Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 14 May 2026 (43rd Legislature, 3rd Session)
CAPERN 2026-05-14
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles - Assemblée nationale du Québec
sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube
Députés
La présidente
Les députés depuis 1764
Coordonnées des députés
La fonction de député
Fonctions parlementaires des députés
Composition des commissions
Indemnités et allocations
Cercle des femmes parlementaires
Cercle des jeunes parlementaires
Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec
Fondation Jean-Charles-Bonenfant
Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager
Travaux parlementaires
Calendrier hebdomadaire des travaux
Journal des débats
Index du Journal des débats
Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale
Propos non parlementaires
Assister aux travaux
Travaux de l'Assemblée
Toutes les séances
Documents déposés
Projets de loi
Cheminement des projets de loi
Registre des votes
Travaux des commissions
Liste des commissions
Mandats en cours
Documents déposés
Rapports et documents de réflexion
Exprimez votre opinion!
Pétitions
Signer une pétition électronique
Consulter une pétition présentée à l'Assemblée
Lancer une pétition
Suivre le cheminement d'une pétition
Consultations publiques
Comment participer à une consultation
Liste des consultations publiques
Commenter un sujet à l'étude
Présenter un projet de loi d'intérêt privé
Vidéo
En direct et webdiffusions à venir
Archives des travaux et activités parlementaires
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Activités de presse
Activités spéciales et institutionnelles
Députés
Le Canal de l'Assemblée
Émissions et capsules promotionnelles
Espace jeunesse
Commander un extrait
Calendrier
Ouvrir
En direct
Calendrier détaillé
_date_du_jour
Aujourd'hui
_heure_en_cours
En cours
Activités du jour
Exposition(
s) Drapeau(
x) sur l'hôtel du Parlement
L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements
L'ABC de l'Assemblée
Visiteurs
Restaurants
Actualités et salle de presse
Bibliothèque
Publications
Éducation
Diplomatie
Histoire
Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Travaux parlementaires
Journal des débats
Index du Journal des débats
Travaux de l'Assemblée
Registre des votes
Travaux des commissions
Administration publique
Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles
Aménagement du territoire
Assemblée nationale
Culture et éducation
Économie et travail
Finances publiques
Institutions
Relations avec les citoyens
Santé et services sociaux
Transports et environnement
Mandats en cours
Rapports et documents de réflexion
Cheminement des projets de loi
Projets de loi
Documents déposés
Dépôts du jour
Calendrier hebdomadaire des travaux
Mots clés
Type de documents
Tous les documents
Documents déposés
Feuilletons et préavis
Journaux des débats
Mémoires
Procès-verbaux de l'Assemblée
Projets de loi
Rapports et documents de consultation des commissions
Type de travaux
Travaux de l'Assemblée et des commissions
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Commission de la culture et de l’éducation
Commission de la santé et des services sociaux
Commission de l'administration publique
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Commission de l'aménagement du territoire
Commission de l'Assemblée nationale
Commission de l'économie et du travail
Commission des finances publiques
Commission des institutions
Commission des relations avec les citoyens
Commission des transports et de l'environnement
Sous-commission de la réforme parlementaire
Période
De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>
Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>
Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.
" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />
La date de début doit précéder la date de fin.
Session
Toutes les sessions
Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )
43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)
43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)
42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)
42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)
41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)
39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)
33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
Partager
Diagramme de l'Assemblée
En direct sur le Web
Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Version préliminaire
Retour à la liste des séances du Journal des débats
43 e législature, 3 e session
(début : 5 mai 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
jeudi 14 mai 2026
Vol. 49 N° 3
Étude des crédits budgétaires du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, volet Énergie - Hydro-Québec
Étude des crédits budgétaires du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, volet Énergie
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h 30
12 h
12 h 30
13 h
14 h
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
Intervenants par tranches d'heure
11 h 30
Julien, Jonatan
Kelley, Gregory
Drainville, Bernard
12 h
Julien, Jonatan
Bouazzi, Haroun
Drainville, Bernard
Kelley, Gregory
12 h 30
Drainville, Bernard
Kelley, Gregory
Julien, Jonatan
Paradis, Pascal
13 h
Kelley, Gregory
Julien, Jonatan
Drainville, Bernard
14 h
Julien, Jonatan
Kelley, Gregory
Paradis, Pascal
14 h 30
Kelley, Gregory
Julien, Jonatan
Bouazzi, Haroun
Drainville, Bernard
15 h
Kelley, Gregory
Julien, Jonatan
St-Louis, François
Drainville, Bernard
Bouazzi, Haroun
15 h 30
Drainville, Bernard
Bouazzi, Haroun
Julien, Jonatan
Kelley, Gregory
Paradis, Pascal
16 h
Julien, Jonatan
Paradis, Pascal
Dufour, Pierre
Kelley, Gregory
Asselin, Mario
16 h 30
Asselin, Mario
Julien, Jonatan
Drainville, Bernard
Journal des débats
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures quarante-six minutes)
Le Président (M. Julien) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Énergie des crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation
et Énergie pour l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe de
1 h 30 min a été allouée pour l'étude des crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, M.
le Président. M. Sainte-Croix (Gaspé) est remplacé par M. Montigny
(René-Lévesque) et M. Boissonneault (Arthabaska), par M. Paradis
(Jean-Talon).
Énergie
Le Président (M. Julien) : Parfait.
Merci. Donc, nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ
15 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de
ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet
après-midi, vers 16 h 30. Nous débutons nos travaux à 11 h 47.
Nous sommes en attente d'une entente entre les parties, mais on peut commencer
les travaux pour... pour la fin.
Discussion générale
Donc, maintenant, je suis prêt à
reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un
premier bloc d'échange. M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous.
M. Kelley
: Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. le ministre, et bonjour à votre équipe. M.
le ministre, j'ai suivi la course de la chefferie de la CAQ de près, là, j'ai
écouté tous les débats. Je n'étais pas convaincu car les deux candidats étaient
superbes, mais, quand même, je n'ai pas pris ma carte, j'ai demeuré une bonne
libérale. Mais, ceci dit, j'ai aussi écouté toutes les différentes émissions, les
entrevues qui étaient faites par le ministre. Puis je me rappelle une qui j'ai
trouvé superintéressante, comme critique responsable pour le dossier énergie, c'était
avec Infoman . Et, pendant cette émission-là, avec Infoman , le
ministre, le député à l'époque, mais le ministre a dit que, pour Hydro-Québec,
pour le plan de 2035, lui, il pense que c'est possible d'augmenter les coûts
pour le plan à 250 milliards de dollars, 50 milliards de dollars
de plus que qu'est-ce qui est prévu dans le plan.
Alors, dans votre tête, M. le ministre,
est-ce que vous croyez que c'est toujours important qu'on augmente le plan d'Hydro-Québec
de 50 milliards de dollars ou on est capable de livrer ça dans le chiffre
qui est mis de l'avant par Hydro-Québec de 200 milliards de dollars?
M. Drainville : Bien, d'abord,
M. le Président, si vous me permettez, je vais saluer tous les collègues ici réunis.
Je suis content de vous retrouver. C'est toujours un exercice important, les
crédits. On se rappelle que ça faisait
partie des revendications des patriotes,
c'était une des... une des grandes batailles menées par les patriotes, la
responsabilité ministérielle. Alors, c'est ce que nous exerçons ici aujourd'hui.
Alors, M. le député de Jacques-Cartier, je
vous salue en particulier. Je suis... je suis certain d'avoir dit 200, mais, si
jamais j'ai dit 250, c'est que la langue m'a fourchu. Alors, le plan d'Hydro-Québec,
c'est bien 200 milliards d'investissement d'ici 2035, M. le député. Et je
vois à votre sourire que ce n'était qu'un hors-d'œuvre que vous me serviez en
guise d'introduction de cet... de ce sympathique échange que nous allons avoir.
• (11 h 50) •
M. Kelley
: Je pensais,
c'était une bonne question. De mémoire, c'est 250 milliards de
dollars, mais je pense que le ministre vient de clarifier le tout. Alors, merci
beaucoup pour ça.
Et je reviens encore sur un autre débat
qui a été très important aussi de la course à la chefferie de la CAQ. Et mon
collègue de Jean-Talon a posé une bonne question. Mais je me souviens, dans le
débat avec le premier ministre, vous avez clairement dit que gaz de schiste
versus notre eau, il n'y a aucune question là-dessus. Il faut protéger notre
eau, c'est une richesse pour toutes les nations. Bref, c'était un super bel
échange. J'étais super d'accord avec le ministre à l'époque. J'ai dit :
Ah! moi, je suis d'accord avec lui. Je pense qu'on a déjà fait le débat. Je
pense que le débat est clos. Mais la première ministre, elle a eu une
différente vision. Puis, hier, votre collègue le ministre responsable pour la Transition
énergétique, il a dit : Bien, <on ne va pas changer...
M. Kelley :
...elle
a eu une différente vision. Puis hier, votre collègue, le ministre responsable
pour la transition énergétique, il a dit : Bien, > on ne va pas
changer les lois, mais on va lancer les débats sur l'autonomie énergétique du
Québec. Alors, la porte ne semble pas fermée sur la question de la fameuse gaz
de schiste. Et je comprendre votre réponse en Chambre, que certains critères,
l'acceptabilité sociale, l'eau, etc., mais, quand même, M. le ministre, est-ce
que la possibilité de réouvrir la loi est possible? Parce qu'on est en train de
relancer le débat. Alors, je veux avoir un petit peu de clarté de votre part.
M. Drainville : Oui. Alors,
ce que j'ai dit en Chambre, c'est que la sécurité énergétique, c'est l'objectif
suprême, c'est ce qui va nous guider dans toutes nos décisions. Et le choix que
nous avons fait, nous, comme Québécois, pour assurer cette sécurité
énergétique, c'est de miser sur l'énergie verte. Et c'est pourquoi nous
appuyons, bien entendu, le plan d'action d'Hydro-Québec, d'un investissement de
200 milliards d'ici 2035, donc, dans les énergies vertes. Alors,
l'avantage de miser sur les énergies vertes, c'est que ça nous permet d'abord d'avoir
une politique énergétique, donc produire plus d'énergie pour subvenir aux
besoins des citoyens et des entreprises. Ça nous permet d'avoir également une
politique climatique, parce que, quand on décide d'investir dans les énergies
vertes, on investit dans la décarbonation de notre économie. Ça nous permet
aussi d'avoir une politique industrielle, parce qu'évidemment, en générant plus
d'énergie, on va pouvoir donner plus de courant à nos entreprises qui ont des
projets et pour lesquels on manque d'énergie présentement. Et finalement ça
nous permet aussi, en investissant dans les énergies vertes, d'avoir une
politique commerciale. Parce qu'il y a une dimension commerciale à ce choix que
nous faisons. Si on veut exporter vers l'Europe, l'Europe a commencé à tarifer
les produits qui sont fabriqués avec des énergies polluantes. Donc, en
fabriquant des produits ici avec de l'énergie verte qui ne produit pas de GES,
on se donne un avantage comparatif pour exporter vers l'Europe. Donc, le choix
des énergies vertes, c'est un choix qui nous permet de gagner sur le plan
énergétique, climatique, industriel et commercial.
Maintenant, pour ce qui est de votre
question, M. le député, ce que j'ai dit, c'est qu'il y aurait une discussion,
il y aura une discussion au sein du gouvernement, parce que la question de la
sécurité énergétique ne se résume pas qu'à l'approvisionnement en énergie verte,
il faut regarder toutes les options. Maintenant, j'ai aussi ajouté, vous avez
raison de le dire, que cette discussion, elle sera encadrée par un certain
nombre de principes, dont le respect de l'acceptabilité sociale, le respect des
règles de protection de l'eau et le respect des règles de protection de
l'environnement.
M. Kelley : Merci, M. le
ministre. Alors, il y a des discussions, à ce stade ici, entre les différents
ministres au sein du gouvernement, pas avec la société civile. On n'est pas
rendus à des débats avec toute la nation. Alors, est-ce que vous avez demandé à
votre ministère ou est-ce que la première ministre a fait une demande ou une
commande envers la fonction publique de commencer à regarder la question des
gaz de schiste?
M. Drainville : Pas au sein
de mon ministère, en tout cas.
M. Kelley : OK. Alors, pour
l'instant, on peut dire que... parce que j'ai remarqué que, dans le discours
inaugural de la première ministre, on n'a pas parlé des gaz de schiste, ce
n'était pas là, mais ce n'était pas présent. Alors, peut-être la première
ministre a pris votre avis de... comme vous avez mentionné dans un tweet, de
reculer, et ce n'est pas nécessairement une bonne option de relancer ce
débat-là, mais on verra la suite des choses.
Je pense que, M. le ministre, vous avez...
vous avez bien répondu à mes questions, là, merci pour ça, puis on va continuer
de surveiller ce dossier de près. Puis un jour, peut-être, on va avoir une
réponse de la première ministre si elle, elle a une autre vision de tout ça.
C'est une bonne chose qu'il y ait des études de crédits, pour elle, qui s'en
viennent, de mémoire. Alors, on verra la suite des choses.
Je veux maintenant, M. le ministre, aller
sur une autre question qui est superimportante pour le dossier de l'énergie, et
ça, c'est l'entente de Churchill Falls. Depuis que vous avez arrivé en poste,
est-ce que vous avez eu des discussions avec Hydro-Québec ou, quand même, avec
vos homologues à Terre-Neuve sur cette entente qui est superimportante pour
Hydro-Québec?
M. Drainville : Alors, est-ce
qu'on a eu des discussions au sein du gouvernement? La réponse, c'est oui. Vous
savez, parce que ça a été rendu public, que la première ministre a eu des
discussions avec le premier ministre terre-neuvien. Nous sommes en attente du
dépôt du comité, du dépôt du rapport du comité d'experts ou du comité
indépendant, tel qu'ils l'ont qualifié <par le gouvernement
terre-neuvien....
M. Drainville :
...ou du comité indépendant, tel qu'ils l'ont qualifié > par le
gouvernement terre-neuvien. Selon les informations que nous avons, ce comité va
déposer son rapport la semaine prochaine. Et évidemment, M. le député, on
attend avec, je dirais, beaucoup d'intérêt de voir quel en sera le contenu.
Vous avez raison de poser la question, parce qu'il y a consensus, je pense, au
Québec, sur le fait que c'est un dossier extrêmement stratégique. Quand on
parle de sécurité énergétique, c'est certain que nous, on voit, dans cette
entente avec Terre-Neuve, un excellent moyen de contribuer à la sécurité
énergétique à la fois des Québécois et des Terre-Neuviens, parce que nous, on
est convaincus, M. le Président, que cette entente-là, c'est une entente qui
est gagnante-gagnante.
Et donc je conclurai ma réponse, M. le
député, en vous disant que nous continuons d'avoir confiance de pouvoir signer
une entente finale le plus rapidement possible. Ça reste l'objectif, conclure
une entente finale avec Terre-Neuve le plus rapidement possible.
M. Kelley
: Merci
beaucoup, M. le ministre. M. le Président, une autre question sur
Churchill Falls. Je comprends que c'est toujours possible que Terre-Neuve va dire
non puis on retourne à la table de négociation. La première ministre, elle a
dit que, si jamais ça arrive, et ce n'est pas un souhait, je veux juste mettre
sur la table que ça demeure une possibilité, que, si ça arrive que Terre-Neuve
rejette l'entente puis on recommence les négociations, que le Québec a un plan
b puis un plan c pour s'assurer que les objectifs puis le plan d'Hydro-Québec
sont atteints. Alors, je ne sais pas si vous avez une réponse sur la
partie
plus spécifique sur le plan b et le plan c, c'est quoi exactement?
M. Drainville : Bien, je vais
vous dire honnêtement, M. le Président, moi, je mise sur le plan a, puis le
gouvernement, on mise sur le plan a. Je vous rappelle que le contrat actuel, il
est valide jusqu'en 2041. Donc, on a accès à la production de Churchill pour un
minimum de 15 ans encore. C'est un contrat de tout près de 5 000 MW
à un prix qui est effectivement très, très, très, concurrentiel.
Maintenant, nous, on continue, donc,
d'avoir confiance de pouvoir signer cette entente-là à brève échéance. Et je
rappelle, M. le Président, qu'on n'attend pas après personne pour investir dans
nos ressources renouvelables. Le plan d'action d'Hydro-Québec de 2035 prévoit
l'ajout de plusieurs milliers de mégawatts. Il y a des chantiers éoliens qui
ont été annoncés et il y en a d'autres qui sont en appel d'offres. On va de
l'avant avec... également avec une augmentation de notre capacité de production
d'énergie solaire et on veut également rehausser la production de nos barrages
et de nos ouvrages, devrais-je dire, hydroélectriques.
Donc, le plan d'action d'Hydro-Québec de
2035, c'est un plan qui nous appartient, ce sont des investissements qui ne
dépendent de personne. Donc, on va de l'avant avec le plan d'action
d'Hydro-Québec et puis on va évidemment s'asseoir avec Terre-Neuve dès qu'on
connaîtra le rapport du... le contenu du rapport, pour voir s'il y a moyen d'en
arriver à une entente finale avec eux à très brève échéance.
M. Kelley
: Merci, M.
le ministre, mais encore, peut-être juste pour nous... parce que c'est des
déclarations qui étaient mises de l'avant par la première ministre et par le
gouvernement, qu'il y a des options b et c. Et je suis d'accord, on mise sur le
plan a, mais encore c'est possible que ça ne marche pas. Alors, de bien
comprendre, c'est juste de continuer avec le plan d'Hydro-Québec ou est-ce
qu'on va modifier peut-être les mégawatts qu'on veut produire, réduire le plan,
ou est-ce qu'on va miser sur des projets, des barrages sur le territoire du
Québec? Je comprends le solaire puis l'éolienne, tout ça, c'est beau, mais,
quand même, c'est énormément d'énergie. Dans l'entente, qu'est-ce qu'on va
produire à Churchill Falls, c'est énormément d'énergie, c'est énormément de
mégawatts, et, si c'est un échec, je pense qu'on est coincés un petit peu avec
notre plan d'Hydro-Québec.
• (12 heures) •
M. Drainville : Bien, M. le
Président, si vous permettez, le député a tout à fait raison de poser la
question, puis, si j'étais à sa place, je la poserais. Puis Dieu sait que j'en
ai fait, des heures en commission parlementaire puis en crédits dans le rôle
qu'il occupe présentement. Donc, c'est une question qui est tout à fait
légitime.
Maintenant, s'il se met à ma place, maintenant,
il, je pense, partagera la position qui est la <mienne...
Haut de la page
12 h (version révisée)
<209
Drainville :
...légitime.
Maintenant, s'il se met à ma place
maintenant, il, je pense, partagera la position qui est la > mienne, c'est-à-dire
qu'on ne peut pas à ce stade-ci, alors qu'on est dans l'attente du contenu du
rapport du gouvernement terre-neuvien... on ne peut pas se placer dans une
position où on envisagerait ouvertement autre chose qu'une réussite des
discussions. Il faut absolument réitérer que cette entente-là, elle est
stratégique, elle est capitale pour l'avenir énergétique et du Québec et de
Terre-Neuve. Donc, c'est une entente qui est gagnant-gagnant ou gagnante-gagnante.
Et nous avons confiance de pouvoir en
arriver à une entente finale parce que, justement, l'intérêt québécois et l'intérêt
terre-neuvien concordent, vont dans la même direction. On a trouvé un espace où
on peut sécuriser de grandes quantités d'énergie à un prix qui est compétitif.
Et Terre-Neuve voit dans cette entente-là une façon de corriger ce qu'ils ont...
ce qu'ils ont considéré historiquement comme une sorte d'injustice. Et donc on
est confiants, M. le Président, de trouver, justement, l'espace qui va nous
permettre d'obtenir une signature finale, et c'est là-dessus qu'on veut mettre
nos énergies, pas sur autre chose.
Le Président (M. Julien) : ...M.
le ministre. Donc, j'ai compris qu'il y avait eu un consentement, là, juste
avant de passer au prochain bloc, pour que le retard qu'on a eu en début de
séance soit imputé à l'enveloppe gouvernementale et qu'on puisse poursuivre un
peu dépassé 13 heures, jusqu'à 13 h 02, à peu près, pour terminer. Alors,
consentement? Oui?
Alors, ce bloc d'échange étant terminé. La
parole est maintenant au député de Maurice-Richard. Vous
disposez de 14 min 40 s.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Très heureux à être dans ces crédits. Je vais revenir avec vous, M.
le ministre, sur un peu les conséquences du projet de loi n° 69, que
nous avions décrié et que votre gouvernement a passé sous bâillon.
Récemment, la compagnie Domtar était dans
les médias parce qu'elle a cédé deux barrages de 80 MW chaque à une
compagnie à numéro. Cette cession n'était tout simplement pas possible avant le
projet de loi n° 69. La nouvelle compagnie à numéro n'a
plus aujourd'hui d'obligation par rapport aux obligations historiques qu'avait
la compagnie Domtar par rapport à la création d'emplois dans la région, etc.,
et pourrait se retrouver à être tout simplement une compagnie énergétique,
voire tout simplement à vendre de l'électricité à une autre compagnie privée,
ce que permet le projet de loi n° 69. Qu'est-ce
que vous pensez que les Québécoises, les Québécois ont gagné de cette
situation?
M. Drainville : ...Président,
je tiens d'abord à exprimer... ou à réitérer les faits.
Malgré le transfert,
les obligations demeurent, il n'y a eu aucune concession qui a été faite sur
les engagements qui avaient été contractés. Donc, les obligations de l'entreprise
sont préservées.
M. Bouazzi : Laquelle? Parce
que ce n'est plus la même. Donc, on s'entend, juste pour comprendre, moi, j'aimerais
bien que les gens qui nous écoutent comprennent un peu la situation, parce que
je vais vous dire, moi, Domtar gagne à ça, hein? Il faut comprendre que cette
compagnie-là a été vendue à un archimilliardaire étranger indonésien, que le
fait de lui avoir vendu la compagnie lui permet d'avoir des droits de coupe sur
nos forêts assez exceptionnels, qu'il hérite avec tout ça des barrages et que...
Alors, je vais commencer les coïncidences.
M. Fitzgibbon était sur le conseil d'administration de Domtar avant d'être
ministre, il dépose un projet de loi, le projet de loi n° 69,
qui permet, justement, des transferts de barrages de moins de 100 MW vers
d'autres compagnies, de vendre ce que... Il monte la limite de 50 à 100. Il s'en
va. Le projet de loi est adopté sous bâillon au mois de juin. Au mois d'août,
Domtar crée une compagnie à numéro pour recevoir ces barrages.
Rappelons au passage que M. Fitzgibbon,
après avoir, donc, déposé ce projet de loi, a été ministre de l'Économie,
part
comme conseiller pour la compagnie du milliardaire indonésien, qui est d'ailleurs,
et c'est un autre sujet, mais une sacrée crapule d'un point de vue droit <international...
M. Bouazzi : ... et c'est un
autre sujet, mais une sacrée crapule d'un point de vue droit > international
et se retrouve donc à faire ce transfert-là.
Moi, je ne vois pas ce que les Québécois
ont gagné, mais la compagnie a clairement gagné quelque chose en faisant ce
transfert-là de Domtar à une compagnie à numéro. Est-ce que vous pouvez nous expliquer,
encore une fois? Je veux dire, ils font ça pour le plaisir, de passer une
compagnie... les barrages d'une compagnie qui avait des obligations, des
contrats avec l'État, à une compagnie à numéro à côté?
Le Président (M. Julien) : ...de
Maurice-Richard, je vous appelle quand même à la prudence dans vos
commentaires. M. le ministre.
M. Drainville : Oui. Bien,
écoutez, M. le Président, moi, je ne suis pas ici, là, pour parler au nom de
Domtar ou au nom des propriétaires de Domtar. C'est assez facile de retrouver
dans les déclarations médiatiques les raisons pour lesquelles ils ont souhaité
faire ce transfert. Mais moi, je tiens à réitérer, M. le Président, que, malgré
le transfert de propriété, les obligations demeurent parce que les ouvrages
continuent d'être détenus à 100 % par Domtar.
Et j'ai parlé des obligations en matière
d'emploi tout à l'heure. L'autre obligation qui est extrêmement importante,
c'est l'obligation que la production d'énergie serve aux installations dans la
région. Donc, ça aussi, c'est une obligation qui existait avant et qui existe
toujours. Les obligations, M. le député, en tout respect, n'ont pas changé, la
compagnie doit préserver... doit, dis-je, respecter les mêmes obligations
qu'elle avait avant.
Bouazzi : À
part celle de vendre son... de transférer le barrage à une
compagnie à numéro. J'entends vos mots, M. le Président, et je vais faire
attention, mais laissez-moi quand même rappeler que le propriétaire de cette
compagnie, donc, Paper Excellence, qui a racheté Domtar, que d'ailleurs M. Fitzgibbon
décrit comme quelqu'un d'assez exceptionnel, M. Jackson Wijaya, fait
partie
d'une famille, donc, qui pèse 18 milliards de dollars et qui a fait
état de graves, graves manquements. Amnistie internationale a demandé une
ouverture d'enquête sur ce que, donc, la compagnie mère a fait en Indonésie, à
savoir envoyer des gens dans un village, les sortir de là, pour ensuite
détruire le village et lui mettre le feu pour pouvoir couper les arbres autour.
Et ce n'est pas par hasard que le gouvernement, d'ailleurs, pas loin... pas
plus loin qu'en février, ait été obligé d'intervenir pour arrêter des coupes
d'arbres dans des territoires ancestraux à grande valeur pour les Premières
Nations. C'est effectivement des voyous et ce n'est pas ce qu'on considère
comme d'extraordinaires partenaires d'affaires.
Le Président (M. Julien) : M.
le député, je vous réinvite à la même prudence. Merci.
M. Bouazzi : Je suis très
prudent, là, je suis factuel. Donc, parlons des différents tarifs, M. le
ministre...
M. Drainville : Domtar, là,
ou on est sur un autre sujet? Excusez-moi.
M. Bouazzi : Non, on est...
on est sur un autre sujet.
M. Drainville : D'accord.
M. Bouazzi : Les... D'abord,
commençons par... Vous avez parlé effectivement des milliers de mégawatts
qu'Hydro-Québec a décidé de... enfin, va dégager d'ici 2035, un investissement
de pratiquement 200 milliards de dollars, qui est, rappelons-le, plus
que le budget annuel du Québec, là, c'est des grosses, grosses... Comment
est-ce que... Donc, dans ce plan-là, en gros, il y avait 25 % de la
nouvelle électricité qui irait à des développements économiques et 75 %
qui irait à la décarbonation de notre économie et notre société. Est-ce que
vous êtes d'accord avec ces chiffres?
M. Drainville : Écoutez, M.
le Président, je suis en train de faire vérifier, là, la teneur de
l'affirmation que l'honorable député de Maurice-Richard vient de faire. Je veux
quand même préciser que la présidente, la PDG d'Hydro-Québec sera parmi vous
cet après-midi. Donc, sur les questions peut-être plus techniques, si vous me
permettez, M. le député, ça pourrait être une bonne idée de vous les réserver
pour Mme la PDG.
• (12 h 10) •
Et l'autre chose, bon, ça fait un petit
peu plus de trois semaines, là, que j'occupe le poste qui est le mien
maintenant, donc j'ai essayé de me préparer à toutes les questions techniques,
mais évidemment c'est possible que je n'aie pas réponse à toutes les questions.
Alors, je suis en train de faire vérifier, là, l'affirmation que vous avez
faite, M. le député, mais je dois vous dire que, sur les... sur les mégawatts,
je ne sais pas si vous m'avez entendu au début, là, les mégawatts qui vont être
produits <en vertu du...
M. Drainville :
je ne sais pas si vous m'avez entendu au début, là, les mégawatts qui vont être
produits > en vertu du nouveau plan 2035, là, je ne sais pas si vous
êtes d'accord avec moi, mais d'investir dans les énergies vertes, ça reste le
choix, le bon choix qu'il faut faire sur le plan énergétique, sur le plan
écologique, et donc climatique, sur le plan économique, industriel, pour les
emplois, et tout le reste, et sur le plan, également, de notre capacité à
exporter en faisant valoir que les productions qui sortent du Québec sont
produites avec de l'énergie qui ne produit pas de GMS. Est-ce que... Est-ce
qu'on s'entend là-dessus, vous et moi, que c'est le bon choix, les énergies
vertes?
M. Bouazzi : Alors,
d'abord, c'est moi qui pose les questions. Deuxièmement, quand même, je vais y
répondre. Oui, effectivement, l'énergie verte, c'est important. Je suis quand
même vraiment étonné que savoir que 75 % de la nouvelle énergie sert à
décarboner, alors que 25 % sert à de la nouvelle économie et, aux yeux du
ministre de l'Énergie, quelque chose de technique. On est très, très loin des
questions techniques, que je ne vais pas aborder, je vais effectivement
réserver le reste.
Mais restons sur l'énergie verte, à ce
moment-là, parce que vous avez mangé beaucoup de mon temps, M. le ministre. Si
on regarde une compagnie comme Marinvest, par exemple, qui... qui...
M. Drainville : ...
M. Bouazzi : Marinvest.
M. Drainville : Ah! Marine
Invest. Oui.
M. Bouazzi : Si vous
voulez, avec votre accent anglophone. Moi, je respecte.
M. Drainville : Non,
d'accord, d'accord.
M. Bouazzi : Cette
compagnie-là qui passe du gaz de schiste et qui va produire des quantités... je
veux dire, on a des études qui parlent de 45 millions de tonnes de CO2 à
terme, par an, sur la vie de 30 ans de cette... de ce pipeline, plus la
liquéfaction qui s'ensuit. Est-ce que, pour vous, ça, c'est de l'investissement
dans de l'énergie verte?
M. Drainville : Alors,
M. le Président, le choix que nous avons fait, c'est le choix des énergies
vertes avec l'objectif d'assurer la sécurité énergétique des Québécois. Maintenant,
c'est vrai qu'il y a, dans notre mix énergétique, si vous me permettez le mot
«mix», il y a, dans ce mix énergétique, une part pour le gaz naturel à des fins
industrielles, notamment, parce que c'est effectivement difficile,
actuellement, d'utiliser une autre énergie que le gaz naturel dans des grandes
usines qui produisent sur une très grande échelle...
M. Bouazzi : M. le
ministre, en tout respect...
M. Drainville : Est-ce
que je peux finir la réponse?
M. Bouazzi : Bien, c'est
une... ma question est claire : Marinvest ne sert absolument pas le gaz
qu'on consomme ici, au Québec. Donc, votre réponse, en tout respect, est hors
sujet. Est-ce que vous avez promis des blocs d'électricité à Marinvest pour
qu'elle puisse faire sa liquéfaction du côté de la Côte-Nord?
M. Drainville : Bien, en
tout cas, moi je n'ai rien promis. Je ne les ai même pas rencontrés, je ne leur
ai pas parlé. Et puis, pour le moment, à ma connaissance, il n'y a aucun projet
qui a été déposé. Alors, on verra bien si Marine Invest finit par déposer un
projet. Chose certaine, s'ils le font, ça devra se faire dans le respect de
l'acceptabilité sociale, puis ils devront faire la preuve qu'il y a des
retombées économiques et financières qui sont claires pour le projet. Donc,
pour le moment, nous n'avons pas de position officielle, comme gouvernement,
parce qu'il n'y a pas de projet qui a été déposé. Maintenant, j'ajouterais
ceci, j'ajouterais ceci, s'il y a un projet qui est déposé, M. le Président,
nous allons l'évaluer.
M. Bouazzi : C'est très
bien. Donc, vous avez le député de René-Lévesque du coin qui parle de
30 milliards d'investissements, des retombées de 12 milliards. On a
des demandes d'accès à l'information parce que c'est la seule manière d'obtenir
des informations. Au niveau fédéral, on sait qu'il y a une équipe qui s'occupe
juste de ça. Pour l'instant, la population, tout ce qu'elle sait, c'est qu'il y
avait GNL Québec qui a été annulé parce qu'il n'y avait aucune acceptabilité
sociale et, entre autres choses, des millions de tonnes de CO2 de plus qui vont
accélérer la fin du monde, là, parce que c'est ça que c'est. Et là vous êtes en
train de nous dire qu'il n'y a pas de projet sur la table. Au moins, rendez
transparentes les études de marché qui, clairement, ont été vues par le député
de René Lévesque pour que nous aussi et la population évaluent à quel point
est-ce que c'est rentable ou pas pour la société.
M. Drainville : M. le
Président, rien n'a été déposé officiellement auprès du gouvernement en ce qui
a trait à ce projet. Rien.
M. Bouazzi : OK. Donc,
le député de René-Lévesque n'a pas eu une présentation des retombées
économiques du projet?
M. Drainville : M. le
Président, M. le député pourra poser la question, au début, au député, s'il le
souhaite...
M. Bouazzi : C'est à vous
que je la pose, M. le ministre.
M. Drainville : Bien, je
vous ai... j'ai donné une réponse. J'ai donné une réponse, oui.
M. Bouazzi : Donc, donc,
on a un député de votre majorité, du coin, qui parle de 10 à 12 milliards
pour la construction d'un oléoduc, 8 milliards pour l'usine de
liquéfaction, 4 à 5 milliards pour l'amélioration du <réseau
principal...
M. Bouazzi :
oléoduc, 8 milliards pour l'usine de liquéfaction, 4 à 5 milliards
pour l'amélioration du > réseau principal existant, 3 à 4 milliards
pour un parc éolien associé, etc., et vous les êtes en train de nous dire que
les documents et le projet n'existent pas? Ça, c'est la transparence et
l'acceptabilité sociale dont vous parlez?
M. Drainville : Bien, M. le
Président, je réitère qu'aucun projet n'a été déposé, qu'aucun document n'a été
déposé. Et je n'ai pas parlé avec quiconque de Marine Invest puis je n'ai pas
rencontré personne de Marine Invest. Il n'y a rien qui a été déposé, rien qui a
été déposé à notre ministère.
M. Bouazzi : Donc, sur les
ondes de la radio, vous-même, vous avez dit que vous étiez favorable à ce
projet-là. S'il n'y a absolument aucun document qui a été déposé, sur quelle
base vous êtes favorable, excusez-moi?
M. Drainville : Alors, j'ai
dit que j'étais ouvert à l'évaluer, je n'ai jamais dit que j'étais favorable.
Je ne dirai pas que je suis favorable à un projet que je n'ai pas vu. Mais
l'idée d'avoir un gazoduc qui nous permet de s'approvisionner en gaz naturel à
des fins industrielles et peut-être, oui, c'est possible, à des fins
d'exportation également, cette idée-là, moi, je suis prêt à l'évaluer, je suis
prêt à la regarder. Je ne dis pas non d'emblée, je ne dis pas oui non plus.
L'évaluer, ça ne veut pas dire l'autoriser. Mais, s'il y a un projet — parce
qu'il n'y en a pas — qui est déposé et que... et que les documents
accompagnants ledit projet sont éventuellement déposés, on va effectivement
l'évaluer.
Le Président (M. Julien) : Je
me dois de vous interrompre. Ce bloc d'échange est terminé. Je cède maintenant
la parole au député de Jacques-Cartier. Vous disposez de 14 min 40 s.
M. Kelley : ...il n'y a rien,
aucun problème avec un accent anglophone. Moi, j'aime ça bien. C'est correct.
M. Drainville : Merci,
monsieur.
M. Kelley
: Le contenu
québécois. Je pense que je vais poser les questions, M. le ministre, après
qu'est-ce que la première ministre a dit aujourd'hui devant l'UMQ. Elle a juste
dit, et je cite rapidement la première ministre, que «je ne veux pas vous
parler des infrastructures sans parler de l'approvisionnement des ressources.
Et ici nos PME sont importantes. Mon nouveau gouvernement veut aider nos PME en
réformant nos marchés publics pour que les marchés québécois achètent davantage
québécois. Je vais renvoyer une lettre à l'ensemble des ministres et des
organisations gouvernementales pour que tout le monde embarque dans le
mouvement.» Et je sais que, M. le Président, vous connaissez ce dossier très,
très bien. Il y a déjà une loi qui a été adoptée, mais ça semble que ce n'est
pas suffisant.
Moi, je vais miser vraiment sur le plan
d'action d'Hydro-Québec. Et peut-être c'était une occasion ratée. Parce qu'on a
eu la discussion, tous mes collègues dans l'opposition étaient présents pendant
l'étude de projet de loi n° 69, on a déposé des
amendements qu'il faut avoir des obligations de la contenue québécoise pour,
oui... de projets, tous des différents projets d'Hydro-Québec, de renforcer
cette capacité de nos entreprises d'ici d'avoir une grande
partie de la marché
de le plan d'action d'Hydro-Québec et tous les projets devant notre société. Et,
à l'époque, la ministre et, maintenant, la première ministre a refusé nos
amendements, des motions ont été refusées.
Alors, qu'est-ce qui a changé? Et ce n'est
pas le contexte mondial, parce que M. Trump était en pouvoir quand on a étudié
le projet de loi n° 69, la guerre tarifaire a
commencé. Et comment vous pouvez rassurer nos PME et nos grosses entreprises
aussi que, cette fois ici, ça va être un succès? Parce qu'on a déjà eu des
occasions de changer nos lois, puis la réponse de le gouvernement a été non.
M. Drainville : Oui. Bon,
écoutez, je pense que vous l'avez vu passer, M. le député, mais, le 7 mai
dernier, Hydro-Québec a lancé un appel aux marchés pour sécuriser
l'approvisionnement des éoliennes. Donc, Hydro-Québec a annoncé à ce moment-là
qu'ils allaient travailler avec les fabricants pour optimiser le contenu
québécois, et ce, dans le respect des accords de commerce. Alors, on parle, par
exemple, de l'usine de pales de Gaspé. Hydro-Québec va inviter cette usine de
pales de Gaspé à proposer des options de contenu local, incluant notamment la
fabrication de pales. Alors, Hydro-Québec... Et vous pourrez poser la question
à Mme la PDG cet après-midi, mais, dans l'esprit d'Hydro-Québec, c'est une
occasion, effectivement, d'accroître la participation des entreprises québécoises
à la chaîne d'approvisionnement mondiale de fabricants d'éoliennes.
• (12 h 20) •
L'autre chose aussi qui doit être
soulignée, c'est <qu'Hydro-Québec...
M. Drainville :
fabricants d'éoliennes.
L'autre chose aussi qui doit être
soulignée, c'est > qu'Hydro-Québec travaille quand même depuis un certain
temps avec Investissement Québec et avec le ministère de l'Économie pour
identifier, donc, des occasions concrètes pour donner, donc... pour faire affaire
davantage, donc, avec des manufacturiers d'ici. J'ajoute ceci, parce que c'est
factuel, 50 % à 60 % des investissements qui sont liés aux projets
éoliens sont déjà réalisés au Québec. Et, dans le cadre de l'appel d'offres du
10 avril, donc, pas celui du 7 mai, mais du 10 avril, il y a eu
cette volonté qui a été exprimée de bonifier le critère de contenu québécois
pour maximiser, donc, les retombées au Québec. On... Hydro-Québec travaille
notamment avec Marmen pour augmenter le contenu québécois du projet Des Neiges,
donc, dans la région de Charlevoix. Voilà.
J'ai parlé de...
M. Kelley
: Merci,
monsieur...
M. Drainville : ...j'ai fait
une erreur factuelle : le 7 mai, ce n'était pas un appel... ce
n'était pas un appel d'offres, c'est un appel au marché pour sécuriser
davantage l'approvisionnement en contenu québécois pour les éoliennes. Je
m'excuse.
M. Kelley
: Et c'est
parfait. Merci pour la correction, M. le ministre. Et, oui, j'ai bien vu ça, mais,
encore, je dis : Bien, dans les appels d'offres, il n'y a pas une
obligation. Et hier en Chambre, M. le ministre, nous avons eu une bonne échange
sur un autre projet, de Nemaska, et la justification pour les investissements, de
le côté de le gouvernement, c'était qu'il faut être en compétition contre la
Chine. Mais présentement on sait que c'est fortement probable que beaucoup des
pales puis des tours pour les projets d'Hydro-Québec, éoliennes, vont... vient
de la Chine.
Je comprends, il y a certains efforts pour
travailler avec nos PME, j'imagine, c'est très apprécié de leur part, mais je
pense qu'ils regardent tout l'argent qui est présentement dépensé puis ils
posent des questions. Ça fait des années qu'on demande, quand même, les
entreprises ici d'avoir l'appui de le gouvernement d'agrandir leurs projets,
etc. Mais je veux juste essayer de jumeler tout ça. C'est comme, quand même,
avec le plus grand projet économique de notre nation, présentement, le plan
d'Hydro-Québec, on va toujours vers la Chine pour acheter des... plusieurs éléments
pour leurs projets, particulièrement les éoliennes au Québec. Au minimum, ça va
probablement arriver, mais je trouve ça un petit peu problématique. Et, je
comprends, on ne peut pas régler ça aujourd'hui. Mais, pour la suite des
choses, comment on peut aider notre industrie à agrandir puis avoir une plus
grande part de le marché de ces projets d'Hydro-Québec?
M. Drainville : Encore une
fois, M. le Président, c'est une question qui est tout à fait légitime. Puis
vous avez raison, M. le député, de dire qu'avec un chantier 200 milliards
il faut s'assurer que ce soit le Québec qui bénéficie de la large part des
retombées économiques et industrielles qui vont découler de ces
investissements.
Je tiens quand même à souligner le fait
qu'en 2025 c'est presque 90 % des achats de biens et de services d'Hydro
qui ont bénéficié à des entreprises du Québec. On parle de plus de
7 milliards, donc, de retombées, d'achats de biens et de services. C'est
quand même considérable. Et, dans le respect, justement, de la logique que vous
énoncez, le plan 2035, l'avantage qu'il a, c'est qu'il offre de la
prévisibilité, donc, sur les volumes, sur les calendriers d'acquisition. Et
Hydro-Québec travaille présentement avec l'Association de l'industrie
électrique du Québec, avec le ministère, avec Investissement Québec pour
développer, justement, une chaîne d'approvisionnement qui soit la plus
québécoise et la plus robuste possible.
Donc, votre question est légitime.
Hydro-Québec fait des efforts et veut en faire encore davantage pour s'assurer
que ce soit le... qu'on génère le maximum de contenu québécois dans le cadre de
ce plan d'action de 200 milliards.
M. Kelley
: Merci, M.
le ministre. Il n'y a aucun doute, il y a plusieurs entreprises au Québec qui
fabriquent... si c'est des transformateurs ou des autres... des lignes, etc.,
il y a plusieurs fleurons, on peut être fiers, et c'est sûr que le plan
d'action d'Hydro-Québec va être un avantage pour eux autres. Mais c'est juste
une question d'aller plus loin. Et, selon vous, de mettre des... des clauses
dans une loi, ce n'est pas... ce n'est pas nécessaire ou ce n'est pas quelque
chose que vous envisage, présentement, de changer les lois pour s'assurer, particulièrement
dans le secteur énergétique, qu'il y ait une obligation d'acheter local?
M. Drainville : C'est une
nuance très intéressante que vous faites. Puis, encore une fois, est-ce qu'une
cible fait le travail ou est-ce qu'il faudrait aller plus loin vers une
obligation? Pour le moment, nous n'en sommes pas là, parce qu'Hydro-Québec a
démontré, justement, sa bonne volonté... plus que sa bonne volonté, sa très <grande...
M. Drainville :
démontré, justement, sa bonne volonté... plus que sa bonne volonté, sa très
> grande détermination d'aller plus loin, donc de s'approvisionner encore
davantage auprès des entreprises québécoises. Ils ont déjà fait, je vous l'ai
dit, quand même un bon bout de chemin. Quand on dit 90 % des achats de
biens et services d'Hydro, là, qui ont bénéficié à des entreprises québécoises
en 2025, c'est quand même très, très, très important. Maintenant, Hydro est
consciente qu'on lui en demande davantage et qu'on en souhaite davantage, et
ils ont pris l'engagement d'en faire davantage.
Alors, je vous dirais, vous savez, à un
moment donné, M. le député de Jacques-Cartier, on ne peut pas toujours marcher
par obligation. Hydro-Québec, c'est une société d'État qui appartient aux
Québécois, ils sont conscients de leur responsabilité. On a un leadership, une
direction, chez Hydro, qui veut aller dans cette direction encore plus, et je
pense qu'à un moment donné il faut faire confiance. Alors, faisons confiance.
Si jamais ça ne fonctionne pas, bien, on s'en reparlera. Mais, moi, mon premier
réflexe, c'est de faire confiance à la direction actuelle. Puis, si vous... Encore
une fois, puis je ne veux vraiment pas pelleter ça, de... comment dire, ne pas
répondre à la question, mais je pense qu'il est légitime que vous posiez la
question à la direction d'Hydro-Québec, un peu plus tard aujourd'hui, sur les
moyens concrets qu'ils comptent mettre en œuvre pour augmenter le contenu
québécois.
M. Kelley
: Merci
beaucoup, M. le ministre. Je veux changer le sujet, maintenant, sur les blocs
d'énergie, M. le ministre. Parce qu'une chose d'un de vos prédécesseurs puis
ancien collègue, Pierre Fitzgibbon, il était toujours très direct et
transparent, particulièrement avec les blocs d'énergie puis le nombre de
mégawatts disponibles. Souvent, il était prêt à dire ça publiquement, combien
des mégawatts restent, c'est quoi, l'état des lieux. Mais, depuis un certain
temps, on parle moins. Et c'est impossible d'avoir une croissance économique
sans plus d'énergie, c'est juste un calcul très simple.
On sait que présentement nos blocs
d'énergie sont serrés, on n'a pas énormément d'énergie disponible pour les
entreprises du Québec. Est-ce que vous pouvez donner nous, les autres
formations politiques qui est en train d'écrire leurs plateformes électorales,
et, quand même, c'est important pour les acteurs économiques et pour la
population en général, combien d'énergie est disponible, combien des blocs
d'énergie sont disponibles au Québec dans les prochaines deux ans?
M. Drainville : Oui. Alors,
vous avez raison de dire, M. le député, que les bilans sont serrés, hein, c'est
pour ça qu'on gère serré. On s'est donné un nouveau processus, vous le savez,
vous étiez là, un nouveau processus, au cours de la dernière année, qui prévoit,
donc, deux étapes : d'abord, une étape d'autorisation initiale ou de
préautorisation avant de passer, donc, à l'autorisation finale, donc la
préautorisation puis, par la suite, l'autorisation finale. Et ce que nous
demandons, entre ces deux moments, c'est au projet, à l'entrepreneur, à la
direction de l'entreprise concernée, donc qui s'est vue préautoriser un certain
nombre de mégawatts... ce que ce qu'on lui demande, c'est d'optimiser le plus
possible le projet. Parce que, qu'est-ce que vous voulez, la quantité d'énergie
étant limitée, on veut s'assurer de bien gérer chaque mégawatt. Alors, si on
est capables, entre la préautorisation et l'autorisation finale, de diminuer
les besoins en mégawatts pour libérer, donc, des mégawatts qu'on pourra
attribuer à un autre projet, on le fait et on le fait systématiquement. Donc,
optimisation du projet, ça, ça demeure une priorité pour nous.
• (12 h 30) •
Maintenant, M. le M. le député, on a quand
même, depuis avril 2025... c'est quand même 541 mégawatts, dis-je bien,
541 mégawatts de projets qui ont été préautorisés ou autorisés. Donc, en
un peu plus d'une année, on a quand même préautorisé ou autorisé
541 mégawatts. Alors, je peux être encore plus précis, il y a neuf projets
qui ont été autorisés pour 117 mégawatts puis il y a 18 projets qui
ont été préautorisés pour 424 mégawatts. Et, comme vous le savez, vous
pouvez retrouver sur le site Internet du gouvernement les projets qui ont fait
l'objet d'une autorisation, pas d'une préautorisation, ça, on garde ça
confidentiel. Mais, pour ce qui est de l'autorisation, vous avez, donc, je le
vois, vous brandissez le papier, donc, les projets qui ont obtenu, donc, de
l'énergie en autorisation, alors Les Fraises de l'île d'Orléans, AEM Canada,
General Dynamics, Hitachi, Agnico-Eagle, Davie, Kruger et les autres.
M. Kelley
: Merci, M.
le ministre. Il y a combien de projets qui sont sur la liste <d'attente...
Haut de la page
12 h 30 (version révisé
e) M. Drainville :
...Davie,
Kruger, et les autres.
M. Kelley :
...M.
le ministre. Il y a combien des projets qui sont sur la liste > d'attente
présentement?
M. Drainville : Ah! écoutez,
je ne sais pas si on a un chiffre là-dessus. Je me tourne vers le sous-ministre
ici, à ma droite, que j'aurais pu vous présenter, d'ailleurs. On va... on va le
vérifier.
M. Kelley : On... on peut
revient aussi dans un prochain bloc ou il peut donner la commission la réponse,
parce que j'ai une minute qui reste.
M. Drainville : ...parfait.
Si on n'a pas le chiffre, c'est bien, j'apprécie votre ouverture.
M. Kelley : Et, M. le
ministre, peut-être rapidement, comment on va bien gérer les blocs d'énergie
pour s'assurer qu'il y a de l'énergie disponible pour les petites et moyennes
entreprises du Québec versus les quatre priorités de votre gouvernement, si c'est
la défense, les centres de données? Puis on peut continuer, mais je n'ai pas
beaucoup de temps, mais je vise vraiment les centres de données. Comment ça, ça
va marcher? Parce qu'on sait que nos PME, on a besoin de l'énergie aussi.
M. Drainville : Bien, on
va...
Le Président (M. Julien) : En
30 secondes.
M. Drainville : ...on va
continuer à les gérer avec beaucoup de rigueur en appliquant les critères d'attribution.
Puis, parmi les critères d'attribution, il y a évidemment la capacité technique
du réseau, les retombées économiques, l'impact environnemental, l'impact
social, développement régional, cohérence avec la stratégie gouvernementale.
Donc, il y a de multiples critères qui s'appliquent pour qu'on prenne les
bonnes décisions, qu'on attribue les mégawatts aux bons projets, et on va
continuer de le faire avec beaucoup de rigueur, M. le député de Jacques-Cartier.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Donc, je comprends qu'il y aura certaines réponses qui seront données dans le
prochain bloc de questions.
Le bloc d'échange étant terminé, je cède
maintenant la parole au député de Jean-Talon. Vous disposez de 14 min 40 s.
M. Paradis : Bonjour, M. le
ministre, à vous et à toute votre équipe. Aujourd'hui, le gouvernement fédéral
de Mark Carney vient de lancer la nouvelle Stratégie nationale d'électrification
qui vise à construire l'infrastructure nécessaire pour doubler la production d'électricité
au Canada et à relier les réseaux fragmentés du Canada de l'est à l'ouest grâce
à la construction et l'extension de lignes de transport d'électricité. Avez-vous
été consultés aux fins de cette annonce aujourd'hui?
M. Drainville : La réponse,
c'est non.
M. Paradis : Est-ce que vous
êtes préoccupés par le fait que cette stratégie est vraisemblablement l'oeuvre
de Michael Sabia, qui, jusqu'au mois de juin 2025, était le PDG d'Hydro-Québec,
qui a démissionné de manière complètement inattendue juste après l'adoption d'un
bâillon sur la réforme de l'électricité et du secteur de l'énergie dont tout le
monde sait qu'il a été un des maîtres d'œuvre de cette réforme-là? Est-ce que
ça vous préoccupe que, maintenant, ce soit lui qui soit derrière,
vraisemblablement, la nouvelle stratégie fédérale?
M. Drainville : Je ne peux
pas présumer du... de l'identité de la personne qui est derrière la stratégie
qui a été proposée hier.
M. Paradis : Est-ce qu'il est
vraisemblable, compte tenu de son expertise, que Michael Sabia ait participé à
l'élaboration de cette politique parce que c'est dans son expertise?
M. Drainville : Je ne peux
pas présumer de ça, M. le député.
M. Paradis : Très bien. Est-ce
que vous êtes préoccupé qu'après cette démission assez inattendue, c'est votre
gouvernement aussi qui avait réagi comme ça, que, maintenant, celui qui avait
toutes les clés et tous les chiffres de la stratégie québécoise en matière d'énergie
soit maintenant un proche conseiller du premier ministre du Canada au moment où
on reçoit cette politique pour laquelle vous n'avez pas été consultés?
M. Drainville : Écoutez, on a
reçu le document hier, en fin de journée. Nous sommes à l'évaluer, nous sommes
à l'analyser, et donc je me dois d'être prudent quant aux commentaires que...
que je souhaite formuler. Donc, on va d'abord analyser le document, mais, chose
certaine, si vous me permettez, monsieur... M. le député, je tiens quand même à
réitérer, la politique, appelons-la traditionnelle, des gouvernements
québécois, peu importe leur couleur... c'est-à-dire que, peu importe la
stratégie qui sera mise de l'avant, nous ferons évidemment respecter nos
compétences en matière d'énergie et de ressources naturelles.
M. Paradis : Les Québécois
ont bâti, avec l'argent de leurs impôts, de leurs taxes, avec l'intelligence
des Québécoises et des Québécois, tout le réseau de production énergétique du
Québec, 100 % québécois. Est-ce que vous êtes préoccupé par le fait que le
gouvernement fédéral se propose maintenant de mettre sur pied une stratégie
nationale d'investissement qui pourrait, en réalité, financer les concurrents d'Hydro-Québec
avec l'argent des Québécois, visant notamment une interconnexion de tous les
réseaux d'est en ouest, qui, à ce que je sache, n'est pas du tout dans la
priorité du plan d'action <d'Hydro-Québec...
M. Paradis :
...qui,
à ce que je sache, n'est pas du tout dans la priorité du plan d'action > d'Hydro-Québec?
Est-ce que ça vous préoccupe?
M. Drainville : Bien,
écoutez, quand vous dites «ça ne fait pas
partie des priorités
d'Hydro-Québec», je vous rappelle quand même que l'entente avec Terre-Neuve va
nécessairement passer par une interconnexion entre les deux provinces.
M. Paradis : Il y a déjà de
l'interconnexion. On parle de nouvelles... vraisemblablement de nouvelles
interconnexions, mais, n'empêche, le principe, c'est que nous, on a bâti notre
capacité énergétique 100 % avec notre intelligence, nos bras, notre argent,
et là le gouvernement fédéral, y compris avec de l'argent des Québécois, se
propose de développer une nouvelle stratégie d'investissement. Si le passé est
garant de l'avenir, ça va être une intrusion dans la compétence et dans la
souveraineté énergétique historique du Québec. Donc, comment réagissez-vous
face à cette annonce d'aujourd'hui?
M. Drainville : Écoutez, M.
le député, puis peut-être que le sous-ministre pourra venir compléter ma
réponse ici, là, mais je tiens quand même à souligner qu'il existe déjà un
programme fédéral qui permet d'obtenir un crédit sur l'investissement dans les
infrastructures interprovinces. Je pense que c'est important de le noter, ça
existe déjà, cela. Là, ce que propose le gouvernement fédéral... Encore une
fois, c'est ce que j'ai lu, c'est ce que j'ai lu dans ce qui a été rapporté par
les médias, je n'ai pas encore pris connaissance du document technique, là, mais
ce que j'ai lu, c'est que, là, le gouvernement fédéral se propose d'aller plus
loin, et donc d'offrir un crédit à l'investissement pour des projets
intraprovinciaux, donc à l'intérieur d'une même province. Alors, encore
une fois, M. le Président, nous allons prendre connaissance du... de la
stratégie ou de la politique proposée par le gouvernement fédéral. Je veux être
prudent, je ne veux pas faire des commentaires qui ne sont... qui ne sont pas
basés sur une analyse fine du texte. Alors, on va faire une analyse fine du
texte et, par la suite, on pourra aller plus loin dans les commentaires que
nous ferons.
M. Paradis : Je comprends et
j'apprécie votre saine prudence par rapport à une annonce qui vient d'être effectuée
aujourd'hui, mais il y a quand même un principe très important, là, il s'agit
de la souveraineté énergétique du Québec, un domaine où le Québec a investi
lui-même et a créé un géant à l'échelle nationale et internationale. Et je vois
que vous avez une... vous semblez avoir une réaction assez timide. Il me semble
que vous pourriez dire aujourd'hui, puis je vous invite à préciser votre
réponse, mais que vous allez protéger la souveraineté énergétique du Québec et
que, si, de fait, comme vous venez de le mentionner, il s'agit de projets
principalement intraprovinciaux... Est-ce que vous pouvez vous engager tout de
suite à réclamer un droit de retrait à 100 % avec pleine compensation pour
que le Québec continue de s'occuper lui-même de ses affaires et ne dépende pas
de nouveau du fédéral, à venir quêter des permissions du fédéral et à venir se
faire imposer par le fédéral des décisions qui vont se prendre à la majorité à
Ottawa, alors que nous n'avons pas la majorité à Ottawa? Est-ce que vous pouvez
prendre cet engagement aujourd'hui de protéger la souveraineté énergétique du
Québec?
M. Drainville : La réponse,
c'est oui.
M. Paradis : Est-ce que vous
allez demander...
M. Drainville : Nous allons
faire respecter la... comme je l'ai dit dans ma première réponse, M. le député...
M. Paradis : Très bien.
M. Drainville : ...nous
allons faire respecter les compétences du Québec en matière d'énergie et de
ressources naturelles. Ce sont des compétences qui relèvent des provinces, et
donc notre intention est ferme, on va tenir notre bout. Si c'est ça que vous
voulez que je vous dise, on va tenir notre bout. Là où vous et moi, on se
rejoint, je pense, c'est sur le fait que nous sommes deux fiers nationalistes.
On ne pense pas nécessairement de la même manière pour ce qui est des moyens de
l'exprimer, mais, chose certaine, la protection et la préservation des pouvoirs
du Québec, pouvoirs qui lui sont accordés par les textes, ces pouvoirs-là, ces
compétences-là, on a l'intention de les faire respecter.
• (12 h 40) •
M. Paradis : Très bien. Je
vous suggère néanmoins que ce qui est annoncé aujourd'hui présente des risques
très importants pour la souveraineté énergétique du Québec, parce que, si le
passé étant... est garant de l'avenir, on le sait, ce qui va se passer, le
gouvernement fédéral va prendre toute la place. Le temps file, mais j'ai
apprécié votre réponse. Merci.
Il y a environ un an, un peu moins d'un
an, le projet de loi n° 69, qui est devenu la loi n° 24, a été adopté sous bâillon. C'est devenu, donc, la
loi n° 24 sous bâillon. À l'époque, la première
ministre, alors ministre de l'Énergie, a dit ceci pour justifier le bâillon, je
la cite : «On a besoin du projet de loi n° 69 maintenant, parce qu'il
y a des projets, <comme...
M. Paradis :
...on a
besoin du projet de loi n° 69 maintenant, parce qu'il y a des projets,
> comme je l'indiquais, qui vont démarrer cet été, notamment celui dans
Charlevoix, qui va pouvoir démarrer cet été, celui également au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
qui va également démarrer cet été. Et ça, ça va créer 1 000 emplois
payants en région et des économies de 6 milliards de dollars.»
Pourriez-vous me dire quel projet a été démarré à l'été 2025 au Québec, combien
d'emplois ont été créés et combien de milliards ont été économisés?
M. Drainville : M. le
Président, je vais prendre en délibéré cette question et je vais fournir une
réponse un peu plus tard. Je... j'admets que je ne connais pas la réponse à
cette question, qui est quand même assez technique. Alors, on va vérifier les
faits puis on va... on va revenir au...
Le Président (M. Julien) :
Donc, c'est un engagement à fournir cette information-là?
M. Drainville : De revenir, oui,
c'est ça. Oui. Vous acceptez ça, M. le député de Jean-Talon?
M. Paradis : ...oui, mais,
quand même, vous êtes le ministre de l'Énergie. Moi, j'ai devant moi le rapport
annuel d'Hydro-Québec avec la liste des projets. Est-ce que vous pouvez me dire
si, en 2025, disons, élargissons... après juin 2025, pourriez-vous me dire
quels projets ont été démarrés, sont sortis de terre au Québec en matière
d'éoliennes?
M. Drainville : Écoutez, M.
le Président, je vais fournir cette réponse un peu plus tard, lorsque j'en
aurai vérifié les faits, lorsque j'aurai vérifié les faits.
Le Président (M. Julien) :
C'est encore un engagement de fournir cette information-là à la commission?
M. Drainville : Mais, je
pense, connaissant... connaissant mon honorable collègue, avec son parcours
d'avocat, je suis certain qu'il connaît la règle «ne pas poser de question
à laquelle on ne connaît pas déjà la réponse». Je soupçonne qu'il connaît déjà
la réponse. Je le... je l'invite à me la fournir, comme ça on pourra avoir une
discussion plus éclairée.
M. Paradis : Je glisse à
l'oreille du ministre qu'il n'y a eu aucun projet qui a démarré ni à
l'été 2025 ni par la suite, que les emplois relatifs à ces projets-là
n'ont pas été créés et que les milliards d'épargnes requis n'ont pas... ne sont
pas arrivés. Je vous suggère même que les médias nous a informés que le projet
au Saguenay—Lac-Saint-Jean, auquel référait la ministre, a même été mis sur
pause quelques jours plus tard. Donc, je vous suggère que ce qu'a dit la
première ministre du Québec, alors ministre de l'Énergie, ne s'est pas avéré.
Je vais surveiller ce que je dis, M. le Président, et je vais dire «était très
inexact».
M. Drainville : ...je peux
dire, M. le Président, c'est qu'il y a quand même eu des annonces qui ont été
faites par Hydro-Québec pour des nouveaux projets éoliens, et je pense que la
présence de la PDG d'Hydro-Québec, cet après-midi, sera une belle occasion pour
le député de Jean-Talon d'aller plus loin dans ses questions sur... sur ce
thème.
M. Paradis : Très bien.
J'apprécie cette réponse, mais je peux vous dire que ces projets, dont les
annonces ont été faites pour plus... pour plus tard, je les connais bien, ils
étaient en négociation depuis un certain temps, et ce sont des projets à long
terme, alors qu'on a adopté ce que votre gouvernement a dit être la plus grande
réforme du secteur de l'énergie depuis des décennies sous bâillon, sous ce
prétexte-là, qui ne s'est pas avéré.
Je vous amène à un autre sujet. Une autre
des grandes promesses de votre gouvernement, c'est de faire un plan de gestion
intégrée des ressources énergétiques, le PGIRE. Vous avez déposé une version
préliminaire de ce plan-là, qui a été taillé en pièces, en réalité, par la
Régie de l'énergie, qui a dit, je la cite, que «ça ne peut tenir lieu du plan
intégré attendu, qu'il gagnerait en crédibilité s'il s'appuyait sur des
scénarios de long terme identifiant des leviers concrets, les séquences
décisionnelles, les responsabilités dévoilant les mécanismes de révision et
d'ajustement».
Réponse de votre gouvernement, vous avez
suspendu le processus, alors qu'il y avait une promesse de déposer ce plan que
tout le monde attend au Québec depuis longtemps, parce que ça fait longtemps
que les oppositions et que toute la société civile dit qu'on n'a pas le plan du
gouvernement en matière énergétique. Que se passe-t-il avec votre plan? Parce
que la session arrive à sa fin, et la dernière promesse de votre prédécesseur,
c'était que ce soit déposé à la fin de la session. Alors, que se passe-t-il
avec votre plan en matière énergétique?
M. Drainville : Il n'y a rien
de suspendu, M. le Président. Il y a eu effectivement un avis de la régie. Il y
a des travaux qui sont faits présentement. Et notre intention, c'est toujours
de déposer un document final le plus rapidement possible.
M. Paradis : Vous avez noté
les critiques, donc, de la Régie de l'énergie sur le plan. Donc, on a hâte de
voir les suites de cet avis dévastateur. Bon, ce plan-là, c'est un plan
notamment basé sur des objectifs en décarbonation. Vous avez, comme ministre de
l'Environnement, changé les <objectifs...
M. Paradis :
...décarbonation.
Vous avez, comme ministre de l'Environnement, changé les > objectifs de
décarbonation. Vous les avez reportés de 2030 à 2035. Or, tout le plan
d'Hydro-Québec est basé sur cette cible. Est-ce que vous pouvez nous dire si
vous révisez en conséquence la cible et les investissements qui sont maintenant
prévus à l'article 155 de la loi n° 24? Est-ce que votre décision,
comme ministre de l'Environnement, a un impact? Et pouvez-vous nous le chiffrer
et nous dire lequel? Et, s'il n'y en a pas, pouvez-vous nous expliquer comment
le plan du gouvernement en matière énergétique peut encore tenir si les cibles
sur lesquelles ils sont basés, elles, ont changé?
Le Président (M. Julien) : ...
M. Drainville : Écoutez, M.
le Président, tout ce que je peux dire, c'est que, lorsque nous allons déposer
le PGIRE, il sera en cohérence avec les différentes décisions gouvernementales
qui ont été prises.
M. Paradis : Très bien.
Vous... Il me reste combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Julien) : 19 secondes.
M. Paradis : Vous... Bon, merci,
M. le ministre. En 19 secondes, on n'aura pas le temps d'aller plus loin.
M. Drainville : Mais vous
pourriez chanter.
M. Paradis : Bien, je vous
ai... je vous ai invité à le faire aujourd'hui en Chambre.
M. Drainville : Malheureusement,
on n'a plus de temps.
Le Président (M. Julien) : C'est
tout le temps que vous aviez. Merci. Donc, ce bloc d'échange étant terminé, je
cède maintenant la parole au député de Jacques-Cartier. Vous disposez de
14 min 55 s. À vous la parole.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Je veux reviens sur le sujet des blocs d'énergie. Question, M.
le ministre, on a vu que plusieurs projets étaient annulés, là, plusieurs sont
dans la filière de la batterie, je veux juste souligner ça, dans le même coin
environ du Québec. Qu'est-ce qui est arrivé avec ces blocs d'énergie qui
étaient accordés, mais les projets étaient annulés? Est-ce que tous ces blocs
d'énergie étaient raccordés dans les autres projets qui étaient annoncés en
2026 ou est-ce que c'est toujours... est-ce que nous sommes toujours en attente
d'un plan de match d'utiliser tous ces blocs d'énergie, ou le projet
malheureusement a échoué?
M. Drainville : Alors, M. le
Président, dans le cas de Northvolt, on parlait de 352 mégawatts. Alors,
ce qu'on a fait, c'est qu'on a fait ce qu'on fait avec les projets annulés ou
les projets pour lesquels les mégawatts sont retirés, c'est-à-dire que les
mégawatts qui ont été récupérés sont allés augmenter la marge de manœuvre
globale qui est disponible pour de nouveaux projets, pour de nouveaux octrois. Et
donc, quand je disais, tout à l'heure, là, qu'on a quand même, depuis un an,
depuis avril 2025, préautorisé ou autorisé un total de 424 mégawatts,
bien, on peut... alors, je m'excuse, c'est 541, pardonnez-moi, 424 préautorisés
et 117 autorisés pour un total de 541 mégawatts depuis avril 2025.
On peut penser, M. le Président, que les
352 mégawatts de Northvolt faisaient
partie de l'enveloppe de
541 mégawatts qui ont été autorisés ou préautorisés. Il n'y a pas un lien
direct, il n'y a pas une corrélation directe, là, on ne prend pas des mégawatts
puis on ne les envoie pas dans une petite case ou dans une... dans une colonne.
Tu sais, ce n'est pas une... comment dire, il n'y a pas une relation de cause à
effet qui est aussi directe que ça, mais ce qui est vrai, c'est que ces
mégawatts ont servi pour d'autres projets, et on peut penser qu'il y a une
bonne
partie de ces mégawatts qui ont servi dans les 541 mégawatts
préautorisés ou autorisés par la suite depuis avril, donc, 2025.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Et, M. le ministre, je reviens un petit peu à la question que j'ai posée dans
le dernier bloc, désolé, je n'ai pas reçu une réponse très claire. Combien de
mégawatts sont disponibles aujourd'hui et combien de mégawatts sont prévus pour
les prochains deux ans? Je sais qu'il y a un chiffre qui est dans le plan d'Hydro-Québec,
mais est-ce que des choses ont changé à cause qu'il y a eu certains projets qui
étaient annulés? Encore, je veux juste mettre les choses très transparentes
pour la population, pour les partis politiques, pour les acteurs économiques.
Combien d'énergie est disponible aujourd'hui pour les projets économiques du
Québec? Si vous avez une réponse pour moi, ça va être apprécié.
• (12 h 50) •
M. Drainville : Alors, je...
je vais revenir à la question sur la marge de manœuvre dans un instant, mais
j'avais promis de... au député de lui donner une réponse si j'en avais une, et
je l'ai. Il a posé la question, tout à l'heure, des projets en attente. Alors,
on peut parler d'une centaine de projets en attente présentement. Alors, il y
en a, évidemment, qui sont en évaluation. Il y en a d'autres pour lesquels le
dossier est incomplet. Il y en a qui sont en... qui sont en optimisation. Il y
en a d'autres pour lesquels le montage <financier...
M. Drainville :
...qui
sont en... qui sont en optimisation. Il y en a d'autres pour lesquels le
montage > financier est à compléter. Et je tiens à souligner ceci, M. le
Président, il y a très peu... il y a eu très peu de refus par manque de
mégawatts, très peu de refus, de projets refusés par manque de mégawatts. Donc,
je pense que ça, c'est important de le noter.
Sur la marge de manœuvre, je vais vous le
dire, M. le député. Alors, on me parlait, là, pendant que vous finissiez votre
question, là, mais je pense en avoir deviné le contenu. On identifie les
entreprises qui ont obtenu des mégawatts, donc pour lesquels il y a eu
autorisation finale, pas préautorisation, mais autorisation finale, mais on ne
donne pas les mégawatts, de la même manière qu'on ne dit pas exactement combien
de mégawatts il y a dans cette enveloppe ou dans cette marge de manœuvre. Et la
raison est simple, c'est que cette marge de manœuvre, elle change constamment.
Quand on décide, par exemple, M. le député
de Jacques-Cartier, d'autoriser, mettons, on jase, comme dirait l'autre, on
autorise, mettons, 30 MW pour un projet, enfin, on le préautorise, on
demande à l'entreprise d'optimiser, bien, ça se peut que, quelques mois plus
tard, donc, dans le processus entre préautorisation et autorisation... ça se
peut qu'ils nous reviennent puis qu'ils nous disent : Bien, finalement,
savez-vous quoi? Après optimisation, on n'a plus besoin de 30, on a juste
besoin de 20 MW. Bien, à ce moment-là, la marge de manœuvre, elle vient de
changer de 10 MW.
Alors, si je vous donnais un chiffre
aujourd'hui, M. le député de Jacques-Cartier, c'est fort possible que le
chiffre que je vous donne ne soit plus bon dans quelques semaines ou dans
quelques mois. Et vous auriez raison, à ce moment-là, de m'en faire le reproche,
vous pourriez dire : M. Drainville, vous ne m'avez pas donné le bon
chiffre. Alors, on se garde cette marge de prudence, M. le député de
Jacques-Cartier. C'est pour ça qu'on fait attention avec le chiffre concernant
la marge de manœuvre.
M. Kelley : Je
comprends, M. le ministre, mais, quand même, vous avez une idée de combien de
mégawatts sont disponibles puis vous avez une idée de combien de mégawatts ont
été demandés par des centaines de différents groupes. Je ne demande pas... je
comprends qu'un chiffre peut changer par une centaine ou une cinquantaine de
mégawatts. Je suis d'accord avec vous, qu'il y a des changements dans les
projets. Des fois, c'est pour moins, des fois, c'est pour plus. Mais, quand
même, j'imagine, vous avez une idée combien de mégawatts sont demandés,
présentement, par toutes les centaines de projets et combien de mégawatts sont
disponibles aujourd'hui puis aussi dans les deux prochaines années.
M. Drainville : M. le
Président, je me dois de... malheureusement d'attirer l'attention du député sur
ma réponse précédente. Ce que je peux dire, parce que j'essaie... je ne veux
pas me défiler puis je veux vraiment lui donner le maximum d'informations, je
sais que les crédits servent à ça, ce que je peux dire, c'est que, depuis 2020,
OK, c'est 3 000 MW qui ont été octroyés par Hydro-Québec pour la
croissance naturelle des besoins, pour l'augmentation de la demande
industrielle, pour la décarbonation. Et donc il y en a, de l'énergie, il y en
a... il n'y en a pas beaucoup, mais il y en a. Et on ne refuse pas, on n'a pas
refusé, jusqu'à maintenant, de projet faute d'énergie, parce qu'on les gère
très serré.
Et puis, je répète, M. le Président, pour
générer cette marge de manœuvre, pour la nourrir, bien, Hydro-Québec fait
appel, par exemple, à l'efficacité énergétique. L'efficacité énergétique, c'est
un moyen rapide et économique de dégager de la marge de manœuvre. Alors, on
continue à travailler très fort pour générer cette marge de manœuvre.
Évidemment, les besoins augmentent. Par exemple, les voitures électriques, on
est rendus à 450 000 véhicules électriques au Québec. Alors, ça, ça
augmente, donc, la demande en énergie.
Alors, ce qu'il faut, c'est continuer à
gérer très serré les marges de... la marge de manœuvre que nous avons. Et, je
le réitère quand même depuis avril 2025, on a préautorisé ou autorisé pour
541 mégawatts d'énergie. Donc, c'est... en un peu plus d'un an,
541 mégawatts, c'est quand même très important. Maintenant, notre analyse
rigoureuse de ces projets-là va se poursuivre.
M. Kelley : Merci, M.
le... M. le ministre. C'est... c'est vrai que c'est un débat extrêmement
important pas juste pour le secteur énergétique... énergétique, mais pour
l'économie. Parce que je sais que vous étiez déjà sur le terrain, vous avez des
entreprises chez vous, mais la première chose que les entreprises disent :
OK, je suis sur une liste d'attente pour les mégawatts, mais je suis où sur la
liste? Il n'y a aucune prévisibilité. Alors, pour nos petites et moyennes
entreprises et des grandes entreprises qui sont déjà installées ici, eux autres
n'ont vraiment pas une bonne idée quand ces mégawatts vont être <disponibles....
M. Kelley :
...eux
autres n'ont vraiment pas une bonne idée quand ces mégawatts vont être > disponibles.
Alors, c'est difficile pour eux autres de faire leur planification, de faire
les investissements nécessaires pour agrandir un projet ou, quand même, de
donner le feu vert à un projet. Alors, c'est... comme, ils sont en mode
d'attente pour l'énergie nécessaire ou non. Parce que, si la réponse est
clairement non, ça va être dans cinq ans, 10 ans, bien, eux autres vont
prendre l'argent puis peut-être investir dans un autre secteur de leur... de
leur entreprise, embaucher plus de gens, je ne sais pas, faire des... acheter
de l'équipement. Mais c'est ce manque de prévisibilité, M. le ministre, je
pense, qui rend des entrepreneurs du Québec, des gestionnaires des entreprises
un peu frustrés, parce qu'il n'y a pas de transparence.
Et, je comprends, il y a des secrets
industriels, on ne va pas mettre tout ça sur un site Web, mais, au minimum, une
meilleure communication avec eux autres de la part de votre ministère et aussi
d'Hydro-Québec sera appréciée dans l'avenir, et c'est quelque chose, je pense,
qu'il faut régler, M. le Président.
M. Drainville : Oui, écoutez,
M. le Président, on est conscients du fait qu'il y a beaucoup de projets et
qu'il y a... qu'il y a une quantité d'énergie qui est limitée pour ces
projets-là. C'est la raison pour laquelle on s'est donné un processus qui est
très rigoureux, étape par étape, avec des critères qui sont très clairement
définis.
Alors, je l'ai... je les ai mentionnés tout
à l'heure, mais je pense que ce n'est... ce n'est pas inutile de les rappeler.
On évalue le développement économique, ça, c'est un des critères qui nous...
qui nous guide dans la décision d'octroyer ou pas des mégawatts, le
développement économique, la décarbonation, la contribution au développement
économique régional, donc la vitalité régionale, la création de valeurs, etc.
Puis on regarde, évidemment, des critères comme l'impact environnemental. Il y
a toujours une dimension d'acceptabilité sociale également qui... qu'on ne peut
pas ignorer. Alors, tous ces critères-là font partie, donc, de la liste des
critères qui nous aident à prendre les bonnes décisions. Comme je l'ai dit tout
à l'heure, il y a quand même beaucoup de mégawatts qui ont été octroyés ces
derniers temps...
Le Président (M. Julien) :
Merci, M. le ministre.
M. Drainville : ...et donc...
et donc on va continuer à être rigoureux dans nos décisions.
Le Président (M. Julien) : Merci.
M. Kelley : Alors, nous avons
un marché serré, M. le ministre, vous puis moi, on est d'accord là-dessus, avec
nos mégawatts. Alors, pourquoi courir après des centres de données, qui ont
besoin énormément d'énergie, quand on a déjà une grande liste des entreprises
du Québec, déjà installées ici, qui ne sont pas capables d'avoir le feu vert
pour l'énergie qu'ils demandent de votre ministère? Pourquoi eux autres sont...
(panne de son) ...versus eux autres?
M. Drainville : M. le
Président, question très légitime, encore une fois. C'est pour ça que le
plan 2050 est si important. C'est pour ça que les 200 milliards
doivent être investis d'ici 2035. C'est pour ça qu'il faut continuer à lancer
des projets éoliens, comme le fait Hydro-Québec, c'est pour ça qu'il faut
s'ouvrir à d'autres formes d'énergie pour lesquelles on n'a peut-être pas eu
l'ambition... une ambition suffisante par le passé, comme le solaire. Puis là
Hydro-Québec va de l'avant avec, quand même, l'acquisition de 300 MW d'énergie
solaire. Ça, ça a été lancé l'an passé, en 2025.
On encourage, je tiens à insister
là-dessus, M. le Président, on encourage les consommateurs à faire de
l'autoproduction. Alors là, actuellement, c'est quoi? Je pense, c'est
700 clients résidentiels qui ont installé des panneaux solaires chez eux pour
les fins de leur propre consommation énergétique. Et, lorsque ça dépasse leur
consommation énergétique, M. le Président, ils peuvent fournir la consommation
excédentaire au réseau d'Hydro, qui leur donne des crédits en contrepartie.
Moi, je trouve ça fantastique. Ça s'appelle le mesurage, le mesurage net.
Hydro-Québec veut en arriver à 125 000 clients qui installeront, au
fil du temps, leur propre capacité de production. Donc, ça vise à assurer
l'autonomie énergétique sur une base individuelle ou résidentielle. Moi, je
vous le dis, je m'emballe quand j'en parle, M. le député de Jacques-Cartier,
parce qu'il y a une forme de responsabilisation de notre consommation
d'énergie...
• (13 heures) •
Le Président (M. Julien) : En terminant
sur cette question.
M. Drainville :
...responsabilisation. Alors, tu t'occupes de ta... de ta consommation
d'énergie puis, si tu en produis plus que tes besoins, tu mets ça sur le
réseau, on te crédite. Je trouve ça fantastique, puis on devrait pousser dans
cette direction-là, n'est-ce pas, M. le député de Jacques-Cartier?
Le Président (M. Julien) : M.
le député.
M. Kelley
: Oui, M.
le... oui, M. le ministre, j'ai écrit une formidable lettre ouverte sur les
microréseaux et l'autoproduction à la maison. Je vous encourage de lire ça,
c'est... c'est sur le site du Journal de Montréal . Alors...
M. Drainville : ...j'aimerais
ça la voir.
M. Kelley
: Parfait.
Bien, ce n'est pas... ça, ce n'est pas ma <question...
Haut de la page
13 h (version révisée)
<209
Drainville :
...moi-la. J'aimerais ça la voir.
M. Kelley
: OK. Parfait!
Mais ce n'est pas... Ça, ce n'est pas ma > question. Je n'ai pas beaucoup
de temps, mais, si le ministre est capable de nous dire combien des refus de
donnés à des différentes entreprises du Québec... Je comprends, il y a des
centaines des entreprises sur la liste en attente pour les mégawatts. Combien étaient
refusés dans la dernière année?
Le Président (M. Julien) : Il
reste une minute.
M. Drainville : M. le
Président, combien de temps, vous avez dit?
Le Président (M. Julien) : ...
M. Drainville : Une minute.
Bien, je vais permettre à notre sous-ministre, M. Mathieu Gervais, de
répondre à cette question. Ça va prendre...
Le Président (M. Julien) : Consentement?
Nom et titre, s'il vous plaît.
M. Gervais (Mathieu) : Oui.
Mathieu Gervais, sous-ministre, Économie, Innovation, Énergie.
Donc, je n'ai pas le chiffre exact, mais
on peut parler d'environ une dizaine de refus pour toutes sortes de raisons,
soit qu'ils étaient dans un endroit sur le réseau qui ne permettait pas le type
d'approvisionnement, soit que les années pour lesquelles ils avaient besoin d'un
montant... un nombre important de mégawatts, ces mégawatts-là n'étaient pas
disponibles. Mais on parle d'une dizaine de projets environ.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Malheureusement, je pense qu'on n'a pas beaucoup plus de temps. Je veux juste rapidement,
rapidement, soulever un enjeu, M. le ministre. Présentement, pour les appels d'offres,
les 14 appels d'offres pour les projets privés, éoliennes, ils ont répondu
à l'appel d'offres d'Hydro-Québec. Souvent, ils sont sur les terres agricoles.
Et, si c'est bloqué, M. le ministre, on va avoir un enjeu avec ces appels d'offres.
Alors, regardez ça, parlez avec les gens dans l'industrie. C'est superimportant.
Le Président (M. Julien) : Merci.
Merci, M. le député.
Compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 14 heures, où on... on va entreprendre les
travaux... volet Énergie - Hydro-Québec des crédits budgétaires du portefeuille
Économie, Innovation, Énergie. Merci, tout le monde!
(Suspension de la séance à 13 h 02)
Haut de la page
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 03)
Le Président (M. Julien) :
Donc, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Énergie, Hydro-Québec des crédits budgétaires du
portefeuille Économie, Innovation et Énergie pour l'exercice financier 2026‑2027.
Une enveloppe de 2 h 30 min est... a été allouée pour l'étude
des crédits.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, M.
le Président. M. Boissonneault (Arthabaska) est remplacé par M. Paradis
(Jean-Talon).
Hydro-Québec
Le Président (M. Julien) : Merci.
Donc, nous allons procéder à des discussions d'ordre général par blocs d'environ
12 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de
ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur aura été alloué, soit cet
après-midi, vers 16 h 30. Alors, sans plus tarder...
Une voix : ...
Le Président (M. Julien) :
Oui, bien, on ne prendra pas de chance. On a dépassé de quelques minutes. Est-ce
qu'il y a consentement pour poursuivre jusqu'à 16 h 33, genre? Merci.
Discussion générale
Donc, je suis maintenant prêt à
reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour le
premier bloc d'échange. M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous.
M. Kelley
: Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, tout le monde. Bienvenue à l'équipe d'Hydro-Québec.
J'ai dit ça hors ondes, mais félicitations, quand même, à Mme Bouchard. Là,
ce n'est pas... Je n'ai pas eu la chance de dire ça, quand même, ça fait un bon
bout, mais je sais qu'il y a une bonne citation de Mme Marois, que, quand
on voit une femme dans un poste important, c'est un bon signe pour toute la
population et toutes les femmes du Québec. Alors, je pense, ça, c'est bien
mérité, mais, encore, je suis fier de voir qu'il y a une PDG, encore une femme,
à Hydro-Québec. Je pense, c'est une marque de fierté pour notre nation.
Maintenant, je vais poser une couple de
questions à Mme Bouchard sur un sujet qui est superimportant, j'ai eu une
discussion avec le <ministre ce matin, mais...
M. Kelley
...j'ai eu une discussion avec le > ministre ce matin,
mais c'est sur Churchill Falls. Je comprends très, très
bien que, de leur côté, ils sont en train de réviser ça avec le comité des
experts, etc., mais est-ce que vous pouvez, peut-être, donnez-nous une mise à
jour sur les négociations avec Churchill Falls? Quel rôle est-ce
qu'Hydro-Québec joue présentement pour s'assurer que cette entente est réalisée
et que c'est un succès? Parce que c'est un morceau important pour le plan
d'action d'Hydro-Québec jusqu'en 2035.
Le Président (M. Julien) : Est-ce
qu'il y a consentement pour que Mme la PDG... Oui. S'il vous plaît, nom et
titre, madame.
Mme Bouchard (Claudine) : Oui.
Alors, bonjour, tout le monde. Merci de m'accueillir aujourd'hui avec mon
équipe. Donc, Claudine Bouchard, présidente-directrice générale, Hydro-Québec.
Alors donc, au niveau de Terre-Neuve, vous
savez qu'on a conclu une entente avec Terre-Neuve en décembre, une entente de
principe avec les gens de Terre-Neuve, donc, avec Terre-Neuve-et-Labrador
Hydro, donc, la compagnie d'électricité du côté de Terre-Neuve-et-Labrador, en
décembre 2024, une entente de principe qui est vraiment gagnante-gagnante pour
les deux provinces, je le répète.
Pour Hydro-Québec, ça permet d'assurer la
sécurité énergétique et aussi obtenir cette énergie-là un prix concurrentiel et
avantageux pour le Québec. Du côté de Terre-Neuve, ça devance certains
paiements pour la révision du tarif ou du coût d'achat de l'énergie de
Churchill Falls et ça leur permet aussi d'obtenir, d'acquérir de l'énergie
supplémentaire pour le développement de Labrador City, qui en a grandement
besoin actuellement.
Suite à l'élection de l'automne dernier du
côté du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, donc il y a eu un changement
de parti de ce côté, il y a une commission d'enquête indépendante qui a été
mise sur pied par le nouveau premier ministre, M. Wakeham. Cette commission
d'enquête là a déposé son rapport au premier ministre il y a environ
10 jours, donc c'était le 31 avril, donc, à peu près 10 jours,
12 jours, et ce rapport-là va être rendu public le 19, donc mardi prochain.
Donc, Hydro-Québec attend avec intérêt le
rapport, bien entendu, pour voir quelles seront les prochaines étapes. Nous
sommes toujours confiants, disponibles et enthousiasmés à obtenir une entente
finale avec Terre-Neuve-et-Labrador Hydro parce qu'on juge que cette
entente-là, elle est gagnante pour tout le monde. Elle est gagnante aussi pour
la décarbonation parce qu'on a accès à de l'énergie renouvelable avec le
développement de plus de 2 000 MW avec le projet de Gull Island.
M. Kelley
: Merci
beaucoup à Mme Bouchard. Et je veux juste parler un petit peu, parce que... et
merci beaucoup pour la réponse dans le cahier des crédits, où on a un tableau
ou un calendrier, je pense, c'est mieux expliqué comme ça, des paiements
annuels prévus. Est-ce qu'il y a une marge de manœuvre sur ce côté-là? Si
Terre-Neuve revient puis dit : Ah! je pense qu'on est capables... ou on
demande plus d'argent de votre côté, je sais que ce n'est pas toujours une
bonne idée de faire les négociations sur l'espace public, mais est-ce que vous
êtes quand même prête à faire certains ajustements à le MOU qui a été déjà
signé? Est-ce qu'il y a de la flexibilité sur votre côté ou on verra la suite?
Mme Bouchard (Claudine) : Je
vais reprendre ce que vous avez dit. On ne fera pas de négociation sur la place
publique. Toute négociation mérite des discussions entre les parties concernées.
Alors, en respect du processus, je ne vais pas commenter davantage.
M. Kelley
: Très bien,
mais est-ce que... sur le côté d'Hydro-Québec, est-ce que vous avez des
demandes supplémentaires si jamais on réouvre le MOU?
Mme Bouchard (Claudine) : Je
vais répondre avec la même réponse. Alors, vous savez, quand vous achetez une
maison, vous négociez, hein? Vous pouvez inclure les meubles, le lave-vaisselle,
et tout. Alors, c'est un peu le même processus dans lequel on se retrouve. On a
négocié pendant environ deux ans. On est... on est venus à une entente de
principe qu'on juge gagnante-gagnante. Maintenant, si on change les paramètres
de cette entente-là, bien, on doit discuter de part et d'autre pour que ça
demeure... nous, c'est de défendre les intérêts du Québec et d'Hydro-Québec,
et, par conséquent, bien, il faut que l'entente demeure gagnante-gagnante pour
tout le monde.
M. Kelley
: Merci
beaucoup. Peut-être plus dans une façon plus générale, sur l'argent qui... si
l'entente est signée, puis on avance, c'est juste un petit peu sur les
paiements et le montant, l'année prochaine, si ça arrive, là, c'est à
500 millions de dollars environ, et, par 2041, on est à 2 milliards
de dollars. Alors, chaque année, on augmente. Est-ce que, de votre côté de
l'échange, c'est dans le fait qu'on va avoir moins de redevances pour l'État,
mais, à long terme, c'est une... c'est une bonne entente parce qu'on va être
capables d'avoir plus de mégawatts? Pour moi, quand je regarde ça avec un budget
qui est <serré pour... pour l'État québécois présentement...
M. Kelley :
...avec
un budget qui est > serré pour... pour l'État québécois présentement, puis
on trouve des façons de retourner à un budget équilibré, on sait qu'on dépend
beaucoup de la ristourne d'Hydro-Québec... pas juste Hydro-Québec, mais toutes
les sociétés d'État, est-ce que ça va mettre de la pression sur notre côté ici?
Est-ce que ça va sortir de notre ristourne, Mme Bouchard, si vous suivez ma
question?
• (14 h 10) •
Mme Bouchard (Claudine) : Bon,
je pense que j'ai bien saisi votre question. Donc, le projet avec Terre-Neuve
est immobilisé sur la durée de vie des installations. Il y a une
partie
là-dedans qui est, je dirais, une négociation d'un nouveau tarif pour
l'électricité qu'on achète de Churchill Falls, mais en conséquence de quoi on a
une garantie de prix stable et abordable sur l'horizon du nouveau contrat
plutôt que de s'arrêter en 2041. Donc, c'est bon au niveau de l'abordabilité et
c'est bon au niveau de la sécurisation de l'approvisionnement énergétique pour
le Québec. Donc, ça, c'est la première des choses.
La deuxième des choses, c'est que ces
prix-là ou cet argent-là s'immobilisent sur la durée du projet. Donc, ce n'est
pas de l'argent direct, payable, il y a une
partie que oui, mais il y a une
partie qui s'immobilise sur la durée. Mais là, si vous voulez parler du détail
financier, je passerais peut-être la parole à mon collègue Dave, là. Dave a été
le responsable de la négociation du... de l'entente de principe, mais là on va
rentrer dans des paramètres financiers qui ont fait l'objet de discussions,
donc, un peu commercialement délicats aussi, là.
M. Kelley : Parfait.
Le Président (M. Julien) :
Est-ce qu'il y a consentement pour...
M. Kelley
: Consentement.
Le Président (M. Julien) : Nom
et titre, monsieur.
M. Rhéaume (Dave) : Dave
Rhéaume, vice-président exécutif, stratégie réglementaire, énergétique et
industrielle.
Peut-être la précision, en respectant ce
qui est confidentiel, c'est... Dans le cadre de la négociation, je dirais qu'on
avait trois objectifs, s'assurer d'avoir le meilleur prix possible pour le
Québec, mais aussi... Donc, lorsqu'on vous parlez de la montée, l'augmentation
dans le temps, on voulait s'assurer d'éviter des chocs tarifaires pour les
Québécois et un impact significatif à la base... à la baisse sur le bénéfice.
Donc, ça a vraiment été calibré. Donc, autant... Le but, c'était de payer le
moins cher possible, bien entendu, mais aussi de mitiger la notion de choc.
Donc, on a autant négocié, je vous dirais, le coût que l'augmentation graduelle
pour s'assurer d'éviter ces impacts-là.
M. Kelley : Et, si jamais... Le
premier ministre du Canada vient d'annoncer un objectif d'augmenter la
production de l'électricité au Canada. Si jamais il y a une offre de payer pour
une ligne de transmission, par exemple, Churchill Falls vers le Québec, est-ce
que ça, ça va aider dans les coûts en général pour Hydro-Québec et, quand même,
pour le gouvernement du Québec? Est-ce que c'est quelque chose qui est
intéressant de votre part ou c'est mieux de peut-être prendre un transfert de
le gouvernement fédéral puis faire qu'est-ce qu'on veut avec ça?
Mme Bouchard (Claudine) : La
stratégie émise ce matin, on n'en a pas pris connaissance, bien entendu, parce
qu'on n'a pas eu accès aux documents. Donc, on va se réserver le droit de
l'analyser et de se positionner officiellement une fois qu'on l'aura eue.
Quelles seront les possibilités à l'intérieur de ça, on verra, mais les crédits
d'impôt pour les investissements, c'est déjà quelque chose qui existait dans
les budgets fédéraux précédents. Donc, l'expansion de ça aux lignes
intraprovinciales, qu'est-ce que ça veut dire, il faut l'analyser. Il est trop
tôt, pour nous, pour se positionner là-dessus.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Je veux... rapidement, je ne pense pas que j'ai énormément de temps qui reste,
mais, sur les sommes versées au... le gouvernement du Québec, est-ce qu'il y a...
est-ce qu'il y aura un impact sur le... sur le retour... le gouvernement du
Québec avec cette augmentation... les transferts vers Terre-Neuve?
M. Rhéaume (Dave) : Donc,
oui, lorsqu'on a présenté l'entente, on a expliqué que, dans le fond, la hausse
des coûts allait être partagée entre un impact sur le bénéfice net et un impact
sur les hausses de tarifs, mais tout ça dans le respect des engagements qu'on
avait déjà pris. Donc, essentiellement, dans le temps, on s'assure de lisser
l'impact autant sur les tarifs que sur le bénéfice, puis l'augmentation du
bénéfice, dans les prochaines années, est capable d'absorber une
partie de ces
coûts-là.
M. Kelley : Merci beaucoup, M. Rhéaume.
Et j'ai eu un échange avec le ministre. Tout le monde ici veut... Bien, je ne
peux pas dire tout le monde. Tout le... il y a beaucoup de monde ici qui veut
que l'entente est un succès, mais, sinon, c'est quoi, les plans B et C pour
Hydro-Québec?
Mme Bouchard (Claudine) : Vous
savez, le métier d'Hydro-Québec, c'est d'assurer la sécurité énergétique du
Québec depuis toujours. Alors, Hydro-Québec travaille toujours avec un
portefeuille de projets et une séquence de projets qui évoluent dans le temps.
Aujourd'hui dans notre plan d'action, on a dit qu'on allait mettre en service
10 000 MW pour 2035 dans une séquence, évidemment, annuelle.
Maintenant, juste en éolien, aujourd'hui, on a un potentiel en étude et pour
lequel on a des partenariats avec les communautés autochtones et les
communautés locales, on est déjà à 12 500 MW de potentiel.
Alors, le portefeuille de projets évolue,
et, là-dedans, on se donne de l'optionalité avec ou sans Terre-Neuve, hein?
Quand on a lancé le plan d'action au départ, Terre-Neuve n'était pas là, ça
s'est ajouté. Alors, ça s'ajoute aux optionalités et à la séquence de projets
qu'on va dérouler. Alors, il n'y a pas de B identifié et C identifié. C'est un
groupe de projets, c'est un <portefeuille de...
Mme Bouchard (Claudine) :
...identifié
et C identifié. C'est un groupe de projets, c'est un > portefeuille de
projets, avec un total de mégawatts, et vous le savez comme moi que ça prend
toujours plus de mégawatts que ce qu'on vise à faire.
Alors, on avance avec plusieurs projets
partout au Québec, sur le territoire. On est en lien avec les communautés
locales. On a déjà commencé à faire du travail terrain pour évaluer ces
projets-là pour nous permettre d'avoir un portefeuille le plus précis possible
au fur et à mesure où on avance, mais n'oubliez pas qu'on a l'énergie, quand
même, de Churchill Falls, jusqu'en 2041, à un prix très avantageux pour les
Québécois.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Et la raison pour... je pose la question, c'est parce que la première ministre
et l'ancien premier ministre ont clairement dit qu'il y a toujours un plan B et
un C, mais c'est juste... ça va être à un coût supplémentaire. Alors, j'imagine
c'est pourquoi on vise vraiment sur le plan A ou, quand même, l'entente avec
Churchill Falls, parce que c'est le meilleur coût, mais, si ça n'arrive pas,
toutes les autres options, bien, le prix par kilowatt, ça va être plus élevé.
Mme Bouchard (Claudine) : Il
y a deux choses, il y a deux choses. Évidemment, Terre-Neuve est à un coût
avantageux. Terre-Neuve, Gull Island, est le projet le plus étudié d'énergie
renouvelable aujourd'hui au Canada. Donc, c'est un projet qui est prêt à faire,
qui a déjà ses permis. Le meilleur projet, c'est celui qu'on peut faire.
Le Président (M. Julien) : Alors,
ce bloc d'échange est terminé. Je cède maintenant la parole au député de
Jean-Talon. Vous disposez de 12 min 10 s.
M. Paradis : M. le ministre,
Mme la présidente, membres de l'équipe d'Hydro-Québec, bonjour.
Donc, le gouvernement fédéral de Mark
Carney a annoncé ce matin sa nouvelle stratégie nationale d'électrification.
J'ai entendu votre réponse à mon collègue il y a quelques minutes et je vous ai
entendue en point de presse il y a quelques instants. J'aimerais savoir si vous
avez été consultée par le gouvernement fédéral aux fins de ce plan.
Mme Bouchard (Claudine) : ...jusqu'à
présent.
M. Paradis : Donc, vous avez
été informée à quel moment de l'existence de ce plan?
Mme Bouchard (Claudine) : En
même temps que le ministre, hier, en fin de journée, hier soir.
M. Paradis : Très bien. J'ai
bien entendu la prudence dont vous devez faire preuve parce que vous n'avez pas
encore vu les détails. Néanmoins, le communiqué du gouvernement fédéral est
clair sur les intentions : construire des infrastructures nécessaires pour
doubler la production d'électricité au Canada d'ici 2050 et relier les réseaux
fragmentés du Canada de l'est à l'ouest par la construction et l'extension de
lignes de transport d'électricité, notamment, entre autres. Il y en a deux
autres, des objectifs, mais j'aimerais me concentrer là-dessus. Est-ce que ces
annonces s'inscrivent dans le cadre du plan d'action d'Hydro-Québec à l'horizon
2035?
Mme Bouchard (Claudine) : Encore
une fois, on n'a pas le détail de la stratégie énergétique du gouvernement
fédéral. Cependant, on peut voir une certaine cohérence avec ce qu'on dit. Nous
aussi, on dit que, sur l'horizon de 2050, le besoin en électricité, en énergie
renouvelable, va quasi doubler. Alors, c'est ce sur quoi on vise. Là, on se
ramène à 2035. Ce qu'on a dit, c'est qu'on visait un plan d'action... nous
permettait d'ajouter 10 000 MW de capacité supplémentaire, incluant,
bien entendu, l'efficacité énergétique, qui est le moyen le plus efficace pour
être capables de faire face à la demande devant nous et de consommer notre
énergie précieuse de façon responsable. Alors, on voit une cohérence, mais on
va se garder une réserve parce qu'on n'a pas vu le détail de ce qu'il y avait
dans le programme ou la stratégie énergétique fédérale.
M. Paradis : Je conviens une
nouvelle fois que vous n'avez pas encore vu les détails et que vous devez
exercer une saine prudence. Néanmoins, compte tenu des intentions annoncées de
ce programme fédéral, est-ce que vous voyez Hydro-Québec s'inscrire nécessairement
dans le cadre de ce plan fédéral ou protéger l'autonomie d'Hydro-Québec et la
souveraineté énergétique du Québec?
Mme Bouchard (Claudine) : Vous
savez, en tant que PDG d'Hydro-Québec, mon rôle, c'est défendre l'intérêt
d'Hydro-Québec, mais l'intérêt des Québécois aussi. Alors, il est un peu trop...
pour se positionner, mais je peux vous dire que, des interconnexions, ça existe
déjà. On en a déjà avec le Nouveau-Brunswick, on en a déjà avec l'Ontario.
L'Ontario ajoute de la capacité, on ajoute de la capacité, le Nouveau-Brunswick
ajoute de la capacité. Alors, à terme, au-delà de 2035, comment on va tirer
profit... Le Québec a ce que les autres n'ont pas, un avantage, on a développé
des grands réservoirs. Comment on va tirer profit de ces grands réservoirs là
qui agissent comme des batteries, c'est ça qui devrait guider nos intérêts pour
les Québécois, pour garder les tarifs les plus bas et le service le plus fiable.
Maintenant, je ne peux pas, encore une fois, parler du lien entre cette volonté
ou ces intérêts-là et la stratégie fédérale parce que je ne sais pas le détail
de tout ça.
M. Paradis : La stratégie
fédérale indique... Vous m'avez parlé d'interconnexion. Je vais me concentrer
maintenant sur la production. L'objectif, il est clair, il est indiqué ce matin
par le gouvernement fédéral, c'est doubler la production d'électricité au
Canada d'ici 2050. Hydro-Québec a ses propres cibles et son propre plan. Est-ce
que vous voyez que, nécessairement, Hydro-Québec devra s'inscrire dans les
cibles fédérales ou qu'Hydro-Québec va maintenir ses cibles et ses objectifs
qui sont déjà dans le plan à l'horizon 2035?
• (14 h 20) •
Mme Bouchard (Claudine) : Bien,
moi, je vois ça en cohérence. Notre objectif à nous, c'est... en 2050, au-delà
de 2035, c'est de <doubler la capacité. Maintenant, on va mettre la...
Mme Bouchard (Claudine) : ...nous,
c'est... en 2050, au-delà de 2035, c'est de > doubler la capacité.
Maintenant, on va mettre la capacité dont on a besoin pour répondre aux
intérêts et aux besoins des Québécois et du Québec.
M. Paradis : Avez-vous
l'impression que vous allez être à armes égales compte tenu du fait que votre
prédécesseur, Michael Sabia, est aujourd'hui l'un des plus proches conseillers
du premier ministre Mark Carney et que, jusqu'à sa démission soudaine, au mois
de juin, l'année dernière, il avait avec lui les clés de toute la stratégie et
tous les chiffres d'Hydro-Québec?
Mme Bouchard (Claudine) : Encore
une fois, mon travail de PDG, ça va être de défendre les intérêts
d'Hydro-Québec et des Québécois. Je ne peux pas présumer des intentions de qui
que ce soit.
M. Paradis : Très bien. Je
vous amène au plan, justement, au plan d'action 2035 d'Hydro-Québec.
Pourquoi? Parce que c'est un axe fondamental du développement économique et
énergétique du Québec. Il y a une cible ambitieuse en matière de production, et
donc en matière d'investissement. Le plan d'action est dépendant notamment du
plan de lutte aux gaz à effet de serre, et il y avait une cible qui était fixée
en 2035, qui a été modifiée par le ministre de l'Économie, de l'Énergie et de
l'Innovation, alors ministre de l'Environnement, à 2030, donc, d'ici 2030,
réduction de 37,5 %.
Une voix : ...
M. Paradis : Exact. Est-ce
que vous, vous aviez des cibles qui allaient jusqu'à 2030 dans votre plan par
rapport à 2035? Vous comprenez que mes questions sont sur l'adaptabilité et
savoir si le plan tient encore compte tenu des cibles qui ont été modifiées en
matière de réduction des gaz à effet de serre. Donc, vous, à Hydro-Québec, est-ce
que, dans votre plan, vous aviez des cibles à 2030 plutôt qu'à 2035?
Mme Bouchard (Claudine) : Vous
savez, nous, notre plan... Hydro-Québec s'inscrit dans un horizon long terme.
Ce n'est pas pour rien qu'on parle de 2035. Quand on débute un projet pour
ajouter de la capacité, ça prend plusieurs années. L'hydroélectricité, avant,
c'était 10 ans. On a ramené ça avec un cycle d'environ huit ans, l'éolien,
un cycle de quatre ans, à peu près, pour être capables de développer ça. Alors,
nous, le séquencement des projets avance dans le temps. La mise en œuvre de
notre plan... Comme vous le savez, le maximum de nos investissements arrivait
autour de 2030 à peu près.
Alors pour nous, la cible de 2030 ne
change en rien dans l'objectif de 2035. Il faut livrer ce 10 000 MW là
pour 2035, et la séquence des projets, de toute façon, va suivre le cours,
hein? Quand on met en service des projets, on ne peut pas mettre la moitié d'un
projet en service. Alors, c'est 1 000 MW ou zéro. Si on a besoin de 1 000 MW
l'année suivante, je ne peux pas mettre 500 une année puis 500 l'année suivante.
Alors, nous, on poursuit, on ajuste le plan, comme toujours, au fur et à mesure
où on avance, mais l'objectif du plan, c'est de répondre aux besoins, de répondre
aux besoins du Québec, autant en décarbonation qu'en développement économique. Alors,
c'est ce qu'on suit.
Et je voudrais ajouter à ça... On ne le
réalise pas, mais, en 2025, on a eu un record de la demande électrique au
Québec, plus de 185 TWh. Alors, la demande, bien qu'on ajuste certaines
cibles, la demande se matérialise malgré tout et augmente malgré tout de façon
importante.
M. Paradis : Néanmoins, le
plan dépend aussi de la cible en matière d'approvisionnement, et là vous avez
une cible qui était fixée à 2030. Donc, il fallait investir massivement pour
décarboner et atteindre les cibles en 2030. Là, ça a été déplacé, cette
cible-là, en 2035. Je veux bien comprendre votre réponse. Est-ce que vous êtes
en train de me dire que ça ne change pas? Ou, si ça change, ça change comment?
Et est-ce que les cibles qui sont fixées dans le plan 2035 changent? Parce
que, là, on disait : Il faut décarboner massivement, on a des objectifs à
sont les objectifs pour 2035. Donc, est-ce que vous aviez des cibles de
quantité d'énergie nécessaire pour atteindre cette cible-là en 2030, qui,
nécessairement, devrait changer pour 2035?
Mme Bouchard (Claudine) : Je
vous répète ce que j'ai dit. Nous, la séquence du plan d'action demeure sur
l'horizon de 2035. Le séquencement des projets demeure comme il était.
Maintenant, est-ce qu'il y aura des ajustements à la marge? Peut-être, en
fonction des besoins, mais l'important, c'est de comprendre que le projet qui
était pour être mis en service en 2030, il donnait 1 000 MW. Il n'y
avait pas de flexibilité. Chaque projet amène un nombre de mégawatts, pour le
total de 10 000 en 2035. Alors, c'est cette flexibilité-là qui nous permet
d'avancer dans la séquence, mais ce que je peux vous dire, par ailleurs, c'est
que l'augmentation de la demande se matérialise malgré le ralentissement de
cette norme de décarbonation là.
M. Paradis : Est-ce que, pour
les gens qui nous écoutent, on peut résumer votre réponse en disant que le fait
que le ministre de l'Environnement ait changé la cible de cinq ans ne change
rien au plan d'Hydro-Québec à l'horizon 2035? C'est-à-dire que la cible,
notamment, fixée à l'article 155 de la loi n° 24, qui
était le projet de <loi n° 69 de 2025,
elle demeure à 250...
M. Paradis :
...155
de la loi
n° 24, qui était le projet de > loi
n° 69 de 2025, elle demeure à 250 térawattheures
au 1er janvier 2035 et que, donc, les investissements requis et que les
cibles que vous avez fixées demeurent les mêmes.
Mme Bouchard (Claudine) : Ça
demeure les mêmes. Encore une fois, je répète, le séquencement, l'optionnalité
des projets et la réalisation des projets est en cours. Maintenant, l'objectif
est toujours à 2035.
M. Paradis : Est-ce qu'il y a
une mise à jour qui est envisagée quand même, compte tenu de ces
modifications-là?
Mme Bouchard (Claudine) : Hydro-Québec
doit déposer, à l'automne du côté de la Régie de l'énergie, un nouveau plan
d'approvisionnement en fonction des besoins. Alors, il y aura peut-être des
ajustements, mais, comme je répète, quand je mets en service une centrale de
1 000 MW ou que je fais des groupes turbine-alternateur pour lesquels
je rehausse la puissance, c'est 2 400 MW. Je ne peux pas dire : J'en
fais la moitié. Quand je le mets en service, c'est 2 400 MW, et, une
fois que le projet est parti, je ne peux pas dire : Je prends sept ans
pour le faire, parce que les frais financiers augmentent, l'inefficience
augmente. Alors, pour nous, le séquencement demeure. Maintenant, on voit, comme
je le disais, une augmentation de la demande malgré ça.
M. Paradis : Très bien. Vos
cibles dépendent aussi du plan d'approvisionnement 2023-2032, et je vous
amène à la page 9 parce que, là, c'est la... c'est quelle va être la
demande d'énergie, et donc quels investissements on doit faire pour répondre à
cette demande-là, n'est-ce pas, hein, puis les sites d'approvisionnement. Et là
je vois que, pour les grandes entreprises... Pour le secteur industriel, alors
que, par exemple, pour les grandes entreprises, en 2025, 2026, 2027, 2028, ça
varie entre 0 % et 2,4 %, la croissance, soudainement, en 2029, c'est
7,3 %. Pour les autres grandes industries, alors qu'en ces années-là, les
années précédentes, ça va de 4,9 % à 6,5 %, soudainement, il y a une
hausse, en 2029, de 20,4 % de la demande, idem pour tous les secteurs,
pétrole, mines, sidérurgie. Pouvez-vous m'expliquer comment ça se fait que la
planification d'Hydro-Québec, donc, sur la quantité d'énergie dont on va avoir
besoin, il y a un pic comme ça en 2029?
Mme Bouchard (Claudine) : Oui,
bien, je vais demander à Dave de répondre, mais, tu sais, la réponse à ça, c'est...
Évidemment, ces chiffres-là vont être revus à l'automne pour le nouveau plan
d'approvisionnement, bien entendu. Ils étaient basés aussi sur le cycle
économique, sur la prévision économique, sur les projets, aussi, qui étaient
connus au moment où on a déposé le dernier plan d'approvisionnement. Alors, je
vais laisser Dave répondre par rapport aux pourcentages parce que je ne les
connais pas par cœur, bien entendu, mais, chose certaine, c'est que ces
chiffres-là sont basés sur les projets qui étaient... qui étaient soumis ou qui
étaient, je dirais, en élaboration pour le Québec.
M. Paradis : Mais donc, avant...
avant de vous laisser parler, donc, pour que les gens qui nous regardent
comprennent, c'est que, là, on parle de comment on prévoit la demande qui va
déterminer ce qu'on... ce dont on a besoin comme énergie, et donc combien on
investit pour se rendre là, notamment en matière de décarbonation, et là ce
qu'on voit, c'est que, dans vos prévisions sur 10 ans, il y a une espèce
de pic comme ça, en 2029, dans toutes les industries du Québec, dans tous les
secteurs. Je voudrais comprendre pourquoi.
Le Président (M. Julien) : En
20 secondes.
M. Rhéaume (Dave) : Je
corrige, ce n'est assurément pas dans tous les secteurs. Donc, l'exercice de
prévision de demande se fait publiquement à la Régie de l'énergie, puis, à
chaque année, il y a une remise à jour. Donc, cette prévision-là a été déposée
à la régie, approuvée par la Régie de l'énergie, et reflète, en effet, comme
disait Mme Bouchard, le fait que, lorsqu'il y a des filières qui
s'accélèrent, les changements technologiques...
Le Président (M. Julien) : M. Rhéaume,
je dois interrompre, ce bloc étant terminé. Je cède maintenant la parole au
député de Jacques-Cartier. Vous disposez de 12 min 10 s.
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le Président. Est-ce que vous êtes en mesure de donner nous une mise à jour sur
les possibles projets de nouveaux barrages au Québec? Nous sommes rendus où
exactement dans vos évaluations?
Mme Bouchard (Claudine) : Dans
le 10 000 MW, une ponction importante était le rehaussement de
puissance de nos groupes turbine-alternateur, faire plus avec ce qu'on a déjà.
Donc, quand on a lancé le plan d'action, on parlait de 2 000 MW de
plus en changeant nos turbines pour des modèles plus récents, plus performants,
et aussi, avec les jumeaux numériques, être capables de piloter de façon
beaucoup plus précise. La bonne nouvelle, c'est qu'avec le travail qu'on a fait
avec nos manufacturiers on arrive à 2 400 MW juste en changeant nos
groupes turbines-alternateurs. Quand je dis «juste», c'est pas mal plus
complexe que ça, bien entendu, vous l'aurez compris, mais, néanmoins, donc, on
arrive avec 2 400 MW, donc 400 MW de plus. Quand je parlais
d'optionnalité, tout à l'heure, bien, ça fait
partie de notre portefeuille,
portefeuille d'options, portefeuille de mégawatts.
• (14 h 30) •
On avait aussi parlé, sur l'horizon du
plan, d'une centrale à réserve pompée. Alors, je peux vous dire qu'on avance
bien de ce côté-là. Je ne peux pas vous parler de l'endroit parce qu'on a
toujours des discussions avec les communautés locales et autochtones, alors, en
respect des discussions que nous avons avec eux, mais je peux vous dire qu'on
est déjà à pied d'oeuvre au terrain pour évaluer les projets, et c'est
prometteur, et c'est intéressant, et il y a des <belles...
Haut de la page
14 h 30 (version révisée)
< Mme Bouchard (Claudine) : ...pied
d'oeuvre au terrain pour évaluer les projets. Et c'est prometteur, et c'est
intéressant, et il y a des > belles opportunités pour développer ce genre
de nouvelle technologie là.
Au Québec, on n'a pas ça, des centrales à
réserve pompée. Une réserve pompée, on prend l'eau à la pointe le matin pour
produire l'énergie pendant la journée; pendant le creux, on va prendre de l'énergie
pour repomper l'eau en haut pour que, le soir, on soit capables de redémarrer
la centrale pour produire de l'énergie. Donc, ça, ça va être un nouveau concept
hydroélectricité. L'avantage de ça, c'est que l'empreinte environnementale est
beaucoup moins grande, il n'y a pas d'inondation de territoire, et donc,
vraiment, on utilise un canal un peu fermé, si on veut. Donc, en conséquence, c'est
vraiment les deux éléments d'hydroélectricité sur lesquels on travaille de
façon plus active actuellement.
M. Kelley : Merci beaucoup. Est-ce
que c'est possible d'avoir un échéancier puis peut-être aussi une mise à jour
sur les discussions avec des communautés autochtones et des communautés locales?
Est-ce que ça avance bien? Est-ce qu'il y a quelque chose... je sais que vous êtes
à côté de le ministre, mais une demande spécifique peut-être aussi pour le côté
gouvernemental d'aider dans les relations, négociations avec les communautés autochtones
concernées par les possibles projets? Je pense qu'on parle un peu dans la
Côte-Nord. Alors...
Mme Bouchard (Claudine) : Oui,
bien, écoutez, on a des discussions avec plusieurs communautés autochtones
partout, sur le territoire du Québec, à des niveaux d'avancement différents,
sur des opportunités différentes, avec des g