'y a pas nécessairement... qu'ils vont faire la perception, un, et, de deux,
s'il n'y a pas d'unanimité, bien, finalement, la décision du comité ne sera pas nécessairement... il n'y aura pas de
décision souveraine du comité, là, en
tant que tel. Parce que le comité, s'il ne s'entend pas, c'est le ministre qui
va prendre la décision, comme on a vu
précédemment, de prendre le plus haut taux des commissions scolaires, ce qui
est un mécanisme totalement différent de ce qu'on a à Montréal.
M. Proulx :
Bien, d'abord, le mode de perception est établi de la façon suivante dans la
loi : les commissions scolaires
conviennent ensemble de qui est le percepteur. S'ils ne conviennent pas
ensemble de qui est le percepteur dans la région, c'est le comité, comité qui a déjà la personnalité juridique.
Affaire réglée. Chacune des commissions scolaires, elle... ça, c'est la loi qui le dit, mais chaque
commission scolaire a à mettre en place des comités de suivi. Ces comités, eux,
sont constitués, au sens de l'article que
j'ai lu tout à l'heure, des différents membres ici indiqués et élus selon le
mode et suffrage qui est inscrit ici. Alors, ça, c'est la responsabilité
de chacune des commissions.
Ce comité de suivi
là, on n'en a pas fait un organisme de droit public, pour les raisons que j'ai
évoquées tout à l'heure. Alors, le contribuable, il n'a pas moins de droits à
l'égard des informations personnelles, les siennes ou des demandes d'accès, il a toujours ses droits. Il a
le lien avec le percepteur de la taxe, mais il sait aussi comme
contribuable qu'il y a un comité de suivi dans chacune des régions pour
s'assurer que les décisions sont prises adéquatement.
Poirier : Le Comité de gestion va garder, lui, sa personnalité
juridique comme organisme public. Lui, il va le garder. Mais là, naturellement, ma question qui vient : Alors,
pourquoi lui, il le garde, puis les autres qu'on crée, qui vont être, par exemple... Parce que je comprends que la
commission scolaire qui va en prendre la responsabilité, elle, elle l'est déjà.
M. Proulx : Oui. Les écoles n'ont
pas de personnalité juridique.
Mme Poirier : Mais les
commissions scolaires...
Proulx : Les commissions
scolaires ont une personnalité juridique. Le comité de la taxe de Montréal a
une personnalité juridique. Vouloir transformer
le Comité de la taxe en comité de suivi m'aurait amené à avoir un
mémoire plus épais, je pense. Ça n'a pas été demandé.
Poirier : Ça, là-dessus, est-ce qu'on a déterminé... Parce que
je comprends que le comité doit établir ses règles de régie interne, j'en suis, mais la responsabilité de ce comité...
Quel est l'ensemble de ses tâches, à ce comité?
Proulx : Oui. Bien, on va en
parler à l'article suivant, Mme la Présidente, mais, dans les faits, il y a la
forme et la teneur de la reddition de
comptes, il y a le taux d'intérêt pour les comptes impayés, il y a les
processus administratifs, il y a
aussi des recommandations, par exemple, à la commission scolaire qui est en
charge de la perception et il y a aussi des mesures de surveillance, là, qui pourraient être imposées par le comité
de suivi si, pour x, y raisons, il y avait des enjeux quant à la
perception.
Rappelons-nous
que notre modèle d'affaires est le suivant : dans chacune des régions, ils
identifieraient qui est le percepteur,
à l'unanimité. Alors, il se pourrait qu'il arrive que dans certains cas les
autres ne soient pas satisfaits du travail de perception, par exemple, et, à ce moment-là, voudraient revoir la
décision ou accompagner avec des mesures de surveillance les différentes commissions scolaires. Alors, il y
a une prise en charge locale. C'est un peu les pouvoirs que nous verrons
à l'article suivant.
Mme Poirier :
Dans les paramètres, on dit que le président, il ne peut pas être issu de la
commission scolaire qui va être responsable de la perception. Pourquoi
ce choix-là?
Mme Poirier :
Parce que, bien souvent, le responsable de... si je regarde une MRC, par
exemple, c'est souvent le maire de la
grande ville, qui devient le préfet. Donc, pourquoi il y a une exclusion du
président de la commission scolaire qui va faire la perception, qui...
M. Proulx : Bien, d'abord, le
président a, à moins que je ne me trompe, un vote prépondérant dans l'optique actuelle et en cas d'égalité, par exemple. Alors,
vous aurez compris que l'objectif, c'est de faire participer l'ensemble
des commissions scolaires au processus.
Je pense que
c'est aussi une façon de renforcer cette perception et cette nécessité d'avoir
un comité de suivi qui est capable de
faire son travail et peut-être éventuellement d'imposer et/ou de proposer des
mesures de surveillance, de donner
des mandats de vérification à l'égard du comité ou... à l'égard, pardon, de la
perception. Alors, il y a là, à mon avis,
la possibilité... ou, en tout cas, je pense que c'est une forte possibilité, de
s'assurer qu'il n'y ait pas de conflit, et en cas d'égalité c'est le président qui tranche, et dans
ce cas-là je pense que c'est préférable que ce soit quelqu'un d'autre
que la commission scolaire désignée pour faire la perception.
Mme Poirier : O.K. Je
vais m'arrêter là. Je vais passer la parole à mon collègue.
La Présidente (Mme de Santis) :
Alors, Mme la députée de...
Présidente (Mme de Santis) : O.K. Parfait. On procède avec — le temps est à vous — M. le député de Chambly.
M. Roberge : Merci bien, Mme la
Présidente. Je me demande : Ces gens-là qui vont siéger sur le fameux
comité — comment
il s'appelle, là? — ...
M. Roberge :
...le comité de suivi de la perception de la taxe scolaire... Et vous avez dit,
et c'était une petite perle quand même : Ils vont accompagner le
processus de perception. C'est quelque chose, un comité qui accompagne un
processus de perception. Ce sont des commissaires.
question : Est-ce qu'il est prévu dans la loi que les commissaires qui
vont siéger sur ce comité-là auront un dédommagement
quelconque des frais de voyagement, des jetons quelconques? Est-ce qu'ils
auront une rémunération d'une quelconque manière soit pour siéger sur ce
comité-là ou alors pour le présider?
La Présidente
(Mme de Santis) : M. le ministre.
M. Proulx : Merci, Mme la Présidente. C'est une bonne
question. C'est dans les règles internes de chacune des commissions scolaires qu'ils pourraient prévoir la
possibilité de dédommager, je vais le dire ainsi, un commissaire qui est
assigné à ces tâches-là, comme certaines commissions scolaires ont ce type de
rémunération là, qui est différencié en fonction
des responsabilités. Mais ce n'est pas dans la loi, d'office, de bonifier une
rémunération et/ou d'y créer des jetons et autres bonifications parce qu'on participe à ce comité-là comme si on
était membre d'un conseil des ministres ou d'un conseil exécutif, par
exemple. Non, ça appartient à chacun des milieux.
M. Roberge : Mais ils ont toute
la latitude, les conseils des commissaires, en ce moment, puis ça ne serait pas
très surprenant, disons, à géométrie variable, là, qu'ils se votent une
rémunération de dédommagement, frais de représentation, tout ça. Donc, on peut
s'attendre à ça.
question : Est-ce que le fonds dans lequel ils puisent pour éventuellement
se donner un jeton de présence ou une bonification
pour participer à un comité, ça a une limite? Est-ce que, dans une commission
scolaire x, n'importe quelle commission scolaire — je
n'en nommerai pas une, parce que ce n'est pas ça qui est important — une
commission scolaire z, là, en ce moment...
Ils ont, supposons, 100 000 $ à se diviser. Ils ont déjà atteint le
montant, ça finit là. Même s'ils siègent
sur ce fameux comité de suivi, ils ne peuvent pas piger plus, parce qu'ils ont
atteint le maximum. Ou est-ce que, au fond, «the sky is the limit», ils
peuvent bien se voter des émoluments quelconques pour siéger sur le comité ou
pour présider ce comité?
La Présidente (Mme de Santis) :
M. le ministre.
M. Proulx : Oui. C'est une autre bonne question, Mme la
Présidente, parce que, dans les deux dernières années, moi, j'ai eu à passer ce type de décret. Ce n'est
pas annuel et automatique. On l'a fait dans les deux dernières années,
si ma mémoire est bonne. Mais le gouvernement, par décret, établit l'enveloppe maximale de rémunération des commissaires scolaires au Québec, et, à l'intérieur du
décret, il y a des paramètres pour établir : Voici quelle est votre
enveloppe de rémunération pour votre commission scolaire, et là
c'est établi en fonction de différents paramètres, là, le nombre que
vous êtes, le nombre d'effectifs, élèves, et
autres choses, et c'est à l'intérieur de ce maximum qu'une commission scolaire doit se gouverner.
Alors, elle a
cette enveloppe pour pouvoir voter sa structure, si on veut, de rémunération, et c'est à l'intérieur de cette
structure-là qu'elle pourrait diviser sa rémunération à l'acte et/ou en
fonction des responsabilités, le président étant un cas à part, et les commissaires étant traités sous
un modèle qui est établi par la commission à l'intérieur des paramètres. Mais c'est
le gouvernement du Québec qui fixe, et dans les dernières années ça a été fait
annuellement, l'enveloppe maximale. Il y a
une certaine réciprocité avec le principe de taxation, de dire : Voici le maximum
qu'on établit, voici les paramètres pour établir localement vos
enveloppes de rémunération, et ensuite il y a une souveraineté locale de dire
comment on l'attribue.
Roberge : O.K.
Mais l'enveloppe, grosso modo, est fermée par le gouvernement, mais ça me
rappelle, de triste mémoire, ce qui
s'est passé, il me semble, il y a un an, où, dans plusieurs commissions scolaires, notamment une ici, dans la région de Québec, parce
que quelqu'un avait démissionné et
donc n'avait pas reçu son salaire pendant x mois... Ceux qui étaient là ont dit : Mais, mon Dieu! voici de
l'argent disponible. Et ils avaient décidé finalement de prendre l'argent
qui n'avait pas été donné au démissionnaire.
Ils ont dit : Bien, on va se diviser ça. Et puis finalement
ils s'étaient donné des bonus, puis finalement, parce qu'ils s'étaient
fait prendre la main dans le sac et que les médias s'étaient intéressés à
l'affaire... Il me semble que vous étiez intervenu aussi...
M. Proulx : En sourcillant.
M. Roberge : Finalement, vous aviez
sourcillé, si je me souviens bien...
M. Proulx : Oui, très fort, oui.
Roberge : ...mais on ne sait pas c'est arrivé dans combien d'autres
commissions scolaires, sans que les médias lèvent le voile là-dessus, et
dans combien d'autres années.
Donc, vous comprenez mon inquiétude, parce
que... pas tous, évidemment — évidemment, on ne peut généraliser — mais disons que c'est arrivé à de
fréquents... Il y a un oncle qui dit : La chair est faible. Quand il y a
de la tentation, la chair est faible, et donc...
Proulx : Ah! ça aurait pu
être une parole de fermeture de session, mais, peut-être pour rassurer le
collègue, il n'est pas prévu de modifier par
un décret le maximum de cette enveloppe en fonction de responsabilités
nouvelles en lien avec des comités de suivi.
M. Roberge : Ça me rassure que, pour
accompagner le processus de perception...
M. Proulx : ...des tâches.
Roberge : ...l'enveloppe ne sera pas grossie au moins.
M. Proulx :
...connexes.
La Présidente (Mme de Santis) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la
députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Bien, je voudrais juste poursuivre sur ce que mon
collègue vient de dire. Il dit que l'enveloppe ne devrait pas être grossie, mais c'est le
gouvernement qui détermine l'enveloppe. Alors, le gouvernement pourrait
décider de hausser l'enveloppe pour répondre
à des nominations éventuelles de ça. Ça pourrait être une décision du
gouvernement.
M. Proulx :
...du gouvernement maintenant, Mme la Présidente.
Mme Poirier :
Excellent. C'est dit.
La Présidente (Mme
de Santis) : Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
L'article 313 mentionne «sauf celle de Montréal». Je comprends qu'étant donné
qu'il y a déjà un comité de gestion à Montréal pour lequel il y a un processus
de détermination des gens qui y siègent à partir des cinq commissions scolaires, que la présidence est soumise à un processus
de cet organisme... est-ce qu'il est de l'intention du ministre de
modifier la gouvernance du comité de gestion de l'île de Montréal?
La Présidente (Mme
de Santis) : M. le ministre.
M. Proulx :
...Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
de Santis) : Alors, on va suspendre pour quelques instants.
(Suspension de la séance à
17 h 14)
La Présidente (Mme
de Santis) : ...nos travaux. Alors, M. le ministre.
M. Proulx :
Oui. Mme la Présidente, je dois répondre : En partie, dans la mesure où,
si une région de taxation scolaire se joint au Comité de gestion de la taxe,
à ce moment-là, il y a une modification de sa composition
pour y inclure un ou des membres, là, qui viendront de cette région en particulier.
Alors, c'est dans ce contexte qu'il y a modification. S'il n'y avait aucune région administrative — puis, par la négative, c'est peut-être plus
simple — qui va
de l'avant avec cette solution, il n'y a pas de modification à la
gouvernance du comité, à ma connaissance.
La Présidente (Mme
de Santis) : Merci. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : La gouvernance actuelle du Comité de gestion est très
représentative, territorialement, de l'île de Montréal et de ses cinq
commissions scolaires. Comment le Comité de gestion, à ce moment-là, va se
gouverner en ayant cinq commissions
scolaires, je vais dire, locales et des extraterritoriales qui siégeraient sur
le même comité? Je veux juste
comprendre la mécanique, parce que, si, dans les autres commissions scolaires,
on ne s'entend pas, il pourrait y avoir, à ce moment-là, une forme de
délégation de pouvoirs vers le comité de Montréal.
donc est-ce qu'il y a, à ce moment-là, une... le fait qu'un commissaire de
cette région-là... qu'il vienne siéger au comité de gestion de Montréal,
qui ne s'appellera plus Montréal?
La Présidente (Mme
de Santis) : M. le ministre.
M. Proulx :
D'abord, Mme la Présidente, la composition du Comité de gestion et ces
questions se retrouvent plus loin
aussi dans les articles. Je peux en faire un bout, mais on va les étudier, tout
à l'heure, dans le même principe qu'on a vu tout à l'heure, là, juste
pour y arriver.
M. Proulx :
Oui, c'est ça, c'est dans les articles 400 et suivants.
Mais vous
aurez compris que, si un membre ou des membres se joignent... parce que
d'autres régions se joignent au comité,
ils ne vont pas venir gérer la taxe à Montréal, là. Alors, c'est le Comité de
gestion de la taxe, c'est les membres qui y sont assignés et les gens qui sont assignés
à la gestion de la taxe. Ces gens autres vont se joindre aux dossiers
qui les concernent. Alors, c'est comme si le
Comité de gestion de la taxe s'ajoute des nouveaux services et là, à ce moment-là,
a un mécanisme, et une réflexion, et des
actions à poser en lien avec une autre région de taxation. Alors, ça ne vient
pas empêcher ce qu'ils faisaient
initialement à Montréal, ça ne vient pas diluer les actions qu'ils font à
l'égard de Montréal. C'est des
services supplémentaires pour lesquels il y a des membres qui se joignent, et
la direction du comité nous a dit dans son mémoire qu'ils étaient
surpris qu'on pense à eux pour offrir de nouveaux services mais heureux de
penser qu'ils seraient capables de remplir avec brio la tâche qui leur serait
ainsi confiée.
La Présidente (Mme de Santis) :
Merci. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Je pense que c'est important, là, ce que le ministre
vient de dire, là, parce qu'il faut quand même rassurer tant le comité
que les cinq commissions scolaires de l'île à l'effet que leur pouvoir ne sera
pas dilué. Parce qu'imaginez un scénario où
on a, je ne sais pas, moi, sept régions qui décident que la perception sera
dorénavant faite par le comité et on
arriverait avec sept membres extrarégionaux, cinq membres de Montréal pour
gouverner un organisme dont
l'assiette fiscale est principalement à Montréal. Il y a là quelque chose...
Donc, je comprends qu'il y aura comme deux instances... ou, en tout cas, deux instances à l'intérieur du Comité de
gestion : un premier comité à l'intérieur qui sera le comité original de celui de Montréal; mais des
membres des régions qui vont se joindre dans une nouvelle structure qui s'appelle le Comité de gestion, je comprends, et
qui... C'est parce que, s'il y en a juste une qui est extraterritoriale...
Je veux juste comprendre, là, comment le
fonctionnement va se faire, en tant que tel. Est-ce que c'est, exemple, une
extraterritoriale puis les cinq de Montréal
qui vont siéger ensemble sur un organisme? Est-ce que c'est une... toute seule
qui siège toute seule à l'intérieur d'une entité avec une espèce de mur
entre les cinq de Montréal?
Juste
comprendre comment la structure va se marier avec celle de Montréal, parce que
vous comprendrez que mon inquiétude est de ne pas diluer les pouvoirs de
ces cinq commissions scolaires là à l'intérieur d'autres régions.
La Présidente (Mme de Santis) : M.
le ministre.
Proulx : J'avais un exemple,
Mme la Présidente, que je n'ose pas répéter. Bon. Alors, j'essaie de
comprendre la question de la collègue en
vous rappelant, Mme la Présidente, qu'à l'article 30, qui modifie
l'article 402, on va parler de cela. Alors, si tantôt on cherche
encore des articles, là, pour aller faire autre chose, il y aura peut-être
celui-là.
Deux choses. La première, c'est que le comité de
gestion de la taxe de Montréal ne s'occupe pas que de la perception de la taxe. Alors, le comité, il fait
autre chose. Et il y a un conseil
d'administration, mais il y a
une administration qui est en charge
de la perception. Alors, si une autre région se joint au comité, ça voudra dire
qu'il y aura un membre qui se
joindra au conseil d'administration pour traiter de la question de la
perception dans sa région.
Le comité de gestion de la ville de Montréal ne
va pas créer trois modes de perception. S'ils lèchent les enveloppes encore, là, bien, ils vont le faire
pour toutes les régions, Mme la Présidente. Et, dans ce contexte-là, je
veux dire, ils vont établir le même mode de perception, c'est-à-dire envoyer à
un contribuable un compte de taxe. Alors, c'est l'administration du comité qui va être au soutien de cette région-là,
mais ça ne va pas changer les activités à l'égard de Montréal, des activités qui vont bien au-delà de
la perception. Il y a des placements, il y a de la redistribution, il y a
des sommes pour l'école montréalaise. Alors,
on va en parler à l'article 30 et suivants. Mais, pour rassurer la
collègue : on ne dénature pas ce qu'ils font, on leur donne la
capacité d'offrir d'autres services de perception pour d'autres régions.
La Présidente (Mme de Santis) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : On était, tout à l'heure, dans le financier de
l'organisme. Est-ce que le comité de suivi va facturer les commissions
scolaires pour faire la perception qu'elles faisaient avant?
M. Proulx : Je ne suis pas sûr
d'avoir compris votre question. Je m'excuse.
Poirier : Est-ce que le comité de suivi, qui est un nouvel
organisme, par exemple, aussi... Je me reprends, je n'ai pas dit la bonne question. Est-ce que la commission scolaire qui
est choisie dans une région pour faire la perception va facturer les
autres commissions scolaires pour effectuer la tâche?
Proulx : La réponse, c'est
non. Il n'y a pas de mécanisme de facturation entre les différentes
commissions scolaires. Elle va être désignée
en charge de la perception et elle va faire, à même ses services
administratifs, la perception, donc envoyer plus de comptes qu'elle en
envoyait l'année d'avant.
Est-ce que certaines commissions scolaires, dans
une région, en faisant le choix de se regrouper autour d'une commission scolaire pour la perception, vont
vouloir diriger des gens, des employés, des ressources vers ce nouveau
lieu de perception? Peut-être. Ça leur appartiendra. Ils ont la responsabilité
de leurs personnels administratifs. Ils pourront faire ces choix-là, respecter
leurs conventions collectives. Mais, à l'égard de la perception, non, ce n'est
pas un mode «je le fais, je te facture des frais d'administration». Ce n'est
pas comme ça que c'est conçu.
Mme Poirier :
...la logique de cette explication-là. Si moi, je suis dans une région où il y
a, je ne sais pas, moi, cinq commissions
scolaires, que chacune des commissions scolaires qui assuraient le suivi de la
perception, parce qu'il y a des
employés, parce qu'il y a des dépenses à faire pour la commission scolaire pour
envoyer les comptes, pour faire cette
perception-là... Je veux dire, ça prend des timbres, là, il y a quelqu'un qui
met des timbres sur les enveloppes, là.
Donc, la commission scolaire qui va se voir dotée d'envoyer les enveloppes
dorénavant ne sera pas compensée par les autres commissions scolaires
pour faire le travail qui était fait par les autres. Là, je ne suis pas, là.
M. Proulx :
Peut-être expliquer, Mme la Présidente, d'abord deux choses. Le comité de suivi
n'est pas en charge de la perception.
Et on a le percepteur de la taxe, qu'on n'a pas créé encore, là, parce qu'on va
y arriver plus tard, avec 313.5 et suivants, puis on a le comité de
suivi qui, lui, est en appui et en observation de ce qui se fait.
Actuellement, le
comité de gestion de la taxe de Montréal reçoit des sommes pour faire la
perception. Les commissions scolaires
actuellement ne reçoivent aucune somme du gouvernement, dans les règles
budgétaires, pour faire la perception.
Par contre, on va prévoir dans les prochaines règles budgétaires que la
commission scolaire qui serait désignée comme percepteur reçoive, à même les règles budgétaires, des sommes pour
assumer la perception supplémentaire. Alors, ce ne sera pas une facturation entre elles et ce ne sera pas l'occasion
de se dire : Je vais te facturer de l'argent, parce que je suis obligé d'envoyer une enveloppe chez vous. Ce
sera à même nos règles budgétaires. Les règles budgétaires, Mme la
Présidente, c'est la voix avec laquelle on parle avec les différentes
commissions scolaires. Alors, les milliards qu'on distribue en éducation, on les distribue avec les règles budgétaires.
C'est là que sont inscrits toutes les modalités, les règles à suivre et
les postes de dépenses qui sont autorisés.
Poirier : Est-ce qu'on a estimé le coût de cette... parce
qu'il y aura des économies pour des commissions scolaires, puis versus d'autres qui vont... Alors, si je prends cinq
commissions scolaires sur un territoire, il y en a quatre qui vont
économiser puis il y en a une qui va dépenser.
Est-ce
qu'on a évalué le coût de ce transfert de responsabilité? Parce qu'avant on ne
payait pas pour ça. Là, on va payer pour ça. Donc, est-ce qu'on a évalué
l'enveloppe nécessaire?
La Présidente (Mme
de Santis) : Merci. M. le ministre.
M. Proulx :
Mme la Présidente, je n'ai pas de chiffre exact à donner, dans la mesure où
c'est une évaluation qui va se faire, là, en fonction de la construction
des règles budgétaires.
Vous savez que ces
règles budgétaires là, Mme la Présidente, elles sont d'abord aussi présentées
aux milieux scolaires, là, parce qu'il y a
une discussion autour de ça qui est nécessaire. Donc, on va être capables
d'évaluer ça, mais on sait que ça va
nous coûter quelques dollars, c'est certain, mais on va les assumer à même ces
sommes qu'on distribue pour les...
qu'on va recevoir d'ailleurs dans le cas où on reçoit les perceptions quand il
faut qu'ils nous versent... Vous savez que les commissions scolaires versent au fonds consolidé les sommes qu'elles
reçoivent en trop, les sommes qu'elles ne peuvent percevoir parce qu'on est après l'émission des
comptes. Alors, ce sont des vases communicants, rendus là, pour nous. Mais est-ce qu'il y a des sommes à assumer pour
créer un mécanisme de perception? La réponse, c'est oui. Est-ce que j'ai
la détermination exacte de ces sommes, Mme la Présidente? Je ne l'ai pas
maintenant. Ça va se retrouver dans les règles budgétaires. Ça pourra faire
l'objet d'une question aux crédits éventuellement.
La Présidente (Mme
de Santis) : Merci.
Poirier : Je comprends aussi qu'il y a, parce que le Comité de
gestion... À ce moment-là, ça va être aussi au travers les règles
budgétaires que le Comité de gestion va être compensé pour les commissions
scolaires qui vont lui être attribuées.
Mme Poirier :
Pour les nouvelles.
M. Proulx :
Oui. Parce que lui, il l'est déjà à même des crédits qu'il reçoit. Alors, dans
l'éventualité où il y aurait des
régions supplémentaires qui s'ajouteraient au Comité de gestion, les règles
budgétaires vont prévoir que, si tu fais la perception, vient avec ça
une somme en lien avec les efforts administratifs supplémentaires qu'il faut
faire.
Mme Poirier :
Combien reçoit actuellement le comité de gestion de Montréal pour le faire?
M. Proulx :
1,7 million de dollars pour faire la gestion et la perception de la taxe
sur l'île.
Présidente (Mme de Santis) : Alors, M. le député de Chambly. Pas de
questions? M. le député de Bertrand, la parole est à vous.
Cousineau : Peut-être deux précisions. Donc, ce sont des
commissaires élus des autres commissions scolaires qui peuvent être
membres du comité de suivi, ça fait que, donc, ça, c'est...
M. Proulx :
...qui est inscrite au projet de loi.
Cousineau : Ce que
j'ai pu lire, oui. Et puis là on parle de coûts, là, que va engendrer le
comité... pas le comité, mais le responsable
de la perception, là, hein, la commission scolaire qui va être responsable de
la perception. Est-ce
qu'il pourrait y avoir des ententes de mobilité, à savoir, bien, une commission
scolaire qui n'est pas responsable de la perception, qui avait des employés au niveau de la perception peut
passer des ententes avec la commission scolaire qui est responsable
maintenant pour... et de la mobilité dans... pour les compenser pour ce que ça
va coûter?
Proulx : La réponse, c'est
oui, Mme la Présidente, dans la mesure où ils sont l'employeur de ce
personnel administratif et, dans les faits, ils peuvent agir comme bon leur
semble, en lien et surtout en respect des règles et des conventions, bien
entendu, mais, dans certains cas, c'est possible.
Vous savez,
Mme la Présidente, c'est à peu près 140 personnes, pour l'ensemble du
Québec, qui sont responsables de la
perception. Dans certaines commissions scolaires, c'est deux personnes. Dans
certaines commissions scolaires, c'est huit
puis 10 personnes. Puis ce n'est pas, de ce que je comprends, parce qu'on aime
mieux être plus de monde pour faire le même
travail, c'est parce qu'on a des réalités souvent bien différentes en raison
des territoires, du nombre de municipalités. Rappelez-vous comment ça marche, là, à la base, là. Il faut recevoir les
rôles de chacune de ces municipalités, établir avec les paramètres les différentes taxes. Il y a des
secteurs où ça nécessite énormément de papier et d'administration. Ce
n'est pas tout le monde qui a le luxe de se retrouver dans la même ville, à
l'intérieur du même lieu, avec le même rôle d'évaluation.
Alors, il y a des disparités sur le terrain qui sont causées par, je dirais,
ces coûts administratifs, en tout cas, ces supports administratifs là
qui sont nécessaires, qui sont plus importants.
Mais moi, je suis convaincu que dans une région,
surtout dans des régions où il y a de la proximité entre les différents centres administratifs, il pourrait y
avoir prêt de service, transfert d'employés d'un lieu vers l'autre
pendant une certaine période donnée.
Cousineau : ...des
syndicats.
Proulx : Ce sont des gens
qui sont au service et au soutien en administration. Alors il faudra, dans
certains cas, suivre l'administration qui se retrouvera ailleurs pour la
perception.
La Présidente (Mme de Santis) :
Merci. M. le député de Bertrand.
Cousineau : Ça va.
Présidente (Mme de Santis) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Je reviens
à ma question sur le fait qu'ils seront compensés par les
règles budgétaires. Le Comité de gestion demandait que ce soit prévu au projet de loi, là... il
indiquait entre quels articles il souhaitait que ce soit fait, à l'effet
que le responsable de la perception de la
taxe scolaire sera financé pour toutes les dépenses reliées à ce mandat,
incluant le Comité de gestion... de la perception. C'était la recommandation 11
du comité.
Est-ce qu'il
est de l'intention de ministre d'inscrire dans le projet de loi l'intention de compenser, là, le responsable de la perception à
l'effet que... ce soit inscrit dans la loi?
La Présidente (Mme de Santis) : M.
le ministre.
M. Proulx : Oui. Alors, éventuellement,
dans le projet de loi, on va voir... C'est l'article 42, Sylvie?
M. Proulx : On verra à l'article 42
qu'on fait une modification pour tenir compte des situations particulières et
des responsabilités du Comité de gestion de la taxe, puisqu'on va, dans les
règles budgétaires, en convenir et c'est notre
façon de faire et, à mon avis, la bonne façon de faire, sachant qu'ils ont
cette situation particulière et qu'ils avaient une demande à cet égard.
À l'article 42, on va trouver une réponse à leur question.
Présidente (Mme de Santis) : Merci. Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve? Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Donc,
on a terminé l'étude de l'article 313.10 de la
Loi sur l'instruction publique.
Maintenant, nous allons à l'article 313.5 de la
Loi sur l'instruction publique
introduit à l'article 6 du projet de loi. La parole est à vous, M. le ministre.
Proulx : Merci. Donc, on va
faire, Mme la Présidente, comme on l'avait dit hors d'ondes, puisqu'on a
suspendu certains