Institutions — 7 December 2021 (42nd Legislature, 2nd Session)
CI 2021-12-07
Quebec — Committees
(Dix heures cinq minutes)
Le Président (M.
Bachand) : Bon matin. À l'ordre, s'il vous
plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des
institutions ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude détaillée du projet loi n° 7, Loi visant à
faciliter le déroulement des prochaines élections générales provinciales dans
le contexte de la pandémie de la COVID-19 et modifiant la Loi électorale.
Avant de débuter, Mme la secrétaire, y a-t-il
des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Lavallée (Repentigny) est remplacée par M. Lefebvre (Arthabaska); M. Lemieux (Saint-Jean) est
remplacé par M. Thouin (Rousseau); M. Lévesque (Chapleau) est remplacé par M. Provençal (Beauce-Nord);
M. Martel (Nicolet-Bécancour) est remplacé par Mme Picard (Soulanges); M. Benjamin (Viau) est remplacé
par M. Barrette (La Pinière); M. Rousselle (Vimont) est remplacé par Mme Nichols
(Vaudreuil); et Mme Hivon (Joliette) est remplacée par M. Bérubé
(Matane-Matapédia).
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Je vous informe que je
dépose des mémoires reçus depuis la fin des consultations particulières. Je
vous avise également que M. Pierre Reid, Directeur général des élections, sera
présent pour la durée de nos travaux. Il sera accompagné des légistes de son
équipe, soit Me Coulombe, Me Ouellet et de son adjoint et directeur des opérations,
M. Jean-François Blanchet.
Nous sommes maintenant aux remarques
préliminaires. Donc, Mme la ministre, pour une période de 20 minutes, la
parole est à vous.
Mme LeBel : Oui, merci, M. le
Président. Alors, je vais commencer par saluer mes collègues. Pour moi, c'est
vraiment un des moments privilégiés de ma vie parlementaire, les commissions
parlementaires, M. le Président. Je pense qu'on fait toujours, ici, de
l'excellent travail, et c'est toujours une joie et un bonheur de pouvoir
collaborer avec tous mes collègues. Et, jusqu'à présent, je n'ai que des bons
mots à dire dans toutes les expériences que j'ai eues pour faire progresser les
projets de loi, et les commentaires, les discussions sont toujours tournés vers
le même objectif, c'est-à-dire d'avoir le
meilleur projet de loi possible, dans l'intérêt de tous les Québécois qui sont
concernés.
Donc, ici, aujourd'hui, on est réunis, M. le
Président, pour parler, effectivement, du projet de loi n° 7, qui est le
projet qui vise à faciliter le déroulement, entre autres, des prochaines
élections générales provinciales dans le contexte de la pandémie de la COVID-19
et qui modifie également la Loi électorale.
Comme vous le savez, donc, la Loi électorale est
vraiment un élément fondamental de notre démocratie, parce qu'elle détermine
l'ensemble des règles relatives à l'élection des membres de l'Assemblée
nationale. C'est un geste qui est fort important, qui se doit d'être bien encadré,
pour lequel on doit maintenir un constant équilibre de transparence, de rigueur
et de capacité de s'adapter aux situations qui peuvent survenir sur le terrain
dans les diverses circonscriptions qui sont concernées.
Le contexte de la pandémie, on l'a vu durant
l'élection municipale... D'ailleurs, je dois dire que certains... les trois
premiers articles de ce projet de loi sont des articles, je ne dirais pas,
identiques, parce qu'on doit adapter les articles à un contexte d'élections
générales, et non pas municipales, mais ont exactement le même objectif que
ceux qui ont été adoptés dans le cadre du projet de loi n° 85, si je ne me
trompe pas du numéro, qui permettait, donc, au DGE d'avoir, pour le fait d'une
seule élection, c'est-à-dire l'élection municipale qu'on vient de passer... Et
la demande, d'ailleurs, est pour le fait d'une seule élection, l'élection
d'octobre 2022, qui sera la prochaine élection au niveau de l'Assemblée
nationale, bien, pour permettre, là, d'y voir des éléments qui vont permettre
au DGE de s'adapter, au DGEQ d'adapter, sur le terrain, la réalité que nous
pourrions potentiellement... Il faut se préparer d'avance, là, malgré qu'on
espère tous être rendus ailleurs dans près de huit mois. Mais il ne faut pas se
cacher la tête dans le sable, on doit prévoir et anticiper que nous aurons
probablement un contexte sanitaire qui demandera d'avoir une capacité de
s'adapter sur le terrain.
Donc, comme la priorité du gouvernement est
toujours, et d'abord et avant tout, de protéger la santé des électeurs et du
personnel ainsi que l'intégrité du processus électoral, bien, on aura donc le
plaisir de discuter de ces trois premiers éléments là pour voir comment on peut, à la fois, donner
au DGEQ les éléments de souplesse nécessaires, mais, en même temps,
s'assurer de bien encadrer un tel pouvoir réglementaire, qui peut, à première
vue, nous sembler large. Mais on pourra voir, au fil des discussions, s'il est
justifié, comment il se justifie et comment on peut s'assurer et rassurer qu'il
sera utilisé à bon escient.
Donc, le projet de loi comprend deux grandes
parties. Je l'ai bien mentionné, je viens de m'adresser... je viens de mentionner, pardon, la première partie,
qui comporte, grosso modo, trois articles. La seconde
partie s'adresse à
des consensus qui découlent du comité consultatif. Quel est le comité
consultatif, pour les gens qui nous regardent? C'est un comité qui est permanent, qui se rencontre de façon régulière
et qui est, entre autres, grosso modo, formé des quatre partis reconnus à... les quatre partis, c'est ça, un, deux,
trois, quatre, oui... des quatre partis reconnus à l'Assemblée
nationale, qui sont ici représentés, dans cette commission, par des députés de
l'opposition, et le DGEQ lui-même.
Et l'objectif de ce comité consultatif, c'est de
parler, justement, de la Loi électorale, de voir comment on peut la faire vivre, l'améliorer, la positionner mieux
dans notre monde moderne aussi, comment on peut adapter ses règles. Parce que, souvent, des règles qui nous semblent
adaptées à une époque donnée, avec l'évolution des technologies, de la situation géographique, démographique, les
capacités, le vieillissement de la population, etc., on peut voir une
nécessité, sans compromettre les objectifs de la loi, de faire en sorte de
faire évoluer certaines règles, qui sont si clairement enchâssées et si clairement définies dans la Loi électorale
qu'elles empêchent, à toutes fins pratiques, le DGE de le faire sans une
modification législative. Et ce sont les consensus dont on fait l'objet.
Si je ne m'abuse, vous me corrigerez, on se
corrigera, mais on parle d'autour de 70, là, 66, 70 consensus qui se retrouvent
dans la loi, il me semble que c'est 66, aux dernières nouvelles, pour une
demande qui en comportait autour de 70, 71. Certains ont été réglés autrement,
certains ont été réanalysés, et on a repoussé à plus tard, peut-être, la
modification afférente. Donc, plusieurs consensus, dans plusieurs matières
différentes, en matière de scrutin, en matière
de financement, M. le Président. On a également des modifications qui
concernent un meilleur accès au vote, qui permettrait, là, entre autres, à
titre d'exemple, aux électeurs
domiciliés ou hébergés dans des ressources indépendantes ou dans une
maison de soins palliatifs de voter à un bureau de vote itinérant. Ça paraît
incroyable, mais, pour l'instant, ce n'est pas quelque chose qui est simple, en
fonction de la loi, à mettre sur pied ou ce ne sont pas des gens qui sont qui
sont faciles à aller rejoindre. Et je pense qu'on doit donner le maximum
d'opportunités à tous de pouvoir exercer leur devoir démocratique et d'aller
voter.
On parle aussi d'élargir, à
titre d'exemple, à
l'ensemble des électeurs la possibilité de voter dans des bureaux de vote qui
sont établis dans les enseignants... les établissements d'enseignement. On
parle aussi du processus de dépouillement des votes, pour voir... de permettre,
peut-être, au Directeur général des élections de déterminer quand débuterait le
dépouillement des votes par anticipation. Et cette modification, à
titre
d'exemple, pourrait permettre de commencer à divulguer les résultats
préliminaires beaucoup plus tôt lors de la soirée électorale, où on doit, bon,
par ailleurs, attendre, en temps normal.
Donc, toutes sortes de choses qui ne mettraient
pas en péril l'intégrité démocratique de notre processus électoral, mais qui,
en même temps, faciliteraient la vie de tout le monde et qui, je vous dirais,
sans vouloir anticiper les discussions, je vais me permettre de dire... ou dont
la majorité d'entre eux tombent sous le sens, là, quand on va avoir l'occasion.
modification qui me tient à coeur... je sais qu'elle tient à coeur à tous, mais
particulièrement à mon collègue d'en face, le député de LaFontaine,
parce qu'il l'a abordée, d'ailleurs, à une autre consultation, quand on parlait
d'élargir la liste des possibilités de recrutement pour le DGE, un autre projet
de loi qu'on a fait, c'est de permettre la possibilité d'embaucher du personnel
dès l'âge de 16 ans, pour certains postes. Je pense que ça répond... Quant
à moi, c'est le genre de modification ou de proposition qui rencontre deux
enjeux fondamentaux, c'est-à-dire permettre de mieux répondre au besoin de main-d'oeuvre,
qui est un enjeu que tout le monde vit, dans toutes les institutions, dans
toutes les couches, dans tous les types d'entreprises. C'est un enjeu qui n'est
pas limité à certains secteurs, mais qui est
national, pour ne pas dire, à travers le Canada, même, et le monde, compte tenu
des enjeux qu'on vit, et permet, en plus...
moi, ce qui est la portion qui me remplit le plus de joie, c'est-à-dire de
commencer à initier nos futurs électeurs au processus électoral, et je
pense que c'est une bonne façon de le faire de leur permettre de participer, le
jour du scrutin, à toute cette effervescence et cette organisation, sur le
terrain, de comment se déroulent nos élections.
Donc, il y a aussi quelques règles en matière de
financement. Naturellement, je rassure tout le monde, ce n'est pas pour
modifier les objectifs et les règles fondamentales en matière de financement,
mais simplement pour s'assurer que c'est fait beaucoup plus rondement et
permettre aussi à des électeurs, là, de pouvoir y participer de façon plus
efficace. On pourra voir le détail de ces règles-là, mais on ne touche pas aux
principes fondamentaux du financement. Ici, on est vraiment dans, comme je le
disais tantôt, des règles de facilitation sur le terrain.
En conclusion, le projet de loi propose, donc,
plusieurs modifications. C'est un tour d'horizon que je viens de faire. On
procède, donc, à l'étape détaillée. Je dois dire, d'entrée de jeu... Je vais
profiter de mes remarques préliminaires, M. le Président, si vous me permettez,
pour proposer à mes collègues, qui pourront y réfléchir, et on pourra se
prononcer avant de commencer l'étude détaillée, une façon de procéder qui est
peut-être peu orthodoxe, inhabituelle, mais qui va nous permettre, je pense,
compte tenu que c'est un projet de loi qui est quand même assez technique, dans
sa façon d'être et dans ses modifications, qui comporte 66 sujets... je
vais l'appeler 66 consensus... 66 sujets différents, chacun de ces
consensus-là ayant un
article principal et plusieurs articles... Mes collègues
sont bien rompus à l'exercice, là, quand on
parle de modifications de concordance, qui sont accessoires à l'article
principal.
Mais je me suis permise de faire circuler,
auprès de mes collègues, un plan de match qui nous permettrait peut-être de procéder
non pas dans un ordre chronologique, mais plutôt dans un ordre logique,
c'est-à-dire par blocs de sujets. Donc, quand on plonge
dans un sujet, ça nous permet d'avoir la tête dans ce sujet-là pleinement, de
vider les sujets, de traiter les articles de
concordance y afférant, avant de passer à un autre bloc. C'est sûr que ça nous
donne un itinéraire qui est moins linéaire qu'à l'habitude, mais je pense qu'en
termes de logique, si vous me permettez de le dire moi-même... je pense que ça
nous permettrait d'avoir des discussions qui sont complètes sur un sujet donné.
On est, au moment où on se parle, à faire
quelques petits correctifs sur les premières pages. Je pourrai vous le
resoumettre. Mais, si le principe est accepté par mes collègues — on
pourra passer au vote tantôt, avec votre permission,
M. le Président — je
proposerais, pour diverses raisons, de commencer par le
chapitre II, qui est le
chapitre des consensus. Mon collègue de LaFontaine pourra, j'en suis
convaincue, vous entretenir de la raison qui motive ça, mais je suis tout à
fait d'accord avec lui, et mes autres collègues semblaient ouverts à cette
possibilité, alors pourront le confirmer d'eux-mêmes. Je ne prétendrai pas
parler pour eux, mais on a eu l'occasion d'en discuter, au préalable, pour être
sûrs d'arriver ici avec une... route claire devant nous. Mon Dieu, ça commence
bien, hein, j'ai pogné un nid-de-poule, donc, dans ma tête.
Donc, écoutez, sur ce, je conclus, puis on
pourra voir avec la suite, M. le Président. Et je continue, par contre... je
vais conclure en remerciant les équipes qui travaillent, au moment où on se
parle, de façon acharnée et qui seront, comme d'habitude, là, aidants. Et, pour
la suite de nos travaux, on pourra discuter, avec plaisir, avec mes collègues.
Merci, M. le Président.
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup, Mme la ministre.
M. le député de LaFontaine, vous avez la parole.
M. Tanguay : Merci beaucoup, M. le
Président. Alors, à moi de saluer... à mon tour, de saluer la ministre, saluer les collègues de la banquette
ministérielle, vous saluer, vous, M. le Président, Mme la secrétaire, et
évidemment mes collègues de l'opposition
officielle, la députée de Vaudreuil, la députée, également, de Notre-Dame-de-Grâce, députée de Notre-Dame-de-Grâce qui était, à
titre de ministre
responsable des Institutions démocratiques en 2017‑2018... donc qui a une
expertise tout à fait pertinente au débat que nous aurons, et saluer mes
collègues de Jean-Lesage et de Matane-Matapédia. Vous allez voir, M. le
Président, le projet de loi ici... Puis évidemment saluer la personne qui sera
importante dans nos débats, qui est ici, M. le Directeur général des élections.
Merci de vous rendre disponible pour nos travaux. Puis je suis content que l'on
ait pu, M. le Président, avoir une opportunité d'avoir, avec nous, le Directeur
général des élections, qui pourra, au fur et à mesure des articles, bien, nous
apporter des éclaircissements, réponses à nos questions.
Le projet de
loi ici... Vous me voyez un peu à
titre de porte-parole, un peu, pas mal, de
l'opposition officielle, mais ça ne m'appartient pas, puis je suis très,
très heureux que mes collègues, en ce qui nous concerne, de Vaudreuil et
Notre-Dame-de-Grâce soient ici, autour de la table, parce que ce n'est pas vrai
que c'est un dossier qui, dans notre aile parlementaire, M. le Président,
n'appartient qu'à moi. Au contraire, il y a des expertises de pointe, je dirais,
sur le terrain. Puis la ministre a été candidate, puis tous les collègues
autour de la table, là. C'est un projet de loi qui touche les 125 élus,
et, qui plus est, même les autres candidats et candidates qui se sont présentés
dans les 125 comtés ont fait l'expérience de mettre leur face sur le
poteau, comme on dit dans le jargon, et de vivre, pendant 34, 35 jours,
une campagne électorale, de voir ce qui est possible, ce qui n'est pas
possible, ce qui est permis, ce qui n'est pas permis et de vivre notre démocratie.
Et tout ça, c'est encadré par la Loi électorale.
Loi électorale, M. le Président... On dit, au
Québec, là : Il y a des lois fondamentales. Il y a la charte québécoise
des droits et libertés, il y a la Charte de la langue française, il y a le Code
civil du Québec, puis moi, le quatrième barreau de la chaise, M. le Président,
là, je pense que ce serait la Loi électorale. Et je vous dirais même qu'elle est en amont de ces pièces législatives
là, dans la mesure où elle participe, elle préside à l'élection des
125 députés à l'Assemblée nationale.
C'est pour ça que ce qu'on recherche toujours, c'est l'unanimité. On n'est
jamais emprisonnés, pieds et poings liés, à l'unanimité, mais l'objectif
est très clairement énoncé, ça prend l'unanimité, à défaut, une majorité, là,
plus que le deux tiers, là, très, très, très marquée pour modifier la Loi
électorale.
C'est donc une pièce législative que l'on
n'ouvre pas à tous les ans, qui est ouverte, normalement, une fois, lors d'une
législature, et là on a l'occasion de la voir ouverte devant nous. La ministre
l'a dit, ça participe des travaux du comité consultatif, où, là, avec le
Directeur général des élections, les quatre principaux partis étaient autour de
la table. La dernière fois que j'ai vérifié, il y avait 24 partis
autorisés, donc il y en avait 20 qui n'étaient pas autour de la table. Et
définitivement, quand on fait des sondages, on veut toujours un échantillonnage
représentatif. Là, l'échantillonnage n'était pas représentatif, parce que c'est
les quatre principaux. Alors, les 20 plus petits, en termes de ressources puis
en termes de représentation à l'Assemblée nationale, évidemment, n'étaient pas
représentés.
Je ne suis pas en train de dire que ce que le
comité consultatif a fait n'a pas valeur. Ça a beaucoup de valeur. Mais il
visait à trouver des consensus, donc qui dit consensus ne dit pas
nécessairement unanimité ou ne dit nécessairement pas unanimité. Et c'était les
quatre partis qui étaient là, et ça s'est échelonné sur plusieurs années. Alors, vous avez des consensus, entre guillemets,
vieux d'un an, deux ans, trois ans, qui ont probablement été réaffirmés.
Mais tout ça pour vous dire, M. le Président, qu'ici, là, ce ne sera pas un
consensus, ça va être un vote, puis le législateur, c'est la ministre puis
nous, les collègues autour de la table, qui avons le crayon du législateur,
puis c'est ici que ça se passe. Et, si d'aventure, il y a quelque chose... un
de mes collègues de la banquette ministérielle... ne tient pas la route, je
l'invite puis je les invite, je le sais qu'ils n'ont pas peur de parler, à
prendre la parole puis à nous le dire, comment ils ont vécu ça, eux.
Parce que je vais vous
donner un exemple. Moi, le vote postal, ça peut paraître, de façon théorique...
puis des avancées peuvent être... peuvent paraître bien, bien intéressantes de
façon théorique, mais le vote postal, le vote par Internet puis les nouvelles technologies de l'information font souvent
fi du fait qu'il y a une bonne
partie de la population qui est
analphabète fonctionnelle, qui ont de la difficulté à comprendre une posologie
sur un médicament. Il faut leur expliquer puis, après l'avoir expliqué, bien,
il faut le réexpliquer dans une semaine. Ça, c'est un fait. Ce n'est pas être
désinvolte puis ce n'est pas être irrespectueux de dire ça. C'est un fait de la
vie.
Alors, quand on dit : Bien, on va... et
c'est un premier drapeau rouge que je brandis. Lorsqu'on dit que l'on va permettre
au Directeur général des élections, au
chapitre I, de modifier la Loi
électorale dans un contexte de COVID afin de faciliter le déroulement des
élections, moi, je vous dirais que faciliter le déroulement des élections, oui,
c'est une chose, mais j'aimerais mieux que l'on... augmente la participation
des voteurs auxdites élections. Alors, on aura l'occasion de faire ce débat-là.
Mais tout ça pour vous dire que c'est ici que la
loi s'écrit. C'est la dernière étape puis c'est la seule étape où la loi peut
s'écrire. Et je compte sur la ministre puis les collègues aussi de ne pas
tomber dans le piège, peut-être, de dire : Bien là, ça participait d'un
consensus, comme si on était pieds et poings liés. Parce que moi, M. le
Président... On va faire notre travail rigoureusement, vous le savez. On a
beaucoup de questions à chacun des articles, on veut comprendre. Puis moi, je
pense que ça va être ma sixième élection. C'est un échantillonnage. Les
collègues autour de la table... Il y a des dizaines de campagnes électorales
autour de la table, je vais le dire de même. Alors, c'est important de voir, eux, comment ils ont vécu ça.
On est tous, en quelque sorte, des experts de notre démocratie, parce
qu'on est allés au bat. Alors, je veux dire, vous rencontrez quelqu'un qui a
joué dans la Ligue nationale, il peut vous parler c'est quoi, être joueur de
hockey dans la Ligue nationale. Moi, je n'y ai jamais été, alors... mais dans
les élections... je peux vous entretenir quelques minutes dans les élections,
sans aucun problème.
Et j'aurai des questions éminemment
pratico-pratiques. Alors, dans une résidence pour personnes âgées, cause, la
COVID... on va envoyer ça par la poste, puis ils ont juste à nous retourner les
deux enveloppes, puis il ne faut pas qu'ils mettent l'enveloppe deux dans
l'enveloppe un. Puis ça participe d'une décision qui a été prise dans les
dernières élections municipales. Il y a beaucoup de monde qui ont envoyé les
deux... l'enveloppe deux, qui sert à identifier l'électeur, dans l'enveloppe un,
dans laquelle est le bulletin électoral.
Là, je viens de vous expliquer le processus de
vote par correspondance de la façon la plus rapide et la plus simple possible.
Je suis certain que ce n'est pas tout le monde qui ont compris, là. Puis, dans
le processus, il y a trois enveloppes : l'enveloppe qui arrive, puis, dans
l'enveloppe, il y a deux enveloppes. L'enveloppe deux, vous vous identifiez, photo, carte d'identité, vous signez,
c'est Marc Tanguay, le voteur. Puis dans l'enveloppe un, vous mettez
juste le bulletin. Bien, il y a eu un paquet d'enveloppes un qui sont revenues
puis il n'y avait pas d'enveloppes deux. On
a présumé qu'ils étaient dedans. Tout ça pour vous dire que... excessivement
important de faire le travail qu'on fait.
Je salue et je remercie la ministre d'avoir
donné suite à notre demande de surseoir, pour l'instant, évidemment, et de
mettre à la fin le
chapitre I. Le
chapitre I vise à donner des
pouvoirs excessivement élargis au Directeur général des élections, en quelque
sorte, de réécrire la Loi électorale. Puis vous l'aurez compris, il va sans dire, mais je vais le dire, comme
disait Talleyrand, ça va aller encore mieux en le disant, il n'y
a rien de personnel contre le Directeur général des élections, là. Il
représente une institution excessivement sérieuse, il est compétent, et il a
été nommé en ce sens-là, et il a toute notre confiance.
Mais le fait,
pour nous, de dire, aussi compétent soit le directeur... l'actuel Directeur
général des élections, de dire : Bien, nous, comme législateur, on
est confortables de donner tous les pouvoirs pour qu'il puisse réécrire la
loi... Je le sais que c'est balisé, il ne pourra pas écrire la loi n'importe
comment. Il va falloir que ce soit dans un contexte de faciliter le déroulement
des élections pour la COVID. Je sais que ce sera quelque chose qui va passer
devant une commission parlementaire, mais une commission parlementaire, M. le
Président, n'est pas la fin du processus électoral. Là, on en est la preuve
vivante.
Lorsqu'on aura adopté le dernier
article puis
lorsque vous nous aurez demandé d'adopter la motion de renumérotation, là, là
ne sera pas terminé le cheminement du projet de loi n° 7. Il va falloir
qu'il y ait deux autres lectures, si vous me
permettez l'expression, au salon bleu. Ça va être la prise en considération. Là
aussi... on est, quoi, on est 13, là,
11, 13 autour de la table... bien, les 115 autres députés, les 117 autres
députés auront l'occasion de questionner, de poser des questions et même
de déposer des amendements, puis, après ça, ce sera l'adoption finale. Alors,
oui, contexte COVID, il faut y voir.
Ce que l'on a demandé, dans l'intervalle... Puis
là j'entends qu'on va commencer au
chapitre II, qui inclut les articles 4 à
137. On va faire le travail
article par
article puis on aura des questions. Ce
que je demande, dans l'intervalle, puis je réitère ma demande au Directeur
général des élections... On a reçu, évidemment, un rapport du DGEQ sur la mise
en application de l'article 4, de la loi n° 85,
et de l'article 90.5, qui existe déjà, indépendamment de la COVID, de la
Loi sur les élections et référendums dans les municipalités. Ça, c'est un
rapport statutaire, 90.5. En vertu de la loi, il doit être rédigé à la fin de
chaque élection municipale et il doit être déposé, dans les 30 jours, à
l'Assemblée nationale, puis c'est pour ça qu'on l'a eu. Alors, on ne l'a pas eu
parce qu'il y avait désir exprimé d'avoir un rapport complet de ce qui s'est fait
dans le contexte de l'analyse de l'article 7 quant à l'application du 85,
on l'a eu parce que c'était déjà une obligation de la loi.
On va dire :
Oui, mais, attention, il y a trois décisions là-dessus. Il y en a une qui
traite du 90.5 et il y en a deux autres qui traitent de l'article 4 du
projet de loi n° 85. Puis je vais vous l'expliquer de même, M. le
Président :
L'article 4 du projet de loi n° 85 est l'étape
ultime de modification permise au Directeur général des élections. Une fois qu'il a modifié les règles pour faciliter,
dans un contexte COVID, le déroulement de l'élection, c'est évidemment passé dans un règlement, pour ce qui est des
élections municipales, c'est publié, puis les gens sont au courant. Et
l'article 4 vient juste à rebours. Si, dans l'application
de ces modifications-là, le DGEQ a besoin d'ordonner des ajustements, bien,
c'est là qu'il pourra le faire, mais, dans le contexte de l'article 4, il
ne pourra pas réécrire la loi. Tout ça pour vous dire qu'il y a deux décisions
qui ont été prises dans ce contexte-là, et c'est le rapport.
Ce que l'on veut, ce
que l'on demande et ce dont on aurait besoin, c'est un rapport plus global
quant à l'application de l'article 85, autrement dit, les articles 1
et tous les articles, à savoir quelles décisions ont été prises. Pas obligé
d'avoir les 1 200 ou 1 100 municipalités, là. Dans les principales,
les 15, 20 principales municipalités, puis peut-être même des
municipalités milieu urbain, municipalités milieu rural, à territoire très étendu,
densité faible, densité élevée, un échantillonnage de municipalités où, là, les
directeurs de scrutin, sur le terrain, et le DGEQ, quelles décisions ont été
prises... Pas les deux seules décisions de l'article 4, mais les autres
décisions des articles 1, 2, 3, et de savoir comment ça a été.
Surtout,
quand on regarde le taux de participation... Puis je fais un lien avec mon
premier commentaire, quand je disais :
Oui, donnons les pouvoirs, mais pas uniquement pour faciliter le déroulement.
Parce que faciliter le déroulement, M. le Président, je veux dire, si on
va souper ensemble... puis, je veux dire, on va faciliter le déroulement du
souper, puis on sort de là après 18 minutes, les trois services, on les a
mangés, je peux vous dire qu'on aura facilité le déroulement du souper, mais
vous n'aurez pas eu une belle soirée.
Alors, faciliter le
déroulement, je pense que c'est de faciliter la participation. Puis moi, j'ai
un drapeau rouge avec le taux de participation des dernières élections
municipales. Je ne suis pas en train de dire que c'est à cause du projet de loi
n° 85, mais je ne peux pas affirmer que le projet de loi n° 85
n'aurait pas eu, peut-être, un impact. Je veux le savoir. Je veux le savoir,
parce que, là, on a un forum, on a un test routier de telles dispositions, qui
sont tout à fait assimilables, du 85, à l'article 7. Alors, je réitère.
Puis on entendra le
Directeur général des élections pour nous dire comment avancent ses travaux. Je
le sais qu'il nous avait dit, lors de l'audition, qu'il était déjà en lien avec
des directeurs de scrutin, qu'il attendait des rapports, puis que ça ne se
faisait pas en une semaine, mais j'aimerais ça aussi savoir un peu comment ça
s'en vient, la rédaction de ce rapport-là qui est demandé, et quels pourraient
être les délais.
Je pense que la
ministre ne se surprendra pas qu'on va prendre le temps de faire les choses. On
ne va pas ralentir rien, puis il n'y a pas une minute qui va se perdre ici,
mais je pense que le projet de loi, il ne sortira pas vendredi, d'ici vendredi.
Alors, je n'entends pas «boum!», je n'ai pas entendu la ministre tomber en bas
de sa chaise. Alors, ça veut dire qu'on va
se revoir, quelle belle nouvelle, en
janvier, février, et là on aura le temps, probablement... on aura
peut-être l'avantage du rapport, et le temps de l'analyser, à la lumière de
cela. Parce qu'on aura beaucoup, beaucoup de questions pour les articles 1, 2,
3,
chapitre I du projet de loi.
Également, on va
embarquer là-dedans, on va... il y aura consentement à ce que l'on puisse
jumeler, selon des thèmes, les articles, j'entends... puis il y a consentement
à ce qu'on commence, en ce qui nous concerne, à l'article 4, puis il y a
consentement à ce que l'on puisse jumeler, au-delà de la numérotation, des
articles sous un même chapitre, sous un même sujet, et de faire des sauts de
puce. Bien évidemment, ça, M. le Président, ça va vous demander, à tous les
matins, un café, un lait, deux sucres, parce que ça va vous demander à vous,
Mme la secrétaire, de suivre nos travaux,
savoir ce qui est suspendu, pas suspendu, adopté. Mais on compte, parce qu'on
l'a vécu avec vous, sur votre compétence, puis votre capacité à faire en
sorte, puis on vous remercie, de présider nos travaux de façon tout à fait
efficace et qui fait en sorte qu'on fait notre travail, mais qu'il n'y a pas de
temps qui se perd à nulle part.
Alors, heureux de
commencer ce matin. Je vais m'arrêter là, et vous allez voir, là, moi, je vais
intervenir, c'est clair, la collègue de Vaudreuil va intervenir, la collègue de
Notre-Dame-de-Grâce va intervenir. Ils n'auront pas de besoin de demander la
permission à personne, là, ils vont lever la main, M. le Président. Puis
on est trois porte-parole ici, en ce qui nous concerne, puis j'ose espérer que
ce sera la même chose pour tous les collègues autour de la table, parce qu'on a
chacun des vécus, des expériences différentes. Peut-être que moi, je n'en ai
jamais eu, de problème, avec le vote par correspondance. Peut-être qu'un
collègue en a eu, des problèmes. Il faut l'entendre, parce qu'au-delà de la
théorie, il y a la pratique, puis ce que l'on vise, c'est d'avoir une loi
électorale, loi fondamentale au Québec, qui se colle à une pratique qui, oui,
favorise le déroulement du vote, mais surtout favorise la participation en
tenant compte des forces et des défis de chacun des citoyens et citoyennes, des
voteurs et voteuses. Alors voilà, M. le Président, merci pour votre écoute.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup,
M. le député de LaFontaine. M. le député de Jean-Lesage, s'il vous plaît.
M. Zanetti : Oui,
merci. Bien, je ne tiens pas à faire de remarques préliminaires, pour le
moment.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
M. le député de Matane-Matapédia, s'il vous plaît.
M. Bérubé : Merci,
M. le Président. Je veux saluer l'ensemble des parlementaires, la ministre, les
collègues des oppositions, le Directeur général des élections qui est avec
nous. C'est toujours un moment important. Le Parti québécois a toujours suivi
avec beaucoup d'attention les modifications à la Loi électorale. Ça a commencé
à la fin des années 70 avec la
loi sur le financement des partis
politiques. De tout temps, le Parti québécois a voulu que les scrutins et les
référendums se tiennent en respectant les règles. Encore aujourd'hui, on a des
observations qui nous restent en tête et on sera vigilants dans ce projet de
loi également.
Indiquer qu'on doit se préparer,
effectivement, pour un scrutin qui aura bel et bien lieu en octobre 2022. Il ne
saurait y avoir d'autre date que celle qui est déjà prévue. Je me permets de le
dire, parce que, parfois, les analystes spéculent à l'effet que ça pourrait
avoir lieu à un autre moment. Je ne vois pas comment ça pourrait se faire ou
justifier, mais je veux le dire ici. Évidemment, on ne peut pas tout prévoir.
Qui aurait pu prévoir que le 1er octobre 2018, des boîtes de scrutin se
déverseraient dans un fossé sur le bord de la route 195, dans ma
circonscription. Pourtant, c'est arrivé. Alors, si quelqu'un trouve un jour une
boîte, peut-être que ma majorité va changer, mais c'est arrivé. Alors, on ne
peut pas prévoir ça, mais on peut s'inspirer des meilleures pratiques pour augmenter
le taux de votation et avoir des résultats les plus probants possibles, en
toute sécurité, puis augmenter la confiance du public à l'égard du processus
électoral. Quoiqu'au Québec, je trouve qu'on est modèle à bien des égards et
ces échanges continus font en sorte d'améliorer nos pratiques.
Évidemment, quand je vois le Directeur général
des élections, j'aurais envie de lui parler d'autres sujets. Par exemple, je
note que, présentement, pour au moins deux circonscriptions québécoises, on
souhaite changer l'appellation sans passer par le Directeur général des
élections. C'est le cas dans la loi n° 96 où, à
titre de symbole, le gouvernement de la CAQ a trouvé intéressant de changer le
nom du comté de Bourget pour celui de Camille-Laurin, sans passer par le Directeur
général des élections. D'ailleurs, on va en débattre aujourd'hui. Alors, au
point de vue marketing, c'est fantastique, mais ça ne répond pas à nos règles
qu'on s'est données. Et, dans les derniers jours, j'ai vu que la
circonscription d'Arthabaska voulait changer son nom pour Arthabaska-L'Érable.
Ça sera certainement très populaire, mais, si on suit les règles, c'est après
deux élections qu'on peut intervenir. D'ailleurs, le Directeur général des
élections n'est pas sans savoir que j'ai, à plusieurs reprises, voulu changer
le nom de ma circonscription pour Matane-Matapédia-Métis, qui m'a été refusée
parce qu'on ne veut seulement que deux noms. Mais il y a des députés qui, eux,
veulent le faire à l'extérieur du cadre.
Alors, je note ça au bénéfice du Directeur
général des élections, tout comme je note qu'un jour, il va falloir parler
aussi des ressources de l'État qui peuvent influencer un scrutin, surtout à un
an d'une élection : publicités gouvernementales, utilisation des
ressources. J'en parlerai davantage en 2022, tout comme j'annonce ici mon
intention de déposer un projet de loi, au nom du Parti québécois, pour limiter
la présence de ministres dans des activités de financement. On pense que ce
n'est plus nécessaire de le faire et que les gens doivent y aller pour
supporter un parti politique et non pour avoir un accès privilégié à un
ministre, privilégié à un ministre. Donc, je l'aurai annoncé ce matin.
On va suivre avec intérêt ce projet de loi. Il y
a des éléments consensuels, évidemment, il y a des enjeux très techniques. Moi,
ce que je retiens d'une élection comme l'élection fédérale, par exemple, où les
règles sont différentes, c'est qu'un des principaux avantages que le fédéral a
qu'on n'a pas, c'est celui de pouvoir voter pratiquement tous les jours. Très
pratique. Dans ma circonscription, je peux vous dire, là, que, si on pouvait
voter au-delà du jour du scrutin et du vote par anticipation chaque jour,
presque, là... au fédéral, même, on peut même voter sans que tous les candidats
soient connus, si on écrit correctement le nom du candidat. Ça, c'est une
avancée fantastique. En tout cas, moi, je
peux le calculer qu'il y a bien des gens qui, je prends l'exemple de ma
circonscription, qui sont en... je n'ai pas vraiment de terme français, mais en
«fly-in/fly-out», donc qui travaillent à Fermont, dans le Nord-du-Québec, sur
la Côte-Nord, qu'ils aimeraient avoir une plus grande flexibilité pour voter,
donc une semaine avant, lorsqu'ils sont dans leur circonscription. Donc, ça,
c'est le principal enjeu que j'entends parler qui nuit à la participation
électorale, c'est le fait qu'il n'y a pas assez de cases horaires. Et, au
fédéral, ils l'ont. Alors, je souhaiterais que ça soit le cas au Québec
également.
Sinon, on peut s'enorgueillir d'avoir une grande
tradition démocratique au Québec, d'avoir des pratiques qui sont exemplaires.
Je l'ai dit, tous les prédécesseurs du directeur actuel... du directeur général
des élections ont été cités dans le monde. On s'en est inspiré. Donc, on
continue l'amélioration de nos pratiques. S'ajoute l'aspect pandémique, évidemment, qu'on ne peut pas prévoir
pour octobre 2022, mais on peut adapter nos pratiques, s'inspirer du monde municipal et faire en sorte que le scrutin
se passe bien, qu'il soit attendu, que les gens aient envie d'y
participer puis qu'on élimine tous les obstacles possibles.
Puis effectivement, le député de LaFontaine a
raison, notre expertise de candidats, de députés fait en sorte qu'on a observé
toutes sortes de choses à travers le temps et on sait que chaque vote compte.
Puis, M. le Président, vous ne le savez peut-être pas, moi, j'ai déjà perdu une
élection par 33 voix. Je les cherche encore. Alors, je sais l'importance
de chaque vote. Ça a bien changé depuis ce temps-là, mais, à l'époque, je peux
vous dire qu'on s'interrogeait sur chaque personne qui me disait : Bien,
je n'étais pas au courant, ou ce n'était pas accessible, ou je n'avais pas
l'information. Donc, c'est important.
Le taux de participation municipale m'inquiète
aussi, quoiqu'il est toujours en deçà de celui des élections québécoises. Mais,
dans un monde idéal, on aurait vraiment une participation très élevée.
D'ailleurs, moi, mon premier vote... mon deuxième vote, en fait, c'est le vote
pour le référendum de 1995. Je crois qu'on était à 94 % de participation.
Je rêverais d'avoir ça lors d'une élection québécoise et je suis assez
convaincu que, si on avait 94 % de participation au scrutin de 2022, vous
seriez surpris du résultat, M. le Président. Pas mal sûr de mon coup.
Alors, vous pouvez compter sur la participation
avec les collègues pour adopter la meilleure pièce législative possible et
peut-être, parfois, au passage, suggérer au Directeur général des élections,
qui sera dans cette salle ou ailleurs avec son équipe, quelques indications qui
pourraient lui permettre de surveiller davantage certains phénomènes. Merci, M.
le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Nous allons
maintenant passer aux autres membres qui souhaitent faire des remarques. Mme la
députée de Vaudreuil, s'il vous plaît.
Mme Nichols : Merci, M. le
Président. Alors, à mon tour de saluer les collègues... banquette ministérielle
et, évidemment, là, les collègues de l'opposition officielle et les collègues
des autres oppositions. Bonjour aussi au Directeur général des élections. Merci
d'être parmi nous.
Nous, on s'est rencontrés voilà pas si
longtemps. Comme disait mon collègue de LaFontaine, j'ai eu la chance de
travailler sur le projet de loi n° 85, le projet de loi n° 85 qui
était un projet particulier aussi, qui ciblait les élections... d'ailleurs, le
titre le dit, le projet de loi n° 85, c'était la Loi visant à faciliter le
déroulement des élections générales municipales du 7 novembre 2021 dans le
contexte de la pandémie de la COVID-19. Donc, un petit projet de loi, mais
tellement important, bien sûr, cinq articles, là, qui ont été traités, là, avec
beaucoup de rigueur.
Et je comprends Mme la ministre, là, de
présenter le projet de loi n° 7, et le projet de loi n° 7 qui est la
Loi visant à faciliter le déroulement des prochaines élections générales
provinciales dans le contexte de la pandémie de la COVID-19 et modifiant la Loi électorale. Cependant, il n'y a pas la date
dans le titre, contrairement au projet de loi n° 85, où on
mentionnait la date des élections municipales. Ici, la date des élections
provinciales n'est pas mentionnée, qui est le 3, on le sait, on est à date
fixe, maintenant, au Québec, qui est le 3 octobre 2022, mais, bon.
Oui, donc, je trouve important... puis je suis
contente d'être ici parce qu'on pourra faire, justement, là, les parallèles
avec le projet de loi n° 85. Le Directeur général des élections avait
d'ailleurs, là, soumis plusieurs arguments en lien avec le projet de loi
n° 85. Puis on le sait que le projet de loi n° 85,
c'était évidemment dans le contexte de la pandémie, mais on était tous d'accord
pour rappeler, entre autres, l'importance de prendre les moyens nécessaires
pour favoriser la démocratie. C'était l'objectif du projet de loi n° 85, puis je pense que c'est ce qu'on veut faire aussi
avec le projet de loi n° 7. Les citoyens le savent,
puis nous, ici, en tant que législateurs, c'est superimportant de prendre les
moyens pour favoriser le taux de participation. Bon, je suis un petit peu déçue
de voir que le projet de loi n° 85 n'aura peut-être
pas eu les résultats anticipés ou, du moins, quand je regarde le taux de
participation aux élections municipales, je suis un peu, disons-le, un peu
découragée. 2017, les élections... Le taux de participation, je vais parler
pour l'ensemble de la province, là, c'est environ 44 % et, pour 2021,
c'est 38 % aussi pour l'ensemble de la province.
L'exercice du
droit de vote, on est chanceux, là, tous les collègues le disent, là, ici, au
Québec, on est chanceux, on peut exercer notre droit de vote.
Maintenant, il faut trouver, là, une façon, des mesures particulières, des méthodes particulières, justement, pour
inviter les gens à l'utiliser, ce qu'on a essayé de faire dans le projet de loi
n° 85. Puis j'aurais trouvé très pertinent d'avoir...
puis là je comprends qu'on est serrés dans le temps aussi, c'était le
7 novembre dernier, là. On ne vous demande pas de faire des miracles non
plus, mais ça aurait été très intéressant, là, d'avoir un rapport pour nous
dire qu'est-ce qui a fonctionné puis qu'est-ce qui n'a pas fonctionné. Parce
que je pense que le projet de loi n° 85, on a
vraiment donné tous les moyens au Directeur général des élections, justement,
pour favoriser cet accès-là.
Favoriser cet accès parce que, je le rappelle,
quand on travaillait le projet de loi n° 85, je
pense, c'est Terre-Neuve-et-Labrador où le Directeur général des élections
avait brusquement mis fin aux élections provinciales, 12 heures avant
l'ouverture des bureaux de vote, parce qu'il y avait un manque de bénévoles.
Puis on le rappelle, là, souvent, nos
bénévoles, c'est des personnes aînées, des personnes retraitées. Donc, il y
avait un manque de bénévoles, puis évidemment la peur, disons-le comme
ça, on en a beaucoup parlé, mais la peur est un facteur aussi qui freine nos bénévoles, qui freinent nos travailleurs
d'élection, donc, ce pourquoi on essayait, là, de mettre en place, là, des
mesures plus facilitatrices, disons-le comme ça. Mais je pense que qu'est-ce
qui s'est passé à Terre-Neuve-et-Labrador, il faut garder ça aussi en tête, là,
dans les mesures, là, qu'on veut mettre en place.
L'importance de connaître le déroulement de
novembre dernier est, selon moi, essentielle. Bien sûr, là, j'ai la chance
d'être la porte-parole de l'opposition officielle en matière municipale, donc
j'ai... puis aussi en tant qu'ancienne mairesse, ancienne préfète, j'ai encore
beaucoup, beaucoup de collègues dans les municipalités qui ont rapporté
qu'est-ce qui a fonctionné puis qu'est-ce qui n'a pas fonctionné. Donc, je
pense que ça devrait être essentiel, évidemment, là, pour mettre de l'avant,
là, certaines méthodologies. Parce que, rappelons-le, c'était quand même tout
un défi, les élections municipales du 7 novembre dernier. Il y a plus de
1 130 municipalités au Québec. Dans les
1 130 municipalités, là, évidemment, il y a les postes à la mairie,
mais il y a aussi les élections pour les conseillers municipaux. Si je ne me trompe pas, il y avait pas loin de
13 000 candidatures en novembre dernier et
13 000 candidatures pour environ 8 000 élus. Donc, c'était
quand même... c'est quand même assez important, ce pour quoi je rappelle, là,
toute l'importance, là, de connaître qu'est-ce qui a fonctionné puis qu'est-ce
qui n'a pas fonctionné.
Puis, quand
on dit qu'est-ce qui a fonctionné, qu'est-ce qui n'a pas fonctionné, je fais
entre autres référence au vote par
correspondance. On a beaucoup travaillé à savoir est-ce que le vote par
correspondance va fonctionner ou est-ce que le vote par correspondance ne fonctionnera pas, à qui on l'ouvre, à
qui on ne l'ouvre pas. Bien sûr, ici, on avait les municipalités qui devaient... Ce qu'on avait
convenu, entre autres, là, c'est que les municipalités devaient envoyer
une résolution à la ministre des Affaires
municipales avant le 1er juillet, si elles désiraient ouvrir le vote par
correspondance aux personnes de 70 ans
et plus dans leur municipalité. Donc là, il y a des plus petites municipalités
qui n'ont pas nécessairement eu le temps de faire le setup, bien que
souvent, les municipalités le font déjà parce que... puis je vais utiliser le
terme «snowbirds», là, mais il y a des
grands voyageurs qui partaient déjà puis... donc, les municipalités savaient
déjà comment ça fonctionnait. Mais tout de même, là, l'ouvrir aux
70 ans et plus, là, c'était important pour nos municipalités.
Donc... puis je peux donner l'exemple de
Montréal, là. À Montréal, là, il y a eu plus de 6 000 personnes qui
ont utilisé le vote par correspondance. Moi, j'aurais été curieuse de savoir,
sur les 6 000 qui l'ont utilisé, bien, il y en a
combien... Tu sais, il y en a peut-être un autre 6 000, là, qui était...
qui n'avait pas la forme, des bulletins qui ont été rejetés ou... Donc, moi,
j'aurais aimé ça connaître, là, tous ces détails-là avant d'aller plus loin
dans un projet de loi comme le projet de loi n° 7, qui est, selon moi,
très, très, très important.
Puis aussi,
j'aurais aimé ça qu'on puisse le comparer avec ce qui se fait ailleurs. On le
sait, il y a cinq provinces canadiennes qui l'offrent aussi, là, le vote
par correspondance. Donc, on aurait pu comparer comment ça fonctionne ailleurs,
dans les autres provinces, puis voir ici si on est capables de l'établir. Puis
on l'a établi quand même assez rapidement pour le projet de loi n° 85, on a
quand même un petit peu plus de temps. Ça fait que ça aurait été pertinent de
voir on l'offre à qui, on l'ouvre... Si je ne me trompe pas, dans le projet de
loi n° 85, on l'a ouvert... le gouvernement l'offrait d'emblée dans les
résidences de personnes âgées, les CHSLD, les... parce qu'il n'y avait pas de
bureau de vote itinérant. Donc, c'était la méthode alternative qui était
proposée. Puis évidemment, bien, étant donné que les municipalités sont des
gouvernements de proximité, on leur a offert la possibilité aussi de l'offrir,
puis je suis curieuse de savoir si ça a bien fonctionné ou pas. La même chose
relativement aux journées supplémentaires. Combien de personnes ont bénéficié
des journées supplémentaires?
On parlait aussi, puis je soumets comme ça, là,
dans les remarques préliminaires, mais on parlait entre autres de... puis c'est
des citoyens qui l'ont demandé, pourquoi ne pas prendre un rendez-vous au
bureau du président d'élection. Parce que, justement, ça faisait que les
personnes passent par la porte d'avant, sortent par la porte d'en arrière puis
évitent de se croiser. Donc, il y a beaucoup de personnes aînées... Moi, ils
ont appelé au bureau de comté pour savoir : Bien, pourquoi je ne peux pas
prendre un rendez-vous pour aller voter? Ça fait que je me demandais :
Est-ce que c'est quelque chose qu'on pourrait mettre en place aussi?
Bien sûr, le vote électronique... mais je sais
que le vote électronique, c'est un sujet un peu délicat parce que ça prend
beaucoup, disons, de ressources ou, du moins, on est quand même réticents à le
mettre en place, puis on en a beaucoup parlé au projet de loi n° 85. Donc,
je ne veux pas revenir sur tous les arguments, ou sinon on pourra le faire lors
de l'étude détaillée, mais je sais qu'il y a beaucoup d'enjeux autour du vote
électronique, relativement à l'identification de la personne, qui ont été
soulevés, mais... Puis il y a un rapport aussi, là, le DGEQ a émis un rapport
en juin 2020, un rapport quand même assez impressionnant, de pas loin de 250 ou
300 pages. Mais je me demande : Mais pourquoi ne pas avoir profité
des élections municipales, justement, pour faire des projets pilotes
relativement au vote électronique pour éventuellement s'ajuster? Parce que,
disons-le, on est quand même en 2021, puis
je pense que... je ne dis pas que, dans les prochaines années, on va juste être
rendus au vote électronique, mais je pense que c'est une méthode à
laquelle il faut réfléchir puis qu'on va, à un moment donné, devoir aller de
l'avant.
Donc, je comprends évidemment le contexte de
l'état d'urgence sanitaire. Je comprends aussi qu'il y a plusieurs mesures
particulières qui peuvent être... qui ont été prises par arrêtés du ministre de
la Santé puis des Services sociaux, entre autres, quand il y a eu les élections
partielles dans le municipal. Puis je fais le lien aussi, je fais un
parallèle... Il y a eu des élections partielles, là, dans le milieu municipal,
avant les élections du 7 novembre dernier, puis, bien sûr, on a regardé
comment ça a fonctionné, les élections partielles pour pouvoir s'orienter pour
les élections du 7 novembre dernier.
Donc, bien sûr qu'on pourrait faire la même chose avec les élections du
7 novembre pour les élections d'octobre 2022. Mais on a compris aussi que
les arrêtés ministériels ne permettaient pas toujours d'offrir aux présidents
d'élection, entre autres, là, la prévisibilité suffisante pour les règles
électorales, là, qui sont prévues ou qui sont à prévoir.
Alors, voilà, M. le Président, tout ça pour vous
dire, pour vous manifester mon grand intérêt à suivre le projet de loi
n° 7. Je suis contente que le... puis je pense que c'est un gros plus que
le Directeur général des élections soit... et ici qu'on pourra suivre,
évidemment, les travaux, mais tout ça dans l'objectif... le seul objectif, qui
est un exercice démocratique. Alors, je pense que c'est ce qu'on doit avoir
tous en tête, de favoriser la participation citoyenne aux élections d'octobre
2022. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y
a d'autres membres? Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Bon. Vous m'entendez
bien? Apparemment, souvent, je me détourne du micro, alors je veux juste être
sûre que... J'ai une mauvaise habitude. Alors, je salue à mon tour la ministre.
Ça fait longtemps qu'on n'a pas eu
l'occasion de travailler ensemble, et j'apprécie beaucoup la ministre pour son
ouverture, tout le temps, toujours. Alors,
je suis bien contente d'être ici. Je salue donc tous ceux qui l'accompagnent,
évidemment le Directeur général des élections.
J'ai eu l'occasion, évidemment, de travailler avec le directeur comme il
travaille avec nous tous. Et parfois,
c'est complexe, parce qu'il y a
l'autonomie et l'indépendance à toujours respecter, mais je pense qu'on réussit
bien, comme société québécoise, dans,
évidemment... toujours avec cet esprit de respecter et d'honorer la démocratie
dans laquelle on vit.
Alors, j'ai
écouté mes collègues tantôt parler, évidemment, de l'expérience des élections
municipales, et il y a une expression en anglais qui m'est venue en
tête, et ça s'appelle... c'est cette expression : Necessity is the mother
of invention. On le traduit en français
comme : La nécessité est la mère de l'invention. Et ici, la nécessité,
évidemment, et malheureusement, c'est la COVID. C'est la COVID qui fait
en sorte qu'on doit revoir nos façons de faire. Et on le saura dans le temps,
quelles sont les inventions, les créations qu'on aura trouvées qui vont
demeurer permanentes. Je pense au travail chez soi, à domicile, et déjà on voit
que malgré, bon, les... pas malgré, mais bien que les gens soient vaccinés, les
employeurs, les employés trouvent que le modèle fonctionne bien, et peut-être
que c'est un modèle à préserver pour l'avenir.
Alors, je ne ferai pas
beaucoup de points sur toutes sortes de choses pour dire que... sauf une,
comment dire, une avancée importante. Et
j'avais eu l'occasion d'en parler avec le DGEQ, lorsque moi-même j'étais
responsable, c'est le fait d'avoir... de proposer que des jeunes de
16 ans puissent être employés pour faciliter, donc, tout ce processus de vote. Moi-même, lorsque j'étais jeune,
j'imagine... bien, j'avais 18 ans, parce qu'à l'époque, c'était
18 ans, j'ai beaucoup, beaucoup participé aux élections avec le
même genre de rôle, et ça m'a beaucoup sensibilisée. Il y avait aussi des
emplois pour les jeunes avec Statistique Canada, donc on allait de porte à
porte pour poser des questions. J'ai tout... tous ces types d'emplois, je
déposais ma candidature et j'ai eu l'occasion, donc, de voir ce processus.
J'ai aussi eu l'occasion, et là je le revois
comme ministre, de voir qui sont les personnes qui travaillent dans ces bureaux de vote, et oui, en fait, c'est
souvent des personnes plus âgées. Mais ce que je trouve très intéressant, petit aparté, d'avoir les jeunes de
16 ans qui soient là, il y a beaucoup d'échanges. Et moi, j'avais beaucoup
d'échanges avec les personnes plus âgées et je trouvais ça extraordinaire,
parce qu'on était tous à peu près sur la même page de vouloir s'assurer que le
processus démocratique allait bon train, hein? C'était vraiment dans cet
esprit-là qu'on était là, et c'est des beaux souvenirs. En fait, pour moi, là,
ça va être essentiellement une occasion pour les jeunes d'être sensibilisés au
processus démocratique, mais à l'importance de ce processus démocratique.
Donc, j'en viens évidemment avec l'expérience
des élections municipales. Moi, je ne sais pas si ma collègue la députée de
Vaudreuil se souvient, mais moi, je n'étais pas dans ce projet de loi avant,
mais j'écoutais ma collègue et j'ai
dit : Mais quelles ont été... comment ça s'est passé? Je lui ai posé la
question : Comment ça s'est passé? Parce que c'est quand même la COVID. Elle dit : Bon, écoutez...
écoute, je ne suis pas sûr de tout, on attend un rapport. C'était un peu quand il y avait des discussions de rapport,
mais on devra connaître éventuellement qu'est-ce qui a bien fonctionné.
On le verra. Mais elle avait mentionné, puis elle a fait un discours en Chambre
à cet égard, est-ce qu'on fait un lien avec le taux de participation? On ne le
sait pas. C'est difficile à juger.
Donc, moi, je vous dirais que c'était mon
premier réflexe... c'est d'avoir un rapport qui dirait : Voici ce qui a marché,
voici ce qui n'a pas marché. C'est une opportunité unique. C'est malheureux que
c'est la COVID qui crée, là, cette
opportunité, mais, comme je le disais, il y a des pratiques qui ont été mises
en application, et je suis sûr que nous, les élus, mais le directeur
général aussi il dira : Ah! bien, ça, c'est quand même quelque chose
d'intéressant. Et on pourra le faire,
justement, pour faciliter le vote, toujours dans ce grand but de faciliter,
rendre ça plus «user friendly» en bon français. Et les réformes sont,
oui... moi, j'ai vécu ça, donc beaucoup de ces réformes proviennent de
consensus entre les partis. Mais, même là, on se rend compte que ces consensus
sont un peu dépassés par les événements et on n'est pas capable de savoir
lesquels de ces processus sont dépassés par les événements, parce que la COVID
nous a frappés de plein fouet. Et là on voit qu'il y a des variants. Il y a des
variants qui montrent un profil différent, dépendant peut-être des vaccins
qu'on a reçus. On discute du troisième vaccin puis faire attention pour
certaines personnes d'un certain âge. Alors, tous les jours, on apprend quelque
chose.
Et par rapport aux personnes âgées, ils sont
beaucoup au coeur de nos préoccupations quand on passe en élections. Les
députés font le tour, évidemment, des endroits, que ce soit des CHSLD ou autre,
et on se rend compte beaucoup de leur vulnérabilité. Je dois vous dire, aux
dernières élections, ça m'avait beaucoup frappée, et on se demande :
Comment est-ce qu'on peut, premièrement, vraiment, être sûr que le processus...
qu'ils sont bien cognitifs par rapport à ces élections, je suis sûre que le
directeur général sait de quoi je parle, et comment faciliter puis faire en
sorte que ce vote est facilité avec accompagnement mais pas ingérence? Il y a...
et j'ai vu ça aux dernières élections. C'est comme un défi, un défi important.
Là, avec la COVID, on ne sait pas dans quel...
Mais le directeur général, peut-être, le sait, et on le verra, là, avec un
rapport plus détaillé, pour les personnes âgées, comment ça a été vécu, ces
dernières élections. Qu'est-ce qu'on peut faire pour s'assurer qu'ils soient
toujours dans le coup... qui sont toujours des participants actifs dans le
processus démocratique.
Donc, je
joins ma voix à celles de mes collègues pour dire qu'un rapport qui va nous
dire... puis c'est un rapport qui
n'est pas comme les rapports habituels. C'est un rapport qui, comme le
titre
l'indique, là... Le titre, c'est la première chose qui m'a frappée, la
Loi visant à faciliter le déroulement des prochaines élections générales
provinciales dans le contexte de la pandémie de la COVID-19 et modifiant la Loi
électorale. Donc, tout est dans le
titre et les titres reflètent bien l'objet
principal d'un projet de loi. Et donc tout doit changer dans les façons de
faire pour qu'on soit tous, comment dire, sur la même page que les consensus
qu'on va développer.
Puis ici, c'est l'occasion, justement, de nous
assurer que, tous ensemble, on a un consensus par rapport... qu'est-ce qu'on
retient des dernières élections, qu'on veut et qui vont s'appliquer dans la
prochaine... Je crois bien qu'on peut être, comment dire, assez convaincu,
malheureusement, que les prochaines élections seront encore dans un contexte de
pandémie. Et, si ce n'est pas directement par rapport au virus, dans le sens de
danger à la santé, ça sera dans un contexte
où les gens ont... les habitudes développées, la crainte, on a beaucoup entendu
parler de ça, la santé mentale des gens... de sortir, etc. On ne peut
même pas imaginer l'impact que ça a pu avoir.
Je suis
prudente aussi, comme mes collègues, de ne pas faire le lien entre le taux de
participation qui, de toute façon, au niveau municipal, est quand même
toujours assez bas et les résultats, mais je pense qu'on peut imaginer que ça pourrait... Alors, quels seraient les commentaires
que ferait le directeur général, à cet égard? Alors, je n'irai pas plus
loin, évidemment, mais c'est les réflexions que j'ai. Mais je suis bien
contente d'être ici présente pour ce très important projet de loi et de nous
assurer qu'on marche tous ensemble pour renforcer notre démocratie. Merci, M.
le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y
aurait d'autres membres qui désirent faire une intervention?
Donc, nous serions en motion préliminaire. Y
a-t-il des motions préliminaires?
S'il n'y a pas de
motion préliminaire, nous allons débuter l'étude détaillée, mais avant, on
aurait besoin de votre consentement pour que le Directeur général des élections
de même que son équipe puissent prendre la parole durant nos travaux. Est-ce
qu'il y a consentement? Je vous rappelle que le temps du DGEQ sera pris sur le
temps de la ministre. Également, vous avez
discuté de la feuille de route qui vous a été présentée. Donc, de un, par le
chapitre 2 et... mais également, vous avez une feuille de route sur les
articles. Donc...
Mme LeBel : ...M.
le Président.
Président (M. Bachand) : Oui, allez-y, Mme
la ministre.
Mme LeBel : Oui.
Je comprends, bon, que ça prend deux consentements, donc, savoir si on commence
par le
chapitre 2 et si on y va selon la feuille de route. Je peux peut-être me
permettre de vous dire que, sur le principe général, là, c'est la même chose
que je vous ai soumise, mais on a fait quelques petites modifications pendant
les remarques préliminaires. Peut-être, une
petite pause pour la transmettre à tout le monde, mais le principe de
commencer par... de soumettre la possibilité de commencer par le
chapitre II en suivant une feuille de route, par blocs et par thèmes,
demeure, M. le Président, mais je voulais juste aviser tout le monde qu'il y
avait eu quelques modifications.
Président (M. Bachand) : Oui,
effectivement, il y avait des petites coquilles aussi, également, là.
Mme LeBel :
Oui, voilà.
Président (M. Bachand) : Alors donc, on va
suspendre quelques instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
11 h 02)
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il
vous plaît! La commission reprend ses travaux. Donc, suite aux discussions, je
veux savoir s'il y a consentement pour suspendre les articles 1, 2, 3, qui
seront étudiés à la fin, et donc de débuter avec 4.
M. Tanguay :
Consentement.
Président (M. Bachand) : Consentement,
merci beaucoup. Donc, Mme la ministre, je suis prêt à prendre en considération
l'article 4 du projet de loi. La parole est à vous.
Mme LeBel : Merci,
M. le Président. Merci beaucoup aux collègues. On va pouvoir y aller, là, au
fur et à mesure. Il y aura probablement certains va-et-vient, M. le Président,
je vous l'annonce à l'avance, mais je pourrai les détailler à mes collègues au fur et à mesure, puis on va s'adapter.
C'est de nous permettre... Le tout est de nous permettre d'avoir une réflexion beaucoup plus logique et
beaucoup plus centrée, là, quand beaucoup d'articles concernent le même
sujet ou le même... j'appelais ça un consensus, pour fins de compréhension,
mais la même modification. Merci.
Donc,
article
4 :
L'article 3 de la Loi électorale est remplacé par le suivant :
«Un candidat qui a
produit sa déclaration de candidature conformément à l'article 237 peut voter
dans la circonscription dans laquelle il se présente, même s'il n'y est pas
domicilié. Il doit présenter une demande en ce sens lors de la révision de la
liste électorale faite au cours d'une période électorale.»
La modification
proposée vise à permettre à un candidat qui n'est pas domicilié dans la
circonscription dans laquelle il se présente, ou qu'il n'y a pas son bureau
principal, de voter dans cette circonscription. Pour ce faire, donc, le
candidat va devoir demander une demande en ce sens lors de la révision de la
liste électorale faite au cours de la période électorale.
Je vous annonce, M.
le Président, qu'il serait plus logique de parler de 63 avant de conclure 4,
parce que 4 met en oeuvre le principal, qui est à 63. Donc, si on peut suspendre
4, on pourrait faire la lecture immédiate de 63, et mes collègues verraient
bien le parallèle.
Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il y a
consentement? Consentement. Donc, l'article 4 est suspendu. Maintenant, un consentement pour aller à l'article 63?
Consentement. Merci beaucoup. Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme LeBel : Merci,
collègues. M. le Président, merci. Alors :
L'article 237 de cette loi
est modifié par l'insertion, à la fin, de «ou par un mode de transmission adapté
à l'environnement technologique du directeur général des élections, déterminé
par ce dernier».
Donc, la modification proposée vise à permettre
à un candidat de produire une déclaration de candidature par un mode de
transmission adapté à l'environnement technologique du Directeur général des
élections, et non plus seulement en version papier, au bureau principal du
directeur de scrutin.
Le Président (M. Bachand) : Ça
va? M. le député de LaFontaine, intervention, oui?
M. Tanguay : Oui,
merci, M. le Président. Donc, l'article 63, si je comprends bien, donc,
l'article 63, l'insertion, à la fin, 63 qui réfère à 237 de la Loi
électorale : «Une personne qui désire poser sa candidature doit, entre
14 h le deuxième jour qui suit celui de la prise du décret et 14 h le
seizième jour précédant celui du scrutin, produire une déclaration de
candidature au bureau principal du directeur de scrutin — déclaration
de candidature au bureau principal — ou par un mode de
transmission adapté à l'environnement technologique du directeur général des
élections, déterminé par ce dernier.»
Donc, évidemment,
ici, en aucun cas, ce ne serait une obligation, pour une candidate ou un
candidat, de passer par un mode technologique, mais ce serait une option
supplémentaire.
Mme LeBel : ...oui,
parce que, présentement, là, il y a plusieurs... Bien, naturellement, ça oblige
à se présenter en personne, en papier. Donc, on pourrait éventuellement, là,
utiliser, peut-être, un formulaire électronique, un portail qui sera mis en
place par le Directeur général des élections, s'assurer que tout est
sécuritaire et conforme. Mais l'idée, c'est de fournir une alternative,
effectivement, et non pas une obligation.
M. Tanguay : ...c'est
une alternative. Et ce n'est pas au choix du directeur de scrutin, de
dire : Bien, moi, dans mon comté, on
fait tout par électronique, puis je ne vous donne pas l'option de venir le
déposer papier, là. Ça, c'est...
Mme LeBel : Non,
le choix est le mode de transmission adapté à son environnement électronique,
et non pas le choix de transmettre d'une façon ou d'une autre. Je ne sais pas
si c'était clair.
M. Tanguay : Autrement
dit, le choix appartient aux candidats de le faire papier, comme à l'époque,
physiquement, ou de le faire...
Mme LeBel : L'époque
étant maintenant.
M. Tanguay : Oui,
ou de le faire... «à l'époque» étant toujours, oui, actuel... ou par un mode de
transmission adapté à l'environnement
technologique. Quand on parle de poser sa candidature, ça inclut, forcément,
les 100 signatures que l'on doit ramasser, hein?
Mme LeBel : Bien,
je pense que oui, mais on pourrait préciser, là.
M. Tanguay :
Je ne sais pas si le DGEQ...
LeBel : Mais je pense que
c'est le dossier de candidature comme tel, hein, au complet? On hoche de la
tête.
M. Tanguay : Est-ce
qu'on peut donner la parole...
Président (M. Bachand) : M. le Directeur
général des élections, s'il vous plaît, oui.
Reid (Pierre) : Oui, effectivement, c'est
le dossier de candidature qui doit être déposé, doit être complet, parce que le
DS fait l'appréciation. Et c'est pour ça que, pour un mode électronique... Puis
aux élections de 2022, ce qu'on va prévoir,
c'est qu'ils vont pouvoir l'envoyer par voie électronique, ce qui va faciliter,
des fois, les déclarations de candidature
dans des régions éloignées, là, dans des... où le candidat est peut-être à une
bonne distance du bureau du DS.
M. Tanguay :
...vous confirmez que ce serait une option supplémentaire, mais que va
demeurer l'option, pour le candidat, de sauter dans son auto, d'aller au bureau
puis de déposer le papier, là. Ce sera toujours possible.
M. Reid
(Pierre) : En autant qu'il arrive à temps.
M. Tanguay :
Oui, oui, oui. Ça, ça inclut, donc, les signatures d'électeurs. Est-ce que
le DS va exiger d'avoir les originaux ou il peut lui envoyer des copies PDF des
signatures?
M. Reid
(Pierre) : S'il utilise le vote, oui,
effectivement, il va pouvoir.
M. Tanguay :
O.K. Donc, il n'y aura pas nécessité de faire suivre les originaux des
signatures au directeur de scrutin. Il va le faire de façon électronique
uniquement?
M. Reid
(Pierre) : Il pourrait, parce que je ne
pense pas que... Les originaux, je pense que le DS les reçoit. Mais, s'il y a
un vote... si c'est transmis par un mode... par voie électronique, je pense que
ça fait office de document, disons, officiel, parce qu'à partir de là c'est la
décision du DS d'autoriser, à ce moment-là, la candidature.
M. Tanguay :
O.K. Parce que, là, c'est important, ce qu'on dit là, là. Je veux dire, ça
fait une couple d'années que les tribunaux reconnaissent la validité d'une
signature électronique. Maintenant, le DGEQ, à partir du moment
où cet article-là va être adopté, est-ce que c'est la politique du DGEQ de
faire en sorte que des copies électroniques, donc que ce soit PDF, photocopies
envoyées par courriel, en dossiers... en documents joints, ça, ça va faire
office d'originaux pour le DGEQ ou il va nécessairement y avoir nécessité,
justement, d'avoir l'original? Parce qu'il faut vérifier que le document n'est
pas forgé, que le document est authentique puis que les signatures, c'est bien
les bonnes signatures, là. Est-ce que, donc, vous n'aurez plus besoin des
originaux pour vérifier ça?
M. Reid
(Pierre) : Non. Puis là on ne parle pas de
signature électronique, hein? Pour les élections de 2022, ça va être...
M. Tanguay :
Non, non. Dans le centre d'achats... Je l'ai assez fait, là, dans le centre
d'achats, monsieur, madame, ils signent, puis tout ça.
M. Reid
(Pierre) : Bon, et la personne pourra... à
ce moment-là, le candidat pourra transmettre le tout par voie électronique.
Mais, si vous le permettez, M. le Président, je laisserais la parole à Me
Coulombe, qui, avec sa longue expérience à Élections Québec, peut-être ajouterait,
peut-être, une précision.
Le Président (M. Bachand) : O.K. Juste donner le temps à la technique de... C'est beau? Maître,
allez-y, oui.
M. Coulombe (Benoît) : ...micro, je pense. Oui, il est allumé... Alors,
Me Benoît Coulombe, avocat au Directeur général des élections.
faut se rappeler qu'une déclaration de candidature, ça se fait sur un
formulaire. Donc, c'est sur le formulaire de déclaration que les
électeurs apposent leur signature d'appui. Donc, ce formulaire-là, qui contient
tous les autres renseignements, le nom, l'adresse du candidat, la
circonscription dans laquelle il se présente, etc., regroupe aussi les
signatures. Il y a des pages supplémentaires pour les signatures des
100 électeurs, et c'est ce formulaire-là qui serait éventuellement
transmis, évidemment, au choix de chaque candidat et candidate, par voie
électronique.
Donc, ce n'est pas
les signatures d'appui qui sont transmises à part sur un document. Il faut
quand même utiliser le formulaire, mais le formulaire pourra être transmis. Et
il y a des équivalences qui ont été reconnues, maintenant, là, des documents
transmis par voie électronique, hein, il y a des équivalences qui sont
reconnues pour validiter la réception. Donc, le directeur du scrutin pourra
traiter une déclaration qui lui sera envoyée par voie électronique comme si
elle était déposée papier devant lui.
M. Tanguay :
Juste pour poursuivre sur cet échange-là, oui, on avait compris, là, que la
liste des signatures... Puis on n'en fait pas 100, là, on en a fait 200, 250.
Puis, je vous dirais, pour les premiers jours de campagne, quand le comité
électoral n'est pas ouvert, les pancartes ne sont pas posées, on ne sait pas
quoi faire avec le candidat. Ça fait qu'on va dire : Va donc au centre d'achats,
là, va passer ta journée au centre d'achats, donner des mains puis fais signer
ton bulletin. Puis je le sais, ils m'ont toujours occupé comme ça, moi, dans
les premiers jours, là. Ah! mais j'en ai
déjà 200; bien, continue, c'est du pointage, c'est bon. Alors... parce qu'il y
en a qui sont refusés. Pourquoi il y en
a qui sont refusés? Parce que vous faites des validations. Vous regardez cette
personne-là, Mme Bourette, est-ce qu'elle est électrice? Si elle
n'est pas électrice, ça ne compte pas, parce qu'il faut qu'elle soit électrice
dans le comté.
Deux choses. Donc, je
comprends qu'il n'y aura pas de directive exigeant aux candidats de faire
suivre la copie originale. Ça, c'est clair, là, je veux l'entendre dire. Et, de
deux, est-ce que le directeur de scrutin ne se prive pas d'une façon de
vérifier l'authenticité du document, que ça a été bel et bien signé puis que ce
n'est pas un copier-coller, un ramassage de quoi que ce soit, là?
Mme LeBel :
...une remarque, qui serait, en même temps, une question de précision. Ce que
j'en comprends, c'est que c'est le même formulaire puis qu'il va être transmis
de façon électronique, donc, potentiellement, un document PDF, qui va être une
copie scellée, là, qui existe déjà comme étant une transmission qui fait en
sorte... qui fait foi de la non-modification du document. Donc, je pense que
c'est ce qu'on entend, là. Donc, il n'y aura pas de signature, on ne se... je
comprends.
Et, encore une fois,
je dis... C'est une remarque qui se veut aussi une question, là. Moi, ma
compréhension, c'est qu'il n'y a pas de signature. Je ne me promènerai pas avec
mon iPad, au centre d'achats, pour faire signer électroniquement les gens. Je
me promène avec le même formulaire papier. J'ai deux façons de le transmettre
au DGE : je prends ma voiture, et je le mets dans une enveloppe, et je
m'en vais le porter en personne, ou bien je prends le même document, j'en fais
une version PDF, qui se trouve à être une version qui, habituellement, est
sécurisée dans la transmission et qui se veut conforme, et je l'envoie au DGE.
Mais j'imagine que le
DGE pourrait se garder... Moi, je pense qu'on devrait peut-être ajouter
l'obligation pour le candidat de garder les originaux en sa possession, pour
vérification aléatoire, mais peut-être que ce n'est pas obligé d'être fait dans
tous les cas de figure, là. On peut peut-être voir un... Tu sais, parce que je
pense qu'il serait peut-être de bon aloi de dire... de conserver les documents
en notre possession, là, mais de là à les transmettre... parce que je pense que
ça, en français, «defeats the purpose», si je dois transmettre électronique
puis, ensuite, aller le porter ou le poster, là.
M. Tanguay :
Au niveau des délais, non.
Mme LeBel : Non,
peut-être pas au niveau des délais, mais peut-être qu'on peut demander une
obligation de conserver... Le cas échéant, le candidat devra conserver les
originaux en sa possession, là, je veux dire...
M. Tanguay : Parce que je
trouve ça important, moi, je trouve ça important de vérifier.
Mme LeBel : On discute, là.
M. Tanguay : On jase, là.
Mme LeBel : Bien, je ne sais
pas si c'est une alternative.
M. Tanguay : Puis ça revient
peut-être, la question, à savoir : Les originaux, là, qu'est-ce que vous
faites avec? Vous les vérifiez, parce que je sais que c'est vérifié, là, puis
on les reçoit, puis il y en a qui sont barrés, parce qu'ils n'étaient pas
électeurs du comté.
Mme LeBel : Mais ça peut se
faire sur la foi d'un document PDF, là.
M. Tanguay : Moi, je ne serais
pas enclin à vous dire : Je ne vous donne plus accès aux originaux. Parce
que j'aimerais ça que les originaux soient conservés puis vérifiés.
Mme LeBel : Voulez-vous
qu'on suspende, puis on regarde si on peut avoir une méthode... Je ne sais pas,
maître...
M. Reid (Pierre) : Bien, écoutez, oui, on ne s'oppose pas à ça. Je pense qu'il
n'y a pas de raison, là, de s'opposer. Parce que c'est sûr qu'une fois que la
décision est prise par le DS le candidat est candidat. Si jamais on avait des
doutes, ce serait plus tard, là, qu'il... Puis là est-ce que... Puis on ne
demanderait peut-être pas au candidat de nous envoyer ça dans l'heure qui suit
ou dans les 24 heures qui suivent. C'est une vérification qu'on ferait,
ultérieurement, en cas d'un doute ou d'une dénonciation, peut-être, là.
Mme LeBel : On peut suspendre.
Je pourrais vous proposer une...
Le Président (M. Bachand) : Juste avant la suspension, j'ai le député de
Matane-Matapédia.
Mme LeBel : ...je m'en excuse,
oui.
M. Bérubé : Merci, M. le
Président. Je veux en profiter pour faire un commentaire à cet effet.
D'expérience, les gens banalisent beaucoup l'appui qu'ils accordent à une
candidature en signant un bulletin de candidature. Les gens disent : Ah!
on m'a demandé de signer, ça lui permet de se présenter. Pour obtenir cette
liste-là, les candidats passent par le directeur de scrutin local et obtiennent
une copie. Moi, je suis d'avis qu'on devrait envisager de rendre cette liste
publique. Ce n'est pas rien, appuyer une candidature. Et que, systématiquement,
une fois que le bulletin est valide et qu'on a les signatures, qu'il y ait une
façon pour le public, également, de savoir qui a signé le bulletin, sans les
informations quant à l'adresse, et tout ça.
Mais je pense que c'est important de rendre ça
public, parce que j'ai vu trop souvent des candidats arriver à la dernière minute, qui n'habitent pas la
circonscription, aller au centre d'achats, justement, ou à la porte de
l'épicerie, en demandant, sous pression, à des gens de signer. Ce n'est pas
banal, appuyer une candidature. Donc, question de responsabiliser les citoyens,
je suis d'avis que cette information-là devrait être rendue publique plus
facilement.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup, M. le député.
Donc, est-ce que je comprends qu'il y aurait consentement pour suspendre
quelques instants?
Alors, nous allons suspendre quelques instants.
Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 28)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît. La
commission reprend ses travaux. Donc, il y a eu des discussions concernant un
amendement. Est-ce que vous êtes prête à faire la lecture? Vous l'avez devant
vous aussi sur les écrans. L'amendement est sur les écrans. Si vous
voulez en faire...
Mme LeBel : Là, vous voulez que
j'en fasse la lecture?
Le Président (M.
Bachand) : S'il vous plaît, oui.
Mme LeBel : Avec plaisir. Donc,
article 63 :
Remplacer
l'article 63 du projet de loi par le suivant :
L'article 237 de cette loi est modifié :
1˚ par l'insertion, à
la fin, de «ou par un mode de transmission adapté à l'environnement
technologique du directeur général des élections, déterminé par ce dernier»;
2˚par l'insertion, à
la fin, de l'alinéa suivant :
«La personne qui a
posé sa candidature par un mode de transmission adapté à l'environnement
technologique du directeur général des élections doit conserver sa déclaration
de candidature pendant un délai d'un an suivant la production de sa
déclaration.»
Président (M. Bachand) : Interventions? M.
le député de Lafontaine.
M. Tanguay :
M. le Président, il va sans dire, une fois qu'il la conserve pendant un an,
il va sans dire que le DGEQ et/ou le DS a pouvoir de lui demander production de
ça, là, en vertu du...
Président (M. Bachand) : Absolument.
Absolument, il va sans dire, oui. C'est l'objet de la conservation d'ailleurs.
M. Tanguay :
Il y avait... collègue de Vaudreuil, je pense, M. le Président, qui avait
des...
Président (M. Bachand) : La députée de
Vaudreuil?
Mme Nichols :
Sur l'amendement, ça va. J'aurais des questions sur l'article 63.
Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur l'amendement?
M. Tanguay :
Sur l'amendement, oui, qu'on va voter, là. Le délai d'un an, le un an
concorde à quoi? Est-ce qu'il concorde à d'autres délais dans la loi?
Mme LeBel :
Non. Je pense que c'est un délai qui était suffisamment long pour le DGE,
si les besoins s'en font, là, pour une
vérification ou une enquête, et on voulait se donner un délai qui était
suffisant. On aurait pu peut-être aller à six mois, mais on pensait que
c'était un délai qui était plus adapté, là, à être sûr de prévoir, puis
qu'après un an, habituellement, là, toutes ces choses-là ne sont plus
nécessaires.
M. Tanguay :
Parfait. Dernière question, M. le Président, puis peut-être
M. Coulombe... Me Coulombe pourrait nous répondre. C'est en vertu de quel
pouvoir général que le DS et/ou le DGEQ pourraient demander production après un
mois, six mois de l'original? C'est en vertu de quel pouvoir général?
Mme LeBel :
Dans une enquête, j'imagine.
M. Coulombe
(Benoît) : Ça serait s'il y avait une enquête. Excusez. Merci. Oui, ça
serait s'il y avait une enquête
d'entreprise. À ce moment-là, un enquêteur irait demander directement au
candidat, je pense qu'on ne passerait pas par le directeur du scrutin,
là, l'original. L'enquêteur, en vertu de ses pouvoirs, de la loi... en vertu de
la
Loi sur les commissions d'enquête, les enquêteurs du Directeur général des
élections ont ces pouvoirs-là.
M. Tanguay :
Autrement dit, en vertu de la Loi électorale, il y a des enquêteurs qui
sont constitués et ils ont les pouvoirs généraux de la
Loi sur les enquêtes
publiques, donc, de demander production de documents. Ça, ils ont ce
pouvoir-là. Et c'est uniquement dans ce contexte-là que ça pourrait être
demandé, copie... d'avoir l'original d'une enquête formelle, ou le directeur de
scrutin, lui, pourrait le demander? Puis, le cas échéant, en vertu de quel
pouvoir?
M. Coulombe
(Benoît) : Je ne penserais pas que ça serait le directeur du scrutin.
M. Tanguay :
Ce n'est pas lui qui pourrait le demander.
M. Coulombe
(Benoît) : C'est vraiment le directeur général ou un de ses enquêteurs
désignés, là, qui le demanderait. Ça serait pour les fins d'une enquête,
éventuellement, de dépôt en preuve devant le tribunal, s'il y avait un constat
d'infraction ou quoi que ce soit. Mais c'est la seule possibilité que je voie,
là, un enquêteur et non pas le directeur du scrutin, parce que lui, une fois
qu'il l'a acceptée, la déclaration, elle devient officielle et donc le candidat
est officiellement candidat pour les fins de l'élection en cours.
M. Tanguay :
O.K. Parfait. Et quand on dit «l'environnement technologique du Directeur
général des élections», évidemment, ça se
fait auprès du directeur de scrutin. Quand on dit DGEQ dans ce contexte-là, on
dit aussi directeur de scrutin dans le comté.
Mme LeBel : Oui,
ça fait référence au premier alinéa, si vous me permettez, cher collègue, où on
parle justement de la transmission par un mode adapté à l'environnement
technologique du directeur... c'était pour être sûr que les deux... que cette obligation de
conservation là s'adaptait et était... et suivait ce que le directeur général
va mettre en place pour l'alinéa 1.
M. Tanguay :
Moi, je vous le dis, M. le Président, on est prêts à voter l'amendement,
puis je tiens à remercier la ministre puis à remercier le DGEQ et les personnes
qui travaillent avec lui. Vous voyez, si on travaille comme ça, ça va bien aller,
puis on va s'entendre. Merci beaucoup. Je suis prêt à voter.
Président (M. Bachand) : Merci. S'il n'y a
pas d'autre intervention, nous allons procéder au vote, la mise aux voix.
Est-ce que l'amendement est adopté?
Le Président (M. Bachand) : Adopté. Merci beaucoup. Donc, on revient à l'article 63 tel
qu'amendé. Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Merci, M. le Président. Oui, moi, j'avais des questions relativement à la
déclaration de candidature puis je fais, là, le parallèle avec le projet de loi
n° 85, où on avait octroyé, entre autres, un pouvoir réglementaire au DGEQ pour établir les conditions
puis les modalités à la production des déclarations de candidature. Puis
je suis retournée voir, là, dans la Gazette officielle , puis je pense
que c'était repris aussi dans le guide du candidat municipal, mais, à cet égard-là, je sais que le DGEQ pouvait, entre
autres, là, limiter le nombre de signatures, d'appuis qui pouvaient,
entre autres, accompagner la déclaration de candidature au poste de maire. Il y
a eu aussi un arrêté ministériel à cet effet-là.
Est-ce
que... puis j'ai entendu aussi, là, dans le monde municipal... puis là, juste à
titre informatif, là, par exemple,
pour une municipalité entre 50 000 puis 100 000 habitants, le
poste à la mairie, habituellement, c'est une centaine de signatures,
puis là il a été réduit, là, par règlement à 50 signatures. La même chose,
tu sais, c'était déterminé, là, par strates de population. Est-ce qu'il y a
quand même eu des problématiques à cet effet-là qui ont été portées à votre
connaissance? Parce qu'on avait fait ces modifications-là dans le cadre de la
pandémie. C'est un peu ce qu'on fait avec le projet de loi n° 7
aussi. Là, c'est justement dans le contexte de la pandémie, c'était plus
difficile. Les élus municipaux nous disaient : C'est plus difficile
d'aller faire du porte-à-porte pour obtenir lesdites signatures... Nous, on ne
sait pas ça sera quoi, le contexte, là. Mais est-ce qu'il y avait eu des
commentaires?
Le Président (M. Bachand) : Merci. Sur ce, je vais vous demander de retenir votre réponse parce que
je dois...
Compte tenu de
l'heure, je dois suspendre les travaux. On se voit tantôt. Merci.
(Suspension de la séance à 12
heures)
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il
vous plaît. Bon après-midi. La Commission des institutions reprend ses travaux.
Nous
poursuivons donc l'étude détaillée du projet de loi n° 7, Loi visant à
faciliter le déroulement des prochaines élections générales provinciales
dans le contexte de la pandémie de la COVID-19 et modifiant la Loi électorale.
Lors de la suspension
de nos travaux, nous en étions à l'étude de l'article 63 tel qu'amendé. Et
je cède maintenant la parole à la députée de Vaudreuil, s'il vous plaît.
Mme Nichols :
Oui, merci, M. le Président. J'avais posé, en fait, une question juste
avant qu'on suspende pour l'heure du lunch. Je peux peut-être juste la résumer
en gros, mais je vois que le Directeur général des élections est prêt à
répondre. C'était relativement à la déclaration de candidature dans
l'article 3 du projet de loi n° 85. On donnait un grand pouvoir
réglementaire au Directeur général des élections pour, entre autres, établir
les conditions puis les modalités applicables à la production de toutes les
déclarations de candidature. Puis il pouvait, entre autres... ça lui donnait la
possibilité, entre autres, de limiter le nombre de signatures d'appui qui
pouvaient accompagner la déclaration de candidature au poste de maire et même
au poste de conseiller. Puis je donnais, à
titre d'exemple, que pour un poste à
la mairie, dans une municipalité entre 50 000 puis 100 000 habitants,
habituellement, ça prenait 100 signatures, mais qu'avec les pouvoirs
réglementaires qu'ils avaient été octroyés puis étant donné qu'on était dans,
évidemment, là, le contexte de la pandémie de la COVID, par règlement, vous aviez
baissé à 50 signatures. Je le sais que ça a été problématique, là, dans
certaines municipalités. Je voulais juste savoir, là, au niveau, à l'échelle
provinciale, entre autres... ou vous faites que... non, là, peut-être que ça
n'a pas été porté à votre...
Reid (Pierre) : On n'a pas eu de
commentaire comme tel. C'est sûr que ça présentait une difficulté, parce que
les gens, de faire ça à distance, il faudrait qu'il prenne les mesures. Mais,
en soi, je regardais les chiffres, là, même pour les candidatures, par rapport
à 2017, il y en avait moins. Je pense qu'on était près du 13 000 en 2021 puis
on était un petit peu plus que 12 000 en 2017. Bon, est-ce que c'est dû aux
difficultés d'obtenir les signatures?
Puis, même au niveau des autorisations des partis
politiques, au niveau financement ou des autorisations des candidats eux-mêmes,
il n'y a pas eu de corrélation. Dans des cas, il y a eu autant de candidatures
sinon plus ou même des partis politiques... dans d'autres
situations, il y en a eu. Donc, en fait, je pense qu'il y a eu des difficultés
de rencontrées, puis ça peut dépendre de certains endroits pour peut-être
d'autres raisons que simplement la cueillette de signatures. On n'a pas vu un
enjeu, là, à la suite, là, des... que ça avait vraiment présenté de grandes
difficultés.
Mme Nichols : Oui. Bien, au niveau
municipal, ce n'est quand même pas toutes les municipalités qui ont un centre
d'achats qui peuvent aller dans le centre d'achats pour ramasser des
signatures, là. Il y avait l'enjeu, là, territorial, là, bien sûr. Mais, au
niveau provincial, est-ce qu'il y a cet obstacle-là ou est-ce que vous prévoyez
utiliser un pouvoir réglementaire en lien avec le nombre de signatures liées à
la déclaration de candidature?
M. Reid (Pierre) : Moi, je pense que, dans les mesures réglementaires, on
envisage de réduire le nombre de signatures, là, pour faciliter les choses,
tout dépendant de la situation qu'on aura à l'automne prochain. Mais, là
encore, c'est une mesure pour vraiment faciliter la cueillette des signatures,
Mme Nichols : Puis je m'excuse, je
fais encore un parallèle avec le ministère, mais qu'est-ce que vous voulez, on
vient de le passer, là. Au niveau municipal, là, c'était par tranches, on y
allait avec les paliers, là, par un niveau d'habitants, là. Évidemment, au
niveau provincial, est-ce que...
M. Reid (Pierre) : C'est la même chose.
Mme Nichols : ...vous allez utiliser
le... c'est ça.
M. Reid (Pierre) : C'est la même, peu importent les circonscriptions, c'est
100 signatures, ce que prévoit la loi
actuellement. La seule chose que... pour l'autorisation des partis politiques,
on va demeurer à 100. Il faut qu'il y ait 100 membres. Comme il y a
déjà des partis politiques qui ont été autorisés dans les dernières années,
puis depuis deux ans... donc, on va quand même maintenir d'avoir, là,
100 membres, comme... s'il y en a qui nous font des demandes
d'autorisation de parti politique.
Mme Nichols : Parfait. Mais le
nombre pourrait diminuer, par exemple, pour le candidat en tant que tel.
Mme Nichols : Est-ce que c'est déjà
décidé, là? Parce que ce que vous dites, c'est à l'ensemble.
M. Reid (Pierre) : Bien, c'est des choses qu'on va... c'est des mesures. En
fait, ça fait
partie de réflexions, mais je
pense que je vais vous déposer assez rapidement... peut-être pas... avec le
règlement, bien sûr, mais les mesures réglementaires qui sont envisagées
dans un tableau qu'on est en train de... qu'on a fabriqué, là.
Mme Nichols : Dans le projet de loi
n° 85, là, c'était indiqué, entre autres, que vous deviez préalablement
envoyer un avis à la ministre des Affaires municipales. Est-ce qu'on prévoit un
peu la même chose dans le projet de loi n° 7?
C'est-à-dire qu'il y aura un avis qui sera envoyé à la ministre, là,
relativement aux changements que... en fait, entre autres, avec le pouvoir
réglementaire.
M. Reid (Pierre) : En fait, par rapport aux avis ou aux consultations, bien,
ça va être avec... si on parle du règlement, ça va être avec le ministère de la
Santé et des Services sociaux, alors qu'au niveau municipal la ministre des
Affaires municipales et de l'Habitation est quand même responsable de
l'application de la loi, alors que ce n'est pas le cas pour la Loi électorale.
Ce n'est pas mentionné comme tel, là, donc il n'y a pas d'avis qui serait
envoyé à la ministre ou ce serait seulement à la Santé publique.
Mme Nichols : Est-ce qu'il y avait
d'autres conditions aux modalités, là, entre autres applicables à la production
de toutes les déclarations de candidature, là, qui devraient, au niveau
provincial, soit être copiées sur ce qu'on a fait sur le ministère ou sinon
adaptées?
M. Reid (Pierre) : Non. Mais je pense que ça va être probablement les mêmes
conditions. C'était surtout au niveau des signatures, hein?
Mme Nichols : Puis, bien, il y en
avait quand même d'autres, là, mais on va y revenir. De toute façon, ça sera
évidemment, là, au niveau du personnel électoral, là, puis... Bon, ça, on
pourra en traiter un peu plus loin, mais évidemment, là, ça faisait aussi
partie, là, du pouvoir réglementaire. Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Juste avant d'aller plus
loin, j'avais oublié de vous dire, ce matin, que pour cette séance, il n'y a
pas de vote par procuration. Juste pour un élément de détail. M. le député de
LaFontaine.
M. Tanguay : Oui.
Peut-être qu'il ira sans dire, mais je le préciserai, puis, s'il faut un
amendement, on pourra amender... sinon, bien, si on dit non, ça découle de
source, on pourra ne pas amender, mais au moins ce sera dit. Dans ce qui est ajouté, là, la personne qui a
posé sa candidature par un mode de transmission adapté à l'environnement
technologique du Directeur général des élections doit conserver l'original de
sa déclaration.
Mme LeBel : ...le
texte actuel, parce que là je ne l'ai plus devant moi, je suis désolée, là.
J'aimerais ça qu'on me le transmette.
Président (M. Bachand) : ...de l'amendement?
M. Tanguay : Bien,
l'article 63 tel qu'amendé, oui.
Mme LeBel : Qu'est-ce
que ça dit? Est-ce que ça dit : doit conserver les documents?
M. Tanguay : Oui,
«doit conserver sa déclaration» versus «doit», puis. s'il y a cautionnement,
«doit conserver l'original de sa déclaration».
Mme LeBel : Oui,
bien, moi, personnellement, je pense que ça découle de source là, parce qu'on
parle de la déclaration qu'il aura transmise. Mais, si vous voulez qu'on dise
«devra garder l'original»...
M. Tanguay : ...de
sa déclaration, je pense que, si on peut le faire, ça serait encore plus...
Mme LeBel : Je n'ai pas d'objection. On peut le faire même
rapidement, là, pour... Mais je comprends votre...
M. Tanguay : Ça
serait encore plus clair.
Président (M. Bachand) : Donc, ça
prendrait un sous-amendement, M. le député de Lafontaine?
M. Tanguay : Oui
ou... je ne sais pas. Nous, on peut le faire avec le...
Mme LeBel : Bien,
c'est parce qu'on a déjà voté l'amendement.
Président (M. Bachand) : ...amendement,
pardon.
M. Tanguay : Avec
notre environnement technologique ou on peut prendre le vôtre.
Mme LeBel : On
peut le faire rapidement, mais il faut faire un sous-amendement parce qu'on a
déjà voté l'amendement. Donc, on ne peut pas juste le corriger.
M. Tanguay : Là,
ce sera un amendement à l'article 63 tel qu'amendé.
Président (M. Bachand) : Tel qu'amendé,
oui.
M. Tanguay : Un
amendement. Alors, on peut le faire, M. le Président. On peut suspendre.
Président (M. Bachand) : Ça va? On va
suspendre quelques instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
15 h 25)
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il
vous plaît! La commission reprend ses travaux. M. le député de La Fontaine,
s'il vous plaît.
M. Tanguay : M. le Président, à l'article... J'aimerais déposer
l'amendement suivant :
L'article 63...
L'article 237 de cette
loi, tel que modifié par l'article 63 du projet de loi, est modifié par
l'insertion, dans son deuxième alinéa, après les mots «doit conserver» des mots
«l'original de», ce qui nous donnerait... et là je sors... je suis tombé dans
l'argumentaire, M. le Président, ce qui nous donnerait... je vais vous le
retrouver, ne bougez pas : La personne qui a posé sa candidature par un
mode de transmission adapté à l'environnement technologique du Directeur
général des élections doit conserver l'original de sa déclaration de
candidature pendant un délai d'un an suivant la production de sa déclaration.»
Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : Merci.
Interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci
beaucoup. Interventions sur 63 tel qu'amendé? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 63, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci
beaucoup. Mme la ministre, pour la suite des choses.
Mme LeBel : Oui.
Alors, on avait suspendu 4, dont j'avais fait la lecture, M. le Président. On
vous demande de revenir à 4, s'il vous plaît.
Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il y a
consentement?
M. Tanguay : Oui,
consentement.
Président (M. Bachand) : Consentement.
Merci. Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme LeBel : Alors,
j'avais déjà fait la lecture. Je pense que j'avais donné les commentaires. Je
peux donner quelques secondes à mes collègues pour en reprendre... en
refaire... reprendre connaissance de l'article 4, mais disons que, pour le
temps qu'on le fait, je vais le relire. Donc : Un candidat qui a produit
sa déclaration...
L'article 3 de
la Loi électorale est remplacé par le suivant :
«3. Un candidat qui a
produit sa déclaration de candidature conformément à l'article 237 peut
voter dans la circonscription dans laquelle il se présente même s'il n'y est
pas domicilié. Il doit présenter une demande en ce sens lors de la révision de
la liste électorale faite au cours d'une période électorale.»
Président (M. Bachand) : Ça va?
Interventions? M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : C'est
juste que cet article-là, là, quand je me préparais à l'article par article, je
le lisais, la version ancienne et la version nouvelle, puis la seule chose de
substance que je vois...
Mme LeBel : « Produit
et déposé», je pense.
M. Tanguay : Oui,
c'est ça. C'est-tu pour ça?
Mme LeBel : Bien,
c'est pour aller avec le nouveau moyen prévu à 63.
M. Tanguay : Et
là, la nouvelle version, ce sera...
Mme LeBel : « Produit»
au lieu de «déposé».
M. Tanguay : O.K.,
je comprends, c'est une concordance.
M. Tanguay : Ça
me va, M. le Président.
Président (M. Bachand) : Interventions sur
l'article 4? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à
la mise aux voix. Est-ce que l'article 4 est adopté?
Président (M. Bachand) : Adopté. Merci.
Mme la ministre, s'il vous plaît.
M. Tanguay : M.
le Président?
Président (M. Bachand) : Oui, M. le
député, pardon.
M. Tanguay : Oui,
merci, M. le Président. J'aimerais déposer un
article 4.1. Alors, je vais
vous... on va vous envoyer le texte de l'amendement...
Mme LeBel : Il n'est pas sur ma
liste.
Tanguay : C'est un nouvel
article 4.1. Ah! je ne vous ai pas
donné ma liste.
Président (M. Bachand) : O.K. Alors, on va
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 37)
Président (M. Bachand) : À l'ordre s'il
vous plaît! La commission reprend ses travaux. M. le député de LaFontaine, s'il
vous plaît.
M. Tanguay :
Vous allez voir, M. le Président... Je vois le point d'interrogation dans
le visage de la ministre puis je suis tellement content que notre collègue
d'Arthabaska soit là. C'est en pensant à lui que j'ai réfléchi à cet
article-là, et il va tout comprendre. Il va tout comprendre ce qui s'en vient
devant lui aussi, qui pourrait être un tsunami parlementaire.
Article 4.1 :
Après
l'article 4, insérer l'article 4.1 suivant :
4.1.
L'article 18 de la Loi électorale (chapitre E-3.3) est modifié par
l'insertion, après les mots «(chapitre C-11)» des mots «et l'avis
du député en fonction, relativement à la circonscription qu'il représente».
Autrement dit, M. le
Président... Puis je ne sais pas si on peut descendre un peu le... Alors, le
nouvel
article 18, tel que modifié, se
lirait comme suit : «La commission attribue un nom à chaque circonscription
qu'elle délimite après avoir pris l'avis — vous allez m'excuser,
là, mais — de
la Commission de toponymie instituée par la Charte de la langue française et
l'avis du député en fonction, relativement à la circonscription qu'il
représente.»
Ça, M. le
Président... Puis je le dis, là, vous allez voir, on ne va pas se chicaner, là,
sous votre présidence. On ne va pas se
chicaner, on ne va pas s'invectiver ou quoi que ce soit, là. Ça, c'est... Vous
allez voir qu'en politique, des fois, il y a des contradictions de
visions. C'est une première, puis on en avait eu l'avis dans le préavis de
jeudi, que le collègue d'Arthabaska allait déposer un projet de loi, ce qu'il a
fait cet après-midi, un projet de loi qui vient modifier le nom de sa
circonscription. Et le projet de loi n° 696 se lit
comme suit : par le remplacement, dans l'intitulé, de «Arthabaska», par
«Arthabaska- L'Érable».
Autrement dit, M. le
Président, il y a eu des batailles épiques. Il y a eu des batailles épiques de
tout temps, des députés, des communautés, de
toute personne intéressée de dire : Bien, telle circonscription devrait
plutôt s'appeler ceci ou cela. Et les personnes qui décident, M. le
Président, c'est le Directeur général des élections, l'institution, qui, de
facto, d'office, préside la Commission électorale, et deux citoyens,
citoyennes, électeurs, électrices du Québec, qui sont nommés aux deux tiers à
l'Assemblée nationale. Ça, ça s'appelle la Commission électorale. Et ça, M. le
Président, là, je veux dire, de tout temps, là, on ne peut pas procéder par
projet de loi déposé par un député, fusse-t-il un membre de la banquette
ministérielle, donc de la majorité qui va lui permettre de passer un projet de
loi, et dire : Bien, moi, je pense...
Puis je ne suis pas en train de juger sur le fond des choses. Je suis certain
que le nom choisi par le député d'Arthabaska colle à la réalité, qui est
sûrement un nom qui coule de source puis que c'est probablement ce qu'il vous
plaiderait, là, la chose à faire, que c'est une évidence, et ainsi de suite.
Soit.
Moi, ce que je
l'invite à faire, c'est de respecter le processus, et la façon de respecter le
processus, ce serait, tel qu'on le propose ici, à l'article 18... C'est
pour ça que ça arrive à 4.1, parce qu'entre l'article 3 et l'article 32
de la Loi électorale qu'on vient modifier, bien, il y a l'article 18.
C'est pour ça que 4.1 vient se glisser là.
Alors, faire en sorte
que la commission attribue un nom à chaque circonscription... Quand elle
s'exécute, quand elle le fait, la commission, qui est le DGEQ puis les deux
autres citoyens nommés aux deux tiers, bien, non seulement prennent l'avis de
la Commission de toponymie, instituée par la Charte de la langue française,
mais prennent aussi avis du député en
fonction relativement à sa circonscription. Ça, s'il le faut, comme solution
mitoyenne, bien, que ce soit mis dans la
loi, que le député puisse dire : Bien, parfait, moi, je veux, de façon
systématique et de façon statutaire,
je veux que la commission vienne prendre mon avis, moi, de façon formelle. Ça
ne demeurera, vous m'aurez entendu, qu'un avis.
Qui décide? Ce n'est
pas la Commission de toponymie, instituée par la Charte de la langue française.
Ça ne serait pas le député en fonction par rapport à sa circonscription, mais
son avis serait formellement, statutairement sollicité. Il serait formellement
et statutairement communiqué et il serait considéré. D'autant plus, M. le
Président, que peut-être la commission dirait : Oui, bien... Oui, on a
fait des consultations. Parce que c'est de même que ça fonctionne. On a
consulté des groupes, des groupes locaux, des groupes nationaux, des citoyens
engagés. Ils nous ont envoyé des mémoires et tout ça, mais la loi me dit de
consulter la Commission de toponymie, puis elle me dit de consulter le député
en fonction. Ça fait que, nécessairement, sans dire que ce serait pieds et
poings liés, ce qui serait décidé, elle déciderait elle-même, mais la loi
dirait considérer de façon particulière la Commission de la toponymie et le
député en fonction relativement à sa circonscription.
Je pense que ça, on
serait prêts, nous, à aller jusque-là. Sinon, M. le Président, je n'ai pas de
précédent, moi. Changer un nom de circonscription par loi, c'est une chose qui
ne se fait pas. On ne peut pas faire ça. Puis je pourrai vous rappeler, puis on
en a parlé entre nous, là, collègue de Pontiac, il a voulu changer son nom, ça
n'a jamais fonctionné. Puis, je veux dire, il a fait des pieds et des mains,
puis c'est correct. Le processus, on peut le décrier, mais on ne peut pas le
bypasser. La collègue d'Anjou—Louis-Riel
également a fait de nombreuses représentations, elle pourrait vous en parler
pendant des heures. Elle a eu, à un moment donné, ou pas gain de cause, mais ce
n'est pas elle qui décidait, puis ce n'était sûrement pas la majorité
gouvernementale.
je fais écho à ce que disait le collègue un peu plus tôt dans Matane-Matapédia.
L'article 163 du projet de loi n° 96 viendrait, s'il était adopté,
changer le nom du comté de Bourget par le comté de Camille-Laurin. Bon, bien,
c'est une suggestion. Mais qui sommes-nous, M. le Président, la majorité, à
l'Assemblée nationale, pour dire : C'est ça, c'est ça, et de mettre de
côté la Commission de toponymie qui sont les spécialistes, les femmes et les
hommes, pour dire : Bien, pour tel type de circonscription, selon telle
avancée sociologique... et ainsi de suite. Et il y a un processus, en vertu de
la Loi électorale, qui fait en sorte que la Commission électorale analyse tout
ça. À la fin, là, M. le Président, on peut
être heureux ou on peut être malheureux. On peut dire : J'ai eu gain de
cause ou je n'ai pas eu gain de cause, mais c'est une institution
indépendante.
Puis je serais
curieux de savoir, moi, dans les 75, 76 députés de la banquette
ministérielle, il y en a combien, là-dedans,
qui aurait aimé ça lever la main, puis dire : Aïe! Tant qu'à ça, moi
aussi, j'aimerais ça donner mon empreinte à mon comté puis changer le nom de mon comté. J'aurais aimé ça, moi, faire
ça, mais bon, cette année, c'est le collègue d'Arthabaska, le whip du gouvernement, le whip en chef du gouvernement
qui a sa chance de déposer un projet de loi.
Ça, je peux vous
dire, M. le Président, là, puis je le dis, ce n'est pas une menace, ce n'est
pas... C'est un projet de loi qui ne passera pas, là. C'est un projet de loi
qui ne passera pas, parce qu'il y a des suggestions de son côté. On va avoir des suggestions de notre bord
aussi, tant pour son projet de loi que pour l'article 163 du projet de
loi n° 96. Ça ne passera pas, parce qu'on ne pourrait pas accepter, parce
qu'on ne s'est jamais fait justice... puis, encore là, je ne suis pas en train
d'imputer des motifs, mais on pourrait dire : Moi, je ne veux pas passer à
travers le processus, je veux avoir un passe-droit. On ne peut pas. Et s'il y a
une chose importante... oui, la délimitation des circonscriptions, c'est
important, parce qu'on va avoir des circonscriptions qui sont balancées puis
qui nous assurent qu'on va avoir une Assemblée nationale représentative, mais
aussi on veut une Assemblée nationale qui ait des noms de circonscriptions qui
sont représentatifs. Alors Camille-Laurin, moi, je trouve que ça a été un
personnage historique excessivement important. Est-ce que ça doit, de facto,
être le nouveau nom du comté de Bourget? Puis est-ce que c'est un
article de
loi qui mériterait d'être adopté puis modifier ça avec une majorité
gouvernementale? Des suggestions, il y en aurait autant qu'il y a de députés,
M. le Président, autour de la table, puis peut-être même plus parce qu'on
pourrait avoir plus d'une suggestion.
Alors, tout ça pour
vous dire, puis je n'en veux pas... puis il me connaît, là, mon collègue
d'Arthabaska, là. Je ne me suis pas levé un matin en disant : Je veux lui
faire de la peine, là. Mais c'est ma... c'est notre conception, nous,
l'opposition officielle, d'un processus qui est indépendant.
Maintenant,
est-ce qu'il est bien avisé que ce soit la commission électorale qui ait tous
ces pouvoirs-là? Est-ce qu'il est bien avisé que la commission
électorale soit constituée de trois personnes uniquement? Est-ce qu'on ne
devrait pas s'assurer... parce qu'on fait des comités... puis je vais vous
donner l'analogie suivante. On fait des comités de sélection pour nommer le
DPCP, nommer le directeur de la Sûreté du Québec, nommer le directeur de
l'UPAC. Puis, dans la loi, on dit : Ça va être un comité de cinq
personnes, puis il va être composé... Pour la D.G. de la SQ, pour l'avoir lu récemment, il y a directeur de police,
sous-ministre à la Sécurité publique, également une personne des organismes
communautaires, il y en a cinq qui sont ciblés. Peut-être qu'il y aurait lieu
de bonifier la composition de la Commission électorale et peut-être qu'il y
aurait lieu, avec cet amendement-là aussi, de s'assurer que le député en
fonction pour son comté puisse avoir voix au chapitre, mais que ce ne soit pas
lui qui décide.
Alors, autrement dit,
la réforme de ça, moi, j'en suis, là. Moi, je suis prêt à la faire, mais on ne
peut pas... Et ça, voyez, là, M. le Président, cet amendement-là comme une
façon de s'assurer de dire : Bien, les députés vont avoir voix au
chapitre. Je comprends que la ministre, elle ne va pas déposer une série
d'amendements pour aller jouer dans la composition articles 14 et suivants
de la Loi électorale, de la commission de représentation. J'en suis, mais, en
acceptant cet amendement-là, elle ferait écho de ce qu'on dit, elle ferait écho
que, son collègue, il a de quoi à dire, puis je suis certain que ce qu'il a à
dire, c'est absolument pertinent puis ça doit statutairement être considéré,
mais ça ne peut pas être l'avis imposé par une majorité parlementaire.
Alors, ce serait une
façon de dire au collègue d'Arthabaska : Bien, il aura participé à faire
avancer la société en ayant inspiré cet amendement-là. Il va être formellement
convoqué, comme tous les autres collègues, s'ils ont de quoi à dire sur le
changement de...
Moi, écoutez, M. le
Président, moi, dans mon comté, là, je dis toujours... Ça fait bientôt
10 ans que je suis député, puis quand je me présente, là, dans le comté,
là, je dis : Ah! je suis député de LaFontaine. Là, le monde me
regarde : Rivière-des-Prairies. Ah! Rivière-des-Prairies, tout le monde
connaît Rivière-des-Prairies, puis LaFontaine, c'est copier-coller de la
partie Rivière-des-Prairies... de l'arrondissement
Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles.
Ma collègue au sud, elle a plus de chance
que moi, l'arrondissement, au niveau municipal, s'appelle Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles.
Ma collègue du sud, elle, son comté, c'est quoi? C'est Pointe-aux-Trembles.
Moi, mon comté, ce n'est pas Rivière-des-Prairies, c'est LaFontaine.
Alors, je trouve que
c'est un beau nom, LaFontaine. Est-ce que je me suis posé la question :
Est-ce que je trouve que c'est un nom qui
n'est peut-être, par contre, pas tout à fait représentatif pour qu'on change le
nom du comté puis qu'on appelle ça le comté Rivière-des-Prairies? Je
n'en suis pas rendu là, je n'ai pas fait ces représentations-là, mais, si
d'aventure, c'était le cas, moi, je pense, je serais bien avisé de respecter le
processus, de soumettre ça, puis la Commission de toponymie va me dire :
Oui, mais faites attention, parce que là, à un moment donné, on pourrait faire bien du copier-coller entre le municipal puis le
provincial, et vice versa. Mais il y a, sociologiquement,
collectivement, des analyses qui vont au-delà, vous, M. le député, de votre
vision un peu plus étroite de dire : Bien oui, moi, quand je me promène
dans la rue, je dis que je suis député de LaFontaine, les gens, ils ont la face
en point d'interrogation, puis quand je dis : Je représente, à Québec,
Rivière-des-Prairies, ils ont tout compris en quelques secondes. Bon, au-delà
de votre savante analyse, M. le député, on va le considérer. On va le
considérer.
là on sait que la Commission de représentation électorale a régulièrement fait
écho... Je me rappelle, puis le DGEQ s'en rappelle aussi, là, si je lui parle
de Crémazie... le DGEQ, là... Crémazie, c'est rendu quoi, aujourd'hui,
Crémazie? C'est rendu Maurice-Richard. Puis je suis certain, M. le Président,
que le DGEQ, à l'époque, quand il se couchait
le soir, il se fermait les yeux, il voyait des buts magnifiques de Maurice
Richard parce qu'il s'en est fait parler matin, midi, soir. Mais ça,
c'est dans le respect d'un processus. Puis autant que notre collègue de
Maurice-Richard aujourd'hui a fait le combat... Puis dans le premier rapport,
je pense que ce n'était pas Maurice-Richard, parce qu'il a eu deux rapports,
dans le premier rapport, ça restait Crémazie.
Aïe! là, il y a eu
des pétitions, il y a eu, sur les ondes, là, d' Amateurs de sports , le
98,5, le soir, là, avec Ron Fournier... Je vois ma collègue de Crémazie à
l'époque, avec Ron Fournier, faire front commun, puis ils ont été capables de
faire changer ça pour Maurice-Richard, puis il y avait un lien familial avec la
circonscription. Puis, bien, coudon, force est de constater qu'ils ont eu gain
de cause. À l'époque, on était au gouvernement. On aurait bien pu dire, M. le
Président : Bon, bien, regardez, là, ce n'est pas dans le premier rapport,
puis, si c'est dans le deuxième rapport, on va l'apprendre trop tard, donc on
devrait tout de suite se faire justice puis le mettre dans un projet de loi. Je
pense que les collègues des oppositions auraient été bien avisés de dire :
Bien, puis nous autres, les codindes, si vous me permettez l'expression, nous
autres, on fait quoi? On n'a pas de bénéfice d'un tel projet de loi? On ne peut
pas, M. le Président, dire, parce qu'on a une majorité gouvernementale, qu'on
va changer ça comme on veut.
Puis peut-être que
moi, de le mettre dans un projet de loi, je m'organise avec mon aile
parlementaire, Rivière-des-Prairies, c'est ça, le nom. Oui, ça va être plus
facile pour expliquer aux gens, mais je ne suis pas sûr, en effaçant le nom de
Louis-Hippolyte LaFontaine, qui est représenté ici par cette circonscription à
Québec, je ne suis pas sûr qu'on fait justice à l'histoire, qui est le but de
nommer l'évolution sociologique, la démocratie, qui est le but de nommer des comtés
qui ont, oui, un retentissement dans la population. Les gens savent de plus en
plus que LaFontaine, c'est Rivière-des-Prairies.
Mais je n'ai pas à
imposer ma vision qui pourrait peut-être être à courte vue et desservir un
élément qui n'est pas anodin... parce que le collègue d'Arthabaska ne le ferait
pas si c'était anodin. S'il le fait, c'est parce qu'il le juge important. C'est
important pour lui, mais c'est important pour la collectivité. Avant lui, il y
a eu des députés d'Arthabaska, après lui, il y en aura d'autres, peut-être
qu'ils reprendront le même combat. Mais je pense qu'il faut demeurer dans le
respect de cette institution-là.
Puis je le répète, M.
le Président, je vais être le premier au rendez-vous, si on nous convoque à une
réflexion : est-ce qu'on ne pourrait pas améliorer, notamment par la
composition... Puis je ne suis pas en train de dire que les trois membres, là,
dont les deux qui seront nommés prochainement aux deux tiers, n'ont pas
justifié leur candidature, n'ont pas fait, par le passé... ils ne feraient pas
un excellent travail, mais ils sont trois puis ils décident de ça. Est-ce qu'on
pourrait, au même
titre et par analogie au comité de sélection pour le D.G. de
la SQ, parce que c'est des décisions importantes de nommer les comtés, est-ce
qu'on ne pourrait pas élargir le nombre de membres et s'assurer d'avoir
certains corps de métier, si vous me permettez l'expression, de représentés sur
la Commission électorale? Et est-ce qu'il n'y aurait pas une façon de s'assurer
qu'en continu, le processus soit amélioré? J'en suis.
Moi, je veux être le
premier... parce que quand j'ai vu... ma collègue, là, à un moment donné, on le
regardait, puis on me parlait, puis on disait : Je ne peux pas croire que
tu n'auras pas gain de cause. Je ne peux pas croire... Maurice-Richard, on serait rendus là. Puis aujourd'hui, c'est une
évidence, mais à l'époque, c'était loin d'être une évidence, puis on a
résisté à cette tentation-là. Alors, moi, là, puis je vais terminer
là-dessus, M. le Président, l'amendement, là, ce n'est pas un clin d'oeil
dérisoire, là, l'amendement ce n'est pas un prétexte pour amener ici un débat
puis envoyer des messages avant qu'on parte pour nos comtés durant la période
des fêtes.
Ça, je me suis dit,
quand même, collègue d'Arthabaska, il a de quoi dire, au même
titre que ma
collègue à l'époque de Crémazie avait de
quoi dire. Bien, venons bonifier le processus en place, puis je ne viens pas
tout chambarder en disant : Non,
l'avis du député en fonction pour sa circonscription doit être sollicité. Puis,
s'il y a de quoi à dire, elle doit être
considérée. Puis en le mettant dans la loi, je suis certain que les membres de
la commission de la représentation vont se dire : O.K., la Commission de la toponymie, le législateur nous dit
de l'écouter, puis le député en fonction pour son comté, la loi nous
dit, le législateur, de l'écouter. On va l'écouter, et ça aura son poids dans
leurs décisions qui seront la leur.
Alors, ce n'est pas
par dérision, j'y crois réellement. Puis j'inviterais le collègue d'Arthabaska
de faire ses représentations, là, plutôt que de passer par le projet de loi
n° 696. Je vous le dis, il va y avoir un os, puis ce n'est pas une menace
parlementaire, mais ça ne pourra pas passer. Même chose que l'article 163
du projet de loi n° 96, ça ne pourra
pas passer. Puis ce n'est rien contre des noms tels qu'Arthabaska-L'Érable, qui
est sûrement très bon, mais il y a un forum
pour ça. Puis ce n'est rien, évidemment, contre Camille-Laurin, qui pourrait
probablement très bien représenter la circonscription à
titre de nom
plutôt que Bourget. Peut-être, je ne le sais pas. Ce n'est pas à moi à décider,
mais il doit y avoir un débat versus...
rendu à l'article 163, bien, la majorité, les oppositions votent contre,
la majorité vote pour, puis merci, bonsoir.
Alors, c'est
l'objectif de l'amendement, M. le Président. Et encore une fois, j'en suis
convaincu de son bien-fondé. Et la ministre
pourrait même, M. le Président, dire : Bien, moi, je ne suis pas d'accord
avec le député de LaFontaine. Moi, je vais voter pour 163 de 96 puis je
vais voter pour 696. Elle pourrait très bien réconcilier les deux puis voter
pour l'amendement en disant formellement : L'avis du député sera pris en
considération, c'est nommé dans la loi. Voilà, M. le Président.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup,
M. le député. Interventions sur l'amendement? Mme la ministre, s'il vous plaît.
LeBel : Oui. Bien, écoutez, beaucoup d'éléments dans
l'intervention de mon collègue de LaFontaine qui devront être faits,
justement, dans le cadre du projet de loi n° 96 pour ce qui concerne la
circonscription de Bourget.
Mme LeBel : Merci. J'allais dire le
projet de loi qui a été déposé par mon collègue d'Arthabaska concernant le nom
de sa circonscription. Et je suis convaincu qu'il y aura des débats très
intéressants sur le fait de procéder par un projet de loi ou de... plutôt que
de procéder par le processus qui est prévu à la loi.
Ceci étant dit, je vous dirais que, de façon
très macro, je pense comme mon collègue qu'on doit peut-être avoir une
réflexion sur la façon dont la commission opère pour attribuer un nom à chaque
circonscription, sur le fait qu'elle n'a présentement comme obligation, la
seule obligation, de prendre l'avis de la Commission de toponymie du Québec. Par contre, bien que je pense que l'avis
du député en fonction relativement à la circonscription soit
pertinent... mais je le dis pour ma circonscription, je ne me sentirais pas,
moi, habilitée à le faire de mon propre chef.
Donc, j'ai l'impression que ça prendrait
peut-être une réflexion beaucoup plus grande sur le type de consultation qui
doit être fait avant qu'on décide le nom d'une circonscription, bien que je
sois d'avis que peut-être qu'il faut ouvrir un peu, là, les avis qui devront
être pris par la commission pour faire un tel changement, et avant de le
faire... Probablement que dans la pratique, ça se fait. Je n'ai pas eu l'opportunité
de discuter avec la commission. Je n'ai pas
eu ni l'opportunité de voir ces travaux de façon... j'imagine qu'elle prend
plus que l'avis de la Commission de toponymie, bien que ce soit la seule
qui soit mentionnée dans l'article 18 comme tel.
Moi, je serais d'avis, honnêtement, puis je vous
le dis en tout respect, puis ce n'est pas pour réduire ce que mon collègue
tente de faire, et ce n'est pas parce que la réflexion n'est pas pertinente,
mais il l'a dit d'entrée de jeu... et on l'a dit tantôt, quand je mentionnais
que ce qu'on travaille aujourd'hui découle de consensus. Naturellement, ce
n'est pas pour faire en sorte de diminuer le travail qu'on pourrait faire ici
sur la discussion ou l'amélioration, les amendeme