Transportation and the Environment — 8 October 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CTE 2024-10-08
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement - Assemblée nationale du Québec
sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube
Députés
La présidente
Les députés depuis 1764
Coordonnées des députés
La fonction de député
Fonctions parlementaires des députés
Composition des commissions
Indemnités et allocations
Cercle des femmes parlementaires
Cercle des jeunes parlementaires
Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec
Fondation Jean-Charles-Bonenfant
Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager
Travaux parlementaires
Calendrier hebdomadaire des travaux
Journal des débats
Index du Journal des débats
Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale
Propos non parlementaires
Assister aux travaux
Travaux de l'Assemblée
Toutes les séances
Documents déposés
Projets de loi
Cheminement des projets de loi
Registre des votes
Travaux des commissions
Liste des commissions
Mandats en cours
Documents déposés
Rapports et documents de réflexion
Exprimez votre opinion!
Pétitions
Signer une pétition électronique
Consulter une pétition présentée à l'Assemblée
Lancer une pétition
Suivre le cheminement d'une pétition
Consultations publiques
Comment participer à une consultation
Liste des consultations publiques
Commenter un sujet à l'étude
Présenter un projet de loi d'intérêt privé
Vidéo
En direct et webdiffusions à venir
Archives des travaux et activités parlementaires
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Activités de presse
Activités spéciales et institutionnelles
Députés
Le Canal de l'Assemblée
Émissions et capsules promotionnelles
Espace jeunesse
Commander un extrait
Calendrier
Ouvrir
En direct
Calendrier détaillé
_date_du_jour
Aujourd'hui
_heure_en_cours
En cours
Activités du jour
Exposition(
s) Drapeau(
x) sur l'hôtel du Parlement
L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements
L'ABC de l'Assemblée
Visiteurs
Restaurants
Actualités et salle de presse
Bibliothèque
Publications
Éducation
Diplomatie
Histoire
Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
Travaux parlementaires
Journal des débats
Index du Journal des débats
Travaux de l'Assemblée
Registre des votes
Travaux des commissions
Administration publique
Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles
Aménagement du territoire
Assemblée nationale
Culture et éducation
Économie et travail
Finances publiques
Institutions
Relations avec les citoyens
Santé et services sociaux
Transports et environnement
Mandats en cours
Rapports et documents de réflexion
Cheminement des projets de loi
Projets de loi
Documents déposés
Dépôts du jour
Calendrier hebdomadaire des travaux
Mots clés
Type de documents
Tous les documents
Documents déposés
Feuilletons et préavis
Journaux des débats
Mémoires
Procès-verbaux de l'Assemblée
Projets de loi
Rapports et documents de consultation des commissions
Type de travaux
Travaux de l'Assemblée et des commissions
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Commission de la culture et de l’éducation
Commission de la santé et des services sociaux
Commission de l'administration publique
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Commission de l'aménagement du territoire
Commission de l'Assemblée nationale
Commission de l'économie et du travail
Commission des finances publiques
Commission des institutions
Commission des relations avec les citoyens
Commission des transports et de l'environnement
Sous-commission de la réforme parlementaire
Période
De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>
Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>
Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.
" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />
La date de début doit précéder la date de fin.
Session
Toutes les sessions
Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )
43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)
43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)
42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)
42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)
41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)
39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)
33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
Partager
Diagramme de l'Assemblée
En direct sur le Web
Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
Version préliminaire
Retour à la liste des séances du Journal des débats
43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 8 octobre 2024
Vol. 47 N° 61
Étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi édictant la
Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au transport collectif
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-neuf minutes)
La Présidente (Mme Maccarone) : Bon
matin à tous et à toutes. À l'ordre, évidemment. Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des transports et de l'environnement
ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi édictant la
Loi sur
Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au
transport collectif.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice) est remplacée par M. Girard
(Lac-Saint-Jean); Mme Dufour (Mille-Îles), par M. Morin (Acadie); et M. St-Pierre
Plamondon (Camille-Laurin), par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Lors de l'ajournement de nos travaux jeudi dernier, nous étions à l'étude
d'une motion préliminaire présentée par le député des Îles-de-la-Madeleine. M.
le député de Nelligan, il vous reste 17 minutes. Je vous cède maintenant la
parole.
M. Derraji : Bonjour, Mme la
Présidente. Très heureux de revoir mes chers collègues.
Une voix : ...
M. Derraji : Je note que le
député de Masson me dit que le plaisir est partagé. Je tiens à rassurer mon
cher collègue que le grand plaisir est partagé avec moi. Chaque fois que je me
lève pour prendre la route, Mme la Présidente, pour venir à Québec, je me
dis...
M. Derraji : ...Comment je
vais changer la vie des gens? Et j'en suis sûr et certain qu'avec ce qu'on va
faire, on va changer la vie des gens. Surtout que, dans un contexte budgétaire
très déficitaire, la motion vise juste, et je tiens à remercier mon collègue le
député du Parti québécois. Donc, salutations à l'ensemble des collègues. Je
tiens à noter que nous sommes dans la salle Papineau, une salle où la
température est adéquate pour faire un bon exposé. On passe de la chaleur de...
C'est quoi l'autre salle?
Des voix : La Fontaine.
M. Derraji :
La Fontaine. ...de la chaleur de la salle de La Fontaine à la
fraîcheur de la salle Papineau. Je ne sais pas. Est-ce qu'il y a un jeu de mots
à faire entre La Fontaine et Papineau, mais La Fontaine était une
salle chaleureuse, mais j'ose espérer qu'aussi... la salle Papineau va l'être
aussi. Bonjour. Bienvenue.
Donc, voilà, Mme la Présidente. Je vais
juste rappeler où nous étions la semaine dernière, parce que, du moment que je
commence à... notre bloc d'échange pour essayer de convaincre Mme la ministre
et l'ensemble de ses collègues qui sont présents aujourd'hui... C'est que, conformément
à l'article 244 du règlement de l'Assemblée nationale, le Parti québécois
nous invite... il invite les membres de la commission des transports et de
l'environnement dans le cadre de ce que nous sommes en train de faire, à savoir
étudier le projet de loi n° 61. Et je tiens à rappeler, le projet de loi
n° 61... Qu'est-ce qu'il vise, le projet de loi n° 61? Il vise à
instaurer Mobilité Infra Québec et modifier certaines dispositions relatives au
transport collectif. Et ce qu'il demande, le collègue député des
Îles-de-la-Madeleine, il demande au ministère des Transports et de la Mobilité
durable de transmettre au plus tard avant la séance du mardi 8 octobre...
Bien, écoutez, je vais continuer mes arguments, mais j'espère que Mme la
ministre et son équipe nous ont ramené les arguments pour répondre à mon
collègue. On va aller très vite. On va vraiment aller très vite, et ça va nous
aider à avoir les documents nécessaires. Et ce que la motion du collègue
demandait... le ministère des Transports et de la Mobilité durable dépose à la
commission une ventilation des ressources humaines et contractuels qui ont été
investis pour l'élaboration du projet de loi. Et ce qui est très bien, c'est
que... que la commission reçoive également une ventilation des coûts et des
investissements qui seront nécessaires... qui seront nécessaires pour la mise
sur pied de Mobilité Infra Québec et qui seront requis en dehors de la prise en
charge de projets ainsi que des coûts additionnels envisagés pour les deux
premières années d'opération.
Vous allez me dire, Mme la
Présidente : Bien, pourquoi cette motion préliminaire, le Parti libéral
est d'accord? Bien, c'est très simple, très, très simple. C'est la motion
préliminaire la plus facile à expliquer. J'ai en face de moi un gouvernement
qui a perdu le contrôle des finances publiques. D'ailleurs, je tiens à saluer
l'excellent député de Saint-Jérôme qui, hier, lors d'un balado avec... avec
deux... le balado... Politiquement parlant. Il l'a clairement dit. Il a avoué
que lui, qui faisait
partie de ce caucus caquiste, disait que le gouvernement a
perdu le contrôle des finances publiques. Et je ne tiens pas à rappeler la
feuille de route de l'excellent député de Saint-Jérôme qui critiquait ses
collègues et qui critiquait la gestion gouvernementale. Hein,
11 milliards. Je tiens à rappeler que la semaine dernière, pendant que
nous, nous étions en commission en train d'étudier ce projet de loi, il y avait
une autre mise à jour économique. Bien, figurez-vous, le gouvernement s'est
trompé encore une fois, pas en disant qu'il y a moins de pertes ou moins de
dépenses ou moins de... de déficit. Non, plus de déficit. Ils ont rajouté, Mme
la Présidente, un demi-milliard de déficits.
Donc, factuellement, hein? Vous savez que
je suis un homme factuel, Mme la Présidente. J'ai en face de moi un
gouvernement qui a perdu le contrôle des finances publiques. Nous, toujours,
fidèles à nos habitudes, avec l'excellente recherchiste que j'ai à côté de moi,
ma chère collègue Florence, nous avons envoyé une demande d'accès à
l'information. Bien, pourquoi on a envoyé cette demande d'accès à
l'information? C'est pour savoir, hein, je vais vous le dire. C'est pour
savoir, Mme la Présidente, dans le cadre de ce projet de loi, les coûts estimés
par année pour les 10 prochaines années.
Une voix : ...
M. Derraji : Bien, moi aussi,
je suis fière d'elle, Florence Thivierge, oui.
M. Morin : Elle est très
bonne.
M. Derraji : Elle mérite...
Oui, elle mérite les applaudissements, si vous voulez...
M. Derraji : ...chers
collègues, elle le mérite. Elle est humble. Mais j'ai du fun à travailler avec
ma collègue. Mais, blague à part... parce que c'est juste la... l'occasion
s'est présentée pour remercier ma collègue, mais on s'est posé la question...
m'a dit... m'appelé avec mon prénom, je ne vais pas m'appeler... dans la
commission, on n'a pas le droit, donc : Le député de Nelligan, on n'a
aucune idée sur les dépenses.
Et là, vous savez, Mme la Présidente, moi,
je ne commence jamais l'étude détaillée d'un projet de loi si je n'ai pas une
étude... analyse d'étude d'impact réglementaire. C'est systématique.
D'ailleurs, les collègues avec moi, quand je commence à parler d'un projet de
loi ou... les collègues, je leur dis : S'il vous plaît, avez-vous lu le
mémoire déposé au Conseil des ministres? Parce que moi, je n'étais pas là au
Conseil des ministres, les collègues non plus. Avez-vous lu la demande d'étude
d'impact réglementaire? Parce que c'est là où on voit l'analyse complète du
projet de loi.
Donc, premier... premier problème en jeu,
c'est que j'ai un gouvernement qui a perdu le contrôle des finances publiques,
et ils annoncent un retour à l'équilibre budgétaire pour les prochaines années.
Donc, il y a une pression sur les dépenses. Mais je ne peux pas, je ne peux pas
concevoir aujourd'hui que le gouvernement entreprend un resserrement des
dépenses budgétaires, et d'ailleurs on l'a vu dans plusieurs programmes, sans
avoir une vision combien ça va coûter, cette agence. C'est une nouvelle
structure. Donc, pour les gens qui nous écoutent, on ne sait pas combien ça va
coûter.
Attendez, j'ai quelques chiffres, mais je
vais vous dire les frais qu'on a c'est quoi. Premièrement, les six premiers
mois d'opération de l'exercice 2024-2025, donc uniquement les six premiers
mois, on parle d'un budget de 3 millions de dollars,
3 millions de dollars. Pour 2024-2029, ça va coûter au Trésor public,
aux contribuables québécois presque 13 millions de dollars.
Et là on prend un pas de recul. Pourquoi
le gouvernement veut une nouvelle agence? C'est parce qu'après six ans il n'y a
pas de projet structurant en matière de mobilité durable. Il n'y a aucun
nouveau projet en matière de transport collectif. Donc, du moment qu'ils ont
échoué de livrer un projet structurant en matière de transport collectif, la
CAQ, fidèle aux nouvelles structures, essaie de chercher une nouvelle
structure, comme ce qu'ils ont fait avec l'agence de santé et les top guns avec
une nouvelle agence. Mais vous avez vu, Mme la Présidente, on a passé l'été à
recruter des top guns à 400 000 $, 500 000 $, des voitures
de service. Est-ce que c'est ça que les Québécois veulent? Ils veulent des
routes bien entretenues. Ils veulent un transport collectif fiable et pas un
transport collectif où on va se réveiller le matin et on ferme trois stations.
C'est ça, la réalité, Mme la Présidente. Donc, voilà.
Donc, quand nous avons envoyé la demande
d'accès, la réponse... on n'était pas satisfaits de la réponse, mais, pour le
bénéfice des gens qui nous écoutent, je vais leur dire la réponse. Dans
l'estimation des coûts : frais non récurrents associés à la transition des
systèmes informatiques actuels; frais de transition associés à la mise en œuvre
de la nouvelle gouvernance, conseil d'administration; frais liés aux
installations matérielles de Mobilité Infra Québec, le mobilier; frais liés à
l'expertise externe, honoraires professionnels et communication. Voilà.
Mais, jusqu'à maintenant, Mme la
Présidente, tout ça ne me parle pas et ne me donne aucune idée sur l'ampleur
des dépenses. Et on l'a vu avec ce gouvernement, Mme la Présidente. Ce n'est
pas la première fois que, quand ils lancent quelque chose, ils échappent
complètement le lancement, parce que ça devient une lourdeur et ça coûte cher
au Trésor. Et je vous le dis, si nous étions dans un contexte de surplus
budgétaire... Et, souvenez-vous, mon collègue Carlos Leitao, quand nous avons
quitté le pouvoir et quand la population québécoise nous a donné le rôle de
contrôler l'action gouvernementale, ce même gouvernement a hérité d'un surplus
énorme. Aujourd'hui, ce que les Québécois doivent retenir : On ne parle
plus de surplus, on parle d'un énorme déficit. Là, encore une fois, je salue le
courage de l'ancien député caquiste, collègue des collègues en face, le député
de Saint-Jérôme, qui le mentionne, pas une fois, pas deux, que la CAQ a perdu
le contrôle des finances publiques.
Donc, je ne peux pas, Mme la Présidente,
commencer l'étude détaillée de ce projet de loi sans avoir où on s'en va. Vous
savez, on peut toujours rêver d'aller à n'importe quelle destination, mais, si
on n'a pas les moyens, on n'a pas les moyens...
M. Derraji : ... Mais on ne le
dit pas aux Québécois. Les Québécois aujourd'hui veulent savoir : Cet
argent, ça va coûter combien concrètement? Au-delà de ce que j'ai, parce qu'il
n'y a pas de ventilation. À part, Mme la Présidente, que pour la même... la
même demande d'accès à l'information que nous avons envoyée, il n'y a pas
d'étude d'impact réglementaire. Ça, ça a été très clair dans la réponse :
Écoutez, on n'a pas fait d'étude d'impact réglementaire, on vous réfère au
mémoire qu'on a déposé au Conseil des ministres. Mais je l'ai. Je l'ai, Mme la
Présidente.
• (10 heures) •
Et, quand on se compare avec les autres...
les autres sociétés de transport, on parle de projets complexes, on parle d'une
structure de financement très claire. Mais, malheureusement, encore une fois on
ne voit pas... on n'a pas une idée très claire sur l'ensemble des frais,
sachant que dans la même, même, même demande d'accès, la réponse que nous avons
eue, il y a des frais liés à l'expertise externe, honoraires professionnels et
communications. Donc... Donc, on parle beaucoup de l'expertise externe, mais on
ne parle pas de l'expertise interne, qui est très importante. Donc, elle est
où, l'expertise interne, Mme la Présidente?
Donc, permettez-moi aujourd'hui d'exprimer
que je suis un peu sceptique. Et j'ai vu ce qui s'est passé avec l'agence de
santé, et, malheureusement, avec l'agence de santé, d'ailleurs qu'aucun
Québécois n'a vu encore le début du commencement d'une solution, hein, les gens
qui nous écoutent l'observent, est-ce que le ministre de la Santé a baissé le
temps d'attente au niveau des urgences? Est-ce que la liste d'attente au niveau
des aînés, ça a baissé? Par contre, ce que les Québécois savent jusqu'à
maintenant... que la P.D.G. gagne 652 000 $ par année, avec une
voiture de service. Mais, écoutez, la voiture de service, ce n'était pas le
luxe, hein. Tu sais, c'est ce qu'on a essayé de dire comme ligne de com :
voiture modeste payée par les contribuables québécois. Ça, les Québécois le
savent maintenant. Mais ça, on va en discuter rendu là, quand on va parler des
avantages pour le prochain «top gun». Je ne sais pas, Mme la ministre, si elle
aussi va aller à la recherche d'un «top gun» au niveau du transport, comme fut
le cas avec son collègue le ministre de la Santé.
Mais, vous savez, Mme la Présidente, on
fait notre travail, les Québécois nous ont donné le mandat de contrôler
l'action gouvernementale. On va la contrôler, l'action gouvernementale. C'est
ça, le rôle de l'opposition officielle, et l'équipe libérale, elle est
rigoureuse dans ce sens. Pourquoi? Parce qu'au bout de la ligne, le
gouvernement a été mandaté de gérer l'argent des contribuables québécois.
Et aujourd'hui, si je n'ai pas ces
documents, je ne vais pas faire mon travail correctement. Donc, comment vous
voulez que j'entame l'analyse d'un projet de loi important qualifié par Mme la
ministre : Il va révolutionner le monde du transport collectif, sans
savoir combien ça va coûter aux contribuables? Est-ce qu'on a les moyens de se
payer une agence qui va coûter aux contribuables québécois tant de milliers de
dollars ou millions de dollars? On n'a aucune idée.
Donc, je... j'insiste sur ce point, Mme la
Présidente, parce que j'aurais aimé, hein, j'aurais aimé avoir une analyse
d'impact réglementaire. On serait ailleurs aujourd'hui, probablement dans
l'article 4, ou 5, ou 6, ou 9, ou 10, ou... On a bien avancé. J'aurais aimé
avoir une ventilation des frais. Mais, malheureusement, je tiens à le dire, le
gouvernement caquiste n'a pas jugé bon... faire une étude d'impact
réglementaire.
Et donc vous savez que la seule chose
qu'il nous reste — permettez-moi, Mme la Présidente — la
seule chose qu'il nous reste, en tant qu'opposition officielle, c'est utiliser
nos motions préliminaires pour sensibiliser une deuxième fois le gouvernement,
et je pense que sur cet enjeu nous sommes à la bonne place.
Aujourd'hui, vous prenez n'importe quel Québécois...
Faisons un vox pop, Mme la Présidente : Écoutez, le gouvernement lance une
agence qui ressemble à celle de la Santé, presque, le «top gun» en santé touche
un demi- million de dollars avec une voiture de fonction, les vice-présidents
la même chose, et on veut lancer une agence de mobilité durable...
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) M. Derraji : ...mais on ne
sait pas combien ça va coûter. Est-ce que vous êtes pour ou contre? Je viens d'avoir
une idée. Je vais le faire. Je vais demander aux Québécois qu'est ce qu'ils
pensent d'un gouvernement qui a perdu le contrôle des finances publiques et qui
lance une agence, où on ne sait pas combien ça va coûter aux contribuables
québécois, réellement, avec une ventilation des dépenses.
Alors, Mme la Présidente, c'est ça, c'est
là où on est aujourd'hui. Donc, je sais que les collègues caquistes ont hâte à
ce qu'on commence l'étude... à l'article numéro un. Moi aussi... Moi aussi j'ai
hâte. J'ai hâte à commencer l'article 1, parce que ça va mal au niveau de
la mobilité durable. Ça va mal au niveau du transport. C'est rendu qu'on ferme
des stations de métro à Montréal, figurez-vous. Le même jour où il y avait une
annonce pour l'extension de la ligne bleue, il y a un problème au niveau du
maintien d'actif. Alors, Mme la Présidente, j'espère sincèrement qu'ils vont
voter pour cette motion parce que sinon, clairement, les gens qui nous
écoutent, le gouvernement n'a aucune idée sur le coût réel, malgré qu'on va
vous demander des sacrifices. Et d'ailleurs vous avez vu en santé, la CAQ veut
couper presque un milliard de dollars. Au niveau de... du transport, il y
a des chantiers en arrêt, il y a des fonds où les gens n'arrivent plus à
envoyer leurs demandes, et on leur dit : Attendez, patientez après la mise
à jour budgétaire.
Donc, en conclusion, Mme la Présidente, on
ne sait pas combien ça va coûter, cette agence, ni le salaire du P.D.G., ni le
salaire des autres vice-présidents. Mais une chose certaine, la CAQ a bien créé
des jobs payantes. Ça, là, on est convaincu. La CAQ a réussi sa mission. La
mission première du premier ministre...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci...
M. Derraji : ...c'est faire
payer des «top gun». Merci...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants sur la motion? Oui, M. le
député de l'Acadie, la parole est à vous.
Morin : Merci, Mme la Présidente. Alors, je comprends que j'ai
une période de 10 minutes.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
Morin :
Je vous remercie. Alors, Mme la ministre, collègues de la banquette
gouvernementale, collègues de la deuxième opposition, cher collègue, député de
Nelligan, c'est toujours un plaisir de travailler avec vous au sein de cette
commission.
M. Derraji : Merci, cher
collègue.
Morin : Mme Florence, merci pour votre excellent travail.
Écoutez, j'ai lu attentivement la motion qui a été présentée par le député du
Parti québécois et je vous dirai d'emblée que je suis d'accord avec cette
motion et cette demande. Bien, je vais vous expliquer dans les minutes qui
suivent pourquoi, et c'est relié directement au rôle qu'a à jouer un député au
sein de ce Parlement. Et ce rôle, c'est celui de contrôleur. On travaille à l'élaboration
de la législation, mais on a aussi un rôle fondamental à jouer en ce qui a
trait aux dépenses de l'administration publique, du gouvernement, un rôle où on
doit poser des questions pour s'assurer que l'argent des Québécois et des
Québécoises est évidemment bien dépensé. Et je vous dirai que j'ai trouvé cette
motion très intéressante parce que le gouvernement veut mettre en place une
autre agence, et, mon collègue le député de Nelligan y faisait référence, ce
gouvernement, le gouvernement de la CAQ, a créé l'agence Santé Québec. Là, on
arrive avec une autre agence, mais on n'a pas une idée des coûts. Combien vont
gagner les dirigeants? Combien y aura-t-il d'employés? Et ça m'apparaît
excessivement important, parce que, quand je regarde la façon dont le
gouvernement de la CAQ gère les finances publiques, on assiste véritablement à
une perte de contrôle. Et la dernière, finalement, la dernière mise à jour
économique, comme le soulignait mon collègue, le député de Nelligan, entraîne
un nouveau, un autre demi-milliard de déficits. Donc, on a... et on n'a même
pas d'idée où ça va s'arrêter.
Maintenant, quand je regarde ce que cette
agence-là va faire, Mobilité Infra Québec, le gouvernement de la CAQ veut lui
confier les projets... la réalisation, planification de projets complexes de
transport. Et donc, si telle est la mission de cette nouvelle agence, bien, j'imagine
qu'ils vont devoir embaucher des gens hypercompétents. Combien vont-ils les
payer? On n'en a aucune idée. Quelles...
Morin : ...sont les sommes d'argent qui ont été investies
jusqu'à maintenant pour élaborer ce projet de loi? On ne le sait pas. Mais
surtout, surtout, quelles seront les sommes qui seront nécessaires pour mettre
sur pied Mobilité Infra Québec? Alors, ça non plus, on n'en a pas d'idée. Quels
seront les coûts additionnels? On ne sait pas.
Et ça m'apparaît hyperimportant pour les
gens qui nous écoutent de le savoir parce que ce que je comprends de Mobilité
Infra Québec, c'est qu'il y aura quand même une mission particulière pour les
projets de transport complexes. Mais, écoutez, Mme la Présidente, une fois que
l'agence va être conçue, quels seront... quels seront les barèmes de
rémunération, quelles seront les normes, quels seront les avantages sociaux,
les conditions de travail pour ses employés, on n'en a aucune idée. Tout ce
qu'on sait, c'est que l'article 44 du projet de loi y fait référence et
que les employés de Mobilité Infra Québec seront nommés selon le plan des
effectifs qu'elle établit.
• (10 h 10) •
Le seul parallèle qu'on peut faire
présentement, et mon collègue de Nelligan y faisait référence, c'est l'agence
de Santé Québec. Si Mobilité Infra Québec s'enligne dans la même direction,
bien, écoutez, il y aura... il y aura un conseil d'administration, et,
croyez-moi, les gens qui vont y siéger ainsi que le président ou la présidente,
ça va quand même coûter cher au Trésor public.
Je rappelle que la P.D.G. de Santé Québec
a un salaire de 652 050 $, avec les avantages sociaux, sa prime
d'arrivée, et les autres VP ont des salaires de 254 000 $ à
388 000 $. Quand on regarde la façon dont va fonctionner l'agence de
santé, on parle également d'un conseil d'administration qui va être composé de
différentes personnes. Donc, on peut... on peut penser déjà qu'il y aura
effectivement une somme considérable qui va être octroyée à Mobilité Infra
Québec pour payer ses hauts dirigeants.
Mais il n'y aura pas que des hauts
dirigeants à Mobilité Infra Québec. Il va falloir aussi qu'il y ait des
fonctionnaires, des gens qui vont y travailler avec des normes, des bases de
rémunération qui seront déterminées et dont on n'en a aucune idée.
Et ce qui est aussi particulier, je vous
dirai, c'est que, en tout cas, à moins que j'aie raté quelque chose, je n'ai
pas vu qu'en créant Mobilité Infra Québec le gouvernement allait abolir le
ministère des Transports. Donc, c'est une nouvelle structure qui va s'ajouter à
celle qui existe déjà.
Est-ce que les employés, éventuellement,
de Mobilité Infra Québec viendront du ministère des Transports? On ne le sait
pas. Est-ce qu'ils vont aller chercher des gens ailleurs? On ne le sait pas.
Est-ce qu'ils vont être mieux payés que les fonctionnaires de Transport Québec?
Ça reste encore à voir. Mais il y a une chose qui est sûre, c'est que ça semble
être, encore là, un... une agence qui va... en fait, qui va coûter au Trésor
québécois une somme considérable et qui va faire en sorte que ce qui pourrait
arriver... je ne sais pas si ça va arriver, mais ce qui pourrait arriver, c'est
qu'il pourrait y avoir plusieurs employés de Transport Québec qui vont,
évidemment, migrer vers Mobilité Infra Québec.
Alors, qu'est-ce qui va arriver à
Transport Québec? On ne le sait pas. Est-ce que ces postes-là vont être
remplacés? Ça, est-ce que ça va créer des coûts additionnels? Autant de
questions et on n'a aucune réponse.
Et je reviens à ce que je disais au
départ. Moi, comme député, j'ai un rôle de contrôleur, contrôleur des finances
publiques, et c'est la raison pour laquelle, au fond, j'appuie la motion qui a
été présentée par le collègue du Parti québécois, des Îles-de-la-Madeleine,
parce qu'il me semble, il me semble qu'à
titre minimal on devrait au moins
savoir, s'il y a eu une ventilation des coûts, quelle est cette ventilation des
coûts. Est-ce qu'il y a eu une prévision qui a été faite pour mettre sur pied
Mobilité Infra Québec? Présentement, on n'en a aucune idée, et il me semble que
c'est un... c'est un minimum quand un gouvernement veut se lancer dans un tel
chantier. Ça me semble évident...
Morin : ...d'autant que le gouvernement de la CAQ, au niveau de
la gestion des finances publiques, nous a entraînés dans un déficit sans
précédent.
Donc, quand que vous regardez tout ça pour
qu'on soit capable de faire notre rôle et qu'on soit capable de travailler,
nous, de l'opposition officielle, il faudrait absolument que le gouvernement
puisse publier, puisse nous divulguer ses chiffres. Je ne peux pas croire que
le gouvernement, bien, en fait, j'espère, j'espère que je me trompe, que le
gouvernement se lance dans un tel projet et qu'il n'a aucune idée de ce que ça
va coûter, aucune idée du salaire que vont recevoir ces dirigeants. Et ça
m'apparaît être une très, très, très mauvaise planification. Même si, dans la
loi, on dit que l'Agence Mobilité Infra Québec est là pour planifier, il me
semble que ça, c'est un exemple concret d'une très mauvaise planification et
que, à
titre minimal, on devrait le savoir au moment où on est en train
d'étudier le projet de loi. Puis pourquoi on devrait le savoir? Bien, pour être
capable de faire notre job, parce que de toute façon, éventuellement, quand
Mobilité Infra Québec va voir le jour, comme pour l'agence de Santé Québec, on
va en avoir des chiffres. Bien là, évidemment, on va être placés devant le fait
accompli.
Donc, moi, ce que je veux, c'est qu'on
soit capables de bien faire notre travail de députés, qu'on soit capables
d'avoir accès à ces coûts-là avant, pour qu'on soit capable, justement, de
questionner le gouvernement dans le cadre de l'étude de ce projet de loi.
Alors, pour toutes ces raisons, Mme la
Présidente, je pense que... non, je sais, je suis sûr que la motion de mon...
du collègue des Île-de-la-Madeleine est excellente, et c'est la raison pour
laquelle je vais l'appuyer. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants en lien avec la motion
préliminaire? Je vois qu'il n'y en a pas. Alors, nous allons passer à la mise
aux voix. Est-ce que la motion présentée par le député des Îles-de-la-Madeleine
est adoptée?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Un
vote par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Guilbault (Louis-Hébert)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre, votre vote?
Mme Guilbault : Contre.
Le Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
Le Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
Le Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Comme ma
ministre, contre.
Le Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
M. Montigny : Contre.
Le Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire : M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
Le Secrétaire : M. Morin
(Acadie)?
Morin : Pour.
Le Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Abstention.
Alors, la motion est rejetée. Nous sommes toujours à l'étape des motions
préliminaires. Avons-nous d'autres motions préliminaires ou est-ce que nous
pouvons commencer avec l'article 1?
M. Derraji : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Est-ce que c'est envoyé déjà au Greffier, M. le député?
M. Derraji : C'est en route,
entre l'étage deux et ici.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
en route, alors est-ce que vous l'avez, M. le secrétaire? O.K. Nous allons
suspendre juste quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 18)
(Reprise à 10 h 21)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, nous sommes de retour. M. le député de Nelligan, pour la lecture de
votre motion, s'il vous plaît.
M. Derraji : Est-ce que je
peux laisser mon collègue ou je peux juste la lire et mon collègue peut parler?
Comment...
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous...
Est-ce que ce serait présenté par le député de l'Acadie?
M. Derraji : Oui. Ah oui!
Morin : Oui, oui, tout à fait.
La Présidente (Mme Maccarone) : Allez-y,
M. le député.
Morin : Parfait. Merci. Merci, Mme la Présidente. Alors, voilà
la motion préliminaire que je présente ce matin. Je vais la lire :
«Conformément à l'article 244 du Règlement
de l'Assemblée nationale, je fais motion afin que la Commission des transports
et de l'environnement, dans le cadre de l'étude détaillée du projet de loi no
61, Loi édictant la
Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines
dispositions relatives au transport collectif, tienne des consultations
particulières et qu'à cette fin elle entende l'Association des firmes de
génie-conseil Québec.»
Voilà. Alors, cette motion préliminaire
est présentée ce matin, Mme la Présidente, parce que... et ce n'est pas la
première motion préliminaire qui est présentée par l'opposition officielle,
parce qu'on a, entre autres, notamment la semaine dernière, présenté plusieurs
motions préliminaires pour que d'autres groupes soient entendus. Et il me
semble pertinent, important d'entendre l'Association des firmes de
génie-conseil Québec.
Pourquoi? Bien, c'est parce que, quand
vous regardez... quand vous regardez le mandat, la mission de l'Agence Mobilité
Infra Québec, le gouvernement veut, avec cette agence, créer une entité à part,
donc une personne morale qui va être un mandataire de l'État, mais dont la
mission, le travail va être de planifier, réaliser des projets complexes de
transport. Donc, si on veut créer une telle agence, qu'on veut que ça
fonctionne, il me semble que le gouvernement devrait être très réceptif à
entendre l'Association des firmes de génie-conseil Québec, puisque, dans le
domaine de l'ingénierie, au Québec, on a, depuis des décennies, des
ingénieurs-conseils qui ont rendu de très grands services à la population
québécoise. Donc, il me semble qu'entendre une firme de génie-conseil, ou leur
association, permettrait au gouvernement de bien saisir, d'être en mesure de
bien comprendre ce qu'il faut mettre de l'avant pour que cette agence, Mobilité
infra Québec, soit la plus performante possible.
Ça m'apparaît... ça m'apparaît important
parce que, quand on regarde la mission de Mobilité Infra Québec, on dit, dans
le projet de loi, et c'est c'est l'intention, c'est l'intention du
gouvernement : «A pour mission principale d'effectuer, dans une
perspective de mobilité durable, l'analyse...
Morin : ...opportunités, la planification ou la réalisation de
projets complexes de transport, hein? Le gouvernement, lorsqu'il lui confie une
responsabilité en vertu du premier alinéa, donc ce que je viens de lire :
«Et afin de favoriser la mise en valeur des espaces à proximité des bâtiments
ou des ouvrages de génie civil d'un projet complexe de transport», et la loi
parle bien de projets complexes de transport, donc, elle pourra permettre à Mobilité
Infra Québec d'effectuer une série de gestes, d'actions qui pourront être
posés, tu sais : vendre un immeuble, aménager un immeuble, construction,
reconstruction ou réfection d'un immeuble ou d'un ouvrage de génie civil
destiné au transport ou utile à un système de transport.
Donc, si cette agence-là aura pour
mission, entre autres, de construire, reconstruire ou de travailler à la
réfection d'immeubles, d'ouvrages de génie civil, quoi de plus pertinent que,
justement, d'entendre l'Association des firmes de génie-conseil Québec pour que
le gouvernement soit à même de bien saisir comment il pourra optimiser
l'efficacité de Mobilité Infra Québec? Ça me semble être un minimum.
Mais ce n'est pas tout. Mobilité Infra
Québec pourra également exercer d'autres fonctions : réalisation des
analyses en transport que le ministre lui confie, moyennant rémunération, dont
la planification en mobilité, l'exécution de tout autre mandat que le
gouvernement lui confie. Et, quand je le lisais, précédemment... on parle donc
de projets complexes de transport, donc des routes, notamment, mais ça pourrait
également être toutes sortes de projets en termes de transport collectif. Et on
sait... et on sait que, dans le domaine du transport collectif, le Québec a
quand même beaucoup de rattrapage à faire, hein? Quand on regarde, puis on ne
sait pas de quoi on aura l'air ou comment sera composé le budget de Mobilité
Infra Québec, mais, présentement, au ministère des Transports, il y a un fort
pourcentage qui est accordé au transport routier, la réfection des routes, il y
en a moins au niveau du transport collectif. Et combien, combien c'est
important pour, évidemment, la population québécoise. Donc, importance,
évidemment, d'entendre cette association.
Puis il y a un autre... il y a une autre
raison assez fondamentale, également. Vous savez, Mme la Présidente, quand on a
à travailler des projets de loi, cela va de soi, on n'est pas les députés
experts en tout, on a un créneau d'expertise, mais le travail qu'on a à faire à
l'Assemblée nationale est souvent très diversifié. C'est un avantage, ça rend
notre tâche excessivement intéressante. Sauf que, quand il y a un projet de loi
qui est déposé, puis surtout un projet de loi comme celui-ci, qui va entraîner
des modifications très importantes dans la façon, évidemment, de gérer des
projets en matière de transport au Québec, on demande toujours des
consultations particulières, justement pour aider les parlementaires à faire
leur travail, à être efficaces, à être pertinents dans le travail qu'on a à
faire. Et, à ce moment-là, le parti, l'opposition officielle, on envoie... on
envoie nos demandes, on envoie notre liste de gens qu'on estime être les plus
pertinents à faire entendre au gouvernement, qui peut accepter ou refuser.
Moi, ce qu'on m'informe que... Nous, on a
demandé à ce que l'Association des firmes de génie-conseil Québec soit
entendue, mais ils n'ont pas été convoqués. Et donc nous avons l'opportunité ce
matin de corriger cette erreur-là. Ils devraient être entendus, d'autant plus
que, dans le cadre des travaux de la commission, les ingénieurs du gouvernement
ont été entendus, mais pas l'Association des firmes de génie-conseil Québec,
qui relève évidemment... sont des entreprises privées. Donc, je pense qu'en
toute équité pour l'ensemble des ingénieurs...
Morin : ...ingénieurs qui font un excellent travail au Québec,
bien, il faudrait aussi entendre l'Association des firmes de génie-conseil
Québec, qui eux, évidemment, travaillent avec des firmes de génie-conseil privées.
C'est très important d'avoir entendu les
ingénieurs du gouvernement, parce que je comprends bien sûr, surtout s'ils sont
au ministère des Transports, que ce projet de loi là va avoir un impact sur
eux. Donc, qu'ils soient entendus, que les parlementaires aient eu
l'opportunité de leur poser des... des questions, c'était vraiment important.
Sauf que quand on regarde ce que va devoir
faire Mobilité Infra Québec et sa mission, bien, ça va avoir aussi
définitivement un impact sur les ingénieurs qui travaillent dans des firmes de
génie-conseil et qui relèvent du privé, d'où évidemment l'importance de pouvoir
les entendre également.
• (10 h 30) •
Et, comme je le disais la semaine
dernière, vous savez, quand on veut... quand le gouvernement veut opérer un tel
changement, je pense que c'est important de prendre le temps de bien faire les
choses, et donc d'être capable... d'être capable d'entendre des groupes et de
pouvoir leur poser des questions pour éviter... pour éviter éventuellement des
pièges, parce qu'on ne peut pas tout prévoir, et donc de faire en sorte
qu'éventuellement il pourra peut-être y avoir des amendements qui vont être
proposés, et je vous dirais des amendements souvent autant proposés par le
gouvernement que par les oppositions suite à des consultations particulières.
Le gouvernement a un travail à faire, ils ont d'excellents légistes, mais on ne
peut pas tout prévoir, d'où évidemment l'importance des consultations
particulières.
Et en fait, ce qu'on tente de faire ici,
c'est d'avoir un équilibre, de corriger ce que j'appellerais une lacune, parce
qu'on voulait... on voulait les entendre, ils n'ont pas été retenus, donc ils
ont... On a cette opportunité ce matin de réitérer, de renouveler cette demande
dans le cadre d'une motion préliminaire, et c'est la raison pour laquelle elle
est... je l'ai déposée ce matin.
Important parce que, oui, les ingénieurs
du gouvernement travaillent, sont compétents, ils travaillent excessivement
fort, ils ont fait avancer de grands projets, mais rappelons-nous qu'au Québec
il y a aussi beaucoup de firmes d'ingénieurs privées qui ont contribué à la
réalisation de grands projets québécois pour l'ensemble de la population
québécoise. Donc, il me semble que leur consacrer du temps, les inviter, les
entendre ne serait... n'aurait qu'un avantage bénéfique pour les fins de la
commission et des parlementaires qui sont évidemment chargés d'étudier ce
projet... ce projet de loi.
D'autant plus que, quand on regarde... et
j'en parlais un peu plus tôt, Mobilité Infra Québec va être une personne morale
ou une société de personnes. Donc, ça va être un organisme indépendant du
ministère des Transports. On dit aussi dans le projet de loi que.... et je
réfère à l'article 8 : «Mobilité infra Québec pourra acquérir de gré à gré
ou par expropriation, pour son propre compte ou pour le compte d'une de ses
filiales, du gouvernement, d'une municipalité locale, d'une société de
transport en commun, du Réseau de transport métropolitain ou de l'Autorité
régionale de transport métropolitain tout immeuble qu'elle juge nécessaire dans
le cadre de la planification ou de la réalisation d'un projet complexe de
transport qui lui est confié en vertu de l'article 4. Et rappelez-vous, Mme la
Présidente, quand j'ai commencé mon exposé et que je lisais l'article 4, on
parle évidemment, hein, de la possibilité pour Mobilité Infra Québec de
planifier, réaliser des projets complexes de transport. Donc, là, il y a un
autre
article du projet de loi qui va donner à Mobilité Infra Québec une foule
de pouvoirs, entre autres pour l'acquisition de biens, et on parle même «pour
son compte ou l'une de ses filiales».
Donc, au fond, ce que le gouvernement nous
dit, ce que le gouvernement de la CAQ nous dit avec son projet de loi, c'est
que Mobilité Infra Québec, qui va être une personne morale ou une société de
personnes autre, pourra même avoir des filiales, et ces filiales-là pourront
acquérir de municipalités, sociétés de transport, même par expropriation.
Alors, qu'est-ce qu'ils vont acquérir? Pour réaliser quoi? Qu'est-ce qu'ils
vont exproprier? Puis rappelons-nous, Mme la Présidente, parce que j'ai eu le
privilège de siéger lors de...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) Morin : ...l'étude du projet de loi n° 22 qui a modifié de
fond en comble la
Loi sur l'expropriation, que de questions j'ai posé à Mme la
ministre, parce que le gouvernement s'est doté de pouvoirs extraordinaires dans
le domaine de l'expropriation. Et donc de voir que Mobilité Infra Québec aura
aussi ce pouvoir-là, bien là, il me semble qu'avant de se lancer dans un tel
exercice, il serait important d'entendre des représentants de firmes de génie-conseil
qui oeuvrent, évidemment, au Québec depuis des années et qui ont une expérience
de grands projets ou de projets complexes dans le domaine du génie civil.
Alors, écoutez, moi, j'espère que les
collègues de la banquette gouvernementale vont accueillir favorablement cette
demande-là, qui, au fond, ne nous prendra pas énormément de temps, mais qui va
permettre, évidemment, de bonifier éventuellement un tel projet de loi, alors
que Mobilité Infra Québec aura de tels... de tels pouvoirs.
Et permettez-moi aussi de rappeler
certaines dispositions du projet... du projet de loi qui feront
partie des...
de la mission de Mobilité Infra Québec. Tu sais, on parle, entre autres, de
travaux sur une voie publique municipale. On parle de modification de voies
publiques. On parle de réaménagement de voies publiques. Rappelez-vous, hein,
je viens de lire : Mobilité Infra Québec aura aussi un pouvoir d'expropriation.
Elle va avoir un mandat pour effectuer une planification en mobilité dans une
perspective de développement durable et de diminution de l'empreinte carbone.
Et là, vous savez, quand on... on lit ça, bien, on se dit : Il me semble
que ça serait fondamental et important pour le gouvernement de pouvoir
bénéficier de l'expertise, entre autres, de firmes de génie conseil privées et
qui, évidemment, ont une expertise dans un très grand nombre... dans un très
grand nombre de domaines.
C'est important aussi parce que Mobilité
Infra Québec, j'imagine, — enfin, je l'espère fortement — aura
aussi sûrement pour mandat de développer la mobilité interrégionale. Parlons
aussi de transport... de transport collectif. C'est excessivement important. Et
le transport collectif au Québec, là, moi, je vous dirais, Mme la
Présidente : Il y a du travail... Il y a du travail à faire. Au sein... Au
sein des villes, mais entre les régions du Québec, il faut absolument planifier
un meilleur système de transport interrégional pour faire en sorte que les gens
des différentes... aient non seulement accès à des biens et à des services...
Donc, au niveau de l'économie, c'est effectivement un avantage, mais qu'en
plus, qu'en plus les gens de ces localités-là puissent se déplacer d'une façon
efficace. Et là, bien, évidemment, si Mobilité Infra Québec a un rôle à jouer,
bien, c'est d'autant plus important de permettre à ce qu'une association de
firmes de génie-conseil Québec puisse venir en commission parlementaire et
expliquer, au fond, comment le projet de loi pourrait être bonifié pour faire
en sorte qu'on soit plus efficace. Parce que j'imagine... j'imagine que, si le gouvernement
de la CAQ tient absolument à une agence, bien, c'est parce qu'il veut être
efficace. C'est quand même étonnant parce qu'il y a un ministère des Transports
qui existe au Québec depuis de nombreuses années. Pourquoi le gouvernement
préfère se lancer dans la création d'une agence? C'est vraiment étonnant, mais
on peut faire le parallèle avec l'Agence de Santé Québec. Et, comme mon
collègue, le député de Nelligan en parlait tout à l'heure, pour l'Agence de
Santé Québec, on n'a pas vu l'ombre d'un début de quelque chose qui allait
faire en sorte que le système de santé allait mieux fonctionner au Québec.
Donc, quels sont les buts visés pour la
création de Mobilité Infra Québec...
Morin : ...de quelle façon ça va s'articuler pour faire en sorte
que les Québécois puis les Québécoises vont en avoir pour leur argent? Bien, il
me semble qu'on ne devrait pas se priver d'entendre un autre groupe,
l'Association des firmes de génie- conseil Québec puisqu'on a entendu les
ingénieurs du gouvernement. Moi, je suis convaincu qu'ils ont fait un travail
rigoureux. Ils ont eu d'excellentes propositions, d'excellentes
recommandations. Pourquoi, à ce moment-là, ne pas équilibrer les choses et
permettre à des firmes de génie-conseil privées de venir également nous parler
de ce que pourrait être Mobilité Infra Québec pour faire en sorte que ce soit
véritablement efficace? Ne l'oublions pas, ne l'oublions pas, cette agence-là
va avoir un coût important pour le gouvernement, puis, évidemment, ce
gouvernement-là est déjà en déficit. Donc, il me semble que ça serait important
d'entendre au moins des gens qui ont des choses intéressantes à nous dire pour
faire en sorte qu'on puisse être efficace, hein?
• (10 h 40) •
Permettez-moi de vous rappeler, dans le
mémoire qui a été déposé au Conseil des ministres, le volet accessible au
public, hein, les objectifs poursuivis par Mobilité Infra Québec, hein :
accroître la capacité de gestion du gouvernement du Québec sur les projets
d'infrastructures de transport collectif. Quand on regarde les objectifs, là,
Mme la Présidente, c'est le premier élément qui apparaît dans le mémoire :
accroître la capacité de gestion du gouvernement du Québec sur les projets
d'infrastructures de transport collectif. Est-ce à dire que, présentement, le
gouvernement du Québec n'a pas cette capacité? Est-ce que c'est parce que le
transport collectif, ce n'est pas une priorité? Autant de questions qui sont en
suspend, Mme la Présidente. Mais il y a une chose... il y a une chose qui est
sûre, si on veut augmenter la capacité de gestion du gouvernement du Québec,
bien, il me semble qu'après avoir entendu des ingénieurs du gouvernement du
Québec, on devrait entendre des firmes d'ingénieurs-conseils privées. C'est
exactement le mandat de l'Association des firmes de génie-conseil Québec. C'est
leur rôle. C'est leur travail. Ils représentent l'ensemble des firmes de
génie-conseil. Donc, il me semble qu'on ne devrait pas se priver d'une telle...
d'une telle expertise.
D'autant plus que, dans toute la question,
hein, du fameux tramway de Québec, dont on a parlé, reparlé, qu'on parle encore
puis là on ne sait pas ce qui va arriver. Ça va-tu avancer? Ça recule-tu?
Bref... Mais il y a quand même des mandats qui ont été confiés à des organismes
autres que le ministère des Transports. Est-ce qu'éventuellement Mobilité Infra
Québec pourra... En fait, juridiquement parlant, elle pourra, mais est-ce
qu'elle verra... est-ce qu'elle demandera à des firmes de génie-conseil privées
des analyses, des études pour remplir sa mission? Bien, si la réponse, c'est
oui, puis on peut présumer que ça va être oui, bien, à ce moment-là, pourquoi
ne pas entendre immédiatement l'Association des firmes de génie-conseil Québec,
pour faire en sorte que, bien sûr, on ait une idée de ce qui va arriver?
Autre élément, quand on regarde les
objectifs poursuivis par Mobilité Infra Québec, «doter le Québec d'une capacité
organisationnelle accrue et d'une vision nationale des projets de transport
complexes en créant un pôle d'expertise unique et attractif en matière de
projets complexes de transport regroupés au sein d'une organisation autonome et
performante».
Alors, moi, Mme la Présidente, il y a
deux, trois mots que je retiens de ça : créer un pôle d'expertise unique
et attractif. On ne sait pas exactement ce que ça va vouloir dire, parce que le
gouvernement vient de voter contre la motion qui était présentée par le député
des Îles-de-la-Madeleine, sur la ventilation des postes, comment ça va
fonctionner, etc., combien les gens vont être payés, mais il y a une chose qui
est sûre, ils vont sûrement faire de très bons salaires parce que c'est un des
objectifs qui est poursuivi par le projet de loi. Un pôle d'expertise unique et
attractif. Est-ce à dire que, présentement, ce n'est pas le cas au ministère
des Transports? Pourquoi ne pas réformer, à ce moment-là, le ministère des
Transports, plutôt que de créer une entreprise autre? La question se pose. Mais
il y a une chose qui est sûre, il y a une chose qui est sûre, c'est que, si on
veut créer un pôle d'expertise unique et attractif, donc, ils vont aller...
Morin : ...chercher des gens quelque part. On va avoir besoin
d'ingénieurs puis ils ne seront peut-être pas tous au ministère des Transports
et ils vont être probablement dans le privé, j'imagine. Alors, à ce moment-là,
pourquoi ne pas entendre l'Association des firmes de génie-conseil du Québec?
C'est ce qu'ils font, ils représentent des firmes de génie-conseil qui sont
dans le privé.
Faciliter l'accès à la main-d'œuvre
disposant de l'expertise de pointe requise pour la réalisation de chaque projet
complexe de transport ainsi que sa consolidation et sa rétention. Donc, ce que
je comprends des objectifs poursuivis, bien en fait, ça vient... ça vient du
gouvernement de la CAQ, c'est que présentement, le gouvernement n'a pas cette
expertise-là. Donc, s'il ne l'a pas, on va aller la chercher où? Bien,
forcément dans le privé. Ça me semble en tout cas... Bref, ça me semble être
une hypothèse qui se défend et qui passe le test de l'hilarité spontanée.
Enfin, c'est ce que je dirais. Donc, raison de plus pour entendre l'Association
des firmes de génie-conseil. Ils vont probablement et directement impactés par
le projet de loi. Alors, pourquoi ne pas les entendre? Pourquoi ne pas leur
donner cette opportunité? Mais ça permettrait d'ailleurs au gouvernement de
savoir exactement ce qu'il devrait faire, parce qu'il y a plein de questions
qu'on peut leur poser quand on veut évidemment avoir un pôle d'expertise unique
et attractif.
Permettez-moi, hein, encore une fois de
revenir à l'article 44 du projet de loi. Quand on dit que «les employés de
Mobilité Infra Québec sont nommés selon le plan d'effectifs qu'il a établi.
Sous réserve des dispositions d'une convention collective, Mobilité Infra Québec
détermine les normes et les barèmes de rémunération, les avantages sociaux.»
Alors, quoi de plus important pour le gouvernement que d'entendre justement
l'Association des firmes de génie-conseil? Ils pourront... On peut discuter
avec ces gens-là. C'est... c'est l'importance, c'est la pertinence d'avoir ces
groupes, évidemment, dans le cadre de consultations particulières. Et donc,
c'est quoi, par exemple, des barèmes de rémunération? C'est quoi des normes?
Parce que si on veut... si on veut évidemment unir l'article 44 avec les
objectifs poursuivis, bien, il me semble que parler à des firmes de
génie-conseil qui sont dans le privé ferait en sorte que ça aiderait
véritablement le gouvernement. Donc, autant de bonnes raisons d'aller chercher
des gens puis de voir avec justement des firmes de génie-conseil, ce qui peut
être fait. Parce que... parce qu'évidemment, quand on parle de projets
complexes de transport, il ne faut pas oublier, hein, parce que ça, c'est dans
le mémoire qui a été présenté au Conseil des ministres : «construction,
reconstruction, réfection d'un immeuble ou d'un ouvrage de génie civil destiné
au transport ou utile à un système de transport, développement ou amélioration
d'un système de transport intelligent». Donc, à ce sujet-là, je suis convaincu,
je suis convaincu que, dans le domaine privé, dans des firmes de génie-conseil,
au Québec, il y a... il y a cette expertise, il y a évidemment cette
expérience-là qui pourrait être partagée avec la commission parlementaire où
nous siégeons présentement, et ça, ça m'apparaît effectivement très important
pour qu'on soit à même d'avoir toute l'information requise pour être capables,
bien sûr, de faire notre travail de parlementaire d'une façon qui est efficace.
Même chose pour le conseil d'administration, avec les salaires qui seront
éventuellement versés.
On dit également... on dit également dans
le... dans le document qui a été présenté au Conseil des ministres, que
«Mobilité Infra Québec pourra conclure une entente avec un ministère ou un
organisme du gouvernement, ainsi qu'avec toute personne, association, société
ou toute communauté autochtone représentée par son conseil de bande». Donc, à
ce moment-là, il me semble que vouloir pouvoir inviter les firmes de
génie-conseil permettrait d'avoir un meilleur éclairage sur la façon dont ça
peut être fait. Pourquoi? Bien, parce qu'évidemment ces firmes-là sont déjà
habituées d'entrer dans des négociations de contrats, d'ententes pour faire
avancer des projets importants...
Morin : ...de génie civil au Québec. Alors, autant... autant
d'éléments pertinents que l'Association des firmes de génie-conseil pourrait
nous donner.
Même chose également en matière de
ressources humaines. Plusieurs de ces firmes-là emploient un nombre
considérable d'ingénieurs. Et donc je rappelle que, dans le projet de loi, au
niveau des ressources humaines, c'est l'article 44 dont je parlais, il y
aura... Mobilité Infra Québec aura son propre plan d'effectifs. Et d'ailleurs
le mémoire au Conseil des ministres souligne, Mobilité Infra Québec ne sera pas
assujettie à la
loi sur la fonction publique. Donc, il y aura d'autres normes.
Bien, à ce moment-là, pourquoi... pourquoi ne pas entendre l'Association des
firmes de génie-conseil et leur demander, évidemment, leur expertise pour être
capable d'avoir des barèmes qui vont être, évidemment, compétitifs?
Je reviens à ce que je disais au début,
Mme la Présidente, si le gouvernement, bien... ce qu'on lui dit, qu'ils
n'auraient pas cette expertise à l'interne puis qu'ils vont la chercher à
l'externe, bien, autant avoir des barèmes qui vont être compétitifs. Et quoi de
mieux que d'entendre l'Association des firmes de génie-conseil pour être
capable d'aider le gouvernement et les parlementaires dans cette démarche?
Alors, pour toutes ces raisons, je vais, bien sûr, appuyer la motion que je
présente ce matin. Merci, Mme la Présidente.
• (10 h 50) •
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. le député de l'Acadie. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants sur la motion?
Oui, M. le député de Nelligan, la parole est à vous.
M. Derraji : Au nom du chef
de l'opposition officielle, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Vous disposez de 30 minutes. Allez-y.
M. Derraji : Oui. Rebonjour,
Mme la Présidente. Donc, encore une fois, une motion que je salue, de mon
collègue le député de l'Acadie. Et je vais vous dire pourquoi c'est important
d'entendre l'Association des génies... l'Association des firmes de
génie-conseil. D'ailleurs, ils nous ont sollicités pour qu'on... ils voulaient
être entendus en commission parlementaire, et, malheureusement,
malheureusement, on n'a pas eu... on ne les a pas entendus. Et vous avez vu
qu'il y avait, en commission parlementaire, une seule compagnie, et c'est la compagnie
Pomerleau, Mme la Présidente, qui était là, mais avec les enjeux que nous avons
tous vus au niveau de... au niveau... au niveau de... je dirais, de l'agence,
je pense que c'est quand même important de prendre le temps d'entendre
l'Association des firmes de génie-conseil, tu sais.. Je ne vais pas revenir sur
le débat qui a été soulevé, par l'association des ingénieurs du ministère, si
ma mémoire, elle est bonne... oui, du gouvernement du Québec, c'est eux qu'on
a... qu'on a invités. Ils étaient là. Ils ont... d'ailleurs, ils nous ont dit
qu'ils ont des enjeux sur le terrain, présentement, qu'il y a des enjeux au
niveau des chantiers.
Mais permettez-moi juste de vous lire
quelques extraits que je trouve importants, que Pomerleau, lors de leur passage
en commission parlementaire. En tant qu'entrepreneur général... et c'est là...
et c'est là où c'est important, ça devient vraiment important d'écouter ce qui
a été dit : «En tant qu'entrepreneur général, on comprend — ça,
ce sont les propos de Pomerleau — on comprend que notre participation
aujourd'hui vise essentiellement à faire bénéficier les élus de l'expertise
terrain que nous avons développée au fil des 60 dernières années.»Donc c'était
un passage quand même important par rapport à leur présence et à leur
participation dans les efforts contractuels.
Ils ont parlé de l'entreprise, 5 000
employés, fondée en 1964, mais aussi ils nous ont partagé un élément important,
et cet élément important... je veux juste nommer deux... Skytrain, en
Colombie-Britannique, et le REM, à Montréal, bon. Le REM, à Montréal, on voit,
le REM, à Montréal, on le voit très bien, ça a été une bonne, bonne... une
bonne... une bonne solution, une bonne solution que nous avons adoptée. Et
d'ailleurs nous étions capables, pas uniquement d'avoir l'idée...
M. Derraji : ...mais ça
fonctionne, ça fonctionne, l'antenne Rive-Sud fonctionne, Mme la Présidente. On
a tendance à parler uniquement de l'ouest de l'île qui est une région aussi
parmi les régions du Québec, mais l'antenne de la Rive-Sud, elle fonctionne
très bien aussi. Alors, Mme la Présidente, je pense que le fait d'entendre
l'Association des firmes de génie-conseil Québec est un élément qui va bonifier
le... gérer... va informer l'ensemble des élus, mais je veux juste vous dire
que l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec
avait quand même pas mal de points et même des recommandations, notamment sur
la mission du projet de loi n° 61, et quand on dit
«recentrer la mission du projet de loi n° 61 sur les
projets complexes de transport en commun», et moi, je veux savoir l'Association
des firmes de génie-conseil. On parle beaucoup d'expertise au Québec, hein? Ça
n'a été dit pas une fois, pas deux, pas trois. Donc, cette expertise, ce sont
les ingénieurs, que ça soit de l'État ou bien l'association... l'Association
des firmes de génie-conseil qui eux peuvent nous aider à comprendre pourquoi,
selon même les propos de Mme la ministre, pourquoi on a tant de misère avec les
projets complexes.
Vous savez, il y a quelques jours, j'ai
interpellé Mme la ministre sur le tramway. Je lui ai posé la question. Il n'y a
pas d'entente signée. Elle m'a répondu : L'argent du fédéral qui traîne.
Le ministre Duclos a répondu : L'argent, il est toujours là. Mais là, je
vois qu'elle chemine très bien. Hier, elle a annoncé que l'entente est
imminente. Donc, j'espère que ça va passer au Conseil des ministres demain, et
qu'on va avoir le début du commencement de quelque chose. Mais vous savez,
après six ans, là, ça devient lourd pour un gouvernement, surtout pour un
projet qui a traîné beaucoup.
Mais c'est très important de parler
d'expertise parce que, si on a tant de retard, tant de retard, hein, mais ce
retard est venu juste avec la CAQ. Nous étions capables avec la Caisse de dépôt
Infra. D'ailleurs, c'est ce que Mme la ministre va faire probablement
aujourd'hui ou demain, elle va signer une entente avec la Caisse de dépôt Infra
pour le tramway de Québec. Donc, elle est où, l'agence? C'est avec la Caisse de
dépôt Infra que l'entente intérimaire va être signée à la ville de Québec.
Donc, quand j'entends la ministre parler qu'on n'a pas l'expertise, qui doit
nous dire qu'on a un manque d'expertise? La Société de transport de
l'Outaouais, ils ont dit le contraire : Nous, on a pas besoin de votre
agence, Mme la Présidente. Ils l'ont dit en commission parlementaire. Donc,
c'est très important.
L'Association des firmes de génie... de
génie-conseil du Québec, ils ont déposé un mémoire, mais je ne veux pas lire
leur mémoire parce que c'est très long, et vous savez, c'était quand même
important. C'est une association qui représente 70... 70 firmes de
génie-conseil, et ils agissent à
titre de porte-parole de l'industrie du
génie-conseil et des services spécialisés dans le domaine de la construction et
de l'environnement. Ce sont des experts, et jusqu'à maintenant je n'ai pas
parlé avec des experts pour confirmer ou annuler les propos qu'on manque
d'experts au Québec. C'est pour cela qu'on a... que, selon les dires du
gouvernement caquiste, qu'on a de la misère à avoir des projets en transport
collectif parce que ça fait longtemps qu'on n'a pas fait des projets
structurants. Mais moi, écoutez, Mme la Présidente, j'étais dans la conférence
de presse de la STM ce vendredi pour le malheureux incident de la fermeture des
trois stations de métro avec mes deux collègues, la députée de
Jeanne-Mance--viger et le député de Saint-Michel... Viau, Saint-Michel, de
Viau, mon collègue. Vous savez, qu'est ce qu'on m'a dit? C'est parce qu'on manque
d'argent. Le maintien d'actifs est très important, et le fait d'avoir moins
d'argent pour le maintien d'actifs, Mme la Présidente, bien, ça veut dire qu'il
y a des gens qui se démobilisent. Si tu n'as pas d'argent pour le maintien
d'actifs, tu perds tes experts, tu perds tes ingénieurs, tu perds des... tes
gestionnaires de projets. Donc, c'est là où c'est très important pour les
membres de la commission avoir une discussion...
M. Derraji : ...discussion
avec les experts. Nous avons uniquement entendu les ingénieurs de l'État, et
les ingénieurs de l'État nous ont sensibilisés sur beaucoup de réalités,
notamment la cannibalisation... la cannibalisation si l'agence s'occupe
d'autres choses que le transport en commun, parce qu'ils nous ont dit :
Écoutez, l'expertise, on l'a à l'intérieur du ministère, il faut les valoriser,
les ingénieurs de l'État, surtout en matière de tout ce qui est routes. Au
Québec seulement, l'industrie du génie-conseil génère plus de 4 milliards
de dollars en retombées économiques directes, 28 000 professionnels, dont des
ingénieurs, des technologues et des techniciens, des biologistes, des
géologues, des spécialistes environnement et plusieurs experts
multidisciplinaires. Mais qu'est ce qu'on disait depuis le début? On disait
qu'on a un problème d'experts et qu'on n'a pas d'experts, et c'est pour cela
que le gouvernement caquiste veut créer une agence parce qu'on veut regrouper
les experts à l'intérieur de cette agence. Excusez-moi, on ne sait pas est-ce
que vraiment il y a un manque d'experts ou vraiment un gouvernement qui n'a pas
de vision en matière de transport collectif.
• (11 heures) •
Mais regardez, Mme la Présidente, la
contradiction entre deux énoncés du gouvernement. Quand ils nous ont répondu
sur notre motion... notre demande d'accès, dans la ventilation des frais, ils
disaient les frais liés à l'expertise externe, honoraires professionnels et
communications. De l'autre côté, je vous dis qu'on a à peu près de 28 000
professionnels qui sont au Québec, toutes catégories confondues. Et là,
écoutez, ce qui est très bien, le génie-conseil a largement contribué à la
transformation sociale et économique du Québec. De plus, plusieurs des firmes
qui composent l'industrie québécoise du génie-conseil exportent leurs services et
leur savoir-faire partout dans le monde. Wow!
J'ai en face de moi un gouvernement qui
dit sur la place publique, vu qu'ils l'ont échappé en matière de transport
collectif, que ça fait longtemps qu'on n'a pas lancé des gros projets de
société en matière de transport. C'est vrai, ça fait 6 ans, il n'y avait
aucun projet structurant. Il y avait, et je tiens à le rappeler, le fameux
troisième lien sur lequel la CAQ s'est fait élire pas une fois, deux fois.
Souvenez-vous lâchez-moi avec les GES. Sauvez vos ponts par millions, PPM.
Souvenez-vous des études, quand ça fait l'affaire du gouvernement, ils ont le
temps de lire toutes les études et les avis, ils font des conférences de
presse, un bon setup, un bon visuel, faire rêver les gens. Mais au bout de la ligne,
le résultat, il est nul.
Il n'y a personne au Québec aujourd'hui
qui va dire :Écoutez, là, la CAQ a bien fait en matière de transport
collectif. L'offre du transport en collectif se détériore. Ça, c'est un fait.
Je vous ai dit que j'étais vendredi matin... D'ailleurs, écoutez, j'ai pris la
route jeudi parce que nous étions ensemble en commission parlementaire. J'ai
reçu l'avis, que j'ai même dit à Mme la ministre : Bonne annonce demain;
elle s'apprêtait à faire une pelletée de terre. Tu sais, vous savez, les belles
annonces, pelletée de terre. Mais malheureusement, écoute, quand tu délaisses
le maintien d'actifs, la pelletée de terre a été changée plus en fermeture de
trois stations de métro. Et j'ai une pensée particulière aujourd'hui pour les
Montréalaissutout de l'Est et je tiens à saluer le travail extraordinaire de
mes deux collègues, le député de Viau et ma collègue députée de
Jeanne-Mancer-Viger, qu'eux ils soutiennent les populations de Saint-Léonard et
de Saint-Michel qui maintenant, malheureusement, elles prennent le bus et des
navettes parce que, malheureusement, le métro ne fonctionne plus. Et
souvenez-vous, Mme la Présidente, pendant mes crédits, je l'ai mentionné, j'ai
mentionné que, attention à la sécurité au métro, attention aux travaux qu'on
doit faire, parce que je me suis basé sur un tableau du gouvernement qui
démontrait que l'état d'infrastructures se détériore.
Donc, quand j'ai tout cela, le fait
d'inviter l'Association des firmes de génie-conseil, ça va nous permettre
autour de la table d'avoir un échange avec eux, et cet échange, il est très
important pour la simple et unique raison, Mme la Présidente, que ça va nous
donner l'heure juste. Et je sais le député...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) M. Derraji : ...de Masson est
un ingénieur. Il sait de quoi je parle. J'espère qu'il va voter... ses
confrères et ses consœurs. C'est un ingénieur, il sait de quoi je parle. Il
doit même prendre la parole et me dire que c'est une très bonne idée, le député
de Nelligan. Je l'ai mentionné : Écoutez, pendant qu'on leur dit qu'on n'a
pas d'expertise, j'ai la même association qui représente 28 000... Je ne
sais pas si vous avez entendu, Mme la Présidente, qu'est-ce qu'ils ont écrit,
qu'est-ce que je disais tout à l'heure. Ils exportent leurs services et leur
savoir-faire partout dans le monde pendant qu'on dit qu'on n'a pas d'expert. J'ai
l'Association des firmes de génie-conseil du Québec qui dit : Écoutez,
au-delà de 28 000 professionnels, dont des ingénieurs, des
technologues, des techniciens, des biologistes, des géologues, des spécialistes
en environnement et d'autres experts multidisciplinaires... travaillent au
Québec, mais aussi ils exportent leur savoir-faire à l'international.
Donc, vous savez que, si on se base sur
les faits, Mme la Présidente, malheureusement, malheureusement, l'argument qu'on
a sur la table, qu'on n'a pas d'expert, que ça fait longtemps, on n'a pas fait
des projets. Je ne sais pas que ça fait longtemps qu'on n'a pas fait des projets
remonte à quelle date? Probablement, écoutez, probablement depuis l'arrivée de
la CAQ. Ils ont inauguré le REM, mais ils ne peuvent pas dire que c'est eux qui
l'ont lancé. C'est malheureux. C'est une triste réalité. Le plan structurant à
l'Est, le fameux PSE, où j'ai vu un chiffre de 19 milliards, aucune
nouvelle. REM à Chambly, aucune nouvelle. D'ailleurs, vous me faites penser à
quelque chose. Une demande d'accès que j'aie faite sur la bretelle 40/640, où l'excellent
député de Masson, il est venu me dire : Écoute, tu as fait cette demande
parce que j'ai dit que... sur la place publique, que j'ai vu l'étude, mais je n'ai
pas vu l'étude. Bien, je ne sais pas, s'il peut me répondre, où elle est rendue
la bretelle 40/640, s'il va informer ses citoyens. Je reçois beaucoup d'appels
de son comté sur cette bretelle, Mme la Présidente. Si lui a des informations
au ministère que je n'ai pas, j'espère que le député va les dire... va
mentionner ça publiquement. Parce que, souvenez-vous, Mme la Présidente, quand
on fait une demande d'information, techniquement, à un ministère, je ne
comprends même pas pourquoi le député était au courant que j'ai fait une
demande d'accès. Je soulève des questions. Bien, vous savez, j'ai reçu une
réponse et de l'ARTM et du ministère du Transport. Je fais très bien mon
travail, hein? Je savais. C'est pour ça que les gens nous ont élus. C'est :
contrôler l'action gouvernementale. Bien, on la contrôle, Mme la Présidente.
Donc, j'espère que... Sur la place publique, le premier ministre s'est engagé
dans sa chambre de commerce. J'ai le député de Masson, qui lui, il dit
publiquement qu'il a vu une étude. Bien, je ne sais pas où elle est, cette
étude, parce que les gens attendent. Moi, je prends cette route, Mme la
Présidente, et c'est toujours, toujours bloqué, la 40/640, mais je ne sais pas
où elle est rendue, l'étude.
Ce qui me ramène, Mme la Présidente, à
cette association de génie-conseil. Donc, le mémoire, il est très intéressant.
Je l'ai lu, Mme la Présidente ...pris pas mal, pas mal, pas mal de notes. Et je
veux vous surprendre avec la recommandation numéro 1 : l'agence devra
intégrer de façon rigoureuse les étapes préliminaires des projets d'infrastructure,
soit la définition des besoins et la planification pour relever les défis de la
mobilité de demain. Rien que pour ça, Mme la Présidente, j'aurais aimé avoir
cet échange avec eux. Parce que, si le problème est dans les étapes
préliminaires, ça veut dire qu'on rate quelque chose d'important au niveau de
nos infrastructures, et c'est pour cela que le gouvernement a un piètre... un
piètre bilan en matière d'infrastructure. Souvenez-vous, j'ai déjà interpelé Mme
la ministre sur le projet de loi n° 66. Je tiens à vous rappeler ce projet
de loi, où le gouvernement a mis, à l'intérieur de ce projet de loi, beaucoup
de projets à accélérer. Ils ont dit : Écoutez, avec la pandémie, on a
besoin d'aller vite, très vite, vite, vite, vite. D'ailleurs, ils ont déposé
deux versions de ce projet. Le projet de loi était porté par l'actuel ministre
de la Santé qui... il a perdu son portefeuille en tant que ministre responsable
du Conseil du trésor qui, par la suite, parce qu'il y avait beaucoup de risque
sur la collusion. Bon, voilà, le gouvernement a cru bon de ramener l'actuel
président du Conseil du trésor pour donner un peu de crédibilité à son projet
de loi. Mais...
M. Derraji : ...force est de
constater que, quelques années plus tard, ils n'ont pas accéléré les projets,
quelques projets. Malheureusement, je n'ai pas la feuille devant moi, là, mais
il y a pas mal de projets qui sont en étapes de planification encore.
• (11 h 10) •
Donc, le gouvernement a utilisé un levier
pour accélérer les projets, et il n'a pas réussi. Mais là, ils reviennent
quelques années plus tard dans le même mandat caquiste, malheureusement, avec
un autre fait. Ma collègue, avec raison, me fait rappeler que même la réfection
du stationnement D'Youville est encore en étape de la planification. C'est
proche de chez moi où je reste, Mme la Présidente. Ce stationnement est...
c'est une catastrophe, Mme la Présidente, toujours en planification. Réfection
de... et relocalisation de la morgue dans l'édifice Wilfrid-Derome, située à...
au 1701 rue Parthenais à Montréal, en planification, et réfection de l'étude...
de l'édifice Gérald-Godin, située 360 rue McGill à Montréal, à l'étude. Là, ils
ont tout accéléré? Mais rien n'est accéléré.
Donc, quand je reviens, Mme la Présidente,
à la proposition de l'Association des firmes de génie-conseil, eux, ils ramènent
un élément important. Ils disent : MIQ devra intégrer de façon rigoureuse
les étapes préliminaires des projets d'infrastructure, soit la définition des
besoins et la planification pour relever les défis de la mobilité de demain.
Permettez-moi, Mme la Présidente, de boire un peu d'eau.
Recommandation 2 : MIQ doit devenir un leader dans la mise en place
de modes de réalisation collaboratifs, lesquels jugeront les bénéfices de
l'engagement commun des partenaires et la transformation numérique. Bien, j'aurais
aimé parler avec eux. Il n'y a pas de mode collaboratif. On doit attendre un
autre omnibus. Ni le collègue de Mme la ministre le mentionne ni dans le projet
de loi actuel, on parle des contrats collaboratifs, sachant que, pendant la
sortie de Mme la ministre sur ce projet de loi, elle n'a pas arrêté de dire
qu'elle a besoin de son... du projet de loi de son collègue. Mais au bout de la
ligne, il n'y a pas ça, Mme la Présidente.
Je peux continuer, Mme la Présidente, à
parler pendant plusieurs heures sur ça, mais je vais me limiter uniquement aux
recommandations. Recommandation 3 : Mobilité Infra Québec doit
s'inspirer des grands projets de transport réalisés à l'international afin de
planifier, concevoir et construire des infrastructures de mobilité durable pour
le Québec. Ça revient toujours à la planification et à la conception. Donc,
clairement, ce gouvernement a échoué à planifier et à concevoir, et là,
maintenant, il pense mettre ça dans une agence, parce que, si on planifie bien
et on fait des bonnes conceptions pour construire des bonnes infrastructures,
on ne sera pas là aujourd'hui avec un bilan presque nul de la CAQ en matière de
mobilité durable. Et je vous le dis, Mme la Présidente, les gens sur le terrain
que j'ai rencontrés vendredi, ils étaient juste déçus. Venir prendre le métro
qui, je tiens à le rappeler, assure plus qu'un million de déplacements par
jour, venir le matin... Et j'ai vu, les agents disaient aux gens :
Allez-y, prenez le bus et faites la file d'attente. Heureusement, il faisait un
peu frais. On n'était à pas -15. Mettez-vous à la place de ces gens, et je vais
vous dire pourquoi. Ces gens utilisent le transport en commun, parce que,
parfois, c'est le seul moyen de transport qu'ils ont, le seul moyen de
transport pour aller de chez eux à travailler. Donc, quand ce gouvernement ne
voit pas l'opportunité d'assurer le maintien d'actifs, Mme la Présidente, en
matière de mobilité durable, bien, c'est un gouvernement qui n'aide pas les
sociétés et les PME en matière de développement économique. Si les travailleurs
arrivent en retard, si le personnel de l'éducation arrive en retard, si le
personnel de la santé arrive en retard, si les étudiants arrivent en retard,
c'est toute la société qui est en retard. Et ça, ça a un impact économique, Mme
la Présidente, le fait de ne pas avoir des infrastructures en matière de
transport fiables.
Alors, qui est le groupe, qui est le plus
capable de nous parler de l'expertise? Ce sont les ingénieurs. Et vous avez vu
comment nous étions tous, tous à l'écoute lors du passage de l'Association des
ingénieurs de l'État, du gouvernement du Québec. D'ailleurs, il y avait une
très, très bonne couverture par la suite, parce que ce qu'ils ont dit sur les
arrêts en matière de chantier dans plusieurs régions...
M. Derraji : ...était pour
moi un choc. Comment ça se fait qu'on ferme des chantiers parce qu'on n'a plus
d'argent? C'est sûr que le gouvernement a perdu le contrôle. Ça, il n'y a
personne qui va dire le contraire au Québec. Quand tu te ramasses avec un
déficit de 11 milliards et que tu entends la ministre du Transport
dire : On n'a plus d'argent. On n'a plus d'argent. On n'a plus d'argent.
Écoutez, ça ne prend pas un doctorat pour comprendre que le gouvernement ne va
plus investir, là, et qu'on risque de vivre avec les déficits.
Donc, on vit avec un déficit causé par le
gouvernement. Je ne vais pas revenir faire la genèse de ce qu'ils ont fait. Les
chèques électoraux, hein? Souvenez-vous des 500 piastres avant l'élection,
des 500 piastres après l'élection. Ce n'est pas moi qui ai invité les
Kings. D'ailleurs, il mérite... écoutez, le premier ministre... maintenant, il
va traîner avec lui le
titre du King de... des déficits, Mme la Présidente.
Donc, ces choix, ce gouvernement, le fait de garrocher l'argent sur des
programmes qui ne donnent pas de résultats, ils vont vivre avec ça. Bien, moi,
pour faire mon travail, surtout sur ce projet de loi, je dois le faire
correctement. Et, pour le faire correctement, on a besoin d'entendre
l'Association des firmes de génie-conseil Québec. Je vous le dis : Ils ont
de très, très, très bonnes propositions. Ils parlent même... un carrefour de
données ouvertes et d'informations sur la mobilité. Souvenez-vous de ce que je
disais, Mme la Présidente, sur la vision, avoir une vision 10, 20, 30 ans.
C'est ça, le rôle du ministère en termes... en matière de mobilité.
Recommandation 5 de l'Association des
firmes de génie-conseil : mettre en place des mécanismes nous permettant
d'identifier les tendances et les principaux défis à relever dans le
développement du transport collectif au Québec.
Donc, un mémoire extrêmement riche, des
recommandations très claires. D'ailleurs, je remercie l'équipe qui a travaillé
sur ce mémoire. L'équipe de l'Association des firmes de génie-conseil du
Québec, s'il nous écoute, je tiens à les féliciter et j'espère que mon collègue
député de Masson va se joindre à moi et féliciter en tant qu'ingénieur et il va
voter pour les entendre. C'est quand même... C'est des confrères. Il fait
partie probablement du même groupe ou il a des amis au sein de cette
association. J'aimerais bien entendre ce qu'il pense... ce qu'il dit.
Donc, Mme la Présidente, encore une fois,
je pense qu'on est au... on est vraiment à la bonne place. Après avoir utilisé
l'ensemble des arguments pour faire résonner ce gouvernement en matière... Ça
prend combien d'argent pour lancer l'agence? Jusqu'à maintenant, Mme la
Présidente, l'opposition officielle a déposé trois motions préliminaires,
uniquement trois. ...Mme la Présidente. J'ai appuyé les motions préliminaires
de mes collègues. Donc, je pense que nous sommes dans le vif du débat
parlementaire, le débat parlementaire qui nous permet aujourd'hui, avec des
motions préliminaires... faire résonner le gouvernement, et Dieu sait qu'on en
a besoin, Mme la Présidente.
Donc, la meilleure chose... la meilleure
chose, Mme la Présidente, c'est accepter notre demande d'inviter l'Association
des firmes de génie-conseil, de leur donner l'opportunité de nous
expliquer : Est-ce que la ministre a raison quand elle dit qu'on n'a pas
d'expert, hein, qu'on a perdu l'expertise? Chose que je doute, surtout que j'ai
la réponse. On a 28 000 professionnels. Eux-mêmes, page
numéro 3, ils disent que plusieurs des firmes qui composent l'industrie
québécoise du génie-conseil exportent leurs services et leur savoir-faire
partout dans le monde. Donc, on n'est pas juste experts chez nous, là.
L'expertise aide ailleurs, dans d'autres continents.
Et je peux vous parler, Mme la Présidente,
d'une expérience ancienne avant la vie politique. J'étais derrière des missions
économiques au moins dans une dizaine de pays et j'ai vu nos experts québécois
en matière de mobilité. Et, à l'époque, ils me disaient : On a un problème
avec le gouvernement du Québec pour cheminer nos innovations, y compris avec le
ministère du Transport. Ils étaient capables de décrocher des contrats en Côte
d'Ivoire, mais pas au Québec...
M. Derraji : ...donc qu'on
arrête de dire qu'on n'a pas des experts et c'est pour cela qu'on justifie la
création d'une agence. Mais je ne peux pas, aujourd'hui, prétendre que
l'argument, que j'ai sur la table, qu'on a un manque d'experts est justifié.
• (11 h 20) •
En parlant avec ces gens, avec
l'association, on va probablement trouver la solution ailleurs et, je dirais
même, abandonner l'idée de créer une agence Mobilité Infra. Si j'ai 28 000
professionnels, et ces 28 000 professionnels insistent sur les étapes
préliminaires des projets d'infrastructure, ils veulent qu'on... ils nous
demandent de définir très bien les projets complexes. Ils nous parlent des
données ouvertes. Ils nous parlent de définir les mécanismes nous permettant
d'identifier les tendances et les principaux défis à relever dans le
développement du transport au Québec. C'est ce qu'ils nous ont demandé, Mme la
Présidente. Je trouve ça intéressant. Encore une fois, un groupe qui a déposé
un mémoire, qui n'a pas eu la chance d'être entendu en commission
parlementaire. Mais je ne veux surtout pas manquer l'occasion de dire qu'avec
un peu de temps, un peu de patience et un peu d'ouverture de la
partie
gouvernementale, on va les inviter. On va les inviter, Mme la Présidente, pour
nous partager leurs préoccupations, revoir, avec eux, l'ensemble des
recommandations.
Et, pour conclure, Mme la Présidente,
j'espère, cette fois-ci, que, rendu à ma troisième motion préliminaire, à ma
troisième motion préliminaire, j'espère que le gouvernement va accepter cette
motion, Mme la Présidente. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants? Oui, M. le député des
Îles-de-la-Madeleine, la parole est à vous.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Alors, c'est une proposition... une motion, en fait, de la
part de mon collègue député de Nelligan, que je trouve particulièrement
intéressante, lorsqu'on considère les discussions qui se tiennent déjà, depuis
quelques semaines, sur la pertinence de mettre en place une agence et de
pouvoir réaliser, de façon plus rapide, un plus grand nombre de projets dans
les délais et dans les budgets qui sont impartis. Je pense que c'est
fondamental de pouvoir approfondir la discussion avec des gens qui ont une
expertise en matière de développement et d'élaboration de plans et devis pour la
mise en œuvre de projets complexes, d'infrastructures diverses, évidemment,
qu'on pense soit à des infrastructures routières, autoroutières, ou même en
matière, évidemment, de transport collectif, ce qui devrait être, à notre point
de vue, là, la fonction principale et unique de l'agence.
Mais c'est intéressant, parce
qu'essentiellement, plus on approfondit la lecture du texte, du libellé du
projet de loi n° 61, qui est devant nous, plus on se rend compte
essentiellement qu'on a besoin d'approfondir la question et qu'on a besoin
d'avoir toute l'information sur la façon dont ça se passe déjà ici, au Québec,
l'élaboration de projets et d'essayer de comprendre pourquoi on a des projets
qui n'aboutissent jamais, pourquoi est-ce qu'on prend des années et des années
à réaliser des projets, ou encore pourquoi il est impossible, semble-t-il, au
Québec, de prendre exemple sur d'autres juridictions où les projets se
réalisent rapidement. Et ce n'est pas parce qu'on n'a pas cette expertise.
Et ça, ce débat-là, je pense qu'il va
falloir, à un moment donné, le clarifier. Il ne faut pas penser qu'au Québec,
nous n'avons pas l'expertise en matière d'ingénierie, par exemple, parce qu'on
l'a vu dans certains des mémoires qui ont été déposés, certains des
intervenants qui sont venus nous entretenir de la question, l'expertise
québécoise, elle est présente un peu partout à travers le monde, dans les
projets qui se réalisent dans d'autres juridictions. Si on n'a pas suffisamment
d'expertise au ministère, c'est une chose, mais, encore là, mon collègue député
de Nelligan le mentionnait tout à l'heure, on a fait la démonstration, je
crois, en écoutant les représentants de l'Association des ingénieurs de l'État,
qui, en fait, nos ressources étaient peut-être mal employées...
M. Arseneau : ...et on a émis
des doutes sur les moyens qui étaient mis en place pour s'assurer qu'on puisse
mettre à contribution l'expertise existante, ici au Québec, pour la réalisation
de projets dans les temps, et les délais, et les budgets impartis.
Donc, le brassage de structures, on le
voit, mais je pense que, depuis quelques années déjà, c'est une façon pour le
gouvernement de tenter de prouver qu'il est en action, qu'il réalise des
projets, faire miroiter un futur meilleur, et pour ce faire, bien, on crée des
structures, des comités, des agences comme, par exemple, dans le domaine de la
santé, et comme si ça allait de soi qu'une nouvelle structure, bien souvent,
là, avec une hiérarchie très forte et des décideurs de haut rang qui savent mieux
que quiconque comment faire et quoi faire et qui sont évidemment payés à très
forts salaires. Donc, on va toujours faire miroiter le fait que ces
ressources-là sont exceptionnelles et qu'on doit aller essentiellement les
recruter dans le domaine privé, où ils sont mieux payés. Bref, qu'à travers
cette vision-là d'un groupe de gestionnaires, là, ultracompétents on peut faire
migrer ou changer de direction un paquebot comme celui du gouvernement du
Québec ou du ministère des Transports et de la Mobilité durable de façon à ce
qu'il nous mène à bon port et qu'il réalise des projets et livre des résultats.
Et je pense que ça, ce présupposé-là, là, actuellement, de façon empirique, on
ne peut pas dire qu'il se vérifie dans la réalité, d'où l'idée d'avoir, justement,
la chance d'interroger ici des praticiens, des professionnels — et
ils sont près de 30 000 quand même, ce n'est pas rien — représentés
par une association qui n'a pas été invitée, malheureusement, autour de la
table ici. Et, à ce moment-ci, je pense que, lorsqu'on regarde effectivement le
mémoire qu'ils ont déposé, ils méritent non seulement audience, mais nous, nous
devons nous donner l'opportunité et la chance de pouvoir avoir cet échange
constructif et porteur avec eux, de façon à pouvoir véritablement, là, adopter
les bons enlignements pour la suite des choses et des débats, qui seront les
nôtres au cours des prochaines semaines. Ce n'est quand même pas rien.
Lorsqu'il est question de projets
complexes, chacun des intervenants qui sont venus ici avait sa propre
définition. La ministre a probablement sa définition, nous, on a la nôtre, et
puis je pense qu'essentiellement ce flou-là est certainement un élément qu'il
faut clarifier, sans quoi, bon, ça risque d'entraîner encore davantage de
confusion, non seulement autour de la table, mais une fois qu'on adopte un
projet de loi et que l'intention du législateur est aussi floue, je décèle que,
pour le porteur du projet, ça peut être avantageux dans la mesure où on a
laissé une marge de manœuvre extrêmement importante. Mais ce n'est pas porteur
dans la mesure où on veut véritablement maximiser l'efficacité, savoir sur
quels éléments il faut vraiment, là, se concentrer et aller de l'avant avec...
avec des solutions qui soient porteuses puis qui soient concrètes puis qui
soient réalistes, qui soient ancrées dans le terrain, dans la réalité du
terrain. Alors moi, je pense que mentionner qu'on a, par exemple, non seulement
une définition très floue des projets complexes, mais qu'on ne semble pas avoir
la même compréhension de ce qu'il faut faire pour les réaliser, sur les
conditions à mettre en œuvre pour pouvoir être plus efficaces. Les conditions
de marché aussi au Québec sont-elles différentes d'ailleurs dans les autres
juridictions nord-américaines ou même ailleurs? Le fait qu'on n'ait pas eu
cette étude d'impacts réglementaires, bien, il faut pouvoir compenser, là, ce
manquement aux devoirs gouvernementaux par des avis d'experts qui...
M. Arseneau : ...nous
permettent, justement, de mieux comprendre là où on veut aller. Alors, c'est un
peu comme le fait de dire que cette agence-là, elle va remplir, semble-t-il, de
façon prioritaire, les besoins qui sont urgents, de développer des réseaux de
transport collectif mais sans fermer la porte aux... à la mise en place
d'infrastructures routières ou autoroutières, alors qu'on a déjà un ministère
qui s'occupe de ces projets-là et... dont on sait qu'ils ont certainement
l'expertise, mais n'ont pas nécessairement les coudées franches. Ils n'ont pas
nécessairement le contexte qui leur permet, justement, de se consacrer à
100 %, je parle des professionnels qui y travaillent à des projets, parce
qu'au cours des années on leur a imposé toutes sortes de barrières, toutes
sortes d'obstacles. On a mis des bâtons dans les roues de l'exercice de leur
profession, comme on l'a vu, qui faisait en sorte qu'on travaille,
essentiellement, à mi-temps sur les projets, et, l'autre moitié du temps, bien,
on répond à des demandes d'information, à des contrôles, à des formulaires de reddition
de comptes, ce qui entraîne une perte d'efficacité extraordinaire. Alors, je
pense qu'à cet égard l'Association des firmes de génie-conseil peuvent, je
crois, puisqu'elles oeuvrent dans le secteur privé, et dont on dit souvent
qu'il est beaucoup plus efficace que le secteur public... bien, on... ça reste
à prouver, mais au moins, je pense, de pouvoir les entendre et pouvoir exercer,
je dirais, un jugement sur ce qu'ils ont à offrir comme vision, comme approche,
comme mode... comme pratiques aussi, modalités de travail face à ce qu'on a
entendu, par ailleurs, du secteur public. Je pense que ça ne peut être que
positif et constructif pour les travaux de la commission, Mme la Présidente.
• (11 h 30) •
La Présidente
(Mme Maccarone) : Merci, M. le député. Oui, M. le député de
Taschereau, la parole est à vous.
M. Grandmont : Oui.
Merci, Mme la Présidente. D'abord, c'est la première fois que je prends la
parole aujourd'hui. Donc, j'aimerais saluer toutes les personnes présentes
aujourd'hui, Mme la Présidente, les collègues, estimés collègues de la
banquette gouvernementale, très contents de vous retrouver. Mon collègue des
Îles de la Madeleine, mon collègue de navigation. J'ai vu tout à l'heure aussi
mon collègue de l'Acadie, juste parce qu'il avait passé une belle fin de
semaine et que vous en avez profité il y a plus un peu samedi me semble. Ce
n'est pas superbeau, mais dimanche il y avait moyen d'en profiter. Je vais
faire un petit barbecue avec des amis, c'est très agréable. J'ai une pensée
pour vous en me disant on se revoit très prochainement, puis on va pouvoir
continuer à étudier cet important projet de loi. Pour vrai. J'ai parlé du
projet de loi n° 61 avec mes amis. C'est fou comment l'amitié des fois nous
amène, nous amène des fois sur des chemins, notamment celui de la politique.
Donc, j'ai des amis politisés, on jase. Ils veulent savoir sur quels projets je
travaille en ce moment. Évidemment, le projet de loi n° 61, puis il y avait
plusieurs questions, évidemment, qu'ils m'ont soumises, que je ne vous livrerai
pas en rafale ici aujourd'hui. L'objectif, n'est pas et pas... n'est pas à ce
moment-ci opportun, mais, mais ça va alimenter en tout cas mes réflexions tout
au long de l'étude détaillée. Très bonne motion, en fait, de mon collègue sur
le fait d' écouter, entendre, en fait, l'Association des firmes de
génie-conseil du Québec, avant de commencer l'étude détaillée. Je pense que ce
serait pertinent. On sait combien c'est un secteur d'activité économique
évidemment hyperimportant au Québec. On peut même en faire plus. On peut dire
que c'est une fierté du Québec. Les firmes de génie-conseil, on sait combien on
a développé ce secteur d'activité là de façon importante depuis un bon moment
déjà. Puis même, je dirais que ça date principalement, là, de l'époque où on a
commencé à faire des routes, évidemment, au Québec, l'époque où on a commencé
aussi à prendre en main les destinées de notre réseau de production, de
transport et de distribution d'électricité avec la création d'Hydro-Québec. On
est allé chercher une expertise, on l'a développée, ça en fait une fierté. On
l'exporte aussi, on fait connaître ce terrain, cette expertise-là partout dans
le monde. C'est un. C'est un volet de notre... un pan de notre économie qui,
moi, me rend très, très fier, évidemment, dans lequel il y a donc une expertise
très grande. Et je pense que ça serait important de les entendre avant de
commencer, parce qu'ils vont y évidemment être mis à contribution dans le
déploiement des projets qui seront créés. Si on crée toutefois l'Agence
Mobilité Infra Québec. Ce seront donc des intermédiaires, des partenaires pour
lesquels, évidemment, il y aura des relations à développer. Puis c'est
intéressant parce que mon collègue ici, à la recherche, m'a partagé un texte que
j'ai... que j'ai lu avec attention, qui justement...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) M. Grandmont : ...a été
produit par l'Association des firmes de génie-conseil du Québec. C'est un...
Ils sont comme dans une espèce de momentum, de momentum, là, en fait, dans
lequel ils font... ils soulignent, en fait, là... En fait, ils ont lancé un
manifeste du génie-conseil, donc, ils veulent comme une espèce de
positionnement sociétal, je dirais. Et, dans le cadre de cette opération-là,
ils ont donné la parole à des professionnels sur des projets innovants,
créatifs et durables, c'est leurs mots.
Et j'avais envie de me pencher un peu
là-dessus avec vous, parce qu'il y a des éléments là-dedans qui me laissent à
croire qu'ils auraient été très pertinents à entendre avant de commencer, donc,
l'étude détaillée. Bien, d'abord, des mots assez généraux, je vous les lis quand
même, mais c'est important de le rappeler, mais c'est un... ce n'est pas un
positionnement, c'est une mise en contexte importante: «Les changements
climatiques représentent l'un des défis les plus urgents de notre époque. Au
Canada, le secteur des transports est responsable de 25 % des émissions de
gaz à effet de serre, tandis qu'au Québec, cette proportion atteint 45 %.
Évidemment, au Canada, c'est un peu plus faible, les transports, parce que
c'est toute l'exploitation des produits pétroliers dans l'Ouest qui joue pour
beaucoup, évidemment, qui pèse lourd dans notre balance, disons, importante, de
production de gaz à effet de serre au Canada. Tandis qu'au Québec, bien, le
cheval de bataille sur lequel on doit se pencher plus... de façon plus
importante, c'est évidemment les transports, parce que notre électricité,
notamment, est produite de manière verte.»
Donc, évidemment, contrairement au Canada
où il y a l'exploitation, l'extraction puis le chauffage aussi, il faut le
dire, qui sont des secteurs d'activité très importants, bien, contrairement à
ça, nous, au Québec, s'il y a un domaine sur lequel on doit travailler, c'est,
évidemment, le transport. C'est un sujet qui est important, évidemment, parce
que cette création d'agence pourrait nous aider à réduire cette proportion-là
de notre bilan carbone. Je poursuis, en disant... en lisant, en fait: «Les
prochaines années seront déterminantes pour changer la trajectoire climatique -
évidemment, il y a urgence d'agir, là. Si le transport contribue au problème,
il constitue également une opportunité d'intégrer des solutions durables
répondant aux besoins des citoyens. Nous devons ainsi repenser le transport et
sa mise en œuvre, car la mobilité verte va bien au-delà des véhicules.»
Ça, c'est quand même très intéressant,
parce que, bon, des fois, on a certains débats sur quelle devrait être la
mission de l'État, notamment, relativement aux transports collectifs, non
seulement créer des transports collectifs, des nouveaux projets, mais aussi
assurer le maintien des actifs. Puis on a eu des exemples très éloquents, là,
la semaine dernière avec la fermeture de trois stations dans l'est de Montréal,
donc, les stations Fabre, d'Iberville et Saint-Michel. D'ailleurs, peut-être,
au bénéfice de la commission, je ne sais pas si tout le monde est au courant,
pourquoi trois stations sont fermées, alors que la problématique était vraiment
juste dans la station Saint-Michel? C'est parce que... Les voies d'aiguillage,
exactement, donc, le collègue de Masson semble au courant. Mais donc les voies
d'aiguillage, il y en a seulement à la Jean-Talon et à Saint-Michel dans ce
secteur-là. Et donc, en fermant Saint-Michel, on ne peut plus tourner les
trains de sens, on ne peut pas les faire retourner dans l'autre direction,
donc, d'où la fermeture au niveau de Fabre et d'Iberville. C'est quand même
important de le savoir. Et donc, sur le maintien des actifs, d'une part, mais
aussi on a un débat assez fréquent, là, madame la ministre et moi-même, là, sur
la question du financement des opérations de transport collectif.
Donc, c'est un dossier, évidemment, sur
lequel on a travaillé avec beaucoup d'attention... excusez-moi. Et évidemment
ce qui est intéressant dans le texte, c'est dire que ça va au-delà de
simplement électrifier les véhicules. Ça, je pense que c'est quelque chose qui
est intéressant. Donc, je continue leur texte, ils vont parler
d'interopérabilité et de micromobilité pour des déplacements urbains fluides.
Donc, ce qu'ils disent, c'est que «nos villes sont constituées de divers
systèmes qui doivent fonctionner ensemble pour être efficaces tels que le
logement, les soins de santé, l'énergie et le transport. En matière
d'infrastructures de transport, il est essentiel de tisser l'interopérabilité
et la micromobilité dans les tissus urbains pour les rendre plus durables.» Ça,
moi, c'est intéressant, ça me parle beaucoup l'interopérabilité. Il y avait
Communauto qui avait sur son site Internet, qui l'utilisait quand même assez
souvent dans les présentations auxquelles j'assistais, là, les conférences
faites par Communauto, qui est le système de vélo... d'autopartage, pardon,
j'étais au colloque de Vélo Québec ce matin, ça fait que je pense un peu vélo.
Donc, il y a le système d'autopartage opéré par, donc, ce partenaire important
qui est Communauto. Il disait: «Vous savez, il n'y a pas aucun mode de
transport durable pris individuellement qui peut compétitionner avec
l'automobile.»
L'automobile, c'est très simple, hein, on
sort de chez soi, la voiture est dans la cour, est dans le «driveway»... dans
l'entrée du garage, et on peut l'utiliser pour faire tout type de déplacement.
On peut aller chercher la pinte de lait à côté, comme on peut aller faire un
déplacement interurbain. Je pourrais aller, dans Masson, par exemple, visiter mon
estimé collègue. Alors, c'est un moyen de transport qui est très utile, très
flexible. Je pars à l'heure que je veux, il n'y a pas de contrainte de temps.
La contrainte...
M. Grandmont : ...il y en a
deux principales. Il y a la contrainte d'une part, bien, de temps de
déplacement, parce que c'est vrai que, bon, les épisodes de congestion sont
rendus assez importants, surtout dans certaines régions. À Québec, c'est quand
même important sur certains axes, mais drôlement important dans la région métropolitaine
de Montréal. La ministre a vu passer, comme moi, là, les chiffres,
6 milliards, la valeur de la congestion actuellement dans la région
métropolitaine de Montréal, ce n'est pas rien. Alors, quand moi, je vois le
métro être fermé dans un contexte où la congestion est évaluée à
6 milliards de dollars juste pour la région... la grande région de
Montréal, je me dis : Il y a urgence d'agir pas à peu près. J'imagine
qu'elle pense comme moi, évidemment.
• (11 h 40) •
Donc, il y a... puis l'autre contrainte,
mais c'est évidemment le coût. Alors évidemment, avec l'auto électrique, on est
en train de travailler un peu sur l'aspect coût lié à l'utilisation de produits
pétroliers, parce que l'électricité, évidemment, est vraiment très, très,
très... moins dispendieuse évidemment, plus abordable. Bon. Ça ajoute du temps,
mais ça, c'est une autre question. Mais là, la question aussi, c'est le reste
des... le reste des coûts demeure quand même pour l'automobile, l'achat de la
voiture, évidemment, la dépréciation qui est quand même importante. Je pense
qu'on... pour un véhicule, là standard, genre une Camry, la dépréciation est
évaluée à 3 000 $ par année pour une Toyota Camry. Puis je vous dirais que
ce n'est pas le type de véhicule que la plupart des Québécoises et des
Québécois achètent aujourd'hui. En fait, il y a de moins en moins de voitures
sur les routes. Ce qu'il y a de plus en plus, par contre, ce sont des camions
légers, des VUS, donc la taille des véhicules a augmenté beaucoup, donc aussi,
incidemment, la consommation d'essence, puis aussi bien le coût à l'achat qui
est plus grand, puis aussi évidemment le coût total de l'utilisation de
l'automobile, les assurances également aussi.
Donc, c'est ça, dans le coût du véhicule,
il y a évidemment donc, c'est ça l'essence, il y a le temps qu'il faut,
calculer la dépréciation, l'entretien général changer les pneus, le changement
d'huile, etc. Donc, ça fini, ça coûte environ 10 000 $ par personne...
par... par automobile qu'on possède selon le CAA-Québec, puis je serais très
curieux qu'il refasse cette... et intéressé en fait à ce qu'il refasse ces
études-là parce que, comme je vous dis, ça a été fait au moment où la Toyota
Camry était comme le véhicule de base que les Québécois et les Québécoises
avaient. Donc, aucun moyen de transport pris individuellement qui peut
concurrencer l'automobile, mis à
part ces deux éléments-là, là, le temps puis
le coût.
Mais donc, il est important de bien
articuler l'offre de transport collectif et actif présente sur nos routes, puis
aussi de l'articuler — évidemment, ça, c'est à une échelle un peu
plus macro encore — mais articuler l'occupation du territoire.
Évidemment, le meilleur déplacement en automobile, c'est celui qu'on ne fait
juste pas. Le meilleur déplacement, c'est celui qu'on n'a pas à faire. Si on
peut le faire à pied ou à vélo, c'est encore plus facile. Si on peut faire
notre épicerie à vélo, si on peut faire... à vélo peut-être moins, mais à pied
à tout le moins, quoiqu'il y a des paniers qui existent qu'on peut attacher à
l'arrière de son vélo. Ça existe, c'est de plus en plus courant. Aller à
l'école, aller au travail à pied. Je suis persuadé que plusieurs de mes
collègues aussi ici, qui ont la résidence de fonction, je pense que c'est le
terme qui est utilisé qui peuvent se déplacer à pied vers le Parlement pour
venir travailler. Je suis sûr qu'ils en profitent, qu'ils apprécient prendre un
peu de soleil le matin, marcher, ça met en forme. On arrive de bonne humeur au
Parlement. Ça nous permet de faire des belles commissions ensemble, puis de
parler de longues minutes, de longues heures, d'un projet de loi qui est très
important.
Donc, je poursuis le texte de
l'Association des firmes de génie-conseil. Ils disent :
«L'interopérabilité permet aux usagers de naviguer...»; c'est très important,
ça. «L'interopérabilité permet aux usagers de naviguer d'un système à l'autre
entre parenthèses, par exemple du logement au transport, puis aux soins de
santé, de manière interchangeable, intuitive, accessible, sécuritaire. Pour
effectuer ce virage, nous devons repenser fondamentalement nos modèles de
collaboration entre les intervenants de ces systèmes et intégrer des
innovations technologiques qui permettent une meilleure interconnectivité
numérique comme l'intelligence artificielle.»
Bon, la première des choses, il y a
beaucoup de choses dans ce paragraphe -là, c'est très chargé, mais je vais
prendre le temps de le décortiquer. D'abord en vous rappelant que
l'intelligence artificielle, il y a une journée demain sur l'intelligence
artificielle, hein? J'espère que tout le monde a mis ça à son agenda, une
grande journée organisée par l'Assemblée nationale. Il va y avoir par plusieurs
activités tout au long de la journée. Un dîner notamment au Parlementaire, si
ma mémoire est bonne, où on pourra entendre des conférenciers, des
conférencières.
On n'a pas eu encore de commission
particulière sur l'intelligence artificielle. Par contre, c'est un domaine sur
lequel on devrait davantage se pencher. Il y a plusieurs acteurs dans le
champ... dans le... dans ce domaine d'expertise là, notamment Yoshua Bengio,
qui est notre notre grande sommité québécoise et internationale aussi, qui nous
met en garde contre les dangers. Il est à la fois créateur, mais à la fois un
lanceur d'alerte en fait de ce domaine-là, parce que c'est un domaine qui va
complètement... mais qui a déjà commencé en fait à s'imposer dans les
différentes sphères d'activité dans lesquelles nous naviguons tous et toutes,
puis évidemment les transports ne vont pas échapper à ça. L'intelligence
artificielle est déjà utilisée de manière importante dans la mobilité, mais ça
va l'être de plus en plus, puis il y a un risque aussi à ce niveau-là, puis je
fais une courte parenthèse là-dessus, une courte... il y a un certain risque
aussi de...
M. Grandmont : ...il
pourrait y avoir des conséquences économiques assez importantes et des enjeux
de sécurité importants parce que quand on se rend dépendants aux technologies,
notamment l'intelligence artificielle, bien, on se rend aussi vulnérable parce
qu'il y a des brèches un peu partout, tout le temps, là-dedans. Et on pourrait
voir des malfaiteurs, des pirates informatiques prendre le contrôle de
certaines infrastructures de transport en simultané. On l'a déjà vu, là,
notamment pendant la pandémie. Souvenez-vous, là, Tesla avait pris le contrôle
des véhicules à distance pour augmenter l'autonomie des véhicules, pour qu'ils
puissent se déplacer plus longtemps. Ils avaient débridé, dans le fond,
l'autonomie des véhicules à distance. Donc ça, c'était fait de façon
bienveillante. On l'apprécie, mais on peut imaginer, donc, qu'un contrôle à
distance pourrait être...
Mais je reviens tout simplement à... Je
voulais faire une petite parenthèse sur l'intelligence artificielle parce qu'il
y a une journée thématique là-dessus demain à l'Assemblée nationale. Mais ce
qui est important là-dedans, c'est la notion d'interopérabilité qui doit
s'opérer de manière interchangeable, intuitive, accessible et sécuritaire. Bon,
sécuritaire, j'en ai déjà parlé beaucoup à travers la notion, là, de piratage,
la... Tous ces modes de transport-là, là, pour les usagers qui décident
d'utiliser d'autres modes de transport, d'utiliser la mobilité durable à la
place de l'automobile, bien, ils doivent apprendre à utiliser plusieurs
systèmes.
Un usager typique, par exemple, qui...
Bon, une famille qui aurait une voiture pour un... une des deux personnes du
couple qui travaille à l'extérieur, bon, va porter les enfants, par exemple, à
la garderie puis, après ça, va travailler. Bien, l'autre personne, selon la
température, selon les déplacements qu'elle a à faire dans la journée, doit
apprendre à utiliser un réseau d'autobus avec les horaires, des fois c'est
complexe un peu, donc déjà, aussi, une application dédiée à son système
d'autobus. Elle doit apprendre à utiliser les services de Communauto, par
exemple, parce que certains de ses déplacements vont être effectués à
l'extérieur de la zone desservie par le transport en commun. Et donc elle doit
apprendre à utiliser aussi une autre application avec un autre mode de
tarification.
Si des fois ses déplacements le
permettent, elle va avoir à utiliser le réseau à vélo, par exemple, le réseau
de vélo partage à Québec, qui fonctionne très, très bien. D'ailleurs, je ne
sais pas si mes collègues le savent, mais on a dépassé le 1,1 million de
déplacements dans la saison 2024 et on s'attend donc à avoir, d'ici la fin
du mois d'octobre, parce que la saison vélo à Québec, là, le réseau municipal
cyclable de la ville de Québec ferme officiellement le 31 octobre, et donc
le réseau à vélo aussi cesse ses activités au 31 octobre, on devrait être
en mesure d'atteindre 1,2 million de déplacements. Ça, c'est très, très
bon. Et on arrive à faire ça avec 1 300 vélos. Puis leur objectif,
c'est d'atteindre 3 300 vélos à terme pour avoir des vélos un peu
partout sur l'ensemble du territoire de la ville de Québec. Plus on en aura,
évidemment, plus ça va fonctionner. Mais tout ça pour dire que toute cette
belle nouvelle là, qui est très enthousiasmante pour l'avenir de la mobilité
durable et active à Québec et sécuritaire en même temps aussi, bien, il y a
toujours l'enjeu, évidemment, d'utiliser encore une fois un autre système en
parallèle avec ses propres codes, ses propres règles de sécurité routière à
suivre, des nouvelles applications aussi à suivre, une autre... un autre
système avec sa propre tarification. Donc, c'est extrêmement compliqué de
développer ça.
Puis je vais me permettre de parler de ce
système qu'on voit se développer un peu partout à travers le monde, puis
malheureusement il n'y en a pas beaucoup, beaucoup d'exemples parce qu'il y une
grande complexité, mais, encore une fois, je pense que l'Association des firmes
de génie-conseil pourrait être mise à contribution là-dedans, c'est développer
des plateformes qui regroupent l'entièreté de ces... de ces modes de transport
là, l'information. Donc, à la fois la capacité de prévoir un déplacement, la
capacité de réserver un mode de transport. On aurait pu ajouter ce que j'ai dit
tantôt, le taxi, par exemple, qui est un autre système en parallèle, donc
l'autobus, tu sais, un ensemble de modes de déplacement, les intégrer dans une
seule et même application dans laquelle il y a un partage de données, dans
laquelle il y a une tarification intégrée qui se fait aussi. Ça, c'est super
intéressant. Sur papier, là, c'est vraiment formidable.
Par contre, il y a une très, très grande
complexité, parce que vous savez combien ça... comment ça fonctionne dans le
milieu de la donnée, dans les domaines d'activité économique dans lesquels la
valeur provient des données qu'on recueille auprès des usagers, il y a une très
grande méfiance des différents partenaires à partager les données. Donc, il
faut déjà s'entendre sur qui sera l'intégrateur de l'ensemble de ces
données-là. Ce n'est pas évident de trouver un seul chapeau, un seul leader, un
seul joueur qui va regrouper pour formaliser cette mise en commun des
informations, puis les mettre disponibles à l'ensemble des usagers qui vont
décider d'adhérer à ce système-là, très bien intégré. Mais après ça, il y a
toute la question de comment on redonne les revenus, comment on partage les
revenus de cette mise en commun là de l'utilisation de l'ensemble de ces modes.
C'est hyper compliqué.
Probablement que les firmes de
génie-conseil ont un rôle à jouer là-dedans pour être capables de développer
des systèmes, coordonner ça. Le gouvernement du Québec aussi a un rôle hyper
important à jouer là-dedans. Et par contre ça permettrait des...
M. Grandmont : ...des...
hyper importantes, notamment sur... sur la possibilité que ça nous offrirait de
donner aux gens des options bon marché de se déplacer.
• (11 h 50) •
Je prends un exemple très simple, Mme la
Présidente. Vous savez, bon, je travaille souvent avec des personnes qui sont
en situation de pauvreté assez grande, les gens qui sont à l'aide sociale, par
exemple, puis bien, c'est rare que ces personnes- là ont un véhicule, ont accès
à une automobile privée. Donc, ça va être des bons marcheurs, ça va être des cyclistes
parfois, ça va être aussi des... des utilisateurs assez fréquents du transport
en commun,