Public Finance — 29 April 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2015-04-29
Quebec — Committees
l'entremise du plan économique que nous avons annoncé le 26 mars, nous
allons poursuivre nos actions pour que
le Québec profite pleinement de cette reprise. Les actions prévues dans ce plan
totaliseront 3,4 milliards de dollars au cours
des cinq prochaines années, dont 2,5 milliards en allégements fiscaux.
Elles entraîneront des investissements de
13 milliards de dollars dans l'économie du Québec. Plus spécifiquement, le
plan économique présente des mesures pour,
d'abord, alléger le fardeau fiscal des particuliers et des entreprises dans le
but d'encourager le travail et l'investissement, favoriser la
performance du marché du travail en assurant notamment une meilleure adéquation
entre la formation et l'emploi, stimuler l'investissement privé et favoriser le
développement économique de toutes les régions du Québec.
Notre
plan propose trois mesures qui permettront d'alléger le fardeau fiscal des
Québécois de plus de 2 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années. Dans un premier temps, la
contribution santé sera abolie graduellement à partir du 1er janvier 2017. Près de
2,1 millions de contribuables verront cette contribution complètement
éliminée dès la première année. À
terme, c'est 1,7 milliard de dollars qui retourneront dans les poches de
4,5 millions de contribuables québécois d'ici 2019‑2020.
Nous
mettons également en place un bouclier fiscal qui protégera les travailleurs
réalisant un effort additionnel de travail.
Ce dispositif permettra de limiter la perte des prestations fiscales liées à
une augmentation de leurs revenus. Cette mesure permettra d'accorder une
compensation totale de 52 millions de dollars à près de
400 000 travailleurs. Nous bonifierons
aussi, sur une période de trois ans, le crédit d'impôt à l'égard des
travailleurs d'expérience afin de les inciter à demeurer plus longtemps sur le marché du travail, ce qui est
particulièrement nécessaire dans une société vieillissante comme la
nôtre.
plan économique prévoit également une diminution du fardeau fiscal des sociétés
qui, à compter de 2019‑2020, atteindra 215 millions de dollars par
année. Pour y parvenir, le gouvernement privilégiera des mesures d'application générale rejoignant un maximum d'entreprises qui
pourront ainsi bénéficier d'une fiscalité plus compétitive. Nous
voulons, dans un premier temps, offrir aux
PME, qui sont le principal moteur de l'économie québécoise, un régime fiscal
propice à leur croissance, à
l'investissement et à la création d'emplois. À cet égard, deux mesures
entreront en vigueur à compter du 1er janvier 2017 :
d'abord, la réduction de 8 % à 4 % du taux d'imposition déjà annoncé
pour les PME manufacturières sera
élargie au secteur primaire qui comprend notamment la forêt, l'agriculture et
les pêcheries; et, deuxièmement, la réduction graduelle de 2,7 % à 2,25 % du taux de la cotisation au Fonds
des services de santé pour les PME du secteur des services.
Le gouvernement
prévoit également consacrer 51 millions de dollars au cours des cinq
prochaines années à des initiatives visant à
favoriser la relève entrepreneuriale. Nous voulons faciliter les transferts
d'entreprises familiales entre personnes liées du secteur manufacturier
et du secteur primaire, ce qui profitera notamment au secteur agricole. Le plan économique propose aussi des mesures qui
favoriseront la croissance et l'investissement pour toutes les
entreprises, dont la réduction graduelle du taux général d'imposition sur
le revenu des sociétés de 11,9 % à 11,5 %, le maintien jusqu'en 2022 du crédit d'impôt à l'investissement
relatif au matériel de fabrication et de transformation pour les
régions.
Nous intervenons
également pour que le Québec conserve sa place de chef de file dans plusieurs
domaines stratégiques ou sensibles en
agissant sur l'efficacité de certaines aides fiscales sectorielles. Nous
majorons donc le crédit d'impôt pour
la production de titres multimédias et le crédit d'impôt pour le développement
des affaires électroniques et nous bonifions le taux de certains crédits
d'impôt du secteur de la culture pour favoriser les productions originales québécoises. Le gouvernement prend également
plusieurs initiatives de nature budgétaire en faveur de la culture afin
de répondre à des besoins prioritaires,
notamment pour apporter un soutien accru aux sociétés d'État du secteur de la
culture et pour soutenir les ententes de développement culturel, et ce, dans
toutes les régions du Québec. Par ailleurs, dans le cadre du plan économique, le gouvernement maintient son appui aux fonds
des travailleurs en leur donnant les moyens nécessaires pour poursuivre leur contribution au développement
économique du Québec, en particulier dans les régions et pour favoriser
l'épargne des Québécois.
Sur un autre aspect,
le plan économique contient plusieurs mesures visant à favoriser la performance
du marché du travail. Ainsi, le gouvernement
consacrera 166 millions de dollars, au cours des cinq prochaines années, à
des initiatives qui permettront d'améliorer l'adéquation entre la formation et
les besoins des entreprises et de renforcer la participation de l'immigration au marché du travail. Des mesures
totalisant près de 125 millions de dollars sur cinq ans permettront de soutenir la formation de l'emploi.
Ainsi, le seuil d'assujettissement à la Loi favorisant le développement
et la reconnaissance des compétences de la
main-d'oeuvre, la fameuse loi du 1 %, ce seuil-là passera de
1 million de dollars à 2 millions
de dollars de la masse salariale, ce qui constituera un important, un très
important allégement réglementaire pour environ 8 000 entreprises.
nouvelles sommes sont aussi prévues pour répondre aux besoins de formation
actuels et futurs des entreprises, notamment
en donnant un rôle stratégique à la Commission des partenaires du marché du
travail. Certains programmes de formation
seront adaptés afin de mettre un accent particulier sur l'apprentissage en
milieu de travail, et le crédit d'impôt pour stage en milieu de travail sera bonifié afin d'inciter les
employeurs à recourir davantage à des stagiaires. Un nouveau programme, Objectif emploi, encouragera une plus
grande participation de la main-d'oeuvre disponible au marché du travail.
Notre gouvernement
est convaincu que l'immigration est un atout essentiel pour soutenir le
développement économique du Québec. Dans ce
contexte, le gouvernement travaille à l'élaboration d'une nouvelle politique en
matière d'immigration, de diversité et d'inclusion. Des investissements de
22,5 millions de dollars sont prévus au cours des trois prochaines années pour la mise en oeuvre de cette stratégie. Dans
un autre registre, le plan économique prévoit des initiatives totalisant 406 millions de
dollars au cours des cinq prochaines années pour stimuler les investissements
privés dans plusieurs secteurs de l'économie
québécoise. Le gouvernement investira ainsi 160 millions de dollars au
cours des prochaines années pour
notamment : mettre en place le nouveau congé fiscal bonifié pour les
grands projets d'investissement; implanter
la Stratégie québécoise de développement de l'aluminium; favoriser un nouveau
plan d'action gouvernemental en
économie sociale; appuyer le secteur de l'aérospatiale et d'autres mesures,
d'autres programmes, comme la Stratégie maritime, le Plan Nord, etc.
J'aimerais
aussi mentionner, M. le Président, que le Plan québécois des infrastructures,
donc nos infrastructures publiques,
c'est aussi non seulement quelque chose de nécessaire, mais ça contribue
également de façon importante à la croissance
économique. Et d'ailleurs nous avons vu récemment d'autres gouvernements,
d'autres chercheurs, d'autres analystes
dans d'autres États mentionner l'importance de ce type d'investissement, chose
que nous maintenons. Notre PQI, donc,
88,4 milliards de dollars sur 10 ans, c'est très important, c'est un
effort très important que nous mettons en place.
Maintenant,
permettez-moi, M. le Président, de parler un peu du budget des dépenses du
ministère des Finances pour l'exercice 2015‑2016, qui, en excluant le
service de la dette, totalise 146,9 millions de dollars. En excluant la provision concernant les revenus et la provision
pour moderniser les systèmes d'information dans le secteur de la santé,
le budget du ministère des Finances s'établit à 89,5 millions de dollars.
Il s'agit d'une baisse de 3,6 % par rapport aux dépenses de
92,9 millions de dollars au budget de 2014‑2015.
Si on regarde
un peu plus en détail, le budget des dépenses courantes, qui comprend notamment
la rémunération et les coûts de
fonctionnement, est de 63,3 millions de dollars, en baisse de près de
3 % par rapport au budget de 2014‑2015. Ces chiffres démontrent que le ministère des Finances fait sa part dans
les efforts collectifs pour redresser les finances publiques et ramener l'équilibre budgétaire. Cette
année, cette contribution provient plus particulièrement de plusieurs mesures, dont la première, ce sont des gains de
productivité annoncés en avril 2014, soit un équivalent de 2 % de la
masse salariale et de 3 % des dépenses
de fonctionnement, ce qui représente pour nous 3,2 millions de dollars.
Cet objectif sera atteint notamment
par la réduction de 3 % des effectifs, qui passeront de 574 employés à 559
employés, et finalement la renonciation
à mon budget discrétionnaire à
titre de ministre des Finances, donc 300 000 $,
et aussi en tant que ministre responsable
du Revenu, 115 000 $, donc 415 000 $ de discrétionnaire que
je n'ai plus. Comme indiqué, il est prévu que les effectifs du ministère
s'établissent à 559 employés au cours de l'année 2015‑2016.
Alors, en
conclusion, M. le Président, voilà les grandes lignes du budget de dépenses
2015‑2016 du ministère des Finances. Je conclus en réaffirmant que le
deuxième budget de notre gouvernement confirme le retour à l'équilibre budgétaire et marque la mise en oeuvre d'un plan
économique qui ramènera le Québec sur la voie de la prospérité. En bout de ligne, ce sont tous les Québécois qui en
ressortiront gagnants. Je suis maintenant disposé à répondre aux questions
de mes collègues. Merci beaucoup, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Merci, M. le ministre, de votre
présentation. Nous allons donc passer maintenant du côté du député de Rousseau, porte-parole officiel
de l'opposition. M. le député de Rousseau, vous avez un bloc de 10
minutes qui vous est accordé.
M. Marceau : Pour des
remarques préliminaires, n'est-ce pas?
Le Président (M. Bernier) :
Pour des remarques préliminaires.
M. Marceau :
Bien, je vais évidemment saluer tout le monde, là, tous les collègues députés,
M. le ministre, et les gens de son
équipe, et les gens du ministère des Finances, mais je ne prendrai pas de
remarques préliminaires. Je préfère garder mon temps pour des questions
auxquelles le ministre aura le plaisir de répondre plus tard. Merci.
Président (M. Bernier) : Merci, M. le député de Rousseau. M. le
député de Granby, vous avez également un bloc de sept minutes pour vos
remarques préliminaires, si vous le désirez.
Bonnardel : Même
chose pour moi, M. le Président. 30 secondes pour saluer la
partie
ministérielle, mon collègue de l'opposition
officielle, M. le ministre, M. Monty, tous ceux qui l'accompagnent aujourd'hui,
les gens aussi, les employés, les fonctionnaires, je pense, de
Statistique Québec qui sont ici aujourd'hui. Alors, prêt à débuter pour les
questions, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Merci, M. le député. Donc, comme,
effectivement, les gens au niveau de l'Institut de la statistique sont ici présents ce matin, je vous
invite donc, si vous avez des questions à poser au niveau de cet
organisme, de le faire ce matin. Ça va
permettre de les libérer par la suite. Donc, je vous invite à poser vos
questions à cet organisme à ce moment-ci.
M. le député de Rousseau, la paro