Health and Social Services — 9 February 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2016-02-09
Quebec — Committees
Président (M. Tanguay) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission de la santé et des services sociaux ouverte. Je demande à
toutes les personnes présentes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de votre téléphone cellulaire.
Le mandat de
la commission est de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 66,
Loi sur les activités funéraires.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Habel (Sainte-Rose) est remplacé par M. Busque
(Beauce-Sud); M. Paradis (Lévis), remplacé par Mme Lavallée
(Repentigny).
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. Lors de l'ajournement de nos travaux, le mercredi 27 janvier dernier, nous en étions à l'étude de
l'article 69 tel qu'amendé. Et, à cet effet, je céderais la parole
peut-être au ministre pour nous remettre dans le contexte.
Barrette : Alors, oui, M. le Président. Donc, aujourd'hui, nous vous
avons proposé de revenir à 69, se rendre à 72 et retourner derrière par
la suite compléter les articles qui étaient suspendus, que l'on connaît.
Alors, revenons donc à 69. On se rappelle que
69, c'est un
article dont la version anglaise a été modifiée à notre dernière séance. Alors, seule la version
anglaise a été modifiée, et l'article en français, je vais le répéter pour
remettre tout le monde qui nous suivent chez
eux sur la même page. Alors, l'article 69 se lisait ainsi, dans la
section VIII, «Cadavres présentant des risques pour la santé de la
population» :
«Tout
règlement pris en application du présent
chapitre peut prévoir des règles
variables en fonction des maladies pouvant présenter des risques pour la
santé de la population lorsqu'un cadavre en est porteur.»
Alors,
évidemment, c'est un
article qui prévoit donc une adaptation des règles en
fonction du type de maladie dont pourrait être porteur un cadavre. Et,
comme ces règles-là peuvent varier avec le temps, dépendamment des maladies en
cause, il est utile pour la société d'avoir ça.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Y a-t-il des interventions
sur 69 tel qu'amendé? Alors, nous allons procéder au vote, chers
collègues.
L'article 69, tel qu'amendé, est-il adopté?
Le Président (M. Tanguay) : Adopté.
70, M. le ministre.
Barrette : Alors, M. le Président, nous changeons de chapitre, nous
entrons dans le
chapitre IV, «Disposition de cendres humaines»,
article 70, pour lequel nous avons un amendement. Et je vais commencer par
faire la lecture de l'article initial :
«Les cendres
humaines ne peuvent être remises par l'entreprise de services funéraires qu'à
une seule personne et doivent l'être dans un contenant rigide qui les
contient en totalité.
«L'entreprise
de services funéraires doit inscrire à son registre des activités funéraires
les renseignements prescrits par règlement du gouvernement.»
Alors, M. le Président, nous proposons
l'amendement suivant :
Modifier
l'article 70 du projet de loi par le remplacement de «dans un contenant
rigide qui les contient en totalité» par «dans un ou plusieurs
contenants dans lesquels l'ensemble des cendres doit être réparti».
Alors, on
comprendra, M. le Président, que,
cette pratique évoluant avec le temps — pas
la pratique de la crémation mais la
pratique de la disposition des cendres — à la demande des familles qui, souvent, veulent
partager une fraction des cendres de leur défunt, l'amendement vient le
permettre, et il vient également laisser toute la souplesse nécessaire aux gens
concernés pour la détermination du contenant qui recevra lesdites cendres.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. Alors, chers collègues, l'objet du débat est l'amendement à l'article 70.
Sur cet amendement, y a-t-il des interventions? Oui.
Mme Lamarre : En fait, moi, je
voulais juste relier ça à 69, jusqu'à un certain point. Il y a des maladies à déclaration
obligatoire. Pour ces maladies-là, on s'entend que ça va simplement être par
voie réglementaire qu'on va interdire la
séparation des cendres. Est-ce qu'on va permettre la séparation des cendres
même lorsqu'il s'agit d'une maladie à déclaration obligatoire?
M. Barrette : La réponse à
ça, c'est que... Et là on a, il y a quelques instants, fait préparer une
documentation qui vient de l'INSPQ, qui,
selon la revue de la littérature, nous confirme que la crémation détruit tout.
Alors, il n'y a pas de transmission de quoi que ce soit qui semble être
possible, selon les avis que nous avons.
Lamarre : J'ai demandé tantôt à ce que ça nous soit déposé, ces avis,
si c'est possible, pour qu'on puisse en tenir compte.
M. Barrette :
Bien, on les a. Absolument.
Mme Lamarre :
Quelle que soit la température de la crémation?
M. Barrette :
La réglementation prévoit que la température doit se faire entre 1 000° et
1 200 °C, ce qui détruit tout.
Lamarre : Actuellement, est-ce qu'on est certains que tous les fours
fonctionnent à 1 000 °C? Moi, j'avais plutôt l'impression
qu'on était à 800° dans certains fours.
M. Arruda
(Horacio) : Bien, dans le site Web...
Barrette : M. le Président, si vous me le permettez, mon collègue, le
directeur national de la santé publique, le Dr Arruda, pourrait prendre
la parole et répondre à la question.
Le Président (M.
Tanguay) : Bien, on va demander le consentement des collègues. Y
a-t-il consentement pour laisser...
Mme Lamarre :
Consentement.
Président (M. Tanguay) : Alors, pour les fins de l'enregistrement,
peut-être préciser votre nom, vos fonctions, et la parole est à vous.
Arruda (Horacio) : Horacio Arruda, directeur national, Santé
publique du Québec. Bon, écoutez, dans le site même de la Corporation des thanatologues, on indique que
la température qui est utilisée au Québec est en moyenne entre 1 000°
et 1 200°, ce qui permet d'avoir un processus de crémation plus fort. Et,
à cette température-là, c'est clair que les prions sont détruits. Il y a
même certaines mesures de sécurité qui disent que, même à partir de 800°, il y
aurait probablement une destruction mais...
pour des mesures de protection en lien avec les prions. Il faut comprendre que
le prion, c'est le seul élément qui
pourrait peut-être résister à des températures plus basses que ça parce que
c'est une protéine qui doit être
dénaturée. Mais, une fois qu'on a des cendres, il n'y a plus aucun danger
infectieux, alors, en lien avec des agents biologiques connus. Donc, ce
n'est pas inquiétant de ce côté-là.
Le Président (M.
Tanguay) : Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Quels mécanismes
de contrôle on a? Est-ce que, dans les vérifications qui sont faites
au niveau des différents sites de crémation, on est en mesure de nous
confirmer qu'on est toujours entre 1 000 °C et 1 200 °C
lorsqu'on fait une crémation?
Barrette : Alors, notre ministère, M. le Président, ainsi que le
ministère de l'Environnement font des visites et des vérifications de la
chose.
Lamarre : Est-ce qu'il y a eu des sites dans les dernières années qui
se sont avérés ne pas être conformes à cette température?
M. Barrette :
Je n'ai aucune information à l'effet qu'il y aurait eu des sites qui ne se
conformaient pas à la température.
Mme Lamarre : Est-ce qu'on a fait une vérification des
dernières enquêtes qui ont été faites dans la dernière année?
M. Barrette :
Alors, je vais avouer, M. le Président, que, ce matin, je n'ai pas fait la
vérification.
Arruda (Horacio) : Du côté de Santé publique, je peux vous
confirmer qu'on n'a jamais eu de retour, on n'a jamais eu d'événement qui nous a été porté à notre attention par rapport
à un bris, là. Là, il faudrait voir au niveau des inspections, mais, à ma connaissance, depuis que
je suis en fonction au ministère, en 2000, je n'ai jamais eu d'incident
qui m'a été apporté. Probablement que, dans
ce cas-là, les inspecteurs se seraient adressés à nous pour des situations,
mais on n'a pas eu d'élément. Mais, pour ce qui est de l'inspection, je n'ai
pas l'information personnellement.
Le Président (M. Tanguay) : Mme la
députée de Taillon.
Mme Lamarre : Bien, en
fait, on est ici pour assurer la protection du public, là. Alors, ma question,
elle vise à... Est-ce que c'est
quelque chose qui est vérifié systématiquement par les inspecteurs lorsqu'ils
font une inspection d'un service de crémation?
M. Barrette :
La réponse, c'est oui.
Mme Lamarre :
Et est-ce qu'on est capables de vérifier si, au cours des trois dernières
années, il y a eu des situations où cette température-là n'était pas respectée?
Barrette : Bien, je pense, M. le Président, là, qu'il va de soi que,
lorsque les inspecteurs inspectent, ils doivent prendre action s'ils constatent qu'il y ait un non-respect des normes.
Alors, d'abord, sur-le-champ, des mesures sont sans doute prises, et nous, on le saurait. On n'a pas
été avisés de quelque manquement que ce soit à cet égard-là ni au
ministère, ni à l'Environnement, ni à la Santé publique. Alors, je présume
qu'il n'y en a pas eu.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui, collègue de Taillon.
Lamarre : Bien, en fait, il y a une différence entre ne pas l'avoir et
ne pas le rechercher, et c'est juste ça que je veux vérifier parce qu'il n'y a pas de garantie. On sait,
l'inspection ne se fait pas systématiquement pour tous les sites, là. Il y a des sites qui sont inspectés à
de très longs intervalles, probablement cinq ou 10 ans. Donc, est-ce
qu'on a encore la possibilité, au Québec,
d'avoir des sites qui ne procéderaient pas à la crémation à des températures de
1 000 °C? Et je ne cherche pas de
coupables, je cherche juste à assurer la protection de l'ensemble des Québécois
dans la mesure où, là, on permet une dispersion des cendres.
M. Barrette : Et là, évidemment, M. le Président, je pense
avoir répondu à l'interrogation et à la préoccupation de la députée de Taillon, qui est tout à fait
justifiée. C'est la raison pour laquelle il y a des inspections, et elles sont
faites. Les mesures à être mises en place
par l'État le sont et sont exercées, et les inspections ne se font pas aux
10 ans, les inspections se font aux trois ans.
Alors
là, je ne pense pas que, demain matin, on va envoyer des inspecteurs à toutes
les semaines dans tous les salons
funéraires... pas les salons funéraires mais les entreprises de services
funéraires pour prendre la température du four. À un moment donné, il y a une question de raisonnabilité, là. La
mesure existe, des rapports sont faits, il n'y en a pas de rapporté, et
les inspections sont aux trois ans.
Le Président
(M. Tanguay) : Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Est-ce que je peux savoir, sur le nombre de sites approximatifs à inspecter,
combien ont été inspectés au cours des trois dernières années?
Barrette : Bien, on pourra revenir, M. le Président, mais là, ici, là,
on sort un petit peu du champ de la loi, là. Là, actuellement, c'est un
article qui traite de la disposition des cendres. Et je comprends très bien le
lien qui est fait, évidemment, avec les inspections.
Elles se font, les inspections. Maintenant, on n'est pas dans une commission
parlementaire qui évalue le travail
des inspecteurs. Il y a des règles, il y a des gestes qui sont posés. Ils le
sont, posés de façon périodique pour l'ensemble du réseau. Et là on
déborde, évidemment, de l'article 70, là.
Je pense que la députée de Taillon conviendra avec
moi que l'article 70 est un
article fondé, qui est écrit correctement
pour le sujet qu'il traite. Mais là on déborde.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
M. le Président, on est en train de déterminer un changement législatif et on a
une période qui est une période de
flottement actuellement, qui est une période de trois ans. On peut très bien
déterminer, dans le cadre de la
législation, une nécessité d'une inspection prioritaire si les paramètres qui
garantissent la sécurité de gens au moment où on permet une nouvelle
façon de faire dans la dispersion des cendres, et on l'officialise, et on la
légalise comme organisme législatif... eh
bien, on peut très bien demander qu'il y ait une priorité pour des inspections
sur cet enjeu-là.
Moi,
je ne demande qu'à savoir si, depuis trois ans, tous les sites ont été
inspectés et si tous les sites ont confirmé et vérifié que la crémation se faisait à 1 000 °C parce qu'on a
eu des informations à l'effet qu'il y avait des endroits où ça se faisait à 800 °C. Et là on nous demande de
vraiment faire en sorte que ça soit ouvert à l'ensemble de la population.
Et on est d'accord avec le principe, là, de
permettre que les cendres puissent se répartir, mais, avant d'autoriser ça, on
veut être sûrs que les nouvelles
données scientifiques sont vraiment prises en compte et qu'on n'a pas de
situation... Et je pense que, là, à
ce moment-ci, on travaille pour protéger l'ensemble des parlementaires de cette
Assemblée parce qu'on se le fera reprocher,
là. On ne veut pas avoir la même situation qui est arrivée avec le sang
contaminé. On est dans des nouvelles réalités, des connaissances
scientifiques nouvelles où on nous dit : Attention! il y a des prions, et
ça, on n'est pas sûrs qu'à 800° c'est vraiment détruit.
Alors,
moi, je veux juste qu'on me confirme publiquement mais officiellement qu'on est
en mesure de garantir à la population du Québec qu'elle est en sécurité.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : M. le Président, alors, je le confirme publiquement, d'une part, et, d'autre part,
j'insiste sur le fait qu'à l'article 64,
que nous avons adopté, on a adopté un
article qui prévoit un règlement qui nous
habiliterait à choisir les paramètres et la fréquence d'éventuelles
inspections que l'on ferait. Alors, à 64, je vais le relire, là :
«Dans le but de protéger la santé de la
population, le gouvernement peut, par règlement, prescrire des normes d'hygiène et de protection applicables aux
activités exercées lors de tout service de crémation et déterminer les
personnes qui peuvent procéder à la crémation.»
Alors, c'est sûr que, dans le règlement, on peut
modifier la fréquence, indiquer d'une façon nominative la vérification de la température. Et, comme tout règlement, évidemment, il sera publié, il sera visible. La députée de Taillon, et son groupe parlementaire, et les autres
groupes parlementaires pourront faire leurs commentaires. Et je prends bonne note de la préoccupation de la députée de
Taillon, qui est la même que nous, mais nous avons, dans ce projet de loi là, notamment
par cet article-là, qui est déjà adopté, tous les moyens nécessaires pour nous
de s'assurer que la protection du public est exercée.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Mme Lamarre : Alors, je lis, comme
le ministre, l'article 64, mais ce sont des règles qu'il pourra mettre par
règlement : «...prescrire des normes d'hygiène et de protection
applicables...» Moi, j'en suis sur le fait qu'on ouvre actuellement quelque
chose de nouveau.
Si quelqu'un,
par exemple, a demandé la crémation d'un proche il y a
six mois en considérant qu'il ne voulait pas procéder à la dispersion des cendres et que, compte tenu du changement législatif, il
décide de le faire aujourd'hui, ma question
est : Est-ce qu'on est capables... Et, dans la salle, je veux juste
rappeler, M. le Président, on semble y avoir des gens qui sont capables et qui s'occupent de ces inspections-là. Donc, si
le ministre nous confirme, alors c'est lui qui va vraiment prendre la
responsabilité de confirmer qu'au jour où la loi va entrer en vigueur — ce
qui peut être dans très, très peu de temps,
là, dans quelques mois — on sera sûrs que, si quelqu'un désirait récupérer des cendres qui
ont fait l'objet d'une crémation récente et décidait de les disperser...
le ministre prend la responsabilité, dans le fond, à la lumière de la loi et
des règlements qu'il s'apprête à adopter, à dire que l'ensemble de la
population du Québec est absolument protégée parce qu'on est sûrs que toutes
les crémations ont eu lieu à 1 000 °C au moins.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : M. le Président, là, ici je ne veux pas embarquer dans un
débat sémantique parce que, vraiment, là, là, là, on est dans du débat
sémantique qui est malheureux, M. le Président, là.
Alors, la
députée de Taillon me demande de prendre la responsabilité de l'absolu. Alors,
on sait tous que l'absolu, d'abord,
ça n'existe pas, hein, par définition. Et ensuite, évidemment, les lois ne sont
pas la propriété d'un ministre, c'est l'État.
Alors, on passe des lois qui sont appliquées par l'État, et il n'y a pas de loi
qui a des conséquences absolues ni dans un sens ni dans l'autre. Alors là, vraiment, M. le Président, la journée
commence mal parce qu'on me demande des choses qui ne se peuvent pas,
là. Alors, c'est tout, je n'ai rien d'autre à dire, là, et ce n'est pas l'objet
de 70.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Lamarre : Bien, je vous dirais, M. le Président, que, dans un
processus d'adoption législative, on peut avoir des dispositions transitoires,
on peut avoir certaines précautions de façon temporaire pour permettre
d'assurer la protection du public lorsqu'il y a une différence entre ce
qui était autorisé, ce qui était permis et ce qui ne l'est pas.
Le ministre me confirme qu'il est tout à fait
certain que toutes les crémations sont faites au Québec à des températures au-delà de 1 000°, qui nous
garantissent qu'il n'y a pas de prions qui peuvent survivre. Alors, je prends
sa parole à ce moment-ci, mais je retiens que c'est lui qui l'affirme.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
M. Barrette : Je n'ai rien affirmé,
M. le Président, mais je vais quand même faire le commentaire suivant. La
députée de Taillon nous dit qu'actuellement on rentre dans quelque chose de
nouveau. Ce qui est nouveau, M. le Président,
c'est qu'avant il n'y avait rien. Il n'y avait rien, il n'y avait aucune
réglementation de quelque nature que ce soit, il n'y avait rien dans la loi. Et je rappellerais à la députée de Taillon
que, lorsqu'ils ont été 18 mois au pouvoir, ce projet de loi là, il n'a pas été annoncé, là. Alors là, je
comprends la volonté exprimée par la députée de Taillon de vouloir protéger
le public, mais remettons les choses en
perspective, là, ce qui est nouveau aujourd'hui, c'est qu'on fait quelque chose
dans un territoire où il n'y n'avait rien.
Alors, arrêtons de construire des drames là où il n'y en a pas. Au contraire,
félicitons-nous de faire la chose qui
doive être faite, c'est-à-dire déposer ce projet de loi là, qui vient encadrer
d'une façon précise ce type de service là ainsi que les conditions
auxquelles ils doivent être donnés.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Lamarre : Bien, il y a des nouvelles réalités, il y a les prions. Il a
été évoqué aussi, au cours des rencontres, qu'il y avait des patients qui portaient un dispositif de radiothérapie.
Alors, moi, je veux entendre qu'est-ce qu'on a comme mesures. Et je pense qu'on est dans la protection du
public. Le ministre semble s'impatienter de mes questions, mais je pense qu'elles sont légitimes, ces questions-là,
et je vais continuer à les poser. On a des événements qui nous ont
été rapportés, qui correspondent à de
nouvelles réalités. Oui, c'est vrai qu'avant il n'y avait rien, mais là, maintenant,
on le sait et on peut faire quelque chose. Alors, faisons-le correctement.
Donc, pour
les dispositifs de radiothérapie qui
ont été présentés par les membres qui sont venus en commission
parlementaire, est-ce qu'on a la confirmation qu'après, par exemple,
l'incinération ou lorsqu'il y a simplement une inhumation... Est-ce qu'on est
convaincus que... Si quelqu'un décède à la maison, par exemple, est porteur de
ces appareils-là, de ces dispositifs-là, est-ce qu'on a des mesures qui
protègent la population correctement?
M. Barrette : La réponse, c'est oui,
M. le Président.
Lamarre : De quelle façon est-ce qu'on peut le confirmer? Est-ce que le ministre peut nous expliquer en quoi, là, quelqu'un
qui décède à la maison et à qui on a installé ce dispositif...
M. Barrette : M. le Président, on
déborde de l'objet de 70.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Lamarre : M. le Président, je ne crois pas qu'on déborde de 70, je pense qu'il y a
un moment pour en parler. Il nous
reste quelques articles pour répondre à la demande. Le ministre
a choisi d'écrire des articles dans une loi, et on a le droit de parler de sujets qui n'auraient peut-être
pas été traités par les articles que le ministre a choisi d'écrire dans sa loi mais qui ont fait l'objet de représentations lors
des commissions parlementaires. Alors, moi, si le ministre est capable de
me donner des réponses qui rassurent par rapport à ces dispositifs-là et qu'il
me montre que ce qu'on a dans nos articles actuels protège... Sinon, je pense qu'il y a lieu de réfléchir ensemble
et d'ajouter un
article ou de faire en sorte qu'on me montre à quel
endroit on est sûrs d'être protégés à ce moment-là.
M. Barrette : C'est dans le
règlement, M. le Président. Et les entreprises ont la responsabilité de poser
ces questions-là aux familles, qui sont au
courant de ça, tout comme il y a des transmissions de données cliniques qui se
font de l'hôpital dans le cas où... de la famille vers l'entreprise funéraire.
Alors, encore
une fois, 70, c'est la disposition des cendres. Alors, moi, je veux bien que la
députée de Taillon veuille s'adresser
à de nouveaux éléments, et je l'invite, si elle a l'intention de déposer des
nouveaux articles, de le faire. C'est son loisir. Mais là 70, c'est la
disposition des cendres.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Lamarre : Bien, écoutez,
on vient tout juste, là, d'approuver 69, qui est «Cadavres présentant des
risques pour la santé de la population». Moi, je pense qu'on est dans cette
dimension-là aussi. C'est vrai qu'on l'a approuvé, mais je pense qu'on est tous en mode de collaboration pour
faire en sorte qu'on réponde aux questions des gens qu'on a invités en commission parlementaire, qui étaient des
problématiques nouvelles, contemporaines, et il me semble qu'on doit
être capables de répondre à ça.
Alors, moi,
j'aimerais simplement avoir l'information par rapport à ces dispositifs de
radiothérapie parce qu'à la dernière rencontre on a aussi évoqué qu'il y
avait différentes situations où on aurait des personnes qui seraient impliquées dans le transport, par exemple, et qui
ne seraient pas nécessairement liées aux services funéraires. Alors, si
ces appareils continuent d'émettre de la
radiothérapie, des rayons... des radiations, pardon, si elles continuent
d'émettre des radiations, je pense qu'on doit se préoccuper de ça.
Ce sont des
nouvelles réalités. On en aura peut-être d'autres. On aura des thérapies
ciblées qui auront d'autres potentiels. Alors, je veux juste que le
ministre me dise à quel endroit on va prévoir ça, et qu'est-ce qui est connu,
et comment on pense corriger ça aujourd'hui avec notre loi.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : M. le Président, là, ça va être long parce que, là, on
entre dans la sécurité des dispositifs radioactifs. Alors, les dispositifs radioactifs, M. le Président,
c'est quelque chose qui a été largement débattu dans le passé ici comme ailleurs. Et il est considéré que ces
dispositifs-là ne sont pas dangereux pour l'entourage. Et c'est la même chose
maintenant. Il est recommandé pour les entreprises de les retirer avant de
procéder à la crémation, mais actuellement le danger qui est lié à ça, selon
toutes les évidences, n'existe pas vraiment.
Ceci dit, M. le Président, les gens de l'INSPQ
et de la Santé publique...
M. Barrette : C'est l'INSPQ
actuellement qui fait des travaux sur cet élément-là, et, dépendamment de la
conclusion de l'INSPQ, on ajustera, par voie réglementaire, la loi, le cas
échéant, s'il y avait une opinion contraire.
Président (M. Tanguay) : Merci. Collègue de Taillon, en vous rappelant
que l'objet du débat... puis vous l'avez mentionné vous-même, on fait
mention à des articles adoptés, 64 et 69, qui précisent que c'est par voie
réglementaire et non
pas par débat parlementaire que les règles applicables à la protection de la
santé publique seront prévues, et les détails.
Là, à 70, je vous l'accorde, on est à la fin du processus, lorsqu'il y a
disposition des cendres, et l'amendement vise à permettre un ou plusieurs contenants. On est à la fin du processus.
Je ne veux pas entrer dans le fond du débat, mais peut-être juste se
recentrer sur l'objet du débat, qui est l'amendement à l'article 70, tout
en considérant qu'on a déjà adopté 64 et 69.
Et vos questions, je pense, sont tout de même légitimes, c'est pour ça que je
laisse l'échange se faire, mais l'objet du débat est réellement, là, un
ou plusieurs contenants. Je fais appel à votre collaboration.
Lamarre : Merci, M. le Président. Écoutez, on a effectivement présent
dans la salle le directeur de l'Institut national de santé publique du Québec. C'est parce qu'il y a des enjeux
de santé publique dans ce dossier-là, dans ce projet de loi, qui est un projet de
loi sur les activités
funéraires. Et on est en train d'autoriser, vraiment de valider, là, que ça
peut être dispersé. Comme je vous dis,
«disperser», ça va être l'article 71, mais «séparer», c'est
l'article 70, c'est l'article sur lequel on se penche actuellement.
Moi,
j'apprends que l'INSPQ est en train de faire une étude sur l'impact des
émissions de radiations potentielles et de la façon dont on veut
s'assurer que ce soit interrompu. Ça veut dire que ma question est pertinente.
Ça veut dire qu'il y a matière à se poser
des questions pour assurer la sécurité. Et je vous donne un exemple, M. le
Président, mais, s'il s'avérait qu'on
a besoin, à l'INSPQ, d'avoir six mois de plus pour nous confirmer que ces
dispositifs n'émettent vraiment plus
de radiations ou que certaines précautions supplémentaires doivent être prises
au niveau des transporteurs, au niveau des thanatopracteurs, à
différents niveaux de la chaîne, bien, on peut très bien faire en sorte que
l'article 70 ne soit en vigueur que
dans six mois, quand on aura eu la confirmation de l'INSPQ. Alors, je pense
qu'on est tout à fait justifiés d'en débattre à ce moment-ci.
Moi, je voudrais
savoir à quel moment l'INSPQ prévoit déposer son rapport puisque que, quand
l'INSPQ s'intéresse à un dossier, c'est qu'il
y a une justification, M. le Président, et c'est une justification qui est en
lien avec la santé publique, et c'est
un des enjeux qui fait que ce projet de
loi sur les activités funéraires relève
de la Commission de la santé et des
services sociaux et non pas d'une commission simplement avec des objectifs
commerciaux, je vous dirais, ou d'entreprise.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
Barrette : M. le Président, ça va être ma dernière intervention parce
que, comme vous l'avez, avec justesse, souligné, là, on est complètement
en dehors, là, du sujet, là. Mais ce n'est pas grave, je vais faire mon
intervention quand même.
vais répéter à la députée de Taillon, M. le Président, et à tous ceux et celles
qui nous écoutent qu'actuellement il n'y
a pas de règle et qu'actuellement il y a des dispositifs radioactifs qui sont
implantés chez des personnes, O.K.? Il n'y a pas de règle aujourd'hui, là, il n'y en a pas. Alors, d'arriver puis de
dire qu'on se préoccupe de ceci, on se préoccupe de cela... Bien oui,
mais c'est bien sûr qu'on se préoccupe de ça, M. le Président, c'est pour ça
qu'on fait une loi. Et là d'arriver puis de dire : Bon, on va prévoir ne
pas mettre en application 70, bien, c'est déjà comme ça, il n'y a pas de règle,
M. le Président.
je vais renchérir sur un point, M. le Président. Peut-être qu'ici, là, c'est
possible que quelqu'un ici en ait un, dispositif,
là. Alors, il est bien connu, là, que ces dispositifs-là ont un effet qui est
local à très, très, très courte distance. Et, ce faisant, le risque à la
population est infinitésimal, si même existant. Mais, s'il existe, il est
infinitésimal.
Maintenant, notre
projet de loi, au moment où on se parle, M. le Président, prévoit, à 42, que
l'entreprise de services funéraires doit, et
je le cite à 42 : «Toute source scellée de radioactivité doit être retirée
d'un cadavre avant son embaumement ou
crémation.» Ça ne peut pas être plus clair que ça, là. Ça doit être retiré. Est-il possible que l'entreprise, exceptionnellement, ne le sache pas? Oui, c'est
possible. Il n'en reste pas moins que, pour la vaste majorité
des cas, là, le projet de loi prévoit déjà ça, de la retirer. Donc, 70
n'est plus un problème.
Mais,
advenant une situation problématique, bien, l'INSPQ fait des analyses. Pas parce qu'elle pense qu'il y a des
dangers mais parce que, bon, il y a des choses qui sont amenées à son
attention, et, bon, elle fait des analyses. Et ça a été dit à 64 — vous
l'avez noté vous-même — et
69, que notre réglementation nous permet d'adapter ça en fonction de nouvelles données
potentiellement probantes. Mais on a déjà tous les leviers pour protéger le
public, on les a tous. On a dans la loi une provision qui exige de retirer les
dispositifs en question, on a deux articles qui prévoient que, par notre
pouvoir réglementaire, on peut tout adapter ça en fonction des nouvelles
situations ou situations existantes qui auraient été mal estimées dans un
environnement où il n'y a aucune règle aujourd'hui.
sa face même, M. le Président, aujourd'hui, nous prenons les actions qui sont
appropriées pour protéger le public. Et la députée de Taillon veut nous
construire un scénario qui nous fait sortir de l'article 70 et débattre
d'éléments potentiels de dangerosité auprès
de la population. M. le Président, je ne vais pas commencer, à cette étape-ci,
à invoquer et à prêter des intentions à ma collègue, qui n'en a surtout
pas, mais je pense qu'actuellement on fait ce que l'on a à faire correctement.
Le Président (M. Tanguay) :
Merci. Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Ce que je comprends, c'est que l'INSPQ fait actuellement une évaluation de ça
et que, dans les règlements qui sont prévus
en 69, on pourra apporter des précisions qui sont nécessaires pour assurer la
protection des patients et des citoyens
autour, finalement. Alors, je vais continuer de suivre les travaux de l'INSPQ
et je fais la demande tout de suite
que nous recevions, si c'est possible, dès la publication par l'INSPQ, le
rapport en lien avec les dispositifs qui émettent des radiations.
Président (M. Tanguay) : M. le ministre.
Barrette : Bien, je suis bien d'accord avec la députée de Taillon, M.
le Président, puisque, par définition, elle peut les recevoir dès qu'ils sont publiés parce que, quand ils sont
publiés, ils sont accessibles à tout le monde. Alors, je rappellerais à la députée de Taillon qu'elle a une
équipe de recherchistes qui peuvent, donc, prendre en note de suivre les
publications de l'INSPQ et de lui relayer les documents lorsqu'ils seront
publiés.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Taillon... Non, ça va? Oui.
Lamarre : Connaissant la courtoisie du président de l'INSPQ, je pense
qu'il se fera un plaisir de nous les faire parvenir. Je vous remercie.
Président (M. Tanguay) : C'est bon. Alors, je vous remercie, chers
collègues. Sur l'objet du débat, qui est l'amendement à
l'article 70, y a-t-il d'autres interventions? S'il n'y en a pas, nous
allons procéder au vote sur ledit amendement. L'amendement est-il adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Adopté. Alors, l'objet du débat est maintenant, chers
collègues, l'article 70 tel qu'adopté...
tel qu'amendé, pardon. Et, à cet effet, y a-t-il des interventions? Je n'en
vois pas. Alors, nous allons procéder au vote.
L'article 70, tel
qu'amendé, est-il adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Adopté. 71. M. le ministre.
M. Barrette :
Alors, 71, il n'y a pas d'amendement.
L'article se lit ainsi :
«Nul
ne peut disperser des cendres humaines à un endroit où elles pourraient
constituer une nuisance ou d'une manière qui ne respecte pas la dignité
de la personne décédée.»
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, sur l'article 71, y a-t-il des interventions?
Collègue de Taillon.
Lamarre : Oui, M. le Président. Est-ce que le ministre pourrait me
donner des exemples de ce qui pourrait être considéré comme une
nuisance, par exemple, ou qui manquerait de respect à la dignité...
M. Barrette :
Alors, M. le Président...
Mme Lamarre :
...puisqu'on l'a écrit?
M. Barrette :
Ah! on va laisser la députée terminer.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
Barrette : Alors, M. le Président, ici, cet article-là est écrit d'une
façon ouverte. Et la raison pour laquelle l'écriture de l'article est à ce point-là ouverte, c'est parce que le
concept de nuisance est une notion, un concept qui est sous la juridiction des municipalités. Et on laisse
donc le loisir aux municipalités de déterminer, lorsqu'il y a de tels
gestes, de déterminer, eux, ce qu'ils considèrent comme étant une nuisance.
C'est leur prérogative.
Pour
ce qui est de la dignité, bien, ça, je pense que je me suis exprimé assez
clairement dans le passé. Ça aussi, c'est ouvert pour la simple et bonne raison que ce qui est digne pour un n'est
pas nécessairement digne pour un
autre. Et ce n'est pas à l'État
non plus de donner des exemples ici, là, de ce qui est digne ou indigne. Alors,
c'est sûr que, lorsqu'il y aura un jour un litige, si jamais il y en
avait, bien, il y aura
une instance juridique — dans
le cas, évidemment, qui nous occupe — qui
déterminera ça en fonction de ce qui aura été exprimé devant eux.
Alors,
je répète, M. le Président, que les lois de ce type changent, là, à date, aux
40 ans, là. Alors, c'est un
article qui doit être adaptable aux
humeurs populaires du moment, de la société du moment, et cet article-là, bien,
nous permet d'avoir cette flexibilité-là dans le temps.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Merci, M. le Président. Dans les représentations qui ont été faites lors des
commissions parlementaires, un des éléments
qui semblaient être considérés comme assez fréquemment rencontrés, c'est quand
les gens laissent des cendres enterrées dans
une cour et vendent la maison. Selon l'interprétation que le ministre fait,
est-ce qu'il y a une condition qui
pourrait, par exemple, permettre aux municipalités d'interdire cette pratique
ou d'obliger des gens qui vendraient leur maison de, finalement,
déterrer les cendres et de partir avec ces cendres?
Barrette : M. le Président, comme je l'ai dit il y a quelques instants... Et d'ailleurs
c'est un sujet d'actualité. On sait que les municipalités veulent avoir
plus d'autonomie. On leur en donne dans cette matière, et ça sera aux municipalités
de déterminer ça.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Lamarre : Mais est-ce que la
notion de nuisance peut répondre à ce type de pratique là? Parce que
c'était quelque chose qui a été évoqué par les gens et qu'on essaie de
corriger, de prévenir, que les gens qui jardinent dans leur cour avec une nouvelle maison n'arrivent pas sur une
urne ou ne brisent pas une urne avec des cendres humaines à l'intérieur.
Est-ce que le principe de nuisance, sur lequel
le ministre a dit que les municipalités ont autorité, pourrait couvrir ce genre
de disposition là?
Barrette : Alors, M. le Président, ça revient aux municipalités. Je vais prendre un exemple, un parallèle,
M. le Président, deux éléments. Les cendres enterrées sont
biologiquement dégradables. Après une certaine période, j'imagine mal
comment on peut... à moins qu'elles soient dans un contenant, là, j'imagine...
M. Barrette : Non, mais c'est parce
qu'il y en a qui ne sont pas dans un contenant, là. Alors, c'est une chose.
Maintenant, faisons un parallèle qui est simple, là, pour
lequel il n'y a absolument rien, à ma connaissance, qui est prévu. Il
y a des gens qui enterrent leur
animal domestique dans leur cour, pour lesquels il y a un grand niveau
d'affection. C'est la raison pour laquelle il y a
des animaux domestiques enterrés dans la cour de l'individu, là. Et, à ma
connaissance, il n'y a pas beaucoup
de réglementations municipales qui ont considéré... ou de municipalités qui ont senti la nécessité
de s'adresser à ça. Alors, c'est la prérogative de la municipalité de
s'adresser à ça.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Lamarre : Mais ma question est : Est-ce que le ministre peut nous
donner un exemple? Et est-ce que ça, ça pourrait être un exemple?
Barrette : Non. Non. Encore une fois, je ne me sens pas l'obligation
de donner des exemples, M. le Président, puisque ce sera la prérogative des municipalités de déterminer ce qui
est faisable, pas faisable, digne, pas digne, nuisant, pas nuisant.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Lamarre : Bien, en fait, peut-être, mais il reste que c'est une loi du
gouvernement du Québec, là, qui définit la nuisance. Alors, il me semble qu'on devrait avoir quelques exemples.
Quand on va demander l'interprétation de la loi, normalement il y a un document qui permet l'interprétation de la loi.
Est-ce qu'on peut avoir quelques illustrations de ça?
Barrette : Bien, et comme je viens de le dire, M. le Président,
j'imagine qu'une municipalité n'accepterait pas que quelqu'un arrive à l'aréna municipal, répande les cendres
pendant un match de hockey. Je pense que ça pourrait être une nuisance.
Bon, qu'on me demande des exemples, là, je peux bien en donner, là, mais là on
va tomber dans la caricature. Ça reste la
prérogative des municipalités. Je ne pense pas que... Je l'ai dit, M. le
Président, là, 71, il est ouvert, c'est écrit pour laisser la
prérogative aux municipalités de se gouverner sur leur territoire. C'est tout.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Lamarre : Alors, je comprends que le ministre ne veut pas, finalement,
baliser la notion de cendres dans une urne qui serait enterrée dans une
cour?
M. Barrette : Bien, je viens de le
dire, M. le Président, c'est exactement ça. C'est ouvert pour laisser aux
municipalités le loisir de prendre leurs décisions en s'appuyant sur un
article
de loi qui les autorise à faire ça.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon?
Mme Lamarre : C'est bon, M. le
Président.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, chers collègues, sur
l'article 71, y a-t-il d'autres interventions? Alors, nous allons
procéder au vote.
L'article 71 est-il adopté?
Le Président (M. Tanguay) : Adopté.
M. le ministre, 72.
Barrette : Alors, à 72, M. le Président, nous avons un amendement, qui
est très simple, où l'amendement se lit comme suit : Supprimer l'article 72 du projet de loi. Alors,
pour bien comprendre, je vais, si vous me le permettez, lire
l'article 72 initial.
Le Président (M. Tanguay) : Oui.
M. Barrette : Ça va peut-être
éclairer ceux qui nous écoutent.
«72. La personne qui inhume des cendres humaines
ou qui les disperse doit déclarer à l'entreprise de services funéraires ayant pris en charge le cadavre le lieu
où ont été inhumées ou dispersées ces cendres, pour inscription au
registre des activités funéraires de cette entreprise.»
Bon, nous
proposons l'amendement de supprimer cet article-là à la demande expresse des
gens qui oeuvrent dans ce secteur-là
qui nous ont dit que c'était là un alourdissement énorme de leur pratique et
que, dans leur esprit — puis on donne suite à leur position — c'était
difficilement et même quasiment impossible à appliquer.
Le Président (M. Tanguay) : Merci, y
a-t-il des interventions sur l'amendement à 72? Alors, nous allons procéder au
vote sur ledit amendement. L'amendement est-il adopté?
Le Président (M. Tanguay) : Adopté.
Alors, pour la suite des choses, M. le ministre.
Barrette : Alors, M. le Président, étant rendus à 72 et, tel que je...
Ah! non... oui, on le supprime. Il faut-u...
Le Président (M. Tanguay) : Voilà!
Il n'est plus là.
Barrette : Il n'est plus là, O.K. Alors là, comme je l'ai proposé
avant d'entrer en onde, M. le Président, j'invite, s'il y a
consentement, à ce que nous revenions à 2, qui était un des quatre articles
suspendus.
Président (M. Tanguay) : Alors, y a-t-il consentement, chers
collègues, pour poursuivre notre débat, mais à l'article 2?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Tanguay) : Oui. Il
y a consentement. Alors, M. le ministre, vous pourriez peut-être nous...
Président (M. Tanguay) : Alors, le 2 faisait-il l'objet d'amendement
ou il va faire l'objet d'amendement. Peut-être que je vous ai...
Barrette : Juste une seconde, M. le Président, revenir à la bonne
page. Voilà. Alors, M. le Président, on se rappellera... Est-ce que je
peux y aller?
Le Président (M. Tanguay) : Oui,
allez-y.
Barrette : Alors, on se rappellera, M. le Président, que
l'article 2, c'est un
article peut-être pas fondateur mais fondamental pour la loi dans son entièreté et sa
finalité parce que c'est l'article qui définit la plupart des termes qui
sont utilisés dans la loi. Donc, c'est un
article peut-être pas fondateur, mais c'est l'assise du projet de loi. Alors,
avant de le relire, peut-être que je
le relirai de façon à ce que tout le monde revienne sur la même page. Alors, il
y a un amendement que l'on va
proposer, qui est le suivant. Alors, nous proposons de modifier
l'article 2 du projet de loi par l'insertion, dans le
paragraphe 3° du premier alinéa et après «conjoint, », de «qu'il soit
marié, en union civile ou en union de fait, ».
On se
rappellera qu'il y a des questions... un questionnement avait été évoqué, de
mémoire, par notre collègue de Repentigny
qui voulait que cet élément-là soit précisé. Alors donc, l'article 2 se
lisait comme suit — et je
vais en faire la lecture en incluant l'amendement, ça va être plus
simple :
«Aux fins de la présente loi, on entend
par :
"cadavre", outre le corps d'une personne décédée, les restes d'un tel
corps autres que des cendres, un enfant mort-né ou un produit de
conception non vivant lorsqu'il est réclamé par la mère ou par le père;
"établissement", un établissement de santé et de services sociaux au
sens de la
Loi sur les services de santé et les services sociaux (chapitre S-4.2) ou de la
Loi sur les services de
santé et les services sociaux pour les autochtones cris (chapitre S-5);
«3° — qui est l'article là-dedans amendé — "parent", le conjoint, qu'il soit
marié, en union civile ou en union de fait, l'enfant, la mère, le père,
la soeur ou le frère de la personne décédée;
"service de crémation", un service de disposition de cadavres par le
feu ou par tout autre procédé chimique ou physique;
"service funéraire", un service de thanatopraxie, un service
d'exposition de cadavres ou de cendres humaines ou un service de
crémation;
«6° "thanatopraxie », la préparation, la
désinfection ou l'embaumement de cadavres.
«Ne constitue
pas de la thanatopraxie la toilette d'un cadavre effectuée lors d'un rituel ou
d'une pratique funéraire.»
Alors, M. le
Président, lorsque nous étions à 2, nous avions, de mémoire, pas mal convenu de l'ensemble
de ce que je viens de lire avec un élément qui avait été soulevé par la députée
de Repentigny, pour lequel nous apportons aujourd'hui l'amendement qui est donc de préciser l'élément «conjoint» au
troisième paragraphe, c'est-à-dire :
«...conjoint, qu'il soit marié, en union civile ou en union de fait...» Voilà.
Président (M. Tanguay) :
Alors, sur l'amendement déposé par le
ministre à l'article 2, y a-t-il des interventions? Oui, collègue
de Repentigny?
Lavallée : La seule intervention que je ferais, c'est de remercier les
gens d'avoir amené cette modification-là parce qu'effectivement dans la
réalité aujourd'hui le conjoint... Il y a les conjoints de fait, hein, les
situations familiales changent. Donc, c'est
important. Cette personne-là est aussi significative pour la personne qui
décède que le conjoint avec qui on est marié. Donc, merci d'avoir
fait...
M. Barrette :
Je pense, M. le Président, que c'était un point tout à fait pertinent. Puis
évidemment on est heureux de donner satisfaction à l'opposition, qui, je
pense, vient améliorer le projet de loi.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. Collègue de Taillon?
Lamarre : Oui. Il y avait la Corporation des thanatologues du Québec
qui avait proposé que soit précisée une certaine hiérarchie dans le cas
où il y aurait des confusions par rapport à la priorité de demande du corps. Et
là, à certains endroits dans le projet de
loi, on utilise le mot «parent». Alors, est-ce qu'on doit comprendre que la
séquence dans laquelle ils sont placés
correspondrait à un ordre de priorité? Si, par exemple, un conjoint ou un
conjoint de fait... est-ce qu'il a priorité sur un enfant?
Barrette : Alors, M. le Président, ici, la question, évidemment, est
pertinente, comme elles le sont toujours.
L'article 2, c'est un
article de définition et non de priorisation.
Alors, pour ce qui est d'une potentielle priorisation — puis
je n'annonce pas qu'il y en aurait une, là — c'est un élément dont on va
discuter quand qu'on va revenir à 73, et ainsi de suite. On traite de ça dans
les...
Mme Lamarre : On va en reparler?
Barrette : Oui, tout à fait. Alors, ici, c'est un
article de
définition, de nomenclature, alors ce n'est pas un
article de
priorisation des parents.
D'ailleurs, quand on le lit, ça ferait bizarre
si on priorisait parce que, là, de qui l'enfant ou du père...
Mme Lamarre : Bien, en fait, c'est
plus pour savoir si on va en reparler, on va reconsidérer ça.
M. Barrette : Oui, on va en parler.
On en parle, de mémoire, à 74 et suivantes.
Lamarre : J'avais également posé la question en ce qui concernait les
demi-frères, demi-soeurs. Je pense que,
là-dessus, on pourrait me reconfirmer, peut-être, à micro ouvert, là, qu'ils
sont inclus dans la définition. Est-ce que c'est bien ça?
M. Barrette : C'est-à-dire que la
réponse, c'est oui parce qu'ici c'est un
article qui est écrit pour être en
concordance avec le Code civil. Alors, ici, on ne peut pas, évidemment, là,
déroger de la portée ou de l'intention qui est dans le Code civil.
Le Président (M. Tanguay) : Mme la
députée de Taillon.
Lamarre : Ne maîtrisant pas par coeur l'ensemble du Code civil, est-ce
que je comprends que «demi-frère» et «demi-soeur» sont quand même inclus
dans «soeur» ou «frère»?
M. Barrette : La réponse, c'est oui.
Mme Lamarre : Excellent!
Le Président (M. Tanguay) : Oui,
collègue de Taillon.
Lamarre : Oui. Donc, pour cet amendement, j'avais des questions à
poser sur d'autres éléments de l'article 2.
Le Président (M.
Tanguay) : On y reviendra. Alors, sur l'amendement, chers collègues, y
a-t-il d'autres interventions? Nous allons procéder au vote sur l'amendement
déposé à l'article 2. L'amendement est-il adopté?
Le Président
(M. Tanguay) : Alors, l'amendement est adopté. Le débat, l'objet du
débat, donc, est l'article 2 tel qu'amendé. Y a-t-il des
interventions? Collègue de Taillon?
Lamarre : Oui. M. le Président, j'aimerais déposer un amendement à
l'article 2, cinquième paragraphe.
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
nous allons suspendre, peut-être, le temps d'en faire des copies.
Mme Lamarre : Parfait. Merci.
Le Président (M. Tanguay) : Nous
suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 59)
Président (M. Tanguay) :
Alors, nous sommes de retour, chers collègues. Et je cède la parole à notre
collègue de Taillon pour la présentation de votre amendement.
Mme Lamarre : Merci,
M. le Président. Alors, l'amendement à l'article 2 se lit comme suit : Modifier l'article 2
du projet
de loi par l'ajout au cinquième
paragraphe, avant les mots «un service de thanatopraxie», les mots
suivants : «un service de transport,».
Donc, ça devient : «5° "service
funéraire", un service de transport, un service de thanatopraxie, un
service d'exposition de cadavres ou de cendres humaines ou un service de
crémation...»
Alors, on a
dès le début, quand on traité l'article 2, évoqué le transport. On nous a dit que
c'était prévu, c'était écrit à l'article 65. Mais on est vraiment,
comme le ministre le disait, dans l'identification de l'article crucial, celui
qui détermine le plus le fondement de cette
Loi sur les activités funéraires. Et la perspective, vraiment
où il m'apparaît y avoir certains
risques pour la population, relève beaucoup du transport. Ce transport, il fait
partie d'une responsabilité et aussi d'une expertise qui
a été développée au fil des ans par les services funéraires. Et ces services
funéraires ont l'ensemble des dimensions qui sont nécessaires, les
paramètres qui sont nécessaires pour assurer la protection de la population, en
tout cas, entre autres où la personne décédée serait porteuse d'une maladie
contagieuse, maladie à déclaration obligatoire.
Et donc, les
services de transport... Pour l'ensemble de la population, actuellement, quand on pense à un décès à domicile, c'est sûr qu'on pense à une entreprise
de services funéraires. Donc, moi, je
pense qu'il est important
de garder cette imputabilité-là et de la concentrer à une entreprise de services funéraires qui a cette expertise,
mais qui aura aussi la responsabilité de bien le faire.
Le Président (M. Tanguay) :
Merci. M. le ministre.
M. Barrette : Bien, M.
le Président, je vais... on comprend
d'où ça vient, là, parce qu'ici il y
a des enjeux, là, qui débordent largement ce dont on débat, là, à mon
avis. Maintenant, nous allons arriver, M. le Président, dans quelques minutes, là, avec un amendement supplémentaire.
Puis je l'annonce tout de suite parce que ça va étayer la position que nous défendons, là. Alors, nous allons arriver
avec un
article supplémentaire, qui sera l'article 68.1 et qui va se lire
ainsi, M. le Président... Je peux même le distribuer tout de suite, le faire
circuler, si vous le voulez, là.
Alors,
68.1 : «Lorsqu'il l'estime nécessaire pour protéger la santé et la
sécurité du public, le ministre peut ordonner à une entreprise de services funéraires de cesser d'utiliser les
services d'un transporteur jusqu'à ce que la situation mettant en danger
la santé et la sécurité du public ait pris fin.»
Je comprends
la députée de Taillon, là, qui veut protéger le public. C'est d'ailleurs
louable comme position. Mais, en même
temps, M. le Président, d'inclure cet élément-là dans les services funéraires
vient alourdir l'environnement qui est celui dans lequel oeuvrent les
entreprises qui font du transport de services funéraires. Bien sûr qu'ils
doivent être assujettis à certaines règles, mais nous, notre objectif est de
faire en sorte que, du côté de l'imputabilité, bien, ils en reviennent, par loi et règlement, comme on le
propose ici et comme c'est le cas à 65, que l'entreprise de services
funéraires ait la responsabilité de qui...
de s'assurer de la qualité des services de ceux avec qui elle sous-contracte.
Ce n'est pas vrai, M. le Président,
que les entreprises de services funéraires sont les seules qui font du
transport de cadavres. Il y en a d'autres.
Maintenant,
ici, on passe, avec l'approche de la députée de Taillon, d'un extrême à
l'autre. On part d'aujourd'hui, où il
n'y a pas de règles, à un univers où, à toutes fins utiles, ou bien
l'entreprise devient... obtient l'exclusivité d'un champ, ou bien on
vient réglementer le transport en créant une nouvelle réglementation des
permis, et ainsi de suite.
Moi, je
trouve évidemment que, pour des raisons qui sont celles que j'exprime, là, ça
va trop loin. On s'en va juste à
l'autre extrême. Alors qu'il est possible, dans notre loi — et c'est le cas, incluant l'amendement que
je viens d'évoquer — d'avoir une souplesse appropriée pour cet
élément-là, de la séquence, de la chaîne d'événements qui régit le transport, la crémation, l'inhumation, et ainsi de suite,
d'un défunt. Alors, nous, on trouve que cette approche-là va trop loin.
Alors, je
comprends que, pour les entreprises, M. le Président, qui font des
représentations à cet effet-là, on vient, dans la loi, de leur garantir un territoire. Bien, nous, on trouve que
ça va trop loin, ça vient au contraire amener un certain nombre de
problèmes supplémentaires qui ne sont pas nécessaires, alors qu'il est possible
d'atteindre les objectifs exprimés par la
députée par voie réglementaire et législative, qui est celle que nous proposons,
sans aller dans la direction de créer
un nouveau territoire exclusif, quasiment un monopole donné à certaines
entreprises. On trouve, nous, que ça va trop loin. C'est la raison pour laquelle on n'acceptera pas d'aller dans
le sens de l'amendement proposé par la députée de Taillon, tout en
reconnaissant qu'il y a un point là, mais on le traite par notre 65 et le 68.1
que je viens de lire.
Le Président (M. Tanguay) :
Collègue de Taillon.
Lamarre : J'aimerais comprendre pourquoi, dans l'analyse d'impact
réglementaire du projet de loi qui a été préparée par le ministère, on a
écrit : «Au Québec, les entreprises de services funéraires offrent
notamment des services de transport, de
thanatopraxie, d'exposition de cadavres ou de cendres humaines et de
crémation», et qu'au moment où on veut l'inscrire dans la loi on ne juge
pas que ce soit pertinent en termes de protection pour la population.
Le Président (M. Tanguay) : M.
le ministre.
Barrette : M. le Président, la raison est simple et évidente, parce
que c'est accessoire, alors que, là, en le mettant dans la définition, ça devient une obligation, ça
devient automatiquement là. Alors, la députée de Taillon, en nous
proposant son amendement, bien, je suis sûr
que ça satisfait les entreprises de services funéraires parce qu'on vient, dans
la loi, définir qu'ils deviennent le
pourvoyeur de ce service-là exclusif, à toutes fins utiles. C'est pour ça que
je dis qu'on va trop loin. Alors, on
prend quelque chose qui est accessoire et on en fait une obligation, on le met
dans la loi. C'est ça, la différence, c'est juste ça, la différence.
Alors, oui,
oui à un certain encadrement du transport, comme la députée
de Taillon l'évoque et pour les raisons qu'elle
évoque, mais non à la création d'un monopole. Ici, évidemment, dans ce
dossier-là de services funéraires, ne perdons pas de vue, là, qu'il y a des
intérêts purement commerciaux en jeu, là. Je comprends, là, que ça soit élégant
de se servir de l'argument de la protection
du public pour aller chercher un avantage commercial, je
comprends ça, c'est de bonne guerre, ça ne veut pas dire qu'on doit
céder à ça. Dans notre législation, on a à voir clair, autrement dit, là.
Alors, je
comprends l'objectif visé par ceux qui ont un intérêt, je le respecte.
Et, si j'étais à leur place, je ferais peut-être la même affaire. C'est de bonne guerre, puis ce
n'est pas malsain d'aucune manière, mais, comme législateurs, je trouve
qu'on va trop loin, tout simplement.
Le Président (M. Tanguay) :
Collègue de Taillon.
Mme Lamarre : Alors, est-ce
que le ministre peut me dire qui doit
pouvoir offrir des services de transport? Est-ce que, par exemple, une entreprise qui déciderait de faire du transport
mais qui n'offrirait pas des services de thanatopraxie...
M. Barrette : Mais c'est la beauté de la loi actuelle avec sa réglementation. Il incombe à l'entreprise funéraire de s'assurer que le transport se fasse selon... et c'est les mots mêmes qui viennent d'un
mémoire qui a été déposé par une des entreprises
funéraires, qu'il doit faire preuve de respect, de dignité, de loyauté, là. Je
le lis, là, parce que c'est quelque chose qui est évoqué par un
regroupement d'entreprises funéraires.
Dans notre
loi, on donne cette responsabilité-là, donc une imputabilité, à l'entreprise.
On la donne, là. Et en plus, là, on
se donne, à 68.1 — quand on
va y venir, éventuellement — le pouvoir d'ordonner à l'entreprise de...
si vous ne faites pas ça, là, cette surveillance-là, on va vous exiger
d'arrêter de faire affaire avec un transporteur.
Alors, on est
à la frontière entre ce que l'on veut, du bien, là, parce que c'est correct,
là, ces interventions-là, et on est à
la frontière de l'intérêt entrepreneurial d'entreprises qui passe par le biais
de la vertu pour avoir un gain commercial. Il faut qu'on voie clair, là, comme législateurs. On le voit, je le vois.
Et là je trouve que ça va juste un peu trop loin parce que ça va faire
Puis c'est
correct, là, ce n'est pas un jugement de valeur que je fais auprès de qui que
ce soit. C'est juste que le bon sens,
là, le côté Salomon de notre décision, là, trancher à la bonne place... Je
pense qu'on est capables de trancher à la bonne place sans mettre dans
une loi la création d'un monopole additionnel, c'est tout.
Le Président (M. Tanguay) :
Collègue de Taillon.
Mme Lamarre : Moi, je voudrais
comprendre. Est-ce que, selon le ministre, un cimetière pourrait offrir du
transport de cadavres?
Le Président (M. Tanguay) : M.
le ministre.
M. Barrette :
C'est ça. Alors, le cimetière, M. le Président, doit, pour être une entreprise,
exercer un des éléments qui sont là,
O.K.? Il doit faire soit la thanatopraxie, l'exposition de cadavres ou de
cendres humaines ou un service de crémation. Alors, il faut qu'elle
fasse ça, là, l'entreprise. Alors, là, si le cimetière fait ça, bien, il est
Et là je le sais, où ça va
nous mener, là, je le sais, où ça va nous mener. Mais ça, ce n'est pas à nous à
régler l'élément qui vient après, que je vais laisser la députée de Taillon
exprimer.
Le Président (M. Tanguay) :
Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Oui, cette fois-ci, on va simplement être dans une perspective d'équité par
rapport à des petites et moyennes
entreprises. Et effectivement l'enjeu de dire que, si un cimetière... Puis il y
a une dimension aussi de santé publique
là-dedans. Mais, si un cimetière, par exemple, peut faire du transport, n'a pas
de thanatopraxie — parce
qu'il n'est pas obligatoire d'avoir un service de thanatopraxie, c'est un des
éléments qui peut être inclus dans les services funéraires — et donc
peut offrir un service de crémation, ça veut dire qu'entre le moment où le
cimetière va aller chercher le cadavre
et va devoir communiquer avec la famille pour dire : Revenez chercher le
cadavre parce que nous, on ne peut pas faire
la thanatopraxie sur place, et après vous nous ramènerez le cadavre pour la
crémation... Alors, il y a cette dimension-là qui nous apparaît ne pas être appropriée par rapport à une continuité de
services et par rapport au fait que, si on ne peut pas offrir le service de thanatopraxie, comment on
peut s'assurer que le transport du cadavre se fait de façon sécuritaire,
que l'entreposage du cadavre se fait de façon sécuritaire jusqu'à ce que le
thanatopracteur ou une autre entreprise puisse le faire? Alors, ça, moi, je voudrais que le ministre m'explique, là, c'est
quoi, son cheminement, et comment il voit que ça sert bien la
population.
M. Barrette : Bien là, M. le
Président, il va falloir que la députée de Taillon m'explique qu'est-ce qui
était inapproprié, là. Ça, c'est dans son regard à elle. À partir du moment où
les choses sont faites comme c'est dit par les entreprises funéraires
elles-mêmes, avec dignité — j'oublie
les mots, là, je n'ai plus mon papier — respect, dignité et loyauté,
là, à partir du moment où c'est fait comme ça, là, pourquoi la députée de
Taillon dit que c'est inapproprié? C'est dans son regard.
Ne perdons
pas de vue, là, que l'amendement proposé, c'est le résultat d'interventions
d'entreprises qui veulent, par cet
angle-là, acquérir un environnement commercial. Je respecte ça, c'est correct.
Mais un instant, là! Nous, là, on n'a pas
nécessairement à aller là. Je respecte ça, mais là le levier de la loi, je
pense, c'est notre responsabilité de légiférer avec mesure. Alors, je ne
vois pas, moi, le côté inapproprié qu'évoque la députée de Taillon si les
choses se passent avec respect et dignité.
Le Président (M. Tanguay) :
Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Bien, les cimetières bénéficient de certaines exemptions que les entreprises de
services funéraires n'ont pas, d'accord?
Alors, on entre dans une autre dimension, mais elle est réelle. Et les
cimetières, actuellement, sont exempts
de taxes et d'impôts, par exemple, sur des services de crémation. Ils ne sont
pas tenus de charger des taxes et des impôts sur la vente des urnes non
plus. Et donc c'est une forme de concurrence où on ne travaille pas avec les
mêmes obligations, compte tenu du fait que
les cimetières bénéficient historiquement d'exemptions que les entreprises de
services funéraires n'ont pas.
Le Président (M. Tanguay) : M.
le ministre.
M. Barrette : Alors, M. le
Président, c'est ce à quoi je faisais référence il y a quelques instants. Je
disais : La députée de Taillon nous amène à un endroit que je vais lui
laisser le loisir d'exprimer. Elle vient de le faire, et je l'en remercie. Mais
ce n'est pas notre territoire, là.
Alors, au
moment où on se parle, là, il y a ces éléments-là, de nature économique, hein,
qui, aux dires de la députée de Taillon... et un observateur externe,
comptable, pourrait conclure — je dis «pourrait conclure» — qu'il
y a une concurrence déloyale. C'est des
termes utilisés par la députée de Taillon. Je ne souscris pas et je ne réfute
pas cet argument-là. Je dis simplement que cette législation-là n'a pas
pour objet de réglementer les paramètres économiques de cet élément-là, de cette activité-là, qui, par
ailleurs, M. le Président, existe, là. On ne vient pas de créer quelque chose,
là, c'est quelque chose qui existe.
Et je renchéris sur le fait que cet
amendement-là est le résultat d'interventions qui sont correctes de la part d'entreprises, au pluriel, qui veulent
saisir — et je
les comprends — cette
occasion-là pour régler un problème qu'elles, les entreprises en question, considèrent un problème
de concurrence. Je comprends la démarche. Ce n'est pas l'objet de la
loi, ce n'est pas chez nous, ça. Et, si le
problème est un problème économique de taxation ou de non-taxation, et ainsi de
suite, ça se passe ailleurs et ce n'est donc
pas l'objet de notre loi. Et, à cet égard-là, il ne m'apparaît pas approprié de
nous amener dans une dynamique où on a à régler un problème, qui peut
être perçu comme réel et fondé de la part des diverses entreprises, à cette
table-ci qui n'a pas cet objet-là.
Alors, je comprends la manoeuvre, là, mais on
invoque une chose pour régler un problème qui n'est pas un problème d'être
approprié ou non, d'être digne ou non. Ce n'est pas ça, là. On est dans
l'économique, on est dans les consommateurs, on est dans la taxation, on est
dans les crédits d'impôt, on est dans la non-taxation. Ce n'est pas notre
territoire.
Alors, sur le plan des services funéraires comme
tels, qui est l'objet de notre loi, cet amendement-là, bien, je l'ai expliqué, là, il n'est pas, pour nous,
opportun parce qu'à sa face même, à son fondement même, la cible est
économique. La députée de Taillon l'a dit
avec justesse, c'est précisément ça. Je le savais, on le sait tous, ce n'est
juste pas l'endroit ni la procédure, le texte sur lequel on peut
s'adresser pour régler ce potentiel problème là.
Le Président
(M. Tanguay) : Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Bien, je pense qu'on doit être conscients que le fait d'exclure — et là c'est un choix délibéré que le
ministre fait dans la loi — le
service de transport, qui, au vu et au su de tout le monde... Quand on pense à
une entreprise de services funéraires, c'est
inclus, la notion de transport. Les gens constatent tous... Quand il y a un
décès à domicile, le réflexe que les gens ont, c'est d'appeler une
organisation funéraire pour venir chercher le corps. Et ça commence là,
l'activité du service funéraire avec lequel on veut faire affaire. Donc, ce
n'est pas quelque chose qu'on imagine, c'est quelque chose qui est la réalité,
la réalité historique et la réalité, aussi, sécuritaire.
On a mis
partout, à travers ce projet de loi là, des balises pour améliorer et même
imposer des nouvelles contraintes aux organismes qui offrent des
services funéraires. Et là, par la loi, le ministre introduit, introduit, et
donc il doit en être conscient, il introduit
un niveau de concurrence qui s'applique sur des éléments où les gens ne
travaillent pas avec les mêmes
paramètres, les mêmes paramètres de taxation. Et, quelque part, en introduisant
ça, il prive l'État de la perception de taxes et d'impôts, de TPS, de
TVQ sur des services puisqu'il permet aux cimetières de facturer... en fait,
d'offrir ces services-là, alors qu'ils ne paieront pas les taxes et les impôts
que d'autres entreprises vont se faire mettre.
Alors, il y a
un impact. Il y a un impact économique en termes de privation de l'État d'avoir
accès à des taxes qu'il touche quand
ce sont des entreprises de services funéraires qui offrent ces services-là et
qu'il ne touche pas quand ce sont des cimetières qui vont offrir ces
services-là.
Le Président (M. Tanguay) : M.
le ministre.
M. Barrette :
M. le Président... Puis moi, ça va être ma dernière intervention parce que, là,
on voit bien — parce qu'on
est vraiment dedans, là — que l'intervention de la députée de Taillon déborde du champ de
cette loi-là. Là, on est rendus dans un champ qui est celui du ministère
du Revenu, là. Ce n'est pas nous, là, qui gérons les taxes au Québec.
Mais je vais
juste, quand même, illustrer à la députée de Taillon la problématique de son
approche. Elle vient de nous faire un
exposé qui est d'ordre commercial. On n'est pas, M. le Président, dans les
services funéraires, là, on est dans le commerce. C'est une intervention qui traite de la concurrence, et
j'irais même jusqu'à dire que c'est un quasi-lobby, là. Et c'est
correct, puis je ne prête pas d'intention, je dis juste que, là, la députée de
Taillon franchit, à certains égards, une frontière,
là, qui est celle de prendre position en fonction d'un lobby. C'est correct,
là, ça se fait dans notre parlementarisme.
Mais je tiens à indiquer à la députée de Taillon
qu'un cimetière, qu'elle invoque comme étant quelqu'un qui fait une concurrence déloyale aux entreprises
funéraires, là, au sens de la loi, un cimetière qui, au paragraphe 5°,
offre un des éléments qui est là, et il y en a, bien, il pourrait faire du
transport s'il fait la crémation, il y en a, là, et alors qu'actuellement, là, ce que l'on veut, c'est
mettre le transport pour faire en sorte que les entreprises funéraires aient
un levier pour être concurrentielles aux cimetières.
Bien, moi, je
vous dis, là, M. le Président, qu'il faut le lire comme il faut, l'article, là,
parce qu'en le mettant là, ça ne
règle pas le problème de concurrence auquel la députée de Taillon fait
référence. Le problème auquel elle fait référence, c'est que les
entreprises funéraires se considèrent injustement concurrencées par les
cimetières. Or, en mettant cet élément-là,
ça ne vient même pas corriger ça parce qu'il y a des cimetières qui font de la
crémation, et là ils seraient encore, de
bon droit, capables de concurrencer de façon déloyale, selon la position de ces
gens-là, des entreprises, les entreprises en question. Ça ne règle rien, mais ça vient alourdir la bureaucratie, par
exemple, parce que, là, on tombe dans du plus lourd.
Ça ne règle
pas le problème. Je ne dis pas qu'il n'est pas réel, le problème, je ne dis pas
ça. Je ne dis pas qu'il n'est pas
important, je ne dis pas ça. Je ne dis rien d'autre... D'abord, je ne dis rien
et rien d'autre que : Cette problématique-là, de concurrence, ne peut se régler nulle part ailleurs
qu'au ministère du Revenu. Pas ici. Ce n'est pas l'objet de la loi.
C'est juste ça que je dis, là.
Alors, moi,
je n'ai rien de plus à dire puis je ne pense qu'il y ait lieu non plus de
débattre de la concurrence qui résulte
de problèmes... peut-être pas de problèmes mais d'éléments de taxation ou de
non-taxation qui existent actuellement dans
notre système fiscal. Ce n'est pas ici qu'on peut le régler, donc ce n'est pas
ici qu'on doit en débattre. Et là on est vraiment, vraiment, vraiment,
avec les deux interventions que vient de faire la députée de Taillon, dans un
débat de concurrence économique découlant de mesures fiscales. Ce n'est pas ici
que ça se règle.
Le Président (M. Tanguay) :
Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
M. le Président, le ministre parle de représentation. Je pense qu'on est ici
pour représenter et pour attirer l'attention. Quand on fait une loi, il
y a des conséquences. Il y a eu la
loi sur le tabagisme, qui avait des conséquences sur d'autres entreprises qui étaient,
par exemple, les vendeurs, ceux qui avaient des boutiques d'appareils,
de dispositifs pour les cigarettes
électroniques. Et il y a eu des choses qui ont été prises en considération pour
ne pas faire en sorte que cette
activité commerciale là, qui est la vente de cigarettes électroniques, soit
complètement compromise par des mesures
trop importantes au niveau du contrôle du tabac. Et il y a eu des nuances qui
ont été apportées et il y a eu des souplesses qui ont été apportées pour
permettre — ça
pourrait être vu du point de vue du ministre — une forme de concurrence, mais c'était quelque chose qui allait
dans une cohésion, dans un sens où on voulait faire en sorte qu'il y ait
des choses qui puissent cohabiter
normalement et qu'elles soient effectivement en concurrence avec les mêmes
paramètres.
Le ministre,
actuellement, introduit, et il doit en être conscient, il introduit un paramètre
qui fait en sorte qu'on crée, sur des
services qui devraient être comparables et qui devraient être faits avec les
mêmes conditions, un privilège à une organisation, qui est exempte de
taxes et qui ne les paiera pas, ces taxes, au niveau de... Et actuellement le
fait que le lien avec le transport soit fait et soit attaché davantage aux
services funéraires, ça évite certaines associations.
vais donner un exemple au ministre. Il y a actuellement d'autres formes de lien
sur lesquels... qu'on se penche parce que, par exemple, à l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont, on fait signer une lettre aux gens lorsque les patients
décèdent puis que les morgues sont trop remplies. On avise les gens que ça va
être transféré directement à une firme funéraire et non pas... On ne donne pas
le choix aux gens. Dans le fond, on leur dit : Ça va être seulement une
firme. Alors, il y a des conséquences et il
y a des formes d'utilisation de l'information qui sont faites et qui donnent
des privilèges à certains groupes par rapport à d'autres.
Actuellement,
la raison d'être, la façon dont les gens voient les services funéraires, et
c'est pour ça que «services funéraires»... Moi, je dis qu'il n'y a rien
qui empêchera un cimetière de s'identifier comme un organisme de services funéraires, mais, pour l'instant, quand on parle
de services funéraires, ça inclut le transport. Alors, le ministre, en
posant un geste volontaire de ne pas mettre
le transport, il pose un geste politique, il pose un geste qui a des
conséquences, qui a des conséquences pour d'autres entreprises, mais qui
a des conséquences aussi sur la sécurité de la chaîne, du circuit de prise en
charge d'un cadavre. Et, clairement, il privilégie à ce moment-ci une autre
organisation.
Alors, moi,
je ne lui demande pas de faire un privilège aux entreprises de services
funéraires actuelles, je demande juste qu'on maintienne le statu quo,
alors que ce qu'il fait, c'est qu'en faisant cette loi il donne un privilège à
des cimetières qui ont déjà d'autres
conditions d'exemptions particulières, spécifiques, qu'on ne remet pas en
question, mais il faut bien savoir
que cette mesure-là, elle a un impact. Et donc, dans la décision que le
ministre prend, il crée, il crée lui-même,
il génère quelque chose qui n'est pas là actuellement, alors que le simple fait
d'ajouter le «service de transport», qui
correspond à la réalité des entreprises de services funéraires, et qui est tout
près, et qui d'ailleurs correspondait à ce que les gens du ministère avaient prévu mettre dans ces services-là. Pourquoi
tout à coup on ne le retrouve pas? Et pourquoi s'opposer à l'ajouter, à
le laisser là? Parce que ça traduit la réalité actuellement. Alors, c'est en
l'enlevant que le ministre change la réalité.
Barrette : M. le Président, je me suis exprimé sur chacun des éléments
qu'a touchés la députée de Taillon, alors je n'ai pas rien à rajouter
parce que je l'ai dit élément par élément les raisons pour lesquelles on n'ira
pas là.
Le Président (M. Tanguay) :
Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Bien, je pense que le ministre sait très bien ce qu'il fait actuellement, et il
choisit de changer ce qui est un
constat actuel de fonctionnement et qui, en plus, donne une certaine sécurité à
l'organisation des soins — parce que moi,
je considère que c'est encore des soins, quand on s'occupe des cadavres. Donc, parce qu'il a... Je ne sais pas pourquoi, mais ça semble être une façon, en tout
cas, indirectement, peut-être inconsciemment... mais là, maintenant je
l'ai dit, ça cause un privilège particulier
et ça cause une concurrence déloyale par rapport à d'autres organisations qui
sont des petites et moyennes entreprises du Québec.
Et je pense
qu'il serait très logique... Et je pense que c'est le ministre qui devrait nous
expliquer pourquoi il veut absolument exclure les services de transport.
Pourquoi il veut absolument les exclure, alors que la réalité actuelle, elle
les inclut? Et la population s'attend à ce que ce soit inclus et souhaite que
ce soit inclus.
Le Président (M. Tanguay) : M.
le ministre.
M. Barrette :
M. le Président, j'ai déjà tout dit et je vais tout simplement rajouter que ce
que la députée de Taillon dit, c'est
inexact, là. Ce que l'on fait maintient ce qui existe aujourd'hui. Ce que le
lobby qui est fait auprès de la députée de Taillon évoque, qui est aujourd'hui une concurrence déloyale... Et ça,
ça ne l'enlève pas. Au contraire, ça fait exactement ce que la députée de Taillon me demande, le statu
quo. Et là, aujourd'hui, elle essaie de virer ça en disant qu'on va
induire une concurrence déloyale. Elle est déjà là. La réponse à son problème
est au Revenu, c'est tout.
Le Président (M. Tanguay) :
Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Mais moi, j'essaie de voir comment, en ne mettant pas le service de transport
et de thanatopraxie, on... Moi,
j'essaie de voir le parcours du cadavre, là. Je m'excuse, mais on va se parler
de la vraie chose, là. Alors, si on permet
à un cimetière, par exemple, qui n'offre pas le service de thanatopraxie
d'aller chercher un cadavre, qu'est-ce qui se passe après du côté du
cimetière?
Le Président (M. Tanguay) : M.
le ministre.
Mme Lamarre : Il va devoir
faire affaire avec un service funéraire pour les services d'un thanatopracteur.
M. Barrette :
M. le Président, on peut prendre tous les cas de figure pendant trois jours de
temps, là, ça va revenir toujours à la même chose. Dans le projet de
loi, il y a des provisions qui traitent de la chose, et c'est tout.
Le Président (M. Tanguay) :
Collègue de Taillon.
Mme Lamarre : Bien,
cliniquement, là, il doit y avoir un lien entre le service de transport et le
service de thanatopraxie lorsque ce qui est
prévu, c'est l'embaumement. Sinon, il peut y avoir des délais. Et là il faut
vraiment qu'on réglemente et qu'on légalise ces délais-là. Parce qu'une
entreprise peut aller chercher un cadavre un vendredi soir, elle
n'a pas de thanatopracteur, et il va falloir qu'elle attende au lundi pour
avoir les services? Il faut que ce soit lié, le transport et la thanatopraxie.
Le Président (M. Tanguay) : M.
le ministre.
M. Barrette :
M. le Président, je pense qu'encore une fois, là, on ne va pas se mettre à
faire 50 millions de cas de figure,
mais je vais en prendre un. Vous savez, actuellement, rien n'empêche et rien
n'empêchera dans le futur à une famille qui ne veut pas exposer son défunt de l'envoyer directement au cimetière
pour qu'il soit inhumé. On peut bien prendre des cas de figure, là,
pendant trois jours de temps, là, là, on tourne en rond. Moi, je n'ai rien de
plus à ajouter, là.
Encore une
fois, on est dans un lobby, là. Là, actuellement, on est complètement, là... Je
n'en dirai pas plus. Alors, je n'ai rien à rajouter, M. le Président,
Mme Lamarre :
Mais on est dans une démarche où on essaie de ne pas créer des iniquités et où
on essaie de faire en sorte que les
choses puissent se faire le plus correctement possible dans le respect des
entreprises qui offrent ce service-là et
qui, elles, sont tout à coup dans une situation générée par un projet de loi
qui n'était pas là avant, qui sont tout à coup exposées à une autre
offre de services qui n'est pas soumise aux mêmes conditions. Donc, moi, je
pense qu'on est vraiment dans quelque chose
qui doit être regardé. Et moi, j'aimerais que le ministre m'expose en quoi ça
le pénalise, lui, d'enlever ou de ne pas mettre «service de transport»
et «service de thanatopraxie».
Le Président (M. Tanguay) : M.
le ministre.
M. Barrette :
M. le Président, là, je vais bientôt invoquer la pertinence de l'intervention.
La députée de Taillon, ça fait
beaucoup d'interventions qu'elle fait qui traitent de la concurrence.
Manifestement, elle prend fait et cause pour un groupe. Et elle le dit elle-même, elle l'admet elle-même, M. le
Président, que la concurrence qu'elle considère viciée l'est sur la base d'une fiscalité ou taxation qui est...
on va la qualifier, là, objectivement, d'asymétrique. C'est là qu'est la
source. Et l'amendement vise à utiliser un
moyen pour exclure un groupe de l'autre. On est dans le revenu, ce n'est pas à
la portée de... Et là ça pourrait...
Depuis hier, ça doit faire au moins cinq interventions que la députée de
Taillon fait, si ce n'est pas six ou
sept, qui sont d'ordre de concurrence qui découle... Puis elle l'a dit, c'est
ses mots, là, là : C'est une concurrence, les petites entreprises, c'est ceci, c'est cela. On n'est pas là, là. Et
elle le dit elle-même, là, la source de la concurrence inappropriée,
c'est la taxation. On n'est pas dans cet article, là, on n'est pas dans la
portée de la loi, là.
Là, je ne
l'invoque pas tout de suite, M. le Président, mais je vais l'invoquer la
prochaine fois, là. Je n'ai rien de plus à ajouter. On n'est plus sur la
loi, là, on est sur le revenu, la fiscalité, la taxation.
Le Président (M. Tanguay) :
Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Je pense que le ministre a, à ce moment-ci, une vision beaucoup plus limitée,
là. Le projet de loi porte sur la Loi
sur les activités funéraires. Des activités, ça a une dimension économique
aussi, et il n'y a rien qui nous interdit...
Et d'ailleurs il y a toutes sortes d'autres enjeux qui ont été évoqués :
l'aménagement des... la façon dont on va exposer les gens, des enjeux au niveau de la formation, des enjeux au
niveau du transport. Donc, l'activité économique également qui est
générée autour d'un projet de loi, elle fait
partie aussi d'un projet de loi.
Le ministre ne veut pas l'adresser
aujourd'hui, ne veut pas s'y intéresser, mais il doit prendre conscience que,
dans le choix qu'il fait de ne pas accepter de mettre l'activité qui
correspond aux services de transport...
Et, dès le
début, on l'a vu, là, dès le début, le ministre a dit : Non, non, non, le
transport, on ne le met pas. Il ne nous a toujours pas expliqué vraiment
pourquoi, là, on ne le sait pas, pourquoi. Alors, ça reste une question qui va
être en suspens. Mais, clairement, on
comprend que le ministre répond peut-être à d'autres formes... puisqu'il a
évoqué le lobby, il évoque... il répond peut-être à d'autres formes de
lobby. Et, à ce moment-ci, il fait le choix d'exclure les services de
transport, alors que, pour le commun des mortels, quand on a besoin d'un
service funéraire, ça inclut, et je pense que c'est souhaitable que ça
inclue... parce que, dans toute cette chaîne de services, il y a une dimension
économique et il y a une dimension sécurité de la disposition des cadavres qui
doit prévaloir.
Et, à ce moment-ci, le ministre refuse de
l'envisager, mais, pour moi, de considérer qu'il y a des enjeux économiques et des enjeux de concurrence qui sont
influencés par un projet de loi, je pense que ça fait aussi
partie de
notre analyse qu'on doit faire.
Alors, ce sera aussi ma dernière intervention
sur le sujet.
Le Président (M. Tanguay) : M.
le ministre.
Mme Lamarre : On peut voter.
Président (M. Tanguay) :
O.K. Alors, y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement à l'article 2? Je n'en vois pas. Alors, nous allons procéder au vote sur l'amendement à l'article 2 de la collègue de Taillon.
L'amendement est-il adopté?
Le Président
(M. Tanguay) : Rejeté. Alors, l'amendement est rejeté.
Alors, chers collègues, le débat, l'objet du
débat redevient donc l'article 2 tel qu'amendé. Y a-t-il d'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention à l'article 2... Nous
allons procéder au vote, s'il n'y a pas d'autre intervention. Alors, chers
collègues, l'article 2, tel qu'amendé, est-il adopté?
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Tanguay) :
Alors, adopté sur division.
Nous
passerions à l'article 10, chers collègues. J'ai compris que le consentement était donc de revenir sur les articles suspendus dans leur ordre
numérique. Alors, l'article 10, M. le ministre.
M. Barrette : M. le
Président, il y a
une rumeur insistante à l'effet qu'un amendement serait déposé, parce qu'il ne vient pas de
nous. Alors, je vais lire l'article initial et je vais laisser aux collègues la
possibilité, si la rumeur est fondée, de déposer un amendement.
Alors, l'article 10 initial se lisait
ainsi :
«Le titulaire
d'un permis doit aviser sans délai le ministre de tout changement susceptible
d'affecter la validité du permis.
«De plus, le
titulaire d'un permis qui prévoit cesser ses activités doit en aviser par écrit
le ministre, qui révoque le permis à la date prévue dans l'avis.»
Alors là, je vais laisser le loisir...
Le Président (M. Tanguay) :
Merci. Y a-t-il des interventions sur l'article 10? Oui, collègue de Taillon.
Mme Lamarre : M. le Président,
j'aurais besoin de deux minutes, juste pour me replacer dans l'article 10,
s'il vous plaît.
Le Président (M. Tanguay) :
Oui. Alors, nous allons suspendre quelques instants. Je suspends.
(Suspension de la séance à 11 h 40)
Président (M. Tanguay) :
Alors, nous sommes de retour en ondes, et je vais céder la parole à notre
collègue de Taillon pour la présentation d'un amendement à l'article 10.
Mme Lamarre : Exactement, M. le
Président. Je vous remercie. Alors, je vais lire l'amendement que nous déposons
à l'article 10 :
Remplacer le deuxième alinéa de
l'article 10 par le suivant :
«De plus, le
titulaire d'un permis qui prévoit cesser ses activités doit assurer une
transition professionnelle des urnes et
des préarrangements qui sont sous sa responsabilité. Il doit également en aviser par écrit le ministre,
qui révoque le permis à la date prévue dans l'avis de cessation des
activités.»
Alors, nous
avons donc un peu précisé. Il y avait déjà un message dans le deuxième alinéa, je peux peut-être lire la version qui était déjà...
M. Barrette : Je l'ai lue
tantôt.
Mme Lamarre : Vous l'avez lue au complet. Donc, ce qu'on veut,
c'est tout simplement confirmer et écrire en mots clairs la responsabilité d'un titulaire
de permis à l'effet qu'il doive assurer une transition professionnelle des
urnes et des préarrangements qui sont sous sa responsabilité.
Le Président (M. Tanguay) :
Merci. M. le ministre.
M. Barrette : Bien, M.
le Président, je comprends bien
l'intention de la députée de Taillon par son amendement. Maintenant, je
soumettrai à la députée, M. le Président, que ce qui est rajouté ici,
essentiellement, c'est d'assurer la transition
professionnelle des urnes et des préarrangements. On se comprend? Et ça, M. le
Président, c'est déjà prévu, pour les
urnes, à 52. Et, pour les préarrangements, j'indique à la députée de Taillon
qu'il y a une
loi sur les préarrangements, et les articles 40, 41 et 42 prévoient nominativement la même chose.
Je peux faire la lecture des articles, là, mais ça prévoit déjà ça.
Alors, 40, 41, 42... Bien, je peux le lire, là, à 40, là :
«40. Le président de l'Office de la protection
du consommateur peut nommer un administrateur provisoire pour administrer temporairement, continuer ou
terminer les affaires en cours d'un vendeur, dans l'un des cas
suivants...» Donc, il y a la possibilité là.
«41. L'administrateur
provisoire possède les pouvoirs nécessaires à l'exécution du mandat que lui
confie le président.
«Il peut notamment, d'office, sous réserve des
restrictions contenues dans le mandat :
«1° prendre possession de tous les fonds
détenus, en fidéicommis ou autrement, [par] le vendeur ou par lui;
«2° engager
ces fonds pour la réalisation du mandat confié par le président et conclure
[des] contrats nécessaires à cette fin;
«3° ester en justice pour les fins de
l'exécution de son mandat.» Et ainsi de suite. On peut même... Ça dit
spécifiquement que tout ce qui est légalement faisable doit être fait.
Alors, la loi
sur les préarrangements prévoit déjà cette mécanique-là. Alors, je trouve qu'on
n'ajoute pas rien de plus que ce qui
est déjà prévu à la loi. Donc, pour cette raison-là, on pense que ce n'est
peut-être pas nécessaire de dédoubler ce qui est prévu à la
loi sur les
préarrangements funéraires.
Le Président (M. Tanguay) :
Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Je suis sensible à l'argumentaire présenté par le ministre par rapport à la loi
sur les préarrangements, mais, on le sait, quand les gens décident
d'ouvrir une entreprise, en général, ils vont regarder un certain nombre de lois mais pas nécessairement
toutes les lois. Là, dans notre loi, ici, on est dans une
section qui
s'appelle «Délivrance de permis et obligations
générales s'y rattachant». Donc, compte tenu de l'expérience qu'on a
actuellement, où on a des situations réelles
qui ont été traduites... malgré le fait que les dispositions que le ministre
vient de citer étaient présentes dans
la
loi sur les préarrangements, il faut bien se rendre compte que ce n'est
peut-être pas les mêmes personnes qui regardent ces dossiers-là. Mais la
personne qui va avoir son permis, c'est elle qui doit dorénavant se dire :
Oups! Moi, je dois m'assurer que j'ai des
obligations qui se rattachent à ça et je ne pourrai pas me départir de mon
permis sans qu'il y ait des représailles qui soient potentielles à mon
endroit.
Alors, je
comprends le message du ministre, mais je me dis que dans cette loi-ci, au
niveau de l'obligation reliée au permis,
je pense qu'on peut avoir un levier supplémentaire pour nous assurer qu'on va
avoir une meilleure conformité à cette
situation. On l'a expliqué, il y a des cas de figure qui se sont vraiment
passés au Québec. On veut éviter ça et on veut envoyer un message clair. Alors, si, au moment où on reçoit notre
permis, on voit tout de suite qu'il y a des obligations, et une de ces obligations-là, c'est que, la journée
où je voudrai fermer ou je serais en faillite, je ne pourrai pas me
départir des urnes sans le faire d'une façon professionnelle, je pense qu'on
protège mieux l'ensemble des activités et des services pour la population.
Le Président (M. Tanguay) : M.
le ministre.
M. Barrette :
Encore une fois, M. le Président, je répondrais à la députée de Taillon que,
par définition, au Québec, nul ne
peut ignorer la loi, là. Alors, quand elle invoque le fait qu'une entreprise
funéraire peut ne pas être au fait, bien, par définition, elle ne peut pas, elle a l'obligation légale de s'enquérir
et d'être consciente de tout ce qui est prévu dans les lois du Québec, là. Donc, par définition, l'entreprise
doit savoir qu'il y a des obligations dans la
loi sur les
préarrangements. Alors, ça devient
redondant. Puis on a l'habitude, comme législateurs, de ne pas surcharger nos
lois lorsque les choses sont écrites clairement à une place.
Je comprends l'intention de la députée, là, mais
ça ne m'apparaît pas nécessaire. Je vais laisser la parole à la députée de
Taillon, là.
Le Président (M. Tanguay) :
Collègue de Taillon.
Mme Lamarre : M. le Président,
bien, en fait, la
loi sur les préarrangements, je n'ai pas lue en détail, là.
Le ministre nous a lu rapidement, là, la loi de protection du consommateur et la
loi sur
les préarrangements, mais est-ce qu'elles prévoient la disposition des
urnes? Parce que c'est ça qu'on ajoute aussi. Il n'y a pas seulement les
préarrangements, il y a vraiment les urnes.
M. Barrette : C'est à 52. C'est
dans notre 52.
Mme Lamarre : Dans notre... Alors, le ministre
expose 52, «cessation des activités». Oui, mais, ce que 52 prévoit,
c'est des moyens raisonnables pour les remettre à un parent. Et là je pense que
ce qu'on dit, c'est que...
M. Barrette : «Moyens raisonnables» et «transition
professionnelle», c'est comme pas mal la même affaire, là.
Lamarre : Bien, en fait,
c'est que nous, on ne précise pas que... S'il n'y a pas de parent disponible,
ça ne peut pas servir d'excuse au
propriétaire d'un columbarium pour dire : Bien, moi, je n'ai pas trouvé de
parent pour ces 23 urnes-là, donc je les laisse n'importe où.
M. Barrette : Bien, écoutez, M. le
Président, pour simplifier nos
débats, là, voici ce que je vais proposer comme sous-amendement, là. Je
ne sais pas si on peut le faire à main levée, là, mais, pour des raisons de
clarté de la loi et de cohérence, je veux
bien aller de l'avant avec ça, là. Mais il faudrait remplacer «urnes», évidemment, par «cendres humaines», et
puis «et des préarrangements», ce n'est pas comme ça que ça s'écrit dans la
loi, là, c'est «les arrangements préalables de services funéraires». On va mettre
les bons termes légaux, là, puis on va l'accepter, là, même si, à mon
avis, je maintiens que ça n'ajoute rien. Ça
n'ajoute rien, là, mais je veux bien, là. Voilà. Alors, M. le Président, est-il nécessaire de...
Le Président (M. Tanguay) : On pourrait le faire à main levée, autrement dit
amender le texte de cette façon-ci, là.
M. Barrette :
Ça ne change pas le sens... bons termes juridiques.
Président (M. Tanguay) :
Alors, on peut peut-être... On va suspendre juste 30 secondes. Ce ne
sera pas long, on va suspendre.
(Suspension de la séance à
11 h 52)
Le Président
(M. Tanguay) : Alors, chers collègues... Je vous cède la parole,
collègue de Taillon, quant à la première mouture de votre amendement.
Mme Lamarre :
Oui, tout à fait, M. le Président. Alors, je désire le retirer puisqu'on a été
capables de trouver une formulation qui est plus appropriée, meilleure
concordance avec d'autres lois et d'autres textes. Donc, je retire mon
amendement.
Le Président
(M. Tanguay) : Y a-t-il consentement pour retirer l'amendement?
Une voix :
Consentement.
Président (M. Tanguay) : Il y a consentement. Et, collègue de
Taillon, vous avez un nouvel amendement qui se lirait comment?
Mme Lamarre :
Qui se lirait ainsi :
Article 10 :
Remplacer le deuxième
alinéa de l'article 10 par le suivant :
plus, le titulaire d'un permis qui prévoit cesser ses activités doit assurer
une transition professionnelle des cendres
humaines et des arrangements préalables de services funéraires qui sont sous sa
responsabilité. Il doit également en aviser par écrit le ministre, qui
révoque le permis à la date prévue dans l'avis de cessation des activités.»
Le Président (M. Tanguay) : Parfait! Alors, sur cet amendement de la collègue
de Taillon, y a-t-il des interventions?
M. Barrette :
On peut passer au vote.
Président (M. Tanguay) : Il n'y en a pas. Alors, nous allons
procéder au vote. L'amendement de l'article 10 proposé par la
collègue de Taillon est-il adopté?
Président (M. Tanguay) : Adopté. L'objet du débat, chers
collègues, est maintenant l'article 10 tel qu'amendé. Y a-t-il des interventions? Je n'en vois pas,
alors nous allons procéder au vote sur l'article 10 tel qu'amendé. Est-il
adopté?
Le Président
(M. Tanguay) : Adopté. Chers collègues, nous revenons, nous
poursuivons nos débats, donc, à l'article 34 tel qu'amendé. Et, à cet
effet, y a-t-il des interventions?
M. Barrette :
Alors, nous avons un amendement, M. le Président, que nous allons déposer, qui
est en circulation, qui est déposé actuellement, au moment où on se
parle. Je vais lire l'article initial, M. le Président?
Le Président
(M. Tanguay) : Oui, tel qu'amendé, si vous l'avez.
M. Barrette :
Alors... Tel qu'amendé?
Le Président
(M. Tanguay) : Si vous l'avez.
M. Barrette :
Oui, je peux, O.K., alors...
Président (M. Tanguay) : C'est-à-dire, il était déjà amendé,
mais, bon, je ne sais pas si vous avez le texte.
M. Barrette :
Ah oui! Il était déjà amendé. Excusez-moi, M. le Président, vous avez tout à
fait raison, là. On avait juste rajouté à la fin. Alors, 34, tel
qu'amendé, se lisait ainsi :
«34. La présentation ou l'exposition d'un
cadavre doit s'effectuer par une entreprise de services funéraires dans les
locaux suivants :
«1° dans un
local aménagé de façon permanente pour servir à l'exposition de cadavres ou de
cendres humaines qui figure à son permis;
«2° dans un
local aménagé temporairement pour servir à l'exposition de cadavres ou de
cendres humaines pourvu que son permis l'autorise à exploiter un local
aménagé de façon permanente pour servir à de telles fins;
«3° dans un local aménagé dans un crématorium
dans l'instant précédant la crémation et aux seules fins de son
identification.»
«[4°] La toilette d'un cadavre...» Un instant. À
la fin, pas «4°», à la fin :
«La toilette
d'un cadavre effectuée en présence de parents ou de proches de la personne
décédée lors d'un rituel ou d'une pratique funéraire ne doit pas être
considérée comme une présentation ou une exposition d'un cadavre.»
Alors, ça, c'est l'article tel qu'amendé.
Le Président (M. Tanguay) : Oui.
M. Barrette : Et nous déposons
l'amendement suivant :
Modifier l'article 34, O.K., de la façon
suivante. Premièrement, par le... En fait, pas «premièrement», par le
remplacement du paragraphe 3° par le suivant :
«3° dans un
local exploité par l'entreprise, avant la thanatopraxie ou la crémation d'un
cadavre et aux seules fins de son identification.»
Alors, ça, c'est un amendement qui fait suite
aux discussions qu'on a eues, là, sur le local avant ou pendant la crémation.
Président (M. Tanguay) : Alors, sur l'amendement du ministre, y
a-t-il des interventions? Non? Ça va? Alors, s'il n'y a pas
d'intervention sur l'amendement déposé par le ministre à l'article 34,
nous allons procéder au vote. L'amendement est-il adopté?
Le Président (M. Tanguay) :
Adopté. Nous avons donc devant nous l'article 34 tel qu'amendé. Y a-t-il
des interventions? Je n'en vois pas, nous allons procéder au vote sur
l'article 34 tel qu'amendé. Est-il adopté?
Le Président (M. Tanguay) :
Adopté. Chers collègues, nous poursuivons donc nos travaux à l'article 45.
Le Président (M. Tanguay) :
Oui, qui était le dernier, le quatrième suspendu.
M. Barrette : Ah! Ah oui, c'est
vrai.
Mme Lamarre : En fait, on avait
convenu... vous vouliez la suppression...
Le Président (M. Tanguay) :
Oui, la parole est à vous, collègue de Taillon.
Mme Lamarre : Vous aviez proposé d'abolir 45, et on avait
proposé qu'il y ait une modification à 52 en lien avec cette abolition de 45.
Vous aviez parlé de revenir à propos de la création d'un fonds.
M. Barrette : Ah oui! La
création du fonds.
Mme Lamarre : Mais, sur consentement,
on avait convenu que, si on acceptait d'abolir 45... Puisque 45 est suspendu, lui, en 45, on pourrait éviter de
discuter sur 45, on accepterait qu'il soit aboli, comme vous l'avez
demandé, mais on voudrait avoir un peu plus
de précision, d'encadrement prévu par 52 si, sur consentement, on pouvait arriver à une certaine garantie qu'il n'y aurait pas
de vide à ce niveau-là.
Le Président (M. Tanguay) : M.
le ministre.
M. Barrette : Moi, là, M.
le Président, je vous propose de le
suspendre jusqu'à cet après-midi. Puis, juste avant de
partir, on va juste avoir un échange hors d'onde.
Le Président
(M. Tanguay) : Oui, tout à fait. Alors, ceci nous menait, de
toute façon, à midi.
Alors, compte tenu de l'heure, chers collègues,
la commission suspend ses travaux jusqu'après les affaires courantes. Merci.
(Suspension de la séance à 12 heures)
Le Président (M. Tanguay) :
Alors, nous sommes de retour, chers collègues. À l'ordre, s'il vous plaît! La commission
reprend ses travaux.
Je vous rappelle que le mandat est de procéder à
l'étude détaillée du projet de loi n° 66,
Loi sur les activités funéraires.
Je demande à
toutes les personnes présentes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de votre téléphone cellulaire.
Si je
comprends bien, il y a consentement afin de permettre au secrétaire d'annoncer quelques
remplacements. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Boucher (Ungava) est remplacé par M. Iracà (Papineau);
M. Poëti (Marguerite-Bourgeoys) est remplacé par M. Giguère
(Saint-Maurice).
Le Président (M. Tanguay) :
Merci beaucoup. Avant la suspension de ce matin, nous en étions rendus à l'amendement à l'article 45, déposé par le
ministre. M. le ministre, vous pouvez peut-être nous parler de votre
amendement à l'article 45.
M. Barrette : Alors, M. le
Président, l'amendement se lit ainsi : Supprimer l'article 45 du
projet de loi.
Le Président (M. Tanguay) :
Pouvez-vous expliquer plus amplement votre intention?
Barrette : Alors, M. le Président, nous avons eu dans nos pauses,
depuis la suspension de l'article, diverses discussions quant à certains
éléments qui avaient été soulevés par l'opposition, puis on est arrivés, je
pense, à un consensus sur la marche à suivre, et nous avons convenu, donc,
qu'on pouvait aller de l'avant avec la suspension.
Président (M. Tanguay) : Parfait. Alors, y a-t-il des
interventions sur l'amendement à l'article 45? Collègue de Taillon.
Mme Lamarre : Oui, très,
très brièvement. Effectivement, le 45 était suspendu, et nous avons convenu avec le ministre
qu'un amendement à l'article 53 déjà amendé pouvait finalement permettre
l'abandon complet de 45. Donc, nous déposerons, avec le consentement de toutes
les parties, un amendement à l'article 53 pour discussion.
Président (M. Tanguay) :
Merci beaucoup. S'il
n'y a pas d'autre intervention sur l'amendement à l'article 45, je vais le mettre aux voix. L'amendement
est-il adopté?
Président (M. Tanguay) :
Adopté. Je vais maintenant vérifier
s'il y a bel et bien — je n'en doute pas, mais vérifions-le — consentement
à rouvrir le débat sur l'article 53.
M. Barrette : Oui, M. le
Président, il y a consentement.
Mme Lamarre : Consentement.
Le Président (M. Tanguay) :
Consentement.
M. Barrette :
L'article 53
avait été adopté le 27 janvier, après nos discussions, comme l'a bien
évoqué notre collègue de Taillon. Et on
donne le consentement pour le rouvrir et à ce que l'opposition nous dépose un
amendement.
Président (M. Tanguay) : Oui. Alors, je vais céder la parole à
notre collègue de Taillon pour la présentation de votre amendement dont
nous avons reçu copie.
Mme Lamarre : Alors,
l'amendement se lit comme suit, M. le Président, à l'article 53 :
Modifier le projet de loi par l'ajout, avant le
premier alinéa de l'article 53 tel qu'amendé, de l'alinéa suivant :
«L'exploitant
d'un columbarium ou une entreprise de services funéraires peut conserver des
cendres humaines abandonnées dans un endroit sécuritaire.»
on maintient le reste de l'article 53 identique, c'est-à-dire :
«L'exploitant
d'un columbarium qui désire se départir de cendres humaines abandonnées depuis
au moins un an après l'expiration
d'un contrat ou l'entreprise de services funéraires qui désire se départir de
cendres humaines abandonnées depuis
au moins un an à la suite d'une crémation doit les déposer dans un cimetière ou
les remettre à un autre exploitant de columbarium.» Puisqu'on parle de
cendres, on parle de déposer et non pas d'inhumer.
Alors,
ça donne trois options, dans le fond. Ça donne l'option, pour un
exploitant ou une entreprise... Lorsque des gens cessent de contribuer aux frais du columbarium ou que, tout
simplement, on décrète que les cendres humaines sont abandonnées, elles peuvent les entreposer
strictement seulement dans un endroit sécuritaire. Elles ont aussi deux
autres options, qui est d'avoir un lot dans
un cimetière qu'elles achètent — qu'elles paient régulièrement et dans lequel
elles entreposent les cendres — ou encore elles peuvent les remettre à un
autre exploitant de columbarium.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, sur l'amendement
de la collègue de Taillon à l'article 53,
y a-t-il des interventions? Il n'y en a pas. Nous allons procéder au vote sur ledit
amendement. Est-il adopté?
Président (M. Tanguay) : L'amendement est adopté. M. le
secrétaire, donc, revient le débat sur l'article 53 tel qu'amendé.
Y a-t-il d'autres interventions sur 53 tel qu'amendé? Je n'en vois pas. Nous
allons procéder au vote.
L'article 53, tel qu'amendé, est-il adopté?
Le Président
(M. Tanguay) : Adopté. De facto, nous revenons, nous poursuivons
là où nous étions rendus...
M. Barrette :
Non, M. le Président, je m'excuse.
Le Président
(M. Tanguay) : Oui, pardon.
M. Barrette :
Ce matin, lorsqu'on a eu un débat sur la protection du public, sur le
transport, j'avais dit que nous arriverions avec un amendement à 68.1, un
nouvel article, en fait, pas un amendement, un nouvel
article pour aller dans
le sens de ce qu'avait évoqué la députée de Taillon.
Le Président
(M. Tanguay) : O.K. Alors, afin d'ouvrir ce débat, je demanderais
s'il y a consentement pour ouvrir un débat à un nouveau 68.1.
Mme Lamarre :
Consentement.
Le Président
(M. Tanguay) : Alors, il y a consentement. Votre projet
d'amendement, M. le ministre, est distribué à l'instant, alors je vous invite à
en faire la lecture.
M. Barrette :
Alors, nous proposons de rajouter l'article 68.1, qui se lit ainsi :
«68.1.
Lorsqu'il l'estime nécessaire pour protéger la santé ou la sécurité du public,
le ministre peut ordonner à une
entreprise de services funéraires de cesser d'utiliser les services d'un
transporteur jusqu'à ce que la situation mettant en danger la santé ou
la sécurité du public ait pris fin.»
Alors, c'est un peu
ce qu'on a débattu ce matin, là.
Président (M. Tanguay) : Merci. Alors, sur
l'amendement 68.1, y a-t-il des interventions? Collègue de Taillon?
M. Barrette :
Peut-être, pour mettre quelque chose en perspective, M. le Président, pendant
que la députée de Taillon prend connaissance
du document, je vais simplement rappeler que nous, précédemment, à 66, un peu
plus tôt, on avait mentionné que le ministre pouvait aviser l'entreprise
de services funéraires ayant conclu un contrat avec un transporteur de tout défaut, et là on va un pas plus loin parce qu'on se rappelle qu'on met une pression sur
l'entreprise qui doit, elle, s'assurer que l'entreprise ou le fournisseur de
services avec lequel elle fait affaire soit conforme. Là, un, on l'informe,
nous, et en plus, bien, on peut aller un cran de plus, un pas plus loin, qui
est d'ordonner à l'entreprise de cesser ses activités avec un transporteur non
conforme.
Le Président
(M. Tanguay) : Merci. Collègue de Taillon.
Mme Lamarre : Oui, en fait, c'est qu'on est dans la
section
«Transport de cadavres», là, et, dans cette section-là, il y a des
enjeux. On avait terminé, la dernière fois, avec la députée de...
Une voix :
Repentigny.
Mme Lamarre : ...de Repentigny,
hein, c'est bien ça? La députée de Repentigny. Il y a une dimension dans ça qui laisse un peu un vide qu'on essaie de
combler avec l'amendement, puis j'apprécie, là, que le ministre
ait complété cet
amendement-là, mais, en plus de la protection de la santé ou
de la sécurité du public, on a aussi constaté qu'il y avait des formes d'orientation vers... en fait, de dirigisme, pas nécessairement mal intentionné, là, mais vers une entreprise de services funéraires par rapport à d'autres. Et
j'essaie de voir de quelle façon, dans cet amendement que le ministre
nous dépose, on pourrait, puisque le ministre le demande, se donner ici
la possibilité de protéger la santé, la sécurité du public. Il y a aussi la
dimension de laisser le libre choix aux citoyens. Il y a des mesures — et là
je le fais sur une base de discussion — par exemple, où on donne, on offre le choix à la population de nous indiquer rapidement
quelle firme on souhaite que la famille utilise.
Est-ce que
c'est possible d'envisager ça et d'ajouter... À ce moment-là, on déposerait
un autre amendement qui dirait tout
simplement que l'établissement doit se départir rapidement d'un cadavre mais doit donner un certain choix
à la famille pour pouvoir disposer du cadavre.
M. Barrette : On en a discuté ce matin, moi et mes collègues.
Je comprends, encore une fois, l'intention de la... Et je ne prête pas des intentions, là, je fais
simplement comprendre le commentaire et ce qui est visé par ça. C'est juste
que, un peu comme la concurrence se retrouve
au Revenu pour ce qui est de la fiscalité, là, l'organisme public est un
hôpital et est assujetti à une réglementation qui découle de la
loi sur
les organismes publics. Alors, ils sont libres, eux autres, de faire des ententes, des contrats. Moi, je ne peux
pas arriver, M. le Président, à mon avis, là, et après consultation avec
mes collègues du juridique, imposer à l'hôpital, par cette loi-là, ce genre de
décision là.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Mme Lamarre : Bien, je veux juste citer une analogie, là. Par exemple, les hôpitaux qui font de l'antibiothérapie ambulatoire ne peuvent pas diriger directement un patient vers une seule pharmacie. Ils lui donnent, en général, un
choix, ils lui donnent un choix de trois
endroits, par exemple. Ils ne laissent pas la personne abandonnée à
elle-même, là, mais ils lui donnent un choix, alors que ce qui semble
avoir été convenu...
M. Barrette : ...je comprends.
Mme Lamarre : ... on a décidé pour
les citoyens.
M. Barrette : Mais ça, c'est
dans une autre loi.
Mme Lamarre : Non, moi, je pense que, dans un contexte où on
est dans le transport de cadavres, on peut très bien dire qu'à ce moment-ci au niveau du transport de cadavres l'hôpital
qui doit disposer d'un cadavre doit offrir un choix d'établissement de
services funéraires.
M. Barrette : J'ai le même commentaire à faire. Par contre,
je suis content que la députée de Taillon
m'informe de cette situation-là.
Moi, je suis bien disposé à faire un rappel aux établissements, qu'ils doivent
offrir un choix, là, mais, encore une fois,
c'est le même commentaire que j'ai fait. Cette loi-là, je ne pense pas qu'elle m'habilite à imposer ça aux hôpitaux. Mais je peux, par contre,
dans le cadre de la LSSSS, là, envoyer... Puis l'analogie est
bonne, là. Je peux très bien envoyer
un rappel aux gens, aux institutions, les enjoignant à ne pas faire de favoritisme ou
créer des monopoles. Ça, j'ai certainement ce pouvoir-là, mais dans une autre loi. Je suis
bien disposé d'ailleurs, et je le dis très, très officiellement, là,
je suis très bien disposé à enjoindre formellement les hôpitaux à laisser le choix aux
citoyens. Bien, «aux citoyens» étant ici les familles, on se comprend,
Mme Lamarre : Oui, c'est
ça. Mais, puisqu'on
a une
section qui porte sur les activités funéraires et qu'on est dans une
section
de transport de cadavres, il me semble qu'on a une opportunité de l'inscrire à
cet endroit-là, qui est plus pertinent, plus précis que dans la LSSSS.
M. Barrette : M. le Président,
on va juste faire une petite pause juridique parce que, là, on va s'éclairer
mutuellement, là.
Le Président (M. Tanguay) : O.K.,
merci beaucoup. Alors, nous suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 16)
Président (M. Tanguay) :
Alors, nous sommes de retour, chers collègues. L'objet du débat est l'amendement du ministre
introduisant le nouvel
article 68.1. Y a-t-il des interventions?
Le Président (M. Tanguay) : Pardon, collègue
de Taillon.
Mme Lamarre : Merci,
M. le Président. Alors, nous avons eu
des échanges pendant la pause, et je suis tout à fait d'accord avec l'amendement 68.1. Et le ministre va nous donner un
suivi sur le dossier qu'on avait
évoqué avant la pause.
Le Président
(M. Tanguay) : Merci beaucoup. D'autres interventions? Alors,
nous allons procéder, chers collègues, sur le vote de l'amendement 68.1.
L'amendement est-il adopté?
Le Président
(M. Tanguay) : Adopté.
M. Barrette :
Et là, c'est vrai, on s'en va à 73.
Le Président
(M. Tanguay) : Oui. Pour la suite des choses, M. le ministre.
M. Barrette :
Alors, M. le Président, nous entrons dans un nouveau chapitre, le
chapitre V, traitant des cadavres non réclamés. Alors,
l'article 73, pour lequel nous n'avons pas d'amendement, se lit comme
suit :
établissement est responsable de la garde et de la conservation du cadavre de
toute personne dont le décès est constaté dans une installation qu'il
maintient jusqu'au moment où ce cadavre est réclamé ou est réputé non réclamé.»
Alors, on comprend
que c'est un article, à toutes fins utiles, de définition et d'introduction de
ce qui vient par la suite.
Le Président
(M. Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, sur l'article 73, y
a-t-il des interventions?
Mme Lamarre :
Quand on parle d'établissement ici, on parle d'établissement de services
funéraires?
M. Barrette :
Services sociaux. C'est-à-dire, un établissement, ça, c'est dans la LSSSS.
Mme Lamarre :
Un hôpital, c'est ça. Moi, je vois «établissement», mais je vois aussi...
M. Barrette :
On revient à la définition qui a été adoptée plus tôt aujourd'hui à
l'article 2.
Mme Lamarre :
O.K. Alors, dans ces établissements...
M. Barrette :
Alors, évidemment, une personne peut mourir sur la rue, peut mourir à la
maison, peut mourir dans un établissement public. Alors, ici, on parle
d'un établissement.
Mme Lamarre :
Puis donc, si c'était une résidence pour personnes âgées, elle serait
considérée comme chez elle?
M. Barrette :
C'est ça, exactement.
Mme Lamarre :
Parce que, dans ces résidences, il y a des...
M. Barrette :
Des décès, tout à fait.
Mme Lamarre :
Il y a des décès et des décès non réclamés. Donc, si l'établissement, qu'il
soit public... Il peut y avoir des petits hôpitaux, là. Est-ce que tous,
tous les hôpitaux ont obligatoirement...
M. Barrette :
Tous les hôpitaux sont des établissements.
Mme Lamarre :
Non, mais ont-ils tous obligatoirement une chambre froide?
M. Barrette :
Non, pas nécessairement.
Mme Lamarre :
Il me semblait. Et les résidences non plus.
M. Barrette :
Mais là, aujourd'hui, avec la loi n° 10, ils sont tous dans des
institutions qui ont des chambres froides, ils sont dans des CISSS.
Mme Lamarre :
C'est ça, donc il faut qu'ils les transfèrent, à ce moment-là, dans une...
Mme Lamarre : Donc, ça ne
serait pas nécessairement à l'entreprise funéraire de les accueillir.
Mme Lamarre :
Ça serait à un des établissements qui a une chambre froide, dans le CISSS ou le
CIUSSS, de le récupérer. Est-ce que c'est ça?
M. Barrette : Bien là, pour...
C'est ça. À 73, là, on parle de l'établissement au sens de la loi n° 10.
Mme Lamarre : Parfait. Alors,
dans le sens de l'établissement dont on en parle. C'est très bon.
Président (M. Tanguay) : Alors, sur l'article 73, y a-t-il
d'autres interventions? Alors, nous allons au vote.
L'article 73
est-il adopté?
Le Président (M. Tanguay) :
Adopté.
Mme Lavallée : Moi, j'aurais un
amendement à déposer pour...
article 73.1.
Le Président (M. Tanguay) :
Oui, avons-nous...
M. Barrette : C'est-u un
amendement ou c'est un
article supplémentaire?
Le Président (M. Tanguay) :
Article supplémentaire.
Mme Lavallée :
Article
supplémentaire, excusez-moi.
Le Président (M. Tanguay) :
Alors, on va suspendre, le temps de faire des copies.
(Suspension de la séance à 16 h 28)
Président (M. Tanguay) :
Alors, nous sommes de retour en ondes. Pour la lecture de son amendement,
je cède la parole à notre collègue de Repentigny.
Lavallée : On tombe dans le
chapitre des cadavres non réclamés, puis
je trouvais approprié d'arriver avec cet amendement-là qui dit :
Insérer, après l'article 73 du projet de
loi, ce qui suit :
Loi sur les arrangements préalables de services
funéraires et de sépulture :
73.1.
L'article 2 de la
Loi sur les arrangements préalables de services
funéraires et de sépulture est modifié par l'ajout, après le sixième
alinéa, de l'alinéa suivant :
gouvernement implante un registre centralisé des arrangements préalables de
services funéraires dont les détails sont précisés par règlement.»
Parce que,
dans cette section-là, on parle de ce qui va se passer avec le corps, comment
le ministre pourrait même être appelé
à disposer du corps qui est non réclamé, mais, avant d'en disposer, il faudrait
peut-être qu'il y ait un registre pour qu'on puisse vérifier si la
personne avait pris des préarrangements puis qu'on puisse régler cette
partie-là.
Le Président (M. Tanguay) : Je
vous regarde, là.
Mme Lavallée : La seule
problématique que j'ai, c'est que je vais devoir quitter pendant une quinzaine
de minutes. On pourrait suspendre puis revenir là-dessus, mais mon but, c'était
ça parce que, plus loin, on va voir que le ministre
peut décider de quelle façon on va disposer corps non réclamé. Et, si la personne avait pris des
préarrangements, ça serait le fun qu'on puisse vérifier ces choses-là avant de...
M. Barrette : M. le Président?
Le Président (M. Tanguay) : La
parole au ministre, oui.
Barrette : Oui. Est-ce que
la députée, notre collègue de Repentigny, s'absente quelques instants pour revenir, là?
Le Président (M. Tanguay) : Oui.
Mme Lavallée : Oui, oui, oui, c'est
pour 15 minutes.
Le Président (M. Tanguay) : Oui,
oui, oui, tout à fait.
M. Barrette : C'est
tout simplement, M. le Président, que cet article-là, c'est à 108 qu'il faut le déposer, pas
là. Alors, non seulement on peut le suspendre, mais on peut le retirer, à cette
étape-ci, pour le ramener à la bonne place au bon moment.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Repentigny.
Lavallée : Je ne pense pas, là. J'ai un doute.
M. Barrette :
Bien, c'est parce que c'est... C'est parce que le sujet que ça traite, c'est...
M. Barrette :
On a un
chapitre sur les modifications de la
Loi sur les arrangements
préalables de services funéraires, là. On a
ça à 108, là. Cet article-là traite d'une modification d'une loi qui,
elle, fait
partie d'une
section de cette loi-ci à 108. C'est là qu'il
faut le mettre.
Le Président (M.
Tanguay) : Juste pour... À ce titre-là, c'est une question de
procédure, ce n'est pas une question de fond?
Le Président (M.
Tanguay) : Question de procédure?
Président (M. Tanguay) :
Alors, chère collègue, désirez-vous que, pour l'instant... Parce qu'on
ne débattra pas, on ne tranchera pas le fond, là, à ce rythme-là.
Voulez-vous qu'on le suspende et on reprendra peut-être le débat à votre
retour?
Barrette : Bien, on ne peut
pas le suspendre, il est... 73.1, il faudrait le retirer puis le redéposer à
108.1 ou une affaire de même, là, 107, plus.
Lavallée : On peut faire la discussion plus tard puis on en...
M. Barrette :
Donc, on le retire?
Le Président (M.
Tanguay) : Bien là, il est déposé.
M. Barrette :
Non, non, c'est parce qu'il est...
Lavallée : On l'amènera au... On l'amènera à...
M. Barrette :
Bien, retire...
Lavallée : C'est sûr que je l'amène. Ça, c'est sûr.
M. Barrette :
C'est correct?
Lavallée : Ça fait qu'on...
Le Président (M.
Tanguay) : O.K. Alors?
M. Barrette :
Alors, retire-le puis ramène-le à 108 avec un 108.1, ou un 107.1, ou une
affaire de même, là.
Lavallée : Parfait!
Président (M. Tanguay) : O.K. Parfait. Alors, y a-t-il consentement
pour retirer l'amendement à 73.1? Y a-t-il consentement?
Le Président (M.
Tanguay) : Consentement. Alors, merci beaucoup, chers collègues. Nous
sommes rendus, M. le ministre, à l'article 74.
M. Barrette : 74. Alors, il n'y a pas d'amendement, M. le Président. Alors, l'article 74 se lit ainsi : «Le ministre peut désigner un ou plusieurs établissements
publics responsables de la garde et de la conservation du cadavre de
toute personne dont le décès est constaté à
l'extérieur d'une installation maintenue par un établissement jusqu'au moment
où ce cadavre est réclamé ou est réputé non réclamé.»
Alors,
on comprendra que, là, c'est le décès en dehors d'un établissement. Puis il faut qu'il aille en quelque
part.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, sur l'article 74, y a-t-il des interventions?
Barrette : Évidemment,
il faut qu'il aille en quelque part en attendant de faire la recherche de la famille,
et ainsi de suite.
Président (M. Tanguay) :
Alors, chers collègues, s'il
n'y a pas d'intervention sur l'article
74, nous allons procéder au vote.
L'article est-il adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Adopté. M. le ministre.
Barrette : Alors, M. le Président, 75. Nous avons un amendement après discussion qu'il y a eu
précédemment avec les deux oppositions.
Alors, l'amendement que l'on dépose traite de la version, évidemment,
originelle de 75 qui se lisait ainsi :
«L'établissement
responsable d'un cadavre doit demander à un corps de police d'effectuer une
recherche pour trouver la famille de
la personne décédée ou encore le liquidateur de la succession lorsque ceux-ci
ne sont pas connus.
«Lorsque la recherche
est terminée, le corps de police doit, le plus tôt possible, informer
l'établissement par écrit du résultat de la recherche et, le cas échéant,
aviser l'un des parents ou le liquidateur de la succession du décès de la
personne.»
Alors, on comprend
ici que c'est le chemin qui a à être suivi dans le cas d'un cadavre non
réclamé.
Alors, nous proposons
l'amendement suivant. Alors :
Modifier l'article 75
du projet de loi :
1° par le remplacement, dans le premier alinéa, de
«la famille de la personne décédée ou encore le liquidateur de la
succession lorsque ceux-ci ne sont pas connus» par «les parents de la personne
décédée»; et
2° par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «l'un des parents ou le liquidateur
de la succession» par «les parents».
Alors,
ça, ça fait suite à des critiques ou des suggestions, on va dire, qui ont été
faites par les deux oppositions, à savoir
qu'on voulait harmoniser essentiellement la terminologie avec «les parents» et
retirer la notion du liquidateur de la succession,
tout simplement. Alors, je n'ai pas rien à rajouter, là, parce que c'est une
réponse à ce qui a été proposé et discuté.
Président (M. Tanguay) : Oui. Alors, sur l'amendement du ministre à
l'article 75, collègue de Repentigny.
Lavallée : Oui. Merci pour l'amendement. Il y a une question que je me
pose, cependant, parce qu'on a défini
le parent à l'article 2. Ça, c'est correct, mais, ici, on parle de «les
parents» comme si on parlait du père ou de la mère, alors que, si on dirait «un parent», ça serait un parent
qui est dans la définition. En tout cas, il m'apparaît que ça serait