Health and Social Services — 9 December 2020 (42nd Legislature, 1st Session)

CSSS 2020-12-09

Quebec — Committees

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Health and Social Services — 9 December 2020 (42nd Legislature, 1st Session)

CSSS 2020-12-09

Quebec — Committees

Le Président

(M. Provençal)

: Merci, Mme la

secrétaire.

Je souhaite maintenant

la bienvenue au Dr Horacio Arruda, directeur national de la santé

publique, et aux membres de son équipe. Je vous rappelle que vous disposez de

15 minutes pour votre exposé, après quoi nous procéderons à la période

d'échange avec les membres de la commission. Je vous invite à vous présenter

puis à commencer votre exposé. À vous la parole, docteur.

M. Arruda

(Horacio) : Bonjour. Horacio Arruda, directeur national de

santé publique et sous-ministre adjoint à la Direction générale de santé

publique du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

M. le Président, Mmes

et MM. les députés, cette commission parlementaire nous donne une occasion de

revenir sur la situation des derniers mois pour relever ensemble ce défi sans

précédent. J'oeuvre en médecine préventive et santé communautaire depuis plus

de 35 ans, comme professeur et médecin-conseil. Je suis au ministère

depuis maintenant 20 ans et j'occupe, comme le prévoit la loi de santé,

deux fonctions, deux chapeaux différents depuis

2012 : je suis sous-ministre adjoint à la Direction générale de santé

publique et directeur national de santé publique.

J'ai déjà fait face à

plusieurs épidémies et même pandémies. Celle-ci est sans contredit

exceptionnelle et sans précédent. Un virus invisible, pernicieux, inconnu a

transformé le monde et continue encore à nous menacer. Cette pandémie de

COVID-19 a touché toute la planète. Elle nous a plongés dans un univers

d'incertitude et continue encore à poser de

nombreux défis à toutes les sociétés du monde, qui se doivent d'agir

collectivement pour gérer les risques.

Je serais heureux de

répondre à vos questions, mais avant je souhaite faire état des actions que

nous avons prises pour relever le défi incontestable : sauver et protéger

les vies humaines de nos concitoyens. Les actions et la solidarité de tous sont

nécessaires. Et il nous faut aussi aborder les enjeux et défis qui sont devant

nous.

Au cours des derniers

mois, j'ai été le visage de la Santé publique, le visage d'une équipe d'experts

dévoués, répartis partout sur le territoire du Québec. Aujourd'hui, je suis

accompagné de l'un d'eux, il s'agit du Dr Richard Massé, médecin

spécialiste en santé communautaire. C'est d'ailleurs lui qui a été le premier à

occuper le poste de directeur national de santé publique et a fortement

contribué à la modernisation de la Loi de santé publique en 2001. Nous avons dû gérer des épidémies et

des campagnes de vaccination massives d'urgence. Avec mes collègues de

Santé publique, nous avons relevé certains défis. En 2009, la pandémie de

grippe H1N1 a été une expérience qui a aussi interpelé toute notre société.

Elle nous a aussi permis d'élaborer des plans et réponses dans une perspective

de santé publique et de sécurité civile. Comme à chaque expérience, nous avons beaucoup

appris de nos bons coups comme de nos moins bons coups. Cela a grandement servi

à préparer cette crise que nous vivons présentement, même si cette dernière n'a

aucune commune mesure avec la pandémie de 2009.

Je crois nécessaire

de vous parler

sommairement de la manière dont fonctionne la Santé publique au Québec.

En tant que directeur national de santé publique du Québec, j'ai pour mandat de

prêter assistance au ministre de la Santé et des Services sociaux dans

l'accomplissement de ses responsabilités en santé publique. Celui-ci peut me

déléguer des fonctions et des pouvoirs dont il dispose en vertu de la

Loi sur

la santé publique.

Je travaille, bien

entendu, en collaboration avec les directeurs régionaux de santé publique, qui

sont les responsables de leurs territoires respectifs. Ces derniers ont notamment le mandat d'informer la population

sur différentes situations, comme l'état de santé de la population en

général, les priorités concernant certaines problématiques de santé et leurs

facteurs de risque. Ils sont tenus d'intervenir en supervisant le développement

de leurs interventions et en mettant sur pied des études et des recherches en

lien avec la situation. Ils doivent aussi repérer certaines situations qui

pourraient représenter un danger pour la santé publique et instaurer des

consignes nécessaires pour la protéger.

Dans le cas de la pandémie

actuelle, notre rôle est bien d'informer les autorités gouvernementales, à la

lumière des dernières données scientifiques disponibles et qui sont évolutives,

afin qu'elles prennent les décisions les plus éclairées possible pour préserver

la santé des Québécoises et des Québécois. Nous disposons d'une grande équipe

d'experts qui collaborent avec les équipes régionales et qui peuvent aussi

compter sur le soutien de l'Institut national

de santé publique. Toutes ces

personnes ont été très sollicitées ces derniers temps, et je souhaite leur dire

merci pour leur mobilisation exemplaire au cours des derniers mois.

Ensemble, nos décisions et nos recommandations

sont fondées et s'appuient sur les données probantes, l'évolution pandémique, les

pratiques internationales, les recommandations de l'OMS et d'autres institutions scientifiques, la gestion des risques, l'équilibre entre la

santé physique et certains éléments psychosociaux, notamment les problématiques

de santé mentale. Il est important de mentionner qu'à chacun de ces éléments il

faut à chaque fois l'adapter au contexte et

à la situation du Québec. Il y a, bien sûr, la théorie et la pratique. Mon

travail, c'est d'obtenir le meilleur

consensus d'experts dans un contexte de connaissances en constante évolution.

Ceci est au coeur de notre mission.

Maintenant, j'aimerais revenir un peu sur le

contexte entourant cette crise inédite de COVID-19. Dès janvier dernier, au

moment où les premiers cas ont été annoncés à l'échelle internationale, le Québec

s'est mobilisé pour faire face à la pandémie de la COVID-19, puisqu'il était

inévitable que nous ne serions pas épargnés. Parti de la Chine, le virus a rapidement

étendu son emprise sur de nombreux pays. Cette emprise a été fulgurante.

Dès le 13 mars, le Québec annonçait la

fermeture des écoles, des cégeps, des universités et des services de garde.

Reportons-nous à ce moment. Nous étions dans les premières juridictions du

continent à prendre de telles mesures. C'est d'ailleurs ce qu'on a appelé le

début du confinement total de la première vague.

Le 14 mars, le Québec déclarait l'état

d'urgence sanitaire. Si, à l'époque, les gens étaient surpris et questionnaient

cette décision, aujourd'hui il aurait été impensable de ne pas l'avoir fait.

Cette première vague a nécessité la mise en

place de différentes mesures, notamment la fermeture des commerces non essentiels. Cela

découlait des recommandations de nos

équipes, en fonction des connaissances les plus à jour que nous avions. Ces

connaissances n'ont cessé de s'affiner au

fil des semaines et des mois. Nous sommes toujours restés à l'affût de

ce qui se passait ailleurs dans le

monde. C'est d'ailleurs grâce à cette évolution des connaissances

que nous avons pu procéder à un déconfinement progressif à partir de la fin du printemps, tout en nous préparant à la deuxième vague qui était anticipée pour l'automne.

Nous avons également recommandé le port du

masque d'abord et l'avons rendu obligatoire ensuite. Encore là, nous étions

parmi les premiers, sinon la première juridiction à agir ainsi au Canada. Nous

avons procédé par étapes en fonction des habitudes des Québécois, tel un plan

d'intervention d'un médecin envers son patient. Il ne fallait pas agir avec

précipitation. Notre principal souci était de s'assurer que les gens allaient

intégrer cette nouvelle réalité dans leurs comportements. Nous souhaitions

éviter que les gens se croient dorénavant protégés avec le masque et réduisent

l'application des mesures de base pourtant fondamentales : la

distanciation physique et le lavage des mains. Je le rappelle, le masque

protège les autres avant de nous protéger nous-mêmes.

En clair, la préparation à la deuxième vague

nous aura permis de préparer les mesures qui sont actuellement en place. Ces

mesures sont, dans l'ensemble, moins contraignantes qu'au printemps en étant

mieux ciblées, ce qui permet à l'économie de fonctionner, aux gens de travailler

et aux jeunes de continuer d'aller à l'école tout en préservant au maximum la

santé de la population. Car la santé, rappelons-le, est la priorité qui a

présidé toutes les décisions qui ont été prises sous recommandation de l'avis

indépendant des experts. C'est la même chose pour ce qui est des changements de

paliers qui ont été annoncés cet automne, nos équipes ont recommandé ces

changements au gouvernement en se basant sur de nombreux indicateurs qui sont

suivis dans chacune des régions.

Cela nous amène à aborder l'état actuel de la

pandémie. Plusieurs voient l'arrivée imminente d'un vaccin comme la fin, la

dernière étape, mais rien n'est encore terminé et de nombreux enjeux continuent

à nous préoccuper. Depuis quelque temps, nous l'observons sur le terrain, nous

sentons ce que plusieurs appellent un relâchement. Il ne faut pas négliger ni

ignorer la fatigue des Québécois. Nous ne sommes pas différents d'ailleurs,

nous vivons le même combat. Il faut une mobilisation collective à un ennemi

commun. Aucun gouvernement ne pourra réussir sans cet effort collectif

nécessaire. Le vaccin, tout comme le port du masque depuis juillet dernier, ne

doit en aucun cas être vu comme un prétexte de relâchement aux mesures de

prévention de base, la distanciation physique et le lavage des mains. Il n'y a

pas de recette magique. Tant que le Québec n'aura pas atteint la masse critique

de personnes immunisées, nous devrons maintenir ces mesures. Et j'ai un seul

conseil à formuler aujourd'hui, un seul : diminuez vos contacts, parce que

le virus, il se nourrit de contacts humains. Chaque contact est une source

probante, un risque potentiel pour de nouveaux cas et de nouvelles éclosions.

C'est d'ailleurs la mise en garde qu'il faut se donner.

2021 sera une année de paradoxes et de mélanges

de sentiments. La vaccination cohabitera avec d'autres cas et d'autres éclosions. Les vaccins suscitent

l'espoir, mais d'autres cas et éclosions surviendront, par ailleurs. Il nous

faudra faire preuve d'une extrême rigueur et méfiance. Le virus ne sera pas

exterminé, et les risques seront encore présents.

La capacité d'accueil de notre réseau de la

santé est l'une des principales raisons pour lesquelles la décision a récemment

été prise d'éviter les rassemblements pendant la période des fêtes. Nous

sommes, actuellement, fortement préoccupés. La COVID a des impacts immenses,

immédiats et à venir, immédiats pour le système de soins, pour ceux qui

souffrent de la maladie, du décès d'un de leurs proches et de ceux qui n'auront

pas leur chirurgie, ou leur traitement, ou un diagnostic précoce.

L'après-pandémie nous exposera à des enjeux importants de maladies chroniques,

d'obésité, de dépendance et de santé mentale. Nous devons y faire face et

s'attaquer aussi à ces réalités qui vont avoir été accentuées par la COVID-19.

D'une ampleur sans précédent dans l'histoire

moderne, notamment par la vitesse à laquelle elle s'est répandue sur la

planète, la pandémie de COVID-19 nous aura obligés à réagir rapidement sans que

nous ayons toujours les connaissances et le recul nécessaires

pour éviter certaines erreurs. Mais c'est ainsi, toutes les sociétés du monde l'ont vécu de cette manière, chacune avec

leurs enjeux particuliers. En tant qu'équipe d'experts et de

spécialistes, nous n'avons pas la prétention de n'avoir commis aucun faux pas,

mais nous avons la certitude d'avoir toujours fait les meilleures recommandations

à la lumière de l'information que nous avions, une information nouvelle et, je

le rappelle, évolutive, de surcroît.

Nous avons appris avec la H1N1 en 2009. Nous

aurons beaucoup appris

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCSSS 2020-12-09
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux parlementaires commissions csss 42 1 journal debats CSSS 201209.html
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
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