Health and Social Services — 5 October 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2017-10-05
Quebec — Committees
(Onze heures vingt-six minutes)
Le Président (M. Merlini) : À
l'ordre, s'il vous plaît! À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum,
je déclare donc la séance de la Commission de la santé et des services sociaux ouverte. Je demande à toutes les personnes
présentes dans la salle Louis-Joseph-Papineau de bien vouloir éteindre toute
sonnerie et tout avertisseur de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie ce matin afin de
poursuivre l'étude du projet de loi n° 130, Loi modifiant certaines
dispositions relatives à l'organisation clinique et à la gestion des
établissements de santé et de services sociaux.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements aujourd'hui?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Hivon (Joliette) sera remplacée par M. Gaudreault (Jonquière); M. Pagé (Labelle), remplacé par Mme Maltais
(Taschereau); M. Turcotte (Saint-Jean), remplacé par M. Rochon (Richelieu).
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, Mme la secrétaire. J'en profiterais pour demander au député
de Marguerite-Bourgeoys de nous présenter le stagiaire qui l'accompagne aujourd'hui, comme nous avons fait précédemment, dans une autre séance. À
vous la parole, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Poëti : Merci,
M. le Président. Merci aussi de nous
permettre que les stagiaires vivent, à notre table des députés, ces
moments-là d'échange qui, à mon avis, sont formateurs, et ça leur permet de
faire
partie de l'équipe à l'intérieur de ce stage-là. Donc, merci de cette
permission que vous nous accordez de leur faire partager.
Donc, Vincent Boulay qui est le stagiaire qui va
me suivre tout au long de cette session-ci, évidemment de la fondation, et c'est toujours avec plaisir, et je
pense que ces jeunes-là représentent l'avenir. Nous, on n'est pas le
passé, M. le Président, on est le présent, mais eux représentent
l'avenir, et je pense qu'on doit bien vivre ça avec eux. Merci à tous.
Le Président (M. Merlini) : Merci
beaucoup, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
Lors de l'ajournement de nos travaux le
4 octobre dernier, hier, nous procédions à l'étude de l'amendement du ministre
qui introduit le nouvel
article 35.1. Je vous rappelle que, par ailleurs,
les articles 27.0.1, 36, 63.2 et 65.1 sont suspendus.
Nous avions
terminé avec les explications du ministre hier. Est-ce que j'ai des interventions à l'amendement qui propose 35.1? Mme la
députée de Taillon.
Lamarre : Merci, M. le Président. Alors, peut-être juste avoir un petit peu plus de
précisions sur comment le ministre veut articuler ce système de soutien temporaire,
et je pense que ça pourrait effectivement
être une solution à certains problèmes qu'on a rencontrés au niveau de
l'accès.
Est-ce que je dois comprendre que c'est un
système qui serait attribué, par exemple, pour une spécialité à un hôpital? Parce qu'on parle d'un établissement qui
serait un petit peu comme le maître d'oeuvre pour une spécialité. Est-ce
que c'est bien... Est-ce que ma lecture est juste?
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
Barrette : Ça pourrait, mais ce n'est pas obligatoire. La finalité de
la chose est de faire en sorte que... Je vais le prendre dans l'autre sens, faisons le parallèle avec les AMP. Quand les
AMP ont été mises en place... Et là je vais reconnaître un bon coup d'un
gouvernement précédent du Parti québécois, parce que c'est le Parti québécois
qui a mis ça en place, et on l'a maintenu parce que c'était un bon coup.
N'est-ce pas qu'on commence bien notre séance?
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Barrette : Alors, les AMP ont été
mises en place parce qu'il y avait des problèmes de découverture dans les urgences du Québec, et c'est un système qui a
fonctionné très bien jusqu'à aujourd'hui et qui va continuer à
fonctionner, parce qu'il est maintenant inscrit dans les moeurs de la pratique
médicale. Les AMP font en sorte que des médecins, lorsqu'ils pratiquent au
Québec, dans la loi, ont l'obligation de se faire assigner des tâches, et ça
fonctionne. Alors, il faut le voir comme ça.
Alors,
ce qu'on dit à la communauté médicale, là, on dit à la communauté médicale
qu'en 2017 on est rendus à un point
où là, là, à un moment donné, tout ne peut se régler constamment par des ajouts
d'argent, d'une part, mais surtout et en premier, hein, surtout c'est...
Quand on lit l'étymologie du mot, hein, c'est sur tout, c'est par-dessus tout,
là, bien, à un moment donné, là, il faut que tout le monde se responsabilise,
tout simplement. Et, quand une communauté a la capacité... et c'est toujours le
cas, M. le Président, là. Là, aujourd'hui, là, et pour les années qui s'en
viennent, ce sera toujours le cas. La
problématique, qui a été causée par autre chose, sur laquelle je ne reviendrai
pas, des pénuries, c'est fini, là,
puis, dans les 10 prochaines années, à chaque année, on aura un nombre net
encore record. À chaque année, là, c'est un nombre record de médecins
qui pratiquent au Québec, toutes spécialités confondues.
Alors, il y
a, au Québec, des spécialités de base. J'y reviens dans un instant. Alors, ce
que je dis, M. le Président, c'est
que, là où on est rendus aujourd'hui, dans la situation d'aujourd'hui, en 2017,
et ce sera comme ça jusqu'en 2027 et après,
on a la justification totale de dire à la communauté médicale : Là, ce
n'est plus de la négociation puis de l'argent, là, c'est de
l'organisation et de la responsabilité collective.
Alors, on dit
aux médecins : Nous allons élaborer... et c'est ce qui est écrit là,
là, on met en place un système de soutien
temporaire. C'est l'équivalent d'une mécanique de couverture des découvertures.
Ça n'enlève pas la mécanique d'attribution
des effectifs médicaux. Ça va s'en aller, là... je veux dire, ça va rester,
pardon, et ça va continuer, mais ce n'est
pas vrai que, demain matin, là, on va faire... comme j'ai dit hier, une
spécialité médicale va choisir, elle, de changer le statut d'une
institution pour son bon plaisir. Parce qu'ils savent bien, eux autres, là, que
ce genre de choses là, ça fait longtemps que je pense à ça, là. Mais là c'est
l'heure.
Alors, ce qu'on leur demande, là, c'est... pas
leur demande, ce que l'on met sur la table, c'est l'obligation de participer à ça sous peine de. On le met dans les
privilèges. On va mettre en place une mécanique. La mécanique, elle va faire quoi? Elle va dire : Les plans
d'effectifs, ça reste comme c'était. Oui, on va envoyer, à un moment donné,
quand on les aura, huit anesthésistes dans
le Bas-Saint-Laurent, puis, dans le Bas-Saint-Laurent, là, il va y avoir
l'obligation, comme on a vu dans un
article précédent qu'on a adopté, l'obligation collective de s'organiser pour
livrer des services. Mais, quand il y en aura un, qu'il y en aura deux
qui seront malades, qu'il y aura une problématique x qui lui appartient — c'est
la vie, on ne peut pas empêcher la vie
d'être vécue, incluant celle des médecins — bien, il y aura une mécanique en
place, nationale, qui va faire que les gens
vont avoir... à partir de laquelle les gens vont avoir l'obligation d'agir,
l'obligation d'y participer.
Et ça,
essentiellement, là, c'est : regardez, organisez-vous, là, si ce n'est pas
vous autres qui le faites, on va le faire, nous. On va mandater un établissement, mais tout un chacun sera appelé
périodiquement à aller couvrir une découverture complète, pas deux jours sur sept, là, sept jours sur sept,
ponctuellement. Ce n'est pas plus compliqué de ça, là, c'est simple, cette affaire-là. C'est de la responsabilité
collective, une responsabilité qui, actuellement, ne s'assume... elle n'est
pas assumée par personne. C'est toujours en négociation, c'est toujours de
l'argent de plus, puis, en plus, ça ne donne jamais des résultats permanents.
Je pense que le Québec est rendu là.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Merci. Alors, je vais juste repositionner un peu certains
mots, juste demander au ministre de nous expliquer pourquoi le système
de soutien est temporaire.
Est-ce que le
système de soutien ne pourrait pas être potentiellement permanent puis activé
au moment où il y a des besoins, là? Pourquoi on choisit de le mettre
temporaire?
Barrette : ...système qui est temporaire, M. le Président, c'est qu'on
fait référence au fait que la découverture est temporaire. Ce n'est pas
le système. Le système, on le veut permanent. C'est pour ça qu'on le met dans
la loi.
Mais évidemment, puis là je vais faire le
lien avec les débats qu'on a eus hier, on ne veut pas qu'un hôpital s'amuse à ne pas en avoir, ne pas en avoir, puis
là on est toujours en privilège d'urgence, d'urgence, d'urgence, qu'on répète, puis on n'a jamais quelqu'un en permanence
sur place, qui fait la tâche au complet, qui participe à l'organisation
au complet. Alors, ici, là, je comprends
qu'il peut y avoir une interrogation à la lecture, mais le système est
permanent, mais, le soutien, évidemment on le veut temporaire, parce
qu'on veut, par la gestion des effectifs médicaux, amener de façon permanente
des effectifs là où sont les besoins.
Alors, si on prend l'exemple de
La Pocatière, on ne veut pas que La Pocatière passe sa vie, et
la population, à avoir un remplaçant. Alors, il y a une gestion des plans
d'effectifs médicaux qui vise à ce que, de façon permanente, il y ait quelqu'un ou quelques-uns, et, quand il y
a une problématique comme celle que l'on vit, qui est incontrôlable et imprévisible, il y ait un groupe, qui s'appelle les anesthésistes du Québec, qui ait
l'obligation de participer à ça, et sans débourser 23, 24, 25,
35 millions de dollars.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
députée.
Mme Lamarre : Merci. Donc, ce qu'on
comprend, c'est que le soutien est temporaire, mais le système est permanent. O.K.
M. Barrette : C'est permanent. C'est
un
article de loi, là, ce n'est pas, là... Ce sera valide pour la prochaine année,
Mme Lamarre : Parfait. Alors, si je
continue, ensuite le centre... En fait...
Barrette : M. le Président, juste pour éclairer les collègues...
Le Président (M.
Merlini) : Oui. Un instant. Oui?
Barrette : Juste pour éclairer les collègues. Je l'avais mentionné,
mais j'avais oublié de finir ce bout-là, on parle ici de spécialités de base, là. Entendons-nous, là, on n'aura
jamais un système comme ça pour les généticiens. On s'entend, là? On
n'aura pas ça, là, pour des biochimistes, là.
Alors,
les spécialités de base, on les connaît, là. Essentiellement, il y en a cinq.
Selon certaines écoles, il y en a sept,
mais le système en question, il s'applique à tout le monde. Le projet de loi,
il est permanent pour toutes les spécialités, mais, dans l'applicabilité, là, on s'entend, là, que c'est des
spécialités de base. C'est quoi, les spécialités de base? Bien, c'est
des spécialités qui sont nécessaires et obligatoires pour le fonctionnement
d'un hôpital.
Alors,
je donne des exemples, là, radiologie, la chirurgie, l'anesthésie — on ne peut pas endormir un patient et
l'opérer s'il n'y a pas un anesthésiste et
un chirurgien — la
pathologie, ce genre de choses là. Alors, d'aucuns rajoutent la
psychiatrie, par exemple, bon. Alors, ça, là, je ne dis pas qu'on va... il ne
faut pas mettre ça dans la loi non plus parce que
la médecine évolue. Je dis juste que, dans la vraie vie, là, quand on fait une
affaire de même, bien, c'est d'abord et avant tout pour les spécialités de base. Il n'y a jamais personne qui a
réclamé qu'il y ait un généticien itinérant au Québec, et ce serait
insensé de faire ça parce que c'est tellement pointu que ça n'a pas de sens.
Mais de s'assurer qu'il y ait, dans les hôpitaux du Québec...
c'est ça qui est l'objet des découvertures. C'est quoi, l'objet des
découvertures? C'est des médecins de famille à l'urgence. Au Québec, c'est des médecins de famille dans les régions,
mais ça, ce n'est pas de la découverture. Urgence, ça, c'est de la
découverture, chirurgie générale, anesthésie, radiologie, et ainsi de suite.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le ministre. Ça va, Mme la députée de Taillon?
Mme Lamarre :
Oui, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Une autre intervention? Oui, allez-y.
Lamarre : Oui. En fait, je voulais vérifier... parce qu'ensuite le
ministre met en place un système de soutien temporaire pour l'accès aux services spécialisés, auquel doivent
participer l'ensemble des établissements publics exploitant un centre
hospitalier de soins généraux et spécialisés. Le fait d'avoir inscrit «un
centre hospitalier de soins généraux et spécialisés», est-ce que...
Mme Lamarre :
La troisième ligne, «exploitant un centre hospitalier de soins généraux et
spécialisés», on comprend que ça, c'est tout CISSS ou CIUSSS dans lequel il y a
au moins un centre hospitalier de soins généraux et spécialisés. Mais je
voulais juste m'assurer : Est-ce que le territoire de la Baie-James, par
exemple, et les territoires autochtones...
Est-ce que, dans chacun de ces... Est-ce qu'ils seraient exclus ou bien si on
pourrait être sûrs qu'on ne les exclue pas?
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
Barrette : Tout est inclus. Il faut juste comprendre que la
dénomination «centre hospitalier de soins généraux et spécialisés», c'est une détermination, c'est une
nomination qui est... nomination pas au sens «nomination»... ce n'est
pas les oscars, là. C'est une dénomination qui est générique et qui existe
depuis le début de l'assurance maladie. C'est en opposition aux centres de soins de longue durée. Alors, c'est un
hôpital. Alors, ce sont des soins généraux ou spécialisés de santé
physique, de santé mentale, mais le terme qui est utilisé ici, c'est un terme
qui est en opposition aux soins de longue durée.
Le Président (M.
Merlini) : Ça va?
Barrette : On m'indiquait que, dans notre dénomination, il y a des
centres de soins psychiatriques, comme par exemple Pinel. Pinel n'est pas un centre hospitalier de soins généraux
et spécialisés. Alors, pour notre jargon commun, là, c'est un hôpital au sens commun du terme par
opposition à un hôpital de longue durée, un CHSLD, par opposition à un
institut comme Pinel, et ainsi de suite, par opposition à un CLSC, par
opposition...
Mme Lamarre :
Mais l'Institut de cardiologie est un...
M. Barrette :
C'est un centre de soins généraux et très spécialisés, peu généraux et très
spécialisés.
Mme Lamarre : Généraux ou très... c'est spécialisé, mais est-ce
qu'il n'a pas perdu... Est-ce qu'il y en a qui perdent...
Barrette : C'est un terme générique qui englobe tout. Bien, on
pourrait voir ça juste de façon simplifiée, là, c'est des soins de
courte durée versus de la longue durée. Il faut le voir comme ça, là.
Mme Lamarre : Mais là on a
eu des hôpitaux dont on a parlé, selon les élections partielles, entre autres,
mais le Centre Cloutier-du Rivage, par
exemple, est-ce qu'il s'inscrit comme un centre hospitalier de soins généraux
et spécialisés?
Barrette : Là, il faudrait que je vérifie parce que
Cloutier-du Rivage a déjà peut-être été considéré comme ça mais ne
l'est plus, fonctionnellement, aujourd'hui. Alors, il y a des mises à jour que
l'on fait périodiquement dans les dénominations. Cloutier-du Rivage
n'hospitalise plus. On n'hospitalise pas à Cloutier-du Rivage, ça fait des
années. Je pense même que ça remonte à vous autres.
Mme Lamarre :
Mais est-ce qu'il existe actuellement une liste formelle de centres
hospitaliers de soins généraux et spécialisés, juste pour que les gens
sachent si, dans leur territoire, ils sont rejoints ou non?
M. Barrette :
Oui. Alors, chaque installation, à l'intérieur de leurs établissements, qui
sont maintenant des CISSS, chaque installation a un permis, et, dans le
permis, il y a le spectre d'activités qui sont autorisées.
C'est
parce que la collègue, M. le Président, nous demande une question qui... puis
là on tombe dans du juridique, là. Aujourd'hui, l'institution qui est
effectivement un centre hospitalier de soins généraux et spécialisés, pour
prendre l'exemple de Cloutier-du Rivage, c'est le CISSS de la Mauricie—Centre-du-Québec.
C'est le CISSS qui a cette dénomination-là.
Maintenant, dans une
installation, là, il y a une mission, il y a un permis, le permis dit ce que ça
fait, et Cloutier-du Rivage, bien, ce
n'est pas un centre hospitalier général et spécialisé au sens de la loi et de
la terminologie qui est ici, parce
qu'aujourd'hui, dans la loi, c'est le CISSS, mais, dans le CISSS, opère des
installations qui, elles, ont un permis et des missions.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre :
C'est ça. Donc, en fait, l'ensemble des établissements publics exploitant un
centre hospitalier quand même. La formulation qui a été choisie, là,
c'est «auquel doivent participer l'ensemble des établissements publics — on
comprend, un établissement public, c'est un CISSS ou un CIUSSS, O.K.? — et
exploitant un centre hospitalier». Donc, un
centre hospitalier de soins généraux et spécialisés, c'est un sous-ensemble,
c'est une installation à l'intérieur d'un CISSS ou d'un CIUSSS.
Le Président
(M. Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette :
Non. De la manière que c'est écrit, là, c'est écrit d'une telle manière que
tout le monde est inclus dans l'exercice. Alors, à ma connaissance... Je
vais faire une vérification.
Alors,
c'est le Québec au complet. J'avais une hésitation à propos de la Baie-James,
je n'en avais pas à propos du Grand Nord, le Nunavut, parce qu'eux
autres, ils l'ont.
Mme Lamarre :
C'est ça, mais la Baie-James, on a toujours...
M. Barrette :
La Baie-James, ils ont la mission pareille. Ils ont la mission au sens légal du
terme.
Alors,
le libellé de l'article est fait pour que tout le monde soit inclus, parce que
toutes les institutions aujourd'hui couvrent
100 % du territoire, donc impliquent 100 % des médecins. Donc, tout
le monde devient participant à cette affaire-là.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Lamarre :
Et donc l'hôpital de La Pocatière, du Kamouraska est un centre hospitalier
de soins généraux et spécialisés et pourrait dorénavant bénéficier de
cet amendement... de cet article.
M. Barrette :
Je vais apporter une correction sur ma réponse précédente. On m'indique que ça
exclut cette région-là du Conseil cri parce qu'eux autres on les a exclus de
Mme Lamarre :
C'est ça, ils sont exclus là-dedans.
M. Barrette :
Mais là ça n'a pas vraiment d'intérêt, là, parce que ce que l'on veut, là...
Mettons que ce n'est pas eux autres qui ont les capacités d'aller aider
leurs voisins, c'est plus dans l'autre sens, on va dire.
Alors donc, à la
question de La Pocatière, si j'ai bien compris la question, la réponse,
c'est oui.
Le Président
(M. Merlini) : Mme la députée.
Mme Lamarre :
Un autre commentaire. Je pourrai laisser la parole après à mon collègue de...
Le Président
(M. Merlini) : Très bien. Oui, allez-y.
Mme Lamarre : Mais un dernier.
«Le ministre peut confier la gestion du système à tout établissement qu'il détermine». Est-ce que, dans l'esprit du ministre,
la gestion de ce système-là, elle va se concentrer dans un établissement
ou bien si c'est
possible d'avoir quatre ou cinq sites qui, bon, certains, pourraient être
responsables de gérer les anesthésistes et les radiologistes, l'autre,
les chirurgies et la pathologie? Est-ce que, physiquement, il y a quelque
chose?
M. Barrette :
Ici, on est dans la gestion, alors, oui, toutes les combinaisons sont
possibles. Encore une fois, je le répète,
là, ce n'est pas parce que... En conversant comme ça, on précise nos pensées
respectives ou notre compréhension respective.
L'idée ici est que, sur le principe de l'obligation de tout le monde à
participer, bien, on peut mandater quelqu'un ou quelques-uns pour une, deux, trois spécialités, puis ce n'est pas
toujours les mêmes à s'occuper de la gestion de la liste, mais l'objectif est d'impliquer le monde... bien, les gens concernés vont dire qu'ils
sont obligés, là, mais pour faire
en sorte qu'il y ait une liste de disponibilité qui soit mise en place et, en
fonction des découvertures, que quelqu'un soit assigné.
Mme Lamarre : Et s'il n'y a personne
qui met son nom sur la liste?
Barrette : C'est une obligation. Là, on tombe dans les conséquences.
Alors, ça pourrait être le cas, là, mais les conséquences, ça nous lie. On va le voir un peu plus loin, ça, ça nous
lie à la loi n° 20. Alors là, ça nous lie aux privilèges, ça nous
lie à des pénalités.
Mme Lamarre : Dans 50.2.
M. Barrette : Oui, qu'on va voir
tantôt.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la députée de Taillon. M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le
Président. Bien, on comprend, puis c'est bon, c'est important, c'est au
centre de tout puis ça répond à des
préoccupations notamment qui avaient déjà été exprimées, hein? C'est de faire
en sorte qu'on puisse avoir un soutien interrégional dans des situations
qui sont particulières. Je pense que ça va vers ça. Le ministre l'avait dit hier, hein, il y a trois... il n'y a
pas une tonne de façons de le faire, hein? C'est par ajout de mesures
attractives, alors on parle d'argent, c'est par altruisme que ça peut se faire
aussi ou c'est par le biais d'un
article comme celui-ci.
Là, je
devance peut-être, puis à défaut... bien, le ministre me le dira, puis je
reviendrai sur mon questionnement, mais
je comprends le principe, le principe est là, la liste de garde. L'exemple
donné du Bas-Saint-Laurent, on comprend très bien également. Cependant, il y a la mise en application de tout ça, il
y a le système comme tel. On doit mettre en place un système de soutien
temporaire, il y a des obligations, mais ça se fait comment? Puis là j'ai
quelques questions.
Le ministre
me dira si c'est le temps ou si ça vient dans l'article qui suit, mais la
détermination de qui doit faire
partie
de la liste, il y a une obligation, mais est-ce que c'est tout le monde sans
exception dans une spécialité donnée? Les jeunes médecins par rapport à
ceux qui ont pris de l'ancienneté, sur le fait que quelque part on doive
d'effectuer du dépannage, est-ce qu'il y a
une rotation? Est-ce que les nouveaux arrivants seront les premiers à être
appelés au dépannage? Est-ce qu'il y aura des distances? Alors,
j'imagine que ça permettra d'aller chercher un spécialiste dans la région de Montréal pour couvrir, par exemple, une région qui
exceptionnellement a un besoin particulier. Est-ce qu'on peut faire
appel à Montréal si c'est dans le
Bas-Saint-Laurent, alors que Québec en a également? Alors, il y a-tu une notion
de distance aussi? Alors, il y a
toutes ces notions-là qui sont importantes, qui doivent évidemment faire en
sorte qu'on va être capable de mettre en place... qu'on souhaite régler
des problèmes.
Alors, je les
ai énumérées, il y a une réponse à chacune d'entre elles. Est-ce que c'est le
bon moment d'aborder ça ou le ministre arrivait dans un amendement qui
suit?
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
Barrette : Alors, M. le Président, je veux juste faire un commentaire
général, parce que, là, je sens, puis je le comprends, qu'on va vouloir entrer dans le détail du fonctionnement.
L'article, tel qu'il est écrit, évidemment, ne va pas dans ce niveau de détail là. C'est à dessein,
parce que cet article-là va créer, on s'entend, une certaine commotion
dans le milieu médical. Et l'article est
écrit d'une telle manière qu'il statue que le ministre, moi ou un autre, va
mettre en place le système en question, qui est à être précisé dans sa
mécanique.
Moi, je suis
bien prêt à parler de la finalité des mécaniques potentielles, mais je n'ai pas
l'intention, puis je pense que ce n'est pas le lieu, parce qu'il y a une
complexité là-dedans, là, de déterminer dans la loi la mécanique comme telle.
Mais il est impératif de mettre dans la loi le sens, la direction, la
destination où on veut aller.
Bon, alors,
où on veut aller? Je l'ai dit, on veut que... Puis je vais le dire dans
d'autres mots. Moi, ce que je souhaite, c'est que les organisations se
responsabilisent pour les spécialités de base. Notre collègue de Taillon,
peut-être aussi parfois le collègue de
Lévis, M. le Président, prend souvent l'exemple de La Pocatière. Parfait,
c'est un bon exemple, c'est peut-être même l'exemple type. Il y a zéro
raison au Québec aujourd'hui, zéro, pour qu'il soit à découvert. Aucune, ne serait-ce que la distance des grands centres.
Il y en a un, grand centre, là, ce n'est pas loin, là. Le collègue, je
pense qu'il sait très bien à quelle distance
de Québec c'est, là. Je soupçonne qu'il fait à peu près la moitié de la
distance matin et soir. Alors, ici,
on n'est pas dans la fin du monde, là. On n'est pas, là, dans le grand Grand
Nord, là. On n'est ni dans le Nunavut ni dans le Nunavik.
Alors
donc, là, il y a des mécaniques à mettre en place. Maintenant, cette
mécanique-là vise à dire aux organisations :
Regardez, là, vous êtes assez nombreux, puis ce n'est pas la fin du monde, là.
Ça fait maintenant des années qu'on fonctionne et qu'on accepte de
fonctionner avec les plans d'effectifs. Ça fonctionne. Les plans d'effectifs ne
peuvent pas prévoir les découvertures. On boite dans la correction des
découvertures. On a besoin de quelque chose de permanent.
message qui est envoyé, là, c'est que le système va être mis en place. Il va y
avoir une obligation de tout le monde
de participer à ça. La loi n° 20, à laquelle, en quelque part, ça va
référer à 50, là, prévoit des
exceptions, O.K.? Ils vont être
traités dans un autre forum. Il y a moyen de mettre quelque chose en place qui va
être suffisamment souple — souple,
j'entends — mais
en même temps garantir, par la participation obligée qui vient de cet
article-là, la mise en place fonctionnelle
et efficace de cette mécanique-là. Bref, à partir du moment où on adopte ça,
là, il y a un travail qui commence, mais cet article-là donne le pouvoir
d'arriver à destination.
Alors,
pour bien, bien, bien résumer, là, ce n'est pas compliqué, je souhaite, par cet
article-là, avoir une mécanique qui
met en place une liste de gardes nationale et rotatoire qui oblige les médecins
d'une spécialité à donner du temps selon l'aléatoire de l'apparition des découvertures. C'est simple, ça, là, là.
Ça, ça veut dire, docteur X, s'il arrive une... Je donne un exemple. Je
ne dis pas que ça va être ça, là, je donne un exemple. Docteur X, là...
Puis
je vais vous donner un exemple spectaculaire. Vous, par un tirage au sort,
mettons, ou pour une rotation déjà établie,
s'il y avait une découverture dans des centres connus, là, dans les cinq
prochaines années, où il y en a tout le temps, à Noël c'est à votre tour, le spectaculaire est le suivant... Dans
l'exemple de Noël, là, dans une vie professionnelle, ça arrive
50 fois, parce que disons qu'on considère qu'un docteur... Un docteur qui
pratique 50 ans, il n'y en a pas bien, bien, là. Mettons une durée de
pratique de 35 ans. Alors, Noël, là, peut arriver, dans une institution donnée,
35 fois. Il y a 700, mettons, médecins dans une spécialité donnée. Les
chances que ça arrive sont faibles, hein, très faibles, mais ça peut arriver.
Alors,
on dit à des... L'objectif est de dire à des médecins, là : Regardez, il y
a une liste, là, et vous pourriez être appelés à donner du temps,
responsabilité collective sociétale et là, bien... Même qu'on pourrait dire aux
organismes représentatifs : Faites-la
donc, votre liste. Organisez-vous donc entre vous autres. Vous autres, là,
faites votre ménage, le trafic dans
vos membres. Vous pouvez même vous donner des règles. Bien, nous autres, là, ce
qu'on veut, là, c'est une mécanique
qui va faire en sorte que quelqu'un est identifié, et qu'il va être pairé à un
endroit qui est problématique, et que cette couverture-là va être
corrigée.
Maintenant,
M. le Président, évidemment, il ne faut pas que ça vienne remplacer des plans
d'effectifs médicaux. Il ne faut pas
que le Québec devienne un endroit, un territoire où tout le monde travaille à
Montréal et à Québec, puis il fait juste du remplacement. On ne veut pas
ça, là. Un ne vient pas empêcher l'autre. Et je le dis parce que j'indiquais à
la collègue de Taillon hier que les anesthésistes veulent changer le statut de
La Pocatière. S'ils changeaient leur statut, La Pocatière, on s'entend-u qu'il
y a pas mal moins de besoins à couvrir, hein? Pas mal moins.
Alors, vous voyez la
dynamique, là, et peut-être que vous voyez aussi l'importance de cet article-là
dans la dynamique actuelle qui est une dynamique de désinvestissement de la
part de certains groupes de médecins et, j'irais même jusqu'à dire,
déresponsabilisation sociale.
Président (M. Merlini) : Je dois suspendre les travaux quelques
instants. Il y a un appel au vote au salon bleu en ce moment.
Alors, nous
suspendons les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 54)
Président (M. Merlini) : À l'ordre, s'il vous plaît! Comme nous avons exercé notre devoir de parlementaires
et, en fait, nos votes, je rouvre la session... nous reprenons donc nos
travaux.
Et, compte tenu de
l'heure, la commission ajourne ses travaux jusqu'à...
Président (M. Merlini) :
Suspend ses travaux, pardon. Merci, Mme
la secrétaire. Je suspends donc nos
travaux jusqu'à 15 heures. Bon appétit.
(Suspension de la séance à
13 h 16)
Le Président (M.
Merlini) : À l'ordre, s'il vous plaît! Constatant le quorum, la commission
reprend donc ses travaux.
Je vous rappelle que
le mandat de la Commission de la santé et des services sociaux est de
poursuivre l'étude détaillée du projet de
loi n° 130, Loi modifiant certaines dispositions relatives à
l'organisation clinique et à la gestion des établissements de santé et
de services sociaux.
Je demande encore une fois à toutes les personnes dans la salle
Louis-Joseph-Papineau de bien vouloir éteindre toute sonnerie et
avertisseur de leurs appareils électroniques.
Lors
de la suspension, bien, plus ou moins avant l'heure du dîner, nous étions
rendus à l'étude de l'amendement qui propose
l'article 35.1. M. le ministre avait répondu à une question de Mme la
députée de Taillon. Alors, est-ce que j'ai d'autres interventions pour
cet amendement? M. le ministre, oui?
Barrette : Alors, M. le Président, je vous propose de suspendre
l'étude de cet
article au profit d'un retour à un
article précédent qui,
d'ailleurs, justifie la présence de nouveaux collègues.
Le Président (M.
Merlini) : Alors, est-ce que j'ai le consentement pour suspendre
l'étude de l'amendement qui introduit 35.1?
Des voix :
Consentement.
Maltais : M. le Président, nous consentons puisque nous nous
dirigions, dans le début de la conversation avec le ministre, dans le même sens. Pour une fois que nous avions la
même orientation, profitons-en, M. le Président.
Président (M. Merlini) : Tout à fait. Dans l'allégresse, nous
suspendons donc l'étude de l'amendement qui introduit 35.1. M. le
ministre, vous voulez aller à 27.0.1?
M. Barrette :
Oui, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Je suis devin.
M. Barrette :
D'ailleurs, pour continuer dans la même lignée que notre collègue de
Taschereau...
Président (M. Merlini) : Un instant, M. le ministre. Est-ce
que j'ai consentement pour reprendre l'étude de l'amendement qui propose l'article 27.0.1?
Pas tous en même
temps, là! Consentement?
Des voix :
Consentement.
Le Président
(M. Merlini) : Merci. Alors, nous reprenons. Allez-y, M. le
ministre.
M. Barrette : Alors, j'allais dire : Qui sait jusqu'où
ça va nous mener? On ne sait jamais. Alors, M.
le Président, on revient donc à...
Le Président
(M. Merlini) : 27.0.1.
M. Barrette :
...27.0.1. J'imagine, M. le Président, que les collègues qui sont, actuellement,
nouvellement présents... J'imagine que vous allez annoncer qu'il y a eu des remplacements?
Le Président
(M. Merlini) : Ce matin, oui, à l'ouverture de la séance.
M. Barrette :
Ah! d'accord, parce que vous avez ouvert la séance...
Le Président
(M. Merlini) : La séance d'aujourd'hui, selon l'ordre qui est
donné par la Chambre.
M. Barrette :
Et là vous ne le faites pas maintenant? O.K. C'est correct. C'est bon.
Président (M. Merlini) :
Non, non. On le fait à l'ouverture de la séance, tel que l'ordre de la
Chambre... et l'ouverture de la séance était après la période des
affaires courantes.
M. Barrette :
Je ne m'en rappelais pas, M. le Président. J'ai eu un moment d'inattention ici.
Mme Maltais :
M. le Président, l'omnipotence du ministre de la Santé ne s'applique pas à la commission
parlementaire.
M. Barrette : Mais, non, je n'omnipote pas, mais jamais.
Au contraire, je reçois les avalanches de commentaires des oppositions
avec le plus grand stoïcisme, comme je vais le faire l'après-midi!
Le Président
(M. Merlini) : Alors, pouvons-nous maintenant aller à l'article 27.0.1?
M. Barrette : Oui. Alors, ce que j'allais dire : Puisque les
collègues ont sûrement été instruits de la nature, de la teneur
dudit amendement et que j'en ai déjà fait l'explication, je vais, avec plaisir,
leur laisser la parole.
Le Président
(M. Merlini) : Est-ce que j'ai des interventions à l'amendement
qui introduit 27.0.1? M. le député de Richelieu.
M. Rochon : Oui, M. le Président. Le ministre a été un peu
présomptueux. En tout cas, il a présumé d'un niveau d'information que nous n'avons pas. Et là c'est ce
qui va rendre un peu lourd, et je le regrette, là, cette séance, c'est
qu'elle se tient en l'absence de la
porte-parole de l'opposition officielle au dossier, qui avait annoncé depuis
plusieurs jours son incapacité à siéger aujourd'hui en raison d'autres
engagements. Il va sans doute falloir que le ministre nous instruise des amendements et, plus que ça d'ailleurs, de la
portée des articles initiaux que ces amendements viennent modifier pour que nous soyons en mesure, là, de prendre des
décisions éclairées quant aux suggestions qu'il nous fera. Alors, je
souhaite qu'il accepte, là, de nous
présenter cet amendement qu'il souhaite insérer après l'article 27 du
projet de loi, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, M. le député de Richelieu. M. le ministre.
M. Barrette : Est-ce qu'on
pourrait suspendre un petit instant, M. le Président?
Le Président (M. Merlini) :
Certainement, oui. Je suspends donc les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 8)
Le Président (M. Merlini) : Nous
reprenons donc nos travaux. Nous sommes à l'étude de l'amendement qui introduit
l'article 27.0.1. M. le ministre.
Barrette : Alors, M. le Président, pour le bénéfice de nos collègues et... le bénéfice et la compréhension de nos collègues, nous avons étudié dans nos travaux précédents
deux articles qui ne sont non pas contigus, mais qui
sont complémentaires dans l'action, alors
deux articles qui sont suspendus, que sont 63.2 et 27.0.1,
deux articles qui traitent des circonstances selon
lesquelles... plutôt les circonstances par lesquelles on octroie des privilèges
à un médecin dans un établissement. Alors, on comprend, pour le bénéfice encore une fois de nos collègues, un médecin ne peut oeuvrer dans une institution
s'il n'a pas de privilège, et les privilèges sont assujettis à des conditions
d'octroi et à des conditions d'exercice. Et
ici, à 27.0.1 et à 63.2, on a traité d'une situation particulière. Dans nos travaux, on a traité d'une
variété de situations particulières, dont
celle-ci, aujourd'hui, qui fait en sorte que notre collègue la députée de Taillon
a souhaité se retirer des débats pour
un... Je ne crois pas qu'il y avait un conflit d'intérêts, mais notre collègue,
avec justesse, pour éviter la perception
d'un conflit d'intérêts, a choisi de se retirer, et c'est la raison pour
laquelle on reprend le débat là où il était rendu.
Alors, comme
je disais, pour le cas particulier suivant, on traite des conditions
d'acceptation d'octrois de privilèges à
la condition d'a, b, c. Alors, la situation particulière dont on traite
aujourd'hui, qui est traitée à 63.2, et alors regardez 63.2 parce que c'est là qui est le cas particulier, on
s'adresse à l'octroi de privilèges de membres associés ou de membres-conseils.
Alors, un membre associé et un
membre-conseil, c'est en opposition à un statut de membre actif. Un membre
actif, c'est un individu qui a des
privilèges pour travailler à plein temps ou exercer la majorité de sa pratique
dans un établissement donné. Alors, retenons le concept de plein temps.
Or, on
comprendra que — c'est ce
que l'on veut — une organisation
qui est un établissement de santé veut avoir des gens à temps plein en majorité, quasiment en totalité, mais il peut
survenir des circonstances où on ait besoin, par appui, par complément, par territoire peu développé, qu'on ait des
membres associés. Et je répète, une institution souhaite toujours avoir des
membres à temps plein dans la quasi-totalité, mais pas dans la totalité des secteurs
d'activité.
Pour
illustrer le point, là, ça va faire image, là, parce que c'est assez
spectaculaire, pas spectaculaire au sens du feu d'artifice de la chose, mais au sens de l'évidence de la chose,
prenons, par exemple, deux établissements dans lesquels on voit une quantité suffisante, significative d'enfants. Alors, on va
comprendre que les deux institutions vont souhaiter avoir à temps plein des pédiatres. Mais les deux établissements, à moins que ce soient des établissements très,
très, très spécialisés, ne souhaiteront pas avoir en place des
généticiens à temps plein, mais pourraient, par exemple, souhaiter avoir un généticien qui vient périodiquement
donner un conseil génétique, par
exemple. Alors, le généticien, lui,
qui est un médecin, va venir normalement dans cette institution-là comme
membre associé et il sera membre actif dans un hôpital pédiatrique de pointe,
comme le CHUL à Québec, comme par exemple l'Hôpital de Montréal pour enfants ou
l'Hôpital Sainte-Justine. Alors, c'est ça, grosso modo, la différence entre un
membre associé et un membre actif.
Maintenant, quand on regarde 63.2, on lit, et je
vais le lire, là : «[Le] statut de membre associé ou de membre conseil ne doit pas être attribué ou renouvelé
lorsque les besoins de l'établissement peuvent être comblés par un membre
détenant un statut de membre actif.»
Dans
l'immense majorité des cas... Et là l'exemple que j'ai pris tantôt,
il n'était pas bon parce qu'on ne
recherche pas un statut de membre.
Maintenant, il n'était pas bon pour ce texte-là, là, il était bon pour la vraie
vie. Mais l'exemple que je vous ai
donné, ce n'est pas l'exemple dont traite 63.2. 63.2, il dit ceci... Dans
l'exemple que j'ai donné tantôt, là, O.K.,
deux hôpitaux qui voient la clientèle pédiatrique, les deux hôpitaux, les deux,
veulent avoir des pédiatres comme membres
actifs à temps plein. Et, dans un cas potentiel, et ça arrive, où les services
sont donnés d'une façon imparfaite en termes
de distribution, par exemple, là, des services par une succession de membres
associés, on ne voudrait pas qu'une administration
ou qu'un membre associé puisse invoquer telle ou telle règle pour empêcher
l'hôpital de recruter un pédiatre à temps plein.
Ça arrive. Malheureusement, il y a des endroits au Québec, là, où il y a des
membres associés qui ont développé des
liens, des pratiques. Peu importe, on ne fera pas le procès de la société, là.
Il y a des circonstances où il y a des
gens, des postes qui ne sont pas occupés alors qu'il y a des jeunes, par
exemple, qui sortent des facultés de médecine, qui disent : Oui, moi, je suis prêt à aller
travailler là à temps plein, et on leur dit : Non, pas pire, là, avec les
membres associés. On veut empêcher ce cas de figure là.
Alors,
ce que l'on dit à 63.2, on dit ceci : Lorsqu'il y a, au plan d'effectifs,
d'établi la nécessité d'avoir un poste à temps plein, bien, on dit à l'administration, là, qu'on ne peut pas
attribuer ou renouveler des postes de membres associés au conseil au
détriment d'un candidat qui viendrait occuper ce poste-là à temps plein, donc
comme membre actif. Tout simplement, l'enjeu
de la collègue de Taillon était qu'elle-même est membre-conseil. Pour moi, il
n'y avait pas d'enjeu parce qu'un membre-conseil, ça ne donne pas des
services.
Maintenant, si on
fait le lien maintenant avec 27.0.1 — vous allez comprendre le
lien, il vaut mieux le faire tout de suite :
L'article 238 de cette
loi est modifié par l'ajout, à la fin du quatrième alinéa, de la phrase
suivante : «Toutefois, elle peut être
refusée — la
demande de privilège — si ce renouvellement ne peut s'effectuer sans respecter les
conditions d'attribution d'un statut prévues au règlement pris en application
du paragraphe 3° de l'article 506», le paragraphe 3° qui fait un
lien avec ça. Voilà.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Le ministre parle tantôt d'institution... D'ailleurs, on se demande si ce sont
des synonymes qu'il aligne, là. Il a
dit «institution», il a dit «établissement», il a dit «hôpital», alors que je
suppose que chacun des termes a une
signification qui lui est propre. J'ai jusqu'ici compris qu'«établissement», ça
voulait dire «CISSS» ou «CIUSSS», qu'«installation», ça voulait dire
«hôpital» ou «CHSLD». Enfin, c'était une installation physique dans une
localité.
Alors,
je reviens à son amendement où c'est le mot «établissement» qui apparaît, ce
n'est pas le mot «hôpital» puis ce
n'est pas le mot «institution». Est-ce qu'«établissement» réfère à «centre
intégré de santé et de services sociaux» et à «centre intégré universitaire
de santé et de services sociaux»? Autrement dit, le statut de membre associé,
membre-conseil, il est rattaché au CIUSSS et
au CISSS — est-ce
que je comprends bien? — pas à un hôpital ou à une institution?
Barrette : Je constate que nos débats sur la loi n° 10, auxquels
a participé en
partie notre collègue de Richelieu, sont loin. Alors, évidemment, aujourd'hui, les
privilèges tels qu'ils ont été maintenant établis par la loi n° 10 sont
des privilèges de CISSS, CIUSSS ou établissements non fusionnés, et ils sont
donc dans toute l'organisation.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais :
Ah non! Après qu'il ait fini son échange.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Richelieu, allez-y.
M. Rochon :
Alors, je ne saisis pas pourquoi le ministre dit que mes informations
paraissent dater ou ma mémoire semble faillir parce qu'il me semble que
ce que j'ai dit avant qu'il ne me réponde est exactement... ça représente les explications qu'il m'a données. Mais il me semble
que c'est important d'insister sur cette distinction entre
«établissement» et puis «institution» parce
que... Prenons l'exemple, je ne sais pas, moi, d'un pédiatre attaché à un
établissement, il est donc attaché à
un CISSS et un CIUSSS qui comptent des hôpitaux pouvant être répartis sur un
vaste territoire, n'est-ce pas?
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette :
Je n'ai pas entendu de phrase qui finissait avec un point d'interrogation, là.
Quelle est la question, là?
M. Rochon :
«N'est-ce pas», généralement, ça implique qu'il y a une question, là. Le
ministre aime imager, alors je fais comme lui, je recours à une image.
Je prends l'exemple d'un pédiatre, là, le pédiatre rattaché à un établissement.
M. Barrette :
Mettons, juste de même, là, une question, sujet, verbe, complément, là.
M. Rochon :
Bon, alors, M. le Président, ce que je tente de savoir du ministre, et je
tenterai de faire une phrase construite
selon les principes qu'il préfère, un pédiatre dont on dit qu'il est rattaché à
un établissement, est-ce que cela implique
qu'il est rattaché à un centre intégré de santé et de services sociaux ou à un
centre intégré universitaire de santé et de services sociaux ou cela
implique-t-il qu'il est rattaché à une installation?
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette :
Il est rattaché à un CISSS, un CIUSSS ou un établissement non fusionné, selon
le cas.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la députée de Taschereau.
Maltais : J'ai deux questions. Une toute simple, là, que... Juste
parce que membre associé, très bien expliqué, membre-conseil... Est-ce qu'il y a une différence entre le membre
associé et le membre-conseil? Pour qu'on les nomme tous les deux, il y a
sûrement une différence. Je ne la connais pas, celle-là.
Barrette : Quand on regarde la hiérarchie des statuts, il y a une
hiérarchie qui va du statut de membre actif... Alors, c'est le médecin qui travaille là dans la majorité de sa
pratique. Un membre associé, c'est quelqu'un qui pratique la majorité de sa pratique ailleurs et là en fait une
fraction. Un membre-conseil, il est conseil, alors il pratique très peu
ou pas du tout. Et il y a même un statut supplémentaire, qui est le statut de
membre émérite, mais là, évidemment, émérite, c'est
plus honorifique, là, au sens de la reconnaissance du travail accompli dans
l'institution. C'est un statut essentiellement honorifique.
Alors, un
membre-conseil est un membre-conseil qui peut être un... qui est un membre qui,
en général, va venir participer en
appui, non pas pour donner des services, mais pour... et c'est très variable
comme application. Alors, il y a des gens
qui sont membres-conseils parce qu'ils participent à des comités de ceci, des
comités... Ils ne vont pas nécessairement être sur le terrain, mais, oui, ils peuvent un petit peu être sur le
terrain. Mais les membres-conseils sont beaucoup moins en activité, actifs qu'un membre associé. Un membre
associé va vraiment venir faire du travail, mais de façon minoritaire par
rapport à sa propre pratique. Un membre-conseil, il est conseil. Il peut faire
un peu de pratique, participer à des comités, et ainsi de suite, mais son
implication sur le terrain est minimale, et je ne le dis pas de façon... Je le dis de façon
quantitative, mais conseil, par contre, sur le plan qualitatif, des fois, c'est
bien important.
L'idée ici de
l'inclure, c'est pour éviter des manoeuvres qui... L'idée ici n'est pas
d'empêcher les membres-conseils, parce
que les membres-conseils, là, ce
n'est pas un problème. Le problème, c'est la multiplication des manoeuvres
pour maintenir en place des membres associés
qui, oui, donnent un travail qui est significatif en termes de qualité, en termes de quantité, mais qui est un cran en dessous des
membres actifs. Et la problématique avec ça, c'est qu'un hôpital souvent serait mieux avec un membre actif, en termes d'organisation du travail et d'organisation de livraison des
services, qu'avec un membre associé, qui, lui, est, par définition,
incomplet. Alors, quand on a besoin de quelqu'un de complet, là, le membre
actif, et que, là, pour toutes sortes de raisons, d'affinités, d'amitiés,
d'habitudes, de risque... Il y a des gens, je
l'ai entendu : Bien, ça va pas pire avec nos membres associés, on ne veut
pas prendre la chance d'embarquer
dans telle autre affaire. Oui, mais là, juste pour illustrer, là, moi,
demain, je m'en vais rencontrer les résidents dans leur journée annuelle où ils
font le tour des régions pour voir les opportunités, mais les jeunes, là, ils
vont me dire ça, ils vont me dire : Il y a
des postes, là, qui sont prévus dans le plan d'effectifs, auxquels on n'a pas
accès parce qu'il y a des blocages. Bien, c'est parce que,
bien des fois, ils ont raison.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
députée de Taschereau.
Maltais : Merci pour l'explication. On voit bien... Donc,
simplement, les membres-conseils, il faut leur accorder des privilèges parce
qu'ils peuvent avoir une petite pratique. C'est ça, l'idée?
M. Barrette : Absolument, oui, oui,
oui.
Maltais : C'est parce
qu'ils peuvent parfois avoir besoin...
Barrette : Un médecin qui
pose un geste médical ou qui prend une décision administrative dans une institution
ne peut pas le faire sans privilèges. Même
un médecin, par exemple, qui ne serait que sur un comité d'éthique, même
s'il est juste sur un comité d'éthique, là, en quelque part, là, il est obligé
d'avoir un privilège dans l'institution.
Maltais : Parfait. Dans l'exemple que vous avez donné,
concernant un jeune qui voudrait, par
exemple, obtenir un poste de membre actif,
je comprends tout à fait, sauf que je lis le libellé puis je veux bien
comprendre parce que ça ne me dit pas
tout à fait ça à
première vue. Évidemment, on est toujours
à première vue. Je lis : «Un statut de membre associé ou [actif] ne doit pas [...] attribué ou
renouvelé lorsque les besoins de l'établissement peuvent être
comblés par un membre détenant un statut de membre actif», donc détenant
déjà un statut de membre actif.
M. Barrette : Ce n'est pas comme ça
qu'il faut le lire.
Maltais :
Parce que je le lis, mais je lis le français, là, tu sais, ça donne ça. Donc, votre explication, pour moi, je comprends... Je veux juste bien expliquer pourquoi
je pose la question. Votre explication me dit qu'on pourrait attribuer
un statut de membre actif, mais il y a trop de membres associés. Mais là
l'idée, c'est qu'il faut... On parle là-dedans de «déjà actif».
Barrette : Alors, non.
Alors, il ne faut pas le lire comme ça. D'ailleurs, ça ne dit pas ça,
mais je le dis avec respect. «Détenant un statut de membre actif», ça ne
veut pas dire «détenant maintenant», ça peut aussi vouloir dire : S'il y avait
un membre actif qui détenait le... un médecin, c'est-à-dire, qui... si un
médecin avait un statut de membre actif, présent dans l'organisation.
Alors, il faut comprendre la mécanique du renouvellement de privilèges. Quand
on renouvelle des privilèges, il y a
un moment infinitésimal où la personne passe de pas de privilège... de
privilèges à nouvellement des nouveaux
privilèges, en passant par le néant pendant un instant. Alors, quand le CMDP,
le conseil d'administration, a à donner des privilèges...
Maltais : Il ne faudrait pas qu'il y ait une urgence ce
jour-là, à cet instant évanescent.
Barrette : Très évanescent parce qu'il ne dure qu'un moment. Alors, le
texte, il faut le lire de la façon suivante : Quand l'organisme, le
conseil, le comité... Il y a un comité, là, qui s'appelle comme ça, là, qui
dépend du CMDP. Quand le comité des titres a
à prendre la décision de donner des
privilèges... Il faut comprendre que, dans une institution, les privilèges ne se donnent pas comme ça, de façon
aléatoire, dans l'année. Sauf en cas d'urgence, ils se donnent à un moment
donné. Alors, quand on arrive au renouvellement des privilèges, bien là, c'est le... Puis, en général, c'est à peu près tout
le monde en même temps, là, là, on est au renouvellement des privilèges et on a
des candidatures. Et là le comité des titres
doit faire une recommandation et, dans sa réflexion, il doit prendre en
considération, avec ce texte-là : Ma décision, je la prends comment? Alors là, on dit la chose
suivante avant de prendre la décision, on dit : Bien, c'est bien plate,
là, mais, si les services peuvent être
donnés, ils ne peuvent pas être renouvelés à l'associé au détriment de
quelqu'un qui peut prendre le poste. Et ça n'empêche pas...
M. Barrette : Non, non, je le sais, je le sais. Non, mais c'est
ça qui est écrit. Non, mais je comprends, là, mais là...
Le Président
(M. Merlini) : Mme la députée.
Mme Maltais : M. le
Président, je le soumets très
respectueusement, là. L'idée du ministre qu'il m'explique, moi, je trouve ça très pertinent, c'est une belle
solution, ça va aider du monde, puis tout, mais, si je le lis... Je lis le
français, là, l'interprétation peut être
différente, mais la lecture que j'en fais... Du moment où il y a deux interprétations
autour d'une table, il y a un
problème. S'il y a deux interprétations potentiellement valables, il y a un
problème. Alors, l'idée, c'est «peuvent être comblés par un membre
détenant un statut de membre actif», «détenant un statut», il ne dit pas...
M. Rochon :
«Pouvant détenir».
Mme Maltais : ...«pouvant détenir», oui, c'est «détenant un
statut». Alors, moi, ce que je crains... Parce que j'aime bien la brèche que veut fermer le ministre,
mais ce que je crains, c'est que la brèche qu'il veut fermer, il reste encore
une petite ouverture. J'invite les gens à le
lire comme il faut, parce qu'on ne peut attribuer qu'à quelqu'un détenant un
statut de membre actif, à moins que le CMDP décide d'abord d'attribuer des
statuts de membres actifs et ensuite renouvelle les membres associés. Là, il y aurait une question de chronicité qui
ferait que l'article serait effectivement comme il me le décrit. Mais, si je n'ai
pas de chronicité, moi, je peux le lire comme ça. Ça fait que je veux juste
qu'il n'y ait pas d'interprétation possible.
Président (M. Merlini) :
Est-ce que Me Lavoie aurait des explications un peu plus d'ordre légal
pour l'écriture même de cette proposition d'amendement? Alors, est-ce que j'ai le consentement pour permettre à Me Patricia Lavoie de s'adresser à la commission?
Des voix :
Consentement.
Président (M. Merlini) :
Alors, Me Lavoie, s'il vous
plaît, vous identifier encore une
fois, puisqu'il s'agit d'une nouvelle séance.
Mme Lavoie
(Patricia) : Oui. Alors,
Patricia Lavoie, directrice par intérim des affaires juridiques, Santé et
Services sociaux, Famille.
Alors,
le texte, effectivement, on l'a mis très, très large pour, justement,
prévoir que ça pouvait s'appliquer aux postes
qui sont déjà comblés par un statut de membre actif ou ceux qui
pourraient l'être, comblés par un statut comme ça.
Il faut
savoir que, la chronicité, on ne pourrait pas l'indiquer comme vous le proposez
parce que les renouvellements n'arrivent pas tous en même temps. Ça se
fait au fur et à mesure des nominations, alors les nominations n'ont pas toute la même durée puis elles n'arrivent pas à
échéance toutes en même temps. Donc, on ne peut pas se dire qu'on doit d'abord renouveler les membres actifs puis ensuite
arriver avec les membres associés ou les membres-conseils. Alors, ça, ce
n'est pas possible de le faire.
l'a écrit comme ça, justement... On avait écrit auparavant d'une autre façon
puis on a essayé de le tourner, justement, pour que ce soit clair. Écoutez, c'est le mieux
qu'on a trouvé pour l'écrire, et puis on se dit : Bien, si jamais il y a un doute, on ira lire les débats pour être
sûrs que c'est ce qui était voulu, mais c'étaient autant les postes qui
sont déjà comblés par les membres actifs que ceux qui pourraient l'être, là, éventuellement.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Me Lavoie. Mme la députée.
Mme Maltais : Oui, «lorsque les besoins de l'établissement peuvent être comblés par un membre détenant un statut de membre actif», mais on pourrait aller choisir
un membre non actif et en faire un membre actif. C'est parce que ça fait
particulier, vous comprenez? Ça fait une brèche.
Le Président (M. Merlini) : M.
le ministre.
M. Barrette : Non, non, non. M. le Président, là, il va
falloir que notre collègue nous explique son raisonnement parce que, là,
ça ne se peut pas.
Mme Maltais : Très bien, O.K.,
mais...
M. Barrette : On ne peut pas faire de quelqu'un... Ce n'est pas
possible, là. Une personne ne peut pas être à la fois associé et actif.
Mme Maltais : Ah!
tout à fait, je le sais. Ça, j'ai compris. Ce n'est pas ça que...
M. Barrette : Mais on ne peut
pas faire la manoeuvre non plus, là. On ne peut pas faire non plus faire une manoeuvre pour bloquer quelqu'un de prendre un
poste, là, sur la base d'un changement de statut d'un membre associé. Le membre associé, là, c'est une charge de travail,
c'est une implication, ainsi de suite, là. On ne peut pas arriver puis
dire : Bien, O.K., toi, tu es associé, à partir de maintenant je te mets
actif. D'abord, la loi ne le permet pas. J'explique pourquoi. Un membre actif, il
est considéré actif, là, il a sa pratique principale, alors il ne peut pas, là,
partir d'associé à actif sans changer sa pratique à l'autre endroit. Ça
fait que ça, c'est impossible, là. Alors, cette manoeuvre-là n'est pas
possible.
Mme Maltais : Mais, M.
le Président, c'est parce que ce
n'est pas ça, la manoeuvre que je... je
comprends, là, mais ce n'est pas ça, la manoeuvre que
j'expliquais, potentielle. Je vais vous dire la manoeuvre : je suis au
CMDP, je suis un membre associé puis
j'ai beaucoup d'amis au comité de... — comment
vous l'avez appelé? — comité des statuts, comité...
M. Barrette : Des titres.
Mme Maltais : ...des titres, comité des titres, puis j'ai beaucoup d'amis membres associés,
alors — parce
que vous avez parlé d'affinités — mettons, j'ai beaucoup d'affinités avec des
membres associés et des membres-conseils. Puis là il faut les renouveler, mais il y a un jeune qui se pointe à qui on pourrait décerner un statut de
membre actif, mais il n'est pas membre
actif. Alors, je vais dire : Écoutez, il n'y
a pas de membre actif actuellement disponible, donc je vais renouveler le statut de membre associé.
C'est dans cet esprit-là que je voulais...
Le Président (M. Merlini) : M.
le ministre.
M. Barrette : J'avais bien compris que c'était dans cet
esprit-là que la collègue de Taschereau intervenait, et j'ai répondu, et je vais redonner la même réponse. Ça
ne signifie pas «détenant à ce
moment-là des privilèges de membre
actif». La phrase, ce qu'elle dit, c'est :
On ne renouvelle pas si les besoins de l'établissement peuvent être comblés par un membre
détenant un statut de membre actif.
Ce qui est
écrit dans ce texte-là, c'est la réponse à la question que doit se poser le
président du comité des titres. Le président
du comité des titres, là, il doit dire : Là, ici, tel jour, telle date,
telle heure, telle réunion, je fais face à tel... sur ma page de papier, là, sur la table à dessin, il y a
un besoin, il y a un statut de membre associé qui est octroyé.
L'individu qui est déteneur du membre
associé demande un renouvellement. Alors, moi, mettons que je me mets dans les
souliers du président du comité des
titres, je me pose la question : Est-ce
qu'actuellement il y a, en quelque part, la possibilité qu'un membre
actif soit en place? S'il est en place, comble-t-il les besoins du membre
associé? Alors, si la réponse est oui à ça,
bien là, ça vient de faire tomber toutes les affinités parce que, là, la
réponse à sa question est inscrite dans l'article. Y a-t-il quelqu'un
actuellement qui, s'il détenait... Donc, s'il est à ce moment-ci, par ma
décision, détenteur du statut de membre
actif, est-ce que ça comble les besoins? Si la réponse est oui, il ne relève
pas le membre associé, à moins que la démonstration,
évidemment, soit faite qu'il a besoin quand même du membre associé. Alors,
c'est ça que ça dit. Alors, ça, c'est la réponse à la question que lui
doit se poser.
Alors là, la
réponse, elle est très claire. «Lorsque les besoins de l'établissement peuvent
être comblés par un membre détenant un statut de membre actif», dans la
façon longitudinale de raisonner d'un président de comité des titres, la réponse, elle est là et elle est claire. Ça n'a
pas de rapport avec le fait que la personne en détient maintenant ou non,
au contraire, à la décision qui doit est prise à ce moment-là. Je vais
peut-être le redire, juste au cas où ce n'est pas clair.
Mme Maltais : Non, mais je peux
peut-être...
Le Président (M. Merlini) : Mme
la députée.
Mme Maltais : On va finir le
dialogue, là. «Peuvent être comblés par», quand on dit «un membre détenant un statut de membre actif», ce n'est pas un
membre, une personne, mais donc un statut de membre, autrement dit, dans
l'esprit. C'est que, si je nommais un membre
détenant un statut de membre actif, le poste serait comblé. O.K., dans
ma lecture, là, je... oui?
M. Barrette : Bien, c'est parce
que je n'ai pas...
Mme Maltais : Bien, votre
juriste a l'air de dire que ça a de l'allure, ce que je suis...
M. Barrette : Non, ce
n'est pas ça, c'est parce qu'il y a un élément qui manque dans la présentation.
C'est parce qu'un membre, là, ça,
c'est un individu. Le plan d'effectifs, ce sont des places. Alors, on pourrait
dire ça différemment. Alors, il faut un individu de plus. Là, ce que je
veux que notre collègue comprenne, M. le Président, c'est qu'il y a un individu
de plus, là.
Mme Maltais :
Tout à fait. Ça, je suis 100 % d'accord avec ça. Ce que j'essaie de
comprendre, c'est... si je suis au
comité des titres, il y a des gens qui n'ont pas de
titre mais qui veulent
entrer, ça fait que, là, j'ai le choix : ou bien je nomme un nouveau ou une nouvelle et ensuite je
dis : Bien, on n'a plus besoin de membre associé, ou bien je
pourrais aussi oublier dans ma tête, parce
que ce n'est pas dans la lettre, c'est dans ma tête, qu'il y a des membres
potentiels actifs et dire : Je
n'ai pas de membre détenant un statut de membre actif disponible à l'heure
actuelle et donc je renouvelle mes statuts de membre associé. C'est ça
que je veux essayer d'éviter.
M. Barrette :
O.K. Très bien. Alors, la situation que la collègue veut éviter, M. le
Président, elle est, par définition, inévitable
parce qu'elle ne s'applique pas pour la raison suivante. Je vais refaire le chemin
de la collègue, O.K.? Je vais refaire
le chemin de la collègue. Elle est présidente du comité des titres, elle fait
face à une décision, mais, dans son arbre décisionnel, elle a comme
situation un membre qui a un statut actif qui est déjà présent, qu'elle ne peut
pas oublier parce qu'il est déjà là, avec un
autre membre, un membre qui a un statut de membre associé. Ces gens-là sont
déjà là, ils sont déjà là, alors...
M. Barrette :
...alors — il
faut juste me laisser finir — ces gens-là...
M. Barrette :
Non, non, non, suivez-moi, là. Ces deux personnes-là occupent, au moment où on
se parle, un poste. Et là on parle
d'une situation où il y
a un poste de libre, donc qui ne
concerne pas le statut du membre actif qui est en place déjà. Le
statut de membre actif qui est en place déjà, si on l'oublie, on vient
de générer une place de plus. On ne peut pas, là, l'oublier. Il est là, il occupe une place. C'est
pour ça que ce texte-là est la réponse à la question que le président du
comité des titres doit se poser. Le comité
des titres, il est là, là, le président, il est là, il regarde ça, là, il
dit : Moi, là, j'ai trois postes... en fait, j'ai deux postes, j'en ai un qui est occupé. Ça, c'est l'exemple
que la collègue vient de donner. Il est occupé, ce
poste-là. Il y a un membre actif, là, qui...
M. Barrette :
Bien oui. Oui, oui.
M. Barrette :
Bien là, c'est parce que, là, répétez-le, là, on va se comprendre.
Mme Maltais :
D'accord, on va répéter.
Le Président
(M. Merlini) : Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais : Je répète. Je suis présidente du comité des
titres... Je veux juste vérifier qu'une brèche n'est pas ouverte, puis là je n'y arrive pas. Je suis
présidente du comité des titres, j'ai à choisir. Je sais qu'il y a
des demandes de gens qui veulent
rentrer, qui veulent obtenir des privilèges dans l'hôpital, et j'ai besoin,
moi, de renouveler soit des membres associés,
soit ne pas les renouveler et faire rentrer un nouveau. Il y a
de la place, il y a de l'espace, on a besoin de donner un statut de membre actif pour accorder des nouveaux
privilèges à un médecin, mais un poste qui est comblé par des membres associés actuellement. Ça
fait qu'on dit : Ça serait mieux avec un statut de membre actif. Mais moi,
présidente du comité des titres, qui
a bien des affinités avec les membres associés... et je sais qu'en nommant un
nouveau, en donnant un statut de membre actif à un nouveau ou à une
nouvelle, je verrais partir les membres associés, ce serait ça. Donc, c'est
comme prendre trois temps partiels pour les remplacer par un permanent à temps
plein, c'est la même affaire.
M. Barrette :
C'est exactement ça.
Mme Maltais :
Mais là, alors, ce que je dis, c'est... Je ne l'ai pas encore donné, le statut
de membre actif, là, alors je peux
dire : Écoutez, la loi me dit de combler par un membre détenant un statut
de membre actif, je n'en ai pas, je donne ça à... je renouvelle mes
associés.
Président (M. Merlini) : Avant votre réponse, M. le ministre,
vous allez me permettre d'indiquer que, puisque les deux amendements
sont attachés ensemble, on fait une discussion sur les deux amendements. Alors,
pour la minuterie, là, pour le temps de parole, on combine les deux temps de
parole ensemble, là, essentiellement, pour les deux articles.
Mme Maltais :
M. le Président, non, non, pas du tout.
Le Président
(M. Merlini) : Bien, ça revient à la même chose parce que c'est
20 minutes par... autrement...
Mme Maltais :
Non, M. le Président. Moi, je veux faire l'article 63.2.
Président (M. Merlini) : Bien, c'est parce qu'on n'est pas sur
63.2 présentement, là, on est sur 27.0.1. J'ai permis la discussion
justement parce que les deux amendements sont attachés l'un et l'autre.
Mme Maltais :
Non, M. le Président. Ce qu'on avait compris, nous, c'est qu'on ne discutait
pas de...
Le Président
(M. Merlini) : On était sur 27.0.1. C'est celui-là qu'on a
ouvert.
Mme Maltais :
Ah! bien, M. le Président, on va...
Le Président
(M. Merlini) : Mais, comme ils sont attachés ensemble, M. le
ministre a expliqué pourquoi les deux amendements sont attachés ensemble, alors
la discussion porte en ce moment sur les deux amendements.
Mme Maltais :
Non, je ne suis pas d'accord. On n'a pas...
Le Président
(M. Merlini) : C'est le même temps de parole. C'est le même temps
de parole. On le combine, tout simplement, là.
Mme Maltais :
Non, non, mais ça veut dire qu'au lieu de 20 minutes on a 40 minutes.
Le Président (M. Merlini) :
C'est ça, c'est ça.
Mme Maltais :
Ah! Qu'est-ce que vous allez faire avec les sous-amendements, et tout ça?
Le Président
(M. Merlini) : Bien là, à ce moment-là, si vous proposez un
sous-amendement, vous aurez 20 minutes sur le sous-amendement qui sera
proposé à ce moment-là.
Mme Maltais :
O.K., comme d'habitude.
Le Président
(M. Merlini) : Sur 27.0.1, en ce moment, qui est l'article qu'on
étudie, qui est ouvert.
Mme Maltais :
O.K. Non, c'est parce que j'aime ça que... Je n'ai jamais vu ça se faire, dire
qu'on faisait...
Le Président
(M. Merlini) : C'est parce qu'on l'a parti comme ça. Sinon, il
aurait fallu arrêter...
Mme Maltais :
Non, M. le Président, oui...
Le Président
(M. Merlini) : ...resuspendre 27.0.1 et réouvrir 63.2, et là de
procéder de cette façon-là.
Mme Maltais :
Et, M. le Président, c'est ce que je croyais qu'on était en train de faire.
Le Président
(M. Merlini) : Non, on était sur 27.0.1.
Mme Maltais :
Mais, la prochaine fois que je serai à une table, M. le Président, très
respectueusement...
Le Président
(M. Merlini) : Oui, je vous en prie.
Mme Maltais :
...et qu'on décidera de faire ce genre de manoeuvre, j'aimerais que ce soit
très clair que vous obteniez le consentement de tous les membres autour de la
table.
Président (M. Merlini) : Mais c'est pour ça que j'ai intervenu
là, pour dire : Voici où on en est, là, présentement, pour
continuer dans le...
Mme Maltais :
Dans le comité... O.K. Parfait.
Président (M. Merlini) : ...dans les échanges, qui sont très
fructueux, en ce moment, et très bons. Allez-y, Mme la députée de
Taschereau.
Mme Maltais :
Oui. Je n'arrive pas à avoir la réponse claire à ma question. Il y a quelque
chose, probablement, que vous détenez comme information qui n'est pas
livrée ici, que je ne comprends pas.
M. Barrette :
Bien, c'est parce que c'est assez clair. C'est assez clair, là, ce que je dis,
là. Le président du comité des titres, correct, c'est lui qui fait cette
recommandation-là qui va au CMDP, qui va au conseil d'administration. Le cheminement de cet événement-là est le
suivant : est offert à l'univers des médecins pratiquants ou arrivant en
pratique un plan d'effectifs. Ça va?
M. Barrette : Le scénario dont
on parle exige, à la case départ, qu'il y ait un poste de libre, non occupé par
personne. Ça exige ça. Les postes qui sont occupés, là, on ne peut pas enlever
des privilèges ou ne pas renouveler des privilèges
à quelqu'un s'il
n'y a pas démonstration que la
personne est dangereuse, et ainsi de
suite, là, a fait de la
fraude, a fait de la «malpractice», et ainsi de suite, là. Enlever des privilèges, là, il
y a des conditions particulières pour faire ça.
Alors, à
l'univers est offerte une série de postes offerts aux gens de l'extérieur, des
médecins en pratique ou des nouveaux
arrivants sortant des facultés de médecine. Le scénario dont on parle exige
qu'il y ait une place de libre au plan d'effectifs
au moment où le président du comité des titres se pose la question
suivante : À qui je dois donner les privilèges? Alors, il y a un
poste de libre. Pendant tout le temps où le poste a été libre... S'il y a un
poste de libre, c'est parce qu'il y a des
besoins. Alors, à qui je dois donner les privilèges? Est-ce que je devrais
continuer à donner les privilèges à un membre
associé qui vient deux jours sur cinq ou sur sept ou je devrais les donner à
quelqu'un qui vient sept jours sur sept? Parce qu'il y a une place de
libre au plan d'effectifs comme statut de membre actif.
Et là je reviens aux affinités, là. On prend ça
comme exemple, là. Il y a toutes sortes de raisons, les affinités, l'accoutumance, les habitudes, les pantoufles, on
s'entend. Je vois qu'on s'entend là-dessus. Je sais, moi, qu'il y a des gens qui ne sont pas capables d'avoir ces
postes-là sur l'île de Montréal, imaginez, parce qu'il y a ça. C'est quelque
chose, hein? Mais là il y en a qui vont
sortir, là, qui sont sortis, là, cet été, là, qui ne les ont pas, ces
postes-là, là, parce que, là, il y a des pantoufles, des affinités.
Alors, on dit au président du comité des titres, là : Regarde, là, c'est parce
que, là, si quelqu'un frappe à ta porte pour ça et qu'il a les compétences
requises... ça revient à ça, hein? C'est parce qu'on te donne la réponse à ta question, tu ne peux pas renouveler des membres
associés si quelqu'un qui détient des membres actifs, ou qui détiendra,
peut prendre le poste.
Alors, la
réponse à la question, il faut la lire comme ça. Si un membre détenant un
statut de membre actif peut combler le poste, occuper le poste, on ne
renouvelle pas le membre associé. Ça va?
Mme Maltais :
Ça va. Je pense qu'on est dans un... Je pense que ma question, je ne sais pas
pourquoi, semble une hypothèse qui
n'est pas... Et puis je suis vraiment très respectueuse. La brèche que je vois,
le ministre ne la voit pas. Ça fait
que je me dis qu'il y a une information que je n'ai pas ou bien il y a une
lecture de l'article qui n'est pas... Mais c'est pour ça que je vais arrêter, je vais réfléchir, peut-être que
j'arriverai à mieux m'expliquer plus tard. Mais vraiment,
sérieusement...
M. Barrette : Je comprends très
bien, M. le Président, le questionnement de la collègue. C'est parce que, ce que la collègue dit, dans d'autres mots,
autrement : Est-ce qu'il est possible pour le président du comité des
titres de faire fi de ça, de
dire : Bien, oui, il y a quelqu'un qui se présente, mais je vais le donner
quand même au membre associé?, bien là,
il va contrevenir à la loi. Non seulement il va contrevenir à la loi, mais le
candidat qui va, lui, manifestement, se voir lésé, il va pouvoir contester
la décision, là, légalement parlant.
Mme Maltais :
Donc, un membre détenant un statut de membre actif, c'est un membre potentiel
aussi, c'est le candidat qui s'est présenté.
Mme Maltais : Voilà. Ça, c'est
clair.
M. Barrette : Bien oui, bien
oui. C'est pour ça que je...
Mme Maltais :
C'est ce que je demande depuis le début. C'est beau.
M. Barrette : Je reviens à ma
phrase. Le président doit répondre à une question. Je suis président, vous êtes
présidente. Là, j'ai devant moi, là, sur ma
page, là... Ça s'adonne que j'ai un poste de libre. J'ai un membre associé
puis j'ai un candidat qui est parfaitement
compétent, mais, par affinité, je vais dire non au candidat compétent. Bien là,
on dit à ce président qui doit répondre à cette question-là : Non,
non, là, tu ne vas pas répondre non, tu vas répondre oui parce qu'il est à la
porte, puis, à moins qu'il ne soit pas compétent, il va prendre la job, et
c'est normal.
Mme Maltais :
Est-ce qu'il a un statut de membre actif, cette personne-là qui est à la porte?
M. Barrette :
Il n'a pas besoin, il va avoir son statut de membre actif dès que le président
du conseil va avoir pris sa décision.
Mme Maltais :
C'est ça. C'était ça, la petite clé, là.
M. Barrette : Il n'a
pas besoin d'avoir un membre actif parce que c'est la réponse à la question, à
la question : Est-ce que j'ai le choix entre deux possibilités ou
je n'ai pas de choix parce qu'il y a une seule possibilité?
Mme Maltais :
C'est ça, la vraie... Voilà. Ça, c'est clair, c'est la...
M. Barrette :
Alors là, le président du conseil, là, avec cette loi-là, s'il y a un candidat
qui se présente, il a un choix entre deux possibilités, et on l'oblige à
prendre l'autre. Ça va?
Mme Maltais :
Tout à fait. Là, je comprends bien. Parce que la question que je me posais,
c'était la... Quand on dit : «Un membre détenant un statut de
membre actif», c'était la possibilité d'un membre, donc. O.K., c'est clair.
M. Barrette :
Maintenant, là on va aller un pas plus loin puis on va aller au conflit
d'intérêts qui, pour moi, n'en était
pas un. On va aller un pas plus loin. Un coup que le président du comité des
titres a pris la bonne décision, au sens de la loi, là il se retrouve à décider ce qu'il va faire avec le membre
associé. Bien là, le membre... Là, là, il faut juste me suivre, là.
Une voix :
Oui, mais...
M. Barrette :
Mais oui, mais il faut juste me suivre, là, parce que ça va aider votre
réflexion puis...
M. Barrette :
Là, c'est moi qui ai la parole. Je suis désolé, mais c'est moi qui a la parole.
Le Président
(M. Merlini) : Non, non, allez-y, M. le ministre, mais j'avais
une demande aussi du député de Jonquière, là, après. Allez-y.
M. Barrette :
Non, mais je veux juste finir le pas plus loin, parce que vous...
Le Président
(M. Merlini) : Finissez votre propos, M. le ministre.
M. Barrette : Voilà. Là, comprenons la dynamique d'une
institution. Le gars ou la fille qui a... Parce qu'aujourd'hui c'est 75 % des femmes qui sont dans les
facultés, alors la jeune résidente qui rentre maintenant comme membre actif,
là, elle est membre active, elle la fait, la
job. Il est très possible, très probable même que la résidente, la nouvelle
patronne dise : Bien là, on n'a
plus besoin de membre associé, là, parce que je la fais, la job. Et un membre
associé, c'est quelqu'un qui vient
parce qu'on lui donne la permission de venir quand il y a un besoin, mais, si
le besoin n'est plus là, elle n'est plus là, bon, donc on ne le
renouvelle pas.
là — et c'est
là que je voulais en venir, bien important — c'est parce que le membre-conseil, ce n'est
jamais un problème parce que le
membre-conseil, c'est un membre-conseil, ce n'est pas... Le membre-conseil
n'est pas là pour faire du travail,
en général, même dans 99,9 % des cas. Le membre-conseil, il est conseil,
il participe à des comités, il peut faire un peu de gestes. Mon point
ici, là, c'est que le membre-conseil n'est pas en danger par cette mesure-là,
c'est le membre associé, d'une part. Mais,
d'autre part, la raison pour laquelle on le met là s'il n'est pas en danger,
c'est pour éviter qu'une administration,
à cause de ses affinités, se mette à donner des privilèges, mettons qu'on n'en
ait pas : Ah! bien, O.K., on ne te renouvellera pas, tu es membre
associé, on va te donner des membres... tant qu'à faire, on va te nommer membre
honorifique pour que tu restes. On s'entend? Voilà.
Le Président
(M. Merlini) : M. le député de Jonquière, vous avez demandé la
parole tantôt.
M. Gaudreault :
Oui. Au début, je ne l'avais pas demandée pour ça, mais là, à force d'entendre
le ministre, ça m'a amené d'autres
questions. Je veux juste être sûr de bien comprendre le statut de membre actif.
Quelqu'un qui est membre actif, il est déjà dans l'établissement.
M. Barrette :
Bien, par définition, un statut de membre actif, il faut être dans
l'établissement.
M. Gaudreault :
Ça veut dire que, si, par exemple, le président du conseil des titres veut
recruter un jeune médecin, par
exemple, ou une jeune médecin, elle est déjà dans l'établissement, donc elle
est membre actif. Est-ce que c'est ce que je comprends?
M. Barrette :
Non. Mettons qu'ici on est un hôpital, on va simplifier, on est un hôpital, et
mettons que le plan d'effectifs prévoit qu'il y a 10 médecins, si
les 10 postes sont comblés, il n'y a personne qui rentre comme membre actif. Les 10 personnes qui sont ici,
mettons, qui pratiquent principalement leur profession dans cet hôpital-ci, là,
qui est cette salle-ci, on a prévu
10 places, et il y a 10 médecins qui sont actifs, donc que la
majorité ou la totalité de leur pratique est dans cette institution-ci, ça ferme la porte à quiconque parce qu'on
a décidé ensemble qu'il y avait 10 places d'octroyées à cet
hôpital-là.
M. Gaudreault : O.K.
Moi, en fait, ma question, puis c'est dans le même esprit que ma collègue de
Taschereau depuis tout à l'heure, moi, je
veux juste m'assurer que la modification à 92.1, là, introduit par 63.2
permette à un président du comité des titres...
M. Gaudreault :
...oui, d'aller chercher un potentiel membre actif qu'il sait intéressé et qui
pourrait faire en sorte, par sa
présence, de combler les membres associés qui se mettent ensemble. Vous
comprenez ce que je veux dire? Alors, s'il le sait, que, dans
l'établissement voisin, à l'établissement à côté...
M. Gaudreault :
Mais laissez-moi finir, c'est moi qui ai la parole, là. Alors, s'il le sait,
qu'à l'établissement à côté il y en a
un qui serait prêt à venir, je ne voudrais pas qu'il interprète au sens strict.
Donc, ce que je veux m'assurer, c'est que le président du comité des
titres puisse accorder le statut de membre actif à un candidat potentiel, donc
il ne détient pas déjà le statut. Vous comprenez ce que je veux dire?
Le Président
(M. Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette : Oui, mais il y a une condition à ça. Il y a
une condition à ça. Alors, la réponse, c'est oui, O.K.? La réponse,
à ça, c'est : Oui, il peut le faire, mais il y a une condition
préalable, il faut qu'il y
ait une place au plan
d'effectifs.
M. Gaudreault :
Ça, c'est clair.
M. Barrette : Alors, s'il
y a une place au plan d'effectifs, et
qu'il y a un membre associé qui fait partiellement
la job, et que l'hôpital,
le comité des titres, le CMDP recrutent un candidat de n'importe où sur la planète — bien, la planète Québec — ou un
jeune finissant, bien, oui, il peut le recruter et lui promettre la place, puis
il va venir, et il va...
M. Gaudreault :
Cet article-là...
M. Barrette :
Va le permettre.
M. Gaudreault :
...à votre sens, le permet totalement.
M. Barrette :
Bien oui, absolument.
Le Président
(M. Merlini) : M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
M. le Président, est-ce qu'on ne serait pas mieux de dire, pour être juste
bretelles et ceinture, là, tu sais,
béton, là, dans votre esprit, puis que je partage... L'objectif que vous
recherchez, je le partage, il ne serait pas mieux de dire : «Par un
membre pouvant détenir un statut de membre actif»?
M. Barrette :
Bien, on pourrait très bien dire : «Détenant ou pouvant détenir», oui, ça
ne me dérange pas.
M. Gaudreault :
Est-ce qu'à ce moment-là on ne vient pas juste se donner toutes les pognes
nécessaires pour permettre de recruter quelqu'un qui va pouvoir devenir
un membre actif?
M. Barrette :
Non seulement je n'ai aucun problème, mais, puisque vous en avez fait une
lecture différente de nous, mais manifestement il serait tout à fait
indiqué de dire, par exemple : «Détenant ou pouvant détenir un statut de
membre actif». Je n'ai pas de problème avec ça. Moi, ça ne fait rien, là.
Le Président
(M. Merlini) : Accepteriez-vous, M. le ministre, que cette
proposition soit incluse dans votre proposition d'amendement, puisque vous y
êtes d'accord?
M. Barrette :
Aucun problème.
Le Président
(M. Merlini) : Alors, on va l'insérer à la main dans la
proposition d'amendement qui introduit l'article 63.2, que
mécaniquement... on n'est pas dessus présentement, là...
M. Gaudreault :
On va déposer un sous-amendement.
Le Président
(M. Merlini) : Vous voulez déposer un sous-amendement? C'est
parfaitement votre droit. Il n'y a pas de problème. Alors, pour les biens de la
mécanique, quoiqu'on n'a pas...
M. Gaudreault :
On va suspendre deux secondes.
Le Président
(M. Merlini) : Oui, on va suspendre deux secondes pour vous
permettre l'écriture de votre sous-amendement. Effectivement, on suspend
quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 57)
Le Président (M.
Merlini) : Alors, nous reprenons donc nos travaux. Pour bien parlementairement
faire notre travail, je vous demande donc le
consentement pour suspendre l'étude de l'amendement qui introduit 27.0.1. Est-ce que j'ai votre consentement?
Des voix :
Consentement.
Président (M. Merlini) : Consentement, merci. Maintenant, j'ai besoin de votre consentement pour permettre la présentation du sous-amendement du député de Jonquière,
de reprendre l'étude de l'amendement qui introduit l'article 63.2. Est-ce
que j'ai votre consentement?
Des voix :
Consentement.
Le Président (M.
Merlini) : C'est très bien. Alors, maintenant, M. le député de Jonquière,
à vous pour votre proposition de sous-amendement à l'article 63.2.
Gaudreault : Oui, merci, M. le Président. Alors, c'est à
l'article 63.2 :
À l'amendement
proposé, ajouter, après le mot «détenant», les mots «ou pouvant détenir».
Le Président (M.
Merlini) : Merci. Est-ce que j'ai des interventions?
Le Président (M.
Merlini) : Est-ce que j'ai des interventions? Mme la députée de
Taschereau.
Maltais : Mon intervention sera courte. Je suis heureuse de
voir que mon collègue et le ministre en sont arrivés à un point de
rencontre qui satisfait mon questionnement sur une brèche possible. C'est
parfait.
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
Barrette : Et, M. le Président, je tiens quand même à faire remarquer
à notre collègue qu'un point de rencontre est une intersection entre des
voies divergentes.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le ministre, pour ce point de philosophie.
Maltais :
M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la députée.
Maltais : Parfois il est écrit «cédez» dans un point de rencontre. Et je pense que c'est bien
qu'il soit parfois écrit «cédez» dans un point de rencontre.
Le Président
(M. Merlini) : Alors, suite à cet échange philosophique, est-ce
que j'ai d'autres interventions sur le sous-amendement à l'article 63.2?
M. Gaudreault :
Bien, oui.
Le Président
(M. Merlini) : M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Vous ne voulez pas que je l'explique?
Le Président
(M. Merlini) : Bien, allez-y, oui.
Le Président (M. Merlini) :
Oui, oui.
M. Gaudreault : Bien, je pense,
oui. Pour le bénéfice...
Le Président (M. Merlini) :
Votre intervention vous appartient.
M. Gaudreault : ...pour le bénéfice des gens qui nous écoutent, là, qui sont nombreux. Donc, en
fait, c'est presque depuis une heure
qu'on discute sur le sens de cet article, auquel vous avez comblé d'ailleurs
l'étude de l'article 27.0.1. Parce
que l'objectif, c'est vraiment de chercher l'efficacité dans nos conseils de
médecins, dentistes et pharmaciens et de donner le plus d'outils possible au président du comité des titres pour
permettre d'éviter que des habitudes pantouflardes, pour reprendre une
expression inspirée par le ministre, pas parce que lui-même est pantouflard,
mais pour reprendre l'expression qu'il a
lui-même dite tout à l'heure... donc faire en sorte que des membres associés,
par habitude, qui pourraient dire :
Ah non, on ne fera pas de place à quelqu'un d'autre parce qu'on s'entend bien
ensemble, puis on a des habitudes, puis ainsi de suite, alors, dans ce
sens, pourraient...
Vous savez,
on est ici pour faire de la législation. On ne parle pas pour ne rien dire.
C'est le principe même du parlementarisme. Donc, en précisant «pouvant
détenir» — puis
là, je cherche — oui,
«pouvant détenir», exactement, «le statut de membre actif», c'est que, s'il y a
quelqu'un dans l'établissement qui a déjà le statut de membre actif ou quelqu'un qu'on sait qu'il est intéressé à venir
dans l'établissement et qui détiendrait auquel cas le statut de membre
actif, le président du comité des titres, à
ce moment-là, sera habilité entièrement par la loi pour faire ce travail. Et il
ne pourra pas prétexter d'aucune manière qu'il faut absolument qu'il
soit, le membre actif, déjà membre actif. Parce que ça va lui permettre justement de pouvoir intégrer, à
titre
de membre actif dans ce comité, les candidats potentiels qui lèvent la
main et qui seraient intéressés de le faire.
Alors, c'est
simplement de préciser ou de raffiner, ici, le projet de loi du ministre à cet
égard. Parce que je pense que, sur le
fond des choses, on s'entend tout à fait sur l'objectif recherché. Et
l'amendement vient préciser cela. Alors, moi, je suis heureux de l'ouverture manifestée par le ministre quant à l'amendement
que j'ai proposé. Alors, j'espère qu'il en sera autant évidemment, pour
lui et ses collègues, quand ça viendra le temps de disposer de l'amendement
formellement.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, M. le député de
Jonquière. Est-ce que j'ai d'autres interventions? M. le député de
Richelieu.
M. Rochon : Oui. Merci, M. le Président. Moi, je suis tout
autant heureux que mon collègue de Jonquière du fait que le ministre ait accepté de s'ouvrir à notre
amendement, ait manifesté, je ne dirais pas longuement, son ouverture,
mais il a manifesté une ouverture longue à venir. Mais elle a fini par arriver.
Et c'est heureux parce que, dans le cas qui nous occupe, cela servait ses
intérêts et les intérêts de toutes les Québécoises et de tous les Québécois,
là, qui fréquentent les établissements de
santé, parce que ma collègue de Taschereau avait raison, ce qu'exprimait son
amendement pouvait porter à interprétation.
Alors, le collègue de Jonquière a trouvé la
façon de faire en sorte que ce nouvel
article amendé dise ce qu'il veut dire,
c'est-à-dire qu'un statut de membre associé ou de membre-conseil ne doit pas
être attribué ou renouvelé lorsqu'il est
possible de combler les besoins de l'établissement par un membre dont le statut
est ou sera celui de membre actif. Je
pense que nous sommes désormais devant un
article qui veut dire ce que je viens
d'exprimer, et ce qu'exprimait dans un autre français que le mien le
ministre, estimant le sien meilleur que celui que j'écris et je parle. C'est
une question de point de vue. Mais je pense que maintenant est exprimée
exactement la situation souhaitable, et elle se retrouvera ainsi au projet de
loi. Alors, bravo, pour cette trouvaille, au collègue de Jonquière, bravo au ministre
pour son ouverture, et bravo à la collègue de Jonquière d'avoir relevé...
Mme Maltais : De Taschereau.
Rochon : ...de Taschereau,
d'avoir relevé, là, ce problème qui aurait pu se présenter, problème d'interprétation.
Le Président (M. Merlini) : Merci, M.
le député de Richelieu. Est-ce que j'ai d'autres interventions sur le sous-amendement
du député de Jonquière? Je le mets donc aux voix. Est-ce que le sous-amendement
du député de Jonquière est adopté?
Le Président (M. Merlini) : Adopté.
Nous revenons donc à notre étude, maintenant, de l'article 63.2, en combinaison avec le 27.0.1. Nous poursuivons la
discussion sur ces deux articles qui sont intimement liés, je vais le
dire de cette façon. Est-ce que j'ai des interventions sur... Oui, M. le député
de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui, M.
le Président. Donc, je comprends
qu'on revient à l'espèce de mélange des deux articles.
Le Président (M. Merlini) : Oui, c'est
ça, c'est ça.
Le Président (M.
Merlini) : Oui, oui, théoriquement, mais, théoriquement, on est...
M. Gaudreault : Incluant 27.0.1.
Le Président (M. Merlini) : C'est ça,
c'est ça, exactement.
M. Gaudreault : Oui, c'est ça, O.K.
Président (M. Merlini) :
Théoriquement, on est sur 63.2, mais, pratiquement, on fait les deux ensemble
parce que les deux sont liés.
Gaudreault : Oui, bien, je
ne veux pas... Ce que je comprends également, parce qu'on s'habitue aussi au travail
dans cette commission, là, on ne peut pas, de toute façon, traiter de l'amendement
à 27.0.1 sans le lire intégralement avec 63.2.
Moi, je veux
savoir de la part du ministre : Ce type de situation dont nous venons de
parler avec l'amendement que j'ai proposé, qui a été adopté, est-ce que
c'est anecdotique ou c'est réellement quelque chose de courant, là, qu'il peut y avoir un genre de culture organisationnelle
qui s'installe dans un établissement de sorte que les membres associés veulent se tenir entre eux ou ne pas faire de
place pour des membres actifs? Est-ce que c'est quelque chose qui se
répète souvent ou si c'est plutôt marginal
ou anecdotique? Donc, ça serait ma première question. J'aimerais ça connaître
un peu le contexte. Tout à l'heure, le ministre a fait allusion à une
situation sur l'île de Montréal, mais est-ce que c'est une allusion reliée à un
événement isolé ou c'est quelque chose de courant?
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le député de Jonquière. M. le ministre.
Barrette : Heureusement, c'est très peu fréquent, mais ça tombe dans
la catégorie des situations où une fois, c'est une fois de trop.
Le Président (M. Merlini) : Merci.
M. le député.
Gaudreault : Mais, à votre expérience, selon, mettons, les quatre ou
cinq dernières années, c'est quelque chose qui est arrivé une fois, deux
fois, 10 fois?
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
M. Barrette : C'est peu fréquent, alors
on peut parler de quelques dizaines de circonstances.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député.
Gaudreault : Oui, une dizaine de circonstances dans les quatre, cinq
dernières années, je trouve que c'est quand même pas mal.
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
M. Barrette : C'est ce que j'ai dit,
une fois, c'est une fois de trop.
M. Gaudreault : Oui, mais je pensais
que ça allait être une fois, mettons, depuis les quatre ou cinq dernières années, mais 10 fois au moins depuis les
quatre ou cinq dernières années, ce n'est quand même pas une situation
banale, à mon point de vue, et qui peut se répéter à l'avenir.
Dans le même esprit, j'aimerais savoir de la
part du ministre : Est-ce que ces dizaines de fois depuis quatre ou cinq ans, c'est quelque chose qui est plus
concentré dans un milieu plus que l'autre? Est-ce que c'est un phénomène
qu'on trouve plus dans un milieu urbain,
comme la région de Montréal, ou on peut même le trouver dans un milieu
rural ou dans un milieu d'une région
ressource comme le Saguenay—Lac-Saint-Jean ou comme Bas-Saint-Laurent, Gaspésie, peu importe,
là? Alors, est-ce que c'est... J'essaie de comprendre le phénomène, M. le
Président.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le député. M. le ministre.
M. Barrette : On en a
malheureusement partout.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député.
M. Gaudreault : O.K. Mais partout,
ça veut dire plus dans la région de Montréal ou plus dans les régions
périphériques, par exemple?
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
M. Barrette : Partout. Il
y a essentiellement, probablement, à l'oeil, comme ça, un exemple dans chaque
territoire.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député.
Gaudreault : Chaque territoire de CISSS ou de CIUSSS?
Gaudreault : O.K. Bien, finalement, M. le Président, je m'aperçois que
ce n'est quand même pas une situation anecdotique,
là, puis, si on n'agit pas maintenant, ça risque de se répéter dans l'avenir.
Donc, je pense qu'on a trouvé la bonne formule pour bloquer les choses
pour l'avenir.
Maintenant, le ministre
a quand même élaboré un peu tout à l'heure sur la différence entre membre
associé et membre-conseil. J'aimerais ça
l'entendre un petit peu plus. Je comprends qu'un membre associé, c'est
nécessairement quelqu'un qui l'exerce à temps partiel.
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette :
C'est quelqu'un qui peut exercer à temps complet dans sa pratique mais
partiellement dans cet endroit-là.
Gaudreault : Exactement,
tandis que le membre actif, c'est quelqu'un qui exerce à la fois à temps plein
dans sa pratique et à la fois à temps plein dans un établissement. Et le
membre-conseil, c'est quelqu'un qui est soit à temps partiel à la fois dans sa
pratique et dans un établissement, ou soit à temps plein dans sa pratique, à
temps partiel dans l'établissement, ou soit à temps plein, temps plein.
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
Barrette : Mieux que ça,
c'est quelqu'un qui peut être député et en même temps avoir une activité
conseil dans une institution.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député.
Gaudreault : O.K.
Donc, le membre-conseil, puis là je reviens à 63.2, là, qui
introduit 92.1, le membre-conseil, lui, selon le libellé de cet amendement
qui est apporté par le ministre, on voudrait aussi qu'il soit nécessairement un
membre actif?
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
Barrette : Je n'ai jamais
indiqué que je voulais qu'un membre-conseil soit un membre actif, c'est
impossible. On n'a pas deux statuts dans une institution.
Gaudreault : Oui, O.K.
Donc, ce que je veux dire, c'est qu'il peut arriver la même situation
qu'on vient de régler par la question
de l'amendement que j'ai amené, là. Autrement dit, on vise à
éviter qu'il y ait des membres-conseils qui se concertent,
d'une certaine manière.
M. Barrette :
Pas les membres-conseils qui se concertent, mais bien des administrations qui
manoeuvrent en donnant des statuts inappropriés pour éviter une telle ou telle
décision.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député.
Gaudreault : Est-ce que tous les CMDP ont des membres-conseils?
Gaudreault : C'est très rare?
Barrette : Ce n'est pas
rare, là, mais... Ce n'est pas rare. Ce qui est le plus rare, c'est les membres
honorifiques.
Gaudreault : Pardon?
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
M. Barrette : Les membres
honorifiques, ça, c'est les plus rares.
Gaudreault : Ça, c'est vraiment rare, oui.
Barrette : Bien, c'est parce que
membre honorifique, c'est parce qu'on
reconnaît une situation, une carrière d'exception. Alors, tout le
monde...
Gaudreault : Oui, comme un prof émérite à l'université Machin.
Gaudreault : C'est ça, exact. Mais ça, ça, je n'ai rien contre ça, là.
Gaudreault : C'est ça. Le membre-conseil, dans le concret, il fait
quoi?
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette :
C'est variable. D'ailleurs, j'invite le collègue à s'enquérir de ces
possibilités-là dans sa propre organisation. Il y a des exemples.
Gaudreault : Dans ma propre organisation... sur mon territoire ou ici?
M. Barrette :
Politique, politique.
Gaudreault : Ah! Oui, mais là, je veux dire, je ne peux pas... Moi, je
le fais... Je peux parler à ma collègue de Taillon comme ça, «off the record», là, mais là on est «on», là, et, je
pense, c'est pour l'avenir aussi qu'on fait ce projet de loi, alors, moi, je m'adresse au ministre pour que
ça apparaisse à quelque part puis qu'on laisse des traces. Alors, moi,
je veux savoir ça sert à quoi, un membre-conseil. Il fait quoi précisément?
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette :
J'ai donné un exemple précédemment. C'est quelqu'un qui peut participer à des
comités, par exemple, d'éthique, un comité
d'évaluation de l'acte, par exemple. Il peut participer à des comités ad hoc,
peut même parfois donner quelques services, mais c'est quelqu'un qui a
une implication beaucoup plus du côté conseil que du côté pratique, sur le
terrain.
Le Président (M.
Merlini) : Merci. M. le député.
Gaudreault : C'est quoi, la différence entre conseil et pratique?
Parce que le membre-conseil est aussi quelqu'un qui pratique.
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette :
Pas nécessairement.
Gaudreault : Mais ça arrive aussi.
Gaudreault : Mais en quoi il y a une distinction entre donner des
conseils et agir à
titre de praticien? C'est quoi, la plus-value
apportée par le membre-conseil?
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette :
L'expertise conseil.
Gaudreault : Oui, mais justement c'est ça que je veux comprendre,
c'est quoi, l'expertise-conseil?
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
Barrette : M. le Président, là, notre collègue est avocat de
formation. S'il y a bien un domaine où on comprend ce qu'est le conseil,
c'est bien son domaine professionnel initial.
Gaudreault : Oui, mais c'est parce que, justement, moi, je ne suis pas
médecin, je suis avocat de formation. Alors,
j'aimerais ça être instruit de cette réalité absolument fascinante du monde
médical. Alors, en quoi un membre-conseil
apporte des... Je le
sais à
titre d'avocat dans un bureau d'avocats, mais j'aimerais être instruit
de ce qui se passe dans le monde
médical, de quelle manière un pharmacien, par exemple, ou un dentiste,
ou un pédiatre, ou un orthopédiste, ou un radiologue peut agir à
titre
de membre-conseil dans une telle organisation?
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
M. Barrette : Vous allez sans doute
être d'accord avec moi, M. le Président, que l'objet de l'amendement n'est pas de faire la dissertation sur les
fonctions des membres-conseils par
rapport à un membre émérite ou un membre qui a un statut actif.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
Gaudreault : Bien, c'est parce que je sais que ce n'est pas l'objet de
l'amendement, là, comme tel, mais ça reste
que c'est dans l'amendement. Alors là, on est là pour faire la distinction dans
les mots, quand même, là. Alors, moi, je
veux bien comprendre ça, là, parce que, si je veux voter de façon éclairée sur
cet amendement, j'ai besoin de comprendre le vrai sens des mots. Alors, je répète ma question : Est-ce que le
ministre peut nous donner des exemples qui feraient une différence entre le membre-conseil et le membre
associé? En quoi le membre-conseil apporte quelque chose de différent,
ou de plus, en fonction de son
titre de membre-conseil?
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
M. Barrette : J'ai donné des
exemples, M. le Président. Est-ce que je dois aller à l'infini?
Le Président (M. Merlini) : M. le
député.
Gaudreault : Bien, c'est parce que les exemples n'étaient pas très
précis. À moins que j'en aie manqué un bout, là, mais en quoi un
membre-conseil, à
titre de membre-conseil, va vraiment apporter une différence
à ce titre, grâce à ce titre-là, au sein de l'organisation?
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
Barrette : Ce n'est pas l'objet de l'amendement, M. le Président,
évidemment, et je suis déçu de voir que le collègue n'a pas porté
attention aux explications données aux mots qui, eux, avaient un impact dans
l'amendement.
Le Président (M. Merlini) : Merci.
M. le député.
M. Gaudreault :
Bien, je regrette, mais c'est parce que c'est dans l'amendement. Il y a le mot
«membre-conseil» dans l'amendement.
Moi, à
titre de député, j'ai le droit de savoir ce que ça signifie être un
membre-conseil, puis quand on vote un amendement dans lequel il y a
l'expression «membre-conseil».
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
M. Barrette : M. le Président, je
pense avoir bien indiqué que la différenciation entre les statuts était dans
l'intensité des services qui sont livrés dans l'institution.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
Gaudreault : O.K. C'est vraiment plus dans l'intensité des services,
donc, et non pas en vertu... ou en fonction, plutôt, d'une qualification. Le membre-conseil peut avoir été reconnu ou
avoir publié, par exemple, des articles scientifiques et il serait
membre-conseil, mais en fonction de ses articles scientifiques?
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
M. Barrette : Je n'ai pas saisi, M.
le Président. Est-ce qu'il pourrait répéter?
M. Gaudreault : Oui, avec plaisir.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député.
Gaudreault : Un membre-conseil, par exemple, pour moi, il pourrait
être membre-conseil parce que c'est, mettons,
un médecin qui est reconnu pour avoir publié dans sa pratique, avoir publié
dans une revue scientifique de façon exceptionnelle
un
article qui est reconnu un peu partout, et c'est à ce titre-là qu'il est
membre-conseil, parce qu'on veut avoir ses lumières par rapport à sa
spécialité, même s'il est un orthopédiste, il a publié un
article scientifique
sur les opérations au niveau de la hanche,
par exemple — je ne
sais pas pourquoi je prends cet exemple-là — puis il est tellement devenu «hot» là-dessus
que, là, il est à
titre de membre-conseil puis on... Mais ça, c'est un élément
qui le distingue des autres. Mais ce
que je comprends du ministre, c'est juste par l'intensité de sa pratique au
sein de l'établissement, et non pas nécessairement l'intensité de
pratique à
titre de médecin reconnu parce qu'il a fait un
article scientifique,
disons.
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
Barrette : Alors, M. le Président, je vais inviter notre collègue à
aller lire... Parce qu'il nous a indiqué qu'il avait une formation en
droit, donc il a une connaissance de la lecture des documents juridiques.
Alors, j'invite notre collègue à aller voir l'article 91 du Règlement sur
l'organisation et l'administration d'établissements, et, lorsqu'il lira l'article 91, il y a la définition du
membre-conseil. Je pense que ça permettra peut-être de jeter un éclairage sur
les éléments qu'il recherche, puisque
c'est prévu dans la loi. Je vois que mon collègue a une tablette, c'est assez
facile à trouver, là, sur Internet.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Richelieu.
Rochon : Oui, M. le
Président. Moi, je vois que le
ministre a une tablette et je vois que la dame assise à sa droite a un ordinateur portable, est-ce qu'ils
peuvent, au bénéfice des gens qui suivent nos travaux, nous instruire sur
ce membre-conseil, la définition qu'on nous donne de membre-conseil?
M. Gaudreault : Vous dites l'article 91?
M. Barrette : Oui, l'article 91
sur le règlement de l'organisation des établissements.
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre, à la question du député de Richelieu.
Barrette : Bien, j'ai donné plusieurs
exemples, là, M. le Président. Lui aussi, je vois, là, qu'il est entouré
de tablettes, et je parle aux objets et non aux personnes.
Maltais : M. le
Président, est-ce qu'on pourrait
juste suspendre deux minutes, qu'on le trouve? Si on ne nous le fournit
pas, on va être obligés de courir après.
Le Président (M. Merlini) : Oui, effectivement.
Je suspends donc, je suspends donc quelques
instants. Deux minutes.
(Suspension de la séance à 16 h 26)
Le Président (M. Merlini) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux pour avoir permis la recherche d'un
article de règlement
auquel le ministre faisait référence. M. le député de Richelieu, la parole est
à vous.
Rochon : Oui. Merci, M. le Président. Alors, au bénéfice des personnes qui suivent nos
travaux, le statut de membre-conseil...
On a demandé au ministre ce que c'était, un membre-conseil, il nous a dit
d'aller sur nos tablettes le chercher.
Alors, nous avons trouvé, pendant la suspension des travaux, sur nos tablettes,
alors : «Le statut de membre conseil est accordé à un médecin, à un dentiste ou à un pharmacien reconnu pour
sa compétence et son rayonnement professionnel dans une discipline et qui participe, sur demande de consultation, aux
activités médicales, dentaires ou pharmaceutiques du centre
hospitalier.» Alors, voilà ce qu'est un membre-conseil, ce que vous retrouvez à
la définition que le ministre nous donnait dans ses mots.
Pourquoi
y a-t-il, M. le Président, question adressée au ministre — elle aura, je le rassure, un point
d'interrogation à la fin — pourquoi
y a-t-il des membres-conseils à certains endroits et non à d'autres endroits?
Le Président (M. Merlini) : M.
le ministre.
M. Barrette : C'est à la demande et au choix de l'institution de... C'est propre à leur choix, à leur fonctionnement. Il n'y a
pas d'autre raison.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Richelieu.
M. Rochon : Mais la présence de ces membres-conseils
comporte, je présume, des bénéfices, et leur absence, des inconvénients. Est-ce que ce n'est pas se
priver de compétences que de se priver, comme c'est le cas à certains
endroits, de membres-conseils?
Le Président (M. Merlini) : M.
le ministre.
M. Barrette :
Je pense que le collègue ne peut pas faire cette affirmation-là.
M. Rochon :
Excusez-moi, M. le Président, j'ai mal saisi.
Le Président
(M. Merlini) : Pouvez-vous répéter, M. le ministre?
M. Barrette :
Je ne crois pas qu'on puisse faire cette affirmation-là.
M. Rochon :
Ah bon, d'accord. Parfait.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Rochon :
Je passe à un autre amendement étudié conjointement, là, avec celui que nous abordons depuis tout
à l'heure, c'est-à-dire l'insertion après l'article 27 du projet de loi de l'article 27.0.1 :
L'article 238 de cette
loi est modifié par l'ajout, à la fin
du quatrième alinéa, de la phrase suivante : «Toutefois,
elle peut être refusée si ce renouvellement ne peut s'effectuer sans respecter les conditions d'attribution
d'un statut prévues au règlement pris en application du paragraphe 3° de l'article 506.»
Et, dans l'explication, là, de la modification proposée, ce qu'on a comme note, c'est que «le conseil d'administration accepte ou refuse la demande de nomination d'un
médecin ou d'un dentiste en tenant compte du plan d'organisation de l'établissement, du
nombre de médecins et de dentistes autorisé dans le plan des effectifs médicaux
et dentaires de l'établissement, des ressources disponibles, des exigences
propres à l'établissement et, le cas échéant, de la vocation suprarégionale de l'établissement
déterminée par le ministre en vertu de l'article 112».
Et je reviens encore
à ce avec quoi j'ai abordé les discussions, quand ont débuté les travaux, avec
les termes «établissement»,
«installation», «hôpital». Je veux voir le ministre clarifier ceci. Le
plan d'organisation, c'est un plan d'organisation du CISSS ou
du CIUSSS, n'est-ce pas?
Le Président
(M. Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette :
Et ça inclut les établissements non fusionnés.
M. Rochon : Oui, incluant les établissements non fusionnés. Et là il me reconnaîtra, là, il
connaît mon appétit et celui des Québécois, d'ailleurs, pour les
services de proximité. Moi, j'habite Sorel-Tracy, dans la circonscription de Richelieu,
où il y a un hôpital où les gens souhaitent pouvoir continuer de se faire
soigner, et ils craignent, avec cette réorganisation à laquelle ils assistent, que cela puisse être de moins en moins le cas, hein, ils craignent d'être dirigés vers d'autres installations
de l'établissement, hein, vers d'autres hôpitaux, dans le cas qui m'occupe, du
Centre intégré de santé et services sociaux de la Montérégie-Est.
Quand
le plan d'organisation est établi, hein,
avec ses effectifs, là, de médecins, de dentistes, etc., est-ce qu'il est pris en compte ces hôpitaux
sur le territoire du CISSS et du CIUSSS, dans des secteurs plus éloignés, hein,
plus excentriques de cette région desservie — point d'interrogation?
Le Président
(M. Merlini) : M. le ministre.
Le Président
(M. Merlini) : M. le député.
M. Rochon : J'ai le souvenir de réponses courtes du ministre, là, dans le cadre de l'étude d'un autre projet de
loi. Il s'était mis à adopter ce comportement fort intéressant pour les
téléspectateurs. En tout cas, on ne pouvait pas l'accuser d'allonger le discours, c'était comme ça,
extrêmement bref. Et pourtant, ma question, j'espère qu'il en saisit l'intérêt
et j'espère qu'il connaît les inquiétudes,
sait les appréhensions des Québécoises et des Québécois qui habitent des
localités en périphérie de plus grandes
agglomérations desservies par de plus grands hôpitaux. J'espère qu'il a bien
saisi ça. En tout cas, j'ai tout fait pour qu'il le saisisse dans le
cadre d'une croisade que j'ai menée avec les gens de chez moi, là, pour
l'obtention d'un appareil médical qui s'appelle le bronchoscope.
Le Président
(M. Merlini) : M. le député...
M. Rochon :
Je suis tout à fait dans le sujet, vous allez voir, M. le Président, le...
Le Président
(M. Merlini) : Veuillez y arriver.
M. Rochon :
Ah! bien, j'y suis.
Le Président
(M. Merlini) : Parce qu'on s'éloigne. Alors, reprenez la 20 et
revenez.
M. Rochon : Ah! je ne crois pas
m'éloigner du tout.
Président (M. Merlini) : Parce qu'on était sur «membre associé»
et «membre-conseil». Allez-y, allez-y.
M. Rochon : Oui. Mais j'étais, moi, sur l'autre amendement que nous étudions concurremment, hein, au premier que vous venez de citer, là. Oui. Alors, je vous
disais avoir participé avec les gens de chez moi à une croisade en
faveur d'un appareil médical nécessité par
le fait qu'à Sorel-Tracy, plus que partout ailleurs en Montérégie,
il y a prépondérance de
maladies pulmonaires, et cet appareil-là est utile dans le diagnostic de ces
maladies-là, pour en faire un meilleur traitement.
Et là, vous allez voir, je salue la décision du ministre qui finalement,
finalement, a décidé d'autoriser l'installation, à l'Hôtel-Dieu
de Sorel, de cet équipement. Et c'est tout à fait en lien avec ce que je vous
disais être visé par l'amendement à
l'article 27, où l'on traite du plan d'organisation des établissements, de
refus de demandes de renouvellement si ça ne respecte pas certaines
conditions.
Alors,
le plan d'organisation, hein, qui doit être pris en compte au moment de décider
de refuser de renouveler, c'est
quelque chose d'extrêmement important, rendez-vous en bien compte. Il ne suffit
pas de savoir qu'il y a, je ne sais pas,
moi, 10 dentistes, et là le chiffre est tout à fait arbitraire, là,
10 dentistes à l'établissement CISSS—Montérégie-Est pour être rassuré sur la
couverture du territoire de Sorel-Tracy excentrique à cette région-là. Et est-ce
que, dans ce projet de loi
n° 130, que nous n'avons pas eu le bénéfice de suivre depuis le début
de son étude, ce que je souligne là est pris en compte, c'est-à-dire la desserte, sur l'ensemble des territoires
de CISSS et de CIUSSS, des agglomérations jusqu'aux plus petites
localités, jusqu'aux sous-régions, si vous voulez, M. le Président? Est-ce que
le ministre a ça bien en tête et bien au coeur, là?
Le Président
(M. Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette :
Alors, M. le Président, bien sûr que j'ai ça bien en tête et bien au coeur. Je
tiendrai à souligner une chose à
propos de l'intervention que le collègue a faite pour la problématique... pas la problématique, mais le sujet qu'il a traité dans son... Et d'ailleurs on se rappellera,
M. le Président, que le député avait parrainé une pétition à propos de
cet appareil-là et que j'ai donné suite à la
pétition, non seulement à la pétition, mais à la demande qui a été faite. Après
analyse et après avoir démontré que, même si
c'était limite, il n'y avait, donc, même si c'est limite, pas d'argument
suffisamment fort pour dire non.
ça, je le dis, M. le Président, parce qu'il y a beaucoup de gens, au Québec, et
même dans les partis politiques, qui critiquent
le fait que les pétitions n'ont pas d'effet. Alors, je pense que là on a un bel
exemple, un exemple même flagrant, fort,
qui fait la démonstration que les pétitions ont un effet. Et je vous dirais, M.
le Président, que l'élément, là, qui a fait le plus pencher la balance
dans la direction qui a été conclue est la pétition. Les pétitions, parfois...
Évidemment, une pétition, c'est une pétition, c'est un sujet qui est abordé,
pour lequel les gens expriment leurs opinions par la voie pétitionnaire. Après,
il faut en faire une analyse.
Mais
le sujet de la pétition, je suis vraiment content que notre collègue l'aborde,
bien, ça a montré, là — c'est un exemple
contemporain, c'est maintenant — qu'une pétition a pu faire pencher la
balance du côté du désir populaire parce que
l'analyse objective a montré qu'on était à la frontière de la justification ou
de la non-justification. Et je pense que, dans une situation comme celle-là, une pétition qui est bien menée, et
qui est bien verbalisée, et qui est bien appuyée comme ça a été le cas dans la région de notre collègue,
bien, ça peut avoir un effet. Moi, je suis très content du décours de
cette démarche-là où on a conjugué des décisions politiques, des analyses
objectives et l'expression de la population par une voie pétitionnaire.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le ministre. M. le député de Richelieu.
M. Rochon : Oui, merci, M. le Président. Ce que l'opposition
officielle a regretté ces derniers jours, M. le Président...
Président (M. Merlini) : S'il vous plaît! Restons à l'ordre.
C'est M. le député de Richelieu qui a la parole et uniquement M. le
député de Richelieu.
M. Rochon :
Très posément, hein, que j'ai la parole, oui, sur un ton très, très posé.
Le Président
(M. Merlini) : Oui, oui, vous avez la parole.
M. Rochon : Non, j'allais dire que, sur le thème des pétitions, ce que l'opposition
officielle a regretté ces derniers jours, c'est que bien peu d'entre
elles...
Président (M. Merlini) : M. le député de Richelieu, je vais vous
interrompre parce que là vous traitez... vous parlez de pétitions, vous
êtes loin des articles concernés que nous sommes présentement à l'étude.
Mme Maltais :
Question de règlement, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : Je
vous en prie.
Mme Maltais :
C'est parce que le fait de discuter du potentiel d'une pétition a été amené par
le ministre, et vous ne l'avez pas
interrompu. Alors, si on n'est pas interrompu, je comprends... si vous n'avez pas
interrompu le ministre, je ne comprends pas pourquoi vous interrompez
mon collègue.
Président (M. Merlini) : Le ministre répondait à la question qui
avait été posée par le collègue de Richelieu, et maintenant nous devons poursuivre l'étude des articles que nous avons
devant nous, mais les articles ne portent pas sur des sujets de pétition
ou de probables pétitions.
Alors, je
demande simplement au collègue de revenir à... Il le faisait très bien jusqu'à
présent, et je lui demande simplement de revenir à ses questions, qu'il
avait très bien posées jusqu'à présent, par rapport aux articles qui sont à
l'étude présentement.
Mme Maltais : Toujours question
de règlement, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) :
Oui, je vous en prie.
Mme Maltais :
De fait, nous avons abordé l'article, et le ministre a, de lui-même, débordé,
et vous l'avez laissé aller, sur le
fait qu'il y avait eu une discussion ici sur les pétitions. Que mon collègue
veuille en parler aussi, de la même façon
que le ministre, est normal, puisque c'est le ministre lui-même qui a ouvert
sur un autre champ. Et, comme vous avez respectueusement écouté le
ministre, je pense que nous pouvons maintenant aborder cet autre champ,
puisqu'il a été ouvert de façon correcte. Et cette discussion-là, maintenant,
M. le Président, que vous avez — et j'étais tout à fait d'accord avec votre décision — décidé de la laisser aller, bien, elle est
sur la table, et je ne comprendrais pas que le ministre a pu en parler et que nous ne puissions pas en
parler. C'est un sujet maintenant, vous l'avez laissé aller, avec raison,
mais on est là-dedans.
M. Barrette : M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : M.
le ministre.
M. Barrette :
Je veux quand même faire un commentaire face au commentaire de notre collègue.
Je ne pense pas que l'étude détaillée du projet de loi soit un concours
d'ouverture de champs. On n'est pas dans l'agriculture parlementaire ici, là. Alors, l'étude détaillée, c'est l'étude détaillée
du projet de loi. Le projet de loi, ce sont des articles, et les
articles ne sont pas des occasions d'aller sur d'autres sujets.
Alors, pour
reprendre le commentaire de notre collègue de Taschereau, ce n'est pas moi qui
ai ouvert à ça, c'est le député de Richelieu. Le député de Richelieu a
choisi, lui, de parler d'un objet qui n'a rien à voir, et j'ai... Ça n'a rien à voir, les pétitions, M. le Président, n'ont rien
à voir avec... Et l'EBUS, M. le Président, qui est la technologie dont
on parle ici, ça n'a rien à voir. Le projet
de loi n° 130, le collègue l'a dit à plusieurs reprises, ils ne l'ont pas
lu, ils sont venus ici aujourd'hui, ils ne savent pas de quoi on parle,
je vais l'indiquer...
Le Président (M. Merlini) : M.
le ministre, je vais...
Le Président (M. Merlini) : Un
instant! Je vais vous interrompre, M. le ministre.
Président (M. Merlini) :
Un instant! Le député de Richelieu a posé une question et a fait référence à un
fait précis. Le ministre a répondu au fait
précis en disant, effectivement : Il y avait eu une pétition que le député
de Richelieu avait parrainée. Ma décision était de permettre cette
réponse-là parce que ça répondait au fait précis que le député de Richelieu
avait soulevé. Et à ce moment-là il n'est pas parti sur d'autres pétitions,
d'autres sujets. Et le député de Richelieu avait commencé à aller sur ce terrain-là, qui n'est pas l'objet des
articles qui sont là présentement. Il a très
bien fait, dans son
illustration précédente... dans sa question précédente, d'illustrer le cas de
son hôpital dans son comté avec le fait. Et
le ministre a répondu : Effectivement, suite à la pétition qu'il a parrainée, ça a mené
à une décision qui était prise en faveur des citoyens. Maintenant, je
laisse la parole, maintenant, au député de Jonquière, qui voulait une question
de règlement.
M. Gaudreault : Oui, à deux égards, M. le Président. D'abord, premier élément, pour compléter ce que vous
venez de dire puis réagir à ce que vous venez de dire, vous ne pouvez pas dire
que le député de Richelieu n'a pas d'affaire de
parler de pétition. À partir du moment où le ministre, lui-même,
répond sur la pétition, c'est une admission que c'est dans le sujet. Alors, après ça, quand le député
continue de parler de la pétition, vous ne pouvez pas dire... Le ministre a consenti à répondre sur la
pétition, donc il y a une reconnaissance que ça fait
partie du sujet, un. Et
deux, deux, M. le Président, le ministre ne peut pas nous imputer des motifs, là. C'est
grave, là. Il vient de dire que les députés
n'ont pas lu le projet de loi, les
députés ne savent pas de quoi ils
parlent, les députés, ainsi de suite.
Alors là, s'il vous plaît, là, là-dessus, je trouve ça inqualifiable...
Le Président
(M. Merlini) : ...question de règlement qui est 35.6°. Oui.
M. Gaudreault :
Je veux dire, il ne peut pas prétendre qu'on n'a pas lu le projet de loi. O.K.,
on n'a peut-être pas la connaissance aussi fine que la sienne, ou la
connaissance aussi fine que le député de Lévis, ou la connaissance aussi fine que la députée de Taillon a sur ce projet
de loi, je l'admets, comme lui, il
n'a pas eu la c