Institutions — 10 June 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CI 2013-06-10
Quebec — Committees
(Quatorze heures sept minutes)
Le Président (M. Ferland) : Alors,
M. le ministre, on est en ondes. À l'ordre, s'il vous plaît!
Président (M. Ferland) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! On est en ondes. Alors, nous allons débuter
les travaux.
Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des institutions
ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Le mandat de
la commission est de poursuivre l'étude détaillée du projet de
loi n° 35, Loi modifiant le Code civil en matière d'état
civil, de successions et de publicité des droits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Goyer (Deux-Montagnes) remplace M. Leclair
(Beauharnois); Mme Champagne (Champlain) remplace M. Therrien
(Sanguinet); M. Morin (Côte-du-Sud) remplace M. Marsan
(Robert-Baldwin); M. Dubourg (Viau) remplace Mme St-Pierre (Acadie);
et Mme St-Laurent (Montmorency) remplace M. Duchesneau
(Saint-Jérôme).
Le Président (M. Ferland) : Merci,
Mme la secrétaire. Alors, avant de poursuivre l'étude détaillée, je dépose la lettre de la Coalition des familles
homoparentales du Québec, la lettre du GRIS-Mauricie—Centre-du-Québec, la lettre du GRIS Chaudière-Appalaches et le mémoire de l'Action Santé
Travesti(e)s et Transsexuel(le)s du Québec. Je dépose ces documents. On
m'avait demandé de les déposer. C'est fait.
Lors de
l'ajournement de nos travaux le 4 juin dernier, nous avions débuté l'étude
de l'article 16 du projet de loi. Je vous rappelle que les
articles 3 et 4 ont été suspendus. M. le ministre. la parole est à vous.
St-Arnaud : Oui, M. le
Président. On avait amorcé une discussion sur l'article 16 du projet de
loi, et les légistes du gouvernement, à la suite de la discussion, nous
suggèrent de peut-être modifier le deuxième alinéa, M. le Président.
Le Président (M. Ferland) : Alors,
excusez, M. le ministre, vous avez dit?
St-Arnaud : Oui, j'allais
dire, M. le Président : Et donc, je vous proposerais un amendement à
l'article 16.
Président (M. Ferland) :
Alors, est-ce que vous avez l'amendement? Je vous demanderais d'en faire
lecture et de le déposer pour qu'on puisse... Les copies sont déjà prêtes, j'imagine?
Ah bon.
M. St-Arnaud : M. le Président, l'amendement
que je proposerais serait le suivant :
Remplacer le deuxième alinéa de l'article 133.1
proposé par l'article 16 du projet de loi par le suivant :
«Le directeur
dresse l'acte de décès de l'absent après avoir donné aux tiers la possibilité
de faire connaître leurs observations dans les 20 jours des avis
données conformément aux règles fixées par règlement du gouvernement. Lorsqu'ils sont inconnus, le directeur fixe la
date, l'heure et le lieu du décès sur la foi des énonciations du jugement
et suivant les présomptions tirées des circonstances.» Alors, M. le
Président...
Le Président (M. Ferland) : Alors, l'amendement
a été distribué, M. le ministre. Alors, si vous avez des commentaires sur...
St-Arnaud : En fait, cet
article 133.1, M. le Président, vise à faire en sorte que, lorsqu'un tribunal a
reconnu la culpabilité d'une personne pour
des actes ayant causé, donc, le décès d'une personne disparue, la disparition
du corps d'une personne décédée, tout intéressé peut demander de
déclarer le décès de l'absent au Directeur de l'état civil.
Ce qu'on me
dit, c'est qu'il serait quand même... Et c'est pourquoi il y avait, au deuxième
alinéa, ce «20 jours». Là, ce qu'on me dit, c'est qu'il serait quand
même préférable de... Comme c'est «tout intéressé», au premier alinéa, il serait important que le directeur, avant de dresser l'acte
de décès, donne aux tiers, et notamment à la famille, la possibilité... donne avis et donne à la famille et
aux proches de la personne qui est disparue la possibilité de faire
valoir ses observations. Et les règles
entourant cet avis seraient fixées par règlement du gouvernement. Ce que les
légistes me proposent, c'est que, par
exemple, le gouvernement donne... donc le Directeur de l'état civil, avant de
dresser l'acte de décès, contacte la personne éventuellement et fasse
une inscription… À la Gazette officielle ? Est-ce qu'il y aurait une
inscription à la Gazette ...
Une voix : Ça pourrait être ça.
St-Arnaud : Ça pourrait être
ça. Et fasse valoir à la famille qu'on s'apprête à dresser l'acte de décès
d'une personne proche d'elle dont le corps
est disparu, mais qui a été considérée comme une victime suite à une
condamnation dans une cour criminelle.
Alors, voilà, M. le Président, la nature de l'amendement qui vient préciser le
deuxième alinéa.
Le Président (M. Ferland) : Alors,
merci, M. le ministre. Il y a des commentaires sur... Le député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : Merci, M. le
Président. Alors, bonjour à tous. On se retrouve pour une autre grosse
semaine de travail.
Une voix : Mise en contexte.
M. Ouimet
(Fabre) : Oui, c'est ça. Je
me réchauffe. C'est pour placer ma voix, hein? Vous savez, les artistes,
on nous propose, avant de...
Le Président (M. Ferland) :
...suspendre quelques minutes pour aller pratiquer vos cordes vocales.
M. Ouimet
(Fabre) : Non, non, c'est
important de le faire en ondes. Le trac, vous savez, c'est... Il faut
vaincre le trac. Voilà, c'est fait. Je suis
prêt. En fait, avant de discuter de l'amendement comme tel… Je comprends le but
même si je ne suis pas certain que je comprends l'objectif d'aviser la famille,
parce que, tel que libellé, il me semblait qu'au départ c'était pour atténuer le fardeau de la famille, au sens large,
là. C'est ce que j'avais compris de l'amendement au départ. Je ne suis pas certain que je comprends la
nécessité de donner un avis, la possibilité de faire valoir une
objection.
Mais mettons
de côté cette question-là, parce que lors de... suite à nos travaux de la
semaine dernière, un de mes collègues
du caucus — et
je ne sais pas si c'est le même — le
député de Marguerite-Bourgeoys, qui a peut-être soulevé cette question
qui m'est apparue très pertinente — merci. C'est que ce qu'on
disait, c'est que, dans la mesure où on a un
jugement du tribunal et dans la mesure où ce qu'on veut, c'est que l'état civil
reflète les faits, l'état de la situation des personnes au Québec, la question qui était posée, c'est : Pourquoi
est-ce qu'on exige même qu'il y ait un avis, qu'une demande soit
formulée par un tiers intéressé? Et pourquoi est-ce que le Directeur de l'état
civil n'aurait pas d'emblée l'obligation d'ajuster l'état civil à la...
Parce que,
là, c'est une situation particulière, on s'entend? On a un jugement qui a
prononcé... qui a constaté une situation très particulière. Et donc, la
question, c'est : Pourquoi est-ce qu'on ne permettrait pas... qu'on n'obligerait
pas le Directeur de l'état civil de prendre
acte du jugement et d'agir? Est-ce qu'il y aurait lieu de permettre à des tiers
de faire valoir des objections? Ça, c'est la
seconde question. Mais, au départ, le collègue — dont je ne me rappelle pas… je ne
sais pas si c'était le député de Marguerite-Bourgeoys ou quelqu'un d'autre — avait
dit : Pourquoi est-ce qu'on exige que
l'élément déclencheur, ça soit un tiers intéressé et non pas l'obligation du
Directeur de l'état civil de s'assurer que
l'état civil est conforme à l'état... Parce que, là, on a un jugement qui vient
constater un état de fait qui, jusqu'à ce moment-là, n'était pas... Il y avait un doute, il y avait une
incertitude. Mais là on a un jugement qui dit : Il y a un décès. On
a déclaré hors de tout doute raisonnable la culpabilité de quelqu'un. Est-ce qu'il
ne serait pas plus simple de dire tout simplement
que, dans ces cas très particuliers, le Directeur de l'état civil doit agir,
quitte à permettre qu'un avis à des tiers… pour que les tiers puissent
faire valoir des objections?
Donc, la question que je pose au ministre, c'est,
la nécessité de la demande du tiers intéressé. Parce que, s'il n'y a pas de
tiers intéressé qui font cette demande-là, ce qu'il faut conclure, c'est que le
registre de l'état civil ne sera jamais ajusté malgré le fait qu'il y a un
jugement qui constaterait le décès d'une personne. Et est-ce que c'est ça qu'on veut faire? Donc, il y a une... Moi, je
trouvais que c'était une question pertinente, je suis peut-être le seul.
Donc, M. le Président, j'aimerais que... C'est en lien avec l'amendement, là,
la discussion.
St-Arnaud : On va être deux
parce que c'est une question pertinente. Et je vais demander à Me Yann
Duguay, qui est légiste au ministère, de répondre à répondre à ces
préoccupations du député de Fabre.
Président (M. Ferland) :
Alors, avant de vous... étant donné que c'est la première fois que vous prenez
la parole pour le reste de l'après-midi,
pour la première fois, je vais vous demander de vous présenter, votre
titre et
votre nom, s'il vous plaît.
M. Duguay (Yann) : Donc, Yann
Duguay, légiste au ministère de la Justice.
Le Président (M. Ferland) : Allez-y,
M. Duguay.
M. Duguay (Yann) : Bon. Premièrement, ce qu'on fait ici, c'est
quelque chose qui est un petit peu exceptionnel, c'est qu'on donne des effets à un jugement rendu au criminel dans une
matière complètement différente. Donc, l'idée, c'était d'introduire un
élément d'équité procédurale là-dedans, de donner à des tiers la possibilité de
faire valoir leurs objections, leurs objections ou leurs observations, en fait,
selon le nouveau libellé.
qu'on me dit aussi, c'est que le Directeur de l'état civil n'a pas
nécessairement la capacité de surveiller tout ce qui se passe en matière criminelle au cas où il y aurait un jugement qui
aurait peut-être une incidence comme celle-là. Donc, à ce moment-là, il y a un tiers intéressé qui fait la demande. On
donne 20 jours aux gens. Le Directeur de l'état civil contacte la
famille lorsque... Ce qui était discuté, c'est être conjoint, enfant, etc., et
assureur aussi, l'assureur-vie aussi a une
incidence là-dedans. Et donc, au bout de 20 jours, bien, c'est ça, là, le
Directeur de l'état civil, après avoir reçu ces observations-là, dresse
l'acte, tout simplement.
M. St-Arnaud : Mais la question, M. le Président, la question de mon collègue,
c'était : Pourquoi? Pourquoi… Il y a eu un jugement, il y a une
personne qui est disparue. Il y a un jugement de culpabilité au niveau
criminel, les recours d'appel sont terminés, la personne est...
M. St-Arnaud : On a condamné quelqu'un pour l'avoir assassiné.
Alors, pourquoi on ne peut pas immédiatement... Pourquoi le Directeur de
l'état civil ne peut pas immédiatement dresser l'acte de décès de l'absent?
Pourquoi cette nécessité d'ouvrir la possibilité à des observations par des
tiers pendant 20 jours? C'est un peu ça, la question. Puis, honnêtement, moi
aussi, je me la pose.
M. Duguay
(Yann) : La raison principale, c'est que les jugements, en matière
criminelle, sont souvent très succincts, notamment dans le cas où c'est un jury
qui a prononcé la culpabilité, ça va être écrit seulement «coupable» ou «non
coupable», donc le lieu du décès, la date, l'heure, etc. Aussi, les jugements
peuvent être imprécis en matière criminelle, on dit «le ou vers le», tandis qu'à
l'état civil, bien, eux autres, ça leur prend une date plus précise. Donc, c'est
juste ça.
M. St-Arnaud : Mais ça, on comprend, là, on comprend que, «lorsqu'ils sont inconnus,
le directeur fixe la date, l'heure et
le lieu du décès sur la foi des énonciations du jugement et suivant les
présomptions tirées des circonstances», ça, ça va. Mais pourquoi, pourquoi on insiste tant sur la possibilité
que des tiers puissent faire connaître leurs observations dans les 20 jours d'un avis? Et qu'est-ce que ça
viendrait... Parce que… Pourquoi? Puis ensuite qu'est-ce qui arrive si quelqu'un dit : Non, il n'est pas mort? Non,
non, mais ça sert à quoi? Moi aussi, honnêtement, je me pose la question sur
cette...
Parce que, là, ce qu'on
veut faire, et c'est suite aux commentaires de la Protectrice du citoyen — je
pense qu'il y a eu un cas, là — c'est de dire : Écoutez, quand... Parce
qu'il y a des familles qui... il y a des familles, il y a des gens autour de ça. Et ce que je comprends, c'est
qu'il est arrivé un cas où on a condamné quelqu'un pour meurtre, et on n'a
jamais retrouvé le corps, et la famille a dit : Bien là, pourquoi j'attendrais
sept ans pour avoir un jugement de déclaration
de décès, là, on n'a jamais retrouvé le corps puis il n'y a personne qui peut
dire où est-ce qu'est le corps, mais manifestement il est décédé?
Alors,
qui viendrait faire des observations à... Puis c'est quoi, ces observations-là,
ça pourrait être quoi? Pour qu'on comprenne exactement la pertinence de
ça. Parce que, c'est ça, quelqu'un va-tu venir dire : Il n'est pas mort?
M. Duguay
(Yann) : Non, c'est ça. C'est certain que ce n'est pas sur le décès
lui-même, mais plutôt sur les détails. Comme on dit, dans un jugement criminel,
on n'a pas la date précise, on a «le ou vers le». Il y a peut-être quelqu'un
qui va arriver puis dire : Moi... C'est que la question, en fait, s'était
soulevée en matière d'assurance. Supposons :
Est-ce que la police d'assurance vie est valide jusqu'à telle date, supposons,
le 31 décembre? Et là il y a un décès
qui survient dans cette nuit-là, on ne sait pas, là. Il y a peut-être quelqu'un
qui va arriver puis dire : Moi, je lui ai parlé à 11 h 30, à cette personne-là. Je veux dire, c'est un
cas extrême, là, on serait vraiment à la limite, mais c'était ça, l'idée. Puis il y a aussi un élément d'équité
procédurale, là. De donner la chance aux gens de faire valoir leurs
observations en matière administrative, c'est plutôt habituel. C'était juste
M. St-Arnaud : En fait, c'était si quelqu'un a des commentaires à faire sur la date,
l'heure et lieu du décès, là. C'est un peu ça. Parce que ça pourrait
avoir éventuellement des incidences, là. C'est ce que vous me dites?
M. Duguay
(Yann) : Exactement.
M. St-Arnaud : Mais habituellement, M. le Président, habituellement, quand une
personne a été condamnée pour meurtre, là, on a une bonne idée de la
date.
M. Duguay (Yann) : C'est que certains jugements sont très, très imprécis. Si c'est un
jugement rendu devant jury, ça va
être... En fait, des fois, il n'y a même pas de jugement, il y a un
procès-verbal qui fait état du jugement. Et, dans ce document-là, il n'y
a pas les informations, il n'y a pas le lieu, la date de...
M. St-Arnaud : …si vous avez la
transcription du procès, vous allez être en mesure de le dresser sur la foi...
s'il n'y a pas de jugement, sur la foi des présomptions tirées des
circonstances.
Duguay (Yann) : C'est ça.
M. St-Arnaud : Tu sais, notamment lors de la présentation sur sentence, les faits sont
invoqués, sinon dans la preuve. Parce
que je ne sais pas si on n'alourdit pas, honnêtement, quelque chose… Parce que,
si on enlève la phrase, là, la première phrase de l'amendement que j'ai
moi-même proposé, mais sur lequel je réfléchis, M. le Président...
Le Président (M.
Ferland) : C'est beau, M. le ministre, allez-y.
M. St-Arnaud : ...sur lequel on réfléchit tous, si on revient à 133.1 : «Lorsque
le tribunal a reconnu la culpabilité d'une
personne pour des actes ayant causé le décès d'une personne disparue ou la
disparition du corps d'une personne décédée,
tout intéressé — donc, on
pense probablement à une personne qui est proche de la famille, là — peut déclarer le décès de l'absent au
Directeur de l'état civil. Une copie du jugement de culpabilité, passé en force
de chose jugée, doit être jointe à la déclaration de décès.»
si on allait directement à la deuxième phrase du deuxième alinéa :
«Lorsqu'ils sont inconnus, le directeur fixe la date, l'heure et le lieu du décès sur la foi des énonciations du
jugement et suivant les présomptions tirées descirconstances.» Et là, lui, le Directeur de l'état civil, il peut aller
lire la transcription, il peut aller consulter les représentations sur sentence, la preuve, éventuellement il va
faire son enquête, là, avant de fixer la date, l'heure et le lieu du décès.
Et «l'acte dressé par le directeur — c'est le troisième alinéa — a les
mêmes effets qu'un jugement déclaratif de décès».
Honnêtement,
je cherche pourquoi on se rembarque dans une procédure avec un règlement. Il me
semble que, si on allait directement sur le fait que... Parce qu'en fait
ce que vous me dites, c'est : La principale préoccupation de la première phrase du deuxième alinéa, c'est si on
n'est pas capables de fixer avec exactitude la date... Mais il me semble
que, là, on va avoir un... L'autre élément, c'est qu'est-ce qui arrive,
effectivement — et
je pense que le député a posé la question — qu'est-ce qui arrive si
personne ne fait une demande?
Le Président (M.
Ferland) : Alors, M. Duguay.
St-Arnaud : Le savez-vous? Si personne ne fait une demande, s'il n'y a
pas d'intéressé qui demande de déclarer le
décès de l'absent au Directeur de l'état civil, il arrive quoi? Il s'inscrit
comment, le décès, à un moment donné? Ça, c'est peut-être une petite
question pas compliquée avant de revenir à notre problème principal.
Une voix :
Oui, ça pourrait être le coroner, en fait.
Le Président (M.
Ferland) : Peut-être...
St-Arnaud : Oui, voulez-vous répondre...
Le Président (M. Ferland) : Bien, à ce moment-là, je vais vous demander de
vous… — si j'ai
le consentement, je comprends que j'ai le consentement — de
vous identifier, votre nom et votre titre, s'il vous plaît.
M. Boisvert (Jonathan) : Merci, M. le Président. Jonathan Boisvert, agent
de recherche en droit au Directeur de l'état civil.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, allez-y, M. Boisvert.
M. Boisvert (Jonathan) :
Oui. Simplement, c'est... Nous, il faut comprendre, dans un premier temps, que
d'habitude on est mis en cause dans les jugements. Là, on comprend, au
criminel, il n'y a aucune raison de mettre le Directeur de l'état civil en
cause. Donc, à ce moment-là, ce n'est pas un des jugements qui doit nous être
adressé automatiquement par la cour, comme
les jugements de divorce, etc. Par contre, ce qui arrive, lorsqu'il y a des
personnes qui sont portées disparues et que, bon, on n'a absolument rien, il y
a des corps qui sont non réclamés, et, à un moment donné, il y a des rapports de coroner qui peuvent nous être envoyés,
etc., on va les dresser à partir de ces rapports-là. Mais, dans un cas où, là, dans le fond, ce qui se passe,
c'est qu'on n'a absolument rien, donc là, nous, si on ne reçoit pas de
la part de quelqu'un quelque chose et qu'on
n'en est pas avisés, à ce moment-là, bien, cette personne-là,
techniquement, continue à exister.
Une voix :
Elle n'est pas morte. C'est ça?
M. Boisvert
(Jonathan) : Bien, dans le registre, elle continue à...
M. Boisvert
(Jonathan) : Oui. Puis je pourrais faire un parallèle, c'est un peu
aussi comme les personnes nées au Québec
mais décédées à l'étranger. Donc, tant qu'on n'en est pas avisés d'une manière
quelconque, bien, là, cette personne-là, au registre, est encore
techniquement...
St-Arnaud : Ça veut dire que
quelqu'un qui est disparu depuis 10 ans, 15 ans, 20 ans, dans vos registres,
elle n'est pas... à moins qu'il y ait eu un jugement déclaratif de décès, elle
n'est pas décédée.
M. Boisvert (Jonathan) : C'est ça.
Le Président (M. Ferland) : Alors,
il y a le député de Fabre.
M. St-Arnaud : Oui, je vais laisser
la parole à...
Le Président (M. Ferland) : Allez-y,
le député de Fabre.
M. Ouimet (Fabre) : Moi, j'attends
mon tour.
Le Président (M. Ferland) : Oui, je
vous sens sur la pointe des pieds. Alors, M. le député de Fabre, allez-y.
M. Ouimet
(Fabre) : Non, mais vous
faites bien ça. En fait, non, c'est que juste pour... Si on remettait les
choses en perspective, là, des verdicts de culpabilité pour des homicides, là,
au Québec, il n'y en a pas des masses. De un. De
deux, généralement, je pense qu'à moins qu'on vive sur la planète Mars, là, on
en est généralement informés. Alors, je comprends qu'on ne veut pas demander au Directeur de l'état civil de
mener des enquêtes puis s'ouvrir un département d'enquêtes, mais, entre ça et de prendre acte… Il y a peut-être un
mécanisme fort simple, là, le greffe, par le greffe du palais de
justice. En tout cas. Il me semble que, pour les quelques cas que ça vise — puis,
s'il y en a un par année, ça doit être beaucoup — il me semble, moi,
partant de la prémisse qu'on a un tribunal qui a conclu que quelqu'un était juridiquement décédé au point où on a trouvé
quelqu'un coupable hors de tout doute raisonnable, il me semble que ça
devrait être automatique qu'on corrige, on ajuste l'état civil.
La difficulté
soulevée, elle est double, c'est la question des détails qu'on inscrit.
Écoutez, je ne suis pas certain, moi,
que… Avec le jugement, avec l'acte d'accusation, la preuve faite on est
généralement capables de cibler... Et, pour une personne disparue,
effectivement, ça peut être une période, là, entre telle date et telle date, il
y a eu un homicide. La question qui se pose, c'est…
Parce que cette problématique-là touche... Elle
a deux volets. Il y a les proches de la personne décédée, donc il y a toute la question du deuil et d'être
capable de régler la succession, les assurances; ça, c'est pour les proches de
la victime. De l'autre côté, il y a des tiers comme des assureurs, des
institutions financières peut-être, là, qui peuvent être affectés.
La question,
à ce moment-là, c'est : Est-ce qu'à partir d'un jugement qui a trouvé la
culpabilité on va faire un autre procès pour tracer la ligne? J'ai de la
misère. Et qu'est-ce qu'on va apprendre de plus qu'on n'a pas appris dans le procès criminel par rapport aux circonstances de la
disparition et du décès, là, je veux dire? Parce que, là, il ne faut pas
oublier, M. le... Oh! J'allais dire : M. le juge.
Le Président (M. Ferland) : Pas
encore… Ça me suprendrait. Mais, si vous y tenez personnellement…
M. Ouimet
(Fabre) : J'allais
dire : Les corps de police ont fait une enquête, là. Qu'est-ce qu'on peut
avoir de plus efficace que des
policiers pour enquêter sur les circonstances d'une disparition préalablement à
un procès criminel? Qu'est-ce qu'un
procès civil, qu'est-ce que des observations de tiers vont nous apporter de
plus qu'on ne sait pas déjà à
part leur intérêt à ce que ça soit une
date plutôt qu'une autre? Mais ça, ce n'est pas factuel. Ça, c'est en fonction
des intérêts des parties. Les faits...
Et, M. le
ministre, je vous invite à me corriger, mais je ne peux pas concevoir, moi,
qu'un procès criminel qui suit une enquête policière n'aura pas permis
de trouver tous les éléments de preuve pertinents et qu'un avis à des tiers va
nous en rajouter plus, autrement que d'ajouter l'élément intérêt personnel de
ces tiers-là. Et cette question-là, M. le Président,
je ne suis pas certain qu'elle aide à avoir un registre d'état civil qui est
factuellement plus exact. Je comprends que le registre de l'état civil
peut avantager ou désavantager une partie, mais ce n'est pas factuel, ça.
Est-ce que ma plaidoirie a fait du chemin, M. le ministre?
M. St-Arnaud : Alors, M. le
Président...
Président (M. Ferland) :
Juste avant, M. le ministre, je sens que la plaidoirie du député de Fabre a
porté fruit et a trouvé écho à vos...
St-Arnaud : Bien, M. le
Président, aucun problème. C'est plein de bon sens. Alors, M. le Président, je
vais retirer mon amendement.
Le Président (M. Ferland) : Alors,
ça me prendrait le consentement pour retirer l'amendement.
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Ferland) : Ah, il y a consentement. Alors, l'amendement est retiré.
M. St-Arnaud : Je déposerais un
nouvel amendement qui devrait satisfaire le député et les membres de la
commission, donc, qui se lirait comme suit :
Remplacer le deuxième alinéa de l'article 133.1
proposé par l'article 16 du projet de loi par le suivant :
Le directeur
dresse l'état...
Pardon, je
recommence : «Le directeur dresse l'acte de décès de l'absent.
Lorsqu'ils sont inconnus, le directeur fixe la date, l'heure et le lieu
du décès sur la foi des énonciations du jugement et suivant les présomptions
tirées des circonstances.»
Voilà, M. le Président. Alors, on enlève les
observations, les tiers, le 20 jours, le règlement.
Le Président (M. Ferland) : Est-ce
que nous pouvons avoir une copie de l'amendement...
M. St-Arnaud : On va l'envoyer, je
pense, parce que ça ne fonctionne pas, la technologie.
Président (M. Ferland) : Je
ne l'ai pas ici. Alors, à partir d'un iPad, souvent ça prend quelques heures,
oui. Et voilà, c'est...
Le Président (M. Ferland) : Est-ce
que nous l'avons?
Président (M. Ferland) :
Alors, je vais juste peut-être suspendre quelques secondes ou, à la limite,
quelques minutes pour… le temps qu'on...
M. St-Arnaud : M. le Président, moi,
je peux vous déposer ma copie. Je ne sais pas si on peut faire des copies de
ça, là.
Le Président (M. Ferland) : Bien,
O.K. Bon. Mais j'ai suspendu quand même quelques...
(Suspension de la séance à 14 h 31)
Président (M. Ferland) : Alors, la commission va reprendre ses travaux
après cette courte suspension. Alors, M. le ministre, vous aviez déposé
un amendement à l'article 16. Vous en aviez fait la lecture.
M. St-Arnaud : Effectivement, M. le
Président.
Président (M. Ferland) :
Alors, est-ce qu'il y avait d'autres commentaires sur l'amendement en
question? Il y avait la députée de Montmorency.
St-Laurent : Oui. J'aurais
une seule question. Lorsqu'on dit «lorsqu'un tribunal a reconnu la
culpabilité d'une personne», est-ce que… un
tribunal de n'importe quel pays? Supposons que vous avez un jugement, je ne
sais pas, moi, du Royaume-Uni, par exemple. Bonne question?
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
St-Arnaud : Bien, M. le
Président, j'essaie de voir, là. Oui, là, ce qu'on me dit, c'est
qu'effectivement, là, on rentre dans les questions de droit
international.
M. St-Arnaud : Alors,
Me Duguay, avez-vous...
Une voix : Il faut faire homologuer
le jugement ici.
M. St-Arnaud : Il faut faire
homologuer le jugement ici dans ces cas-là.
St-Laurent : O.K. La
procédure habituelle pour les autres jugements, d'ailleurs : une
homologation ici. Est-ce qu'on peut faire un alinéa par rapport à ça?
M. St-Arnaud :
Moi, je ne complexifierais pas trop l'article. Je pense qu'on veut répondre à
un... En fait, on veut répondre à une
préoccupation, là, qui ne se produit pas très, très, très souvent, comme l'a
dit le député de Fabre, là, c'est
vraiment... mais qui s'est produite en tout cas au moins une fois pour que la
Protectrice du citoyen nous arrive en nous
disant : Pourquoi vous ne prévoyez pas ça au Code civil? Mais je pense que
je ne rentrerai pas... je n'alourdirai pas l'article en essayant de
trouver d'autres situations. Je pense que… Hein?
Mme St-Laurent : Tandis que les Hell's
sont en vacances dans le Sud.
St-Arnaud : Mais je pense
que je le laisserais comme ça, M. le Président. Et mon adjointe me dit
même... Oui, ma conseillère politique m'a dit que c'est déjà régi par le Code
civil.
Président (M. Ferland) :
C'est prévu à l'article 31.55. O.K. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires, M.
le ministre?
M. St-Arnaud : Non, M. le Président.
Le Président (M. Ferland) : Mme la
députée de Montmorency?
Le Président (M. Ferland) : Ça va.
Alors, bien oui. Alors, est-ce qu'il y a... Le député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : Oui, juste...
Puisqu'on s'apprête à signer, là, je veux juste être sûr qu'on est tous sur la
même page. Donc, le premier alinéa, ça va, c'est le jugement qui constate le
décès dans le cadre du procès criminel. C'est la demande de l'intéressé
adressée au Directeur l'état civil qui enclenche le mécanisme. On demande de
fournir une copie du jugement.
Et, le
deuxième alinéa, ce qu'on vient préciser, c'est que le Directeur de l'état
civil dresse l'acte de décès, oui. Et on précise que, lorsque les
détails liés au décès sont inconnus, bien le Directeur de l'état civil... en
fait, on ne dit pas «fait enquête», mais on dit : Sur la base des
énonciations du jugement et des présomptions qu'on peut en tirer, il...
St-Arnaud : «Tirées des
circonstances». Alors, il fait une enquête sur les circonstances pour être en
mesure de...
M. Ouimet (Fabre) : Et c'est à lui
de… lui ou elle...
M. St-Arnaud : Et l'acte «a les
mêmes effets — troisième
alinéa — qu'un
jugement déclaratif de décès».
M. Ouimet (Fabre) : C'est bon? C'est
l'objectif qu'on vise?
Président (M. Ferland) :
Alors, moi, je vous sens… en même temps, dire que c'est bon, alors ça doit
être bon. Alors, est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'amendement?
Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix. Est-ce que l'amendement proposé à l'article 16 est adopté?
Le Président (M. Ferland) : Alors, l'amendement
à l'article 16 est adopté. À ce moment-là, est-ce que l'article 16, tel qu'amendé,
est adopté?
Président (M. Ferland) :
Alors, l'article 16, tel qu'amendé, est adopté. Alors, M. le ministre,
nous en serions à la fin de la page 6, l'article 17.
M. St-Arnaud : Oui, M. le Président.
Mais c'est seulement la deuxième page.
Le Président (M. Ferland) : ...
M. St-Arnaud : C'est parce que le
projet de loi commence à la page 5, M. le Président.
Le Président (M. Ferland) : ...
M. St-Arnaud : Je pense que...
Président (M. Ferland) : ...
M. St-Arnaud : Alors, M. le Président, l'article 17 du projet de loi se lit comme
suit :
L'article 134 de ce code est remplacé par le suivant :
«134.
Le directeur de l'état civil fait mention, à l'acte de naissance, de l'acte de
mariage ou d'union civile; il fait aussi mention, aux actes de naissance
et de mariage ou d'union civile, de l'acte de décès.»
Alors, M. le
Président, les modifications proposées par cet
article s'inscrivent toujours
dans l'objectif de neutralisation
technologique du Code civil en matière d'état civil dans le respect des
principes établis à la Loi concernant le
cadre juridique des technologies de l'information,
chapitre C-1.1, en éliminant
les termes «exemplaire informatique», qui font référence à une
technologie unique, et en les remplaçant simplement par le terme «registre».
Il s'agit de
modifications de cohérence avec les modifications que nous avons adoptées, M.
le Président, à l'article — si
je ne m'abuse — 105
du Code civil, par le projet de loi.
Le Président (M.
Ferland) : 105, c'est ça. Oui.
Le Président (M.
Ferland) : Oui, 105. Alors, est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article
17? Mme la députée de Montmorency.
Mme St-Laurent : Oui. Pourquoi on a changé «sur» pour mettre «à l'acte de naissance»? Si
vous pouviez nous dire la différence. Parce qu'on dit : «Le
Directeur de l'état civil fait mention, sur l'acte de naissance», c'était «sur»
le texte actuel. Le texte modifié, on dit : «Le directeur de l'état civil
fait mention, à l'acte de naissance».
M. St-Arnaud : Bien, ma compréhension, M. le Président, c'est que, comme on ne
fonctionne plus nécessairement avec
des copies papier... Hein, c'est ce que je comprends, c'est que, quand c'était
une copie papier, on disait «sur l'acte de naissance», «sur les
actes de naissance et de mariage ou d'union civile». À partir du moment où il y
a différentes possibilités, on préfère
dire : «à l'acte de naissance» parce que ça peut être un acte de naissance
papier comme ça peut en être un... j'allais dire... électronique, oui, c'est
ça, électronique ou technologique. Est-ce que ça répond à la question? Je pense
que c'est...
St-Laurent : Ça répond à la question. Oui.
Le Président (M.
Ferland) : Mme la députée de Montmorency, ça va? Il y avait... Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 17? Alors, s'il n'y a pas d'autre
commentaire, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 17
est adopté?
Le Président (M.
Ferland) : Alors, l'article 17 est adopté. Maintenant, à la page 7. M.
le ministre.
St-Arnaud : M. le Président, on est à la page 7.
Le Président (M.
Ferland) :
L'article 18.
St-Arnaud :
L'article 18 du projet de loi se lit comme suit :
L'article 135 de ce
code est modifié :
par le remplacement, dans les premier et deuxième alinéas, de «sur l'exemplaire
informatique des» par «aux»;
2° par le
remplacement, dans le troisième alinéa, de «sur l'exemplaire informatique de»
par «à»;
3° par la
suppression, dans le dernier alinéa, de «, sur l'exemplaire informatique,».
Alors, à nouveau, M.
le Président, cet
article propose des modifications qui s'inscrivent dans l'objectif
de la neutralisation technologique du Code
civil en matière d'état civil dans le respect des principes établis à la Loi
concernant le cadre juridique des technologies de l'information,
chapitre
C-1.1. Alors, c'est la même chose, M. le Président, que l'article précédent,
effectivement. Et voilà, M. le Président.
Le Président (M. Ferland) : Alors, merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a
des commentaires sur l'article 18? Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à sa mise aux voix. Est-ce que l'article 18
est adopté?
Le Président (M.
Ferland) : Alors, l'article 18 est adopté. Alors, M. le ministre, l'article
19, j'imagine.
St-Arnaud : M. le Président, l'article 19 se lit comme suit :
L'article 136
de ce code est modifié par le remplacement, dans les premier et deuxième
alinéas, de «sur l'acte» par «à l'acte».
Alors, c'est la même
chose, M. le Président, dans le sens de l'explication que j'ai donnée tantôt à
la députée de Montmorency.
Président (M. Ferland) :
Alors, merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article
19? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à
sa mise aux voix. Est-ce que l'article 19 est adopté?
Le Président (M. Ferland) : Alors, l'article
19 est adopté. Alors, M. le ministre, la parole est à vous pour l'article 20.
M. St-Arnaud :
L'article 20, M. le
Président :
L'article 137 de ce code est modifié par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «sur l'exemplaire informatique, les inscriptions nécessaires pour
assurer la publicité du registre» par «les inscriptions nécessaires au
registre».
Même chose, M. le Président, il s'agit d'une
modification de cohérence avec les modifications précédentes.
Président (M. Ferland) :
Alors, merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des commentaires? M. le député
de Fabre. Ah! il n'y a pas de commentaire.
Alors, j'ai été piégé par le député... Moi, je pense que c'est un test du
député de Fabre pour savoir si le
président est présent avec vous aujourd'hui. Alors, je sens qu'il y aura
d'autres places pour des questions,
des commentaires. Alors, oui, s'il n'y a pas d'autres interventions, nous
allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 20 est adopté?
Le Président (M. Ferland) : Alors, l'article
20 est adopté. M. le ministre, l'article 21.
M. St-Arnaud : Alors, M. le
Président, nous avons la moitié de la page 7 de faite.
Président (M. Ferland) : Ça
n'arrête pas, c'est... Là, vous m'enlevez les mots de la bouche. Si on va trop
vite, vous nous le dites.
M. St-Arnaud :
L'article 21, M. le
Président :
L'article 142 de ce code est modifié par la suppression de la
dernière phrase. Alors, c'est la même chose, M. le Président.
Président (M. Ferland) :
Est-ce qu'il y a des commentaires? Alors, il n'y a pas d'autre intervention.
Est-ce que l'article 21 est adopté?
Le Président (M. Ferland) : Alors, l'article
21 est adopté. M. le ministre, l'article 22.
M. St-Arnaud : M. le Président, l'article
22 se lit comme suit :
L'article 147
de ce code est modifié par le remplacement de "sur l'acte" par
"à l'acte".» Voilà, M. le Président, même chose, dans le sens
de la réponse que j'ai donnée tantôt à la députée de Montmorency.
Président (M. Ferland) :
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 22? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à sa mise aux voix. Est-ce que l'article 22
est adopté?
Le Président (M. Ferland) :
L'article
22 est adopté. M. le ministre, l'article 23.
M. St-Arnaud : Oui, M. le Président.
L'article 23.
Le Président (M. Ferland) : Je sens
des questions qui vont fuser...
M. St-Arnaud : Je sens que, là, on
va ralentir un peu, M. le Président. Alors, monsieur...
Le Président (M. Ferland) : ...une
belle envolée, M. le ministre.
M. St-Arnaud : Oui, écoute, c'était impressionnant.
M. le Président, l'article 23 se lit comme suit :
23. Ce code est modifié par l'insertion, après l'article
722, du suivant :
«722.1.
Le sourd-muet qui, ne pouvant ni lire ni écrire, ne peut se prévaloir des
autres dispositions de la présente
section peut faire un testament notarié, à
la condition d'instruire le notaire de ses volontés en ayant recours à un
interprète en langue des signes.
présence du notaire et du témoin, le testateur déclare, par le même moyen, que
l'écrit qui lui est traduit par l'interprète est son testament.
«L'interprète est choisi par le testateur parmi
les interprètes qualifiés à exercer leurs fonctions devant les tribunaux.
«L'interprète doit
préalablement prêter serment, par écrit, devant le notaire, le testateur et le
témoin, de remplir ses fonctions avec impartialité et exactitude et de ne
divulguer aucune information liée à son mandat. L'original du serment est
annexé au testament.»
Alors, M. le
Président, cet
article est le premier de trois articles qui proposent de
modifier les règles du Code civil relatives au testament notarié et au
testament devant témoin afin qu'une personne sourde qui ne peut ni parler, ni
lire, ni écrire puisse désormais faire un testament en ayant recours à un
interprète en langue des signes.
premier alinéa de l'article reconnaît ainsi à cette personne la possibilité de
faire un testament notarié si elle dicte ses volontés au notaire par l'entremise
d'un interprète qui connaît la langue des signes qu'elle utilise.
autres alinéas de l'article établissent les conditions et formalités
qu'implique le recours à un interprète pour la confection du testament.
Ces conditions et formalités sont nécessaires pour s'assurer que l'acte rédigé
par le notaire reflète exactement et intégralement
les dernières volontés du testateur et aussi pour garantir la confidentialité
de ces volontés.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, est-ce qu'il y a commentaires sur l'article 23? Oui,
le député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : En fait, oui, il y a plusieurs points, là. Parce que, là, c'est
une disposition qui a fait l'objet de plusieurs questions lors de nos
consultations. Et j'avais une question parce que j'avais des feuilles qui nous
avaient été distribuées préalablement, qui nous proposaient des amendements,
notamment à l'article 22.1 puis à l'article 23. Est-ce qu'on a… le plan de
match a été modifié?
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre, est-ce qu'on a... Effectivement, nous
avions reçu...
St-Arnaud : Oui, mais je ne l'ai pas déposé.
M. Ouimet
(Fabre) : Ah non, bien...
Le Président (M.
Ferland) : Il a été distribué mais non déposé officiellement.
M. St-Arnaud : Oui, bien, je vais vous laisser sur les questions. Parce que je pense
que le principal changement, c'était «sourd» par rapport à «sourd-muet»,
hein?
St-Arnaud : Et on le retrouve dans les deux, là, avec «sourd» et avec
«sourd-muet»?
St-Arnaud : Parce que, sur la notion de sourd-muet... Bien, d'abord,
M. le Président, je peux peut-être dire,
effectivement, là, c'est un
article qui est sensible. Je peux dire qu'on a
écouté avec beaucoup d'attention les propos qui ont été tenus par le président de la Chambre des notaires lorsqu'il
a témoigné lors de nos consultations particulières. Et moi, j'ai demandé
qu'on s'assure, M. le Président, que le nouveau 722.1, là, qu'on s'assure qu'on
est sur... qu'on réfléchisse aux différents
arguments qui ont été apportés par le président de la Chambre des notaires. Et,
après réflexion, M. le Président, et après l'avoir revu au sein du
ministère, on en est venus à la conclusion, pour l'essentiel, de maintenir le
722.1 tel qu'il est dans le projet de loi, donc de permettre le testament
notarié aux conditions... via un interprète en langue des signes pour les
personnes sourdes et muettes ne sachant ni lire ni écrire.
Pour ce qui est de...
Il y a deux éléments, là, qu'on a regardés, et c'est pour ça qu'il y a
différents textes qui circulent. Il y a un
élément qui nous a été mentionné par la Fondation des sourds de ne pas utiliser
le mot «sourd-muet» mais d'utiliser
le mot «sourd». Et ce qu'on me dit, M. le Président, c'est qu'il serait… — attendez
que je le retrouve dans mes notes, M.
le Président — il
serait préférable… Et, même si... Je pense que la Commission des droits, elle
aussi, nous disait, M. le Président,
d'utiliser plutôt l'expression «sourd» seulement plutôt que «sourd-muet». Mais
ce qu'on nous dit, c'est que
l'expression «sourd-muet» est correcte d'un point de vue linguistique et
juridique, elle existe dans les dictionnaires, et que cette notion selon
laquelle la personne doit être muette est une notion importante pour cet article, M. le Président, et qu'enlever le mot
«muet» viendrait un peu déformer l'intention qui était derrière l'article 722.1.
Parce que, là, ça serait une personne qui est... Et je réfléchis à haute voix,
M. le Président. Là, on ouvrirait la porte à toute personne sourde et pas
nécessairement muette.
St-Arnaud : O.K. Alors, ce
qu'on me dit, effectivement, c'est que, dans la version où on met le mot
«sourd», on mettait le mot «muet» en... C'est ça. Effectivement…
St-Arnaud : C'est ça. Parce qu'en fait, dans les différents
textes — on a
regardé plusieurs textes, là — effectivement,
c'est que, si on mettait seulement «sourd», on dirait : Le sourd qui, ne
pouvant ni parler ni lire ni écrire, ne peut se prévaloir des autres
dispositions de la présente
section peut faire un testament notarié.
À ce
moment-là, peut-être qu'on... On n'utiliserait pas l'expression «sourd-muet»
mais on dirait «le sourd». Là, on
décrirait qu'effectivement ce n'est pas juste une personne sourde, c'est une
personne sourde qui ne peut ni parler ni lire ni écrire. Alors, ça, c'est
le premier élément qu'on pourrait... M. le Président, là, on réfléchit à haute
voix, mais on le transposera en amendement.
Et le
deuxième élément sur lequel on a réfléchi de ce côté-là, vous pouvez peut-être
le présenter, Me Duguay?
M. Duguay
(Yann) : Oui. C'est tout
simplement le fait que et la Fondation des sourds et la Commission des
droits de la personne, si je me souviens
bien… ou c'est peut-être la Chambre des notaires. En tout cas, il y a quelqu'un
qui a dit qu'il faudrait... Non, ce n'est sûrement pas la Chambre des
notaires parce qu'ils sont contre la mesure. C'est juste d'assurer que l'interprète n'a pas de lien avec le
testateur, là. Donc, on est venu mettre exactement la même condition que
pour le notaire lui-même, condition qui est prévue à 723, si je ne m'abuse, et
c'est la même formulation.
M. St-Arnaud : Non, c'est ça. On y
réfléchit un peu. Moi, M. le Président, j'aimerais peut-être entendre les
membres de la commission là-dessus, et on pourrait éventuellement déposer un
texte. Peut-être qu'effectivement... parce
que je me rappelle des interventions, là, de la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, peut-être qu'effectivement on
pourrait y aller avec le libellé : Le sourd qui, ne pouvant ni parler ni
lire ni écrire ne peut se prévaloir... etc. Mais je veux entendre les membres
de la commission puis je pourrai déposer un amendement, M. le Président.
Le Président
(M. Ferland) : Mais je
considère que les discussions portent sur l'article 23, même si on
déborde un peu sur les amendements potentiellement qui seront déposés. Mais les
discussions seront faites à ce moment-là. Alors, je reconnais le député de
Marguerite-Bourgeoys.
Poëti : Oui, M. le
Président. En fait, je me souviens très bien l'explication des gens qui sont
venus, en disant qu'il était préjudiciable pour eux de dire «sourd et
muet» parce que, ils disaient, un sourd peut ne pas être muet. Ils n'aimaient pas... en fait, ils n'aimaient pas...
Ils nous expliquaient que les sourds ne sont pas nécessairement muets et
que là était la problématique. C'est ce
qu'ils expliquaient. Il y a des sourds qui ne sont pas muets parce qu'ils sont
capables quand même de parler avec des sons.
Alors, eux disaient : Utiliser l'expression «sourd et muet» ne pouvait pas
s'appliquer nécessairement. Mais une personne sourde ou une personne muette, qu'on
le décrive dans l'article de loi, je pense qu'il
est important de mettre les deux, mais pas de penser que sourd-muet... Eux ne
voulaient pas ça, puis ils l'avaient expliqué quand même très bien.
Je ne sais pas si c'est le temps de le dire,
mais vous en avez parlé. M. le ministre, en ouverture que c'était un
article sensible. D'ailleurs, on a reçu une lettre
du président de la Chambre des notaires qui n'est pas très heureux de la
chose. D'ailleurs, il fait référence à nos
propos ici, tenus en commission. Et j'aimerais dire en commission que s'il y
a des propos qui l'ont insulté, on en est bien désolés. Parce que, dans sa
lettre, il ne précise pas qui a dit certains propos qu'il trouve inacceptables. Et il questionnait un peu le fait...
peut-être notre modernité quand j'ai même voulu parler de la possibilité
d'avoir un enregistrement vidéo. Simplement, pour moi, était l'idée de penser
que, si jamais il y avait quelqu'un qui
interprétait, que peut-être que le... pardon, la personne qui... l'interprète,
pardon, aurait commis une erreur ou n'aurait pas fait le bon geste de
compréhension, dans un cas de litige, on pourrait se référer à une captation
vidéo, qui ne m'apparaissait pas être quelque chose... On est loin des
cinécaméras aujourd'hui, là. Je veux dire, je pense que cet équipement-là
serait vraiment...
Alors, je lui
redis, s'il nous écoute, ou les notaires, que l'utilisation de... qui ne soit
pas dans la loi, j'en conviens très bien, mais que l'utilisation d'une
captation vidéo, dans ce cas-là, serait pour moi une assurance additionnelle
bien supérieure à faire former, comme il nous l'avait suggéré, je ne sais pas
combien sur les 3 800 notaires, des gens pour comprendre les signes. Alors, si des propos de certaines personnes — je ne sais pas lesquelles — l'ont offusqué, on en est bien
désolés.
Mais ce que
nous, je pense, qu'on doit faire ici, c'est moderniser les lois en fonction des
outils qu'on a aujourd'hui, qui sont possibles. Et je pense qu'on ne
doit pas brimer ces gens-là. Quand je pense aujourd'hui, alentour de cette
table-là, que des gens sourds, ou des gens muets, ou sourds et muets ont un
problème à faire rédiger un testament... Voilà pourquoi on est tous assis ici
aujourd'hui, pour simplifier la chose, M. le Président. Je voulais le souligner
sur les bandes parce que parfois il y a peut-être des interprétations qui se
font qui, je pense, ne sont pas exactes.
Le Président (M. Ferland) : ...commentaires là-dessus, M. le député de
Marguerite-Bourgeoys. Effectivement, j'ai reçu la lettre comme... et
vous l'avez reçue également comme membre de la commission. On l'a reçue. Et, de
toute façon, on ne peut pas... Effectivement, il n'y avait pas d'indication
dans la lettre sur quelque parlementaire que ce soit. Par contre, on ne peut pas, soit par
écrit, ou de l'extérieur, prêter des intentions aux parlementaires en
commission parlementaire, comme on le fait aussi notamment au salon bleu.
Alors, là-dessus, qu'on le fasse, c'est correct, qu'on informe, au moins qu'on l'écrive au président de la commission, c'est
une chose, mais, comme parlementaires, je pense que souvent, des fois, on peut utiliser des propos,
mais qui… les gens peuvent les interpréter. Donc, on ne peut pas le
faire.
Le Président (M.
Ferland) : Et voilà.
M. Poëti :
...à ce niveau-là. Puis le bout évidemment qui était en préalable à ce qu'on
discutait, vraiment ne pas utiliser le terme «sourd et muet», mais
peut-être trouver une alternative à ça.
M. St-Arnaud :
...à moins que le député de Fabre, ou la députée de Montmorency, ou les membres
de la commission des... Je peux peut-être le
déposer, l'amendement, qui va dans le sens de ce que vient de dire le député
de Marguerite-Bourgeoys. Alors, M. le Président, je déposerais un amendement
qui serait le suivant :
L'article
23 du projet de loi est remplacé par le suivant — et il y avait plusieurs versions, là, mais il
faudra... — alors :
23. Ce code est
modifié par l'insertion, après l'article 722, du suivant :
«722.1. Le sourd qui,
ne pouvant ni parler, ni lire, ni écrire, ne peut se prévaloir des autres
dispositions de la présente
section peut faire un testament notarié à la
condition d'instruire le notaire de ses volontés et en ayant recours à un
interprète en langue des signes.
présence du notaire et du témoin, le testateur déclare, par le même moyen, que
l'écrit qui lui est traduit par l'interprète est son testament.
«L'interprète
est choisi par le testateur parmi les interprètes qualifiés à exercer leur
fonction devant les tribunaux et il ne peut être conjoint, parent ou
allié du testateur, ni en ligne directe, ni en ligne collatérale jusqu'au
troisième degré inclusivement.
«L'interprète
doit préalablement prêter serment, par écrit, devant le notaire, le testateur
et le témoin, de remplir ses fonctions
avec impartialité et exactitude et de ne divulguer aucune information reliée à
son mandat. L'original du serment est annexé au testament.»
Alors,
vous aurez compris, M. le Président, qu'on retire donc l'expression
«sourd-muet» du nouvel
article 722.1. Et
on ajoute également, comme le disait Me Duguay, que l'interprète... Pour
l'interprète, on ajoute les mêmes exigences que celles auxquelles est
assujetti le notaire quant aux liens qu'il peut avoir avec le testateur. Alors,
j'en fais un amendement, M. le Président.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, on a reçu copie, je pense. Non?
Une voix :
...pas la même version...
Le Président (M.
Ferland) : Il y a...
Une voix :
Il y a plusieurs versions.
M. Ouimet
(Fabre) : Je ne veux pas être... paraître tatillon, mais j'aimerais
bien savoir la version.
Le Président (M.
Ferland) : Oui, nous allons... Alors, est-ce qu'on va...
Une voix :
M. le Président, j'en ai une copie.
Le Président (M.
Ferland) : On a une copie.
Une voix :
Ah! Vous aussi.
Le Président (M. Ferland) : On a les... Alors, on va suspendre juste quelques
secondes pour faire les photocopies.
(Suspension de la séance à 15
heures)
Le Président (M.
Ferland) : Alors, la commission reprend ses travaux. Alors, M. le
ministre, là, les parlementaires ont reçu
copie de l'amendement. Alors, M. le ministre, est-ce que vous aviez d'autres
commentaires ou…
M. St-Arnaud : Non, M. le Président.
Je pense qu'on avance.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, tout en avançant, est-ce qu'il y avait d'autres...
M. le député de Fabre.
M. Ouimet (Fabre) : Oui. Merci, M.
le Président. En fait, pour les besoins de l'amendement et de... j'aimerais ça qu'on s'assure, là, de bien
comprendre la mécanique. Parce que je lis notamment l'article 721, 722, et
là on ajoute 722.1, puis je veux être bien certain, là, qu'on a tous les
morceaux du puzzle, là. Je vois que le ministre brûle d'envie d'ajouter quelque
chose. Je vais le laisser ajouter quelque chose.
St-Arnaud : Ce que je
voulais dire, M. le Président, c'est qu'on... Il faudrait revenir en arrière
pour modifier 721, si on veut être cohérents dans nos termes, parce que
vous voyez que, à 721, l'expression «sourd-muet» est là, alors, on me dit que c'est le seul endroit, au
Code civil, à
part les articles qu'on modifie dans le projet de
loi n° 35, où le mot «sourd-muet» apparaît. Alors, je peux
déjà dire, M. le Président, qu'on pourrait...
Le Président (M. Ferland) :
…autre amendement?
M. St-Arnaud : Bien, on
reviendrait peut-être en arrière...
Le Président (M. Ferland) : Mais on
est toujours à 23, là.
M. St-Arnaud : À moins, M. le
Président, si vous voulez qu'on y aille dans l'ordre, qu'on suspende ici, puis
qu'on reviennent en arrière, puis qu'on fasse le 721.
Le Président (M. Ferland) : Alors,
M. le député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : Bien, en fait, ma
suggestion, c'est justement pour... Moi, je voulais qu'on retourne au
Code civil, juste pour qu'on fasse la démarche... parce qu'il y en a
peut-être... Me Duguay et d'autres, dans la salle, sont peut-être très familiers
avec le Code civil, mais ce n'est pas mon cas, surtout pas ces articles-là. Et,
je pense, qu'on prenne... On est allés très
vite sur d'autres articles, là. Qu'on prenne le temps de bien faire les choses,
ce ne serait pas une mauvaise idée. Je sais que le ministre aime ça
quand on prend notre temps. En matière législative, il répète toujours qu'il ne
faut pas se...
Ouimet
(Fabre) : …oui, se
dépêcher. Alors, qu'on revienne à un autre amendement, je n'ai pas deproblème, mais ma suggestion, ce serait qu'on
fasse le chemin... d'un article, oui... Mettez-là là, c'est toujours utile.
Donc, alors, est-ce que, M. le ministre… Vous avez l'initiative, là.
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
St-Arnaud : Bien, je pense,
M. le Président, qu'on pourrait peut-être suspendre l'amendement à l'article
23 du projet de loi.
Le Président (M. Ferland) : Est-ce
que j'ai le consentement pour suspendre…
Des voix : Consentement.
Président (M. Ferland) : Alors, l'amendement déposé par le ministre est suspendu. Alors, M. le
ministre.
St-Arnaud : Et, M. le
Président, je reviendrais en arrière pour présenter l'ajout d'un nouvel
article, qui serait l'article 22.1, qui viendrait modifier l'article...
Le Président (M. Ferland) : Ça va,
M. le ministre, allez-y.
Le Président (M. Ferland) : 722.
Oui, c'est celle de 722.1.
M. St-Arnaud : 721. C'est marqué
722. Alors, monsieur... Quand même, on suit, hein, on suit, quand même, M. le
Président.
Le Président (M. Ferland) :
...aujourd'hui. Alors, c'est... comme d'habitude, d'ailleurs.
M. St-Arnaud : Oui, c'est parce que
j'ai mon nouveau Code civil, M. le Président. Alors, M. le Président, l'amendement...
Donc, j'ajouterais un 22.1 au projet de loi, qui serait le suivant :
22.1.
L'article 721 de ce code est
modifié :
au premier alinéa, par la suppression de «ou du sourd-muet» et le remplacement
de «est sourd seulement» par «est apte à le faire»;
2° au troisième
alinéa, par le remplacement de «est sourd-muet» par «ne peut parler» et de «s'il
est sourd» par «autrement».
Alors,
cet amendement, M. le Président, ajouté aux articles 23, 24, 25 qu'on va voir
tantôt, retirerait l'expression «sourd-muet»
du Code civil partout, puisqu'on me dit qu'au-delà des articles qu'on modifiait
par le projet de loi n° 35 le seul endroit où il y avait encore
l'expression «sourd-muet» c'était l'article 721, ce qui ferait que le nouvel
article 721 — vous
l'avez, avez-vous le texte modifié? — se lirait comme suit. M. le
Président, on peut peut-être le lire pour être sûr qu'on comprend tous la même
chose.
Le Président (M.
Ferland) : Allez-y, M. le ministre. Oui.
M. St-Arnaud : «Le testament notarié du sourd est lu par le testateur lui-même en
présence du notaire seul ou, à son choix, du notaire et d'un témoin. La
lecture est faite à haute voix si le testateur est apte à le faire.» Alors, ça,
c'est le cas, donc, du sourd mais qui n'est pas muet, qui peut parler.
«Dans le testament,
le testateur déclare qu'il l'a lu en présence du notaire et, le cas échéant, du
témoin.
le testateur ne peut parler, cette déclaration lui est lue par le notaire en
présence du témoin; autrement elle est lue par lui-même à haute voix en
présence du notaire et du témoin.» Est-ce que...
St-Arnaud : Oui, moi aussi, effectivement. On suit, on suit, M. le
Président.
Le Président (M.
Ferland) : On a l'air de rien comme ça, là...
M. St-Arnaud : On a l'air de rien mais... Ce que vous dites, c'est qu'à partir de
«autrement», ce n'est peut-être pas nécessaire.
Le Président (M.
Ferland) : Incroyable. Au contraire, vous avez l'air... oui.
St-Arnaud : Alors, on va se retourner vers les experts, M. le
Président.
Le Président (M.
Ferland) : Est-ce que vous avez... Il y a d'autres commentaires sur l'amendement...
l'article proposé, c'est-à-dire?
St-Arnaud : Je suis un peu d'accord avec la députée de Montmorency, il
manque un bout.
St-Laurent : Il manque un bout certain. Le notaire lui lit, il est
sourd.
St-Arnaud : L'expert me dit que non, il n'en manque pas. Alors, Me
Duguay, on vous écoute.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, Me Duguay, on peut vous entendre.
M. Duguay (Yann) : La question touche à l'utilité de la lecture par le notaire même si la
personne est sourde, mais il y a
quand même des témoins. Il y a une espèce de rituel quand on va chez le
notaire. Moi, le premier, j'ai toujours tendance à dire : Écoutez,
je suis avocat, vous n'avez pas besoin de le lire, mais le notaire le lit
lui-même. C'est comme une façon pour le notaire lui-même de s'assurer qu'il n'a
pas fait d'erreur, etc. C'est comme une dernière vérification. Donc, même si la
personne est sourde, bien l'interprète dans ce cas-là va l'entendre pareil et
les gens autour. C'est juste pour être certain qu'il n'y ait pas d'erreur en
tout dernier lieu.
St-Arnaud : Donc, si la personne est sourde et muette, il y a
automatiquement un témoin qui entend…
M. Duguay
(Yann) : Oui, il y a toujours un témoin.
St-Arnaud : Qui entend le notaire lire le testament.
M. Duguay (Yann) : Parce qu'à 716 on dit que «le testament notarié est reçu en minute par
un notaire, assisté d'un témoin ou, en certains cas, de deux témoins».
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre, est-ce qu'il y a assez de témoins?
M. St-Arnaud : Bien, M. le
Président, si on recommence à... on va revenir en arrière, on va... C'est à
716, le testament notarié?
«716.
Le testament notarié est reçu en minute par un notaire, assisté d'un témoin ou,
en certains cas, de deux témoins.
«Il doit porter mention de la date et du lieu où
il est reçu.
«717. Le testament notarié est lu par le notaire
au testateur seul ou, au choix du testateur, en présence d'un témoin. Une fois
la lecture faite, le testateur doit déclarer en présence du témoin que l'acte
lu — s'il
y a un témoin, c'est ça? — contient
l'expression de ses dernières volontés.»
Il n'y a pas
toujours un témoin. «…au testateur seul ou, au choix du testateur, en présence
d'un témoin. Une fois la lecture faite, le testateur doit déclarer en
présence du témoin que l'acte lu contient l'expression de ses dernières
volontés.
«Le testament est ensuite signé par le testateur
et le ou les témoins, ainsi que par le notaire. Tous signent en présence les
uns des autres.»
M. St-Arnaud : Oui, allez-y, M. le
député.
Le Président (M. Ferland) : M. le
député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : Oui. M. le
Président. Je ne suis pas un spécialiste, mais la différence, c'est qu'à 717 ce
qu'on prévoit, c'est que la lecture est
faite au choix du testateur seul avec le notaire. Mais par après, en présence
d'un témoin, le testateur confirme
que la lecture correspond à ses dernières volontés. Donc, le principe, c'est
que le testament notarié est toujours devant témoin, un ou deux, selon
le cas, à 716. La lecture des détails des dernières volontés, elle, est faite
au choix du testateur en présence de témoins ou pas. C'est ça, la nuance, si j'ai
bien compris.
M. St-Arnaud : C'est ce que je
comprends.
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
M. St-Arnaud : C'est que la lecture
peut se faire en présence seulement du testateur, mais après ça on fait entrer
le témoin puis là le testateur déclare, en présence du témoin qu'on vient de
faire entrer, que l'acte lu contient l'expression de ses dernières volontés. Et
là il y a signature. Et là il y a signature. Et quand est-ce qu'il y a plus qu'un
témoin? C'est écrit plus loin?
M. Duguay (Yann) : Dans certains
cas...
Le Président (M. Ferland) : Me
Duguay.
M. Duguay (Yann) : Par exemple à
719, on dit «en présence de deux témoins».
M. St-Arnaud : O.K. C'est bon, c'est
bon.
M. Duguay (Yann) : C'est qu'après
ça… Il y a une règle générale et, après ça, on défile les cas d'exception.
M. St-Arnaud : O.K. «718. Les formalités du testament notarié sont présumées
avoir été accomplies même s'il n'en est pas fait mention expresse sous
réserve des lois relatives au notariat.
«Cependant,
en cas de formalité spéciale à certains testaments, mention doit être faite
dans l'acte de la cause de leur accomplissement.
«719. Le testament notarié de celui qui ne peut
signer contient la déclaration du testament faisant état de ce fait. Cette
déclaration est également lue par le notaire au testateur en présence — ah, c'est
ça, là il y a deux témoins quand il ne peut
pas signer — de deux
témoins, et elle supplée à l'absence de signature du testateur.» Voilà, M. le
Président, 719. On va être bons pour notre
cours de... Alors là, l'exception de 719, c'est, s'il ne peut pas signer, ça prend
deux témoins.
Le Président (M. Ferland) : Non,
mais je pense vous étiez cohérent, on a parti à 717 et on s'en vient, là.
M. St-Arnaud : On va être bons pour
être notaires après ça, M. le Président.
St-Arnaud : «720. Le
testament notarié de l'aveugle est lu par le notaire au testateur en présence
de deux témoins — un
autre cas de deux témoins.
«Dans le testament, le notaire déclare qu'il en
a fait la lecture en présence des témoins, cette déclaration est également
lue.»
Et là on
arrive à 721, et là on dirait : «Le testament notarié du sourd est lu par
le testateur lui-même en présence du notaire seul ou, à son choix, du
notaire et d'un témoin. La lecture est faite à haute voix si le testateur est
apte...»
St-Laurent : ...sourd seulement, ça ne marche pas. Ce qu'on dit…
Le Président (M.
Ferland) : Mme la députée de Montmorency, vous avez un commentaire?
St-Arnaud : Non, non, mais là je suis dans le nouvel article, là, tel
que modifié.
St-Arnaud : Tel qu'amendé. Texte modifié en bas.
St-Laurent : Oui, ça ne va pas.
M. St-Arnaud : «Le testament notarié du sourd est lu par le testateur lui-même en
présence du notaire seul ou, à son
choix, du notaire et d'un témoin. La lecture est faite à haute voix si le
testateur est apte à la faire.» Il est sourd, mais c'est lui qui lit. Le testateur lit le testament
lui-même. Il est sourd, mais il est capable de le lire, dans le premier
alinéa, donc il lit le testament devant le notaire seul ou, à son choix, avec
un témoin. Ça va? Ça, c'est le sourd qui est capable de lire.
Deuxième
alinéa : «Dans le testament, le testateur déclare qu'il l'a lu en présence
du notaire et, le cas échéant, du témoin.» Ça, c'est la formalité au
deuxième alinéa. Jusque-là ça va? «Si le testateur ne peut parler — donc,
il ne peut pas lire son testament comme à 1
et 2 — cette
déclaration lui est lue par le notaire en présence d'un témoin.» Mais
là, s'il est sourd...
Une voix :
Ce n'est pas la bonne version.
St-Arnaud : Ce n'est pas la bonne version.
M. Duguay
(Yann) : C'est…
M. St-Arnaud :
Oui, oui…
M. Duguay
(Yann) : Oui, mais c'est qu'il ne peut parler. On avait changé pour «n'ayant
pas l'usage de la parole». «Si le testateur n'a pas l'usage de la parole», ça
serait peut-être... ça, ce serait préférable.
Le Président (M. Ferland) : Alors, juste pour éviter les échanges de même,
j'aimerais, pour les finsd'enregistrement,
qu'on donne la parole soit à M. Duguay ou le ministre à ce moment-là pour...
parce que les enregistrements, c'est ardu.
M. St-Arnaud : Est-ce que je comprends, M. le Président, que les premier et deuxième
alinéas, c'est le testateur sourd, le troisième, c'est le testateur
muet, mais le sourd et muet, on va le retrouver à 722? Non?
Le Président (M.
Ferland) : Il y en a un ici, le deuxième alinéa, par «sourd et muet»,
par «ne peut parler». Je ne sais pas si c'est celui-là.
St-Arnaud : M. le Président, là je suis un peu mélangé.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, qui peut vous ramener dans le droit chemin? Mme la
députée de Montmorency.
St-Laurent : C'est parce que, si on enlève «sourd-muet», ça enlève
complètement tout le sens. Parce qu'il y a
un endroit... Parce que le
titre en haut, c'est Le testament notarié du sourd,
et là on continue : Si le sourd, à un endroit, ne peut pas parler,
on lui lit la déclaration à haute voix. Il ne peut pas parler, mais «autrement,
elle est lue par lui-même à haute voix». Ça n'a aucun sens, là. Il ne peut pas
parler, mais il peut la lire.
Le Président (M.
Ferland) : M. le député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : Merci, M. le Président. J'avais compris que c'était le
21, c'est le sourd qui sait lire. Parce qu'à
722.1, ça va être celui qui ne peut pas parler, ne sait ni lire ni écrire. Mais
on peut traiter... Et d'ailleurs je pense qu'à 722.1 — je suis
mêlé dans mes versions, là — on dit : «Le sourd qui […] ne peut se
prévaloir des autres dispositions de la présente section», ça, c'est un
élément qui est important, à 722.1, là. C'est que c'est une disposition qui
vise à combler les lacunes des autres
dispositions. Et ça, c'est... je pense qu'il faut peut-être miser sur cet
élément-là et ne pas s'enfarger trop dans les détails.
M. St-Arnaud : ...722.1.
Ouimet (Fabre) : Oui.
St-Arnaud : C'est ça, c'est pour ça qu'on a mis ça.
M. Ouimet
(Fabre) : Oui. Et c'est bien de le mettre, mais peut-être que, quand
on... Mais là revenons à 721. Si on y va par étape...
St-Arnaud : Parce que 721, là... Non, mais...
M. Ouimet
(Fabre) : Oui, allez-y.
M. St-Arnaud :
Non, non, mais allez-y.
M. Ouimet
(Fabre) : Non, non.
St-Arnaud : Non, non, j'insiste, j'insiste.
M. Ouimet
(Fabre) : Non, non, j'insiste, j'insiste. C'est vous, le ministre.
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre, on vous laisse la parole.
M. St-Arnaud : Non, mais je revenais au 721 actuel pour essayer de bien saisir, là. Le
721 actuel, effectivement, il prévoit
les cas du sourd et du sourd-muet, mais ce sont des gens qui savent lire et
écrire. Alors, dans le... Et l'objectif de l'amendement, ce n'est que de prévoir... ce n'est finalement que
d'enlever l'expression «sourd-muet». Mais on est devant des cas de sourds ou de sourds-muets qui savent
lire et écrire. Et c'est seulement s'ils ne savent ni lire ni écrire que,
là, on doit se servir de 722.1.
Alors,
721, actuellement, dit : «Le testament notarié du sourd ou du sourd-muet
est lu par le testateur — parce qu'il est capable de lire — lui-même en présence du notaire seul ou, à
son choix, du notaire et d'un témoin. La lecture est faite à haute
voix» — parce
qu'il sait lire — si
le testateur est sourd seulement.
«Dans le testament,
le testateur déclare qu'il l'a lu en présence du notaire et, le cas échéant, du
témoin. Si le testateur est sourd-muet, cette déclaration lui est lue par le
notaire en présence du témoin; s'il est sourd, elle est lue par lui-même à
haute voix en présence du notaire et du témoin.»
Le Président (M.
Ferland) : Oui, Mme la députée de Montmorency, allez-y.
St-Laurent : Ah! Ça ne me fait rien. Pourquoi on ne laisserait pas l'ancien
texte? Parce qu'on parle de sourd et sourd-muet. Bon.
St-Arnaud : Bien, l'idée, c'était d'enlever l'expression «sourd-muet».
St-Laurent : Je le sais. Je le sais. Mais là c'est encore...
St-Arnaud : Ça fait qu'on l'enlève partout sauf là.
Mme St-Laurent : Ça devient plus mêlant, parce qu'il faut mettre «si le testateur ne
peut parler», au lieu de dire «si le testateur est sourd-muet». Parce que,
lorsque vous mettez dans l'amendement «si le testateur ne peut parler», mais, au départ, on voit «le testament notarié du
sourd». Et il y a des gens qui vont dire : Si le testateur ne peut
parler, ils vont peut-être confondre qu'il n'est pas sourd et muet, mais
seulement muet.
St-Arnaud : En fait, ce que vous dites, c'est le troisième alinéa, ça
devrait être «si le testateur est sourd et qu'il ne peut parler».
St-Laurent : Oui. Mais c'est ça. Je veux dire, dans le fond, là, on
veut changer les termes, on veut enlever le terme «sourd-muet». Mais je pense
que moi, je le laisserais tel quel. Le testament notarié du sourd ou du
sourd-muet, c'est très bien fait et très bien divisé.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, M. le ministre.
St-Arnaud : Mais, M. le Président, si on disait, au troisième alinéa
de 721, «si le testateur est sourd et ne peut parler»...
St-Arnaud : Mais c'est vrai que ce n'est pas clair. Parce qu'on a
quand même répété «sourd-muet» au troisième alinéa. Parce que, si on disait...
«Le testament notarié du sourd est lu par le testateur lui-même en présence du notaire seul ou, à son
choix, du notaire et d'un témoin. La lecture est faite à haute voix si le
testateur est apte à le faire.» Alors, il est sourd, mais il est capable
de lire.
«Dans le testament,
le testateur déclare qu'il l'a lu en présence du notaire et, le cas échéant, du
témoin. Si le testateur est sourd et ne peut
parler...» Là, on comprendrait, là, le troisième alinéa. Ou «n'a pas l'usage de
la parole», là, on verra comment on
le rédige. «…cette déclaration lui est lue par le notaire en présence du
témoin.» Mais la dernière phrase, moi aussi, là, je l'enlèverais, là. La
dernière phrase n'a pas...
M. St-Arnaud : La dernière phrase, je ne comprends pas toujours pourquoi elle est là,
là. Mais je pense que, si on disait «si le testateur est sourd et ne
peut parler — là,
je ne sais pas quels seraient les termes exacts, là, n'ayant pas la... — cette
déclaration lui est lue par le notaire en présence du témoin.»
Le Président (M.
Ferland) : Alors, on va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 20)
Le Président (M.
Ferland) : Alors, la commission reprend ses travaux.
Alors, nous en étions
au dépôt d'un... Ce n'est pas un amendement, c'est un article. Un amendement?
Président (M. Ferland) : Un amendement, c'est ça, qui introduit l'article 22.1. Alors, ce que je
comprends, M. le ministre, vous avez... Il y avait eu des modifications, donc
il faudrait retirer le premier amendement. Ça me prend le consentement.
Le Président (M. Ferland) : Alors, il y a consentement. Le premier amendement
est retiré. Alors, M. le ministre, la parole est à vous pour le dépôt ou
la lecture de l'amendement.
St-Arnaud : Oui, M. le Président, je déposerais un nouvel amendement
qui serait le suivant :
Le projet de loi est
modifié par l'insertion de l'article suivant :
22.1.
L'article 721
de ce Code est modifié :
1° au premier alinéa
par la suppression de «ou du sourd-muet» et le remplacement de « est sourd
seulement» par «est apte à le faire»;
2° par le
remplacement du deuxième et du troisième alinéa par :
«Dans le testament,
le testateur déclare qu'il l'a lu en présence du notaire et, le cas échéant, du
témoin. Si le testateur est sourd et n'a pas
l'usage de la parole, cette déclaration lui est lue par le notaire en présence
du témoin; s'il est sourd seulement, elle est lue par lui-même à haute
voix, en présence du notaire et du témoin.»
Alors, M. le
Président, je vais demander à Me Duguay, là, de nous expliquer exactement ce
nouveau libellé. Mais je veux qu'on soit
sûrs, là… Vous comprenez que notre intention, là…
L'article 721, normalement,
on n'ytouchait pas. Mais, comme on
modifie, aux articles 23, 24 et 25, certaines dispositions du Code civil et
qu'on a retenu dans nos conversations
tantôt d'enlever l'expression «sourd-muet» du Code civil, il restait l'article
721 où l'expression «sourd-muet» apparaît. Alors, ça part d'une bonne
intention, qui est de dire : On va enlever le mot «sourd-muet» à ce
dernier
article où il serait présent.
Mais
je veux juste être certain — et je pense que c'est important qu'on soit bien certains de ce qu'on fait — être
bien certain qu'en partant de cette bonne intention, les choses demeurent tout
aussi claires qu'elles l'étaient, parce que
l'article 721, il a été adopté en 1991, M. le Président, et il n'a pas été
retouché depuis. Alors, c'est un
article sur lequel, depuis plus de 20
ans, là, les notaires travaillent. Alors, je veux juste être sûr que le libellé
que nous proposons dans cet amendement, au-delà du fait qu'il enlève l'expression
«sourd-muet», ne change rien à la situation actuelle. Et je pense que c'est l'intention de tous de faire en
sorte que ça ne change rien à la pratique et que tous les cas qui étaient
prévus à 721, tous les cas de figure se retrouvent dans cet amendement. Je ne
sais si, peut-être avant de laisser la parole au député de Fabre, je ne sais pas si Me Duguay voudrait peut-être préciser
exactement, là, nous expliquer exactement ce qu'il en est dans le
nouveau texte par rapport à l'ancien et s'assurer qu'on couvre toutes les
situations.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, merci, M. le ministre. Alors, Me Duguay.
M. Duguay
(Yann) : Alors, au premier
alinéa, étant donné qu'on retire le terme, l'expression «sourd-muet», il
faut comprendre que, dans le fond, tous les
sourds-muets sont aussi sourds à la base. Donc, le premier alinéa vise tous les
sourds.
M. Duguay
(Yann) : C'est ça. Mais,
dans la deuxième phrase, on dit... L'ancienne version, c'était : «La
lecture est faite à haute voix si le
testateur est sourd seulement.» On disait qu'il est «sourd seulement» par
apposition à la première phrase, où on disait «sourd ou du sourd-muet».
Maintenant, si on retire l'expression «ou du
sourd-muet» dans la première phrase, on revient à la même idée à la deuxième
phrase, en disant tout simplement que «la lecture est faite à haute voix si le
testateur est apte à le faire». Donc, s'il
n'est pas apte à parler parce qu'il est muet, parce qu'il n'a pas l'usage de la
parole, il le lit intérieurement, comme on disait tantôt.
Au deuxième alinéa, effectivement, là on vise
uniquement une déclaration du testateur à l'effet qu'il a lu son testament. On dit : «Dans le testament, le
testateur déclare qu'il l'a lu en présence du notaire et, le cas échéant, du
témoin.» Là, après ça, on fait une première exception, un premier cas. On
dit : «Si le testateur est sourd et n'a pas l'usage de la parole, cette
déclaration lui est lue par le notaire en présence du témoin...» Ensuite, on a
le deuxième cas : «…s'il est sourd
seulement — donc, il
peut parler — elle est
lue — on parle
toujours de la déclaration — par lui-même, à haute voix, en
présence du notaire et du témoin.»
Le Président (M. Ferland) : Alors,
merci, Me Duguay. Alors, j'avais la députée de Montmorency.
St-Laurent : Ça me pose un
problème, moi. Le premier paragraphe… On sait que le deuxième
paragraphe, c'est la déclaration comme quoi
qu'il l'a lu. C'est supposé toucher ça, le deuxième paragraphe, simplement la
déclaration comme quoi qu'il l'a lu.
Le premier
paragraphe touche à la lecture. Et, dans le premier paragraphe, on touche
uniquement le sourd. Quand on dit que le sourd comprend le sourd-muet,
je suis loin d'être certaine parce que... Je suis loin d'être certaine. Un
sourd-muet comprend le sourd, mais est-ce que le sourd comprend aussi le
sourd-muet? Non. À mon avis, non, parce qu'il y en a qui sont sourds sans être
sourds-muets. Ça fait que le premier paragraphe s'adresse juste aux sourds, pas
nécessairement aux sourds-muets. On enlève
«le sourd-muet» au premier paragraphe, tandis que le deuxième
paragraphe, c'est complètement différent,
c'est la déclaration qu'il l'a lu, c'est dans le testament. Vous comprenez
comme moi? Un, c'est la lecture, et
d'autres, c'est une déclaration dans laquelle il a fait la lecture. Ça fait
que, donc, dans le premierparagraphe,
on touche aux sourds seulement, mais on ne touche pas nécessairement aux
sourds-muets, pas nécessairement. Vous allez me dire, elle peut être
incluse, mais ce n'est pas nécessairement à l'intérieur.
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
M. St-Arnaud : Est-ce que le
sourd-muet n'est pas dans le sourd du premier alinéa?
St-Laurent : Pas
nécessairement, il y en a qui peuvent être sourds sans être sourds-muets. Moi,
je dis...
M. St-Arnaud : ...sourd-muet, il est
dans le sourd.
Mme St-Laurent : Moi, je suis loin d'être certaine puisque, dans
l'autre paragraphe, quand on parle de déclaration...
M. St-Arnaud : Mais le sourd-muet,
il est sourd.
St-Laurent : Oui, mais,
c'est parce que, écoutez bien, parce que le deuxième paragraphe, vous parlez
du sourd seul et du sourd qui ne peut lire, du sourd-muet. Là, on parle du
sourd. Ça peut porter à confusion parce que, dans
le premier paragraphe, on parle du sourd; dans le deuxième, on parle du sourd
et du sourd-muet, dans le fond, celui qui ne peut lire.
M. St-Arnaud : M. le Président, si
on compare le... Moi, ce qui me préoccupe, là, c'est qu'on ne sorte pas du 721
actuel.
Mme St-Laurent : C'est ça, moi
aussi.
M. St-Arnaud : Puis, si on les
regarde en parallèle, je pense qu'on a accompli ce qu'on souhaitait faire, je pense, parce que l'actuel dit «le testament
notarié du sourd ou du sourd-muet», mais, en fait, le sourd étant sourd-muet,
on peut enlever «le sourd-muet». Donc : «Le testament notarié du
sourd — pour
la suite, c'est exactement la même chose — est
lu par le testateur lui-même en présence du notaire seul ou, à son choix, du
notaire et d'un témoin.» O.K.? Jusque-là, ça va? Tout ce qu'on a enlevé,
c'est «le sourd-muet» parce qu'on dit qu'il est dans le sourd.
La deuxième phrase : «La lecture est faite
à haute voix si le testateur est sourd seulement», dans l'actuel, et là on dit
«si le testateur est apte à le faire». Donc, c'est un sourd qui n'est pas muet
et donc il est sourd seulement, comme dans le 721 actuel.
Après ça, la première phrase, c'est exactement
la même chose dans le nouveau deuxième alinéa que le deuxième dans… «Dans le testament, le testateur déclare qu'il l'a lu, en
présence du notaire et, le cas échéant, du témoin.» Ça, c'est exactement la même phrase. «Si le
testateur — et là on
remplace l'expression "sourd-muet", qui est dans le 721, troisième alinéa, par — est sourd et n'a pas l'usage
de la parole — ça,
c'est pour compléter le sourd-muet — cette déclaration lui est lue
par le notaire en présence du témoin…» Ça, c'est la même chose.
Et là la
dernière portion, avant, c'était «elle est lue par lui-même à haute voix»…
«…s'il est sourd, elle est lue par lui-même à haute voix en présence du
notaire et du témoin.» Et là on dit «…s'il est sourd seulement — évidemment,
parce que s'il était sourd-muet, il ne
pourrait pas parler, alors donc, il est sourd seulement, il n'est pas
sourd-muet — elle
est lue par lui-même à haute voix en présence du notaire et du témoin.» C'est
la même chose.
Honnêtement,
à première vue, là, je pense que c'est la même chose. Maintenant, s'il y a
quelqu'un qui veut me contredire, je suis prêt à écouter, mais, à
première vue, je pense que le casse-tête est fait.
Le Président (M. Ferland) : Donc, on
n'y touche plus au casse-tête, là, on risque de...
St-Arnaud : Je pense. Je
pense qu'on a atteint notre objectif, qui était de ne pas modifier le 721, le
fond du 721, mais d'enlever l'expression «sourd-muet», mais s'assurer
que tout était couvert comme dans l'ancien 721. À première vue, ça m'apparaît
O.K.
Le Président (M. Ferland) : Alors,
merci, M. le ministre. J'avais juste...
Le Président (M. Ferland) : Alors,
Mme la députée de Montmorency, j'avais aussi le député de Fabre.
St-Laurent : On avait mis
des termes, au départ, de «sourd» ou du «sourd-muet», c'est que les termes
ne voulaient pas dire la même chose. Et tout
ce que je dis — pensez-y,
je vais écouter mes collègues — ce que j'exprime, c'est… On dit : «Le testament notarié du
sourd», point. Ça, on a toujours senti le besoin de mettre «sourd» ou
«sourd-muet» et, au deuxième paragraphe, de «sourd» ou de «sourd qui n'a pas l'usage
de la parole». Ça, c'est juste ça, moi, dans le premier paragraphe, qui m'embête
énormément.
Le Président (M. Ferland) : Alors,
merci. M. le député de Fabre, peut-être que nous aurons...
M. Ouimet (Fabre) : Une solution?
Le Président (M. Ferland) : ...un
éclairage différent. Alors, allez-y.
M. Ouimet (Fabre) : Ah, c'est-à-dire,
vous allez avoir mon éclairage, je ne sais pas si c'est... En fait, c'est-à-dire que tout part de la problématique qui a été
soulevée par l'association ou la fédération... j'ai oublié... le
regroupement des personnes sourdes, qui
portait à notre attention que le terme ou l'expression «sourd-muet» n'était pas
approprié. Et donc on part de cette prémisse-là. Et c'est pour essayer
de moderniser le Code civil qu'on fait l'exercice qu'on fait.
Partant de là, le terme «sourd-muet» n'existe
plus, on ne parle que des sourds et on fait la distinction : le cas échéant, il y a des personnes qui peuvent avoir...
qui ont l'usage de la parole et celles qui ne l'ont pas. Et il me semble
que le libellé qu'on propose reprend les éléments essentiels de 721 tel qu'il
existe en faisant les distinctions appropriées, tout en évitant l'usage des
termes... de l'expression «sourd-muet». Alors, il me semble qu'on atteint notre
objectif.
Ceci dit, ma
suggestion, M. le Président, parce que je pense qu'on est proches d'un bingo,
on pourrait le mettre de côté — parce qu'on ne terminera pas, je ne pense
pas, malgré nos efforts, on ne terminera pas l'ensemble du projet de loi
cet après-midi — et
on pourrait y revenir demain matin. Ça permettrait au ministre de faire les
vérifications finales pour être certains que, malgré ce qui semble être un
succès, là, on veut être absolument sûrs... Moi, je pense qu'on est proches,
sinon on a réussi.
M. St-Arnaud : M. le Président, si
on l'adopte, est-ce qu'on peut y revenir par la suite?
Président (M. Ferland) :
Tout est permis. La commission, c'est… En autant que j'ai le consentement
pour rouvrir l'article, il n'y a aucun problème.
St-Arnaud : Moi, à première
vue, je pense qu'on l'a, là, M. le Président, le bingo. Mais Me Duguay me
disait : On aurait pu dire, au début… Non, on oublie ça? O.K.
Le Président (M. Ferland) : Mais j'avais
moi-même proposé, il y a quelques instants, avant d'ajourner, de suspendre et de vous permettre d'avoir cette
soirée magnifique et cette nuit pour revenir demain. Mais, si vous êtes
prêts à... Parce que l'article... on peut rouvrir n'importe quel
article avec
le consentement, je n'ai aucun problème.
M. St-Arnaud : J'aurais tendance à l'adopter,
M. le Président.
Le Président (M. Ferland) : M. le
député de Fabre.
Ouimet (Fabre) : Oui. Juste dans la dernière phrase du deuxième
alinéa, juste… Parce que je reviens à l'expression, là, «s'il est sourd
seulement», juste pour être sûr de... En fait, et là je fais un essai, là. Si
on reprend la formulation qu'on utilise au
premier alinéa et on dit... Et là j'en suis uniquement à la déclaration de la
lecture qui doit apparaître au
testament. Si on dit plutôt : «La lecture est faite à haute voix si le
testateur est apte à le faire. Si le testateur est sourd et n'a pas l'usage
de la parole, cette déclaration lui est lue par le notaire en présence du
témoin…» Donc, on se trouve à reprendre,
plutôt que d'introduire la notion de sourd seulement qui pose la question de...
En tout cas, je...
St-Arnaud : Non, mais c'est parce qu'il n'y a pas...
M. Ouimet
(Fabre) : Oui.
St-Arnaud : Dans le début de la phrase, c'est «sourd» plus «n'a pas
usage de la parole». Donc, dans la deuxième partie, on dit «sourd seulement», c'est
«sourd seulement», ça veut dire qu'il y a…
Ouimet
(Fabre) : …l'usage de la parole.
M. St-Arnaud :
Ça veut dire qu'il l'a, l'usage de la parole.
M. Ouimet (Fabre) : …oui, en fait, c'est pour ça, je... Oui, je comprends. Ma suggestion,
M. le Président, c'était simplement pour reprendre la formulation qu'on
trouvait au premier alinéa, en disant, donc : «Dans le testament, le testateur déclare qu'il l'a lu en présence du
témoin et, le cas échéant, du...» «…qu'il l'a lu en présence du notaire et,
le cas échéant, du témoin. La lecture est faite à haute voix si le testateur
est apte à le faire.» Qu'est-ce qu'on veut dire? Oui, c'est ça. En tout cas, je
pense qu'il y a moyen...
Le Président (M.
Ferland) : ...proposer un peu, là... Je la vois, la main ou...
Allez-y, Mme la députée de Montmorency.
Mme St-Laurent : C'est parce que mon confrère vient de nous ouvrir les esprits sur autre
chose. Parce que, si on dit «s'il est sourd
seulement», ça veut dire «seulement sourd». Donc, le terme «sourd» dans le
premier paragraphe, «le testament notarié du
sourd», ça veut dire qu'il est sourd seulement. Le terme «sourd», ça veut dire
qu'il est sourd seulement. Parce que, si on prend la peine de spécifier «s'il
est sourd seulement», ça fait qu'être sourd, ça ne veut pas dire sourd-muet.
St-Laurent : C'est ça.
Le Président (M.
Ferland) : ...si on n'a pas d'entente ou de... Le ministre semble être
prêt à voter, mais, si... Sinon, je vous recommande encore une fois...
St-Arnaud : M. le Président, on va écouter votre sagesse et on va le
suspendre?
Le Président (M.
Ferland) : Moi, je pense que vous devriez, mais...
Président (M. Ferland) : Parce que ça fait presque une heure. C'est
juste pour vous autres. Moi, c'est...
M. St-Arnaud : Non, non. On peut le suspendre. Mais je vais
demander qu'on le regarde attentivement avant d'être...
Le Président (M.
Ferland) : Et revenir demain à...
M. St-Arnaud : Et, demain matin, de toute façon, on se voit à 10 heures, on commencera
avec ça, M. le Président.
Le Président (M.
Ferland) : Parce que je sens que nous sommes en train de s'épuiser
mutuellement juste avec l'article...
St-Arnaud : Oui, oui. C'est, écoutez... Puis on a un caucus à soir.
Le Président (M.
Ferland) : Mais, écoutez, encore une fois, moi, comme président, je
vais aller...
St-Laurent : …au premier paragraphe, c'est la même chose que le sourd
du deuxième paragraphe.
Le Président (M. Ferland) : Mais je
veux juste arrêter les discussions sur cet article-là pour le moment. Alors, ça
me prendrait le consentement pour suspendre.
voix : Consentement.
Le Président (M. Ferland) :
Alors, il y a consentement. Alors, M. le ministre, après ce… il y avait 23.
Le Président (M. Ferland) : Bien, écoutez, moi, je vous suis, hein? Je
m'épuise en même temps que vous, là. Alors, le 23 avait été suspendu, je
crois?
St-Arnaud : On peut revenir à 23, M. le Président…
Le Président (M.
Ferland) : À 23, oui.
M. St-Arnaud : …à l'amendement qui disait que «le sourd qui, ne pouvant ni parler, ni
lire, ni écrire, ne peut se prévaloir des autres dispositions de la
présente section, peut faire un testament notarié, à la condition d'instruire
le notaire de ses volontés en ayant recours à un interprète en langue des
signes.
[l'absence] du notaire et du témoin, le testateur déclare, par le même moyen, que
l'écrit qui lui est traduit par l'interprète est son testament.
«L'interprète
est choisi par le testateur parmi les interprètes qualifiés à exercer leurs
fonctions devant les tribunaux et il ne peut être conjoint, parent ou
allié du testateur, ni en ligne directe, ni en ligne collatérale jusqu'au
troisième degré inclusivement.
«L'interprète
doit préalablement prêter serment, par écrit, devant le notaire, le testateur
et le témoin, de remplir ses fonctions avec impartialité et exactitude
et de ne divulguer aucune information reliée à son mandat. L'original du
serment est annexé au testament.»
Le Président (M.
Ferland) : Alors, est-ce qu'il y a des commentaires sur... M. le
député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : Oui, quelques commentaires. En fait, dans le premier alinéa,
je pense, M. le ministre, qu'avec le bout de
phrase, là, «ne peut se prévaloir des autres dispositions de la présente
section», il me semble qu'il est inutile
de préciser que la personne ne peut parler. Parce que ce qui est visé à 722.1,
c'est la personne qui ne sait ni lire ni écrire. Cette personne-là, elle n'est pas visée ailleurs, là. Et, de
toute façon, ce qu'on dit, c'est : «[Elle]ne peut se prévaloir des autres dispositions.» Alors, si elle peut se
prévaloir des autres dispositions, elle doit suivre les autres
dispositions. On n'a pas, je pense, besoin de préciser en plus qu'elle ne peut
parler, il me semble.
Le Président (M.
Ferland) : Toujours dans le but d'économiser des mots.
M. Ouimet (Fabre) : Bien, c'est parce qu'on ajoute une condition qui, je pense, M. le
Président, est inutile compte tenu du bout, du membre de phrase, là,
«qui ne peut se prévaloir des autres dispositions de la présente section». Ça,
c'est notre phrase clé.
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre.
St-Arnaud : Parce que vous dites : Le sourd qui peut parler...
M. Ouimet
(Fabre) : La personne qui peut parler peut...
St-Arnaud : ...peut faire un testament notarié.
M. Ouimet
(Fabre) : En fait, la question, c'est : si la personne peut se
prévaloir des autres dispositions de la présente section, elle doit s'en
prévaloir. C'est ce que ça dit. Alors, ce qu'on prévoit à cet article-là, c'est :
ceux malheureusement qu'on n'aurait pas réussi à couvrir, on les... c'est ici
qu'elles se situent. Alors, je pense qu'il est inutile d'ajouter qu'elle ne
peut parler.
St-Arnaud : C'est parce que le sourd-muet est dans le sourd.
M. Ouimet
(Fabre) : Oui. Ce qu'on vise, M. le Président, c'est le sourd qui ne
sait ni lire ni écrire et qui ne peut se
prévaloir des autres dispositions. Si le notaire peut accommoder cette
personne-là par l'article 721 ou les autres, c'est à cet article-là qu'il
doit aller. Je pense que c'est complet.
Le Président (M. Ferland) : ...une des raisons pour lesquelles vous avez tout
à l'heure voulu revenir à 22.1 avant de faire 23. Et là vous n'avez pas
réglé 22.1. Mais je vous suis.
Le Président (M. Ferland) : Oui. M.
le ministre.
M. St-Arnaud :
Et le sourd...
Le Président (M. Ferland) : Mme la
députée... M. le ministre, oui.
M. St-Arnaud : Oui, bien,
Me Duguay me glisse à l'oreille effectivement que, si on veut être clairs,
c'est peut-être préférable de le mettre noir
sur blanc, comme on l'a mis à l'amendement. Déjà que ce n'est pas simple. Là,
au moins, on dit «le sourd qui…» Parce
qu'en fait on s'inspire de l'ancien libellé qui parlait du sourd‑muet, là. En
fait, on reprend exactement la même
chose, sauf qu'on dit «le sourd qui, ne pouvant ni parler, ni lire, ni
écrire» au lieu de dire «le sourd-muet qui, ne pouvant ni lire, ni
écrire». J'aurais tendance, M. le Président, à... Puis je pense...
M. St-Arnaud : J'aurais
tendance à le laisser comme ça, M. le Président.
Le Président (M. Ferland) : Oui. Mme
la députée de Montmorency.
St-Laurent : C'est parce
qu'on parle, dedans, «en ayant recours à un interprète en langue des signes».
Ça fait que, si on parle du recours à un
interprète en langue des signes, il faut bien spécifier que c'est un sourd qui
ne peut pas parler, ni lire, ni
écrire. Puisqu'on précise qu'on prend un interprète… Je pense, on parle :
un sourd ne pouvant ni lire ni écrire
puis on parle d'un interprète, ça ne fonctionnera pas du tout. Il faut bien
spécifier que c'est un sourd qui est muet également puisqu'on parle des
services d'un interprète.
Le Président (M. Ferland) : Donc,
vous êtes d'accord à le laisser dans...
Mme St-Laurent : Oui, moi, je le
trouve excellent.
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
M. St-Arnaud : M. le Président, j'aurais
tendance à le laisser parce que... J'aurais tendance à le laisser là. Je pense
que… C'est bon.
Le Président (M. Ferland) : Ce n'est
pas facile, hein? C'est…
St-Arnaud : Non. J'aurais
tendance à le laisser, M. le Président, parce que je pense que ça explique
davantage ce qu'on veut faire. Et, en fait, l'intention par rapport à la
version initiale du projet de loi, c'est tout simplement de remplacer
«sourd-muet» par «sourd qui, ne pouvant ni parler», et là on continue. Voilà,
M. le Président.
Le Président (M. Ferland) : Alors,
M. le député de Fabre.
M. Ouimet (Fabre) : Merci, M. le Président.
Je vais essayer de nous amener une étape plus loin.
Le Président (M. Ferland) : Vous
nous faites voyager, M. le député de Fabre.
M. Ouimet (Fabre) : Oui. En fait...
M. St-Arnaud : On a juste à voter…
M. Ouimet (Fabre) : Plein de temps
encore pour s'amuser. Non, c'est que... Et là il faut faire attention, là, ne
pas... Pardon.
M. Ouimet
(Fabre) : Non. J'allais
dire, l'objectif, à 722.1, et la raison pour laquelle je pense qu'il ne faut
pas s'enfarger trop dans les fleurs du tapis, c'est qu'on introduit, à 722.1,
un concept important. Vous avez vu la réaction de la Chambre des notaires. L'ensemble des parlementaires disent :
Écoutez, pour la personne sourde — qu'elle
soit sourde ou muette, là — ce
qu'on dit, là, c'est que, nous sommes à l'aise, tous autour de la table, avec
cette idée qu'un interprète en langue
des signes est une aide adéquate qui ne dénature pas, qui ne fait pas perdre à
l'acte notarié son caractère authentique. C'est l'énoncé de principe que
nous sommes en train de... sur lequel nous travaillons, M. le Président.
me semble, partant de là, que cet énoncé de principe ne devrait pas être
assujetti à trop de conditions parce que ce qu'on dit, c'est : Ces gens-là, qui sont par ailleurs qualifiés… Et
il faudra voir comment on reconnaît ces qualifications-là. Mais il me
semble qu'on est en train d'établir que, pour une personne sourde, d'avoir
recours à un interprète en langue des signes lui ouvre des portes qui
malheureusement, jusqu'à maintenant, lui étaient fermées. Pourquoi restreindre indûment
cette porte-là si nous sommes d'accord que ces personnes qualifiées, ces
interprètes en langue des signes sont une aide inestimable aux sourds?
Je ne sais pas si je
m'exprime clairement, M. le Président. Je suis en train de plaider pour qu'on
libéralise le recours aux personnes... aux
interprètes en langue des signes pour les sourds. Et, oui, on pourra limiter ou
restreindre 722.1. Et d'ailleurs, et
je reviens au membre de phrase, là, «ne peut se prévaloir des autres
dispositions de la présente section», il me semble qu'on a là une clause qui restreint le recours à 722.1. Mais
est-ce que c'est même souhaitable de le restreindre?
St-Arnaud : ...c'est un peu l'intention, je pense. On a vu la réaction
de la Chambre des notaires. Moi, je pense
qu'on doit ouvrir pour un certain nombre de cas limités, mais je pense que...
C'est quand même un écart, là, par rapport
à... qu'on fait, et je pense qu'on doit y aller avec beaucoup de minutie et le
limiter à certains cas. Je pense qu'il faut être prudent, M. le
Président, et le limiter aux cas qui sont... Je n'ouvrirais pas plus large que
le sourd qui ne peut «ni parler, ni lire, ni écrire».
Le Président (M. Ferland) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a
d'autres... M. le député de Fabre, vous nous avez fait voyager quelque
peu. Est-ce que c'est…
M. Ouimet
(Fabre) : …c'est-à-dire, je voulais nous amener plus loin, M. le
Président, et le ministre refuse le voyage, alors...
Le Président (M.
Ferland) : Bien, il a l'air encore...
M. St-Arnaud :
…peut-être un jour.
M. Ouimet
(Fabre) : Dans une autre réforme.
Une voix :
Peut-être une autre réforme.
St-Arnaud : M. le Président, là, c'est complet pour la prochaine
année.
Le Président (M.
Ferland) : Et voilà.
St-Arnaud : Les prochains doivent prendre un numéro.
Le Président (M. Ferland) : À qui le dites-vous? À qui le dites-vous? On va
être encore ici au mois de juillet. Alors, est-ce qu'il y a d'autres
commentaires sur l'amendement? M. le député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : Bien, c'est-à-dire que, là, on était au premier alinéa, là…
Le Président (M. Ferland) : On était juste au premier alinéa, excusez-moi.
Alors, allez-y pour le deuxième alinéa.
M. Ouimet (Fabre) : En fait, si on faisait le même exercice pour être certains... Là, je
comprends que tout le monde semble à l'aise, outre moi, avec l'usage des
termes «ne pouvant ni parler», mais je comprends que, si ça ne pose pas de
difficulté, on va laisser aller.
Alors, le premier
alinéa, ce qu'on fait, là, c'est qu'on dit que, pour des personnes très
limitées, c'est-à-dire la personne sourde qui ne peut parler, qui ne sait ni
lire ni écrire, cette personne-là pourra «faire un testament notarié, à la condition d'instruire le notaire de ses
volontés en ayant recours à un interprète en langue des signes». Alors, c'est
ce qu'on énonce au premier alinéa. Bon.
Deuxième
alinéa : «En présence du notaire et du témoin, le testateur déclare, par
le même moyen, que l'écrit qui lui est traduit par l'interprète est son
testament.»
M. St-Arnaud :
Ça, c'est la déclaration…
Ouimet
(Fabre) : Ça, c'est la déclaration qu'on a...
M. St-Arnaud :
Qu'on a lue tantôt.
Ouimet (Fabre) :
O.K. Là, on arrive à l'interprète, la qualification. «L'interprète est choisi
par le testateur parmi les interprètes qualifiés à exercer leurs
fonctions devant les tribunaux et il ne peut être conjoint...»
M. St-Arnaud : Et là on ajoute, effectivement, par rapport au texte initial, on ajoute
certaines règles, certaines exigences qui sont les mêmes que celles qu'a
le notaire quant aux liens qu'il peut avoir avec le testateur.
M. Ouimet (Fabre) : O.K. Sur la question de la qualification, M. le Président, est-ce
qu'on a clarifié ça? Parce que
j'écoutais, lors de nos consultations, on nous a parlé d'un Code de
déontologie, on nous a parlé d'une association. Ce n'est pas un ordre
professionnel. Ou est-ce que ça fait
partie de l'Ordre des traducteurs...
M. St-Arnaud : Ce qu'on dit, M. le Président... Bien, d'abord,
parce que vous l'avez évoqué... On ne l'a pas évoqué, là, mais moi, on
me dit que, pour ce qui est du premier alinéa, là, «interprète en langue des
signes», c'est la bonne expression à
utiliser, que c'est un concept neutre. Donc, on est préférable, là... Parce
qu'il y a eu des discussions là-dessus, là, mais ça, on s'entend
là-dessus.
qu'on me dit également, c'est que les interprètes judiciaires... En fait, la
Fondation des sourds nous a dit qu'il était important de préciser dans
le projet de loi que l'interprète doit provenir des organismes offrant des
services d'interprétariat professionnels
reconnus au Québec. Et, quand on dit ici, là, «qualifiés à exercer leurs
fonctions devant les tribunaux», ce
qu'on me dit, c'est que les interprètes judiciaires doivent être de niveau
senior. Donc, en disant «qualifiés à exercer leurs fonctions devant les
tribunaux», on répond à une des préoccupations qui était : il faut que ce
soient des interprètes de haut calibre. Et on me dit que les interprètes
judiciaires, là...
Donc,
à la demande de la Fondation des sourds, qui nous disait que l'interprète
doit être de niveau senior, quand on dit «qualifiés à exercer leurs
fonctions devant les tribunaux», c'est le niveau senior puisque les interprètes
judiciaires doivent être de niveau senior. Et l'Office des personnes
handicapées nous le confirme, M. le Président. Alors, c'est une vérification
qui a été faite. Alors, ça, c'est couvert.
Le Président (M.
Ferland) : M. le député de Fabre.
M. Ouimet (Fabre) : Merci, M. le Président. Vous voyez, j'attends... Je suis bien élevé.
J'essaie. Ma mère... vous direz ça à ma mère, elle va être contente.
Sur cette question-là
précisément, là, de la qualification à exercer leurs fonctions devant les
tribunaux, est-ce qu'il y a une réglementation là-dessus ou est-ce que... Parce
que...
St-Arnaud : M. le Président, là, la directive A-6 du ministère de la
Justice, sur les services d'interprète et paiement
de frais définit les règles concernant l'accès des justiciables au service de
la protection, identifie les personnes responsables
de coordonner ces services, établit les formalités relatives au processus de
recrutement, de formation et de qualification
des interprètes et délimite les paramètres relatifs à la gestion contractuelle,
à la rémunération et au paiement des frais
de l'interprète. L'annexe 3 de cette directive dresse par ailleurs une liste de
six organismes sans but lucratif effectuant au Québec l'interprétation auprès des personnes sourdes et
malentendantes, par exemple, SIVET — s-i-v-e-t — qui est le Service d'interprétation
visuelle et tactile du Montréal métropolitain.
organismes, dont les listes d'interprètes sont confidentielles, sont accrédités
par une agence de développement de réseaux sociaux... de services de
santé et des services sociaux. On peut avoir accès aux services de l'interprète
en communiquant par téléphone avec le centre
de communication... clientèle du ministère de la Justice où on se
chargera de guider les intéressés vers
l'organisme approprié. Et éventuellement on pourra aussi, M. le Président, si
tout va bien, y avoir accès en communiquant à cette fin avec un centre
de justice de proximité, me dit-on. Vous savez, M. le Président, qu'il y en
aura de plus en plus.
Le Président (M.
Ferland) : Alors...
St-Arnaud : Nous en avons annoncé deux pour la prochaine année.
Le Président (M.
Ferland) : Combien?
St-Arnaud : Deux de plus. Il y en a trois, il va y en avoir deux de
plus...
Le Président (M.
Ferland) : Alors, je vous annonce tout de suite qu'au début...
St-Arnaud : Quatre pour l'autre année, M. le Président.
Le Président (M.
Ferland) : ...au milieu d'août, nous allons être de retour en
commission parlementaire.
St-Arnaud : Est-ce que ça répond à votre question, M. le député?
M. Ouimet
(Fabre) : Oui. Je suis heureux, je suis heureux d'entendre...
Le Président (M.
Ferland) : Alors, M. le député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : Oui. Je suis heureux d'entendre qu'il y aura plus de centres
de justice de proximité, que c'est une
excellente initiative qui avait été lancée par la députée de
Notre-Dame-de-Grâce alors qu'elle était ministre de la Justice, poursuivie par le député de Saint-Laurent et que le
ministre actuel continue dans cette lancée. Voilà, bravo!
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre, est-ce que vous avez le goût de...
St-Arnaud : Ah non, M. le Président, là, je ne commencerai pas parce
que, là, là... si on veut avancer... Mais est-ce que ça répond à votre
question?
M. Ouimet (Fabre) : Oui. Sur ce volet-là, oui, absolument. L'autre volet, c'est la question
du code de déontologie, parce qu'on avait évoqué ça : Est-ce que...
Je comprends qu'au niveau des qualifications, de la reconnaissance des
qualifications, c'est l'annexe à la directive, et on y réfère aux six
organismes à but non lucratif qui sont accrédités. C'est ce que je comprends?
St-Arnaud : C'est ça.
M. Ouimet
(Fabre) : Maintenant, il n'y a pas... ou êtes-vous en mesure de nous
dire s'il y a un code de déontologie applicable à ces interprètes? Je ne pense
pas.
St-Arnaud : Je ne pense pas.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, ça veut dire qu'il n'y en a pas, c'est ça?
St-Arnaud : Je ne pense pas, M. le Président. Il y a un serment, par
contre, il y a un serment qu'on met dans le projet de loi.
Entre parenthèses,
une petite information en passant, je viens de voir que les six organismes, là,
le nombre d'interprètes gestuels accessibles par l'entremise des six organismes
effectuant au Québec l'interprétation auprès des personnes sourdes et malentendantes, qui ont... qui est visé par l'annexe
3 de la directive A-6 du ministère dont je parlais tantôt est
présentement d'environ 132 interprètes. Alors, il y en a... On le mentionne, M.
le Président.
Mais,
effectivement, je pense que les cas devant les tribunaux, on me dit que c'est à
peu près une centaine de cas. Dans le district de Montréal, c'est à peu
près 100 cas par année, pour qu'on ait un peu une...
Alors, non, à la
réponse, je n'ai pas de... Sauf que, là, ils vont prêter serment en vertu du
nouvel article, là : «L'interprète doit préalablement prêter serment, par
écrit, devant le notaire, le testateur et le témoin, de remplir ses fonctions
avec impartialité et exactitude et de ne divulguer aucune information reliée à
son mandat. L'original du serment est annexé au testament.» Alors, je pense qu'on
vient couvrir par le quatrième alinéa.
Le Président (M.
Ferland) : Alors… Oui, M. le ministre.
St-Arnaud : Est-ce que ça vise les interprètes gestuels, ça?
Une voix :
Il faudrait que je vérifie.
St-Arnaud : Oui, on va vérifier, parce que, là, je vois un Code de
déontologie de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés,
mais je ne sais pas si les interprètes gestuels sont là-dessus. Mais je pense
que, M. le Président, on couvre... C'est
quand même des organismes reconnus par le gouvernement. On couvre le niveau,
il faut que ça soit niveau senior pour être
un interprète judiciaire, et c'est ce qu'on inscrit, et on ajoute le serment,
et on ajoute la précaution supplémentaire qu'on a ajoutée, que ça ne
peut pas être le frère de l'un ou... Il faut le... Il n'y a pas de liens, il n'y a pas de liens trop étroits qui
doivent exister entre... Alors, je pense qu'on couvre l'ensemble des
problèmes qui nous avaient été exposés.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, merci, M. le ministre. M. le député de Fabre.
M. Ouimet (Fabre) : Merci. Toujours sur cette question, M. le Président. Parce que j'avais
vu, dans le cadre de nos
consultations… j'avais fait la recherche au niveau de l'Ordre des traducteurs,
et ce n'était pas clair à savoir si l'Ordre des traducteurs couvrait ou
pas. Et ça pourrait peut-être... Et peut-être, M. le ministre, avant la fin de
nos travaux, si on pouvait clarifier, avoir une réponse officielle de la part
de l'ordre, nous dire si c'est le cas ou pas parce que, si ces personnes-là sont couvertes par l'ordre, bien là,
à ce moment-là, le code de déontologie va s'appliquer. Alors… Non?
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre, il y a une...
M. Ouimet (Fabre) :
Si c'est possible d'avoir cette vérification-là avant qu'on termine nos
travaux. Je suis satisfait, M. le Président,
avec les éléments qu'on inclut dans le projet de loi, mais la vérification sur
le code de déontologie pourrait compléter le tout. Voilà. Merci.
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre...
St-Arnaud : Ça va, M. le Président.
Le Président (M. Ferland) :
...est-ce qu'on est en mesure de donner une réponse, là...
St-Arnaud : Bien, si on peut vérifier si ça s'applique…
Le Président (M.
Ferland) : Alors, on va vérifier, oui.
M. St-Arnaud :
…mais je suis loin d'être certain. Mais, à tout événement, je pense qu'on a
quand même certaines précautions qui se retrouvent dans l'article, le nouvel
article 722.1.
Le Président (M. Ferland) : J'avais compris, M. le ministre, que la réponse
n'était pas obligatoire sur-le-champ. C'est qu'on souhaite avoir une
réponse avant la fin des...
St-Arnaud : On va essayer de le trouver, puis je pourrai la donner
plus tard, M. le Président.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, est-ce qu'il y a d'autres commentaires? M. le député
de Fabre, oui.
M. Ouimet (Fabre) : Oui, M. le Président. En fait... et je reviens, au deuxième alinéa, sur
la déclaration à l'effet que «l'écrit qui lui est traduit par l'interprète
est son testament». Mais est-ce qu'on prévoit que cette déclaration-là se
retrouve énoncée au testament? Parce que j'ai compris que tantôt on l'inscrivait
au testament. Non?
M. St-Arnaud : Oui. À 721, deuxième alinéa : «Dans le testament, le testateur
déclare qu'il l'a lu en présence du notaire et, le cas échéant, du
témoin.»
M. Ouimet
(Fabre) : Ce n'est peut-être pas écrit nulle part.
St-Arnaud : Oui, ce n'est peut-être pas la même affaire.
M. Ouimet
(Fabre) : Non, ce n'est pas la même chose.
St-Arnaud : Ce n'est pas la même déclaration.
Ouimet
(Fabre) : Ça va.
Le Président (M.
Ferland) : Ça va? Alors, est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'amendement
à l'article 23? Alors, s'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'amendement à l'article 23 est adopté?
Le Président (M. Ferland) : Alors, l'amendement à l'article 23 est adopté. À
ce moment-là, s'il n'y a pas non plus d'autre intervention, est-ce que l'article
23, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Ferland) : Alors, l'article 23, tel qu'amendé, est adopté.
Alors, M. le ministre, nous en sommes...
St-Arnaud : Oui, M. le Président.
L'article 24, qui va nous amener à
tourner la page, se lit comme suit :
L'article
729 de ce code est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «ne
peut faire un testament devant
témoins, à moins que la lecture n'en soit faite» par «peut faire un testament
devant témoins à la condition que la lecture en soit faite».
Alors, la
modification proposée, M. le Président, pour le présent
article n'est que de
concordance avec le nouvel
article 730.1 du Code civil introduit par l'article
25, que nous allons lire tantôt, que nous allons étudier plus... Il aurait
peut-être fallu commencer effectivement par l'article 25, M. le Président.
Mais je vais vous
lire ce que j'ai ici : En effet, la formulation actuelle de l'article 729
du Code civil laisse entendre que les règles
qu'il comporte constituent la seule façon de tester s'offrant à la personne qui
ne peut lire. Or, le nouvel
article 730.1, que l'article 25 du projet de
loi propose d'introduire au Code civil, prévoit un nouveau cas où une personne qui ne peut lire — en l'occurrence, le sourd qui ne peut parler
ni lire ni écrire — pourra
faire un testament devant témoin. Il convenait donc d'apporter l'ajustement
proposé ici. Est-ce que c'est clair, M. le Président?
Le Président (M.
Ferland) : Alors, on va aller vérifier, tester si c'est assez clair.
Alors, est-ce qu'il y a des commentaires?
M. Ouimet
(Fabre) : Bien, moi, je n'ai rien compris, là.
M. Ouimet (Fabre) : Je n'ai rien
compris, mais ça ne veut rien dire.
Président (M. Ferland) : O.K. Donc, ça ne veut rien dire quand on ne
comprend pas. Mais je comprends qu'il n'y a pas de commentaire sur l'article
St-Arnaud : Non, mais, en fait, M. le Président, l'article 729, c'était :
«La personne qui ne peut lire ne peut faire
un testament devant témoins, à moins que la lecture n'en soit faite…» Et là on
vient tout simplement dire : «La personne qui ne peut lire peut
faire un testament devant témoins à la condition que la lecture en soit faite
au testateur par l'un des témoins en présence de l'autre.» Et le reste, c'est
pareil.
Le Président (M.
Ferland) : O.K.
M. St-Arnaud :
Me suivez-vous?
Le Président (M.
Ferland) : Alors, est-ce qu'il y a des commentaires? M. le député de
Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : Et le but de l'amendement, c'est?
St-Arnaud : Bien, c'est d'ouvrir la possibilité à un testament devant
témoins, qu'on va voir à 730.1.
M. Ouimet
(Fabre) : Ah! O.K. C'est pour ça que je ne comprends pas, c'est qu'il
manque un bout.
St-Arnaud : C'est 730.1.
M. Ouimet
(Fabre) : Ce qui va venir.
St-Arnaud : 730.1, c'est le testament devant témoins pour la
personne...
M. Ouimet
(Fabre) : Pas notarié, là.
St-Arnaud : Pas notarié, c'est ça, c'est ça. Notarié, on l'a réglé...
Enfin, on a tenté de le régler, on espère l'avoir réglé, mais...
Le Président (M.
Ferland) : ...
St-Arnaud : Oui, oui, c'est ça. 730.1, c'est la même chose que 722.1,
mais pour le testament devant témoins. C'est bien ça...
St-Arnaud : Exactement, M. le Président, qu'on me dit à ma droite.
Le Président (M. Ferland) : Alors, merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a
des... La députée de Montmorency.
St-Laurent : Je voulais simplement dire que 729, c'est rien que la
signature, tout simplement. On a fait toutes les déclarations, ça a été lu, on
vise la signature à 729.
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre?
St-Arnaud : Non, ça va, M. le Président.
Le Président (M. Ferland) : Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? M.
le député de... Sur l'article 24. M. le député de Fabre?
M. Ouimet
(Fabre) : Moi, M. le Président, je vais vous suivre, parce que là,
pour l'instant, j'ai... Je vous suis aveuglément sur celle-là.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, nous nous en venons vers la clarté.
M. Ouimet
(Fabre) : Sur celle-là.
Le Président (M. Ferland) : Mais, avant d'arriver à la clarté, nous allons
appeler aux voix l'article 24. Est-ce que l'article 24 est adopté?
Président (M. Ferland) :
Alors, l'article 24 est adopté. Et là, M. le ministre, nous changeons
définitivement de page, à la page 8.
M. St-Arnaud : Je me rappelle qu'une
fois j'ai dit «adopté», puis on a dit : Un instant, est-ce qu'on pourrait
revenir?, puis ça a duré quatre jours, M. le Président.
Alors, M. le Président, l'article 25, à la page
8 du projet de loi, se lit comme suit :
Ce code est modifié par l'insertion, après l'article
730, du suivant :
«730.1. Le
sourd-muet qui, ne pouvant ni lire ni écrire, ne peut se prévaloir des autres
dispositions de la présente
section
peut faire un testament devant témoins, à la condition d'instruire le rédacteur
de ses volontés en ayant recours à un interprète en langue des signes.
«En présence
des témoins, le testateur déclare, par le même moyen, que l'écrit qui lui est
traduit par l'interprète est son
testament. S'il le peut, le testateur appose son nom ou sa marque personnelle à
la fin du testament. À défaut, il le fait signer par un tiers pour lui,
en sa présence et suivant ses instructions. Les témoins signent aussitôt le
testament en présence du testateur.
«L'interprète
est choisi par le testateur parmi les interprètes qualifiés à exercer leurs
fonctions devant les tribunaux.
«L'interprète doit préalablement prêter serment,
par écrit, devant le rédacteur, le testateur et les témoins, de remplir ses fonctions avec impartialité et
exactitude et de ne divulguer aucune information liée à son mandat. L'original
du serment est annexé au testament.»
Et, M. le Président, on a retravaillé... Est-ce
que c'est seulement sur le sourd-muet…
St-Arnaud : …ou il y a un
autre changement? On a retravaillé, M. le Président, 730.1. Et donc je
proposerais l'amendement qui a dû être distribué.
Le Président (M. Ferland) : Il y
avait deux versions, je crois.
M. St-Arnaud : Alors, ce serait la
version sourde seulement, «le sourd».
Le Président (M. Ferland) : Je crois
que les deux sont distribués mais non déposés. C'est ça, ils avaient été
distribués mais pas...
M. St-Arnaud : Il y en avait deux?
Il est où, l'autre? Alors, c'est celui qui commence par «Le sourd qui» et non
pas «Le sourd-muet qui».
Président (M. Ferland) :
Alors, juste avant de... bien, peut-être en faire la lecture. Mais je crois
qu'il avait été déposé. Pour être certain que tout le monde a une copie…
On est en train de le distribuer. Allez-y, M. le ministre.
M. St-Arnaud : Alors, M. le
Président, je lis l'amendement :
L'article 25 du projet de loi est remplacé par
le suivant :
«25. Ce code est modifié par l'insertion, après
l'article 730, du suivant :
«730.1. Le sourd qui, ne pouvant ni parler, ni
lire, ni écrire, ne peut se prévaloir des autres dispositions de la présente
section, peut faire un testament devant témoins, à la condition d'instruire le
rédacteur de ses volontés en ayant recours à un interprète en langue des
signes.
En présence
des témoins, le testateur déclare, par le même moyen, que l'écrit qui lui est
traduit par l'interprète est son
testament. S'il le peut, le testateur appose son nom ou sa marque personnelle à
la fin du testament. À défaut, il le fait signer par un tiers pour lui,
en sa présence et suivant ses instructions. Les témoins signent aussitôt le
testament en présence du testateur.
«L'interprète
est choisi par le testateur parmi les interprètes qualifiés à exercer leurs
fonctions devant les tribunaux.
«L'interprète doit préalablement prêter serment,
par écrit, devant le rédacteur, le testateur et les témoins, de remplir ses
fonctions avec impartialité et exactitude et de ne divulguer aucune information
reliée à son mandat. L'original du serment est annexé au testament.»
Alors, l'amendement, M. le Président, donc,
retire l'expression «sourd-muet» du nouvel
article 730.1 du Code civil. Et j'arrête
là, M. le Président.
Le Président (M. Ferland) : Alors,
est-ce qu'il y a des commentaires? Mme la députée de Montmorency.
Mme St-Laurent : Moi, je vous dis,
là, c'est quasiment un
article inutile parce que, dans le fond, ça répète l'autre
article, puis là on amène des témoins de plus pour dire «un testament devant
témoins». Mais, de toute façon, quand il y a l'interprète, il y avait déjà... c'est
comme une sorte de témoin.
M. St-Arnaud : On a enlevé le
notaire, là.
M. St-Arnaud :
Le notaire est parti.
Mme St-Laurent : Ah! Non. C'est
parce que, chez le notaire...
St-Laurent : Un instant!
O.K. C'est parce que vous savez ce que la Chambre des notaires nous a dit
puis ce qu'on sait déjà d'ailleurs, c'est que, devant un notaire, on peut faire
un contrat notarié authentique ou un contrat notarié
devant témoins. Ça fait que c'est pour ça que moi, je me dis : Ça, si vous
dites, à ce moment-là, qu'il peut le faire, ce n'est pas nécessairement
devant... notarié. Je ne suis pas allée voir tout l'article, moi, là. Ça fait
que...
St-Arnaud : …l'intention,
c'est ça, c'est que le sourd qui ne peut ni parler ni lire ni écrire va pouvoir
faire un autre type de testament qui n'est pas un testament notarié. Et la
Chambre des notaires, d'ailleurs, elle, aurait souhaité qu'il n'y ait que ce 730.1 et qu'on n'ajoute pas le 722.1. Et, comme je
l'ai dit tantôt, on l'a regardé et finalement on en est venus à la conclusion qu'on devait y aller avec le
722.1 pour donner suite notamment aux préoccupations de la Protectrice du citoyen et de plusieurs autres organismes, avec
respect pour l'opinion contraire. Mais là, ici, à 730.1, c'est le
testament devant témoins.
Le Président (M. Ferland) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : Merci, M. le
Président. En fait, deux choses. Pour revenir sur la question du testament
notarié puis du code de déontologie, là, que
je voulais faire le commentaire tantôt, je vais le faire ici, il va de soi, en
ce qui me concerne, que le code de déontologie des notaires devra être
adapté...
M. Ouimet (Fabre) : …en fait,
amendé… je ne veux pas m'avancer sur la nécessité de l'amender, mais en tout cas adapté à cette réalité-là pour que le
notaire et ses obligations déontologiques reflètent l'intervention de ce
tiers. Donc, c'est une garantie
additionnelle qui va s'appliquer. Et, à mon point de vue, l'avantage du
testament notarié par rapport au
testament devant témoins seulement, c'est qu'on a un professionnel qui aura
l'obligation de s'assurer de la conformité et que tout est bien fait selon les règles de l'art. Et donc ça justifie
encore plus, selon moi, qu'on permette aux personnes sourdes de pouvoir
faire un testament notarié. Fermons cette parenthèse.
À 730.1, et je pose la question au ministre
parce que je note que nous n'avons pas ajouté les mêmes exigences sur les
qualifications de l'interprète, et le ministre a, à juste titre, cessé sa
lecture sur son commentaire parce que le
libellé de l'amendement ne reprenait pas une disposition semblable à 722.1, et
ma question, c'est : Pourquoi?
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
M. St-Arnaud : Bien, en fait, M. le
Président, on peut se poser la question… on peut se poser la question…
M. St-Arnaud : Ah! C'est une
erreur cléricale