House Proceedings — 4 December 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
2020-12-04
Quebec — Debates (Hansard)
Mme IsaBelle : Bonjour, M.
le Président. Si vous avez déjà
dégusté un gâteau aux fruits de Noël, il y a de fortes chances qu'il provenait de la Boulangerie Grant's de Huntingdon. Si vous
avez déjà encouragé le club des Lions en achetant un des
succulents gâteaux aux fruits dans la boîte de métal, il provenait certainement de la Boulangerie Grant's.
En fait, cette
boulangerie confectionne près 180 000 gâteaux aux fruits par année,
ce qui fait d'elle l'un des plus grands fournisseurs de gâteaux aux fruits au
Canada.
Tout
a commencé dans les années 20 avec Henry Grant, qui a ouvert la première
boulangerie. Aujourd'hui, cette entreprise
en est à sa quatrième génération, avec Richard, Sarah et Ruth, qui innovent
tout en perpétuant la tradition familiale. Le succès de cette entreprise de chez nous repose sur ces hommes et
femmes qui travaillent en collaboration et qui visent la qualité du
produit et un service de qualité.
Félicitations
à la Boulangerie Grant's, qui constitue un modèle exemplaire d'une affaire de
famille de chez nous!
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Nous poursuivons avec Mme
la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Merci, M. le Président. C'est avec un immense plaisir que je souligne le
95e anniversaire de naissance de Mme Sheila Barshay Goldbloom.
Mrs.
Goldbloom is a force to be reckoned with and has a rich history, only a
fraction of which I share today.
Comme professeure de l'Université McGill, Mme Goldbloom a
grandement contribué à l'enseignement du travail social et a fait progresser le secteur associatif à maints égards. Au
cours des dernières décennies, elle a servi de mentor à de nombreux étudiants et membres du personnel
universitaire et a participé à la vie d'une multitude d'organismes, tant au
sein des communautés anglophones que francophones.
After
retiring from teaching, Mrs. Goldbloom became involved in a range of community
causes, from building bridges between
religious groups to advocating for seniors' rights. It's no coincidence that
she received the honors of the Order
of Canada and the Ordre national du Québec, and an honorary Doctor of Laws.
Mrs. Goldbloom's dedication, leadership, and family values have changed
the landscape of our province.
Mme Goldbloom, votre détermination, votre générosité et votre
dévouement sont certainement une inspiration pour nous toutes et tous.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée d'Argenteuil.
Mme Grondin :
Il est prouvé, M. le Président, que le temps passé en nature nous procure de
nombreux bénéfices, tels qu'une meilleure concentration, une diminution du
stress, une plus grande motivation et des relations plus coopératives.
Après deux ans de
travail de la part de l'école du Triolet, du centre de services Rivière-du-Nord
et de la ville de Saint-Colomban, une classe
extérieure est consacrée aux élèves. Imaginez ce tableau envoûtant, au coeur
d'un paysage forestier inspirant, quatre îlots de travail collaboratif,
accueillant une quarantaine d'élèves. À cet amphithéâtre naturel s'ajoutent une
piste d'hébertisme et une piste cyclable.
J'applaudis
cette merveilleuse initiative, qui permet d'offrir cette opportunité
déterminante, à mes yeux, pour préserver la
santé et le bonheur de nos jeunes, soit celle de stimuler leur créativité et de
cultiver leur intelligence intuitive.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je reconnais maintenant M.
le député de Vimont.
M. Rousselle :
Merci, M. le Président. Les Coureurs de boisés de Vimont-Auteuil est un club
dans Vimont. Ce club s'est démarqué en étant l'heureux récipiendaire du
prix Hosia.
Le prix Hosia, de
ville Laval, souligne l'excellent travail, l'implication et les efforts
soutenus, constants des bénévoles du club.
Je ne pouvais donc passer sous silence cette grande marque de reconnaissance et
de distinction envers les Coureurs de boisés.
Félicitations
encore une fois! Et merci à tous les bénévoles du club. Sans vous, les Coureurs
de boisés n'existeraient pas. Merci beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Bertrand.
Mme Girault : Merci, M. le Président. C'est avec fierté que je
prends la parole aujourd'hui pour souligner l'accréditation de la municipalité
de Saint-Donat, située dans mon magnifique comté de Bertrand, au statut de
Village‑relais du Québec.
42e Village-relais
du Québec, Saint-Donat s'ajoute aux villes et villages qui font rayonner
l'offre touristique partout dans les régions
du Québec. Été comme hiver, la municipalité de Saint-Donat offre une vaste
gamme d'activités de plein air et
d'expériences gastronomiques, qui peuvent combler tous les goûts. À proximité du célèbre parc national du Mont-Tremblant, les commodités et ressources
disponibles font de Saint-Donat un arrêt obligatoire pour les Québécoises et Québécois qui parcourent
notre beau territoire.
statut de Village-relais fait la fierté des Donatiennes et Donatiens, qui
accueillent déjà à bras ouverts ceux et celles qui s'y arrêtent, que ce soit pour un instant ou pour y séjourner, parce
que, M. le Président, Saint-Donat, ça vaut le détour. Merci.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé :
M. le Président, aujourd'hui, je tiens à souligner le parcours professionnel de
Me Serge Bernier, notaire bien connu à Matane.
Originaire de
Baie-des-Sables, Me Bernier a pratiqué pendant près de 40 ans. Ayant
établi ses bureaux sur ce qu'il est
maintenant permis d'appeler la côte du Notaire, Me Bernier, accompagné de
sa conjointe et dévouée collaboratrice, Johanne, a mené à bien des
milliers de dossiers.
Homme
travaillant, rigoureux et engagé dans sa communauté, il occupa diverses
fonctions au sein de la Chambre des
notaires du Québec, dont celui de vice-président du conseil d'administration.
Serge a toujours eu à coeur le développement social et économique de sa région et a toujours eu un grand intérêt pour
la politique, et particulièrement pour la politique québécoise. En ce sens, je suis convaincu qu'il
aurait fait un redoutable parlementaire à cette Assemblée. Après toutes ces
années de pratique active et d'implication dans sa communauté, Me Bernier
peut avoir le sentiment du devoir accompli.
Serge,
je tiens à te souhaiter une excellente retraite, entouré des gens qui te sont
chers, ta conjointe Johanne, ta fille Marie-Philippe
et ta petite-fille Effie. Bon succès dans tes nouveaux projets et à bientôt,
cher ami! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Je reconnais maintenant M. le
député de Beauce-Sud.
M. Poulin :
Merci, M. le Président. Même si la période des fêtes, on le sait, sera
tranquille, rappelons-nous que la musique et
les arts font beaucoup de bien. Et j'ai le goût de vous parler, aujourd'hui,
d'un artiste de chez nous, soit Maxime Landry.
Originaire de Saint-Gédéon, dans mon
comté, Maxime vient tout juste de lancer, ce n'est pas banal, son septième
album en 10 ans, soit Le party beauceron . Il rend hommage à notre
région, notre histoire et à nos valeurs.
Rapidement,
l'oeuvre s'est hissée au sommet des albums québécois les plus vendus. Et,
personnellement, il s'écoute très
bien dans l'auto ou encore en signant des cartes de Noël. Il faut dire que
Maxime est non seulement un chanteur, mais également un écrivain, où il
compte quatre livres à son actif.
Merci,
Maxime, de faire honneur à la Beauce à travers ton art. Ça nous fait du bien, et
on en a bien besoin. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. La prochaine
déclaration est pour M. le député de Sainte-Rose.
M. Skeete :
Bonjour, M. le Président. Je profite de cette déclaration aujourd'hui pour vous
parler de Thérèse Guillemette et Normand Brault.
couple, résident de Sainte-Rose a fondé, il y a 26 ans, l'organisme
Opération Père Noël. À chaque année, grâce à Thérèse et Normand, des milliers d'enfants défavorisés à travers le
Québec reçoivent du père Noël le cadeau qu'ils avaient demandé.
Pour plusieurs
familles, Noël est synonyme de festivités, d'amour et de joie, tandis que, pour
d'autres, on peut parler de moments de solitude. Alors que nous sommes durement
frappés par une pandémie, la mission d'Opération Père Noël prend tout son sens.
Dans les dernières
semaines, j'ai encouragé mes collègues ici, en cette Chambre, à contribuer à
cette magie des fêtes. Croyez-le ou non, M.
le Président, les députés de cette Assemblée ont recueilli une somme de près de
50 000 $, uniquement grâce à vous. Ayant moi-même vécu en
situation de précarité à un jeune âge, je suis très touché par la générosité de mes collègues. Alors, merci
sincèrement à vous tous. Merci beaucoup aussi à Normand et Thérèse. Et joyeuses
fêtes à tous!
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Je reconnais maintenant M. le
député de Taillon.
M. Carmant :
Merci, M. le Président. Le 3 décembre était la Journée internationale des personnes
handicapées. Pour cette occasion, je
veux rappeler que la période actuelle, marquée par la pandémie, apporte son lot
de défis pour les personnes handicapées et leurs familles.
suis fier, aujourd'hui, de vous rappeler que notre gouvernement a mis en oeuvre
plusieurs initiatives pour améliorer la
situation. Nous avons fait des investissements majeurs qui visent à mieux
soutenir les parents d'enfants majeurs handicapés, à proposer de
nouveaux modèles d'hébergement ainsi qu'à bonifier l'offre d'activités
socioprofessionnelles dans toutes les régions du Québec.
Je profite également
de l'occasion pour vous mentionner qu'un vaste chantier est actuellement en
cours au sein du gouvernement, avec l'aide
de l'OPHQ, afin de simplifier les démarches d'accès aux nombreux programmes et
services gouvernementaux destinés aux
personnes handicapées et à leurs familles. Une première réalisation concrète de
ce projet pourra s'apprécier
prochainement avec le regroupement de l'information sur tous ces programmes et services
à un seul et même endroit, sur le site Web Québec.ca.
le Président, les défis à relever demeurent importants, mais sachez que le
gouvernement continuera à travailler fort afin de rendre notre société
plus inclusive et plus solidaire. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Cela met fin à la rubrique
Déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 50)
Le Président :
Mmes et MM. les députés, bon vendredi. Prenons quelques secondes pour nous
recueillir.
Je vous remercie. Veuillez
vous asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
Nous en
sommes à la rubrique Dépôt de documents. La parole appartient à M. le leader
adjoint du gouvernement.
Caire : Merci, M.
le Président. Donc, permettez-moi de déposer, au nom de mes collègues, les
documents suivants : le plan
stratégique 2020-2023 du Tribunal administratif du logement, le rapport
sur l'état et les besoins de l'éducation 2018-2020 du Conseil supérieur de l'éducation, ainsi que les états
financiers, et les états du traitement 2019‑2020, ainsi que les rapports annuels sur la performance et la
perspective de développement des établissements d'enseignement supérieur
Polytechnique de Montréal, l'Université de Montréal, l'Université du Québec en
Outaouais, l'Université du Québec à Rimouski,
l'Université du Québec à Trois-Rivières, l'Université TELUQ, l'Université du
Québec à Chicoutimi, l'Université Bishop's,
l'Université du Québec à Montréal, l'Université Concordia, l'École nationale
d'administration publique, l'École de
technologie supérieure, l'Université McGill, l'Université du Québec, siège
social, l'Université Laval, l'Institut national de recherche scientifique,
l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, HEC Montréal, l'Université de
Sherbrooke. Merci, M. le Président.
Le Président : Ces documents
sont donc déposés.
Pour ma part, je dépose la lettre du commissaire
à la Commission de la représentation électorale du Québec, M. Serge
Courville, m'informant de sa démission, qui prenait effet le
3 décembre 2020.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, je comprends qu'il y a toujours consentement
pour que je procède à des dépôts de rapports de commissions.
Je dépose
donc le rapport de la Commission de la santé et des services sociaux qui, les
6, 7, 8 et 13 novembre 2019, a tenu des consultations
particulières et des auditions publiques dans le cadre du mandat d'initiative
sur l'augmentation préoccupante de la
consommation de psychostimulants chez les enfants et les jeunes en lien avec le
trouble déficitaire de l'attention
avec hyperactivité. La commission s'est également réunie en séance de travail
le 2 avril 2019 et le 2 décembre 2020 relativement à
ce mandat. Ce rapport contient des conclusions et 17 recommandations.
Je dépose
également le rapport de la Commission des transports et de l'environnement qui,
les 1er, 2 et 3 décembre 2020, a procédé à l'étude détaillée du
projet de loi n° 71,
Loi sur les véhicules hors route.
La commission a adopté le texte du projet de loi avec des amendements.
Nous en
sommes à la rubrique Dépôt de pétitions. J'ai reçu une demande de M. le député
de Viau pour la présentation d'une pétition non conforme. Y a-t-il
consentement pour la présentation? Consentement. M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, M. le
Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 147 pétitionnaires. Désignation : résidentes et résidents
de L'Île-Bizard.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Attendu que
les propriétaires n'ont jamais demandé à ce que leurs propriétés fassent
partie
du projet de paysage humanisé de L'Île-Bizard;
«Attendu que
les autorités publiques n'ont jamais demandé aux propriétaires s'ils voulaient
que leurs propriétés fassent
partie du projet de paysage humanisé de
L'Île-Bizard;
«Attendu
que l'intégration forcée de leurs propriétés au projet de paysage humanisé de
L'Île-Bizard prive les propriétaires de la pleine jouissance de leurs
propriétés;
«Attendu que l'intégration
forcée de leurs propriétés au projet de paysage humanisé de L'Île-Bizard
affectera négativement leur droit de propriété;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Les
signataires de cette pétition exigent le retrait immédiat de leurs propriétés
du projet de paysage humanisé de L'Île-Bizard.
défaut de retirer leurs propriétés du projet de paysage humanisé de
L'Île-Bizard, les propriétaires exigent une compensation juste et
[équitable] conformément aux principes applicables en matière d'expropriation.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition, M. le Président.
Le Président :
Merci. Cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole à la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. Le premier ministre a annoncé hier ce qui était devenu
une évidence dans les derniers jours,
qu'il n'y aurait pas de rassemblement à Noël. Les Québécois sont déçus de
l'annulation du contrat moral, mais, dans les circonstances, c'était
probablement la décision responsable à prendre.
Malgré la déception, nous
demandons aux Québécois de respecter les mesures de santé publique.
premier ministre a reconnu que l'annonce du contrat moral était prématurée et
précipitée. En annonçant trop tôt et
trop rapidement le contrat moral, le gouvernement admet qu'il a monté les
attentes des Québécois, ce qui rend évidemment la déception encore plus
grande.
Est-ce que la mise en
place de mesures additionnelles aurait eu un effet positif? Nous ne sommes pas
des spécialistes de la santé publique, mais
la question mérite d'être posée. Les spécialistes nous annoncent que les
prochains mois vont être très difficiles. C'est pourquoi nous invitons
le gouvernement à réfléchir sérieusement aux mesures qu'il compte mettre en place : améliorer la
ventilation dans nos écoles, élargir les tests aux personnes asymptomatiques,
déployer plus rapidement les tests rapides partout au Québec.
Le 2 décembre,
le premier ministre disait qu'il prendrait les mêmes décisions si c'était à
refaire. Pourtant, nous savons qu'il
manquait d'équipement, qu'il manquait de tests, qu'il y a eu des transferts de
patients, qu'il y a eu des transferts d'employés.
J'aimerais
donc demander à la vice-première
ministre : Est-elle prête à
reconnaître aujourd'hui qu'au-delà du contrat moral il y a eu des
erreurs?
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : Merci, M.
le Président. Bien, je vais saluer
d'abord le ton et en
partie l'intervention de la cheffe de l'opposition
officielle, qui, pour une fois,
reconnaît que la situation est difficile et reconnaît l'importance de rappeler
qu'on doit tous respecter les
consignes sanitaires pour pouvoir lutter ensemble contre le virus. Alors, je la
remercie d'avoir pris la peine de préciser ça dans sa question parce que
c'est très vrai.
Par ailleurs, M. le Président, sur l'annonce qui a été faite hier, on est tous
conscients que ça a amené une certaine déception, mais, comme elle, on
reconnaît que c'était une évidence pour tout le monde que, compte tenu de la
tendance inquiétante que prend la situation
épidémiologique, la hausse de cas, la hausse des hospitalisations, la hausse, malheureusement, des décès, c'était la décision responsable à
prendre que d'annoncer aux Québécois hier, en date du 2 décembre, donc...
du 3 décembre, pardon, que malheureusement il ne sera pas possible
de se rassembler à Noël.
Pourquoi
est-ce qu'on a annoncé ça hier, M. le Président? Bien, on a préféré le faire
plus tôt que tard pour que les gens puissent prendre leurs décisions et
réaménager leur horaire en conséquence. Et on le fait pour qui surtout, M le
Président? Bien, on le fait pour notre personnel du réseau de la santé,
qui est très essoufflé...
Le Président :
En terminant.
Mme Guilbault :
...on le fait pour nos personnes vulnérables dont on veut sauver les vies.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
La vice-première ministre ne répond pas à la question. Et j'aimerais rappeler à
quel point on a toujours reconnu la
difficulté de la situation puis le caractère absolument exceptionnel de la
crise que l'on vit. Nous avons l'occasion
maintenant d'entreprendre ensemble une démarche de recherche de la vérité pour
comprendre ce qui s'est passé. On a des gestes à poser au nom des
7 000 personnes qui sont décédées.
Est-ce
que la vice-première ministre peut confirmer que l'audition du Dr Arruda
se tiendra avant le 11 décembre?
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui. M. le Président, bien, encore une fois, on a
fait cette annonce hier, plus tôt que tard, pour que les Québécois puissent savoir à quoi s'en tenir. Ce qui me surprend,
par contre, M. le Président, c'est que j'entendais hier la cheffe de
l'opposition officielle, sur les ondes d'un média bien connu, dire : «Il
ne faut pas monter les attentes inutilement.
Si on fait des annonces précipitées, c'est sûr que ça monte les attentes de
tout le monde, et après les gens sont déçus.»
Pourtant, le 29 octobre dernier, elle disait, sur les ondes, toujours, des
médias : «La réalité, c'est qu'on a besoin d'un plan sur le long terme, on a besoin d'avoir une
vision sur les 12 prochains mois, on a besoin de réfléchir ensemble à de
quoi seront faits les 12 prochains mois.»
Donc, M. le
Président, on ne peut pas...
Le Président :
En terminant.
Mme Guilbault : ...en
octobre, se plaindre d'avoir des plans à long terme et, en décembre, se
plaindre qu'on fait des annonces en toute...
Président : Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de
l'opposition officielle. Vous êtes la seule à avoir la parole.
Mme Anglade :
Deux questions. Pas de réponse aux deux questions. Hier, Michel David se
posait des questions, lui aussi. «Il serait grand temps, disait-il, de savoir
pourquoi le Québec a été pris au dépourvu à ce point [pendant] la première
vague. Alors que le Dr Arruda a lui-même déclaré dans une entrevue à L'Actualité
qu'il avait vu le danger dès qu'il [en] avait été informé[...], pourquoi
[le bureau du premier ministre a-t-il été alerté] seulement le 9 mars?»
Est-ce
que la vice-première ministre peut répondre par oui ou par non si, oui, le
Dr Arruda va être entendu avant le 11 décembre?
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault :
M. le Président, bien, si la cheffe de l'opposition officielle cherche des
lectures intéressantes, je l'invite à lire
aussi Antoine Robitaille, ce matin, qui souligne le danger pour les
oppositions de, comment dire... de marcher sur cette fine ligne entre
l'encouragement à respecter les mesures et, par ailleurs...
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : M. le Président, deux choses. De une, j'aimerais que la
vice-première ministre réponde à la question de la cheffe de l'opposition, qui lui a posé deux fois la même question.
Elle a maintenant eu une réponse complète pour y répondre et 18 secondes de sa dernière réponse, mais elle n'a pas
répondu à la question. Est-ce qu'elle peut confirmer, oui ou non, si
Dr Arruda pourra apparaître en commission d'ici le 11 décembre?
Deuxième
chose, M. le Président, pour les propos que vient de tenir la vice-première
ministre, je le rappelle une dernière
fois... une autre fois, M. le Président, personne, la cheffe de l'opposition
incluse, personne, de notre côté, ne fait pas son travail en ne
rappelant pas aux gens de suivre toutes les consignes. C'est d'une évidence
même, que tous les parlementaires font ce travail.
Le Président :
Je vais vous demander... M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
M. le Président, je voudrais rappeler à mes estimés collègues des oppositions
que le préambule fait
partie intégrante de
la question. Alors, quand la cheffe de l'opposition officielle mentionne des
éléments dans son préambule et que la
vice-première ministre y répond, elle répond à la question. Donc, ça, M. le
Président, peut-être revoir la façon dont ils posent leurs questions.
Deuxièmement,
la cheffe de l'opposition officielle a cité un
article de journal, la
vice-première ministre a fait la même chose. M. le Président, c'est
match nul.
Président : La poursuite de la réponse de la ministre. Encore
une fois, je vous rappelle évidemment l'appel à la prudence pour tout le monde, on le sait. Le ton,
l'attitude, on le sait également, on l'a dit 1 million de fois.
Maintenant, à vous de continuer la réponse, s'il vous plaît.
Mme Guilbault : Oui. Donc, c'est ça, M. le Président, alors, je
l'invite simplement à lire la chronique d'Antoine Robitaille. Elle
le fera si elle le souhaite, mais il y a des choses intéressantes dans cette
chronique.
Quoi qu'il en
soit, effectivement on a dû prendre des décisions très difficiles, depuis neuf
mois. On est arrivés dans un contexte
inédit pour tout le monde, de pandémie, où il y avait déjà une fragilité
préalable du réseau de la santé. Je veux le rappeler, M. le Président...
Le Président : En terminant.
Mme Guilbault : ...parce
que cette fragilité-là, elle était préexistante, et on a dû composer avec,
héritage du gouvernement libéral.
Le Président : Troisième
complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Aucune réponse à mes questions, M. le Président.
«Des coups de circuit, il n'y en a pas eu beaucoup. C'est en janvier et
en février qu'il fallait prendre des décisions.» Je cite Michel Nadeau.
Très
clairement, j'ai deux questions : Est-ce que, oui ou non, le Dr Arruda
sera entendu avant le 11 décembre de cette année? D'autre part,
est-ce qu'il y aura, oui ou non, une commission d'enquête indépendante,
publique?
Le Président : Mme la
vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui, M. le Président. On a déjà accepté le
principe que Dr Arruda va pouvoir participer à une commission parlementaire. Maintenant, comme le
sait peut-être la cheffe, sinon j'invite son leader à l'en informer, il y a
des discussions entre les leaders
actuellement pour trouver le meilleur moment. Alors, donc, M. le Président, si
la cheffe de l'opposition...
Président : Je vais
vous demander, s'il vous plaît, sur une question... Non, mais je vais vous
demander... C'est simplement le
principe de, sur une question, on écoute la question; sur la réponse, on écoute
la réponse. Ça fait que je vous demanderais d'éviter d'intervenir pour qu'on
soit tous attentifs à la réponse qui est présentée. Je pense que je peux
demander...
Le Président : M. le
leader.
Caire : ...entendu
le leader de l'opposition dire : Ce n'est pas vrai. Vous savez
parfaitement qu'on doit prendre la parole
d'un député lorsqu'il s'exprime en Chambre. M. le Président, M. le Président...
M. le Président, je pense que ça mérite minimalement une intervention de
votre part, minimalement.
Le Président : M. le
leader adjoint du gouvernement, d'abord...
Président : Je vais
tous vous demander, s'il vous plaît, encore une fois, d'être très attentifs à
tout ce qui se passe et à tout ce qui
se dit. Je vais demander à la vice-première ministre de poursuivre. Je n'ai pas
entendu ce propos‑là, mais je rappelle...
Président : Non,
mais, M. le leader adjoint... Mais je rappelle... Et on sait très bien la
consigne et la règle, je pense que je
l'ai dit à peu près mille fois, et vous le savez tous et toutes. Et je vous
demande de vous y conformer. Alors, collaboration, attitude, ton,
respect, écoute. Et on continue. Et on continue en écoutant la réponse.
Mme Guilbault : Oui. Donc, M. le Président, je pense qu'il y a
juste le Parti libéral qui trouve ça si drôle, ce qui se passe aujourd'hui
et ce matin. Mais, si la cheffe de l'opposition officielle sortait un petit peu
de sa bulle, elle verrait deux choses. D'une
part, il n'y a aucune décision qui a été prise par le gouvernement, depuis neuf
mois, avec l'animation par un autre sentiment que la volonté de vouloir protéger la santé des
Québécois. Et, d'autre part, si elle parlait au vrai monde, elle verrait que la majorité appuie, et je ne
parle pas des gens des tribunes douteuses que fréquente le député de Nelligan...
Le Président :
S'il vous plaît! Non, s'il vous plaît! Non, s'il vous plaît! Ces derniers
propos étaient malvenus, Mme la
vice-première ministre. Non, c'était malvenu. Alors, je vous dis d'être... Non,
sur la fin de la réponse, je vais vous demander d'être extrêmement
prudente également. M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : ...question
de directive, M. le Président. Hier, mercredi, j'ai entendu une question du
leader de l'opposition officielle qui
mettait clairement en doute l'intégrité de mon collègue, vous avez statué que
c'était une opinion. J'aimerais ça, M. le Président, que tout
le monde ici ait droit à son opinion. Ce serait bien intéressant, M. le Président.
Président : Non... M. le
leader adjoint du gouvernement, c'est correct, je pense que j'ai... vous avez
bien compris ce que je viens de dire. Et, sur les faits actuels...
Le Président :
Bien, je vous les expliquerai. Sur les faits actuels, je viens de parler à la
vice-première ministre sur une fin de
réponse et je dis de ne pas utiliser ces termes-là, et c'est très clair. Je
pense que vous l'avez très bien compris. La manière dont les propos sont formulés, c'est important. Et c'est pour
la bonne suite et l'efficacité de nos travaux. Merci.
Nous continuons donc.
Nous en sommes à... Question principale, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit : Oui, je
vous remercie, M. le Président. J'espère qu'on va pouvoir reprendre ça sur un ton un peu plus constructif, vu, effectivement,
la situation.
premier ministre hier, donc, a annoncé qu'il n'y aurait pas de rassemblement de Noël. On l'a dit, on l'a mentionné, les Québécois
sont déçus, mais, dans les circonstances, c'était probablement la bonne décision responsable à prendre.
Mais, dans son
annonce, le premier ministre a aussi précisé que c'était une décision gouvernementale
et qu'il ne s'agissait pas d'une décision
qui reposait sur les recommandations de la Santé publique. On comprend aussi
que ce n'est pas la première fois que le gouvernement ne suit pas les
recommandations de la Santé publique.
situation épidémiologique, M. le Président, là, elle se
détériore de jour en jour. Plus de 8 000 cas
dans la seule dernière semaine,
800 décès au cours du mois de novembre. Les prochains mois vont être
difficiles, et les recommandations de la Santé publique deviennent de
plus en plus importantes.
Hier, ce qu'on a
entendu, c'était l'avis du gouvernement. On souhaiterait entendre l'avis de la
Santé publique.
Donc,
est-ce que le gouvernement peut s'engager à tenir des points de presse séparés
de la Santé publique et du gouvernement?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Merci, M. le Président. Je tiens à remercier la députée de Maurice-Richard pour sa question, je tiens aussi à la remercier de... parce que moi aussi, je
tiens à remercier le premier ministre d'avoir pris une décision courageuse,
hier, pour la santé des Québécois et pour notre réseau de la santé.
chose qu'il est important de savoir, c'est que toutes les décisions que l'on a
prises, comme on l'a mentionné déjà, suivent
les directives de la Santé publique ou même parfois sont, comme hier, un peu
plus sévères, pour protéger la santé des Québécois. Il faut donc
continuer à travailler tous les jours avec la Santé publique.
C'est
un travail qui est vraiment évolutif, M. le Président. Je ne sais pas comment
le mentionner assez fort dans cette Assemblée, qu'on se rencontre tous les
jours, tous les matins, qu'on analyse la situation région par région,
population par population pour prendre la bonne décision pour l'ensemble
du Québec.
Donc,
c'est sûr qu'ici quelqu'un peut dire quelque chose, là quelqu'un peut dire
quelque chose, mais l'important, c'est de prendre en charge la santé de
la totalité des Québécois, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit :
J'entends la réponse du ministre, mais ça ne répond pas du tout à la question
que je lui ai posée, qu'il faut éviter une... Un, il faut éviter une
confusion des genres entre les décisions qui sont gouvernementales et les recommandations de la Santé publique, il faut
éviter cette confusion-là. Et, pour l'éviter, la façon de le faire, c'est
d'avoir des points
de presse qui sont séparés. On veut entendre la Santé publique, on veut
entendre le directeur de la santé publique exprimer sa lecture de la
situation épidémiologique.
Et je repose la
question que ma cheffe a posée : Est-ce qu'on entendra avant le 11 décembre
le Dr Arruda?
Le Président :
M. le ministre délégué à la... M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Merci, M. le Président. D'abord, je tiens à souligner à la députée de Maurice-Richard qu'elle a eu l'occasion
de poser des questions au directeur de la santé publique national dans le cadre
des études de crédits. Je tiens à réitérer le fait qu'il y a des
discussions, il y a des discussions...
Caire : Oui, il y a des discussions entre les leaders sur
les travaux à venir, incluant le fait que le Dr Arruda pourrait répondre aux questions des parlementaires en
commission parlementaire. Et je rappelle à la députée de Maurice-Richard un principe fondamental de notre démocratie, qui
est la responsabilité ministérielle. Une reddition de comptes, il y en a à
tous les jours, à cette Assemblée, pendant 45 minutes.
Le Président :
Je comprends... Mme la députée de Maurice-Richard,
deuxième complémentaire.
Mme Montpetit :
Je vous remercie. Ça ne répond toujours pas du tout, du tout à ma question.
Le ministre fait
référence à l'étude des crédits. C'est très bien, ça met la table pour ma
prochaine question. Le 20 août dernier,
Mme Castonguay, la Commissaire à la santé et au bien-être, nous avait
annoncé son intention de déposer des
rapports d'étape dans le cadre de son mandat d'enquête. Le premier de ces
rapports était attendu pour le mois de décembre. Donc, par souci de transparence, je demanderais au gouvernement de nous
déposer ce rapport ici, en cette Chambre, d'ici la fin de la session.
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Bien, je suis heureux qu'aujourd'hui on reconnaisse la validité du travail de
Mme Castonguay. Et elle travaille
très fort dans les différents aspects de la pandémie. Et effectivement, dès que
le rapport sera disponible, nous allons gérer la chose de façon
appropriée. Merci, M. le Président.
Le Président :
Question principale, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Merci, M. le Président. Hier, le premier ministre a pris une décision,
peut-être tardive, mais nécessaire et difficile.
Pour
la jeune étudiante privée de voir ses amis au cégep depuis des mois et en crise
d'anxiété, cette jeune qui comptait sur
le petit soulagement de voir ses grands-parents, ça va être doublement difficile.
Quand on est en crise, le contact humain, la chaleur réconfortante de la
famille autour de nous est primordiale.
Le ministre délégué,
en étude de crédits supplémentaires, hier, a reconnu que les enjeux de santé
mentale vont sûrement aggraver en temps des fêtes. C'est même prévisible.
Donc,
est-ce que le ministre délégué peut nous assurer qu'il a prévu des mesures
d'urgence, des personnes‑ressources supplémentaires, des renforcements
financiers pour les groupes d'entraide, pour venir au secours des gens en
détresse? Y a-t-il un plan concret, à la
taille de la souffrance, de plus en plus évidente, que le ministre peut nous
annoncer et aujourd'hui?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Merci, M. le Président. Je remercie le député de D'Arcy-McGee de sa question.
Mais, vous vous souvenez, quand on a
parlé du plan de santé mentale, j'avais dit d'emblée que les problématiques
allaient s'accroître au-delà de la
pandémie, au cours des deux prochaines années. Donc, effectivement, on avait
prévu qu'il y avait des choses urgentes à faire. D'ailleurs, justement,
une des raisons pourquoi on n'avait pas tout investi en psychothérapie, c'est
parce qu'on voulait investir dans d'autres éléments fondamentaux de la
prévention : les éclaireurs en santé psychologique, qui devraient être
déployés, avec un investissement de 19 millions; le support additionnel à
la prévention du suicide, un autre 5 millions, pour
améliorer notre stratégie numérique en prévention du suicide. Et, une chose que
j'ai mentionnée également hier, à l'étude des crédits, j'ai demandé au ministère
de contacter tous les individus qui sont sur les différents programmes psychosociaux et ceux qui sont en
attente de ces programmes-là pour voir comment ils allaient au niveau de la santé mentale, et ce, de façon hebdomadaire.
Ça, c'est plus de 800 000 appels
qui sont faits pour s'assurer de la santé psychologique et santé mentale
de tous ces individus. Merci, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Alors, si j'ai bien compris, le ministre a prévu la décision qui a été prise il
y a à peine 24 heures par le premier ministre.
ministre délégué a aussi dit tout récemment que les listes d'attente pour les
services en santé mentale seraient réduites
à 16 000 personnes. Hier soir, il a rapporté que ce chiffre a grimpé
à 18 000. En temps de fêtes, les chiffres vont sûrement monter. Chacune de
ces 18 000 personnes en attente a une histoire, chacun vit la crainte
que ses difficultés aient multiplié.
Qu'est-ce que le
ministre peut leur dire pour les rassurer?
Le Président :
...délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Écoutez, on est en train de travailler avec les différents ordres pour mettre
sur pied les services additionnels que l'on
avait également annoncés en psychothérapie. On travaille très fort pour
accélérer les choses, pour que ce
soit disponible le plus rapidement possible. On a également demandé l'aide de
Dre Généreux pour accélérer l'implantation de ces éclaireurs en
santé psychosociale sur le territoire, à travers tout le Québec. Puis, en plus,
on a pris une sensibilité particulière... On
parle souvent des régions, là. Au lieu de donner une séparation populationnelle
des montants, on s'est assurés que la
division se fasse par région, par RLS, donc que même dans les régions les plus
éloignées le service soit offert le plus rapidement possible, M. le Président.
Le Président :
En terminant.
M. Carmant :
La situation va continuer postpandémie, on avait prévu postpandémie. On
accélère les choses.
Le Président :
M. le député de D'Arcy-McGee, pour votre deuxième complémentaire.
M. Birnbaum :
M. le Président, cette crise nous interpelle à travailler, et à travailler
vite. Le ministre délégué, hier, a
dit que ça va être trois mois avant que les groupes d'entraide communautaires
en santé mentale vont recevoir le financement supplémentaire afin d'aider leur monde en crise, trois mois d'attente,
incluant une période de fêtes qui s'annonce difficile. M. le Président, est-ce que le ministre délégué
est seul à trouver trois mois de délai raisonnable devant les besoins criants
en santé mentale?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Non, M. le Président, je pense qu'il y a un problème de communication. L'argent
pour les organismes communautaires, c'est la première chose que j'ai
annoncé quand on est arrivés, là, 17,6 millions pour augmenter les ressources. J'ai même dit que, l'argent,
12 millions a déjà été distribué, de cet argent-là. Ce que j'ai dit, c'est
que la reddition de comptes va être prolongée trois mois après le moment
de la reddition de comptes habituelle.
Donc, nous, on veut
un travail d'équipe, je le dis depuis le début, il faut que tout le monde
travaille ensemble pour la santé mentale des Québécois. Il faut changer notre concept de psychologues,
psychiatres qui font tout à tous les intervenants
psychosociaux qui vont aider la population. Si on reste dans le même
paradigme, on va tourner en rond, M.
le Président. Il faut que cette Assemblée accepte qu'on va changer le
concept.
Le Président :
Question principale, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, M. le Président. Le contrat moral de Noël ne tient plus. La pression sur
le système de santé était devenue insoutenable pour les hommes et les femmes
qui le tiennent à bout de bras. On n'avait pas le droit, collectivement, de
leur infliger une explosion des hospitalisations.
Hier,
le gouvernement du Québec a pris la bonne décision. Mais maintenant qu'est-ce
qu'on fait? L'annulation des festivités de Noël, c'est un coup de massue
sur la santé mentale des Québécois et des Québécoises.
Je vais le
dire comme je le pense, là : Hier, notre moral collectif a mangé toute une
claque. La santé mentale de centaines
de milliers de Québécois et de Québécoises vacille déjà. Ce matin, on apprend, un
Canadien sur 10 a des pensées suicidaires, un jeune sur cinq.
Est-ce que le ministre responsable de la santé
mentale dans le gouvernement du Québec va prendre des mesures spéciales pour aider les Québécois et les
Québécoises à passer au travers? Est-ce qu'il va leur proposer un nouveau
contrat moral?
Le Président : M. le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant : Oui, merci, M. le
Président. Je suis très content de prendre la question du cochef de la deuxième
opposition. Bien, comme je viens de
mentionner, la santé mentale, pour nous, c'est une préoccupation de longue date. Et, comme je
l'ai mentionné, on avait prévu que les difficultés allaient aller en s'accroissant, même
postpandémie. Je comprends qu'hier ça
a bouleversé beaucoup de personnes, surtout les personnes qui sont
seules. Donc, c'est pour ça que je vous ai mentionné tout à l'heure que
j'avais déjà demandé au ministère de rejoindre tous les individus, incluant les
programmes SAPA, pour les personnes aînées, qui sont souvent seules et qui ont
besoin d'aide.
Une autre
chose qui est importante, puis je l'ai mentionnée tantôt : dans le fameux 100 millions que tout
le monde voulait qu'il aille en psychothérapie, on avait prévu également
un montant pour l'augmentation des risques d'idéation suicidaire. On a une très bonne stratégie numérique avec suicide.ca, au Québec,
on veut la renforcir. On veut des SMS, on veut que les gens puissent contacter leurs intervenants le plus
facilement possible. On veut accélérer le déploiement de ces choses-là.
On négocie avec les ordres, on négocie pour...
Le Président : En terminant.
M. Carmant : ...l'ajout de personnes sur le terrain. On veut
aller le plus vite possible et on se rend compte qu'il y a urgence d'agir.
Le Président : Première
complémentaire, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Le ministre
parle de son investissement de 100 millions de dollars. Hier, à ce siège,
lors de l'étude des crédits, il a reconnu
que cet argent-là... que ces ressources-là ne seraient déployées qu'à la fin
janvier. Le temps des fêtes, c'est à la fin décembre. Ce qu'on demande
au gouvernement du Québec, c'est de prendre des mesures spéciales, extraordinaires, dans les prochaines semaines, pour venir en
aide aux Québécois et aux Québécoises. C'est ça, un nouveau contrat moral : que les gens respectent
les consignes, mais qu'en retour le gouvernement les aide à passer au travers.
Le Président : M. le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant : Merci, M.
le Président. Alors, j'aimerais qu'à
la prochaine complémentaire le député me suggère quelque chose. Mais, nous,
comme je dis, ce qui est important, c'est qu'on va... on encourage les Québécois
de contacter les gens s'ils savent qu'il y a des gens qui sont en
détresse. On encourage les gens de consulter si... et en utilisant la ligne 8-1-1 Info-Social, disponible 24/7. Les
services sont là. Je l'ai mentionné hier également : Au mois de mars,
avril, on recevait
13 000 appels; actuellement, on est à 10 000. On a ajouté du
personnel, on a de la marge, on est capables de répondre à la demande
accrue. Puis finalement je pense qu'il faut dire à tous les Québécois, là...
Le Président : En terminant.
M. Carmant : ...d'aller visiter les personnes seules, de contacter
les gens qu'ils savent qu'ils sont en détresse et de les aider à
s'aider.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Le ministre m'invite à lui faire des suggestions.
Je vais lui en faire maintenant, mais j'ai juste 30 secondes, alors je prends l'engagement, dans les prochains
jours, de lui en faire d'autres. Elles seront concrètes et elles seront
chiffrées.
Qu'est-ce que peut faire le gouvernement dans
les prochaines semaines, M. le Président? Réfléchir à l'extérieur des sentiers battus, on est dans un moment
exceptionnel. Qu'est-ce que ça peut vouloir dire? Des fonds d'urgence pour les
groupes communautaires
sur le terrain, une séance de «brainstorm» avec la Santé publique pour trouver
des moyens d'ouvrir des espaces publics extérieurs pour permettre de la
socialisation cet hiver...
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
M. le Président, j'ai dit que dès le mois de mai on avait ajouté... dès le mois
de juin, en arrivant, j'avais ajouté
17,6 millions aux organismes communautaires. Il y a 12 millions
seulement qui ont été déboursés. S'il y a d'autres projets, on a l'argent, on les invite à venir nous rencontrer.
Là, on parle d'une période de 20 quelques jours, là. Ce qu'on veut
faire, c'est reconsolider les services qui sont disponibles. Il y a de la marge
de manoeuvre.
Si vous connaissez des
gens en détresse, dites-leur d'appeler le 8-1-1 Info-Social. Si vous connaissez
des gens, amenez-les consulter. Si vous
connaissez des gens seuls, allez les voir. M. le Président, on est
capables de gérer ça, il faut juste travailler ensemble pour améliorer
les conditions.
Le Président :
Question principale, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui, M.
le Président, le Plan pour une économie verte manque d'ambition et de courage
politique. Le plan n'arrive à réduire
les GES que de 12 mégatonnes d'ici 2030, alors que la cible est de
29 mégatonnes. Donc, d'où va
venir la différence de réduction de GES? La réponse est dans une note interne
du ministère qui a été coulée dans les médias :
le gouvernement mise sur l'achat par nos industries de 15 mégatonnes en
droits de polluer sur le marché du carbone Québec-Californie. Puis ça,
je peux vous dire, ça coûte cher.
député de Masson, en 2017, qualifiait cette pratique de fuite de capitaux et
d'inacceptable. Il parlait, à l'époque, de plusieurs centaines de millions de dollars. Selon différents scénarios, c'est plutôt par
milliards qu'il va falloir compter la fuite de capitaux vers la
Californie d'ici 2030.
Je vais donc poser au
ministre de l'Environnement la même question que le député de Masson avait
posée au ministre de l'Environnement libéral en 2017 : Comment se fait-il qu'aujourd'hui
il n'y a encore aucun plan pour parer l'éventualité de fuite de capitaux?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
M. Charette : M. le
Président, j'apprécie la question du collègue, bien que j'y ai répondu à
plusieurs occasions au cours des derniers jours, depuis la parution du
Plan pour une économie verte, qui est une excellente nouvelle, soit dit en
passant. En termes de moyens, jamais le gouvernement du Québec ne s'est donné
autant d'outils pour remédier à la crise
climatique, pour signifier son action au niveau de l'urgence climatique, que
nous avons tous reconnue en cette Chambre. En termes de budget : deux fois plus d'argent que le plan précédent
de l'administration libérale. Au niveau des crédits mêmes du ministère de l'Environnement : 33 %
d'augmentation dans la seule dernière année. Bref, on est en voie de faire une
vraie différence, que les administrations précédentes, malheureusement,
n'ont pas su faire.
Pour
ce qui est des fuites de capitaux, la réponse a été mentionnée à plusieurs
reprises. Ce n'est pas le gouvernement du Québec qui investit, qui
contribue à cette fuite de capitaux, ce sont les entreprises elles-mêmes qui
ont la possibilité d'acheter des crédits sur
le marché, tantôt en sol québécois, tantôt en sol américain, en Californie.
Mais le plan lui-même mise uniquement...
Le Président :
En terminant.
M. Charette :
...sur les actions dont les mesures auront des effets en sol québécois.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui, ça va être beau pour nos entreprises dans un contexte de relance parce
qu'on a deux différentes projections
qui confirment la fuite de capitaux : d'abord, celle de Solutions Will,
2,3 milliards entre 2018 et 2030, et notre propre analyse, validée par des experts, parle d'une fuite de capitaux,
écoutez bien, entre 4 et 16 milliards d'ici 10 ans, sur 10 ans.
Qu'est-ce
que le ministre va faire pour empêcher la fuite de capitaux de nos entreprises,
de nos entreprises du Québec vers la Californie?
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
M. Charette :
Comme je le mentionnais, M. le Président, le plan repose uniquement sur des
actions qui seront conduites au Québec, dont les réductions gaz à effet de
serre seront produites au Québec.
Pour
ce qui est des protocoles au niveau des émissions des... pour les crédits
compensatoires, malheureusement, les administrations précédentes n'ont
pas pu en développer, n'ont pas eu l'ambition d'en développer. Je confirme en
cette Chambre ce que j'ai eu l'occasion de
dire notamment à l'étude du projet de loi n° 44, nous allons développer,
et dès les prochaines semaines, les
prochains mois, des protocoles d'entente qui permettront aux entreprises
québécoises, plutôt que d'investir à travers la bourse américaine en
Californie...
Le Président :
En terminant.
M. Charette :
...dans des initiatives proprement québécoises, ce qui contribuera à éviter le
problème qui est soulevé...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député.
M. Gaudreault : Oui, ça fait deux ans qu'ils sont là. Là, on a deux choix :
soit acheter des droits de polluer pour compenser l'échec du gouvernement ou soit devenir des leaders de la réduction des gaz à effet de serre et attirer des
capitaux au Québec.
On sait que le
premier ministre a charcuté les premières versions du Plan pour une économie
verte. Qu'est-ce qu'attend le ministre pour revoir tout de suite les mesures et
garantir l'atteinte des cibles pour 2030?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
M. Charette :
Malheureusement, le collègue n'est pas à jour dans ses informations. Il y a
quelques informations fausses qui ont
circulé à travers certains médias et qui ont été reprises par la suite. Il n'y
a pas eu diminution. Au contraire, dans la première mouture, lors du
budget présenté par mon collègue des Finances, budget déjà très généreux pour l'environnement, on prévoyait des investissements
de 6,2 milliards, c'était en mars dernier. Et le plan que nous avons
présenté il y a quelques jours à
peine n'a pas subi de coupures. Au contraire, on a investi 6,7 milliards
de dollars, donc une hausse considérable des crédits, des budgets pour
réaliser ce plan-là. Donc, aucune coupure, donc un support entier...
Le Président :
En terminant.
M. Charette :
...que je reconnais, de la part de mon collègue des Finances et également du
premier ministre, qui ont rendu possible...
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille :
Merci, M. le Président. À chaque année, durant la période des fêtes, les
Québécois font preuve d'une grande
générosité envers les plus démunis en contribuant aux banques alimentaires partout
au Québec, dans leurs communautés. Du fond du coeur, Québécois, merci.
Mais, cette année,
leur générosité ne suffira pas, M. le Président. La pandémie a jeté bien du
monde dans la pauvreté. Ils seront isolés,
confinement oblige. De plus en plus de Québécois vivent dans la peur de ne rien
avoir à manger parce que le gouvernement n'a offert ni aide d'urgence ni
soutien direct aux plus vulnérables. Les banques alimentaires reçoivent deux fois plus de demandes qu'à
l'habitude, nos organismes communautaires sont débordés et épuisés. Il faut
que le gouvernement entende l'appel et bonifie l'aide aux banques alimentaires.
Que compte faire le
gouvernement pour assurer que tous les Québécois mangent à leur faim à Noël?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Oui, merci beaucoup, M. le Président. On a fait, en fait, une aide spécifique
aux banques alimentaires au début de
la pandémie et on a donné également à plusieurs organismes communautaires au
travers de la pandémie pour,
justement, faciliter l'accès à nos plus vulnérables. Aussi, par l'aide au...
soutien à l'activité bénévole, on a donné
plusieurs montants à chacun des
députés, et je sais que plusieurs d'entre vous... en fait, la totalité d'entre
vous avez contribué, comme moi, en aidant les banques alimentaires de
leurs comtés.
M. le Président, c'est
important, surtout dans cette période des festivités, de penser à nos plus
vulnérables, de donner à nos plus vulnérables. Il y a des graves problèmes. En
fait, moi, je dirais que le principal problème qu'on vit, actuellement, c'est au niveau que ces organismes-là ont perdu plusieurs de leurs
bénévoles. Donc, j'encourage tout le monde qui ont du temps, qui ont la capacité d'aller aider les organismes
communautaires, parce que tout le monde va en bénéficier en bout de
ligne. Merci, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille : 2 millions pour nos banques alimentaires, ce
n'est pas assez. C'est simple, M. le Président : d'un côté, on a des gens vulnérables, isolés; de
l'autre, on a des banques alimentaires épuisées, qui s'arrachent la tête pour
offrir un Noël décent à ces gens-là.
Le fédéral a déjà donné 100 millions aux banques alimentaires canadiennes.
Ça, c'est pour tout le Canada. Le Québec : pratiquement rien.
Dois-je comprendre que le Québec a laissé toute
la responsabilité de l'aide alimentaire à Ottawa?
Le Président : M. le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant : Non, parce qu'en
plus de cet argent spécifique on a également donné de l'argent aux organismes communautaires, un 70 millions qui a été
également disponible pour venir en aide à tous les organismes communautaires.
Donc, tout le monde avait la possibilité de
participer à cette action-là. Puis encore, je répète, on a ajouté un 20
millions de dollars pour le soutien
aux activités bénévoles, et chacun avait la responsabilité... ou chacun a
contribué dans son comté aux différentes banques alimentaires.
Donc, encore
une fois, moi, je pense que, dans mon comté, le principal problème est vraiment
celui de la main‑d'oeuvre. Ils ont perdu beaucoup de bénévoles, dans
chacun de ces organismes-là, il faut les aider à recruter des bénévoles, il faut les aider à faire le
travail, il faut les aider à faire les paniers de Noël.
Le Président : En terminant.
M. Carmant : On doit tous
contribuer pour nos plus vulnérables. Merci, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille : Justement, il faut les aider. 2 millions, ce
n'est pas assez. M. le Président, pensez-y deux secondes, là, des gens
démunis, il n'y a plus rien dans le frigidaire. Imaginez la détresse.
Est-ce que le
ministre peut confirmer qu'une aide financière directe pour ces gens-là va
finalement aboutir? Ça fait depuis le
mois de mars qu'on demande ça. Est-ce
que cette aide financière directe pour nos plus vulnérables va finalement aboutir?
Le Président : M. le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant : Écoutez, M. le
Président, on a donné, on a donné de
l'aide directe, on a donné à plusieurs niveaux. Tout
ce monde doit travailler ensemble pour venir en aide à nos plus vulnérables et aux
banques alimentaires. On a également fait un don significatif au Club
des petits déjeuners, au niveau du ministère de l'Éducation, de 4,5 millions
pour s'assurer de support à nos enfants les
plus vulnérables. Donc, j'encourage tout
le monde, là... On a eu un ajout tout
récent de notre... grâce à la ministre déléguée à l'Éducation, au niveau du soutien à l'activité bénévole. Utilisez ces
sommes pour aider vos banques alimentaires et, encore une fois, encouragez
tous vos concitoyens à venir donner du temps à ces différentes
banques alimentaires. Merci, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : M. le Président,
depuis le début de la pandémie, on a découvert à quel point on dépendait des
travailleurs et des travailleuses essentiels, nos soignantes et nos profs, bien
sûr, mais aussi les dizaines de milliers de Québécoises
et de Québécois qui travaillent au salaire minimum dans le secteur privé. En un
mot, sans ces gens qui tiennent la caisse, on n'aurait pas tenu le coup. Mais,
pendant que Dollarama, Metro et Couche-Tard célèbrent une année de profits
records, les femmes et les hommes qui ont
rendu ça possible, ils gagnent encore 13,10 $ de l'heure, ils doivent encore se tourner vers des banques alimentaires pour nourrir leurs familles. M. le
Président, c'est honteux, on leur doit beaucoup plus que ça. On leur doit des
conditions de travail qui reflètent la valeur de leur travail et leur
importance pour le Québec. On leur doit un grand rattrapage salarial.
En 2018,
presque à la même date, en fait, le ministre du Travail m'avait dit : Sois
patient, Alexandre, on va y arriver un jour, au 15 $ de l'heure. Bien, ça, c'était il y a deux ans. Il
reste deux ans au mandat de ce gouvernement, M. le Président.
Le 15 $ de l'heure, est-ce que ça s'en
vient bientôt?
Le Président : M. le ministre
des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Merci pour la question. La question du salaire minimum,
c'est extrêmement important, et le ministre
du Travail et moi sommes à étudier la recommandation pour la hausse annuelle du
salaire minimum. Nous avons convenu
d'y aller avec 50 % du salaire horaire moyen. Et effectivement, cette
année, il y a... et c'est étonnant, je pense, mais il faut bien le dire,
dans les conditions économiques actuelles le salaire horaire moyen augmente de
plus de 3 %. Alors, c'est dans le même
ordre de grandeur que nous étudions pour la hausse du salaire minimum parce que
c'est l'objectif que nous nous étions donné, 50 % du salaire
horaire moyen, et nous l'avons atteint l'an dernier.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Je cite un homme politique : «Un emploi, c'est une question de dignité, de
respect, de sa place dans la communauté. C'est d'être capable de
regarder ses enfants dans les yeux et de pouvoir leur dire : Ça va aller,
on va s'en sortir. Quand nous reconstruirons notre économie en mieux, nous le
ferons avec un salaire minimum de 15 $ l'heure.» Ça, M. le Président,
c'est le nouveau président des États-Unis, M. Joe Biden. À ma
connaissance, il n'a pas sa carte de membre de Québec solidaire. Pourtant, il
revendique et il appliquera, logiquement, le 15 $ de l'heure dans son
pays. Pourquoi on n'a pas la même ambition pour le Québec?
Le Président : M. le ministre
des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Bien, merci pour la citation de Joe Biden. Et vous avez
raison. Un emploi, c'est plus qu'un revenu,
c'est une dignité. Et c'est pour ça que notre gouvernement est déterminé à
avoir une économie plus forte, à avoir plus de richesse.
Maintenant,
le marché du travail, il y a l'offre, il y a la demande, ça prend un équilibre.
Et malheureusement le revenu
disponible et le salaire horaire moyen, aux États-Unis, est beaucoup plus élevé
qu'au Québec, ce qui fait qu'effectivement, si 15 $ est le bon
chiffre pour les États-Unis, bien, le chiffre qui correspond, au Québec, est
inférieur à ça.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Il y a des nuances
infinies, aux États-Unis, ce n'est pas un bloc monolithique.
Donc, la CAQ refuse d'augmenter le salaire minimum à 15 $
l'heure, c'est bien, mais il va falloir des solutions de rechange. En 2018, Philippe Couillard nous
avait expliqué comment nourrir sa famille pour 75 $ par semaine, c'était
très enrichissant. Le ministre
peut-il nous donner ses trucs à lui, aux travailleurs, travailleuses qui
travaillent à temps plein puis qui ne sont pas capables d'arriver?
Qu'est-ce qu'ils doivent faire pour arriver, M. le Président?
Le Président : M. le ministre
des Finances.
M. Girard (Groulx) : Merci. Bon, alors, j'aimerais rappeler à tous, tous les
membres de cette Assemblée, que le Québec
est la province la plus généreuse, que le coefficient de pauvreté est ici le
plus bas, qu'en termes de support aux faibles revenus nous sommes la
deuxième province canadienne. Alors, je pense qu'on peut critiquer, on peut
demander des améliorations, mais il faut
regarder aussi ce qu'on fait bien. Nous aurons un programme de revenu de base, nous avons une progression vers 2023. Le Québec est en marche, on fait du bon travail. Et, non,
ce n'est pas parfait. Je vous remercie pour les suggestions.
Le Président : Question
principale, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
M. le Président, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais, quand je parle en
français, j'ai un petit accent. Mais je suis très fier de mon accent de la West
Island.
La langue française,
ce n'est pas facile à maîtriser pour tout le monde, mais les anglophones
adorent la langue française. Ça, c'est
exactement pourquoi ça fait un an aujourd'hui j'ai déposé le projet de loi n° 590, qui
va rendre les cours de français
gratuits sur le territoire du Québec pour tous les Québécois. Quand même, le leader du gouvernement a trouvé que
c'était une excellente idée. Le premier
ministre a quand même
dit que c'est une excellente idée. Mais malheureusement le projet de loi
n'est toujours pas adopté.
Alors,
pendant l'étude des crédits, j'ai revenu à la charge puis j'ai demandé au leader du gouvernement est-ce qu'il
va adopter mon projet de loi cette session-ci. Il a dit : Peut-être, c'est intéressant.
Le premier ministre a encore répété qu'il trouve que c'est une
très bonne idée.
Alors,
une question pour le gouvernement : Est-ce
qu'il va adopter mon projet de loi avant la fin de session?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Merci, M. le Président. M. le
Président, vous n'êtes pas sans
savoir que le leader du gouvernement, qui est aussi responsable de la Charte de
la langue française, a annoncé que nous étions à élaborer un plan costaud, et
je reprends ses mots, un plan costaud pour
faire la promotion de l'utilisation du français partout au Québec. Alors, j'entends, bien
évidemment, la suggestion du député de Jacques-Cartier. Je trouve ça intéressant, ce nouvel éveil au français de la part du Parti libéral du Québec. Ça
aurait été intéressant que ces idées-là trouvent écho il n'y a pas si
longtemps. Mais il est de notoriété que le gouvernement de la CAQ est un
gouvernement nationaliste pour qui la langue commune est le français. Nous nous préoccupons du déclin du français,
particulièrement à Montréal, et le ministre responsable de la Charte
de la langue française va déposer prochainement un plan qui va répondre
à plusieurs problématiques, incluant celle qui est soulevée par le député de Jacques-Cartier.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : M. le
Président, mon projet de loi, c'est deux articles qui vont modifier la Charte
de la langue française. Ça va aider tous les Québécois, comme je dis, ça va
rendre les cours gratuits pour tout le monde. Présentement, pour les
jeunes anglophones, il y a plusieurs qui quittent, c'est triste. Après leurs
études, ils disent : Moi, je ne suis pas suffisamment
bilingue de travailler dans un milieu français, alors ils quittent pour les
autres provinces, les autres juridictions. C'est une perte de talents
pour le Québec.
Alors,
je pose la question au ministre de l'Économie : Est-ce qu'il va déposer un
plan pour assurer qu'on garde tous nos talents anglophones ici, au
Québec?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : M. le Président, à moins que je ne m'abuse, la
situation qui est décrite par le député de Jacques‑Cartier n'a pas commencé à
se produire il y a six mois. D'après moi, ça date d'un peu plus longtemps, ce
qui m'interpelle, parce que je me dis :
O.K., mais, quand ils étaient au gouvernement, pourquoi ils n'ont pas appliqué
ces solutions-là? Ça aurait été intéressant.
Ceci étant dit, nous
sommes conscients de ce problème-là. Nous sommes aussi conscients qu'il y a eu
une sous-disponibilité des cours de français
pour les nouveaux arrivants. Nous sommes aussi très conscients qu'il y a
différents milieux de travail où le
français n'est pas privilégié, notamment au gouvernement du Québec, qui n'est
pas exemplaire en la matière, et ses sociétés d'État.
Le Président :
En terminant.
Caire : Donc, il y a différentes problématiques, M. le
Président, auxquelles on doit s'adresser. Le député de
Jacques-Cartier...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
M. le Président, peut-être le problème, c'est, pour le gouvernement... il
regarde l'idée de donner quelque chose de gratuit à tout le monde, ça va
être trop coûteux pour l'État. Alors, je vais suggérer fortement, fortement à
ce gouvernement d'aller parler avec la
ministre des Langues officielles à Ottawa pour voir si elle est intéressée de
financer une
partie de mon projet de loi. Je pense qu'ils vont être
très, très contents avec la réponse du gouvernement fédéral.
Le Président : M. le leader
adjoint du gouvernement.
Caire : Bien, M. le
Président, je veux rassurer le député de Jacques-Cartier, le ministre
responsable de la Langue française parle
régulièrement à la ministre responsable des Langues officielles à Ottawa, il y
a une collaboration entre les deux
gouvernements. Et ce qui est intéressant aussi, M. le Président, c'est que,
même à Ottawa... ce nouvel élan d'amour
pour le français a trouvé écho à Ottawa. C'est une excellente chose, et nous
nous en réjouissons. Ça va contribuer à
faire en sorte que le plan qui sera déposé par le ministre responsable de la
Langue française va être costaud, va être soutenu. Et j'ai hâte
d'entendre les applaudissements de l'opposition officielle lorsque notre plan
sera connu.
Le Président : Question
principale, M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci. Le 15 octobre dernier, la ministre
responsable du Sport a annoncé un programme d'aide de 70 millions. Quand on décortique ce montant,
pour l'ensemble des associations sportives du Québec, ce sont 4,1 millions
de dollars pour le sport non élite. C'est
minime, M. le Président. Et je dépose le plan de relance. On parle de 65 fédérations
sportives. Pour Hockey Québec, par exemple, c'est plus de 220 associations qui en relèvent, c'est moins de 2 000 $ par association. Dans mon comté, c'est une rondelle
par joueur, M. le Président. Des semaines après l'annonce de la ministre,
les fédérations sportives attendent encore
après l'aide promise. Pourtant, elle avait dit à ces derniers que le délai
serait de deux semaines. Aujourd'hui,
les associations doivent rembourser les frais d'inscription. Plusieurs d'entre
elles se demandent encore comment elles feront pour maintenir leurs
activités l'an prochain.
Pourquoi,
début décembre, plusieurs associations sportives se retrouvent dans la même
situation qu'en juin, soit à se demander quand elles recevront une vraie
aide de votre gouvernement?
Président : Consentement pour le dépôt des documents?
Consentement. Mme la ministre déléguée à l'Éducation.
Mme Charest :
Oui, merci, M. le Président. Je suis contente que le député de Marquette fasse
état de l'aide qu'on a apportée à
notre système sportif. Il faut comprendre qu'on a presque doublé le financement
qu'on offre à nos organisations parce
qu'on sait à quel point c'est important de garder en vie ce système-là, parce
qu'on sait à quel point c'est important pour nos jeunes puis c'est important pour nos communautés. Maintenant, on
travaille à rendre les sommes disponibles le plus rapidement possible. On travaille avec les
différentes fédérations, avec les différents organismes pour que ça arrive sur
le terrain le plus rapidement. Merci.
Le Président :
Complémentaire, M. le député.
M. Ciccone : Merci beaucoup. Les jeunes sportifs ne savent
plus où donner de la tête, les parents non plus. Hier, ils ont appris que des jeux d'évasion seront
permis à l'intérieur. Pourtant, le hockey extérieur est interdit, le ski
compétitif également. Alors que le ski
compétitif est interdit, bien, il y a deux papas sur une piste à côté qui
peuvent faire descendre des jeunes avec des chronomètres. La ministre
est incapable d'expliquer les décisions de son équipe de façon cohérente.
Comment la ministre répond au fort
mécontentement de la population sportive?
Le Président : Mme la
ministre déléguée à l'Éducation.
Mme Charest :
Oui, merci, M. le Président. Bien, en fait, je peux l'expliquer de façon très
cohérente. C'est une directive de la Santé publique, de permettre
d'ouvrir les jeux d'évasion. Maintenant, il faut comprendre que les règles pour les jeux d'évasion
sont exactement les mêmes que pour la pratique sportive, c'est-à-dire que vous
pouvez le faire de façon individuelle
ou en duo, en respectant la règle de deux mètres, qui est exactement la
même chose que pour le sport, ou avec la bulle familiale. Alors, voici
la cohérence de mon propos.
Le Président : Cela met fin à
la période de questions et de réponses orales.
Nous passons maintenant à la rubrique des
motions sans préavis. Et là je comprends qu'il y a une entente pour permettre à un membre de l'opposition officielle
et à un membre du deuxième groupe d'opposition d'inverser l'ordre de leurs motions afin qu'un membre de l'opposition
officielle présente aujourd'hui sa motion en premier et qu'un membre du
deuxième groupe d'opposition présente sa motion en premier lors de la séance du
jeudi 10 décembre. Je vous demande s'il
y a consentement pour cette inversion. Donc, consentement. Et je reconnais, à
ce moment-ci, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
M. le Président, je sollicite le consentement afin de présenter la motion
suivante conjointement avec la
vice-première ministre, la députée de Sherbrooke, le chef du troisième groupe
d'opposition, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale du Québec se
souvienne de la tragédie survenue à l'École polytechnique de Montréal il
y a 31 ans aujourd'hui, le 6 décembre 1989;
«Qu'elle
honore la mémoire des 14 jeunes femmes qui ont perdu la vie lors de ce
féminicide et qu'elle se remémore les nombreux autres blessés;
«Qu'elle dénonce fermement toutes les formes de
violence commises à l'endroit des femmes;
«Qu'elle
réitère que l'égalité et le respect, entre les femmes et les hommes, sont des
valeurs inaliénables de notre société;
«Que chacune
et chacun de ses membres contribue à faire du Québec une société dans laquelle
les femmes puissent vivre sans crainte d'atteinte à leur dignité [ou] à
leur sécurité;
«Qu'elle
souligne à nouveau les 12 jours d'action contre les violences envers les
femmes, qui encouragent la dénonciation et la prise d'actions pour
prévenir ces violences sous toutes leurs formes en soutien aux victimes;
«Qu'elle
demande à tous les partis politiques d'unir leur voix afin de saluer la mémoire
de ces 14 jeunes femmes et leurs familles éprouvées;
«Qu'enfin, elle observe une minute de silence en
leur mémoire.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Caire : Bien
évidemment, M. le Président, il y a consentement pour un débat d'environ deux
minutes, à commencer par la cheffe de l'opposition officielle, la vice-première
ministre, la députée de Sherbrooke et le chef du troisième groupe d'opposition.
Président : Alors, je
comprends qu'il y a consentement pour qu'il y ait quatre intervenants et pour
que la durée des interventions soit limitée à un maximum de deux minutes
chacune.
Je vais commencer avec Mme la cheffe de
l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le Président,
j'avais 15 ans quand cet événement est survenu, et c'est un an plus tard
que j'ai décidé que moi aussi, j'irais
étudier à l'École polytechnique. Quand je suis arrivée à
l'École polytechnique, c'était comme si
l'événement s'était produit à des kilomètres de là. On n'en parlait pas, on
n'en discutait pas, c'était presque un sujet tabou. Les étudiants qui avaient vécu l'événement, qui étaient
en quatrième année, étaient encore présents dans l'école. Mais partout, dans les détours de couloir, le long des murs, les
salles de classe, la présence de l'événement était palpable. Et je pense qu'à
l'époque la peine était trop lourde, la plaie était trop béante pour même être
capable de discuter de ce qui s'était passé.
Lors du cinquième anniversaire de la
Polytechnique, j'étais présidente de l'association des étudiants, et, comme à l'habitude, un 6 décembre, on s'est réunis
autour de la plaque commémorative. Et, pour la première fois, les parents d'une
de ces jeunes femmes, Barbara, qui était
d'origine polonaise, pour la première fois venaient au Québec voir, cinq ans
plus tard, où avait péri leur fille.
Je tenais une gerbe de roses en leur mémoire, et le directeur de Polytechnique
de l'époque était à côté. Je suis allée poser ma gerbe de roses, il m'a prise
dans ses bras et il s'est mis à pleurer. Et à ce moment précis j'ai senti
que c'était un peu comme notre père à toutes et, quelque part, on était ses
filles à lui.
M. le Président, il nous en aura fallu, du temps, pour
reconnaître que ce qui s'était passé, c'était un féminicide. Moi la première,
il m'en aura fallu, du temps, et c'est normal, parce que les choses qui font
mal, les choses qui dérangent sont difficiles à nommer.
Vous
allez me permettre, aujourd'hui, de m'adresser directement à mes consoeurs,
même si deux d'entre elles n'étaient pas
directement étudiantes à Polytechnique. Alors, à Sonia, à Michèle, à Nathalie,
à Geneviève, à Hélène, à Maud, à Maryse et Maryse, à Anne-Marie et
Anne-Marie, à Annie et Annie, à Barbara et Barbara, peut-être que vous partagez
autant le même nom parce que
vous êtes unies dans une cause, mais, en ce 31e anniversaire, j'aimerais
simplement vous dire que votre destin
et votre trajectoire sont à jamais liés à une des causes les plus nobles, à une
des luttes les plus justes de notre histoire, c'est celle qui permet à une
femme de non seulement exister, mais bien de vivre. Merci, M. le Président.
Le Président :
Merci. Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je joins ma voix à celle de la cheffe
de l'opposition officielle et à celles de tous les collègues pour nous
remémorer effectivement aujourd'hui cette tragédie du 6 décembre 1989.
On en célébrait la 30e année l'an
dernier, et cette année est donc, la 31e. Et c'est chaque fois l'occasion de se
rappeler de ces 14 femmes qui
ont été tuées sauvagement ce jour-là. Et le témoignage expérientiel et la
connaissance personnelle de la cheffe
de l'opposition officielle de cet
événement-là nous fait sentir encore toute l'émotion et toute la, comment dire...
toute l'émotion, toute l'émotivité que
ça nous suscite à chaque fois, de repenser à cet événement, qui effectivement,
à juste titre, a été reconnu depuis
comme étant un féminicide et qui depuis, heureusement, a catalysé puis a fait
avancer plusieurs combats qui étaient
enclenchés, mais qui, depuis, ont continué d'avancer. Je parle de combats et de
luttes pour l'égalité des hommes et des femmes, pour l'avancement de la
cause des femmes en général.
est, au Québec, M. le Président, une des sociétés, malgré tout, les plus
égalitaires, mais cette égalité, elle ne sera jamais pleinement gagnée
tant et aussi longtemps que des femmes continueront d'être victimes de
violence. Et les femmes, malheureusement,
continuent d'être davantage victimes de violence que les hommes, même dans
notre société québécoise, que nous aimons tant, mais qui est imparfaite
à cet égard. Alors, M. le Président, je pense qu'on doit saisir chacune des occasions qui nous sont données de
tous nous rappeler ensemble, en tant qu'Assemblée législative et en tant
qu'hommes et femmes qui font
partie de cette Assemblée législative... on doit
prendre chaque occasion de se rappeler l'importance
de continuer de travailler ensemble, de continuer d'unir toutes nos forces pour
l'égalité des hommes et des femmes.
On ne doit faire aucun compromis sur quoi que ce soit qui puisse ouvrir la
moindre brèche à remettre en question l'importance
et le caractère sacré de cette égalité hommes-femmes comme étant une des
valeurs fondamentales de ce qui fait notre société québécoise.
Donc,
M. le Président, on a ce devoir, aujourd'hui, de se rappeler de ces
14 victimes, aujourd'hui et en tout temps d'ailleurs, mais plus particulièrement chacun des 6 décembre. Et je
considère, comme femme, et comme Québécoise, et comme membre du Parlement du Québec, que nous pourrons rendre justice et
rendre honneur à la mémoire de ces femmes en continuant d'unir nos forces pour lutter pour cette égalité
hommes-femmes et pour faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que les femmes ne soient plus jamais victimes
d'une telle violence et d'un événement aussi sauvage et brutal que ce
qui s'est produit le 6 décembre 1989.
Donc,
M. le Président, au nom de toute ma formation politique et au nom de tous, je
rends hommage à la mémoire de ces
femmes. Et je souhaite que nous poursuivions tous ensemble cette route vers
l'égalité hommes-femmes au Québec, M. le Président.
Le Président :
Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Merci, M. le Président. Plusieurs d'entre vous avez des souvenirs très précis
de votre journée du
6 décembre 1989, vous vous souvenez de ce que vous faisiez quand vous
avez appris la nouvelle, comment vous vous êtes sentis. Moi, j'avais à peine deux, ans au moment de l'attentat
de Polytechnique, et ça a pris des années avant que j'apprenne que cet événement s'était produit. J'ai le
souvenir d'en avoir capté quelques bribes dans les médias lors des
commémorations, quand j'étais enfant, mais je ne comprenais pas ce qui
s'était passé. On ne parlait pas de ça, jamais.
C'est beaucoup plus
tard, grâce aux activités de commémoration, que j'ai appris et compris ce qui
s'était passé, que des femmes avaient été
tuées non pas au hasard mais parce
qu'elles étaient des femmes et parce qu'elles étudiaient dans un domaine traditionnellement masculin, que
c'était un attentat antiféministe et que le tueur lui-même affirmait s'en
prendre aux féministes. Et, quand
j'ai compris ce qui s'était passé, comment ça s'était passé, ce que je n'ai pas
réussi à comprendre, c'est pourquoi ça a pris autant de temps avant
qu'on reconnaisse que c'était un attentat antiféministe.
En 1989, on a refusé
de voir ce qui aujourd'hui est une évidence pour tout le monde. On a préféré
dire que c'était le geste d'un fou, un geste
isolé. On a refusé de dire que c'était un féminicide et qu'il y avait de
l'antiféminisme au Québec. C'est
seulement l'année dernière qu'on a franchi le pas de le reconnaître
officiellement en remplaçant la plaque commémorative
qui parlait de tragédie par une nouvelle qui reconnaît que, le
6 décembre 1989, c'est un attentat antiféministe que le Québec
a vécu, et ça a pris 30 ans.
Pourtant,
la manière dont on nomme les choses, ça teinte notre compréhension des faits,
ça guide notre façon d'agir. Quand on préfère parler de geste isolé et de
tragédie plutôt que de féminicide, on ne met pas la même énergie à contrer
les violences faites aux femmes. Quand un
homme tue sa conjointe ou son ancienne conjointe et qu'on parle de drame
conjugal ou familial au lieu de parler de meurtre, on banalise la violence
faite aux femmes. Ça a pris
30 ans avant qu'on reconnaisse officiellement
que ce qui s'est passé à Polytechnique, c'était un féminicide, comme ça nous a
pris aussi des décennies pour reconnaître que les autochtones sont
victimes ici d'un génocide, qui concerne particulièrement les femmes.
Ce que je nous souhaite
collectivement, c'est qu'on prenne moins de temps que ça pour reconnaître le
caractère systémique des violences subies
encore aujourd'hui par certaines personnes et certaines communautés,
au Québec, qu'on arrête
d'en parler comme des gestes ou des événements isolés et qu'on se mette au
travail dès maintenant pour que ça ne se reproduise plus. Ce serait une
belle manière d'honorer la mémoire des victimes de Polytechnique et de toutes
les autres victimes de violence.
Le Président : M. le chef du
troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé : M. le
Président, pour cette importante
motion, c'est un homme, au Parti
québécois, qui la fera, un allié. Et,
au nom de tous les alliés masculins qui luttent pour la même cause des femmes,
je voulais transmettre, au nom du Parti québécois, quelques mots qui se voudront des rappels et, j'espère, réconfortants
pour les familles et pour toutes ces personnes qui ont été victimes et
qui restent troublées par ce qui s'est passé le 6 décembre 1989.
Évidemment,
je m'en souviens. J'avais 14 ans, c'était une froide soirée d'hiver. Et,
vers 19 h 10, la programmation régulière de Radio-Canada est interrompue par un bulletin spécial, et
affluent les voitures de police, les ambulances et beaucoup
d'incompréhension de ce qui venait de se passer.
Lorsqu'on
apprendra le bilan, stupéfaction générale, tristesse. Comment on a pu tuer des
jeunes femmes innocentes qui ne voulaient qu'étudier, qui ne voulaient que
préparer leur vie, préparer nombre de projets ici, au Québec, et dans le monde, des femmes parmi les plus brillantes des universités québécoises,
qui se sont retrouvées au mauvais moment avec quelqu'un qui avait choisi
sciemment de commettre un acte irréparable?
S'il y a une preuve qui rappelle annuellement la
tragédie de Polytechnique, que c'est pertinent et important, plusieurs ici l'incarnent à travers leur parcours
professionnel. C'est le cas de la cheffe
de l'opposition mais bien d'autres. Le
6 décembre 1989, de nombreux députés de cette Assemblée, de toutes
les formations politiques, n'étaient pas au monde, peut-être les prochains aussi. Pourtant, je suis
certain qu'ils ont l'impression de se souvenir, car, année après année, on a
rappelé la mémoire collective, le drame de
ces jeunes femmes, qu'il faut nommer. On a insisté sur le fait qu'il ne fallait
pas oublier et qu'il fallait demeurer vigilants.
Aujourd'hui, 31 ans plus tard, on n'a pas
oublié, on demeure vigilants, mais on a encore peine à expliquer. Ces 14 jeunes femmes étaient promises à un
brillant avenir. Parmi elles, Sonia Pelletier, 28 ans, originaire de
Saint-Ulric, le petit village à
l'ouest de la ville de Matane, qui avait décidé de revenir, après ses études,
dans son village pour ouvrir une entreprise d'ingénierie. Ses parents la pleurent toujours. Leur élan est
interrompu abruptement, injustement, inexplicablement. Pour les proches et les familles des victimes, pour les
gens qui ont été blessés, rien ne pourra jamais réparer le tort qui a été fait,
bien sûr.
Notre devoir,
c'est de perpétuer la mémoire de ces jeunes femmes, d'insister, d'insister sur
le fait que la violence faite aux
femmes existe toujours, prend des formes nouvelles, parfois, et qu'elle
doit être dénoncée en toutes circonstances et, j'ajouterai, jugée; de mieux encadrer la circulation des armes à
feu; de rendre plus accessibles les services et les ressources en santé
mentale pour prévenir.
6 décembre 1989, le Québec était sous le choc. C'était une froide soirée
d'hiver. Ensemble, nous nous sommes relevés, mais l'événement a laissé
ses traces, beaucoup de douleur et d'incompréhension, entre autres. Mais, parmi
ces marques, certaines ne sont pas
complètement négatives, car les événements ont agi à
titre de leçon, qu'on
rappelle chaque année.
Les Québécois
forment une société progressiste, égalitaire, qui ne tolère pas l'injustice. Peut-être
que nous avons ensemble pris
davantage conscience de l'importance du respect entre les hommes et les femmes.
Le Québec encourage ses filles comme ses garçons à aller au bout de leurs rêves. Aujourd'hui, il n'est plus exceptionnel de voir de jeunes femmes se lancer dans des
Au Québec, le dialogue reste ouvert, et tous les espoirs
sont permis. Et surtout on n'oublie pas.
Au nom du Parti québécois, j'offre tout mon
soutien aux proches des victimes de Polytechnique et je m'engage à continuer
pour elles, à
titre d'allié, la lutte contre la violence faite aux femmes.
Merci, M. le Président.
Président : Et
j'invite maintenant les leaders à m'indiquer le vote de leurs groupes sur cette
motion, suivi des députés indépendants. M. le leader du
gouvernement?
Le Président : M. le
leader de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Président : Cette
motion est donc adoptée. Je vous demanderais de vous lever, à ce moment-ci,
pour observer une minute de silence à la mémoire des victimes.
• (11 h 10 — 11 h 11)
Le Président : Je vous
remercie. Veuillez vous asseoir.
Je reconnais maintenant M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : M. le Président,
j'aimerais dédier cette motion à toutes les personnes mortes de surdose dans
les dernières années, en particulier depuis le début de la pandémie. Votre
dépendance n'est pas un crime.
Je demande le
consentement de l'Assemblée pour débattre de la motion suivante conjointement
avec le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte du nombre grandissant d'études qui démontrent
les avantages de recourir à des alternatives à la répression policière et à la
judiciarisation à l'égard des utilisateurs et utilisatrices de drogues;
«Qu'elle
déclare qu'il est souhaitable de mieux comprendre et documenter les initiatives
de santé publique qui visent à
réduire les méfaits et les conséquences négatives associés à la consommation de
drogues sans recourir aux mesures pénales;
«Qu'elle
constate la multiplication des voix réclamant la décriminalisation de la
possession simple de toutes les drogues, notamment l'administratrice en chef de
l'Agence de la santé publique du Canada, le directeur national de la santé
publique du Québec, l'Association canadienne
des chefs de police, le comité sur la santé de la Chambre des communes et
celles des gouvernements de la Colombie-Britannique et de l'Oregon;
«Qu'elle prenne acte de la directive de la Directrice
des poursuites pénales du Canada de ne plus lancer de poursuites pour
possession simple de drogue sauf dans des cas exceptionnels;
«Qu'en
conséquence, elle demande au gouvernement du Québec d'organiser une rencontre de travail
transpartisane pour étudier la question.»
Le Président : Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion?
Caire : Pas de consentement,
M. le Président.
Le Président : Pas de
consentement. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui, M. le Président,
je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la ministre de la Culture et des Communications, la députée
de Verdun, la députée de
Mercier, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin, la
motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale rende hommage à ce
grand acteur québécois qu'est [...] Michel Dumont, qui s'est éteint le 13 août
à l'âge de 79 ans;
«Qu'elle
salue sa longue carrière en tant que comédien, et aussi comme directeur
artistique de l'institution Jean-Duceppe;
«Qu'elle
souligne également son engagement exceptionnel pour rendre le théâtre
accessible à tous, ainsi que pour la langue française et la culture
québécoise;
«Que
l'Assemblée nationale transmette ses plus sincères condoléances à sa famille et
à ses proches, et qu'elle observe une minute de silence en sa mémoire.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Caire :
Oui, M. le Président, il y a consentement pour un débat de deux minutes par
intervenant, en commençant par le
député de Jonquière, la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants,
la députée de Verdun et la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Président : Alors, je
comprends qu'il y a consentement pour qu'il y ait quatre intervenants et pour
que la durée des interventions soit limitée à un maximum de deux minutes chacune.
Je reconnais maintenant M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui, M. le Président. Michel Dumont n'est plus. La profonde voix du fjord s'est
tue. Quiconque l'a entendue, cette
voix, ne serait-ce qu'une fois, s'en souviendra à jamais. Une telle narration,
c'était un personnage à part entière.
Pour ce fils du royaume dont l'histoire est fabuleuse, c'est également
une promesse d'éternité. Originaire de Kénogami, aujourd'hui Jonquière,
diplômé du collège de Jonquière, Michel Dumont a eu une magnifique carrière sur
plusieurs décennies. Il a touché le coeur
des gens de multiples générations. On a tous en tête l'une de ses
interprétations criantes de vérité,
notamment Monsieur le ministre , que plusieurs d'entre nous, quand on
était jeunes, on écoutait en se demandant si c'était ça, la vraie vie
politique. Il était très crédible. J'aimerais lui en parler aujourd'hui.
Ce qu'on sait
moins de lui, c'est qu'il a beaucoup oeuvré dans l'ombre aussi. Il a été l'âme
du théâtre de son mentor, Jean Duceppe, pendant 27 ans, en y assurant la
direction artistique. Il a mis en valeur les productions québécoises.
Michel Dumont tenait à notre identité nationale.
Il la savait au moins aussi bonne que les autres mais également particulière, unique. Il en était fier, il voulait
la promouvoir. Si on a une chose à retenir de ce grand artiste, au-delà de son
immense talent, c'est bien celle-là.
La maison de Michel Dumont, c'était la scène.
Imposant, impressionnant, il l'habitait complètement. Il rassurait et mettait en confiance ses collègues
acteurs mais les poussait aussi à se dépasser, et c'est le public qui récoltait
tous les bénéfices.
Michel Dumont
respectait profondément son monde. Il lui a donné de son temps, mettant sa notoriété
au service de grandes causes. Il est toujours resté attaché à sa région
d'origine.
Au nom du Parti québécois, je tiens à adresser mes plus sincères condoléances à ses proches, dont
certains que je connais personnellement. Nous nous souviendrons tous et
toutes de Michel Dumont. Merci, M. le Président.
Le Président : Merci. Mme la ministre
responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : Merci, M. le Président. C'est un privilège pour moi de prendre la parole au nom de ma collègue la
ministre de la Culture et des
Communications. Et on appuie la
motion du Parti québécois et nous souhaitons également exprimer
notre profonde tristesse à la suite du décès de M. Dumont.
Effectivement, comme le mentionnait le député
de Jonquière, c'est un grand
homme de théâtre qui nous a quittés le
13 août dernier, au sens propre comme au sens figuré. Cet artiste à la
stature imposante et à la voix grave n'avait pourtant rien d'intimidant. Michel
Dumont aura été rassembleur, proche de son public, chaleureux, généreux. Son
souvenir restera à jamais gravé dans la mémoire du cinéma, de la
télévision et du théâtre québécois.
À la direction artistique du Théâtre
Jean-Duceppe pendant 27 ans, Michel Dumont a su mettre le théâtre d'ici à l'avant-scène. Pas moins de 44 créations québécoises
seront montées sous sa direction. Il aura même poussé l'audace jusqu'à proposer deux saisons entièrement
consacrées aux textes québécois.
Comme interprète,
Michel Dumont s'est révélé un comédien fabuleux et inspirant. Il a joué dans
plus de 75 pièces et une quinzaine de téléromans et de séries.
Pendant plus de 40 ans, il a enchaîné les rôles marquants au petit écran.
Fantoche dans Picotine , le ministre Alain Robert dans Monsieur le
ministre , Gilbert Trudel... — parlant
de Monsieur le ministre , moi aussi, j'écoutais ces épisodes avec beaucoup
d'assiduité, et on s'imaginait que c'était ça, la vie politique — Gilbert Trudel dans Des dames de coeur et,
plus récemment, Zachary Harrison dans Yamaska ne sont que quelques-uns
des personnages auxquels Michel Dumont a prêté son immense talent.
Ses qualités
d'interprétation lui ont d'ailleurs
valu plusieurs récompenses. Il n'est pas étonnant non plus que ce
bâtisseur du théâtre québécois ait obtenu le prestigieux
titre d'officier de
l'Ordre national du Québec en 2013.
Et, sur une note plus personnelle, j'ai connu
Michel Dumont en tant que membre de l'Union des artistes. Et aussi, la
dernière fois que j'ai rencontré Michel Dumont, c'était lors d'une soirée
organisée par la Société Alzheimer de la Rive-Sud,
nous étions assis face à face, et c'est un souvenir qui m'est revenu à plusieurs
reprises. C'est une personne qui aimait
la vie, qui aimait surtout écouter les autres. Alors, c'est une très grande
qualité, de savoir écouter les autres. Et il charmait juste par sa
prestance.
M. le Président, nous offrons nos plus sincères condoléances à la famille et aux
proches de Michel Dumont, ce grand acteur et directeur artistique, adoré
du public québécois.
Le Président : Mme la députée
de Verdun, à vous la parole.
Mme Melançon : Merci, M. le
Président. Le milieu culturel a perdu, en août dernier, une figure majeure de
la communauté artistique, M. Michel Dumont.
Grand homme de théâtre, il a marqué plusieurs
générations de Québécois et de Québécoises. Films, téléromans, théâtre, Michel
Dumont a touché à tout avec le même talent et la même passion. Au petit écran,
on l'a vu dans Picotine , Monsieur
le ministre , Des dames de
coeur , Omertà et, plus récemment, dans Yamaska. Il s'est
produit sur les planches dans plus d'une centaine de pièces présentées
partout au Québec.
Il était
dédié à partager la culture avec le plus grand nombre, à démocratiser les
grands textes et les grands auteurs. C'était aussi un amoureux de la
langue française, l'outil par excellence pour les acteurs. On se souviendra de
lui comme Big Daddy, un patriarche sudiste, dans La chatte sur un toit
brûlant ou encore comme Quentin dans Après la chute ,
d'Arthur Miller, qu'il a aussi traduit.
Sur scène, comme spectateurs, on le savait
généreux, mais nombreux sont ceux qui ont aussi témoigné de cette générosité en coulisse. Rassembleur, Michel Dumont
prend les rênes de la compagnie Duceppe en 1991, à la suite de son fondateur éponyme et mentor. Il en aura été le
directeur artistique pendant 27 ans. «Il faut que le théâtre soit la fête
du grand public.
[Il faut] réussir à l'atteindre, à le toucher, comme dans la vie», disait-il.
Il s'était donné cette mission d'offrir un théâtre accessible,
populaire, mais de qualité.
À la famille
et aux proches de M. Dumont, j'adresse, en mon nom et en celui de ma formation politique, nos plus sincères condoléances. Merci pour tout, M. Dumont.
Le Président : Merci. Mme la
députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Mme Lessard-Therrien : Merci,
M. le Président. C'est pour moi un immense plaisir, aujourd'hui, de rendre
hommage à l'un de nos grands artistes, Michel Dumont, qui s'est éteint le 13 août
dernier à l'âge de 79 ans.
On parle
d'une carrière de plus de 45 ans pendant laquelle les rôles se sont
succédé, au théâtre comme au petit écran et au grand écran. De Tchekhov à
Tremblay, de l' Oncle Vania à Yamaska , en passant par Omertà ,
Michel Dumont a été un artiste talentueux et polyvalent.
Il n'aimait pas seulement le théâtre, il aimait
aussi profondément le Québec. Il était fier d'être Québécois, et ça se transposait à l'écran, ça se transposait
dans sa façon d'être et d'interagir avec les autres. C'était un amoureux de
notre culture, de notre langue, de
notre histoire. Toute sa vie, il a ramené au-devant de la scène les auteurs et
les autrices d'ici, des jeunes comme des plus vieux. Il concevait le théâtre
comme un endroit qui devait être accessible à tout le monde, comme une
grande fête. C'était pour lui un endroit accueillant et chaleureux, un endroit
où les gens devaient se sentir bien, que ce
soit à travers les rires ou les pleurs. C'était une conception profondément
inclusive et authentique du théâtre. Nous allons nous en souvenir.
M. Dumont aimait citer les grands auteurs,
et je me permets aujourd'hui de le citer à mon tour : «Il me semble qu'on devient de plus en plus intolérants, et ce,
à l'échelle planétaire. On devrait plutôt aspirer à la tendresse face à autrui.
La tendresse, c'est la plus belle chose au monde.» Oui, M. Dumont, la
tendresse et la bienveillance. Nous allons nous rappeler de vous comme étant un homme fort et sensible, intelligent et
chaleureux, généreux et tolérant, à l'image du Québec que vous aimiez
tant, à l'image de l'homme que vous étiez.
En mon nom et
celui de ma formation politique, j'offre mes plus sincères condoléances à sa
famille et à ses proches. Le Québec se souviendra de lui. Au revoir, M. Dumont.
Le Président : Merci. Je vous
invite maintenant à m'indiquer le vote de vos groupes respectifs. D'abord, M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : M. le leader adjoint
du gouvernement?
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Président : Cette motion est donc adoptée. Je vais vous demander de vous lever afin
d'observer une minute de silence à la mémoire de M. Michel Dumont.
• (11 h 24
11 h 25)
Le Président :
Je vous remercie. Vous pouvez vous asseoir.
La parole appartient maintenant à Mme la ministre des
Relations internationales et de la Francophonie. À vous, madame.
Mme Girault :
M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
débattre de la motion suivante conjointement
avec la députée de Laporte, le député de Laurier-Dorion, le député des
Îles-de-la-Madeleine, le député de Chomedey et la députée de
Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale commémore les 11 ans du séisme du 12 janvier
2010 qui a frappé Haïti, provoquant le décès de plus de 200 000 personnes
et laissant des centaines de milliers de blessés;
«Qu'elle
rende hommage aux milliers de personnes disparues et blessées lors de ce
séisme;
«Qu'elle
réitère sa compassion pour les familles et les populations directement touchées
par cette catastrophe;
«Qu'elle souligne la résilience et la
dignité de la population haïtienne face aux épreuves qu'elle a dû surmonter
dans la foulée de cette tragédie;
«Qu'elle réitère sa solidarité
indéfectible envers le peuple haïtien et la communauté d'origine haïtienne au
Québec forte de près de 150 000 personnes;
«Qu'enfin,
les membres de l'Assemblée nationale observent une minute de silence à la
mémoire des victimes.»
Président : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Caire :
Oui, M. le Président, il y a consentement pour un débat de deux minutes par
intervenant, en commençant par la
ministre des Relations internationales et de la Francophonie, le député de
Viau, le député de Laurier-Dorion et le député des Îles-de-la-Madeleine.
Le Président : Je
présume et je comprends qu'il y a consentement pour qu'il y ait quatre
intervenants et pour que la durée des interventions soit limitée à un maximum
de deux minutes. Mme la ministre des Relations internationales et de la
Francophonie.
Mme Girault : Merci,
M. le Président. Le 12 janvier 2010, un séisme est survenu en Haïti. Ce
séisme a causé la mort de plus de
200 000 personnes et a fait des centaines de milliers de blessés. La
diaspora haïtienne a ressenti une vive douleur,
qui nous habite toujours. Les Québécoises et les Québécois, comme dans le monde
entier, ont compati à ce terrible drame.
Les liens que le Québec et Haïti, et
tout particulièrement avec la communauté d'origine haïtienne du Québec, sont
tissés serré. Et permettez-moi, M. le
Président, d'exprimer à quel point
cette relation privilégiée entre nos peuples revêt une dimension toute
particulière pour moi, forte et fière de mes identités québécoise et haïtienne.
Nous avons tous de la
famille, des amis ou des collègues qui furent touchés de près ou de loin par
cette terrible catastrophe. En 2010, le Québec tout entier a partagé cette
douleur éprouvée par le peuple haïtien et les Québécois d'origine haïtienne
établis dans nos communautés. Ce tragique événement nous rappelle à quel point
cela prend de la détermination et une grande
force morale pour se relever d'une catastrophe à ce point destructrice. Si les
dégâts matériels peuvent être
réparés, remplacés, les pertes humaines, elles, sont irréversibles. Les
cicatrices sont encore très présentes. C'est pourquoi, M. le Président, cet événement nous interpelle toujours, 11 ans plus tard, car, même si Haïti s'est,
en quelque sorte, relevé de ce drame,
le pays et sa population font encore face à bien des épreuves, notamment les
enjeux sanitaires liés à la pandémie actuelle et des défis qui y sont
liés.
Nous
saluons donc le courage admirable et la résilience dont ont fait preuve et font
encore preuve les Haïtiennes et les Haïtiens. Même si la vie a repris, depuis
le séisme, nous compatissons avec la douleur causée par la mort ou la
disparition de l'un ou de plusieurs membres de vos familles et de votre
communauté.
Québec a été parmi les tout premiers États à témoigner de sa solidarité en ce
sombre janvier 2010. Cela s'est manifesté notamment par la mise sur pied
d'un programme spécial de parrainage destiné aux membres des familles gravement
et personnellement touchées par le séisme. Le Québec a aussi été très actif
dans l'évacuation de plus de 4 000 ressortissants
victimes afin de les accueillir chez nous. 11 ans plus tard, nous
poursuivons notre appui en soutenant notamment les jeunes Haïtiens accueillis
après ce séisme, en contribuant au développement de leurs firmes
entrepreneuriales et en encourageant leurs projets d'entrepreneuriat. L'année
dernière, lors du 10e anniversaire de commémoration, le gouvernement du Québec a soutenu les initiatives jeunesse de la diaspora
haïtienne. La jeunesse haïtienne est en quête d'un meilleur monde, et il
faut la soutenir. Les jeunes sont l'espoir d'Haïti pour relever les défis
auxquels fait face ce pays. Le Québec est à leurs côtés.
Aujourd'hui, par cette motion, nous soulignons, nous souhaitons témoigner notre
solidarité indéfectible envers le peuple haïtien et la communauté
d'origine haïtienne du Québec. Merci, M. le Président.
Le Président :
M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci. Merci, M. le Président. Voilà une
motion qui rappelle la tendresse des peuples, voilà une motion qui
rappelle la générosité des peuples.
M. le Président, j'aurais 200 000 histoires à vous raconter. J'aurais
200 000 histoires, sans oublier celles de plusieurs Québécoises et Québécois, dont Serge Marcil, un ancien élu de l'Assemblée nationale qui a laissé sa vie en Haïti
lors du séisme. 200 000
histoires, sans oublier celles de milliers de handicapés qu'aura laissés ce
séisme derrière lui. 200 000, sans parler des milliers d'enfants orphelins du jour au lendemain.
200 000, sans compter les centaines de milliers de sans-domicile et
d'écorchés psychologiques.
Mais, à côté
de ce drame innommable, qui m'est encore une blessure, j'ai une autre histoire
à partager avec vous, et cette
histoire, c'est celle du Québec et d'Haïti, l'histoire des relations d'amitié
du gouvernement du Québec et d'Haïti, notamment à
travers des initiatives en matière d'éducation et de santé, l'histoire d'AQOCI,
l'Association québécoise d'organismes de
coopération internationale, où des centaines de Québécoises et de Québécois se
mobilisent par la coopération pour faire germer des projets de
développement en Haïti.
C'est aussi
l'histoire de plusieurs centaines de Québécoises et de Québécois d'origine
haïtienne qui, le jour, travaillent dans le milieu
de l'éducation, dans le milieu de la santé et des services sociaux et qui, le
soir ou les fins de semaine, se
réunissent, lorsqu'ils le pouvaient, pour tenter de tisser des petits projets
de développement dans leurs localités respectives.
C'est
celle aussi de plusieurs membres de cette Assemblée. Je pense, entre autres, à
la cheffe de l'opposition officielle, qui, au lendemain du séisme, a cofondé La Fondation Kanpe, qui vient en aide
aux femmes et aux enfants d'Haïti. Je pense au ministre délégué de la Santé et des Services sociaux, qui a mis ses
compétences au service d'Haïti notamment, notamment en aidant les personnes souffrant d'épilepsie. Je
pense à mon collègue le député de Vimont, à l'actuel ministre aux Affaires autochtones qui ont mis leurs
compétences au service de la sécurité, notamment au renforcement de la police
en Haïti.
C'est
la tendresse des peuples en action, M. le Président, lorsque, par cette grande
générosité, le gouvernement du Québec,
en 2010, en collaboration avec le gouvernement canadien, a mis en place un
programme qui a permis d'accueillir quelque 6 000 Haïtiens.
Et, au nombre de cela il y en a un en particulier que j'aimerais vous parler.
Il s'appelle Laurent, il habite ma
circonscription. Aujourd'hui, il aura 21 ans, bientôt. Il est arrivé au
Québec, il avait 10 ans. Il est diplômé d'études collégiales en
informatique et aujourd'hui, au coeur de cette pandémie, il est au front,
travaillant dans un CHSLD, contribuant ainsi à la société québécoise. C'est
cette tendresse, c'est cette générosité qui sont entre les peuples.
12 janvier, M. le Président, n'était pas nécessaire, n'était pas
nécessaire pour Haïti, car, dans la trame des drames auxquels ce pays a été exposé depuis si longtemps,
depuis trop longtemps, allant de dictatures, en passant par des catastrophes
naturelles, ce n'était pas nécessaire. Mais
gardons-nous de désespérer. C'est avant tout ce pays qui a tracé la route, la
route pour dire non à l'esclavage et
oui à la liberté. Et, comme le rappelle le poète Aimé Césaire, Haïti, le pays «où la négritude se mit debout pour la première fois et dit qu'elle croyait à son humanité».
Hier,
j'étais en conférence téléphonique avec l'actuel ambassadeur d'Haïti au Canada
et, lors de notre conversation, je
lui ai parlé, je lui ai rappelé, des relations particulières qu'il y a
entre le Québec et Haïti. Bien sûr, nous avons parlé de
sécurité, nous avons parlé de développement économique, nous avons parlé aussi d'environnement
et de culture.
Mais
permettez, M. le Président, mes derniers mots, que je les adresse directement
au peuple haïtien. Peuple haïtien... (S'exprime en créole).
Vive Haïti! Vive
Québec! Merci.
Le Président :
Merci. M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci, M. le Président. L'histoire d'Haïti est riche. Elle est tragique, mais
elle est grande.
séisme de 2010 a fait plus de 200 000 morts, sans parler des blessés,
des sans-abri. On l'a entendu, ce séisme a même frappé certains membres de
notre Parlement, qui ont perdu des proches ou même laissé leur vie. Ce séisme
ne doit jamais être oublié, nous devons nous souvenir de cette
catastrophe.
Mais
Haïti a une population persévérante et surtout fière. Cette fierté trouve ses
racines dans les accomplissements historiques
du peuple haïtien, qui devraient être rappelés très souvent. Parce que les
dernières années ont été difficiles pour le peuple haïtien, on a
tendance à oublier ou à ne pas mentionner ce qui fait la fierté de ce peuple.
révolution haïtienne constitue la première révolte d'esclaves réussie du monde
moderne. En 1804, Haïti devient donc la première république noire du monde.
Cette liberté est venue avec un prix à payer de la part de puissances
comme la France et les États-Unis, qui, plus tard, a occupé Haïti.
L'ère
de Duvalier aura aussi été terrible pour les droits humains. Les
différents coups d'État portés contre le peuple haïtien ont été de dures attaques. Souvenons-nous du coup d'État de
2004, dans lequel le Canada a joué un rôle.
Malgré tout, encore une fois, le peuple haïtien est résilient. Sa joie de vivre l'aide à traverser
ces épreuves. Sa langue, si riche — on l'a entendue — le créole, l'aide à
nommer ses rêves, ses malheurs et ses bonheurs.
Le Québec a accueilli
beaucoup d'Haïtiens et d'Haïtiennes depuis longtemps et le Québec en est plus
riche culturellement aujourd'hui. Toutefois, des demandeurs d'asile haïtiens,
il y en a encore beaucoup. Ce sont souvent des travailleurs essentiels, qui
travaillent dans le système de santé, les abattoirs, dans nos champs, nos
entrepôts, main‑d'oeuvre
invisible et mal payée. Il est temps de les régulariser.
Donc,
commémorer le séisme de 2010 doit aussi être un moment pour réfléchir aux liens
fraternels qui unissent la nation haïtienne et la nation québécoise.
Souvenons-nous donc de cette grande date de l'histoire de l'humanité qu'est
1804, date de l'indépendance d'Haïti. Le Québec devrait prendre des
notes et s'inspirer par la force et l'audace du peuple haïtien.
Au nom de ma formation
politique, je salue la mémoire des victimes du séisme du 12 janvier 2010.
Merci.
Le Président :
Merci. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : M. le
Président, le Québec
est fort d'une grande diaspora haïtienne. On vit ensemble depuis longtemps,
on a appris à bien se connaître.
C'est pour
cette raison que les Québécois ont été si sensibles à la catastrophe qui s'est
jouée le 12 janvier 2010. Nous avons tous encore en mémoire les
images particulièrement difficiles qui sont venues jusqu'à nous ce jour-là.
Nous avons tous pensé à un proche, à un ami, à une connaissance. Nous nous
sommes tous inquiétés, nous avons tous espéré.
Et nous avons tous été émus et
bouleversés devant la grande résilience du peuple haïtien. Ce peuple a su faire
face avec force et dignité au pire séisme à frapper le pays depuis le milieu du
XVIIe siècle. Il en affronte aussi toutes les conséquences depuis 11 ans maintenant. Tant
de douleur, tant de misère en raison de 35 petites secondes où tout
bascule, 35 secondes qui ont suffi pour voir Port-au-Prince être dévastée.
Le Palais national, le palais de justice, la cathédrale, les ministères des Finances, des Travaux publics,
de la Communication et de la Culture, l'École normale supérieure, le siège de l'ONU ont été détruits, sans compter les
milliers d'habitations qui se sont effondrées, en plus d'écoles, d'hôtels,
de centres de soins. Rien n'a été épargné.
D'un seul coup, 200 000 personnes sont mortes et au moins autant ont
été blessées. D'un seul coup, plus de
1,5 million de personnes sont devenues sans-abri, 1,5 million de
personnes ont subitement tout perdu,
y compris, pour un moment, l'espoir. On se sentait... on était impuissant et
déboussolé. Les gens étaient menacés par les épidémies, le manque d'eau
et de nourriture. L'insécurité était généralisée, la peur en a découlé.
Puis, l'aide
internationale s'est organisée. L'effort a été collectif, rapide et efficace.
Il est venu de partout dans le monde, y
compris, bien sûr, du Québec, le Québec qui ne s'est jamais senti aussi lié à
ses soeurs et ses frères haïtiens. Dans les jours qui ont suivi, on a réussi à trouver quelques rares
survivants. Près d'une centaine ont été dégagés des décombres, mais, pour des dizaines de milliers d'autres, il
était trop tard; des dizaines de milliers d'autres et autant de familles, des
femmes, des hommes, des grands-parents, des
enfants qui ont dû poursuivre leur parcours malgré la perte d'un être cher,
malgré un monde effondré et un avenir incertain.
La convalescence,
pour Haïti, est longue et certainement douloureuse. Celles et ceux qui ont vécu
ou plutôt survécu à ce séisme historique ont
reçu par le fait même le lourd mandat de reconstruire leur pays, de
reconstruire leur vie. Ces gens sont
un exemple de courage et de détermination. Leurs défis demeurent grands. Ça va
faire bientôt 11 ans. Pendant tout ce temps, les efforts n'ont
jamais cessé, et l'espoir est revenu peu à peu.
souhaite au peuple d'Haïti de retrouver la sérénité et la stabilité. Et, au nom
du Parti québécois, je l'assure de notre
entière solidarité. Votre pays a été meurtri, mais il n'est certainement pas
vaincu. Votre avenir est plein de promesses. Merci, M. le Président.
Le Président :
Je vous invite maintenant à m'indiquer le vote de vos groupes respectifs, en
commençant par M. le leader adjoint du gouvernement.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Président : Cette
motion est donc adoptée. Je vous demande maintenant de vous lever pour
observer une minute de silence.
• (11 h 42 — 11 h 43)
> 15725 Le Président :
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
M. le leader
adjoint du gouvernement.
Caire : Je vous
demanderais de faire parvenir une copie de la motion au Parlement d'Haïti et au
Consulat général de la République d'Haïti de Montréal, s'il vous plaît.
Le Président :
Bien entendu, ce sera fait. Je reconnais maintenant Mme la députée de
Marie-Victorin.
Mme Fournier : Merci, M.
le Président. Je demande le consentement de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la ministre de la Condition
féminine, la députée de Verdun, la députée de Sherbrooke, la députée de
Gaspé et le député de Chomedey, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte de
l'adoption à l'unanimité par le Parlement écossais, le 24 novembre
dernier, d'une loi visant à garantir le droit d'accès aux produits hygiéniques
féminins, et ce, gratuitement;
«Qu'elle prenne acte
que l'ensemble des écoles publiques du réseau scolaire de la
Colombie-Britannique sont obligatoirement tenues d'offrir des produits
d'hygiène féminine à leurs élèves;
«Qu'elle
prenne acte des programmes de subvention instaurés par des municipalités
québécoises visant à encourager l'achat de produits hygiéniques féminins
réutilisables et durables;
«Qu'elle
demande au gouvernement du Québec d'étudier la possibilité de rendre les
produits hygiéniques féminins accessibles gratuitement dans l'ensemble
des institutions publiques, dont les écoles.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Caire :
Consentement, sans débat, M. le Président.
Le Président :
Consentement, sans débat. Je vais vous demander vos votes respectifs à ce
moment-ci. D'abord, Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
Cette motion est donc adoptée.
Nous
en sommes maintenant aux avis touchant les travaux des commissions. M. le
leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Merci, M. le Président. Donc, j'avise cette Assemblée que la Commission des
finances publiques entreprendra l'étude détaillée du projet de loi n° 68, Loi
visant principalement à permettre l'établissement de régimes de retraite à prestations cibles, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures, à la salle du Conseil
législatif;
Commission des transports et de
l'environnement poursuivra l'étude
détaillée du projet de loi n° 46, Loi
modifiant la
Loi sur la conservation
du patrimoine naturel et d'autres dispositions, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la salle Pauline-Marois, ainsi
que le mardi 8 décembre 2020, de 10 heures à midi, aux salles
Louis-Joseph-Papineau et Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des institutions
poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 75, Loi
visant à améliorer l'accessibilité et
l'efficacité de la justice, notamment pour répondre à des conséquences de la
pandémie de la COVID‑19, le
mardi 8 décembre 2020, de 10 heures à midi, à la salle
Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des
finances publiques poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 66,
Loi concernant l'accélération de certains
projets d'infrastructure, le lundi
7 décembre 2020, de 14 heures à 18 heures, ainsi que le mardi
8 décembre 2020, de 10 heures à midi, à la salle du Conseil
législatif;
La Commission de la
santé et des services sociaux entreprendra les consultations particulières sur
le projet de loi n° 73, Loi modifiant diverses dispositions en matière de procréation assistée, le mardi 8 décembre 2020, de 10 heures
à 11 h 50, à la salle Pauline-Marois.
Nous
en sommes maintenant à la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée. Et je suis maintenant
prêt, à ce moment-ci, à rendre ma directive
sur la question qui a été soulevée hier par le leader du deuxième groupe
d'opposition au sujet de la
divulgation du contenu du rapport de la Commission spéciale sur l'exploitation
sexuelle des mineurs à des tiers avant son dépôt à l'Assemblée.
leader du deuxième groupe a porté à mon attention le fait qu'un
article publié
le 3 décembre en matinée traite du contenu du rapport de la
commission dont le dépôt était prévu en Chambre quelques heures plus tard.
Il souligne également
que cette situation est d'autant plus regrettable du fait que la secrétaire de
la commission spéciale avait rappelé la
veille par courriel aux membres de la commission que le rapport devait rester
confidentiel jusqu'au moment de son dépôt.
leader précise n'avoir aucune information factuelle qui lui permet de dire qui
a diffusé ce rapport aux médias. Il
souligne toutefois qu'une seule parlementaire est citée dans cet article, soit
la députée de l'Acadie, qui est également la vice-présidente de cette
commission spéciale.
Il soumet que notre
jurisprudence parlementaire a précisé que les députés doivent être les premiers
à prendre connaissance des informations qui
leur sont destinées et que ce principe avait également été étendu par notre
jurisprudence aux questions écrites inscrites au feuilleton.
conclut en souhaitant que je précise si les règles qui s'appliquent pour la
divulgation du texte des projets de loi et pour les questions écrites s'appliquent également à un rapport de
commission. De son côté, le leader de l'opposition officielle mentionne que, bien que la députée de l'Acadie ait
accordé une entrevue à une journaliste sur le sujet de l'exploitation sexuelle
des mineurs, en aucun cas l'article ne
contient de commentaire spécifique de la députée sur le contenu du rapport, sur
des recommandations du rapport ou sur la structure du rapport.
souligne que la jurisprudence parlementaire a précisé que les travaux d'une
commission siégeant en public relèvent du
domaine public, et c'est pourquoi le gouvernement, l'opposition parlementaire
et tous les citoyens peuvent exprimer en leur nom des avis, opinions ou
observations sur des travaux qui en découlent ou qui s'y déroulent.
Il ajoute que les
commentaires de la députée de l'Acadie dans l'article sont des commentaires
généraux qu'elle a répétés tout au long de la
commission, soit son impression sur ce qu'elle a entendu de la part des témoins en
commission.
Dans
les circonstances, je souligne, comme l'a mentionné lui-même
le leader du deuxième groupe
d'opposition, que je ne dispose d'aucune preuve qui démontre que
quiconque ait divulgué le rapport en question à des tiers.
L'article dont il est question contient quelques informations sur le rapport,
soit le nombre de recommandations et les différents volets abordés dans celui-ci, mais aucune indication