CAT — 19 April 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2018-04-19
Quebec — Committees
Alors, on valorise l'autonomie et les compétences
des municipalités en les reconnaissant comme des gouvernements de proximité. Les actions novatrices de notre
gouvernement ont donné lieu à la plus grande décentralisation des
pouvoirs de l'histoire du Québec. Les
municipalités et leurs élus ont désormais plus de liberté d'agir qu'elles n'en
ont jamais eue auparavant. Alors, on peut dire mission accomplie de ce
point de vue par rapport à ce qui était la volonté affirmée du gouvernement dans le discours inaugural de notre
premier ministre. Le temps du paternalisme, il est maintenant terminé.
Cette
vision, évidemment, elle s'inscrit aussi dans notre nouvelle approche pour
assurer l'occupation et la vitalité de
nos territoires. Au cours des derniers mois, j'ai personnellement sillonné les
quatre coins du Québec pour aller à la rencontre
des élus et des acteurs locaux dans le cadre du renouvellement de la Stratégie
gouvernementale pour assurer l'occupation
et la vitalité des territoires 2018‑2022. Et je l'ai constaté sur le
terrain, les élus municipaux, les conseillers, les maires, les préfets, ils sont, elles sont les mieux placées pour
déterminer les priorités de leurs régions, de les déterminer en fonction de leurs besoins, de leurs réalités
spécifiques, et c'est ce qu'on met en oeuvre maintenant. Les priorités
ciblées par les élus locaux constituent le
coeur de la nouvelle stratégie d'occupation et de vitalité des territoires.
Désormais, donc, c'est du bas vers le
haut que les décisions se prennent. Le temps où le gouvernement du Québec
décidait seul des grandes stratégies qui s'appliquent au territoire du
Québec, partout, de façon uniforme sur le territoire, ça aussi, c'est terminé.
que nous sommes en train de faire, c'est un véritable changement de culture.
Nous bousculons les vieilles façons de
faire, y compris à l'interne, pour donner plus de pouvoirs aux régions. Notre
stratégie prévoit que les 23 ministères et organismes gouvernementaux assujettis à la Loi pour assurer l'occupation
et la vitalité des territoires, dont le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du
territoire, doivent rendre public un plan d'action sur deux ans. Les ministères
sont déjà en action. Et, au cours de l'été
qui vient, un plan gouvernemental de contribution à l'occupation et la
vitalité des territoires sera dévoilé pour
chacune des régions du Québec. Et, puisque chacune des régions est unique,
chaque région aura son propre
document unique. Ces synthèses régionales comprendront les actions et les
interventions découlant de l'ensemble des plans d'action réalisés par
les ministères et organismes gouvernementaux.
plus, bien entendu, M. le Président, pour appuyer les priorités des régions, le
gouvernement a mis en place le Fonds
d'appui au rayonnement des régions, qui constitue un important levier de
développement économique et social pour soutenir la concertation
régionale et pour appuyer directement la réalisation de projets mobilisateurs
qui ont des retombées sur le territoire de
chaque région du Québec. Je suis heureux de dire ce soir, d'ailleurs, que les
élus régionaux ont démontré une
pleine volonté d'utiliser tout le potentiel de cet outil et qu'aujourd'hui on
peut dire que toutes les sommes disponibles
pour l'année 2017‑2018, soit 30 millions de dollars, ont toutes été
engagées dans la réalisation de 372 projets qui engendreront des investissements totaux de plus de
233,2 millions de dollars, répartis pour les prochaines années.
Alors, cette preuve tangible du succès de ce
programme me rend tout à fait confiant que les 45 millions de dollars
disponibles pour l'année en cours seront pleinement utilisés et trouveront
preneurs.
transformation de nos relations avec les municipalités et les régions se
traduit également dans une nouvelle approche concernant le financement
des infrastructures municipales. En effet, les besoins municipaux en matière d'infrastructures sont constamment en évolution.
Vous le savez comme moi, rien n'est jamais parfait néanmoins, et on peut toujours faire mieux. Ainsi, en juin 2017,
j'ai confié à mon collègue le député de Beauce-Sud, qui est avec nous ce
soir, le mandat de mener une réflexion
visant à cibler les enjeux actuels ainsi que les pistes d'amélioration pour que
les programmes du ministère répondent
davantage aux besoins des municipalités. L'exercice mené témoigne d'un
exemple concret de la transformation de nos
façons de faire avec les municipalités. Le rapport issu de ce mandat, déposé le
20 février 2018, formule huit
recommandations visant à améliorer les programmes et leur gestion. J'ai demandé
à ce que des mesures soient mises en place afin de donner suite à chacune de
ces recommandations. Et d'ailleurs je tiens à vous rassurer, des annonces
seront faites sous peu en la matière.
Parlant, donc, de cet appui dans le financement
des infrastructures, il
n'y a jamais eu autant de ressources financières disponibles pour
financer les infrastructures municipales. Près de 7,3 milliards de dollars
sont réservés dans le Plan québécois des
infrastructures 2018‑2028 pour les infrastructures municipales qui sont sous la
responsabilité du MAMOT, parce qu'il
y en a d'autres qui sont particulièrement aux Transports. 7,3 milliards, c'est 300 millions de plus
que lors de la présentation du
dernier PQI l'an dernier. Ça fait en moyenne plus de 700 millions de dollars par année. Et, quand on tient compte de la participation fédérale ainsi
que de la participation des municipalités à plusieurs projets, on parle de 14,3 milliards de dollars qui seront investis
dans les infrastructures municipales au cours des 10 prochaines années. Ça
aussi, c'est du jamais-vu. Ces sommes
vont soutenir les municipalités dans la réalisation de projets de maintien, de
renouvellement, de construction
d'infrastructures de traitement d'eau potable, d'assainissement des eaux usées
ainsi que des projets d'infrastructures collectives à vocation
municipale ou communautaire.
Alors,
on le voit, ce qu'on est en train de faire, ce qu'on fait depuis quatre ans, ce
qu'on a fait au cours de la dernière année,
notamment dans cette grande transformation que nous menons de l'avant, c'est
assez colossal comme action et ça s'inscrit
dans un véritable changement de culture dans nos relations avec les
municipalités. Et, j'ose le dire, ce
qu'on est en train de faire, pas
seuls, mais avec nos partenaires municipaux, c'est une véritable révolution
dans l'approche, dans les manières de
faire, dans le partenariat qui unit le gouvernement
du Québec et les municipalités pour offrir des services aux citoyens,
pour assurer l'occupation dynamique
du territoire, pour assurer, donc, des territoires qui développent tout
leur potentiel économique et social pour
s'assurer que chaque Québécois, peu importe la région dans laquelle il vit,
peut réaliser l'ensemble de son potentiel.
Sur ce, M. le
Président, je suis tout à fait disposé à répondre aux questions.
Président (M. Ouellette) : Merci. Mais, avant de répondre aux questions, M. le ministre, on va
entendre les remarques préliminaires de votre collègue de René-Lévesque.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, à mon tour
de vous saluer, M. le ministre, collègues de la
partie gouvernementale, collègue de la deuxième opposition, mais aussi
les gens qui vous accompagnent ce soir, M. le ministre. C'est un exercice démocratique important, l'étude des crédits,
important parce que ça nous permet, effectivement, d'avoir des réponses à certaines questions ou
avoir, dans certains cas, des précisions sur des programmes qui sont
annoncés. Et, lorsqu'on les voit se déployer
sur le territoire, malheureusement, dans certains cas, ils n'atteignent pas les
objectifs tels qu'ils étaient fixés au départ.
Vous avez
fait mention, M. le ministre, de la dernière législature, et effectivement nous avons légiféré à
plusieurs reprises dans les affaires municipales. À certains
moments, M. le ministre, nous étions d'accord avec vous, on a
appuyé plusieurs projets
de loi, mais à d'autres moments dans
la législature, nous étions en désaccord et nous l'avons effectivement annoncé et dénoncé dans
certains cas, notamment le projet de loi n° 122, qui donnait plus
d'autonomie et plus de responsabilités aux municipalités du Québec. On a fait ensemble des discussions sur les référendums,
ce droit qui devait être enlevé aux
citoyens et citoyennes. La prochaine mouture des politiques devrait être connue
sous peu. Je présume que vous avez,
tout comme nous, des représentations d'élus municipaux qui attendent la suite pour
pouvoir mettre ça de l'avant.
Vous savez, M. le ministre — puis sans faire de mauvais jeu de mots — lorsqu'on se promène sur le territoire... Puis on est bien conscients que,
lors de vos négociations que vous avez tenues — je dis «vous», je parle du gouvernement — dans
le cas du dernier pacte fiscal... je veux juste rappeler aux gens que 1,2 milliard ont été laissés sur la table
pour les municipalités, et donc cette contrepartie a amené le gouvernement à donner certains nouveaux pouvoirs ou modifier certaines lois pour, je vous dirais, faire descendre les
appréhensions que les élus avaient de ces coupures-là.
Cela étant
dit, le véritable gouvernement de proximité est celui qui est près de ses
citoyens et ses citoyennes. Et malheureusement, dans certains cas, même si les unions
municipales, l'UMQ, la FQM, semblaient être
d'accord avec vos orientations et les ont appuyées fortement lors des
différentes tribunes médiatiques qu'on connaît, lorsqu'on se promène sur le territoire, plusieurs élus du Québec
ne voient pas vraiment les véritables gains en termes de gouvernance de proximité dans le cas du projet de loi n° 122.
Et c'est un petit peu le rôle de l'opposition, M. le Président... Même si le
parti gouvernemental est majoritaire et adopte les lois avec la
force de sa majorité, l'opposition représente aussi une voix ici, à l'Assemblée nationale, une voix dans plusieurs régions du Québec.
Et cette voix, ce qu'elle nous témoigne, c'est que, dans certains cas, plusieurs de vos projets de loi, même si les unions se disent favorables, lorsqu'on
regarde leur application sur le
territoire, elles n'arrivent pas à donner les résultats tels qu'escomptés
et, malheureusement, elles créent, dans certains cas, des
préjudices.
Alors, si
vous me permettez, M. le ministre, lors de cette étude de crédits, je vais prendre
la houlette des régions. Je vais
regarder, dans certains endroits, les modifications législatives que nous avons apportées et de quelle façon
elles devraient être apportées à votre
attention pour améliorer, je vous dirais, leur application ou, du moins, vous
orienter lorsque vous allez décider
de mettre de l'avant les nouveaux programmes pour vous assurer que, dans les régions du Québec, et particulièrement les 1 000 municipalités de moins de 10 000
habitants... pour qu'on soit certains que partout au Québec, peu importe
la ville ou le village... lorsque le gouvernement central prend une orientation
et même lorsque les unions donnent leur aval, il faut être certains que tous
les citoyens et citoyennes du Québec, peu importe où est-ce qu'ils se trouvent,
ont effectivement l'opportunité de rêver à leur plein potentiel. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Ouellette) :
M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Oui, merci,
M. le Président. Bon, saluer M. le ministre, votre équipe, la Commission
municipale du Québec — je sais qu'elle est présente dans la salle — collègues
du gouvernement, collègue de l'opposition officielle. Je ne
ferai pas de remarques préliminaires plus approfondies, M. le Président, je vais
garder le temps que j'ai, qui m'est alloué pour poser des questions.
Merci.
Le Président (M. Ouellette) :
Merci. On va débuter immédiatement la période d'échange. M. le député de
René-Lévesque.
M. O