Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 14 May 2026 (43rd Legislature, 3rd Session)

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28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)

28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)

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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)

27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)

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27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)

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(début : 5 mai 2026)

Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.

Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions

jeudi 14 mai 2026

Vol. 49 N° 3

Étude des crédits budgétaires du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, volet Énergie - Hydro-Québec

Étude des crédits budgétaires du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, volet Énergie

Aller directement au contenu du Journal des débats

Heures

11 h 30

12 h

12 h 30

13 h

14 h

14 h 30

15 h

15 h 30

16 h

16 h 30

Intervenants par tranches d'heure

11 h 30

Julien, Jonatan

Kelley, Gregory

Drainville, Bernard

12 h

Julien, Jonatan

Bouazzi, Haroun

Drainville, Bernard

Kelley, Gregory

12 h 30

Drainville, Bernard

Kelley, Gregory

Julien, Jonatan

Paradis, Pascal

13 h

Kelley, Gregory

Julien, Jonatan

Drainville, Bernard

14 h

Julien, Jonatan

Kelley, Gregory

Paradis, Pascal

14 h 30

Kelley, Gregory

Julien, Jonatan

Bouazzi, Haroun

Drainville, Bernard

15 h

Kelley, Gregory

Julien, Jonatan

St-Louis, François

Drainville, Bernard

Bouazzi, Haroun

15 h 30

Drainville, Bernard

Bouazzi, Haroun

Julien, Jonatan

Kelley, Gregory

Paradis, Pascal

16 h

Julien, Jonatan

Paradis, Pascal

Dufour, Pierre

Kelley, Gregory

Asselin, Mario

16 h 30

Asselin, Mario

Julien, Jonatan

Drainville, Bernard

Journal des débats

11 h 30 (version révisée)

(Onze heures quarante-six minutes)

Le Président (M. Julien) : À

l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission

de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles ouverte.

La commission est réunie afin de procéder

à l'étude du volet Énergie des crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation

et Énergie pour l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe de

1 h 30 min a été allouée pour l'étude des crédits.

Mme la secrétaire, y a-t-il des

remplacements?

La Secrétaire

: Oui, M.

le Président. M. Sainte-Croix (Gaspé) est remplacé par M. Montigny

(René-Lévesque) et M. Boissonneault (Arthabaska), par M. Paradis

(Jean-Talon).

Énergie

Le Président (M. Julien) : Parfait.

Merci. Donc, nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ

15 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de

ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet

après-midi, vers 16 h 30. Nous débutons nos travaux à 11 h 47.

Nous sommes en attente d'une entente entre les parties, mais on peut commencer

les travaux pour... pour la fin.

Discussion générale

Donc, maintenant, je suis prêt à

reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un

premier bloc d'échange. M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous.

M. Kelley

: Merci

beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. le ministre, et bonjour à votre équipe. M.

le ministre, j'ai suivi la course de la chefferie de la CAQ de près, là, j'ai

écouté tous les débats. Je n'étais pas convaincu car les deux candidats étaient

superbes, mais, quand même, je n'ai pas pris ma carte, j'ai demeuré une bonne

libérale. Mais, ceci dit, j'ai aussi écouté toutes les différentes émissions, les

entrevues qui étaient faites par le ministre. Puis je me rappelle une qui j'ai

trouvé superintéressante, comme critique responsable pour le dossier énergie, c'était

avec Infoman . Et, pendant cette émission-là, avec Infoman , le

ministre, le député à l'époque, mais le ministre a dit que, pour Hydro-Québec,

pour le plan de 2035, lui, il pense que c'est possible d'augmenter les coûts

pour le plan à 250 milliards de dollars, 50 milliards de dollars

de plus que qu'est-ce qui est prévu dans le plan.

Alors, dans votre tête, M. le ministre,

est-ce que vous croyez que c'est toujours important qu'on augmente le plan d'Hydro-Québec

de 50 milliards de dollars ou on est capable de livrer ça dans le chiffre

qui est mis de l'avant par Hydro-Québec de 200 milliards de dollars?

M. Drainville : Bien, d'abord,

M. le Président, si vous me permettez, je vais saluer tous les collègues ici réunis.

Je suis content de vous retrouver. C'est toujours un exercice important, les

crédits. On se rappelle que ça faisait

partie des revendications des patriotes,

c'était une des... une des grandes batailles menées par les patriotes, la

responsabilité ministérielle. Alors, c'est ce que nous exerçons ici aujourd'hui.

Alors, M. le député de Jacques-Cartier, je

vous salue en particulier. Je suis... je suis certain d'avoir dit 200, mais, si

jamais j'ai dit 250, c'est que la langue m'a fourchu. Alors, le plan d'Hydro-Québec,

c'est bien 200 milliards d'investissement d'ici 2035, M. le député. Et je

vois à votre sourire que ce n'était qu'un hors-d'œuvre que vous me serviez en

guise d'introduction de cet... de ce sympathique échange que nous allons avoir.

• (11 h 50) •

M. Kelley

: Je pensais,

c'était une bonne question. De mémoire, c'est 250 milliards de

dollars, mais je pense que le ministre vient de clarifier le tout. Alors, merci

beaucoup pour ça.

Et je reviens encore sur un autre débat

qui a été très important aussi de la course à la chefferie de la CAQ. Et mon

collègue de Jean-Talon a posé une bonne question. Mais je me souviens, dans le

débat avec le premier ministre, vous avez clairement dit que gaz de schiste

versus notre eau, il n'y a aucune question là-dessus. Il faut protéger notre

eau, c'est une richesse pour toutes les nations. Bref, c'était un super bel

échange. J'étais super d'accord avec le ministre à l'époque. J'ai dit :

Ah! moi, je suis d'accord avec lui. Je pense qu'on a déjà fait le débat. Je

pense que le débat est clos. Mais la première ministre, elle a eu une

différente vision. Puis, hier, votre collègue le ministre responsable pour la Transition

énergétique, il a dit : Bien, <on ne va pas changer...

M. Kelley :

...elle

a eu une différente vision. Puis hier, votre collègue, le ministre responsable

pour la transition énergétique, il a dit : Bien, > on ne va pas

changer les lois, mais on va lancer les débats sur l'autonomie énergétique du

Québec. Alors, la porte ne semble pas fermée sur la question de la fameuse gaz

de schiste. Et je comprendre votre réponse en Chambre, que certains critères,

l'acceptabilité sociale, l'eau, etc., mais, quand même, M. le ministre, est-ce

que la possibilité de réouvrir la loi est possible? Parce qu'on est en train de

relancer le débat. Alors, je veux avoir un petit peu de clarté de votre part.

M. Drainville : Oui. Alors,

ce que j'ai dit en Chambre, c'est que la sécurité énergétique, c'est l'objectif

suprême, c'est ce qui va nous guider dans toutes nos décisions. Et le choix que

nous avons fait, nous, comme Québécois, pour assurer cette sécurité

énergétique, c'est de miser sur l'énergie verte. Et c'est pourquoi nous

appuyons, bien entendu, le plan d'action d'Hydro-Québec, d'un investissement de

200 milliards d'ici 2035, donc, dans les énergies vertes. Alors,

l'avantage de miser sur les énergies vertes, c'est que ça nous permet d'abord d'avoir

une politique énergétique, donc produire plus d'énergie pour subvenir aux

besoins des citoyens et des entreprises. Ça nous permet d'avoir également une

politique climatique, parce que, quand on décide d'investir dans les énergies

vertes, on investit dans la décarbonation de notre économie. Ça nous permet

aussi d'avoir une politique industrielle, parce qu'évidemment, en générant plus

d'énergie, on va pouvoir donner plus de courant à nos entreprises qui ont des

projets et pour lesquels on manque d'énergie présentement. Et finalement ça

nous permet aussi, en investissant dans les énergies vertes, d'avoir une

politique commerciale. Parce qu'il y a une dimension commerciale à ce choix que

nous faisons. Si on veut exporter vers l'Europe, l'Europe a commencé à tarifer

les produits qui sont fabriqués avec des énergies polluantes. Donc, en

fabriquant des produits ici avec de l'énergie verte qui ne produit pas de GES,

on se donne un avantage comparatif pour exporter vers l'Europe. Donc, le choix

des énergies vertes, c'est un choix qui nous permet de gagner sur le plan

énergétique, climatique, industriel et commercial.

Maintenant, pour ce qui est de votre

question, M. le député, ce que j'ai dit, c'est qu'il y aurait une discussion,

il y aura une discussion au sein du gouvernement, parce que la question de la

sécurité énergétique ne se résume pas qu'à l'approvisionnement en énergie verte,

il faut regarder toutes les options. Maintenant, j'ai aussi ajouté, vous avez

raison de le dire, que cette discussion, elle sera encadrée par un certain

nombre de principes, dont le respect de l'acceptabilité sociale, le respect des

règles de protection de l'eau et le respect des règles de protection de

l'environnement.

M. Kelley : Merci, M. le

ministre. Alors, il y a des discussions, à ce stade ici, entre les différents

ministres au sein du gouvernement, pas avec la société civile. On n'est pas

rendus à des débats avec toute la nation. Alors, est-ce que vous avez demandé à

votre ministère ou est-ce que la première ministre a fait une demande ou une

commande envers la fonction publique de commencer à regarder la question des

gaz de schiste?

M. Drainville : Pas au sein

de mon ministère, en tout cas.

M. Kelley : OK. Alors, pour

l'instant, on peut dire que... parce que j'ai remarqué que, dans le discours

inaugural de la première ministre, on n'a pas parlé des gaz de schiste, ce

n'était pas là, mais ce n'était pas présent. Alors, peut-être la première

ministre a pris votre avis de... comme vous avez mentionné dans un tweet, de

reculer, et ce n'est pas nécessairement une bonne option de relancer ce

débat-là, mais on verra la suite des choses.

Je pense que, M. le ministre, vous avez...

vous avez bien répondu à mes questions, là, merci pour ça, puis on va continuer

de surveiller ce dossier de près. Puis un jour, peut-être, on va avoir une

réponse de la première ministre si elle, elle a une autre vision de tout ça.

C'est une bonne chose qu'il y ait des études de crédits, pour elle, qui s'en

viennent, de mémoire. Alors, on verra la suite des choses.

Je veux maintenant, M. le ministre, aller

sur une autre question qui est superimportante pour le dossier de l'énergie, et

ça, c'est l'entente de Churchill Falls. Depuis que vous avez arrivé en poste,

est-ce que vous avez eu des discussions avec Hydro-Québec ou, quand même, avec

vos homologues à Terre-Neuve sur cette entente qui est superimportante pour

Hydro-Québec?

M. Drainville : Alors, est-ce

qu'on a eu des discussions au sein du gouvernement? La réponse, c'est oui. Vous

savez, parce que ça a été rendu public, que la première ministre a eu des

discussions avec le premier ministre terre-neuvien. Nous sommes en attente du

dépôt du comité, du dépôt du rapport du comité d'experts ou du comité

indépendant, tel qu'ils l'ont qualifié <par le gouvernement

terre-neuvien....

M. Drainville :

...ou du comité indépendant, tel qu'ils l'ont qualifié > par le

gouvernement terre-neuvien. Selon les informations que nous avons, ce comité va

déposer son rapport la semaine prochaine. Et évidemment, M. le député, on

attend avec, je dirais, beaucoup d'intérêt de voir quel en sera le contenu.

Vous avez raison de poser la question, parce qu'il y a consensus, je pense, au

Québec, sur le fait que c'est un dossier extrêmement stratégique. Quand on

parle de sécurité énergétique, c'est certain que nous, on voit, dans cette

entente avec Terre-Neuve, un excellent moyen de contribuer à la sécurité

énergétique à la fois des Québécois et des Terre-Neuviens, parce que nous, on

est convaincus, M. le Président, que cette entente-là, c'est une entente qui

est gagnante-gagnante.

Et donc je conclurai ma réponse, M. le

député, en vous disant que nous continuons d'avoir confiance de pouvoir signer

une entente finale le plus rapidement possible. Ça reste l'objectif, conclure

une entente finale avec Terre-Neuve le plus rapidement possible.

M. Kelley

: Merci

beaucoup, M. le ministre. M. le Président, une autre question sur

Churchill Falls. Je comprends que c'est toujours possible que Terre-Neuve va dire

non puis on retourne à la table de négociation. La première ministre, elle a

dit que, si jamais ça arrive, et ce n'est pas un souhait, je veux juste mettre

sur la table que ça demeure une possibilité, que, si ça arrive que Terre-Neuve

rejette l'entente puis on recommence les négociations, que le Québec a un plan

b puis un plan c pour s'assurer que les objectifs puis le plan d'Hydro-Québec

sont atteints. Alors, je ne sais pas si vous avez une réponse sur la

partie

plus spécifique sur le plan b et le plan c, c'est quoi exactement?

M. Drainville : Bien, je vais

vous dire honnêtement, M. le Président, moi, je mise sur le plan a, puis le

gouvernement, on mise sur le plan a. Je vous rappelle que le contrat actuel, il

est valide jusqu'en 2041. Donc, on a accès à la production de Churchill pour un

minimum de 15 ans encore. C'est un contrat de tout près de 5 000 MW

à un prix qui est effectivement très, très, très, concurrentiel.

Maintenant, nous, on continue, donc,

d'avoir confiance de pouvoir signer cette entente-là à brève échéance. Et je

rappelle, M. le Président, qu'on n'attend pas après personne pour investir dans

nos ressources renouvelables. Le plan d'action d'Hydro-Québec de 2035 prévoit

l'ajout de plusieurs milliers de mégawatts. Il y a des chantiers éoliens qui

ont été annoncés et il y en a d'autres qui sont en appel d'offres. On va de

l'avant avec... également avec une augmentation de notre capacité de production

d'énergie solaire et on veut également rehausser la production de nos barrages

et de nos ouvrages, devrais-je dire, hydroélectriques.

Donc, le plan d'action d'Hydro-Québec de

2035, c'est un plan qui nous appartient, ce sont des investissements qui ne

dépendent de personne. Donc, on va de l'avant avec le plan d'action

d'Hydro-Québec et puis on va évidemment s'asseoir avec Terre-Neuve dès qu'on

connaîtra le rapport du... le contenu du rapport, pour voir s'il y a moyen d'en

arriver à une entente finale avec eux à très brève échéance.

M. Kelley

: Merci, M.

le ministre, mais encore, peut-être juste pour nous... parce que c'est des

déclarations qui étaient mises de l'avant par la première ministre et par le

gouvernement, qu'il y a des options b et c. Et je suis d'accord, on mise sur le

plan a, mais encore c'est possible que ça ne marche pas. Alors, de bien

comprendre, c'est juste de continuer avec le plan d'Hydro-Québec ou est-ce

qu'on va modifier peut-être les mégawatts qu'on veut produire, réduire le plan,

ou est-ce qu'on va miser sur des projets, des barrages sur le territoire du

Québec? Je comprends le solaire puis l'éolienne, tout ça, c'est beau, mais,

quand même, c'est énormément d'énergie. Dans l'entente, qu'est-ce qu'on va

produire à Churchill Falls, c'est énormément d'énergie, c'est énormément de

mégawatts, et, si c'est un échec, je pense qu'on est coincés un petit peu avec

notre plan d'Hydro-Québec.

• (12 heures) •

M. Drainville : Bien, M. le

Président, si vous permettez, le député a tout à fait raison de poser la

question, puis, si j'étais à sa place, je la poserais. Puis Dieu sait que j'en

ai fait, des heures en commission parlementaire puis en crédits dans le rôle

qu'il occupe présentement. Donc, c'est une question qui est tout à fait

légitime.

Maintenant, s'il se met à ma place, maintenant,

il, je pense, partagera la position qui est la <mienne...

Haut de la page

12 h (version révisée)

<209

Drainville :

...légitime.

Maintenant, s'il se met à ma place

maintenant, il, je pense, partagera la position qui est la > mienne, c'est-à-dire

qu'on ne peut pas à ce stade-ci, alors qu'on est dans l'attente du contenu du

rapport du gouvernement terre-neuvien... on ne peut pas se placer dans une

position où on envisagerait ouvertement autre chose qu'une réussite des

discussions. Il faut absolument réitérer que cette entente-là, elle est

stratégique, elle est capitale pour l'avenir énergétique et du Québec et de

Terre-Neuve. Donc, c'est une entente qui est gagnant-gagnant ou gagnante-gagnante.

Et nous avons confiance de pouvoir en

arriver à une entente finale parce que, justement, l'intérêt québécois et l'intérêt

terre-neuvien concordent, vont dans la même direction. On a trouvé un espace où

on peut sécuriser de grandes quantités d'énergie à un prix qui est compétitif.

Et Terre-Neuve voit dans cette entente-là une façon de corriger ce qu'ils ont...

ce qu'ils ont considéré historiquement comme une sorte d'injustice. Et donc on

est confiants, M. le Président, de trouver, justement, l'espace qui va nous

permettre d'obtenir une signature finale, et c'est là-dessus qu'on veut mettre

nos énergies, pas sur autre chose.

Le Président (M. Julien) : ...M.

le ministre. Donc, j'ai compris qu'il y avait eu un consentement, là, juste

avant de passer au prochain bloc, pour que le retard qu'on a eu en début de

séance soit imputé à l'enveloppe gouvernementale et qu'on puisse poursuivre un

peu dépassé 13 heures, jusqu'à 13 h 02, à peu près, pour terminer. Alors,

consentement? Oui?

Alors, ce bloc d'échange étant terminé. La

parole est maintenant au député de Maurice-Richard. Vous

disposez de 14 min 40 s.

M. Bouazzi : Merci, M. le

Président. Très heureux à être dans ces crédits. Je vais revenir avec vous, M.

le ministre, sur un peu les conséquences du projet de loi n° 69, que

nous avions décrié et que votre gouvernement a passé sous bâillon.

Récemment, la compagnie Domtar était dans

les médias parce qu'elle a cédé deux barrages de 80 MW chaque à une

compagnie à numéro. Cette cession n'était tout simplement pas possible avant le

projet de loi n° 69. La nouvelle compagnie à numéro n'a

plus aujourd'hui d'obligation par rapport aux obligations historiques qu'avait

la compagnie Domtar par rapport à la création d'emplois dans la région, etc.,

et pourrait se retrouver à être tout simplement une compagnie énergétique,

voire tout simplement à vendre de l'électricité à une autre compagnie privée,

ce que permet le projet de loi n° 69. Qu'est-ce

que vous pensez que les Québécoises, les Québécois ont gagné de cette

situation?

M. Drainville : ...Président,

je tiens d'abord à exprimer... ou à réitérer les faits.

Malgré le transfert,

les obligations demeurent, il n'y a eu aucune concession qui a été faite sur

les engagements qui avaient été contractés. Donc, les obligations de l'entreprise

sont préservées.

M. Bouazzi : Laquelle? Parce

que ce n'est plus la même. Donc, on s'entend, juste pour comprendre, moi, j'aimerais

bien que les gens qui nous écoutent comprennent un peu la situation, parce que

je vais vous dire, moi, Domtar gagne à ça, hein? Il faut comprendre que cette

compagnie-là a été vendue à un archimilliardaire étranger indonésien, que le

fait de lui avoir vendu la compagnie lui permet d'avoir des droits de coupe sur

nos forêts assez exceptionnels, qu'il hérite avec tout ça des barrages et que...

Alors, je vais commencer les coïncidences.

M. Fitzgibbon était sur le conseil d'administration de Domtar avant d'être

ministre, il dépose un projet de loi, le projet de loi n° 69,

qui permet, justement, des transferts de barrages de moins de 100 MW vers

d'autres compagnies, de vendre ce que... Il monte la limite de 50 à 100. Il s'en

va. Le projet de loi est adopté sous bâillon au mois de juin. Au mois d'août,

Domtar crée une compagnie à numéro pour recevoir ces barrages.

Rappelons au passage que M. Fitzgibbon,

après avoir, donc, déposé ce projet de loi, a été ministre de l'Économie,

part

comme conseiller pour la compagnie du milliardaire indonésien, qui est d'ailleurs,

et c'est un autre sujet, mais une sacrée crapule d'un point de vue droit <international...

M. Bouazzi : ... et c'est un

autre sujet, mais une sacrée crapule d'un point de vue droit > international

et se retrouve donc à faire ce transfert-là.

Moi, je ne vois pas ce que les Québécois

ont gagné, mais la compagnie a clairement gagné quelque chose en faisant ce

transfert-là de Domtar à une compagnie à numéro. Est-ce que vous pouvez nous expliquer,

encore une fois? Je veux dire, ils font ça pour le plaisir, de passer une

compagnie... les barrages d'une compagnie qui avait des obligations, des

contrats avec l'État, à une compagnie à numéro à côté?

Le Président (M. Julien) : ...de

Maurice-Richard, je vous appelle quand même à la prudence dans vos

commentaires. M. le ministre.

M. Drainville : Oui. Bien,

écoutez, M. le Président, moi, je ne suis pas ici, là, pour parler au nom de

Domtar ou au nom des propriétaires de Domtar. C'est assez facile de retrouver

dans les déclarations médiatiques les raisons pour lesquelles ils ont souhaité

faire ce transfert. Mais moi, je tiens à réitérer, M. le Président, que, malgré

le transfert de propriété, les obligations demeurent parce que les ouvrages

continuent d'être détenus à 100 % par Domtar.

Et j'ai parlé des obligations en matière

d'emploi tout à l'heure. L'autre obligation qui est extrêmement importante,

c'est l'obligation que la production d'énergie serve aux installations dans la

région. Donc, ça aussi, c'est une obligation qui existait avant et qui existe

toujours. Les obligations, M. le député, en tout respect, n'ont pas changé, la

compagnie doit préserver... doit, dis-je, respecter les mêmes obligations

qu'elle avait avant.

Bouazzi : À

part celle de vendre son... de transférer le barrage à une

compagnie à numéro. J'entends vos mots, M. le Président, et je vais faire

attention, mais laissez-moi quand même rappeler que le propriétaire de cette

compagnie, donc, Paper Excellence, qui a racheté Domtar, que d'ailleurs M. Fitzgibbon

décrit comme quelqu'un d'assez exceptionnel, M. Jackson Wijaya, fait

partie

d'une famille, donc, qui pèse 18 milliards de dollars et qui a fait

état de graves, graves manquements. Amnistie internationale a demandé une

ouverture d'enquête sur ce que, donc, la compagnie mère a fait en Indonésie, à

savoir envoyer des gens dans un village, les sortir de là, pour ensuite

détruire le village et lui mettre le feu pour pouvoir couper les arbres autour.

Et ce n'est pas par hasard que le gouvernement, d'ailleurs, pas loin... pas

plus loin qu'en février, ait été obligé d'intervenir pour arrêter des coupes

d'arbres dans des territoires ancestraux à grande valeur pour les Premières

Nations. C'est effectivement des voyous et ce n'est pas ce qu'on considère

comme d'extraordinaires partenaires d'affaires.

Le Président (M. Julien) : M.

le député, je vous réinvite à la même prudence. Merci.

M. Bouazzi : Je suis très

prudent, là, je suis factuel. Donc, parlons des différents tarifs, M. le

ministre...

M. Drainville : Domtar, là,

ou on est sur un autre sujet? Excusez-moi.

M. Bouazzi : Non, on est...

on est sur un autre sujet.

M. Drainville : D'accord.

M. Bouazzi : Les... D'abord,

commençons par... Vous avez parlé effectivement des milliers de mégawatts

qu'Hydro-Québec a décidé de... enfin, va dégager d'ici 2035, un investissement

de pratiquement 200 milliards de dollars, qui est, rappelons-le, plus

que le budget annuel du Québec, là, c'est des grosses, grosses... Comment

est-ce que... Donc, dans ce plan-là, en gros, il y avait 25 % de la

nouvelle électricité qui irait à des développements économiques et 75 %

qui irait à la décarbonation de notre économie et notre société. Est-ce que

vous êtes d'accord avec ces chiffres?

M. Drainville : Écoutez, M.

le Président, je suis en train de faire vérifier, là, la teneur de

l'affirmation que l'honorable député de Maurice-Richard vient de faire. Je veux

quand même préciser que la présidente, la PDG d'Hydro-Québec sera parmi vous

cet après-midi. Donc, sur les questions peut-être plus techniques, si vous me

permettez, M. le député, ça pourrait être une bonne idée de vous les réserver

pour Mme la PDG.

• (12 h 10) •

Et l'autre chose, bon, ça fait un petit

peu plus de trois semaines, là, que j'occupe le poste qui est le mien

maintenant, donc j'ai essayé de me préparer à toutes les questions techniques,

mais évidemment c'est possible que je n'aie pas réponse à toutes les questions.

Alors, je suis en train de faire vérifier, là, l'affirmation que vous avez

faite, M. le député, mais je dois vous dire que, sur les... sur les mégawatts,

je ne sais pas si vous m'avez entendu au début, là, les mégawatts qui vont être

produits <en vertu du...

M. Drainville :

je ne sais pas si vous m'avez entendu au début, là, les mégawatts qui vont être

produits > en vertu du nouveau plan 2035, là, je ne sais pas si vous

êtes d'accord avec moi, mais d'investir dans les énergies vertes, ça reste le

choix, le bon choix qu'il faut faire sur le plan énergétique, sur le plan

écologique, et donc climatique, sur le plan économique, industriel, pour les

emplois, et tout le reste, et sur le plan, également, de notre capacité à

exporter en faisant valoir que les productions qui sortent du Québec sont

produites avec de l'énergie qui ne produit pas de GMS. Est-ce que... Est-ce

qu'on s'entend là-dessus, vous et moi, que c'est le bon choix, les énergies

vertes?

M. Bouazzi : Alors,

d'abord, c'est moi qui pose les questions. Deuxièmement, quand même, je vais y

répondre. Oui, effectivement, l'énergie verte, c'est important. Je suis quand

même vraiment étonné que savoir que 75 % de la nouvelle énergie sert à

décarboner, alors que 25 % sert à de la nouvelle économie et, aux yeux du

ministre de l'Énergie, quelque chose de technique. On est très, très loin des

questions techniques, que je ne vais pas aborder, je vais effectivement

réserver le reste.

Mais restons sur l'énergie verte, à ce

moment-là, parce que vous avez mangé beaucoup de mon temps, M. le ministre. Si

on regarde une compagnie comme Marinvest, par exemple, qui... qui...

M. Drainville : ...

M. Bouazzi : Marinvest.

M. Drainville : Ah! Marine

Invest. Oui.

M. Bouazzi : Si vous

voulez, avec votre accent anglophone. Moi, je respecte.

M. Drainville : Non,

d'accord, d'accord.

M. Bouazzi : Cette

compagnie-là qui passe du gaz de schiste et qui va produire des quantités... je

veux dire, on a des études qui parlent de 45 millions de tonnes de CO2 à

terme, par an, sur la vie de 30 ans de cette... de ce pipeline, plus la

liquéfaction qui s'ensuit. Est-ce que, pour vous, ça, c'est de l'investissement

dans de l'énergie verte?

M. Drainville : Alors,

M. le Président, le choix que nous avons fait, c'est le choix des énergies

vertes avec l'objectif d'assurer la sécurité énergétique des Québécois. Maintenant,

c'est vrai qu'il y a, dans notre mix énergétique, si vous me permettez le mot

«mix», il y a, dans ce mix énergétique, une part pour le gaz naturel à des fins

industrielles, notamment, parce que c'est effectivement difficile,

actuellement, d'utiliser une autre énergie que le gaz naturel dans des grandes

usines qui produisent sur une très grande échelle...

M. Bouazzi : M. le

ministre, en tout respect...

M. Drainville : Est-ce

que je peux finir la réponse?

M. Bouazzi : Bien, c'est

une... ma question est claire : Marinvest ne sert absolument pas le gaz

qu'on consomme ici, au Québec. Donc, votre réponse, en tout respect, est hors

sujet. Est-ce que vous avez promis des blocs d'électricité à Marinvest pour

qu'elle puisse faire sa liquéfaction du côté de la Côte-Nord?

M. Drainville : Bien, en

tout cas, moi je n'ai rien promis. Je ne les ai même pas rencontrés, je ne leur

ai pas parlé. Et puis, pour le moment, à ma connaissance, il n'y a aucun projet

qui a été déposé. Alors, on verra bien si Marine Invest finit par déposer un

projet. Chose certaine, s'ils le font, ça devra se faire dans le respect de

l'acceptabilité sociale, puis ils devront faire la preuve qu'il y a des

retombées économiques et financières qui sont claires pour le projet. Donc,

pour le moment, nous n'avons pas de position officielle, comme gouvernement,

parce qu'il n'y a pas de projet qui a été déposé. Maintenant, j'ajouterais

ceci, j'ajouterais ceci, s'il y a un projet qui est déposé, M. le Président,

nous allons l'évaluer.

M. Bouazzi : C'est très

bien. Donc, vous avez le député de René-Lévesque du coin qui parle de

30 milliards d'investissements, des retombées de 12 milliards. On a

des demandes d'accès à l'information parce que c'est la seule manière d'obtenir

des informations. Au niveau fédéral, on sait qu'il y a une équipe qui s'occupe

juste de ça. Pour l'instant, la population, tout ce qu'elle sait, c'est qu'il y

avait GNL Québec qui a été annulé parce qu'il n'y avait aucune acceptabilité

sociale et, entre autres choses, des millions de tonnes de CO2 de plus qui vont

accélérer la fin du monde, là, parce que c'est ça que c'est. Et là vous êtes en

train de nous dire qu'il n'y a pas de projet sur la table. Au moins, rendez

transparentes les études de marché qui, clairement, ont été vues par le député

de René Lévesque pour que nous aussi et la population évaluent à quel point

est-ce que c'est rentable ou pas pour la société.

M. Drainville : M. le

Président, rien n'a été déposé officiellement auprès du gouvernement en ce qui

a trait à ce projet. Rien.

M. Bouazzi : OK. Donc,

le député de René-Lévesque n'a pas eu une présentation des retombées

économiques du projet?

M. Drainville : M. le

Président, M. le député pourra poser la question, au début, au député, s'il le

souhaite...

M. Bouazzi : C'est à vous

que je la pose, M. le ministre.

M. Drainville : Bien, je

vous ai... j'ai donné une réponse. J'ai donné une réponse, oui.

M. Bouazzi : Donc, donc,

on a un député de votre majorité, du coin, qui parle de 10 à 12 milliards

pour la construction d'un oléoduc, 8 milliards pour l'usine de

liquéfaction, 4 à 5 milliards pour l'amélioration du <réseau

principal...

M. Bouazzi :

oléoduc, 8 milliards pour l'usine de liquéfaction, 4 à 5 milliards

pour l'amélioration du > réseau principal existant, 3 à 4 milliards

pour un parc éolien associé, etc., et vous les êtes en train de nous dire que

les documents et le projet n'existent pas? Ça, c'est la transparence et

l'acceptabilité sociale dont vous parlez?

M. Drainville : Bien, M. le

Président, je réitère qu'aucun projet n'a été déposé, qu'aucun document n'a été

déposé. Et je n'ai pas parlé avec quiconque de Marine Invest puis je n'ai pas

rencontré personne de Marine Invest. Il n'y a rien qui a été déposé, rien qui a

été déposé à notre ministère.

M. Bouazzi : Donc, sur les

ondes de la radio, vous-même, vous avez dit que vous étiez favorable à ce

projet-là. S'il n'y a absolument aucun document qui a été déposé, sur quelle

base vous êtes favorable, excusez-moi?

M. Drainville : Alors, j'ai

dit que j'étais ouvert à l'évaluer, je n'ai jamais dit que j'étais favorable.

Je ne dirai pas que je suis favorable à un projet que je n'ai pas vu. Mais

l'idée d'avoir un gazoduc qui nous permet de s'approvisionner en gaz naturel à

des fins industrielles et peut-être, oui, c'est possible, à des fins

d'exportation également, cette idée-là, moi, je suis prêt à l'évaluer, je suis

prêt à la regarder. Je ne dis pas non d'emblée, je ne dis pas oui non plus.

L'évaluer, ça ne veut pas dire l'autoriser. Mais, s'il y a un projet — parce

qu'il n'y en a pas — qui est déposé et que... et que les documents

accompagnants ledit projet sont éventuellement déposés, on va effectivement

l'évaluer.

Le Président (M. Julien) : Je

me dois de vous interrompre. Ce bloc d'échange est terminé. Je cède maintenant

la parole au député de Jacques-Cartier. Vous disposez de 14 min 40 s.

M. Kelley : ...il n'y a rien,

aucun problème avec un accent anglophone. Moi, j'aime ça bien. C'est correct.

M. Drainville : Merci,

monsieur.

M. Kelley

: Le contenu

québécois. Je pense que je vais poser les questions, M. le ministre, après

qu'est-ce que la première ministre a dit aujourd'hui devant l'UMQ. Elle a juste

dit, et je cite rapidement la première ministre, que «je ne veux pas vous

parler des infrastructures sans parler de l'approvisionnement des ressources.

Et ici nos PME sont importantes. Mon nouveau gouvernement veut aider nos PME en

réformant nos marchés publics pour que les marchés québécois achètent davantage

québécois. Je vais renvoyer une lettre à l'ensemble des ministres et des

organisations gouvernementales pour que tout le monde embarque dans le

mouvement.» Et je sais que, M. le Président, vous connaissez ce dossier très,

très bien. Il y a déjà une loi qui a été adoptée, mais ça semble que ce n'est

pas suffisant.

Moi, je vais miser vraiment sur le plan

d'action d'Hydro-Québec. Et peut-être c'était une occasion ratée. Parce qu'on a

eu la discussion, tous mes collègues dans l'opposition étaient présents pendant

l'étude de projet de loi n° 69, on a déposé des

amendements qu'il faut avoir des obligations de la contenue québécoise pour,

oui... de projets, tous des différents projets d'Hydro-Québec, de renforcer

cette capacité de nos entreprises d'ici d'avoir une grande

partie de la marché

de le plan d'action d'Hydro-Québec et tous les projets devant notre société. Et,

à l'époque, la ministre et, maintenant, la première ministre a refusé nos

amendements, des motions ont été refusées.

Alors, qu'est-ce qui a changé? Et ce n'est

pas le contexte mondial, parce que M. Trump était en pouvoir quand on a étudié

le projet de loi n° 69, la guerre tarifaire a

commencé. Et comment vous pouvez rassurer nos PME et nos grosses entreprises

aussi que, cette fois ici, ça va être un succès? Parce qu'on a déjà eu des

occasions de changer nos lois, puis la réponse de le gouvernement a été non.

M. Drainville : Oui. Bon,

écoutez, je pense que vous l'avez vu passer, M. le député, mais, le 7 mai

dernier, Hydro-Québec a lancé un appel aux marchés pour sécuriser

l'approvisionnement des éoliennes. Donc, Hydro-Québec a annoncé à ce moment-là

qu'ils allaient travailler avec les fabricants pour optimiser le contenu

québécois, et ce, dans le respect des accords de commerce. Alors, on parle, par

exemple, de l'usine de pales de Gaspé. Hydro-Québec va inviter cette usine de

pales de Gaspé à proposer des options de contenu local, incluant notamment la

fabrication de pales. Alors, Hydro-Québec... Et vous pourrez poser la question

à Mme la PDG cet après-midi, mais, dans l'esprit d'Hydro-Québec, c'est une

occasion, effectivement, d'accroître la participation des entreprises québécoises

à la chaîne d'approvisionnement mondiale de fabricants d'éoliennes.

• (12 h 20) •

L'autre chose aussi qui doit être

soulignée, c'est <qu'Hydro-Québec...

M. Drainville :

fabricants d'éoliennes.

L'autre chose aussi qui doit être

soulignée, c'est > qu'Hydro-Québec travaille quand même depuis un certain

temps avec Investissement Québec et avec le ministère de l'Économie pour

identifier, donc, des occasions concrètes pour donner, donc... pour faire affaire

davantage, donc, avec des manufacturiers d'ici. J'ajoute ceci, parce que c'est

factuel, 50 % à 60 % des investissements qui sont liés aux projets

éoliens sont déjà réalisés au Québec. Et, dans le cadre de l'appel d'offres du

10 avril, donc, pas celui du 7 mai, mais du 10 avril, il y a eu

cette volonté qui a été exprimée de bonifier le critère de contenu québécois

pour maximiser, donc, les retombées au Québec. On... Hydro-Québec travaille

notamment avec Marmen pour augmenter le contenu québécois du projet Des Neiges,

donc, dans la région de Charlevoix. Voilà.

J'ai parlé de...

M. Kelley

: Merci,

monsieur...

M. Drainville : ...j'ai fait

une erreur factuelle : le 7 mai, ce n'était pas un appel... ce

n'était pas un appel d'offres, c'est un appel au marché pour sécuriser

davantage l'approvisionnement en contenu québécois pour les éoliennes. Je

m'excuse.

M. Kelley

: Et c'est

parfait. Merci pour la correction, M. le ministre. Et, oui, j'ai bien vu ça, mais,

encore, je dis : Bien, dans les appels d'offres, il n'y a pas une

obligation. Et hier en Chambre, M. le ministre, nous avons eu une bonne échange

sur un autre projet, de Nemaska, et la justification pour les investissements, de

le côté de le gouvernement, c'était qu'il faut être en compétition contre la

Chine. Mais présentement on sait que c'est fortement probable que beaucoup des

pales puis des tours pour les projets d'Hydro-Québec, éoliennes, vont... vient

de la Chine.

Je comprends, il y a certains efforts pour

travailler avec nos PME, j'imagine, c'est très apprécié de leur part, mais je

pense qu'ils regardent tout l'argent qui est présentement dépensé puis ils

posent des questions. Ça fait des années qu'on demande, quand même, les

entreprises ici d'avoir l'appui de le gouvernement d'agrandir leurs projets,

etc. Mais je veux juste essayer de jumeler tout ça. C'est comme, quand même,

avec le plus grand projet économique de notre nation, présentement, le plan

d'Hydro-Québec, on va toujours vers la Chine pour acheter des... plusieurs éléments

pour leurs projets, particulièrement les éoliennes au Québec. Au minimum, ça va

probablement arriver, mais je trouve ça un petit peu problématique. Et, je

comprends, on ne peut pas régler ça aujourd'hui. Mais, pour la suite des

choses, comment on peut aider notre industrie à agrandir puis avoir une plus

grande part de le marché de ces projets d'Hydro-Québec?

M. Drainville : Encore une

fois, M. le Président, c'est une question qui est tout à fait légitime. Puis

vous avez raison, M. le député, de dire qu'avec un chantier 200 milliards

il faut s'assurer que ce soit le Québec qui bénéficie de la large part des

retombées économiques et industrielles qui vont découler de ces

investissements.

Je tiens quand même à souligner le fait

qu'en 2025 c'est presque 90 % des achats de biens et de services d'Hydro

qui ont bénéficié à des entreprises du Québec. On parle de plus de

7 milliards, donc, de retombées, d'achats de biens et de services. C'est

quand même considérable. Et, dans le respect, justement, de la logique que vous

énoncez, le plan 2035, l'avantage qu'il a, c'est qu'il offre de la

prévisibilité, donc, sur les volumes, sur les calendriers d'acquisition. Et

Hydro-Québec travaille présentement avec l'Association de l'industrie

électrique du Québec, avec le ministère, avec Investissement Québec pour

développer, justement, une chaîne d'approvisionnement qui soit la plus

québécoise et la plus robuste possible.

Donc, votre question est légitime.

Hydro-Québec fait des efforts et veut en faire encore davantage pour s'assurer

que ce soit le... qu'on génère le maximum de contenu québécois dans le cadre de

ce plan d'action de 200 milliards.

M. Kelley

: Merci, M.

le ministre. Il n'y a aucun doute, il y a plusieurs entreprises au Québec qui

fabriquent... si c'est des transformateurs ou des autres... des lignes, etc.,

il y a plusieurs fleurons, on peut être fiers, et c'est sûr que le plan

d'action d'Hydro-Québec va être un avantage pour eux autres. Mais c'est juste

une question d'aller plus loin. Et, selon vous, de mettre des... des clauses

dans une loi, ce n'est pas... ce n'est pas nécessaire ou ce n'est pas quelque

chose que vous envisage, présentement, de changer les lois pour s'assurer, particulièrement

dans le secteur énergétique, qu'il y ait une obligation d'acheter local?

M. Drainville : C'est une

nuance très intéressante que vous faites. Puis, encore une fois, est-ce qu'une

cible fait le travail ou est-ce qu'il faudrait aller plus loin vers une

obligation? Pour le moment, nous n'en sommes pas là, parce qu'Hydro-Québec a

démontré, justement, sa bonne volonté... plus que sa bonne volonté, sa très <grande...

M. Drainville :

démontré, justement, sa bonne volonté... plus que sa bonne volonté, sa très

> grande détermination d'aller plus loin, donc de s'approvisionner encore

davantage auprès des entreprises québécoises. Ils ont déjà fait, je vous l'ai

dit, quand même un bon bout de chemin. Quand on dit 90 % des achats de

biens et services d'Hydro, là, qui ont bénéficié à des entreprises québécoises

en 2025, c'est quand même très, très, très important. Maintenant, Hydro est

consciente qu'on lui en demande davantage et qu'on en souhaite davantage, et

ils ont pris l'engagement d'en faire davantage.

Alors, je vous dirais, vous savez, à un

moment donné, M. le député de Jacques-Cartier, on ne peut pas toujours marcher

par obligation. Hydro-Québec, c'est une société d'État qui appartient aux

Québécois, ils sont conscients de leur responsabilité. On a un leadership, une

direction, chez Hydro, qui veut aller dans cette direction encore plus, et je

pense qu'à un moment donné il faut faire confiance. Alors, faisons confiance.

Si jamais ça ne fonctionne pas, bien, on s'en reparlera. Mais, moi, mon premier

réflexe, c'est de faire confiance à la direction actuelle. Puis, si vous... Encore

une fois, puis je ne veux vraiment pas pelleter ça, de... comment dire, ne pas

répondre à la question, mais je pense qu'il est légitime que vous posiez la

question à la direction d'Hydro-Québec, un peu plus tard aujourd'hui, sur les

moyens concrets qu'ils comptent mettre en œuvre pour augmenter le contenu

québécois.

M. Kelley

: Merci

beaucoup, M. le ministre. Je veux changer le sujet, maintenant, sur les blocs

d'énergie, M. le ministre. Parce qu'une chose d'un de vos prédécesseurs puis

ancien collègue, Pierre Fitzgibbon, il était toujours très direct et

transparent, particulièrement avec les blocs d'énergie puis le nombre de

mégawatts disponibles. Souvent, il était prêt à dire ça publiquement, combien

des mégawatts restent, c'est quoi, l'état des lieux. Mais, depuis un certain

temps, on parle moins. Et c'est impossible d'avoir une croissance économique

sans plus d'énergie, c'est juste un calcul très simple.

On sait que présentement nos blocs

d'énergie sont serrés, on n'a pas énormément d'énergie disponible pour les

entreprises du Québec. Est-ce que vous pouvez donner nous, les autres

formations politiques qui est en train d'écrire leurs plateformes électorales,

et, quand même, c'est important pour les acteurs économiques et pour la

population en général, combien d'énergie est disponible, combien des blocs

d'énergie sont disponibles au Québec dans les prochaines deux ans?

M. Drainville : Oui. Alors,

vous avez raison de dire, M. le député, que les bilans sont serrés, hein, c'est

pour ça qu'on gère serré. On s'est donné un nouveau processus, vous le savez,

vous étiez là, un nouveau processus, au cours de la dernière année, qui prévoit,

donc, deux étapes : d'abord, une étape d'autorisation initiale ou de

préautorisation avant de passer, donc, à l'autorisation finale, donc la

préautorisation puis, par la suite, l'autorisation finale. Et ce que nous

demandons, entre ces deux moments, c'est au projet, à l'entrepreneur, à la

direction de l'entreprise concernée, donc qui s'est vue préautoriser un certain

nombre de mégawatts... ce que ce qu'on lui demande, c'est d'optimiser le plus

possible le projet. Parce que, qu'est-ce que vous voulez, la quantité d'énergie

étant limitée, on veut s'assurer de bien gérer chaque mégawatt. Alors, si on

est capables, entre la préautorisation et l'autorisation finale, de diminuer

les besoins en mégawatts pour libérer, donc, des mégawatts qu'on pourra

attribuer à un autre projet, on le fait et on le fait systématiquement. Donc,

optimisation du projet, ça, ça demeure une priorité pour nous.

• (12 h 30) •

Maintenant, M. le M. le député, on a quand

même, depuis avril 2025... c'est quand même 541 mégawatts, dis-je bien,

541 mégawatts de projets qui ont été préautorisés ou autorisés. Donc, en

un peu plus d'une année, on a quand même préautorisé ou autorisé

541 mégawatts. Alors, je peux être encore plus précis, il y a neuf projets

qui ont été autorisés pour 117 mégawatts puis il y a 18 projets qui

ont été préautorisés pour 424 mégawatts. Et, comme vous le savez, vous

pouvez retrouver sur le site Internet du gouvernement les projets qui ont fait

l'objet d'une autorisation, pas d'une préautorisation, ça, on garde ça

confidentiel. Mais, pour ce qui est de l'autorisation, vous avez, donc, je le

vois, vous brandissez le papier, donc, les projets qui ont obtenu, donc, de

l'énergie en autorisation, alors Les Fraises de l'île d'Orléans, AEM Canada,

General Dynamics, Hitachi, Agnico-Eagle, Davie, Kruger et les autres.

M. Kelley

: Merci, M.

le ministre. Il y a combien de projets qui sont sur la liste <d'attente...

Haut de la page

12 h 30 (version révisé

e) M. Drainville :

...Davie,

Kruger, et les autres.

M. Kelley :

...M.

le ministre. Il y a combien des projets qui sont sur la liste > d'attente

présentement?

M. Drainville : Ah! écoutez,

je ne sais pas si on a un chiffre là-dessus. Je me tourne vers le sous-ministre

ici, à ma droite, que j'aurais pu vous présenter, d'ailleurs. On va... on va le

vérifier.

M. Kelley : On... on peut

revient aussi dans un prochain bloc ou il peut donner la commission la réponse,

parce que j'ai une minute qui reste.

M. Drainville : ...parfait.

Si on n'a pas le chiffre, c'est bien, j'apprécie votre ouverture.

M. Kelley : Et, M. le

ministre, peut-être rapidement, comment on va bien gérer les blocs d'énergie

pour s'assurer qu'il y a de l'énergie disponible pour les petites et moyennes

entreprises du Québec versus les quatre priorités de votre gouvernement, si c'est

la défense, les centres de données? Puis on peut continuer, mais je n'ai pas

beaucoup de temps, mais je vise vraiment les centres de données. Comment ça, ça

va marcher? Parce qu'on sait que nos PME, on a besoin de l'énergie aussi.

M. Drainville : Bien, on

va...

Le Président (M. Julien) : En

30 secondes.

M. Drainville : ...on va

continuer à les gérer avec beaucoup de rigueur en appliquant les critères d'attribution.

Puis, parmi les critères d'attribution, il y a évidemment la capacité technique

du réseau, les retombées économiques, l'impact environnemental, l'impact

social, développement régional, cohérence avec la stratégie gouvernementale.

Donc, il y a de multiples critères qui s'appliquent pour qu'on prenne les

bonnes décisions, qu'on attribue les mégawatts aux bons projets, et on va

continuer de le faire avec beaucoup de rigueur, M. le député de Jacques-Cartier.

Le Président (M. Julien) : Merci.

Donc, je comprends qu'il y aura certaines réponses qui seront données dans le

prochain bloc de questions.

Le bloc d'échange étant terminé, je cède

maintenant la parole au député de Jean-Talon. Vous disposez de 14 min 40 s.

M. Paradis : Bonjour, M. le

ministre, à vous et à toute votre équipe. Aujourd'hui, le gouvernement fédéral

de Mark Carney vient de lancer la nouvelle Stratégie nationale d'électrification

qui vise à construire l'infrastructure nécessaire pour doubler la production d'électricité

au Canada et à relier les réseaux fragmentés du Canada de l'est à l'ouest grâce

à la construction et l'extension de lignes de transport d'électricité. Avez-vous

été consultés aux fins de cette annonce aujourd'hui?

M. Drainville : La réponse,

c'est non.

M. Paradis : Est-ce que vous

êtes préoccupés par le fait que cette stratégie est vraisemblablement l'oeuvre

de Michael Sabia, qui, jusqu'au mois de juin 2025, était le PDG d'Hydro-Québec,

qui a démissionné de manière complètement inattendue juste après l'adoption d'un

bâillon sur la réforme de l'électricité et du secteur de l'énergie dont tout le

monde sait qu'il a été un des maîtres d'œuvre de cette réforme-là? Est-ce que

ça vous préoccupe que, maintenant, ce soit lui qui soit derrière,

vraisemblablement, la nouvelle stratégie fédérale?

M. Drainville : Je ne peux

pas présumer du... de l'identité de la personne qui est derrière la stratégie

qui a été proposée hier.

M. Paradis : Est-ce qu'il est

vraisemblable, compte tenu de son expertise, que Michael Sabia ait participé à

l'élaboration de cette politique parce que c'est dans son expertise?

M. Drainville : Je ne peux

pas présumer de ça, M. le député.

M. Paradis : Très bien. Est-ce

que vous êtes préoccupé qu'après cette démission assez inattendue, c'est votre

gouvernement aussi qui avait réagi comme ça, que, maintenant, celui qui avait

toutes les clés et tous les chiffres de la stratégie québécoise en matière d'énergie

soit maintenant un proche conseiller du premier ministre du Canada au moment où

on reçoit cette politique pour laquelle vous n'avez pas été consultés?

M. Drainville : Écoutez, on a

reçu le document hier, en fin de journée. Nous sommes à l'évaluer, nous sommes

à l'analyser, et donc je me dois d'être prudent quant aux commentaires que...

que je souhaite formuler. Donc, on va d'abord analyser le document, mais, chose

certaine, si vous me permettez, monsieur... M. le député, je tiens quand même à

réitérer, la politique, appelons-la traditionnelle, des gouvernements

québécois, peu importe leur couleur... c'est-à-dire que, peu importe la

stratégie qui sera mise de l'avant, nous ferons évidemment respecter nos

compétences en matière d'énergie et de ressources naturelles.

M. Paradis : Les Québécois

ont bâti, avec l'argent de leurs impôts, de leurs taxes, avec l'intelligence

des Québécoises et des Québécois, tout le réseau de production énergétique du

Québec, 100 % québécois. Est-ce que vous êtes préoccupé par le fait que le

gouvernement fédéral se propose maintenant de mettre sur pied une stratégie

nationale d'investissement qui pourrait, en réalité, financer les concurrents d'Hydro-Québec

avec l'argent des Québécois, visant notamment une interconnexion de tous les

réseaux d'est en ouest, qui, à ce que je sache, n'est pas du tout dans la

priorité du plan d'action <d'Hydro-Québec...

M. Paradis :

...qui,

à ce que je sache, n'est pas du tout dans la priorité du plan d'action > d'Hydro-Québec?

Est-ce que ça vous préoccupe?

M. Drainville : Bien,

écoutez, quand vous dites «ça ne fait pas

partie des priorités

d'Hydro-Québec», je vous rappelle quand même que l'entente avec Terre-Neuve va

nécessairement passer par une interconnexion entre les deux provinces.

M. Paradis : Il y a déjà de

l'interconnexion. On parle de nouvelles... vraisemblablement de nouvelles

interconnexions, mais, n'empêche, le principe, c'est que nous, on a bâti notre

capacité énergétique 100 % avec notre intelligence, nos bras, notre argent,

et là le gouvernement fédéral, y compris avec de l'argent des Québécois, se

propose de développer une nouvelle stratégie d'investissement. Si le passé est

garant de l'avenir, ça va être une intrusion dans la compétence et dans la

souveraineté énergétique historique du Québec. Donc, comment réagissez-vous

face à cette annonce d'aujourd'hui?

M. Drainville : Écoutez, M.

le député, puis peut-être que le sous-ministre pourra venir compléter ma

réponse ici, là, mais je tiens quand même à souligner qu'il existe déjà un

programme fédéral qui permet d'obtenir un crédit sur l'investissement dans les

infrastructures interprovinces. Je pense que c'est important de le noter, ça

existe déjà, cela. Là, ce que propose le gouvernement fédéral... Encore une

fois, c'est ce que j'ai lu, c'est ce que j'ai lu dans ce qui a été rapporté par

les médias, je n'ai pas encore pris connaissance du document technique, là, mais

ce que j'ai lu, c'est que, là, le gouvernement fédéral se propose d'aller plus

loin, et donc d'offrir un crédit à l'investissement pour des projets

intraprovinciaux, donc à l'intérieur d'une même province. Alors, encore

une fois, M. le Président, nous allons prendre connaissance du... de la

stratégie ou de la politique proposée par le gouvernement fédéral. Je veux être

prudent, je ne veux pas faire des commentaires qui ne sont... qui ne sont pas

basés sur une analyse fine du texte. Alors, on va faire une analyse fine du

texte et, par la suite, on pourra aller plus loin dans les commentaires que

nous ferons.

M. Paradis : Je comprends et

j'apprécie votre saine prudence par rapport à une annonce qui vient d'être effectuée

aujourd'hui, mais il y a quand même un principe très important, là, il s'agit

de la souveraineté énergétique du Québec, un domaine où le Québec a investi

lui-même et a créé un géant à l'échelle nationale et internationale. Et je vois

que vous avez une... vous semblez avoir une réaction assez timide. Il me semble

que vous pourriez dire aujourd'hui, puis je vous invite à préciser votre

réponse, mais que vous allez protéger la souveraineté énergétique du Québec et

que, si, de fait, comme vous venez de le mentionner, il s'agit de projets

principalement intraprovinciaux... Est-ce que vous pouvez vous engager tout de

suite à réclamer un droit de retrait à 100 % avec pleine compensation pour

que le Québec continue de s'occuper lui-même de ses affaires et ne dépende pas

de nouveau du fédéral, à venir quêter des permissions du fédéral et à venir se

faire imposer par le fédéral des décisions qui vont se prendre à la majorité à

Ottawa, alors que nous n'avons pas la majorité à Ottawa? Est-ce que vous pouvez

prendre cet engagement aujourd'hui de protéger la souveraineté énergétique du

Québec?

M. Drainville : La réponse,

c'est oui.

M. Paradis : Est-ce que vous

allez demander...

M. Drainville : Nous allons

faire respecter la... comme je l'ai dit dans ma première réponse, M. le député...

M. Paradis : Très bien.

M. Drainville : ...nous

allons faire respecter les compétences du Québec en matière d'énergie et de

ressources naturelles. Ce sont des compétences qui relèvent des provinces, et

donc notre intention est ferme, on va tenir notre bout. Si c'est ça que vous

voulez que je vous dise, on va tenir notre bout. Là où vous et moi, on se

rejoint, je pense, c'est sur le fait que nous sommes deux fiers nationalistes.

On ne pense pas nécessairement de la même manière pour ce qui est des moyens de

l'exprimer, mais, chose certaine, la protection et la préservation des pouvoirs

du Québec, pouvoirs qui lui sont accordés par les textes, ces pouvoirs-là, ces

compétences-là, on a l'intention de les faire respecter.

• (12 h 40) •

M. Paradis : Très bien. Je

vous suggère néanmoins que ce qui est annoncé aujourd'hui présente des risques

très importants pour la souveraineté énergétique du Québec, parce que, si le

passé étant... est garant de l'avenir, on le sait, ce qui va se passer, le

gouvernement fédéral va prendre toute la place. Le temps file, mais j'ai

apprécié votre réponse. Merci.

Il y a environ un an, un peu moins d'un

an, le projet de loi n° 69, qui est devenu la loi n° 24, a été adopté sous bâillon. C'est devenu, donc, la

loi n° 24 sous bâillon. À l'époque, la première

ministre, alors ministre de l'Énergie, a dit ceci pour justifier le bâillon, je

la cite : «On a besoin du projet de loi n° 69 maintenant, parce qu'il

y a des projets, <comme...

M. Paradis :

...on a

besoin du projet de loi n° 69 maintenant, parce qu'il y a des projets,

> comme je l'indiquais, qui vont démarrer cet été, notamment celui dans

Charlevoix, qui va pouvoir démarrer cet été, celui également au Saguenay—Lac-Saint-Jean,

qui va également démarrer cet été. Et ça, ça va créer 1 000 emplois

payants en région et des économies de 6 milliards de dollars.»

Pourriez-vous me dire quel projet a été démarré à l'été 2025 au Québec, combien

d'emplois ont été créés et combien de milliards ont été économisés?

M. Drainville : M. le

Président, je vais prendre en délibéré cette question et je vais fournir une

réponse un peu plus tard. Je... j'admets que je ne connais pas la réponse à

cette question, qui est quand même assez technique. Alors, on va vérifier les

faits puis on va... on va revenir au...

Le Président (M. Julien) :

Donc, c'est un engagement à fournir cette information-là?

M. Drainville : De revenir, oui,

c'est ça. Oui. Vous acceptez ça, M. le député de Jean-Talon?

M. Paradis : ...oui, mais,

quand même, vous êtes le ministre de l'Énergie. Moi, j'ai devant moi le rapport

annuel d'Hydro-Québec avec la liste des projets. Est-ce que vous pouvez me dire

si, en 2025, disons, élargissons... après juin 2025, pourriez-vous me dire

quels projets ont été démarrés, sont sortis de terre au Québec en matière

d'éoliennes?

M. Drainville : Écoutez, M.

le Président, je vais fournir cette réponse un peu plus tard, lorsque j'en

aurai vérifié les faits, lorsque j'aurai vérifié les faits.

Le Président (M. Julien) :

C'est encore un engagement de fournir cette information-là à la commission?

M. Drainville : Mais, je

pense, connaissant... connaissant mon honorable collègue, avec son parcours

d'avocat, je suis certain qu'il connaît la règle «ne pas poser de question

à laquelle on ne connaît pas déjà la réponse». Je soupçonne qu'il connaît déjà

la réponse. Je le... je l'invite à me la fournir, comme ça on pourra avoir une

discussion plus éclairée.

M. Paradis : Je glisse à

l'oreille du ministre qu'il n'y a eu aucun projet qui a démarré ni à

l'été 2025 ni par la suite, que les emplois relatifs à ces projets-là

n'ont pas été créés et que les milliards d'épargnes requis n'ont pas... ne sont

pas arrivés. Je vous suggère même que les médias nous a informés que le projet

au Saguenay—Lac-Saint-Jean, auquel référait la ministre, a même été mis sur

pause quelques jours plus tard. Donc, je vous suggère que ce qu'a dit la

première ministre du Québec, alors ministre de l'Énergie, ne s'est pas avéré.

Je vais surveiller ce que je dis, M. le Président, et je vais dire «était très

inexact».

M. Drainville : ...je peux

dire, M. le Président, c'est qu'il y a quand même eu des annonces qui ont été

faites par Hydro-Québec pour des nouveaux projets éoliens, et je pense que la

présence de la PDG d'Hydro-Québec, cet après-midi, sera une belle occasion pour

le député de Jean-Talon d'aller plus loin dans ses questions sur... sur ce

thème.

M. Paradis : Très bien.

J'apprécie cette réponse, mais je peux vous dire que ces projets, dont les

annonces ont été faites pour plus... pour plus tard, je les connais bien, ils

étaient en négociation depuis un certain temps, et ce sont des projets à long

terme, alors qu'on a adopté ce que votre gouvernement a dit être la plus grande

réforme du secteur de l'énergie depuis des décennies sous bâillon, sous ce

prétexte-là, qui ne s'est pas avéré.

Je vous amène à un autre sujet. Une autre

des grandes promesses de votre gouvernement, c'est de faire un plan de gestion

intégrée des ressources énergétiques, le PGIRE. Vous avez déposé une version

préliminaire de ce plan-là, qui a été taillé en pièces, en réalité, par la

Régie de l'énergie, qui a dit, je la cite, que «ça ne peut tenir lieu du plan

intégré attendu, qu'il gagnerait en crédibilité s'il s'appuyait sur des

scénarios de long terme identifiant des leviers concrets, les séquences

décisionnelles, les responsabilités dévoilant les mécanismes de révision et

d'ajustement».

Réponse de votre gouvernement, vous avez

suspendu le processus, alors qu'il y avait une promesse de déposer ce plan que

tout le monde attend au Québec depuis longtemps, parce que ça fait longtemps

que les oppositions et que toute la société civile dit qu'on n'a pas le plan du

gouvernement en matière énergétique. Que se passe-t-il avec votre plan? Parce

que la session arrive à sa fin, et la dernière promesse de votre prédécesseur,

c'était que ce soit déposé à la fin de la session. Alors, que se passe-t-il

avec votre plan en matière énergétique?

M. Drainville : Il n'y a rien

de suspendu, M. le Président. Il y a eu effectivement un avis de la régie. Il y

a des travaux qui sont faits présentement. Et notre intention, c'est toujours

de déposer un document final le plus rapidement possible.

M. Paradis : Vous avez noté

les critiques, donc, de la Régie de l'énergie sur le plan. Donc, on a hâte de

voir les suites de cet avis dévastateur. Bon, ce plan-là, c'est un plan

notamment basé sur des objectifs en décarbonation. Vous avez, comme ministre de

l'Environnement, changé les <objectifs...

M. Paradis :

...décarbonation.

Vous avez, comme ministre de l'Environnement, changé les > objectifs de

décarbonation. Vous les avez reportés de 2030 à 2035. Or, tout le plan

d'Hydro-Québec est basé sur cette cible. Est-ce que vous pouvez nous dire si

vous révisez en conséquence la cible et les investissements qui sont maintenant

prévus à l'article 155 de la loi n° 24? Est-ce que votre décision,

comme ministre de l'Environnement, a un impact? Et pouvez-vous nous le chiffrer

et nous dire lequel? Et, s'il n'y en a pas, pouvez-vous nous expliquer comment

le plan du gouvernement en matière énergétique peut encore tenir si les cibles

sur lesquelles ils sont basés, elles, ont changé?

Le Président (M. Julien) : ...

M. Drainville : Écoutez, M.

le Président, tout ce que je peux dire, c'est que, lorsque nous allons déposer

le PGIRE, il sera en cohérence avec les différentes décisions gouvernementales

qui ont été prises.

M. Paradis : Très bien.

Vous... Il me reste combien de temps, M. le Président?

Le Président (M. Julien) : 19 secondes.

M. Paradis : Vous... Bon, merci,

M. le ministre. En 19 secondes, on n'aura pas le temps d'aller plus loin.

M. Drainville : Mais vous

pourriez chanter.

M. Paradis : Bien, je vous

ai... je vous ai invité à le faire aujourd'hui en Chambre.

M. Drainville : Malheureusement,

on n'a plus de temps.

Le Président (M. Julien) : C'est

tout le temps que vous aviez. Merci. Donc, ce bloc d'échange étant terminé, je

cède maintenant la parole au député de Jacques-Cartier. Vous disposez de

14 min 55 s. À vous la parole.

M. Kelley : Merci beaucoup,

M. le Président. Je veux reviens sur le sujet des blocs d'énergie. Question, M.

le ministre, on a vu que plusieurs projets étaient annulés, là, plusieurs sont

dans la filière de la batterie, je veux juste souligner ça, dans le même coin

environ du Québec. Qu'est-ce qui est arrivé avec ces blocs d'énergie qui

étaient accordés, mais les projets étaient annulés? Est-ce que tous ces blocs

d'énergie étaient raccordés dans les autres projets qui étaient annoncés en

2026 ou est-ce que c'est toujours... est-ce que nous sommes toujours en attente

d'un plan de match d'utiliser tous ces blocs d'énergie, ou le projet

malheureusement a échoué?

M. Drainville : Alors, M. le

Président, dans le cas de Northvolt, on parlait de 352 mégawatts. Alors,

ce qu'on a fait, c'est qu'on a fait ce qu'on fait avec les projets annulés ou

les projets pour lesquels les mégawatts sont retirés, c'est-à-dire que les

mégawatts qui ont été récupérés sont allés augmenter la marge de manœuvre

globale qui est disponible pour de nouveaux projets, pour de nouveaux octrois. Et

donc, quand je disais, tout à l'heure, là, qu'on a quand même, depuis un an,

depuis avril 2025, préautorisé ou autorisé un total de 424 mégawatts,

bien, on peut... alors, je m'excuse, c'est 541, pardonnez-moi, 424 préautorisés

et 117 autorisés pour un total de 541 mégawatts depuis avril 2025.

On peut penser, M. le Président, que les

352 mégawatts de Northvolt faisaient

partie de l'enveloppe de

541 mégawatts qui ont été autorisés ou préautorisés. Il n'y a pas un lien

direct, il n'y a pas une corrélation directe, là, on ne prend pas des mégawatts

puis on ne les envoie pas dans une petite case ou dans une... dans une colonne.

Tu sais, ce n'est pas une... comment dire, il n'y a pas une relation de cause à

effet qui est aussi directe que ça, mais ce qui est vrai, c'est que ces

mégawatts ont servi pour d'autres projets, et on peut penser qu'il y a une

bonne

partie de ces mégawatts qui ont servi dans les 541 mégawatts

préautorisés ou autorisés par la suite depuis avril, donc, 2025.

M. Kelley : Merci beaucoup.

Et, M. le ministre, je reviens un petit peu à la question que j'ai posée dans

le dernier bloc, désolé, je n'ai pas reçu une réponse très claire. Combien de

mégawatts sont disponibles aujourd'hui et combien de mégawatts sont prévus pour

les prochains deux ans? Je sais qu'il y a un chiffre qui est dans le plan d'Hydro-Québec,

mais est-ce que des choses ont changé à cause qu'il y a eu certains projets qui

étaient annulés? Encore, je veux juste mettre les choses très transparentes

pour la population, pour les partis politiques, pour les acteurs économiques.

Combien d'énergie est disponible aujourd'hui pour les projets économiques du

Québec? Si vous avez une réponse pour moi, ça va être apprécié.

• (12 h 50) •

M. Drainville : Alors, je...

je vais revenir à la question sur la marge de manœuvre dans un instant, mais

j'avais promis de... au député de lui donner une réponse si j'en avais une, et

je l'ai. Il a posé la question, tout à l'heure, des projets en attente. Alors,

on peut parler d'une centaine de projets en attente présentement. Alors, il y

en a, évidemment, qui sont en évaluation. Il y en a d'autres pour lesquels le

dossier est incomplet. Il y en a qui sont en... qui sont en optimisation. Il y

en a d'autres pour lesquels le montage <financier...

M. Drainville :

...qui

sont en... qui sont en optimisation. Il y en a d'autres pour lesquels le

montage > financier est à compléter. Et je tiens à souligner ceci, M. le

Président, il y a très peu... il y a eu très peu de refus par manque de

mégawatts, très peu de refus, de projets refusés par manque de mégawatts. Donc,

je pense que ça, c'est important de le noter.

Sur la marge de manœuvre, je vais vous le

dire, M. le député. Alors, on me parlait, là, pendant que vous finissiez votre

question, là, mais je pense en avoir deviné le contenu. On identifie les

entreprises qui ont obtenu des mégawatts, donc pour lesquels il y a eu

autorisation finale, pas préautorisation, mais autorisation finale, mais on ne

donne pas les mégawatts, de la même manière qu'on ne dit pas exactement combien

de mégawatts il y a dans cette enveloppe ou dans cette marge de manœuvre. Et la

raison est simple, c'est que cette marge de manœuvre, elle change constamment.

Quand on décide, par exemple, M. le député

de Jacques-Cartier, d'autoriser, mettons, on jase, comme dirait l'autre, on

autorise, mettons, 30 MW pour un projet, enfin, on le préautorise, on

demande à l'entreprise d'optimiser, bien, ça se peut que, quelques mois plus

tard, donc, dans le processus entre préautorisation et autorisation... ça se

peut qu'ils nous reviennent puis qu'ils nous disent : Bien, finalement,

savez-vous quoi? Après optimisation, on n'a plus besoin de 30, on a juste

besoin de 20 MW. Bien, à ce moment-là, la marge de manœuvre, elle vient de

changer de 10 MW.

Alors, si je vous donnais un chiffre

aujourd'hui, M. le député de Jacques-Cartier, c'est fort possible que le

chiffre que je vous donne ne soit plus bon dans quelques semaines ou dans

quelques mois. Et vous auriez raison, à ce moment-là, de m'en faire le reproche,

vous pourriez dire : M. Drainville, vous ne m'avez pas donné le bon

chiffre. Alors, on se garde cette marge de prudence, M. le député de

Jacques-Cartier. C'est pour ça qu'on fait attention avec le chiffre concernant

la marge de manœuvre.

M. Kelley : Je

comprends, M. le ministre, mais, quand même, vous avez une idée de combien de

mégawatts sont disponibles puis vous avez une idée de combien de mégawatts ont

été demandés par des centaines de différents groupes. Je ne demande pas... je

comprends qu'un chiffre peut changer par une centaine ou une cinquantaine de

mégawatts. Je suis d'accord avec vous, qu'il y a des changements dans les

projets. Des fois, c'est pour moins, des fois, c'est pour plus. Mais, quand

même, j'imagine, vous avez une idée combien de mégawatts sont demandés,

présentement, par toutes les centaines de projets et combien de mégawatts sont

disponibles aujourd'hui puis aussi dans les deux prochaines années.

M. Drainville : M. le

Président, je me dois de... malheureusement d'attirer l'attention du député sur

ma réponse précédente. Ce que je peux dire, parce que j'essaie... je ne veux

pas me défiler puis je veux vraiment lui donner le maximum d'informations, je

sais que les crédits servent à ça, ce que je peux dire, c'est que, depuis 2020,

OK, c'est 3 000 MW qui ont été octroyés par Hydro-Québec pour la

croissance naturelle des besoins, pour l'augmentation de la demande

industrielle, pour la décarbonation. Et donc il y en a, de l'énergie, il y en

a... il n'y en a pas beaucoup, mais il y en a. Et on ne refuse pas, on n'a pas

refusé, jusqu'à maintenant, de projet faute d'énergie, parce qu'on les gère

très serré.

Et puis, je répète, M. le Président, pour

générer cette marge de manœuvre, pour la nourrir, bien, Hydro-Québec fait

appel, par exemple, à l'efficacité énergétique. L'efficacité énergétique, c'est

un moyen rapide et économique de dégager de la marge de manœuvre. Alors, on

continue à travailler très fort pour générer cette marge de manœuvre.

Évidemment, les besoins augmentent. Par exemple, les voitures électriques, on

est rendus à 450 000 véhicules électriques au Québec. Alors, ça, ça

augmente, donc, la demande en énergie.

Alors, ce qu'il faut, c'est continuer à

gérer très serré les marges de... la marge de manœuvre que nous avons. Et, je

le réitère quand même depuis avril 2025, on a préautorisé ou autorisé pour

541 mégawatts d'énergie. Donc, c'est... en un peu plus d'un an,

541 mégawatts, c'est quand même très important. Maintenant, notre analyse

rigoureuse de ces projets-là va se poursuivre.

M. Kelley : Merci, M.

le... M. le ministre. C'est... c'est vrai que c'est un débat extrêmement

important pas juste pour le secteur énergétique... énergétique, mais pour

l'économie. Parce que je sais que vous étiez déjà sur le terrain, vous avez des

entreprises chez vous, mais la première chose que les entreprises disent :

OK, je suis sur une liste d'attente pour les mégawatts, mais je suis où sur la

liste? Il n'y a aucune prévisibilité. Alors, pour nos petites et moyennes

entreprises et des grandes entreprises qui sont déjà installées ici, eux autres

n'ont vraiment pas une bonne idée quand ces mégawatts vont être <disponibles....

M. Kelley :

...eux

autres n'ont vraiment pas une bonne idée quand ces mégawatts vont être > disponibles.

Alors, c'est difficile pour eux autres de faire leur planification, de faire

les investissements nécessaires pour agrandir un projet ou, quand même, de

donner le feu vert à un projet. Alors, c'est... comme, ils sont en mode

d'attente pour l'énergie nécessaire ou non. Parce que, si la réponse est

clairement non, ça va être dans cinq ans, 10 ans, bien, eux autres vont

prendre l'argent puis peut-être investir dans un autre secteur de leur... de

leur entreprise, embaucher plus de gens, je ne sais pas, faire des... acheter

de l'équipement. Mais c'est ce manque de prévisibilité, M. le ministre, je

pense, qui rend des entrepreneurs du Québec, des gestionnaires des entreprises

un peu frustrés, parce qu'il n'y a pas de transparence.

Et, je comprends, il y a des secrets

industriels, on ne va pas mettre tout ça sur un site Web, mais, au minimum, une

meilleure communication avec eux autres de la part de votre ministère et aussi

d'Hydro-Québec sera appréciée dans l'avenir, et c'est quelque chose, je pense,

qu'il faut régler, M. le Président.

M. Drainville : Oui, écoutez,

M. le Président, on est conscients du fait qu'il y a beaucoup de projets et

qu'il y a... qu'il y a une quantité d'énergie qui est limitée pour ces

projets-là. C'est la raison pour laquelle on s'est donné un processus qui est

très rigoureux, étape par étape, avec des critères qui sont très clairement

définis.

Alors, je l'ai... je les ai mentionnés tout

à l'heure, mais je pense que ce n'est... ce n'est pas inutile de les rappeler.

On évalue le développement économique, ça, c'est un des critères qui nous...

qui nous guide dans la décision d'octroyer ou pas des mégawatts, le

développement économique, la décarbonation, la contribution au développement

économique régional, donc la vitalité régionale, la création de valeurs, etc.

Puis on regarde, évidemment, des critères comme l'impact environnemental. Il y

a toujours une dimension d'acceptabilité sociale également qui... qu'on ne peut

pas ignorer. Alors, tous ces critères-là font partie, donc, de la liste des

critères qui nous aident à prendre les bonnes décisions. Comme je l'ai dit tout

à l'heure, il y a quand même beaucoup de mégawatts qui ont été octroyés ces

derniers temps...

Le Président (M. Julien) :

Merci, M. le ministre.

M. Drainville : ...et donc...

et donc on va continuer à être rigoureux dans nos décisions.

Le Président (M. Julien) : Merci.

M. Kelley : Alors, nous avons

un marché serré, M. le ministre, vous puis moi, on est d'accord là-dessus, avec

nos mégawatts. Alors, pourquoi courir après des centres de données, qui ont

besoin énormément d'énergie, quand on a déjà une grande liste des entreprises

du Québec, déjà installées ici, qui ne sont pas capables d'avoir le feu vert

pour l'énergie qu'ils demandent de votre ministère? Pourquoi eux autres sont...

(panne de son) ...versus eux autres?

M. Drainville : M. le

Président, question très légitime, encore une fois. C'est pour ça que le

plan 2050 est si important. C'est pour ça que les 200 milliards

doivent être investis d'ici 2035. C'est pour ça qu'il faut continuer à lancer

des projets éoliens, comme le fait Hydro-Québec, c'est pour ça qu'il faut

s'ouvrir à d'autres formes d'énergie pour lesquelles on n'a peut-être pas eu

l'ambition... une ambition suffisante par le passé, comme le solaire. Puis là

Hydro-Québec va de l'avant avec, quand même, l'acquisition de 300 MW d'énergie

solaire. Ça, ça a été lancé l'an passé, en 2025.

On encourage, je tiens à insister

là-dessus, M. le Président, on encourage les consommateurs à faire de

l'autoproduction. Alors là, actuellement, c'est quoi? Je pense, c'est

700 clients résidentiels qui ont installé des panneaux solaires chez eux pour

les fins de leur propre consommation énergétique. Et, lorsque ça dépasse leur

consommation énergétique, M. le Président, ils peuvent fournir la consommation

excédentaire au réseau d'Hydro, qui leur donne des crédits en contrepartie.

Moi, je trouve ça fantastique. Ça s'appelle le mesurage, le mesurage net.

Hydro-Québec veut en arriver à 125 000 clients qui installeront, au

fil du temps, leur propre capacité de production. Donc, ça vise à assurer

l'autonomie énergétique sur une base individuelle ou résidentielle. Moi, je

vous le dis, je m'emballe quand j'en parle, M. le député de Jacques-Cartier,

parce qu'il y a une forme de responsabilisation de notre consommation

d'énergie...

• (13 heures) •

Le Président (M. Julien) : En terminant

sur cette question.

M. Drainville :

...responsabilisation. Alors, tu t'occupes de ta... de ta consommation

d'énergie puis, si tu en produis plus que tes besoins, tu mets ça sur le

réseau, on te crédite. Je trouve ça fantastique, puis on devrait pousser dans

cette direction-là, n'est-ce pas, M. le député de Jacques-Cartier?

Le Président (M. Julien) : M.

le député.

M. Kelley

: Oui, M.

le... oui, M. le ministre, j'ai écrit une formidable lettre ouverte sur les

microréseaux et l'autoproduction à la maison. Je vous encourage de lire ça,

c'est... c'est sur le site du Journal de Montréal . Alors...

M. Drainville : ...j'aimerais

ça la voir.

M. Kelley

: Parfait.

Bien, ce n'est pas... ça, ce n'est pas ma <question...

Haut de la page

13 h (version révisée)

<209

Drainville :

...moi-la. J'aimerais ça la voir.

M. Kelley

: OK. Parfait!

Mais ce n'est pas... Ça, ce n'est pas ma > question. Je n'ai pas beaucoup

de temps, mais, si le ministre est capable de nous dire combien des refus de

donnés à des différentes entreprises du Québec... Je comprends, il y a des

centaines des entreprises sur la liste en attente pour les mégawatts. Combien étaient

refusés dans la dernière année?

Le Président (M. Julien) : Il

reste une minute.

M. Drainville : M. le

Président, combien de temps, vous avez dit?

Le Président (M. Julien) : ...

M. Drainville : Une minute.

Bien, je vais permettre à notre sous-ministre, M. Mathieu Gervais, de

répondre à cette question. Ça va prendre...

Le Président (M. Julien) : Consentement?

Nom et titre, s'il vous plaît.

M. Gervais (Mathieu) : Oui.

Mathieu Gervais, sous-ministre, Économie, Innovation, Énergie.

Donc, je n'ai pas le chiffre exact, mais

on peut parler d'environ une dizaine de refus pour toutes sortes de raisons,

soit qu'ils étaient dans un endroit sur le réseau qui ne permettait pas le type

d'approvisionnement, soit que les années pour lesquelles ils avaient besoin d'un

montant... un nombre important de mégawatts, ces mégawatts-là n'étaient pas

disponibles. Mais on parle d'une dizaine de projets environ.

M. Kelley : Merci beaucoup.

Malheureusement, je pense qu'on n'a pas beaucoup plus de temps. Je veux juste rapidement,

rapidement, soulever un enjeu, M. le ministre. Présentement, pour les appels d'offres,

les 14 appels d'offres pour les projets privés, éoliennes, ils ont répondu

à l'appel d'offres d'Hydro-Québec. Souvent, ils sont sur les terres agricoles.

Et, si c'est bloqué, M. le ministre, on va avoir un enjeu avec ces appels d'offres.

Alors, regardez ça, parlez avec les gens dans l'industrie. C'est superimportant.

Le Président (M. Julien) : Merci.

Merci, M. le député.

Compte tenu de l'heure, la commission

suspend ses travaux jusqu'à 14 heures, où on... on va entreprendre les

travaux... volet Énergie - Hydro-Québec des crédits budgétaires du portefeuille

Économie, Innovation, Énergie. Merci, tout le monde!

(Suspension de la séance à 13 h 02)

Haut de la page

14 h (version révisée)

(Reprise à 14 h 03)

Le Président (M. Julien) :

Donc, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la

séance de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des

ressources naturelles ouverte.

La commission est réunie afin de procéder

à l'étude du volet Énergie, Hydro-Québec des crédits budgétaires du

portefeuille Économie, Innovation et Énergie pour l'exercice financier 2026‑2027.

Une enveloppe de 2 h 30 min est... a été allouée pour l'étude

des crédits.

Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des

remplacements?

La Secrétaire

: Oui, M.

le Président. M. Boissonneault (Arthabaska) est remplacé par M. Paradis

(Jean-Talon).

Hydro-Québec

Le Président (M. Julien) : Merci.

Donc, nous allons procéder à des discussions d'ordre général par blocs d'environ

12 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de

ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur aura été alloué, soit cet

après-midi, vers 16 h 30. Alors, sans plus tarder...

Une voix : ...

Le Président (M. Julien) :

Oui, bien, on ne prendra pas de chance. On a dépassé de quelques minutes. Est-ce

qu'il y a consentement pour poursuivre jusqu'à 16 h 33, genre? Merci.

Discussion générale

Donc, je suis maintenant prêt à

reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour le

premier bloc d'échange. M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous.

M. Kelley

: Merci

beaucoup, M. le Président. Bonjour, tout le monde. Bienvenue à l'équipe d'Hydro-Québec.

J'ai dit ça hors ondes, mais félicitations, quand même, à Mme Bouchard. Là,

ce n'est pas... Je n'ai pas eu la chance de dire ça, quand même, ça fait un bon

bout, mais je sais qu'il y a une bonne citation de Mme Marois, que, quand

on voit une femme dans un poste important, c'est un bon signe pour toute la

population et toutes les femmes du Québec. Alors, je pense, ça, c'est bien

mérité, mais, encore, je suis fier de voir qu'il y a une PDG, encore une femme,

à Hydro-Québec. Je pense, c'est une marque de fierté pour notre nation.

Maintenant, je vais poser une couple de

questions à Mme Bouchard sur un sujet qui est superimportant, j'ai eu une

discussion avec le <ministre ce matin, mais...

M. Kelley

...j'ai eu une discussion avec le > ministre ce matin,

mais c'est sur Churchill Falls. Je comprends très, très

bien que, de leur côté, ils sont en train de réviser ça avec le comité des

experts, etc., mais est-ce que vous pouvez, peut-être, donnez-nous une mise à

jour sur les négociations avec Churchill Falls? Quel rôle est-ce

qu'Hydro-Québec joue présentement pour s'assurer que cette entente est réalisée

et que c'est un succès? Parce que c'est un morceau important pour le plan

d'action d'Hydro-Québec jusqu'en 2035.

Le Président (M. Julien) : Est-ce

qu'il y a consentement pour que Mme la PDG... Oui. S'il vous plaît, nom et

titre, madame.

Mme Bouchard (Claudine) : Oui.

Alors, bonjour, tout le monde. Merci de m'accueillir aujourd'hui avec mon

équipe. Donc, Claudine Bouchard, présidente-directrice générale, Hydro-Québec.

Alors donc, au niveau de Terre-Neuve, vous

savez qu'on a conclu une entente avec Terre-Neuve en décembre, une entente de

principe avec les gens de Terre-Neuve, donc, avec Terre-Neuve-et-Labrador

Hydro, donc, la compagnie d'électricité du côté de Terre-Neuve-et-Labrador, en

décembre 2024, une entente de principe qui est vraiment gagnante-gagnante pour

les deux provinces, je le répète.

Pour Hydro-Québec, ça permet d'assurer la

sécurité énergétique et aussi obtenir cette énergie-là un prix concurrentiel et

avantageux pour le Québec. Du côté de Terre-Neuve, ça devance certains

paiements pour la révision du tarif ou du coût d'achat de l'énergie de

Churchill Falls et ça leur permet aussi d'obtenir, d'acquérir de l'énergie

supplémentaire pour le développement de Labrador City, qui en a grandement

besoin actuellement.

Suite à l'élection de l'automne dernier du

côté du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, donc il y a eu un changement

de parti de ce côté, il y a une commission d'enquête indépendante qui a été

mise sur pied par le nouveau premier ministre, M. Wakeham. Cette commission

d'enquête là a déposé son rapport au premier ministre il y a environ

10 jours, donc c'était le 31 avril, donc, à peu près 10 jours,

12 jours, et ce rapport-là va être rendu public le 19, donc mardi prochain.

Donc, Hydro-Québec attend avec intérêt le

rapport, bien entendu, pour voir quelles seront les prochaines étapes. Nous

sommes toujours confiants, disponibles et enthousiasmés à obtenir une entente

finale avec Terre-Neuve-et-Labrador Hydro parce qu'on juge que cette

entente-là, elle est gagnante pour tout le monde. Elle est gagnante aussi pour

la décarbonation parce qu'on a accès à de l'énergie renouvelable avec le

développement de plus de 2 000 MW avec le projet de Gull Island.

M. Kelley

: Merci

beaucoup à Mme Bouchard. Et je veux juste parler un petit peu, parce que... et

merci beaucoup pour la réponse dans le cahier des crédits, où on a un tableau

ou un calendrier, je pense, c'est mieux expliqué comme ça, des paiements

annuels prévus. Est-ce qu'il y a une marge de manœuvre sur ce côté-là? Si

Terre-Neuve revient puis dit : Ah! je pense qu'on est capables... ou on

demande plus d'argent de votre côté, je sais que ce n'est pas toujours une

bonne idée de faire les négociations sur l'espace public, mais est-ce que vous

êtes quand même prête à faire certains ajustements à le MOU qui a été déjà

signé? Est-ce qu'il y a de la flexibilité sur votre côté ou on verra la suite?

Mme Bouchard (Claudine) : Je

vais reprendre ce que vous avez dit. On ne fera pas de négociation sur la place

publique. Toute négociation mérite des discussions entre les parties concernées.

Alors, en respect du processus, je ne vais pas commenter davantage.

M. Kelley

: Très bien,

mais est-ce que... sur le côté d'Hydro-Québec, est-ce que vous avez des

demandes supplémentaires si jamais on réouvre le MOU?

Mme Bouchard (Claudine) : Je

vais répondre avec la même réponse. Alors, vous savez, quand vous achetez une

maison, vous négociez, hein? Vous pouvez inclure les meubles, le lave-vaisselle,

et tout. Alors, c'est un peu le même processus dans lequel on se retrouve. On a

négocié pendant environ deux ans. On est... on est venus à une entente de

principe qu'on juge gagnante-gagnante. Maintenant, si on change les paramètres

de cette entente-là, bien, on doit discuter de part et d'autre pour que ça

demeure... nous, c'est de défendre les intérêts du Québec et d'Hydro-Québec,

et, par conséquent, bien, il faut que l'entente demeure gagnante-gagnante pour

tout le monde.

M. Kelley

: Merci

beaucoup. Peut-être plus dans une façon plus générale, sur l'argent qui... si

l'entente est signée, puis on avance, c'est juste un petit peu sur les

paiements et le montant, l'année prochaine, si ça arrive, là, c'est à

500 millions de dollars environ, et, par 2041, on est à 2 milliards

de dollars. Alors, chaque année, on augmente. Est-ce que, de votre côté de

l'échange, c'est dans le fait qu'on va avoir moins de redevances pour l'État,

mais, à long terme, c'est une... c'est une bonne entente parce qu'on va être

capables d'avoir plus de mégawatts? Pour moi, quand je regarde ça avec un budget

qui est <serré pour... pour l'État québécois présentement...

M. Kelley :

...avec

un budget qui est > serré pour... pour l'État québécois présentement, puis

on trouve des façons de retourner à un budget équilibré, on sait qu'on dépend

beaucoup de la ristourne d'Hydro-Québec... pas juste Hydro-Québec, mais toutes

les sociétés d'État, est-ce que ça va mettre de la pression sur notre côté ici?

Est-ce que ça va sortir de notre ristourne, Mme Bouchard, si vous suivez ma

question?

• (14 h 10) •

Mme Bouchard (Claudine) : Bon,

je pense que j'ai bien saisi votre question. Donc, le projet avec Terre-Neuve

est immobilisé sur la durée de vie des installations. Il y a une

partie

là-dedans qui est, je dirais, une négociation d'un nouveau tarif pour

l'électricité qu'on achète de Churchill Falls, mais en conséquence de quoi on a

une garantie de prix stable et abordable sur l'horizon du nouveau contrat

plutôt que de s'arrêter en 2041. Donc, c'est bon au niveau de l'abordabilité et

c'est bon au niveau de la sécurisation de l'approvisionnement énergétique pour

le Québec. Donc, ça, c'est la première des choses.

La deuxième des choses, c'est que ces

prix-là ou cet argent-là s'immobilisent sur la durée du projet. Donc, ce n'est

pas de l'argent direct, payable, il y a une

partie que oui, mais il y a une

partie qui s'immobilise sur la durée. Mais là, si vous voulez parler du détail

financier, je passerais peut-être la parole à mon collègue Dave, là. Dave a été

le responsable de la négociation du... de l'entente de principe, mais là on va

rentrer dans des paramètres financiers qui ont fait l'objet de discussions,

donc, un peu commercialement délicats aussi, là.

M. Kelley : Parfait.

Le Président (M. Julien) :

Est-ce qu'il y a consentement pour...

M. Kelley

: Consentement.

Le Président (M. Julien) : Nom

et titre, monsieur.

M. Rhéaume (Dave) : Dave

Rhéaume, vice-président exécutif, stratégie réglementaire, énergétique et

industrielle.

Peut-être la précision, en respectant ce

qui est confidentiel, c'est... Dans le cadre de la négociation, je dirais qu'on

avait trois objectifs, s'assurer d'avoir le meilleur prix possible pour le

Québec, mais aussi... Donc, lorsqu'on vous parlez de la montée, l'augmentation

dans le temps, on voulait s'assurer d'éviter des chocs tarifaires pour les

Québécois et un impact significatif à la base... à la baisse sur le bénéfice.

Donc, ça a vraiment été calibré. Donc, autant... Le but, c'était de payer le

moins cher possible, bien entendu, mais aussi de mitiger la notion de choc.

Donc, on a autant négocié, je vous dirais, le coût que l'augmentation graduelle

pour s'assurer d'éviter ces impacts-là.

M. Kelley : Et, si jamais... Le

premier ministre du Canada vient d'annoncer un objectif d'augmenter la

production de l'électricité au Canada. Si jamais il y a une offre de payer pour

une ligne de transmission, par exemple, Churchill Falls vers le Québec, est-ce

que ça, ça va aider dans les coûts en général pour Hydro-Québec et, quand même,

pour le gouvernement du Québec? Est-ce que c'est quelque chose qui est

intéressant de votre part ou c'est mieux de peut-être prendre un transfert de

le gouvernement fédéral puis faire qu'est-ce qu'on veut avec ça?

Mme Bouchard (Claudine) : La

stratégie émise ce matin, on n'en a pas pris connaissance, bien entendu, parce

qu'on n'a pas eu accès aux documents. Donc, on va se réserver le droit de

l'analyser et de se positionner officiellement une fois qu'on l'aura eue.

Quelles seront les possibilités à l'intérieur de ça, on verra, mais les crédits

d'impôt pour les investissements, c'est déjà quelque chose qui existait dans

les budgets fédéraux précédents. Donc, l'expansion de ça aux lignes

intraprovinciales, qu'est-ce que ça veut dire, il faut l'analyser. Il est trop

tôt, pour nous, pour se positionner là-dessus.

M. Kelley : Merci beaucoup.

Je veux... rapidement, je ne pense pas que j'ai énormément de temps qui reste,

mais, sur les sommes versées au... le gouvernement du Québec, est-ce qu'il y a...

est-ce qu'il y aura un impact sur le... sur le retour... le gouvernement du

Québec avec cette augmentation... les transferts vers Terre-Neuve?

M. Rhéaume (Dave) : Donc,

oui, lorsqu'on a présenté l'entente, on a expliqué que, dans le fond, la hausse

des coûts allait être partagée entre un impact sur le bénéfice net et un impact

sur les hausses de tarifs, mais tout ça dans le respect des engagements qu'on

avait déjà pris. Donc, essentiellement, dans le temps, on s'assure de lisser

l'impact autant sur les tarifs que sur le bénéfice, puis l'augmentation du

bénéfice, dans les prochaines années, est capable d'absorber une

partie de ces

coûts-là.

M. Kelley : Merci beaucoup, M. Rhéaume.

Et j'ai eu un échange avec le ministre. Tout le monde ici veut... Bien, je ne

peux pas dire tout le monde. Tout le... il y a beaucoup de monde ici qui veut

que l'entente est un succès, mais, sinon, c'est quoi, les plans B et C pour

Hydro-Québec?

Mme Bouchard (Claudine) : Vous

savez, le métier d'Hydro-Québec, c'est d'assurer la sécurité énergétique du

Québec depuis toujours. Alors, Hydro-Québec travaille toujours avec un

portefeuille de projets et une séquence de projets qui évoluent dans le temps.

Aujourd'hui dans notre plan d'action, on a dit qu'on allait mettre en service

10 000 MW pour 2035 dans une séquence, évidemment, annuelle.

Maintenant, juste en éolien, aujourd'hui, on a un potentiel en étude et pour

lequel on a des partenariats avec les communautés autochtones et les

communautés locales, on est déjà à 12 500 MW de potentiel.

Alors, le portefeuille de projets évolue,

et, là-dedans, on se donne de l'optionalité avec ou sans Terre-Neuve, hein?

Quand on a lancé le plan d'action au départ, Terre-Neuve n'était pas là, ça

s'est ajouté. Alors, ça s'ajoute aux optionalités et à la séquence de projets

qu'on va dérouler. Alors, il n'y a pas de B identifié et C identifié. C'est un

groupe de projets, c'est un <portefeuille de...

Mme Bouchard (Claudine) :

...identifié

et C identifié. C'est un groupe de projets, c'est un > portefeuille de

projets, avec un total de mégawatts, et vous le savez comme moi que ça prend

toujours plus de mégawatts que ce qu'on vise à faire.

Alors, on avance avec plusieurs projets

partout au Québec, sur le territoire. On est en lien avec les communautés

locales. On a déjà commencé à faire du travail terrain pour évaluer ces

projets-là pour nous permettre d'avoir un portefeuille le plus précis possible

au fur et à mesure où on avance, mais n'oubliez pas qu'on a l'énergie, quand

même, de Churchill Falls, jusqu'en 2041, à un prix très avantageux pour les

Québécois.

M. Kelley : Merci beaucoup.

Et la raison pour... je pose la question, c'est parce que la première ministre

et l'ancien premier ministre ont clairement dit qu'il y a toujours un plan B et

un C, mais c'est juste... ça va être à un coût supplémentaire. Alors, j'imagine

c'est pourquoi on vise vraiment sur le plan A ou, quand même, l'entente avec

Churchill Falls, parce que c'est le meilleur coût, mais, si ça n'arrive pas,

toutes les autres options, bien, le prix par kilowatt, ça va être plus élevé.

Mme Bouchard (Claudine) : Il

y a deux choses, il y a deux choses. Évidemment, Terre-Neuve est à un coût

avantageux. Terre-Neuve, Gull Island, est le projet le plus étudié d'énergie

renouvelable aujourd'hui au Canada. Donc, c'est un projet qui est prêt à faire,

qui a déjà ses permis. Le meilleur projet, c'est celui qu'on peut faire.

Le Président (M. Julien) : Alors,

ce bloc d'échange est terminé. Je cède maintenant la parole au député de

Jean-Talon. Vous disposez de 12 min 10 s.

M. Paradis : M. le ministre,

Mme la présidente, membres de l'équipe d'Hydro-Québec, bonjour.

Donc, le gouvernement fédéral de Mark

Carney a annoncé ce matin sa nouvelle stratégie nationale d'électrification.

J'ai entendu votre réponse à mon collègue il y a quelques minutes et je vous ai

entendue en point de presse il y a quelques instants. J'aimerais savoir si vous

avez été consultée par le gouvernement fédéral aux fins de ce plan.

Mme Bouchard (Claudine) : ...jusqu'à

présent.

M. Paradis : Donc, vous avez

été informée à quel moment de l'existence de ce plan?

Mme Bouchard (Claudine) : En

même temps que le ministre, hier, en fin de journée, hier soir.

M. Paradis : Très bien. J'ai

bien entendu la prudence dont vous devez faire preuve parce que vous n'avez pas

encore vu les détails. Néanmoins, le communiqué du gouvernement fédéral est

clair sur les intentions : construire des infrastructures nécessaires pour

doubler la production d'électricité au Canada d'ici 2050 et relier les réseaux

fragmentés du Canada de l'est à l'ouest par la construction et l'extension de

lignes de transport d'électricité, notamment, entre autres. Il y en a deux

autres, des objectifs, mais j'aimerais me concentrer là-dessus. Est-ce que ces

annonces s'inscrivent dans le cadre du plan d'action d'Hydro-Québec à l'horizon

2035?

Mme Bouchard (Claudine) : Encore

une fois, on n'a pas le détail de la stratégie énergétique du gouvernement

fédéral. Cependant, on peut voir une certaine cohérence avec ce qu'on dit. Nous

aussi, on dit que, sur l'horizon de 2050, le besoin en électricité, en énergie

renouvelable, va quasi doubler. Alors, c'est ce sur quoi on vise. Là, on se

ramène à 2035. Ce qu'on a dit, c'est qu'on visait un plan d'action... nous

permettait d'ajouter 10 000 MW de capacité supplémentaire, incluant,

bien entendu, l'efficacité énergétique, qui est le moyen le plus efficace pour

être capables de faire face à la demande devant nous et de consommer notre

énergie précieuse de façon responsable. Alors, on voit une cohérence, mais on

va se garder une réserve parce qu'on n'a pas vu le détail de ce qu'il y avait

dans le programme ou la stratégie énergétique fédérale.

M. Paradis : Je conviens une

nouvelle fois que vous n'avez pas encore vu les détails et que vous devez

exercer une saine prudence. Néanmoins, compte tenu des intentions annoncées de

ce programme fédéral, est-ce que vous voyez Hydro-Québec s'inscrire nécessairement

dans le cadre de ce plan fédéral ou protéger l'autonomie d'Hydro-Québec et la

souveraineté énergétique du Québec?

Mme Bouchard (Claudine) : Vous

savez, en tant que PDG d'Hydro-Québec, mon rôle, c'est défendre l'intérêt

d'Hydro-Québec, mais l'intérêt des Québécois aussi. Alors, il est un peu trop...

pour se positionner, mais je peux vous dire que, des interconnexions, ça existe

déjà. On en a déjà avec le Nouveau-Brunswick, on en a déjà avec l'Ontario.

L'Ontario ajoute de la capacité, on ajoute de la capacité, le Nouveau-Brunswick

ajoute de la capacité. Alors, à terme, au-delà de 2035, comment on va tirer

profit... Le Québec a ce que les autres n'ont pas, un avantage, on a développé

des grands réservoirs. Comment on va tirer profit de ces grands réservoirs là

qui agissent comme des batteries, c'est ça qui devrait guider nos intérêts pour

les Québécois, pour garder les tarifs les plus bas et le service le plus fiable.

Maintenant, je ne peux pas, encore une fois, parler du lien entre cette volonté

ou ces intérêts-là et la stratégie fédérale parce que je ne sais pas le détail

de tout ça.

M. Paradis : La stratégie

fédérale indique... Vous m'avez parlé d'interconnexion. Je vais me concentrer

maintenant sur la production. L'objectif, il est clair, il est indiqué ce matin

par le gouvernement fédéral, c'est doubler la production d'électricité au

Canada d'ici 2050. Hydro-Québec a ses propres cibles et son propre plan. Est-ce

que vous voyez que, nécessairement, Hydro-Québec devra s'inscrire dans les

cibles fédérales ou qu'Hydro-Québec va maintenir ses cibles et ses objectifs

qui sont déjà dans le plan à l'horizon 2035?

• (14 h 20) •

Mme Bouchard (Claudine) : Bien,

moi, je vois ça en cohérence. Notre objectif à nous, c'est... en 2050, au-delà

de 2035, c'est de <doubler la capacité. Maintenant, on va mettre la...

Mme Bouchard (Claudine) : ...nous,

c'est... en 2050, au-delà de 2035, c'est de > doubler la capacité.

Maintenant, on va mettre la capacité dont on a besoin pour répondre aux

intérêts et aux besoins des Québécois et du Québec.

M. Paradis : Avez-vous

l'impression que vous allez être à armes égales compte tenu du fait que votre

prédécesseur, Michael Sabia, est aujourd'hui l'un des plus proches conseillers

du premier ministre Mark Carney et que, jusqu'à sa démission soudaine, au mois

de juin, l'année dernière, il avait avec lui les clés de toute la stratégie et

tous les chiffres d'Hydro-Québec?

Mme Bouchard (Claudine) : Encore

une fois, mon travail de PDG, ça va être de défendre les intérêts

d'Hydro-Québec et des Québécois. Je ne peux pas présumer des intentions de qui

que ce soit.

M. Paradis : Très bien. Je

vous amène au plan, justement, au plan d'action 2035 d'Hydro-Québec.

Pourquoi? Parce que c'est un axe fondamental du développement économique et

énergétique du Québec. Il y a une cible ambitieuse en matière de production, et

donc en matière d'investissement. Le plan d'action est dépendant notamment du

plan de lutte aux gaz à effet de serre, et il y avait une cible qui était fixée

en 2035, qui a été modifiée par le ministre de l'Économie, de l'Énergie et de

l'Innovation, alors ministre de l'Environnement, à 2030, donc, d'ici 2030,

réduction de 37,5 %.

Une voix : ...

M. Paradis : Exact. Est-ce

que vous, vous aviez des cibles qui allaient jusqu'à 2030 dans votre plan par

rapport à 2035? Vous comprenez que mes questions sont sur l'adaptabilité et

savoir si le plan tient encore compte tenu des cibles qui ont été modifiées en

matière de réduction des gaz à effet de serre. Donc, vous, à Hydro-Québec, est-ce

que, dans votre plan, vous aviez des cibles à 2030 plutôt qu'à 2035?

Mme Bouchard (Claudine) : Vous

savez, nous, notre plan... Hydro-Québec s'inscrit dans un horizon long terme.

Ce n'est pas pour rien qu'on parle de 2035. Quand on débute un projet pour

ajouter de la capacité, ça prend plusieurs années. L'hydroélectricité, avant,

c'était 10 ans. On a ramené ça avec un cycle d'environ huit ans, l'éolien,

un cycle de quatre ans, à peu près, pour être capables de développer ça. Alors,

nous, le séquencement des projets avance dans le temps. La mise en œuvre de

notre plan... Comme vous le savez, le maximum de nos investissements arrivait

autour de 2030 à peu près.

Alors pour nous, la cible de 2030 ne

change en rien dans l'objectif de 2035. Il faut livrer ce 10 000 MW là

pour 2035, et la séquence des projets, de toute façon, va suivre le cours,

hein? Quand on met en service des projets, on ne peut pas mettre la moitié d'un

projet en service. Alors, c'est 1 000 MW ou zéro. Si on a besoin de 1 000 MW

l'année suivante, je ne peux pas mettre 500 une année puis 500 l'année suivante.

Alors, nous, on poursuit, on ajuste le plan, comme toujours, au fur et à mesure

où on avance, mais l'objectif du plan, c'est de répondre aux besoins, de répondre

aux besoins du Québec, autant en décarbonation qu'en développement économique. Alors,

c'est ce qu'on suit.

Et je voudrais ajouter à ça... On ne le

réalise pas, mais, en 2025, on a eu un record de la demande électrique au

Québec, plus de 185 TWh. Alors, la demande, bien qu'on ajuste certaines

cibles, la demande se matérialise malgré tout et augmente malgré tout de façon

importante.

M. Paradis : Néanmoins, le

plan dépend aussi de la cible en matière d'approvisionnement, et là vous avez

une cible qui était fixée à 2030. Donc, il fallait investir massivement pour

décarboner et atteindre les cibles en 2030. Là, ça a été déplacé, cette

cible-là, en 2035. Je veux bien comprendre votre réponse. Est-ce que vous êtes

en train de me dire que ça ne change pas? Ou, si ça change, ça change comment?

Et est-ce que les cibles qui sont fixées dans le plan 2035 changent? Parce

que, là, on disait : Il faut décarboner massivement, on a des objectifs à

sont les objectifs pour 2035. Donc, est-ce que vous aviez des cibles de

quantité d'énergie nécessaire pour atteindre cette cible-là en 2030, qui,

nécessairement, devrait changer pour 2035?

Mme Bouchard (Claudine) : Je

vous répète ce que j'ai dit. Nous, la séquence du plan d'action demeure sur

l'horizon de 2035. Le séquencement des projets demeure comme il était.

Maintenant, est-ce qu'il y aura des ajustements à la marge? Peut-être, en

fonction des besoins, mais l'important, c'est de comprendre que le projet qui

était pour être mis en service en 2030, il donnait 1 000 MW. Il n'y

avait pas de flexibilité. Chaque projet amène un nombre de mégawatts, pour le

total de 10 000 en 2035. Alors, c'est cette flexibilité-là qui nous permet

d'avancer dans la séquence, mais ce que je peux vous dire, par ailleurs, c'est

que l'augmentation de la demande se matérialise malgré le ralentissement de

cette norme de décarbonation là.

M. Paradis : Est-ce que, pour

les gens qui nous écoutent, on peut résumer votre réponse en disant que le fait

que le ministre de l'Environnement ait changé la cible de cinq ans ne change

rien au plan d'Hydro-Québec à l'horizon 2035? C'est-à-dire que la cible,

notamment, fixée à l'article 155 de la loi n° 24, qui

était le projet de <loi n° 69 de 2025,

elle demeure à 250...

M. Paradis :

...155

de la loi

n° 24, qui était le projet de > loi

n° 69 de 2025, elle demeure à 250 térawattheures

au 1er janvier 2035 et que, donc, les investissements requis et que les

cibles que vous avez fixées demeurent les mêmes.

Mme Bouchard (Claudine) : Ça

demeure les mêmes. Encore une fois, je répète, le séquencement, l'optionnalité

des projets et la réalisation des projets est en cours. Maintenant, l'objectif

est toujours à 2035.

M. Paradis : Est-ce qu'il y a

une mise à jour qui est envisagée quand même, compte tenu de ces

modifications-là?

Mme Bouchard (Claudine) : Hydro-Québec

doit déposer, à l'automne du côté de la Régie de l'énergie, un nouveau plan

d'approvisionnement en fonction des besoins. Alors, il y aura peut-être des

ajustements, mais, comme je répète, quand je mets en service une centrale de

1 000 MW ou que je fais des groupes turbine-alternateur pour lesquels

je rehausse la puissance, c'est 2 400 MW. Je ne peux pas dire : J'en

fais la moitié. Quand je le mets en service, c'est 2 400 MW, et, une

fois que le projet est parti, je ne peux pas dire : Je prends sept ans

pour le faire, parce que les frais financiers augmentent, l'inefficience

augmente. Alors, pour nous, le séquencement demeure. Maintenant, on voit, comme

je le disais, une augmentation de la demande malgré ça.

M. Paradis : Très bien. Vos

cibles dépendent aussi du plan d'approvisionnement 2023-2032, et je vous

amène à la page 9 parce que, là, c'est la... c'est quelle va être la

demande d'énergie, et donc quels investissements on doit faire pour répondre à

cette demande-là, n'est-ce pas, hein, puis les sites d'approvisionnement. Et là

je vois que, pour les grandes entreprises... Pour le secteur industriel, alors

que, par exemple, pour les grandes entreprises, en 2025, 2026, 2027, 2028, ça

varie entre 0 % et 2,4 %, la croissance, soudainement, en 2029, c'est

7,3 %. Pour les autres grandes industries, alors qu'en ces années-là, les

années précédentes, ça va de 4,9 % à 6,5 %, soudainement, il y a une

hausse, en 2029, de 20,4 % de la demande, idem pour tous les secteurs,

pétrole, mines, sidérurgie. Pouvez-vous m'expliquer comment ça se fait que la

planification d'Hydro-Québec, donc, sur la quantité d'énergie dont on va avoir

besoin, il y a un pic comme ça en 2029?

Mme Bouchard (Claudine) : Oui,

bien, je vais demander à Dave de répondre, mais, tu sais, la réponse à ça, c'est...

Évidemment, ces chiffres-là vont être revus à l'automne pour le nouveau plan

d'approvisionnement, bien entendu. Ils étaient basés aussi sur le cycle

économique, sur la prévision économique, sur les projets, aussi, qui étaient

connus au moment où on a déposé le dernier plan d'approvisionnement. Alors, je

vais laisser Dave répondre par rapport aux pourcentages parce que je ne les

connais pas par cœur, bien entendu, mais, chose certaine, c'est que ces

chiffres-là sont basés sur les projets qui étaient... qui étaient soumis ou qui

étaient, je dirais, en élaboration pour le Québec.

M. Paradis : Mais donc, avant...

avant de vous laisser parler, donc, pour que les gens qui nous regardent

comprennent, c'est que, là, on parle de comment on prévoit la demande qui va

déterminer ce qu'on... ce dont on a besoin comme énergie, et donc combien on

investit pour se rendre là, notamment en matière de décarbonation, et là ce

qu'on voit, c'est que, dans vos prévisions sur 10 ans, il y a une espèce

de pic comme ça, en 2029, dans toutes les industries du Québec, dans tous les

secteurs. Je voudrais comprendre pourquoi.

Le Président (M. Julien) : En

20 secondes.

M. Rhéaume (Dave) : Je

corrige, ce n'est assurément pas dans tous les secteurs. Donc, l'exercice de

prévision de demande se fait publiquement à la Régie de l'énergie, puis, à

chaque année, il y a une remise à jour. Donc, cette prévision-là a été déposée

à la régie, approuvée par la Régie de l'énergie, et reflète, en effet, comme

disait Mme Bouchard, le fait que, lorsqu'il y a des filières qui

s'accélèrent, les changements technologiques...

Le Président (M. Julien) : M. Rhéaume,

je dois interrompre, ce bloc étant terminé. Je cède maintenant la parole au

député de Jacques-Cartier. Vous disposez de 12 min 10 s.

M. Kelley : Merci beaucoup, M.

le Président. Est-ce que vous êtes en mesure de donner nous une mise à jour sur

les possibles projets de nouveaux barrages au Québec? Nous sommes rendus où

exactement dans vos évaluations?

Mme Bouchard (Claudine) : Dans

le 10 000 MW, une ponction importante était le rehaussement de

puissance de nos groupes turbine-alternateur, faire plus avec ce qu'on a déjà.

Donc, quand on a lancé le plan d'action, on parlait de 2 000 MW de

plus en changeant nos turbines pour des modèles plus récents, plus performants,

et aussi, avec les jumeaux numériques, être capables de piloter de façon

beaucoup plus précise. La bonne nouvelle, c'est qu'avec le travail qu'on a fait

avec nos manufacturiers on arrive à 2 400 MW juste en changeant nos

groupes turbines-alternateurs. Quand je dis «juste», c'est pas mal plus

complexe que ça, bien entendu, vous l'aurez compris, mais, néanmoins, donc, on

arrive avec 2 400 MW, donc 400 MW de plus. Quand je parlais

d'optionnalité, tout à l'heure, bien, ça fait

partie de notre portefeuille,

portefeuille d'options, portefeuille de mégawatts.

• (14 h 30) •

On avait aussi parlé, sur l'horizon du

plan, d'une centrale à réserve pompée. Alors, je peux vous dire qu'on avance

bien de ce côté-là. Je ne peux pas vous parler de l'endroit parce qu'on a

toujours des discussions avec les communautés locales et autochtones, alors, en

respect des discussions que nous avons avec eux, mais je peux vous dire qu'on

est déjà à pied d'oeuvre au terrain pour évaluer les projets, et c'est

prometteur, et c'est intéressant, et il y a des <belles...

Haut de la page

14 h 30 (version révisée)

< Mme Bouchard (Claudine) : ...pied

d'oeuvre au terrain pour évaluer les projets. Et c'est prometteur, et c'est

intéressant, et il y a des > belles opportunités pour développer ce genre

de nouvelle technologie là.

Au Québec, on n'a pas ça, des centrales à

réserve pompée. Une réserve pompée, on prend l'eau à la pointe le matin pour

produire l'énergie pendant la journée; pendant le creux, on va prendre de l'énergie

pour repomper l'eau en haut pour que, le soir, on soit capables de redémarrer

la centrale pour produire de l'énergie. Donc, ça, ça va être un nouveau concept

hydroélectricité. L'avantage de ça, c'est que l'empreinte environnementale est

beaucoup moins grande, il n'y a pas d'inondation de territoire, et donc,

vraiment, on utilise un canal un peu fermé, si on veut. Donc, en conséquence, c'est

vraiment les deux éléments d'hydroélectricité sur lesquels on travaille de

façon plus active actuellement.

M. Kelley : Merci beaucoup. Est-ce

que c'est possible d'avoir un échéancier puis peut-être aussi une mise à jour

sur les discussions avec des communautés autochtones et des communautés locales?

Est-ce que ça avance bien? Est-ce qu'il y a quelque chose... je sais que vous êtes

à côté de le ministre, mais une demande spécifique peut-être aussi pour le côté

gouvernemental d'aider dans les relations, négociations avec les communautés autochtones

concernées par les possibles projets? Je pense qu'on parle un peu dans la

Côte-Nord. Alors...

Mme Bouchard (Claudine) : Oui,

bien, écoutez, on a des discussions avec plusieurs communautés autochtones

partout, sur le territoire du Québec, à des niveaux d'avancement différents,

sur des opportunités différentes, avec des g

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCAPERN 2026-05-14
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions capern-43-3 journal-debats CAPERN-260514
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifierc7060149e115665fd998a8fc53ca53b5a9a93bba

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