Culture and Education — 22 August 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2019-08-22
Quebec — Committees
(Neuf heures cinquante-six minutes)
Président (M. Jacques) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte. Je demande à toutes les personnes de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs appareils électroniques.
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 5, Loi modifiant la
Loi sur l'instruction publique et d'autres dispositions à l'égard des services
de l'éducation préscolaire destinés aux élèves âgés de 4 ans.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements ?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Asselin (Vanier-Les Rivières) sera remplacé
par Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice); M. Chassin (Saint-Jérôme), par M. Bachand
(Richmond); M. Lemieux (Saint-Jean), par M. Jacques
(Mégantic); M. Poulin (Beauce-Sud), par Mme IsaBelle (Huntingdon);
M. Skeete (Sainte-Rose), par Mme Hébert (Saint-François); Mme Melançon (Verdun), par
Mme Charbonneau (Mille-Îles); et M. Tanguay (LaFontaine), par
M. Kelley (Jacques-Cartier).
Le Président
(M. Jacques) :
Merci, Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement de nos travaux, hier, le
ministre a fait la
lecture d'un amendement qu'il souhaite éventuellement déposer à
l'article 6. Toutefois, avant de le déposer officiellement, je
demanderais à la députée de Saint-Laurent si elle désire retirer son
amendement.
Mme Rizqy : Bonjour, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Bonjour.
Mme Rizqy : On recommence nos travaux.
Le Président (M. Jacques) : Oui.
Mme Rizqy :
Alors, juste pour que les gens qui nous suivent ou ceux qui s'ajoutent à la
conversation portant sur l'étude
détaillée de la maternelle quatre ans, hier, j'avais déposé un amendement pour
m'assurer que, dans le grand déploiement des maternelles quatre ans universel, qu'on continue à garder en tête
qu'il faut d'abord aider ceux en provenance de milieux défavorisés.
Alors, l'amendement que
j'avais déposé, c'est : «Le ministre peut prévoir l'organisation, par les
commissions scolaires, de services éducatifs de l'éducation préscolaire
destinés en priorité à des élèves vivant en milieu défavorisé...» Hier, lors de nos échanges, le ministre avait lu, dans un premier
temps, un amendement potentiel, et j'ai vu, et j'ai senti une ouverture de la part du ministre à vouloir
ajouter un caractère spécial pour être en mesure d'aider les plus vulnérables.
Alors, j'aimerais juste
savoir... moi, c'est sûr qu'en ce moment je retire mon amendement pour lire son
amendement à lui, mais on
demeure, pour le Parti libéral du Québec, l'opposition officielle... ça reste
que, pour nous, c'est une priorité, les
milieux défavorisés. Et j'espère que l'amendement qu'on va lire, on va pouvoir
le modifier avec le ministre pour garder un caractère prioritaire pour
ceux qui sont plus vulnérables.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce qu'il y a consentement pour retirer... Oui, Mme la députée de
Joliette.
Mme Hivon : Est-ce qu'il est
possible de suspendre l'étude de l'amendement plutôt que de le retirer?
Le Président (M. Jacques) : Et c'était ce que je posais comme question à la secrétaire, donc
est-ce que vous voulez suspendre l'article 6?
Mme Hivon : Moi, je
préférerais qu'on suspende.
Mme Rizqy : Alors, on va suspendre.
Le Président (M. Jacques) : Donc, on suspend l'article... l'amendement à l'article 6 et... M.
le ministre.
M. Roberge : Juste clarifier, M. le
Président. Maintenant que cet amendement est suspendu, je ne ferai pas
simplement lecture d'un texte, je peux quand même déposer formellement cet
amendement.
Le Président
(M. Jacques) : Exactement.
M. Roberge :
O.K. Très bien. Merci. Je l'ai lu hier soir, mais on va le relire pour être sûr
de bien le comprendre puis l'étudier, puis les gens aussi
qui nous suivent puissent bien comprendre aussi.
Donc, ça dit : Insérer, après le paragraphe 2° de
l'article 6 du projet de loi, le paragraphe suivant :
2.1° par l'ajout, à la fin du troisième alinéa, de la phrase
suivante : «Elles doivent prévoir que les commissions scolaires...» Pardon. Je recommence : «Elles
doivent prévoir que les commissions scolaires tiennent notamment compte
des besoins des élèves vivant en milieu défavorisé selon la définition que leur
donne le ministre de ce milieu.»
Préciser quelques éléments.
Quand on dit «elles doivent prévoir», de qui parle-t-on? De quoi parle-t-on? On
parle des conditions et
modalités, donc ce sont les conditions et modalités qui doivent notamment tenir
compte des besoins des élèves en
milieu défavorisé, et ce sont des conditions et modalités qui s'adressent aux
commissions scolaires. On le répète, pour
être certain : ce n'est pas des batailles à faire, tout le monde est
d'accord que ce sont les commissions scolaires qui font l'organisation des
services, ce qui veut dire, en clair, la répartition des élèves et donc les
demandes au PQI, donc au
Plan québécois des infrastructures,
considérant des déplacements, considérant comment sont les terrains, la disponibilité
des terrains et les ententes avec les
municipalités. Donc, la commission scolaire, dans son organisation scolaire, tiendra compte des
conditions et modalités.
Mais
là ce qu'on dit, c'est que, attention, les conditions et modalités doivent absolument
tenir compte des besoins des élèves
vivant en milieu défavorisé. Donc, c'est l'essence de l'amendement déposé.
Puis, comme je dis, ça va, je pense... en
tout cas, je fais probablement la moitié du chemin. J'espère que nos amis
feront l'autre moitié du chemin pour arriver à quelque chose qui ressemble à un
consensus pour qu'on réussisse à mettre, dans la loi, les préoccupations qu'on
a ici, tous, autour de la table. Voilà.
Le Président (M. Jacques) : Merci, M. le ministre. Il y a une légère
correction de forme sur votre amendement. On ajoute... «après
l'ajout — virgule — à la
fin du troisième alinéa — virgule»,
et, le 2.1°, la bulle du chiffre pour le paragraphe, la bulle du paragraphe à
2.1°.
M. Roberge :
Quand vous dites : La bulle, là, vous parlez de quoi? Rajouter une bulle,
là...
Le Président
(M. Jacques) : 2.1°...
M. Roberge :
Ah bon! L'espèce de...
Le Président
(M. Jacques) : ...la marque du paragraphe.
M. Roberge :
...comme quand on dit degré Celsius, là. Bon. O.K. Bien, ça ne change rien au
sens, là. Comme on dit : On ne s'obstinera pas pour des virgules, et là
c'est le cas de le dire, c'est une virgule.
Le Président (M. Jacques) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions? Je reconnais la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Merci. Moi, ce que je ne retrouve pas, dans le nouvel amendement qui est à
l'étude par rapport à celui qu'on vient de
suspendre, c'est la notion de priorité. Pour moi, c'est clair que les
commissions scolaires tiennent compte des
besoins des élèves vivant en milieu défavorisé, mais elles doivent en tenir
compte en priorité. C'est ce qu'on demandait au ministre. C'est ce pour
quoi le précédent amendement avait été proposé.
Donc là, si on nous
arrive avec ça comme solution de rechange, ça ne répond pas aux attentes qu'on
avait de prioriser les élèves vivant en
milieu défavorisé. Ce qu'on veut, c'est que, quand il y a des nouvelles classes
qui soient construites, elles soient construites en priorité en milieu
défavorisé, et il n'y a aucune indication ici que l'amendement va
permettre ça.
Le Président
(M. Jacques) : ...d'autres interventions? Mme la députée de
Joliette.
Mme Hivon :
Bien, je partage le point de vue de ma collègue de Sherbrooke. Comme je l'ai
dit hier, c'est pour ça que je ne voulais pas qu'on saute à la
conclusion qu'on retirait l'amendement de la collègue de Saint-Laurent, parce
que je pense qu'il y a un univers de
différences entre ce qui est proposé par le ministre, qui est, dans le fond,
quelque chose qui va de soi.
Alors,
depuis hier, le ministre ne veut pas qu'on inscrive des choses dans la loi
qu'il juge aller de soi. Moi, pour moi, ici, ça va de soi de dire qu'on
va devoir tenir compte, évidemment, des besoins des élèves qui vivent en milieu
défavorisé. Alors, je pense que l'idée, pour
nous, de s'assurer qu'il va y avoir une attention prioritaire... Une priorité
donnée à la construction de classes de maternelle quatre ans pour les
milieux défavorisés n'est pas là.
Et puis ça m'amène à
revenir sur une question de chiffres, que j'avais posée au ministre hier, et
puis je voudrais qu'on ait l'opportunité
qu'il puisse me clarifier la réponse. Et je rappelle le lien de pertinence,
qui, selon moi, est énorme, pour les
chiffres, parce que, un, on veut savoir, comme opposition, où on s'en va et le
caractère réaliste, dont nous doutons fortement,
vous l'avez compris, M. le Président, du projet du gouvernement, compte tenu,
encore une fois aujourd'hui, qu'on voit la pénurie incroyable, très,
très importante pour des éducatrices en service de garde en milieu scolaire.
Donc,
je veux juste dire ça, parce qu'hier le ministre a laissé entendre que parler
de chiffres, ce n'était peut-être pas
la chose la plus pertinente. Moi, je pense qu'au contraire c'est au coeur de ce
qu'on débat, d'autant plus qu'on sait qu'il va y avoir un déploiement qui va se faire sur plusieurs années, et,
nous, il nous semble que c'est logique qu'on priorise les milieux
défavorisés.
Donc, ma
question très précise. Hier, j'ai soulevé au ministre que, dans un document,
donc, du budget en bref, on parlait
du PQI 2019‑2029 et que, dans la colonne éducation, on parlait de 1 000 classes
au Québec, de nouvelles classes, incluant celles qui touchent la maternelle
quatre ans, et je trouvais qu'il y avait une contradiction parce que le
ministre nous avait donné le nouveau
chiffre de 1 256 classes à construire, juste pour les maternelles
quatre ans, et donc je voudrais juste que le ministre m'explique comment
on peut réconcilier les deux chiffres.
Le Président (M. Jacques) :
Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Alors, bien, comme je l'ai exprimé à ma collègue hier, là, hors micro, dans une
suspension, le chiffre de 1 000 classes dont elle parle, c'est dès
cette année. Ce n'est pas 1 000 classes en 10 ans, c'est
1 000 classes cette année.
D'ailleurs, on a annoncé, cette année, 1,7 milliard en ajout d'espace,
donc agrandissement d'écoles et construction d'écoles. Et c'est avec ce 1,7 milliard annoncé cette année, qui
est actuellement, là, en route ou qui est déjà rendu dans les budgets des commissions scolaires ou, enfin, qui
est déjà disponible pour construire maintenant qu'on va mettre en chantier
maintenant 1 000 classes pour l'an 1 seulement.
Le Président (M. Jacques) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Hivon :
Question complémentaire. Donc, est-ce que le... c'est sûr qu'on trouvait ça
surprenant, parce que toutes les
autres données du document sont sur un horizon de 10 ans, sauf cette
donnée-là. Donc, on comprend ce que le ministre
nous dit, peut-être que ça vaudrait la peine de clarifier, là, dans les
éléments du budget. Mais donc ça veut dire que, sur une période de 10 ans, combien de nouvelles classes, de
nouvelles constructions seraient créées au Québec? Puis je comprends que son 1 000 classes de cette année,
c'est vraiment des nouvelles classes. Ce n'est pas des
rénovations, ou tout ça, là. Quand il
nous dit que, cette année même, c'est
1 000 nouvelles constructions, qu'il me confirme ça. Puis, deux,
c'est quoi, la projection sur 10 ans pour l'ensemble des besoins de
nouvelles classes?
Le Président (M. Jacques) :
Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Merci bien. Alors,
oui, je précise que c'est des... on appelle ça... la terminologie, c'est «ajout
d'espace», qui inclut à la fois agrandissement d'écoles actuelles ou
construction d'écoles neuves. C'est dans l'annonce de 1,7 milliard qui a été faite en juin pour le budget de cette année. Vous comprenez qu'on fait un budget
par année, donc le p