Transportation and the Environment — 14 April 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2021-04-14
Quebec — Committees
(Onze heures dix-sept minutes)
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Alors, bonjour, en ce beau mercredi. Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des transports et de
l'environnement ouverte.
commission est réunie virtuellement afin de poursuivre les
auditions publiques dans le cadre des consultations
particulières sur le projet de loi n° 88, Loi modifiant la
Loi sur la
conservation et la mise en valeur de la faune et d'autres dispositions
législatives.
Mme la
secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Ciccone (Marquette) sera remplacé par M. Birnbaum (D'Arcy-McGee); M. Lamothe (Ungava), par M. Girard
(Lac-Saint-Jean); Mme Melançon (Verdun), par M. Polo (Laval-des-Rapides);
Mme Ghazal (Mercier), par Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue); et M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), par M. Gaudreault
(Jonquière).
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Merci, Mme la secrétaire. Donc, cet avant-midi,
nous entendons par visioconférence l'organisme Unis pour la faune. Je vous
souhaite, évidemment, la bienvenue à notre commission. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé. Par la suite, nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter et à
procéder à votre exposé. Vous avez la parole.
M. Pelletier
(François) : Bonjour. Vous m'entendez?
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Très bien.
M. Pelletier
(François) : Alors, je prends quelques instants pour me présenter. Je
suis François Pelletier. Je suis technicien de la faune, depuis 25 ans, de
métier, spécialisé en restauration des habitats fauniques, exploitation de territoires
à des fins de gestion et également au niveau du contrôle des espèces exotiques
et invasives. Et je suis cofondateur de Unis pour la faune, l'organisme pour
lequel nous sommes présents ici aujourd'hui. Je vous présente également mon collègue,
question de faire ça rapidement, Luc Brodeur, qui est également cofondateur
Unis pour la faune avec moi. Donc, Luc est
technicien agronome. Il sera là pour la période de questions, pour
m'aider, le cas échéant.
Je vous présente rapidement
Unis pour la faune, c'est quoi. C'est un organisme très jeune, donc je prends
quelques secondes pour vous le présenter. C'est un organisme voué et dévoué à
la défense des droits des chasseurs et des
pêcheurs, et également à la protection, la conservation et à la gestion de nos... à la
bonne gestion de nos ressources. Nous sommes actuellement
10 500 membres, et près de 250 municipalités ont également
appuyé nos démarches. Et on est présents ou
vivants depuis seulement le mois de décembre dernier. Donc, c'est avec
honneur que nous sommes ici. Merci beaucoup de nous permettre d'être là, c'est très apprécié. Ceux qui nous ont
proposés pourront se reconnaître. Donc, nous sommes ici dans un objectif
constructif de faire évoluer les projets et, ici présent, le projet de loi
n° 88. Donc, je procède relativement rapidement, parce que c'est très
court, 10 minutes. On ne présente pas de mémoire par manque de temps.
Donc, j'essaierai d'être relativement succinct, et on pourra peut-être ajouter
certains sujets lors de la période de questions.
Donc, au
point 31, un des premiers articles, l'article 59, qui nous a un peu
frappés : «Cependant, le ministère peut
prévoir, par règlement, [le] cas et les conditions dans lesquels une
personne ne peut abandonner la chair de l'ours ou ne peut en négliger la conservation.»
Par expérience de chasseurs, nous suggérons de revoir cette position en
lien avec la viande de l'ours, précisément, viande de l'ours, vous le savez,
qui peut être affectée par la trichinellose. Donc,
étant donné que ce gibier possède deux statuts, celui
d'animal à fourrure et de gros gibier, nous suggérons de revoir cette position, puisque nous considérons qu'étant donné que la viande de l'ours... on ne peut pas visuellement observer
le parasite présent, qu'on revoie cette possibilité-là pour ne pas obliger nécessairement
le chasseur à consommer cette viande-là.
Point 32,
relativement à l'utilisation des chiens de sang. Nous applaudissons cette
mesure, évidemment, et suggérons que le projet de loi règle, du même coup, la question de l'utilisation des systèmes d'éclairage pour la recherche de gros gibier. On ne peut abandonner et négliger la
conservation de la chair, tel que mentionné dans la loi, et, pour ce faire, il faut doter autant les chasseurs que
les conducteurs des moyens nécessaires pour faciliter leur travail. La force des lampes ne devrait plus faire
partie de
l'équation, par expérience de plus de 80 recherches l'automne dernier.
Puisque je fais de l'encadrement de chasse pour les producteurs
agricoles, je dis ici que je défie quiconque de faire ce travail avec l'aide d'une lampe frontale. Donc, je
dis : Donnons les moyens de bien effectuer ce travail de minutie, à défaut
de faire... de devoir déclarer avec précision les recherches avant le
début des opérations. Ça fait que c'est un point qu'on tenait à soulever, qu'on
trouvait important.
Ensuite,
je vais directement au point 74, au niveau des projets pilotes.
Également, nous saluons cette initiative. Nous trouvons que c'est une excellente initiative, qui devrait en
permettre d'ailleurs davantage dans un but d'apprentissage et d'innovation.
C'est une belle occasion de créer un partenariat public-privé rapprochant les
deux parties, je parle ici de notre ministère
de la Faune et des utilisateurs,
chose qui manque énormément en ce moment dans le domaine de la faune, et plus précisément dans le domaine de la
grande faune. On peut penser ici au projet pilote qui est déjà existant dans la zone 6, le projet RTLB. Donc, nous
saluons ça et nous disons qu'on pourrait peut-être en permettre davantage
dans ce sens-là.
Pouvoirs et
ordonnances, le point 164.4. Ça, c'est un point qui nous touche
énormément. Je vous explique pourquoi. En présentation, je mentionnais que
j'effectuais depuis plusieurs années du contrôle d'espèces exotiques et
envahissantes. On mentionne, au point 3°, «de prendre toute autre mesure
qu'il estime nécessaire pour empêcher que ne s'aggrave la menace, pour éviter
ou diminuer les effets de cette menace [...] pour l'éliminer». Toute personne propriétaire du terrain, responsable... ça, c'est
de nous, c'est notre suggestion : Toute personne propriétaire du terrain,
responsable ou non de l'introduction ou de la présence d'une espèce menaçante
non indigène ou exotique, le ministère ne doit pas devoir déterminer le
coupable mais bien de travailler à la rectification du problème.
Je m'explique. On
travaille, actuellement, à l'élimination... Et je parle de mon travail, de mon
métier, et non d'Unis pour la faune, mais je prends comme exemple ce que je vis
au quotidien en période estivale. On a une espèce, le poisson rouge, du carassin, qui est présente dans des milliers de
plans d'eau anthropiques du sud du Québec et même au nord du fleuve. J'en
ai rencontré à plusieurs endroits. C'est une menace à notre faune aquatique. Et
actuellement la réglementation ne permet pas aucune fermeté pour les agents de
la faune, exemple, d'exiger à un propriétaire de régler cette problématique-là
chez eux. Donc, je pense que c'est le bon moment d'ajouter une fermeté par le
biais de cette modification réglementaire là pour s'assurer que les agents
aient maintenant une bonne fermeté là-dessus, pour qu'on puisse simplifier les
démarches d'éradication de ces espèces-là lorsqu'elles sont présentes sur
terrains privés.
On pourrait parler
exactement de la même problématique au niveau du gibier d'élevage, qui est une
menace sévère à notre ressource indigène. On parle ici du sanglier et de
d'autres espèces comme le cerf rouge. Ici, dans le sud du Québec, c'est une
problématique qu'on vit pratiquement au quotidien. On a des agents de la faune
et on a également des techniciens de la faune au service du ministère qui
passent une bonne
partie de leur temps à courir après ces espèces-là, en
évasion. Donc, profitez de cette modification réglementaire pour raffermir la
réglementation en lien avec l'élevage et ce
qui entoure le «containment» de ces espèces-là. Notre faune est menacée
par le sanglier et différentes
sous-espèces de sanglier, le cerf rouge, on l'a vécu l'an dernier dans le
secteur Tremblant, dans les Laurentides, donc nous croyons que c'est le
bon moment de raffermir la réglementation qui entoure tout ce qui touche le
gibier d'élevage et qui menace grandement nos ressources indigènes au Québec.
Ça, c'est un point, pour nous, qui est très, très,
très important. Donc, on ne veut pas être pris comme l'Ouest canadien, avec du
sanglier. On ne veut pas être pris avec la maladie débilitante
chronique. Donc, on pense que c'est le bon moment de bien raffermir la
réglementation pour s'assurer que nos agents aient les pouvoirs nécessaires
pour que les éleveurs se conforment à la réglementation.
J'aurais un autre
point ici que je vais passer parce que je manque un peu de temps. Finalement,
non inscrit au projet de modifications réglementaires sur la loi n° 88,
Unis pour la faune suggère de bonifier ce dernier en ce qui concerne une faille
réglementaire, que nous considérons être une faille, sur l'accès armé, par les
chasseurs, aux terres privées, et qui
d'ailleurs est un de nos dossiers de travail chez Unis pour la faune. Nous
suggérons fortement de profiter de l'occasion pour légiférer le système
d'accès armé sur les terres privées. Actuellement, ni les agents ni la police
d'un quelconque palier ne peuvent intervenir de façon ferme envers les
contrevenants. Tout chasseur devrait normalement posséder une autorisation
écrite du propriétaire pour y pratiquer une activité nécessitant l'utilisation
d'une arme à feu. On veut que les armes soient enregistrées, mais on permet à
quiconque de pouvoir entrer partout, armé,
sans autorisation, sur les terres privées. La protection des terres privées,
des honnêtes chasseurs et des propriétaires devraient bénéficier d'un
article de loi ferme entourant cette lacune, et renforci d'amendes sévères,
dissuasives pour les contrevenants.
En raison du plan de
gestion... c'est un exemple, le Plan de gestion 2020‑2027 du cerf de
Virginie, qui est devenu beaucoup
plus permissif, permet deux cerfs de Virginie dans deux zones différentes. Ça a
occasionné énormément de transport et de chasse à partir de la route. Beaucoup
de nos agents ici, en région, l'automne passé, ont passé une grande
partie de
leur temps à effectuer des contrôles sur des tirs à partir de la route,
spécifiquement occasionnés parce qu'on a peu de lois qui viennent... qui sont
dissuasives pour ce type de chasseur là. Ce n'est pas la majorité, on s'entend,
la majorité des chasseurs font bien leur travail. Par contre, il y en a encore beaucoup
qui vont accéder aux propriétés privées et qui vont mettre en danger les
chasseurs qui ont bien fait leur travail, qui ont leurs autorisations d'être en
place, mais qui viennent brimer les propriétaires terriens et les bons
chasseurs qui ont fait leur travail.
Donc,
sur ce, j'ai relevé le défi. En 10 minutes, j'ai passé pas mal tous mes
points. J'ai quelques autres points, qu'on pourra peut-être revenir en
période de questions, qui avaient moins d'importance mais sur lesquels j'avais
noté certaines... qu'on avait noté certaines informations. Donc, je vous laisse
la parole. Merci.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Merci beaucoup, M. Pelletier. Alors, nous allons
procéder à la période d'échange. M. le ministre, vous avez la parole.
M. Dufour : Oui. Bien, merci
beaucoup. Merci, M. Pelletier, pour cette présentation-là. Écoutez, moi,
je suis même agréablement surpris de votre présentation. Et je vais dire, en
même temps, bonjour à M. Brodeur. Parce que c'est sûr et certain que, moi,
Unis pour la faune, on a souvent entendu parle