CRC — 23 April 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CRC 2015-04-23
Quebec — Committees
a bien sûr agi, on le sait, et fortement pour assainir nos finances publiques,
rétablir l'équilibre budgétaire et nous
mettre à dépenser à la mesure de nos moyens. On a posé le geste fondamental d'introduire
un cran d'arrêt pour assurer la
stabilisation des dépenses publiques. On honore nos engagements pour le
contrôle de la dette, particulièrement important pour les générations futures, en continuant à soutenir le Fonds des
générations. On a donc choisi d'examiner chacune des activités du
gouvernement pour s'assurer que l'efficacité et l'efficience sont au
rendez-vous dans le cadre d'un vaste exercice
de discipline et de rigueur budgétaire. Cet exercice nous permettra, à terme,
de maintenir le niveau de service pour
les prochaines générations. Notre objectif est clair, tous les gestes que nous
posons aujourd'hui visent à redonner la liberté de choix aux générations
qui suivront.
Tous
les programmes, services et mesures administrés par le Secrétariat à la
jeunesse ont été réexaminés avec soin.
Dans ce cas, cet examen s'inscrit dans le contexte où la Stratégie d'action
jeunesse 2009‑2014, qui a été prolongée d'une année jusqu'au 31 mars 2015, est arrivée à son terme, et bien
sûr le grand développement de l'année à venir, c'est le renouvellement de la Politique québécoise de la
jeunesse et le lancement d'une nouvelle stratégie d'action jeunesse. Cet
exercice permettra de donner une impulsion
nouvelle à l'intervention du gouvernement du Québec au profit de la jeunesse
québécoise notamment grâce à de nouveaux partenariats.
Déjà,
le gouvernement met en place des éléments structurants en vue de la Stratégie
d'action jeunesse à venir. Par exemple, hier, mon adjointe parlementaire
pour les volets jeunesse et petite enfance et lutte contre l'intimidation, Mme la députée de Charlevoix, s'est jointe au
ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale pour annoncer
de nouveaux partenariats avec les carrefours
jeunesse-emploi du Québec. Les 110 carrefours jeunesse-emploi du Québec,
partout dans nos régions, sont des
organismes communautaires présents sur tout le territoire du Québec. Leur
présence locale leur donne une
expertise de terrain inégalée pour répondre aux besoins des jeunes. Les
nouveaux partenariats annoncés hier
complètent la nouvelle relation que le gouvernement établit avec ces organismes
afin d'offrir des services directs aux jeunes et permettre le
financement de projets par, pour et près des jeunes.
partenariats s'ajoutent aux capacités d'intervention des CJE. Ainsi, un total
de 20 millions seront consacrés à développer le créneau carrefour
des CJE avec des interventions ciblées en faveur de la persévérance scolaire,
et de l'employabilité, et des projets
définis localement. Au total, donc, le gouvernement confiera aux CJE plus de
65 millions de dollars
annuellement pour répondre aux besoins prioritaires identifiés par le
Secrétariat à la jeunesse et par le ministère du Travail, de l'Emploi et
de la Solidarité sociale.
Également,
je vous annonce aujourd'hui qu'on mènera une consultation sur la future
politique jeunesse au cours des mois à venir. L'exercice reposera sur un
document officiel de consultation qui présentera les grandes lignes de la proposition
gouvernementale. Son objectif premier doit être d'appuyer la jeunesse dans ses
multiples transitions vers l'autonomie
professionnelle et personnelle, familiale et citoyenne. Nous favoriserons ainsi
son plein engagement dans le
développement du Québec. Pour réaliser cet objectif, la prochaine politique
agira selon quatre axes d'intervention qui ressortent des travaux déjà
menés par le secrétariat. Ce sont l'acquisition de saines habitudes de
vie, le soutien à la persévérance aux
études, l'employabilité des jeunes, l'esprit d'entreprise et la conciliation
travail-famille et le développement d'une
citoyenneté active et plurielle. Le document de consultation présentera les
aspects de ces questions qui intéressent les citoyens et le gouvernement dans une perspective de politique
publique solide. Les groupes qui oeuvrent auprès des jeunes ou qui les représentent de même que les
citoyens intéressés seront invités à donner leur avis sur les orientations
proposées dans le document de consultation.
À la fin de la période de consultation sera organisée une table ronde où ces
avis feront l'objet de discussions entre les différents intervenants du milieu
et les acteurs gouvernementaux.
démarche de renouvellement de la Politique québécoise de la jeunesse est enracinée
dans une tradition de soutien à la jeunesse qui transcende les partis et
qui fait école à l'étranger. Il faut dire que le Québec s'inscrit, depuis le tournant du millénaire, dans un courant
international fort où les gouvernements du monde reconnaissent la spécificité
des besoins de la jeunesse et l'importance d'y répondre adéquatement.
Notre approche, au Québec, se caractérise par un énoncé de principe directeur visant à inspirer l'ensemble de l'action
gouvernementale de même que la communauté, auxquels se joignent des plans
d'action contenant des mesures spécifiques. Cette approche a été prise en
exemple dans de nombreux forums
internationaux et, tout récemment, par la Francophonie, qui a lancé sa propre
politique jeunesse au sommet de Dakar, auquel j'ai eu le plaisir de
participer.
on reconnaît que cette politique est maintenant un instrument important pour le
gouvernement, ce n'est pas elle qui
détermine tous les rapports de l'État avec les jeunes. La grande majorité des
services aux jeunes sont rendus par les
institutions, qui sont, en principe, universelles : les écoles, les
cégeps, les universités, les établissements de santé, l'aide financière
aux études, l'assurance parentale, l'aide financière de dernier recours.
La politique
jeunesse, la Stratégie d'action jeunesse et les mesures qu'elles financent sont
supplétives à ces institutions. Elles répondent à des besoins précis, souvent
pour aider les jeunes pour qui la transition vers l'autonomie présente des défis particuliers. Elle est mise en oeuvre par le gouvernement, mais aussi et surtout en partenariat avec les
organismes jeunesse de toutes les régions du Québec.
suis très enthousiasmé par la perspective de contribuer à un projet qui a tant
d'effets sur notre jeunesse à un moment
où il est plus important que jamais d'agir. C'est pourquoi j'invite tous les partis
et tous les citoyens et citoyennes à participer à cette consultation
ensemble pour les générations futures. Merci, M. le Président.
Président (M. Picard) :
Merci, M. le premier ministre. J'invite maintenant le porte-parole de l'opposition
officielle à faire ses remarques pour une période maximale de
sept minutes. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Bien, M.
le Président, comme je n'ai pas beaucoup
de temps aujourd'hui pour poser beaucoup de questions,
parce qu'il y a beaucoup de questions, je vais remettre mon temps dans mes blocs, je
vais sauter les remarques préliminaires.
Président (M. Picard) :
Merci, M. le député de Saint-Jean. J'invite maintenant M. le porte-parole du deuxième groupe
d'opposition à faire ses remarques pour une période maximale de
cinq minutes. M. le député de Chambly.
M. Roberge : Merci, M. le Président.
Alors, je veux d'abord saluer M. le premier ministre, mes collègues au gouvernement, mon collègue à l'opposition
officielle, saluer aussi tous ceux et
celles qui se sont déplacés aujourd'hui. Je
pense, ça marque l'importance des dossiers jeunesse, des gens à leur affaire et qui veulent être aux
premières loges pour voir comment ça va se
développer. Je vais y aller très rapidement, je reporterai le reste du temps ensuite sur mon
temps de questions, mais simplement, quand même, énoncer que le dossier jeunesse est un dossier
transversal, comme on le disait dans
mon ancienne vie d'enseignement. Ça touche évidemment la santé; les finances publiques, à long terme évidemment — toutes
nos décisions aujourd'hui ont un impact sur les années à venir, et donc la
jeunesse et les finances publiques
sont intimement liées — l'emploi; l'environnement, qui est toujours
un sujet encore très, très important dans une perspective de jeunesse,
encore une fois, parce qu'évidemment il y a une question de développement
durable et à long terme; l'éducation; et je
termine avec la participation citoyenne, qui est un dossier jeunesse
d'importance aussi, parce que, on le
sait, on veut former... ou, enfin, on veut aider nos jeunes à devenir de jeunes
citoyens actifs dans tous les pôles de
la société. Eh bien, pour ça, il faut les aider puis il faut être à l'écoute de
ce qu'ils ont à nous dire. Donc, je pense que le volet Participation
citoyenne est très, très important lorsqu'on parle de dossiers jeunesse et de
politiques jeunesse.
Je veux saluer le fait que, dans le respect de
la tradition, le premier ministre a choisi de conserver le dossier jeunesse. C'est une tradition qu'on a au Québec
depuis fort longtemps pour marquer l'importance de ce dossier-là. Alors,
je l'en remercie. Et voilà tout ce que je
ferai comme remarques préliminaires. Et, comme mon collègue, je remets le temps
qui reste sur le temps de questions. Merci.
Le Président (M. Picard) :
Merci. Merci, M. le député. Je suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition officielle. Pour un
premier bloc d'échange, M. le député de Saint-Jean, la parole est à vous.
Turcotte :
Bien, merci beaucoup, M. le Président. Bien entendu, je vais remercier le
premier ministre de nous donner
l'occasion de faire ces échanges aujourd'hui sur un sujet qui est quand même
assez important, quand même la jeunesse, qui est, vous l'avez dit
tantôt, l'avenir du Québec. Sans surprise, j'aimerais questionner le premier
ministre, ministre responsable de la jeunesse, sur la décision gouvernementale
d'abolir les forums jeunesse régionaux.
Tout d'abord, M. le Président, j'aimerais
comprendre un peu la séquence dans le temps. J'ai ici, devant moi, plusieurs lettres qui ont été écrites, envoyées à
certains forums jeunesse régionaux de la part du Secrétariat à la jeunesse
et, pour avoir quand même... sans jamais avoir été ministre, j'ai quand même
une certaine expérience. On a été au gouvernement 18 mois. Je sais que, bon,
quand il y a des lettres qui sont écrites et envoyées par une organisation, un ministère ou un secrétariat, bien il y a quand
même une réflexion, hein, qui est faite par le cabinet politique, dans ce
cas-ci le cabinet du premier
ministre. Donc, j'aimerais comprendre ce qui s'est passé entre le
26 février... lettre datée du 26 février qui confirme que le Secrétariat à la jeunesse
entend subventionner le forum jeunesse... je ne nommerai pas la région, mais
je peux la nommer, là, dans ce cas-ci, c'est
la Côte-Nord, je pourrai déposer la lettre par la suite, M. le Président...
donc, entend subventionner le Forum jeunesse Côte-Nord au cours de
l'exercice financier 2015‑2016 par l'entremise d'une nouvelle convention de subvention. Donc là, je vois qu'il y a une
confirmation que le Forum jeunesse Côte-Nord recevra son financement
pour l'année 2015‑2016. L'année 2015‑2016, c'est l'année qui commence le 1er
avril.
Par la suite,
le 22 avril, toujours une lettre du Secrétariat à la jeunesse qui
est envoyée au même forum jeunesse, celui
de la Côte-Nord, qui dit : «La présente est pour vous aviser
que le Secrétariat à la jeunesse ne renouvellera pas le financement des
forums jeunesse régionaux et des fonds régionaux d'investissement jeunesse — FRIJ — au
cours de l'exercice financier 2015‑2016.»
Donc, ce que
j'aimerais savoir, M. le Président,
c'est qu'est-ce qui a changé entre le 26 février et le 22 avril pour que le Secrétariat à la jeunesse, donc le ministre
responsable de la jeunesse, dans le cas du 26 février, confirme qu'il y aura
financement aux forums jeunesse et, le 22 avril, confirme qu'il n'y aura pas de
financement aux forums jeunesse. Qu'est-ce qui est arrivé entre les deux?
Le Président (M. Picard) : M.
le premier ministre.
Turcotte : ...M. le
Président.
Le Président (M. Picard) : M.
le premier ministre.
Couillard : Alors, M. le
Président, certainement... D'abord, bienvenue à mon collègue, que je retrouve,
comme l'an dernier, autour des mêmes dossiers, puis notre collègue le
secrétaire de la jeunesse pourra ajouter à mes propos.
Je vais aller
rapidement sur la question même, mais je pense qu'il faut donner le contexte de
toute cette action qui est en cours, d'abord rappeler mon profond
engagement personnel dans les dossiers jeunesse, qui est un engagement personnel, familial également. Je suis entouré de
jeunes, je l'ai été toute ma vie, et je le suis encore, et je vois très bien
les défis, dans ma propre famille, que
vivent les jeunes à peu près de l'âge de ceux qu'on mentionnait tantôt,
notamment pour accéder à l'emploi, accéder à la formation, poursuivre leurs
études. Alors, ce qui a été, bien sûr, annoncé, c'est que les conventions de soutien pour les ressources
humaines se continueraient jusqu'en juin, et que, par la suite, ce serait le
Secrétariat à la jeunesse qui prendrait la relève à partir de juin, et que les
projets déjà autorisés l'an dernier seraient poursuivis jusqu'au 31 mars 2016,
et notre collègue le secrétaire pourra donner les détails.
Maintenant, je veux remettre le contexte de
cette décision-là. Le contexte, bien sûr, premier, c'est l'équilibre budgétaire et la révision des programmes de
l'État. On ne peut jamais faire abstraction, dans toutes ces décisions, qui
sont des décisions difficiles... On
préférerait en prendre d'autres, si c'était possible, de laisser aller les
déficits et l'endettement du Québec,
ce qu'on ne croit pas possible de faire et qu'on ne fera pas, mais on doit
prendre, dans tous les secteurs de l'action
gouvernementale, des décisions selon certains principes, et les principes, ils
sont, je crois, assez simples à résumer, et on l'a exprimé à plusieurs reprises, notamment au sujet de la question
des CLD, c'est qu'on veut privilégier la fonction, la mission plutôt que
les structures. Par exemple, si on a deux catégories d'organisations qui
s'adressent à la même clientèle, par exemple
les jeunes, il faut se poser la question : Est-ce qu'on a vraiment besoin
de deux structures différentes pour
entrer en contact avec les jeunes et agir avec eux et avec elles sur le
terrain? Ce qui nous a amenés, dans le cas qu'on pourra donner, parce que c'est un examen de crédits qui va être
intéressant — et je
l'avais dit dans une réponse, je crois, à une question de notre collègue à l'Assemblée — non seulement à protéger tous les budgets
jusqu'au dernier dollar pour l'action,
au niveau des jeunes, dans les régions; à multiplier les points de contact
entre les jeunes et les organismes, parce que plutôt que 19 forums jeunesse, ce qui était bien, on a 101
maintenant carrefours jeunesse-emploi dans tout le Québec, dans toutes les régions, qui sont disponibles pour
eux et pour elles; et ajouter de l'argent en prenant l'argent de fonctionnement qui était dans la subvention
annuelle pour le transformer en soutien de projets précis pour les jeunes dans
les régions, dans leurs milieux de vie.
Alors,
évidemment, je répète, je suis conscient que ce n'est pas des moments faciles.
On préférerait que le retour à l'équilibre budgétaire se fasse par
magie, mais il est clair qu'à partir du moment où on a une impasse à résorber
de plus de 7 milliards de dollars on
doit se poser ces questions. On doit s'assurer, encore une fois, de ne pas
multiplier les structures administratives,
s'assurer également qu'on protège la mission comme on l'a fait avec les CLD, où
tous les dollars du Fonds local
d'investissement ont été préservés, mais que le site de gestion a été
simplifié, et il faut apprendre, au Québec, à arrêter de garder les
structures multiples, les diminuer, les alléger en préservant la mission.
Maintenant, pour ce qui est de la
correspondance, peut-être que le secrétaire à la jeunesse pourrait donner les
informations supplémentaires à celles que je viens de donner.
Le Président (M. Picard) : Je
vous demanderais de vous identifier. Consentement?
Le Président (M. Picard) :
Excusez.
Turcotte :
...mieux, pour l'instant, que le ministre responsable de la jeunesse explique
cette question-là.
M. Couillard : ...l'explication au
début de mon...
Président (M. Picard) : M. le député de Saint-Jean, je vais
accepter le dépôt que vous avez fait pour la lettre. Donc, c'est à vous
la parole.
Turcotte :
J'entends le ministre responsable de la jeunesse me dire que... bien, nous dire
ici que c'est pour l'équilibre
budgétaire mais que c'est pour économiser de l'argent — c'est ce qu'il a mentionné tantôt — c'est dans un contexte d'équilibre budgétaire, O.K., dans un contexte d'équilibre
budgétaire. En même temps, le ministre du Travail, de l'Emploi et de la
Solidarité sociale, tantôt, a mentionné en point de presse qu'il n'y a pas
d'économie par cette décision-là, il n'y a pas d'économie.
Ce que j'ai
entendu il y a de ça maintenant peut-être deux jours : le même ministre
expliquer un peu la ventilation du 20 millions
qui sera envoyé dans les carrefours jeunesse-emploi. Bon, 15 millions pour
aider les jeunes qui ont... pour le
décrochage scolaire, pour lutter contre le décrochage scolaire,
l'employabilité, pour les 200 000 jeunes qui ne sont ni aux études ni en emploi. Moi, j'aimerais ça qu'on me
documente ça, là. Ces 200 000 jeunes qui ne sont ni aux études ni au
travail, ça semble être une nouvelle
préoccupation, là, de la part du gouvernement. Parce que, quand le gouvernement
a fait la réforme des carrefours
jeunesse-emploi, c'était parce qu'il y avait moins de jeunes qui avaient besoin
d'aide dans les carrefours, donc on devait resserrer les règles. Là,
c'est une nouvelle préoccupation d'aider ces 200 000 jeunes là, mais, de ce
15 millions là, ça aide des jeunes directement — c'est ce qui a été dit par le ministre du
Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale — et
5 millions, pour des projets dans les communautés.
Or, dans le
document des crédits qui nous a été présenté, bien il faut constater que c'est
10 182 033 $ qui étaient dans les fonds régionaux d'investissement jeunesse, qu'on appelle les
FRIJ. Donc, concrètement, il y a quand même une coupe de 5 millions
pour les projets, les projets dans les communautés, dans les régions.
Donc, comment
le premier ministre, le ministre responsable de la jeunesse, peut confirmer
qu'il y a plus d'argent pour les projets puis qu'aucun dollar ne sera
perdu dans les projets, dans les communautés, passant de 10 millions à 5 millions pour les projets, quand on sait qu'il
y a un autre 15 millions pour aider les jeunes, mais ça, c'est pour
corriger l'erreur de la réforme des carrefours jeunesse-emploi de
l'automne passé?
Le Président (M. Picard) : M.
le premier ministre.
Couillard : M. le Président, d'abord, je vais corriger, là : les ententes qui ont
été signées avec les carrefours
jeunesse-emploi visaient précisément l'accès à l'emploi des
jeunes plus éloignés du marché du
travail, et c'est capital de se concentrer sur cette question-là.
On choisit ses priorités. Notre priorité à nous, c'est le développement économique puis l'emploi,
et on ne peut pas se permettre, au Québec, alors que notre population active baisse, de
laisser un nombre aussi élevé de
jeunes sans les aider, sans les accompagner, donner le maximum de chances
d'avoir accès à la formation et à l'emploi.
Alors, sur le plan budgétaire, comparons la situation
avant avec la situation actuelle. Déjà, le Secrétariat à la jeunesse envoie aux carrefours jeunesse-emploi 10 millions pour financer des projets subventionnés, hein? On est d'accord. Les forums jeunesse,
avec les fonds régionaux, recevaient 10 millions, plus 4 millions
de dollars de frais de fonctionnement, pour un total de 14 millions. Alors, le 10 millions aux carrefours jeunesse-emploi, il est préservé. On continue bien sûr à
soutenir les projets que les carrefours avaient déjà commencés. Le 10 millions qui est ajouté, 10 millions nouveau pour les carrefours jeunesse, est
séparé en deux blocs de 5 millions : un bloc de 5 millions pour
des projets subventionnés en services
directs adaptés aux jeunes en diplomation, en accompagnement, en
entrepreneuriat; un autre bloc de 5 millions pour des projets locaux en milieu scolaire,
participation citoyenne, mobilité interrégionale et régionale. Donc, il y a un
ajout au budget des carrefours
jeunesse-emploi par le transfert du 10 millions, de cette somme, pour des
nouveaux projets en deux blocs de
5 millions. À ça va s'ajouter dans la nouvelle Stratégie d'action jeunesse
la transformation du 4 millions de fonctionnement en projets
précis, terrain avec les jeunes dans le cadre de la nouvelle Stratégie d'action
jeunesse.
Alors, ce
qu'on a donc dans les carrefours
jeunesse-emploi actuellement, c'est un budget total de
20 millions : le 10 millions
qui était déjà là; le 10 millions transféré des forums jeunesse, séparé en
deux blocs de 5 millions, auquel va
s'ajouter 4 millions autour de l'automne, à l'entrée en vigueur ou à
l'annonce de la nouvelle Stratégie d'action jeunesse. Alors, c'est bien. Ce que je veux dire par là,
c'est que, lorsque j'ai mis le critère d'équilibre budgétaire, j'indique
également qu'on fait des choix et on
a choisi ici de ne pas diminuer la mission. Il y a d'autres secteurs du
gouvernement où on a, et de façon très
claire, diminué la mission. On a choisi de préserver la mission et les sommes
investies, mais les citoyens nous
demandent de vérifier que chaque dollar est investi de la façon la plus
efficace possible. Avoir deux structures dans une région, deux types de structure dans une région, ça ne m'apparaît
pas la façon la plus efficace de le faire, et surtout avoir 4 millions de frais de fonctionnement
qu'on peut maintenant transformer en projets précis à la lueur de la prochaine
stratégie, qui sera élaborée au cours du
printemps et annoncée à l'automne, ça m'apparaît être un gain, là, pour les
jeunes sur le terrain.
Puis je termine en parlant de l'accessibilité
dans les régions. Chez moi, à Saint-Félicien, il y a un carrefour jeunesse-emploi tout près de chez moi. Et il y en
a plein au Québec, il y en a
plus d'une centaine, au Québec, de carrefours
jeunesse-emploi qui sont beaucoup plus près des jeunes, directement, les
110 carrefours, dans les milieux de vie, dans les petites villes,
dans les petites municipalités des régions, auxquels les jeunes pourront avoir
accès.
Donc, il y a
deux missions dans le carrefour
jeunesse-emploi : il y a la
mission travail, emploi, qui continue à être soutenue par le ministère de
l'Emploi et de la Solidarité sociale,
et la mission carrefour, si on veut, qui était déjà soutenue avec le 10 millions,
qui reçoit un 10 millions de plus avec le transfert que je viens d'évoquer
et auquel s'ajoutera, pas nécessairement
pour les carrefours jeunesse-emploi, parce que ça pourrait être investi
directement dans des projets, le plus
souvent, d'ailleurs, directement dans les projets, 4 millions de frais de
fonctionnement qui est transformé en actions directes sur le terrain
pour les jeunes. Alors, c'est comme ça que les choses vont se déployer, et ça
nous permettra de rejoindre plusieurs dizaines de milliers de jeunes de façon
directe et indirecte, d'avoir des projets flexibles dans la plupart des
régions.
Alors, on se
souvient qu'on a signé, en mars 2015, des ententes entre Emploi-Québec et
les CJE pour l'aspect de l'emploi, et
il y aura, par la suite, le déploiement de tous ces projets et les projets qui
vont continuer. Les projets pour lesquels
il y a une convention acceptée l'an dernier vont se poursuivre, le secrétariat
va prendre la relève, à partir de juin, sur le plan du soutien des projets, et
il n'y aura pas d'interruption là. Mais je pense que c'est un gain, là. Je sais
que c'est difficile, je ne nie pas
que c'est difficile, mais c'est un gain net d'avoir moins de structures puis
autant de missions, autant de fonctions sur le terrain, et je crois que c'est une orientation qui est compatible
avec les autres et compatible également avec une présence accrue dans
les régions et plus près des gens, des actions gouvernementales.
Le Président (M. Picard) :
Merci. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Bien,
merci, M. le Président. Moi, bon, dans un premier temps, moi, je demande au
ministre responsable de la jeunesse de
déposer ces ententes avec les carrefours jeunesse-emploi pour qu'on se retrouve
un peu dans les
chiffres, parce que, là, j'entends ce que le ministre responsable de la
jeunesse nous mentionne... Moi, je n'ai pas de raison de ne pas le croire. De toute façon, je ne pourrais pas le dire
publiquement ici, selon le règlement de l'Assemblée. Mais, en même temps, j'ai entendu le ministre du
Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale parler d'un autre montage
financier lors de son point de presse. Donc
là, je ne sais pas si c'est parce que c'était un peu une nouvelle de dernière
minute, là, il y a deux jours, lorsqu'il l'a annoncé ou pas.
Mais, en même
temps, moi, j'aimerais citer Mme Morissette, Murielle... Martine, pardon, Martine
Morissette, qui est quand même une
spécialiste au Québec. Dans sa vie, elle pourra mettre dans ses plus beaux
coups pour l'avenir du Québec d'avoir
fondé le premier carrefour jeunesse-emploi au Québec, celui de l'Outaouais, et
qui dit ce matin qu'elle est très
attristée de cette annonce, de la fin des forums jeunesse, parce que, selon
elle, les deux organismes avaient une mission très différente, avec un
but commun, on doit le dire, la jeunesse, mais une mission très différente.
Donc,
j'aimerais, dans un premier temps, voir le dépôt des études... pas des études,
mais des ententes entre les carrefours jeunesse-emploi et le
gouvernement, dans un premier temps. Et je reviens à la charge à savoir sous
quels critères, sous quelles bases le ministre responsable de la jeunesse en
est venu à la conclusion que les forums jeunesse n'étaient plus efficaces et ne
faisaient pas bien leur travail, parce que je dois le rappeler, qu'ils ont
l'expertise dans la participation citoyenne et électorale, dans le débat de société,
dans un rôle d'entendre les opinions des jeunes, de les transmettre au gouvernement, ce que les carrefours jeunesse-emploi ne
font pas et n'ont pas d'expérience et d'expertise là-dedans. Quoique je ne suis pas le fan numéro
un... ça, c'est votre prédécesseur, M. le premier ministre, M. le premier
ministre Jean Charest, qui était le fan numéro un des carrefours, mais j'adore
les carrefours, je les ai défendus dans la réforme. Je ne suis pas contre les
carrefours. Cependant, c'est deux missions différentes.
Donc, est-ce
qu'on peut avoir le dépôt de l'entente avec les carrefours jeunesse-emploi et
le gouvernement et savoir où sont les études qui démontrent que les
forums jeunesse n'étaient pas efficaces?
Le Président (M. Picard) : M.
le premier ministre.
Couillard : Oui. Je veux
bien établir quelque chose : je ne critique en rien le travail des forums
jeunesse, là, puis je suis certain du dévouement profond des gens qui y
travaillent.
Ce n'est
pas ça, la question. La question, c'est : Quel genre d'État on doit avoir
au Québec, quel genre de fonctionnalité on doit déployer dans nos régions puis si on peut se permettre de
continuer les choses de la même façon indéfiniment ou non? Notre réponse, c'est non. Il faut regarder
les façons dont les choses sont faites dans tous les domaines, s'assurer,
encore une fois, de répondre toujours au
même principe : moins de structures — «moins de structures, s'il vous plaît»,
c'est ce que les gens nous demandent — et plus de fonctions.
Maintenant, pour les carrefours jeunesse-emploi,
je me souviens effectivement que notre collègue nous a questionnés à plusieurs reprises sur les carrefours jeunesse-emploi, je
suis content de voir qu'il apprécie leur travail, parce que c'est excellent, mais pourquoi ne pas avoir
une seule organisation qui sert les jeunes au Québec? Mais je voudrais quand même, pour balancer un peu la citation qu'il
a faite tantôt, lui rappeler celle qui date du 22 avril, de Monique Sauvé,
la présidente du Réseau des carrefours
jeunesse-emploi. Je la cite : «Nous sommes honorés par cette
reconnaissance et par la confiance
dont le gouvernement fait preuve à l'égard des carrefours jeunesse-emploi en
nous confiant un rôle prépondérant comme
partenaire jeunesse privilégié. Nous sommes enthousiastes et prêts à entamer
les travaux avec nos membres pour coconstruire
avec le Secrétariat à la jeunesse une vision d'avenir qui répondra aux
multiples besoins des jeunes du Québec.»
Et là il y a
une question effectivement de priorisation d'actions ou de thèmes d'action.
J'en ai indiqué quelques-uns tantôt,
mais je vais répéter que, pour nous, le thème fondamental, principal, central,
c'est l'employabilité et l'accès à l'emploi pour les jeunes, surtout pour les jeunes qui sont plus éloignés. Et moi,
dans ma propre famille, dans mon propre entourage, à distance, là, j'ai eu connaissance de cas
particuliers, de cas très précis de jeunes qui étaient à la recherche de
services et qui n'obtenaient pas ces
services, souvent parce qu'ils n'avaient pas ce qu'on appelle un chèque,
c'étaient des... quel terme
dérogatoire, là! des sans-chèque, qu'on dit. Pas de chèque d'assurance-emploi,
pas de chèque d'aide sociale donc, bien,
on ne peut rien. Alors, on veut particulièrement répondre aux besoins de ces
jeunes-là. On le faisait déjà quelque peu,
mais on peut le faire davantage. Et je répète que pour nous c'est un choix qui
est le nôtre, notre choix, c'est l'emploi. On ne peut pas continuer à avoir des situations, comme je l'ai expliqué
tantôt, avec un nombre élevé de jeunes qui ne sont ni aux études ni au travail. On ne peut accepter
ça dans une société qui doit se développer comme la nôtre et tirer parti
de toutes ses forces, alors que notre
population active baisse. On ne peut pas accepter des situations où des
entreprises sont obligées de faire
des missions à l'étranger pour recruter des travailleurs qualifiés, recherchent
des travailleurs dans toutes les
régions du Québec et n'en trouvent pas. On ne peut pas accepter ça. Une société
comme la nôtre ne peut accepter ça.
Maintenant,
pour ce qui est des ententes signées entre CJE et leurs partenaires, il y a eu
des ententes signées avec le
secrétariat pour les travaux déjà en cours — ces ententes-là, je crois, sont disponibles
par accès à l'information, c'est ce que le secrétaire m'indiquait — et
pour les 10 millions...
Turcotte : ...vous
acceptez de les déposer ici, hein?
M. Couillard : ... — bien,
je ne les ai pas sur moi, là — mais pour 10 millions...
Turcotte : On aura
d'autres jours de crédits.
Couillard : ...puis il y a
45 millions également, l'entente qui a été signée avec Emploi-Québec — vous le savez, on a participé à ces
débats-là — ce
qui fait 55, puis on ajoute le 10 millions dont je parlais tantôt.
Je rappelle que le
4 millions supplémentaire qui transforme les frais de fonctionnement sera
utilisé non pas à travers les CJE, mais
directement pour des projets de terrain dans la stratégie jeunesse qui est
actuellement mise en place et pour
laquelle notre collègue, mon adjointe parlementaire, est au travail avec le
secrétariat, avec les différents groupes pour s'assurer de renouveler la
politique et la stratégie d'ici l'automne prochain.
Le Président (M. Picard) :
Merci. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Bien, une question très simple. J'entends le ministre responsable de la
jeunesse, le premier ministre, dire
tout ça. Pourquoi ne pas avoir rencontré les gens des forums jeunesse pendant
tout ce temps-là? Pourquoi avoir attendu 21 jours après le 1er avril? Il y a des gens qui n'ont pas été payés,
des gens qui ont été mis sur le chômage, des gens qui ont vécu un stress incroyable. Quand les gens,
pendant trois semaines, n'ont pas de paie puis qu'ils ont quand même une
famille, des gens à charge, je trouve que ce
n'est pas respectueux d'avoir laissé planer un doute de renouveler... surtout
quand il y a des lettres qui ont été
envoyées par le Secrétariat à la jeunesse pour confirmer qu'il allait y avoir
une entente, qu'il allait y avoir de
l'argent. Et, pendant ce temps-là, les gens attendaient, depuis le 1er avril,
une réponse et avec espoir, et ça a
pris les 21, 22 avril pour qu'il y ait une réponse de la part de votre
gouvernement. Pourquoi ne pas les avoir rencontrés pour leur expliquer
tout ça?
Le Président (M. Picard) : M.
le premier ministre.
Couillard : Bien, M. le
Président, notre collègue la députée de Charlevoix a rencontré la présidente de
la Table de concertation des forums jeunesse. Moi, je suis disponible
pour des rencontres, pas aujourd'hui, là, mais je suis disponible pour des rencontres. Ça me fera plaisir d'échanger avec les
personnes qui sont dans les forums jeunesse. Mais je voudrais également rappeler ce que notre
collègue ministre de l'Emploi a dit, c'est qu'on va s'assurer que chacune des
personnes va être l'objet d'un
accompagnement individualisé pour s'assurer que rapidement leur insertion à
l'emploi se fasse soit, lorsque se
sera possible, avec les CJE soit vers d'autres emplois. Et, dans le groupe
d'âge que ces jeunes représentent, ça devrait certainement être
possible, et on va mettre beaucoup d'énergie pour ça.
Je veux juste répéter encore une fois que je ne
suis pas désincarné de ces situations-là et de l'angoisse que les gens ont ressentie. D'ailleurs, toutes les
décisions qu'on prend sont difficiles. Ce n'est pas vrai que tu prends des
décisions sur une impasse budgétaire
de plus de 7 milliards de dollars sans que ce soit difficile. C'est vrai
en santé, c'est vrai en éducation,
c'est vrai en développement économique régional, c'est vrai ici. Et, encore une
fois, ce que je demande qu'on constate,
c'est que l'effort pour la jeunesse de l'État du Québec, il n'est pas diminué,
il est beaucoup mieux canalisé, il est beaucoup
mieux concentré, et on lui permet même un ajout, là, de 4 millions de
dollars, comme je parlais tantôt. Alors, je veux bien qu'on dise qu'on n'est pas d'accord avec l'orientation,
qu'on aurait préféré maintenir les deux structures, c'est une opinion qui se justifie, sur laquelle on
peut avoir une discussion, mais on ne peut en aucun cas dire que l'effort
de soutien à la jeunesse dans les régions
diminue, puisque non seulement les sommes investies demeurent, mais que le
nombre de points de contact est encore plus
important qu'il l'était auparavant si on compare le nombre de forums au nombre
de carrefours jeunesse-emploi.
Alors, pour
moi, c'est un gain, là, c'est un gain global. Mais, encore une fois, j'apprécie
et je suis certain que la qualité du
travail a été bonne. Ce n'est pas ça qui est en cause, c'est la façon dont les
structures gouvernementales sont déployées
dans les régions, cette tendance qu'on a, malheureusement... ou qu'on a eue,
malheureusement, au Québec, de dire : Bien, même pour les mêmes
personnes, pour différentes parties des problèmes, on va faire des structures différentes. On a fait ça dans de nombreux
domaines, et c'est une des raisons pour lesquelles on se retrouve actuellement
dans la situation où on est. Alors, on a fait ce travail récemment, vous avez
vu, avec les organismes du ministère du Travail.
Ça semble loin de notre discussion d'aujourd'hui, mais c'est la même logique.
La CSST, et la Commission des normes
du travail, et une autre organisation vont être regroupées parce que c'est tout
relié au monde du travail. On pourrait bien
dire : Bien non, chacune fait quelque chose de spécifique que les autres
ne font pas, mais ça ne justifie pas en soi d'avoir des organisations
différentes.
Et ça, encore
une fois, c'est un choix. Moi, je suis tout à fait à l'aise de défendre ça
devant la population, qui, en général,
nous réclame ça, en passant : moins de structures, autant ou plus
d'actions, si possible, plus de services, mais moins de structures. Et
là-dessus on va être très fermes sur cette orientation, et chaque fois que je
voudrai l'ajouter, chaque fois que ce sera
possible de le faire, on va le faire. Dans tous les secteurs de l'action
gouvernementale, dès qu'on va
constater qu'il y a une superposition de structures, parfois pour de très
bonnes raisons, mais pour les mêmes personnes, pour les mêmes citoyens, les mêmes groupes de citoyens, on va s'assurer
d'avoir le nombre minimal de structures et, si possible, une seule structure, et c'est une orientation, qui est la
nôtre d'ailleurs, qu'on avait annoncée. Lorsqu'on parlait de rétablissement de l'équilibre budgétaire, on
disait qu'on rétablirait l'équilibre, entre autres, en diminuant les structures
administratives pour favoriser la protection des missions.
Turcotte : M. le
Président.
Le Président (M. Picard) : M.
le député de Saint-Jean.
Turcotte :
J'entends ce que le ministre responsable de la jeunesse dit aujourd'hui, mais
j'ai encore de la difficulté à concevoir...
Je peux bien comprendre que la députée de Charlevoix a rencontré la présidente
de la Table de concertation des
forums, mais, en même temps, il y a un ministre responsable de la jeunesse, qui
est le premier ministre.
faut aussi que, lorsqu'il y a des rencontres, il y ait un message à
transmettre. Et, selon les informations et les écrits... ça vaut encore
quelque chose, je pense, en 2015, quand on envoie une lettre du 26 février 2015
qui dit : «...le Secrétariat à la
jeunesse entend subventionner le Forum jeunesse Côte-Nord au cours de
l'exercice financier 2015‑2016 par
l'entremise d'une nouvelle convention de subvention. Nous vous contacterons
prochainement afin de convenir des modalités
de cette convention.» Ça, là, ça crée de l'espoir pour des gens qui se dévouent
corps et âme au quotidien pour les jeunes du Québec. Et, après ça,
silence radio. Je peux comprendre qu'il y a eu une rencontre avec la députée de
Charlevoix—Côte-de-Beaupré, mais, en même temps, il faut
qu'il y ait un message, puis moi, je veux savoir qu'est-ce qui a fait en
sorte que ça a pris autant de temps avant que ce message arrive aux gens.
Dans les
faits, les gens l'ont appris pas mal à la période de questions, lorsque j'ai
posé une question au premier ministre.
Là, ils ont commencé à voir que c'était peut-être fini pour eux. Je trouve que
ce n'est pas très respectueux pour des
gens qui se dévouent. Puis je peux comprendre qu'un gouvernement arrive puis
qu'il veut faire des choix puis changer des structures, changer d'administration. Ça, je peux le comprendre. On
n'est pas d'accord, mais je peux comprendre. Mais il y a quand même une façon d'agir, il y a des délais, puis ne
serait-ce que de le dire aux gens : Écoutez, c'est ça, notre décision. Vous pouvez la contester, mais
c'est notre décision, puis ce sera effectif au 30 juin, ce qui a été fait, mais
après plusieurs semaines d'attente et des
gens qui ont été mis sur le chômage en attendant ou des gens qui ont manqué
des opportunités d'emploi parce qu'ils
avaient toujours espoir, de jour en jour, de se trouver... de garder leurs
emplois. Moi, c'est là-dessus que
j'en ai puis c'est pour ces gens-là qui sont ici aujourd'hui, certains d'entre
eux... puis qui nous écoutent, puis qui ressentent ça, puis qui ont vécu
Puis je
comprends que le premier ministre ne veut pas faire du mal aux gens, il ne se
réveille pas la nuit pour faire mal
aux gens, mais, en même temps, je trouve qu'il a eu une attitude... puis je
voudrais la comprendre, savoir qu'est-ce qui s'est passé pour attendre puis avoir tous ces délais-là entre une
lettre qui est signée le 26 février puis, les 21, 22 avril, qu'il y a
une décision qui sort, là, qui dit : Bien, vous n'en aurez plus, d'argent,
vous n'existez plus.
Le Président (M. Picard) : M.
le premier ministre.
Couillard : Bien, M. le
Président, d'abord, je répète, hein, mon appréciation pour les gens, pour les
personnes, puis en aucun cas je ne
voudrais donner l'impression que ce n'est pas important pour moi, d'autant plus
que les jeunes dont on parle ont exactement l'âge de mes enfants.
Maintenant,
c'est une décision qui a été difficile à prendre. Elle ne s'est pas prise du
jour au lendemain. Ça a été un long débat à l'intérieur du gouvernement, à
l'intérieur du caucus des députés. On a eu de bonnes discussions puis on a
voulu également harmoniser ça aux
changements de la gouverne municipale et régionale. Et là il faut faire la
différence lorsqu'il analyse la
correspondance. C'est pour ça que je tiendrais quand même, avec son
consentement... que le secrétaire à
la jeunesse puisse donner quelques explications. Il faut différencier les
décisions qui ont été prises par les CRE lorsqu'elles ont eu à cesser leurs activités et les
correspondances qui ont été envoyées aux OBNL, aux organismes sans but lucratif,
aux OSBL, qui sont responsables de ces organisations-là.
Alors, il me semble que ce serait utile pour la
commission que le secrétaire puisse donner ces précisions.
Turcotte : Je donne le consentement. Mais une courte
réponse, parce que c'est quand même sur notre temps, hein?
Le Président (M. Picard) :
Une courte réponse, parce que, là, on a excédé le premier bloc.
M. Couillard : Oui, une courte
réponse.
Le Président (M. Picard) :
Mais allez-y, en vous identifiant.
Turcotte :
À moins que le premier ministre accepte que ça soit sur le temps ministériel.
Ça pourrait être très respectueux.
M. Couillard : On veut bien. Ça va
être très court.
Le Président (M. Picard) :
Allez-y...
M. Ducharme (Nikolas) : Donc, pour
répondre à la question, M. le Président...
Le Président (M. Picard) :
...en vous identifiant, s'il vous plaît.
M. Ducharme (Nikolas) : Pardon.
Nikolas Ducharme, secrétaire adjoint à la jeunesse.
Donc, il y a
eu deux types de correspondance : une première correspondance qui a été
envoyée aux CRE pour savoir si les obligations
des CRE seraient remplies; les obligations contractuelles qui liaient le Secrétariat à la
jeunesse et les CRE. Donc, évidemment,
il y a des décisions qui ont été prises à l'intérieur des organisations, donc les conférences
régionales des élus, qui peuvent avoir eu des impacts sur le
personnel qui avait été embauché par les CRE pour remplir les obligations
liées au mandat des forums jeunesse.
Maintenant,
la correspondance dont il est question, c'est une correspondance avec les six OBNL.
Donc, il y avait 13 CRE qui
avaient la mission forum jeunesse et six OBNL qui remplissaient aussi... pour
nous, qui remplissaient les exigences qui étaient liées aux contrats de la mission forum jeunesse.
Donc, nous, on a envoyé, effectivement, au mois de février une lettre qui ne prenait pas
d'engagement sur des montants ou sur une durée, mais plutôt
sur un désir de contacter les OBNL
pour donner suite à la fin de la convention de subvention, qui se terminait au
31 mars de cette année, ce qu'on
a fait hier. Et on a prévu avec les forums de leur donner une période
transitoire pour gérer cette fermeture, qui est maintenant demandée avec eux,
et, après le 30 juin de cette année, nous reprendrons les obligations
de ces organismes-là envers leurs partenaires pour gérer les ententes.
J'espère que ces informations sauront éclairer...
Le Président (M. Picard) :
Merci. Maintenant, du côté de la
partie gouvernementale, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Simard : Merci, M. le Président. Alors, je voudrais d'abord
saluer mes collègues responsables des dossiers jeunesse des oppositions de même que
mes collègues, les gens qui nous écoutent et, bien sûr,
les jeunes qui nous écoutent, parce
qu'on sait très bien
que la jeunesse, c'est une évidence, c'est une priorité pour notre gouvernement. Et mon collègue le député
de Saint-Jean a interrogé le premier ministre, en fait, sur l'annonce faite
hier par notre gouvernement.
Et j'aimerais
justement, avec le premier
ministre, avoir la chance d'aborder
le nouveau partenariat avec les CJE. Donc,
mon intervention ira en ce sens. Et c'est vrai qu'hier le ministre du Travail, de l'Emploi et de la
Solidarité sociale et moi-même
avons annoncé un nouveau partenariat avec les carrefours jeunesse-emploi. Ce
nouveau partenariat là vient confirmer
le rôle des carrefours
jeunesse-emploi dans les services
offerts aux jeunes du Québec. Par
exemple, dans la région de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, que je représente, lorsqu'on pense au carrefour
jeunesse-emploi, alors c'est, depuis
les 10 dernières années, 5 380 jeunes qui ont utilisé les services du
carrefour jeunesse-emploi, c'est 2 531 jeunes qui ont été
accompagnés par le carrefour jeunesse-emploi, c'est 845 jeunes qui ont profité
des placements en emploi et c'est 556 jeunes
qui ont eu l'opportunité d'être sur une mesure de développement et d'employabilité.
Alors, c'est des chiffres quand même
qui parlent pour un milieu comme le mien, où on a à la fois un secteur
semi-urbain, ensuite un secteur plus rural et même un milieu défavorisé.
Alors, avec
les carrefours, le gouvernement vise à aider une clientèle qui en a besoin, les
jeunes ni en emploi ni aux études, ce
qu'on appelle aussi les NEET, ou encore les sans-chèque, ces jeunes qui vivent
des transitions difficiles entre leur
scolarisation et l'entrée sur le marché du travail. Les raisons qui expliquent
ces difficultés sont multiples. On parle,
entre autres, de jeunes non disponibles au travail à cause de responsabilités
familiales ou encore en raison de santé, de maladie ou de handicap, des jeunes désengagés qui ne sont pas à la
recherche d'emploi et qui n'ont pas été intéressés non plus à retourner aux études, et ça, dans ma
région, il y en a, comme dans la plupart des régions, dont celle de mon collègue, évidemment, aussi, le député de
Saint-Jean, certainement. On parle de jeunes qui attendent une offre d'emploi
qui cadre avec leurs compétences mais sans
nécessairement faire des démarches en ce sens. On parle également des jeunes
qui décident de réaliser des projets personnels, comme des voyages.
On sait très bien que plusieurs jeunes...
Le Président (M. Picard) : S'il
vous plaît, on s'adresse ici, on ne s'interpelle...
Simard : Oui. Bien, c'est
ça, c'est les commentaires. Excusez-moi. C'est mon temps de parole, effectivement.
Alors, on
parle des jeunes qui quittent pour un certain temps et qui ensuite reviennent
soit dans leurs régions ou simplement
au Québec, parce qu'il y en a quand même qui quittent pour
l'international. Alors, pour répondre à la question de mon collègue le député
de Saint-Jean, tout à l'heure, qui se demandait d'où provient le 200 000
jeunes, c'est l'Institut de la statistique du Québec qui évaluait, en 2012,
qu'il y avait 200 jeunes âgés entre 15 et 29 ans dans cette situation... 200 000, pardon, bien sûr, et
non pas 200 jeunes, donc, qui sont dans la situation d'être des sans-chèque.
Alors, ce sont eux, ces jeunes, que
nous retrouvons dans toutes les localités du Québec, pour qui la vie n'est
pas toujours facile, bien sûr, et que nous allons aider
avec ce nouveau partenariat.
Les carrefours jeunesse-emploi sont présents sur
l'ensemble du territoire québécois, on parle de 110 carrefours jeunesse-emploi. Alors, c'est des services à
travers le territoire québécois. Dans ma région, c'est un centre de services
à Baie-Saint-Paul, centre de services à
La Malbaie, donc dans Charlevoix-Est, ainsi qu'un centre de services à
Beaupré, sur la Côte-de-Beaupré.
Alors, les carrefours sont des organismes
communautaires qui ont comme mission d'accompagner les jeunes de 16 à 35 dans leurs démarches d'insertion
sociale et économique qui veulent soit retourner aux études, obtenir un emploi
ou créer une entreprise. Les CJE reçoivent
du financement du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale
depuis sa création en 1995. Le Secrétariat à la jeunesse finance les carrefours
depuis le début de la Stratégie d'action jeunesse
2009‑2014. Alors, les carrefours ont une approche communautaire qui repose sur
certaines assises : démocratie, citoyenneté
active, solidarité, justice sociale, respect des individus, partenariat et
collaboration avec les communautés, complémentarité
des actions avec les autres organisations, volontariat, autodétermination par
le milieu. Les carrefours jeunesse-emploi
offrent des services en employabilité en collaboration avec Emploi-Québec. En
plus, ils sont financés par le
Secrétariat à la jeunesse pour deux mesures, idéaux en fait, qui avaient pour
objectif d'identifier le développement de la culture entrepreneuriale en
renforçant la cohérence et l'arrimage des interventions et qui se déploie à
travers le financement
d'un réseau de 98 agents de sensibilisation à l'entrepreneuriat jeunesse
répartis dans 87 CJE, qui ont notamment pour mandat de sensibiliser et de soutenir les différents acteurs qui
travaillent au développement de l'entrepreneuriat jeunesse et le
financement du fonctionnement du RCJEQ.
La SAJ, qui
avait pour objectif de combattre le décrochage scolaire en accompagnant les
jeunes afin d'augmenter leurs
facteurs de réussite, qui se déploient par l'entreprise d'intervenants qui
accompagnent et guident les jeunes en leur fournissant les moyens leur permettant de définir leurs besoins et leurs
objectifs... Ces intervenants travaillent de pair avec des organismes locaux — éducation, emploi, santé et
communautaire — afin
d'obtenir des services aux jeunes. Le premier ministre pourra certainement en parler davantage, mais ces mesures, qui
sont des services directs aux jeunes, seront bonifiées dans le cadre de
nouveaux partenariats. On parle ici de l'ajout de 5 millions pour ces
services.
En accentuant le rôle des CJE dans les
communautés du Québec, le gouvernement renforce son partenariat fructueux avec
un organisme qui est près des jeunes et de leurs communautés avec ses 110
points de service à travers l'ensemble des
régions du Québec. D'ailleurs, hier, le Réseau des carrefours jeunesse-emploi
du Québec, dont la présidente, Mme
Monique Sauvé, était présente avec nous hier, nous a mentionné qu'ils étaient
honorés, donc, par cette reconnaissance et par la confiance dont le
gouvernement fait preuve.
J'aimerais
poser la question suivante, maintenant, au premier ministre, savoir s'il peut
nous expliquer concrètement le nouveau mandat des carrefours
jeunesse-emploi.
Le Président (M. Picard) :
Merci, M. le premier ministre.
Couillard : Alors, merci, M.
le Président. Puis on a tantôt demandé l'origine de la statistique des
200 000 jeunes, alors je suis heureux de donner la référence. Je
pense que tous les citoyens qui écoutent et les personnes ici présentes devraient faire l'exercice de consulter cette
référence. C'est une publication de 2014 de l'Institut de la statistique du
Québec qui s'intitule Regard
statistique sur la jeunesse — 1996 à 2012 — page 119. En gros, on y apprend
effectivement qu'il y a 200 000
jeunes de 15 à 29 ans qui ne sont ni au travail ni à l'étude pour plusieurs
raisons, parce qu'il faut les classifier correctement, de plusieurs
façons. Il y a des normes internationales là-dessus.
La bonne
nouvelle, c'est qu'il y en a 710 000 qui étudient et 585 000 qui sont
au travail. Alors, cette classification, en fait, divise les personnes qui n'ont pas d'activité en des catégories
plus subtiles, là, les chômeurs, plus quatre autres catégories : les personnes non disponibles au
travail parce qu'elles ont une responsabilité familiale ou à cause de leur
santé; les personnes désengagées, qui
ne cherchent pas d'emploi parce qu'elles croient ou qu'ils croient qu'aucun
travail n'est disponible et qu'ils ne sont pas non plus intéressés à
poursuivre une formation; les chercheurs d'opportunité, qui se satisfont en attente que se manifeste une occasion
d'emploi qui cadre avec leurs compétences sans nécessairement faire de recherche active en ce sens; et ceux qui font
le choix volontairement d'être inactifs — par exemple un projet comme un voyage ou une activité artistique. Alors, on
voit qu'il y a toutes sortes de situations personnelles qui sont relevées, et
ces statistiques sont relevées de la même façon dans la plupart des
pays, et ça nous permet de les comparer d'un endroit à l'autre. La bonne nouvelle, c'est que plus l'âge avance... parce qu'on
est de 15 à 29 ans, mais, si on prend les 15 à 19, 20-24, 25-29, moins il y a de gens bien sûr qui
sont aux études, mais plus il y a de gens qui sont au travail, et ça, en soi
c'est une bonne nouvelle.
Maintenant, je vais aller maintenant sur la
question de ma collègue sur le partenariat. Ça va devenir un des éléments-phares de la prochaine stratégie jeunesse
du gouvernement, qui sera présentée bien sûr par notre gouvernement au cours des prochains mois. On pourra revenir
tantôt sur l'élaboration de cette stratégie et l'éloignement dans le temps
ou l'étalement dans le temps des différentes interventions. Alors, les
carrefours jeunesse pourront mettre en place des services directs qui vont développer des interventions en trois
catégories : d'abord, des interventions en partenariat avec le
milieu scolaire visant la poursuite, le retour aux études ou la diplomation des
jeunes de 15 à 19 ans à risque de décrochage
scolaire ou qui ont été l'école sans diplôme, l'éternel problème important pour
notre société, la persévérance scolaire; deuxièmement, les interventions
en partenariat avec Emploi-Québec et les services sociaux locaux visant la stabilisation, l'orientation, l'accompagnement des
jeunes de 15 à 29 ans qui ont des transitions difficiles — et on en a tous connu dans nos milieux familiaux et chez nos proches — dans leurs parcours d'insertion sociale et
professionnelle, notamment les jeunes
sans soutien public du revenu, c'est-à-dire qui ne reçoivent ni l'aide
financière de dernier recours et qui
ne sont pas admissibles à l'assurance-emploi — encore une fois, les exemples existent, et on
les connaît; les interventions en
partenariat avec les organismes du milieu et les autres partenaires du
secrétariat, qui visent à favoriser la planification et la réalisation
de projets communautaires ou des prédémarrages d'entreprise de jeunes de 15 à
Alors, le
deuxième projet permettrait aux CJE, avec les jeunes de leurs communautés
respectives, d'obtenir du financement
pour des projets locaux, régionaux, internationaux. D'ailleurs, on pourrait parler
plus tard d'une nouvelle activité qui
est ouverte avec des nouveaux crédits pour l'action internationale des jeunes,
et ça nous permet également de donner
suite aux engagements qui ont été pris à Dakar, au Sommet de la Francophonie.
Plus spécifiquement, les projets qui
viseront à mobiliser les jeunes de 15 à 29 ans aux défis sociaux et
environnementaux de l'époque en leur donnant la possibilité de réfléchir à leur avenir professionnel tout en développant
leurs compétences comme citoyens et en gagnant confiance en eux, ça, je crois que c'est vraiment la clé, encore une
fois, suite aux exemples que j'ai connus. La question de la confiance en
soi, de l'estime de soi est absolument capitale.
La mise en
place des projets vise aussi à donner une image positive de la jeunesse aux
membres des communautés locales. Pour
ce faire, on a un programme de subvention qui comporterait trois volets, trois
volets, encore une fois : d'abord, le volet visant le milieu scolaire, les écoles secondaires en lien avec
un des axes de la Politique québécoise de la jeunesse et sans se
substituer aux mesures qui déjà existent; le volet de la participation
citoyenne, des activités dans le cadre desquelles les jeunes s'engageraient
dans un projet reconnu à valeur sociale ajoutée; et un volet mobilité. Les
projets permettraient
aux CJE de proposer aux organismes de jeunes des projets de stage avec des
jeunes connaissant des difficultés dans
leurs parcours personnels. On pense que c'est plus ou moins 300 jeunes par
année qui développent leurs compétences personnelles et professionnelles
à travers ces stages.
Alors,
d'abord, il y a des mesures transitoires qui restent à convenir entre les
forums jeunesse et le Secrétariat à la jeunesse
qui vont permettre au personnel de reste en poste jusqu'au 30 juin 2015. En
plus, les engagements contractuels pris
en 2014‑2015 pour 2015‑2016 par les CRE et les forums seront maintenus jusqu'au
31 mars 2016 ou d'ici à la date prévue
de l'entente. Après le 30 juin prochain, c'est le Secrétariat à la jeunesse qui
prendra le relais des CRE et des forums jeunesse en ce qui a trait au
suivi des ententes, comme M. le secrétaire l'a dit il y a quelques instants.
En plus,
Emploi-Québec — et je
vais le répéter, c'est important, et j'y ai tenu personnellement — accompagnera les employés des forums jeunesse dans leur recherche d'emploi. En
parallèle, le secrétariat, en partenariat avec les carrefours jeunesse-emploi, mettra en oeuvre un projet pilote
de l'application des nouveaux partenariats. On pense que c'est une vingtaine de CJE qui feront
partie de ce premier
cadre expérimental dans l'ensemble des régions du Québec, qui sont les trois types de régions existants au Québec :
urbain, semi-rural et rural. Et on voit pourquoi les CJE sont enthousiasmés
par la possibilité d'ajouter à leurs actions dans une optique qui est
franchement correspondante à ce qu'on entend ces jours-ci. Les carrefours ont également une approche communautaire qui
reporte sur des assises importantes, comme la démocratie, la citoyenneté active et, je m'excuse pour l'anglicisme,
l'«empowerment», la solidarité, la justice sociale, le respect des individus, partenariat et
collaboration avec les communautés, complémentarité des actions avec les autres
organisations... volontariat, pardon, et autodétermination par le milieu.
Alors, il y a
lieu, là, de reconnaître cette compétence, de réunir les forces, réunir les
ressources financières, diminuer les coûts de fonctionnement et
continuer à agir, M. le Président.
Le Président (M. Picard) :
Merci. Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Simard : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, j'aimerais maintenant
m'entretenir du bilan politique québécois à l'égard de la jeunesse et de
la Stratégie d'action jeunesse avec le premier ministre.
Alors,
faisant suite au consensus du Sommet
du Québec et de la jeunesse de février 2000, le gouvernement du Québec dévoilait, le 29 mai 2001, sa
première politique québécoise à l'égard de la jeunesse, intitulée La
jeunesse au coeur du Québec . La politique québécoise à l'égard de la jeunesse
a pour objectif central de permettre à tous les jeunes de se réaliser pleinement et d'être des citoyens actifs
et engagés dans la société québécoise. La politique québécoise à l'égard
de la jeunesse est mise en oeuvre par le biais des plans d'action
gouvernementaux administrés par le Secrétariat à la jeunesse. Ceux-ci ont comme objectif de donner une cohérence aux actions du gouvernement envers les jeunes et d'en coordonner une
partie.
Depuis l'adoption de la politique québécoise à
l'égard de la jeunesse en 2001, trois plans d'action gouvernementaux se sont succédé, le dernier étant la Stratégie
d'action jeunesse 2009‑2014. Lancée le 29 mars 2009, la Stratégie
d'action jeunesse 2009‑2014 se
déployait en fonction de six grands défis regroupant 115 programmes, mesures ou
services, dont une cinquantaine sont sous la responsabilité directe du
Secrétariat à la jeunesse, les autres étant sous la responsabilité partagée du Secrétariat à la jeunesse et d'un
ministère ou encore sous la responsabilité d'un autre ministère ou organisme,
et j'aimerais vous énumérer ces défis :
c'était le défi de l'éducation et de l'emploi; nous avions le défi de
l'entrepreneuriat, le défi de la
santé, le défi des régions, le défi de la diversité ainsi que le défi de
l'environnement. Les programmes, mesures et services financés par le
Secrétariat à la jeunesse ont été mis en oeuvre par environ 260 partenaires.
L'actuelle Politique québécoise de la jeunesse
et la Stratégie d'action jeunesse ont eu des effets positifs sur la jeunesse du Québec. Toutefois, force est de
constater que les objectifs de ces derniers sont différents des aspirations des
jeunes d'aujourd'hui. Le premier ministre a mentionné lors de son allocution
d'ouverture qu'il comptait revoir ces deux
politiques. J'aimerais qu'il nous explique la démarche du gouvernement, donc,
afin de mettre à jour ces politiques.
Le Président (M. Picard) :
Merci. M. le premier ministre.
M. Couillard : Merci, M. le
Président. Puis je veux saluer l'aide et la participation de ma collègue la
députée Charlevoix—Côte-de-Beaupré
dans ces dossiers importants, puis elle n'a pas fini son travail, parce qu'il y
a encore beaucoup à accomplir au cours des prochains mois.
Je pense que
tout le monde constate — d'ailleurs, on en avait parlé l'an dernier aux crédits — qu'après 14 ans d'existence la politique à l'égard de la jeunesse
n'est plus adaptée au contexte dans lequel évoluent les jeunes d'aujourd'hui.
Pourquoi? Parce que les besoins et les
circonstances, les modes de vie des jeunes de ce groupe d'âge, de 15 à 29 ans,
ne sont certainement plus les mêmes
que ceux de la précédente génération. L'actuelle politique s'adressait à la
génération née entre 1980 et 1994. La prochaine s'adressera à celle née entre
1995 et 2009 dans un univers totalement différent. Il y a les médias
sociaux, mais il y a d'autres éléments également qui changent rapidement dans
la société.
De façon plus
globale, la situation sociale et économique québécoise a évolué, notamment
l'avancée à cause des changements
démographiques. La démographie du Québec va considérablement changer — elle a commencé à changer,
d'ailleurs — au
cours des 15 prochaines années. Le nombre et le poids relatifs des jeunes de 15
à 29 ans dans la population va diminuer, on
l'a vu tantôt, alors que la proportion des personnes âgées de 65 ans et plus va
croître. L'espérance de vie en
augmentation et la décroissance de la population active auront des effets
considérables notamment sur le marché du
travail, sur la fiscalité, sur les dépenses publiques et sur les régimes de
retraite. Il est clair que de nouvelles politiques spécifiques aux jeunes sont nécessaires. Il est
clair qu'on ne peut pas se permettre dans la situation du Québec, alors que
notre population active, c'est la seule de
toutes les grandes provinces canadiennes qui a commencé à décroître depuis
2013... Alors
qu'on a cruellement besoin de croissance économique et de prospérité, on ne
peut plus se permettre de laisser personne derrière. Il faut activer l'accompagnement, il faut accompagner les gens
dans les milieux pour que l'accès à la formation, d'abord, parce que c'est nécessaire, et à l'emploi
soient le plus facilités possible. Le secrétariat, sous l'ancien gouvernement,
avait déjà amorcé des travaux qui avaient résulté en livre blanc. C'est une
production intéressante mais qui doit être complétée pour produire la nouvelle
politique dédiée à la jeunesse.
Alors,
la suite de la démarche au coeur de laquelle sera notre consoeur sera la
suivante. Un document de consultation sera lancé au cours des mois à
venir. Son contenu sera fondé sur les préoccupations et les opinions exprimées
par les jeunes et les citoyens au cours de
la consultation préliminaire, sur les analyses gouvernementales, entre autres
celles du Secrétariat à la jeunesse,
quant aux besoins des jeunes et la capacité des outils d'intervention du
gouvernement à y répondre, sur les
orientations gouvernementales actuelles, notamment l'importance d'avoir des
finances publiques saines afin de conserver
la marge de manoeuvre non seulement de la génération actuelle, mais des
prochaines générations en matière de politiques publiques, incluant le
maintien du soutien aux personnes dans notre société.
document fera l'objet d'un événement de consultation qui donnera la place
centrale aux organismes qui oeuvrent auprès
des jeunes ou qui les représentent. Ceux-ci auront alors la chance de discuter
des différentes orientations de la future politique à l'égard de la jeunesse de même que de la Stratégie action
jeunesse pour les premières années, M. le Président.
Président (M. Picard) : Merci. Il reste deux minutes à ce
bloc-là. Est-ce qu'il y a quelqu'un ou on transfère...
Mme Simard :
On va le reporter.
Le Président (M.
Picard) : Comment?
Mme Simard :
On peut le reporter?
Le Président (M.
Picard) : Oui, oui, pas de problème.
Donc,
je cède maintenant la parole au porte-parole du deuxième groupe d'opposition. M. le
député de Chambly,
c'est à vous.
Roberge : Merci, M. le Président. D'abord, je veux revenir sur le sujet dont mon
collègue a parlé tout à l'heure, c'est-à-dire la disparition, la dissolution des forums
jeunesse, et sur la manière aussi, parce que, on va y revenir, est-ce que c'était une bonne idée? Est-ce que ce sera
plus efficace? Si ça l'est, on verra bien, puis ce n'est pas du côté de ma
formation politique qu'on va s'opposer à remettre des choses en question, à
revoir les façons de faire quand c'est nécessaire
puis à essayer d'être plus efficace, le plus efficace possible pour que chaque
dollar rende réellement service aux
jeunes. Mais, des fois, on dit : Tout est dans la manière, puis il faut
voir aussi quelles sont les motivations, parce que ça a été un peu quand même erratique comme façon
de procéder. D'après les contacts que j'ai eus avec les gens autant des carrefours
jeunesse-emploi que des forums
jeunesse, les six derniers mois ont été six mois d'incertitude, et même du
côté des carrefours jeunesse, là, qui, aujourd'hui, semblent être favorisés par
la conclusion de l'affaire, et ça, ça m'amène à dire qu'il y a six mois
le gouvernement ne savait absolument pas où il s'en allait.
Donc,
ma question, c'est : Quand la décision a-t-elle été prise qu'il fallait
miser sur les carrefours jeunesse-emploi et transférer la gestion vers
cet organisme-là? À quel moment ça s'est pris?
Le Président (M.
Picard) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien, M. le Président, je voudrais d'abord dire que je suis quand même
content. J'aurais été fort surpris
d'entendre le contraire venant de la deuxième opposition, qu'ils
s'objecteraient à une révision en profondeur des façons de faire, de la diminution des structures et de la maximisation
de l'impact de chaque dollar public investi. Je crois que là-dessus on
se rejoint très bien.
a été, je le répète, une décision qui a été difficile, qui a été longue à
prendre, et le jour précis et l'heure à laquelle elle s'est prise n'est pas pertinent à ces débats. Ce qu'il est
important de dire, c'est que c'est très récent, parce qu'il y a plusieurs hypothèses qui ont été envisagées de
toutes les façons possibles, incluant les corrélations avec les modifications
à la gouverne régionale. Donc, ça s'est
fait, je dirais, assez récemment, assez récemment, lorsqu'on a pu dégager, à
l'intérieur de notre caucus de
députés qui participent activement à ce genre de discussion là, un consensus
sur la voie à suivre. Et ce qui a
convaincu l'ensemble des collègues, parce que ça ne s'est pas pris en
isolement, là, dans notre bureau, au Conseil exécutif, ce qui a convaincu nos collègues, avec la participation de
notre consoeur la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, c'est la préservation des sommes pour la mission dont on parle, la
transformation d'une somme de fonctionnement en services directs et en
projets concrets sur le terrain et la multiplication des points de contact pour
les jeunes dans les régions par rapport à la situation actuelle.
Maintenant,
je vais encore répéter que je suis vraiment préoccupé et je ne prends pas à la
légère l'incertitude que les personnes ont vécue, autant dans les CRE,
d'ailleurs, parce que la même chose s'est vécue là, que dans les autres
organismes de développement régional et également dans les forums jeunesse.
J'en suis conscient et j'espère que les difficultés
seront réduites au maximum et qu'on pourra faire en sorte... c'est pour ça que
j'ai demandé à mon collègue le
ministre de l'Emploi de s'assurer que chaque personne soit accompagnée,
contactée, pour s'assurer qu'on puisse les orienter le plus rapidement possible vers une activité soit similaire
avec les carrefours soit voisine dans d'autres organisations.
Alors,
effectivement, il y a de nombreuses décisions à prendre lorsqu'on doit résorber
une impasse budgétaire de plus de 7 milliards de dollars. On veut
toujours faire pour le mieux, mais ce que je veux dire cependant, c'est que cette décision a été
longue à prendre parce qu'elle a été difficile, complexe, plusieurs choses
entraient en cause et ont été évaluées.
Et je suis conscient, encore une fois, de l'impact de ces décisions. Je ne
prends aucune de ces décisions à la légère, mais je le fais parce que je crois que ces décisions sont motivées par
l'intérêt supérieur du Québec d'aujourd'hui et de demain, et notamment de la prochaine génération.
Maintenant, et encore une fois, je suis conscient que ce n'est pas facile,
je ne veux surtout pas minimiser les
impacts, incluant les impacts d'incertitude, dont notre collègue nous parle.
J'en suis entièrement conscient, M. le Président.
Le Président (M. Picard) :
Merci. M. le député de Chambly.
Roberge : Oui. Enfin, toujours sur le processus, sur la gouvernance,
parce que, dans le fond, essentiellement, là, de quoi on parle depuis tantôt, c'est de la gouvernance, autant la
gouvernance des carrefours jeunesse-emploi, des forums jeunesse que du gouvernement lui-même, sa façon de
prendre la décision, de l'annoncer, il semble qu'il y a eu des décisions
et qu'il y a eu une succession de décisions prises l'une après l'autre se
contredisant l'une l'autre.
Parce que ça s'est fait par appel, d'abord. Il y
a des gens qui se sont fait appeler et qui, au téléphone, se sont fait dire : Bien, votre organisation, vous devriez subir une coupure d'à peu près 5 %. D'autres se sont fait dire : Ah!
vous allez probablement vivre une
fusion. En Montérégie, là, il y a eu... je ne dirais pas «une rumeur», parce
qu'une rumeur, c'est quand les gens, dans l'incertitude, se mettent à se
faire des idées, mais là ça n'a pas été une rumeur, ça a été une directive qui
venait du gouvernement, mais au téléphone, je ne sais pas si... pour qu'il n'y
ait pas de preuve, mais au téléphone pour se
faire dire : Bien, il va y avoir une fusion, préparez-vous, pour
finalement avoir une lettre puis un autre appel, qui dit :
Finalement, ce qu'on a dit au téléphone, ça ne tient pas.
Donc, je
comprends qu'il y a une décision difficile à prendre. On jugera si elle était
bonne ou pas, mais je reconnais que
c'est une décision difficile à prendre, difficile à annoncer, mais il faudrait
quand même, je pense, revoir nos façons d'annoncer la décision, parce
que ce n'est sans doute pas la dernière, là.
Est-ce qu'on pourrait avoir un processus
différent pour d'abord peut-être rencontrer les gens ensemble et leur donner
des engagements formels sur papier plutôt que d'y aller par téléphone?
Le Président (M. Picard) : M.
le premier ministre.
Couillard : M. le Président,
le plus possible on veut le faire directement, là, mais, encore une fois, le
collègue fait bien de le souligner, ce ne sont pas des décisions qui
sont évidentes, parce que chacune a des avantages et des inconvénients. Cette décision elle-même a des
avantages et des inconvénients. Le fait d'avoir gardé le statu quo aurait
également eu des avantages et des inconvénients.
Et je veux juste redire très clairement pour les
collègues, pour la population qui nous écoute que moi et le gouvernement... et moi pour le gouvernement,
j'assume entièrement la responsabilité des décisions qui sont prises. Je
le vois, la société est en changement
profond. On doit changer le Québec, on ne peut plus continuer à faire les
choses de la même façon. Moi, je n'accepte plus les réponses «il faut
continuer à faire ça comme ça parce qu'on a toujours fait ça comme ça» ou «pourquoi il faut changer?, on a
toujours fait ça différemment». On ne peut continuer à gouverner le Québec
de cette façon.
Maintenant,
quant à la question de la communication avec les groupes concernés, j'entends
très bien ce que le collègue me dit. Si
certains se sont sentis éloignés ou lésés par le processus, j'en suis désolé.
On fera le mieux possible et dans le
passé et dans l'avenir, mais on va prendre les décisions. Ça, c'est ce que je
vais dire à la population qui nous écoute :
Des décisions ont été prises, des décisions sont prises, des décisions seront
prises. Et le plus vite possible on retrouve la solidité de l'équilibre budgétaire, le plus vite possible on pourra
s'engager avec un rythme de croissance des dépenses qui sera plus
soutenable, disons, pour l'ensemble des missions de l'État, notamment les
missions sociales.
Le Président (M. Picard) :
Merci. M. le député de Chambly.
Roberge : Merci. Je m'interroge maintenant par rapport à la prochaine
Stratégie d'action jeunesse. Le premier ministre a annoncé tout à
l'heure que les processus seraient mis en branle. Alors, ma question :
Est-ce que ce sera ce printemps ou cet automne que la consultation commencera?
Le Président (M. Picard) : M.
le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je veux répondre précisément à
la question de mon collègue, d'autant plus que j'avais un échéancier précis qui vient de m'être remis. Ça tombe bien.
Alors donc, je rappelle que l'actuelle politique est en vigueur depuis
2001, je n'ai pas à répéter les explications sur la raison pour laquelle il
faut la renouveler.
Alors, voici
l'échéancier. La consultation sera lancée ce printemps — là, j'espère que le printemps va finir par
arriver, M. le Président, il y a certains
jours, ces jours-ci, où j'ai des doutes; période de dépôt de mémoires pour
l'été et l'automne 2015; un événement
de consultation à l'automne 2015. Il y a déjà eu une consultation, on se
souvient, en 2013, des jeunes et des
intervenants, 4 000 personnes ont été rencontrées, mais, à ce moment-là,
pas de consultation des groupes jeunesse.
La politique jeunesse sera donc annoncée à la fin de l'année 2015, et la
Stratégie d'action jeunesse sera lancée au printemps 2016 pour cinq ans,
donc de 2016‑2017 à 2021‑2022. Et, s'il veut, on pourra lui répéter ces
dates-là.
Le Président (M. Picard) : M.
le député de Chambly.
Roberge : Merci, M. le Président. Est-ce qu'on pourrait déposer, s'il
vous plaît, ce document, ce calendrier, pour ne pas que je sois pas
obligé de faire de la sténo, là, et noter tout ça à la mesure où vous parlez?
Le Président (M. Picard) : M.
le premier ministre.
Couillard : Alors, on va
faire un document correct, là, puis qui contient exactement les mêmes
informations, puis on va le transmettre aux membres de la commission.
Le Président (M. Picard) :
Vous allez le déposer à la commission, s'il vous plaît.
Couillard : Lorsqu'il sera
préparé, on va le présenter correctement. D'ici la fin de la session, qui se
termine dans une couple d'heures, là, on devrait certainement être
capables de le transmettre aux collègues.
Le Président (M. Picard) :
O.K. Merci. M. le député.
Couillard : Et, en passant,
je veux juste, brièvement — je le fais sur tous les thèmes semblables — inviter mes collègues de l'opposition à participer aux travaux, s'ils veulent
participer aux rencontres, aux consultations, de consulter ma collègue la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, mon bureau. On sera heureux de
les faire participer comme on l'a
fait pour le dossier de l'intimidation. D'ailleurs, on a réussi à faire
travailler tout le monde ensemble. Toutes les opinions sont bienvenues.
Le Président (M. Picard) : M.
le député de Chambly.
Roberge : Merci. Encore sur la question de la gouvernance, encore là, je m'interroge vraiment,
parce que, là, on
a un calendrier, c'est intéressant, on semble savoir où on s'en va à l'automne,
l'été, à l'hiver puis quand est-ce que ça
va être lancé, et pourtant j'ai une déclaration dans le communiqué de presse de ma collègue députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, qui dit : «Le gouvernement du Québec est très heureux de ces nouveaux partenariats — parlant
de ce qui se passe avec les carrefours jeunesse-emploi — qui
deviendront un des éléments-phares de la prochaine Stratégie action
jeunesse.»
J'ai comme
l'impression... ou on a pris la décision, on a aboli les forums jeunesse, on
fait des ententes avec les carrefours
jeunesse, on aligne les moyens puis après ça on va se faire une stratégie. Il
me semble, là, que c'est une drôle de
façon de fonctionner, il me semble que, normalement... Et, dans le fond, ma
question, ça va être ça : Que pensez-vous de cette méthode? Se fixer des objectifs, consulter les jeunes sur les
moyens de les atteindre, puis après ça établir les moyens d'action pour atteindre nos objectifs. Il me
semble que, là, on a pris des moyens, on a bousculé les structures pour ensuite
se fixer des objectifs. Ne pensez-vous pas
que vous avez... M. le Président, serait-il possible que nous eussions procédé
à l'envers?
Le Président (M. Picard) : M.
le premier ministre.
Couillard : Il faudrait
vérifier l'accord des temps, hein? Aurait-il été possible? Non, ça ne marche
pas non plus. Il faut trouver le bon
accord. Je me suis déjà fait reprocher par Antoine Robitaille que j'avais
utilisé l'imparfait du subjonctif de façon inappropriée.
Couillard : Alors, regardez,
M. le Président, effectivement, c'est tout à fait compatible. D'abord, une
stratégie jeunesse, c'est plus que ce partenariat, c'est un élément important,
mais c'est beaucoup plus, il y a beaucoup d'autres actions. Quand on
parle de l'action internationale, quand on parle de tous les éléments de la
stratégie, il y a énormément de choses
intéressantes à discuter qui vont au-delà de ce partenariat. Mais c'est pour ça
également que, d'ici l'automne, on
veut déployer des projets pilotes dans les trois différents milieux du
Québec — urbains,
semi-urbains et ruraux — parce que, déjà dans la consultation, on
pourra faire le premier bilan de ces expériences et ajuster les protocoles,
les façons de faire avec les carrefours jeunesse-emploi pour la diffusion à
travers tout le territoire du Québec.
Alors, je
penserais que c'est plutôt une bonne façon de mettre en place des nouvelles
politiques, d'abord de fixer les orientations, je l'ai expliqué tantôt,
la fonction avant la structure, le moins de structures possible, mais également
d'ajuster à mesure, et mon collègue le sait,
il a été dans des organisations, c'est une bonne façon de faire des changements,
de ne pas attendre indéfiniment, de
commencer les changements sous forme de projets pilotes et d'aller de façon
progressive, en ajustant à mesure que
les enjeux sont identifiés, parce qu'il y aura certainement des ajustements à
faire. Alors, je pense que c'est tout
à fait compatible. Ça devrait nous amener, là, après qu'on ait, au printemps
2016, déployé les services dans l'ensemble du Québec, à signer des
conventions pluriannuelles à partir de 2017, certainement.
Le Président (M. Picard) :
Merci. M. le député de Chambly.
Roberge : Merci. J'ai ici un extrait du mot du premier ministre dans
un cahier qui avait été envoyé dans une rencontre des forums jeunesse, et il y a un encadré qui dit : «La
préoccupation première des forums jeunesse consiste à favoriser la participation citoyenne des jeunes.
Il est indispensable d'encourager et de promouvoir les actions individuelles
ou collectives qui permettent aux jeunes citoyennes et citoyens de prendre leur
place dans la société.» Et on parle de participer activement au développement
de notre communauté, etc.
C'était
vraiment le coeur des forums jeunesse, c'est une mission qui est étrangère aux
carrefours jeunesse-emploi, et le
premier ministre nous dit qu'on va maintenant activer la fonction carrefour,
là, comme si c'est facile, on appuie sur un bouton et on active la fonction carrefour. Mais pour ça il faudrait
revoir la gouvernance des carrefours jeunesse-emploi, parce qu'une caractéristique très importante des
forums jeunesse, puis ça, on le disait, que c'était par et pour les jeunes,
c'est important. Pour les jeunes, je n'ai
aucune crainte pour les carrefours jeunesse-emploi, là, ils sont pour les
jeunes, mais par les jeunes? Ce n'est
pas le cas du tout de ce que font les carrefours jeunesse-emploi. Alors,
comment concilier cette mission par
les jeunes avec un organisme qui est géré de façon extrêmement différente de ce
qu'étaient gérés les forums jeunesse?
Le Président (M. Picard) : M.
le premier ministre.
Couillard : Bien, M. le
Président, c'est exactement ce qu'on va vouloir discuter au cours des prochains
mois, et on va tout de suite
commencer les projets, comme je l'expliquais tantôt, mais justement la lecture
de cet extrait qu'il nous a faite
montre que moi, je n'ai aucune perception négative des forums jeunesse. Je ne
suis pas en croisade contre les forums jeunesse, par rapport à ce que
certaines personnes veulent laisser entendre.
Ce que je
veux, c'est rendre l'administration publique la plus efficace possible puis
avoir le plus d'actions concrètes possible
auprès des jeunes; ici, les jeunes; demain, les personnes sans emploi, les malades dans les hôpitaux, les enfants dans les écoles. C'est ça qui m'anime, ce n'est
pas une impression négative vis-à-vis tel ou tel groupe ou telle organisation
qu'on a.
Maintenant, quand je regarde les carrefours
jeunesse-emploi, en sachant qu'on devra bien sûr préciser les choses — et, en passant, on a transmis notre désir
aux carrefours qu'ils atteignent 50 % de représentation de jeunes sur
les conseils d'administration, c'est autour
de 40 % actuellement — les carrefours également ont une approche communautaire qui
rapproche la démocratie, la citoyenneté active, l'«empowerment», la solidarité,
la justice sociale, le respect des individus,
le partenariat avec les communautés et la complémentarité des actions avec les
autres organisations, le volontariat, l'autodétermination par le milieu.
Alors, c'est justement ça qu'on veut montrer. Si les gens ont ces mêmes
principes, normalement on devrait être
capables d'unifier tout ça dans une seule organisation. Et on aura l'occasion,
justement, avec les projets pilotes,
avec les consultations, de s'assurer... et on y tient effectivement, que ce
soit fait, pour plusieurs de ces projets,
par et pour les jeunes. On veut garder ce contact direct des jeunes avec la
mise en place de leurs projets, et il n'y a absolument rien dans la façon de faire des CJE ou leur caractère qui
empêche ça, au contraire, mais on va vouloir travailler avec les carrefours pour s'assurer que cet
aspect-là est bien développé, d'où l'idée de développer progressivement les
projets, de le faire en parallèle avec la consultation et d'ajuster au
fur et à mesure, M. le Président.
Président (M. Picard) : Merci. Je cède maintenant la parole au
groupe formant le gouvernement. M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum : Merci, M. le
Président. M. le premier ministre, collègues du côté ministériel, collègues des
deux formations de l'opposition, membres du
secrétariat, j'ai le plaisir de vous inviter à discuter le phénomène de l'adéquation formation-emploi. J'ai le privilège
d'être l'adjoint parlementaire du premier ministre à ce sujet, qui peut risquer
d'avoir l'air obscur, mais ce ne l'est pas.
En quelque part, il me semble que c'est au coeur de l'implication de nos
jeunes, au coeur de leur avenir ici, au Québec.
En tant qu'adjoint parlementaire, j'ai eu
l'opportunité de consulter, avec plusieurs intervenants, plusieurs partenaires qui touchent à l'emploi, au niveau de
l'éducation secondaire ou cégep, la Fédération des chambres de commerce du Québec, les groupes représentant l'entreprise
patronale, des groupes de jeunes et j'ai reçu des messages assez clairs
dans toute la diversité qu'ils représentent, tous ces groupes-là, c'est qu'on
veut maximiser l'intégration des jeunes de toutes
origines dans le monde du travail. Notre défi démocratique l'exige. Aussi, le
message était clair qu'il faut créer une
meilleure collaboration... arrimage entre les instances d'emploi, d'éducation,
d'entreprise et, ultimement, créer, donc, une meilleure adéquation, parce qu'enfin l'avenir de nos jeunes passe
par l'emploi. Voilà une évidence. Il est important de s'assurer que les citoyens formés qui sont en
mesure de travailler décrochent un emploi et que les entreprises avec les
besoins de main-d'oeuvre puissent les
combler. C'est ça, l'adéquation entre la formation des travailleurs et les
emplois disponibles sur le marché du
travail. Les jeunes sortant des différentes institutions d'enseignement, les
immigrants qui viennent au Québec
pour améliorer leur qualité de vie ou encore les citoyens dont la langue
d'origine n'est pas le français, ces groupes et d'autres sont à risque
de vivre une mauvaise transition vers le marché du travail.
Bon. Voilà,
lors du dernier budget, nous avons annoncé que nous réformerons la Loi
favorisant le développement et la
reconnaissance des compétences de la main-d'oeuvre et la
loi sur la Commission
des partenaires du marché du travail, la
CPMT, et voilà une façon d'aborder cette mise à l'équation, si vous voulez, qui
est très importante. La Loi favorisant le
développement et la reconnaissance des compétences exige des entreprises dont
la masse salariale dépasse 1 million à investir au moins 1 % de leur
masse salariale en dépenses de formation admissibles. Lorsque l'entreprise
assujettie à cette loi n'investit pas
dans le développement des compétences, elle est tenue de verser au moins
1 % de sa masse salariale au Fonds de développement et de reconnaissance
des compétences et de la main-d'oeuvre. La CPMT est un partenaire clé de
notre gouvernement. Elle gère le Fonds de
développement et de reconnaissance des compétences de la main-d'oeuvre, qui
permet de subventionner, sur une base annuelle, des projets liés au
développement des compétences ainsi qu'à la productivité des
entreprises.
refonte de ces lois, qui se fera de pair avec nos partenaires, permettra de
répondre aux défis démographiques dont
j'ai parlé et économiques — chômage de longue durée, postes vacants en entreprise, etc. — pour lesquels le Québec doit dès
maintenant prendre des actions qui favoriseront la pleine utilisation de son
capital humain.
Nous
définissons le terme adéquation formation-emploi comme étant notre stratégie
visant à assurer un nombre de personnes en quantité suffisante pour
occuper les emplois offerts par les employeurs et ayant les compétences demandées par ces employeurs. Le gouvernement du
Québec s'est donné pour priorités de mieux adapter les programmes d'éducation et de formation aux besoins du marché
du travail et de mobiliser vers l'emploi tous les bassins de main-d'oeuvre
disponible; pour nos principaux défis, avoir
le nombre de personnes suffisant en considérant la démographie; importance
de faire tout notre possible pour intégrer
en emploi les personnes sans emploi; avoir une lecture commune et partagée
des compétences offertes et demandées sur le
marché du travail; améliorer les liens directs entre le développement des
compétences et les besoins du marché du travail.
Ce qui
m'amène à deux questions — à une deuxième qui suivrait — sur une cible spécifique. Mais, M. le
premier ministre, je sais que vous
êtes un homme de défi, celui-ci est particulièrement important, et on l'a
identifié comme il faut dans le budget
devant nous et les crédits devant nous. Au nom de l'économie du Québec, au nom
de nos entrepreneurs, qui en auront fortement besoin, au nom des travailleurs,
au nom de nos programmes sociaux, qui en dépendent, avez-vous un plan
qui nous permettra de répondre aux besoins, aux défis qui se présentent à nous
dans les prochaines années?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le député de D'Arcy-McGee. M. le premier ministre.
M. Couillard : Bonjour, Mme la
Présidente. Merci. Je voudrais d'abord saluer le travail de mon collègue de D'Arcy-McGee, à qui j'ai demandé, à
titre
d'adjoint parlementaire, de coordonner les travaux des différents ministères
autour de ce thème absolument crucial, pour
les jeunes en particulier, de l'adéquation entre la formation et les emplois
disponibles. Et je vais répéter à quel point
la démographie est notre défi majeur au Québec, mais pas de la façon dont on
l'entendait il y a quelques années. Par
exemple, lorsque j'étais ministre de la Santé, lorsqu'on parlait de la
démographie, c'était uniquement en regard des soins à donner aux
personnes vieillissantes.
Maintenant,
on se rend compte de plus en plus, et c'est notable, mesurable, que la
démographie a également un impact
économique profond sur le Québec. La raison pour laquelle les institutions
financières accordent des prévisions de croissance économique moindres
au Québec qu'ailleurs pour les prochaines années, c'est largement à cause de la
démographie, qui fait en sorte, depuis 2013, que notre population active est en
baisse. Et l'Institut de la statistique du Québec — je donne cet exemple parce qu'il est
frappant — nous dit
que, si rien ne change, c'est-à-dire que si on continuait les choses exactement de la même façon, en 2030,
la population active de l'Ontario aura augmenté de 9 % à 10 %, et la
nôtre aura chuté de 4 %. C'est
dramatique pour le Québec si on ne prend pas des actions maintenant pour
compenser ce phénomène. Alors, bien
sûr, on peut le compenser avec plus de gens, des politiques familiales qu'on
veut préserver, qu'on préserve
d'ailleurs, mais également l'immigration, l'immigration qualifiée,
l'immigration qu'on peut insérer au marché du travail le plus rapidement possible et la formation, parce qu'on sait
qu'il y a environ 725 000 emplois qui vont être disponibles au Québec au
cours des prochaines années, alors que cette population en âge de travailler
diminue. C'est le grand paradoxe.
Quand je
parcours les régions du Québec, j'entends très rarement parler de chômage.
Évidemment, il y a des régions où
c'est particulièrement important, mais on parle surtout de difficultés à
trouver des employés qualifiés, et c'est le paradoxe qu'il faut résoudre. Alors, ces emplois seront
disponibles. On en crée, des emplois. Il s'en est créé 57 000 depuis mai
dernier; au cours des six derniers
mois, une quarantaine de mille, dont plus de 30 000 à temps plein. C'est
bien. Il faut faire beaucoup mieux,
faire beaucoup mieux pour réaliser cette adéquation. Notre collègue a parlé de
la fameuse loi du 1 % pour expliquer aux gens qui nous écoutent, aux personnes qui nous écoutent de quoi il
s'agit. Jusqu'à maintenant, les entreprises qui ont une masse salariale de 1 million de dollars
et plus doivent contribuer 1 % pour des fonds de formation, théoriquement,
dans le but qui est poursuivi ici. En
pratique, on ne peut pas dire que les résultats soient égaux, certainement pas
compatibles avec les buts, tout le
temps, des buts qui avaient été créés. Une des actions qu'on a posées, on y
reviendra tantôt, c'est d'augmenter le seuil pour diminuer la charge
administrative des entreprises, mais compenser par le financement du
gouvernement à la table des partenaires.
Alors, il
faut absolument créer des emplois, oui, de la qualité, des emplois de qualité
puis viser la participation de tous
et de toutes au marché du travail. On ne peut tout simplement pas se permettre
de laisser personne derrière. Ça signifie,
juste pour la région de Montréal — M. le député est un représentant, de même
que vous, Mme la Présidente, de la grande
région de Montréal — c'est
environ 150 000 emplois qu'il faut pourvoir pour les prochaines années
pour la grande région montréalaise.
Alors, il y a là énormément de défis mais énormément d'occasions, notamment
pour nos jeunes et la population.
On a, dans le
dernier budget, et on fera le détail peut-être ultérieurement, fait
l'annonce de différentes mesures d'adéquation
qui auront pour effet de répondre aux besoins de formation des entreprises avec
l'expertise de la Commission des
partenaires du marché du travail notamment par l'octroi de bourses d'études
dans les secteurs déterminés par
cette commission, encore une fois des occasions intéressantes de stage pour nos
jeunes, pour lesquels on voudra accroître l'offre de stage en formation professionnelle et technique en rétablissant les avantages
pour les entrepreneurs d'accueillir des stagiaires dans leur entreprise, mettre
en oeuvre des projets pilotes de stage en milieu de travail dans le cadre de
programmes scolaires existants, par
exemple un stage en soudage-montage. L'exemple que je donnais tantôt d'une
entreprise qui a dû aller en mission
à l'étranger pour trouver du personnel, c'est incroyable, incroyable. Pour
trouver une douzaine de soudeurs, ils
sont allés en mission en Amérique centrale, alors qu'on a des jeunes qui
seraient prêts à être formés puis à prendre parti de ces avantages pour,
franchement, des métiers qui sont très intéressants et bien rémunérés,
également.
Renforcer
le rôle stratégique des partenaires du marché de travail dans l'adéquation
entre l'offre de formation et les
besoins avec la participation des partenaires et aller chercher tout le monde,
bien sûr les jeunes, mais également les personnes immigrantes, les travailleurs d'expérience, les communautés
issues de la diversité, incluant nos compatriotes québécois de langue anglaise, qui doivent
également participer pleinement à l'emploi au Québec, et favoriser l'insertion
des nouveaux demandeurs d'aide sociale.
Un jeune qui
fait une première demande d'aide sociale doit immédiatement être pris en
main — c'est le
programme Objectif emploi, dont mon
collègue va donner le détail prochainement — pour l'amener rapidement vers la formation
ou directement vers l'emploi, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, M. le premier ministre. M.
le député de D'Arcy-McGee, il vous reste à peu près 11 minutes.
Birnbaum : Merci. Je risque finalement d'avoir deux questions
complémentaires. Pour poursuivre le thème et l'intervention du premier
ministre, comme nous avons commencé à parler, le récent budget présenté faisait
état de mesures en lien avec l'adéquation
formation-emploi, et il me semble qu'on a abordé plusieurs des mesures, mais il
y en a d'autres, et je vous invite d'en élaborer là-dessus, si on peut.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
M. le premier ministre.
Couillard : Merci, Mme la
Présidente. Alors, par exemple, on veut consacrer plus de 166 millions de
dollars sur cinq ans afin... avec 123 millions
de dollars sur cinq ans, augmenter la part de la population active en mesure de
répondre efficacement aux besoins
sectoriels et régionaux de la main-d'oeuvre des entreprises, augmenter le
nombre de travailleurs disponibles,
dont les personnes immigrantes et les travailleurs d'expérience, à compter de
2016. Par exemple, on a rétabli l'avantage
fiscal pour les travailleurs d'expérience pour rester au travail plus
longtemps. On n'est plus à l'époque où on éloigne les gens du marché du travail vers des retraites prématurées. On
est, au contraire, à l'époque où il faut les garder intéressés à rester
au travail.
On a
rehaussé, comme je l'ai dit tantôt, le seuil d'application du 1 % de 1 à
2 millions de dollars de masse salariale. Ça représente 8 000 petites et moyennes entreprises qui seront
exemptées de ce fardeau administratif, mais, ne craignez rien, Mme la Présidente, l'argent sera compensé
par le gouvernement au niveau de la table de concertation. Cette mesure,
donc, aurait, en passant, pour effet de
diminuer les cotisations sur la masse salariale versées par les entreprises
d'environ 12 millions de dollars
annuellement, un autre allégement fiscal pour les entreprises du Québec. On
veut également revoir la mission de
la Commission des partenaires du marché du travail notamment afin de lui
attribuer le mandat de définir les
besoins en développement de la main-d'oeuvre en adéquation avec les besoins des
entreprises, les perspectives du marché du travail. Par exemple, 10 millions de dollars par année aux
établissements d'enseignement afin qu'ils puissent offrir des programmes
de formation mieux adaptés aux réalités du marché du travail avec des
programmes de courte durée privilégiant les
stages — on ne
fait pas assez de stages en entreprise au Québec; 2 millions de dollars
par année pour l'octroi de bourses
d'études dans les secteurs déterminés par la Commission des partenaires,
5 millions également pour financer les services d'emploi offerts
par Emploi-Québec.
Il faut
bonifier le crédit d'impôt pour les stages en milieu de travail pour que les
entrepreneurs nous retrouvent également
dans cet objectif, qu'ils soient plus disposés à accueillir les stagiaires,
parce que, disons-le, il y a un petit peu une surcharge de supervision d'avoir un stagiaire dans une entreprise.
Alors, les taux de crédits seront majorés de façon importante, de 24 % à 40 % ou de
32 % à 50 %, lorsque les stagiaires seront des personnes immigrantes
ou des personnes handicapées. On veut
bien sûr également favoriser la subvention salariale pour les participants au
Programme d'apprentissage en milieu de travail, toujours pour les mêmes
raisons : favoriser l'embauche de personnes éloignées du marché du travail, dont les jeunes et les prestataires de
l'aide sociale sans qualification professionnelle — il y a beaucoup de jeunes, malheureusement, qui sont encore dans cette
catégorie; renforcer la contribution de l'immigration au marché du travail;
adapter certains programmes de formation
afin d'inclure un volet de formation en emploi. Il y aura quatre projets
pilotes dès l'année scolaire 2015‑2016 :
en programme de formation professionnelle, deux; et deux en formation
technique, et 10 nouveaux programmes
de formation professionnelle et technique seront adaptés pour permettre aux
étudiants d'acquérir plus de
compétences pratiques en entreprise au moyen de stages. La différence, c'est
qu'au Québec, par rapport à un pays européen
comme l'Allemagne ou même les autres provinces canadiennes, les stages en
entreprise se font souvent en fin de
formation, alors qu'ailleurs on intègre les jeunes, les stagiaires dans les
entreprises dès le début de la formation pour leur donner le goût du métier, de continuer dans le métier et d'y
oeuvrer. Et je pense qu'on doit corriger ça, et je sais que mon collègue
est très actif avec le ministère de l'Éducation dans ce domaine.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le premier ministre. M. le député de D'Arcy-McGee.
Birnbaum : Merci, Mme la Présidente. Quand on parle de l'adéquation
formation-emploi, au fond de l'affaire, on parle d'impliquer davantage tous les acteurs de la société québécoise, et je me permets d'élargir le chantier là-dessus pour
parler de ma communauté, la communauté anglophone du Québec,
et ses préoccupations, et surtout les préoccupations des jeunes de notre
communauté.
Il y a plus de 200 000 jeunes Québécoises
et Québécois qui s'identifient avec la communauté anglophone du Québec. C'est
une communauté qui se dote d'une grande mobilité, et, pour des raisons tout à
fait légitimes, plusieurs décident de faire
leur avenir ailleurs qu'au Québec. Par
contre, au fil des années, il y en
avait beaucoup qui songeaient à quitter pour des raisons qui devraient nous préoccuper
tous. Enfin, une vaste majorité de nos jeunes sont profondément attachés au Québec. Ils sont déterminés de
faire leur avenir ici, chez nous, chez eux, mais ils ont des questions
préoccupantes : Est-ce qu'il y
aura une économie stable, un environnement accueillant pour l'investissement
ici, au Québec? Est-ce que mon parcours d'études, mes expertises vont être reconnus et valorisés
par le marché du travail? Est-ce que les élections de l'année passée ferment comme il faut un
chapitre de l'incertitude politique en ce qui a trait à l'avenir du Québec
au sein du Canada?
Est-ce que les entreprises du Québec, la fonction
publique du Québec,
le gouvernement du Québec vont m'inviter à pleinement faire
partie
de toutes ces instances? Est-ce qu'ils vont m'accompagner dans ma maîtrise du français, un travail déjà bien accompli, mais une
formation d'appoint à la fin? Est-ce que ma communauté va continuer de
bénéficier d'une réelle et mesurable marge de contrôle sur la gestion et les
orientations des institutions de cette communauté,
des écoles publiques anglophones, les établissements de santé, les centres
culturels qui nous desservent? C'est des préoccupations
de nos jeunes.
M. le premier ministre, young people in Québec are eager to
contribute fully to the future of this province. They are
part of a proud community that has done so for more than three centuries. They
are so proud to master French in increasingly
impressive numbers and to play a
part in a Québec that has greatly evolved over
the past three generations and that they want to be part of. Can I ask you, M. le premier ministre, to explain to those who are listening
to us today what our
Government has done and plans to do to insure that young anglophone Quebeckers are full and valued
participants in building our future ici, au Québec,
ensemble.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le député de D'Arcy-McGee. M. le premier ministre, vous avez cinq
minutes pour répondre.
Couillard : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Je félicite notre collègue pour l'engagement profond qui est
visible et audible dans la façon dont il communique le message.
Point
symbolique, mais, pour moi, qui prend de l'importance : je donne de
l'attention à la façon dont on nomme les
gens. Bien sûr, on peut dire «anglophone, francophone» et on a pris cette
habitude chez nous, puis, malheureusement, je trouve qu'on sépare les gens de cette façon. Moi, je préfère parler
de Québécois et de Québécoises d'expression anglaise pour affirmer d'abord dans le préambule de la
phrase que nous sommes tous des Québécois et des Québécoises à part entière
sans aucun niveau hiérarchique de différent
en termes de citoyenneté, d'autant plus... puis ce n'est pas une question de
date d'arrivée, parce qu'on est tous des
nouveaux venus sur cette terre, il y a juste la date d'arrivée qui change selon
les familles, mais d'autant plus que la communauté de langue anglaise au
Québec date de plusieurs siècles et qu'elle a contribué
à bâtir le Québec. Alors, c'est important qu'elle continue à s'y sentir
accueillie, et bienvenue, et pleinement participante, d'autant plus que la jeunesse d'expression anglaise au
Québec, vous l'avez dit, M. le député, Mme la Présidente, est le plus souvent bilingue et fonctionnellement bilingue,
et il faut le dire, là. Et moi, j'ai exprimé parfois, certains me l'ont reproché, l'inquiétude qu'on a
plus de gens fonctionnellement bilingues dans la communauté de langue
anglaise que, malheureusement, nos jeunes dans la communauté de langue
française, qui est un problème dans la vie d'aujourd'hui,
dans le monde d'aujourd'hui, au XXIe siècle. Alors, il faut reconnaître cette
compétence, cette participation et faire
en sorte de donner les signaux répétés en ce sens et surtout pas de signaux
inverses : de façon directe ou indirecte, laisser croire à certains
groupes de Québécois ou de Québécoises qu'il y a des niveaux différents de
citoyenneté.
La façon dont
j'aime le dire, moi, c'est de la façon suivante — et je suis heureux de le dire et de le
répéter : Mon ancêtre à moi, Guillaume, est arrivé en 1613 avec
Champlain, un des deuxième ou troisième voyages de Champlain. C'est bien, ça
m'enracine au Québec, puis je le sens très profondément, mais ça ne confère à
ma citoyenneté aucune supériorité par rapport à la personne qui est chez nous
depuis cinq ans, 10 ans et qui veut y établir sa famille, et c'est important de le dire, c'est important de le dire.
Lorsqu'on fait le choix de s'établir dans une société, on y appartient de
part entière, bien sûr avec le respect de
nos valeurs communes, dont le français comme langue commune, et ça, j'ai
rarement, ou sinon jamais rencontré de Québécois d'origine anglaise qui
s'objectent à ça. Mais ils désirent qu'on respecte leur contribution à notre société, leurs institutions. Les institutions sont
très importantes, on le sait, et notre collègue le sait très bien, et on
va faire en sorte que ce soit le cas et également donner suite à ce que j'ai
dit pour que ces différents programmes dont on parle depuis le début de cette
séance ici soient vus comme accessibles à tout le monde.
Et je
remercie mes collègues qui ont, dans les électeurs, des Québécois d'expression
anglaise de nous présenter des
situations où il faut faire mieux, et on le fera parce que tout le monde doit
participer, tout le monde doit bénéficier de la prospérité au Québec.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, M. le premier ministre. Il
vous reste une minute, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum : Est-ce qu'on peut
l'ajouter peut-être à notre prochain bloc?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui, pas de problème. Alors, on va passer au prochain bloc, à l'opposition
officielle. M. le député de Saint-Jean, la parole est à vous.
Turcotte :
Merci, Mme la Présidente. Bon, tantôt, précédemment, les questions de mon
collègue voisin de circonscription,
de Chambly, portaient sur notamment la Stratégie d'action jeunesse, puis je
trouve ça... Bon, malheureusement, c'est
un an plus tard de ce que l'on s'était parlé l'année passée, là. Vous m'aviez
dit que... bien, le ministre responsable de la jeunesse m'avait dit qu'il allait commencer les démarches plus
tôt, mais, bon, on ne vit pas dans le passé, on va vivre dans le
présent. Je trouve ça dommage que ça arrive au moment où le gouvernement fait
le choix d'abolir les forums jeunesse régionaux, qui, par le passé, ont joué un rôle important et
significatif dans les consultations, dans les régions. Donc, dans un
premier temps, je peux me questionner : Qui va jouer ce rôle-là?
En même temps
aussi, j'ai entendu la réponse de M. Ducharme tantôt. Moi, de ce que j'ai
entendu et de ce que j'ai compris,
c'est aussi que le Secrétariat à la jeunesse avait invité ou incité les forums
jeunesse qui relevaient des CRE à s'incorporer
lors du dépôt du projet de loi n° 28, tout en disant aux forums jeunesse
de s'incorporer, donc, comme une invitation
au travail qui était un peu en vain. De ce que je compris de la part du
ministre responsable de la jeunesse, c'est que finalement la décision est assez récente concernant les forums
jeunesse. Ce qu'aussi j'ai compris, et je reviens un peu là-dessus, bon, je comprends qu'on peut avoir une
rencontre avec l'adjointe parlementaire, la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, mais, en même temps, cette
rencontre-là, c'était en 2014 puis une rencontre de présentation puis de
courtoisie. Ça fait qu'on est loin d'une
rencontre stratégique, et de se dire les choses telles qu'elles sont, et
d'envoyer un message de part et
d'autre sur l'avenir d'une organisation aussi importante et que le ministre
responsable de la jeunesse a confirmé, trouvait que les forums jeunesse
avaient fait un travail important dans les régions.
Donc,
moi, ma question. J'entends le premier ministre, qui dit : Bon, bien,
c'est 4 millions de frais de fonctionnement dans les forums, on va être efficaces, on va faire en sorte que cet
argent-là serve vraiment à aider les jeunes et être au service de la jeunesse. Bien, moi, j'aimerais donner des
exemples, là, de choses, d'actions qui sont faites avec ce 4 millions là.
Moi, j'appelle ça pas mal de l'action auprès
des jeunes et d'aider les jeunes, accompagner des conseils d'élèves dans les
écoles secondaires pour les aider à monter
des conseils scolaires, puis ça, c'est considéré par le premier ministre comme
des frais de fonctionnement. On a aussi le jumelage entre des organismes et des
jeunes administrateurs pour former notre
relève d'administrateurs au Québec. Bon, ça, c'est considéré comme des frais de
fonctionnement. Rencontrer les jeunes pour les inciter à voter,
organiser des débats lors des élections municipales, provinciales. D'ailleurs,
certains forums jeunesse régionaux avaient
commencé des démarches en vue de l'élection fédérale de cet automne. Organiser
des rencontres dans les cégeps, les universités. Bon, tout ça, ça, c'est
des frais de fonctionnement. Un partenariat, depuis cinq ans, avec la Fédération québécoise des municipalités pour que, lors
de leur congrès, des élus puissent rencontrer et encourager des jeunes
pour favoriser une relève politique.
Donc, comment le premier ministre, le ministre
responsable de la jeunesse, peut me dire, nous dire que ce 4 millions-là, ce n'est que pour des frais de fonctionnement
quand on voit que c'est pour des actions concrètes pour les jeunes? Et
je pourrais terminer en disant — je recite Mme Martine Morissette, là, la
fondatrice du premier carrefour jeunesse-emploi,
qui dit : «Les forums jeunesse ont 15 ans d'expérience. Les carrefours
jeunesse-emploi ne seront pas capables
de reprendre ces mandats[...], [ces] carrefours sont dans l'intervention
directe — l'intervention
directe auprès de jeunes, tandis que
les forums jeunesse avaient un rôle beaucoup plus vaste dans la participation
citoyenne électorale.» Donc,
4 millions qui, selon moi... c'est des actions concrètes aussi auprès des
jeunes. Donc, comment concilier tout ça?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le député de Saint-Jean. M. le premier ministre.
Couillard : Bien, Mme la
Présidente, je vais commencer par dire qu'effectivement on veut favoriser l'intervention directe auprès des jeunes et des
services directs auprès de jeunes. Et, en fait, le sujet est excellent parce
qu'il nous donne la possibilité de faire une démonstration de ce que ça veut
dire, l'efficacité puis l'efficience.
J'ai expliqué tantôt que les sommes qui sont
transférées vont permettre des interventions dans trois axes : partenariat avec le milieu scolaire pour la
persévérance, partenariat avec Emploi-Québec et les services sociaux locaux
et, troisième élément, les interventions
favorisant la planification et la réalisation de projets communautaires ou
prédémarrage d'entreprise, qui va
également comprendre des programmes dans le milieu scolaire, dans la
participation citoyenne, dans la mobilité interrégionale et
internationale. Alors, on réussit à préserver toutes ces activités avec moins
de frais de fonctionnement. Je trouve quand
même que 4 millions de frais de fonctionnement pour gérer
10 millions, c'est un ratio quand
même assez important. Alors donc, ce 4 millions là va être transformé en
activités directes auprès de jeunes, à la faveur de la prochaine stratégie, mais il n'y a aucune perte, là, toutes
ces actions dont il vient de nous parler, elles vont être poursuivies par les
carrefours jeunesse-emploi. Et je comprends qu'on peut être déçu, là, de cette
décision, mais moi, je suis, au
contraire, très optimiste quant à la capacité des carrefours jeunesse-emploi de
prendre la relève, y compris dans ces
domaines de milieu scolaire, participation citoyenne et surtout la mobilité
également interrégionale et internationale, qui est un créneau très
intéressant pour notre jeunesse.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le premier ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Bien, le ministre responsable de la jeunesse me donne des idées pour poser des
questions — mais
je vais attendre, là — sur
la migration des jeunes en région, là.
Je pourrai
lui revenir là-dessus, mais ce que je veux qu'on entende ici, là, c'est que,
dans les 4 millions, qui sont soi-disant
des frais de fonctionnement pour gérer le 10 millions, ce n'est pas vrai,
là, ce n'est pas ça. Le 4 millions, c'est pour les frais de fonctionnement des forums jeunesse, mais leur
fonctionnement à organiser des rencontres pour les jeunes pour les inciter à voter,
organiser des débats aux élections municipales, provinciales, faire du jumelage
entre les organismes jeunesse pour
travailler à une relève d'administrateurs, le programme, depuis cinq ans, avec
la FQM. Tout ça, là, c'est dans le
4 millions des soi-disant frais de fonctionnement des forums jeunesse. Ce
n'est pas dans les FRIJ, là, que c'est pris, dans les fonds régionaux
d'investissement. Donc, c'est pour des actions auprès de jeunes aussi. Donc,
c'est 14 millions en tout. Le premier
ministre, ministre responsable de la jeunesse, auprès de 300 000 jeunes
quand même, il faut le dire, là, des
actions des forums jeunesse, le premier ministre, hier, nous a dit qu'il était
un Bleuet blanc, hein? J'ai découvert ça, cette expression-là. Ça m'a
fait rire un peu.
Question quiz. J'aimerais savoir — la
question est courte, donc la réponse va être courte — comme
il est un Bleuet blanc et qu'il vient du
Saguenay—Lac-Saint-Jean,
j'aimerais savoir, dans sa région, pour 1 $ investi par le forum jeunesse, le RAJ dans ce cas-ci, combien de
retombées pour 1 $ dans la région via l'argent des partenaires? Quand le
forum jeunesse met 1 million
dans différents programmes, que ce soit dans le CREPAS, dans MigrAction, ça
représente combien de l'argent des partenaires pour 1 $?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
M. le premier ministre.
Couillard : Bien, Mme la
Présidente, notre collègue vient, et probablement involontairement,
d'illustrer... Puis je ne voulais pas accentuer sur les problèmes à
régler, là, je veux rester positif dans mon discours, mais ce programme-là n'a
fait l'objet d'aucune évaluation formelle depuis 1998. Ça, c'est un fait.
Couillard : Toute action
qu'on discute aujourd'hui n'a jamais été évaluée de façon formelle depuis 1998.
Alors, on peut, bien sûr, présenter toutes sortes de statistiques et de
rapports, mais ce n'est pas une véritable évaluation de programmes.
On est,
malheureusement, dans une situation, au Québec, et on serait donc heureux si on
pouvait tout faire comme avant puis
ne rien changer, ça serait donc formidable, mais on ne peut plus continuer à
faire tout comme avant et on ne continuera pas à faire les choses comme
avant. Je vais le répéter — puis
on peut être d'accord ou pas d'accord, moi, j'accepte
très bien la dissidence dans la société — moi, je trouve que, quand on a plus qu'une
structure pour s'occuper des mêmes
personnes, on en a une de trop. Ça
prend une structure qui est capable de faire tout, tout ça ensemble, rassembler
les ressources financières, développer beaucoup
plus d'efficience. Chaque dollar gagné par nos compatriotes qui nous écoutent, tout cet argent-là, là, il ne vient pas
du ciel, là. Les gens disent : L'argent du gouvernement, c'est l'argent
des impôts des gens, qui travaillent
fort puis qui veulent que cet argent-là soit bien utilisé et, encore une fois,
de la façon la plus efficiente possible.
Alors, moi, quand j'explique à la population, par
exemple, pour le développement régional, qu'on peut faire exactement
la même chose avec moins de structures, et on est en train de le démontrer
partout, y compris dans ma région, quand
j'explique à la population ce qu'on va continuer à faire dans le cas
présent, qu'au lieu d'avoir deux structures pour le même groupe de population on va en avoir une pour continuer à faire exactement
les mêmes choses et même plus de choses,
les citoyens sont quand même contents de cette façon de faire, et c'est notre
façon de faire. On pourrait dire : Non, on va continuer comme avant
à multiplier les structures et les sources de dépenses. Ce n'est pas notre
choix.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le premier ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Bien,
c'est justement la question que j'ai posée précédemment au ministre responsable
de la jeunesse : Sur quelle évaluation, sur quelle base la décision
d'abolir les forums jeunesse a été prise?
Là, on
apprend qu'il n'y a pas eu d'évaluation depuis 1998. C'est ce que j'ai compris.
En même temps, je trouve ça étrange que... Ah! il n'y a pas eu
d'évaluation depuis 1998, on ne fera pas une évaluation, d'un coup qu'elle
serait positive. On va prendre la décision
de les abolir. Je trouve ça un peu paradoxal de prendre la décision d'abolir
quelque chose qu'on n'a même pas évalué puis je trouve ça quand même
particulier qu'il n'y ait pas eu d'évaluation. Il y a eu plusieurs stratégies d'action jeunesse
entre-temps. Il y a eu des évaluations de ces stratégies d'action jeunesse là.
Qu'on nous dise ici, là, qu'il n'y a pas eu d'évaluation des forums
jeunesse, je trouve ça assez particulier.
Pour répondre à la question, au ministre
responsable de la jeunesse, pour 1 $ investi dans les actions jeunesse
structurantes du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
c'est 6,85 $ d'investis par les partenaires. Ça, ça permet de réaliser des
projets comme le CREPAS, qui est une fierté
régionale mais une fierté nationale aussi qui est reprise un peu partout à
travers le Québec pour lutter contre le décrochage scolaire mais surtout
favoriser la persévérance scolaire, l'entente régionale
MigrAction, qui est une fierté régionale aussi, hein, au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Donc, moi, j'entends ce que le ministre responsable de la jeunesse nous
dit là, mais j'aimerais avoir des évaluations et qu'il dépose ces
évaluations-là pour qu'on puisse savoir qu'est-ce qu'il en est. Puis, je
vous le rappelle, nous — je
sais que le premier ministre le sait — mais on est contre cette décision-là,
surtout si en plus elle n'a pas été évaluée, puis qu'il n'y a pas eu d'étude,
et qu'il n'y a pas eu d'analyse faite avant.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
M. le premier ministre.
Couillard : Alors, Mme la
Présidente, malheureusement, mon collègue s'engage dans un cul-de-sac logique,
là, parce qu'il vient de nous parler des
retombées d'activités de partenaires, mais il n'y a absolument rien qui empêche
les retombées de
continuer. Je ne vois pas quoi, là, il faudrait qu'on m'explique en quoi les
carrefours jeunesse-emploi ne sont pas capables, eux également, de
mobiliser les partenaires de ce milieu-là.
Et moi, je ne veux
pas avoir de discours négatif envers les forums emploi, je ne veux pas
m'engager sur cette voie-là. Je suis persuadé que tous les gens qui sont ici,
qui nous écoutent, c'est des gens très dévoués, puis je ne veux certainement
pas mettre ça en doute, mais je répète que de nos jours, en 2015, au Québec, on
doit changer les choses radicalement dans
plusieurs domaines, arrêter d'avoir un nombre élevé de structures, diminuer les
structures, favoriser la mission. 40 % de frais de fonctionnement,
je trouve ça beaucoup. 4 millions sur 14, un petit peu moins de 40 %,
mathématiquement, là, il faut que je sois
honnête, mais c'est quand même élevé comme coûts de fonctionnement, alors
que, pour les mêmes coûts de fonctionnement
actuels, les carrefours jeunesse-emploi, on va incorporer toutes ces