CAT — 27 November 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAT 2019-11-27
Quebec — Committees
Mme Ghazal :
Très bien. Merci.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : On a perdu notre page, donc on va... M. le député de
Mégantic.
Jacques : Mme la Présidente, j'aimerais qu'on revienne sur les articles en suspens, étant donné qu'on est dans les mesures, là, transitoires à la fin. Donc, si
on pourrait revenir sur les articles en suspens et après ça revenir...
Présidente (Mme Charbonneau) :
Donc, revenir sur l'article 60 et l'article 38.1 avant de poursuivre
à l'article 134?
M. Jacques :
Exactement.
Présidente (Mme Charbonneau) :
Vous avez compris que je vais avoir besoin du consentement de cette salle pour
pouvoir le faire avant d'arriver chez vous.
Présidente (Mme Charbonneau) :
Je n'ai pas de consentement de la part de ma collègue de Québec solidaire. Donc, habituellement, j'ai besoin du consentement de l'ensemble de
cette salle. De ce fait, nous allons passer à l'amendement de l'ajout
d'article de notre collègue de
Mercier. L'amendement étant en distribution, ça ne sera pas long, on va arriver
à vous, Mme la députée. Tout le monde l'a en main? M. le député de
Mégantic.
M. Jacques : Mme la Présidente,
j'aimerais soulever, en fait, deux points de règlement. De un, la redondance de l'article qu'on a étudié hier, qui était
encore... l'article 134.2, on définit encore les mêmes choses qu'on a faites
hier. C'est l'article 185 de nos
règlements. Puis il y a aussi un autre point. On est dans les dispositions
transitoires, et l'article ne peut pas aller à cet endroit-là. Il
faudrait qu'il aille ailleurs. Donc, il y a deux points de règlement, là, sur
l'amendement, là, de nos collègues de Québec solidaire. Merci.
Présidente (Mme Charbonneau) : Merci, M. le député de Mégantic. Par
contre, pour le bon fonctionnement de nos travaux, je vais laisser la
députée le présenter puis, après ça, je porterai un jugement, si vous me
permettez bien, puisque probablement que
vous l'avez eu entre les mains avant moi. Donc, je vais laisser la députée de
Mercier le présenter puis, après ça, je vais prendre une suspension pour
pouvoir porter un jugement sur ledit article. Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Merci, Mme la Présidente. Peut-être que mon collègue a lu
rapidement l'amendement que je viens de déposer, mais, suite aux discussions
qu'on a eues hier, il y a eu un ajout, donc il y a un élément nouveau qui est
introduit, qui change l'esprit de l'amendement, même si les mots se
ressemblent au début.
Alors, je vais le lire : Ajouter, au début
du
chapitre VI du projet de loi, l'article suivant :
134.2. La
ministre des Affaires municipales et de l'Habitation décrète un moratoire sur
les évictions pour des motifs d'agrandissement, de subdivision ou de changement
d'affectation dans les secteurs où le taux de logements disponibles est de
3 % ou moins.
Le moratoire prend fin lorsque le taux de
logements disponibles redevient supérieur à 3 %.
Toutefois,
l'article 134.2 ne s'applique pas aux propriétaires occupants qui
souhaitent évincer, pour subdivision ou agrandissement, des locataires
de l'immeuble qu'ils occupent.
Présidente (Mme Charbonneau) : Merci, Mme la députée. Je vais prendre
une... je vais faire une courte suspension pour pouvoir aller faire un petit caucus à l'arrière avec mon
secrétaire, pour vérifier quelques trucs, puis je vous reviens tout de
suite après. M. le député de Mégantic.
Jacques : Bien, Mme la Présidente, dans le fond, on ajoute quelques
mots, là, à l'article, là, mais, dans le fond, il semble être la même chose.
Parce que, même si c'est les propriétaires occupants, il y a tout plein
d'autres personnes, là, qui sont impliquées dans tout ça, là, même si on
enlève les propriétaires occupants.
Présidente (Mme Charbonneau) : Je vous entends, M. le député de
Mégantic. Y a-t-il d'autres remarques sur l'amendement déposé avant...
sur l'amendement, là, pas sur le fond, pas... Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Thériault : Oui.
J'irais sur la recevabilité, Mme la Présidente. Vous savez, hier, lorsque la
collègue a déposé son amendement, nous, on s'est regardés et on s'est
dit... on a mis en doute la recevabilité, mais on ne l'a pas soulevé dans le micro, parce qu'il ne restait pas beaucoup
de temps, puis on s'est dit : Bien, on va laisser la collègue débattre son
point. Elle arrive ce matin et elle
remodifie son amendement, elle en dépose un autre, puis ce qui était vrai hier
est encore vrai aujourd'hui, ce n'est pas recevable.
On est
rendus, à notre humble avis, Mme la Présidente, c'est vous qui allez en
juger... nous, on est rendus dans les règles transitoires. Ça fait déjà
plus de 125 heures qu'on est sur le projet de loi. On a travaillé très
fort, l'équipe ministérielle, l'opposition
officielle, pour arriver avec un projet de loi qu'on puisse adopter. Puis
finalement on arrive à la fin, là, on est sur les derniers miles, donc
on est aux règles transitoires puis aux articles qui sont en suspens, donc, à
notre avis, l'amendement déposé par la collègue n'est pas recevable. Et hier on
aurait dû le soulever, mais on ne l'a pas fait parce qu'on voulait la laisser
débattre. On ne pensait pas que ce matin elle était pour nous ramener un autre
amendement.
Donc, évidemment, je vais joindre ma voix au
député de Mégantic-Compton pour ajouter à votre réflexion, Mme la Présidente,
quant à la recevabilité de l'amendement déposé par la députée.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci. Il n'y a rien
dans nos règlements qui empêche qu'on place un amendement à un endroit ou à un autre dans la loi. Je peux comprendre que
peut-être que, pour les juristes, c'est tel endroit qui serait mieux qu'un
autre, mais il n'y a rien qui l'empêche.
Vous
savez, moi, c'est mon... j'ai déjà eu deux autres projets de loi, avant, et
souvent on évolue, à force de discuter avec le ministre puis avoir des
échanges. Des fois, on évolue, puis on arrive à des discussions, puis on débat.
C'est ça, l'objectif aussi de la présidence,
c'est de favoriser le débat. Et c'est ce qui est arrivé, suite aux arguments
qui ont été amenés par la ministre, suite aux échanges que je lui
amenais, j'ai dit : Bien, peut-être que j'amènerai ici l'article modifié
comme une sorte de proposition de compromis.
Donc, il n'y a rien dans les règlements qui
dise : Ah! on ne peut pas arriver avec un amendement, pas du tout, peu importe où est-ce qu'il est placé. Et aussi,
bien, ça amène un élément totalement nouveau, qui pourrait peut-être faire évoluer
la ministre de la même façon que moi, j'ai évolué à la suite de notre
discussion d'hier.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci. Je vais demander une courte suspension.
(Suspension de la séance à 12 h 11)
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Alors, nous allons reprendre, mais je vous avise que je vais suspendre à
nouveau jusqu'à 15 heures pour les travaux. Merci. Bon appétit.
(Suspension de la séance à 12 h 53)
Présidente ( Mme Charbonneau) : À
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'aménagement du territoire
reprend ses travaux. Je demande à tous les téléphones de se fermer. Je pense
que, des fois, ça va plus vite comme ça.
Je vous
rappelle que la commission est réunie afin de procéder à l'étude détaillée
du projet de loi n° 16, Loi visant principalement l'encadrement des inspections en bâtiment et
de la copropriété divise, le remplacement de la dénomination de la Régie du logement et l'amélioration de ses règles de
fonctionnement et modifiant la
Loi sur la Société d'habitation du Québec et
diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal.
Lors de la
suspension des travaux un peu plus tôt — d'ailleurs,
pour ceux qui n'y étaient pas, j'ai repris les travaux pendant que vous n'étiez pas là pour les suspendre
jusqu'à 15 heures — j'étais
à prendre une décision sur la recevabilité d'une proposition d'amendement qui introduisait un
article 134.2
déposé par la députée de Mercier. Trois questions ont été posées par différentes personnes
dans cette salle, dont le député de Mégantic et la députée d'Anjou—Louis-Riel :
un, sur la redondance; deux, sur l'endroit
où se situe la proposition d'ajout d'article en amendement; et troisièmement, et finalement le plus important, la recevabilité de la proposition
d'amendement.
Je vais les
prendre à rebours, c'est-à-dire je vais premièrement vous dire que le principe de redondance ne
s'appliquait pas puisque,
dans la proposition d'ajout et de l'amendement, il y avait
des aspects qui apportaient des différends. Et, puisque le travail de la
présidence est de pouvoir favoriser les débats, sur le principe de la
redondance, l'amendement est acceptable.
Sur le
principe transitoire, c'est-à-dire le lieu où se trouve le dépôt de l'amendement, ça n'est pas à cette salle d'en juger le lieu puisque les
légistes pourraient corriger et dire où il se situe.
Troisièmement, dans la volonté de regarder la recevabilité, il y a
aussi ce qui s'applique à ce qu'on a fait hier soir, c'est-à-dire, hier
soir, la députée de Mercier a déposé un amendement qui se situait à la même
place et qui venait relater certains aspects
qu'on revoit dans l'amendement. Donc, il
y a un préjudice qui avait été
créé... pas un préjudice, mais il y a
un précédent qui a été fait puisque, hier, on a accueilli la proposition
d'amendement, et aujourd'hui, en regardant l'amendement, je dois vous
avouer que l'amendement est recevable.
Maintenant,
on se demande pourquoi ça prend du temps avant d'arriver à cette
conclusion-là. Je dois vous avouer que
je suis allée voir dans des choses qui se sont déjà faites pour m'assurer que
la décision que je rendais était juste et équitable pour l'ensemble des
membres. Alors, Mme la députée, à
partir de ce moment-ci, je vais vous
demander de commencer à nous exposer votre amendement.
Ghazal : Merci. Merci beaucoup, Mme la Présidente, pour votre décision. Et on peut comprendre que
ça puisse peut-être prendre du temps, selon ce que certains
pourraient en penser, mais c'est quand
même un temps extrêmement important, parce que l'objectif ici, en commission, c'est de
favoriser les échanges, de favoriser les débats qui pourraient aussi nous faire
évoluer mutuellement quelque part.
Donc, ici, dans l'amendement que j'apporte aujourd'hui,
contrairement à celui qu'il y avait hier, où je proposais d'amener un moratoire sur les évictions pour des
motifs d'agrandissement, de subdivision ou de changement d'affectation, qui
sont écrits à l'article 1959 du Code civil, j'amène l'aspect
de propriétaire occupant, c'est-à-dire que cette proposition-là ne s'appliquerait pas au propriétaire occupant puisque,
comme l'a mentionné la ministre, bien, il
y a des gens qui... ils ont besoin
de ravoir leur logement pour toutes sortes de raisons qui sont tout à fait
légitimes.
mon objectif ici, avec cet amendement-là, n'est pas de
brimer ce droit des propriétaires. Ce n'est pas uniquement d'opposer le droit des méchants propriétaires
versus les gentils locataires. Je ne suis pas du tout là-dedans,
dans cet aspect idéologique que certains pourraient penser. Ici, l'idée, c'est
de s'assurer de contrer un phénomène qui existe aujourd'hui dans un contexte particulier, qui est celui de la
rareté des logements locatifs dans les centres urbains. C'est un fait, les
chiffres sont là pour le prouver, le
taux d'inoccupation est en bas de 3 %,
que ce soit dans la grande région de Montréal ou un peu partout au Québec,
comme je l'avais présenté hier dans les chiffres. Donc, c'est même, à certains
endroits, jusqu'à 1,1 % de taux d'inoccupation.
Donc, la
ministre a mentionné à plusieurs reprises qu'elle était sensible à l'aspect
de... oui, il faut plus de logements, de logements sociaux, pour toutes sortes
de catégories de personnes, et c'est pour ça qu'elle avait parlé d'AccèsLogis,
etc. Mais oui, je comprends, c'est très bien. C'est des bonnes mesures
pour le futur. Mais aujourd'hui il existe une urgence. On est au mois de
décembre. Il y a des gens qui vont recevoir des avis d'éviction, énormément. Le
nombre a augmenté, à travers le temps, de
beaucoup pour des avis d'éviction, pour les motifs que je viens de nommer, qui
sont écrits dans la loi, qui sont permis légalement : motifs
d'agrandissement, subdivision ou changement d'affectation.
Donc, ces
cas-là existent. On le voit de plus en plus, ces gens-là qui vivent ces
situations-là sont de plus en plus nombreux,
parce qu'il n'y a pas seulement des propriétaires qui veulent simplement, par
exemple, vivre dans leur logement puis louer un autre étage ou leur
logement. Il y en a qui vont faire de la spéculation avec le logement. C'est
une réalité qui existe quand on voit le prix
des loyers. Et l'objectif derrière cet amendement-là, d'amener un moratoire,
donc c'est une situation temporaire.
C'est un moratoire. Ce n'est pas pour toujours, le temps de trouver une
solution à cette situation-là ou le temps que le taux d'inoccupation monte, qu'il soit plus élevé que 3 %,
parce que l'objectif, c'est qu'on ne veut pas se retrouver, comme dans
une ville comme Montréal, comme à Vancouver ou à Toronto, où c'est seulement
une certaine catégorie de personnes qui
vivent dans les grands centres urbains alors que tous les autres, bien, ils
sont dans ces centres où il y a moins de services et dans des endroits
plus éloignés.
Et c'est vers
ça... Et ça, c'est ça, l'objectif et l'esprit derrière cette demande-là. Mais
on ne veut pas en même temps pénaliser
les propriétaires, d'où le compromis, le pas que je fais pour m'avancer dans
cette discussion-là que j'ai avec la ministre ici, devant vous, où les propriétaires occupants, bien, eux, ils
auraient ce droit-là de se prévaloir de l'article 1959 du Code civil puis de dire : Bien, nous, on a besoin, par
exemple, d'avoir quelqu'un de notre famille qui vient ici, qui vient dans notre
logement, pour les motifs que je viens d'évoquer.
Hier, la
ministre a beaucoup parlé de reprise de logements, mais ici il ne s'agit pas de
reprise de logements. Je parle d'éviction pour les motifs invoqués à
l'article 1959. Et l'objectif, là-dedans, c'est de protéger le parc
locatif qui existe actuellement et de
restreindre la portée de cet article-là, comme ça a déjà été fait aussi par la
Régie du logement. Ce droit d'éviction existe pour les motifs qui sont
invoqués, comme ils sont mentionnés...
Par exemple,
s'il y a contestation par le locataire... Un des éléments que la ministre aussi
apportait, c'est que, bien, les locataires, si... Avec les modifications
qu'elle vient de faire avec le projet de loi, où la Régie du logement va être
encore plus proactive, où ça va être
plus facilitant, peut-être, pour les locataires de faire valoir leurs droits,
mais tout ça, c'est bien. Mais, en ce
moment, qu'est-ce qu'on fait pour la situation actuelle? Parce qu'en ce moment
la loi permet déjà au locataire d'aller à la Régie du logement. S'il y a
contestation, donc, par le locataire à la Régie du logement, ce que je suis en
train de lire, c'est sur le site de
la Régie du logement, le locateur, donc le propriétaire, doit démontrer qu'il
entend réellement subdiviser le logement, l'agrandir ou changer
l'affectation et que la loi le permet.
Donc, ça,
c'est un droit qui existe. C'est là que les gens disent : Bien, je n'ai
pas à y aller. De toute façon, la loi permet au propriétaire de le faire, et je
n'ai pas à y aller. Je n'aurai certainement pas gain de cause. Et moi, je l'ai
vu dans mon bureau, j'ai vu une augmentation des gens, de cas de citoyens en
lien avec des évictions dans ce genre-là. J'ai même la liste des adresses où il
y a des problématiques comme ça, où on sent que le propriétaire veut tout faire
pour évincer les gens pour ces motifs-là, dans l'objectif de jusqu'à
doubler le loyer. Ce n'est pas des cas fictifs. C'est des cas réels.
Par rapport à
ce droit-là qui existe pour le propriétaire, qui est défini, il y a eu une
restriction, par le passé, qui a été donnée
à ce droit-là. Il y en a eu une et qui a été acceptée ici, par le législateur,
à l'Assemblée nationale. La restriction au droit à l'éviction qui est
mentionnée sur le site de la Régie de
l'énergie, je vais le lire : «Le
locateur ne peut évincer un locataire lorsque
ce dernier ou son conjoint, au moment de l'éviction, est âgé de 70 ans ou
plus, occupe le logement depuis au
moins 10 ans et dont le revenu est égal ou inférieur au revenu maximal lui
permettant d'être admissible à un logement à loyer modique selon le Règlement
sur l'attribution des logements à loyer modique.»
Donc, il y a
eu une restriction. Il y a eu un précédent qui a été amené par le passé, qui
avait été amené même par l'ancienne députée de Gouin, qui a dit :
Bien, pour les personnes âgées qui vivent depuis très longtemps dans leur
logement, bien, ce droit d'éviction là, on
peut le restreindre. Et ça a été accepté à l'unanimité par l'Assemblée nationale à cause de cette situation
où on voyait des gens, des personnes âgées... Ce n'est pas juste un logement.
Ce n'est pas comme une marchandise. Ce n'est
pas comme un cellulaire. C'est un milieu de vie. Et, pour ces gens-là, de leur
dire : Bien, vous quittez, parce que les propriétaires voulaient justement...
Ils voyaient que les prix montaient et, eux, ils voulaient faire encore plus et
plus de profit... qui ne sont souvent pas
des propriétaires occupants. Bien, on a dit, tout le monde ensemble, on a
convenu, on va restreindre ce droit à l'éviction.
Ici, ce que
je demande avec mon amendement, ce n'est même pas une restriction à l'éviction.
C'est une disposition temporaire
qui est un moratoire dans une situation particulière et urgente où le taux d'inoccupation
est de 3 %. Il ne s'appliquerait même pas aux propriétaires
occupants. Si la ministre trouve que c'est trop difficile, qu'il y aura beaucoup
de gens, notamment les propriétaires, qui sont souvent des
investisseurs, parce qu'ils ont eux aussi leurs représentants, qui ne seraient
pas contents puis ils trouveraient que c'est trop exagéré... Moi, ce que
j'aimerais entendre de la ministre, c'est comment est-ce que... par quel moyen,
autre que tous ceux qu'elle m'a nommés hier... qui pourrait peut-être donner
des résultats dans le futur?
Moi, ce que j'amène ici, c'est pour
une situation urgente. De quelle façon elle répond à ces gens qui, je vous
jure, aujourd'hui, nous écoutent,
parce qu'ils sont venus me voir? Ils sont venus voir mon collègue le député de
Laurier-Dorion. Ils vont voir leurs
comités logement. Comment est-ce qu'elle peut leur répondre pour régler cette
situation urgente dans laquelle on se trouve? Parce que, contrairement à
ce qu'elle mentionnait hier, eh bien, non, la situation n'est pas sous
contrôle.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Laforest : Oui, merci, Mme la Présidente. Je vais y aller rapidement,
évidemment, parce que c'est similaire au même amendement d'hier,
évidemment.
quand on dit qu'on demande ça, c'est une demande temporaire, c'est impossible
de répondre à cette demande-là, parce
que l'amendement, on dit, de façon temporaire, de déposer un moratoire sur les
évictions pour des motifs d'agrandissement. Écoutez, la loi qu'on change là aujourd'hui... La loi, si je peux dire,
date de 49 ans, de 1980. Alors, évidemment que... 39 ans. Ça fait
qu'on vient changer la loi, on vient changer des mesures à la Régie du
logement. Alors, évidemment que faire une loi temporaire... Des lois, ça
ne se fait pas temporairement.
Puis
hier j'avais nommé le nombre de reprises de logements, sur un parc de
logements, de 1,3 logement au Québec. Alors,
sur 1,3 loyer au Québec, il y a eu 1 061 applications pour des fins de
reprise de loyer, évidemment, soit parce que... Évidemment, il ne faut jamais oublier, puis parfois on l'oublie, c'est
le propriétaire qui est propriétaire. Alors, le propriétaire a le droit de reprendre un logement, évidemment,
mais conditionnel à ce qu'il loge soit un membre de sa famille ou encore
pour faire des rénovations majeures. Alors,
parfois, on oublie que le propriétaire est quand même propriétaire de son
immeuble.
Alors,
moi, je l'ai dit hier... parce que je peux le répéter, la Régie du logement...
Puis c'est vraiment dommage, parce que, si vous aviez été là depuis le début du projet de loi... Je le dis,
c'est important. Il y a tellement de mesures, il y a tellement de positif. Il y
a tellement de changements qu'on apporte à la Régie du logement. Alors, moi, je
vous invite, c'est certain, à lire le projet de loi quand il sera
adopté, évidemment.
Quand
il y a une reprise de loyer, que le locataire juge que c'est non raisonnable,
bien, c'est un délai de six à huit semaines, à la Régie du logement, qui est traité. Puis le président qui est ici,
M. Patrick Simard, l'a bien expliqué tantôt à ma collègue. Alors, on a pris des mesures pour que ce soit plus
rapide à la Régie du logement. On engage du personnel, des préposés et,
évidemment, des régisseurs.
Puis
je ne voudrais pas quand même perdre du temps, parce qu'on était vraiment sur
la fin de notre projet de loi. Je
comprends que c'est important. Mais quand on dit parfois que les évictions,
c'est à tous les jours puis c'est de plus en plus, il faut faire
attention, parce qu'ici je vous ai donné le nombre d'évictions, et, quand on
parle... Il y a eu 53 demandes à la
Régie du logement. Il y a eu 53 demandes, puis je crois qu'il y a eu, si je ne
me trompe pas, 37 réponses, des causes qui ont été jugées en faveur
du propriétaire, et les autres ont été jugées en faveur des locataires.
Alors,
vous comprendrez qu'il y a des raisons parfois... que le propriétaire doit reprendre
son logement. Et je le dis, puis je vais terminer sur ça, parce que,
comme je l'ai dit hier, je demande vraiment aux propriétaires de faire
attention et de respecter les locataires,
mais on est dans une situation... J'ai été à Montréal il y a deux semaines. Je
vais le redire, on est dans une
situation également que les locataires doivent respecter les propriétaires et
surtout leurs logements, parce qu'il y a plusieurs logements qui sont présentement en rénovation à Montréal,
parce qu'on voudrait bien les louer, mais les logements demandent trop de rénovations. Alors, on aurait
peut-être plus de logements. Alors, moi, je passe le message autant aux
propriétaires qu'aux
locataires : respect envers les locataires, puis, les locataires, respect
envers votre logement et envers le propriétaire. C'est comme ça que ça
devrait mieux aller.
Mais
déposer un moratoire comme ça, rapidement, quand on change une loi... depuis
39 ans qu'elle n'avait pas été changée.
Je pense que ce n'est pas comme ça... qu'on peut dire : On va déposer un
moratoire. Et évidemment que, là, on perdrait même le goût, j'imagine, à certains promoteurs ou certains contracteurs
de faire des nouveaux projets. Puis là, évidemment, avec les montants qui ont été offerts à
l'habitation, au budget, dernièrement, bien, c'est certain qu'on est là pour
offrir des nouveaux logements et également permettre les rénovations
d'autres logements.
Alors,
en toute honnêteté, Mme la Présidente, je ne peux... C'est sûr qu'on ne pourra
pas accepter cet amendement-là. Puis,
même s'il avait été déposé avant, je m'aperçois que c'est impossible de
répondre à cette demande-là. Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Charbonneau) : Merci, Mme la ministre. Par contre, je
vais vous discipliner sur deux choses. Je
ne vous ai pas arrêtée sur votre élan. Vous avez remarqué que je ne le fais
pas. Je n'interromps pas le gens quand ils parlent. Mais vous ne pouvez pas signaler l'absence des
gens quand ils sont ou ne sont pas présents à cette commission. Puis je vous
dirais qu'on ne perd pas de temps. On ne perd pas de temps. Le temps qu'on a,
on l'utilise à faire la législation correctement. Donc, je fais juste vous corriger, parce qu'une fois
corrigé on ne répète pas l'erreur. Donc, j'ai fait ce que j'avais à faire.
Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, en fait, là, je peux comprendre que la
ministre dit : Bien, ce n'est pas ici
qu'il faut amener l'amendement, mais... c'est-à-dire, la question du moratoire,
ça ne serait pas ici, dans le projet
de loi n° 16. Mais, de façon générale, vu qu'elle-même
mentionne qu'il y a tellement peu d'évictions, il y en a tellement peu, le problème est tellement sous
contrôle, qu'est-ce que ça dérangerait qu'il y ait un moratoire sur ces cas-là qui sont si peu nombreux, selon la ministre?
Peut-être que ça ne serait pas dans le projet de loi n° 16. Mais ce que
j'entends là, vu qu'on est rendus vers la fin, ça pourrait être : Oui, il
pourrait y avoir un moratoire, mais pas nécessairement dans le projet de loi
n° 16, surtout rendus à la fin. Est-ce que j'interprète bien ou peut-être
mal?
ce que je veux rappeler à la ministre, c'est la situation, sur le terrain, des
gens qui ne vont pas nécessairement voir la régie pour toutes sortes de raisons, parce que soit ils n'ont pas le
temps, parce qu'ils reçoivent une pression. Des fois, il y a des gens, ils ont une épée de Damoclès. Ils le sentent, de
la part de leur propriétaire, de quitter. Il y en a qui résistent et ils
restent jusqu'à la fin, mais c'est extrêmement épuisant pour eux.
Donc, ces
gens-là, quand ils voient que tout le monde se fait, et ça, ce n'est pas
comptabilisé, à l'amiable, offrir de l'argent pour quitter, quand ils voient que l'immeuble à côté est en train d'être
transformé en Airbnb, quand ils voient que l'autre aussi c'est loué... ils voient qu'ils sont loués le
double, des fois le triple de son loyer, et ils sentent cette pression-là de la
part de leur propriétaire, bien,
c'est sûr qu'ils vont dire : Bien, moi, je ne me battrai pas, je vais
aller ailleurs. Mais là ils vont être obligés... Dans la majorité des
cas, ils ne restent pas dans leur milieu de vie, ils vont aller ailleurs.
Et ça peut
être une décision qu'on prend collectivement : Bien, nous, on veut que les
grands centres urbains soient occupés
seulement par une certaine catégorie de personnes et que tous ceux qui ne
peuvent pas s'offrir... Et là je ne parle pas des très, très, très pauvres,
là. Je ne parle des gens en bas du seuil du faible revenu, mais des gens de la
classe moyenne qui ne peuvent pas s'offrir
des loyers à 2 000 $ par mois. Bien, ils disent : Bien, on va
aller ailleurs. Quel type de personnes aussi
on veut avoir dans ces grands centres urbains? Ça peut être ça, la décision
qu'on prend. Moi, ce que j'ai envie, c'est qu'on préserve ces logements-là qui existent actuellement, oui, en ajouter
d'autres, mais ne pas perdre ceux qu'on a maintenant.
Et la
pression, comme je le mentionnais, ce n'est pas tout enregistré à la Régie du
logement. Les cas ne vont pas là, à
la Régie du logement, à cause des pressions qui sont faites par les
propriétaires. Il y a juste un article, le 18 novembre... Il y en a tout le temps. Peut-être que... Est-ce
que c'est une vue de l'esprit? Est-ce que les médias exagèrent? Est-ce que
les comités logement exagèrent? C'est ce que
j'entends. Moi, je ne pense pas puisque je les vois, ces gens-là. Puis je ne
vais pas juste parler de moi. C'est un phénomène qui existe un peu
partout, et ici, il existe beaucoup.
Par exemple, Le fléau de la rénoviction
frappe le Sud-Ouest de Montréal , juste lire un extrait
rapidement : «Une dizaine de citoyens dénoncent le phénomène
"des rénovictions", un fléau qui frappe de plein fouet le Sud-Ouest
de Montréal. Des promoteurs
utilisent le prétexte de la rénovation d'un immeuble afin d'expulser ses
locataires.» Donc, c'est un prétexte. Eux, ils ne
l'auraient pas nécessairement faite,
cette rénovation-là, mais leur objectif, c'est d'augmenter les loyers, mais c'est très facile pour eux de
dire : Bien oui, je dois, par exemple, faire des modifications,
agrandissements, etc. C'est facile pour eux
de justifier ça à la régie puis avoir gain de cause, mais ce n'est pas... On ne
peut pas aller les sonder dans leur
for intérieur puis dans leurs pensées, la nuit, qu'eux ils rêvent d'avoir le
même loyer que, par
exemple, le propriétaire d'en face.
ici, dans l'article, je vais continuer de citer : «C'est le cas vécu par
Lorraine Rochon, une citoyenne du quartier de Pointe-Saint-Charles, qui vit dans le même
immeuble depuis 10 ans. Il y a deux ans, des promoteurs ont acquis son
édifice et les terrains
adjacents sur lesquels 21 condos sont en train d'être construits, face au
métro Charlevoix. Deux des quatre locataires ont accepté de partir...»
Donc, ça, c'est des cas qu'on ne peut pas énumérer, qui ne sont pas dans les
chiffres officiels, mais ils existent. Donc,
eux, ils ont accepté de partir moyennant une offre financière de quelques
milliers de dollars. Entre-temps, le nouveau
propriétaire a rénové les logements de ses anciens locataires qui sont partis.
Le prix est passé de 1 000 $ à 2 200 $.
Donc,
ça, c'est un cas de figure pour montrer... Tout ça échappe à la régie. C'est
des pressions qui existent, parce que ces gens-là ne sont pas allés voir la régie. Ils ont décidé de partir,
de quitter. Eh bien, la quinquagénaire, elle, ce qu'elle dit, la personne qui souffre de ça, elle
dit : «Même si vous construisez des logements sociaux — notamment ce que la ministre parlait,
AccèsLogis — je ne suis pas admissible puisque je fais
partie de la classe moyenne.» Donc, elle, elle doit partir.
Il y
a quelqu'un aussi du comité logement de cet
endroit-là, de Pointe-Saint-Charles, Petite-Bourgogne, qui dit : «Ce phénomène peu documenté [...] est devenu un symptôme de
l'embourgeoisement. "On voit les projets immobiliers de luxe aux abords du
canal Lachine, mais on voit moins les transformations dans les immeubles de
longue date."»
Donc,
c'est juste quelque chose qui existe, qui a lieu en ce moment, qu'on ne peut
pas nier, où cette pression qui existe sur les locataires... Et je ne suis pas en train
de dire que tous les propriétaires sont là-dedans. Je veux dire, moi, j'ai des
propriétaires... Moi, je l'ai été.
J'ai des propriétaires, dans ma famille, qui louent aussi des triplex, et tout
ça. Je ne suis pas là-dedans, là, je
ne suis pas dans le côté : les propriétaires doivent faire attention puis
le locataire doit faire attention. On n'est pas là-dedans. On n'est pas dans : comportons-nous de façon
individuelle et respectueuse les uns envers les autres. Je ne suis pas
là-dedans.
parle d'un système de spéculateurs qui utilisent le logement, les loyers
locatifs comme n'importe... Ils auraient pu être dans n'importe quelle autre
industrie pour faire du profit, mais ils ont décidé d'aller là parce que c'est
très lucratif et ils décident de prendre... d'utiliser la loi,
notre loi, des dispositions du Code civil qui leur permet d'évincer les gens. Ce
droit d'éviction a été restreint par le passé, et ça a été fait unanimement à
l'Assemblée nationale, pour les personnes âgées. Pourquoi? Pourquoi est-ce qu'on l'a fait? Parce que ça a été
une décision de la société de dire : Bien, nous, nos personnes âgées, on va en prendre soin. Puis ces
gens-là, qui sont encore autonomes et qui vivent dans leur appartement, on ne
veut pas que ces spéculateurs-là, les mêmes, viennent les évincer.
ce que je suis en train d'amener, c'est un moratoire, une mesure temporaire
pour une situation urgente, où le taux d'inoccupation et la disponibilité des logements locatifs n'a jamais
été aussi basse puisqu'on ne construit plus de logements locatifs, mais que des condos. Et ça, on connaît
ce phénomène. C'est un phénomène de société qui existe, et on veut contrer
ces spéculateurs-là qui sont en train de
totalement transformer la vie de nos quartiers partout au Québec, pas
uniquement à Montréal, je le répète.
Donc, c'est ça que je viens d'amener. Si la ministre trouve que ce n'est pas le
bon endroit sur le projet de loi n° 16, bien, ça, ça pourrait être
discuté. Mais est-ce qu'elle a une ouverture, par exemple, de dire : Oui,
il faut contrer ça, et aujourd'hui, ce phénomène-là, et non pas dans
quelques années, quand mon projet de loi va donner des résultats?
Donc,
moi, c'est ça que j'aimerais voir. Est-ce qu'il y aurait une ouverture? Moi,
j'ai fait un pas en avant, un compromis où j'ai enlevé de ce moratoire les propriétaires
occupants. J'aimerais entendre la ministre. Est-ce qu'il y aurait, par exemple,
un autre pas qu'elle pourrait faire pour
dire... Bien, je ne sais pas, moi, je donne un exemple. Au lieu que ça soit
dans les endroits où c'est 3 % de taux d'inoccupation, ça pourrait être,
par exemple, un taux plus bas. Est-ce qu'il y aurait une ouverture de la part
de la ministre pour ça, au-delà de la
question : Est-ce que c'est dans le projet de loi, ça fait depuis
longtemps qu'on le travaille, etc.? Donc, j'aimerais entendre la
ministre là-dessus.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui, on a le cas de
Mme Rochon ici. Alors, je vais laisser Me Simard bien l'expliquer.
Présidente (Mme Charbonneau) : Avant de donner la parole à
Me Simard, j'ai besoin de votre consentement. Consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci. Avec un joyeux anniversaire, semblerait-il.
M. Simard (Patrick) : C'est
demain.
Mme Laforest : C'est ce soir,
ce soir à midi... à minuit.
Présidente (Mme Charbonneau) :
C'est ce soir, à minuit. J'espère sincèrement, Mme la ministre, que ce soir, à
minuit, il va pouvoir célébrer chez lui plutôt qu'avec nous en commission.
Mais, ceci dit...
Mme Laforest :
Son souper d'anniversaire était ce soir, mais là on va être obligés de le
garder ici, en commission.
Présidente (Mme Charbonneau) : Mais j'ai l'impression qu'il va
manger du gâteau demain. Alors, Me Simard.
M. Simard
(Patrick) : Merci, Mme la Présidente. Alors, effectivement, le cas de Mme Rochon, et je le retrouve
à l'instant... alors, elle a déposé d'ailleurs
une demande d'intervention puisqu'elle souhaite demeurer dans son logement, et
son bail se termine le 31 décembre 2021. Alors, on aura l'occasion de
statuer sur l'agrandissement qui est présenté par son propriétaire comme
projet.
Alors, c'est
justement quelqu'un qui a fait l'exercice de simplement déposer le recours, et je me permettrai de clarifier
une information qui a été
véhiculée hier puisque le fardeau de la preuve n'est pas sur les épaules
de Mme Rochon dans ce cas-ci, ou
du locataire. C'est au propriétaire
de démontrer le bien-fondé de sa démarche et toutes les autorisations requises
également. Et le tribunal peut
émettre une panoplie de conclusions pour encadrer cette éviction-là, le cas échéant,
ou voire même la refuser. Alors, le
dossier est en état d'être entendu au cours des prochaines semaines, mais je
constate que c'est décembre 2021 et je pense qu'il n'y a pas trop
de risque à ce moment-ci. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, Me Simard. Mme la députée de Mercier, la parole est à vous.
Mme Ghazal :
Merci de m'avoir parlé du cas de Mme Rochon, qui a été médiatisé. Moi, je
pourrais vous parler d'autres cas, de
Nicole Lévesque. Je pourrais vous parler de... attendez, Andrée-Anne
aussi. Ça, c'est des cas dans mon comté. Je peux tous les nommer. Et
moi, ce que j'ai envie de parler, c'est cette pression qui existe sur les
locataires. Il y en a qui résistent puis qui vont jusque-là, jusqu'à la Régie
du logement, mais il y en a d'autres qui ne le font pas.
Moi, ce que
j'aimerais juste entendre de la ministre : Est-ce qu'elle, elle est...
Est-ce qu'elle partage l'inquiétude que j'ai par rapport au fait qu'en
ce moment, à cause de ces spéculateurs... Et je ne parle pas de propriétaires, simplement, des spéculateurs qui utilisent le
logement comme moyen simple de faire le profit comme dans n'importe quelle
autre industrie. Est-ce qu'elle, elle
ne partage pas cette inquiétude-là de qu'est-ce qu'il va arriver dans nos
grands centres urbains, qu'ils ne deviennent pas comme des Toronto et
des Vancouver à force de... année après année, qu'il y ait des évictions et de moins en moins aussi de construction de
logements locatifs pour la classe moyenne pendant cette crise-là? Est-ce
qu'elle partage cette inquiétude-là que j'ai à cause de ce phénomène des
rénovictions?
Le Président (M. Allaire) :
Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui. Alors, si
je n'avais pas eu une certaine sensibilité pour améliorer la Régie du logement,
on n'aurait pas déposé ce projet de loi là.
On ne l'aurait pas changée au complet. C'est certain que je suis très sensible
à la situation des locataires au
Québec, évidemment, puis je pense qu'on a eu énormément d'appuis puis beaucoup
de remerciements des associations.
Ceci étant, si vous me dites si je suis sensible
à certaines causes, si je regarde la dame, Mme Rochon, tantôt qu'on parlait, écoutez, elle a une demande de
quitter le loyer en 2021. On est en 2019. Puis, dans la vie, on disait qu'on
pouvait lui indiquer, dans les six
prochains mois, qu'elle pouvait quitter son loyer. Là, on lui dit qu'elle peut
quitter dans deux ans. Je pense que,
là, c'est certain que le propriétaire a quand même permis à la locataire de
quitter mais seulement dans deux ans. Ça
fait que c'est certain que si vous me dites : Les propriétaires ne
pourraient jamais reprendre leurs loyers pour en faire un agrandissement ou loger quelqu'un de sa
famille, bien, c'est certain qu'à la base il faut penser que les propriétaires
vont rester propriétaires. Puis un avis de deux ans comme ça à cette
dame, bien, je trouve ça quand même très raisonnable. Puis on a la Régie du logement, comme elle a l'a fait, elle a déposé sa
demande. On va l'évaluer puis on va donner une réponse, évidemment, à
Mme Rochon.
Mais, en
toute honnêteté, si je n'étais pas sensible à la cause de l'habitation au
Québec, je n'aurais pas déposé ce beau projet
de loi n° 16 qui refait complètement des modifications avec
la Régie du logement, avec les programmes, AccèsLogis, habitation, les PSL. Et évidemment je suis très fière du
changement qu'on apporte avec ce projet de loi là. Donc, j'ai une énorme
sensibilité.
Mais moi, je vais
toujours... je l'ai toujours dit, je suis pour l'équilibre dans tout, tout,
tout, puis hier ça a été une belle journée
pour le vérifier, en fait, avec la journée qu'on a eue. Mais évidemment que je
vais autant prendre pour les
locataires que pour les propriétaires. Puis on a une belle situation
ici : la dame, on lui demande de quitter, mais dans deux ans. Alors, je pense que c'est quand même raisonnable.
Ceci étant, la cause sera jugée à la Régie du logement. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée de Mercier, il vous reste
1 min 20 s.
Mme Ghazal : Moi, j'aimerais
savoir que pense la ministre de la restriction qui a été amenée au droit
d'évincer pour les personnes âgées. Que pense-t-elle
de ça? Est-elle d'accord avec cette restriction du droit d'évincer pour les
personnes âgées, qui a été votée il y a quelques années?
Le Président (M. Allaire) : Mme la
ministre, vous souhaitez prendre la parole? Allez-y.
Laforest : Bien non, mais là
il ne reste pas beaucoup de temps, mais je vous inviterais, encore là, à
lire qu'est-ce que j'ai fait avec ma collègue... Bien, j'allais dire Marguerite Blais, là. La députée d'où, hein?
Ministre des Aînés, mais députée de... En
tout cas. J'aimerais ça vous inviter à lire, parce qu'on a déposé, justement,
avec le Centre d'assistance et d'accompagnement aux plaintes... on a
donné 3 millions pour, justement, les aînés qui sont en situation... dans
un logement, justement, pour les protéger encore plus. Vraiment, c'est la seule
réponse que je peux vous donner. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée de Mercier.
Ghazal : ...c'est le fait de restreindre le droit d'évincer. Et moi,
c'est ce que je fais ici. C'est restreindre le droit d'évincer temporairement.
C'est un droit qui existait, qui a été voté il y a quelques années, et c'est
exactement la même chose que je demande.
Et moi, ce
n'est pas votre... ce n'est pas la sensibilité de la ministre pour les
locataires. C'est sur un phénomène qui est en train d'effriter nos
milieux de vie, qui fait en sorte qu'on va se retrouver comme Toronto, le
centre-ville de Toronto et de Vancouver.
C'est cette sensibilité-là par rapport aux rénovictions, qui est un phénomène
qui est existe et que je sens que la ministre nie puisqu'elle pense que
la solution... la situation est sous contrôle, ce qui n'est pas le cas.
Thériault : M. le
Président, question de règlement. La députée n'a pas d'affaire à dire que la
ministre nie, là. Honnêtement, elle prête des intentions qu'elle ne
devrait peut-être pas.
Président (M. Allaire) : Merci, Mme la députée. Je vous demande de
vraiment... de faire attention dans vos propos, Mme la députée de Mercier. Il vous reste 30 secondes pour
vraiment... Je vous recentre sur votre amendement. Faites attention,
s'il vous plaît, à vos propos. Merci.
Ghazal : Donc, je ne parle pas de la sensibilité de la ministre envers
les locataires, mais envers le phénomène des rénovictions. Est-ce qu'elle reconnaît qu'il existe? Et que
compte-t-elle faire si elle n'accepte pas l'amendement d'un moratoire?
Le Président (M. Allaire) : Est-ce
qu'à ce stade-ci il y a d'autres...
Mme Ghazal : De façon urgente, pas
plus tard.
Président (M. Allaire) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions
concernant l'amendement? Mme la ministre.
Mme Laforest : Oh non! j'allais
redire les chiffres, puis en fait, non, ça va aller pour moi, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée de Mercier, il vous reste 14 secondes.
Mme Ghazal : Bien, écoutez, moi,
ici, mon objectif, c'était d'amener... j'ai amené un deuxième amendement pour
faire un pas en avant, où est-ce qu'on enlevait les propriétaires occupants,
parce qu'ici c'est d'avoir, comme vous, un équilibre entre le droit des
propriétaires et le droit les locataires.
Et, en ce
moment, il y a une situation urgente qui existe et qui va s'empirer de plus en
plus. Et c'est dans cet esprit-là que j'amenais cet amendement-là, pas
en disant que le projet de loi n° 16 n'est pas bon. Au contraire, il va
être bon, mais dans le futur. Mais, en ce moment, il y a une situation urgente.
Président (M. Allaire) : Merci, Mme la députée de Mercier. C'est tout
le temps que nous avons. Est-ce qu'il y a d'autres interventions
concernant l'amendement? Il n'y a pas d'autre intervention.
Nous sommes donc prêts à procéder à la mise aux
voix de l'amendement pour l'ajout d'un article, le 134.2. Est-ce que
l'amendement proposé est adopté?
Mme Ghazal : ...vote par appel
nominal, s'il vous plaît, M. le Président.
Président (M. Allaire) : Allons-y par un vote par appel nominal.
M. le secrétaire, la parole est à vous.
Le Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
Le Secrétaire :
Mme Laforest (Chicoutimi)?
Le Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
Le Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
Le Secrétaire :
M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Le Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Bachand :
Contre.
Le Secrétaire :
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Thériault :
Abstention.
Le Secrétaire :
Mme Sauvé (Fabre)?
Le Secrétaire :
M. Allaire (Maskinongé)?
Président (M. Allaire) : Abstention. L'amendement est donc rejeté.
Nous revenons donc à la
section VI, l'article 35.
Président (M. Allaire) : 135, pardon, oui. Merci, Mme la députée
d'Anjou—Louis-Riel.
Donc, Mme la ministre, je vous cède la parole.
Laforest : Oui. Alors, l'article 135 :
Malgré le paragraphe 12°
de l'article 814 du
chapitre 23 des lois de 2018, les dispositions
de l'article 643 de cette loi entrent en vigueur à la date de l'entrée en
vigueur de la présente loi.
L'article 135,
entrée en vigueur de l'article 643 du
chapitre 23 des lois de 2018 :
Cette disposition est proposée à la demande
du ministre des Finances. Elle vise à corriger une erreur qui s'est glissée dans
le projet de loi n° 141, adopté en décembre 2018,
chapitre 23.
Cette
erreur apparaît au paragraphe 12° de l'article 814 de cette loi. Ce
paragraphe prévoit que l'article 643 de la loi entre en vigueur au même moment que le premier
règlement que le gouvernement prendra en application du premier alinéa
de l'article 1075 du Code civil. Ce renvoi est fautif. Le règlement est plutôt
prévu au deuxième alinéa de l'article 1075 du Code civil.
ministre des Finances considère que la meilleure manière de corriger cette
erreur est de remplacer la modalité d'entrée en vigueur de l'article 643 par
une autre. C'est ce que fait la disposition proposée ici.
L'article 643 du
chapitre 23 des lois de 2018 entrera en vigueur en même temps que la présente loi, donc amplement à temps pour permettre au gouvernement d'adopter le règlement qu'il
lui permet d'adopter.
Alors,
on vient modifier le moment de l'entrée
en vigueur de l'article,
évidemment. Alors, c'est juste une question
de formalité pour l'entrée de la date en vigueur, si je ne me trompe
pas, mais je crois que c'est ça. C'était demandé... Oui? O.K. Alors, Me Roy
pourrait l'expliquer à ce moment-ci plus en détail, si c'est demandé. Merci, M. le
Président.
Président (M. Allaire) :
Merci, Mme la ministre. Est-ce
que, plus tôt aujourd'hui, on a donné le consentement à Me Roy de faire des interventions?
Président (M. Allaire) :
Donc, je demande le consentement pour l'intervention de Me Roy. Consentement? Merci.
Alors, la parole est à vous, M. Roy.
M. Roy (Vincent) : Alors,
Vincent Roy, avocat au ministère de la Justice.
Comme ça a
été mentionné, c'est une modification qui est demandée par le ministère des Finances pour s'assurer que les modifications qui avaient été prévues dans
le projet de loi n° 141, particulièrement la modification qui a été
apportée par l'article 643 à l'article 1075 du Code civil...
pour s'assurer que ça entre en vigueur le plus tôt possible.
Le Président (M. Allaire) :
Oui, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Si on
n'acceptait pas ce qui est dans le projet de loi, ça rentrerait en vigueur
quand?
M. Roy (Vincent) : Ça entrerait
à la date d'entrée en vigueur du règlement qui serait pris par le gouvernement,
conformément à la modification apportée à
1075. Donc, c'est dans le futur, tandis qu'en apportant la modification
proposée par cet amendement-ci la modification prévue par le premier paragraphe
de 643 du projet de loi n° 141 entrerait en vigueur dès la sanction
de la loi.
Mme Thériault : Donc, en
fait, on vient...
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée.
Mme Thériault : Oui, excusez-moi, M. le Président.
Donc, en fait, on vient devancer une date d'entrée en vigueur parce que
le mode le plus rapide est de le faire dans la loi plutôt que de le faire par
règlement. Est-ce qu'on peut savoir qu'est-ce qui rentre en vigueur à partir de
l'adoption de la loi?
Le Président (M. Allaire) : Me
Roy.
M. Roy
(Vincent) : Oui. Donc, c'était la modification qui était apportée au
premier alinéa de l'article 1075 du Code civil. En fait, on remplaçait «désigné par le syndicat»
par «à un fiduciaire que le syndicat doit alors désigner sans délai». Ça
concernait le versement de l'indemnité due au syndicat à la suite d'une
perte importante.
Mme Thériault : Syndicat
des copropriétés?
M. Roy (Vincent) : Oui, exact.
Mme Thériault : D'accord.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée, vous souhaitez poursuivre?
Mme Thériault : Ça me
va, M. le Président.
Président (M. Allaire) :
Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'article 135?
Pas d'autre intervention?
On serait donc prêts à procéder à la mise aux
voix. Est-ce que l'article 135 est adopté?
Le Président (M. Allaire) :
Adopté. Parfait, merci. Mme la ministre, je vous cède la parole pour
l'article 136.
Mme Laforest :
L'article 136 : Les clauses pénales applicables en cas de contravention à
une déclaration de copropriété
incluses dans le règlement d'un immeuble avant l'entrée en vigueur de la
présente loi sont réputées faire
partie de l'acte constitutif de copropriété conformément à l'article 1053
du Code civil, modifié par l'article 24 de la présente loi.
Alors, l'article 136 : Cette disposition a
pour but d'assurer que toute clause pénale incluse dans le règlement d'immeuble avant l'entrée en vigueur de la
présente loi demeure valide. Évidemment, l'objectif est de valider les clauses pénales déjà existantes qui se trouvent dans les
règlements d'immeuble. L'effet, évidemment, c'est d'éviter que des clauses cessent
soudainement d'être valides et applicables. Merci, M. le Président.
Président (M. Allaire) : Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions concernant l'article 136?
Mme Thériault : Non. C'est
très clair, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Pas
d'autre intervention. Nous sommes donc prêts à procéder à sa mise aux voix.
Est-ce que l'article 136 est adopté?
Président (M. Allaire) : C'est adopté. Alors, je vous cède tout de
suite la parole, Mme la ministre, pour l'article 137.
Laforest : Oui.
L'article 137, je vous avise, on a un amendement
qu'on va déposer.
Alors,
l'article 137 : Pour toute copropriété établie avant l'entrée en vigueur
de la présente loi, le carnet d'entretien prévu à l'article 1070.2 du Code civil, édicté par l'article 32 de
la présente loi, et l'étude du fonds de prévoyance prévue au deuxième alinéa de l'article 1071 du Code
civil, édicté par le paragraphe 3° de l'article 33 de la présente loi, doivent
être établis et obtenus au plus tard le jour qui suit de trois ans
l'entrée en vigueur du premier règlement pris en application du deuxième alinéa de l'article 1070.2 du Code
civil ou du deuxième alinéa de l'article 1071 du Code civil, selon le cas.
premiers règlements peuvent prévoir un régime particulier pour les copropriétés
établies avant leur entrée en vigueur respective et qui se sont dotées
d'un carnet d'entretien ou d'une étude de fonds de prévoyance dans les deux
années précédentes, notamment pour prévoir
la reconnaissance d'équivalences pour les carnets d'entretien et les études du
fonds de prévoyance.
Alors,
cet
article accorde un délai de trois ans à compter de l'entrée en vigueur des
premiers règlements aux syndicats de copropriété établis avant l'entrée
en vigueur du projet de loi pour obtenir le carnet d'entretien et l'étude du
fonds de prévoyance.
plus, cet
article permet au gouvernement de prévoir un
régime particulier applicable aux copropriétés établies avant l'entrée en vigueur de la loi qui se sont récemment dotées de tels documents, et ce, dans le
but d'alléger le fardeau administratif et financier de celles-ci.
Alors, est-ce que je
relis l'amendement ou je vais...
Le Président (M.
Allaire) : Bien, puisque l'amendement a été distribué à l'ensemble des
membres alentour de cette commission, oui, peut-être l'expliquer tout de suite,
si l'ensemble des membres sont d'accord. Oui, allez-y.
Laforest : O.K. Alors, l'amendement, évidemment, je vais le relire comme
il serait écrit :
«Lorsque
l'assemblée extraordinaire des copropriétaires prévue à l'article 1104 du
Code civil, modifié par l'article 53 de la présente loi, est tenue plus de 30 jours avant l'entrée en
vigueur du premier règlement pris en application du deuxième alinéa de l'article 1070.2 du Code civil,
édicté par l'article 32 de la présente loi, ou du deuxième alinéa de
l'article 1071 du Code civil, édicté
par le paragraphe 3° de l'article 33 de la présente loi, selon le cas, le
carnet d'entretien prévu à
l'article 1070.2 du Code civil et l'étude du fonds de prévoyance prévue au
deuxième alinéa de l'article 1071 du Code civil doivent être
obtenus au plus tard le jour qui suit de trois ans l'entrée en vigueur du
règlement concerné.»
Alors :
«Ces premiers règlements peuvent prévoir un régime particulier lorsque le
syndicat s'est doté d'un carnet d'entretien
ou d'une étude de fonds de prévoyance dans les deux années précédentes,
notamment pour prévoir la reconnaissance d'équivalences pour les carnets
d'entretien et les études du fonds de prévoyance déjà obtenus.»
Alors,
l'amendement proposé vient modifier le critère prévu à l'article, évidemment.
Ainsi, plutôt que de s'appliquer aux copropriétés établies avant
l'entrée en vigueur de la loi, cet
article s'appliquerait aux copropriétés pour
lesquelles un nouveau conseil
d'administration a été élu à la suite de la perte de contrôle du promoteur sur
le syndicat, si l'assemblée extraordinaire des copropriétaires est tenue
avant l'entrée en vigueur des règlements concernant le carnet d'entretien et
l'étude du fonds de prévoyance. Merci, M. le Président.
Président (M. Allaire) : Merci, Mme la ministre. Nous sommes donc sur
l'amendement proposé à l'article 137. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,
la parole est à vous.
Mme Thériault :
Oui. Merci, M. le Président. Je propose de faire la discussion des deux en même
temps, l'amendement et ce qu'on avait dans le projet de loi. Ça va être plus
facile pour nous de pouvoir le comprendre.
Le Président (M.
Allaire) : Donc, allez-y.
Mme Thériault : Ma première question sera : Est-ce que vous avez,
Mme la ministre, par l'intermédiaire de M. le Président, est-ce que vous
avez tenu compte des recommandations qui avaient été faites par le Regroupement
des gestionnaires en copropriété? On avait
Me Joli-Coeur qui était avec nous hier, et il demandait d'avoir, autant
dans l'article 32 et 33 ainsi que dans
les règles de transition, des modifications. Donc, je me demandais si c'était
ce qui vous avait inspiré l'amendement que
vous nous proposez aujourd'hui. Dans le mémoire de Me Joli-Coeur... du
regroupement, pardon, non pas de Me Joli-Coeur, bien qu'ils sont
tous les deux étroitement liés, c'est à la page 44 où vous retrouvez
l'article 137, dans les dispositions transitoires,
et là il y a une série de textes, là, avec sa recommandation. J'imagine que vos
légistes ont regardé en arrière ce qu'il nous proposait. C'est le
premier questionnement.
après ça, quand je regarde ce qu'on avait dans le projet de loi et l'amendement
que vous nous proposez, on comprend que, dans la note explicative d'avant,
l'article accordait un délai de trois ans à compter de l'entrée en vigueur des premiers règlements aux syndicats de
copropriété établis avant l'entrée en vigueur du projet de loi pour obtenir le
carnet d'entretien et l'étude du
fonds de prévoyance. Et, de plus, l'article permettait au gouvernement de
prévoir un régime particulier applicable aux copropriétés établies avant
l'entrée en vigueur de la loi, qui se sont récemment dotées de tels documents,
et ce, dans le but d'alléger le fardeau administratif et financier.
Parce
qu'en fait il fallait traiter de deux manières différentes. M. le Président,
pour les gens qui nous suivent, il faut se remettre dans le contexte de la
copropriété. Il fallait traiter les syndicats de copropriété qui ont déjà leur
carnet d'entretien, déjà leur fonds de prévoyance,
qu'il y a un certain travail qui a déjà été fait, ce qui était le cas dans la
copropriété dont j'ai donné beaucoup d'exemples, M. le Président. Ça, c'est une
chose.
Après ça, tu
as... à partir du moment où, le promoteur, c'est lui qui doit... Jusqu'à tant
qu'on cède les rênes au syndicat de
copropriété, c'est le promoteur qui doit s'assurer que tout est fait selon les
règles de l'art, dont la balance des choses requises. Donc là, je comprends qu'on ne traitait pas les
deux syndicats de copropriété sur le même pied, ce qui est un peu normal,
honnêtement. Je pense que ça prend des règles de transition aussi.
Et là, quand
je regarde ce que la ministre nous propose dans son amendement,
ça dit : «Cet amendement propose à modifier le critère prévu à cet article. Ainsi, plutôt que de s'appliquer aux
copropriétés établies avant l'entrée
en vigueur de la loi, cet
article s'appliquerait aux copropriétés pour
lesquelles un nouveau conseil d'administration a été élu à la suite de la perte de contrôle du promoteur sur le syndicat,
si l'assemblée extraordinaire des copropriétaires est tenue avant l'entrée
en vigueur des règlements concernant le carnet d'entretien et l'étude du fonds
de prévoyance.» Donc, il y a des mots qui se
ressemblent, mais il y a une différence fondamentale, sinon la ministre
n'aurait pas déposé un amendement, et je veux être bien sûre de
comprendre la teneur de cet amendement-là, M. le Président.
Président (M. Allaire) : Merci, Mme la députée. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions
concernant l'amendement proposé à l'article 37 par vous, Mme
la ministre? Allez-y.
Mme Laforest : Oui. C'est certain qu'il
y a des mesures qu'on a considérées. Par contre, ici, l'article 137, qu'est-ce
qu'on vient toucher, c'est vraiment lorsqu'il y a une perte de contrôle, si je
peux dire, au niveau du promoteur. Ça fait que c'est vraiment plus cet
aspect-là qui a été touché.
Puis on
disait également que, dans les demandes, on spécifiait qu'on
devait toucher également tous les... si je peux dire, les plus anciens condos. Mais évidemment,
dans les anciens condos, il y a autant de syndicats qui ont des carnets
d'entretien très, très... que c'est très bien géré, si je peux
dire, puis c'est très bien administré. Alors, il fallait faire attention
ici, à ce moment-là. Ça fait qu'il y a des mesures qu'on a
considérées, mais d'autres non.
Mais, vraiment,
il faut faire attention, parce que
l'article touche vraiment la perte de contrôle, s'il y a perte de contrôle
au niveau du promoteur, que la responsabilité va aller au syndicat de
copropriété. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : C'est
bon, merci. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Thériault : Oui.
Merci, M. le Président. Sauf que, dans l'amendement qui est proposé, dans le
deuxième alinéa, on dit : «Ces premiers règlements peuvent prévoir
un régime particulier», et là on a biffé «pour les copropriétés établies avant leur entrée en vigueur respective qui se
sont dotées...» Là, ça se lisait : «...qui se sont dotées d'un carnet
d'entretien ou d'une étude de fonds de prévoyance dans les deux années
précédentes — là,
O.K. — notamment
pour prévoir la reconnaissance d'équivalences pour les carnets d'entretien et
les études de fonds de prévoyance déjà obtenues.»
Donc, je comprends qu'il y a une différence,
mais il y a quand même un régime différent qui va s'appliquer pour les autres syndicats de... Il y a quelque
chose pour les nouveaux syndicats formés quand le promoteur perd le contrôle.
Puis la raison du trois ans, c'était pour donner le temps aux gens de réagir et
de se réajuster.
Plutôt que de
donner un délai de trois ans, là, maintenant, vous dites : «Ces premiers
règlements peuvent prévoir un régime
particulier lorsque le syndicat s'est doté», ce qui est le cas de beaucoup de
syndicats présentement... qu'ils se sont dotés d'un carnet d'entretien ou d'une étude de fonds de prévoyance dans
les deux années précédentes... l'adoption de cette loi-ci, donc ce qui veut dire qu'il a été fait voilà pas si
longtemps que ça, notamment pour prévoir la reconnaissance d'équivalences pour les carnets d'entretien et les
études de fonds de prévoyance déjà obtenus. C'est ce que je dois comprendre.
C'est que c'est la manière de reconnaître que le
travail qui a été fait avec les autres copropriétés déjà existantes qui ont un fonds de prévoyance, qu'ils ont fait
faire leurs études, ils ont déjà leur carnet d'entretien, vous ne les forcez
pas à recommencer tout à zéro. Avant,
on donnait un délai de trois ans pour pouvoir se conformer. Là, je comprends
qu'il n'y a plus de délai de trois
ans, vous l'avez retiré, mais par contre vous prévoyez des équivalences. De
quelle manière vous allez les prévoir?
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la députée. Mme la ministre.
Laforest : Oui. C'est vraiment parce qu'on a ajouté, ici, tout de
suite, à l'article 137, «pour toute copropriété établie». Quand on lit ici, là... Étant donné qu'on a ajouté «avant
l'entrée en vigueur de la présente loi», étant donné qu'on a ajouté cette
partie de cet article-là, évidemment,
à la suite, il fallait expliquer. C'est pour ça qu'il fallait spécifier que ces
premiers règlements peuvent prévoir un régime particulier pour toutes
les copropriétés établies.
Puis ici,
à l'article 137, c'est pour ça qu'on était obligés
d'ajouter : «Lorsque l'assemblée extraordinaire des copropriétaires prévue à l'article
1104 du Code civil, modifié», na, na, na. Alors, c'est là qu'on est venus vraiment
bien l'expliquer dans l'amendement. Merci, M. le Président.
Président (M. Allaire) :
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement? Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel, la parole est à vous.
Allez-y.
Thériault : Parce
que, quand je lis le texte amendé,
là, c'est ça, ça dit : «Ces premiers règlements
peuvent prévoir un régime particulier lorsque le
syndicat s'est doté d'un carnet d'entretien ou d'une étude de fonds de
prévoyance dans
les deux années précédentes...» Ça, ça s'applique aux syndicats de copropriété qui
existent déjà, qui n'ont pas attendu d'avoir une loi pour être capables
de suivre les règles, les nouvelles règles. C'est ça. Ça existe déjà, là. Ce
n'est pas...
Mme Laforest : Oui, oui, c'est ça.
Thériault : Ce n'est pas
nouveau. O.K. C'est parce que je ne veux pas... C'est parce que mon but, M. le
Président, c'est que je veux juste m'assurer que ce qu'il y avait
auparavant... On disait «trois ans» pour laisser le temps aux gens de regarder leurs choses, de refaire faire les
études de fonds de prévoyance, si elles n'avaient pas été faites, si elles
n'étaient pas à jour. Parce qu'on
sait tous qu'une étude de fonds de prévoyance tu peux la faire faire. Tu as tes
études, tu renfloues ton fonds. Tu vas la refaire revalider parce qu'au
bout d'un certain nombre de temps elle peut ne pas être bonne, parce qu'il peut y avoir d'autre chose qui va te tomber
sur la tête, ou que le toit va couler plus vite que tu penses, ou qu'il va y
avoir des fissures qui vont
apparaître dans le béton, ou qu'on a une dalle de patio... une dalle de béton
dans le garage qui avait... Ça, c'est
toutes des grosses dépenses, là. O.K.? Ça fait que c'est pour ça que, le carnet
d'entretien, il a un rôle hyper important, mais le fonds de prévoyance aussi, parce que, tout dépendant de ce que
tu as dans ton carnet d'entretien, c'est là que tu vas devoir faire ton
étude de fonds de prévoyance pour t'assurer que tu sois capable de faire face.
Puis un des
objectifs de la réforme qui est devant nous, c'est d'éviter les maudites
cotisations spéciales. Et j'ai employé à escient «les maudites cotisations
spéciales», M. le Président, parce que, plutôt que d'avoir des chiffres
corrects dans les fonds de prévoyance
puis d'être capable de renflouer correctement sur un horizon plus long, bien
là, c'était trop facile d'arriver puis :
cotisation spéciale, cotisation spéciale, cotisation spéciale. Il n'y a pas
personne qui est capable de répondre présent à chaque année aux cotisations spéciales. Donc, c'est pour ça qu'on
prévoyait le faire comme ça, mais de donner un trois ans pour pouvoir se
réajuster.
Là, quand je lis ce que la ministre nous
présente, on dit : «...lorsque le syndicat s'est doté d'un carnet
d'entretien ou d'une étude de fonds de prévoyance dans les deux années
précédentes, notamment pour prévoir la reconnaissance d'équivalences pour le carnet d'entretien et les études de fonds de
prévoyance déjà obtenus.» Ça fait que je voulais juste être sûre de
saisir la portée de cet amendement-là et la nouvelle manière de lire l'article,
en fait.
Le Président (M. Allaire) : Je
vous remercie pour votre intervention. Est-ce qu'il y a d'autres interventions
concernant cet amendement? Mme la ministre.
Mme Laforest : Je félicite
d'avoir dit «les fâcheuses cotisations». Bravo. Oui.
Le Président (M. Allaire) :
C'était le bon terme? C'est ce que je comprends.
Mme Thériault : Bien, ce n'est pas encore au
lexique antiparlementaire, ça fait qu'on est corrects, là. Je l'ai utilisé...
Mme Laforest : On va le
répéter.
Mme Thériault : Je l'ai utilisé correctement. Je ne
l'ai pas utilisé à l'encontre d'un parlementaire, M. le Président.
Président (M. Allaire) : Ça va. Donc, est-ce qu'il y a d'autres
interventions concernant l'amendement qui a été proposé par Mme la
ministre?
Mme Thériault : Non, ça
Président (M. Allaire) : Nous sommes donc prêts à procéder à sa
mise aux voix. Est-ce que l'amendement proposé à l'article 137 est
adopté?
Le Président (M. Allaire) :
Adopté. Merci.
On revient
donc à l'article 137 amendé. Est-ce qu'il y a d'autres interventions
concernant l'article 137 amendé? Oui?
Mme Laforest : Oui. Alors,
l'article 138?
Le Président (M. Allaire) :
Non, 137. On doit procéder à sa...
Mme Laforest : Adopté. Excusez.
Président (M. Allaire) : Donc, est-ce que... Je vais vous poser
la question. Est-ce que l'article 137, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Allaire) : Parfait. Merci. Nous sommes rendus à
l'article 138. La parole est à vous, Mme la ministre.
Mme Laforest : Merci.
L'article 138 : Pour l'application de l'article 1070 du Code
civil, modifié par l'article 31 de
la présente loi, le syndicat de toute copropriété établie avant l'entrée en
vigueur de la présente loi doit rendre disponibles le carnet d'entretien et l'étude du fonds de
prévoyance dans les 60 jours de la date à laquelle ces documents sont
obtenus conformément à l'article 137 de la présente loi.
Cette
disposition vise à accorder un délai au syndicat de toute copropriété établie
avant l'entrée en vigueur de la loi pour
rendre disponibles le carnet d'entretien et l'étude du fonds de prévoyance qui
y sont prévus. Ça permettra notamment au syndicat de prendre
connaissance de ces documents et, le cas échéant, de formuler des commentaires
à la personne qui les a établis.
Alors, nous
déposerions un amendement. Est-ce que tout le monde a eu l'amendement?
Le Président
(M. Allaire) : Oui.
Mme Laforest :
Alors, l'amendement se lirait comme ceci : Modifier l'article 138 de
ce projet de loi :
par la suppression de «de toute copropriété établie avant l'entrée en vigueur
de la présente loi», comme on a expliqué, c'est un peu la même
situation qu'on a expliquée tantôt, de 137; et
2° par l'ajout, à la
fin, la phrase suivante : «Lorsque l'assemblée annuelle des
copropriétaires a lieu à l'intérieur de ce délai, le syndicat doit remettre ces
documents aux copropriétaires avant cette assemblée.»
Alors, évidemment,
cet amendement est proposé en concordance avec l'amendement proposé à
l'article 137 de ce projet de loi.
modification proposée par le deuxième paragraphe vise à s'assurer que les
copropriétaires obtiennent l'étude du fonds de prévoyance et le carnet
d'entretien en temps utile avant la tenue de leur assemblée annuelle pour
pouvoir en discuter, évidemment. Merci, M. le Président.
Le Président
(M. Allaire) : Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions? Oui? Madame...
Mme Laforest :
Bien, je crois qu'on avait discuté également avec la députée d'Anjou—Louis-Riel. On l'avait...
Le Président
(M. Allaire) : Sur le sujet?
Mme Laforest : Oui. On avait déjà discuté. À moins que je
ne me trompe, mais je pense qu'au paragraphe 2°,
c'était...
Le Président
(M. Allaire) : Donc, ça va? Merci. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,
la parole est à vous.
Mme Thériault : Merci, M. le Président. Est-ce que ça serait possible
pour la ministre de nous lire le texte amendé pour qu'on puisse
comprendre ce que sera fait notre loi?
Mme Laforest :
Oui. Alors,
article 138 : Pour
l'application de l'article 1070 du Code
civil, modifié par l'article 31 de la présente loi, le syndicat de toute
copropriété doit rendre disponibles le carnet d'entretien et l'étude du fonds
de prévoyance dans les 60 jours de la date à laquelle ces documents sont
obtenus conformément à l'article 137 de la présente loi. Lorsque l'assemblée
annuelle des copropriétaires a lieu à l'intérieur de ce délai, le syndicat doit
remettre ces documents aux copropriétaires avant cette assemblée.
suis encore très enthousiaste. Ça me rappelle des souvenirs de la
section de la
copropriété. Évidemment, les copropriétaires seront protégés.
Merci, M. le Président.
Président (M. Allaire) :
Est-ce qu'à ce stade-ci il y a d'autres
interventions concernant cet amendement
proposé à l'article 138? Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel, oui, allez-y.
Mme Thériault : Oui, merci, M. le Président. On a été voir
dans l'article 131... pas 131, mais 31, ce dont il était question, parce
que c'est de la transition en conformité avec l'article 131... pas 131, 31,
pardon, M. le Président, et c'était concernant les différents documents qu'on
doit tenir à la disposition du syndicat de copropriété.
Donc,
c'est : «Le syndicat tient à la disposition des copropriétaires un registre contenant le nom
et l'adresse postale de tous les
copropriétaires», tient aussi à la disposition des copropriétaires les déclarations de copropriété, les copies de contrats, copie du plan cadastral, les plans et devis d'immeubles qui sont bâtis,
le carnet d'entretien, l'étude du fonds de prévoyance et tous autres documents
relatifs.
Donc, puisqu'il faut
prévoir une transition concernant le carnet d'entretien, qui n'est pas nécessairement
établie dans toutes les copropriétés, il est normal de prévoir des règles de
transition, M. le Président.
Président (M. Allaire) : Ça
vous va? Donc, est-ce qu'il y a d'autres
interventions concernant l'amendement proposé à l'article 138? Ça va? Nous serions donc prêts à procéder
à sa mise aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 138 est adopté?
Président (M. Allaire) :
Parfait, merci. On revient donc à l'article 138 amendé. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions concernant l'article 138 amendé? Mme
la députée d'Anjou—Louis-Riel,
vous souhaitez intervenir concernant...
Thériault : ...M.
le Président, je veux juste être bien sûre...
Ne bougez pas, parce que j'ai une petite note ici, je m'excuse,
article 31 adopté,
article 138...
J'avais une petite note ici. O.K., regardez, moi, j'ai une petite note, M. le Président. Je veux juste que les gens comprennent bien ce qui se passe.
C'est que j'ai une autre attachée politique à mes côtés, parce que celle qui m'accompagne en temps normal
va arriver dans quelques instants. Et, dans mon cahier ici, j'avais le
sommaire des recommandations de la Chambre
des notaires, où on demandait de
modifier l'article 138 «afin d'y prévoir la communication de
l'étude de fonds de prévoyance lors de l'assemblée générale si cette dernière a
lieu avant l'expiration du délai».
Donc,
j'imagine que ça, c'est ce qu'on a fait dans l'amendement. Je veux juste bien
m'assurer que c'est bien ça, là. Ça fait que je vois la ministre qui
hoche de la tête en disant oui. Et, pour une raison qui m'échappe, on avait
joint à ça l'article 31 qui avait été
adopté plus tôt, lors d'une séance précédente, M. le Président, et on a
écrit «article 138». Ça fait qu'il
devait y avoir certainement un lien. Je ne sais pas, l'article 1070... le
remplacement... Parmi les registres de copropriété... la déclaration...
«Le syndicat tient à la disposition des copropriétaires» par «Ce registre
enfin contient».
Ça doit être relié avec l'article précédent, M.
le Président. Si jamais il y a quoi que ce soit avant la fin de l'étude du
projet de loi, j'aurai certainement l'occasion de demander la permission de
revenir, si j'ai un questionnement sur cet article-là, et je suis convaincue
que j'aurai le consentement de l'équipe ministérielle.
Le Président (M. Allaire) : Ça vous
convient?
Le Président (M. Allaire) : Alors,
si vous êtes d'accord, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous serions prêts
à procéder à la mise aux voix de l'article 138 tel qu'amendé. Est-ce que
l'article 138, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Allaire) : Parfait,
merci. Mme la ministre, je vous cède la parole pour l'article 139.
Mme Laforest : 139, on a aussi
l'amendement qui est présentement en distribution.
Alors, l'article 139 : Pour toute
copropriété établie avant l'entrée en vigueur de la présente loi, le conseil
d'administration doit, au plus tard dans les 30 jours suivant la première
assemblée annuelle tenue suivant l'obtention de
la première étude du fonds de prévoyance, fixer les sommes à verser au fonds de
prévoyance en application du troisième alinéa de l'article 1071 du Code
civil, édicté par le paragraphe 3° de l'article 33 de la présente loi.
Dans la
période entre l'entrée en vigueur du premier règlement pris en application du
deuxième alinéa de l'article 1071 du
Code civil et le moment où les sommes sont fixées conformément au premier
alinéa du présent article, les sommes à verser au fonds de prévoyance
sont d'au moins 5 % des contributions des propriétaires aux charges
communes.
Alors,
évidemment, cet
article donne un délai au conseil d'administration. Cette
disposition vise à accorder un délai au
conseil d'administration pour qu'il puisse fixer les sommes évidemment à verser
au fonds de prévoyance en tenant compte de l'avis de l'assemblée des
copropriétaires.
De plus, elle
prévoit que la règle actuellement prévue au Code civil pour la fixation des
sommes à verser au fonds de
prévoyance continue de s'appliquer jusqu'à ce que le conseil d'administration
soit tenu de respecter les nouvelles règles prévues par le projet de
loi.
Alors,
l'amendement se lirait comme ceci... au paragraphe 1°, par la suppression de
«Pour toute copropriété établie avant
l'entrée en vigueur de la présente loi,», comme on a modifié depuis les deux
derniers articles, là. Et le deuxième paragraphe : par l'insertion,
après «étude du fonds de prévoyance», de «conformément à l'article 137 de
la présente loi».
Alors, le texte amendé,
article 139, se
lirait comme ceci : «Le conseil d'administration doit, au plus tard dans les 30 jours suivant la première assemblée
annuelle tenue suivant l'obtention de la première étude du fonds de prévoyance,
conformément à l'article 137 de la présente loi, fixer les sommes à verser
au fonds de prévoyance en application du troisième alinéa de
l'article 1071 du Code civil, édicté par le paragraphe 3° de
l'article 33 de la présente loi.
«Dans la
période entre l'entrée en vigueur du premier règlement pris en application du
deuxième alinéa de l'article 1071 du Code civil et le moment où les
sommes sont fixées conformément au premier alinéa du présent article, les
sommes à verser au fonds de prévoyance sont d'au moins 5 % des
contributions des copropriétaires aux charges communes.»
Alors, cette disposition a pour objectif
d'accorder un délai au C.A., évidemment, au conseil d'administration, pour qu'il puisse fixer les sommes à verser au
fonds de prévoyance en tenant compte de l'avis de l'assemblée des
copropriétaires. Et également il prévoit que la règle actuellement
prévue au Code civil pour la fixation des sommes à verser au fonds de prévoyance continue de s'appliquer jusqu'à ce
que le conseil d'administration soit tenu de respecter les nouvelles règles prévues
par le projet de loi. Merci, M. le Président.
Président (M. Allaire) : Bon, merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions concernant l'article 139 et son amendement aussi
qui est proposé en même temps? Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui, merci, M. le Président. Qu'est-ce qu'on a fait de la
recommandation de la Chambre des notaires?
Le Président (M.
Allaire) : Mme la ministre.
Laforest : ...je crois que oui, parce que, tu sais, ils demandaient
d'enlever le vide qu'il y avait entre...
Thériault : Ils parlaient d'une...
Le Président (M.
Allaire) : Oui, Mme la députée d'Anjou, oui, allez-y.
Mme Thériault :
M. le Président, juste pour éclairer la notaire... pas la notaire, pardon,
puisque c'est la Chambre des notaires... les juristes et la ministre, à
la page 9, c'est écrit : «En lien avec la constitution d'un fonds de
prévoyance et l'établissement d'un carnet
d'entretien, modifier la disposition transitoire introduite à l'article 139 du
projet de loi n° 16 pour y établir une méthode d'atteinte
progressive des sommes à détenir et y instaurer des normes d'inspections
obligatoires des parties communes. De plus, modifier son
article 138 afin d'y
prévoir la communication du fonds d'étude de prévoyance lors de
l'assemblée générale si cette dernière a lieu avant l'expiration du délai.»
Donc, je comprends
que ce bout-là, il a été fait avec le 138, mais c'est le 139... C'est parce que
je me demande comment on fait pour établir
la méthode d'atteinte progressive des sommes à détenir et instaurer des normes
d'inspections obligatoires des parties communes, alors que, dans le
texte, nulle part je ne retrouve quelque chose qui ressemble à ça. Donc, il ne
me semble pas qu'on a donné suite à la recommandation de la Chambre des
notaires.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre, allez-y.
Laforest : Oui. Alors, quand... Oui, on avait les demandes,
évidemment, qui ont été évaluées. Puis, au niveau d'établir une méthode
d'atteinte progressive des sommes à détenir au fonds de prévoyance, bien,
évidemment qu'entre les propriétaires et les
copropriétaires... entre les propriétaires et le syndicat, évidemment, on
voulait les laisser négocier ensemble,
parce qu'évidemment c'est une question de négociation entre les deux parties.
Alors, nous, ça permet quand même que les deux négocient ensemble.
Puis l'autre, de
prévoir une règle différente que 5 % des charges communes pour la période
d'entrée en vigueur, ça nous amènerait à avoir la possibilité d'avoir un
troisième ou un quatrième registre, alors là... un quatrième règlement. Ça fait
que, là, on s'est dit que, là, on applique le 5 %.
Alors, je pense que
c'était quand même assez... On ne commencera pas à voir d'autres possibilités.
Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,
allez-y.
Mme Thériault :
Je m'excuse, M. le Président, il y a quelque chose qui a retenu mon attention,
ce qui fait que j'ai manqué la moitié de l'intervention de la ministre.
Est-ce qu'elle pourrait recommencer, s'il vous plaît?
Le Président (M.
Allaire) : Je suis convaincu que oui.
Mme Thériault :
Je m'excuse.
Président (M. Allaire) : Mme la ministre, j'apprécierais si vous
pouviez reformuler votre réponse, s'il vous plaît, à nouveau. Merci.
Laforest : Oui. Alors, si on regarde la première demande, qui est
établir une méthode d'atteinte progressive des sommes à détenir au fonds de prévoyance, alors nous, on avait... On a décidé, en fait, de laisser les
copropriétaires discuter et négocier ensemble, excusez. Et la deuxième
disposition, prévoir une règle différente que 5 %, c'était... Oui?
Le Président (M.
Allaire) : Un instant. Oui, vous souhaitez faire une intervention, Mme
la députée? Allez-y.
Mme Thériault :
Oui, parce que c'est deux choses différentes, M. le Président, puis je veux
juste être bien sûre de bien cerner ce qu'on fait dans la loi. Parce que
je comprends qu'un syndicat de copropriété peut discuter, entre eux, lors d'une assemblée, comment on fait pour se
rendre au 5 % du fonds de prévoyance, mais la réalité, c'est qu'il y a des
gens qui ne sont même pas au 5 % de fonds de prévoyance. Donc, c'est pour
ça qu'au départ, ce qu'on avait fait, c'est qu'il y avait une manière progressive de pouvoir arriver... Moi,
je veux juste m'assurer, M. le Président, que ce qu'on est en train de faire
n'obligera pas les gens, du jour au lendemain, à se ramasser avec 5 % top
ou bien qu'il y ait une certaine progression qui puisse être faite.
c'était le but de l'intervention de la Chambre des notaires, M. le Président,
parce que je comprends que c'est en syndicat de copropriété qu'on va décider normalement en combien de temps on le
fait, combien d'argent il manque. Encore faut-il avoir les bonnes
études, les bons chiffres en main. J'en conviens, il faut prendre le temps de
faire faire ces études-là. Il faut avoir de
l'argent pour faire ces études-là. Ça fait que c'est pour ça qu'on
disait : On ne peut pas arriver du jour au lendemain puis demander à tout le monde : «Let's go»,
vous nous faites ça, puis, dans deux ans, bang, c'est ça. Il y a une obligation
déjà dans la loi. Certains syndicats de copropriété la respectent,
d'autres ne la respectent pas.
c'est pour ça que, très souvent, on va avoir des cotisations spéciales à
répétition, M. le Président, pour éviter tout ça. C'est la raison pour laquelle on encadre, qu'on
vient changer les règles, O.K., parce qu'il y a des gens qui ne sont même pas à 5 %. Il y a des gens qui sont venus nous
dire : Bien, en fait, c'est plus que 5 % que ça devrait être. Mais
moi, nonobstant le pourcentage, je
veux juste m'assurer qu'on n'augmentera pas d'une manière trop drastique les
cotisations ou les frais de copropriété des différents syndicats, des
différents copropriétaires. Je comprends, mais je veux aussi m'assurer qu'on ne fera pas exprès pour que les gens... on
ne fera pas exprès... désolé, le terme n'est pas bon, mais que les gens ne
profiteront pas
non plus du fait qu'il n'y a pas de date dans la loi comme telle pour y aller à
pas de tortue, puis finalement, dans cinq ans, que la problématique soit
encore plus criante. C'est ça que je veux dire.
C'est
pour ça qu'au départ on disait : Bien, tu as un certain nombre d'années
pour pouvoir... Tu sais, trois ans pour faire faire ton étude de fonds de prévoyance, si elle n'est pas faite, c'est
beaucoup de temps, mais c'est trois ans plus ton étude que tu vas répartir sur cinq ans. C'est huit ans
pour être capable de répartir tes frais correctement. Et la demande de la
Chambre des notaires, c'était
vraiment établir une méthode d'atteinte progressive des sommes à détenir pour
instaurer des normes d'inspections
obligatoires et des parties communes, parce qu'un coup que tu as ton carnet
d'entretien, bien là, c'est bien évident que, exemple, tu vas vérifier ta dalle de béton aux cinq ans, puis
telles affaires, comme tes gicleurs, tu vas les faire à toutes les
années. Ça, tout le monde le fait dans l'entretien normal, là, tu sais, mais je
veux juste être sûre...
Puis c'est sûr que
ton carnet d'entretien, ce n'est pas pour la mécanique, ce n'est pas pour
l'entretien normal, régulier qu'on doit faire, là, mais c'est vraiment pour les
gros morceaux. C'est faire inspecter ta toiture, faire inspecter tes fondations, faire inspecter ton garage, faire
inspecter ton ascenseur. Bien, toutes ces choses-là, ce sont des grosses
dépenses, mais il faut faire le
carnet d'entretien. Il faut être capable de le monter. Mais, tout d'un coup que
les gens... non, parce que ça n'a pas
été fait, puis qu'ils n'ont aucune idée, vraiment, où ils ont... les
administrations précédentes, je vais le dire comme ça, ont pris du retard par rapport à ce qui devait se
faire, parce que, souvent, on va repousser, hein? On va repousser puis
finalement, bien, le toit, on va le changer quand il va couler, hein?
C'est
normal. C'est ça que les gens vont faire. L'ascenseur, on va le changer un coup
qu'il aura tombé en panne 50 fois puis
que tout le monde ne sera plus capable, tu sais... parce que, là, tu vas te
rendre compte que ça va te coûter plus cher de factures d'entretien normal puis d'appels d'urgence pour le réparer
que de faire le changement que tu es supposé de faire. Ça coûte cher, un module pour un ordinateur, M. le
Président. Je le sais, on en a changé un, nous, un ordinateur d'ascenseur,
puis ça a coûté beaucoup d'argent, mais on
avait de l'argent dans le fonds de prévoyance. Mais, malgré ça, il y a eu
quelques fois que l'ascenseur a été en panne avant. Donc, on était
vraiment dus.
fait que c'est pour ça je dis : Moi, je veux éviter le choc tarifaire,
mais je veux m'assurer que c'est fait correctement aussi, parce que le
but de faire tout ça, c'est que, quand les gens vont acheter leur copropriété,
il n'y ait pas de surprise. Quand tu achètes
ta copropriété, tu dis : Bien, voici, c'est un monde prévisible, j'ai tant
pour mon hypothèque, j'ai tant pour mes frais de copropriété. Puis,
éventuellement, bien, si tu as un carnet d'entretien que tu peux regarder, là,
tu vas dire : Oh! le toit n'a pas été
changé, ça, ça n'a pas été fait, ça n'a pas été fait, ça n'a pas été fait.
C'est pour ça qu'on fait un carnet d'entretien,
pour dire... Tu allumes les lumières puis tu dis... Tu as besoin d'avoir de
l'argent en banque pour être capable de
réparer ça puis faire face aux grosses dépenses qui s'en viennent, ou bien tu
ne l'achètes pas, ou bien tu vas chercher plus d'argent.
fait que c'est pour ça qu'on le demandait comme ça. Ça fait que je veux juste
être sûre que l'objectif
qui est visé avec, originalement, ce qui était proposé, qu'on ne vient
pas le contourner avec l'amendement.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre, vous souhaitez
intervenir? Non? Oui?
Laforest : Non, il n'y a aucun danger, parce qu'en fait votre demande
est à l'article suivant, 140. Alors, si on va à l'article suivant, justement, on répond complètement à vos
interrogations. Et évidemment l'article 139, c'était une certaine, si je peux dire, négociation, une entente avec les
copropriétaires, mais l'article 140, on va y arriver tout de suite, répond
exactement à vos demandes. Merci, M. le Président.
Président (M. Allaire) :
Merci à vous. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement proposé à l'article 139?
Mme Thériault :
Oui, M. le Président.
Le Président (M.
Allaire) : Mme la députée, allez-y, la parole est à vous.
Mme Thériault :
Oui, parce que la ministre a répondu à la première
partie de ma question, puis
je lui ai demandé d'arrêter là pour
qu'on puisse la comprendre, puis il y avait une deuxième portion de réponse par
rapport aux changements demandés par la Chambre des notaires. Je suis...
hein?
Président (M. Allaire) : Oui, très bien même. Merci, Mme la députée.
Est-ce que vous êtes prête à répondre, Mme la ministre?
Mme Thériault : C'était : «Instaurer des normes d'inspections
obligatoires des parties communes». C'était l'autre portion de la
demande de la Chambre des notaires, à la page 9 du mémoire de la Chambre
des notaires.
Mme Laforest :
Ce ne sera pas long, M. le Président.
Le Président (M.
Allaire) : Oui, ça va. Oui, allez-y, Mme la députée, la parole est à
vous.
Mme Thériault : Je peux en faire la lecture. C'est une principale
recommandation : «Aux termes du présent mémoire, la chambre
recommande principalement ce qui suit : ajouter au Code civil une mention
explicite quant à l'impossibilité de modifier tacitement la déclaration de
copropriété [...] afin d'empêcher à l'avenir toute confusion à ce sujet.»
l'autre recommandation était : «En lien avec la constitution d'un
fonds de prévoyance et à l'établissement
d'un carnet d'entretien, modifier la disposition transitoire introduite à
l'article 139 du projet de loi n° 16 pour y établir une méthode d'atteinte
progressive des sommes à détenir et y instaurer
des normes d'inspections obligatoires des parties communes. De plus, modifier son
article 138 afin d'y prévoir la
communication de l'étude de fonds de prévoyance lors de l'assemblée générale si
cette dernière a eu lieu avant l'expiration du délai.»
Donc,
ça, je comprends que cette portion-là, elle est couverte. On l'a faite dans
l'article précédent. Mais, dans le 139, on demandait d'instaurer... de
modifier la disposition transitoire.
Président (M. Allaire) : ...Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel, d'avoir précisé votre question. Mme la
ministre, la parole est à vous.
Laforest : Oui. On vérifie, parce que, si je ne me trompe pas, on l'a
faite précédemment. On l'a faite. C'était à quel article?
Laforest : ...parce qu'on
l'avait faite, parce que je
pense qu'il y avait eu un amendement
pour cette demande-là. Puis il est-u plus loin?
Le Président (M.
Allaire) : Est-ce que vous souhaitez qu'on suspende les travaux quelques
instants?
Laforest : Me Paradis,
voulez-vous prendre la parole, ou Me Roy, un des deux? Mais on l'a fait avant
puis on le revoit après.
Mme Thériault : Oui, mais c'est parce que c'est des dispositions transitoires. C'est pour ça. Je veux être juste sûre que les dispositions
transitoires sont modifiées en conséquence.
Le Président (M.
Allaire) : Nous allons suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à
16 h 19)
Le Président (M.
Allaire) : Nous allons donc reprendre les travaux. Me Roy, la
parole est à vous. Merci.
Roy (Vincent) : Oui. Alors,
concernant cette demande particulière là de la Chambre des notaires, on n'a pas vraiment pu y donner suite, parce
qu'instaurer des normes d'inspections obligatoires des parties communes, si
c'est pour s'appliquer de façon
générale, en tout temps, ce n'est pas une règle transitoire. Ce serait vraiment
un autre chantier en soi.
Président (M. Allaire) : Merci, Me Roy. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions concernant l'amendement proposé à l'article 139? Mme
la députée, allez-y.
Mme Thériault :
Bien, c'est parce que la réponse est, en fait, avec la principale
recommandation, sauf qu'au départ la
transition du 139, c'était : «Pour toute copropriété établie avant
l'entrée en vigueur de la présente loi, le conseil d'administration doit, au plus tard dans les 30 jours suivant
la première assemblée annuelle suivant l'obtention d'une première étude du
fonds de prévoyance, fixer les sommes à verser au fonds de prévoyance en
application du troisième alinéa...» Et : «Dans la période entre l'entrée en vigueur du premier règlement
pris en application et le deuxième alinéa du Code civil et le moment où les
sommes sont fixées conformément au premier alinéa, les sommes à verser
au fonds de prévoyance sont d'au moins 5 % des contributions des
copropriétaires aux charges communes.»
L'intervention
que j'ai faite auprès de la ministre, c'est parce qu'eux demandaient de prévoir
une méthode d'atteinte progressive
des sommes à détenir. C'est une chose, justement, pour faire en sorte qu'il n'y
a pas de choc tarifaire aux gens, et
c'est ce qu'on essaie de prévenir pour qu'il n'y en ait pas. Là, ça ne me
dérange pas, mais ça va sonner à votre bureau, là. Excusez, M. le Président, le téléphone va sonner
beaucoup au bureau de la ministre, là. Les gens vont avoir des chocs
tarifaires. Puis ce qu'on nous
recommandait ici, la Chambre des notaires, c'était justement d'établir une
méthode pour faire en sorte qu'il n'y
ait pas personne qui ne puisse plus payer. Le but, ce n'est pas que les gens ne
puissent plus payer, c'est pour leur donner le temps de le payer. C'est pour ça qu'on demandait un trois ans, pour
que les gens soient capables de voir venir les choses aussi.
Donc,
je veux juste m'assurer qu'on ne fasse pas mal aux gens. Je comprends qu'entre
ce qu'on avait là et ce qu'on a
maintenant comme texte amendé, là... parce que je vais les traiter en même
temps plutôt que les traiter deux fois, M. le Président.
c'est écrit : «Pour toute...» On dit : «Le conseil d'administration
doit, au plus tard dans les 30 jours suivant la première assemblée annuelle tenue suivant l'obtention de la
première étude du fonds de prévoyance conformément à l'article 137 de la
présente loi, fixer les sommes à verser au fonds de prévoyance en application
du troisième alinéa de l'article 1071 du Code civil, édicté par le paragraphe
3° de l'article 33 de la présente loi.»
fait que, vous voyez, il faut que je prenne le Code civil, il faut que je
prenne l'article 33 puis il faut que je prenne la transition. Ce n'est pas toujours évident. «Dans la période entre
l'entrée en vigueur du premier règlement pris en application du deuxième alinéa de
l'article 1071 du Code civil et le moment où les sommes sont fixées
conformément au premier alinéa du présent article, les sommes à verser
au fonds de prévoyance sont d'au moins 5 % de contribution des
copropriétaires aux charges communes.»
le dis, là, je veux juste m'assurer qu'il n'y a pas de choc tarifaire puis
qu'on ne double pas une cotisation pour arriver au 5 %. C'est juste ça que je veux faire. Puis j'ai comme
l'impression que l'intervention qui avait été faite, de la Chambre des notaires, était de faire en sorte qu'on puisse
étaler dans le temps un peu... C'est pour ça qu'ils demandaient une entrée
progressive, pour s'assurer que l'argent soit là sans qu'il y ait de choc
tarifaire auprès des gens. C'est juste ça que je veux m'assurer, M. le
Président.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, Mme la députée. Oui, Me Simard.
Le Président (M.
Allaire) : Ah! Me Paradis. Pardon, c'est mon erreur. Me Paradis.
Laforest : Ah! c'est la première fois.
Le Président (M.
Allaire) : Oui, c'est correct. Donc, il y a le consentement?
Mme Thériault :
Consentement, oui.
Le Président (M.
Allaire) : Parfait, merci. Allez-y.
Paradis (Nicolas) : Merci. Nicolas Paradis, sous-ministre adjoint aux
politiques au ministère des Affaires municipales et de l'Habitation
Donc,
à l'égard de la recommandation pour la question de l'atteinte progressive,
c'est vraiment par l'article 140, l'article
qui suit, qui, lui, va viser, dans le fond, la période de 10 ans pour
permettre de réaliser les obligations en conséquence. Donc, il y a
vraiment un caractère progressif, ça, à cet égard-là. Donc, à l'article qui
suit, on peut le voir. Par ailleurs, il y avait comme trois éléments, là, dans
cette recommandation-là. Ça, c'est le premier élément qu'on...
question, après ça, que la Chambre des notaires avait évoquée, d'instaurer des
normes d'inspections obligatoires des parties communes, ça, comme
Me Roy l'indiquait, en soi, c'est un régime complet qu'il faudrait mettre
en place. Le projet de loi n'abordait pas
cette question-là. Ce ne serait pas, par ailleurs, des règles transitoires,
mais bel et bien des obligations d'inspections,
avec un régime particulier pérein, permanent, et non pas dans une dynamique transitoire. Donc, ça ne s'inscrit pas
dans ces articles-là.
Par ailleurs, la troisième partie, «prévoir la communication de l'étude du
fonds de prévoyance lors de l'assemblée
générale», c'est ce qu'on a vu à l'article précédent, l'article 138.
Président (M. Allaire) :
Merci, Me Paradis. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement et l'article?
Mme Thériault :
Non, ça va, M. le Président.
Le Président
(M. Allaire) : Ça va?
Mme Thériault :
C'est clair.
Président (M. Allaire) :
Parfait, merci. Nous serions donc prêts à procéder à la mise aux voix de l'amendement proposé à l'article 139. Est-ce que l'amendement proposé à l'article 139
est adopté?
Président (M. Allaire) :
Adopté. On revient donc à l'article 139 amendé. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions concernant l'article 139
amendé? Nous serions donc prêts à procéder à sa mise aux voix. Est-ce que
l'article 139, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président
(M. Allaire) : Adopté. Mme la ministre, je vous cède maintenant
la parole pour l'article 140.
Mme Laforest : Oui. Alors, ici, on arrive à l'article 140.
Puis je ne sais pas si je dois le mentionner tout de suite, parce qu'entre l'article 140 et 141 il va y
avoir des amendements qu'on va étudier. Est-ce qu'on en avait discuté
auparavant? Je crois que vous étiez
au courant, oui. Il va y avoir deux amendements qu'on va étudier puis qu'on va
déposer aux articles 33 et 59, M. le Président. Vous étiez au
courant?
Le Président (M. Allaire) :
Oui.
Mme Laforest :
O.K. Alors, je vais lire quand même l'article 140.
Le Président
(M. Allaire) : S'il vous plaît.
Mme Laforest : 140. Si l'étude du fonds de prévoyance prévue à
l'article 1071 du Code civil, édicté par le paragraphe 3° de l'article 33 de la présente loi, révèle que le
fonds s'avère insuffisant pour couvrir le coût estimatif des réparations
majeures et le coût de remplacement
des parties communes, le conseil d'administration doit fixer les sommes qui
seront versées annuellement dans ce fonds de façon à ce que celui-ci
soit suffisant après une période d'au plus 10 ans suivant la date d'obtention
de la première étude.
Alors,
ici, on peut voir vraiment que la date est de 10 ans. Au niveau des explications, cette disposition vise à permettre au conseil
d'administration de fixer les sommes à verser au fonds de prévoyance d'une
manière qui permet l'étalement de l'augmentation des contributions sur une
période de 10 ans.
Alors,
tantôt, quand on parlait, justement, est-ce
que les gens auront assez de temps, est-ce qu'on va leur laisser assez de
temps, ils ont une période de 10 ans. Ça va permettre au conseil d'administration de fixer les sommes pour le fonds de prévoyance
d'une manière à ce que le fonds pourra être
renfloué sur une période de 10 ans. Alors, les sommes qui se trouvent dans
le fonds de prévoyance seront évidemment suffisantes et en graduation.
Merci beaucoup... en gradation. Merci.
Président (M. Allaire) :
Merci à vous, Mme la
ministre. Est-ce qu'il y a des interventions concernant l'article 140? Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,
allez-y, la parole est à vous.
Mme Thériault :
Oui, merci, M. le Président. Donc, c'est conforme à ce que les gens de l'APCHQ
ont dit dans leur mémoire également,
à la page 9, où on disait : «Les dispositions diverses et
transitoires permettent la mise en place d'une réforme avec une certaine
douceur» et que, «de plus, l'article 140 permet aux syndicats
qui ont un rattrapage financier à
effectuer de l'étaler sur un maximum de 10 années. Ce sont des dispositions
raisonnables, et nous en remercions le législateur, mais nous apporterons des propositions
d'amélioration.»
Donc,
je pense qu'eux aussi ils avaient des petites choses à
améliorer, mais ça va, 10 ans, je
pense que c'est une période qui
est correcte.
Président (M. Allaire) :
Merci, Mme la députée. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions
concernant l'article 140? Nous serions prêts à procéder à
sa mise aux voix. Est-ce que l'article 140 est adopté?
Le Président
(M. Allaire) : Parfait, merci.
Mme Laforest :
Alors, moi, je vais déposer l'amendement.
Le Président
(M. Allaire) : Allez-y, Mme la ministre. Je vous laisse la
parole.
Mme Laforest : Merci,
M. le Président. Je vais déposer l'amendement pour avoir l'article 140.1. Je vais le lire.
Alors : Insérer,
après l'article 140 du projet de loi, l'article suivant :
140.1.
Jusqu'à l'entrée en vigueur de l'article 641 de la Loi visant principalement à améliorer
l'encadrement du secteur financier,
la protection des dépôts d'argent et le régime de fonctionnement des
institutions financières (2018,
chapitre 23), le quatrième alinéa de l'article 1071 du Code
civil, proposé par le paragraphe
3° de l'article 33 de la présente loi, et le deuxième alinéa
de l'article 1791 du Code
civil, modifié par le paragraphe
1° de l'article 59 de la présente loi, doivent se lire en y
remplaçant «valeur de reconstruction» par «valeur à neuf».
Évidemment,
on a parlé ensemble, tantôt, quand on a suspendu, de l'importance d'indiquer «valeur à neuf» au lieu de «valeur de
reconstruction», mais on peut suspendre, M. le Président, pour revoir cet article.
Merci, M. le Président.
Président (M. Allaire) :
Donc, vous voulez suspendre l'article 140.1? Est-ce
qu'il y a consentement pour suspendre l'article 140.1?
Mme Thériault :
M. le Président, ça va, oui.
Le Président (M.
Allaire) : Il y a consentement? Parfait, merci.
Mme Thériault :
Et je comprends qu'on va à l'article 33.
Le Président (M.
Allaire) : Oui, Mme la députée.
Mme Thériault :
Non, pas tout de suite? Après? Parfait. On continue les transitions...
Le Président (M.
Allaire) : Nous allons donc à l'article...
Thériault : ...puis on retournera après sur les autres.
Parfait.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, Mme la députée. On s'en va donc à l'article 141.
Laforest : 141. Pour l'application du paragraphe 1° du premier alinéa
de l'article 1106.1 du Code civil, édicté
par l'article 54 de la présente loi, le promoteur d'une copropriété doit
fournir le carnet d'entretien et l'étude du fonds de prévoyance au syndicat dans les six mois de la
tenue de l'assemblée extraordinaire prévue à l'article 1104 du Code civil,
lorsque celle-ci est tenue dans les 90 jours suivant l'entrée en vigueur du
premier règlement pris en application du deuxième alinéa de l'article
1071 du Code civil, édicté par le paragraphe 3° de l'article 33.
Alors,
évidemment, l'article 141... Cette disposition vise à augmenter le délai dans lequel le promoteur d'une copropriété doit
fournir au syndicat le carnet d'entretien et l'étude du fonds de prévoyance.
Et je peux lire l'amendement,
si je peux, immédiatement.
Mme Thériault :
C'est parce que vous lisez...
Le Président (M.
Allaire) : Allez-y, Mme la députée.
Mme Thériault : Oui, elle lit très rapidement, puis il faut juste
que je tombe dans les bonnes pages et que je mette l'amendement avec.
Le Président (M.
Allaire) : Oui, oui, c'est correct.
Mme Thériault : Donc, je veux bien, mais, quand on est en vitesse
grand V, ça ne marche pas. 141, l'article... O.K.
Président (M. Allaire) :
Donc, ce que vous souhaitez, Mme la
députée, c'est prendre le temps de
lire l'amendement?
Mme Thériault :
Bien oui, parce qu'elle le lit tellement vite que j'ai comme...
Le Président (M.
Allaire) : Non, non, ça va, c'est correct.
Mme Thériault : Moi, j'ai besoin d'assimiler chacun des mots pour
être sûre qu'on est corrects, parce que des fois les phrases sont longues comme ça, puis il y a quatre idées dans la
même phrase. Donc, je veux bien adopter, mais je veux juste être sûre de
comprendre ce que je fais. C'est juste pour ça.
Le Président (M.
Allaire) : Oui. C'est parfait pour moi.
Le Président (M.
Allaire) : Ça va, Mme la députée? La parole est à vous. Oui, allez-y, Mme
la députée.
Mme Thériault :
Je comprends qu'avec l'amendement que la ministre va déposer, ça va permettre
une entrée en vigueur graduelle.
Le Président (M.
Allaire) : Mme la ministre, voulez-vous qu'elle répète sa question?
Laforest : Attendez. Je n'ai pas... Je suis désolée, je n'ai pas
entendu votre question.
Président (M. Allaire) :
Oui, allez-y, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,
répétez votre question, s'il
vous plaît.
Mme Thériault :
Je me demandais si, avec l'amendement de la ministre... parce qu'auparavant
c'était dans les 90 jours suivants,
mais maintenant c'est entre le 30e jour précédent et le
90e jour suivant l'entrée en
vigueur du premier règlement
pris en application. Pourquoi avoir fait une nuance entre le 31e jour et
le 90 jours, et non pas le 90 jours? C'est parce qu'on voulait que
les gens le fassent graduellement?
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la ministre, allez-y.
Laforest : En fait, c'était
pour laisser le temps que le promoteur puisse s'ajuster. C'était juste pour
laisser une possibilité au promoteur, qui avait été demandée pour
l'ajustement.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée, avez-vous d'autres interventions?
Laforest : Pour ne pas que ça rentre du jour au lendemain, là, immédiatement.
Mme Thériault : O.K.,
sauf que, de la manière que c'est écrit ici, c'est : «Pour l'application
du paragraphe 1° du premier alinéa de l'article 1106.1 du Code
civil édicté par l'article 54 de
la présente loi, le promoteur d'une copropriété doit fournir le carnet d'entretien et
l'étude du fonds de prévoyance au syndicat dans les six mois de la tenue de l'assemblée
extraordinaire qui est prévue à l'article — donc,
ça, ça ne change pas, quand même — lorsque celle-ci — on
parle de l'assemblée extraordinaire — est tenue...» Au lieu de «dans les 90 jours
suivant», on vient dire que le promoteur doit faire l'assemblée extraordinaire
entre le 30e jour précédant et le 90e jour suivant, donc, ce qui veut
dire qu'on raccourcit, en fait, la période, pour permettre au syndicat de pouvoir aller plus rapidement, parce
qu'avant c'était 90e jour... dans les 90 jours suivant, pardon,
et là on dit entre le 30e et le 90e. C'est comme si on vient faire un délai de
carence de 30 jours.
Le Président (M. Allaire) : Ça va,
Mme la députée? Est-ce que vous souhaitez ajouter... Ça va?
Thériault : C'est 30 jours avant puis 90 jours
après. O.K. Je comprends, c'est beau. Donc, c'est 30 jours
avant et 90 jours, donc, si c'est
possible de le faire avant, on peut, on vient donner la possibilité. O.K., c'est beau. Parfait, ça va, je comprends.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Donc, à ce stade-ci, est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement
proposé à l'article 141? Ça va?
Nous allons donc procéder à sa mise aux voix. Est-ce
que l'amendement proposé à l'article 141 est adopté?
Président (M. Allaire) :
Adopté. Merci. On revient donc à l'article 141 amendé. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant cet
article maintenant amendé? Non?
Est-ce que l'article 141, tel qu'amendé,
est adopté?
Président (M. Allaire) :
Parfait. Merci. Donc, si vous vous
souvenez, nous avions déjà adopté l'article 142 et ajouté un 142.1, de ce que je vois ici. Donc, nous allons
donc maintenant à l'article... à la
section III, Autres dispositions. Oui.
Mme Thériault :
Attendez, juste qu'on se mette en contexte, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Ah!
pardon. Nous allons introduire maintenant un nouvel article.
Mme Thériault : Mon
doux! Je voulais...
Le Président (M. Allaire) :
Pardon, excusez-moi.
Mme Thériault : Oui. Je
voulais juste être sûre qu'on va correctement, parce que le 142, c'est : «À
moins que le contexte ne s'y oppose».
Président (M. Allaire) : Si vous me permettez, ce que je
comprends, c'est que nous allons introduire un nouvel article. Donc, Mme la ministre, je vous cède la parole pour
ajouter l'article 141.1. Est-ce que tout le monde a reçu l'amendement
proposé?
Le Président (M. Allaire) : Je
vais suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 36)
Président (M. Allaire) :
Nous allons donc reprendre les travaux. Donc, Mme la ministre, je vous cède la parole pour l'amendement
qui est proposé à... pour l'ajout d'un
article 141.1.
Laforest : Oui, alors, on a
discuté durant la suspension. Évidemment, on faisait référence à un amendement qui
avait déjà été accepté dans le passé par une autre députée. Évidemment, on
parlait des modifications tacites et évidemment, ici, on devait faire cette modification. Puis c'était également, je
crois, une demande de la Chambre des notaires, puis on l'avait
respectée. C'était à la demande de la Chambre des notaires. Alors, l'amendement
vient répondre à ces deux demandes. Merci, M. le Président.
Président (M. Allaire) : Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions concernant cet amendement proposé par Mme la
ministre?
Thériault : Non, ça va, M. le Président.
Président (M. Allaire) : Non, ça va? Nous sommes donc prêts à procéder
à la mise aux voix de l'amendement de l'article 141.1. Est-ce que
l'amendement proposé à l'article 141.1 est adopté?
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Alors donc, nous revenons maintenant à la
section
III, Autres dispositions, à l'article 143. Mme la ministre, je vous cède la
parole.
Laforest :
L'article 143, je crois qu'on... Oui, O.K., alors Alexandre
va être là.
Malgré l'article 110.10.1 et le deuxième alinéa de l'article 264.0.9 de la Loi
sur l'aménagement et l'urbanisme (chapitre A-19.1), la ville de Laval peut, à
tout moment avant le (indiquer ici la date qui suit les deux ans celle de la
sanction de la présente loi), remplacer son règlement de zonage et son
règlement de lotissement.
tel règlement de remplacement doit être conforme aux objectifs du schéma
d'aménagement et de développement et aux dispositions du document
complémentaire.
articles 124 à 127, 134, 136.0.1, sous réserve de l'article 80.2, et 137.10 à
137.15 de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme s'appliquent, avec les
adaptations nécessaires, à l'égard d'un règlement adopté en vertu du premier
alinéa. Parmi ces adaptations, la conformité prévue aux articles 137.11
à 137.14 de cette loi est établie à l'égard des objectifs du schéma d'aménagement et de développement et des
dispositions du document complémentaire. Le règlement tient lieu de
règlement de concordance aux fins de l'article 59 de cette loi.
Alors,
cette disposition accorde à la ville de Laval un délai de deux ans pour remplacer
son règlement de zonage et son règlement de lotissement.
temps normal, ces règlements ne peuvent être remplacés que lors de la révision
du plan d'urbanisme ou du document unique qui contient à la fois les
éléments d'un schéma d'aménagement et de développement et d'un plan
d'urbanisme.
troisième alinéa de la disposition prévoit la procédure applicable à ces
règlements de remplacement, qui comprend notamment une assemblée publique — excusez-moi — une approbation par les personnes habiles à
voter et la possibilité de demander à
la Commission municipale du Québec d'examiner la conformité d'un règlement de
remplacement aux objectifs du schéma d'aménagement et aux dispositions
du document complémentaire.
Alors, ici, l'objectif
est de simplifier le processus de remplacement des règlements de zonage et de
lotissement de la ville de Laval. On évite également
de multiples processus référendaires et des contestations juridiques à la ville
de Laval. Et évidemment,
on s'attend à ce que la ville de Laval remplace ses règlements
de zonage et de lotissement d'ici la fin 2020. Ce remplacement serait susceptible d'approbation
référendaire pour l'ensemble des personnes habiles à voter de la ville. Merci,
M. le Président.
Alors, nous sommes
avec Me Paradis de retour et M. Alexandre Lambert pour certaines
explications au niveau des schémas d'aménagement. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Allaire) : Est-ce que nous avions eu le consentement pour M. Lambert,
M. le secrétaire?
Le Président (M.
Allaire) : Non. Donc, je vous demanderais de vous présenter, dans un
premier lieu.
M. Lambert (Alexandre) : Alexandre Lambert, je suis attaché politique de
la ministre des Affaires municipales et
de l'Habitation.
Président (M. Allaire) :
Donc, est-ce qu'il y a consentement pour permettre à M. Lambert
d'intervenir auprès de cette commission? Il y a consentement?
Des voix :
Consentement.
Président (M. Allaire) :
C'est bon. Parfait, merci. Donc, est-ce qu'il y a des interventions à ce stade-ci concernant l'article 143? Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,
la parole est à vous.
Mme Thériault : Oui. Mme
la Présidente... M. le Président, pardon, désolée. Il y a une lettre qui m'a été adressée lorsque j'étais la présidente de la commission et
que je n'étais pas la porte-parole des Affaires municipales, au mois de mai, où
la ville de Laval a envoyé une correspondance papier du 7 mai. Je crois
que la ministre en a reçu une copie aussi. Ma
collègue la députée de Fabre a porté à mon attention cette lettre-là après en
avoir discuté avec les collègues de l'opposition
officielle qui sont députés à Laval. J'imagine que le député de Sainte-Rose,
qui est assis au bout de la table, doit aussi avoir
eu connaissance de cette demande-là du cabinet du maire de la ville de Laval,
où on demandait d'appliquer les mêmes procédures d'approbation pour toute
personne habile à voter à la municipalité, l'adoption d'un nouveau règlement
d'usage conditionnel au remplacement de règlement de zonage et de
lotissement, et ce, lors d'une adoption simultanée de l'ensemble des projets. Il demandait aussi de prévoir que la ministre des Affaires municipales et de
l'Habitation puisse prolonger le
délai prévu au premier alinéa de l'article 143 à l'image de
l'article 239 de la LAU, c'est la
loi sur l'urbanisme... l'aménagement et
l'urbanisme.
Donc, est-ce que la ministre...
Et, M. le Président, regardez, je vais être très, très transparente.
Lorsque j'étais assise dans la chaise
de la présidente de la commission, à chaque fois qu'on m'envoyait une
correspondance comme ça, je la réacheminais au secrétaire de la commission pour être capable de faire en sorte que
les collègues en bénéficient. Entre-temps, j'ai changé de chaise. Je me suis
ramassée dans celle-ci et j'ai complètement oublié d'aller voir si j'avais envoyé de la
correspondance, dont celle-là. Donc, je veux juste vous dire que ce matin, avec
ma collègue, on a dit : Ah! attends une minute, comment ça se fait
que c'est moi qui l'a reçue puis que je ne m'en souvenais pas? Bien, c'est
parce que je n'étais pas la critique, c'est pour ça que je ne m'en souvenais
pas.
Donc,
je voulais savoir qu'est-ce que la ministre entendait faire, si elle va traiter cette
demande-là dans l'actuel projet de
loi n° 16 ou... si je ne m'abuse, dans le projet de
loi n° 49, il y a d'autres choses qui concernent la
ville de Laval. Est-ce que ça serait traité à ce moment-là et est-ce qu'il y a un corollaire entre le projet de loi n° 16 et dans le projet de loi n° 49 concernant les demandes de
Laval? Et si vous voulez bien nous expliquer quel est le but de l'amendement
de l'article 143.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Mme la ministre, allez-y.
Laforest : Oui. Alors, ici,
il faut comprendre que, oui, il y a une
partie également dans le projet de loi n° 49 pour
ville de Laval, mais également cette partie-ci qui concerne le schéma
d'aménagement. Alors, il y en a dans les deux projets de loi. Oui, c'est vrai pour ville de Laval, il y en a
pour d'autres municipalités également et il y a certaines demandes qu'on a
pu... qu'on peut collaborer avec ville de Laval. Il y en a d'autres que c'est
non puis évidemment qu'il y a... c'est bon
de voir qu'il y a des demandes de ville de Laval, que c'est déjà octroyé dans
toutes les municipalités. Ça
fait que, tu sais, on vient
comme faire un peu de rattrapage.
niveau du schéma d'aménagement, évidemment, je pourrais laisser Me Paradis en discuter, mais
c'est une question de règlement
de zonage, une question de lot dans une municipalité. Alors, ce qu'on
fait, c'est quand même assez simple, on vient moderniser
l'urbanisation au niveau de la ville de Laval, qui n'avait pas été faite depuis
très, très longtemps. Alors, on vient faire du rattrapage au niveau du schéma
d'aménagement.
Le Président (M.
Allaire) : Mme la députée, allez-y.
Mme Thériault : Merci,
M. le Président. Mais, ce qu'on a
devant nous, c'est comme... ce qui se lit comme suit :
«Malgré
l'article 110.10.1 et le deuxième alinéa de l'article 264.0.9 de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme (chapitre
A-19.1), la ville de Laval peut, à tout moment avant le (indiquer la date qui
suit de deux ans celle de la sanction de la présente loi), remplacer son
règlement de zonage et son règlement de lotissement.»
Ça, ça
reste comme ça, là, il n'y a pas de changement. C'est correct? C'est deux ans quand même,
c'est ce qu'il faut que je comprenne?
Mme Thériault :
O.K., «peut, à tout moment avant le», la date qui suit de deux ans... Donc,
elle aura deux ans pour remplacer son règlement de zonage, dès que la loi sera
adoptée, et son règlement sur le lotissement.
tel règlement de remplacement doit être conforme aux objectifs du schéma
d'aménagement et de développement et aux dispositions du document
complémentaire.»
Donc,
on comprend que le schéma
d'aménagement doit être déposé avant
et adopté avant, si on veut que ce
soit conforme. Donc, c'est
pour ça qu'on a deux ans, c'est ça?
Laforest : Le schéma d'aménagement, il a déjà été adopté le
8 décembre 2017.
Mme Thériault :
O.K. «Les articles 124 à 127, 134, 136.0.1, sous réserve de l'article 80.2, et
137.10 à 137.15 de la
Loi sur l'aménagement
et l'urbanisme s'appliquent, avec les adaptations nécessaires, à l'égard d'un
règlement adopté en vertu du premier
alinéa. Parmi ces adaptations, la conformité prévue aux articles 137.11 à
137.14 de cette loi est établie [à partir]»... pardon, «est établie à l'égard des objectifs du schéma d'aménagement et
de développement et des dispositions du
document complémentaire. Le règlement tient lieu de règlement de concordance
aux fins de l'article 59 de cette loi.»
Tout ça, ça a été
fait, ce que vous avez de besoin? Tout ça, ça a été fait?
Le Président (M.
Allaire) : Mme la ministre.
Laforest : Oui. En fait,
ici, on parle justement des consultations et tout ce qu'on a besoin de faire comme consultations au niveau du schéma d'aménagement...
Mme Thériault :
Assemblée publique.
Laforest : ...par rapport à la
Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme. Alors, c'est une question de projet de règlement. On parle
des assemblées publiques, des avis publics, de l'adoption et l'approbation
référendaire. On a également l'avis de
conformité par la Commission municipale. Évidemment, qu'est-ce qu'on fait,
c'est toute la procédure obligatoire au niveau du schéma d'aménagement,
quand on parle des articles qu'on a nommés précédemment. Merci, M. le
Président.
Le Président (M.
Allaire) : Mme la députée, allez-y.
Thériault : Merci, M.
le Président. Donc, dans la lettre du cabinet du maire de Laval, à la première
demande, «appliquer la même procédure
d'approbation par toutes les personnes habiles à voter de la municipalité à
l'adoption d'un nouveau règlement sur les usages conditionnels et au
remplacement des règlements de zonage et de lotissement, et ce, lors d'une
adoption simultanée de l'ensemble de ces règlements», qu'est-ce qu'on
fait avec cette première demande là?
Le Président (M. Allaire) : Mme la
ministre.
Mme Laforest : Me Paradis va bien
l'expliquer.
Le Président (M. Allaire) : Allez-y,
Me Paradis, la parole est à vous.
M. Paradis
(Nicolas) : La disposition ne prévoit pas la possibilité de remplacer
les règlements d'usages conditionnels de la ville sans respecter la
totalité de la procédure usuelle qui est prévue par la
Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme, en l'occurrence, tenir les
assemblées publiques de consultation et l'approbation par les personnes habiles
à voter des zones concernées, pour la
première raison que la ville de Laval n'a pas actuellement de règlement sur les
usages conditionnels.
Donc, la procédure qui est prévue, c'est pour
assurer un remplacement de règlements existants, les règlements de zonage, de lotissement, pour éviter de faire
des modifications de ceux-ci et requérir toute la procédure zone par zone, zones
concernées et zones contiguës, donc, pour éviter de tomber dans cette grande
procédure, qui aurait été beaucoup plus
lourde pour la ville. C'est pour ça qu'on vient permettre qu'il puisse y avoir
un remplacement global de la réglementation de zonage et de lotissement,
comme elle aurait pu le faire le jour même de l'adoption de son schéma
d'aménagement. Mais compte tenu que
l'ampleur du travail était telle, la ville avait demandé, à ce moment-là,
d'avoir un trois ans à compter du schéma, ce qui aurait amené à la fin 2020
pour pouvoir adopter ses r