Transportation and the Environment — 21 April 2023 (43rd Legislature, 1st Session)

CTE 2023-04-21

Quebec — Committees

Transportation and the Environment — 21 April 2023 (43rd Legislature, 1st Session)

CTE 2023-04-21

Quebec — Committees

(Dix heures trois minutes)

Présidente (Mme Poulet) : À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, je déclare la

séance de la Commission des transports et de l'environnement ouverte.

La commission

est réunie afin de procéder à l'interpellation du député de Taschereau à la

ministre des Transports et de la Mobilité durable sur le sujet,

suivant : L'importance de la sécurité piétonne autour des écoles du

Québec.

M. le secrétaire, est-ce qu'il y a des

remplacements?

Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Bogemans

(Iberville) est remplacée par M. Sainte-Croix (Gaspé); et

M. Morin (Acadie), par Mme Rizqy (Saint-Laurent).

La Présidente (Mme Poulet) : Merci.

Conformément à l'entente prévue pour la 43e législature, l'opposition

officielle interviendra lors des deuxième, quatrième et cinquième séries

d'interventions. Je vous rappelle que le débat ne peut, à moins d'un

consentement, dépasser midi. Comme la séance a débuté à 10 h 03, y

a-t-il consentement pour poursuivre nos travaux au-delà de midi, soit

12 h 03? Consentement.

Alors, nous allons débuter avec les déclarations

d'ouverture. M. le député de Taschereau, vous avez la parole pour

10 minutes.

M. Grandmont : Merci beaucoup,

Mme la Présidente. D'abord, j'aimerais remercier la ministre pour sa présence

ce matin. J'aimerais remercier aussi les collègues qui sont présents

aujourd'hui pour discuter d'un enjeu qui est

très important. Je sais qu'on a eu une semaine rocambolesque. Je veux dire,

c'est comme ça. Puis donc je veux... Je sais qu'on a un sujet qui n'est

pas plus léger aujourd'hui, mais j'ai envie d'en parler en mode, vraiment,

collaboratif. Pour moi, ça va être très important aujourd'hui que nous

discutions de cet enjeu-là.

On s'est d'ailleurs rencontré récemment, la

ministre et moi, avec sa collègue... avec une de ses collègues, sur la question

de la sécurité routière autour des écoles. Je veux lui assurer que je suis en

mode collaboration sur cet enjeu-là. Je pense que c'est très important de

l'être. On va avoir nos parents et nos enfants qui vont venir assister... je ne les vois pas encore, mais, en tout cas, qui

vont être là tout à l'heure. Je pense qu'ils s'attendent à ce qu'on livre des résultats.

Je pense qu'ils s'attendent à ce que le débat soit serein, qu'il mène vers des

résultats concrets, qu'il mène à des résultats rapides et ambitieux aussi.

Donc, ils ont besoin qu'on agisse de façon responsable.

Ça revient périodiquement, hein, les enjeux de

sécurité routière au Québec. Puis le 13 décembre dernier, la petite Mariia

Legenkovska, une fillette qui fréquentait l'école Saint-Jean-Baptiste-Meilleur

à Montréal, est décédée, happée par le

conducteur d'un VUS. Et ça a relancé, évidemment, le débat sur la sécurité

routière autour de nos écoles. Cette tragédie-là a secoué le Québec.

Cette tragédie-là aurait pu être évitée, et c'est ce que les parents entendent,

et comprennent, et c'est ce qu'ils disent

aussi. Il y a, en réaction à cet accident-là, plusieurs parents qui se sont

mobilisés, à plusieurs reprises, pour discuter de sécurité. Ils se sont

mobilisés, autour de leurs écoles, périodiquement, pour être capables d'obtenir des changements à la sécurité

autour des écoles. Après des drames pareils, on peut espérer qu'il y a une

espèce de «désormais» qui s'inscrit dans l'espace public : désormais, nous

ferons les choses différemment. Désormais, nous prendrons en charge nos

responsabilités.

Malheureusement, on s'était dit exactement la

même chose en 2018, quand la petite Anaïs était décédée sur le chemin de l'école à

Saint-Flavien-de-Lotbinière. Mais Anaïs marchait sur le chemin principal d'une

route à numéro qui appartient au ministère des Transports du Québec. Ça

permet de montrer que cet exemple-là... par cet exemple-là, que c'est un enjeu

qui touche tout le Québec. C'est un enjeu à la fois urbain et qui se passe

aussi dans les plus petites municipalités.

L'histoire se répète tout le temps, puis les gestes forts qu'on aimerait avoir

ne se... en fait, se font toujours attendre.

J'avais proposé, moi, en février dernier, un mandat d'initiative sur la

sécurité routière pour réfléchir à cet enjeu-là, pour trouver les meilleures solutions. J'avais demandé qu'on rencontre

des experts, qu'on rencontre des groupes qui sont très bons dans ces

enjeux-là. Malheureusement, cette demande-là a été refusée.

Donc, au

bénéfice de la ministre et de ses collègues, quelques statistiques qui

démontrent la gravité de la situation, en 2022, 36 piétons sont

morts sur le territoire de la Sûreté du Québec, pas en ville, sur le territoire

géré par la Sûreté du Québec. En moyenne, au

Québec, une personne piétonne meurt d'une collision routière tous les cinq

jours. Depuis 10 ans, ce sont

27 000 personnes qui ont été blessées et 650 personnes qui sont

décédées alors qu'elles se déplaçaient à pied. Selon l'INSPQ, entre les années

2017 et 2023, on estime que 81 enfants, âgés de 5 à 12 ans, ont été

blessés par un véhicule motorisé.

C'est évidemment 81 enfants de trop. Entre 2006 et 2018, la proportion de

piétons sur l'ensemble des personnes décédées est passée de 13 % à

19 %. Puis ça a été pire en 2019 et 2017, c'est 21 % des décès qui

impliquaient des piétons.

cyclistes, bien, ça ne va pas beaucoup mieux non plus. Il y a eu une baisse

continue des décès ou des accidents impliquant des piétons entre 2016 et 2019,

mais, en 2021, ils représentaient 5,2 % des décès sur les routes. C'est la

proportion la plus élevée des 15 dernières années. Au Québec, 62 % des victimes

et 63 % des collisions surviennent en

milieu urbain, et les personnes aînées, les cyclistes et les piétons y sont

malheureusement surreprésentés. Ce

sont des chiffres alarmants. Ce sont des... C'est une situation qui est due non

seulement à la façon dont on a aménagé nos villes, mais aussi à

l'augmentation fulgurante du nombre de véhicules sur nos routes. Il y a

vraiment une relation de cause à effet entre l'aménagement de notre territoire

et le nombre de véhicules sur nos routes, puis en particulier aussi, ce nombre

de véhicules qui sont toujours de plus en plus gros. On a des véhicules qui

sont toujours de plus en plus gros, notamment avec les VUS. En 2000, il y avait

4,6 millions de véhicules immatriculés au Québec, alors qu'en 2021, c'est 7 millions de véhicules. On

a gagné quasiment... en fait, on a gagné 2,4 millions de véhicules sur nos

routes en 20 ans. Aujourd'hui, sur

l'ensemble du territoire du Québec, 74 % de nos déplacements sont faits en

auto solo.

Puis au sujet de la

grosseur des véhicules, la taille, la configuration, la hauteur, la masse des

véhicules influencent la gravité des blessures. Plus le plus véhicule est gros,

plus la gravité des blessures est élevée. Je vais me lever pour la

démonstration, là, mais, quand j'étais jeune, les véhicules étaient plus bas.

S'il y avait une collision, le véhicule me

percutait dans les jambes. Aujourd'hui, il n'est pas rare de croiser des

véhicules qui font cette hauteur-là. Ils sont plus lourds, ils sont plus

hauts.

Quand je me fais

frapper, là, par un véhicule, c'est mes organes vitaux qui sont attaqués en

premier. La masse du véhicule étant plus

grosse, l'énergie transmise à mon corps est plus importante qu'avant aussi. Ça

occasionne, pour vrai, davantage de gravité de blessures. Puis ces

véhicules-là ont des angles morts qui sont plus grands. Pensez au pilier entre

votre fenêtre de portière puis le parebrise. Le pilier est plus gros, on voit

moins bien. Moi, là, si j'étais dans un

véhicule, je ne verrais pas mes collègues qui sont là-bas en ce moment, à cause

de ce pilier-là. Bien, en 2020, 80 % des véhicules neufs qui étaient

vendus, c'était des VUS, des camionnettes, des fourgonnettes. Tout ça fait que

nos enfants qui se déplacent vers l'école aujourd'hui sont plus à

risque, malheureusement. On a laissé un peu aller les choses dans les années... depuis les années 2000, et malheureusement nos

enfants sont plus à risque. Et ce n'est pas normal, on le dit souvent,

en 2023, de se mettre en danger pour aller à l'école.

Puis, quand on

regarde le bilan de sécurité routière, on remarque, comme je l'ai dit tantôt,

qu'on a atteint un plateau. Actuellement, en Suède, là, le taux de décès par

100 000 habitants est à 1,8, 1,8 décès par 100 000 habitants. Au

Québec, il est de quatre décès par 100 000 habitants. On est deux fois

moins bons, à peu près, là, qu'en Suède. Si on avait un aussi bon bilan routier

que la Suède, on aurait eu, en 2021, environ 600 blessés graves de moins

puis environ 200 décès de moins.

Puis

c'est quoi, le secret de la Suède? Bien, c'est une stratégie routière qui

s'appelle la vision zéro. La vision zéro, c'est une stratégie qui est

proactive plutôt que d'être réactive. C'est une stratégie qui travaille sur les

causes plutôt que sur les effets et qui vise ultimement zéro décès sur les

routes et zéro accident grave. Accident grave, là, c'est qui nécessite une hospitalisation. C'est une stratégie

qui mise sur une responsabilité partagée plutôt que, comme à l'heure actuelle, là, principalement sur le respect du

Code de la sécurité routière. Actuellement, c'est ça, au Québec, alors que,

là-bas, la responsabilité est partagée non seulement entre les usagers, les

corps policiers, mais aussi les concepteurs routiers,

le législateur... donc, un code de la sécurité routière plus proactif et aussi

des concepteurs routiers qui sont dans les municipalités ou qui sont au

gouvernement, qui conçoivent des rues qui vont empêcher des collisions ou qui

vont réduire la vitesse des véhicules, s'il y a risque de collision. Il n'y a

rien de bien étrange... je ferais un parallèle avec la

Loi sur la santé et sécurité au travail, c'est exactement ça, la

Loi sur

la santé et sécurité au travail. L'objectif, c'est zéro accident grave

et zéro décès sur les milieux de travail. C'est ça qu'elle dit, la loi. Elle

travaille sur les causes d'abord, et donc on essaie d'éliminer les causes de

risques pour les personnes travailleuses, et, à la fin, là où on n'arrive pas à

éliminer la cause du risque, on demande aux

gens de porter un casque, une veste réfléchissante, d'être visible, de porter

des outils de protection individuelle.

Donc, ça veut dire

que, par exemple, pour les abords d'une école, on pourrait requalifier les rues

pour les rendre piétonnes, on pourrait

mettre des dos d'âne, on pourrait, par différents mécanismes, réduire la

place... pas la place, mais la vitesse de circulation. Ça veut dire

aussi légiférer sur la taille des véhicules. C'est important.

C'est une stratégie

de sécurité routière qui doit inspirer le Québec. D'ailleurs, il y a plusieurs

experts et organisations de la société civile qui le demandent depuis plusieurs

années. Évidemment, on pense à Vélo Québec, à Piétons Québec, mais le

CAA-Québec aussi le demande.

Actuellement, il y a

plusieurs municipalités qui se sont mobilisées. Je pense que la ministre a

reçu, là, les différentes résolutions qui

ont été adoptées par plusieurs villes, qui représentent environ 4 millions de

citoyens au Québec. Elles demandent au

gouvernement d'agir rapidement, d'avoir un plan ambitieux à court terme, mais

qu'il y ait des moyens importants pour être capable de solutionner.

Donc, ce que je

demande, aujourd'hui, à la ministre, c'est : Est-ce qu'elle peut

s'engager, devant les parents et les enfants

que je viens de voir apparaître dans les tribunes, à adopter une politique

nationale vision zéro afin de faire en sorte

que les tragédies comme celle de Mariia, bien, il n'y en ait plus d'autre au

Québec? Est-ce qu'elle peut également s'engager

à ajouter, en complémentarité avec le Fonds de sécurité routière, des sommes

spécifiques pour la sécurisation des zones scolaires qui seront mises à

disposition des municipalités du Québec? Merci, Mme la Présidente.

La Présidente (Mme

Poulet) : Merci. Alors, je cède maintenant la parole à la ministre,

également pour une période de 10 minutes.

Mme Guilbault : Oui, merci. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Salutations à tous mes

collègues. Un plaisir d'être ici avec

vous ce matin, effectivement, pour un tout autre sujet que celui dont je parle

depuis... en tout cas, plusieurs, plusieurs, plusieurs heures

consécutives cette semaine.

Et merci d'avoir

invité... J'ai eu la chance de rencontrer... puis d'avoir un très beau cadeau,

ce matin, d'un jeune que j'ai rencontré tout à l'heure avec d'autres amis,

presque tous de la même école, les parents, et tout ça, qui ont pris le temps

de se déplacer aujourd'hui. Je disais aux jeunes : Vous manquez l'école,

en même temps, ça fait que, dans le fond, ça

doit faire votre affaire, mais toujours est-il qu'ils ont pris la peine de se

déplacer ici pour venir nous rencontrer, qu'ils ont certainement

rencontré mes collègues aussi, mon collègue de Taschereau. Alors, grand merci

aux parents, aux enfants qui se sont déplacés aujourd'hui, aux gens qui les

accompagnaient. Merci, salutations à mes collègues, bien sûr, mes collègues du

gouvernement, mon adjoint, le député de René-Lévesque, le député de Gaspé aussi, chez qui j'étais lundi, d'ailleurs. Et donc

salutations à vous, Mme la Présidente, bien sûr, à votre équipe, aux gens

qui sont avec nous ici aujourd'hui, qui nous permettent de faire cet exercice

qui est pertinent.

Et puis je vais

reprendre un peu les... je vais me permettre de reprendre un peu les propos

introductifs de mon collègue de Taschereau, qui disait être en mode

collaboratif, évidemment, moi aussi, là. Le sujet dont il est question aujourd'hui, la sécurité routière en général...

bien, la sécurité en général au Québec, que ce soit autour des écoles ou

ailleurs, n'est pas le genre d'enjeu,

à mon sens, sur lequel on fait de la politique, ou de la partisanerie, ou la

chicane, ou ce genre de comportement

là, là. Je pense qu'il n'y a personne au Québec qui pense qu'on devrait se

priver de sécurité en général, surtout pas aux abords de nos écoles.

Et j'ajouterais, bien

qu'aujourd'hui ce soit, je pense, ciblé autour des écoles, mais, de façon

générale, la sécurité routière, moi, j'ai une pensée aussi beaucoup pour nos

aînés quand j'y pense, parce qu'on a une population qui est vieillissante et, dans les faits, quand on regarde les

statistiques pour... du moins, pour les piétons blessés graves ou malheureusement décédés, les gens... les aînés

sont très représentés, là. Ils sont... Est-ce qu'ils sont surreprésentés? D'une

certaine façon, oui, parce que chaque décès est un décès de trop, mais donc il

y a beaucoup d'aînés qui, malheureusement, font

partie de ces statistiques-là,

ce qui fait d'ailleurs qu'on a ajusté le temps de traverse. C'est une des

choses qu'on a faites, parmi les nombreuses choses qui ont été faites en

sécurité routière dans les dernières années,

et qu'on continue de faire, et qu'on fera dans l'avenir, mais donc, ça, ça a

été fait, l'ajustement du temps de traverse, parce que le temps n'était pas réaliste pour une personne qui peut avoir

une mobilité réduite ou des capacités différentes d'autres groupes

d'âge. Alors...

Mais

donc nos enfants, effectivement... et le décès de la jeune fille, en décembre

dernier, a relancé la discussion sur

la sécurité routière, précisément autour des écoles, d'une manière où... On en

parle continuellement, là, de semaine en

semaine, ça revient et c'est une bonne chose. Malheureusement, des fois, on a

l'impression qu'il faut qu'il survienne une tragédie pour remettre à l'ordre

du jour un sujet qui est fondamentalement important. C'est le cas actuellement.

Alors, moi, j'ai pris l'engagement, là, de poser des actions supplémentaires en

sécurité routière, en plus de tout ce qui se

fait déjà, et je vais me permettre de dire qu'il y a déjà une stratégie en

place de sécurité routière, mon collègue le sait, qui est portée par la

Société de l'assurance automobile du Québec, qui est une stratégie assortie

d'une enveloppe de 50 millions quand même, 90 actions.

Donc,

il y a déjà vraiment beaucoup de choses qui se font, des campagnes de

sensibilisation notamment. On a tous vu, entendu des publicités sur

l'importance de la sécurité routière, qui sont axées en alternance sur diverses

problématiques plus précises. Quand

on regarde les fameuses statistiques... bien, fameuses, tristement fameuses

statistiques, là, les dernières qui sont sorties, où l'augmentation des

décès des piétons... on voit que, bien sûr, la vitesse, mais il y a aussi

toujours les facultés affaiblies et le fait

que les gens ne portent plus la ceinture de sécurité, et ça, c'est peut-être un

autre exemple d'un enjeu qu'on tient des fois pour acquis. Nous, on...

en tout cas, personnellement, moi, je tenais pour acquis que tout le monde met sa ceinture de sécurité

maintenant, en 2023, et donc apparemment il faudrait refaire un tour de roue,

là, en sensibilisation sur la ceinture de sécurité parce qu'on voit que c'est

un enjeu quand on analyse plus finement les statistiques sur les décès de

piétons, les enjeux, le port de la ceinture de sécurité revient.

Alors, c'est un

exemple d'axe ou... c'est ça, d'axe de communication sur lequel peut porter des

campagnes de sensibilisation de la Société

de l'assurance automobile du Québec, tout comme l'alcool au volant, les textos

au volant. On le sait, la société

évolue. Je me souviens, à l'époque, les textos au volant, ce n'était pas un

enjeu, mais c'en est devenu un quand

on a commencé à avoir des téléphones puis que les gens se sont mis à texter, à

parler au cellulaire, et tout ça. Alors, c'est évolutif, et, en ce

moment, donc, comme je le disais, toute la sécurité autour des écoles pose un

enjeu.

Outre la SAAQ, le

ministère... parce que c'est sûr que c'est un enjeu partagé, puis je vais

reparler, à diverses occasions pendant

l'exercice d'aujourd'hui, donc je vais y revenir... mais quand on parle de la

sécurité autour des écoles, ça ne peut pas être la responsabilité d'une

seule personne ou d'une seule instance, d'abord parce qu'une grande

partie de nos écoles au Québec, nos milliers

d'écoles, sont situées sur le réseau municipal. Donc, le réseau municipal est

géré par les municipalités, à l'évidence. Il y a plusieurs écoles, néanmoins,

qui sont situées sur des routes qui sont sous la responsabilité du ministère

des Transports et de la Mobilité durable, mais au-delà de ce fait-là, quand on

parle à un parent, quand on parle à un

enfant, quand on parle à n'importe qui, ça ne l'intéresse pas de savoir qui

gère quelle rue, là. Ce que les gens veulent, c'est que ce soit sécuritaire.

C'est pour ça qu'il faut

le faire vraiment en collaboration, parce qu'il reste qu'il faut composer avec

cette réalité-là. Moi, je ne peux pas, comme ministre, arriver à l'école ici à

côté, qui est sur le réseau de la ville de Québec, puis venir dire à la ville de Québec : Voici comment tu vas gérer

ton réseau, ou voici qu'est-ce que tu vas faire dans telle ou telle rue.

Tu vas mettre un radar telle place, un arrêt-stop telle place. Je ne peux pas

faire ça, tu sais. La ville de Québec, à

juste titre, me dirait : Je suis capable de gérer mes affaires. Et je ne

peux pas non plus, et eux ne peuvent pas venir me dire quoi faire avec

mes routes, en théorie.

Mais ce qu'on peut faire... puis pour avoir

parlé, notamment, avec le maire de Québec de ça, avec la mairesse de Montréal, avec plusieurs maires, je me promène

beaucoup, moi, puis souvent, j'aborde... tu sais, même si les réunions

portent sur autre chose, je leur dis... je dis : Vous, qu'est-ce qui se

passe ici, la sécurité, les limites de vitesse autour des... pas juste autour des écoles, mais de façon générale, qu'est-ce

que vous pensez des normes d'aménagement? Qu'est-ce que vous pensez des... Nous, on a, au ministère,

dans le tome V, entre autres, certaines normes d'aménagement sur la...

puis les normes de signalisation qui dictent un peu ce qu'on doit faire

partout. Les grandes villes ont leurs propres services,

souvent, d'urbanisme, et de travaux publics, et tout ça. Les plus petites

municipalités, c'est moins le cas. Ils ont moins de ressources, des fois, alors vont se fier sur les normes qui

sont faites au gouvernement. Donc, que pensez-vous de ça? Qu'est-ce que

vous pensez qu'on pourrait changer, améliorer pour à la fois vous donner plus

de latitude et, je dirais, renforcer cette capacité-là de... dans un contexte

où on a une juridiction croisée, où il y a certaines rues que c'est moi qui

gère, certaines rues, c'est vous qui gérez, qu'est-ce qu'on fait pour avoir des

normes qui soient les plus utiles possibles et les plus applicables possibles

sur un vaste réseau qui, au risque de me répéter, là, n'est pas tous... n'est

pas partout de la responsabilité de la même personne?

Alors, c'est quelque chose que j'ai abordé

souvent avec la FQM, avec l'UMQ, parce que tout le monde est préoccupé par la

même chose. Tout le monde veut plus de sécurité sur son réseau, encore une

fois, pas seulement autour des écoles, mais

notamment autour des écoles. Puis je pense beaucoup aux limites de vitesse en

vous parlant de ça, là. Autour des

écoles, c'est quand même assez réglé comme enjeu, dans le sens où c'est

30 kilomètres-heure. Est-ce que les gens respectent

systématiquement la limite de vitesse? Ça, c'est autre chose. Et des fois, moi,

je trouve encore invraisemblable et déconcertant quand je vois un exemple d'une

voiture qui ne respecte pas une limite de vitesse de 30 aux abords des écoles,

causant ou non un accident, là. Mais, tu sais, moi-même, des fois, je me

promène aussi en voiture puis je vois des

gens qui vont vite près des écoles ou près d'une... près des, tu sais, des

endroits où il y a des gens qui se promènent, il y a des gens qui sont dehors,

qui vont profiter d'espaces publics. Quant à moi, ça n'a aucun sens, là. Donc,

alors, c'est ça.

Donc, j'en parle beaucoup avec les

municipalités, et tout le monde est volontaire. J'ai... et très peu de temps avant que j'arrive, là, justement, depuis le décès

en décembre, puis depuis ce temps-là, on en parle beaucoup, je me suis

engagée à déposer un plan en sécurité routière qui va bonifier tout ce qui se

fait déjà. Parce que je l'ai dit, il y a déjà beaucoup d'argent, il y a déjà

beaucoup de programmes, et là mon... je pense que mon temps achève, mais donc

je ne déclinerai pas, mais j'aurai

l'occasion d'y revenir. Il y a déjà des programmes, dont un qu'on a nous-mêmes créé

en 2022, nous-mêmes étant le gouvernement de la CAQ.

Donc, c'est un programme qui s'appelle le TAPU,

qui a été créé en 2022, une enveloppe de 56 millions, grâce auxquels on a

été capable de financer plusieurs projets, notamment des projets... Tu sais, on

donne de l'argent, en fait, aux

municipalités pour qu'elles puissent faire des aménagements sécuritaires, entre

autres aux abords des écoles. Les

municipalités, je le disais, eux autres ont une responsabilité dans la gestion

de leur réseau, et celles qui choisissent de faire des aménagements pour renforcer la sécurité autour des écoles

nous déposent des projets, et nous, on paie jusqu'à 50 % des dépenses admissibles dans ces

projets-là. C'est un programme, comme je le dis, qui, avant 2022, n'existait pas.

Alors déjà,

c'est une belle avancée, parce que, souvent, tu sais, je le disais, les

municipalités sont très volontaires, mais dans une conversation sur des

responsabilités ou des projets partagés, la question de l'argent arrive très

vite, là. Tu sais, on sait comment ça

fonctionne. Donc, quand tu démontres de la volonté d'avancer ou de progresser

dans quelque chose, de faire des

projets, de poser des actions, rapidement, l'enjeu financier arrive. Alors

donc, encore une fois, on a été au rendez-vous, nous, au ministère. On a créé

ce programme-là pour pouvoir fournir des fonds aux municipalités pour avoir

plus de sécurité sur les réseaux, entre autres aux abords des écoles, et je

pourrai revenir sur plus de détails plus tard.

La Présidente

(Mme Poulet) : Merci. Alors,

nous allons maintenant débuter la période d'échange. M. le député de

Taschereau, vous avez la parole pour cinq minutes.

Grandmont : Parfait. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bien,

je suis heureux de voir que la ministre, là, est sensible à la question de la sécurité routière autour des écoles.

Elle et moi avons des enfants. Il me semble l'avoir entendue dire

qu'elle allait à l'école à pied quand elle était jeune, ce qui est mon cas

aussi. On faisait

partie des 80 % de jeunes qui se déplaçaient à pied vers

l'école quand on était jeunes, alors que ça a été souligné ce matin, là, sur

le... pendant le point de presse, aujourd'hui, c'est seulement 10 % des

enfants qui se dirigent à l'école à pied. Il y a plein d'éléments qui font en

sorte qu'on est arrivés à cette situation-là. Notamment, il y a beaucoup de

parents qui trouvent que les abords des écoles sont rendus dangereux, parce qu'il

y a trop de voitures, parce que, s'il y a des mauvais comportements... Donc,

ils vont porter, eux autres aussi, leurs enfants en auto à l'école.

Mais il y a aussi la question de l'aménagement

urbain, la façon dont on conçoit nos villes, la façon dont on s'étale, la localisation des écoles qui est

problématique. Je vous en avais parlé... j'en avais parlé à la ministre lors

d'une rencontre précédente, mais le choix de localisation d'une école a

une influence sur le type de modes de déplacement que les jeunes vont utiliser pour se rendre à

l'école. Si l'école est disposée sur un terrain qui n'a pas vraiment de valeur

marchande pour la municipalité puis qu'elle est installée au bord d'une

autoroute, comme ici, on a un cas à Québec, l'école...

la nouvelle école secondaire à Beauport, bien, évidemment que les jeunes

n'auront pas, disons, l'environnement adéquat ou idéal, propice, pour se

déplacer à pied vers l'école ou à vélo. Oui, c'est vrai qu'il y a des choses

qui se font, puis je ne veux pas négliger et

sous-estimer le travail qui se fait, là, par les différentes campagnes, par le

gouvernement. C'est vrai qu'il y a

des campagnes qui sont menées par la SAAQ, et une chance qu'on a ces

campagnes-là parce que je pense qu'on aurait un bilan encore pire.

Par contre, c'est ce que je soulignais tantôt,

on n'arrive pas... on a atteint un plateau, on n'arrive pas à passer sous les 300 décès sur nos routes depuis

2013. On est stalés, là. Excusez-moi le mot, là, mais on est bloqués. Le nombre

de décès de piétons demeure élevé, à plus de

50 par année, de décès de piétons... à plus de 50 par année, avec une

importante variation à la hausse en 2022. C'est similaire pour les

motocyclistes. Les décès dus à l'alcool ont globalement baissé, mais pour être remplacés par les distractions

au volant. Donc, on est tout le temps en train de faire de la sensibilisation. Donc,

c'est ça, donc, on a atteint un plateau.

Maintenant,

est-ce qu'on veut aller plus loin? Est-ce qu'on veut s'améliorer? Est ce qu'on

veut... Est-ce qu'on veut faire ce pas-là? Je pense que oui. Je pense que c'est

le souhait aussi de la ministre. Mais à qui on doit se comparer pour atteindre ces objectifs-là? Parce que pour

l'instant, là, les campagnes de sensibilisation, on a atteint le maximum de

ce qu'on pouvait en tirer. Il ne faut pas arrêter, mais on a atteint le max.

Donc, qu'est-ce qu'on fait? Puis c'est pour ça

que je reviens avec la vision zéro. La vision zéro, ce qu'elle dit, c'est : L'humain est faillible. L'humain

va faire des erreurs. Qu'est-ce qu'on fait après ça, comme législateurs, comme

concepteurs d'environnements routiers, notamment, qu'est-ce qu'on fait pour

corriger ces enjeux-là? On peut faire de la sensibilisation, mais on va

continuer à avoir des humains qui vont prendre un coup de trop, qui ne s'attacheront

pas, qui vont rouler trop vite, consciemment ou non, près des écoles. Donc,

qu'est-ce qu'on fait?

On fait une route... On fait des routes qui

pardonnent. On fait des systèmes qui sont sûrs. Actuellement, on en fait, des

systèmes qui sont sûrs, en tout cas qui s'en approche. Le système autoroutier

au Québec est fait pour être... pour

pardonner aux comportements ou au manque de sommeil, par exemple, d'une

personne. Les emprises sont larges, il n'y a pas d'obstacle, il n'y a

pas d'arbre. Il y a des glissières le long des endroits qui seraient

potentiellement dangereux pour les automobilistes. Donc, si jamais il y a un

comportement x ou y, où l'automobiliste l'échappe, pour dire ça en bon

Québécois, bien, il y a de bonnes chances pour qu'il n'en meure pas parce que

la route est conçue pour pardonner cette défaillance humaine.

Mais pour être capable de faire ça, il faut

remettre la responsabilité sur les épaules des concepteurs routiers et du

législateur. Et, en ce sens-là, la ministre a nommé tantôt le tome V,

évidemment. Je pense qu'il faut aller vraiment plus haut. Il faut revoir le

tome V pour le rendre beaucoup plus ambitieux. Actuellement, c'est l'outil dont

se servent les municipalités. Évidemment, les municipalités peuvent aller plus

loin, souvent avec l'accord de la ministre, mais peuvent aller plus loin que le

tome V. Mais c'est la base minimum qui, malheureusement, sert de référence pour

beaucoup de municipalités, entre autres les petites municipalités qui n'ont pas

des services d'urbanisme adéquats. Donc, pour être capables de monter la barre,

il faut que le tome V soit plus ambitieux.

Il faut aussi évidemment travailler sur le Code

de la sécurité routière. On en a déjà parlé précédemment, ce n'est pas normal

que certaines amendes, notamment celui de ne pas payer à un péage routier, soit

plus élevée, l'amende, là, que celui de ne

pas respecter un passage piétonnier. Ça n'a juste aucun sens. C'est comme si on

donnait plus de valeur au fait de ne

pas payer un péage qu'à la vie humaine qui peut être sauvée par le respect

d'une traverse piétonne.

Donc, moi,

j'aimerais vraiment, là, qu'on puisse éventuellement, puis c'est une demande

que je fais formellement à la ministre, au-delà du plan qu'elle déposera

pour sécuriser les écoles, les abords des écoles, revoir le Code de la sécurité

routière. Il est grand temps de le dépoussiérer et travailler sur le tome V.

La Présidente (Mme Poulet) : Merci.

Alors, je cède maintenant la parole à la ministre pour une période de cinq

minutes.

Mme Guilbault : Oui. Bien, très

intéressant, l'angle que vient d'aborder le député de Taschereau.

Effectivement, c'est ça, là, on parle

du tome V, des petites municipalités qui n'ont pas tous les mêmes pouvoirs ou

les mêmes moyens, en tout cas, que les grandes municipalités et encore

moins que le gouvernement. C'est un peu ce que je disais tantôt, puis il a raison. Et puis, encore une fois, je

vais être très clair sur ma volonté, justement, qu'on en fasse plus, là, tu

sais. Puis je regardais, tout à

l'heure, les statistiques, puis une chose intéressante qu'on a portée à mon

attention, vous voyez, alors que les

piétons, malheureusement, les statistiques ont augmenté, on a eu une baisse de

56 % des décès et de 9 % des

blessures légères pour les cyclistes. Donc, ça, vous voyez, c'est une bonne

nouvelle. C'est un exemple du fait que, quand on pose des actions, on

est capable de s'améliorer puis d'améliorer nos bilans.

Alors il faut faire la même chose avec les

piétons. Et d'ailleurs, j'ai rencontré les... Bien, en fait, depuis, moi, que

je me suis engagée à déposer ce plan-là... évidemment, je ne fais pas ça tout

seul dans mon bureau, là, je fais une série de rencontres. Et j'ai rencontré

plein de gens très intéressants, variés, qui ont un point de vue ou une manière

d'aborder ça qui est varié. J'ai rencontré,

entre autres, la Fédération des comités de parents, la fédération des

transporteurs scolaires. J'ai

rencontré, je le disais, les grandes unions municipales, plusieurs villes, la

FADOQ. J'ai rencontré Jean-Marie De Koninck, que tout le monde connaît,

là, qui est un pilier de la sécurité routière, qui a longtemps présidé la table

sur la sécurité routière, qui a fait Nez rouge, qui fait encore Nez rouge,

d'ailleurs. J'ai rencontré Piétons Québec. J'ai rencontré qui d'autre? En tout

cas, je ne veux pas prendre tout le temps là-dessus, mais c'est juste pour

dire... les signaleurs routiers. Les signaleurs routiers,

d'ailleurs aussi, mention, là, parce que, quand on parle de sécurité

routière... encore une fois, les écoles, les aînés, mais les signaleurs

routiers aussi... C'est un gros enjeu, la sécurité aux abords de nos chantiers,

et ça aussi, moi, j'ai ça à l'esprit pour mon futur plan.

Donc, j'ai rencontré

toutes ces personnes-là, entre autres, et, comme je dis, qui amènent des angles

variés. Et peut-être, si on prend l'exemple

des écoles... je parlais aux gens de la fédération de parents, aux gens qui

font le transport scolaire, et un des

paradoxes de ça... puis j'ai rencontré le député de Taschereau aussi, quand

même, il faut le mentionner, personnage

important aussi en matière de sécurité routière. J'étais avec ma collègue

ministre du Sport... et c'est le 15 mars dernier, je pense, puis je lui ai exposé un petit peu, d'ailleurs, dans

cette rencontre-là, mon plan de match, là, mais donc, c'est ça.

Alors,

si on parle des écoles... puis quand je parlais, tant aux comités de parents

qu'aux gens qui font le transport scolaire...

me disaient : On est un peu dans une espèce de cercle vicieux. Parce que

je disais aux gens qui font le transport scolaire : Quel est, selon vous, le problème ou, tu sais, qu'est-ce

que vous observez, qu'est-ce qui est différent, qu'est-ce qui a peut-être changé, qui empire, qui s'améliore? Parce que

c'est eux qui sont là tous les jours dans nos écoles, le matin, puis le

soir, et le midi, même.

Donc,

alors, c'est ça, puis dans la mesure où on va de moins en moins à l'école à

pied, le député de Taschereau a parfaitement raison... Moi, j'ai grandi,

entre autres, dans Chutes-de-la-Chaudière, et on allait à l'école à pied, et

là, maintenant, ça ne semble plus être le cas. Moi, ma fille commence l'école

en septembre, puis à cause des distances, elle

ne pourra pas y aller à pied, là. Alors, ça, c'est malheureux, mais toujours

est-il que... et ce qu'ils me disaient, c'est qu'il y a de plus en

plus... justement, de moins en moins de gens qui y vont à pied et donc de plus

en plus de parents aussi qui vont reconduire leurs enfants à l'école. Et là il

n'y a absolument rien, évidemment, d'accusateur là-dedans, ce n'est pas du tout

ça, la question. C'est que les parents, pour toutes sortes de raisons, se

disent : Il faut que j'aille reconduire

mon enfant, soit l'autobus, ça ne fonctionne pas, c'est trop loin pour y aller

à pied ou en vélo. Et donc il y a tellement de voitures aux abords des

écoles à cause de ça...

Puis peut-être que ça

varie d'une place à l'autre, là. Moi, je vous parle... la fédération, donc eux,

ils ont un point de vue global de tout le

Québec. Ça peut varier d'une région à l'autre, mais il y a tellement de

voitures aux abords des écoles que les parents eux-mêmes sont stressés

de ça. Ils arrivent et ils vont porter leurs enfants à l'école, voient toutes

ces voitures-là, mélangées aux autobus, et avec des aménagements pas toujours

optimaux, et donc là veulent débarquer leurs

enfants le plus proche possible de la porte de l'école pour ne pas qu'ils

soient... tu sais, qu'ils s'exposent au péril des nombreuses voitures,

mais ce faisant, participent au volume de voitures qui est là.

Puis, encore une

fois, il n'y a rien d'accusateur là-dedans, là. Je veux dire, tout le monde

fait attention, tout le monde fait ce qu'il

peut, mais ça fait en sorte qu'il y a tellement de véhicules, des voitures ou

des autobus, proches des écoles que, là, on tombe dans une espèce de

cercle vicieux. Alors, ça, c'est quelque chose qu'il faut avoir à l'esprit. Et là je disais, justement, à la Fédération des

comités de parents... puis ils me disaient : Oui, c'est vrai... donc le transport

scolaire devrait devenir un espace de service essentiel, tu sais, s'assurer que

tout le monde a accès à du transport scolaire.

Puis là je mets à

part les enjeux, des fois, qu'il peut y avoir, de

négociations, de grève, et tout ça, là, mais, sur le fond, avoir du

transport scolaire accessible partout, le plus accessible partout, pour que,

justement, on ne soit plus obligés d'aller reconduire nos enfants en voiture.

Et là je vois que mon

temps achève, donc j'aborderai un... mais toute la question de l'aménagement,

je l'ai abordée avec le député de

Taschereau. On est face à une situation où il y a plein d'écoles, déjà, qui

sont dans des réseaux, des quartiers déjà aménagés, sur lesquels on peut

plus ou moins... on peut avoir une emprise. Puis je parlais au maire de Québec, lui, il va faire des aménagements,

notamment dans le coin ici, en basse-ville, mais il y a des endroits où on

s'apprête à développer des quartiers, et là

on a tout le pouvoir d'orienter puis de modéliser l'aménagement en fonction de ce souci-là, ce dont j'ai discuté avec ma

collègue des Affaires municipales, qui est justement en train de faire sa

politique d'aménagement, et j'y reviendrai.

La Présidente (Mme

Poulet) : Merci, Mme la ministre. Alors, je cède maintenant la parole

au député de René-Lévesque pour une période de cinq minutes.

M. Montigny :

Merci beaucoup, Mme la

Présidente. En commençant, laissez-moi simplement vous dire que je suis

vraiment très, très content qu'on ait cette discussion-là entre nous. Vous

savez, moi, j'ai été maire de Baie-Comeau, là, plus d'un mandat. J'ai été élu deux fois, là, comme maire de

Baie-Comeau. J'ai été impliqué dans plusieurs discussions, décisions en

lien avec cet enjeu-là qui est, pour moi, extrêmement important, là, quand on

parle de la sécurité des enfants, mais la sécurité de tout le monde en général,

là, parce que de plus en plus de personnes, là, comme Mme la ministre le

disait, fréquentent les alentours des écoles, tout ça. Ça fait que c'est

vraiment un enjeu extrêmement important.

C'était important pour moi, oui, parce que j'ai été maire, mais parce que

j'allais à l'école à pied, moi aussi,

quand j'étais jeune, à la fois au primaire, à la fois au secondaire, sauf les

fois où ma tante, qui était enseignante, avait pitié de moi quand il

faisait très froid puis qu'elle m'embarquait avec elle. Mais, bon, ce n'était

quand même pas fréquent.

Juste vous dire que

c'est vraiment un enjeu important, mais aussi, j'ai constaté plusieurs choses,

parce que j'ai été aussi enseignant. Ma carrière à moi, c'est l'enseignement.

J'ai aussi travaillé dans une commission scolaire, à cette époque-là, pour travailler avec les enseignants et trouver

diverses solutions, à la fois sur la réussite éducative, mais aussi sur toutes sortes d'enjeux qui concernent

les directions d'établissement. Mon rôle était de les accompagner. Alors,

ça nous a permis d'avoir plusieurs discussions là-dessus.

La sécurité

piétonne aux abords des écoles, c'est vraiment une priorité pour notre

gouvernement. Mme la ministre l'a bien mentionné, on est en mode action

là-dedans. Effectivement, l'actualité nous interpelle tous, là, comme élus, mais comme humains, puis

les enjeux de sécurité nous préoccupent. Ça fait qu'on a avancé là-dedans, puis

aujourd'hui, j'aimerais prendre le

temps de vous... en fait, de discuter avec vous de certains enjeux, Mme la

Présidente, notamment tout l'enjeu où on a vraiment des passages

piétonniers qui ne sont pas tout le temps respectés par des conducteurs.

L'enjeu des

passages piétonniers a mobilisé beaucoup de discussions, quand j'étais maire,

par mes conseillers municipaux, les

gens dans les comités de sécurité routière. Je nous amène juste un élément de

réflexion. La concertation entre les gens au service d'urbanisme, les

gens d'aménagement, les gens qui entretiennent des sociétés, des parcs des municipalités, qui pensent bien faire en

aménageant, mais en mettant, tu sais, je dirais, des végétaux, là, qui poussent

devant les endroits où il y a du...

tu sais, des panneaux de signalisation. Alors, il faut se donner une réflexion

pour que les passages piétonniers soient extrêmement visibles, qu'il n'y

ait rien pour les obstruer.

Puis effectivement on a remarqué, dans certains

cas, autour des écoles, que le brigadier scolaire a à gérer maintenant, en plus de gérer les étudiants qui...

bien, les élèves, en fait, les enfants qui viennent à l'école à pied, mais à

gérer aussi, des fois, comme Mme la

ministre le disait tout à l'heure, les véhicules qui viennent au travers,

aussi, de passages piétonniers, où le brigadier scolaire a à gérer, là,

les enfants qui s'en viennent, etc. Alors, c'est important d'avoir ça en tête

puis d'aussi dire aux parents d'avoir cette réflexion-là, quand on va porter

notre enfant, de prendre le temps de regarder cet espace, qui est à la

proximité de l'école, pour s'assurer qu'on soit extrêmement concentré de ce

qu'on fait puis bien noter que, plus il y a

de circulation autour, bien, le brigadier scolaire est très interpelé. Et je

veux, en même temps, le féliciter

pour son travail, là. C'est quelque chose vraiment important, le rôle de

brigadier scolaire. Moi, je l'ai vécu. J'en connais plusieurs dans ma

circonscription. Alors, c'est vraiment un travail extrêmement important.

J'aimerais ça aussi revenir sur l'enjeu des

municipalités qui ont besoin du soutien de Québec là-dedans. Brièvement, il me reste quelques secondes,

simplement dire que, Mme la ministre l'a dit, là, le programme qu'on a mis en

place est important, là. 56 millions pour aider les municipalités du Québec à

intervenir dans ce domaine, c'est important.

La Présidente (Mme Poulet) : Alors,

je cède maintenant la parole à la députée de Saint-Laurent pour une période de

cinq minutes.

Rizqy : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Tout d'abord,

je tiens à remercier mon collègue député de Taschereau, merci, pour

l'interpellation. C'est vraiment, aujourd'hui, je pense, une occasion très

importante. Et aussi merci à la ministre puis les collègues qui sont présents,

mais un merci tout particulier... c'est une des rares fois que je fais une interpellation,

Mme la Présidente... j'en ai fait quand même quelques-unes ici, mais je pense

que c'est la première fois que nous avons un

public avec nous qui nous accompagne. Moi, ça fait... je rentre dans ma

cinquième année comme députée. C'est la première fois que je fais un

point de presse avec des élèves aussi articulés et qui portent le message de leurs camarades de classe avec

tellement d'éloquence. On vous salue, nous vous voyons. Merci aux parents,

Montréal-Nord, présent, Saint-Flavien, présent. Énormément de personnes qui

sont avec nous, et ça se fait, tout ça, avec

des propositions constructives. Et je trouve que c'est ça, au fond, une des

meilleures façons qu'on est capable d'avancer des sujets importants,

complexes, mais dont la population s'attend à ce que nous, on soit capables de

travailler tous ensemble. Alors, je veux vous dire sincèrement merci à vous

tous.

Puis la ministre l'a très bien dit dans son

propos, elle disait que ça touche, oui, les piétons... on parle beaucoup des enfants, mais je la remercie aussi

d'avoir souligné pour les aînés. C'est excessivement troublant, les chiffres

qu'on a par rapport... lorsqu'on regarde le

tableau, les personnes qui sont happées mortellement, donc je suis contente

qu'elle y ait fait allusion.

Si vous le permettez, je vais remercier des

gens, particulièrement dans mon comté, à Saint-Laurent. J'ai des élèves de l'école Louis-Hébert qui ont écrit, avec

leurs parents, une pétition, et il y a une maman qui me dit : Est-ce que

les élèves peuvent écrire la pétition? Bien,

certainement. Puis ce sont les élèves, avec leurs parents, évidemment, leurs

enseignants, qui ont écrit une pétition.

Permettez-moi de vous la lire, je l'ai déjà déposée ici. Alors,

1 498 pétitionnaires...

«Considérant [que] les collisions fréquentes

entre automobilistes et piétons et piétonnes;

«Considérant

que chaque personne blessée ou tuée par un ou une automobiliste représente une

tragédie qui aurait pu être évitée;

«Considérant l'augmentation de la circulation

automobile dans des secteurs résidentiels et scolaires;

«Considérant l'autorité du ministère des

Transports;

«Considérant l'importance du leadership et de

l'effet de levier du gouvernement du Québec pour assurer que la sécurité

piétonne soit une priorité à chaque palier gouvernemental.

«Et l'intervention réclamée se résume

ainsi :

«Nous, signataires, demandons au gouvernement du

Québec de reconnaître les dangers auxquels font face les piétons et les piétonnes à cause des

automobilistes; mettre immédiatement à l'étude différentes solutions, y compris

en infrastructure, afin d'assurer la sécurité des piétons et [...]

piétonnes; veiller à augmenter les ressources affectées à l'incitation et à la sécurisation de la mobilité

active et d'autres alternatives aux automobiles privées; mettre en place des pénalités

dissuasives et punitives plus sévères au Code de la sécurité routière pour les

infractions en zone scolaire.»

Moi, ma question aujourd'hui, sur ce premier

bloc qui m'appartient, j'aimerais revenir sur les interventions réclamées par

les citoyens et d'autres personnes qui ont signé la pétition.

Reconnaître

le danger auquel font face les piétons, les piétonnes à cause des

automobilistes, je pense que c'est un acquis. La ministre l'a déjà dit d'entrée

de jeu, elle le reconnaît. Alors, ça, on peut tout de suite dire que c'est

fait.

Mettre

immédiatement à l'étude différentes solutions, y compris en infrastructures,

afin d'assurer la sécurité des piétons, ça, je pense qu'on peut entendre

la ministre, si elle veut mettre, justement, d'autres mesures en application.

Puis, si vous voulez, parce que je pense que c'est important... Est-ce que je

peux lui remettre, avec consentement, juste la pétition pour qu'elle l'ait sous les

yeux, là, pour que... Ça ne vous dérange pas? Merci. Avec le consentement de

tout le monde.

Veiller

à augmenter les ressources affectées à l'incitation, à la sécurisation de la

mobilité active. Les ressources, là, on parle aussi, par exemple, là, les

photoradars, mais aussi d'autres ressources. Ça peut être des ressources

humaines. On parlera tantôt des brigadiers et

brigadières, parce que j'ai beaucoup de choses à dire, parce qu'à juste titre,

la ministre a parlé des signaleurs,

mais moi, je vais aussi parler des brigadiers tantôt, mais pas maintenant, dans

ce bloc-ci.

Et l'autre élément,

dans l'intervention, réclamé, mettre en place des pénalités dissuasives et

punitives plus sévères au Code de la sécurité routière. Alors, moi, ça serait

vraiment sur les trois derniers éléments qui sont dans la pétition, qui est réclamé par les citoyens, que

j'aimerais entendre la ministre à ce sujet. Merci beaucoup, Mme la Présidente.

La Présidente (Mme

Poulet) : Merci beaucoup. Alors, je cède maintenant la parole à la

ministre pour une période de cinq minutes.

Mme Guilbault : Oui. Merci, Mme la Présidente. Très intéressant puis bravo aux élèves de

l'école, dont j'apprécie particulièrement le nom d'ailleurs, de l'école

Louis-Hébert dans Saint-Laurent. Merci pour l'effort, c'est... puis, tu sais, c'est ça... puis je me permets, là, de

montrer à nouveau le travail d'un élève ici qui est venu me porter ça. Puis on sent que la conscientisation déborde les adultes,

là. Tu sais, c'est les enfants eux-mêmes qui s'intéressent à leur propre

sécurité puis qui réclament des actions pour leur propre sécurité. Donc, je

trouve ça tout à fait admirable, et, qui sait, ce sera peut-être notre relève

en politique après que la députée de Saint-Laurent et moi, un jour, ne seront

plus ici. C'est nos enfants qui vont prendre la suite.

Donc, alors, bien, je

vais revenir sur les points en question. Effectivement, le premier, reconnaître

le danger, je pense que c'est acquis, là. Il

n'y a personne... puis encore le danger, je veux dire, danger potentiel,

Disons, il y a quand même des endroits mieux aménagés que d'autres, mais

c'est vrai qu'il y a des endroits où c'est particulièrement problématique, entre autres dans nos régions. Tu

sais, les écoles sur les routes numérotées, donc les routes du ministère, là,

dans certaines régions, ça va vite, et tout

ça, comparé à des groupes où on est dans un quartier résidentiel densifié, où

là, déjà, les limites de vitesse sont naturellement moins élevées.

Alors, c'est acquis.

Deuxième,

bon, mettre immédiatement à l'étude différentes solutions et comprendre

l'infrastructure afin d'assurer la sécurité des piétons et des

piétonnes, bien, c'est un peu ce que je suis en train de faire, là. Puis dans

les diverses discussions que j'ai eues, les

discussions que j'ai avec mon... avec mes sous-ministres, je pense, c'est

vendredi dernier, ça se peut-tu, ça

fait une semaine qu'on a eu notre dernière rencontre ou... vendredi, c'est ça.

Ça fait une semaine aujourd'hui que

j'ai eu ma dernière réunion avec mes gens qui s'occupent de ça chez nous, pour

leur donner un peu les orientations où je veux aller.

Puis je le disais

tout à l'heure, pour moi, il y a deux grands volets, avec des sous-volets à ça,

mais je regarde tout ce qui touche

l'aménagement. Puis c'est ça, j'ai été un peu... ça a été abrupt, la fin de mon

dernier bloc, mais tout ce qui touche l'aménagement, il y a plein

d'écoles déjà installées sur des réseaux développés, donc on ne refera pas ces quartiers-là. Mais il y a quand même des

leviers d'intervention puis des marges de manoeuvre pour, entre autres, les

grandes villes. Je donnais l'exemple d'ici,

à Québec, parce que le maire Marchand m'en a directement parlé, de ce qu'il

compte faire ici, entre autres, en basse-ville. Mais donc, pour les futurs

quartiers...

ma collègue des Affaires municipales, justement, a déposé, l'an dernier, la

politique d'aménagement du territoire, et là elle est en train de... ou

elle l'a déposée, la politique, le plan... Je ne sais plus comment elle

l'appelle, en tout cas, je ne vais pas

perdre du temps avec ça, mais c'est un document officiel qui s'appelle... bon,

c'est ça, le Plan de mise en oeuvre de la politique d'aménagement du

territoire. Et là-dedans il y a au moins deux mesures, là, qu'on a travaillées

ensemble et dont le porteur est chez nous, donc soutenir la planification

intégrée de l'aménagement du territoire et des

transports par des outils d'aide à sa réalisation, l'action spécifique 3.1, et

l'action spécifique 3.2, mettre en place la table d'action concertée en

sécurité routière.

Alors, ça... donc,

ça, c'est explicite, là. C'est juste, je ne sais pas si elle l'a déjà déposé ou

non.

Guilbault : Pas encore. Bon, bien, je ne sais même pas si j'ai

le droit de dire ça, en fait, si elle ne l'a pas

déposé, mais ce n'est pas grave, elle ne le saura pas. On ne lui dira pas que

je l'ai dit. Puis donc, juste pour... tu sais, quand même, il faut que

je fasse attention, là, peut-être qu'il y aura des changements. Si elle n'a pas

déposé le document, ça se peut que ça évolue encore. Mais j'en ai discuté avec

elle, je l'ai rencontrée, j'ai rencontré plusieurs collègues, mais elle, puis, pour nous, c'est important d'avoir des

éléments comme ça dans cette politique-là. Parce que, je l'ai dit, c'est

plus difficile d'agir sur ce qui est déjà développé, mais le futur aménagement

doit prendre en compte cette nécessité-là d'avoir un souci pour la sécurité, un

souci pour le transport actif, sécuritaire. Moi, je veux que les enfants

aillent à l'école à pied autant que possible, donc c'est déterminant, la façon

dont tu développes tes quartiers.

Tu sais, moi, j'ai

une école qu'on va construire bientôt dans Louis-Hébert, justement, là, parce

que... puis c'est le meilleur exemple, là.

Ça vient de m'arriver, moi, ça, dans mon dernier mandat, dans Louis-Hébert,

puis c'est un des acquis dont je suis

fière pour ma circonscription. J'ai des gens, dans le quartier de l'Érable

rouge, à Cap-Rouge, que les enfants

en maternelle étaient obligés d'aller à l'école à six kilomètres, à l'école

Filteau, à Sainte-Foy. Bon, vous direz, six kilomètres, ce n'est pas

dramatique, mais quand tu as cinq ans, je veux dire, c'est impensable que ces

élèves-là se rendent là autrement qu'en autobus ou en voiture.

Alors, j'ai obtenu du précédent ministre de

l'Éducation qu'on construise une nouvelle école dans le secteur Chaudière pour que... puis il y a plein de maisons

qui se développent, et tout ça, le tramway va arriver dans ce coin-là. Donc, on va avoir plein

d'enfants qui vont arriver autour de là. Alors, une école pour qu'ils puissent

tous aller potentiellement à l'école

à pied. C'est un exemple, là, flagrant de ce dont on est en train de parler et

on voudrait que ce soit comme ça un peu partout au Québec. Je vois le

temps, mon Dieu, ça avance vite.

Alors, c'est un exemple de solution. Ce qu'on a

enchâssé dans le plan de mise en oeuvre, le futur plan de mise en oeuvre de ma collègue pour la politique

d'aménagement, c'est concret. C'est un souhait explicite qu'on enchâsse

dans ce plan de mise en oeuvre. Alors, ça va être une manière d'orienter

l'aménagement en fonction de souci de sécurité.

Là, je n'ai pas vraiment le temps d'aborder un autre sujet. C'est stressant,

cette formule-là, parce que... Bon, en tout

cas... bien je reviendrai, parce que mettre immédiatement différentes

solutions... il n'y a pas juste l'aménagement, mais l'aménagement, c'est un point vraiment important. Moi, j'ai deux

grands volets, l'aménagement et tout ce qui touche...

Présidente (Mme Poulet) : Merci. Alors, merci, Mme la ministre. Je cède

maintenant la parole au député de Gaspé pour une période de cinq

minutes.

M. Sainte-Croix : Merci, Mme la

Présidente. Salutations cordiales à Mme la ministre, bien entendu, mes très

estimés collègues. Nos distingués invités aussi en tribune, très heureux de

vous savoir parmi nous pour un sujet important, pertinent. Auditeurs et

auditrices, bonjour à tous et bonjour à toutes.

D'entrée de jeu, je vous demanderai une certaine

forme d'indulgence aujourd'hui à mon égard, considérant que j'ai égaré ma

deuxième paire de yeux dans le cours de la semaine. Alors, ça se peut que mon

recours à mes notes soit quelque peu plus problématique, mais ce n'est rien de

majeur.

J'ai aussi, bien entendu, au-delà du privilège

d'être député, le privilège d'être papa. Donc, moi, je suis papa de deux

enfants, un dont l'école est terminée et puis une dont l'école se poursuit au

secondaire. Donc, ça amène, bien entendu,

une particularité spéciale aussi de pouvoir discuter de ça avec vous, nos

membres des oppositions, principale et

de la deuxième opposition. Donc, là aussi, il y a quelque chose de particulier,

là, à ce niveau-là. Et puis c'est d'autant plus spécial aujourd'hui que

je recevrai, dans les prochaines semaines, une visite scolaire d'une localité

de chez nous, de Murdochville. Donc, ça

m'amène un point de vue, là, tout à fait particulier sur des réalités que nous

vivons, d'une

part comme parent, bien entendu, comme citoyen en général,

mais aussi comme député, là, préoccupé par, d'une part, la sécurité de nos étudiants, de nos élèves, bien

entendu. Donc, particulièrement heureux d'être ici aujourd'hui pour cette

discussion entourant la sécurité routière, notamment celle relative aux zones

scolaires.

Je prends pour acquis qu'on s'entend pour dire

qu'ici, là, pour l'ensemble de nos collègues, c'est une priorité, hein, absolue, au regard de la sécurité, d'une part, de nos

piétons en général, mais de nos élèves en particulier. Et ça doit demeurer une priorité, je crois, dans les années à

venir, surtout autour de nos écoles, bien entendu. Malheureusement, là,

les récents événements tragiques qui ont eu lieu à Montréal sont la preuve

qu'il faut continuer à redoubler d'efforts, hein,

au quotidien en termes d'initiatives visant à améliorer la sécurité de nos

piétons, de nos cyclistes, de nos élèves en déplacement dans les zones scolaires. Heureusement, ma collègue la

ministre a un plan, et j'aurai le plaisir aujourd'hui d'en discuter avec

vous.

Mme la Présidente, j'en profite aussi, par

ailleurs, pour remercier mon collègue de Taschereau de nous avoir conviés aujourd'hui pour discuter de cet important

dossier qui nous touche tous de près. D'ailleurs, il aura l'opportunité d'apprécier le leadership de la ministre dans le

dossier et de nous entendre...et nous, pardon, d'entendre ses propositions

constructives à cet égard.

Plus précisément, j'aimerais aussi discuter avec

vous du programme d'aide financière du Fonds de la sécurité routière, une initiative particulière, que je

nommerai, là, aujourd'hui, simplement le Fonds de la sécurité routière, pour

les fins de notre discussion. Les objectifs de notre Fonds de la sécurité

routière sont simples, vous les connaissez : améliorer le bilan routier et soutenir financièrement les victimes de la

route. Depuis 2009, le Fonds de la sécurité routière a appuyé 351 projets concrets au niveau

municipal dans toutes les régions du Québec, programme évalué à

32 millions de dollars, donc des investissements importants,

Mme la Présidente, au regard du sujet qui nous occupe aujourd'hui. Cette année

seulement, ce sont 106 projets qui sont analysés et qui, s'ils vont de

l'avant, porteraient l'ensemble des investissements accordés par le fonds de

l'ordre de 45,5 millions de dollars. Donc, c'est quand même des

efforts importants, significatifs au regard du dossier qui nous intéresse

aujourd'hui.

Le plus intéressant à cet égard, Mme la

Présidente, c'est que ces programmes sont financés par les automobilistes

délinquants. On en a fait état tantôt, hein, excès de vitesse, port de la

ceinture. Bref, il y a encore, malheureusement, de la sensibilisation à faire à

cet égard et de la délinquance sur nos routes. Donc, les frais et les amendes

découlant des excès de vitesse captés par, nommément, les photoradars

contribuent lourdement à cet... au financement

de ce programme. Mme la Présidente, ce sont des automobilistes non sécuritaires

qui financent les mesures de sécurité routière. En quelques mots, le

Fonds de la sécurité routière s'est donné quatre objectifs clairs. Dans un premier temps, diminuer les risques d'accidents

sur nos routes. En second lieu, accroître la mobilité et l'autonomie des

victimes de la route...

Présidente (Mme Poulet) : Merci, M. le député. Alors, maintenant, je cède la

parole au député de Taschereau pour une période de cinq minutes.

Grandmont : Merci, Mme la Présidente. D'abord, peut-être une

petite réponse au député de René-Lévesque, qui avait eu la chance, lui,

d'avoir des lifts de sa tante quand il ne faisait pas beau. Moi, ma mère était

plus sévère puis elle me disait : Tu

marches, mon grand, il n'y a pas de mauvaise météo, il y a juste des mauvais

vêtements. Donc, j'ai marché beaucoup quand j'étais jeune.

M. Grandmont : Très sages paroles,

effectivement. Puis, tu vois... la résilience, la résilience. Peut-être juste un petit retour aussi sur... une nuance, en fait,

sur quelque chose que la ministre a dit tantôt, là. Oui, il y a une amélioration du bilan au niveau des accidents dits

légers, mais ce qu'on veut éviter, là, puis c'est l'objet de la vision zéro,

c'est les accidents graves et mortels. Dans la vision zéro, puis vraiment je

l'invite à s'informer sur cette stratégie de sécurité

routière là, c'est vraiment d'éliminer ces accidents graves et mortels. On

prend pour acquis que des accidents légers,

il va y en avoir toujours, et c'est... vraiment, ce qu'on veut éviter, c'est ce

qui cause des hospitalisations ou ce qui cause des décès.

J'aimerais aller sur un autre sujet avec la

ministre aussi. J'ai parlé tantôt, là, de la taille des véhicules du parc automobile. Il y a clairement, puis c'est dit par

plusieurs intervenants, plusieurs experts, il y a une obésité dans le parc

automobile actuellement. Il y a une obésité du parc automobile, du nombre de

véhicules, ça, je vais en discuter avec sa

collègue ministre des Affaires municipales dans le cadre du p.l. n° 16, mais, pour ce qui est de la taille des véhicules, ça, il y a

quelque chose à faire, je pense, et j'amène aujourd'hui quelques suggestions.

D'abord,

quelques statistiques, là. Le ratio voitures-camions légers s'est complètement

inversé entre 1990 et 2019. En 1990,

c'était 76 % de véhicules et 24 % de camions légers, alors que c'est

70 % de camions légers et 31 % de voitures... 30 % de

voitures aujourd'hui. Puis il n'y a pas de différence entre... d'appétit pour

le type de véhicules fourgonnettes ou VUS

entre les milieux ruraux et les milieux urbains. À peu près tout le monde

s'achète des VUS. Pourquoi les gens s'achètent des VUS aujourd'hui? À

cause de la publicité, principalement, à cause de la publicité, la publicité

qui représente un très, très grand moteur, évidemment, là... il y a 500

millions de publicités, au Québec, qui se fait par l'industrie automobile.

C'est un vecteur important, un vecteur publicitaire important au Québec. Et, en

même temps, cette publicité-là, bien, les usagers la paient, cette

publicité-là. Si l'industrie met 500 millions de dollars par année en

publicité, la facture de la publicité est refilée aux acheteurs,

fondamentalement. Puis il a été démontré que, pour chaque utilitaire sport... véhicule utilitaire sport, l'usager paie

entre 1 500 $ et 2 000 $, de son véhicule, de publicité. La

marge de profit pour les camionnettes serait d'environ 10 000 $ par

modèle, ce qui est largement supérieur à celle d'une petite voiture, qui

équivaut à peu près à 500 $. Donc, on comprend l'industrie de faire la

promotion des VUS, aujourd'hui, puis des pick-up, des fourgonnettes, etc. La

marge de profit est beaucoup plus importante pour elle.

Il y a déjà des précédents en termes de contrôle

publicitaire au Québec. La SAAQ, dont on a parlé tantôt, établit déjà des

lignes directrices sur le type de publicité qu'on peut faire dans l'industrie

automobile. Notamment, elle ne peut pas

faire la promotion de comportements qui sont dangereux. Ça, c'est une bonne

chose. Est-ce qu'on peut aller plus loin? Je pense que oui. Il y a des

États dans le monde qui ont décidé de légiférer plus loin, d'aller plus loin sur la publicité, la France, notamment, qui, d'ici

2028, va interdire la publicité relative aux voitures qui émettent plus de 123 grammes

de dioxyde de carbone au kilomètre, à partir de 2028.

Donc, il y a possibilité des... on peut avoir

des... comment je dirais ça, une législation basée sur des données techniques

pour être capable de légiférer. Et aussi, autre fait intéressant, dans les

informations qui sont données aux consommateurs, en France, il y aura

dorénavant un marquage environnemental, un score carbone qui va inclure l'ensemble du cycle de vie du véhicule, qui va

être obligatoirement accessible aux acheteurs, un peu comme on a des codes

de sécurité pour les occupants de véhicules aujourd'hui au Québec.

Il y a des cas similaires au Québec. On est

intervenus, au Québec, sur la

Loi sur le tabac. On interdit la publicité sur le

tabac parce qu'on juge qu'il y a un enjeu de santé publique. Donc, est-ce qu'on

ne peut pas faire la même chose? Je demande à la ministre : Est-ce qu'on

ne pourrait pas faire la même chose, au Québec, sur la publicité? Puis le but

n'est pas d'interdire l'achat de véhicules utilitaires sport ou d'interdire

l'achat de véhicules de type fourgonnette,

mais que, dans le fond, la promotion de ce type de véhicule là soit ultimement

découragée, à cause des impacts sur la sécurité et des impacts,

évidemment, qui sont... les impacts environnementaux qui sont associés à ce

type de véhicule là.

La Présidente (Mme Poulet) : Merci. Alors,

je cède maintenant la parole à la ministre pour une période de cinq minutes.

Mme Guilbault : Oui, merci beaucoup. Bien, très intéressant, sur les

véhicules, mais peut-être revenir sur la vision zéro, parce que ça a été évoqué

à quelques reprises depuis le début puis je m'aperçois que je n'ai pas commenté là-dessus. Mais moi aussi, là, je trouve

ça très intéressant, la vision zéro, puis c'est un peu en filigrane de ce

que je suis en train de faire dans mes travaux sur la sécurité routière. Et la

vision zéro, c'est une chose, mais ça vient avec ce qu'on appelle le système

sûr, là, le «safe space», donc, comme le sait probablement le député de

Taschereau. Donc, on est en train de travailler là-dessus.

Et oui, il y a divers leviers pour agir. Les

véhicules, c'en est un, mais tantôt, j'étais en train de parler de l'aménagement puis je disais que, pour moi, il y a

deux grands fronts, et donc toute l'affaire de l'aménagement, je pense que j'ai

déjà... J'ai déjà parlé quand même longuement de ça. Donc, je vais aller sur

l'autre aspect qui, pour moi, touche... puis, encore une foism il y a des

sous-aspects, là, à chacun des deux grands volets, mais l'autre volet, puis ça touche

des choses qui ont été évoquées par mes deux collègues, c'est ce que j'appellerais

répression, sensibilisation, Code de la sécurité routière, radars photos,

signalisation et tout ça.

Pour moi, ça va un

peu tout ensemble, même si c'est différent. Puis, tu sais, je veux rappeler

qu'on a quand même doublé les amendes dans les zones scolaires en 2019. Donc,

déjà, il y a un pas qui a été franchi. Est-ce que les amendes

sont suffisamment élevées? Puis un de mes deux collègues a donné un exemple,

là, où... je ne me souviens plus, là, mais il y a un autre exemple d'amende

plus élevée pour quelque chose qui, dans le fond, nous semble instinctivement

plus banal que de ne pas respecter une limite de vitesse dans les zones

scolaires, et je suis d'accord, tu sais. Je

ne me souviens pas, là, c'est quoi, peut-être qu'il pourrait me rafraîchir la

mémoire, mais toujours est-il que je suis d'accord. Et c'est des

discussions que j'ai eues, là. Tu sais, le Code de la sécurité routière, on le

modifie régulièrement pour toutes sortes de

considérations. On l'a fait... dernièrement, je présentais un dossier pour le

remorquage.

Alors

donc, il y a plusieurs changements qu'il faut faire dans certaines sections du

Code de la sécurité routière. Donc,

ce qui touche les amendes, les points d'inaptitude aussi, je suis en train de

voir... Tu sais, des fois, tu as des amendes, mais tu ne perds pas nécessairement de point d'inaptitude. Alors, c'est

quelque chose qu'on regarde aussi. Je me souviens de l'époque où on a

mis neuf points d'inaptitude pour les gens qui ne respectaient pas un

arrêt-stop sur un autobus scolaire. Tu sais, les autobus scolaires qui ouvrent

le petit arrêt-stop quand les enfants descendent, c'est neuf points d'inaptitude. À moins que ça ait changé depuis,

mais je pense que c'est encore neuf. Alors, tu sais, c'est quand même salé, là, comme sanction. Donc, tu y penses deux fois

avant d'aller trop vite à côté d'un autobus scolaire, puis c'est parfait comme ça,

quant à moi. Alors, pourquoi ne pas appliquer le même principe au fait de ne

pas respecter...

Puis

je vais aborder, c'est ça, les radars, parce que les radars photo, on m'en

parle souvent. Il y a tous les radars sur

le réseau comme tel. D'ailleurs, j'ai eu des discussions avec mon collègue sur

le nouveau qu'on vient d'installer ici, pour la sortie François-de-Laval

sur l'autoroute Dufferin, mais les radars pédagogiques ou les radars qui

donnent des contraventions aux abords des écoles, ça, j'en parle aussi

beaucoup. Puis il y a plusieurs municipalités qui nous demandent d'avoir des

radars. Parce que la façon dont ça fonctionne, en ce moment, on a

54 radars au Québec, c'est le gouvernement qui les gère. Tu sais, une

municipalité ne peut pas s'acheter un radar photo qui va donner des

contraventions puis faire ça par elle-même au complet. Il faut le faire en

collaboration avec le gouvernement.

Donc, on a, en ce

moment, le PPCM, là, le projet pilote de coopération avec les municipalités.

Pour l'instant, on le fait avec l'agglomération de Québec, l'agglomération de

Longueuil, Montréal, Laval, Gatineau. J'ai tendance à penser qu'on se colle

probablement sur les niveaux de service des corps policiers, là, donc, avec les

plus grands corps policiers qu'on a. La

Sûreté du Québec, bien sûr, gère les radars sur le reste du réseau supérieur,

qui est notre corps de police au gouvernement, mais donc...

Alors,

c'est ça, on a ce projet-là pilote. On le fait avec les plus grandes villes qui

ont des corps de police de service niveau trois, quatre, cinq, qui sont

donc habilités, avec les ressources et tout ça, pour pouvoir gérer

potentiellement des radars photo par

elles-mêmes, mais il reste que ça monopolise beaucoup de ressources, les radars

photo. Ça, c'est un des enjeux auxquels je réfléchis, parce que, tu

sais, tu mets un radar, oui, mais... Puis il prend des photos, mais, après ça, il y a un traitement humain, là, derrière ça.

Tu sais, le radar prend des photos de tous les véhicules qui passent, mais,

ensuite de ça, il y a un policier qui doit éplucher ça et faire les constats

d'infraction, puis ensuite de ça, toutes les ressources

de la justice, là, le bureau... le BIA, le Bureau des infractions et des

amendes au ministère de la Justice, les gens qui doivent traiter ça, les

contestations, etc. Alors, ça monopolise beaucoup de ressources humaines.

Donc, avant de

dire : On veut plus de radars, on en veut partout... Moi, je suis pour,

là, je le dis bien ouvertement, là. Je pense qu'il faudrait plus de radars

photo, mais il y a une mécanique autour des radars photo qu'à mon sens il faut revoir du même coup, parce que,

si on fait juste mettre toujours plus de radars photo, comme je dis, ça monopolise

beaucoup de ressources humaines, entre autres policières et de justice, qui, on

le sait, sont très occupées autrement. Nos

policiers sont très, très sollicités. On pense à la violence conjugale, les

escouades mixtes, l'exploitation sexuelle, etc.

Alors,

est-ce qu'on peut trouver une façon de les libérer de ces tâches-là plutôt...

pas cléricales, parce que ça reste que c'est un acte d'un agent de la

paix, mais bref, je réfléchis...

La Présidente (Mme Poulet) : Merci.

Alors, je cède maintenant la parole au député de René-Lévesque pour une période

de cinq minutes.

M. Montigny : Merci beaucoup, Mme la

Présidente. Je vais prendre la balle au bond pour parler, moi aussi, là,

de projet pilote, là, de coopération municipale, tout ce qui est radar photo,

en fait. Je veux vraiment saluer Mme la ministre qui réfléchit à tout ça

puis qui regarde, là, qu'est-ce qui a été fait dans le passé là-dedans pour

être capable de trouver des solutions. Puis on les voit, là, les résultats

quand il y a des radars photo qui sont mis en place, là. Ça a un effet

dissuasif de façon importante, là, sur les conducteurs, évidemment, à la fois

le conducteur qui, peut-être même par distraction, une fois, va passer au radar

photo, sans tenir compte, là... par distraction, peut-être même de la vitesse,

puis, par après, qui se dit : Oh! j'ai-tu été photographié? Puis là ça

l'amène à réfléchir pour la prochaine fois, puis ça... Il y a vraiment un côté,

là, où ça amène le conducteur à se placer dans un mode de réflexion, qu'il y a

ça puis qu'il faut qu'il ralentisse davantage. Puis évidemment, les gens, ils

ne souhaitent pas avoir, par la poste, tu sais, un peu plus tard, une

contravention. Alors, ça a un effet.

Alors, il y a

vraiment une réflexion là-dedans, puis je trouve ça très, très intéressant,

mais évidemment il y a les enjeux, là, que ça mobilise, effectivement,

plusieurs ressources. Ça fait que c'est une question d'équilibre puis c'est

important de regarder ça. Mais, en même temps, les résultats sont plus que

concluants, hein, Mme la Présidente. Parmi ceux-ci, là, le respect de l'arrêt

aux feux rouges, où les radars photo ont été installés, on compte en moyenne

plus de 90 % des arrêts qui sont respectés, là. Pour certains, ça allait

jusqu'à 99 % même. Le projet pilote a aussi démontré, là, le respect de la limite de vitesse là où les dispositifs

ont été installés. Puis ces résultats, là, ils se traduisent évidemment

par une diminution du nombre des accidents. Ça, c'est clair.

Ça fait que vous comprendrez néanmoins, là, Mme

la Présidente, qu'il est difficile de chiffrer le nombre d'accidents qui ont

été évités, évidemment. Bien, la prévention, c'est toujours comme ça. Il y a un

côté prévention, même s'il y a un côté, je dirais, un peu

plate pour le conducteur qui était dans un moment d'inattention puis qui a eu une contravention par la poste, mais, en même

temps, c'est à ça que ça sert, puis ça amène cette réflexion-là. Même après,

quand il reçoit, à la maison, cette contravention-là, ça l'amène à ne plus

vouloir l'avoir, là. Ça fait qu'il faut garder ça en tête, clairement. Bref, les résultats encourageants, là, du projet

pilote ont motivé, là, Mme la ministre, ma collègue, à poursuivre son

travail avec le radar photo, puis je l'encourage dans cette vision.

J'aimerais

souligner aussi l'intention, Mme la ministre, de présenter prochainement, là,

un nouveau projet de loi pour implanter plus de radars photo dans les

municipalités. Il y a des endroits où c'est vraiment important de travailler ça puis il faut le faire en

collaboration avec les gens du milieu, parce qu'il y a des endroits où... Puis

je vous le dis, la collaboration, là,

avec les comités de sécurité routière dans les milieux, pour être capable de

regarder qu'est-ce qu'on peut faire

pour se concerter, à la fois pour les passages piétonniers, à la fois pour la

vitesse, mais aussi pour diminuer les distractions dans les secteurs

névralgiques, c'est vraiment important.

Puis il ne faut pas sous-estimer le travail de

l'ensemble des acteurs qui siègent à ces comités-là pour dire qu'est-ce qui

fait que les gens ne portent pas attention. Des fois, juste aux passages

piétonniers qu'on parlait tout à l'heure, bien, si... où on met le panneau,

quelle technologie on pourrait même développer pour attirer le regard du

conducteur vers la signalisation, pour que ça lui rappelle que c'est là qui est

le passage piéton? Parce que, oui, tantôt, j'écoutais,

mon collègue de Taschereau parlait de distraction, puis c'est triste, mais

c'est, des fois, dans des cas de distraction comme ça où le conducteur

peut changer non seulement sa vie mais faire perdre la vie à un enfant et

changer la vie, pour toujours, des familles.

Puis là je pense particulièrement aux gens qui sont en haut puis qui nous

écoutent aujourd'hui, qui ont cette préoccupation-là.

Ça fait que, pour tout ça, il faut continuer

dans cette voie-là : radars photo, sensibilisation, travailler en concertation dans les milieux, avec les acteurs

municipaux, pour qu'ils réfléchissent à ça dans leurs rencontres locales,

pour garder l'attention puis que les

conducteurs ne soient pas inattentifs, parce que c'est ça qui peut faire perdre

la vie des gens. Puis ça, c'est vraiment important pour... Merci, Mme la

Présidente.

Présidente (Mme Poulet) : Merci. Alors, je cède maintenant la parole à la

députée de Saint-Laurent pour une période de cinq minutes.

Rizqy : Merci beaucoup. Tantôt, j'ai fait parvenir

l'extrait de pétition qui a été déposé, puis c'est peut-être parce que

c'est vendredi matin, j'ai eu... j'ai fait un lapsus. J'ai dit «l'école

Louis-Hébert», mais c'est l'école Hébert. Mais n'empêche que, hein, le lien est

là. Vous me pardonnerez, tout le monde, j'ai rebaptisé une école.

Pour revenir

à la pétition, il restait les deux derniers points qui n'ont pas été répondus.

Si jamais... Lors du prochain bloc de la ministre, elle pourrait juste

nous donner... si elle voulait aller plus loin, justement, en matière,

notamment, de pénalités. Maintenant, au

niveau de qu'est-ce que le ministère des Transports du Québec peut faire, le

MTQ, je vous donne un exemple. On en

a beaucoup entendu parler, ça se passe dans la ville de Prévost. C'est l'école

qui... Val-des-Monts, où vous avez eu

un projet pilote, où est-ce qu'on a fait réduire la vitesse de

70 kilomètres-heure à 50 kilomètres-heure.

Par la suite,

le projet pilote a arrêté. Les parents, mais aussi les élus, ont dit :

Bien, finalement, ça fonctionnait, pourquoi on ne garde pas le

50 kilomètres-heure? Ça, c'est vraiment... je parle de ce cas-là, mais on

pourrait parler de d'autres endroits où est-ce qu'on sait qu'on a des écoles

qui sont à des abords, soit d'une route majeure ou de... Là, ici, en haut, dans

les tribunes, il y a un père qui vient de Montréal-Nord. Tantôt, il en parlait,

il disait : Nous, là, mes enfants, ils

doivent traverser un boulevard de six voies. Ça, ce n'est pas nécessairement du

côté, évidemment, de la ministre, il y aussi la municipalité, mais aussi

il y a des routes qui appartiennent au ministère.

Et là les

routes, au niveau du ministère, je pense qu'effectivement la ministre est

capable d'avoir son leadership, mais de voir aussi comment qu'on

pourrait avoir une vision globale pour l'ensemble du Québec puis se dire :

Bien, on va donner, évidemment, des outils

pour s'assurer qu'à certains endroits, bien... 70 kilomètres-heure, on est

tous d'accord, c'est beaucoup trop, là, en face d'une école, là. Alors,

ça, il faut qu'on soit capable... mais, dans les milieux urbains, 50 kilomètres-heure le matin, ça va vite, on

en sait quelque chose. Et malheureusement, vous allez traverser ces six voies.

Puis surtout, là, je vous le dis, en éducation, si... lorsque les parents ont

appris, cette semaine, que ça se peut que, sur l'heure du dîner, il y en a qui retournent à la maison, s'ils retournent

tout seuls à la maison, traverser six voies, pour les petits bouts de

chou, ça risque d'être pas mal plus dangereux.

Aussi, je vous donne un autre exemple, l'école

Anjou, la future école secondaire Anjou, le choix de terrain pour la prochaine école va être à côté de

l'autoroute Métropolitaine, où est-ce qu'il circule 100 000 véhicules

par jour. Mais j'attire votre attention sur quelque chose d'encore... de

plus important. À 500 mètres, il y a une carrière. Vous savez comment

c'est, hein, les carrières, c'est les gros camions qui passent. C'est là aussi,

là, qu'on doit se dire : Comment qu'on

peut avoir, là, les outils puis aider les municipalités et d'être des vrais

partenaires? Puis on va se dire : O.K. là, visiblement, il va

falloir qu'on fasse de quoi.

Mon collègue en face de moi, désolée, je ne me

rappelle pas le nom de votre comté puis je ne veux pas vous appeler par votre

nom, parce que, sinon, je vais me faire...

Rizqy : René-Lévesque?

René-Lévesque, ça, c'est un beau comté, hein? Alors, le comté de

René-Lévesque... Bien, tu sais,

tantôt, vous disiez : Est-ce qu'on pourrait développer des outils? Mais il

y en a qui existent déjà. Puis j'ai le rapport

de la Suède, peut-être qu'on pourrait le déposer, qui eux, là, quand ils ont

implanté la vision zéro, ça a tellement atténué le nombre d'accidents,

mais aussi d'accidents mortels. Puis que ça soit, par exemple, juste d'avoir un

endroit où est-ce qu'on pèse, puis que, tout à coup, là,

il y a des lumières, puis là, tout à coup, les gens disent : O.K., il y a

un passage piéton... parce que moi, je n'ai jamais vu autant de monde ne pas

respecter les passages piétons, puis pourtant ils sont obligatoires.

Alors, pour conclure, ça, j'aimerais qu'on

ait... je vais résumer mon propos, vu qu'il me reste une minute. Est-ce qu'on serait capable d'avoir, vraiment, un

partenariat villes avec vous, mais aussi avec le ministère de l'Éducation? Parce

que ça devient de plus en plus problématique d'avoir des choix d'école, puis

c'est... là, je vous ai donné Anjou. J'aurais pu parler de Beauport, là, qui

est aussi à côté d'une autoroute. Tu sais, d'avoir cette réflexion en amont,

là, puis se dire : Bien, si vous allez

de l'avant avec une école qui va être à côté d'une autoroute ou d'une carrière,

bien là, c'est sûr, ça nous prend absolument, là, des mesures d'atténuation

parce que, sinon, le risque augmente pour les élèves.

Et la deuxième chose, je vous ai parlé... si

vous êtes en mesure de me répondre au niveau des pénalités dissuasives, parce

que, oui, des fois, les gens, malheureusement, ça prend un élément, là,

dissuasif qui va dire : Aïe! Il faut

que je porte une attention particulière, j'embarque dans mon auto, il faut que

je sois concentré, il faut que je fasse attention aux passages pour

piétons. Et, anecdote, moi-même, je marchais, en janvier, avec ma poussette, et

une personne avec son VUS embarque sur le

trottoir et il se met en marche arrière. J'ai dû crier pour lui dire :

Aïe! Je suis sur le trottoir. Il m'a dit gentiment : Bien, tu peux

passer à côté. À côté, c'était la rue. Merci.

La Présidente (Mme Poulet) : Merci.

Pour le dépôt de votre document, Mme la députée, je vous invite à l'envoyer à

l'adresse courriel de la commission. Alors, maintenant, je cède la parole à la

ministre pour une période de cinq minutes.

Guilbault : Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. Merci à la

députée de Saint-Laurent pour... J'ai noté quelques sujets et, après ça,

je reviendrai à la pétition.

Pour le cas de Prévost, je veux juste la

rassurer, là, il y a un comité qui a été mis en place avec... puis c'est vrai

qu'il y avait eu un projet pilote, et là ce qu'on avait observé, nous, nos

ingénieurs, c'est que ça n'avait pas eu d'effet vraiment... en tout cas, ça

n'avait pas eu l'effet dissuasif qu'on souhaitait. Donc, effectivement, nous,

on avait dit : Ramenons la vitesse. La

ville n'était pas nécessairement d'accord, donc, mais là, en ce moment, tu

sais, je veux dire, c'est en discussion, puis il n'y a pas d'enjeu, là.

Donc, on va s'assurer de prendre la meilleure décision avec notre direction

territoriale dans les Laurentides.

Puis autre

point, partenariat avec les écoles pour... avec les villes, c'est-à-dire, pour

les écoles, là, l'exemple de la carrière... je ne me souviens pas. C'est

où la carrière, le projet?

Mme Guilbault : O.K., c'est ça, dans le coin de Montréal. Donc... mais c'est

un bon point. Puis, tu sais, vous savez,

maintenant, c'est les villes qui doivent céder des terrains pour faire des

écoles, ce qui, à mon sens, tu sais, est une bonne idée, mais, de toute

façon, c'est nous qui avons fait ça, ça fait que c'est sûr que je trouve que

c'est une bonne idée, mais... puis, ça aussi, j'en discute souvent avec les

élus quand je les rencontre, puis ils disent : Tu sais, maintenant, il faut donner des terrains pour les

écoles. Moi, je pense que c'est une bonne idée, parce que, tu sais, tu installes

une école, après ça, il y a tout le développement qui vient autour de ça.

Je parlais

tantôt de mon école, dans Louis-Hébert, qui s'en vient. La ville de Québec,

quand j'avais... c'était le précédent

maire, Régis Labeaume, puis j'avais dit : Tu sais, Régis, avec tout ce qui

se construit là, plus c'est des taxes pour

les villes, et tout ça, alors, tu sais... puis lui est très ouvert, il

dit : Parfait, je vais trouver un terrain, puis, des fois, c'est des

terrains... puis là c'est là que je veux en venir, c'est que c'est à la

municipalité de choisir le terrain ou de trouver un terrain pour les

écoles, donc c'est sûr qu'il faut avoir de l'ouverture à céder des terrains qui

peuvent... qui pourraient être autrement rentables. Tu sais, quand je pense au

terrain pour mon école dans Chaudière, c'est sûr qu'il aurait pu faire du

développement sur ça, mais il a choisi de la céder pour une école en faisant le

pari que c'était bien situé, que justement,

il allait y avoir du développement qui se fait autour de ça. En plus, comme je

disais tout à l'heure, le tramway, l'extrémité ouest du tramway, va

arriver là, donc on peut penser... puis je travaille d'ailleurs sur tout le

développement de cette zone-là avec la ville de Québec. Alors, bref, pour cet

exemple-là de Louis-Hébert, c'est un bon

exemple du fait qu'on peut choisir stratégiquement les terrains qu'on met... où

on installe nos écoles pour atteindre ces objectifs-là, là, d'avoir des

zones sécuritaires, des endroits où on peut raisonnablement penser qu'on va

avoir des enfants qui vont pouvoir aller à l'école à pied de manière

sécuritaire et donc active.

Et ensuite, pour ce qui est de la pétition, bien,

j'y reviens effectivement, là, j'étais rendu à la puce n° 2, mettre immédiatement à l'étude différentes

solutions. Puis j'ai continué, dans ma dernière intervention, même si c'est en réponse à celle du député de Taschereau, mais

en évoquant tout ce que je veux faire, entre autres sur les radars photo.

Ça fait

partie d'une autre solution... et la répression, dans le fond, on

touche la puce n° 4, là, mettre en place des pénalités dissuasives et

punitives plus sévères au Code de la sécurité routière.

Je l'ai abordé tantôt, le Code de la sécurité

routière, j'ai dit que... je ne sais pas si on m'entend bien quand je me

recule. J'ai dit que le Code de la sécurité routière, on le modifie souvent

pour diverses raisons puis que, dans mes travaux sur la sécurité routière, je

l'ai abordé avec mes sous-ministres puis j'ai dit : Oui, les amendes,

donc... puis qu'on parle de peines

dissuasives, il y a les amendes, la contravention, le fait de débourser de

l'argent. On sait très bien que ça, c'est... les gens n'ont pas envie

d'avoir une amende. Puis je prends un exemple, là, j'ai parlé du radar photo qu'on vient d'installer sur Dufferin, proche de

François-de-Laval, mes dernières statistiques... J'ai-tu eu les statistiques

du mois d'avril?

Mme Guilbault : Oui. Je ne les ai pas encore regardées parce qu'on a ça à

la moitié du mois puis là on est juste le 21 avril. Mais déjà, au mois de

mars, on avait diminué de 55 %...

Guilbault : ...45 % les écarts de vitesses et de

11 % la vitesse moyenne, c'est ça? Ça, c'est au mois de mars. Ça fait que

là, en tout cas, je... pendant la prochaine intervention, je regarderai mes

statistiques du mois d'avril puis je pourrai revenir, mais c'est un

exemple d'un radar photo qui fonctionne bien, là, qui génère déjà des

résultats, et il est seulement en fonction depuis le 3 février.

Alors, il n'y a pas de raison de penser que ça

ne fonctionnerait pas aussi bien autour des écoles, puis on le sait, puis je l'ai dit, il y a une avidité, là, il

y a un appétit de la part des municipalités, des centres de services scolaires

pour avoir plus de radars autour des écoles. Ça amène l'enjeu, dont je parlais

tout à l'heure, des ressources humaines. C'est pour ça que je le travaille

globalement et j'arriverai avec un plan, possiblement des modifications

législatives ou réglementaires, si c'est nécessaire, parce que je veux le faire

vraiment comme... je veux le faire de... tu sais, tant qu'à faire quelque

chose, tu peux le faire de manière optimale. Et je regarde aussi le Code de la

sécurité routière, à la fois les amendes et

les points d'inaptitude, comme j'ai dit tantôt, là, puis je prends l'exemple

des arrêts... des arrêts sur les autobus avec les neuf points

d'inaptitude.

Puis là,

bien, c'est ça, mon temps... je ne peux pas aborder vraiment mon autre volet,

la signalisation innovante, qui est un

autre élément intéressant pour moi, que je suis en train de regarder, mais je

le... j'en parlerai dans le prochain bloc.

Présidente (Mme Poulet) : Merci, Mme la ministre. Alors, je cède maintenant

la parole au député de Gaspé pour une période de cinq minutes.

M. Sainte-Croix : Merci, Mme la

Présidente. Désolé pour avoir coupé court à mon allocution précédente. La

gestion du temps... On sera plus vigilant pour cette fois.

Lorsqu'on parle de sécurité piétons, de sécurité

routière, bien, on s'entend qu'il faut cerner les causes de nos accidents. Je vais me permettre d'en nommer

quelques-unes. Bien entendu, les comportements dangereux des conducteurs

et la distraction, autant des conducteurs

que des cyclistes, mais aussi des piétons sur la voie publique. Notre collègue

en a fait mention, l'augmentation importante des VUS sur nos routes, en

termes de volume, et on s'entend pour dire que c'est des véhicules qui sont, en

termes de... plus massifs, hein, et qui amènent, là, des problématiques au

niveau des angles morts. Si on regarde aussi

au niveau, malheureusement, du vieillissement de la population, donc moins

alerte au niveau de la conduite et puis au niveau des piétons aussi, à

ce niveau-là. Aussi, malheureusement, certaines infrastructures désuètes ou mal conçues, considérant qu'elles ont

été conçues, là, depuis un petit bout, et puis ça, ça touche autant les

piétons, les cyclistes que les conducteurs au niveau de la route. Et, bien

entendu, l'augmentation, là, globale du parc automobile.

Nous sommes

au fait, comme gouvernement, de ces causes, et, bien, ces causes, nous en

tenons compte, là, dans chacune des stratégies que nous déployons pour

arriver à réduire les risques de ces accidents.

Mme la Présidente, j'aimerais aussi discuter

avec vous, là, des radars photo. Donc, Mme la ministre en a fait état, nos collègues des oppositions aussi, mon

collègue ici, de René-Lévesque, on a lancé un projet pilote de coopération

municipale axé sur le déploiement des radars

photo, donc une initiative importante. On parle de quelque 65 millions de

dollars dans les sept dernières années,

donc, une action, là, concrète, une action structurante qui vise la sécurité

des usagers de la route. On se

souvient, un peu plus d'une dizaine d'années, là, lorsque les radars photo sont

apparus dans le paysage routier du

Québec, et nommément dans les zones scolaires, là, plusieurs craintes avaient

été formulées par les citoyens et les citoyennes, les groupes intéressés

par le sujet, au niveau de la fiabilité, si on veut, des erreurs potentielles

de ces technologies-là. Mme la Présidente, quand on regarde, là, avec le recul,

avec les statistiques qu'on a sur la chose, eh

bien, on a matière à être agréablement surpris, mais alors, vraiment. Un taux

d'appui, au niveau de la population, là, pour ces mesures-là qui se maintient au-delà de 80 %, globalement.

Lorsqu'on parle des zones scolaires, précisément, on a un taux, là, de

satisfaction, en termes d'appui, là, qui grimpe à 94 %. Donc, on parle,

là, d'une action qui fait consensus au niveau de nos citoyens et nos

citoyennes.

Je salue aussi la volonté, là, très, très

manifeste, très sentie de la ministre de légiférer cet automne pour permettre de déployer plus de radars photo,

d'aller de l'avant dans cette initiative-là au niveau de nos municipalités, de

nos quartiers et de nos zones scolaires.

Le temps file, alors je prendrais quelques

minutes qu'il me reste pour énumérer certaines des mesures cruciales en termes

de sécurité routière. On parle, au niveau de la ville de Montréal, hein, le

SPVM, de la ville de Montréal, entre 2008 et

2022, nous avons octroyé, comme gouvernement, là, des sommes totalisant 2,7

millions de dollars, en termes

de mesures de sécurité, afin d'initier des activités, essentiellement, de

sensibilisation au partage de la route, notamment pour déployer des

actions ciblées autour de nos écoles. Donc, on le voit, nous sommes à l'oeuvre,

nous sommes en action.

On reconnaît également, Mme la Présidente, le

travail important des organismes québécois, notamment Piétons Québec, qui oeuvrent dans la défense des piétons partout au

Québec. Grâce à des initiatives très concrètes, très senties, très locales,

notre gouvernement appuie, de manière générale, là, des actions qui visent à

apporter, là, des changements à ce niveau-là, au niveau,

notamment, du Fonds de la sécurité routière au Québec. Piétons Québec, à ce niveau-là, a obtenu, de la part de notre gouvernement,

là, des investissements de plus de 1 million de dollars depuis 2019.

Alors, je pense que ça mérite d'être souligné. Et puis, bien, je m'arrêterai

ici, madame, le temps file. Alors, voilà. Merci beaucoup.

La Présidente (Mme

Poulet) : Merci. Alors, je cède maintenant la parole à la députée de

Saint-Laurent pour une période de cinq minutes.

Mme Rizqy : Merci

beaucoup. C'est mon dernier bloc avant mon départ pour le train. Merci

beaucoup, d'ailleurs, à mon collègue de

Taschereau de m'avoir permis de pouvoir inverser pour me permettre de ne pas

arriver au pas de course à la gare. Merci beaucoup.

Juste pour clarifier,

pour les terrains, c'est vraiment les centres de services scolaires,

maintenant, suite à l'adoption de la loi n° 40, qui vont choisir soit un établissement ou un terrain, et, par la

suite, la ville doit le céder. C'est pour ça que je demandais si on pourrait

voir, avec le ministère de l'Éducation puis le ministère du Transport, comment

qu'on peut mieux arrimer les choses puis faire peut-être une meilleure

sélection.

Pendant que nous, on

se parle, on peut voir des images qui circulent sur TVA Nouvelles, où est-ce

qu'un véhicule décide, là, de continuer son chemin alors que la route est

barrée et il y a un signaleur, de son corps défendant,

là, se met devant la voiture puis veut continuer. C'est un comportement

totalement inacceptable. On n'arrête pas

de dire que les signaleurs, c'est déjà un métier à haut risque. La moindre des

choses, c'est que, lorsque la rue est barrée puis qu'il y a des travaux,

même si vous êtes frustré, c'est de comprendre que les gens qui travaillent,

bien, ils sont justement en train de soit colmater quelque chose, soit de

réparer quelque chose, et quand on respecte les règles, ça permet non seulement

d'aller plus vite, mais aussi, c'est aussi une question de sécurité pour les

gens qui sont, en ce moment, en train de travailler.

Alors, ça, j'ai une

pensée particulière à tous les signaleurs du Québec. Ce n'est pas un travail

facile et permettez-moi de faire maintenant le lien vers les brigadiers et

brigadières, parce qu'eux aussi, ce n'est pas du tout facile. Il faut savoir qu'on peut lire, dans l'article de Camille

Payant, là, du Journal de Montréal ... pardon, L'Actualité ... Journal

de Montréal , pardon, la moyenne, là, d'âge, là, c'est souvent entre 60...

60 ans à 80 ans, même. Donc, il y a des gens de 60 ans,

70 ans. Évidemment, ce sont des retraités, très souvent. On a de la

difficulté à en trouver, mais même eux, c'est un travail qui est rendu à

risque. Et ce n'est pas normal qu'aujourd'hui. On peut le lire dans l'article, ce sont des policiers qui sont affectés parce

qu'on n'arrive pas à trouver de brigadiers ou de brigadières. Donc, c'est eux

qui doivent, le matin, l'après-midi et le

soir... Le SPVM ajoute même dans cet

article qu'à certains endroits, ils

doivent aller jusqu'à cinq agents par jour pour la surveillance des rues

autour des écoles.

Donc, on prend des

policiers qui doivent intervenir sur des enjeux très importants, évidemment,

sur la sécurité des gens ou sur la prévention puis on leur demande de jouer le

rôle d'un brigadier. On a de la misère, justement, à recruter des brigadiers.

Alors, j'aimerais entendre la ministre. Est-ce qu'on a peut-être des incitatifs

pour justement aller chercher ces gens-là, pour s'assurer qu'on soit en mesure

d'avoir des brigadiers autour des écoles? Évidemment, ce n'est pas toutes les

écoles qui ont besoin de brigadiers, hein, on s'entend, mais il y a des

endroits où est-ce que c'est plus névralgique, parce que c'est plus difficile

de traverser, où est-ce que des fois, malheureusement, il y a de l'impatience

le matin puis que les gens ne veulent pas respecter les consignes. Alors là, ça

nous prend des gens qui effectivement sont

là pour permettre aux enfants de pouvoir traverser en toute sécurité puis

pouvoir, par la suite, retourner à la maison.

Alors, je ne sais pas

s'il y a déjà eu une réflexion qui a été entamée, parce que même, en ce moment,

il y a des affichages de postes pour brigadiers, parce qu'il en manque. C'est

une réalité qui est vraie, oui, à Montréal, mais aussi à Québec, mais aussi en région. Alors, j'ai fait ça plus court,

mais si vous avez des pistes de solution... Puis sinon, moi, j'en ai au

niveau fiscal, toujours à proposer.

La Présidente (Mme Poulet) : Alors,

merci. Alors, je cède maintenant la parole à la ministre pour une période

de cinq minutes.

Mme Guilbault : Oui, merci. Bien, sur les brigadiers, oui, c'est quelque chose à

laquelle je réfléchis, puis même que j'ai eu une rencontre... mais c'est

parce que je ne veux pas en parler tout de suite parce que, tu sais, ce n'est

pas encore fait. Donc, j'aime autant ne pas le dire avant que ce soit bien

attaché, mais on a eu une idée puis on a fait des rencontres là-dessus. Alors,

je me rends compte en le disant que ce n'est pas tellement instructif comme

réponse, mais juste pour dire à ma collègue

de Saint-Laurent que, oui, on travaille sur peut-être une piste, par rapport

aux brigadiers, combinée avec la rareté de main-d'oeuvre parce que c'est

difficile à trouver, des brigadiers. Et, pour reprendre les termes du

précédent ministre du Travail, qui parlait souvent... mais qui est encore

ministre du Travail, en fait, et qui parle souvent de bassins sous-utilisés.

Donc, alors, c'est ça, pour les brigadiers...

Puis je fais le lien

avec le signaleur, là. Ma collègue a raison, là, on a un article... en tout

cas, on me l'a envoyé tout à l'heure. Une personne à Montréal qui continue

son... qui veut traverser un chantier parce que, probablement, elle trouve ça

long, elle est impatiente, et là le signaleur qui hardiment essaie de

l'empêcher, la personne continue quand même. Tu sais, je ne sais pas, je n'ai

pas vu l'heure, le moment où c'est arrivé, je pense que c'est arrivé... Mais la vidéo, là, nous est arrivée, puis là on est en

train de parler de ça en ce moment, là. Tantôt, je disais : Il y a

des gens, encore, qui ne respectent pas les limites de vitesse, les passages

piétons, entre autres dans les zones scolaires, mais même partout, les passages

piétons.

Comment c'est encore

possible, avec tout ce qu'on dit, puis les accidents, et les drames que ça

cause, surtout quand il y a un décès? Et

là... Puis j'ai parlé, moi, tantôt, des signaleurs, là, parce qu'il faut penser

à ça aussi, les chantiers, puis là, live, là, on reçoit ça. Tu sais,

comment c'est possible, genre? Là, je comprends qu'on soit impatiens dans les

chantiers.

Puis ça m'amène un lien à un autre chantier sur

lequel il faut que je travaille : toute l'insatisfaction des cônes orange puis des chantiers cumulés, mal gérés, mal

coordonnés, entre autres, sur la grande île de Montréal. La semaine

dernière, j'étais obligée de demander qu'on fasse un ménage de cônes orange qui

traînaient depuis une éternité. On en a ramassé

plusieurs, qui d'ailleurs ne sont pas tous à nous, je veux le dire ici, là. Il

y en a qui sont à la ville, il y en a qui

sont à des chantiers, des privés, et tout ça, mais on a tout ramassé parce que,

bon, il fallait faire le ménage du printemps, sauf que ce n'est pas tout

à nous. Avis aux gens qui cherchent leurs cônes, on les a ramassés.

Mais, tu

sais, l'idée derrière ça, ce que je dis, c'est que ça a l'air simple, comme ça,

de dire : Enlevons les cônes, on

est tannés, c'est laid puis ça nous encombre, mais il y a une recherche

d'équilibre là-dedans... ou mettons des cônes plus petits. Tu sais, la mairesse de Montréal, souvent, me demande...

premièrement, elle a la possibilité... mais, en tout cas, je n'entrerai

pas là-dedans, de toute façon, je m'en vais à Montréal, lundi matin, je vais

parler de ça avec la Chambre de commerce de Montréal. Puis elle a raison que

c'est vrai que c'est tannant, mais il faut trouver l'équilibre, parce qu'avant de dire : On enlève les cônes ou on

met des cônes plus petits parce que c'est moins encombrant visuellement et autrement... Les cônes ne sont pas là pour

rien, là. Ils sont là pour protéger aussi les travailleurs sur les chantiers,

les signaleurs, les travailleurs de la construction. Alors, je trouve

que l'exemple est tellement flagrant que... est tellement probant que je ne

pouvais pas m'empêcher de le mentionner.

Les brigadiers, j'en ai parlé, mais je voudrais

aussi revenir... parfait, parce que tantôt j'ai parlé du radar, parce qu'on

parle beaucoup des radars. À l'évidence, le radar, c'est une solution de

répression, de dissuasion qui est très

efficace. Puis on a un sondage ici, qu'on avait fait sortir, l'acceptabilité

sociale des photoradars... puis il y a quelque chose de paradoxal, les

gens ne veulent pas avoir des tickets, mais, en même temps, 80 %

approuvent le recours aux radars photo,

globalement, 94 % approuvent le recours aux radars photo dans les zones

scolaires, 94 % des gens. Donc, là-dedans, fort probablement, dans

le 94 %, les mêmes gens qui pourtant des fois ne respectent pas les

limites de vitesse puis qui trouvent qu'il faudrait être plus sécuritaire pour

nos enfants. Alors, ces mêmes gens là approuvent le recours aux radars photo.

Donc, manifestement, c'est une solution dont il ne faut pas se priver. Alors,

bien, comme je l'ai dit tout à l'heure, de toute façon, je suis en train de

travailler là-dessus.

Puis juste pour compléter, là, parce que le

radar sur Dufferin, il n'est pas aux abords d'une école, mais il est sur

Dufferin, et, en date d'avril, vitesse moyenne, même chose qu'en mars, moins

11 % depuis le 3 février, qu'on a installé le radar. Et vitesse

rationnelle, ça, c'est une notion intéressante, c'est la vitesse à laquelle,

instinctivement, 85 % des gens vont,

indépendamment... pas indépendamment de la limite, mais, tu sais, bon, il y a

beaucoup de gens qui vont un peu plus

vite que la limite sur les autoroutes, puis on le sait, là, c'est comme ça,

donc vitesse rationnelle, moins 16 %.

Ça, ça veut dire que ça fait son travail sur le

comportement instinctif des gens sur cette autoroute-là depuis que le radar photo est là. Moins 43 % pour

les infractions totales, moins 78 % pour les dépassements de

10 kilomètres, moins

83 % les dépassements de 20 kilomètres, moins 88 % pour les

dépassements de 30 kilomètres-heure, donc, puis 4 555 constats émis en février, 4 149 en mars. C'est beaucoup,

là, tu sais. Donc, ça fait son travail, c'est dissuasif, les gens

baissent leur vitesse, il y a plus de constats qui sont émis. Alors, c'est le

même principe pour autour de nos écoles. Et donc, bon, mon temps est fini,

alors... plus de radars.

La Présidente (Mme Poulet) : Merci.

Alors, maintenant, je cède la parole au député de René-Lévesque pour une

période de cinq minutes.

M. Montigny : Alors, merci, Mme la

Présidente. J'aimerais prendre, à ce temps-ci de notre journée, prendre un

moment pour une mention spéciale à la Société de l'assurance automobile du

Québec qui, dans cette optique de sécurité

des piétons, va débuter l'enseignement de l'ouverture de la portière selon la

technique du pivot. Extrêmement intéressant parce qu'au lieu d'ouvrir la

portière du véhicule comme plusieurs le font, spontanément, de la main gauche,

ouvrir la porte en regardant en avant, puis que, là, le cycliste ne s'en rend

pas compte, puis là il y a un accident,

etc., bon, pourquoi ne pas ouvrir la portière avec l'autre main, hein, de cette

façon-là, ce qui permet immédiatement au citoyen, au conducteur, en

fait, d'avoir un regard de ce côté-ci, de regarder dans son rétroviseur puis de

voir vraiment qu'est-ce qui se passe autour?

Oui, il existe des moyens technologiques dans

les voitures. Dans la mienne, par exemple, c'est le cas. J'ai une voiture

électrique, dans le système de technologie... me permet d'avoir accès à ça,

puis je n'ouvrirai pas la porte s'il y a

quelqu'un, là, que je pourrais provoquer un accident. Mais il reste que c'est

quand même important de faire ce geste-là. Puis, pour l'avoir essayé,

puis j'invite les citoyens à le faire, ça fonctionne très, très bien puis c'est

vraiment quelque chose de simple. Alors, je trouve que c'est une belle façon de

travailler. Puis je veux vous dire que je trouve ça le fun que la Société de l'assurance automobile du Québec avance dans

cette sensibilisation-là. Alors, c'est une très, très bonne nouvelle,

L'autre chose

aussi que j'aimerais vous parler, Mme la Présidente, si j'ai le temps...

j'aimerais ça avoir le temps, en fait, je vais regarder... Oui, trois

minutes, je pense que je suis correct... de vous parler des nombreuses actions,

là, de prévention sur le terrain qui ont été

déployées en partenariat avec différentes municipalités et corps policiers dans

la province qui ont pour objectif de sécuriser les abords des écoles.

D'abord, les opérations de sensibilisation aux

abords des écoles prévues provincialement par la Sûreté du Québec, les différents services de police

municipaux, avec l'utilisation de cinémomètres vivants. Un cinémomètre vivant, Mme la Présidente, c'est

un enfant, pas juste une affiche, là, vraiment quelqu'un, là, réel, en chair et

en os, en fait, qui porte un dossard,

qui indique la vitesse à laquelle vous roulez aux abords des écoles. Bien, si

cela ne vous sensibilise pas, cher citoyen, cher conducteur, bien, il y a des

comportements à changer clairement parce que c'est... ça attire l'attention,

vraiment, ce type d'intervention de prévention.

Ça se fait de

façon sécuritaire, c'est bien organisé. Bien évidemment, Mme la Présidente, on

s'assure que... de le faire idéalement dans des journées où il fait beau, là,

particulièrement. Mais il reste quand même que des silhouettes

d'enfants, là, qui sont apposées dans les rues, là... j'ai souvenir comme

maire, on avait fait ça, puis, au début, on s'était questionné : Ça va-tu

marcher puis ça va-tu, au contraire, attirer l'attention des... je dirais, des

conducteurs, puis ça va-tu créer... Ça a

vraiment bien marché. Je vous le dis, là, pour l'avoir vu comme maire d'une

ville de 22 000 habitants, où on l'a fait à chaque école sur

le territoire de la municipalité, ça fonctionne vraiment. Ça amène les gens à ralentir, puis ils s'en souviennent du

petit bonhomme, puis j'ai même vu des citoyens le saluer, là, de façon...

en sachant très bien que c'est une affiche, là, mais juste... Ça fait que ça

amène les gens à avoir, je dirais, ce rituel-là, c'est des... vraiment des

façons, en prévention, qui fonctionnent très, très bien.

Je veux

souligner aussi, là, les deux campagnes de sensibilisation locales, en

Outaouais et dans les Laurentides, réalisées par les conseillers en

relation avec le milieu de la Société de l'assurance automobile du Québec et

avec les partenaires municipaux et policiers, des fichiers qui seront mis à

disposition des autres municipalités, vraiment, là, Mme la Présidente, qui

seraient intéressées à utiliser les documents. Alors, ça pourrait influencer

d'autres régions du Québec, je dirais, à

aller voir, là, ce qui s'est fait dans les deux campagnes de sensibilisation de

l'Outaouais et du milieu des Laurentides.

Puis je vais conclure là-dessus en disant que la

brigade scolaire, là, de la Fondation CAA... qui octroie un montant de

20 000 $ annuellement, là, pour les projets de brigadiers aux abords

des écoles. Merci.

Présidente (Mme Poulet) : Merci, M. le député. Alors, avant de céder la

parole au député de Taschereau, je profite de ce moment pour vous informer que

j'autorise le dépôt de la pétition de la députée de Saint-Laurent. Elle

sera sur le site Greffier dans quelques minutes. Alors, M. le député de

Taschereau, vous avez 3 min 45 s.

Grandmont : Parfait. Merci beaucoup, Mme la Présidente.

Heureux que mon collègue de René-Lévesque évoque l'ouverture à la hollandaise. C'est un bel exemple, pour moi,

d'une réponse gouvernementale à des demandes des groupes de la société

civile depuis longtemps. C'est quelque chose qu'on voyait. J'en ai même

moi-même fait la promotion dans l'organisme pour lequel je travaillais. Et le

gouvernement, via la SAAQ, a décidé finalement de faire la promotion de cet outil-là qui est tout simple mais qui peut donner

des résultats. Donc, j'espère qu'on peut s'attendre au même modus operandi. Il y a des gens qui demandent

plus d'ambition en termes de sécurité routière autour des écoles.

J'espère qu'on aura des résultats et des moyens ambitieux.

Tantôt, j'ai posé une question, en fait, je

pense que c'est dans ma première intervention, sur la responsabilité du MTQ sur les routes à numéro qui parcourent, qui

traversent quasiment 1 000 villages et petites municipalités du

Québec. Je n'ai pas senti ou je n'ai

pas eu tant que ça la réponse à ça. J'inviterais la ministre à me répondre

éventuellement sur le rôle que le MTQ doit jouer. C'est son territoire, c'est

sa route. Quel rôle il doit jouer au-delà de l'accompagnement... on en a déjà parlé, là, mais que je considère non

suffisant, là, en termes d'accompagnement financier des municipalités

pour mettre en place des aménagements? J'en parlerai tantôt.

Tantôt, on a parlé, là, de... la ministre a

parlé de faciliter le recours au transport en autobus scolaire, les autobus

jaunes. C'est vrai que c'est intéressant. C'est vrai que ça peut aider à

apporter des solutions, mais, en même temps,

les autobus jaunes comme on les connaît, ce n'est pas la solution idéale visée,

à mon avis... en tout cas, pas partout, parce que marcher, pour les

jeunes, c'est une bonne façon d'être en forme. La ministre responsable des

Sports disait elle-même qu'elle misait sur le retour du transport actif pour

les écoliers. Plutôt que de prendre l'automobile de papa ou maman, il vaut

mieux marcher ou rouler.

Le transport actif, j'y crois à 100 miles à

l'heure. Il est venu un moment où les parents n'envoyaient plus leurs enfants à pied ou à vélo à l'école parce que

c'était trop dangereux. Je pense qu'il faut inverser la tendance. Puis pas

trop dur de trouver des articles

d'organisations, des articles scientifiques qui montrent que marcher vers

l'école, si on peut la pratiquer de manière sécuritaire, évidemment, c'est bon

pour nos jeunes, c'est bien pour le bien-être psychique, c'est bien pour

le développement du cerveau et des fonctions mentales. Ça permet de réduire

l'anxiété, le stress, la dépression qui touche parfois déjà certains enfants.

C'est l'occasion d'associer une activité physique à la notion de plaisir. On sait que, particulièrement chez les

jeunes filles, à l'adolescence, on délaisse l'activité physique. Donc, le fait

de les faire marcher encourage, finalement, le maintien d'une activité

physique. Ça permet de renforcer les liens sociaux avec les enfants, entre les

enfants eux-mêmes. Donc, se déplacer à pied, ça devrait être notre idéal. Ça

devrait être ça, l'idéal qu'on vise, qu'on essaie d'aller chercher comme

objectif. Après ça, évidemment, si... Dans certains milieux, puis ça, je peux le concevoir, on n'a pas tous les

quartiers, partout sur le territoire du Québec, qui sont de densité telle où

les distances à parcourir sont raisonnables pour la marche. Là, on tombe évidemment

sur des modes où on se déplace en autobus scolaire.

Mais je veux vraiment est très, très clair

sur... là où c'est possible, là, puis ça touche les lieux d'implantation des

écoles, ça touche les aménagements qu'on va mettre en place autour des écoles,

l'accompagnement qu'on va faire auprès des municipalités. Et, dans ce sens-là,

le ministère a vraiment un rôle à jouer. On doit viser d'abord et avant tout que les jeunes

se déplacent à pied. Là, je parle à des gens, ici, là, qui l'ont tous fait

quand ils étaient jeunes, des gens

qui sont convaincus. Donc, je ne vois pas pourquoi on ne voudrait pas offrir la

même chose à nos enfants que ce que nous, on a eu, puis on connaît les

bénéfices, on les a vécus, on les a vus. Je m'arrête là pour l'instant.

La Présidente (Mme Poulet) : Merci.

Alors, nous sommes maintenant aux dernières interventions. Mme la ministre,

vous avez la parole pour 10 minutes.

Guilbault : Oui, merci. Merci beaucoup, Mme la Présidente.

Bien, merci, merci à tout le monde pour les échanges. C'est mon dernier

bloc, alors je vais revenir sur certains éléments et conclure, donc.

Peut-être...

Bien, effectivement, là, le député de Taschereau

vient de clore sur encore le transport actif, la nécessité de faire tout ce

qu'on peut pour que les jeunes puissent aller à l'école, puis c'est vrai, là,

mais il y a des gens dans des endroits où il y aura, tu sais... en tout cas,

probablement jamais, ou en tout cas, pas tout de suite, pas pour le moment, la densité. Mais, quand c'est possible, je suis

tout à fait d'accord, mais c'est comme je l'ai dit, tu sais, il y a des endroits

qui sont déjà développés, mais, dans les futurs développements... et là je lui

ai cité ou probablement scoopé le plan de

mise en oeuvre de ma collègue des Affaires municipales, qui va être déposé,

mais c'est une orientation. Bien sûr que, là, tu sais, l'aménagement puis le développement sur les... tu sais,

c'est les villes, les MRC qui font les schémas d'aménagement, et tout ça, mais nous, on peut avoir ce rôle-là via une

politique, via les OGAT, et tout ça. On a quand même un certain rôle dans les orientations pour l'aménagement, donc on

le fait avec ma collègue des Affaires municipales.

Peut-être aussi... Puis là il me dit :

l'accompagnement financier pour les municipalités... C'est vrai, bien, sur nos

routes à nous, je l'ai dit, là, on a un rôle à jouer, effectivement, une

responsabilité, nous, dans l'aménagement puis

peut-être... Puis c'est vrai, je n'ai pas pu parler de la signalisation

innovante, finalement, mais c'est une des choses que je regarde pour ma sécurité routière, mon plan de sécurité routière,

la signalisation innovante. Je dis ça, là, ça a l'air générique, là,

parce que je n'ai pas encore... tu sais, mon idée n'est pas complètement

arrêtée. On rencontre des gens, j'ai mon conseiller ici, en arrière de moi, qui

travaille avec moi là-dessus, on croise des gens dans tous les congrès où je vais, de transport en général, dans les

colloques, et tout ça, il y a toujours des gens qui... j'allais dire des

jeunes, mais, des fois, c'est des

start-up avec des jeunes, des jeunes ou moins jeunes, peu importe, là, mais, tu

sais, qui développent des produits, qui développent des choses, et

souvent qui ont un marché à l'extérieur du Québec, et qui me disent, et je le

dis en toute transparence, qui me disent : C'est compliqué, des fois, chez

vous, essayer de rentrer là, faire changer les normes. On a un nouveau produit,

mais on est habitué avec les anciennes pancartes, puis, bon, ça peut être lourd

puis ça peut être long.

Et à la décharge de mes équipes, c'est vrai que,

bon, il existe des normes, sauf que moi, j'ai beaucoup d'ouverture, là, pour

faire évoluer la signalisation ou pour peut-être avoir des nouveaux produits, la

signalisation innovante, là, comme

j'appelle, toutes sortes de choses que moi, j'ai vues de mes yeux, des gens

avec qui on parle, des technologies

aussi. Alors, il y a des choses très intéressantes qui se font, notamment au

Québec, mais pas exclusivement au Québec, mais notamment au Québec.

Alors, j'ai beaucoup d'ouverture là-dessus aussi. Et, en ayant des nouveaux

produits ou peut-être des nouvelles idées en signalisation, bien, ça amène des

possibilités sur notre réseau, là, tu sais, nos routes numérotées dont on

parlait, qui... Tu sais, nous, on a 33 000 kilomètres de réseau, là. Donc, tu

sais, il y a beaucoup d'autoroutes là-dessus et il y a beaucoup d'artères où il

n'y a pas d'école, mais, pour celles où il y en a, ça pourrait être une

possibilité, combinée au radar, combinée à tout ce qu'on dit, combinée à la

sévérité éventuelle des sanctions qui

pourrait être accrues pour les chantiers, j'en ai parlé, pour... qui a déjà été

accrue pour les chantiers, pour les zones scolaires. Mais est-ce qu'on

peut aller plus loin pour les passages piétons?

Alors, c'est une combinaison de choses qui va

nous permettre d'y arriver. Je l'ai dit au début, là, il n'y a pas de solution miracle à ça et il n'y a pas une seule

personne responsable. Mais il va falloir, en parallèle de ça, des actions

de répression, modifications législatives,

modifications aux normes d'aménagement, ouverture à de la nouvelle

signalisation. On ne pourra jamais se sortir de la nécessité de

continuer d'avoir de la sensibilisation et un discours. Puis ce qu'on fait

aujourd'hui, ce qu'on fait à chaque fois qu'on va dans les médias, les parents

qui organisent des sensibilisations aux abords des écoles... je suis arrêtée

dernièrement dans une école pas loin ici, sur le chemin Sainte-Foy, tout ça, ça

fait vivre le sujet et ça nous le garde à

l'esprit. Ça me fait penser à d'autres problématiques sociales : la

violence conjugale, l'exploitation sexuelle.

J'en ai parlé tantôt, j'ai été ministre de la

Sécurité publique, il faut garder ces sujets-là vivants pour qu'on les ait toujours à l'esprit, parce que c'est trop

facile de les tenir pour acquis. Puis on peut faire toutes les choses du monde

au gouvernement, là, tu sais... Moi, j'ai travaillé longtemps au coroner, puis

des recommandations, on en fait, on fait des

modifications. Au ministère des Transports, maintenant, on applique presque

systématiquement les recommandations des coroners. On a un bureau de suivi

des recommandations des coroners qui guident, entre autres, nos choix dans la

programmation nationale puis régionale, qui se déclinent dans les régions que

je suis en train de finir d'annoncer.

Donc, on donne suite à ces choses-là, on modifie

des choses, mais chaque citoyen doit prendre sa responsabilité aussi. Que ce

soit dans les zones scolaires ou ailleurs, il faut que les gens comprennent

qu'il faut... que si tu vas vite, que si tu conduis quand tu es fatigué, que si

tu conduis en ayant consommé de l'alcool, de la drogue ou autre, que si tu

textes, que si tu es distrait, que si tu n'adoptes pas ton... tu ne prends pas

ta responsabilité d'avoir un comportement sécuritaire pour toi-même et pour les

autres, bien, le gouvernement ne pourra jamais se substituer à la responsabilité puis à la prise de conscience de chacun des

8,5 millions de citoyens, là, tu sais. Puis, des fois, c'est ça que je disais

quand je travaillais au coroner, on travaillait des recommandations qu'on

voulait les plus intelligentes puis porteuses possibles, mais, à un moment

donné, des fois, c'est ça, tu vois des comportements... Tu sais, tantôt, là, la

personne... Je veux dire, le signaleur, il est là, les cônes sont là, le

chantier, il est sécuritaire, il répond aux normes, mais la personne décide de

foncer quand même. Tu sais, bon, en tout cas, je vais faire attention à mes

mots, là, mais un gouvernement ne peut pas se substituer comme ça à des choses

qui relèvent, tu sais, de la témérité. Appelons ça comme ça pour être poli. Mais

on peut faire quand même ce qu'on a à faire.

Mais donc, en

parallèle, il faudra toujours garder un discours vivant là-dessus et il faudra

toujours avoir ces actions-là de prévention, de sensibilisation. Puis je

reviens sur la SAAQ, dont mon collège a parlé. Effectivement, l'exemple de la

technique du pivot est un excellent exemple de quelque chose de simple. Là, tu

sais, des fois, tu dis : Pourquoi ça

prend tant d'années au gouvernement pour adopter des affaires qui sont simples

puis qui ne coûtent rien, là? Bon,

bien, ça, c'en est un exemple, alors... et il y en a d'autres qu'on peut faire.

Mais la SAAQ, on a beauco

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCTE 2023-04-21
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cte-43-1 journal-debats CTE-230421
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifierc47b014e53efc8e1c2bb45f76909fc4c043e0d05

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