Institutions — 27 April 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CI 2023-04-27
Quebec — Committees
(Quatorze
heures cinquante-neuf minutes)
Président (M. Bachand) : Bonjour, tout le
monde. Bon après-midi. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission des institutions ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude détaillée du volet Relations avec les
Québécois d'expression anglaise des crédits
budgétaires du portefeuille Finance pour l'exercice financier 2023‑2024.
Une enveloppe de 1 h 30 min a été allouée pour cette
étude de crédits.
Avant de débuter, Mme
la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président.
M. Asselin (Vanier-Les Rivières) est remplacé par M. Tremblay (Dubuc);
Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
par M. Sainte-Croix (Gaspé); M. Morin (Acadie), par M. Kelley
(Jacques-Cartier); M. Zanetti (Jean-Lesage), par Mme Zaga Mendez
(Verdun).
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Nous allons donc procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'échange
incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur alloué, soit vers 16 h 30.
Donc,
il me fait plaisir de céder la parole au député de Jacques-Cartier pour une
période de 18 min 26 s. M. le député, s'il vous plaît.
M. Kelley : Merci beaucoup, M. le
Président. Bonjour à tous mes collègues. Bonjour, M. le ministre. Bonjour
à votre équipe et les fonctionnaires qui sont avec vous, que je connais un
petit peu. Merci pour votre travail, pour toute la préparation qui a été faite
pour l'exercice des études des crédits. Il y a beaucoup de notes dans le
cahier.
J'ai
hâte de vraiment... de commencer notre discussion parce qu'il y a plusieurs
enjeux devant la communauté de
l'expression anglaise qui sont très importants. Puis je suis content, M. le
ministre, que c'est vous qui êtes en charge de ce dossier parce que vous
avez aussi la responsabilité d'être le ministre des Finances. C'est sûr
qu'autour de la table de le Conseil des ministres vous avez un rôle extrêmement
important. Puis j'espère que vous êtes capable aussi d'aider la communauté
d'expression anglaise dans certains secteurs où je pense qu'on peut faire des
gains importants pour la communauté. Mais je
veux juste commencer sur un sujet, parce que, je pense, c'est important pour la
communauté et pour le Québec et la démocratie en général, et je veux
juste avoir peut-être un petit peu de votre opinion ou vision sur l'avenir des
médias anglophones... des médias en général au Québec. Particulièrement, je
pense un petit peu à qu'est-ce qu'on a vu avec la Gazette . Ce n'est pas
facile. Je peux penser aussi à des autres médias qui existent au Québec, comme
le Sherbrooke Record , mais, quand même, dans les dernières couple
d'années, on a vu des coupures à des autres
places, des médias, et je peux penser un petit peu à CTV, CJAD, et, quand même,
des fois, ce n'est pas facile pour CBC Montréal, Global.
Bref,
c'est important de rappeler, pour la communauté d'expression anglaise, que les
médias qui viennent du Québec, des journalistes qui comprend le Québec, c'est
très important pour la communauté. On ne veut pas juste des nouvelles qui
viennent de Toronto puis qui se passent dans le reste du Canada.
Alors, je veux savoir
un petit peu, peut-être, la... qu'est-ce que le ministre pense de la
vitalité... les médias de la communauté expression anglaise. Est-ce qu'il y a
des façons que le secrétariat peut aider dans les discussions pour s'assurer le succès de ces médias? Parce que c'est
très important. Il y a des programmes de journalisme, à Concordia, des jeunes, présentement, qui veut poursuivre une
carrière en journalisme. Alors, je veux juste entendre le ministre là-dessus.
Président (M. Bachand) : M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Girard (Groulx) : Merci. Et, M. le
Président, on suit la tradition, les longueurs des échanges symétriques?
Président (M. Bachand) : S'il vous plaît.
S'il vous plaît.
M. Girard
(Groulx) : D'accord. Et merci au député... vous êtes le député de...
Girard (Groulx) : Jacques-Cartier. J'allais dire Robert-Baldwin, mais
je savais que ce n'était pas Robert-Baldwin. Alors, merci. Merci pour la
question. En fait, les médias jouent un rôle très important dans la société, et
on apprécie, et on valorise leur contribution à la démocratie.
Et donc le ministère des Finances a amené deux
crédits d'impôt qui visent à aider l'ensemble des médias. Alors, il y a un
crédit d'impôt à la transformation technologique, pour aider les journaux à se
numériser, puis il y a un crédit d'impôt basé sur la masse salariale, puisque
la masse salariale est le coût d'opération le plus élevé des médias. Alors, ces
crédits d'impôt là sont disponibles pour tous les médias, incluant, bien sûr,
ceux de langue anglaise. Et, si votre question est plus philosophique,
qu'est-ce que je pense de l'importance des médias anglophones au Québec, la
réponse, je pense, c'est qu'ils sont très importants. Et, oui, c'est important
que la Gazette soit présente, et je pense qu'elle a prouvé durant,
notamment... durant la pandémie, toute la qualité de ses... toute la qualité de
la tradition journalistique qui est là. Et puis je connais moins le Record ,
auquel vous avez référé, mais moi, j'ai beaucoup de respect pour le travail des
journalistes, et ça inclut les médias anglophones. Et nous, on essaie d'avoir
une position neutre, par rapport à ça, ce sont les crédits d'impôt.
M. Kelley : Parfait. Merci beaucoup.
Puis c'est un dossier en évolution. Je comprends très, très bien, la situation
change pratiquement chaque mois. Il y a la compétition avec les médias sociaux,
et tout ça. Je comprends, merci pour votre
réponse, puis on va suivre de près, mais une autre chose que je veux discuter
avec le ministre, c'est la question
de l'intégration au marché du travail de la communauté d'expression anglaise
puis, vraiment, l'employabilité des membres de la communauté
d'expression anglaise.
Je sais que votre ministère a reçu, pendant la
consultation de le budget, plusieurs documents, documents des différents
groupes de la communauté d'expression anglaise, mais une... et je ne sais pas
si vous avez eu la chance encore de rencontrer ce groupe, mais... la Table
ronde provinciale sur l'emploi, puis eux autres ont plusieurs suggestions très, très intéressantes, mais aussi
des chiffres qui sont un petit peu inquiétants. Et ce n'est rien de nouveau,
M. le ministre, que, dans certaines régions
du Québec, le gap entre les francophones puis les anglophones, en termes de le chômage, c'est plus élevé pour les anglophones. Je
pense spécifiquement... comme dans la région des Îles-de-la-Madeleine puis la Gaspésie, c'est une réalité depuis
plusieurs années, mais eux autres... On a des chiffres de 2016, je pense qu'avec le dernier recensement, on va voir plus
d'informations. C'est sûr qu'il y a eu une évolution, mais, quand même,
je m'en doute que le gap a probablement fermé complètement.
Bien, eux autres ont une couple de solutions qui
sont sur la table, mais une chose qui revient souvent, c'est l'accès à de la
formation et les cours en français. J'imagine, M. le ministre, vous vous...
souvient que j'ai déposé un projet de loi pour modifier la Charte de la langue
française pour rendre les cours en français gratuits pour tout le monde sur le
territoire du Québec, mais, quand même, dans le mémoire qu'ils ont déposé pour
vous pendant la période de la consultation prébudgétaire, ils ont souligné que
ça demeure toujours un défi. Il y a beaucoup d'argent qui a été mis de l'avant
pour la francisation des immigrants, mais l'accès pour la communauté
d'expression anglaise demeure difficile.
Je sais qu'il y a certains articles qui étaient
dans le projet de loi n° 96, là-dessus, mais je veux juste savoir : est-ce
qu'il y a eu des avances? Puis aussi, depuis qu'il est rendu comme ministre,
est-ce qu'il a regardé un petit peu la
question, commencé à discuter avec les experts sur le terrain sur comment on
peut s'assurer que tous les membres des communautés d'expression anglaise sont
pleinement employés dans la province puis on peut, peut-être, fermer des
gaps dans certaines régions du Québec où on voit une différence pas mal
significante entre les deux communautés?
M. Girard (Groulx) : Bon,
alors, merci de souligner ce fait qui est peu connu, parce qu'on a souvent
tendance à... lorsqu'on parle de la communauté d'expression anglaise au Québec,
on a souvent tendance à penser à Montréal. Et, oui, il y a une proportion
importante de la population qui est à Montréal, mais il y a des anglophones
dans toutes les MRC du Québec, et c'est certain que le phénomène auquel vous
référez, où le taux de chômage des Québécois d'expression anglaise est plus
élevé que des autres Québécois, c'est beaucoup associé aux 45 % de Québécois qui sont en dehors de l'île de Montréal
ou de la région de Montréal. Et ce phénomène-là, il est peu connu, mais
il est réel.
Ce que vous dites, je suis parfaitement d'accord
avec ça, et on a une responsabilité envers la communauté anglaise, de lui donner accès, par exemple...
l'aider à l'accès à la fonction publique québécoise. J'ai rencontré l'organisme
communautaire dans le cadre des consultations budgétaires, et puis on a mis des
sommes, à peu près 1,4 million, pour
ça, en 2022‑2023, mais je pense que là où c'est très prometteur,
c'est Francisation Québec, qui va être créé par la ministre de
l'Immigration. J'ai donné des fonds pour ça dans le dernier budget, et
Francisation Québec aura un volet immigration, mais les cours gratuits seront
disponibles pour la communauté d'expression anglaise.
Et bref, l'économie du Québec est performante.
Nous sommes au plein emploi. Il serait vraiment malavisé de ne pas utiliser
tous les gens qui sont ici et qui veulent travailler. Et vous avez raison de
souligner que la communauté anglaise en région a un taux de chômage plus élevé
que la moyenne du Québec.
M. Kelley : Parfait,
M. le ministre. Et est-ce que vous avez une idée c'est quoi, l'échéancier pour
ce programme qui va être créé par Immigration... par votre...
Francisation Québec?
M. Girard (Groulx) : Laissez-moi
regarder mon budget. Ça, c'est dans la
section économique.
M. Girard
(Groulx) : Comment?
M. Girard
(Groulx) : B.66. OK. Alors là, je réfère au budget, M. le député de
Jacques-Cartier, alors... Non, ça, c'est la régionalisation des immigrants.
Francisation Québec, B.65. Francisation Québec, alors il y a 42 millions par année, pour un total de 213 millions. Ça
commence dès cette année. Alors, les sommes ont été allouées dans le dernier
budget, et là on est dans la mise en application de cela, et ces cours-là
seront disponibles pour les immigrants, mais aussi
pour les membres de la communauté anglophone du Québec. Ce sera comme un
guichet unique d'accès à des cours de français. Il y aura aussi... ce
n'est pas le sujet d'aujourd'hui, M. le Président, mais il y aura aussi la
possibilité de suivre des cours avant d'immigrer au Québec.
M. Kelley :
Parfait. C'est important, c'est sûr, la question et puis le volet pour les
immigrants, mais je veux souligner que c'est très important qu'encore c'est
accessible pour tout le monde qui vous... vient de confirmer. Puis aussi, votre sous-ministre adjoint, il siège sur
un comité interministériel de francisation du Québec, alors je veux juste s'assurer
aussi que, le moment que c'est lancé, on va peut-être aussi avoir une campagne
publicitaire pour... mais en anglais, juste parce que, souvent... C'est sûr
que, sur le terrain, présentement, il y a des places pour prendre un cours en
français, mais, des fois, des gens ne savent pas où aller exactement, puis ça,
c'est une plainte que j'ai entendue souvent sur le terrain.
Alors, si le plan de
communication du gouvernement peut inclure des messages en anglais puis faire
de la promotion... Moi, je veux juste s'assurer que c'est un succès, parce