Institutions — 21 March 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2018-03-21
Quebec — Committees
là on peut aller un peu plus loin et se dire : Bon, bien, parfait, on va
faire des tests d'ADN, comme ça, au moins, on pourra les identifier sur une base rigoureuse. Et ce qui se passe
avec le test d'ADN, bien, c'est un peu comme ce que j'ai montré sur les photos de chien, c'est qu'on se
rend compte qu'on a des résultats de 10 %, 20 %, 50 % de l'ADN
d'un chien qui est relié au type
pitbull, et là on doit mettre la barre pour savoir si le chien x, y, z,
finalement, va entrer dans ceux qui seront ciblés, et c'est un exercice
qui n'est pas facile à faire et qui est assez arbitraire.
je tiens également à préciser une conséquence importante de ce problème-là de
validité de nos identifications visuelles
des chiens, ce sont les statistiques. Dans l'espace public, il y a une quantité
incroyable de statistiques et d'études qui
traitent du nombre de chiens de type pitbull qui seraient présents dans la
communauté ou qui auraient commis des agressions,
et ces statistiques-là reposent sur l'identification visuelle des chiens dans
la très, très grande majorité des cas. Donc,
on vous incite à être prudents avec ces données-là qui vous sont soumises parce
que l'identification visuelle est à haut risque de fausser certaines
données.
Deuxième
enjeu : Est-ce que les chiens de type pitbull sont plus dangereux que les
autres? C'est une question qui est
tout à fait légitime et qui se trouve, en fait, au coeur du problème qu'on
essaie d'analyser ici. Et on comprend très bien l'inquiétude de la population. En raison du problème de validité des
statistiques, même s'il y en a un grand nombre qui pourraient appuyer
nos points, on choisit de ne pas en présenter. Je vais plutôt soumettre deux
faits à votre attention.
premier fait : la question de la pression exercée par la mâchoire. De
façon objective, on sait que la force de la mâchoire est directement proportionnelle à la taille du crâne, et ça,
c'est une corrélation qui n'a rien à voir avec la race du chien. À
titre d'exemple, on compare ici le chien
de type pitbull, dont la pression de mâchoire est de 235 livres, avec
le chien berger allemand, qui a une pression
de 238 livres. Donc, ce n'est pas les chiens de type pitbull qui sont en
haut de la liste pour ce critère-là.
Et je dois ajouter que tous les grands chiens, de grande taille, ont bien
malheureusement la capacité de mutiler des victimes, on a des données
assez larges qui démontrent ce fait-là.
Deuxième
fait, au niveau de la dangerosité, le nombre de décès au cours des
30 dernières années, au Québec, causés par des chiens, alors, très
rapidement on voit sur le graphique que ce ne sont pas les chiens de type
pitbull qui sont responsables du plus grand
nombre de décès, ce sont les chiens nordiques. Je pense que c'est un élément
important à prendre en compte quand on traite de la dangerosité.
Troisième
enjeu, élément de réflexion : Est-ce que de bannir les chiens de type
pitbull équivaudrait à réduire le risque
qu'il y ait des chiens forts et susceptibles d'être dangereux dans nos
communautés? Nous, dans les SPA et les SPCA, on est appelés à évaluer sur le terrain des chiens qui montrent des
signes d'agressivité et on émet des normes de garde suite à ces évaluations-là, et un des faits très
concrets qu'on observe, c'est que les chiens qu'on doit euthanasier
parce qu'ils représentent un danger appartiennent à un éventail très, très
large de races et de croisements de chiens : des labradors, des bergers allemands, des goldens. Et ce ne sont pas des
chiens qui se limitent aux chiens de type pitbull, je peux vous
l'assurer.
poursuis un peu la réflexion. Imaginons, pour un exercice, qu'on arriverait, au
Québec, à éliminer tous les chiens de
type pitbull, ce qui est utopique, là, si on arrivait à tous les identifier et
à tous les éliminer. Qu'est-ce qu'on verrait? Qu'est-ce qui se passerait? Bien, certainement qu'il y aurait encore des
gens qui voudraient avoir un chien de
grande taille, avec une allure
intimidante, et que ces gens-là, bien, jetteraient leur dévolu, finalement, sur
d'autres types de chien, d'autres races
de chien, et là il y a des dizaines et des dizaines de races de grands
chiens qui pourraient être intéressantes pour des personnes qui souhaitent avoir un chien
intimidant. Alors, est-ce qu'on
serait beaucoup plus avancés? C'est une question que je soumets. Est-ce
qu'on va, finalement, interdire l'un après l'autre tous les grands chiens, tous
les chiens forts?
Quatrième
enjeu : Est-ce que bannir des chiens de races ciblées augmente, pour une
raison x, y, z, malgré tout la sécurité des citoyens? J'imagine qu'il
reste peu de temps.
Président (M. Auger) : Effectivement, il n'en reste plus. À
moins, M. le ministre, que... qu'il vous permette de continuer.
M. Coiteux :
Je vais... Je peux laisser encore un deux minutes, pour qu'on puisse avoir des
échanges par la suite.
Le Président (M. Auger) : Deux
minutes supplémentaires. Donc, encore deux minutes supplémentaires.
Mme Jodoin (Emmanuelle) : C'est
gentil. Merci beaucoup.
Alors, je
propose... Rapidement, alors, je vais passer rapidement. Deux indicateurs. Le
premier : l'opinion des experts.
Il y a de très nombreux experts de tous les domaines qui se sont prononcés sur
cette question-là, et il y a une idée commune
qui se dégage de leurs propos, c'est que de bannir des races de chien ciblées
ne mène pas à une plus grande sécurité.
Et très rapidement je vais vous souligner quelques-uns de ces faits-là, le
Conseil canadien de la sécurité qui prône des mécanismes de contrôle des animaux et la sensibilisation plutôt que
l'interdiction d'une race. Les coroners qui ont analysé les cas de décès liés à des attaques de chien, les coroners
Litchblau, Trahan, Brochu, Dionne, Roy, aucun d'entre eux ne recommande de bannir des races de chien
ciblées. Les coroners on fait des recommandations, ils misent tous sur des approches pour augmenter la sécurité,
essentiellement de l'éducation et un meilleur contrôle animalier. Les
associations de médecins vétérinaires
québécoises, canadiennes, américaines, les experts en comportement canin, etc.,
est-ce qu'on peut rejeter d'emblée l'opinion de l'ensemble de ces
experts?
Pour aller
plus rapidement, je n'irai pas dans le détail. Je tiens simplement à mentionner
que l'expérience sur le terrain nous
montre aussi que ce type de législation là est difficilement applicable et
apporte peu de résultats en termes de sécurité. Alors, je vais accélérer
pour respecter la contrainte de temps.
Pour
conclure, en fait, au niveau des solutions, pour nous, ce qui est très
important, c'est de mentionner que l'AQSS est complètement en faveur d'une loi provinciale sur l'encadrement des
chiens dangereux, mais que, pour nous, il faut cibler la bonne cause. Et la cause, c'est le groupe des
chiens dangereux, et c'est ce groupe de chiens là qu'il faut cibler, et
non le groupe des chiens qui se comportent pacifiquement. Et, dans le groupe
des chiens dangereux, il y a des chiens d'un ensemble de races de chien, et
c'est très important de garder cet élément-là en tête. Merci beaucoup.
Président (M. Auger) : Merci. Merci beaucoup pour votre
présentation. Nous allons maintenant débuter la période d'échange. M. le
ministre.
Le Président (M. Auger) : Vous
avez maintenant 14 minutes à votre disposition.
M. Coiteux : J'ai
14 minutes. Alors, merci. C'est Mme Dubois, hein, qui a fait la
présentation? Vous êtes accompagnée de Mme Jodoin. Donc, merci d'être avec
nous ce matin.
Écoutez, j'aurais beaucoup de questions,
j'aurais beaucoup de questions, mais, comme un peu... comme vous aussi, j'ai
une contrainte de temps ici. Donc, je vais y aller directement avec ma première
question.
Vous parlez
de l'opinion des experts, vous citez un certain nombre de statistiques, vous
parlez d'études, et en même temps on
a eu hier une présentation de Mme Vadnais, qui nous a également présenté
des statistiques, qui nous a également présenté
des études. Comment se fait-il qu'on n'est pas capable de converger à une vision
commune de ce phénomène-là? Parce que
nous, là, ultimement, là, on écoute tout ça, on se dit : Bien, il y a une
étude qui nous dit cela, il y a une étude qui nous dit ceci. Moi, je ne suis pas un expert de ces questions-là, je ne
suis pas un expert de ces questions-là, mais j'ai, par contre, le devoir de m'assurer que la population
soit en sécurité partout sur le territoire. Et là je vois bien, je
comprends bien qu'à la lueur des tragédies
qui ont été vécues — Mme Vadnais
et sa famille, ici, ils ont vécu ça personnellement dans leur vie — les
gens ont peur, les gens ne se sentent pas en sécurité, particulièrement dans
les régions urbaines.
Alors, c'est important qu'on ait le bon
éclairage, là. Comment vous expliquez ça, vous, que les experts se contredisent
les uns et les autres?
Mme Dubois
(France) : C'est sûr qu'on a le même réflexe que vous, on a les mêmes
réflexions que vous. La raison pour
laquelle, en fait, on n'a pas voulu embarquer dans un débat de statistiques
mais plutôt vraiment se référer à l'expérience
de niveau terrain que nous avons... Vraiment, on côtoie des milliers de chiens
chaque jour, et ce qu'on voulait, nous,
en fait, c'est demander au gouvernement de penser à des mesures de contrôle qui
regroupent, en fait, l'ensemble de plusieurs
experts. Donc, nous, on a l'expérience terrain, les vétérinaires en ont une, et
plusieurs autres en ont
d'autres. On est d'accord
avec vous, c'est ce qu'on voit aussi sur le terrain, que les gens ont peur, et
on comprend que le gouvernement doit adresser
la peur. Et il ne faut pas non plus entrer dans le débat à savoir si les gens
ont raison d'avoir peur parce qu'ils ont été, bon, sensibilisés par les médias ou des trucs comme ça. Ils ont peur,
c'est un fait, et on doit l'adresser. Alors, vous devez absolument
vous assurer de mettre en place des mesures qui vont vraiment
attaquer la sécurité et non un sentiment de sécurité.
Donc, c'est
la crainte, ici, que nous avons, que le gouvernement, malheureusement, en ciblant des races, fasse fausse
route et par la suite perde la crédibilité ou la confiance de ses citoyens en
implantant des mesures qui n'adressent pas nécessairement la cause
réelle. Parce qu'on parle bien ici de dangerosité des animaux et non
de race spécifique. Et, nous, c'est ce qu'on voit sur le terrain, et on
est ici vraiment pour vous parler de notre expertise terrain, réellement.
Alors, c'est pour ça.
Il y a des
statistiques qui vont se contredire éventuellement dans tous les champs. Alors,
on est d'accord avec vous que c'est assez difficile, pour le commun des
mortels, de s'y retrouver, là, là-dedans.
M. Coiteux : Alors, j'aimerais
vous amener sur un autre terrain, à ce moment-là.
D'abord, le projet de loi,
effectivement, donne au gouvernement la possibilité d'interdire un certain
nombre de races qui feraient
partie
d'une liste de chiens qui par leurs caractéristiques sont réputés... avant même
qu'ils aient présenté un comportement
menaçant, ils sont présumés dangereux. Si jamais ils devaient avoir un
comportement menaçant, il serait peut-être
trop tard. Donc, ça prend des mesures particulières, c'est l'approche du projet
de loi. Mais le projet de loi veut qu'il
y ait des mesures d'encadrement minimales qui s'appliquent partout sur le
territoire pour tous les types de chien, mais a fortiori pour les types
de chien qui pourraient présenter un risque accru.
Alors,
j'aimerais vous entendre, vous, sur c'est quoi, ces normes minimales
d'encadrement, puis comment vous voyez
la gradation des mesures d'encadrement en fonction de la dangerosité. Ça, c'est
ma première question, elle est déjà complexe.
Mais ma deuxième, c'est : Est-ce qu'il faut attendre qu'un chien ait
manifesté un comportement qui le qualifie... qui nous amène à le qualifier de dangereux ou il n'y a pas des mesures
de précaution qui devraient être prises avant même qu'un comportement se manifeste, pour éviter qu'on
réagisse après coup, et qu'on puisse avoir des mesures d'encadrement
avant coup?
Mme Dubois
(France) : Hier, il y a eu la présentation du maire de Laval, qui est
venu parler de son règlement, et je
crois sincèrement que ça semblait être une bonne avenue. Quand on parle,
nécessairement, de conditions, qu'est-ce qu'on peut implanter et mettre en mesure de façon uniforme, je pense
qu'il y avait dans ce règlement plusieurs éléments qui peuvent être
imposés de façon uniforme à toutes les municipalités. Donc, c'est une avenue.
La SPA de l'Estrie a également un excellent règlement en cette mesure.
lorsqu'on parle de gradation, on parle de détection rapide des animaux avec un
niveau de dangerosité et ensuite des
actions qui sont entreprises, donc des actions concrètes, par une évaluation
comportementale, par exemple, qui va ensuite
déceler le niveau de dangerosité de cet animal-là et qui va le catégoriser, par
exemple, comme chien potentiellement dangereux
et émettre des restrictions, des conditions de garde bien précises ou comme
chien dangereux, et, à ce moment-là, bien souvent c'est la
recommandation de l'euthanasie qui va être faite par l'expert.
nous, les SPCA, comme Emmanuelle l'a dit, on n'est pas propitbull, on n'est pas
antipitbull, on est anti-chiens dangereux
et on n'a pas de difficulté à le prouver dans notre quotidien en euthanasiant
des chiens qui démontrent des signes d'agressivité.
On a cette responsabilité civile là de mettre des chiens qui sont le plus sains
possible en adoption. Je suis mère de
cinq enfants également, j'ai 60 employés dont la sécurité me tient à
coeur, et nous avons également des mères, des pères, des frères, des
soeurs, alors ça nous tient à coeur à nous aussi, aux SPCA. Alors, ça, c'est le
premier enjeu.
deuxième : je ne pense pas que d'interdire ou de cibler des races va
empêcher un autre chien de grande taille, molosse, de faire de graves dommages lors d'une morsure également. Donc,
je pense également que, si on cible des races, malheureusement, la population vient à ne se méfier que de ces races-là,
et c'est un cercle vicieux. Donc, les gens sont moins prudents envers d'autres races, et on déplace un peu le problème,
et on augmente, à ce moment-là, les risques de morsure vers toutes les
races, en général.
Coiteux : Dans les normes
minimales d'encadrement, si on ne désigne pas de race particulière, comment on peut avoir des
normes plus sévères pour des catégories de chien qui, s'ils devenaient
dangereux, causeraient plus de dommages que d'autres chiens?
Moi,
petit, j'ai été mordu par un chihuahua, le chihuahua de mon grand-père. J'ai
été mordu par mon propre chien aussi,
qui était petit comme ça. Je n'en ai pas de séquelle, hein, je n'en ai aucune
séquelle. Il m'a mordu, bon, pour x raisons, mais il n'y a pas eu de séquelle. Mais il y a certains types de chien
que, lorsqu'ils mordent, les séquelles sont énormes.
Alors,
est-ce qu'il y a des normes d'encadrement que vous êtes capables d'envisager,
avec votre expérience terrain, qui
peuvent s'appliquer à des chiens? Et là je ne parlerai pas de race parce que je
sais que vous ne voulez pas aller de ce côté-là, je veux vous entendre d'un autre côté. Est-ce qu'il n'y a pas
des mesures de précaution qui doivent être prises avant qu'il y ait eu observation du comportement
d'un chien qui nous amenait à prescrire un certain nombre de mesures?
Autrement dit, qu'est-ce qu'on doit faire avant?
Dubois (France) : Bien, on se ramène quand même au fait que, de notre
côté, côté terrain, nous, on n'arrive pas
à prouver ce que vous mentionnez, qu'il y a certains chiens qui ont un niveau
de dangerosité plus élevé. C'est sûr que ça va en fonction de la taille,
Emmanuelle l'a démontré aussi, en fonction de la taille du crâne, et tout ça.
Donc, si on n'embarque pas dans un jeu de
poids, passé tel poids, à ce moment-là, l'animal a des conditions spécifiques à
respecter... Après ça, ça devient difficile,
intégrer des races, simplement par le fait que l'identification devient
vraiment impossible. À moins que ce
soit un chien de pure race et qu'il arrive avec ses papiers, à la SPCA, c'est
très difficile pour nous d'identifier un
animal, compte tenu que l'ADN, justement, peut être un très faible pourcentage
de la race alors que l'apparence ne soit pas du tout la même.
j'ai cette expérience-là terrain, je travaille pour la SPCA depuis 1995 et j'ai
commencé en tant qu'animalière, donc
j'ai moi-même côtoyé de très près plusieurs chiens, des milliers de chiens, je
ne me suis jamais fait mordre. Il y a toujours
eu des... J'étais très attentive aux signes physiques des chiens. Donc, je ne
pourrais pas vous dire non plus, par ma propre expérience, que certains
chiens sont plus dangereux que les autres.
Alors
là, je pense que les mesures qui ont été évoquées hier à la base, donc du
renforcement sur le terrain, une détection
rapide des chiens avec des niveaux de dangerosité et ensuite une évaluation
comportementale, les tenir en laisse, la stérilisation, la micropuce, tout ça, ce sont des mesures qui,
justement, vont s'attaquer directement à assurer une meilleure sécurité
sur le terrain, comme tel.
Coiteux : Alors, quelles sont les déficiences de notre système actuel
au Québec, selon vous? Qu'est-ce qui doit être corrigé, au Québec, de
façon urgente par rapport à la situation actuelle?
Mme Dubois
(France) : Clairement, je crois qu'on n'a pas abordé cette section-là
encore, mais je crois que, l'éducation, il
ne faut vraiment pas négliger l'impact que ça peut avoir et, je pourrais vous
dire, même de façon quand même assez...
à court terme, moyen et à long terme, évidemment. Je vais également dans les
écoles et je peux vous certifier que, lorsqu'on va dans les écoles, les
enfants ont un intérêt énorme envers ce qu'on a à leur dire au niveau des
animaux. On y va spécifiquement au niveau de
la prévention de morsures, et puis, quand on termine l'atelier, ces enfants-là
sont engagés, donc ils repartent... Je suis
convaincue qu'à l'heure du souper ils en discutent avec leurs familles et leur
montrent ce qu'ils ont appris. Donc, même si
on arrive à en sauver un d'une blessure parce qu'il a eu cette éducation-là, eh
bien, je trouve que ça en vaut quand même la chandelle.
Donc, l'éducation, évidemment, est très
importante, une grande campagne de sensibilisation, mais, nous, principalement, vu qu'on est des gens de terrain,
ce qu'on vous dit, c'est que ça prend un ensemble de mesures concrètes. Nous, on est une partie, on a la
partie terrain,
il y en a d'autres, mais il faut travailler ensemble. Donc, ce n'est pas
une seule organisation qui va vous apporter
toutes les solutions, donc, c'est plusieurs associations qui vont pouvoir
ensemble mettre un règlement qui va pouvoir
adresser les inquiétudes de tout le monde et vraiment viser la cause, qui est
vraiment la dangerosité des chiens, et implanter des mesures concrètes qui vont
pouvoir nous permettre de pouvoir faire le suivi rigoureux de ces animaux-là.
Le Président (M. Auger) : Deux
minutes.
M. Coiteux : Mes collègues. Un de
mes collègues.
Le Président (M. Auger) : M. le
député d'Ungava.
M. Boucher : Merci, M. le Président.
Écoutez, j'ai seulement deux minutes, je vais essayer de procéder rapidement. Bon, on parle d'éducation, etc., de
dangerosité des chiens. Moi, je vais vous amener ailleurs. Pensez-vous
qu'il y a certains types de personne qui...
Parce qu'un chien ce n'est pas un objet comme une table, une chaise, je veux dire, c'est un être vivant qui a ses états d'âme, son état
d'émotivité. Cinq chiens d'une même portée ne seront pas identiques,
certains vont être plus peureux, d'autres
plus agressifs, d'autres plus hasardeux, comme les frères et les soeurs dans
une famille. Pensez-vous qu'il y a
certains types de personne qui n'ont pas le degré d'humanisme, ou de responsabilité, ou appelez ça comme vous
voudrez, qui ne devraient juste pas posséder de chien, qui n'a pas assez de
respect pour son voisin, pour son quartier, pour sa famille? Est-ce
qu'on devrait regarder de ce côté-là aussi?
Mme Dubois
(France) : Avec
l'expérience, encore là, terrain, je crois qu'il y a un chien pour tout le monde, mais, vous avez raison, le
bon jumelage doit être fait. Alors, oui, c'est vrai qu'il y a
certains propriétaires qui malheureusement n'ont pas de contrôle sur
leurs chiens, qui manquent de connaissance, donc, également, c'est très
véridique. Donc, évidemment, l'éducation, la sensibilisation de ces
propriétaires d'animaux là, elle est importante.
Mais, si, à ce moment-là, on décèle qu'un animal a un niveau de dangerosité, puis il y a
une plainte, par exemple, d'un voisin, qui réalise que son voisin laisse toujours
son chien errer, et que le chien a des comportements dangereux, eh bien, le contrôle animalier qui va se rendre sur
place et puis qui va répertorier le tout, bien, à ce moment-là, on est
capables d'encadrer ce propriétaire-là.
Donc, même nous, à la SPCA, quand on fait des adoptions,
c'est évident qu'on va tenir en ligne de compte l'expérience du propriétaire.
Ce n'est pas tous les chiens qui peuvent être pour tout propriétaire, évidemment.
Président (M. Auger) :
Merci. Nous allons maintenant poursuivre avec l'opposition officielle et M. le député de Saint-Jean, pour
9 min 30 s.
Turcotte : Merci, M.
le Président. Bienvenue à l'Assemblée nationale. Sûrement par manque de temps, vous n'avez pas eu le temps de présenter l'ensemble de
votre présentation, mais peut-être qu'en vous posant cette question-là ça va vous donner un peu plus de temps pour pouvoir
aborder ces questions-là. Parce que j'ai beaucoup
de difficultés, quand même, à
suivre. Au fond, vous proposez quoi? Parce que vous dites : On est contre
les chiens dangereux, O.K., mais en même
temps je regarde, là, les
conclusions, je regarde ce que vous avez mentionné, et il n'y a pas de solution
là-dedans, là, ce n'est que : On
ne doit pas légiférer pour interdire les pitbulls, si je regarde la conclusion
qui est mentionnée au tableau.
Donc là, vous
avez abordé la question de l'éducation. Bon, ça, c'est un élément. Mais peut-être
que vous avez d'autres éléments de
solution. Parce que j'ai de la difficulté à comprendre comment on peut légiférer contre les
chiens dangereux en disant : On ne doit
pas légiférer contre les pitbulls. Ça, ça ne... On n'empêche pas les chiens
dangereux en disant ça, là. Donc, sûrement
par manque de temps, vous n'avez pas eu, peut-être, le temps de
présenter vos solutions, mais j'aimerais ça vous entendre, parce que
jusqu'à maintenant je reste un peu sur ma faim, disons ça comme ça.
Mme Dubois (France) : Donc, en fait,
ce qu'on veut vraiment, c'est une implantation de mesures concrètes, rigoureuses, uniformes à l'ensemble du Québec,
il y a une base, évidemment, qui doit être uniforme, et qui adressent,
en fait, la négligence, oui, des
propriétaires par le suivi rapide et rigoureux des plaintes à la base, le
renforcement sur le terrain, donc, si
on parle de règlement, justement, comme un peu ce qui a été proposé à Laval, hier,
de tenir les chiens en laisse, de les
stériliser et qu'il y ait des évaluations, un suivi de ces évaluations-là. C'est, selon
nous, la meilleure façon de pouvoir encadrer
tout type de chien, incluant les chiens ayant un potentiel de dangerosité plus
élevé. Également, le manque de connaissances, donc, c'est ce qui est adressé, de notre côté, au niveau
de l'éducation et de la sensibilisation. C'est comme ça qu'on va venir pallier au manque de connaissances autant
des propriétaires d'animaux que des gens qui n'ont pas d'animaux, pour la
prévention de la morsure, à ce moment-là.
Turcotte : O.K.
Est-ce qu'il y a des pays dans le monde, des endroits qui ont légiféré dans le
sens que vous mentionnez et qu'il a été démontré que ça éliminait les risques
d'avoir des chiens dangereux et qu'il y ait des conséquences mortelles ou
graves pour les personnes?
Mme Dubois
(France) : Bien, en fait,
nous, côté terrain, c'est ce qu'on constate, que, lorsqu'il y a
une application rigoureuse des lois...
Parce qu'on applique... Évidemment, toutes les SPCA ont des contrats pour le
contrôle animalier dans certaines municipalités. Et puis c'est ce qu'on
constate, que, lorsqu'il y a un renforcement sur le terrain, oui, en effet, il
y a moins d'incidents, à ce moment-là. Mais, pour ce qui est des pays comme
tels, je suis convaincue que j'ai des collègues qui vont être en mesure de vous
fournir des statistiques. On n'a pas voulu, nous, aller piger dans certaines
statistiques à ce niveau-là.
M. Turcotte :
O.K. Parce que, là, on voit qu'il y a le Royaume-Uni, l'Irlande du Nord,
l'Irlande, la Norvège, le Danemark,
la France, l'Allemagne, l'Australie, même aux États-Unis, entre autres, sur les
bases militaires, qui interdisent, ils
ont légiféré contre les pitbulls. Donc, eux, ces pays-là, la France,
l'Allemagne, l'Australie, le Danemark, ont trouvé des mécanismes pour soit reconnaître la race pitbull
ou avoir... de pouvoir appliquer cette législation, pardonnez-moi. Donc
là, vous dites que ça semble n'être pas
possible ici. Donc, ces pays-là, eux, comment ils réussissent à appliquer cette
législation-là?
Mme Dubois (France) : En fait,
il y a ces pays-là et puis, comme... je ne veux pas me répéter, mais je suis convaincue que des collègues vont également citer
d'autres pays qui font l'inverse, qui sont en train de renverser
certaines lois. Donc, c'est vraiment un
terrain sur lequel on ne voulait pas s'aventurer, mais on voulait vraiment
rester avec notre expertise terrain.
Les diapositives qu'Emmanuelle a fait passer, tantôt, de types de chien, c'est
vraiment ce qu'on retrouve dans nos
refuges, et l'identification de ces animaux-là, elle est vraiment impossible.
Donc, si même nous, les experts, on n'arrive
pas à identifier avec certitude une race, eh bien, à ce moment-là, on sait que
tout ce qui est statistiques qui se retrouve publié un peu partout, eh
bien, est fondé sur des bases qui ne sont pas solides. Donc, c'est pour ça
qu'on ne veut pas s'embarquer là-dedans.
M. Turcotte :
Mais en même temps, comme M. le ministre l'a mentionné, pour une étude
scientifique qui dit quelque chose, il y a une autre étude scientifique qui dit
le contraire. Souvent, on peut se questionner à savoir qui a commandé l'étude, puis souvent, la conclusion...
Puis ça, on le voit dans l'alimentation puis dans bien des situations.
Donc, cet argument-là, moi, ça me... j'ai de la difficulté à prendre ça pour
monnaie comptant, parce qu'il y a des études scientifiques qui démontrent dans
les deux sens. Et Mme Vadnais était ici... bien, elle est encore ici
aujourd'hui, elle y était hier. Dans son
mémoire, elle a toute une liste, là, d'études qui démontrent... Là, vous nous
dites qu'il y a des études qui démontrent le contraire. Donc là, ça
devient difficile pour nous.
Là, vous
dites : Sur le terrain, nous, on constate que, si on fait telle, telle
chose, ça a un impact positif. En même temps,
je regarde la liste des pays, ce n'est quand même pas les derniers de la
classe, là. La France, l'Allemagne, l'Australie, le Danemark, le
Royaume-Uni, c'est quand même des grands pays du monde. Quand je vois aussi
qu'aux États-Unis il y a... les tribunaux
américains ont statué sur... qu'il était possible de reconnaître la race
pitbull puis de légiférer dans ce sens-là,
puis il y a une jurisprudence aux États-Unis... Même, les États-Unis, le
gouvernement américain l'interdit sur les bases militaires parce que c'est dangereux, ils doivent être capables
aussi d'appliquer cette règle-là. Donc, ce n'est quand même pas rien,
là, c'est quand même l'armée américaine, là, c'est sûrement l'institution la
plus puissante au monde.
Donc, je
comprends ce que vous me dites, mais, je me dis, maintenant qu'on se dit ça, on
fait quoi pour rassurer les personnes,
nos citoyens? Puis pas juste qu'est-ce que le gouvernement peut faire, mais
aussi, comme citoyens, là, c'est quoi, le
message qu'on lance? Oui, on peut avoir un pitbull, s'il est en laisse, ou,
non, on ne peut pas en avoir? Donc, ça devient pas nécessairement clair comme position. Puis, je ne sais pas, peut-être
que... ça semble être un dossier aussi très sensible, on le sait, là, mais en même temps j'ai de la
difficulté à voir que tous ces pays-là ont été capables de le faire puis que
nous, on ne serait pas capables de le faire.
Mme Jodoin (Emmanuelle) : Moi,
j'amènerais un petit point. En fait, d'une part, je pense qu'il serait très intéressant d'avoir des données plus approfondies
sur l'expérience de ces pays-là, on n'a pas fait cette recherche-là, je
serais très intéressée à la faire avec des
critères les plus objectifs possible, vraiment, essayer de comprendre comment
ils font, quels sont les résultats
auxquels ils arrivent. Je serais très intéressée à travailler sur un dossier
comme ça. Je pense qu'au niveau de l'AQSS ça pourrait être quelque
chose, s'il y avait de l'intérêt, où on pourrait avoir une contribution.
Deuxièmement,
je pense qu'au Québec on a une réalité en termes de population de chiens et on
a aussi des experts qui sont
extraordinaires en termes de vétérinaires comportementalistes, en termes de
spécialistes en comportement canin, en termes de spécialistes en
sécurité publique. Ces gens-là font des recommandations et sont certainement
tout à fait disponibles à collaborer pour
trouver la meilleure solution. Et ces gens-là sont des experts. Comme le
mentionne France, nous, on est des
experts terrain. Ces gens-là ont une expertise extraordinaire, et mon message
serait de vous inviter à les consulter
et à prendre en compte les éléments d'information objective, scientifique et liée à notre situation
qu'ils pourraient apporter.
Le Président (M. Auger) : Une
minute, une dernière minute, M. le député.
Turcotte : Bien, oui, j'entends ce que... puis sûrement
que M. le ministre aussi a entendu ce que vous avez mentionné, l'offre que vous mettez sur la table.
Donc, je comprends que ce travail-là pourrait nous permettre de voir ce
qui se fait dans les différents pays et de
reprendre. En même temps, je suis un peu surpris que ce travail-là sur...
Les autres pays ont sûrement...
avant de légiférer, ont regardé ce qui se passe ailleurs, là, parce que c'est
souvent la première chose qu'on se demande, là, est-ce qu'ailleurs
d'autres ont fait ça, pour ne pas retravailler dans le vide. Donc, sûrement qu'il doit y avoir des études qui ont déjà été
faites dans ce sens-là. Est-ce qu'elles sont adaptées à notre réalité québécoise?
Bon, etc. Est-ce qu'au Canada...
Le Président (M.
Auger) : Désolé...
Turcotte :
Oui? C'est terminé?
Le Président (M. Auger) :
Désolé, c'est tout le temps que nous avions.
Turcotte :
Bon. Bien, sûrement que M. le ministre a entendu votre proposition.
Président (M. Auger) : Merci, M. le député de Saint-Jean. Donc, nous allons poursuivre avec le deuxième
groupe d'opposition et Mme la députée de Mirabel, pour
6 min 30 s.
D'Amours : Merci, M. le Président. Moi, je vais revenir à votre document,
là, que vous nous avez proposé comme
mémoire. Vous parlez des grands enjeux numéro un, puis vous parlez des tests
d'ADN, puis vous nous avez parlé aussi
de la morphologie, mais vous ne nous avez pas parlé du comportement. Il y a
certains chiens dont le comportement est de prédation, et ça, dans votre document, vous n'en parlez pas. Ça fait que, pour avoir une
analyse claire, de savoir si un chien
est plus dangereux qu'un autre, il y
a cette analyse-là que peut-être
vous avez faite, mais vous ne l'avez pas mis dans votre document. J'aimerais ça vous entendre si vous en avez une,
analyse sur le comportement de chien de prédation.
Dubois (France) : Non. En
fait, nous, encore là, notre expérience terrain ne nous démontre pas qu'il y a des
chiens qui sont prédisposés à être plus agressifs ou à être plus impulsifs.
Donc, c'est des milliers de chiens, comme je le disais tantôt, qu'on côtoie vraiment chaque année et dans
un certain inconfort aussi, et ce n'est pas quelque chose qu'on a pu déceler, nous, sur le terrain.
Évidemment,
des chiens de type pitbull, il y en a dans nos refuges, il y a une multitude d'autres
races également qui passent par nos
refuges, et il n'y a pas eu, et on sera très francs avec vous... Comme
on l'a mentionné, on n'est pas propitbull ni antipitbull, vraiment anti-chien dangereux, donc on n'aurait vraiment
aucun problème à vous le mentionner aujourd'hui. Donc, ce
n'est pas quelque chose qu'on remarque côté terrain comme tel.
dans mon expérience, j'ai déjà vu, juste pour vous donner un exemple vraiment
concret, une chienne qui avait l'air
d'un rottweiler, et elle a accouché à la SPCA, et elle a eu huit petits chiots,
et il y en a un qui est sorti tout blond, poil long, et quelques mois après ce petit chien là avait l'air d'un
petit golden retriever. Et, si on le prend à part, ce petit chien là, quelques
années plus tard, on ne serait pas en mesure de pouvoir donner le lien au niveau
de son ADN et au niveau de sa
génétique liée à sa mère, qui était, bon, comme ça, visuellement, de race
rottweiler.
Le Président (M.
Auger) : Mme la députée.
D'Amours : ...M. le Président, parce que je n'ai pas beaucoup de temps, ça fait que je... Je voudrais
vous poser d'autres questions.
Mme Dubois
(France) : C'est beau.
D'Amours : Vous dites aussi...
Moi, je vais aller à l'enjeu 4. Vous avez parlé de la ville de Châteauguay, dont la mairesse, bon, vous l'avez cité, là,
qu'elle considère... vous ne l'avez pas cité, mais vous avez... il y a la
citation en anglais, mais vous l'avez marqué
en français, elle considère aujourd'hui que cette législation a été un échec.
Je vous ai entendu dire qu'une ville
qui a une législation, pour vous, ce serait correct. Comment pouvez-vous...
Avez-vous fait une analyse sur les raisons de cet échec? Est-ce qu'on
vous a donné une analyse de la ville concernant cet échec?
Dubois (France) : On n'a pas
fait d'analyse de Châteauguay précisément. Toutefois, moi, en Outaouais,
la municipalité de Gatineau, qui est notre principale municipalité, donc, qui
regroupe 270 000 habitants,
il y a une réglementation qui encadre
les chiens dangereux et qui cible les mêmes races. Et là vient vraiment
l'expérience, où je peux vous certifier que c'est très difficile d'application sur le terrain et que ça crée un
faux sentiment de sécurité à l'interne, chez nous, en Outaouais. Quand
je parle au niveau de la difficulté d'application, c'est principalement en
raison de l'identification.
à Gatineau, la particularité que nous avons, c'est qu'il y a des préposés aux
animaux qui travaillent pour la ville, donc
des cols bleus, il y en a deux pour se charger de tout le territoire, et c'est
très difficile à appliquer, ce règlement-là, pour eux, parce qu'ils n'ont pas les compétences pour
le faire, donc ils n'ont pas de référence. Donc, c'est très difficile.
Donc, souvent, ils vont émettre des
recommandations à des chiens qui ont une petite, petite apparence, donc là ça
devient toujours le débat entre le propriétaire et la municipalité, et
ça alourdit énormément le système.
Mme D'Amours :
Vous avez, dans votre document aussi, grands enjeux n° 4, où vous parlez
de la ville de Toronto. Vous nous soumettez
des chiffres en lien avec les années, 1 028 en 2010 et 1 442 en 2015,
mais vous ne nous mettez pas le
nombre de chiens. Parce que ça peut paraître une augmentation, mais, s'il y a x
nombre de chiens de plus, il faudrait
peut-être y aller en pourcentage. Est-ce qu'à partir de ces chiffres-là vous
avez des pourcentages qui justifient votre position à dire que le nombre
de morsures avait été augmenté, même si les chiens... qu'ils avaient banni les
chiens... les pitbulls, que Toronto avait banni les chiens pitbulls?
Mme Jodoin
(Emmanuelle) : C'est une excellente question que vous posez, on s'est
posé la même question. On n'a pas le
nombre de chiens, de la population de chiens à Toronto. Ce qu'on sait, c'est
que, suite au bannissement des chiens
de type pitbull, le nombre de chiens de type pitbull a diminué dans la ville.
Par contre, on n'a pas le nombre de chiens
total. On s'est demandé, nous aussi, considérant les informations qu'on avait,
comment expliquer cette hausse des morsures
là et on n'a que des hypothèses. Et on s'est demandé si le fait d'avoir banni
les chiens de type pitbull avait créé ce faux sentiment de sécurité
qu'on craint et que les gens étaient peut-être moins méfiants de l'ensemble des
chiens. On s'est posé la question.
Mme D'Amours :
Est-ce que vous pensez que de ne pas bannir les pitbulls — on parle de chiens pitbulls, moi, je vais parler de cette race-là, entre autres — de ne pas bannir, ça ne crée pas non plus
une fausse impression de sécurité, en disant :
Non, non, non, finalement, ils ne sont pas plus méchants que les autres chiens,
ils ne sont pas plus agressifs que les autres chiens, ou : Oui, ils
ont un comportement, mais...
Le Président (M. Auger) : ...15 secondes.
Mme Jodoin
(Emmanuelle) : Notre objectif
est d'assurer la sécurité des citoyens et non de générer un sentiment de sécurité. C'est bien sûr qu'on doit tenir
compte du sentiment des gens, de l'inquiétude de la population qui est là, c'est clair qu'il faut en tenir compte, mais, au-delà de tout ça, l'objet de
ce projet de loi là, c'est d'assurer réellement la sécurité des gens. Et c'est dans cette optique-là qu'on
essaie d'amener des points et de faire
en sorte d'atteindre l'objectif précis qu'on poursuit tous et
qui fait l'unanimité, c'est-à-dire de vraiment faire en sorte qu'on soit en
sécurité chez nous.
Président (M. Auger) :
Désolé, c'est tout le temps que nous avions. Donc, merci, Mmes Dubois et
Jodoin, pour votre participation aux travaux de la commission.
Je suspends quelques instants pour permettre au
prochain groupe de prendre place. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 11 h 54)
Président (M. Auger) : Nous
allons reprendre nos travaux en souhaitant la bienvenue aux représentants de la SPCA de Montréal. Je
vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre présentation, et par la suite il y aura une
période d'échange avec les trois groupes parlementaires. Dans un premier temps,
bien vouloir vous identifier. Par la suite, vous pourrez commencer votre
exposé.
Mme Devine
(Alanna) : Parfait. Bonjour. Je m'appelle Me Alanna Devine. Je suis
ici avec ma collègue, Me Sophie Gaillard, pour représenter la SPCA de
Montréal. On vous remercie beaucoup de nous avoir invitées pour faire la
présentation ici, à la commission, concernant le projet de loi n° 128.
Le Président (M. Auger) : Bienvenue.
Gaillard (Sophie) : Bonjour. Donc, je vais commencer par présenter
très, très brièvement notre organisme. Fondée
en 1869, la SPCA de Montréal est en fait le plus... le premier organisme de protection
animale au Canada. On a un refuge qui
accueille plus de 15 000 animaux par année, dont environ
2 000 chiens, qui, suite à un processus rigoureux d'évaluation comportementale, sont offerts en
adoption au public ou encore euthanasiés, si l'évaluation
comportementale détermine qu'ils présentent un risque de dangerosité.
On a également à notre emploi une équipe de
constables spéciaux qui appliquent la
Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal provinciale ainsi que les
dispositions du Code criminel qui concernent la cruauté et la négligence
envers les animaux. Et, étant donné notre
expertise en matière de gestion animalière, y compris l'encadrement de chiens
dangereux, en matière de droit animalier, en
matière de bien-être animal, on est fréquemment consultés par les gouvernements
des paliers municipal, provincial et même
fédéral, quand ces gouvernements-là travaillent à l'élaboration de législations
ou de réglementations qui touchent à ces différents domaines.
Donc, relativement au
projet de loi n° 128, on appuie sans réserve l'adoption d'une loi
provinciale qui vise à encadrer les chiens dangereux. Par contre, on est d'avis
que cette loi-là doit absolument mettre en place des solutions éprouvées, basées sur des
données probantes ainsi que sur les avis d'experts, et c'est à ce niveau-là
qu'on trouve que le projet de loi,
tel qu'actuellement rédigé, fait fausse route en mettant en place des mesures
qui se sont avérées inefficaces et aussi en omettant certains éléments
qu'on juge essentiels.
Donc,
notre première recommandation est d'éliminer la composante du projet de loi qui
cible certains chiens en fonction de
leur race, car, comme le soulignent les experts qui se sont penchés sur la
question, dont notamment le coroner du
Québec, ce type de mesure ne repose sur aucune base scientifique. Les
interdictions de race se sont avérées inefficaces là où elles ont été adoptées, et même, dans
certaines juridictions, par exemple nos voisins en Ontario, ça a résulté en
une augmentation de la sévérité et de l'incidence des morsures.
Par ailleurs, on
considère que le choix des races visées est tout à fait arbitraire quand on
pense aux décès, aux fatalités qui ont eu
lieu au Québec, causés par des chiens. Il y en a eu huit depuis 1979, et, dans
sept de ces huit cas, les décès ont
été attribués à des chiens identifiés comme étant de type nordique. On vous
invite à aller lire les rapports de coroner qui sont annexés à notre
mémoire.
tient aussi à souligner l'impact concret qu'aurait l'adoption d'une
interdiction de race à l'échelle provinciale, parce qu'il faut comprendre que ce sont des dizaines de milliers de
chiens qui se retrouvent à chaque année dans les refuges du Québec. Une grande proportion, la vaste majorité de ces chiens-là sont des chiens
de races croisées, qui peuvent avoir plusieurs races dans leur ADN, et donc qui pourraient être
visés par l'interdiction, et ces chiens-là, s'ils sont visés par
l'interdiction, ne pourront évidemment pas être placés en adoption. Les refuges
au Québec n'ont pas les ressources financières
nécessaires pour envoyer ces chiens-là en adoption à l'extérieur de la province, et, même si on voulait le faire, il n'y a pas
assez de refuges à l'extérieur qui pourraient les accueillir. Donc, ce que fait
essentiellement le projet de loi n° 128, c'est que ça nous force à mettre à mort systématiquement des milliers de chiens qui se retrouvent dans nos refuges chaque
année, peu importe leur comportement.
demande donc de manière subsidiaire,
si une interdiction de race est néanmoins maintenue dans le projet de loi, que certains amendements soient apportés afin
d'atténuer cet impact-là sur les refuges et sur les chiens de la
province. Et le principal amendement qu'on
propose, c'est de modifier l'article 49 afin de permettre l'adoption...
permettre aux refuges de continuer à
mettre en adoption des chiens interdits, pourvu que ceux-ci soient stérilisés,
vaccinés et aient subi avec succès
une évaluation comportementale. De cette façon, on ne serait pas obligés
d'euthanasier des chiens et des chiots en pleine santé, qui ne présentent aucun comportement dangereux. Et la
reproduction des animaux visés serait néanmoins interdite puisque ce
seraient seulement des animaux stérilisés qui se retrouveraient dans les foyers
québécois.
Notre
deuxième recommandation est la création d'un registre provincial des
morsures, parce que le Québec
n'a actuellement aucun système en place qui permet de recenser les informations relatives aux morsures sur son territoire, et il est pourtant, évidemment, impératif d'avoir
accès à des données précises, compréhensives, objectives afin de guider toute future législation ou politique
publique en matière de chiens dangereux. Et voilà pourquoi,
comme d'autres groupes, on recommande la mise en place d'un tel
registre.
Recommandation 3... Pardon, j'ai reculé
dans la... Recommandation 3, c'est
de prévoir la possibilité
d'interdire de posséder des chiens à certains individus, parce que le projet de
loi, tel qu'actuellement rédigé, ne prévoit aucune procédure qui permettrait d'interdire la possession à des individus qui
ont été condamnés et trouvés coupables de négligence ou de cruauté envers les animaux ni trouvés
coupables de négligence criminelle causant des lésions corporelles ou la
mort suite à un incident impliquant un
chien. Ceci fait en sorte que, si le projet
de loi venait à être adopté
tel quel, il n'y a rien qui
empêcherait Karim Jean-Gilles ou Franklin Junior Frontal, par exemple, d'aller
se procurer un berger allemand ou un autre
chien de grande race, le lendemain de l'adoption du projet
de loi, et je crois que personne ici
dans la salle ne serait à l'aise avec ça.
Recommandation 4,
ce serait de développer et financer des programmes d'éducation publics. Les
experts en épidémiologie, des morsures de
chien, en comportement canin et tous les groupes de travail qui se sont penchés
sur la question des chiens dangereux
le répètent, un programme d'éducation est un élément essentiel à toute réponse
efficace au problème des morsures de chien.
Et on parle de mesures spécifiquement destinées aux enfants et aux
propriétaires de chien. Donc, à notre avis, ça, c'est un élément clé qui
doit être mis en place.
Recommandation 5,
c'est l'accès à des services de
stérilisation, particulièrement pour les individus à faibles revenus et les
communautés autochtones. On sait que le fait, pour un chien, de ne pas être
stérilisé est un des principaux facteurs de risque quand on vient aux morsures canines. Les chiens mâles non
stérilisés sont responsables de 75 %
des morsures.
autre facteur de risque important est le fait de vivre sur une réserve, parce
que 40 % des décès occasionnés par les morsures de chien au Canada se sont produits sur des réserves, alors
que seulement 1,3 % de la population canadienne réside sur une réserve. Dans la même veine, on
sait qu'un enfant qui réside sur une réserve a 180 fois plus de
chances de se faire tuer par un chien qu'un
enfant qui ne réside pas sur une réserve. Et aussi récemment qu'en 2014 une
fillette de quatre ans a été tuée par
un chien dans une communauté autochtone au Québec. Pourtant, on n'en a presque pas entendu parler.
recommande donc que le gouvernement mette en place des mesures qui répondent à ces
problèmes et finance un programme
provincial de stérilisation pour les personnes à faibles revenus. Et aussi on
considère que le gouvernement doit absolument s'assurer que les communautés autochtones ont
accès à des services de stérilisation pour pouvoir contrôler leur
problème de surpopulation canine, qui est à l'origine des morsures qui
surviennent sur les réserves.
Recommandation 6, l'encadrement de
l'élevage et de la vente de chiens. On sait qu'un historique de
négligence et de mauvaise socialisation
représente deux des principaux facteurs de risque quand on parle de morsures
canines. Donc, évidemment, un
meilleur encadrement de l'élevage et de la vente est nécessaire. Et le but, ce
serait de s'assurer que ce soient
seulement les chiens qui sont sains à la fois au niveau de la santé physique et
du comportement qui puissent servir à la
reproduction, que tous les chiots au Québec reçoivent une socialisation
adéquate pendant la période critique de leur développement et aussi
s'assurer que toute personne qui acquiert un chien répond à certains critères
de base.
Notre septième et dernière
recommandation est de renforcer et d'appliquer de manière plus stricte la
législation en matière de bien-être animal.
On le sait, qu'un historique de négligence, un historique d'abus, d'utilisation
de méthodes d'éducation aversives
rend un chien plus susceptible de développer des comportements agressifs, et
c'est pour ça que le bien-être animal
et la sécurité publique sont intimement liés. Le gouvernement devrait donc
s'assurer d'une application stricte,
uniforme, assidue de notre législation en matière de bien-être animal. Et
aussi, compte tenu que les chiens gardés en permanence enchaînés à
l'extérieur sont plus susceptibles d'attaquer que ceux qui ne le sont pas, on
suggère au gouvernement de songer à
interdire la détention à l'attache en permanence des chiens, qui est
actuellement permise en vertu de nos lois provinciales.
Président (M. Auger) : Juste un instant. Le temps étant écoulé,
M. le ministre, est-ce qu'on peut permettre la fin de la présentation?
M. Coiteux :
Pour la conclusion, oui.
Le Président
(M. Auger) : O.K., excellent. Donc, Mme Gaillard,
effectivement, allez-y.
Mme Gaillard
(Sophie) : Donc, voilà pour nos principales recommandations. Et nous
couvrons de manière beaucoup plus détaillée
celles-ci dans notre mémoire. Vous y retrouverez également d'autres
recommandations un petit peu plus
techniques qu'on a choisi de ne pas aborder, étant donné les contraintes de
temps. Vous pouvez aussi vous référer au tableau comparatif législatif
qu'on vous a fourni. Merci beaucoup pour votre écoute.
Le Président
(M. Auger) : Merci beaucoup pour votre présentation. M. le
ministre, pour 15 minutes.
M. Coiteux :
Oui. Merci, mesdames, pour votre présentation, pour le mémoire que vous nous
avez amené aussi.
vais commencer par une question que j'ai posée au groupe précédent. On cite des
chiffres, on cite des études. Or, ce
qu'on constate, je pense, moi et l'ensemble des collègues ici, c'est qu'on
semble se lancer des contradictions plutôt que de nous éclairer davantage sur un consensus scientifique ou un
consensus sur les études. Comment vous expliquez ça, vous, de votre
côté, qu'il n'y ait pas consensus dans les études qui nous sont présentées?
Mme Devine
(Alanna) : Je vais répondre. Je vais juste commencer pour dire que je
suis anglophone, donc il est fort possible que j'oublie un mot d'ici là.
Donc, ma collègue va m'aider si jamais j'ai un manque de mots.
Donc,
effectivement, on a vraiment regardé, ça fait des années même avant ceci que
j'étudie cette situation-là, et j'ai
lu toutes, toutes, toutes les études disponibles. La réalité, c'est que les
études qui étaient citées pour parler qu'il y a certaines races plus dangereuses ou qui mordent plus fort viennent dans
deux catégories. C'est-à-dire, il y a des études — et il
y en a beaucoup — qui
disent : L'interdiction n'est pas efficace, qu'un chien n'est pas plus
dangereux... Ça, c'est des études qui
viennent des experts en comportement canin, des vétérinaires et des experts en
épidémiologie canine, puis vous pouvez toutes les consulter à
l'annexe 1.
Les deux autres
catégories viennent de deux côtés. Premièrement, il y a des études qui viennent
des docteurs humains, puis, pour nous, nous
croyons qu'il faut avoir une certaine prudence, de mise, en tirant des
conclusions de ces études-là, parce
qu'elles représentent plusieurs failles au niveau de la méthodologie employée
et les références citées. De leur
propre aveu — donc on
parle de chirurgiens humains — ils n'ont aucune expertise dans le
comportement canin, dans l'épidémiologie des morsures canines ni des
chiens.
Et, de plus, il y a
un sondage récent très intéressant que vous pouvez retrouver dans
l'annexe 8, une étude par Arluke et al. qui ont examiné 150 études
publiées par des professionnels du milieu de la santé se prononçant sur des questions non cliniques relatives aux chiens
dangereux et/ou des morsures de chien. L'analyse a relevé l'utilisation
d'un grand nombre d'informations erronées,
dont des erreurs factuelles claires et des statistiques inexactes, dans ces
publications, mettant en doute leur fiabilité.
Et, si je vous lis brièvement en anglais... Ça, ça
vient d'une de ces études. Les docteurs, ils disent : «We should
state that our study is limited by its retrospective nature and the
limited number of cases in which the breed of dog responsible for the
attack could be determined. This lack of information may
compromise the validity of our results implicating
the pit bull as a major culprit in severe dog bites admitted to our trauma
center.» Donc, je pense,
encore, les docteurs eux-mêmes
peuvent regarder les morsures, mais ils n'ont aucune expertise en ce qui concerne les chiens. Puis, si on
regarde en
annexe 8, l'étude d'Arluke puis une étude très intéressante du Dr Patronek qui regarde même les citations de cette
étude-là, on voit des grands problèmes au niveau de la méthodologie.
vous permettez, il y a juste une autre chose concernant les statistiques. Les statistiques, oui, elles existent, qui viennent même
du CDC, Center for Disease Control, et l'AVMA, aux États-Unis, qui étaient
citées hier par plusieurs groupes. Oui, ces statistiques montrent qu'il y a certains chiens et certaines races, notamment
les pitbulls et les rottweilers, qui
sont plus responsables pour des décès aux États-Unis. Par contre,
de leur propre aveu, ils expliquent que,
et ça, c'est du CDC, des mêmes études
du CDC et du AVMA... qu'on ne peut pas retirer de cette étude-là la conclusion
que certains chiens sont plus
dangereux que d'autres. Et dans leurs propres mots, et ça, ça vient de
l'étude : «Because of difficulties inherent in determining a dog's breed with certainty, enforcement of
breed-specific ordinances raises constitutional and practical issues. Fatal attacks represent a small portion of dog
bite injuries to humans and, therefore, should not be
the primary factor driving public policy
concerning dangerous dogs. Many practical alternatives to breed-specific
ordinances exist and hold promise for the prevention of dog bites.»
Puis eux, ils nomment que c'est impossible de
savoir, sans un registre provincial, le nombre exact de morsures qu'on a dans une province ou un État. Sans un
registre, c'est impossible de savoir la vraie population de chiens et
surtout la population de certaines races,
parce que la popularité de certaines races... Et je dis «races», mais
«pitbull», c'est un terme qui est
utilisé, maintenant, pour toutes sortes de chiens. Donc, quand on parle du
«modern-day mutt», c'est effectivement le
pitbull. Donc, la popularité des chiens avec poil court, avec des grosses
têtes, bien, ça augmente, ça descend. Et, si on regarde les statistiques par rapport aux mortalités, aux morsures, ça
suit exactement la tendance que la popularité de certains chiens change durant le temps. Mais il n'y a rien
dans ces études-là qui démontre qu'il y a un chien qui est plus
dangereux que d'autres au niveau du type ou de la race.
M. Coiteux :
Comment vous définissez, vous, la dangerosité? Parce que, si la dangerosité,
c'est la possibilité que le chien
morde ou la probabilité que le chien morde, c'est un aspect, mais est-ce que
vous considérez aussi les conséquences de la morsure elle-même,
lorsqu'un chien mord, en fonction de caractéristiques objectives de certains
chiens par rapport à d'autres?
Mme Devine
(Alanna) : Je pense que la science et, encore, l'OMVQ, AVMA, même le
CDC, ce qui est un facteur, c'est la taille du chien. Donc, plus qu'un
chien est grand, plus il y a un risque d'une morsure plus sévère. C'est certain, il y a d'autres facteurs importants que
je pourrai parler, au niveau de solutions à court terme, si vous me
permettrez, mais, au niveau du chien en
question, ce qu'on sait, c'est vraiment la taille du chien puis des facteurs...
Il y a des études aux États-Unis...
Encore, je vous amène à l'annexe 1, Patronek et al., Co-occurrence of
potentially preventable factors in 256 dog
bite-related fatalities . C'est
des chiens qui sont non stérilisés, des chiens gardés à l'attache, des chiens
qui ont un historique soit
d'agression ou être à large, c'est-à-dire avec des propriétaires non
responsables, ou des chiens qui sont soumis à des abus et mauvais
traitements. Donc, ça, c'est tous des «co-occurring preventable risk factors»
qu'on voit surtout, dans les études, des morsures qui amènent à des décès, aux
États-Unis, qui ont été étudiées par cet auteur-là.
M. Coiteux :
Mais néanmoins on a rarement entendu parler d'attaques d'épagneuls ou
d'attaques de labradors ayant causé
des blessures graves, voire même un décès. Alors, il y a certainement une part
de vérité, là, on ne peut pas dire
qu'il n'y a aucune part de vérité dans ceux et celles qui disent qu'il y a
certains types de chien, appelons-les races... Vous me dites qu'il y a souvent des croisements puis que c'est rare, les
chiens qui ont un code génétique en droite ligne, sans qu'il y ait eu des mélanges avec d'autres,
mais il y en a quand même, des catégories qui reviennent plus souvent
que d'autres. Pourquoi, par exemple, les
assureurs refusent d'octroyer une assurance de responsabilité à certains
propriétaires en fonction du type de chien? C'est parce qu'ils doivent avoir
des craintes qu'ils vont faire face à des réclamations extrêmement importantes.
Alors,
c'est pour ça que, quand moi, j'entends tout ça... J'entends votre point de
vue, mais j'essaie de le raccorder à
d'autres sources d'information qui sont importantes pour nous, comme
législateurs, là, pour prendre nos décisions et je ne suis pas capable de les raccrocher. Alors, je
me demande toujours : Est-ce que j'ai affaire à des clans qui
s'affrontent? Et est-ce qu'il y a moyen de vous réconcilier sur quelque chose
pour qu'on puisse avancer?
Mme Devine (Alanna) :
Mais est-ce que je pourrais répondre? Est-ce que j'en ai le temps?
M. Coiteux :
Oui, bien sûr.
Mme Devine
(Alanna) : Ce qu'on a vu, c'est vraiment intéressant, et encore moi,
je regarde d'une façon complètement nouvelle les nouvelles, parce qu'on voit un
biais médiatique très, très particulier parce qu'on veut dire qu'il y a un méchant chien puis on va régler le
problème avec ça. C'est un problème beaucoup plus complexe. Puis nous,
on a des exemples d'autres types de chien qui ont mordu, et ça ne vient jamais
dans les médias.
a un exemple. Nous, on reçoit des chiens qui ont mordu. À Verdun, il y a à peu
près six mois, il y a un chien qui
était identifié par le propriétaire comme golden retriever. Le chien a mordu un
visage d'un enfant, l'enfant a été amené à l'hôpital; zéro média là-dessus. Un autre exemple : en 2014, il y a
une fille de quatre ans qui a été tuée, au Québec, par un chien qui a été identifié par une race nordique.
Pas un
article dans les médias. Donc, il y a aussi une tendance des
médias de rapporter sur certains cas versus d'autres.
Puis
même on a eu l'expérience que, dès qu'un chien mord, on dit que c'est un
pitbull. Il y a un chien qui a mordu, un
cas, de Pepper, que vous pouvez regarder, je pense, c'est dans l'annexe 5,
où dans tous les médias ils disaient : C'est un chien de type pitbull qui était... c'était un
argument entre un couple, qui a été demandé... le gars a dit d'attaquer la
fille, la dame, c'est un pitbull. Nous, on
avait dit : C'est intéressant que le chien est amené chez nous. On a les
photos, on a fait des tests d'ADN.
Les médias n'ont jamais corrigé. Le chien, on avait fait des tests d'ADN, était
un mix de rottweiler, berger allemand et labrador.
Donc,
il faut aussi comprendre qu'il y a un vrai biais médiatique basé sur cette
crainte, cette peur qu'on a mise dans la communauté, qui n'est pas du
tout basée sur des aspects scientifiques, et les médias suivent ceci.
M. Coiteux :
Alors... J'ai combien de temps?
Le Président
(M. Auger) : Cinq minutes.
M. Coiteux : Alors, je vous
amène sur un terrain plus pratico-pratique, du moins je l'espère. Quelles sont
les normes d'encadrement qui seraient
susceptibles d'assurer la sécurité de la population, d'une part, puis de faire
en sorte qu'elle
se sente aussi en sécurité? Parce que les deux aspects sont importants, il faut
être en sécurité puis il faut se sentir en sécurité. Alors, quelles sont les normes minimales en deçà desquelles
il ne faudrait pas aller, que vous recommandez, vous, avec votre
expérience?
Mme Devine
(Alanna) : Bien, je pense que je vais juste, avec la limite de temps,
se pencher plus sur les solutions à court
terme, parce que, je pense, on a beaucoup entendu hier... de l'éducation, on
est d'accord, mais, je pense, l'idée, c'est qu'est-ce qu'on fait
maintenant.
La première chose, on est tout à fait d'accord,
il faut avoir une loi provinciale et il faut assurer que la loi provinciale est appliquée. Il ne faut pas oublier
que c'est fort possible que la tragédie qui a eu lieu, qui a amené où on
est aujourd'hui, si la réglementation
municipale était bien appliquée, aurait peut-être eu... évitée, parce que le chien
aurait déjà mordu, la police était au
courant, il y avait un règlement qui permettait la ville à agir, puis ils n'ont
rien fait. Donc, pour nous, c'est
certainement, pour commencer, encadrer les chiens qui démontrent un
comportement agressif ou dangereux et
d'évaluer avec certaines choses... ça peut aller jusqu'à l'euthanasie, mais
évaluer est-ce que c'est un port de muselière, est-ce que c'est des
cours ou est-ce que c'est l'euthanasie.
La deuxième
chose, et je pense que Me Gaillard l'avait mentionné, pour nous, il y a
certaines personnes, à cause du lien
entre le bien-être animal... mais aussi à cause de la négligence, qui ne
devraient pas avoir des chiens, des gens qui sont condamnés pour la cruauté animale, la maltraitance animale, que ce
soit sous le Code criminel, la loi provinciale ou même une loi municipale, et des gens qui sont
aussi condamnés pour la négligence criminelle, causer des lésions
corporelles ou la mort suite à un incident
impliquant un chien. Ces personnes-là, on est tout à fait d'accord, ne
devraient pas avoir de chien, peu
importe la race ou le type. Je pense qu'ils ont perdu le droit d'avoir... ce
n'est pas un droit, mais le luxe d'avoir un chien puis ils ne peuvent
pas causer de problème.
Pour nous,
aussi, je pense, au niveau de qu'est-ce qu'on fait maintenant, c'est
l'encadrer, la vente et la reproduction des chiens. Oui, il y a des personnes qui font de la reproduction
complètement irresponsable. On le voit, c'est nous qui gère notre département inspection et enquête, puis
ce qu'on voit, c'est des personnes complètement irresponsables, de
toutes sortes de grandes races, qui vont reproduire des chiens avec des problèmes
de santé, avec des problèmes de comportement.
Ils vendent ses chiots non stérilisés, et la problématique continue. Donc,
il faut absolument tout de suite encadrer ceci.
Puis,
dernièrement, la question de la stérilisation, pour les familles à faibles
revenus et surtout dans les communautés autochtones, on ne parle pas du tout de
cet enjeu-là, mais c'est comme si on a oublié ce majeur enjeu, que dans des communautés
autochtones il y a des grands
problèmes de surpopulation de chiens. La majorité des décès, au Québec, au
Canada, ont lieu sur des communautés autochtones, et c'est comme... on les a oubliées de cette
discussion-là. Donc, il faut viser ceci aussi.
Et, pour
nous, c'est des mesures à court terme à mettre en place avec la loi que vous
avez, que pour la grande
partie on
est d'accord. C'est vraiment des parties particulières, surtout concernant...
ciblant certains types ou races de chien, qui, pour nous, est
inefficace, il n'y a aucune base scientifique.
Le Président (M. Auger) :
1 min 30 s, M. le ministre.
M. Coiteux : Pour moi, ça va.
Je ne sais pas si j'ai un collègue qui voudrait poser une question.
Le Président (M. Auger) : M. le
député... Ça va? Oui, M. le député de Chapleau.
M. Carrière :
Merci de votre présentation. J'ai juste une question de précision sur une des
modifications que vous suggérez à la
page 22 de votre mémoire. Vous suggérez le retrait de l'obligation de
signaler la race ou le type de chien ayant
infligé une blessure. C'est quoi, l'objectif de ça? Je ne comprends pas qu'on
ne veut pas identifier la race du chien qui a fait...
Le Président (M. Auger) : En
une minute.
Mme Devine
(Alanna) : Ça, c'est
concernant le vétérinaire. Mais les vétérinaires eux-mêmes ont dit qu'ils
ne sont pas capables de déterminer si un
chien est un type ou non. Eux, ils comprennent que l'identification visuelle
n'est pas possible. Donc, c'est l'idée, si
les vétérinaires ne sont pas capables, et ne veulent pas faire de... ne veulent
pas signaler, et que l'identification
visuelle n'est pas fiable, que les vétérinaires ne devraient pas être obligés.
Et, si jamais ça devait être inclus, mais ça devrait
être vérifié avec les tests ADN et pas simplement l'identification visuelle.
Le Président (M. Auger) :
Merci. 30 secondes, M. le député.
M. Carrière : Bien, merci. Ça aurait été ma deuxième question,
au niveau de l'ADN, mais merci, vous y avez répondu.
Le Président (M. Auger) : Nous
allons maintenant poursuivre avec l'opposition officielle. M. le député de
Saint-Jean, pour 9 min 30 s.
M. Turcotte :
Merci, M. le Président. Merci à vous d'être présentes aujourd'hui.
Je voulais voir avec vous... Dans vos recommandations, vous mentionnez toute la question d'avoir un registre des morsures. J'aimerais ça peut-être que vous... Comment vous voyez ça, ce registre-là? Les gens qui ont subi une
morsure devraient déclarer ou c'est les médecins qui devraient le faire?
Comment vous voyez ça?
Mme Devine
(Alanna) : Bien, nous croyons
qu'il devrait y avoir une obligation de dénonciation de morsure avec des critères très spécifiques, donc pas juste,
encore, la race mais toutes des choses qu'on sait qu'elles peuvent amener
à mieux comprendre les morsures canines.
Parce qu'on a très peu d'information ici, au Québec, donc, la relation avec la victime et le chien, si le chien avait un
historique d'agression, si le chien avait déjà mordu, s'il y a
des informations, si le chien
a été maltraité, la façon que le chien a été gardé. Pour nous, ces informations devraient venir à un registre central à la province de Québec, idéalement le ministère de la Sécurité publique, pour avoir des vraies données, parce qu'un des problèmes,
c'est qu'il y a un grand manque de données, puis c'est la même situation
un peu en Ontario, pour déterminer quels sont les vrais
enjeux puis est-ce que les mesures qu'on a mises en place ont fonctionné.
Donc, pour nous, les
médecins certainement, les policiers, les vétérinaires, encore, il y a une question
de leur inquiétude d'être obligés de faire
ceci avec leur clientèle, les propriétaires de chiens, donc, oui, avoir une obligation de rapporter et avoir des obligations de détails pour avoir une meilleure
compréhension de ce qui encadre les morsures, pour voir est-ce que les
mesures qui ont été mises en place fonctionnent, sinon, bien, il faut évaluer...
et d'avoir un enjeu... Combien de morsures
est-ce qu'ils ont... où ils arrivent, c'est quoi, les âges des personnes
impliquées, on n'a aucune de ces informations parce qu'il n'y a aucun
registre provincial ici, au Québec, ni ailleurs au Canada.
M. Turcotte :
O.K. Parce que je regarde, là, votre documentation, je regarde les chiffres que
vous amenez, et il y a quand
même un écart assez impressionnant
entre les chiffres que vous amenez, en termes de nombre de morsures, là, liées à un chien de type pitbull versus à ce
qu'on est habitués de voir soit dans de la documentation de d'autres
personnes ou de d'autres organisations. Donc, est-ce que ce serait une explication? Parce que, là,
vous, vous prétendez qu'il y en a à peu
près 2 %, puis, bon, on entend
ailleurs un peu plus. Donc, comment que vous expliquez ça? C'est parce qu'il n'y a pas, justement, une obligation de... Vos chiffres
sont basés sur ce qu'on voit dans les médias, puis là, avec qu'est-ce
que vous avez amené, vous dites : Bien,
des fois, ce qui est dit, ce n'est pas nécessairement exact, et tout ça. Donc,
comment on peut documenter ça actuellement au Québec, là, combien qu'il y a de
morsures?
Mme Devine
(Alanna) : Mais c'est ça, même les statistiques des États-Unis, donc
des statistiques qui viennent du CDC,
AVMA, les statistiques qui étaient citées hier par d'autres groupes, disent qu'on
ne peut pas retirer des conclusions par rapport au pourcentage de races
qui ont mordu parce que, premièrement, on n'a aucune idée du nombre total de morsures. Deuxièmement, c'est impossible de savoir
même le nombre total de chiens dans la population et quel est le
pourcentage de certaines races dans la population parce que...
Même
si on regarde l'exemple de la ville de Montréal, c'est un bon exemple pour
expliquer la problématique, la ville
de Montréal dit : 40 % des morsures viennent des pitbulls, mais ils
représentent juste 3 % de la population. Où est-ce qu'ils viennent, le 40 % de morsures? Il n'y
a aucun registre à Montréal. Donc, oui, il y a certains cas dans les
médias, peut-être la police qui sont au
courant, mais aussi, de leur propre aveu, moins que 35 % des chiens ont
une licence. Donc, comment est-ce qu'ils savent c'est quoi, la
population au niveau des races des chiens?
c'est les mêmes problématiques qui sont dans... encore on parle des
«peer-reviewed studies» utilisées pour parler quelles races sont
impliquées dans des morsures. Ils expliquent : Voici les failles dans nos
études.
Donc,
nous, on n'a jamais dit : Une race, tel pourcentage, versus d'autres. Tout
ce qu'on a, c'est les informations qui manquent et de dire que, selon
les décès — ça,
c'est la seule chose — et
les hospitalisations, qui peuvent être vérifiés,
voici les informations qu'on a. Et on dit toujours : Un chien identifié
comme... parce que, sans test d'ADN, c'est impossible de le savoir
exactement. Et même à ça il y a des débats : Mais, si un chien est
80 % caniche puis 20 % Staffordshire
terrier, est-ce que c'est un pitbull ou est-ce que c'est un caniche? Impossible
à dire. Mais ça, c'est tout... Vraiment,
je vous dis, pour cette question-là, regardez dans l'annexe 1 l'étude de
Sacks et al., qui est très intéressante, qui parle... Le titre,
c'est les chiens... Breeds of dogs involved in fatal human attacks in the
United States . Puis il y a
toute une
section qui explique très bien la
problématique de retirer des conclusions concernant une race qui est plus
dangereuse ou autres et la
problématique, sans un registre vraiment fiable et une idée de la vraie
population canine dans un certain endroit, de retirer des vraies
conclusions de ceci.
M. Turcotte :
O.K. Mais, dans votre document, vous mentionnez des chiffres. Comment vous,
vous amenez des chiffres, dans ce cas-là?
Mme Devine
(Alanna) : Mais on a...
M. Turcotte :
Puis vous avez mentionné un certain nombre, tantôt, là, dans votre présentation
aussi. Je crois que vous avez dit, je crois, que... 16 cas, là, dans les
dernières années, tout ça. C'est documenté dans les médias, c'est...
Mme Devine
(Alanna) : Les statistiques, donc, ça, ça vient des...
M. Turcotte :
...voir...
Mme Devine
(Alanna) : Celles-là? Oui,
bien, ces statistiques-là viennent... Il y a une étude qui s'appelle Co-occurring ... Encore, eux, ils parlent aussi qu'ils ne sont pas au courant de toutes
les morsures, mais il y a une étude qu'ils ont regardé plus que 250 cas, des
décès, qui ont amené à des fatalités, puis ça, c'est les informations qui
viennent de ceux-ci, que... ceux qu'ils ont
étudiés. Donc, ils parlent... Quand même, de savoir si un chien est non
stérilisé, c'est objectif. Le
problème à la base, au niveau de la race, c'est l'identification visuelle, le
fait qu'il y a beaucoup de chiens qui sont un mixte de 20 différents types et qu'on n'a aucune idée de la
population. Ça, ce n'est pas basé c'est quoi, la population en général des chiens. Et les questions de décès,
bien, c'est facile parce qu'on regarde des rapports de coroner. Dans
tout ce qui est hospitalisations et
coroners, on a des vrais documents. Mais, par rapport aux statistiques, c'est
très, très difficile sans avoir un
registre. Et, pour nous, c'est la raison que c'est tellement important que ceci
soit inclus dans le projet de loi provincial.
M. Turcotte :
O.K. Vous avez abordé tantôt la question, bon, de la ville de Montréal, mais on
pourrait élargir plus largement. Je
comprends que vous êtes davantage sur le territoire de la ville de Montréal.
Mais la présence ou non de SPA ou de
SPCA dans certains endroits du territoire québécois, est-ce que, selon vous, ça
peut avoir un impact ou c'est plus
difficile pour certaines municipalités d'appliquer une réglementation? Parce
que vous dites : Dans le cas, bon, qui est malheureux, qu'on connaît, la ville avait des informations, le service
de police, etc., aurait pu intervenir. Dans une petite municipalité ou dans des villes moins grandes que
Montréal, où les ressources sont peut-être moins présentes puis qu'il n'y a pas, à
part le service de police, d'organisme
qui peut assurer un certain contrôle des chiens ou des animaux
domestiques, etc., est-ce que, selon vous, ça peut avoir un impact?
Mme Devine
(Alanna) : C'est une question
un peu difficile à répondre dans le sens que, nous, par exemple, à Montréal, ce n'est pas nous qui fait l'application de la réglementation municipale. On donne... C'est nous qui va accueillir...
Turcotte : Mais je
parle en termes, entre autres, de prévention, ou d'accompagnement, ou de... Il
y a une certaine surveillance, quand même,
qui peut se faire, là. Quand on est informés qu'il y a un chien qui peut
être dangereux, puis tout ça, vous avez une certaine expertise, quand
même, là. Donc, vous intervenez, là.
Mme Devine
(Alanna) : Certainement. Je pense, dans les plus petites, encore, et je pense
que la fédération des municipalités
québécoises a parlé hier... c'est quand
même important pour nous qu'il y ait quand même une loi provinciale, et il
faut avoir des ressources,
à certains moments, que ce soient des ressources humaines ou peut-être financières,
pour accompagner ces personnes-là. Si on
parle de mesures plus à long terme, oui, l'éducation, etc., mettre l'argent sur ces programmes-là,
mais, si on parle d'une façon à court terme, il y a quand même
des façons... Il y a toujours... Il y
a une obligation pour chaque municipalité d'avoir ce qu'on
appelle un «dogcatcher», mais, quand
même, de faire des formations basées... on est toujours ouverts de faire des formations
côté juridique, côté pratique. On le fait même avec les agents
de la ville de Montréal, de comment agir dans des cas où il y a
un chien qui agit d'une façon... a des comportements agressifs, quoi
faire s'il y a un propriétaire qui maltraite leur animal, etc. Mais j'avoue
que, c'est vrai, c'est quelque chose qu'il faut y penser, mais c'est un enjeu d'avoir une loi
provinciale en général, pas juste les petites parties sur lesquelles on
a des inquiétudes, mais c'est un plus grand, je pense, enjeu que les gouvernements
doivent regarder au niveau d'une loi provinciale partout dans le Québec.
Turcotte :
...pas nécessairement d'une réglementation municipale, mais, une présence
d'organisations ou un service plus
spécialisé dans la question des animaux, ce n'est pas toutes les municipalités
ou les villes du Québec qui ont cette
présence-là, ça peut avoir peut-être un impact. Mais on aura d'autres
occasions, je pense que je n'ai plus de temps.
Mme Devine (Alanna) : Je pourrais
juste dire...
Président (M. Auger) : Merci. Désolé, nous devons poursuivre avec le
deuxième groupe d'opposition. Pour les six prochaines minutes et 30
secondes, Mme la députée de Mirabel.
D'Amours : Merci, M. le Président. Bonjour, mesdames. Je veux revenir
sur ce que vous avez mentionné tout à l'heure au sujet du docteur,
chirurgien plasticien, là, qu'il y avait une étude...
Je veux vous
rassurer avant que, comme législateurs, là, on écoute les médias. Souvent, les
médias nous apportent beaucoup
d'information. Mais, quand on est sur un projet de loi, on fait aussi notre
travail puis, je pense que tous les députés ici peuvent le dire, là, on
lit les études.
Je reviens
aux docteurs. Si... Vous avez mentionné que les docteurs n'avaient probablement
pas d'expertise en termes de comportement de chien. Je vais être
d'accord avec vous. Par contre, ce que j'ai lu, moi, c'est que ce qu'ils disaient, et je vais prendre leur expertise, c'est
que les morsures de pitbull étaient beaucoup plus graves que d'autres
sortes de chien. Alors, moi, je me fie à son
expertise pas parce qu'il est en comportement animal, mais parce que ça a un
impact vraiment important sur le corps humain, ça a un impact vraiment
important pour la société.
Alors, il
faut regarder les deux côtés. M. le ministre vous l'a demandé. Comment on peut
faire pour que vous soyez en accord?
Tu sais, je vous entends, en disant que ce ne sont pas des experts canins, mais
il faut quand même penser que c'est
des experts en corps humain puis qu'il y a une recherche qui a été faite. Puis
je me fie à leur... — voyons,
je ne le dirai pas! — leur
expertise. Alors, est-ce que vous êtes d'accord avec moi?
Mme Devine
(Alanna) : Avec tout respect, non. La réalité, c'est que, si on
regarde encore... Et je vous invite vraiment
de lire deux articles dans l'annexe 8, c'est l'étude d'Arluke et Patronek,
qui expliquent que, par exemple, une étude des chirurgiens humains Bini et al.,
premièrement, dans les études, dans 70 % il n'y avait aucune race
indiquée; dans les 30 autres pour cent,
il n'y avait aucune validation de race. Donc, eux, ils ne peuvent pas dire, en
regardant une morsure : Cette
morsure vient d'un pitbull. Puis eux, ils se fiaient soit sur des rapports du
contrôle animalier ou des fois de la victime,
puis, on sait, à la base l'identification visuelle est impossible. Et, avec ce
qu'on a dans les médias, dès qu'un chien mord et qu'il a le poil court, on dit : C'est un pitbull, mais la
réalité, c'est que ces races pures là existent très peu dans la société. On parle de chiens... Encore, moins de
1 % de l'ADN d'un chien est dans l'apparence physique. Donc, un
chien peut avoir l'air d'un caniche, mais,
si on fait un test ADN, c'est 80 % un Staffordshire terrier. Donc, c'est
impossible de dire que ces
chirurgiens-là, sans faire des tests d'ADN, qu'ils n'ont pas faits, peuvent vraiment
savoir c'est quoi, la race du chien qui était impliqué dans ces morsures-là. Et
c'est une des grandes failles dans toutes ces études-là. Puis de leur même
propre aveu, ils ont admis qu'il y a des problèmes.
Le Président (M.
Auger) : ...Mme la députée.
Mme D'Amours :
Merci. Écoutez, j'ai lu votre rapport... votre mémoire. Ce qui m'a sauté aux
yeux, là, c'est le nombre d'animaux
errants et abandonnés par année. On a un sérieux problème, au Québec, quand je
vois ça. Je m'aperçois qu'on a perdu
le contrôle. Puis je me demande même : Est-ce qu'on l'a déjà eu? Et est-ce
que c'est une des raisons, vous pensez,
qui nous amènent aujourd'hui à avoir un projet de
loi sur les chiens dangereux?
Parce que, bien, depuis hier, on entend...
Je vais prendre juste les deux, vous et le groupe avant qui nous ont présenté
leurs mémoires, jamais vous n'avez parlé
d'éleveurs. Jamais vous n'avez mentionné que peut-être ce serait bien que,
lorsqu'on fait un achat de chien... Je veux bien qu'on pense qu'on vend le chien à une bonne personne, mais
l'éleveur doit aussi savoir le comportement de son chien qu'il vend. Puis est-ce qu'il va le vendre... À
quelqu'un qui reste à Montréal, au quatrième étage, est-ce qu'il va lui
vendre un gros bouvier bernois? Avec la loi
qu'on s'est dotés, est-ce que ça ne devrait pas être un point de départ? Ça,
c'est une chose. Mais, pour que la
loi soit appliquée puis qu'on ait un résultat, ça va prendre des années. En
attendant, le projet de loi que le
ministre dépose... Puis, je dois lui dire, l'histoire de mettre une race de
chien dangereux par règlement, ça lui donne la latitude de mettre le
chien, mais ça peut aussi lui donner la latitude, lorsqu'on aura des données,
qu'il peut l'enlever. Un règlement, ça peut
bouger. Mais on travaille, là, maintenant, pour des chiens dangereux. Alors,
moi, je voyais cette façon de faire...
une opportunité pour régler un problème qu'on a maintenant, à la lueur des
chiffres que vous avez dans votre mémoire, versus plus tard. Mais, en
attendant, il y aurait probablement un gros travail à faire.
Mme Devine
(Alanna) : ...le temps de répondre? Bien, je suis tout à fait
d'accord. Encadrer l'élevage et la vente de chiens, pour nous, c'est une
des recommandations majeures. C'est un mégaproblème. On le voit partout avec
nos services d'inspection, des personnes qui
n'ont aucune compétence, qui font ça juste pour l'argent. Et, pour le
moment, il n'y a rien que des gens qui ont même des chiens avec des
comportements inquiétants de toutes différentes sortes et races... peuvent reproduire leurs chiens. Donc,
pour nous, il faut avoir un encadrement strict pour ces personnes-là, et
ce serait faisable de le faire dans le
contexte d'une loi provinciale. C'est-à-dire tous les chiens doivent être
stérilisés, sauf si vous avez un
permis de faire de l'élevage. Pour avoir un permis d'élevage, vous devrez avoir
une lettre de votre vétérinaire et que votre chien soit enregistré,
vacciné, etc. Sinon, votre chien devra être stérilisé.
Pour
nous, ça, c'est comme une raison non seulement au niveau de surpopulation, avec
encore 260 000 chiens abandonnés
par année, mais aussi pour encadrer le problème de lien entre bien-être puis sécurité
du public. Les chiens non socialisés,
gardés en enchaînement en permanence, abusés, négligés, entraînés avec...
«punishment, abuse, poor training», punissement,
sont tous reliés à amener un chien à devenir agressif. Si des personnes qui
vont faire ces choses-là ne peuvent pas
reproduire leurs chiens, bien, on va faire beaucoup d'avance sur le problème de
surpopulation mais aussi sur la grande problématique du lien entre le
bien-être et la sécurité. Donc, on appuie à 100 % que c'est quelque chose
sur lequel le gouvernement devrait travailler tout de suite.
Président (M. Auger) : Désolé, c'est tout le temps que nous
avions. Donc, Mmes Devine et Gaillard, merci beaucoup pour votre
participation aux travaux de la commission.
Je dépose la
présentation, justement, de la SPCA de Montréal.
Et la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à
12 h 40)
Le Président
(M. Auger) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des institutions
reprend ses travaux. Je demande, les personnes dans la salle, de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est
réunie afin de procéder aux consultations particulières et auditions publiques
sur le projet de loi n° 128, Loi
visant à favoriser la protection des personnes par la mise en place d'un
encadrement concernant les chiens.
Nous entendrons cet après-midi
les organismes suivants : premièrement, le Club canin canadien, secteur Québec,
le Conseil canadien de la législation canine, les Centres d'adoption d'animaux
de compagnie du Québec et, finalement, l'Association canadienne des médecins
vétérinaires.
Je souhaite maintenant la bienvenue
aux représentants du Club canin canadien, secteur Québec. Je vous
rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre présentation. Par la suite, il y aura une période
d'échange avec les trois groupes parlementaires.
Dans un premier temps, bien vouloir vous identifier, et par la suite vous
pourrez commencer votre présentation.
Mme Trottier (Lise) : Parfait. Alors, bonjour. Merci, M. le ministre,
de nous recevoir ici aujourd'hui et merci aux membres de la commission
pour votre intérêt à ce projet de loi.
nom est Lise Trottier. Je suis éleveur de setters anglais depuis 35 ans.
Je suis membre à vie du Club canin canadien.
J'ai été mairesse de 2009 à 2015 à Saint-Jacques-le-Mineur, petite municipalité
dans le magnifique comté de Huntingdon.
Je suis accompagnée de M. Serge Bilodeau, éleveur de bouviers des Flandres
depuis 20 ans. Membre du Club
canin canadien depuis 20 ans, M. Bilodeau est actuellement conseiller
municipal pour un deuxième mandat dans la municipalité de Petite-Rivière-Saint-François, dans le magnifique comté
de Charlevoix. Au nom du Club canin canadien, merci de nous donner la
possibilité de vous présenter notre point de vue.
Établi
en 1888, le Club canin canadien, le CCC, est un organisme national à but
non lucratif fondé sur le principe de l'adhésion et constitué en vertu
de la
Loi sur la généalogie des animaux, loi fédérale relevant d'Agriculture et
Agroalimentaire Canada. Le CCC maintient un registre de 175 races
distinctes de chiens de race pure officiellement reconnus comme tels.
CCC compte environ 20 000 membres individuels et plus de
600 clubs de race à travers le Canada. Il enregistre les chiens de race pure et réglemente les
expositions ainsi que les événements de performance. Il se prononce
également sur les grandes questions de responsabilisation des propriétaires de
chiens ainsi que sur la santé et le bien-être des chiens partout au Canada.
Le CCC
encourage et sauvegarde les intérêts des chiens de race pure au Canada, tout
comme ceux des propriétaires responsables
et des bons éleveurs. Le CCC contribue à parfaire les connaissances de tout un
chacun sur les bienfaits que les chiens peuvent apporter à la société
canadienne.
Le Club canin
canadien est en faveur d'une loi bien conçue, qui permettrait de protéger la
communauté et ses citoyens en ciblant les
propriétaires irresponsables et tout chien qui affiche un comportement
dangereux. Nous sommes conscients des inquiétudes liées à la sécurité
publique.
CCC et ses membres se joignent au Québec pour condamner les attaques de chiens
méchants. À cet égard, le CCC
félicite le gouvernement du Québec pour faire de la responsabilisation des
propriétaires de chiens l'objet de cette loi.
Cependant, le Club
canin canadien n'appuie pas les dispositions du projet de loi n° 128 qui
visent des races spécifiques de chien.
Comme l'ont
probablement exprimé de nombreux intervenants ces deux derniers jours, dans de
mauvaises circonstances, n'importe quel
chien peut mordre. Par conséquent, ce n'est pas en ciblant une race ou une
famille de races en particulier que
nous garderons les citoyens en sécurité. Cela ne fournira pas de cadre
législatif solide pour l'application de
la loi ni ne permettra de soutenir les municipalités, qui, au bout du compte,
devront appliquer la loi et la faire respecter.
n'a jamais été prouvé qu'une race de chien en particulier est intrinsèquement
agressive. D'ailleurs, de nombreuses études
l'ont démontré : un chien agressif, cela n'existe tout simplement pas. Un
comportement agressif est en général la conséquence d'influences extérieures telles que l'absence de
socialisation, le manque de dressage, l'abus ou le dressage lui-même.
titre d'experts, au Club canin canadien, nous reconnaissons que n'importe quel
chien peut montrer des tendances agressives dans un mauvais concours de
circonstances. D'ailleurs, tous les règlements qui régissent nos événements comportent des dispositions à l'égard du
comportement agressif, y compris un processus d'exclusion permanente. Le
CCC prend très au sérieux l'agression de la part d'un chien.
outre, il y aura une diminution de la vigilance, car les mesures législatives
proposées donneront au public la fausse
impression que la question de sécurité vis-à-vis des chiens est réglée, donnant
ainsi l'illusion de niveau de confort
non justifié. Les résidents du Québec qui connaissent peu les chiens auront le
sentiment que les chiens non interdits ne montrent pas d'agressivité, si
bien que les citoyens n'useront pas de prudence dans leurs rapports avec les
chiens en général.
Présentement,
le Club canin canadien reconnaît et maintient un registre de 175 races
distinctes de chiens de race pure,
mais il existe de nombreuses races de plus grande taille et plus puissantes que
celles visées par le projet de loi n° 128. Ce n'est pas en supprimant
les races les plus puissantes accessibles aux personnes mal intentionnées que
le projet de loi n° 128 protégera les
citoyens, car ces personnes mal intentionnées se débrouilleront pour trouver
d'autres chiens à utiliser comme menace ou dans une intention
malveillante.
Qui,
en vertu du projet de loi n° 128, sera chargé de l'identification d'une
race de chien? Quel système garantira l'identification
exacte des chiens réputés potentiellement dangereux? On sait que
l'identification visuelle d'une race, surtout dans les cas de races croisées, est presque impossible et surtout peu
fiable, contrairement à l'enregistrement méthodique et à l'identification des chiens de race pure dans
un registre comme celui du Club canin canadien. Chaque chien de race pure
au Canada enregistré au Club canin canadien est identifié de manière unique par
un tatouage ou une micropuce.
tant que bureau d'enregistrement principal, le CCC maintient un registre dans
lequel sont inscrites 175 races. Or, le pitbull n'en fait pas partie. Aucun pays ne reconnaît le pitbull.
Aucune race pitbull n'existe, contrairement à ce qui est indiqué dans le
projet de loi n° 128. Un pitbull n'est pas une race définissable. Les
chiens que les médias et le public appellent
génériquement pitbulls sont issus de croisements faits au hasard et,
contrairement aux chiens de race pure, ils n'ont pas d'antécédents génétiques prévisibles ni de caractéristiques
distinctes constantes. Aucune association de race au Canada reconnue par
Agriculture et Agroalimentaire Canada n'inscrirait ces races croisées dans ses
registres.
Ce qui différencie un chien de race
pure d'un chien de race croisée. Les quatre races stipulées dans le projet n° 128 — bull-terrier du Staffordshire, terrier
américain du Staffordshire, pitbull terrier américain et rottweiler — sont des chiens de race pure issus d'élevages responsables, encadrés et
contrôlés par des bureaux d'enregistrement qui appuient les pratiques d'élevage éthique. Ces éleveurs
respectent les normes de l'industrie lorsqu'ils répondent aux demandes
des acheteurs de chiots. Ils préconisent la
création de contrats de stérilisation. Ils éduquent les acheteurs de chiots en
matière de développement du chiot et de
modification de son comportement. Ils préconisent la socialisation du chiot et
sa participation à des concours
d'obéissance. Ces éleveurs sont tenus d'identifier de manière unique chaque
chiot qu'ils produisent. Chaque chien de race pure au Canada enregistré
auprès du Club canin canadien doit être identifié de manière unique.
Les éleveurs du Club
canin canadien sont liés par un code de pratique — voir l'annexe C — et un
code de déontologie —
annexe E. Si des éleveurs ne respectent pas
ces normes, ils sont sanctionnés par les bureaux d'enregistrement dont
ils relèvent ainsi que par leurs clubs de race et leurs pairs.
Un chien de race pure
qui arrive dans un foyer fait l'objet d'un contrôle et d'un encadrement. Les
éleveurs sélectionnent minutieusement les
acheteurs potentiels. En fait, ils refusent plus d'acheteurs qu'ils n'en
acceptent en tant que foyer capable
de répondre aux exigences rigoureuses qu'impose la possession d'un chiot. Nous
reconnaissons que certaines personnes
ne devraient pas posséder de chien. D'ailleurs, nous donnons des conseils
appropriés aux personnes qui nous consultent.
L'élevage de chiens
est notre passion. C'est le fruit de nombreuses années de soins, d'engagement,
d'étude, d'analyse, de recherche et
d'éducation. Comme c'est le cas pour bien des choses dans la vie, les éleveurs
ne partent pas avec les mêmes
chances. Les établissements commerciaux produisent de nombreuses races
uniquement pour en tirer des profits. Ils
vendent les chiots aux animaleries, qui ne disposent pas de l'information
nécessaire sur la race. Ils ne sont pas en mesure d'offrir du mentorat ou des conseils détaillés sur
les chiots qu'ils vendent, ni même de sélectionner les acheteurs
potentiels. Il y a aussi les personnes bien
intentionnées mais mal informées qui achètent une chienne non stérilisée et qui
décident de la laisser avoir une portée pour
donner à leurs enfants l'occasion de voir le miracle de la naissance. Ces deux
groupes ont des motifs différents de
ceux des éleveurs dont nous avons parlé plus tôt. Ils sont moins bien informés,
soit à cause du volume des chiots
qu'ils produisent, soit en raison du manque de volume qu'ils produisent. Par
conséquent, ils ne sont pas en mesure de soutenir correctement ceux qui achètent
leurs chiots. C'est souvent le cas... C'est souvent là que surviennent les problèmes et c'est là où le
renforcement des contrôles de la production animale aurait un effet positif
sur la réduction du nombre de chiens non désirés.
chiens ne sont pas nés dangereux. Certes, la maladie peut parfois rendre un
jeune chien menaçant, mais les propriétaires
et les vétérinaires qui s'occupent des chiens sont en mesure de s'en
apercevoir, si bien que des conseils adaptés peuvent alors appuyer les décisions à prendre à cet égard. Les chiens
dangereux sont créés par leurs propriétaires. Cette situation est parfois intentionnelle, surtout dans
les cas de chiens qui sont formés au combat ou qui sont incités par des propriétaires aux intentions malveillantes à adopter
un comportement agressif. Les chiens sont dangereux s'ils ont mordu, s'ils ont attaqué ou poursuivi sans provocation
une personne ou un animal de compagnie ou bien s'ils ont été acquis à
des fins de combat. Les municipalités
doivent pouvoir imposer des peines appropriées aux propriétaires et
responsables des chiens dangereux.
C'est pourquoi le CCC
préconise l'imposition de sanctions sévères aux propriétaires irresponsables de
chiens dangereux. Nous préconisons
l'obligation de posséder un permis pour chien et l'application rigoureuse des
réglementations sur l'obligation de tenir le
chien en laisse. Nous préconisons des programmes de sensibilisation et
d'éducation du public et des élèves dans les écoles. Nous préconisons la
stérilisation de tous les chiens non destinés à la reproduction. Nous
préconisons une réglementation plus rigoureuse sur la vente et le transfert de
propriété d'un chien. Nous préconisons l'identification
universelle des chiens par tatouage ou par micropuce. Nous préconisons le cantonnement
de tous les chiens dans un lieu
contrôlé, aucun chien ne devrait être laissé en liberté. Enfin, nous sommes
favorables à des peines plus sévères pour toute infraction à l'ensemble
de ce qui précède.
Le CCC encourage
la responsabilisation des propriétaires de chiens en mettant en place des
programmes d'éducation et de sensibilisation
comme le programme Bon voisin canin du CCC, qui est une initiative nationale
qui vise à sensibiliser le public
quant aux responsabilités qui incombent aux propriétaires de chiens. De plus,
près de 20 000 membres du
CCC agissent comme ambassadeurs en éduquant les nouveaux et futurs
propriétaires de chiens sur le dressage, le bon comportement canin, la
santé et le civisme.
CCC collabore avec les assemblées législatives des provinces de la Colombie-Britannique et de l'Ontario en matière de responsabilisation des propriétaires et
en matière d'élevage de chiens. Nous souhaitons également collaborer avec vous pour réitérer le rôle des chiens
dans la société. Nous souhaitons vous apporter notre aide pour créer une législation qui reflète notre expérience mondiale
afin d'offrir aux résidents du Québec une loi qui améliore leur sécurité.
Travaillons ensemble pour collaborer à un projet de loi raisonnable,
exécutoire, abordable et non discriminatoire, qui améliore la sécurité des
citoyens du Québec.
Pour
terminer, le CCC s'oppose vivement à toute législation ciblant des races
spécifiques et vous demande de retirer les articles 17, 19 et 20 du
projet de loi. Merci.
Président (M. Auger) :
Merci beaucoup pour votre présentation. Nous allons maintenant
débuter les échanges. M. le ministre, vous avez 14 minutes.
M. Coiteux : 14 minutes. Merci, M. le Président. Merci, Mme Trottier, pour la présentation. Merci aussi, M.
le maire. Vous êtes maire, hein? Non?
Une voix : ...conseiller.
M. Coiteux :
Conseiller. M. le conseiller, donc.
Mme Trottier (Lise) : Peut-être
un futur maire, on verra.
M. Coiteux : Oui. M. le conseiller. Je suis désolé. Mais
depuis un certain nombre d'années, donc, ce n'est pas depuis les
élections de novembre dernier.
Mme Trottier (Lise) : C'est son
deuxième mandat.
M. Coiteux : Deuxième mandat.
Voilà. O.K. J'aurais dû tout noter ça.
Je vais
commencer de la façon suivante parce
que, depuis hier, on nous présente un
certain nombre de statistiques, on
nous présente un certain nombre d'études et on nous présente aussi des
affirmations assez catégoriques, dans certaines circonstances, qui laissent croire qu'il y a vraiment,
là, tout un background, là, scientifique solide derrière les arguments qui nous sont présentés. Puis vous nous avez
dit : Écoutez, ça n'existe pas, un chien dangereux à moins que ce soit
lié, finalement, à comment il a été élevé,
quel a été le comportement de son propriétaire. Or, hier, puis ce n'est pas
pour vous mettre en contradiction,
c'est pour vous entendre sur le même sujet, l'ordre des vétérinaires, qui a
ouvert les consultations, bien qu'il
soit en accord avec vous sur certaines dispositions qu'il ne souhaiterait pas
voir dans le projet de loi, a quand même
admis qu'il y avait une part de génétique dans des comportements
de type... des comportements de prédation, on nous a parlé de ça, donc
sous-entendu, donc, qu'il y a une prédisposition génétique chez certains chiens
à avoir un comportement d'attaque qui met en
danger la sécurité des personnes. Et, quand je vous entends, c'est comme si ça
n'existe pas, cet aspect-là, c'est comme si
vous l'évacuez, vous l'évacuez complètement. Vous êtes absolument convaincus qu'il n'y
a aucune disposition génétique qui peut amener un chien à avoir un comportement
agressif et dangereux pour la population?
Mme Trottier
(Lise) : Écoutez, il peut...
C'est sûr que certains chiens ont été créés pour avoir soit un contrôle sur la protection ou des chiens de garde. C'est
sûr que dans leur génétique ils ont cette influence-là. Mais, vous
savez, nous, on est des éleveurs, en plus,
de chiens, et ce qu'on veut vous démontrer ici, c'est que les chiens qui sont
encadrés par le Club canin canadien... Bien
là, je déroge de votre question, là, parce
que je ne suis pas une généticienne.
Donc, je vais vous avouer clairement
que vous pourrez plus vous fier aux vétérinaires que moi. Mais, nous, ce que
l'on dit, c'est que les chiens qui sont élevés par des éleveurs
consciencieux, on connaît nos races, on sait qu'un chien peut être de protection, qu'un chien peut être de garde, mais
qu'il est de la responsabilité de ces éleveurs-là... et qu'ils ont des
critères déontologiques, et qu'on doit
surveiller la santé, qu'on doit surveiller le tempérament, qu'on doit
surveiller plein de trucs avant d'accoupler nos chiens.
Donc, quand
on produit nos chiens, quand on fait l'élevage de nos chiens, on doit s'assurer
que, même s'ils ont été élevés pour
la... qu'ils ont été produits... qu'ils ont une tendance pour la garde ou la
protection, ils ne seront pas dangereux
pour la société. C'est sûr que nous,
les éleveurs du Canadian Kennel Club, on se doit de produire des chiens qui
ressemblent le plus à nos races possible dans le respect de ce qu'est la race,
mais un éleveur du Canadian Kennel Club ne produira jamais de chien,
volontairement, qui va être pour l'attaque et qui va attaquer des citoyens. Ça,
ce serait inadmissible.
C'est de là
que, quand on voit que le projet de
loi bannit quatre races, parce que, pour nous, le pitbull n'est pas une race, on se dit que c'est d'envoyer un mauvais message à
la société. Les éleveurs du Club canin canadien, et quelles que soient les 175 races, on est tous
conscients, du chihuahua, au doberman, au bouvier des Flandres, au setter
anglais, aux races que vous avez nommées, qu'il faut être précautionneux sur le
tempérament de nos chiens. Un chien restera toujours
un chien. Un setter anglais, c'est un chien de famille, c'est un chien
d'enfants, mais moi-même, quand j'en vends, je dis au client : Faites attention, vous ne laissez pas un bébé
d'un an, ou deux ans, ou 18 mois tirer le poil d'un setter anglais,
même s'il accepterait de se laisser tirer le poil. Les membres...
Ce que je veux
aussi faire comprendre à la commission, c'est qu'il existe en ce moment, au
Québec, trois problématiques. Vous
avez la problématique — bien, vous l'avez identifié comme problématique — de ces quatre races de chien pure race là. Pour nous, ce n'est pas une
problématique. Au contraire, les éleveurs sont régis par un code
d'éthique, et on se doit d'éduquer la population, de produire les meilleurs
chiens possible, dans les meilleures conditions
possible, par les tests de santé. Un éleveur encadre son élevage, un éleveur
fait un petit élevage. Donc, on est là pour
répondre aux besoins du citoyen. Quand on va dans des expositions canines, on
passe nos journées à répondre à des questions.
Même si ce n'est pas pour notre race, on dit aux gens : Faites attention
où vous l'achetez, allez voir les parents, il faut que vous fassiez des tests de tempérament, soyez allumés,
regardez où vous l'achetez. En tout cas, on guide les gens. Et c'est
notre rôle, autant que les éleveurs de ces quatre races-là, d'éduquer les
citoyens et d'avoir pris en charge le
développement de ces races-là qui sont reconnues depuis des centaines d'années.
C'est notre rôle. Il y a 100 ans, le setter anglais a été créé, et
je travaille à ce que dans 50 ans, là, ce soit aussi bon.
La deuxième
problématique que l'on a, au Québec, ce sont les gens qui s'improvisent des
éleveurs, les gens, comme on l'a
dit dans le mémoire... les gens qui vont le faire pour l'argent. On en a
combien, au Québec, qui font ça pour l'argent? Vous n'auriez pas d'idée. Monsieur, madame ont une chienne, le voisin a
le mâle, ils vont accoupler ça, ils vont avoir huit chiots, ils viennent vendre ça 1 000 $, on vient de faire
8 000 $. Il n'y a aucun test de santé, aucun test de
tempérament. Il n'y a aucun encadrement du
client, il n'y a aucun service après-vente, il n'y a rien de ça. C'est une
énorme problématique, au Québec. Et
c'est pour ça que ça se retrouve, bien souvent, avec des problèmes de tempérament,
parce que ces chiens-là de M. et Mme
Tout-le-monde sont tellement mal encadrés que les gens ne sont pas guidés dans
le mauvais tempérament ou comportement que leur chiot pourrait avoir.
Et il y a aussi les gens qui sont mal
intentionnés, qui élèvent leurs chiots pour l'attaque et qui sont
malveillants. Ça, c'est une autre problématique.
on a aussi les usines à chiots. Les usines à chiots produisent des chiens sans
critère déontologique comme nous, on
fait et des codes de pratique comme les bons éleveurs font et vendent ça dans
des animaleries. Et on le dit, les animaleries vendent les chiots aux
citoyens et... Oui?
M. Coiteux :
Parce que ça fait... L'ordre des vétérinaires vous rejoint sur cette
question-là d'encadrer de manière beaucoup
plus serrée la pratique des éleveurs. Quand vous parlez des usines à chiots,
vous parlez d'éleveurs autorisés ou vous parlez de clandestinité, ici,
Mme Trottier
(Lise) : Les usines à chiots?
Mme Trottier
(Lise) : Oh! clandestinité.
M. Coiteux :
C'est la clandestinité.
Mme Trottier
(Lise) : Il n'y a pas d'élevage autorisé...
M. Coiteux :
Parce que vous avez parlé aussi des éleveurs commerciaux qui ne sont pas vos
membres, du...
Mme Trottier
(Lise) : Oui, M. et Mme Tout-le-monde qui veut une ou deux portées...
M. Coiteux :
Et vous... Moi, ce que je comprends, c'est que vos éleveurs, c'est des plus
petites unités qu'ils ont. Alors,
comment... Pouvez-vous juste me décrire, moi qui ne suis pas un expert
dans le domaine de l'élevage des chiens, là, moi, c'est la sécurité publique qui est le chapeau que je prends
avec ce projet de loi là, comment fonctionne l'industrie au Québec
actuellement, puis où est-ce que c'est le far west, puis qu'est-ce qu'il faut
faire pour régir tout ça?
Mme Trottier (Lise) : Bien, le far west, je viens de vous l'expliquer,
c'est M. et Mme Tout-le-monde qui produisent
des chiens sur Kijiji, sur Facebook et puis qui ne sont pas encadrés au point
de vue santé. Donc, même si leur femelle
x race a un petit problème de tempérament, ça ne fait rien, je vais l'accoupler
avec le chien... et ça produit, et ça produit,
et ça produit des problèmes de tempérament, des problèmes de santé, que nos
vétérinaires retrouvent à profusion dans leurs salles.
Nous,
comment on le voit, et, moi, comment je pourrais vous l'expliquer ou comment je
pourrais vous conseiller là-dessus,
il faudrait que chaque chien dans chaque municipalité soit enregistré. Chaque
chien devrait aller à sa municipalité prendre
sa médaille, mais ce n'est pas tout, prendre une médaille. J'y vais, moi,
chaque année. Il faudrait que la personne à la municipalité exige de savoir de quelle race provient le chien.
Alors, moi, quand j'y vais, je dis à la fille au comptoir : J'ai trois setters anglais. Elle me
demanderait : Pure race? Je dirais oui. Voici les certificats
d'enregistrement du Club canin canadien
et voici leurs numéros. Ceux qui ne
l'ont pas, ce seraient des chiens croisés; pas j'ai un malamute pure race
avec certificat d'enregistrement, non, il est croisé, ce n'est pas un malamute. Ça peut être un
rottweiler avec un labrador puis il ressemble au malamute, mais ce n'est
pas un malamute.
Alors,
il faut commencer à la base. Et, de ça, il faudrait que le gouvernement monte un registre provincial. Alors, toutes ces informations-là vous seraient acheminées, donc vous sauriez,
au bout de tant de mois ou d'années, combien qu'il y a de chiens pure race, pure race enregistrés dans votre
registre, avec le numéro du Canadian Kennel Club, et combien vous avez de chiens croisés. Il faudrait que ces
chiens-là soient micropucés au niveau
provincial. Donc, si les chiens se promènent,
vous savez où ils sont rendus. Mais, si les chiens mordent, hein, les chiens
mordent, et, une année, là, il y en a 10
d'un semblant de race qui mordent, et tout le monde dit que c'est des malamutes...
ou des setters anglais, je vais prendre ma race, même si... en tout cas,
des setters anglais, mais c'est quoi, la preuve que c'étaient des setters
anglais?
Donc,
dans votre registre, vous avez 10 numéros d'enregistrement de chiens pure
race et que c'est prouvé que c'étaient
des setters anglais. Donc, il y a un problème avec cet éleveur-là ou ces
éleveurs-là, donc on peut réagir. Mais, si le reste, c'est des chiens croisés, de quel droit pouvons-nous bannir
des races, se mettre à dire dans les médias : Telle race de setters anglais, ça mord, quand on n'a aucune
preuve que c'étaient des setters anglais, que c'étaient des chiens
croisés?
Donc,
il y a un registre provincial à tenir de tous les chiens qui sont inscrits dans
les municipalités, qui vous serait acheminé.
Et il y a une distinction à faire entre le chien pure race qui est vraiment
enregistré... Parce qu'un chien pure race,
là, c'est des générations de pedigree, c'est des années de travail qu'on
rejette des sujets qu'on n'aime pas, autant physique que tempérament.
C'est sérieux, l'élevage d'un chien pure race. C'est de reconnaître le travail
qui a été fait pendant des dizaines d'années
pour la protection de ces races-là. Des gens veulent acheter un bouvier des
Flandres, veulent acheter un setter anglais. Mais qui va les continuer,
ces races-là, si ce n'est pas les éleveurs consciencieux? Donc, il y a une
distinction à faire entre les éleveurs...
Mais
on est peu nombreux, hein? Je vais vous dire, au Québec, l'année passée, il
s'est enregistré 9 000 chiens, 9 200 chiens, c'est minime. Mais il y a un rôle d'éducation à
faire, et de là, parce qu'on en parle aussi dans le mémoire, l'éducation
au public et l'éducation au citoyen, responsabiliser le citoyen.
Dans le projet de loi n° 128, on
ne met pas de race, mettons, on ne met pas ni pitbull ni les quatre races que
l'on a nommées, on n'en met pas, de race,
mais on dit aux gens : Vous allez vous responsabiliser parce que
maintenant on a le moyen de vous
retracer. Et, si vous ne vous... La responsabilité, là, c'est autant pour les
bons éleveurs que pour les gens de...
Mme Trottier
(Lise) : Oui, je m'excuse.
Le Président
(M. Auger) : Il reste deux minutes.
M. Coiteux :
Il me reste deux minutes. Raison de plus pour que je puisse vous poser ma
question.
Alors,
outre l'enregistrement obligatoire, outre la micropuce, quand vous dites
responsabiliser les propriétaires, vous
êtes contre l'identification de races spécifiques, ça, j'ai bien compris, mais
quelles sont les responsabilités qu'on devrait inscrire dans la loi, à
l'égard des propriétaires, qui vous apparaissent indispensables?
Mme Trottier (Lise) : Se responsabiliser quant au comportement de son
chien. Parce que, là, c'est de ça qu'on parle, là, on ne parlera pas d'une belle tête puis d'un bon mouvement,
là, on va parler du tempérament. Vous avez un chien, vous avez un doute, il montre des signes ou un
comportement questionnable, c'est votre devoir, autant à nous, et on le fait, qu'aux gens qui produisent des chiens
croisés d'aller chez le vétérinaire et de le faire analyser, vétérinaire
comportementaliste ou «whatever», et
de faire... Ton chien est déclaré, là, potentiellement dangereux, il y a un
risque. Bien, tu as une décision à
prendre, bonhomme. Tu le fais stériliser ou tu le fais euthanasier. Et on la
prend, nous, cette décision-là, les éleveurs de chiens pure race. On ne met pas sur le marché des mauvais tempéraments.
Donc, il faut responsabiliser le citoyen, quelle que soit la race,
quelle que soit la race.
on en a... Il y en a, des cas de d'autres chiens qui ne sont pas nommés là.
Mais qu'est-ce que vous allez faire? On
va-tu ajouter à la liste... Responsabilisons tous les propriétaires qui sont
propriétaires d'un chien. C'est la base, il faut partir de là. Tu as un
chien? Responsabilise-toi. Oui...
Le Président
(M. Auger) : 45 secondes. Oui.
M. Bilodeau (Serge) : Oui, juste compléter un peu, ça répond en même temps à votre question versus l'évaluation... la
sélection génétique, c'est le même principe. Tantôt, vous avez posé... savoir
si le tempérament peut être évalué à ce niveau-là. Au niveau des bovins laitiers, il y a eu une amélioration génétique par la sélection sur la meilleure production. C'est la même chose, c'est... d'où la responsabilité. Si l'éleveur fait une sélection de tempéraments plus forts, c'est
sûr qu'il est à risque à ce niveau-là. Ça
fait que c'est pour ça qu'on dit que la responsabilité de la personne
qui met l'animal sur le marché...
Mme Trottier
(Lise) : Au monde.
M. Bilodeau
(Serge) : ...au monde, est
là, parce que, si je génère des animaux que... je reproduis des
animaux à risque puis je ne les élimine pas du système, bien là, je viens de
créer un monstre.
fait que c'est pour ça, tu sais. Tantôt, vous posiez la question à savoir,
génétiquement... oui, on peut, on l'a vu au niveau des productions
ovine, caprine, et ainsi de suite, la sélection génétique peut améliorer nettement
à ce niveau-là. Mais la sélection, encore là, c'est la sélection
de la part de l'humain, puis elle est là, l'erreur. C'est l'humain qui... Le
facteur humain, c'est lui, la grande cause, là.
Mme Trottier
(Lise) : La base, la base.
Le Président
(M. Auger) : Désolé, nous devons poursuivre avec l'opposition
officielle et M. le porte-parole, député de Verchères, pour les neuf prochaines
minutes.
M. Bergeron :
Merci, M. le Président. Bien, on va continuer, justement, sur cette lancée. Je
pars du principe qui a été un peu
l'élément de départ de M. le ministre, du principe que vous avez évoqué
selon lequel les chiens ne naissent pas dangereux, ils le deviennent en fonction du dressage et de l'élevage. Et
je ne doute pas que les éleveurs de races dites pures aujourd'hui soient des plus consciencieux quant au
comportement de leurs chiens, écartant les individus plus agressifs, faisant des croisements avec des individus plus
sociaux, de telle sorte de créer... d'entretenir, d'abord, la pureté de la
race puis de créer des animaux qui soient
sociables, ainsi de suite. Mais soyons conscients du fait que, pendant des
siècles, voire des millénaires, l'être humain a élevé intentionnellement des
chiens au combat, il les a élevés pour l'attaque. Et j'imagine qu'il doit rester des réflexes conditionnés par cette
sélection génétique de plusieurs générations chez un certain nombre
d'animaux. Et là on parle des animaux de race pure.
Mais là vous nous
dites que les pitbulls, c'est un animal de race croisée. Et, bien que vous ne
soyez pas des spécialistes de races
croisées, puis qu'au fond personne ne l'est, parce que c'est un mélange de
toutes sortes de bagages génétiques, vous maintenez qu'il ne faille pas
éliminer quelque race que ce soit.
Mme Trottier (Lise) : Ce qu'on maintient, c'est qu'on ne peut pas... en
tout cas, nous, on ne pense pas qu'on doit, de prime abord, éliminer des
races. Parce que, bon, il y a les éleveurs... les éleveurs de chiens pure race,
on peut les identifier,
il y en a 175, races, dont ces quatre races-là. On vous dit : Ces gens-là
font de leur mieux pour avoir le meilleur cheptel. Mais il y a tous les autres, des milliers d'autres, des
milliers et des milliers, beaucoup plus nombreux que nous, qui élèvent
des chiens de toutes sortes de races. Si vous identifiez un type de chien ou
une race, dans le projet de loi, comment
responsabilisez-vous toutes les autres personnes au Québec qui font du mauvais
accouplement? Et nous, on est pris avec ça, souvent. On essaie de dire
aux gens : Pourquoi vous accouplez? Avez-vous vraiment besoin d'avoir une portée? Avez-vous fait des tests de santé?
Avez-vous utilisé évalué votre chien? Non. Si le gouvernement veut
travailler sur la sécurité publique, au
Québec, pour les chiens, il faut commencer à mettre ses culottes, ses bretelles
et dire : «Enough is enough», l'accouplement des mauvais chiens, et
ça, ça passe par les gens qui les accouplent.
M. Bergeron :
Oui, ça, j'entends ça puis je trouve... en tout cas, personnellement, j'aime
beaucoup plusieurs de vos
propositions. Je vous remercie, d'ailleurs, de cette contribution très positive
à nos travaux. Mon inquiétude va du côté du fait que vous dites : Le pitbull, ce n'est pas une race pure, c'est
une race croisée, donc, évidemment personne n'est vraiment spécialiste des pitbulls, mais on ne devrait pas,
malgré tout, interdire les pitbulls. Or, hier on a eu des statistiques
nous disant que partout, dans les juridictions
où on a interdit les pitbulls, les statistiques démontrent une baisse
significative du nombre de morsures, du
nombre d'attaques. Alors, ce n'est peut-être pas une race. Ce n'est
certainement pas une race que vous
connaissez, puisque ce n'est pas une race pure. Est-ce qu'il n'y a pas lieu de
tirer des leçons des expériences ailleurs?
Mme Trottier
(Lise) : ...les identifier, ces chiens-là? Comment est-ce qu'on peut
dire : Ça, c'est un pitbull?
Vous
savez, il y a eu des événements dramatiques qui se sont passés au Québec de la
part de chiens qu'on viserait, qui
seraient, bon, des pitbulls, mais, si ces chiens-là avaient été encadrés, et si le propriétaire avait su ce qui lui
pendait au bout du nez, et les réglementations étaient solides dans toutes les
municipalités du Québec, on réduirait la menace. Les propriétaires de chiens dangereux, que ce soient
des pitbulls ou n'importe quels autres, doivent être conscientisés à
leurs responsabilités, et on doit équiper les municipalités et un projet de loi
en disant : C'est fini, au Québec, les morsures d'enfants ou d'individus, parce que vous allez vous responsabiliser de
telle, et telle, et telle façon. Et, si vous ne le faites pas, il y a
des lois, et on prendra action.
Des gens qui meurent, c'est anormal, tués par un
chien. Quand ça arrive, ça nous darde au coeur. On doit arrêter ça.
M. Bergeron : Selon vous... parce que je sais qu'on a eu des points de vue qui ont été exprimés
hier, puis j'essayais de déduire de
ce que ce vous nous disiez... puis je ne je veux pas vous mettre des paroles
dans la bouche, et c'est la raison pour
laquelle je vous pose la question, mais je semblais comprendre de ce que vous
disiez qu'un chien qui a mordu est un chien qui devrait être écarté de
la circulation.
Mme Trottier (Lise) : Dépendamment de l'évaluation. Si un chien a mordu
et que, là, bon, je suis le propriétaire, je l'amène chez le
vétérinaire, il y a des façons d'évaluer son comportement. Pourquoi il a mordu?
Dans quelles circonstances? Il s'est-u fait
piler sur une patte, sur la queue? Il y a des circonstances. Ça, c'est un texte
général, là. Mais, un chien qui
attaque, posons-nous des questions. Moi, si j'avais un chien qui attaquait, là,
je vous le dis, ce n'est même pas une évaluation
du vétérinaire, c'est l'euthanasie, c'est tout de suite, parce qu'on ne peut
pas accepter ça dans notre société. On est
responsables de l'élevage de chiens, mais il y a des limites, là. Mais il y en
a qui ne l'ont pas, cette limite-là. Il y a des gens qui n'ont aucune
conscience de ces limites-là.
Donc,
nous, on dit : En enlevant les races reconnues du CKC, du Club canin
canadien, en français, on élimine le travail
d'éleveurs consciencieux qui continueront avec cette race-là et qui feront de
l'éducation. Puis, d'un autre côté, bien, il faut protéger les citoyens,
puis, avec ça, c'est des lois et des encadrements.
Le Président
(M. Auger) : 2 min 30 s.
M. Bilodeau
(Serge) : Puis, juste pour compléter votre question, le problème, le
chien qui est, justement, à risque, qui
a mordu, il a des chances d'être récidiviste, de le refaire encore une autre
fois, puis le risque, par rapport à ça, ce n'est pas nécessairement la race, c'est l'individu. Ça fait que je pense que
c'est ça. C'est qu'à ce niveau-là, je crois, le point qu'on veut tenir compte, ce n'est pas en éliminant
ou en bannissant une race qu'on va créer le problème. C'est comme
n'importe quoi, on a toujours des extrémistes, des animaux qui ont plus un
tempérament fort, ou ainsi de suite. Ces individus-là,
il faut qu'ils soient non disponibles. Il y en a d'autres, tempéraments, que...
un tempérament même supérieur d'un
golden, là, mais pourtant c'est un Staff aussi, là. Ça fait que, tu sais, c'est
pour ça. À ce niveau-là, je pense que c'est au niveau individu et non
d'une race en particulier qu'il faut abolir, là.
Le Président (M. Auger) : M. le député. Le temps va rapidement, donc
dernière question, peut-être. 1 min 30 s.
M. Bergeron :
Oui. Je comprends le point de vue, là. Les races pures, si on les élimine, on
enlève des animaux qui sont pour ainsi dire, entre guillemets,
certifiés, appelons ça comme ça pour les besoins de la cause.
Mme Trottier
(Lise) : ...des éleveurs.
M. Bergeron :
Voilà. Maintenant, pour des races croisées comme le... vous semblez dire que
c'est le cas du pitbull, pour des
races croisées dont on n'est pas certains des antécédents génétiques, ainsi de
suite, vous maintenez malgré tout le même discours?
Mme Trottier
(Lise) : Le même discours?
M. Bergeron :