CRC — 19 June 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CRC 2014-06-19
Quebec — Committees
J'aimerais
également saluer les critiques des deux partis d'opposition, et les personnes
qui les accompagnent, ainsi que les
partenaires du réseau qui nous écoutent sur le Web, et sûrement
les 60 000 auditeurs qui
nous écoutent en ce moment par le
biais du Canal de l'Assemblée nationale. Sachez que d'emblée j'offre à cette
Assemblée toute ma collaboration et celle de mon équipe afin que
l'exercice auquel nous nous prêtons soit rigoureux et transparent.
L'étude des
crédits du ministère de la Famille est un rendez-vous important, au cours duquel nous aurons également l'occasion de discuter de la lutte contre l'intimidation et,
la semaine prochaine, d'étudier les crédits au Secrétariat des aînés. Il s'agit pour moi d'une
belle opportunité de présenter les mesures annoncées pour la nouvelle année
financière, car, malgré un contexte budgétaire difficile, cette nouvelle
année s'annonce encore riche en réalisations pour le ministère.
Le développement des enfants et l'épanouissement
des familles demeurent au coeur de nos priorités. Ce sont d'ailleurs
les fondements de notre politique familiale, qui, je le rappelle, est très
généreuse. Cette année encore, les familles québécoises bénéficieront d'un
soutien financier de près de 7 milliards
de dollars. Notre politique
familiale se situe parmi les meilleures politiques familiales des pays
développés, et nous devons, comme société, en être fiers.
À
titre de ministre de la Famille, c'est un honneur et un grand privilège de
travailler au bien-être des familles et au développement des
enfants, qui est notre mission première.
M. le Président, la famille, c'est le premier lieu d'apprentissage, le premier lien
avec la société. Plus elle sera solide, plus il y aura de jeunes qui seront confiants en
leurs moyens pour construire une société plus prospère. C'est pourquoi,
dans le discours du budget 2014-2015,
le gouvernement du Québec a placé la famille au coeur de ses engagements.
Ainsi, malgré un contexte économique
difficile, il a voulu s'assurer de poursuivre les efforts afin de répondre à
leurs besoins. C'est pourquoi il a mis en place de nombreux outils pour
soutenir un plan financier.
En effet, les
familles québécoises peuvent bénéficier de mesures d'aide financière
importantes, dont le soutien aux
enfants et le crédit d'impôt remboursable pour frais de garde. De plus, le
Régime québécois d'assurance
parentale se compare avantageusement
à ce qui est fait ailleurs au Canada et dans le monde en matière de congés parentaux.
Enfin, parce que le gouvernement croit que les enfants du Québec ont
droit à l'égalité des chances, il a déployé, sur tout son territoire,
un vaste réseau de services de garde éducatifs à contribution réduite constitué
de centres de petite enfance, de garderies
et de services de garde en milieu familial. Actuellement, ce sont plus de
220 000 enfants d'âge
préscolaire qui fréquentent l'un des quelques 17 000 services
de garde subventionnés au Québec.
Nous
entendons poursuivre la création de nouvelles places en service de garde, mais,
ce n'est pas une surprise pour
personne, M. le Président, les finances du Québec exigent une gestion
particulièrement rigoureuse de l'argent des Québécois. C'est pourquoi
les places seront développées de façon responsable, en respectant la capacité
de payer des Québécois. L'objectif de créer
250 000 places à contribution réduite est donc maintenu, mais le
développement se fera à un rythme
réaliste. Par réaliste, j'entends : en considérant la capacité du réseau à
concrétiser de nouvelles places, tout comme l'argent dont les Québécois
disposent pour les créer. Ainsi, le présent budget nous permet de confirmer la
création de 6 300 places, nouvelles places,
M. le Président, en 2014-2015, afin de permettre aux projets déjà en cours de
se réaliser. Par la suite,
4 000 places par année seront créées, jusqu'à ce que le réseau soit
complété. C'est dans cette optique que le ministère procède présentement à la planification de la réalisation des
projets découlant de l'appel de projets qui a eu lieu en 2013. Au cours de
l'été, cette planification sera complétée, et les promoteurs seront informés de
la date à laquelle leur projet pourra se réaliser.
Parallèlement
à la création de places et tel que l'a démontré le chantier sur la qualité et
la pérennité des services de garde et
l'optimisation de leur financement, le réseau des services de garde doit être
optimisé. Tel que prévu dans le budget, j'ai l'intention de m'y
appliquer dès cette année.
Comme je l'ai
souligné, le ministère de la Famille doit contribuer, à l'instar des autres ministères
et organismes, à l'effort budgétaire.
Ainsi, la contribution parentale sera rehaussée, à compter du
1er octobre, à 7,30 $. Elle
sera ensuite indexée pour les années
subséquentes en fonction du taux de croissance des coûts du programme des
services de garde à contribution
réduite. Cette décision permet de rehausser la part de la contribution des
parents au financement des services de
garde subventionnés tout en leur évitant un choc tarifaire. Par la suite, le
programme, comme tous les autres programmes du gouvernement, fera l'objet d'une étude approfondie par la Commission
de révision permanente des programmes ainsi que la commission sur la
fiscalité.
Par ailleurs,
le ministère souhaite simplifier les démarches des parents lorsque ceux-ci sont
à la recherche d'une place pour leur
enfant auprès d'un prestataire de service de garde subventionné. En effet, les
parents doivent souvent faire plusieurs démarches sans avoir pour autant
l'assurance qu'une place répondant à leurs critères sera disponible. C'est pourquoi le ministère a lancé, il y a quelques
jours à peine, le guichet unique d'accès aux places en service de garde. Le
2 juin dernier, la corporative enfant
famille, choisie pour la mise en place et la gestion du guichet, a procédé à la
mise en ligne du guichet unique, maintenant appelé Place 0-5. Désormais,
par une seule démarche et un seul clic, les parents peuvent s'inscrire auprès de tous les services de garde qui offrent des
places à contribution réduite. L'implantation du guichet unique se fera progressivement, région par région, et visera,
dans un premier temps, les centres de la petite enfance et les garderies subventionnées. Le
31 décembre 2015, les CPE et les garderies subventionnées seront tous
inscrits au guichet unique. Les
parents déjà inscrits dans un guichet régional conserveront leur rang sur la
liste de nouveau guichet unique, et
aucune nouvelle démarche ne sera nécessaire pour conserver leur place sur la
liste d'inscription des services de garde qu'ils ont ciblés. Notez que l'inscription au guichet unique sera
gratuite pour tous les parents à la recherche de place en service de
garde éducatif subventionné.
12 juin dernier, M. le Président, l'Assemblée nationale a procédé à
l'adoption d'un principe de projet de loi modifiant la
Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance, le
projet de loi n° 2. En proposant une modification à la loi, le ministère de la Famille donne suite à un jugement
prononcé par le Cour d'appel concernant le nombre de permis et de places, dont les services de garde sont
subventionnés, qu'une personne ou des personnes qui lui sont liées peuvent
détenir. Les modifications législatives
apportées à la
Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance viennent
mieux définir la notion de personne
liée. Ainsi, les personnes apparentées seront considérées liées entre elles si
l'une participe avec l'autre, directement ou indirectement, à l'exploitation ou
à la gestion d'une garderie dont les services de garde sont subventionnés.
De plus, il peut exister des liens
économiques semblables à ceux rencontrés au sein d'une famille entre des
personnes qui ne sont pas apparentées. Le projet de loi vise à tenir compte de
cette réalité.
Je passe un peu parce que le temps
file. Alors, je vais aller un peu plus vers la fin, puisque le projet de loi,
M. le Président, est encore frais
dans la tête autant de mes collègues que les gens de l'autre côté de la table.
Donc, je n'ai pas de souci qu'ils s'en souviennent très bien.
faut donc encourager et soutenir le milieu de travail et le milieu de vie, et
c'est pour ça que le ministère de la Famille
s'occupe d'un programme qui s'appelle la concertation travail-famille. Cette
concertation vise à mettre en place une
certification et un partenariat avec les petites entreprises de
250 employés et moins qui implantent des mesures de conciliation travail-famille dans leur
organisation. Le ministère a déployé d'autres actions visant les acteurs clés
de la société québécoise concernés
par la conciliation travail-famille. J'en mentionne quelques exemples :
les normes conciliation travail-famille
développées par le Bureau de normalisation du Québec, la remise de prix
reconnaissance CFT en collaboration avec le Regroupement des jeunes
chambres de commerce du Québec.
Les municipalités
jouent aussi un rôle important auprès des familles lorsque vient le temps de
contribuer au mieux-être des familles. M. le
Président, nous avons, au sein de notre ministère, un programme qui se
titre
Programme de soutien financier aux
politiques familiales municipales pour appuyer les municipalités et les MRC à
l'élaboration ou la mise à jour de leur politique familiale. À ce
jour, 86 % de la population
québécoise vit dans une municipalité engagée dans ce programme.
Nous
avons aussi les organismes communautaires Famille, et les haltes-garderies
communautaires sont aussi des partenaires importants au niveau du ministère.
Sachez, M. le Président, que, cette année, nous n'avons pu, vu le
contexte budgétaire, bonifier le financement de ces organismes, mais
nous les avons en importance, et le budget 2013-2014 a été reconduit pour eux pour l'année en cours. Nous
souhaitons la possibilité, dans les prochains budgets, de pouvoir bonifier
et même renchérir les programmes qui les soutiennent.
Hier,
le 18 juin, le premier ministre
du Québec, M. Philippe Couillard, a annoncé la tenue du Forum sur la lutte contre l'intimidation, qui aura lieu le
2 octobre prochain. Ce forum a pour objectifs de mobiliser les
acteurs et de dégager les orientations et les pistes d'action d'un plan
d'action concerté de lutte contre
l'intimidation. Il est attendu qu'il aborde le phénomène de l'intimidation à tous les âges, tant dans le monde réel que
le monde virtuel. À
titre de ministre responsable de la Lutte contre l'intimidation au gouvernement du Québec, je
suis très heureuse de coordonner les travaux du forum, car sachez, M. le Président, que
l'ensemble de l'Assemblée et l'ensemble des ministères seront mis à
contribution sur cette grande
réflexion, avec la population, sur qu'est-ce
que l'intimidation pour nous et
comment la contrer. Notre équipe est déjà en action, et les travaux
préparatoires à la tenue du forum sont amorcés. Les travaux permettront de
situer les enjeux auxquels il faut faire face pour prévenir et agir rapidement en
matière d'intimidation et de proposer des pistes d'action prioritaires à discuter lors du forum, puisque nous avons
rassemblé plusieurs groupes de réflexion. Et l'ensemble de la population est conviée à une consultation
Internet pour pouvoir faire en sorte qu'on entende l'ensemble des intervenants
mais aussi l'ensemble de la population sur
ce sujet. Le forum est la première étape d'une démarche visant à mettre en
oeuvre un plan d'action concerté, un plan de match auquel toute la
société participe pour contrer l'intimidation.
conclusion, M. le Président, comme je l'ai souligné, le ministère de la Famille
doit contribuer, à l'instar des autres ministères, à l'effort
budgétaire. C'est pourquoi il s'appliquera à réduire ses dépenses tout en
continuant de répondre aux besoins des
familles. Nous pensons que cela passe par une optimisation du réseau et une
gestion rigoureuse de l'argent que
nous disposons. Néanmoins, je suis heureuse de constater que, malgré le
contexte budgétaire actuel, les crédits
budgétaires du ministère ont augmenté de 2,1 % cette année pour s'établir
à 2 617 000 000 $. Cette augmentation concerne
spécifiquement les mesures en lien avec le financement des services de garde.
terminant, je tiens à souligner que cette étude de crédits est un exercice
important de reddition de comptes. Au cours
des prochaines heures, nous aurons l'occasion d'échanger avec nos collègues de
l'optimisation. Je vous assure de notre entière collaboration pour que
ces échanges se déroulent dans un climat constructif. Et, sur ce dit, je vous
dis, M. le Président, bonne journée.
Président (M. Picard) : Merci, Mme la ministre. Une petite
remarque amicale : on ne doit pas nommer un député autre que par
son titre. Donc, c'est M. le premier ministre.
Charbonneau :
Vous avez raison, M. le Président.
Le Président (M.
Picard) : Merci.
Charbonneau :
Puisque c'était écrit, j'en ai perdu la tête.
Président (M. Picard) : J'invite maintenant le porte-parole de
l'opposition officielle en matière de famille et de lutte contre
l'intimidation et député de Terrebonne pour une période de 10 minutes,
maximum.
Traversy : Merci beaucoup, M. le Président. Tout d'abord, vous
saluer, là, pour la tenue de cette étude de crédits et ce retour à l'Assemblée nationale, après une si longue
absence, pour débuter cette discussion. Je suis content de vous
retrouver. Également, saluer la ministre de la Famille, présente avec nous,
saluer ses collègues qui sont à ses côtés — je vois Mme Sauvageau. Donc, nul doute que
nous aurons des discussions plaisantes au cours de cette journée — je vois
également M. Picard. Donc, je suis convaincu que vos temps de parole seront
respectés et que les temps seront préservés.
salue également l'ensemble des gens du ministère de la Famille qui vous
entourent, cette armée de fonctionnaires efficaces, dynamiques, toujours
fidèles au poste à chaque étude de crédits. Merci d'être présents et d'être
avec nous aujourd'hui
pour répondre à nos questions. Saluer également Florence, qui est aussi
derrière nous, en deuxième ligne. J'aimerais dire bonjour à nos
collègues du gouvernement. Je n'ai aucun doute, M. le Président, qu'aujourd'hui
les collègues du gouvernement nous aideront
à poser des bonnes questions à la ministre de la Famille, tout comme ma
collègue de Repentigny, pour essayer
de trouver réponse à des questions, à des zones grises qui auraient pu
apparaître, là, dans le cadre du budget, et je compte sur eux,
évidemment, pour nous aider, je n'en ai aucun doute.
Alors,
j'aimerais discuter avec vous d'une certaine chronologie. La ministre de la
Famille a fait une présentation des
différents événements qui se sont passés, là, au cours des derniers mois pour
en arriver à notre étude de crédits aujourd'hui. J'aimerais également en faire une mais
dans un sens un peu différent, pour aller aussi chercher l'envers de la
médaille d'événements qui n'ont pas été dits dans le cadre de cette
présentation.
Vous dire tout
d'abord que, le 8 mai dernier, lorsque la ministre de la Famille est
arrivée en poste, l'une des premières décisions qui a été mise de l'avant, là,
pour la question de la famille, ça a été d'imposer un moratoire sur l'octroi des 28 000 places
débloquées par l'ancien gouvernement et de mettre une halte, dans le fond, aux
projets qui étaient en cours afin de bien analyser
la situation et d'aller de l'avant. Ça a été une surprise, parce que,
bon, vous savez que le réseau des
garderies, des services de garde subventionnés travaille
très fort pour monter des projets. Il y en a qui sont en cours depuis des années, des appels d'offres qui datent des fois
même de l'ancien gouvernement, qui ont débuté, en fait, avec l'ancienne ministre Yolande James — qu'on peut nommer puisqu'elle n'est plus
députée aujourd'hui. Et, bon, ça a créé beaucoup d'inquiétude, beaucoup
de mécontentement.
heureusement, quelques jours plus tard, le 14 mai, la ministre a décidé de
lever en
partie le moratoire qui avait été,
donc, décrété pour les places de 2014. On s'était rendu compte, après un
certain nombre d'analyses, que plusieurs projets étaient fortement avancés, les bâtiments étaient construits, les
places étaient prêtes à accueillir les jeunes. On était rendu à la
finalité de ces projets et on a décidé de lever le moratoire pour environ
6 300 places, comme l'a mentionné la
ministre tout à l'heure, pour l'année 2014, ce qui est donc un pas dans la
bonne direction après avoir décidé d'arrêter.
Reste
maintenant la suite des places qui sont prévues pour les prochaines années, et
ces places, qui étaient prévues pour
2016, maintenant sont étendues jusqu'en 2022. Alors, lorsque la ministre,
tantôt, disait : Bien, il va falloir respecter la capacité de payer des contribuables et aussi le
développement du réseau dans un temps raisonnable, il faut quand même mentionner, M. le Président, qu'on passe
maintenant de 2016 à 2022. Je ne vous demanderai pas… Je ne vous dirai pas
quel âge je vais avoir en 2022, mais je peux vous dire qu'on commence
tranquillement à avancer dans les temps.
ça a été une surprise, parce que — le premier ministre du Québec était très inspiré,
je vous l'avais dit à quelques reprises,
au cours de son discours inaugural qui a suivi la semaine suivante du
21 mai — on
pouvait lire, dans un de ses extraits,
dans un de ses discours, des phrases aussi inspirantes que «je souhaite
que le plus grand nombre possible de nos enfants aient aussi cette chance d'apprendre à lire et écrire et de bien
parler notre langue. Au sud de nos frontières, cette expression s'appelle "no child left
behind"». Donc, on pouvait s'attendre à ce qu'il y ait une attention
particulière sur le dossier famille, qu'on allait y mettre une
priorisation, qu'on allait y donner une importance spécifique.
Dans
cette grande envolée oratoire, le premier ministre a également été plus loin.
Il a dit : «Dans notre univers francophone,
Saint-Exupéry l'a dit d'une autre façon dans son roman Terre des hommes.
Un enfant qui ne peut aller au bout de ses rêves, de son talent en
raison de circonstances, de la famille, du milieu que le hasard lui a donnés,
c'est [assassiner Mozart].» Donc, il était très inspiré.
là je me disais, là : Il monte mes attentes, M. le Président, il est en
train, là, de me motiver. J'ai dit : Oui, la famille va être priorisée par le gouvernement
actuel. Et, une semaine plus tard, deux semaines plus tard, au budget du
4 juin, bang! la guillotine
tombe, et là on commence à regarder les chiffres, et, au-delà des paroles, on
commence à regarder quels seront les
énergies et surtout les budgets qui seront mis pour prioriser le dossier
famille, et c'est là qu'on se rend compte qu'il y a des coupes drastiques dans le milieu, des coupes drastiques au
niveau du développement, parce qu'on essaie de le ralentir jusqu'en 2022, on l'a mentionné tout à l'heure. On reporte
l'indexation au taux de croissance du programme et non plus au coût de
la vie, comme c'était prévu dans le cadre de la campagne électorale. On
commence à essayer de divaguer ou de
spéculer sur différents modèles de tarification pour nos services de garde,
qui, évidemment, n'avaient jamais été
discutés auparavant. On parle également d'aller piger dans les surplus, thème
qui n'avait jamais été abordé dans le cadre
des élections précédentes. Et, bref, on se rend compte que la priorisation pour
le dossier famille est peut-être moins à la hauteur de ce qu'on aurait
pu s'y attendre en écoutant le discours inaugural.
C'est
donc dans cet esprit évolutif que j'arrive devant vous aujourd'hui avec des
questions très importantes et très intéressantes
sur le budget qui a été déposé et sur les orientations qui viendront au cours,
là, des prochains mois et de la prochaine
année. Là-dessus, M. le Président, je me fais un peu critique. Je suis le
critique de l'opposition, donc
j'essaie d'être le plus balancé
possible. Je commence par mes remarques où, évidemment, j'ai des insatisfactions
et vers lesquelles je vais me diriger
au cours de cette journée, mais également je dois mentionner qu'il y a quelques
points positifs dans ce qui a été
annoncé pour le dossier famille. J'essaie de faire l'équilibre, mais vous allez
voir que la balance penche plus d'un côté que l'autre, par exemple.
projet de loi n° 2, très content que la ministre l'ait ramené à
l'ordre du jour, pour, évidemment, les raisons qu'on connaît en ce qui concerne les chaînes de
garderie. Également vous dire que le guichet unique, qui poursuit son cours,
est également une bonne nouvelle pour les
parents du Québec. On est capable de le reconnaître. Et, tout dernièrement,
hier, l'annonce d'un forum pour discuter de
la lutte à l'intimidation était également un sujet d'importance sur lequel les
parlementaires ont hâte de pouvoir discuter
et d'en arriver aussi à des solutions et des résultats tangibles pour la suite
des choses. Et, M. le Président, sur cette explication et sur cette présentation balancée de la
situation de la famille au Québec, je vais
laisser la parole à mes autres collègues pour pouvoir m'en garder un peu plus
pour mes questions. Merci beaucoup.
Président (M. Picard) :
Merci, M. le député de Terrebonne. J'invite maintenant la députée de Repentigny, porte-parole du deuxième groupe d'opposition pour les aînés, la famille
et la lutte contre l'intimidation, à faire ses remarques préliminaires
pour un maximum de sept minutes. Mme la députée.
Lavallée : Merci beaucoup, M. le Président. Permettez-moi de vous saluer et de saluer tous les collègues ici présents dans le cadre des travaux que nous
effectuerons au cours de la présente journée, ainsi que tous les fonctionnaires
ici présents. Je vous assure de mon entière
collaboration pour le déroulement des études de crédits, tout d'abord comme
députée de la circonscription de Repentigny,
un comté où les familles occupent une très grande place, et également comme
porte-parole pour la famille, les aînés et la lutte contre l'intimidation dans
le deuxième groupe d'opposition.
C'est un privilège pour moi d'assumer mes
nouvelles fonctions. Mon parcours professionnel à
titre de notaire pendant 34 ans m'a permis de travailler
auprès de nombreuses familles de ma région. Ce travail, que j'ai occupé pendant
ces quelques années, me permet aujourd'hui
d'apporter ma contribution face aux actions et défis pouvant être entrepris
par le ministère de la Famille. Je
profite de l'occasion pour remercier et saluer l'équipe de recherche de la Coalition avenir Québec et plus
particulièrement mon recherchiste, Samuel Poulin, un fier Beauceron qui
m'accompagne aujourd'hui.
Au cours de
ces travaux, je chercherai des réponses pour le bénéfice des familles du
Québec. Le ministère de la Famille
est complexe. Il distribue des sommes importantes et surtout il joue un rôle
fondamental dans le quotidien de nos nombreuses familles. Il faut donc
s'y attarder. Je chercherai à obtenir des réponses claires à mes questions. Je
veux m'assurer que les actions posées par
les représentants du ministère sont efficientes et surtout constamment faites
dans le meilleur intérêt de ceux que
nous représentons, soit les familles du Québec. Il ne faut pas oublier l'apport
des familles à la société québécoise,
et nous devons nous assurer que celles-ci reçoivent les services auxquels elles
ont droit, surtout un service de qualité, et ce, à un coût qu'elles
peuvent assumer. Je vous remercie.
Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Je vous remercie pour ces belles remarques
préliminaires et je suis maintenant
prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange. M. le
député de Terrebonne, la parole est à vous.
M. Traversy : Merci, M. le
Président. J'aimerais qu'on puisse débuter cet échange aujourd'hui en parlant
du financement du réseau. On a plusieurs
sujets sur la table, l'embarras du choix y est, mais commençons par le
financement du réseau, parce que
c'est un dossier chaud, qui a suscité beaucoup d'attention au cours, là, des
dernières semaines, et au niveau de l'actualité québécoise, mais aussi
avant l'arrivée du nouveau gouvernement.
Vous vous rappellerez qu'en octobre 2013 le
gouvernement précédent avait mis en place un chantier sur la qualité et la pérennité des services de garde
éducatifs à l'enfance pour l'optimisation de leur financement. Mme la ministre en a parlé tout à l'heure, ce chantier a déposé son rapport, le rapport
Boisvert, en décembre 2013. Plusieurs recommandations y figuraient, sur lesquelles nous aurons
l'occasion de revenir. L'un de ces constats, du rapport, était que la
subvention gouvernementale d'une
place en garderie à contribution réduite était passée en moyenne de 29 $ en 2004-2005 à 40 $ en 2012-2013.
La contribution parentale est demeurée fixe à 7 $ au cours de cette même
période, ce qui, évidemment, commençait à créer un débalancement. Par
conséquence, donc, la contribution des parents est passée de 17,2 % en 2004-2005 à 13,5 % en 2013-2014. Bon. Le
rapport recommandait ainsi de rehausser la contribution parentale assortie
d'un mécanisme d'indexation, ce qui
permettrait, à terme, là, de retrouver un certain équilibre dans la
tarification des services de garde et
du prorata parents et État. C'est exactement ce que le Parti québécois
proposait à l'époque. Rappelons, dans le fond, que la promesse du précédent gouvernement était d'augmenter de
1 $ par année les tarifications en service de garde, jusqu'à
9 $, et par la suite l'indexer au coût de la vie. Donc, le gouvernement
avait fait ces promesses antécédentes.
Le nouveau gouvernement arrive, et là on décide
de changer la formule de financement, on dit… On avait dit auparavant,
dans le cadre de la campagne
électorale, qu'on voulait indexer au
coût de la vie cette tarification puis on devait l'indexer seulement à
partir du 1er janvier 2015. C'était ça, la promesse électorale. Parce
qu'on l'a ici, devant nous... ta, ta, ta,
l'élimination de la taxe santé… «Les familles bénéficieront également de l'indexation
des tarifs [...] de garde à 7 $
à partir du 1er janvier 2015. Elles éviteront ainsi le choc
tarifaire» — parce
que c'est de cette façon que le premier ministre avait qualifié, à l'époque, la proposition du dernier
gouvernement — de
passer de 8 $ à 9 $, et par la suite indexer au coût de la vie
ces mêmes tarifs.
Et là ce
qu'on apprend, dans le fond, c'est que, reniant cette promesse électorale, la
ministre de la Famille et le gouvernement décident de dire : Bien,
on va indexer dès cette année les tarifs en service de garde et on va le faire
pas au coût de la vie, mais au coût du programme. Donc là, il y a une nuance
ici, parce que le coût du programme, c'est beaucoup
plus élevé que le taux de croissance de l'inflation. On parle d'une
augmentation, cette année seule, d'environ 4 % pour le tarif en
service de garde, qui passe de 7 $ à 7,30 $.
Lorsqu'on regarde certains sondages et lorsqu'on
écoute la population… On a vu que l'AQCPE a déposé un sondage, dans un communiqué le 4 juin dernier, qui démontrait que
75 % de la population et plus de 60 % des parents qui fréquentent ou ont fréquenté des services de
garde… en faveur d'une augmentation minimale à 8 $. Donc, il y avait
une volonté de ces parents de pouvoir augmenter, justement, les tarifs.
Et là ce
qu'on constate, c'est que la ministre, en plus de briser sa promesse, veut
ouvrir tous les pans possibles pour
la suite des choses dans le cadre d'une commission sur la fiscalité. Bref, on
ne sait plus trop dans quelle direction on s'en va, on voit que les promesses sont
brisées, on nous en amène une nouvelle dans le cadre de ce budget, et là, dans
le futur, on est un peu dans le néant.
Moi, je veux savoir quelles sont les motivations
de la ministre pour la suite des choses. Est-ce qu'elle a une position? Je sais que le président du Conseil du
trésor en a une. Elle, est-ce qu'elle en a une sur les futures tarifications
en service de garde et sur le financement que ça va comporter au niveau du
réseau?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. En premier lieu, je sens que je vais entendre à
plusieurs reprises qu'on avait brisé, ou qu'on a brisé, ou qu'on va
briser des promesses. Sachez, M. le Président, que l'engagement du gouvernement qui s'est pris en campagne électorale
a été maintenu, c'est-à-dire un principe d'indexation. Il a tellement bien compris, de par le signe de la population, à
la fin d'une élection où 70 députés ont été élus libéraux… c'était un
signe flagrant que la population s'engageait
dans une volonté d'entendre et d'avoir compris les promesses d'un gouvernement
qui voulait mettre en place avec responsabilité une dépense et un engagement,
mais aussi un investissement dans les programmes qui lui appartiennent. Donc,
je veux bien entendre mon collègue de Terrebonne parler d'avoir brisé des promesses, mais faut-il comprendre aussi que, dans
une campagne électorale, par le signe même d'un droit de faire une petite croix à un endroit pour élire quelqu'un, la
population s'est prononcée sur cette volonté d'avoir un gouvernement
responsable dans ses finances.
Quand le député annonce… ou parle du bilan, il
fait bien de le faire, puisque c'était vraiment un rapport fort intéressant, M.
le Président. Et je l'ai découvert à mon arrivée, et je salue la commande qui a
été faite par la ministre antérieure,
d'avoir fait cette commande pour avoir un bilan, puisqu'il est important. Je me
permets de vous dire que je l'ai lu
au moins quatre fois. Pourquoi? Parce qu'à chaque fois que je fais la lecture
de ce document, de ce rapport, j'y trouve des perles de réflexion, et ça m'amène à penser à des trucs qu'on
pourrait faire, nous, au niveau du ministère, et proposer au
gouvernement.
Je vous lis
le passage de la page 19, pas l'article, parce qu'on n'est pas dans un
projet de loi, mais la petite rubrique sous
3.4, qui s'appelle La contribution parentale . Puis je vous rappelle, M.
le Président, que je vous lis ça du rapport du Chantier sur la qualité et la pérennité des services de garde et sur
l'optimisation de leur financement. Je pense que ça va répondre, en
grande partie, à mon collègue de Terrebonne.
Alors, je le
lis comme suit : «Les membres du chantier conviennent qu'une hausse de la
contribution parentale rétablirait un
juste équilibre entre la part des parents et celle de l'État.» Je crois que mon
collègue est tout à fait à l'aise avec
ce passage. «Cependant, il faudrait que l'augmentation ne crée pas de choc
tarifaire et que les répercussions sur les familles à faibles revenus
puissent être atténuées par des mesures fiscales si nécessaire. Par la suite,
un mécanisme d'indexation annuel devrait s'appliquer.»
Je me permets de vous lire ce passage, M. le
Président, tout simplement pour revenir sur la réflexion de mon collègue, qui dit : Où s'en va la ministre?
Je peux comprendre son inquiétude quand il me dit : Je crois que je sais
où le ministre du Trésor s'en va,
parce qu'il sait, comme moi, pour avoir eu à faire face à cette personne, qu'un
ministre du Trésor, un président du
Conseil du trésor, ça a une drôle d'obligation, hein, ça tient les cordons
serrés. Et je crois que le chef de
l'opposition présentement, qui était président du Conseil du trésor, les a
tenus d'une façon très serrée, mais en même temps il y a eu des demandes
fortes de chacun de ses collègues pour adresser les problèmes.
De notre
côté, on a maintenu la promesse de l'indexation. C'est pour cette raison qu'on
annonce, dès le discours du départ,
que ça va être 7,30 $. Et, à la réponse à la question : Pourquoi
cette année?, eh bien, M. le Président, on rentre dans les années fiscales, donc nous serons dans
l'année 2014-2015. Donc, aucune promesse brisée, juste qu'on devance pour s'assurer que, dans les documents qui sont
faits, autant aux services de garde qu'au niveau du ministère, les chiffres
arrivent au moment où ils se doivent
d'arriver dans les budgets de chacune des organisations. Donc, 7,30 $ ne
fait que s'ajuster au 1er octobre, puisque ça rentre dans le budget
2014-2015 dans lequel nos organisations font face.
Maintenant,
où la ministre s'en va-t-elle dans sa réflexion? Fort à parier qu'après avoir
passé par le comité qui va se pencher
sur l'ensemble des programmes, où il y aura probablement une réflexion à faire
sur les programmes qu'on offre, comment
on les offre… Vous avez compris qu'avec le rapport on va aussi passer par le
principe du comité sur l'indexation, puisqu'il faut savoir qu'en ce
moment il y a différentes façons d'avoir accès aux services de garde à
réduction.
Donc, il y a le principe du 7 $ par jour,
mais il y a aussi les parents qui utilisent un service de garde en milieu privé subventionné, qui soumettent un rapport à
tous les mois et qui reçoivent une contribution de l'État, qui leur offre
une réduction dans le prix qu'ils ont déjà
payé. Deux systèmes différents, un qui dit : Tout le monde à 7 $, le
deuxième qui dit : Dépendamment
de votre salaire, le retour que vous aurez du gouvernement sera différent,
puisque vous avez fait affaire à une garderie dite subventionnée.
Donc, il faut
se pencher sur cette nouvelle façon de faire là pour être capables d'attribuer
à la population du Québec une façon
uniforme et juste de voir l'attribution de ces places à réduction… ou réduites
à l'intérieur d'un Québec bien planifié et qui offre des places à
l'ensemble de ses enfants.
Le Président (M. Picard) :
Merci, Mme la ministre. M. le député.
Traversy : Merci, M. le Président. Bien, c'est certain que je
suis en désaccord avec la ministre sur certains points. Tout d'abord, elle commence en disant : Bien, M. le député
de Terrebonne, on a gagné nos élections à 70 députés, donc nécessairement la population était d'accord
avec nous. M. le Président, le Parti libéral n'a pas parlé, à aucune reprise,
n'a jamais dit, au cours de la campagne
électorale, qu'il allait reporter le développement des places en garderie
jusqu'en 2022. Ils
n'ont jamais parlé, en campagne électorale, qu'ils allaient aller peut-être
moduler les tarifs en service de garde, comme le souhaite présentement le Conseil du trésor. Jamais, en campagne
électorale, le Parti libéral n'a dit qu'on allait aller piger une seconde fois dans les surplus du réseau. Mais
on dit : Ah! mais par contre la population a voté en tout état de cause,
elle était au courant de ce qui s'en venait.
La réponse, c'est non, parce qu'on n'en a jamais parlé. Et peut-être que,
si les parents puis les jeunes
familles du Québec qui attendent depuis des années une place en service de
garde avaient su avant le 7 avril dernier que le Parti libéral
allait reporter, justement, en 2022 l'octroi des places nécessaires pour
250 000 places requises dans le réseau, bien, peut-être qu'on
n'aurait pas eu le même résultat. Alors, d'enjeu, déjà, la prémisse, je
tenais à vous rectifier un petit peu les faits.
Deuxièmement,
on dit : On n'a pas brisé des promesses. Bien, écoutez, c'est noir sur
blanc. Quand qu'on dit : On va
indexer au coût de la vie à partir de 2015, puis qu'on apprend que, cette
année, bien, on va l'augmenter, dès 2014, au coût du programme, qui est une augmentation de 4 % par année…
Moi, je ne suis pas un économiste, mais, si vous me dites que le coût de la vie est à 4 % par année, ah! bien là, à
ce moment-là, j'ai manqué des leçons au niveau, là, de mes cours d'économie au secondaire, parce qu'il me
semble que c'est beaucoup plus élevé, c'est beaucoup plus élevé que le taux d'inflation. Et là-dessus, en plus, on nous
parle d'une modulation à venir. Donc, on parle de peut-être briser l'universalité du réseau. Ce n'est quand même pas
rien, ce n'est quand même pas anodin, c'est un modèle qui caractérise le
Québec, et ça, on n'en a jamais parlé auparavant.
Les citoyens,
ce qu'ils veulent, c'est avoir accès à des places en service de garde à tarif
réduit pour leurs enfants le plus
rapidement possible. Et là, bien, ce qu'on constate, c'est que les libéraux ont
décidé, peut-être, M. le Président, de ralentir
le développement de ces places en essayant, justement, de ne pas augmenter de
quelques dollars la tarification des places en garderie, comme proposé
par l'ancien gouvernement.
Dans le
contexte de cette nouvelle mentalité ou, en tout cas, de cette nouvelle
proposition de financement pour les services de garde, je suis content
d'entendre qu'il y a une distinction entre le président du Conseil du trésor
et la ministre de la Famille, parce
qu'effectivement le rôle de la ministre de la Famille, c'est de défendre les
parents puis c'est de défendre le
réseau des services de garde. Et présentement je n'entends pas des cris
positifs dans le réseau. Je ne sais pas, vous qui suivez l'actualité, M.
le Président, si vous avez entendu, là : Chapeau de la part de la ministre
de la Famille, excellente décision! Nous l'encourageons. Puis du jamais-vu!
Non, les seuls mots qu'on entend, c'est «déception», «tristesse», «stupéfaction», et j'imagine que c'est des termes polis
pour ne pas dire autre chose, parce que nous avons au moins des gens polis dans notre société. Mais
il y a rarement des cris d'enthousiasme sans limites, sans frontières. Moi, je comprends que la ministre de la Famille et le
président du Conseil du trésor, c'est deux entités différentes, et son rôle est
de défendre le réseau puis de défendre les jeunes parents.
La ministre
va-t-elle participer à ce comité sur la fiscalité et entend-elle défendre une
tarification modulée selon les revenus ou défendre plutôt le réseau et
les jeunes parents du Québec?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau : J'ai
combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Picard) : Il
reste 5 min 30 s.
Charbonneau :
Alors, je vais me permettre de citer le Regroupement des centres de la petite
enfance de la Montérégie.
Naturellement, vous savez, M. le Président, quand on arrive en poste, on reçoit
des lettres de félicitations et
d'accueil. J'en ai reçu une du Regroupement des centres de la petite enfance de
la Montérégie, mais il y a un paragraphe sur lequel je m'attarde un petit peu pour vous le lire, qui dit :
«Le regroupement tient à vous remercier de vous être engagée à indexer
les frais de garde plutôt qu'à augmenter la contribution parentale, déjà très
importante. C'est une position gouvernementale
qui nous ravit, d'autant plus que nous travaillons depuis déjà 40 ans à
défendre l'accessibilité universelle pour tous les enfants du Québec et
à promouvoir la qualité des services éducatifs à la petite enfance.»
Je voulais
juste rassurer le député de Terrebonne pour lui dire que… Si, à Terrebonne,
dans son milieu de vie ou alentour de
lui, il n'entend que des choses négatives, je veux le rassurer pour lui dire
qu'il y a des choses positives, au Québec, M. le député, qui se font.
Et je peux
comprendre qu'en tant que critique, puisque j'ai déjà joué ce rôle, c'est de
dénoncer et de faire de grands sparages.
Sachez, M. le député, que la volonté de la ministre de la Famille en ce moment,
c'est d'être la plus transparente possible,
accessible et donner l'information aux parents comme il se doit. Il aurait été,
pour nous, tout à fait inacceptable d'avancer
des places sans avoir les crédits pour les faire. Je le dis sur un ton un peu,
je vous dirais… J'essaie de ne pas être
arrogante, mais en même temps il est triste de savoir que des places avaient
été annoncées sans que de crédits soient derrière. Il aurait été encore plus désastreux de dire à ces parents que
les places annoncées, qu'on avait
promis d'être faites, ah! elles ne
peuvent être faites parce que, finalement, au retour au pouvoir, le PQ aurait dit :
Savez-vous quoi? On s'est trompés.
Le Parti libéral du Québec a pris des engagements de créer les
places et… permettez-moi de vous rassurer, ça ne vous rassurera pas beaucoup, j'en suis certaine, mais ce n'est pas 2022,
c'est 2021 pour arriver à compléter les places. Par contre, la volonté du gouvernement du Québec, en passant par les deux comités qui sont mis en
place… font en sorte qu'on
essaie d'ajuster l'ensemble de la machine pour aller le plus rapidement
possible faire les places.
Sur ce, je vous dirais, M. le Président, qu'en 2012-2013
le gouvernement en place a fait 1 750 places. En 2013-2014, le gouvernement en place a fait 2 899. Alors,
je veux bien que le député de Terrebonne soit fort déçu et trouve ça odieux et
bien effrayant, mais nous avons annoncé
6 300 places cette année et 4 000 places dans les années
qui vont suivre pour s'assurer d'une
création de places rapide, efficace, dans la capacité de payer des Québécois.
Je pense que c'est la
partie importante aussi, M. le Président, à savoir qu'un
réseau se doit d'être bien fait, mais fait de façon responsable. Et c'est
ce à quoi la ministre de la Famille s'est engagée sous le joug du premier
ministre du Québec.
vais probablement avoir l'opportunité de revenir sur le constat du Vérificateur
général. Parce que, vous le savez, ça
pourrait sembler être juste une discussion entre des personnes en opposition,
mais le Vérificateur général du Québec a
quand même pris position et a dénoncé des annonces faites sans fonds, qui fait
en sorte que le Parti québécois, au pouvoir, n'a pas eu une petite
étoile à son bulletin suite aux vérifications du Vérificateur général.
Donc,
dans la vigilance de dire qu'aujourd'hui, avec transparence, on va revenir sur
les crédits puis on va informer la population ce sur quoi on s'avance et
sur quoi on s'engage, je pense qu'il serait intéressant qu'on soit
constructifs, positifs. Je ne lui demande
pas d'aimer les décisions qu'on prend, je ne lui demande pas de ne pas les
critiquer, parce que c'est en les
critiquant qu'on va avancer, mais il faut faire attention dans la façon qu'on
s'avance quand qu'on dit que les créations
de places sont limitées et injustes, puisque, déjà cette année, nous annonçons
la création de places beaucoup plus avancée qu'on peut avoir annoncé
dans les années subséquentes.
Donc,
M. le Président, je veux bien qu'on me demande où je m'en vais puis comment je
vais faire. Dans le comment je vais
faire, je peux comprendre l'inquiétude, parce qu'on s'avance à grands pas vers
la création de places. Mais il faut surtout
savoir qu'en arrière de chaque place il y aura le financement, il y aura les
gens responsables et il y aura les vraies places pour les enfants du
Québec.
Président (M. Picard) : Merci, Mme la ministre. Maintenant,
nous allons passer à la
partie gouvernementale. Est-ce qu'il y a des
questions? Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Blais : Oui, M. le Président, merci beaucoup. Juste une remarque en
préambule. C'est quand même incroyable, le député de Terrebonne, le critique est en désaccord avec l'indexation
à 7,30 $, alors que, lorsqu'ils étaient au pouvoir, c'était une
augmentation à 8 $ et 9 $. Alors, je…
Tout
à l'heure, mon collègue, qui a de jeunes enfants, là, le député de Vanier-Les
Rivières pourra poser les questions ou émettre ses commentaires, parce
que je voudrais aller sur un autre volet.
a toujours l'impression que le ministère de la Famille est un ministère
entièrement consacré aux services de garde,
alors qu'il y a bien d'autres choses. Entre autres, en 1967, le gouvernement du
Québec créait son propre programme d'allocations
familiales. On sait qu'un gouvernement du Parti québécois a aboli ces
allocations familiales en 1996. Et, en 1967,
il y avait 85 300 naissances, et, si on regarde après l'abolition de
l'allocation familiale, en 2000, c'est 72 010 naissances.
Donc, on voit qu'économiquement il y a une chute de naissances s'il n'y a pas
un soutien aux familles.
2005, un gouvernement du Parti libéral a remis en place les allocations
familiales, qu'on a appelées Soutien aux
enfants, déposées directement dans un compte bancaire. Et je suis convaincue
que ça a aidé énormément les familles, et
en particulier les familles monoparentales. Alors, j'aimerais entendre la
ministre, M. le Président, nous parler de ces prestations familiales pour les enfants de zéro à 18 ans. Il faut
le souligner, là, ce n'est pas rien, parce
que ça ne s'arrête pas à
10 ans, 12 ans, mais ça va jusqu'à 18 ans.
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Charbonneau : Merci, M. le Président. Merci à ma collègue d'ouvrir cette parenthèse, puisqu'il est juste d'affirmer
que le ministère de la Famille s'occupe de la famille. Et, dans cette
perspective, ce n'est pas qu'un ministère de
services de garde, de CPE ou de garderies — on les titrera comme on veut — derrière nous, il y a des gens qui s'occupent de tous les aspects du milieu de la
famille. Et nous travaillons au quotidien pour en développer d'autres, puisque la volonté que nous avons, c'est d'aider
les familles dans leur quotidien pour faire en sorte qu'ils s'y retrouvent,
que ce soit dans la conciliation
travail-famille, que ce soit dans l'aide monétaire dans l'allocation familiale
ou que ce soit le retour au travail
d'une femme ou d'un homme, puisque maintenant nous avons des hommes qui
prennent des congés parentaux, avec
un service de garde qui vient appuyer cette démarche. Mais aussi on sollicite,
et je le disais un peu plus tôt, le partenariat des entreprises pour mettre en place des services et des accommodements
qui font en sorte que nos familles s'y retrouvent. En tant que ministre, je vous dirais que — et l'ensemble de mes collègues de
l'Assemblée nationale sera d'accord avec moi — la chose
la plus précieuse qu'on a, c'est le temps. Et le ministère de la Famille se
préoccupe énormément du temps que nos familles peuvent avoir ensemble.
L'allocation
familiale — on
l'appelle ainsi, c'est aussi ce qu'on peut appeler, et ma collègue le disait,
le Soutien aux enfants — c'est un crédit d'impôt remboursable et
c'est versé à toutes les familles avec des enfants de moins de 18 ans — donc zéro à 18 ans, ma collègue le
soulignait bien — puis
c'est administré par la Régie des rentes du Québec, qui, effectivement, est sous le joug du ministère
de la Famille. Le montant varie d'une famille à l'autre et il est calculé en
juillet de chaque année en tenant compte de
quelques points, et je les précise : du nombre d'enfants à charge de moins
de 18 ans résidant avec les
bénéficiaires; du nombre d'enfants en garde partagée; du revenu familial,
c'est-à-dire la somme des revenus des
deux conjoints, s'il y a lieu; et de la situation conjugale des conjoints ou
des membres de la famille. Le montant est indexé en janvier de chaque
année et il n'est pas imposable.
Alors,
qu'est-ce que ça veut dire pour une famille avec un enfant? Bien, ça veut dire
que son soutien maximal peut être de
2 341 $. À chaque enfant qui se rajoute, un montant s'ajoute alors au
premier montant. Pour le deuxième, j'ajoute
1 170 $, la même chose pour le troisième. Et, quand j'arrive au
quatrième enfant, j'ai une somme de 1 755 $. Pour les familles monoparentales, un montant se
rajoute, de 821 $. Donc, vous avez compris, M. le Président, que notre
volonté, c'est vraiment d'arriver à aider nos familles dans un monde où
les sous viennent changer la vie dans le quotidien.
Comment je
peux faire pour la recevoir? Eh bien, comme parent, à la naissance d'un enfant,
je n'ai même pas à faire la demande,
puisque la déclaration de la naissance de mon enfant au Directeur de l'état
civil se fait tout automatiquement. Donc, le principe paperasserie, la volonté de
réduire les papiers à remplir se fait, puisqu'à la déclaration l'ensemble du
mouvement se fait auprès de l'État. La Régie
des rentes exigera une demande à la personne admissible dans le cas suivant:
si elle adopte un enfant; elle est
immigrante ou devient résidente du Québec; son enfant est arrivé ou est de
retour au Québec; elle réside au
Québec, mais son enfant est né ailleurs qu'au Québec; elle obtient la garde
d'un enfant; elle obtient la garde partagée
d'un enfant; elle conserve la garde d'un enfant à la suite de la rupture de son
union et elle ne reçoit pas déjà le paiement de Soutien aux enfants en
son nom.
J'en profite
à ce moment-ci, M. le Président, pour vous dire que la société, elle est
variée, elle est différente, et le ministère a l'obligation de s'ajuster
à toutes ces nouvelles réalités qui arrivent dans le quotidien de la vie.
Je reçois mon
paiement de Soutien aux enfants, il est versé quatre fois par année. Donc, les
parents le reçoivent en janvier, en
avril, en juillet et en octobre, toujours dans le principe du premier jour
ouvrable. La date des versements trimestriels
en 2014 sera le 2 juillet, les
dates qui restent à venir, et le 1er octobre. Les dates des versements mensuels
restants, je vous le disais, au mois de
juillet, ça va être le 2 juillet, donc on est à quelques
semaines du montant à verser. Et, en
2013, M. le Président, eh bien, c'était 2,1 milliards de dollars qui ont été versés à plus de 8 664 489 familles au
Québec. Vous avez compris que notre responsabilité, elle est grande, avec le nombre de familles que nous avons à soutenir
et avec la volonté d'en voir de plus en plus apparaître au Québec.
Le Président (M. Picard) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Blais : Oui, je crois que
c'est plus de 2 milliards de
dollars, ce programme
pour le soutien aux enfants. On sait
qu'on vit dans une société vieillissante. Le Québec est la deuxième société au monde à vieillir le plus
rapidement. Est-ce que le ministère de la Famille a constaté que le fait
de soutenir économiquement les familles par le biais d'une allocation familiale universelle a fait en sorte
qu'il y a eu une augmentation du taux de natalité au Québec? On sait qu'en
2002, là, je le disais tout à l'heure, il y
avait 72 010 naissances. Est-ce qu'on a pu voir une augmentation du
taux de natalité?
Le Président (M. Picard) :
Merci. Mme la ministre.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. J'essaie de rester disciplinée, hein? Parce que vous
avez compris que la norme veut qu'on s'adresse à vous, donc j'attendais
le signal.
Le Président (M. Picard) : Je
vous remercie, Mme la ministre, d'être disciplinée.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. J'ai augmenté de quelques chiffres, tantôt, le nombre
de familles. C'est
864 000 familles et non 8 millions, parce que sinon j'aurais eu
des problèmes de chiffres en bout de ligne. Et sans vouloir dire que
j'ai un sens de l'exagération, mais je suis peut-être plus optimiste qu'on
pourrait le croire.
Entre 2003 et
2012, M. le Président, il y a eu une hausse de 20 % de naissances au
Québec en vertu des gestes posés par
un gouvernement responsable, 15 000 naissances ont eu effet au Québec,
et a fait en sorte que le taux de familles a augmenté de façon
exponentielle. Et c'est tout un bonheur, puisque, vous le savez, la députée le
dit très bien, on peut remarquer qu'au Québec... Et, la première fois que je
l'ai entendu, j'ai eu un peu peur, je me suis dit : Il y a peut-être quelque
chose dans l'eau. Mais on vieillit plus vite. Et ce n'est pas quelque chose
dans l'eau, c'est vraiment parce que nous avons cette société sur laquelle on
compte et qui vieillit effectivement plus vite, mais notre volonté, c'est de faire
en sorte de pouvoir aider non seulement les familles, mais aussi ce regard-là
qu'on porte sur cette population vieillissante.
Et, vous savez, M. le Président, on aura probablement le plaisir de faire
ensemble les crédits Aînés la semaine prochaine,
et vous verrez que, dans cette perspective-là, le gouvernement a posé aussi des
gestes importants pour pouvoir soutenir notre population, qui, à ce
moment-ci, on peut dire, vieillit plus rapidement.
Le Président (M. Picard) :
Merci. Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Blais : Merci, M. le Président. Soutenir les familles, c'est aussi par
le biais des politiques familiales. Et je me souviens, à l'époque, quand j'étais à la présidence du Conseil de la
famille et de l'enfance, on avait déposé un avis sur les politiques
familiales municipales. Et on se rend compte que, lorsqu'il y a des politiques
familiales... des énoncés de politique
familiale dans les municipalités, bien, les familles veulent vivre dans leur
milieu le plus longtemps possible. Et ça fait en sorte que les élus
travaillent avec et pour les familles.
Alors, je
veux vous entendre parler… Parce qu'on le sait que, depuis 2003, le ministère
de la Famille a travaillé énormément
au développement de ces politiques familiales. Je ne veux pas nécessairement
vous entendre sur les politiques familiales
aînés, vous pourriez en parler la semaine prochaine, mais les politiques
familiales à la base, dont... ont donné un grand mouvement
intergénérationnel, là, à l'ensemble des politiques au Québec.
Le Président (M. Picard) :
Merci. Mme la ministre.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. Effectivement, Mme la députée, vous avez raison de nous
le souligner, puisqu'à ce moment-ci
on peut même souligner l'apport d'un partenaire important qui s'appelle les
municipalités. Les municipalités sont
des partenaires qui font en sorte que le Québec peut s'illustrer avec plusieurs
petits gestes... mais qui vient d'une
politique familiale instaurée par le ministère, qui fait en sorte que nos
familles peuvent rester dans leur milieu
de vie. Et je vous sais très sensible au principe même de rester dans son
milieu de vie, puisqu'on sait qu'à certains endroits du Québec il y a un exode de nos
villages. Les gens veulent venir en ville, ils veulent se rapprocher des
services. Et la volonté que nous
avons avec partenaires les villes, c'est de faire en sorte qu'on peut améliorer et aider la qualité de vie des familles sur
l'ensemble du territoire québécois que nous desservons. La politique
familiale municipale dessert en ce moment... Puis tantôt je vous
disais : 86 % de la population, mais permettez-moi de vous donner un
chiffre très concret :
702 municipalités, en ce moment, ont des politiques familiales qu'elles
mettent en application pour aider nos familles
à s'y retrouver et à être bien dans le milieu de vie qu'elles ont, et
27 MRC qui bénéficient aussi du même programme. Donc, ce programme
vient faire en sorte qu'on peut aménager, bonifier, mettre en place un système
de partenariat entre les familles et la
ville, mais aussi entre le ministère et les villes pour bonifier une façon de
s'approprier les milieux.
Et cette
façon-là, pour nous, c'est vraiment de pouvoir aider, de façon financière, à
élaborer la mise en oeuvre de leur
politique familiale et l'accompagnement du carrefour action municipale
jeunesse, puisque plusieurs municipalités ont ce principe et mettent en place la politique. La politique municipale peut toucher, entre autres, des
loisirs, la culture, le transport, la santé, l'environnement, la qualité
de vie et l'habitation. Je vous donne un exemple, M. le Président, qui vient directement d'où je suis, donc Laval. Maintenant,
quand vous êtes reconnu comme un aîné, vous ne payez plus le transport en commun, vous avez accès au transport
en commun de façon gratuite, ce qui fait en sorte que la mobilité
des gens, elle est accessible. Et
c'est vraiment chouette pour l'ensemble de la population.
Ça a été une bonne nouvelle. Mais cette nouvelle-là ne venait pas que
d'une seule personne qui y avait réfléchi, elle venait d'une volonté d'une politique
familiale qui se mettait en place, de la part d'un gouvernement et d'une ville
en partenariat.
C'est une
excellente façon pour les municipalités d'attirer des nouvelles familles et de
garder la population en place. C'est
un autre bon exemple de geste concret que notre gouvernement pose pour aider
les familles, et ce, en leur
procurant un éventail de services diversifiés.
Donc, Mme la députée, sachez que, pour nous, en 2014-2015, ça a été un investissement de 885 millions de dollars, et c'est, de ce fait... millions ou
mille?
Charbonneau : Encore
une fois, mon côté optimiste qui prend le bord. Donc, 885 000 $. Et
je sens que le député de Terrebonne
va se préoccuper de mon côté exagéré,
mais, ceci dit, ça m'amuse beaucoup. Mais ça fait en sorte que les investissements font que nos villes posent des gestes dans le
quotidien pour nos familles, et nous en sommes très fiers. Et ça souligne surtout que, derrière moi, il y a
des hommes et des femmes qui travaillent pour faire en sorte que le ministère de
la Famille s'illustre et devient un
partenaire important dans l'ensemble des milieux où nous sommes pour faire en
sorte que les familles du Québec s'y retrouvent et sont bien.
Le Président (M. Picard) :
Merci. Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, il reste cinq minutes.
Mme Blais : Oui, merci, M. le
Président. M. le Président, est-ce que la ministre est en train de nous dire
que l'organisme Carrefour action municipale
et famille est un incontournable pour permettre aux municipalités qui désirent
mettre en place des politiques, pour les accompagner,
pour élaborer, développer selon la
grandeur de leurs villes, de leurs villages, selon leurs régions... Parce
qu'on ne veut pas faire du mur-à-mur. Je pense que c'est important d'adapter
les politiques aux milieux et aussi de consulter la population pour être en
mesure d'élaborer des politiques. Est-ce que, M.
le Président, la ministre
est en train de nous dire que le Carrefour action municipale et famille a fait
ses preuves et qu'il travaille en harmonie avec le ministère de la
Famille pour vraiment faire de ces politiques un succès pour les élus des municipalités
et les familles qui vivent dans ces milieux de vie?
Le Président (M. Picard) : Mme
la ministre, en trois minutes.
Charbonneau : En trois minutes. Ça sera court, mais tellement
important, M. le Président, parce
que la députée a tout à fait raison : Le Carrefour action municipale et
famille... Je me suis penchée, parce que, là, j'ai dit : Est-ce qu'il y en a partout? Et on m'a rappelée un peu à
l'ordre pour me dire : Mme la ministre, il y en a un, mais qui s'occupe
de partout. Donc, ça fait en sorte qu'ils peuvent bonifier, apporter des idées,
mais échanger avec chaque milieu.
Et la députée a tout à fait raison en
disant : C'est un incontournable. C'est un incontournable puisque c'est un
partenaire qui fait en sorte que les
politiques s'appliquent, qu'on peut les regarder de façon positive, qu'elles se
renouvellent aussi, parce qu'il y a des villes qui ont fait en sorte que
leurs politiques sont en action depuis très longtemps, mais maintenant il faut les renouveler. La population
change, elle augmente, elle demande, elle exige, et, de ce fait, bien, ils
les aident à mettre en place de nouvelles
mesures. Cette année, c'est un montant
de 125 000 $ qui a été
attribué au carrefour pour
accompagner… l'accompagnement au Carrefour action municipale et famille qui
fait en sorte qu'on peut les soutenir, eux,
pour les aider comme un organisme incontournable à soutenir nos villes, à
mettre en place des politiques intéressantes et actives pour nos
familles.
Le Président (M. Picard) :
Merci, Mme la… D'autres questions? Il reste encore trois minutes.
Charbonneau : Il
en reste trois sur les trois que je viens de parler?
Le Président (M. Picard) :
Vous n'avez pas parlé trois minutes.
Charbonneau : Non, non, mais c'est parce que…
Président (M. Picard) : Non, mais j'avais fait une erreur.
C'était quatre minutes, mais vous avez été très brève aussi, là.
Charbonneau : Vous êtes gentil, M. le Président, parce que
je pensais que j'étais la seule qui se trompait dans les chiffres et là
je sens que vous essayez de me faire sentir à l'aise.
Le Président (M.
Picard) : Ceux qui ne se trompent jamais ne sont pas ici.
Charbonneau :
Oui, vous avez raison.
Le Président (M.
Picard) : Ça va pour le… Je vais retourner au député de
Terrebonne pour une période de 20 minutes.
Traversy : Merci, M. le Président. Alors, on voit que ça se
dessine de façon beaucoup plus claire maintenant. Après avoir posé déjà une série de questions dans
les premières 20 minutes, on voit qu'on a un parti, le Parti québécois,
qui voulait augmenter, la députée de
Saint-Henri—Sainte-Anne a
tout à fait raison, qui voulait augmenter d'une façon plus substantielle les tarifs en service de garde,
jusqu'à 9 $, et indexés au coût de la vie, pour essayer de développer plus
rapidement le réseau. Et on a ici, de
l'autre côté, un gouvernement qui a décidé de changer une promesse électorale
et de ralentir le développement du
réseau. C'est le paysage politique qui se dessine. Et, pour l'opposition, bien
là, je ne les ai pas encore entendus, mais tantôt, j'imagine, ils auront
la chance, là, de s'exprimer sur la question.
J'aimerais
faire une entente avec vous, M. le Président. Je vais poser des questions
brèves et j'aimerais essayer d'avoir des questions en prorata de la
question que je vais poser.
Alors,
je reviens à la question concernant le financement des réseaux à la ministre de
la Famille. Il y a une distinction entre
la ministre de la Famille et le président du Conseil du trésor. Le président du
Conseil du trésor, lui, veut proposer peut-être
l'idée d'une modulation selon le revenu pour les tarifs en service de garde. La
ministre de la Famille est-elle d'accord avec cette proposition?
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Charbonneau : M. le Président, le député va être fort déçu,
j'étais distraite. Est-ce que je peux entendre la question à nouveau?
Traversy : Très simple. Le président du Conseil du trésor
semble être d'accord avec une modulation des tarifs en garderie selon les
revenus. La ministre de la Famille est-elle d'accord avec cette proposition du
Conseil du trésor?
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Charbonneau :
M. le Président, je comprends que mon collègue cite un collègue ministre dans
une situation particulière. Mais je sais
qu'il le sait que l'ensemble des programmes vont passer par le comité de la
révision des programmes et que, par la suite, il y aura aussi le comité
sur la fiscalité. Et c'est après ces deux études que le gouvernement va statuer, avec les députés de l'Assemblée nationale, si
tout changement est à venir au niveau du programme des services de garde
du Québec.
Le Président (M.
Picard) : Merci, Mme la… M. le député de Terrebonne.
Traversy : Merci, M. le Président. Alors, la ministre de la
Famille va-t-elle participer à ce comité sur la fiscalité? Et que
va-t-elle plaider?
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Charbonneau :
Vous avez compris, M. le Président, puisque vous siégez à l'Assemblée
nationale, que l'information a été donnée
par le premier ministre, et il y a eu une conférence de presse pour annoncer
les deux comités. Et le député de Terrebonne sait très bien la réponse,
c'est-à-dire que ce seront des gens indépendants de l'Assemblée nationale qui vont étudier et regarder l'ensemble
des programmes et l'ensemble de la fiscalité du Québec pour faire des recommandations. Et sachez que mon bâton de
pèlerin est complètement pour la famille, M. le Président, et, quand il sera
temps de faire en sorte qu'on puisse la
regarder de façon positive et objective, je serai au rendez-vous pour défendre
les familles du Québec. Par contre,
je rajoute, et je l'ai toujours fait : Dans la capacité de payer des
Québécois, puisqu'au Parti libéral du Québec on ne s'avance pas sur des
mesures si on ne peut pas se les payer.
Le Président (M.
Picard) : Merci. M. le député de Terrebonne.
Traversy : M. le Président, je compte sur la ministre de la
Famille pour défendre, justement, son ministère, parce que, si elle ne
le fait pas, elle va se rendre compte qu'il n'y a pas grand monde qui vont le
faire à sa place.
Tantôt,
je lui ai demandé est-ce qu'elle avait des commentaires positifs venant du
réseau des services de garde. Elle a
dit : Oui, j'en ai un. Et elle a sorti une feuille et elle a dit :
Regardez, les CPE de la Montérégie disent qu'«on est contents de ne pas augmenter les tarifs en
garderie et de préserver l'universalité du réseau». Elle était contente de me
dire ça. Et, quand je lui demande est-ce qu'elle est d'accord avec la
modulation ou une autre tarification, elle ne veut pas se positionner. Alors, il va falloir vraiment, là,
qu'il y ait une prise de position plus claire dans le cadre de cette commission.
J'imagine que la ministre est en réflexion.
Ma question va être la suivante :
Puisqu'elle y réfléchit actuellement et qu'elle dit que la commission va être formée de gens
indépendants de l'Assemblée nationale, va-t-elle au moins s'arranger pour que les gens
du réseau qui touche au ministère de la Famille et des services de garde
y soient présents?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau :
Je suis déçue, M. le Président — puis je vous le dis à vous — je suis déçue que le député doute — je n'aime pas utiliser le je-me-moi, là,
mais je vais l'utiliser — que je ne défendrai pas le réseau que je représente, que je ne défendrai pas le ministère que je
représente. Et je rappelle au député que le ministère que je représente, ce
n'est pas un ministère de CPE et de garderies, c'est le ministère de la
Famille. Et, dans cette perspective-là, l'ensemble des programmes qui vont passer à travers la commission des révisions des
programmes et la commission de fiscalité seront défendus haut et fort,
dans une volonté d'en donner plus à l'ensemble de nos familles.
Par contre,
là-dessus, je reviens, parce qu'on ne peut pas poser des gestes comme
gouvernement responsable et oublier
la capacité de payer des Québécois. Parce que vous et moi, M. le Président, là,
sans vous mettre dans l'embarras, on n'aura pas d'enfant la semaine
prochaine, mais on a quand même une famille. On est quand même dans un milieu familial. Personnellement, là, j'ai trois enfants
et deux petits-enfants, et, à toutes les fois que je me lève pour défendre
le ministère de la Famille, les gens que
j'ai en tête, c'est mes petits-enfants, parce que les gestes qu'on pose sont
pour l'avenir du Québec. Ils ne sont pas pour demain matin ou
avant-hier, ils sont pour l'avenir du Québec.
Donc, quand
le député dit : J'espère que la ministre va défendre le ministère de la
Famille, sachez, M. le Président, haut
et fort, que je le ferai tous les jours, puisqu'on est ministre tous les jours,
à toutes les heures. Donc, sur ce, là, j'espère que le doute sera retiré de la tête du député de Terrebonne, malgré le
fait que je crois que la joute politique veut qu'en ce moment il prenne
ce rôle pour venir chercher le principe.
On m'a
souvent dit qu'un de mes défauts, c'est de prendre les trucs personnels, alors
je vais essayer de me détacher de
l'aspect personnel. Le député a probablement 20 questions pour le
20 minutes qu'il a, mais sachez, M. le Président, que, s'il veut une
bonne réponse, une réponse transparente et juste… même s'il vous fait signe que
je vous parle un peu trop longtemps,
sachez que ma volonté, c'est d'être transparente et claire. Donc, s'il trouve
que je prends une minute de plus pour
répondre à sa question, c'est malheureux, je la prendrai, puisqu'il m'a dit,
dès le départ, qu'il voulait une réponse juste et claire, et c'est ce
que je m'engage à faire.
Je ne vous citerai pas le VG tout de suite, je
suis sûre que sa prochaine question va faire en sorte que j'aurai l'occasion,
alors je le laisse poser son autre question.
Le Président (M. Picard) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Terrebonne.
Traversy : Merci, M. le Président. Je suis très heureux
d'entendre que la ministre de la Famille va mettre toute son énergie pour défendre, justement, l'ensemble
du réseau mais aussi du ministère de la Famille, là, dans son entièreté.
Est-ce que je
dois comprendre qu'elle va faire les représentations pour que nos groupes des
services de garde en particulier,
parce que présentement on est dans ce thème de discussion, seront représentés
pour la commission de la fiscalité?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau :
M. le Président, les programmes vont passer par les deux comités. Ma
sous-ministre a déjà été sollicitée.
L'équipe en arrière de moi travaille pour des réflexions et des présentations.
Et, chacun de nous, dans le poste
qu'on occupe, que ce soit au principe de la sous-ministre, au principe des
adjoints à la sous-ministre, au principe de l'autre ligne en arrière, qui sont les gens qui travaillent avec les
adjoints, je vous dirai qu'on va défendre les programmes que nous avons, et nous allons faire en sorte de
pouvoir, dans la mesure du possible, non seulement les conserver, mais les
bonifier et les amener à un niveau supérieur
de ce qu'ils sont maintenant. Parce que la volonté du ministère, c'est de faire
de l'optimisation de l'ensemble de
ces programmes et de les défendre partout au Québec pour faire en sorte qu'on
est capable de donner aux familles du Québec ce qu'elles désirent,
c'est-à-dire plus de services et plus le principe de conciliation
travail-famille.
Et je vous rajoute travail-études-famille. Je
vous rajoute travail-proche aidant-famille. Pourquoi? Parce que, maintenant, ça se dessine de façon différente, et,
à chaque famille, on impose des disciplines ou des façons de faire qui font en sorte qu'il faut qu'ils se retrouvent,
dans une journée complète, à faire plusieurs choses à la fois. Et ce qu'on
veut, c'est que les familles du
Québec restent, puisque c'est — il y a eu un livre d'écrit là-dessus — les familles les plus heureuses.
Le Président (M. Picard) :
Merci. M. le député de Terrebonne.
Traversy : Merci, M. le Président. Donc, je comprends que la ministre
s'engage à défendre les familles mais ne
peut pas garantir la présence des groupes, des réseaux des services de garde subventionnés dans le cadre de ces dites commissions. Alors, je voulais quand même
lui signifier que je pense que ce serait tout à fait pertinent, et on
aura l'occasion d'en reparler.
J'aimerais
parler d'un autre sujet qui concerne toujours le réseau des services de garde. Nous avons
appris, dans le dernier budget, M. le Président, que le gouvernement
irait piger dans les surplus des CPE et des garderies privées subventionnées.
On dit, depuis le début de cette discussion, que nous avons une volonté de
vouloir en arriver à la pérennité du
réseau et à la qualité, là, des services qui y sont offerts dans les différents
établissements. Ce que je voudrais avoir comme réponse de la ministre de la Famille, c'est
si le fait d'aller piger dans ces surplus ne va pas nécessairement
un peu affecter la qualité des
services. Je veux qu'elle me rassure de ce côté. Parce que
vous savez que, l'année dernière, cette action a déjà été faite. Alors, je veux voir tout d'abord si ça a été
réfléchi et si on avait envisagé les impacts que ça pouvait avoir.
Le Président (M. Picard) :
Merci. Mme la ministre.
Charbonneau : M. le
Président, je suis heureuse que, dans
l'intervention ou du même souffle, le
député de Terrebonne
signifie que le gouvernement qui était en place au dernier budget, pas celui
qui vient d'être déposé mais celui de
l'année précédente, avait posé des gestes concrets, qu'il n'avait pas annoncés
ni avant ni pendant une campagne
électorale, de coupures dans les services
de garde et dans les surplus. Je vous le dis parce qu'à ce moment-là il y a eu
vague à l'Assemblée nationale, les
gens sont venus faire des représentations, et la ministre de la Famille a tenu
son bout de fil qui disait que c'était la position qu'elle conservait.
Et, oui, le
ministère de la Famille a annoncé qu'il y aura des coupures à l'intérieur de
ses crédits et, de ce fait, dans les
surplus des services de garde, des bureaux de coordonnateurs et dans le
principe… dans les CPE et dans les bureaux de coordonnateurs. Est-ce
qu'il y aura un impact sur le service aux enfants? C'est la question
que j'entends de mon collègue de Terrebonne. La réponse, pour nous, elle
est non.
Vous avez
compris, M. le Président, que c'est de l'argent en banque. Donc, si elle
est en banque, c'est qu'en ce moment elle est là pour toutes sortes de
raisons : des fois, des projets, des fois, un surplus. Des fois, une planification
extraordinaire de la gestion du CPE fait en sorte que l'argent, elle est réservée,
elle est placée. Et, de ce fait, en ce moment, malgré l'argent et les surplus en banque des CPE et des garderies, il
n'y a pas un manque de services au
niveau des enfants. Donc, on ne voit
pas pourquoi il y en aurait un si nous allions chercher des sommes qui
sont, dans le fond, M. le
Président, l'argent des Québécois. N'oublions pas que le financement arrive de
l'argent des Québécois. M. et Mme Tout-le-monde paient le service
de garde, vous et moi aussi, et, de
ce fait, cet argent, elle est en banque, donc n'affecte pas, en ce moment,
le service aux enfants. Alors, si nous
imposons une coupure à l'intérieur des surplus, ça ne devrait pas affecter le
service aux enfants.
Le Président (M. Picard) :
Merci. M. le député de Terrebonne.
Traversy : Donc, M. le Président, je comprends qu'en pigeant dans les surplus ça ne devrait pas toucher
à la qualité des services qui vont être octroyés.
Toujours
dans cette optique de vouloir optimiser le réseau et préserver la pérennité de
celui-ci et la qualité des services qui y sont offerts, la hausse du
tarif quotidien de 0,30 $, donc de 7 $ à 7,30 $, au coût du
programme, selon l'inflation du coût de
programme et non du taux de la vie, j'aimerais avoir une précision de la part
de la ministre : Est-ce que
cette somme de plus va être directement investie dans la qualité et le maintien
des services offerts aux enfants ou va être affectée au fonds consolidé?
Parce que, lorsque notre gouvernement antérieur avait décidé d'augmenter de
1 $ par année pendant deux ans et
indexé au coût de la vie, c'était pour réaffecter au niveau du service pour
enfants. On veut savoir si cette somme
qui a été annoncée dans le budget sera pour les services offerts aux enfants ou
pour le fonds consolidé?
Le Président (M. Picard) :
Merci. Mme la ministre.
Charbonneau :
La réponse, M. le Président, elle est, pour moi, très courte, et le député en
sera heureux, ça va lui permettre de
poser plus de questions : L'argent reste au niveau du ministère et sera
mis en place pour pouvoir créer, le plus rapidement possible, les places
en service de garde.
Le Président (M. Picard) :
Merci. M. le député de Terrebonne.
Traversy : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, c'est une
très bonne nouvelle. On aurait aimé qu'il y en ait un peu plus pour pouvoir permettre un
développement plus rapide des places, mais au moins je comprends que ça va être
investi au niveau des services offerts aux enfants, et ça ne tombera pas dans
un fonds général.
J'aimerais
donc amener peut-être la ministre de la Famille à nous parler un peu plus
concernant le gel des barèmes de
financement. Je voudrais savoir avec elle si, ce gel des barèmes, qui ont été
annoncés dans le cadre du dernier budget, on avait aussi analysé les impacts que ça pourrait avoir sur la qualité
et les services offerts. Parce que, là, vous voyez, là, on accumule plusieurs mesures, là, depuis tout à
l'heure, et on dit à chaque mesure, jusqu'à présent : Ne vous inquiétez
pas, il n'y aura aucune conséquence négative à toutes ces coupures. Je veux
savoir si c'est également l'analyse que la ministre fait au niveau du gel des
barèmes de financement et si elle a évalué les impacts aussi de cette décision.
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau :
La question du député me permet de nous rappeler que les services de garde, on
a le goût d'imaginer qu'un service à la
petite enfance, mais c'est aussi une structure administrative. De ce fait, ils
ont des services administratifs à débourser, à se payer. Et nous croyons
très sincèrement que le gel des barèmes aura un impact sur le service administratif. Donc, c'est à l'intérieur
de l'administration que le gel de barèmes va se faire. Et nous souhaitons,
et nous avons eu des échanges avec les
différents partenaires, que l'optimisation, autant au niveau des services de
garde que de l'administration, fera
en sorte qu'on n'y verra pas de grandes différences entre aujourd'hui et
l'application du budget, c'est-à-dire le gel des barèmes, auprès de nos
administrateurs de garderie et de CPE.
Je nous
rappelle aussi que… J'aime faire la comparaison, parce que vous avez compris,
M. le Président, que, depuis longtemps,
j'ai été marquée par une expérience extraordinaire en éducation. Mais, pour
gérer une commission scolaire de
45 000 élèves et de plus de 100 bâtiments, ça coûte 4,2 %
du budget d'administration. Pour les CPE et les garderies, en ce moment, on est à 17 %. Donc, on nous
souhaite — je dis
«nous» parce qu'on va les accompagner — on nous souhaite de faire une optimisation de l'administration que
nous avons pour faire en sorte qu'on peut faire mieux avec des montants
plus raisonnables.
Le Président (M. Picard) :
Merci. M. le député de Terrebonne.
Traversy : M. le Président, je suis très sceptique par rapport
aux réponses que la ministre nous dit, en affirmant qu'il n'y aura pas de grand impact ou il n'y aura
pas de grande différence alors qu'on accumule les coupures par-dessus
coupures.
Lorsqu'on
parle du gel des barèmes de financement, bien, vous savez que c'est
l'équivalent d'une compression budgétaire,
parce que, notamment dans les centres de la petite enfance, on doit tout de
même assumer, à chaque année, une
hausse salariale, qui est consentie d'ailleurs par l'État, et sans compter les
hausses normales des coûts d'opération, et tout ça. Alors, à un moment
donné, à force de toujours couper… On nous dit : Il n'y aura pas de
conséquence puis il n'y aura pas non plus,
là, d'impact en bout de ligne. La ministre est-elle capable de reconnaître
qu'en gelant, justement, ces barèmes
de financement ça vient occasionner tout un casse-tête, là, en ce qui a trait
justement aux hausses salariales prévues, notamment pour les centres de
la petite enfance?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. Je nous rappelle qu'ils sont tous en surplus. Je nous
le rappelle parce que, quand le député a des
inquiétudes, je veux aussi qu'on puisse être dans la responsabilité que nous
avons, comme gouvernement
responsable, qu'il y a des surplus. Je ne m'attends pas non plus à ce que le
député perde son côté sceptique et je
n'essaie pas de ramener le Capitaine Bonhomme en vous disant qu'il sera
confondu-du-du-du puisque j'ai compris que
le rôle qu'il occupe, c'est de faire en sorte qu'on avance et qu'on fasse les
questions pour rassurer les services qu'on donne et les partenaires que nous avons. Parce qu'en ce moment lui comme
moi, comme l'ensemble de nos collègues sont
écoutés avec beaucoup d'attention par le réseau, qui veut avoir peut-être plus
de réponses, malgré le fait que, depuis le début de mon mandat, j'ai
rencontré l'ensemble du réseau : garderies, CPE et garderies privées.
À
titre
indicatif, je vous dis, M. le Président, que le gel prive les CPE de
13 500 $ — là, vous
êtes correct, M. le Président? Ça va bien? Vous voulez…
Le Président (M. Picard) : Je
n'ai pas de problème, moi.
Charbonneau :
…O.K. J'avais peur que vous me disiez que mes minutes étaient écoulées — pour
une garderie d'à peu près 60 places et
de 13 000 $ une garderie de 60 places. Vous avez compris que CPE
et garderie, c'est quelquefois le même service mais deux établissements
avec une gestion quelque peu différente. Pour les bureaux de coordonnateurs de 600 places, c'est une visée
d'allègrement qui représente à peu près 6 300 $. Donc, les coupures
annoncées peuvent sembler grosses
quand on dit un gel de barèmes, mais, quand on le décline sur le nombre
d'argent qu'ils reçoivent, au nombre de places qu'ils ont, c'est un
montant qui peut être jugé comme raisonnable.
Le Président (M. Picard) :
Merci, Mme la ministre. Du côté de la
partie gouvernementale, M. le député de
Beauce-Sud.
M. Dutil :
Merci, M. le Président. M. le Président, je pense qu'on a une conversation
intéressante ici ce matin. Le député
de Terrebonne a fait une citation de Saint-Exupéry sur «c'est Mozart qu'on
assassine», et, oui, c'est une image très forte, je pense, qui est dans
la littérature, mais cette citation-là, qui a été faite effectivement d'une
façon un peu différente dans Saint-Exupéry,
est beaucoup plus forte chez un autre auteur que je recommande au député, qui
est Gilbert Cesbron, parce que c'est
le
titre de son livre, C'est Mozart qu'on assassine . Et ce
livre-là — puis ça
va m'amener dans le sujet dont on va
parler — ce
livre-là parle d'un petit garçon de sept ans dont les parents sont en plein
divorce et qui, donc, en subit des
pressions absolument considérables, et c'est un… Oui, bien, c'est ça, il y a
d'autres livres de Cesbron qui sont
intéressants. Je vous recommande Notre prison est un royaume , ou Il
est minuit Docteur Schweitzer , ou Chiens perdus sans collier .
Je pense que vous y trouveriez un grand intérêt. C'est rare qu'on voit un
député qui s'intéresse à la
littérature, alors je me permets d'en profiter un petit peu. C'est rare que j'aie l'occasion de discuter avec
un député de l'opposition de
littérature, mais c'est sûr que, dans le caucus libéral, les occasions sont
plus fréquentes, plus particulièrement avec ma collègue qui est ici.
Donc, la raison pour
laquelle je soulève ça, c'est qu'effectivement il y a des difficultés. Quand on
parle de Mozart assassiné, ce qu'on dit,
dans le fond, on dit : Si on ne fait pas attention à notre jeunesse, si on
ne trouve pas des façons à ce que les
jeunes ne soient pas dans des tensions considérables — puis
un divorce, c'est une tension considérable — on risque des problèmes majeurs dans le
futur puis d'avoir à redresser des choses alors qu'il y a peut-être beaucoup de
talents dans cette jeunesse-là. Bien que
tout le monde ne soit pas un Mozart, il y a beaucoup de talents qui se perdent,
à force.
Donc, ça
m'amène à parler de la conciliation travail-famine. Je pense que, dans la
politique familiale… D'ailleurs, j'ai
été ministre délégué à la Famille il y a très longtemps, je suis certain que le
député de Terrebonne ne s'en rappelle pas. C'était en 1988, je
pense.
M. Dutil : Il avait quatre ans, me dit-il. Et, dans le fond,
il y a deux composantes importantes au niveau de la famille. Il y a les services qu'on donne aux familles et il
y a également les revenus dont peuvent disposer les familles, parce que l'économie a son importance, pour pouvoir faire le
travail d'avoir des enfants, et de les amener à l'âge adulte, et de former
des adultes responsables. Donc, dans le
contexte de travail-famine… travail-famille, pardon, on est conscients que les
parents sont essoufflés, que les horaires
sont atypiques aujourd'hui. On ne vit plus dans la même situation qu'on vivait
il y a quelques décennies. Beaucoup plus de
femmes sont sur le marché du travail, et c'est une tendance qu'on souhaite
et qui va se poursuivre à mon avis. Puis on
a les tendances démographiques. On s'étonne d'avoir un taux de natalité qui est
en bas du taux de reproduction, et je
pense que c'est lié à la question de conciliation travail-famille tout autant
qu'à la question des revenus.
Donc, si on
regarde les tendances démographiques d'aujourd'hui et celles des prochaines
années, qu'est-ce que le ministère compte faire pour encourager la
participation de toutes et de tous au marché du travail d'une façon plus…
j'appellerais plus conviviale?
Le Président (M. Picard) :
Merci. Mme la ministre.
Charbonneau : M. le
Président, tranche de vie, quand le député de Beauce a été ministre délégué à
la Famille, j'avais mon premier enfant,
1988. À ce moment-là, avec mon conjoint, on a rapidement décidé qu'on n'en
voulait pas juste un. On voulait
avoir une famille nombreuse — nombreuse,
pour nous, c'était trois — et nous avons pris une décision
importante puisqu'à ce moment-là les politiques qui étaient en place ne
favorisaient pas nécessairement la conciliation
travail-famille, on débutait les conversations. Alors, j'ai pris la décision
avec mon conjoint de me retirer du marché
du travail et j'ai fait ça pendant 10 ans. Je suis revenue sur le marché
du travail quand la plus jeune était rendue au primaire, presque au secondaire, et avec une forme d'autonomie où, là,
j'ai pris une vie plus active en politique scolaire. Et je me suis investie au
quotidien, d'où ma passion pour le monde scolaire.
Mais sachez
que la décision que j'ai prise, elle a été difficile à prendre. Pourquoi?
Parce que, quand une femme décide de se retirer du marché du travail, en 1988, ce n'était pas la
meilleure décision de la terre. On essayait de renforcer le principe de la femme et son retour au travail. Plusieurs
collègues, amis ont pris des décisions contraires, et ils
sont très heureux dans la décision
qu'ils ont prise, mais voient maintenant la différence entre la conciliation travail-famille qu'on cherche à mettre en place et qu'on
fait au quotidien plutôt qu'en 1988, où, là, les décisions et la réflexion se
faisaient.
Nous avons un
grand besoin de travailleurs d'expérience et de connaissances sur le marché
du travail, et le fait que les
familles puissent avoir le choix de revenir sur le marché du travail et avoir
un soutien du gouvernement fait en sorte que nous avons des travailleurs d'expérience incroyables sur le marché du travail, qu'ils soient
femmes ou qu'ils soient hommes.
Qu'est-ce qu'on fait? Bien, entre 2003 et 2012, le gouvernement libéral a posé
des gestes décisifs pour favoriser la
conciliation travail-famille. Je vais vous en énumérer quelques-uns, M. le Président, qui vont rassurer, les gestes qui se posent, et qui vont vous signifier, encore une fois, que les gens qui travaillent dans le ministère de la Famille font
en sorte que c'est un ministère qui s'élève au-dessus de l'ensemble des ministères.
Je le dis avec un peu d'orgueil, puisque le ministère
de la Famille, c'est un ministère
linéaire. Ce n'est pas un ministère silo. Il se doit de travailler avec le ministère du Travail, de la Sécurité
publique, de la Santé, de l'Éducation. Et c'est un privilège d'être à la tête
de ce ministère.
Alors, quels gestes pose-t-on pour avoir un
principe pour favoriser la conciliation travail-famille? Je vous en nomme : Le Régime québécois d'assurance parentale. Ma collègue un peu
plus tôt l'a souligné, c'est un
moment important où on reçoit en famille des sommes pour nous aider à
boucler certaines fins de mois.
Le développement du réseau des services de
garde. Le député de
Terrebonne s'en soucie beaucoup, mais, vous
savez, M. le Président, la plupart des Québécois y réfléchit et s'y soucie
aussi, qu'on s'en serve ou pas, puisqu'il faut savoir que, malgré le fait qu'un parent paie 7 $ par jour, les Québécois paient aussi, par
leurs impôts, ce service de garde, qu'on veut avoir de plus en plus
grand et de plus en plus fort.
Le financement des haltes-garderies, puisque,
comme le député le disait plus tôt, les horaires sont atypiques. Quelquefois, je n'ai pas besoin d'un service toute
la journée, j'ai besoin d'un court service. Donc, la halte-garderie vient
soutenir les familles.
Les normes
conciliation travail-famille qui encouragent les entreprises de
250 employés et moins à mettre en place une aide et des normes qui
font en sorte que nos jeunes familles s'y retrouvent.
Le Soutien
aux enfants, donc l'allocation familiale. Le soutien aux organismes
communautaires familles. Vous savez,
M. le Président, chez vous comme chez nous, il doit y avoir des milieux où on
appelle la maison de la famille, qui sont
des milieux dans différents secteurs d'une ville. Chez nous, il y a trois
milieux de vie conviviaux et différents. Il y a Duvernay, Saint-Vincent-de-Paul, Saint-François.
Eh bien, M. le Président, malgré le fait que je suis toujours à Laval,
il y a une maison de la famille dans chacun
de ces endroits. Et je suis sûre que, pour vous comme pour mes collègues, c'est
la même chose, les maisons de la famille se multiplient pour venir aider dans
chacun des milieux.
Le financement des politiques familiales
municipales, on en parlait plus tôt, une volonté d'un partenariat important entre deux paliers gouvernementaux,
c'est-à-dire le provincial et le municipal; la mise en place d'un programme
de soutien des projets issus des communautés
en matière de conciliation travail-famille; le soutien financier et technique
au milieu de travail en matière de conciliation travail-famille; l'élaboration
d'un prix reconnaissance en matière de conciliation travail-famille, que j'ai
eu le privilège, cette année, d'aller remettre à une entreprise qui posait des
gestes vraiment très concrets pour aider ses jeunes employés.
Et l'offre de
service de surveillance pour les élèves handicapés de 12 à 21 ans, M. le
Président. Ce n'est quand même pas rien, puisque c'est un partenariat qu'on
fait avec le scolaire pour venir les soutenir financièrement, puisque, vous
savez, M. le Président, quand qu'on a un enfant qui est enveloppé de façon
différente, quelquefois on a besoin de soutien supplémentaire. Et, de ce
fait, bien, dans les commissions scolaires, c'est jusqu'à 21 ans avec le
soutien du ministère de la Famille. Notre gouvernement veut continuer à
travailler avec les partenaires pour mettre en place des pratiques différentes,
des meilleures pratiques pour faire en sorte que nos familles s'y retrouvent et
viennent un peu consolider cette nouvelle
vie là qui s'annonce quelquefois avec un soutien aux enfants, mais aussi un soutien aux parents et un soutien aux parents des parents, parce que
quelquefois nos jeunes familles, nos jeunes parents
deviennent les parents de leurs parents, et ils ont besoin de soutien
tout autant.
Le Président (M. Picard) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Beauce-Sud.
M. Dutil : M. le Président,
j'aimerais que vous passiez la parole à la députée de Crémazie, s'il vous plaît.
Le Président (M. Picard) : Mme
la députée de Crémazie.
Montpetit : Merci beaucoup. Vous comprendrez, Mme la
ministre, que, comme maman d'une
petite fille de cinq ans et comme
nouvelle députée rapidement… je ne
dirais pas heurtée, mais rapidement faite dans un mode conciliation travail-famille, avec des nouvelles fonctions, je
me sens particulièrement interpellée par cette discussion-là de conciliation
famille-travail.
La population active au Québec a bien changé au
cours des dernières décennies, où on se retrouve avec une main-d'oeuvre, dans le fond, composée d'autant
d'hommes que de femmes, souvent parents de jeunes enfants. Et, dans cet environnement, favoriser concrètement un
meilleur équilibre entre les responsabilités professionnelles et les responsabilités personnelles devient un enjeu
sociétal, un avantage aussi, mais surtout un enjeu. Et, comme gouvernement,
notre rôle est de contribuer, évidemment, à
instaurer un terrain propice à cette conciliation, de façon à ce que l'épanouissement
professionnel et l'épanouissement personnel se fassent de façon harmonieuse.
Vous avez
mentionné la question des normes en entreprise. Est-ce que vous pourriez nous
en dire davantage sur la certification
en conciliation travail-famille, donc nous expliquer en quoi consiste cette
certification et de quelle façon elle répond aux besoins des parents
également?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau :
Merci. Merci pour la question et bienvenue dans cette vie folle de la
politique.
Vous avez
raison de nous rappeler… Vous avez fait deux affirmations que j'apprécie
beaucoup. La première, et je le
disais un peu plus tôt, la chose la plus précieuse qu'on a, c'est le temps. Et
malheureusement, quand qu'on s'engage en
politique — et c'est
une décision dure pour les femmes, on le sait, parce qu'on le voit, quand qu'on
se lève en Chambre, au salon bleu, le
nombre de femmes, et le nombre d'hommes, est différent — c'est une décision difficile, parce que,
comme femme, notre première volonté,
c'est vraiment de se dévouer à sa famille, et le temps est quelque chose qu'on
mesure avec beaucoup de précision.
Vous avez
fait une autre affirmation que j'ai beaucoup appréciée, puis je vais la mettre
dans la réflexion. Vous avez
dit «famille-travail» et non «travail-famille», et cette affirmation-là me
rappelle qu'il faudrait effectivement inverser les mots, puisque le premier en importance est «famille» et le deuxième
est «travail». Un va souvent sans l'autre. Dans votre cas, c'est le cas, vous travaillez et vous avez une famille. Mais,
dans l'importance des termes qu'on utilise, de se rappeler que «famille» vient avant «travail», vous
l'avez fait d'une façon très élégante, et je vous en remercie. Parce qu'il va
falloir se rappeler qu'effectivement, avant
toute chose, quand qu'on s'est engagé à avoir une famille, le mot «famille»
vient en premier, et après on applique
toutes les autres normes qui se doivent de s'appliquer, que ce soit proche
aidant, travail, épicerie, repassage, lavage. Je ne les nomme pas parce
que vous les connaissez tous.
L'importance
qu'on a faite pour mettre en place… je vous dirais, l'espèce d'énergie qui a
été mise en place par le ministère de
la Famille pour faire en sorte que la conciliation famille-travail… Je vais
essayer de me pratiquer, ça se peut que
je me trompe quelques fois. Mais sachez, Mme la députée de Crémazie, que je
vais faire un effort pour dire «famille-travail» plutôt que «travail-famille», malgré que tous les documents
sont faits avec «travail-famille». Je vais faire un effort. Mais la volonté du ministère de la Famille de
mettre en place des mesures et des façons de faire pour pouvoir faire en
sorte qu'on accompagne les petites
entreprises comme les grandes à mettre en place cette certification-là, elle
est importante. Et il y a des gens
qui, dans le quotidien du ministère, font en sorte qu'il y a des réflexions qui
se font puis il y a des approches qui se font pour aider et accompagner.
Qu'est-ce
que les normes conciliation travail-famille, que vous me disiez? Alors, je vais
vous en énumérer quelques-unes qui vont vous
donner une très bonne idée de ce à quoi ça s'engage. Sous l'initiative d'un
gouvernement libéral, la toute
première norme conciliation travail-famille a été lancée en avril 2011.
Donc, c'est encore une conciliation ou
une norme qui est très jeune puisque, malgré le fait qu'en vie politique, 2011,
c'est il y a 100 ans, je vous dirais que 2011, c'est court pour une
entreprise, mais, pour une norme, ce l'est tout autant.
Une autre preuve que
le Québec est un leader et qu'il veut revoir et mettre en place un principe en
matière de famille, nous donnons aux
entreprises un outil supplémentaire pour les aider à attirer et à garder la
main-d'oeuvre, parce que cette
norme-là ne fait pas que souligner l'effort de la famille ou de l'entreprise
mais fait en sorte qu'on peut garder le
personnel où ils sont heureux, dans l'entreprise où ils sont heureux. Parce
que la conciliation, c'est ce qu'elle
cherche à faire, garder les cerveaux où ils sont, parce que souvent… Et
je suis sûre que, certains soirs, vous vous posez la question, vous êtes loin de chez vous, vous vous demandez où ça se
situe, comment je me retrouve là-dedans puis comment mon enfant ou ma famille se retrouvent là-dedans.
Donc, de faire en sorte que les gens se rapprochent de leur travail est une
réflexion à laquelle on aide, et la norme
vient faire en sorte qu'on aide à garder et attirer les gens proche d'une entreprise.
sachez qu'à la fin de ce propos j'aimerais vous dire que j'apprécie énormément
travailler avec vous. Donc, malgré
les difficultés de la politique
provinciale, je nous souhaite de travailler ensemble encore plusieurs,
plusieurs années, malgré la distance quelquefois de votre travail et de
votre famille.
À ce jour, huit
entreprises ont reçu la certification par le ministère. Puis là je vous dis «à
ce jour» pour 2013, puisqu'on a remis
dernièrement des prix, mais ils ne sont pas comptabilisés dans la fiche. On
veut souligner les bonnes pratiques
de gestion au niveau du travail-famille. Cette norme… à toute organisation, peu
importe sa taille, et sur une base volontaire. La norme fait objet d'un
processus d'accréditation sérieux et rigoureux. Le Bureau de la normalisation
du Québec, qu'on appelle communément — parce qu'on aime ça, les acronymes — le BNQ, est responsable de la mise en
place de cette norme. Et on pourrait même se
faire une petite bande-annonce et dire : On invite les entreprises à aller
voir sur le site du ministère pour
pouvoir adhérer, soit par le biais des chambres de commerce, des jeunes
chambres de commerce aussi, parce qu'ils en font une belle promotion.
Prix de la reconnaissance conciliation travail-famille est intéressant aussi,
puisqu'il met en place une reconnaissance
fort intéressante. Donc, le gouvernement du Québec reconnaît la contribution
exemplaire en faisant connaître leurs
bonnes pratiques en matière de conciliation. Il récompense les entreprises qui
réalisent les actions concrètes. 31 prix ont été décernés. Le prix Reconnaissance conciliation
travail-famille — qu'on
devra peut-être revoir à famille-travail — est une
collaboration entre les ministères et le Regroupement des jeunes chambres de
commerce. Vous avez d'ailleurs… Nous avons
d'ailleurs remis le Prix de la reconnaissance conciliation travail-famille 2014
aux entreprises et organismes qui ont été
honorées lors d'une soirée qu'on a appelé le POW — c'est une nouvelle reconnaissance pour le
Regroupement des jeunes chambres de
commerce — le 3 mai
dernier. Je n'ai pas en main le nom de l'entreprise, mais je vais me faire un
plaisir de vous le signifier aussitôt que je
l'aurai devant moi, pour vous signifier cette entreprise qui a travaillé, année
après année, à faire application pour être reconnue et qui a reçu le
prix.
Charbonneau : EnGlobe. On me souligne que c'est EnGlobe, le
nom de l'entreprise qui a reçu le prix des mains de la ministre au mois de mai pour pouvoir reconnaître cette implication-là
qu'ils ont, là, auprès de la société et de leurs employés.
Le Président (M.
Picard) : Merci, Mme la ministre. Pas d'autres questions? Mme
la députée de Repentigny.
Lavallée : Merci beaucoup. Avant de commencer, j'aimerais apporter
cette précision concernant la présente
commission. Nous avons récemment eu des négociations très difficiles concernant
l'attribution des places accordées à
chaque formation politique en commission parlementaire. Je constate qu'au Parti
québécois trois places sont actuellement vacantes. J'imagine qu'il n'y avait pas d'autre député de disponible
pour assister à la présente commission, car, sinon, je ne comprendrais
pas qu'on ait défendu ce principe qui semblait si important pour eux.
Le Président (M.
Picard) : Oui. Un instant, un instant.
Lavallée : Maintenant, je vais poser ma question. En vertu de la Loi
sur l'administration publique, votre ministère
doit établir des objectifs dans son plan stratégique et mesurer sa performance
à partir d'indicateurs. Le premier ministre
a mentionné aujourd'hui même qu'il fallait instaurer une culture d'évaluation
des programmes et des objectifs dans les ministères, notamment en vue
des crédits.
Ceci
étant dit, quels sont les trois principaux objectifs de votre ministère?
Comment mesurez-vous votre performance par rapport à ceux-ci et quels
résultats concrets visez-vous pour les années 2014-2015 et 2015-2016?
Le Président (M.
Picard) : Merci. Mme la ministre.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. Permettez-moi de faire appel à un document, puisqu'en
tête et en réserve je n'ai pas l'information d'emblée. Mais, si vous me
permettez, M. le Président, je peux peut-être donner les objectifs et permettre à la députée de reposer un
peu une
partie de sa question, puisque je reprends l'exemple sur mon député… sur mon collègue de Terrebonne,
c'est-à-dire des questions… Sinon, je vais vous parler pendant 20 minutes.
Donc, si vous voulez, je peux prendre une
pause après avoir déterminé c'est quoi, les objectifs, vous les dire, et puis,
après ça, on peut revenir à la spécificité de votre question par rapport
aux normes et ce qui ensuit.
Dans le plan stratégique 2012-2017, puisque le plan stratégique
a été statué de cette façon-là — puis je sais que vous les connaissez bien, les plans stratégiques,
puisque c'est toujours plus qu'une année en cours — les axes qui ont été... pas les axes, mais les orientations ou les
enjeux... Donc, il y a le premier enjeu : l'adéquation des services et des
interventions, il y a l'axe
n° 2 : la performance organisationnelle. Et ce sont les deux axes que
nous avons choisis au niveau du plan stratégique. Pourquoi deux axes?
Parce qu'ils s'appliquent à l'ensemble de la structure du ministère.
Donc, dans
les orientations, si vous me permettez… — puis je vais me fier visuellement à… Quand
vous me dites oui, je vais continuer.
Si vous me dites non, je vais arrêter puis je vais vous laisser compléter
peut-être une autre question. Mais,
dans les orientations, il y a : «Miser pleinement sur les leviers
d'intervention du ministère afin d'offrir aux familles et aux enfants des services adaptés à leurs besoins.»
Il y a, dans l'axe n° 1 : «Consolider l'offre de services aux
familles en soutenant des solutions
innovantes et concertées et en faire la promotion.» Et, dans l'axe n° 2,
celui qui se nommait performance
organisationnelle, il y a l'orientation : «Miser sur des façons de faire
efficaces et adaptées aux besoins de la clientèle et des partenaires
tout en étant gagnantes pour les employés.» Ça vous va?
Le Président (M. Picard) :
Mme la députée, à vous.
Lavallée : À moi? Quand j'ai pris la décision de me présenter en
politique, l'état des finances publiques était ma principale source de préoccupation. Donc, afin de bien
comprendre l'évolution des dépenses de l'État et d'assurer une comparabilité de celle-ci, êtes-vous en
mesure, Mme la ministre, de nous fournir les dépenses consolidées 2012-2013
de l'ensemble de votre ministère et son taux
de croissance, les dépenses consolidées probables pour 2013-2014 et son
taux de croissance ainsi que les dépenses consolidées prévues pour 2014-2015 et
son taux de croissance?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau :
Si vous me permettez, M. le Président, je vais revenir un petit peu sur la
première question pour rassurer aussi la députée et lui dire qu'on en a
parlé un petit peu plus tôt avec le député de Terrebonne, mais les deux commissions qui ont été mises en place ont
été aussi mises en place pour qu'on puisse se questionner et comment optimiser le service... l'ensemble des services
qu'on offre, au ministère. Donc, je voulais juste vous le spécifier parce
que...
Mme Lavallée : Optimiser mais
évaluer les performances aussi.
Charbonneau :
Oui, c'est ça. Tout à fait. Bien, dans l'optimisation, vous avez compris que,
pour pouvoir parler d'optimisation,
il faut être capable d'évaluer, de regarder puis d'assurer, hein, une
continuité dans cette évaluation-là pour amener à l'optimisation des
services.
Dans le
budget des dépenses que j'ai devant moi, 2014-2015, l'ensemble de notre
portefeuille est de 2 000 580...
Une voix : 2 milliards.
Charbonneau :
2 milliards. Merci d'avoir soufflé le mot. Parce que, tantôt, j'étais à la
baisse, là je suis à la hausse... Tantôt, j'étais à la hausse, là je
suis à la baisse. 2 500 709 900 $. Je peux les décliner en
quatre programmes. Donc, le programme de la planification des recherches et de
l'administration, c'est 57 947... Non. Oui, c'est ça...
Charbonneau :
57 millions... — merci,
M. Robert — 57 947 500 $.
Donc, le programme 2, mesure d'aide aux familles,
2 473 114 800 $; dans le programme Conditions des aînés,
24 350 600 $; et, dans le programme pour le Curateur public, 44 297 000 $. Ça
décline, dans les quatre programmes, ce qu'on a au budget 2014-2015. Les
crédits que nous avons...
Charbonneau :
Ça, c'est les chiffres du budget, effectivement. Ce n'est pas nécessairement
les crédits.
Mme Lavallée : Je vais juste me
répéter.
Charbonneau : Oui,
allez-y.
Lavallée : Ce qu'on veut puis ce qu'on aimerait recevoir par écrit, si
c'était possible, c'est les dépenses consolidées 2012-2013 de l'ensemble
du ministère avec le taux de croissance, les dépenses consolidées probables de 2013-2014 et son taux de croissance et les
dépenses consolidées prévues 2014-2015 et son taux de croissance, pour nous
permettre de voir ce qu'il se passe de budget en budget. Donc, si vous les
avez, nous aimerions les avoir.
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Charbonneau : Merci,
M. le Président. Je veux juste
m'assurer… Parce que ma collègue le disait tantôt, quand elle a fait le choix d'aller en politique… Ça veut dire que
c'est notre première fois où on fait cet échange, mais vous savez, Mme
la députée, ou M. le Président, qu'au moment du dépôt du budget une formation politique
peut faire des demandes spécifiques en
chiffres, par rapport aux crédits qui sont déposés, pour pouvoir avoir
les réponses à ces chiffres-là le
plus rapidement possible, avant même les crédits. Donc, je suis
un peu étonnée que, cet après-midi, on est dans le détail des petits
chiffres.
Mais sachez, Mme la députée, et si ça vous
convient, que, le plus rapidement possible, dans la mesure de la capacité des gens qui sont derrière moi, on va
vous faire parvenir les chiffres. Parce
qu'en ce moment la spécificité que vous avez par rapport aux chiffres
fait en sorte qu'on est en attente, tu sais, de…
Mme Lavallée : Je comprends.
Charbonneau :
Donc, je vais vous le faire parvenir.
Lavallée : Je comprends. Je suis certaine que les gens du ministère
vont être capables de nous fournir ces chiffres-là…
Charbonneau : Dans
un délai raisonnable.
Mme Lavallée : …qui vont nous aider
amplement.
Charbonneau : Tout
à fait. Tout à fait.
Président (M. Picard) : Mme la députée de Repentigny, s'il vous
plaît, s'adresser à moi. C'est pour l'enregistrement surtout, pour vous
identifier pour les galées.
Le Président (M. Picard) : Ce
n'est pas un problème cette fois-ci. Mme la députée, c'est à vous.
Mme Lavallée : Puisque le
gouvernement actuel doit faire face à une situation financière difficile — ça,
je le comprends, et vous en avez parlé — puisque le gouvernement doit faire des choix
afin de contrôler les dépenses publiques, puisque le gouvernement actuel doit évaluer la pertinence de chacun des
montants dépensés dans des nouveaux projets, puisqu'il est connu que les coûts
de fonctionnement des garderies privées sont inférieurs aux centres de la
petite enfance, puisque nous devons
offrir plus de places en garderie à contribution réduite, est-ce que la
ministre peut s'engager à évaluer,
région par région, les besoins des nouvelles places en garderie? Et est-ce que
la ministre acceptera de convertir plus
de garderies privées en garderies à contribution réduite afin d'avoir une plus
grande offre de services pour les familles qui en ont grandement besoin?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau :
M. le Président, que je suis surprise de la question! Je vous dirai que je
taquine un peu ma collègue, parce que
le projet de loi n° 2 vient souligner, à quelques reprises, ce
principe-là. Donc, année après année, une évaluation se fait, par les bureaux de coordonnateurs, des places qui se
doivent d'être disponibles et qui sont demandées, et l'information est
toujours en échange avec le ministère.
Ce qu'il faut
vraiment comprendre, et permettez-moi peut-être de le dire d'une façon assez
simple, mais, si jamais ce n'est pas
assez clair, je suis sûre que nous allons revenir à la charge : Une place
en garderie privée non subventionnée n'est
pas une nouvelle place, je le dis tout simplement, puisque, si demain le
ministère décide, à Laval — je prends ma région — de prendre une garderie
privée non subventionnée qui a des enfants et de la transformer en garderie
privée subventionnée, je n'ai créé aucune
nouvelle place. Pourquoi? Parce que ce sont des places qui sont déjà en place.
Donc, je n'ai pas fait une offre de services adéquate à la population,
qui demande à la députée de Repentigny, au député de Terrebonne ou à l'ensemble de mes collègues une place en garderie. Je
n'en crée pas plus, je ne fais qu'accommoder des gens qui ont ouvert des
garderies et qui offrent un service, j'en conviens, de la même qualité que les
services qui sont subventionnés, mais je ne crée pas de nouvelles places.
Et la
population québécoise nous convie, nous, et nous demande, à nous, gouvernement
du Québec, de créer des nouvelles
places puisqu'ils sont en attente. Donc, si je suis un parent en attente d'une
nouvelle place, parce que je vais avoir
un enfant d'ici quelques mois et que j'ai le goût de postuler immédiatement,
bien, cette place-là que je vais prendre en privé et subventionner
maintenant, ce n'est pas une nouvelle place.
Et je sais
que ce n'est pas une façon éloquente de dire qu'on fait plaisir aux uns et aux
autres, mais c'est surtout une façon
responsable de créer des nouvelles places aux parents qui arrivent… pas aux parents
qui arrivent, mais aux parents qui ont des enfants, et qui fait en sorte
qu'on peut se permettre de dire qu'au Québec on essaie de faire la conciliation
travail-famille, de faire de nouvelles
places tout en créant soit des garderies subventionnées, hein, privées
subventionnées, puisqu'on en a soit… Parce que la
députée le dit : Est-ce que la ministre s'engage? Mais il y a déjà des
garderies subventionnées qui existent et il
y a des services à la petite enfance qui, eux, ont un engagement tout aussi intéressant,
important et privilégié, mais qui est différent qu'une garderie privée subventionnée.
En 2008-2014, le nombre de places offertes en
garderie non subventionnée a augmenté de 900 % — donc c'est quand même intéressant de
prendre en comparaison — et
11 % pour les services de garde subventionnés, c'est-à-dire qu'il y a eu énormément de places qui ont été
faites. Donc, je peux comprendre la question, je sais qu'elle découle d'un
projet de loi qui est à l'étude, qui va être
à l'étude
article par
article au mois d'août qui arrive et où on pourra
probablement échanger sur cette
volonté-là. Mais, en ce moment, la volonté du ministère de la Famille, c'est de
créer 6 300 nouvelles places pour les parents du Québec.
Le Président (M. Picard) :
Merci. Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : Est-ce que
la ministre sait combien coûte une place… une garderie privée
subventionnée versus un CPE?
Le Président (M. Picard) : Mme
la ministre.
Charbonneau : On a sûrement cette comparaison-là, M. le Président. Et je comprends, dans la question de la députée, qu'une garderie qui
s'installe dans un milieu finance elle-même, hein, le bâtiment. Donc, on va se
dire le béton, mais en même temps c'est une garderie subventionnée. Tandis
qu'un CPE, un centre de la petite enfance, lui, le gouvernement du Québec paie l'ensemble
de la structure, mais c'est aussi un endroit où on offre des services. L'exemple
que j'aime donner, c'est que la garderie appartient à la communauté, elle
n'appartient pas à des actionnaires ou à
un propriétaire. Donc, c'est la communauté qui la gère, les parents sont sur un
conseil d'administration, posent les gestes pour assurer le service adéquat aux enfants qui sont desservis, et
l'argent qui est investi reste un investissement gouvernemental dans
une structure ou dans une volonté gouvernementale. Tandis qu'une garderie, et je vais sûrement
avoir le plaisir de le dire plus
qu'une fois aujourd'hui, une garderie privée de 80 places reçoit 1 million de dollars des contribuables québécois, du gouvernement
du Québec.
Donc, les
garderies donnent un service exceptionnel, M. le Président, je n'en doute
aucunement. Les garderies font en
sorte que c'est une petite PME qui fait de l'argent et qui fait en sorte
qu'elle veut fonctionner de la meilleure façon. Mais je ne comparerai pas les services avec le béton et je ne pourrai
pas ici vous dire que je vais privilégier un ou l'autre en vertu d'une volonté d'économie de béton,
puisqu'un centre de la petite enfance appartient à la communauté, et elle se
doit de rester ainsi. Par contre, elle est
financée entièrement… elle est financée entièrement par le gouvernement du
Québec.
Donc, un CPE,
en 2013-2014, Mme la députée — parce que je pourrais reculer, mais ça
change les chiffres, donc je vous le
dis maintenant — un CPE
coûte, par jour, par place, si ça vous convient, 49,64 $. Un milieu
familial… vous avez compris que le
milieu familial… Je n'ai pas besoin de vous l'expliquer. Parfait. Un milieu
familial nous coûte 27,81 $ par
jour. Une garderie subventionnée nous coûte 40,58 $ par jour. Est-ce que
ça répond un peu plus? Si je fais une moyenne pondérée, là, du coût par
jour pour un service subventionné, ça fait à peu près 38,71 $ par jour.
Le Président (M. Picard) :
Merci. Mme la députée.
Lavallée : Dans un contexte où les finances publiques sont dans un
piètre état et où on doit épargner le plus d'argent possible, il n'y a
pas beaucoup de marge de manoeuvre, est-ce qu'il n'y aurait pas lieu, Mme la
ministre, d'envisager de…
Lavallée : Merci. Est-ce qu'il n'y aurait pas lieu de réfléchir sur
cet aspect-là, d'encourager d'avoir plus de garderies privées subventionnées, alors qu'on n'a pas à investir dans le
béton, plutôt que d'investir dans les CPE, qui nous coûtent cher, alors
que nous n'avons plus les moyens actuellement de les financer?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. Je veux rassurer, en premier lieu, la députée. Vous
savez, quand vous commencez à poser
votre question et que la caméra est sur vous, j'en profite pour aller chercher
de l'information pour pouvoir
répondre le plus adéquatement possible. Donc, soyez assurée que je vous écoute
d'une oreille et que j'essaie de trouver
la meilleure information pour vous. Ne vous souciez pas… Si je ne vous regarde
pas, ce n'est pas parce que je ne vous
écoute pas. Je voulais vous rassurer. Quand on est dans nos premiers crédits,
il y a plein de choses qui se passent qu'on ne sait pas trop, puis je
voulais vous revenir là-dessus.
Quand vous me
dites que l'état des lieux est inquiétant, vous avez, dans
nos plus grandes structures, effectivement un souci, hein? On parle de
nos ponts, on parle de nos bâtiments scolaires, on parle de nos... je vous
dirais, plusieurs établissements qui sont questionnés par l'état des lieux. Par contre,
au niveau des services de garde, que ce soit en milieu familial... Parce que vous avez compris,
dans les taux que je vous ai donnés, que le milieu familial est beaucoup
moins coûteux, mais il est beaucoup
plus limité aussi dans la socialisation puis dans les façons de faire. Par contre, il y a des parents
qui choisissent celui-là parce qu'ils s'y reconnaissent, et la proximité est beaucoup
plus grande. Principe CPE-garderie, je vous dirai, Mme
la députée, en toute déférence et en
voulant faire ça de la meilleure façon possible : Ce n'est pas parce qu'on ne paie pas le
bâtiment qu'on ne finit pas par le payer. Je vous le dis de façon
très respectueuse. Parce que,
la personne qui a bâti sa garderie et qui a réussi à avoir des places
subventionnées, une grande
partie de sa réflexion,
c'est de payer son bâtiment. Donc, quand vous me dites : Ne croyez-vous
pas que?, sachez qu'on paie quand
même pour le bâtiment, même si, quand on octroie les places, il est déjà en
place plutôt qu'un CPE.
Donc, il ne faut surtout pas laisser penser que,
quand on fait un CPE, ça coûte plus cher, année après année, qu'une garderie subventionnée. Ça coûte moins
cher. Je vous dirai que le calcul qu'il faut faire, c'est dans le principe de
la proximité et de l'équité entre les
différents services possibles pour que les parents puissent choisir le service
qu'ils veulent bien choisir, donc la
diversité. Mais, dans le principe de l'optimisation des services puis de la
mise en place du meilleur service
possible, la volonté qu'on a, c'est d'avoir une diversification et non une
priorité sur un service plutôt qu'un autre, sur une perspective soit de béton… Parce que je crois que la
perspective qui devrait toujours être l'angle de réflexion, c'est le service aux enfants et l'adéquation entre la proximité, entre les
parents, le désir qu'ils ont et le service qu'ils reçoivent.
Président (M. Picard) : Merci, Mme la ministre. Je cède
maintenant la parole à la
partie gouvernementale. M. le député de
Champlain.
M. Auger : Merci, M. le Président.
Donc, j'aurais quelques questions d'intérêt et de curiosité. Ma première question
en est une de curiosité personnelle, mais je suis convaincu que les gens qui
nous regardent également... elle concerne le
Curateur public. J'ai pris connaissance d'une responsabilité qui lui est
attribuée et dont nous entendons rarement parler. Le Curateur public a pourtant une mission qui est bien précise,
mais méconnue de la population. Son rôle est très important pour les personnes vulnérables. J'aimerais
profiter de l'occasion pour vous ou lui demander de nous parler un peu
plus de l'organisme, son travail, son rôle dans la société.
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Charbonneau :
M. le Président, à ce moment-ci, permettez-moi de dire que la question du
député est fort intéressante. Elles
le sont toutes, mais nous avons sous notre responsabilité, au ministère de la
Famille, cet organisme-là qui donne un service exceptionnel à la population, et qui n'est pas très bien connu, et à qui on veut donner cette opportunité
de dire aux gens : Le service est
accessible, potentiellement intéressant pour tout le monde, même si de ne pas
avoir affaire avec M. Jutras, c'est
une bonne chose aussi. Pas parce qu'il n'est pas intéressant, mais parce que,
quand on n'a pas besoin du curateur, c'est qu'on est autonome et qu'on a
un milieu familial qui peut prendre en charge des choses.
À ce moment-ci, M. le Président, si vous me permettez, je crois que je dois vous
demander la permission pour pouvoir passer la parole au curateur
lui-même, c'est-à-dire M. Jutras.
Président (M. Picard) :
Merci. Et moi, je vais demander le consentement des parlementaires. Ça va? M. Jutras, en vous présentant, s'il vous
plaît.
M. Jutras (Normand) : Oui. Alors,
Normand Jutras, Curateur public du Québec.
Comme le
mentionnait le député dans sa
question, effectivement, la mission
du Curateur public, c'est une mission qui est des plus importantes. En fait, le mandat qui est donné au Curateur public par le gouvernement du Québec, c'est de voir à la protection des personnes inaptes, c'est-à-dire les personnes qui sont incapables de prendre soin d'elles-mêmes,
ou qui sont incapa