Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 1 November 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2016-11-01
Quebec — Committees
Donc,
d'une part, cet
article énonce l'objet de la loi. Il prévoit le développement et la mise en valeur des
hydrocarbures qui doivent être faits.
Quant à l'amendement, l'amendement précise que la
Loi sur les hydrocarbures s'applique aussi en milieu hydrique. En milieu
hydrique, ça veut dire, au sens général, les lacs, les rivières, le milieu
marin, le fleuve Saint-Laurent, enfin l'ensemble.
Il précise également que, pour les fins de cette loi, un milieu humide est
considéré également comme un milieu terrestre et qu'en conséquence il
est soumis aux mêmes règles, M. le Président.
Président (M. Pagé) : D'accord. Je vous remercie, M. le
ministre. Alors, vous connaissez les règles, à partir du... Pardon. Mme
la députée de Saint-Hyacinthe? Je pense que c'est une question de procédure,
oui?
Mme Soucy :
Oui. Bien, en fait, non, c'est l'amendement... Je veux savoir...
Le Président (M.
Pagé) : Ah! je pensais qu'on avait déjà procédé à la
distribution de l'article. Alors, je vais suspendre
quelques secondes, le temps que tout le monde puisse en prendre connaissance,
compte tenu que la distribution de l'article n'avait pas encore été
faite.
(Suspension de la séance à 10
h 11)
Président (M. Pagé) : Alors, je vous remercie. Nous allons
reprendre nos débats. La distribution de l'amendement du ministre a été
faite à chacun des parlementaires autour de notre table.
veux vous informer d'une petite chose. Contrairement à la convocation initiale
de cette commission, qui devait se
terminer à midi, suite à une entente entre les groupes parlementaires, il est
entendu que cette commission prendra fin à 11 h 30. Alors,
vous en êtes informés. Je vous remercie.
Alors,
voilà, suite au dépôt de l'amendement du ministre à l'article 1 de... oui,
à l'article 1, voilà, est-ce qu'il y a des commentaires ou des
questions? M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Merci, M. le Président. Cet amendement n'a pas pour effet de nous rassurer, au
contraire, mais ça, j'y reviendrai.
Je veux d'abord m'arrêter à ce que j'ai entendu le ministre affirmer hier, à
savoir que le débat de principe du projet
de loi n° 106 était clos. Bon, c'était, j'espère, une référence technique
à la procédure parlementaire parce que, de toute évidence, dans la société québécoise, ce débat-là n'est pas
clos. En fait, il a peu eu lieu, à mon point de vue, et ce n'est pas que le mien. On a beaucoup entendu des
groupes et des individus inquiets le dire. Et il n'a pas eu lieu ou peu eu
lieu, le débat sur les hydrocarbures, parce
que le ministre n'a pas voulu scinder le projet de loi ou en reporter l'étude. Il
y a, là aussi, un concert de voix, là, qui se sont élevées pour le dire.
exemple, la Coalition Saint-Laurent qui recommandait dans son mémoire
d'allonger la période de consultation sur
le projet de loi n° 106 afin d'en permettre une analyse adéquate, qui
recommandait d'ouvrir la commission parlementaire à une plus grande diversité d'intervenants, entre
autres en y invitant des groupes nationaux, des groupes de citoyens, des
coalitions, des spécialistes, des
scientifiques ayant une expertise critique sur les hydrocarbures. «C'est
seulement de cette façon qu'il sera
possible — nous
disait la Coalition Saint‑Laurent — de
bien analyser et bonifier le projet
de loi [qui est] sur la
table.»
Équiterre
qui affirmait, quant à elle, que le projet
de loi n° 106 apparaissait incohérent dans sa forme actuelle,
contradictoire que le projet de loi traite de transition énergétique et
d'exploitation d'hydrocarbures en même temps. Le
signal envoyé tant à la population, d'ailleurs, qu'aux autres gouvernements
avec lesquels nous collaborons à la lutte aux changements climatiques et
aussi à l'industrie du secteur énergétique n'est pas clair, hein? Le signal
n'est pas clair. Équiterre croit que le
gouvernement du Québec ne doit tout simplement pas développer l'exploration et
l'exploitation des hydrocarbures sur
son territoire, ou la financer, et a enjoint le gouvernement à dissocier les
chapitres portant sur la
Loi sur la Transition énergétique Québec et
celui sur la
Loi sur les hydrocarbures. Il y en a plein, d'exemples.
Rassurez-vous, M. le Président, je ne vais pas tous vous les donner.
Front commun pour la transition énergétique aussi disait que le projet de loi
n° 106 devait être scindé, «car il aborde deux dossiers d'une importance capitale, qui sont à la fois
vastes, complexes et contradictoires, qu'il ne serait pas possible de discuter
à fond, ni sereinement, dans le cadre d'un seul exercice». Et c'est pourtant à
cela que nous condamne le gouvernement.
front commun ajoutait : «...le gouvernement doit prioriser le dossier de la
transition énergétique, car il est urgent et scientifiquement incontournable pour les 196 nations signataires
de l'Accord de Paris, en plus de faire consensus au sein de la population, de correspondre aux forces
du Québec [...] et d'offrir des perspectives beaucoup plus importantes
de création d'emplois que le secteur des hydrocarbures.
contraire — poursuivait
le front commun — l'adoption
d'une
loi sur les hydrocarbures peut être reportée, car il n'y a aucune [espèce d']urgence à
développer la filière des hydrocarbures, d'autant plus que le Québec ne possède
pas d'expertise particulière en ce domaine,
qu'il ne s'agit pas d'une grappe attrayante pour le Québec, surtout avec les
bas prix actuels, et que l'acceptabilité sociale n'est pas au
rendez-vous.
«[Alors,] l'amalgame
des volets transition et hydrocarbures indigne [...] plusieurs groupes du front
commun, qui y voient une contradiction
flagrante, sinon un subterfuge visant à leur faire porter l'odieux de
"bloquer" la transition énergétique.
Il va sans dire — ajoutait
le front commun — qu'on
peut soutenir vigoureusement la transition énergétique sans accepter
d'emprunter au préalable un chemin opposé à celui du but visé.»
L'Union
des producteurs agricoles aussi qui a dit son inquiétude et elle aussi, l'Union
des producteurs agricoles du Québec, a réclamé que soit scindé en deux
ce projet de loi, que «la
Loi sur les hydrocarbures soit étudiée par les parlementaires de façon distincte aux autres
dispositions proposées dans le projet de loi n° 106». L'union qui est
«d'avis qu'il ne faudrait pas que
l'adoption de la nouvelle
Loi sur les hydrocarbures relance le dossier des
gaz de schiste dans les basses terres
du Saint-Laurent», une filière qui «n'a pas passé le test de l'acceptabilité
sociale et que son exploration et son exploitation auraient pour effet
de dégrader le climat social des régions rurales».
Alors,
ce n'est pas l'idée du siècle, il me fallait le dire, puisque c'est ma première
occasion en commission de bien asseoir mon point de vue. Ce n'est pas
l'idée du siècle d'entreprendre l'étude
article par
article du
chapitre sur les
hydrocarbures, alors que le débat a peu eu
lieu, mais, fort de sa majorité, le gouvernement nous y contraint, et nous
procéderons, mais pas de gaieté de coeur.
Président (M. Pagé) : Je vous remercie, M. le député de
Richelieu. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires ou d'autres questions?
M. le ministre, oui, vous voulez réagir. Allez-y.
Arcand : Bien, écoutez,
rapidement, 10 ans de débats, 150 études, cinq évaluations
environnementales stratégiques.
Tous les gouvernements avaient une loi
sur les hydrocarbures en leur possession, y incluant l'ancien gouvernement. Et, lorsque la députée de Vachon était
ministre de l'Énergie, elle avait en banque ce projet de
loi sur les
hydrocarbures. La motion de principe a été votée par les deux tiers de l'Assemblée
nationale.
Alors,
écoutez, M. le Président, c'est tout ce que j'ai à dire. Aujourd'hui, on est en train de discuter des façons d'améliorer le projet de loi, comment on peut... Nous sommes ouverts à
regarder certains amendements dans ce projet
de loi, et, à ce stade-ci, c'est ce que je peux dire.
Président (M. Pagé) :
Je vous remercie, M. le
ministre. Alors, est-ce qu'il y a
d'autres personnes... Mme la
députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : Merci, M. le Président. En fait, ça rouvre la porte... Bien, l'amendement que vous avez apporté pour ajouter
«milieu terrestre et hydrique» et puis également le dernier alinéa, c'est pour, dans le fond, s'en servir pour le projet miroir comme pour Old Harry. Est-ce
que c'était dans ce but-là?
Le Président (M. Pagé) : M.
le ministre.
Arcand : C'est-à-dire que l'amendement qu'on a apporté est un amendement
qui, suite à une... Lorsqu'il y a eu les
consultations avec la Coalition Saint-Laurent, entre
autres, ils nous ont fait part... il n'y a
pas de projet actuellement en milieu hydrique ou en milieu marin. Je sais qu'il y avait
certaines craintes de ce côté-là. Alors, nous ce que... nous avons répondu à cette demande de la Coalition Saint-Laurent de façon à y inclure le milieu hydrique dans le cas, justement...
Et vous aurez plusieurs articles... D'ailleurs, à l'article 5, on va définir ce
qu'est le milieu hydrique.
Alors, en ce sens-là, oui. Et je vous dirais que, pour l'instant, il n'y a
pas de projet sur le cas d'Old Harry, mais il y a déjà une
entente qui encadre avec le gouvernement
fédéral et le dépôt d'un projet de
loi sur Old Harry. Donc, on s'est inspirés
de ça également pour mettre les différents articles et éventuellement de futurs règlements dans le domaine du milieu hydrique.
Soucy : Donc, ça a été fait
dans l'optique... Vous l'avez bâti, en fait, pour ne pas aller à l'encontre,
j'imagine, du projet de loi pour Old Harry au fédéral. C'est ça?
Arcand : Oui, actuellement, il y a des permis de recherche qui ne sont pas actifs au moment où on se parle. C'est des permis
de recherche qui ont été livrés, mais ils ne sont pas actifs. Alors, nous, nous
souhaitons cependant les encadrer,
parce qu'actuellement il n'y a pas
d'encadrement dans ce domaine-là. Et donc il est très important... et c'est le
but recherché par ce projet de loi, ce n'est
pas d'augmenter nécessairement le nombre de promoteurs en hydrocarbures,
mais c'est, d'abord et avant tout, de
s'assurer qu'ils sont encadrés, parce que vous avez au-delà, dans ce
domaine-là, de 300 permis, au Québec, qui ont été donnés depuis
nombre d'années.
Le Président (M. Pagé) :
Merci, Mme la députée de Saint-Hyacinthe. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
la parole est à vous.
Massé : Oui, merci, M. le Président. Bonjour, chers collègues.
Contente d'être de retour, d'user de ma vigilance par rapport au projet de loi, malgré les je ne
sais plus trop combien d'années, je ne sais plus trop combien de recherches,
je sais plus trop combien de sondages. Et, notamment, quand... moi, je l'ai
déjà dit, mais je vais le redire, quand on fait référence, notamment, à la
question des évaluations environnementales stratégiques, notamment sur les
questions des hydrocarbures, je pense que,
de toutes sortes de façons, on a dit et redit comment ces évaluations-là
avaient de grandes limites, avaient
de grandes propensions à ce qu'on se perde dans les milliers de pages à lire en
si peu de temps et, dans les faits, ne nous amenaient pas toujours sur
la bonne voie.
Je comprends
pourquoi mon collègue de Richelieu revient sur la question de principe. Parce
que c'est sûr que cette idée de dire
que le deux tiers de l'Assemblée a dit oui au principe, oui, c'est vrai. Si par
contre on mesurait combien de pourcentage
de voix, de votes versus le pourcentage de sièges, vous savez comme moi, M. le
Président, qu'on ne parle pas de la
même affaire, d'autant plus que mes collègues de la deuxième opposition étaient
aussi pour scinder ce projet-là, là, pour qu'on puisse le traiter en
deux temps.
Parce qu'effectivement il y a une contradiction.
Et on en voit une dès l'article 1. Le ministre nous dit que son amendement vise à répondre à une préoccupation de
la Coalition Saint-Laurent. C'est drôle parce que la Coalition Saint-Laurent nous a dit : Il faut exclure
les milieux marins, pas les inclure en disant qu'on va... non, il faut les
exclure, carrément. Et ce n'est pas ça qu'on voit apparaître dans
l'amendement ministériel.
D'autres
éléments qui nous préoccupent, puis, en fait, je vais peut-être y aller
par une question, parce que je ne suis pas
certaine que je saisis bien qu'est-ce que ça veut dire, c'est la notion de
récupération optimale de la ressource. Alors, l'article 1 de ce nouveau projet de loi qu'est le projet de
loi sur
les hydrocarbures... Parce que, là, c'est de ça qu'on parle, on parle de récupération optimale de la ressource
dans l'article 1. J'avais besoin de saisir qu'est-ce que le ministre
voulait signifier par cela.
Président (M. Pagé) : Merci, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. M. le ministre, la parole est à
vous.
Arcand : Vous savez, ces
projets-là, Mme la députée, c'est une opération... lorsqu'ils ont les permis,
lorsqu'ils sont encadrés, ce sont des
opérations qui sont des opérations financières et donc ce sont des opérations
financières à haut risque. Donc, c'est un terme qui est employé de façon régulière, qu'il
faut, lorsqu'on décide de faire, je dirais, un forage... Lorsqu'on décide de faire quelque chose, on essaie
d'aller récupérer de façon optimale la ressource. C'est la même chose dans le domaine minier, c'est la même chose dans
plusieurs domaines. Alors, on a ajouté ça parce que c'est un élément qui va de soi, bien sûr. On ne va pas récupérer la
ressource à moitié, on va récupérer ça de façon optimale. C'est un terme
qui est employé de façon assez courante.
Le Président (M.
Pagé) : Mme la députée.
Massé : Donc, ce que je comprends, c'est, je vais le dire simple,
là : Peu importent les techniques utilisées, l'idée de ce
projet de loi là, c'est de permettre aux gazières et aux pétrolières...
qu'elles utilisent la compilation, les produits
chimiques, peu importe, c'est de... lorsqu'on rentre sur ces territoires-là, on
y va de façon optimale, on autorise d'y aller de façon optimale.
Le Président (M.
Pagé) : M. le ministre.
Arcand :
Absolument pas. Ça doit se faire selon les meilleures pratiques en milieu
environnemental. Oui, bien sûr, il
faut essayer d'aller chercher le maximum de la ressource, ça va de soi, mais ça
se fait, Mme la députée, avec les plus hauts standards. Vous allez le
voir
article par article. Il y a des certificats d'autorisation qui sont
demandés par l'Environnement, il y a des
permis qui doivent être émis, il y a des analyses qui sont faites, il y a des
inspecteurs qui sont sur place.
Quand
on regardera
article par article, on va s'apercevoir jusqu'à quel point on ne
le fait pas n'importe comment. Et le
but de ce projet de loi là, c'est justement d'encadrer ce qui doit se faire, et
actuellement il n'y a pas d'encadrement. Et vous pouvez être assurée que nous n'avons pas un appui enthousiaste,
même, des pétrolières, puisqu'elles trouvent évidemment que ce projet de loi est un projet de loi qui encadre de
façon très stricte et d'une façon très rigoureuse l'ensemble de leurs
activités. Elles vont vivre avec.
Mais
je peux vous garantir, en terminant, que ce projet de loi est certainement un
projet de loi qui est parmi les plus stricts,
les plus rigoureux... et les plus hauts standards qui sont faits en Amérique du
Nord. On a vérifié à plusieurs endroits, et véritablement je peux vous
garantir que là-dessus ça ne se fera pas n'importe comment.
Le Président (M.
Pagé) : Merci, M. le ministre. Mme la députée, aviez-vous fini?
Massé : Oui, merci, M. le Président. M. le Président, qui détermine
les meilleures pratiques? Qui, dans la mécanique, là, détermine ce que sont
les meilleures pratiques de l'industrie?
Le Président (M.
Pagé) : M. le ministre.
Arcand :
D'abord, premièrement, M. le Président, toutes les législations en Amérique du
Nord font référence aux meilleures pratiques. Nous avons regardé ce qui
se passe en Alberta, on a regardé ce qui se passe en Colombie-Britannique, on a regardé ce qui se passe en Amérique du Nord, dans plusieurs
états américains, et on s'est servis, donc, de ça. On s'est servis également
des nombreuses études que nous avons faites. J'étais un peu déçu de voir...
quand vous avez dit : Écoutez,
ces études-là ne sont pas extraordinaires, ou je ne sais pas le terme que vous avez
employé, mais, vous savez, vous
remettez en cause un peu les chercheurs du Québec qui ont fait ces
études-là et qui sont des chercheurs de nos universités québécoises.
Alors, nous, on s'est inspirés de tout ça.
Pour
nous, les meilleures pratiques signifient qu'on est à l'avant-garde dans le
domaine de la protection pour le citoyen. Je pense que ce terme, «bonnes pratiques», en
fait, si vous voulez, le terme qui est devant nous désigne un ensemble de
comportements qui font consensus, et qui sont considérés comme indispensables, et
qu'on peut trouver comme étant les guides des meilleures pratiques dans
ce domaine-là.
Le Président (M.
Pagé) : Mme la députée.
Massé : Oui, bien, je suis d'accord avec vous, mais il me semble... Je
vous ai déjà d'ailleurs entendu dire que
faire consensus ne veut pas dire faire l'unanimité. J'ai entendu ça
dernièrement, ou, à tout le moins, je l'ai lu, parce que je n'étais pas
présente, mais j'ai des yeux puis des oreilles partout, M. le ministre.
Arcand :
Je comprends.
Massé : Mais vous ne m'avez toujours pas répondu. Qui détermine, donc,
quelles sont les meilleures pratiques?
Arcand :
Les meilleures pratiques, c'est le gouvernement, basé sur les pratiques qui
existent un peu partout ailleurs. Et donc c'est de la façon dont ça le
fait, dont on le fait, c'est le gouvernement qui détermine les meilleures pratiques, et basé évidemment sur ce qui se fait.
Et d'ailleurs je mets au défi n'importe qui de nous dire que nos pratiques
ne sont pas exemplaires actuellement par rapport à tout ce qui se fait en Amérique
du Nord.
Massé : Bien, je vais vous en évoquer quelques-uns au cours de notre
échange, de nos échanges, mais, pour le
moment, je vais rester centrée sur cette question des meilleures pratiques. Je
ne voudrais pas que les chercheurs qui nous écoutent, les chercheurs indépendants qui
nous écoutent pensent que je ne donne pas de crédibilité à leurs recherches,
au contraire. Sauf que, ce que je me
rappelle du moment où les études environnementales stratégiques sur la filière
des hydrocarbures ont été lancées, ce
n'était pas nécessairement tous des chercheurs universitaires indépendants de
fortune et, notamment, des gazières et pétrolières.
Ceci
étant dit, vous disiez plus tôt... Quand je vous posais la question de la
récupération optimale de la ressource, vous
m'avez dit essentiellement, si j'ai bien saisi, que, dans le fond, bien, c'est
bien normal que ce soit ça parce qu'un coup
qu'on a donné un permis à une pauvre entreprise gazière qui investit énormément
de millions de dollars avec nos fonds publics là-dedans, dans le fond,
c'est la façon de faire, de récupérer optimalement la ressource. Pourtant, dans
le projet de loi n° 49, je nous rappelle, M. le ministre, qu'on parle
plutôt d'une gestion rationnelle de la ressource. Alors là, on induit un petit changement. Parce que vous dites que c'est
le meilleur projet de loi qui est devant nous, alors qu'il me semble
qu'en 2016, alors qu'on a les connaissances qu'on a aujourd'hui, si, dans le
projet de loi n° 49 qui touche
spécifiquement le fleuve, on parle de gestion rationnelle de la ressource et
non pas de gestion optimale... J'aimerais que le ministre m'entretienne
sur sa compréhension des différences entre les deux.
Le Président (M.
Pagé) : M. le ministre.
Arcand :
Écoutez, premièrement, comme vous le savez, que ce soit dans le projet de loi
n° 49 qui touche le fleuve... On
parle de régir des activités de mise en valeur des hydrocarbures en milieu
marin. Ça, c'est l'article 1 et ça veut donc dire qu'on va
évidemment régir ces activités-là.
Deuxièmement, on
favorise l'utilisation des meilleures pratiques généralement reconnues dans le
domaine de l'exploitation des hydrocarbures
en milieu marin. Alors, là aussi, c'est quelque chose qui est là, qui n'est
pas, à mon avis, en contradiction. Je
ne vois pas en quoi on pourrait, bien sûr, dire que de vouloir récupérer de
façon optimale la ressource entre nécessairement en contradiction avec
les meilleures pratiques en matière environnementale.
Le Président (M.
Pagé) : Mme la députée.
Massé : Bien, en fait, c'est juste parce que, là, on a deux projets de
loi. Et moi, je réitère, là, je suis
vraiment inconfortable avec l'amendement proposé, puisque la Coalition Saint-Laurent, qui veut protéger les
grandes baies, qui veut protéger le
fleuve, sont venus nous dire : M.
le ministre, il faut protéger, il ne
faut pas encadrer, il faut protéger. Et, bon, ça n'a pas l'air que c'est
par là que vous voulez aller.
là ce que je vois, c'est qu'entre le projet
de loi n° 49... qu'on
a aussi des critiques, là, et, si un
jour il est appelé, on aura la chance d'en discuter, mais on parle d'une
gestion rationnelle de la ressource, donc, bon, c'est sûr que la question se pose : C'est quoi, une gestion
rationnelle? Qu'est-ce qu'on veut dire par «rationnelle»? J'imagine que ça
avait un petit rapport avec, bien, il
faut protéger, tu sais, les Îles-de-la-Madeleine — pas bien, bien loin, ça, d'Old Harry — il faut protéger les usages, il faut
protéger... Bon, «rationnelle», une certaine rationalité qui implique
inévitablement, j'imagine, des discussions,
des débats, parce que le côté rationnel n'est peut-être pas pareil pour tout le
monde selon les intérêts de chacun et
chacune. Ceci étant dit, ça implique une gestion rationnelle, alors que, là,
dans l'article 1, dans les milieux
humides, donc, au niveau du fleuve Saint-Laurent, on parle là d'une
récupération optimale de la ressource. Bonnes pratiques ou pas, là,
c'est deux façons de voir les choses et c'est là-dessus que j'aimerais que le
ministre m'éclaire.
Le Président (M.
Pagé) : M. le ministre.
Arcand :
Écoutez, M. le Président, pour protéger, il faut encadrer — on est d'accord avec ça? — si on veut protéger. Maintenant, je connais très bien l'opinion de la députée, qui
est contre toute forme d'exploration ou d'exploitation des hydrocarbures. Vous le dites de façon très
claire, vous êtes très honnête dans votre propos, et là-dessus je n'ai pas de...
vous avez le mérite au moins d'être claire : vous êtes contre ça.
Comme vous le savez,
lorsqu'on parle du Front commun pour la transition énergétique, dans la mission
du Front commun pour la transition
énergétique, le
titre est un peu bizarre parce que, quand on lit leur mission,
ils sont contre. Ils sont comme vous, ils sont contre toute forme
d'exploration ou d'exploitation. C'est dans la mission. Allez sur leur site
Web, là, c'est clair.
Donc,
nous, ce qu'on dit, c'est que, depuis des années, les gouvernements du Québec
ont donné des permis, on donné des
permis en matière d'exploration et éventuellement d'exploitation. On a même
créé, au gouvernement du Québec, une société d'État, qui s'appelait la
SOQIP pendant des années. Alors, ce que je vous dis, c'est que, s'il n'y a pas
d'encadrement, il n'y a pas de protection, et donc, pour protéger, il faut
encadrer. Et évidemment, si cet encadrement fait
en sorte qu'il n'y a pas une gestion maximum de la ressource, c'est-à-dire une
récupération maximum de la ressource, bien,
ce sont nos lois qui vont nous guider, nos lois d'encadrement qui vont
l'empêcher. C'est un peu ça que j'essaie de vous expliquer à l'intérieur
de ça. D'ailleurs, lorsqu'on ira un peu plus loin, je pourrai vous expliquer en
fait tous les certificats qui sont demandés pour ce travail qui doit être fait,
qui sont extrêmement rigoureux, et on aura l'occasion, je pense, Mme la députée, de revenir à plusieurs reprises sur cette
rigueur qui est devant nous et qui ne fait, comme je l'ai dit et répété
encore, pas du tout l'affaire des pétrolières, en passant.
Le Président (M.
Pagé) : Mme la députée.
Mme Massé : Oui, bien, écoutez,
c'est ça qui est le sérieux problème : ça ne fait peut-être pas l'affaire
des pétrolières, mais, quand il y a des
processus clairs puis que, dans le fond, leur réaction, c'est de dire : On
se retourne de bord
puis on poursuit le gouvernement parce qu'on n'est pas d'accord avec ça, moi,
je trouve qu'ils ont le gros bout du bat
en torrieu! Puis l'exemple que je vais donner, c'est... Vous revenez toujours
sur les permis. Moi, j'invite vraiment les
gens qui nous écoutent à aller voir, là, sur le site du ministère des
Ressources naturelles, d'aller voir comment est claimé le Québec. Vous avez beau dire, puis on va le voir
plus tard, que la question de l'expropriation ne concerne que les endroits
où il y a des permis, bien, allez voir c'est
quoi, ces affaires-là où ce qu'il y a des permis. Il y en a en torrieu et il y
en a sur le bord du fleuve, il y en a qui incluent la baie des Chaleurs,
il y en a... Comprenez-vous? Et là vous me dites, à moi, que... — c'est
de bonne guerre, M. le Président — vous dites : Bon, on sait bien, vous
autres, vous êtes contre ça.
Moi,
j'aimerais qu'un jour, là, les gens saisissent, là, que ce contre quoi on est
contre, c'est le fait que cette richesse non renouvelable — non
renouvelable — soit
brûlée comme ça, alors qu'elle est là, cette richesse-là, dans le
sol québécois. Dans
200 ans, elle va être encore là, quand on va avoir encore besoin de pétrole,
pas pour conduire nos chars, mais pour faire
des valves pour le coeur, pour aider dans ce qu'on se plaît à appeler le
pétrole social. C'est ça qu'on dit, nous autres.
Mais là,
qu'est-ce que vous voulez, on est poussés. On est poussés par des pétrolières
et des gazières qui souhaitent juste
avoir une loi pour encadrer. Je m'excuse, là, ils sont déjà
encadrés par une loi qui s'appelle la
Loi sur les mines. Il y en a déjà,
sinon les claims, ça ne tiendrait pas. Et d'ailleurs, les claims, je nous
rappelle que ce n'est pas une religion, les claims. Le gouvernement libéral précédent a récupéré des claims pour
protéger. Encadrer, c'est protéger? Non, encadrer, c'est de se donner,
dans le cas du projet de loi n° 106, la possibilité de fracturer, la
possibilité d'utiliser, sur Anticosti ou n'importe
où, des produits chimiques qui vont avoir un effet majeur. Moi, vous savez très
bien que le dernier gouvernement, quand
il a retiré les permis pour protéger, pour dire non à... il n'y aura pas
d'exploration, d'exploitation là, vous savez comme que... ce que ça fait, c'est qu'il y a des entreprises privées qui
en profitent, hein? Lone Pine, là... juste hâte que leur cause soit
terminée.
Quand les
entreprises privées, gazières et pétrolières, ne sont pas contentes, qu'est-ce
qu'ils font? Après avoir eu nos fonds
publics — sur
Anticosti, on a l'exemple parfait sur nos fonds publics — après
ça, ils font quoi? Pétrolia, combien de millions? Ça m'échappe.
Plusieurs millions, hein, 56, de mémoire, mais ne prenez pas ça pour du cash, comme dirait l'autre, 56 millions de l'argent
public, même c'est plus que ça. Oui, c'est ça. Ça ne me revient plus, là. En tout cas, bref... Et cette même Pétrolia là qu'on soutient
pour qu'ils aillent voir, pour que, pour que, pour que, bien, quand on met
des balises, ils disent : Ah! pas grave, on va poursuivre. On va
poursuivre.
En tout cas, M. le Président, quand le ministre me dit : C'est
là parce que, pour protéger, il faut encadrer, j'aimerais juste qu'on
m'explique pourquoi, pour protéger notre fleuve Saint-Laurent, dans le projet de loi
n° 49 on a utilisé la
vision de gestion rationnelle de la
ressource, parce que je n'ai pas eu encore la réponse à cette question-là, mais
que cette fois-ci on parle de
récupération optimale. Ça ne serait pas pour justement tasser cette idée
qu'on a à gérer de façon responsable nos ressources, «rationnelle»? J'attends toujours
cette réponse-là.
Le Président (M. Pagé) : Mme
la députée, vous avez utilisé à deux occasions le mot «torrieu».
Mme Massé : «Torrieu»? Ce n'est pas parlementaire?
Président (M. Pagé) :
Alors, je ne suis pas certain qu'il soit dans le lexique des mots
antiparlementaires, sauf que je vous
demanderais, comme je demanderais à tout
le monde, de faire attention aux
qualificatifs que l'on pourrait utiliser,
d'autant plus que vous savez que c'est un projet de loi où il peut y
avoir une certaine passion autour de la table. Alors, je vous demanderais... je
vous appellerais tous à la prudence dans les propos que nous utilisons, s'il vous plaît.
Le Président (M. Pagé) : M.
le ministre.
Arcand : Écoutez, pendant des années, on a parlé d'une ressource
que... On parlait de traiter la ressource de façon pérenne, c'est-à-dire que les gens partaient, revenaient, etc. Et, pour
nous, ça nous apparaît aujourd'hui impossible et même mauvais pour l'ensemble des citoyens. C'est pour ça qu'on y va, dans le
texte du projet de loi, dans la direction d'une récupération optimale avec un encadrement extrêmement serré. Et puis c'est vrai que le Québec est claimé, mais
ce n'est pas parce qu'il y a des claims partout au Québec qu'il va y avoir un permis, et
ça, je tiens à le dire. Et, quand, encore
une fois, on va discuter de ce projet de loi là, on va s'apercevoir jusqu'à
quel point les autorisations sont nombreuses. Et, comme vous le savez, une fois que la loi est adoptée, les
entreprises peuvent bien essayer de nous poursuivre, mais une loi, c'est
une loi, et la loi qui existe au Québec est une loi qui a préséance par rapport
à tout ce qui se fait.
Dans les cas
que vous invoquez actuellement, dans le cas, entre autres, d'Anticosti, ce dont
on parle, c'est de délais, alors on
veut qu'une décision soit rendue, et donc on parle beaucoup plus de délais que
de ce genre d'élément là. Dans le cas
de l'autre cause, comme vous le savez, il y a eu, à un moment donné, une
décision de ne pas toucher à l'estuaire du Saint-Laurent, et l'entreprise avait un permis, donc elle s'estime
lésée. Maintenant, dans les autres cas, je dois vous dire que c'est pour ça que ça prend un encadrement et
c'est pour ça qu'il faut travailler à rendre ce projet de loi là le plus
cohérent et le meilleur possible.
Le Président (M. Pagé) : Mme
la députée.
Mme Massé :
Oui. Vous avez raison, M. le ministre, de dire que, concernant le permis de la
Lone Pine, c'était parce que nous
avons voulu protéger l'estuaire du Saint-Laurent. Et là je ne sais pas comment
ça va venir se superposer, ces affaires-là. C'est pour ça que c'est inquiétant. C'est pour ça
d'ailleurs que la Coalition Saint-Laurent nous demandait de protéger, pas d'encadrer, de poursuivre la
protection des grandes baies, comme nous l'avons fait pour l'estuaire. Ce n'est
pas ça qu'on voit dans le projet de loi, ce n'est pas ça que l'amendement
actuellement nous dit. Au contraire, il vient préciser qu'on va encadrer
«en milieu terrestre et hydrique». Je reviendrai sur «hydrique» plus tard.
Ce n'est pas
rassurant non plus — tu sais,
je regardais, là, sur la carte des claims — quand on dit : On va encadrer, et les permis, là... — en français, ça s'appelle les permis. Je
regarde la réserve faunique de Port-Daniel, ça s'appelle une réserve faunique, mais cette réserve faunique,
elle est claimée, il y a trois claims différents dessus, puis en plus elle va
être polluée bientôt, «anyway», mais je ne
veux pas mêler trop ce dossier-là. Mais là c'est ça qui est un peu particulier
quand on parle de récupération optimale des
ressources, c'est qu'on le sait que, dans le cadre des accords
internationaux... et ce n'est pas
dans le cadre de notre propre loi, j'en conviens, que la Lone Pine nous
poursuit, c'est dans le cadre de nos accords
internationaux, mais il faut tout de même faire en sorte de protéger, puisqu'on
le sait qu'ils sont là, ces accords internationaux là, là, il faut qu'on
puisse se dégager de ça. Alors donc, pour nous, et je vais terminer là-dessus,
M. le Président... hein?
Massé : Pour l'instant, oui, oui, pour l'instant, bien sûr, pour
l'instant. Mais c'est parce que je n'ai toujours pas eu cette notion de... Je compare les deux lois, ce n'est pas pour
rien, là. La loi n° 49, qui vise à protéger l'estuaire, parle de gestion rationnelle. Le projet de loi
n° 106, qui inclut la notion en milieu terrestre et hydrique, et c'est
clairement dit un petit peu plus loin que ça veut dire les baies puis le
fleuve, bien, eux autres, on dit «récupération maximale». Et, un peu plus loin, on va voir que ça peut vouloir dire
l'utilisation des produits chimiques, etc. Pourquoi la différence entre
«gestion rationnelle» et «récupération maximale»?
Le Président (M. Pagé) : M.
le ministre.
Arcand : M. le
Président, ce n'est pas «récupération maximale», c'est «récupération optimale».
Arcand : Alors, ce
n'est pas la même chose. Et un encadrement ne veut pas dire qu'il va y avoir
une récupération maximale, hein? Vous avez
dit que le projet de loi n° 49,
c'était pour protéger l'estuaire. C'est pour encadrer, là aussi, si jamais il y avait une exploration et
exploitation, entre autres, dans le cas d'Old Harry, ce qui n'est pas le cas
au moment où on se parle.
Alors,
essentiellement, encore une fois, ce que je vous dis, c'est que, lorsqu'on
parle de récupération, lorsqu'on parle
des meilleures pratiques, cela, simplement, est fait dans le but de nous donner
véritablement une loi qui tient compte de
ce qui s'est fait ailleurs et qui nous donne la flexibilité également pour
tenir compte aussi des avancées technologiques qui existent dans ce domaine-là.
Le Président (M. Pagé) : Mme
la députée.
Massé : Bien, en fait, je
vais avoir un amendement, M. le Président, pour amender... un sous-amendement, pardon, je pense que c'est comme ça, oui.
Le Président (M. Pagé) :
Souhaitez-vous déposer votre sous-amendement immédiatement?
Président (M. Pagé) :
Alors, vous en faites la lecture, et ensuite je vais suspendre, le temps qu'on
distribue cette copie à chacun des parlementaires. Je vous écoute pour
la lecture.
Massé : Alors, dans l'amendement ministériel qui nous est proposé à l'article 1 de la
Loi sur
les hydrocarbures, dans l'expression «en milieu terrestre et hydrique»,
retirer le mot «hydrique».
Le Président (M. Pagé) : Le
mot «hydrique» et, j'imagine, le mot «et» hydrique.
Mme Massé : «Et hydrique», oui.
Le Président (M. Pagé) :
Incluant le «et», sûrement, oui.
Mme Massé : Sûrement parce que,
sinon, ça va être en suspens.
Le Président (M. Pagé) :
Alors, je vais suspendre un court moment, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 10 h 52)
Le Président (M.
Pagé) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît, collègues! Nous
allons reprendre nos travaux.
moment de suspendre, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques venait de déposer un sous-amendement. Elle
en avait fait la lecture. Alors, vous avez jusqu'à 20 minutes maximum
que vous disposez afin de débattre et expliquer le sens de votre sous-amendement.
Nous vous écoutons, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
Oui. Merci, M. le Président. En fait, ce pour quoi j'ai déposé ce sous-amendement,
après avoir réfléchi avec le ministre sur différents concepts qu'il y a dans
cet amendement-là ou, disons, dans cet article-là en général, c'est que, de façon générale, la notion d'hydrique... je veux
dire, depuis... À ma connaissance à moi, et c'était pour susciter cet échange et cette explication, il y a toujours eu, comme, le milieu terrestre, dans lequel les
milieux humides étaient inscrits,
bon, etc., il y a toujours eu le milieu marin, où là on faisait une
différence avec le côtier, l'offshore, l'extracôtier,
pardon, l'offshore, et là on voit apparaître dans cet amendement-là,
alors que je n'ai pas personne qui, dans
les consultations... j'ai entendu dire la nécessité d'introduire ce concept-là, en tout cas, pour moi, c'est
complètement neuf. Alors
donc, je souhaitais entendre le ministre sur pourquoi ce concept-là à cette
étape-ci et qu'est-ce que ça veut dire, qu'est-ce que ça inclut.
Le Président (M.
Pagé) : M. le ministre.
Arcand :
Écoutez, M. le Président, d'abord, premièrement, j'ai de la difficulté à
comprendre un peu la situation, parce
que Coalition Saint‑Laurent nous ont exactement demandé de parler du milieu
hydrique. Quand on parlait du milieu terrestre,
ils sont venus devant nous pour nous dire : Écoutez, le milieu hydrique,
qu'est-ce que vous faites, nous voulons être certains... Alors, non seulement on a ajouté ça, mais, en plus de
ça, à l'article 5 de la
Loi sur les hydrocarbures, on définit ce qu'est le milieu hydrique. Donc, le
milieu hydrique, c'est «un lac ou un cours d'eau à débit régulier ou
intermittent, y compris un lit créé ou modifié par une intervention
humaine — alors
on peut même parler des bassins d'Hydro-Québec,
entre autres, lorsque... — à l'exception d'un fossé tel que défini au paragraphe 4° du
premier alinéa [...] de la
Loi sur
les compétences municipales» — sur cette portion-là, mon avocate pourra
certainement vous définir qu'est-ce
que ça veut dire, le bout sur les compétences municipales — et on dit également «ainsi que le
milieu marin».
Alors,
ça couvre tous les cours d'eau, ça couvre absolument tout, et je vous dirais en
plus que nous avons ajouté le fait
qu'un milieu terrestre comprend un milieu humide. Quand vous avez un terrain
dans lequel il y a de l'eau, etc., donc, vous avez là un milieu humide, nous incluons ça, donc ça couvre... et le
but de ça, c'est de couvrir totalement le territoire du Québec, y
incluant le fleuve, y incluant le lac Saint-Jean, y incluant nos rivières, y
incluant tout. Alors, j'ai de la difficulté
à comprendre pourquoi il faudrait retirer ça, puisque ceux qui seraient
contents de le voir retiré, ce seraient les promoteurs.
Le Président (M.
Pagé) : Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Oui. Bien, en fait, je ne sais pas si les promoteurs seraient
intéressés à le voir retiré, ce que je dis juste, c'est que la notion du milieu marin est très claire, en tout cas,
dans l'histoire, là, puis peut-être qu'effectivement votre juriste peut répondre à ça. C'est-à-dire
qu'on utilise des termes, depuis un certain temps, pour décrire ce qui est sur
la terre, etc., on utilise des termes pour
décrire ce qui est offshore, ce qui est extracôtier, et là, tout d'un coup, on
voit un nouveau terme apparaître et
qui... bien, paradoxalement, la coalition ne semble pas, tout comme nous, très
confortable à voir apparaître ce nouveau concept là. Alors, c'est pour
ça, là, je... Merci.
Le Président (M.
Pagé) : M. le ministre.
Arcand :
Écoutez, pour le bénéfice, peut-être, de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, peut-être que je demanderais à Me Giguère ici, avec la
permission de tous, de pouvoir donner
de plus amples explications sur ce terme-là.
Le Président (M.
Pagé) : Est-ce qu'il y a consentement pour que Me Giguère
puisse prendre la parole?
Le Président (M.
Pagé) : Oui, consentement. Alors, veuillez vous nommer, s'il
vous plaît.
Mme Giguère
(Isabelle) : Bonjour. Isabelle Giguère, avocate au ministère des
Ressources naturelles.
Le Président (M. Pagé) :
Merci.
Mme Giguère (Isabelle)
: Le terme «hydrique» veut comprendre tant le milieu
en eau douce que le milieu en eau
salée. Exemple, le projet de loi miroir parle de milieu marin. Alors, ça, on
comprend bien que ce sont les eaux salées du fleuve et de l'estuaire. Le milieu hydrique, on voulait préciser...
exemple, les lacs, au Québec, ce sont évidemment
des lacs en eau douce. Donc, on voulait
comprendre les deux pour permettre, dans le projet de loi, d'établir des
règles d'exploration et de production différentes par règlement selon
les milieux. Et le concept de milieu humide, lui, il fait référence aux milieux
humides tels qu'ils sont compris au sens de la
Loi sur la qualité de
l'environnement.
Le Président (M. Pagé) :
Mme la députée.
Massé : Oui. Bien, effectivement, si on peut poursuivre cet échange-là, ça veut donc dire que, par exemple, dans les autres lois...
Est-ce que ça veut dire que, dans les autres lois, lorsqu'on parle des milieux
terrestres, on n'inclut pas les lacs, les rivières, etc.?
Le Président (M. Pagé) : Mme
Giguère.
Mme Giguère (Isabelle)
: Vous
verrez, avec l'amendement qu'on apporte à l'article 5, qu'on vient
préciser exactement ce qu'est le milieu hydrique. Alors, au sens de
cette loi-ci, effectivement il y aura une distinction entre le milieu
terrestre et le milieu hydrique, mais je ne peux parler que pour cette loi-ci.
Le Président (M. Pagé) : Mme
la députée.
Massé : Oui. Bien, vous
comprendrez, M. le Président, je ne suis pas avocate, pour moi, c'est... et
d'autant plus qu'il y a
une complexité, puis c'est très intuitif, mon truc, mais, si déjà,
lorsqu'on disait : «Milieu terrestre et milieu marin», on incluait,
en tout cas, dans... Tu sais, les lois, souvent, j'ai entendu ça en commission
parlementaire, il faut qu'il y ait une certaine cohérence, une certaine
continuité, etc., et là on arrive avec un nouveau terme, c'est sûr que je me
pose des questions de pourquoi ce nouveau terme là à cette étape-ci.
Mme Giguère (Isabelle)
: Je
peux y aller?
Le Président (M. Pagé) : Oui,
Mme Giguère, allez-y.
Giguère (Isabelle)
: C'est parce
que le milieu terrestre, effectivement, ne comprendrait pas... Si on précisait juste, à l'article 1, qu'on parle des hydrocarbures en milieu
terrestre, on exclurait donc ceux qui peuvent se trouver dans nos lacs, nos rivières. Prenons, par exemple, le lac Saint-Jean, qui, on s'entend, peut s'apparenter à une mer
intérieure, là, qui ne doit pas avoir
des conditions... qui doit avoir des conditions différentes de l'exploitation
faite en milieu terrestre, alors c'est pour ça qu'on est venus préciser
le milieu hydrique, pour ne pas échapper ces milieux-là. Exemple, votre sous-amendement, là, si on gardait «les
hydrocarbures en milieu terrestre», effectivement, à ce moment-là, on ne couvre
pas ceux qui pourraient se trouver dans les lacs et les rivières au Québec.
Le Président (M. Pagé) : Mme
la députée.
Massé : O.K. C'est toujours très intéressant de comprendre un peu
plus. Bien, écoutez, M. le Président, pour
le moment, j'ai juste besoin de ramasser... suite à cette information-là, de me
ramasser un petit peu. Alors, s'il y a d'autres de mes collègues qui
veulent intervenir sur le sous-amendement, là, je vais... mais j'aimerais
revenir.
Président (M. Pagé) : Bon, alors, nous sommes toujours sur le
sous-amendement. Alors, est-ce qu'il y a des prises de parole sur le sous-amendement? Sur l'amendement, j'avais déjà
prévu deux prises de parole, des gens qui s'étaient déjà manifestés, mais, sur le sous-amendement,
est-ce qu'il y a d'autres questions ou commentaires? M. le député de Richelieu.
M. Rochon : Oui, en effet, M. le
Président. Je disais tantôt que... Quand j'entendais le ministre dire que le principe, là, du projet de loi n° 106... pour
lui, c'est que le débat est clos, je disais qu'il se berçait, à mon point de
vue, donc, d'illusions. Là, j'ai l'impression aussi qu'il se berce
d'illusions en croyant répondre aux doléances de la Coalition Saint-Laurent avec son amendement que la collègue
veut sous-amender. La Coalition Saint-Laurent, ce qu'elle souhaite, ce
n'est pas l'encadrement de l'exploration et du développement pétrolier en
milieu hydrique, elle ne veut pas d'un projet
de loi qui ouvrira la porte au développement pétrolier en milieu marin. Je
m'étonne que le ministre ait pu comprendre que la coalition voulait ça parce que la coalition, à moins que c'est
moi qui l'ai mal comprise, demandait exactement le contraire, c'est-à-dire de ne pas ouvrir le milieu
marin au développement pétrolier. La coalition, elle demandait de protéger
spécifiquement les milieux marins non compris
dans le p.l. n° 49, les baies de Gaspé, La Malbaie et des Chaleurs ainsi
que les lagunes des Îles-de-la-Madeleine. Alors, le projet de loi n° 106
ne leur accorde aucune protection contre le développement pétrolier.
l'amendement à l'article 5 introduit le terme, là, nous en parlions il y a
un instant, «milieu hydrique», le définissant comme comprenant divers éléments
aquatiques propres au milieu terrestre, lacs, rivières, ruisseaux, incluant
les ruisseaux intermittents, auxquels on ajoute le milieu marin. Alors, c'est
un amalgame qui ouvre la porte, croit la coalition...
Il me semble l'avoir entendue dire ça. Enfin, c'est ce qu'on m'a rapporté, et
j'ai fait quelques lectures avant d'arriver ici ce matin, elle estime,
la coalition, que ça ouvre la porte à des situations aberrantes aux
conséquences importantes et insoupçonnées.
Les opérations pétrolières en milieu marin, elles sont totalement différentes
de ce qui se passe en milieu
terrestre. Les risques et les impacts environnementaux y sont beaucoup plus
élevés. La coalition nous fait remarquer que c'est pour ça que, partout sur la
planète, elles sont encadrées par une législation très... enfin, fort
différente de ce qu'on retrouve en milieu terrestre, ces opérations-là.
Alors, je
crois que le ministre a bien, bien mal compris les objections de la Coalition
Saint-Laurent et qu'il va rajouter une chaudière d'eau à son indignation
par rapport au p.l. n° 106 ce matin avec cet amendement. Et je reçois favorablement celui de ma
collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
et je ne dis pas que nous n'irions pas nous-mêmes plus loin encore. Nous aurons sans doute... S'il
arrivait, regrettablement, que le sous-amendement de la collègue soit battu
par la majorité ministérielle, nous
arriverions avec, nous-mêmes, un autre sous-amendement partant de notre
compréhension des doléances exprimées par la coalition.
Président (M. Pagé) : Je vous remercie, M. le député de
Richelieu. Un commentaire, M. le ministre? Non, ça va?
Arcand : Écoutez,
non.
Le Président (M. Pagé) :
Allez-y.
Arcand : Tout ce
que je peux dire, M. le Président, c'est que, le 5 août dernier, dans son
mémoire, la Coalition Saint-Laurent demandait un encadrement aussi strict qu'il
pouvait y avoir dans le projet de loi n° 49, là, sur Old Harry, et c'est
exactement ce que nous faisons.
Président (M. Pagé) : Je vous remercie, M. le ministre. Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques...
Oui, M. le... M. le député de Berthier. Oui, allez-y, M. le député de Berthier.
Villeneuve : Oui, exactement, c'est exactement ça, M. le
Président. Je veux vous saluer, M. le Président. Je veux saluer M. le ministre et les gens qui
l'accompagnent, ainsi que tous les députés qui sont ici présents, collègues, et
évidemment la salle, et les gens qui nous écoutent par divers médias,
télévision, médias sociaux, etc.
M. le Président, beaucoup de choses se sont
dites depuis que nous avons débuté les travaux ce matin. Vous comprendrez que j'arrive, pour ma part, dans ce
projet de loi là, que j'ai suivi de très près, par ailleurs, parce que c'est
un sujet qui me préoccupe, effectivement, et
préoccupe aussi, je crois, tous les Québécois et les Québécoises. C'est un
sujet qui est excessivement sensible, et, je
le disais, beaucoup de choses se sont dites. Si vous me le permettez, M. le
Président, si le ministre me le
permet, je voudrais quand même apporter certaines... en tout cas, à tout le
moins, une lecture différente de
celle de certains collègues par rapport à ce qui s'est dit jusqu'à ce matin. Je
sais que, normalement, on ne doit traiter et discuter que de
l'amendement qui est devant nous. Soit dit en passant, si on veut, d'entrée de
jeu, s'assurer qu'on interprète correctement — comment ils s'appellent...
M. Rochon : Coalition Saint-Laurent.
Villeneuve : ... — la Coalition Saint-Laurent, bien, M. le
ministre... M. le Président, par votre entremise, j'invite le ministre à
considérer le fait de les inviter en commission et qu'ils viennent
effectivement nous dire exactement ce qu'ils
comprennent de l'amendement du ministre, qui, évidemment, n'était pas dans le
projet de loi avant ce matin. Donc, ce
serait le fun qu'on puisse les entendre si... le ministre, si ça lui sied, pourrait très bien demander... Moi, en tout cas, je vous donne mon assentiment par rapport à ça, je suis tout à
fait d'accord à ce qu'ils puissent être entendus.
M. le Président, je veux juste revenir sur certains propos qui ont été tenus ce matin, notamment
sur le fait que le projet de loi comporte quatre principes. D'ailleurs,
ça a été clairement établi par la présidence de l'Assemblée nationale, ce projet
de loi là comporte quatre principes,
et la présidence de l'Assemblée
nationale en est venue à cette
conclusion-là en disant que «la
motion présentée satisfait aux critères de recevabilité établis par la
présidence au fil du temps, et ainsi, après
analyse, je déclare la motion de scission recevable». Je voulais que les gens
qui nous écoutent puissent savoir que ce
n'est pas à défaut que nos procédures ne le permettaient pas, au contraire,
c'est parce que le gouvernement a décidé de continuer de l'avant avec un projet
de loi qui contient quatre principes.
Ceci étant
dit, je veux aussi clarifier l'affirmation qui a été faite par un collègue ici tantôt,
à savoir que le principe avait été
adopté aux deux tiers. M. le
Président, je pense qu'en chiffres
absolus le gouvernement actuel a obtenu 29,66 % des
voix lors de la dernière élection, si on arrondit, on peut parler de 30 %
des voix, et ce qui veut donc dire que 70 %... parlant par la
population, M. le Président, évidemment, par nombre de députés, c'est autre
chose, mais, si on y va proportionnellement,
c'est 70 % de la population qui s'exprimait à travers les oppositions, et
je parle de chiffres absolus ici pour préciser... M. le ministre semble parler
de 38 %, effectivement, ça, c'est autre chose, mais, en chiffres absolus,
c'est 29,66 %. Je l'invite à vérifier
mon chiffre, qui est, je crois, très, très exact. Donc, il y a vraiment, M. le
Président... Et ça, on pourra en
reparler peut-être, éventuellement, un autre jour, dans un autre projet de loi
peut-être, de revoir le mode électoral
au Québec, ça aussi, je pense que ça préoccupe beaucoup de Québécois, mais on
n'en est pas là aujourd'hui.
Moi, M. le
Président — juste
peut-être un dernier point, puis après ça je vais arriver vraiment sur
l'article comme tel... le
sous-amendement, pardon, de notre collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques — j'ai l'impression, quand je regarde le projet de loi, que le
chapitre IV, c'est
un peu comme si, en tant qu'homme ou femme d'affaires, on se lançait dans la
vente de télévisions noir et blanc, dans le
sens qu'on est en train de permettre ou on veut permettre l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures, alors que — puis je pense que les scientifiques sont
d'accord là-dessus — on doit,
au contraire, décarboniser l'économie,
qui, en principe, devrait nous mener vers une économie toute différente, sans hydrocarbures, et pourrait permettre effectivement
une prospérité différente, mais, à tout le moins, beaucoup plus en lien
avec la santé de notre planète et de notre atmosphère.
Maintenant,
j'arrive, M. le Président, à l'article, au sous-amendement. Je me posais la
question tantôt, à moi-même, et
j'espère que le ministre va pouvoir y répondre. Lorsqu'on regarde
l'article 1 et l'amendement proposé par M. le ministre, on dit : «La présente loi a pour objet de
régir le développement — tantôt, je parlais de télévision noir et blanc, là — et la mise en valeur
des hydrocarbures», et là on dit «en milieu terrestre et hydrique», on rajoute
cela. Est-ce que ça veut dire que, si
on n'ajoutait pas cela, il y aurait eu possibilité de développer les
hydrocarbures, mais sans encadrement? Donc, en fait, ma question, en
clair, c'est : S'il y a des éléments qui ne sont pas dans le
sous-amendement de ma collègue, ce qu'elle a demandé de retirer, est-ce qu'il y
a des portions de territoire québécois qui, si elles ne sont pas dûment mentionnées dans le projet de loi actuel,
chapitre
IV... est-ce que ça veut dire qu'il pourrait y avoir exploration et
exploitation d'hydrocarbures sans encadrement?
Le Président (M.
Pagé) : M. le ministre.
Arcand :
Je vais demander à Me Giguère de répondre à cette question.
Président (M. Pagé) : J'ai toujours consentement de l'ensemble
des parlementaires pour laisser la parole à Mme Giguère?
M. Villeneuve :
Oui, bien sûr.
Le Président (M.
Pagé) : Mme Giguère, s'il vous plaît.
Mme Giguère
(Isabelle)
: Merci.
L'article 1, tel qu'il est écrit,
prévoit que ça...
Mme Giguère (Isabelle)
...non, avant l'amendement, là, si on ne met pas l'amendement, l'article 1
ne faisant pas la précision, c'est
donc dire que cette loi-là s'applique sur l'ensemble du territoire
québécois : lacs, rivières, milieux terrestres, partout. Le but de l'amendement, c'est de permettre de faire
des encadrements différents pour le milieu hydrique et c'est pour ça qu'on a mis, par amendement, un
peu partout la notion d'hydrique. Et il fallait aussi définir ce qu'était
le milieu hydrique parce qu'effectivement on
ne voulait pas que les conditions dans un fossé demandent la même chose que les conditions, exemple, dans le lac
Saint-Jean ou dans le fleuve Saint-Laurent. Alors, c'est pour ça qu'on est
venus donner une définition précise du milieu hydrique.
Le Président (M.
Pagé) : M. le député de Berthier.
Villeneuve : Merci, M. le Président. Donc, il y aurait un
encadrement différent qui se collerait finalement aux réalités, aux
spécificités du milieu convoité.
Mme Giguère
(Isabelle)
: C'est ce qu'actuellement permet... Avec les amendements
qu'on y apporte, c'est ce que le projet de loi va permettre, effectivement.
M. Villeneuve :
O.K. Moi, ça va pour moi, M. le Président.
Le Président (M.
Pagé) : Parfait. Mme la députée de Saint-Hyacinthe, la parole
est à vous.
Soucy : Juste sur l'amendement, dans le fond, si j'ai bien compris, si
vous ne les encadrez pas dans la loi actuelle,
bien, ils pourraient faire l'exploration et, évidemment, l'exploitation...
bien, du moins, l'exploration de n'importe quelle façon. Dans le fond, ça serait un peu champ libre si vous ne
l'encadriez pas, ça continuerait comme c'est actuellement. Est-ce que c'est ça ou... Je parle dans les eaux
qui est de compétence provinciale, là, je ne parle pas des eaux, tu sais, de...
Le Président (M.
Pagé) : Mme la députée, vous avez mentionné l'amendement, mais
nous sommes sur le sous-amendement. Alors, juste pour que ce soit clair...
Soucy : Ah! mais c'est parce qu'il est allé sur ça, bien, il avait
posé une... mon collègue du Parti québécois a posé une question, alors
je pense que je pourrais en poser une également, là. Je ne pense pas que...
Président (M. Pagé) : O.K., mais nous sommes... Le débat qui a
cours présentement, c'est toujours un débat sur le sous-amendement. Je
tiens juste à le préciser. Mme Giguère.
Mme Giguère (Isabelle)
C'est-à-dire que ce seraient les mêmes règles qu'en milieu terrestre, ce ne
serait pas sans règle. Ce seraient
les mêmes règles, parce que le projet de loi actuel fait des règles pour les
hydrocarbures, il y aurait un régime,
alors que, là, en précisant le milieu hydrique à l'article 197, au
paragraphe 6°, on a le pouvoir de prescrire des conditions
différentes en milieu hydrique.
Le Président (M.
Pagé) : Mme la députée, est-ce qu'il y a une autre question? Ça
va. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques... Est-ce qu'il y avait une autre
question, Mme la députée Saint-Hyacinthe?
Mme Soucy : Bien, sur le
sous-amendement, non, pas du tout. C'était sur l'amendement que je veux revenir
quand ça va être le temps.
Le Président (M.
Pagé) : Parfait, oui, et j'ai déjà noté une éventuelle intervention
sur l'amendement.
Mme Soucy :
Oui, j'imagine.
Le Président (M.
Pagé) : Alors, sur le sous-amendement, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
s'il vous plaît.
Mme Massé :
Oui. Bien, écoutez, je pense que mon collègue de Berthier a potentiellement une
bonne idée. C'est-à-dire qu'on sait que le responsable de la Coalition Saint-Laurent
est parmi nous aujourd'hui. Ce pour quoi ma préoccupation sur l'hydrique puis que je voulais essayer de
bien comprendre et de voir ce que ça amenait comme impact, c'est qu'effectivement, suite
au dépôt des amendements du ministre, la coalition nous a fait connaître leur préoccupation, et, comme je le disais plus
tôt, je n'en suis pas une spécialiste, il y a des nuances que je n'arrive pas à
voir, alors je trouvais que la
suggestion était intéressante, de profiter... En tout cas, pour moi, comme parlementaire qui n'a pas toute une équipe de
juristes, malgré que je ne remets pas en cause la compétence des gens qui
m'accompagnent, vous comprendrez, mais je me demande si ça ne serait
pas, avec l'accord de tout le monde... pour bien saisir c'est quoi, les préoccupations
de la coalition. Parce que, ceci étant dit,
on est en situation où c'est quand
même un projet de loi qui va avoir des impacts sur plusieurs années, là. Alors, je ne
sais pas exactement comment on fait ça, M. le ministre, M. le député. Je
demande l'autorisation, je demande le consentement, sûrement.
Président (M. Pagé) : Là, il y a une demande de consentement
pour entendre une personne à la coalition? Est-ce que c'est bien ça
que...
Mme Massé :
Vous avez tout à fait compris.
Président (M. Pagé) : Bon, évidemment, avec un consentement, on
peut tout autoriser, mais est-ce qu'il y a consentement...
Mme Massé :
Sur la question spécifique de l'hydrique, là, moi, c'est vraiment très
spécifique.
Président (M. Pagé) : Alors, oui, je comprends bien, mais j'ai
effectivement besoin d'un consentement de l'ensemble des parlementaires.
Bourgeois : M. le Président?
Le Président (M.
Pagé) : Oui? Est-ce que j'ai le consentement de la part de la
partie gouvernementale?
M. Bourgeois :
Non, M. le Président.
Président (M. Pagé) : Non? Alors, il n'y a pas de consentement.
Alors, est-ce que vous voulez poursuivre votre intervention? À partir du moment où il n'y a pas de consentement,
je n'ai pas besoin d'obtenir de commentaire, mais, si vous voulez
commenter par la suite, vous pourrez le faire suite à l'intervention de...
Bourgeois : M. le Président, tout simplement pour rappeler qu'on est
sur le sous-amendement et...
Président (M. Pagé) : Bien, sur le sous-amendement, je vais
demander à la députée de finir son intervention, et ensuite je vous
passe la parole avec plaisir, M. le député d'Abitibi-Est.
Bourgeois : Parfait.
Le Président (M.
Pagé) : Oui, allez-y.
Mme Massé :
Oui. Bien, en fait, bon, ce n'est pas juste par principe, parce que je suis
contre, que je veux systématiquement...
c'est parce que, là, on introduit quelque chose de nouveau, duquel les citoyens
spécialisés en la matière sont venus
nous dire en commission parlementaire : Protégez le fleuve, protégez
l'estuaire, protégez les grandes baies, et là ces gens-là, quand ils
ont vu l'amendement du ministre, nous disent : On a des questions, on est
inquiets, on n'est pas certains, et c'était... Mais, bref, je vais
essayer, avec les moyens que j'ai, là, qui sont les miens, là... Si on
suspendait 30 secondes, j'irais lui
demander : Si tu étais assis là, qu'est-ce que tu poserais comme question?
Puisqu'on ne peut pas le faire de
cette façon-là, j'irais peut-être dans le sens de... Il m'apparaît clair que ce que
nous avons eu comme information
durant les audiences, M. le Président, ce n'était pas d'encadrer les hydrocarbures dans le milieu marin, c'était d'interdire,
de protéger, pas protéger par un encadrement
qui va faire que, dans trois ans, cinq ans, à cause des signatures d'accords
de libre-échange qu'on a faits, on va se faire poursuivre parce que...
d'interdire. Alors, j'essaie de voir pourquoi... comment ça s'articule, cette idée que ce qui est là, qui vise à encadrer
et non pas à interdire, répond aux demandes de la Coalition Saint-Laurent, qui, je réitère, est une
organisation citoyenne de gens qui sont préoccupés par notre fleuve, qui
est aussi le leur.
Président (M. Pagé) : Je vous remercie. M. le ministre, est-ce
que vous souhaitez réagir maintenant ou vous laissez la parole au député
d'Abitibi-Est, dans un premier temps?
Arcand :
Je vais laisser la parole au député d'Abitibi-Est.
Le Président (M.
Pagé) : Alors, M. le député d'Abitibi-Est, allez-y, toujours
sur le sous-amendement.
Bourgeois : Parfait. M. le Président, à la lumière des éléments qui
ont été présentés par l'ensemble des députés, je demande le vote sur le
sous-amendement.
Président (M. Pagé) : Sur le sous-amendement, tous les
parlementaires disposent de 20 minutes pour s'exprimer.
Bourgeois : Ah! d'accord.
Président (M. Pagé) : Alors, vous comprenez que ce sont nos
règlements, et on va les respecter, bien sûr. Alors, oui, j'ai M. le
député de Berthier, ensuite M. le député de Richelieu.
Villeneuve : Ah! Bien, oui, oui. Oui, merci, M. le Président.
Je croyais que le député d'Abitibi-Est voulait nous convaincre de l'interprétation à donner, finalement, là, à toute la
discussion qu'on a autour du sous-amendement déposé par la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques.
le Président, juste soumettre bien humblement ce fait à vous tous,
parlementaires. J'ai eu, par l'occasion, à faire un projet de loi avec le député de Louis-Hébert, et effectivement on
avait une mauvaise interprétation... en tout cas, on avait plusieurs
interprétations par rapport à des propos tenus par des représentants d'un
organisme, et le député de Louis-Hébert
avait accepté — et je
l'en remercie, sûrement qu'il nous écoute présentement — il avait accepté à l'époque qu'on puisse entendre... et il a fallu ajourner,
M. le Président, parce que le représentant de l'organisme n'était pas présent
dans la salle, alors que là, manifestement, la situation est très différente.
vais faire une proposition fort simple à mes collègues, M. le Président, c'est
qu'on puisse... et qu'on se donne un
cadre temporel de cinq minutes, juste cinq minutes pour que le représentant qui
est ici présent... s'il acceptait de venir nous dire exactement... au lieu de... Parce qu'il nous entend, il nous
écoute puis il se dit : J'aimerais donc ça pouvoir leur dire :
Voici ce que moi, je pensais, et ça serait
tout. On dit cinq minutes bien chronométrées, et on a des gens ici qui font ça
merveilleusement bien, M. le Président, ça
nous permettrait d'avoir l'heure juste. Alors, ce serait assez extraordinaire,
cinq minutes. C'est une commission parlementaire qui est d'un enjeu très, très,
très important, et ça réglerait le cas, et on saurait effectivement... comme disait M. Paradis... pardon, M. le
député de Brome-Missisquoi — c'est ça? — disait : On l'aurait de la
bouche du cheval. Alors, on aurait assurément la réponse à l'interprétation,
quelle est la bonne, finalement. Alors, j'en
fais la proposition, M. le Président. J'aimerais entendre le ministre par
rapport à cette proposition.
Président (M. Pagé) : Il y a déjà eu une proposition sur ce
consentement, qui n'a pas été accordé, sauf que, je vous rappelle, nous allons suspendre nos travaux dans exactement une
minute, alors vous aurez l'occasion, si vous le souhaitez, hors d'ondes,
de discuter à nouveau, vous aurez l'occasion de le faire.
Oui, je vous écoute,
toujours sur le sous-amendement, M. le député de Berthier.
Villeneuve : Je ne veux nullement remettre en cause ce que vous
venez de dire, à la différence près que la proposition que je viens de faire est nettement différente de celle de
tantôt parce que, là, je propose un cadre temporel de cinq minutes. Cinq
minutes, ce n'est pas beaucoup. Mais je retiens votre proposition.
Effectivement, nous aurons l'occasion de
discuter avec le ministre pour voir s'il peut, à la reprise des travaux, plus
tard, accorder un cinq minutes au représentant de la Coalition
Saint-Laurent. Merci.
Président (M. Pagé) : Je vous remercie. Alors, j'allais prêter
la parole au député de Richelieu, mais, compte tenu de l'heure, il est exactement 11 h 30 pile, alors je vais
suspendre nos travaux jusqu'après les affaires courantes, si ma mémoire
est bonne — et
ça sera à la salle ici?
Le Président (M.
Pagé) : Alors, ça sera exactement la même salle,
La Fontaine. Merci. Bon appétit.
(Suspension de la séance à
11 h 30)
Président (M. Pagé) : Alors, à l'ordre, s'il vous
plaît, chers collègues. Chers
collègues, s'il vous plaît, à l'ordre! Alors, nous allons reprendre, bien sûr,
nos travaux.
Je rappelle que la commission
est réunie afin de poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 106, Loi
concernant la mise en oeuvre de la Politique énergétique 2030 et
modifiant diverses dispositions législatives.
Lors de la suspension
de nos travaux, à 11 h 30, ce matin, nous étions à l'étude de l'article 1
de la
Loi sur les hydrocarbures, et le débat
portait sur le sous-amendement déposé par la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Alors, est-ce qu'il y aurait
d'autres interventions concernant le sous-amendement de la
députée? M. le député de Richelieu, nous vous écoutons.
M. Rochon : Vous vous souvenez que j'allais intervenir, M. le Président, quand nos travaux se sont ajournés.
Le Président
(M. Pagé) : Tout à fait.
M. Rochon : Je veux juste, en tout respect, faire remarquer que nous devrions tirer
une leçon de la séance de ce matin,
c'est qu'il peut être imprudent d'affirmer qu'un amendement ou un sous-amendement nous a été inspiré par tel ou
tel mémoire, tel ou tel propos, telle ou telle déclaration d'un groupe auquel,
bon, nos règles permettent difficilement, en examen
article par article, de redonner la parole pour préciser sa pensée. Et
je le dis, là, vraiment en tout respect et en toute amitié, comme j'ajouterai, en tout respect également,
qu'il m'apparaît être un argument un peu boiteux pour calmer les inquiétudes autour de ce projet de loi d'affirmer que les producteurs pétroliers et gaziers ne sont pas très
enthousiastes relativement à ce projet
de loi ou sentent que c'est un
argument un peu risqué... en tout cas, pas suffisant pour calmer les
inquiétudes.
Mais
je reviens, là, immédiatement, M. le
Président, au sous-amendement proposé par la collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques à l'effet de retirer l'expression «et hydrique», n'est-ce pas, de l'amendement présenté par le ministre. Ça s'inscrit justement dans la volonté d'apaiser les inquiétudes — et
très, très, très légitimes, les inquiétudes — notamment de la Coalition Saint-Laurent, qui demande de protéger
spécifiquement les milieux marins, hein, alors que l'article 1 affirme
que la
Loi sur les hydrocarbures encadrera
l'exploration et le développement pétroliers en milieu hydrique. Alors, c'est
clairement le contraire que fait le projet
de loi, il ouvre la porte au développement pétrolier en milieu marin, alors que
la Coalition Saint-Laurent demande
exactement le contraire, de ne pas ouvrir le milieu marin au développement pétrolier.
Les consultations
particulières, elles ont confirmé nettement, là, que le projet de loi n° 106
amène beaucoup d'incertitudes auprès des
citoyens, des agriculteurs — dont nous parlera certainement, à un moment
donné, mon collègue de Berthier — des pêcheurs, des mariculteurs, des
entrepreneurs, des municipalités. La mienne, à
titre d'exemple, celle de
Sorel-Tracy, est vertement — «vertement», ça, c'est joli, ça — vertement opposée au projet de loi
n° 106. Le maire de Sorel-Tracy,
pas plus tard qu'il y a quelques jours, là, participait à une séance
d'information aux côtés de groupes qui protestent contre ce projet de
loi.
est gros, il est complexe, le projet de loi, il est mal ficelé, il est
paradoxal, paradoxal parce que, d'un côté, il favorise l'exclusion des hydrocarbures de l'économie québécoise avec
Transition énergétique Québec, et, de
l'autre côté, on balise
l'exploitation. Alors, c'est un projet
de loi qui soulève plusieurs
craintes, dont celles reliées, je le disais, hein, à la protection des milieux marins, et je peux en
identifier quelques-unes, là, alors baies de Gaspé, de La Malbaie et
des Chaleurs. Actuellement, il y a un décret ministériel qui protège les zones de Gaspé, Malbaie et baie
des Chaleurs de manière temporaire.
Le projet de loi n° 106, ou tout autre décret ministériel, pourrait annuler la protection assurée par le décret de 2009. En 2011, la loi n° 18
instituait un moratoire permanent sur le fleuve Saint-Laurent et l'estuaire à
l'ouest de la pointe ouest de l'île
d'Anticosti avec la révocation de tous les permis, et ce, sans compensation. Cependant,
la loi n° 18 n'inclut pas les zones gaspésiennes.
Alors,
il y a beaucoup, beaucoup d'incertitudes, d'inquiétudes, de craintes,
toutes légitimement exprimées, toutes légitimes,
toutes légitimes, et dont on ne peut pas, il me semble, moi, en tout cas, faire abstraction. Je ne dis pas tout ça... Mon but n'est pas
de jouer l'empêcheur de tourner en rond, là, c'est véritablement de me mettre
dans la peau de ces citoyennes et citoyens
qui nous ont élus. Écoutez, le maire de ma municipalité, la capitale de
ma circonscription, convoque des séances d'information pour dire aux citoyennes et citoyens de sa ville,
de ma ville combien ce projet de loi met en péril
le Québec. Je ne peux pas négliger ça. Je crois qu'aucun de
nous, députés, qui représentons nos circonscriptions et qui
entendons ces inquiétudes dans nos localités, aucun d'entre nous ne peut
négliger ça. Or, j'ai le sentiment qu'on le néglige un peu, que le gouvernement
le néglige un peu, qu'il balaie un peu rapidement ces inquiétudes.
encore une fois, ce n'était pas non plus pour jouer l'empêcheur
en rond que j'ai demandé, réclamé cette motion de report du projet de
loi, c'était pour donner le temps au gouvernement de retourner à la table à
dessin. Alors là, puisqu'il
est majoritaire et qu'il en a décidé autrement — et ça
aussi, c'est légitime, c'est un gouvernement élu démocratiquement, là — nous devrons y aller d'amendements
successifs, toujours en nous faisant la voix de ces citoyennes et
citoyens de nos circonscriptions. L'exercice sera plus laborieux et, je dirais,
aussi moins propice à construire une dynamique
forte d'acceptabilité sociale. C'est moins propice à susciter l'adhésion
citoyenne au projet de loi. Alors,
c'est malheureux que nous devions
procéder ainsi, mais nous allons le faire. Nous allons travailler très
studieusement. Nous allons y aller,
comme je le mentionnais, là, d'amendements successifs, de sous-amendements quand le ministre
amendera lui-même, et peut-être nous fera-t-il l'heureuse surprise de
temps à autre d'amender dans le sens véritable — bien, véritable à notre point de vue, là — des récriminations que nous entendons
partout sur le territoire québécois. Moi, je vais m'arrêter ici pour
l'instant, M. le Président.
Le Président
(M. Pagé) : Ça va? Je vous remercie. Oui, M. le député de
Berthier.
M. Villeneuve :
Ah! M. le Président, j'avais quelqu'un qui voulait intervenir. Je n'ai pas de
problème.
Le Président (M. Pagé) :
J'ai vu le député de Berthier avant et je vous laisse la parole immédiatement
après, M. le député d'Abitibi-Est. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Merci, M. le Président. J'ai tellement hâte d'entendre le député d'Abitibi-Est
que je vais être très court puis je
reviendrai après, s'il le faut. Juste dire, ce matin j'ai dit une fausseté, et
il ne faut pas dire de faussetés, dans la mesure où on fait... en tout cas, il ne faut pas faire exprès, à tout le
moins. Juste dire que ce que j'ai dit ce matin, que les oppositions
avaient voté contre le principe, ce n'est pas vrai, je m'en excuse, c'est
plutôt au niveau de la scission. Alors, au niveau de la scission, il y a eu...
les oppositions ont voté pour que le projet de loi soit scindé en quatre, et là
il y a eu un vote, et effectivement les
oppositions ont voté pour la scission, le gouvernement a voté contre. Par
ailleurs, pour ce qui est du principe, la CAQ a voté pour, je veux juste
dire cela, et alors que nous avons voté contre, ainsi que Québec solidaire.
Je veux juste
apporter ce point-là. Je pense que c'est important pour les gens qui nous écoutent, pour ne pas
induire les gens en erreur, là,
qu'ils puissent avoir exactement les faits. Et je reviens après, je veux absolument
entendre le député d'Abitibi-Est,
M. le Président.
Le Président (M. Pagé) :
Alors, M. le député d'Abitibi-Est, nous vous écoutons.
M. Bourgeois : Merci,
M. le Président. Justement,
dans la même ligne de pensée, compte tenu que les collègues
des oppositions ont pu faire paraître, je pense,
assez clairement leur opposition beaucoup sur toute la notion
du principe en lien avec le projet de loi, on est rendus à l'article
par article, on est sur un amendement
qui a été déposé... un sous-amendement qui
a été déposé, donc est-ce qu'on peut revenir au vif du sujet? Je comprends que,
depuis ce matin, on a parlé beaucoup
en lien avec le principe qui est autour, mais on est dans l'article par
article, donc, M. le Président, j'apprécierais si les collègues pourraient aller plus sur le fond, sur les points techniques plutôt
que revenir continuellement sur le principe.
Président (M. Pagé) : J'entends bien votre demande, M.
le député, mais chaque collègue
dispose de 20 minutes pour
pouvoir discuter du sous-amendement,
et, à travers l'argumentation, c'est la population qui jugera de la qualité des interventions. Mais, tant que les interventions
sont sur le sujet qui nous préoccupe, je pense que... pas «je pense»,
je vais autoriser, effectivement, les échanges. Évidemment, s'il
y a un débordement ou si on est complètement hors sujet, ce que j'ai déjà
entendu dans le passé, je ne laisserai pas les discussions se faire. Mais, à
partir du moment où les discussions se
font à l'intérieur du projet de loi qui nous concerne et sur le sujet qui nous
concerne, évidemment, j'entends laisser les collègues disposer
de leur temps qui leur est alloué.
Alors, est-ce qu'il y avait une autre
intervention sur le sous-amendement?
Président (M. Pagé) : Alors, à ce moment-ci, nous allons disposer du sous-amendement. Est-ce que vous avez une question sur... Oui, allez-y.
M. Rochon : Oui, si vous me permettez, M. le Président, c'est en réaction, mais ce sera branché sur le sous-amendement, il n'y a pas d'inquiétude, là,
en réaction à ce que le collègue d'en face a dit des principes, là, ça le
languit un peu que nous parlions des principes plutôt que des
sous-amendements et amendements. Je crois bien, tout à l'heure, avoir parlé du sous-amendement, mais en faisant état de réserves
que nous avons sous le sous-amendement. Il est plutôt de notre devoir, et je crois que c'est un principe, de faire écho des inquiétudes de nos populations.
Alors, j'ai parlé des milieux marins tout à l'heure, de ce que la
Coalition Saint-Laurent en disait. Alors, je pense que j'étais tout à fait sous le sous-amendement, mais en effet je faisais état de
principes, ce qui n'est pas mauvais, il me semble, en ce Parlement.
Président (M. Pagé) : Ça va? Alors, est-ce qu'il y a
d'autres commentaires ou questions sur le sous-amendement de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques ou d'autres demandes de prise de
parole? S'il n'y en a pas, je vais disposer du sous-amendement. Oui, M.
le député d'Abitibi-Est, sur le sous-amendement.
M. Bourgeois :
Peut-être juste un commentaire suite aux commentaires du collègue. Juste pour
bien nous éclairer, je voudrais
savoir si sa formation politique, elle est d'accord sur le principe de la Loi
sur les hydrocarbures, puis ça va éclairer
un peu tout le monde, à savoir, dans les positions qui sont en train de se
définir encore plus clairement, ce qu'il en est. Donc, j'aimerais
connaître leur position.
Président (M. Pagé) : Si le collègue veut répondre à la
question du député d'Abitibi-Est. J'ai cru comprendre, dans ses propos
tantôt, qu'il mentionnait que sa formation politique n'avait pas voté en accord
sur le principe, mais il pourra... il peut... Oui, M. le député de Richelieu.
M. Rochon : Bien, je vais
compléter, M. le Président, par un clin d'oeil. Tous ont été pris à témoin, il
y a des députés ministériels qui ont bien
hâte d'être rendus sur d'autres banquettes pour pouvoir enfin poser des
questions et nous voir, nous,
répondre aux questions. C'est un clin d'oeil amusé, là, mais je pense que j'ai
bien, tout à l'heure... j'ai bien, tantôt, informé tout le monde ici de notre
posture. Nous nous faisons la voix de nos citoyennes et citoyens qui vivent des
inquiétudes à l'égard de ce projet de loi, et ça me paraît notre devoir de le
faire.
Président (M. Pagé) : Ça va? Alors, pour peut-être une
dernière fois, parce que ce n'est jamais une dernière fois, est-ce qu'il y a d'autres commentaires ou
questions sur le sous-amendement déposé par la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques?
Je n'en vois pas. Alors, nous allons en disposer. Est-ce que le sous-amendement
est adopté?
Une voix :
Vote nominal, M. le Président.
Le Président
(M. Pagé) : L'appel par vote nominal est demandé. Mme la
secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Oui. Alors, M. Arcand (Mont-Royal)?
La Secrétaire :
M. Bourgeois (Abitibi-Est)?
La Secrétaire :
M. Morin (Côte-du-Sud)?
La Secrétaire :
M. Giguère (Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. Simard (Dubuc)?
La Secrétaire :
M. Busque (Beauce-Sud)?
La Secrétaire :
M. Rochon (Richelieu)?
La Secrétaire :
M. Villeneuve (Berthier)?
La Secrétaire :
Et Mme Soucy (Saint-Hyacinthe)?
La Secrétaire :
Et M. Pagé (Labelle)?
Président (M. Pagé) : Abstention. Alors, nous comprenons
que l'amendement est rejeté. Donc, à ce moment-ci, nous revenons sur le débat sur l'amendement déposé
par le ministre au tout début de la séance de ce matin. Alors, est-ce
qu'il y a, oui, des interventions? M. le député de Berthier.
D'ailleurs,
avant le dépôt du sous-amendement, les demandes de prise de parole qui avaient
été faites et qui n'ont pas été
complétées sur l'amendement, il y avait le député de Saint-Hyacinthe... non, le
député de Richelieu et ensuite la députée
de Saint-Hyacinthe. Compte tenu que ces deux députés n'ont pas pris la parole,
alors, avant de... je vais permettre à
ces gens de s'exprimer parce qu'ils avaient demandé la parole. Est-ce que, M.
le député de Richelieu, vous souhaitez prendre la parole encore sur
l'amendement?
M. Rochon : M. le Président, je vais être courtois, comme mon collègue de Berthier
à l'endroit de son collègue d'en face
tantôt, qui mourait d'envie de s'exprimer. Lui, je crois aussi qu'il a bien
envie de s'exprimer. Je lui céderais mon droit de parole, M. le
Président.
Le Président (M. Pagé) :
Sauf que la députée de Saint-Hyacinthe avait demandé la parole avant.
M. Rochon :
Avec plaisir également.
Le Président (M. Pagé) :
Malgré votre courtoisie, je me dois d'y aller dans l'ordre.
M. Rochon : Alors, je vais me
diriger vers la députée de Saint-Hyacinthe, d'accord.
Président (M. Pagé) : Alors, Mme la députée de
Saint-Hyacinthe, sur l'amendement, nous vous écoutons.
Mme Soucy :
Bien, en fait, c'était pour revenir sur un propos que le ministre a dit. Le
ministre parlait de technologies reconnues,
comme dans les meilleures pratiques. Pour parler de meilleures pratiques,
meilleures pratiques au niveau des meilleures
technologies, bien, ça va de soi qu'il faut savoir... il faut que ça soit
classifié, il faut savoir... qu'il y ait une certaine classification
selon certains critères établis en fonction de la sécurité.
Je voulais
savoir : Est-ce qu'il y a cette classification-là au niveau de la
technologie qui existe dans le domaine pétrolier,
soit aux États-Unis... Je sais qu'au Canada il n'y en a pas, de normes, mais je
ne sais pas si ça existe dans d'autres pays,
comme aux États-Unis. Est-ce qu'une norme... Comme par exemple, je vais vous
donner un exemple, les lasers pour la
vue, bien, on va avoir... il va y avoir une classification. Par exemple, au
niveau du code du bâtiment, les règles ASNOR ou... il existe des normes avec des gradations au niveau de la sécurité.
Est-ce que ça existe dans ce domaine-là? Parce que, quand vous parlez de, tu sais, meilleures
pratiques reconnues, bien, il faut
que ça se réfère à quelque chose, sinon, bien, c'est une phrase qui ne veut rien dire dans les faits. Parce que,
si elles ne sont pas déterminées par un règlement qui dit, bon, bien : Telle technologie, voici, ça,
c'est sécuritaire à tel niveau, tel niveau... s'il n'y en a pas, j'ai de la
difficulté à m'imaginer que le gouvernement va pouvoir avoir... va pouvoir dire que c'est une bonne... tu sais, une
technologie reconnue dans les meilleures pratiques, si on n'est pas
capable de cibler quelle est la meilleure pratique en soi.
Le Président (M. Pagé) :
M. le ministre.
M. Arcand : Écoutez, d'abord, premièrement, dans ce
domaine-là, il y a une évolution des technologies sur une base permanente. Il y a toujours,
toutes les... je ne sais pas si c'est à toutes les semaines, mais certainement
à tous les mois, il y a quelque
chose d'un peu nouveau dans ce
domaine-là, d'une part. Et il n'y a pas, à ma connaissance, de classification,
mais il y a énormément de demandes qui sont faites sur ça.
Le ministère
a pour mandat, évidemment, de s'assurer qu'on travaille avec les meilleures
technologies possible, mais, pour
répondre aussi à votre question, quand on demande, par exemple, des permis en
termes d'activité d'hydrocarbures, je
vous rappelle que ça prend des autorisations au niveau de la géochimie, de la
géophysique, sondages stratigraphiques, forage de puits, complétion de puits, reconditionnement de puits,
fermeture temporaire de puits, fermeture définitive de puits, construction et autres, conditions
spécifiques pour les activités en milieu hydrique. Alors, une fois qu'on a
passé à travers ça — ça,
c'est seulement la liste de notre ministère — après ça on s'en va à l'Environnement. Là, ça prend
un certificat d'autorisation en vertu
de l'article 22 de la loi québécoise de l'environnement, qui est nécessaire pour les
forages dans le shale, pour les
prélèvements d'eau, pour le brûlage, la torchère, le brûlage de gaz, etc. Ça
prend donc plusieurs certificats d'autorisation qui viennent du ministère
de l'Environnement.
Alors, quand
on dit que la procédure, elle est complexe et elle est difficile, je pense
qu'on ne peut pas avoir plus exigeant
en termes, je dirais, de normes de notre part, et on s'ajuste, évidemment, au
niveau de nos règlements, sur une base
régulière pour s'assurer que, s'il y
a une nouvelle technologie, à ce
moment-là, bien, la nouvelle technologie doit être, le plus souvent
possible, utilisée.
Le Président (M. Pagé) :
Mme la députée.
Mme Soucy : Bien, tu sais, vous dites : Oui, mais on se
base sur la meilleure pratique, mais, encore là, vous vous basez sur
quoi? Parce que les meilleures pratiques... peut être aléatoire, bien, d'un
fonctionnaire à l'autre, à la limite. Parce
que, s'il n'y a pas... si ce n'est
pas déterminé c'est quoi, les meilleures pratiques, c'est quoi, les meilleurs
outils de technologie qui existent...
Par exemple, je vous donne un exemple concret, là, puis, peut-être,
les spécialistes pourront me dire si ça a du bon sens ou pas, mais, tu sais, je pense,
entre autres, à la détection pour, bien, savoir s'il y a une fuite, par exemple. Tu sais, il va y avoir un instrument
quelconque, bien, tu sais, pour savoir est-ce que c'est plus sécuritaire
celle-là qu'un autre, par exemple, d'une
autre compagnie. Bien, il faut que ça soit déterminé, parce que
ce n'est pas le fonctionnaire qui va
dire : Oui, ah! parfait, c'est dans les meilleures pratiques, ou pas. Je
ne le sais pas, ça me paraît assez flou. Je ne sais pas si vous pouvez peut-être
les déposer. Vous dites : On a plusieurs...
M. Arcand : Oui,
quand on sera rendus, là, on pourra regarder. De toute façon, c'est dans le projet
de loi. Il n'y a pas 200... près de 300 articles pour rien,
là, c'est parce qu'il y a vraiment
une liste d'éléments à l'intérieur de ça. Mais, vous savez, au Québec, on n'a pas une culture, dans le domaine pétrolier,
qui est très, très élaborée. Alors, quand vous me parlez des normes, et ça se fait également dans certaines
provinces canadiennes, c'est l'organisme de normalisation qui existe, s'appelle l'American Petroleum
Institute, parce qu'aux États-Unis, des puits d'hydrocarbures, ils ont ça
depuis très longtemps, et donc je dois vous dire que c'est ce qui est
utilisé. Puis je rappelle également à mes collègues du Parti québécois que, quand on parle d'hydrocarbures, on parle aussi non
pas juste de pétrole, on parle de gaz naturel. Et donc, à partir du moment où on refuse d'adopter le
principe sur un projet de
loi sur les hydrocarbures, ça veut dire qu'on refuse
également l'utilisation de gaz naturel qui existe au Québec.
Mme Soucy : Est-ce que vous... Tu sais, vous avez dit, bien,
plus loin... Est-ce que c'est possible de nous les déposer pour qu'on sache un petit peu sur quoi que le ministère
se base? Sur quels critères se base-t-il pour déterminer si, bien, c'est
une bonne pratique ou tout simplement ça ne l'est pas?
M. Arcand : Écoutez, ce sont... De toute façon, on a fait plusieurs
EES, évaluations environnementales stratégiques, qui sont déjà
publiques. Il me fera plaisir, là, de pouvoir vous référer à ces études-là.
Mme Soucy : Ça ne donne pas les
critères, ça, ça ne donne pas sur quoi que...
M. Arcand : Bien,
ça fait référence aux meilleures pratiques. Les critères vont s'inspirer de ça
et vont être inscrits éventuellement dans des règlements.
Mme Soucy : Éventuellement dans les règlements. Est-ce que vous prévoyez, dans les règlements,
de spécifier si, je ne sais pas, là,
telle sorte, c'est accepté, en donner quelques-unes, une des normes, tu sais, la norme
américaine qui existe? Je vais aller voir,
là, je vais pouvoir... vous m'avez donné... je vais aller voir, mais habituellement ça fonctionne par gradation d'un à quatre ou
un à cinq, mettons, c'est comme...
Est-ce que ce
que vous allez établir : Bien, ceux-là, c'est accepté au Québec,
sinon ça ne l'est pas, accepté... par règlement? Parce qu'un règlement, ça se change facilement,
ça fait que, si la... Tu sais, si vous dites : Ça évolue rapidement,
bien, c'est correct, ça évolue rapidement, puis c'est compréhensible qu'on
n'ira pas mettre ça dans une loi, mais,
par règlement, vous allez pouvoir le changer. Tu sais, si la technologie s'améliore puis elle a lieu d'être changée, vous allez pouvoir le faire par règlement,
mais est-ce que vous avez prévu de faire ce genre de réglementation là pour qu'on s'assure que
les pétrolières n'utilisent pas la technologie qu'elles veulent bien utiliser mais la technologie, bien, que les experts au gouvernement auront choisi qu'ils
utilisent?
M. Arcand : Je comprends, mais, Mme la députée, avant de donner un permis, on s'assure qu'on a les meilleures technologies
disponibles, on s'assure... On ne donne pas un permis si le forage qui est là
n'est pas un forage qui est sécuritaire pour les citoyens, il faut bien
comprendre ça.
Mme Soucy : On essaie de rassurer les citoyens
en ce moment, puis cette réponse-là ne me rassure pas, donc ne
doit sûrement pas les rassurer non plus.
M. Arcand : Bien, écoutez, si les institutions, pour vous, ne sont pas des institutions qui fonctionnent correctement... Tu
sais, ce matin, la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques disait : Les EES, là, pas sûre que c'est bien bon, là, ce qui
a été fait. Bien, c'est parce qu'à un moment donné, si vous n'avez pas confiance au ministère, là, c'est une autre
paire de manches.
Mme Soucy : Ce n'est pas une question...
M. Arcand : Il
faut que vous ayez confiance aux institutions. Nous, on arrive avec des propositions,
avec des encadrements qui sont basés sur des
études qui sont sérieuses. Il faut quand
même voir... On vous dit exactement
nos sources, on vous dit que ça vient
de tel endroit, c'est selon des normes, on a une liste de choses qui doivent
être faites, tout ça est tout à fait à découvert, transparent dans notre opération.
Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de plus? On fait ce qui est actuellement
le plus sécuritaire pour les citoyens.
Mme Soucy : Juste dire que ce n'est pas parce que je n'ai pas
confiance aux gens qui sont dans votre ministère,
mais ils travaillent avec ce qu'on leur
donne, aussi. Tu sais, je veux dire, si ce n'est pas établi... bien, tu sais,
il faut quand même qu'il y ait
une certaine orientation qui est donnée. Ça n'a rien à voir avec la
confiance que j'ai aux gens du ministère
ou pas.
Puis
j'essaie, puis ce n'est pas... je n'essaie pas de vous prendre, là, avec des questions
comme ça, là, j'essaie juste de
comprendre pour que, quand que les citoyens arrivent à notre bureau, et sont stressés, puis
ils sont inquiets de ça, bien, on
sache sur quoi on... tu sais, les prises de position qu'on fait lors du projet de loi. C'est juste les réponses que je veux. Si vous me dites :
«Il n'y en a pas», il n'y en a pas, c'est correct.
M. Arcand : Alors, pour répondre... De toute façon, ce que je peux faire, encore
une fois, même si c'est dans les
études, on pourra vous déposer, là, d'ici
les prochains... d'ici demain, peut-être, là, la liste des normes que nous comptons
utiliser.
Le Président (M. Morin) :
Merci, Mme la députée de Saint-Hyacinthe. Oui, M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : Merci, M.
le Président. Bien, écoutez,
ça va aller dans le même sens que la
députée de Saint-Hyacinthe, et
puis je pense que ça va répondre aussi à certaines inquiétudes qu'a pu nous transmettre
le député d'Abitibi-Est tantôt. M. le ministre, ou M. le Président — par
votre entremise, je m'adresse à M. le ministre — ...
Le Président (M. Morin) :
Oui, allez-y.
M. Villeneuve : ...pour le commun des mortels, dont je suis et
dont nous sommes probablement tous, j'imagine — j'ose
espérer, l'Halloween est passée — donc,
j'aimerais, M. le ministre... M.
le Président, si M. le ministre pouvait me dire : Aujourd'hui, là, voilà comment ça fonctionne, hein? Le territoire
est claimé en grande partie. En tout
cas,
les basses terres du Saint-Laurent sont claimées. On a vu, on a connu l'épisode, là,
des années 2009, 2010, 2011 où il
y avait des gaz... il y avait des entreprises
qui s'installaient dans la cour d'une garderie ou à l'arrière, pas très loin,
puis qui foraient pour faire un puits
d'exploration, puis, bon... Donc, il
y a une façon de faire — parce que le projet de loi est toujours à l'étape projet de loi — il y a une façon de faire présentement qui
existe. Moi, j'aimerais que le ministre, là, M. le Président, nous dise : Voici comment ça fonctionne... mais
succinctement, là, je ne veux pas aller dans les détails, mais comment ça fonctionne présentement, pour que
les gens qui nous écoutent puissent... et pour moi, surtout pour moi, que je puisse être capable de suivre : Voici
comment ça fonctionne présentement et voici comment ça va fonctionner avec
le projet... Parce que, là, on est à
l'article 1. Oui, je comprends qu'on va probablement retourner les pierres
plusieurs fois, hein, puis ça va être
la même pierre qu'on va retourner, éventuellement, dans le projet de loi. Mais,
pour décoller, là, pour bien partir,
là, qu'on se comprenne bien, là : Voici comment ça fonctionne présentement
et voici, avec le projet de loi, comment ça va fonctionner.
idéalement, si on pouvait avoir même un tableau qu'il pourrait être inscrit
dessus, là — c'est
succinct, ce n'est pas précis — pour qu'on puisse bien suivre... Parce que
je pense que, pour la suite de nos travaux, il faut vraiment faire la distinction entre comment ça se passe maintenant
et comment ça va se passer après le
dépôt ou l'adoption éventuelle du projet de loi. Je ne sais pas,
M. le Président, si M.
le ministre est prêt à nous faire ce
petit cours. Il nous disait ce matin qu'il
avait, en la personne de monsieur en face de moi, qui... ça faisait 10 ans
qu'il travaillait sur le dossier, et que la dame à côté... plusieurs moutures aussi, alors, moi, j'aimerais beaucoup
si on pouvait avoir, là, quelque
chose de succinct, mais qu'on
puisse partir sur des bases solides.
Le Président
(M. Pagé) : M. le ministre.
M. Arcand : Alors, il
y a des documents sur avant, après,
là, que j'aurai l'occasion de déposer, alors, d'une part. Et, d'autre
part, je peux peut-être demander à la sous-ministre, Mme Asselin, avec la
permission de tous, de pouvoir expliquer quelles vont être les différences, et de
même que son collègue à côté, qui travaille dans ce domaine depuis plusieurs
années, et qui nous ont inspirés, d'ailleurs, une aide extrêmement précieuse dans la rédaction de ce projet de loi.
Président (M. Pagé) : Alors, est-ce qu'il y a consentement pour permettre à la sous-ministre de prendre la parole? Il y a consentement. Alors, madame,
veuillez vous nommer, s'il vous plaît.
Mme Asselin
(Luce) : Luce Asselin, sous-ministre associée à l'Énergie. Merci, M.
le Président.
D'abord,
ce qu'il faut... non pas faire de la pédagogie, mais bien, bien, bien
comprendre, c'est qu'actuellement on
est gouvernés en fonction de la
Loi sur les mines. Conséquemment, c'est un
cadre qui est... que je qualifierais de peu adéquat en fonction des
activités sur le terrain actuellement.
L'autre
chose qu'il faut bien préciser, c'est qu'en regard du peu d'activités qu'il y a
sur le territoire québécois présentement
il n'en demeure pas moins que nous nous sommes aperçus, au fil du temps, ne
serait-ce que par rapport à ce qui
était demandé aux entreprises en fonction des activités d'exploration, par
exemple, que les documents... ou l'information qui supportait les
demandes nous apparaissait non suffisante, peu adéquate et méritait d'être
bonifiée.
Alors,
aujourd'hui, on est dans un monde où on nous dépose un certain nombre
d'informations, comme un plan de travaux,
etc., mais on n'est pas dans un monde où on va jusqu'au plan d'urgence, au plan
de complétion, à la fermeture des
puits, etc. Alors, tout ce que la nouvelle loi apporte, entre autres, c'est
cette grande qualité et cette acuité de pouvoir surveiller correctement ce que les opérateurs vont faire sur le terrain,
avec tout un régime d'inspection qui supporte le tout. On est sur le terrain aujourd'hui, on inspecte, mais en fonction
d'un cadre qui n'est pas collé à la réalité complète des hydrocarbures. Je pense que la chose qu'il faut retenir du grand changement
qu'on applique, c'est celui-là, d'une
part.
D'autre part, on est dans un monde, actuellement, où le régime de caution, de responsabilité civile, d'assurance qui sont
demandées aux entreprises... avec les comparaisons qu'on a faites avec les
autres juridictions, ce que les études nous
ont démontré, les EES, je pense qu'il était à peu près normal d'évoluer en
ce domaine et de demander des sommes qui
sont beaucoup plus importantes. Donc, le domaine de la responsabilité par rapport aux travaux, c'est quelque chose qu'on a regardé de façon extrêmement pointue.
pourrais aussi faire un point sur... sans vouloir revenir sur des débats qu'on
a pu avoir, mais il n'en demeure pas
moins que, lorsqu'on parle d'encadrement en
fonction de la
Loi sur les mines et l'importance qu'on veut accorder à ce qui se fait aussi en milieu marin et en
milieu hydrique, force est de constater que les mesures actuelles spécifiques à
ce domaine ne sont pas applicables, puisqu'inexistantes.
Conséquemment, on s'est donné un cadre pour agir aussi en ce domaine. Puis je pourrais, là, élaborer si Pascal,
peut-être, à ma droite, a des éléments de complément, mais je pense que ce sont trois pans de mur importants qu'il faut
retenir en fonction de ce qu'apporte ce projet de
loi sur les hydrocarbures,
encadrement qui, force est de constater,
donne des obligations additionnelles aux entreprises qui vont sur le territoire
du Québec et donne une obligation en
regard de tout l'écosystème d'ouverture du puits jusqu'à sa fermeture, qui est
faite de façon extrêmement serrée et stricte, selon les meilleures
pratiques utilisées.
Le Président
(M. Pagé) : M. le député de... Oui, M. le ministre,
allez-y.
M. Arcand : Non, j'ajouterai
simplement. Aussi, évidemment, ce qu'il n'y a pas actuellement, dans bien des
cas, c'est toute l'espèce de
collaboration qu'on a avec les municipalités, également, hein? On a mis des
articles, à l'intérieur du projet de loi, dans lesquels il y a des consultations auprès des
municipalités, il y a des avis que le promoteur doit faire auprès des municipalités et il y a les
municipalités qui vont participer dans les comités de suivi. Alors, vous
comprenez que ce rôle-là a été redéfini par rapport à cela.
Et je tiens à
vous rappeler qu'au niveau des municipalités ça fait déjà plusieurs années que
les municipalités nous demandent d'avoir, justement, un guide, une loi
sur les hydrocarbures, un encadrement beaucoup plus complet sur cette question-là. Et donc c'est pour ça qu'on a
décidé de faire ça, ce qui, en fait, fait en sorte qu'on aurait maintenant
un encadrement qui serait beaucoup plus suivi, beaucoup plus serré par rapport
à ce qui existe actuellement.
Le Président (M. Pagé) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Oui. Bien, écoutez, moi, j'ai pris des notes. Je trouve ça intéressant et je me
posais la question : Pour le
commun des mortels qui nous écoute, si on pouvait déposer un document à la
commission, éventuellement, sur aujourd'hui
c'est comment... parce que c'est très bien comme explication, ça nous permet
vraiment de voir l'évolution du projet
de loi dans le temps versus ce qui existe. Puis on parle de la
Loi sur les
mines. Dois-je comprendre que la
Loi sur les mines... C'est ce que j'ai cru
comprendre, qu'évidemment, quand on parle de milieux hydriques, quand on parle
de milieux marins, évidemment, la
Loi sur
les mines, c'est plutôt inadéquat. Ce n'était même pas... en tout cas, je n'en
connais pas, de mine sous-marine, ça doit
exister, probablement, moi, je n'en connais pas, mais donc c'était vraiment de
façon très, très inadéquate, parce que ça ne touchait pas ce secteur-là, entre
autres.
Comment on
explique, M. le Président... Puis, bon, peut-être que le ministre pourra
répondre tantôt à la première question,
à savoir s'il peut déposer un document — ça serait intéressant — comparatif de ce que c'est aujourd'hui puis
ce que ça va être demain si jamais le projet de loi va de l'avant.
Ce que je
trouve assez surprenant, puis je voudrais que le ministre m'explique, M. le
Président, on arrive au projet de loi qui est étudié depuis un certain temps
déjà par la commission, il y a trois chapitres de faits, et, le quatrième
chapitre, je pense que c'est vraiment le
chapitre qui est le plus controversé, si je peux m'exprimer comme ça, à tout le
moins qui est beaucoup, beaucoup
suivi parce que c'est quand même assez important. Ce matin, le ministre a
déposé un amendement à l'article 1.
Tu sais, on n'est pas en train d'étudier l'article 12 puis, vu les
discussions qu'on a eues aux articles de 1 à 12, on s'est rendu compte que l'article 12, il y a un problème, on va
le corriger. On arrive ce matin, et l'article 1, il y a déjà un
amendement qui vient... qui est déposé par le gouvernement. Je veux juste
savoir comment on explique que, déjà à
l'article 1, on se retrouve avec un... Parce que je pense que c'est assez
important comme oubli puis j'aimerais entendre le ministre là-dessus, M.
le Président. D'abord, comment a-t-on pu faire un tel oubli, et l'impact exact
si on n'a pas d'amendement à
l'article 1 déposé par le ministre? C'est quoi, la différence entre
l'article sans amendement et l'article avec amendement?
Le Président (M. Pagé) :
M. le ministre.
M. Arcand : Bien, d'abord,
comme je l'ai expliqué, encore une fois, ce matin, on a été sensibles aux gens
qui ont comparu devant nous en
commission parlementaire, les gens avaient une crainte sur le milieu hydrique.
Nous avons décidé de l'inclure à
l'intérieur des normes d'encadrement que nous avions pour être bien sûrs que
les gens comprennent, là, que le fleuve serait protégé, que nos lacs
seraient protégés, que les rivières seraient protégées, que le milieu marin en général serait protégé. Et, même, les gens nous
ont dit : Vous avez fait quand même un travail, dans le projet de loi
n° 49, qui n'est pas... qui est
toujours, encore un projet de loi, dans lequel, là aussi, on s'est inspirés des
meilleures pratiques. On ne juge pas,
actuellement, le besoin de ramener ce projet de loi là, parce qu'actuellement
il n'y a pas d'activité, dans le cas
d'Old Harry, là, autour des... dans le golfe du Saint-Laurent. Mais donc on
s'est inspirés de ça, ils nous ont dit : On aimerait avoir... les gens nous ont dit : On aimerait avoir les
mêmes normes. Et donc, pour avoir les mêmes normes que ce qui existait dans le projet de loi
n° 49, on a dit, à ce moment-là : Bien, écoutez, on va mettre le
terme «hydrique», nous allons le définir. Et c'est pour ça qu'on a fait
ce genre de travail là qui permet une meilleure compréhension.
Parce qu'on
s'aperçoit souvent que, dans les projets de loi, ce sont des projets de loi
avec un langage juridique, qui
impliquent, de facto, souvent, des choses qui ne sont pas évidentes. Pour les avocats,
c'est clair, ce que ça implique. Par
exemple, on a fait, au cours des semaines qui ont suivi le dépôt du projet de
loi, énormément, je dirais, de propagande, nos opposants ont fait des
propagandes en disant : Écoutez, c'est une loi qui va exproprier de facto
n'importe quelle pétrolière qui vient, alors qu'il est clair que, dans le
domaine de l'exploration, il ne peut pas y avoir d'expropriation comme telle. C'est implicite dans la
Loi sur les
mines, les avocats comprennent très bien ça. Mais évidemment, de la façon dont
c'était rédigé, pour le commun des mortels, ça pouvait ne pas supposer cela.
Alors, on essaie en même temps de respecter,
si on veut, le contexte juridique et les normes que nous avons de façon
générale, mais il est clair que, sur cette
question-là, il était important, je pense, pour le bénéfice du citoyen, pour le
bénéfice de tous, de bien préciser que l'encadrement s'appliquait à la
fois au milieu terrestre, mais également à toute la question de l'eau.
Le Président (M. Pagé) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Donc... Parce que je sais qu'on revient à la discussion de ce matin, puis mon
collègue, tantôt, d'entrée de jeu, à
l'ouverture des travaux cet après-midi, a aussi évoqué l'interprétation dont on
parlait, de la Coalition Saint-Laurent,
mais, quand on ajoute «hydrique»... Je comprends que vous avez interprété ce
que les gens vous ont dit de cette
façon-là. Nous aussi, on se dit : Peut-être que c'est plutôt l'inverse et
qu'en fait peut-être que les gens auraient préféré qu'il n'y ait pas du tout possibilité d'aller dans
les milieux hydriques, alors que ce que vous me dites, c'est que, si on
n'inscrit pas
«hydrique», bien là, l'ancienne façon de faire va s'appliquer au milieu
hydrique, puis, étant donné que la nouvelle loi qu'on va mettre en place est censée avoir des standards plus élevés,
des meilleures pratiques, alors il serait préférable d'ajouter «hydrique», étant donné que la volonté
du gouvernement est de laisser la possibilité de faire des exploitations
dans le milieu hydrique. Est-ce que je comprends bien?
M. Arcand : Oui, mais
d'abord, premièrement, pour votre information, il n'y a pas, actuellement,
d'exploitation dans les milieux
hydriques au moment où on se parle. Le problème auquel on a à faire face, puis
il faut qu'on comprenne ça très bien,
c'est que nous vivons avec un passé, on vit avec un passé dans lequel il y a eu
plusieurs gouvernements avant nous,
dans les années 60, 70, 80, 90, qui ont donné des permis. Et pas des
gouvernements juste de notre formation politique, des gouvernements
d'autres formations politiques, comme vous le savez. Le Parti québécois a donné
des permis, les anciens gouvernements ont
donné des permis, donc il y a des gens qui ont des permis et qui ont des droits
acquis. Et donc, en ce sens-là, il faut vivre avec cette réalité-là.
Alors, ce que
l'on dit, encore une fois, aujourd'hui, c'est que, dans le domaine du milieu
hydrique, on met des normes
supplémentaires. C'est encore plus compliqué si jamais les gens qui ont ces
acquis-là devaient le faire, tout simplement.
M. Villeneuve : D'accord. Ce que vous nous dites,
dans le fond, c'est qu'il n'y en a pas présentement, d'exploration en
milieu hydrique, mais il y a eu des claims qui ont été accordés, c'est claimé,
là, hein, donc il pourrait y avoir...
M. Arcand :
...c'est des permis, ce n'est pas juste des claims, c'est des permis.
M. Villeneuve :
C'est des permis. C'est des permis, bon, d'accord. C'est des claims, mais ce
sont des permis, mais il n'y en a pas présentement, mais il pourrait y
en avoir.
Moi, je
voudrais savoir, M. le Président, de la part du ministre quelle est la
différence entre dire : On vous a donné un permis, on le rappelle — il y a des compensations à payer, j'imagine — et le fait de dire : Vous avez un
permis, mais là on augmente les
standards avant même que vous ayez pu en faire l'exploitation. Qu'est-ce qui
est le plus dommageable, à votre avis?
Le Président (M. Pagé) :
M. le ministre.
M. Arcand : Bien, écoutez,
il y a des accords internationaux qui
existent, et vous avez vu ce qui est arrivé, on a déjà une
poursuite, que je ne commenterai pas plus longtemps, il y a une
compagnie qui s'appelle Lone Pine qui nous poursuit actuellement, et le
dossier... Pardon?
M. Villeneuve : Au
fédéral?
M. Arcand : Ils poursuivent au fédéral, mais on a une responsabilité, oui. Et donc il y a ça, et donc je pense que la responsabilité que nous devons avoir est qu'on peut mettre les encadrements que l'on veut, mais il faut quand
même respecter, évidemment,
certains droits acquis, qui ont eu lieu. Alors, essentiellement, c'est ça.
Villeneuve : On
parlait tantôt... vous parliez tantôt de fermeture de puits,
on se rappellera... puis pas «on se rappellera»,
on sait qu'il y a des puits qui ont été scellés à une autre époque,
et là je parle d'il y a cinq ans, je ne parle pas d'il y a 100 ans, là, quoique je pourrais
parler d'il y a 30 puis 40 ans aussi, mais, disons, les plus récents, là, qui ont
été scellés et sur lesquels on constate des fuites. Et je pense, sans
trop me tromper, qu'il y a certains puits qui fuient présentement, au niveau
des gaz de schiste, qui fuient présentement et qui sont maintenant
revenus à la société, si on peut dire ça — un
beau cadeau de Grec, comme on dit — alors,
qui sont revenus à la société, et c'est nous qui devons... c'est le ministère
de l'Environnement maintenant qui doit assurer cette suite-là.
Quand le ministre nous dit que le nouveau cadre
qui est proposé dans le projet de loi, ici,
chapitre IV, Hydrocarbures, qu'il y aura pour la fuite au niveau
des puits puis pour sceller les puits, j'imagine, encore une fois, que ça va se faire par règlement au niveau de l'application en
milieu hydrique?
M. Arcand : C'est
sûr, c'est sûr que ça va se faire comme ça.
M. Villeneuve : Oui?
Bien, c'est ça, je pose la question, ça va se faire par règlement...
M. Arcand :
D'abord...
M. Arcand : ...premièrement, sur toute la question des puits, de façon
générale, vous savez, on a déjà des ententes avec l'association québécoise, l'AQLPA, sur toute la question
minière, on a donc des ententes. Mais, si vous poursuivez le travail un peu plus longtemps,
je pense qu'on pourra aborder ces questions-là
à travers les articles qui sont devant nous.
M. Villeneuve : Non, mais c'est parce que j'essaie de voir tout de suite, puis je comprends... Puis l'expropriation, aussi, ce sera une grande question à laquelle nous devrons vous entendre,
M. le ministre, parce
qu'au niveau de l'expropriation
c'est aussi quelque chose qui inquiète beaucoup, beaucoup de personnes,
notamment, on aura la chance d'en discuter, la Chambre des notaires.
O.K. Écoutez,
là, vous nous parlez de milieu terrestre et hydrique, et, le milieu terrestre,
vous disiez ce matin que le milieu
terrestre inclut aussi un milieu humide. Là, donc, on peut parler de tourbière,
on peut parler de vraiment tout ce
qui est milieu humide. Est-ce à dire que tous les milieux humides... Puis ça,
on pourra y revenir plus tard aussi, c'est comme vous voulez, parce que j'imagine qu'on va en parler plus loin.
Puis je ne suis pas certain, je n'ai pas... Je vous promets d'y passer la nuit, là, puis de le lire de
bout en bout, là. J'arrive comme un cheveu sur la soupe ce matin, là, sur
ce projet de loi là. Mais est-ce que les
milieux humides, ça inclut tous les milieux humides qui sont au Québec ou s'il
y a des exceptions?
M. Arcand : Il
n'y a pas d'exception.
M. Villeneuve : Il n'y a
pas d'évaluation. Je vous pose la question directement. Parce qu'on y reviendra
peut-être plus loin. Est-ce qu'on en parle plus loin dans le projet de loi?
M. Arcand : Oui,
on en parle plus loin.
M. Villeneuve : Oui. Bon, j'y reviendrai plus loin, dans ce
cas-là. Là-dessus, M. le
Président, j'aurais d'autres questions,
mais je vais céder la parole à quelqu'un d'autre, si quelqu'un d'autre veut
intervenir à ce stade-ci.
Président (M. Pagé) : Parfait. À ce moment-ci, nous sommes toujours sur la question
de l'amendement déposé par le ministre ce matin, est-ce qu'il
y a d'autres demandes d'intervention? Ça va? Oui, M. le député de Richelieu.
M. Rochon : Oui. Alors là, ce que nous avons très bien
saisi, c'est que ce projet de loi là nous amène dans une dynamique d'obligations additionnelles : plan d'urgence, fermeture
des puits, surveillance, régime d'inspection. On est là-dedans.
Alors, on ne parle pas, là, de freiner, de restreindre le développement et la mise en valeur des
hydrocarbures, là. Celles et ceux qui
recherchent ça ne le trouveront pas du tout à l'intérieur de ce projet de loi.
On veut mieux encadrer ce qui ne l'était pas bien, relevant avant,
jusqu'ici, là, de la
Loi sur les mines, c'est ça?
Je reviens à
l'amendement du ministre et à cet
article amendé, qui se lirait donc
ainsi : «La présente loi a pour objet
de régir le développement et la mise en valeur des hydrocarbures en milieu
terrestre et hydrique tout en assurant la sécurité des personnes et des
biens, la protection de l'environnement et la récupération optimale de la
ressource, et ce — et
là, le reste, je le soulignerais, là — en
conformité avec les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre établies par le gouvernement.»
Le ministre
peut-il nous expliquer en quoi le développement, et la mise en valeur, des hydrocarbures peut
participer à la réduction des gaz à effet de serre? Là, je ne le suis
pas très bien.
m'inquiéterais si j'étais le seul à ne pas le suivre très bien, mais il y a
aussi le Conseil du patronat du Québec qui,
dans son mémoire, dit : De façon tout à fait évidente... Je cite le Conseil du patronat du Québec, là : De
façon «tout à fait évidente,
la production d'hydrocarbures ne peut pas participer, en soi, à "la
réduction des émissions de GES"». Alors,
si on veut, comme le ministre a dit le souhaiter, présenter aux Québécoises et
aux Québécois un texte clair, qui ne soit pas qu'un texte pour lecture
d'avocates et d'avocats, bien là, on ferait peut-être bien de revoir ça, parce
qu'il me semble que ça ne tient pas vraiment
la route, là. Comment, en effet, développer, mettre en valeur les hydrocarbures
en conformité avec les cibles de
réduction des émissions de gaz à effet de serre établies par le gouvernement?
Je ne la comprends pas plus que le Conseil du patronat du Québec ne la
comprend.
Le Président (M. Pagé) :
M. le ministre.
M. Arcand : Écoutez, M. le
Président, d'abord, c'est une loi qui fait
partie de la politique énergétique
du Québec. Dans la politique
énergétique du Québec, nous parlons de réduire, d'ici 2030, 40 % de la
consommation pétrolière. Et actuellement, comme vous le savez,
100 % de la consommation pétrolière au Québec vient de l'extérieur du
Québec.
Je suis
d'ailleurs surpris de voir, par exemple... Parce que le Parti québécois, quand
ils sont au pouvoir, ils semblent être
en faveur des hydrocarbures et, quand ils ne sont pas au pouvoir, quand ils
sont dans l'opposition, ils semblent être contre les hydrocarbures. Et surtout que je trouve ça intéressant
d'avoir le député de Richelieu avec moi comme critique, de même que le député de Berthier, parce que,
justement dans votre région, au cas où vous ne le sauriez pas, à l'époque où
c'était le gouvernement de Mme Marois,
on a donné des permis pour une compagnie qui s'appelle Kildair, et c'est une
compagnie qui actuellement entrepose
3,2 millions de barils de pétrole à Sorel, au port de Sorel. Et il y a
700 000 barils, sur une base relativement régulière, qui
partent en bateau et qui traversent le Saint-Laurent pour s'en aller à
l'extérieur.
Moi, je dis
donc, par rapport à cela : Ça veut dire qu'au Québec il existe donc des
hydrocarbures à profusion, des bateaux qui se promènent actuellement, du
chargement par rails qui existe. Je pense que, s'il y avait une production d'hydrocarbures... Parce qu'encore une fois, dans
les hydrocarbures, on parle de gaz naturel, pas seulement de pétrole. Vous savez que le pétrole, c'est nécessaire
également dans le domaine des plastiques. On a 20 000 emplois dans le
secteur de la plasturgie, au Québec,
on a donc besoin de pétrole pour ça. On a besoin de pétrole dans les produits
pharmaceutiques, on a besoin de
pétrole, même, pour la fabrication de vêtements et dans d'autres usages aussi.
Si ce pétrole, au lieu de venir à
100 % de l'extérieur, il y avait un 10 % qui venait du Québec, nous,
on pense que ce serait bénéfique pour la balance commerciale du Québec. Et il y a des entrepreneurs au Québec, depuis
nombre d'années, des gens extrêmement sérieux, qui sont intéressés à exploiter, ce qui créerait
des emplois pour l'ensemble. Et donc, par rapport à cela, ça n'enlève pas
l'importance, pour nous, d'accomplir ces progrès.
On dit à l'intérieur de ça que les énergies
renouvelables, en 2016, parce qu'on implique Hydro-Québec et l'hydroélectricité, les éoliennes, et tout ça,
c'est 47 %, actuellement, des énergies que nous avons au Québec, et on veut que, d'ici 2030, on monte à 60 %, près de
61 %. Ce que ça veut dire, c'est qu'il va quand même rester pas loin de
40 % d'énergies, au Québec, qui ne sont pas renouvelables. Et je
tiens à vous dire que, quand on a parlé de réduction de la consommation des produits pétroliers, dans notre
politique énergétique, pour 2030, les écologistes nous demandaient 50 %.
On a accepté 40 %, parce que c'était
quelque chose qui nous apparaissait réaliste. Si jamais les technologies nous
permettent d'aller plus loin, tant mieux. Mais, pour l'instant, nous,
ici, notre rôle est d'avoir une vision réaliste des choses.
Le Président (M. Morin) :
Allez-y, M. le député de Richelieu.
M. Rochon : Merci
beaucoup, M. le Président. Je vais revenir sur les deux aspects abordés par le ministre,
qui, on le remarquera, là, a adopté
cette posture à laquelle je référais un
peu plus tôt : quand une
question est délicate, ah! le parti
ministériel se transforme en parti d'opposition, nous reporte au gouvernement, nous avons à
répondre aux questions. Mais c'est correct, faisons ça, faisons ça.
Alors, le
fameux certificat de... Je suis très content qu'il aborde cette question-là. Il
ne me croira pas, mais, oui, je suis
bien content, j'attendais ça depuis des semaines. Alors, le fameux certificat
d'autorisation accordé à Kildair, à Sorel-Tracy, où il y a effectivement
transbordement, de trains à bateaux, de pétrole brut voué à l'exportation,
mégapétroliers sur le fleuve Saint-Laurent,
il parle de ça et il a l'air vraiment opposé farouchement à cela. Or, j'ai une bonne
nouvelle pour lui, il est au gouvernement, je lui fais réaliser, là, qu'il est au gouvernement. Pourquoi, s'il
s'agit d'opérations discutables... Et
je vais être honnête, là, c'est mon gouvernement,
là, qui a accordé ça, je trouve que
ce sont des opérations discutables, ça
m'inquiète, moi, ces opérations-là, ça m'inquiète. J'ai même participé à la
marche à Sorel-Tracy, hein? On a retrouvé, quoi, trois milliers de personnes. Je pense que la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques était là, hein? Vous étiez là, vous aussi, M. le député de Berthier?
On était 3 000 à marcher, à dire notre inquiétude.
Alors, je
reviens à ma bonne nouvelle : il n'est pas dans l'opposition encore, pas
avant deux ans. Il est au gouvernement.
Il est inquiet, lui aussi, comme moi, il est inquiet de ce transbordement de
pétrole brut à Sorel-Tracy puis des
mégapétroliers, là, qui empruntent le fleuve. Pourquoi il n'examine pas, avec
son collègue de l'Environnement, la possibilité
de suspendre le certificat d'autorisation? Pourquoi il ne fait pas un BAPE
générique sur le transport de pétrole par
navire sur le fleuve? Ça ne serait peut-être pas une mauvaise idée. Et, en
plus, il peut l'appliquer, il est au gouvernement. Alors là, qu'il arrête de me servir son histoire,
là, d'il y a deux ans, là, sur un certificat d'autorisation qui a été délivré
à une entreprise. Et, sans doute d'ailleurs...
Puis cette entreprise existait déjà, en passant, hein, elle existait déjà, là.
Et, sans doute, sans doute, y a-t-il
eu une évaluation un peu rapide des changements qui s'annonçaient, là, en
termes de quantités de pétrole, là. Il a parlé tantôt de quantités
énormes de pétrole, là.
Alors, moi,
je vais examiner la suite des choses. Et il est au gouvernement, alors, si son
inquiétude est celle que le ton avec
lequel il aborde cette question laisse transparaître, je ne m'étonnerai pas,
là, qu'il convainque son collègue de l'Environnement
de réexaminer ça, et peut-être BAPE générique sur la circulation de pétrole par
mégapétroliers sur le fleuve
Saint-Laurent. Puis je lui offre ma collaboration pour examiner cette
question-là, à
titre de député de Richelieu, posément, examen posé, sérieux. Regardez ça, ça vaut la peine, c'est
vrai, d'analyser les risques. Je suis d'accord avec lui, si c'est ce qu'il voulait... si c'est ce qu'il
voulait, là, exprimer, des risques, des inquiétudes, des craintes, je ne sais
pas.
M. Arcand :
D'abord...
Le Président (M. Morin) :
Oui, M. le ministre.
M. Arcand : Oui. Bien,
écoutez, premièrement, des groupes d'experts,
actuellement... Parce
que, comme vous le savez, tout ce qui est voie maritime relève aussi
du fédéral, alors il y a des gens qui examinent ces questions-là
au moment où on se
parle. Mais je reviens encore une
fois à une phrase de votre ancien premier ministre, M. Landry, M. Bernard Landry, qui a dit...
Le Président (M. Morin) :
Écoutez, M. le député de Richelieu, c'est au tour de M. le ministre.
M. Rochon : Excusez-moi.
M. Arcand : M. Landry disait simplement : «L'humanité entière rêve de tourner le dos aux combustibles fossiles, sauf qu'on ne peut pas penser que ça va
être pour demain.» Il déclare : «J'ai
le plus grand respect pour ceux qui
ont signé des manifestes contre les hydrocarbures, mais l