Public Finance — 24 November 2016 (41st Legislature, 1st Session)

CFP 2016-11-24

Quebec — Committees

Public Finance — 24 November 2016 (41st Legislature, 1st Session)

CFP 2016-11-24

Quebec — Committees

(Quinze heures onze minutes)

Le Président (M. Marceau) : O.K.

Alors, allons-y. Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Je déclare la séance de la Commission des finances publiques ouverte. Je demanderais à toutes les personnes

dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones

cellulaires.

Alors, la commission est réunie afin de

poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 87, Loi facilitant la

divulgation d'actes répréhensibles dans les organismes publics.

Alors, M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?

Le Secrétaire : Oui, M. le

Président. M. Girard (Trois-Rivières) est remplacé par M. Hardy

(Saint-François); M. Bonnardel (Granby) est remplacé par Mme D'Amours

(Mirabel).

Le Président (M. Marceau) : Excellent.

Merci. Alors, chers collègues, lors de l'ajournement de nos travaux le 22 novembre dernier, nous étions à l'étude du

sous-amendement présenté par le député de La Peltrie sur

l'amendement déposé par M. le ministre à

l'article 23, et, Mme la députée de Mirabel, il vous reste

10 secondes sur le sous-amendement. Voulez-vous conclure?

Mme D'Amours : Bien sûr!

Le Président (M. Marceau) : Parfait.

Alors, je vous laisse aller. Je vous donne la parole.

D'Amours : Merci, M. le Président. Je prends le 10 secondes pour dire

que c'est très décevant qu'on n'ait pas

tenu compte de cet amendement-là parce que ça aurait été bien, pour celui qui

est le responsable de la divulgation, d'être informé et sécurisé dans sa

façon de faire.

Le Président

(M. Marceau) : Très bien.

Merci. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants? Alors, Mme la députée de

Pointe-aux-Trembles, je vous cède la parole.

Mme Léger :

Merci, M. le Président. Alors, bienvenue, M. le Président. Alors, je veux aussi

dire mes salutations aux juristes qui

suivent nos travaux de très près. Ils suivent le ministre aussi, le président

du Conseil du trésor, qui sont ici avec nous. Le ministre, il va

commencer tout à l'heure, je ne sais pas s'il va nous revenir sur le projet de

loi des municipalités. Je ne le lâche pas. J'espère qu'il va le déposer, qu'on

va... que son collègue va le déposer. Alors, il a peut-être des nouvelles

aujourd'hui à nous dire. Alors, je vais attendre que le ministre parle.

Mais

effectivement c'est le sous-amendement de notre collègue de La Peltrie,

qui... On a eu une longue discussion, quand

même, la dernière fois. Je n'ai pas eu encore l'occasion de prendre la parole

parce que c'était l'amendement de mon collègue.

C'est toute la discussion, dans le fond, sur informer le divulgateur, là, dans

le sens où... Le ministre est réticent à l'amendement de mon collègue pour les raisons qu'il a exposées, mais il

n'en demeure pas moins qu'on résiste de ce côté-ci pour ça, parce qu'on

trouve important tout l'aspect... en tout cas, de mon côté, tout l'aspect

pratique, évidemment, du quotidien d'un

divulgateur qui se retrouve à parler au responsable du suivi, de lui exprimer

des actes répréhensibles qui ont été

sous sa lunette, qu'il a pu voir, et que, là, en le donnant au responsable du

suivi, celui-ci a... on a pu... on voit dans ses fonctions et son mandat que ça peut être envoyé au Protecteur du

citoyen, qui... le Protecteur du citoyen fait le processus qu'il a à faire, l'enquête, vérification, etc.,

et, pendant ce temps-là, bien, le divulgateur, pour nous, il n'est pas

nécessairement informé si sa plainte

ou la dénonciation, la divulgation qu'il fait, si elle est fondée ou pas, d'une

part. Et on a eu une longue discussion,

à savoir qu'on n'a pas nécessairement besoin d'avoir les suites, qu'est-ce

qu'il va donner comme... de ne pas rentrer

dans le fond de la divulgation, mais qu'on trouvait... en tout cas, au minimum,

qu'on puisse... que le divulgateur puisse

être informé qu'il va y avoir quand même des suites qui ont été données. Donc,

juste l'information... On se rappelle que

le responsable de suivi, il travaille dans le même organisme, là. Alors, il a

un mandat à l'intérieur, à l'interne. On donne un mandat à l'interne à l'organisme, et ce mandat-là qui lui est donné,

c'est un collègue ou quelqu'un qui travaille dans l'organisme auquel le

divulgateur même travaille aussi. Alors, à le côtoyer tous les jours, je pense

qu'il aimerait bien savoir qu'est-ce qu'il en est de sa divulgation.

Alors, la discussion

a été longuement faite lorsqu'on s'est rencontrés à la dernière séance, et moi,

en tout cas, personnellement, je ne trouve

ça pas très, très humain que la personne n'ait pas de suite, qu'on ne lui donne

pas qu'est-ce qui se passe, pas lui

donner le détail des suites, mais lui dire que, oui, il va y avoir une suite,

oui, c'est fondé, ou, non, ce n'est

pas fondé, pour qu'elle en soit au courant. Moi, si j'étais le divulgateur d'un

acte répréhensible puis je travaille tous les jours à côté du responsable de suivi dans le ministère qui est le

responsable du suivi de cette divulgation-là puis qu'il ne me dise pas rien pendant

un mois, deux mois, trois mois, quatre mois, je ne sais pas où en est mon

acte... l'acte répréhensible, qu'est-ce qui se passe dans le

processus...

Alors,

c'est ça qui est le fondement, tout le fondement de cet amendement-là de mon

collègue, qu'il a déposé, et je ne

sais pas si le ministre a réfléchi ou il a encore une fin de non-recevoir. On

lui a demandé de reparler avec le Protecteur du citoyen parce qu'il y avait une première information du Protecteur du

citoyen, mais... en tout cas, un avis du Protecteur du citoyen, et on

lui a dit... mon collègue de La Peltrie lui a dit : Allez donc

revérifier cette partie-là parce qu'on a des interrogations

sur le fait que... Je pense que, peut-être, le Protecteur du citoyen aurait

peut-être une vision plus éclairée de ce qu'on lui apporte puis qu'il n'aurait pas une fin de non-recevoir. Puis,

en même temps, le Protecteur du citoyen pose un avis, c'est au ministre d'en disposer. Alors, le

Protecteur du citoyen joue un rôle quand même neutre, un rôle que

l'Assemblée nationale lui a confié, et c'est très bien ainsi. En même temps, je

veux dire, le ministre peut disposer de la façon... comment il voit les choses puis comment il a le goût de le faire, puis,

bien, on a un rôle d'opposition ici... qu'il lui a dit, au ministre, qu'on pense que ce sous-amendement

serait nécessaire pour s'assurer au moins du simple respect du

divulgateur.

Le Président (M.

Marceau) : Merci, Mme la députée. Est-ce que, M. le ministre, vous

voulez réagir?

Leitão : Non merci, M. le Président. Écoutez, on avait en effet

longuement parlé de cette question la dernière fois. Je répète seulement ce que le Protecteur du citoyen avait mentionné

dans son deuxième mémoire à la commission. Et donc, à cet aspect-là, le sous-amendement tel que proposé par le député

de La Peltrie, je demeure de la même opinion que ce n'est pas

souhaitable qu'on l'inscrive.

Le Président (M. Marceau) : Très bien. Merci. D'autres interventions? Mme la

députée Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger :

Alors, j'espère qu'il sera toujours là, puis dans les parages, ou peut-être

pas. On verra, M. le Président, si le

ministre va être là, mais à l'usure, lorsque le projet de loi sera sûrement

adopté quelque part, lorsqu'il sera adopté

si on en convient tous, j'imagine que, dans quelques années... un an ou... dans

quelques mois, un an, deux ans, quand

il va faire son rapport, peut-être qu'on verra que ça va être utile,

probablement, qu'il faut donner l'information au divulgateur que sa...

l'acte, en tout cas, la divulgation telle quelle, qu'on l'informe puis qu'on

ait ce respect-là dans le processus de la

personne. Parce que, là, c'est sûr qu'on voit des cas, des cas plus précis que

le Protecteur du citoyen... la Protectrice du citoyen dit au ministre de

s'assurer de la vie privée d'un tiers possible, ça, on s'était beaucoup, effectivement... de la vie privée. Je n'ai aucun

problème, on est tous d'accord avec le respect de la vie privée, mais je

pense qu'il y avait moyen, avec cet

amendement-là, de satisfaire tout le monde malgré tout. Alors, on verra, à

l'usure... à l'usage, comme on dit, plutôt, à l'usage, s'il y aura... ce

sous-amendement-là n'aura pas été utile. On y reviendra. Alors, j'aurai le

plaisir de lui dire que... si ça revient sur la table, de lui dire : On

vous avait bien dit ça, M. le ministre.

Alors, j'arrête là,

M. le Président, que... J'en ai fini de cet article-là.

Le Président (M. Marceau) :

Merci. D'autres interventions? Alors, je serais maintenant prêt à mettre le sous-amendement

du député de La Peltrie aux voix.

Mme Léger :

Avec vote nominal, s'il vous plaît.

Le Président (M.

Marceau) : Vote nominal, M. le secrétaire.

Le Secrétaire :

Donc, pour, contre ou abstention. Mme D'Amours (Mirabel)?

Le Secrétaire :

M. Leitão (Robert-Baldwin)?

Le Secrétaire :

M. Busque (Beauce-Sud)?

Le Secrétaire :

M. Reid (Orford)?

Reid : Pardon? Ah! excusez.

Le Président (M.

Marceau) : On vote sur le sous-amendement, M. le député.

Reid :

Oui, pour, pour, pour, oui, oui, oui. Excusez.

Mme Léger : Vous êtes pour?

Reid : Pardon? Ah!

c'est le sous-amendement. Excusez, j'étais encore dans l'amendement.

Le Président (M. Marceau) : Le sous-amendement

du député de La Peltrie.

Reid : O.K. Contre.

Le Secrétaire : M. Matte (Portneuf)?

Le Secrétaire : M. Polo (Laval-des-Rapides)?

Le Secrétaire : Mme Léger (Pointe-aux-Trembles)?

Le Secrétaire : M. Marceau (Rousseau)?

Le Président (M. Marceau) :

Abstention.

Le Secrétaire : Rejeté.

Le Président (M. Marceau) : Alors,

le sous-amendement est rejeté. Alors, on revient à l'amendement du ministre,

que vous avez tous, j'imagine, sous la main. Alors, est-ce qu'il y a

d'autres interventions sur l'amendement

du ministre à l'article 23? Mme la députée de Pointe-aux-Trembles, vous avez

une intervention?

Mme Léger : Oui. Bien, oui, je vais revenir quand même

parce que je fatigue toujours avec «estime à propos», mais on a eu des discussions, je trouvais important

que, plutôt, le responsable du suivi informe dans l'ensemble, mais

c'était l'amendement du ministre. Alors, on en a amplement discuté, mais je

voulais le redire aujourd'hui. Ça va.

Président (M. Marceau) : Très bien.

Merci. D'autres interventions? Ça va? Donc, je serais maintenant prêt à mettre aux voix l'amendement

du ministre à l'article 23.

Mme Léger : Appel nominal, s'il

vous plaît.

Le Président (M. Marceau) : Nominal.

Donc, M. le secrétaire.

Le Secrétaire : Donc, pour,

contre ou abstention. M. Leitão (Robert-Baldwin)?

Le Secrétaire : M. Busque (Beauce-Sud)?

Le Secrétaire : M. Reid (Orford)?

Le Secrétaire : M. Matte (Portneuf)?

Le Secrétaire : M. Polo (Laval-des-Rapides)?

Le Secrétaire : Mme Léger (Pointe-aux-Trembles)?

Secrétaire : Mme D'Amours (Mirabel)?

Le Secrétaire :

M. Marceau (Rousseau)?

Le Président (M.

Marceau) : Abstention.

Le Secrétaire :

Adopté.

Le Président (M. Marceau) : Alors, l'amendement à l'article 23 est adopté. O.K.

Alors, oui, voilà, on revient à l'article

23 tel qu'il se présente maintenant, amendé. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?

Article 23? Il n'y en a pas du côté du ministre non plus.

Alors, je suis maintenant prêt à mettre aux voix l'article 23 tel qu'amendé.

Mme Léger :

Appel nominal, s'il vous plaît.

Le Président (M.

Marceau) : Merci. Donc, M. le secrétaire.

Le Secrétaire :

Donc, pour, contre ou abstention. M. Leitão (Robert-Baldwin)?

Le Secrétaire :

M. Busque (Beauce-Sud)?

Le Secrétaire :

M. Reid (Orford)?

Le Secrétaire :

M. Matte (Portneuf)?

Le Secrétaire :

M. Polo (Laval-des-Rapides)?

Le Secrétaire :

Mme Léger (Pointe-aux-Trembles)?

Le Secrétaire :

Mme D'Amours (Mirabel)?

Le Secrétaire :

M. Marceau (Rousseau)?

Le Président (M.

Marceau) : Abstention.

Le Secrétaire :

Adopté.

Le Président (M. Marceau) : Alors, l'article 23, tel qu'amendé, est adopté.

Et on passe à l'article 24 tout... Pardon?

Mme Léger :

Juste avant, M. le Président, si vous me permettez, avant d'aller au 23...

Le Président (M.

Marceau) : Oui, allez-y.

Mme Léger :

...nous avions en suspens des amendements que j'avais soumis à l'article 13.1 à

13.4 voilà une semaine et demie. Alors,

lorsqu'on s'est rencontré mardi dernier qui vient de passer, le ministre

a demandé un peu plus de temps encore

pour bien l'étudier. Alors, il n'avait pas eu l'occasion d'en prendre

connaissance. Alors, j'aimerais revenir aux 13.1 à 13.4 si le ministre

est prêt à accepter mon amendement.

Le Président (M. Marceau) : O.K. Ou

s'il consent à en discuter, peut-être, pour... M. le ministre, je vous cède la

parole.

Leitão : Oui, merci. Malheureusement, je vais être honnête avec vous,

je n'ai vraiment pas eu le temps de... Je ne suis pas plus avancé maintenant

que je ne l'étais mardi. Alors, nous pouvons en discuter, mais ce serait peut-être

plus utile si on le faisait à notre prochaine session. Vraiment,

je n'ai pas eu le temps de poursuivre la question.

Le Président (M.

Marceau) : O.K.

Mme Léger :

Ça va, mais je veux juste lui rappeler... Dans le fond, ce que ça concerne tel

quel, c'est toute la discussion qu'on a eue

sur le secret professionnel, et, si les professionnels se dérogent de

leur secret professionnel, bien, que, dans le temps de la dérogation, le temps qu'on lève le secret professionnel,

on veut être sûrs qu'ils soient protégés. Alors, c'est pour ça, et je vous rappelle que c'était l'Ordre des

comptables, particulièrement... il y en a d'autres, mais c'est l'Ordre des

comptables, particulièrement, qui amenait ces amendements-là, 13.1, 13.2. 13.3,

13.4, qui sont quand même bien faits. Je pense que son équipe va pouvoir

bien lui... Alors, on peut lui laisser du temps, M. le Président. Je

préfère qu'il prenne le temps nécessaire que de faire ça d'une façon

précipitée, sauf que ça fait quand même quelques jours.

Le Président (M.

Marceau) : M. le ministre, voulez-vous réagir?

Leitão : Oui, réagir rapidement. Comme j'ai dit, je n'ai pas eu

vraiment le temps d'analyser ça comme il faut, donc je m'en excuse, et

on en discutera la prochaine fois. Cependant, suite au dépôt de vos

propositions, nous avons demandé des commentaires au Protecteur du citoyen, qui

nous a répondu. Ça, je pourrais déposer les commentaires du Protecteur du

citoyen, comme ça, ça pourra aussi vous aider dans votre réflexion.

Le Président (M. Marceau) : Très

bien. Donc, on vous laisse déposer et

on va pouvoir continuer. On va faire des

copies, on remettra ça en cours de route et on va quand même

passer... Je crois que vous avez un amendement à 23.1 avant

le 24, n'est-ce pas?

Leitão : Exactement.

Donc, nous avons à vous proposer un article, un nouvel article, l'article

23.1, qui serait donc inscrit avant

le 24, et ça, ça fait suite à plusieurs représentations qui nous ont été faites lors des commentaires, des consultations, et qui concernent les rapports annuels.

Le Président (M.

Marceau) : Parfait. Procédez, M. le ministre.

M. Leitão :

Donc, le nouvel

article 23.1 se lirait comme ceci, d'ajouter, après le 23, le suivant :

«23.1. Un organisme

public tenu d'établir et de diffuser une procédure pour faciliter la

divulgation d'actes répréhensibles par les employés doit indiquer dans son

rapport annuel :

«1° le nombre de

divulgations reçues par le responsable du suivi des divulgations;

«2° le nombre de

divulgations auxquelles il a été mis fin en application du paragraphe 3° de

l'article 21; et

«3° le nombre de

divulgations fondées.

«Lorsqu'un

organisme public ne produit pas de rapport annuel, il utilise un autre moyen

qu'il estime approprié pour rendre ces renseignements publics une fois

par année.»

Alors, l'ajout de l'article

23.1 vise à prévoir que les organismes publics devront faire état de l'application

de certaines dispositions du projet de loi dans leur rapport annuel ou par un

autre moyen. Toutefois, cette obligation ne s'appliquera

pas à un organisme qui n'est pas tenu d'établir et de diffuser une procédure

facilitant la divulgation d'actes répréhensibles soit parce qu'il s'agit

d'un centre de la petite enfance, d'une garderie subventionnée ou d'un bureau coordonnateur ou soit parce qu'il a été exempté

par le Protecteur du citoyen en application de l'article 18 du projet de

loi. Donc, en fin de compte, pour faire un

peu les mêmes changements que nous avons apportés au rapport annuel du

Protecteur du citoyen, nous allons les inclure aussi maintenant dans le rapport

annuel des organismes publics.

Le Président (M. Marceau) : Très bien. Merci, M. le ministre. L'amendement,

mes collègues de l'opposition avaient

déjà une copie, alors on est prêts à avancer. Est-ce que j'ai des

interventions? Oui, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Léger : Je pense qu'il va... c'est sûr qu'il va s'attendre à ce

que j'arrive, M. le Président. Alors là, le ministre, on a le projet de loi devant nous, il apporte un

amendement. Je pensais qu'il aurait modifié son amendement, en tout cas,

l'amendement par rapport à l'article... les discussions qu'on a eues à

l'article 16 pour le Protecteur du citoyen, parce qu'il nous dit qu'il se

réfère au Protecteur du citoyen, et donc, pour faire son rapport d'activité, je

pense qu'il y a une concordance qui devrait

se faire avec les autres éléments que j'ai rajoutés, parce qu'un rapport

annuel, M. le Président, ce n'est pas seulement ce que... le nombre de

divulgations reçues, le nombre de divulgations auxquelles il a été mis fin à l'application de 3, le nombre de divulgations

fondées. Je voulais juste voir, avant que je dépose mon amendement...

mon sous-amendement, pardon, pourquoi que le ministre n'a pas inséré les mêmes

amendements qu'on s'est entendus la dernière fois où le ministre avait

accepté... lors du Protecteur du citoyen.

Le Président (M.

Marceau) : M. le ministre.

M. Leitão : Oui, en effet,

en effet, l'article 16... C'est ça? On avait ajouté un certain nombre de choses

avec nos amendements. Ici, on en a ajouté quelques-unes, pas toutes,

bien sûr, et pourquoi «bien sûr»? Parce qu'on ne voulait pas trop alourdir les rapports annuels des

organismes publics. Il y en aurait certains qu'on pourrait considérer. On

pourrait considérer un sous-amendement. Par

exemple, à l'article 16, nous avions beaucoup parlé du «doit» notamment. Ça,

on pourrait le faire, on n'aura pas d'objection à ça.

Le Président (M.

Marceau) : Très bien. D'autres interventions? Mme la députée de

Pointe-aux-Trembles.

Léger : M. le Président, on avait eu une longue discussion sur

plusieurs... qu'on trouvait important que, dans le rapport... Surtout, encore plus par le début, lorsque ça va être en

application, tout ça, ça va être important aussi que le gouvernement, d'une part, le public, l'opposition,

les gens puissent prendre acte dans le rapport annuel de données qui sont importantes. Et on en avait plusieurs,

données, on a réussi à s'entendre à quelques-unes qui, d'un commun... on

s'est entendus. Il a fallu que j'en laisse

passer quelques-uns puis le ministre s'ouvre un peu pour qu'on en ait. Quand tu

fais un rapport puis que tu essaies d'avoir

quelques données, c'est important d'avoir le nombre de plaintes, de

représailles qu'il a reçues. Là, on a

le nombre de divulgations, on n'a pas nécessairement le nombre de plaintes. On

a le nombre de divulgations, mais pas

nécessairement selon les catégories. Alors, je trouve important... Parce qu'à

l'article précédent, on le sait, O.K., je divulgue, mais je le divulgue pourquoi? Parce que j'ai contrevenu à la

loi? Parce qu'on s'est donné au début du projet de loi quels sont les actes répréhensibles, donc ce serait

important de savoir dans les données que quelqu'un a divulgué, mais dans

quel acte répréhensible pour avoir ce type de données là quand on fait le

rapport annuel.

Donc,

la Protectrice du citoyen, on a adopté ces différentes données dans le rapport annuel.

Le mot «notamment» est important aussi parce que, si la Protectrice du

citoyen veut en ajouter, en mettre d'autres, là, améliorer ça, ça lui appartient, ça, j'étais d'accord avec le ministre

à ce niveau-là. Maintenant, je pense que, par concordance, d'une part,

puis pour les organismes, ce serait important d'avoir certains types de données

supplémentaires. Alors, je vais déposer, M. le Président, mon amendement.

Le Président (M.

Marceau) : Sous-amendement, oui.

Mme Léger :

Mon sous-amendement.

Le Président (M.

Marceau) : Alors, pouvez-vous nous en faire la lecture?

Léger : Oui. À l'amendement proposé par l'article 23.1,

insérer, dans le texte qui précède le paragraphe 1° du premier

alinéa et après «doit», «notamment».

Ajouter, à la fin du premier alinéa, les

paragraphes suivants, un 4°, un 5° et un 6°, parce qu'on a déjà

1°, 2°, 3° :

«4° le nombre de

divulgations réparti selon chacune des catégories d'actes répréhensibles visées

à l'article 3;

«5° le nombre de

plaintes, de représailles [qu'il a] reçues;

le nombre de communications de renseignements effectuées en application [au]

premier alinéa de l'article 22.»

Alors, on trouvait

important, ces trois-là, qu'on puisse les ajouter.

Le Président (M. Marceau) : Alors, on va suspendre, le temps d'en prendre

connaissance et puis de faire des copies.

(Suspension de la séance à

15 h 33)

Le Président (M. Marceau) : Alors, nous reprenons. Alors, le sous-amendement ayant été déposé, est-ce

que vous voulez réagir tout d'abord, M. le ministre?

M. Leitão :

Vous voulez...

Le Président (M.

Marceau) : Ou bien, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles, voulez-vous

ajouter des arguments pour convaincre M. le ministre?

Léger : Merci, M. le Président. Alors, effectivement donc, un, la raison principale est la concordance

et, deux, s'assurer quand même

d'un minimum de données qui sont, pour moi, de base. Ça ne suffit pas d'avoir

juste le nombre de divulgations puis le nombre de divulgations qui sont... Dans le fond, c'est sur les divulgations que le ministre nous propose son amendement, et les divulgations que le responsable du suivi

a reçues à l'intérieur de l'organisme, celle qui dit quel nombre de divulgations auxquelles il a été

mis fin puis le nombre de divulgations fondées. À mon avis, ce n'est pas

suffisant. Je pense qu'il faut aussi les

avoir par acte répréhensible pour avoir de bonnes données, le nombre de

plaintes de représailles qu'ils auraient

reçues. Ce n'est pas tout d'avoir la divulgation, mais c'est combien qu'il y a

eu de plaintes aussi, c'est

intéressant comme nouvelle. La divulgation, c'est une fois que c'est divulgué,

mais il y a eu des plaintes. Et les

communications, évidemment, de renseignements effectuées en application du

premier alinéa de l'article 22, on pourra revenir à l'article 22. Alors là, cette discussion-là, on l'a eue quand

même avec le ministre. Ça fait que j'aimerais avoir un peu sa première

réaction avant d'aller plus loin dans mon argumentaire.

Président (M. Marceau) : Très bien, merci. M. le ministre.

Leitão : Alors, ma première réaction, M. le Président, et c'est une

bonne réaction, nous n'avons pas de grand obstacle à ce que la collègue vient de proposer, oui, dans un esprit de

concordance à ce qu'on a fait avant dans l'article 16.

y a juste une chose que vous proposez que nous pensons qui n'est pas

appropriée, et c'est donc votre cinquième alinéa, le nombre de plaintes de représailles reçues. Donc, tout le

reste, on accepterait, on n'a pas de problème. Mais le nombre de

plaintes pour représailles reçues, ça, ça pose problème, parce que le

responsable du suivi n'a pas cette information-là.

Quand il y a une plainte de représailles, ça s'en va au Protecteur du citoyen.

C'est le Protecteur du citoyen qui traite les questions de représailles.

Alors, c'est une information que le responsable du suivi n'a pas, et nous

allons préciser un peu plus cette chose un peu plus loin à l'article 27,

où on va introduire un amendement, le 27.1, où on va parler de victimes de

représailles.

Mais,

pour les autres éléments dans votre sous-amendement, nous n'avons pas de problème avec ça. Le

quatrième, le nombre de parties, le sixième,

le nombre de communications et de renseignements, ça, nous n'avons pas de problème, ainsi

que l'ajout de «notamment». Nous serions prêts à voter pour ce sous-amendement.

Le Président (M.

Marceau) : Réaction, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles?

Léger : Alors,

l'organisme en lui-même, le ministère en lui-même ne pourrait pas déterminer le nombre de plaintes de représailles, c'est ça

que vous êtes en train de me dire, parce

que les représailles ne vont aller

qu'au Protecteur du citoyen. Mais, au retour, le ministère va savoir qu'il

y a eu des représailles.

Le Président (M.

Marceau) : M. le ministre.

Leitão : C'est ça.

Donc, ça va dépendre de ce que le Protecteur du citoyen va faire. Le Protecteur du citoyen pourra,

dépendamment de la situation, en informer le plus haut responsable, de la situation,

pour que cela arrête et aussi, dans le rapport annuel du Protecteur du

citoyen, il va aussi donner cette information-là, du nombre de représailles.

Léger : Comment je

pourrais savoir... Mais peut-être que ma question, je vais la prendre autrement. D'abord, je

remercie le ministre pour les autres points, là, que j'ai apportés. Comment

l'organisme va savoir? Le Protecteur du citoyen sait le nombre de plaintes de représailles, va

les avoir, mais le responsable de suivi, s'il a toujours... Des

personnes dans un organisme voient

possible... J'essaie de voir les représailles qu'il peut y avoir dans un

organisme qui sont un, puis deux,

puis trois puis quatre types de représailles. Vous considérez que c'est

suffisant dans le rapport annuel qu'on aura du Protecteur du citoyen, que...

Parce que, dans le Protecteur

du citoyen, on les met, le nombre de

plaintes, mais l'organisme ne le

saura pas dans son rapport. On ne le mettra pas dans le rapport de l'organisme,

juste le Protecteur du citoyen. Mais le Protecteur

du citoyen ne va pas déterminer nécessairement qu'il y a eu tant de plaintes au ministère de l'Environnement ou il y a eu

tant de plaintes au ministère du Transport. On n'a pas exigé du Protecteur du

citoyen de déterminer où proviennent les plaintes, dans quel organisme. On va

avoir juste qu'il y a eu tant de plaintes, de représailles.

Leitão : Oui, vous avez raison, c'est ça. Le Protecteur du citoyen

pourrait, s'il le juge à propos, ajouter cette précision-là par

ministère, mais c'est à lui ou à elle à faire ce choix-là.

Mme Léger :

Si je me mets dans la place du public, ou du citoyen, ou de nous, comme gouvernement,

si le Protecteur du citoyen ne le met pas...

Parce qu'il peut le mettre en mettant... Avec «notamment», le Protecteur

du citoyen peut ajouter tout ce qu'il

veut. S'il ne le met pas, on n'a pas cette information-là. Je peux

comprendre que peut-être qu'on

ne le mette pas, peut-être,

là, je peux comprendre. Ça aurait été utile, à mon avis, mais c'est sûr que

le premier visé est le Protecteur du citoyen d'abord pour... Mais je

fatigue qu'on ne pourra pas savoir quel organisme a eu des plaintes de représailles et à quel nombre, le nombre de

plaintes, si le Protecteur du citoyen juge qu'il ne le met pas dans son rapport.

Le Président (M.

Marceau) : M. le ministre.

M. Leitão :

Merci. Mais nous, en tant que parlementaires, nous pouvons toujours poser cette

question-là au Protecteur du citoyen parce

que le Protecteur du citoyen relève

de l'Assemblée nationale. Donc, quand on voit son rapport annuel et

on voit qu'il y a le juste le nombre total de plaintes de représailles, et, si

nous, en tant que parlementaires, voulons savoir plus, nous pouvons poser cette

question au Protecteur du citoyen.

Le Président (M.

Marceau) : Très bien. Mme la députée.

Mme Léger :

O.K. Ça me convient, M. le Président. Dans ce temps-là, qu'est-ce que je fais

si j'enlève le cinquième?

Le Président (M.

Marceau) : On peut, d'un commun accord et par consentement, simplement

biffer le cinquième paragraphe

et renuméroter celui qui était sixième en 5°, et je pense que tout le monde va être heureux. Si ça vous convient, si ça convient à la

députée de Mirabel et aux autres collègues.

Le Président (M.

Marceau) : Oui? Ça va?

M. Leitão : C'est une excellente

suggestion, M. le Président.

Le Président (M. Marceau) : Alors,

faisons ça. Alors, le paragraphe 6° devient désormais 5°. Ce qui était le cinquième paragraphe a disparu et nous poursuivons

la discussion. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Pointe-aux-Trembles, oui.

Mme Léger : Je ne peux pas insister assez, M. le Président, sur le «notamment». Parce qu'il est quand même assez important,

le «notamment», c'est que ça... On a beau vouloir mettre des alinéas ici — là, on en a cinq — mais je pense que, pour mieux circonscrire puis donner suite, là,

dans le fond, au rapport annuel puis s'assurer qu'il y a une bonne

marche, surtout au début, je trouve

important le «notamment» parce que ça permet aussi aux organismes, aux

ministères et, par le fait même, au

Protecteur du citoyen, à l'article précédent, de pouvoir ajouter n'importe quel

type autre de données qui sont importantes pour le public. Alors, je

voulais juste dire ça. Ça fait que ça me convient.

Le Président (M. Marceau) : Très

bien. Merci, Mme la députée. Réaction, M. le ministre?

Le Président (M. Marceau) : Ou Mme

la députée de Mirabel? Ça va? Alors, puisqu'il n'y a pas d'autre intervention,

je suis prêt à mettre le sous-amendement aux voix.

Le Président (M. Marceau) : Par

appel nominal. M. le secrétaire.

Le Secrétaire : Donc, pour,

contre ou abstention. Mme Léger (Pointe-aux-Trembles)?

Le Secrétaire : M. Leitão

(Robert-Baldwin)?

Le Secrétaire : M. Busque

(Beauce-Sud)?

Le Secrétaire : M. Reid

(Orford)?

Le Secrétaire : M. Matte

(Portneuf)?

Le Secrétaire : M. Polo

(Laval-des-Rapides)?

Le Secrétaire : Mme D'Amours

(Mirabel)?

Le Secrétaire : M. Marceau

(Rousseau)?

Président (M. Marceau) :

Abstention. Alors, le sous-amendement de Mme la députée de Pointe-aux-Trembles

est adopté. Et on revient à l'amendement tel

que sous-amendé. Est-ce que j'ai des interventions? Alors, pas

d'intervention. Je suis donc prêt à mettre aux voix l'amendement tel que

sous-amendé. O.K. Alors, est-ce qu'il est adopté?

Président (M. Marceau) :

Alors, l'amendement, tel que sous-amendé, est adopté. Et on est maintenant

prêt à passer à un nouvel article, je pense, du ministre, là, 23.2.

Le Président (M. Marceau) : Ah! O.K.

Est-ce que tout le monde a le nouveau, monsieur...

Le Président (M. Marceau) : Ah!

pardon. On va suspendre une minute.

(Suspension de la séance à 15 h 48)

Le Président (M. Marceau) : On peut

reprendre. Alors, M. le ministre, vous vouliez introduire un nouvel article,

23.2.

M. Leitão : Donc, nouvel article,

23.2, que nous allons vous présenter et qui fait suite à des discussions que

nous avons eues précédemment. Ça concerne la consultation juridique, et donc

divers groupes qui ont apporté des commentaires.

Et, faisant suite à ça, nous présentons aujourd'hui notre 23.2 qui est

légèrement modifié de ce qui avait été présenté déjà avant. La

modification n'est pas petite. La modification d'aujourd'hui, c'est que nous,

avant, on disait «peut mettre» et, maintenant, on dit «met». Mais vous allez

comprendre ma... Explication un peu alambiquée, mais on y arrive.

Alors,

23.2 se lit comme ceci : «Le Protecteur du citoyen met un service de

consultation juridique à la disposition de toute personne qui effectue ou souhaite effectuer une divulgation ou

qui collabore à une vérification ou à une enquête menée en raison d'une divulgation conformément aux

dispositions des chapitres II à IV de la présente loi ou aux

dispositions du

chapitre VII.2 de la

Loi sur les services de garde éducatifs à

l'enfance (chapitre S-4.1.1).

«Une personne

visée au premier alinéa peut également bénéficier du service de consultation

juridique lorsqu'elle se croit

victime de représailles au motif qu'elle a, de bonne foi, fait une divulgation

ou collaboré à une vérification ou à une

enquête menée en raison d'une divulgation, sauf lorsque ces représailles

constituent une pratique interdite au sens du paragraphe 11° du premier

alinéa de l'article 122 de la

Loi sur les normes du travail (chapitre N-1.1).

«Pour

bénéficier de ce service de consultation juridique, une personne ne doit pas

avoir autrement accès gratuitement à

des conseils juridiques et doit, de l'avis du Protecteur du citoyen, être dans

une situation particulière qui justifie

une assistance juridique, par exemple, en raison de la nature de sa divulgation

ou en raison de sa participation à une vérification ou à une enquête.

«Le Protecteur du citoyen détermine, dans chaque

cas, la manière dont est rendu le service de consultation juridique ainsi que

sa durée.»

Alors, l'ajout du

chapitre IV.1, ce que

nous venons de faire, vise à prévoir la mise en place d'un service de consultation juridique par le Protecteur du

citoyen. Il est proposé que ce service soit offert à toute personne qui

souhaite effectuer ou qui effectue une divulgation ainsi qu'à une personne qui

estime être victime de représailles non liées à son emploi.

L'article 23.2

propose que le service de consultation juridique soit disponible tant pour les

personnes qui effectuent une divulgation auprès du Protecteur du citoyen

que pour celles qui s'adressent au ministère de la Famille ou à un responsable

du suivi des divulgations. Voilà.

Président (M. Marceau) :

Très bien. M. le ministre. Est-ce que j'ai des interventions? Oui, Mme la

députée de Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger : Oui. Jaime

ça quand il change des mots comme, ça, M. le Président. C'est suite à plusieurs

discussions, et les juristes qui nous

écoutent doivent bien aimer ça, «peut mettre» et «met», et «doit», ils sont

habitués avec ces termes-là régulièrement.

C'est

vraiment... Je pense que c'est important d'avoir un service de consultation

juridique, de pouvoir permettre aux gens

d'avoir des services et des ressources qui sont comme importants dans des actes

de divulgation, que les divulgateurs se...

On se rappelle toujours qu'un divulgateur, c'est un lanceur d'alerte, là, il

faut avoir du courage pour le faire. Puis il faut le protéger, et il faut qu'il soit accompagné dans ça aussi. Et on

a vu, les dernières années, que ça demandait beaucoup pour réussir à

vraiment faire ces actes de dénonciation là, mais, en même temps, de les

protéger. Alors, un service de consultation juridique, évidemment, c'est

important. Alors, je salue cet ajout-là, cet

article 23.2 que le ministre

nous soumet aujourd'hui.

Je fatigue un

petit peu avec... dans le troisième paragraphe : «Pour bénéficier de ce

service de consultation juridique, une personne ne doit pas avoir

autrement accès gratuitement à des conseils juridiques...»

J'aurais un

amendement à apporter à ce niveau-là parce que je voudrais enlever ce bout-là,

«une personne ne doit pas avoir autrement accès gratuitement à des

conseils juridiques».

On a eu

beaucoup de discussions. Je fais référence, entre autres, à l'aide juridique

qui peut être demandée, qu'un citoyen a peut-être utilisé l'aide

juridique avant, qu'un divulgateur utilise peut-être un service juridique avant

de faire la divulgation, et peut-être qu'il

a eu cette opportunité-là ou, en tout cas, qu'il a utilisé des services

juridiques. Ou même je pense aussi au milieu

syndical. Parce qu'on a eu des discussions avec le milieu syndical, le milieu

syndical a proposé d'accompagner parfois de leurs membres. Le ministre a refusé

toute cette partie-là à l'époque, disant : Bon, le milieu syndical a quand même apporté des arguments que je

trouvais importants parce qu'ils ont de ces types de services là, le milieu syndical, de protéger leurs membres, de les

accompagner. Alors, ils ont des services aussi, ils peuvent avoir des services, les services juridiques à l'intérieur de

leur formation syndicale. Et le ministre, à ce niveau-là, quand on a eu

des bonnes discussions, avait refusé mes

amendements à cette époque. Mais là, à ce moment-ci, je ne sais pas pourquoi

que le ministre, je veux dire, veut absolument mettre qu'«une personne ne doit

pas avoir autrement accès gratuitement à des conseils juridiques». Je trouve

qu'il y a des gens qui peuvent utiliser des conseils juridiques au préalable,

ou avant, ou s'informer.

Alors, je

salue d'avoir un service de consultation juridique au Protecteur du citoyen,

mais ça n'enlève pas qu'une personne pourrait avoir accès quand même

gratuitement à d'autres services juridiques, alors, de conseils juridiques. Est-ce que ça peut être un ami qui est avocat, un

ami qui lui donne certains conseils? Là, la manière qu'il est écrit,

c'est qu'il ne peut pas avoir autrement

accès gratuitement à des conseils juridiques. Alors, avant de déposer mon

amendement, je voulais avoir un peu...

Est-ce que le ministre tient formellement à cette partie-là d'«une personne ne

doit pas avoir autrement accès gratuitement à des conseils juridiques»?

Le Président (M. Marceau) : O.K.

Alors, ce serait un sous-amendement, pour être au clair, mais...

Mme Léger : Oui, je ne le

déposerai pas tout de suite, mais je vais attendre un peu sa...

Le Président (M. Marceau) : Parfait.

On va laisser M. le ministre réagir, effectivement.

Leitão : En effet, nous avons ajouté ce troisième alinéa pour prévoir

une situation où, donc, une personne peut avoir accès gratuitement, et

on met l'accent ici sur «gratuitement», à des conseils juridiques. Si tel est

le cas, donc, si une personne peut avoir accès gratuitement... non, pardon,

c'est l'inverse, excusez-moi — longues journées, longue semaine — donc,

que cette personne ne doit pas avoir accès gratuitement à des conseils

juridiques.

C'est une

question un peu de nature financière, de nature budgétaire. On s'est un peu

inspirés de ce qui se passe au niveau

fédéral où, là, il y a des montants établis. Bon, ici, on n'établit pas de

montant, mais on ajoute, donc, la question de l'accès gratuit. Donc, encore là, c'est une question d'équilibre motivée

principalement par des questions financières, des questions budgétaires.

Le Président (M. Marceau) : Mme la

députée.

Mme Léger :

Je m'attendais à ce que vous me disiez ça. Peut-être, là, que vous avez été

vérifier au niveau du fédéral. Parce

que j'ai tellement souvent fait des comparaisons moi-même avec les autres

provinces pour ajouter des choses que

les autres provinces avaient, et puis là il y avait souvent des fins de

non-recevoir, hein, M. le Président, du ministre, mais, cette fois-ci,

ça fait son affaire. Ça dépend.

Mais,

écoutez, qu'est-ce qui arrive avec une personne qui a accès à des services

juridiques, mettons, dans son milieu syndical

gratuitement? Elle est membre d'une formation syndicale, elle est accréditée,

là, le syndicat est accrédité dans son...

Si un divulgateur ne peut pas, gratuitement, avoir des services juridiques, ce

que... Normalement, pour moi, si elle était avec son syndicat, puis son syndicat veut lui donner, puis l'aide, puis

l'accompagne, puis la soutient dans ça avec les juristes de la formation syndicale, bien là il ne pourra

pas, là. Ça fait qu'en plus on a refusé au milieu syndical de... on a

refusé à la personne de ne pas être

accompagnée nécessairement... dans le processus de divulgation, d'être

accompagnée par les gens de son

syndicat. Là, on lui dit : Tu ne peux même pas, gratuitement non plus, les

avoir, les conseils juridiques. Il me semble que ce n'est pas aidant. Je

peux comprendre qu'il y a peut-être des coûts, là...

Le Président (M. Marceau) : Merci,

Mme la députée. M. le ministre.

Leitão : Non, en effet, c'est ça, ce sont des questions financières.

Pour ce qui est de l'exemple que vous avez mentionné, donc, du syndicat, en effet, si un syndicat... Et ce n'est

pas tous les syndicats, mais, si un syndicat met à la disposition de ses membres un service juridique,

alors là c'est clair que la personne qui se croit victime de

représailles peut avoir accès gratuitement à la consultation juridique par son

syndicat.

Le Président (M. Marceau) : Mme la

députée.

Mme Léger :

Mais, si on l'a refusé au départ, qu'une personne peut être accompagnée de son

syndicat dans les autres... pour

l'aider dans le processus, là, on lui dit : Tu ne peux même pas si tu l'as

gratuitement... Parce qu'il paie des cotisations,

là, ce membre-là, il paie des cotisations, le fonctionnaire ou la personne dans

un ministère. On prend l'exemple d'un

employé du ministère, il paie des cotisations à son syndicat, son syndicat est

prêt à l'accompagner, est prêt à l'aider dans le processus. On n'a pas

voulu amender à ce moment-là, là, on a dit : Tu ne peux même pas avoir

gratuitement des conseils juridiques.

M. Leitão : Oui, vous avez raison,

entièrement raison, nous avons beaucoup parlé de cet aspect avant. Les amendements que vous aviez proposés avant, on ne

les avait pas acceptés parce qu'on parlait à ce moment-là, donc, de

toute association

accréditée, pas nécessairement des avocats. Ici, on est dans le cas très, très,

spécifique de consultation juridique, donc

des services juridiques d'un syndicat, si le syndicat en offre, de tels

services juridiques. Alors, si la personne syndiquée peut avoir accès gratuitement à ces services

juridiques par des professionnels, et donc qu'ils sont tenus de respecter

la confidentialité de l'information... On avait

aussi beaucoup discuté de, donc, la spécificité des avocats. Donc, si le

syndiqué peut avoir accès à ces services

gratuitement, bon, il les prendra, sinon, alors là, ça sera à travers le

Protecteur du citoyen, et, en tout cas, le Protecteur du citoyen va

analyser la situation particulière.

Président (M. Marceau) :

O.K. Merci, M. le ministre. Je vais donner la parole à Mme la députée de

Mirabel.

D'Amours : Moi, je le comprends comme ça, mais, si jamais la personne

qui... bon, elle a un syndicat, elle pourrait

avoir des services gratuitement dans son syndicat, par sa formation syndicale,

mais qu'elle décide de ne pas aller vers

cette avenue-là, elle n'aura pas le droit d'aller à la consultation juridique?

Si je le lis bien, là : «Pour bénéficier de ce service de consultation juridique, une personne ne

doit pas avoir autrement accès gratuitement...», c'est que, si elle a

accès gratuitement par sa formation

syndicale, elle n'aura pas droit à la consultation juridique. Vous ne lui donnez

pas le choix.

Le Président (M. Marceau) : Merci,

Mme la députée. M. le ministre.

Leitão : Oui, ça serait à ce moment-là... Vous avez raison, et ça

serait à ce moment-là, donc, au Protecteur du citoyen de... enfin, peut-être, à la personne d'expliquer pourquoi elle

ne va pas avoir recours aux services juridiques de son syndicat, et pourquoi elle préfère le faire

autrement, et puis ça sera au Protecteur du citoyen d'analyser et de voir, s'il

y a lieu, qu'il, le protecteur, offre ses services ou pas.

Le Président (M. Marceau) : Merci.

Mme la députée de Mirabel.

D'Amours : Je vais résumer ce que je comprends, je veux que le

ministre le valide. C'est que, si jamais la personne ne veut pas faire affaire avec son syndicat... doit passer par

le Protecteur du citoyen, lui dire pourquoi elle ne veut pas prendre son service gratuit qu'elle a à

sa disposition au niveau de son travail puis qu'elle voudrait bénéficier

de la consultation juridique qui existe, et c'est le Protecteur du citoyen... à

partir de sa divulgation de ce dossier-là, c'est le protecteur qui va décider si, oui, elle a des services gratuits par la

consultation juridique, sinon elle devra retourner par sa consultation à

elle dans son syndicat. Est-ce que c'est bien ça?

M. Leitão : C'est ça, c'est ça. Et

d'ailleurs c'est pour ça qu'on dit ici que, donc, «de l'avis du Protecteur du citoyen, être — la personne — dans une situation particulière». Donc, ça

pourrait être ça, une situation particulière, il dit : Je ne veux

pas faire affaire avec les avocats de mon syndicat, et il expliquera alors

pourquoi cette situation-là est particulière,

et le protecteur décidera à ce moment-là s'il lui offre quand même les services

de consultation juridique ou pas.

Mme D'Amours : M. le Président?

Le Président (M. Marceau) : Mme la

députée, oui.

D'Amours : Ça sera à ce moment-là le Protecteur du citoyen qui va

faire l'analyse de ce dossier-là et il va dire : Oui, vous allez

aux consultations juridiques.

Mme D'Amours : Donc, ça donne le

choix à la personne, qui peut prendre... Elle a un ou l'autre qu'elle peut

prendre. Si elle ne prend pas le sien gratuitement, elle pourra passer par le

protecteur, et lui, le Protecteur du citoyen, pourra décider pour elle.

M. Leitão : Exact, s'il offre le

service ou pas.

Le Président (M. Marceau) : Très

bien. Merci, M. le ministre. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger : Oui, je n'ai pas

terminé, M. le Président. Ça me fatigue beaucoup. Parce qu'aussi le ministre peut réfléchir, puis on peut le mettre de côté

aussi, là, le sous-amendement. En principe, si je parle des ministères

puis des organismes publics, la plupart des

employés, en général, sont syndiqués, alors ce qui veut dire que tous les

syndiqués et tous les employés

n'auront pas le droit gratuitement à leurs services juridiques avec leur

association syndicale. C'est ce que je comprends.

S'ils veulent avoir une consultation juridique ou s'ils veulent... donc, tous

les services gratuits que donne un syndicat

à ses membres, donc, tous les membres de l'État, parce qu'ils sont, en

majorité, syndiqués, là, ils n'auront pas droit. Donc, vous êtes en train de donner le message que vous avez beau

être syndiqué, mais vous ne pourrez pas utiliser les conseils de votre syndicat, il va falloir vraiment

que vous les payiez pour que vous ayez le droit. Il y a quelque chose

qui ne marche pas, là, M. le Président, là.

Le Président (M.

Marceau) : M. le ministre.

Leitão : Oui. Enfin, c'est que vous avez raison que la plupart des

employés de l'État sont syndiqués, la plupart, pas tous, mais la plupart. Il y a plusieurs syndicats avec plusieurs

degrés d'expertise ou de couverture. Il y a aussi différentes situations. S'il s'agit donc d'une divulgation

d'un problème où ça se pourrait très bien que le service juridique du

syndicat lui dise : Écoute, je n'ai pas

l'expertise de t'accompagner, de faire ça, alors, dans ce cas-là, l'individu,

l'employé n'a pas accès gratuitement parce que le syndicat ne peut pas

le fournir, ce support-là, donc il ira au Protecteur du citoyen.

Le Président (M.

Marceau) : Merci. Mme la députée.

Léger : Oui, mais là vous y allez par l'inverse, vous y allez

par... Je comprends, là, mais vous y allez par l'inverse parce que, là, la manière qu'il est vraiment écrit, on

s'entend que c'est la majorité, quand même, des employés de l'État qui sont syndiqués. Alors là, vous lancez

un message assez clair que... Parce que je trouve que c'est important

d'avoir un service de consultation juridique

au Protecteur du citoyen, ça, j'en conviens, mais là vous lancez un message

que, tous les employés de l'État, si vous voulez utiliser les services

juridiques avec le Protecteur du citoyen, bien, vous ne pourrez pas les avoir

gratuitement avec votre syndicat. C'est ça que vous lancez comme message.

Le Président (M.

Marceau) : M. le ministre.

M. Leitão :

Enfin, moi, je ne l'interprète pas comme ça. Moi, je l'interprète de l'autre

côté, en disant que l'employé, bon, il

commence par voir avec son syndicat si ce service juridique est disponible, et,

s'il est disponible, alors, oui, il

doit l'utiliser, mais, si, pour une série de raisons, le syndicat n'a pas

l'expertise nécessaire, ne peut pas le faire, il va voir le protecteur.

Mais vous avez raison que le fardeau, c'est que l'employé commence par son

accès gratuit, si vous voulez, avant d'aller

plus loin au Protecteur du citoyen. En termes de... On a ici, en termes de...

donc, des consultations juridiques.

Le Président (M.

Marceau) : D'autres interventions? Mme la députée de

Pointe-aux-Trembles.

Léger : Mais pourquoi — j'essaie de trouver un espace, là — que vous ne laissez pas le Protecteur du

citoyen juger de tout ça? Parce que, là, je

veux dire, pourquoi le Protecteur du citoyen lui-même... Tu sais, moi,

j'enlèverais, là, «ne doit pas avoir

autrement accès gratuitement à des conseils juridiques», je l'enlèverais parce

que l'autre... Moi, je garderais «de

l'avis du Protecteur du citoyen, être dans une situation particulière qui

justifie...» Donc, tout le reste du paragraphe, il resterait là, là.

Alors, pour moi, c'est le Protecteur du citoyen qui va en juger. Alors, il me

semble que ça suffirait. Je vais déposer mon amendement, M. le Président.

Le Président (M.

Marceau) : Pardon?

Mme Léger :

Mon sous-amendement. Je vais déposer mon sous-amendement.

Le Président (M.

Marceau) : O.K. Allez-y. Mais, en fait...

Mme Léger :

Il faut que je le lise.

Le Président (M.

Marceau) : ...je vais vous demander de nous en faire la lecture, et

puis on va en disposer ensuite. Allez-y.

Léger : Alors, l'article 23.2. Supprimer, dans le troisième

alinéa de l'amendement proposé par l'article 23.2, les mots «ne doit pas

avoir autrement accès gratuitement à des conseils juridiques et».

Le Président (M. Marceau) : O.K. Juste avant que vous le déposiez

officiellement, Mme la députée de Mirabel voulait dire quelque chose,

là. Allez-y.

D'Amours : Oui. Je me demandais si, à ce même paragraphe, là, que l'on

parle depuis tantôt, à la deuxième ligne,

au lieu de dire... Bon, je vais le

lire : «Pour bénéficier de ce service de consultation juridique, une

personne ne doit pas avoir autrement accès gratuitement à des conseils

juridiques ou doit, de l'avis du protecteur...» Alors, ça viendrait, je pense, pour

ma collègue ici, là, répondre à son questionnement, c'est «ou doit, de l'avis de Protecteur du citoyen, être dans une situation particulière». Alors, à ce

moment-là, en changeant le «et» pour «ou», on vient de dire que le Protecteur

du citoyen a analysé... et va dire à la

personne : Bien, écoute, fais affaire avec ton juridique de ton côté; mais

maintenant, là, que je l'ai analysé, ça peut

être aussi : Écoute, à la lueur de ce que je viens de voir là dans ton

dossier, on va prendre le service de consultation juridique.

Le Président (M.

Marceau) : Très bien. Merci, Mme la députée de Mirabel. Mais là on a

deux variantes. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles, je vous laisse en juger.

Mme Léger : La députée de

Pointe-aux-Trembles, elle va vouloir enlever «ne doit pas avoir autrement accès

gratuitement à des conseils juridiques».

Président (M. Marceau) :

Très bien. C'est votre droit légitime. Alors, on va suspendre le temps d'en

faire des copies.

(Suspension de la séance à 16 h 11)

Président (M. Marceau) :

Alors, nous reprenons. On avait donc un sous-amendement de Mme la députée de Pointe-aux-Trembles. Alors, je

vais peut-être vous laisser redire quelques

mots pour qu'on reprenne le fil tous ensemble,

Mme Léger : Bien oui. Bien, ce que j'apporte

comme sous-amendement, c'est de laisser la personne, le divulgateur

lui-même de faire le choix de consulter son syndicat et le service juridique

qu'il peut y avoir à son syndicat ou des accompagnateurs

dans son syndicat ou au gouvernement, le service, vraiment, juridique d'un

syndicat. Et, en même temps, c'est

sûr que, s'il peut faire son processus avec le Protecteur du citoyen, peut-être

que le Protecteur du citoyen, il va former davantage ses gens dans les

actes répréhensibles, les fraudes fiscales, toutes les formations que peut-être

un syndicat n'aura pas, là, toute cette

formation-là, nécessairement, à tous ces types d'actes répréhensibles, mais je

pense qu'on ne peut pas enlever à un

employé de l'État — qui

sont, en majorité, syndiqués — la possibilité d'avoir des conseils

juridiques de son syndicat.

Je donne ça

comme exemple, un syndicat, mais ça peut être une personne qui va aller

chercher de l'aide juridique gratuitement

parce qu'elle est en situation d'avoir gratuitement des services juridiques. Il

me semble qu'on ne devrait pas la mettre de côté, là. Je ne sais pas

qu'est-ce que le ministre a pensé.

Le Président (M. Marceau) : Merci.

M. le ministre.

Leitão : Alors, M. le Président, après d'intéressantes discussions

avec nos collègues ici... Comme j'avais dit tantôt, dans notre avis, l'enjeu était principalement de nature

financière, budgétaire, mais, après discussion, nous sommes prêts à

accepter le sous-amendement tel que soumis par la députée de

Pointe-aux-Trembles. Donc, ça se lirait : «Une personne doit, de l'avis du

Protecteur du citoyen, être en situation particulière...»

Mme Léger : Je remercie le

ministre.

Président (M. Marceau) :

Merci, M. le ministre. Est-ce que j'ai d'autres interventions? Alors, n'ayant

pas d'autre intervention, je suis prêt à mettre aux voix le sous-amendement de

Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger : Vote nominal.

Le Président (M. Marceau) : Alors,

un vote par appel nominal. M. le secrétaire.

Le Secrétaire : Donc, pour,

contre ou abstention. Mme Léger (Pointe-aux-Trembles)?

Le Secrétaire : M. Leitão

(Robert-Baldwin)?

Le Secrétaire : M. Busque

(Beauce-Sud)?

Le Secrétaire : M. Reid

(Orford)?

Le Secrétaire : M. Matte

(Portneuf)?

Le Secrétaire :

Mme D'Amours (Mirabel)?

Le Secrétaire : M. Marceau

(Rousseau)?

Le Président (M. Marceau) :

Abstention.

Le Secrétaire : Adopté.

Le Président (M. Marceau) : Alors,

le sous-amendement est adopté. On revient donc à l'amendement de l'article 23.2

introduit par le ministre tel que sous-amendé. Est-ce que j'ai des

interventions? J'ai une intervention de la députée de Pointe-aux-Trembles.

Allez-y, madame.

Mme Léger : Je veux revenir... Excusez-moi, j'essaie de le

retrouver dans l'amendement du ministre parce

que j'avais des... Il est ici, dans le

deuxième paragraphe. Bon, dans le deuxième paragraphe : «Une personne visée au premier alinéa peut également bénéficier

du service de consultation juridique lorsqu'elle se croit victime de

représailles au motif qu'elle a de bonne foi

fait une divulgation ou collaboré...» Alors, on va commencer ces

articles-là parce que je l'ai aussi

ailleurs. Comment déterminer la bonne foi? Je reviens tout le temps que la personne qui se croit victime de représailles, que c'est elle qui a le fardeau de démontrer

qu'elle est de bonne foi, et, avant d'aller plus loin, je veux voir pourquoi

le ministre insiste pour mettre ces mots-là dans son deuxième paragraphe.

Le Président (M. Marceau) : Merci. M.

le ministre.

Leitão : Bon, ce que je

comprends, c'est que, quand on parle de bonne foi, la bonne foi se présume, on

présume que les personnes sont de bonne foi, c'est la mauvaise foi qu'il faut

être plus précis. Mais on part du principe qu'un divulgateur, donc, aurait agi

de bonne foi, donc la personne fait la divulgation de bonne foi.

Le Président (M. Marceau) : M. le

ministre? Non, ça va? O.K. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger :

Oui. C'est parce que je trouve que c'est sur les épaules du divulgateur de

démontrer qu'il est de bonne foi pour

avoir la consultation juridique. Puis je vais le voir plus loin, hein, parce

qu'on va revenir aussi sur l'article d'ici, là, 26 et l'autre... de

déterminer la bonne foi.

Je vais

donner l'exemple, un exemple bien clair, de Lino Zambito, qui, dans toute la

commission Charbonneau... qui est

venu devant toute la commission puis qui est allé... en fait, avait des motifs

raisonnables d'exprimer ce qu'il avait à exprimer. Mais, si on prend qu'il était lui-même intervenu et lui-même a

fait des actes répréhensibles, si je mesure sa bonne foi, je pourrais en discuter longtemps, mais sauf

que ça a servi énormément dans l'intérêt public, par exemple, ça a

permis quand même d'avoir des informations qui ont été importantes pour la

suite des choses. Alors, si on discrédite la personne, le divulgateur parce

qu'il ne serait peut-être pas de bonne foi, je me prive du but et de l'objectif

de notre projet de loi, qui est de faciliter la divulgation d'actes

répréhensibles.

Alors, on

aura à démontrer qu'elle est de bonne

foi. Mettons qu'elle n'est pas trop de bonne foi, on en jugera, le Protecteur

du citoyen refusera sa demande. Le Protecteur du citoyen est toujours apte... c'est lui qui va donner, en bout

de ligne, l'acceptation ou non de la

divulgation puis, s'il y a lieu, si elle est fondée ou pas. Alors, si, au

départ, on exige que la personne soit

de bonne foi... Je ne dis pas que les gens ne sont pas de bonne foi. Ce n'est pas ça que je veux dire, je pense que c'est des gens... On veut tous qu'ils soient de bonne foi, mais, dans la situation qu'on vit là, je ne suis pas certaine que

c'est nécessaire parce qu'il va falloir démontrer... C'est sûr qu'on peut avoir

des demandes frivoles, qu'on peut avoir toutes

sortes de... mais le Protecteur du citoyen en jugera, que ce n'est pas fondé, puis que la

demande est frivole, puis elle n'a pas de bon sens, puis ce qu'il dit,

ça ne se tient pas debout, il n'y a pas de preuve, il n'y a pas ce qu'il faut.

appartiendra au Protecteur du citoyen, à mon

avis. Alors, déjà, au

départ, on lui dit : Bien, il faut que tu sois de bonne foi

pour avoir droit à bénéficier de ton service, puis, tout à l'heure, il faut que tu sois de bonne

foi pour... On va le voir dans d'autres articles qui viendront sur la protection

contre les représailles. Alors, le ministre... je

pense qu'on n'aide pas le

divulgateur puis on n'aide pas de dénoncer les actes répréhensibles parce qu'on

exige que la personne soit vraiment de bonne foi.

Le Président (M. Marceau) : Merci,

Mme la députée. M. le ministre.

Leitão : Merci, M. le Président. Bon, moi, vraiment, je ne vois pas la

question de ce côté-là. Je ne pense pas que ça soit un obstacle, parce qu'une personne qui fait une divulgation...

enfin, je présume, nous présumons tous que la personne qui fait la divulgation le fait de bonne foi. Je

ne pense pas que les personnes vont faire des divulgations pour essayer

de nuire à quelqu'un d'autre. Donc,

normalement, une personne agit de bonne foi, et, donc, fait cette

divulgation-là, et voilà. Et la raison

pour laquelle on a expressément inscrit «de bonne foi» ici, comme dans d'autres

parties du projet de loi, comme vous l'avez mentionné, c'était

expressément à la demande du Protecteur du citoyen qu'on l'inscrive comme ça.

Le Président (M. Marceau) : O.K.

D'autres interventions? Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger : Oui,

oui, oui. Je ne laisserai pas ça passer. Le Protecteur du citoyen a aussi dit

beaucoup de choses sur la bonne foi,

là, dans son document qu'elle a déposé la semaine dernière, là, au début de la

semaine, je ne me souviens plus

quand. «L'exigence de la bonne foi». «D'autre part — je lis le deuxième paragraphe dans ce

chapitre-là de l'exigence de la bonne

foi, elle dit — les

motivations du divulgateur ne changent rien à la possibilité qu'un acte

répréhensible existe réellement, et l'imposition d'un tel critère

limitatif à l'entrée risquerait de contrecarrer la possibilité d'enquêter à ce

sujet.» Et j'en aurais d'autres, là, que...

Alors,

si le ministre me dit qu'il présume que tous les gens qui divulguent sont de bonne

foi, alors pourquoi qu'il le met? Il

nous dit : Je présume que tous ceux qui vont vouloir faire un acte de

divulgation, normalement, sont de bonne foi. Alors, pourquoi qu'il le

met? Parce que le Protecteur du citoyen sera toujours la personne au bout qui

va déterminer s'il y a lieu de... que ce

soit fondé ou pas. Alors, je me dis : Pourquoi mettre sur les épaules du

divulgateur de démontrer qu'il est de

bonne foi? Si je suis le ministre, tout le monde est de bonne foi. Alors, on

les laisse aller. Et, si, moindrement, ils n'étaient de bonne foi, bien,

peut-être, ça peut servir quand même l'intérêt public.

Le Président (M.

Marceau) : Merci, Mme la députée. M. le ministre.

M. Leitão :

Oui, mais ici, au deuxième alinéa, nous sommes dans les consultations

juridiques, lorsque le divulgateur se croit

victime de représailles. Alors, on n'ajoute aucun fardeau additionnel au divulgateur. S'il se croit

victime de représailles parce qu'il a, de bonne foi, fait cette divulgation-là, alors là il aurait accès à

cette consultation juridique.

Le Président

(M. Marceau) : Mme la députée.

Mme Léger :

Je vais quand même déposer un sous-amendement.

Le Président

(M. Marceau) : Parfait. Je vous invite à en faire la lecture, s'il

vous plaît.

Mme Léger : Alors, supprimer, dans le deuxième alinéa de l'amendement proposé par l'article 23.2, les mots «de bonne foi».

Le Président

(M. Marceau) : Alors, je vous laisse le déposer. Merci. On va

faire des copies et le remettre à chacun. On va suspendre, s'il vous plaît.

(Suspension de la séance à 16

h 31)

Le Président (M. Marceau) : Alors, nous reprenons. Alors, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles, vous nous avez déposé un sous-amendement.

Je vous invite à nous en dire quelques mots.

Mme Léger : Oui, M.

le Président. Je trouve qu'ajouter

«de bonne foi» est inutile parce que, si je le lis aussi : «Une personne visée au premier alinéa peut également

bénéficier [d'un] service de consultation juridique lorsqu'elle se croit victime

de représailles au motif qu'elle a fait une divulgation ou collaboré à une vérification ou à une enquête...» Et, si je vois le troisième paragraphe

qu'on a ajouté, que le ministre a ajouté : «Pour bénéficier d'un service

de consultation juridique», si j'enlevais

mon bout, là... «[selon] l'avis du

Protecteur du citoyen, être dans une situation particulière qui justifie une assistance juridique, par

exemple...», bon, alors, c'est toujours l'avis du Protecteur du citoyen. Alors,

moi, le ministre m'a souvent dit que, le

Protecteur du citoyen, on lui donne le mandat et les marges de manoeuvre qu'il

faut. Bien, c'est à lui de décider

que ça n'a pas de bon sens puis que ce n'est pas de bonne foi ou ce n'est pas

de je ne sais pas quoi, là. Alors, je trouve inutile de mettre «a de

bonne foi».

Le Président

(M. Marceau) : O.K. Merci, Mme la députée. Réaction, M. le

ministre?

M. Leitão :

Oui, M. le Président. Alors, bon, nous avons inclus «de bonne foi» justement à

la requête du Protecteur du citoyen

et nous pensons que ça n'ajoute pas de charge indue au divulgateur. Donc, pour

nous, ce qui est important dans cet

alinéa, c'est que, donc, la personne peut également bénéficier du service de

consultation lorsqu'elle se croit victime de représailles. Donc, je me

crois victime de représailles, donc je peux avoir accès au service de

consultation juridique.

Le Président

(M. Marceau) : Très bien. D'autres réactions, Mme la députée?

M. Leitão :

Bien, si je peux rajouter...

Le Président

(M. Marceau) : Pardon! Allez-y, oui, continuez.

M. Leitão :

Excusez-moi, juste rajouter aussi, par concordance avec ce qui va venir un peu

plus tard à l'article 26, quand on va parler, justement, de

protection contre les représailles, là aussi on a ajouté «de bonne foi». Alors,

si on l'enlevait d'ici, il faudrait aussi

l'enlever de là-bas. Alors, c'est pour ça que nous, on préfère les garder aux

deux endroits.

Président (M. Marceau) : O.K. Mme la députée.

Mme Léger :

C'est sûr que je vais vouloir l'enlever à l'autre endroit. Je vous le dis tout

de suite, préparez-vous, je vais vouloir l'enlever à l'autre endroit. Je

ne sais pas comment on détermine quand c'est de bonne foi, là.

Le Président

(M. Marceau) : M. le ministre.

M. Leitão :

Peut-être que je pourrais demander à Me Lavoie d'expliquer. Mais c'est que la

bonne foi... il me semble qu'en termes juridiques la bonne foi se

présume.

Le Président

(M. Marceau) : On a besoin du consentement pour Me Lavigne. C'est

bien ça?

Le Président

(M. Marceau) : Lavoie, pardon. Excusez-moi, Me Lavoie. Est-ce que

j'ai le consentement de l'autre côté? Oui?

Le Président

(M. Marceau) : Alors, Me Lavoie, en vous identifiant.

Mme Lavoie

(Natacha) : Merci. Donc, Natacha Lavoie, de la Direction des affaires

juridiques du Secrétariat du Conseil

du trésor. Donc, en droit, la bonne foi se présume. C'est un principe qui est

très bien reconnu. Donc, dans ce cas-ci, si une personne fait une divulgation, estime être victime de

représailles, eh bien, déjà, il y a des... on va le voir aussi plus loin, il y a une présomption, qu'on va créer par

l'effet de la loi, à l'effet que, si la personne a fait une divulgation,

elle est nécessairement victime de

représailles. Donc, une présomption simple, qui pourrait être renversée

éventuellement, mais déjà elle va

partir avec cette présomption-là en faveur. Donc, si, par exemple, l'employeur

a pris une mesure disciplinaire que l'employé

considère être une représaille, ce sera à l'employeur de renverser cette présomption-là.

Et, à plus forte raison, s'il estime que la personne n'était pas de

bonne foi, bien, ce sera à l'employeur de démontrer que la personne était de mauvaise foi. Il faut dire aussi que la preuve de

mauvaise foi est quand même très, très lourde, en droit. Donc, ici, on

suit vraiment les recommandations de la

Protectrice du citoyen puis on va aussi un peu en concordance avec les lois des

autres provinces, qui sont similaires en la matière.

Le Président

(M. Marceau) : Merci. Autres interventions?

Mme Léger :

Je comprends ce que vous dites, mais pourquoi, quand même, que le fardeau, il

tombe sur l'épaule, quand même, du...

Parce que, là, c'est quand même... Qui va déterminer cette bonne foi là? C'est

le Protecteur du citoyen?

Le Président

(M. Marceau) : Me Lavoie.

Mme Lavoie

(Natacha) : Bien, dans ce cas-ci, à l'article 23.2, où on est,

pour déterminer qui peut bénéficier du service

de consultation juridique, le critère qui détermine en fait... Si une personne

souhaite avoir accès... souhaite effectuer une divulgation, est en train d'effectuer une divulgation, veut

collaborer à une enquête du Protecteur du citoyen ou encore du ministre de la Famille ou veut collaborer à la

vérification qui est menée par le responsable du suivi, à l'interne,

elle va s'adresser au Protecteur du citoyen.

Si elle s'estime être victime de représailles, c'est le critère. Donc, si,

elle, sa perception, c'est qu'elle est victime de représailles, elle va

pouvoir s'adresser. Le terme «bonne foi», ici, on le met vraiment en concordance avec la représaille qui est prévue...

la présomption contre les représailles qui est prévue plus loin au

projet de loi, où on dit : Lorsqu'une

personne s'estime être victime de représailles, pour le motif qui est là, de

bonne foi, fait une divulgation. Donc, ce passage-là, on y va vraiment

en concordance avec la modification qu'on souhaite apporter à l'article 26

du projet de loi.

Donc,

les critères pour bénéficier du service de consultation juridique, ils sont

davantage décrits au troisième alinéa de

l'article 23.2. Donc, on vient dire que, pour bénéficier du service de

consultation juridique, la personne doit, de l'avis du Protecteur du citoyen, être dans une situation

particulière qui nécessite cet avis. Donc, la personne n'a pas à

démontrer qu'elle est victime réellement de

représailles ou qu'elle a fait de bonne foi une divulgation. Ce qu'on lui dit,

c'est : elle doit, de l'avis du

Protecteur du citoyen, être dans une situation particulière qui nécessite un

service de consultation juridique. C'est là le critère pour bénéficier

ou non du service.

Mme Léger :

Alors, pourquoi vous le mettez, d'abord?

Le Président

(M. Marceau) : Étant donné qu'il y a deux voix de femmes, là,

prenons le temps de le faire de manière ordonnée. Donc, merci, Mme la députée.

Me Lavoie, s'il vous plaît.

Mme Lavoie

(Natacha) : La raison pour laquelle... c'est vraiment au niveau de la

concordance, dans le libellé, entre

l'expression qu'on utilise. Étant donné qu'on parle de représailles, on veut

bien les définir, donc on utilise le même libellé qui est utilisé plus

tard, en fait, qu'on souhaite utiliser plus tard à l'article 26 du projet

de loi.

Le Président (M. Marceau) : Très bien, merci. Maître... Pardon! Mme la

députée, plutôt, de Pointe-aux-Trembles, s'il vous plaît.

Mme Léger :

Me Léger! À l'article 26, on n'est pas dans la consultation juridique, on

est vraiment dans les représailles, mais

dans un autre niveau. Alors, si on l'accepte ici — vous me donnez la raison de

concordance — puis après on n'est pas dans le même sujet,

je dirais, de consultation juridique, qu'est-ce qui arrive si la personne est

de mauvaise foi?

Le Président

(M. Marceau) : Me Lavoie.

Mme Lavoie

(Natacha) : À ce moment-là, si la personne est de mauvaise foi puis

elle souhaite bénéficier de la protection contre les représailles, le

projet de loi ne prévoit pas que ça va s'appliquer à cette personne-là. Donc,

si la personne est réellement de mauvaise

foi, puis qu'il y a une preuve qui peut être faite à ce niveau-là — mais rappelons que la preuve peut quand même être lourde à

faire — cette

personne-là ne pourra pas bénéficier de la présomption contre les

représailles qui est prévue plus loin au projet de loi. Il y a des dispositions

qui sont prévues.

Léger : Une personne qui a fait

partie d'actes répréhensibles,

est-ce qu'elle est considérée de mauvaise foi si elle a elle-même fait un acte répréhensible puis elle dénonce l'acte

répréhensible? Parce qu'ils sont trois, quatre qui ont fait les actes

répréhensibles dans un département, est-ce que cette personne-là est considérée

de mauvaise foi?

Le Président

(M. Marceau) : Me Lavoie.

Mme Lavoie

(Natacha) : La nécessité d'être de bonne foi, c'est pour le fait de

faire la divulgation, peu importent les

actes qui se sont faits autour. Si même la personne elle-même est impliquée, ça

n'a pas d'importance, c'est si elle a

fait la divulgation de bonne foi. Exemple, si une personne fait la divulgation,

manifestement, pour porter atteinte à la réputation d'une autre personne, bien, à ce moment-là, oui, on pourrait

peut-être dire que la personne est de mauvaise foi. Mais ce n'est pas le

fait qu'elle ait participé ou non à l'acte répréhensible allégué, c'est le fait

de faire la divulgation qui est important au niveau de la bonne foi.

Le Président

(M. Marceau) : Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger :

O.K. Je comprends. Une petite nuance importante, je crois, là, puis je

comprends davantage l'explication. Je garde quand même mon

sous-amendement.

Le Président

(M. Marceau) : Vous...

Mme Léger :

Je garde quand même mon sous-amendement.

Le Président

(M. Marceau) : Vous gardez quand même votre sous-amendement?

Mme Léger :

Je le garde, je ne le retire pas parce que je trouve que c'est des termes qui

ne sont pas nécessaires à ce moment-ci.

Le Président (M. Marceau) : Très bien. Est-ce que j'ai d'autres

interventions? Non? Ça va, tout le monde? Très bien. Donc, nous sommes

prêts à mettre aux voix le sous-amendement. Alors, est-ce que le

sous-amendement de Mme la députée de Pointe-aux-Trembles est adopté?

Le Président

(M. Marceau) : Il est rejeté. Alors, on revient à l'amendement du

ministre tel qu'amendé une première fois par

un sous-amendement précédent, pas le dernier. Alors, est-ce que j'ai des

interventions sur l'amendement du

ministre? Je n'en vois pas et je serai donc prêt à mettre l'amendement du

ministre tel que sous-amendé... Je suis prêt à le mettre aux voix.

Le Président

(M. Marceau) : Alors, M. le secrétaire, s'il vous plaît.

Le Secrétaire :

Donc, pour, contre ou abstention. M. Leitão (Robert-Baldwin)?

Le Secrétaire :

M. Busque (Beauce-Sud)?

Secrétaire : M. Reid (Orford)?

Le Secrétaire :

M. Matte (Portneuf)?

Le Secrétaire :

Mme Léger (Pointe-aux-Trembles)?

Le Secrétaire :

Mme D'Amours (Mirabel)?

Le Secrétaire :

M. Marceau (Rousseau)?

Le Président

(M. Marceau) : Abstention.

Le Secrétaire :

Adopté.

Le Président

(M. Marceau) : Alors, l'amendement, tel que sous-amendé, est

adopté. Et on passe maintenant à

l'article 24, je pense, à moins qu'il y ait d'autres choses. Non? Ça va?

Alors, passons à l'article 24. M. le ministre, je vous cède la

parole.

M. Leitão :

Alors, M. le Président,

article 24, comme j'avais dit dans la session

précédente, vous allez être très content d'apprendre qu'il n'y a pas

d'amendement, il va être tel quel.

Le Président

(M. Marceau) : ...si je comprends bien.

M. Leitão :

À l'article 24, nous entrons maintenant dans le

chapitre V de notre projet

de loi, où on parle de pouvoirs et immunité. Alors, l'article 24,

il est relativement court, se lit comme ceci :

«24. Un

responsable du suivi des divulgations ne peut être poursuivi en justice en

raison d'actes accomplis de bonne foi dans l'exercice de ses fonctions.»

Alors,

cet

article vise à accorder une immunité au responsable du suivi des

divulgations pour les actes accomplis dans l'exercice des fonctions

prévues au projet de loi.

Le Président

(M. Marceau) : Très bien. Merci. Est-ce que j'ai des

interventions? Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger :

Oui. Bien, je pense qu'il n'y a pas grand-chose à dire sur celui-là, il est

toujours de bonne foi. Je ne sais

pas, les juristes aiment ça, écrire «de bonne foi». J'imagine que c'est

important pour certaines fois, puis, d'autres fois, on ne dirait pas. Alors donc, le responsable de

suivi ne peut être poursuivi en justice en raison d'actes accomplis...

des actes qu'il va accomplir de bonne foi. C'est encore le terme qui, on a vu,

est inutile là, mais, écoutez, ça va.

Le Président (M. Marceau) : Vous allez vivre avec. Est-ce que j'ai d'autres

interventions? Alors, je suis prêt à mettre l'article aux voix. Alors,

est-ce que l'article 24 est adopté?

Le Président (M. Marceau) : Sur division. On va maintenant passer à

l'article 24.1 que M. le ministre voulait introduire. Un

amendement, je pense.

M. Leitão :

C'est ça, M. le Président. Donc, par amendement, nous souhaitons introduire un

nouvel article, le 24.1, qui est le même qui avait déjà été déposé...

Le Président (M. Marceau) : Alors, on m'informe, donc, tout le monde a

compris ça, c'est la version identique... enfin, c'est la même chose que

ce qui avait été distribué auparavant.

Le Président (M. Marceau) :

Alors, on peut procéder. Allez-y, M. le ministre.

M. Leitão :

Très bien. Alors, ce que nous proposons de faire, c'est d'ajouter, après l'article 24 que nous

venons d'approuver, le suivant :

«24.1. Sauf

sur une question de compétence, aucun pourvoi en contrôle

judiciaire prévu au Code de procédure civile

(chapitre C-25.01) ne peut être exercé, ni aucune injonction accordée contre un

responsable du suivi des divulgations dans l'exercice de ses fonctions.

«Tout juge de

la Cour d'appel peut, sur requête, annuler

sommairement toute décision rendue,

ordonnance ou injonction prononcée à l'encontre du premier alinéa.»

Alors, l'ajout de l'article 24.1 vise à

protéger les responsables du suivi des divulgations des poursuites qui

pourraient être intentées contre eux dans l'exercice de leurs fonctions.

Président (M. Marceau) :

Très bien. Merci, M. le ministre. Est-ce

que j'ai des commentaires? Je n'en vois pas. Alors, je

suis prêt à mettre l'amendement qui introduit le nouvel

article 24.1...

je suis prêt à le mettre aux voix. Alors, M. le secrétaire, vous

m'entendez, je n'ai pas de... Non, c'est beau. Est-ce que cet amendement est adopté?

Le Président (M. Marceau) :

Alors, il est adopté. On passe donc — où est-ce que j'ai mis mon

projet de loi? — à

l'article 25. Alors, M. le ministre, à vous.

M. Leitão : Et je vous informe, M. le Président, que nous avons un amendement à proposer. Mais on va d'abord...

Le Président (M. Marceau) :

...faire la lecture.

M. Leitão :

...vous faire la lecture et puis, par

la suite, on passera à l'amendement, qui a déjà été aussi distribué auparavant. Alors, l'article,

tel que nous l'avons ici, se lit comme ceci :

«Les articles 24, 25, 30 à 33, 34 et 35 de la

Loi sur le Protecteur du citoyen s'appliquent au Protecteur du citoyen,

compte tenu des adaptations nécessaires, à l'égard des enquêtes et des autres

actes qu'il accomplit en vertu de la présente loi.»

Alors, l'article 25

du projet de loi vise à rendre applicables certaines dispositions prévues dans la

Loi sur Protecteur du citoyen. Ces dispositions prévoient essentiellement : que

l'intervention du Protecteur du citoyen est conduite privément; que le

Protecteur du citoyen et les vice-protecteurs, de même que les autres personnes

qu'il désigne par écrit pour la conduite

d'une enquête sont investis des pouvoirs et de l'immunité des commissaires

nommés en vertu de la

Loi sur les commissions

d'enquête, sauf du pouvoir d'imposer l'emprisonnement; qu'un bref, une

ordonnance ou une injonction ne peut

pas être rendu à l'encontre de ces personnes lorsqu'elles exercent leurs

fonctions; et diverses mesures pour assurer la confidentialité des

renseignements que ces personnes obtiennent dans l'exercice de leurs fonctions.

Alors, ça, c'est l'article 25 tel que

proposé. Maintenant, ce que nous proposons comme amendement, c'est de remplacer ce que je viens de dire,

l'article 25 du projet de loi, remplacer «30 à 33» par «27.3, 27.4, 29 à

33». Et ça, c'est essentiellement parce que les modifications proposées

à l'article 25 du projet de loi visent à renforcer les pouvoirs du Protecteur du citoyen afin que celui-ci puisse

suggérer des réformes législatives, réglementaires ou administratives ou

encore intervenir publiquement pour

commenter un rapport qu'il a soumis à l'Assemblée nationale ou une

vérification qu'il a effectuée.

Les articles de la

Loi sur le Protecteur du

citoyen qu'il est proposé d'ajouter sont les suivants :

Alors, le

27.3 : «Le Protecteur du citoyen peut, en vue de remédier à des situations

préjudiciables constatées à l'occasion

de ses interventions, pour éviter leur répétition ou pour parer à ces

situations analogues, appeler l'attention d'un dirigeant d'organisme ou

du gouvernement sur les réformes législatives, réglementaires ou

administratives qu'il juge conformes à l'intérêt général.

«S'il le juge

à propos, il peut exposer la situation dans un rapport spécial ou dans son

rapport annuel à l'Assemblée nationale.»

27.4 : «Le Protecteur du citoyen, lorsqu'il juge d'intérêt public de le

faire, peut commenter publiquement un rapport

qu'il a soumis à l'Assemblée nationale ou une intervention qu'il a faite. Il

peut également commenter publiquement une intervention qu'il a faite ou

une intervention en cours lorsqu'il juge que l'intérêt de la personne, du

groupe ou de l'organisme public, de son dirigeant, du fonctionnaire, de

l'employé ou de l'officier en cause l'exige.»

Et le

29 : «Le président de l'Assemblée nationale dépose devant l'Assemblée,

dans les trois jours de sa réception, si elle est en session, ou, sinon, dans les trois jours de la reprise de

ses travaux, tout rapport que le Protecteur du citoyen lui transmet à

l'intention de l'Assemblée.

«[Alors] ces

rapports sont publiés et distribués par l'Éditeur officiel du Québec

dans les conditions et la manière que le Protecteur du citoyen juge

appropriées.»

Donc, ce sont

des articles que nous allons présenter plus tard, donc 27.3, 27.4 et 29, c'est

ça. On les rend applicables aux fins du projet de loi.

Président (M. Marceau) :

Pouvez-vous juste répéter ça, s'il

vous plaît, ce dernier bout là? Moi,

je n'ai pas bien saisi en tout cas.

M. Leitão : Oui. Peut-être, Me

Lavoie, vous pouvez l'expliquer?

Président (M. Marceau) : Allez-y, Me Lavoie.

Mme Lavoie

(Natacha) : Oui. Donc, en

fait, ces articles-là, ils sont prévus dans la

Loi sur le Protecteur du citoyen, puis on les rend

applicables par renvoi prévu au projet de loi.

M. Leitão : Oui, c'est ça. J'ai peut-être

induit un peu les collègues en erreur, ce n'est pas l'article 27.3

de notre projet de loi, c'est l'article 27.3 de la

Loi sur le Protecteur

du citoyen.

Le Président

(M. Marceau) : Mais, pour être clair, là, l'amendement que vous

proposez est le renvoi dont il est question.

Le Président

(M. Marceau) : O.K. Parfait. Ça va pour tout le monde? C'est

clair? Très bien. Alors, on a un amendement devant nous. Est-ce que j'ai des

interventions? Oui, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger : Oui. Dans

le fond, l'amendement que vous apportez est très intéressant. Vraiment, ça permet quand même une marge de

manoeuvre au Protecteur du citoyen, qui va être au coeur, dans le fond, de tout

ce processus-là de cette loi-là qui facilite

les actes de divulgation, lui permettre aussi de pouvoir apporter... dans le fond, suggérer des ajustements possibles, des réformes, là. Vous écrivez

jusqu'à des réformes législatives,

tout ça. Je pense que c'est très intéressant

que, le Protecteur du citoyen, on lui donne cette possibilité-là parce qu'il va

y avoir toutes sortes de situations, puis il pourra apporter... en tout

cas, recommander tous les ajustements possibles au gouvernement.

De ce que je

comprends, c'est que, donc, dans la loi que nous faisons présentement, on va

ajuster la Loi du Protecteur du citoyen. Dans cette loi-ci, on va dire qu'on

voudrait modifier ça dans la Loi du Protecteur du citoyen?

Mme Léger :

Non. C'est ça. O.K. C'est correct. Je comprends. Donc, c'est dans notre loi,

ici... le Protecteur du citoyen peut faire dans la

loi sur les lanceurs

d'alerte.

M. Leitão :

Peut-être, Me Lavoie, vous pouvez préciser ça?

Le Président

(M. Marceau) : Oui, Me Lavoie, précisez, s'il vous plaît.

Mme Lavoie

(Natacha) : C'est ça, donc ça permet au Protecteur du citoyen de faire

certaines choses qui sont permises

dans sa loi constitutive. Alors, au lieu de répéter dans le projet de loi les

articles qu'on veut rendre applicables, on leur fait renvoi.

Le Président

(M. Marceau) : Très bien. Merci.

Le Président

(M. Marceau) : Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger :

Oui, excusez-moi, M. le Président. Et donc ça peut être possible, comme on a déjà

adopté auparavant, d'avoir un rapport spécial s'il y avait

des situations particulières. Donc, on l'inscrit encore ici

pour dire qu'il pourra faire un rapport spécial s'il y a lieu puis s'il

y a des situations analogues, etc. C'est ce que je comprends.

Le Président

(M. Marceau) : M. le ministre, oui.

M. Leitão :

Tout à fait, oui.

Le Président (M. Marceau) : Très bien. Est-ce que j'ai d'autres

interventions? Ça semble aller pour tout le monde. Alors, est-ce que

l'amendement à l'article 25 présenté par le ministre est adopté?

Le Président (M. Marceau) : Adopté. Très bien. Et on revient à

l'article 25, maintenant, tel qu'amendé. Est-ce que j'ai des

interventions? Donc, je n'en vois pas. Est-ce que l'article 25, tel

qu'amendé, est adopté?

Le Président (M. Marceau) : Il

est adopté. Et on passe à l'article 26. M. le ministre.

M. Leitão :

L'article 26, M.

le Président, où nous avons un amendement

à vous proposer, un amendement

qui va être intéressant. Mais, avant d'y

arriver, avant d'y arriver, on va donc vous lire l'article 26, tel qu'il

est ici, et aussi vous dire que nous entrons maintenant dans le

chapitre VI, qui concerne la protection contre les représailles.

Alors,

l'article 26 se lit comme ceci : «26. Il est interdit d'exercer

des représailles contre une personne pour le motif qu'elle a fait une divulgation ou collaboré à une vérification ou à une enquête menée en raison d'une divulgation.

«Il est

également interdit de menacer une personne de représailles pour qu'elle

s'abstienne de faire une divulgation ou de collaborer à une vérification

ou à une enquête menée en raison d'une divulgation.»

Alors, le

chapitre VI

du projet de loi propose d'instaurer un régime de protection

contre les représailles similaire à celui prévu par la Loi concernant la

lutte contre la corruption.

L'article 26 du projet de loi vise à protéger

contre les représailles tant la personne qui

effectue une divulgation que celle qui collabore à une vérification ou à une enquête. Bon, ça, c'est l'article 26 tel que

proposé initialement.

Maintenant,

avec l'amendement que nous proposons, c'est d'insérer, à l'article 26

du projet de loi et après «pour le motif qu'elle a»... donc

d'ajouter, d'insérer «de bonne foi».

Alors, le premier alinéa se lirait comme :

«Il est interdit d'exercer des représailles contre une personne pour le motif

qu'elle a de bonne foi fait une divulgation ou collaboré à une vérification ou

à une enquête menée en raison d'une divulgation.»

Donc, on ajoute «de bonne foi». Et pourquoi?

Alors, la modification proposée à l'article 26 vise à ce que la protection

contre les représailles s'applique seulement lorsqu'une personne a, de bonne

foi, fait une divulgation ou collaboré à une vérification ou à une enquête.

Le Président (M. Marceau) : O.K.

M. Leitão : Et peut-être que je

peux juste ajouter, comme...

Le Président (M. Marceau) :

Oui, allez-y.

M. Leitão : Comme je l'ai déjà fait, mais ajouter que

cette modification donne suite directement à une recommandation

soumise par le Protecteur du citoyen.

Président (M. Marceau) :

Très bien. Merci, M.

le ministre. Alors, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles,

je vous sens perplexe, allez-y.

Mme Léger : C'est sûr que là, ça va en concordance avec

l'autre

article qu'on vient d'adopter sur division, de rajouter «de bonne foi», c'est... Mon amendement était d'enlever «de bonne foi», ça fait

que, là, comme vous l'ajoutez... Mais là vous faites la référence avec

la Protectrice du citoyen. Mais, moi, quand je lis le Protecteur du citoyen,

là, le document qu'on a travaillé, que vous nous avez déposé la semaine passée,

je pense, dans la deuxième partie, qui est l'exercice

de la bonne foi, elle dit bien : «D'autre part, les motivations du

divulgateur ne changent rien à la possibilité qu'un acte répréhensible

existe réellement, et l'imposition d'un tel critère limitatif à l'entrée

risquerait de contrecarrer la possibilité d'enquêter à ce sujet.»

Parce que notre but est d'enquêter, notre but

est, toujours dans l'intérêt public, de permettre la dénonciation. Alors, «la bonne foi dont il doit être question

est la croyance sincère qu'un acte répréhensible a été commis ou est sur

le point de l'être.» Si je regarde un peu

plus loin dans ses explications, elle dit : «Une personne pourrait avoir

des intentions, disons, discutables

en faisant sa divulgation, et pourrait par exemple souhaiter nuire à un

collègue ou à un supérieur qu'elle n'apprécie

pas, et ce serait sa motivation principale pour divulguer un acte répréhensible

dont elle est convaincue et qui s'avère

être bien réel. Cette personne, selon moi, devrait bénéficier de la protection

de la loi.» Parce qu'elle va dénoncer un acte répréhensible,

même si sa motivation n'est pas nécessairement bonne, là, n'est pas

nécessairement... Alors, c'est ce qu'elle

dit aussi dans son explication, elle dit : «Rappelons que l'objectif ultime de la loi — que nous avons ici — est

de mettre fin aux actes répréhensibles[...] — et, je l'espère, à

l'égard — des

organismes publics. Il faut être conscient que

cet objectif pourra parfois être atteint par des divulgations dont les

motivations ne seront pas totalement pures, mais qui néanmoins servent

l'intérêt public.»

C'est ça qu'il est, pour moi, important de

préciser, puis c'est la Protectrice du citoyen qui l'a dit. Alors, c'est dans

l'avant-dernier paragraphe, là : «Il faut être conscient que cet objectif

pourra parfois être atteint par des divulgations — alors, si on veut

l'intérêt public, il faut des divulgations — [mais] dont les motivations

ne seront pas totalement pures.» Alors, pour moi, si les motivations ne

sont pas totalement pures, ça veut dire que ce n'est peut-être pas fait de bonne foi. Alors, il

faut m'expliquer la bonne foi, là, dans ça, là. Si les motivations ne sont pas totalement pures, est-ce qu'elles sont pour le ministre...

Est-ce qu'elles sont de bonne foi si elles ne sont pas totalement

pures? Notre objectif au bout, c'est l'intérêt public, peu importe que

la personne ne soit pas nécessairement de bonne foi

Le Président (M. Marceau) : Ça

va? Merci, Mme la députée. M. le ministre.

M. Leitão : Oui, en effet, et le Protecteur du citoyen s'était prononcé à cet égard-là. Mais, quand on

est rendu à l'étape des représailles,

ce qui est le cas ici, le protecteur mentionne que «l'exigence de la bonne foi

me paraît cependant plus pertinente»,

donc. Mais la bonne foi, comme ça a été expliqué avant... donc, «la question

est la croyance sincère qu'un acte

répréhensible a été commis ou sur le

point de l'être». Donc, quand il s'agit de représailles potentielles ou

possibles, c'est là où la notion de bonne foi entre en

question. Pas à l'étape de la recevabilité de la divulgation, mais plutôt ici,

quant à la protection contre les représailles.

Le Président

(M. Marceau) : Mme la députée.

Mme Léger :

J'inviterais le ministre à continuer la phrase, par exemple, là, parce qu'elle

nous dit : «À l'étape de la protection

contre les représailles, l'exigence de la bonne foi me paraît cependant plus

pertinente.» Continuez : «Attention

toutefois, qu'elle dit, la bonne foi dont il doit être question est la

croyance sincère qu'un acte

répréhensible a été commis ou est sur le point de l'être.» Et, si je continue

ses explications, c'est toujours dans le but de servir l'intérêt public.

Alors,

je reviens à la question, si la personne n'est pas de bonne foi, mais qu'elle

peut servir l'intérêt public? C'est l'exemple de Lino Zambito, là,

qui est un exemple, pour moi, tu sais... Ça peut être d'autres

exemples, là. Je sors celui-là, là, mais

ça peut être d'autres exemples. Parce

qu'elle le dit, la Protectrice du citoyen. Parce que, si je suis le ministre,

qui dit : Elle l'a dit, ça, je consens

avec le ministre, qu'elle a dit : «À l'étape de la protection contre les

représailles — où

nous sommes actuellement — l'exigence de la bonne foi me paraît

cependant plus pertinente.» Je comprends qu'elle

part comme ça, mais elle continue en disant : «Attention

toutefois : la bonne foi dont il doit être question est la croyance

sincère qu'un acte répréhensible a été commis ou est sur le point de

l'être.» Parce qu'au bout de la ligne notre but, c'est l'intérêt public. Au bout de la ligne, notre but est de

faire sortir les... être capables de dénoncer les actes répréhensibles.

Alors, ce «de bonne foi», il me semble qu'il n'est pas à la bonne place, là.

Le Président (M. Marceau) : On va juste prendre un petit cinq minutes, max,

pour se délier les jambes et puis on reprend. Ça va? Donc, on va

interrompre.

(Suspension de la séance à

17 h 3)

Le Président

(M. Marceau) : Alors, nous reprenons nos travaux.

Et, lorsque nous nous

sommes laissés, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles avait posé une question,

et je suppose que M. le ministre est prêt à y répondre.

M. Leitão : Peut-être si la collègue pouvait me rappeler sa question, mais je pense

que la question tournait autour, bon,

depuis quelques minutes, de la question, donc, la question de

bonne foi. Le fait qu'on ajoute ici par amendement la notion de bonne foi, donc que la personne...

Donc :«...interdit d'exercer des représailles [...] pour le motif qu'elle

a de bonne foi fait une

divulgation...» Comme je vous ai dit, écoutez, on est vraiment dans les aspects de nature très

légale. Et, écoutez, c'est la formulation qui satisfait le Protecteur du citoyen, donc c'est pour cette raison qu'on le met. Je

n'ai pas vraiment d'autres arguments

à vous dire autres que ça. C'est ça. Encore une fois, peut-être Me Lavoie

pourrait avoir des explications un

peu plus précises que les miennes, mais ce n'était pas dans le projet de loi, on le rajoute par amendement parce que c'est ce qu'on a compris

que le protecteur souhaitait qu'on le fasse.

Le Président (M. Marceau) : Juste un... Mais est-ce que vous vouliez que

Me Lavoie prenne la parole? Je ne sais pas, j'ai compris qu'il y avait une invitation de M. le ministre, mais moi, je n'insiste pas ou je... Je demande

simplement : Est-ce que vous voulez que ça se fasse ou pas? Oui? Donc,

Me Lavoie.

Mme Lavoie

(Natacha) : Oui. Donc, comme

M. le ministre le disait, c'était beaucoup pour donner suite à

des commentaires du Protecteur du citoyen, également de plusieurs autres groupes qui sont venus présenter des

mémoires lors des consultations particulières. Et mentionner également que ça

se retrouve dans d'autres lois similaires à travers le Canada, dont la loi

fédérale en la matière.

Le Président (M.

Marceau) : O.K. Merci, Me Lavoie. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger : Je peux comprendre qu'on peut faire des

comparaisons, que ça puisse être dit dans la consultation, mais ça reste le choix du gouvernement malgré tout parce que c'est vous qui faites la loi puis c'est... Mais,

quand vous me faites la comparaison

avec la Protectrice du citoyen, j'ai quand même lu les articles

qui viennent un peu vous contredire, là. Alors, quand vous avez lu un

bout d'un paragraphe, je vous rajoute la suite, elle met quand même des

nuances, la Protectrice du citoyen. Si on se fie à la Protectrice du citoyen,

elle met quand même des nuances.

Mais

ma question que je voudrais... je voudrais que le ministre précise ses

réponses. Si l'objectif est l'intérêt

public, et si l'objectif est de favoriser la

divulgation, et qu'on indique qu'il faut absolument... en tout cas, il faut que le motif soit de bonne

foi, quand on est de mauvaise foi, vous allez me dire comment qu'on le

détermine. Je ne sais pas comment on le détermine, ce qui est de mauvaise foi ou de bonne foi. Et, si on l'est,

de mauvaise foi, si on est capable de le déterminer, les critères que vous allez me dire, là, si elle est

de mauvaise foi, on ne pourra pas nécessairement exercer les

représailles, là. Il est interdit d'exercer

des représailles contre une personne, alors on ne pourra pas le faire. C'est ça

que je comprends, là.

Le Président

(M. Marceau) : M. le ministre.

M. Leitão : Donc, s'il est prouvé que cette personne a fait

une divulgation de mauvaise foi, alors là elle s'expose à

des représailles, oui, si la divulgation est faite de mauvaise foi.

Le Président (M. Marceau) : Mme

la députée.

Mme Léger : Mais c'est quoi, les critères de bonne foi ou de

mauvaise foi? C'est quoi, les critères? Donc, si elle est de bonne foi,

comment qu'on prouve ça, qu'elle est de bonne foi?

Le Président (M. Marceau) : M. le

ministre.

M. Leitão : De bonne foi, on n'a pas besoin de prouver, on

présume qu'une personne est de bonne foi. C'est la mauvaise foi qu'il faudrait prouver. Et, comme

Me Lavoie a dit avant, ce n'est pas simple de prouver la mauvaise

foi.

Le Président (M. Marceau) : Mme

la députée.

Mme Léger : O.K. Peut-être que ce n'est pas simple de prouver

la mauvaise foi, mais on l'inscrit quand même, qu'il faut... de bonne foi». Ça présume aussi l'inverse, que la personne

peut être de mauvaise foi. Donc, de bonne foi, tu pourras faire la divulgation, puis tu n'auras

pas des représailles. Mais la personne qui est de mauvaise foi, il faut être

capable de... Si vous me dites : La

plupart des gens sont de bonne foi. Alors, si c'est si naturel, pourquoi

qu'on l'inscrit? Je reviens encore à

ça. Et, si la personne est de mauvaise foi, l'objectif ultime est qu'il y

ait de la divulgation malgré tout s'il y a des actes

répréhensibles. Qu'elle ait un passé pas correct ou qu'elle menace du monde, je

ne sais pas, là, tout ce que la personne peut faire, le divulgateur, là, puis qu'elle n'a pas un comportement

exemplaire, là, puis elle a un comportement qui met en doute qu'elle a une bonne foi, si je dis ça, mais

ça ne veut pas dire que ce qu'elle va divulguer n'est pas important pour

l'intérêt public.

Le Président (M. Marceau) : Très

bien. M. le ministre.

M. Leitão : Je n'ai pas vraiment de nouveaux arguments

à vous proposer autres que peut-être qu'en inscrivant ceci dans la loi et en insistant sur la bonne foi, bon, on envoie aussi

le message que les divulgations doivent être faites de bonne foi. Donc, on lance un avertissement que, si

jamais il y avait des personnes qui, pour des raisons

malveillantes, voulaient faire des divulgations, faites attention parce

qu'alors là vous vous exposez à des possibles conséquences, représailles.

Le Président (M. Marceau) : Mme

la députée.

Mme Léger :

Qu'est-ce qu'on répond? Parce que vous référez au Protecteur du citoyen, mais,

tout à l'heure, j'ai lu un passage

qui met vraiment une personne pas nécessairement de bonne foi, une personne...

Puis c'est la Protectrice du citoyen qui l'inscrit, je vous le

redis : «Une personne pourrait avoir des intentions, disons, discutables,

en faisant sa divulgation, et pourrait par

exemple souhaiter nuire à un collègue ou à un supérieur qu'elle n'apprécie pas,

et ce serait sa motivation principale

pour divulguer un acte répréhensible — donc, elle est de mauvaise foi, là, si j'en

déduis ce que c'est que c'est, dans

notre langage quotidien, ce qui est de bonne foi — dont elle est convaincue et qui s'avère être

bien réel. Cette personne, selon [la Protectrice du citoyen], devrait

bénéficier de la protection de la loi.»

Alors, pour

moi, comment elle le décrit, la Protectrice du citoyen, c'est comme une

personne de mauvaise foi, mais elle devrait quand même bénéficier de la

protection de la loi parce que l'intérêt public est primordial. C'est ça que je

comprends.

Le Président (M. Marceau) : M.

le ministre.

M. Leitão :

Ça dépendrait éventuellement de la preuve. Ça veut dire que le fait d'ajouter

ici le «de bonne foi», à notre avis, ça n'amène aucun fardeau

additionnel au divulgateur.

Mme Léger : Pourquoi

vous le mettez?

Le Président (M. Marceau) : Un

instant. Juste en ordre. O.K. Mme la députée.

Mme Léger :

Excusez-moi. Pourquoi? Ici, au 1.38, dans ce local-là, on est plus à proximité,

hein, ça fait qu'on est portés à faire le dialogue.

Le Président (M. Marceau) :

C'est ça, c'est juste que c'est peut-être même pire pour les gens qui vont nous

transcrire parce qu'ils n'ont pas l'image, alors on va y aller de façon plus

ordonnée.

Mme Léger : Excusez-moi,

je vais essayer d'être disciplinée. O.K.

Président (M. Marceau) : Donc, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger :

Alors, mais pourquoi qu'on l'inscrit, d'abord, si c'est comme normal de le

dire? Il est inutile, à mon avis.

M. Leitão :

Bon, d'un point de vue légal, il nous semble que c'est utile de l'inscrire. Je

n'ai pas vraiment de meilleur argument que ça à vous donner.

Mme Léger :

M. le Président.

Le Président (M. Marceau) : Oui, Mme

la députée. Oui, mais là je vais... O.K.

Allez-y, puis après ça je donnerai la parole à la Mme la députée de Mirabel.

Mme Léger : Alors, pourquoi qu'on n'inscrit pas, à la place, pour ne pas

mettre le fardeau de bonne foi ou de mauvaise

foi, là, bien, le fardeau de bonne foi sur la personne qu'il faut qu'elle soit

de bonne foi... pourquoi qu'on n'inscrit pas plutôt des termes comme «des divulgations erronées», «des

fausses preuves»? Pourquoi on ne va pas à l'inverse? La personne qui

fait de fausses divulgations ne pourra être protégée, la personne... Pourquoi

on n'irait pas à l'inverse? C'est une question...

Le Président

(M. Marceau) : Merci. M. le ministre.

M. Leitão : Bon, c'est ça, là je pense qu'on irait un peu

loin parce que la mauvaise foi implique vraiment une intention malveillante, et c'est ça qu'on ne souhaite pas protéger. Une

personne peut, de bonne foi, commettre une erreur, elle peut se tromper. Elle peut penser que quelqu'un

a fait quelque chose, et ça peut être, c'est ça, une erreur. Mais ça

a été fait de bonne foi, donc elle serait quand même

protégée, il serait quand même interdit d'exercer des représailles contre

cette personne. Alors, c'est juste cette nuance-là.

Le Président (M. Marceau) : Voulez-vous qu'on termine la conversation puis

j'irai avec vous? O.K. Parfait.

Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger :

Je vais revenir à tout à l'heure parce qu'on n'a pas pu l'aborder, puisqu'on

était dans les consultations juridiques, là,

mais, si la personne elle-même, elle a fait des actes répréhensibles avec un

autre collègue, mettons ça, a fait

des actes répréhensibles avec un autre collègue, et puis elle veut dénoncer, et

elle veut être protégée pour faire cette dénonciation-là, mais elle-même

est impliquée dans l'acte répréhensible, est-ce qu'elle est toujours de bonne

foi?

Le Président

(M. Marceau) : M. le ministre, c'est beau.

M. Leitão :

Merci, M. le Président. Oui, je pense que la réponse est oui. Peut-être

Me Lavoie pourrait confirmer après,

mais je veux donner mon interprétation. Bien, ce qui est important, c'est la

divulgation, ce n'est pas l'acte. Donc, la personne divulgue un acte répréhensible où elle peut elle-même être

impliquée, mais peut-être qu'elle a des remords, je ne sais pas quoi. Mais elle divulgue, et donc, le

fait de faire cette divulgation-là, la loi va la protéger contre les

représailles, pas contre ce qu'elle a fait.

Peut-être, ce qu'elle a fait est grave, et il y aura des conséquences, mais le

fait de divulguer ne devrait pas

entraîner des représailles. Donc, nous jugeons qu'elle a, de bonne foi,

divulgué un acte répréhensible, même si elle-même serait impliquée dans

cet acte-là.

Le Président

(M. Marceau) : Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger :

Donc, pour terminer ce bout-là, pour laisser ma collègue... avez-vous un

exemple, que ce soit de mauvaise foi,

d'abord? Parce que, là, vous dites qu'on divulgue, la personne va divulguer.

Donc, l'acte qu'elle fait, si elle-même,

elle a été impliquée ou pas, c'est l'acte de divulgation, c'est de bonne foi de

vouloir divulguer. Est-ce que c'est juste une expression, dire ça, «de

bonne foi», ou on peut avoir... Quelle est la situation qui serait de mauvaise

foi?

M. Marceau :

O.K., merci. M. le ministre.

M. Leitão :

Oui. Ça va toujours dépendre du cas particulier, mais, quand on est dans ce

domaine-là, d'être de mauvaise foi, ce n'est

pas seulement une intention, ça voudra dire aussi qu'il y a des actes qui ont

été commis, qu'il y a des faux documents

qui ont été fabriqués, un faux témoignage qui a été rendu. Donc, ça, c'est

comme ça qu'on va prouver que la

personne était de mauvaise foi. Donc, ce n'est pas qu'elle s'est trompée, non,

elle ne s'est pas trompée, elle savait exactement

ce qu'elle était en train de faire. Donc, pour le prouver, donc, il faut

quelque chose, il faut un faux document, ou un faux témoignage, ou

quelque chose de cette nature-là.

Le Président (M. Marceau) : Mme

la députée de Pointe-aux-Trembles.

Mme Léger :

Sauf que, si au bout... O.K. Mettons qu'il y a des faux documents, là, mettons

que, dans le processus de preuve qui

est apporté, que le divulgateur apporte... ou mettons que, sur une dizaine de

documents, il y en aurait un qui serait

faux, elle tombe dans la mauvaise foi parce qu'il y aurait un document... c'est

l'ensemble de l'oeuvre qu'on parle, là, ce n'est pas...

J'essaie de

m'assurer que le fardeau n'est pas juste... Parce que notre objectif est

l'acte, et favoriser la divulgation, et l'intérêt public, donc si la...

Parce que, comme là le fardeau est sur la personne, à mon avis, parce qu'on

parle de bonne foi, bien, si la personne n'a

pas toujours été de bonne foi et si la personne a émis un document... un des

documents n'est pas tout à fait correct parce

qu'il a été pris, puis une photocopie de je ne sais pas quoi, peu importe, là,

alors tout le processus... parce qu'elle était de mauvaise foi parce

qu'elle a eu des... c'est de mauvaise foi, un document, c'est de mauvaise

foi... Vous comprenez? Ce qui me dérange, c'est le fait que c'est sur le dos du

divulgateur de prouver sa bonne foi.

Le Président (M. Marceau) : M.

le ministre.

M. Leitão : Non, non, je pense

que c'est important, ça, parce qu'on ne met pas le fardeau de la preuve sur le divulgateur. Ce n'est pas le divulgateur qui doit

prouver qu'il est de bonne foi, c'est le Protecteur du citoyen... Quand

il s'agit, donc, de juger ou de déterminer

la protection contre représailles ou pas, c'est le protecteur qui doit

déterminer si la personne était de

bonne foi ou de mauvaise foi. On présume que la personne est de bonne foi. Pour

présumer, si je peux ainsi dire,

qu'elle est de mauvaise foi, là c'est beaucoup plus complexe. Donc, le fardeau

n'est pas sur la personne, il est sur le Protecteur du citoyen pour

faire cette détermination-là.

Le Président (M. Marceau) :

O.K. Je vais donner la parole à Mme la députée de Mirabel, là, qui attend

patiemment depuis quelques minutes. Alors, à vous Mme la députée de Mirabel.

Mme D'Amours : Merci

beaucoup. J'attends patiemment parce que

c'est des échanges très intéressants. Je reviens sur la bonne foi. Je suis un

peu comme ma collègue, où il y a plusieurs facettes à la bonne foi. Bien là, on

parle d'une personne qui ne serait pas de

bonne foi, qui ferait une divulgation puis que, par sa divulgation, là, cette

personne-là dépose des mauvais documents. Bien là, c'est sûr qu'en

partant elle est de mauvaise foi.

Moi,

j'aimerais m'attarder sur une personne de mauvaise foi. En fait, c'est :

Quelle intention première elle a de divulguer?

L'intention de divulguer un acte répréhensible, c'est de bonne

foi. Mais l'intention de divulguer quelqu'un qui fait un acte répréhensible dont je connais

l'existence de cet acte, là je suis de mauvaise foi si moi, je suis la personne

qui veut me venger d'une autre personne puis je dis : Toi, là, tu vas

payer pour, je vais te dénoncer — dans ma tête — et elle dénonce. L'acte

qu'elle fait de dénoncer, son premier but, c'est de la mauvaise foi, là.

Et là c'est

là où je suis d'accord avec ma collègue, c'est comment on définit ça,

«de bonne foi»? Et je ne

comprends pas qu'on ait peut-être... dans ce projet

de loi là, qu'on définisse qu'est-ce que la bonne foi. Et le Protecteur

du citoyen, ici, ou la Protectrice du citoyen, nous la donne, cette

définition-là qui pourrait très bien être attribuée à cette loi-là, qui est : «...la bonne foi dont il [est] question

est la croyance sincère qu'un acte

répréhensible a été commis...» Alors, je pense que ça vient rejoindre ce que

ma collègue essaie de vous expliquer, c'est que, peu importe la façon dont

c'est fait, de la manière dont c'est

fait, est-ce que c'est parce

que je me sens coupable de connaître quelque chose et je dois le divulguer ou j'en

veux à cette personne-là et je vais le divulguer? La bonne foi qui est en

question ici, c'est la croyance

sincère qu'un acte répréhensible... et c'est sur ça qu'elle doit être... Alors, est-ce qu'on peut la définir, la bonne foi, dans ce projet de loi là?

Le Président (M. Marceau) :

Merci. M. le ministre.

M. Leitão : Non, je

ne pense pas qu'on puisse définir la

bonne foi parce, comme Me Lavoie

a déjà mentionné, on présume la bonne

foi. La mauvaise foi, c'est ça qu'on veut éviter, et ça, le fardeau de la

preuve est très élevé. Alors, encore une fois, je ne saisis pas trop

pourquoi on... C'est-à-dire on n'ajoute pas de fardeau additionnel sur les

épaules du divulgateur en introduisant ici

la notion de «de bonne foi» pour avoir accès à la protection contre

représailles, c'est un terme légal.

Comme «intérêt public» aussi, on ne le définit pas. Donc, c'est un terme légal

qui facilite le travail du Protecteur

du citoyen quand il a à juger s'il doit ou pas accorder la protection contre des représailles, et c'est pour faciliter un

peu le travail du Protecteur du citoyen qu'on ajoute cette notion de «de bonne

foi».

Le Président (M. Marceau) : Mme

la députée de Mirabel.

Mme D'Amours :

Merci, M. le Président. M. le Président, j'aimerais qu'on m'informe parce que

je ne suis pas au courant de comment

fonctionne la Protectrice du citoyen. Mais, quand elle écrit des documents

comme ça et qu'elle fait un énoncé qui dit que «la bonne foi dont il

doit être question», ça doit venir de ses juristes, elle aussi?

Le Président (M. Marceau) :

Moi, je ne suis pas en mesure de répondre à cette question. Alors, je ne sais

pas, j'imagine que, du côté gouvernemental, on sera capable de le faire ou, en

tout cas, on saura à quelle porte cogner pour le savoir.

M. Leitão : Il faudrait peut-être

cogner à une porte parce que moi non plus, je ne sais pas.

Président (M. Marceau) :

Évidemment, elle relève de l'Assemblée nationale, et peut-être

que notre secrétaire pourrait... pas maintenant, là, mais on pourrait

poser la question, on pourrait...

Mme D'Amours : Parce

qu'il serait bien de savoir si ça

vient juste d'elle ou s'il y a quelqu'un qui s'est penché sur ça et, si ce sont des juristes, de savoir pourquoi

ces juristes-là ont apporté cette terminologie de la bonne foi dans ce projet

de loi. Alors, ce serait peut-être intéressant de savoir si ça vient d'une équipe de juristes

qui a recommandé à la Protectrice du citoyen d'apporter cette

terminologie-là.

Le Président (M. Marceau) : Écoutez,

je présume que les mots ont été choisis de façon judicieuse par le Protecteur du citoyen. Maintenant, je ne suis pas en mesure de répondre exactement

à votre question. On me dit, on me souffle à l'oreille qu'évidemment l'équipe du Protecteur du citoyen nous

suit, ils suivent attentivement nos travaux. Enfin, si vous voulez, ce qu'on pourrait faire, c'est passer à autre

chose en attendant d'obtenir la réponse à votre question.

Mme D'Amours : J'apprécierais, M. le

Président.

Le Président (M. Marceau) : Tout est

possible. Si tout le monde consent, oui, on pourrait suspendre l'amendement et l'article et passer à l'article 27, voilà, et

revenir à l'amendement à l'article 26 un

peu plus tard, quand on aura

obtenu la réponse à votre question.

Mme D'Amours : Merci, M. le

Président.

Le Président (M. Marceau) : Alors,

je ne sais pas si, du côté... Oui.

M. Leitão : Peut-être, M. le

Président, je demanderais le consentement à ce qu'on revienne à l'article 26

et à l'amendement quand on reprend nos travaux et, après avoir obtenu

la réponse, qu'on revienne au 26 parce

que, sinon, si je comprends bien, la procédure, c'est qu'on reviendrait

au 26 seulement à la fin du projet de loi.

Président (M. Marceau) : Je

comprends. Alors, du côté de l'opposition

officielle et de la deuxième opposition,

est-ce que cet arrangement vous convient?

Mme Léger : Je ne suis pas

sûre d'avoir bien compris. Alors, c'est de revenir au 26 à la fin?

Président (M. Marceau) :

Alors, en fait, on suspendrait jusqu'à la prochaine séance et, au retour, à la

prochaine séance, on reviendrait immédiatement. On n'attendrait pas à la fin du

projet de loi, là, on reviendrait immédiatement à l'amendement à l'article 26. Est-ce que ça

irait pour tout le monde? Alors, nous suspendons donc jusqu'à la

prochaine séance — mais seulement que jusqu'à la prochaine

séance — l'amendement

à l'article 26 de même que l'article 26, et on va passer à

l'article 27. M. le ministre, vous avez la parole.

M. Leitão :

Alors, merci.

L'article 27, nous avons des amendements, M. le Président.

En fin de compte, c'est un amendement qui remplace l'article au complet,

alors, et qui a été distribué avant.

Le Président (M. Marceau) : Est-ce

que c'est le même amendement?

M. Leitão : C'est le même

amendement.

Président (M. Marceau) :

Donc, le texte de l'amendement est celui que vous avez déjà reçu, tout le

monde?

Le Président (M. Marceau) : Alors,

on peut procéder. M. le ministre, allez-y.

Leitão : Donc, nous proposons de remplacer l'article 27 du projet

de loi par le suivant, le nouvel

article 27 :

«27. Sont présumées être des représailles au

sens de l'article 26 :

«1° la

rétrogradation, la suspension, le congédiement ou le déplacement d'une personne

visée à cet

article ainsi que toute autre mesure disciplinaire ou mesure

portant atteinte à son emploi ou à ses conditions de travail;

«2° dans

le cas où cette personne est le parent d'un enfant fréquentant un service de

garde visé au paragraphe 8.1 de l'article 2,

le fait de priver cette personne de droits, de lui appliquer un traitement

différent ou de procéder à la suspension ou à l'expulsion de son

enfant.»

Alors, il est proposé de modifier

l'article 27 afin de prévoir une présomption de représailles dans le

cas où un parent ayant effectué une

divulgation se voit privé de droits, qu'un traitement différent lui est

appliqué ou que son enfant est suspendu ou expulsé.

Président (M. Marceau) : Très

bien. Merci, M. le ministre. Donc, même si vous n'avez pas fait la

lecture de l'article 27 original, on aura bien compris que vous avez

essentiellement ajouté un paragraphe.

M. Leitão : C'est ça.

Bien, on a ajouté le deuxième paragraphe en concordance avec ce qu'on avait

déjà fait avant pour inclure les CPE et garderies subventionnées.

Le Président (M. Marceau) : Parfait. C'est très clair. Donc, est-ce que j'ai

des réactions? Oui, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Léger : Oui, M. le Président. D'abord, bon, je comprends

l'amendement que le ministre apporte. Je pense que ça ne suffit pas,

juste «la rétrogradation, la suspension, le congédiement ou le déplacement

d'une personne». Je pense qu'il y aurait

d'autres éléments et j'aurais des amendements, mais je vais les déposer plus

tard parce que je pense que le

harcèlement, l'intimidation, la diffamation, poursuite judiciaire et d'autres

éléments qui, pour moi, sont aussi... qui peuvent être des représailles,

qui ne sont pas juste les termes que le ministre a apportés ici, alors, je les

apporterai tout à l'heure.

Mais

je veux surtout avoir une conversation avec le ministre, M. le Président, puis

mes collègues par rapport au lien d'emploi.

C'est sûr que j'avais dit déjà, précédemment, au ministre que tout le projet de

loi... On avait eu une discussion à un

moment donné. Le ministre m'a dit que toute personne au Québec qui voudrait

dénoncer des actes peut le faire, il peut aller au Protecteur du citoyen, etc., là, et je lui avais posé la

question : Est-ce que c'est juste les fonctionnaires ou les gens de

l'Administration? Parce que c'est toujours en lien avec l'emploi. Donc là, il

explique que sont présumées être des représailles

la rétrogradation, la suspension, etc., ou toute mesure disciplinaire ou mesure

portant atteinte à son emploi ou à ses conditions de travail. On va le

voir un petit peu plus tard aussi, c'est toujours avec un effet par rapport au

lien d'emploi tout le temps, mais il y a des gens qui n'ont pas de lien

d'emploi, qui sont autres que dans un organisme.

Alors, j'aimerais ça

qu'il me précise ça parce que, tout à l'heure, je vais m'assurer qu'aussi les

personnes qui subissent des représailles,

mais qui ne sont pas employés de l'État et qui sont à l'extérieur de l'État

actuellement, ici, ne seraient pas

présumées avoir des représailles parce qu'ils ne sont pas des employés de

l'État. Souvent, dans le projet de loi...

en tout cas, on va les voir, quelques-uns, un peu plus tard aussi, c'est

toujours en lien avec l'emploi parce que le terme du ministre, là, c'est

vraiment «portant atteinte à son emploi ou à ses conditions de travail». Je

veux m'assurer que ce n'est pas toujours avec un lien d'emploi avec le gouvernement

et avec l'État.

Le Président (M.

Marceau) : O.K. Merci. M. le ministre.

Leitão : Oui, en effet, on avait parlé de ça avant, le «toute personne

peut divulguer». Alors, je pense que ce qu'on fait pour les employés de l'État, donc, c'est qu'en fin de compte

on renverse le fardeau de la preuve et que sont présumés être des représailles les éléments qu'on vient d'énumérer. Pour

ce qui est de d'autres représailles possibles, ce serait toujours, bien sûr, interdit, mais, alors

là, on ne renverse pas la présomption, donc on ne renverse pas le

fardeau. Donc, c'est un peu plus compliqué,

mais la personne qui ne travaillerait pas pour l'État, par exemple, serait

quand même protégée. Mais ça serait

via des changements qu'on ferait et qu'on va proposer un peu plus tard à la Loi

sur les normes du travail, qui protège

d'autres personnes qui ne sont pas à l'emploi de l'État. Donc, à l'article 37

qu'on va... encore une fois, il y a la notion

de bonne foi, mais on va donc prévoir que, s'il y a des mesures de

représailles, ces personnes-là seraient protégées.

Le Président (M.

Marceau) : Très bien. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Léger : Dans le 37, c'est la... et on pourrait voir 37, là,

donc, parce que, là, on parle des représailles, mais vraiment avec les employés de l'État. Ce que j'ai

devant moi, là, est-ce que le ministre m'assure, dans un amendement

qu'il apportera, que la personne qui n'a pas un lien d'emploi avec l'État va

être protégée par les représailles ailleurs de...

Mme Léger :

O.K. Et pourquoi qu'ils ne sont pas tous intégrés à la même place?

Le Président (M.

Marceau) : O.K. M. le ministre...

Leitão : À l'article 27, bon, il va aussi y avoir le 27.1 où on va introduire une... Juste un instant. Oui,

c'est ça. Si je peux me permettre, donc, avec l'amendement que nous proposons,

le premier paragraphe de notre amendement, quand

on dit «la rétrogradation, la suspension, le congédiement ou le déplacement d'une

personne visée à cet article», donc ce n'est pas nécessairement limité

aux employés de l'État.

Le Président (M.

Marceau) : Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.

Léger : O.K.

Oui, mais sauf qu'après cette personne «ainsi que toute autre mesure

disciplinaire ou mesure portant atteinte à son emploi ou à ses

conditions de travail», donc la personne a un emploi pas nécessairement dans

l'État, ça peut être...

M. Leitão :

Oui, c'est ça.

Mme Léger : O.K. Ça fait que c'est sûr que, bon, là, ça vient

répondre, là, vous me rassurez à ce niveau-là. Mettons que j'ai du

harcèlement, de l'intimidation, de la diffamation, ce ne sera pas présumé être

des représailles?

Président (M. Marceau) : M. le ministre.

Leitão : Bon, ici, en effet,

on parle des mesures portant atteinte à son emploi et à ses conditions de

travail, des mesures disciplinaires ou tout

ce qu'on a énuméré. Généralement, enfin, quand on pense au harcèlement, par exemple, bon, ça porte atteinte à son

emploi. À un moment donné, une personne qui se sent harcelée, elle ne pourra

pas continuer à exercer ses fonctions. Donc, ce harcèlement serait une mesure

portant atteinte à son emploi.

Le Président (M.

Marceau) : Mme la députée.

Léger : Donc, je

comprends, c'est qu'«ainsi que toute autre mesure disciplinaire ou mesure

portant atteinte à son emploi»... donc l'intimidation, ça peut porter

atteinte à son emploi, ça fait

partie de... Parce que, là, vous les avez énumérées, là, rétrogradation, suspension,

congédiement ou déplacement d'une personne visée à cet

article ainsi que

toute autre mesure disciplinaire ou mesure

portant atteinte à son emploi. Si elle n'a pas d'emploi, nécessairement,

puis elle est dans une situation qu'elle peut avoir des représailles

parce qu'elle a vu quelque chose quelque part puis elle n'a pas d'emploi... J'essaie de trouver des exemples

pour être sûre qu'on touche tout le

monde, là, parce que j'essaie de

sortir... Je vois bien que le ministre a réfléchi aux employés de l'État dans

l'ensemble du projet de loi, mais, lorsqu'on n'est pas employé de l'État ou d'un organisme public, on peut être protégé

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCFP 2016-11-24
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cfp-41-1 journal-debats CFP-161124
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifierc4bcd5212b6f00c07a3544996c3bff8d2e31d7a8

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