CAT — 27 November 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CAT 2013-11-27
Quebec — Committees
Également,
une modification concernant la
Loi sur les villages nordiques et
l'Administration régionale Kativik. Trois
mesures d'application particulières touchent toutes la
Loi sur les villages
nordiques et l'Administration régionale Kativik. La première consisterait à harmoniser certaines dispositions de
cette loi avec celles de la
Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités en ce qui a
trait à l'inéligibilité ou à l'inhabilité de certaines personnes à être
mises en candidature ou à être élues membre du conseil d'un village nordique ou
de l'Administration régionale Kativik, notamment
une modification concernant la participation à une séance du conseil par
téléphone ou par un autre moyen pour les membres des conseils des
villages nordiques.
effet, si les circonstances le justifient et à certaines conditions, la
disposition qui vient permettrait à un élu d'un village nordique de
prendre part, délibérer et voter à une séance de son conseil par téléphone ou
par un autre moyen de télécommunication, à
certaines conditions, bien sûr. Cette mesure permettrait notamment d'obtenir le
quorum lorsque les membres des conseils des villages nordiques sont à l'extérieur
de leur communauté. Également, une disposition concernant la participation à
distance du président ou du vice-président lors d'un comité administratif. Dans
la même optique, une autre mesure retirerait l'obligation de la présence du
président ou du vice-président au même endroit que le secrétaire au moment des
rencontres du comité administratif de l'ARK, ce qui faciliterait l'organisation
des rencontres du comité administratif.
autre mesure particulière consiste en la prolongation de l'entente
intermunicipale relative à la fourniture d'un service de sécurité
incendie entre la ville de Chambly et la ville de Carignan. Mme la Présidente,
j'arrive maintenant à la disposition supplémentaire annoncée en introduction,
il s'agit en quelque sorte d'une mesure préventive. Cette disposition législative vise à prolonger l'entente
intermunicipale relative à la fourniture d'un service de sécurité incendie
entre la ville de Chambly et la ville de Carignan, en effet, si les deux villes
n'ont pas convenu d'une entente d'ici le 21 janvier
2014. Cette mesure se justifie par la décision de la ville de Carignan de se
doter de son propre service d'incendie à l'été 2014.
Entre temps, l'entente
intermunicipale de service de sécurité incendie Chambly-Carignan prendra fin le
22 janvier 2014. Donc, c'est pour faire
un pont entre la période de l'été 2014 et la date de fin de l'entente actuelle
advenant le cas qu'il n'y ait pas d'entente
entre les parties. Cette disposition est donc destinée à assurer la protection
des personnes et des biens sur le
territoire de la ville de Carignan. Je souhaite évidemment que cet amendement
ne serve pas et que les parties s'entendent bientôt. À cet égard, les
pourparlers se poursuivent entre les deux administrations municipales, et nous avons bon espoir qu'un accord en découle avant la
date butoir de l'adoption de notre projet de loi. Mais, quoi qu'il
advienne, je veux m'assurer que les citoyens
de Carignan puissent également dormir en paix dans une municipalité qui
conservera sa couverture de risques en tout temps.
Voilà, Mme la
Présidente, un tour d'horizon des mesures proposées dans le projet de loi
n° 64. Ce texte législatif est aussi à l'image de nos échanges avec nos
partenaires des secteurs municipaux, gouvernementaux et institutionnels. Le résultat de ces consultations m'autorise à affirmer
que les mesures contenues dans ce projet recevront un accueil favorable de nos citoyens et citoyennes.
Je suis maintenant disposé à entendre les commentaires et les questions
des membres de cette commission. Je suis persuadé que cet exercice démocratique
permettra de valider ou de bonifier les dispositions
de ce projet de loi afin de le faire progresser vers son adoption par
l'Assemblée nationale avant l'intermède des fêtes. Je vous remercie, Mme
la Présidente, et je suis disponible pour toute question.
La Présidente (Mme
Champagne) : Merci, M. le ministre. Alors, nous allons maintenant
permettre au porte-parole de l'opposition
officielle à faire ses remarques préliminaires, toujours pour une durée
possible de 20 minutes. Alors, M. le porte-parole, à vous la
parole.
Lessard :
Merci beaucoup. Merci, Mme la Présidente. Donc, bienvenue à tout le monde. M.
le ministre, pour la présentation, je ne sais pas si c'est votre premier
projet de loi, mais, en tout cas…
M. Lelièvre : Deuxième.
Lessard :
Deuxième. Deuxième, donc. Mais, dans le domaine municipal, c'est votre premier,
donc, saluer, donc, votre premier projet de loi. Je comprends aussi qu'il
y aura les amendements qui seront déposés, probablement en séance tenante, pour la dernière entente dont vous avez parlé, si ce
n'est pas déjà conclu, au projet de loi. Vous avez annoncé des
modifications sur Carignan et compagnie. Donc, vous le ferez…
M. Lelièvre : Si nécessaire.
Lessard : Si
nécessaire.
M. Lelièvre : Mais pour l'instant
il n'y en a pas de prévu comme tel.
Lessard :
D'accord, parfait. Alors donc, je veux aussi saluer mes collègues de Mégantic,
Papineau et de Côte-du-Sud, tout le personnel du ministère des Affaires
municipales aussi, donc, le service juridique — donc, ça fait plaisir de vous
revoir — la
Société d'habitation du Québec.
M. le ministre, donc, on entend procéder quand
même assez rondement, sachant que
vous avez déjà annoncé la couleur sur le fait que, sur le volet de l'article 11, qui contient les
dispositions particulières par rapport à des programmes
de remboursement suite à une décision concernant la TVQ, là, pour donner des
outils aux municipalités de procéder à une
espèce de compensation pour éviter des chocs tarifaires ou des chocs de taxes…
Alors donc, on croit que le ministre, lorsqu'il sera disponible — mais on comprend que ça pourrait être demain — donc,
on abordera les questions là-dessus.
Normalement, aussi, le menu législatif est beaucoup
plus important que ça. Alors, je ne sais pas s'il y a eu un changement significatif depuis qu'il y a
un changement de gouvernement, mais les mesures, il n'y en a pas beaucoup,
alors que les demandes, souvent, des municipalités sont plus nombreuses.
On va
regarder nécessairement avec ouverture tous les volets qui sont couverts,
autant par les modifications, là, aux différentes chartes, de la Ville
de Montréal, cités et villes et Code
municipal, concernant un volet d'une constitution d'un fonds de stabilisation. La
Loi sur la fiscalité
municipale fera donc l'objet d'une révision, pourra même corriger des
cas.
Alors, normalement, quand on est dans une loi
omnibus et qu'il y a des problématiques dans des dossiers, on essaie de corriger ou améliorer la législation pour répondre à une demande. Comme la Société d'habitation du Québec est ici présente, donc on entendra ce pour quoi maintenant
la constitution de l'hypothèque légale viendra mieux répondre qu'aux hypothèques traditionnelles ou
complémentaires. Alors, pour les autres, bien, il semble que c'est des améliorations aussi d'ordre plus pratique, comme, pour les villages nordiques, la
tenue d'un conseil d'administration
ou l'inhabilité d'une personne, je voyais que... peut-être que ça n'avait pas
été couvert, il y a peut-être des cas particuliers. Le ministre pourra nous
répondre par rapport à ça.
Alors donc,
pour ma part, ça complétera les remarques
préliminaires. Donc, on pourra entrer
dans l'article par article, à
moins que mes collègues veuillent partager le 20 minutes, là, sur ça.
Une voix : Non, ça va.
Lessard : Mais je
pense qu'il n'était pas de l'intention de faire du temps inutilement là-dessus.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, merci, M. le député de Frontenac. C'est bien ça?
Une voix : Lotbinière-Frontenac.
Présidente (Mme Champagne) : Lotbinière-Frontenac, c'est vrai, il ne faut pas que j'en enlève un
morceau. Alors, on va maintenant permettre au député de la deuxième opposition,
M. le député de Drummond—Bois-Francs,
de faire ses remarques préliminaires. La parole est à vous.
Schneeberger : Alors, merci,
Mme la Présidente. Premièrement, je veux remercier et aussi féliciter tous les gens autour de la
table. Je pense que c'est peut-être un projet de loi qui est omnibus, mais justement
qui permet sans doute d'améliorer l'efficacité des municipalités et aussi de permettre à nos fonctionnaires, qui travaillent à tous les
jours, justement, de pouvoir simplifier leurs tâches.
J'aurais peut-être
des questions au
niveau du remboursement TVQ — ça, là-dessus,
on a certains questionnements — et puis aussi, au niveau des
barrages, quels sont les avantages et les inconvénients. Alors, pour moi, là-dessus,
c'est pas mal ça pour mes remarques. Et puis j'espère qu'il n'y aura pas trop d'imbroglios
sur le projet de loi.
Présidente (Mme Champagne) : Merci
beaucoup, M. le député de... — je
vais m'habituer, là, faites-vous-en pas, c'est juste un départ, à matin,
là — de
Drummond—Bois-Francs.
Alors, nous
avons convenu tout à l'heure, je
crois, entre le porte-parole et le ministre, que, ce matin, nous allons faire d'abord l'étude de l'article
L'article
7... Il y a la présence également des gens de la Société d'habitation du Québec. Si je vous
comprends bien, ça a été entendu?
Présidente (Mme Champagne) : C'est correct pour ça. Nous allons commencer par ça. Et également
il a été dit tantôt que, demain, probablement ce sera le ministre des
Affaires municipales qui viendra également spécifiquement pour un article,
là. Si je ne me trompe, c'est l'article 11, n'est-ce pas?
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, nous allons donc procéder. Alors, M. le ministre, on va y aller immédiatement avec l'article 7 pour lecture et explications, et, suite à ça, il y aura
des discussions, comme à l'habitude. Alors, je vous entends.
Lelièvre : Merci, Mme la Présidente. Donc, l'article 7, la
Loi sur la Société d'habitation du Québec,
c'est celui qu'on traiterait
en premier. Puis je remercie les représentants des oppositions de leur collaboration,
c'est apprécié.
Donc, l'article 7 : La
Loi sur la Société d'habitation
du Québec (chapitre S-8) est modifiée par l'insertion, après l'article 68.10,
de ce qui suit :
«68.11. Les
obligations du propriétaire d'un immeuble d'habitation découlant d'un accord
d'exploitation sont garanties par une hypothèque légale en faveur de la
société sur cet immeuble pour le montant de l'aide financière accordée par
elle.
«Malgré l'article 2725 du Code civil, aucune
signification au débiteur de l'avis d'hypothèque légale n'est requise lorsque l'accord
d'exploitation fait état de cette hypothèque et de la présente disposition.»
Donc, cet article-là, si on va dans les notes
explicatives... Est-ce que vous préférez les traiter un après l'autre,
individuellement, ou on lit au complet?
Lessard : S'il
faisait les deux...
Lessard : On
traitera du sujet par la suite.
M. Lelièvre : Parfait, merci.
La Présidente (Mme Champagne) :
Parfait.
M. Lelièvre : Donc, le second
article :
«8. Gestion des contributions versées en vertu
de programmes d'habitation.
«68.12. Lorsque la société prévoit, dans ses
programmes d'habitation, que des contributions doivent être versées par les organismes bénéficiaires d'une
aide financière découlant de ces programmes, le gouvernement désigne la
personne chargée de recevoir, de gérer et de distribuer ces contributions,
selon les règles qu'il établit.»
Au niveau
des notes explicatives, à l'article 7 : l'article 7 propose d'ajouter deux
articles à la
Loi sur la Société d'habitation du Québec. À l'article
68.11 de la
Loi sur la Société d'habitation du Québec, on retrouve le texte suivant :
L'article 68.11 proposé prévoit la
création d'une hypothèque légale en faveur de la Société d'habitation du Québec sur
les immeubles d'habitation dont elle subventionne la réalisation dans le but de
garantir principalement la pérennité de la vocation sociale des immeubles ainsi réalisés. Actuellement, la société procède, dans le même objectif,
à la constitution d'une hypothèque
conventionnelle à l'égard de chaque immeuble réalisé, ce qui occasionne des
frais tant pour l'organisme bénéficiaire de la subvention que pour l'État,
de multiples interventions et des délais parfois longs. Une hypothèque légale
lui permettrait d'atteindre cet objectif par la simple présentation à
l'Officier de la publicité foncière d'un avis indiquant l'existence de l'hypothèque
légale désignant l'immeuble visé et indiquant le montant pour lequel elle est
requise. Cette façon de procéder permettrait à la société de bénéficier de sa
garantie avant la fin de la réalisation de l'immeuble, et ce, pour un coût
moindre.
Le deuxième alinéa de l'article 68.11 proposé
dispense la société de l'obligation prévue à l'article 2725 du Code civil de
signifier par huissier l'avis d'hypothèque légale si l'accord d'exploitation
entre la société et le débiteur, c'est-à-dire l'organisme ayant bénéficié de la
subvention, fait déjà mention de l'existence de l'hypothèque légale.
Commentaires pour l'article
68.12 de la
Loi sur la SHQ.
L'article 68.12 proposé a pour objet de permettre
le versement des contributions prévues par les différents programmes de la
société à un organisme que désignera le gouvernement dans
un cadre permettant de concilier le respect des objectifs de ce dernier en
matière d'habitation avec les intérêts des
différents contributeurs. Plus exactement, l'article 68.12 proposé permettrait
au gouvernement de désigner un
organisme qui sera responsable d'administrer et de distribuer, aux conditions
et selon les modalités déterminées par le gouvernement, des
contributions prévues par les différents programmes de la société.
Présidente (Mme Champagne) : Alors, nous allons maintenant
faire les échanges. Vous avez droit à 20 minutes par personne. Vous n'êtes
pas obligés de les prendre, évidemment, mais c'est votre droit. Alors, on va d'abord
procéder par le 68.11, si vous permettez. Alors, M. le porte-parole de l'opposition
officielle.
Lessard : Oui, merci. Donc, on comprend qu'actuellement la
Société d'habitation du Québec finance ses projets par hypothèque
conventionnelle. Donc, elle a une convention avec l'organisme qui va devenir
propriétaire… qui sont liés à des
obligations financières. Alors, nécessairement, si la société demande
maintenant d'avoir plutôt recours à une hypothèque légale, nommément,
dans ce projet de loi là, il faut croire que le Code civil, qui dispose des
hypothèques légales actuellement pour l'État, où… Il y a une série d'hypothèques
légales en vertu des articles 2728. J'aimerais comprendre qu'est–ce que le Code civil ne fait pas pour que, dans une
loi particulière, on vienne attribuer quelque chose de plus à la Société d'habitation du Québec, puisque
l'article 2728 dit… 2725, je crois, qui dit que «les hypothèques
légales de l'État, y compris celles pour les
sommes dues […] des lois fiscales, de même que les hypothèques des personnes
morales[…], peuvent grever des biens meubles ou immeubles».
Alors,
est-ce que, dans la définition de l'État, la Société d'habitation ne se
retrouve pas? Juste pour mes fins de connaissances, donc juste pour
regarder ce volet-là par rapport au Code civil. Puis on ira après ça : Qu'est-ce
que ça veut couvrir? Quels problèmes ont
veut régler avec la loi, outre le fait… Puis j'aurais d'autres questions par
rapport à ça.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le ministre, la parole est à vous.
M. Lelièvre :
O.K. Écoutez, peut-être qu'on pourrait demander aux gens de la SHQ, si vous
permettez, de compléter les informations.
C'est d'ordre assez technique, même si je reconnais vos compétences comme
ancien légiste, ça paraît. Donc, s'il vous plaît, pouvez-vous compléter
les informations?
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, si vous voulez bien vous identifier pour
notre audition.
Rochefort (Laurianne) : Oui. Laurianne Rochefort, directrice des
affaires juridiques par intérim à la Société d'habitation du Québec. Alors,
je ne suis pas notaire, mais, bon, je devrais être en mesure de répondre. Ce
que prévoit le Code civil, oui, il prévoit
la possibilité pour la société d'inscrire une hypothèque conventionnelle sur
l'immeuble de l'organisme, mais il prévoit
également, si une loi particulière le prévoit expressément, la possibilité
qu'un organisme ou quelqu'un puisse
inscrire une hypothèque légale sur un immeuble. Puis c'est vraiment à ce
niveau-là qu'on souhaite pouvoir
intervenir. Puis je vous dirais que l'hypothèque légale et l'hypothèque
conventionnelle, dans ce cas-là, font
le même travail. Dans les deux cas, elles viennent garantir les obligations que
l'organisme a contractées envers la société, tant les obligations
prévues dans la convention d'exploitation, dont la vocation sociale, que le
montant de la subvention qui est accordée à l'organisme.
Parce que, dans le
cadre des programmes pour lesquels on donne une aide financière, il faut
toujours se rappeler que l'aide financière,
l'organisme la gagne à chaque année qu'il respecte les obligations qu'il a
contractées dans cette convention
d'exploitation là. Donc, il y a un montant financier qui est associé à cette
convention d'exploitation là. Donc,
dans la loi particulière, on vient prévoir, oui, que c'est les obligations de
la convention, dont la vocation sociale, mais il y a toujours en
parallèle le montant de la subvention qui se gagne au fur et à mesure.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le porte-parole.
Lessard :
...la note explicative, on dit que ça prévoit l'hypothèque légale en faveur de
la société sur les immeubles. Donc, c'est un
droit... On grève l'immeuble. Pas de problème, le Code civil le prévoit déjà.
On peut faire des hypothèques
mobilières et immobilières. On dit «dont elle subventionne la réalisation». On
dit : Bon, votre hypothèque légale, est-ce qu'elle va remplacer l'hypothèque
conventionnelle, oui ou non?
La Présidente (Mme
Champagne) : Mme Rochefort.
Mme Rochefort
(Laurianne) : L'hypothèque légale, peut-être pas dans tous les cas,
parce qu'actuellement on inscrit des
hypothèques conventionnelles puis c'est un pouvoir additionnel qu'on vient se
donner dans les cas où on a des problèmes pour inscrire l'hypothèque
conventionnelle, puis… Bien, c'est principalement ça. Dans les cas où on n'arrive pas à inscrire l'hypothèque
conventionnelle au moment où on débourse la… avant le déboursé de la
subvention, bien le risque est plus grand, on n'a pas de pogne sur l'immeuble s'il
y a des problèmes.
Lessard : J'essaie de comprendre. Normalement, l'organisme
dont vous financez les activités, un, le notaire est passé, il a fait
une chaîne de titres puis il vous a soumis un rapport de titres avant.
Deuxièmement, avant qu'il y ait la convention, donc, il y a une attribution des
places, pour la plupart du temps, à moins que ce soit un refinancement d'un organisme existant. Troisièmement, vous allez
signer une convention, parce qu'on ne peut pas prendre une hypothèque
sur quelque chose dont je n'ai pas d'engagement. Là, on le regarde du côté
financier, purement financier.
Nécessairement, il y a quelqu'un qui
va… bon, le notaire va continuer de faire son traitement, il va vous
dire : D'accord, il n'y a pas
d'hypothèque enregistrée dessus, vous allez avoir une hypothèque de premier
rang, vous n'allez pas… Et
normalement le décaissement va se faire progressivement, c'est-à-dire soit que
c'est un refinancement ou, si c'est un décaissement pour fins de
construction...
Dans
quels cas vous avez eu un problème pour réinventer cette affaire-là? Je peux
comprendre la pérennité pour des fins
d'immeubles. C'est-à-dire que, si la convention d'exploitation ne couvre pas
que des aspects financiers mais qu'elle veut couvrir un aspect que ça
demeurera un bâtiment pour des fins sociales et communautaires, on va le grever
d'une hypothèque légale. Ça, je pourrais comprendre, puis on le débattra. Mais
je ne peux pas comprendre l'aspect de financement qui viendrait prendre la
place d'une hypothèque conventionnelle.
Présidente (Mme Champagne) : Alors, la réponse, Mme Rochefort
ou M. le ministre, comme vous le voulez.
Mme Rochefort
(Laurianne) : Je peux compléter.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, Mme Rochefort.
Mme Rochefort
(Laurianne) : Bien, c'est principalement pour garantir la vocation
sociale. Il faut se rappeler que, depuis
l'avènement des nouvelles règles comptables, depuis 2012, le montant de la
subvention est remboursé en totalité
par la société au prêteur agréé, comme vous le savez, au moment de la date
d'ajustement des intérêts. Donc, ça, ça fait une grosse différence pour nous. En principe, l'hypothèque, elle
doit être... pour assurer la pérennité de la vocation sociale, puis s'assurer qu'on a une pogne sur cet
organisme-là parce qu'il s'est engagé, là, à nous céder une hypothèque
conventionnelle, il faut l'inscrire avant ce moment-là, puis, dans les faits,
bien, c'est plus difficile. Puis il ne faut pas oublier qu'on a plusieurs
projets, actuellement, pour lesquels il n'y a pas d'hypothèques
conventionnelles qui ont été inscrites, pour
différentes raisons. Des fois, c'est parce que ça a été omis, simplement. Puis
l'hypothèque légale permettrait, à ce moment-là, d'assurer la pérennité
de la vocation sociale en cas de problème.
Lessard :
O.K. Je regarde puis je reviens, puis, pour les fins… 2725, l'article du Code
civil dit : Les hypothèques légales de
l'État peuvent être prises sur des biens meubles et immeubles. Qu'est-ce qui
n'est pas couvert par ça pour la
Société d'habitation? C'est qu'on ne reconnaît pas dans le terme «État» que la
Société d'habitation est couverte par cet élément-là... ou pas? Parce
que vous demandez un pouvoir additionnel aux particuliers.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, Mme Rochefort.
Mme Rochefort
(Laurianne) : …je voulais juste relire le texte de l'article parce que,
bon…
Mme Rochefort
(Laurianne) : «…sommes dues en vertu des lois fiscales, ainsi que
certaines autres créances de l'État ou de personnes morales de droit public,
spécialement prévues dans les lois particulières.» Si je comprends, c'est ce
paragraphe-là qui vous…
Lessard :
Oui. Bien, je vous demande : Est-ce que ça, ça couvre? Parce qu'il parle
de l'hypothèque légale de l'État.
Mme Rochefort (Laurianne) :
Bien, on est visés par l'article 2724. C'est vraiment une… Ici, on dit :
«Les créances de l'État pour les sommes dues en vertu des lois fiscales, ainsi
que certaines autres créances de l'État ou de personnes morales de droit
public...» Nous, on est la Société d'habitation, on est une personne morale de
droit public. Puis il faut que ça soit prévu dans une loi particulière. Donc, c'est
pour ça qu'on vient le prévoir dans la
Loi sur la Société d'habitation.
Lessard :
Parfait. Donc, vous n'êtes pas couvert par «État», mais vous être une
société... O.K. Parfait.
Mme Rochefort
(Laurianne) : Oui, oui, c'est ça. Je m'excuse, je ne comprenais pas
bien le…
Lessard :
Non, non. C'est beau, c'est beau. C'est peut-être même moi qui le disais mal.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, la compréhension est parfaite, M. le
porte-parole?
Lessard :
Oui, parfait. L'hypothèque légale est une hypothèque notariée ou est une
hypothèque… Je ne sais pas, à ma… Je n'ai pas fait la… Est-ce que c'est un acte
notarié? L'acte conventionnel, oui, mais l'hypothèque légale, non.
Mme Rochefort
(Laurianne) : En fait, l'hypothèque légale, non, elle n'est pas reçue
en minutes.
Lessard : …pas reçu d'avis de la Chambre des notaires du Québec,
ou du Barreau du Québec, ou… Non?
Mme Rochefort (Laurianne) : Non, on
n'a pas reçu d'avis.
Lessard :
Personne ne vous a… Parfait. Vous n'avez pas invité non plus… vous n'avez pas
fait une demande, non? Parfait.
J'en reviens maintenant… Donc, vous avez eu
sûrement des problèmes à quelque part pour être capables de demander une
garantie additionnelle. Est-ce qu'il y a eu des problèmes? Honnêtement, on
essaie de… Dans la vie d'un immeuble puis
d'un propriétaire, c'est de donner des garanties adéquates à des problèmes
connus. Est-ce qu'il y a eu des
problèmes documentés qui fait en sorte qu'on a une demande additionnelle? Y
a-tu un bien que vous n'avez pas été capable de mettre la main dessus,
sachant que la convention n'a pas été respectée?
La Présidente (Mme Champagne) :
Question… Oui, réponse, M. le ministre.
Lelièvre : Oui. À
titre d'information, dans les notes que nous avons au ministère,
on dénote 280 immeubles qui présentement ne seraient pas… où le gouvernement, via la SHQ, n'aurait pas… les droits du gouvernement, via la
SHQ, ne seraient pas bien servis, donc. Puis
là peut-être qu'on donner plus d'information par rapport à ces 280 quelques
immeubles là, mais notamment c'est un des éléments qui a été mentionné.
Puis l'autre
élément, c'est… bon, qui est peut-être qui peut paraître peut-être d'ordre secondaire
pour certains, mais c'est l'aspect financier. On parle, bon, d'une économie
de 1 000 $ du dossier, de la part de la SHQ, si on allait vers l'hypothèque
légale.
Lessard :
O.K. Donc, vous dites : Il y a 280 immeubles dans lesquels il y a des
conventions d'exploitation qui ne touchent pas nécessairement un aspect
financier, et, si elles le touchaient, on trouve que les garanties obtenues ne seraient pas suffisantes à l'étape… Donc, on pense
que la conventionnelle, quand elle arrive, il n'y a pas de problème, elle couvre
les besoins, mais elle ne garantit pas la pérennité. C'est-u des cas de
pérennité à des vocations sociales parce qu'il y en a qui ont détourné
en faisant des ventes à d'autres fins? Parce que tu peux en disposer,
normalement, si c'est un patrimoine fiduciaire de conservation détenu par les
coopératives ou les organismes à but non lucratif et autres, mais, si quelqu'un
a contrevenu à ça et vous n'avez pas été capables de faire respecter la mission
sociale en convertissant ces immeubles-là...
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, Mme Rochefort.
Mme Rochefort (Laurianne) : Si je
peux me permettre, ce n'est pas… Il faut juste une petite nuance. L'hypothèque
légale, dans les cas, là, qui nous concernent, ça ne sera pas une garantie
additionnelle. S'il y a une hypothèque légale, il n'y aura pas d'hypothèque
conventionnelle. C'est vraiment dans certains cas pour remplacer l'hypothèque
conventionnelle.
Puis, oui, on
a eu des problèmes avec certains organismes, où on a dû reprendre les immeubles
puis on n'avait pas nécessairement les… l'hypothèque de deuxième rang n'avait
pas été publiée, l'hypothèque conventionnelle de la société. Ce qui est arrivé à ce moment-là, il a fallu s'asseoir avec le
prêteur agréé, qui, lui, détient une hypothèque de premier rang,
s'entendre avec lui pour qu'il prenne les recours — la prise en paiement,
là, en l'occurrence — puis
qu'il aille récupérer l'immeuble. Puis ça a occasionné plusieurs problèmes
administratifs, notamment avec, je dirais, le... au fédéral, là, au niveau, là,
de l'Agence du revenu, puis c'est ces éléments-là qu'on veut éviter.
Si on a un problème de gouvernance au sein d'un
organisme, qu'on n'est pas en mesure de faire signer l'hypothèque
conventionnelle — parce
que le C.A., il ne faut pas oublier que c'est des gens qui sont bénévoles, des fois, bien, malheureusement ça peut arriver qu'il
y ait de la bisbille au sein du C.A. — on n'est pas en mesure de faire
signer l'hypothèque conventionnelle, puis on voit que, là, ça va exploser...
Puis c'est important que nous, on puisse reprendre cet immeuble-là puis le
remettre dans les mains d'un autre organisme ou d'une coopérative qui va venir
le conserver dans le domaine du logement social.
Lessard :
Je regardais les pouvoirs qui sont donnés à la
Loi sur la Société d'habitation
du Québec, à 68.1, elle dit : «Toute aliénation d'un immeuble d'habitation
à logement modique — c'est
de ça qu'on parle — qui
fait l'objet d'un accord d'exploitation — donc, il y a eu une
convention — intervenu
entre la société et son propriétaire et toute constitution
d'hypothèque ou de servitude sur celui-ci sont interdites, sans l'autorisation
de la société.» Donc, la société a déjà
mainmise aussitôt qu'il y a une convention d'exploitation. L'«interdiction
subsiste, même après l'expiration de l'accord d'exploitation, jusqu'à ce
que la société donne mainlevée de la charge administrative établie à l'article
68.6». Et là on dit, bon : Il y a un droit de préemption, même pour la
société.
Quand je
regarde les articles découlant de la Société d'habitation, il me semble qu'il y
a des pognes un peu partout. Vous travaillez avec des professionnels,
donc, notariés, il y a des conseils d'administration, il y a des conventions de
signées. Il n'y a personne qui peut aller en construction sans qu'il n'ait pas
signé sa convention. Il n'y a pas grand somme
qui se décaisse, à part pour payer le notaire, je pense bien, à quelque part,
tant et aussi longtemps qu'au registre des droits immobiliers il n'est pas apparu que, un, il est propriétaire ou
qu'il va le devenir. Il a enregistré son hypothèque. Bon, je comprends
que vous dite «à la fin, peut-être, de l'hypothèque», mais, si les obligations
subsistent quant à des mainlevées à être
obtenues par la société… J'essaie… Les 280 immeubles, il y a sûrement un
problème évident, là, que j'arrive mal à saisir
avec ce qu'actuellement les conventions, ou le Code civil peut donner, ou la
Société d'habitation du Québec.
La Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce qu'il y a une réponse à cette question? Mme Rochefort.
Rochefort (Laurianne) : Bien, c'est ça, les articles 68.1 ne
s'appliquent pas aux cas visés ici par l'article, là, sur les
hypothèques légales. 68.1, c'est ce qu'on appelle les avis de charge, puis ça
concerne exclusivement les HLM privés. Dans
le fond, ça a été introduit à la loi, à l'époque, dans les années 90, dans un
contexte totalement différent. C'était un contexte où on subventionnait
un déficit d'exploitation qui était récurrent pour une période d'au moins 35
ans. Donc, ce n'est pas les mêmes enjeux.
Puis l'avis
de charge, lui, ne permet pas d'aller reprendre l'immeuble pour le confier à un
autre organisme qui oeuvre dans le logement social. L'avis de charge,
lui, permet de faire annuler une aliénation, annuler une servitude. C'est un recours qui est lourd, c'est devant la
Cour supérieure. Tandis que l'hypothèque, elle, ce qu'elle vient
permettre, si on voit qu'il y a un immeuble qui est en péril, que sa vocation
sociale est menacée, on peut aller le reprendre via notre hypothèque légale, si
on n'a pas d'hypothèque conventionnelle, puis on peut le confier à un autre
organisme, une coop ou un OBNL qui oeuvre dans le domaine du logement social.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le porte-parole, d'autres questions?
Lessard :
Oui, merci. Donc, oui, j'en ai une autre encore. Donc, je comprends qu'on veut
se donner un outil additionnel, parce que la disposition du Code civil
dit : S'il y a une disposition particulière. Je comprends aussi que vous ne voulez pas remplacer le travail des
notaires, au Québec, en passant toutes vos hypothèques… Parce que c'est
des donneurs d'ouvrage, c'est des gens qui emploient du monde dans nos régions,
desquels on sollicite l'expertise plutôt que
de garder l'expertise à la Société d'habitation. La Société d'habitation a de
l'expertise, mais on ne veut pas qu'elle développe les hypothèques légales. Honnêtement, j'ai une petite
préservation pour les professionnels avocats qui vont remplir les
hypothèques légales, ou les notaires. Et je ne voudrais pas que ça devienne une
institutionnalisation de la Société d'habitation sur une spécialisation de
prendre des hypothèques légales qui remplaceraient des hypothèques conventionnelles, dont les notaires de chacun de
nos bureaux... Ils sont toujours bien contents de faire des honoraires
aussi avec la Société d'habitation, puis ils
donnent du travail au personnel. Donc, ce que je comprends bien, là, c'est
qu'on ne verra pas un virage systématique, parce qu'on vous donne une
hypothèque légale qui pourrait remplacer… On peut le dire, là, avec l'hypothèque légale, ça pourrait remplacer
l'hypothèque conventionnelle pour un bon bout, même pour des garanties
financières.
La Présidente (Mme Champagne) :
Mme Rochefort? M. le ministre?
M. Lelièvre : Si vous
permettez, on va prendre quelques instants pour vérifier, parce que votre
question est très importante.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, est-ce qu'on peut suspendre quelques instants? On va suspendre quelques
instants, le temps d'avoir réponse à la question.
(Suspension de la séance à 12 h 25)
Présidente (Mme Champagne) : Alors, nous allons reprendre les travaux. Alors, à la question
du porte-parole de l'opposition
officielle, je pense
que Mme Rochefort ou M. le ministre a une réponse. M. le ministre a une
réponse.
Lelièvre : Effectivement. Bon, après vérification puis après avoir reçu des informations complémentaires, la volonté
du gouvernement, à ce
moment-ci, n'est pas de retirer le système
de notariat privé du processus de la SHQ, c'est essentiellement pour donner
les pouvoirs à la SHQ de régler le fameux 280 dossiers approximatifs, là, qui
est problématique et qui aurait intérêt à être réglé via la SHQ plutôt
que…
Souvent, les
notaires ne sont plus dans le dossier, c'est des dossiers qui remontent, on me
dit, à plusieurs années, des fois 2005, aussi loin que 2005. Et il semble qu'il n'y ait pas un grand intérêt, de la part des notaires qui ont touché au
dossier il y a souvent plus de 10 ans, de refinaliser ce dossier-là. Donc, ça
permettrait à l'appareil gouvernemental de conclure le travail. Et, dans le
futur, pour ce qui est des hypothèques de premier rang, la volonté du
gouvernement, c'est de continuer à travailler avec les notaires en provenance
du privé.
La Présidente (Mme Champagne) :
M. le porte-parole.
Lessard :
Je veux rien que vous dire que je ne suis plus notaire, là, depuis plusieurs
années, mais nécessairement j'entends bien l'argumentaire du ministre, à
savoir que ce n'est pas de l'intention... Mais, si on ne changeait pas la loi
aujourd'hui, quel serait le seul recours possible pour la société? Avec qui
vous allez travailler si, aujourd'hui, on ne vous donne pas l'aspect d'une hypothèque légale, qui
peut être faite par un avocat, qui peut être faite par un notaire, mais
qui peut être faite surtout par les services juridiques? Rappelez-vous, quand
les hypothèques légales ont remplacé les
nantissements qui étaient prévus, les institutions financières n'ont
particulièrement utilisé que leur
personnel puis une formule assez simple. Tu envoies ça au bureau
d'enregistrement, à cette heure que c'est informatisé, ça doit être
terrible comme ça rentre vite, cling!
Je comprends
l'économie pour la société. Je connais aussi l'équilibre, dans le fond, un peu
fragile… Parce que ces 280 dossiers là seraient donnés à un notaire
nécessairement ou à un avocat, mais même pas pour l'hypothèque légale parce que la loi particulière ne vous
habiliterait pas à avoir cette hypothèque légale là dûment constituée.
Donc, nécessairement, je ne sais pas si la Chambre des notaires du Québec nous
écoute aujourd'hui, mais, si elle devait nous écouter, honnêtement, on est en
train de passer les dossiers de la société à une hypothèque légale faite par
toute autre personne.
Je sais que
probablement il n'y a pas eu de consultation parce que ce n'est pas l'angle
pour lequel vous vouliez le faire.
Mais, à partir du moment que tu as le pouvoir, tu vas le faire. Et l'intention
avouée est nécessairement celle-là. J'ai un peu une réserve,
sincèrement, là, parce qu'à partir du moment où le pouvoir est donné il est
donné. Quand ils ont inventé les hypothèques
légales dans le Code civil, ils l'ont fait d'abord, hein, pour l'immobilier,
par la suite on a pu le faire aussi
pour le mobilier pour les entreprises et, par la suite, on l'a fait pour le
mobilier mais pour les particuliers, donc, ce qui fait qu'on peut nantir... on peut hypothéquer maintenant de façon
légale des biens personnels, une voiture, etc. Donc, je ne le sais pas, ça serait ça, ma seule réserve. On
va continuer peut-être le questionnement avant de le voter. J'aimerais
ça que peut-être le ministre discute avec la
Chambre des notaires un peu sur cet aspect-là, pour les rassurer à tout le
moins.
Moi, j'y vois
quand même une ouverture assez importante quant à la finalité. Si l'hypothèque
légale était prise pour assurer que
la vocation de l'immeuble va garder sa vocation sociale, j'aurais moins de
réserves, je serais même ouvert parce que
ça serait pour garder une finalité de droit, une finalité sociale de
l'immeuble. Alors, si j'enregistre mon hypothèque légale, je le sais qu'ils ne pourront pas la
convertir sans demander à la société. Parce que la vie d'un immeuble peut,
au fil de 100 ans, 50 ans, changer. On pourrait avoir des besoins autres que
des quatre et demie puis dire : Bien, on a besoin maintenant des immeubles de cinq et demie. On devrait se départir de cet
actif-là et procéder à un refinancement. Mais, comme ça va garantir
aussi des engagements financiers, alors donc, j'ai une petite réserve par
rapport à ça. Alors, je ne sais pas si le ministre...
Présidente (Mme Champagne) : ...de la part du porte-parole, à
savoir peut-être une consultation auprès des notaires, est-ce que le
ministre est d'accord avec ça?
Lessard :
...peut-être l'appeler.
M. Lelièvre : Écoutez...
Lessard : Excusez,
juste...
La Présidente (Mme Champagne) :
Oui?
Lessard : Ça peut
être un appel qu'il fait. Parce qu'on va revenir après midi, donc, s'il a la
chance de leur communiquer... de voir la
finalité de ça, moi... Je ne sais pas si mes collègues voient ça comme moi
mais... On pourrait donc... Donc, je
vous dis, pour la pérennité de la vocation sociale, tout à fait, je pense que
ça serait le bon outil. C'est facile. Même la société pourrait le faire
éventuellement. Mais, pour garantir des engagements financiers, là, j'y vois
une intrusion là-dedans.
J'ai peut-être une dernière question. Une fois
que l'hypothèque légale serait prise, peu importe par quel professionnel, là, quel rang elle aurait? Parce
que, là, vous avez des hypothèques légales de l'État... Elle prendrait
rang selon son inscription? Est-ce que vous prévoyez qu'elle a un droit de
priorité sur d'autres créances, là, même du ministère du Revenu, et autres?
La Présidente (Mme Champagne) :
Mme Rochefort.
Rochefort (Laurianne) : Alors, c'est ça. L'hypothèque légale serait...
prend rang au moment où elle est publiée, là, selon l'heure à laquelle
elle est publiée exactement.
Lessard : Ce n'est
donc pas un statut particulier dans sa...
Rochefort (Laurianne) : Non, non, non. La seule hypothèque qui a un statut particulier, c'est vraiment
l'hypothèque, là, légale de la construction. Mais celle-là, elle n'en aurait pas.
Lessard : Parfait.
Donc, ça serait... Ce n'est pas indiqué. Si ce n'est pas indiqué, on lui donne
un rang particulier. Donc, si on n'en a pas
parlé, ça veut dire qu'on va s'en remettre au Code civil pour qu'il détermine
les rangs des hypothèques légales. C'est ça?
Mme Rochefort (Laurianne) : Oui.
Lessard : Parfait.
Moi, sur ce volet-là, je n'aurais pas d'autres questions, mais je ne le
voterais pas tout de suite, le
temps que... Le ministre peut-être n'a pas fait la vérification, là, pour
augmenter la...
Présidente (Mme Champagne) : Alors, écoutez bien. Ce que je pourrais faire, je le sens de
part et d'autre, là, puis il y a également le député de Drummond—Bois-Francs
qui a peut-être une question là-dessus, on pourrait suspendre l'article 7, du moins la
partie 68.11. Est-ce qu'on peut discuter quand même de 68.12 ou si vous préférez qu'on
suspende l'article?
Lessard : ...en
discuter.
Présidente (Mme Champagne) : On peut discuter de l'article 68.12? Donc, on va suspendre l'article
68.11. On va prendre nos renseignements puis on reviendra là-dessus, là, dans
un court laps de temps. Alors, suspendu. Vous êtes d'accord avec ça? Parfait.
Donc, on suspend l'article 68.11 de l'article 7, d'ailleurs. Et on va y aller
avec l'article 68.12. Alors, M. le porte-parole de l'opposition officielle, à l'article
68.12.
Lessard : ...il est intitulé Gestion des contributions
versées en vertu de programmes d'habitation. Puis là on prévoit que… «...la société prévoit, dans ses
programmes d'habitation, que des contributions doivent être versées par
les organismes bénéficiaires d'une aide financière découlant de ces programmes,
le gouvernement désigne la personne chargée de recevoir, de gérer et de
distribuer ces contributions, selon les règles qu'il établit.»
J'avais
entendu, dans les notes du ministre, puis probablement que c'est à cette étape-là, qu'il parlait du
Fonds québécois d'habitation communautaire. Donc, à partir des conventions qui
sont déjà signées, probablement, ou déjà existantes,
on doit verser un montant. Puis là on
pourra peut-être avoir l'explication de quelle grandeur de ce
montant-là, parce qu'on parlait de 300 millions sur 10 ans qui
est, je crois… Sauf qu'on ne nomme pas le fonds québécois, on dit «peut
nommer une personne», donc, mais on a «désigne la personne chargée de
recevoir».
Pourquoi nommément le Fonds québécois d'habitation
communautaire… Il existe, il est dûment constitué, je pense que c'est une entreprise d'économie sociale. Et pourquoi on ne
l'a pas nommé? C'est peut-être plus ça, ma question. Mais ça répond
probablement à : désigner une personne autre que la société pour gérer ces
sommes-là. Et est-ce qu'il y a une loi
constitutive qui rappelle les éléments de ça ou c'est plutôt un organisme à but
non lucratif qui s'est créé suite à la demande
du gouvernement de verser à une personne désignée qui est le Fonds québécois
d'habitation communautaire?
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre, oui.
Lelièvre : Effectivement, au niveau des budgets, on parle de
tout près de 300 millions, un chiffre rond, là. On a les détails un peu plus loin, là, mais c'est
tout près de 300 millions de budgets qui sont détenus en fiducie
présentement à défaut de pouvoir être versés
à un organisme qui est accrédité par le gouvernement. Puis l'article 68.12
vient justement permettre… donner le
pouvoir au gouvernement de nommer, de reconnaître quelle sera l'instance qui
pourra gérer ces fonds-là qui sont maintenus en fiducie dans l'intervalle
où on aura création de ce nouvel organisme là. Puis c'est par règlement ou par décret, je crois, que l'organisme
va être mandaté par le gouvernement. Donc, c'est pour permettre de
donner au gouvernement les mécanismes légaux pour pouvoir justement
officialiser la nomination de l'organisme qui va être le gestionnaire de ces
fonds-là.
La Présidente (Mme Champagne) :
M. le porte-parole.
Lessard :
D'accord. Donc, comme l'organisme a été créé, je voudrais rien que savoir
pourquoi on n'est pas plus précis.
Parce que ça ne le dit pas, «par règlement». C'est probablement par d'autres
dispositions législatives, là, que le ministère
va… «La société peut, par règlement, déterminer». Ce n'est pas dit, ici, «par
règlement». Si tu dis : «Lorsque la société prévoit, dans ses
programmes d'habitation, que des contributions doivent être versées par les
organismes bénéficiaires d'une aide découlant de ces programmes, le
gouvernement désigne la personne chargée [...] de gérer et de distribuer [...]
selon les règles qu'il établit.» «Selon les règles», il le fait par règlement
M. Lelièvre : Par décret.
Lessard : Il parle
par décret? D'accord. Et pourquoi on n'a pas dit : Le gouvernement désigne
le Fonds québécois d'habitation communautaire chargé de recevoir, de gérer et
de distribuer ces contributions, selon les règles qu'il établit?
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, à la question, M. le ministre.
Lelièvre : Oui. La question est très pratico-pratique. Bon. Le
gouvernement essaie de ne pas limiter… ou de ne pas s'attacher à long terme avec un organisme en l'inscrivant dans la
loi. Ce qu'on prévoit dans la loi, c'est le pouvoir habilitant du gouvernement qui, par décret du
Conseil des ministres, peut
reconnaître l'instance porteuse du fonds. C'est une règle qui est généralement reconnue, qu'on
me dit. Donc, c'est la raison pourquoi
on n'a pas identifié l'organisme précisément.
Lessard :
Mais l'intention du ministre, c'est de reconnaître le Fonds québécois
d'habitation communautaire.
M. Lelièvre :
Absolument.
Lessard :
Puis là vous dites : On se garde une réserve, à savoir si, un jour, il y a
un problème d'administration, de gouvernance, donc, parce que ce n'est
pas un fonds qui est… Le fonds québécois n'est pas contrôlé par la Société d'habitation
à cause des règles de distance, et de bonne gouvernance, et d'administration.
Donc, s'il devait y avoir un problème de gouvernance, on pourrait choisir par
décret une autre instance.
Lelièvre : Exactement. Et là on sait que le fonds est composé
de plusieurs organismes d'économie sociale, plus d'une dizaine d'organismes qui sont membres, puis, si jamais il y avait
une volonté du gouvernement de transiger avec une autre entité pour des
raisons qui peuvent être multiples, bien on aura le loisir, par décret, de
pouvoir réviser, là, la nomination du porteur de dossier.
Lessard : Parfait.
Moi, je pense que c'est une bonne…
La Présidente (Mme Champagne) :
Donc, sur l'article 68.12, est-ce qu'il y a d'autres commentaires?
Lessard : Moi, je n'en
ai pas d'autre.
La Présidente (Mme Champagne) :
Oui, M. le député de Côte-du-Sud.
M. Morin : Simplement une
observation, Mme la Présidente. Je ne peux pas m'empêcher de vous dire que j'aurais… c'est une observation, qu'il aurait
peut-être été le temps, dans cet omnibus, de revoir le degré de
participation du milieu dans nos petites
localités où est-ce que les projets s'arrêtent parce que le coût des
constructions a augmenté, la participation du milieu augmente en même
temps, et là ça empêche les milieux de se trouver des projets pour garder leur monde chez eux. C'est simplement une
observation. Peut-être qu'à un autre projet omnibus, on l'aura, là,
mais…
Présidente (Mme Champagne) : Est-ce qu'il y a un commentaire de
M. le ministre? Alors, M. le ministre va répondre au commentaire de M.
le député de Côte-du-Sud.
Lelièvre : Le commentaire est très intéressant. Pour être un
représentant d'une région dite en difficulté sur le plan social et économique, j'entends beaucoup vos
propos et je crois que ça serait un dossier qu'on pourrait s'attarder
peut-être non pas dans le cadre d'un omnibus, mais dans le cadre d'une réforme
plus globale des modalités de l'ensemble de la SHQ. Mais c'est une très bonne
observation.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Champagne) : Alors, M. le porte-parole de
l'opposition officielle, là-dessus également?
Lessard : Bien,
oui. Bien, j'invite le ministre à regarder la
loi sur la vitalité des
territoires, qui parlait d'adaptation, de
modulation pour faire en sorte que… Et la Société d'habitation avait déjà
présenté un programme qui faisait en sorte que la contribution du milieu
était réduite en tenant compte de la population et du milieu. Alors donc, c'est
encore loisible.
D'ailleurs,
le ministre a déposé récemment son rapport qui faisait état de l'ensemble de
l'action gouvernementale. Et
nécessairement, je pense, la Société d'habitation s'était donné, dans le temps,
un mandat de perpétuer, par des règles, par des directives puis par… donc, dans ses propres programmes, peut faire
des adaptations. Donc, juste peut-être regarder avec la société, elle
peut maintenir le fait que, dans les municipalités moins populeuses, elle peut
changer des règles de contribution du milieu
et d'allocation. Alors donc, ça existe déjà. Mais évidemment, comme mon
collègue, on voit que ce n'est pas le
propos de la loi, mais c'est toujours une bonne occasion d'en parler, là, sur
les difficultés du milieu. Alors, pour 68.12, moi, je n'aurais pas d'autre
commentaire, je pourrais l'adopter, puis on gardera en suspens 68.11, puis on
pourra traiter l'autre.
La Présidente (Mme Champagne) : Est-ce
que tout le monde est d'accord d'adopter, pour le moment, là, l'article 68.12?
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, c'est bien. Donc, le 68.12 est adopté. On suspend l'article 68.11 jusqu'à
probablement cet après-midi du moins, et l'article 7 au complet sera adopté à
ce moment-là. Alors, si vous le permettez,
nous allons donc revenir à l'article 1, M. le ministre. Alors, on fait la
lecture de l'article 1 avec les explications. Puis on a encore un beau
20 minutes devant nous avant la suspension des travaux. Alors, allons-y.
M. Lelièvre : Merci, Mme la
Présidente.
L'article 37 de l'annexe C de la Charte de la Ville de Montréal (chapitre C-11.4) est modifié par l'addition, à la
fin du premier alinéa, de la phrase suivante : «Toutefois, les
formalités prévues par ces alinéas ne s'appliquent pas dans le cas d'une
modification au règlement qui vise une amélioration des
prestations qui est payée sur un fonds de stabilisation établi en vertu de la
Loi sur les régimes complémentaires de retraite (chapitre R-15.1) ou le
remboursement de cotisations versées à un tel fonds.».
En notes
explicatives :
L'article 1 modifie la Charte de la Ville de Montréal afin
de permettre à la ville d'apporter certaines
modifications au régime de retraite des employés de la ville sans qu'elle soit
assujettie à certains consentements. Il s'agit de modifications qui
visent à stabiliser le coût du régime.
À la suite
des travaux d'un groupe de travail réunissant des représentants du ministère
des Affaires municipales, des Régions
et de l'Occupation du territoire, de la Régie des rentes, des municipalités et
des syndicats, un certain nombre de mesures
ont été identifiées afin de permettre aux municipalités de stabiliser le coût
de leurs régimes de retraite. L'une des mesures proposées vise la mise
en place d'un fonds de stabilisation permettant, si certaines conditions sont
réunies, de bonifier les régimes de
retraite. Or, selon la
Loi sur les régimes complémentaires de retraite, la mise
en place d'un tel fonds requiert une
modification aux régimes. Une telle modification est assujettie à certaines
règles de consentement de la part des participants aux régimes.
Pour
faciliter l'application de la mesure, il est souhaité de supprimer
l'application de ces règles de consentement pour ce cas particulier.
Cela peut être fait en
partie par une modification au règlement d'application
de la loi RCR. Toutefois, une telle modification ne dispose que des règles de
consentement découlant de cette loi et non de celles prévues dans les lois
municipales. C'est pourquoi il est nécessaire de modifier également certaines
lois municipales pour atteindre le même objectif.
l'occurrence, l'article 172 de la charte de l'ancienne ville, rendu applicable
par l'article 37 de l'annexe C de la Charte de la Ville de Montréal,
assujettit une modification aux régimes de retraite à des règles de
consentement très exigeantes : recommandation d'une majorité des
représentants de l'employeur et des représentants des employés au comité de retraite et approbation à l'unanimité
des représentants des employés, à défaut de quoi un référendum est
requis.
L'article 1
modifie donc cet
article 37 afin de faire en sorte qu'une modification aux
régimes de retraite qui vise une amélioration des prestations payées à
même un fonds de stabilisation ou qui vise le remboursement de cotisations
versées à un tel fonds ne requiert pas les consentements visés.
La ville de
Montréal a déjà conclu avec ses cols bleus, à la mi-octobre 2012, une entente
qui prévoit la mise en place d'un
fonds de stabilisation dans le régime de retraite des cols bleus. La
modification proposée a donc pour but d'éviter de faire obstacle à l'application
du nouveau fonds de stabilisation prévu par l'entente entre Montréal et ses cols
bleus. Les articles 2 et 3 du projet de loi
apportent la même modification pour les autres municipalités à la
Loi sur les
cités et villes et au Code municipal du Québec.
Présidente (Mme Champagne) : Alors, la discussion est ouverte.
M. le porte-parole de l'opposition officielle.
Lessard :
Oui. Merci. Donc, on comprend que, suite aux problèmes des fonds de retraite,
la ville de Montréal avait entrepris des négociations; là, on parle d'avec
ses cols bleus. Donc, il y a eu une entente qui prévoit, donc, un fonds de stabilisation qui est une innovation qui
permettra d'éviter le décaissement, ou l'encaissement, ou de permettre d'éviter
des cotisations additionnelles si le fonds de stabilisation… donc, les sommes
seraient prises à même ce fonds-là. Donc, il y a eu une entente probablement
qu'ils contribuent au fonds. Donc, ça ferait… au lieu d'avoir une variation des
cotisations, on utiliserait le fonds pour éponger.
Là, la
modification à la Charte de la Ville de Montréal, est-ce qu'elle touche pour tous les fonds? Parce qu'ils se sont entendus avec les
bleus, ils ne se sont pas entendus avec les blancs. Ils se sont entendus avec
toutes les autres conventions, les pompiers et les policiers, ou c'est par
fonds?
La Présidente (Mme Champagne) :
…prendre quelques instants.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre : On me dit que
la modification législative permettrait à la ville de Montréal d'intervenir
dans l'ensemble des conventions, mais le tout sous réserve d'une entente avec
les différents syndicats concernés.
Lessard :
Donc, la modification touche, M. le ministre, tous les fonds qui sont sous la
juridiction de... La ville de Montréal étant l'employeur, elle
dit : Moi, j'apporte une modification pour tous les fonds dans lesquels j'aurai
à négocier des conventions : avec les
policiers, avec les pompiers, avec les cols blancs. Donc, sachant que, là, je
me suis entendu avec les bleus...
L'intention, donc, de la ville, c'est
de dire : Je m'en vais vers des fonds de stabilisation, ce
qui est une chose qui n'est pas prévue actuellement, je veux qu'on l'implante, je veux me soustraire, pour des raisons
évidentes, à l'application de l'article 172, là, qui rend évidemment assez sévère la possibilité de modification, qui a probablement
été mis là aussi pour des raisons...
Tu ne changes pas ça n'importe comment. Il y a
les représentants de l'employeur, les représentants des employés, du… au comité
de retraite, puis là, en plus, l'unanimité des représentants des employés, à
défaut de quoi il y a un référendum requis.
Donc, c'est comme changer la Constitution canadienne, ça, à peu près, là.
Alors, la demande vient pour tous les régimes, mais là elle est
conditionnée par le fait qu'il y ait une nouvelle entente. Où est-ce que dans
le texte je vois ça, qu'il faut... Parce que
les bleus ont ça. Maintenant, les blancs, quand ils vont négocier la
convention, s'ils devaient arriver au
fonds de stabilisation… Où est-ce que je vois que ça va s'appliquer à condition qu'il y ait
une convention?
Présidente (Mme Champagne) : Alors, la question est posée. M.
le ministre.
Lelièvre : Bon. D'abord,
la demande que nous avons reçue émane du président du Syndicat des cols
bleus regroupés de Montréal, a été conjointement signée par le président du
comité exécutif de la ville de Montréal. Donc, présentement, la modification législative est vraiment pour donner suite à une demande conjointe unanime
des deux parties, autant l'employeur, la ville, que le syndicat en
question. La modification qui est proposée permettrait, bon, de régler ce problème-là, de répondre de façon
positive à la demande du syndicat et de la ville, mais également
mettrait la table dans le futur pour
d'autres demandes similaires qui pourraient être demandées, proposées par
d'autres accréditations syndicales.
Maintenant, le texte
de la loi ne précise pas ce que vous venez de mentionner, mais il va de soi
qu'on ne peut modifier une convention collective de façon unilatérale. Donc,
encore là, je présume, c'est une règle générale qui fait en sorte que les dispositions générales
s'appliquent automatiquement. Donc, je comprends votre préoccupation, mais je crois qu'elle serait protégée via les mécanismes déjà
en place dans l'ensemble des conventions collectives.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le porte-parole.
Lessard : O.K.
Donc, vous dites : Ça infère du droit, donc du pouvoir qui est donné, parce que c'est par pouvoir que la loi confère à la ville de Montréal le
pouvoir de déterminer, de constituer, de créer un régime, etc. À partir du
moment qu'il en crée un, donc il faut qu'il
s'entende nécessairement avec les conventions. Et, à partir de là, vous
dites : Ça inférerait des articles et des pouvoirs donnés à la
ville de Montréal. Donc, nécessairement, ça découle d'une convention. On comprend bien qu'on modifie pour tout le monde
parce que… Donc, le fonds de stabilisation, là, il serait créé pour tout
le monde. S'il y avait une convention, pour les autres aussi, qui prévoirait...
M. Lelièvre :
Effectivement, ça pourrait être le cas.
Lessard : ...des
contributions puis des remboursements à ce fonds de stabilisation là. Parce que,
probablement, la question qui n'est pas posée là-dedans, c'est : Bon, on
crée un fonds de stabilisation, l'argent vient d'où? Il vient probablement de l'entente qu'on ne voit pas. Parce que là-dedans
il y a eu une entente entre les cols bleus. L'employeur s'est entendu
avec le Syndicat des cols bleus, ils ont dit : Voici comment on va
corriger notre fonds de régime de retraite présent et à venir puis comment on
va s'éviter des problèmes, on va se créer un fonds de stabilisation.
Parce que
probablement que, comme on a demandé des consultations puis que personne n'est venu en consultation, ils sont probablement
d'accord avec la modification législative. Et ce qu'on ne voit pas, c'est que
la convention n'est pas déposée, elle n'est pas en annexe, puis ce n'est pas à
ça qu'on doit répondre aujourd'hui. Il dit : Donnez-nous simplement le pouvoir
d'éviter la lourdeur de ce qui est prévu à l'article 172. Puis, comme c'est une
bonification puis que ça touche seulement
les régimes à partir de ce fonds-là pour lequel on s'est entendu, bien, une
fois que vous aurez donné le pouvoir,
bien, à toutes les fois qu'il y aura une négociation, ce pouvoir-là existera,
si notre convention reflète qu'on veut se soumettre au fonds de
stabilisation. Parce qu'actuellement la loi ne prévoyait pas la constitution d'un
fonds de stabilisation.
Lelièvre : Non, la loi ne le prévoyait pas de façon
systématique, donc. Puis c'est sûr qu'à partir du moment… aussi il faut prendre pour acquis que les règles
régissant les régimes de retraite, normalement, des employés sont
incluses dans les conventions collectives. Donc, c'est via ces mécanismes-là
également que les deux parties sont protégées.
Lessard :
Moi, sur cet aspect-là, je ne sais pas si mes collègues ont d'autres questions,
mais, comme la
Loi sur les cités et
villes — je ne
sais pas si on avait lu l'article — puis le Code municipal, là, ce que je
comprends, c'est de la concordance.
Donc, on donne le même pouvoir à toute personne. Donc, ça veut dire aussi que,
comme gouvernement, on envoie le
signal qu'on donne un nouvel outil qui fera en sorte que les autres villes… Et
il y en a une centaine de villes, certainement
au Québec, qui ont des conventions collectives, là, importantes. Il y a
plusieurs municipalités qui n'ont pas assez de personnel, même, pour
avoir pratiquement une convention collective. Mais ça pourrait être ouvert à d'autres
parce qu'on modifie toutes les lois, même si
on n'a eu une demande que de la ville de Montréal. On n'a pas eu de
demande pour l'UMQ ou la FQM, hein?
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
M. Lelièvre :
Oui. Actuellement, l'article 1, ce sont les dispositions pour régler à question
de la ville de Montréal tout court, vraiment
pour la… À l'article 2, tantôt, on va arriver effectivement à l'élargissement
de ce pouvoir-là pour l'ensemble des municipalités du Québec, via l'article
2, qui suit, qui est pratiquement du copier-coller.
Lessard : Et en ce sens-là, parce que je comprenais qu'à la
lecture ça allait… La FQM n'a pas dit : J'aurais besoin de ça. Et l'UMQ
n'a pas dit : Moi, j'aurais besoin du même outil que la ville de Montréal.
C'est dans un élan de générosité?
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre, le député vous trouve généreux.
M. Lelièvre : Disons que c'est
sûr qu'à l'analyse du dossier on s'est rendu compte que, bon, la demande qui
était déposée par le syndicat et la ville de Montréal risquait de se retrouver
aussi au sein d'autres municipalités. C'est dans une optique, là, plus préventive et
permissive qu'on a amené l'élargissement via l'article 2. Mais il faut se dire
que les unions municipales sont au courant,
comme vous le savez, de l'ensemble du bill omnibus. Et, moi, à ma
connaissance, on n'a eu aucune opposition par rapport à cet amendement-là, là.
Il ne semble pas y avoir d'objections. On voit ça comme… Comme vous l'avez mentionné, c'est un peu un outil
supplémentaire, hein, qu'on donne aux municipalités et aux syndicats
pour s'entendre sur les façons d'atténuer les écarts, là, reliés aux
fluctuations du marché des fonds de retraite, là.
Lessard :
Disons que le raisonnement, c'est de dire : Je ne vais pas donner à la
ville de Montréal ce que je ne peux pas donner aux autres villes
touchées par la
Loi sur les cités et villes ou la
loi sur… le Code municipal.
Et je comprends que, dans la même foulée,
par exemple toutes les autres villes à charte ne vous auront fait aucune
demande en ce sens, la ville de Québec, la
ville de Gatineau, la ville de Longueuil. Alors, les autres villes à charte,
eux autres, ils disent : Nous
autres… je ne vous demande rien d'autre pour l'instant. Changez les lois
municipales peut-être… mais, si un jour je vous demande… Donc, on
pourrait avoir d'autres demandes de villes à charte qui pourraient dire :
J'ai besoin de ces pouvoirs-là?
Lelièvre : Il faudrait à ce moment-là… À ce que je comprends,
il faudrait adopter une nouvelle disposition pour les villes à charte
comme Québec?
Lelièvre : O.K. On me dit que, du côté... Par exemple, Montréal
a des dispositions particulières dans sa charte, ce qui n'existe pas dans les autres villes à charte. Donc, c'est des
dispositions générales de la
Loi sur les cités et villes qui s'appliqueraient dans pareil cas. Donc, ça nous
permettrait, on peut dire, de permettre à l'ensemble des municipalités,
cités et villes du Québec de pouvoir utiliser ce mécanisme-là advenant son
adoption.
Lessard :
Donc, la ville de Saguenay, qui a réglé avec ses employés selon d'autres
dispositions, n'avait pas demandé ces
pouvoirs-là, mais, ce que je comprends, avec l'élargissement à la
Loi sur les
cités et villes, ça lui permettrait d'avoir eu les mêmes pouvoirs si, un
jour, il avait à modifier sa convention, à aller vers un fonds de
stabilisation. Donc, les dispositions seraient déjà là pour toutes les municipalités
du Québec.
Lelièvre : Oui. La ville de Saguenay, par exemple, est incluse,
probablement en vertu de la
Loi sur les cités et villes, à l'article 2, sinon à l'article 3. Donc, pour répondre à votre
question, selon les informations que j'ai à ce moment-ci, l'ensemble des
municipalités du Québec pourraient être couvertes via les trois dispositions,
donc les articles 1, 2 et 3.
Et également,
pour peut-être vous rassurer, le fameux comité de travail qui avait été mis en
place et qui nous amène aujourd'hui à vous amener ces recommandations-là,
les deux unions municipales en faisaient partie, donc sont d'accord avec les recommandations
du comité de travail, puisqu'elles en faisaient partie.
Lessard :
Moi, je n'ai pas d'autre question. Je serais prêt à voter sur ces trois
articles-là si mes collègues n'ont pas d'autre...
La Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce que c'est bon? Oui, M. le député de Papineau.
M. Iracà :
Juste à
titre d'information, pour être certain de bien comprendre, je me réfère
au premier paragraphe, là, de la note
explicative : …afin de permettre à la ville d'adopter certaines
modifications au régime de retraite des employés de la ville sans qu'elle
soit assujettie à certains consentements. Il s'agit de modifications qui visent
à stabiliser le coût du régime.
Ce que je
comprends, c'est que le fait d'obtenir des consentements fait en sorte que ça
augmente le coût du régime. Qu'est-ce qui fait, en lien avec la phrase,
là, précédente, que ça stabilise le coût du régime? Est-ce que c'est le fait de
demander des consentements qui amène une lourdeur?
La Présidente (Mme Champagne) :
M. le ministre.
M. Lelièvre : Oui. Il faut
comprendre le libellé que vous avez mentionné. Quand on parle de lourdeur,
quand on parle d'exigences très, très
élevées en termes de consentement, c'est pour l'aspect légal et non pas
l'aspect financier. Donc, ça allait
jusqu'à, dans certains cas, requérir le consentement à l'unanimité des membres,
donc, des employés. Et donc, dans d'autres cas, ça pouvait aller jusqu'à
un référendum. Donc, c'est ces règles-là plus les règles de mise en application
qui étaient très, très, très sévères et qu'on vient faciliter avec ce projet de
loi là.
La Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 1? Oui, M. le député de
Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Oui,
quand on parle ici de placer dans un fonds de stabilisation, moi, si j'ai bien
compris, est-ce que ce seraient des sommes
supplémentaires qui seraient mises à l'intérieur d'un régime de retraite pour
faire en sorte… la viabilité du régime?
Présidente (Mme Champagne) : Est-ce que ce sont des sommes
supplémentaires, c'est ça, que vous dites? M. le ministre.
Lelièvre : Oui, Mme la Présidente, un fonds de stabilisation,
ce sont généralement des cotisations supplémentaires qui sont versées
dans ce fameux fonds-là et qui servent à éponger les variations, là, de rendement
surtout négatives, là, du fonds de retraite.
Les modalités de contribution sont établies lorsqu'on crée ce fameux
fonds-là. C'est à ce moment-là que les
modalités de contributions respectives des employés et des employeurs sont
définies. Donc, encore là, ça prend une entente, un consensus entre le
syndicat généralement et l'employeur, la ville, pour déterminer dans quelles
proportions les deux parties vont contribuer.
La Présidente (Mme
Champagne) : Est-ce que ça répond à la question?
Schneeberger : Oui. Est-ce que, justement, ça pourrait
amener à une augmentation de la taxation ou quoique ce soit d'une
partie, de la ville admettons?
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le ministre.
Lelièvre : C'est sûr que l'adhésion à ce fonds-là est sur une
base volontaire, hein? C'est facultatif. Donc, on donne un pouvoir aux municipalités de constituer ce fameux
fonds-là. Si la municipalité y consent, il m'apparaît incontournable qu'elle
va devoir y verser une certaine somme. Maintenant, est-ce que ces sommes-là
vont être prises à même le surplus de la
municipalité via une taxe ou une autre formule de cotisation? Ça restera à
déterminer dans chacun des cas. Mais
chaque municipalité va devoir évaluer les conséquences d'y adhérer, à ce
fonds-là. Puis, en même temps, bien,
quand le... à chaque occasion qu'on aura pour verser, bien, elle devra évaluer
où seront pris les argents, les sommes, là. Mais, en théorie, ça peut
être via le surplus, via des réserves financières ou via la taxation.
La Présidente (Mme
Champagne) : Est-ce que c'est complet pour vous, M. le député
de Drummond?
Schneeberger :
Oui.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le député de Mégantic, rapidement,
puisque la salle est demandée, là.
Bolduc
(Mégantic) : Ça va être simple. Le point, c'est que ceci
semble rencontrer les conditions de la capitalisation améliorée du rapport D'Amours.
Est-ce que je me trompe ici? Juste une question de curiosité. Mêmes
dispositions.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre, rapidement.
Lelièvre : Écoutez,
je ne suis pas un spécialiste en fiscalité, là, mais l'information qu'on a dans le dossier… Parce que c'est sûr qu'il y a eu, dans
l'analyse du projet de loi, il y a eu souvent des discussions qui ont touché
sur le rapport D'Amours, et les amendements qu'on amène aujourd'hui n'affectent pas
les déficits accumulés ou actuariels des fonds de retraite. Donc, ce n'est
pas vraiment, là, dans le même ordre.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, on a une proposition, même ça vient du porte-parole
de l'opposition officielle : Comme 2 et 3, c'est comme une concordance de
1, est-ce que vous êtes d'accord d'adopter les articles 1, 2 et 3?
La Présidente (Mme Champagne) : Donc, les articles 1, 2 et 3 sont
adoptés. Alors, moi, j'adore cette efficacité-là.
Alors,
compte tenu de l'heure, nous allons suspendre les travaux jusqu'à 15 heures cet
après-midi, si je ne me trompe, au même endroit. Alors, bon appétit,
tout le monde.
(Suspension de la séance à 13
heures)
La Présidente (Mme
Champagne) : À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, ayant constaté
le quorum, je déclare la séance de la
Commission de l'aménagement du territoire ouverte. Ça se calme. Alors, je
demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
je vous rappelle que la commission est réunie cet après-midi afin de procéder à
l'étude détaillée du projet de loi n° 64, Loi modifiant diverses
dispositions législatives concernant le domaine municipal.
Alors, quand nous nous sommes quittés, ce midi,
en fait à 13 heures, nous étions rendus à étudier l'article 4. Alors, M. le
ministre, la parole est à vous.
Lelièvre : Merci, Mme la Présidente. Bon :
4. La
Loi sur les
compétences municipales (chapitre C-47.1) est modifiée par l'insertion, après l'article
95, du suivant :
«95.1. Toute
municipalité locale peut, aux fins de l'exercice de l'une ou l'autre de ses
compétences, posséder un barrage et l'exploiter.
«Une
municipalité locale dont le territoire est compris dans celui d'une municipalité
régionale de comté doit, avant de construire un barrage ou de réaliser
sur un barrage des travaux susceptibles de modifier sa capacité de retenue ou d'affecter
l'écoulement des eaux, obtenir l'autorisation de cette municipalité régionale
de comté. Lorsque le barrage est situé dans
un lac ou un cours d'eau qui est de la compétence commune de plusieurs
municipalités régionales de comté, la municipalité locale doit obtenir l'autorisation
de toutes ces municipalités régionales de comté ou du bureau des délégués, le
cas échéant.
«L'obtention de cette
autorisation peut être assujettie à la conclusion d'une entente sur l'exploitation
du barrage.»
Dans les notes
explicatives.
L'article 4 modifie la
Loi sur les compétences municipales afin
de permettre à une municipalité locale de posséder et d'exploiter un barrage
lorsque cela peut se rattacher à l'exercice de l'une ou l'autre de ses
compétences existantes, telle l'alimentation en eau potable.
Afin
d'harmoniser ce nouveau pouvoir avec la compétence exclusive des MRC en matière de lacs et de cours d'eau, il est prévu qu'une municipalité locale
qui souhaite réaliser sur un barrage des travaux susceptibles de modifier sa capacité de retenue ou d'affecter l'écoulement des
eaux doit, lorsque le lac ou le cours d'eau relève du palier régional, obtenir l'autorisation
de la MRC concernée, des MRC concernées ou du bureau des délégués, selon le
cas. Il est également prévu que la
conclusion d'une entente… (panne de son) …du barrage peut être exigée comme
condition d'autorisation.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le porte-parole de l'opposition
officielle.
Lessard : Merci, Mme la Présidente. Donc, l'article 4, donc
c'est la constitution d'un nouveau pouvoir, parce qu'elle n'existait pas… une municipalité... Donc,
ce qu'on comprend, a contrario, c'est que la municipalité ne pouvait
pas, aux fins de l'exercice de l'une ou
l'autre de ses compétences, posséder un barrage et l'exploiter. Alors,
nécessairement, il doit y avoir eu une
demande d'une municipalité. Est-ce
que c'est dans le cas des minicentrales? Est-ce que c'est dans le cas
de… Donc, on essaie de créer un nouveau pouvoir en tenant compte d'une demande.
Est-ce que ça répond à ça, M. le ministre?
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
Lelièvre : Oui, ça répond effectivement à plusieurs demandes,
dont la Fédération québécoise des municipalités, qui nous a sensibilisés
à l'importance de corriger le tir. Non seulement c'est pour des projets futurs,
mais c'est aussi pour permettre aux municipalités d'entretenir leurs ouvrages.
Parce que plusieurs municipalités sont propriétaires de barrages, mais, avec la
Loi sur les compétences municipales, on a
reconnu la MRC comme maître d'oeuvre unique au niveau des ouvrages tels
les barrages d'alimentation en eau. Puis on s'est rendu compte aussi, au
MAMROT, qu'on recevait des demandes pour approuver des règlements d'emprunt
pour des travaux sur des barrages municipaux, des demandes déposées par des municipalités locales. Là, il y avait un
problème de conformité parce que les municipalités locales n'avaient pas
la compétence pour gérer ces ouvrages-là, mais ça se fait, de fait, depuis des
décennies.
Donc,
c'est aussi pour permettre aux municipalités de vaquer à leurs responsabilités.
Et aussi, dans le futur, ça pourrait permettre aux municipalités d'acquérir
de nouveaux barrages si elles jugent que c'est opportun soit pour des raisons de développement économique ou encore
beaucoup au niveau du loisir, de la culture, de l'eau potable également.
Donc, c'est à peu près ça, le contexte, là.
Lessard :
Donc, on dit que la compétence exclusive des MRC est en matière de lacs et de
cours d'eau. Ça veut dire que c'est elle, en
général, qui prescrit l'intervention pour… dans chacune des municipalités.
Est-ce que ça voulait dire qu'elle était la seule à pouvoir posséder des
ouvrages? Non?
M. Lelièvre :
Non. C'est-à-dire qu'elles ont compétence pour légiférer, légiférer sur la
forme, la nature des travaux. Par contre,
les… ça peut être des compagnies privées qui sont propriétaires — c'est le cas au Québec — ça peut être des municipalités, ça
peut être des associations de loisirs, par exemple, qui font un barrage sur un
lac, un cours d'eau pour faire de la récréation. Mais on reconnaissait à la MRC
le pouvoir exclusif de réglementer en la matière.
Lessard :
Et donc, jusqu'à maintenant, de fait, les municipalités ont probablement
construit, érigé des barrages sans que, dans
la
Loi sur les compétences, ils avaient donc la capacité légale de le faire.
Est-ce que ce serait ça?
Lelièvre : Je me demande si… Ce que vous avancez est vrai en
bonne partie, en majeure partie, mais il y avait, avant la
Loi sur les
compétences municipales… La question que j'aimerais que les gens qui m'accompagnent
peut-être donnent une réponse : Est-ce
qu'avant la
Loi sur les compétences les municipalités locales avaient ce
pouvoir-là?
M. Lelièvre : C'est
ça. Donc, avec l'adoption de la
Loi sur les compétences, c'est venu amener les
MRC en termes d'intervenant privilégié, et c'est à ce niveau-là qu'on
juge nécessaire de réglementer aujourd'hui, d'intervenir, là.
Lessard : Donc, quand on dit «la municipalité locale peut,
aux fins de l'exercice de l'une ou l'autre de ses compétences, posséder un barrage, de l'exploiter»,
donc c'est ses compétences en vertu de la
Loi sur les compétences, c'est
une modification à la
Loi sur les compétences, et ces compétences-là, elles
étaient aussi variées que loisirs et autres dans la
Loi sur les compétences.
Donc, vous dites : O.K., est-ce que ça permet un…
Bon,
on le voit, j'ai l'exemple : Saint-Georges de Beauce qui a… je ne sais pas
si c'est un barrage, c'est un ouvrage. Ils ont un barrage pour la
régulation de la rivière Chaudière. Ils ont un ouvrage pour permettre un lac…
celui-là, ce n'est peut-être pas… Donc, un
barrage puis un ouvrage, est-ce que c'est la même affaire aux yeux du ministre?
Est-ce qu'on parle des mêmes
propriétés? Souvent, dans un lac, il y a un ouvrage. Chez nous, je me souviens,
le lac Bécancour, ce n'est pas un
barrage, apparemment c'est un ouvrage, et là, là, la distinction. Donc, on
parle vraiment des barrages, dans notre tête, on construit quelque chose pour retenir, et c'est plus que simplement une
petite fosse, une digue ou quelque chose du genre, là.
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
Lelièvre : Oui. Dans le… à l'article 95, on vient permettre aux
municipalités locales d'intervenir au niveau des barrages. Maintenant, c'est
sûr qu'un ouvrage, pour moi, c'est sûrement des travaux qui sont de moins d'envergure
qu'un barrage, mais il y a peut-être
des gens, sur le plan technique, qui pourraient l'expliquer plus clairement,
là. Mais l'objectif de l'article 95, c'est vraiment d'intervenir sur l'aspect
des barrages au niveau des municipalités locales. On ne parle pas d'ouvrage,
là, à ce moment-ci.
Lessard : …peut-être
la parole à d'autres. Bon. On dit : «posséder un barrage […] l'exploiter».
On comprend pour des fins
d'alimentation en eau potable la plupart du temps, mais, si on s'en va vers les
microbarrages, donc, pour générer de l'activité... de la ressource hydraulique, nécessairement c'est de vendre
de l'électricité, donc c'est s'autofournir en électricité et disposer
des surplus.
Est-ce que, dans la
Loi sur les compétences… Je me souviens que, pour certaines municipalités,
ce n'était pas prévu de même
vendre des surplus d'énergie. Donc, dans le cas de «posséder un barrage […]
l'exploiter», «l'exploiter», est-ce que ça va jusque dans le sens même
de disposer de la force hydraulique à Hydro-Québec où, exemple, je ne sais pas, là, le barrage Hydro-Magog, il y a
des ententes… Est-ce que c'est dans
ce sens-là aussi qu'est créée la loi,
là, «l'exploiter», est-u dans ce sens-là, ou de plutôt gérer, l'aménager,
baisser, ouvrir les valves, tu sais?
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre.
M. Lelièvre :
L'article qui est présentement sur la table permet à l'ensemble des municipalités
d'exploiter différents types de barrage,
dont notamment des barrages qui pourraient aller jusqu'à des
barrages hydroélectriques, à ma connaissance. Mais il y a également
des pouvoirs spécifiques au niveau hydroélectricité qui sont supplémentaires ou
complémentaires à la
Loi sur les compétences municipales. Donc, si on parle de
barrages hydroélectriques, il y a des dispositions également complémentaires ou
supplémentaires au niveau de la loi qui régit ces ouvrages spécifiques là.
Lessard : Et donc
ce n'est pas l'objet du projet de loi qui est ici, c'est dans d'autres lois, fort
possiblement, parce qu'ici on a seulement…
on donne la capacité à une municipalité de procéder, de maintenir, d'ériger et
d'exploiter. Je comprends que, s'ils en
arrivent à exploiter pour des fins de la force hydraulique, de vendre des
surplus ou de prendre cette énergie-là, est-ce qu'elle aurait le droit…
elle aura le droit nécessairement de prendre cette énergie-là pour alimenter
ses bâtiments communautaires?
Pensons,
exemple, au barrage de Val-Jalbert. Est-ce que celui-là… Est-ce que le projet
de loi va permettre, exemple, à
Val-Jalbert de posséder, ouvrir, exploiter, et, dans ce cas-là, exemple,
Val-Jalbert, ça permet aussi de vendre l'électricité?
M. Lelièvre :
Mme la Présidente, peut-être que les gens qui m'accompagnent pourraient
répondre, là, à cette question-là, je préférerais, au niveau énergétique.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, si vous voulez vous identifier pour fins d'enregistrement,
s'il vous plaît!
Cantwell (Philip) : Oui. Merci, Mme la Présidente. Philip Cantwell, de la Direction des affaires
juridiques du ministère des Affaires municipales. Donc, pour répondre à la question
qui est posée, le nouvel
article 95.1 ne vise pas
les barrages qui seraient construits à des fins de production d'énergie parce qu'il y a déjà des dispositions dans la
Loi sur les compétences municipales qui accordent aux municipalités locales et
aux MRC le pouvoir de construire des centrales hydroélectriques, de les exploiter avec différents partenaires. Donc, ça
vise des barrages qui seraient utilisés à d'autres fins.
La Présidente (Mme
Champagne) : Merci, M. Cantwell. M. le député.
Lessard :
O.K. Donc, un, ce que je comprends, on donne… Pour des fins d'exploitation à
des fins hydrauliques, le pouvoir aux municipalités était déjà donné dans la
Loi sur les compétences, mais il semble... Parce que, si j'entends la réponse
de maître… J'ai oublié rien que votre nom, je n'ai pas entendu…
La Présidente (Mme
Champagne) : Cantwell, Cantwell.
Lessard : Cantwell,
O.K. Donc, j'entends qu'en vertu de la
Loi sur les compétences il existe un
pouvoir pour une municipalité ou une MRC de construire pour des fins
hydrauliques. Celle-là, elle est déjà couverte par la loi. Là, on introduit un nouveau projet de loi qui permet à toute
municipalité locale, pour les fins de ses compétences, donc en vertu de
la
Loi sur les compétences, de posséder un barrage et l'exploiter. Donc, ça
veut dire que les pouvoirs qui étaient donnés pour les charges hydrauliques
excluaient le fait de posséder et construire pour tout autre fin.
La Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce que c'est bien ça, M. le ministre? Oui?
Lelièvre : Oui. Si on regarde à l'article 17.1 de la
Loi sur
les compétences, là, déjà les municipalités et les municipalités régionales de comté avaient des
compétences pour ce qui était de… au niveau hydroélectrique et au niveau
éolien. Bon, ça, c'était déjà réglé. Là, ce
qu'on ajoute aujourd'hui, c'est des pouvoirs pour élargir le champ d'intervention
des municipalités, notamment au niveau loisirs, protection en eau, protection
incendie et par des barrages ou des ouvrages pour l'eau potable, etc. Donc, l'aspect
hydroélectrique était déjà réglé, on ajoute d'autres volets, qui sont le loisir
et la sécurité, etc.
Lessard :
Donc, ça nous rappelle que la
Loi sur les compétences n'a pas de pouvoir résiduaire en semblable matière s'il n'est pas spécifiquement nommé. Et, comme il n'était pas spécifiquement nommé, on sent l'obligation d'aller le nommer parce qu'il
y a des problèmes reliés à la... qui est propriétaire, qui a le droit d'exploitation.
Moi, ça va me convenir, là, je vois qu'est-ce que vous voulez régler comme
problématique.
Il y avait une demande de la Fédération
québécoise des municipalités par rapport à leur signification de leurs besoins, qui disait : J'ai trois, quatre
points, dont un sur les barrages. Mais, en parlant de barrages, vous savez que
les MRC sont assez frileuses à gérer les problèmes d'eau, de cours d'eau
versus la responsabilité. Une demande particulière a toujours été d'avoir l'immunité ou la non-responsabilité s'ils ont agi
de façon diligente, responsable, etc. Donc, ils semblent appliquer le
même principe, là, sur la constitution des barrages. Est-ce que vous avez eu un
échange par rapport à ça avec M. Généreux, là?
La Présidente (Mme Champagne) :
M. le ministre.
M. Lelièvre : Oui. Par
rapport à cette préoccupation-là, on m'informe qu'il y a un comité qui a été
mis en place, d'ailleurs, sous votre gouverne à l'époque, et qui poursuit
toujours ses travaux, mais il n'y a pas de décision encore d'arrêtée.
Lessard :
Donc, je sais que gestion des cours d'eau… Ça, c'est la gestion des cours
d'eau, oui. En fait, bon, je pense
qu'ils voulaient avoir la même reconnaissance. «Une modification législative à
105 de la
Loi sur les compétences municipales
viendrait satisfaire…» O.K. Donc, ce n'est pas l'objet de la demande
actuellement. Je comprends. Donc, les travaux se continueront et devront
toucher nécessairement, comme on leur donne la compétence, sur les barrages.
Si, un jour, il y a une décision du
gouvernement d'aller dans le sens de la demande de la FQM sur ce volet de la
responsabilité, ça touchera les cours d'eau et ça touchera nécessairement le
volet des barrages. Pour moi, ça complète. Je ne sais pas, mon collègue de…
La Présidente (Mme Champagne) :
Oui, M. le député de Mégantic aurait une question.
Bolduc
(Mégantic) : Merci, Mme la Présidente. Moi, j'ai une
question qui est complémentaire, dans le sens où les municipalités et
les MRC, vous savez, oui, on a un droit de gestion sur l'eau, mais il y a aussi
le problème de la gestion par bassin versant.
Prenons le
barrage à Lac-Mégantic qui finalement contrôle le débit de la rivière Chaudière
puis qui affecte tout le parcours de la rivière, là. Je pense qu'on ne
fera pas le débat de ça, là. Mais comment la coordination entre les MRC puis la gestion par bassin versant va se faire,
là, à travers ça? Parce que, là, avant, on a le… — voyons! — le comité hydrique qui contrôle, O.K., qui le gère.
Maintenant, ça, ici, est-ce que ça tombe dans la même responsabilité?
Puis comment cette coordination-là va se faire? Une question de…
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre.
M. Lelièvre : Les pouvoirs
des comités de bassin versant, bon, ce sont des organismes, des structures qui
ont été mises en place, là, il y a cinq,
six, sept ans peut-être, là, à travers le Québec, effectivement. Ce sont des
organismes qui, à mon avis, sont davantage à
titre consultatif, concertation,
hein, prévention, des bonnes personnes-ressources qui produisent des judicieux
conseils, notamment aux MRC, aux municipalités, puis aux différentes instances
qui ont à intervenir au niveau de l'ensemble des… toute la problématique ou le
dossier d'écoulement des eaux.
MRC, dans le… à l'article 95.1, on précise que, les barrages, il y a «des
travaux susceptibles de modifier la capacité
de retenue ou d'affecter l'écoulement des eaux». Donc, on voit que, dans le
libellé de l'article, on veut donner un pouvoir quand même… on veut
intervenir à un certain niveau, là. On veut que les MRC entrent en ligne de
compte en termes d'approbation de travaux dès que les travaux, les ouvrages,
notamment les barrages qui sont réalisés, sont «susceptibles de modifier la capacité de retenue
[du cours d'eau] ou d'affecter l'écoulement des eaux». Donc, on voit,
là, que c'est dès que ça peut déborder, là, du champ immédiat du cours d'eau,
les MRC doivent être mises à
partie puis continuer à exercer leurs compétences.
Moi,
je ne vois pas de chevauchement, à première vue, avec les comités des bassins
versants. Ces organismes-là, comme je le disais tantôt, sont, à mon
avis, plus des instances-conseils aux MRC, aux municipalités, aux organismes,
mais la responsabilité légale demeure toujours sous l'égide de la MRC
strictement à partir de l'article qui est là.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, c'est bon. Est-ce qu'il y a d'autres
questions? Oui, le député… M. le député de Papineau.
M. Iracà :
Oui, merci, Mme la Présidente. En lien avec le deuxième paragraphe, là, de la…
les notes de l'article 4, lorsqu'on dit que
c'est des compétences exclusives à la MRC, tout ce qui concerne la réalisation
de barrages, est-ce qu'il aurait été
pertinent, dans l'article, de faire une référence à la
Loi sur la qualité de
l'environnement? Parce qu'on sait qu'en bout de piste ça prend une
autorisation du ministère de l'Environnement. Lorsqu'on touche à un barrage, lorsqu'on touche à l'eau, il faut obligatoirement
avoir, en bout de piste, l'autorisation du ministère de l'Environnement.
Même si la MRC — si
on dit que c'est elle qui a la compétence exclusive — autorise
une municipalité à agir sur un barrage ou à réaliser un barrage, si le ministère
de l'Environnement n'émet pas l'autorisation, bien il n'y aura pas de construction de barrage. Alors, aurait-il été
pertinent, dans l'article, de faire une référence à la LQE, la
Loi sur la
qualité de l'environnement, pour le bénéfice des citoyens, pour s'assurer que
les citoyens comprennent bien qu'en bout de piste la
Loi sur la qualité de l'environnement prime? On touche au barrage, on touche à l'eau et
éventuellement les gens qui boivent cette eau-là. Alors,
aurait-il été pertinent de le mentionner?
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le ministre.
Lelièvre : Votre question
est pertinente puis elle réfère vraiment, hein, à l'aspect pratico-pratique des
choses, là, parce que c'est vraiment comme ça que ça se vit, vous avez raison,
sur le terrain. Sauf qu'à ma connaissance, là, l'ensemble des ministères
interviennent de façon plutôt sectorielle, là, sur le plan légal.
risque peut-être de mentionner à
titre informatif, par exemple… Parce que l'objectif que vous recherchez, je pense, c'est d'aviser,
bon, l'intervenant que, oui, vous avez une autorisation de la MRC qui est
requise, mais aussi il peut y avoir l'Environnement… Il y a l'Environnement, par l'objet des certificats d'autorisation, les articles
22, mais il y a peut-être d'autres ministères aussi qui doivent
intervenir. Puis je pense que généralement, quand on adopte une loi, on se
limite à ce qui est directement concerné par le ministère concerné.
Le risque peut-être
de nommer nommément le ministère de l'Environnement, c'est peut-être qu'il
faudrait tout nommer les différents ministères, parce qu'il y a peut-être d'autres
autorisations. C'est la façon généralement qu'on procède, là, c'est ce qu'on me
dit. Mais ce que vous dites est vrai.
M. Iracà :
Mme la Présidente, si je peux me permettre…
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le député de Papineau.
M. Iracà :
Peut-être, d'une manière large, aurait-il été pertinent de l'écrire dans une
phrase générale sans nommément mentionner
les ministères mais que c'est subrogé aux autorisations requises, alors «à
d'autres autorisations requises», peut-être pour rassurer un peu les
gens qui, lorsqu'ils vont lire ça, vont dire : La MRC m'a autorisé ou l'a
autorisé, donc on peut utiliser le barrage. Alors, moi, je pense que ça aurait
été peut-être, sans les… Je comprends l'inquiétude,
là, du ministre, là. Effectivement, il a raison. Alors, si on en nomme un, le
danger là-dedans, c'est d'en oublier. Mais peut-être qu'une phrase
générale ou un bout de phrase générale aurait pu inclure implicitement toutes
les autorisations requises, en sachant que le dernier mot, ce n'est pas la MRC
nécessairement qui l'a.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. le ministre.
Lelièvre : Je vais demander à la personne qui m'accompagne de
tenter de répondre peut-être plus profondément à votre question.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, M. Catwell… Cantwell, c'est bien ça?
M. Cantwell
(Philip) : Oui, merci.
La Présidente (Mme
Champagne) : Cantwell, C-a-n-t. Voilà.
M. Cantwell
(Philip) : C'est ça. Donc, ça va de soi que les autres lois s'appliquent — par
exemple, la
Loi sur la qualité de
l'environnement — à une
municipalité locale ou à une MRC lorsqu'une intervention est faite dans
un cours d'eau. Et il y a toujours un danger
d'associer… à prévoir quelque chose qui est déjà obligatoire et qui va de soi,
parce qu'il y a le risque que ce soit interprété… on dit interprété a
contrario, par la suite, dans le sens que, si ce n'était pas… En fait, si on a
senti le besoin de le mentionner, c'est parce qu'ailleurs, à d'autres endroits
dans la loi où on n'aurait pas mentionné quelque chose de semblable… que ces
obligations-là n'existent pas.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, voilà. Oui, M. le député de…
Lotbinière-Frontenac.
Lessard : Ça va
arriver, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Champagne) :
Ça va bien, ça s'en vient.
Lessard : Lâchez
pas!
La Présidente (Mme Champagne) :
J'étais portée à dire autre chose avant.
Lessard : La
question de mon collègue, d'après nous, est intéressante pour la chose
suivante… un petit parallèle peut-être sur
la notion d'aussi quand on doit obtenir les autorisations des autres
municipalités. Prenez l'exemple des
éoliennes. Combien de personnes ont parcouru la MRC, les municipalités,
propriétaire par propriétaire… Il dit : J'ai les autorisations nécessaires pour aller en appel
d'offres. Les appels d'offres sont sortis. Quand les appels d'offres
sont sortis, ils ont dit : O.K., j'ai toutes les autorisations, j'ai
visité tous mes propriétaires, j'en ai assez, puis là changez la
réglementation, j'ai obtenu le contrat. Je ne sais pas si des municipalités,
dire : Écoute, je pense faire un barrage, me donnerais-tu l'autorisation?
Je te donne l'autorisation…
À quelle étape l'autorisation doit être obtenue?
Après que le ministère de l'Environnement ait délivré? Donc, si j'obtenais, en disant : Aïe! on s'entend,
là, je vais aller faire une demande pour faire un barrage, là… Il n'y a pas
de problème. Ah oui, on te donne l'autorisation.
Après ça, lorsque l'autorisation du ministère de l'Environnement est
consentie à cette municipalité-là, c'est
rendu public, et là il y a un tollé. Là, tout le monde va dans les réunions de
municipalités, va dans les réunions de MRC,
puis là ils leur donnent une volée de bois vert comme c'est probablement arrivé
au Québec dans le porc, comme c'est déjà arrivé au Québec dans l'éolien.
Il y a peut-être
une question de précision à quel moment, sachant que les
autorisations préalables... Une fois les autorisations préalables… Je
pense que c'est dans ce sens-là, sans les nommer. Ça aurait pu être peut-être l'objet d'une
précision : Après avoir obtenu les
autorisations, la municipalité va demander… avant de construire, demandera aux
autres... devra obtenir l'autorisation. On sera au moins dans une séquence c'est
quand il faut aller chercher l'autorisation des MRC, des municipalités.
Lelièvre : ...une
réponse, M. le député. Selon moi, l'esprit de cette loi-là… de cet amendement-là,
c'est avant tout de reconnaître le pouvoir aux municipalités, hein, d'intervenir.
Mais en même temps on va voulu sécuriser les MRC
puis reconnaître le rôle déjà en
vigueur, sur le plan réglementaire,
sur le plan du contrôle, qu'exerçaient déjà
des municipalités régionales de comté. Parce que, quand on lit l'article, on
donne... Bon, dans un premier temps, on reconnaît
aux municipalités locales le pouvoir puis ensuite on en dit long
sur les MRC. Ça fait que, là, on voit qu'on veut venir sécuriser les MRC
en disant : Bien, écoutez, oui, les municipalités locales ont des pouvoirs
d'intervenir comme propriétaires, comme
opérateurs gestionnaires de ces ouvrages-là, mais en même temps n'oublions pas que les MRC ont toujours leur pouvoir de réglementation, de contrôle puis
que ce rôle-là continue à s'exercer. C'est sûr que, dans l'esprit, on a
fait la modification. On allait peut-être moins loin que dans votre réflexion.
Maintenant,
est-ce qu'il y aurait lieu d'inclure
un moment pour déposer la demande? Est-ce que c'est habituel dans ce genre de loi là? Est-ce que ça va aider ou
complexifier la tâche, dans le sens que, si, par exemple, une
municipalité locale a la compétence,
dorénavant elle doit intervenir; pour intervenir, elle doit avoir l'approbation
de la MRC, comme vous l'avez mentionné tantôt, possiblement du ministère
de l'Environnement, peut-être du ministère des Ressources naturelles, de la
Faune? Si on vient mettre une séquence, est-ce qu'on vient aider, simplifier la
tâche ou complexifier la tâche parce que, là,
il y a une séquence, là? Est-ce que les ministères vont dire : Bien là,
regarde, nous autres, on ne se penche pas sur l'analyse de la demande
parce qu'en premier ça prend l'accord de la MRC, s'il n'y a pas d'accord de la MRC, c'est «no-go», on ne va pas de l'avant?
Puis je me pose la question, mais moi, si... Je suis là pour essayer d'avoir
le meilleur fonctionnement possible, là, simple, efficace. Si on arrive à la
conclusion qu'il faut le préciser, je suis très ouvert à ça, mais je me
questionne par rapport à ce risque-là peut-être, là.
La Présidente (Mme Champagne) :
Autres commentaires? Oui.
Lessard : Bien,
quand j'analyse le texte, il y a quand même une séquence, parce que ça dit que…
la municipalité locale comprise dans celui-là d'une MRC. Ça veut dire qu'il y a
les municipalités locales qui sont dans des territoires non organisés; eux
autres, ça ne les concernera pas. Donc...
Lelièvre : Ce n'est pas le cas. Il n'y a pas de municipalité
locale dans des TNO. Les territoires non organisés, par défaut, sont des
territoires non municipalisés. Ce que ça veut dire, c'est que, la municipalité
locale qui intervient sur un cours d'eau par
l'entremise d'un barrage, c'est la MRC où est située cette municipalité-là qui
va devoir réglementer. Si c'est plus d'une MRC, parce que ça peut être
un cours d'eau qui touche plus d'une MRC, ce sera la MRC où sera situé l'ouvrage
qui devra intervenir de premier plan.
Lessard : O.K. Donc, le «d'une municipalité régionale de
comté» vient plutôt préciser le nombre dans lequel
ça se situe. O.K. «Une municipalité locale dont le territoire est compris dans
celui d'une municipalité régionale de comté
doit…» Là, on voit que c'est avant de construire. Donc, ça se peut qu'il ait
obtenu les autorisations, puis il dit : Avant que j'aille mettre les pieds là, là je devrais
avoir l'autorisation de la MRC. Mais il a obtenu... Ce que je présume, c'est
qu'il pourrait avoir obtenu ou pas son autorisation du BAPE. Ça peut être soit
un projet, soit une réalité, on ne le sait pas dans le projet de loi.
Parce
que la «municipalité locale dont le territoire est compris dans celui d'une
MRC» dit : Je veux construire l'année
prochaine, Je n'ai pas encore mon autorisation du BAPE... pas du BAPE mais du
ministère de l'Environnement, je vais
aller chercher… — donc, je
suis avant l'étape de construire — je vais aller chercher mon autorisation. Ils
me disent : On est d'accord puis
on verra si tu vas obtenir ton permis. Plus tard, il obtient le permis de
construire. Là, c'est rendu public parce que la MRC l'a, parce que... Ça
pourrait donc créer... Et les citoyens, dire : Bien là, on a été leurrés
là-dedans parce qu'il a tout fait ça alors
que nous autres, on ne savait pas qu'il avait un projet de construire un
barrage. Il s'est passé une résolution d'un exécutif, un après-midi,
puis ils ont dit : Bon, si tu veux bâtir éventuellement un barrage, c'est
correct. La journée que ça sort, là les résidents disent : Attends un peu,
nous autres, on n'était pas à cette réunion-là, on ne sait pas que...
ne sais pas s'ils ne pourraient pas se sentir devant le fait accompli, que les autorisations de la MRC ont
déjà été données, ce n'est pas encore
construit, puis, dans l'année, il y a eu l'autorisation du ministère de l'Environnement, puis là c'est trop tard pour retourner à
la MRC pour demander des autorisations, c'est trop tard pour les citoyens, de
dire : Aie, attends un peu, avoir su que tu avais un projet puis que tu
voulais donner l'autorisation, je me serais présenté, tu ne nous as pas
consultés.
Je ne sais jusqu'à quel point la séquence
ferait en sorte que ça pourrait peut-être nuire… et de se sentir trompé. Et peut-être,
si ça commençait par... Je ne changerais pas le texte, je dirais : Une
fois toutes les autorisations obtenues des ministères — quelque chose — une
municipalité locale dont le territoire est compris dans
celui d'une MRC doit, avant de
construire... Donc là, il est obligé de présenter un projet, de le faire
savoir. Il a passé une résolution à sa ville, il a...
Lelièvre : Je pense
qu'on arrive à la conclusion, là, commune qu'en voulant des fois, là, peut-être prévenir, ça risquerait peut-être de complexifier les
choses puis… Parce que, pour avoir travaillé dans le domaine municipal pendant quelques années, vous
savez, des fois on commence et on dit : Bon, j'ai un projet, j'ai besoin
de quatre autorisations; tu commences par celui que tu penses qui va déboucher
le plus vite, puis souvent c'est le dernier que tu vas régler.
Donc, je pense que
moi, honnêtement, je préférerais... Je crois que c'est plus sage, c'est plus
efficace et ça simplifie la vie des intervenants en ne prévoyant pas de
séquence, à mon avis, hein? Vous savez, vous avez été dans le municipal, la
plupart d'entre vous aussi, souvent on tend plusieurs perches, ça lève, ça ne
lève pas, on avance, on revient à la charge. Donc, à mon avis, ce serait mieux
de rester comme c'est prévu présentement.
Puis les gens qui m'accompagnent me font remarquer
aussi qu'à l'article 17.1 de la
Loi sur les compétences — qu'on
faisait allusion tantôt pour les barrages et les ouvrages hydroélectriques — si on
allait dans ce sens-là, dans le sens d'émettre
une séquence, il faudrait aussi modifier probablement cet article-là par concordance parce qu'on parle d'ouvrages quasi similaires puis on aurait deux
procédures différentes, ça pourrait porter à confusion, je crois.
Lessard :
En écoutant puis en essayant de mettre la population… je serais porté à faire l'amendement,
d'accord? La seule affaire qui me rabat à savoir que je ne le déposerai pas, c'est
qu'une municipalité ça parle par résolutions.
À tout le moins, pour aller demander de faire un barrage au ministère de
l'Environnement, il a dû passer une résolution, il a dû publier ça,
donc. Sinon, si ce n'était pas le cas, je serais obligé de vous dire que je
demanderais justement de l'introduire, la modification, parce que c'est sûr qu'à
la fin je vais demander ma demande. Le maire ne peut pas rien qu'aller voir le
ministère de l'Environnement et dire : Aïe, je te demande ça, là, je
reviendrai plus tard, je vais aller chercher
mes autorisations. Alors, probablement qu'à toutes les fois qu'il demande à la
MRC même ça lui prend une résolution.
Donc, je suis en train de me convaincre moi-même que, parce qu'on parle
publiquement par résolutions...
Lessard :
...c'est la première barrière de sécurité pour informer la population. Et, pour
le reste… Donc, je vais m'en remettre à ça.
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, je me permets...
M. Lelièvre :
Un bon plaidoyer. C'était bon!
La Présidente (Mme
Champagne) : M. le ministre, M. le porte-parole me permet un
petit arrêt. C'est que je viens tout juste, tout juste de recevoir de la
Fédération québécoise des municipalités un commentaire sur l'article 4 :
Loi sur les compétences municipales, possession,
exploitation d'un barrage par une municipalité. Je pense que ce serait
bien qu'on vous le distribue, que vous en
preniez connaissance. Puis, si vous avez des commentaires à faire avant
d'adopter l'article 4, ça pourrait être
pertinent. Je ne peux pas éviter de vous le dire puisqu'on vient de me le
remettre entre les mains. Alors, mon honnêteté étant célèbre et connue,
je vais donc vous faire distribuer ce document-là.
Et on va suspendre
quelques instants, d'accord? Suspension.
(Suspension de la séance à 15 h 44)
La Présidente (Mme
Champagne) : Bon, alors, nous allons reprendre les travaux, si
vous permettez. Alors, M. le ministre a pris
connaissance de la lettre, M. porte-parole de l'opposition officielle
également. Est-ce qu'également la deuxième opposition en a pris
connaissance?
M. Villeneuve :
Je suis en train d'en prendre connaissance.
La Présidente (Mme
Champagne) : Pardon?
M. Villeneuve :
Je suis en train d'en prendre connaissance.
Présidente (Mme Champagne) : C'est ce que je constate. M. le
député de Drummond—Bois-Francs?
Alors, est-ce qu'il y a des commentaires sur cet avis-là?
La Présidente (Mme
Champagne) : Ils nous appuient? Ça semble un appui.
Schneeberger :
Moi, il y a un point que je voudrais, par contre, apporter.
Présidente (Mme Champagne) : O.K., alors, je vous laisse aller,
M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Bien, je ne sais pas si… Aviez-vous fini?
Bon, moi, c'est un point… Ce n'est pas directement en lien avec l'article 4, mais ça fait quand même
partie un peu aussi des réglementations sur les barrages dans les
petites municipalités. Et là peut-être que ma mémoire va faire défaut parce que
c'est un cas de comté que j'ai eu à l'automne 2012.
C'est une citoyenne qui avait acheté un petit terrain pour sa retraite, avec
une maison sur le bord d'un cours d'eau dans mon comté. Et puis la
personne en question, quelques mois plus tard, a reçu par la poste du
ministère — je
ne sais pas si c'est du MAMROT ou de
l'Environnement — une
lettre disant — parce
que, sur son cours d'eau, en face de son terrain, il y avait un vieux barrage désaffecté, anciennement c'était un
vieux moulin à scie qu'il y avait eu là, bon, puis il y avait des
ruines — et
qui disait qu'il fallait qu'elle remette en état… à l'état naturel le cours d'eau.
Ça faisait en sorte qu'il fallait qu'elle paie, qu'elle défraie les coûts d'étude
d'impact environnemental plus les travaux. Et, selon les lois, parce qu'on a regardé ça avec la municipalité, selon les
lois…, bien, en tout cas, les règlements et autres, que ce soit l'arpentage et autres qui ont changé avec les
époques, ça faisait en sorte que c'était elle vraiment qui devait
défrayer ces coûts-là.
Sauf que moi, j'aimerais
ça, si ce serait possible, qu'il soit, mettons… pas là-dessus, mais
éventuellement qu'il y ait une prise en
considération. Peut-être monsieur pourrait m'informer là-dessus plus amplement,
si ce serait possible d'avoir un
amendement, ou peu importe, là, faisant en sorte que ces personnes-là ne soient
pas prises avec des cas comme ça. Là,
dans ce cas-ci, ça s'est quand même bien terminé parce que la municipalité a
été bon joueur et elle a défrayé les coûts.
Mais elle a été bon joueur. Tu sais, je voudrais… Parce que, donc, elle, rien,
dans son acte notarié, lors de l'achat du terrain, ne faisait en sorte
qu'elle était tenue responsable de cette
partie du cours d'eau où il y avait
des ruines, là, de barrage. Ça fait que ça,
c'est sûr que c'est désolant pour une personne à la retraite, là, qui n'avait
tout simplement pas les moyens de passer… on parlait de quelques
milliers de dollars, des dizaines de milliers de dollars de frais, là.
Présidente (Mme Champagne) : Alors, merci, M. le député de
Drummond—Bois-Francs.
Je vais laisser le ministre faire un commentaire là-dessus. Mais il y
aura peut-être lieu d'y revenir selon la pertinence, puisque ça n'a pas un lien direct avec l'article 95.1. La
question est quand même pertinente, là. Alors, M. le ministre, est-ce que
vous avez un commentaire à faire sur la question du député de Drummond—Bois-Francs?
M. Lelièvre :
Oui, effectivement, c'est un sujet qui a été soulevé à plusieurs reprises. On
en a parlé aussi dans nos travaux antérieurs
à la commission ici aujourd'hui. Pour votre information, là, on a 5 843
barrages d'inventoriés présentement au Québec. Là-dessus, il y en a
810 000 qui sont sur la juridiction du Centre d'expertise hydrique du Québec, donc un organe gouvernemental; il y en a
tout près de 80 qui sont ce qu'on appelle aussi des barrages orphelins, donc sans responsable. Probablement que le cas que
vous faites allusion est dans ces 80 quelques là. Puis effectivement c'est
quelque chose qu'il va falloir se pencher.
L'amendement
qu'on amène aujourd'hui va peut-être contribuer à diminuer cette
problématique-là. Parce qu'il ne faut pas se le cacher, hein, souvent
les municipalités vont hériter de ce que personne ne veut hériter sur leur
territoire. Hein, c'est un rôle ingrat, mais
souvent c'est la communauté qui est représentée par la municipalité qui souvent
va être prise en dernier recours pour régulariser des situations. Donc,
avec l'amendement d'aujourd'hui, si jamais le milieu, la communauté considère que c'est important, que
c'est une priorité, elle aura le loisir d'intervenir, d'en devenir
propriétaire et de l'améliorer, mais, si
jamais le conseil municipal décide que ce n'est pas opportun que ça soit la
communauté, malheureusement il faudra
trouver une autre solution ou un autre responsable, mais au moins il y a
peut-être une piste de solution potentielle dans ce qu'on amène aujourd'hui.
Schneeberger :
Parce que, ça, c'est un cas...
La Présidente (Mme
Champagne) : Merci, M. le ministre. M. le député.
Schneeberger : Oui.
Ça, c'est un cas qui peut être problématique pour les personnes. Tu sais,
moi-même, je n'aurais jamais su que, parce
que tu achètes un terrain sur le bord d'un cours d'eau — dépendamment de l'arpentage, et autres — tu
peux te retrouver responsable de ruines ou d'un vieux barrage qui est là au
milieu de l'eau, là. Tu sais, si personne...
Tu sais, moi, j'ai un exemple personnel, là, où c'est que j'habite. J'habite
dans un ancien salon funéraire. Et puis,
pourtant, quand j'ai acheté mon... j'ai fait mon acte notarié, je veux dire,
c'était marqué… je le savais, là, tu sais, je savais que ça se pouvait
qu'à un moment donné je me retrouve avec du monde que je ne connais pas, comme
on dit.
Des voix : Ha, ha, ha!
Schneeberger :
Mais ça ne m'est jamais arrivé. Tant mieux, là. Mais c'est ça. Ça fait que
c'est juste des petits trucs comme ça
qui font en sorte qu'il y a des personnes, bien, qui peuvent... tu sais,
surtout une personne à la retraite, seule, qui peut se retrouver
vraiment en problématique. Puis, tu sais, ça nous fait sourire, mais je peux
vous dire que la personne que j'ai reçue au
bureau, là, elle était en larmes, parce que, elle, c'est son avenir, elle
hypothéquait carrément sa retraite avec ça. Ça fait que la municipalité,
dans ce cas-ci, a été bon joueur, mais, tu sais, ça ne veut pas dire que ça
sera toujours comme ça.
Présidente (Mme Champagne) : Merci, M. le député de Drummond.
Alors, un commentaire, M. le ministre?
M. Lelièvre : Votre
préoccupation est très légitime, puis on peut faire un parallèle avec beaucoup
d'autres dossiers. Aujourd'hui, on se rend
compte que l'environnement prend une grande place de plus en plus. Et c'est
comme les gens qui achètent des terrains
puis... Il y a 25 ans, on n'aurait pas parlé de contamination ou on aurait
dit : Oui, il y en a, ce n'est
pas plus grave que ça, on vit avec. Mais, aujourd'hui, on achète des terrains,
s'il y a de la contamination, il y a des obligations qui s'y rattachent pour le propriétaire acquéreur. C'est un
peu la même chose dans le cas du barrage. Donc, il y aurait peut-être
lieu à un moment donné que l'État se penche sur l'ensemble de ces problématiques,
on peut dire, moins perceptibles à première vue, hein?
La Présidente (Mme Champagne) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 4?
Est-ce que l'article 4 est adopté?
La Présidente (Mme Champagne) :
Adopté. On est à l'article 5. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Lelièvre : Oui, merci, Mme
la Présidente. Merci.
L'article 5 se lit comme suit, on dit :
L'article 48
de la
Loi sur la fiscalité municipale (chapitre F-2.1) est modifié par le
remplacement de «totale du territoire
de la municipalité locale à cette date» par l'expression «terrestre du
territoire de la municipalité locale à cette date, telle qu'elle apparaît au Répertoire des
municipalités diffusé sur le site Internet du ministère des Affaires
municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire».
Dans les notes explicatives, on dit :
L'article 5
du projet de loi modifie l'article 48 de la
Loi sur la fiscalité municipale afin d'ajuster la méthode de détermination
de la valeur au rôle des terrains qui forment l'assiette d'une voie ferrée appartenant à une entreprise de chemin de fer. Actuellement, cette
valeur est établie en multipliant la superficie de ces terrains par un taux moyen obtenu en divisant la
valeur totale des autres terrains inscrits au rôle d'une municipalité
par la superficie totale de celle-ci. Pour obtenir ces superficies, les
municipalités s'appuient généralement sur la donnée la plus facilement
accessible, soit celle publiée au Répertoire des municipalités.
Jusqu'en 2012, les données du répertoire
excluaient les plans d'eau d'une certaine dimension. Or, en 2012, le répertoire a fait l'objet de modifications, dont
l'une fait en sorte que les données sur les superficies incluent désormais
les plans d'eau. Par conséquent,
l'utilisation de superficies plus importantes pour les fins du calcul prévu par
l'article 48 de la loi a pour effet de réduire la valeur qui aurait
été autrement calculée pour les terrains constituant l'assiette d'une voie ferrée. La modification proposée vise donc à
préciser que c'est la superficie terrestre du territoire de la municipalité
qui doit être utilisée à cette fin. Cette dernière représente davantage la
valeur de superficie qui apparaissait au Répertoire des municipalités avant
De plus, afin
d'éviter toute ambiguïté quant aux nappes d'eau devant être écartées de la
superficie totale aux fins de déterminer la valeur de la superficie
terrestre, la modification prévoit que la valeur de la superficie terrestre qui
doit être utilisée est celle qui apparaît au
répertoire. Cette modification s'appliquerait à tous les rôles à compter de
l'exercice financier municipal de 2014.
La Présidente (Mme Champagne) :
M. le porte-parole de l'opposition officielle.
Lessard : Oui, mais
on peut voir, à la lecture, là, puis à la note explicative, que, dans le fond,
à l'exercice ou à l'usage, on s'aperçoit
que, si tu inclus les rivières puis les… ça peut changer la proportion du
montant à payer, là, dans… Donc, je
trouve, c'est une espèce de concordance plus réaliste au territoire terrestre,
plutôt qu'à… C'est un peu ça, là, la
correction? Ils vont recevoir moins d'argent? Si le facteur de diminution était plus grand, c'est-à-dire, ça comprenait tout le territoire, donc
nécessairement ça incluait même les rivières, donc, quand on divisait, on
divisait par beaucoup. C'est ça?
Lelièvre : Bien, dans le fond, c'est ça. Exactement, c'est que
les… D'abord, il faut dire que l'objectif de cet article-là, c'est de ramener le mode de fonctionnement à partir du 1er
janvier 2014 à celui qui existait jusqu'en 2012. Donc, il y a eu l'année
2013, là, qui a été particulière, ça a notamment causé des pertes de revenus de
300 000 $ à certaines municipalités.
Mais, si on n'intervenait pas, ça pourrait avoir un impact financier de l'ordre
d'un peu plus de 2 millions par année, dont plus de la moitié
seraient uniquement voués à la ville de Montréal.
Puis pourquoi
ça a un impact aussi important? Bien, c'est parce que… L'assiette d'une voie
ferrée, ça vaut quoi? C'est bien dur
à évaluer, hein, souvent c'est contaminé, il y a un paquet de choses là-dessus
puis il n'y a pas personne qui en voudrait
dans sa cour, donc… Mais il faut lui donner une valeur. Donc on prend la valeur
moyenne de l'ensemble des propriétés, disons, de la municipalité, puis
on dit : La moyenne de tout ça, de l'ensemble des valeurs terrestres, c'est
ce qu'on va affecter à la voie ferrée.
Il y a eu une
modification, là, très technique qui s'est passée au MAMROT, on a modifié
l'aspect cartographique. Puis les gens, peut-être, qui m'accompagnent
pourront préciser davantage, si vous voulez. Mais c'est un peu une erreur de parcours qu'on a faite, là, dans la
dernière année, puis on veut la corriger. Puis, à ce moment-là, ce qu'on
ferait, c'est qu'on continuerait à extraire la superficie des plans d'eau puis
on prendrait strictement la moyenne… la valeur moyenne de l'ensemble des terrains terrestres en enlevant les
superficies de plans d'eau, et comme ça c'est sûr que la valeur de l'assiette
de chemin de fer va augmenter, donc on va récupérer le 2 millions pour les
municipalités.
Lessard :
C'est 2 millions, donc, répartis entre différentes… Mais, principalement,
l'impact, c'est sur Montréal?
M. Lelièvre : Montréal, près
de la moitié.
Lessard : D'accord.
M. Lelièvre : Puis il y a une
lettre, d'ailleurs, du CN, du 18 novembre 2013, qui nous dit qu'elle
comprend et… Dans le fond, il y a eu un
rabais pendant un an, pendant une année, mais on comprend qu'il serait normal
de revenir à l'ancienne méthode de
calcul. Donc, on ne voit pas d'objection non plus massive mais une certaine
consolation de la part des municipalités qui vont voir la situation se
corriger.
La Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 5?
Lessard : Moi, je n'ai
pas de question. Peut-être mon collègue… Non.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, les municipalités seront gagnantes. Alors, est-ce que l'article 5 est
adopté?
La Présidente (Mme Champagne) :
Adopté. On en est maintenant à l'article 6. M. le ministre, ça va bien.
Alors, je vous en laisse faire la lecture.
Lelièvre : Si vous le permettez, on me dit, et avec raison, que
l'article 12 est en lien… est en complément de l'article 5 qu'on vient d'adopter. On parle
encore de calcul de valeur au rôle. Est-ce que vous êtes d'accord qu'on y
va? Puis on pourra les…
La Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce qu'il y a consentement pour aller à l'article 12 immédiatement?
Lessard : Oui, oui,
oui.
Présidente (Mme Champagne) : Et on reviendra à l'article 6
après. Alors, on y va avec l'article 12, qui est une suite logique.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, on y va.
M. Lelièvre :
L'article 5 a
pour effet de tout rôle… Je m'excuse, je recommence :
L'article 5 a effet à l'égard de tout rôle d'évaluation
foncière ou de la valeur locative à compter de l'exercice financier municipal
de 2014.
Au besoin,
l'évaluateur modifie le rôle d'évaluation foncière et, le cas échéant, le rôle
de la valeur locative pour refléter le changement de valeur d'un
terrain, visé à l'article 47 de la
Loi sur la fiscalité municipale (chapitre
F-2.1), qui découle de la modification apportée à l'article 48 de cette loi par
l'article 5 de la présente loi;
modification effectuée par l'évaluateur est réputée être faite en vertu de
l'article 174 ou 174.2 de la
Loi sur la fiscalité municipale et elle a
effet à compter :
1° du 1er janvier 2014, dans le cas d'une
modification faite au plus tard le 31 décembre 2015;
2° dans le
cas contraire, du premier jour de l'exercice financier qui précède celui au
cours duquel elle est faite.
Notes explicatives. Donc, là, on comprend que c'est
pour fixer la date de mise en application de l'article 5, là, qu'on a traité
précédemment.
Évaluation de l'assiette des voies ferrées.
Dispositions transitoires.
L'article 12 du projet de loi prévoit que la modification apportée par l'article 5 du
projet de loi à l'égard de l'article 48 de la
Loi sur la fiscalité municipale a
effet à compter du 1er janvier 2014, et ce, pour tous les rôles d'évaluation foncière ou de la valeur locative. Dans le cas d'un rôle qui était déjà en
vigueur à cette date, l'évaluateur y fait les corrections nécessaires pour le
rendre conforme à la modification apportée
à l'égard de l'article 48 de la
Loi sur la fiscalité municipale. Les
corrections s'effectueront conformément au processus usuel de
modification du rôle, soit au moyen d'un certificat de modification. Dans le
cas où un évaluateur tarderait à faire cette
correction, celle-ci pourrait seulement
rétroagir à l'égard de l'exercice finan