CRC — 18 February 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)
CRC 2026-02-18
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Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens - Assemblée nationale du Québec
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Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
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32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
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28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
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16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
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43 e législature, 2 e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 18 février 2026
Vol. 48 N° 22
Étude détaillée du projet de loi n° 9,
Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Journal des débats
15 h (version non révisée)
(Quinze heures quatre minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît. Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte. La
Commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 9,
Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec. Mme
la secrétaire, il y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Alors, Mme Blais (Abitibi-Ouest) est remplacée par
M. Thouin (Rousseau), Mme Schmaltz (Vimont) est remplacée par M. Lévesque
(Chauveau), Mme Prass (D'Arcy-McGee) est remplacée par Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont), M. Tanguay (LaFontaine) est remplacé par
Mme Cadet (Bourassa-Sauvé) et M. Fontecilla (Laurier-Dorion) est
remplacé par M. Zanetti (Jean-Lesage).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, mesdames, messieurs, chers collègues, bienvenue à la
commission. Lors de l'ajournement des travaux, hier, nous avions suspendu
plusieurs articles, donc, nous sommes en attente de la transmission de certains...
pas des amendements, oui, effectivement, des amendements. Alors, pour l'heure,
je vais suspendre quelques instants, le temps de tout installer nos travaux.
Alors, on suspend.
(Suspension de la séance à 15 h 05)
(Reprise à 15 h 16)
Mme Lecours (Les Plaines) :
À l'ordre, s'il vous plaît. La commission reprend ses travaux, donc, au moment
de suspendre, je vous indiquais que lors de l'ajournement de nos travaux, hier
soir, plusieurs articles avaient été suspendus, et, à cet égard, je vous
rappelle que les articles 4 à 8, 14 à 16, 19, 20, 24 et 27 à 29 sont suspendus
dans... dans le cadre de l'étude de ce projet de loi. Nous reprenons donc dans
l'ordre numérique, nous en sommes donc, au retour, sur l'article 4 du
projet de loi. M. le ministre, je vais vous demander d'en faire la lecture.
M. Roberge : Oui, Mme la
Présidente. Bien content de revoir les équipes, les collègues. On reprend les
travaux, donc :
Article 4 :
L'article 6 de cette
loi est modifié par...
M. Roberge : ...le
remplacement, dans le deuxième alinéa «du présent article», par «de la présente
loi».
Commentaires explicatifs : l'article
six de la
Loi sur la laïcité de l'État est modifié afin d'énoncer que la
définition d'un signe religieux prévue à cet
article s'applique non seulement à
cette disposition, mais à toute la loi. Cette modification en est une de
cohérence avec l'ajout de nouvelles interdictions liées à la représentation de
signes religieux ailleurs dans la loi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je crois que vous avez un amendement.
M. Roberge : Non, je n'ai pas
d'amendement...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous n'avez pas d'amendement là-dessus?
M. Roberge : Non, pas à ce
niveau-ci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous me le dites au fur et à mesure.
M. Roberge : Le prochain,
c'est à 6. Donc, 4 et 5 je n'ai pas d'amendement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait, donc... Alors, est-ce que j'ai des questions,
commentaires sur l'article 4? Je n'ai pas de questions, commentaires,
est-ce que l'article quatre est adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe donc à l'article cinq.
Des voix : Sur division.
M. Roberge : D'accord. 5.
L'intitulé du
chapitre III de cette loi est remplacé par le
suivant :«Obligation d'avoir le visage découvert».
Commentaire explicatif : cet
article
modifie l'intitulé du
chapitre trois de la
Loi sur la laïcité de l'État afin de
refléter le contenu de ce chapitre, tel que modifié. Actuellement, l'obligation
d'avoir le visage découvert ne s'applique que dans le cadre de la prestation et
dans certaines circonstances, de la réception de service public, puisque
l'article six du projet de loi vient étendre cette obligation à d'autres
contextes, un ajustement au
titre de ce
chapitre est requis.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que j'ai des questions, commentaires sur l'article
cinq? Si je n'ai pas de questions, commentaires, est-ce que l'article cinq est
adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté.
On passe à l'article 6.
M. Roberge : 6. Donc, juste
pour clarifier, Mme la Présidente, je lis d'abord l'article, le commentaire
explicatif...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Et après ça...
M. Roberge : Et ensuite je
lis la proposition d'amendement, c'est bien ça?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui. Alors prenez un bon verre d'eau.
M. Roberge : Ça va aller, on
commence. Tantôt. J'y vais. Donc,
L'article 8 de cette loi est modifié
par le remplacement des deuxième et troisième alinéas par les suivants :
«Une personne doit avoir le visage
découvert lorsqu'elle se trouve dans un lieu, tels un immeuble ou un local,
sous l'autorité d'un organisme visé à l'un ou l'autre des paragraphes 7°, 11°
et 12.1° de l'annexe I, à l'exception d'un centre de services scolaire visé au
paragraphe 7° de cette annexe, ainsi que lorsqu'elle reçoit un service d'un tel
organisme.
«Une personne doit avoir le visage
découvert lorsqu'elle reçoit d'une institution parlementaire ou d'un organisme
autre qu'un organisme visé à l'un ou l'autre des paragraphes 7°, 11°, 12° et
12.1° de l'annexe I :
«1° un service éducatif, de formation ou
de perfectionnement professionnel;
«2° tout autre service et que cela est
nécessaire pour permettre la vérification de son identité ou pour des motifs de
sécurité.
• (15 h 20) •
«Pour l'application des deuxième et
troisième alinéas, une personne est réputée recevoir un service lorsqu'elle
interagit ou communique, en présence ou à distance, avec un membre du personnel
d'une institution ou d'un organisme dans l'exercice de ses fonctions ou avec
une personne qui offre le service pour le compte d'une institution ou d'un
organisme.
«La personne qui ne respecte pas
l'obligation prévue au deuxième ou au troisième alinéa ne peut recevoir le
service qu'elle demande.
«Le présent
article ne s'applique
pas :
«1° à une personne reconnue à
titre de responsable
d'un service de garde éducatif en milieu familial subventionné en vertu de la
Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance (chapitre S-4.1.1) en
dehors des heures consacrées à la prestation de services de garde éducatifs;
«2° à une personne qui se trouve dans un
lieu, qui constitue une résidence privée et qui est sous l'autorité d'un
organisme visé à l'un ou l'autre des paragraphes 7° et 12.1° de l'annexe I et
mentionné au deuxième alinéa, lorsqu'elle ne reçoit pas un service d'un tel organisme.»
Commentaire explicatif : cet
article
modifie l'article huit de la
Loi sur la laïcité de l'État relatif à
l'obligation d'avoir le visage découvert dans diverses circonstances. Il
établit que toute personne doit avoir le visage découvert lorsqu'elle se trouve
dans un lieu, sous l'autorité d'un organisme qui fournit des services de garde
éducatifs à l'enfance ou d'un établissement d'enseignement supérieur ou
lorsqu'elle reçoit un service d'un tel organisme ou d'un tel établissement. Il
y pose également l'obligation d'avoir le visage découvert lors de la réception
d'un service éducatif, de formation ou de perfectionnement professionnel par
tout autre organisme public. Cette obligation d'avoir le visage découvert,
associé aux obligations édictées par la loi visant notamment à renforcer la
laïcité dans le réseau de l'éducation et modifiant diverses dispositions
législatives, vise à assurer aux enfants et aux étudiants un parcours éducatif
exempt d'influences religieuses et conformes aux valeurs que ces institutions
ont pour mission d'inculquer.
De plus, cet
article maintient
l'obligation d'avoir le visage découvert pour toute personne qui reçoit tout
autre service lorsque cela est nécessaire pour permettre la vérification de son
identité ou pour des motifs de sécurité. Une personne qui refuserait de se
découvrir le visage dans ces circonstances ne pourrait obtenir le service
demandé, à l'instar de ce qui est déjà prévu à l'article huit actuellement en
vigueur.
Deux exceptions sont toutefois prévues. En
vertu de celles-ci, l'obligation d'avoir le visage...
M. Roberge : ...découvert ne
s'appliquerait pas à un service de garde en milieu familial en dehors des
heures de prestation de ces services. Elle ne s'appliquerait pas non plus à une
personne qui se trouve dans une résidence privée sous l'autorité d'un
établissement d'enseignement supérieur lorsque les services ne sont pas reçus,
soit principalement au sein d'une résidence étudiante.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait, donc, vous avez déposé un amendement, je vais
demander d'en faire la lecture.
M. Roberge : Merci, donc,
amendement à l'article 6. Insérer, à la fin du dernier alinéa de
l'article 8 de la
Loi sur la laïcité de l'État,
chapitre L-0.3 proposé par
l'article 6 du projet de loi, le paragraphe suivant :
3° À une personne qui se trouve dans une salle de spectacle ou dans
tout autre lieu loué selon les conditions déterminées par règlement du
gouvernement, en vertu du deuxième alinéa de l'article 10.2, sous
l'autorité d'un organisme visé à l'un ou l'autre des paragraphes 7 et 12.1
de l'annexe 1, à l'exception d'un centre de services scolaire.
Commentaire explicatif : Cet
amendement vise à permettre à une personne d'avoir le visage couvert
lorsqu'elle se trouve dans une salle de spectacle située dans un établissement
d'enseignement supérieur ou dans tout autre lieu loué dans un tel établissement
et déterminé par règlement du gouvernement. Juste pour expliquer, ici, on
considère les salles de spectacle différemment, qui peuvent être louées, par
exemple, puis je le sais que dans certains cégeps, dans certaines universités,
il y a des salles de spectacle qui peuvent être utilisées, et ce n'est pas un
service éducatif qui est rendu, là, c'est quelqu'un qui va assister un
spectacle. Donc, c'est autre chose que la prestation de service qu'on retrouve
dans un établissement d'enseignement supérieur. Voilà pourquoi il y a cet
amendement. Voilà, je vous écoute si vous avez des commentaires.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le ministre. Donc, dans l'ordre, habituellement,
on débat de l'amendement et ensuite on vient sur l'article. Alors, questions,
commentaires sur l'amendement.
Mme Setlakwe : Oui, je
pourrais débuter, Mme la Présidente, merci, on comprend ici que le
gouvernement, donc, répond probablement aux commentaires qui ont été faits,
notamment par la Fédération des cégeps, qui disait : Bien, là, vous êtes
en train de... de viser très large et d'affecter ou d'impacter l'accès à des
services... des services connexes dans des cégeps, par exemple, mais il n'y
avait pas juste les salles de spectacle qui avaient été données en exemple, il
y avait des cliniques-écoles pour des gens qui viennent se faire vacciner, il y
avait... il y avait... il y a d'autres exemples qui ont été mis de l'avant. Je
me demande quelle a été la réflexion, là, pour en arriver, donc, à exclure
uniquement l'accès à des salles de spectacle.
M. Roberge : Dans le cas de
d'autres services, ce sont des services qui impliquent des professeurs ou des
étudiants. Parfois, ce sont des étudiants qui travaillent, mettons, par
exemple, dans un cégep qui aurait des techniques de soins infirmiers, les gens
qui peuvent aller, par exemple, se faire vacciner, c'est dans le cadre des
cours ou des stages, c'est de la formation des étudiants. Tandis que si on loue
une salle de spectacle, tu sais, c'est... dans le fond, le cégep ou
l'université opère une salle de spectacle comme si c'était une entreprise
privée qui le loue pour un spectacle d'humour. On n'est pas dans la prestation
de service, on n'est pas dans la formation, on est complètement ailleurs.
Mme Setlakwe : OK, donc,
le... il y avait un argumentaire à l'effet que... En fait, l'argumentaire, il
était plus large, là, on disait : Mais ne privez pas ces personnes-là
de... d'un... des activités culturelles, dans certaines régions, c'est
peut-être le seul... la seule opportunité qu'elles... Je parle au féminin,
parce qu'on... sans les nommer, on parle beaucoup de... de femmes aussi, qui
sont... ici, qui sont visées par cette obligation d'avoir le visage découvert.
Là, vous répondez, donc, à la... à la demande ou à l'exemple spécifique de...
d'un accès à la culture, donc, par le biais des salles de spectacle, mais je ne
suis pas sûre d'avoir une réponse ou, en tout cas, que vous ayez fourni une
réponse à l'inquiétude qui a été mise de l'avant, là, c'était beaucoup plus
large que ça. On parlait de bibliothèques, on en parlait de... donc, tout ça
est interdit, donc, une personne qui n'a pas... qui se promène avec un niqab,
une burqa, ne pourra pas aller à la bibliothèque, ne pourra pas aller utiliser
les équipements sportifs, ne pourra pas accéder à des cliniques. Vous
dites : Uniquement si c'est dans le cadre d'une offre pédagogique.
M. Roberge : La règle
générale, c'est que dans nos institutions d'enseignement, on a le visage
découvert. Ça, c'est la règle générale, puis je pense qu'on est très à l'aise
avec ça. Ça fait
partie du vivre ensemble, des interactions qu'on a. Puis là,
ici, on a une exception spécifique pour une salle de spectacle opérée par une
institution d'enseignement supérieur, je suis à l'aise pour que cette
exception-là soit bien circonscrite.
Mme Setlakwe : Pour se rendre
à la salle de...
Mme Setlakwe : ...de
spectacle, est-ce que vous pensez que la personne pourrait... Elle pourrait
accéder à la salle de spectacle, mais, pour s'y rendre, elle pourrait... Il me
semble que je vois peut-être une situation où elle serait sur le lieu, sur
l'immeuble, parce qu'«immeuble» au sens juridique, là, ce n'est pas juste le
bâtiment, là, c'est... ça peut être les terrains. C'est une préoccupation qui a
été mise de l'avant. Donc, je suis en train de me demander est-ce que ça va être
réaliste de dire : Oui, oui, vous allez pouvoir accéder à la salle de
spectacle. Mais, pour s'y rendre, est-ce qu'on ne va pas avoir une
contravention ou... au premier... au deuxième alinéa ou... oui, deuxième
alinéa? Avez-vous envisagé cet élément-là?
M. Roberge : Je ne crois pas
que ce que vous dites est applicable, là. Les salles de spectacles sont
accessibles. Elles ont des portes d'entrée distinctes, là, les salles qui sont
louées comme ça, là.
Mme Setlakwe : Mais il peut y
avoir une salle de spectacle à même le bâtiment, là, du cégep, et c'est souvent
ça, ou... Donc, est-ce que vous considérez qu'«immeuble», ça... Et je comprends
qu'on débat de l'amendement, mais il faut quand même rattacher ça à l'article
lui-même, là. «Immeuble», est-ce que c'est uniquement le bâtiment pour vous ou
c'est... ça inclut les terrains également?
M. Roberge : Attendez un peu.
Bien, là, j'aimerais ça qu'on reste sur l'amendement parce que, sinon, on va
s'y perdre, là. Là, on est... Est-ce qu'on est d'accord ou pas — puis
je pense que vous êtes d'accord — avec le fait qu'on permette à des
gens de porter un voile intégral dans une salle de spectacle louée par un
établissement d'enseignement supérieur? C'est ça, le sens de l'amendement. Je
ne veux pas vous prêter une intention, mais il me semble que vous êtes d'accord
pour que les gens aient le visage voilé.
Mme Setlakwe : Oui. Oui, oui.
M. Roberge : J'aimerais ça
qu'on dispose de ça puis qu'après ça on aille sur l'article même, si vous
permettez.
Mme Setlakwe : Je comprends
de venir explicitement permettre cette situation, oui, mais je pose quand même
la question. La question que je pose est quand même reliée à l'amendement qui
est déposé parce que, là, je vous expose une situation factuelle, une trame
factuelle très, très possible, là. Est-ce que... est-ce que d'avoir le visage
couvert pour s'y rendre, mais en traversant... le terrain... je ne sais pas. Ça
peut être des espaces verts, ça peut être... ça peut être un sentier, ça peut
être la voie, une voie publique sur le terrain qui appartient au cégep. Moi, en
tout cas, dans mes cours de droit des biens, là, «immeubles», ça avait une
signification assez large.
M. Roberge : ...
• (15 h 30) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...dois vous demander de vous identifier à nouveau pour
cette séance, et les autres... bien, ça va être la dernière de la journée.
Allez-y. Consentement? Consentement.
M. Lord (Jean-François) : Merci,
Mme la Présidente. Avec plaisir. Jean-François Lord, secrétaire adjoint à la
réforme des institutions démocratiques, à l'accès à l'information et à la
laïcité au ministère du Conseil exécutif.
Alors, dans la loi, les immeubles qu'on
désigne, c'est les immeubles au sens de 900 du Code civil du Québec, donc les
fonds de terre, constructions, ouvrages à caractère permanent qui s'y trouvent
et qui en font
partie intégrante. Donc, les terrains, effectivement, seraient
visés, donc, en tant qu'immeubles.
M. Lord (Jean-François) : Bien,
c'est ça. C'est comme ça aussi, d'ailleurs, que le BCI l'avait compris, là,
dans son... dans son mémoire. Puis, moi, il y a des recteurs d'université qui
m'ont exprimé cette préoccupation-là, ils trouvaient qu'on... que l'article visait
ou avait une... c'est ça, avait donc une application très large et allait poser
problème. Puis là, donc, je... On aura le débat sur l'article six, mais, même
sur l'amendement, je pense qu'il faut... il faut qu'on puisse nous expliquer
comment l'exception va pouvoir être mise en application sans, de toute façon,
enfreindre le libellé principal de l'article six.
M. Roberge : Mais, si vous
êtes d'accord avec l'amendement, moi, je propose qu'on l'adopte. Et, si vous
pensez qu'il faut, après ça, modifier l'article six, on pourra en débattre.
Moi, je pense que non, mais on pourra en débattre si vous pensez qu'il y a une
incohérence entre l'amendement avec lequel vous êtes en accord puis l'article
avec lequel vous avez des enjeux.
Mme Setlakwe : Je vais
vous... bien, je...
M. Roberge : À mon sens, il
n'y en a pas, mais on pourra en débattre après.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Effectivement, il faut rester sur l'amendement et
l'amendement dit qu'à une personne qui se trouve. Il y a une exception faite à
une personne qui se trouve dans une salle de spectacle ou dans tout autre lieu
loué selon les conditions déterminées par règlement du gouvernement en vertu du
deuxième paragraphe, alinéa, etc. L'amendement est là-dessus. Donc, on va
statuer sur l'amendement...
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15 h 30 (version non révisé
e) La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...et par la suite on revient sur l'article six.
Mme Setlakwe : Donc l'interdiction
ne s'applique pas à une personne qui se trouve dans la salle de spectacle, mais
est-ce que... Parfait. Mais pour se rendre à la salle de spectacle, est-ce que
la personne va devoir découvrir son visage? Si oui ou non?
M. Roberge : À mon sens, non.
Parce que tout à l'heure, qu'on verra dans l'article six, il y a... je pense
que c'est clarifié.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais reconnaître la députée de Bourassa-Sauvé et, par la
suite, le député de Jean-Lesage.
Mme Cadet : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Salutations, chers collègues. Peut-être juste pour aller dans le
même sens que les propos de ma collègue, parce qu'on vous entend, Mme la
Présidente, l'objectif, c'est véritablement de demeurer sur l'amendement qui
est présenté ici, là. Je pense qu'on souhaite toute la bonne démarche de nos
travaux, mais dans l'esprit, justement, d'assurer une bonne démarche de notre
côté. Donc, on vient d'entendre, donc, Me Lord nous signifier que le terme «immeuble»
à l'article 6, donc, avant le dépôt de l'amendement, est au sens de l'article
900 du Code civil et donc comprend les terrains. Donc, pour qu'on puisse bien
déterminer si le libellé de l'amendement convient et fait preuve, donc, de
cohérence sur le plan légistique, je pense que c'est important qu'on puisse statuer
sur ça. Me Lord, donc, a répondu qu'effectivement on parle ici des terrains.
Donc, toutes les questions que ma collègue pose sur l'accessibilité à la salle
de spectacle, ces éléments-là, on comprend que ce n'est pas la volonté du
législateur, mais il faudrait s'assurer que le libellé corresponde à la volonté
qui a été présentée. Donc, c'est pour ça qu'on pose des questions sur le terme «immeuble»
parce que, sinon, on ne sera pas capables de statuer sur le libellé de l'amendement
lui-même. Je ne sais pas si vous comprenez, M. le ministre.
M. Roberge : Bien, je
comprends très bien, mais, Mme la Présidente, je pense quand même qu'on devrait
disposer de l'amendement pour voir si on s'entend ou pas sur le fait que l'article 6...
Parce que la question, c'est : Est-ce que les gens peuvent circuler jusqu'à
la salle de spectacle en marchant dans le gazon puis sur le trottoir? C'est de
ça dont les collègues parlent. Mon interprétation, c'est que oui. Leur
interprétation... enfin, je pense qu'elles n'en sont pas certaines. Mais c'est
en lisant et en comprenant l'article 6 lui-même et peut-être en l'amendement, s'il
le faut... en l'amendant, s'il le faut, qu'on verra, mais ça ne change pas l'amendement.
Donc, moi, je pense qu'on devrait disposer de l'amendement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais reconnaître le député de Jean-Lesage, par la suite
je vous reviens. M. le député.
M. Zanetti : Oui. Dans le
fond, la personne ne peut pas se trouver sur le lieu du cégep dans laquelle il
y a une salle de spectacle à visage couvert, mais elle peut assister au
spectacle. Ça fait qu'à moins que la salle de spectacle est comme une porte qui
mène à l'extérieur, elle ne peut pas se rendre au spectacle comme ça. Ça fait que,
tu sais, il me semble... Je comprends que, là, on est sur l'amendement, là,
mais mettons que... mettons que vous vouliez avoir de la cohérence là-dedans,
là, peut-être que, la première phrase, vous diriez à une personne qui se rend
et qui se trouve ou qui se trouve dans une salle de spectacle peut-être parce
que, sinon... C'est ça, je pense, l'incohérence que vous souleviez depuis
tantôt, là. Ça fait que vous avez l'air de ne pas la... mais, en tout cas, je
le dis de même, pensez à ça.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez y.
Mme Cadet : ...Si M. le
ministre souhaite absolument qu'on parle que de l'amendement puis qu'on
revienne, bien, il faudrait aussi qu'on ait, donc, une ouverture à... disons, à
rouvrir... Tu sais, nous, ça ne nous dérange pas si vous voulez vraiment qu'on
reste sur l'amendement, on peut l'avoir, mais c'est sûr que, s'il y a une
incohérence avec l'article 6 puis que nos débats à nous permettre, donc, de le
soulever, il va falloir rouvrir, de toute manière, l'amendement pour le sous-amender.
Donc, c'est pour ça qu'on se dit que cet...
M. Roberge : ...
Mme Cadet : Bien, il faut le...
Si on... si on l'adope, il faut le rouvrir après, donc, de consentement, là, mais
c'est juste qu'on s'entend à micro ouvert unique. Si vous dites : Ah oui,
il faut absolument l'adopter ici, puis ensuite revenir à l'article, puis que...
là, qu'on se lève, puis que, finalement, ça ne fonctionne pas, bien, il faut qu'il
y ait cette ouverture-là pour pouvoir rouvrir l'article par la suite. C'est
pour ça qu'on voulait y aller par étapes de façon cohérente, là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
Mme Cadet : C'était vraiment
un enjeu de rédaction, pas de fond, là.
M. Roberge : ...est-ce qu'on
peut suspendre brièvement, juste pour qu'on s'entende sur la procédure parce
que je pense que...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bien sûr.
M. Roberge : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 36 )
(Reprise à 15 h 44)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, au moment de suspendre, nous en étions sur un amendement. Il y a
eu quelques discussions hors ondes. Alors, M. le ministre, je crois que vous
avez une petite nouvelle à nous annoncer.
M. Roberge : Oui, une
petite nouvelle. Oui, Mme la Présidente, donc, on va retirer l'amendement s'il
y a le consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Y a-t-il consentement pour retirer l'amendement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Et vous déposez un nouvel amendement.
M. Roberge : Dépôt d'un
nouvel amendement, parce que les collègues des oppositions avaient soulevé un
point qui est pertinent.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, je vais vous demander d'en faire la lecture dans
quelques instants. Vous l'avez sur Greffier... Ah! le voici.
Allez-y.
M. Roberge : Très bien.
Merci. Donc,
Article 6 :
«Insérer à la fin du dernier alinéa de
l'article 8 de la
Loi sur la laïcité de l'État (chapitre L-0.3)
proposé par l'article 6 du projet de loi, le paragraphe suivant :
«3° à une personne qui se trouve dans une
salle de spectacle ou qui s'y rend, ou dans tout autre lieu loué, selon les
conditions déterminées par règlement du gouvernement en vertu du deuxième
alinéa de l'article 10.2, sous l'autorité d'un organisme visé à l'un ou l'autre
des paragraphes 7° et 12.1° de l'annexe I, à l'exception d'un centre de
services scolaires.»
Donc, la nuance par rapport à ce qu'on
avait tout à l'heure...
Une voix : ...
M. Roberge : ...c'est le
même commentaire. La nuance, c'est que, bien, il faut permettre aux gens de se
rendre à la salle de spectacle, effectivement. Je croyais que c'était déjà
possible en vertu de l'article 6 avant l'amendement, mais ce n'était pas
le cas. Donc, maintenant, on est corrects.
Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Donc, je vous rappelle, on est sur l'amendement.
Est-ce qu'il y a des questions, commentaires sur l'amendement?
Mme la députée de Bourassa... Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : ...Donc,
s'il y avait une salle de spectacle dans une école secondaire, ça arrive, là,
l'exception ne s'applique pas, une personne ne peut pas se rendre ni se trouver
dans une salle de spectacle qui se trouve dans une école secondaire?
M. Roberge : C'est
exact. Le régime pour le réseau public est plus restrictif que ce qu'on a pour
le collégial et l'universitaire, en fonction de la loi qui a été adoptée
l'automne dernier... c'est 94? J'oublie tout le temps.
Des voix : ...
M. Roberge : Merci. La
loi n° 94.
Mme Setlakwe : Pourquoi
on a cette distinction? Pourquoi, donc, une personne devrait... peut avoir
le... peut se trouver dans une salle de spectacle louée par un cégep, mais
ne... au Québec, mais ne peut pas se trouver ou se rendre dans une salle de
spectacle qui se trouverait dans un établissement d'un centre de services
scolaires. Je veux juste comprendre la logique. Pourquoi cette distinction?
M. Roberge : Le réseau
scolaire régi par la
Loi sur l'instruction publique, qui appartient parfaitement
à l'État, a un niveau, je vous dirais, de restrictions plus élevées. Par
exemple, plus tard, on aura un
article sur les régimes alimentaires dans
d'autres institutions qui peuvent avoir des accommodements. Il n'y en a pas
dans le réseau scolaire public. Il y a différents autres éléments aussi, par
exemple, dans le réseau scolaire public, on ne peut pas louer à une
organisation religieuse des...
M. Roberge : ...des salles.
Pour le cégep, les universités, on peut le faire. Donc, c'est une distinction
qui a été faite.
Mme Setlakwe : OK. Donc, 7°,
12.1°, ce sont les cégeps privés, 7°... mais 7°, ce sont les... OK, les cégeps
et universités, à l'exception... Je ne sais pas pourquoi vous parlez... ou
c'est moi qui ne comprends pas, pourquoi vous faites la distinction privée et
publique parce que...
M. Roberge : Bien, vous
m'avez parlé des écoles secondaires. Les écoles secondaires, c'est le réseau
public des écoles, mais... voilà.
Mme Setlakwe : Oui. OK, OK.
Ça fait qu'une personne, au Québec, peut... il y a... qui peut garder son
visage couvert dans certaines circonstances pour aller dans un cégep, mais on
est... OK. Je... c'est ça, la distinction, et...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la... Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Peut-être
juste encore... d'abord et avant tout, là encore sur le point des salles de
spectacle. Donc, effectivement, donc, merci, M. le ministre, d'avoir été à
l'écoute, donc, de notre proposition d'amendement ici pour s'assurer, donc,
d'avoir une cohérence légistique avec la notion d'immeuble qui nous avait été
confirmée par Me Lord tantôt. Vous comprenez la notion de terrain. Donc, ce
bout-là, donc, est rafistolé, maintenant sur le fond. Donc, ma collègue, donc,
a posé, donc, des questions précises juste ici à savoir, donc, les écoles
privées subventionnées qui, elles, louent des salles de spectacle, qui...
elles, donc, parfois, leur auditorium sont loués à ce type de conditions, là,
déterminées par règlement, là, c'est-à-dire que ce n'est pas elles qui opèrent.
On ne parle pas de service éducatif, ce sont des groupes externes qui viennent
louer la salle de spectacle parce que c'est un espace de diffusion. Qu'est-ce
qui se passe?
M. Roberge : ...
Mme Cadet : Écoles privées
subventionnées, c'est 12°. Parce qu'on parle du 7° puis 12.1°, mais écoles
privées subventionnées, ça, c'est 12°. Ce n'est pas 12.1°.12.1°, c'est cégep
privé subventionné. Puis ces écoles privées subventionnées n'étaient pas visées
par 94.
M. Roberge : Là, vous êtes
dans le PL n° 94?
Mme Cadet : 94, c'était
public, donc...
M. Roberge : Oui, mais il y
avait des modifications aussi dans la
Loi sur l'enseignement privé.
Mme Cadet : Qui visaient la
location de lieux?
M. Roberge : C'est ce que je
vérifie, là, c'est ce qu'on me dit.
Mme Cadet : Merci. Juste à
vérifier, parce que ne comprends qu'on ait mis l'exception d'un centre de
services scolaire, parce que c'est visé par 94, mais là on n'a pas... il y a
comme un espace nébuleux ici. Est-ce que les écoles privées subventionnées
prévues à 12 sont visées ou pas visées par l'exception? Ce n'est pas clair avec
la rédaction de l'amendement.
• (15 h 50) •
M. Roberge : ...il faut
comprendre que, dans l'article six, la première section, le premier paragraphe
parle de 7°, 12°et 12.1°, mais, plus loin, on fait 7°, 11°, 12° et 12.1° et là
on parle que la personne doit avoir un visage découvert. Mais, quand on est
dans le cadre d'un service éducatif ou dans le cadre d'un service... c'est ça,
on est dans le cadre des services éducatifs ici avec l'interaction et
communication, mais on n'est pas...
Mme Cadet : Donc, les écoles
privées qui louent...
M. Roberge : ...on n'est pas
dans l'amendement ici.
Mme Cadet : OK. Donc, vous
dites, les écoles privées qui louent des salles de spectacle peuvent les louer
à n'importe qui parce que les écoles publiques peuvent... parce qu'on
parle : «l'exception d'un centre de services scolaire». Donc, elles, donc,
ne peuvent pas les louer à n'importe qui, ça, c'est clair, à raison de 94, mais
les écoles privées peuvent... parce qu'elles le louent un peu comme les cégeps,
là, souvent, là, c'est... un espace de diffusion pour un concert d'Ariane
Moffatt ou... ce n'est pas un service éducatif, là, il le loue à la communauté
parce que c'est un espace... et donc, vous dites, l'exception ici ne les couvre
pas.
M. Roberge : On n'a pas
besoin d'en traiter dans l'amendement ici, parce qu'on le traite dans... dans
le fond de l'article six. Et les écoles privées subventionnées ont, dans
l'article 6, la notion de visage découvert, mais dans le cadre des services
éducatifs ou dans le cadre où il y a des interactions.
Mme Cadet : OK. Je comprends.
C'est très clair. Donc, dans ce... Merci. Donc, déjà, je pense que ça, ça nous
aide, donc, dans ce cadre-là. Pouvez-vous peut-être nous expliquer, donc, votre
processus décisionnel dans l'arrivée avec un amendement quand même assez précis
ici, donc très, très, très circonscrit, qui se veut comme une réponse au
premier alinéa, là, qu'on ajoute sur l'obligation à visage découvert, donc,
dans le lieu, tels un immeuble ou un local? Puis là on vise 7°, 11°, 12.1°.
Donc, 7°, on parle d'écoles publiques, cégeps et université, services de garde
en installation puis cégeps...
Mme Cadet : ...privés
subventionnés, donc, pourquoi est-ce qu'on n'a tout simplement pas enlevé ce
paragraphe-là pour venir les ajouter aux endroits où le visage découvert serait
circonscrit aux services éducatifs puis à tout autre service lorsque c'est
nécessaire, pour permettre la vérification de son identité pour des motifs de
sécurité? Je pense qu'il y a un choix qui a été fait, là, de se dire... parce
qu'il y aurait eu deux moyens d'y arriver. Il y a celui que vous avez fait, de
dire : OK, on limite, on dit «salle de spectacle» précisément. Donc, on
nomme cet espace-là qui est loué puis on garde, donc, l'interdiction plutôt
générale qu'on retrouve à l'article 6, plutôt que de tout simplement
dire : OK, donc, on l'enlève comme c'est là, donc, cet ajout-ci parce que
c'est plus compliqué à gérer pour les institutions puis on se dit, bien,
partout, donc, dans tous ces lieux-là que j'ai nommés, école... donc, 7, 11,
12, puis 12.1, essentiellement, bien, on circonscrit l'interdiction de
visage... l'obligation au visage découvert aux services éducatifs et à la
vérification... identité et motifs de sécurité.
M. Roberge : Bien, ce
que vous nous dites, c'est qu'il y avait une autre manière de rédiger pour
obtenir le même objectif. Mais là, à un moment donné, il peut y avoir des fois
deux modèles de rédaction différents.
Mme Cadet : Oui, bien,
qui est peut-être un peu plus simple, oui. Bien, c'est un choix aussi.
M. Roberge : J'en
conviens, mais l'intention, c'est de dire que sur les terrains et dans les
immeubles de nos cégeps et de nos universités, la règle générale, c'est le
visage découvert. Donc, une fois qu'on a cette règle-là, on peut circonscrire
l'exception comme on le fait avec l'amendement qu'on étudie.
Mme Cadet : Puis de
toute façon, là, on est sur l'amendement, donc, on verra pour le reste. Donc,
on a une salle de spectacle. Ma collègue a posé la question sur, OK, pourquoi
salle de spectacle puis ensuite le reste par règlement, donc, vous dites :
Bon, essentiellement tous les cégeps, les universités ont des salles de
spectacle, et puis, ici, on ne parle pas ici de services éducatifs. Donc, ça,
c'est la raison pour laquelle vous le mettez là. Mais on peut penser, parce que
vous avez dit, mettons, clinique-école, bien là, on est quand même dans la
prestation de services dans le cadre de la formation, mais souvent, il y a des cégeps
aussi, là, qui ont des installations sportives qui sont louées à la communauté,
donc, qui ne sont pas... on n'est pas du tout, donc, dans la prestation, là, de
services. Ce n'est pas un stage, là, pour les étudiants en kinésiologie, là,
c'est vraiment un espace public qui est loué à la communauté.
Donc, pourquoi est-ce qu'eux... pourquoi
ça, ce n'est pas nommé précisément? Parce que souvent, dans toutes les
installations qu'on a, on a, oui, un auditorium, une salle de spectacle, puis
on a, oui, essentiellement un gym, là. Je le nomme, là, il y en a peut-être
d'autres qui sont un peu plus standards, là, mais souvent ça va être celle-là,
donc, pourquoi il y en a un qui a un poids prédominant qu'on met directement
dans la loi puis l'autre, on dit : Bien, ça, on le déterminera par
règlement?
M. Roberge : Bien, je
pense justement que vous dites que c'est là, là. Ça dit «dans une salle
spectacle» puis, après ça, on met «ou dans tout autre lieu loué». Donc, il
pourrait y avoir d'autres...
Mme Cadet : ...statut
différent, c'est-à-dire qu'on dit : La salle de spectacle, si on veut
enlever la salle de spectacle, il faut ouvrir la loi, mais si on veut enlever
le gym, ça, on peut juste le faire par règlement. Donc, pourquoi est-ce qu'on
leur donne des poids différents?
M. Roberge : Le gymnase,
il sert aux élèves pour des cours d'éducation physique. C'est vraiment une
installation pédagogique. La salle de spectacle, souvent, c'est carrément comme
une entreprise à côté, opérée par l'institution. Elle peut ne pas être utilisée
par les étudiants ou les professeurs pendant un an, pendant deux ans. C'est
juste loué pour des conférences, pour des spectacles, etc. C'est différent.
C'est différent.
Mme Cadet : Bien, pas
nécessairement, M. le ministre, parce qu'une salle de spectacle, je veux dire,
les élèves qui sont en cinéma, les élèves qui sont en théâtre, dans un cégep,
en fait, tous les élèves qui sont en Arts, lettres et communication, en fait,
là, vont souvent utiliser la salle de spectacle aussi, puis la fin de semaine,
les soirs, c'est là que la collectivité va pouvoir le louer dans... louer un
contrat... en signant un contrat de location pour ces espaces-là. Ça fait que
le gym, c'est la même chose. Je veux dire, je pense au cégep dans ma
circonscription, bien, le gym, il est loué, bien, c'est très grand d'ailleurs,
donc, ça va être loué autant, donc, pour les gens dans la communauté qui
disent : OK, il n'y a pas de centres sportifs ailleurs, les jeunes hommes
viennent jouer au basket le mardi soir dans ce gymnase-là puis ce n'est pas du
tout opéré par l'école, puis parfois, bien, les fins de semaine, moi, j'ai déjà
vu des congrès, là, dans ces espaces, ces installations sportives là aussi.
M. Roberge : Bien, on a
une divergence, là. Moi, je pense qu'il y a des salles de spectacle qui sont
distinctes, qui ne sont pas nécessairement des lieux d'enseignement, des salles
qui sont opérées...
Mme Cadet : ...mais
c'est ce que j'ai dit aussi.
M. Roberge : ...puis tandis
que le gym dont vous parlez a souvent une double vocation. Puis, on l'a, ici...
Mme Cadet : Bien là, la
salle de spectacle aussi a une double vocation.
M. Roberge : Bien, ça
dépend des fois.
Mme Cadet : Peut avoir
une double vocation, comme le gym, là.
M. Roberge : Puis là, on
le prévoit par règlement. Il me semble que c'est suffisant.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais juste vous demander d'attendre la fin de la phrase
des autres, OK? Juste... de un, vous avez quand même, il y a des gens...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...qui retranscrivent le tout, donc si votre phrase n'est
pas terminée puis que vous embarquez, voilà.
Mme Cadet : C'est plus
difficile pour la retranscription, on comprend, merci, Mme la Présidente.
M. Roberge : Donc, je
comprends que ma collègue aimerait que ce soit d'emblée dans l'amendement
plutôt que par règlement, mais je pense que l'intention, c'est de circonscrire
ces exceptions, et je pense que ça va dans ce sens-là, moi, je trouve qu'il y a
un équilibre ici et je suis à l'aise avec... On a déjà fait un amendement, là,
parce que je pense que les collègues avaient soulevé un point qui était tout à
fait pertinent. Ici, c'est un autre point qui... valable, mais cette fois-ci,
je ne suis pas convaincu.
Une voix : ...
Mme Cadet : Oui, Mme la
Présidente? Je comprends...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Toujours sur l'amendement?
Mme Cadet : Oui, c'est ça,
toujours sur... toujours sur l'amendement, j'ai... C'est qu'en fait, j'ai... je
ne suis pas rassasiée, Mme la Présidente. J'essaie de... sincèrement, j'essaie
de souscrire à l'argumentaire du ministre, là, qui nous dit que lui, il voit
vraiment, donc, une distinction fondamentale entre la vocation d'une salle de
spectacle dans une institution d'enseignement supérieur, un cégep, une
université, et la vocation d'installations sportives dans ces mêmes espaces.
Moi, j'y vois que ce sont deux espaces qui peut... qui peuvent être utilisés à
la fois à des fins éducatives, donc, pour la clientèle étudiante, là, pour la
population étudiante à certaines fins, puis d'autres fois, être loués, parce
que bien évidemment, oui, la salle de spectacle va souvent être louée, puis,
comme on l'a dit tantôt, contrairement à ce que le ministre a avancé... dans
mon comté, moi, le cégep que j'ai, ce n'est pas... on n'a pas une autre... une
autre porte, là, pour entrer dans la salle de spectacle, là, on passe par la
porte principale pour ensuite aller se rendre à l'intérieur, donc, de la salle
en question. Donc, je ne suis pas convaincue, là, qu'on a vraiment deux
vocations différentes, donc, ça, c'est mon premier point. Puis le deuxième,
alors, si on en rajoute une couche là-dessus, en théorie, ce que le ministre
nous dit, parce que lui-même a avancé : Bien, la salle de spectacle, oui,
parfois peuvent... peut servir à la population étudiante. Bien, le premier
paragraphe de l'article 6 original, là, pas l'amendement, il ne nous parle
pas des fins éducatives, donc, en théorie, puisque l'exception, c'est juste de
se retrouver dans la salle de spectacle ou de se rendre à la salle de
spectacle, bien, la personne qui se rend, donc, sur les... les lieux du cégep
ou de l'université à la salle de spectacle, même s'il y a une fin éducative, va
pouvoir le faire?
• (16 heures) •
M. Roberge : Non, parce qu'on
est dans la même... on est dans l'amendement où on parle de lieu loué. Tout ça,
ici, là, est dans le... dans la perspective...
Mme Cadet : ...les autres,
c'est loué, ici, ce n'est pas «salle de spectacle louée», c'est «qui se trouve
dans une salle de spectacle».
M. Roberge : Non, mais c'est
par extension, là, on parle de lieu loué, là, on est dans... salle de spectacle
louée ou tout autre lieu loué, là, c'est implicite, ça va ensemble, c'est le
même article.
Mme Cadet : Je comprends que
c'est... du législateur, mais il y a peut-être un petit défi de clarté, ici,
parce que là, vous venez de le préciser, mais vous... je pense que de bonne
foi, tu sais, je veux dire, quand on le lit une... une première fois sans qu'on
saisisse l'intention même au législateur, qu'il y a peut-être des gens qui vont
lire l'article, puis qui se disent... ce n'est pas nécessairement tout à fait
clair ici, là, c'est pour ça que je posais la question sur le choix
rédactionnel, tu comprends... de mettre cet amendement-ci plutôt que de
simplement enlever le premier alinéa de votre amendement puis de rajouter, là,
que les... les autres institutions au deuxième, bon, c'est... ça a été votre
choix rédactionnel, mais en bout de ligne, si l'objectif c'est... c'est de se
dire : OK, bien, quand la salle de spectacle est... qui est disponible,
donc, sur les terrains de cégep ou d'université, selon vous, bien, cet espace
là, donc, ne devrait pas être accessible à une clientèle à visage découvert
lorsque qu'il y a un service éducatif qui est rendu, ce n'est pas exactement ce
que je lis ici.
M. Roberge : Vous savez, des
fois, quand je ne suis pas certain, je demande à mon équipe, là, puis on me
confirme que la lecture que je vous ai faite de...
Haut de la page
16 h (version non révisé
e) M. Roberge : ...du libellé
est exact, c'est-à-dire qu'ici, là, on parle de lieux loués, salles de
spectacles ou autres lieux loués. Ça fait
partie du même concept d'endroit qui
est loué, donc c'est implicite. Et on me dit que l'interprétation juridique est
correcte par rapport à ce que je viens de vous dire. Et, quand ce n'est pas le
cas, je fais des amendements, hein? Je vous remarque, depuis le début du projet
de loi, quand je pense qu'il y a eu une erreur...
Mme Cadet : Alors, peut-être
qu'on devrait...
M. Roberge : ...ou quand on
me dit que c'est mal rédigé, je fais l'amendement. Puis je continuerai de les
faire au besoin, mais là, dans ce cas-ci, je ne crois pas que c'est nécessaire.
Mme Cadet : Ne serait-ce qu'on
s'entende sur l'objet exact de ce qui est visé ici, il ne faudrait pas, donc, à
la place lire : À une personne qui se rend ou se trouve dans une salle de
spectacle ou dans tout autre lieu loué. Il me semble, ce serait plus simple,
non? Parce qu'en plus...
M. Roberge : Ce serait
différemment rédigé, mais je ne crois pas que...
Mme Cadet : Je veux dires, on
est... on est... on est dedans, je veux dire, ce serait... surtout que, là, qui
s'y rend, c'est comme si on avait juste : se rend à la salle de spectacle,
mais pas : se rend à l'autre lieu loué, là. Je sais qu'on a essayé de
procéder rapidement, mais je vous soumets, là, respectueusement, je pense que c'est...
au moins qu'on s'entende sur l'objet de ce sur quoi on débat, qu'on mette juste
une personne qui se rend ou se trouve dans une salle de spectacle ou dans tout
autre lieu loué, je pense que, là, ça répondrait exactement à ce que vous êtes
en train de dire.
M. Roberge : Bien, on s'entend
sur la finalité. Vous... Ma collègue croit que la rédaction gagnerait à être
révisée. Je pense que c'est suffisamment clair à ce moment-ci. L'intention est
claire, elle a été nommée au micro. Les légistes m'ont confirmé que c'était
correctement rédigé. Donc, comme je vous dis, à d'autres moments, je n'hésite
pas à faire des amendements, mais je crois que, dans ce cas-ci, c'est correct.
Mme Cadet : Ici, on... je ne
suis même pas en train de faire une modification de fond, donc tant qu'à, comme
on dit, je veux dire, on est en train de débattre du libellé de l'amendement.
Je pense que vous acquiescez à qu'est-ce que je suis en train de dire. Je pense
que ça résoudrait, donc, les défis de clarté, parce que je vous ai senti un peu
hésitant, vous avez dû vous référer à votre collègue pour être en mesure de
confirmer l'interprétation qu'on peut faire de l'article. Je pense que, si on
le rédigeait de la manière dont je viens de le proposer, bien, à ce moment-là,
s'il aurait... il n'y aurait aucun point équivoque. Alors, qu'est-ce qui nous
empêche de tout simplement faire cette modification-ci?
M. Roberge : Bien, écoutez, Mme
la Présidente, c'est...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que vous voulez qu'on suspende? Est-ce que...
M. Roberge : Bien, je ne
crois pas que c'est nécessaire dans ce cas-ci. Oui, j'ai consulté pour être
certain. Ça ne veut pas dire que j'étais... que je doutais, mais c'était pour
être absolument certain. Puis, après consultation, si j'avais eu un doute, j'aurais
dit : Bien, écoutez, vous avez raison, modifions-le, mais là ça a confirmé
mon interprétation. On veut dire tous les deux la même chose. Vous voulez le
dire dans des mots différents, je comprends, mais, dans ce cas-ci, on se
comprend, c'est au micro, je pense, c'est... mais je n'ai pas d'autre chose à
ajouter.
Mme Cadet : Moi, j'aimerais
ça suspendre, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 05)
Haut de la page
16 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 16 h 37)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, au moment de suspendre, nous étions sur un amendement, M. le
ministre, la parole est à vous...
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente, donc, avec consentement des collègues, je retirerais l'amendement
pour en déposer un nouveau, consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement pour retirer l'amendement, vous en déposez un
nouveau. Je vais vous demander d'en faire la lecture.
M. Roberge : Merci bien.
Article 6, Insérer, à la fin du premier alinéa de l'article 8 de la
Loi sur la laïcité de l'État,
chapitre L-0.3 proposé par l'article 6 du
projet de loi, le paragraphe suivant :
3° À une personne qui se rend ou qui se
trouve dans un lieu sous l'autorité d'un organisme visé à l'un ou l'autre des
paragraphes 7et 12.1 de l'annexe 1, à l'exception d'un centre de
services scolaire loué selon les conditions déterminées par règlement du
gouvernement.
Donc, encore une fois, un libellé...
différent, mais je veux quand même relire l'explication. L'amendement n'a pas
perdu son sens, amendement qui vise à permettre à une personne d'avoir le
visage qui est découvert lorsqu'elle se trouve dans une salle qui est louée, ça
pourrait être une salle de spectacle, ça pourrait être d'autres événements,
mais une salle qui est louée dans un établissement d'enseignement supérieur ou
dans d'autres lieux, dans un établissement, mais avec des conditions qui
pourraient être... qui seraient déterminées par règlement. Je pense que la
notion de salle louée est importante puisque lorsqu'une salle est louée, bien,
elle se trouve à être opérée par un organisme autre que le cégep ou
l'université, puis cet autre organisme peut avoir des conditions différentes,
ça pourrait être... pourrait être loué dans un dessein religieux ou pas, mais
on n'est pas dans la mission ou dans le mandat de l'établissement puisqu'on le
loue à un tiers.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, sur l'amendement. Mme la députée de
Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui, merci,
juste un point de clarification, évidemment, on ne voulait pas, donc, nommer
explicitement une salle de spectacle, c'est ce qui a été discuté, mais plutôt
de viser toute situation où l'espace est loué à un tiers. Là, est-ce qu'on
comprend, par contre, avec le nouveau libellé que le règlement va prévoir, on
va prévoir, par règlement, disons, une liste de lieux comme salles de
spectacles, ça peut être d'autres, d'autres lieux aussi qui s'ajouteraient, ou
ce n'est pas les conditions de location qui sont déterminées par règlement.
C'est peut-être...
M. Roberge : ...les
conditions déterminées par règlement, donc oui, on parle des conditions.
Mme Setlakwe : Donc, à chaque
fois qu'il y a une location...
M. Roberge : Loués selon les
conditions déterminées par règlements, c'est ce qui est écrit, et c'est ce
qu'il y avait...
Mme Setlakwe : Mais ce n'est
pas les conditions de location qui sont déterminées par règlements?
19285 15361 M. Roberge : Ce sont les
conditions qui peuvent être... Conditions, ici, ce sont les... des précisions
qui peuvent être apportées, comme, par exemple, quand on loue une salle, bien,
on a... on peut avoir accès aux mêmes conditions, par exemple, aux salles de
toilette, des choses comme ça, il peut y avoir des éléments qui peuvent être
précisés. L'idée, c'est qu'il faut se donner une marge de manœuvre dans le
règlement pour trouver application et corriger des enjeux s'il y en apparaît.
• (16 h 40) •
Mme Lecours (Les Plaines) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions?
Mme Setlakwe : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui?
Mme Setlakwe : ...j'aimerais
juste clarifier au micro, donc, suite à des discussions qu'on a eues, on
comprend bien que l'exception qui est ajoutée se veut, selon l'intention du
gouvernement, très limitative et ne viser que des espaces qui sont loués. Et
donc, la revendication, notamment, de la Fédération des cégeps, qui est venue
nous dire : Attention de ne pas priver certaines personnes à des services
offerts sur le site d'un cégep, ou ça peut être une université, par exemple,
des soins de santé qui pourraient être reçus dans une clinique-école, par
exemple, accéder à une bibliothèque, par exemple, accéder à des équipements
sportifs. Ces situations là ne font pas l'objet de l'exception, et donc, ce que
j'ai compris de l'intention du gouvernement, c'est de... Si les personnes
veulent pouvoir accéder à un cégep ou à une université pour ces... ces services
là, bien, il faut absolument découvrir son visage. Donc, on permet uniquement
d'accéder à des lieux loués, parce que là, c'est comme... c'est loué à un
tiers, ce n'est plus, ce n'est plus, dans le fond, sous l'égide du cégep ou de
l'université, donc, tout ce qui se passe... donc, la règle est vraiment très
claire, selon le gouvernement, c'est que tout ce qui se passe dans un cégep,
dans une université, ça se passe à visage découvert avec une exception très
limitative, sauf dans le contexte, par exemple, d'une salle de spectacle qui
serait louée à une entreprise tierce. C'est bien ça?
M. Roberge : Oui, je suis
d'accord avec l'interprétation de la collègue...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, Mme la
Présidente. Donc, très rapidement. Donc, merci, M. le ministre. Donc,
manifestement, donc, on a eu, donc, plusieurs échanges, donc, pour en arriver,
donc, à un libellé qui répond mieux, donc, à plusieurs des préoccupations que
nous avions énoncées précédemment. Petite question de clarification. Dans le
libellé initial, les conditions déterminées par règlement du gouvernement
l'étaient en vertu du deuxième alinéa de l'article 10.2. Dans la dernière
mouture, on a enlevé cette précision-là. Pourquoi?
M. Roberge : Excusez-moi, je
vais trouver... Oui. Est-ce que vous pouvez répondre, s'il vous plaît? Merci.
Une technicalité.
M. Lord (Jean-François) : En
fait, c'est qu'on avait... on avait lié cet élément-là à... ce qu'on a 10.2,
qui permet la pratique religieuse dans ces lieux-là. Donc, c'est là où on
disait : Bien, si la pratique religieuse... de façon analogue, par le
règlement, on pouvait aussi permettre le visage couvert. Mais là, maintenant
qu'on a des situations qui ne sont pas nécessairement liées à la pratique
religieuse, bien là, à... on a prévu un pouvoir réglementaire autonome.
Mme Cadet : D'accord. Je
comprends. OK. Parfait. Donc, c'est vraiment... Donc, c'est 10.2, là, qu'on va
voir un peu plus tard ici, une... pas d'un autre... pas d'une autre pièce
législative, là.
M. Lord (Jean-François) : Le
10.2 a déjà été... il faisait
partie de l'article 9 du projet de loi.
Mme Cadet : OK. Ah oui! Je
comprends. Parfait. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que j'ai d'autres interventions ou commentaires sur
l'amendement? Si je n'en ai pas d'autre, commentaire ou question, est-ce que
l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On revient donc sur l'article 6. Est-ce que
j'ai des questions, commentaires sur l'article 6 tel qu'amendé? Oui, M. le
député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Oui. Merci, Mme
la Présidente. J'aurais une question un peu de base, là, pour le ministre. Des
personnes qui portent le visage couvert, un signe religieux qui couvre le
visage, là, dans les universités, est-ce qu'il y a... est-ce qu'il y en a eu,
il y a-tu des cas recensés, à votre connaissance?
M. Roberge : Oui. Dans le
cadre du rapport Pelchat-Rousseau, on y fait référence puis, lors des auditions
particulières, on a fait référence à des enjeux aussi de personnes qui avaient
le visage totalement couvert. Ça posait des enjeux, des professeurs qui ont
témoigné aux deux corédacteurs, là, Me Rousseau et Me Pelchat, les difficultés
que ça pouvait poser.
M. Zanetti : Est-ce que
c'était dans les institutions collégiales ou universitaires?
M. Roberge : Il me semble
qu'elles m'ont parlé que... l'exemple qu'elles ont donné était une institution
collégiale, mais je ne me souviens plus si c'était exclusivement un témoignage
de quelqu'un du collégial. Mais la même problématique pourrait très bien se
retrouver parce que ce que la... Il y a eu plusieurs éléments, mais ce dont je
me souviens, d'un des témoignages, notamment de Me Pelchat, qui est venu témoigner
ici, disait que ça posait des enjeux, je pense que c'est un prof du collégial,
mais je ne suis plus certain, en termes de communication, en termes
d'interaction, en termes de qualité de l'enseignement puis, après ça, des
enjeux en termes d'égalité hommes-femmes, puisqu'en plus il y avait un
professeur masculin qui avait demandé, dans le cadre de la loi actuelle, de
retirer le voile quelques instants pour fins de simple identification. Et, dans
ce cas-ci, l'étudiante avait même refusé avec une discrimination de sexisme
contre l'homme en disant : Bien, je ne peux pas le faire devant un homme,
j'exige que ce soit devant une femme. Puis là, bien, le professeur masculin
était dans une très drôle de position, enjeu de communication, enjeu de
l'interaction, enjeu de qualité de relation pédagogique, après ça sexisme à son
égard. C'était la totale. Il y a d'autres exemples comme ça, mais ça, c'est un
des témoignages qu'on a entendus. Puis ça peut être exactement... que ce soit
au collégial ou à l'université, c'est exactement la même problématique qui peut
survenir.
M. Zanetti : Est-ce que vous
avez comme un nombre de cas recensés? Tu sais, mettons, est-ce qu'on sait si
c'est plus que cinq?
M. Roberge : Je n'ai pas ce
nombre. Et plusieurs personnes sont venues dans les auditions pour dire que,
justement, la question du nombre était fortuite puis qu'il ne fallait pas
poser... bien, on peut poser ce genre de question là, mais que ce n'était pas
pertinent parce que, sinon, il faut... ce serait spécial de dire : À
partir de combien, tu sais, à partir... à 10, c'est correct, mais à 11, ce
n'est plus correct? Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. On est d'accord
ou on n'est pas d'accord avec la qualité des interactions puis des règles du
vivre-ensemble.
M. Zanetti : La raison pour
laquelle je vous pose la question, c'est que c'est un peu pour illustrer le
point que, tu sais, il y a potentiellement eu cinq cas sur 15 ans,
potentiellement, parce qu'on ne sait pas le chiffre, et donc c'est beaucoup de
travail de venir travailler sur un problème qui est très, très hypothétique.
Mais, mettons qu'elle est là, là, cette situation-là, la question que je me
pose, c'est : Est-ce que la loi...
M. Zanetti : ...sert le
bien de l'étudiante?
M. Roberge : Bien, moi,
je suis convaincu que oui. Je suis convaincu que oui. J'ai enseigné pendant
17 ans dans le réseau de l'éducation... des ministres d'enseignement
supérieur pendant deux ans, des éducations pendant quatre ans. J'ai passé à
travers la pandémie et pendant la pandémie, de nombreux témoignages de
spécialistes et d'experts disaient que c'était terrible parce que les gens
étaient masqués pour des raisons, là, vraiment sanitaires. La qualité des
relations, des interactions et des apprentissages ont décru, et les gens, tout
le milieu de l'éducation et de l'enseignement disaient : Plus jamais.
M. Zanetti : Et
l'étudiante, par exemple, là, qui pour... on ne sait pas c'est quoi la raison
pour laquelle elle porte ce signe religieux là, on peut difficilement spéculer,
mais disons qu'elle y tient au point où elle perd accès aux services parce que
c'est ce que le... c'est ce que l'article dit, là, très clairement, est-ce que
cette loi-là sert son bien à elle?
M. Roberge : Bien, je
pense qu'il y a toujours la possibilité de le retirer, au moins, momentanément.
Mais ma question pour le collègue, c'est : Est-ce que Québec solidaire est
favorable au voile intégral en enseignement supérieur?
M. Zanetti : Québec solidaire
n'a aucune sympathie pour la burqa ou le niqab, clairement aucune. La question
ici que je me pose, c'est qu'on parle de retirer le droit à l'éducation puis
l'accès à l'éducation à une personne en disant que c'est pour son bien, je
questionne le ministre pour savoir si c'est vraiment ça, sa position. La
personne qui dirait, là, la personne très hypothétique, parce qu'on le sait, il
y a potentiellement cinq cas sur 15 ans, le ministre n'est pas en position
de nier cette hypothèse-là, est-ce que cette personne-là, on sert son bien si,
essentiellement, on lui fait... le gouvernement lui fait perdre son accès à
l'éducation?
M. Roberge : Je veux
juste préciser que le collègue a sorti cinq cas sur 15 ans en disant qu'il
n'en avait aucune idée. Alors, on peut bien répéter cinq cas sur 15 ans,
plein, plein de fois, ça ne deviendra pas plus vrai au fur du moment où on le
dit, mais quelqu'un qui choisirait de ne pas respecter cette condition, bien,
choisirait de se priver d'un service. Puis ce n'est pas ce qu'on souhaite, mais
il peut y avoir d'autres conditions aussi pour accéder à un lieu. Je ne pense
pas qu'on peut entrer nu sur un campus, admettons. Je pense qu'il y a des gens
qui diraient : Écoutez, ça ne fonctionne pas. Puis il dit : Non, mais
moi, je veux... Ah! bien, vous devez quitter, là vous diriez : Mais c'est
terrible, on brime son droit à l'éducation. Tu sais, je pense qu'il y a des
conditions de base.
• (16 h 50) •
Et là, avec ce projet de loi là, on vient
dire que d'avoir le visage découvert... on peut porter des symboles religieux,
là. Les étudiants gardent le droit de porter des symboles religieux, et les
enseignants aussi, hein, au collégial et à l'université. Le projet de loi
n'empêche pas le port de symboles religieux, mais on dit le visage découvert.
C'est une condition minimale au vivre-ensemble et aux interactions. Quelqu'un
qui refuse de se plier à cette condition-là, bien, choisirait de se priver du
service.
M. Zanetti : Mais la réalité,
c'est votre façon... cette personne-là choisirait de se priver d'éducation,
mais la réalité, c'est que c'est votre projet de loi qui va faire que cette
personne-là va perdre accès puis droit à l'éducation. Parce qu'en ce moment,
cette personne-là, qui n'existe peut-être pas par ailleurs, hein, je répète,
c'est quand même des cas très fictifs et aléatoires dont on ne connaît même pas
l'étendue du nombre de personnes que ça a pu exister, mais dans le fond, avant
votre projet de loi, cette personne-là a accès à l'éducation. Après votre projet
de loi, elle n'a plus accès à l'éducation.
Est-ce que, mettons, quand on compare,
disons, le préjudice de perdre accès à l'éducation, le préjudice que veut
empêcher le ministre, est-ce qu'il est plus grand? Quel est-il, le préjudice
que le ministre essaie d'empêcher en comparaison de perdre l'accès à
l'éducation? Est-ce qu'il est plus grand que perdre l'accès à l'éducation ou il
est plus petit?
M. Roberge : Bien, je
pense que la prémisse de mon collègue est erronée. Je ne pense pas que la personne
perd accès à l'éducation. Je pense que la personne peut faire le choix de
retirer et de montrer le visage pour accéder à l'éducation.
M. Zanetti : Mais si
cette personne-là fait un choix inverse, là, pour des raisons que j'ai de la
misère à m'expliquer puis vous aussi, mais qu'elle le fait quand même, dans le
fond, cette personne-là, est-ce que le gouvernement en ce moment est en train
de... Tu sais, cette personne-là, est-ce qu'elle est mieux de retourner à la
maison ou elle est mieux d'être dans une université ou un cégep du Québec?
Qu'est-ce qui va être le mieux pour cette personne-là?
M. Roberge : Bien, je
pense que dans des conditions du vivre-ensemble, la question se pose puis...
M. Roberge : ...puis on voit
que peut-être la ligne de fracture entre les droits individuels puis les droits
collectifs. Moi, je pense que les gens qui vont fréquenter nos milieux
d'enseignement supérieur ont le droit d'être dans un contexte qui est favorable
aux interactions, au vivre-ensemble. Et je pense que c'est un droit de tous les
étudiants. Ils ont le droit de voir leurs collègues de classe. Alors, mon
collègue plaide que la personne... le droit de la personne de masquer son
visage individuel serait plus grand que le droit collectif d'avoir un
vivre-ensemble. Ici, on a une divergence d'opinions puis c'est correct.
M. Zanetti : Est-ce que le
ministre serait ouvert à retirer le paragraphe de son
article 6 qui
dit : «La personne qui ne respecte pas l'obligation prévue au deuxième et
au troisième alinéa ne peut recevoir le service tel qu'elle demande»? Est-ce
que le ministre serait ouvert à envisager des conséquences qui ne limitent pas
l'accès et le droit à l'éducation?
M. Roberge : Bien, je ne suis
pas ouvert à retirer cet élément-là parce que l'idée, c'est d'avoir un cadre
qui balise le vivre-ensemble. Alors, il... je pense que le quart de cet
article-là, c'est de dire que, pour accéder aux services, bien, il faut avoir
le visage découvert. C'est ça, le principe.
M. Zanetti : Parfait. Je n'ai
pas d'autre question.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de
Mont-Royal Outremont.
Mme Setlakwe : Oui. Là, on
est sur l'article six, là, généralement?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, sur l'article. L'amendement, c'est une chose, et puis
c'est fait, c'est adopté, on revient à l'article.
Mme Setlakwe : Oui, merci.
Juste... Je vais vouloir revenir sur la notion d'«immeuble», qui est très
large, mais avant, juste pour renchérir brièvement sur ce que... sur les propos
de notre collègue de Jean-Lesage, c'est ça? La Fédération des cégeps l'a
indiqué dans son mémoire, là, qu'ils sont inquiets de... qu'on est en train de
toucher à une valeur importante de la société québécoise, là, l'accès à
l'enseignement supérieur. Et ce que je trouve... là, je ne veux pas refaire le
débat, ce que je trouve intéressant dans leur mémoire aussi, c'est qu'ils...
c'est un passage que j'avais surligné : «La Fédération ajoute qu'il serait
incohérent d'instaurer ces nouvelles règles d'exclusion qui seront, en réalité,
applicables uniquement à des femmes, alors même que le PL 9 indique
vouloir renforcer le principe de l'égalité entre les sexes.» Est-ce que le
ministre souhaite répondre à cette incohérence qui est soulevée par la
Fédération des cégeps?
M. Roberge : Bien, je pense
que l'égalité entre les hommes et les femmes, c'est fondamental puis je pense
que le projet de loi fait avancer et donc, si j'ai... j'ai une divergence de
vues avec le point de vue qui est... qui est exprimé. Et je pense que ça sert
tout le monde, les interactions de tout le monde, d'exiger que, dans un cadre
éducatif, dans un cadre d'enseignement supérieur, on voie le visage des gens.
Mme Setlakwe : Mme la
Présidente, oui, je voudrais poursuivre. le libellé, là, tel qu'il est très
large. Donc, on dit qu'«une personne doit avoir le visage découvert lorsqu'elle
se trouve dans un lieu, tel un immeuble ou un local, — bon — sous l'autorité
d'un organisme visé à l'un ou l'autre des paragraphes 7°, 11°, 12.1° de
l'annexe I.» Là, on s'entend, ce sont les cégeps, les universités et les
cégeps... les cégeps privés. Donc, je reviens à la question du début de nos échanges
cet après-midi, de l'impact sur nos universités et précisément, là, sur la
préoccupation des universités qui disent : Nous, on n'a pas de façon de
contrôler est-ce que les gens qui circulent sur nos campus ont le visage
découvert ou pas, parce qu'«immeuble» inclut, comme on l'a dit, les terrains,
les voies de circulation, etc. Donc, il y a une inquiétude du milieu que, là,
on est en train de légiférer sur tout le terrain de nos établissements
d'enseignement supérieur. Vous répondez quoi à ça, M. le ministre?
M. Roberge : ...règle
générale qui sera édictée, qui seront comprises et connues de tous. On ne va
pas se mettre à mettre des inspecteurs partout en tout lieu. Par exemple, il y
a des règlements qui disent qu'on ne peut pas apporter de la drogue ou une arme
dans nos poches quand on circule sur... dans les cégeps, dans les universités,
mais on ne fouille pas tout le monde partout tout le temps avec des gardiens
pour voir s'ils n'ont pas des choses. On édicte la règle, on la fait connaître,
on s'attend à ce que les gens la respectent. Ça devient, à un moment donné, la
normalité, une évidence.
Je vais vous lire un extrait du rapport
Pelchat-Rousseau, page 160 : ««Des membres du personnel enseignant au
niveau collégial ont exprimé le souhait que les services qu'ils offrent
soient...
M. Roberge : ...reçus en
tout temps à visage découvert, mais surtout pour des raisons pédagogiques, et
non pour des raisons de laïcité. La même requête est venue de personnes qui
enseignent en francisation dans le cadre des cours offerts par le ministère de
l'Immigration et de la Francisation. Selon ces personnes, il est difficile
d'enseigner aux femmes portant un niqab et de communiquer avec elles durant
leurs cours alors que les objectifs pédagogiques sont aussi de favoriser
l'apprentissage des valeurs de la société québécoise. Dans un cégep où l'on
enseigne les sciences infirmières, le visage couvert durant les cours est un
obstacle à la pédagogie particulièrement grave, considérant que les stages se
font dans des hôpitaux ou d'autres établissements de santé où la communication
avec les usagères et les usagers est primordiale.»
Donc, on arrive avec cet élément-là. Je
pense que ça témoigne, je pense, de sentiments partagés par beaucoup des
Québécois, mais c'est aussi appuyé par des recommandations puis des analyses du
rapport Pelchat-Rousseau.
Mme Setlakwe : Non, je
comprends, mais ce que vous nous lisez, je ne pense pas que ça répond à la
question que je viens de poser. Oui, elle s'applique dans la discussion plus
large qu'on a depuis les dernières minutes, mais précisément sur le périmètre
d'application, une personne qui circulerait sur le terrain, donc, sur le site,
sur... sur le périmètre d'une université ou d'un cégep, comment on peut les
rassurer? Parce qu'ils sont en train de nous dire : «Faute de
clarification législative, cette portée pourrait imposer à nos établissements — je
suis dans le mémoire, là, du BCI, là, c'est toutes les universités qui
s'adressent aux membres de la commission — donc, faute de
clarification législative, cette portée pourrait imposer à nos établissements
une obligation de contrôle s'étendant aux espaces ouverts considérés comme
publics, où circulent librement des personnes qui n'appartiennent pas forcément
à la communauté universitaire.»
Donc, je ne suis pas sûre que la lecture
du passage du mémoire parle de ça, là.
M. Roberge : Bien, c'est
dans le débat sur le fait d'avoir le visage couvert ou découvert sur les
campus. Ensuite, bien, moi, je pense que, lorsqu'on édicte une règle puis qu'on
la fait connaître au Québec, les gens ont tendance à la comprendre, se
l'approprier. Puis je pense que ça peut être assez simple à faire appliquer, à
faire comprendre. Je ne vois pas d'enjeu, là, par rapport à ça.
Mme Setlakwe : Je
comprends, mais quand on... c'est vrai dans tous les paliers de gouvernement,
incluant au municipal, à chaque fois qu'on met de l'avant une règle, il faut
qu'elle puisse être applicable. Donc, là, on est en train de légiférer sur les
activités qui auront cours sur le site de nos établissements d'enseignement
supérieur. Eux, ils disent : Mais on n'a pas de façon de le contrôler. Je
vais même pousser ça plus loin. À l'Université Laval, il y a le
Métrobus 800 qui passe sur le campus de l'Université Laval. Ça fait
partie
du circuit. Il y a peut-être des personnes à visage couvert, là, qui vont se
trouver dans l'autobus, donc, sur le périmètre de l'Université Laval.
• (17 heures) •
M. Roberge : Je pense
que le gros bon sens, c'est se dire que quand ils sont dans l'autobus, ils sont
dans l'autobus. Je pense que c'est assez évident qu'on ne s'attende pas à ce
que des personnes attendent au coin de la rue pour le retirer alors qu'ils sont
dans l'autobus, qui ne débarquent pas dans l'autobus, le temps de traverser. Je
pense que ça va... c'est le genre de choses qui relèvent du gros bon sens. Vous
savez, quand on amène une règle, on la fait connaître. Les gens, au début,
réagissent puis se l'approprient, puis, à un moment donné, ça fait
partie des
règles du vivre-ensemble. Quand il y a eu, par exemple, l'interdiction de fumer
à moins de... je ne sais plus quelle distance...
Des voix : Neuf mètres.
M. Roberge : ...neuf
mètres des portes, il y a des gens qui disaient : Bien là, est-ce qu'il va
falloir mettre un policier à chaque porte? Bien non, il y a eu des petites
affiches. Au début, les gens étaient proches, les gens étaient loin. Il y a une
espèce de zone de tolérance, puis il y a des gens qui pourraient dire :
Mais c'est terrible. Parce que des fois, il y a des gens qui sont à huit mètres
et qu'est-ce qu'on fait? Il n'y a pas de drame avec ça. Les gens comprennent le
sens de la loi, puis, de manière générale, c'est respecté puis ça améliore la
santé de tous.
Je pense qu'on pourrait dire que dans ce
cas-ci, les gens peuvent réagir au départ, se dire : Mais c'est nouveau,
comment je vais l'appliquer, comment je vais le faire connaître? Mais une fois
que ça va être appliqué et que ça va être connu, ça va devenir une règle claire.
Il faut d'abord établir le cadre. Puis je pense que les gens vont être capables
de s'y conformer de bonne grâce, mais je pense qu'il ne faut pas voir, là, des
enjeux d'application, là, ou alors que... ça peut très bien se vivre.
Mme Setlakwe : Même chose
pour... encore une fois, là, j'ai en tête le campus de l'Université Laval, un
restaurant, une caisse populaire... Ce n'est pas l'objectif du législateur de
venir interdire à des personnes d'y accéder avec le visage couvert?
M. Roberge : C'est à
voir, là, il faudrait vérifier puis ça fera peut-être
partie de l'amendement
qu'on a adopté sur les règlements. Est-ce que la caisse populaire est un lieu
loué? Est-ce que le terrain est loué ou est-ce que c'est un local loué...
Haut de la page
17 h (version non révisé
e) M. Roberge : ...opéré par la
caisse populaire? Possible. Il faudrait voir.
Mme Setlakwe : Merci. Le...
Il y a des groupes qui nous ont... là, je le mets de l'avant, là, pour... je
pense que je vois... je connais la réponse d'avance, mais qui souhaitaient que
ce soit complètement abrogé. Clairement, avec ce que vous venez d'énoncer, en
fait, depuis cet après-midi, vous n'allez pas abroger l'article au complet et
vous ne souhaitez pas complètement supprimer le libellé de l'article 6 qui
vient interdire d'accès des personnes à visage couvert pour certains services
connexes dans nos établissements d'enseignement supérieur, incluant, là, je le
réitère, parce que, pour moi, c'est un... c'est un exemple concret qui nous a
été... qui a été mis de l'avant, les... je reviens avec la question des
cliniques-écoles. Ces cliniques-écoles forment des étudiants, ces
cliniques-écoles ont des patients qui viennent recevoir des soins. Ce sont des
soins qui sont organisés en collaboration ou en partenariat où c'est... l'organisation
de ces soins implique des CISSS, des CIUSSS. Donc, si je comprends bien, il n'est
pas question de faire une... de faire en sorte qu'on ne vise pas ces
scénarios-là.
M. Roberge : Ce qui est visé,
c'est ce qu'on a eu dans l'amendement, donc les locaux qui seraient loués,
opérés par des organismes autres que les cégeps et les universités. C'est les
seules exceptions. La règle générale, c'est qu'on donne et on reçoit des
services à visage découvert.
Mme Setlakwe : Merci. Je n'ai
pas d'autre question.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres questions, commentaires sur l'article 6?
S'il n'y a pas d'autre question, commentaire, est-ce que l'article 6, tel
qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe donc à... Sur division. Adopté sur
division. On passe à l'article 7.
M. Roberge : 7. Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 9, de ce qui suit :
«Chapitre III.1. Mesures contractuelles.»
Commentaires explicatifs : Cet
article institue le
chapitre III.1 de la Loi de la laïcité de l'État, qui
comprend l'article 10 de cette loi.
Cette modification en est une de
concordance avec l'article 8 du projet de loi qui élargit l'article 10
de la
Loi sur la laïcité de l'État afin d'ajouter des exigences contractuelles
relatives au respect du devoir de neutralité. Il est donc préférable de retirer
l'article 10 du
chapitre portant sur l'obligation d'avoir le visage
découvert pour le placer dans un
chapitre qui reflète mieux son contenu élargi.
Donc, on est plus dans la concordance puis
l'organisation du projet.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Questions, commentaires sur l'article 7? S'il n'y a
pas de question, commentaire, est-ce que l'article 7 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté.
Article 8.
M. Roberge :
L'article 10
de cette loi est modifié :
1° par le remplacement de «peut» par
«doit»;
2° par l'insertion après «découvert», de
«et qu'ils respectent les articles 4 et 4.2;
3° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Un organisme auquel s'applique le
deuxième ou le troisième alinéa de l'article 8 doit également exiger de
toute personne ou société avec laquelle il conclut un contrat aux fins d'offrir
un service visé à l'un de ces alinéas qu'elle s'assure du respect de l'obligation
d'avoir le visage découvert.»
Commentaires explicatifs : Dans sa
forme actuelle, l'article 10 de la
Loi sur la laïcité de l'État prévoit qu'un
organisme public peut exiger d'un fournisseur de services ou d'une personne ou
société à laquelle il octroie une aide financière que les membres de son
corps... pardon, de son personnel exercent leurs fonctions à visage découvert.
Le premier paragraphe modifie l'article 10 pour prévoir que l'organisme a
l'obligation, plutôt qu'à la discrétion, d'exiger le visage découvert pour les
membres du personnel du fournisseur de services.
Il est aussi prévu que ces exigences
contractuelles doivent inclure le respect, par les membres du personnel du
fournisseur de services ou de la société... ou de la personne ou société
bénéficiaire de l'aide financière, des exigences de neutralité énoncées aux
articles 4 et 4.2 édictés par l'article 3 du présent projet de loi.
L'article 10 est finalement modifié
pour exiger des fournisseurs de services ou des personnes ou sociétés
bénéficiaires de l'aide financière qu'ils assurent du respect... qu'ils s'assurent
du respect de l'obligation d'avoir un visage découvert par les personnes visées
par cette interdiction.
Cette nouvelle mouture de l'article 10
vise donc à harmoniser les règles qui s'appliquent aux organismes publics et à
leurs partenaires, quand ceux-ci offrent des services liés à la mission de l'organisme
ou travaillent dans ses locaux. Ces modifications contribuent ainsi à une
application plus cohérente et prévisible des exigences de la laïcité de l'État.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Questions, commentaires sur l'article 8? S'il n'y a
pas de question... Est-ce qu'il y a des questions, commentaires sur l'article 8?
Oui...
Mme Cadet : ...Mme la
Présidente. Bien, en fait, ici, je... peut-être... peut-être donner des...
quelques exemples ici, M. le ministre.
M. Roberge : Bien, écoutez,
des exemples contractuels... «des exigences contractuelles ont pour vocation de
s'appliquer à tout contrat ayant pour objet la prestation de services inhérents
à la mission de l'organisme pour exécuter sur les lieux de travail du
personnel» comme la rénovation des locaux d'un organisme, des contrats qui
visent, par exemple une offre de cours de francisation conclue par le ministère
de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration, il faudrait que la
francisation... ça serait offert par le ministère, mais là ce serait offert par
un sous-traitant, c'est de la même manière. Un contrat pour l'offre de services
éducatifs dans un CPE, admettons, si c'est une offre de services éducatifs dans
le CPE, bien on le fait venir pour donner des services directs, ce n'est pas un
employé du CPE, mais le CPE embauche quelqu'un pour venir donner des services
particuliers, bien il faudrait que ce soit comme ça. Puis l'idée, c'est lorsque
l'État délègue un peu ses responsabilités, fait venir un tiers pour offrir un
service que l'État offrirait, bien, il faut que ça soit aux mêmes conditions
que l'État.
Mme Cadet : OK, donc, je
comprends mieux ici, donc, l'objectif derrière l'article 10. Et, donc, je
comprends, donc, par le passé... parce que là, on change «peut» par «doit»,
c'est le premier changement. Donc, vous dites, donc, par le passé, donc, il y
avait des situations, là, comme celle que vous venez d'énumérer qui se produisaient.
M. Roberge : Bien on veut
s'en assurer. On veut s'en assurer puisqu'on vient... Le projet de loi le dit,
c'est sur le renforcement de la laïcité. Donc, avant, on avait le loisir de le
faire ou de ne pas le faire. Là, on dit, bien, en toute cohérence, on est mieux
de s'assurer du respect de ces principes-là.
Mme Cadet : OK. Et là donc,
on dit... Parce qu'évidemment, donc, c'est une chose, là, «peut exiger», donc
là, on donnait cette opportunité-là, donc, à n'importe quel organisme énuméré à
l'annexe I de pouvoir le faire, j'imagine, donc, lorsqu'il se doutait ou
lorsqu'il se disait : Bien, je pense que c'est important qu'on puisse
exiger ce type de conditions là, donc, dans le contrat de service qu'on
conclut. Ici, donc, on l'oblige, donc, là, donc, il y a quand même, donc, une
responsabilité qui est mise sur les épaules de l'organisme en tant que tel.
Vous avez nommé des exemples liés aux services éducatifs, je pense que cet
exemple-ci est assez limpide parce qu'on parle de services inhérents à la
mission de l'organisme, mais le texte parle aussi de services exécutés sur les
«lieux de travail du personnel de cet organisme», c'est peut-être là que ça
peut être un petit peu plus large que les services inhérents à la mission.
Est-ce que vous avez des exemples, disons, donc, de ce deuxième palier, là,
d'exigence ici?
• (17 h 10) •
M. Roberge : Bien, tout à
l'heure, j'ai donné l'exemple de travaux de rénovation.
Mme Cadet : Oui.
M. Roberge : Je pourrais dire
aussi une concession alimentaire.
Mme Cadet : OK. OK, c'est ce
que vous avez en tête ici. Et par exemple, donc, dans... Puisqu'on parle de
l'ensemble des organismes, ça inclut des municipalités, donc à quoi ça pourrait
ressembler dans un contrat conclu par une municipalité?
M. Roberge : Je ne comprends
pas ce que vous voulez dire, «à quoi ça pourrait ressembler»? Est-ce que vous
voulez dire...
Mme Cadet : Je veux dire quel
type de... En termes de... en termes de contrat de service, ce que... je pense
que la... effectivement, l'exemple, donc, pour une institution d'enseignement
est quand même assez clair ici. Donc, vous dites : Bon, si on délègue les
contrats de services éducatifs, c'est essentiellement l'État qui offre ces
services-là, ils sont sous traités. Donc, ça, ça me semble assez clair. Mais,
puisqu'on parle de l'ensemble des organismes énumérés à l'annexe I, bien, il
faut s'assurer que l'exigence qu'on vient mettre ici puisse être applicable à
chacun de ces organismes-là sans qu'on ait des effets auxquels on n'avait pas
nécessairement pensé, là, parce que là, vous venez de m'expliciter la volonté
du législateur, puis en plus des services inhérents, bien, vous dites : Bien,
pour tout ce qui relève des services exécutés sur les lieux de travail du
personnel de cet organisme, bien, vous nous dites, bien, une concession
alimentaire, par exemple, donc, une cafétéria dans une université, bien, ça
fait partie, donc, des espaces qui sont assujettis à cette modification
législative-là. Donc, j'essayais, donc, de voir, donc, d'autres... d'autres
exemples, là, qui ne sont peut-être pas ceux que vous aviez en tête en
rédigeant l'article 10, c'est pour ça que je donne l'exemple des municipalités.
Je pense que ma collègue a peut-être des questionnements qui sont directement
liés aux points que je viens de soulever. Donc, peut-être que ça va aider le
ministre dans sa réflexion ou à répondre à d'autres questions.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est juste que le député de Jean-Lesage a levé la main.
Mme Cadet : Ah! Pardon.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À mois que vous voulez... Oui, il a levé la main, je
reviens à vous après, Mme la députée.
Mme Cadet : D'accord.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
M. Zanetti :
L'article tel
qu'il est rédigé à l'heure actuelle, si je comprends...
M. Zanetti : ...là, il va
exiger, notamment, d'une municipalité, puis peut-être même une petite
municipalité qui a un employé à temps plein qui assure, là, qu'il exige de
toutes les personnes ou sociétés avec qui il sous-contracte un service, ça peut
être ramasser le recyclage ou toutes sortes d'affaires, entretenir la patinoire,
de s'assurer d'exiger que la personne a le visage découvert. L'Union des
municipalités du Québec s'est opposée, notamment, à cet article-là, parce
qu'ils estiment, d'une part, que le besoin n'est pas... n'est pas là, pour un
tel article, puis aussi par le fait qu'ils risquent... qu'ils estiment que ça
les expose à des risques indus de poursuites ou que ça les... ça leur donne
un... disons, un fardeau bureaucratique trop élevé. Vous ne trouvez pas que ça
ratisse large pas mal? Puis, je veux dire, est-ce que vous avez constaté,
mettons, quand vous avez écrit ça, est-ce que c'est dans l'optique de
dire : On va ratisser le plus large possible? Ou c'est parce que vous
visiez des cas spécifiques de problèmes qui ont été documentés quelque part?
M. Roberge : On ne vise pas à
ratisser le plus large possible en tout domaine, il y a des recommandations, on
l'a dit, du rapport Pelchat-Rousseau, qu'on n'a pas reprises, il y a des
amendements, j'ai déposé en liasse, tantôt, plusieurs amendements, certains amendements
sont des allègements, d'ailleurs, on ne vise pas tout le temps à aller
nécessairement plus loin à chaque fois. Ici, c'est une question de cohérence
gouvernementale, puis, vous savez, des contrats, c'est des contrats types, là,
c'est une disposition qui peut être d'emblée dans tous les contrats, je ne
pense pas que ça pose réellement des enjeux en termes bureaucratiques, là.
C'est souvent des espèces de contrats pré-écrits, puis ça devient une clause
qu'il y a d'emblée dans tous les contrats. C'est assez simple.
M. Zanetti : Donc, vous
estimez que l'Union des municipalités du Québec, là, erre dans ces craintes-là,
puis qu'ils s'énervent pour rien?
M. Roberge :
Je ne
prendrai pas ses mots, là, je trouverais que... ce serait méprisant pour moi
d'utiliser ces termes-là. Je fais simplement dire que je pense qu'il y a moyen
de le faire simplement.
M. Zanetti : Est-ce que vous
allez faire quelque chose pour répondre à leurs préoccupations?
M. Roberge : Bien, je pense
qu'on peut suggérer que ça soit d'emblée dans tous les contrats de manière
type, une fois que les... les municipalités, là, une fois qu'ils ont rédigé la
clause, après, là, c'est assez simple, là, copier-coller dans tous les
contrats, il y a .... les contrats ne sont pas tout le temps écrit à chaque
fois, là, avec une page blanche, puis on commence à écrire ça, là, à se
dire : Qu'est-ce que je mettrais bien dans le contrat aujourd'hui, là? Les
municipalités sont beaucoup plus structurées que ça.
M. Zanetti : Il y a aussi la
Fédération québécoise des municipalités qui propose, en fait, de changer le
paragraphe 1 pour maintenir le caractère volontaire et non obligatoire de cette
affaire-là, question de se donner une marge de manœuvre dans l'application,
puis que dans les cas qui sont difficiles à prévoir ici, où ça poserait tout un
problème, bien, qu'ils puissent avoir la flexibilité, là, d'agir légalement.
M. Roberge : Bien, je pense,
une question de cohérence, si les employés doivent avoir le visage découvert,
il me semble que... un service offert par la municipalité, tu sais, des fois,
on délègue, là, puis les syndicats n'aiment pas bien ça, des fois, c'est de la
sous-traitante, mais bref, c'est le même service, il peut être offert par la
municipalité, il peut être offert par un tiers, il n'y a pas de raison qu'il y
ait une disparité dans les services. Puis gouverner, c'est prévoir. Tantôt, mon
collègue disait : Il n'y en a peut-être pas tant que ça, des gens qui
portent le visage vraiment couvert en tout temps et qui tiennent à le porter
couvert pendant une prestation de travail, je ne pense pas que ce soit par
dizaines de milliers. Je n'ai pas le chiffre, si vous me demandez dénombrement,
là, je ne l'ai pas, mais je ne pense pas que ça soit si difficile de trouver
quelqu'un au Québec pour exécuter une tâche avec le visage découvert. Je ne
m'attends pas à des bris de services, là.
M. Zanetti : Est-ce que le
ministre prévoit une augmentation des personnes qui portent le visage couvert
au Québec?
M. Roberge : Je ne peux pas
présumer qu'il y en aura de plus en plus, je peux simplement dire que je pense
que c'est évident qu'il y en a plus aujourd'hui qu'il n'y en avait il y a
10 ans, il y a 20 ans, il y a 30 ans. Est-ce que cette
tendance-là se poursuivra? Je ne veux pas jouer à Nostradamus, mais je pense
que c'est le temps de... d'énoncer un cadre. Ce qu'on souhaite, au Québec? Se
voir et se regarder dans le blanc des yeux, comme on dit en bon québécois.
M. Zanetti : Je vous
remercie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, Mme a
Présidente, je pense que c'est important qu'on poursuive, là, sur la question
des préoccupations qui ont été mises de l'avant par les... les municipalités.
Les réponses... J'ai bien entendu les réponses que fournit le... le ministre,
j'entends... mais c'est facile de vérifier si quelqu'un a le visage...
Mme Setlakwe : ...découvert
ou pas, ou on met une simple clause dans un contrat. Je l'inviterais à se
pencher davantage sur la préoccupation des municipalités. Ça va plus loin que
ça. Là, j'ai le mémoire sous les yeux, je suis à la page 12 du mémoire de
l'UMQ. On parle de... que : «Les municipalités seraient contraintes
d'insérer des clauses types, oui, mais sans disposer d'outils pour en assurer
le suivi ou la vérification. Et cette lacune crée un risque important : la
responsabilité de la municipalité pourrait être engagée en cas de non-respect
par un tiers, alors même qu'elle ne dispose d'aucun moyen réaliste pour
contrôler la conformité.»
Je comprends les municipalités qui
protègent... après tout, ils sont, s'ils sont tenus responsables puis qu'ils
doivent engager des fonds publics, c'est normal qu'ils se disent : Mais si
on m'impose ce fardeau, il faut que je puisse contrôler la conformité dans un
premier temps. Et ce n'est pas juste la question du visage découvert, c'est
aussi les exigences au niveau de la neutralité : «Le fait d'avoir le visage
découvert lors de la prestation d'un service — ils le disent
eux-mêmes — est relativement simple à valider. Mais en revanche, le
respect de la neutralité religieuse est beaucoup plus complexe à apprécier chez
un tiers. Elle implique une interprétation juridique délicate et une
surveillance continue pour chaque contrat ou entente d'aide financière visé par
l'article 8 — qu'on étudie — ce qui peut facilement
dépasser les capacités opérationnelles d'une municipalité. À cet effet, le
gouvernement n'a fourni aucune donnée quant à des problématiques en matière de
gestion contractuelle ou de versement d'aide financière des municipalités en
lien avec la laïcité de l'État.»
Donc, ce n'est pas juste le visage
découvert, c'est aussi le respect des principes de neutralité. Donc, ce que les
municipalités disent, c'est que, là, vous nous demandez de porter sur nos
épaules cette responsabilité des agissements d'un tiers contractant pour
lesquels ils n'ont pas de façon d'assurer un suivi ou une vérification alors qu'ils
engagent leur responsabilité en cas de non-respect.
M. Roberge : Bien,
advenant le cas où il y aurait un sous-traitant qui ne respecterait pas cette
balise-là, bien, ce serait le sous-traitant qui serait fautif.
Mme Setlakwe : OK, je ne
suis pas sûre si c'est clair, mais j'aimerais continuer. Eux, ce qu'ils
demandent, c'est de l'enlever, là. Pour eux, c'est : «essentiel de retirer
l'article 8 afin d'imposer l'obligation, l'imposition d'une obligation
contractuelle inadaptée et difficilement applicable. Si le gouvernement
souhaite maintenir une exigence en matière de laïcité dans les contrats,
celle-ci devrait être accompagnée d'un mécanisme centralisé de vérification,
comparable à une attestation ou un certificat délivré par une instance
gouvernementale, afin de garantir la sécurité juridique des contrats
municipaux.»
Avez-vous songé à ça?
• (17 h 20) •
M. Roberge : On ne veut
pas alourdir la bureaucratie, là. On met cette condition-là, les municipalités
peuvent les inclure dans leur contrat standard. Après ça, les sous-traitants le
reçoivent, puis ça devient une condition pour aller offrir un service dans la
municipalité à la place de la municipalité. Puis je pense que ça clarifie les choses.
Mais on ne va pas créer un bureau de coordination puis je ne sais quelle
instance de vérification de validation. Il s'agit de clarifier des choses qui
sont, je pense, pour la grande majorité des Québécois, évidentes.
Mme Setlakwe : Oui, je veux
bien, mais eux sont inquiets d'engager potentiellement leur responsabilité. Or,
vous, vous répondez : S'il y a un non-respect, les municipalités ne
seraient pas tenues responsables, ce serait uniquement le cocontractant. C'est
bien ça?
M. Roberge : Oui, mais
c'est le sous-contractant qui devrait respecter cette règle-là.
Mme Setlakwe : Mais
comment la municipalité va assurer un suivi et une vérification?
M. Roberge : C'est une
question qui revient souvent, là, de la part des collègues, «comment on va
faire ça?». Je pense qu'on définit des règles, un contrat social plus clair. On
garantit aux Québécois un service laïque, on garantit aux Québécois un service
à visage découvert. On répond à une préoccupation des Québécois, un désir des
Québécois. Je veux dire, bien, quand je vais dans une municipalité, je vois le
visage de la personne avec qui j'interagis. C'est la base. Après ça, on n'a pas
besoin d'insinuer qu'on va créer un bureau de coordination et de vérification
puis de mécanisme d'inspecteurs. On va juste définir le cadre, puis les
entreprises qui voudront soumissionner puis qui voudront travailler avec les
municipalités vont s'y plier de bonne grâce. Et, si d'aventure il y a des gens
qui signent un contrat puis qu'après ils ne le respectent pas, bien, il y aura
à ce moment-là des...
M. Roberge : ...des gens qui
pourront s'en plaindre, ça sera sans doute très rare, puis, à ce moment-là,
bien, il pourra... il pourrait y avoir... la municipalité pourrait dire :
Bien, on va cesser de faire affaire avec cette personne-là qui ne respecte pas
ce terme de contrat, comme toutes autres obligations contractuelles.
Mme Setlakwe : Ça va pour
l'instant, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le député de Jean-Lesage, je reviens à vous après.
M. Zanetti : Moi, j'ai une
question pour le ministre. Dans l'article, il n'est pas mentionné... On parle à
visage découvert, mais on ne dit pas qu'il faut que la personne n'ait pas un
signe religieux qui couvre le visage, on parle juste de visage découvert.
Est-ce que ça signifie, par exemple, que quelqu'un qui voudrait se couvrir le
visage pour une raison qui n'a aucun rapport avec la religion ne pourrait pas
non plus? Tu sais, par exemple, quelqu'un qui est engagé comme sous-contractant
pour entretenir une patinoire à moins 25 en janvier, est-ce qu'il peut porter
une cagoule, mettons?
M. Roberge : Oui. C'est une
bonne question, mais ça c'est déjà dans la loi actuelle sur la laïcité de
l'État. À l'article, ça dit... en fait, on dit : «L'article 8 ne
s'applique pas à une personne dont le visage est couvert en raison d'un motif
de santé, d'un handicap ou des exigences propres à ses fonctions ou à
l'exécution de certaines tâches.» Donc, ici, on... bref, le gros bon sens
prévaut ici.
M. Zanetti : Puis vous n'y
faites pas référence, par contre, dans l'article 8, là, quand on regarde
l'article 8 isolément.
M. Roberge : Excusez-moi,
est-ce que vous avez posé une nouvelle question puis je n'ai pas entendu? Je
suis désolé.
M. Zanetti : Non, non, il n'y
a pas de problème. Mais, en fait, je lisais... Est-ce que... Comment... Quand
on prend l'article isolément, bien, en fait, on ne voit pas cette nuance-là.
Donc, comment est-ce qu'on peut comprendre que, nécessairement, cet article-là
parle uniquement du visage couvert pour une raison d'un signe religieux?
M. Roberge : OK. Bien, là, il
faut aller dans notre... la loi actuelle, la
Loi sur la laïcité de l'État, puis,
pour la compréhension, je vais lire l'article 8 et 9 de la
Loi sur la
laïcité de l'État actuelle puisqu'on y réfère, d'accord?
«8. Un membre du personnel d'un organisme
doit exercer ses fonctions à visage découvert.
«De même, une personne qui se présente
pour recevoir un service par un membre d'un personnel d'un organisme doit avoir
le visage découvert lorsque cela est nécessaire pour permettre la vérification
de son identité ou pour des motifs de sécurité. La personne qui ne respecte pas
cette obligation ne peut recevoir le service qu'elle demande, le cas échéant.»
Donc, ce n'est pas nouveau de ne pas
recevoir le service quand on refuse de se découvrir, là. C'était déjà dans la
loi depuis 2019.
«Pour l'application du deuxième, une
personne est réputée se présenter pour recevoir un service lorsqu'elle
interagit ou communique avec un membre du personnel d'un organisme dans
l'exercice de ses fonctions.»
Donc là, on a... puis cet article-là a été
modifié, mais on a le principe du visage découvert.
9, tout de suite après :
«L'article 8 ne s'applique pas à une personne dont le visage est couvert
en raison d'un motif de santé, d'un handicap ou des exigences propres à ses
fonctions ou à l'exécution de certaines tâches.»
Donc, ce qu'on dit essentiellement, c'est
qu'on pourrait avoir le visage couvert pour un motif de santé, ce qui est... ce
qui inclut, là, l'hiver, protéger ta santé en portant une cagoule parce qu'il
fait froid, c'est un motif de santé, OK, d'un handicap, si on en a besoin, des
exigences propres à ses fonctions ou ce qu'on fait en ce moment, tu sais, ça
pourrait être un casque de hockey, ça pourrait être un masque de soudeur, ça
pourrait être un masque chirurgical, etc., des... donc l'exécution de certaines
tâches. Mais, si ce n'est pas ces exceptions-là, bien, on ne doit pas avoir le
visage couvert.
M. Zanetti : Puis, à ce
moment-là...
M. Roberge : C'est ça, ça,
c'est ce qu'on a depuis 2019. Puis il n'y a personne qui se plaint que ce n'est
pas compréhensible. Avant... Depuis 2019, on disait : La personne a le
visage couvert, elle doit le découvrir juste pour une question d'identification
ou de sécurité. Là, on dit : On garde toutes ces mêmes conditions, toutes
ces mêmes compréhensions, qui n'ont pas fait l'objet de critiques, là, depuis
presque sept ans, puis on dit juste : Mais il faut le garder, le visage
découvert, pas juste pour une question d'identification, de sécurité, il faut
le garder pour une question d'interaction et de vivre-ensemble. Mais est-ce que...
M. Roberge : C'est les mêmes
conditions.
M. Zanetti : Est-ce que
l'article 9 que vous venez de citer ne devrait pas dire... faire
référence à l'article 10? Parce que, dans le fond, l'article 8 du
présent projet de loi introduit modifie l'article 10 de la
Loi sur la
laïcité et l'article 9 devrait peut-être faire référence en disant...
L'article 9 dit : Toutes les... ce qui est... ce qui est mentionné à
l'article 8...
M. Zanetti : ...insère des...
des exceptions, bien, il ne devrait pas plutôt dire ce qui est mentionné à
l'article 8 et... et 10?
M. Roberge : Ce n'est pas
nécessaire, puis on vient de me le confirmer, je le savais, mais on me l'a
confirmé, les articles doivent toujours être interprétés les uns par rapport
aux autres dans un tout cohérent, dans un projet de loi. Donc, on définit une
fois : Qu'est-ce que «visage découvert»? On définit une fois dans quelle
mesure un visage est couvert, puis il peut être couvert pour une raison de
santé, puis après ça, ça s'applique quand on fait cette même référence-là dans
la loi, ça... ça fonctionne, on n'a pas besoin de toujours répéter
l'explication.
M. Zanetti : Parfait. Je n'ai
plus de questions.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, merci, Mme la
Présidente. Donc, je reviens sur l'argumentaire qui a été poursuivi par ma
collègue de Mont-Royal autrement... Outremont, puis en lisant, en relisant,
donc, l'article 10 tel que modifié, je veux vraiment, donc, revenir sur
l'aspect de la responsabilité, parce qu'effectivement, donc, quand je le lis,
je comprends également, donc, en théorie, donc, la municipalité, donc, elle est
imputable, ici, puis je pense que c'est un peu l'objectif, là, vous êtes en
train de dire... puis avec les exemples que vous avez nommés, qui, eux, sont
très clairs, bien, une école qui se dit : Bien, on sous-traite, donc, tel
ou tel service, donc, inhérent à la mission ou même une concession alimentaire,
donc, donc ça, donc, c'est très clair, vous dites, donc, que vous avez, donc
cette responsabilité-là. Mais dans le cas, donc, d'une municipalité, vous
dites : Non seulement elle doit exiger, pas juste d'avoir un contrat, vous
nous dites : Mais lorsqu'il y a une relation contractuelle avec un tiers,
que les... ce tiers là, à la fois, exercent leurs fonctions à visage découvert,
donc, ce qui est quand même, donc, facile à repérer, là, disons, mais qu'ils
respectent aussi les articles 4 et 4.2. Et c'est là que ça devient plus
difficile, pour la municipalité, de pouvoir exercer son devoir de surveillance,
parce qu'ici on dit «doit exiger», donc, on... vous venez dire: Mais, voici,
donc, un devoir que vous avez, de surveillance, tout au long de la relation
contractuelle. C'est là, donc, la question sur l'imputabilité là, qui... qui
repose dorénavant sur les épaules de la municipalité. Donc, il y en a une qui
est plutôt, disons, de principe pour ce qui est du visage découvert, là, parce
qu'on s'entend que c'est facile à monitorer, là, je pense qu'une personne avec
un gros bon sens peut s'en accommoder, disons, même s'il y a un... il y a un
défi de principe, mais pour ce qui est de 4 et 4.2, on parle quand même de
l'exigence de neutralité religieuse et de la conduite qui est guidée, à ce
moment-là, ce sont des principes qui sont importants, qui sont certainement
partagés par les municipalités, ils sont venus nous le dire, donc, je ne pense
pas que c'est une opposition de principe de leur côté, mais ils se
demandent : Comment, moi, je vais être en mesure de surveiller ça? Puis,
s'il y a une...s'il y a une entrave à ce principe-là par ce tiers, pour
poursuivre non pas des services inhérents à la mission, là, souvent, donc, on
est là, mais lorsqu'il y a des services qui sont exécutés sur les lieux de
travail du personnel de cet organisme ... c'est un petit peu plus difficile
pour eux, donc, de toujours être en mesure de voir ce qui se passe, donc,
sur... sur un parc, là, par exemple, ou, bon, tout autre lieu. Comment est ce
que vous nous dites que la... que ce n'est pas la municipalité qui serait
responsable?
• (17 h 30) •
M. Roberge : Bien, ce que je
dis, c'est que la municipalité exige le respect de ces conditions-là, le met
dans des contrats types, là, dans des clauses types de contrats. Après, si un
sous-contractant ne respecte pas ces choses-là, ça va se savoir, comme je vous
dis, on n'a pas besoin de mettre un inspecteur à côté du... sous-contractant
pour le regarder, s'assurer qu'il suit l'ensemble de toutes les clauses, parce
que là, si je vous suis, dans tout le contrat, il y a des exigences, est ce
qu'à chaque fois, la ville met un inspecteur à côté d'un sous-contractant pour
s'assurer qu'à chaque minute, toutes les exigences sont suivies? Non. Après ça,
la ville peut voir si... si les gens sont satisfaits, s'il y a des plaintes,
s'il y a des gens qui disent : Bien, voyons, ça ne se fait pas comme ça
devrait se faire. La ville avise s'il y a des plaintes, mais je ne pense pas
qu'il faut compliquer les choses, là.
Mme Cadet : Bien, je vous
entends, mais le libellé... par exemple, on a déjà vu, donc, ailleurs dans le
projet de loi, lorsqu'on parlait de contrats, donc, disons, donc, de... de
vendre, donc, des églises vers les municipalités, est-ce que c'était l'exemple
qui était visé? On parlait vraiment, à ce moment-là, des clauses. On
disait : Bien, il ne faudrait pas qu'il y ait de clauses restrictives, on
était vraiment dans les clauses du contrat. Ici, je comprends que la volonté du
législateur, c'est de dire : Ah, bien, il faudrait que c'est... que ce
soit... en fait, il faudrait que les municipalités incluent ce type de clause
dans des contrats types, donc, vous nous dites que c'est ça, votre volonté,
c'est bien ça?
M. Roberge : Bien, ce que je
dis, c'est que la ville ou l'organisme doit exiger... en fait, c'est bien
écrit, c'est... c'est rédigé, là, de toute société à laquelle conclut un
contrat, on parle du contrat...
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17 h 30 (version non révisé
e) M. Roberge : ...Donc, si tu
dois exiger avec une société avec lesquelles tu conclus un contrat, bien, après
ça, j'imagine que c'est dans le contrat.
Mme Cadet : Et il y a une
différence entre... Non, mais c'est... suivez-moi, M. ministre. Il y a une
différence entre exiger un certain contenu, exiger certaines clauses dans un
contrat type et le fait, donc, d'exiger de la part d'un tiers avec lequel on a
une relation contractuelle d'adopter un certain comportement. Vous voyez la distinction
entre les deux?
M. Roberge : Je... Dans le
principe de subsidiarité, on va laisser la municipalité voir de quelle manière
ils vont s'acquitter de cette... de cette obligation.
Mme Cadet : Bien, c'est...
Bien, en fait, c'est là, le défi de clarté, puis c'est là, la question qui est
posée ici, parce que, si vous nous dites... En fait, dans le cas des
municipalités, parce que, là... Dans le cas des écoles, tout ce qu'on a nommé
tantôt, je pense que c'est... c'est assez clair ici, mais, dans le cas des
municipalités, la seule exigence qu'elles ont, ce n'est non pas de valider que
les choses se font correctement... donc, correctement tout au long de la
relation contractuelle, mais c'est de simplement inclure ce type de clause là
dans leur contrat. Là, c'est différent parce qu'effectivement, si le tiers ne
respecte pas une clause qui est au contrat, bien, c'est le tiers, donc, qui est
imputable ici, mais là le texte ici, ce n'est pas ce qu'il dit parce que, pour
l'exemple des écoles, ce n'est pas ça que vous voulez, puis ce n'est pas ça qu'on
veut, là, c'est assez clair.
L'exemple des écoles, on se dit... ou du
cégep, là, on se dit : Bon, là, si on sous-loue pour des contrats de
francisation, là, c'est... pardon, si on a un contrat, là, pour une formation
en matière de francisation, que c'est un tiers qui l'octroie et que, là, il y a
un non-respect, donc, des différents principes de laïcité, bien, vous avez un
devoir de surveillance. Donc, vous n'êtes pas en train de dire : Ah!
woups, occupez-vous-en puis nous, on n'est pas responsables. C'est ce que vous
dites aux autres organismes qui sont visés à l'annexe I.
M. Roberge : C'est pour ça qu'il
y a un devoir de surveillance.
Mme Cadet : Mais, pour les
municipalités ici, c'est là que ça... il y a... il y a un défi d'applicabilité
d'être en mesure, donc, de vraiment surveiller tout.
Je vous donne un exemple. Tu sais, je...
Bon, dans la Charte de langue française, donc, il y a ce type d'obligation là
qui existe, mais il y a quand même une... il y a une... en fait, il y a une
attestation, il a un certificat qui est délivré par l'OQLF qui octroie un
mécanisme de conformité, ce qui fait en sorte que, là, encore une fois, bien
là, woups, si, au cours de la relation contractuelle, un tiers ne respecte pas
les exigences de la Charte de la langue française, bien, elle n'aura pas
respecté ses propres obligations en vertu de son... de son attestation, de son
certificat, donc on est capable de lui retirer.
Donc, il y a un mécanisme de conformité
qui découle de l'obligation. Ici, il n'y a pas de mécanisme de conformité qui
découle de l'obligation qui est prévue à l'article qu'on est en train d'étudier.
Là, on dit : Ah! Bien là, mettez juste la clause. Mais l'article 10,
ce n'est pas votre volonté.
L'article 10, ce n'est pas juste de dire :
Il faut qu'il y ait des contrats types, puis après ça on s'en lave les mains,
parce que ce n'est pas ça que vous voulez pour les autres organismes.
Donc, il faudrait qu'on soit clair sur c'est
quoi, l'obligation qui repose sur la municipalité, si elle est distincte de ce
qui... ce qui repose sur les épaules des autres organismes. Bien, je pense qu'il
y a une conversation qui peut être intéressante ici. Est-ce que ce n'est pas
juste : Mettez ça dans la clause de contrat?
M. Roberge : Je ne vois pas
la complexité que ma collègue voit. On dit : «Un organisme énuméré à l'annexe
I.» Avant, c'était «peut exiger». Donc, il y en a qui l'exigeait, il pouvait l'exiger.
Ça fait qu'il y en a sans doute qui l'ont exigé et que ça n'a pas retroussé,
là, depuis sept ans. Mais là on dit «doit exiger, de toute personne», donc
on... Donc, l'organisme, qu'est-ce qu'il doit faire, c'est exiger. De quelle
manière va-t-il l'exiger? Bien, il va le spécifier, il va le clarifier, il va