Public Finance — 11 February 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CFP 2020-02-11
Quebec — Committees
projet de loi n° 42, dont nous allons faire l'étude, a été présenté
le 7 novembre 2019 et a fait l'objet de l'adoption du principe
le 19 novembre 2019. Ce projet de loi contient 255 articles. Il
modifie huit lois, dont la
Loi sur les impôts et la
Loi sur la taxe de
vente du Québec, ainsi que deux règlements.
Les légistes de Revenu
Québec ont préparé deux documents afin de faciliter l'étude du projet de
loi. Il s'agit de la liste des sujets et du recueil des notes techniques
détaillées.
La liste des sujets
est le document avec lequel nous vous proposons l'étude du projet de loi. Ce
document décrit les principaux sujets contenus dans le projet de loi, chacun
étant résumé et accompagné d'une liste des dispositions législatives qu'il
édicte, remplace ou modifie.
Le deuxième document,
soit le recueil des notes techniques détaillées, comprend l'ensemble des
dispositions du projet de loi n° 42, accompagnées des notes explicatives
et des références aux autorités. Il s'agit d'un document plus détaillé que la
liste des sujets. Celui-ci est préparé en support à l'analyse du projet de loi
advenant le cas où il s'avérerait nécessaire d'y recourir.
souci d'efficacité et compte tenu de la façon habituelle d'étudier un projet de
loi de nature fiscale, je propose aux membres de cette commission de procéder à
l'étude du projet de loi n° 42 par sujets plutôt que par appel de chacun
de ces articles.
Enfin, M. le
Président, j'aimerais déposer dès maintenant, à l'intention des membres de
cette commission, les amendements que j'entends présenter lors de l'adoption
des articles du projet de loi qui suivra l'étude par sujets. Ces amendements
introduisent des mesures annoncées notamment lors du point sur la situation
économique et financière du Québec présenté le 7 novembre 2019.
Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Merci à vous, M. le ministre. Alors, je cède maintenant la
parole au président de la Commission de l'administration publique, député de Robert-Baldwin,
mais surtout, en ce qui nous concerne aujourd'hui, porte-parole de l'opposition
officielle. M. le député, à vous la parole.
M. Leitão :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, à mon tour aussi de souhaiter la
bienvenue...
(Interruption)
Excusez-moi. Ce n'est pas le coronavirus. Je vous rassure, ce n'est pas ça.
J'ai la gorge un peu prise. Je n'ai pas été en Chine. Donc, ça va.
Le Président (M.
Simard) : C'est l'émotion de se retrouver.
M. Leitão :
J'ai le droit de rester ici sans masque. O.K. Donc, tout d'abord, je veux
souhaiter la bienvenue à tous nos collègues,
M. le ministre ainsi que son équipe. C'est vrai, un projet de loi fiscal... Je ne vous dirai pas quelle est la réputation des projets
de loi de nature fiscale, mais c'est important. C'est important. La plupart des
mesures contenues dans ce projet de loi, d'ailleurs, sont déjà en vigueur. Il
s'agit ici, maintenant, de les codifier. Très bien.
Pour
ce qui est, donc, de la suggestion du ministre d'y aller par sujets, bien sûr,
nous donnons notre consentement. Je pense que c'est la façon de faire.
Cependant, nous nous réservons, bien sûr, le droit, au fur et à mesure qu'on
avance, d'y aller... examiner un ou l'autre
article plus en détail. Mais, en
général, de faire ça par blocs, c'est comme ça, c'est tout à fait... Donc,
consentement.
Maintenant, comme M.
le ministre a mentionné, c'est un projet de loi qui modifie sept ou huit... je
pense, c'était huit lois, ce sont 255 articles, ce sont
338 pages. Donc, c'est substantiel. Il y a beaucoup de choses. On va
prendre notre temps pour comprendre ce qu'il y a dans ce projet de loi, parce
que je vous avoue que, des fois, je l'ai lu
deux ou trois fois et, certaines choses, je n'arrive pas trop à comprendre.
Donc, on va y aller pour bien comprendre, pour que les personnes qui
nous écoutent puissent aussi comprendre l'importance de ces mesures-là et parce
que ces mesures-là, dans le projet de loi, couvrent un terrain assez vaste,
n'est-ce pas?
En fin de compte, il
y en a 12, sujets, et on couvre le supplément pour enfant handicapé, crédits
d'impôt concernant les entreprises — il y en plusieurs — l'investissement et les impôts pour les
travailleurs d'expérience. Il y a aussi des congés fiscaux pour les
projets d'investissement, allocations pour un développement durable. Donc,
beaucoup, beaucoup de choses, incluant, bien sûr, les favorites de tout le
monde, les mesures d'harmonisation et de concordance, le 12e sujet qui,
lui aussi... Le 12e sujet, à lui seul, couvre beaucoup de chemin.
Donc, on va y aller
aussi... On va faire ça de façon ordonnée mais de façon diligente aussi. On
n'est pas ici pour... On est ici pour faire avancer les choses. Alors, vous
pouvez compter sur notre collaboration, mais on va poser les questions qui
s'imposent.
J'aimerais aussi
terminer en mentionnant deux choses.
D'abord,
ça me surprend un peu que la Commission des finances publiques aborde le sujet,
le projet de loi n° 42, avant d'y aller avec le projet de loi n° 53. Je pense que nous avions mentionné, d'ailleurs, le
gouvernement aussi, que les enjeux soulevés par la protection de la vie privée,
protection des données privées étaient prioritaires, que le gouvernement ne
travaillait sur pas un, mais trois projets de loi pour adresser ces
questions-là. Le gouvernement a... Le premier à déposer, c'est M. le ministre
des Finances, avec le projet de loi n° 53. Et,
franchement, je m'attendais à ce que, dès la rentrée, donc, dès le début de février
et même la fin de janvier, on commence par le 53. Bon, on commence par le 42.
C'est un peu particulier, puisque, pour le 42, tout est déjà en vigueur. Ces
mesures-là sont déjà en vigueur. Donc, on a l'impression qu'il n'y avait pas
tellement de presse pour le 42, mais, en tout cas...
Et puis aussi la date
du budget a été annoncée pour le 10 mars. Donc, après le 10 mars,
bon, il y a toute une série d'étapes qui suivent. Donc, la CFP, notre
commission, va être assez occupée en étudiant ces choses-là, ce qui est tout à
fait nécessaire et important. Donc, le 53, je ne suis pas sûr quand est-ce
qu'on va l'aborder. C'était prioritaire pour tout le monde, mais ça a un peu
glissé dans la liste de priorités, et ça, je trouve dommage.
L'autre chose, et je
termine avec ça, j'aimerais aussi... M. le Président, si vous avez une
directive à nous donner ou pas... Je ne pense pas que ça... Ça ne dépend pas de
vous ni, d'ailleurs, du ministre, mais j'appelle ça la question du chronomètre,
c'est-à-dire de combien de temps est-ce que nous disposons pour étudier ce
projet de loi. Étant donné que... Donc, ce n'est pas vous ni le ministre, mais
il y a des personnes qui nous écoutent, dans le bureau du leader et le bureau
du premier ministre, qui semblent avoir peu de patience pour les travaux en
commission parlementaire, et, après un certain nombre d'heures de discussion,
on dit : O.K., bon, c'est fini. On procède de façon expéditive.
Alors,
moi, j'aimerais savoir ce qu'on a. Est-ce qu'il y a une limite d'heures? Est-ce
que c'est trois heures, cinq heures,
10 heures, et puis, après ça, on s'en va? Je pose ça, je pose cette
question à moitié à la blague, mais à moitié sérieux, parce que ce qu'on
a vécu la semaine dernière, c'était sérieux, à mon avis. Encore une fois, je ne
pense pas que ce soit une chose, un enjeu qui ne dépende ni de vous, M. le
Président, ni du ministre des Finances, mais, pour ceux qui nous écoutent, je
veux juste mentionner que nous regardons tout ça.
Alors, voilà, si le
chronomètre nous le permet, on fera notre travail convenablement, à la
Commission des finances publiques, pour étudier le projet de loi n° 42.
Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Merci à vous, M. le député de Robert-Baldwin. M. le député
de Marquette.
M. Ciccone :
Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour à tous. C'est quand même un privilège
d'être dans une pièce avec... Je siège avec des gens spécialistes de la
finance, de la fiscalité, un ministre des Finances, un ancien ministre des
Finances également. Et c'est pour cette raison-là que je prends la parole
brièvement, M. le Président, parce que je
veux demander au ministre une grande
patience... et de sensibilité également. Parce qu'ici on va comprendre
qu'en théorie, en théorie, un projet de loi est toujours écrit, habituellement,
pour le citoyen, mais, compte tenu des situations, et de la complexité de ce
projet de loi, et de la fiscalité en général au Québec, le projet de loi n'est
pas nécessairement toujours écrit, et les explications, pour le citoyen qui nous
regarde, qui nous écoute... et ce n'est pas évident non plus.
On va poser des
questions. Il faut renforcir certaines mesures, bien évidemment. Mais en même
temps il faut quand même de la patience et
d'être capable aussi de l'expliquer avec des mots où les gens puissent
comprendre aussi. Alors, j'implore le ministre de le faire ainsi.
Et, également, je
suis persuadé qu'on va, par consentement, là, être capables de donner la parole
aussi à plusieurs spécialistes, et les maîtres qui sont ici, en la matière. Alors,
j'implore également ces spécialistes-là aussi durant la commission.
bien entendu, aussi, il y a une question d'image. Moi, c'est sûr, M. le
Président, concernant l'inscription au RENA, quand je lis dans le
journal que des propriétaires de l'entreprise rient quasiment au visage du
gouvernement, je le prends personnel également, parce que, je veux dire, quand
on est capables de déjouer, justement... déjouer la RENA pour être capables
d'avoir des subventions, moi, je trouve ça un peu déplorable. Alors, moi, je
pense que... Puis je vois, au sujet 8, qu'on va s'y attarder.
Alors,
on va être capables de resserrer... et s'assurer que l'intégrité des
entreprises qui reçoivent justement ce crédit-là
soit conforme, et qu'il n'y ait pas de mailles, et que certaines puissent se
faufiler, et de voir des municipalités qui sont obligées de reculer par
la suite et retirer le financement et les contrats, ceci dit. Alors, sur ce,
bonne commission, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Merci à vous, M. le député de Marquette. Y aurait-il
d'autres collègues qui souhaitent exprimer des remarques à cette étape de notre
étude du projet de loi? Pas d'autre intervention? Très bien.
Alors, avant
d'entamer l'étude détaillée de notre projet de loi, je souhaitais savoir s'il y
avait des motions préliminaires que des collègues voulaient déposer. Pas de
motion préliminaire? Très bien.
Alors, nous sommes
vraiment prêts à passer à l'étude
article par article, mais, avant d'aller plus
loin, j'aurais besoin d'un consentement. Le député de Marquette disait le mot
magique, le mot «consentement», et je pense que, pour qu'on fonctionne bien
dans l'étude de ce projet de loi, il faudra miser à fond sur le mot
«consentement». Donc, y a-t-il consentement
afin que la députée de Saint-Laurent puisse remplacer le député de Pontiac?
Il y a consentement? Très bien.
Bon,
le ministre a évoqué la chose, le député de Robert-Baldwin l'a également
évoquée, et j'ai cru comprendre, dans
des discussions préalables avec des représentants de Québec solidaire notamment, qui sont ici ce matin, qu'il y aurait consensus afin
que nous puissions étudier ce projet de loi non pas
article par article, comme
c'est généralement le cas, mais bien par blocs d'articles qui constituent, de
par les thématiques qu'ils abordent, des sujets à proprement parler. Et, pour
l'étude de ces blocs de sujets, nous allons octroyer le temps régulier qui est
dévolu à n'importe quel projet de loi. Donc,
on est vraiment, là, dans la régularité, mais, pour être conséquents dans
l'analyse de ce projet, on ira par blocs. Donc, je comprends qu'il y a
consentement pour que nous puissions procéder de cette manière? Très bien.
Bien, M. le ministre,
la parole est à vous. Et je réfère tous les collègues, donc, à la liste des
articles et amendements qui fut déposée avant le début de la séance. Nous
allons suivre cette liste d'articles. Et je crois comprendre également que le
ministre a eu l'amabilité et la diligence de nous transmettre la série
d'amendements sur laquelle nous allons travailler. Tout le monde a les
documents requis? Formidable! Alors, M. le ministre, allez-y. On commence par
l'étude à l'article 155.
M. Leitão :
M. le Président?
Le Président (M.
Simard) : Oui, je...
Leitão : La question, donc, que j'avais, c'est : Donc, on
commence par les amendements?
Le Président (M. Simard) : Oui.
M. Leitão : Je pensais qu'on
commençait par le sujet de façon générale.
Président (M. Simard) : Tout à fait. Alors, le ministre va exposer la
thématique du sujet en question. Et par la
suite, de manière diligente et structurée, nous approuverons les amendements
déposés, les articles, tels qu'amendés, proposés dans le bloc concerné,
selon les temps régulièrement impartis. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Je commence
d'abord par le sujet?
Président (M. Simard) : Vous
pourriez peut-être présenter le contexte global, M. le ministre. Éventuellement...
oui, c'est ça, présenter le contexte global tel que présenté dans le cahier et
faire référence éventuellement à vos amendements.
M. Girard (Groulx) : Bon, très bien.
Alors, premier sujet : supplément pour enfant handicapé nécessitant des
soins exceptionnels.
Le crédit d'impôt remboursable accordant une
allocation aux familles permet aux parents d'enfants mineurs de recevoir une
allocation famille qui est déterminée en fonction du revenu familial. À cette
composante de base peuvent s'ajouter le supplément pour enfant handicapé, le
supplément pour enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels, ci-après
appelé supplément pour soins exceptionnels, et le supplément pour l'achat de
fournitures scolaires, lesquels sont accordés sans égard au revenu familial.
Le supplément pour soins exceptionnels, qui est
de 978 $ par mois, est, pour l'année 2019... par mois, pour
l'année 2019, est accordé aux parents d'un enfant mineur qui est
admissible au supplément pour enfant handicapé et qui est dans l'une des
situations suivantes pendant une période prévisible d'au moins un an : il
est âgé de deux ans ou plus et a une déficience physique entraînant de
graves et multiples incapacités qui l'empêchent de réaliser de manière autonome
les habitudes de vie d'un enfant de son âge ou est âgé de quatre ans ou plus et
a un trouble de fonction mentale entraînant des telles incapacités; son état de
santé nécessite des soins médicaux complexes, à domicile, qui lui sont
administrés par son père ou sa mère et, dans le cas d'un enfant de six ans ou
plus, le limite dans la réalisation des habitudes de vie d'un enfant de son
âge.
Modifications proposées. Il est proposé qu'un
montant de 652 $ par mois, appelé deuxième palier, soit ajouté au supplément pour soins exceptionnels. Cette
nouvelle composante est accordée à l'égard de certains enfants qui sont
admissibles au supplément pour enfant handicapé mais dont l'état de santé ne
donne pas droit au montant de 978 $, lequel devient le premier palier du
supplément pour soins exceptionnels.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Pardon?
M. Girard (Groulx) : Il me reste un
paragraphe, M. le Président. Ça va?
Le Président (M. Simard) : Je vous
en prie.
M. Girard
(Groulx) : O.K. Il est également proposé d'apporter certaines
modifications aux critères d'admissibilité du premier palier pour en simplifier l'application et assurer l'équité
et l'intégrité du supplément pour soins exceptionnels. Ainsi, à l'instar
du deuxième palier, l'âge minimal pour qu'un trouble des fonctions mentales
soit reconnu passe de quatre à deux ans. Je m'arrête ici? O.K.
Président (M. Simard) : Très bien. Merci, M. le ministre. Alors, je
vous invite, tel que souhaiterait l'opposition, à pouvoir nous lire les
deux amendements que vous souhaitez déposer, dans le cadre de ce bloc, à
l'article 155 ainsi qu'à l'article 159.
M. Girard (Groulx) : Voilà.
Président (M. Simard) : On va distribuer comme on faisait à la petite
école. M. le ministre, à vous la parole.
M. Girard (Groulx) : Je vais
attendre la distribution, par politesse.
Le Président (M. Simard) : Bien oui,
allons-y. En fait, M. le ministre, il a été demandé par l'opposition à ce qu'on
puisse lire l'intégralité des deux amendements déposés.
On va suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à 10 h 30)
Le Président (M. Simard) : Chers
collègues, alors nous sommes de retour. M. le ministre, nous en étions donc à
la lecture de l'amendement déposé à l'article 155. À vous la parole.
M. Girard (Groulx) : Merci.
L'article 155
de ce projet de loi est remplacé par le suivant : 155... Est-ce que c'est
155.1?
M. Girard (Groulx) : 155,
L'article — est-ce
que... O.K. — 1029.8.61.18
de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans le paragraphe b
du deuxième alinéa, de «195 $» par «198 $»;
2° par le remplacement du paragraphe c du
deuxième alinéa par le paragraphe suivant :
«
c) la lettre I représente un montant,
appelé "supplément pour enfant handicapé nécessitant des soins
exceptionnels" dans la présente section, égal à l'ensemble des montants
suivant :
«i. le montant, appelé "montant du premier
palier" dans la première
section et les règlements, égal au produit obtenu
en multipliant 995 $ par le nombre d'enfants à charge admissibles visés au
paragraphe a du premier alinéa de l'article 1029.8.61.19.1 à l'égard
desquels le particulier est, au début du mois donné, un particulier admissible;
«ii. le montant, appelé "montant du
deuxième palier" dans la présente
section et les règlements, égal au
produit obtenu en multipliant 663 $ par le nombre d'enfants à charge
admissibles qui sont visés au paragraphe b du premier alinéa de
l'article 1029.8.61.19.1, mais sans être visés au paragraphe a de cet
alinéa, à l'égard desquels le particulier est, au début du mois donné, un
particulier admissible;»;
3° par le remplacement, dans le sous paragraphe i du paragraphe d du deuxième alinéa,
de «102 $» par «104 $»;
4° par le remplacement du paragraphe a du
troisième alinéa par le paragraphe suivant :
«
a) la lettre C [...] un montant égal au
produit [...] en multipliant 2 515 $ par le nombre d'enfants à charge
admissibles à l'égard desquels le particulier est, au début du mois donné, un
particulier admissible;»;
5° par le remplacement, dans le
paragraphe b du troisième alinéa, de «867 $» par «882 $»;
6° par le remplacement du paragraphe e du
troisième alinéa par le paragraphe suivant :
«
e) la lettre G représente un montant égal
au produit obtenu en multipliant 1 000 $ par le nombre d'enfants à
charge admissibles à l'égard desquels le particulier est, au début du mois
donné, un particulier admissible;»;
7° par le remplacement, dans le
paragraphe f du troisième alinéa, de «346 $» par «352 $».
Là, je suis rendu à 2? Merci.
2. Les sous-paragraphes 1° et 3° à 7° du paragraphe 1
s'appliquent à compter du 1er janvier 2020.
3. Le sous-paragraphe 2° du paragraphe 1
a effet depuis le 1er avril 2019. Toutefois, lorsque l'article 1029.8.61.18 de cette loi s'applique avant le 1er janvier 2020, le
sous-paragraphe i du paragraphe c du deuxième alinéa doit se lire en
remplaçant «995 $» par «978 $» et
le sous-paragraphe ii de ce paragraphe doit se lire en remplaçant
«663 $» par «652 $».
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre, vous méritez une bonne gorgée d'eau.
M. Girard (Groulx) : Je vais lire
le...
Le Président (M. Simard) : J'ai même
presque envie de vous offrir un café.
M. Girard (Groulx) : Je vais vous
offrir, moi, un résumé de ce que je viens de lire. Ça pourrait aider.
Le Président (M. Simard) : Allez-y
donc. C'est trop demander.
M. Girard
(Groulx) : Alors, je viens
de vous lire le motif de la motion d'amendement concernant l'article 155 du projet
de loi n° 42. C'est quand même bon de se situer.
Alors, je résume.
L'article 155 du projet de loi n° 42
est amendé afin de tenir compte de la
bonification, à compter de l'année 2020, du montant minimal et du montant
maximal qui entrent dans le calcul de la composante de base du crédit
d'impôt accordant une allocation aux familles. Cette bonification a été
annoncée à l'occasion de la présentation du point sur la situation économique
et financière du Québec le 7 novembre 2019.
Est-ce que je lis ça aussi? Ça va, on me dit, et
on est prêts maintenant à lire l'article...
Le Président (M. Simard) :
L'amendement de l'article 159.
M. Girard (Groulx) : Très bien.
Alors, je repars.
L'article 159 de ce projet de loi est
remplacé par le suivant :
L'article 1029.8.61.20 de
cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans ce qui précède la
formule prévue au premier alinéa, de «2019» par «2020»;
2° par le remplacement, dans le
paragraphe a du quatrième alinéa, de «195 $» par «198 $»;
3° par le remplacement du paragraphe a.1 du
quatrième alinéa par le paragraphe suivant :
«a.1) les
montants de 995 $ et de 663 $ mentionnés au paragraphe c du
deuxième alinéa de l'article 1029.8.61.18;»;
4° par le remplacement,
dans le paragraphe a.2 du quatrième alinéa, de «102 $» par
«104 $»;
par le remplacement du paragraphe b du quatrième alinéa par le paragraphe
suivant :
«
b) le montant de 2 515 $ mentionné au
paragraphe a du troisième alinéa de l'article 1029.8.61.18;»;
par le remplacement, dans le paragraphe c du quatrième alinéa, de
«867 $» par «882 $»;
7° par le remplacement du paragraphe d au
quatrième alinéa par le paragraphe suivant :
«
d) le montant de 1 000 $ mentionné au
paragraphe e du troisième alinéa de l'article 1029.8.61.18;»;
8° par le remplacement, dans le
paragraphe e du quatrième alinéa, de «346 $» par «352 $».
Et au point 2 :
Le paragraphe 1
s'applique à compter du 1er janvier 2020.
Je vous offre maintenant un résumé du motif de
la motion d'amendement concernant l'article 159 du projet de loi n°
L'article 159 du projet de loi n° 42 est amendé
afin de tenir compte de la bonification, à compter de l'année 2020, du
montant minimal et du montant maximal qui entrent dans le calcul de la
composante de base du crédit d'impôt
accordant une allocation aux familles et de l'actualisation, au
1er janvier 2020, du montant des différents paramètres du crédit d'impôt. Cette bonification a été annoncée à
l'occasion de la présentation du point sur la situation économique et
financière du 7 novembre 2019.
Le Président (M. Simard) :
Merci beaucoup, M. le ministre. M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : Très bien,
merci beaucoup. Bon, plusieurs choses, là, beaucoup de choses, mais, si j'ai
bien compris, parce que, je pense, c'est ça, l'objectif de cette commission,
c'est qu'on puisse bien comprendre pour que nos citoyens puissent aussi bien
comprendre ce qui se passe ici... Comme on a dit tantôt, la plupart de ces
choses sont déjà en vigueur, mais on veut comprendre d'où ça vient et où est-ce
qu'on s'en va. Alors, si je comprends bien, les
modifications proposées par les amendements sont nécessaires puisque le
gouvernement, en novembre, lors du point, a majoré les allocations famille. C'est ça? Donc, parce qu'on a
majoré l'allocation famille, donc, les crédits d'impôt... pas les
crédits d'impôt, voyons, excusez-moi, les...
M. Girard (Groulx) : ...famille.
M. Leitão : Oui, c'est
ça. Alors, ça change les calculs du premier palier, deuxième palier, etc. Donc,
c'est donc pas mal des ajustements techniques. C'est pour ça qu'on passe de 102 $
à 104 $, de... L'autre montant était de 867 $ à 882 $. Est-ce
que c'est parce qu'on a changé le calcul... pas le calcul, mais le montant de
l'allocation famille qu'on doit changer le reste
ou c'est suite à des études qui auraient été faites et que vous avez jugé
souhaitable d'ajuster ou de modifier le paiement du crédit d'impôt pour
l'allocation?
Le Président (M. Simard) : S'il y a
consentement, nous allons passer la parole à Me Forget. Consentement? Me Forget.
Mme Forget (Johanne) : Johanne
Forget, Revenu Québec.
En fait, dans les amendements, tel que le député
le mentionnait, on a haussé l'allocation famille. Et il y a plusieurs
paragraphes de l'amendement qui concernent l'indexation des montants qui
étaient déjà prévus dans la loi. Quand on passe de 102 $ à 104 $,
c'est que les montants qui sont déjà prévus sont indexés annuellement. Compte
tenu que le projet de loi a été écrit en 2019 et que nous sommes aujourd'hui en
2020, on a actualisé les montants pour tenir compte de cette indexation.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Leitão : O.K., mais là j'aimerais
revenir un peu en arrière pour qu'on comprenne un peu d'où vient tout ça. Donc,
comme, d'ailleurs, ça a été mentionné au tout début par M. le ministre quand on
a mis ça dans le contexte qu'il existe depuis très longtemps, que les impôts
remboursables, à cause de l'allocation aux familles... et qu'il y a quelques
années le gouvernement avait aussi décidé de bonifier, et on pourra en parler,
de ça, un peu plus tard, l'aide aux enfants sévèrement handicapés. On appelait
ça le SEHNSE.
Alors, la première question que j'ai
là-dessus : Est-ce que, M. le ministre, vous avez avec vous ou, peut-être
après, vous pouvez nous donner combien... avant des changements qu'on a faits
ici, mais combien ce changement-là qui avait
été apporté... donc la création de ce supplément pour les enfants sévèrement
handicapés, combien ça... Quel est le coût fiscal de cela? Combien ça
avait coûté? Je pense qu'on parlait dans les 50 millions, mais, si...
Puisqu'on a maintenant un an complet de...
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Disons que je
vais vous donner... Bien, je vais vous donner une moyenne, tiens, parce que
tout le monde est assez à l'aise avec ces moyennes. C'est un total de
305 millions sur cinq ans, donc 60 millions par année, mais il y a...
et, mettons, le... Bien, ce serait la réponse, voilà.
Leitão : Et je pose la question parce qu'une des choses qui a été
soulevée, c'est que, donc, les critères étaient peut-être un peu trop
restreints, et donc il y avait beaucoup de personnes, beaucoup de familles qui
avaient fait la demande pour avoir ce supplément-là mais qui
ne se qualifiaient pas, et donc c'est pour ça... C'est cela qui a mené à la
réflexion de faire un changement, et donc le gouvernement actuel a décidé d'y
aller avec un deuxième palier.
Mais, avant d'arriver
au deuxième palier, moi, ce que j'aimerais savoir, c'est ce... Puisque les
critères semblaient restreints, donc, est-ce que ce que le... Ce qui a été, en
effet, payé la première année, est-ce que c'était 60 millions ou c'était
pas mal moins que ça?
M. Girard
(Groulx) : ...qu'il y avait une réserve. C'est-à-dire qu'il y avait un
montant qui avait déjà été provisionné. Alors, la première année n'était pas
indicative.
Mais
je peux vous répondre précisément, là. Le tableau qui était au point du 7
novembre faisait état effectivement d'un
montant plus bas pour 2019-2020, soit 42 millions. Mais, de mémoire, il y
avait déjà un 20 millions qui avait été provisionné dans les crédits budgétaires, ce qui fait qu'on reviendrait
à l'ordre de grandeur de 60 millions, M. le député.
Le Président (M. Simard) :
Merci.
Leitão : Très bien. Et là, maintenant, a été décidé, bon, d'améliorer
ce... d'adapter ce programme en créant un deuxième palier, et on aurait
des questions sur pourquoi ça a été fait et comment ça a été fait. Mais ma
question principale est... On n'est pas en
période de questions principales, complémentaires. Ce n'est pas ça. La
question : Est-ce qu'on reste toujours avec les 300 millions
de dollars? Donc, la provision, pour ce programme, avec les changements
apportés, est-ce qu'on reste toujours dans les 300 millions,
305 millions sur cinq ans ou, puisqu'on crée un deuxième palier, on
augmente la provision sur cinq ans pour ce programme maintenant?
M. Girard
(Groulx) : Bien, en fait, pour être précis, il y a eu des clarifications
au premier palier afin d'en faciliter l'éligibilité et il y a eu la création,
qui était le sujet principal de l'innovation... c'était la création d'un deuxième palier, et évidemment c'est
principalement... Le deuxième palier est ce qui est l'innovation, mais le coût
que je vous ai énoncé, c'est la somme des deux, là, c'est le fait qu'il
y a plus d'éligibilité ou plus de personnes qui vont pouvoir bénéficier du
premier palier et la création du deuxième palier.
Le Président (M.
Simard) : Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Leitão :
Très bien, parce que là est toute la question, en fin de compte. Quand ce
programme avait été créé, bien sûr il a fallu tracer une ligne. Ça a l'air très
froid comme questionnement ou comme raisonnement, mais, à un moment donné,
surtout en matière fiscale, de crédit d'impôt, etc., il faut tracer une ligne
et il faut que la ligne soit claire. Et donc, en traçant la ligne, on s'est
rendu compte qu'il y avait un grand nombre d'enfants qui étaient juste, juste,
juste sur la ligne mais qui ne se qualifiaient pas. Et la solution que le
gouvernement actuel a apportée à cette question, qui est inévitable, elle va
arriver toujours, c'était de créer le deuxième palier.
Alors,
maintenant, beaucoup de choses ont été dites au sujet de ce crédit
d'impôt et du supplément, et une des critiques qui lui avaient été
adressées, non pas par vous mais par votre collègue le ministre de la Famille,
était que tout ça avait été fait à l'époque sur un coin de table, et le calcul
était un peu aléatoire, comme ça, et que nous, on va régler ça.
Bon, alors, qu'on
soit clairs, puisque nous avons quelqu'un ici de Retraite Québec, ma question est
très simple. Est-ce que ça avait été fait sur un coin de table? Les calculs qui
ont été faits au tout début, donc, de tracer la ligne, de s'assurer qu'on a quelque
chose de cohérent, est-ce que ça avait été fait cavalièrement, rapidement, sur
un coin de table, ou est-ce qu'il y a eu une certaine réflexion, au ministère
des Finances, et chez Retraite Québec, au ministère de la Santé, pour mettre en
place ce programme-là? Ma question s'adresse au ministre ou peut-être à la représentante
de Retraite Québec.
Le Président (M.
Simard) : M. le ministre.
Girard (Groulx) : Je peux
vous dire que, lorsqu'on crée des nouveaux programmes, les gouvernements sont toujours bien intentionnés, et ils sont perfectibles. Et c'est certain
que la raison que nous avons amené des clarifications au premier palier,
c'était qu'il y avait un besoin de clarification. Alors, d'aucune façon, je ne
veux diminuer le travail qui avait été fait avant. L'idée, ici, c'était de
l'améliorer.
M. Leitão :
Ce qu'on a fait... M. le Président, si je peux, ce qu'on a fait maintenant...
Et je pense que mon collègue député de La Pinière aurait quelques
questions là-dessus aussi, mais la question que moi, j'ai maintenant... En
créant le deuxième palier, on a, en fin de compte, tracé une autre ligne. Donc,
qu'est-ce qui va se passer? Et vous pensez... Selon vos calculs, vous avez
mentionné tantôt qu'il y a à peu près 4 000 enfants, plus ou moins,
qui vont se qualifier pour ce deuxième palier. Mais qu'est-ce qui va se passer
avec, inévitablement, les enfants qui vont être juste à côté de ce nouveau
deuxième palier? Parce qu'il y en aura, des personnes qui ne vont pas tout à fait
se qualifier. Est-ce
qu'il y aura éventuellement un troisième palier ou est-ce qu'on pense faire ça
d'une autre façon? Enfin, j'aimerais avoir un peu de commentaires
là-dessus.
M. Girard
(Groulx) : Bien, je vous dirais que c'est évidemment des questions
sensibles, l'éligibilité au supplément ou non, et que c'est pour cette raison
que plusieurs fonctions gouvernementales sont impliquées : le ministère de
la Famille, le ministère de la Santé et des Services sociaux, le ministère des
Finances, Retraite Québec. Et on doit faire aussi des communications pour
inciter les gens à appliquer, à soumettre leur éligibilité. Alors, je pense
qu'encore une fois c'est fait de bonne foi. Vous avez raison, lorsqu'on trace
une ligne, on peut être d'un côté ou l'autre de la ligne, mais l'esprit, ça a
été d'impliquer le plus de personnes concernées possible pour essayer de bien
tracer la ligne.
M. Leitão :
Merci. Alors, en fin de compte, à mon avis, il me semble qu'on est un peu dans
une situation semblable. On nous critiquait avant, et peut-être avec raison,
qu'il y avait très peu de flexibilité. Donc, vous étiez à côté de la ligne,
«sorry, too bad», vous n'arrivez pas vraiment à vous qualifier, donc, votre
enfant n'est pas assez handicapé. Ça a l'air extrêmement cruel de dire une
telle chose, mais, à toutes fins pratiques, c'était un peu ça.
Pour régler ça, pour
adresser ça, on a établi la deuxième ligne, le deuxième palier. On trace une
autre ligne, mais la même chose va arriver. Et donc les mêmes critiques vont
probablement se faire sentir des personnes qui vont dire : Bien, je ne me
qualifie pas pour ce deuxième palier. Alors, qu'est-ce qu'on peut faire? Si le
programme, au début, manquait de flexibilité, peut-être que oui, il me semble
que maintenant le même problème existe. On a juste mis une autre ligne. Très bien, on va aller chercher peut-être un autre
4 000 enfants, mais il y aura combien d'autres... 3 000,
4 000, 5 000 autres enfants qui vont peut-être dire aussi que le
nouveau programme n'est pas assez flexible, que les critères sont toujours très
stricts? Est-ce qu'il y a un moyen que vous pensez qu'on peut mettre en place
de rendre ce programme plus flexible, pour éviter ces questions qui sont très
déchirantes, que quelqu'un doive dire à des parents : Excusez-moi, mais
votre enfant n'est pas assez handicapé pour se qualifier pour ce programme?
Le Président
(M. Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Oui, bien, je
pense que c'est vraiment... Votre point est pertinent, là. Lors de la
conception de la mesure, des médecins, Retraite Québec, le ministère des
Finances, le ministère de la Famille étaient impliqués. Ensuite, l'application
des critères, ça, c'est Retraite Québec. Alors là, on demande à des professionnels
indépendants de juger l'admissibilité en fonction des critères qui ont été
définis le plus précisément possible.
M. Leitão :
Je suis sûr que les professionnels le font de bonne foi, et ils ont les
critères, et puis ils font appliquer... Je ne pense pas que ce soit là la question. La question, c'est les critères eux-mêmes. Mais peut-être
que mon collègue a quelques questions. Je reviendrai après, M. le
Président.
Le Président
(M. Simard) : Oui, M. le député de La Pinière, à vous la
parole.
M. Barrette :
Sujet qui m'intéresse. Je salue les gens avec qui j'ai eu affaire précédemment.
On va commencer par
le début. Le ministre, il nous a dit il y a quelques instants que, selon ses
estimés, il y a 40 000 enfants qui auraient besoin d'aide. Est-ce que
j'ai bien interprété?
M. Girard
(Groulx) : J'ai parlé de 40 000 enfants...
M. Girard
(Groulx) : J'ai parlé de 40 000 enfants handicapés.
M. Barrette :
Voilà, qui auraient, techniquement, besoin d'aide. M. le Président, quel est le
premier critère... ou plutôt le critère terminal qui permet ou qui fait
en sorte que le ministre va décider de tracer une ligne?
Le Président
(M. Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Les limitations.
M. Barrette :
Lesquelles?
M. Girard
(Groulx) : Peut-être qu'on peut faire expliquer le programme
précisément?
M. Barrette :
Ce n'est pas la question que je pose, M. le Président. Le ministre n'est-il pas
confronté à une décision : aider tout le monde ou aider seulement une
partie? Qu'est-ce qui va limiter en fin de compte?
Le Président
(M. Simard) : M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Je vais vous demander de préciser votre question, si vous
permettez.
M. Barrette :
Le ministre a établi 50 000 critères appliqués par Retraite Québec.
Qu'est-ce qui fait qu'il n'aide pas 40 000 enfants, qu'il en
aide juste 4 000 ou 6 000, là?
Le Président
(M. Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : En fait, on a établi une catégorie d'enfants nécessitant
des soins exceptionnels. En fait, ça avait été fait par le précédent
gouvernement. Et là ce que nous avons fait, c'est parce qu'on avait comme un
très petit ensemble d'enfants nécessitant
des soins exceptionnels dans l'ensemble des enfants handicapés, et, nous, ce
qu'on fait, c'est qu'on ajoute un
palier supplémentaire, c'est-à-dire qu'ils nécessitent des soins exceptionnels
mais moindres que la catégorie du palier 1.
M. Barrette :
M. le Président, pourquoi, celui qui est juste après, on ne lui donne pas accès
à ce financement-là?
Le Président
(M. Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Pourquoi? Bien, je dirais parce qu'il y a déjà un... Mais
il y a déjà un support général : le supplément pour enfant
handicapé. Il y avait la catégorie nécessitant des soins exceptionnels. Et là
nous introduisons le deuxième palier. Alors, votre question, c'est :
Pourquoi tous ceux qui ont le supplément général n'ont pas droit à
l'exceptionnel?
M. Barrette :
M. le Président, le ministre nous dit clairement : Il y avait un premier palier,
il y a un deuxième palier. Donc, il a changé le curseur de place.
Pourquoi a-t-il arrêté à l'endroit où il a arrêté?
M. Girard
(Groulx) : En fait, pour être précis, ce n'est pas le ministre qui a
arrêté le curseur, c'est le comité qui a fait des recommandations au ministre
où arrêter le curseur, après consultation des parties concernées.
Barrette : M. le Président, la question que je pose est très simple. Le comité n'a pas
agi de sa propre initiative. Il a eu une demande du ministre. Quelle
était la demande?
Le Président (M.
Simard) : M. le ministre.
Girard (Groulx) : La demande
était d'élargir l'admissibilité à la catégorie nécessitant des soins exceptionnels.
Barrette : Est-ce que
le ministre peut nous répéter ça, parce que
je n'ai pas bien compris, M. le
Président.
Le Président (M.
Simard) : Avec plaisir. M. le ministre.
Girard (Groulx) : La demande
était d'élargir le support aux enfants handicapés ou aux familles d'enfants
handicapés nécessitant des soins exceptionnels.
M. Barrette :
C'était seulement ça, la demande, élargir? Si le comité, M. le Président, avait
dit : Bien oui, on va élargir à 40 000, qu'est-ce que le ministre
aurait répondu?
M. Girard (Groulx) :
Excusez-moi, là, j'ai malheureusement lu pendant que vous me parliez. Allez-y.
M. Barrette :
Moi, M. le Président, je n'ai que cité ses paroles, qu'il n'a certainement pas
lues dans sa tête, là. Ce sont ses paroles. Il nous a dit qu'il avait demandé
des recommandations pour élargir le programme. Alors, ma question est très
simple. Si la régie des rentes du Québec arrive : Bien oui, on va
l'élargir aux 40 000, qu'est-ce qu'aurait répondu le ministre?
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Bien, je pense que c'est un sujet où les parents d'enfants
handicapés avaient fait des demandes historiques, et il y a eu plusieurs
consultations, et c'est suite aux consultations que le comité a fait les recommandations
au gouvernement, et c'est des modifications que nous vous avons proposées.
M. Barrette :
Est-ce que, M. le Président...
M. Girard
(Groulx) : Non, mais juste pour conclure...
M. Barrette :
Ah! bien sûr, bien sûr.
M. Girard
(Groulx) : ...la source de ces bonifications, c'est des demandes, des
demandes des parents. Ça, c'est indéniable.
M. Barrette : Alors, M. le Président,
le ministre est en train de nous dire que des parents qui sont dans la situation
d'enfants handicapés sont allés dire au ministre : Ne m'en donnez pas
plus.
M. Girard (Groulx) : Ce n'est pas ce
que j'ai dit, là, mais je vais préciser : des parents d'enfants handicapés
ont demandé d'en donner plus.
M. Barrette : Bon. Est-ce qu'il y a
des parents d'enfants handicapés qui ont demandé de... qui ont dit : Ne
m'en donnez pas plus?
M. Girard (Groulx) : Non, mais ça,
c'est une question très précise, là. Non.
M. Barrette : Non. Très bien. Alors,
le ministre vient de nous dire qu'il a demandé des recommandations à Retraite
Québec pour mettre en place des critères pour élargir... Tous les parents
d'enfants handicapés, s'ils ont été consultés, et j'en doute, il n'y en a pas
un qui aurait dit qu'il n'en veut pas plus, mais ce n'est pas les 40 000
qui en a. Pourquoi?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien, vous
laissez... Je ne vous imputerai pas de motifs, tiens. Je vais me retenir.
L'introduction de la mesure, je crois, a été généralement appréciée. Et Retraite
Québec, qui est responsable de l'application de la mesure, travaille avec les
gens pour qu'ils se qualifient. Et d'ailleurs, au départ, on n'a pas atteint
immédiatement le nombre de personnes qu'on pensait qui allaient se qualifier au
deuxième palier. Alors, on fait des efforts
pour bonifier, pour que le deuxième palier rejoigne les personnes concernées.
Puis je pense que les associations de
parents ont souligné les bénéfices de la mesure. Et, bien sûr, lorsqu'on a une
mesure qui ne s'applique pas à tous, on peut penser que, comme pour tous les crédits d'impôt que nous avons, les
parents apprécieraient qu'ils soient plus élevés.
M. Barrette : Bon, M. le Président,
on se rapproche d'une réponse. Moi, je ne demande pas au ministre la météo du
moment où les gens ont appris qu'il y avait un supplément, là. Ça ne
m'intéresse pas, ça. C'est sûr qu'ils sont tous contents. Je demande au ministre
pourquoi il est arrêté à un moment donné. Il vient de le dire lui-même, là, il
vient de le dire lui-même, que tous les parents seraient contents d'en avoir
plus. Alors, si tous les parents seraient contents d'en avoir plus, pourquoi il
n'en a pas donné plus à tous les parents d'enfants handicapés?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Simplement
parce que nous avons établi des critères précis. Il y a soutien général. Il y a
Allocation famille. Il y a un soutien pour
enfant handicapé et soutien pour enfant handicapé exceptionnel. Il y avait des
insatisfactions par rapport à ce qui était... ce qu'on appelle maintenant le palier 1,
l'allocation pour enfant nécessitant des soins exceptionnels, et nous
avons répondu à cette demande légitime des parents d'enfants handicapés.
M. Barrette : Une façon de résoudre ce questionnement, M. le Président, serait très simple. Est-ce que le ministre
peut nous donner la lettre qui décrit le mandat qui a été donné à Retraite
Québec ainsi que les recommandations qui lui ont été faites? Est-ce qu'il peut
déposer l'un et l'autre?
M. Girard (Groulx) : Oh mon Dieu! Il
y a eu énormément de travaux, M. le député de La Pinière. Je tiens à vous
dire que c'est un travail qui a vraiment, comme j'ai mentionné, plusieurs... Et
je n'ai pas écrit de lettre de mandat. Donc, non, je ne peux pas vous donner
cette lettre, puisque je ne l'ai pas écrite. Mais il y avait un désir du
gouvernement de clarifier ce qui est maintenant le palier 1 et de créer le
palier 2. Et il y a eu du travail, plusieurs réunions, plusieurs efforts
avec les parents, notamment, consultations pour arriver à ce qui est,
ultimement, puis je pense que c'est un peu la discussion que nous avons
présentement, un compromis.
Barrette : Un compromis? Donc, je comprends, M. le Président, là,
qu'il n'y a pas eu de lettre, mais il y a eu des réunions. Les gens de
Retraite Québec ne se sont pas levés un bon matin en se disant : Eh! je
pourrais donc aider le ministre en faisant ces travaux-là, je vais les faire
sans qu'il me le demande puis je vais lui envoyer des recommandations. Il n'y a pas eu d'échange. Il n'y pas de rapport d'un
comité. Il n'y a pas de recommandation finale. C'est comme ça, là. Ça
s'est fait, là, de même.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. Barrette : Bien, si c'est ça, M.
le Président, je tiens à féliciter les gens de Retraite Québec. Vraiment, là,
tous les gens qui disent que les fonctionnaires, là, ne sont pas bons, là, à
Retraite Québec, c'est bien clair qu'on en a des supérieurs, parce qu'eux autres,
ils ont fait ça tout seuls, propre initiative.
Président (M. Simard) : Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Bien là, c'est le... Je ne suis pas d'accord avec vous
lorsque vous dites «tout seuls», parce que je vous ai parlé du ministère des
Finances, du ministère de la Famille, de médecins, comités de médecins, de
parents qui ont été consultés. Et puis, comme il y avait déjà un palier, il y
avait déjà une expertise qui avait été développée. Il y avait déjà eu des
questions là-dessus. Et là c'est une évolution, une amélioration, la création
d'un deuxième palier qui vise à supporter plus de familles. Là, on n'est pas
dans le... Pour ce qui est des motifs, là, je ne vois pas de controverse.
M. Barrette :
M. le Président, je ne cherche pas la controverse. Je cherche d'abord des
réponses pour préciser la pensée du ministre qui répond par d'autres choses
parfois. Il vient de nous dire, M. le Président, il vient de nous dire qu'on
est arrivés à un compromis, et il vient de nous dire que ce compromis,
essentiellement, visait à aider plus de familles. On est tous heureux de ça.
Alors, un compromis, là, ça veut dire que ce n'est pas l'ensemble de l'oeuvre potentielle. Dans le cas présent, ce
n'est pas 40 000 enfants. Il y a donc un frein. Et il l'a dit
lui-même, ce n'est pas 40 000.
Alors, si c'est un compromis, là, ça veut dire qu'il y a une demande qui a été
faite, et il y a des recommandations qui ont été faites, et une décision
a été prise. Elle a été prise sur quoi, finalement?
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Bien, je suis un peu surpris de cette discussion, mais ce
n'est pas tellement...
M. Barrette :
M. le Président, il devrait savoir, le ministre, que, quand j'arrive, c'est toujours
surprenant.
M. Girard
(Groulx) : Non, non, c'est mieux que ça, c'est toujours plaisant.
Le Président (M. Simard) :
Très bien. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Mais je me croirais, encore une fois, de retour au club de
débat du cégep du Vieux Montréal. Mais c'est avec plaisir que je... Mais, à la
question, parce qu'on dirait que vous cherchez comme un cadre hyperformel comme
de... Par exemple, je vais aller au... On a annoncé la date du prochain budget.
Il y aura diverses mesures dans ce budget, et vous comprendrez que l'analyse
reliée à ces diverses mesures implique plusieurs professionnels de grande
qualité des différents ministères du gouvernement.
Alors,
ce n'est pas nécessaire d'avoir une lettre de mandat du ministre et
d'avoir un rapport d'un comité spécial pour chaque mesure fiscale qui
est élaborée dans le cadre de la politique fiscale du gouvernement. Alors, il y
avait un motif : aider plus d'enfants. On a pris des gens avec une
expertise pertinente, notamment, je présume, ceux qui avaient travaillé sur la
mesure du précédent gouvernement, qui avait amené à la création du palier en
question. Et là ces gens-là ont travaillé, ont fait une recommandation, et la recommandation
a été appliquée.
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le député.
M. Barrette :
M. le Président, ayant été non pas aux Finances mais faisant
partie des ministères
qui ont eu à traiter de ce sujet-là, je sais
très bien comment cette demande-là se fait, très bien. J'aimerais l'entendre du ministre. Il vient de nous dire que son motif était d'aider plus
d'enfants, de familles. C'est ça qu'il vient de dire. Je le cite correctement.
M. le Président, est-ce que je le cite correctement? La question est au
ministre, là. Ce n'est pas à vous que je pose la question. Est-ce que le
ministre peut nous dire si je viens de le citer correctement?
Le Président (M.
Simard) : Très bien. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Bien, vous avez répété intégralement ce que j'ai dit.
Barrette : Parfait. J'ai
répété intégralement ce qu'il a dit, c'est-à-dire que son motif était d'aider plus d'enfants.
M. Girard
(Groulx) : Oui, vous me citez correctement.
Barrette : Pourquoi n'a-t-il
pas choisi d'aider tous les enfants? Ça, c'est sa décision. Ce n'est pas la
décision des gens de Retraite Québec. Les gens de Retraite Québec, leur souhait le plus profond, c'est, sans aucune
équivoque, d'aider tout le monde. Ça, c'est clair. Si on demande à Retraite
Québec : Faites-nous des critères, là, hein, puis des critères dégressifs
qui vont faire en sorte qu'on va déterminer un montant pour aider tout le monde,
ils vont le faire. Et savez-vous quoi, M. le Président? Ils vont bien le faire.
Alors, si le motif du ministre est d'aider plus de familles, d'enfants, de
parents, pourquoi il a choisi de ne pas aider tout le monde?
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
Girard (Groulx) : Bien, puisque nous sommes dans la catégorie des
enfants handicapés nécessitant des soins exceptionnels, alors nous avons
voulu tirer une ligne à quels sont les enfants qui nécessitent des soins exceptionnels. Et nous avons créé un deuxième palier,
c'est-à-dire que les enfants nécessitent des soins exceptionnels mais ont moins
de limitations.
M. Barrette : M. le Président, ça,
c'est ce qu'il a fait. Moi, je lui demande pourquoi il a fait ça, et il ne me
répond jamais. Je vais continuer à poser la question. Il nous a dit qu'il y en
a 40 000. Il nous a dit que, d'après lui, il n'y a personne qui n'en
voulait pas plus, d'aide. Tout le monde en veut plus. Et il nous a dit qu'il
avait choisi d'arrêter à quelque part. Il a qualifié, nommé son arrêt comme
étant un compromis. Alors, pourquoi il est arrêté? On veut juste savoir ça.
Pourquoi est-il arrêté? On ne lui demande pas si le monde est content. On ne
lui demande pas s'il faisait beau. On ne lui demande pas si lui, il est
content. On lui demande simplement pourquoi il est arrêté là.
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Mais
j'émettrais l'hypothèse, M. le député de Robert-Baldwin, et je vais répondre à
votre question que nous savons maintenant pourquoi nous avons commencé par le
projet de loi n° 42.
M. Barrette : M. le Président, c'est
quoi, le rapport?
Le Président (M. Simard) : On va
laisser poursuivre le ministre dans sa réponse, parce qu'il faisait...
M. Girard (Groulx) : Non, non...
M. Ciccone : ...35.6°, là, je veux dire, pourquoi on dit ça, on impute une
façon du pourquoi... parce que M. le député pose des questions qui ne font
pas l'affaire du ministre... fait en sorte que, maintenant, il est capable de
déterminer pourquoi on a commencé le projet de loi... C'est de notre faute,
finalement? C'est ce que le ministre veut dire? C'est ce qu'il dit,
sous-entend?
Le Président (M. Simard) : Très bien.
Vous avez fini votre appel au règlement?
M. Ciccone :
C'est ce que j'entends, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Très bien.
Alors, M. le ministre, veuillez poursuivre, s'il vous plaît.
M. Girard (Groulx) : Alors, M. le
député de La Pinière, parce que les ressources sont limitées, voilà pourquoi
nous sommes...
M. Barrette : Quelles ressources?
M. Girard (Groulx) : Les ressources
de l'État.
M. Barrette : Et c'est-à-dire... On
parle ici de ressources, le qualificatif?
M. Girard (Groulx) : Bien, les...
M. Barrette : Les ressources...
M. Girard (Groulx) : Les revenus de
l'État...
M. Barrette : Les revenus.
M. Girard (Groulx) : ...sont
limités, et les missions de l'État sont diverses, alors nous avons arrêté...
nous avons tiré une ligne parce que c'est l'allocation des ressources que nous
pouvions faire pour les enfants nécessitant des soins exceptionnels.
M. Barrette : Ah! 45 minutes
pour se faire dire qu'on a fait un choix qui a été limité par l'argent qu'on
avait disponible ou qu'on choisissait de mettre là-dedans. Alors, il y a de
l'argent disponible, vous en avez beaucoup et vous avez choisi d'arrêter en quelque
part. Vous avez choisi, si vous le dites clairement comme ça maintenant. C'est
dans les annales : Nous avons fait le choix d'arrêter à un moment donné
parce que c'est le montant, les ressources financières qu'on a choisi de mettre
là-dedans. On a choisi de ne pas aider les 40 000, on a choisi d'en aider...
Est-ce que c'est 2 000 plus 4 000 ou c'est 2 000 plus
2 000, en passant, là, parce que ce n'était pas clair, ça?
M. Girard (Groulx) : 2 000 plus
4 000.
M. Barrette : Bon, on a choisi d'en
aider 6 000, mais pas 40 000, sur la base de choix budgétaires faits
par le ministre des Finances. N'est-ce pas le cas?
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Mais le rôle du ministre des Finances est nécessairement de
faire des choix budgétaires. Alors, oui, mais c'est certain que
différents scénarios ont été étudiés avec différentes implications financières.
Et je pense que l'introduction du deuxième palier a... puis je sais que vous ne
voulez pas que je parle des... ce que vous avez appelé la météo ou la température,
mais, je pense, a été bien reçu par les parents. Ça veut dire qu'il y avait
quand même une certaine adéquation entre les demandes, les attentes des parents
et ce que nous avons livré.
M. Barrette : M. le Président, on
précise la chose, et je vais continuer à préciser la chose. Alors, ici, on a un
ministre... Est-il correct de dire que le ministre des Finances, de concert
avec son sympathique, et je le dis de façon ironique,
collègue à la Famille, a demandé à Retraite Québec de modifier les paramètres
d'éligibilité sur la base d'une limite budgétaire? N'est-ce pas ça qui
s'est passé?
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Girard (Groulx) : Il y a toujours
des limites budgétaires, M. le député de La Pinière, les ressources sont
limitées. Par définition, il y a toujours des limites budgétaires.
Barrette : Bon. Alors, votre grande création, là, par rapport à ce que
nous avions fait avant, était de disposer de plus d'argent pour en faire
un petit peu plus. Ce n'est pas un grand exploit, mais c'est clair que les gens
qui ont reçu l'aide sont contents. On vient d'établir ça, là. Et, si je donnais
la parole à Retraite Québec, si je consentais, puis ce n'est pas nécessaire,
c'est clair qu'ils me diraient : Bien oui, on a eu la commande d'ajuster
les paramètres jusqu'à hauteur de tant. Est-ce que le ministre peut nous dire
au moins ça? Oui, on a demandé de modifier les paramètres pour inclure plus de
monde, et voici essentiellement le budget qu'on vous donne. N'est-ce pas à peu
près comme ça que ça s'est passé?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Bien, je vous dirais qu'il y avait eu plusieurs discussions
avec les parties prenantes et qu'il y avait des demandes, et qu'il y
avait des évaluations préliminaires. Alors, avant que les travaux se fassent,
il y avait déjà un estimé de ce que pourrait coûter la création d'un deuxième
palier.
M. Barrette : M. le Président, c'est
bien évident qu'il y avait une évaluation de ça, là, il n'y a pas de surprise
là. Le ministre nous répond à l'envers de la question que je lui ai posée. Je
ne lui demande pas, là, s'il y avait des évaluations. Je lui demande :
N'est-ce pas le cas que le ministre a dit, avec son collègue, à Retraite
Québec «ajustez les paramètres, on veut mettre tant d'argent de plus, il
faut que ça fitte là-dedans»?
Et le curseur
est arrêté, là, le compromis, là, au montant d'argent et non à la sévérité des
problèmes de l'enfant.
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Girard (Groulx) : Je vous
confirme que ce n'est pas le cas. Le ministre n'a pas exigé que ça donne un
chiffre précis.
M. Barrette : Alors, M. le Président,
le ministre, là, il vient de nous dire le contraire de ce qu'il a dit. On aime
ça parce qu'il y a une limite. Il nous l'a dit lui-même, qu'il y avait une
limite. Alors, ce qu'il nous dit, là, c'est que le montant d'argent induit par
la nouvelle dépense, il est infini. Bien non, il n'était pas infini, il nous
l'a dit. Qu'il n'essaie pas de nous dire maintenant qu'il n'y avait pas de
limite, il y en a une.
Là, je fais exprès, là, je vais le dire au
ministre, là, je fais exprès de le remettre constamment dans la même affaire
pour qu'il le répète, et le répète, et le répète. Il pourrait dire une fois
pour toutes : Oui, c'est vrai, on a changé les critères. On avait une
quantité d'argent, puis on a ajusté ça, puis c'est arrêté là. Il peut-u le
dire? Ça réglerait ça, on passerait au sujet suivant.
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Non, mais je
n'ai aucun problème à vous dire tout ce qui est vrai et ce que j'ai fait, je
suis vraiment un homme transparent. Mais je n'ai pas donné de directive à nos
experts d'arriver à un chiffre précis, je regrette. Si je l'avais fait, je vous
le dirais.
Barrette : M. le Président, je vais retirer mon propos. Ce n'est pas vrai que le ministre n'est
pas transparent, mais c'est vrai
qu'il ne l'est pas instantanément. Alors, M. le Président, là, est-ce que
le ministre peut nous dire dans le micro
que, dans la démarche qu'il a faite, à un moment donné, là, il y a une ligne
qui a été tracée dans le sable, et la ligne, là, hein, le primum movens — je le
sais, qu'il a fait son cours classique, lui aussi, là — le
primum movens, là...
M. Girard (Groulx) : Je ne l'ai pas
fait, mon cours classique.
M. Barrette :
C'est-tu vrai? Ce n'est pas grave, il doit connaître la signification de ça...
M. Girard (Groulx) : Mon père a fait
son cours classique.
M. Barrette : Oui, bon. Bien, le
primum movens, M. le Président, c'était la quantité d'argent disponible. Il ne
peut pas me dire le contraire de ça, là. À un moment donné, là, si Retraite
Québec était arrivée puis aurait dit : Voici ce qu'on peut faire pour les
40 000, est-il raisonnable, M. le Président, de conclure que le ministre
aurait dit : Non, je n'ai pas l'argent pour faire ça? Est-ce que ça serait
raisonnable de penser ça, M. le Président?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Peut-être... pour mes deux collègues, vous pouvez arrêter
d'écrire, je vais... vous pouvez relaxer,
là, je ne pense pas qu'il y ait de réponse exacte à cette question. Non, je
veux juste être bien clair, parce qu'on est dans la transparence intertemporelle non instantanée, là, je n'ai
pas donné de directive d'arriver à un chiffre précis pour des objectifs
budgétaires. Il y avait des demandes des parties prenantes, des gens concernés,
il y avait eu des estimés qui avaient déjà été faits dans le passé, il y avait
un programme existant perfectible qui était... c'était connu que nous voulions
bonifier le programme existant, d'où la création d'un deuxième palier, d'où les
clarifications associées à ce qui est
maintenant le premier palier. Et le comité est arrivé avec une recommandation,
que j'ai acceptée.
M. Barrette : Et, M. le Président,
le ministre, je vais répéter ce qu'il a dit. Il m'a dit, en s'adressant à moi,
que, «vous savez, M. le député de La Pinière, nous avons des ressources
limitées».
M. Girard (Groulx) : Oui, ça, je
l'ai bien dit, là.
M. Barrette : Bon. Les ressources
limitées, c'est le moteur de la phrase suivante : Nous n'aiderons pas les
40 000 parce que nous limitons les ressources dans ce dossier-là à
x montants.
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Girard
(Groulx) : En fait, c'est mieux que ça, M. le député de La Pinière,
nous avons aidé tous les enfants du Québec en bonifiant l'allocation
famille, nous sommes allés plus large. Vous auriez aimé que nous bonifiions
tous les enfants handicapés, nous avons choisi d'aider l'ensemble des enfants
du Québec.
M. Barrette : Est-ce que le
ministre, M. le Président, considère que certains enfants handicapés n'ont pas
de besoins supérieurs à la moyenne des enfants non handicapés du Québec?
M. Girard (Groulx) : Le ministre ne
considère pas cela.
M. Barrette : Le ministre considère
que les enfants handicapés ont des besoins supérieurs aux enfants en moyenne au
Québec?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Barrette : ...point
d'interrogation.
M. Girard (Groulx) : Peut-être que
je serais d'accord avec cet énoncé général.
Barrette : Très bien.
Donc, quand il me répond, M. le
Président : Soyez heureux, M. le député de La Pinière, on a aidé tous les enfants du Québec,
mais on ne les a pas aidés à la bonne hauteur, parce que, oui, je le
considère — il l'a dit — qu'ils
ont des besoins supérieurs à la moyenne, mais on a fait le choix de ne pas les
aider à la hauteur appropriée, c'est tous
des choix budgétaires. C'est dur la vie de ministre, là, mais c'est le fun de
savoir la vraie pensée qu'il y a derrière. Moi, je l'ai toujours dite,
ma vraie pensée.
Maintenant, on va revenir au programme. On va
revenir au départ, M. le Président. Est-ce que le ministre se rappelle comment...
les circonstances dans lesquelles ce programme d'aide là est né?
M. Girard (Groulx) : Non.
M. Barrette : Non. Je vais raconter,
moi, une petite histoire qui est bien le fun. Tout le monde la connaît. Vous l'avez
vue, vous aussi, j'en suis convaincu. Ça va vous rappeler des souvenirs. Vous
rappelez-vous la fois que je suis allé à Tout le monde en parle ?
M. Girard (Groulx) : Pas du tout,
non.
M. Barrette : C'est dommage. Je vais
vous le rappeler. Vous autres, les autres?
M. Girard (Groulx) : Non, non, mais
je veux juste clarifier. Je n'étais pas en politique. J'étais apolitique et je
n'écoutais pas...
M. Barrette : C'est une bonne idée.
Alors, une fois, je suis invité à...
M. Girard (Groulx) : ...je
n'écoutais pas Tout le monde en parle parce que vous y étiez à
l'affiche.
M. Barrette : Une fois, je suis
invité à Tout le monde en parle , et des fois, quand on va à Tout le monde
en parle , il y a des surprises. Et ma surprise était d'avoir assises à côté
de moi trois personnes qui étaient des gens dévoués qui vivaient des situations
difficiles, une situation de parents lourdement handicapés, O.K.? Et, bon, j'ai
été interpelé sur le sujet. J'ai pris la balle au bond, et on a créé ce
programme-là, on l'a créé... la première mouture, ce que vous appelez le
premier palier. Moi, je trouve qu'on a fait une maudite bonne affaire.
Si vous voulez savoir de quoi on parle, allez
voir votre collègue de Soulanges. Elle était une des trois à cette émission-là.
Elle disait qu'elle ne pouvait pas quitter la maison. J'ai pris ça, moi. J'ai
dit : C'est dramatique, ça ne se peut pas, il faut faire quelque chose. On
a fait quelque chose. D'ailleurs, on peut dire aujourd'hui que votre collègue,
elle est là à cause de notre programme. Bon.
Le programme a été fait avec Retraite Québec. Et
nous avions — nous
avions comme tout le monde, tous les gouvernements — des ressources
limitées. Il n'y a pas de magie dans un gouvernement. Les ressources ne sont
pas infinies. M. le Président, est-ce que le ministre est d'accord pour dire
que les ressources ne sont jamais infinies?
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien, dans le
contexte de finances publiques, oui.
Barrette : Bon, bien c'est juste... Bien, même dans le contexte du
reste, là, il n'y a rien d'infini, là. La seule chose qui est infinie,
c'est l'infini, puis on n'y va jamais jusqu'au bout, là. Ça n'arrive pas, là.
M. Girard (Groulx) : Ça, est-ce que
c'est dans le cours classique aussi?
Barrette : Non, je veux dire, c'est une vérité de La Palice, là,
ça fait
partie de ce qu'on appelle communément des lapalissades, que tout le monde est capable de comprendre. Alors, on
l'a fait, là, avec Retraite Québec. Alors, est-ce que le ministre peut
nous parler des critères initiaux du programme?
M. Girard (Groulx) : Bien, je pense
qu'au bénéfice de tous on pourrait demander à Retraite Québec de nous décrire
le programme.
M. Barrette : Avant de penser à
Retraite Québec, j'aimerais savoir si le ministre est capable de nous décrire
les grandes lignes initiales du programme d'aide aux enfants qui souffrent de
problèmes exceptionnels. J'imagine que le ministre s'informe avant d'allouer
des ressources, là.
M. Girard (Groulx) : On parle de
limitations absolues dans les habitudes de vie.
M. Barrette : Oui. Déclinons, parce
qu'il y en a... Ça, c'est un titre, ça.
M. Girard (Groulx) : Nutrition,
déplacements, communication. Je cherche les autres habitudes de vie.
M. Barrette : Il y en a sept.
M. Girard (Groulx) : Pardon?
M. Barrette : Il y en a sept.
M. Girard (Groulx) : Voulez-vous
nous les donner?
M. Barrette : Non. C'est vous qui
êtes le ministre.
M. Girard (Groulx) : O.K. Bien, je
vais vous trouver les sept.
Barrette : Alors, avant qu'on vous les donne, on peut commencer par
les premières. Allons-y, la première que vous avez.
Girard (Groulx) : J'ai donné...
Le Président (M.
Simard) : Toujours, bien sûr, en s'adressant à la présidence. Donc, M.
le ministre, à vous la parole.
M. Barrette :
...donner un exemple simple de ce à quoi ça correspond.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Alors, M. le ministre, à vous la parole.
M. Girard
(Groulx) : Prise des repas, utilisation des accessoires pour boire et
manger.
M. Barrette :
Alors, ça, M. le Président, là, ça, là, ça veut dire que l'enfant handicapé
n'est pas capable de manger seul. Quand on est lourdement handicapé et qu'on a
ça, c'est lourdement handicapé. Pas capable de manger seul. Deuxième.
Le Président (M.
Simard) : Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Soins personnels.
M. Barrette :
Soins personnels, M. le Président.
M. Girard
(Groulx) : Hygiène corporelle, hygiène excrétrice, habillage, prise de
médicaments.
M. Barrette :
Voilà! Je ne serai pas graphique ce matin, mais tout le monde comprend ce que
ça veut dire. Il n'est pas capable, l'enfant, de faire ça. C'est sérieux.
Troisième.
M. Girard
(Groulx) : Déplacements. Déplacements sur de courtes ou longues
distances à l'intérieur et à l'extérieur, utilisation d'aide technique pour les
réaliser.
M. Barrette :
L'enfant, M. le Président, n'est pas capable de se déplacer. Il ne se lève pas
pour aller vous serrer la main. Il ne se lève pas pour aller prendre un verre
d'eau. Non, non, il ne fait rien de ça seul. Pas capable. C'est lourd. Suivant.
M. Girard
(Groulx) : On va nommer les sept?
M. Girard
(Groulx) : O.K. Communication. Échange d'information avec l'entourage
au moyen de la parole et du langage, incluant la compréhension, l'expression
des besoins et la conversation, l'audition et la vision.
M. Barrette :
Est-ce que le ministre a une image de ça?
M. Girard
(Groulx) : L'incapacité de communiquer.
M. Barrette :
Il n'est pas capable. Il y a des enfants qui ne peuvent pas s'exprimer, pas un
mot, ils ne voient pas, ils n'entendent pas ou une combinaison de. C'est grave.
Suivant.
M. Girard
(Groulx) : Relations interpersonnelles. Relations avec l'entourage,
capacité à créer des liens.
M. Barrette :
Impossible de socialiser pour son handicap. Suivant.
Girard (Groulx) :
Responsabilités. Prise de responsabilités selon l'âge, respect des consignes de
sécurité, comportement logique et sensé, résolution de problèmes de la
vie courante, respect des règles de vie.
M. Barrette :
Un enfant sévèrement handicapé qui a de la difficulté à respecter... ce n'est
pas drôle, c'est très sérieux, c'est clair. Je pense qu'il en reste un dernier.
M. Girard
(Groulx) : Éducation. Développement intellectuel, apprentissages
préscolaires et scolaires.
M. Barrette :
Difficultés, c'est clair. Est-ce que, selon le ministre, il peut nous dire s'il
réalise que... Est-ce qu'il sait si l'enfant, pour avoir accès au financement,
doit avoir tout ça ou une
partie de ça?
M. Girard
(Groulx) : Bien, trois, c'est : limitation dans trois habitudes
de vie, trois de ces...
M. Barrette : Trois critères.
M. Girard (Groulx) : Trois critères.
M. Barrette : Alors, un enfant qui
n'est pas capable de socialiser et qui a des troubles comportementaux, qui n'est pas capable de manger tout seul et qui n'est
pas capable de faire son hygiène personnelle, ça, c'est un enfant qui est très sévèrement handicapé. Ce n'est pas drôle.
Ce n'est pas drôle pour l'enfant, ce n'est pas drôle pour les parents.
Dites-moi, dans ces critères-là... Mais, avant
que je vous pose la question, on va faire un pas derrière. Qui fait
l'évaluation de ça?
Le Président (M. Simard) : Alors, on
continue de s'adresser à la présidence.
M. Barrette : M. le Président.
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre, à vous la parole.
M. Girard (Groulx) : Un comité de
médecins.
M. Barrette : Non, pas seulement de
médecins. De divers professionnels, dont des médecins. Est-ce qu'on considère que
ces gens-là, là, qui voient ces enfants-là à tous les jours ont l'expertise
nécessaire pour faire l'analyse?
Le Président (M. Simard) : Merci, M.
le député. M. le ministre.
M. Barrette : C'est oui, la réponse.
M. Girard (Groulx) : Oui, bien sûr.
M. Barrette : Bon, très bien. Alors,
le ministre de la Famille a dit à plusieurs reprises que ce programme-là était
tout croche et fait sur le coin d'une table. Est-ce que le ministre considère
que ce qu'il a devant lui, ça a été fait tout
croche et sur le coin d'une table? Il l'a dit à plusieurs reprises, il s'est
levé en Chambre, il nous a traités de crétins consumés, il ne pouvait
pas le dire, mais c'était clair dans sa tête.
Le Président (M. Simard) : Je pense
que, là, M. le député...
M. Barrette : Vous avez raison, M.
le Président, je vais retirer mes paroles.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci.
M. Barrette : M. le Président, le ministre
de la Famille s'est levé en Chambre pour nous dire que c'était fait tout croche
sur le coin d'une table. Ces mots-là ont été prononcés. Je pose une question
très simple au ministre : Ce qu'il voit
là, est-ce que c'est tout croche et fait sur le coin d'une table? Parce que,
s'il me dit oui à ça, là, il dit ça aussi aux gens de Retraite Québec.
Le Président (M. Simard) : Bien. M.
le ministre, à vous la parole.
M. Girard
(Groulx) : Non seulement
moi, je ne dis pas ça, mais je ne me souviens même pas d'avoir entendu
ça en Chambre. J'étais... Là, on est dans la même législature, là, la même
législature dans laquelle je suis avec vous?
M. Barrette : Dans la même
législature. Faites-vous-en pas, quand vous dites des affaires, là, on les
entend puis on s'en rappelle.
M. Girard (Groulx) : Je n'en doute
pas, mais moi, j'écoute aussi en Chambre, là, tout comme vous, et puis je n'ai
pas entendu le ministre de la Famille dire ça.
M. Barrette : ...je vais demander...
Le Président (M. Simard) : Attendez,
M. le député de La Pinière. Là, la parole est au ministre.
Le Président (M. Simard) : On va
éviter de parler un par-dessus l'autre pour la bonne compréhension des débats
et la transcription de ceux-ci. M. le ministre, à vous la parole.
Girard (Groulx) : Bien, j'avais terminé.
Le Président (M.
Simard) : Bon. M. le député.
Barrette : Alors, M. le Président, selon nos règles, le ministre a l'obligation de prendre la parole, et, dans le
cas présent, là, je l'invite à ne même pas se poser de question, là. Ça ne se
peut pas que personne ne l'ait pas entendu de leur côté. Nous, on s'en
rappelle, toute la gang. «Tout croche», «coin de table», là, ça a été prononcé.
Alors, la question
que je pose... Et là il faut qu'il prenne la parole, là. Je veux bien faire un...
suspendre, là, puis qu'on aille chercher le verbatim, je peux le faire, mais ça
a été dit, M. le Président. Je pose une question bien simple au ministre. Ce qu'il m'a lu, là, et ce que je lui ai
expliqué un peu plus graphiquement, là, est-ce qu'il considère
que c'est du coin de table et tout croche?
M. Girard
(Groulx) : Non.
Barrette : Parfait. Est-ce qu'il considère, M. le Président, que les critères qui sont là permettent
d'identifier clairement des enfants lourdement handicapés?
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Bien, c'est l'objectif.
M. Barrette :
Non, non. Est-ce qu'il considère que ce qu'il vient de lire sont des critères
qui permettent d'identifier clairement et précisément, et je vais être plus
clair, par une expertise externe et non politique des enfants sévèrement
handicapés? La réponse, c'est oui ou c'est non, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Pouvez-vous juste répéter la question avant de vous donner
un oui ou non?
Barrette : Bien, avec
plaisir, M. le Président, avec plaisir. Est-ce qu'il considère que les
critères qu'il voit devant lui, qu'on a lus, que j'ai commentés pour
qu'il ait une compréhension claire de ce qu'il lisait, nous permettent
d'identifier des enfants qui sont lourdement handicapés, selon le programme, le
premier palier?
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Oui, ces critères sont légitimes.
M. Girard
(Groulx) : Légitimes.
Barrette : Légitimes. Donc,
ils sont... Les critères sont toujours légitimes, M. le Président. Il n'y a pas
de critère illégitime. Alors, est-ce que ça fait le travail que ça
devait faire, ça permet d'identifier des enfants lourdement handicapés, oui ou
non?
Le Président (M.
Simard) : ...bien. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Bien, c'était l'objectif, et on a gardé les mêmes critères.
Ce qu'on a créé, c'est un deuxième palier.
M. Barrette :
M. le Président, ma question, elle est simple : Oui ou non, ce qu'il a
devant lui, qui était le premier palier, faisait le travail qu'il était censé
faire? Oui, non.
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Bien, est-ce qu'il faisait le travail, oui ou non?
M. Barrette :
Est-ce qu'il permettait d'identifier des enfants lourdement handicapés pour
leur donner ainsi accès au programme, au financement?
M. Girard
(Groulx) : Bien, c'était son objectif.
M. Barrette :
Est-ce que c'est...
M. Girard (Groulx) :
Alors, oui, il le permettait.
M. Barrette : Ça
le permettait. Donc, c'est oui, la réponse.
M. Girard (Groulx) : C'était
l'objectif, et, oui, il avait besoin de clarifications. Puis, comme j'ai dit
tantôt...
M. Barrette : Bien, non, non, non,
on n'est pas là, M. le Président. Je demande au ministre une question
claire : Est-ce que ces critères-là étaient des critères... Bien, je vais
le formuler différemment. Il a l'air... Il attend la formule qui va le rendre
confortable. Est-ce que c'étaient des critères sérieux, précis, appliqués avec
la plus grande expertise pour permettre d'identifier des enfants lourdement
handicapés? Oui, non.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Barrette : Oui. Bon. Très bien. Alors donc, le ministre, maintenant,
nous dit que son collègue de la Famille a peut-être, et probablement,
et, dans mon cas, sûrement dit n'importe quoi. Le programme... Ça, là, M. le
Président, là, il y a un programme qui a été mis en place avec des critères
clairs à être identifiés, M. le Président, dans son application, et il nous
confirme que ces critères-là étaient sérieux et faisaient ce que ça avait à
faire.
Le Président (M. Simard) : Évidemment,
à ce stade-ci, je nous rappelle l'importance d'être prudents dans nos propos.
M. le ministre, veuillez poursuivre.
M. Girard (Groulx) : Bien là, ça
fait à peu près quatre fois que je réponds à la même question, là. Vous m'avez
demandé, essentiellement, si les sept critères sont pertinents, et j'ai répondu
oui.
M. Barrette : Très bien. Juste par
acquit de conscience, on en a trouvé une, des deux citations, verbatim, M. le
Président. Selon lui, sous le gouvernement précédent, le programme — guillemets — «avait
été dessiné sur le coin d'une table, retardant d'autant les échéances». Juste
pour son confort intellectuel.
Alors, M. le Président, alors, il a été dit...
Le ministre a dit, en réponse à un certain nombre de questions que j'ai posées,
qu'il y avait des corrections... — je m'excuse, là, il faudrait que je
prenne le bon mot, là, je l'ai pris en note — des clarifications sur le
premier palier. Des clarifications. Puis, il y a quelques minutes, je pense
qu'il a dit «corrections». Est-ce que le ministre peut m'indiquer, là, pour le
premier palier, qu'est-ce qui n'était pas correct?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre...
M. Barrette : Puis, en même
temps, je l'invite à se tourner vers les gens de Retraite Québec, là, parce que
ces critères-là, ce n'est pas moi qui les ai inventés, là, quand j'étais
ministre de la Santé, là, c'est Retraite Québec. Alors, moi, j'aimerais bien
qu'on m'explique quels sont les éléments, dans le premier palier, qui n'étaient
tellement pas bons qu'il fallait amener des clarifications et/ou des
corrections.
M. Girard (Groulx) : En fait,
la principale correction, puis merci... Je pense que vous ne voulez pas que
j'utilise des experts pour répondre, là?
M. Barrette : Non, non, non.
Écoutez, là, M. le Président, là, juste de même, entre vous puis moi, là, on
sort d'un bâillon, on aimerait bien savoir ce qu'il y a dans la tête du
ministre. Parce qu'on ne l'a pas su à l'entrée du bâillon, ce qu'il y avait dans la tête du ministre de l'Éducation. Là,
ça serait le fun d'avoir ce qu'il y a dans l'esprit du ministre en
titre.
Le Président (M. Simard) :
Merci. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : O.K. «Ainsi, à l'instar du deuxième palier, l'âge minimal
pour qu'un trouble des fonctions mentales soit reconnu passe de quatre à
deux ans.» C'est ce qui a été changé.
M. Barrette :
M. le Président, j'ai posé une question claire, claire, claire. Plus claire que
ça, c'est impossible. Le ministre peut-il m'indiquer, dans le premier
palier, qu'est-ce qu'il y avait à clarifier et/ou corriger? Le ministre me répond par un critère du nouveau palier, le
deuxième. Le ministre de la Famille nous a dit que c'était fait tout croche
sur le coin d'une table, il fallait tout revoir.
Alors là, M. le Président, là, c'est ça, ma
réponse... ma question, là. Le premier palier tout croche fait sur le bord
d'une table, là, dont le ministre en
titre actuellement devant moi me dit qu'il
fallait apporter des clarifications et/ou des corrections, il peut-u me dire
qu'est-ce qui a été changé?
Alors, M. le
Président, je demande formellement au ministre de me déposer un tableau, à
gauche, ce qu'il y avait, puis un
tableau, à droite, ce qu'il y a maintenant pour le premier palier pour qu'on
puisse voir ce qui a changé. Il est-tu capable de me déposer ça? Pour le
premier palier.
Le Président (M. Simard) : Je
vous remercie, M. le député. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : On peut certainement vous déposer un tableau. Mais je veux
juste bien clarifier que, pour le premier palier, ce qui a changé, c'est :
«À l'instar du deuxième palier, l'âge minimal pour qu'un trouble des fonctions
mentales soit reconnu passe de quatre à deux ans.»
M. Barrette : M. le Président,
ça, je pourrais débattre longtemps pour simplement dire que, pour pouvoir
appliquer le deuxième palier et ne pas être discriminatoire par rapport au
premier, il faut mettre ça. Le premier palier, le critère était correct.
Mais je vais
lui expliquer, au ministre, M. le Président, pourquoi il était correct. Il
était correct parce qu'il a été convenu, avec l'expertise des gens qui
sont à Retraite Québec, qu'avant un certain âge les manifestations cliniques
qui font en sorte qu'une personne est lourdement handicapée ne se sont pas
encore exprimées. Donc, le handicap que l'on connaît à six ans n'est pas aussi
lourd à six mois. C'est simple de même. Et ça, n'importe quel expert va venir
vous expliquer ça.
M. Girard (Groulx) : ...puisque
je ne suis pas... Allez-y.
M. Barrette : ...je vais
répéter.
M. Girard (Groulx) :
Répétez-le, c'est pertinent.
M. Barrette : Un handicap va
s'exprimer à un certain âge d'une façon plus explicite, complète. Un handicap
dont un enfant est porteur à six mois va avoir une expression moins lourde qu'à
six ans.
M. Girard
(Groulx) : O.K. Merci.
M. Barrette : Je donne un
exemple trivial. À trois mois, là, que l'enfant ne soit pas capable de marcher...
il ne marche pas à trois mois, là. Il n'y a
pas d'enfant qui marche à trois mois, là. On s'entend? C'est une image, c'est
ça que ça veut dire. Quand vous mettez un deuxième palier, vous n'avez
pas le choix de mettre un âge différent parce que vous rentrez d'autres
critères.
Alors, je répète ma question : Quels sont
les critères du premier palier qui n'étaient pas bons, coin de table, tout
croche? Je peux-tu le savoir? J'aimerais ça. Le ministre s'est levé en Chambre
pour nous dire ça. Pas le ministre des Finances, le ministre de la Famille,
tonitruant, grosse voix, se lève, rit du monde, badang! Ah! excusez-moi, M. le
Président.
Le Président (M. Simard) : Non,
M. le député de La Pinière, quand même, là, écoutez... Non, mais c'est la globalité, l'ensemble de l'oeuvre, là. Ce n'est
pas la première fois que je vous rappelle à la prudence. Là, je comprends
que vous avez retiré vos propos. Et je vous invite à nouveau à la plus grande
des prudences d'ici la fin de nos débats. Merci, M. le député de
La Pinière. Aviez-vous terminé votre question? Merci beaucoup. M. le
ministre.
M. Girard
(Groulx) : Malheureusement, je n'ai pas entendu de question dans le
précédent énoncé. Oui, allez-y, s'il vous plaît, avec plaisir.
M. Barrette :
Quels sont les éléments, dans le premier palier, qui demandaient à être corrigés? Il n'y en a pas.
M. Girard (Groulx) : L'élément du
premier palier qui a été corrigé, c'est l'âge minimal pour qu'un trouble de
fonction mentale soit reconnu qui est passé de quatre à deux ans.
M. Barrette : Alors, M. le Président,
j'ai expliqué à quel point cet élément-là était un élément qui était absolument
accessoire. Et le ministre nous confirme, par son absence d'exemple, que le
travail qui avait été fait avait été fait correctement.
Maintenant, on arrive au deuxième palier. Est-ce
que le ministre peut nous indiquer les nouveaux éléments qu'il y a ou est-ce
qu'il y a seulement un âge qui a changé?
Le Président (M. Simard) : Très
bien. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Alors, dans le
palier 1, on parlait de trois habitudes de vie ou trois limitations dans
les sept critères que nous avons...
M. Barrette : Dont vous avez hérité.
M. Girard
(Groulx) : Dont nous avons discuté ensemble. Et, pour ce qui est du
palier 2, il s'agit d'une habitude de vie limitée de façon absolue
plus une autre habitude de vie limitée de façon grave ou absolue.
M. Barrette :
Bon. Alors, M. le Président, ne trouvez-vous pas ça maintenant intéressant, M.
le Président? Vous n'êtes pas obligé de répondre à la question. Mais ce que le
ministre vient de nous dire, là, c'est que les critères n'ont
pas changé. Dans le premier palier, il y avait des critères, il en fallait
trois. Dans le deuxième palier, il en faut deux, un complet puis un partiel,
c'est ce que j'ai compris. Est-ce que le ministre peut nous répéter ça?
M. Girard
(Groulx) : Oui. Vous voulez que je vous répète le deuxième palier?
M. Girard
(Groulx) : O.K. «Une habitude de vie limitée de façon absolue plus une
autre habitude de vie limitée de façon grave ou absolue.»
M. Barrette :
Parfait. Toujours selon une expertise externe.
M. Girard
(Groulx) : Exact.
M. Barrette :
Bon. Alors, on part, M. le Président, de trois critères... Je recommence. Et
que le ministre me corrige, je lui demande de me dire si ce que je vais dire
est correct. Nous avons établi des critères. Nous avons décidé, dans le premier
palier, pour les mêmes raisons que lui, de donner accès au financement s'il y
avait trois des critères. Maintenant, dans
le deuxième palier, ce sont les mêmes critères pour lesquels on ne demande pas
la présence des trois mais bien d'un dans l'absolu et un deuxième
partiel. Est-ce que ce que je viens de dire, M. le Président, c'est la
réalité?
Le Président (M.
Simard) : M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Même que je pourrais aller plus loin que ça, je pense que
ça vous ferait plaisir : les sept critères n'ont pas changé.
Barrette : Bon, oui, ça fait
plaisir. Alors là, ça simplifie une chose. Alors, M. le Président, ce qui était tout croche,
fait sur le coin d'une table a été gardé intégralement. N'est-ce pas
merveilleux? Ça, c'est le ministre de
la Famille. C'était tout
croche, on a gardé les mêmes critères, le ministre vient de le dire. Je le
remercie pour sa transparence instantanée, exceptionnelle.
M. Girard
(Groulx) : Transparence, point.
M. Barrette :
Exceptionnelle. Mais on a changé les critères d'inclusion de trois à 1,5,
mettons, là, parce que ce n'est pas deux dans l'absolu. Puis on a changé l'âge,
j'allais oublier celui-là.
M. Girard
(Groulx) : Je ne l'ai pas oublié, lui, mais...
Barrette : Mais on s'entend,
là, j'ai clairement donné l'explication. Pourquoi, M. le Président? Pourquoi? Parce que ça nous amenait au curseur qu'avait décidé
le ministre, parce que les ressources sont limitées. Est-ce que l'affirmation
que je viens de faire là est fausse?
Le Président (M.
Simard) : Je vous remercie, M. le député. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Elle est partiellement vraie. Les ressources sont limitées,
cette portion de votre énoncé est vraie. La portion qui concerne le curseur que
le ministre aurait imposé est fausse.
M. Barrette :
O.K. Alors, les gens de Retraite Québec ont décidé d'arrêter là d'eux-mêmes?
Quand ils ont fait, là... quand ils ont regardé les mêmes critères, parce
qu'ils étaient bien faits, les critères de Retraite Québec, quand ils ont fait la modulation en passant de
trois à un virgule une portion, quand ils ont fait ça, là, si ça avait amené
les 40 000 enfants dans l'accès à la mesure, le ministre
aurait dit oui? Rappelez-vous de ça, Retraite Québec, le pouvoir que vous avez, là, c'est infini, là. Ce n'est pas
le pouvoir infini du câble, là, c'est le pouvoir infini de Retraite Québec.
M. Girard
(Groulx) : Est-ce qu'il y avait une question?
M. Barrette :
Oui, il y avait une question. Vous auriez dit oui?
Le Président (M.
Simard) : Très bien, merci. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Non, je vais vous demander de préciser la question. Je suis
désolé.
M. Barrette :
Je vais la répéter, parce que, dans ce cas-ci... puisque le ministre ne semble
pas avoir saisi la question, je vais la répéter.
M. Girard
(Groulx) : Non, le ministre n'a pas saisi la question.
M. Barrette :
Très bien. Donc, Retraite Québec, là, ils étaient autonomes, s'ils avaient
modulé leurs critères pour faire en sorte qu'à la fin ça inclue les 40 000,
le ministre aurait dit oui.
M. Girard
(Groulx) : Non. Je vous ai mentionné plus tôt qu'il n'y avait pas
seulement Retraite Québec, il y avait le ministère des Finances, le
ministère...
M. Barrette : C'est ce que je dis.
M. Girard (Groulx) : Pardon?
M. Barrette : C'est ce que je dis.
Le Président (M. Simard) : Chers
collègues, d'abord, on va continuer la bonne habitude de s'adresser à la
présidence de part et d'autre de cette table. M. le ministre, à vous la parole.
M. Girard
(Groulx) : C'est juste difficile géographiquement, là, parce que
j'écoute monsieur, puis vous n'êtes pas dans mon champ de vision.
Le Président (M. Simard) : Je
comprends. Que voulez-vous, la table est ainsi faite.
M. Barrette : On peut changer si
vous voulez, là.
M. Girard
(Groulx) : Non, mais il faudrait juste qu'on soit dans... qu'on soit
plus rapprochés, tout simplement.
Alors, je répète, des experts du ministère des
Finances, Santé et Services sociaux, Retraite Québec ont été impliqués. Il y
avait d'autres parties prenantes, bien sûr, les parents, les principaux
concernés, comités de médecins. Et ces gens-là ont fait des travaux et ont fait
une recommandation, une recommandation au ministre des Finances qui, lui, est
le gardien des ressources limitées, la portion de votre énoncé qui était vraie,
et qui a décidé d'accepter la recommandation qui lui a été proposée.
Le Président (M. Simard) : Très
bien, merci. M. le député.
M. Barrette : Alors, M. le
Président, c'est toujours intéressant d'avoir une réponse comme celle-là parce
que ça ouvre toujours plein de portes.
Alors, je le remercie de m'ouvrir ces portes-là. Comment peut-on, dans une
période de 1 h 30 min,
là, arriver puis dire : J'ai des ressources limitées, tous les parents
veulent en avoir plus, c'est vrai, acceptez l'argument que ça n'existe
pas un parent de handicapé, là, qui ne veut pas avoir plus de ressources.
Comment on peut mettre ça dans une même phrase et en même temps de ne pas dire
qu'à un moment donné il y a eu une décision qui a été prise en fonction du
budget?
Le ministre
nous dit : On a consulté les parents, on nous a fait des recommandations.
Est-ce que vraiment il y a des parents qui ont recommandé de ne pas
donner des ressources additionnelles aux 34 000 autres? Est-ce que le
ministre pourrait nous déposer le tableau ou le document des recommandations
qui lui ont été faites de la part de ces différentes instances là?
M. Girard (Groulx) : Non. Comme je
vous dis, associé à tous les travaux, puis je vous ai donné l'exemple du
prochain budget, là, on étudie une panoplie de mesures, et il y a différentes
personnes qui travaillent, et je n'ai pas un mémoire à déposer sur chaque
élément de politique fiscale qui est étudié.
M. Barrette : Alors, M. le
Président, est-ce que le ministre va être d'accord si je dis qu'à un moment
donné il a eu à prendre une décision avec ses collègues, mais la décision elle
vient de lui, là, à la fin, là. Il a eu à prendre une décision qui incluait
l'élément budgétaire et qui avait comme conséquence de limiter l'attribution de
ces sommes additionnelles là à un nombre qui est celui que l'on a aujourd'hui.
M. Girard (Groulx) : Bien, je vous
rappelle dans quel contexte nous étudions le premier sujet, celui d'une bonification de l'allocation famille pour tous les
enfants du Québec de moins de 18 ans. Alors, oui, il y a eu des choix
budgétaires. Nous avons décidé d'aider tous les enfants et les enfants nécessitant
des soins exceptionnels.
Barrette : Alors, M. le Président, il y a un donc un choix budgétaire
qui a amené une limitation. La limitation est d'origine budgétaire. Elle n'est pas d'origine des paramètres des
critères du programme, c'est bel et bien budgétaire. Et je vais aller
plus loin, M. le Président, vous savez, si le ministre veut vraiment faire
preuve de transparence, il peut très bien
nous déposer ses tableaux, ses recommandations. Ça va être intéressant de le voir. On a beaucoup
d'information actuellement, là.
Alors, deux questions. Un, encore une fois,
pourquoi il ne les dépose pas? Deuxièmement, est-ce qu'il nous confirme encore
une fois que le 6 000, c'est une limitation d'abord et avant tout d'ordre
budgétaire?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Non, je ne vous confirme pas que le 6 000 est avant
tout une considération budgétaire.
M. Barrette : M. le Président, et
les documents?
M. Girard (Groulx) : Je n'ai pas de
document à déposer sur ce sujet, comme je vous ai dit.
Barrette : Alors, M. le Président, le ministre, a contrario, est-ce
qu'il nous dit aujourd'hui que, si Retraite Québec aurait fait des
recommandations qui touchent les 40 000, ça aurait été un oui automatique?
M. Girard (Groulx) : Ce n'aurait pas
été un oui automatique.
M. Girard
(Groulx) : Parce que le but était de bonifier les enfants nécessitant
des soins exceptionnels, et, par définition,
dans la catégorie des enfants handicapés, tous les enfants handicapés ne nécessitent pas les soins exceptionnels
basés sur les critères que nous avons établis.
Barrette : Bon. Alors, M. le Président, les autres enfants handicapés, eux autres, ce sont des handicaps de
deuxième classe?
M. Girard (Groulx) : Je n'ai
vraiment pas dit ça, là.
M. Barrette : Bien, M. le Président,
si on choisit une
partie et pas l'autre... Le ministre dit dans la même séance,
dans la même séance, il l'a dit, que, des parents d'enfants handicapés, là, ça
ne se peut pas qu'ils n'en demandent pas plus. Il nous dit que les besoins de
ces enfants-là sont plus grands que la moyenne, il choisit de ne pas les
inclure. Il y a un élément, là, qui est arbitraire, d'aucuns pourraient dire
discriminatoire, mais qui... Il pourrait me dire que c'est obligé à cause de
ses ressources. Qu'il dise donc... Qu'il nous dise aujourd'hui qu'il a arrêté
le curseur à un endroit parce qu'il y avait un enjeu budgétaire.
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Je pense que je pourrais résumer votre énoncé en disant que
j'ai fait preuve de jugement.
Barrette : Alors, le jugement ici étant : je choisis de ne pas
diriger plus d'argent vers une certaine catégorie d'enfants handicapés?
M. Girard (Groulx) : C'est-à-dire
que les choix que nous avons faits, qui nous amènent ici, au projet de loi
n° 42, c'est de bonifier l'allocation famille pour l'ensemble des enfants
de moins de 18 ans qui vivent au Québec et de bonifier, en créant un
deuxième palier, les montants pour les enfants nécessitant des soins
exceptionnels.
M. Barrette : M. le Président, je ne
prête pas une intention, mais, juste comme ça, est-ce que le ministre aurait
pris la même décision qu'il a prise aujourd'hui, qu'il prend aujourd'hui s'il
avait été dans la même situation budgétaire que nous?
M. Girard (Groulx) : C'est une
question qui n'est pas pertinente.
Barrette : Ah! bon, elle n'est pas pertinente, c'est correct. Alors,
M. le Président, je vais la poser différemment. Lorsqu'on nage dans les
surplus comme la CAQ nage dans ses surplus, est-ce qu'elle n'aurait pas pu
faire un effort supplémentaire?
M. Girard
(Groulx) : Alors, juste pour... est-ce que vous voulez que je vous
clarifie votre énoncé? Est-ce que vous
voulez que je réponde à la portion... Est-ce que, M. le Président, le député de
La Pinière aimerait que je réponde à la portion sur l'effort
supplémentaire ou «nage dans les surplus»?
Le Président (M. Simard) : ...député
de La Pinière.
Barrette : M. le Président, le point d'interrogation, là, la question,
elle était à la fin de la phrase. La première
partie était un constat, donc il
n'a pas à répondre à ça, et la deuxième était une question, là il a à répondre
à ça.
Président (M. Simard) : Alors, M. le ministre, la parole est à vous,
et vous répondez comme bon vous semble.
M. Girard
(Groulx) : Merci, M. le Président. Alors, bon, je vais préciser les
orientations de notre gouvernement, les
choix qui ont été faits. Alors, nous visons principalement à augmenter le
potentiel économique du Québec, améliorer les services en santé et en
éducation, remettre de l'argent aux contribuables, et une des façons qui a été
choisie pour remettre de l'argent aux contribuables était
la bonification de l'allocation famille pour tous les enfants. Quant à la
situation des enfants handicapés, il y avait une demande légitime d'augmenter
le soutien aux enfants handicapés nécessitant des soins exceptionnels, c'est ce
que nous avons fait.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Girard (Groulx) : C'étaient les
choix que nous avons faits.
Le Président (M. Simard) : Merci, M.
le ministre. Alors, compte tenu de l'heure, nous allons suspendre nos travaux
jusqu'à 16 heures approximativement. Serons-nous dans la même... nous
serons dans la même salle. Au plaisir de vous y retrouver.
(Suspension de la séance à 12 heures)
Le Président (M. Simard) : Très bien.
À l'ordre, chers collègues. Je constate que nous avons quorum. Nous pouvons
donc reprendre nos travaux.
Je vous rappelle que la commission est réunie
afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 42, Loi donnant
suite à des mesures fiscales annoncées à l'occasion du discours sur le budget
du 21 mars 2019 et à certaines autres mesures.
Au moment de
suspendre nos travaux, ce midi, nous étions à l'étude du bloc 1
s'intitulant Supplément pour enfant handicapé
nécessitant des soins exceptionnels, et la parole était à vous, M. le ministre.
Y aurait-il d'autres interventions?
M. Girard (Groulx) : Non.
Le Président (M. Simard) : M. le
député de La Pinière.
M. Barrette :
Ça m'étonne parce que le sujet que j'avais abordé, il me semble, appelle une
réponse un petit peu plus élaborée,
et je vais revenir à la question que j'avais posée. Il me semble que de
répondre non à la question, c'est court, bien, «non», c'est très court,
juste trois lettres initiales. Alors, la question que j'ai posée était
simple : N'y a-t-il pas un côté discriminatoire lorsque, face à une
problématique humaine de cette catégorie-là, on choisit de limiter l'aide à une
partie de l'ensemble des gens qui sont l'objet de cette problématique humaine
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Est-ce que vous
aimeriez que Retraite Québec vous explique les critères ou...
M. Barrette : Non, puisque...
M. Girard (Groulx) : Non? Ça va?
M. Barrette : ...nous en avons fait
le tour ce matin.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Barrette : Et je pense que
le ministre... grâce à la lecture qu'il a faite lui-même et à quelques
explications assez claires que j'ai données, je pense qu'il a compris,
alors... Et, puisque je suis à l'origine desdits critères qui sont maintenant
des bons critères, alors qu'ils étaient farfelus, tout croches et déboutants
précédemment, ce qui était vexatoire pour les gens de Retraite Québec, bon, maintenant,
on a rectifié les choses, alors je pense qu'on n'a pas besoin de revenir là-dessus.
Mais les critères pour définition, est-ce que le ministre essaie de me dire que
les critères ne sélectionnent personne, il n'y a pas une fonction de sélection
dans les critères?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : En fait, j'ai
vraiment... puis je m'excuse, puis ce n'est pas par manque de respect, mais je
n'ai rien à ajouter, là, on a eu cette discussion-là à plusieurs reprises ce
matin, là. Il y avait un désir de faire plus pour les enfants handicapés
nécessitant des soins exceptionnels, c'est ce que nous avons fait.
Le Président (M. Simard) : Bon,
merci. M. le député.
M. Barrette : Ce que je comprends du
ministre, c'est qu'il y avait donc un choix. Est-ce que le ministre me dit que
ce qu'il vient de me dire n'était pas un choix?
Le Président (M.
Simard) : M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Non, le ministre
ne vous dit pas ça.
M. Barrette : Ce n'était pas un
choix? À ce moment-là, je vais lui demander quel est...
M. Girard (Groulx) : Le ministre ne
vous dit pas qu'il ne vous a pas dit que ce n'était pas un choix.
M. Barrette : Ah! Donc, c'était un
choix. Non, je la trouve bonne, par exemple. Elle est bonne, c'est vrai. Donc,
c'était un choix. Je suis content de générer du plaisir chez le ministre, ça va
être bon le reste de l'après-midi.
M. Girard (Groulx) : Il y a eu un
choix. Il y a une notion de choix dans les ressources limitées.
M. Barrette : Un choix dans les
ressources limitées.
M. Girard (Groulx) : Dans
l'allocation des ressources limitées, M. le Président.
Barrette : Ah! M. le Président, j'accepte la précision. C'est vrai, l'allocation des ressources
limitées. Est-ce que c'est
l'allocation qui est limitée, ou les ressources qui sont limitées, ou les deux?
Je pense qu'au bout de la ligne, là, il y a une limitation.
Alors, le choix, par définition, est-ce qu'il
existe des choix qui ne sont pas discriminatoires?
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Bien, vous
semblez beaucoup vouloir mettre... et là je n'utiliserai pas le mot «emphase» parce qu'une de
vos collègues va twitter que ce n'est pas français, alors...
M. Barrette : M. le Président,
est-ce qu'il peut m'expliquer ça, parce qu'emphase, si ce n'est pas français,
ce n'est pas mal pour moi parce que je l'utilise, moi aussi, là.
M. Barrette : C'est un anglicisme?
M. Girard (Groulx) : C'est un
anglicisme. Je l'ai déjà utilisé, puis une vos collègues m'a corrigé.
Barrette : Bien, M. le Président, je remercie le ministre de me
corriger parce que je l'ai utilisé moi-même abondamment dans ma vie.
Le Président (M. Simard) : Alors,
revenons... À l'ordre, s'il vous plaît! M. le ministre, à vous la parole sur
l'enjeu dont il est question.
M. Girard
(Groulx) : Non, non, mais ce n'est pas non pertinent de connaître ce
qui est un anglicisme puis ce qui ne l'est pas, là, on en bénéficie
tous.
Mais il y a eu des choix, puisque vous être dans
la notion de choix, d'allocation de ressources, c'est-à-dire que nous avons
fait une mesure extrêmement populaire : bonifier l'allocation famille pour
l'ensemble des enfants de moins de 18 ans, et il y a eu un choix de
bonifier les suppléments pour enfants handicapés nécessitant des soins
exceptionnels avec la création d'un deuxième palier pour inclure plus de
personnes dans cette catégorie.
M. Barrette : Bon. Alors, M. le
Président, là, si je comprends bien le ministre, on est parti d'une sélection
qui était plus serrée avec le premier palier, il y a eu un questionnement, il y
a eu un choix qui a été fait, qui nous a amenés à un deuxième palier. Ce
faisant, sur les 40 000, on a choisi d'arrêter à 6 000. Et on a
laissé les autres de côté, sachant, parce que le ministre nous l'a dit ce
matin, que les autres ont des besoins qui sont supérieurs aux enfants qui ne
sont pas handicapés. Et, comme le ministre nous l'a dit ce matin, bien sûr, de
ces besoins-là, il aurait été justifié de leur donner une aide supplémentaire.
Donc, il y a un choix ici de donner une aide aux plus lourds des plus lourds,
les plus sévères des sévères, aux sévères, et, les autres, on les laisse avec
la catégorie de ceux qui n'ont pas de handicap.
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Je trouve que
le député de La Pinière a trouvé les mots justes. Nous avons décidé d'aider les
très sévères et les sévères. C'est pour ça que nous avons créé un deuxième
palier.
Barrette : Alors, M. le Président, d'avoir aidé les très sévères, ce
n'était pas tout croche, point d'interrogation?
Girard (Groulx) : Bien, moi, je n'ai jamais dit ça, là.
M. Barrette :
Mais, M. le Président, si le ministre a entendu ou lu dans les médias que
c'était tout croche, ça ne l'était donc pas?
Girard (Groulx) : Juste peut-être une précision pour ceux qui nous
écoutent. Il y a un montant de base pour les enfants handicapés et il y... le gouvernement précédent avait créé ce qu'on appelle maintenant le premier palier,
les enfants nécessitant des soins
exceptionnels. Et, nous, ce qu'on a fait, c'est clarifier le premier palier et
créer un deuxième palier. Mais tous les enfants handicapés reçoivent un
supplément par rapport à l'allocation famille, par exemple.
M. Barrette :
M. le Président, je pense qu'on établit clairement qu'il y a eu un choix et
que, par définition... il y a eu un choix
qui, par définition, est discriminatoire. Est-ce que le ministre, qui est un
homme de chiffres, connaît le concept de discriminant, n'est-ce pas?
Girard (Groulx) : Je connais le concept, et là ce sera plus qu'un
anglicisme, mais une expression anglaise, de «choice economics». Et,
oui, il y a eu un choix, M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
Il y a donc eu... je ne dis pas que c'est négatif, il y a quand même eu une
discrimination.
M. Girard
(Groulx) : Il y a quand même eu un choix, pour utiliser vos termes.
M. Barrette :
Qui, par définition... M. le Président, je vais prendre un exemple simple. J'ai
un sac de billes. Il y en a des vertes, des rouges et des bleues. Je mets les
billes sur la table, j'enlève les bleues et je remets toutes les autres dans le
sac. J'ai fait une discrimination. C'est ça, un discriminant. J'ai dit :
O.K., c'est une bille, elle est bleue, je la sépare des autres que je remets
dans le sac. C'est un choix. Dans le cas présent, les billes sont toutes
pareilles, sauf la couleur.
Dans le cas des
handicapés, c'est une autre affaire. Il y a eu un discriminant, une
discrimination. Je ne le dis pas positivement ou négativement, je dis qu'il y a
eu un choix. On a tracé une ligne à quelque part. Je pense qu'on peut dire
aujourd'hui sans se tromper que le ministre, par ses réponses, a dit que
c'était une limitation induite par l'allocation limitée des ressources
limitées. Mais il y a eu ça. Donc, l'élément le plus important dans sa démarche
était le budget.
M. Girard
(Groulx) : Était quoi? Excusez, j'ai manqué.
M. Barrette :
Le budget, les sous.
M. Girard
(Groulx) : Non, mais je ne suis pas... Je suis en désaccord, M. le
Président, parce que, si ça avait été juste une question de sous, on n'aurait
pas eu besoin d'avoir plusieurs spécialistes qui travaillent, réfléchissent sur
cette question. Et il y a eu de nombreuses rencontres et il y a vraiment eu des
efforts d'améliorer la situation des enfants nécessitant des soins
exceptionnels.
Quant au jeu de
billes, je n'ai pas de commentaire supplémentaire, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Merci.
M. Barrette :
Ça tombe bien, M. le Président, parce que je pense ne pas avoir posé de
question sur les billes, et de l'avoir utilisé, l'argument, uniquement pour
illustrer le propos.
M. Girard
(Groulx) : C'est juste.
Barrette : Voilà. Alors, M. le Président, est-ce que... Le ministre a
constaté, M. le Président, que le premier palier pouvait générer, chez
la famille, le parent... Des fois, vous savez, c'est des situations très
dramatiques, là, on sait par l'expérience
que souvent, pas toujours mais souvent, ces situations-là mènent à des
séparations, puis des parents se retrouvent seuls, en général ce sont
des mères, évidemment, qui se retrouvent seules, pas toujours, mais ça arrive.
Alors, est-ce que le ministre peut me dire, là, pour les sévères, là, le
palier 1, quel est le montant qui est alloué dans cette situation-là?
Le Président (M.
Simard) : M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Je vais devoir vous demander de repréciser votre question,
M. Barrette :
O.K. M. le Président, lorsqu'un parent suit le protocole qui est disponible sur
l'Internet... Tout ce dont on a parlé est sur l'Internet, sur son site, Régie
des rentes, rentes Québec, là, c'est tout là. C'était là il y a cinq ans,
là, c'est encore là aujourd'hui. Lorsque la mère monoparentale qui est la mère
d'un enfant sévèrement handicapé entend de
son entourage : Il y a un programme au gouvernement, suit le chemin
approprié, cette personne-là devait avoir une allocation qui est de
tant, quel est le tant, a-n-t?
Le Président (M.
Simard) : M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : 978 $ par
mois. Ça, c'est le palier 1, bien sûr. N'est-ce pas?
M. Girard (Groulx) : O.K. Puis là je
vais donner le palier 2, 652 $.
M. Barrette : Bon. Alors, ça fait
plus de 10 000 $ dans un cas, là, évidemment, là, quasiment
12 000 $, là, puis, dans l'autre, ça fait à peu près
8 000 $. On fait des chiffres ronds, là, juste des chiffres.
M. Girard (Groulx) : Oui, O.K., ça
M. Barrette : 12-8. Bon. Ce
chiffre-là, là, il sort d'où? Le 12? Le 8? Pourquoi on est arrivé à ça?
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Girard (Groulx) : Est-ce que vous
permettez que... Est-ce qu'on a quelqu'un qui peut répondre à ça?
M. Barrette : Vous pouvez suspendre
et puis revenir, ça ne me dérange pas, là.
M. Girard (Groulx) : Bien, je vais
vous demander si on peut faire témoigner une experte.
M. Barrette : Non, mais j'aimerais
mieux, le ministre, que vous me donniez vos réponses plutôt que...
M. Girard (Groulx) : Mais, attendez,
je vais vous offrir une alternative, vous pourrez la refuser si vous voulez.
Le Président (M. Simard) : Alors, on
va suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à 16 h 21)
Le Président (M. Simard) : À
l'ordre, s'il vous plaît! M. le ministre, à vous la parole.
M. Girard
(Groulx) : Alors, j'ai consulté les personnes qui sont avec nous, et,
en fait, on dit que le 12 000 $, puisque c'est ce qu'on a
arrondi, là, puis il ne faut pas oublier qu'il y a, évidemment, le 198 $
par mois de base, là, pour les enfants handicapés, auquel s'ajoute le
palier 1, 978 $, palier 2, 652 $, on me dit que ça
s'approche... et c'est où l'ordre de grandeur est inspiré de ce qu'une personne
handicapée adulte sur l'aide sociale obtient.
M. Barrette : O.K. Voilà un concept
intéressant. Le ministre, M. le Président, vient de vraiment, là... Puis je
remercie l'équipe d'avoir pris le moment... le temps d'expliquer au ministre ce
que son programme fait et pourquoi il le
fait. Alors là, ici, on a fait le lien avec ce qu'une personne adulte recevait.
Est-ce que, M. le Président, le ministre s'est fait expliquer par son
équipe qu'on parlait ici d'une personne adulte sur l'aide sociale normale, sans
handicap?
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Girard (Groulx) : Non, avec
handicap.
M. Barrette : Je doute de ça, mais
mettons. O.K. Mettons...
M. Girard (Groulx) : Voulez-vous
qu'on le...
M. Barrette : Non, non, non, vous
pouvez vous consulter, là, si vous le voulez, allez-y.
M. Girard (Groulx) : Non, non, mais
c'est avec handicap. C'est l'information qu'on m'a donnée.
M. Barrette : Tous les handicaps?
M. Girard (Groulx) : Tous les
handicaps, handicapés.
M. Barrette : Vous êtes sûrs de ça?
Girard (Groulx) : Bien, c'est le montant...
M. Girard
(Groulx) : Bon, parfait. Au moment de l'instauration, en 2016, on
visait s'approcher du montant qu'une personne handicapée obtient sur l'aide
sociale.
M. Barrette :
Alors, M. le Président, c'est intéressant. Pourquoi on a établi ce montant-là
pour l'adulte dit handicapé, selon l'appréciation du ministre?
M. Girard
(Groulx) : En fait...
Une voix :
C'est le gouvernement précédent, là.
M. Girard (Groulx) :
En 2016, qui est-ce qui a suggéré ça? Je vous retournerais la question.
M. Barrette :
Non. M. le Président, on est en commission parlementaire. On nous reproche,
nous, de faire du temps. J'essaie de faire du temps constructif, le temps constructif
étant de comprendre la démarche intellectuelle du ministre et pour... ceux et
celles qui nous suivent puissent, justement, suivre. Moi, je n'ai pas, M. le
Président, à m'expliquer, là. «Been there, done that», battus à l'élection,
bon.
Alors là, est-ce que
je peux savoir ce que le ministre pense aujourd'hui? Le ministre des Finances, M. le
Président, là, il devrait être au fait de certains paramètres dans la société,
à moins que son rôle ne soit que de mettre des chiffres dans des colonnes de chiffres.
Je ne diminuerai pas sa fonction en disant ça. Alors, ne le diminuant pas et ne
souhaitant pas le diluer... le diminuer, je lui demande, pour lui, il fait
référence à quoi, ce chiffre-là?
Girard (Groulx) : M. le Président, je pense que nous sommes au sujet 1, qui vise l'adoption d'une
mesure fiscale, qui est le supplément pour enfant handicapé, et nous
avons un amendement sur l'allocation famille, et je ne vois pas pourquoi je
devrais répondre à des questions sur les montants qui ont été déterminés en
M. Barrette :
Alors, si je prends au pied de la lettre l'argument du ministre, M. le
Président, ce qui a été fait a été fait, a
été, donc, par définition, donc, bien fait, puisqu'il n'y a pas lieu de
réfléchir à sur ce sur quoi c'est devenu. C'est quand même quelque
chose.
Moi, d'entendre un
ministre des Finances qui a la responsabilité de l'allocation de toutes les
sommes perçues auprès des citoyens et des entreprises et donc de faire des
choix budgétaires... si le ministre me dit qu'il n'y a pas lieu de réfléchir à
ça, «Houston, we have a big problème», là.
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Mais, en fait, ce que nous avons adressé, c'était ce qui
était...
M. Barrette :
M. le Président, ça aussi, c'est un anglicisme.
M. Girard
(Groulx) : Ah! oui. C'en est un, ça aussi.
Le Président (M.
Simard) : La parole est au ministre. M. le ministre.
Girard (Groulx) : Non, non,
mais c'est correct. Je lui accorde puisque c'est juste. S'il m'avait interrompu
pour une fausseté, j'aurais été... Je lui accorde.
M. Barrette :
Vous avez mis la table, M. le Président, le ministre a mis la table, je me
sers.
Girard (Groulx) : Alors, je
tiens à dire qu'on répond à une demande. Je vais recadrer la discussion
en chiffres ronds : 40 000 enfants handicapés,
2 000 enfants nécessitant des soins exceptionnels, des demandes de
parents d'enfants handicapés pour un élargissement du programme, de la
définition des enfants nécessitant des soins exceptionnels, et la création d'un
deuxième palier visant à rendre à une
partie de l'ensemble du 40 000 vers
la catégorie plus restreinte des enfants nécessitant des soins exceptionnels.
Alors, c'est ce que nous avons fait, M. le Président.
M. Barrette :
M. le Président, je ne conteste pas. Ça, on le sait, c'est de ça qu'on parle.
On parle de ça, ça fait que le ministre me dit de quoi on parle. On parle de
ça, c'est clair.
Mais moi, je pose une
question, au ministre, très simple : Le chiffre vient d'où? L'essence de
la signification du chiffre — ce qui, en soi, est un pléonasme — ça
sort d'où? Pourquoi c'est important? Bien, parce que ça rend là un intérêt, une finalité. Et cette finalité-là,
qu'est-ce qu'on voit, M. le Président? Le ministre l'a dit lui-même : Ce n'est pas le même montant
dans le deuxième palier. Ah! pourquoi ce n'est pas le même montant? Alors donc,
le chiffre a un sens, puisque... une signification, pas
juste un sens, il y a une finalité, puisque le deuxième palier génère un autre
chiffre plus petit. Et peut-être, M. le Président, que, s'il y avait un
troisième, un quatrième puis un cinquième palier, il y aurait des chiffres
dégressifs. Il est fort à parier que ce serait le cas. Mais le chiffre le plus
élevé, là, pourquoi il est là? Le ministre nous dit : Parce que c'est ce
qu'on donne aux personnes handicapées sur l'aide de dernier recours. Pourquoi
on a déterminé ce chiffre-là? Il est sorti d'où, ce chiffre-là?
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Et c'est le chiffre qui a été... c'est la référence qui a
été choisie lors de la création du programme, en 2016.
M. Barrette :
Oui, mais, M. le Président, j'essaie de voir si le ministre a une idée de la
raison pour laquelle ce chiffre-là existe.
Le Président (M.
Simard) : Merci bien, M. le député. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Je n'ai pas d'information supplémentaire à donner au député
de La Pinière.
M. Barrette :
Est-ce que le ministre n'a pas d'information parce qu'il ne le sait pas ou
est-ce que les gens autour ne peuvent pas lui dire puis... Je ne veux pas
mettre en cause les gens autour, oubliez cette partie-là de ma question. Mais
le ministre n'a pas d'idée? C'est un chiffre arbitraire, de même, là?
Le Président (M.
Simard) : M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Je n'ai pas de réponse supplémentaire, là. Si vous voulez
me fournir du matériel pour la discussion, je veux bien écouter, là.
M. Barrette :
Est-ce qu'il y a là un enjeu social?
M. Girard
(Groulx) : C'est ça, l'information additionnelle?
M. Barrette :
Non, c'est une question additionnelle.
M. Girard
(Groulx) : Bien, juste pour être clair, là, le sujet de discussion, la
création du deuxième palier, O.K... Là, vous me posez des questions sur la
valeur absolue du premier palier. Le sujet de discussion, O.K., parce qu'on
parle de l'omnibus fiscal relié au dernier budget, la mesure qui a été amenée,
c'est la création d'un deuxième palier et la
bonification de l'allocation famille. Avez-vous des questions
sur ces deux mesures fiscales du dernier budget?
M. Barrette :
Je ne fais que poser des questions là-dessus, M. le Président, et j'essaie de
circonscrire un certain nombre de concepts pour qu'on comprenne bien le choix budgétaire
du ministre. Le ministre nous dit, là, il nous a dit maintenant clairement que
le premier palier est un bon palier, était bien fait, était très bien fait,
ainsi que la finalité, qui était le montant, au total, d'à peu près
18 000 $, grosso modo, là. Ça remonte à ça, l'ensemble de l'oeuvre. Est-ce
que le ministre peut nous confirmer que, grosso modo, là, en consultant... à
moins qu'il ne le sache lui-même, que, grosso modo, ça monte, en mettant tout
ensemble, là...
M. Girard
(Groulx) : ...978 $ plus 198 $ — c'est ça? — fois 12.
M. Barrette :
Le montant, là, de référence étant la personne handicapée adulte pour laquelle
on dit que c'est, point d'interrogation?
M. Girard
(Groulx) : Bien, c'est quoi, la question?
Barrette : Le point de
référence étant le montant octroyé à l'adulte handicapé, qui est de, point
d'interrogation.
M. Girard
(Groulx) : Qui est de...
M. Barrette :
Je vous demande le montant, là, c'est pour la fin de la discussion, là.
M. Girard
(Groulx) : Ah! 12 000 $.
M. Barrette :
Non. L'adulte qui est sur l'aide de dernier recours, là, le montant qu'on lui
donne est de? On vous l'a dit à l'oreille tantôt, là.
M. Girard
(Groulx) : Bien, le montant qu'on dit, c'est 12 000 $.
Barrette : Ce n'est pas «flush, flush», mais, en tout cas, peu
importe. Alors, M. le Président, la question que je cherche... à laquelle
j'essaie d'avoir une réponse, c'est assez simple, là. Le concept que j'aimerais
que le ministre aborde, là, ou réalise, c'est que, là, ici, on est dans les
seuils de pauvreté. Est-ce que toute la démarche que l'on fait, dont on discute
aujourd'hui, incluant les paliers, a un lien avec les seuils de pauvreté?
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) :
Il y a un lien, mais... il y a un lien parce que c'est... Oui, on peut dire
qu'il y a un lien. Oui.
M. Barrette :
Pardon? Je n'ai pas bien entendu.
M. Girard
(Groulx) : Oui. Votre question, c'est : Est-ce qu'il y a un lien?
Il y a un lien.
M. Girard
(Groulx) : Bien, la nécessité d'avoir des ressources pour faire face à
ces besoins.
M. Barrette :
Bon. Alors, est-ce que le ministre, M. le Président, est en train de me dire
que les montants qui sont établis sont établis pour qu'au moins ces gens-là,
dans ces situations-là difficiles, sortent de la pauvreté?
M. Girard
(Groulx) : J'aurais une question, M. le Président, il reste combien de
temps au bloc 1?
M. Barrette :
Des heures, M. le Président!
M. Girard
(Groulx) : Parce que, là, ça fait... on est sur le bloc 1 depuis
déjà trois heures, là.
Président (M. Simard) : Je
ne suis pas en mesure de vous le dire avec exactitude, mais il faut comprendre
qu'il y a au moins 20 minutes par article, plus les amendements et plus,
éventuellement, l'étude des articles par alinéa, si tant est que ce soit
demandé. Alors, il y a un bloc de temps assez imposant, je ne voudrais pas...
Le Président (M.
Simard) : On mesure le temps, oui.
M. Girard
(Groulx) : Il reste combien de temps au bloc 1?
Le Président (M.
Simard) : Je vais demander au secrétariat de le faire parce qu'étant
donné la complexité que je viens de vous énumérer...
M. Girard
(Groulx) : Alors, je suggérerais de suspendre et de passer au
bloc 2.
M. Barrette :
M. le Prési