Culture and Education — 8 October 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2019-10-08
Quebec — Committees
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 5, Loi modifiant la
Loi sur l'instruction publique et
d'autres dispositions à l'égard des services de l'éducation préscolaire
destinés aux élèves âgés de 4 ans.
M. le Secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. Mme Grondin (Argenteuil) est remplacée par
Mme Blais (Abitibi-Ouest).
La Présidente (Mme
Thériault) : Donc, je vous rappelle que la commission a convenu de
procéder à cette étude détaillée
par sujets. Nous sommes actuellement de retour au quatrième sujet, intitulé Le
régime pédagogique , et à l'article 5.
Lors de l'ajournement de la
dernière séance, la présidence était saisie d'une question de recevabilité
quant à un sous-amendement présenté par Mme la
députée de Saint-Laurent à un amendement présenté par Mme la députée de Sherbrooke. Donc, je vais maintenant rendre ma
décision sur la question de règlement soulevée par Mme la députée de
Saint-Laurent concernant la recevabilité de son sous-amendement à un amendement
présenté par Mme la députée de Sherbrooke à l'article 5 du projet de loi.
Cet amendement introduirait un
nouveau paragraphe à l'article 447 de la
Loi sur l'instruction publique. Ce paragraphe concerne la
présence en classe d'une ressource spécialisée. Le sous-amendement de Mme la
députée de Saint-Laurent y ajouterait que le nouveau paragraphe entre en
vigueur un an après la sanction du projet de loi.
M. le ministre a soulevé que le
sous-amendement est en contradiction avec l'article 18 du projet de loi,
qui prévoit que l'article 5
entre en vigueur à la date déterminée par le gouvernement. Il n'a toutefois pas
demandé à la présidence de rendre une
décision sur la recevabilité du sous-amendement. C'est plutôt Mme la députée de
Saint-Laurent qui a fait cette demande explicitement.
En vertu de l'article 198 du
règlement, la présidence décide de la recevabilité d'un amendement ou d'un
sous-amendement une fois qu'il est proposé. Toutefois, à moins qu'une
motion soit, à sa face même, irrecevable, la pratique
veut que la présidence la mette en délibération et ne décide sur sa
recevabilité que lorsque la question est soulevée par un député. Il reste que la présidence peut
statuer sur la recevabilité d'une motion à tout moment avant de faire sa mise
aux voix. Ainsi, malgré le caractère inusité
de cette situation, où l'auteur d'une motion demande à la présidence de statuer
sur sa recevabilité, à la lumière des remarques faites par le ministre, je
considère que cette décision est nécessaire.
ce qui concerne le sous-amendement de Mme la députée de Saint-Laurent, je
souligne d'abord que la jurisprudence de l'article 200 du règlement
indique qu'un sous-amendement doit se rapporter aux mots et au sujet de
l'amendement. Il ne devrait pas en élargir la portée et se rapporter à
des questions non visées par celui-ci.
l'espèce, la question de l'entrée en vigueur qu'introduit le sous-amendement
n'est pas visée par l'amendement de Mme la députée de Sherbrooke. De
plus, en vertu de l'article 200 du règlement, les critères de recevabilité
d'un sous-amendement sont les mêmes que ceux d'un amendement. Or, la
jurisprudence de l'article 197 indique qu'un amendement qui entre en contradiction avec un
article du projet de loi
dont la commission n'a pas encore pris connaissance est irrecevable puisqu'il tente d'y faire une
modification par anticipation. Dans le cas présent, la proposition d'ajouter des
modalités d'entrée en vigueur à
l'article 5, qu'elle soit faite sous forme de sous-amendement ou
d'amendement, viendrait modifier indirectement et par anticipation
l'article 18 du projet de loi, qui n'a pas encore été abordé.
Donc,
pour ces motifs, la présidence juge le sous-amendement irrecevable à cette
étape-ci. Et j'invite les membres qui voudraient modifier les modalités
d'entrée en vigueur du projet de loi à intervenir lorsque l'article 18
sera à l'étude.
Donc, est-ce qu'il y
a d'autres interventions sur l'amendement de la députée de Sherbrooke à
l'article 5? Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : ...je comprends bien la décision que vous venez de rendre,
donc, le type de disposition introduite par ma collègue de Saint-Laurent
devrait être plutôt discuté à l'article 18, si jamais on voulait inclure
un délai pour l'application d'un
éventuel amendement comme celui que j'avais déposé. C'est admissible sur le
fond, ce n'est juste pas au bon endroit. C'est ça?
Présidente (Mme Thériault) : C'est ça.
La Présidente (Mme
Thériault) : Donc, ce qui faisait en sorte que le sous-amendement de
la collègue... Puisqu'on anticipait un
article qu'on n'a pas encore vu, on ne peut pas faire indirectement...Donc, c'est
pour ça que son sous-amendement est irrecevable.
Labrie : D'accord. Bien, j'aimerais quand même mentionner que, si
jamais, du point de vue du gouvernement, une disposition comme celle-là pour retarder l'entrée en vigueur de
l'amendement que je propose lui convenait, moi, je suis tout à fait ouverte à ce qu'on... Puis ça s'est
déjà fait dans le passé ici, en commission, de prévoir d'avance qu'on allait
discuter d'une disposition particulière dans un autre article, mais, quand
même, de le savoir ici, là, de le nommer, donc, moi, c'est une chose à
laquelle je suis ouverte.
Sinon,
bien, pour revenir sur l'amendement initial, je voudrais réitérer qu'on est
vraiment dans un compromis, ici, qui ne mentionne pas explicitement de ratio,
donc qui laisse la marge de manoeuvre demandée par le gouvernement pour
pouvoir négocier dans les conventions collectives. Donc, c'est le principal
intérêt, pour ma part, que je vois dans cet amendement-là.
Présidente (Mme Thériault) : Parfait, merci. Ça va? D'autres
interventions? Oui, Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, je soumettrai un
prochain amendement, rendu à l'article 18, pour parler de l'entrée en vigueur. Par contre, j'ai encore des
questions pour le ministre de l'Éducation par rapport, ici, aux ratios.
Est-ce que, légalement, il y a quoi que ce soit qui nous interdit de mettre le
ratio dans la loi?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Ce n'est pas dans nos objectifs, ce n'est pas dans nos
façons de faire, ce n'était pas dans celles de votre gouvernement non plus de mettre des ratios en éducation dans la
loi, donc, ni au préscolaire, ni au primaire, ni au secondaire. Donc, ce n'est pas l'intention
législative. De toute façon, ce n'est pas du tout dans l'optique de ce projet
de loi là.
projet de loi, je le répète, vise à lever tous les obstacles législatifs qui
empêchent le déploiement du service de la maternelle quatre ans à l'extérieur des milieux défavorisés. On a déjà
dit que, bon, déjà, 100 % des classes déjà ouvertes étaient en milieu défavorisé. On le poursuivra d'abord en
milieu défavorisé puis en le mettant partout ensuite. Ça va être accès...
universellement... donc partout.
Mais
il n'est pas dans l'intention, comme ça a été dit à moult, moult, moult et
plusieurs moult reprises, de mettre dans
la loi un ratio ou de baliser dans la loi le nombre d'adultes par enfant. On a
déjà vu que ça se faisait sous les deux précédents gouvernements, du Parti québécois et du Parti
libéral, via les conventions collectives, et c'est quelque chose qui a permis,
d'ailleurs, d'améliorer le ratio, dernièrement. Parce qu'il faut bien se
rappeler que, quand on a déployé la maternelle quatre ans au départ, en 2013, le gouvernement du Parti québécois, le
maximum était de 18 et le maximum moyen était de 15. Le maximum est
maintenant de 17 avec un maximum moyen de 14.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Mme la députée Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Alors, merci beaucoup, Mme la Présidente. Mais, par contre, ma question était
très, très précise, je voulais juste savoir si légalement on avait ici
un empêchement pour l'inscrire dans la loi.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Ce que je dis, c'est que ce n'est absolument pas notre intention, et ce n'est
pas l'objet du projet de loi, puis ce n'est pas l'intention
gouvernementale.
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Oui, mais, puisqu'on a aussi le bénéfice d'avoir des juristes avec nous, qui
vous accompagnent, est-ce qu'on pourrait avoir leur éclairage, à savoir
si, oui ou non, légalement, on est dans l'incapacité de l'ajouter dans la loi?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, au ministère de la Famille, ils ont inclus certains ratios. Je ne sais
plus si c'est dans la loi ou dans le règlement. Je pense que c'est dans
la loi...
M. Roberge :
C'est dans le règlement. Dans notre cas ici, en Éducation, ce n'est ni dans la
loi ni dans le règlement. C'est balisé par les conventions collectives.
C'est notre intention.
Présidente (Mme Thériault) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Votre intention, elle est très claire. Par contre,
la réponse que nous recherchons, c'est à savoir si, oui ou non,
légalement, nous sommes ici dans l'impossibilité de l'ajouter, le ratio, dans
la loi. Je voudrais savoir si les juristes ici nous indiquent que, légalement,
on n'est pas en mesure de le faire ou pas.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, je n'ai pas besoin de
leur demander si on peut le faire puisque ce n'est pas l'intention de le faire de
toute façon. Alors, possible, impossible, nous n'irons pas là.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Écoutez, quand
même, je comprends, vous parlez des conventions collectives, mais les conventions
collectives existent en milieux des services
de garde. Alors, si je comprends bien, vous ne voulez pas nous faire bénéficier
des éclairages des juristes de l'État. Par
contre, on peut inférer, de par le règlement qui existe en matière de services
de garde en milieu éducatif à
l'enfance, le règlement prévoit le ratio. On parle d'un ratio d'un intervenant
pour 10 enfants ou moins de l'âge de quatre ans.
Alors,
si, d'une part, dans réseau qui est lui aussi conventionné, ils ont été en
mesure de l'indiquer, ma question, c'est la suivante. Vous avez aussi promis un bouquet de mesures pour les
enseignants. Le ratio, oui, il est question ici de sécurité, de qualité, mais aussi question des enseignants.
Ne croyez-vous pas que les enseignants méritent un bouquet de mesures qui
leur accorde aussi un ratio plus bas pour être en mesure de bien s'occuper des
enfants de quatre ans à temps plein?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre. Ça va?
M. Roberge :
Comme j'ai déjà dit, je pense que les ratios actuels offrent un service d'une
grande qualité. On peut toujours
améliorer la qualité de plein de façons, écoutez : l'environnement
physique, les jouets, le support technologique, les conseillers pédagogiques, les professionnels qui sont autour,
l'aménagement des cours d'école, la formation continue, les ratios. Il y
a mille façons.
a travaillé sur plusieurs de ces leviers-là dans les derniers mois. Ça a fait
un bien fou. Quand on va dans les écoles, quand on va... quand on rencontre les
professionnels, ils nous remercient pour ce qu'on a fait dans la dernière
année. Il n'y a rien qui dit qu'on va s'arrêter en si bon chemin. Mais tout ne
se fait pas par processus législatif au Québec. Il y a des choses qui sont dans la loi, il y a des choses
qui sont négociées, il y a des choses qui sont des politiques, et les ratios
ne seront pas dans la loi.
Présidente (Mme Thériault) : Merci, M. le ministre. J'ai Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis,
et, par la suite j'aurais Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Maccarone :
Merci, Mme la Présidente. Mais je veux parler un peu des allocations
budgétaires, le fonctionnement pour l'année en vigueur. Si on regarde
les mesures dé