Transportation and the Environment — 30 January 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CTE 2024-01-30
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement - Assemblée nationale du Québec
sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube
Députés
La présidente
Les députés depuis 1764
Coordonnées des députés
La fonction de député
Fonctions parlementaires des députés
Composition des commissions
Indemnités et allocations
Cercle des femmes parlementaires
Cercle des jeunes parlementaires
Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec
Fondation Jean-Charles-Bonenfant
Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager
Travaux parlementaires
Calendrier hebdomadaire des travaux
Journal des débats
Index du Journal des débats
Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale
Propos non parlementaires
Assister aux travaux
Travaux de l'Assemblée
Toutes les séances
Documents déposés
Projets de loi
Cheminement des projets de loi
Registre des votes
Travaux des commissions
Liste des commissions
Mandats en cours
Documents déposés
Rapports et documents de réflexion
Exprimez votre opinion!
Pétitions
Signer une pétition électronique
Consulter une pétition présentée à l'Assemblée
Lancer une pétition
Suivre le cheminement d'une pétition
Consultations publiques
Comment participer à une consultation
Liste des consultations publiques
Commenter un sujet à l'étude
Présenter un projet de loi d'intérêt privé
Vidéo
En direct et webdiffusions à venir
Archives des travaux et activités parlementaires
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Activités de presse
Activités spéciales et institutionnelles
Députés
Le Canal de l'Assemblée
Émissions et capsules promotionnelles
Espace jeunesse
Commander un extrait
Calendrier
Ouvrir
En direct
Calendrier détaillé
_date_du_jour
Aujourd'hui
_heure_en_cours
En cours
Activités du jour
Exposition(
s) Drapeau(
x) sur l'hôtel du Parlement
L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements
L'ABC de l'Assemblée
Visiteurs
Restaurants
Actualités et salle de presse
Bibliothèque
Publications
Éducation
Diplomatie
Histoire
Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
Travaux parlementaires
Journal des débats
Index du Journal des débats
Travaux de l'Assemblée
Registre des votes
Travaux des commissions
Administration publique
Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles
Aménagement du territoire
Assemblée nationale
Culture et éducation
Économie et travail
Finances publiques
Institutions
Relations avec les citoyens
Santé et services sociaux
Transports et environnement
Mandats en cours
Rapports et documents de réflexion
Cheminement des projets de loi
Projets de loi
Documents déposés
Dépôts du jour
Calendrier hebdomadaire des travaux
Mots clés
Type de documents
Tous les documents
Documents déposés
Feuilletons et préavis
Journaux des débats
Mémoires
Procès-verbaux de l'Assemblée
Projets de loi
Rapports et documents de consultation des commissions
Type de travaux
Travaux de l'Assemblée et des commissions
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Commission de la culture et de l’éducation
Commission de la santé et des services sociaux
Commission de l'administration publique
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Commission de l'aménagement du territoire
Commission de l'Assemblée nationale
Commission de l'économie et du travail
Commission des finances publiques
Commission des institutions
Commission des relations avec les citoyens
Commission des transports et de l'environnement
Sous-commission de la réforme parlementaire
Période
De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>
Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>
Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.
" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />
La date de début doit précéder la date de fin.
Session
Toutes les sessions
Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )
43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)
43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)
42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)
42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)
41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)
39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)
33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
Partager
Diagramme de l'Assemblée
En direct sur le Web
Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
Version préliminaire
Retour à la liste des séances du Journal des débats
43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 30 janvier 2024
Vol. 47 N° 30
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 41, Loi édictant la
Loi sur la performance environnementale des bâtiments et modifiant diverses dispositions en matière de transition énergétique
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Intervenants par tranches d'heure
9 h 30
Maccarone, Jennifer
Charette, Benoit
Dufour, Virginie
Zaga Mendez, Alejandra
10 h
Maccarone, Jennifer
Charette, Benoit
Lemay, Mathieu
Dufour, Virginie
Caron, Linda
Kelley, Gregory
Zaga Mendez, Alejandra
10 h 30
Zaga Mendez, Alejandra
Maccarone, Jennifer
Charette, Benoit
Montigny, Yves
11 h
Montigny, Yves
Maccarone, Jennifer
Dufour, Virginie
Kelley, Gregory
Zaga Mendez, Alejandra
11 h 30
Maccarone, Jennifer
Charette, Benoit
Lemay, Mathieu
Dufour, Virginie
Kelley, Gregory
12 h
Kelley, Gregory
Maccarone, Jennifer
Zaga Mendez, Alejandra
15 h 30
Maccarone, Jennifer
Charette, Benoit
16 h
Charette, Benoit
Maccarone, Jennifer
Lemay, Mathieu
Dufour, Virginie
Kelley, Gregory
Zaga Mendez, Alejandra
16 h 30
Maccarone, Jennifer
Charette, Benoit
Lemay, Mathieu
Kelley, Gregory
Dufour, Virginie
Zaga Mendez, Alejandra
17 h
Maccarone, Jennifer
Charette, Benoit
Bogemans, Audrey
Dufour, Virginie
17 h 30
Dufour, Virginie
Maccarone, Jennifer
Zaga Mendez, Alejandra
Charette, Benoit
Lemay, Mathieu
18 h
Maccarone, Jennifer
Lemay, Mathieu
Dufour, Virginie
Zaga Mendez, Alejandra
18 h 30
Maccarone, Jennifer
Charette, Benoit
Lemay, Mathieu
Dufour, Virginie
19 h
Dufour, Virginie
Maccarone, Jennifer
Zaga Mendez, Alejandra
Journal des débats
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-cinq minutes)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
aux consultations particulières et aux auditions publiques sur le projet de loi
n° 41, Loi édictant la
Loi sur la performance environnementale des
bâtiments et modifiant diverses dispositions en matière de transition
énergétique.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Derraji (Nelligan) est remplacé par M. Kelley
(Jacques-Cartier) et M. Grandmont (Taschereau) est remplacé par Mme Zaga
Mendez (Verdun).
Remarques préliminaires
La Présidente (Mme Maccarone) : Excellent.
Merci beaucoup. Alors, nous débuterons ce matin par les remarques préliminaires
puis nous entendrons par la suite les organismes suivants : l'Union des
municipalités du Québec, la Fédération québécoise des municipalités et Hydro-Québec.
Alors, j'invite le ministre de l'Environnement
et de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs à
faire ses remarques préliminaires. Vous disposez de six minutes.
M. Benoit Charette
M. Charette : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Vous allez me permettre de d'abord saluer les collègues qui
sont avec nous, vous en premier lieu, les collègues, naturellement, des
oppositions, les collègues gouvernementaux. Et vous allez voir, au cours des
prochaines semaines, à travers l'étude du projet de loi, on sera bien entourés
par l'équipe du ministère, que je salue. C'est une expertise qui est
excessivement précieuse et appréciée. Il ne faudra pas hésiter, autant les
collègues du gouvernement que de l'opposition, à recourir à leur expertise.
Vous connaissez Simon Berthiaume, qui est au cabinet. Plusieurs d'entre vous
avez l'occasion d'échanger avec lui lorsque les questions se présentent.
Sous-ministre adjoint responsable des dossiers qui nous occupent aujourd'hui,
M. Gibeault. Donc, toutes des expertises, là, qui sont très appréciées.
Et le projet de loi lui-même, bien
honnêtement, content d'avoir la possibilité de commencer son étude. On a eu l'occasion
de le présenter un petit peu avant la fin de l'année dernière. Il y a
différents briefings techniques qui ont été organisés au cours des derniers
jours pour que l'information circule de façon la plus transparente possible. Et
c'est un beau projet de loi qui est très certainement perfectible, donc les
consultations qui débutent aujourd'hui nous permettront d'entendre les groupes
qui se sentent interpellés par son contenu. Viendra ensuite, naturellement, l'étude
article par article, avec, comme étape importante, la possibilité de bonifier
les différents articles qui y figurent déjà. Et convaincu, justement, qu'avec
les collègues, autant de l'opposition que du gouvernement, là, on pourra l'améliorer
lorsque c'est nécessaire de le faire, mais déjà, la base est excessivement
solide.
Et le but du projet de loi, si je devais
le résumer en quelques mots, c'est s'assurer d'une meilleure performance
énergétique de nos bâtiments, autant l'existant que les nouveaux. On sait qu'on
a un défi énergétique important au niveau québécois, et ce qu'on aime répéter
continuellement : L'économie... c'est-à-dire, l'énergie la moins chère est
celle que l'on n'utilise pas. Or, on a des bâtiments au Québec qui, dans
certains cas, sont très énergivores, donc il y a une possibilité de récupérer
un potentiel énergétique avec des bâtiments plus performants, et c'est ce que
vise le projet de loi, et de nous... nous donner des outils pour y parvenir.
Déjà, si on se reporte au dépôt du <i>Plan
pour une économie verte, on s'était fixé des objectifs pour le bâtiment, des
objectifs ambitieux à atteindre d'ici 2030, des objectifs qui vont nous aider à
initiatives aussi qui ont été développées depuis. On se souvient, au niveau du
programme de bioénergie et, d'ailleurs, des chiffres que je regarde toujours
avec beaucoup d'intérêt, si on regarde la période du 1er avril 2022 au 31 mars
dernier, donc 31 mars 2023, ce sont 186 projets qui ont été financés,
qui vont nous permettre, grosso modo, là, de <réduire...
M. Charette :
...qui
ont été financés, qui vont nous permettre, grosso modo, là, de > réduire
notre... nos émissions de GES de plus de 12 000 tonnes. Donc, c'est
un programme qui, en peu de temps, a donné des résultats concrets.
Naturellement, il y a eu d'autres panoplies, là, de mesures qui ont été soit
reconduites, soit développées, que ce soient les programmes Chauffez vert, que
ce soient les programmes ÉcoPerformance, aussi. On a parlé du mazout, on se
souvient, dans une réglementation au cours des deux dernières années. Donc,
c'est des initiatives qui portent leurs fruits, mais qui ne nous permettent pas
d'aller aussi loin, d'où la présentation du projet de loi et son étude
aujourd'hui.
• (9 h 50) •
D'ailleurs, pour aller encore plus loin,
le gouvernement du Québec va, dans les prochains instants, confirmer son
intention de réglementer aussi le recours au gaz naturel dans les bâtiments,
autant l'existant que le nouveau. Ça ne fait pas
partie du projet de loi, mais
c'est une intention qui est confirmée aujourd'hui. Donc, ce sont toutes des
initiatives, là, qui s'additionnent.
Et si on devait parler du projet de loi
lui-même, naturellement, on parle du <i>Code du bâtiment actuellement qui
relève de la Régie de l'énergie, et dans la loi constitutive... la <i>Régie
du bâtiment, pardon. C'est une des raisons pourquoi Simon est incontournable,
il me rappelle à l'ordre lorsque j'emploie les mauvais termes, mais cette
loi-là ne nous permet pas d'aborder la question en lien avec l'environnement.
La protection de l'environnement, ce n'est pas dans la loi elle-même. Donc,
c'est la raison pour laquelle on se donne des pouvoirs habilitants pour
intervenir sur ces questions-là. C'est des outils que l'on pourra discuter très
certainement. On a, à travers la dernière formule du Conseil des ministres,
revu les responsabilités. La transition énergétique revient maintenant au
ministère de l'Environnement, ce sera aussi abordé dans le projet de loi.
Et là j'ai un discret et gentil rappel à
l'ordre comme quoi j'ai presque épuisé mon temps, mais on aura l'occasion
d'aborder toutes ces questions-là au cours des prochaines semaines, notamment à
travers la consultation qui débute aujourd'hui. Et, encore une fois, merci aux
collègues qui vont aider à bonifier ce projet de loi et merci aux groupes qui
vont se présenter aussi pour nous aider à le bonifier à leur tour. Et ce sera
un plaisir de participer à ces échanges-là. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci, M. le ministre. Merci à Simon qui va ramener notre ministre à l'ordre.
Alors, j'invite maintenant la porte-parole de l'opposition officielle et
députée de Mille-Îles à faire ses remarques préliminaires pour une durée de
3 min 36 s. La parole est à vous.
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Alors, écoutez, c'est un grand plaisir pour moi d'être ici,
nouvellement porte-parole dans les dossiers environnementaux. Écoutez, il y a
définitivement des enjeux. Les changements climatiques, c'est le défi de la
prochaine... du prochain siècle. Et le Québec doit se doter d'objectifs
ambitieux. Mais pour atteindre ces objectifs, bien, il faut savoir d'où on
part. Alors, le projet de loi ici, il y a des éléments fort intéressants sur
lesquels on va se pencher, concernant justement toute la mesure et connaître
l'état de notre parc immobilier. Par contre, il faut savoir qu'on a des
centaines de milliers d'habitations au Québec et la majorité date d'avant 1985.
Alors, il va sans dire que les mesures qu'on prendra avec ce projet de loi là
pourraient affecter un très grand nombre de nos concitoyens. On vit
actuellement une crise de l'énergie sans précédent. On l'a vu hier, pas plus
tard qu'hier, à la ville de Saint-Bruno, qui se pose la question et qui a des
inquiétudes quant à la possibilité d'avoir de l'électricité pour son nouveau
parc immobilier. Bien, ça, on l'a vu partout au Québec. Il y a plein d'endroits
qu'on l'a entendu. Il y a une tempête parfaite parce qu'avec la crise de
l'énergie, bien, il y a aussi une crise de l'habitation. On a besoin de plus de
logements, et donc on a besoin d'avoir l'énergie pour les nouveaux logements.
Donc, ce projet de loi là, c'est une opportunité incroyable pour améliorer
notre parc immobilier.
Par contre, je dois dire qu'il y a quand
même des inquiétudes par rapport, notamment, à l'autonomie municipale, qu'on
entendra des groupes sur ce dossier ce matin. Le fait que tout se fait par
règlement, aussi, ça soulève des questions. Il y a des exceptions, des règles
différenciées prévues pour le patrimoine, mais il n'y a rien pour l'agricole.
Donc, ça, c'est inquiétant. Le fait qu'on semble vouloir déresponsabiliser la
RBQ, la Régie du bâtiment du Québec, écrit un nouveau <i>code du bâtiment
alors qu'on tente de les unifier et aussi des coûts de mise aux normes qui,
évidemment, comme je l'ai dit, pourraient être assez élevés. Alors, la réussite
de tout ça va dépendre, évidemment, du plan que le gouvernement mettra en place
par la suite. Juste comme exemple, la France a mis
5 milliards d'euros dans son programme. Ça, ça serait l'équivalent de
900 millions de dollars au Québec.
Alors, je termine là-dessus, Mme la
Présidente, en remerciant les groupes qui viendront nous présenter leurs <points...
Mme Dufour :
...Mme
la Présidente, en remerciant les groupes qui viendront nous présenter leurs > points
de vue, et puis on a bien hâte de les entendre. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup, Mme la députée. J'invite maintenant la porte-parole du troisième...
le troisième groupe d'opposition et députée de Verdun Verdun à faire ses
remarques préliminaires pour une durée de 1 min 30 s. La parole
est à vous.
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme
la Présidente. À mon tour de saluer tous les collègues présents aujourd'hui à
la commission. Nous allons, bien sûr, travailler ensemble dans ce projet de loi
afin de l'améliorer, de rendre un projet de loi qui va être ambitieux en termes
de lutte aux changements climatiques et décarbonisation des bâtiments.
On salue, entre autres, les efforts qui
sont mis pour avoir une norme de cotation énergétique des bâtiments, une norme
qui est déjà utilisée un peu partout en Europe, et dont il faut faire preuve
d'ambition de l'élargir le plus possible au Québec, pas seulement aux gros
bâtiments. Ça va être une de nos préoccupations. Mais je vais prendre le temps
quand même de parler de notre préoccupation principale, c'est-à-dire
l'application de l'article 29 du projet de loi. Nous allons entendre
plusieurs intervenants, aujourd'hui, nous parler des effets sur l'autonomie
municipale, parce que nous avons des leaders en environnement, des villes qui
veulent aller plus loin, et il ne faut pas que le PL, dans sa forme actuelle,
pourrait... et il va casser les efforts de ces villes-là de réglementer, par
exemple, la sortie du gaz des bâtiments, par exemple, le débranchement des
nouveaux... des installations de gaz dans les bâtiments, comme c'est le cas de
Montréal et de Candiac, entre autres. Donc, nous aimerons avoir plus de
pression là-dessus puis même avoir des dispositions qui vont permettre aux
villes d'avoir leur autonomie à la lutte aux changements climatiques. Merci.
Auditions
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Nous allons maintenant débuter les auditions. Et je souhaite la
bienvenue aux représentants de l'Union des municipalités du Québec. Alors,
bienvenue à M. Martin Damphousse, président et maire de Varennes, M. Guillaume
Tremblay, premier vice-président, président du <i>Comité sur les
changements climatiques et maire de Mascouche, et, bien, Mme Charlotte
Legault-Bélanger, conseillère aux politiques. Je vous rappelle que vous
disposez de 10 minutes pour faire votre exposé, après quoi, nous allons
procéder à la période d'échange avec les membres de la commission. Alors, je
vous invite donc à vous présenter et puis à commencer votre exposé.
Union des municipalités du Québec (UMQ)
M. Damphousse (Martin) : Merci
beaucoup. Martin Damphousse, maire de Varennes et président de l'Union des
municipalités du Québec. M. le ministre de l'Environnement, Mme la Présidente
de la commission, mesdames, messieurs les membres de la commission, je vous
remercie de nous donner l'occasion aujourd'hui de vous faire part de nos
commentaires sur le projet de loi n° 41 portant sur la performance
environnementale des bâtiments du Québec.
L'UMQ tient d'abord à saluer la volonté du
gouvernement d'améliorer la performance environnementale des bâtiments au
Québec. Ce secteur représente environ 10 % des émissions de gaz à effet de
serre, en plus d'être un levier important pour réduire la pression sur le
réseau électrique d'Hydro-Québec. D'ailleurs, le Plan énergie de l'UMQ, qui
sera dévoilé très prochainement, met de l'avant le rôle déterminant des
municipalités du Québec en matière de transition énergétique et de lutte contre
les changements climatiques. Ce plan atteste notamment de la volonté du milieu
municipal d'utiliser les leviers à sa disposition pour participer aux efforts
collectifs en matière d'efficacité énergétique des bâtiments et de gestion de
la pointe de consommation.
L'UMQ tient toutefois à attirer
l'attention de la commission sur certains aspects du projet de loi qui préoccupent
le milieu municipal.
Concernant l'autonomie municipale en
matière d'aménagement du territoire et d'environnement, l'UMQ rappelle que les
municipalités réglementent déjà plusieurs caractéristiques environnementales
des bâtiments via les pouvoirs qui leur sont octroyés par la
Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme ainsi que la
Loi sur les compétences municipales.
Par exemple, plusieurs municipalités prévoient des normes visant à encadrer la
conception et l'entretien des toitures blanches ou végétalisées, à exiger une
gestion in situ des eaux de pluie, à assurer une implantation environnementale
optimale des nouveaux bâtiments ou encore à favoriser l'utilisation des
matériaux de construction recyclés ou de sources locales. Or, le projet de loi
exigerait que l'ensemble de ces mesures locales actuellement en vigueur et à
venir soient transmises au ministre pour analyse et approbation
discrétionnaire. Pour l'UMQ, il est essentiel que le mécanisme de préséance
soit évacué du projet de loi afin de laisser la latitude et l'autonomie aux
municipalités de prévoir des normes locales complémentaires aux normes
minimales provinciales sur leur territoire. À défaut, l'UMQ est d'avis que le
PL 41 ralentirait inutilement la transition <énergétique...
M. Damphousse (Martin) :
...L'UMQ
est d'avis que le PL 41 ralentirait inutilement la transition > énergétique
et l'ambition climatique locale au Québec en plus d'instaurer un accroc majeur
au principe de subsidiarité en matière d'aménagement du territoire et de
protection de l'environnement, pourtant reconnus dans la
Loi sur le
développement durable.
• (10 heures) •
Deuxièmement, le projet de loi propose de
modifier la
Loi sur le bâtiment de manière à retirer le code de construction de
la Régie du bâtiment du Québec, les normes d'efficacité énergétique afin de
permettre au ministre de l'Environnement d'encadrer cet aspect dans un nouveau Code
du bâtiment durable. L'UMQ se questionne quant à l'efficience de ces
modifications, et ce, en regard de la Loi 17, sanctionnée en octobre
dernier. L'un des objectifs de cette loi est d'harmoniser et de simplifier les
normes en matière de construction et de sécurité des bâtiments en visant
l'application d'un seul code contenant des normes minimales applicables à tout
le territoire québécois. L'UMQ et la RBQ travaillent déjà depuis plusieurs mois
à construire le nouveau régime, ces efforts se poursuivront d'ailleurs
activement dans les prochaines semaines, en vue de la présentation des projets
de règlements d'application de la Loi 17.
Dans le contexte où la Régie du bâtiment
du Québec, RBQ, a récemment obtenu le pouvoir réglementaire de transférer aux
municipalités certaines responsabilités en matière d'inspection des bâtiments,
l'UMQ se questionne quant à l'identité de l'organisme public qui appliquera le
nouveau code du bâtiment durable. À cet effet, l'UMQ rappelle que toute
délégation d'inspection des normes provinciales à une municipalité doit se
faire sur la base d'une entente avec cette dernière afin de s'assurer,
notamment, qu'elle dispose des ressources humaines et financières suffisantes.
Il est important que cela n'engendre pas de délais supplémentaires en matière
d'émission de permis sur son territoire.
Maintenant, je passe la parole à mon
collègue, M. Guillaume Tremblay.
M. Tremblay (Guillaume) : Merci
beaucoup, M. le président. M. le ministre, Mme la Présidente de la commission, Mmes
et MM. les membres de la commission, vous me permettrez de saluer mon député,
donc le député de Masson. Bonjour.
Les municipalités, en tant que
propriétaires de grands bâtiments tels que des arénas, des centres sportifs,
des piscines, des bibliothèques et des garages, seront concernés par le nouveau
système de déclaration, de cotation et de performance des bâtiments. De
nouvelles obligations entraîneront des coûts significatifs pour les municipalités,
surtout en raison de la mise à niveau énergétique des infrastructures
existantes et des coûts de construction accrus liés aux normes de performance
environnementale.
Avec de nombreux équipements sportifs et
de loisir approchant la fin de leur vie utile dans toutes les régions du
Québec, il est impératif que le financement des programmes de décarbonation des
bâtiments municipaux soit suffisant pour ne pas entraver la construction ou la
rénovation de ces infrastructures. L'UMQ souhaite donc à s'assurer que les
fonds dédiés à ces programmes soient adéquats, évitant ainsi d'ajouter des
obstacles financiers à des projets déjà coûteux et essentiels pour la santé
physique et mentale de la population.
De plus, pour garantir des investissements
optimaux à long terme, il est crucial que le gouvernement adopte une approche
réglementaire concertée avec le milieu municipal. Les municipalités devraient
être en mesure d'investir d'une manière stratégique dans les infrastructures
afin que chaque dollar investi puisse maximiser la réduction de GES.
Enfin, l'UMQ souligne la possibilité pour
les municipalités d'inciter la population à participer à la transition
énergétique en montrant l'exemple. Pour faciliter ce processus, l'UMQ
recommande de créer un programme dédié aux municipalités pour leur transition
écologique et énergique, bien sûr.
En terminant, l'UMQ soulève certaines
préoccupations relativement aux conséquences du rehaussement des normes en
matière de performance environnementale des bâtiments sur l'abordabilité des
logements. Le monde municipal est grandement préoccupé par la crise du logement
au Québec. Le déséquilibre persistant entre l'offre et la demande en logements,
qui remonte au milieu des années 2010, ne cesse de se creuser. L'union se
questionne donc sur l'impact que pourraient avoir des critères plus sévères en
lien avec les matériaux, les équipements et les composantes des bâtiments sur
la construction résidentielle en région, qui éprouve déjà plusieurs
difficultés.
Pour que la mise en œuvre du PL 41
soit le succès qu'il se doit, celui-ci doit tenir compte des réalités locales
et économiques dans l'élaboration des nouvelles exigences réglementaires et
ainsi participer à l'augmentation rapide de l'offre de logements.
De plus, les logements abordables
disparaissent plus vite qu'ils ne se créent en raison d'insalubrité, de
réno-évictions et de hausse des loyers. L'UMQ demande donc de prévoir des
mesures d'aide financière conséquentes et accessibles, particulièrement pour
les logements abordables, afin de soutenir l'intérêt et la capacité des
propriétaires à <rénover...
Haut de la page
10 h (version révisé
e) M. Tremblay (Guillaume) : ...afin
de soutenir l'intérêt et la capacité des propriétaires à rénover et ainsi
éviter la perte de logement.
Nous sommes maintenant disponibles pour
répondre à vos questions. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Alors, je vous remercie pour votre exposé. Nous allons procéder aux
périodes d'échange. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Charette : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Aux gens del'UMQ, mes plus sincères salutations. C'est
toujours un plaisir d'avoir la possibilité d'échanger avec vous. Et, pour le
gouvernement du Québec, lorsqu'il est question d'environnement et bien d'autres
sujets, l'UMQ est un partenaire incontournable, et on apprécie ces occasions d'échanger.
Je me suis laissé quelques notes. Merci
pour vos commentaires. Peut-être tenter de vous rassurer au niveau des
compétences municipales, on comprend que c'est un enjeu très important et on
reconnaît le principe d'autonomie municipale. Et lorsqu'il est question des
différentes mesures qui peuvent être adoptées dans les municipalités, que ce
soit les toits blancs et autres, on n'a pas du tout l'intention d'interférer
dans cette capacité de décision des municipalités. Et nos équipes sont d'ailleurs
déjà en discussion, à savoir : Est-ce que le projet de loi, tel que
présenté actuellement, dissipe ces doutes-là? S'il ne les dissipe pas, on
regardera comment les dissiper.
Là, où on a eu une intention d'intervenir,
et d'ailleurs c'est confirmé, là, aujourd'hui par... par le gouvernement, c'est
au niveau de la sécurité énergétique. On a un réel enjeu. Il y a plusieurs
municipalités qui veulent bien faire, et on les encourage à bien faire, mais,
en même temps, c'est difficile, pour une société d'État comme Hydro-Québec,
pour le gouvernement de garantir la sécurité énergétique. On sait qu'elle est
mise à mal depuis... depuis quelques années. Donc, c'est difficile de la
garantir si on ne sait pas quelle initiative peut être prise d'une municipalité
à l'autre, et sans qu'il y ait de... sans qu'il y ait d'évaluation de ces... de
ces impacts-là.
Et c'est là où je confirmais un petit peu
plus tôt par communiqué qu'on va travailler, au cours des prochaines semaines,
des prochains mois, à établir une réglementation. Et naturellement les
municipalités vont être impliquées, elles feront
partie de la démarche pour
établir des balises dans lesquelles on va tous pouvoir se reconnaître. Un, pour
les municipalités, ce sera aidant de savoir quelles sont les possibilités, et,
deux, pour Hydro-Québec, ce sera plus facile de déterminer en quelque sorte
quel impact ces mesures-là peuvent avoir sur la disponibilité énergétique.
Donc, cette réglementation à développer,
elle va concerner les nouveaux bâtiments, mais va aussi concerner les bâtiments
existants, et c'est une, je pense, une très belle avancée, une autre,
oserais-je dire, au niveau de l'encadrement du gaz naturel. Donc, dans les
prochaines semaines, on aura l'occasion de s'en parler. Donc, je vous rassure,
les initiatives actuellement, là, qui touchent aux bâtiments, sur certains
items du bâtiment, on ne veut pas intervenir et on ne veut pas miner cette
liberté d'action là. Mais, au niveau énergétique, clairement, il faudra se
concerter, et on aura une réglementation, là, qui viendra clarifier en quelque
sorte les obligations de chacun.
Au niveau du code du bâtiment durable que
l'on veut implanter, je le disais un petit peu dans les remarques préliminaires
tout à l'heure, on n'a pas, au niveau du ministère de l'Environnement, la
possibilité d'intervenir sur la loi-cadre de la Régie du bâtiment. Cependant, j'ai
le mandat depuis... depuis octobre 2022, d'y aller avec une notion de
transition énergétique, et c'est ce qu'on vient intégrer dans le projet de loi.
Donc, il va y avoir un code du bâtiment durable, oui, un code du bâtiment
également, mais le tout doit être vu comme étant un seul et même code avec les
mêmes obligations.
Et, si vous regardez le projet de loi, il
est aussi mentionné qu'il a un pouvoir qui peut être délégué pour l'application
de ce code durable du bâtiment. Donc, on peut penser que c'est effectivement la
Régie du bâtiment qui va hériter du mandat, mais, à tout le moins, il y aura
des obligations en matière de transition énergétique, ce qui n'est pas le cas
actuellement. Et vous le mentionniez d'entrée de jeu, le secteur du bâtiment
est une de nos sources importantes d'émissions au Québec. Et si on veut
marquées, donc ça devient nécessaire, là, d'y aller avec... avec ces nouvelles
mesures.
Et là je défile un petit peu les points
que vous avez mentionnés, mais je veux vous laisser intervenir aussi par la
suite. Et là j'ai, malheureusement, mon collègue Simon qui me cache la vue et
qui m'empêche de vous saluer et de vous parler tout en vous voyant. Au niveau
de la réglementation à développer, c'est clair qu'on va le faire avec les
municipalités aussi. Vous le savez, vous connaissez le principe, pour avoir
collaboré à plusieurs occasions par le passé, à partir du moment qu'il y a un
projet de règlement, souvent on travaille en cocréation, donc, <avant
même de prépublier...
M. Charette :
... par le passé, à partir du moment qu'il y a un projet de
règlement, souvent on travaille en cocréation, donc, > avant même de
prépublier, on va y aller d'échange avec vos gens. Ensuite, il y a une période
plus formelle de consultations. Donc, c'est clair qu'il y a différents espaces
de collaboration, là, qui vont... qui vont se présenter à nous pour réaliser
nos objectifs.
Je vous entends parler de différentes
craintes au niveau des coûts que ça peut engendrer, notamment pour les
municipalités. C'est vrai pour les municipalités, c'est vrai pour les
propriétaires, là, de parcs immobiliers, il y a un coût à ces travaux-là, au
final, on est tous d'accord. Cependant, si on regarde, et c'est en
partie
évalué par plusieurs, si on regarde les économies que ces travaux-là engendrent
par la suite, c'est des coûts qui peuvent être amortis de façon bien prévisible,
il faut le considérer, naturellement, dès le départ.
• (10 h 10) •
Et pour ce qui est de la pénurie de
logements, pour ce qui est des craintes très légitimes aussi que ce projet de
loi engendre des contraintes supplémentaires, il ne faut pas oublier qu'au
départ on se donne une période volontaire. Oui, il va y avoir des obligations à
terme, mais c'est, d'abord et avant tout, sur une base volontaire dans les
premières années, à tout le moins, que cette transformation-là va s'opérer pour
certains des items du projet de loi. Donc, le tout va pouvoir s'intégrer, là,
de façon graduelle, sans que ce soit un choc trop important, parce que la
dernière chose que l'on souhaite comme gouvernement, c'est, bien certain,
rendre encore plus difficile l'accès à des logements qui soient abordables ou
des logements tout simplement réguliers.
Donc là, j'ai voulu répondre à certaines
de vos craintes, mais allons-y avec les échanges. Est-ce que vous êtes d'accord
pour ce qui est de la sécurité énergétique, qu'il faut se donner une base
commune pour être bien certains que les villes, avec de très bonnes intentions,
n'aillent pas un petit peu dans toutes les directions et que ça rende la tâche pratiquement
impossible, là, pour Hydro-Québec?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
je vous dirais que c'est essentiel, M. le ministre. Puis je vais reprendre à
rebours. En fait, vous avez commencé par le volet rassurant de l'autonomie
municipale. On est content de l'entendre. On aimerait être capable de lire très
clairement que ce qu'on voudra faire pour améliorer l'efficacité des bâtiments,
et tout ça, ce que j'ai donné comme exemple, puisse se lire clairement.
Face à la sécurité énergétique, on en est
tout à fait conscients. Vous le savez, on a déposé un plan énergie. En fait, on
le déposera officiellement, mais vous en avez eu une copie. On est très
sensible à... le défi des prochaines générations. Mais, je vous dirais, si on
était capables de travailler rapidement, parce que l'exemple qu'on a soulevé
tantôt de Saint-Bruno, je rajoute Prévost, Montréal, Candiac, la volonté
québécoise du milieu municipal est d'accélérer ça puis de démontrer son
leadership. Et c'est pour ça que l'Union des municipalités a déposé
dernièrement son plan de décarbonation des bâtiments municipaux et des flottes
de transport des véhicules, justement pour accélérer cette transition-là. Mais
le volet énergétique, il faut rapidement y arriver ensemble, parce que, si on
laisse la latitude aux municipalités de partir dans tous les sens, bien, on va
se retrouver, malheureusement, rapidement comme des situations tristes comme
Saint-Bruno hier.
Mais ,il faut rapidement trouver une
solution commune pour être le plus efficace et, en fait, s'assurer qu'on puisse
se sortir des énergies fossiles le plus logiquement possible, en fonction de ce
qui est disponible puis en fonction de ce qu'on peut produire collectivement
ensemble. Et, là-dessus, le milieu municipal, vous le savez, va vouloir jouer
un rôle important avec vous, bien sûr.
M. Charette : C'est apprécié.
Je vous remerciais tout à l'heure d'emblée, là, mais c'est une collaboration,
là, qui est non seulement appréciée, mais qui est nécessaire. Mais content de
vous entendre dire qu'il faut qu'on se donne ensemble des balises communes.
Parce que, moi, le premier, j'aimerais dire : On interdit tout recours au
gaz naturel demain matin. Cependant, ça représente énormément de mégawatts
qu'on doit calculer dans les besoins énergétiques généraux et comment remplacer
ces mégawatts-là lorsque notre disponibilité énergétique, elle est déjà
calculée, là, de façon serrée. Donc, content, là, que l'on se rejoigne à ce
niveau-là, et soyez assurés que c'est une réglementation que l'on va travailler
ensemble. Et dans notre esprit, on ne parle pas d'années, là, c'est quelque
chose qu'on souhaite présenter le plus rapidement possible et on aura la
possibilité, là, d'échanger là-dessus.
Vous parliez pour les coûts que
représentent certaines contraintes du projet de loi, notamment pour des
bâtiments plus anciens ou plus énergivores. On parlait d'arénas tout à l'heure
ou de grands complexes de cette nature là. L'approche des différents PMO, on
est rendus au troisième, il y en aura un quatrième ce printemps, et souvent
accompagné de mesures financières, des mesures d'appui pour justement aider <ces
transformations-là...
M. Charette :
... ce printemps, et souvent accompagné de mesures
financières, des mesures d'appui pour justement aider > ces
transformations-là. C'est une approche qu'on entend naturellement maintenir.
Donc, c'est difficile pour moi de déjà évoquer des budgets spécifiques. Mais,
si on regarde PMO1, PMO2, PMO3, oui, il y a des contraintes qui se sont
ajoutées pour bon nombre d'entreprises dans différents secteurs, mais elles avaient,
dans bien des cas, des programmes qui leur étaient adressés pour justement les
aider à se transformer. En fait, on les aide à nous aider à réduire leurs
émissions, et, pour nous, c'est un gage de succès supplémentaire, là, pour
Là, la dernière chose que je souhaite,
c'est prendre tout le temps de parole. Je ne sais pas si j'ai de mes collègues
qui avait une question. Mon collègue de Masson, voilà. Donc, on pourra se
partager le temps, Mme la Présidente. Merci déjà pour vos réponses.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Masson, vous disposez de 5 min 45 s.
M. Lemay : Merci, Mme la
Présidente. Bienvenue, Mme Legault-Bélanger, M. Damphousse, M. Tremblay, mon
maire, bien entendu. Donc, bien heureux de vous retrouver ici, à l'Assemblée
nationale. Vous savez, c'est quand même un projet de loi important si on veut
l'efficacité énergétique, bien entendu, il faut réfléchir aujourd'hui à
qu'est-ce qu'on peut faire si on veut que nos nouveaux bâtiments, notamment,
puissent avoir les meilleures normes et pratiques de l'industrie et puis mettre
à niveau les bâtiments existants. Donc, c'est une façon de faire, là, de savoir
un peu quelle est la performance énergétique des bâtiments actuels, et puis,
après ça, de fixer des normes, et puis, après ça, graduellement, remonter les
niveaux pour s'assurer que tous puissent participer à cette décarbonation.
Mais, dans votre mémoire, que j'ai pris le
temps de voir, vous avez fait des recommandations. Le ministre a abordé
certains points. Moi, je vais y aller plus sur vos recommandations qui ont
trait au financement. Vous mentionnez vouloir avoir une aide financière pour,
justement, que les bâtiments municipaux puissent bénéficier d'une aide de Québec.
Vous le mentionnez à... notamment, à la recommandation 3, plus
particulièrement pour vos... C'est quoi, vos attentes en termes de financement?
Est-ce que vous avez un pourcentage chiffré? Est-ce que vous avez déjà des
attentes spécifiques ou c'est simplement un souhait, d'avoir... Est-ce que... tu
sais, est-ce que vous voulez avoir 100 % ou, tu sais, vous êtes en mode
partage un peu? C'est quoi, vos attentes de ce côté-là?
M. Damphousse (Martin) : Là-dessus,
je vous dirais, j'aurai une réponse rapide, mais je vais inviter mes collègues
s'ils ont des ajouts. Je vais faire un parallèle avec le commentaire que M.
Tremblay a mentionné sur la vicissitude de nos arénas, nos piscines qui ont été...
Les arénas ont été construits il y a peut-être 40, 50 ans pour la grande
majorité des arénas au Québec. Et là il y a un programme d'infrastructures
sportives que vous avez mis de l'avant, 300 millions par année, mais j'ai
eu à intervenir à travers les médias, parce qu'on semble avoir atteint un
record historique de demandes de... de subventions qui dépassaient de
1 000 demandes, puis il y a 300 millions. Ça fait qu'on comprend
qu'il y aura probablement, malheureusement, énormément de municipalités au
Québec qui se verront refuser leur demande, que ce soit pour des piscines, pour
des arénas, parce que, justement, leur économie d'énergie est vraiment très
déficiente. Ils ont besoin de travaux, beaucoup d'amour, comme Guillaume
parlait.
Donc, c'est sûr que c'est un des exemples,
en infrastructures sportives, qui est déterminant. Puis, avec l'explosion des
prix qu'on connaît dans la construction, bien, il y a malheureusement beaucoup
de municipalités qui vont devoir faire le choix d'abandonner leurs projets, ce
qui est triste. Ça fait que je n'ai pas de montant spécifique qui est
nécessaire à avoir, mais on a impérativement besoin de la collaboration du
gouvernement du Québec pour y arriver ensemble, bien sûr.
M. Tremblay (Guillaume) : Et,
si vous permettez, Mme la Présidente, aussi, de l'autre côté, l'UMQ représente
aussi des plus grandes villes, mais aussi des villes de toutes tailles. Tantôt,
le ministre disait : Écoutez, le coût d'énergie, l'économie à terme va...
va directement se rembourser. Cependant, il faut comprendre que les plus
petites villes, des fois, ils n'ont pas l'argent pour mettre de l'avant pour,
justement... comment... disons, pour le... je vais le dire en langage... pour
le «fronter», excusez-moi l'expression très anglophone, mais disons pour le
mettre de l'avant, pour l'avancer. Donc, ça aussi, il faut le prendre en
considération dans cette réalité-là. Donc, je me rallie complètement à ce que
mon président a bien dit. Merci.
M. Lemay : Puis, M.
Damphousse et M. Tremblay, tu sais, là, je comprends le programme PAFIRSPA
qu'on parle présentement, là. Effectivement, il y a eu des demandes
historiques, là, au niveau d'infrastructures récréatives et sportives. Mais
sachez que, quand on parle aussi d'efficacité énergétique puis qu'on veut avoir
des bâtiments plus efficaces, je comprends votre point, là, que, dans ce
cas-là, il y avait eu des demandes records, mais ça dénote aussi la santé et le
fait qu'on veut... ça rentre un peu dans notre plan nature, là, avec l'accès
aux citoyens à des infrastructures de qualité <dans les municipalités...
M. Lemay :
... mais ça dénote aussi la santé et le fait qu'on veut... ça
rentre un peu dans notre plan nature, là, avec l'accès aux citoyens à des
infrastructures de qualité > dans les municipalités, qui fait en
sorte que les gens, souvent, quand vous parlez d'aller à l'aréna ou à la
piscine, le coût pour le citoyen est moindre que d'aller prendre une journée de
golf ou une journée de ski, tu sais, si on fait juste un comparable.
Donc, les citoyens, c'est un... une
structure qu'ils demandent puis qu'ils veulent avoir accès parce que c'est une
infrastructure de proximité pour les citoyens. Là, on parle des bâtiments pour
la performance énergétique, tu sais, je comprends que vous ne voulez pas vous
avancer sur un chiffre, mais sachez aussi qu'une fois qu'on fait cette
transition-là, les coûts d'exploitation, d'opération seront réduits d'autant
plus pour les municipalités parce qu'effectivement vous allez atteindre cette
performance-là.
• (10 h 20) •
Je vois le temps qui défile, là, il me
reste moins d'une minute. Mais, sur le même montant, la recommandation 7, là,
vous mentionnez aussi, pour les logements abordables, vous dites que ça se
pourrait que certains propriétaires ne font pas des rénovations ou n'aillent
pas de l'avant avec des logements abordables. Est-ce que vous avez une
inquiétude plus formulée ou une aide plus spécifique que vous aimeriez avoir,
considérant qu'on a déjà des programmes existants pour couvrir ce côté-là, qui,
selon moi n'est pas municipal, mais, tu sais, qui est plus avec des promoteurs,
M. Damphousse (Martin) : Bien,
étant donné qu'il reste peu de temps, je vous dirais que, face au logement
social, là, moi, je vous dirais qu'une des initiatives exceptionnelles que vous
avez mis de l'avant, là, c'est avec le partenaire du Fonds de solidarité puis
Desjardins, les 1 500 portes. C'est un succès retentissant. Je peux
vous en parler, là, les maires et mairesses se sont... dépêchés pour déposer
des projets. C'est extraordinaire. Si vous étiez capables de bonifier ce nombre
de portes là, je comprends que 1 500, ça n'aide pas le sort du Québec,
mais ça donne un grand coup de pouce. Bravo, parce que ce sont de vrais
accélérateurs, Desjardins et le Fonds de solidarité, ça fonctionne à merveille.
Bravo, là-dessus.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
merci beaucoup. Nous allons continuer nos échanges avec l'opposition officielle.
La députée de Mille-Îles, la parole est à vous.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Et j'ai 10 minutes. J'ai... Pardon? Voilà.
La Présidente (Mme Maccarone) :
10 minutes.
Mme Caron : Parfait. Merci.
Merci à vous, M. le Président, M. le maire. Et, malheureusement, je ne me
rappelle pas de votre nom, je suis désolée. Donc, merci beaucoup pour votre
exposé.
J'ai lu attentivement votre mémoire hier
aussi, puis je voudrais vous entendre davantage sur les risques de poursuite
judiciaire que vous évoquez à la page 6 de votre mémoire.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
en fait, étant donné que maître Charlotte Legault-Bélanger est avocate, je vous
dirais que tout ce qui touche le volet juridique, elle est assurément mieux
placée que moi pour vous en parler.
Mme Legault-Bélanger (Charlotte) :
Merci, M. le Président. En fait... puis je ferais le parallèle, là,
également avec l'intention du gouvernement, là, de réglementer le gaz naturel
dans les bâtiments. Ce pour quoi on n'a pas parlé de sécurité énergétique dans
le mémoire, c'est du fait, là, que cette réglementation-là, selon notre
compréhension, ne serait pas prise en vertu du projet de loi 41. Donc, ce
serait, dans un autre temps, via la
Loi sur la qualité de l'environnement.
Donc, c'est pourquoi la recommandation qu'on fait est vraiment, là, de
s'inspirer, là, de ce qui se fait dans la
Loi sur le bâtiment pour permettre
aux municipalités d'être plus sévères, puisque l'enjeu de sécurité énergétique,
dans le PL 41, n'a pas, selon nous, à être traité. Au contraire, on parle
davantage d'efficacité énergétique, sur un domaine dans lequel il faut
impérativement, tous, collectivement, aller... être le plus ambitieux possible.
Et donc, pour... au niveau du risque
juridique, c'est parce que le mécanisme de préséance qui est proposé aux
articles 29, 30 existe déjà dans la
Loi sur la qualité de l'environnement,
à l'article 118.3.3, depuis 1972. Et donc on a vu l'évolution
jurisprudentielle faire en sorte que plusieurs... plusieurs municipalités
faisaient face à des poursuites de promoteurs ou de propriétaires ou de... dans
le milieu énergétique également, d'organismes, là, qui, par exemple, voulaient
faire des pipelines, ou des choses comme ça. Donc, se faire poursuivre en
brandissant ou même se faire menacer, on parle de poursuites-bâillons par...
grâce à cet article-là. Donc, le risque judiciaire engendré par cet article-là
a, à travers le temps, eu un effet de refroidissement sur les municipalités,
sachant qu'elles peuvent... qu'elles sont à risque, là, de poursuites.
Donc, c'est pourquoi on recommande
véritablement d'évacuer le mécanisme de préséance. Et puis, comme M. le
Président l'a mentionné... ça va nous faire plaisir de collaborer et de
continuer notre collaboration avec le gouvernement et Hydro-Québec, <pour
ce qui est...
Mme Legault-Bélanger (Charlotte) :
...ça va nous faire plaisir de collaborer et de continuer notre
collaboration avec le gouvernement et Hydro-Québec, > pour ce qui est
spécifiquement, là, de la sécurité énergétique, pour trouver, là, vraiment la
meilleure façon de concilier autonomie municipale et sécurité
d'approvisionnement, qui, effectivement, là, est un enjeu d'intérêt national.
Mme Dufour : Merci beaucoup,
maître. Est-ce que... S'il y avait préséance, est-ce que ça pourrait empêcher,
dans le fond, les municipalités d'atteindre certains de leurs objectifs? Et là
j'avais en tête, par exemple, une municipalité qui voudrait développer un
écoquartier vraiment très, par exemple, net zéro. Et je salue, d'ailleurs, la
ville de Varennes, là, qui a fait le premier bâtiment municipal net zéro. Avec
une préséance, ce ne serait plus possible d'atteindre ce genre... selon vous,
ou ce serait encore possible?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
moi, ce que je comprends, c'est que ça ralentirait de beaucoup le processus.
Mais de là à dire, est-ce qu'on y arriverait pareil avec un délai plus long, j'invite
Mme Bélanger à...
Mme Legault-Bélanger (Charlotte) :
Mais, encore une fois, c'est ce qui va pouvoir être discuté, là, avec le
gouvernement dans les prochains mois, donc, étant donné que cette
réglementation-là serait soumise au principe de préséance de la LQE, et non pas
du PL 41. Donc, effectivement, il y a d'autres mécanismes juridiques qui
vont pouvoir être discutés pour prendre en compte la sécurité énergétique, mais
tout en laissant, là, la possibilité aux municipalités, là, d'atteindre les
ambitions qu'elles se sont fixées dans leurs plans climatiques, qui, dans
certains cas, sont plus ambitieuses, là, que celles du gouvernement.
Mme Dufour : Merci. Peut-être
vous poser des questions sur les inspecteurs, parce que ça a été un élément qui
avait été soulevé dans le cadre du projet de loi n° 17, lorsque... bon,
c'est ça, que la RBQ pourra mandater les municipalités pour faire des
inspections. Puis là on a entendu le ministre parler qu'il pourrait déléguer
lui-même les inspections des normes qui seraient établies ici, à la RBQ. Donc,
est-ce que les municipalités ont les inspecteurs pour réaliser ce qui pourrait
être exigé, ici, avec le projet de loi 41?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
la réalité, c'est que c'est un volet sur lequel on a beaucoup d'inquiétudes
parce qu'il est clair, et vous le savez, il y a des villes et municipalités du Québec
qui ont les ressources pour être capables de le faire, mais vous comprenez que
c'est loin d'être la grande majorité. Varennes est un bel exemple, Mascouche en
est un autre. Nous n'avons pas ces employés là dédiés pour cette fonction-là.
Donc, c'est sûr qu'à partir du moment où on aurait l'option de prendre la
responsabilité c'est déjà mieux, mais on ne veut surtout pas qu'on nous
l'impose. On ne veut surtout pas que la Régie du bâtiment vienne nous dire :
Vous devez faire l'inspection, quand nous n'avons pas ces capacités-là. Ça
relève au RBQ, mais, si Montréal, si Laval, si de grandes villes souhaitent
l'avoir, sur une base volontaire, soit, mais surtout pas de l'imposer, de grâce.
Mme Dufour : Je vais passer
la parole au collègue. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous.
M. Kelley : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. M. Damphousse, j'ai une question un petit peu précise sur
l'autoproduction pour les municipalités et, quand même, le déploiement des
microréseaux dans les différentes municipalités. Il y a un projet très
intéressant à Lac-Mégantic, présentement, qui a été déployé par Hydro-Québec.
Alors, c'est sûr, les bâtiments plus efficaces, c'est une chose, mais, si vous
êtes capables de produire de l'électricité sur les toits de vos arénas, ça aide
un petit peu à la situation aussi. Alors, je ne sais pas si vous avez déjà
commencé à penser à l'avenir, c'est que... de déployer plus d'énergie, vous
autres, les municipalités, pour vos bâtiments.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
je vous dirais, vous avez une question précise, je vais vous donner une réponse
précise. Dans un premier temps, je vous invite à nous écrire pour qu'on vous
envoie en primeur notre plan énergie. Vous allez voir qu'il y a des axes, il y
a justement la production énergétique. On parle beaucoup d'éolien au Québec. Le
milieu municipal est très présent dans l'éolien. Dans la grande majorité des
cas, ils sont copropriétaires à 50 %, c'est extraordinaire, et c'est
l'orientation à court terme qu'Hydro veut prendre. Et il y a de plus en plus de
municipalités, et là ce n'est plus juste l'Alliance et la région de la
Gaspésie, aujourd'hui, c'est à peu près tout le monde au Québec qui évalue ces
options.
Le volet solaire a aussi de grandes
possibilités. On en parle moins, parce que c'est comme si les subventions
d'Hydro-Québec, gouvernementales sont moins présentes. Mais le potentiel est
extraordinaire, vous avez donné l'exemple des toits, vous le savez comme moi,
en Europe, c'est très fréquent. Mais là, ça devient un apport et un support
énergétique verte dans plein de bâtiments potentiels. Donc, honnêtement, ça
fait
partie des plans que nous avons. Il s'agirait d'un petit coup de main
financier, parce que ça ne prend pas une grande différence pour inciter des
résidences à aller de l'avant, mais des bâtiments, comme vous avez mentionnés...
Puis, quand on regarde la superficie des toitures qui existent au Québec, avec
tous les types d'entreprise, mais imaginez le potentiel que nous avons
localement. C'est une avenue à ne pas négliger, assurément.
M. Kelley : 100 % d'accord.
J'ai une <excellente lettre...
M. Damphousse (Martin) :
...types
d'entreprise, mais imaginez le potentiel que nous avons localement. C'est une
avenue à ne pas négliger, assurément.
M. Kelley :
100 %
d'accord. J'ai une > excellente lettre que j'ai écrite dans le Journal
de Montréal . Alors, on peut faire échange, je vais prendre le document en
primeur puis je vais changer la lettre ouverte que j'ai écrite.
Mais juste une dernière question. Si
jamais, dans ce projet de loi, on aborde la question qu'on permette au Québec
que les citoyens pemettent les... les panneaux solaires sur leur toit, aucune
municipalité ne peut interdire quelque chose comme ça. Parce que je sais que,
présentement, il y a certaines municipalités qui interdisent des panneaux
solaires sur le toit des maisons. Je pense qu'on doit avoir des standards ici,
au Québec, mais, quand même, c'est une idée que je lance. Mais je veux savoir, si
on n'a pas le temps, peut-être qu'on peut échanger après, mais est ce que vous
pensez que c'est peut-être utile de créer un standard partout au Québec, où on
permet les citoyens de produire leur propre électricité?
• (10 h 30) •
M. Damphousse (Martin) : Je
pense que ça serait sûrement une bonne idée, mais je pense que c'est une bonne
réflexion qu'on doit avoir avec Hydro-Québec, avec la Régie de l'énergie, avec
le gouvernement, avec les oppositions pour trouver une façon de faire qui
serait uniformisée, qui serait logique. Mais, honnêtement, avec la crise
énergétique dans laquelle on est plongés aujourd'hui, toutes ces options-là
doivent être absolument sur la table. C'est une bonne idée, assurément.
M. Kelley : Parfait. Puis,
juste rapidement, je vais aller sur les fonds. Est-ce que c'est mieux de juste
utiliser des programmes existants ou vraiment créer un autre programme? Parce
que, des fois, j'ai des municipalités qui me parlent, me disent : Bien, il
y a plein de différents programmes. Peut-être c'est mieux juste d'en avoir un
qui est dédié à la transition énergétique pour les municipalités.
M. Damphousse (Martin) : Par
rapport à l'énergie?
M. Kelley : Oui, pour la
transition énergétique pour les municipalités, parce que vous parlez des
différents fonds puis ajouter à des programmes, mais est-ce que c'est mieux
juste d'avoir un programme et une place que tout est simplifié pour vous
autres?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
en fait, le mot magique que vous venez de mentionner dans votre question, c'est
«simplifier». Si on était capable d'avoir une formule... Peu importe, qu'il y
ait des fonds existants, de nouveaux fonds, la multiplication des fonds, c'est
l'approche simplifiée, parce que, malheureusement, autant pour les
municipalités que pour les citoyens qui font faire avec des programmes de
quelque nature que ce soit, c'est la lourdeur administrative qui décourage. Il
faut s'éviter ça. Il faut travailler ensemble pour trouver un «fast track»,
désolé de mon anglicisme, pour être... mais je pense que vous avez bien
compris, pour que ça soit facilitant. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Il
reste deux minutes.
M. Kelley : Deux minutes...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Deux minutes
M. Kelley
: …OK, vas-y.
Mme Dufour : Oui. Bien, en
fait, juste...
La Présidente (Mme Maccarone) : Excusez-moi.
Mme la députée de Mille-Îles, la parole est à vous. Merci.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Donc, juste continuer sur les programmes. Ça, c'est un élément que
vous avez mentionné, qu'il n'y avait pas de programme vraiment dédié aux
municipalités dans certains cas, puis que vous étiez, comme, en compétition,
dans le fond, avec d'autres groupes. Quel genre de programme vous attendriez,
là, pour pouvoir... Là, je sais que le député de Masson a posé une question
là-dessus, mais qu'est-ce qui serait facilitant pour les municipalités
là-dessus?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
honnêtement, ce que j'ai vu, puis Mme Bélanger aura un commentaire
additionnel, mais au fédéral, il existe des fonds justement dédiés là-dessus...
des maisons vertes. Honnêtement, c'est assez intéressant. Ils subventionnent
100 % des coûts, entre autres, dans le solaire de réduction de la
consommation, subventionné pendant 10 ans, sans intérêt. Honnêtement,
c'est superintéressant. C'est des programmes de ce genre-là qu'on aimerait bien
avoir une version québécoise ou une meilleure collaboration Québec, fédéral
pour faciliter cet accès-là, parce que ce n'est pas toujours simple, ces
programmes-là.
Mme Dufour : Effectivement, effectivement,
je pense que c'est un enjeu d'avoir accès au fonds fédéral, mais il y a aussi
la reddition de comptes. Est-ce que vous voyez... Parce qu'en fait c'est
toujours ça, l'enjeu, là, on rajoute, on rajoute, on rajoute. Donc, ce serait
quoi, vos demandes par rapport à la reddition de comptes?
M. Damphousse (Martin) : Je
reviens au mot magique «simplification».
Mme Dufour : Simplifier.
M. Damphousse (Martin) : Oui.
Mme Dufour : Une reddition de
comptes annuelle, bisannuelle?
M. Damphousse (Martin) : Simple.
Mme Dufour : Simple, simple.
Excellent.
M. Tremblay (Guillaume) : Si
vous le permettez. Vous savez que la UMQ, on en parlait tantôt, on a mis de
l'avant le plan de décarbonation, je peux vous dire que les villes cognent à la
porte de l'UMQ, elles sont vraiment de plus en plus, en plus, en plus
intéressées, mais le fardeau, c'est toujours le financement, le financement. Ça
fait que, si le gouvernement pouvait donner un coup de main, je pense que les
villes iraient encore plus rapidement dans ce grand chantier. Puis c'est un
travail d'équipe, hein, vous le dites, c'est une responsabilité conjointe de
tout le monde. Les villes, on est vraiment prêts à faire notre part, mais ça
prend vraiment du financement pour nous aider.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
merci. Nous allons procéder avec le deuxième groupe d'opposition. Mme la
députée de Verdun, le temps est à vous.
Mme Zaga Mendez : Merci
beaucoup, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...quatre minutes, en passant.
Mme Zaga Mendez : Quatre
minutes, merci. Merci beaucoup, M. Damphousse, M. Tremblay et
Mme Legault-Bélanger, pour votre présentation. J'ai expliqué tout à
l'heure que nous avons aussi une inquiétude par rapport à l'article 29 et 30.
Je pense que nous avons tous entendu le ministre nous dire qu'il y a une
intention d'être plus précis, en ce qui concerne la sécurité énergétique, mais,
je pense qu'on peut se le dire, on parle de l'utilisation d'énergie, et c'est, bien
sûr, le gaz naturel...
Haut de la page
10 h 30 (version révisé
e) Mme Zaga Mendez : ...mais
je pense qu'on peut se le dire, on parle de l'utilisation d'énergie, et c'est
bien sûr le gaz naturel. On le sait que si... Vous l'avez expliqué tout à l'heure,
si le principe de préséance s'applique, que ceci rend inopérant, si on s'attaque
à la sécurité énergétique, les règlements qui sont maintenant déjà opérants qui
concernent l'utilisation, le branchement des nouveaux... nouveaux branchements
de gaz naturel dans les municipalités dont nous avons discutés... et j'aimerais
vous entendre là-dessus. J'aimerais savoir votre opinion sur le fait que, si on
vise la sécurité énergétique... puis on va rendre inopérants ces règlements des
villes qui sont déjà très ambitieuses dans la lutte aux changements climatiques.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
c'est pour ça qu'il est important, puis je l'ai mentionné tantôt, que
rapidement on puisse, en collaboration avec le gouvernement et avec surtout Hydro-Québec,
s'assurer que la réglementation qui sera éventuellement mise en place
fonctionne, parce que d'amener de la réglementation... puis on parle beaucoup
du gaz, mais moi, j'aimerais qu'on dissocie le gaz fossile du GNR, le gaz
renouvelable. Parce que je peux vous en parler, à Varennes, je suis le
président de la SEMECS, un centre de biométhanisation, 120 000 tonnes
de matière par année, mais on produit beaucoup de GNR, c'est ce qu'on veut. Je
comprends qu'on n'en a pas assez encore aujourd'hui dans notre réseau, on
souhaiterait en avoir davantage, mais pour en avoir davantage, ça prend aussi
un réseau de distribution.
Donc, aujourd'hui, on n'a pas la cote,
parce que c'est principalement du gaz fossilisé, mais c'est avec une panoplie
de sources énergétiques vertes. On a parlé de solaire tantôt, on a parlé d'éolien
tantôt, on pourra parler de microbarrages, on a parlé de Lac-Mégantic, en fait,
c'est une multiplication de ces projets-là qui peuvent rendre beaucoup plus
facilitant l'arrivée vers une décarbonation du Québec, mais, pour ça, ça prend
davantage d'énergie verte. Donc, rapidement... qu'on puisse travailler avec le
gouvernement pour envoyer un modèle de réglementation à l'ensemble des
municipalités pour être sécuritaires.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Et, dans le même sens, vous parlez de rendre plus facilitant... Je vous lance
une idée : Qu'est-ce que vous en pensez de faire en sorte que le règlement
devient un minimum, ce qu'on appelle une clause a minima, c'est-à-dire que la
réglementation sur la sécurité énergétique, c'est le minimum à atteindre, mais
que ceci permettrait aux municipalités qui veulent être plus ambitieuses, d'aller
plus loin, par exemple, sur la question de GNR localisé, il y en a plusieurs
exemples de biomasse aussi, forestière ou biomasse agricole, bref, d'obtenir le
minimum pour permettre aux autres municipalités de lutter contre les
changements climatiques?
M. Damphousse (Martin) : Sûrement
une très bonne idée de l'aspect du minimum, mais pour ceux qui voudront être
plus ambitieux, il faut s'assurer aussi qu'Hydro-Québec puisse répondre à l'ambition
des municipalités. Quand on parle de biomasse, il y a des secteurs, il y a des
régions du Québec où ils n'ont même pas de gaz, ça fait que le réseau ne se
rend même pas là, mais ils ont la biomasse pour être capables de produire de l'énergie
différemment. Donc, ils ont probablement une approche plus ambitieuse possible,
mais encore là, ça prendrait le sceau soit du gouvernement ou d'Hydro-Québec,
en disant : OK, votre région, vous aurez la permission d'être plus
ambitieux parce que vous avez la capacité énergétique, donc... Mais ce n'est
pas facile de rendre l'accessibilité à tout le monde, un peu indéfinie, parce
qu'il y en a qui ont de grandes ambitions, mais il faut être sûrs que le réseau
puisse supporter ça.
Mme Zaga Mendez : Merci...
La Présidente (Mme Maccarone) :
12 secondes.
Mme Zaga Mendez : ...c'est
tout le temps que j'ai. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, merci beaucoup, M. Damphousse, M. Tremblay, Me
Legault-Bélanger, pour votre contribution aux travaux de la commission. Nous
allons suspendre les travaux pour quelques instants afin que l'on puisse
accueillir le prochain groupe. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 38)
(Reprise à 10 h 42)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Et je souhaite la bienvenue aux
représentants de la Fédération québécoise des municipalités. Alors, bienvenue à
M. Jacques Demers, président, maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et
préfet de la MRC de Memphrémagog, ainsi que M. Pierre Châteauvert,
directeur des politiques.
Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, après quoi nous allons procéder aux échanges
avec les membres de la commission. Alors, je vous invite donc à commencer votre
présentation et de vous présenter, s'il vous plaît.
M. Demers (Jacques) : Merci beaucoup. Oui, Jacques Demers, maire, Sainte-Catherine-de-Hatley,
et préfet de la MRC de Memphrémagog et président de la Fédération québécoise
des municipalités. Et je suis accompagné du directeur des politiques de la Fédération
québécoise des municipalités, M. Pierre Châteauvert.
D'abord, merci, merci, M. le ministre, Mme
la Présidente, M. le vice-président, mesdames et messieurs membres de la
Commission. La Fédération québécoise des municipalités, à
titre de porte-parole
des régions, qui réunit plus de 1 000 membres, dont l'ensemble des
MRC, remercie la commission de l'opportunité qui s'offre à nous de présenter
nos commentaires puis nos recommandations sur le projet de loi 41.
Ce projet de loi propose d'améliorer les
performances environnementales des bâtiments neufs et existants, et prévoit
l'octroi de nouveaux pouvoirs habilitants au ministre de l'Environnement pour
la mise en place d'exigences de performance environnementale des bâtiments et
d'un système de déclaration, cotation et performance des bâtiments.
D'entrée de jeu, la fédération trouve très
louable l'objectif. Quand on veut d'abord améliorer les performances
environnementales des bâtiments, réduire leurs émissions à gaz à effet de serre...
on veut aussi économiser l'énergie, c'est important, à l'échelle du Québec.
Plusieurs municipalités, d'ailleurs, travaillent déjà dans ce sens. Il y a des
initiatives qui émergent d'un peu toutes les régions du Québec de ce côté-là.
Malheureusement, les éléments du projet de
loi posent problème et nécessitent aussi des modifications. Nos commentaires
seront francs et directs. Ils visent à assurer son application.
Je demanderais à M. Châteauvert de
lire quelques extraits de notre mémoire, qui présentent certaines des
propositions et des demandes. Par la suite, on pourra répondre à... à vos
questions.
M. Châteauvert
(Pierre) : Merci, merci. Donc, d'abord, en
premier lieu, en fait, nous, on propose qu'il y ait un changement d'approche au
niveau de la question de la <préséance...
M. Châteauvert
(Pierre) :
...nous, on propose
qu'il y ait un changement d'approche au niveau de la question de la > préséance,
une revendication de longue date de la FQM, donc, qu'on pourra élaborer tantôt :
«Le projet de loi prévoit aux articles 29 et 30 la préséance des
règlements qui seront adoptés en vertu de la <i>loi sur la performance environnementale,
sur les règlements municipaux portant sur le même objet. Ainsi, les
dispositions du... des règlements du gouvernement primeront sur celles d'un
règlement municipal, à moins que ce règlement ne soit approuvé par le ministre.
«Considérant les enjeux liés à la lutte et
à l'adaptation aux changements climatiques, il est souhaité que la portée de...
de la notion de préséance prévue au projet de loi se limite à établir un seuil
minimal et non à uniformiser la réglementation à la grandeur du Québec. Les
municipalités doivent pouvoir exercer leurs compétences en aménagement,
notamment en mettant en place des normes plus contraignantes en fonction des
particularités de leur territoire. L'ampleur des défis environnementaux et
énergétiques nécessite plutôt de renforcer les capacités d'action des
municipalités et des MRC.»
Donc, pour terminer sur la notion de
préséance : «La FQM rappelle que l'Assemblée nationale a adopté en octobre
dernier le projet de loi 17, lequel a enchâssé dans la
Loi sur le bâtiment
le droit des municipalités d'adopter des normes plus exigeantes que celles
contenues dans le code de construction et dans le code de sécurité, ou une
norme portant sur d'autres matières que celles visées à l'un des codes.» Donc,
le précédent est déjà là.
«Deuxièmement, nous demandons une
harmonisation entre la démarche du ministre et celle de la Régie du bâtiment,
c'est-à-dire le code de construction. Afin d'offrir un cadre clair tant pour
les municipalités que pour les citoyens, c'est important qu'il n'y ait qu'un
seul code, que le tout soit harmonisé. L'actuel code de construction de la RBQ,
il vient intégrer les propositions contenues dans le projet de loi. Un arrimage
sera également nécessaire quant aux responsabilités qui seront dévolues... seront
dévolues aux municipalités. À ce chapitre, nous prions le ministre de se
préoccuper de l'impact de ces mesures sur la capacité de toutes les
municipalités, quelle que soit leur taille, lors de l'application de ces
changements. En ce sens, nous invitons tous les partenaires... les
parlementaires, pardonnez-moi, à réfléchir sur la capacité de nos services,
notamment d'inspection, à se conformer et à appliquer les nouvelles règles dans
des délais trop souvent difficiles, voire impossibles à respecter.
«Troisièmement, les nouvelles exigences
prévues au projet de loi entraîneront un fardeau financier administratif
supplémentaire pour les municipalités. Le projet de loi prévoit un système de
déclaration, de cotation et de performance des bâtiments. Le projet de loi
entraînera assurément des coûts importants pour les municipalités qui devront
se conformer à de nouvelles exigences, tant pour la mise à niveau de leurs
bâtiments, la déclaration des données énergétiques relatives à ses bâtiments,
et pour la vérification et l'audit de ses données. Aussi, il est essentiel que
la FQM soit associée à l'élaboration des règlements qui découleront de ce
projet de loi pour s'assurer que les municipalités locales régionales puissent
les appliquer.
«L'article 4 de la
Loi sur la
performance environnementale des bâtiments édicté par le projet de loi prévoit
aussi l'obligation de transmettre au ministre un rapport relatif à la
performance environnementale des bâtiments. La fréquence de transmission des
données, les conditions et les modalités seront déterminées ultérieurement par
le règlement. La fédération tient à rappeler au gouvernement les enjeux liés à
la multiplication des redditions de comptes exigées aux municipalités par les
différents ministères, notamment les... municipalités qui peinent à remplir les
nombreux formulaires et déclarations nécessaires pour répondre aux obligations
légales et réglementaires. Ces nouvelles informations à transmettre s'ajoutent
à celles qu'une municipalité doit obligatoirement fournir. Depuis la
publication du rapport Perrault en 2015 — M. Demers était un
des signataires — plus de 47 projets de loi et
68 règlements ont ajouté plus de 90 obligations et redditions de
comptes pour les municipalités. La fédération invite le ministre à tenir compte
de ce qui précède lors de l'élaboration des conditions et modalités relatives à
cette obligation.
«Par ailleurs, bien que la fédération
souscrive à la nécessité à la... de la performance énergétique des bâtiments,
les nouvelles exigences associées au système de cotation entraîneront
vraisemblablement des coûts substantiels pour les municipalités et les MRC pour
la mise à niveau des bâtiments municipaux. Aussi, nous lui demandons de... de
prévoir les mesures de soutien nécessaires à leur adaptation.
«Quatrièmement, le... certains articles du
projet de loi confirment que les municipalités devront appliquer certaines
dispositions des règlements pris en vertu de cette loi. Plusieurs ministères et
organismes se tournent présentement vers les municipalités pour l'application
de leurs normes et règlements, incapables de remplir leurs obligations dans ce
domaine en raison de contraintes budgétaires et de problématiques de main-d'oeuvre.
«De plus, des ministères comme celui de
l'Environnement complexifient davantage la tâche des inspecteurs municipaux
avec la révision de leur réglementation. Ce ministère a publié à lui seul des
centaines de pages de règlements révisés ces dernières années, sans période
suffisante pour la formation et la préparation, rendant quasi impossible leur
application sur plusieurs territoires. La FQM demande au ministre de s'engager
à consulter le milieu municipal avant de procéder à tout transfert de responsabilité
quant à l'application de la loi ou de ses règlements, afin de convenir ensemble
des modalités afférentes à ce transfert, à garantir le caractère volontaire de
l'opération et à prévoir les ressources qui devront l'accompagner.
«Par ailleurs, afin de protéger les
municipalités qui devront appliquer certaines dispositions des règlements pris
en vertu de la présente loi, il est demandé que les municipalités bénéficient
de la même immunité que celle accordée aux inspecteurs du ministère de l'Environnement.
«En conclusion, bien que la volonté
exprimée publiquement par le ministère de l'Environnement soit d'imposer des
obligations <de...
M. Châteauvert
(Pierre) :
...exprimée publiquement
par le ministère de l'Environnement soit d'imposer des obligations > de
performance environnementale aux grands bâtiments seulement, les pouvoirs
habilitants octroyés au ministre et au gouvernement sont plus vastes et visent
l'ensemble des bâtiments sur le territoire québécois. À terme, tous les
bâtiments pourraient être visés par de nouvelles exigences de performance
environnementale, avec les coûts qui y seront associés. Considérant que nos
commentaires visent le projet de loi tel que présenté, la fédération demande au
ministre, avant un élargissement aux petits bâtiments de... du système de
déclaration et de cotation de la performance environnementale, de mettre en
place toutes les mesures nécessaires de soutien et d'accompagnement afin
d'assurer que les coûts découlant de ces nouvelles exigences ne mettront pas en
péril notamment nos commerces de proximité, essentiels à la vitalité des
régions. On peut aussi penser au défi sur la construction de logements et
d'habitations.
• (10 h 50) •
«Par ailleurs, dans un contexte de pénurie
de logements — c'est ce que j'allais dire — toutes les
régions du Québec... le gouvernement doit s'assurer que les surcoûts associés
au resserrement des exigences des performances environnementales des bâtiments
ne freinent pas le développement de nouveaux projets d'habitation.»
Donc, on est... on appuie, on est d'accord
avec la... l'approche, et disons qu'il y a quelques changements à apporter sur
les modalités. Donc, merci beaucoup... pour vos questions.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup pour votre exposé. Nous allons procéder aux périodes
d'échange, et je cède la parole à M. le ministre pour une période de
16 min 30 s.
M. Charette : C'est
gentil, merci. Déjà, je vous avertis que j'ai des collègues qui meurent d'envie
de poser quelques questions, sinon c'est un temps qui sera partagé. Mais déjà,
messieurs... toujours un plaisir. Je le mentionnais à vos collègues de... de
l'UMQ, le milieu municipal, pour le gouvernement du Québec, que ce soit en
environnement, mais dans bien d'autres dossiers, est un partenaire de premier
plan. Moi qui suis dans les fonctions de ministre de l'Environnement depuis un
petit peu plus de cinq ans, je vous compte parmi des partenaires
incontournables, et ce matin vous en faites la démonstration avec la qualité de
votre mémoire. Donc, merci d'être avec nous ce matin.
Je comprends une de vos préoccupations, on
a eu d'ailleurs la possibilité d'échanger avec vos collègues de l'UMQ à ce
sujet-là, la fameuse règle de préséance. Ce que j'ai pu mentionner tout à
l'heure, je le répète pour vous rassurer : on n'a pas l'intention de jouer
au niveau des ambitions des municipalités, en dehors de la capacité et de la
sécurité énergétique du Québec, qui est un véritable enjeu. Donc, ce matin, je
confirmais notre intention, en dehors du projet de loi 41, de déposer une
réglementation, on va le souhaiter le plus rapidement possible, pour venir
établir des balises notamment pour ce qui est du recours au gaz naturel. Les
modalités, on aura l'occasion d'en discuter, parce que oui, c'est quelque chose
qui va être travaillé avec les municipalités, mais on n'a pas le choix d'aller
dans cette direction-là. Et je ne ferai pas l'exercice avec vous, parce que je
ne veux pas que ce soient des questions pièges, mais, si je vous demandais
quelles sont les projections en termes de mégawatts pour les prochaines
constructions sur les 10 prochaines années au Québec, probablement que
vous ne le sauriez pas, et je ne le savais pas moi-même avant de... de me...
m'intéresser à la question. Et, si je vous demandais ça représente combien en
mégawatts d'obliger, par exemple, une transition vers... vers
l'hydroélectricité dans des bâtiments existants qui sont alimentés par exemple
au mazout ou au gaz naturel à l'heure actuelle, probablement que vous n'auriez
pas la réponse, et c'est tout à fait normal, je ne l'avais pas non plus avant
de m'intéresser à ces questions-là.
Donc, au niveau municipal, il y a de
belles ambitions, il ne faut pas les freiner, mais, en même temps, ces
ambitions-là doivent tenir compte de la capacité énergétique du Québec, et ça
doit être orchestré non pas de façon individuelle, chaque municipalité de son
côté, mais en concertation avec Hydro-Québec, notamment pour s'assurer de la
disponibilité énergétique. Donc, lorsqu'il est question dans le projet de loi de...
d'établir des standards qui deviendront la norme, on parle de sécurité
énergétique et, si, tel qu'écrit, il y a une certaine confusion dans le projet
de loi, on aura l'occasion au niveau de l'étude
article par
article de
s'assurer que la... la motivation derrière cet article-là soit bien saisie.
Mais peut-être une première question :
Est-ce que vous êtes d'accord avec le principe — et l'UMQ semblait
l'être tout à l'heure — que chaque municipalité ne peut pas partir de
son côté et dire : Moi, du jour au lendemain, je ne permets plus le
branchement, que ce soit au gaz naturel, que ce soit au gaz naturel
renouvelable, que tout doit passer par l'hydroélectricité? Est-ce que vous
comprenez quel défi ça pose dans un contexte de sécurité énergétique, qui
est... qui est de plus en plus discuté, là, depuis quelques années?
M. Demers (Jacques) : Oui, ça, ce bout-là, on le comprend puis on adhère
amplement à ça. Mais, vous comprenez, quand on parle de préséance, pour nous,
on a eu il y a très peu de temps des problématiques, là. On parle de bandes
riveraines, on parle d'autres choses en environnement où est-ce que c'est venu
écraser des règlements municipaux, puis on s'est dit : Faisons attention,
là, on joue encore avec des choses que probablement que les municipalités vont
se trouver à avoir à faire <l'application...
M. Demers
(Jacques) :
...encore avec des
choses que probablement que les municipalités vont se trouver à avoir à faire > l'application.
Des fois, il y a des municipalités qui sont plus loin. Puis, quand on met des
règlements qui écrasent ceux qui sont en place, il faudrait éviter... On veut
tous travailler pour l'environnement, mais il y a des municipalités qui sont
rendues plus loin. Puis les bandes riveraines étant un exemple, là, où est-ce
qu'on a vu des bâtiments qui n'avaient pas le droit de se construire sur des
règlements municipaux, mais, étant donné des règlements provinciaux qui sont
venus les écraser, ces mêmes bâtisses-là ont pu s'agrandir. Là, on s'est dit :
Voyons, ça n'a pas de bon sens! On veut avoir moins en bandes riveraines
possible. Là, si le bâtiment, il était à l'extérieur, même si une grande
partie
y touchait, on écrasait le règlement municipal. Alors donc, on le permettait.
On a eu des recours, les... des avocats sur ces dossiers-là pour les
municipalités. On s'est dit : Comment ça se fait qu'on ne peut pas se
parler avant? Puis on souhaite, dans ce dossier-là, faire la même chose, de se
dire : Faisons attention, parce que, si c'est nous qui avons à
l'appliquer, bien, il faut faire attention pour ne pas faire le contraire de ce
qu'on veut en environnement. Il y a des gens qui sont plus avancés que le
niveau provincial, qui lui, veut, des fois, permettre que tout le monde avance
rapidement. Puis c'est vraiment en ce sens-là. Je pourrais aller dans ce dit dossier-là
beaucoup, beaucoup plus dans le détail, mais je pense qu'on comprend le
pourquoi, là.
M. Charette : Tout à
fait. En fait, je suis très heureux de vous entendre. Et, je vous rassure, là,
nous, on vise, à travers le projet de loi 41, les notions de sécurité
énergétique, de disponibilité d'énergie. Donc, on trouvera la bonne formule au
moment de l'étude
article par article, mais très content de... de vous entendre
à ce sujet-là. Puis, encore une fois, comme ministre de l'Environnement, je
serais le dernier à souhaiter vouloir ralentir la marche des municipalités,
mais il y a un défi de capacité énergétique au Québec et tout doit être
planifié et, on ne peut pas, chacun de notre côté, y aller d'une idée sans
prendre la mesure de son impact.
Sinon, vous parliez de défis au niveau de
l'application des codes, est-ce que ça va devenir compliqué, qu'il y ait un
code du bâtiment durable, puis il y a le code du bâtiment. Il faut le voir
comme une démarche qui va s'intégrer, dont l'application va vraisemblablement
revenir à la Régie du bâtiment du Québec. Mais moi, je ne peux pas... En fait,
je vais le dire autrement : la Régie du bâtiment est responsable des
volets sécuritaires, des volets, dans certains cas, de qualité. Moi, j'ai la
responsabilité de la transition énergétique, donc je ne peux pas aller jouer
dans les plates-bandes d'un autre. Mais, en même temps, on veut que ça se fasse
dans un tout cohérent. Et l'application va vraisemblablement revenir à la Régie
du bâtiment, pour que les échanges avec le milieu puissent être... non pas pour
telle question, c'est le ministère de l'Environnement, il sera là pour y
répondre, pour telle autre question, c'est tel autre ministère ou organisme.
Donc, on... on est les derniers à souhaiter complexifier la démarche, mais, en
même temps, c'est moi qui aie la possibilité, à travers ce projet de loi, de
nous assurer que la transition énergétique dans le secteur du... du bâtiment,
elle est bien... elle est bien prise en compte.
Donc, je vous rassure, actuellement, on a
un... un code qui s'intéresse aux questions énergétiques des bâtiments. Mais,
ce volet-là va être intégré tout simplement, là, au niveau du code québécois,
là, du bâtiment durable, là. Donc, on veut une certaine cohésion à ce
niveau-là, avec une application terrain, là, par la RBQ.
Vous parliez aussi des enjeux de
financement. Il y a une formule qui est intéressante pour le... le bâtiment
privé, qui est la SOFIAC, que... que vous connaissez vraisemblablement. Est-ce
qu'on pourrait penser une formule semblable pour les bâtiments municipaux, une
formule de financement qui... bien, en fait, une formule qui aiderait au
financement, mais qui aiderait aussi à l'expertise? On parle de plus petites
municipalités dans... dans certains cas. Est-ce que c'est quelque chose qui
pourrait être intéressant, de dire : On aurait cet appui-là pour nous
assurer non seulement qu'il y ait un financement qui peut être... qui peut être
fourni, mais qu'il y a une expertise aussi qui peut être donnée aux
municipalités, là, qui voudraient s'engager dans ce type de... de travaux là?
M. Demers (Jacques) : Je pense que c'est évident, de ce côté-là, quand on peut
avoir le financement. Puis, de façon globale, on vise des économies, ça fait
que le financement, normalement, devrait... devrait vite répondre à un besoin
puis être capable... être compensé de quelque façon par la suite, là, par...
par ces économies-là, qu'on fait tous. Puis l'urgence et le besoin de l'énergie
se fait sentir à plusieurs endroits présentement, ça fait que, d'avancer
rapidement là-dessus, on... on y est, là.
Oui?
M. Châteauvert
(Pierre) : Si vous permettez,
effectivement, ce que vous venez de nous préciser, c'est très rassurant par
rapport au... au dernier point. Nous, on a... on s'est référés au texte du...
de la
partie publique du Conseil des ministres, l'analyse réglementaire, et
l'interprétation qu'on avait était différente. Mais ce que vous nous dites, un
seul cas... Parce que nous, nos inspecteurs, quand ils ont appliqué des
nouvelles... des... On l'a vu, là, avec le... les... le cadre, pas le cadre
permanent qu'on attend, mais plutôt le... les <règles...
M. Châteauvert
(Pierre) :
...on l'a vu, là, avec
le... les... le cadre, pas le cadre permanent qu'on attend, mais plutôt le...
les > règles temporaires sur les zones inondables... et tout ça, la
complexité. Notre message, c'était que... que le gouvernement s'assure de
l'efficacité de la mesure... la compréhension de la mesure. Ce que vous venez
de nous dire, là, c'est... c'est très rassurant, puis on vous remercie. Puis on
va être... on va collaborer à ce niveau-là pour s'assurer de ça, puis c'est
aussi vrai au niveau des citoyens. Ça, on est très heureux de... de votre
message ce matin.
M. Charette : C'est
gentil. Je vous remercie rapidement, parce que j'ai des collègues qui veulent
prendre la relève, mais j'aurai l'occasion d'aller vous serrer la main dans
quelques instants.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup, M. le ministre. Le député de René-Lévesque, je vous cède la
parole pour une période de sept minutes.
• (11 heures) •
M. Montigny : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je vais faire rapidement, parce que je veux
surtout vous entendre. Vous avez parlé, là, de... d'importance de la... de
consulter, là, pour les règlements, évidemment, je vous entends bien, aussi sur
les enjeux de mesures de soutien, là, des municipalités. Mais je veux vous
amener... Peut-être ça va vous permettre de revenir sur ces deux éléments-là,
mais je veux vous amener sur deux questions. La première, c'est sur la... tout
le... le côté de cotes ou de... où on va mettre des cotes sur les bâtiments, je
veux vous entendre là-dessus. Mais la deuxième que je vais amener tout à
l'heure, c'est l'enjeu de la biomasse forestière.
Donc, allons-y sur toute la question de la...
de la cote des bâtiments. Donc, est-ce que vous considérez que la mise en place
d'un système de... de cotation, en fait, là, c'est un geste efficace pour
améliorer la performance? Parce que souvent, quand on cote des bâtiments, ça
nous permet de nous comparer, puis... entre nous, mais aussi avec d'autres.
Alors, j'aimerais ça vous entendre là-dessus.
M. Châteauvert
(Pierre) : Bien, le... En fait, il y a
plusieurs autres expériences qui utilisent cette façon-là, puis je pense que ça
a démontré son... une forme d'efficacité. Le défi, c'est la facilité et la
capacité de bien comprendre puis que ce soit bien appliqué par les gens sur le
terrain, avec les... Ça va finir par les inspecteurs municipaux et tout ça,
puis... Parce que ni la RBQ ni le ministère ont le système d'inspection puis
d'application sur le territoire. Donc, à ce moment-là... Et c'est notre...
notre offre de collaborer avec le ministère pour s'assurer... Nous, dans notre
réseau, on a des gens... les... les gens, des inspecteurs, puis on collabore
avec eux. C'est de s'assurer de la faisabilité puis la facilité de la capacité
de le livrer. Et tout est là, tout est là. C'est une loi qui donne énormément
de pouvoirs habilitants au ministre. On va y aller par règlements.
Effectivement, on réagira à ce moment-là. Mais on est très ouverts à cette
idée-là, parce qu'effectivement vous l'avez dit, la comparaison, c'est le...
c'est le début de... voir si tu es bon ou tu n'es pas bon, puis de voir si tu
peux t'améliorer.
M. Montigny : Bien,
juste un petit... juste... Je vais y aller un petit peu plus loin sur cet
enjeu-là. Je lisais tantôt, dans les documents d'Hydro-Québec qui vont nous
être amenés, là, qu'il y avait... qu'il y avait une petite question, ils vont
probablement en parler tout à l'heure, sur la lourdeur administrative, la
reddition de comptes. C'est quelque chose que vous abordez régulièrement,
l'enjeu de la reddition de comptes. Alors, est-ce que ce système-là, pour vous,
il y a moyen de le faire pour éviter cette reddition de comptes ou dans
l'alourdissement, disons, du travail des municipalités?
M. Châteauvert
(Pierre) : C'est une préoccupation. Dans
l'entente de réciprocité qui a été signée le 13 décembre dernier, il y a
une démarche par rapport à la reddition de comptes des municipalités... donner
quelques chiffres. Puis, effectivement, il y a une proposition qui sera fait à
la table et tout ça, au gouvernement, par l'UMQ, nous, avec... en collaboration
avec l'ADGMQ puis l'ADMQ, sur un processus pour améliorer, OK, cette... toute
cette question de reddition de comptes là. Ça va passer... il faut que les conseils
d'administration des deux unions soient... se... ce soit soumis à leur
attention et pour discussion. Mais c'est certain que nous, on va regarder ça
via le prisme de cette question-là, parce que c'est invivable, le nombre
d'heures que ça demande aux directeurs généraux, aux directeurs, aux directions
des municipalités. Mais c'est possible de faire quelque chose quand c'est... il
y a... C'est une question qu'il faut discuter. Il faut tenir compte de... les
gens, qu'est-ce qu'ils vivent sur le terrain. C'est... Et... Mais il faut... il
faut échanger. Et là, c'est ce qu'il a été convenu le 13 décembre dernier
dans le cadre de l'entente. Puis nous, on va collaborer parce qu'on comprend
que les objectifs doivent être atteints aussi. Il y a un défi qui est évident,
puis il faut l'atteindre.
M. Montigny : Donc, si
je vous comprends bien, tout est dans la collaboration qu'on aura ensemble,
mais on est dans la bonne direction.
M. Châteauvert
(Pierre) : L'ouverture, la collaboration.
L'ouverture, la collaboration.
M. Demers (Jacques) : Il y a des éléments là-dessus où est-ce qu'il faut vraiment
intégrer nos professionnels, ceux qui auront à l'appliquer, qui vont être
capables... voir de quelle façon... Parce que, des fois, on a des bonnes
intentions, mais si ça ne fonctionne pas dans l'application... Puis j'oserais
dire la même chose au niveau des cotes. Des fois, on avait des subventions
basées sur des cotes ou des... des normes qui venaient d'ailleurs. Puis là, ils
nous disaient : Bien, si vous arrivez à tel niveau, bien, vous aurez plus.
Des fois, on faisait des choses ridicules juste pour aller chercher des points,
pour dire : On veut atteindre des cotes. Les cotes, il faut que ce soit
basé sur quelque chose de concret qui se fait puis qui se fait au Québec puis
dans l'ensemble des régions. Il ne faut pas que ce soit basé sur un... un
modèle...
Haut de la page
11 h (version révisé
e) M. Demers (Jacques) : ...au Québec puis dans l'ensemble des régions. Il ne faut
pas que ce soit basé sur un modèle, un style de ville, puis on dit : OK,
si vous arrivez à ça, il y a des places, ça ne s'appliquera pas. Ça fait qu'on
va tous vouloir y arriver. Puis souvent, quand on rattache ces cotes-là à des
obligations, il faut faire attention d'où viennent les cotes.
M. Montigny : Je vais y aller
rapidement, parce qu'il ne reste presque plus de temps, mais je veux vous
amener sur l'enjeu de la biomasse forestière. Hydro-Québec va nous parler aussi
de biénergie. Il y a des régions au Québec, on en parlait avec l'UMQ tantôt,
qui n'ont pas, là, de gaz naturel. Je pense à la Côte-Nord, ma région,
notamment, où il n'y a pas de gaz naturel, il n'y a pas de réseau, donc, mais
il y a de la biomasse forestière. Alors, j'aimerais ça vous entendre là-dessus.
M. Châteauvert (Pierre) : En fait, la FQM, vous avez vu les résultats des appels de
propositions, là, pour l'éolien, nous sommes directement... on travaille
directement avec cinq des huit projets. Puis les trois autres, bien, c'est nos
membres aussi avec qui on travaille. Et on a un module et on... qu'on est à...
non pas juste en collaboration, mais à contrat avec une trentaine de MRC pour l'ensemble
des projets éoliens, mini-barrages de toutes sortes pour la production d'énergie
propre en région. Ça comprend la biomasse. Et... Mais il y a des... il y a des
difficultés, il y a des... il y a des défis,avec l'ensemble de ces projets-là.
Effectivement, il faut s'asseoir puis regarder ça, mais les contacts qu'on a
avec Hydro-Québec, M. le Président, je pense que c'est... ils sont... s'ils sont
porteurs.
M. Demers (Jacques) : Puis le besoin d'énergie présent va probablement ramener
ces sources-là importantes. D'avoir plus d'une voie d'aller chercher l'énergie,
je pense qu'ils ont... On a un besoin de ce côté-là, qui est plus grand, puis
il y en a qui ont déjà de l'expertise, ça fait qu'il ne faut pas les lâcher de
ce côté.
M. Montigny : Merci beaucoup.
Ça me convient.
La Présidente (Mme Maccarone) : Il
reste une minute dans votre temps.
M. Montigny : Ah! bien, M. le
ministre? OK, je vais y aller. Je vais revenir sur cet enjeu au niveau des
municipalités, parce que, vous le savez, là, j'ai... j'ai été maire, puis cet
enjeu, là, d'éviter l'alourdissement, le... On le dit souvent, là, on alourdit
souvent la tâche. Ça fait que j'aimerais ça juste vous dire : Avez-vous
quelque chose à rajouter là-dessus?
M. Demers (Jacques) : Bien, je pense, les exemples que Pierre prenait tantôt,
juste dans les dernières années, à quel point on a dit qu'on n'alourdit pas, on
n'arrête pas de rajouter du personnel pour faire juste de la reddition de
comptes. C'est... ce n'est pas vrai qu'on... on n'alourdit pas. Au contraire,
de ce côté-là, on avait, il me semble, des intentions de dire, quand on va
rajouter une reddition, on va enlever quelque chose d'autre, de façon à dire :
Il faut garder à niveau. On a l'impression qu'on pousse des petites
municipalités à devenir... à être des administrations de grandes municipalités,
parce qu'on a des redditions de comptes qui se ressemblent beaucoup.
M. Montigny : OK. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Nous allons poursuivre nos échanges avec l'opposition officielle. Mme
la députée des Mille-Îles, vous disposez de 12 min 23 s. La
parole est à vous.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Merci à vous deux pour votre exposé. Je vais peut-être continuer
sur la lourdeur administrative. Vous parlez, dans votre mémoire, du rapport
Perrault et que, depuis 2015, il y a plus de 90 obligations en reddition
de comptes qui se sont ajoutées. Là, vous dites, la première pièce législative
de l'année pourrait en rajouter davantage. Est-ce que vous avez une idée, là,
de ce que ça représente en temps dans une municipalité, en argent, par exemple,
dans une municipalité?
M. Demers (Jacques) : Si on... si on rouvre le rapport Perrault, c'est ce qu'on y
retrouve. On avait évalué... je ne l'ai pas de mémoire, mais on était quatre
signataires de ce rapport-là, dont je fais partie. On avait rencontré
directement ou indirectement plus de 400 municipalités pour faire le
rapport. Puis il me semble que c'était clair pour tout le monde, à partir de
là, on allait enfin dire : On arrête d'en rajouter. On s'aperçoit que ça...
ça ne semble pas possible, ou il faut trouver une façon autre de le faire,
parce que cette lourdeur-là est un coût économique énorme.
Puis ça semble être un peu facile de dire...
des fois, on fait des projets de loi, des choses, on met en place, des
ministères vont s'en occuper, on... Le risque, en bout de ligne, c'est que ce
soient les municipalités qui aient à s'en occuper. C'est-tu rien qu'un pas vers
ça qu'on est en train de faire? Bien, c'est notre crainte. Parce que, quand on
regarde les gens qui devront faire le suivi, ce n'est pas nécessairement des
ministères ou des endroits qui semblent avoir... déborder de personnel puis qui
ont du temps à dire : On va... on va s'en aller sur le terrain puis on va
faire le suivi de ce côté-là. Ça fait que la plupart des municipalités, c'est
carrément dans leurs règlements qu'on s'accote sur le <i>code du bâtiment.
Ça fait que, là, on se dit : Oh! nos inspecteurs, qui, déjà, ont beaucoup
d'ouvrage de ce côté-là, ont-ils, demain, deux codes à suivre, à vérifier, puis
voir si ça fonctionne bien ensemble pour ne pas en échapper? Là, ce qu'on
apprend, bien, probablement qu'on pourrait le mettre à l'intérieur, bien, c'est
déjà intéressant. C'est ces choses-là, là, qu'on veut éviter, pour ne pas
mettre en double surtout.
Mme Dufour : Mais vous avez
aussi estimé, dans votre mémoire, des coûts supplémentaires que ça pourrait
représenter par bâtiment...
M. Demers (Jacques) :
Dans ce cas-là...
Mme Dufour : ...un audit
énergétique. Vous avez estimé à 15 000 $ par bâtiment, des frais
relatifs à l'obligation de vérification aux cinq ans, ça <aussi...
Mme Dufour :
...à
15 000 $ par bâtiment, des frais relatifs à l'obligation de
vérification aux cinq ans, ça > aussi, c'est... c'est des montants.
Est-ce que les municipalités ont ces sommes-là actuellement? Je pense que...
M. Demers (Jacques) : C'est... ah! il y a... il y aurait peut-être deux réponses
à ça. La réponse courte, non, évidemment, on le voit présentement, on est dans
une période de taxation, puis il n'y a pas beaucoup de municipalités qui ont
fait les premières pages pour dire c'est extraordinaire à quel point ils ne
montent pas les taxes. On en a vu très peu, en première page, de ça.
Je pense qu'il faut répondre à ces
citoyens-là, qui sont... qui ont de la pression de tous les côtés. Puis, quand
on en rajoute au municipal, bien, comme quand on en rajoute à chacun des
gouvernements, c'est directement le citoyen. On... on travaille tous avec le
même citoyen, que ça vienne d'un endroit ou de l'autre. On se dit, bon, bien,
il va y avoir un coût autour de ça, on a-tu réellement la capacité de le faire?
On... C'est... c'est là qu'est... qu'est toujours la difficulté.
• (11 h 10) •
Dans une période aussi qu'on veut avoir
plus d'habitations, on veut... on se fait dire que c'est long, le municipal,
qu'il y a beaucoup d'étapes, bien, on ne vient peut-être pas de le raccourcir.
En même temps, on n'a pas de misère à dire que c'est quelque chose qu'on a
besoin, là. On parle de l'énergie, on a... Il faut le faire. Je pense,
collectivement, on comprend le besoin, essayons de trouver le bon chemin, là.
Mme Dufour : Puis est-ce que...
est-ce que vous voyez un risque que ces surcoûts-là et cette reddition de
comptes supplémentaire là puissent peut-être, disons, empêcher des villes de
sauver des bâtiments? Parce que souvent on voit, là, dans la littérature, qu'il
y a plusieurs... par exemple, des églises qui ont été sauvées par des petites
municipalités. Est-ce que ça pourrait devenir un frein de procéder ainsi?
M. Châteauvert (Pierre) : ...une clause, quand même, qui est indiquée, puis on l'a
vue à travers... dans le projet de loi, bien, aussi dans l'ensemble des
documents que... à lequel on a eu accès, où est-ce qu'il y a une préoccupation
par rapport à ces questions-là. Mais... mais tout ça devra être discuté avec le
gouvernement pour s'assurer. Puis je suis certain que les gens vont... qu'à peu
près tout le monde comprend qu'il y a des particularités. Quand on a une
église, on ne peut pas demander la même... en pierre, on peut... historique, on
ne peut pas lui demander la même performance... au niveau de... énergétique
qu'un... qu'un édifice moderne. Donc, c'est certain, mais je pense qu'il y a
une préoccupation à travers les documents qu'on a vus.
Mais oui, il... c'est pour ça qu'il faut
discuter, pour éviter ces pièges-là, pour éviter ces problèmes-là. Et ce qu'on
a entendu ce matin, bien, je pense qu'on... on va pouvoir... On a de bonnes
discussions à venir, ça va être intéressant.
Mme Dufour : Merci. J'ai
peut-être aussi une question sur les effectifs dont les petites municipalités
disposent, là. À la page 13 de votre mémoire, vous dites : «Il est
peu probable que les petites municipalités du Québec puissent prendre en charge
les responsabilités imposées par ce projet de loi avec leurs ressources
actuelles.» Quand j'ai lu ça, je me suis dit : Mais même si on vous disait
«on vous les paie, les ressources», seriez-vous capables d'aller les chercher,
les ressources supplémentaires?
M. Demers (Jacques) : C'est sûr que c'est une problématique, évidemment, tout le
monde est en train... Mais, en même temps, on est en train de trouver ou
chercher des solutions. Il y a... il y a des fusions de services qui se font à
bien des endroits, il y a des analyses de fusion de plein de choses dans le
monde municipal. Oui, des fusions de municipalités, il y a une possibilité, là
aussi, mais souvent, des fusions professionnelles ou de gens qui peuvent
travailler. De là l'importance particulièrement des MRC, où est-ce que, des
fois, les regroupements nous permettent une force sur le territoire. Mais vous
avez absolument raison, c'est encore une personne de plus. Est-ce qu'elle sera
disponible? Est-ce qu'on va la trouver? Je ne peux pas réellement y répondre,
sachant qu'il y a plein de municipalités qui cherchent des professionnels
aujourd'hui, là.
Mme Dufour : Exact, exact. On
épluche les offres d'emploi, puis, c'est ça, il y en a beaucoup qui reviennent
sans cesse. Peut-être, j'aimerais vous entendre sur l'immunité que vous
demandez puis ce que ça aurait comme impact puis comment ça pourrait
s'articuler.
M. Demers (Jacques) : Bien, à... bien, à chaque fois qu'on travaille, veux veux
pas, de ce côté-là, quand on dit qu'on arrive avec une obligation, bien, il ne
faudrait surtout pas qu'on se retrouve à défendre cet élément-là. Si c'est... c'est
imposé aux municipalités, comment ça se fait qu'après ça, d'un côté légal, on
aurait à les défendre, à mettre de l'argent public local? Est-ce qu'on ne
devrait pas plutôt travailler tout de suite en partant pour dire que ces
choses-là, si c'est une décision collective, bien, qu'on l'assume puis qu'on la
protège de façon collective. Parce que le risque, c'est qu'il y ait des
municipalités qui n'osent pas aller aussi loin, puis qu'elles aient la force de
l'application de ça à cause de coûts supplémentaires ou de risques de poursuite.
On... on le sent déjà dans certains dossiers, là.
Mme Dufour : Bien,
d'ailleurs, l'Union des municipalités du Québec, qui était là avant vous, a
parlé des risques judiciaires qu'ils entrevoyaient. Ça, c'est quelque chose que
vous... vous estimez possible? Puis, pour celles qui ont déjà pris des mesures,
par exemple, est-ce que le risque est là?
M. Châteauvert (Pierre) : ...je vous référerais, là, au débat que vous avez eu à
l'automne sur l'immunité dans le cas des milieux humides, la protection des
milieux humides, et tout ça. Il y a une décision qui a été rendue par
l'Assemblée nationale, et on l'apprécie grandement. On en a discuté longuement
avec le gouvernement, et, la solution qui a été apportée, on pense que c'est ce
qu'il faut faire. C'est <certain...
M. Châteauvert
(Pierre) :
...gouvernement, et, la
solution qui a été apportée, on pense que c'est ce qu'il faut faire. C'est > certain
que ce n'est pas illimité, cette immunité-là, mais, quand il y a une
responsabilité qui vient de l'État, les finances... la fiscalité locale n'a pas
à financer... l'application et la contestation en cour de quelque... d'un
mandat qui vient du gouvernement. Donc, ça, c'est notre principe général par
rapport à ça.
Et on... là-dedans, ce projet de loi là,
on voit aussi cette dynamique-là. Mais le gouvernement... l'Assemblée
nationale, vous avez rendu une décision, vous avez adopté des articles de loi,
la dernière session, qui va carrément dans ce qu'on demande. Parce qu'une
municipalité, là, qui se fait poursuivre, bien, il faut qu'elle paie les frais
d'avocat, et tout ça, puis ce n'est souvent pas prévu dans son budget. Ce n'est
pas... ce n'est pas évident, mais... et surtout quand c'est un mandat qui vient
de l'Assemblée nationale ou d'un... ou du gouvernement via un règlement.
Mme Dufour : Merci. Je vais
passer la parole au député de Jacques-Cartier.
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
M. le député de Jacques-Cartier, vous disposez de 4 min 15 s.
M. Kelley : Merci, Mme la
Présidente. Bienvenue à M. Demers puis M. Châteauvert. Je sais que vous avez
écouté la présentation de vos amis, juste avant. J'ai posé une question sur
l'autoproduction pour les municipalités et les MRC puis quand même pour les
citoyens avec les microréseaux. Mais j'ai lu, dans votre mémoire, qu'il y a
plusieurs projets déjà où les MRC participent dans les projets éoliens avec
Hydro, et c'est un modèle intéressant.
Alors, en premier temps, peut-être
expliquer comment ces types de projets là sont importants pour des différentes
municipalités et des MRC, particulièrement en région, pour aider à enlever
certaines pressions sur les réseaux, parce qu'on produit plus de l'énergie
verte pour vos citoyens et quand même pour vos municipalités, mais aussi juste
explorer l'idée de peut-être mettre des panneaux solaires sur les toits des
arénas, des écoles, des bâtiments des municipalités et peut-être certains défis
pour certaines petites municipalités que ça peut représenter, ou des avantages.
M. Demers (Jacques) : C'est ça, parce que dans... dans les faits, je pense qu'il
faut y voir les avantages. Parce que, quand on fait ce gain-là, surtout quand
on commence à manquer d'énergie dans un coin ou l'autre, bien, si on est
capables de produire le plus près possible, où est-ce qu'on n'a pas à faire
voyager cette énergie-là, je pense que, rapidement, on comprend le gain.
Et l'implication communautaire, pour nous,
on y tient beaucoup. On a des équipes qui accompagnent ces MRC là, ces
territoires-là, au niveau de l'éolien en particulier, où est-ce que ça avance
bien de ce côté-là. Mais il faut... il faut que le gain soit aussi très local.
Il ne faut pas que cet argent-là disparaisse de la région. Il y a une
acceptabilité sociale de mettre des choses en place dans une région, d'aller
chercher une ressource, qu'elle soit énergétique, ou autres, bien, il faut
qu'il y ait un gain. Puis les endroits, où est-ce qu'ils l'ont fait puis qu'ils
l'ont depuis plusieurs années, ont très bien compris ce gain-là puis l'impact
qu'il y a sur le territoire. Puis les gens adhèrent à ça. Ça fait que c'est
important que ce soit mis en place.
Puis normalement, selon moi, si c'est un
bon investissement, le... l'investissement du... des panneaux solaires, ou peu
importe la méthode pour aller chercher l'énergie, elle devrait rapporter, que ce
soit pour une petite ou une plus grande municipalité, de la même façon. Ça fait
que, si on se construit un aréna puis on nous dit que l'aréna, avec ces
panneaux-là, fait qu'elle va nous coûter, à moyen ou à long terme, beaucoup
moins, bien, c'est un gain d'affaires que chacun peut... peut gagner localement.
Ça fait que je pense que ça s'applique très bien sur l'ensemble du territoire.
Je ne sais pas, Pierre, si tu voulais aller plus...
M. Kelley : ...exactement.
Puis je crois, aussi, on ajoute le stockage et particulièrement les centres
municipals sont souvent aussi des centres d'hébergement, quand il y a une panne...
M. Demers
(Jacques) : D'urgence, oui.
M. Kelley
: ...et c'est
important, c'est des centres d'urgence. Puis, si on peut avoir un système comme
ça, aider des municipalités à être plus autonomes énergétiquement, je pense que
c'est une bonne chose. Ils vont toujours être branchés sur le réseau d'Hydro,
parce que c'est nécessaire dans les pointes de l'hiver, c'est juste normal, le
soleil n'est pas toujours disponible, ni le vent, mais quand même, en général,
avec le stockage, on peut faire un bon équilibre.
Mais je trouve ça juste très intéressant,
parce que je sais que, quand même, M. Demers, vous avez mentionné qu'il y a des
craintes qu'on a un manque d'énergie. Je sais. Est-ce que c'est quelque chose
que vos membres discutent de plus en plus? Est-ce qu'il y a des projets qui
sont présentement en pause à cause le fait qu'il y a un manque d'énergie, puis Hydro
travaille sur les différents plans pour brancher les gens? Est-ce que ça arrive
de plus en plus souvent, selon vous?
M. Demers (Jacques) : Oui, oui, c'est du concret, là, le développement économique
qui me dit qu'il y a des entreprises qu'on laisse partir parce qu'on n'a pas
l'électricité pour leur... fournir l'entreprise qui voudrait s'installer chez
nous, des développements résidentiels, que des secteurs disent : Oh! pas
pour l'instant. On va s'attendre d'avoir l'assurance que l'électricité ou que
l'énergie va arriver chez nous de façon correcte. Il y a beaucoup de cas, là,
au <Québec...
M. Demers (Jacques) :
...énergie va arriver chez nous de façon correcte.
Il y a beaucoup de cas, là, au > Québec, qu'on peut déjà voir, qui sont
concrets, des réponses inverses à celles que chacun des territoires voudrait
donner à ces personnes-là.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Je cède maintenant la parole au deuxième groupe d'opposition. Mme la
députée de Verdun, la parole... la parole est à vous pour une période de 4 min 8 s.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme
la Présidente. Merci, M. Demers et M. Châteauvert, pour votre présentation.
J'aimerais revenir sur la recommandation un et deux dans votre mémoire. Tout à
l'heure, avec les discussions, on apprend que... avec exactitude que,
l'intention de règlement, en termes de sécurité ou de disponibilité
énergétique, ça va s'attaquer vraiment à... bon, aux règlements municipaux sur
les gaz, puis, ça a été mentionné tout à l'heure par le ministre, qu'il va être
fait en vertu de la LQE, donc en vertu de l'article 118.3.3, que vous
connaissez bien.
• (11 h 20) •
Donc, moi, je demeure inquiète puis
j'aimerais ça vous entendre sur le fait de garder la préséance dans cet... dans
ce projet de loi là, quand on va faire appel à la LQE, et, comme vous le dites
très bien dans votre mémoire, ça reste... la porte reste ouverte à casser
d'autres règlements municipaux sur d'autres enjeux, comme, qui encadrent
l'efficacité énergétique dans les bâtiments, bref. Donc, j'aimerais ça vous
entendre, vos inquiétudes là-dessus.
M. Châteauvert (Pierre) : En fait, nous, ce qu'on demande, c'est que le... quel que
soit... dans la loi ou le règlement, c'est... il y ait des seuils minimums,
dans le cadre de ce qu'on a convenu tout à l'heure. Tu sais, ça, c'est évident,
on comprend très bien que la disponibilité, l'énergie, c'est... ça doit être
vu, la capacité, la puissance, la disponibilité de la puissance doit être vue
dans une perspective nationale. Ça ne peut pas être... Mais tout ce qui est
local, tout ce qui peut être... qui est rattaché à l'aménagement, à l'urbanisme,
et tout ça, nous, ce qu'on demande, c'est que la préséance... en fait, le
règlement ou la loi prévoie des seuils minimums et permette aux municipalités,
pour différentes raisons... M. Demers faisait référence tantôt à la question
des bandes riveraines, ça s'applique un peu partout, c'est un très, très bel
exemple. On l'a vécu, et il y a des poursuites.
Donc, si c'est ça, bien, nous, ça fait...
c'est très correct. L'État a le droit. C'est comme en tout processus
d'aménagement, l'État définit ses objectifs. Nous, on les prend, on les adapte
à notre milieu, puis des fois on va plus sévère, et tout ça, donc, des choses
comme ça. C'est une discussion, c'est un échange. Ça, on embarque. Et on
comprend très bien que tout ça doit se faire dans la... les... la prérogative
qui est nationale, de l'État, c'est-à-dire toute la question de la puissance
puis du type d'énergie, des choses comme ça. Ça, c'est certain qu'on comprend
très bien ça. Donc...
M. Demers (Jacques) : Particulièrement au niveau environnement, normalement,
c'est un système qui fonctionne bien, où est-ce que l'État met, je vais vous
dire, une base qui s'applique sur l'ensemble, mais qui nous permet d'aller plus
loin. Si les municipalités sont plus avancées, je vais vous dire, en
environnement puis qu'ils veulent mettre des choses pour la protéger encore
mieux, il faut surtout éviter qu'on puisse écraser ça pour dire non. Il ne faut
pas égaler au plus bas, il faut aller... Puis, en général, ça va très bien. Là,
on a eu des exemples pas si lointains qui ont fait mal puis qui nous rappellent
à cette heure, dans les dossiers, de dire : Faisons attention à cet
élément-là pour ne pas que ça se reproduise. Puis je suis convaincu que les gens
qui l'ont pensé n'ont jamais vu cet élément-là, mais on a eu à le vivre, ça
fait que, là, maintenant, on lève la main pour l'éviter.
Mme Zaga Mendez : Merci de la
mise en garde. Puis, dans la minute qui me reste... On parle de disponibilité
énergétique, on a parlé tout à l'heure des cas de la ville de Saint-Bruno.
Est-ce que vous seriez d'accord qu'on devrait privilégier les... la
décarbonisation du parc immobilier dans ce qu'on appelle la disponibilité
énergétique?
M. Demers (Jacques) : Je n'ai pas pensé... Ce que je m'interroge, c'est sur votre
question, la prioriser rapport à quoi?
Mme Zaga Mendez : Par rapport
à des blocs d'énergie qui sont donnés au secteur industriel, par exemple.
M. Demers (Jacques) : Je pense que ce qu'on a besoin de penser, c'est une façon
globale, de quelle façon qu'on p